-
08/02 - Amiral Daryl Caudle, commandant de l’US Navy : "Nous sommes prêts pour tous les scénarios"
Commandant de la plus puissante marine de guerre de la planète, l'amiral Daryl Caudle s'exprime en exclusivité dans L'Express à un moment crucial : les tensions internationales sont exacerbées et la force navale revient au cœur de la politique de puissance américaine. Un an après l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, l'US Navy a déployé une armada massive à proximité de l'Iran et une autre, plus réduite, au large de Cuba et du Venezuela (celle-ci compte "seulement" un porte-avions, deux sous-marins et une vingtaine de navires).
Parallèlement, ce "chef des opérations navales" – c'est son titre – qui est le lointain successeur du légendaire amiral Chester Nimitz, le commandant de la flotte du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, fait face aux défis de la montée en puissance de la marine chinoise. Simultanément, il doit gérer la transformation de l'US Navy à l'heure de profonds changements technologiques (drones, armes laser, missiles hypersoniques) qui transforment l'art du combat naval, aérien et terrestre. Passionnant.
L'Express : À l'époque des drones et des missiles hypersoniques, un débat sur la vulnérabilité des porte-avions s'est fait jour. Dans la guerre du futur, ces mastodontes des mers resteront-ils pertinents ?
L'amiral Daryl Caudle : On me pose souvent cette question et la réponse est oui. En fait, ils vont même gagner en importance. Prenons l’exemple du porte-avions USS Nimitz, mis en service en 1975, qui est le plus ancien parmi les onze actuellement en service. Au...
-
08/02 - Energie, défense, AME... Sébastien Lecornu trace ses prochaines priorités
Moins d'une semaine après avoir survécu à une bataille de cinq mois autour du budget français pour 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté son programme ce week-end, en donnant la priorité à l'énergie et à la défense.
Les querelles budgétaires ont paralysé la vie politique française pendant près de deux ans et ont coûté la vie à deux Premiers ministres avant la nomination de Sébastien Lecornu en septembre. "La France a un budget qui vise à réduire le déficit à 5 % sans augmenter les impôts. Peu de gens croyaient que cela se produirait cet automne", a déclaré Sébastien Lecornu.
Malgré sa popularité croissante et les sondages montrant que ni les centristes du président Emmanuel Macron ni les conservateurs ne pouvaient vaincre le Rassemblement national d'extrême droite lors de l'élection présidentielle de 2027, le Premier ministre a réaffirmé qu'il n'avait aucun intérêt à se présenter.
Il a ajouté qu'un léger remaniement ministériel aurait lieu avant les élections municipales de mars. Voici également les priorités qu'il a annoncées pour les mois à venir.Energie
Le Premier ministre a déclaré que le prochain "programme énergétique pluriannuel" du gouvernement serait signé par décret d'ici la fin de la semaine prochaine, après plus de deux ans de retard. Il a confirmé que l'entreprise publique EDF construirait six nouveaux réacteurs nucléaires, avec une option pour huit autres, tandis que les investissements dans les énergies renouvelables — notamment l'éolien offshore, le solaire et la géothermie — resteraient...
-
08/02 - Fondation pour la recherche médicale : le détail d’un plan à 80 millions d’euros
La Fondation pour la recherche médicale, créée en 1947, présente son plan stratégique jusqu'en 2030. Élaboré depuis un an, il s’articule autour de trois piliers : identifier les enjeux de santé prioritaires, renforcer le poids de la science dans le débat public et diversifier les sources de financement.
Parmi les nouveautés : quatre axes de recherches prioritaires (fertilité et reproduction, santé du cerveau et santé mentale, maladies chroniques inflammatoires, impact de l’environnement sur la santé) qui concentreront 64 millions d’euros sur cinq ans. Le programme de valorisation, destiné à transformer les découvertes en applications thérapeutiques, va passer de 1,7 à 4 millions d’euros annuels. La Fondation pour la recherche médicale se fixe aussi pour objectif de publier 100 % des études qu’elle finance en "accès ouvert" d’ici 2030, mais aussi de créer un observatoire visant à mieux lutter contre la désinformation médicale.
Maxime Molina, président du directoire de la Fondation pour la recherche médicale, revient sur les critères de sélection de ces axes, la stratégie pour atteindre les objectifs financiers fixés et justifie le lancement d’une mission de plaidoyer, une première pour la fondation.
L’Express : Quels ont été les critères qui ont guidé votre sélection des quatre grands axes majeurs ?
Maxime Molina : La première étape consiste à réunir une quinzaine d'experts de tous horizons scientifiques qui travaillent pendant presque une année entière afin de répondre à la question suivante : "Quels sont les...
-
08/02 - Des images satellites révèlent que l’Iran travaille à la réparation des sites de missiles et nucléaires
Les priorités de Téhéran se dessinent. L'Iran semble avoir rapidement remis en état une partie de ses installations de missiles balistiques endommagées lors des frappes menées l’an dernier, tandis que les réparations sur ses principaux sites nucléaires restent limitées. C’est ce que révèle une analyse d’images satellites publiée par le New York Times, le 6 février 2026, qui éclaire les priorités militaires de Téhéran dans un contexte de fortes tensions régionales.
Ces reconstructions interviennent alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire à proximité de l’Iran et que le président américain Donald Trump envisage une nouvelle action armée. En cas d’attaque par Washington, l’Iran riposterait très probablement par des tirs de missiles balistiques visant Israël ainsi que des intérêts américains dans la région, estiment plusieurs experts cités par le quotidien américain.
Selon l’analyse du New York Times, qui a examiné une vingtaine de sites frappés par Israël ou les États-Unis lors du conflit de douze jours en juin 2025, des travaux de construction ont été observés sur plus de la moitié d’entre eux. Les spécialistes interrogés soulignent toutefois que l’ampleur exacte de ces réparations reste difficile à évaluer à partir d’images satellites, qui ne permettent d’observer que les activités en surface.Ses capacités balistiques : une priorité à court terme
Les images montrent néanmoins que certaines installations liées aux missiles ont été réparées peu de temps après les frappes, suggérant que l’Iran a fait de la...
-
08/02 - "En maths, c’est l’étape que beaucoup n’arrivent pas à franchir" : la méthode lumineuse de David Bessis
Les textes de David Bessis ont un effet miraculeux : ils donnent immédiatement envie de faire des mathématiques. Ce Normalien, qui a enseigné à Yale et fondé une entreprise d'IA, explique mieux que quiconque la raison pour laquelle tant de gens ont peur des maths. Et comment lever facilement ce blocage. Son livre Mathematica. Une aventure au cœur de nous-mêmes (Seuil, 2022) traduit en anglais en 2024 a reçu les louanges des plus grands, notamment les médailles Fields Terence Tao et Hugo Duminil-Copin. Le mathématicien David Bessis poursuit aujourd'hui ses publications sur Substack. Des lectures plus utiles que jamais à l’heure où l'IA chamboule les sciences dures et rafle un nombre croissant de médailles aux concours.
L'Express : Beaucoup pensent ne pas être faits pour les mathématiques. À tort, dites-vous : au quotidien, nous mobilisons tous une pensée mathématique avancée.
David Bessis : Lorsque nous comprenons un objet mathématique, il cesse subitement de ressembler à des maths. Notre aisance récente avec les nombres en est un exemple marquant. Demandez aux gens de soustraire 1 à 1 000 000. La plupart visualiseront instantanément le chiffre 999 999. Une clairvoyance qui aurait semblé surnaturelle aux populations utilisant les chiffres romains. Beaucoup d'étudiants en maths ont d’ailleurs un syndrome de l’imposteur : ils pensent ne comprendre que les maths "faciles" et ne pas être capables de comprendre les "vraies" maths difficiles. Car une fois qu’ils ont digéré un concept, il leur semble...
-
08/02 - Tourisme en berne aux États-Unis : l’effet Trump fait chuter les visiteurs étrangers
Les photos de vacances de New York ou de Los Angeles ne font plus autant rêver. Selon le Financial Times, les voyages internationaux vers les États-Unis ont connu une chute notable au cours de la première année du second mandat de Donald Trump, alors que le président a supervisé un renforcement massif des contrôles d’immigration, un filtrage accru aux frontières et l’instauration de droits de douane à l’échelle mondiale, rapporte le quotidien économique américain. "Le secteur du tourisme bouleversé par le nouvel ordre mondial de Trump", titrait déjà en mai 2025 le site d'informations Politico.
Les chiffres sont parlants : en 2025, le nombre de visiteurs étrangers ayant voyagé aux États-Unis a diminué de 4,2 %, soit le premier recul annuel depuis le début de la pandémie de Covid-19, selon l’Administration du commerce international (ITA). Concrètement : en novembre 2025, les Etats-Unis accueillaient 68 millions de touristes contre 72 millions en janvier 2025, date à laquelle Donald Trump a pris la présidence du pays. Preuve qu'il ne s'agit pas d'une tendance globale, le tourisme international mondial a, lui, progressé de 4 % sur la même période, souligne l’agence onusienne du tourisme.
A noter que la Maison-Blanche a rendu l’accès au territoire particulièrement difficile pour certains voyageurs. Par exemple, elle a interdit l’entrée aux ressortissants d’une douzaine de pays pour des raisons de sécurité nationale et suspendant la délivrance de visas à 75 pays, dont le...
-
08/02 - Pourquoi chaque Français devrait avoir le droit d’accéder librement à son ADN
Alors que s’ouvrent les Etats généraux de la bioéthique 2026, la députée Natalia Pouzyreff a déposé une proposition de loi visant à garantir le droit d’accès aux origines personnelles via des tests génétiques. En effet, à l’heure actuelle, les seuls tests génétiques autorisés en France sont ceux prescrits par un médecin dans un but médical, ceux requis dans le cadre d’une procédure judiciaire (identification de personne et test de filiation), ou ceux requis pour la recherche scientifique. Tous les autres usages sont interdits et punis de lourdes amendes. Cette législation fait de la France le pays le plus restrictif de l’Union européenne. Cette interdiction empêche aussi de nombreux usages légitimes et limite indûment les droits de nombreuses personnes.
Cela concerne les personnes nées sous X, par procréation médicalement assistée, ou dont l’ascendance est incertaine et qui souhaitent être éclairées sur leur filiation ou leurs origines, mais les généalogistes amateurs, bien plus nombreux, qui sont intéressés par ces tests. En effet, en analysant les liens génétiques entre personnes ayant effectué un test, il est possible de confirmer ou d’infirmer les hypothèses généalogiques issues des documents d’état civil et d’archives, qui sont souvent entachées d’incertitudes. Il est également possible d’identifier des apparentés et ainsi de débloquer des impasses généalogiques et de découvrir de nouvelles branches de son arbre.
Enfin, en comparant l’ADN de l’individu avec celui de populations du monde entier, ces tests permettent...
-
08/02 - Et si votre manager toxique devenait la proie ? Anatomie d’un film qui en dit en long sur notre époque
16 septembre 1987. Le public américain découvre avec stupeur Liaison Fatale, l’histoire d’une aventure extraconjugale qui tourne au cauchemar entre un père de famille et une maîtresse déséquilibrée. Ce long-métrage traumatise alors toute une génération d’hommes mariés aux États-Unis, et bien au-delà. De quoi les convaincre, pour un temps, des vertus de la fidélité. Près de quarante ans plus tard, un autre film pourrait produire le même effet inhibiteur, mais auprès d’une cible bien différente : les dirigeants toxiques. Sorti dans les salles américaines le 24 janvier (pour la France ce sera le 11 février), Send Help n’est pas un thriller, mais une comédie horrifique aux accents gore. Le long-métrage met en scène l’affrontement entre Linda, quadragénaire ultra-compétente mais effacée et au look dépassé, interprétée par Rachel McAdams (N’oublie jamais, Lolita malgré moi...), et Bradley, jeune trentenaire arrogant incarné par Dylan O'Brien (Le Labyrinthe), récemment propulsé à la tête de l’entreprise familiale.La revanche des invisibilisés
Après sept ans de loyaux services, Linda voit une promotion lui passer injustement sous le nez au profit du meilleur pote de fac de Bradley, un arriviste incompétent. Népotisme, misogynie, condescendance : le jeune CEO incarne à lui seul tout ce qu’un manager peut avoir de toxique. Ce qu’il ne soupçonne pas, c’est que sa toute-puissance arrogante sera bientôt mise à rude épreuve par celle de "Mère Nature". Tout bascule en effet le jour où, pris dans les orages, leur jet privé s’écrase...
-
08/02 - Hausse de la corruption : pourquoi il faut se méfier des cadeaux empoisonnés, par Gérald Bronner
Un rapport de la Cour des comptes l’a souligné récemment : on observe une progression générale des faits de corruption recensés en France. Ce constat n’est pas démenti par les données communiquées par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), qui indiquent que les affaires de corruption impliquant des policiers ont augmenté de 70 % entre 2020 et 2024. Tout cela est inquiétant car révèle la réalité d’une France peu à peu empoisonnée par le crime organisé.
Les choses prennent un tour plus surprenant encore lorsqu’on découvre que les dealers proposent désormais de rendre, en quelque sorte, des "services" dans les quartiers où ils sévissent. Ainsi, les fêtes de fin d’année ont été l’occasion de mises en scène sur les réseaux sociaux où de petits caïds montrent leur grand cœur en offrant des cadeaux. Les mêmes organisent de fêtes de quartier ou des distributions de fournitures scolaires… Bref, le crime prétend peu à peu prendre une place laissée trop souvent vacante par l’État ou les associations qui ne peuvent pas tout.Problème de la réciprocité
Le thème de la mafia comme substitut du pouvoir légitime est un classique du genre mais, jusqu’à récemment, la France avait été épargnée. Il se trouve qu’il n’y a rien d’anodin à accepter un cadeau : c’est là le début même de la corruption. En effet, même si vous ne promettez rien en retour, il demeure le problème épineux de la réciprocité. De quelle manière un don nous lie-t-il à autrui ? En droit, rien n’impose à celui qui reçoit d’endosser une quelconque dette envers son...
-
08/02 - Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette, qui pour lui succéder au poste de Premier ministre ?
"Qui pourrait succéder à Sir Keir Starmer au poste de Premier ministre britannique ?", titre d’emblée The Economist. Dix-neuf mois après son arrivée au pouvoir, le travailliste voit sa cote s’effriter et les spéculations enfler à Westminster. Dernier sujet explosif : la nomination, en 2024, de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis, dont le nom vient de surgir dans le dossier du pédocriminel Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels et mort en prison en 2019.
Si les répercussions de cette nomination pourraient fragiliser un mandat déjà chancelant, la question se pose de la succession de Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique. Spoiler : "Le vivier de talent est limité", tance The Economist. Pour défier Keir Starmer, il suffirait que 81 députés travaillistes soutiennent un autre candidat, qui, s’il obtient au moins 20 % des voix, serait soumis avec Keir Starmer à un vote plus large impliquant environ 250 000 membres et sympathisants du parti."Angela Rayner manie le couteau qui pourrait terrasser Keir Starmer"
Parmi les prétendants, on retrouve Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre issue de la classe ouvrière et favorite des parieurs pour succéder à Keir Starmer. Seul bémol : elle a démissionné de son poste en septembre 2025 après avoir reconnu un défaut de paiement d’impôt lors de l’achat d’un appartement. Malgré cette controverse, la quadragénaire conserve un capital politique solide, renforcé par une crédibilité populaire et un...
-
08/02 - Charlotte Casiraghi : derrière l’ambassadrice Chanel, une disciple de Pascal
Nos confrères sont-ils encore capables d’ouvrir un livre ? Il est permis d’en douter quand on se penche sur la promo à la fois abondante et superficielle à laquelle a droit Charlotte Casiraghi pour La Fêlure (Julliard). On a d’abord lu le numéro de Vanity Fair dont elle fait la couverture : un sujet de 18 pages, avec de belles photos mais un texte écrit par un journaliste de mode. Puis on l’a vue chez Laurent Delahousse, associée à Alessandra Sublet et Christophe André, ces deux mascottes du développement personnel. Une imposture dont Charlotte Casiraghi se démarque pourtant dès la page 16 de son essai : "Ce livre ne vise pas à fournir des slogans réparateurs, à offrir une voie de résilience, mais cherche à répondre avant tout à une exigence littéraire : une quête de vérité dans le langage." Dans le café du VIIe arrondissement de Paris où on la rencontre le lendemain de l’émission de Delahousse, elle en sourit poliment : "C’était ironique de me retrouver sur ce plateau… Peu de gens ont relevé que je critique en creux l’industrie du bien-être."
On ne fera pas de la petite-fille de Grace Kelly une héritière du pamphlétaire Léon Bloy, mais on a souligné dans La Fêlure un autre passage piquant : "Raconter ses malheurs à la première personne ne suffit pas pour redevenir sujet. Le récit brut, l’exposition du moi blessé nous capture dans l’immédiateté du traumatisme." Des lignes qui interpellent alors que va sortir en librairie le témoignage de Gisèle Pelicot. Face à nous, Charlotte Casiraghi précise sa pensée : "En...
-
08/02 - Sculpture : les "Jeunes filles" à l’œuvre de Marie Cazin
En 1868, Jean-Charles Cazin, peintre originaire du nord de la France, débarque à Tours pour prendre la direction du musée des Beaux-Arts, accompagné de son épouse Marie, née Guillet, 23 ans, elle aussi artiste. Les jeunes mariés vivent à la Grenadière, un lieu-dit cher à Balzac sur la commune de Saint-Cyr-sur-Loire, où ils travaillent de concert, lui au grand jour, elle dans l’ombre de son mari, puis, plus tard, de leur fils, Michel, qui, à son tour, embrassera une carrière artistique. Les Cazin passent moins de trois ans en Touraine. C’est peu, mais suffisant pour que Jean-Charles y laisse une empreinte durable. "Les Tourangeaux sont fiers d’avoir accueilli ce personnage renommé de son vivant, qui a incarné le renouveau du paysage - une sorte de troisième voie entre réalisme et impressionnisme - et porté la Société nationale des beaux-arts au côté d'Auguste Rodin", détaille Hélène Jagot*, à la tête du musée local.
Et Marie dans tout ça ? Elle est la figure énigmatique du tandem. En tant que fille et femme d’artiste, elle a pu s’exprimer librement, d’abord sur la toile, puis dans la statuaire quand, à l’hiver 1871, les Cazin ont rejoint Londres, où la jeune femme a sans doute reçu les leçons de Jules Dalou. Mais, dans ce parcours mal connu, seuls ses travaux nous parlent d’elle. "Elle façonne la condition féminine et enfantine à travers des scènes de pauvreté, de solidarité, de labeur domestique, des thèmes liés à la marginalité, à l’invisibilité", souligne Hélène Jagot. Les Oubliées, Vie obscure, Femme au...
-
08/02 - IA : la Silicon Valley a trouvé son "Jarvis", le serviteur virtuel d’Iron Man
Un agent IA n’est pas un simple chatbot plus malin que les autres. C’est un logiciel qui passe à l’action. Il observe un écran, un fichier, une boîte mail ou un agenda, propose un plan et exécute des actions comme ouvrir une application, cliquer, remplir un questionnaire ou écrire un message. Il évalue ensuite le résultat et continue jusqu’à atteindre son objectif. Un chatbot parle. Un agent agit, avec des permissions, une mémoire, et souvent un environnement d’exécution. Cette définition simple est déjà ancienne. LangChain ou AutoGPT ont plus de trois ans, mais n’avaient jamais vraiment percé.
Fin 2025, Peter Steinberger, un développeur autrichien, a conçu pour son propre usage Clawdbot, rebaptisé Moltbot puis OpenClaw. Il souhaitait un "Jarvis [NDLR : l’assistant du super-héros Iron Man] disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7", capable de lui envoyer des messages de manière proactive, de se souvenir du contexte des conversations et d’exécuter des tâches de manière autonome, le tout sur son ordinateur personnel. Intégré avec douze outils de messagerie nativement, dont Telegram et WhatsApp.
Sur GitHub, le répertoire où les développeurs partagent leur code, OpenClaw affiche 162 000 étoiles collectées en deux mois à peine. Les projets les plus populaires n’atteignent généralement ce chiffre qu’au bout de plusieurs années. Pourquoi un projet indépendant, objectivement modeste à l’origine, a-t-il mis le monde de l’IA en émoi ?
Premier facteur : l’intégration. L’agentique échouait souvent sur ce point...
-
08/02 - Guerre en Ukraine : Destinus, les secrets des drones low cost destinés à Kiev
Parfois, l’espoir réside dans un grand drapeau ukrainien accroché sur le mur d’un entrepôt anonyme. Histoire sans doute de rappeler aux occupants des lieux l’urgence de leur mission. Un peu plus de 3 600 kilomètres séparent Kiev de Madrid. Pourtant, dans cette vaste zone industrielle de Villaverde, au sud de la capitale espagnole, les horreurs de la guerre résonnent ici aussi. Dans un vaste hangar entouré de friches industrielles et de centres commerciaux tout juste sortis de terre, l’avenir du conflit est peut-être en train de s’écrire. Il n’y a pas si longtemps, une montagne de colis Amazon, le géant américain du commerce en ligne, tapissait cet entrepôt de 6 000 mètres carrés. Depuis septembre dernier, quelques dizaines d’ingénieurs et techniciens affûtés de Destinus, l’une des start-up européennes du secteur de la défense les plus en vue du moment, ont pris leur quartier. Au milieu de la grande salle, trois lignes de production ont été installées. Sur de vastes tables gisent les carcasses rutilantes du Ruta Block 1, un drone missile d’attaque kamikaze. A chaque étape de la chaîne d’assemblage, deux employés se penchent sur les entrailles de l’engin, un animal de guerre de 4 mètres et demi de long, d’une portée de 300 kilomètres et dotée d’une charge utile – la masse d’explosif - de près de 150 kilos. Silence de cathédrale, gestes chirurgicaux. Un travail d’orfèvre.
Si l’usine n’est pas entièrement robotisée comme le sont aujourd’hui les chaînes de production dans l’industrie, c’est justement pour gagner en...
-
08/02 - Jean-Luc Marion : "Il n’est pas sûr qu’on regardera encore du football dans 100 ans..."
On peut être un spécialiste mondial de la phénoménologie husserlienne, un penseur catholique grand connaisseur de Saint-Augustin et un lecteur quotidien de L’Equipe. Réputé pour ses essais philosophiques ardus, Jean-Luc Marion publie La Raison du sport, dans laquelle il évoque avec une joie communicative sa passion pour l’athlétisme, le rugby ou le cyclisme. L’académicien et professeur émérite de l’université Paris-Sorbonne fut lui-même un bon coureur.
Dans un entretien savoureux pour L’Express, Jean-Luc Marion explique pourquoi nous nous faisons mal en courant le dimanche, analyse les rites sportifs, évoque la fragilité des disciplines et se lâche sur Raymond Poulidor ou Roland Barthes…
L’Express : Pourquoi cette passion pour le sport ?
Jean-Luc Marion : C’est une passion d’enfance, qui remonte à l’époque où l’on suivait le Tour de France à la radio. Mais cette passion s’est renforcée quand je me suis à pratiquer la course à pied, en compétition, à un niveau modeste mais déjà sérieux. Cela a duré plus tard, quand je me suis mis à la course sur route. J’espérais même devenir le meilleur professeur à la Sorbonne classé dans les 20 kilomètres de Paris.
Il y a une raison à cela : l’actualité sportive nous fascine tant parce qu’elle double l’actualité officielle. Elle a ses rites : ses grandes épreuves, comme autant des grandes élections ; ses champions succèdent comme les présidents de la République ; les équipes luttent comme des partis ; elle devient même parfois de la géopolitique. En fait, cette contre-actualité nous...
-
08/02 - "Le plus grand défi de Trump ? Le pape Léon XIV…" : la géopolitique du Vatican dévoilée par deux experts
Couple à la ville, ils sont parmi les vaticanistes les mieux informés de Rome. Irlandais, Gerard O'Connell écrit pour la revue jésuite America Magazine. Argentine, Elisabetta Piqué est la correspondante du quotidien La Nacion. Ensemble, ils publient Le Dernier Conclave (Arpa), récit ultra-documenté qui dévoile les coulisses de la mort du pape François (dont ils étaient très proches) et celles de l'élection de Léon XIV, premier pape américain de l'Histoire. Ils y fournissent les chiffres de votes de l'un des moments les plus secrets du monde et révèlent que le cardinal français Jean-Marc Aveline a fini en troisième position.
Pour L'Express, Elisabetta Piqué et Gerard O'Connell analysent les bouleversements géopolitiques à l'œuvre au sein de l'Eglise catholique, évoquent la surreprésentation médiatique de la frange traditionaliste, soulignent la continuité entre François et Léon XIV, ce dernier étant selon eux la principale épine morale dans le pied d'une administration Trump où les catholiques convertis J.D. Vance et Marco Rubio occupent des postes importants. Le duo décrypte aussi les liens complexes entre le Vatican et la Russie de Vladimir Poutine comme la Chine de Xi Jinping.
L’Express : Plus 70 % des catholiques dans le monde vivent aujourd'hui dans ce qu’on nomme le "Sud global". Pourtant, sur 133 électeurs lors du dernier conclave, 52 étaient encore européens…
Elisabetta Piqué et Gerard O’Connell : Depuis Pie XII en 1939, les papes ont internationalisé le collège des cardinaux. Mais personne n’a...
-
08/02 - Rompre avec sa famille, la fin d’un tabou ? Ce que l’affaire Beckham dit de notre époque
En janvier 2020, l’Angleterre se passionnait pour le "Megxit", affaire déclenchée par la décision du prince Harry et de son épouse Meghan Markle de se mettre en retrait de la monarchie britannique. Six ans plus tard, un nouveau conflit familial s’étale en une des magazines people. Dans un long message publié sur Instagram le 19 janvier, Brooklyn Beckham a annoncé à ses 17 millions d’abonnés qu’il coupait définitivement les ponts avec sa famille. "Pour la première fois de ma vie, je me défends", écrit en "story" le fils aîné de David et Victoria Beckham, qui reproche à ses parents, entre autres accusations, de chercher à saboter sa relation avec sa femme, l’actrice américaine Nicola Peltz.
La polémique à peine lancée, chacun, sur les réseaux sociaux, y est allé de son petit commentaire et s’est empressé de choisir un camp. Les uns ont salué le courage de Brooklyn Beckham d’oser enfin exposer au grand jour les comportements "toxiques" et "abusifs" de ses parents. Les autres y ont plutôt vu le caprice d’un gosse de riche ingrat, pointant du doigt la superficialité de certains griefs, comme par exemple le fait de reprocher à sa mère d’avoir annulé à la dernière minute la création de la robe de mariage de son épouse. A leurs yeux, cette histoire ne mériterait pas plus que le traitement racoleur et voyeuriste que lui ont réservé les tabloïds.Une épidémie silencieuse ?
Et pourtant : cette affaire fait écho à un sujet sociétal plus large, que les anglophones désignent par le terme family estrangement ("éloignement...
-
07/02 - Vidéo raciste de Donald Trump contre les Obama : malaise inhabituel pour la Maison-Blanche
Une condamnation tardive, mais pas d'excuses. Le président américain Donald Trump a finalement condamné, sans toutefois présenter d'excuses, une vidéo diffusée sur son compte Truth social représentant l'ancien président démocrate Barack Obama et la Première dame Michelle Obama comme des singes. Cette publication raciste a suscité une vague d'indignation, y compris de la part de membres du Parti républicain.
La vidéo d'une minute, partagée jeudi soir sur le compte Truth Social de Donald Trump, relayait de fausses allégations selon lesquelles sa défaite à l'élection présidentielle de 2020 face à Joe Biden aurait été entachée de fraude. Vers la fin de la vidéo complotiste, un court extrait, apparemment généré par intelligence artificielle, montrait des primates dansant, superposés aux visages des Obama.
La Maison-Blanche a d'abord défendu cette publication raciste vendredi, avant de la supprimer 12 heures après sa mise en ligne. Vendredi soir, Donald Trump a déclaré aux journalistes qu'il n'avait pas visionné la vidéo en entier avant qu'un conseiller de la Maison-Blanche ne la publie sur son compte. "J'ai regardé le début, et il s'agissait en fait de fraudes électorales liées aux machines, de leur caractère malhonnête et répugnant. Ensuite, je l'ai partagée. En général, les gens regardent la vidéo en entier. Mais apparemment, quelqu'un ne l'a pas fait", a-t-il indiqué. Interrogé par les journalistes sur sa condamnation de la vidéo, Donald Trump a répondu : "Bien sûr que oui." Mais il a donc toutefois refusé de...
-
07/02 - Stock de minerais critiques : "Ce sera toujours America First, mais l’Europe a une carte à jouer"
L'Union européenne a connu deux coups de semonce en moins d'une journée. Lundi 2 février, la Cour des comptes des Vingt-Sept a publié un sévère rapport sur la dépendance du continent à propos des matières premières essentielles pour la tech et la transition énergétique. Celle-ci "discrédite notre ambition de devenir une puissance géopolitique forte", a alerté Keit Pentus-Rosimannus, le responsable de l'audit. Quelques heures plus tard, Donald Trump a annoncé la création de "Project Vault", un stock stratégique de minéraux critiques d'une valeur de 12 milliards de dollars. Le président américain a comparé cette initiative à la Réserve stratégique de pétrole créée au cours des années 1970. L'objectif ? S'affranchir de la domination chinoise, Pékin n'hésitant pas à utiliser cette arme lors des négociations commerciales.
Cette décision américaine aura des conséquences pour l'Europe. "Comme on retire des minerais du marché, les prix vont forcément augmenter", explique Patrick Schröder, chercheur principal au Centre environnement et société de Chatham House, un institut de réflexion basé à Londres. Pour autant, en avançant l'idée d'un club commercial face à la Chine, "les Etats-Unis reconnaissent ne pas pouvoir résoudre seuls le problème. Ce sera toujours America First, mais les Européens ont une carte importante à jouer", estime le spécialiste.
L'Express : Quelles seront les conséquences pour l’Europe de l'annonce de Donald Trump d'acquérir un stock de matières premières stratégiques ?
Patrick Schröder : Il existe, sur les...
-
07/02 - "Sapiens vient-il vraiment d’Afrique ? Ce n’est pas certain..." : l’éclairage choc du paléoanthropologue Chris Stringer
Le débat sur l'origine de l'humanité serait-il enfin tranché ? Le 7 janvier, une retentissante étude parue dans la prestigieuse revue Nature affirmait avec certitude que nos ancêtres vivaient bien en Afrique. D'après cette découverte majeure, une forme évoluée d’Homo Erectus, qui pourrait être un ancêtre commun à Homo Sapiens et ses cousins l’Homme de Néandertal et l’Homme de Denisova, était bien présent sur le territoire de l’actuel Maroc il y a environ 773 000 ans. Pour le paléoanthropologue français Jean-Jacques Hublin, professeur au Collège de France et principal auteur de l'étude, cette découverte "renforce fortement l’origine très lointaine et profonde de notre espèce en Afrique". Autrement dit, ce serait à cette époque, entre 500 000 et 800 000 ans avant aujourd’hui, qu’a eu lieu la divergence entre les lignées qui ont donné Sapiens en Afrique et les lignées des ancêtres communs à Néandertal et à l’Homme de Denisova en Eurasie. Fin de l'histoire. Vraiment ?
En réalité, des chercheurs de renom affirment depuis quelque temps que ce n’est pas en Afrique qu’il faut chercher l’origine de toutes ces lignées humaines, mais en Eurasie. Cette idée a été mise sur le tapis à cause notamment de fossiles datant de 800 000 ans, trouvés en Espagne, dans un site qui s’appelle Gran Dolina. Ils présentent aux aussi une mosaïque inhabituelle de caractères primitifs hérités d’Homo Erectus et de caractères qui annoncent les lignées plus récentes de Sapiens, Néandertal et Denisova. Cette nouvelle espèce a été bapitsée "Homo...
-
07/02 - Italie, France... Ce que l’affaire Epstein révèle sur les liens entre Steve Bannon et l’extrême droite européenne
Les très nombreux documents d'archives - plus de trois millions - publiés fin janvier par le département américain de la Justice relatifs à l'affaire Epstein ne concernent pas uniquement le réseau de trafic sexuel de Jeffrey Epstein. Certains de ces documents d'archives mettent notamment en lumière l'intérêt de l'homme d'affaires américain et criminel sexuel pour des partis politiques européens d'extrême droite. Jeffrey Epstein a échangé à de nombreuses reprises avec l'ancien conseiller stratégique de Donald Trump et idéologue d'extrême-droite Steve Bannon. Comme le relève notamment The Guardian, des dizaines de messages contenus dans le dernier lot de documents Epstein révèlent les tentatives de Steve Bannon d'obtenir le soutien et le financement de Jeffrey Epstein pour renforcer des partis d'extrême droite européens.
Ces messages datent pour la plupart de 2018 et 2019, période durant laquelle Steve Bannon, après son limogeage par Donald Trump, se rendait régulièrement en Europe afin de constituer un mouvement au Parlement européen, fédérant les forces d'extrême droite et eurosceptiques de plusieurs pays, dont l'Italie, l'Allemagne, la France, la Hongrie, la Pologne, la Suède et l'Autriche. Dans des messages datant de 2018, Steve Bannon se vantait ainsi de son influence en tant que 'conseiller' auprès de partis populistes d’extrême droite et voyait dans les progrès de ces partis en Europe une opportunité de les exploiter à son avantage et à celui de Jeffrey Epstein.L'activisme de Steve Bannon lors des...
-
07/02 - En Syrie, la course aux investissements pour reconstruire un pays dévasté
Un peu plus d’un an après la chute du régime de Bachar el-Assad, la Syrie est entrée dans une nouvelle ère. En décembre, le Congrès américain a voté pour l’abrogation définitive du Caesar Act, adopté en 2019, qui imposait les plus lourdes sanctions jamais prises contre la Syrie. L’annonce était particulièrement attendue par les autorités syriennes et les investisseurs étrangers. En six ans, le texte avait entériné le départ des entreprises étrangères de Syrie et l’isolement de cette dernière sur la scène internationale en interdisant à toute société de coopérer avec le régime syrien ou d’effectuer des transactions avec des banques du pays.
Désireux, depuis son arrivée au pouvoir le 8 décembre 2024, de rompre avec cet isolement, le président syrien par intérim Ahmed al-Charaa n’a eu de cesse d’appeler à la levée définitive des sanctions afin de financer une reconstruction dont le coût est estimé à 216 milliards de dollars par la Banque mondiale. En mai dernier, Donald Trump, qui ne cache pas son accointance avec son homologue syrien, avait annoncé la suspension provisoire du Caesar Act par décret présidentiel. Le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane avait usé de toute son influence pour aller dans ce sens.Les entreprises européennes se font timides
Cette première étape, d’une durée de 180 jours, avait été suivie de la signature de dizaines d’accords : fin octobre, lors du Future Investment Initiative (FII) organisé à Riyad, Ahmed al-Charaa avait déclaré que son pays avait attiré 28 milliards de dollars de...
-
07/02 - Affaire Epstein : pourquoi Jack Lang est visé par une enquête du Parquet national financier
Un retour en France précipité. Jack Lang, actuellement à l'étranger, a été convoqué par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour s'expliquer sur ses liens passés avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein, a indiqué vendredi le Quai d'Orsay. Il sera reçu dimanche 8 février. Le président de l'Institut du monde arabe (IMA), à Paris, est désormais également visé, avec sa fille Caroline Lang, par une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée", ouverte par le Parquet national financier (PNF), a révélé vendredi Le Figaro. Cette enquête concerne "les faits révélés par Mediapart relatifs à Caroline et Jack Lang" et leurs liens financiers supposés avec le financier américain et Jeffrey Epstein, a fait savoir le PNF à l'AFP.
L'ancien ministre socialiste de la Culture fait face depuis plusieurs jours à des appels à la démission de son poste à l'IMA, dont le ministère des Affaires étrangères a la tutelle, après la publication de documents fin janvier par le département américain de la Justice révélant sa relation avec le financier américain. Selon ces documents, les deux hommes ont correspondu par intermittence entre 2012 et 2019, date à laquelle Jeffrey Epstein s'est suicidé dans sa cellule avant son procès pour trafic sexuel de mineures à New York. Le criminel sexuel avait déjà été condamné en 2008 pour incitation à la prostitution de mineure. Le nom de Jack Lang apparaît plus de 600 fois...
-
07/02 - Langue française : un "pauvre type" n’est pas forcément un "type pauvre"
L’avez-vous remarqué ? Une "ancienne école" (un bâtiment qui n'est plus une école) n'est pas une "école ancienne" (une école créée depuis longtemps), pas plus qu'une "chic fille" (sympathique) n’est nécessairement une "fille chic" (élégante). Quant à Donald Trump, on l'entend souvent traité de "pauvre type", mais rarement de "type pauvre"...
C’est ainsi. Selon leur place dans la phrase, certains adjectifs changent le sens du mot auquel ils se rapportent. En règle générale, ils conservent leur signification première lorsqu'ils sont situés après un nom alors que, placés avant, ils prennent une acception nouvelle.
Ces adjectifs dits "polysémiques" sont plutôt l’exception. Une "longue table" est en tout point comparable à une "table longue" ; un "fragile équilibre" à un "équilibre fragile" et un "voyage agréable" à un "agréable voyage".
A propos des adjectifs, notez encore que certains sont systématiquement placés avant le nom auquel ils se réfèrent, notamment quand ils sont courts ("un beau manteau", "un grand arbre"...). A l’inverse, d’autres se situent systématiquement après ("une table carrée", "du vin français").
Aussi convient-il d’avoir pour les étrangers qui nous font l’amitié d’apprendre notre langue une admirative pensée. D’ailleurs, mes trois collègues à qui j’en ai parlé ce matin au journal partagent cette personnelle opinion.
Source : La grande grammaire du français, sous la direction d’Anne Abeillé et Danièle Godard. Editions Actes Sud Imprimerie...
-
07/02 - Un week-end à Tours : des sculptrices méconnues dans l’ombre de Camille Claudel
Dans les années 1980, Camille Claudel renaissait d’entre les cendres, devenant la sculptrice emblématique de son temps, l’exception à une époque où, pour une femme, se frayer un chemin artistique dans un univers dévolu aux hommes, relevait de l’exploit. Rien n’est plus faux, martèle Jeanne Rivière, la commissaire scientifique de l’exposition Au temps de Camille Claudel. Être sculptrice à Paris, qui vient d’ouvrir au musée des Beaux-Arts de Tours (Indre-et-Loire), après une première étape, l’automne dernier, à celui de Nogent-sur-Marne (Aube) et avant une troisième halte, l’été prochain, sur les cimaises de Pont-Aven (Finistère).
L’historienne de l’art, qui a largement contribué à la redécouverte de la créatrice de la Valse, a ainsi exhumé près d’une centaine d’œuvres façonnées au tournant du XXe siècle par des figures féminines méconnues. Elles ont gravité dans l’entourage de Camille depuis ses débuts parisiens en 1881 jusqu’à son internement en 1913, tantôt camarades d’atelier, amies ou rivales, parfois. Certaines l’ont précédée, d’autres lui ont succédé. Toutes se sont illustrées dans leur art, en dépit des obstacles liés à leur sexe.Charlotte Besnard, "Madame Aman-Jean", 1902.
Quand la jeune Claudel de 16 ans arrive à Paris à l’automne 1880, les femmes sculpteurs désireuses de faire carrière n’ont en effet pas la partie facile. Leur exclusion de l’enseignement artistique, à commencer par celui de l’école nationale des Beaux-Arts, se double des préjugés sur la prétendue faiblesse féminine incompatible avec la rudesse associée à...
-
07/02 - Pétrole russe : Donald Trump lève ses droits de douane imposés à l’Inde après des mois de tension
Les États-Unis et l'Inde se sont rapprochés vendredi d'un accord commercial, publiant un cadre provisoire qui réduirait les droits de douane, redéfinirait les relations énergétiques et approfondirait la coopération économique, alors que les deux pays cherchent à réorganiser les chaînes d'approvisionnement mondiales. Ce cadre réaffirme l'engagement à négocier un accord commercial bilatéral plus large, ont déclaré les deux gouvernements dans un communiqué conjoint, tout en soulignant que des négociations supplémentaires étaient nécessaires pour finaliser l'accord.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a supprimé, par décret, les droits de douane supplémentaires de 25 % imposés sur les produits indiens pour les achats de pétrole russe, New Delhi s'étant "engagée à cesser d'importer directement ou indirectement" du pétrole russe, transférant ses achats de pétrole vers les États-Unis et le Venezuela. Toutefois, les responsables américains surveilleront la situation et recommanderont le rétablissement des droits de douane si l'Inde reprend ses achats de pétrole à la Russie, précise le décret, Washington continuant à faire pression sur l'Inde pour qu'elle limite ses relations énergétiques avec Moscou.
La déclaration commune indo-américaine ne mentionne pas les achats de pétrole russe par l'Inde ni l'engagement officiel de l'Inde à confirmer cette décision.
Lundi, Donald Trump avait annoncé un accord avec l'Inde visant à réduire les droits de douane américains sur les produits indiens de 50 % à 18 % en échange de...
-
07/02 - Les Tchèques sont ceux qui consomment le plus de bières en Europe : récit d’une exception culturelle
Pour de nombreux zythologues amateurs, le nom "Budweiser" est immédiatement associé à une référence de bière américaine industrielle, réputée pour sa légèreté et son petit prix. Ses créateurs, des brasseurs allemands installés aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, lui ont attribué ce nom en référence à la ville tchèque de Ceské Budejovice ("Budweis" en allemand) réputée pour sa culture brassicole. Régulièrement, les producteurs de cette localité du sud de la Bohème affrontent en justice le géant américain Anheuser-Busch, détenteur de la marque éponyme. Concrètement, cela signifie qu'en dehors de l'Europe, l'entreprise publique tchèque Budweiser Budvar - un trésor national ! - n'a pas le droit d'utiliser le nom de la ville. Aux Etats-Unis, sa bière est ainsi commercialisée sous le nom de "Czechvar" ; la bière nommée Budweiser n'ayant donc aucun lien véritable avec la Tchéquie ou la ville de Budweis.
Pour protéger son savoir-faire, les autorités locales ont tâché de faire reconnaître l'héritage de sa production de bière dont on trouve des traces dès la période médiévale. Signe de ce combat juridique d'importance : à l'échelle européenne, plus d'un tiers des indications géographiques protégées (IGP) de bières se trouvent en Tchéquie et trois sont concentrées à Budweis même. Pour Tomas Slunecko, secrétaire général de l'association des brasseries et des malteries tchèques il s'agit moins "de protéger un type de bière spécifique que de garantir l'origine et l'authenticité des modèles de production locaux. Les IGP sont un ancrage...
-
07/02 - Affaire Epstein : "Plus un complot implique de personnes, plus il devient statistiquement fragile"
Une île secrète devenue symbole mondial du vice, des millions de documents judiciaires, et désormais donc, des dizaines de noms de puissantes personnalités circulant en ligne… D’après certains, l’affaire Epstein serait la confirmation d’un soupçon ancien : les élites occidentales trempent toutes dans un réseau pédocriminel tentaculaire. Pour Pascal Wagner-Egger, chercheur en psychologie sociale à l’université de Fribourg, spécialiste des croyances complotistes, le cas du criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019, est en effet du "pain bénit" pour cette mouvance. Elle peut néanmoins mener à des fractures, au regard de son ampleur, ainsi que des personnes citées dans ce dossier, pas toujours conformes à leurs espérances. Entretien.
L'Express : Depuis des années, la sphère complotiste fantasme sur des liens entre élites et réseaux pédocriminels. A quel point l’affaire Epstein alimente-t-elle ce récit ?
Les complotistes vont pavoiser, et ils le font assez souvent d’ailleurs. Ce qui est justement un signe qu'ils ne sont pas assurés d'avoir toujours raison. Sinon, ils n'auraient pas besoin de le clamer sur tous les toits. Mais effectivement, ce qu’il se passe actuellement est du pain bénit pour eux, parce qu’avec tous les fichiers accessibles grâce à un moteur de recherche, duquel ressortent énormément de noms divers et variés, la masse d’informations donne le sentiment d’un gigantesque réseau pédocriminel mené par Jeffrey Epstein. Il y a une forme de déshonneur par association. Alors que beaucoup de...
-
07/02 - A New York, Sofitel tourne définitivement la page DSK sous l’impulsion de Maud Bailly
Pour ses discours, Sébastien Bazin n'a pas besoin de fiches. Le patron du groupe Accor laisse la place à l'improvisation. Pour autant, chaque mot est pensé. Alors ce 3 février, invité à prendre à la parole pour célébrer la rénovation de l’emblématique Sofitel de New York, le dirigeant n'y va pas par quatre chemins. Face à un public composé de propriétaires d'hôtels du groupe - dont certains ont fait le déplacement de l'autre bout du monde pour l'occasion - mais aussi des personnalités du secteur de l'hospitalité new-yorkaise et des cadres dirigeants français et américains, il confesse : "Je n’ai jamais aimé cette marque. Je ne l’ai pas comprise. Elle existe depuis 60 ans, mais plus personne ne lui prêtait attention. Et je me dis aujourd’hui que j’avais probablement tort."
Car depuis trois ans, Sofitel renaît de ses cendres, sous l’impulsion de Maud Bailly. Entrée chez Accor en 2017 comme chief digital officer, cette quadragénaire a ensuite dirigé la division Europe du Sud, avant d’être nommée, en 2023, directrice générale de la chaîne hôtelière de luxe - mais aussi des marques MGallery et Emblems. Et quel lieu plus propice que l’établissement, situé à proximité de la Cinquième avenue, de Times Square et de l’Empire State Building, pour ouvrir un nouveau chapitre ?
C’est ici, dans la suite 2806, que Dominique Strauss-Kahn a été accusé en 2011 d'agression sexuelle par Nafissatou Diallo, employée comme femme de chambre dans l’hôtel. Une affaire aux répercussions mondiales - l’ancien ministre était alors directeur du...
-
07/02 - Terroriste pour les uns, "Mandela" pour les autres : Marwan Barghouti a-t-il encore un avenir politique ?
Le jour où les militaires israéliens ont arrêté son père dans sa planque de Ramallah, après des semaines de traque et un assassinat ciblé manqué, Arab Barghouti avait onze ans. C’était le 15 avril 2002. "Nous étions tous réunis chez mon oncle et nous avons vu à la télévision mon père entouré de dizaines de soldats israéliens, raconte-t-il. Je garde en mémoire une grande violence et une absence soudaine. Mon père a toujours promis à ma mère qu’il reviendrait."
Aujourd’hui trentenaire, le fils de Marwan Barghouti a pris la tête de la croisade internationale pour la libération du mythique prisonnier palestinien. Dans un anglais parfait, acquis lors d'un séjour de deux ans aux Etats-Unis, il multiplie les interviews dans les médias étrangers et les voyages à travers "l'internationale pro palestinienne". Aux côtés du Sinn Féin à Belfast, avec les militants Free Palestine des campus américains ou dans les réunions publiques du Parti Communiste français en Seine-Saint-Denis, Arab Barghouti plaide inlassablement pour la libération de son père. "Ces vingt dernières années, Israël a relâché des centaines de prisonniers condamnés à des peines de prison à vie pour des motifs bien plus graves. Mais pas mon père, pour une raison simple : il représente l'espoir. Et l'espoir est toujours le plus grand ennemi de l'oppresseur", confie-t-il à l’Express.Il côtoie Yasser Arafat
C’est dans son bureau d’une agence de communication située dans le quartier d’affaires de Ramallah que nous reçoit Arab Barghouti. Sur l’un des murs, une photo de...
-
07/02 - Automobile : comment le chinois XPeng nargue les Allemands chez eux
Le lieu est hautement symbolique. Pour son centre de R&D européen, le fabricant chinois de véhicules électriques XPeng a choisi de planter son drapeau à Munich, dans d’anciens locaux de BMW. Là, une cinquantaine de techniciens adaptent les châssis aux spécificités des routes locales et aux critères de confort des conducteurs. Les ingénieurs sillonnent le pays pour entraîner l’intelligence artificielle (IA) aux différentes infrastructures, à la signalétique ou encore aux conditions météo. "Nous continuons à déployer nos technologies au bénéfice de nos clients européens", assure Jacky Gu, vice-président du groupe.
Dans cette logique de proximité, XPeng a retenu le site de production de Magna Steyr, à Graz, en Autriche, réputé pour assembler des Mercedes et des BMW, et jusqu’à récemment des Jaguar. Une décision à rebours de ses compatriotes qui localisent leurs unités dans des Etats à moindre coût, comme la Hongrie, l’Espagne ou la Turquie. "Ce parti pris est dicté par notre exigence de qualité", précise Thomas Rodier, le directeur marketing France. Les SUV G6 et G9 ont commencé à sortir des lignes autrichiennes au mois d’août, désormais rejoints par la berline P7+. D’ores et déjà, le chinois envisage la construction d’une usine en propre pour accompagner sa montée en puissance européenne. D’autant que trois autres nouveautés débarqueront cette année, puis un petit modèle plus abordable en 2027.Un PDG issu de la tech
Le Vieux Continent représente déjà la moitié de ses ventes internationales. Arrivée discrètement par...
-
07/02 - "Aujourd’hui, l’Europe ne peut pas se défendre seule" : le constat inquiétant d’un ex-haut gradé britannique
L'article avait provoqué un petit scandale dans les cénacles feutrés britanniques. En septembre 2024, Edward Stringer, senior sellow à Policy Exchange, publie avec l’historien Philip O’Brien dans Foreign Affairs un papier au titre quasi-prophétique : "Se préparer à un Otan post-Etats-Unis". Un mois avant la réelection de Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes pressaient leurs compatriotes de se préparer à l’éloignement de leur allié. De quoi choquer les Britanniques, historiquement très liés à Washington sur le plan militaire.
Stringer n’est pas un inconnu dans l’écosystème militaire britannique. Ancien directeur des opérations du ministère britannique de la Défense, il a été chargé de superviser l’ensemble du spectre militaire - de la dissuasion nucléaire aux opérations extérieures. Il a ensuite dirigé le développement doctrinal des forces armées britanniques. Auditionné mardi 3 février devant la commission défense de la Chambre des communes britannique, Stringer a une nouvelle fois alerté sur les faiblesses militaires de l’Europe.
Pour L’Express, il rappelle que le Vieux Continent est confronté à deux périls majeurs. A l’Est, le soutien de Pékin à Moscou dans son agression contre l’Ukraine. "La Chine a discrètement mis en place des filières d’approvisionnement vers les usines de drones en Russie. [...] Selon des sources ouvertes, 60 % de l’effort de guerre russe est financé secrètement par la Chine… Ce qui indique un soutien massif de sa part", a-t-il indiqué mardi. A l’Ouest, la nouvelle administration...
-
06/02 - Chute du bitcoin : qui peut relancer la machine ?
Le bitcoin vient tout juste d’avoir 17 ans. Mais il a déjà eu plusieurs vies bien remplies. D’abord comme cet ingénieux moyen d’échange numérique, avec lequel on pouvait commander une pizza sans qu’une banque ne serve d’intermédiaire. Avant d'être la monnaie de criminels en quête de discrétion. Son adoption croissante l’a ensuite conduit à devenir l’un des actifs stars des fonds de gestion à travers la planète. Une poignée d’Etats et de promoteurs l’imaginent aujourd’hui comme une valeur refuge ; une sorte d’or numérique. Dans sa courte histoire, son prix a parfois approché le zéro, connu des baisses de plus de 90 %, et finalement atteint 126 000 dollars en octobre dernier, son plus haut. Inclassable, incensurable, quasi-inattaquable, le bitcoin a, sur le papier, de quoi encaisser la récente chute de son cours, jusqu’ici sous les 70 000 dollars. La logique des cycles voudrait même qu’il descende plus bas sans pour autant disparaître. La question mérite toutefois d’être posée : comment, cette fois, va-t-il remonter la pente et tutoyer de nouveaux sommets ?
Le ressac est toujours plus brutal. Les mineurs de bitcoin, sur qui reposent une partie du système, ou les maximalistes adeptes des Bitcoin Treasury Company (BTC), qui accumulent du bitcoin à gogo, ont de quoi être inquiets. Leurs positions disposent souvent d’une limite sous laquelle le bitcoin ne doit pas surtout pas couler. Une contagion de ce krach à Wall Street, de plus en plus lié à ce milieu, n’est pas impossible. Les sorties des fonds indiciels ETF,...
-
06/02 - Ventes de livres : Marion Maréchal peut-elle faire mieux que Jordan Bardella ?
Il est difficile de répéter un succès éditorial, et Jordan Bardella vient d’en faire l’expérience. Certes, avec Ce que veulent les Français (Fayard), il a atteint les 100 000 exemplaires. Mais c’est deux fois moins que ce qu’il avait connu avec Ce que je cherche, écoulé à plus de 200 000 exemplaires. Marion Maréchal va-t-elle profiter de cette relative érosion pour retrouver son rang au sein du Rassemblement national, après son passage polémique chez Reconquête! ?
Il est intéressant de se pencher sur les chiffres de ventes : on s’aperçoit que, malgré la place qu'il occupe dans notre inconscient collectif, le clan Le Pen est nettement moins fort en librairie. En 2018, le premier tome des Mémoires du patriarche Jean-Marie Le Pen, Fils de la nation (Muller), avait trouvé 50 000 lecteurs, ce qui est à fois très bien dans l’absolu et très peu par rapport aux scores records d’Eric Zemmour ou Philippe de Villiers. A l’automne dernier, Jean-Christophe Bourseiller n’a intéressé que 2 000 personnes avec Les Pen. Une famille française (Perrin). Ces dernières années, Marine Le Pen a eu droit à de très nombreux livres sur (ou plutôt contre) elle, sans qu’aucun n’émerge – il y a même eu de sacrés flops, comme Marine Le Pen sur le divan. Au nom du père (Dunod) de Joseph Agostini, vendu à… 200 exemplaires.
Et Marion dans tout ça ? Depuis 2017, deux enquêtes journalistiques lui ont été consacrées : Michel Henry et Louis Hausalter ont tous les deux fait moins de 2 000 exemplaires avec La Nièce. Le Phénomène Marion Maréchal-Le Pen...
-
06/02 - Affaire Epstein : ce que l’on sait de l’opération d’ingérence russe ciblant Emmanuel Macron
Le nom d'Emmanuel Macron apparaît plus de 200 fois dans les millions de documents issus du dossier Jeffrey Epstein, publiés par le ministère de la Justice américain. Ce vendredi 6 février, une source gouvernementale a indiqué avoir détecté une opération d’ingérence russe destinée à faire croire à une implication du chef de l'Etat dans l’affaire, révèle BFMTV.
L'opération de désinformation est liée au réseau russe Storm-1516, dont le mode opératoire est documenté depuis fin 2023. "Les acteurs derrière Storm-1516 cherchent à polariser le débat démocratique de nos sociétés, à saper la confiance envers les médias et les institutions européennes", mettaient déjà en garde le ministère des Armées en mai 2025. L'objectif de cette dernière ingérence : faire croire à une implication d’Emmanuel Macron dans l’affaire Epstein."Un site Internet usurpant l'identité de France-Soir"
Détectée mercredi par Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences étrangères en ligne, la manigance reposait sur la "création d’un site Internet usurpant l’identité de France-Soir" où a été publié "un article accusant le président de la République, Emmanuel Macron, d’être impliqué dans l’affaire Epstein", aurait affirmé une source gouvernementale à l'AFP selon plusieurs médias.
Dès mercredi, France-Soir a démenti, publiant un communiqué sur le réseau social d’Elon Musk : "Alerte importante aux lecteurs de France-Soir. Attention : usurpation de marque et de contenu. Le site france-soir.net n’a aucun lien avec France-Soir".
Alerte importante aux lecteurs...
-
06/02 - Michel Cymes, ses excuses après la polémique : "Je ne voulais pas minimiser le TDAH"
Difficulté à maintenir son attention, à organiser ses tâches, oublis fréquents, impulsivité, agitation intérieure… Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche environ 6 % des enfants et 3 % des adultes en France, soit près de deux millions de personnes qui, souvent, l’ignorent. Longtemps réduit à l’image de l’enfant turbulent, ce trouble neurodéveloppemental peut pourtant se révéler source de réelles difficultés : échec scolaire, instabilité professionnelle, relations compliquées, estime de soi fragilisée.
C'est pour lever le voile sur cette "différence invisible" que Michel Cymes, médecin et figure populaire du petit écran, et Olivier Revol, pédopsychiatre et chef du Centre des troubles des apprentissages au CHU de Lyon, publient Heureux comme des TDAH ! (Albin Michel). Les deux hommes partagent un point commun : tous deux sont TDAH, le premier diagnostiqué tardivement à 60 ans, le second bien plus tôt. À l’heure où les consultations explosent et où le terme "TDAH" s’invite dans toutes les conversations – parfois à tort –, ce livre veut "informer sans alarmer", selon ses auteurs et surtout rappeler qu’un diagnostic n’est pas une condamnation.
La promotion de l’ouvrage a toutefois été entachée d’une polémique. Lors d'une interview sur France 5, Michel Cymes a affirmé que "le TDAH n'est pas un handicap", provoquant l'indignation de nombreux patients, parents et professionnels de santé sur les réseaux sociaux. Plusieurs psychiatres, dont Hugo Baup, ont publiquement répondu, rappelant...
-
06/02 - Guerre en Ukraine : à Moscou, le conseiller d’Emmanuel Macron rembarré
La rencontre de ce mardi 3 février à Moscou entre le français Emmanuel Bonne et son homologue russe, Youri Ouchakov, s’est soldée par un échec, selon trois sources diplomatiques et sécuritaires française, ukrainienne et russe. En réponse à ses ouvertures, le conseiller diplomatique du président Emmanuel Macron s’est vu rétorquer que les revendications de la France et de l’Europe ne correspondent pas à la réalité du rapport de force militaire sur le front ukrainien.
Cette visite intervient dans la foulée de plusieurs déclarations d'Emmanuel Macron en vue de replacer l’Union Européenne au coeur des négociations de paix entre Kiev et Moscou, dont la médiation est aujourd’hui accaparée par le président américain Donald Trump. Ce projet de restaurer un canal de discussion avec Moscou divise jusque dans l'entourage d'Emmanuel Macron, où des généraux le jugeraient stratégiquement inapproprié.
"La rencontre s’est déroulée dans la même veine que l’épisode de la longue table", décrit une source informée des détails de l'événement, en référence à la table de 6 mètres de long au bout de laquelle le président russe Vladimir Poutine avait placé son homologue français lors d’une visite au Kremlin en février 2022, un choix officiellement justifié par les mesures de distanciation sociale sur fond de Covid-19, mais également perçu comme une tentative de déstabilisation. Pas de table cette fois, mais "Bonne a été reçu seulement pour se faire rembarrer", regrette une de nos sources. Un accueil qui évoque à une autre source la répartie de...
-
06/02 - "Ce serait suicidaire" : pourquoi l’Europe redoute sa dépendance au gaz américain
Ce fut l’un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. Alors que l’Europe se pressait de réduire ses approvisionnements en gaz russe en réponse à l'invasion de l'Ukraine, l’eurodéputé Christophe Grudler prévenait : "Attention à ne pas quitter une dépendance pour une autre !" Avertissement prémonitoire. A peine extirpée des pattes de l'ours russe, voilà l'Europe prise dans les serres de l'aigle américain. En quatre ans, les importations européennes de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des Etats-Unis ont été multipliées quasiment par quatre. Aujourd’hui, le Vieux Continent achète près de 60 % de son GNL outre-Atlantique. Et si l’accord à 750 milliards de dollars signé l’été dernier entre Donald Trump et Ursula von der Leyen finit par s’appliquer, ce sera bien pire : l’Amérique pourrait fournir, en 2030, 80 % du GNL dont les Européens ont besoin, avertit Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste à l’Institut d’économie de l’énergie et d’analyse financière (IEEFA), une ONG basée aux États-Unis.
Les experts du monde de l'énergie tentent de se rassurer. Le deal trouvé avec le président américain, non contraignant et au montant illusoire, n'entrera sans doute pas en vigueur dans sa globalité. La Commission a outrepassé son rôle en annonçant de tels investissements, dénoncent plusieurs voix. "Sur le terrain, ce sont les acteurs privés qui vendent et achètent le GNL. Et ils le font en fonction des prix sur les trois gros marchés que sont l’Europe, l’Asie et les États-Unis", constate Anne Lapierre, associée gérant chez...
-
06/02 - Russie : un haut gradé victime d’une tentative d’assassinat, l’Ukraine pointée du doigt
Le général Vladimir Alexeïev, chef adjoint des services de renseignement militaire russe (GRU), a été blessé par balles ce vendredi 6 février dans la matinée à Moscou et transporté d'urgence à l'hôpital. Selon le quotidien Kommersant, qui cite des sources policières, le tireur, encore non identifié, s'est introduit dans l'immeuble du général en se faisant passer pour un livreur avant d'ouvrir le feu à plusieurs reprises sur le haut responsable du renseignement qui quittait son domicile pour se rendre à son travail.
Toujours selon le quotidien, le général a été blessé à un bras, à une jambe et à la poitrine en tentant de se défendre. Le Kremlin, qui a été informé de la fusillade, a déclaré espérer qu'Alexeïev survive et se rétablisse. "Il est clair que les commandants militaires et les spécialistes de haut niveau sont exposés à des risques en temps de guerre", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Mais ce n’est pas au Kremlin de décider comment assurer leur sécurité. C’est une question qui relève des services spéciaux."
Vladimir Alexeyev, 64 ans, dont le travail a été reconnu par le président Vladimir Poutine qui lui a décerné le titre de Héros de la Russie, serait dans un état grave à l'hôpital. Né en Ukraine alors sous domination soviétique, Alexeïev a été placé sous sanctions américaines pour ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016. L'Union européenne lui a imposé des sanctions à la suite de l'empoisonnement de l'ancien agent russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury, en...
-
06/02 - Guerre en Ukraine : la Russie fragilisée par la coupure des antennes Starlink
C'est une décision qui risque de couter cher à la Russie. Depuis quelques mois, son armée utilise, le réseau internet satellite de Starlink, dont Elon Musk est propriétaire. Le but : doter ses drones de cette technologie afin de conduire des frappes plus précises et moins détectables par les brouilleurs ukrainiens.
Une pratique documentée depuis fin décembre par l'Institute for the Study of War - traduisez : Institut pour l’étude de la guerre -. Selon ce think tank américain, l'utilisation de Starlink, pourtant interdite dans le contexte d’attaques militaire, augmenterait la portée des drones à 500 km. Aussi, un tel rayon permettrait aux engins moscovites de survoler "la majeure partie de l’Ukraine, toute la Moldavie et certaines régions de la Pologne, de la Roumanie et de la Lituanie". Les communications coupées
Selon une information du média Kyiv Independent, la Russie aurait également recours à des terminaux de la même société pour communiquer sur le champ de bataille. Et ce, depuis bien plus longtemps.
A la demande de l'Ukraine, Elon Musk a annoncé prendre des mesures pour y remédier. Parole tenue. Le 4 février, sur Telegram, le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a annoncé la désactivation de ces terminaux internet. Trois commandants ukrainiens ont aussi affirmé aux journalistes du Kyiv Independent avoir intercepté des messages des forces russes "se plaignant de la défaillance des terminaux Starlink en grand nombre". "Ils ont été complètement coupés. Cela signifiera...
-
06/02 - LFI d’"extrême gauche" : tout comprendre à ce classement qui provoque la colère du parti
Ce sont quelques mots, inscrits au milieu de la dizaine de pages d'une circulaire électorale émise par le ministère de l'Intérieur, qui ont fait bondir les dirigeants de La France insoumise. Le mouvement, fondé par Jean-Luc Mélenchon, sera considéré comme une formation politique appartenant au bloc de partis d'"extrême gauche" pour les prochaines élections municipales. Jusqu'alors, LFI était simplement considéré comme un parti de "gauche", à l'instar du Parti socialiste ou du Parti communiste, par exemple. Que retenir de ce changement de qualification, qui fait tant réagir parmi les rangs insoumis ? Décryptage.Que dit la circulaire ?
Cette évolution est actée par une circulaire "relative aux nuances" à attribuer aux candidats par les préfets aux prochaines élections municipales. Ces appellations, obligatoires pour les listes dans les communes de plus de 3 500 habitants et dans les arrondissements de Paris, Marseille et Lyon, recouvrent l'ensemble du panorama politique français. Elles se distinguent des étiquettes politiques, "laissées à la libre appréciation du candidat dans le cadre de sa déclaration de candidature". Ici, les nuances sont donc directement attribuées par les représentants de l'État dans les territoires, sur la base d'une classification transmise par le ministère de l'Intérieur.
Ces "nuances politiques" sont affectées à différents niveaux. Lorsque les candidats sont affiliés à des partis précis, leur couleur politique sera signifiée par des appellations relatives à leurs formations...
-
06/02 - Ce "piège mélenchoniste" dans lequel sont tombées les entreprises, par Nicolas Bouzou
Qui n’a jamais rêvé que les relations sociales en France ressemblent à celles entretenues en Allemagne ou en Suisse ? Le dialogue social fonctionne chez nous correctement à l'échelon des entreprises : de nombreux accords sont signés, par exemple sur le temps de travail, et souvent dans une ambiance constructive. Au niveau national en revanche, il se complique - les réformes de retraites ou les lois qui veulent flexibiliser le marché du travail qui déclenchent systématiquement une crise d’hystérie nationale. Dès que l’Etat s’en mêle et que les partenaires sociaux sont sous le regard des médias, les discussions s’enveniment et la raison disparaît du débat. Ce spectacle, joué devant nous, amène à se poser des questions sur le fonctionnement du dialogue social dans notre pays. Le sujet est légitime mais attention à ne pas céder aux fausses bonnes idées.
Le problème se loge-t-il dans la représentativité ? C’est la dernière trouvaille de Jean-Luc Mélenchon qui, considérant sans doute que diviser les Français sur la base de leur croyance religieuse ne suffit pas à lui donner un destin présidentiel, décide désormais de diviser le monde des entreprises en opposant les petits et les gros. Avec une certaine efficacité ! En janvier dernier, pas moins de quatre organisations patronales (la CNAMS, la Capeb, la CPME et l’U2P) ont participé à un colloque de l’Institut La Boétie, le think tank de LFI. Avec comme conclusion cette proposition insoumise partagée par nombre de participants patrons : il est nécessaire de revoir les...
-
06/02 - Campagne Friend.com dans le métro : quand l’IA devient totem, par François-Régis de Guenyveau
En quelques jours, elle a envahi les stations de métro parisiennes. Des affiches sobres, un anneau énigmatique, une phrase mystérieuse : "Je serai toujours d’accord pour prendre un café avec toi." Derrière cette campagne se cache Friend.com, une start-up américaine qui promet un "ami" sous la forme d’un pendentif connecté. A la faveur d’un coup marketing d’une redoutable efficacité, jouant à la fois sur la fascination et le malaise, l’objet s’est imposé sur les réseaux sociaux en moins de quarante-huit heures. Démonstration supplémentaire, s’il en était besoin, de la capacité des seigneurs de la tech à saturer l’attention pour façonner peu à peu notre quotidien.
Le principe est simple : où que vous soyez, quoi que vous fassiez, votre pendentif voit, entend, et ne demande qu’à vous aider. L’IA est un ami qui vous veut du bien, et qui a le chic de ne l’ouvrir que quand vous le souhaitez. Si la campagne fonctionne, c’est qu’elle condense les paradoxes de notre époque. Peu de publicités donnent à voir avec autant de netteté l’ambivalence d’une civilisation qui idolâtre l’innovation tout en redoutant ses effets.
Premier paradoxe : prétendre combattre la solitude en vendant un objet. La solitude n’est pas ici niée, elle est actée, et le remède proposé n’est pas la relation mais l’outil. Nous nous enfonçons ainsi sans complexe dans un flot toujours plus important de connexions et de notifications qui imitent les liens sans les créer. Au milieu de nos villes modernes, "le désert croît", pour reprendre la belle formule de...
-
06/02 - Groenland : Jean-Noël Poirier, un premier consul français pour faire face aux visées de Donald Trump
Il aura sous sa responsabilité... six habitants de nationalité française. Le nouveau consul général de France au Groenland, Jean-Noël Poirier, s'apprête à découvrir ce vendredi 6 février un environnement très différent de ses précédentes expériences autour du globe. Nommé par décret mardi, le diplomate ne croisera pas beaucoup de compatriotes sur l'île arctique de 55 000 habitants.
Son poste, tout fraîchement créé, n'a de toute façon pas vocation à uniquement faire office de point de contact entre ces quelques ressortissants et la métropole. La décision d'ouvrir un consulat à Nuuk, la capitale du territoire autonome, consiste "d’abord" à "marquer notre volonté d’approfondir notre présence dans toutes les dimensions sur ce territoire du royaume du Danemark", avait expliqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur RTL le 14 janvier dernier. Un diplomate au parcours riche
Une mission particulièrement importante pour Paris au moment où Donald Trump lorgne ce qu'il perçoit comme "un bout de banquise". La zone est convoitée par le républicain au nom de "la sécurité nationale" américaine. Le président des Etats-Unis n'a pas hésité à menacer à plusieurs reprises d'annexer le Groenland, y compris par la force avant de calmer le jeu et d'annoncer une ébauche d'"accord" dans la région. Invité de la matinale...
-
06/02 - Affaire Epstein : un séisme planétaire
-
06/02 - Affaire Epstein : comment Jack Lang a été rattrapé par sa proximité avec le prédateur sexuel
Sur cette photo datée de mars 2019, la cour du Louvre est ensoleillée. Devant la pyramide en verre qui trône en son cœur, Jack Lang pose tout sourire, le visage éclairé par une chaude lumière de fin d'hiver. À ses côtés sur le cliché ? L'Américain Jeffrey Epstein, lunettes de soleil sur le nez, mains jointes devant lui et air impassible. Nous sommes quelques mois seulement avant l'arrestation de l'autre côté de l'Atlantique de ce financier aux réseaux tentaculaires. Le 6 juillet 2019, la justice américaine l'incarcère pour des accusations de trafic sexuel de grande ampleur. Jeffrey Epstein aurait mis en place un énorme système d'exploitation de mineures et de très jeunes femmes, aidé par sa compagne, Ghislaine Maxwell. À peine un mois plus tard, en août, il est retrouvé mort en prison. L'enquête conclut à un suicide.Présenté par Woody Allen
L'image de l'ex-ministre de la Culture en compagnie du prédateur sexuel a été dévoilée par la déclassification de plus de trois millions de fichiers liés à la vie de Jeffrey Epstein par le ministère de la Justice américain, vendredi 30 janvier. Des révélations réalisées au nom de la "transparence", selon l'institution, et auxquelles Donald Trump n'était que moyennement favorable, ayant lui-même fréquenté durant plusieurs années l'homme d'affaires new-yorkais. Sphère politique, milieu des affaires, monde culturel... Ce dernier possédait des connaissances dans tous les domaines et mettait un point d'honneur à cultiver sa renommée auprès de ses interlocuteurs. Avec une telle...
-
06/02 - "Un mythe est brisé" : humilié par Donald Trump, le Royaume-Uni se tourne vers la Chine... et l’Europe
Leur dernière rencontre, au G20 de Rio de Janeiro en novembre 2024, avait été aussi brève que glaciale. Nous étions alors en pleine affaire d’espionnage chinois au Parlement de Westminster. A Pékin, la semaine dernière, la neige a visiblement fondu entre Keir Starmer et Xi Jinping. Après un discours improvisé de Xi sur son éveil à la littérature anglaise en pleine Révolution culturelle, les deux dirigeants se sont retrouvés près de trois heures en réunion bilatérale, le double du temps prévu.
Actant la fin de huit années de gel diplomatique, Starmer a décidé de recentrer la relation sur l’économie. Il est reparti notamment avec des droits de douane chinois allégés sur le whisky écossais, secteur hautement symbolique, et un visa de trente jours sans formalité pour les Britanniques, facilitant échanges économiques, universitaires et culturels.Londres n'est plus un satellite de Washington
Donald Trump, qui qualifiait ce voyage de "très dangereux", a été superbement ignoré. La Chine est aujourd’hui le troisième partenaire commercial du Royaume-Uni, et Londres n’a plus les moyens de l’ignorer. Le message de Starmer est clair et audacieux : Londres revendique désormais une diplomatie pragmatique et multi-alignée, capable d’entretenir simultanément des relations avec Washington, Bruxelles et Pékin, et ce malgré des rivalités croissantes. Comprenez : le Royaume-Uni n’est plus un satellite de Washington. Un basculement historique dans l’approche britannique, longtemps définie par une "relation spéciale" quasi sacrée...
-
06/02 - JO d’hiver 2026 : "Cet événement mondial nourrit le nationalisme de Giorgia Meloni"
A Milan, l’heure est aux derniers réglages avant le coup d’envoi des Jeux d’hiver 2026. Ce vendredi 6 février, la cérémonie d’ouverture au stade San Siro doit offrir à l’Italie son moment de gloire. Mais contrairement à Emmanuel Macron et Anne Hidalgo qui étaient médiatiquement omniprésents dans les préparatifs des Jeux 2024, jusqu’à une baignade très commentée dans la Seine pour la maire de Paris, Giorgia Meloni a, elle, choisi une toute autre posture : se tenir à distance de ce récit narratif. Pour Marc Lazar, professeur émérite d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po et à l’université LUISS à Rome, la présidente du Conseil italien se manifestera lorsque les caméras du monde entier seront braquées sur la Botte. De quoi "renforcer sa crédibilité internationale" à l’aube des élections parlementaires italiennes de 2027.
L'Express : Que représentent les Jeux d’hiver 2026 dans la stratégie politique de Giorgia Meloni ?
Marc Lazar : Ils ne sont que bénéfiques. Ce n’est pas elle qui a décidé de les organiser puisqu'elle n’était pas au pouvoir à l’époque. Mais ils s’inscrivent dans la politique qu’elle mène depuis 2022 et dans ce qu’elle appelle la fierté italienne et le Made in Italy. Bien sûr, il y a l’enjeu économique, mais aussi l’idée que l’Italie est capable d’organiser un événement de cette ampleur. Elle l’a d’ailleurs annoncé après son arrivée au pouvoir : ces Jeux doivent montrer le rayonnement du pays, la réussite italienne. Ils nourrissent le nationalisme de Meloni, qu’elle présente comme non agressif....
-
06/02 - Métaux rares et GNL : les fragilités énergétiques de l’Europe
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous... Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
En septembre dernier, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, prenait la parole devant le Parlement dans ce qu’on appelle le discours sur l’état de l’Union. Une allocution annuelle dans laquelle il est question des grandes priorités et des projets phares pour les mois à venir.
"C'est le moment de nous débarrasser complètement des énergies fossiles russes", martelait-elle, sous les applaudissements des députés européens. Elle ajoutait : "nous sommes désormais sur la voie de l'indépendance énergétique".
Six mois plus tard, la Cour des comptes européenne met un coup à l’optimisme d’Ursula von der Leyen. L’institution détaille dans un rapport la dépendance du Vieux Continent concernant les matières premières critiques, ces métaux rares comme le cuivre ou le lithium, indispensables pour la transition énergétique. En clair, l’Europe est très loin de l’indépendance...
D'autant que ce n'est pas le seul domaine énergétique où l'Europe n'est pas autosuffisante : depuis la guerre en Ukraine, nous sommes passés d'une dépendance à une autre, nous détournant du gaz russe pour privilégier le GNL (gaz naturel liquéfié) américain.
Face à ces dépendances énergétiques, l'Europe doit changer de voie. Pour comprendre l'ampleur du défi et les solutions qui s'offrent au Vieux...
-
06/02 - "Un euro investi dans une université rapporte trois euros à son territoire" : le plaidoyer de Lamri Adoui
A quelques semaines des élections municipales, les universités veulent peser dans le débat public. En formulant des propositions concrètes à l’adresse des candidats, les membres de France Universités ont voulu montrer que leurs établissements étaient "ouverts sur le territoire, l’économie, la société civile, loin de l’image parfois figée que peut avoir l’institution universitaire". Finances, logement, transport, recherche, … Lamri Adoui, le président de l’organisation et de l’Université Caen-Normandie, porte leur voix dans L'Express. Un galop d’essai avant d’aller plus loin en 2027, en amont du scrutin présidentiel.
L'Express : La loi de finances 2026 enfin votée par le Parlement alloue un budget en hausse pour les universités. Une satisfaction, compte tenu de leurs difficultés financières ?
Lamri Adoui : Depuis 20 ans, la France sous-investit de façon chronique dans les enjeux de la jeunesse, de l'enseignement supérieur, de la recherche, creusant l’écart avec des pays comme l'Allemagne. Notre pays avait promis d’y allouer 3 % de son PIB [NDLR : un engagement qui remonte au sommet européen de Lisbonne en 2000], on est à 2,18 %, soit une différence de 25 milliards d'euros par an. Deuxièmement, les moyens n'ont pas suivi la croissance du nombre d'étudiants. Or 230 000 élèves en plus ces dix dernières années équivalent à dix universités supplémentaires. Enfin, certaines mesures récemment décidées par l'État sur les mutuelles, les cotisations de retraite, la hausse du point d'indice des agents de la fonction...
-
05/02 - Réindustrialisation : ce que cachent les investissements record en France
Depuis 2017, Emmanuel Macron en a fait la colonne vertébrale de sa présidence. Pour relancer la compétitivité de la France et rattraper nos voisins européens, il s'est fixé un objectif : faire grimper à 15 % la part de l’industrie manufacturière dans le produit intérieur brut français à l’horizon 2035. Année après année, de sommet "Choose France" en sommet "Choose France", l'Elysée se gargarise des promesses d'investissements européens et internationaux et cette année, le montant de ces annonces a atteint un record assez remarquable. Mais attention à ne pas crier victoire trop vite ! Dans la nouvelle édition de son rapport annuel, le cabinet Trendeo, qui collecte des données sur l'investissement et l'emploi depuis 2009, évoque un "résultat trompeur".
67 des 125 milliards d'euros d'investissements annoncés - plus de la moitié, donc - sont destinés à la création de data centers au sein de l'Hexagone. "C'est une bonne nouvelle de voir la France ainsi positionnée sur cette catégorie de projets, elle qui s'était fait doubler par les Etats-Unis ou l'Allemagne dans le secteur des semi-conducteurs notamment", remarque David Cousquer, le fondateur de Trendeo, avant de tempérer, "mais il nous manque encore une vraie dynamique dans le secteur industriel."Une timide reprise de l'emploi industriel
Concrètement, entre 2024 et 2025, les annonces d'investissements dans l’industrie se maintiennent à un bon niveau, mais l'installation de data centers ne peut pas être apparentée à une relance de l'industrie...
-
05/02 - "Un tyran et un traître" : quand Elon Musk invective le Premier ministre espagnol
Connu pour sa propension à l'escalade oratoire, essentiellement via son réseau X, Elon Musk s'est montré fidèle à sa réputation mardi en insultant à plusieurs reprises Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol. Il a, dans un premier post sur X, écrit que "Dirty Sanchez [une référence scatologique] était un tyran et un traître aux Espagnols", avant de récidiver une heure et demie plus tard : "Sánchez est le véritable totalitaire fasciste", s'emportait-il. L'objet de son courroux tient à l'annonce du chef de gouvernement espagnol d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et à sa volonté de tenir les entreprises de la tech pour responsables des contenus haineux qu'elles publient. "Nos enfants sont exposés à un espace qu'ils ne devraient jamais avoir à explorer seuls... Nous ne l'accepterons plus, a déclaré M. Sanchez lors du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï. Nous les protégerons du Far West numérique", rapporte Reuters. 5 millions de comptes fermés en Australie
Dans sa croisade contre le chef du gouvernement ibérique, Elon Musk a pu compter sur le concours de Pavel Durov. Le fondateur de Telegram voit lui aussi dans cette volonté de protéger enfants et adolescents des plateformes une dérive... totalitaire : "Ce ne sont pas des mesures de protection, mais des étapes vers un contrôle total. Nous avons déjà vu ce scénario auparavant : les gouvernements utilisent la "sécurité" comme arme pour censurer les critiques", a-t-il écrit sur Telegram. La joute n'en est pas resté là, puisque...
-
05/02 - Royaume-Uni : Amelia, une collégienne virtuelle devenue icône de la haine
Carré violet, style "gothique", et drapeau sur les épaules, Amelia est écolière. Elle est aussi raciste, nationaliste, et surtout, elle n’existe pas. Comme "icône" de sa "résistance", l’extrême droite anglaise s’est choisie une intelligence artificielle, dérivée d’un personnage imaginé pour les enfants.
Tout commence par un jeu vidéo destiné aux 13-18 ans : Pathways - traduisez : chemins -. Un "kit pédagogique interactif", financé par le gouvernement britannique, dans l'ambition d'apprendre aux jeunes à reconnaître "l’extrémisme et la radicalité" en ligne.Raciste, homophobe et ultra-sexualisée
Amelia y a le mauvais rôle, accusant par exemple les "immigrés de venir au Royaume-Uni pour prendre notre travail", ou encourageant ses camarades à rejoindre des groupuscules identitaires. Selon le journal britannique The Guardian, certains scénarios simulés dans le jeu donnent lieu à un signalement dans le cadre du programme antiterroriste gouvernemental "Prevent".
De quoi piquer l’extrême droite locale qui s’est rapidement emparée du personnage. Grâce à l’intelligence artificielle, des internautes la mettent en scène sous diverses formes. Manga, Wallace et Gromit, dessin animé, ou personnage ultra-réaliste - ou du moins, autant que l’IA puisse l’être -. Qu’importe l’univers, une chose ne change pas : attablée dans un pub, Amelia professe son amour pour l’Angleterre, la bière, les fish and chips tout en éructant son racisme, son homophobie et son complotisme. "Sadiq Khan, on est a Londres ici, pas en Afghanistan, ni dans...
-
05/02 - Guerre des puces : à Grenoble, l’Europe tente de revenir dans la course
Il faut tout d'abord des surchaussures bleues en plastique, enfilées suivant une méthode précise, afin de ne pas faire entrer d'impuretés. Viennent ensuite des gants, un masque chirurgical et une charlotte, enfermant les cheveux. L'étape d'après consiste à se revêtir d'une combinaison à capuche, puis de nouveaux couvre-chaussures enveloppant tout le bas des jambes. Avant d'entrer dans la salle blanche, tous les appareils sont méticuleusement nettoyés — notamment les caméras et micros des journalistes. Il est strictement interdit d'amener d'autres objets de l'extérieur. Pour la prise de notes, des stylos et cahiers spéciaux libérant très peu de fibres sont fournis.
Toutes les précautions sont prises avant de nous faire entrer dans une vaste pièce, où le moindre courant d'air est pensé et contrôlé par un système complexe de pompes et de tuyaux. Le sol a été surélevé pour accueillir, aux étages inférieurs, une structure de traitement de l'air. Les dalles au sol sont trouées pour le laisser passer avant que les particules ne soient filtrées. Tout doit être étanche, aucune poussière n'est autorisée dans la salle : la pureté de l'atmosphère est une condition impérative à la production de semi-conducteurs. C'est dans cette enceinte grenobloise immense, avec vue sur les Alpes, que seront bientôt manufacturés ces fragiles composants d'une taille infime. Une ligne unique en Europe
La ligne pilote, installée dans un bâtiment du CEA, est une conséquence directe du Chips Act, voté en 2022 par l'Union européenne. Elle fait...
-
05/02 - "Si la Cour suprême invalide les droits de douane de Trump…" : les prévisions de l’économiste Samy Chaar
C'est un verdict qui fera date. Mais quand tombera-t-il ? Sur le qui-vive, les entreprises américaines attendent que les juges de la Cour suprême tranchent une question cruciale : les droits de douane instaurés par le locataire de la Maison-Blanche sont-ils valides juridiquement ? Le débat se focalise sur ceux prononcés au nom de l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) – une loi de 1977 invoquée par Donald Trump pour décréter un "état d'urgence" et mener son offensive tarifaire sans l'aval du Congrès.
Durant les premières auditions, début novembre, plusieurs juges avaient exprimé leur "scepticisme" sur le sujet. Depuis, le feuilleton s’éternise. La partie est loin d’être gagnée pour l'administration américaine : sur la plateforme de paris Polymarket, la probabilité d’une décision en faveur de Donald Trump avoisine actuellement les 30 %. Une défaite entraînerait "un véritable chaos", a admis l'intéressé sur le réseau Truth Social, évoquant d'immenses sommes à rembourser par l'Etat américain. Cela dit, le président dispose de plusieurs moyens de maintenir ses taxes malgré tout. Samy Chaar, chef économiste de la banque suisse Lombard Odier, dévoile à L'Express ses scénarios sur ce sujet brûlant.
L’Express : La décision de la Cour suprême n’a cessé d’être repoussée, tenant les marchés en haleine. Quelle est, selon vous, l’issue la plus probable ? Et pourquoi tant d’attente ?
Samy Chaar : Le sentiment dominant sur les marchés est que les droits de douane seront, du moins en partie, invalidés....
-
05/02 - Menace russe : quand un wargame souligne les failles de l’Otan et de l’Europe
Mardi 27 octobre 2026, 6h47. A Berlin, une certaine fébrilité gagne la chancellerie face aux nouvelles préoccupantes venues de l'Est, et notamment de Lituanie, pays membre de l'Otan et de l'Union européenne. Vilnius soupçonne la présence de forces spéciales russes sur son territoire – les jours précédents, des camions venus de Russie sans marques extérieures ont franchi sa frontière ; des milliers de soldats russes y sont par ailleurs massés. Des vidéos falsifiées circulent sur les réseaux sociaux, mettant en cause les soldats d'une brigade de la Bundeswehr présente sur place. Puis le Kremlin, au prétexte d'une crise humanitaire dans l'exclave russe de Kaliningrad, frontalière de la Lituanie, envoie ses troupes s'emparer de Marijampole, ville lituanienne charnière.
Les Etats-Unis n'y voient pas matière à mettre en œuvre l'article 5 de l'Otan, qui stipule la solidarité de chaque pays membre face à une attaque menée contre l'un d'eux, puisqu'il s'agit d'une crise humanitaire ; les autorités allemandes, elles, se perdent en consultation avec les Länder. Les Polonais décrètent la mobilisation générale mais n'envoient pas de troupes en Lituanie, tandis que la brigade allemande présente sur place n'intervient pas, en partie parce que la Russie a utilisé des drones pour poser des mines sur les routes menant à sa base... Avec 15 000 hommes, les Russes ont réussi à s'emparer d'une ville européenne stratégique en quelques jours. "Nous savions que l'Allemagne hésiterait"
Ce scénario est celui qui est ressorti d'un...
-
05/02 - La tactique de Rachida Dati pour anticiper, Jean-Luc Mélenchon et le proverbe africain
Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon! Il n'est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant les municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle. Baroin va sortir du bois
François Baroin, actuellement en pleine campagne municipale à Troyes, ville dont il est maire depuis 1995, prépare dans la plus grande discrétion un livre, prévu pour septembre 2026, dans lequel il émettra des propositions de fond pour l’élection présidentielle. De quoi avancer ses pions ? A la fin de l’été 2025, Bruno Retailleau, qui avait reçu l’ancien ministre à Beauvau, avait été frappé par sa détermination à jouer sa carte le cas échéant. Interrogé fin août par La Tribune sur une éventuelle nomination comme Premier ministre, François Baroin, 60 ans, avait répondu: "La grande affaire, ce n’est pas Matignon, c’est l’enjeu présidentiel." Philippe, un meeting pour basculer
Puisqu’il est le seul des candidats déclarés à l’Elysée à se présenter aux municipales, autant en profiter. Edouard Philippe voudrait profiter de sa réélection au Havre, à laquelle il se consacre exclusivement pendant deux mois, pour donner un nouvel élan à sa campagne présidentielle. Le "meeting pour basculer" d’une élection l’autre, qui aura lieu en avril si tout se passe bien, permettra de valoriser ce que des maires réussissent à faire… et des présidents pas toujours. Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre, vise plusieurs victoires au scrutin des 15 et 22 mars.Attal, la...
-
05/02 - Infertilité : le plan du gouvernement pour relancer la natalité
Pour relancer la natalité, le gouvernement a concocté une liste de 16 mesures. L'objectif : "permettre à chacun de faire ses choix intimes de manière éclairée". Une thématique qui n'est pas toute jeune. En 2024, Emmanuel Macron annonçait devant un parterre de journalistes son souhait de "réarmer la natalité". Ce jeudi 5 février, c'est au tour de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de se saisir du sujet. Et l'institution l'assure, il n'est pas question d'être "prescriptif", mais plutôt de "permettre à chacun de faire ses choix intimes de manière éclairée". Car, si en juillet 2025, l'exécutif assumait son objectif de "faire face au vieillissement de la population et à la baisse de la natalité", le "plan" dévoilé ce jour est principalement axé sur la lutte contre l'infertilité. Problématique qui touche un couple sur huit.
Sensibiliser, prévenir, diagnostiquer, prendre en charge, et innover. Voilà les grands axes que le gouvernement a souhaité donner à son "plan fertilité". Dans l'ambition de saisir entièrement le sujet, la ministre de la Santé assure que "les enjeux de l'infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects". Alors qu'Emmanuel Macron l'avait promis il y a deux ans, l'exécutif n'a plus de temps à perdre et vise un "lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues".Une lettre envoyée à tous les Français de 29 ans
Une mesure fait réagir plus que les autres : à partir de la fin de l’été, tous les Français recevront une lettre du gouvernement à leurs 29 ans. Stéphanie Rist tient...
-
05/02 - Ukraine : de Macron à Meloni, l’idée de discussions directes avec Moscou refait surface en Europe
Les dirigeants européens ne sont pas encore tous alignés, mais l'idée devient prégnante en ce début 2026. Alors que la guerre en Ukraine dure depuis bientôt quatre ans, la reprise d'un dialogue avec le président russe Vladimir Poutine est de plus en plus évoquée. Un revirement alors que jusqu'à présent les Vingt-Sept ont été plutôt tenus à l'écart des discussions directes dans les négociations de paix menées principalement par les États-Unis, sous la gouvernance de Donald Trump."Parler d'une seule voix"
Ce mercredi 4 février, dans deux interviews distinctes accordées au site d'information Euronews, la Première ministre lettonne, Evika Siliņa, et le président estonien, Alar Karis, ont ainsi appelé à des discussions directes avec la Russie. Les deux dirigeants plaident pour que l'Union européenne nomme un envoyé spécial pour rouvrir les canaux diplomatiques avec la Russie, dans le cadre des négociations en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine. "Nous devons être à la table des négociations parce que les Ukrainiens eux-mêmes ont commencé à négocier. Alors pourquoi les Européens ne négocieraient-ils pas ?", a déclaré la Première ministre lettone en marge du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï, faisant référence aux négociations entre Kiev et Moscou par l'intermédiaire de Washington à Abou Dhabi, mais sans Européens. "Il y a quelques années, nous étions dans une position où nous ne parlions pas avec les agresseurs, et maintenant, nous sommes inquiets de ne pas être à la table", a relevé de son côté Alar Karis....
-
05/02 - Affaire Epstein : pourquoi Keir Starmer se retrouve dans la tourmente
Les nouvelles révélations dans l'affaire Epstein, dont trois millions de documents ont été publiés par le ministère de la Justice américain le 30 janvier dernier, pourraient-elles coûter son poste au Premier ministre britannique Keir Starmer ? Si ce dernier n'est pas nommé dans l'affaire, c'est sa décision de choisir Peter Mandelson, ami du prédateur sexuel mort dans une prison de New York en 2019, comme ambassadeur à Washington, qui cristallise la colère de la majorité de la classe politique britannique.Enquête criminelle ouverte
Déjà cité dans les premières publications de documents (5 600 fois au total), Peter Mandelson, ancien ministre de Tony Blair et Gordon Brown, avait été limogé de son poste de diplomate à Washington dès le mois de septembre 2025. Mais cette fois, dans les nouvelles publications de documents outre-Atlantique, c'est la transmission d'informations financières sensibles, voire confidentielles, de Peter Mandelson à Jeffrey Epstein alors qu'il était au gouvernement (entre 2008 et 2010), qui préoccupe l'Angleterre. D’après les dossiers publiés, Peter Mandelson est allé jusqu’à partager des documents internes au gouvernement britannique, susceptibles d'influer sur les marchés financiers. La police londonienne a d'ailleurs ouvert mardi une enquête criminelle visant l'ancien diplomate, "pour des infractions liées à une faute dans l'exercice d'une fonction officielle", a-t-elle annoncé dans un communiqué de presse.
La classe politique, y compris le camp travailliste dont le Premier ministre...
-
05/02 - Fiscalité sur les legs et les héritages : et si la France s’inspirait du modèle italien ?
Serait-il plus simple d’aller sur la planète Mars que de réformer la France ? Tout politique français, même le moins aguerri, sait que curseur bougé rime avec levée de boucliers. Notre système de retraite est probablement celui qui aura le plus pâti de cette sempiternelle satisfaction du statu quo. Et encore : la dernière réforme remonte à 2023 - voire 2014 si l’on considère le gel du décalage de l’âge de départ à la retraite voté dans le dernier budget - là où la taxation des héritages n’a pas été repensée depuis… plus d’un siècle ! Certes, des ajustements ponctuels ont été réalisés et des propositions ont été faites, y compris récemment lors de l’examen du projet de loi de finances 2026. Reste qu’aucune réforme structurelle n’a été conduite depuis le troc du barème proportionnel pour un barème progressif en 1901.
Pourtant, "le système français reste inégalitaire, punitif pour les héritiers éloignés et peu lisible", déplore Victor Fouquet, conseiller fiscal au Sénat, dans une note pour l’Institut Thomas More. Alors, pourquoi la France s’en satisfait-elle ? D’autant qu’il existe, non loin de chez elle, des modèles plus performants. Comme en Italie, où après avoir été supprimé, l’impôt sur les héritages et les legs a été réintroduit sous la forme d’une flat tax. Loin du débat traditionnel qui voit s’opposer les partisans d’une abrogation totale de l'impôt sur l'héritage et ceux de son augmentation, le spécialiste en fiscalité et en analyse économique du droit, Victor Fouquet, montre qu’il existe une troisième voie, plus...
-
05/02 - Sarah Knafo, la stratège qui sort de l’ombre
-
05/02 - VOYAGE L’EXPRESS : Les splendeurs de la Chine
Du 25 avril au 10 mai 2026 – 16 jours / 14 nuitsUn voyage L’Express, « Sur la route du thé et des chevaux, découvrez l’âme vivante de la Chine authentique »Le programme : Du Yunnan authentique aux terres tibétaines
Le voyage débute dans le Yunnan, l’une des provinces les plus diverses de Chine.Entre montagnes, forêts et rizières en terrasses classées à l’UNESCO, les participants découvrent une Chine rurale et plurielle :Kunming, porte d’entrée du YunnanYuanyang, ses rizières spectaculaires et les minorités Hani et YiJianshui, Tuanshan et Xizhou, villages anciens au riche patrimoine architecturalShaxi, ancien relais caravaniers sur la route du thé
Marchés traditionnels, balades à pied, ateliers artisanaux et repas partagés rythment cette immersion.Shangri-La et les portes du Tibet
L’itinéraire se poursuit vers les hauts plateaux tibétains, à Shangri-La.Monastères bouddhistes, vallées sacrées et paysages d’altitude offrent un autre visage de la Chine, plus spirituel et contemplatif.Pékin et la Chine impériale
Le voyage s’achève à Pékin, cœur politique et historique du pays :la Cité interdite et la place Tiananmenle Temple du Cielles hutongs traditionnelsune randonnée exclusive sur une section préservée de la Grande Muraille, loin des sites les plus fréquentésLes avantages de ce voyage
Ce qui distingue ce voyage d’un circuit classique :Vols internationaux aller-retour, vols intérieurs et trains rapides en 1ʳᵉ classe inclusTransports privatifs tout au long du parcoursAccompagnement francophone : guide accompagnateur...
-
05/02 - Etats-Unis - Iran : ce que l’on sait des négociations prévues ce vendredi à Oman
Tout juste quelques semaines après la répression sanglante des manifestations en Iran, menée par le régime des mollahs, et les menaces du président américain de renverser ce dernier, Washington et Téhéran semblent privilégier la désescalade. Les Etats-Unis et l'Iran ont convenu de prendre part à des discussions ce vendredi 6 février à Oman, ont déclaré mercredi des représentants des deux pays, après des heures de confusion sur la tenue réelle de ces négociations et leur lieu.
La possible annulation de ces pourparlers, face aux divergences quant à leur organisation, a suscité de vives inquiétudes à travers le Moyen-Orient, alors que le président Donald Trump menace de recourir à la force militaire. Interrogé mercredi après-midi par la chaîne de télévision américaine NBC News, le locataire de la Maison-Blanche a répondu par l'affirmative à la question de savoir si le guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, devait être inquiet. "Je pense qu'il devrait être très inquiet", a-t-il déclaré.A Oman plutôt qu'en Turquie
Selon le site américain Axios, au moins neuf pays de la région ont contacté mercredi la Maison-Blanche aux plus hauts niveaux, dont le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte et les Émirats arabes unis, exhortant fortement les États-Unis à ne pas annuler la rencontre. "Ils nous ont demandé de tenir la réunion et d'écouter ce que les Iraniens ont à dire. Nous avons dit que nous ferons la réunion s'ils insistent. Mais nous sommes très sceptiques", a ainsi déclaré un...
-
05/02 - De l’Inde à l’Australie, la course aux nouveaux marchés de l’Europe
Le contraste est saisissant. En janvier, à dix jours d'intervalle, l'Union européenne est parvenue à conclure deux accords de libre-échange que l'on attendait plus. L'un avec les pays du Mercosur - Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay -, dont le texte est toujours en attente de ratification après la saisine de la Cour de justice de l'UE. L'autre avec l'Inde. Le fruit, pour chacun, de plus de 20 ans de négociations. Seul le premier a mis la cohésion des Vingt-Sept à rude épreuve, en provoquant la colère du monde agricole, en France en particulier.
A l'inverse, le traité noué avec New Delhi, pourtant tout aussi majeur, a fait peu de vagues. Il vient s'ajouter à toute une série d'accords similaires signés ces dernières années en Asie-Pacifique, nouveau terrain de jeu commercial de l'Europe. "Cet ensemble représente déjà environ 37 % du PIB mondial et demeure la zone la plus dynamique de la planète", rappelle l'économiste Rajiv Biswas, directeur du groupe de recherche Asia-Pacific Economics. Une tendance qui n'est pas près de se démentir.Diversifier ses débouchés
Car les Européens doivent s'extraire d'un étau. D'un côté, le retour au pouvoir de Donald Trump, armé d'une politique douanière ultra-agressive. De l'autre, une Chine de plus en plus autosuffisante et compétitive dans des secteurs autrefois dominés par les Européens. Bruxelles a donc dû passer à la vitesse supérieure. "L’Union européenne n’a plus le luxe de négocier pendant quinze ans, estime Rodolphe Desbordes, directeur du centre sur les risques...
-
05/02 - Fin du traité New Start entre Russie et Etats-Unis : "Nous allons vers une ère où le nucléaire sera moins régulé"
Quinze ans jour pour jour après son entrée en vigueur, le traité New Start prend officiellement fin ce 5 février. Dernier accord de maîtrise de l’armement nucléaire entre Washington et Moscou, il limitait jusqu’alors le nombre d’ogives déployées comme celui des lanceurs. L’expiration de cet accord, qui avait été négocié en 2010 entre Barack Obama et Dmitri Medvedev, illustre une "poursuite du détricotage de l’architecture de maîtrise des armements nucléaires", estime Héloïse Fayet, responsable du programme dissuasion et prolifération au Centre des études de sécurité de l'Ifri. L’occasion, aussi, de mener "une réflexion sur la manière de faire du contrôle de l’armement autrement". Entretien.
L’Express : Pourquoi le traité New Start n’a-t-il pas été prolongé ?
Héloïse Fayet : Sur le plan légal, cela n’était plus possible dans la mesure où il l’avait déjà été une première fois. En effet, New Start ne comprenait qu'une seule clause de renouvellement. Or celle-ci avait déjà été activée en 2021 pour prolonger le traité de 5 ans - ce qui nous amène à sa date d’expiration de ce 5 février 2026. En revanche, il était éventuellement possible de prolonger une partie de ses dispositions. En septembre dernier, Vladimir Poutine avait ainsi proposé de maintenir pendant un an l’aspect quantitatif du traité, c’est-à-dire la limitation du nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées. Cette prolongation ne concernait toutefois pas les autres éléments de l’accord, qui sont en réalité les plus importants.
Tout ce qui touche à la vérification et à...
-
05/02 - La CIA et ses alliés européens : une méfiance qui ne date pas d’hier
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Velléités sur le Groenland, hésitations sur l’Ukraine, opérations dans les Caraïbes et au Venezuela : depuis son retour à la Maison-Blanche, les actions de Donald Trump inquiètent vivement les alliés des Etats-Unis... Une méfiance qui se ressent jusque chez les espions, et c’est justement ce que nous raconte Alexandra Saviana, dans le dossier à la Une de L’Express cette semaine.
Partenaire clé des agences de renseignement du monde entier, la CIA est surveillée du coin de l’œil. Car Donald Trump a aussi décidé de marquer de son empreinte le service d’espionnage le plus célèbre de la planète. Le président américain a nommé Tulsi Gabbard au poste de directrice du renseignement national, une ancienne militaire, peu connue pour son expertise en matière de renseignement.
La CIA devient l’un des instruments de la politique Make America Great Again. Et elle est même utilisée comme outil diplomatique. Après l'altercation entre le président Zelensky et Donald Trump accompagné de son vice-président J.D. Vance, la CIA a marqué une pause de plusieurs jours dans l'échange d'informations avec l'Ukraine, jusqu'à ce que Kiev accepte la proposition américaine d'un cessez-le-feu de 30 jours avec la Russie.
De quoi faire craindre le pire aux espions du monde entier, qui dépendent largement des renseignements fournis...
-
05/02 - "La chute de la population sera sans équivalent depuis la peste noire" : le cri d’alarme d’un économiste suédois
Il n’y a pas qu’en France que le choc démographique et la baisse sensible de la natalité rebattent les cartes. Le phénomène est en cours quasiment partout sur la planète. Une nouvelle ère qui va se traduire par une chute de la population active, une contraction de la croissance potentielle et un casse-tête pour la soutenabilité de nos systèmes sociaux, régime de retraite en tête.
En Suède, qui compte un peu plus de 10 millions d’habitants, le ministère des Affaires sociales a créé un "Comité pour un avenir avec les enfants" afin de mesurer les conséquences de la baisse structurelle de la fécondité. Le 13 janvier, une délégation de parlementaires français s’est rendue à Stockholm pour auditionner ces experts. Pour L’Express, Kristoffer Lundberg, l’un des responsables de ce cénacle, livre les premières conclusions de leurs travaux : "La Suède va connaître une contraction majeure de sa population d’ici la fin du siècle, sans équivalent depuis le Moyen Âge".
L'Express : Pourquoi le basculement démographique à l’œuvre en Suède est-il aussi inquiétant ?
Kristoffer Lundberg : Partons des chiffres : entre janvier et mai 2025, nous avons enregistré en Suède 41 161 naissances, c’est 955 de moins que sur la même période de 2024. Le taux de fertilité est tombé à 1,43 enfant par femme, le plus bas niveau depuis 1751, d’après les évaluations de nos démographes. La baisse est continue depuis 2010. Cela veut dire très concrètement que chaque génération ne se reproduit qu’à hauteur de 68 %. Et donc que la génération future sera 32 %...
-
04/02 - Roberto Vannacci, la nouvelle épine radicale dans le pied de Giorgia Meloni
Existe-t-il quelque chose à la droite de l'extrême droite ? Roberto Vannacci en est convaincu. Le député européen, qui le clame depuis des mois, a finalement sauté le pas pour "poursuivre un rêve". Ce mardi 3 février, il a claqué la porte de la Ligue, le parti italien d'extrême droite - dirigé par Matteo Salvini, numéro deux du gouvernement - auquel il doit son siège à Bruxelles. La raison : le mouvement est trop "modéré" aux yeux de celui qui ne dissimule pas son admiration pour Benito Mussolini, ni son attrait pour le fascisme.
Dans son ambition de rassembler, Roberto Vannacci, a lancé son propre parti : Futuro Nazionale (NDLR : Futur National, en français). Si le nom laisse peu de place au doute sur la direction impulsée, un communiqué daté de ce mardi précise ses ambitions. Sur X, il dépeint "sa" droite : "vraie, cohérente, identitaire, forte, fière, convaincue, enthousiaste, pure et contagieuse". Et l'ancien militaire le clame, sa "droite n'est pas pas à la carte... et par-dessus tout elle n'est pas modérée". Un général limogé, adepte du "grand remplacement"
De quoi faire bondir ses anciens alliés... mais pas de surprise. Depuis plusieurs semaines, alors que la pression montait en interne, l'homme politique s'est attelé à tourmenter ses rangs avec l'idée d'une scission. Le 24 janvier, l'eurodéputé a officiellement déposé le nom Futuro Nazionale, avant fermer la porte sur X : "Les pages récemment apparues sur les réseaux sociaux et les groupes Telegram faisant référence à Futuro Nazionale ne reflètent...
-
04/02 - Minneapolis : l’émissaire de Donald Trump annonce le retrait de 700 policiers de l’ICE
Tom Homan, chargé par Donald Trump de la sécurité des frontières, a annoncé ce mercredi 4 février le retrait immédiat de 700 agents de la police de l’immigration (ICE) dans le Minnesota, ramenant leur nombre à 2 000 sur le terrain. Surnommé le "tsar des frontières", Tom Homan a justifié cette réduction par une coopération "sans précédent" des autorités locales qui gèrent les prisons du comté.
"Soyons clairs : le président Trump a la ferme intention de procéder à des expulsions massives durant son mandat et les mesures de contrôle de l’immigration se poursuivront quotidiennement dans tout le pays", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. "Le président Trump a pris un engagement. Et nous n’avons donné aucune instruction contraire."
Début janvier, l'administration Trump a déployé environ 2 000 agents fédéraux dans le Minnesota, dans le cadre de l'opération Metro Surge. Le 6 janvier, Todd Lyons, directeur par intérim du service de l'immigration et des douanes (ICE), l'a qualifiée de "plus grande opération d'immigration jamais menée", la veille du meurtre de Renee Good. Au fil du mois de janvier, des centaines d'agents supplémentaires ont été déployés.Des critiques jusque dans le camp républicain
Le renforcement des effectifs a été contesté et dénoncé dès ses débuts par le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, et d'autres démocrates, qui ont exigé le retrait d'un déploiement fédéral vingt fois supérieur au nombre normal d'agents chargés de l'application des lois sur l'immigration dans l'Etat, surpassant ainsi les...
-
04/02 - Sarah Knafo, mainstream à tout prix : dépolitisation, réseautage et œillades à la droite
Absolument dé-bor-dée. En cette veille de Noël, la tête de Sarah Knafo tourne. L’eurodéputée Reconquête croule sous les sollicitations en vue de l’annonce de sa candidature à la mairie de Paris. Elle tient à le faire savoir, soucieuse de nourrir la concurrence entre médias. Comme cette invitation de France Inter, qu’elle exhibe pour faire monter les enchères. Le Parisien, Le Figaro et RTL sont sur les rangs. Tout comme les médias Bolloré, où elle serait reçue en majesté. Trop évident. L’élue, portée aux nues par le groupe du milliardaire breton, voit plus grand.
Son équipe sonde la chaîne TF1, adepte de "coups" pour dynamiser son 20 Heures. Et ça marche. Le 7 janvier 2026, elle y lance sa campagne en toute quiétude, guère troublée par les questions affables de Gilles Bouleau. Loin de l’interview pugnace menée par le journaliste face à Eric Zemmour lors de la dernière présidentielle. "Ça rappelle des souvenirs", glisse-t-elle d’ailleurs, pas totalement rassurée, en arrivant sur le plateau de TF1. Quelques jours plus tard, Sarah Knafo apparaît en Une du Figaro Magazine, parmi ces 200 jeunes "qui feront la France de demain". Elle trône au premier plan du cliché, éclipsant les autres lauréats avec son manteau jaune. À la lecture de l’article, Rachida Dati entre dans une colère noire…"La presse l’accepte"
La ministre de la Culture n’y peut rien : la vice-présidente de Reconquête bénéficie d’une mansuétude médiatique inédite pour une personnalité d’extrême droite. Quand Pierre-Yves Bournazel ose la ranger dans ce bord...
-
04/02 - Comment Donald Trump se sert de la CIA pour faire des "coups" : "Il utilise les espions en business man"
Qui a dit que Donald Trump ne s’intéressait pas au renseignement ? Depuis le début de son second mandat, le président écoute désormais les briefings de la CIA avec attention. "Trump aime qu'on lui explique directement les choses", raconte un ancien cadre de l'Agence. Dernièrement, le "chef de poste revenu de Russie ainsi que plusieurs autres du Moyen-Orient", sont passés par la Maison-Blanche. Trump les a écoutés "très poliment, avec attention, et en posant beaucoup de questions". Il n’hésite plus, désormais, à utiliser les espions à son profit. "A la CIA, on ne travaille pas pour l’administration, ni pour le gouvernement, mais pour la Maison-Blanche", explique Mark Bent.
Dans un Caracas quasiment plongé dans le noir, le 3 janvier 2026, des membres de la Delta Force - une unité d'élite des forces spéciales américaines - s'introduisent dans la résidence de Nicolas Maduro. Le dirigeant vénézuélien est capturé avec sa femme. Quelques heures plus tard, il refait surface sur un tarmac d'un aéroport de l'Etat de New York, mains liées et démarche hésitante. L'opération a le nom d'un blockbuster hollywoodien des années 1980 : "Absolute resolve". Elle a impliqué des dizaines d’agents du Pentagone et de la CIA. C'est bien l'Agence, qui depuis des mois, prépare ce "coup" spectaculaire. La logique du business man
A partir du mois d'août 2025, une équipe d'agents clandestins s'infiltre au Venezuela. Ils suivent Maduro, enregistrent ses moindres faits et gestes. Autant de données essentielles pour mener à bien sa...
-
04/02 - Le "porte-avions spatial" chinois, arme du futur ou outil de propagande ?
Les images semblent droit sorties d'un film de la saga Star Wars ou d'un ancien épisode de Star Trek. La télévision d'Etat chinoise CCTV vient de diffuser une vidéo figurant en 3D le Luanniao, un gigantesque porte-avions capable d'évoluer aux limites de la haute atmosphère et dont la mise en service se ferait d'ici vingt à trente ans. Cette sorte d'aile volante pourrait notamment transporter 88 chasseurs Xuan Nu, des avions furtifs que l'on voit jaillir de ses entrailles dans la vidéo, et pourrait tirer des missiles hypersoniques. Les caractéristiques de ce "porte-avions spatial", le premier du genre, donnent le vertige : 242 mètres de long, 684 mètres de large, et un poids au décollage de 120 000 tonnes. Selon l'expert en défense Peter Layton, de l'Australia’s Griffith Asia Institute, interrogé par The Telegraph, un tel appareil surclasserait toute concurrence "en évoluant en grande partie à l’abri des conditions météorologiques et de la plupart des systèmes de défense". Il permettrait en outre à Pékin de se positionner directement au-dessus de ses cibles pour lancer des frappes. Un message qui ne doit pas laisser Taïwan insensible.De nombreux écueils à surmonter
Mais est-il pour autant réalisable ? Des experts pointent les nombreux écueils devant être surmontés, tels que l'alimentation électrique, le refroidissement, la protection des débris spatiaux, et tout particulièrement la propulsion. Selon Peter Layton, un tel appareil requerra "d'énormes quantités de combustible" ainsi qu'un moyen de...
-
04/02 - Guerre en Ukraine : le voyage discret du conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron à Moscou
Selon nos informations, Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, s’est rendu discrètement à Moscou, mardi 3 février, pour y rencontrer son homologue du Kremlin Iouri Ouchakov. Alors que les pourparlers entre Russes et Ukrainiens se poursuivent à Abou Dhabi grâce à la médiation des Etats-Unis, la France tente ainsi de rester dans le jeu.
Alors que son conseiller était à Moscou, le président de la République, en déplacement en Haute-Saône, expliquait que la reprise du dialogue avec Vladimir Poutine "est en train de se préparer : il y a des discussions qui se font au niveau technique". Selon le chef de l’Etat, tout cela se fait "en transparence et en concertation" avec Volodymyr Zelensky et les autres pays européens. "Utile de parler à Poutine"
En décembre dernier, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, Emmanuel Macron estimait déjà qu'il allait "redevenir utile de parler à Vladimir Poutine", pour éviter que l'Europe ne soit écartée des décisions sur l'Ukraine. Cette déclaration avait été bien accueillie par le Kremlin.
Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont longuement entretenus par téléphone le 1er juillet dernier, renouant un dialogue interrompu depuis septembre 2022. Leur entretien portait évidemment sur l’Ukraine mais également sur le nucléaire iranien. En avril 2024, leurs deux ministres de la Défense, Sébastien Lecornu et Sergueï Choïgou s’étaient parlé par téléphone au sujet de la menace terroriste, à la suite d’un grave attentat islamiste à Moscou. Commerce d'uranium...
-
04/02 - Films, sketchs, enquêtes YouTube : la critique des dérives sectaires peut-elle convaincre ?
Avec plus de 609 000 entrées au terme de son premier week-end, Gourou de Yann Gozlan opère le meilleur démarrage pour un film français depuis God Save the Tuche (février 2025). Pierre Niney y incarne un coach en développement personnel au sommet de sa gloire, avant une chute vertigineuse censée illustrer les mécanismes d’une dérive sectaire. Mais au-delà du divertissement, ce long-métrage pose une question plus large : les contenus créatifs — films, sketchs, vidéos YouTube — peuvent-ils alerter efficacement contre les dérives sectaires, le complotisme et l'emprise ?
Si la prévention et la dénonciation de ces phénomènes ont été l’apanage des pouvoirs publics, des médecins et de quelques médias, depuis quelques années, des humoristes et créateurs de contenus s'illustrent à leur tour dans ce combat. Sur scène, le sketch de Jérémy Ferrari sur l'homéopathie a notamment marqué les esprits. Plus récemment, c’est le travail d’Arthur Hennes, qui cumule plus de 269 millions de vues sur YouTube avec ses vidéos mêlant humour et esprit critique, ou encore celui de G Milgram, avec ses enquêtes sur les arnaques autour des fausses croyances dépassant les 26 millions de vues, qui marquent les esprits. Mais pour quel effet ?"Gourou est un échec"
Concernant Gourou, le constat est sévère pour le sociologue Damien Karbovnik, auteur de Le développement personnel : nouvel opium du peuple ? (Éditions des Équateurs). "Je crains que ce film conduise à plutôt renforcer la mode du développement personnel. En distinguant le 'bon' du...
-
04/02 - Marine Le Pen condamnée en appel ? Au RN, le temps suspendu
Le chemin de croix ne fait que commencer. Presque un an s’est écoulé depuis le 31 mars 2025 et la condamnation en première instance de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité assortis d’une exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national). Ce mardi 3 février, les réquisitions du procès en appel sont tombées : si le parquet renonce à demander l’exécution provisoire, les cinq ans d’inéligibilité, eux, sont maintenus. Et empêcheraient Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle. La décision est attendue au courant du mois de juin. Retour à la case départ pour la cheffe de file de l’extrême droite. Voilà un an déjà que le temps est suspendu. Qu’il faut préparer les esprits à une possible candidature alternative - celle de Jordan Bardella - sans pour autant enterrer l’avenir politique de Marine Le Pen.
Cette cohabitation, mise en place depuis un an, devrait rapidement trouver ses limites. Car si le Rassemblement national compte entretenir le statu quo jusqu’au mois de juin, l’échéance présidentielle, elle, se rapproche avec ce qu’elle compte de sondages, de positionnements nécessaires, d’alliances potentielles et de constructions programmatiques. Les sondages, déjà, font de Jordan Bardella le nouveau favori de l’élection, donné gagnant au second tour dans la majorité des cas. Participant ainsi à l’érosion plus ou moins consciente d’une potentielle candidature de Marine Le Pen.
Les positionnements, ensuite, devront se préciser au...
-
04/02 - Des navires de guerre sabotés en Allemagne : ce que l’on sait de l’interpellation de deux suspects
Au cours de l'année 2025, plusieurs navires de la marine allemande ont été la cible de tentatives de sabotage alors qu'ils stationnaient à quai. Cinq au total, tous dans le port de Hambourg, au nord du pays. Un sabotage a été découvert lors des contrôles avant le départ alors que l'un des navires, la corvette "Emden", se préparait pour son voyage inaugural vers la ville portuaire de Kiel, sur les bords de la mer Baltique.
Ce mardi 3 février, deux hommes identifiés comme étant des travailleurs sur ces navires ont été arrêtés, a annoncé le parquet de la grande ville portuaire. L'un, âgé de 37 ans et originaire de Roumanie, interpellé à Hambourg, l'autre, âgé de 54 ans, en Grèce, d'où il est originaire.Graviers dans le moteur et coupure de courant
Selon le quotidien allemand Der Spiegel, l'enquête porte précisément sur sept cas de tentative de sabotage sur cinq navires de la marine allemande. Le journal rapporte notamment un incident début 2025 au cours duquel 20 kilogrammes de graviers abrasifs ont été placés dans le bloc-moteur de la corvette "Emden". L'autre incident majeur ayant conduit à des vérifications a été observé sur la corvette "Cologne", où les suspects auraient coupé l'alimentation électrique du navire, risquant de déclencher un incendie. Selon les premiers éléments de l'enquête, des conduites d'eau douce auraient également été coupées, et des bouchons de réservoirs de carburant subtilisés.
Selon le parquet général, qui précise que les enquêtes sont toujours en cours, ces activités de sabotage...
-
04/02 - Espionnage : comment la Russie a intercepté les communications de satellites européens
La guerre de l'information se joue aussi en orbite dans l'espace. Selon des révélations faites par le journal britannique Financial Times, des communications non cryptées d'au moins douze satellites européens clés auraient été interceptées par deux appareils spatiaux russes. Autrement dit, la Russie, par le biais de deux satellites délibérément stationnés à proximité des engins européens, a pu intercepter des communications et peut-être d'autres données plus ou moins sensibles.Manœuvres suspectes répétées en orbite
Les satellites espions russes en question, appelés "Luch-1" et "Luch-2", sont particulièrement surveillés par les instances européennes spatiales depuis plusieurs années, notamment parce qu'ils ont effectué des manœuvres suspectes répétées en orbite. Et ce, de façon plus intense ces trois dernières années, dans le contexte de l'invasion russe en Ukraine. Toujours selon le Financial Times, qui a pu consulter les données orbitales, les deux satellites russes se sont attardés à proximité des engins européens pendant des semaines. Depuis son lancement en 2023, Luch-2 s'est approché de 17 satellites européens, rapporte le quotidien.
Les deux appareils russes sont soupçonnés de "faire des sigint (intelligence des signaux)", a déclaré le major-général Michael Traut, chef du commandement spatial de l'armée allemande, au Financial Times, faisant référence à la pratique consistant à rester à proximité des satellites de communication occidentaux. Ceux approchés par Luch-1 et Luch-2 sont principalement utilisés à des...
-
04/02 - UE-Inde, "l’accord de tous les accords" ? Pas encore ! Par Jean-François Copé
Deux milliards de personnes, 25 % du PIB mondial et près d’un tiers du commerce international : les chiffres du pacte de libre-échange entre l’Inde et l’Union européenne donnent le vertige. New Delhi l’a qualifié d'"accord de tous les accords". L’expression n’est pas excessive. Ce partenariat est majeur pour l’Union européenne, et ce pour deux raisons essentielles.
La première tient à une évidence : l’Inde s’impose désormais comme un partenaire incontournable. Evidence démographique : 1,4 milliard d’habitants, une classe moyenne en pleine expansion, une population jeune, formée, ambitieuse. Evidence économique : une croissance proche de 8 %, quand la moyenne mondiale plafonne autour de 3 %, faisant de l’Inde l’économie la plus dynamique du moment, en passe de supplanter le Japon en termes de puissance économique. Evidence stratégique enfin : l’Inde n’est ni alignée sur Pékin, ni inféodée à Washington. Comme l’Europe, elle se sent prise entre deux feux. D’un côté, une Chine conquérante, sûre de sa puissance industrielle, technologique et commerciale. De l’autre, des Etats-Unis devenus imprévisibles, capables de bouleverser unilatéralement les règles du jeu commercial, comme l’a montré l’épisode des droits de douane, qui a frappé l’Union européenne à hauteur de 15 % et l’Inde jusqu’à 50 %, vécu à New Delhi comme une humiliation.
La seconde raison tient à la réalité économique de la relation entre l’Europe et l’Inde : elle est solide mais encore inachevée. En 2024, les investissements directs étrangers européens en Inde...
-
04/02 - Dassault vise un contrat historique, cet anniversaire gênant au ministère des Armées
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Le Vietnam s’intéresse au Rafale
Le Vietnam pourrait être l’un des prochains clients du Rafale. Jusqu’à présent équipée de Sukhoï russes, l’armée vietnamienne cherche à diversifier ses approvisionnements. Discrètement, un pilote vietnamien a déjà eu l’occasion de voler sur l’avion de combat de Dassault. En 2018, dans le cadre d’un déploiement de l’armée de l’Air en Indo-Pacifique, deux Rafale avaient fait escale au Vietnam. Un tel contrat serait historique pour les deux pays, plus de soixante-dix ans après la fin de la guerre d’Indochine. En Asie du sud-est, l’Indonésie a déjà commandé 42 Rafale. Brienne aimerait célébrer Navarin mais...
Le ministère des Armées réfléchit à célébrer le bicentenaire de la bataille navale de Navarin (20 octobre 1827) qui a contribué à l’indépendance de la Grèce, un pays avec lequel la France entretien toujours des liens étroits – en lui vendant des Rafale et des frégates. Problème diplomatique : la marine française combattait alors aux côtés, non seulement des Britanniques, mais aussi des Russes… Et en face, la flotte turque ottomane était, pour...
-
04/02 - Élections municipales 2026 : nos analyses, podcasts et vidéos
-
04/02 - Peugeot Care, une Minute pour tout comprendre
le 8, en plus d’être un chiffre sur nos modèles : c’est 8 ans de sérénité pour nos clients
Lionel Ehrhard, Directeur Peugeot France
Peugeot offre désormais une garantie de 8 ans sur tous ses véhicules. Lionel Ehrhard, Directeur Peugeot France, explique concrètement comment cela fonctionne.Comment profiter de cette garantie étendue de 8 ans ?
Lionel Ehrhard. Il suffit de faire entretenir son véhicule dans le réseau Peugeot participant en suivant le plan d’entretien. Avec Peugeot Care la garantie standard de 2 ans est étendue gratuitement jusqu’à 8 ans ou 160 000 km.Qui peut en bénéficier ?
L. E. À part quelques professions bien spécifiques, cela concerne tous nos clients, tous les modèles Peugeot et toutes les motorisations.Que couvre Peugeot Care ?
L. E. Peugeot prend en charge la réparation ou le remplacement des principales pièces mécaniques, électriques ou électroniques défectueuses, et la main-d’œuvre.Et en cas de revente du véhicule ?
L.E. La garantie est transférable au nouveau propriétaire. Vous voyez , le 8, en plus d’être un chiffre sur nos modèles : c’est 8 ans de sérénité pour nos clients.Rendez-vous dans le Réseau PEUGEOT et sur Peugeot. fr pour découvrir l’offre et ses conditions
⮕ Cliquez ici pour découvrir l’offre
# Pensez à...
-
04/02 - Procès en appel de Marine Le Pen : après les réquisitions, un chemin très étroit vers 2027
Marine Le Pen pourra-t-elle être candidate à l'élection présidentielle de 2027 ? Ce mardi 3 février, le ministère public a requis une peine de quatre ans de réclusion, dont un an ferme (avec un aménagement sous bracelet électronique), ainsi que cinq ans d'inéligibilité et 100 000 euros d'amende à l'encontre de la cheffe de file des députés RN lors du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN).
Contrairement au jugement rendu en première instance, le parquet général de la cour d’appel n'a pas demandé l'application immédiate des peines d'inéligibilité réclamées à l’encontre de Marine Le Pen et de son parti. Les peines réclamées ont ainsi été un peu moins lourdes que celles prononcées par le tribunal judiciaire, le 31 mars 2025. Pour rappel, Marine Le Pen est considérée comme "l’instigatrice à la suite de son père, Jean-Marie Le Pen, d’un système qui lui a permis de détourner 1,4 million d’euros" au Parlement européen, notamment via la production de contrats falsifiés. "L'affaire est particulièrement grave", a déclaré le second avocat général, Stéphane Madoz-Blanchet.La Cour de Cassation en dernier recours
A l'issue des conclusions de la première instance en mars dernier, l'entourage de la présidente du RN et une partie de la droite avaient largement fustigé l'action des juges, dénonçant une "justice politisée". Dans son réquisitoire, l’avocat général, Thierry Ramonatxo, n'a pas manqué de le rappeler mardi, estimant par là même que certains "ont dépassé les limites de l’acceptable",...
-
04/02 - "Coutures" d’Alice Winocour : un sac à main n’arrêtera jamais la mode
En revenant de la projection de Coutures, le dernier film d’Alice Winocour, je tombe sur Dora en train de regarder le premier défilé Dior de Jonathan Anderson : elle l’adore tellement que je ne sais plus quoi en penser. On est d’accord sur le sac à main en maille métallique d’un bon mètre de long, traînant au sol comme une serpillière d’argent, une bave d’escargot, une rivière de diamants, provocation comico-atomique annonçant la fin de l’accessoire, comme la mue abandonnée du serpent de la mode : c’est un coup de génie. On va peut-être me dire que pas du tout : Untel et Untelle avaient déjà fait ça en telle année, tant pis… Mon inculture prend le risque de son innocence.
Je voulais savoir si Anyier Anei, le mannequin qui partage l’affiche de Coutures avec Angelina Jolie, avait participé à ce défilé Dior historique. Google s’avérant incapable de me répondre, je fais appel à un ami, Claude. Qui me répond IAment : "Je n’ai pas trouvé de mention spécifique d’Anok Yai participant au dernier défilé Dior. (Petit correctif d’abord : vous avez écrit "Anyier Anei", mais le nom correct est Anok Yai).
— Vous ne connaissez donc pas Anyier Anei ?, je lui balance.
— Vous avez raison de me corriger ! Je me suis précipité en supposant qu’il s’agissait d’une erreur d’orthographe pour "Anok Yai".
Et de me sortir tout ce qu’il sait sur Anyier Anei, sauf ce qui m’intéresse :
— Concernant Dior : Je n’ai pas trouvé de mention spécifique d’un défilé Dior récent.
— Ça m’intéresserait de savoir comment et pourquoi vous avez commis cette...
-
04/02 - Alan Korman, un des inventeurs de l’immunothérapie : "Aujourd’hui, la France est mieux placée que l’Amérique du Nord"
Peut-être qu’un jour, les sages de la Fondation Nobel récompenseront tous les chercheurs liés aux découvertes, et pas seulement ceux qui ont posé les premières pierres. Dans ce cas-là, les Suédois n’auront d’autre choix que de remettre une médaille de rattrapage à Alan Korman. Rares sont ceux qui connaissent son nom, et pourtant, le rôle de ce scientifique dans l’avènement des immunothérapies, ces médicaments révolutionnaires contre le cancer, est immense.
Une fois les premières observations fondamentales couchées sur le papier par James Allisson et Tasuku Honjo (Prix Nobel de médecine 2018), ce chercheur de très haut niveau, spécialiste de l’immunité, a vite senti le potentiel thérapeutique de ces avancées. L’Histoire ne l’a pas forcément retenu, mais il fait partie de ceux qui ont planché pendant des années, à transformer ce qui n’était que de simples expériences en un véritable traitement miracle, capable d'éradiquer de nombreuses tumeurs. Une aventure à l’origine de centaines de milliers de vies sauvées, qui à défaut de l'avoir rendu célèbre, a fait de lui un homme capable de lancer des entreprises uniquement sur ses fonds propres. Justement : sa petite dernière, Spice Bio, vient tout juste d’annoncer son intégration au cœur du Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC), cet incubateur qui accompagne les start-up de l’oncologie, niché à Villejuif, à côté du centre Gustave Roussy. A l’occasion de ce futur déménagement, l’entrepreneur se livre sur les raisons de sa venue, les médicaments de demain et sur sa vision de...
-
04/02 - Sondage : ce que les Européens attendent de l’UE face aux tempêtes géopolitiques
Confrontés à la guerre qui fait rage depuis quatre ans dans l’est du continent et aux doutes sur la fiabilité du parapluie sécuritaire américain, les citoyens des 27 Etats membres expriment de fortes attentes de protection de la part de l’Union européenne, dont la faiblesse face aux tempêtes géopolitiques est une source d’angoisse. C’est ce qui ressort d’une vaste enquête d’opinion publiée ce mercredi 4 février par le Parlement européen.
Dans le détail, les personnes interrogées sont 89 % à souhaiter que les Etats membres de l’UE se montrent plus unis sur la scène internationale. Ils sont 86 % à penser que la voix de l’UE dans le monde devrait être plus forte. Quelque 73 % d’entre eux expriment le désir que ses moyens soient renforcés. Les deux tiers (66 %) attendent que l’UE joue un rôle plus important pour protéger les citoyens contre les crises internationales et les risques de sécurité, selon l’enquête réalisée par Eurobaromètre dans les 27 Etats membres en novembre 2025. Quelque 10 % d’eurosceptiques, à l’inverse, jugent préférables une diminution du rôle joué par l’Union.
La demande de protection adressée à l’UE rassemble de larges majorités absolues en France (70 % des personnes interrogées), en Allemagne (66 %), en Italie (67 %) et en Espagne (73 %). En Pologne en revanche, elle plafonne à 45 % (avec 18 % qui souhaitent une diminution de son rôle).
L’aspiration générale à la protection s’exprime sur fond de vive préoccupation des citoyens européens qui se déclarent "très inquiets" ces temps-ci des conflits proches...
-
04/02 - "Rien ne me rattachait à la DGSE" : le récit d’un ancien espion français
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons... Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé...
Il y a dans notre imaginaire les scènes de courses-poursuites et de combats de Mission impossible, les gadgets de James Bond, ou la tension de la série Le Bureau des légendes. Et puis il y a la réalité du métier d’espion, qui se situe certainement quelque part au milieu de tout cela. Un employeur qui n’existe pas vraiment, des trajets dangereux pour aller à la rencontre d’un chef de guerre africain, des échanges de documents secrets dans la capitale.
Une réalité qui a été celle de Vincent Crouzet durant plus de 20 ans. L'ancien espion de la DGSE, devenu auteur de romans inspirés de son ancienne vie, publie Le jour où je suis devenu espion (L’Observatoire), un récit de ses premières années au cœur du renseignement français.
Dans cet épisode de Nid d'espions, il raconte à Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions de renseignement à L’Express, les coulisses de ce métier.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.
Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris, présenté par Eitenne Girard, monté par Mélanie Pierre et réalisé...
-
04/02 - "En Russie, il est désormais plus rentable de mourir que de vivre" : l’analyse choc de Vladislav Inozemtsev
C'est un sinistre business model, dont l'ingénieur en chef s'appelle Vladimir Poutine : dans la Russie d'aujourd'hui, mourir est plus rentable que vivre. "Dans une région russe au niveau de vie moyen, une personne qui s’engage dans l’armée, combat pendant un an et est tuée au front — avec toutes les preuves administratives requises — fait gagner à sa famille une somme qu’elle n’aurait jamais pu accumuler en quinze ou vingt ans de travail", décrit l'économiste russe Vladislav Inozemtsev dans une note passionnante pour l'Institut français des relations internationales (Ifri), dont L'Express a eu la primeur.
"Au royaume de Poutine, la mort devient ainsi le moyen le plus rentable, sur le plan économique, de tirer profit de sa propre vie", écrit-il dans cette étude qui sera publiée le 9 février. Inozemtsev appelle cela "l'économie de la mort", devenue le principal moteur de la croissance grâce à la relance de la consommation permise par cet afflux d'argent. Poutine y voit un autre avantage, et non des moindres : il "recycle" au front tous les indésirables de la société. Le président russe le sait : il n'a aucun intérêt à arrêter cette guerre. "Pour Poutine, la fin de ce conflit serait le début des ennuis", avance Inozemtsev.
L’Express : Vous décrivez l’évolution de l’armée russe en une "armée de mercenaires". Pourquoi ce modèle a-t-il été privilégié ?
Vladislav Inozemtsev : Il faut remonter aux années 1990 pour comprendre l’émergence de ce modèle. Après la chute de l’URSS, la "thérapie de choc" destinée à...
-
03/02 - Affaire des assistants parlementaires du FN : cinq ans d’inéligibilité requis contre Marine Le Pen
Le ministère public a requis ce mardi 3 février une peine de quatre ans de réclusion, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi que cinq ans d'inéligibilité et 100 000 euros d'amende à l'encontre de Marine Le Pen lors du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN). En première instance, la députée du Pas-de-Calais avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique.
Le reste de la peine requise est identique au jugement de mars 2025, à une différence notable : le parquet n'a pas demandé cette fois l'exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate, de la peine, ce qui dégage quelque peu l'horizon pour la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN), nouveau nom du FN. Marine Le Pen, 57 ans, joue en effet son avenir politique dans ce procès qui décidera de maintenir ou non sa condamnation à une peine d'inéligibilité de cinq ans, sanction qui invalide pour l'heure l'hypothèse de sa candidature à l'élection présidentielle de mai 2027.
Le jugement de la Cour d'appel de Paris est attendu avant l'été. Une possibilité de briguer l'Elysée pour la quatrième fois pourrait s'offrir à la fille de Jean-Marie Le Pen si elle se pourvoyait en cassation après l'éventuel prononcé d'une peine conforme en appel. "Si la cour suit la réquisition du parquet général avec une confirmation d'une peine d'inéligibilité à 5 ans, s'il n'y a pas d'exécution provisoire, en matière pénale, le pourvoi en cassation suspend l'exécution de...
-
03/02 - Etats-Unis : le traitement inédit d’une plainte visant Tulsi Gabbard, directrice du renseignement, interroge
Une plainte enfermée dans un coffre-fort, le congrès écarté, et à en croire le Wall Street Journal, un "mystère digne d’un roman de John le Carré"… Voilà l’affaire qui fait frémir les couloirs du renseignement national américain. Selon les informations du quotidien, une plainte a été déposée en mai dernier auprès de l’inspecteur général des services de renseignement à l’encontre de la directrice de l’agence, Tulsi Gabbard.
La sulfureuse militaire devenue femme politique n’en est pas à sa première controverse depuis qu’elle a rejoint l’entourage Trump. Adorée des médias russes, un animateur populaire la surnommait "notre copine" en 2022. Désormais, la mission d’enquêter sur les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2020 a été rajoutée à son portefeuille. Et la directrice a déjà un avis très tranché : la victoire a été volée. "Le président Trump et toute son équipe sont déterminés à faire en sorte qu’une élection américaine ne soit plus jamais truquée. Tulsi Gabbard joue un rôle de premier plan dans cet effort crucial", avait déclaré l’attachée de presse du président des Etats-Unis, Karoline Leavitt.Une plainte "sans fondement"...
Quant à la plainte qui la vise, elle en a été informée par un courrier de l’avocat du lanceur d’alerte, envoyé quelques mois plus tard, en novembre.
La lettre, consultée par le Wall Street Journal, reproche au bureau de la femme politique "d’avoir entravé la diffusion de la plainte auprès des législateurs en ne fournissant pas les consignes de sécurité nécessaires à cet effet". Une accusation...
-
03/02 - Washington annonce avoir abattu un drone iranien ayant approché un porte-avions "de manière agressive"
Alors que l'administration de Donald Trump tergiverse sur la réponse à apporter au dossier iranien, un avion furtif américain a abattu ce mardi 3 février dans la mer d'Arabie un drone iranien ayant approché "de manière agressive" un porte-avions américain à propulsion nucléaire, a annoncé un haut responsable militaire. "Un chasseur F-35 a abattu un drone iranien en état de légitime défense, afin de protéger le porte-avion et son personnel", a précisé le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du commandement central de l'armée américaine, ajoutant qu'aucun blessé ni dégât n'avait été signalé.
Les discussions prévues entre l’émissaire spécial américain Steve Witkoff et des responsables iraniens demeurent maintenues, a tout de même assuré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, peu après l’incident. Steve Witkoff "doit avoir des discussions avec les Iraniens plus tard dans la semaine. Elles restent programmées pour l’instant mais le président Donald Trump a évidemment plusieurs options sur la table et utiliser la force militaire en fait partie", a-t-elle commenté sur la chaîne Fox News. Une perspective qui suscite des inquiétudes parmi certains Etats du Golfe persique, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ayant déclaré la semaine dernière qu'ils n'autoriseraient pas les Etats-Unis à utiliser leur espace aérien et leur territoire pour attaquer l'Iran, et ce pour se protéger d'éventuelles représailles iraniennes en cas de frappe américaine.
L'administration Trump, elle, exerce pour l'instant une...
-
03/02 - Visite exclusive au cœur du "Paris-Saclay Cancer Cluster" : "Grâce à cet incubateur, tout va plus vite"
C’est vrai que l'on s’y perd dans ces couloirs où rien n’est indiqué, au milieu de toutes ces salles nues, qui attendent encore qu’on les habille de meubles et de moquettes. Le "Paris-Saclay Cancer Cluster", projet d’incubateur inédit en France, n’est pas tout à fait fini, et cela se devine à tous ces salariés le nez en l’air, qui piquent une tête aux intersections, avant de vite faire demi-tour. Même le responsable des lieux, le très influent Eric Vivier, immunologiste de référence, hésite, hume un couloir, ouvre une porte puis la referme, pas encore tout à fait maître en son royaume, construit en un éclair.
En 2021, ce scientifique d’Aix-Marseille, à l’allure vive et au phrasé soutenu, s’est vu confier la transformation de ce lopin de terre au sud de Paris, coincé entre l'autoroute A6 et l’immense centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy. Emmanuel Macron voulait en faire une structure pour accompagner les jeunes entreprises en oncologie, et développer de nouveaux médicaments contre cette pathologie, qui touche de plus en plus de Français. C'est quasiment chose faite : en quelques mois, trois immeubles dans le style brique et murs épais du New York des années cinquante ont poussé. Alors que tous les étages ne sont pas encore ouverts, des entrepreneurs de tous horizons se bousculent déjà pour bénéficier de précieux conseils.
A chaque fois qu’un ponte se déplace, qu’une équipe vient constater l'avancée des travaux, Eric Vivier se change en super agent immobilier, sourire Colgate et superlatifs en...
-
03/02 - La tech au chevet de Donald Trump : 429 millions de dollars de dons avant les élections de mi-mandat
Donald Trump et son entourage ont engrangé un montant inédit de 429 millions de dollars de dons l'an dernier, grâce notamment à l’appui de milliardaires de la tech et d’entreprises cherchant à influencer les orientations politiques, révèle le Financial Times. Cette manne financière constitue un atout majeur pour le président américain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre prochain, alors que celui-ci n'est plus en capacité de financer directement sa propre campagne.
Selon le quotidien économique britannique, un comité d’action politique contrôlé par des alliés de Donald Trump, Maga Inc, dispose à lui seul de 304 millions de dollars — davantage que n’importe quelle structure de ce type. Cette somme dépasse de plusieurs dizaines de millions de dollars les fonds disponibles pour l'ensemble des groupes liés au Parti démocrate. Une telle collecte, exceptionnelle, illustre en creux l’emprise persistante de Trump sur le Parti républicain, bien que certains électeurs modérés se soient éloignés de lui en raison de sa politique migratoire répressive et de ses interventions à l'étranger.De nombreux donateurs
Cette dynamique révèle aussi l’enthousiasme de grands donateurs, prêts à soutenir une administration favorable aux secteurs des cryptomonnaies et de l’intelligence artificielle (IA), hostile à une réglementation jugée excessive, et disposée à mettre un terme à certaines enquêtes visant des alliés politiques. Si Trump n’a pas encore précisé comment il comptait utiliser ces ressources, ses soutiens ont déjà...
-
03/02 - "A chaque fois que Zelensky ne baisse pas la nuque..." : en Ukraine, la CIA toujours indispensable
Donald Trump avait promis qu'il pourrait amener la paix en Ukraine en 24 heures. Plus d'un an plus tard, les frappes russes se poursuivent toujours sur Kiev. L'Ukraine a aussi subi la diminution de l'aide militaire américaine. D'après l'institut de recherche allemand Kiel Institute, les Européens en fournissent désormais l'essentiel. Ils compensent à grand-peine la diminution des deniers américains. Dans le renseignement, aussi, l'aide de Washington se révèle toujours indispensable. Elle reste l'un des piliers solides de la relation entre les deux capitales... Conditionné au bon vouloir de l'hôte de la Maison-Blanche. Washington coupe le signal
"Vous devez comprendre une chose : tout dépend de Washington", martèle un ancien du SBU, le service de renseignement ukrainien. Aujourd'hui reconverti dans le conseil, cet homme lutte contre le froid glacial de Kiev. En ce début janvier 2026, Moscou multiplie les frappes sur la capitale. "Les agents de la CIA à Kiev sont comme des transpondeurs branchés sur les Etats-Unis. Ils peuvent être en Ukraine, parler à des officiels, récolter du renseignement. Mais si la Maison-Blanche décide de couper brusquement le signal, nous ne recevons plus rien", décrit-il.
Début mars 2025, Kiev a vécu plusieurs jours en apnée, coupée du soutien militaire américain, et d'une grande partie des précieuses informations de la CIA. Une "pause" consécutive à la violente altercation entre Volodymyr Zelensky, Donald Trump et le vice-président J.D. Vance dans le bureau Ovale....
-
03/02 - "Une Europe nouvelle pourrait naître en 2026" : Hubert Védrine décrypte la crise de l’Occident
Depuis le "schisme" trumpiste, l’occident géopolitique né de la Seconde Guerre mondiale vacille. "Ne parlons pas d’ordre mondial. Ce qui existe est un désordre évolutif", estime Hubert Védrine, invité du deuxième épisode du podcast géopolitique de L’Express, Les temps sauvages. Les Européens découvrent leur solitude. Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, ils vont devoir opérer une "révolution conceptuelle" en admettant que les autres ne pensent pas comme eux, et "en renonçant à se prétendre le centre du monde".
Le grand anthropologue français, Maurice Godelier, avec qui il publie un livre d’entretiens, Après l’Occident ?’ (Perrin/Robert Laffont), estime, lui, que les Européens doivent "abandonner leur vision obsolète et ingénue du monde pour redevenir un pôle de référence et d’attraction." Il appelle à un "réarmement moral" pour "mieux répondre à la gangrène antilibérale qui se propage au sein de chaque pays européen". Ce dialogue de haute volée, qui enjambe les siècles avec une joyeuse érudition, réunit deux pourfendeurs de l’universalisme. Tout en critiquant le wokisme et le "droit-de-l’hommisme", ne donnent-ils pas du grain à moudre à tous les contempteurs de l’Occident et aux thuriféraires du relativisme ? Hubert Védrine répond à ces interrogations et ces critiques dans Les temps sauvages. Pour approfondir le sujet, L'Express publie quelques extraits de son livre avec Maurice Godelier.L'Europe après l'Occident
Hubert Védrine : Le "schisme" assumé par Trump et Vance permet-il encore d’utiliser le terme...
-
03/02 - Blanchiment, financement du terrorisme… La note de Tracfin qui épingle le monde de l’art
La Chambre d’or reste introuvable. Des centaines de bijoux, objets et pièces en or pur de 24 carats, trésor inestimable du musée national du Soudan, n’ont toujours pas refait surface. Le 13 janvier, les autorités soudanaises révélaient pourtant avoir remis la main sur plus de 570 antiquités précieuses volées au printemps 2023 par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). A l’époque, ces milices rebelles entrent dans Khartoum, pillent le musée national et entassent dans des camions, statuettes funéraires, vases ornementés, vaisselles en bronze, figurines de l’époque nabatéennes parfois ornées de pierres précieuses, pour rejoindre le Darfour, vaste territoire de l’ouest du pays qu’ils contrôlent.
Les officiels du musée estiment que 4 000 pièces manqueraient encore aujourd’hui. Certaines dorment peut-être sagement dans un des ports francs de Genève, ces gigantesques musée-bunkers où des collectionneurs milliardaires entassent leur butin à l’abri du regard du fisc, de la justice et du public. La Chambre d’or, elle, a sans doute déjà été fondue et revendue à bon prix pour financer la lutte armée.
En raison de la difficulté à tracer les œuvres, de leurs prix bien souvent fluctuants et élevés, du rôle opaque des intermédiaires et de sa dimension internationale, le marché de l’art est l'un des terrains de jeu privilégié des mafias et autres trafiquants de drogue, d'armes, d'animaux ou d'êtres humains. Un marché jugé hautement vulnérable au blanchiment, par les limiers de Tracfin. Dans une note dévoilée en...
-
03/02 - Antivax et antiscience : en Europe, la discrète offensive des disciples de Robert Kennedy Jr.
Qu'elles sont encombrantes ces caméras de télévisions ! Quelqu’un a cru bon de les planter là, au centre de la salle, rabats ouverts, trépieds aussi stables qu’imposants. Les spectateurs assis derrière ne voient plus grand-chose de l’événement exceptionnel qui se tient ce 15 octobre 2025, au Parlement européen. Tant pis. Un technicien procède aux derniers réglages, le silence se fait, et d’un coup, l'amphithéâtre Antall 6Q2 prend ses airs les plus solennels.
Sous les projecteurs, les invités du jour, Robert Malone, Christian Perronne, Louis Fouché, Aseem Malhotra, Philipp Kruse ou encore Sayer Ji, sourient à pleines dents. D’ordinaire, ces médecins, scientifiques, entrepreneurs de la santé, avocats sont des parias, des réprouvés. La presse les dépeint en contestataires aveugles, adeptes de toutes sortes de théories du complot, des illuminés, quasiment, et les voilà pourtant triomphants dans les arcanes du pouvoir européen.
Du haut de l’estrade, on dirait que la petite troupe constituée d’une vingtaine d’intervenants a son mot à dire sur la politique européenne. Ce n’est pas le cas, bien sûr : l’assemblée du jour, baptisée "Make Europe healthy again" (Meha), n’est qu’une conférence d’idées, une de ces initiatives qu’affectionne tant le Parlement. En cette fin d’automne, personne ne vote, personne ne décide, mais l'événement n'en est pas moins important : ce jour-là, la frange radicale du conspirationnisme international pouvait dire qu’elle était un peu chez elle, au sein même des institutions européennes. Infléchir...
-
03/02 - Perquisition au siège français de X : pourquoi la justice veut entendre Elon Musk
Une perquisition a été menée ce mardi 3 février au siège parisien du réseau social X, a fait savoir le parquet de Paris, qui annonce en outre la convocation d'Elon Musk, propriétaire de la plateforme depuis son rachat en 2022. Cette opération a été "diligentée dans les locaux français de X par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris" avec une unité spécialisée de la gendarmerie nationale et Europol, l'agence européenne de police criminelle, est-il précisé dans un bref message publié sur X.
Le parquet de Paris précise dans ce communiqué que l'enquête visant X fait suite à deux signalements reçus en janvier 2025, et a été élargie depuis à d'autres signalements provoqués par le fonctionnement de Grok, l'assistant d'IA proposé par X. Ce dernier est notamment accusé d'avoir "conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel".
"Parallèlement, des convocations aux fins d'auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à Monsieur Elon Musk et à Madame Linda Yaccarino, en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits", selon le communiqué du parquet. "Des salariés de la plateforme X sont également convoqués la semaine du 20 au 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoin. Les auditions libres des dirigeants doivent leur permettre d'exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées." Une personne entendue en audition libre peut quitter à tout moment l'audition dont...
-
03/02 - Démissions et excuses : l’Europe secouée par les nouvelles publications dans l’affaire Epstein
Ce vendredi 30 janvier, six ans après la mort en prison du prédateur sexuel Jeffrey Epstein, la justice américaine a publié plus de trois millions de nouveaux documents issus de l'enquête le visant. Des pages qui révèlent ou confirment les liens entre le criminel et plusieurs personnalités du Vieux Continent… Et ce, même après sa première condamnation en 2008. Au terme d’un plaider-coupable, le milliardaire ultra-connecté avait alors écopé de 18 mois de prison, pour exploitation sexuelle de mineures.
Royauté, dirigeants politiques, figures économiques… La liste de l’entourage de Jeffrey Epstein n’épargne aucune sphère du pouvoir.Un ex-prince à quatre pattes
Ce n'est pas la première fois que l'affaire Epstein provoque une onde de choc au Royaume-Uni. En octobre 2025, l'ex-prince Andrew avait été déchu de son titre par son frère, le roi Charles III, pour son implication dans le réseau pédocriminel du financier. Depuis cette nouvelle vague de publication, l'homme fait, une fois encore, couler de l'encre.
Une photographie publiée par la justice américaine le montre, à quatre pattes, au-dessus d'une femme au visage flouté. L'image dont s'est emparée la presse nationale a rapidement fait le tour du royaume. Au lendemain de ces révélations, le quotidien The Daily star titrait "Creepy crawler" - traduisez "bestiole rampante". Le même jour, la une du Sun placardait la mention "Shame on you" - "honte à vous", en français - sur la photographie de l'ancien duc. Peter Mandelson
Toujours au Royaume-Uni, l’ancien...
-
03/02 - Le vrai faux CPE ou comment le Medef s’est pris les pieds dans le tapis
Mais quelle mouche a donc piqué le Medef ? Le mouvement patronal ne s’est-il pas remis des renoncements budgétaires d’un gouvernement trop addict aux taxes sur les grandes entreprises ? Quelle drôle d’idée, en tout cas, d’avoir voulu ressusciter le spectre du CPE – contrat première embauche dans une France au climat déjà insurrectionnel, en brandissant cette proposition d’un contrat à durée indéterminée dégradé pour les jeunes !
Le ballon d’essai ressemblait si fort à un chiffon rouge que, ni une ni deux, Matignon a botté en touche. Dommage, car si le projet était pour le moins extrêmement maladroit, risquant de cliver les générations, il visait juste, en remettant au cœur du débat le travail des jeunes. Or après des mois de ratiocinage sur l’âge de la retraite, il redevient urgent de s’attaquer à cet autre angle mort de l’économie française : la trop difficile entrée sur le marché du travail.
L’exécutif a beau se féliciter de la chute du chômage (deux points de moins depuis 2017), non seulement celui-ci reste en moyenne plus élevé que dans le restant de l’Europe, mais surtout la France continue de se distinguer par son faible taux d’emploi des jeunes. Avec pour conséquence un chômage chez les moins de 25 ans qui frôle 19 %, trois fois plus qu’en Allemagne. Nos voisins disposeraient-ils d’une recette magique ? On pense à l’apprentissage, un dispositif largement répandu dans les Länder allemands, et qui a également commencé à essaimer ces dernières années dans l’Hexagone (1 million de contrats en 2024) - même si dans le...
-
03/02 - Budget 2026 : vu de l’étranger, Sébastien Lecornu a "déjoué tous les pronostics"
C'est la fin d’un long feuilleton politique. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 a été adopté lundi 2 février à l'issue de plusieurs mois de débats chaotiques qui ont obligé le gouvernement à recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour s'assurer de doter la France d'un budget. Deux motions de censure ont échoué lundi, la première déposée par La France insoumise (LFI) associée aux écologistes et aux communistes - qui a recueilli 260 voix - et la seconde défendue par le Rassemblement national (RN), approuvée par 135 députés. L'une ou l'autre devait obtenir au minimum 289 voix pour renverser le gouvernement.
"La France a enfin un budget. Un budget qui assume des choix clairs et des priorités essentielles. Un budget qui contient la dépense publique, qui n'augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises", a écrit le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X. L'adoption de ce budget 2026 marque le "terme d'une longue saga politique qui a perturbé les marchés de la dette et inquiété les partenaires européens du pays", estime The Guardian. "C'est l'épilogue d’une saga qui aura fait bayer aux corneilles bien des Français", commente de son côté la correspondante en France du journal belge Le Soir.
"Après des mois de turbulences, le Premier ministre français franchit un obstacle", constate également le quotidien américain The New York Times, rappelant que, "depuis plus d'un an, l'échec du vote du budget de l'Etat en France a contribué à alimenter la période la plus chaotique de l'histoire...
-
03/02 - Trump, Poutine, Groenland : et si le chaos international chamboulait la présidentielle de 2027…
Ils sont un certain nombre à miser sur le contexte international pour rebattre les cartes de la présidentielle. Les Français, pronostiquent-ils, s’en remettront à des personnalités d’expérience capables de tenir la barre par gros temps. Le potentiel géopolitique des candidats fera la différence. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin, Edouard Philippe et Michel Barnier avancent leurs états de service. "Ce qui compte dans le moment présent, estimait récemment le premier nommé sur BFMTV, c’est qui veut-on mettre au plus haut sommet, compte tenu des responsabilités qui sont celles du président de la République et de ce qui est en train d’être bouleversé dans le monde avec Donald Trump".
Sorti du tunnel budgétaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu entend bien lui aussi s’exprimer sur ces questions à l’occasion des prochaines discussions sur la loi de programmation militaire. Ancien détenteur du portefeuille des Armées, il a publié en 2024 chez Plon un essai de géostratégie intitulé Vers la guerre ? qu’il a depuis actualisé en édition de poche. Il est question d'un nouvel ouvrage dans les prochains mois sur les questions de fond.
Une manière de prendre de la hauteur et de disqualifier les néophytes dans ce domaine. Message à peine subliminal : ils ont à peine assimilé leurs cours de HGGSP et confondent le G20 avec un supermarché. Moi président, suggère Hollande, je ne demanderais pas à Trump "où est-ce qu’il trouve toute cette énergie ?" (dixit Jordan Bardella).
En jouant la carte...
-
03/02 - "L’Europe devra accepter un capitalisme plus dur" : le regard cash de David Thesmar et Augustin Landier
C’est un vœu pieux énoncé par Emmanuel Macron dans son fameux discours de la Sorbonne prononcé en 2017 : l’Europe doit être "souveraine". Depuis, la pandémie de Covid, la guerre en Ukraine et les menaces douanières comme géopolitiques de Donald Trump n’ont fait qu’accentuer la pression.
Pour Augustin Landier, professeur à HEC, et David Thesmar, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), il est démagogique de faire croire aux Français et aux Européens qu’une telle indépendance militaire et technologique par rapport aux Etats-Unis ou à la Chine n’ait pas un coût. Les coauteurs du Prix de nos valeurs et de Dix idées qui coulent la France (Flammarion) constatent le déclin indéniable de l’Europe, mais avancent des pistes afin que le Vieux Continent ne se contente pas d’être sur le "siège passager" de l’innovation : place boursière unique dans l’UE, révolution culturelle en matière de capitalisme, renforcement des liens avec d’autres puissances moyennes comme l’Inde… Selon eux, toute souveraineté européenne ne pourra se faire sans vrai "discours de vérité" de la part des politiques. Entretien.
L’Express : A en croire les dirigeants européens, il est urgent de consolider la souveraineté économique du continent face à l’ouragan Trump. Mais de quoi parle-t-on ?
Augustin Landier : Il n’existe pas vraiment, chez les économistes, de formulation établie du concept de souveraineté : le terme ne figure pas dans les manuels d’économie classiques, largement centrés sur les bienfaits des échanges internationaux. Les...
-
03/02 - "C’est lunaire parfois..." : quand les entretiens d’embauche font fuir les jeunes diplômés
"Dès qu'on m'impose un test de compétence, ou plusieurs entretiens à rallonge et espacés de plusieurs semaines, je refuse purement et simplement. Si l'entreprise est intéressée, elle te le fera très vite savoir. Si elle s'en tape, elle fera traîner les choses pour éviter le sujet de ton refus", raconte un internaute sur Reddit. "Quand tu postules à un grand nombre d'offres et que t’as pas mal de retours, faut aussi faire le tri du côté du demandeur. Si je sens que la boîte traîne des pieds ou fait appel à des tests pseudoscientifiques, je garde des rdv avec la boîte en question mais je priorise de nouvelles offres quitte à poser des lapins/annuler s'il fait beau dehors", ajoute un autre. Ces témoignages, tirés du forum en ligne, illustrent un phénomène plus large qui devrait alerter les DRH, ce que confirme une étude récente ("Jeunes diplômés. Les nouvelles règles pour recruter en 2026", Jobteaser/Edhec Business School 3 février 2026) : 52 % des candidats sont susceptibles d’abandonner un processus si celui-ci est trop long. C'est d'ailleurs le facteur n°1 qui les pousse à jeter l'éponge.
Le facteur n°2 ? Des étapes trop nombreuses pour 43 % des candidats. "Je trouve que les process de recrutement deviennent de plus en plus longs . Et chaque rouage apporte son lot d'opacité ... Avant on s'en sortait en 2 entretiens max (RH et technique), maintenant la norme est de 3 ou 4 entretiens. Certains sont fatalement redondants pour le candidat qui doit retracer son parcours devant les RH, puis le manager puis le...
-
03/02 - SpaceX rachète xAI, nouvelle étape avant une introduction en Bourse spectaculaire
Elon Musk a annoncé lundi 2 février le rachat par SpaceX de la start-up xAI, également détenue par le milliardaire, qui devrait ainsi fusionner l'entreprise de fusées et de satellites avec le fabricant du chatbot Grok pour unifier ses ambitions en matière d'intelligence artificielle (IA) et d'espace. "Cela marque non seulement le prochain chapitre, mais aussi le prochain livre de la mission de SpaceX et xAI : évoluer pour créer un soleil sensible afin de comprendre l'univers et étendre la lumière de la conscience aux étoiles !", a déclaré Elon Musk.
To the stars!@SpaceX & @xAI are now one company https://t.co/2SPVVhZQsp— Elon Musk (@elonmusk) February 3, 2026
La transaction, rapportée pour la première fois par Reuters jeudi dernier, représente l'un des partenariats les plus ambitieux jamais conclus dans le secteur technologique, fusionnant un sous-traitant spatial et de défense avec un développeur d'IA en pleine croissance dont les coûts sont largement liés aux puces, aux centres de données et à l'énergie.
Elle est également de nature à renforcer les ambitions de SpaceX dans les centres de données, alors qu'Elon Musk est en concurrence dans ce domaine avec d'autres géants tels que Google, Meta, la société Anthropic - soutenue par Amazon - et avec OpenAI dans l'IA.Une valorisation à 1 250 milliards de dollars
La société issue de la fusion de SpaceX et de xAI devrait fixer le prix de ses actions à environ 527 dollars et serait valorisée à quelque 1 250 milliards de dollars, a rapporté Bloomberg News...
-
03/02 - Droits de douane : cet accord entre les Etats-Unis et l’Inde qui pourrait porter un coup à la Russie
L'accord a été annoncé en grande pompe lundi 2 février par Donald Trump sur les réseaux sociaux. "Par amitié et par respect pour le Premier ministre Modi, et à sa demande, nous avons conclu un accord commercial entre les Etats-Unis et l'Inde, qui prend effet immédiatement et en vertu duquel les Etats-Unis appliqueront des droits de douane réciproques réduits, les faisant passer de 25 % à 18 %", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social à la suite d'un entretien téléphonique avec le dirigeant indien Narendra Modi.
Cet accord, qui intervient après des mois de négociations tendues entre ces deux Etats, annule aussi, selon un responsable de la Maison-Blanche, d'autres surtaxes de 25 % qui s'ajoutaient à ces prélèvements "réciproques", ramenant donc les droits de douane américains sur les produits indiens de 50 % à 18 %. En échange, l'Inde va notamment réduire des barrières commerciales sur les exportations américaines.Des répercussions sur la guerre en Ukraine ?
New Delhi, troisième importateur mondial de pétrole, et dont les importations de brut couvrent environ 90 % de ses besoins, s'est également engagé à s'approvisionner davantage en pétrole brut auprès des Etats-Unis, a indiqué Donald Trump. L'Inde, qui a par ailleurs noué un accord de libre-échange avec l'Union européenne la semaine dernière, a "accepté d’arrêter d’acheter du pétrole russe", a assuré le président américain. Les Etats-Unis souhaitent en effet limiter les revenus pétroliers de la Russie...
-
03/02 - La Pologne, naissance d’une puissance européenne
-
03/02 - Dérives de l’ICE : Donald Trump, le sparadrap des droites populistes, par Catherine Fieschi
À Minneapolis, la violence politique est devenue un message. Les événements de la semaine dernière le confirment. La démonstration de force, la brutalité policière exhibée, l’usage létal de l’appareil d’État — comme dans l’assassinat d’Alex Pettri par l’ICE — relèvent d’un même dispositif : rappeler ce que le pouvoir peut faire, et qui il peut viser. La violence du monde Maga n’est pas une dérive incontrôlée, mais un calcul politique fondé sur la dissuasion, la sidération et l’exemplarité. Le retrait partiel de l’ICE à Minneapolis n’a d’ailleurs été accompagné d’aucun infléchissement de discours de la part de l’administration Trump.
Hannah Arendt insistait sur un point essentiel : la violence surgit lorsque le pouvoir n’a plus besoin de convaincre. Instrument politique à part entière, elle vise des effets symboliques autant que matériels. La violence trumpiste serait donc une stratégie destinée à déplacer le seuil du tolérable.
Cette grammaire doit informer notre lecture de la situation européenne. L’extrême droite et la droite populiste s’installent dans les institutions, accèdent au pouvoir ou s’en rapprochent. Pourtant, une conviction semble persister : ces forces "dédiabolisées" auraient neutralisé leur rapport à la violence. Comme si l’ascension politique impliquait mécaniquement un assagissement. Comme si l’Union européenne constituait, par nature, un garde-fou suffisant. Or c’est précisément ce cadre que ces forces s’emploient à affaiblir de l’intérieur, tout en maintenant la violence hors champ tant que dure la phase...
-
03/02 - Frédéric Nouel : "Face à la Chine et aux Etats-Unis, la réglementation est le meilleur atout de l’UE"
Fort de 500 avocats répartis dans 10 bureaux dans le monde, le cabinet français Gide ferraille régulièrement à Bruxelles contre les géants américains du numérique. Son dirigeant, Me Frédéric Nouel, analyse les ressorts de l’UE dans la confrontation actuelle avec les Etats-Unis.
L'Express : Face à la force brandie par Donald Trump, l’Europe oppose le droit sur lequel elle s’est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale. Est-ce un combat à armes égales ?
Frédéric Nouel : En évoquant régulièrement la "loi du plus fort", le débat public donne parfois l’impression qu'il y a d'un côté la force, et de l'autre côté le droit. Depuis toujours, il n'y a pas de droit sans force. C'est la force qui permet aux règles de droit d'être respectées - il est difficile d’assurer l’ordre public sans police. Quant à la souveraineté, c’est-à-dire le fait de pouvoir décider sur son sol de ses propres lois, elle suppose de ne pas être envahi ou dominé donc, sans moyens de défense, la souveraineté n'existe pas.
Pendant trente années de mondialisation heureuse, l’Europe, et une multitude d’acteurs à tous les niveaux de la société, dont le cabinet Gide, ont œuvré pour que la règle de droit régisse les relations entre les Etats de l'UE, et non le rapport de force. A travers les traités, l’entité "nation" a été reconnue comme indivisible et souveraine, sans considération de population ou de richesse.
C’est le grand apport du droit par rapport à la force : il neutralise la puissance militaire ou économique. De fait, les 150 dernières années ont...
-
03/02 - Les Européens sont les champions du pessimisme : et si c’était leur principal problème ?
Les Européens sont les champions du monde du pessimisme. A les écouter, tout va mal en ce début 2026. L’ordre international déraille sous les coups de boutoir de Vladimir Poutine et de Donald Trump ; l’économie est à l’agonie ; l’immigration est hors de contrôle ; le crime organisé règne en maître ; l’extrême droite est aux portes du pouvoir ; l’islamisme progresse dans la jeunesse issue de l’immigration.
Le cafard qui fut longtemps l’apanage des Français se répand comme une traînée de poudre à travers le continent. Trois enquêtes publiées ces dernières semaines l’attestent. Les personnes interrogées par FGS Global pour le média Politico dans les 27 Etats de l’Union pensent en majorité que leur pays est engagé sur une mauvaise pente. Seuls trois d’entre eux font exception : la Pologne, le Danemark et la Lituanie. La même question posée par Ipsos indique que 91 % des Français, 79 % des Hongrois, 74 % des Néerlandais, 71 % des Allemands et des Italiens ont une vision négative de l’avenir de leur pays. Un autre sondage, réalisé par Gallup sur les cinq continents, présente la Bulgarie, la Bosnie, l’Autriche et la Belgique comme les nations les plus déprimées de la planète !
Ce tableau n’est pas sans raison, mais sa noirceur dissimule d’autres réalités qui devraient inciter à plus d’optimisme. Dans les Etats de l’Union européenne, contrairement à beaucoup d’autres pays, les droits individuels et collectifs des citoyens sont protégés, les libertés sont garanties, les systèmes de protection sociale sont sûrs. La démocratie,...
-
03/02 - Les 50 nuances de bleu de la langue française
Si je vous demande ce qu’est le "bleu", vous me répondrez qu’il s’agit d’une couleur et vous aurez raison, bien sûr. N’est-ce pas ce sens premier qui s’impose lorsque l’on évoque un ciel bleu, une voiture bleue, une teinture bleue ou quand, à la manière d’un peintre, on distingue un bleu turquoise, un bleu pétrole, un bleu canard et tant d’autres ?
VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page
De fait, tout ce qui se rapporte à cette couleur est susceptible d’être désigné par ce petit mot de quatre lettres d'origine germanique, qu’il s’agisse d’une équipe sportive ("Allez les Bleus !"), d’un policier ("v’là les Bleus !"), d’un vêtement ouvrier (un "bleu de travail"), de la Méditerranée ("la grande bleue") ; d’un fromage ("un bleu d’Auvergne", par référence à ses moisissures), d’une contusion ("je me suis fait un bleu") ou, quand il s’agit d’une douleur morale, d’un "bleu à l’âme". Mais s’en tenir là serait oublier que, depuis belle lurette, "bleu" est utilisé dans des formules dont le rapport avec le céruléen (son synonyme d'origine latine) est moins évident. Voyez plutôt :
"Un cordon-bleu". Au départ, cette expression désignait le ruban que portaient au XVIIe siècle les chevaliers du Saint Esprit (un ordre de chevalerie du XVIIe siècle). Par extension, la formule s’est peu à peu appliquée à tout individu qui se distingue dans un domaine avant d’être employée exclusivement pour qualifier un excellent cuisinier. Lequel, par exemple, saura préparer un poisson...
-
03/02 - Influence russe à Bruxelles : l’embarrassant eurodéputé Fernand Kartheiser
Tout sourire en compagnie de l’ex-président russe Dmitri Medvedev, et clic ! Une photo pour l’album personnel de Fernand Kartheiser… aussitôt partagée sur ses réseaux sociaux. L’eurodéputé luxembourgeois n’aurait manqué ça pour rien au monde. Balayées, les copieuses injures de Medvedev à l’endroit des Européens, cette "meute de chiens aboyeurs d'un chenil occidental", "bande hétéroclite de porcelets grognants". A l’évidence, Kartheiser ne se sent pas visé. C’est à Sotchi, mi-novembre dernier, que l’élu a rencontré l’ancien patron du Kremlin, à l’occasion de la conférence Brics-Europe où il s’est rendu - comme des membres du parti d’extrême droite allemand AfD. "Pour moi, M. Medvedev est un haut représentant de l'Etat russe qui est très influent en tant que vice-président du Conseil de sécurité de Russie, soutient Kartheiser à L’Express. Je le respecte en tant que tel et je lui parle en tant que diplomate avec le respect que je lui dois." Voilà qui a le mérite d’être clair. Tout comme l’intégralité des prises de position de l’eurodéputé quand il s’agit du voisin russe.
C’est bien simple : pas un vote de l’élu (non-inscrit) au Parlement européen ne contrarie le narratif de Moscou. La résolution du 17 décembre 2025 sur la "suppression progressive des importations de gaz naturel russe" ? Contre. "Renforcer la résilience de la Moldavie face aux menaces hybrides russes" ? Niet. Condamner "la désinformation et la falsification historique de la Russie pour justifier sa guerre d'agression contre l'Ukraine". Non plus. Le plan de l'UE...
-
02/02 - Guerre en Ukraine, le cri de révolte de 11 intellectuels français : "Il faut imposer un cadre humanitaire aux pourparlers avec la Russie"
Depuis février 2022, vous avez placé la France au premier rang des nations européennes soutenant l'Ukraine face à l'agression russe. Votre détermination à défendre l'intégrité territoriale ukrainienne, votre initiative dans la création de la Coalition des Volontaires et votre engagement constant auprès du président Zelensky ont incarné les valeurs européennes de liberté et de résistance à l'oppression. Alors que s'ouvrent des perspectives de négociations, votre rôle est déterminant pour définir les conditions d'une paix juste et durable.
C'est dans cet esprit que nous nous adressons à vous aujourd'hui. Réunis autour de l'appel People First lancé par les Prix Nobel de la paix 2022, l’Ukrainienne Oleksandra Matviichuk et le Russe Oleg Orlov, nous vous demandons de porter au cœur des négociations une exigence fondamentale : la protection et la libération immédiate et sans condition des populations ukrainiennes victimes de la terreur du Kremlin.16 000 civils ukrainiens portés disparus
Les chiffres documentés par les organisations de défense des droits humains révèlent l'ampleur du drame :
• 19 546 enfants ukrainiens déportés ont été recensés par les autorités ukrainiennes, dont seulement 1954 ont pu être rapatriés. Des centaines de milliers d'autres vivent sous occupation russe, soumis à une russification forcée systématique dès la maternelle, préparés à devenir de futurs soldats contre leur propre patrie.
• Au moins 16 000 civils ukrainiens, et beaucoup plus selon certaines estimations, sont portés disparus et...
-
02/02 - Les revenus pétroliers de la Russie, moteur de sa machine de guerre, sont en chute libre
Alors que la Russie et l’Ukraine ont récemment repris leurs négociations pour aboutir à un accord de paix à Abu Dhabi, l’économie russe montre de sérieuses difficultés, sous l’effet conjugué de la chute des prix du pétrole, des nouvelles sanctions occidentales et d’un effort de guerre de plus en plus coûteux. Selon le ministère russe des Finances, les recettes pétrolières et gazières de la Russie ont reculé de près de 25 % l’an dernier, privant le Kremlin de sa principale source de financement du conflit. Le Financial Times estime de son côté que les seuls revenus énergétiques du pays ont chuté d’environ 20 % en 2025.
Si les pressions budgétaires sont peu susceptibles de modifier les objectifs militaires de Poutine, elles commencent à se faire sentir. "Le déficit budgétaire est clairement un sujet important pour Poutine en ce moment", estime Janis Kluge, expert de la Russie à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité, cité par le quotidien économique britannique. Car la population russe devra supporter une part croissante du coût d’une guerre dont les dépenses dépassent déjà 170 milliards de dollars par an. Or, le dirigeant russe s’est toujours enorgueilli de la stabilité qu’il a apportée à une économie russe en chute libre après l’effondrement de l’Union soviétique, en réduisant la dette, en rationalisant la fiscalité et en maîtrisant l’inflation.De nouvelles sanctions occidentales
Plusieurs raisons expliquent ces difficultés. Le pétrole, d'abord, représente depuis longtemps une part plus...
-
02/02 - Budget 2026 adopté : comment le texte a-t-il évolué depuis sa version initiale ?
C’était la dernière étape d’un parcours du combattant. Il aura fallu trois gouvernements et deux Premiers ministres : ce lundi 2 février au soir, la France s'est dotée d'un budget.
Le projet de loi de finances pour 2026 a été définitivement adopté, après le rejet des deux dernières motions de censure. Avant d'être promulgué, il doit encore passer par le Conseil constitutionnel. Après trois mois de débats et de concessions, la copie gouvernementale est noircie par les rayures et les annotations. Promesses abandonnées, victoires arrachées, et article 49.3 dégainé... difficile à suivre. L'Express se charge de vous présenter la version finale du projet de loi de finances 2026.
Une chose est certaine, la dernière version du projet de loi de finances - PLF pour les initiés - est moins austère que celle présentée par François Bayrou à l’été 2025. Mais le texte gouvernemental ne semble pourtant satisfaire personne. "Ce budget ne prépare rien", tranchait Gabriel Attal, ancien Premier ministre et président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, le 22 janvier.
Car si François Bayrou entendait faire des coupes en vertu d’une "année blanche" - comprenez aucune revalorisation des prestations sociales et des retraites - l’idée n’a pas survécu à l’entrée de Sébastien Lecornu à Matignon. Au contraire, le Premier ministre a finalement pris une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat, de la transition écologique, ainsi que de l'accès au logement."Solidarité, insertion et égalité des chances"
Dans la version initiale,...
-
02/02 - "Quand l’Empereur parle, les rois se taisent" : pourquoi la CIA de Donald Trump inquiète l’Europe
Emmanuel Macron prononcera-t-il la phrase ? Ce jeudi 15 janvier 2026, l’arrivée du président français sur la base aérienne 125 d’Istres (Bouches-du-Rhône) fait cesser le larsen qui parasite la diffusion en direct de ses vœux aux armées depuis le compte Youtube de l’Elysée. Devant leur écran, 11 000 suiveurs, dont une poignée d’agents de services de renseignement européens. Fébriles. Le chef de l’Etat a l’œil rougi, "une référence non volontaire à l’œil du tigre", avance-t-il. En citant Rocky Balboa, cherche-t-il à provoquer Donald Trump, qui s’était jadis comparé au boxeur campé par Sylvester Stallone ? Après vingt-six minutes, il prononce en tout cas des mots qui frappent. "Là où l’Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaines à une écrasante majorité il y a un an, aujourd'hui, les deux tiers sont fournis par la France". Exit la CIA. Pas seulement en Ukraine, pressentent déjà plusieurs dirigeants du renseignement interrogés par L’Express.
Chez ces maître-espions européens, habitués à jouer au grand jeu de la géopolitique avec un coup d’avance, l’annonce crée un vertige. Comment vivre sans la CIA ? Il ne s’agit pas seulement de renseignement, de quelques tuyaux sur les groupes terroristes ou les taupes russes. S’appuyer sur l’espionnage américain, ses 74 milliards de dollars de budget annuel en 2025, ses 100 000 collaborateurs et ses capacités d’écoute hors-norme, c’est garantir sa sécurité. La dépendance européenne à ce sujet n’est plus à démontrer. Y compris en France. Certains se...
-
02/02 - Google aurait enfreint ses propres règles d’éthique pour aider un sous-traitant militaire israélien
Google aurait-il enfreint ses règles d'éthique pour aider un sous-traitant militaire israélien à appliquer sa technologie d’intelligence artificielle (IA), Gemini, à l'analyse d'images filmées par drone ? C'est du moins ce qu'affirme un ancien employé de l'entreprise américaine, qui a déposé une plainte confidentielle de lanceur d'alerte auprès des autorités fédérales, un document consulté par The Washington Post. Selon des éléments joints à la plainte, ce logiciel maison aurait été utilisé par un appareil de défense israélien à un moment où la firme prenait publiquement ses distances avec l’armée israélienne, après des protestations d’employés contre un contrat conclu avec le gouvernement israélien.
En juillet 2024, la division cloud computing de Google aurait ainsi reçu une demande d’assistance client émanant d’une personne utilisant une adresse e-mail des Forces de défense israéliennes (IDF), visant à rendre Gemini plus fiable dans l’identification d’objets tels que des drones, des véhicules blindés et des soldats dans des images vidéo aériennes. En retour, des employés de cette unité auraient formulé plusieurs suggestions et effectué des tests internes, indiquent les documents transmis avec la plainte. Un double standard
Seul problème et non des moindres : les règles éthiques régissant l'utilisation de l'IA à l'époque stipulaient que Google ne devait pas déployer des technologies d’IA en lien avec des armes, ni pour une surveillance "violant les normes internationalement reconnues". "Beaucoup de mes projets chez...
-
02/02 - "L’Amérique vit un moment Everything Everywhere All At Once" : la thèse de Paul Pierson
D’un côté, deux citoyens américains abattus par des agents de l’ICE à Minneapolis. Une police de l’immigration dont les méthodes brutales éclatent chaque jouent ouvertement le régime d’autoritaire et des manifestations No Kings, qui rassemblent entre 5 et 7 millions de participants — souvent dans un climat pacifique — dans un pays de quelque 340 millions d’habitants. Pourtant, vu de l’Hexagone, patrie des grandes mobilisations, la contestation citoyenne américaine peut sembler modérée au regard de la gravité de la situation. Surtout si l’on se souvient des émeutes déclenchées en 2020 après la mort de George Floyd, déjà à Minneapolis. Alors, les Américains sont-ils aussi attentistes qu’on le prétend ?
Interrogé par L’Express, Paul Pierson, professeur de science politique à l’université de Berkeley, nuance l'idée d'une Amérique inerte face aux dérives du pouvoir actuel. Selon lui, le véritable cœur de l’opposition au pouvoir en place ne se trouve plus au Congrès, ni dans l’appareil du Parti démocrate, mais dans les États fédérés dirigés par celui-ci. Et si, à la différence d’autres peuples, les Américains n’ont pas la mémoire historique de l’autoritarisme, ils commencent peu à peu à en prendre conscience, observe le co-auteur de Partisan Nation, un ouvrage paru en 2024, dans lequel il retraçait les événements qui ont mené les États-Unis à cette ère de polarisation extrême. Entretien.
L’Express : En France, certains s’étonnent de ce qu’ils considèrent comme une réaction timorée des Américains face aux actions de l’ICE et à la...
-
02/02 - Défense des langues régionales : la France à la traîne par rapport à ses voisins
Et si un gendarme nommé à Ajaccio était tenu de s’exprimer en corse ? Et si tous les élèves scolarisés à Strasbourg devaient suivre des cours d’alsacien ? Et si un Toulousain avait le droit de parler occitan devant un juge ? Ces mesures, qui relèvent en France de la politique-fiction, sont pourtant monnaie courante chez nos voisins européens.
Et cela change tout. On croit souvent que le recul des langues régionales et minoritaires serait lié à la modernité, au déclin de la paysannerie, à l’urbanisation... L’explication est autre, comme le montrent les comparaisons internationales. Au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Slovénie, en Suisse (et ailleurs), des mesures protectrices sont prises en faveur de ces langues, qui y disposent souvent d’un statut officiel et se portent plutôt bien. Autant de mesures refusées par Paris, avec pour conséquence une chute des taux de pratique dans l’Hexagone. Le nombre de locuteurs du breton est ainsi passé de 1,1 million en 1952 à 107 000 aujourd’hui.Si le gallois parvient à se maintenir timidement, le breton est en perte de vitesse nette depuis le début des années 1980.Royaume-Uni
Dans les écoles galloises, l'anglais peut être une langue étrangère
Le gallois fait face à la langue la plus puissante du monde, l’anglais. Et pourtant, cette langue régionale gagne des locuteurs, grâce notamment à l’enseignement. L’étude du gallois est en effet obligatoire pour tous les élèves et occupe entre 20 % et 80 % des cours. Les écoles sont réparties en trois catégories : immersion...
-
02/02 - Pourquoi la première semaine de TikTok sous propriété américaine a-t-elle été un désastre ?
Cela fait "seulement" un peu plus d’une semaine, mais déjà les couacs s'enchaînent. Alors que l'application chinoise TikTok a été vendue le 22 janvier dernier à un groupe d’investisseurs américains, parmi lesquels le géant des logiciels d’entreprise, Oracle, l'application de vidéos courtes a été touchée par une panne d'ampleur, empêchant les utilisateurs américains de se connecter, de télécharger ou de publier des vidéos, ou encore de commenter des publications.
Selon le site Downdetector, les premiers signalements ont commencé le 25 janvier, pour atteindre un pic de 15 696 signalements enregistrés. Le lendemain, des pannes ont continué à être notifiées toute la journée, au grand désarroi des 200 millions d'utilisateurs américains. La tempête hivernale Fern, qui a touché de plein fouet les Etats-Unis, a en effet paralysé plusieurs centres de données d’Oracle sur lesquels TikTok s’appuie, ce que l’entreprise n’a pas immédiatement rendu public, dévoile The Guardian. "Bien que le réseau soit rétabli, la panne a provoqué une défaillance en cascade des systèmes que nous nous efforçons de résoudre avec notre partenaire de centre de données", a fini par publier Tiktok USDS, la nouvelle coentreprise américaine, sur X. Des accusations de censure
Mais très vite s'est ajouté un autre problème : après la mort d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux dans le contexte brûlant des manifestations contre la police de l'immigration américaine, "ICE", des personnalités en vue de TikTok n'auraient pas pu publier leurs vidéos...
-
02/02 - Gaza : trois questions sur la réouverture du poste-frontière de Rafah
Le point de passage frontalier de Rafah, contrôlé par Israël, a très partiellement rouvert ce lundi 2 février entre la bande de Gaza et l'Égypte, permettant à un petit nombre de Palestiniens de quitter ou de revenir dans le territoire ravagé par la guerre. La frontière, dont la réouverture totale est réclamée par l'ONU et les organisations humanitaires, ne devrait toutefois pour l'heure pas permettre l'entrée de l'aide internationale. L’Express fait le point sur la réouverture de ce point de passage fermé durant la majeure partie des deux années de guerre dans l'enclave palestinienne.Pourquoi cette réouverture était-elle très attendue ?
Ce passage, situé dans ce qui était autrefois une ville de 250 000 habitants qu'Israël a depuis démolie et dépeuplée, est la seule voie d'accès ou de sortie pour la quasi-totalité des plus de deux millions d'habitants de la bande de Gaza. Il est fermé de manière quasi permanente depuis mai 2024 et contrôlé par l'armée israélienne côté gazaoui.
Avant la prise de contrôle du poste de Rafah par Israël, quelque 100 000 Palestiniens ont fui la bande de Gaza par le biais de ce point de passage frontalier en raison de l'offensive israélienne menée après l'attaque du 7 octobre 2023 du Hamas, selon les autorités palestiniennes. Au fur et à mesure de son offensive dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a envahi le sud de l'enclave et a donc fermé ce point de passage. Une voie importante permettant aux Palestiniens blessés et malades de se faire soigner en dehors de Gaza a ainsi été...
-
02/02 - Pourquoi Donald Trump ne fera pas capituler le régime iranien, par Bernard Haykel
Les États-Unis ont déployé le porte-avions USS Abraham-Lincoln à proximité de l’Iran, et les rumeurs d'une attaque se multiplient. Donald Trump cherche à contraindre Téhéran à renoncer à son programme d’enrichissement nucléaire, à réduire sa production de missiles balistiques et à mettre fin à son soutien au Hezbollah au Liban, au Hamas dans les territoires palestiniens et aux Houthis au Yémen. Il souhaite également que l’Iran cesse d’être un Etat révolutionnaire, en échange de quoi il promet la prospérité par le commerce et l’investissement, notamment avec les vastes réserves de pétrole et de gaz du pays.
Des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran sont en cours, mais Téhéran a clairement indiqué que toute exigence qu’il considère comme une atteinte à sa souveraineté — notamment le déni de son droit à l’enrichissement nucléaire — sera rejetée sans appel. Tous les indicateurs suggèrent que le régime est susceptible de survivre en cas d'attaque. Ce qui pourrait d’ailleurs correspondre aux préférences de Trump, comme l’illustre le précédent vénézuélien : la capture de Nicolas Maduro a laissé le régime de Caracas en place, bien que sous pression pour se réformer.
L’Iran vient d'être secoué par des manifestations violentes, déclenchées par des revendications économiques liées à la forte dévaluation du rial, mais qui se sont transformées en une dénonciation plus générale de la mauvaise gouvernance. Le régime a répondu par une répression brutale, faisant de nombreux morts (de 5 000 à plus de 30 000 selon les estimations). Les...
-
02/02 - Norvège : la princesse Mette-Marit à son tour rattrapée par l’affaire Epstein
Le ministère américain de la Justice a publié vendredi 30 janvier des millions de nouveaux documents concernant le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. L'ex-financier américain est accusé d'avoir mis en place un système d'exploitation sexuelle de mineures avant sa mort en prison en 2019. Dans ces documents figure régulièrement le nom d'une personnalité norvégienne : la princesse Mette-Marit, épouse du prince héritier Haakon. Selon le journal norvégien Verdens Gang, le nom de la future reine de Norvège apparaît au moins 1 000 fois dans ces documents. Le contenu et le ton des échanges entre Jeffrey Epstein et la princesse Mette-Marit, entre 2011 et 2014, attestent d'une forme de complicité entre les deux.
Dans des courriels, Mette-Marit demande notamment à Jeffrey Epstein, qu'elle trouve "très charmant", s'il est "inapproprié pour une mère de suggérer, comme fond d'écran pour son fils de 15 ans, une image de deux femmes nues portant une planche de surf". Par ailleurs, en 2012, alors que Jeffrey Epstein dit être à Paris "en quête d'une épouse", elle lui répond que la capitale française est "bien pour l'adultère" mais que "les Scandinaves (font) de meilleures femmes". La BBC précise également que ces derniers documents relatifs à Jeffrey Epstein révèlent que la princesse Mette-Marit a passé quatre jours chez lui à Palm Beach, Miami, en janvier 2013. Le ton chaleureux de cette correspondance a consterné les commentateurs norvégiens, et ce alors que Jeffrey Epstein avait déjà été condamné en 2008 à un peu...
-
02/02 - Ventes de livres : Alain Finkielkraut est-il le dernier intellectuel grand public ?
C’est un compliment qui ne lui ferait sans doute pas plaisir : Alain Finkielkraut a tout d’un animal médiatique, maîtrisant parfaitement l’art du moment de télé, pour ne pas dire du clash – on se souvient tous de cette soirée de 2013 où, dans l’émission Ce soir (ou jamais !), il s’était mis à hurler "Taisez-vous !" au scénariste Abdel Raouf Dafri, qui lui avait cherché des noises à propos de Barrès. A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Le Cœur lourd (Gallimard), on a entendu le philosophe à la matinale de France Inter, face à Benjamin Duhamel, avant de le voir sur le plateau de C à vous, et sur celui de Quelle époque !, titillé par Léa Salamé et Hugo Clément au sujet de la novlangue cool et sympa de notre temps infantilisant.
A chaque fois, "Finkie", ami intime de Fabrice Luchini, jouait à la perfection son rôle de faux ronchon. Une prestation qui plaît : si Finkielkraut n’a jamais retrouvé les 100 000 exemplaires de L’Identité malheureuse (2013), des essais plus récents comme A la première personne (2019) ou Pêcheur de perles (2024) ont dépassé les 30 000 exemplaires. Depuis Le Nouveau Désordre amoureux (1977), co-écrit avec Pascal Bruckner, il a réussi à laisser des livres marquants, dont Le Juif imaginaire (1981), La Défaite de la pensée (1987), Le Mécontemporain (1992) ou Un cœur intelligent (2009). Son personnage a achevé de donner une large audience à ses écrits. Au-delà de ces considérations promotionnelles, Le Cœur lourd, conversation à bâtons rompus avec Vincent Trémolet de Villers du Figaro,...
-
02/02 - Tensions avec l’Iran : les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient redoutent les représailles de Téhéran
Les Etats-Unis étudient toujours plusieurs options sur le dossier iranien. Washington n'a cependant pas encore indiqué s'il envisageait d'utiliser la force militaire et, le cas échéant, comment. Le fera-t-il ? La capacité de l'Iran à lancer des attaques de représailles efficaces est un élément central dans la prise de décision de l'administration Trump… qui fluctue et semble hésiter. Donald Trump avait initialement déclaré envisager une intervention militaire pour soutenir les manifestations populaires massives en Iran contre le régime et le guide suprême, mais le président américain a depuis lors exigé la reprise des négociations sur le nucléaire iranien.
L'administration Trump exerce une pression considérable et croissante sur l'Iran par un renforcement militaire massif dans la région. Pour autant, des frappes aériennes contre l'Iran ne sont pas imminentes, selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal (WSJ). Pour le moment, le Pentagone préfère déployer des systèmes de défense aérienne supplémentaires afin de mieux protéger Israël, ses alliés arabes et les forces américaines en cas de représailles iraniennes et de conflit potentiellement prolongé, rapporte le quotidien américain. En effet, si les Etats-Unis lançaient une campagne de frappes aériennes, Téhéran riposterait probablement avec toute la puissance de feu dont il dispose, déployant son arsenal de missiles balistiques à courte et moyenne portée contre les positions américaines et israéliennes. L'Iran a déjà fait savoir aux...
-
02/02 - Défense : doit-on vraiment financer la recherche ? Par Emmanuel Chiva
Chaque année, la recherche et l’innovation de défense sont financées à peu près à hauteur de 1 milliard d’euros. Et la nouvelle loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit de l’ordre de 10 milliards d’euros pour ce domaine.
Ce financement est orchestré par l’Agence de l’innovation de défense (AID), service à compétence nationale placé sous la responsabilité du délégué général pour l’armement. Il peut prendre plusieurs formes : des projets de recherche de maturité faible (capteurs quantiques, recherche sur les puces neuronales par exemple) généralement réalisés avec des universités ou des institutions comme le CNRS, ou l’Inria (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique). Il s’agit là de projets scientifiques que l’on doit "dérisquer", afin d’identifier la meilleure voie de recherche pouvant mener au développement d’un système puis à son industrialisation. Un exemple : le projet BlocPrint, qui a permis de développer une imprimante 3D robotisée, à base d’encre biologique, permettant d’imprimer directement de la peau (épiderme et derme) sur le corps d’un grand brûlé !
L’innovation participative ensuite. Il s’agit d’innovations réalisées par les hommes et les femmes du ministère des Armées, qui ont rencontré un problème et imaginé une solution. Ils peuvent être civils, militaires du rang, sous-officiers, officiers et même officiers généraux. Je me souviens ainsi du "radar de recul" du parachutiste permettant de l’alerter de l’imminence du sol même dans la nuit noire, et en toute discrétion. Comment...
-
02/02 - IA : la Chine est-elle en passe de gagner la course contre les Etats-Unis ?
Tant de choses se passent en dix ans. En 2016, le programme d’intelligence artificielle AlphaGo de Google DeepMind, battait, pour la première fois, le meilleur joueur mondial de go. La même année, le Parti communiste chinois publiait son treizième plan quinquennal, affirmant sa volonté de "développer les technologies émergentes". Un désir précisé l’année suivante dans le "plan de développement de l’IA nouvelle génération" établissant d’ambitieux objectifs : faire de l’IA le moteur central de la transformation économique chinoise d’ici 2025 et de la Chine, le leader mondial de l’innovation dans le domaine d’ici 2030.
Dix ans plus tard, l’intelligence artificielle ne se contente plus de jouer au go. Le "moment DeepSeek" a prouvé au monde que la Chine était un acteur majeur de son développement. La sortie en janvier 2025 de R1, un modèle d’IA capable d’égaler les résultats des meilleurs modèles de Google ou les dernières versions de ChatGPT, a fait perdre en un jour 590 milliards de dollars de capitalisation boursière à Nvidia.
DeepSeek a surtout montré que l’avance des Etats-Unis dans l’IA, ne se comptait pas en années. Et qu’en dépit des sanctions, la Chine était inarrêtable. Le duel entre les US et la Chine pour la domination dans l’IA est plus que jamais serré.Une progression impressionnante dans la recherche
La Chine partait pourtant de loin en termes de recherche en intelligence artificielle. Malgré une forte base académique en ingénierie et en mathématiques, "en 2015, il y avait très peu de compétences en Chine...
-
01/02 - Benjamin Carter Hett : "Donald Trump voudrait être un tyran, mais il est trop lâche pour ça"
La montée de l’autoritarisme est l’un des phénomènes les plus étudiés, mais, selon Benjamin Carter Hett, professeur d’histoire au Hunter College et au CUNY Graduate Center, on passerait à côté d’un facteur essentiel : le sentiment d’humiliation, souvent enraciné dans des difficultés économiques ayant abîmé le statut d’un groupe d’individus. D’Adolf Hitler à Mussolini, en passant par Donald Trump : tous capitaliseraient, selon lui, sur le ressentiment grandissant de la population, un phénomène dont il situe l’origine à la fin du XIXe siècle. Benjamin Carter Hett pointe également l’urgence pour nos démocraties d’adresser ces problématiques, et propose pour ce faire, de ressusciter le plan Marshall… Sans quoi, prédit-il, une nouvelle guerre mondiale pourrait bien éclater. Entretien.
L’Express : Selon vous, nous sous-estimons un facteur clé dans la montée de l’autoritarisme : le sentiment d’humiliation. Pourquoi ?
Benjamin Carter Hett : Evidemment, il existe une multitude de cas de figure. Mais il y a bien un point commun entre la majorité des pays démocratiques qui ont sombré dans l’autoritarisme : un sentiment d’humiliation qui, le plus souvent, trouve sa source dans une combinaison de difficultés économiques ayant abîmé le statut d’un groupe d’individus. Le cas classique étant celui-ci de l’Allemagne. Après sa défaite lors de la Première Guerre mondiale, celle-ci a développé un important ressentiment face aux puissances victorieuses. Le tout, dans un contexte de fort mécontentement économique. Ce qui n’a fait que donner...
-
01/02 - L’avion "renifleur nucléaire" américain déployé au Royaume-Uni pour surveiller l’Iran
Les États-Unis l’ont surnommé le "renifleur nucléaire". Un avion de l’US Air Force capable de détecter des signes d’activité nucléaire s’est posé vendredi 30 janvier sur la base américaine de RAF Mildenhall, dans le Suffolk, au Royaume-Uni, selon le journal britannique The Telegraph. Le WC-135R Constant Phoenix est spécialisé dans la détection de particules radioactives dans l’atmosphère, ce qui lui permet d’identifier des traces liées à des essais ou à des incidents nucléaires.
Selon certaines spéculations, s’il venait à être déployé vers des bases américaines au Moyen-Orient, l’appareil pourrait servir à déterminer si l’Iran mène ou non des tests en vue de développer l’arme nucléaire sur son territoire — une pratique interdite par le Traité de non-prolifération de l’arme nucléaire et redoutée par plusieurs membres de la communauté internationale.Une pression politique et militaire croissante
La présence de ce fleuron stratégique de la flotte américaine sur le sol britannique pour ce qui pourrait n'être qu'une escale intervient alors que les hypothèses d’une frappe américaine contre l’Iran se multiplient ces derniers jours, après les attaques menées en juin dernier contre des installations nucléaires iraniennes. Actuellement du matériel militaire américain continue d’être déployé au Moyen-Orient, et Donald Trump a averti mercredi que "le temps était compté" pour que Téhéran signe un nouvel accord interdisant l’arme nucléaire.
Dans le même temps, l’Union européenne a annoncé le classement des Gardiens de la révolution...
-
01/02 - Paul Ingram : "Pourquoi ceux qui mélangent travail et amitié sont plus performants"
Comment les amitiés naissent-elles au travail ? Pourquoi durent-elles ou, au contraire, déraillent-elles ? Le lien hiérarchique est-il un frein ? Les femmes et les hommes l'abordent-ils de la même manière ? Et quels sont ses effets sur le travail lui-même ? Paul Ingram est l'un des meilleurs spécialistes du sujet. Ce professeur de management à la Columbia Business School, dont les travaux menés dans différentes régions du monde ont reçu de nombreuses distinctions, étudie depuis des années le rôle de l’homophilie des valeurs dans la dynamique des amitiés professionnelles. L'amitié au travail, explique-t-il, repose sur des ressorts à la fois psychologiques et culturels. Ainsi un Allemand et un Chinois n'auront probablement pas la même approche des choses. Dans un entretien à L'Express, le chercheur américain livre les résultats de ses recherches, parfois à contre-courant des idées reçues sur un sujet que beaucoup jugent, à tort, secondaire.
L’Express : D’après vos recherches, quels sont les bénéfices de l’amitié au travail ?
Paul Ingram : Que ce soit au bureau ou dans la vie en général, nos relations jouent un rôle essentiel dans notre bien-être. Plus largement, nos amis contribuent à notre santé et à notre qualité de vie : les individus qui ont un réseau de relations interpersonnelles plus large et plus diversifié vivent plus longtemps. Ensuite, de nombreuses études montrent que celles qui ont davantage d’amis au travail sont moins enclines à quitter leur entreprise. Mais surtout, un réseau relationnel aide les...
-
01/02 - Que se passe-t-il entre l’Iran et les Etats-Unis dans le Détroit d’Ormuz ?
À compter de ce dimanche 1er février et pour les prochains jours, le détroit d’Ormuz pourrait se transformer en théâtre des intimidations réciproques des États-Unis et de l’Iran. La situation n’est pas évidente à démêler. Vendredi dernier, le commandement miliaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que les Gardiens de la Révolution - le groupe islamiste au pouvoir à Téhéran - allaient mener dans le détroit stratégique "un exercice naval de tir réel de deux jours". Mettant du même coup en garde contre toute "action dangereuse" à proximité des forces américaines.
Téhéran avait depuis évité tout commentaire. Mais ce dimanche, l’information a été démentie par un officiel iranien. "Il n’y a aucun plan pour que les Gardiens mènent des exercices militaires là-bas et aucun communiqué officiel n’a été publié à ce sujet. Il ne s’agit que de rapports médiatiques, qui sont erronés", a-t-il affirmé à l’agence de presse internationale Reuters.Menace de fermeture du détroit pétrolier
Ces derniers jours, Téhéran et Washington oscillent entre apaisement et déclarations belliqueuses. En réponse aux agressions américaines, le gouvernement de Téhéran a déclaré qu'il "se défendrait et répondrait comme jamais auparavant" après que le président américain Donald Trump a menacé d'attaquer le pays s'il ne concluait pas un accord sur son programme nucléaire. Le régime des Mollah, qui avait d’abord annoncé des "progrès" dans les négociations, reste "le doigt sur la gâchette", selon les mots du chef de l’armée Amir Hatami.
Téhéran a...
-
01/02 - Gaza : Israël annonce la réouverture du poste-frontière de Rafah sous strict contrôle
Le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte rouvrira lundi, a annoncé Israël dimanche, les préparatifs se poursuivant pour permettre aux Palestiniens de franchiser à nouveau ce point de passage fermé la majeure partie du temps durant les deux années de guerre dans l'enclave palestinienne.
Avant le conflit, déclenché par l'attaque du Hamas palestinien en Israël le 7 octobre 2023, le poste de Rafah était pour la plupart des habitants de Gaza la seule voie directe permettant de sortir de l'enclave palestinienne et le principal point d'entrée de l'aide humanitaire pour le territoire. Il est fermé de manière quasi permanente depuis mai 2024 et contrôlé par l'armée israélienne côté gazaoui.Coordination avec l'Egypte et l'UE
Le COGAT, l'unité de l'armée israélienne chargée de la coordination humanitaire, a déclaré que le poste-frontière rouvrirait dans les deux directions, mais seulement pour les habitants le franchissant à pied, et qu'il allait se coordonner avec l'Egypte et l'Union européenne. "Aujourd'hui, une opération pilote est en cours pour tester et évaluer l'opération de franchissement. Les déplacements des habitants dans les deux directions, entrées et sorties de Gaza, devraient commencer demain", a dit le COGAT. Un responsable palestinien et une source européenne proche de la mission de l'UE sur place ont confirmé ces détails. Le ministère égyptien des Affaires étrangères n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.Conditions de sécurité draconiennes
Israël a...
-
01/02 - Donald Trump propose Kevin Warsh à la Fed : un test pour l’indépendance monétaire
Donald Trump espère avoir enfin un allié à la tête de la Réserve fédérale américaine, plus communément appelée la "Fed". Le 30 janvier, le président américain a choisi Kevin Warsh pour diriger l’institution américaine, au terme de plusieurs mois de tractations. Ancien membre du conseil des gouverneurs de la Fed entre 2006 et 2011, le personnage est réputé pour son orthodoxie monétaire.
À 55 ans, Kevin Warsh coche toutes les cases du banquier central classique : formé à Stanford et Harvard, passé par Wall Street, il fut le plus jeune gouverneur de la Fed de son histoire. Donald Trump s’est félicité de ce parcours dans un long message sur Truth Social, soulignant notamment qu’il "a la tête de l’emploi". Profil connu et expérimenté, Warsh apparaît comme un compromis acceptable après des mois d’incertitude, ce qui explique l’accueil relativement calme des marchés. Le natif de l’Etat de New York n’est pas encore en poste : sa nomination doit être confirmée par le Sénat, elle devrait se faire sans encombre puisque les Républicains y sont majoritaires.Une indépendance sous surveillance
Selon le Wall Street Journal, Kevin Warsh se prépare depuis plus de dix ans à diriger la Fed, poste qu’il convoitait déjà en 2017. Cette fois, note le Washington Post, il s’apprête à "hériter de l’un des emplois les plus difficiles à mener : piloter la politique monétaire d’une institution pensée pour être indépendante tout en gérant les demandes d’un président qui n’a pas peur de faire publiquement pression sur la Fed pour obtenir des taux...
-
01/02 - OAS, gauchistes et écoutes téléphoniques : le roman noir des barbouzeries françaises signé Benjamin Dierstein
Mélangez dans un shaker une rasade de James Ellroy et une pincée d’Yves Boisset et vous obtenez Benjamin Dierstein. A quarante ans, ce breton natif de Lannion dans les Côtes-d’Armor achève une trilogie romanesque qui fera date. Le troisième tome, "14 juillet", après "Bleus, blancs, rouges" et "L’étendard sanglant est levé" confirme le talent explosif de cette fine gâchette.
Trois cents personnages, 2 500 pages : ce roman-fleuve où flottent pas mal de cadavres emprunte à l’auteur d’American tabloïd sa construction et son style nerveux et au cinéaste du "Juge Fayard" et de "Dupont Lajoie" son regard sans concession sur les moeurs politiques françaises de mai 68 au tournant de la rigueur Mitterrandien.
Dans ces pages crépitantes, on croise Carlos, Pierre Goldman, Charles Pasqua, Jacques Vergès, Christian Prouteau, Gaston Defferre, le capitaine Barril, le commissaire Broussard, Charles Hernu, Jacques Mesrine, Jean-Marc Rouilland, Gilles Ménage, Bob Denard, Jean-Edern Hallier…
Benjamin Dierstein explore les marges politiques dans les moindres recoins : des mouvements gauchistes au Front national de Jean-Marie Le Pen, en passant par les groupes terroristes pro-palestiniens, Action directe, le FLNC, l’OAS, le Service d’action civique (SAC), Honneur de la police… Le grand banditisme habite la porte juste à côté.
Parmi ces personnalités bien réelles, l’écrivain glisse des personnages de fiction que l’on retrouve tout au long de sa furieuse odyssée. Deux d’entre eux sont sortis de la même promotion de...
-
01/02 - "Plus je la connais, moins je l’apprécie" : Ursula von der Leyen, un malaise français
Tandis que la France s’enlise, Ursula von der Leyen s’envole. Par une de ces facéties dont l’Histoire a le secret, au moment même où le gouvernement de Michel Barnier est censuré, en décembre 2024, la présidente de la Commission européenne embarque pour Montevideo, où elle espère, déjà, boucler les négociations sur ce maudit Mercosur. A Paris, on fulmine. Alors que l’Allemande a confirmé sa présence, le 7 décembre, à l’inauguration de la cathédrale Notre-Dame, où une cinquantaine de chefs d’Etat sont attendus, ce déplacement l’empêche d’honorer son invitation. C’en est trop. Emmanuel Macron est fou de rage, laissant même échapper, devant des témoins médusés, quelques noms d’oiseaux. C’est une faute grave. Pire, un crime de lèse-majesté, pour celui qui considère qu’"Ursula" lui doit tout, à commencer par son poste - en 2019, à la surprise générale, le président avait sorti le nom de cette inconnue de son chapeau. "L’ingratitude est le vice qui coûte le moins cher", cingle un proche du président. "Ursula von der Leyen n’a jamais été la porteuse de valise de personne", réplique un conseiller de "VDL". Sans l’ombre d’un doute, le divorce est consommé…
Mais la rupture dépasse, de loin, ces deux protagonistes. Une sorte de fièvre s’est emparée, de ce côté du Rhin, de nos responsables politiques. A la simple évocation du nom Von der Leyen, les esprits les plus modérés s’échauffent. C’est ce ministre qui dit à son sujet : "Plus je la connais, moins je l’apprécie. Elle est le meilleur agent anti-européen qui soit." C’est l’ancien...
-
01/02 - Immigration aux États-Unis : pendant que la justice tergiverse, l’ICE renforce ses pouvoirs
Des divisions profondes déchirent la justice américaine autour de la police de l’immigration de Donald Trump, l'ICE. Alors que certains magistrats pèsent de tout leur poids pour tenter d’en contenir la violence, d’autres estiment qu’il n’existe pas de fondement légal pour limiter ou stopper la répression menée par la police anti-immigration du Président américain. Une bataille qui se joue désormais à coups d’ordonnances et de mémos juridiques — tandis que l’ICE profite de ces hésitations pour renforcer, sur le terrain, les prérogatives de ses agents.
Dernier épisode en date : samedi 31 janvier, une juge fédérale du Minnesota a rejeté la demande de l’État du Minnesota ainsi que des villes de Minneapolis et de Saint-Paul, qui sollicitaient un blocage temporaire du déploiement de 3 000 agents fédéraux de l’immigration. Ces dernières semaines, cette opération nommée "Metro Surge" a donné lieu au décès de deux citoyens, à des milliers d’arrestations et à des manifestations quotidiennes dans cet État du Midwest. "Une juge donne raison à l’ICE", "Une juge refuse de bloquer les opérations de l’ICE", ont résumé les médias américains après cette décision très attendue.Une argumentation "trop fragile"
La juge a refusé de trancher sur le fonds. Le 12 janvier, les autorités locales de cet Etat démocrate avaient saisi la justice, estimant que l’opération violait leur souveraineté, protégée par le 10ᵉ amendement de la Constitution. Mais sans se prononcer sur "la légalité en elle-même" de l’opération, la...
-
01/02 - "Ce n’est pas seulement un enjeu gastronomique" : le combat des Italiens pour sauver leur tomate
Giampiero Manfuso ne ménage pas sa peine ces derniers mois. Devenu récemment le président du consortium de tutelle de la tomate "San Marzano", dont il était jusqu’alors numéro deux, il a écumé les capitales européennes - dont une escale à Paris en décembre -, dans le cadre d’une vaste campagne de communication. Son organisme, reconnu par le ministère italien de l’Agriculture, assure la protection, la valorisation et la promotion de cette variété ultra-spécifique. Cultivée exclusivement dans la région Agro Sarnese Nocerino, au sud de l'Italie, la tomate San Marzano bénéficie depuis 1996 d'une appellation d'origine protégée (AOP). Une protection solide à l'échelle européenne, mais parfois inefficace ailleurs dans le monde. En particulier aux Etats-Unis, un pays d'importation majeur. "Là-bas, il n'y a aucune législation qui reconnaît l'AOP. Sur cet immense marché, nous ne pouvons pas agir sur le plan juridique : il n’existe pas de levier légal pour protéger notre appellation", déplore Giampiero Manfuso.
Forme allongée et rouge éclatant, la San Marzano n’est pas n’importe quelle tomate. Elle doit respecter un cahier des charges strict : pour obtenir l’AOP, le fruit doit être récolté à la main sur un territoire limité à 41 communes situées dans le golfe de Naples, puis transformée selon une méthode précise qui permet une conservation optimale. Uniquement vendue en conserve, la San Marzano est utilisée pour la préparation des pizzas, de sauces pour les pâtes et dans d’autres plats dans la pure tradition italienne.
Sa...
-
01/02 - A Stockholm, le Konserthuset retrouve des couleurs
Chaque 10 décembre depuis cent ans, le monde entier a les yeux braqués sur sa grande salle, où se déroule la cérémonie de remise des prix Nobel – excepté celui de la Paix décerné à Oslo, conformément à la volonté d’Alfred Nobel. Au cœur de la capitale suédoise, dans le quartier Norrmalm, le Konserthuset - maison des concerts, en VF – de Stockholm doit sa notoriété à la plus prestigieuse des récompenses internationales, mais aussi à la couleur de sa façade, d’un bleu peu commun, qui a contribué à faire de cet édifice néoclassique un fleuron du patrimoine local. Aujourd’hui, une restauration extérieure du monument est en cours avec l’objectif de lui restituer sa teinte d’origine au printemps prochain, alors que le lieu fêtera son centenaire.Le premier coup de pioche en 1923
C’est en effet en 1926 que le Konserthuset, destiné à abriter la société des concerts de la ville, devenue par la suite l’Orchestre philarmonique royal de Stockholm, sort de terre après cinq années de discussions acharnées. Dès 1921, son implantation, prévue à l’angle de deux grandes artères du centre-ville, suscite la polémique. Gunnar Asplund, architecte influent de l’époque, s’en mêle, soutenant le positionnement du futur édifice sur la place Hötorget, où se déploie quotidiennement le marché historique du secteur. L’homme le martèle, l’animation colorée des étals créera à coup sûr "un contrepoids pittoresque face à la solennité des colonnes". Il est finalement entendu et lorsque son jeune pair, Ivar Tengbom, qui a remporté l’appel d’offres, lance le...
-
01/02 - L’Europe peut-elle se passer de Microsoft ? La dangereuse dépendance aux Big Tech américaines
Bye bye Excel. Depuis quelques semaines, les 30 000 agents de la métropole de Lyon n’utilisent plus le célèbre tableur. Ni Word, son pendant pour l’édition de texte. Ni la messagerie Outlook, le cloud Azure ou le logiciel de visioconférence Teams. Place à TNO, pour "Territoire numérique ouvert", dont l’interface bleu pâle et les fonctionnalités rappellent en tout point l’écosystème Microsoft, dont étaient issues ces applications. Toute la suite bureautique du géant américain a été remplacée par des solutions libres, développées et hébergées localement par le Syndicat intercommunal des technologies de l’information pour les villes, indique son directeur général Stéphane Vangheluwe. Une réussite assure-t-il. "Certains utilisateurs ont été un peu déstabilisés pendant la migration, mais il y a très peu de difficultés fonctionnelles."
Alors que les tensions géopolitiques entre les États-Unis et le reste du monde sont à leur paroxysme, l’exemple de la métropole de Lyon suscite de plus en plus d’intérêt en France. "Beaucoup de gens nous contactent pour savoir comment on a fait. Ça n’arrête pas !", lâche Stéphane Vangheluwe dans un sourire. Si elles semblent s'apaiser depuis l’accord trouvé avec l’Otan, les velléités d’annexion du Groenland par Donald Trump ont cruellement rappelé au Vieux Continent sa dépendance à la technologie américaine. Celle-ci pose problème à plusieurs titres. L’erratique président américain pourrait décider de couper l’accès aux services numériques, craint-on en Europe. Ce dernier dispose aussi dans son...
-
01/02 - De l’Eurovision au Groenland : Polymarket, la plateforme de paris que le monde de la finance ne peut plus ignorer
Israël va-t-il gagner l’Eurovision ? Discord entrera-t-il en Bourse avant 2027 ? Les Etats-Unis vont-ils envahir une partie du Groenland cette année ? A première vue, ces trois questions n’ont rien à voir. Elles ont pourtant un point commun : elles correspondent à des contrats sur Polymarket. Cette plateforme, fondée en 2020 par l’américain Shayne Coplan, alors âgé de 22 ans, permet de parier sur l’issue d’un événement futur. Comme son principal concurrent Kalshi, elle affiche des cotes reflétant la probabilité qu'une hypothèse se réalise, du sport à la géopolitique en passant par la météo. Les participants peuvent prendre position "pour" ou "contre" grâce à un système d'échanges décentralisés, adossé à la blockchain.
Le pari politique ne date certes pas d’hier. En 1896, le New York Times évoquait déjà dans ses pages les cotes de la victoire de William McKinley à l'élection présidentielle américaine. Un siècle plus tard, la pratique s’est institutionnalisée. Avec son interface ludique, Polymarket comptait plus de 500 000 utilisateurs mensuels actifs fin 2025, selon le site Token Terminal. Son succès est tel que la société Intercontinental Exchange (ICE), propriétaire de la Bourse de New York, a annoncé l'automne dernier investir 2 milliards de dollars dans l’entreprise et distribuer ses données.
Dans le monde de la finance, chacun rêve d’avoir une boule de cristal pour faire les meilleurs choix d'investissement. Pas étonnant, donc, que cet ovni spéculatif pique la curiosité de ce microcosme. Goldman Sachs, par...
-
01/02 - Les chasseurs alpins, ces soldats français du grand froid prêts à combattre au Groenland
Cap sur l’Arctique ! Il faut "y renforcer notre posture de défense", affirmait Emmanuel Macron, en recevant, le 28 janvier à l’Élysée, les Premiers ministres du Danemark et du Groenland. Dans ce nouveau contexte stratégique, les chasseurs alpins se retrouvent aux avant-postes, tant le combat par grand froid ne s’improvise pas. Or, la France a la chance de posséder d’excellentes troupes de montagne. Et qui dit "montagne", dit aussi neige, glace et froid.
"C’est notre spécificité au sein de l’armée de Terre, même si nous n’en avons pas l’exclusivité", résume le général Antoine de la Bardonnie, qui commande la 27e brigade d’infanterie de montagne depuis Grenoble. "On considère ainsi que toute l’armée de Terre doit pouvoir combattre jusqu’à -15 °C. Pour cela, elle se dote de 'panoplies zone froide' permettant d’engager jusqu’à 25 000 soldats, avec tout l’équipement nécessaire pour les 'winteriser'."
Mais en dessous de -15 °C, à des températures que l’on rencontre dans le Grand Nord, c’est une autre affaire. "Le froid devient un incapacitant ou pire, un tueur", explique le général. "Tout est un problème, y compris la transpiration. Avant de combattre, il faut déjà survivre." Ainsi à partir de -18 °C, le gazole gèle et les armes s’enrayent beaucoup plus facilement… La logistique devient un casse-tête : des véhicules adaptés, comme des chenillettes VHM, des quads ou des motoneiges sont nécessaires. En condition normale, un soldat a besoin de 3 200 à 4 000 calories par jour – par grand froid, il lui en faudra plus de 5 000....
-
31/01 - Elon Musk, Donald Trump, Bill Gates... De nouveaux noms révélés dans l’affaire Epstein
Le ministère américain de la Justice a publié vendredi des millions de nouveaux documents concernant le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, relançant les interrogations autour du réseau relationnel de l'ex-financier américain, accusé d'avoir mis en place un système d'exploitation sexuelle de mineures avant sa mort en prison en 2019. Ces publications mentionnent de nombreuses personnalités politiques, économiques et royales, sans qu'aucune d'entre elles ne fasse à ce stade l'objet de poursuites, comme le précise l'AFP.
Parmi les documents figure une série d'échanges entre Jeffrey Epstein et l'ex-prince Andrew, frère du roi Charles III. Selon des informations de l'AFP, Jeffrey Epstein lui aurait proposé en août 2010 de rencontrer une femme russe de 26 ans, décrite comme "belle et intelligente". Rien ne confirme qu'une rencontre ait effectivement eu lieu. D'autres courriels montrent que le prince Andrew a invité Jeffrey Epstein à dîner au palais de Buckingham en septembre 2010, alors que ce dernier venait d'être libéré de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure. Les documents ne précisent pas non plus si cette invitation a été honorée. Ces nouvelles révélations interviennent alors que le prince, qui a toujours nié toute implication dans des crimes sexuels, a été déchu de ses titres royaux et contraint de quitter sa résidence officielle de Windsor en janvier 2025 à cause de ses liens passés avec Jeffrey Epstein.Plus de 4 500 fichiers évoquent Donald Trump
Les...
-
31/01 - De plus en plus de sociaux-démocrates allemands veulent renouer le dialogue avec Vladimir Poutine
Renouer le dialogue avec le Kremlin. C'est le nouveau mantra adopté par de plus en plus de voix au sein du parti social démocrate d'Allemagne (SPD), qui font pression sur le chancelier conservateur Friedrich Merz pour l'en persuader. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, plusieurs membres du parti estiment que le silence diplomatique avec Moscou pénalise les Européens et les marginalise sur le plan international.
Une position cohérente avec celle historiquement adoptée par le parti, qui a toujours entretenu de bonnes relations avec le Kremlin. Et qui s'inscrit dans la lignée des dernières déclarations de la présidente du Conseil des ministres d'Italie et du président français sur la question. "Le moment est venu pour l'Europe de dialoguer avec la Russie", a ainsi résumé Giorgia Meloni début janvier.Changement de ton au sein des cercles "pro-ukrainiens" du SPD
Les Européens ont été les grands absents des dernières négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Etaient uniquement présents les Ukrainiens, les Russes et les Américains. Une situation dont ne s'accommode pas le SPD, qui plaide pour un format similaire à celui des accords de Minsk de 2014. "Le fait que nous laissions à deux pontes américains de l’immobilier, à savoir Steve Witkoff et Jared Kushner, le soin de mener les négociations me rend considérablement sceptique", explique au...
-
31/01 - Pleurs, sommeil, coliques : ce que la science m’a permis de comprendre sur mon bébé
Mon fils est né voilà trois mois. "C'est l’événement le plus merveilleux et le plus banal du monde", m’a dit mon père, réjoui que je le devienne à mon tour. Merveilleux car j’ai ressenti à ce moment les émotions les plus intenses de ma vie. Banal parce que des milliards de parents l’ont vécu avant moi. Pour eux comme pour moi, une multitude de questions se sont imposées, avec leurs cortèges de réponses et de conseils souvent contradictoires…
Mes réseaux sociaux - Instagram en tête - ont compris que j’allais être papa il y a déjà des mois. Je ne compte plus les vidéos censées répondre à mes interrogations et craintes que mon flux m’a imposées. Certaines intéressantes, d’autres anxiogènes, culpabilisantes ou trompeuses. Informations auxquelles s’ajoutent les conseils de la multitude de sites web spécialisés, des proches, sans oublier les intelligences artificielles. Etre journaliste scientifique ne m’a pas empêché de tomber dans certains pièges. Mais cela m’a au moins poussé à vérifier — du moins quand j’avais le temps — les informations que l'on me présentait.Les pets de la honte
Comparé aux autres mammifères, l'être humain met au monde des bébés que l'on pourrait considérer comme de grands prématurés. A la naissance, le cerveau fait 25 % de sa taille adulte. Les parents doivent donc décoder leurs étranges rejetons afin de répondre à leurs besoins sans faire n’importe quoi… Ce qui ne nous empêche pas de commettre des erreurs.
La première nuit à la maternité, morts de fatigue, ma compagne et moi avons dormi six heures de...
-
31/01 - Midterms : le soutien à Donald Trump chez les jeunes électeurs s’effrite
Près de la moitié des moins de 30 ans a voté Donald Trump en 2024 : un record, alors qu'ils n'étaient qu'un tiers à avoir glissé son bulletin dans l'urne en 2020. Le referaient-ils aujourd'hui, un an après son retour à la Maison-Blanche ? Pas nécessairement, à en croire les derniers sondages, cités par le Wall Street Journal. Selon le Cook Political Report, deux tiers des 18-29 ans disent aujourd'hui désapprouver les priorités du président américain. Ils déplorent le manque de mesures sociales pour répondre à leurs besoins et se sentent souvent en décalage avec les choix faits en matière d'immigration et de politique étrangère.En interne, l'ICE et le dossier Epstein dans le viseur
Au cours de l'année écoulée, plusieurs événements survenus dans le pays ont indigné les plus jeunes électeurs de Donald Trump. A commencer par les vidéos d'arrestations et de déportations de migrants conduites par l'ICE, la police de l'immigration, qui ont fait le tour des réseaux sociaux, et ont choqué par leur violence inédite. Une trentaine d'immigrés sont morts dans des centres de détention de l'ICE en 2025 - ce qui en fait l'année la plus meurtrière depuis plus de vingt ans - et rien que ce mois-ci, deux Américains ont été tués - Renée Good et Alex Pretti - alors qu'ils s'opposaient à ces arrestations. La photo d'un petit garçon de cinq ans, arrêté par l'ICE à la sortie de l'école, a également heurté de nombreux jeunes électeurs.
La plupart d'entre eux s'informent d'ailleurs sur les réseaux sociaux et sont friands de podcasteurs...
-
31/01 - "Les racisés", Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon : quand LFI projette sa "nouvelle France"... et ses fractures
Rima Hassan et Aymeric Caron ont beau avoir la Palestine chevillée au corps, leur combat commun ne les empêchera jamais de se détester cordialement. L’histoire a pourtant failli bien commencer… Lorsqu’il repère la juriste franco palestinienne sur un plateau télévisé, avant l’entrée de cette dernière en politique, l’ancien journaliste est séduit par cette "parole nouvelle d’une concernée". Aymeric Caron la convie alors à déjeuner car, pour les élections européennes, il songe un temps à constituer une candidature de témoignage avec son petit parti, Révolution Écologique pour le Vivant. Le projet comme leur tentative de compagnonnage font long feu. Depuis deux ans, les deux élus antisionistes apparentés et étiquetés LFI s’écharpent à ciel ouvert sur la manière d’exprimer leur opposition à Israël. Mais qu’Aymeric Caron déplore quelques sorties ambiguës de l’insoumise et Rima Hassan s’étrangle, instruisant le procès en instrumentalisation de l’antispéciste… L’engagement très pro-palestinien de ce camarade du Palais Bourbon ? Du "beurre électoral", forcément ! "Contrairement à vous, c’est ma vie et celle de ma famille pendant des générations", lui fait-elle savoir. Elle reproche texto à Caron de considérer que "les personnes concernées n’ont pas à porter la centralité du sujet". Mais finalement, qui instrumentalise quoi ?"L’émetteur le plus puissant"
Quand La France insoumise brandit l’antiracisme en priorité, elle affronte un sempiternel débat. En démocratie représentative, les élus doivent-ils témoigner ou incarner le combat ?...
-
31/01 - Un week-end à Stockholm : les ultimes tableaux de Picasso, entre audace et urgence
On le sait, Pablo Picasso était fasciné par le Déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet, objet de scandale lors de sa première présentation publique en 1863, mais surtout tableau emblématique considéré par l’histoire de l’art comme la première peinture moderne. A partir de 1954, le frondeur espagnol s’en empare sur le papier, sur la toile ou sur des plaques de céramique, explorant et réinterprétant la composition à sa sauce, tantôt ironique, tantôt sérieuse, modifiant à son gré la distribution initiale des personnages, comme le ferait l’ordonnateur d’une réunion échangiste.
Au début des années 1960, Picasso s’attelle à un aspect de l’œuvre jusqu’alors négligé : le plein air. Il réalise une série de maquettes en carton des protagonistes du Déjeuner qu’il agrémente d’arbres dessinés au crayon. Changement notable : la femme ne fixe pas le spectateur comme dans la version de Manet mais regarde l’homme face à elle, tandis que les figures masculines, à l’origine élégamment vêtues, qui l’entourent, sont métamorphosées en baigneurs nus.
A partir des maquettes de Picasso, dans la foulée du peintre avec lequel il collabora près d'un quart de siècle, le sculpteur norvégien Carl Nesjar façonne un groupe de sculptures en béton que l’on peut admirer dans les jardins du Moderna Museet, à Stockholm. Aujourd'hui, l’œuvre est d'ailleurs l’une des pièces maîtresses montrées dans la cadre de Sena Picasso, l’exposition que l’institution suédoise consacre à la dernière décennie de l’artiste, de 1963 jusqu’à sa mort en 1973. Pablo Picasso, "Déjeuner sur...
-
31/01 - "La Correspondante", de Virginia Evans : le best-seller américain débarque en France
Au départ, il faut bien se concentrer, se souvenir que Fiona et Bruce sont les enfants de notre graphomane, Felix, son frère, Daan, son ex-mari, Victoria, sa meilleure amie, et Mr Lübeck, son voisin attentionné … Et puis, très vite, la magie opère, on navigue avec bonheur dans cette décennie de lettres, de 2012 à 2022, opérée par Sybil Van Antwerp, vieille et énergique Américaine de 1,55 mètre, aussi intelligente que directe.
Au fil de sa volumineuse correspondance, pratique d’un autre temps à laquelle est bien obligée de se plier son entourage, on apprend que cette ex-greffière talentueuse et prompte à l’autodérision, a été adoptée, a perdu un enfant à l’âge de 8 ans (un drame qui a brisé son couple), s’occupe d’un jeune petit génie désorienté, est en froid avec sa fille, est courtisée par son voisin et par Mick Watts, un ancien avocat, écrit aux écrivains qu’elle lit avidement, de Joan Didion à Ann Patchett, refuse de voyager, reçoit des messages injurieux d’un certain DM, perd petit à petit la vue…
C’est peu de dire qu’on s’attache à Sybil et aux siens, dont le cercle s’élargit du côté de l’Ecosse, son fils l’ayant poussée à fouiller ses origines. Lettre après lettre, les personnages s’affinent, tandis que Sybil bataille pour suivre des cours à l’université en auditrice libre ou encore pour décider qui de Theodore Lübeck ou de Mick Watts emportera son coeur (à 78 ans !). Il est aussi question de l’homosexualité de son frère, de recherches ADN, de la difficulté des relations mère-fille, du drame absolu de la perte d’un...
-
31/01 - Premiers romans : notre sélection des révélations françaises de cet hiver
En littérature, il y a tous les ans deux bals des débutants : si une sortie en août offre potentiellement de la visibilité, publier en janvier est aussi une opportunité d’être repéré. Michaël Dichter fait ainsi partie des finalistes du prescripteur Grand Prix RTL-Lire, où il est le seul primo-romancier à concourir. Jessé Rémond Lacroix, Cécile Delacoudre, Bruno Marsan et Mathilde Desaché devraient eux aussi sortir du lot. Aux lecteurs de trancher. Jessé Rémond Lacroix, la confession d’un stand-uppeur du siècle
Faut-il en finir avec les blagues tous azimuts ? Même si Jessé Rémond Lacroix fait dans le registre comique quand il intervient comme chroniqueur sur France Inter, son seul-en-scène Message personnel (rien à voir avec Françoise Hardy) a révélé sa part de tristesse – il y est notamment question du harcèlement scolaire dont il fut victime à l’adolescence. Avec son premier roman, Les Bateaux sur la terrasse, il va encore plus loin dans l’introspection. Il l’a déclaré dans un entretien accordé à Madame Figaro : "L’humour est moins présent. Il y en a, mais je crois que j’étais content de me défaire de la constante injonction à faire rire."
La confession d’un stand-uppeur plus tourmenté qu’il en a l’air, qui parle de son homosexualité et de ses problèmes relationnels avec ses parents, cela rappelle forcément Panayotis Pascot et son récit La Prochaine fois que tu mordras la poussière, tube de l’année 2023. Ne nous arrêtons pas aux apparences : en vérité, le livre de Jessé Rémond Lacroix ressemble plus à Que reviennent...
-
31/01 - "Un tricheur au swing catastrophique" : les parties de golf de Donald Trump racontées par Rick Reilly
Dis-moi comment tu te comportes sur le green, je te dirai comment tu gouvernes. Ce mantra, Rick Reilly, ancien journaliste du magazine Sports Illustrated, l’a hérité de son ami, feu Arnold Palmer - un joueur professionnel et pionnier du sport business. Et l’a appliqué à… Donald Trump. Dans Tricheur en chef (Talent éditions, 2025), un ouvrage aussi désopilant qu’éclairant, Rick Reilly lève le voile sur l’une des faces cachées du président des Etats-Unis : sa passion pour le golf (et le mensonge) qui, rien que l’année passée, aurait coûté aux contribuables américains la modique somme de 70 millions de dollars. Groenland, Cuba… Le journaliste interrogé par L’Express dresse moult parallèles entre la propension du président businessman à enjoliver la réalité sur le green et son exercice du pouvoir. Quitte à tricher, tant face au champion Tiger Woods qu’en matière de politique étrangère. Entretien.
L'Express : Vous avez joué au golf avec Donald Trump. Comment se comporte-t-il sur le green ?
Rick Reilly : C’est un tricheur. Trump triche comme un enfant de six ans au Monopoly. Lorsque j'ai joué au golf avec lui pour la première fois, j'étais en train d'écrire mon livre Who's Your Caddy ? Je me souviens qu’il avait alors raté un coup dès le début. Il a donc voulu prendre un mulligan (NDLR : au golf, un coup rejoué sans pénalité après un premier coup manqué). Certes, c'est contraire aux règles, mais la plupart des joueurs prennent un mulligan par partie. Sauf qu'après avoir pris le premier, il en a pris six autres ce...
-
31/01 - Dérives de l’ICE : comment Minneapolis est devenue l’épicentre de la contestation
Ces dernières semaines, dans l'agglomération de Minneapolis et de sa ville jumelle, Saint-Paul, le mercure affiche rarement au-dessus de 0°C. Et pourtant, la température grimpe de jour en jour. C'est cette ville que l'administration Trump a désignée comme théâtre de l'opération "Metro Surge" ("surtension du métro" en français), une vaste offensive contre l'immigration illégale. Début décembre, quelques dizaines d'agents de l'ICE - la police de l'immigration américaine - ont ainsi été déployées pour renforcer les effectifs locaux, rejoints un mois plus tard par plus de 2 000 officiers supplémentaires. Leur mission : arrêter toutes les personnes suspectées d'être en situation irrégulière, qu'elles soient dans l'espace public, au travail ou même chez elles, et si les soupçons se confirment, les renvoyer dans leur pays d'origine. Leur arrivée en ville ne s'est pas faite sans encombre, au contraire. Des dizaines d'habitants s'opposent régulièrement à leurs opérations, et de nombreux affrontements ont éclaté, culminant dans la mort de deux citoyens.
L'agglomération des "Twin Cities" n'est pas la première métropole à être ciblée de cette matière par la croisade du président américain contre l'immigration clandestine. Avant elle, Los Angeles, Washington, Chicago ou encore Charlotte, en Caroline du Nord, ont, elles aussi, assisté à de grandes opérations coup de filet, mais c'est à Minneapolis que les forces fédérales ont rencontré la résistance la plus coriace. "Je crois que le gouvernement ne s'attendait pas à une telle...
-
31/01 - Upway, le champion français qui donne une seconde vie aux vélos électriques
Toussaint Wattinne a l’œil. Un regard jeté sur les deux vélos tout juste livrés lui suffit à deviner leur provenance. Le premier, un Merida noir, semble quasi-neuf. A peine distingue-t-on quelques rayures sur le cadre. "Un modèle d’exposition", tranche-t-il. L’état du second, un VTT Mondraker, laisse à désirer. De l’herbe y est encore collée, le pignon et le plateau arrière sont colorés de terre séchée. Pas le moindre effort de nettoyage. C’est signé : "Un vélo de leasing." Le patron d’Upway scanne les numéros d’identification apposés par ses équipes pour en avoir le cœur net. Bingo ! La rançon de l’expérience : plus de 100 000 vélos électriques ont déjà été reconditionnés par l’entreprise française depuis sa création. Et 100 000 autres devraient l’être rien qu’en 2026. L’objectif est d’atteindre le million à la fin de la décennie.
Présent dans huit pays européens et aux Etats-Unis, Upway passe les vitesses à un rythme impressionnant. Au-delà même de ce que Toussaint Wattinne, 36 ans, et Stéphane Ficaja, l’autre cofondateur de 38 ans, avaient pu imaginer en juillet 2021. Après presque une décennie chez Uber, le géant américain du VTC et de la livraison de repas, les deux hommes étaient en quête d’une nouvelle aventure, si possible dans la mobilité ou le recyclage. Ils décident alors de s’isoler dans une maison de l’arrière-pays catalan. Au bout de sept jours de réflexion, ils se promettent que le concept le moins mauvais sera lancé. Ainsi est né Upway, sorte de Back Market du vélo à assistance électrique (VAE), qui affiche déjà...
-
31/01 - John Herbst, ancien ambassadeur américain : "Vladimir Poutine tente de manipuler Donald Trump"
Un peu plus d'une semaine après une première phase de pourparlers entre Russes, Ukrainiens, et Américains à Abou Dhabi, un second round de négociations doit se tenir dans la capitale émiratie les 4 et 5 février. Quelques jours avant, le Kremlin avait accepté, à la demande de Donald Trump, d’arrêter de bombarder Kiev en vue de créer des "conditions favorables" aux discussions. Difficile pourtant d’espérer une fin rapide aux combats. "A très long terme un accord sera peut-être possible, mais pas dans l’immédiat", analyse John Herbst, ancien ambassadeur américain en Ukraine entre 2003 et 2006. Pour ce diplomate, qui dirige aujourd’hui le Centre Eurasie de l’Atlantic Council à Washington, le locataire de la Maison-Blanche devrait, s’il veut arracher un accord de paix, accroître massivement la pression sur la Russie. Interview.
L’Express : A l’approche du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, quelle analyse faites-vous de la situation sur le front ?
John Herbst : A mon sens, le front se trouve essentiellement dans une impasse. Certes, les Russes ont gagné un peu de terrain l'année dernière, mais à un prix exorbitant. Leurs pertes sont considérables et surpassent largement celles enregistrées par les Ukrainiens. On voit par ailleurs qu’ils n’avancent plus qu’avec de grandes difficultés. Moscou a prétendu pendant des mois être sur le point de prendre la ville de Pokrovsk. Mais la réalité est qu’ils n’ont toujours pas réussi à en déloger complètement les Ukrainiens. De la même manière, ils ont prétendu...
-
30/01 - "DGA de combat" : ce que contient la note du patron de l’armement français à Emmanuel Macron
Sa nomination avait provoqué en novembre dernier un séisme dans le petit monde de la défense. Appelé à succéder au pied levé à Emmanuel Chiva à la tête de l’imposante Direction générale de l’armement (DGA), Patrick Pailloux a adressé ce 29 janvier, en catimini, ses premiers vœux à ses équipes.
Son allocution, qui colle à la volonté de la ministre des armées Catherine Vautrin de réformer en profondeur cette direction pour en faire une "DGA de combat", a repris les grands axes d’une feuille de route dévoilée à Emmanuel Macron en tout début de semaine.Optimiser ses coûts
Consultée par L’Express, la note décline en actions concrètes l’appel lancé par la ministre des armées et fixe plusieurs orientations prioritaires. En charge des plus grands programmes d’armement français, la DGA gagnerait en premier lieu à optimiser ses coûts et à acquérir ses équipements à juste prix, est-il affirmé. Patrick Pailloux appelle ainsi à la création, en interne, d’une cellule de "cost killing", chargée d’identifier les économies possibles sur certains programmes. Une idée déjà portée en son temps par son prédécesseur. Le nouveau DGA révèle par ailleurs avoir mené une négociation très serrée sur les marges de Naval Group pour la notification du marché sur le porte-avions de nouvelle génération, en lien avec l’Agence des participations de l’État.
Deuxième impératif pour répondre aux besoins de l'économie de guerre : produire plus vite. Face à l’accélération des conflits, Patrick Pailloux plaide en faveur d’une "approche pilotée par les délais"....
-
30/01 - Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Gabriel Attal : l’art de la trahison pour conquérir l’Elysée
Emmanuel Macron l’a confié fin décembre à un visiteur en évoquant l’échéance de 2027 : "La logique, c’est qu’il y ait du changement." Dix ans, ça suffit, on connaît et le slogan, et l'histoire des élections présidentielles… Pour ses adversaires, c’est une évidence. Pour ses anciens ministres, c’est une difficulté, pour ses anciens Premiers ministres, c’est la première des difficultés : un piège qui ressemble à la quadrature du cercle.
D’autant qu’à la tactique et aux intérêts bien compris se mêle la psychologie. "Ils ont tous été amoureux du président, il a un tel pouvoir de séduction" : c’est un conseiller de l’un de ceux qui aujourd’hui ont rompu qui le constate. La politique est aussi, est d’abord une affaire de relations humaines. S’affranchir est une épreuve, de celles qu’on ne réussit pas toujours. Au Havre, Edouard Philippe ne veut parler que du Havre, il joue sa place de maire. Et le mea-culpa n’est pas son activité sportive préférée, il préfère généralement la boxe. Mercredi, il ne fait qu’une exception, il prononce une seule phrase qui échappe à la règle, et revêt donc une importance singulière. A propos de sa carrière qui a connu une soudaine ascension en 2017 avec son arrivée à Matignon, il dit : "Je le dois au président qui m’a fait l’honneur de me nommer. Je m’exprime parfois de manière brutale, je ne devrais pas."
Il y a ce qu’on pense. Et Edouard Philippe porte sur le second mandat d’Emmanuel Macron un jugement extrêmement sévère, pas loin de considérer que ce quinquennat trouvera la dernière place au rang des...
-
30/01 - "On pourrait faire bien mieux…" : l’Europe face au dérapage de ses mégaprojets de transport
"Europe sometimes is too slow, for sure" (L'Europe parfois est trop lente, c'est certain). Devenue virale sur les réseaux sociaux, la petite phrase d’Emmanuel Macron à Davos aurait eu toute sa place en exergue du récent rapport de la Cour des comptes européenne sur les mégaprojets de transport. Les auditeurs de l’UE ont passé en revue l’avancée d’une partie des infrastructures XXL - routières, ferroviaires, fluviales et maritimes - qui doivent former l’épine dorsale du futur réseau de transport du continent (RTE-T), visant à mieux connecter les pays entre eux. S’ils estimaient déjà en 2020 qu’il serait "peu probable" de finaliser ces travaux d’ici la fin de la décennie, ils alertent désormais du risque de "sortie de route". La raison ? Des coûts qui explosent et des délais qui s’allongent dangereusement. "Je suis moins surpris par les premiers que par les seconds", réagit Alberto Mazzola, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail et des sociétés d'infrastructure (CER).
Côté retard, la palme revient au canal Seine-Nord Europe, ce chantier titanesque visant à relier le fleuve français à l’Escaut, qui dessert les grands ports de Dunkerque, Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas). Le calendrier initial a glissé de… 22 ans, pour une mise en service désormais estimée à 2032. Deux projets ferroviaires viennent compléter le podium : le "Y Basque", une ligne à grande vitesse reliant Vitoria, Bilbao, San Sebastian et la frontière française, qui accumule 20 ans de retard ; et le fameux Lyon-Turin, accusant...
-
30/01 - Donald Trump et ses droits de douane : des menaces rarement suivies d’effet
Une nouvelle fois, Donald Trump règle ses comptes à coups de sanctions douanières. À cause d'un retard de certification d'avions américains Gulfstream au Canada, le locataire de la Maison-Blanche a menacé ce jeudi 29 janvier le pays de droits douaniers de 50 % sur tous ses aéronefs vendus aux Etats-Unis. En parallèle, il a signé un décret indiquant qu’il pourrait frapper de surtaxes, d’un montant non précisé, tous les pays vendant du pétrole à Cuba. Même musique trois jours plus tôt avec la Corée du Sud : Donald Trump, jugeant que le parlement sud-coréen tardait à ratifier un accord commercial conclu fin octobre avec Washington, a menacé lundi de punir Séoul avec des droits de douane plus importants que ceux en vigueur actuellement. Avant d’adoucir le ton dès le lendemain, en disant que les deux pays allaient "trouver une solution".
De fait, les menaces du président américain ne sont finalement que rarement appliquées. Selon un décompte de Bloomberg Economics publié mardi 27 janvier, sur 49 menaces proférées entre son élection le 5 novembre 2024 et le 25 janvier 2026, seulement un peu plus d'un quart (28,6 %) sont à ce jour en application, dont 8,2 % en partie seulement. A l'inverse, 49 % des droits de douane annoncés ont été retirés (22 %) ou pas encore imposés (27 %). Publiée mardi, l'enquête n'intègre logiquement pas les sanctions contre la Corée du Sud, le Canada et l'Iran des derniers jours.
Mais l'étude de Bloomberg montre surtout l'épuisement de la méthode musclée de Donald Trump. Sur les 49 menaces...
-
30/01 - Croissance et créations d’entreprises : pourquoi la France n’a pas de quoi plastronner
Voilà, en apparence, une bonne nouvelle, que beaucoup s'empressent d'applaudir. Selon les premières estimations de l'Insee, publiées le 30 janvier, la croissance française a atteint 0,9 % en 2025, après 1,1 % en 2024. C’est plus que la prévision initiale du gouvernement qui tablait, il y a encore quelques mois, sur une progression du PIB de 0,7 %. En dépit des droits de douane imposés par Donald Trump et de l’incertitude politique toujours persistante depuis la dissolution de juillet 2024, l’économie tricolore ralentit, mais ne rompt pas.
Ce chiffre cache en réalité un tableau bien moins reluisant qu’il n’y paraît. L’Insee révélait mercredi 28 janvier que la France avait connu l’année dernière un record de créations d’entreprises, avec un pic de 1 165 800. Un plus haut, surtout porté par les microentreprises - les deux tiers de l’ensemble -, à confronter avec une autre donnée : plus de 70 000 sociétés ont été contraintes de mettre la clé sous la porte ces 12 derniers mois. Une tendance appelée à se prolonger en 2026.Le contre-exemple de l’Espagne
Mais revenons à la croissance. Peut-on vraiment se féliciter d'un rythme aussi morose, encore moins soutenu qu'en 2024, et alors que certains de nos voisins affichent une bien meilleure santé ? Certes, les difficultés de l'Etat à se doter d'un projet de loi de finances depuis deux ans, couplées aux tensions géopolitiques, n'ont pas aidé les entreprises à se projeter et à investir.
Mais la comparaison avec l’Espagne se révèle particulièrement cruelle pour la France. De...
-
30/01 - "J’avais peur de devenir une cible" : sous Donald Trump, l’exil des chercheurs américains en Europe
En octobre dernier, Peter* a glissé sa fameuse Green card dans une enveloppe, et l’a renvoyée aux autorités américaines par la poste. Par ce geste, hautement symbolique, cet historien d’origine belge a définitivement renoncé à son statut de résident permanent légal aux États-Unis, pays dans lequel il s’était établi en 2015. Après une décennie passée au sein d'une grande université de la côte Est, ce chercheur spécialisé dans l’histoire des sciences et des technologies a préféré s’installer avec sa famille en Allemagne, où il vient de décrocher un contrat d'un an à l'université de Düsseldorf, après avoir obtenu une prestigieuse bourse de recherche par la fondation allemande Alexander von Humboldt.
Cette bourse s'inscrit dans le contexte de la Global Minds Initiative Germany, un programme lancé en juillet dernier par le ministère fédéral de l'Education et de la Recherche afin d’offrir "un refuge sûr pour la liberté académique" à des chercheurs internationaux. Dont de nombreux Américains, plus qu’inquiets des atteintes répétées de l’administration Trump dans le secteur de la recherche. Depuis l’élection du candidat républicain, il y a un an, beaucoup ont été victimes de coupes budgétaires soudaines, d’annulations de leurs bourses, voire de licenciements brutaux. À ce titre, et alors qu'il doit encore finaliser différentes déclarations administratives aux Etats-Unis ou y honorer des voyages de recherches, l'historien préfère rester anonyme, tout comme la majorité de ses collègues interrogés par L'Express. Leur méfiance dit tout...
-
30/01 - Canada : quand les indépendantistes de l’Alberta rencontrent l’administration Trump
Les relations entre les Etats-Unis et le Canada sentaient déjà la poudre. Il n'a fallu que quelques réunions entre l'administration Trump et des séparatistes albertains pour lancer une polémique nationale. Selon un article du Financial Times, publié jeudi 29 janvier, des membres de l'Alberta Prosperity Project (APP), un groupe d'extrême droite qui milite pour l'indépendance de l'Alberta, une province canadienne frontalière avec les États-Unis, ont rencontré des responsables du département d'État américain à trois reprises depuis avril dernier.
Alors que l'APP souhaite une nouvelle réunion le mois prochain, notamment avec des responsables du Trésor américain pour demander une facilité de crédit de 500 milliards de dollars dans l'optique d'un potentiel référendum sur l'indépendance de la province, la nouvelle a provoqué une réelle secousse politique au sein du Canada. "Aller dans un pays étranger et demander de l'aide pour briser le Canada, il y a un mot à l'ancienne pour cela, et ce mot est trahison", a fustigé ce jeudi David Eby, le Premier ministre de la Colombie-Britannique, une province frontalière avec l'Alberta, lors du Conseil de la fédération entre les Premiers ministres canadiens. Sans reprendre les mots d'Eby, la Première ministre de l'Alberta Danielle Smith, opposée à l'indépendance, a souhaité que les Américains "laissent les discussions sur le processus démocratique de l'Alberta aux Albertains et aux Canadiens".Droits de douane et annexion
"Je m’attends à ce que l’administration américaine...
-
30/01 - La drogue sociale de la France (2e partie) : comment nous désintoxiquer, par Denys de Béchillon
Reprenons où nous en étions. Comment faire perdre au pays (un peu de) sa psychologie d’assisté de plein droit, histoire de le rendre moins indisposé aux réformes et aux renoncements nécessaires pour sauver le destin de ses enfants et la part magnifique de son enviable modèle social ?
Un mot sur ce dont nous savons l’inefficacité croissante, à savoir : l’exposition du peuple au "réel", le langage de vérité, la raison et la "pédagogie". D’évidence, ça ne marche pas. Chacun y va de sa vérité alternative ; on ne s’accorde sur rien ; on refuse de regarder là où ça gêne ; on désigne des boucs émissaires commodes – les riches, l’Europe, les juges… L’édification par le savoir se meurt, et pas seulement à cause du poids des idéologies et des croyances dans la perception du "vrai". Il y a aussi que la connaissance objective des choses ne va qu’avec une bonne dose de confiance en celui qui vous les expose, et que cette bienveillance a disparu. La dislocation des figures d’autorité – intellectuelle, scientifique, morale… a rendu – temporairement ? – inatteignable l’horizon d’un ressaisissement général du peuple sous l’effet de la "prise de conscience".
Quant à la parole politique, elle est démonétisée. Du camp des réputés "raisonnables", personne n’est plus vraiment cru ni pris au sérieux. On y risque même sa chemise à vouloir accorder tout le monde sur quelques constats lucides. François Bayrou en a fait l’expérience amère. Bref, la probabilité que l’on puisse, par le seul travail de la parole explicative, amener les Français à...
-
30/01 - Le mercato des ambassadeurs et des généraux, quand Emmanuel Macron tançait David Martinon sur l’Afghanistan
La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Mercato au quai d’Orsay…
La nomination du premier président de la Cour des comptes pourrait avoir des répercussions au quai d’Orsay. Si Rémy Rioux quitte l’Agence française de développement (AFD) pour la rue Cambon, l’actuel ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, est cité pour le remplacer. Auquel cas Aurélien Lechevallier, actuel directeur de cabinet du ministre Jean-Noël Barrot, serait susceptible de s'envoler pour Rabat. Autre ambassade en attente d’un patron : Rome, que Martin Briens vient de quitter. Cet ex-directeur de la stratégie de la DGSE deviendra le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères le 9 février.… et à l’état-major de l’armée de terre
Le général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre (Cemat) depuis 2021, quittera son poste à l'été. Plusieurs noms circulent pour lui succéder, dont celui du général Jean de Monicault. Issu du 2e REP, il a été récemment en poste à l'Elysée à l'État-major particulier (EMP). Le général Philippe de Montenon est également évoqué. Lui aussi est issu d'un régiment prestigieux,...
-
30/01 - Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Europe aussi accélère
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
C’était une promesse d’Emmanuel Macron, faite en fin d’année dernière : "Je vous le dis en responsabilité, pour moi, la réponse c'est que pour les moins de 15 ans ou 16 ans, il faut interdire les réseaux sociaux. C'est le seul moyen de les protéger", assurait le président de la République à Marseille, dans un échange avec des lecteurs du journal La Provence.
Un mois plus tard, les députés ont donc voté pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le projet de loi s’est notamment basé sur le rapport "TikTok" qui alertait sur les risques pour les plus jeunes, alors que l’accès aux plateformes se fait de plus en plus tôt en France : l’âge moyen d’inscription serait de 8 ans et demi.
Le président Emmanuel Macron a donc demandé au gouvernement d'engager une procédure accélérée pour permettre une application à la rentrée prochaine. Le texte doit encore passer par le Sénat, et faire face aux doutes des autres camps politiques. Mais surtout, les obstacles à une application en septembre sont européens.
Pour comprendre la position de l'Europe sur ce sujet, Maxime Recoquillé, journaliste spécialiste des questions numériques à L’Express, est dans cet épisode de "La semaine européenne".
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à...
-
30/01 - Les brise-glaces, cette arme secrète de la Finlande dont Donald Trump ne peut pas se passer
En paraphrasant la réplique culte "Houston, we have a problem", prononcée lors de la mission Apollo 13 en 1970 lorsqu’un astronaute signala une grave avarie à bord, les conseillers de Donald Trump pourraient lui dire : "President, we have a problem !" Un gros problème, même. A l’heure où le locataire de la Maison-Blanche affiche ses ambitions au Groenland (et au-delà) afin de contrer celles de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, les Etats-Unis se réveillent en sursaut pour découvrir qu’ils sont pratiquement incapables de cingler vers les eaux polaires, région stratégique riche en minerais, en hydrocarbures et en poissons convoités par Pékin.
Pendant les sept mois de l’année, d’octobre à avril, où l’océan gèle et se solidifie, les brise-glaces seraient pour les Américains le seul moyen d’y assurer une présence réelle. Hélas, les Etats-Unis de Donald Trump ne possèdent que trois engins de ce genre, dont l'un est assigné à des missions scientifiques au pôle Sud. Ce n'est pas tout. Sur ces trois navires américains, le premier atteint la limite d’âge ; un autre a subi deux gros incendies à bord, en 2020 et en 2024 ; le troisième est, selon des experts, inadapté aux besoins des garde-côtes.
Leur nombre de trois est en outre ridiculement faible comparé aux 42 brise-glaces de la flotte russe (dont 8 fonctionnent avec une propulsion nucléaire qui leur confère cinq ans d'autonomie), aux 12 du Canada, aux 7 de la Finlande ou encore aux 5 de la Chine, qui en comptera bientôt davantage. Aussi faut-il ajouter que Pékin,...
-
29/01 - Dépendance aux Etats-Unis : l’Allemagne veut se doter de son propre système de détection de missiles par satellite
Face aux menaces d'envahissement du Groenland, ou encore aux rapprochements vers la Russie de Vladimir Poutine, la dépendance européenne aux Etats-Unis en matière de défense semble de plus en plus difficile à tenir.
Face à ce constat, l'Allemagne tente d'en sortir. Selon une information du Financial Times, Berlin prévoit d'être la première puissance européenne à développer sa propre capacité de détection de missiles spatiaux. Autrement dit, il s'agit de la capacité à détecter le lancement d’un missile, d’en suivre la trajectoire tout au long de son vol et de transmettre les données en temps réel aux centres de commandement pour pouvoir prendre des contre-mesures adaptées, comme l'interception. Pour l'heure, l'Europe s'appuie principalement sur un système d'alerte spatial commun partagé fourni par les Etats-Unis pour repérer les menaces telles que les missiles à longue portée. Si l'Otan est un intermédiaire, les Etats-Unis restent aux commandes, a minima en observation. En outre, la véhémence du président américain à l'égard de l'institution n'apporte plus vraiment de sérénité. "Plus d'autonomie"
L'un des derniers exemples, récent, de cette dépendance est très percutant et a certainement conforté Berlin dans ses choix vers davantage d'autonomie. Comme le raconte le journal Le Monde, alors que les Etats-Unis menaçaient il y a peu de prendre possession du Groenland, le Danemark, propriétaire de ce territoire autonome, protégeait son espace...
-
29/01 - "Un modèle pour l’Otan" : face à la menace russe, la Pologne dévoile son bouclier antidrones
"Nous voulons que le programme SAN, notre nouvelle couche de défense aérienne, serve de modèle pour l'ensemble de l'Otan", scande le ministre de la Défense polonais, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, devant des rangées de membres du corps diplomatique militaire. Au pupitre, ce poids lourd du gouvernement a de quoi jubiler : la Pologne est le premier pays européen de l’Alliance atlantique à annoncer le déploiement d'un système aussi fourni pour défendre la protection de ses frontières face à l’intrusion de drones russes.
Il était temps, s’accordent les observateurs. La nuit du 9 au 10 septembre dernier a laissé un traumatisme vivace sur les bords de la Vistule. A l’époque, les Polonais se réveillent au petit matin dans la stupeur, bouleversés par l’intrusion d’une vingtaine de drones russes dans leur espace aérien. Un précédent inédit dans l’histoire de l’Otan, et vécu ensuite par plusieurs autres membres de l’Alliance atlantique, France incluse.
L’incident a alimenté les débats pendant plusieurs semaines, à mesure que des débris de drones étaient retrouvés sur une large partie du territoire polonais. "Cela a révélé les failles de notre défense anti-aérienne", concède Tomasz Pawłuszko, professeur à l’Université Opole et spécialiste affilié à Lukasiewicz-ITECH, un centre de recherche en innovation. "Vaisseaux connectés"
À l’automne, des chasseurs polonais et des F-35 néerlandais, sous l’égide du Commandement aérien allié de l’Otan, ont dû être mobilisés pendant plusieurs heures. Un dispositif disproportionné, ni viable...
-
29/01 - Emmanuel Macron et la dissuasion nucléaire : "Avec ses partenaires, la France pourrait s’avancer davantage"
Le président Emmanuel Macron a annoncé qu’il prononcera en ce début d’année - la date reste à fixer - un discours sur "l’actualisation" de la doctrine nucléaire française et notamment de sa dimension européenne. La France est le seul des 27 Etats membres de l’Union à être doté de la bombe atomique. Face aux nouvelles menaces stratégiques, impérialisme conquérant de la Russie d’un côté et doutes sur la pérennité de l’engagement militaire américain en Europe de l’autre, des discussions confidentielles sont en cours avec certains de nos partenaires - Allemagne, Pologne et Suède en particulier - sur la possibilité de faire bénéficier d’autres pays européens de la dissuasion française. Analyse des enjeux avec Emmanuelle Maitre, qui travaille à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris sur les questions de non-prolifération nucléaire, de dissuasion et de désarmement.
L'Express : Emmanuel Macron doit s’exprimer sur la dimension européenne de la dissuasion nucléaire française. Quelles sont les attentes de nos partenaires à ce sujet ?
Emmanuelle Maitre : L’expression présidentielle, dont la date n’est pas encore connue, sera scrutée avec attention. Des consultations discrètes ont eu lieu ces dernières années. Nos partenaires sont conscients que la France ne peut pas s’engager de manière extrêmement formelle mais qu’elle pourrait quand même s’avancer davantage que ce qui a été dit dans le passé. Nos voisins insistent pour que de telles évolutions s’articulent avec ce qui est fait dans le cadre de l’Otan, dans un...
-
29/01 - Iran : ce que change l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes
Un nouveau train de sanctions européennes doit s'abattre sur l'Iran, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire du pays. D’après un nouveau décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency, basée aux Etats-Unis, 6 373 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation (3 000 selon un bilan officiel des autorités), 11 018 gravement blessées et 42 486 arrêtées.
Les Vingt-Sept, réunis en Conseil des Affaires étrangères ce jeudi 29 janvier, viennent ainsi d'annoncer avoir sanctionné quinze hauts responsables iraniens et six entités, dont le ministre de l'Intérieur, Eskandar Momeni. Le chef de la police de la sécurité publique et le commandant de la brigade des forces spéciales Saberin Takavar du Corps des gardiens de la révolution islamique sont également visés selon un règlement d'exécution du Conseil publié dans l'après-midi. Mais, pour aller plus loin encore que les vagues de sanctions économiques (gel des avoirs...) et autres interdictions de pénétrer sur le sol européen, les Vingt-Sept se sont s'accordés, ce jeudi, pour inscrire le Corps des Gardiens de la révolution, le bras armé du régime théocratique en Iran, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. "Les ministres des Affaires étrangères de l'UE viennent de prendre la décision de désigner la Garde révolutionnaire iranienne comme une organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de personnes de son propre peuple travaille à sa propre disparition", a déclaré Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie...
-
29/01 - Donald Trump va-t-il frapper l’Iran ? Les scénarios possibles d’une attaque
Deux semaines après avoir promis aux manifestants iraniens que "l’aide est en route", Donald Trump s’apprête-t-il à attaquer Téhéran ? L’arrivée du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son escorte au large des côtes iraniennes en début de semaine rend le scénario plus crédible que jamais. Le locataire de la Maison-Blanche avait déjà menacé de "frapper très fortement" le régime en début de mois, avant de reculer brusquement au prétexte d’une pause de la répression en interne. "A ce moment-là, les Américains ne disposaient pas dans la région des forces nécessaires à la conduite d’une opération de grande ampleur, relève David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Institut français d’analyse stratégique. Mais ils y ont aujourd’hui déployé un dispositif militaire inédit depuis l’invasion de l’Irak en 2003."
Outre son groupe aéronaval, Washington a dépêché sur place une douzaine de chasseurs F-15E, plusieurs avions-cargos et ravitailleurs, ainsi que des systèmes anti-aériens Patriot et THAAD, afin de renforcer la protection du ciel en cas de menace. Exploitant cette spectaculaire démonstration de force, le président américain a pressé l’Iran, ce mercredi 28 janvier, de conclure un accord sur les armes nucléaires, au risque d’une "attaque bien pire" que les frappes américaines de juin dernier. Pour l’instant, rien n’indique toutefois qu’une issue diplomatique soit atteignable à court terme. Après avoir estimé que des "discussions ne pourront avoir lieu que lorsqu'il n'y aura plus de menaces ni d'exigences excessives", la...
-
29/01 - Le conseil de Nicolas Sarkozy à Gabriel Attal, la blague de François Hollande sur François Ruffin
Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon ! Il n'est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant les municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle.Jean-Luc Mélenchon et le sens des priorités
Cela s’appelle avoir le sens des priorités. En mai 2025, le député écologiste Pouria Amirshahi écrit à Jean-Luc Mélenchon, qu’il connaît depuis longtemps, pour l’informer qu’il s’apprête à lancer un projet d’internationale contre la montée de l’extrême droite. Seule réponse, ce jour-là, de l’Insoumis : "Il faut me défendre !" L’anecdote, parmi tant d’autres, figure dans l’édition de poche de La Meute (Pocket, parution le 5 février), ce livre de Charlotte Belaïch et Olivier Pérou qui a connu un succès retentissant en dévoilant pour la première fois la vraie nature de LFI et qui est enrichi de sept chapitres inédits.Le conseil de Nicolas Sarkozy à Gabriel Attal
Quand et comment officialiser sa candidature à l’Elysée ? Nicolas Sarkozy a prévenu Gabriel Attal : il ne faut pas attendre de l’annonce un effet spectaculaire, elle provoque même parfois un petit décrochage dans l’opinion. L’important selon l’ex : en faire une évidence. L’ancien Premier ministre sortira du bois avant l’été et publiera au printemps un livre entre récit personnel et propositions - un peu (beaucoup) comme un certain Sarkozy, auteur en 2001 d’un ouvrage très remarqué, Libre.Le bâton de pèlerin de Valérie Pécresse
Elle croit beaucoup à la république fédérale telle que la...
-
29/01 - Suisse : augmenter la TVA pour financer l’armée, la proposition choc du Conseil fédéral
Une hausse de la TVA pour fournir davantage de ressources à l'armée ? En Suisse, le Conseil fédéral l'envisage sérieusement. La proposition, portée par Martin Pfister, à la tête du département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, fait débat dans la nation alpine. Concrètement, le plan du responsable prévoit d'augmenter de 0,8 % la taxe sur la valeur ajoutée pour améliorer les capacités de défense suisses. Dans un contexte de menace sécuritaire accrue pour l'Europe, et donc pour la Confédération suisse, "des moyens financiers supplémentaires sont nécessaires pour protéger la population et le pays", justifie Martin Pfister dans un communiqué. "L’augmentation prévue des dépenses de l’armée à 1 % du PIB d’ici à 2032 n’est pas suffisante."Besoin de systèmes antiaériens et antidrones
Si ce projet aboutissait, il permettrait à Berne de récupérer 31 milliards de francs suisses sur une période de dix ans, soit environ 33,6 milliards d'euros. Et donc, à terme, de pousser l'effort en matière de défense entre 1,3 et 1,5 % du PIB. Encore bien loin des 5 % du PIB (dont 3,5 % strictement dédiés aux dépenses militaires) décidés en juin dernier par la quasi-totalité des membres de l'Otan, mais un pas important pour le pays d'un peu plus de 9 millions d'habitants traditionnellement neutre. Avec ces possibles fonds, la Suisse serait en mesure de financer de nouveaux systèmes de défense antiaériens, dont elle manque aujourd'hui. Les États-Unis s'étaient engagés à lui livrer un précieux système antimissile...
-
29/01 - Le film "Gourou" analysé par un sociologue : "Distinguer le bon du mauvais coach légitime le reste du milieu"
Porté par un Pierre Niney magistral, Gourou, réalisé par Yann Gozlan, est sorti en salle ce mercredi 28 janvier. L’acteur - et également coproducteur - incarne Coach Matt, "numéro un des ventes en développement personnel". La première partie du film, qui met en scène un personnage ivre de réussite, plonge avec brio le spectateur dans ce monde en plein essor. Elle en décrit les mécanismes, les ressorts et les codes religieux réinterprétés à la sauce moderne. Mais très vite, Coach Matt se heurte à une sénatrice bien décidée à réglementer la profession, mais aussi à la presse - on a, forcément, apprécié le passage où il refuse une interview d’un "journaliste de L’Express". Son empire menacé, le personnage entame alors une descente aux enfers, dans un thriller prenant et profondément malaisant. Le film peine néanmoins à éviter la caricature, et la critique du développement personnel et des dérives sectaires s’en trouve quelque peu diluée.
L’Express a pu regarder Gourou avec le sociologue Damien Karbovnik, auteur du livre Le développement personnel : nouvel opium du peuple ? (Éditions des Équateurs), fruit de centaines d’entretiens et de 15 ans de recherche et d'enquêtes de terrain auprès des adeptes et des professionnels. Pour lui, le film est à la fois une réussite et une occasion manquée. Réussite parce qu’il montre avec justesse les ressorts d’un milieu en pleine expansion. Occasion manquée parce qu’en caricaturant la chute de son personnage, il évite la question de fond : pourquoi tant de personnes se tournent-elles...
-
29/01 - Les fausses solutions de Donald Trump au vrai problème du logement aux Etats-Unis
Donald Trump le sait mieux que quiconque : devenir propriétaire fait partie du "rêve américain". Pour beaucoup de ses concitoyens, la petite maison agrémentée d'un carré de pelouse, clonée à perte de vue dans les banlieues des grandes villes, vaut certificat de réussite sociale. Seulement voilà, depuis 2019, les taux hypothécaires à 30 ans ont augmenté de 40 % et le prix de vente moyen des maisons américaines a grimpé de plus de 30 %. Depuis son bureau Ovale, l’ancien magnat de l’immobilier ne compte pas rester les bras croisés face à un leitmotiv qui résonne de plus en plus fort et qui tient en un mot : affordability (NDLR : l’accessibilité).
Les Américains ont moins l'habitude de disserter sur le pouvoir d’achat que les Français. Longtemps, la thématique est demeurée l’apanage de l’aile démocrate - le maire socialiste de New York, Zohran Mamdani, en avait même fait son slogan de campagne. La posture de Donald Trump sur le sujet, elle, est ambiguë. D'abord focalisé sur la dérégulation et les allègements fiscaux comme moteurs de croissance, il a dénoncé un "canular", ou encore un problème hérité de l'administration Biden. Début janvier, pourtant, l'imprévisible président scandait "affordability" en majuscules sur son compte Truth Social. Or cette notion transcende celle de l’inflation, qui a ralenti depuis le mandat de Joe Biden. "La frustration des ménages porte non pas sur le rythme d’augmentation des prix mais sur leur niveau, avec un effet de mémoire des prix qui prévalaient avant les chocs de la pandémie et...
-
29/01 - Un "fichage" des professeurs de gauche ? Ce questionnaire qui fait polémique en Italie
L'affaire révolte une partie du monde enseignant de l'autre côté des Alpes. En Italie, les élèves de plusieurs lycées ont été invités à répondre à une enquête sur leur quotidien en cours, distribuée via des tracts durant le mois de janvier. Un QR code, visible sur ces imprimés, les guidait alors vers une série de questions. Leur contenu, relevant de thématiques politiques, fait aujourd'hui polémique. "Avez-vous un ou plusieurs professeurs de gauche qui diffusent de la propagande en cours ?", interroge ainsi la consultation.
Une formulation qui interpelle nombre d'acteurs du monde éducatif dans le pays, alors que la liberté d'enseignement est inscrite dans la Constitution italienne. Si l'épisode fait autant réagir, c'est avant tout en raison de son origine. En effet, ces tracts ont été élaborés par l'Azione Studentesca, une organisation étudiante d'extrême droite, aujourd'hui proche de Fratelli d'Italia, le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. L'opposition de gauche indignée
Syndicats, professeurs, opposition politique... Après la révélation de ce questionnaire, la presse italienne s'est fait l'écho de nombreuses critiques contre la démarche des militants qui l'ont diffusé dans plusieurs lycées du pays. "Profiler les enseignants de gauche est du fascisme : Giorgia Meloni devrait prendre ses distances", a ainsi tonné le chef de file du Parti démocrate (centre gauche) au Sénat, Francesco Boccia, selon des propos rapportés par Avvenire. "Ce que sont en train de...
-
29/01 - Un "fichage" des professeurs de gauche ? Ce questionnaire qui fait polémique en Italie
L'affaire révolte une partie du monde enseignant de l'autre côté des Alpes. En Italie, les élèves de plusieurs lycées ont été invités à répondre à une enquête sur leur quotidien en cours, distribuée via des tracts durant le mois de janvier. Un QR code, visible sur ces imprimés, les guidait alors vers une série de questions. Leur contenu, relevant de thématiques politiques, fait aujourd'hui polémique. "Avez-vous un ou plusieurs professeurs de gauche qui diffusent de la propagande en cours ?", interroge ainsi la consultation.
Une formulation qui interpelle nombre d'acteurs du monde éducatif dans le pays, alors que la liberté d'enseignement est inscrite dans la Constitution italienne. Si l'épisode fait autant réagir, c'est avant tout en raison de son origine. En effet, ces tracts ont été élaborés par l'Azione Studentesca, une organisation étudiante d'extrême droite, aujourd'hui proche de Fratelli d'Italia, le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. L'opposition de gauche indignée
Syndicats, professeurs, opposition politique... Après la révélation de ce questionnaire, la presse italienne s'est fait l'écho de nombreuses critiques contre la démarche des militants qui l'ont diffusé dans plusieurs lycées du pays. "Profiler les enseignants de gauche est du fascisme : Giorgia Meloni devrait prendre ses distances", a ainsi tonné le chef de file du Parti démocrate (centre gauche) au Sénat, Francesco Boccia, selon des propos rapportés par Avvenire. "Ce que sont en train de...
-
29/01 - Ecoles de commerce : "Tous les étudiants ne rêvent pas de travailler dans la finance !"
Depuis plus de trente ans, les classements des écoles de commerce rythment la vie de l’enseignement supérieur français. Parents, lycéens, étudiants, écoles et recruteurs s’y réfèrent massivement. Pourtant une question finit par s’imposer : que mesurent-ils vraiment ? Avec ce cahier spécial, L’Express Éducation et NextEdu proposent, en partenariat avec Opinion Way, une approche inédite, partant d’une interrogation simple : quelle est la réputation des grandes écoles de commerce auprès de celles et ceux qui ont, in fine, le pouvoir de recruter leurs diplômés ? Au-delà du palmarès 2026, ces articles invitent à prendre du recul. Ils donnent la parole aux dirigeants, qui racontent comment ils utilisent - ou non - ces outils, et aux étudiants, dont ces tableaux orientent en partie l’avenir.
>> Notre classement 2026 des grandes écoles de commerce
L’Express : Comment les membres de la Conférence des grandes écoles perçoivent-ils les classements de leurs écoles publiés chaque année ?
Delphine Manceau : Au sein de la CGE, il nous arrive régulièrement de débattre de leur intérêt, d’autant qu’ils sont très nombreux et nous demandent beaucoup de temps. Personnellement, j’en ai une approche nuancée, car tout le monde les consulte à leur sortie : les étudiants, les parents, mais aussi les écoles ! Ainsi, chez Neoma, quand un établissement international nous contacte en vue d’établir un partenariat, nous allons regarder ses accréditations internationales - AACSB, EQUIS, AMBA -, mais aussi sa place dans le classement établi...
-
29/01 - Face à l’Iran, Donald Trump entre coups de pression et hésitations
Une stratégie difficilement lisible. Après avoir déjà agité la possibilité d'une intervention militaire américaine en Iran au début du mois, Donald Trump a de nouveau menacé la République islamique mercredi 28 janvier. Le président républicain a ainsi annoncé sur Truth Social le déploiement dans la région de l'USS Abraham-Lincoln parmi une large flotte de navires, "prête, disposée et capable de remplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence, si nécessaire" contre Téhéran. Mais, en plus de ces nouveaux avertissements, il a également enjoint à la reprise de pourparlers diplomatiques avec la République islamique. "Espérons que l’Iran viendra rapidement 'à la table' et négociera un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLÉAIRES", a-t-il exhorté, promouvant un "deal" qui soit "bon pour toutes les parties".Des menaces, puis un silence
Ce nouvel appel au retour aux négociations, toujours rejeté par l'Iran depuis les frappes américaines sur son programme nucléaire en juin dernier, illustre bien les atermoiements de Donald Trump sur le dossier. Attaquer ou ne pas attaquer la République islamique ? Le milliardaire a été tenté, au début du mois, de porter un coup fatal au régime des mollahs, alors sérieusement mis à mal par la contestation grandissante de sa population dans la rue. Des manifestations rapidement réprimées dans le sang. Ce qui, dans un premier temps, a suscité le mécontentement de Donald Trump. En cas de nouvelle mort violente "de manifestants pacifiques", les États-Unis viendront à leur secours,...
-
29/01 - Des backrooms au "grand remplacement" : l’étonnant itinéraire de Renaud Camus
Il est à la fois l’un des auteurs français les plus influents et les moins lus au monde. Père du "grand remplacement", cette théorie qui prétend que les changements démographiques dans les pays occidentaux représentent une substitution d’une population indigène par des Africains, avec la bénédiction d’élites "remplacistes", Renaud Camus a tout au long de sa carrière été ignoré par les lecteurs. D’abord abscons écrivain d’avant-garde, puis chroniqueur frénétique de ses aventures sexuelles avec des jeunes hommes (Tricks), l’ami de Roland Barthes et Andy Warhol s’est reconverti en châtelain dans le Gers, déplorant dans une prose autocentrée un effondrement civilisationnel.
Ses chiffres de ventes n’ont jamais dépassé le cercle de la confidentialité (son journal est aujourd’hui autoédité). Aux élections européennes de 2019, la liste de ce piètre orateur a obtenu 0,01 % des voix. Ce qui n’a pas empêché ses idées d’infuser, et lui de bénéficier d’un culte autant littéraire qu’idéologique. Outre le "grand remplacement" apparu sous sa plume en 2009, la droite identitaire lui doit la popularisation des concepts de "décivilisation", détournement du sociologue Norbert Elias, et de "remigration", euphémisme pour signifier l’expulsion de millions d’immigrés.
Dans une formidable biographie, les journalistes du Monde Gaspard Dhellemmes et Olivier Faye tentent de comprendre cette trajectoire individuelle qui traduit la bascule de toute une époque. Comment peut-on passer de la Factory d’Andy Warhol aux apéros "saucisson pinard", et des...
-
29/01 - Comment l’Europe peut devenir l’architecte d’un ordre multipolaire, par Léonard Lifar
Le Forum de Davos 2026 restera comme le symbole de la fin d'une époque qu'il aura tant contribué à construire : celle de l'homo œconomicus globalisé, ce "Davos Man" aujourd'hui anachronique. Pendant trente ans, les Européens ont cru que le monde pourrait être administré par des règles neutres et des experts transnationaux au sein d'une technocratie globale. Mais ce que nous traversons n'est pas une simple disparition de l'expertise, c'est une "mutation génétique" pour l’historien Lorenzo Castellani : la fin de la technocratie universelle au profit de l'avènement d'une technocratie impériale. Ce rêve d'une gestion technique des affaires du monde s'effondre devant le retour brutal du politique, où l'outil technocratique ne sert plus à harmoniser les échanges mais à servir la puissance d'un empire dominant.
Nous passons d'un monde où la règle était censée précéder la puissance à un monde où la puissance dicte ouvertement la règle, transformant l'expertise technique en un pur instrument au service de l'affirmation hégémonique des États. Ce basculement rend caduc l’approche considérant la connectivité et les flux comme gages de stabilité. Aujourd'hui, les infrastructures qui nous lient (réseaux numériques, câbles sous-marins ou systèmes de paiement) sont devenues les instruments d'une hostilité permanente. C'est ce que Mark Galeotti appelle "l'arsenalisation de tout" : dans un monde interconnecté, chaque lien est une vulnérabilité potentielle. Nos infrastructures mêmes sont désormais retournées contre...
-
29/01 - Exploration pétrolière en Guyane : "Nous courons au-devant de graves problèmes"
Le débat autour de la proposition de loi visant à autoriser l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures en outre-mer marquera-t-il le début d’une longue période de troubles en Guyane ? Examiné - et soutenu - jeudi 29 janvier au Sénat, le texte suscite de vives réactions. Pour le ministre de l’économie Roland Lescure, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut et les associations environnementales, il est hors de question de suivre cette voie. Ce serait détricoter la loi Hulot de 2017 et aller à l’encontre des objectifs climatiques de la France. D’autant que les recherches passées n’ont pas prouvé l’existence de larges ressources pétrolières exploitables au large de la Guyane.
Mais voilà. Pour les défenseurs de la proposition de loi, adopter le texte est une question de survie, car la Guyane est à la traîne d’un point de vue économique. Son PIB par habitant a beau progresser (17 703 euros en 2024) il reste inférieur de moitié à celui de la France métropolitaine (42 594 euros). Pis, le fossé avec le reste de la zone grandit de jour en jour. "Il fut un temps ou la Guyane française, la Guadeloupe et la Martinique profitaient d’un avantage sur le Guyana et le Suriname en matière de revenu par tête. Mais avec l’exploitation des hydrocarbures sur ces deux territoires, les perspectives s’inversent", observe Peter Clegg, professeur de politique et de relations internationales à l’université de Bristol (Royaume-Uni).
Selon le FMI, le Guyana a enregistré récemment le taux de croissance du PIB le plus...
-
29/01 - Entre l’Europe et les Etats-Unis, une bataille de modèles
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, il y a tout juste un an, la bataille entre les Etats-Unis et l’Europe fait rage. Il est question autant de la défense de l’Ukraine, que de droits de douane, ou encore de l’acquisition du Groenland, et de l’avenir de Gaza. Derrière ces accrochages, ces derniers mois, c’est en réalité une véritable bataille idéologique qui se joue. Sur la démocratie comme sur l’économie, on s’interroge sur le modèle à suivre.
Il y a quelques semaines, l’économiste Gabriel Zucman, directeur de l’Observatoire européen de la fiscalité, assurait, dans une tribune parue dans le journal Le Monde, que l’Europe ne décroche pas réellement face aux Etats Unis, au-delà de ce que disent les chiffres de croissance et de productivité. Parmi ses arguments, l’importance du temps libre en Europe, des émissions de carbone moindres, une plus grande espérance de vie ainsi que des inégalités plus faibles.
L’Express a choisi cette semaine d'analyser le point de vue de Gabriel Zucman. Et l’économiste Antoine Levy s’oppose à ses constats. "La productivité européenne a ralenti par rapport à la productivité américaine. Les salaires ont, en conséquence, ralenti en Europe de façon relative, ce qui veut dire que les prix des services ou des biens qui dépendent du prix du travail local, comme...
-
29/01 - Comment la Moldavie tient tête à Vladimir Poutine : "C’est David contre Goliath, mais…"
Avec ses 2,4 millions d’habitants, ses 33 851 km² et un PIB par habitant parmi les plus faibles d’Europe, la Moldavie ne semble pas, sur le papier, armée pour tenir tête à la Russie. Et pourtant. Dans un article publié dans le Journal of Democracy (Johns Hopkins University Press), Katia Glod et Maria Branea estiment que l’expérience moldave constitue un modèle de résistance à la guerre hybride menée par le Kremlin.
Longtemps tiraillé entre son héritage roumain et son passé soviétique, ce petit pays a choisi de regarder vers l’Europe plutôt que vers Moscou, explique à L’Express Katia Glod, directrice adjointe au New Eurasian Strategies Centre. Les succès électoraux de la candidate pro-européenne Maia Sandu — élue présidente de la République en 2020 puis en 2024 — en témoignent. Pour la chercheuse, la capacité de résistance de la Moldavie doit beaucoup aux réformes de démocratisation et de libéralisation insufflées par la perspective d’une intégration à l’Union européenne. Entretien.
L’Express : Moscou soutient que la Moldavie a toujours été "une terre russe". Qu’en est-il vraiment ?
Katia Glod : Ce n’est évidemment pas le cas. Il s’agit plutôt d’un territoire qui a longtemps été disputé, marqué par de fortes influences latines et romaines, notamment celles de l’actuelle Roumanie. La Russie a conquis ce territoire au XIXe siècle, pour l’intégrer à l’Empire russe, avant que la Moldavie ne devienne l’une des quinze républiques soviétiques. Même pendant cette période, le pays a toujours conservé des liens très étroits avec la...
-
28/01 - Après plusieurs années de déni, un tribunal russe admet par inadvertance que le "Moskva" a bien été coulé par l’Ukraine
Il aura fallu attendre quatre ans. Ce 22 janvier, un tribunal russe a reconnu, visiblement sans le vouloir, que le "Moskva", un croiseur lance-missiles russe attaqué par l'Ukraine, avait effectivement été coulé lors de cette attaque, le 13 avril 2022. "Une frappe de missiles a touché le croiseur lance-missiles de la Moskva, provoquant un incendie et un envahissement de fumée à l’intérieur du navire", indique le communiqué du tribunal, cité par le média indépendant russe, Mediazona."L’explosion, l’incendie et la fumée ont tué 20 membres de l’équipage du croiseur, 24 ont été blessés à des degrés divers, et huit ont été portés disparus, notamment au cours des plus de six heures de lutte pour la survie du navire", précise encore la publication, depuis retirée du site du tribunal, car contraire à la version officielle russe selon laquelle l'engin aurait sombré à la suite d’un accident exceptionnel.
Considéré comme l’un des navires de guerre les plus importants de la Russie avant sa destruction seulement sept semaines après l'invasion de l'Ukraine par Moscou, le Moskva avait été frappé par Kiev à l'aide d'un missile de croisière antinavire, le Neptune. Mais la Russie a toujours soutenu que cette attaque n'était pas la cause de sa destruction, un accident à bord ayant prétendument provoqué une explosion de munitions selon les autorités russes, conduisant à l'évacuation de l'équipage. D'après Mediazona, le tribunal militaire de Moscou a corrigé par inadvertance cette version officielle du Kremlin la semaine dernière, dans...
-
28/01 - La France soutient l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des "organisations terroristes"
Mise sous pression par ses partenaires européens, la France a annoncé ce mercredi 28 janvier soutenir l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des "organisations terroristes" de l'Union européenne. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a par ailleurs confirmé que l'Union européenne prendrait jeudi à Bruxelles des sanctions contre les représentants iraniens "responsables des exactions" dans le pays. "Il ne peut y avoir d'impunité", at-il écrit sur le réseau social X. "L'insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse".
Iran : il ne peut y avoir d’impunité.
L’insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse. Son courage inouï face à la violence qui s'est abattue aveuglément sur lui ne peut rester vain.
Avec nos partenaires européens, nous prendrons…— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 28, 2026
Plus tôt dans la journée, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé que la France n'avait "aucun tabou" sur le statut à donner et a également jugé "infondées" les "critiques sur la prétendue faiblesse de la France" face à la répression engagée par le régime iranien.Un nouveau train de sanctions européennes
Le bras armé du régime théocratique en Iran est accusé d'avoir joué un rôle clé dans la répression meurtrière des manifestations qui ont secoué le pays, et qui aurait fait jusqu'à 30 000 morts.
La France rejoint la voix de l'Italie et de l'Allemagne. Selon des diplomates...
-
28/01 - "Les électeurs de Trump ne sont pas des moutons dupes" : la politique décryptée par l’anthropologue Pascal Boyer
Pourquoi la politique représente-t-elle un sujet aussi clivant et passionnel ? Est-on forcément désinformé quand on vote pour un leader populiste comme Donald Trump ? Pourquoi certains peuples ne renversent-ils pas leur tyran, comme en Russie ? Professeur de la prestigieuse chaire Henry Luce d'anthropologie cognitive à l'université Washington de Saint-Louis et directeur de recherches au CNRS, Pascal Boyer répond à ses questions dans L'Impossible démocratie, un essai passionnant qui montre à quel point la vie politique est marquée par des instincts façonnés par l'évolution biologique.
Pour L'Express, ce grand spécialiste des sciences cognitives et de la biologie comportementale contredit ainsi plusieurs idées reçues sur la polarisation, les fake news, les populismes ou les révolutions. Il nous explique aussi pourquoi nous sommes si mal "programmés" pour comprendre l'économie de marché.
L’Express : Vous associez dans votre livre biologie et politique. N’est-ce pas une combinaison particulièrement dérangeante au vu de l’Histoire ?
Pascal Boyer : Quand on dit biologie et politique, on songe évidemment aux pires pseudo-biologies utilisées par différentes idéologies meurtrières. Les communistes pensaient qu’il n’y avait pas de nature humaine, que nos comportements, nos préférences et nos capacités étaient déterminés par des facteurs extérieurs, et donc que les humains étaient socialement malléables. Le régime pouvait ainsi chercher à façonner une version entièrement neuve de l’humanité, un projet qui a fait des...
-
28/01 - François Heisbourg : "Sur le Groenland, Emmanuel Macron a joué un rôle majeur face à Donald Trump"
Un ballet inhabituel s'est déroulé à l'Elysée, ce mercredi 28 janvier. Le président français, lunettes de soleil sur le nez, était entouré de deux Premiers ministres danois : Mette Frederiksen, celle du Danemark, et Jens-Frederik Nielsen, celui du Groenland. L'occasion pour Emmanuel Macron de relancer un appel au "réveil stratégique de l'Europe", après le bras de fer inédit engagé par Donald Trump autour du territoire autonome danois en début d'année.
François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, rapporte le choc terrible provoqué par ces menaces américaines sur nos voisins, encore plus affectés que les Français. "Le réveil a vraiment été brutal pour de nombreux Européens", assure l'auteur du Suicide de l'Amérique (Odile Jacob, 2025), estomaqué par l'attitude de l'administration Trump et qui salue la réponse française.
L'Express : Emmanuel Macron a reçu les premiers ministres du Danemark et du Groenland à l'Élysée, ce 28 janvier. Est-ce le signe de l'importance prise par la France sur ce dossier ?
François Heisbourg : La réponse courte, c'est oui. La France a joué un rôle tout à fait majeur dans l'évolution de la crise groenlandaise, et cette rencontre à Paris en est une manifestation tangible.
Les Français ont joué un rôle à deux égards. D'abord, l'envoi de soldats au Groenland. Non pas qu'ils aient été nombreux mais les Français ont été relativement plus nombreux que les autres Européens, notamment que les quinze Allemands qui se sont aperçus assez bizarrement qu'il faisait...
-
28/01 - Minneapolis : qui est Ilhan Omar, l’une des cibles de Donald Trump ?
Elle est la cible régulière de Donald Trump, et le symbole d'une société américaine de plus en plus polarisée. Ce mardi 27 janvier, lors d'un meeting dans le Minnesota, la députée démocrate Ilhan Omar a été agressée publiquement, un homme présent dans le public l'ayant aspergée d'une substance non identifiée, avant d'être maîtrisé. Peu avant l'agression, les électeurs avaient fait part à l'élue de problèmes aussi divers que la collecte des ordures, les difficultés des quartiers nord de Minneapolis ou encore l'opération anti-immigration en cours sur ce territoire, qui a coûté la vie à deux manifestants américains en trois semaines. Ilhan Omar, elle, avait notamment reproché au président américain de transformer Minneapolis en "zone de guerre", et avait appelé à la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Figure de la gauche américaine d’origine somalienne - la première dans un parlement américain - de confession musulmane et porteuse d'un voile, l'élue est depuis longtemps dans le viseur du président américain. Il faut dire que cette dernière s’est fait remarquer au niveau national pour son rôle au sein d’un groupe de jeunes femmes progressistes, non blanches, connues sous le nom de "the Squad", qui contestent souvent la direction du Parti démocrate et critiquent ouvertement Donald Trump. "Elle vient d’un pays qui est une catastrophe, ce n’est même pas un pays, franchement", a dégainé le dirigeant des Etats-Unis dans un discours mardi dans l’Iowa, alors qu'il l'accuse ces derniers jours de...
-
28/01 - Minneapolis : qui est Ilhan Omar, l’une des bêtes noires de Donald Trump ?
Elle est la cible régulière de Donald Trump, et le symbole d'une société américaine de plus en plus polarisée. Ce mardi 27 janvier, lors d'un meeting dans le Minnesota, la députée démocrate Ilhan Omar a été agressée publiquement, un homme présent dans le public l'ayant aspergée d'une substance non identifiée, avant d'être maîtrisé. Peu avant l'agression, les électeurs avaient fait part à l'élue de problèmes aussi divers que la collecte des ordures, les difficultés des quartiers nord de Minneapolis ou encore l'opération anti-immigration en cours sur ce territoire, qui a coûté la vie à deux manifestants américains en trois semaines. Ilhan Omar, elle, avait notamment reproché au président américain de transformer Minneapolis en "zone de guerre", et avait appelé à la démission de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Figure de la gauche américaine d’origine somalienne - la première dans un parlement américain - de confession musulmane et porteuse d'un voile, l'élue est depuis longtemps dans le viseur du président américain. Il faut dire que cette dernière s’est fait remarquer au niveau national pour son rôle au sein d’un groupe de jeunes femmes progressistes, non blanches, connues sous le nom de "the Squad", qui contestent souvent la direction du Parti démocrate et critiquent ouvertement Donald Trump. "Elle vient d’un pays qui est une catastrophe, ce n’est même pas un pays, franchement", a dégainé le dirigeant des Etats-Unis dans un discours mardi dans l’Iowa, alors qu'il l'accuse ces derniers jours de...
-
28/01 - "La Fondation Vallée n’est pas un cas isolé" : l’alerte du délégué interministériel après nos révélations
Des enfants enfermés, des soins inadaptés... Comme nous l'avons révélé il y a quelques jours, la Fondation Vallée, le plus grand hôpital de pédopsychiatrie du pays, situé à Gentilly dans le Val-de-Marne, aurait eu recours à des méthodes de prise en charge d'un autre âge, maltraitantes et hors la loi, au moins jusqu'à la fin de l'année dernière.
Le délégué interministériel aux troubles du neurodéveloppement, Etienne Pot, confirme à L'Express qu'il avait déjà demandé à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France de se saisir de ce dossier, à cause d'alertes qui lui étaient parvenues au cours des derniers mois. Des informations d'autant plus inquiétantes qu'elles faisaient écho à des faits déjà dénoncés par le passé par la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France et par la Haute autorité de santé.
En réaction à nos révélations, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a, en outre, saisi dès aujourd'hui la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, qui va également enquêter sur cet établissement. Etienne Pot nous indique aussi que d'autres "points de vigilance" sont en cours, la situation constatée au sein de la Fondation Vallée n'étant, selon lui, "pas un cas isolé". Entretien.
L'Express : Comment réagissez-vous aux informations de l’Express relatives à la Fondation Vallée, cet hôpital pédopsychiatrique où des enfermements d’enfants et des prises en charge non conformes aux bonnes pratiques ont été constatées au moins jusqu’à la fin de l’année dernière ?
Etienne Pot : Dans notre pays,...
-
28/01 - Nucléaire : Donald Trump promet une attaque contre l’Iran "bien pire" qu’en juin 2025 en l’absence d’accord
Le président américain Donald Trump a exhorté mercredi 28 janvier l'Iran à venir à la table des négociations et à conclure un accord sur le nucléaire, faute de quoi la prochaine attaque américaine serait "bien pire". "J’espère que l’Iran acceptera rapidement de négocier un accord juste et équitable – sans armes nucléaires – qui soit bénéfique pour toutes les parties. Le temps presse, c’est vraiment crucial !", a écrit Trump sur son réseau Truth Social.
Le président républicain américain, qui, lors de son premier mandat à la Maison-Blanche, s'était retiré de l'accord nucléaire de 2015 conclu entre les puissances mondiales et Téhéran, a fait remarquer que son dernier avertissement à l'Iran avait été suivi d'une frappe militaire en juin. "La prochaine attaque sera bien pire ! Ne laissez pas cela se reproduire", a menacé Donald Trump. Il a également réaffirmé qu'une "armada" américaine se dirigeait vers la République islamique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré qu'il n'avait pas été en contact avec l'envoyé spécial américain Steve Witkoff ces derniers jours et qu'il n'avait pas demandé de négociations, ont rapporté mercredi les médias d'Etat.Une force navale américaine proche de l'Iran
Donald Trump a déclaré qu'une force navale américaine, menée par le porte-avions USS Abraham Lincoln, approchait de l'Iran. Deux responsables américains ont indiqué à Reuters lundi que le Lincoln et les navires de guerre qui l'accompagnaient étaient arrivés au Moyen-Orient.
Les navires de guerre ont commencé à...
-
28/01 - Immigration et marché du travail : cette étude qui tord les idées reçues
C'est un ouvrage qui risque de relancer le sempiternel débat de l'impact de l'immigration dans la société française. Ce mardi 27 janvier, le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) a publié un livre sous la houlette de deux économistes, Anthony Edo et Hillel Rapoport, démontrant notamment que "l'immigration n'est pas un élément déstabilisateur du marché du travail", ses effets sur les salaires et l'emploi des natifs étant "globalement neutres", affirment les auteurs.
Basée sur une centaine de travaux universitaires sur un sujet ô combien inflammable, la synthèse des deux chercheurs aboutit à des conclusions à contre-courant de certaines idées reçues, et ce alors que le ministère de l'Intérieur dévoilait ce même jour les statistiques de l'immigration en 2025, actant une hausse de 11,2 % de la délivrance des titres de séjour l’an dernier par rapport à 2024, principalement pour les étudiants et pour raisons humanitaires ou familiales.Une augmentation de la population active
Selon les auteurs, si l’immigration entraîne bien une hausse de la population, elle est en revanche sans effet sur la rémunération des travailleurs nationaux. D'abord, parce que le marché du travail n'est pas un marché concurrentiel de pure offre et demande, et qu'il est soumis à de nombreuses réglementations, notamment sur les salaires, permettant d'éviter des rémunérations arbitraires. Les travailleurs, eux, ne sont pas non plus interchangeables, car la maîtrise de la langue française peut toujours...
-
28/01 - Royaume-Uni : les téléphones de Downing Street espionnés par la Chine pendant des années
Des pirates informatiques soutenus par l'Etat chinois ont-ils espionné les conversations de hauts responsables britanniques pendant des années ? A en croire le journal anglais The Telegraph, ce scénario est tout sauf fictif. La Chine aurait procédé à des piratages de téléphones à partir de 2021. De quoi inquiéter sérieusement le gouvernement britannique, dont plusieurs membres éminents auraient été compromis. Parmi eux se trouvent certains des plus proches conseillers de Boris Johnson, Liz Truss ou encore Rishi Sunak. On ignore pour le moment si le piratage a inclus les téléphones portables des Premiers ministres eux-mêmes, mais une source au fait de la faille a déclaré qu’il s’agissait d’une intrusion allant "jusqu’au cœur même de Downing Street".Accès à des données stratégiques
Cette attaque implique la possibilité que des espions chinois aient pu lire des SMS ou écouter des appels impliquant des membres de haut rang du gouvernement. Même s’ils n’ont pas pu écouter les appels, les pirates pourraient avoir accédé aux métadonnées, révélant avec qui les responsables étaient en contact et à quelle fréquence, ainsi qu’à des données de géolocalisation indiquant leur position approximative. Selon Dakota Cary, chercheur au sein de l'Atlantic Council, un think tank américain spécialisé dans la menace chinoise, la Chine s’intéresse de près "au renseignement concernant les députés et les processus décisionnels de la politique britannique".
Des sources du renseignement américain ont fait savoir au Telegraph que l’opération...
-
28/01 - Pourquoi le régime islamique d’Iran tient-il toujours debout ? L’analyse de Saeid Golkar
Saeid Golkar a quitté l’Iran à la fin des années 2000, pendant le Mouvement vert. A l’époque, nombre de spécialistes gagent que la République islamique est sur le point de s’effondrer. Plus de quinze ans après, tandis que les Iraniens se révoltent en masse, le scénario se répète : la plupart des commentateurs prédisant à leur tour la chute du régime, qui tarde décidément à arriver.
En cause, selon ce politologue irano-américain et professeur associé à l’université du Tennessee à Chattanooga : l’architecture en "oignon" du régime islamique, souvent mal comprise, qui complique la perspective de s’attaquer à l’une de ses couches dans l’espoir de faire tomber tout le système. "Il faut cibler le cœur du régime, à savoir l'ayatollah Khamenei et sa famille, afin de modifier fondamentalement la dynamique interne", explique-t-il. Sanctions internationales, crise économique, vieillissement du guide suprême… Saeid Golkar passe également en revue les facteurs jugés, à tort selon lui, susceptibles de fragiliser le régime. Entretien.
L'Express : Depuis le début du soulèvement du peuple iranien, de nombreux commentateurs ont prédit la chute du régime. Mais celle-ci tarde à venir…
Saeid Golkar : En effet. J'ai quitté l'Iran vers 2009, pendant le Mouvement vert. À l'époque, de nombreux observateurs pensaient déjà que la République islamique était au bord de l'effondrement. Des attentes similaires ont refait surface à plusieurs reprises au fil des années, notamment lors des vagues de protestations de 2017, 2018, 2019, 2022 et,...
-
28/01 - Immigration : en Espagne, cette décision à rebours des autres pays européens
Le quotidien El Pais y voit une "décision courageuse", "à une époque où il est devenu normal de traiter les étrangers de criminels" : le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a présenté mardi 27 janvier un projet de décret visant à accélérer la régularisation de près d'un demi-million de sans-papiers afin de faciliter leur intégration, une démarche à contre-courant de nombreuses politiques migratoires en Europe. Selon les estimations du gouvernement socialiste, quelque 500 000 personnes, principalement originaires d'Amérique latine, devraient bénéficier de cette mesure qui vise à intégrer les travailleurs immigrés.
La ministre des Migrations, Elma Saiz, a déclaré lors d'une conférence de presse que les personnes en situation irrégulière vivant en Espagne depuis au moins cinq mois à fin 2025 et n'ayant pas de casier judiciaire seraient éligibles au permis de séjour accéléré. Les demandes d'asile déposées avant la fin de l'année dernière seront également concernées.
Le titre de séjour sera valable un an - ou cinq ans dans le cas des enfants - et renouvelable. Les bénéficiaires pourront devenir des citoyens après dix ans, ou plus rapidement s'ils sont originaires de pays d'Amérique latine ou réfugiés. "Ce que nous faisons, c’est reconnaître et donner de la dignité, et offrir des garanties, des opportunités et des droits aux personnes qui se trouvent déjà dans notre pays", a déclaré Elma Saiz à la presse.Croissance économique
La croissance économique de l'Espagne a largement dépassé celle de la plupart des pays européens...
-
28/01 - Santé : les industries du clic, de l’IA et du bien-être fabriquent des consommateurs anxieux, par Jean-Pierre Thierry
Jamais l'espérance de vie n'a été aussi longue, ni les progrès médicaux aussi rapides - et pourtant notre rapport à notre propre santé semble se dégrader. Ce paradoxe n'est pas entièrement nouveau. La surmédicalisation, portée par les acteurs traditionnels du système de santé, est déjà dénoncée (jusqu'à 20 % des dépenses de santé seraient inefficaces ou gaspillées selon l'OCDE). Mais trois industries ont trouvé dans l'anxiété liée à la santé un gisement de profit considérable et pourraient amplifier ce phénomène à une échelle inédite.
L'industrie de l'attention d'abord, dont le modèle repose sur le clic. La peur fait lire ; la médiatisation anxiogène génère du trafic viral. Les géants de l’intelligence artificielle (IA) ensuite. OpenAI, Google, Apple : tous ont investi pour devenir nos interlocuteurs médicaux. Plus nous nous surveillerons, plus nous générerons de données monétisables. L'industrie du bien-être enfin — automesure, analyses en accès direct, médecines alternatives, compléments alimentaires. Elle prospère sur l'espace entre l'anxiété créée et le besoin médical réel.
Les intérêts de ces industries convergent : toutes ont besoin d'une population qui doute de sa santé.La fabrique médiatique du risque
Les études épidémiologiques ont accompli des progrès considérables. Mais leur médiatisation a transformé de modestes corrélations en source d'anxiété permanente. Les fake news surmédicalisent à la marge. L'information scientifique mal contextualisée surmédicalise à grande échelle — précisément parce que sa source est...
-
28/01 - Mort d’Alex Pretti à Minneapolis : même les pro-armes sont remontés contre Donald Trump
"Il ne faut pas avoir des armes, arriver avec une arme, il ne faut pas faire ça". La réaction de Donald Trump ce mardi 27 janvier à la mort d'Alex Pretti, tué par la police de l'immigration (ICE) trois jours plus tôt à Minneapolis, ne risque pas d’apaiser les remous au sein de son propre camp. Car depuis le drame dans le Minnesota, le président américain fait face à une opposition pour le moins inattendue : celle des groupes pro-armes, largement acquis au parti républicain. Leurs réactions se sont enchaînées en cascade ces derniers jours : Gun Owners of America (GOA), National Rifle Association (NRA), Minnesota Gun Owners Caucus... Tous ont appelé au respect du Second Amendement sur le droit au port d'armes et fustigé la rhétorique de l'administration Trump qui revient à dire, en clair : "Il l'avait bien cherché"."Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes"
Alex Pretti, infirmier de 37 ans, portait un pistolet sur lui samedi lorsqu’il a été tué. Dans la foulée, la garde rapprochée de Donald Trump s'est servie de cela pour défendre l'action des agents fédéraux. Sur les plateaux de Fox News, la ministre de l'Intérieur Kristi Noem a été l'une des premières à réagir : "Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes" à une manifestation, a-t-elle soutenu, accusant même Alex Pretti de "terrorisme". Est ensuite venu le tour du chef du FBI, Kash Patel, qui a estimé sur la même chaîne qu’"aucune personne souhaitant agir de manière pacifique n’arrive à une manifestation...
-
28/01 - Enseignement supérieur : à quoi les jeunes diplômés doivent-ils s’attendre en 2030 ?
Manuelle Malot, directrice carrière et prospective à l’Edhec, parle d’une "boule de cristal", qui lui serait nécessaire pour parvenir à dresser l’état du marché du travail en 2030 et, partant, les attentes des employeurs vis-à-vis des jeunes diplômés. Vincent Monfort, directeur offres et solutions entreprises d’Audencia, évoque pour sa part "une équation à plusieurs inconnues". Le constat est donc clair, ou plutôt ne l’est pas : jamais la visibilité des entreprises, des écoles et des étudiants, n’aura été aussi brouillée qu’à l’heure actuelle, même à un horizon relativement court.
>> Notre classement 2026 des grandes écoles de commerce
En cause : la situation géopolitique, l’instabilité politique en France et la relative morosité économique… Mais il est un autre facteur, plus essentiel encore, qui a déjà commencé à redessiner une partie du paysage de l’emploi et dont on ignore comment lui-même évoluera. Il a bien sûr pour nom l’intelligence artificielle (IA).
"Les entreprises sont encore plus dans le flou qu’il y a trois ans, quand ChatGPT a été lancé, relève Manuelle Malot. Même celles qui produisent l’IA sont incapables de nous dire quels seront ses effets précis sur le marché du travail !" La directrice ne cache pas une certaine inquiétude, qui a trait à l’impact des IA génératives (IAG) sur les premiers échelons qui servent à se former, et pointe d’emblée une contradiction. "Les cabinets d’audit s’attendent par exemple à ce que leurs postes junior 1 et 2 soient massivement...
-
28/01 - "Dôme d’or" : un an plus tard, le bouclier spatial de Donald Trump n’a guère avancé
Un an après son lancement, le projet de bouclier anti-missiles de Donald Trump avance à tout petits pas, entravé par des querelles et questionnements techniques qui paralysent cet ambitieux projet de sécurité nationale.
Par un décret exécutif signé le 27 janvier 2025, annonçant la création d'un "Dôme de fer américain" (officiellement baptisé "Dôme d'Or" lors d'une grande présentation quatre mois plus tard), le président américain a fixé un calendrier ambitieux pour doter les Etats-Unis d'un système de défense anti-aérien d'ici à 2028, mais seule une poignée de dollars, sur les 25 milliards alloués au programme l'été dernier, a été dépensée à ce jour, faute d'accord sur l'architecture générale de ce projet voué à se déployer dans l'espace.
Selon deux responsables de l'administration, les travaux de finalisation de cette architecture se poursuivent et le déblocage des fonds n'a pas encore débuté mais des montants importants pourraient être débloqués dans les prochains jours, une fois que les décisions clés seront prises.
Le groupe de travail sur le Dôme d'or "continue de respecter les objectifs fixés par le décret présidentiel", a assuré un responsable du Pentagone en réponse aux questions de Reuters. "Le plan de mise en œuvre et les technologies associées sont encore susceptibles d'évoluer mais les éléments fondamentaux de l'architecture sont désormais établis", a-t-il ajouté, précisant que ces éléments sont confidentiels.Avec ou sans Groenland ?
Le projet prévoit d'associer les systèmes terrestres existants, qui...
-
28/01 - Iran : pourquoi la France hésite à sanctionner les Gardiens de la révolution
La France est mise sous pression par ses partenaires européens pour qu’elle accepte enfin l’inscription du Corps des Gardiens de la révolution, le bras armé du régime théocratique en Iran, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent en débattre jeudi 29 janvier, alors que l’ampleur effrayante de la répression des manifestations en Iran ce mois-ci apparaît de plus en plus clairement.
Paris est isolé par le revirement de l’Italie, qui s’est déclarée favorable à la décision trois jours avant la réunion alors qu’elle faisait bloc avec la France et l’Espagne pour s’y opposer. Et Madrid, selon des diplomates européens, a fait savoir à ses partenaires qu’elle ne s’opposerait pas au consensus si la France devait s’y rallier. Selon les règles de l’UE, la décision doit être prise à l’unanimité des 27 Etats membres.
"Une telle décision serait un symbole majeur d’espoir pour le peuple iranien", plaide auprès de L’Express la députée européenne Hannah Neumann (Les Verts/Allemagne), qui préside la délégation du Parlement européen pour les relations avec le peuple iranien. "Les Gardiens de la révolution terrorisent leur propre peuple, ils terrorisent toute la région et ils terrorisent les Iraniens en Europe et ailleurs. Il n’y a pas de doute qu’il s’agit d’une organisation terroriste. On ne soutient pas la cause de l’opposition iranienne par des belles photos, mais par ce genre de décisions concrètes", explique l’eurodéputée.
Ce jeudi, les ministres des Affaires...
-
28/01 - Quantique, intelligence artificielle... L’Europe à la traîne face à la Chine et aux Etats-Unis
L’équipe de recherche de Natixis CIB s’est penchée, en novembre dernier, sur la place de la Chine, des Etats-Unis et de l’Europe dans trois technologies critiques : intelligence artificielle, semi-conducteurs, informatique quantique. Supervisée par Alicia Garcia Herrero, la cheffe économiste pour l’Asie-Pacifique, cette étude analyse les brevets portant sur des "innovations radicales" - un nouveau brevet pour lequel il n’existe aucun brevet similaire antérieur et qui est repris au moins cinq fois dans des brevets ultérieurs. Verdict : l’Europe est largement à la traîne.L'écosystème industriel de l'Europe semble sous-dimensionné pour rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis.
En matière d’intelligence artificielle, la Chine a réalisé en quelques années des progrès stupéfiants dans la vision par ordinateur, qui permet le développement de systèmes de surveillance et de navigation autonome, notamment aérienne. Les Etats-Unis restent les solides leaders de l’apprentissage automatique et de la cybersécurité, tandis que l’Europe tire son épingle du jeu dans les télécommunications et la robotique.
Du côté des semi-conducteurs, la Chine a déposé 65 % du total des brevets innovants entre 2019 et 2023. En dépit des barrières à l’exportation érigées par les Etats-Unis, les puces fabriquées en Chine n’ont cessé de gagner en précision, grâce notamment à un soutien gouvernemental sans faille incarné par le programme "Made in China 2025", lancé en 2015. Mais l’amont de la chaîne, la conception, est toujours une spécialité...
-
28/01 - L’Europe sera alors totalement cernée par des dictatures, par Christophe Donner
Ils ont fait leurs calculs, Trump et son armée pourraient s’emparer du Canada en moins d’une semaine. C’est l’armée canadienne qui a "modélisé le scénario d’invasion". Mais certains disent qu’en deux jours l’affaire serait pliée. Pour le Mexique, sachant qu’"il n’y a pas un général mexicain qui résiste à une canonnade de 50 000 pesos", ça ne demanderait pas plus de quelques heures ; c’est moi qui calcule. On en est là, à deux doigts d’être totalement cernés. Car on ne peut plus sérieusement considérer les Etats-Unis comme une démocratie. Combien de temps nous reste-t-il encore, en Europe, à pouvoir nous payer un Magnum classic chocolat blanc au cinéma en regardant l’affligeant spectacle de ces régimes, tous les mêmes et tous différents, qui nous cernent et vont finir par nous manger ; ce n’est pas une question, c’est une angoisse que le cinéma ravive et distrait tout à la fois.
Deux films nous donnent des nouvelles de la vie sous les dictatures : Le Mage du Kremlin, d’Olivier Assayas, sorti la semaine dernière, et Le Gâteau du président, d'Hasan Hadi qui sort la semaine prochaine. Le premier explique comment ça s’est passé entre Poutine et son conseiller, le second raconte comment ça se passait sous le règne de Saddam Hussein pour Lamia et Nayyed (Sajad Mohamad Qasem), deux écoliers d’environ 10 ans. Lamia est tirée au sort par l’instituteur (un Saddam Hussein de village) pour fabriquer le gâteau d’anniversaire du dictateur. Des œufs, de la farine, du sucre et de la levure chimique. Elle part à la recherche des...
-
28/01 - Alexandre Orlov : l’ambassadeur de Russie en France, soupçonné d’être un espion du KGB
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le lundi 7 février 2022, à Moscou, la nuit est tombée et les rues sont enneigées. Emmanuel Macron vient d’entrer dans une immense salle du palais présidentiel russe. Vladimir Poutine est installé de l’autre côté de la pièce.
La tension entre la Russie et l’Ukraine monte depuis la fin du mois de décembre 2021. 100 000 soldats russes multiplient les manœuvres près des frontières ukrainiennes. On craint des attaques, voire une guerre... Mais Alexandre Orlov, diplomate russe en France, lui, n'y croit pas. "Ça sert à quoi à la Russie d’attaquer l’Ukraine ? Il n’y a aucun sens, aucun intérêt", affirme l'ambassadeur.
Alors que Vladimir Poutine lance son "opération spéciale" et attaque l’Ukraine, 17 jours plus tard, Orlov poursuit ses prises de parole pour défendre la Russie. Soupçonné d'être un espion du KGB depuis de nombreuses années, l'ambassadeur nie en bloc.
Dans cet épisode de "Nid d'espions", Étienne Girard et Charlotte Baris vous dressent le portrait d'Alexandre Orlov, un agent d’influence russe très francophile.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS...
-
28/01 - Donald Trump s’agite, et à la fin... c’est la Chine qui gagne
La Chine n’a pas eu de mal à se donner le beau rôle, au forum de Davos, ce 20 janvier, devant l'élite politico-économique mondiale. Alors que Donald Trump tétanisait les Européens avec sa menace de s’emparer du Groenland – avant de reculer –, le vice-Premier ministre chinois a endossé le costume de l'adulte responsable. Le monde ne doit pas retomber dans "la loi de la jungle, où les forts oppriment les faibles", s'est indigné He Lifeng. Quelques semaines plus tôt, après l’enlèvement du président Nicolas Maduro à Caracas par les forces spéciales américaines, Pékin avait fustigé des "actes hégémoniques" qui "violent gravement le droit international".
Le spectacle d’un leader républicain démantelant l’ordre mondial instauré par les Etats-Unis en 1945 est du pain bénit pour le régime communiste, qui se présente comme le gardien de ce système. Et qu’importe si la réalité est un brin différente, Pékin apportant son aide diplomatique et économique à la Russie dans sa guerre d'agression contre l’Ukraine depuis bientôt quatre ans."Le monde semble ne plus craindre la Chine"
Les outrances trumpiennes ouvrent en effet un boulevard au régime communiste, dans sa compétition avec les Etats-Unis pour le leadership mondial. "Alors que l'on peut se demander si Trump a un véritable plan face à la Chine, celle-ci déroule méthodiquement une stratégie de coalition avec les pays du 'Sud', en multipliant les partenariats et les projets régionaux, souligne Alice Ekman, directrice de la recherche à l’Institut d’études de sécurité de...
-
27/01 - Désormais moteur de l’Union européenne, la Pologne n’est pas pressée d’adopter l’euro
Lors de son adhésion dans l'Union européenne en 2004, la Pologne ne pouvait pas se permettre d'intégrer la zone euro. 22 ans plus tard, alors que le pays s'est mué en moteur de la construction européenne, il ne le souhaite plus. Dans un entretien accordé au Financial Times lundi 26 janvier, le ministre des Finances polonais Andrzej Domanski a refroidi les dirigeants européens en annonçant ce qui se profilait ces derniers mois. "Notre économie se porte maintenant clairement mieux que la plupart de celles qui ont l'euro, a estimé le ministre polonais. Nous avons de plus en plus de données, de recherches et d'arguments pour conserver le zloty polonais."
En avril 2024, l'ancien conférencier en économie, entré au gouvernement en fin 2023, s'était déjà exprimé contre une entrée de la Pologne dans la zone euro. Un sondage de United Surveys pour Wirtualna Polska, également publié au même moment, a affirmé que 66,8 % des Polonais préféreraient conserver le zloty et que près de la moitié d'entre eux y étaient "définitivement opposés". Seuls un peu plus d'un quart des polonais étaient en faveur d'un passage à l'euro.Une décision économique, pas politique
Moins d'un mois après l'entrée de la Bulgarie dans la zone euro, la position polonaise marque un coup dans le développement européen. D'autant plus que l'économie du pays est en pleine croissance depuis le retour de Donald Tusk au pouvoir en octobre 2023. S'il militait pour un passage à l'euro en 2008, l'ancien président du Conseil européen voit désormais le zloty...
-
27/01 - "Netflix prend la place des religions et des idéologies" : le grand entretien de Marcel Gauchet avec Anne Rosencher
Intellectuel majeur, d'une grande clarté et d'une grande sincérité, Marcel Gauchet est le nouvel invité des Grands entretiens d’Anne Rosencher. Le philosophe, qui fait paraître ces jours Comment pensent les démocraties, chez Albin Michel, nous aide à comprendre les ressorts cachés de l’époque actuelle par rapport aux précédentes. Pourquoi nos sociétés sont-elles si déboussolées ? Comment expliquer le succès des populismes ? Qu’est-ce que la dépolitisation ?... Voici un large extrait de ces échanges, dont l’intégralité est à retrouver en vidéo sur YouTube et Dailymotion, mais aussi en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Dans votre livre, vous nommez l’époque que nous vivons "époque néolibérale". Pouvez-vous lever les malentendus autour de cet adjectif ?
Marcel Gauchet : Néo-libéralisme parce que les idées de base restent les mêmes que celles du libéralisme classique, mais avec cette différence que le contexte dans lequel elles s’appliquent a profondément changé, ce qui en transforme le sens. Le libéralisme classique avait pour présupposé que l’activité économique dont il réclamait la liberté s’inscrivait à l’intérieur d’un espace politique, celui de l’État-nation. Le débat portait sur le degré d’intervention de l’État par rapport à la liberté des entreprises et des acteurs privés en général. Au cours des cinquante dernières années, avec la mondialisation et la financiarisation, cette évidence du cadre politique s’est effacée au profit d’un marché global auquel il s’agit...
-
27/01 - Que vient faire l’ICE, la police américaine de l’immigration, aux JO de Milan-Cortina ?
Tenues kakis sur le dos, armes en main, les agents fédéraux anti-immigration de l'ICE sont devenus le symbole de la militarisation de la police aux Etats-Unis depuis plusieurs semaines. A l'origine de la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, en moins de trois semaines, cette police fédérale est largement décriée pour ses actions violentes, en faveur de la politique anti-immigration de Donald Trump. Désormais, ils sont au cœur d'une polémique outre-Atlantique. Alors que la rumeur enflait depuis quelques jours, elle a été officialisée ce mardi 27 janvier : l'ICE sera présente aux Jeux olympiques de Milan-Cortina qui s'ouvrent le 6 février prochain.
L'information, dévoilée par une enquête d'Il Fatto Quotidiano avait pourtant été démentie dans un premier temps par le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi : "La présence de l'ICE à Milano-Cortina est une polémique pour rien. (...) Mais je tiens à préciser : l'ICE, en tant que tel, n'opérera jamais en Italie." D'autant que la question de l'immigration est au cœur du programme de la première ministre italienne Giorgia Meloni, qui n'a pas caché sa proximité avec Donald Trump ces dernières années. "Pour l’instant, rien de tel ne nous a été signalé, et même si c’était le cas, la coordination de la sécurité resterait entièrement sous contrôle italien", a complété le ministre de l'Intérieur."ils ne doivent pas mettre les pieds dans notre pays"
Il n'en a pas fallu moins pour l'opposition de gauche de s'opposer à cette présence, à commencer par le...
-
27/01 - Le grand-père de Raphaël Glucksmann, un espion russe ? Faux passeport, opérations clandestines et financier occulte
Le grand-père du possible candidat de la gauche en 2027, un espion russe ? Un documentaire, diffusé sur Public Sénat le 31 janvier prochain, l’affirme. Dans Les Glucksmann, une histoire de famille, Raphaël découvre une part de la vie de Rubin, le père de son père André. "Il espionnait l’état-major allemand en Allemagne", a-t-il brièvement précisé le 22 janvier sur LCI. "J'ai découvert l'histoire de mon grand-père en regardant le documentaire, enfin je ne sais pas d'ailleurs si elle est vraie…", commente le député européen auprès de L’Express. Il savait seulement "vaguement" qu’il avait été "agent de la troisième internationale", c’est-à-dire de l’URSS, nous dit-il.
L’Express a pu obtenir de nombreux documents inédits sur les activités de Rubin Glucksmann, issus des archives du contre-espionnage britannique. Certains complètent les révélations de Sebastien Voigt, un historien allemand, publiées dans Der jüdische Mai '68: Pierre Goldman, Daniel Cohn-Bendit und André Glucksmann im Nachkriegsfrankreich, un ouvrage de 2015 jamais traduit en français. Ils dessinent les traits d’un espion majeur de l’Union soviétique de Staline. Loin d’avoir seulement intrigué contre les nazis, cet homme d’affaires a participé à de nombreuses opérations clandestines, dont le financement d’activités d’espionnage du renseignement militaire soviétique (GRU) en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Rubin Glucksmann naît le 19 mai 1889 à Czernowitz (aujourd’hui Tchernitvsi, en Ukraine), dans l’empire austro-hongrois. Vers 1900, sa famille,...
-
27/01 - Cloud : comment l’Europe s’est jetée dans les bras d’Amazon
Donald Trump a un pouvoir singulier. Il a le don de chambouler l'alignement des planètes. Le 15 janvier, à Postdam, non loin de Berlin, la fête s’annonce pourtant jolie. Une partition réglée au cordeau. Pour l’armée de l’ombre des développeurs d’Amazon Web Services (AWS), c’est l’aboutissement de plus de deux ans de travail acharné. Ce jour-là, la filiale du géant américain de l’e-commerce dédiée au cloud annonce en grande pompe sa nouvelle offre. Un système de stockage, de protection et de traitement des données – l’or noir du XXIe siècle - entièrement dessiné pour les besoins des Européens, entreprises et entités publiques. Un cloud "souverain" qui assure une protection totale des secrets des clients contre les hackers trop gourmands et les vents mauvais de la géopolitique. Problème, au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un Donald Trump en roue libre multiplie les diatribes contre l’Europe, étalant au grand jour ses vues sur le Groenland.
Pour une entreprise américaine qui vend justement une promesse de souveraineté européenne, ce carambolage tombe mal. Comment rassurer les clients en leur promettant que leurs données les plus précieuses ne fileront pas aux Etats-Unis entraîner une nouvelle intelligence artificielle "Made in USA" ? Ou que sur un coup de tête, le fantasque président américain ne mettra pas la main sur certaines informations critiques, ou pire, coupera ce précieux service ?
AWS a finement joué en recrutant un Français, Stéphane Israël, l’ancien patron d’Arianespace pour diriger cette...
-
27/01 - Mort d’Alex Pretti à Minneapolis : aux Etats-Unis, l’introuvable loi sur l’immigration
Deux Américains tués par la police en deux semaines, à quelques rues de là où, sous Trump I, George Floyd, un Afro-Américain, avait trouvé la mort, étouffé par un bad cop : cela commence à faire beaucoup pour une seule ville, la très démocrate Minneapolis, dans le Minnesota (nord du pays). Cette fois-ci, les victimes sont blanches et le président, après avoir déclaré ouverte la chasse aux immigrants illégaux, tente d'apaiser la situation. Il a téléphoné au maire de la ville et au gouverneur de l'État – échanges qualifiés de "very good" sur son réseau Truth Social. Le président a aussi envoyé sur place son conseiller chargé de l'immigration, Tom Homan, un homme "sévère mais juste", dit-il, qui doit maintenant jouer les conciliateurs. Mettons...
Ce moment tragique masque une réalité plus ancienne. Depuis au moins deux décennies, les élus américains sont incapables de s'accorder sur une politique de l'immigration que tous les experts jugent pourtant hautement nécessaire. "George W. Bush et Barack Obama avaient tenté de faire voter des lois sans jamais parvenir à un accord bipartisan au Congrès ; Donald Trump I s'est contenté d'annoncer la construction d'un mur à la frontière du Mexique ; Joe Biden n'a même pas fait semblant de tenter quelque chose", regrette l'américaniste Françoise Coste. Certes, les Républicains, à commencer par le mouvement du Tea Party (sous Obama), sont les premiers responsables de ce blocage. Mais la gauche du Parti démocrate, en s'opposant à toute fermeté, a contribué à tuer les débats.
Un...
-
27/01 - Guerre en Ukraine : les garanties de sécurité américaines conditionnées à la cession du Donbass ?
Volodymyr Zelensky face à un choix crucial. Le président ukrainien acceptera-t-il de céder le Donbass à la Russie ? Le Financial Times rapporte ce mardi 27 janvier que Washington exercerait actuellement une forte pression sur Kiev pour contraindre l'Ukraine à laisser à Moscou le contrôle des deux oblats de Donetsk et de Louhansk. Les forces du Kremlin sont déjà présentes sur 90 % de ces deux territoires aujourd'hui. Vladimir Poutine avance régulièrement le fait de posséder leur totalité comme un des éléments sur lesquels il ne reculera pas dans le cadre de négociations de paix avec les Ukrainiens. L'administration Trump ne cherche d'ailleurs pas particulièrement à dissuader le président russe d'une telle ambition.La position américaine saluée par le Kremlin
En tout cas, le pouvoir ukrainien risque d'être forcé de faire évoluer sa position sur ce point. Certes, Volodymyr Zelensky a toujours fait du respect de la souveraineté de son pays une ligne rouge dans les négociations pour mettre fin à la guerre. Mais désormais, il a aussi inexorablement besoin du soutien américain à long terme. Dimanche, le dirigeant a affirmé qu'un accord sur des garanties de sécurité conclues avec les États-Unis était "prêt à 100 %" à être paraphé par les deux pays. Mais, d'après le FT, Donald Trump conditionne la signature de ce texte à un traité de paix entre l'Ukraine et la Russie, qui comprendrait la cession du Donbass. Huit sources différentes ont confirmé ce rapport de force au prestigieux journal britannique.
L'information est...
-
27/01 - L’embarras du RN vis-à-vis de Donald Trump : patriotisme contre nationalisme
L'éloge d'un nationaliste erratique est un exercice dangereux. Le Rassemblement national en fait la cruelle expérience. La formation d'extrême droite a toujours nourri une fascination pour Donald Trump, observant avec joie son offensive idéologique contre l'Europe et son culte de la verticalité. À son retour à la Maison-Blanche, le RN a habillé cette attirance en éloge de la souveraineté nationale promu par le milliardaire. "Il défend l'intérêt des Américains (...) et j'aime ce patriotisme", assurait Jordan Bardella en octobre 2024.
Cette ode au souverainisme professé par Donald Trump a un écueil : la pratique. L'offensive américaine contre l'Europe, matérialisée par le chantage permanent aux droits de douane, plonge le RN dans l'embarras. L'éloge du "patriotisme" du président américain jette la suspicion sur celui du Rassemblement national, tant les intérêts de deux nations divergent.
Cette gêne de l'extrême droite est d'autant plus forte que le souverainisme isolationniste de Donald Trump a mué en impérialisme, entre capture de Nicolas Maduro au Venezuela et menaces sur le Groenland. Idéal pour nourrir le procès en soumission de l'héritier du Front national à un pays hostile. Voilà la leçon infligée par Donald Trump au RN : l'admiration béate de grandes puissances étrangères est un boomerang lancé dans le ciel, assurée de retomber sur celui qui pensait jouer...
-
27/01 - "Le pari de L’Express sur l’Europe est judicieux" : nos lecteurs commentent notre nouvelle formule
Groenland : Trump isolé
Sylvio Le Blanc, Montréal (Canada)
Le président états-unien Donald Trump a déclaré qu’il s’emparerait du Groenland "d’une manière ou d’une autre", et que s’il ne le faisait pas, "la Russie ou la Chine le feraient". Or, selon des experts et de hauts responsables, cette crainte est infondée. "Zebigbos" souhaite en réalité s’emparer des ressources de cette île. Problème : le prétexte invoqué – la sécurité nationale – ne passe pas auprès de ses concitoyens ni auprès des Etats membres de l’Otan, car les Etats-Unis peuvent pleinement garantir leur propre sécurité et celle du Groenland sans posséder l’île. Espérons que la perspective des élections de mi-mandat prévues en novembre tempérera les ardeurs expansionnistes du président. (S’emparer du Groenland, mais à quel prix ?, L’Express du 15 janvier.) Déficit : la France creuse encore…
Jacques Canier, Colombes (Hauts-de-Seine)
Je souhaite apporter mon soutien à vos excellents chroniqueurs, et notamment au professeur Denys de Béchillon et à Nicolas Bouzou, qui dénoncent de la persistance du déni de responsabilité collective à propos de la funeste "boule de neige" des déficits publics et de notre endettement subséquent. Dérives ardemment entretenues par divers partis politiques ou syndicats, mais aussi une partie de la presse, avec un résultat très clair : en France, si on touche le fond, on creuse encore... (En 2027, le président sera impopulaire ou ne sera pas, par Nicolas Bouzou, L’Express du 15 janvier.)Les éleveurs et leurs "collègues"
Armand Garonne,...
-
27/01 - Les grands entretiens d’Anne Rosencher
-
27/01 - Pourquoi Gabriel Zucman devrait lire "Retour de l’URSS" d’André Gide : l’édito d’Eric Chol
Fin décembre, une tribune publiée dans un grand journal du soir a suscité quelques remous chez les économistes. L’auteur en question, Gabriel Zucman, fait pourtant figure de grand "loser" de l’année écoulée : en dépit d’une opération de communication sans précédent, l’ancien élève de Thomas Piketty n’a pas réussi à convaincre nos députés d’adopter sa proposition de taxe antiriches : celle-ci est restée lettre morte, et tant mieux pour l’économie française, comme nous avons eu l’occasion de le montrer.
Qu’importe : l’auteur de l’essai Les milliardaires ne paient pas d’impôts sur le revenu et nous allons y mettre fin (Seuil, 2025) est vite remonté sur son cheval, pour batailler contre une "idée à la mode", une "antienne", un "refrain", selon ses mots, qui consisterait à peindre en noir une Europe à la remorque des Etats-Unis.
On a trop dit, ici dans les colonnes de L’Express, notre foi dans les forces de ce continent européen pour ne pas risquer de se faire taxer de décliniste par le premier idéologue venu quand il s’agit de lever le voile sur la réalité européenne. Car c’est bien de cela dont il s’agit.
Dans l’ère de post-vérité dans laquelle nous vivons, la comparaison trompeuse entre l’économie européenne et celle des Etats-Unis à laquelle se livre Gabriel Zucman ne serait pas grave si elle n’introduisait pas un grand méchant doute. Or c’est précisément son objectif : mettre en pièces les soubassements du rapport Draghi, le fameux document de l’ancien patron de la Banque centrale européenne, qui pose avec clarté les...
-
27/01 - Comment l’IA entre dans les cabinets d’avocats : "Elle retire aux profils juniors toute pensée critique"
C'est une première alerte sur les dérives des outils automatisés que Me Koum Dissake, aujourd’hui avocate, n’a jamais oubliée. Surtout à l'heure de l'intelligence artificielle. "Alors que j'attendais une date de soutenance, j'ai reçu le 7 octobre 2015 un message de mon université m'indiquant que je ne pouvais soutenir ma thèse au motif que celle-ci présentait de nombreuses similitudes avec d'autres travaux... Un logiciel de détection de plagiat indiquait, dans un rapport d'analyse automatisé, que mon travail n'était pas le mien. En une fraction de seconde, j'ai eu l'impression que le ciel s'était effondré sur ma tête". Le taux de "similitude" avec d’autres travaux s’élevait à 59 %. Le doute ne profite pas à Vanessa Koum Dissake qui vise alors le titre de docteur en droit privé et sciences criminelles. Sa directrice de thèse, qui croit en ses capacités, la rattrape au moment où, humiliée, elle s’apprête à renoncer. Deux années passent. Elle réécrit trois fois sa thèse de 435 pages et le taux de "similitude" continue d'augmenter. "Ce rapport, soumis à mon école doctorale, n'avait malheureusement pas été analysé par un être humain. Si tel avait été le cas, il aurait compris que les similitudes dont il était question portaient sur mes propres travaux - lesquels avaient été précédemment publiés", raconte cette docteure en droit, aujourd'hui enseignante à l’université de Paris-VIII, avocate au barreau de Paris, qui a mis dix ans à digérer son histoire.
Pas rancunière mais désormais vigilante, Me Koum Dissake a depuis...
-
27/01 - "C’est un petit Napoléon" : Gregory Bovino, le visage glaçant de la police de l’immigration de Donald Trump
Sa longue veste verte, sa mâchoire carrée et ses déclarations tonitruantes sont désormais bien connues des Américains. Depuis la mise en place par Donald Trump d'une sévère politique anti-immigration aux États-Unis, Gregory Bovino est devenu un visage omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux. Commandant "itinérant" de l'ICE, la police chargée d'arrêter les étrangers clandestins, le responsable a supervisé les principales opérations ordonnées par l'administration américaine dans plusieurs villes du pays. Los Angeles, Charlotte, Chicago... Le policier se déplace sur l'ensemble du territoire américain pour commander ses hommes, aux méthodes plus que musclées. Ces derniers jours, Gregory Bovino a mené les opérations à Minneapolis, dans le Minnesota.
Mais, avec deux Américains tués en quelques jours par des agents sous ses ordres dans la ville, son image à Washington semble enfin s'écorner. Le président américain, qui défendait jusque-là coûte que coûte les pratiques de l'ICE sur le terrain, a adopté depuis ce week-end un ton plus conciliant à l'égard des critiques. À quelques mois des élections de mi-mandat, pas question pour Donald Trump de s'empêtrer dans une crise commençant même à choquer une partie de son propre camp. Résultat : Gregory Bovino devrait faire les frais de cette approche – un peu – moins radicale de Donald Trump. Selon Reuters...
-
27/01 - "La mère de tous les accords" : ce que prévoit le vaste partenariat conclu entre l’UE et l’Inde
L'Inde et l'Union européenne ont annoncé ce mardi 27 janvier la conclusion d'un accord commercial ambitieux, avec l'objectif de supprimer les barrières douanières sur la plupart de leurs échanges et de se prémunir de relations plus erratiques avec les Etats-Unis de Donald Trump.
Cet accord, scellé après deux décennies de négociations, éliminera ou réduira les droits de douane sur plus de 96 % des biens exportés vers l'Inde par l'UE, en valeur, et permettra aux entreprises européennes d'économiser 4 milliards d'euros de taxes douanières, selon Bruxelles, qui table sur un doublement d'ici 2032 des exportations européennes vers ce vaste marché de 1,4 milliard d'habitants.
Par cet accord, New Delhi ramènera à 10 % en cinq ans ses droits de douane sur l'automobile, contre un maximum de 110 % actuellement, a encore précisé la Commission dans un communiqué. Dès l'entrée en vigueur du pacte, prévue dans les prochains mois, les droits de douane seront ramenés à 30-35 % sur un quota annuel de 250 000 véhicules européens dont le prix unitaire excède 15 000 euros, ont précisé les deux parties. L'Inde réduira également ses taxes sur les boissons alcoolisées comme le vin, dont les droits de douane seront réduits de moitié immédiatement, de 150 % à 75 %, puis progressivement jusqu'à 20 %.
L'UE s'est engagée de son côté à réduire ses taxes douanières sur 99,5 % des produits indiens dans un délai de sept ans, a déclaré le ministère indien du Commerce. Les droits de douane seront totalement supprimés pour les produits de la mer...
-
27/01 - Ecoles de commerce : pourquoi il ne faut pas négliger les réseaux d’alumni
90 000 diplômés au compteur pour l’ESCP, 82 000 pour NEOMA, 80 000 pour HEC, 63 000 pour Skema… S’il est des chiffres largement revendiqués par les écoles de commerce, c’est bien ceux concernant la taille de leurs réseaux d’anciens élèves, appelés les alumni. Et pour cause ! Ces cercles de pairs, dont certains occupent aujourd’hui des hautes fonctions en entreprise ou dans la sphère politique, forment des communautés soudées et influentes, présentes de surcroît partout dans le monde. Porte-drapeaux de leur établissement, ces ambassadeurs sont devenus l’atout charme, si ce n’est l’argument marketing numéro 1, des écoles pour rassurer les étudiants et… leurs parents. "Les réseaux d’alumni représentent un levier de carrière indéniable. Les jeunes diplômés s’en servent d’ailleurs souvent pour décrocher leur premier emploi", indique Stéphanie Evearert, directrice des projets et chargée des relations Alumni à NEOMA.
>> Notre classement 2026 des grandes écoles de commerce
De façon empirique, un étudiant sur trois trouverait en effet des opportunités professionnelles grâce à eux. Les offres d’emplois postées sur les plateformes dédiées y sont non seulement légion (7 000 par exemple pour NEOMA), mais aussi confidentielles, donnant accès à un marché du recrutement caché, presque réservé. "Un ancien qui cherche à recruter se tourne plus facilement vers quelqu’un qui a fait la même école que lui. Ce lien d’appartenance crée une confiance naturelle et une forme de solidarité intergénérationnelle", poursuit Stéphanie Evearert....
-
27/01 - Mort d’Alex Pretti à Minneapolis : Donald Trump tente de jouer l’apaisement après la bavure de l’ICE
Le Wall Street Journal y voit "un revirement spectaculaire sur une politique qui est au cœur de l'identité politique de Donald Trump" : dans une volonté apparente d'apaiser les tensions provoquées par la mort par balles d'un deuxième citoyen américain en l'espace de deux semaines, à Minneapolis, dans le cadre d'opérations de la police fédérale de l'immigration (ICE), le locataire de la Maison-Blanche a adopté lundi 26 janvier un ton conciliant, à l'issue d'un échange téléphonique privé avec le gouverneur du Minnesota.
Autre signal du changement de cap que semble amorcer le président républicain, un cadre de la police fédérale de l'immigration, Gregory Bovino, considéré comme le visage de la brutalité décomplexée de l'ICE, va quitter le Minnesota, de même que certains agents qui y étaient déployés, a déclaré un représentant de haut rang de l'administration Trump. Gregory Bovino est la cible de vives critiques de la part de démocrates et d'activistes des droits civiques.
Tom Homan, fait "tsar des frontières" par Donald Trump à son retour au pouvoir il y a un an, va être chargé de superviser les opérations dans le Minnesota, a également précisé ce représentant. Donald Trump avait annoncé plus tôt dans la journée que Tom Homan allait être dépêché dans l'Etat du Midwest.
D'après une autre personne au fait de la question, Gregory Bovino a été démis de son rôle de "commandant spécial" des opérations anti-immigration et va retrouver ses fonctions de chef des patrouilles des douanes dans un poste californien à la frontière...
-
27/01 - Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : ce que contient le texte adopté à l’Assemblée
Un passage relativement sans encombre à l'Assemblée nationale. Par 130 voix contre 21, les députés ont adopté lundi 26 janvier la proposition de loi de l'élue (Ensemble pour la République) de la Marne Laure Miller visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Ce texte, soutenu par Emmanuel Macron et le gouvernement, fait l'objet d'une procédure accélérée pour être mis en œuvre dans les meilleurs délais après son parcours parlementaire. Il doit désormais être examiné au Sénat dans les prochaines semaines. Ce premier succès à la Chambre basse "est une étape majeure", s'est félicité sur X le président de la République, qui a fait de la problématique des écrans une de ses priorités pour la fin de son second mandat à l'Élysée.Vérification de l'âge sur les réseaux sociaux
Dans le détail, quelles sont les mesures prévues par cette proposition de loi ? En cas d'adoption du texte par les sénateurs, les plateformes numériques devront mettre en place des outils pour vérifier l'âge de leurs utilisateurs. S'ils ont moins de 15 ans, la création d'un compte sur les réseaux sociaux devra leur être refusée. Selon le chef de file du groupe macroniste à l'Assemblée, Gabriel Attal, la mesure s'appliquera à compter du 1er septembre prochain, au moment de la rentrée des classes. Dans un second temps, les géants du numérique concernés devront également s'assurer de la suspension des comptes de mineurs de moins de 15 ans déjà existants sur leurs sites. Le texte précise que les entreprises disposeront "d’un délai...
-
27/01 - En Ukraine et au Groenland, l’Europe doit choisir entre la résistance et le déshonneur, par Manuel Valls
Davos retiendra l’intervention de Donald Trump, insultante et égotique, impériale et décomplexée. À l’image d’un monde qui se fragmente et se brutalise. Je retiens, pour ma part, un autre discours : celui du Premier ministre canadien Mark Carney. Calme, ferme, lucide, il a exposé que dans un monde dominé par la force et la prédation, les démocraties et les puissances moyennes doivent s’organiser en coalitions pragmatiques pour protéger la souveraineté, le droit et la stabilité économique.
En effet, les agressions russes contre l’Ukraine, le discours et les actes de la nouvelle administration Trump, la détermination de la Chine poursuivant sa logique commerciale implacable et affichant ses intentions sur Taïwan concourent à un basculement d’un ordre international en déliquescence. Lorsque les grandes puissances renoncent même à faire semblant de respecter règles et valeurs, le multilatéralisme devient une façade vide et le droit international un obstacle que l’on contourne.
L’Europe, pourtant forte économiquement, apparaît politiquement et stratégiquement fragile face à Washington. Les tensions inédites autour du Groenland - pressions explicites sur la souveraineté d’un État membre de l’UE et de l’Otan, menaces et chantage sur les droits de douane - illustrent une crise transatlantique profonde.
En Ukraine, l’Europe joue son avenir et la liberté ; au Groenland, elle joue sa souveraineté. Certes, l’effort européen en faveur de Kiev est réel, financier comme militaire. Mais il est miné par les doutes, les...
-
27/01 - La tour de Babel, le mythe qui inspire la France
J'en fais le pari. Si je vous demande ce qu'évoque pour vous l’expression "tour de Babel", il est probable que vous l’associiez à des notions d’"incompréhension" ou de "division". Et cela est bien normal puisque cette interprétation a été répandue chez nous par des peintres, des écrivains, des cinéastes et se retrouve même aujourd’hui dans les jeux vidéo ! Le seul petit souci est que, selon les scientifiques, elle est… erronée.
VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page
Commençons par le commencement. Selon la Bible, Babel est cette ville où les êtres humains, qui parlaient alors une seule langue, auraient entrepris de bâtir une tour capable de toucher le ciel. Pour les punir, Dieu les aurait ensuite dispersés sur toute la surface de la Terre en leur donnant des langages différents. Depuis, les hommes et les femmes ne se comprendraient plus.
Tout laïc qu’il se proclame, notre pays est particulièrement sensible à cette vision, notamment depuis la Révolution. Dans un rapport resté célèbre, Bertrand Barère, alors membre du comité de salut public, dénie aux langues dites régionales, mais aussi à l’anglais, à l’allemand, à l’espagnol ou à l’italien la capacité à exprimer les idées de liberté. Selon lui, seule la promotion du français permettra de rompre avec "la malédiction de Babel", comme le souligne l'historien Philippe Martel.
Son collègue, l’abbé Grégoire, développe un autre argument, qu’il utilise notamment à l’encontre des Juifs. Certes, il...
-
27/01 - En Iran, le régime veut dissimuler les massacres : "Le sang n’a pas le temps de se répandre sur le sol"
Depuis plusieurs jours, des miliciens vêtus de noir et masqués sillonnent les rues iraniennes à moto ou en pick-up, à la manière des terroristes de Daech et du Hamas. Ils installent des barrages routiers, confisquent les téléphones des passants et les fouillent à la recherche de signes de participation aux manifestations, les 8 et 9 janvier derniers. Ces actes témoignent des efforts du gouvernement iranien pour détruire les preuves et dissimuler les conséquences d’un massacre dont on peine encore à mesurer l’ampleur pour cause du black-out. Combien de manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre à Téhéran et dans les autres villes du pays ? 3117, d’après le bilan diffusé par les autorités iraniennes, le 21 janvier. Mais ce chiffre serait largement sous-estimé, selon l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, et deux hauts responsables du ministère iranien de la Santé cités par le Time. Tous deux avancent des estimations terrifiantes, comprises entre 25 000 et 30 000 morts.
Comment le savoir ? Trouver des témoins oculaires reste difficile, alors que l'accès à Internet reste extrêmement limité et que la terreur instaurée par la République islamique empêche la population, notamment les proches des victimes, de parler. Les services de sécurité diffusent des avertissements stipulant que toute collaboration avec les médias étrangers constitue un crime et que les citoyens qui envoient des vidéos ou des photos des événements à ces médias étrangers seront arrêtés.
Dans la propagande initiale de la République...
-
26/01 - La SNCF et ses espaces "No kids" : New York, la ville qui a déjà fait disparaître les enfants
La SNCF s’attendait-elle à une telle levée de boucliers en lançant, le 8 janvier, sa nouvelle classe "Optimum" ? Destinée aux voyageurs professionnels, cette offre promet un espace "calme" dans les TGV, accessible "à partir de 12 ans". Face au tollé, la compagnie ferroviaire a tenté de rassurer : les plus petits sont les "bienvenus dans le reste du train". Les animaux de compagnie, eux, ne sont pas concernés par cette restriction. Alors que le 13 janvier, l’Insee révélait qu’en 2025, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France avait enregistré plus de décès que de naissances, bon nombre de commentateurs ont relevé l'incohérence qu'il y a à restreindre l'accès des enfants dans les trains et regretter qu'il y ait de moins en moins de naissances. Certes, le géant ferroviaire n’est pas le premier à céder à la tentation du "No Kid". Mais venant d’une entreprise publique, l’initiative a choqué, beaucoup y voyant une étape supplémentaire vers l’exclusion progressive des enfants de l’espace public. L’économiste Maxime Sbaihi, auteur du livre Les balançoires vides, a d’ailleurs mis en garde sur X "contre une société qui considère désormais les enfants comme une nuisance."
À New York, les balançoires ne sont pas encore entièrement désertées, mais il n'y a bien qu'à Central Park que l’on a encore une chance d’y voir des hordes d'enfants s’élancer. Quelques jours d’expatriation suffisent à s’en rendre compte, quelques mois à s’en convaincre pour de bon : la Grosse Pomme, Manhattan en tête, est devenue...
-
26/01 - Mort d’Alex Pretti, tué par des agents de l’ICE à Minneapolis : ce que révèlent les vidéos des témoins
Samedi, dix coups de feu ont retenti en marge d'une manifestation contre l'ICE, la police de l'immigration, à Minneapolis aux Etats-Unis. Il est un peu plus de 9 heures du matin. Les agents de l'ICE viennent d'abattre un manifestant, Alex Pretti, 37 ans, en pleine rue.
Les circonstances précises de la mort de l'infirmier restent à déterminer, mais de nombreuses vidéos prises sous différents angles et filmées par d'autres manifestants circulent sur les réseaux sociaux. Plusieurs d'entre elles ont été authentifiées par des médias américains et mettent à mal la version du commandant chef de la police de l'immigration qui a indiqué qu'Alex Pretti représentait un danger. Récit. Perturber les opérations de l'ICE avec un sifflet
Avant l'altercation avec l'ICE, Alex Pretti, vêtu d'un manteau kaki, fait partie des habitants qui filment, téléphone en main, les agents de la police de l'immigration dans leurs arrestations aléatoires à l'encontre de supposés migrants (de nombreux étrangers sont les cibles de ces arrestations mais ils sont nombreux à être en règle pour travailler sur le sol américain). Posté au milieu de la route muni d'un sifflet, Alex Pretti, avec d'autres manifestants, tente alors de perturber les opérations de l'ICE. Une première vidéo, filmée à partir d'une voiture passante, montre Alex Pretti dans la rue, parlant aux officiers et les filmant avec son téléphone. Il ne tient pas d'arme à feu dans l'une ou l'autre main. Quelques secondes plus tard, une autre vidéo montre Alex Pretti parler avec des...
-
26/01 - En Iran, 18 jours sans Internet : un black-out qui met en péril tout un pan de l’économie
Des familles sans nouvelles de leurs proches, des parents coupés de leurs enfants, des personnes qui s'inquiètent du sort d'amis d'activistes... Depuis le 8 janvier, une avalanche de messages demeure encore sans réponse sur les téléphones iraniens. Même si l'on note une légère reprise des connexions ces derniers jours, la population iranienne reste encore plongée dans un black-out numérique quasi complet.
Comme il l’a déjà fait par le passé, le régime iranien a décidé de couper l’accès au réseau alors que les manifestations, démarrées le 28 décembre, prenaient de l’ampleur. A mesure que le voile numérique se lève progressivement sur l'Iran, l'ampleur du massacre grandit : au moins 5 400 manifestants ont été tués selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), qui dit enquêter sur près de 17 000 autres décès possibles. Ce week-end, le magazine américain Time a avancé le nombre de 30 000 victimes en s’appuyant sur des sources au sein du ministère iranien de la Santé.
Tandis que les familles à l’étranger en sont réduites à guetter la moindre bribe d’information, le blocage d'Internet fait d'autres victimes : les acteurs économiques dont les revenus dépendent de leur activité en ligne. Dans un pays où plus de 80 % de la population est connectée, la plupart de ces d'entrepreneurs passent par les réseaux sociaux, notamment Instagram, WhatsApp ou Telegram, pour réaliser leurs transactions.
Un rapport du Centre de statistiques de l’Iran, datant de 2021, indiquait que l'emploi de 11 millions d'Iraniens dépendait des...
-
26/01 - Boualem Sansal, les coulisses de son élection à l’Académie française : "texte uppercut", fâcheries et ONG
Boualem Sansal a été élu à l’Académie française ce jeudi 29 janvier. En succédant à Jean-Denis Bredin, au fauteuil numéro 3, il devient le 746e immortel depuis 1635. L'écrivain franco-algérien a été élu pour cinq atouts : un bon camarade, un lien ancien avec l’Académie, un symbole de la liberté, un grand écrivain, et un défenseur de la langue française. Découvrez les coulisses d'une candidature hors normes.
Les huit premières lettres, Boualem Sansal les a écrites au stylo-plume. Toute la nuit du 16 janvier, l’écrivain franco-algérien a travaillé, attablé dans le petit appartement que lui prête son éditeur, Antoine Gallimard, rue de l’Université à Paris, dont les hautes fenêtres donnent sur le jardin alors endormi. Lorsque le jour levé, Karina Hocine, son éditrice elle aussi, est passée, comme elle le fait souvent, lui rendre visite, ils ont ensemble relu les premières missives, pointé les taches d’encre capricieuses. L’écrivain a souri, convenant qu’il lui faudrait bel et bien les recopier ; sa main s’étant engourdie durant sa détention, le geste lui est devenu douloureux.
Ayant troqué la plume pour un feutre, moins élégant mais plus stable, le voici de nouveau à son bureau, le temps presse. Boualem Sansal, 81 ans, doit rédiger encore vingt-sept lettres manuscrites, une pour chaque membre de l’Académie française, l’auguste compagnie à laquelle il est officiellement candidat au fauteuil n° 3, comme l’a révélé Le Figaro. Sa candidature, enregistrée le 8 janvier après-midi, est concise - quatre lignes adressées à Amin...
-
26/01 - "Trump fonctionne avec une cour de lèche-bottes" : le regard décapant de Fareed Zakaria (CNN)
Il est l'un des commentateurs géopolitiques les plus influents, et les mieux renseignés, au monde. Visage vedette de CNN où il présente "Fareed Zakaria GPS", chroniqueur du Washington Post et ancien élève de Samuel Huntington à Harvard, Fareed Zakaria est de passage à Paris après un Forum économique mondial de Davos qui restera dans les mémoires, entre la volte-face de Donald Trump sur le Groenland et le puissant discours du Premier ministre canadien Mark Carney.
Pour L'Express, Fareed Zakaria ne mâche pas ses mots en analysant l'impact du président américain sur le monde. Donald Trump est à ses yeux coupable d'abuser d'une puissance américaine dont il a hérité pour brutaliser des pays plus faibles en fonction de ses caprices, tout en faisant le jeu de la Chine et de la Russie. Mais le journaliste nous explique aussi pourquoi l'Europe comme la mondialisation n'ont peut-être pas dit leur dernier mot. S'il reconnaît que Trump s'est, avec l'immigration illégale, emparé d'un sujet majeur aux yeux des Américains comme des Occidentaux en général, il dénonce la manière de plus en plus illibérale employée par l'actuelle administration.
L’Express : Le Forum économique mondial à Davos devait être une démonstration de force de Donald Trump et de ses alliés. Mais finalement, cette édition ne restera-t-elle pas dans l’Histoire pour le puissant discours du Premier ministre canadien Mark Carney ?
Fareed Zakaria : Le thème dominant à Davos, outre la géopolitique, était l’IA, et comment cette technologie va transformer...
-
26/01 - En visite à New Delhi, Ursula von der Leyen pourrait signer un accord de libre-échange
Après le Mercosur, l'Union européenne va-t-elle signer un accord de libre échange avec l'Inde ? En visite à New Delhi le 26 janvier, invitée d'honneur du président Narendra Modi pour la fête de la République, Ursula von der Leyen doit également prendre part à un sommet avec le chef d'Etat ce mardi 27 janvier.
Tout juste quelques jours avant sa visite dans la capitale indienne avec le président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne avait annoncé à Davos être "à l'aube d'un accord commercial historique", qui "créerait un marché de 2 milliards de personnes, représentant près d'un quart du PIB mondial". Plusieurs médias indiens parlent déjà de "méga deals". Automobile et défense
En 2014, le commerce bilatéral de biens entre l'UE et l'Inde a atteint 120 milliards d’euros en 2024, en hausse de près de 90 % sur la dernière décennie, selon les chiffres fournis par l'Union européenne, avec 60 milliards d’euros supplémentaires pour les services. La signature d'un accord fait ainsi espérer une nette augmentation de ces chiffres alors que l’Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète (1,4 milliard d’habitants) après la Chine est en bonne voie pour devenir la troisième économie mondiale d’ici 2030 avec une croissance annuelle plus rapide que prévue (8,2 % en 2025).
Selon les premières informations, le traité de libre-échange devrait couvrir des secteurs tels que l’automobile, l'acier et la coopération en matière de défense. D'après l'agence de presse britannique Reuters, le texte...
-
26/01 - Iran : à quoi ressemble la "flotte massive" américaine que Donald Trump a envoyée au Moyen-Orient ?
C'est une tentative d'intimidation pour le moins réussie. La semaine dernière, Donald Trump avait déclaré depuis Davos qu'une "armada" américaine se dirigeait vers l'Iran et le golfe Persique. Depuis plusieurs semaines, le président américain promet en effet des représailles contre l'Iran, si le régime des Mollahs venait à réprimer les manifestations.
Des soulèvements ont en effet éclaté fin décembre contre le gouvernement, qui a répondu par une répression sanglante. Donald Trump a néanmoins changé d'avis concernant une potentielle intervention, affirmant mi-janvier qu'il avait pu obtenir du régime qu'il mette fin aux "tueries". La situation réelle dans le pays reste néanmoins incertaine, le gouvernement imposant un black-out médiatique et communicationnel.
Entre-temps, les Etats-Unis ont également entrepris d'envoyer des navires de guerre vers le golfe Persique, sans que l'on sache s'ils se préparent à une véritable intervention ou s'il s'agit uniquement d'une démonstration de force. "Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où (...) je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près", avait affirmé Donald Trump la semaine dernière. Les Gardiens de la Révolution ont, quant à eux, affirmé qu'ils ont "le doigt sur la gâchette" et que les Etats-Unis et Israël s'exposeraient à "un sort douloureux" en cas d'attaque.Porte-avion à propulsion nucléaire
Selon les données de suivi et des observateurs maritimes, plusieurs navires de guerre américains ont...
-
26/01 - La revanche des managers introvertis : "Prenons garde aux idées reçues sur la solitude"
Quelques clics sur Internet suffisent à le vérifier : la solitude managériale a mauvaise réputation. On y trouve quantité de conseils pour en sortir, la rompre, s’en prémunir... Et si ce que l’on présente comme un fardeau avait en réalité des vertus ? Dans The Joy of Solitude: How to Reconnect with Yourself in an Overconnected World (Simon & Schuster, 2025, 272 p., non traduit), Robert J. Coplan, professeur émérite au département de psychologie de l’Université Carleton, au Canada, réhabilite la solitude, tant dans la vie privée que professionnelle, en s'appuyant sur les recherches les plus récentes. Bien qu'il n’ait pas été conçu en ce sens, cet ouvrage offre de précieux enseignements pour les managers au quotidien, en particulier, comme nous le verrons, pour les profils introvertis.
Alors, pourquoi souffre-t-elle d’une image aussi négative ? "L’idée générale que la solitude est mauvaise remonte aux temps bibliques", explique l’auteur. Dans l'intervalle, Freud est passé par là : il "considérait la solitude comme une peur universelle chez l’humain, et pensait que passer trop de temps seul durant l’enfance causait douleur et souffrance psychologiques. (…) Même si ses théories ne dominent plus le paysage psychologique, la stigmatisation négative de la solitude persiste", observe le chercheur tout en rappelant que la science reconnaît aussi les dangers liés à ses formes les plus extrêmes. Car, "quelle que soit la manière dont on aborde la question, les êtres humains sont des animaux sociaux".
Si pendant...
-
26/01 - Face à Donald Trump et Vladimir Poutine, le prix d’une Europe indépendante
Vladimir Poutine et Donald Trump ont réveillé l’Europe, le Russe en agressant l’Ukraine et l’Américain en cherchant à faire main basse sur le Groenland. Bien involontairement, ils ont chacun de leur côté contribué à faire basculer nombre de décideurs européens en faveur d’une Europe forte, souveraine et apte à tenir tête aux grands prédateurs. Le mot d’ordre à Bruxelles est désormais "l’Europe indépendante". Mais l’aspiration légitime ne deviendra un projet politique que si les Etats membres se dotent d’une stratégie commune et d’une capacité d’action collective. La mue coûtera cher. Entre les avions de combat et les pensions de retraite, il va falloir faire des choix douloureux.
Hélas, on peine à trouver des responsables politiques qui aient le courage de le dire en public. Les citoyens, eux, semblent prêts à l’entendre. Près de trois sur quatre (73 %) souscrivent à l’idée que l’Europe ne peut plus compter que sur elle-même pour sa défense, selon un sondage Cluster 17/Le Grand Continent réalisé en janvier dans sept pays européens, dont les cinq les plus peuplés. Les opinions ont bien compris qu’en ce début 2026, le tableau géopolitique n’a jamais été aussi sombre depuis les pires heures de la guerre froide.Une épée de Damoclès
A l’Est, Moscou vise la domination de toute une partie du continent, comme à l’époque soviétique. A l’Ouest, la dépendance à l’égard des États-Unis n’est plus seulement un handicap pour l’Europe : elle est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. Malgré le recul tactique de Trump sur...
-
26/01 - En Chine, un général accusé d’espionnage : la chute du plus fidèle haut gradé de Xi Jinping
C'est l'aboutissement d'un long processus de purges au sein de l'Armée populaire de libération. Samedi 24 janvier, le ministère de la Défense chinois a annoncé l'ouverture d'une enquête contre le général Zhang Youxia, vice-président de la Commission militaire centrale (le principal organe de décision militaire du Parti communiste), et le général Liu Zhenli, chef d'état-major interarmées. Les soupçons portent sur "de graves violations de la discipline du Parti et des lois de l'Etat", selon l'armée chinoise.
Le premier est également accusé d'avoir transmis aux Etats-Unis des informations sur le programme d'armement nucléaire chinois, et d'avoir touché des pots-de-vin pour la promotion de tel ou tel gradé, révèle le Wall Street Journal. Les autorités examineraient également la manière dont il a supervisé l'agence chargée de la recherche, du développement, et de l'acquisition du matériel militaire.
Selon des sources interrogées par le journal américain, Zhang Youxia - autrefois considéré comme le plus grand allié militaire du président Xi Jinping - est avant tout accusé d'avoir formé "des cliques politiques" et des réseaux d'influence "qui sapent l'unité du parti". Si l'opacité du système chinois complique la compréhension des motivations du président chinois, cette mise à l'écart semble s'inscrire dans une série de purges menées par le Parti depuis l'été 2023.Conquête de Taïwan
Au cours des deux dernières années, de nombreux hauts gradés et commandants opérationnels (dont celui en charge de Taïwan), et plus de 50...
-
26/01 - ICE : la controversée police anti-immigration de Donald Trump
-
26/01 - Alain Joyeux : "Les classements actuels des écoles ? Prenons de la distance..."
Depuis plus de trente ans, les classements des écoles de commerce rythment la vie de l’enseignement supérieur français. Parents, lycéens, étudiants, écoles et recruteurs s’y réfèrent massivement. Pourtant une question finit par s’imposer : que mesurent-ils vraiment ?
Avec ce cahier spécial, L’Express Éducation et NextEdu proposent, en partenariat avec Opinion Way, une approche inédite, partant d’une interrogation simple : quelle est la réputation des grandes écoles de commerce auprès de celles et ceux qui ont, in fine, le pouvoir de recruter leurs diplômés ?
Au-delà du palmarès, ces articles invitent à prendre du recul. Ils donnent la parole aux dirigeants, qui racontent comment ils utilisent - ou non - ces outils, et aux étudiants, dont ces tableaux orientent en partie l’avenir.
>> Notre classement 2026 des grandes écoles de commerce
L'Express : Les classements exercent-ils une influence sur les élèves de classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) ?
Alain Joyeux : Le seul qui compte vraiment aux yeux de nos étudiants est le classement des données du SIGEM*, basé sur un seul critère : les choix d’écoles opérés par les étudiants après les concours des deux banques d’épreuves d’admission dans les grandes écoles de commerce. Nos étudiants le connaissent par cœur ! Chez les parents et les lycéens, c’est un peu différent. Les titres du type "les meilleures prépas pour intégrer le top 10 des écoles de commerce", peuvent avoir de l’influence - mais une fois en classe prépa, seul le SIGEM compte. C’est sans doute...
-
26/01 - Manuel Valls
Manuel Valls revient toujours là où on ne l’attend pas. Ancien Premier ministre de François Hollande, il quitte le Parti socialiste en juin 2017 après 37 ans d’adhésion, défait par Benoît Hamon à la primaire, isolé dans sa famille politique, mais prompt à soutenir Emmanuel Macron. Il n’obtient pourtant pas l’investiture LREM aux législatives, s’impose de justesse en Essonne face à La France insoumise, et voit son élection validée malgré des irrégularités. En 2018, il tourne le dos à l’Assemblée pour briguer — sans succès — la mairie de Barcelone. En 2024, surprise : Valls retrouve un maroquin. François Bayrou le nomme ministre des Outre-mer, symbole d’un retour aussi inattendu que révélateur. Transfuge assumé, figure clivante, Manuel Valls continue de naviguer entre fidélité républicaine et calcul personnel. Une constante chez lui : ne jamais se laisser exclure du jeu.
-
26/01 - Mort d’Alex Pretti à Minneapolis : la dérive autoritaire de Donald Trump fissure le camp républicain
Une deuxième fusillade mortelle perpétrée par des agents fédéraux à Minneapolis a replacé la politique d'immigration du président Donald Trump sous le feu des critiques, suscitant la colère des démocrates et l'embarras des républicains. Des agents de la police de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement ou ICE) ont tué deux citoyens américains dans la ville ce mois-ci, dont l'infirmier Alex Pretti samedi, lors d'affrontements avec des manifestants indignés par la vague de répression menée par l'administration Trump.
Première conséquence, le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a déclaré que son parti voterait contre le projet de loi de financement incluant des fonds pour le département de la Sécurité intérieure, qui supervise l'ICE, l'agence fédérale de l'immigration. Le Congrès a jusqu'au 30 janvier pour voter les crédits du gouvernement, sous peine de paralysie partielle de celui-ci. Dans une déclaration publiée dimanche, Chuck Schumer a affirmé que les républicains devraient "se joindre aux démocrates pour réformer en profondeur l'ICE et le CBP afin de protéger le public", faisant référence aux services des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.
Les démocrates modérés, qui ont rompu avec leur parti lors du blocage du gouvernement l'an dernier et qui ont été les plus prudents pour ne pas apparaître comme hostiles aux forces de l'ordre, se sont joints à cet appel. "Il ne s'agit clairement pas d'assurer la sécurité des Américains, mais de brutaliser les citoyens...
-
26/01 - "Le début d’une nouvelle ère" : en Ukraine, la révolution des robots terrestres
En cette matinée glaciale de janvier, près de la ligne de front, trois soldats ukrainiens de la 47e brigade mécanisée "Magura" attendent avec inquiétude leur évacuation. Deux d’entre eux viennent d'être grièvement blessés par une attaque de drones ; ils ne sont plus capables de marcher. Soudain, leur sauveteur émerge du brouillard : un robot terrestre, sorte de plateforme montée sur roues et contrôlée à distance par un opérateur grâce à une caméra embarquée. "Il n'était pas possible de venir avec un tank ou une voiture, retrace l’un des infortunés, nom de code "Chuck", dans une vidéo publiée après coup par sa brigade. Les Russes l’auraient immédiatement détecté et il y avait des mines partout... Seul ce robot en était capable."
Cette exfiltration de haute voltige n’était pas la première du genre réalisée sur le terrain de guerre ukrainien. En novembre, un autre robot, baptisé "Maul", avait déjà réussi l’exploit de se frayer un chemin entre les mines et les drones russes pour ramener un soldat ukrainien blessé, pris au piège derrière les lignes ennemies et obligé de se cacher pendant un mois. En Ukraine, son histoire a fait sensation. "Jusqu'à 30 % des missions de robots terrestres consistent à évacuer des soldats blessés sous le feu ennemi", explique, à Kiev, Yuriy Poritskiy, le PDG de l’entreprise de systèmes robotiques DevDroid. Résultat, début janvier, sa société a annoncé la production en série de ce système doté d’un habitacle blindé, en forme de cercueil, pour protéger son occupant.
Après les drones aériens et...
-
26/01 - La viande toujours plus chère en Europe : combien coûte un steak chez nos voisins ?
"C’est du jamais vu", commente l’agroéconomiste Jean-Paul Simier. En cinq ans, le prix de la viande a augmenté de 30 % dans l’ensemble de l’Union européenne. Une flambée alimentée par la diminution des cheptels et du nombre d’éleveurs, la moindre demande pour les protéines animales et la multiplication des maladies touchant les troupeaux. A ce rythme, manger un steak deviendra bientôt un luxe inaccessible.
En France, les consommateurs paient déjà un prix 30 % plus élevé que la moyenne de l'UE selon Eurostat, qui tient compte des différences de revenus d’un pays à l’autre. Cet écart tient d’abord à notre spécificité : en France, on consomme historiquement de la viande de bœuf issue de l’arrière de l’animal, comme la bavette ou le faux-filet. Des pièces de qualité, plus chères. Les marges des intermédiaires contribuent aussi à gonfler l’addition, alimentant la colère des agriculteurs sur fond d’accord Mercosur. Leur crainte ? Que la viande sud-américaine importée se concentre sur le haut de gamme, produisant les mêmes dégâts que le bœuf néo-zélandais.Allemagne : l’effet charcuterie à la rescousse des ménages
Comme la France, l’Allemagne voit elle aussi son cheptel diminuer dangereusement. Et ses ménages paient leur viande plus cher que dans l’ensemble de l’Union. Cependant, à revenus comparables, l’addition y est un peu moins salée. Une conséquence de "l’effet charcuterie", viande bon marché largement consommée outre-rhin. Les végans, eux, se réjouissent. Selon une enquête récente menée dans plusieurs supermarchés, le...
-
26/01 - "Des millions d’Irlandais tenteraient d’émigrer..." : le scénario catastrophe d’un arrêt de l’Amoc
C’est sans doute le scénario climatique qui a fait couler le plus d’encre au cours de ces derniers mois. Il décrit un possible affaiblissement des courants océaniques conduisant à un refroidissement durable et intense en Europe du Nord. En septembre dernier, le Conseil national de sécurité islandais a classé ce risque comme une "menace pour la sécurité nationale". Rien de tel en Irlande où la classe politique reste peu mobilisée sur le sujet, déplore John Gibbons, journaliste et conférencier basé à Dublin. Ironie de l’histoire, des voix s’élèvent aujourd’hui sur l’île pour demander un durcissement de la politique d’immigration alors qu’à l’avenir, les Irlandais eux-mêmes pourraient avoir besoin de trouver refuge dans un autre pays pour des raisons climatiques.
L’Express : Que disent les scientifiques au sujet des conséquences possibles d’un dérèglement de l’Amoc (Atlantic Meridional Overturning Circulation) en Irlande ? Contrairement à la France, votre pays est en première ligne.
John Gibbons : Les climatologues irlandais, notamment les professeurs John Sweeney et Peter Thorne, sont très inquiets. Ils ont tous deux fait part de leurs craintes publiquement. Dans une interview datant de novembre 2024, le professeur Thorne a décrit ce possible arrêt de l’Amoc comme une conjecture qui l’empêche de dormir la nuit. Dans le même entretien, il ajoute : "Plus le réchauffement est important, plus le risque et l’incertitude sont grands. Nous ne savons pas à quelle vitesse l’Amoc pourrait s’effondrer. Si cela prend à peine...
-
26/01 - Mikaa Mered, spécialiste du Groenland : "L’Otan n’a absolument pas la légitimité de négocier avec Donald Trump"
Est-ce sa peur panique de l’échec qui a conduit Donald Trump à changer de stratégie sur le Groenland ? Lui qui promettait une "annexion" façon Vladimir Poutine a subitement oublié le vocabulaire militaire et assuré, le 21 janvier, lors du Forum économique mondial à Davos, avoir conclu avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, le "cadre d'un futur accord" lui ouvrant "l’accès total" à ce territoire arctique. "Il n’y a pas de fin, il n’y a pas de limite dans le temps […] Nous obtenons tout ce que nous voulons, sans aucun coût", a-t-il claironné dans un entretien accordé à Fox Business.
Derrière ces fanfaronnades, le revirement spectaculaire de Donald Trump révèle l’absence de plan de son administration sur ce dossier. Et pour cause : l’armée américaine n’a ni les capacités d'envahir ni de mettre la région sous blocus, selon Mikaa Blugeon-Mered, chercheur senior en géopolitique de la transition énergétique à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Qu’il le veuille ou non, si Donald Trump veut étendre son influence, il dépend de ses partenaires européens. Entretien.
L’Express : Donald Trump semble avoir abandonné – à ce stade – l’option militaire au Groenland. Un choix pragmatique ?
Mikaa Blugeon-Mered : Il y a fort à parier que lorsque Trump s’est tourné vers ses "joint chiefs" - le Comité des chefs d'état-major interarmées – pour leur demander un plan d'invasion du Groenland, il ait vu des mines déconfites. Simplement parce qu'il n'y a pas de plan. Personne n'a prévu de faire la guerre sur ce territoire. Par...
-
25/01 - Ray Dalio, légende de Wall Street : "L’ordre mondial est au bord de l’effondrement, à moins que..."
Lorsqu’un des investisseurs en macroéconomie les plus renommés des États-Unis publie un livre expliquant que les planètes sont alignées pour faire basculer le monde dans le chaos, on tend l’oreille avec un mélange de fascination et d’appréhension. Et lorsque cet investisseur s’appelle Ray Dalio — celui-là même qui avait anticipé la crise financière mondiale de 2008 et la crise de la zone euro de 2010 —, l’estomac commence à se nouer. Dans son dernier best-seller, How Countries Go Broke (Simon & Schuster, 2025, non traduit), le fondateur de Bridgewater — l’un des plus grands fonds spéculatifs au monde — dissèque plusieurs siècles de cycles de dettes. Il montre comment ces crises s’entrelacent avec d’autres grandes forces perturbatrices — politiques, géopolitiques, naturelles et technologiques — qui, combinées, alimentent ce qu’il appelle le "Grand cycle" de transformation de l’ordre mondial. Ce cycle comporte six phases. Et selon ses calculs, nous sommes déjà dans la cinquième. Les grandes démocraties avancent ainsi à reculons dans un cycle historique bien connu : celui du déclin des empires, marqué par l’explosion des dettes, la montée des extrêmes, et le retour de l’autoritarisme, "comme ce fut le cas durant la période 1930‑1945", explique-t-il dans un entretien exclusif accordé à L’Express.
Car, il en est désormais certain : "L’ordre multilatéral que nous avons connu depuis 1945 n’aurait jamais dû être considéré comme un ordre permanent". Il est donc logique, au regard de l’histoire, que les États-Unis, en...
-
25/01 - Antoine Levy répond à Gabriel Zucman : "Le décrochage de l’Europe par rapport aux Etats-Unis est réel et inquiétant"
Le PIB par habitant des Etats-Unis représente aujourd’hui le double de celui de l’Union européenne. Mais dans une tribune parue dans Le Monde, Gabriel Zucman récuse l’idée d’un décrochage de l’Europe. "L’idée d’une sclérose européenne face à un supposé eldorado américain ne repose pas sur grand-chose", écrit le directeur de l'Observatoire européen de la fiscalité. Dans la chronique qu'il tiendra chaque mois dans L'Express sous forme d'entretien, l'économiste français de Berkeley Antoine Levy répond point par point à ses arguments.
L’Express : Selon Gabriel Zucman, l’explosion du coût de la vie outre-Atlantique annihile la croissance américaine. Qu’en pensez-vous ?
Antoine Levy : Il y a d’abord un débat sur les instruments de mesure. C’est une question assez subtile. Cherche-t-on à mesurer le pouvoir d’achat ou la capacité relative des pays à influencer le cours du monde et à acheter des biens, des services, des actifs chez les autres ? Ce sont des mesures très différentes. Le recul de l’Europe est particulièrement visible si on le mesure en dollars courants. Le décrochage du taux de change a conduit à une divergence importante, en dollars, des PIB par habitant entre les Etats-Unis et l’Europe. Si l’on veut mesurer le pouvoir d’achat en termes de biens échangeables sur les marchés internationaux comme les smartphones et les voitures, d’acquisitions de nouvelles technologies ou de tourisme, cette valeur en dollars courants est pertinente. En revanche, si vous voulez plutôt mesurer le pouvoir d'achat local des gens, qui...
-
25/01 - Mercosur : la Commission européenne sur le point de passer en force ?
Le soulagement des agriculteurs français pourrait n'être que de courte durée. Certes, mercredi 21 janvier, l'approbation par le Parlement européen de la saisine de la Cour de justice européenne (CJUE) pour vérifier la validité de l'accord avec le Mercosur a résonné comme une victoire pour les producteurs agricoles européens opposés au texte. De quoi retarder d'au moins un an et demi le processus de ratification, le temps pour la justice européenne de rendre ses conclusions. Mais le vote des eurodéputés ne change en définitive pas grand-chose au sort immédiat du traité commercial, contesté par ailleurs par plusieurs membres des 27, en particulier la France et la Pologne. En cause : un élément juridique qui pourrait être utilisé par la Commission européenne pour faire appliquer provisoirement le texte. Une application provisoire légalement possible
De quoi parle-t-on exactement ? Concrètement, tout traité commercial européen doit être approuvé par le Parlement européen pour être ratifié par Bruxelles, et donc entrer en vigueur définitivement. Signé avec les pays fondateurs du Mercosur par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen à Asunción (Paraguay) le 17 janvier dernier, le texte est donc encore loin d'en être à cette étape, dans l'attente des vérifications de la CJUE. Mais, lors d'une dernière session de négociations à Bruxelles au début du mois, ce long chemin juridique avait été anticipé par une décision du Conseil de l'Union européenne. Ainsi, ce dernier a acté le 9 janvier le principe d'une mise...
-
25/01 - Des enfants maltraités dans un hôpital pédopsychiatrique près de Paris : enquête sur les dérives de la Fondation Vallée
A chaque fois qu’il passe à proximité des locaux de la Fondation Vallée, Mathieu*, 13 ans, ressent un immense malaise. La peur qui remonte et qui lui serre le ventre. Les mauvais souvenirs. L’envie de partir le plus loin possible. Quatre années se sont écoulées, mais le traumatisme de son séjour dans cet établissement pédopsychiatrique situé à Gentilly (Val-de-Marne) reste toujours aussi vif. A l’époque, il est régulièrement pris d’immenses colères. Des colères explosives, incontrôlables. Meubles cassés, portes enfoncées. Quand sa maman veut le calmer, il la frappe, lui arrache des cheveux, par touffes entières. Tous les jours ou presque, ils se retrouvent aux urgences psychiatriques de l’hôpital Bicêtre, parfois accompagnés par la police. Un soir où Mathieu finit par casser aussi le bureau du psychiatre qui le reçoit, le médecin décide de l’hospitaliser.
Ce sera donc à la Fondation Vallée, à quelques pas de là. Un établissement de 70 lits, la plus grosse capacité d’accueil en pédopsychiatrie du pays. "Il faut vous imaginer, j’ai 9 ans, et je me retrouve séparé de ma maman que je n’ai presque jamais quittée. Je ne peux lui parler qu’une fois dans la semaine au téléphone, pas plus de quelques minutes", se rappelle-t-il. Pendant six longues semaines, Mathieu ne fait quasiment rien de ses journées. Les activités ou même les consultations sont rares. Il garde des souvenirs de jouets cassés, de courtes sorties dans une aire de jeux minuscule, de repas où il ne faut pas faire de bruit avec ses couverts, sinon son petit...
-
25/01 - Etats-Unis : le meurtre d’un manifestant tué par l’ICE envenime la crise qui secoue Minneapolis
En quelques heures, il est devenu une nouvelle figure de la contestation contre la police de l'immigration. Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, est mort ce samedi 24 janvier à Minneapolis, aux États-Unis, lors d'un nouveau rassemblement destiné à dénoncer les méthodes pratiquées dans la ville par l'ICE, organe directement piloté par l'administration Trump. Cet homme est la deuxième personne tuée par les agents fédéraux depuis le début de l'année dans la ville la plus peuplée du Minnesota, devenue l'épicentre de la fronde contre la politique d'expulsion massive orchestrée par le président américain depuis son retour au pouvoir. En 2020, la métropole avait déjà été traumatisée par la mort de George Floyd, un homme afro-américain tué lors d'un contrôle de police.Version contre version
D'après le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), Alex Pretti s'est approché des membres de l'ICE armé d'un pistolet 9mm semi-automatique. Ceux-ci auraient alors tiré des "coups de feu défensifs" pour se protéger. Le trentenaire aurait alors "violemment résisté" lorsque les forces de l'ordre auraient tenté de le désarmer. Mais une vidéo de la scène met en doute la version des autorités fédérales. Sur les images, Alex Pretti, téléphone portable à la main, prend la défense d'une femme interpellée par les forces de l'ordre. Visé par des gaz lacrymogènes, il est mis au sol, puis frappé par les agents. Des coups de feu retentissent alors. Selon le Washington Post, Alex Pretti portait bien sur lui une arme de poing, arme pour laquelle il avait...
-
25/01 - Etudes à l’étranger, le boom des experts en orientation : "Les candidatures se préparent deux ou trois ans à l’avance"
Jacques, 18 ans, se souvient avec amusement du matin où il a appris son admission à Harvard, en décembre 2024. "Décalage horaire oblige, mon père a reçu le mail de réponse à l’aube. Il est venu me réveiller pour m’annoncer la bonne nouvelle. Je le revois encore courir dans tout l’appartement en poussant des cris de joie !" raconte-t-il. La stratégie familiale aura donc porté ses fruits. Deux ans plus tôt, les parents du jeune homme avaient fait appel à Anywhere Uni. Cette société spécialisée dans les études à l’étranger les a accompagnés à chaque étape : constitution de dossiers, préparation aux tests de niveau, rédaction et peaufinage des lettres de motivation. Un long travail de suivi, d’autant que Jacques a multiplié les candidatures, au Canada, en Angleterre, en Suisse ou encore aux Etats-Unis… Pays où il a finalement posé ses valises, parmi d’autres étudiants venus du monde entier.
Ceux qui rêvent de suivre un cursus hors de nos frontières sont de plus en plus nombreux à mettre toutes les chances de leur côté en recourant aux services d’experts. Avant de lancer sa société Anywhere Uni, Alban Ferrieu a été conseiller d’orientation au Lycée français de Toronto pendant cinq ans puis à l’American Community School de Londres et dans une grande école anglaise basée à Singapour. Fort de son expérience à l’étranger, il se lance à son compte à son retour en France il y a trois ans. "Beaucoup de parents nous consultent lorsque leur enfant est en terminale. Mais à ce stade, c’est souvent trop tard. Les candidatures...
-
25/01 - De Pink Floyd à Vladimir Poutine : Roger Waters, droit dans le mur
En mai 1980, l’ennemi n°1 du gouvernement sud-africain est un 33 tours : l’album The Wall, dernier né du groupe Pink Floyd. Depuis peu, sa chanson phare, Another brick in the wall, est devenue l’hymne d’étudiants mobilisés contre les inégalités raciales. Le titre, signé Roger Waters, chanteur, bassiste et parolier du quatuor britannique, est finalement banni des bacs par le régime qui applique l'apartheid.
Dix ans plus tard, plus au Nord, la guerre froide touche à sa fin. Le rideau de fer se fissure. Roger Waters a entamé une carrière en solo. C’est au tour de Berlin de s’enflammer sur le tube devenu symbole de la lutte contre les oppressions, lors d’un concert choral organisé par le rockeur à Potsdamer Platz pour commémorer la chute du mur. La stature politique de The Wall, comme de son auteur, est consacrée.
Un lecteur tombé en catatonie à la fin du siècle dernier et réveillé récemment serait probablement sidéré. En 2026, l’octogénaire qui, jadis, pourfendait dans ses textes le totalitarisme, l’impérialisme et le fascisme minimise désormais la responsabilité du maître du Kremlin dans l’invasion de l’Ukraine, défend le régime islamique de Téhéran, et fustige un "lobby juif extraordinairement puissant". Au point d’être qualifié par l’écrivaine Polly Samson, l’épouse du guitariste du groupe, David Gilmour, d’"apologiste de Poutine" et d’"antisémite jusqu’à la moelle". La faute à la CIA
Il semble loin, le temps où le chanteur disait se tenir aux côtés du mouvement iranien Femme, Vie, Liberté. Désormais, le rockeur...
-
25/01 - Andrea Bajani : rencontre avec le romancier italien qui traque le "Mussolini intérieur"
Devons-nous engager Andrea Bajani comme égérie de la nouvelle version de L’Express ? A peine nous sommes-nous assis en face de lui chez Gallimard qu’il nous déclare ceci (dans un français limpide) : "Quand je vivais en Italie et que je venais en France, je me sentais à l’étranger. Maintenant que j’habite au Texas, quand j’arrive à Paris, je me dis que je suis à la maison – c’est la maison Europe. L’Europe a une identité forte que je ressens mieux avec la distance, encore plus dans le contexte actuel, vu ce qui arrive aux Etats-Unis…"
Bajani, 50 ans, est professeur de littérature à l’université Rice, à Houston, et l’auteur d’une demi-douzaine de romans dont le dernier, L’Anniversaire, a obtenu le prix Strega (l’équivalent de notre Goncourt) et fait parler un peu partout chez nos voisins – il a déjà été publié en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, en Hongrie et en Grèce, et paraîtra cet été en Angleterre. Le livre, sombre et aiguisé, brosse le portrait d’un père autoritaire dans la banlieue turinoise, des années 1970 à aujourd’hui. Ceux qui s’attendent à une Italie de carte postale risquent de tomber de leur Vespa. Il n’est pas question ici de spritz dégustés sur la côte amalfitaine, l’austérité du récit fait plus penser à un Suisse tourmenté (Fritz Zorn), à deux Autrichiens lugubres (Thomas Bernhard, Peter Handke) et au plus spleenétique des Austro-hongrois (Franz Kafka) : "Je n’ai jamais entendu parler de ce Fritz Zorn… Mars, dites-vous ? J’irai acheter ça après notre entretien. Pour le reste, vous visez...
-
25/01 - ICE, la machine à cash de Donald Trump : enquête sur une police qui se "wagnérise"
Le magot tenait dans un sac en papier jaune vif, aux couleurs de la chaîne de fast-food méditerranéenne américaine Cava. A l’intérieur, pas plus de salade grecque que de "Falafel Crunch", mais un casse-croûte bien plus alléchant : 50 000 dollars en liquide. La scène se déroule au Texas, en septembre 2024, à deux mois de la présidentielle aux Etats-Unis. Des agents du FBI grimés en hommes d’affaires ont rendez-vous avec Tom Homan, qui a dirigé le Service de l’immigration et des douanes (ICE) en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. L’homme dirige désormais un cabinet de conseil, Homeland Strategic Consulting LLC. Le FBI a appris qu’il faisait miroiter à ses clients de juteux contrats fédéraux en cas de retour de Trump à la Maison-Blanche… moyennant commission. Pour en avoir le cœur net, la police monte une opération sous couverture. Homan tombe dans le piège, promet monts et merveilles à ces faux contractuels en sécurité privée, et repart avec le sac jaune bourré de billets remis par ses interlocuteurs. La séquence, explosive et enregistrée, est décrite dans des documents confidentiels de l’enquête pour corruption ouverte contre Homan, révélés par plusieurs médias américains un an après les faits, en septembre dernier.
Entre-temps, Donald Trump est revenu au bureau Ovale. La suite ? Un classique du trumpisme : dossier enterré et promotion éclair pour le camarade Homan, érigé en "tsar des frontières" à la Maison-Blanche pour mener une guerre sans merci aux migrants. Ses anciens clients peuvent se réjouir,...
-
25/01 - Art tissé : à la rencontre d’Alain Chanard, le "faiseur de chair" d’Aubusson
A la Cité internationale de la Tapisserie d'Aubusson, Alain Chanard est chez lui. A peine passé le seuil, le voilà assailli par les mots de bienvenue, à commencer par ceux des élèves du BMA Arts et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse, pour lesquels le fringant retraité de 75 ans anime deux fois par an un séminaire. Entre deux sourires adressés aux uns et aux autres, il se raconte à L’Express : dès l’école primaire, féru de dessin et d’arts décoratifs, le jeune Aubussonnais décide qu’il sera lissier. Mais, jamais, il n’aurait alors imaginé contribuer à la création d’une œuvre emblématique du XXe siècle : Chant du monde, de Jean Lurçat, dont les dix panneaux, conservés à Angers, vont réintégrer leur ville d'origine, le temps d'une exposition, le 4 avril prochain.
"En 1966, j’avais 16 ans, je faisais mes gammes à la manufacture Tabard, se souvient Alain Chanard. Il y avait là huit artisans chevronnés, chargés de tisser Ornomentos Sagrados (Ornements sacrés), le 10e panneau de l’œuvre-testament de Lurçat, et ils m’ont choisi, parmi les 14 apprentis de l'entreprise, pour travailler avec eux. J’étais très impressionné d’intervenir sur une pièce aussi conséquente - 10,50 mètres de longueur sur 4,40 mètres de largeur -, sachant que l’ensemble de la tenture se déploie sur 80 mètres et utilise un chapelet de 96 couleurs. Ça a été une expérience inoubliable." Alain Chanard pose au milieu des collections de la Cité (ici, un portrait tissé de Jean-Charles de Cordes, d'après Rubens ou Van Dick).
Alain Chanard a une autre...
-
25/01 - Classements des écoles de commerce : comment font nos voisins européens ?
Salaires des diplômés, profil du corps professoral, accréditations internationales… Si des différences culturelles existent d’un pays européen à l’autre et nuancent la manière d’évaluer la performance des établissements, les classements n’en demeurent pas moins incontournables à l’échelle du continent. Attendus par les familles, scrutés par les entreprises, ils constituent partout un rendez-vous stratégique pour les écoles. "Beaucoup de pays disposent de leur propre classement, généralement publié par un journal", indique Jamil Salmi, économiste spécialiste de l’enseignement supérieur. Ces palmarès nationaux reposent souvent sur des indicateurs proches, mais avec des variantes selon l’organisme qui les édite.
Très suivis par les étudiants, ils ont encore gagné en importance avec l’internationalisation des cursus des écoles de commerce. Les meilleurs établissements européens se font désormais concurrence et se mesurent aux établissements états-uniens ou chinois. Dans cette compétition, un arbitre reconnu s’impose : le Financial Times. "Il s’agit du classement le plus observé en Europe ", souligne Jamil Salmi. Il joue un rôle central dans la course aux premières places à laquelle se livrent les écoles, et illustre le poids croissant des journaux dans cette bataille académique. Le label "certifié par un grand média" étant largement mis en avant dans la communication des établissements. Pour décrypter les logiques, les méthodes et les limites des palmarès de nos voisins, L’Express a interrogé quatre experts européens....
-
25/01 - Automobile : avec le rétrofit, la voiture s’affranchit de plus en plus de son conducteur
Un rendez-vous à l'atelier, un devis, un calculateur posé sur l’établi. Tesla a rappelé que la vision d’une voiture assimilée à un ordinateur sur roues reste contrainte par l'équipement matériel. Elon Musk a reconnu que ses véhicules dotés de l’ordinateur de conduite HW3 devront être modifiés pour profiter des capacités avancées du Full Self-Driving (FSD). Si même un constructeur intégré doit "rétrofiter" ses propres créations, que vaut la promesse de transformer n’importe quelle voiture existante en véhicule autonome ?
La taxonomie J3016 de la Society of Automobile Engineers pose le cadre. Le niveau 2 correspond à une conduite supervisée : le système peut combiner maintien dans la voie et régulation de vitesse, mais le conducteur doit surveiller en permanence la route et reste responsable. Le niveau 3 sanctionne une conduite automatisée sous conditions : dans un domaine d’exploitation défini, le système pilote seul et demande parfois une reprise en main. Le niveau 4 va plus loin : le véhicule peut se débrouiller dans un cadre restreint, sans intervention humaine, mais pas partout, ni tout le temps.
À partir de là, la mise à jour, ou rétrofit, recouvre trois catégories. D’abord le rétrofit fabricant, quand le constructeur met à niveau son parc : il contrôle l’architecture électronique, la chaîne de service, les procédures, et endosse la responsabilité du produit. Comme Tesla. Ensuite, le rétrofit industriel destiné à des flottes, à grand renfort de capteurs additionnels et de validations dans un périmètre d’usage...
-
25/01 - Les Gardiens de la révolution iraniens sanctionnés par l’UE ? "C’est le KGB personnel de Khamenei"
"En voyant les images, je n’arrive pas à retenir mes larmes." Après le massacre à huis clos des dernières semaines en Iran, Mohsen Sazegara est encore sous le choc. Ce journaliste et activiste de 71 ans, qui vit aujourd'hui exilé aux Etats-Unis, a pourtant tout connu politiquement en Iran : le régime du Chah où il est pourchassé par les services de renseignement, le voyage en France avec l'ayatollah Khomeyni jusqu'à l'établissement de la République islamique en 1979 où il a été l'un des concepteurs des Gardiens de la révolution. "Au départ, cela devait ressembler à une sorte de Garde nationale comme aux Etats-Unis...", affirme-t-il. Ancien directeur de la radiotélévision d’État puis vice-ministre, notamment du Budget, il laisse la politique derrière lui après la mort de Khomeyni en 1989. Constatant depuis longtemps les nombreuses dérives du régime, il commence à fréquenter de nombreux cercles réformateurs, puis candidate à l'élection présidentielle de 2001 (rejetée par le Conseil des Gardiens), avant de devenir un opposant farouche à Khamenei ce qui lui a valu des séjours à la prison d'Evin et plusieurs grèves de la faim.
Aujourd'hui, cette répression en cours en Iran lui rappelle les pires heures de "Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein ou Bachar el-Assad" et invoque "la responsabilité morale" de Donald Trump qui n'a pas apporté l'aide promise aux manifestants. Dans un entretien à L'Express, celui qui est devenu chercheur invité en sciences politiques dans de prestigieuses universités comme Yale et Harvard,...
-
25/01 - Asthme allergique : une piste pour le prévenir, par le Pr Alain Fischer
L’asthme est une maladie chronique, cause d’épisodes de gêne respiratoire qui affectent la qualité de vie. Il peut dans quelques cas (environ 5 %) être grave. L’asthme est d’origine allergique (acariens, pollen…) chez 70 % des patients. La prévalence de cette pathologie augmente dans l’environnement moderne du fait des conditions de vie de la population et d’un moindre contact dans la toute petite enfance avec le monde microbien, en lien avec les progrès de l’hygiène. Environ 8 % de la population est atteinte. Des traitements symptomatiques efficaces ont été mis au point, permettant de soulager les patients lors de crises. Il n’existe cependant pas de traitement curatif, même si certains médicaments (en dehors de l’éviction d’allergènes identifiés) sont capables d’en réduire la fréquence.
Les mécanismes de la maladie sont bien connus. L’allergène déclenche une réponse immunitaire liée à la présence d’anticorps particuliers appelés IgE qui, fixés sur certains globules blancs comme les éosinophiles ou les mastocytes, induisent instantanément la production de molécules responsables des manifestations de l’asthme : hyperréactivité des bronches avec bronchoconstriction et production de mucus. A la longue, une inflammation chronique des bronches s’installe. Des facteurs génétiques multiples et environnementaux (tabac, poussière, pollution) se trouvent à l’origine de l’asthme. L’hypothèse du rôle d’infections respiratoires précoces du nourrisson dans son déclenchement est suspectée mais débattue.
Récemment, une équipe...
-
25/01 - François-Régis de Guenyveau : "A force de tout moraliser, on s’ennuie à crever"
Et si l'intelligence artificielle, non contente de signer l'arrêt de mort de milliers de métiers, finissait par vivre en lieu et place de l'homme ? Enoncée comme tel, la thèse explorée par François-Régis de Guenyveau dans son génial roman Simulacre (Fayard), couronné du prix littéraire et scientifique Ada* dont L’Express est partenaire, a tous les ingrédients d'une dystopie technophobe concoctée pour dénoncer le danger de l'IA. Et pourtant, c'est précisément l'exact l'inverse que l'écrivain raffine à travers ses lignes.
Dans Simulacre, le véritable péril vient, non pas des intelligences inhumaines, mais bien de l'intelligence humaine ; celle des idéologues ou magnats de la tech qui, exerçant un monopole sur ces technologies de l'avenir, en décideraient. L'IA n'est d'ailleurs pas peinte comme plus dangereuse que l'art (colonne vertébrale du roman), elle est en revanche tout autant que l'art, utilisée davantage comme un moyen qu'une fin : moyen, tantôt de s'enrichir, tantôt d'imposer sa grille de lecture au reste de l'humanité, lorsqu'elle ne sert pas les deux en même temps.
Dans cette mare de cynisme, la liberté d'être agonise. Penser sans modèle préconçu, créer en dehors des injonctions morales, jusqu'à vivre, simplement, devient impossible, peut-être même impensable. Voici là tout le Simulacre. Entretien.
L'Express : Dans Simulacre, vous imaginez une révolution anthropologique sans précédent : une société où le remplacement de l'homme par la machine serait tellement poussé à son paroxysme, que ce dernier...
-
24/01 - Dette américaine : qui sont les principaux créanciers européens des Etats-Unis ?
"Malgré toute leur puissance militaire et économique, les Etats-Unis présentent une faiblesse majeure : ils dépendent des autres pour financer leurs dépenses (...). L’Europe a le Groenland, elle détient aussi une grande quantité de bons du Trésor américain", rappelait la semaine dernière dans une note George Saravelos, un responsable de la Deutsche Bank.
Confrontés aux menaces militaires et économiques des Etats-Unis, certains proposent en Europe d'utiliser l'arme du chantage à la dette. Mercredi, le fonds de pension suédois Alecta a ainsi annoncé avoir vendu la majeure partie de ses bons du Trésor américains, tandis que deux fonds danois (AkademikerPension et Pædagogernes Pensionskasse) se sont débarrassés de la moitié de leurs "Treasuries", en raison "du déficit américain", mais aussi "de l'incertitude politique".
Face à cette menace, qui pourrait rendre plus coûteux le financement de la dette des Etats-Unis, Donald Trump a haussé le ton. Depuis Davos, il a menacé de "grosses représailles" les pays européens qui vendraient des titres de la dette américaine, dans le but de faire pression sur Washington. Mais quelle part est détenue à l'étranger, en particulier par les Européens ?Le Royaume-Uni, premier créancier européen
Début 2026, la dette publique américaine a atteint un record historique : plus de 38 000 milliards de dollars, afin de financer les dépenses, et compenser un déficit public lui aussi abyssal. Comme la plupart des pays, les Etats-Unis se financent auprès de créanciers étrangers :...
-
24/01 - "Le retard sur le Mercosur a déjà fait perdre 291 milliards d’euros à l’Europe" : le calcul choc de l’économiste Oscar Guinea
Ce devait être un jour historique. En signant, le 17 janvier à Asuncion, capitale du Paraguay, le traité de libre-échange avec le Mercosur, la présidente de la Commision européenne, Ursula von der Leyen, espérait clore un quart de siècle de négociation. C’était sans compter la pugnacité de ses opposants. Moins d’une semaine plus tard, le Parlement européen a voté la saisine de la Cour de justice européenne pour vérifier la validité juridique du texte. Un nouveau revers pour les partisans de l’accord, dont l’entrée en vigueur pourrait être retardée d’au moins un an, si ce n’est plus.
Comme un air de déjà-vu. En juin 2019, le prédécesseur d’Ursula von der Leyen, Jean-Claude Juncker, évoquait lui aussi un "moment historique" lors de la conclusion de l’accord politique. Des retards qui coûtent très chers à l’Union européenne, selon un rapport tout juste publié par l’European Centre for International Political Economy (ECIPE). Les résultats sont édifiants : entre 2021 et 2025, l’UE aurait perdu 291 milliards d’euros de PIB, soit l’équivalent de deux années de croissance économique nominale. Pour l’économiste espagnol Oscar Guinea, co-auteur du rapport et directeur à l’ECIPE, retarder une nouvelle fois l’entrée en vigueur du traité reviendrait à "désarmer l’Europe géopolitiquement".
L’Express : Après un vote très serré, les eurodéputés ont saisi la cour de justice de l’Union européenne au sujet de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Quelle a été votre réaction quand vous avez appris la nouvelle ?
Oscar Guinea : Une...
-
24/01 - Espions, complots et assassinats : la Rome antique, laboratoire du renseignement moderne
Le plus ignorant sait l'activité qui se cache sous la périphrase du "plus vieux métier du monde". Rares, en revanche, connaissent celle du deuxième "plus vieux métier du monde". Il faut dire que celui-ci commande encore davantage de discrétion, et peut-être un peu plus de vices. La discrétion, le vice... Dans les métiers du renseignement, deux "qualités" qui ne peuvent suffire si elles ne sont adossées à une loyauté indéfectible. Et la règle était encore plus vraie sous l'Empire romain qui grouillait - le saviez-vous ? - d'espions. "Vivre à Rome, où il y a tant d'yeux pour voir et tant d'oreilles pour entendre ce qui est et ce qui n'est pas ne permet guère d'y tramer de complot, à moins que l'on désire ardemment la mort", pose l'auteur grec Philostrate d'Athènes dans Vie d'Apollonios de Tyane au IIIe siècle de notre ère.
Pour comprendre la place qu'occupaient les "agents secrets" dans la Rome des Anciens, il suffit de se plonger dans le passionnant et magistral ouvrage de l'historienne américaine Rose Mary Sheldon intitulé Renseignement et espionnage dans la Rome antique. On y apprend que le métier d’espion recouvrait comme aujourd'hui des missions très diverses. Il ne s’agissait pas seulement de surveiller le voisin ou l’ennemi, mais également d'explorer avec les moyens rudimentaires de l'époque des zones géographiques inconnues, d’identifier de potentielles sources, de transmettre des messages, de saboter les dispositifs adverses ou encore d'orchestrer des assassinats.
Aucune fonction n'étant...
-
24/01 - Etats-Unis : ce que la nouvelle stratégie de défense américaine va changer pour le reste du monde
"L'Amérique d'abord. La paix par la force. Le bon sens". Le département américain de la Défense a dévoilé, vendredi 23 janvier, sa stratégie de défense nationale pour les prochaines années. Un document d'une trentaine de pages, le premier depuis 2022, qui offre un résumé de la vision de la politique étrangère de l'administration de Donald Trump.
Contrairement à l'orientation prise ces dernières années par les Etats-Unis, la menace représentée par la Chine n'est plus identifiée comme la priorité numéro 1. Washington entend plutôt privilégier la sécurisation de son territoire et la défense de ses intérêts dans l'hémisphère occidental, de l'Arctique à l'Amérique latine. Une annonce en cohérence avec les récents efforts de Donald Trump pour acquérir le Groenland, ou avec ses frappes militaires au Venezuela."L'Amérique d'abord"
Cette réorientation part d'un postulat : par leurs interventions étrangères successives, les précédentes administrations ont délaissé la protection des frontières étasuniennes et la défense de leur pré carré - à savoir, le continent américain, comme l'a énoncé le président James Monroe au début du XIXe siècle. "Elles ont ouvert nos frontières, oublié la sagesse de la doctrine Monroe, cédé notre influence dans notre hémisphère et délocalisé l'industrie américaine, y compris la base industrielle de défense", indique en prélude le Pentagone.
Avant de poursuivre : "Sous la direction de Trump, les Etats-Unis disposent désormais de l'armée peut-être la plus puissante que le monde ait jamais connue. Le...
-
24/01 - Par sa bêtise, Donald Trump met en lumière les vérités qu’on voudrait ignorer, par Pierre Bentata
Pour qui se soucie de cohérence et de bienséance, chaque mot de Donald Trump est une souffrance. Le président orange qui porte à la boutonnière un pin’s de son propre visage réunit tous les vices. Il est menteur : durant son premier mandat, le Washington Post, le Toronto Star et la BBC ont estimé qu’il avait produit plus de trente mille informations fausses ou trompeuses, soit vingt et une par jour. Depuis son retour à la Maison-Blanche, la tendance s’est confirmée, au point que le New York Times qualifie sa communication de "machinerie de la désinformation".
Il est aussi grossier, comme en témoigne sa rencontre avec Volodymyr Zelensky dans le bureau Ovale. A cette occasion, il osera dire au dirigeant ukrainien dont le pays est attaqué par la Russie qu’il "n’a aucune carte en main" et qu’on "ne débute pas une guerre qu’on ne peut pas gagner". Passons aussi sur ces propos misogynes ou ses projets immobiliers à Gaza. Vulgaires en plus d’être grossiers.
Au-delà de la forme, il choque par son hypocrisie et son inculture. Hypocrite, lorsqu’il accuse les Européens de museler la liberté d’expression alors qu’il censure les médias et les voix dissidentes outre-Atlantique. Inculte pour ne pas dire imbécile, lorsqu’il prétend soigner le Covid avec de l’eau de Javel ou confond le Groenland avec l’Islande.Révélateur brutal
Devant un tel tableau, on serait tenté de disqualifier le moindre propos et de quitter la salle, comme l’a fait Christine Lagarde lors d’un dîner à Davos. On aurait tort. Non parce que Donald...
-
24/01 - Gaza : comment Israël continue de grignoter du terrain en avançant sa "ligne jaune"
L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, encadré par les Etats-Unis, était censé figer les lignes de front à Gaza. La trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, devait voir les troupes israéliennes se retirer au-delà d'une ligne jaune tracée sur les cartes militaires, et matérialisée sur le terrain par des blocs de béton peints en jaune, séparant le territoire palestinien en deux : une zone contrôlée par Tsahal, une autre contrôlée par le Hamas.
Mais des images satellites examinées par Reuters, appuyées par des témoignages de résidents, montrent qu'Israël a unilatéralement déplacé les blocs marquant la ligne d'armistice plus profondément dans la bande de Gaza, tout en détruisant des dizaines de bâtiments et en déplaçant des Palestiniens, en violation de l'accord de cessez-le-feu. Selon ces images, l'Etat hébreu a ainsi grignoté des dizaines, voire des centaines de mètres à l'intérieur du territoire contrôlé par le Hamas, et son armée a construit au moins six fortifications pour y stationner des troupes. Et ce alors même que la deuxième phase du plan de Donald Trump prévoit un nouveau retrait des troupes israéliennes.
L'élargissement de la zone de contrôle israélienne est particulièrement flagrant à Al-Tuffah, autrefois un quartier historique de la ville de Gaza, aujourd'hui transformé en un champ de ruines jonché de bâtiments détruits et de métal tordu après deux ans de bombardements israéliens. Après le cessez-le-feu d'octobre, des milliers de Palestiniens ont trouvé refuge à Al-Tuffah, où la "ligne jaune"...
-
24/01 - "Dans ce nouvel ordre néoroyaliste, Trump est comme un poisson dans l’eau" : le décryptage de deux chercheurs américains
Jamais le déclin de l’ordre libéral international, bâti au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, n’aura été aussi patent. Au Forum économique de Davos, le président français Emmanuel Macron n’a pu que le constater : nous sommes entrés dans "un monde sans loi où le droit international est bafoué". A la veille du discours de Donald Trump, Ursula von der Leyen a, quant à elle, invité l’Union européenne à "rompre avec sa prudence traditionnelle".
Une réaction trop timide, déplorent dans L’Express les politologues Stacie E. Goddard (Welleseley College) et Abraham Newman (Georgetown University). Selon eux, l’Union européenne, "dernier bastion de l’ordre libéral international", "ne doit plus baisser les yeux devant Donald Trump". Les deux chercheurs, auteurs d’un article remarqué dans la prestigieuse revue International Organization, décrivent l’émergence d’un ordre international "néoroyaliste", où la politique mondiale ne s’organise plus autour des États-nations ou des institutions internationales, mais selon les intérêts de cliques dirigeantes. Une grille de lecture qui éclaire d’un nouveau jour la politique étrangère de l’administration Trump. Entretien.
L’Express : Pour nombre d’observateurs, le déclin de l’ordre libéral international signerait le retour à un ordre westphalien, fondé sur la souveraineté des Etats-nations. Mais vous réfutez cette grille d’analyse et affirmez au contraire que le système international a évolué, ces dernières années, vers un modèle "néoroyaliste". Qu’entendez-vous par-là ?
Abraham Newman...
-
24/01 - Langue française : une ponctuation très au point
C’est injuste, mais c’est ainsi. En France, nulle avenue prestigieuse, nulle place grandiose, nul monument imposant ne sont dédiés à Geoffroy Tory ou à Etienne Dolet. Et pourtant, sans eux, la langue française n’aurait pas la même ponctuation.
Oh, je sais bien ce que certains modernes sont en train de penser. "La ponctuation ? On s’en moque !" (je reste poli). Alors, à ceux-là, je demande de comparer ce couple de phrases, devenu culte : "Et si on mangeait, les enfants ?" / "Et si on mangeait les enfants ?" Et là, normalement, nos modernes font soudainement moins les malins.
Ils l’ignorent tout autant, mais ces petits signes n’existaient pas au Moyen Age. C’est avec l’imprimerie que la situation a commencé à changer. Les lecteurs étant plus nombreux, on a souhaité les aider à déchiffrer les phrases et à marquer les pauses. Et c’est là que Tory, Dolet et les autres sont intervenus en introduisant, au XVIe siècle, qui l’apostrophe (lamourtappelle > l’amour t’appelle), qui la cédille (Macon/maçon), qui le point d’interrogation ou l’accent aigu.
Ces petits signes n’ont pas tous connu la même fortune. Si certains nous sont parvenus tels quels, d’autres ont changé de nom : le "point admiratif" est devenu le point d’exclamation et le "point double" nos deux points. D’autres encore ont disparu corps et biens, à l’image du "point suspensif" et du "point respondant". Nous y avons gagné en pratique ; nous y avons perdu en poésie…`
Source : Ecrire le français, par Gabriella Parussa. Editions Actes...
-
24/01 - Un week-end à Aubusson : une décennie de dialogue fécond entre artistes et lissiers
Dans l’ancien moulin aubussonnais transformé en manufacture par Robert Four en 1969, une trentaine de petites mains, toutes hautement qualifiées, s’affairent. Nathalie Paquet, la doyenne, entrée ici en 1982, est passée par toutes les étapes de fabrication des tapisseries. Aujourd’hui, elle officie à la couture pour en assurer les finitions. Pas loin, Manon Gruel, cernée par les chapelets de couleurs disséminés sur sa table de travail, élabore en miroir les cartons préparatoires qui serviront de repères à ses collègues lissières. A l’étage, Sarah Chassain, cheffe d’atelier basse-lisse, poursuit, point après point, la composition de George, un panneau autoportant de 23 mètres de longueur commémorant les 150 ans de la disparition de George Sand. Sur le métier depuis presque deux ans, la commande publique, dont la création picturale a été confiée à la plasticienne Françoise Petrovitch, sera dévoilée à la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson le 8 juin. Elle aura nécessité 8 000 heures de tissage à la main.
A la Cité, qui, depuis son inauguration en 2016, fait rayonner à travers le monde ses savoir-faire, se succèdent les cycles de tentures monumentales en hommage à la littérature et au cinéma. A l’automne 2025, la fresque tissée inspirée du film d’animation japonais Princesse Mononoké, star du pavillon français à l’Exposition universelle d’Osaka, a été vue par plus de 4,5 millions de visiteurs. Outre l’attraction exercée par cette première pièce d’une série consacrée à l’imaginaire des réalisateurs nippons...
-
24/01 - Grandes écoles : les classements vus par les DRH
Depuis plus de trente ans, les classements des écoles de commerce rythment la vie de l’enseignement supérieur français. Parents, lycéens, étudiants, écoles et recruteurs s’y réfèrent massivement. Pourtant une question finit par s’imposer : que mesurent-ils vraiment ?
Avec ce cahier spécial, L’Express Éducation et NextEdu proposent, en partenariat avec Opinion Way, une approche inédite, partant d’une interrogation simple : quelle est la réputation des grandes écoles de commerce auprès de celles et ceux qui ont, in fine, le pouvoir de recruter leurs diplômés ?
Au-delà du palmarès, ces articles invitent à prendre du recul. Ils donnent la parole aux dirigeants, qui racontent comment ils utilisent - ou non - ces outils, et aux étudiants, dont ces tableaux orientent en partie l’avenir.
>> Notre classement 2026 des grandes écoles de commerceMaud Jardin (Lucca)
"Nous avons créé le nôtre"Maud Jardin
"Nous recrutons entre 150 et 200 salariés par an, principalement des Bac + 5 issus d’écoles de commerce ou d’ingénieurs pour des postes de consultants, de commerciaux, de chefs de projet marketing, de product managers, etc. En interne, nous avons une liste d’une vingtaine d’établissements cibles pour lesquels nous avons établi un système de classement, allant de A à C. Cette hiérarchie maison s’appuie sur les résultats des classements traditionnels, mais elle inclut aussi nos propres critères en termes de compétences métier, de niveau académique recherché ou de savoir-être attendu. Cette grille évolue selon les...
-
24/01 - Livres : Sandro Veronesi, l’innocence avant "Septembre noir"
Eté 1972, Gigio, comme le surnomme ses proches, a "12 ans et 4 mois" et "pas un seul poil sur le torse, ni sur les bras, ni sur les jambes", contrairement à ses copains pérorant en maillot sur la plage toscane de Fiumetto. Dans la station balnéaire huppée, ses parents, les Bellanti, louent d’avril à septembre une maison, et l’adolescent, seul fils de la famille, doit chaque dimanche naviguer à bord du dériveur barré par son père, charismatique avocat et marin frénétique, quand bien même il n’a jamais remporté une course.
Hormis ces épuisantes sorties en mer, le garçon glabre s’ennuie avec délectation, écoutant les compétitions cyclistes sur le poste de radio de cuisine, s’essayant aux échecs, dévorant ses premiers magazines de bande dessinée et – surtout - rêvant d’Astel Raimondi, la fille des riches voisins, âgée d’un an de plus que lui, dont il admire les tresses fines quand celle-ci s’allonge, maussade, à ses côtés sur le sable. Matelas gonflables chauffés par le soleil
Naissance du désir, tourments qui l’accompagnent, Septembre noir, le nouveau roman de Sandro Veronesi, voix majeure de l’Italie contemporaine, récompensé deux fois du prix Strega (Chaos calme en 2006 et Colibri en 2021), offre une œuvre languide, dolente, explorant avec tendresse les facettes des étés interminables de l’enfance. Odeur du caoutchouc des ballons de plage, matelas gonflables chauffés par le soleil, ombres des canisses du bar de la plage Stella, picotement des peaux brûlées, couches de crème imposées par la main maternelle...
-
24/01 - Avocats de narcos, un quotidien à haut risque : menaces, vices de forme et riposte des juges
Me Steeve Ruben ne se pose jamais, ou presque. Il parle vite, marche vite, travaille vite. Comme en ce vendredi de décembre, lorsqu’il analyse en quelques minutes l’ambiance qui règne au tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis). "Ça ne va pas taper", conclut rapidement le pénaliste. Sa stratégie se dessine - il adaptera son ton, intimera à son client de se taire. "Parfois, ils parlent un peu trop et deviennent notre pire ennemi", confie-t-il à L’Express. Dans la petite salle austère du tribunal, les audiences en comparution immédiate s’enchaînent. Toutes concernent des affaires de trafic de stupéfiants, matière dont Me Ruben a fait sa "spécialité" depuis plus de vingt ans.
L’affaire du jour est selon lui "ultra-classique". Son client a été arrêté un mois et demi plus tôt avec son cousin, après une course-poursuite en voiture dans les rues de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un paquet de près de deux kilos de cocaïne quasi-pure, jeté depuis son véhicule, a été retrouvé dans la foulée par les enquêteurs. Valeur estimée du produit : 80 000 euros. Le procureur requiert une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 avec sursis... Mais Me Ruben ne se démonte pas. "Je crains que le tribunal ait à relaxer mon client", ose-t-il. Pendant une dizaine de minutes, il inverse le récit, souligne la légèreté de certaines preuves, et tente de faire naître l’idée d’un "doute raisonnable" sur la culpabilité du jeune homme. Mais pour cette fois, l’éloquence du pénaliste ne suffira pas : son client est condamné à 12...
-
24/01 - Groenland, l’épisode qui doit inspirer l’Europe : "On peut arrêter Donald Trump"
Cette lutte pour un "bout de glace" - les mots sont de Donald Trump, à Davos – aura encore refroidi les relations transatlantiques. Son issue mercredi, marquée par l’abandon par le président américain à la fois de l’option de la force pour s’emparer du Groenland et d’un projet d’alourdissement des droits de douane contre les pays récalcitrants, a tout de même un goût de victoire pour l’Europe, si fragile soit-elle. L’épisode "prouve qu’on peut l’arrêter", se réjouit auprès de L’Express Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC et ex-commissaire européen.
Chercher la raison dans les annonces et volte-face du locataire de la Maison-Blanche relève toujours de la gageure. Pascal Lamy identifie pour sa part trois facteurs principaux susceptibles d’avoir tempéré cette dernière offensive. La réaction négative des marchés financiers, force de rappel puissante depuis le début de son mandat, en est une. D’autant plus que commençait à monter ces jours-ci une musique inquiétante, celle d’une action coordonnée de vente de titres de dette américaine par ses détenteurs européens. Scénario néanmoins improbable - ces obligations sont pour l’essentiel détenues par des acteurs privés et non par les Etats - et dangereux - un tel mouvement déstabiliserait tout le système financier mondial. Deuxième coup de pression, mine de rien : celui du déploiement de quelques militaires en terre groenlandaise par une poignée de pays européens solidaires du Danemark, France et Royaume-Uni en tête.
Le troisième levier en est resté au stade de la...
-
24/01 - Hovione, l’entreprise aux racines portugaises devenue indispensable à la pharmacie mondiale
Aux confins de Loures, en périphérie de Lisbonne, un lacis de tuyaux multicolores habille les murs de l'usine Hovione. Ce site industriel, où des panneaux avertissent d’une "atmosphère explosive", abrite la fabrication de principes actifs pour des médicaments - le cœur de métier de cette entreprise d'origine portugaise au demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires. "Les produits qui sortent d'ici sont acheminés sur tous les continents", expose Diane Villax, la doyenne de la maison. A 91 ans, sa voix jongle avec aisance entre l’anglais, le français et le portugais. Une fibre cosmopolite indissociable de l’histoire de Hovione et des Villax, sa famille fondatrice.
L’épopée débute par un exil, celui d’Ivan Villax, en 1948. Une brosse à dents dans une poche et son diplôme de chimie dans l’autre, le jeune homme de 23 ans, anticommuniste, fuit sa Hongrie natale avec ses proches, traqués par le régime soviétique. Après un détour par Clermont-Ferrand, il jette l’ancre à Lisbonne où il rencontre Diane, issue d'une famille d'industriels du sucre. Un an après leur mariage, ils cofondent Hovione avec deux autres réfugiés hongrois en 1959.
Les débuts sont artisanaux : le laboratoire de l’entreprise se situe au sous-sol de la maison familiale. "L’un de mes premiers souvenirs d’enfance, ce sont des adultes en blouse blanche. Je savais utiliser un extincteur à six ans !", sourit Peter Villax, fils d’Ivan et Diane, qui travaillera pendant plus de trente ans au sein de la société. Très tôt, le tandem se lance à...
-
24/01 - Donald Trump et son "armada" en route vers l’Iran ? Les scénarios d’un expert militaire
Après une semaine où la tension est redescendue d'un cran, Donald Trump a ravivé la menace d'actions militaires en Iran. Le président des Etats-Unis a affirmé, le 22 janvier, qu'une "armada" navale américaine était en route pour le golfe Persique, mais qu'il espérait ne pas avoir à en faire usage. "Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où. Je préférerais qu'il n'arrive rien mais nous les surveillons de très près", a assuré Donald Trump aux journalistes, à bord de l'avion présidentiel qui le ramenait aux Etats-Unis après son déplacement à Davos, en Suisse.
Alors que la répression du régime iranien a fait plusieurs milliers de morts selon les estimations, le locataire de la Maison-Blanche n'a, semble-t-il, pas l'intention de s'orienter vers une désescalade. Cependant, d’après Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université, la doctrine militaire du républicain impose que l’usage de la force soit "court, efficace et politiquement rentable à court terme". "Donald Trump cherche certainement à obtenir le meilleur deal possible", affirme cet expert militaire, qui dresse pour L'Express tous les scénarios dans une région en pleine effervescence. Entretien.
L’Express : La semaine dernière, le président Donald Trump a semblé reculer sur le dossier iranien, alors qu’il avait pourtant annoncé une aide imminente aux manifestants. Comprend-on aujourd’hui les raisons de ce revirement ?
Guillaume Lasconjarias : Pas totalement. Pour tenter de...
-
23/01 - Olivier Faure, le "en même temps" permanent : un budget contre Mélenchon, la primaire avec Tondelier
Olivier Faure a discuté pour la première fois avec Jean-Luc Mélenchon un jour d’avril 2018, en marge d’une conférence des présidents au Palais Bourbon. À l’époque, le siège historique de Solférino, celui que le leader de la gauche radicale a jadis tant fréquenté, vient d’être mis en vente par le Parti socialiste. Les présentations n’excluent pas les confidences et, nostalgique, le patron de La France insoumise lui confie alors son brin de peine. Huit années sont passées et les échanges entre les deux hommes n’ont plus grand-chose de sentimental : ils ne s’adressent même plus la parole aujourd’hui, alors qu'a longtemps demeuré, entre le PS et LFI, une relation toxique ponctuée de demi-ruptures idéologiques, morales et stratégiques, de réconciliations tactiques plus ou moins sincères.
Un poison lent, surtout, pour le PS, fracturé jusqu’à son dernier congrès, celui de Nancy en juin, par la question insoumise. À l’été, la situation avait inspiré ce bon mot en haut lieu socialiste : "On est 'La Meute' inversée. D'abord on se mange entre nous et ensuite on voit si on a du temps pour les autres."La pression de LFI ? "Je crois qu’elle nous a soudés"
Janvier 2026, les roses crient doublement victoire. Olivier Faure et les siens crânent, heureux d’avoir contribué à doter le pays d’un budget en négociant avec la Macronie – sans s’entre-déchirer – tout en envoyant paître les insoumis et leur procès en traîtrise. Ce vendredi 23 janvier au matin, les socialistes ont rejeté la motion de censure déposée par LFI, signée par les...
-
23/01 - Ventes de livres : Judith Godrèche a-t-elle raté son lancement ?
En décembre, on se posait la question : Judith Godrèche allait-elle tout rafler avec Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux (Seuil), livre où elle revient sur l’emprise dont elle fut victime lors de son histoire de jeunesse avec Benoît Jacquot ? Certains nous assuraient que le carton plein était acquis. D’autres (surtout des femmes) nous mettaient en garde, nous rappelant que l’actrice ne fait pas l’unanimité au sein même de la sphère féministe. Lors de la sortie du livre, le 9 janvier, les médias se sont mis en ordre de bataille : Godrèche était interviewée par Sonia Devillers à la matinale de France Inter, et reçue en majesté sur le plateau de Quotidien. Ces deux émissions étant considérés comme les plus prescriptrices pour les livres (avec, dans une autre genre, L’Heure des pros sur CNews), on attendait les chiffres. Avec un peu plus de 2 000 exemplaires écoulés en quinze jours, le résultat est relativement décevant – sur la dernière semaine, Godrèche est par exemple derrière La Bonne Mère de Mathilda Di Matteo, dont la publication date pourtant d’août dernier…
Comment expliquer cet échec ? Le sujet était peut-être épuisé, Godrèche en ayant déjà beaucoup parlé il y a deux ans, notamment chez Yann Barthès. Il faut rappeler que le succès est une exception. Le quart d’heure de gloire warholien de Vanessa Springora (Le Consentement), Camille Kouchner (La Familia Grande) ou Neige Sinno (Triste Tigre) n’est pas systématique. En 2024, Isild Le Besco (autre ancienne victime de Jacquot) et Vahina Giocante...
-
23/01 - "La Pologne a vécu un rêve depuis 1989, elle ne doit pas le gâcher" : l’avertissement du grand poète Tomasz Rozycki
Le grand poète polonais Tomasz Rozycki, s'est fait connaître du public français l'an dernier en publiant son roman "Les voleurs d'ampoules" (Ed. Noir sur Blanc), qui raconte dans un style onirique et plein d'humour la journée d'un jeune garçon dans une barre d'immeuble de la Pologne communiste. Le livre a obtenu le prix Grand Continent. Tomasz Rozycki, qui est également essayiste, professeur de littérature française et traducteur de Stéphane Malarmé, Arthur Rimbaud et Victor Segalen, vit dans sa ville natale, Opole, dans le sud-ouest de la Pologne. Il plaide depuis le début de la guerre pour la défense de l'Ukraine au nom des valeurs européennes. Voici le texte qu'il nous a envoyé, en français, au moment où L'Express consacre son dossier de couverture au "décollage fou" de la Pologne.
Ce qui s'est passé en Pologne au cours de ma vie, je peux le qualifier de miracle. Je suis né dans un pays gouverné par un régime autoritaire dépendant de Moscou. À l'âge de onze ans, j'ai vu, au milieu de la nuit, la police secrète emmener mon père, serrurier dans une usine de machines-outils et élu vice-président du syndicat par le personnel de l'usine. Il a été emmené vers une destination inconnue et nous sommes restés longtemps sans nouvelles de lui, car il avait osé exiger des autorités qu'elles respectent les droits fondamentaux de l'homme.
Et pourtant, ce que nous pensions impossible s'est produit : le régime est tombé, puis l'empire soviétique s'est effondré comme un château de cartes. Depuis la chute du régime...
-
23/01 - Ces six ressources sans lesquelles nous ne serions rien : l’analyse déroutante d’Ed Conway
A l'heure de dîner, quoi de plus normal qu'avoir du sel à table ? Pendant les vacances, qui n'aime pas plonger ses pieds dans le sable chaud ? Ces deux matières, banales, sont tellement ancrées dans notre quotidien qu'on les tient pour acquises. Pire : on ne leur accorde que très peu de valeur. Elles sont pourtant les fondations de notre monde, rappelle Ed Conway dans le passionnant Matières vitales, enfin traduit en français (534 pages, L'Artilleur).
Sans sel, pas de médicaments, de produits chimiques voire d’eau potable. Sans sable, pas de silicium, de verre ou de béton. Sans cuivre, pas d’électricité… L’économiste et journaliste à Sky News, sélectionné parmi les meilleurs livres de l’année 2023 par le Financial Times, raconte avec brio l’importance cruciale de six ressources : sel, fer, cuivre, sable, pétrole et lithium. De leur découverte jusqu’aux processus complexes de transformation à travers le monde pour finir tout autour de nous. Après une période d’accalmie, la course pour le contrôle de ces "matières vitales" est ouvertement relancée par Donald Trump. Pour L’Express, Ed Conway analyse les implications de cette bataille planétaire pour les richesses du sous-sol.Ed Conway, économiste et journaliste Sky News
L’Express : Au Venezuela et au Groenland, Donald Trump convoite ouvertement au moins deux des six matières vitales de votre livre : le pétrole et le lithium. Cela vous étonne-t-il ?
Ed Conway : Je ne suis pas vraiment surpris. Les ressources ont toujours compté, mais il y a eu un vrai...
-
23/01 - Groenland : ces zones d’ombre qui demeurent sur le projet négocié entre Donald Trump et l’Otan
Les Etats-Unis "n'emploieront pas la force" pour se saisir du Groenland, mais ils exigent "des négociations immédiates" : c'est le message qu'a tenté de faire passer Donald Trump, lors du forum économique mondial de Davos. Mercredi 21 janvier, le président a annoncé avoir posé "le cadre d'un futur accord" sur l'île appartenant au Royaume du Danemark, lors de discussions avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, rapporte la chaîne TV5Monde.
L'esprit de l'accord consisterait à accroître la présence de l'Otan dans l'Arctique et à renforcer le contrôle des Etats-Unis sur certaines parties du territoire, tout en empêchant la Chine et la Russie de s'approcher des ressources minières de l'île, rapporte, de son côté, le New York Times. Les détails des discussions restent néanmoins flous : voici ce que l'on sait sur le projet des Etats-Unis pour le Groenland.La révision d'un accord de défense
Selon le New York Times, et des sources au fait des discussions, les Américains envisagent une renégociation de l'accord de défense de 1951 entre les Etats-Unis et le Danemark, afin de consacrer la pleine souveraineté de Washington sur ses bases militaires, sans rendre de comptes au Danemark. "Cette solution, si elle aboutit, sera excellente pour les Etats-Unis d'Amérique et tous les pays membres de l'Otan", avait déclaré Donald Trump au sujet de l'accord, lors de son discours à Davos.
En effet, selon l'accord conclu en 1951, les Etats-Unis assurent la défense du Groenland, en contrepartie du droit d'être présents...
-
23/01 - Groenland : les vraies raisons de la défaite de Donald Trump
Donald Trump a été défait dans sa bataille du Groenland par le front uni des Européens mais aussi par les marchés financiers américains, qui ont perdu 1 000 milliards de dollars en un jour, le 20 janvier. "Nos marchés ont connu hier leur première baisse à cause du Groenland, qui nous a donc déjà coûté beaucoup d’argent", a reconnu Trump le lendemain, avant de renoncer à annexer l’île de force et à taxer les Européens qui s’y opposeraient.
La tragi-comédie a mis au jour la grande vulnérabilité financière de Washington, qui s’explique d’abord par son endettement public record. Une fragilité que les Européens pourraient être tentés d’exploiter dans de prochaines querelles transatlantiques, si d’aventure le président américain devait renouveler ses prétentions sur le Groenland ou ouvrir un autre front.La crainte des effets destructeurs des guerres commerciales
La dépendance à l’égard du mégalomane de Washington et de ses foucades est périlleuse, non seulement pour les pays du Vieux Continent qui ont besoin de son appui face à l’impérialisme russe, mais aussi pour les investisseurs. Ceux qui disposent de grandes quantités de dollars américains et de bons du trésor US sont de moins en moins disposés à financer le déficit de la balance américaine des paiements courants, par crainte des effets destructeurs des guerres commerciales de Trump. Vendre l’Amérique est devenu tendance.
Ainsi George Saravelos, analyste de Deutsche Bank, écrivait le 18 janvier à ses clients : "Alors que la stabilité géoéconomique de l’alliance...
-
23/01 - L’ONU se transforme en SDN au pire des moments, par Gérald Bronner
C’est une banalité d’écrire que la situation internationale est profondément perturbée par les initiatives erratiques des États-Unis. Puisqu’il décide sans consultation du Congrès américain, comment espérer que Donald Trump songe même à recueillir l’avis de l’ONU ? Les choses sont même arrivées à un point difficilement imaginable puisque le président américain a récemment annoncé la création d’un "Conseil de la paix" faisant ouvertement concurrence à l’organisation créée en 1945. Celle-ci a toujours suscité de nombreuses critiques : un lieu où l’on parle beaucoup mais sans agir, où le droit de véto accordé aux cinq membres permanents paralyse le système et où, encore, comme le montre Jeanne Favret-Saada dans Jeux d’ombres sur la scène de l’ONU, de troubles rapports de pouvoir s’y nouent. Des leaders aussi divers que de Gaulle ou Ben Gourion ont fait connaître, en leur temps, une part du mépris qu’ils ressentaient pour cette organisation.
Tout cela est vrai mais il reste que l'ONU est née sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale et qu’elle a, pour le moment, accompagné une situation internationale qui n’a plus eu à connaître de guerre généralisée et ce depuis plus de quatre-vingts ans. Ce qui fait une différence notable avec son ancêtre, la Société des nations, créée, quant à elle, au lendemain de la Première Guerre mondiale mais incapable d’empêcher la survenue de la seconde. Elle n’aura duré que vingt-sept ans et n’était, à la fin, plus qu’une coquille vide. Pourtant, l’idée était belle : elle s’enracinait dans un...
-
23/01 - Matthieu Pigasse, le candidat de Radio Nova : ses années cachées au Venezuela, son ambition pour 2027
La première fois que Matthieu Pigasse rencontra Hugo Chavez à Caracas en 2011, celui-ci lui récita du Victor Hugo, et il n’en fallait pas moins pour que fonde le banquier, alors à la tête des activités françaises de Lazard, car Victor Hugo se trouve être son camarade, son voisin même, au grand pays du romantisme. Avalant de l’eau chaude, subterfuge pour décrocher du café, l’énarque explique avoir grandi à Regnéville-sur-Mer, village de la Manche face à la mer rude, là où "précisément" l’écrivain situa son roman Les Travailleurs de la mer. Bien joué Chavez, car les poèmes hugoliens récités, le voici posant sa valise à Caracas. Une histoire dingue, comme la vie de l’homme d’affaires, 58 ans, en compte tant. Depuis peu, il se convainc ainsi qu’il pourrait en 2027 briguer l’Elysée, réunissant sur son nom, connu dans la seule capitale, les électeurs de gauche. En attendant, il décrit joyeusement son aventure vénézuélienne ; elle a duré quatre ou cinq ans, il ne sait plus bien, il a gardé des photos, des trucs fous, mais, hélas, perdu le code du téléphone verrouillé.
En 2011 donc, Hugo Chavez a besoin de lui car le baril de pétrole s’effondre, les investisseurs se carapatent. La situation n’a plus grand-chose à voir avec les souvenirs de son passage à Paris, en 2005, quand le patronat s’entassait dans le lobby de l’hôtel Hilton pour l’approcher, rivalisant de révérence avec toutes les figures de gauche, du socialiste Jack Lang à Jean-Pierre Chevènement. Le Venezuela irradiait alors, pays de cocagne et de légende...
-
23/01 - TikTok : l’accord qui permet au réseau social d’échapper à une interdiction aux Etats-Unis
ByteDance, la société chinoise propriétaire de TikTok, a annoncé jeudi 22 janvier, avoir finalisé un accord visant à créer une coentreprise majoritairement américaine qui sécurisera les données, afin d'éviter une interdiction aux États-Unis de l'application utilisée par plus de 200 millions d'Américains.
Cet accord représente une étape importante pour l'entreprise de médias sociaux après des années de batailles qui ont débuté en août 2020 lorsque le président Donald Trump a tenté d'interdire l'application pour des raisons de sécurité nationale. Donald Trump a par la suite choisi de ne pas appliquer une loi adoptée en avril 2024 qui obligeait ByteDance à vendre ses actifs américains avant le mois de janvier suivant sous peine d'interdiction – une mesure validée par la Cour suprême.
Que contient donc cet accord qui met fin à un long feuilleton ? ByteDance a annoncé que TikTok USDS Joint Venture LLC sécurisera les données des utilisateurs américains, les applications et les algorithmes grâce à des mesures de confidentialité des données et de cybersécurité. L'accord prévoit que les investisseurs américains et internationaux détiendront 80,1 % de la coentreprise, tandis que ByteDance en possédera 19,9 %.
Les trois investisseurs gestionnaires de la coentreprise TikTok USDS - le géant du cloud computing Oracle ORCL.N, le groupe de capital-investissement Silver Lake SILAK.UL et la société d'investissement MGX basée à Abu Dhabi - détiendront chacun 15 %, rapporte le Washington Post. Parmi les autres investisseurs, on compte...
-
23/01 - Ecoles de commerce : les biais des classements traditionnels
Virginie en a gardé un souvenir douloureux : "A l’issue des concours d’entrée dans les grandes écoles, ma fille avait décroché une place à Skema, Audencia, et Neoma. Mais quand j’ai appris que sa copine, qui avait de moins bonnes notes de terminale, avait réussi, elle, à avoir HEC, mieux classée encore, j’en ai pleuré !". Le témoignage de cette mère de famille souligne à quel point les hiérarchies publiées chaque année dans les journaux sont suivies par les parents comme par les jeunes. Un signe : plusieurs années après leur sortie de ces écoles, beaucoup de diplômés font figurer non seulement le nom de leur ancien établissement, mais aussi son classement !
Nécessité de se repérer dans la jungle de l’enseignement supérieur ? Reflet de l’élitisme de l’éducation française ? Quoi qu’il en soit, on assiste à une véritable explosion du nombre de classements publiés dans la presse et sur des sites internet divers. Réalisés par des journalistes spécialisés ou par des cabinets de conseil, ils se déclinent désormais par type d’écoles (post-bac, post-prépa), de diplômes (bachelor, master) ou de disciplines (management, droit, arts, informatique, médecine…).
Mais quelle est précisément leur valeur ? "Faible", tranche Bernard Belletante, ancien directeur général de l’EM Lyon et de Kedge : "Ce sont des marronniers, bien plus lus que les articles sur les évolutions stratégiques des écoles, alors que cela devrait être l’inverse ! Quand j’étais responsable d’établissement, j’interdisais qu’on utilise ces résultats pour notre communication,...
-
23/01 - Les films projetés aux agents de la DGSE, les industriels de défense furieux contre Macron
La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.
La DGSE fait son cinéma
On peut être espion, cinéphile et même avoir de l’auto-dérision. Cet automne, la DGSE a fait diffuser trois films pour ses agents dans le cadre de son "ciné-club". D’abord L’Armée des Ombres, de Jean-Pierre Melville, le récit de la lutte clandestine de quatre résistants dans la France occupée. Puis Les Patriotes, d’Eric Rochant, souvent projeté aux nouvelles recrues du service secret. Et enfin, plus étonnant, Opération Corned-beef, la comédie de Jean-Marie Poiré dans laquelle un agent de la DGSE, joué par Jean Reno, doit gérer l’irruption en pleine mission de sa compagne, chargée… de séduire sa cible.
Macron va parler dissuasion nucléaire…
Emmanuel Macron devrait prononcer "bientôt" un grand discours doctrinal sur la dissuasion nucléaire. La date évoquée est le 24 février. Au cours de chaque quinquennat, les présidents français s’expriment sur le sujet ; Emmanuel Macron l’avait ainsi fait le 7 février 2020 à l’École de guerre. Cette année, il insistera sur la dimension européenne des intérêts vitaux de la France et pourrait introduire la...
-
23/01 - Iran : Donald Trump déclare qu’une "armada" navale se dirige vers le golfe Persique
Donald Trump mettra-t-il finalement à exécution ses menaces contre l'Iran ? Alors que la pression sur la République islamique semblait redescendre cette semaine, le président des Etats-Unis a affirmé, jeudi 22 janvier, qu'une "armada" navale américaine était en route pour le golfe Persique, mais qu'il espérait ne pas avoir à l'utiliser.
"Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où. Je préférerais qu'il n'arrive rien mais nous les surveillons de très près", a dit Donald Trump aux journalistes, à bord de l'avion présidentiel qui le ramenait aux Etats-Unis après son déplacement en Suisse, où il a participé au Forum économique mondial de Davos.Navires de guerre
Un responsable américain, qui a tenu à rester anonyme, a par ailleurs déclaré que le porte-avions USS Abraham Lincoln et plusieurs destroyers, des navires de guerre à missiles guidés, devraient arriver au Moyen-Orient dans les jours qui viennent. Un autre responsable a déclaré que l'envoi de systèmes de défense aérienne supplémentaires était envisagé afin de protéger les bases militaires américaines de la région d'éventuelles frappes iraniennes.
Le président américain a menacé l'Iran à de nombreuses reprises lors de la répression des plus importantes manifestations depuis la Révolution islamique de 1979, évoquant à demi-mot une intervention militaire en soutien aux manifestants. Il a toutefois fait marche arrière la semaine dernière, annonçant qu'il avait empêché des exécutions de prisonniers.Nucléaire iranien
Donald Trump a...
-
23/01 - "C’est extrêmement préoccupant" : l’Europe dans la tempête et... Chypre prend la barre
Habitué aux ovations à Londres, Berlin ou Paris, Volodymyr Zelensky n'est pourtant pas un héros partout en Europe. Ce 8 janvier, le président ukrainien a effectué sa première visite à Chypre, pour assister à la cérémonie d'ouverture des six mois de présidence chypriote du conseil de l'Union européenne. A Nicosie, une formule est alors devenue virale sur les réseaux sociaux : "Rentre chez toi le clown".
Dans son discours, le chef de l'Etat ukrainien a commis un impair historique pour cette île coupée en deux, entre la partie sud qui fait partie de l'Union européenne et le nord de facto contrôlé par la Turquie depuis 1974. "Zelensky est venu chez nous et il n'a même pas mentionné l'invasion turque… Forcément, les gens d'ici l'ont remarqué, souffle Andreas Theophanous, spécialiste des relations internationales à l'Université de Nicosie. Ce que la Turquie a fait à Chypre est encore pire que ce que la Russie fait à l'Ukraine : la Turquie a pris 40% de Chypre à l'époque [NDLR : pendant l'invasion de 1974], puis a déplacé la population d'Anatolie pour prendre possession des maisons des Chypriotes grecs expulsés. Zelensky ne l'a pas du tout évoqué dans sa prise de parole."Un symbole des divergences d'intérêts européens
De manière réaliste, le président ukrainien ne pouvait pas se permettre de critiquer la Turquie, deuxième armée de l'Otan et pays clé de l'accès à la mer Noire. Mais cet épisode ukrainien reflète la complexe équation européenne, dans laquelle vingt-sept pays n'ont évidemment pas les mêmes intérêts...
-
23/01 - Groenland : les menaces de l’Europe ont-elles fait changer d’avis Donald Trump ?
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Pour marquer sa première année de retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a frappé fort. Après avoir vivement critiqué les Européens au Forum de Davos, en Suisse, il a annoncé être parvenu à un accord sur le Groenland, après des discussions avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.
Un accord qui reste flou, mais qui permet de lever la menace de 10 % de droits de douane supplémentaires pour les pays qui s’opposent à l’annexion du Groenland.
Pour autant, la crise diplomatique et commerciale n’est peut-être pas finie. Ce deal a été négocié sans le Groenland et sans les Européens. Alors les 27 pourraient continuer de préparer leur riposte, en cas de nouveau revirement du président américain.
Pour comprendre les outils dont dispose l’Europe pour faire face à l’imprévisible administration Trump, Muriel Breiman, rédactrice en chef adjointe du service Economie de L’Express est dans cet épisode de "La semaine européenne".
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.
Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.
Crédits : AFP
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Visuel : Alice Lagarde
Comment...
-
23/01 - John Sipher, ex-agent clandestin de la CIA : "L’Europe et les Etats-Unis surestiment la Russie"
La plus grande victoire stratégique des services de renseignement russes ? Leur surestimation en Occident. La thèse est exprimée par un ancien agent de la CIA, plusieurs fois en poste en Russie. Au cours de sa carrière, John Sipher a alterné les fonctions en Europe du Nord pendant la guerre froide, en Serbie et en Yougoslavie pendant les guerres balkaniques, ainsi qu'à Moscou.
Passé également par l'Asie du Sud-Est et le Pakistan, l'agent de renseignement a travaillé vingt-sept ans à l'Agence, dont une majeure partie au sein de son service clandestin. "La partie consacrée à l'espionnage pur et dur de la CIA. Mon travail consistait à recruter des espions pour les Etats-Unis, et à collecter des informations inaccessibles", résume-t-il. Un parcours improbable, pour un homme qui se destinait d'abord à l'analyse - diplômé d'un master d'affaires internationales de l'Université de Columbia, il est aujourd'hui chercheur associé non-résident au sein du think tank Atlantic Council. Pour L'Express, il examine l'erreur de jugement qui, selon lui, inhibe l'Occident : son incapacité à prendre en compte la faiblesse de la Russie.
L'Express : Quelle différence voyez-vous entre les services de renseignement russes et occidentaux ?
John Sipher : Le fonctionnement du renseignement russe n'a pas changé en plus d'un siècle. La manière dont le service a été installé par le régime bolchévique en 1917 est très similaire à ce qu'ils font aujourd'hui. Staline, Trotski, Lénine… Ce ne sont que des noms d'emprunt. Des...
-
22/01 - "Personne d’autre ne la possède" : les Etats-Unis ont-ils utilisé une arme sonique secrète au Venezuela ?
Est-ce un élément de communication, un moyen de faire peur et d’impressionner des adversaires, ou bien une arme secrète a-t-elle vraiment été utilisée par les Américains ? Pour la première fois, Donald Trump a indiqué que les Etats-Unis ont employé une arme sonique "secrète" lors de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier. Dans une interview accordée à la chaîne d'information NewsNation mardi, Donald Trump a affirmé que "personne d'autre" ne possédait cette arme qui aurait été utilisée lors de l'opération Absolute Resolve. Le dirigeant s'est cependant montré inhabituellement évasif lorsqu'il s'est agi de donner des détails. "Nous avons des armes dont personne d’autre n’a connaissance. Et, je pense qu’il vaut sans doute mieux ne pas en parler, mais nous avons des armes extraordinaires", a-t-il affirmé, comme le relate The Independant.
Interrogé sur cette prétendue "arme sonique" par le site Web d'information et d'analyse sur la défense The War Zone, le Pentagone s'est lui aussi montré peu loquace. "Afin de préserver la sécurité des opérations, nous ne disposons d'aucune information supplémentaire à communiquer", a répondu un porte-parole du Pentagone.
La Russie s’intéresse de près à cette arme prétendument utilisée. Moscou a déclaré qu'il était nécessaire de clarifier les propos du président américain à ce sujet, rapporte Reuters. Interrogé sur ces déclarations, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que la Russie disposait de services spéciaux chargés de collecter et d'analyser...
-
22/01 - A Davos, Volodymyr Zelensky s’en prend aux Européens et annonce un accord avec Donald Trump
Dans un discours particulièrement offensif donné à la tribune du Forum économique mondial de Davos en Suisse ce jeudi 22 janvier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reproché aux Européens de ne pas agir avec plus de force sur la scène mondiale et a appelé à plus de courage de la part de ses partenaires. "Au lieu de devenir une véritable puissance mondiale, l'Europe demeure un kaléidoscope magnifique mais fragmenté de petites et moyennes puissances", a-t-il regretté.
"Au lieu de prendre l'initiative de défendre la liberté dans le monde, surtout lorsque l'attention des Etats-Unis se porte ailleurs, l'Europe semble perdue, tentant de convaincre le président américain de changer", a-t-il lancé, appelant ses partenaires à "agir ensemble" et à "surtout avoir le courage d'agir".
"Sans action maintenant, il n'y a pas de lendemain. Mettons fin à ce "jour sans fin". Car si l’Europe n’est pas perçue comme une force mondiale, si ses actions n’effraient pas les acteurs malveillants, alors l’Europe sera toujours en train de réagir, de rattraper son retard face aux nouveaux dangers et aux nouvelles attaques", a ajouté Volodymyr Zelensky.Un accord sur les garanties de sécurité trouvé
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a par ailleurs affirmé être parvenu à un accord avec Donald Trump sur les garanties de sécurité pour son pays, si un cessez-le-feu a lieu avec l'Ukraine. "Les garanties de sécurité, c’est prêt (..) le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite, il ira aux...
-
22/01 - "Conseil de la Paix" : l’embarras du président polonais, grand allié de Donald Trump
"J’aimerais remercier le Polonais Karol Nawrocki. Une personne fantastique [...] Je suis très fier de lui", lance Donald Trump depuis la tribune du Forum économique mondial de Davos, ce jeudi 22 janvier, au moment de lister les noms des chefs d’État invités à assister à l’inauguration de son "Conseil de la paix", une instance censée piloter la reconstruction de Gaza et s’immiscer dans la résolution des conflits mondiaux, quitte à faire de l’ombre à l'ONU. Des phrases qui illustrent la proximité entre le maître de la Maison-Blanche et son homologue polonais, chantre de "la Pologne d’abord" et proche des cercles Maga.Un président tiraillé
En vérité, la situation est délicate pour Karol Nawrocki, qui a dû être fort contrit de voir Vladimir Poutine et le dictateur biélorusse, Alexandre Loukachenko, conviés à rejoindre, eux aussi, cette nouvelle institution. Deux hommes qui incarnent la menace existentielle qui plane aux portes de la Pologne.
Comment Karol Nawrocki, recherché par la justice russe pour avoir fait retirer des monuments soviétiques dans le nord de la Pologne et dont l'hostilité envers Moscou est devenue un cheval de bataille, pourrait-il s’asseoir à la même table que Vladimir Poutine ? "Si je me retrouvais face à lui lors d’une réunion, je ne manquerais pas de lui dire exactement ce que je pense", a-t-il assuré lors d’un entretien à Telewizja Republika.
Du reste, la posture de Donald Trump sur le dossier ukrainien, et plus récemment sur la question du Groenland, pourrait nuire à Nawrocki : seuls...
-
22/01 - La Chine plus populaire que les Etats-Unis en Europe ? Les chiffres inattendus du Pew Research Center
Dès son investiture il y a un an jour pour jour, le président américain Donald Trump a jeté son dévolu sur le Groenland, vaste territoire du cercle polaire arctique rattaché au royaume du Danemark. Qu'importe qu'une large majorité de ses 56 000 habitants refuse de passer sous pavillon américain : depuis quelques jours, le commandant en chef des Etats-Unis multiplie les déclarations provocatrices auxquels les Européens répliquent par des cris d'orfraie. La confiance dans l'allié historique du Vieux Continent semble de plus en plus entamée à chaque saillie du président Donald Trump.
Mais cette méfiance à l'égard de Washington n'est pas née avec ses vélléités sur le Groenland. Au printemps dernier, une étude du Pew Research Center, un think tank américain qui produit de nombreuses études chiffrées, démontrait que l'opinion des Européens à l'égard des Etats-Unis était de plus en plus défavorable. Des dix peuples européens interrogés, seuls les Hongrois et les Polonais en ont encore une image positive (respectivement 60 et 55 % d'opinions favorables). A l'inverse, le pays possède une image nettement plus déplorable en Suède (19 %) ou aux Pays-Bas (29 %).
Ces chiffres reflètent une inflexion brutale de la tendance puisque lors du mandat présidentiel de Joe Biden, une majorité de répondants déclarait avoir une image positive des Etats-Unis. "Après l'élection de Joe Biden, environ deux tiers des Français disaient avoir confiance dans notre pays, cite Jonathan Schulman, chercheur associé au Pew Research Center et...
-
22/01 - "Il y a trop d’anomalies statistiques dans le monde musulman" : la charge de Ferghane Azihari contre l’islam
C’est l’essai polémique de la rentrée de janvier. Dans L’Islam contre la modernité (Presses de la Cité), Ferghane Azihari fait de la religion fondée par Mahomet au VIIe siècle la principale cause des maux dont souffrent les pays musulmans. Réfutant la distinction entre islam et islamisme,ce fils d'émigrés comoriens musulmans estime que ces régions, héritières des grandes civilisations antiques, se seraient portées bien mieux si elles n’avaient pas été "colonisées" par le monothéisme. L’auteur plaide pour une approche critique, historique et rationnelle de l’islam, appelant de ses vœux une "désislamisation", à l’image de ce qui se passe dans un pays comme l’Iran où la sécularisation de la société est massive. Si ce pamphlet a déjà fait la joie des médias conservateurs (Le Figaro Magazine, Le JDD, Valeurs Actuelles), il est pourtant difficile de classer son auteur à l'extrême droite : lauréat du prix Turgot du jeune talent, Ferghane Azihari a passé presque dix années de sa vie à batailler pour les idées libérales. L’Express a longuement débattu avec lui de sa thèse.
L’Express : La grande thèse de votre livre, c’est que l’islam serait incompatible avec la modernité. Sur quoi vous basez-vous ?
Ferghane Azihari : Le monde musulman n’a pas le monopole de l’obscurantisme. Il reste qu’il se caractérise par trop d’anomalies sur le plan statistique. Le nombre de démocraties libérales dans les pays à majorité musulmane se compte sur les doigts d’une main atrophiée. Seuls 3 % des 1,9 milliard de musulmans dans le monde vivent dans...
-
22/01 - Le régime castriste en danger ? Comment les Etats-Unis veulent faire tomber le pouvoir cubain
Après la chute de Nicolas Maduro au Venezuela, bientôt celle du régime castriste à Cuba ? Encouragé par le départ du pouvoir du président vénézuélien, Washington cherche cette fois activement à provoquer un changement de régime à Cuba d'ici la fin de l'année 2026, indique le Wall Street Journal (WSJ) dans un article détaillé. Donald Trump et ses soutiens n’ont pas caché leurs ambitions sur cette île ces dernières semaines. Le 11 janvier, sur son réseau Truth social, le président américain a ainsi exhorté Cuba à "accepter un accord" avec les Etats-Unis, sans préciser sa nature, "avant qu'il ne soit trop tard" et que le pays ne se retrouve sans pétrole ni argent vénézuéliens.
Washington n'a pas publiquement menacé d'utiliser la force militaire à Cuba. La Maison-Blanche en-a-t-elle vraiment besoin ? Selon le WSJ, des membres de l'administration Trump estiment en privé que le raid du 3 janvier qui a permis d'exfiltrer Nicolas Maduro vers les Etats-Unis devrait constituer une menace implicite pour La Havane. Ce raid nocturne visant à capturer Nicolas Maduro a bénéficié de la complicité d'un informateur au sein du cercle rapproché du dirigeant vénézuélien, ont indiqué au quotidien américain des responsables de l'administration Trump. Signe de la proximité entre le Venezuela et Cuba, cette opération militaire américaine à Caracas a coûté la vie à 32 soldats et agents de renseignement cubains appartenant à la protection de Nicolas Maduro.Un Cubain pour succéder au régime castriste… avant Marco Rubio ?
Pour l'île de 9,6...
-
22/01 - "Après le Groenland, Donald Trump songe déjà à l’Islande" : l’avertissement de Klaus Dodds
C’est une volte-face dont est coutumier Donald Trump. Après une série de menaces sur le Groenland, le président américain a subitement annoncé "un futur accord" au sujet de l’île qu’il convoite depuis longtemps. Si cet hypothétique deal reste très flou, il a pour l'instant permis de lever les craintes d’une action militaire et de rassurer les marchés.
Spécialiste de l’Arctique et doyen intérimaire de la faculté des sciences et technologies de l’université du Middlesex de Londres, Klaus Dodds a l’année dernière publié le remarquable Unfrozen (Yale University Press) avec Mia Bennett. Les deux géographes y montrent comment, dans la région polaire, le réchauffement climatique s’accompagne d’une montée des tensions géopolitiques entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Pour L’Express, Klaus Dodds revient sur cette folle séquence diplomatique qui prouve que l’Europe peut obtenir des résultats quand elle ne se couche pas devant Donald Trump. Il assure que le moteur premier du président américain est l’ego et sa place dans l’Histoire. Pour lui, le Groenland marque vraiment "le point de départ d’un nouvel ordre mondial".
Le titre de votre livre, Unfrozen ("dégelé"), fait référence à la fonte de l’Arctique, mais aussi à un contexte géopolitique de plus en plus chaud, comme on le voit en ce moment avec le Groenland…
Klaus Dodds : L’Arctique se réchauffe bien sûr sur le plan climatique, mais il y a aussi un dégel géopolitique brutal. Après la guerre froide, l’Arctique était devenu une zone de paix et de collaboration...
-
22/01 - Une "bande de pirates" à l’assaut de 2027, le coup de pression de Laurent Wauquiez
Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon ! Il n'est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant les municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle.Darmanin épate
"Vraiment il m’impressionne, il a une rapidité d’analyse ! C’est le meilleur en politique" : Gérald Darmanin épate son nouveau collègue au gouvernement, Jean-Pierre Farandou. L’ancien PDG de la SNCF est le nouveau ministre des Affaires sociales, nommé par Sébastien Lecornu au lendemain de sa reconduction à Matignon.Le coup de pression de Wauquiez
En matière de pression, Laurent Wauquiez n’a jamais été manchot. En début de semaine, le président du groupe LR, allant jusqu’à agiter la menace d’une censure de certains députés, a voulu obtenir trois trophées dans les ultimes négociations budgétaires ; outre la hausse du plafond cartes grises, il a bataillé pour faire baisser les économies demandées aux chambres de commerce et d’industrie et, surtout, s’est battu sur un sujet qui le concerne directement, une taxe que l’Etat prélève aux régions en fonction de leurs ressources. A l’arrivée, Auvergne-Rhône-Alpes s’en sort beaucoup mieux que les Hauts-de-France chers à Xavier Bertrand… Autant les deux premiers points figurent sur le document concocté pour les députés LR pour valoriser "les gagnes", autant le troisième, plus clivant, n’est pas mentionné…Wauquiez-Retailleau, la théorie de la balançoire
La rivalité entre le patron des Républicains et le chef de file des...
-
22/01 - Un pétrolier "en provenance de Russie" a été arraisonné par la Marine nationale, annonce Emmanuel Macron
La marine française a intercepté jeudi 22 janvier un pétrolier russe sous sanctions internationales en Méditerranée. "Nous ne tolérerons aucune violation. Ce matin, la Marine nationale française a arraisonné un pétrolier en provenance de Russie, soumis à des sanctions internationales et soupçonné de naviguer sous faux pavillon. L'opération s'est déroulée en haute mer Méditerranée, avec le soutien de plusieurs de nos alliés. Elle a été menée dans le strict respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.
"Nous sommes déterminés à faire respecter le droit international et à assurer l'application effective des sanctions. Les activités de la "flotte de l'ombre" contribuent au financement de la guerre d'agression contre l'Ukraine", a-t-il ajouté précisant qu'une enquête judiciaire a été ouverte.
We will not tolerate any violation.
This morning, the French Navy boarded an oil tanker coming from Russia, subject to international sanctions and suspected of flying a false flag. The operation was conducted on the high seas in the Mediterranean,… pic.twitter.com/zhXVdzPx1r— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 22, 2026
"Menée sur la base de l'article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, cette opération visait à vérifier la nationalité d'un navire soupçonné d'arborer un faux pavillon (...) après la montée à bord de l'équipe de visite, l'examen des documents a confirmé les doutes quant à la...
-
22/01 - Comment guérir de l’addiction à la cocaïne ? Les nouveaux espoirs de la recherche
En vingt-trois ans, la consommation de cocaïne a été multipliée par plus de cinq en France. Elle est partout, et pourtant, l’État n’arrive pas à y faire face. Un problème souligné dans un nouveau rapport, publié ce jeudi 22 janvier par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Commandé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues (Mildeca) et le ministère de la Santé, cette expertise de 322 pages est le fruit d’un travail titanesque, qui vise à donner des outils aux autorités pour améliorer la lutte contre ce fléau. Plus de 2 600 publications scientifiques internationales ont été passées au peigne fin par un groupe pluridisciplinaire d’épidémiologistes, sociologues, économistes et addictologues, qui ont analysé les profils des usagers, les marchés et filières d’approvisionnement, les dommages sociaux et les politiques de prévention et de répression.
Le constat est sans appel. En 2000, 1,8 % des adultes de 18 à 64 ans déclaraient avoir expérimenté la substance au moins une fois dans leur vie. En 2023, ce chiffre atteint 9,4 %, soit plus de 1,1 million de Français. Face à cette montée en puissance perdure un problème de taille : le vide thérapeutique. Car contrairement à l’héroïne, pour laquelle des médicaments (méthadone, buprénorphine) permettent une substitution efficace, ou au tabac avec ses patchs nicotiniques, aucun médicament n’a obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour traiter la dépendance à la cocaïne. Les dangers sont pourtant graves et documentés :...
-
22/01 - Donald Trump - Léon XIV : le duel entre deux Américains que tout oppose
Le pape Léon XIV et le président Donald Trump sont les deux Américains les plus influents du moment sur la scène géopolitique. Ils incarnent des projets antagonistes. Leurs caractères sont aux antipodes. Mais le duel à fleurets mochetés que Robert Francis Prevost mène depuis Rome contre son compatriote de Washington atteste que la brutalité et la coercition ne sont pas le seul avenir des rapports internationaux. Son exemple pourrait devenir une source d’inspiration pour les dirigeants européens qui peinent à gérer les foucades de leur homologue américain.
Le choix de placer un Américain à sa tête, effectué par l’Eglise catholique peu après la réélection du milliardaire, n’est pas une coïncidence. La simultanéité des mandats de Trump et de Prevost reflète le chamboulement d’un monde qui tâtonne pour se chercher une direction. Le premier, tout en excès et en égotisme, préside aux destinées d’une puissance militaire inégalée dans l’Histoire ; il ne croit qu’aux rapports de force ; il se moque que la paix soit juste, du moment qu’elle permet les affaires. Le second, modèle de modération et d’humilité, dirige l’Etat le plus minuscule qui soit ; il incarne un projet moral, soucieux de justice et attentif aux laissés-pour-compte ; la paix ne vaut rien à ses yeux si elle ne respecte pas la dignité de tout être humain.
L’aura de Prevost n’est pas moindre que celle de Trump. Elle s’appuie sur ce que le politologue américain Joseph Nye, décédé l’an dernier, appelait le soft power, l’influence que confèrent l’autorité morale et...
-
22/01 - Groenland : pourquoi Donald Trump a renoncé à l’usage de la force
Ce n'est ni le premier ni le dernier revirement de Donald Trump. Mais celui-ci n'a pas fini d'interroger les Européens. Pourquoi le président américain a-t-il finalement renoncé à recourir à la force pour acquérir le Groenland, mettant ainsi fin à plusieurs semaines de chaos politique ? En réalité, cette volte-face est loin d'être de son seul fait. Moult proches conseillers à Washington ont travaillé d'arrache-pied pour l'en dissuader. Idem pour le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, dont les courbettes face à Donald Trump ont manifestement fini par payer. La pression est aussi venue des marchés financiers, qui ont traversé une période de turbulences ces derniers jours. Retour sur les coulisses de ce changement de cap.Conseillers américains divisés
Tout a commencé à Washington, où l'entourage du président n'a pas réussi à tomber d'accord sur la méthode à adopter, ont confié à Reuters deux sources proches du dossier. Si la plupart des conseillers du président américain ont soutenu son objectif de prendre le contrôle du Groenland, ils sont en revanche restés divisés sur l'approche, oscillant entre encouragements à recourir à la force et appels à la prudence. In fine, les seconds se sont révélés être plus nombreux lors des réunions organisées à Washington, ce qui a pu influencer le renoncement final du président.
Les conseillers de Donald Trump ont indiqué au Wall Street Journal qu’il avait été enhardi par l’opération américaine visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. Mais devant la rhétorique...
-
22/01 - De Jordan Bardella à Nigel Farage, l’offensive de Trump contre la Fed fait des émules en Europe
Le 4 mars 1933, Franklin D. Roosevelt devient le 32e président des Etats-Unis. Cinq jours plus tard, il réussit l’exploit de faire adopter en urgence, au Congrès, une loi qui lui octroie un pouvoir temporaire sur la valeur du dollar, lui permettant d’exercer une influence sur les taux d’intérêt et de change. Le pays se trouve alors au cœur de la Grande dépression : un quart de la population active est au chômage, l’économie plonge dans la récession, les investissements sont au point mort… "Roosevelt est le seul dirigeant qui a réellement eu de l’autorité sur la Banque centrale américaine", confie à L’Express Gary Richardson, professeur d’économie à l’université de Californie et historien de la Réserve fédérale. Ronald Reagan, Richard Nixon ou Lyndon B. Johnson ont bien essayé ensuite d’influencer eux aussi la Fed lorsqu’ils étaient à la Maison-Blanche. "Mais ces tentatives relevaient de pressions à titre privé", précise Barry Eichengreen, professeur d’économie et de science politique à l’université de Berkeley.
Jusqu’à Donald Trump. Lors de son premier mandat, le milliardaire américain, pourtant à l’origine de la nomination de Jerome Powell comme président de la Fed, s’en était régulièrement pris à la plus puissante institution financière de la planète. Depuis son retour au pouvoir il y a un an, il est monté d’un cran, pour exiger une baisse des taux d’intérêt. "Beaucoup d’observateurs se focalisent sur cet objectif, mais l’enjeu est bien plus large, analyse Éric Monnet, professeur à la Paris School of Economics. Il couvre...
-
22/01 - "L’Europe doit d’urgence considérer les Gardiens de la révolution iraniens comme des terroristes" : l’appel de l’AJC à Emmanuel Macron
Monsieur le président,
La France doit appeler sans délai à inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste européenne des organisations terroristes. Notre exigence n’est pas nouvelle : nous la portons depuis des années dans nos échanges diplomatiques à Paris, à Bruxelles et dans les capitales européennes. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’urgence. Face à l’escalade de la répression en Iran et à la multiplication des menaces visant directement la sécurité européenne, nous rendons cette demande publique et appelons à une décision immédiate.
Alors que des milliers d’Iraniens ont été torturés, assassinés ou enfermés dans les geôles du régime, alors que les forces de sécurité écrasent dans le sang des manifestations pourtant pacifiques, l’Europe se trouve face à une vérité incontournable : la situation actuelle l’oblige à agir. Il ne s’agit plus d’un choix politique parmi d’autres, mais d’une urgence morale, stratégique et historique. Le CGRI n’est pas un instrument sécuritaire ordinaire d’un régime islamiste dictatorial. C’est l’ossature d’un système fondé sur la terreur, la répression, la corruption et la déstabilisation régionale et internationale.Faits accablants
Le courage extraordinaire de millions de citoyens iraniens, qui défient ce régime avec une détermination remarquable, impose à l’Europe un devoir de solidarité - non plus seulement par des déclarations principiellement indignées, mais par des mesures concrètes, efficaces et assumées contre l’appareil qui incarne le terrorisme d’Etat...
-
22/01 - Un futur accord avec l’Otan sur le Groenland ? Ce que l’on sait de l’annonce de Donald Trump
C'est un soupir de soulagement à Bruxelles... et sur les marchés financiers des deux côtés de l'Atlantique. Donald Trump a annoncé dans la soirée du mercredi 21 janvier, depuis le Forum de Davos, qu'un accord était en vue avec l'Otan sur le Groenland. Il renonce du même coup aux surtaxes douanières de 25 % qu'il avait juré d'imposer à tout pays s'opposant à cette annexion.
Si les contours précis de cet accord restent flous, et que "beaucoup de travail reste encore à faire" selon le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, qui a précisé n'avoir pas encore abordé la question de la souveraineté de l'île avec Donald Trump, le président américain n'a pas tardé à s'en vanter.
"Il s'agit d'un accord à très long-terme. Il place tout le monde dans d'excellentes conditions, en particulier en matière de sécurité et de minerais", a-t-il déclaré. Selon lui, cet accord "pour toujours" permettrait de satisfaire son désir d'accéder aux minerais essentiels de l'île de l'Arctique et de bâtir un "Dôme d'or" antimissiles.
Alors que Donald Trump avait ancré sa rhétorique sur la nécessité d'acquérir le Groenland devant d'hypothétiques menaces russes ou chinoises, la porte-parole de l'Otan a tenu à rassurer, déclarant que sept pays alliés dans l'Arctique travailleraient conjointement pour garantir leur sécurité collective. "Les négociations entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis iront de l'avant avec l'objectif de s'assurer que la Russie et la Chine n'auront aucun ancrage - économique ou militaire - au Groenland", a-t-elle fait...
-
22/01 - Etats-Unis - Chine : les trois leçons pour l’Europe, par Nicolas Bouzou
Le piétinement du droit international par la Russie et les Etats-Unis au profit de la seule logique des rapports de force a eu un mérite : faire comprendre à l’Europe que sa faiblesse économique la place devant un risque quasi existentiel. Les choses sont simples : la puissance économique est un attribut de la puissance géopolitique. Ce lien est dans l’ADN des Américains qui, depuis le début du XXe siècle, savent que la maîtrise de l’intelligence et des technologies est une condition de leur domination.
Cette idée est aussi clairement formulée par le Parti communiste chinois. La stratégie de l’empire du Milieu s’inscrit clairement dans une séquence qui fait du développement économique et de la maîtrise de l’innovation une étape vers une influence élargie. À l’inverse, que la Russie ait toujours négligé le volet économique au profit des questions militaires lui confère un immense pouvoir de nuisance, mais pas un immense pouvoir tout court.La tétanie numérique
Cette leçon, l’Europe est en train de l’apprendre de trois manières. La première, c’est que la faiblesse de sa croissance économique (autour de 1 % par an) ne lui permet pas de dégager les ressources nécessaires à un réarmement rapide et massif, surtout dans un contexte où les taux obligataires souverains se tendent presque partout dans le monde, renchérissant le coût des investissements. La France, qui cumule croissance faible et surendettement public, est particulièrement confrontée à cette difficulté.
La deuxième, c’est que l’Europe est, à juste titre,...
-
22/01 - Ecoles de commerce en 2026 : découvrez notre classement exclusif
Depuis plus de trente ans, les classements des écoles de commerce rythment la vie de l’enseignement supérieur français. Parents, lycéens, étudiants, écoles et recruteurs s’y réfèrent massivement. Pourtant une question finit par s’imposer : que mesurent-ils vraiment ? Avec ce cahier spécial, L’Express Éducation et NextEdu proposent, en partenariat avec OpinionWay, une approche inédite, partant d’une interrogation simple : quelle est la réputation des grandes écoles de commerce auprès de celles et ceux qui ont, in fine, le pouvoir de recruter leurs diplômés ? Au-delà du palmarès, ces articles invitent à prendre du recul. Ils donnent la parole aux dirigeants, qui racontent comment ils utilisent - ou non - ces outils, et aux étudiants, dont ces tableaux orientent en partie l’avenir. Ce dossier a donc pour objectif de mieux armer le lecteur.
Un classement des grandes écoles de commerce fondé sur la seule réputation. Sur le papier, l’idée a de quoi déstabiliser. Depuis plus de trente ans, les palmarès s’empilent, construits sur des dizaines d’indicateurs académiques, d’accréditations, de salaires moyens… Mais aucun ne s’était attaqué à ce qui intéresse pourtant directement les parents et les étudiants : quelle image les écoles renvoient-elles à ceux qui, demain, auront réellement le pouvoir d’embaucher leurs diplômés ?
C’est à cette question que répond le Classement L'Express Éducation et NextEdu en partenariat avec Opinion Way, le premier du genre à mesurer la réputation des 23 Grandes Ecoles post-prépa (concours BCE et...
-
22/01 - En Chine, l’excédent commercial record masque une autre réalité
Dans le folklore chinois, le terme shashoujian - ou "masse de l’assassin" - désigne une arme légendaire permettant de terrasser un adversaire a priori plus puissant. La métaphore est intemporelle : en 2020, Xi Jinping se l'approprie pour qualifier l'ambition de domination industrielle et technologique de la Chine. Une manière de signifier qu'elle n'entend pas être contrainte sur le plan économique. Cinq ans plus tard, sa machine exportatrice est encore montée en puissance. Malgré l’acharnement tarifaire américain, elle a affiché un excédent commercial record en 2025, à 1 200 milliards de dollars. La part des Etats-Unis dans ces exportations a reculé sur l’année, renforçant le poids d’autres destinations dont l’Asie du Sud-Est, l’Europe ou encore l’Afrique.
Et si cette vigueur était de la poudre aux yeux ? Les exportations, moteur de la croissance du pays, masquent d’abord une atonie de la demande intérieure. "L’objectif du gouvernement chinois de se recentrer sur son marché domestique semble s’éloigner : le consommateur reste déprimé et la crise immobilière se poursuit, ce qui appelle à davantage de stimulus dans les mois à venir", pointe Ana Boata, directrice de la recherche économique à Allianz Trade. Difficile, donc, pour Pékin de compter sur sa population pour absorber ses excédents de production.Diversification et réserves
Surtout, un autre indicateur est passé inaperçu : les importations chinoises ont, elles aussi, atteint un niveau historique, à 2 600 milliards de dollars. Au fil des années, un...
-
22/01 - La Pologne, nouveau moteur de l’Europe ? Récit d’une montée en puissance
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Il y a quelques années, si on parlait d’Europe et de la Pologne, on entendait souvent le cliché du "plombier polonais". Désormais, les Européens ne peuvent plus regarder la Pologne avec dédain. Car en trente ans, ce pays aux 38 millions d'habitants s’est métamorphosé, comme l’explique Cyrille Pluyette, rédacteur en chef adjoint du service Monde de L’Express, dans son dernier article. D'abord sur le plan économique : aujourd’hui, c’est elle qui tire l’Europe, avec une hausse du PIB d’environ 3,2 % en 2025 selon les estimations du FMI. Le pays compte également un grand nombre d’entreprises très dynamiques, tandis que le paysage des villes s’est transformé.
La Pologne est aussi l’un des leaders européens sur le plan militaire. Face à la menace russe, elle a investi dans la défense, bien plus que la France par exemple, devenant la plus grande armée de l’Union européenne. Et Varsovie compte aussi peser diplomatiquement. L’influence de la Pologne vient notamment d’une personnalité : Donald Tusk. L’ancien président du Parlement européen a repris son fauteuil de Premier ministre en 2023, et a su garder des oreilles attentives à Bruxelles.
Résultat, c’est tout le centre de gravité de l’Europe qui se redirige vers l’Est. Un dynamisme qui explique pourquoi L’Express consacre cette semaine sa Une au miracle...
-
22/01 - Mistral AI, contrats chinois... Les confidences de la ministre marocaine du Numérique
Octobre 2024. A un peu plus d’un an de la Coupe d’Afrique des nations de football, le Maroc se cherche un nouveau ministre pour mener à bien sa transition vers le numérique et l’intelligence artificielle. Le profil retenu, Amal El Fallah Seghrouchni, directrice de recherche expérimentée, apparaît idéal. "C’est bien simple, le roi s’est entouré de la meilleure", assure un maître de conférences en mathématiques français quand on lui demande les chances de réussite de cette bûcheuse, spécialiste en informatique.
Femme de l’année 2021 selon Berkeley World Business Analytics Award, Amal El Fallah Seghrouchni a laissé une empreinte profonde en quinze ans passés à la Sorbonne. Mais les rouages du monde politique sont bien différents de ceux du monde académique. Modernisation, Coupe du monde 2030, dialogue avec les concurrents africains, partenariats avec la France mais aussi la Chine, rétention des talents, renforcement de l’écosystème start-up… Sur son bureau lustré, siège en cuir et drapeau flamboyant non loin, les dossiers délicats ne manquent pas. Comment s’en sort le Maroc ? L’Afrique arrivera-t-elle à s’accorder, pour faire face aux géants technologiques ? Entretien exclusif.
L’Express : Avant d’être nommée ministre de la Transition Numérique du Maroc, vous avez dirigé des recherches de haut niveau en IA au Maroc et en France. Quels réels progrès ont été accomplis dans ce domaine et quelles limites perdurent ?
Amal El Fallah Seghrouchni : L’intelligence artificielle progresse par paliers. Par le passé, il y a eu...
-
21/01 - Le Kremlin renvoie un général connu pour ses assauts brutaux
Il était l'un des généraux favoris du Kremlin, malgré ses méthodes jugées brutales au sein de ses propres troupes. Dans un article publié le 18 janvier, Kyiv Post révèle que Sukhrab Akhmedov, un haut gradé russe, a été relevé de ses fonctions après quatre années à des postes de commandement importants en Ukraine. Originaire du Daghestan et issu d'une famille de militaires, l'homme de 51 ans était notamment connu pour son nombre important de pertes lors des assauts qu'il ordonnait, expliquant son impopularité auprès des combattants russes.
Après avoir suivi un cursus à l'Académie Frounzé de Moscou en 2005, le principal établissement qui forme les officiers de l'armée russe destinés aux plus hauts postes de commandement, Akhmedov avait commandé de 2009 à 2015 la 155e brigade d'infanterie de marine, une unité d'élite russe privilégiée par le Kremlin, basée à Vladivostok. Fin février 2022, c'est aussi lui, entre autres, qui participa à l'offensive principale du Kremlin en Ukraine, en dirigeant un groupe d'assaut amphibie d'élite, comprenant son ancienne unité. Un commandement autoritaire
Mais très vite, des premiers témoignages font état d'un commandement autoritaire, plus soucieux de plaire aux supérieurs qu'à minimiser le nombre de pertes des troupes. Comme en mars 2022, lorsque la 155e brigade et d'autres unités reçurent l'ordre répété d'attaques infructueuses contre les défenses ukrainiennes robustes autour du village de Moshchun, au nord de Kiev. En novembre de la même année, des fusiliers marins de la 155e...
-
21/01 - "Si l’Europe s’allie au bloc transpacifique…" : ce scénario cauchemar pour Donald Trump et la Chine
Tensions géopolitiques, guerre commerciale, montée des partis nationalistes… Sur le papier, tout semble indiquer que la mondialisation vit ses derniers instants. "Qu’est-ce qui va lui succéder ?", "Le monde est-il en train de se démondialiser ?", s’interrogent même certains médias depuis quelques mois. Et pourtant, les faits résistent aux discours alarmistes. Rien ne laisse entrevoir un réel recul de la mondialisation, avertit Steven A. Altman, chercheur principal au Stern Center for the Future of Management de l’Université de New York. Directeur de la DHL Initiative on Globalization, il le démontre chiffres à l’appui : la mondialisation a encore de beaux jours devant elle, quand bien même "elle est souvent tenue pour responsable de problèmes qui ont, en réalité, des causes principalement nationales."
Le spécialiste explique notamment pourquoi les droits de douane de Donald Trump n’ont pas entraîné une vague de protectionnisme. Partant du constat que la mondialisation ne recule pas mais se redessine, notamment sous l’effet du repli américain, il souligne que de nouvelles opportunités émergent à l’échelle mondiale, en particulier pour l’Europe : si elle s’allie aux pays du Partenariat transpacifique, "cela pourrait redessiner le commerce mondial".
L’Express : Contrairement aux prévisions initiales qui annonçaient une baisse du commerce mondial de biens en 2025, les échanges ont récemment enregistré leur plus forte croissance depuis la reprise post-Covid. Comment expliquer ce rebond inattendu ?
Steven A....
-
21/01 - Pologne, les secrets d’un "miracle" : comment le pays est en passe de dépasser le Japon
Dans le hall d’entrée, le visiteur est accueilli par une sorte de samouraï grandeur nature, en cotte de mailles fine, brandissant une épée au-dessus de sa tête. Visage balafré, cheveux blancs réunis en catogan, yeux ambrés, Geralt de Riv est le héros de l’un des jeux vidéo les plus vendus au monde, The Witcher (Le Sorceleur) : plus de 75 millions d’exemplaires écoulés depuis 2007.
Avec le footballeur Robert Lewandowski (FC Barcelone) et la joueuse de tennis Iga Swiatek (n° 2 mondiale), ce guerrier solitaire est l’un des visages du nouveau soft power polonais. Celui d’un pays conquérant et décomplexé. Le Premier ministre Donald Tusk avait même offert le jeu au président américain Barack Obama, lors de sa visite en 2014. Tiré d’une série de livres à succès écrits par le polonais Andrzej Sapkowski (qui ont aussi donné lieu à une série Netflix), il a su conserver une identité nationale. "On y trouve des paysages ruraux, des légendes et des rituels anciens inspirés par la Pologne, précise Michal Nowakowski, codirecteur général de CD Projekt, en pull et baskets. Cette touche exotique a séduit des joueurs de toute la planète."
Il nous reçoit au siège de l’éditeur de jeux vidéo, à Varsovie, sur la rive droite de la Vistule, dans une ancienne zone industrielle. Au fur et à mesure qu’elle grandissait, l’entreprise est devenue un véritable petit quartier, avec ses cafés, ses restaurants, ses terrains de sport, ses salles de tests de jeux vidéo, ses terrasses…
Géant européen, avec une capitalisation boursière de près de 6...
-
21/01 - Qui sont les têtes pensantes de l’écosystème Trump ?
On pense peu aux hommes de l'ombre du président américain, tant celui-ci accapare la lumière par ses outrances et ses menaces - en témoigne l'épineux dossier du Groenland. Mais alors que le second mandat de Donald Trump a fêté son premier anniversaire le 20 janvier, il est pourtant bon de s'intéresser à quelques têtes pensantes qui façonnent la pensée - et la politique - de ce dirigeant imprévisible.
Il y a d'abord ces néoréactionnaires de la Silicon Valley, des intellectuels férus de technologies et de théories qu'Orwell lui-même n'aurait pas imaginées. A l'image de Curtis Yarvin, ce philosophe qui se revendique des "lumières obscures", antithèse de l'esprit des Lumières du XVIIIè siècle. Informaticien et blogueur californien, régulièrement cité comme une "source d'inspiration" par le vice-président américain J.D. Vance, ce dernier espère le remplacement de la démocratie par une "monarchie" dirigée par un "PDG roi", où les personnes avec moins de 120 de QI n'auraient pas le droit de vote. Il y a vingt ans, l'intellectuel qui a une audience significative chez les libertariens avait également développé la théorie de la "cathédrale" - qui l'a fait connaître - selon laquelle l'ensemble des institutions sociales auraient été noyautées par une pensée libérale et progressiste destinée, sous couvert de démocratie, à asservir le peuple.
Depuis, le philosophe étale sa détestation de la démocratie, arguant par exemple en 2022 que "le destin de la Russie" était "de rétablir l’ordre en Europe", un mois avant que Moscou ne...
-
21/01 - Marine Le Pen et Jordan Bardella : le choc des photos, le poids des mots
Il est parfois plus confortable de descendre certaines marches que de les monter. Marine Le Pen et Jordan Bardella en ont respectivement fait l’expérience, à quelques jours d’intervalle. La première, mardi 20 janvier, a grimpé en silence les grands escaliers de pierre du Palais de justice de Paris, flanquée de ses avocats et de sa garde rapprochée, pour se rendre à son audition dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national). Le second, quelques jours plus tôt, descendait celles du Grand Palais sous les flashs des photographes, quittant la fastueuse soirée organisée pour les 200 ans du Figaro, accompagné de la princesse Maria Carolina Bourbon des Deux-Siciles. L’ambiance diffère pour les deux têtes d’affiche de l’extrême droite française.
Retour au Palais de justice. Le tailleur bleu est ajusté, les sourcils froncés. Marine Le Pen se tient droite à la barre et s’adresse à la présidente qui décrypte méticuleusement chacun des éléments du dossier. Condamnée en première instance à une peine de quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité (assortie d’une exécution provisoire) pour détournement de fonds publics, elle s’efforce de convaincre la Cour d’appel qu’il n’existait pas de "système" de détournement de fonds destinés à rémunérer des assistants parlementaires européens qui auraient en réalité travaillé pour le parti. Le jugement de la cour d’appel déterminera, d’ici à l’été, si la députée du Pas-de-Calais est en mesure de se porter candidate, une...
-
21/01 - A Davos, Donald Trump précise ses velléités sur le Groenland : "Je veux juste un bout de banquise"
Le président américain Donald Trump a pris la parole pendant plus d'une heure ce mercredi 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, et a, sans surprise, attaqué l'Europe. "J'aime l'Europe et je veux qu'elle aille bien mais l'Europe ne va pas dans la bonne direction", a-t-il asséné, au lendemain de la décision des députés européens de geler la ratification de l'accord commercial conclu avec les Etats-Unis en juillet dernier. Seuls les Etats-Unis peuvent "sécuriser le Groenland"
Au coeur des tensions, la résistance des Européens face à la volonté de Donald Trump de mettre la main sur le Groenland, territoire arctique sous souveraineté du Danemark, pays membre de l'Union européenne et de l'Otan. Le président américain a réaffirmé que seuls les Etats-Unis sont en mesure de défendre le Groenland. "Aucune nation ni aucun groupe de nations n'est en mesure de sécuriser le Groenland, à l'exception des Etats-Unis", a-t-il déclaré, demandant des "négociations immédiates" sur le sujet et excluant, pour la première fois officiellement, d'utiliser la force pour y parvenir. "On pensait que j'utiliserais la force, mais je n'en ai pas besoin. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a-t-il répété.
Donald Trump a accusé le Danemark de faire preuve d'"ingratitude", allant même jusqu'à minimiser l'importance de sa demande : "Nous voulons juste un petit bout de banquise, pour protéger le monde, et ils ne veulent pas nous le donner." Et ce ne serait pas "une menace à l'encontre de...
-
21/01 - Le "facteur en chef" et la chimiste visionnaire : deux visages d’une Pologne en mutation
D’un geste machinal, il oriente le QR code affiché sur son téléphone vers le détecteur placé au centre de la consigne automatique. Un bip discret, un déclic, et le casier s’ouvre. Moins de deux secondes pour récupérer le colis. "Cela fait partie de ces petites choses qui ont changé notre quotidien", glisse Sebastian, un habitant de Varsovie de 26 ans. Le jeune homme peine à se souvenir de l’époque où recevoir une commande signifiait composer avec des horaires contraignants, attendre un livreur ou faire la queue au bureau de poste.
En Pologne, ces installations, sortes de murs remplis de casiers, sont visibles à tous les coins de rue. Une sur deux appartient au pionnier national InPost, présent sur ce segment depuis 2009. Baptisées "Paczkomaty", le terme est entré dans le langage courant. Le jaune d’InPost est d’autant plus présent à la période des fêtes que ses camions de livraison quadrillent les rues polonaises. Rafal Brzoska, le roi incontesté de la logistique
Ce succès fulgurant est signé Rafal Brzoska. Crâne rasé, sourire à fossettes, posture assurée : le milliardaire dégage une énergie contagieuse. A tel point qu’en Pologne, difficile de dire qui de la marque ou de son fondateur est le plus connu. "Comprendre les besoins des utilisateurs, s’inspirer de ce qui fonctionne à l’étranger et s’entourer de talents, voilà mon credo", résume ce dandy adepte des costumes soignés et des couleurs audacieuses. Une recette à l’origine de la croissance spectaculaire d’InPost depuis 2018, soutenue par la crise du...
-
21/01 - Donald Trump - Emmanuel Macron : le bras de fer entre le "tyran de cour d’école" et "sa cible préférée" vu de l’étranger
C'est une "relation tumultueuse, marquée par des hauts et des bas depuis des années", décrit le New York Times, à propos des présidents français et américain. Depuis la publication d'un SMS envoyé par Emmanuel Macron à Donald Trump le 19 janvier, dans lequel le premier confie au second ne pas comprendre "ce qu'il fait au Groenland", "la tension entre la France et les Etats-Unis […] augmente de jour en jour", appuie le quotidien espagnol El País. Peu avant la publication de ce message, dont l'authenticité a été confirmée par l'entourage du président français, le locataire de la Maison-Blanche avait en effet menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et les champagnes français, une mesure supposément destinée à convaincre Emmanuel Macron de rejoindre le "Conseil de la paix" dont il était à l'initiative.
Depuis leur arrivée au pouvoir à quelques mois d'intervalle en 2017, les deux hommes ont néanmoins connu de fréquents désaccords, "exacerbés, du côté de Trump, par des insultes, des menaces et des railleries publiques", poursuit le quotidien américain. Le journal donne l'exemple de ce jour où Emmanuel Macron avait jugé que l’Otan était en état de "mort cérébrale", dans un entretien à l’hebdomadaire anglais The Economist, en 2019. En retour, Donald Trump avait qualifié cette remarque de "très odieuse", affirmant qu'elle était "très dangereuse" pour la France. Autre cas plus récent : en juin dernier, lorsque Emmanuel Macron avait révélé que Donald Trump avait quitté prématurément un sommet du G7 pour...
-
21/01 - Fake news et dons d’organes : aux origines d’un emballement aux lourdes conséquences
Service de coordination du don d'organe de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre (AP-HP), Paris, mi-décembre. Un téléphone sonne. Un patient vient de décéder. Les médecins n’ont rien pu faire, son cerveau ne fonctionne plus. Cyril Schloesing, manches retroussées, stylo à l'encolure, consulte immédiatement son ordinateur. Le jeune homme, infirmier spécialisé et coordinateur d’équipe, navigue de fichier en fichier, avale des kilomètres de texte, puis imprime le résultat de ses recherches. Quelques annotations, et le voilà déjà dans les couloirs. L'infirmier se sait pressé : avec ses équipes, ce soignant d'une quarantaine d'années, affable et minutieux, s'occupe de vérifier si les patients de l'établissement peuvent être considérés comme des donneurs d'organes après leur mort. Une urgence après l’urgence : une fois les tentatives de sauvetage épuisées, les corps animés par le rythme lent des respirateurs artificiels ne tiennent que quelques dizaines d'heures. Une poignée de minutes en trop, et de potentiels receveurs verraient leurs chances de survie gravement diminuées.
Comme lui, quelques centaines d’infirmiers spécialisés s’attellent à ce type de vérification post mortem, des contre-enquêtes éclair, immensément délicates. Si en France, tout citoyen est d’office considéré comme donneur potentiel, dans les faits, le sujet est encore trop tabou pour que les patients connaissent leurs droits. "Nous devons renforcer la connaissance de notre modèle", reconnaissait le Pr Jacques Duranteau, membre du Comité consultatif national...
-
21/01 - Après un an de mandat, Donald Trump a-t-il tenu ses promesses de campagne ?
Une première année de mandat, en attendant encore trois autres. Le 20 janvier 2025, Donald Trump redevenait président des Etats-Unis lors d'une cérémonie d'investiture à l'intérieur du Capitole. Un an après son retour à la Maison-Blanche, certains de ses électeurs déchantent. Le président est confronté à une baisse de popularité : selon un sondage CNN/SRRS, une majorité d’Américains juge que Donald Trump se trompe de priorités et qu'il n'agit pas assez contre l'augmentation du coût de la vie. C'était pourtant l'une des promesses du milliardaire lors de sa campagne. Tour d'horizon de ses différents engagements.Pouvoir d'achat
Le président avait fait du pouvoir d'achat son sujet de campagne privilégié en fixant des attentes très hautes. "À partir du jour où je prêterai serment, je ferai rapidement baisser les prix et nous rendrons l'Amérique à nouveau abordable", avait déclaré Donald Trump. Le candidat avait promis que "les revenus grimperaient" et que "l'inflation disparaîtrait". Mais l'inflation n'a pas ralenti de manière significative depuis le début de son second mandat. Les derniers chiffres, pour décembre 2025, s'établissent à 2,7 % sur un an, un rythme stable par rapport à novembre 2025. Ces chiffres sont légèrement inférieurs par rapport à décembre 2024, sous Joe Biden (2,9 %). Ils restent largement supérieurs à l'objectif annuel de 2 % fixé par la Réserve fédérale.
La hausse des dépenses courantes a été continue, parfois même significative sur un an, selon les chiffres du Bureau des statistiques du travail,...
-
21/01 - Droits de douane : cibler six pays de l’UE seulement pourrait virer au casse-tête pour Donald Trump
Donald Trump menace d’imposer de nouveau droits de douane démesurés à six pays de l’Union européenne (le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède), ainsi qu’à la Norvège et au Royaume-Uni (non-membres de l’UE), jusqu’à ce que les États-Unis soient autorisés à acheter le Groenland. Mais les autorités douanières américaines feront face à un véritable défi pour faire appliquer l’ordre de leur président, compte tenu de la facilité de circulation des marchandises entre les membres de l’UE.Techniquement possible, bureaucratiquement complexe
En vertu des règles européennes, les produits destinés à l'export sont en effet estampillés "origine UE" et non pas "origine France", "origine Danemark", etc. Un pays tiers peut certes exiger que des informations soient fournies par les États membres individuellement. Mais même avec cette possibilité, il peut être difficile de déterminer si un produit a été fabriqué dans un seul État membre de l’UE.
Pour cause : les chaînes d’approvisionnement sont souvent transfrontalières, et il est possible en Europe de transporter des marchandises d’un État membre à un autre sans contrôle douanier. Déterminer l’origine des produits serait donc une tâche complexe pour les autorités douanières américaines. Les autorités européennes en ont bien conscience : d'un "point de vue douanier et opérationnel", il serait "très difficile [pour les Etats-Unis] d'attribuer des marchandises exclusivement à un seul État membre", a souligné cette semaine Olof Gill, porte-parole de la...
-
21/01 - Au Canada, l’idée d’une invasion américaine n’est plus exclue par l’armée
Face aux menaces de plus en plus pressantes et à l’imprévisibilité de Donald Trump, les Forces armées canadiennes ont modélisé un scénario hypothétique d’invasion militaire américaine… ainsi que la possible réponse militaire du Canada, révèle le journal canadien The Globe and Mail. Une première en un siècle.
Le Canada, membre fondateur de l’Otan et partenaire des États-Unis pour la défense aérienne continentale, explore ce scénario alors que Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises l’idée que le pays puisse devenir le 51e État des Etats-Unis. Selon des responsables américains cités par la chaîne NBC, le locataire de la Maison-Blanche s'est récemment montré de plus préoccupé par la vulnérabilité du Canada face aux adversaires des États-Unis dans l’Arctique, notamment la Russie et la Chine, critiquant en privé le faible niveau de dépenses de défense d'Ottawa. Des propos qui s’inscrivent dans sa stratégie plus large de consolidation de l’hémisphère occidental.Techniques non conventionnelles inspirées d’Afghanistan
Le modèle développé par l’armée canadienne, conceptuel et théorique, ne constitue pas un plan militaire opérationnel, précise bien le Globe and Mail, mais permet plutôt d’évaluer les risques et d’explorer les stratégies. Les responsables militaires envisagent ainsi une attaque venant du sud, avec des forces américaines capables de surmonter rapidement les positions stratégiques canadiennes sur terre et en mer, en l'espace d'une semaine, voire en deux jours seulement. Selon le journal, le Canada ne possède pas les...
-
21/01 - Jeremy Corbyn - Jean-Luc Mélenchon : les dégâts du populisme de gauche, par Catherine Fieschi
Levons d’emblée toute ambiguïté. Il ne s’agit évidemment pas d’établir une symétrie morale ou politique entre extrême droite et extrême gauche. La première est aujourd’hui aux portes du pouvoir – ou déjà installée – dans plusieurs pays européens, souvent adossée à l’écosystème idéologique du trumpisme. Ce n’est pas le cas de la seconde. Mais celle-ci participe pleinement à la dynamique de polarisation affective et narrative qui fragilise nos démocraties libérales. N’en déplaise aux âmes sensibles : il n’existe pas de "bon" populisme.
A ce titre, le Royaume-Uni constitue un cas d’école. Brexit ou non, le pays demeure profondément européen dans ses pathologies politiques. Certes, l’Italie a payé cher l’amateurisme idéologique du mouvement Cinq Etoiles. Mais s’il fallait décerner une palme d’or du populisme de gauche autodestructeur, Londres l’emporterait sans peine.
Le visage de cette débâcle a un visage : Jeremy Corbyn, 76 ans aujourd’hui, ancien leader du Parti travailliste entre 2015 et 2020 – qu’il l’a depuis exclu. Son nom restera celui du principal artisan de l’affaiblissement durable du Labour. Certes, les travaillistes sont revenus au pouvoir. Mais sur un mode essentiellement défensif, encore embarrassés des ambiguïtés idéologiques et des fractures organisationnelles héritées de la séquence corbyniste. Eurosceptique de longue date, Corbyn s’est soigneusement tenu à l’écart de la bataille référendaire sur l’Union européenne, contribuant par inertie idéologique – plus que par calcul stratégique – à la victoire du...
-
21/01 - "L’Europe va devoir adopter les méthodes brutales de Trump" : l’escalade avec les Etats-Unis vue de l’étranger
L’Europe attendait l’attaque, sans vraiment savoir d’où viendrait le premier coup. L’annonce par le président américain de nouveaux droits de douane si l’Europe refuse de lui céder le Groenland, samedi 17 janvier, marque le retour de la guerre commerciale, désormais motivée par l’une des obsessions de Donald Trump. Quelques jours plus tôt, les alliés de l’Otan avaient envoyé leurs troupes pour un "exercice militaire" au Groenland, démonstration de force symbolique dont l’efficacité avait été critiquée. Au final, le premier mouvement de Donald Trump n’est pas militaire. Mais il provoque la sidération aux quatre coins du globe. Pour la presse internationale, qui commente largement cette escalade inédite, il sous-entend tout de même le risque d’un affrontement violent.
En Espagne, El País s’insurge de ce tournant historique des Etats-Unis. Alors que l'Otan a été bâtie pour se protéger des agressions extérieures, "les barbares sont à l’intérieur" écrit le journal, jugeant que l’allié américain remet en cause l’architecture de sécurité européenne construite depuis la Seconde Guerre mondiale. Le dossier groenlandais franchit "toutes les lignes rouges", estime le quotidien, et révèle l’échec de la stratégie d’apaisement menée jusqu’ici par l’Union européenne.
En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne qu’au lieu d’isoler le Danemark, l’initiative du président américain a transformé le dossier en "affaire européenne", tandis que le quotidien italien Corriere della Sera met en garde contre des droits de douane...
-
21/01 - "Si Nicolas Maduro choisit de coopérer, attendez-vous à des rebondissements" : les révélations exclusives d’un consultant de la DEA
Rares sont ceux qui connaissent mieux le "dossier Maduro" que Martin Rodil, enquêteur et consultant américano-vénézuélien pour le compte de l'agence antidrogue Drug Enforcement Agency (DEA) qui est l'origine de l'arrestation de l'ex-président emprisonné à New York. Depuis plus de quinze ans, ce spécialiste des enquêtes financières et de la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent accumule les éléments à charge et les témoignages contre le régime chaviste tout en documentant ses liens avec Cuba, l'Iran, le Hezbollah libanais et d'autres organisations terroristes comme la guérilla colombienne des Farc et, évidemment, avec différents cartels de la drogue.
Avec son associé Gary Berntsen – une légende vivante de la CIA qui a multiplié les actions spectaculaires en Amérique centrale, au Liban et en Afghanistan, notamment à la poursuite d'Oussama Ben Laden – Martin Rodil a exfiltré et confessé plus d'une centaine de Vénézuéliens, parmi lesquels l'ancien garde du corps d'Hugo Chavez et d'autres repentis du chavisme. Cette masse d'information a alimenté le dossier d'accusation contre Nicolas Maduro, dont Martin Rodil assure qu'il a été trahi par son entourage et qu'il finira sa vie en prison... à moins qu'il ne se décide à trahir à son tour en collaborant avec la justice américaine.
L'Express : Après deux semaines d'incarcération au pénitencier de Brooklyn, quelles sont les conditions de vie et l'état d’esprit de Nicolas Maduro ?
Martin Rodil : L’ex-président se trouve dans une cellule individuelle,...
-
21/01 - "Trump connaîtra le même échec que McCarthy" : les prédictions de l’historien François Kersaudy
Sept semaines après le retour au pouvoir de Donald Trump, j’écrivais dans L’Express que le dirigeant américain "est parvenu à stupéfier Américains et Européens par un mélange totalement inédit de mensonges flagrants, de décisions brusquées et de menaces grossières ; mais une fois passés les premiers mois de sidération, il se heurtera fatalement dans son pays à l’institution judiciaire, au Congrès, à l’administration et à la presse – le tout rapidement amplifié par d’inévitables règlements de comptes au sein de son entourage."
Dix mois plus tard, ce processus semble bien enclenché, mais l’effet de sidération aux États-Unis est loin d’avoir disparu. L’ancien homme d’affaires, redevenu président - après avoir cumulé six faillites, trente-quatre inculpations, une condamnation et deux impeachments - bénéficie toujours du solide soutien de sa base républicaine, ce qui lui permet de poursuivre une politique à la fois erratique et ravageuse : violation de la constitution en contournant le Congrès et en recevant de somptueux cadeaux de la part d’États étrangers ; démantèlement de l’administration avec le désastreux épisode du Doge - initialement censé augmenter l’efficacité du gouvernement ; brutalisation de la société en faisant intervenir dans divers États les sbires hâtivement formés du ICE – agence chargée de contrôler l’immigration par des moyens expéditifs ; intimidations systématiques allant de menaces contre des sénateurs comme Mark Kelly à l’humiliation de chefs d’État étrangers comme Volodymyr Zelensky ;...
-
21/01 - "Le Mage du Kremlin" : quand L’Express interviewait le vrai idéologue de Vladimir Poutine
Ceci n’est pas une critique cinématographique. Toutefois, L’Express vous recommande vivement d’aller voir Le Mage du Kremlin, en salle ce mercredi. Adapté du formidable roman éponyme de Giuliano da Empoli, le long-métrage réalisé par Olivier Assayas retrace la conquête du pouvoir russe par Vladimir Poutine (incarné par Jude Law), et racontée par son éminence grise, "le Mage" (Paul Dano).
Les lecteurs de L’Express connaissent bien ce personnage féru de rap et de rock gothique, longtemps surnommé le "Machiavel russe". De son vrai nom Vladislav Sourkov, ce conseiller de l’ombre nous avait accordé en mars dernier un entretien exclusif. Une prise de parole rare - la seule, en fait, depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, en février 2022 -, qui met en lumière, de façon très crue, les ambitions dévorantes de Moscou. "Nous nous étendrons dans toutes les directions, aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force", assène, dans cette interview, celui qui, dans les années 2000, a largement contribué à créer le "poutinisme" et ses fameux concepts de verticale du pouvoir et de démocratie souveraine - un euphémisme pour désigner un système autoritaire -, avant de tomber en disgrâce en 2020. Il se révèle prophétique
Volontiers cynique – "à l’avenir, il faudra à l’Europe de la volonté et une généreuse dose de bon vieil autoritarisme" -, Sourkov se révèle parfois prophétique, alors même que Donald Trump, tout juste revenu au pouvoir, n’a pas encore lancé sa croisade antieuropéenne. "Les europoutinistes et...
-
21/01 - Entre l’instinct et la loi, à qui obéir ? Par Christophe Donner
Promis le ciel, c’est le titre du film. Kenza (Estelle Kenza Dogbo) a 4 ans, elle barbote dans une baignoire pleine de mousse. Autour d’elle, trois femmes, une qui la coiffe, une qui la lave, la troisième qui verse une grande casserole d’eau chaude dans le bain. Elles interrogent Kenza pour essayer de comprendre ce qui s’est passé sur le bateau, l’enfant dit que le bateau s’est renversé, ils se sont cogné la tête, la terre s’est cassée, tonton a pris le couteau, il l’a lancé sur les gens, et quand le bateau a coulé, je suis montée là, dit-elle en montrant le bord de la baignoire, quand on était assis, le pied de quelqu’un s’est coupé… Elle n’a pas l’air traumatisée par le naufrage où elle a perdu ses parents, dont elle semble être la seule rescapée, elle joue avec la mousse. On la sort du bain, on la sèche : "On va bien s’occuper de toi." Kenza répond : "Ici je veux pas." Elle se tourne, se jette sur le lit et s’endort.
Les trois femmes sont à la cuisine : Jolie (Laetitia Ky), Naney (Debora Lobe Naney) et Marie (Aïssa Maïga). "C’est quoi le plan, en fait ?", demande Jolie. "C’est quoi cette question, réplique Marie, on va s’occuper d’elle." Marie est la plus âgée des trois jeunes femmes, elle est pasteure évangélique, on la retrouve plus tard en train de prêcher devant une vingtaine de fidèles, membres d’une communauté d’immigrés, exilés, rescapés en partance pour l’Europe rêvée et improbable. L’histoire du film d’Erige Seheri se passe à Tunis, un des goulets d’étranglement de l’immigration subsaharienne vers...
-
21/01 - Liban : la mystérieuse intermédiaire derrière les explosions de bipeurs du Hezbollah
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Il est 15h30 au Liban, ce mardi 17 septembre 2024. A la caisse d’une boutique, dans la rue, sur le marché, dans des appartements : au même moment, des milliers de bipeurs explosent à travers tout le pays. La panique règne et les hôpitaux sont rapidement surchargés. Les blessés qui affluent sont principalement touchés aux mains, au ventre ou en haut de la cuisse.
Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants, et 2 750 blessés. Les victimes appartiennent en majorité au Hezbollah, une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise.
Très vite, les cadres du mouvement accusent Israël. Car l’Etat hébreu est de longue date en guerre contre le Hezbollah, et le conflit s’est accentué depuis les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, allié de l’organisation libanaise. Une organisation qui communique désormais essentiellement par bipeurs, jugés plus sûrs et plus difficiles à pirater que les téléphones.
Quelques semaines plus tard, en novembre, Israël reconnaît avoir autorisé l’attaque, qui lui a permis d’éliminer mais aussi...
-
20/01 - "En Iran, les femmes sont perçues comme une faute à corriger" : le témoignage puissant de la joueuse d’échecs Mitra Hejazipour
"Je cherchais une issue parmi les pièces." Pour Mitra Hejazipour, les échecs ne furent pas seulement cette école de la persévérance, mais surtout le chemin vers sa liberté. C’est ce que raconte le Grand maître Féminin dans un livre à l’énergie et au courage communicatifs, La joueuse d'échecs (Albin Michel), écrit avec Sarah Doraghi. Le récit d’une initiation autant que d’une émancipation. En stratège, la jeune prodige a patiemment échafaudé les scénarios de son exil. Fuir l’Iran, cette prison où les femmes sont perçues comme une "faute à corriger".
En 2019, lors du championnat du monde à Moscou, elle décide de retirer son hijab. Ce jour-là, elle devient une figure de la dissidence iranienne. Exilée en France, elle obtient la médaille d’or au championnat tricolore. En 2024, L’Express lui décernait son Prix de la liberté. Son témoignage paraît au moment où le peuple iranien fait trembler le régime des mollahs. Sa lecture en est d’autant plus précieuse.
L’Express : Quelles nouvelles avez-vous de vos proches en Iran ?
Mitra Hejazipour : Je n’ai pas de nouvelles de ma famille. Il est très difficile d’obtenir des informations car l’Internet est coupé. Certains Iraniens y ont accès grâce au réseau Starlink, et les vidéos et images qui circulent viennent de là. Le régime a peur alors il tue. Il n’a plus aucun scrupule. Il y a des snipers sur les toits qui visent les manifestants à la tête. Aux gens qui viennent réclamer la dépouille d’un proche éliminé par les forces de sécurité, on réclame de l’argent. S’ils ne peuvent ou ne...
-
20/01 - Accord commercial UE–Etats-Unis : les conséquences du gel décidé par le Parlement européen
La guerre commerciale est-elle relancée et va-t-elle se transformer en duel ? Le Parlement européen a décidé de geler ce mardi 20 janvier la ratification de l’accord commercial conclu avec les Etats-Unis en juillet dernier, marquant un tournant politique dans les relations transatlantiques. Une décision explicitement présentée comme une première réponse aux pressions exercées par Donald Trump pour s'emparer du Groenland, territoire arctique sous souveraineté du Danemark, pays membre de l'Union européenne et de l'Otan.
Ces derniers jours, le président américain a brandi la menace de sanctions économiques pour faire plier les Européens, évoquant une surtaxe de 10 % à partir du 1er février, susceptible de grimper à 25 % au 1er juin, et conditionnant sa levée à la "vente totale du Groenland".
Ce gel empêche de facto l'entrée en vigueur de l'accord, qui prévoyait notamment l'instauration de droits de douane de 15 % sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, tout en supprimant les droits de douane sur les produits américains exportés vers l'Union européenne. En l'absence de ratification par le Parlement, aucune de ces dispositions ne peut donc s'appliquer.L'Europe riposte
"Notre réponse sera ferme, unie et proportionnelle", a martelé Ursula von der Leyen lors de son discours à la tribune du Forum économique mondial de Davos. La France semble même vouloir aller plus loin. "La France ne se soumet à aucun chantage. Elle assume de dire NON. Elle soutient la suspension de l'accord commercial avec les...
-
20/01 - "Imposer la vie est tout aussi immoral qu’imposer la mort" : le regard du juriste argentin Daniel Borrillo
Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale en mai 2025, la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir débarque ce 20 janvier 2026 au Palais du Luxembourg. Les sénateurs devront se prononcer pour savoir si la France doit, ou non, rejoindre le cercle très restreint des pays autorisant le suicide assisté (lorsque l’acte létal est réalisé par la personne elle-même), comme la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne, et l’euthanasie (lorsque l’acte létal est réalisé par un tiers), comme les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Luxembourg, même si le texte initial parle, lui, d'"un droit à l’aide à mourir". Un projet déjà remanié en commission, le Sénat ayant transformé ce droit en une "assistance médicale à mourir", réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé "à court terme".
Une nouvelle version que déplore le juriste Daniel Borrillo, spécialiste du droit de la bioéthique, qui, dans la toute dernière note du think tank GenerationLibre, défend une approche résolument libérale. Selon lui, la fin de vie doit relever pleinement de l’autonomie individuelle et du droit à la vie privée. Pour L’Express, le professeur d’origine argentine explique pourquoi il serait légitime d’élargir le champ d’application à la souffrance psychique grave, et répond aux nombreuses critiques des opposants au texte. Entretien.
L’Express : Vous proposez, dans votre rapport, une approche résolument libérale de la fin de vie. Qu’est-ce qui fait sa singularité ?
Daniel Borrillo : Sa singularité, c’est qu’elle place au cœur du débat...
-
20/01 - "Il avait une tête d’agent russe" : l’ENA, nid d’espions de Vladimir Poutine
La candidature de trop. Le 10 mars 2025, cinq médias européens, dont Le Monde, le quotidien belge De Morgen et l’ONG EU Observer, révèlent les noms de vingt espions russes récemment expulsés de Belgique. Parmi eux, un nom attire particulièrement l’attention. Dmitry Iordanidi est présélectionné pour être nommé chef de la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE) en Serbie. Ultime provocation de Moscou qui justifiera une exception à l’usage diplomatique selon lequel ces affaires se règlent discrètement, sans "griller" le patronyme des agents secrets.
Selon ces cinq médias, Iordanidi, 55 ans, n’est pas seulement ce diplomate un rien terne qu’on peut observer aux côtés de Vladimir Poutine lors d’un entretien avec le président serbe Tomislav Nikolic, en 2013. Jusqu’en 2023, il était l’un des deux représentants les plus importants à Bruxelles du SVR, le renseignement extérieur, l’équivalent russe de la DGSE. Une des pièces maîtresses de l’espionnage du Kremlin en Europe. Avant son séjour belge, ce pur produit de l’administration russe avait occupé plusieurs postes en Europe, à l’ambassade de Russie à Belgrade ou à la mission de l’OSCE en Bosnie-Herzégovine. Drôle d’animal que ce Dmitry Iordanidi, capable de s’inscrire sur des sites de rencontres, à Bruxelles, avec un pseudonyme synonyme de "gras du cadavre".
Telle n’était pas sa seule singularité. Entre 1999 et 2001, il a suivi une scolarité en tant qu’étudiant étranger à l’Ecole nationale d’administration (ENA), dans la promotion Nelson Mandela, en...
-
20/01 - Sanctions contre l’Iran : jusqu’où peut aller l’Union européenne ?
Face au massacre à huis clos en Iran, qui a fait plusieurs milliers de morts depuis le 28 décembre, l’Union européenne ne peut rester les bras croisés. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis qu’elle allait proposer rapidement aux Vingt-Sept de nouvelles sanctions. Mais jusqu'où doit aller l’UE ?
Fin août, Paris, Londres et Berlin ont déjà activé le "snapback", rétablissant toutes les sanctions de l'ONU pour non-respect par Téhéran de ses engagements nucléaires. Alors que la répression de la République islamique ne connaît plus de limites, Bruxelles doit maintenant élargir sa "liste noire" de 230 Iraniens déjà visés pour leurs violations alarmantes des droits humains et de son programme balistique. Un risque de rupture des canaux diplomatiques
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui a récemment interdit aux diplomates iraniens d'entrer dans leurs bureaux de Strasbourg, milite activement pour l’inscription des Gardiens de la révolution au rang d’organisation terroriste, comme les Etats-Unis en 2019. Une mesure qui serait sans précédent pour l’UE envers l'institution militaire d’un État souverain. Cette option, qui asphyxierait financièrement encore un peu plus le bras armé iranien mais nécessiterait un processus juridique rigoureux, est loin de faire consensus au sein des Etats membres.
Si l’UE déploie cette arme, elle acterait alors sa rupture avec la République islamique qui fermerait tous ses canaux diplomatiques en guise de représailles. Et laisserait...
-
20/01 - Gaza : pourquoi les instances voulues par Donald Trump suscitent (aussi) des critiques en Israël
C'est un "Conseil de la paix" qui pourrait raviver des guerres commerciales… entre autres. Cet organe, que Donald Trump compte mettre en place pour résoudre les conflits internationaux, en commençant par Gaza, suscite des tensions diplomatiques, notamment avec la France, menacée par le président américain de droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français si elle refuse d'en faire partie. Le projet de charte du "Conseil de la paix" dévoilé par plusieurs médias montre que le président américain a revu ses ambitions. Il ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne un objectif plus large : celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde. L’organe a désormais pour mission de "promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légale, et assurer une paix durable dans les régions affectées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule.
Cette instance a également suscité des réprobations en Israël ces derniers jours. Les autorités israéliennes ont annoncé samedi contester la composition d'un organe subordonné au "Conseil de la paix", le "Conseil exécutif pour Gaza", qui contribuerait à l'administration de la trêve entre Israël et le Hamas. "L'annonce de la composition du comité directeur de Gaza, qui relève du Conseil de la paix, n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique", a déploré dans un communiqué le bureau de Benyamin Netanyahou. Dans le viseur du Premier ministre israélien : la composition de ce...
-
19/01 - "Des tactiques incroyablement cruelles" : comment l’administration Trump impose sa loi du silence aux Européens
Imran Ahmed rigolerait presque de la situation, tant elle lui paraît absurde. Le 23 décembre, juste avant Noël, un ami l'a alerté par texto : son nom figure sur une liste d'Européens privés de visa par l'administration Trump, sous l'accusation de "tentative de destruction de la liberté d'expression américaine". Une sanction particulièrement grave pour ce Britannique qui réside aux Etats-Unis depuis cinq ans, désormais menacé d'expulsion. "Personne ne m'a contacté, personne ne m'a informé de cette décision, mais une jeune employée du département d'Etat a tweeté que j'étais désormais sous sanction des Etats-Unis, se pince encore cet ancien conseiller politique de 47 ans. L'ironie, c'est que je refuse d'avoir un compte sur X, je ne suis donc pas officiellement au courant de ma sanction."
Son crime, selon l'administration américaine ? Diriger une ONG, le Center for Countering Digital Hate (CCDH), qui combat la haine en ligne et milite pour une meilleure régulation des réseaux sociaux. Ses équipes ont récemment démontré qu'une adolescente de 13 ans, après avoir ouvert un compte TikTok, ne mettait que 2,6 minutes avant de recevoir des conseils sur l'automutilation. Le CCDH a aussi révélé que ChatGPT était tout à fait enclin à rédiger une lettre de suicide pour un adolescent ou à lui donner des conseils pour se taillader.
Depuis l'annonce des sanctions visant leur fondateur, le travail du CCDH n'a jamais été aussi partagé aux Etats-Unis. "Les gens prennent connaissance de ces sanctions honteuses et ils se...
-
18/01 - Groenland : les menaces douanières de Donald Trump provoquent une crise transatlantique inédite
La menace est concrète désormais. Face au refus du Danemark de céder le Groenland, Donald Trump a annoncé une série de représailles commerciales contre plusieurs pays européens, y compris les plus fidèles alliés des Etats-Unis, ouvrant une crise sans précédent dans les relations transatlantiques.
Dans un message publié samedi 17 janvier sur son réseau Truth Social, Donald Trump a ciblé huit pays - le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande - accusés de jouer "un jeu très dangereux" en affichant leur solidarité avec Copenhague. Ces Etats ont récemment procédé à des déploiements militaires symboliques au Groenland, dans le cadre d'exercices conjoints, afin d'affirmer leur soutien à la souveraineté danoise sur le territoire. "Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu. Il s’agit d’une situation très dangereuse pour la sécurité et la survie de notre planète. (...) Il est donc impératif, afin de protéger la paix et la sécurité mondiales, de prendre des mesures énergiques pour que cette situation potentiellement périlleuse prenne fin rapidement et sans équivoque", écrit Donald Trump.Affaiblissement durable de l'Otan
Face à cette situation "potentiellement périlleuse" - des Européens qui affirment leur souveraineté - Donald Trump brandit l’arme qu’il privilégie depuis le début de son second mandat : les droits de douane, invoqués jusqu'à présent au nom de...
-
18/01 - Bruxelles : focus sur la galerie Greta Meert et son penthouse-sculpture
Sa création, en 1988, au 13 rue du Canal, en plein centre de la capitale belge, a fait de la galerie Greta Meert - du nom de sa fondatrice-directrice - une précurseuse de la scène artistique bruxelloise et lancé le quartier du Canal, ancienne zone marécageuse aujourd’hui vivier de la culture branchée locale. En 2026, l’institution, qui a forgé son identité autour de l’art minimal et conceptuel des années 1970, participe pour la première fois à la Brafa avec une sélection d’œuvres phares signées Donald Judd, Enrico Castellani ou John Baldessari, mais elle reste, au-delà de son positionnement sur le marché de l’art, l’un des fleurons du patrimoine architectural de la métropole. A deux pas du futur Kanal-Pompidou, le bâtiment a connu quelques mutations sans jamais rompre avec son histoire.
Au commencement, il y a les murs centenaires d’un immeuble industriel conçu, entre 1902 et 1905, par le chantre de l’Art nouveau Louis Bral pour les magasins B. Wolf-Draperies et nouveautés. Mué en galerie d’art huit décennies plus tard, l’édifice, restauré par les architectes Hilde Daem et Paul Robbrecht, garde sa façade d’antan, qui fait la part belle aux larges surfaces de verre et aux linteaux de fer. Y ont été conservées les travées en pierre d’Euville et en pierre bleue déployées sur quatre niveaux, qui présentent une asymétrie caractéristique, avec une colonne gauche plus étroite comprenant la porte d’entrée surmontée de deux oculi et d’une console à l’ornementation florale – elle aussi typique de l’esthétique Art...
-
18/01 - Livres : Julian Barnes, un mariage et quelques enterrements
Avec Jonathan Coe, il est le dernier honnête homme de la littérature anglaise. Julian Barnes, atteint d’une forme rare de cancer du sang, fête ce mois-ci ses 80 ans. Il va falloir se préparer à vivre sans lui. Son nouveau livre, le bien-nommé Départ(s), a en effet des airs d’adieux : "Quoi qu’il en soit, j’espère que vous avez pris plaisir à notre relation au fil des ans. J’y ai certainement pris plaisir. Votre présence m’a ravi – de fait, je ne serais rien sans vous."
Que nous raconte Barnes dans ce "truc hybride", comme il le dit lui-même ? Départ(s) s’ouvre par une méditation proustienne sur les pouvoirs de la mémoire involontaire. Puis l’auteur se souvient de deux amis de jeunesse, Stephen et Jean (une fille, comme Jean Seberg). C’est Barnes qui les avait présentés. Stephen et Jean avaient rompu quand ils s’étaient retrouvés face à cette alternative : se marier ou se séparer.
Barnes change de décor et nous emmène en 2020, quand le coronavirus commençait à semer chaos et paranoïa. C’est alors qu’un médecin diagnostique son cancer à l’écrivain. Lequel se dit, avec stoïcisme, qu’il aimerait mieux mourir de sa propre mort que de celle des autres. "Est-ce du snobisme ?" se demande-t-il pince-sans-rire. Autour de lui, c’est l’hécatombe. Son copain Martin Amis (qui décèdera en 2023) lui glisse cette remarque mélancolique : "L’ennui est qu’on ne peut se faire de nouveaux vieux amis." Autant renouer avec ses anciens camarades… Des retrouvailles entre Jean et Stephen
Par bienveillance autant que par goût du jeu, Barnes...
-
18/01 - Iran : comment La France insoumise instrumentalise les manifestations
Téhéran, 1978. Depuis le somptueux Palais de Niavaran, la monarchie iranienne observe son monde s’effondrer. Dans les rues, la foule scande des slogans exigeant le départ du Chah, au pouvoir depuis trente-sept ans, tandis que l’ayatollah Khomeyni, figure centrale de l’opposition, attend son heure à Neauphle-le-Château (Yvelines). Envoyé spécial en Iran pour le Corriere della Sera, le philosophe Michel Foucault s’enflamme alors pour ce qu’il décrit comme une "spiritualité politique", allant jusqu’à qualifier l’imam en exil de "saint homme". A l’époque, la plaie de la colonisation française est béante. La guerre d’Indochine (1946-1954) et la guerre d’Algérie (1954-1962) ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts, et une génération d’intellectuels hantés par la culpabilité. De Jean-Paul Sartre à Simone de Beauvoir, bon nombre d’entre eux veulent ainsi voir dans la figure de Khomeyni les prémices d’un avenir anticolonialiste et anti-impérialiste pour l’Iran. La suite est connue : une fois au pouvoir, les mollahs se débarrassent de leurs alliés communistes. La charia devient loi. La République islamique est née.
Nous sommes cette fois en 2026. Le régime des religieux vacille à son tour sous la pression de son peuple, dans la rue depuis le 28 décembre 2025. Foucault, Sartre et Beauvoir ont rejoint la postérité. Mais leur aveuglement, lui, semble s’être trouvé de nouveaux relais : le parti de La France insoumise. Une lutte contre "la vie chère" ; c’est sur ce point que certains lieutenants du mouvement...
-
18/01 - Harold Hamm, le milliardaire qui a tout appris à Donald Trump sur le pétrole
Un geste simple suffit parfois à bâtir une amitié. Comme le choix d’une cravate. En 2012, le magnat du pétrole Harold Hamm s’entretient avec le futur président américain Donald Trump. Les deux hommes ont déjà eu l’occasion de se croiser lors de plusieurs événements à New York, mais toujours brièvement. C’est l’occasion pour Hamm d’expliquer en détail à l’autoproclamé roi de l’immobilier comment de nouvelles techniques de forage pourraient doper la production américaine d’or noir. Donald Trump se montre intéressé. Mais un détail le perturbe : le patron de Continental Resources ne porte pas de cravate. Il embarque donc son interlocuteur vers une boutique de souvenirs, au rez-de-chaussée de la Trump Tower où a lieu la réunion d’affaires, et lui en offre généreusement quelques-unes de sa propre marque. Harold Hamm n’oubliera pas le cadeau. Deux ans plus tard, il pose en couverture du magazine Forbes, la cravate bleu roi de Trump bien apparente. Message reçu 5/5 par le républicain, qui lui envoie une lettre de félicitations pour cette option vestimentaire avisée… et de nouveaux modèles.
Le début d’une relation fructueuse. Présent à la Maison-Blanche la semaine dernière, Harold Hamm arborait cette fois-ci une belle cravate rouge foncé - la couleur préférée du président. Le milliardaire et une douzaine d’autres dirigeants du secteur pétrolier américain se réunissaient autour de Donald Trump pour discuter des possibilités d’investissements...
-
18/01 - "Poutine est plus déterminé que jamais à poursuivre la guerre" : sa nouvelle stratégie analysée par Andreï Koleniskov
Pendant la guerre froide, peu de hauts responsables soviétiques comprirent aussi bien la dynamique entre l'Union soviétique et l'Occident que Valentin Falin. Diplomate soviétique et conseiller de plusieurs dirigeants, il a joué un rôle déterminant dans l'amélioration des relations entre l'Union soviétique et l'Allemagne de l'Ouest au début des années 1970. Cela s'inscrivait dans le cadre de la détente ayant abouti à l’Acte final d’Helsinki, l'accord qui, trente ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, a finalement stabilisé les relations entre l'alliance atlantique et le bloc soviétique. Revenant sur son expérience, Valentin Falin a écrit que "la confrontation n'est pas une fatalité, mais un choix". Selon lui, dans le face-à-face mondial entre les superpuissances, la confrontation est le résultat du choix de l'une ou des deux parties de se battre ; la détente est le résultat du choix des deux de ne pas se battre. Dans tous les cas, il s'agit d'une décision absolument consciente de la part des dirigeants respectifs.
La vision de Valentin Falin est particulièrement utile pour comprendre la position de Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine, et pourquoi les efforts déployés depuis un an par Donald Trump pour y mettre fin ont constamment échoué. Selon le président américain, la Russie devrait être heureuse d'accepter un accord de paix ; il s'agit simplement de trouver les bonnes conditions. Mais l’administration américaine fait le même...
-
17/01 - Groenland : Donald Trump menace la France et sept pays européens de nouveaux droits de douane "dès le 1er février"
Le président américain Donald Trump a annoncé samedi qu'il imposerait une série de hausses des droits de douane contre plusieurs alliés européens jusqu'à ce que les Etats-Unis soient autorisés à racheter le Groenland. Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a déclaré que des droits de douane supplémentaires de 10 % entreraient en vigueur à compter du 1er février sur le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.
Hormis le Royaume-Uni et la Norvège, qui ne sont pas membres de l’Union européenne, ils s’ajouteraient aux 15 % déjà en vigueur entre l’UE et les États-Unis. Ces tarifs seraient portés à 25 % le 1er juin et resteraient en vigueur tant qu'un accord permettant le rachat du territoire autonome danois par les Etats-Unis ne serait pas signé, a-t-il ajouté.
L’annonce de Trump intervient après que plusieurs pays européens, dont la France, ont envoyé des moyens militaires et diplomatiques au Groenland pour dissuader les États-Unis d’acquérir ce territoire. "Ces pays, qui se livrent à ce jeu extrêmement dangereux, font peser un niveau de risque inacceptable et insoutenable", a écrit Donald Trump sur Truth Social. "Par conséquent, il est impératif que, pour protéger la paix et la sécurité mondiales, des mesures fortes soient prises afin que cette situation potentiellement périlleuse prenne fin rapidement et sans...
-
17/01 - Qui est Ronald Lauder, le milliardaire qui a soufflé à Donald Trump l’idée d’annexer le Groenland ?
L’homme reste largement inconnu du grand public qui suit jour après jour les annonces provocatrices de Donald Trump sur sa volonté d’acquérir le Groenland. Pourtant, selon la presse anglophone, Ronald Lauder, héritier du groupe de cosmétiques américain Estée Lauder et ami de longue date du président, serait le premier à avoir proposé, dès 2018, que les Etats-Unis rachètent ce territoire de l'Arctique.
La source vient de l'un des proches collaborateurs de Donald Trump. Dans les pages du journal britannique The Guardian, John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, raconte : "Trump m’a fait venir dans le bureau Ovale. Il m’a dit qu’un homme d’affaires très en vue venait de lui suggérer que les États-Unis achètent le Groenland." Plus tard, John Bolton apprend que cet homme d'affaires était Ronald Lauder. "Des bribes d’informations qu’il entend de la part d’amis, il les prend pour des vérités et on ne peut plus faire bouger son opinion", ajoute-t-il.Amis et soutien financier précieux
Ronald Lauder a rencontré Donald Trump dans les années 1960, lorsqu’ils fréquentaient la même école de commerce prestigieuse. Après avoir travaillé dans l’entreprise familiale, il a servi sous Ronald Reagan au Pentagone, puis comme ambassadeur en Autriche, avant de se présenter sans succès à la mairie de New York en 1989. En mars 2025, selon le magazine Forbes, il a donné 5 millions de dollars à MAGA Inc., un super comité de financement politique soutenant le candidat républicain.
Selon le Guardian,...
-
17/01 - Muhoozi Kainerugaba, un "Trump de l’Afrique" aux portes du pouvoir en Ouganda
C’est dans un climat de haute tension, mais avec peu de surprise que les Ougandais ont appris ce 17 janvier la victoire annoncée de Yoweri Museveni à l’élection présidentielle, officialisant un septième mandat pour le chef de l’État au pouvoir depuis près de quarante ans. L’issue de ce scrutin dénué d’enjeux démocratique ravive pourtant une inquiétude plus profonde encore que la perpétuation d’un régime corrompu jusqu’à la moelle : celle de voir émerger, dans son sillage, la figure de son fils et chef des armées, Muhoozi Kainerugaba, général omnipotent aux sorties incontrôlées, surnommé par les Ougandais le "Trump de l’Afrique".
À 51 ans, aîné d’une famille qui se pense investie d’un droit divin à gouverner, Muhoosi est présenté depuis une décennie par les hauts responsables militaires comme le successeur naturel de son père. Ancien chef des forces spéciales puis des forces terrestres, il est nommé en 2024 à la tête de l’ensemble de l’armée ougandaise. Depuis, il s’assure de sa loyauté en multipliant promotions, hausses de salaires et constructions d’hôpitaux militaires.Le "général twittos"
La comparaison avec Donald Trump tient avant tout à son usage compulsif des réseaux sociaux. Le "général twittos", devenu un phénomène sur X à travers tout le continent, y affiche une brutalité décomplexée, sans aucun égard pour les conséquences diplomatiques. En politique intérieure, il déclarait en 2025 vouloir "pendre" la figure historique Kizza Besigye et "décapiter" Bobi Wine, ancien chanteur devenu opposant emblématique. Après...
-
17/01 - "Pour vivre longtemps, l’essentiel est de…" : les conseils du Dr Peter Attia, auteur du best-seller "Outlive"
Plus fort encore que La femme de ménage. Le livre du Dr Peter Attia figure depuis 127 semaines, soit plus de deux ans et demi, sur la liste des best-sellers du New York Times, contre 113 semaines pour le roman de Freida McFadden. Autant dire qu’outre-Atlantique, ce médecin est une star, trustant régulièrement les plateaux télé et les colonnes des médias pour défendre Outlive, La révolution de la longévité, récemment traduit en français par la maison d’édition Albin Michel.
Le profil du "médecin médiatique" peut parfois pousser à la méfiance. On le sait, la quête de larges audiences ne fait pas toujours très bon ménage avec la plus grande des rigueurs scientifiques. Ce pavé écrit par un ancien chirurgien, passé par l’univers de la finance, et aujourd’hui à la tête d’un cabinet spécialisé dans les conseils "longévité" aux prestations onéreuses, n’avait donc de prime abord rien d’attrayant. D’autant moins que les ouvrages de conseils "pour vivre longtemps en bonne santé" tendent à s’empiler ces dernières années.
Pourtant, il a bien fallu l’admettre : le livre Dr Attia, paru plutôt discrètement en France, mérite largement le succès rencontré aux Etats-Unis. A la fois documenté et pédagogique, il détaille avec une grande précision ce qui se passe dans nos organismes quand nous sommes trop sédentaires ou au contraire actifs, ou pourquoi les conseils alimentaires peuvent souvent paraître contradictoires ou inapplicables. D’un coup, les facteurs de bonne santé deviennent limpides, on comprend mieux pourquoi les maladies...
-
17/01 - B&B Hotels, ce leader européen méconnu qui explose dans l’ombre d’Accor
Georges Sampeur se remémore souvent ses débuts dans l’hôtellerie. En 2003, après deux décennies passées chez le loueur de voitures Avis, où il a gravi un à un tous les échelons avant de rejoindre le leader du voyage d’affaires Carlson Wagonlit Travel, cet autodidacte prend la tête de B&B Hotels - anciennement Galaxie SA. La chaîne bretonne, née à Brest en 1990, vient tout juste de changer de main et n’en est qu’à ses prémices.
Devant le nouvel actionnaire - le fonds anglais Duke Street Capital qui a dépensé 200 millions d’euros pour racheter la maison mère - Georges Sampeur définit lui-même le principal objectif de sa mission. Et il est pour le moins ambitieux : "Devenir un leader de l’hôtellerie économique en Europe". "Au départ, ce postulat semblait un peu contradictoire : notre chaîne était surtout française, avec une soixantaine d’établissements, essentiellement dans l’ouest du pays, raconte-t-il. Le fondateur de B&B avait commencé un petit développement en Allemagne, mais nous perdions de l’argent." Ce dernier lui recommande même de mettre fin aux activités outre-Rhin pour se reconcentrer sur la France. "J’ai finalement réussi à convaincre l’actionnaire du fort potentiel de développement dans le pays".
Le dirigeant ne s’arrête pas là et avance aussi ses pions en Italie, en Espagne et en Pologne, des territoires dotés "d'infrastructures qui facilitent les échanges et la circulation entre grandes villes", propices aux voyages d’affaires. Vingt ans plus tard, le pari est, sans conteste, réussi. Le groupe,...
-
17/01 - L’Iran face aux sanctions, le grand contournement : "Les cryptos ont détrôné les valises de cash"
Alors que la rue iranienne gronde de nouveau contre le pouvoir, le régime des mollahs joue sa survie sur un terrain inattendu : la blockchain. Récemment, Téhéran a proposé de vendre drones et missiles en échange de cryptoactifs, a révélé le Financial Times. Cette stratégie n'est pas isolée : de la Russie au Venezuela, plusieurs pays convertissent massivement pétrole et ressources en jetons numériques pour contourner les douloureuses sanctions internationales. Le phénomène, qui date déjà de quelques années, est en train de changer d'échelle : selon le dernier rapport de la société spécialisée dans les enquêtes sur les cryptoactifs, Chainalysis, les portefeuilles sous sanctions ont capté pas moins de 154 milliards de dollars en 2025, une explosion de 162 % en un an. Une brèche béante dans l'arsenal occidental que décrypte pour L’Express l'économiste Hélène Rey, professeure à la London Business School et spécialiste en macroéconomie internationale.
L'Express : Dans quelle mesure le développement des actifs numériques permet-il de contourner les sanctions appliquées, notamment, à l’Iran ?
Hélène Rey : Les cryptomonnaies offrent de toute évidence de nouveaux moyens technologiques qui rendent les flux de capitaux qui sont interdits ou sanctionnés plus faciles. Historiquement, quand on voulait faire passer de l'argent illégalement à travers des frontières, les options étaient limitées. Transporter des valises de cash est une opération délicate : c’est lourd, voyant… Ou alors il fallait s'arranger avec des banques peu...
-
17/01 - Ce projet d’adhésion accélérée de l’Ukraine à l’Union européenne qui inquiète les capitales européennes
La Commission européenne prépare une refonte majeure des règles d’adhésion à l’UE, dans le but de permettre une entrée accélérée de l'Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, selon le Selon le Financial Times, journal financier et politique américain. Le projet, encore en construction, instaurerait un système à deux vitesses, en maintenant la procédure actuelle en place depuis la guerre froide, et en permettant à certains pays de passer par une procédure allégée, partielle ou graduelle. Il inquiète déjà plusieurs capitales européennes, selon sept hauts responsables impliqués dans les discussions et interrogés par le FT sous couvert d’anonymat."Élargir le concept de l'élargissement"
Candidate officielle depuis février 2022, l’Ukraine considère l’adhésion à l’UE comme un pilier de son avenir d’après-guerre. L’objectif d’entrée en 2027 figure d’ailleurs dans le plan de paix en 20 points piloté par les États-Unis. Même si jusqu’ici, la majorité des responsables européens estimaient de leur côté que des années de réformes intérieures seraient nécessaires pour respecter les critères actuels d'adhésion.
Mais cette perspective semble évoluer au fur et à mesure que les négociations de paix bloquent, et tracent chaque jour un peu plus clairement les véritables lignent rouges des deux parties. Désormais, "les officiels de la commission comprennent que l'Ukraine de Volodymyr Zelensky ne pourra accepter certains aspects du traité de paix, comme des concessions territoriales à la Russie, qu’en échange d
-
17/01 - Napoléon était-il un causeur de la trempe de Donald Trump ?
On se souvient de la célèbre altercation ayant opposé Napoléon à Talleyrand le 29 janvier 1809, au cours de laquelle l’empereur avait traité le Diable boiteux de "merde dans un bas de soie". Dans ses Mémoires, Talleyrand s’en souvient ainsi : "L’air troublé qu’il prit, la violence et le désordre de ses expressions, et l’attitude de ceux auxquels il s’adressait, font de cette singulière conférence une scène comme il aimait à en jouer, et où il déployait sa brutale grossièreté." Rien sur le bas de soie et le reste. L’insulte culte serait-elle apocryphe ? On a prêté beaucoup de mots à Napoléon, y compris dans le Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases, qui a été largement réécrit et contient une bonne part d’invention. Dans L’Empire des mots, captivant collage de discussions de Napoléon (toujours très bien présentées et recontextualisées), l'historien Charles-Eloi Vial a voulu revenir à la vraie parole du grand homme, prenant pour modèle le C’était de Gaulle d’Alain Peyrefitte – a cette différence près que le général n’y avait qu’un seul interlocuteur alors que, chez Vial, l’empereur dialogue avec tout un tas de gens.
Un jour où il était mieux disposé, Napoléon interrogea ainsi Talleyrand : "Vous êtes le roi de la conversation en Europe. Quel est votre secret ?" Réponse du fourbe et flegmatique diplomate : "Eh bien Sire, moi, je choisis le terrain de la conversation. Je n’accepte que là où j’ai quelque chose à dire. Je ne réponds rien au reste." Suivit-il cet exemple ? Stendhal écrira plus tard : "On ne s’apercevait point de cette...
-
17/01 - Gaza : Donald Trump nomme Marco Rubio et Tony Blair à son Conseil de la paix
La Maison-Blanche a annoncé vendredi la composition de certains membres d'un soi-disant "Conseil de la paix" chargé de superviser la gouvernance temporaire de Gaza, sous un cessez-le-feu fragile depuis octobre. Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase 2 du plan Trump pour Gaza visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le-feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.
Parmi les noms figurent le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'envoyé spécial du président Donald Trump, Steve Witkoff, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le gendre du président américain, Jared Kushner. Donald Trump s'est auto-nommé président de cette instance présentée comme un "founding executive board" (conseil d'administration fondateur), conformément à un plan dévoilé par la Maison-Blanche en octobre.
Israël et le groupe militant palestinien Hamas ont approuvé le plan de Donald Trump, qui prévoit la création d'un organe technocratique palestinien supervisé par un conseil international chargé de contrôler la gouvernance de Gaza pendant une période de transition.La présence britannique critiquée
De nombreux experts et défenseurs des droits humains ont déclaré que la direction par Donald Trump d'un conseil chargé de superviser la gouvernance d'un territoire étranger ressemblait à une structure coloniale, tandis que l'implication de Tony Blair a été critiquée l'ann
-
17/01 - Langue française : "compter" et "conter", un conte à dormir debout…
Vous avez comme moi appris à l’école que "conter" et "compter" n'avaient pas la même orthographe. Et pourtant, tous deux proviennent du latin computare ("calculer") et se sont longtemps écrits "conter".
Au Moyen Age, en effet, les idées qu’ils recouvrent étaient jugées proches. Notre moderne "compter" signifiait déjà "calculer" tandis que "conter une histoire" consistait à énumérer des faits - un peu comme aujourd’hui une série Netflix est divisée en épisodes dotés chacun d’un numéro ! Ce n’est qu’au XIIIe siècle que l’on éprouvera le besoin de distinguer les deux notions en écrivant "compter" sous sa forme actuelle.
Pour compliquer un peu plus la situation, "conter" a eu le sens de "narration de choses vraies" jusqu’à la fin du XVIe siècle, avant de prendre la signification de "dire les choses fausses dans le but de tromper". De là nos "contes de fées" et les expressions "en conter de belles" ou "conter fleurette".
Et "comte", me direz-vous ? Ce mot-là a une tout autre origine, puisqu’il est issu du latin comes, comitis "celui qui va avec". Vers la fin de l’Empire romain, il a pris le sens de "compagnon d’un supérieur", puis de "chargé de fonctions publiques". Acception que garderont les Mérovingiens et les Carolingiens, avant que les Capétiens ne réservent ce titre à "celui qui possède un comté". Une étymologie singulière qui n’a pas empêché notre "comte" de s’écrire... "compte" au temps de l’ancien français. Et je vous jure que ce ne sont pas des racontars...
-
17/01 - Un week-end à Bruxelles : la Brafa 2026 toujours plus éclectique
L’an dernier, la Brafa fêtait ses soixante-dix ans d’existence avec l’éclat requis pour une édition anniversaire, à la hauteur des 72 000 visiteurs qui avaient alors franchi les portes de Brussels Expo. Cette année, Klaas Muller, le président de la prestigieuse foire d’art, l’annonce d’emblée : "Après ce véritable succès, nous avons choisi de ne pas nous reposer sur nos lauriers et d’introduire toujours plus de nouveautés". Le rendez-vous s’enrichit ainsi de 19 nouvelles galeries, dont la moitié implantée en Belgique, pour atteindre les 147 exposants issus de 18 pays.
Parmi eux, dans le rôle de l’invité d’honneur, la Fondation du Roi Baudouin, qui fête son jubilé, présente plusieurs pièces emblématiques de ses collections. De découvertes archéologiques à l’art moderne, de la dentelle aux bijoux, de la peinture au design, l’institution philanthropique, dédiée à la préservation et à la valorisation du patrimoine belge, s’inscrit parfaitement dans l’éclectisme revendiqué par la Brafa, qui en a d’ailleurs fait sa signature au fil des décennies. Pol Bury, Bracelet en or Boules des deux côtés d’un carré, 1968 (collection Fondation Roi Baudoin).Les maîtres anciens, le mobilier et les arts décoratifs
Cette saison encore, les tendances actuelles du marché de l’art sont représentées à travers trois grandes thématiques : les maîtres anciens, le mobilier et les arts décoratifs, les objets iconiques et "pièces conversationnelles" - autrement à forte identité visuelle. Dans la première catégorie, figure en tête de gondole la plus...
-
17/01 - Vouloir produire sans construire, une incohérence française, par Cécile Maisonneuve
Chauves-souris, grand hamster d’Alsace, sonneur à ventre jaune, triton crêté, outarde canepetière, grand tétras, cistude d’Europe, tarier pâtre, lézard des murailles... Qu’ont en commun ces petites bêtes ? Au cours des dix dernières années, elles ont été invoquées dans des recours environnementaux pour bloquer ou retarder des chantiers d’infrastructures et de bâtiments industriels en France. Le data center de DATA4 à Marcoussis, les usines Rockwool à Courmelles ou Bridor à Liffré, des serres agricoles en Vendée, des réserves d’eau à Sainte-Soline ou encore l'autoroute A69.
Ces créatures, souvent protégées, ne sont pas la cause des blocages. Elles sont le symptôme d’un problème plus profond : la dévalorisation, la mise en accusation systématique de l’acte de construire lui-même. Car construire, c’est transformer le paysage, consommer des ressources, avoir un impact sur des habitats. Or, dans notre pays, cet acte est devenu suspect, synonyme de prédation sur la nature. Bâtir un poulailler, une serre, une usine, un entrepôt, un data center, un logement, une route ou une centrale est devenu un geste qu’il faut justifier, excuser, compenser. Et auquel il faut parfois renoncer.
Ce basculement n’est pas le fruit d’un complot, mais d’une accumulation. D’abord, un empilement normatif croissant : études d’impact, inventaires saisonniers, dérogations "espèces protégées", autorisations environnementales, enquêtes publiques, contentieux multiples. Ensuite, une bureaucratie proliférante, où faire la loi est plus simple que...
-
17/01 - "Face aux massacres en Iran, il faut agir" : l’appel d’intellectuels à Emmanuel Macron
Monsieur le président de la République,
Au moment où nous écrivons ces mots, se déroule en Iran un massacre à huis clos. Depuis quinze jours, des millions d’Iraniens manifestent partout dans le pays pour demander une chose simple : la fin totale de la République islamique. Ce régime corrompu, barbare et terroriste leur répond en les plongeant dans le noir et en les mitraillant à l’arme automatique. Les cadavres s’empilent devant les morgues qui ne peuvent plus les contenir. Les camions mortuaires quittent les prisons à l’aube car ordre a été donné d’exécuter les prisonniers pour faire de la place.
La politique de normalisation et d’apaisement avec l’une des pires barbaries de notre temps a conduit à la situation actuelle. La France et l’Union européenne ont le pouvoir de faire cesser ce bain de sang. La politique étrangère de la France ne saurait être une simple gestion d’intérêts ; elle doit être l’expression de nos valeurs. S’abriter derrière la complexité des équilibres régionaux pour justifier l’immobilisme est une faute morale et un contresens juridique. La France et l’Union européenne ont les moyens d’isoler ce régime. Par le droit international, elles en ont le pouvoir. Et elles en ont le devoir par leur propre histoire.
L’heure n’est plus aux condamnations de principe, mais à la mise en œuvre de la panoplie juridique et diplomatique dont la France et l’Union européenne disposent depuis longtemps et qu’elles ont systématiquement refusé de mettre en œuvre malgré les supplications des Iraniens de la diaspora...
-
17/01 - Mercosur : et si l’Europe sauvait la France de ses démons ? Par Philippe Goetzmann
La position française sur le Mercosur, quasi unanimement défavorable parmi les partis politiques, est révélatrice d’un mal profond : négation des faits, absence de projection d’avenir, refus de la réalité du monde. Incapable de jouer ses atouts, le pays se complaît dans ses travers et se recroqueville sur ses "modèles" jamais copiés, son passé révolu, son étatisme anesthésiant. L’Europe fera-t-elle notre bonheur malgré nous ? C’est bien possible.
En débat depuis 25 ans, l’accord sera donc signé ce 17 janvier, malgré l’opposition d’une France bien isolée dans cette affaire. Il n’est absolument pas l’abomination qu’on laisse entendre et il offre de belles perspectives. Il ouvre des débouchés pour nos productions alors que notre demande intérieure va se tarir par le déclin démographique. Sans croissance de nos exportations notre production entrera en décroissance.Un outil d'autonomie stratégique
Il est aussi un outil d’autonomie stratégique, en diversifiant nos marchés d’exportation. En 2024, ce qui nous restait d’excédent commercial correspondait au solde des vins et spiritueux, et à notre excédent sur l’Amérique du Nord, donc des consommations non essentielles à la merci de Donald Trump. Le 23 décembre, le président Xi Jinping décidait d’appliquer des droits de douane de 20 à 40 % sur ses importations de produits laitiers (la Chine pèse 10 % de nos exportations en produits laitiers, jusqu’à 30 % sur la crème). Laisser l’Amérique du Sud à la Chine et aux Etats-Unis semble bien risqué !
Aujourd'hui, il serait...
-
17/01 - Immigration : la sulfureuse directive "retour" qui divise le Parlement européen
Que Bruno Retailleau se rassure : il n’est pas le seul à tweeter sur un coup de tête. Il y a trois mois, Marine Le Pen lâchait également une petite bombe. Mercredi 1er octobre, les rapporteurs de chaque groupe du Parlement européen sont réunis pour discuter du règlement retour, qui prévoit de durcir les règles en matière d’éloignement des étrangers en situation irrégulière, lorsqu’ils reçoivent, à 10h59, une notification sur leurs téléphones. "La Commission européenne prépare un nouveau coup d’État juridique, vitupère sur X la cheffe de file nationaliste. Le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère."
Dans la salle, la Néerlandaise Marieke Ehlers, rapporteure pour le groupe Patriots for Europe (PfE) - présidé par Jordan Bardella - accuse le coup. "Son visage s’est décomposé", raconte un participant. Et pour cause. Voilà des mois que l’eurodéputée négocie avec ses collègues français du RN, dont l'ex-patron de Frontex, Fabrice Leggeri, qui saluait encore dans la presse, le 23 septembre, "un pas dans la bonne direction". Le parti à la flamme, qui prétend "changer l’Europe de l’intérieur", semble, sur un sujet constitutif de son identité, y renoncer. "Il y a deux lignes au RN. Une partie des eurodéputés de PfE veulent participer à la discussion tandis qu’une autre ne veut, d’entrée de jeu, pas en entendre parler, relève un élu au cœur des discussions. Manifestement, la position prise par Paris n’avait pas été concertée."
L’enjeu du texte présenté en mars 2025 par la Commission européenne est...
-
16/01 - Budget 2026 : ce qu’il faut retenir des annonces de Sébastien Lecornu
49.3 ou ordonnances : voilà Sébastien Lecornu tenu de trancher entre l'une de ces deux options pour faire adopter le budget pour 2026. Lui qui avait pourtant promis de ne pas faire usage de cet article de la Constitution, souvent jugé autoritaire dans l'opinion. Le Premier ministre s'est exprimé ce vendredi 16 janvier et a tenu à défendre un projet de loi de finances "meilleur" que le texte initial, "responsable" et "qui peut rassembler", tentant d'éviter ainsi la censure des socialistes.
"Il est meilleur, il peut rassembler et, je le crois, il est responsable. Il traduit des choix politiques, il n'obéit pas à la seule logique comptable, il conforte des engagements pour la France, il respecte le travail, les efforts et les attentes de nos concitoyens", a-t-il déclaré.
Dans ce budget "meilleur" et "responsable" figurent plusieurs nouvelles mesures énumérées par l'hôte de Matignon. A commencer par la prime d'activité. "Le budget initial envisageait d'en réduire la portée, il faut le reconnaître, c'était une erreur", a-t-il concédé, annonçant que "plus de 3 millions de ménages, qui gagnent le Smic ou un peu plus que le Smic, verront leur prime d'activité augmenter en moyenne de 50 euros par mois"."Aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages"
Au-delà de cette mesure, il n'y aura dans ce budget "aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages", a-t-il assuré, assurant que la niche fiscale des retraités sera maintenue et que le barème de l’impôt sur le revenu sera réindexé pour suivre...
-
16/01 - Ventes de livres : la rentrée fracassante de Pierre Lemaitre
Le roi est mort vive Lemaitre. Ici s’achève le règne de Laurent Mauvignier et de sa Maison vide (Minuit). Trône désormais en tête des ventes un autre lauréat du prix Goncourt, Pierre Lemaitre, dont Les Belles Promesses (Calmann-Lévy) fait un démarrage faramineux – déjà près de 50 000 exemplaires vendus en quelques jours ! Le dernier tome de la saga Les Années glorieuses va-t-il renouer avec le succès du premier volume, Le Grand Monde ? Nous verrons ça ces prochaines semaines. En attendant, Lemaitre devance Mélissa Da Costa (Fauves, Albin Michel).
A part Mauvignier, 3e, seuls quatre romanciers de la rentrée de septembre surnagent dans le top 20 : Adélaïde de Clermont-Tonnerre 9e avec Je voulais vivre (Grasset), Nathacha Appanah 14e avec La Nuit au cœur (Gallimard), Mathilda di Matteo 17e avec La Bonne Mère (L’Iconoclaste) et Emmanuel Carrère 20e avec Kolkhoze (P.O.L). Outre Lemaitre et Da Costa, on remarque pour les nouveautés la présence de Marie-Hélène Lafon 4e avec Hors champ (Buchet-Chastel), l’éternel Philippe Besson 6e avec Une pension en Italie (Julliard), Jessé Rémond Lacroix 16e avec Les Bateaux sur la terrasse (Robert Laffont) et Timothée de Fombelle 19e avec La Vie entière (Gallimard). Sont en embuscade Cécile Coulon 25e avec Le Visage de la nuit (L’Iconoclaste), Gaspard Koenig 26e avec Aqua (L’Observatoire) et Benjamin Dierstein 30e avec 14 juillet (Flammarion). La rentrée d’hiver est déjà en train d’effacer celle d’automne, et ça ne va aller qu’en s’amplifiant, d’autant que la très attendue...
-
16/01 - Fredrik Erixon, économiste suédois : "Sur le Mercosur, la France entretient ses agriculteurs dans le mensonge"
Après vingt-cinq années de négociations, Ursula von der Leyen s’apprête à signer, ce 17 janvier au Paraguay, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. "Une grande avancée", estime auprès de L’Express l’économiste suédois Fredrik Erixon, de l’European Centre for International Political Economy, pour qui le contexte géopolitique troublé rend cet accord plus nécessaire que jamais.
Alors que deux Français sur trois s’estiment perdants du libre-échange, ce spécialiste de l’innovation et de l’économie internationale – et auteur de The US and EU, and the Emerging Supply Chain Network: Politics, Prospects, and Allies (2024, Armin Lear Press, non traduit) -, balaie cette idée, qu’il juge "absolument fausse". Selon lui, "les effets sur les exportations et la croissance économique européenne seront positifs", la France pouvant même devenir le "cinquième bénéficiaire net de l’accord en termes de PIB". Entretien.
L’Express : Ursula von der Leyen s’apprête à signer, ce samedi au Paraguay, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, après plus de vingt-cinq années de négociations. Selon vous, il faut s’en réjouir. Pourquoi ?
Fredrik Erixon : C’est une grande avancée pour l’Europe, même si j’aurais souhaité qu’il soit conclu bien plus tôt. Les Européens prennent conscience qu’ils ne peuvent plus se reposer sur le soutien des États-Unis de Donald Trump, et les tensions géopolitiques s’exacerbent dans notre voisinage. L’Europe doit donc absolument trouver les moyens de...
-
16/01 - Aaron David Miller, ex-conseiller du département d’Etat : "Avec l’Iran, Trump s’est mis dans une situation très délicate"
Après avoir montré les muscles, Donald Trump est-il en train de se déballonner ? Si depuis le début du mouvement de révolte en Iran le 28 décembre dernier, le locataire de la Maison-Blanche n’a cessé d'étriller la République islamique, le président américain a soudainement tempéré ses ardeurs le 14 janvier. "Nous avons été informés par des sources très importantes de l'autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin", a-t-il déclaré de manière surprenante depuis la Maison-Blanche, ajoutant avoir ouï dire que les exécutions prévues de manifestants n'auraient finalement "pas lieu".
Une volte-face qui interroge alors que, quelques jours plus tôt, le président américain affirmait vouloir agir "de manière très forte" et assurait que "l’aide était en route". "S’il ne réagit pas de manière significative, sa propre crédibilité, ainsi que celle des États-Unis, seront sérieusement atteintes", jauge Aaron David Miller, ancien conseiller Moyen-Orient de six secrétaires d'État américains (de George Schultz à Colin Powell), et aujourd’hui chercheur principal au Carnegie Endowment for International Peace, à Washington. Interview.
L’Express : Donald Trump est-il en train de faire marche arrière en Iran ?
Aaron David Miller : Non, je pense qu'il gagne du temps en attendant que les forces armées américaines soient déployées pour lui permettre d'envisager toutes les options. À ce moment-là, une décision cruciale devra être prise. S'agira-t-il d'une frappe ponctuelle, conçue pour tenir sa promesse d'aider les manifestants, ou...
-
16/01 - Russie : comment une femme attire des étrangers pour qu’ils combattent en Ukraine
Ils pensaient fuir la précarité, et se retrouvent piégés sur le front. Une enquête de BBC Eye donne la parole à des hommes attirés par la promesse d’une vie meilleure et enrôlés dans la guerre menée par la Russie en Ukraine. L’investigation britannique met en lumière le rôle de Polina Alexandrovna Azarnykh, ancienne enseignante de 40 ans, qui utilise une chaîne Telegram pour recruter de jeunes hommes, majoritairement issus de pays pauvres. Elle est devenue "l'un des recruteurs les plus importants" de l'armée russe, explique Habib, un Syrien qui a servi dans l'armée russe et travaillé avec elle.
Dans des vidéos au ton rassurant, la quadragénaire fait la promotion de "contrats d’un an" de "service militaire". À la clé : des salaires attractifs et la promesse d’une naturalisation russe. Une offre présentée comme une opportunité, mais qui conduit, pour nombre de recrues, directement sur les lignes de front. Suivie par près de 21 000 abonnés, Polina Alexandrovna Azarnykh invite régulièrement les candidats à l’engagement à lui transmettre une copie numérisée de leur passeport. Elle diffuse ensuite des lettres d’invitation officielles, parfois accompagnées de listes nominatives des hommes concernés.
La BBC a recensé près de 500 situations dans lesquelles elle aurait délivré des documents dits "d’invitation", ouvrant la voie à une entrée en Russie en vue d’un engagement militaire. Ces documents concernaient des hommes, pour la plupart originaires de Syrie, d’Égypte et du Yémen, qui lui auraient transmis les informations...
-
16/01 - Législatives en Hongrie : Viktor Orban intensifie sa campagne anti-Ukraine
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui se prépare à des élections difficiles en avril, a déclaré ce vendredi 16 janvier qu'il allait lancer une "pétition nationale" pour obtenir le soutien de la population à sa politique consistant à rejeter toute aide financière européenne à l'Ukraine voisine, qui lutte contre une invasion russe depuis février 2022.
Alors que le conflit ne montre aucun signe de fin et que l'économie hongroise stagne, Viktor Orban a présenté les élections à venir comme un choix entre la guerre et la paix, dépeignant l'Ukraine comme indigne de soutien, et son gouvernement comme le seul rempart contre la guerre et ses répercussions économiques.
Depuis l'année dernière, les panneaux électoraux du parti Fidesz de Viktor Orban cherchent à associer le chef de l'opposition, Peter Magyar, à Bruxelles et à l'Ukraine, suggérant que voter pour son parti Tisza signifie voter pour les chars et la guerre.
La campagne de Viktor Orban cible principalement les électeurs ruraux et fait écho à ses précédentes campagnes anti-migrants, alors que la plupart des sondages montrent que le Fidesz est devancé par Tisza."Pressions de Bruxelles"
Les détails de la "pétition" sont flous à ce stade, mais il semble selon Reuters qu'il s'agirait d'un référendum informel, sous la forme d'un bulletin de vote envoyé aux citoyens. "Tout le monde recevra cette pétition nationale et aura la possibilité de dire 'non' et de dire, avec le gouvernement, que nous ne paierons pas", a déclaré Viktor Orban à la radio d'État ce...
-
16/01 - Nikolaus Lang (BCG) : "L’année 2025 restera gravée dans l’histoire du commerce mondial"
Une mosaïque. C'est ainsi que les experts du BCG décrivent la nouvelle forme du commerce mondial d'ici 2034 dans leur dernier rapport prospectif sur le sujet. Alors que l'Amérique et la Chine se replient sur leurs priorités intérieures, les flux s'intensifient grâce à deux groupes informels : les "plurilatéralistes", des pays encore attachés au libre-échange, et les Brics+.
Ainsi, les échanges mondiaux devraient continuer de croître plus rapidement que le PIB mondial au cours de la prochaine décennie. Et la hausse des droits de douane américains ne suffit pas à infléchir la dynamique, car les États-Unis ne représentaient que 16,5 % des importations mondiales de marchandises en 2024. Nikolaus Lang, directeur monde au BCG Henderson Institute et co-auteur de ce rapport, en détaille les principaux enseignements.
L’Express : Depuis votre dernière étude, il y a un an, le monde a changé sous l'effet de la politique internationale de l'administration Trump. Dans quelle mesure vos prévisions ont-elles été modifiées ?
Nikolaus Lang : L’année 2025 restera gravée dans l’Histoire du commerce mondial. Le fait le plus marquant a été, sans nul doute, l’explosion des droits de douane américains : les taux moyens appliqués à l'entrée du territoire ont été multipliés par six en moyenne l'an dernier. En conséquence, les échanges des États-Unis ne progresseront en moyenne que de 1,5 % par an d'ici 2034, bien en deçà de la croissance du commerce mondial, attendue à 2,5 %. Néanmoins, l'intensification des échanges au sein de deux...
-
16/01 - Manifestations en Iran : frappe ou désescalade ? Donald Trump face à un dilemme
À l’issue d’une réunion nocturne dans la "Situation Room", mardi 13 janvier, l’hypothèse d’une escalade américaine semblait imminente. Selon CNN, le président Donald Trump aurait été profondément marqué par la diffusion de vidéos d’anciennes exécutions ordonnées par le régime iranien. Le locataire de la Maison-Blanche assurait alors aux Iraniens que "l'aide était en route", tandis que des soldats de la base américaine au Qatar étaient évacués pour anticiper les représailles. À Washington, beaucoup pensaient donc voir se rejouer le scénario du mois de juin, lorsque les États-Unis avaient mené des frappes aériennes contre trois sites nucléaires pour tenter d’entraver le programme nucléaire de Téhéran.
Alors que l’option militaire semblait sérieusement envisagée, Donald Trump a finalement calmé le jeu. Mercredi 14 janvier, il a affirmé avoir reçu des informations émanant de "sources très importantes de l’autre côté", selon lesquelles l’Iran aurait cessé de tuer des manifestants et renoncé à lancer de nouvelles exécutions — un signal qui, de toute évidence, a suffi à le satisfaire. 800 exécutions prévues la veille auraient été annulées, a précisé la Maison-Blanche jeudi. "Bonne nouvelle", a commenté Donald Trump sur les réseaux sociaux, ajoutant : "Espérons que cela continue !". Des déclarations laissant entendre que le président américain écarte, au moins provisoirement, l’hypothèse d’une frappe contre l’Iran.
Une posture attentiste encouragée par plusieurs alliés régionaux de Washington, inquiets des conséquences d’une frappe...
-
16/01 - "En Iran, le régime des mollahs n’a jamais été aussi fasciste" : la lecture de l’historien Abbas Milani
Il est l’un des meilleurs spécialistes de l’Iran et de l’ayatollah Khamenei. Alors que le monde suit tant bien que mal la révolte du peuple iranien - le régime ayant coupé toute connexion Internet, l’historien irano-américain et directeur des études iraniennes au sein de la prestigieuse université de Stanford, Abbas Milani, dresse auprès de L’Express le portrait d’un régime exsangue, lâché tant par ses proxys que par certains de ses soutiens locaux. Il rend également hommage au mouvement "Femme, vie, liberté" qui, selon lui, a joué un rôle capital dans la gronde qui a pris corps fin décembre : "Par leur lutte, les Iraniennes ont montré que le régime islamique est un tigre de papier". Au passage, l’intellectuel égratigne la communauté internationale, dont il pointe les réactions à géométrie variable… Entretien.
L’Express : Comment décririez-vous l’état actuel de la République islamique ? Est-elle aussi résiliente qu’elle le laisse entendre ?
Abbas Milani : Absolument pas. La République islamique d’Iran traverse en ce moment la période la plus difficile qu’elle ait jamais connue au cours des quarante-quatre dernières années. En témoigne le niveau de brutalité dont elle a fait preuve ces derniers jours… On disait autrefois que les régimes stables évoluent vers la démocratie, tandis que les régimes fragilisés basculent dans le fascisme. A mes yeux, ce constat reste valable. Ce régime n’a jamais été aussi fasciste qu’aujourd’hui, et il n’a jamais été autant sous pression.
Quels indicateurs prenez-vous en compte pour...
-
16/01 - Martin Rodil, enquêteur et consultant de la DEA : "Nicolas Maduro finira sa vie dans une prison de haute sécurité "
Rares sont ceux qui connaissent mieux le "dossier Maduro" que Martin Rodil, enquêteur américano-vénézuélien et consultant pour le compte de l'agence antidrogue Drug Enforcement Agency (DEA) qui est l'origine de l'arrestation de l'ex-président vénézuélien emprisonné à New York. Depuis plus de quinze ans, ce spécialiste des enquêtes financières, de la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent accumule les éléments à charge et les témoignages contre l'ex-président chaviste tout en documentant ses liens avec Cuba, l'Iran, le Hezbollah libanais et d'autres organisations terroristes comme la guérilla colombienne des Farc et, évidemment, avec différents cartels de la drogue.
Avec son associé Gary Berntsen – une légende vivante de la CIA qui a multiplié les actions spectaculaires en Amérique centrale, au Liban et en Afghanistan, à la poursuite d'Oussama Ben Laden – Martin Rodil a exfiltré et confessé plus d'une centaine de Vénézuéliens, parmi lesquels l'ancien garde du corps d'Hugo Chavez et d'autres repentis du chavisme. Cette masse d'information a alimenté le dossier d'accusation contre Nicolas Maduro, dont Martin Rodil assure qu'il a été trahi par son entourage et qu'il finira sa vie en prison... à moins qu'il ne se décide à trahir à son tour en collaborant avec la justice américaine.
L'Express : Après deux semaines d'incarcération au pénitencier de Brooklyn, quelles sont les conditions de vie et l'état d’esprit de Nicolas Maduro ?
Martin Rodil : L’ex-président se trouve dans une cellule individuelle,...
-
16/01 - Venezuela : face à Donald Trump, l’opération séduction de Maria Corina Machado
Donald Trump sourit, un énorme cadre doré serré entre les mains. À ses côtés, Maria Corina Machado, tailleur blanc immaculé, joue son va-tout. La scène, immortalisée par la Maison-Blanche, résume à elle seule un nouvel épisode de théâtre politique. Jeudi 15 janvier, l’opposante vénézuélienne a remis au président américain sa médaille du prix Nobel de la paix. Un geste hautement symbolique, destiné à peser sur les orientations de Washington quant à l’avenir politique du Venezuela, après le kidnapping de son président Nicolas Maduro. Selon un responsable de la Maison-Blanche, Donald Trump n’aurait en tout cas aucune intention de se séparer du prix.
Dans un message publié jeudi soir sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé à affluer. Donald Trump s’est félicité du geste : "Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un magnifique signe de respect mutuel. Merci Maria !". De son côté, la principale intéressée a salué une rencontre "excellente" et présenté ce don comme la reconnaissance de l’engagement du président américain en faveur, selon elle, de la liberté du peuple vénézuélien. Le message joint à la médaille évoquait "un leadership exceptionnel pour la promotion de la paix par la force" et décrivait cette offrande comme un "symbole personnel de gratitude au nom du peuple vénézuélien".
Cette opération de séduction intervient après le refus du président américain de soutenir Maria Corina Machado comme alternative à Nicolas...
-
16/01 - Le "service clandestin" de la DGSE dévoilé, le fiasco du Scaf franco-allemand
La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Scaf : blocage entre Paris et Berlin
"On n’a pas avancé d’un millimètre", reconnaît une source proche du dossier du Scaf, le système de combat aérien du futur, qui implique la France, l’Allemagne et l’Espagne. Alors que les désaccords entre Dassault et Airbus ne sont pas résolus, le sujet avait été évité lors du sommet franco-allemand de Toulon en août, et la rencontre entre les ministres Catherine Vautrin, Boris Pistorius et Margarita Robles, en décembre, n’a débouché sur rien. Lors de l’annonce du Scaf, en 2017, on prévoyait un premier vol du démonstrateur de l’avion en 2026. On n’a pas encore vu le moindre rivet de tôle.Crouzet raconte le vrai Bureau des légendes
Le Bureau des légendes de la DGSE existe vraiment, Vincent Crouzet y a travaillé. Dans Le jour où je suis devenu espion (L’Observatoire), à paraître le 5 février, l’ex-agent secret, désormais auteur de polars à succès, relate pour la première fois son parcours au sein du renseignement français. Le "service clandestin" qu’il intègre n’a aucun lien avec le boulevard Mortier, il ne figure sur aucun...
-
16/01 - IA : de Black Forest à Siemens, le réveil stratégique de l’Allemagne
L'automne 2023 aurait dû marquer le triomphe allemand dans l'intelligence artificielle. Aleph Alpha, une jeune pousse censée concurrencer OpenAI, lève 500 millions d’euros, principalement auprès d’industriels nationaux. Quelques mois plus tard, c’est la débâcle : abandon du développement de modèles de fondation et sage reconversion en intégrateur technologique. Le médiatique fondateur Jonas Andrulis quitte finalement son poste de PDG. Une douche froide pour Berlin, alors que Paris célèbre régulièrement les performances de Mistral, qui talonne celles des Big Tech.
Cet épisode est en passe d'être digéré. Plusieurs entreprises allemandes sont aujourd’hui reconnues comme les plus prometteuses dans l’intelligence artificielle à l’échelle européenne, voire mondiale. Il y a bien sûr le célèbre traducteur DeepL, originaire de Cologne, qui vise une introduction en Bourse cette année. Mais la pépite du moment se nomme Black Forest Labs. Spécialisée dans la génération d’illustrations et de vidéos en intelligence artificielle, la start-up installée à Fribourg compte comme clients les réseaux sociaux Meta et Snapchat, de même que les outils de création leaders du marché Adobe et Canva. À l'origine, une poignée d'ingénieurs qui ont contribué au développement de Stable Diffusion, pionniers dans la génération d'images par IA - une technologie antérieure à l'apparition de ChatGPT. Black Forest Labs, évaluée à 3,25 milliards de dollars, figure parmi les rares compagnies européennes développant ses propres modèles, à l'instar de...
-
16/01 - Manifestations en Iran : l’avenir de l’Europe se joue aussi au Moyen-Orient
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Combien de personnes ont été tuées depuis la fin du mois de décembre ? A quoi ressemblent vraiment les manifestations ? Et surtout, que va devenir le régime ? Depuis plusieurs semaines, les questions se multiplient en Iran alors que la population a pris la rue. D’abord rassemblés pour protester contre leurs difficultés économiques, les Iraniens tentent désormais de se dresser face au régime des mollahs.
Pour répondre à la contestation, le gouvernement réprime violemment ses opposants ou coupe les accès à internet. Quand Donald Trump a menacé d’intervenir, la réaction des Européens, elle, s’est fait attendre. Dans un premier temps plutôt silencieux, les principaux dirigeants ont condamné le régime de l’ayatollah Khamenei au bout de plusieurs jours.
Pourtant, l’Europe ne doit pas ignorer ce qui se joue en ce moment en Iran... car l’avenir du régime de Téhéran est crucial aussi pour le Vieux Continent. Cette semaine, l’actualité qui a donc retenu notre attention c’est la réaction de l’Europe face aux manifestations iraniennes. Et pour en décrypter les enjeux, Luc de Barochez, spécialiste des questions européennes et auteur de la chronique Erasme dans L'Express, est dans cet épisode de "La semaine européenne".
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et...
-
16/01 - Elon Musk et Starlink : les secrets de la constellation qui affole autant Wall Street que l’Europe
L’échec a été mis sous le tapis. Mais c’est un vrai camouflet pour Elon Musk. En octobre dernier, le Groenland a snobé sa constellation satellitaire Starlink, au profit de celle de l'européen Eutelsat. Donald Trump n’avait pas encore kidnappé le président vénézuélien Nicolas Maduro. Ni brutalement réaffirmé sa volonté de s'emparer de la stratégique île glacée du Danemark. Mais les Groenlandais n’avaient pas pris à la légère ses premières menaces douze mois plus tôt. Et ils avaient bien cerné le danger de dépendre de l’Oncle Sam.
Résister à l’ogre Starlink n'est pas chose facile. Grâce aux lanceurs de SpaceX, autre propriété de Musk, le réseau compte déjà 9 500 petits satellites en orbite. Quatorze fois plus que la constellation d’Eutelsat, baptisée Oneweb. Le 9 janvier, le gendarme des télécoms américain, la FCC, lui a donné le feu vert pour positionner 7 500 engins de plus d’ici 2031.
C'est grâce à Starlink que le magnat de la tech a ingénieusement sorti SpaceX de l’ornière. Au milieu des années 2010, le succès de ses lanceurs Falcon 9 avait un goût doux amer. Le milliardaire avait ébahi la planète en créant les toutes premières fusées réutilisables, baissant ainsi drastiquement les coûts d'acheminement dans l’espace. Mais, au même moment, ses meilleurs clients, les opérateurs de satellites géostationnaires, revoyaient à la baisse leurs ambitions. Ces gros engins, situés sur des orbites très éloignées de la Terre - 36 000 kilomètres - excellent à diffuser des données à sens unique. Parfait pour la "télé de papa". Mais trop...
-
15/01 - Derrière les nus de Grok, l’industrie tentaculaire des IA qui déshabillent les femmes
On peut choisir de les voir en bikini, en sous-vêtements plus ou moins aguicheurs, ou même entièrement nues. Certains sites offrent même la possibilité de choisir la taille de la poitrine en grossissant à l'envie leurs seins, ou encore de les représenter dans diverses positions sexuelles. Depuis le début de l'année, Grok, l'intelligence artificielle mise au point par xAI et disponible sur X (ex-Twitter), est sous le feu de vives critiques pour avoir permis à des milliers d'utilisateurs de déshabiller des femmes par IA, sans leur consentement. Sous pression, le réseau social a finalement annoncé le 14 janvier en fin de journée qu'il avait mis en place des mesures pour "empêcher Grok de modifier des images de personnes réelles portant des tenues révélatrices, telles que des bikinis".
Mais Grok est loin d'être le seul outil de ce genre. Depuis des années déjà, des centaines de sites, d'applications ou de canaux Telegram se sont spécialisées dans la production à grande échelle de deepfakes pornographiques, des contenus générés avec de l'intelligence artificielle et mettant en scène des femmes dans toutes sortes de scénarios sexuels.Une industrie vaste mais insaisissable
"Déshabiller les femmes est un très vieux fantasme. Même avant Internet, il y avait des annonces dans les journaux pour vendre des lunettes qui montraient prétendument les sous-vêtements des femmes", pointe Laure Salmona, directrice de Féministes contre le cyberharcèlement et autrice de 15 idées reçues sur les cyberviolences et le...
-
15/01 - Mathew Burrows (ex-CIA) : "Si Donald Trump cède sur Taïwan en avril, ce sera le coup de grâce"
Il a passé un quart de siècle à travailler pour la CIA et National Intelligence Council (NIC). Mathew Burrows a notamment rédigé les Global Trends, ces rapports évoquant les risques à venir. Aujourd’hui conseiller au Stimson Center (think tank non partisan), il continue à s’occuper de prospective stratégique. Pour L’Express, Mathew Burrows évoque les grands dangers de 2026, entre l’Iran, le Groenland, Taïwan ou une crise financière. Selon lui, la Chine est la grande gagnante de la confrontation avec les Etats-Unis, car "Trump ne voit pas plus loin que le bout de son nez". Entretien.
L’Express : Vous êtes spécialiste de prospective stratégique et des grandes tendances mondiales. Mais est-il encore possible de faire des prévisions alors que Donald Trump est à la Maison-Blanche ? Entre le Venezuela et l'Iran, l’année 2026 a démarré sur les chapeaux de roues…
Mathew Burrows : Il est d’autant plus important de faire non pas de la prédiction, mais d’analyser les grands risques à venir. Plus Donald Trump rencontrera d’opposition avant de passer à l’action, comme au sujet du Groenland, plus il se retiendra peut-être.
Pour le Groenland, le risque est vraiment sérieux. La base républicaine de Trump se réjouit de la projection de la puissance américaine, tant qu’elle n’implique pas de pertes américaines ou de "nation building" comme en Irak. La nouvelle stratégie de sécurité nationale a clairement désigné l’Europe comme un adversaire. C’est une inversion historique. Cela ne dérange donc nullement Trump de montrer à...
-
15/01 - Donald Trump : son rêve d’acquérir le Groenland analysé par la presse américaine
Voilà plus d'une semaine que Donald Trump s'imagine prendre le contrôle du Groenland. Après avoir émis cette idée quelques mois après son élection et le début de son second mandat, le président américain a relancé la machine, rêvant de faire du territoire autonome, sous contrôle danois, le 51e Etat américain, multipliant les déclarations provocantes, voire belliqueuses.
Et pourtant, le président américain peine à embarquer le peuple américain derrière lui, selon le Time. "Les Américains ne souhaitent absolument pas conquérir le Groenland, affirme le magazine centenaire, chiffre à l'appui. Ils ne sont même pas convaincus par l’achat de ce territoire semi-autonome qui fait partie du Danemark et, surtout, qui n’est pas à vendre." Selon un sondage Reuters-Ipsos, seulement 17 % des Américains souhaitent une intervention au Groenland. Alors que, sans surprise, seuls 2 % des démocrates sont en faveur d'un contrôle américain du Groenland, les républicains peinent à être convaincus (40 %).
Pour Politico, le président américain n'est pas vraiment plus populaire chez les habitants du territoire d'Arctique. Les nombreux ultimatums de Donald Trump renforcent l'opposition, souligne le média en ligne, qui remarque le même rejet chez les indépendantistes. D'autant que le mépris de Donald Trump envers les groenlandais et sa fâcheuse tendance à penser que l'argent peut les acheter facilement n'aide en rien. "En affichant si clairement cette conviction, Trump semble susciter un ressentiment plus profond chez les Groenlandais —...
-
15/01 - Au Groenland, l’Europe peut-elle faire peur à Trump ?
L’Europe n’a pas les moyens d’empêcher les Etats-Unis de s’emparer du Groenland par la force. Mais elle peut faire en sorte qu’une opération militaire coûte cher à l’Amérique, en lui faisant perdre ce qui lui reste de prestige et d’autorité aux yeux des peuples européens. C’est ce que huit nations européennes ont décidé de faire aux côtés du Danemark, en dépêchant d’urgence cette semaine de petits contingents militaires sur l’île arctique.
Jamais dans l’histoire de l’Otan, vieille de 76 ans, un pays membre n’en a attaqué un autre. Même pendant les périodes de tension bilatérale les plus vives, dans les années 1970 et 1980, la Grèce et la Turquie ne se sont pas fait la guerre. Si Donald Trump décidait d’envoyer l’armée américaine occuper Nuuk, la capitale du Groenland - une hypothèse qu’il a refusé à plusieurs reprises d’exclure - il briserait un tabou.
Les détachements de reconnaissance déployés par la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Finlande et l’Estonie sous couvert d’un exercice militaire de longue durée, "Endurance arctique", aux côtés des militaires danois, sont uniquement symboliques, même en y incluant les renforts dont le président Emmanuel Macron a annoncé l’envoi prochain. Ils n’auraient pas les moyens de résister à une agression américaine. Mais leur présence permet d'afficher la détermination européenne face à la volonté de prédation de Donald Trump.
En obligeant les Etats-Unis, s’ils mettaient leur menace d’annexion à exécution, à agresser non pas seulement le royaume du...
-
15/01 - Narcotrafic au Venezuela : pourquoi la France se retrouve en première ligne
Plus d'un an et demi quasiment sans son ni image. Depuis janvier 2025, les services français de lutte antidrogue avancent à l’aveugle sur le Venezuela. En cause : l'expulsion vers l'Hexagone d'une bonne partie de l'ambassade à Caracas, en particulier de son attaché de sécurité, Thierry Papon. Passé par plusieurs postes à hautes responsabilités dans la région, ce policier possédait une lecture fine des dynamiques criminelles au Venezuela. Seuls l'ambassadeur et le chargé d'action culturelle ont été épargnés par Nicolas Maduro, furieux que sa réélection très contestée n'ait pas été reconnue par la France. "Notre dispositif diplomatique à Caracas a connu plusieurs ajustements depuis janvier 2025, confie une source diplomatique. Notre ambassade à Caracas demeure toutefois ouverte et fonctionnelle, et le restera."
Si la coopération n'est pas rompue officiellement, la visibilité sur le trafic à Caracas s'est considérablement réduite. Paris et les autres puissances régionales tentent de combler ce manque d'information en s'appuyant sur les partenaires de la zone et sur la Drug Enforcement Administration (DEA), puissant service de renseignement de la lutte anti-drogue américaine.Vers l'Europe et l'Afrique
La capture de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, par Washington, le 3 janvier, a relancé les interrogations. Depuis plusieurs semaines, Donald Trump a fait de Caracas la cible centrale de sa lutte contre le trafic de cocaïne. L'administration américaine accuse le président vénézuélien d'être à la tête d'un...
-
15/01 - Le RN boudé par les banques françaises, Jean-Luc Mélenchon avait dit oui au "Figaro"
Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon ! Il n'est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant les municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle.Budget : bluff contre bluff
"On aura tout cédé pour, au final, rester au-dessus de 5 % de déficit", se lamente un proche d’Emmanuel Macron, qui plaide, sans trop y croire, en faveur du recours aux ordonnances pour faire passer le budget. Qu’importe la réaction du PS, qui menace Sébastien Lecornu de censure s’il choisissait cette option ? "Les socialistes sont de plus en plus carnivores. Ils en demandent toujours en plus sans rien céder. Mais ils n’appuieront pas sur le bouton, c’est du bluff", poursuit le même. Qui reconnaît qu’on en est au stade du "bluff contre bluff" - fausse menace de dissolution contre fausse menace de censure. La politique se résume parfois à une partie de poker…Impromptu sur la primaire
"Si tu passes une alliance avec Bruno Retailleau, personne ne peut te battre !" : l’ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a croisé Edouard Philippe à la soirée des 200 ans du Figaro et a tenté de le convaincre de prendre l’initiative de lancer une primaire. "Il a divisé avec ses propos sur Macron, il peut montrer sa volonté d’union en acceptant un processus de sélection", observe Hortefeux. Mais le maire du Havre y reste hostile et ne voit pas comment une primaire entre candidats de partis différents pourrait être organisée en un laps de temps si...
-
15/01 - Ukraine : Mykhaïlo Fedorov, un geek spécialiste des drones à la tête du ministère de la Défense
Son nom avait été proposé à la surprise générale, le 2 janvier dernier, par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Après un vote positif de la Rada, le parlement ukrainien, mercredi 14 janvier, c'est désormais officiel : Mykhaïlo Fedorov, jusqu'ici vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique, a été nommé à la tête du ministère de la Défense. Peu connu du grand public, l'homme de 34 ans est pourtant le seul membre du gouvernement à avoir survécu à tous les remaniements gouvernementaux depuis l'élection de Volodymyr Zelensky en 2019. Nommé six mois auparavant, en juillet 2025, son prédécesseur à la Défense Denys Chmyhal a été déplacé au poste de vice-Premier ministre et ministre de l'Énergie.
Si la nomination du jeune entrepreneur a pu étonner, elle est parfaitement logique pour le président ukrainien : "Mykhaïlo est profondément impliqué dans les questions liées à la ligne de drones et travaille très efficacement à la numérisation des services et des processus publics, a détaillé Volodymyr Zelensky dans son message quotidien le 2 janvier dernier. Avec toute notre armée, le commandement de l'armée, les producteurs d'armes nationales et les partenaires ukrainiens, nous devons mettre en œuvre des changements dans le secteur de la défense qui seront utiles."
Fondateur d'une entreprise de stratégie marketing des réseaux sociaux, SMM Studio, et diplômé de l'université de Zapirijia, sa région de naissance, Mykhaïlo Fedorov est un ovni au sein de l'exécutif ukrainien. "Je me sens comme une start-up...
-
15/01 - Désinformation en santé : "Le Sénat ne doit pas servir de tribune à la promotion de pratiques de soin alternatives"
Mesdames, Messieurs, Monsieur le Président du Sénat,
Le 22 janvier prochain, le Groupe d'Evaluation des Thérapies Complémentaires Personnalisées (Getcop) et la Chambre Nationale des Praticiens de la Santé (CNPS), avec l’appui du Collège Universitaire des Médecines Intégratives et Complémentaires (Cumic), trois groupes de pression œuvrant en faveur des soins non-conventionnels, organisent au Sénat, par l’entremise de la sénatrice Madame Laurence Muller-Bronn, une journée intitulée "Pourquoi et comment sécuriser l’introduction des pratiques de santé ?".
Ne nous y trompons pas, il s’agit pour ces associations d’assurer la promotion et la légitimation de pseudo-médecines devant le Sénat, et plus largement auprès de nos concitoyens.
Ces pratiques, qui n’ont pas fait preuve de leur efficacité, présentent des risques de dérives thérapeutiques (perte de chance de guérison, effets secondaires indésirables, coût social) et de dérives sectaires.
Ces groupes de pression exposent ainsi une vision singulière de la santé, qui va à l’encontre de la médecine basée sur les preuves, et pouvant influer sur la décision publique.
En effet, parmi les intervenants annoncés, on trouve des promoteurs connus de pratiques non conventionnelles souvent ésotériques, dont certains sont liés à des groupes signalés dans les rapports parlementaires ou de la Mission interministérielle de vigilance de lutte contre les dérives sectaires (voir ci-dessous).
A l’heure où la presse et les institutions ne cessent de pointer ces groupes de pression, et où...
-
15/01 - Pas de frappe préventive l’un contre l’autre : cet étonnant accord secret passé entre l’Iran et Israël
C'est un accord noué avant le mouvement de protestation massif qui secoue l'Iran, marqué par une violente répression du régime. Il peut paraître à première vue surprenant, tant les tensions sont fortes entre Israël et l'Iran. Ces deux Etats rivaux se sont secrètement entendus par l'intermédiaire de la Russie, rapporte le Washington Post mercredi 14 janvier. Ils ont échangé des messages, via un intermédiaire russe, affirmant qu'ils ne lanceraient pas d'attaque préventive l'un contre l'autre, indique le célèbre quotidien américain.
Fin décembre, soit quelques jours avant le début des manifestations en Iran, des responsables israéliens ont informé les dirigeants iraniens, via la Russie, qu'ils ne lanceraient pas de frappes contre l'Iran si Israël n'était pas attaqué en premier. Téhéran a répondu - toujours par l'intermédiaire de Moscou, qui cherche à renforcer sa position auprès de Donald Trump afin d'obtenir des concessions dans les négociations sur la guerre en Ukraine - qu'il s'abstiendrait également de toute attaque préventive, selon des diplomates et des responsables régionaux informés de ces échanges sollicités par le quotidien américain. La semaine dernière, la chaîne de télévision publique israélienne KAN a rapporté que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait récemment demandé au président russe Vladimir Poutine de transmettre à l'Iran le message qu'Israël n'avait pas l'intention de l'attaquer.Un "bon accord" pour Téhéran ?
Les responsables iraniens ont réagi positivement à l'initiative...
-
15/01 - Groenland : ce que l’on sait de l’exercice militaire européen à laquelle la France participe
C'est la première action concrète depuis les menaces de Donald Trump. Plusieurs pays européens, dont la France, ont annoncé mercredi 14 janvier l'envoi cette semaine de soldats au Groenland pour prendre part à une mission conjointe. "À la demande du Danemark, j'ai décidé que la France participera aux exercices conjoints organisés par le Danemark au Groenland, l'Opération Endurance Arctique", a annoncé Emmanuel Macron sur le réseau social X. "De premiers éléments militaires français sont d'ores et déjà en chemin. D'autres suivront."
Le déploiement militaire français comprend un nombre non précisé de membres d'unités de montagne aguerries aux climats froids, a appris l'AFP mercredi auprès de l’armée française. A ce stade, selon les premiers éléments communiqués par le ministère des armées au Monde, il s'agit seulement d'un déploiement de troupes dans le cadre de ce qui est qualifié "d'exercice interallié". Cet entraînement est caractéristique des entraînements au "grand froid" que la France, comme d'autres pays, ont relancé depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022. Le président français doit apporter des précisions ce jeudi matin lors d'un Conseil de défense, en partie consacré au Groenland, mais aussi à la situation en Iran, qui a été convoqué en urgence à 8h à l'Élysée.La région contient potentiellement de nombreuses réserves d'hydrocarbures inexploitées.Des "divergences fondamentales" constatées lors d'une réunion
Un peu plus tôt, mercredi, Donald Trump avait répété que les Etats-Unis avaient besoin du...
-
15/01 - Chez Dassault, succès et blocage : les cadences records du Rafale... et un méga-projet au point mort
En 2025, Dassault-Aviation a livré 26 Rafale : c’est un chiffre record qui n’avait été atteint qu’une seule fois, en 2019, et qui devrait être dépassé cette année. Avec un carnet de commandes plein à craquer (220 appareils !), l’avionneur français doit en effet accélérer sa cadence de production pour satisfaire ses clients. Tout en investissant dans les technologies de rupture : lundi 12 janvier, le groupe aéronautique a annoncé un partenariat stratégique avec la start-up française Harmattan IA afin d’intégrer l’intelligence artificielle dans les systèmes de combat aérien. Une affaire à 200 millions de dollars.
C’est à Mérignac, en Gironde, que le Rafale sort de son "nid". L’assemblage final de l’avion de combat français s’effectue en effet dans l’usine de Dassault-Aviation, en bordure de l’aéroport de Bordeaux. Cet établissement a produit l’année dernière une moyenne de 2,4 avions par mois – l’usine étant fermée pour les congés en août. Durant de longues années, avant les grands succès à l’export, il n’en sortait qu’un seul tous les mois, juste de quoi maintenir la chaîne de production.Objectif "cadence 3"
L’objectif du constructeur est désormais d’atteindre rapidement une cadence de trois, peut-être dès cette année. Son PDG, Eric Trappier, devrait le confirmer très prochainement. Vu de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le siège de Dassault-Aviation, l’impératif est d’abord de respecter les délais contractuels avec les clients, sachant qu’il faut trois ans, entre la commande et la livraison, pour produire un Rafale....
-
15/01 - Il y a 25 ans naissait Wikipédia : "Vous pourrez, en quelques clics, clouer le bec à vos contradicteurs"
Cinq ans après la création de Wikipedia, L’Express revenait avec Jimmy Wales sur les principes fondamentaux de ce projet : la liberté et le partage.
L’Express du 5 octobre 2006
Par Guillaume GralletL'encyclopédie qui affole le Net
Près de 5 millions d'articles rédigés et actualisés en permanence par les internautes eux-mêmes. Le succès de Wikipédia suscite plus de vocations que de critiques. Et il aiguise surtout bien des convoitises.
Barbe mal rasée, pas nonchalant, l'homme pianote sur son téléphone portable. Et puis, se rapprochant de la salle où il s'apprête à donner une conférence : "Vous savez, Wikipédia sera bientôt présent sur les téléphones portables. Imaginez-vous à un dîner, en pleine discussion sur le sens d'un mot : vous pourrez, en quelques clics, clouer le bec à vos contradicteurs." Jimmy Wales, 40 ans, dont près de la moitié passée dans la banque, a tout d'un gourou. Plusieurs dizaines de milliers d'internautes contribuent en effet chaque jour, et gratuitement, au chantier qu'il a entamé il y a cinq ans et sur lequel atterrit un internaute sur cinq qui effectue une recherche sur Google.
Le projet est dément. Pensez ! Il s'agit de mettre au point la plus grande encyclopédie du monde : au total, 5 millions d'articles dans plus de 200 langues, accessibles en ligne. Il doit beaucoup à une vision de "Jimbo", le surnom de Wales, qui, revenu des affaires au début des années 2000, rêve de construire une œuvre aussi salutaire que la Croix-Rouge - "J'ai une fille et je veux qu'elle puisse vivre dans...
-
15/01 - Mercosur : ce que le succès du Ceta peut (vraiment) nous apprendre
Le travail de sape d’une minorité d’Etats membres de l’UE, menée par la France, n’aura pas suffi à faire échouer la conclusion de l’accord avec le Mercosur. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit signer le texte, ce samedi 17 janvier, à Asunción, avec les représentants de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. Dans l'Hexagone, la colère du monde agricole est loin d'être retombée, alimentée par la peur d'une déferlante de produits à bas prix peu soucieux des normes sanitaires en vigueur en Europe. Ses contempteurs, d’un bord à l’autre du spectre politique, fustigent un accord qui aura mis plus de vingt-cinq ans à se concrétiser. Ils oublient que le pire n'est jamais certain. Un coup d’œil dans le rétroviseur les éclairerait pourtant.
En 2017, l’Union européenne paraphait le Ceta avec le Canada. Ce traité de libre-échange prévoyait, notamment, une diminution des droits de douane afin d’accélérer les échanges entre les deux blocs. A l’époque, ses opposants arguaient déjà que le Vieux Continent serait envahi de produits canadiens, à commencer par la viande bovine. "Ces craintes, qui sont les mêmes que celles exprimées par les filières hostiles au Mercosur, ne se sont pas matérialisées", assure Elvire Fabry, directrice du programme "Commerce et sécurité économique" à l’Institut Jacques-Delors. En 2023, entre 2 et 3 % seulement du contingent de 65 000 tonnes de bœuf alloué par Bruxelles au Canada avaient été utilisés. En réalité, Ottawa s’est davantage tourné vers la Chine que...
-
15/01 - En Iran, ces révolutions avortées : comment l’espoir démocratique a été brisé
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Depuis 1979 et la Révolution islamique, les protestations sont de plus en plus courantes en Iran. La plus récente, qui aura marqué l’opinion publique, date de 2022. Cet automne-là, les Iraniens se rendent régulièrement dans la rue pour s’opposer au régime des mollahs. Les opposants au régime qui scandent "Femme, Vie, Liberté" sont violemment réprimés durant ces quelques semaines. L’espoir de voir le pays changer s’effondre à nouveau.
Les nouvelles mobilisations qui durent depuis la fin du mois de décembre pourraient-elles inverser la tendance ? C’est ce qu’espèrent nombre d’Iraniens et ce sont ces scénarios que l’on peut lire dans le nouveau numéro de L’Express. D’abord descendus dans la rue fin décembre pour protester contre leurs difficultés économiques, les manifestants tentent désormais de se dresser face au régime des mollahs.
Un changement de régime, c’est un espoir qui parcourt l’Iran depuis des décennies. Un espoir qui est souvent passé par les urnes, et qui semble aujourd’hui révolu. Dans cet épisode d'"Hier à la Une", on vous propose de regarder ce qu'en disait L’Express il y a quelques années.
D'abord en 1997, lors des élections qui ont lieu dix-huit ans après la Révolution islamique. Les jeunes qui votent pour la première vont jouer un rôle clé. Puis en 2009, trente ans après l'instauration...
-
15/01 - Au Maroc, l’impétueux fils de Mohammed VI : "Vous avez aimé Hassan II ? Vous adorerez Hassan III"
Ce 21 décembre 2025, les regards du monde se tournent vers Rabat. Cent-quatre-vingts pays diffusent le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et les Comores. Une fête dont le roi est absent. Le 10 janvier 2026, un communiqué du Palais évoquera un mal de dos. En réalité, Mohammed VI a quitté le territoire le 5 novembre, direction Abu Dhabi, Le Caire puis Paris. En ces derniers jours de l’année, il visiterait de nouveau la capitale égyptienne, notamment son "Grand Musée" ouvert depuis quelques semaines. A sa place, un jeune homme prend la lumière.
Sous le crachin du stade Moulay Abdellah, Hassan, le prince héritier, apparaît en manteau long élégant et costume de ville. A vingt-deux ans, il vit son premier moment de communion directe avec son peuple. Port altier, sourire légèrement crispé de celui qui n’a pas encore l’habitude de ces apparitions en mondiovision, le fils du roi se fait présenter les joueurs, récoltant une immense ovation au moment de son accolade avec le capitaine marocain. Un moment visionné 1,5 million de fois sur le compte YouTube de la chaîne BeIn Sports ! Quant à son exultation lors de l’ouverture du score des Lions de l’Atlas, quinze secondes saisies par le média Le360, elle a été vue plus de 14 millions de fois en trois semaines. Le futur roi fascine.
A la différence de son père et de son grand-père, Moulay Hassan n’a pas étudié le droit. Et en dépit de son cursus en géopolitique, suivi à l’université Mohammed-VI-Polytechnique-de-Rabat, il s’est abstenu...
-
14/01 - En Iran, le régime s’attaque au fournisseur internet Starlink, dernier contact avec le monde
90 millions de personnes totalement coupées, ou presque, du monde extérieur. Après avoir suspendu internet la semaine dernière, le régime iranien a passé un cap supplémentaire dans sa répression numérique cette semaine, en traquant ces derniers jours les moyens de communication satellitaires, en particulier les modèles développés par la société américaine Starlink.
Jeudi 8 janvier, le régime d'Ali Khamenei a, en effet, coupé l'accès à Internet et imposé un blocus des communications, afin d'empêcher la population de s'informer, à l'heure où le pays est traversé par des manifestations anti-gouvernementales "d'une étendue sans précédent", analysent des observateurs auprès de la BBC.
Symptôme d'un régime qui vacille, la répression est, elle aussi, d'une violence inouïe. Le décompte du nombre de morts et de blessés est incertain, d'autant plus en l'absence de communications, mais une enquête du média Iran International estime qu'au moins 12 000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité. Il s'agirait du "plus grand massacre de l'histoire contemporaine de l'Iran", perpétré en majorité contre des jeunes de moins de 30 ans. De son côté, l'ONG Hrana, basée aux Etats-Unis, estime le nombre de morts à 2 571, dont 2 403 manifestants et 147 personnes affiliées au gouvernement.Contournement de la censure
A l'heure actuelle, "mis à part la Radio-télévision de la République islamique d'Iran (IRIB), seule une poignée de sites d'information restent actifs dans le pays, fonctionnant sous la censure et le contrôle direct des...
-
14/01 - "La chute de la population mondiale sera vertigineuse…" : l’alerte du démographe Dean Spears
Sans surprise, la chute de la natalité s’est poursuivie en 2025. En France, l’indice de fécondité est désormais de 1,56 enfant par femme, soit une baisse de 2,1 % par rapport à 2024. Longtemps une exception par rapport à ses voisins européens, notre pays connaît un solde nature négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et commence doucement à prendre conscience que cette pénurie dans les maternités a des conséquences majeures, aussi bien sur le plan économique que politique et social.
Mais loin de se cantonner à l’Occident, la dénatalité est un phénomène mondial. Dans After the Spike (Simon & Schuster), paru il y a quelques mois en anglais, les économistes et démographes Dean Spears et Michael Geruso, professeurs associés à l’université du Texas à Austin, montrent que l’humanité va non seulement connaître son pic dans quelques décennies, mais qu’ensuite, elle sera marquée par une chute vertigineuse si les tendances actuelles se poursuivent. Car tant que les taux de fécondité ne remonteront pas au-dessus des deux enfants par femme, la population ne pourra pas se stabiliser.
Dans un grand entretien accordé à L’Express, Dean Spears remet en question plusieurs idées reçues sur la démographie et explique pourquoi cette dépopulation rapide n’a rien d’une bonne nouvelle.
L’Express : La population mondiale atteindra son pic plus tôt que nous le pensions, dans les prochaines décennies. Le grand public commence à prendre conscience des enjeux de la dénatalité. Mais vous alertez dans...
-
14/01 - Obésité : pourquoi la feuille de route 2026-2030 ne répond pas à tous les espoirs
La feuille de route 2026‑2030 pour la prise en charge de l’obésité a enfin été révélée par le ministère de la Santé. Et c’est peu dire que le texte était attendu de pied ferme. Le rapport Laville de 2023, qui proposait déjà des solutions clé en main pour "mieux prévenir et prendre en charge l’obésité en France", avait tout dit. Depuis, le sujet prenait la poussière sur le bureau des ministres. Pendant que les courbes de prévalence continuent de grimper – 18 % d’adultes en situation d’obésité, près de 20 % d’enfants en surpoids ou obésité –, organismes, experts et associations réclamaient unanimement un plan à la hauteur de ce qui est désormais qualifié d'épidémie mondiale.
Parmi les revendications les plus insistantes : déclarer l’obésité comme "Grande cause nationale 2026", mettre en place un plan décennal interministériel – porté au plus haut niveau de l’État – sur le modèle des plans cancer, ainsi que des mesures fortes sur l’environnement alimentaire (Nutri‑Score obligatoire, encadrement du marketing, interdiction des fast‑food autour des écoles, etc.). Sans oublier la mise en place d’un meilleur accès aux soins, l'amélioration des formations des personnels de santé, le remboursement des diététiciens, psychologues ou encore des nouveaux médicaments anti‑obésité de type GLP‑1. Autant prévenir, la feuille de route 2026-2030 ne répond pas à toutes ces attentes. Elle n'y avait toutefois pas vocation.
"Elle a tardé, mais le texte contient un grand nombre des mesures du rapport Laville 2023. On verra avec le temps à quel point on...
-
14/01 - Thierry Oberlé : "Malgré sa maladie, Mohammed VI n’a jamais envisagé d’abdiquer"
Dans Mohammed VI, le mystère (Flammarion), à paraître le 15 janvier, le journaliste Thierry Oberlé ose aborder les sujets les plus tabous du royaume du Maroc. Jusqu’à sa maladie, sa vie privée ou l’imprégnation du trafic de drogue dans le Rif, devenus au fil du temps des clés de lecture indispensables de son règne.
L'Express : Mohammed VI va-t-il lire votre livre ? Autrement dit, se tient-il informé de l’actualité, y compris de ce qui s’écrit sur lui ?
Thierry Oberlé : Mohammed VI a la réputation de ne pas lire. Il regarde la télévision, les chaînes d’information en continu, mais il ne lit ni ouvrages, ni presse écrite. Pour le reste, il se tient informé par des notes et des entretiens avec ses proches. Il est dans l’oralité alors que paradoxalement il parle peu en public.
Ce n’est pas le seul aspect étonnant dans le fonctionnement de ce roi. Vous relatez son désinvestissement progressif des affaires du royaume. Comment l’expliquer ?
Mohammed VI donne l’impression d’être tiraillé. D’un côté, il a été élevé pour exercer le pouvoir. C’est un Alaouite, les Alaouites font leur devoir, c’est ce que son père, son grand-père lui ont appris. Il n’a d’ailleurs jamais envisagé d’abdiquer, malgré ses états d’âme et sa maladie, qui l’affaiblit considérablement. Mais en même temps, il n’exerce pas le pouvoir avec appétit. Il a ce goût d’ailleurs, ce besoin de fuite hors des frontières du royaume. Il s'est toujours aménagé des périodes très longues de voyage à l'étranger. Il aime la plage, les plaisirs de la mer et les plaisirs tout...
-
14/01 - Budget 2026 : Sébastien Lecornu au défi de la fin de l’histoire
Elle a connu des réveils plus douloureux. Le 3 octobre 2025, Yaël Braun-Pivet reçoit aux aurores un message de Sébastien Lecornu. C'est décidé, le Premier ministre va renoncer à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026. La présidente de l'Assemblée nationale le rappelle peu après 7 heures. En voilà une bonne idée ! Le Normand vient de desserrer l'étreinte du Parti socialiste et donne ses lettres de noblesse au parlementarisme. Un complice de Sébastien Lecornu lui glisse après l’annonce officielle : "On va finir avec un déficit à 7 %. Mais au moins, ce n’est pas toi qui l’auras imposé !" Si seulement...
Le gouvernement s'est depuis rangé à l'évidence. Aucune majorité n'existe à l'Assemblée pour voter un projet de loi de finances. Ordonnances ou retour du 49.3 : voilà Sébastien Lecornu contraint d'arbitrer entre ces deux options, aussi techniques que politiques. Avec une contrainte supplémentaire : le Premier ministre avait érigé son abandon du 49.3, synonyme d’autoritarisme dans l’opinion, en ode au compromis parlementaire. Il doit recouvrir d’enduit démocratique son choix pour échapper à tout procès en trahison. "Je ne comprends pas la fin de l’histoire", lui avait glissé l'ancien ministre du Budget Thomas Cazenave après l'abandon du 49.3. Sébastien Lecornu doit écrire cette fin. Mais surtout la mettre en scène.Respect d'un "deal de fond"
Comme si de rien n’était, ou presque. L'Assemblée nationale a repris mardi 13 janvier l'examen du budget, après l'échec en décembre d'une commission...
-
14/01 - "Il se passe quelque chose d’étrange…" : pourquoi l’économie américaine défie tous les pronostics
Un parfum de Vol au-dessus d’un nid de coucou plane sur l’économie américaine. Une forte croissance, mais un marché du travail en perte de vitesse. Des salaires réels proches de niveaux historiques dans toutes les catégories de revenus, mais un fort sentiment de déclassement. Des taux d’intérêt élevés, mais une consommation qui reste dynamique. Des droits de douane annoncés comme désastreux et pourtant, peu d’effets visibles jusqu’ici. Pourquoi ces signaux si paradoxaux ? Quelle est la véritable santé financière de la première puissance mondiale ? Quel bilan peut-on tirer après un an de mandat Trump ? Et y a-t-il une réelle stratégie dans le bureau Ovale ? Scott Horsley, chef du service économie de la radio publique NPR et ancien correspondant à la Maison-Blanche, décrypte ce moment kafkaïen de l’économie américaine. Il livre également son regard sur le violent bras de fer entre Donald Trump et la Réserve fédérale, alors que son président, Jerome Powell, visé par une enquête pénale, a accusé la Maison-Blanche de chercher à intimider la Fed pour l’obliger à baisser les taux d’intérêt. Un test de résistance historique pour la banque centrale américaine, estime-t-il.
L'Express : D’un côté, on observe un ralentissement de la croissance de l’emploi et une hausse du chômage, et de l’autre une forte croissance économique de 4,3 % en rythme annuel — contre 3,8 % au trimestre précédent. Ce chiffre, supérieur aux attentes, marque la plus forte progression enregistrée depuis deux ans. Pourquoi ces signaux contradictoires ? Faut-il...
-
14/01 - Robert Badinter, Marine Le Pen, Sébastien Lecornu... Alain Duhamel croque les fauves de la République
L’ordre alphabétique est malicieux, qui fait se succéder David Lisnard et Georges Marchais. Mais c’est toute la syntaxe de la vie politique qu’Alain Duhamel dompte du haut de son inégalable expérience et avec "équanimité", selon le mot d’Emmanuel Macron dans un documentaire consacré au journaliste sur France 2. Il a vu défiler la Ve, voici donc ses 63 portraits : Gabriel Attal, ("plutôt Lucien Leuwen que Julien Sorel") ; Xavier Bertrand ("S’il y a une chance, évidemment il la jouera. Et même si elle n’existe pas, il l’imaginera") ; Richard Ferrand ("Il est ce que les grands parfumeurs appellent un nez") ; Raphaël Glucksmann ("Quasiment sur les rangs mais comme on le dit pour le baccalauréat, en candidat libre") ; Bruno Le Maire ("Un aristocrate de la politique, exceptionnellement doué mais qui n’aura pas eu le caractère de son intelligence") ; Edouard Philippe ("fantassin aguerri, le contraire d’un hussard") ; Dominique de Villepin, ("à la fois Murat et Fouché"). Et tous les autres, pour un régal partagé.
Les politiques par Alain Duhamel. Editions de l’Observatoire, 304p., 22 €. Parution le 22 janvier.Robert Badinter
Il est désormais l’icône de la Ve République, comme Pierre Mendès France le fut de la IVe République, comme Jean Jaurès le fut de la IIIe République. Il personnifie ce qui ressemble le plus à la conscience morale en politique. Une vertu qui n’est pas la plus répandue dans la sphère du pouvoir. Ce n’est pas qu’il fût sans défauts. Robert Badinter n’était pas un saint de niche et de vitrail – on a...
-
14/01 - A Londres, une méga-ambassade chinoise sur le point de voir le jour malgré les craintes d’espionnage
Un immense site au cœur des suspicions. Le gouvernement du Premier ministre britannique Keir Starmer doit rendre d'ici au 20 janvier sa décision quant à l'approbation, ou non, de la construction d'une nouvelle "méga-ambassade" chinoise dans l'est de Londres (Royaume-Uni). Longtemps repoussé, ce projet devrait être, d'après la presse britannique, validé dans les prochains jours par le travailliste, avant son voyage en Chine d'ici à la fin du mois. Sur place, il rencontrera le président chinois Xi Jinping, avec qui il a déjà évoqué par le passé ce dossier stratégique. Mais cette construction, en réalité la rénovation du site accueillant autrefois la Monnaie royale britannique, inquiète une grande partie du monde politique outre-Manche. En cause ? La crainte d'un espionnage exacerbé de la part des services secrets chinois.Des craintes de longue date
Depuis l'annonce de la volonté de Pékin de construire cette nouvelle ambassade, de nombreuses voix s'élèvent contre le projet. La Chine avait déjà tenté, lorsque les conservateurs étaient au pouvoir au 10 Downing Street, de faire approuver l'autorisation pour lancer les travaux. Mais elle s'était heurtée au refus des pouvoirs locaux, dans un contexte d'importantes tensions entre Pékin et Londres. L'arrivée de Keir Starmer comme Premier ministre a rebattu les cartes, ce dernier optant pour une approche plus conciliante vis-à-vis du géant asiatique, qui a redéposé une seconde demande pour faire approuver la construction de l'édifice.
Ce bâtiment inquiète de...
-
14/01 - Coloniser le Venezuela n’est pas une option, par Manuel Valls
La capture de Nicolas Maduro par les agents anti-drogue de la DEA a sidéré le monde. Le gouvernement américain soutient que l'intervention est légale, en se fondant sur un acte d'accusation formel déposé devant les tribunaux américains. On peut en douter. Mais ne nous trompons pas de débat. Le départ de Maduro est une bonne nouvelle. Il y a une forme d’hypocrisie à invoquer le droit international comme une garantie d’immunité et donc d’impunité.
Successeur médiocre de Hugo Chavez, Maduro a présidé au destin de son pays treize ans durant lesquels le pays a perdu 70 % de son PIB. Il a détruit son industrie pétrolière, appauvri et affamé sa population. Plus de 8 millions de personnes ont quitté le pays, soit un quart des habitants. Il s'agit aujourd'hui de l’un des plus grands exodes de notre époque compromettant la stabilité de toute la région.
Formé par le totalitarisme cubain, allié de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah, Maduro a imposé la terreur et l’arbitraire ; embastillant, torturant, tuant ses opposants ou les forçant à l’exil, truquant les élections. Il faut rappeler enfin que le Venezuela présente des formes avancées de narcoétatisation. Des secteurs des forces armées et de la police gèrent le trafic de drogue en provenance de Colombie, le pouvoir politique garantit l’impunité, l’économie illicite devient plus rentable que l’économie officielle. C’est l’un des principaux nœuds logistiques du trafic mondial de cocaïne. Toute la Caraïbe en subit les conséquences. Les Antilles françaises sont ainsi...
-
14/01 - Combien vaut vraiment le Groenland ? La réponse de deux experts
Dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, Thucydide (Ve siècle avant J.-C.) fait le récit du "dialogue mélien" : en conflit avec Sparte, la puissante Athènes exige que les habitants de la petite île de Melos se soumettent et leur versent un tribut. Ceux-ci refusent, invoquant le principe de justice. Les Athéniens objectent sèchement que la justice ne s'applique pas entre puissances inégales, pillent Melos, et les massacrent.
La logique mélienne n’est pas étrangère à Donald Trump, quand, interrogé à bord d’Air Force One après la capture de Nicolas Maduro, il affirme que "les Etats-Unis prendront le Groenland d’une manière ou d’une autre", car "s’[ils] ne le f[ont] pas, la Russie ou la Chine le feront". On pourrait évidemment lui opposer le droit international ou la fidélité mutuelle que se doivent des états alliés : le Danemark, dont 44 soldats sont morts en Afghanistan, a payé à cette guerre le plus lourd tribut per capita de l’Otan. Dans un monde mélien, il faut cependant se préparer au pire : à quel prix se négocierait la vente du Groenland ? En tant qu’actif, comment un investisseur rationnel le valoriserait-il ? Première approche : la valeur des ressources
Sur le papier, l’économie groenlandaise est modeste : un produit intérieur brut de l’ordre de 3,3 milliards de dollars, pour quelque 57 000 habitants, et une dépendance massive à la pêche et aux transferts budgétaires danois. Pris isolément, ces chiffres en feraient un territoire économiquement marginal.
Des ressources considérables se cachent...
-
14/01 - Manifestations en Iran : l’effroyable répression menée par le régime
Une violence extrême exercée contre la population iranienne. Près de trois semaines après le début de la contestation contre le régime des mollahs en Iran, la répression contre les manifestants ne se tarit pas. Les ONG de défense des droits de l'homme, basées à l'étranger, fournissent des éléments tous plus inquiétants les uns que les autres sur les tueries organisées par la République islamique pour faire cesser les protestataires. Elle qualifie désormais ces derniers de "terroristes armés", qui agiraient à la solde de pays ennemis, comme les États-Unis ou Israël. "Aucune indulgence ne sera accordée" envers eux, a prévenu, lundi 12 janvier, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei. Un bilan humain conséquent, mais encore flou
Téhéran ayant coupé l'accès à Internet à sa population au plus fort des manifestations, l'ampleur du bilan humain lié à la répression du régime demeure difficile à appréhender. Selon les premiers chiffres communiqués par les ONG, il se compte probablement en milliers de victimes. Ces structures tentent de vérifier leurs informations en recoupant les témoignages qui leur proviennent difficilement du pays. L'une d'entre elles, Iran Human Rights, a ainsi dénombré au moins 734 morts depuis le début des manifestations. Basée aux États-Unis, l'ONG HRANA fait de son côté état ce mercredi 14 janvier d'au moins 2 571 morts, dont 2 403 manifestants. D'après elle, 12 enfants et 9 civils sans lien avec la contestation font partie des victimes. Deux sources au sein du régime iranien,...
-
14/01 - Raphaël Glucksmann : "Je ne supporte plus les lamentations sur la faiblesse de l’Europe"
Un œil sur son projet de réforme des retraites, l'autre sur les listes des municipales, la tête à Bruxelles et le cœur à Téhéran. Venezuela, Iran, Groenland... En ce début d'année géopolitique volcanique, Raphaël Glucksmann a reçu L'Express dans ses bureaux parisiens pour encourager les Européens à prendre conscience de leur puissance et répondre enfin aux menaces territoriales de Donald Trump, à la prédation industrielle chinoise ou à la guerre sans fin de Vladimir Poutine. "Dans ce monde, la faiblesse est une invitation à l’agression", assure le député européen et probable candidat du centre gauche à la prochaine présidentielle, exaspéré par les hésitations des dirigeants de notre continent.
L'Express : Le 3 janvier, les forces américaines ont enlevé Nicolas Maduro à Caracas. Le monde est-il, cette nuit-là, entré dans une nouvelle ère ?
Raphaël Glucksmann : Je ne verserai pas une larme pour Maduro, dictateur corrompu et violent. Mais oui, le monde bascule dans une ère où le président des États-Unis ne reconnaît comme limite à son pouvoir que sa propre volonté. Le Venezuela n'est qu'une étape. Ce qui est fascinant, c'est la rapidité avec laquelle Donald Trump a lui-même embrayé sur la suite, à commencer par le Groenland. Nous sommes face à une administration américaine qui ne fait plus la différence entre un adversaire autocratique comme le Venezuela et le Danemark, démocratie alliée.
C’est un séisme pour les Européens qui voient depuis 80 ans les États-Unis comme les garants ultimes de leur sécurité. Les pays...
-
14/01 - Bruno Tertrais : "Il y a toujours eu une méfiance réciproque entre l’Iran et la Russie"
L'Iran n'est pas le membre le plus important de ce que certains ont appelé "l'axe anti-occidental", explique Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, le noyau dur du "quatuor" étant constitué par la Chine, la Russie et la Corée du Nord. Devant la crise à laquelle est confronté le régime des mollahs, "Pékin et Moscou attendent de voir de quel côté la pièce va retomber et se demandent avant tout comment ils vont pouvoir préserver leurs intérêts nationaux", souligne l'auteur de La Guerre des mondes. Le retour de la géopolitique et le choc des empires (Ed. de l'Observatoire - nouvelle édition, Alpha, 2025). Entretien.
L'Express : Comment la Chine et la Russie regardent-elles la crise en Iran ?
Bruno Tertrais : Je ne pense pas que la Chine s'inquiète de la possibilité qu'un régime différent arrive au pouvoir. En revanche, une période de chaos prolongé en Iran pourrait mettre hors-jeu l'un de ses principaux fournisseurs de pétrole, plus important que le Venezuela. Pour la Russie, c’est différent. Il y a toujours eu une méfiance réciproque entre Téhéran et Moscou, qui n’a pas d’alliance formelle avec l’Iran. Cela dit, la position stratégique et géographique de l’Iran la rend particulièrement importante pour Moscou, y compris du point de vue de l'influence de l'islam chiite sur le Caucase et l'Asie centrale. Ce sont surtout ces considérations qui préoccupent la Chine et la Russie, plutôt que des considérations de grande stratégie anti-occidentale.
Dans quelle mesure la chute...
-
14/01 - Maria Corina Machado à Washington : ce message envoyé par Donald Trump, par Margarita Cadenas
Jeudi 15 janvier, Maria Corina Machado sera reçue à Washington par Donald Trump. Ce simple fait dit plus que n’importe quel communiqué diplomatique. Dans un Venezuela fracturé, ruiné et militarisé, cette rencontre marque l’irruption d’une autre légitimité face au chaos du pouvoir chaviste-maduriste.
Lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado n’est pas une opposante de salon. Elle incarne pour des millions de Vénézuéliens une promesse rare : celle d’une transition démocratique réelle après vingt-cinq ans de confiscation du pouvoir. Son autorité ne vient ni d’un décret ni d’une faction, mais d’un fait politique incontestable : l’opposition a revendiqué la victoire à l’élection présidentielle de 2024, preuves à l’appui, tandis que Nicolas Maduro n’a jamais présenté les siennes.
Ce n’est donc pas seulement une femme politique qui arrive à Washington, mais la représentante d’un pays qui refuse de se résigner. Elle n’est pas une dissidente exilée : elle porte le message d’une majorité qui réclame la reconnaissance de sa victoire et la fin d’un régime accusé de corruption, de narcotrafic et de fraude électorale.
Le paradoxe est que cette reconnaissance pourrait intervenir alors que le pouvoir réel à Caracas est tout sauf stable. Depuis l’arrestation de Maduro, Delcy Rodriguez a été installée comme présidente par intérim, adossée à l’armée et aux structures du régime. Pour une partie de la communauté internationale, elle représente une solution de continuité : capable d’assurer l’ordre, de maintenir les contrats et...
-
14/01 - Touche pas mon Groenland, Donald ! Par Christophe Donner
Emmanuel Macron ne veut pas humilier Donald Trump. Il va même jusqu’à le féliciter pour la spectaculaire capture de Nicolas Maduro. Et quand le républicain à moumoute annonce qu’il va envahir militairement le Groenland, Macron nous rassure : "Il n’y a pas pour moi de scénario où les Etats-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise, cela n’existe pas." En 2022, il n’y avait pas non plus, pour lui, de scénario où la Russie serait mise "dans une situation de violer la souveraineté" ukrainienne, cela n’existait pas.
Dans le monde merveilleux d’Emmanuel Macron, où personne n’humilie personne, les dictateurs qui veulent envahir un pays commencent par envoyer leur scénario à l’Elysée. Tant que l’Elysée ne reçoit pas de scénario, on peut dormir tranquille. Sauf que, pour l’invasion, la colonisation et l’exploitation du Groenland, Trump a largement diffusé le scénario. Si l’Elysée ne l’a pas reçu, c’est qu’il y a un problème avec les agriculteurs, ou à cause de la neige qui bloque les routes.
Pendant ce temps-là, à l’autre bout de l’Europe démocratique, Volodymyr Zelensky donne aux dirigeants européens une nouvelle leçon de courage, de lucidité et d’humour : "Pourquoi Trump n’a-t-il pas réglé le sort de Poutine comme celui de Maduro ?" Kidnapper Vladimir Poutine au Kremlin et le remettre aux juges de la cour internationale pour, entre autres crimes, avoir kidnappé des dizaines de milliers d’enfants pour leur laver le cerveau et en faire des janissaires. Celui qui a fait ça est un homme...
-
14/01 - Espionnage : la discrète relation entre Total et les services secrets français
Le renseignement économique peut, au même titre que l'antiterrorisme, faire basculer l'histoire. L'illustration de cela, c'est l'affaire Farewell : un homme, un espion du KGB, qui a fait basculer la guerre froide.
Dans les années 1960, Vladimir Vetrov, alors ingénieur, est recruté par les services secrets soviétiques. Il est envoyé en poste en France, à l’ambassade de l’URSS à Paris, où il doit recueillir des informations sur les avancées technologiques des Occidentaux. Pour cela, il entre en contact avec des scientifiques français, en se faisant passer pour un attaché au commerce.
Après un incident, il est forcé de quitter le bloc de l’Ouest et revient à Moscou, à contrecœur. Là, on lui confie la responsabilité de l’espionnage scientifique et technique. Il se sent mis au placard et se retrouve confronté à la dure réalité du système soviétique : ceux qui gravissent les échelons de la hiérarchie ne sont pas forcément les plus compétents, mais plutôt ceux qui se plient à la corruption ou ferment les yeux face aux dérives.
Déçu, il se tourne à nouveau vers ceux qu’il a rencontrés en France. Au début des années 1980, sous le nom de code "Farewell", Vladimir Vetrov va faire passer à l’Ouest - via la DST, la Direction de la surveillance du territoire - des milliers de documents. On y découvre les noms de nombreux agents du KGB infiltrés mais aussi comment l’Union Soviétique pille les technologies occidentales et parvient à faire jeu égal notamment avec les Etats-Unis.
Et alors que la détente semblait s’installer, Ronald...
-
14/01 - Stéphanie Debette (ICM) : "Nous sommes en train de redéfinir les frontières des maladies du cerveau..."
Plus d'une personne sur trois sera confrontée au cours de sa vie à une maladie du cerveau. Ces pathologies représentent aussi l'une des premières causes de handicap dans le monde, et la deuxième cause de mortalité. Un fardeau qui va encore s'amplifier dans les années à venir, du fait du vieillissement de la population, aussi bien dans les pays riches que dans les pays du Sud. Pourtant, à ce stade, trop de maladies restent encore sans traitements efficaces, contre Alzheimer et les autres formes de démences bien sûr, mais aussi contre un grand nombre de troubles psychiatriques.
La donne est pourtant en train de changer à la faveur de nombreux progrès technologiques qui permettent d'aborder l'ensemble de ces pathologies sous un jour nouveau. Ces nouvelles connaissances révolutionnent notamment la définition des maladies psychiatriques, dont il apparaît de plus en plus clairement qu'elles reposent sur des fondements biologiques tout autant que les maladies neurologiques. "C'est en comprenant mieux les mécanismes impliqués que nous parviendrons à traiter ces pathologies", assure la Pr Stéphanie Debette, qui dirige l'Institut du Cerveau (ICM), à Paris.
Parce qu'il faut maintenant accélérer et capitaliser sur ces avancées scientifiques, l'ICM organise durant deux jours à Paris le World Brain Health forum, un grand colloque rassemblant l'élite des neurosciences à l'échelle internationale. L'occasion pour Stéphanie Debette de faire le point sur les dernières avancées, et sur les progrès que l'on peut...
-
13/01 - En cas de conflit face aux Etats-Unis, le Danemark peut‑il faire décoller ses F-35 ?
En cas de conflit avec les Etats-Unis, le Danemark pourrait-il utiliser ses propres armes contre la première puissance militaire mondiale ? Les F-35, avions furtifs de pointe développés par l’entreprise américaine Lockheed Martin, équipent aujourd’hui les armées du Danemark, de l’Italie ou encore de l’Allemagne. L’Europe reste fortement dépendante de cette technologie américaine, une tendance accentuée depuis la guerre en Ukraine, qui a poussé plusieurs pays à moderniser en urgence leur flotte aérienne.
Alors que l’administration Trump multiplie les déclarations agressives sur le Groenland, évoquant ouvertement une possible annexion de ce territoire autonome appartenant au Danemark, la question de la capacité des États-Unis à limiter l’emploi opérationnel des F-35 refait surface. Le Danemark dispose actuellement de 15 avions de chasse opérationnels. La livraison de 27 appareils supplémentaires est attendue au cours de l’année 2026.Pas de "kill switch", mais des capacités potentiellement limitées
On ne le sait pas avec une certitude absolue — et c’est justement là toute la nuance du débat — mais plusieurs éléments techniques, politiques et industriels convergents permettent d’affirmer qu’il n’existe très probablement pas de "kill switch" au sens d’un bouton secret permettant aux Etats-Unis de clouer un F-35 au sol à distance.
Les Etats-Unis ne peuvent donc pas empêcher physiquement un F-35 de décoller. En revanche, plusieurs fonctions clés de ces avions dépendent de logiciels et de serveurs contrôlés par...
-
13/01 - "En Iran, les cinq conditions d’une révolution sont réunies" : l’analyse décapante de Jack Goldstone
Professeur à la George Mason University (Virginie), Jack A. Goldstone est l'un des grands spécialistes mondiaux des révolutions et des changements sociaux. Il a notamment signé le classique Revolutions : a very short introduction. Pour L'Express, le chercheur explique pourquoi le mouvement actuel en Iran répond aux conditions historiques qui permettent le succès d'une révolution, contrairement par exemple à la Corée du Nord. Selon lui, "le régime zombie" en place à Téhéran est condamné, à court ou moyen terme.
L'Express : Le régime iranien a fait face à des révoltes en 2022, 2018 ou 2009. Pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ?
Jack A. Goldstone : Par le passé, il s’agissait de manifestations sociales, avec des protestations contre des politiques particulières émanant de groupes particuliers : résistance urbaine en 2009 ; émeutes provinciales en 2018 ; mouvement poussé par des femmes, en particulier dans des provinces périphériques comme le Kurdistan en 2022. Là, cela a débuté par des manifestations pour protester contre la situation économique. Mais le mouvement a rapidement évolué vers des revendications réclamant la fin du régime. Plus que les épisodes précédents, il s’agit d’une vraie tentative de révolution.
Selon vous, historiquement, cinq conditions sont nécessaires pour qu’une révolution ait lieu. Quelles sont-elles ?
Les révolutions ne sont pas fréquentes car il faut que plusieurs conditions soient réunies. Le gouvernement doit d’abord être affaibli, généralement par une crise financière, parfois par...
-
13/01 - Comment Donald Trump tente de manipuler le déroulement des élections de mi-mandat
Donald Trump utilise actuellement tous les leviers à sa disposition pour influencer le déroulement des élections de mi-mandat de 2026, ces scrutins qui ont lieu tous les deux ans pour renouveler une partie du Congrès américain. Et, selon le Washington Post, pour semer le doute sur leur légitimité en cas de défaite de son parti. Craignant qu’un Congrès contrôlé par les démocrates puisse le placer sous enquête ou le destituer, le président cherche à modifier des règles et pratiques et normes électorales établies à son avantage.
Des informations qui s'appuient selon le quotidien américain sur des documents officiels, des décrets présidentiels, des communiqués de l’administration, ainsi que sur des entretiens avec plus de trois dizaines de responsables électoraux et d’experts menés au cours de l’année.Redessiner les circonscriptions
Selon l’illustre journal d’enquête américain, Donald Trump a récemment fait pression sur des dirigeants républicains dans plusieurs Etats pour tenter de redessiner les circonscriptions de la Chambre des Représentants. La loi prévoit normalement un redécoupage tous les dix ans, or, nous nous situons actuellement au milieu d’une décennie. Ce redécoupage pourrait permettre de créer des zones électorales où ses partisans sont majoritaires, augmentant les chances que les Républicains remportent plus de sièges à la Chambre. Pour l’heure selon le WP, neuf circonscriptions ont déjà été modifiées par des élus Républicains dans l’Ohio, le Missouri, la Caroline du Nord et le Texas, et la même choses...
-
13/01 - Donald Trump exhorte les Iraniens à poursuivre les manifestations contre le gouvernement
Le président américain Donald Trump a exhorté, mardi 13 janvier, les Iraniens à poursuivre leurs manifestations contre leur gouvernement, promettant que "l'aide" arrivait. "Patriotes iraniens, CONTINUEZ DE PROTESTER – REPRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!!... L'AIDE EST EN ROUTE", a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social, ajoutant qu'il avait "annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les massacres insensés de manifestants ne s'arrêtaient pas".
Paris, Rome, Berlin, et d'autres capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la répression "inacceptable" menée par les autorités iraniennes. "Ces jours-ci, des hommes et des femmes à travers tout l'Iran combattent dans les rues et sur les places publiques, et paient un prix très élevé", a déclaré le ministre italien Antonio Tajani à la chambre basse du Parlement.Au moins 2 000 morts
Selon l'ONG Hrana, basée aux Etats-Unis, la répression a fait au moins 2 000 mots, dont 1 850 manifestants. Une estimation confirmée par un responsable iranien, une reconnaissance rare de la part des autorités. S'exprimant auprès de Reuters, un autre responsable iranien a affirmé que des individus, qu'il a qualifiés de terroristes, étaient responsables de la mort de manifestants et de membres des forces de sécurité. Ce responsable, qui a requis l'anonymat, n'a pas précisé l'identité des victimes.
Donald Trump avait auparavant affirmé que des frappes aériennes pourraient être menées si le pays continuait de tuer des...
-
13/01 - Yves Bréchet : "L’Allemagne a joué contre le nucléaire français, mais nos politiques se sont couchés !"
Sa pertinence, son franc-parler et son nœud papillon avaient crevé l’écran lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur la perte de souveraineté énergétique de la France : Yves Bréchet, physicien, Haut-commissaire à l’énergie atomique entre 2012 et 2018, membre de l’Académie des Sciences, est le quatrième invité de la nouvelle émission de L’Express, Les grands entretiens d’Anne Rosencher. L'intégralité de ces échanges est à découvrir en vidéo sur YouTube et Dailymotion, mais aussi en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
En voici la retranscription de certains extraits :
Anne Rosencher : Haut-commissaire à l'énergie atomique entre 2012 et 2018, vous aviez, parmi vos fonctions, la charge de conseiller l'exécutif – et notamment les ministres intéressés – sur les questions du nucléaire. Quelles leçons avez-vous tirées de ces interactions avec la prise de décision politique ?
Yves Bréchet : Elles ne sont ni rassurantes ni agréables. Ce que j’ai vu, c’est que le politique n’était absolument pas en état - ni par goût ni par compétence - de pouvoir bénéficier de conseils. Et je ne dis pas du tout cela avec la morgue du "scientifique qui ne trouve personne au niveau". Le politique tire sa légitimité de l’élection. C’est à lui qu’il revient de décider et de trancher ; sûrement pas aux experts. Mais une politique rationnelle suppose à la fois une légitimité et une rationalité de la décision. Et cette dernière doit être organisée. Si vous prenez l’époque...
-
13/01 - Mohammed VI, les secrets d’un roi : ses séjours parisiens, sa brouille avec Emmanuel Macron, sa vie privée
Bientôt vingt-sept ans de règne et un brouillard toujours aussi épais. Mohammed VI est-il le "roi des pauvres" ou un chef d’Etat fainéant ? Un monarque progressiste ou un autocrate autoritaire ? Gouverne-t-il lui-même en télétravail ou est-il le pantin de ses conseillers ? Dans Mohammed VI, le mystère (Flammarion), une enquête d’exception publiée ce 14 janvier, le journaliste Thierry Oberlé s’emploie à dissiper la brume autour du roi du Maroc. Il révèle que "M6", comme l’appellent les Marocains, souffre d’une maladie chronique, une affection très invalidante et a priori incurable. S’y ajoute une affection plus psychologique, cette éternelle tentation de l’ailleurs qui le pousse à fuir régulièrement les frontières de son pays, parfois plus de six mois par an. Avec une préférence toute particulière pour les séjours parisiens, malgré ses relations exécrables avec Emmanuel Macron.
Ce livre nous immerge aussi dans le bocal du "mahzen", comme on nomme à Rabat la cour du roi, un univers de trahison et de disgrâces. Y surnagent depuis plusieurs années les frères Azaitar, des boxeurs originaires d’Allemagne, dont Thierry Oberlé retrace les liens avec le crime organisé. Au fil d’un chapitre foisonnant, l’auteur brise encore un tabou : la complaisance, voire les complicités royales, avec lesquelles le trafic de drogue prospère depuis la région marocaine du Rif, jusqu’à représenter 80 % du cannabis écoulé en France. Malgré ces usages baroques, il arrive que Mohammed VI ordonne, et l’intendance exécute. Avec quelques succès...
-
13/01 - L’Iran sous tension : les scénarios de la contestation qui met le régime à l’épreuve
Il y a ces médecins à qui l’on ordonne de ne pas soigner les blessés - au torse, au cou, aux yeux -, affluant en masse dans les hôpitaux ; ces hommes et femmes qui n’hésitent plus à brûler des photos du Guide suprême ; et ces dizaines, voire centaines, de sacs mortuaires qui s’entassent au centre médico-légal Kahrizak de Téhéran. Des manifestants abattus froidement par les services de sécurité iraniens.
Entre deux coupures d’Internet et quelques brèves discussions grâce au réseau Starlink, des témoignages glaçants affluent des 31 provinces du pays. Brutalité abjecte d’un régime islamiste aux abois face au courage inouï de la population iranienne qui, jour après jour, descend dans la rue au péril de sa vie. Les chiffres du bain de sang sont effroyables : plus de 2400 morts et 18 000 manifestants arrêtés (et donc menacés d'exécution) au 14 janvier depuis le 28 décembre, selon l'ONG Hrana, basée aux Etats-Unis. Une hécatombe.Même si la brutale répression réduit les chances d’une chute immédiate du pouvoir, l’hypothèse d’un basculement prochain de la République islamique demeure entière.
Quarante-sept ans après l’instauration de la République islamique, le régime des mollahs reste une machine à réprimer implacablement son peuple. Mais telle une vague qui revient chaque fois plus forte, les Iraniens continuent de se lever face à un régime liberticide, corrompu et inapte. Ils ont lancé le mouvement "vert" de 2009 contre la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad, les protestations contre la hausse des prix du carburant...
-
13/01 - 2025, l’année où la France a basculé dans le solde naturel négatif pour la première fois depuis 1945
En 2025, la France a enregistré davantage de décès que de naissances, selon les chiffres officiels de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiés mardi 13 janvier. L'Insee fait état de 651 000 décès l’an dernier et de 645 000 naissances, dont le nombre s’est effondré depuis la pandémie mondiale de Covid-19. La fin de l’exception démographique française
Résultat : un solde naturel négatif, un événement inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui érode l’avantage démographique de longue date du pays. La France a traditionnellement affiché une démographie plus robuste que la plupart des pays européens. En 2023, dernière année disposant de comparaisons au niveau de l’UE, la France se classait au deuxième rang avec un taux de fécondité de 1,65, derrière la Bulgarie et ses 1,81.
-
13/01 - Projet Nightfall : le plan de Londres pour offrir un missile longue portée à l’Ukraine
Le concours à l’armement est lancé. Le Royaume-Uni a annoncé le 11 janvier le déclenchement du Project Nightfall, un programme sous forme de compétition destiné à développer le plus rapidement possible des missiles balistiques à longue portée pour l’Ukraine. Une nouvelle arme puissante qui devra "renforcer la puissance de feu de Kyiv face à la machine de guerre de Vladimir Poutine", selon un communiqué du ministère britannique de la Défense.
Selon le cahier des charges britannique, les missiles de pointe développés pourront atteindre des cibles situées à plus de 500 kilomètres. Ils seront dotés d’une ogive conventionnelle de 200 kilos et conçus pour "fonctionner sur des champs de bataille à haut risque présentant de fortes interférences électromagnétiques". Leur coût maximal est fixé à 800 000 livres sterling par unité, soit environ 920 000 euros, un montant relativement limité pour ce type d’armement.Combler le manque de missiles longue portée
Propulsés par fusée et lancés sur une trajectoire haute avant de retomber sur leur cible, les missiles balistiques atteignent des vitesses très élevées et sont difficiles à intercepter. La Russie y recourt largement contre l’Ukraine. Côté ukrainien, les seuls missiles balistiques utilisés jusqu’à présent sont les ATACMS fournis par les Etats-Unis, d’une portée maximale de 300 kilomètres, mais dont les stocks sont désormais très limités.
Le projet Nightfall vise précisément à combler ce déficit. L’objectif est d’aider Kyiv à frapper des cibles militaires et énergétiques russes...
-
13/01 - "Tout pourrait s’arrêter là" : le procès en appel de Marine Le Pen vu de l’étranger
Une audience "sous pression", une leader de l'opposition qui pourrait "jouer sa carrière"... Alors que s'ouvre ce mardi 13 janvier le procès en appel de la cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du parti accusés de détournement de fonds publics européens, la presse étrangère y voit un événement déterminant pour l'avenir politique de la candidate, longtemps perçue comme l'une des grandes favorites pour la prochaine présidentielle.
"Elle en a vu d'autres mais, cette fois, tout pourrait s'arrêter là", avertit depuis la Belgique La Libre, tandis que Le Soir assure que Marine Le Pen voit aujourd'hui son "destin suspendu à la justice". "Comment vit-elle cette épreuve ?", se demande Blick, qui explique que l'érosion de son image, avec cette affaire, se traduit aussi dans les chiffres : alors que 42 % des Français se disent aujourd'hui en accord avec les idées du RN, ils sont 49 % à juger Jordan Bardella apte à exercer la fonction présidentielle, contre 18 % pour Marine Le Pen, selon un sondage du magazine L'Hémicycle. Des "faits graves et étayés"
Il faut dire que "les faits reprochés sont aussi graves qu’étayés", rappelle un autre média suisse, 24 Heures : le FN, ancêtre du RN, est accusé d’avoir utilisé plus de 4 millions d’euros du Parlement européen entre 2004 et 2016, pour rémunérer des personnes travaillant en réalité pour le parti. Marine Le Pen, elle, aurait été l'un des rouages essentiels, en s'inscrivant "avec autorité et...
-
13/01 - Donald Trump veut acheter le Groenland, mais à quel prix ?
Dans le jeu Risk, le Groenland fait figure de territoire clé, point d’accès au continent de l’Amérique du Nord auquel il appartient. Dessinée en jaune sur le plateau du jeu de société, l’île gelée contemple l’Islande, en couleur bleue, et rattachée, elle, à l’Europe. Enfant, Donald Trump était-il un expert du jeu baptisé "Conquête du monde" à sa création en 1957 ? Il dit ne pas exclure la voie militaire pour s’emparer de ce territoire grand comme 4 fois la France mais peuplé de seulement 57 000 habitants, même si, admet la Maison-Blanche, toutes les options sont sur la table, à commencer par celle du rachat. Dans l’esprit du magnat immobilier de New York, rien de plus normal que ce type de "deal" : Ne projetait-il pas, il y a quelques mois, de transformer la bande de Gaza en "Riviera du Moyen Orient" ?
Surtout, Donald Trump a de la suite dans les idées : en 2019, lors de son premier mandat présidentiel en 2019, il songeait déjà à s’emparer du Groenland. Il n’était d’ailleurs pas le premier à convoiter la plus grande île non continentale du monde : en 1868, un secrétaire d’Etat américain en avait proposé 5,5 millions de dollars, avant qu’en 1946, Harry S. Truman, président des Etats-Unis revoit l’offre à la hausse (100 millions de dollars). Elle fut refusée, et encore aujourd’hui, le Danemark, qui contrôle le Groenland, répète que l’étendue arctique n’est pas à vendre.
Qu’importe : dans le monde de Trump, tout s’achète et tout se vend. Mais à quel prix ? Faut-il calculer la valeur du Groenland en fonction de ses...
-
13/01 - En Iran, la révolution en cours est un espoir pour l’Europe
L’Europe est dépourvue de stratégie face à la République islamique d’Iran. Après avoir misé pendant deux décennies sur un accord nucléaire qui s’est avéré une illusion, elle assiste impuissante à l’écrasement sanglant du soulèvement de la jeunesse. Ses principaux dirigeants, le français Macron, l’allemand Merz et le britannique Starmer, ont attendu le douzième jour des manifestations commencées le 28 décembre à Téhéran pour dénoncer la répression orchestrée par le tyran Khamenei. Et à ce jour, leur fermeté verbale ne s’est traduite par aucune action.
Pourtant, tout condamne le régime clérical, réactionnaire et illégitime des mollahs, qui dénie à sa population, depuis 47 ans, les libertés les plus élémentaires, et d’abord la liberté d’expression. Il gouverne par la force, la corruption et le népotisme. Il soumet les femmes, embastille et torture les opposants, quand il ne les exécute pas. Non content de piétiner les droits humains de son peuple et de quelques autres parmi ses voisins, il menace directement l’Europe, avec qui il dit être "en guerre totale" : l’expression a été employée par le président Massoud Pezeshkian, figure "pragmatique" de la caste régnante, dans une interview publiée à Téhéran au premier jour des manifestations.
Âme du radicalisme islamiste, la République islamique d’Iran exporte le terrorisme, via ses zélotes que sont le Hezbollah, le Hamas, le Djihad islamique ou les Houthis yéménites. Il poursuit un programme nucléaire militaire clandestin et développe des missiles balistiques capables de cibler Paris...
-
13/01 - "Il maîtrise parfaitement les rouages internes" : au travail, la victoire du politique incompétent
Est-ce un trait de caractère ? Ce collègue discret et moyen, qu’on soutient pour qu’il atteigne ses objectifs et ne plombe pas les résultats du pôle, c’est aussi celui à qui l’on avance un repas quand il oublie sa carte, ou qu’on raccompagne chez lui après une soirée d’équipe. Mais on s’étouffe de jalousie en découvrant que ce même collègue en connaît plus sur la couleur préférée du N+2 que quiconque dans le service, qu’il a offert un vinyle à la N+1 lors d’un déjeuner et que depuis, il lui soumet des idées qu’on a soi-même proposées en réunion. Loin d’être le fruit du hasard, son ascension révèle une parfaite maîtrise des rouages internes. Animal politique au sens de l’entreprise, il possède une intelligence de terrain. Mais son incompétence, elle, demeure. "Ce n’est pas une question de personnalité", tranche Jean-Edouard Grésy, auteur de Gérer les ingérables. L’art et la science de la négociation au service de relations durables (ESF sciences humaines, 2020). "C’est plutôt une approche systémique dans les entreprises avec le 'principe de Peter'", affirme l’anthropologue et fondateur associé du cabinet AlterNego. "Une déférence pour les puissants"
Paradoxalement, au lieu de valoriser l’expertise ou la compétence, cette logique systémique, permet, selon Jean-Edouard Grésy, aux profils les plus politiques — ceux qui font preuve d’une loyauté (intéressée) sans faille envers leur supérieur — d’atteindre les sommets, sans faire de vagues ni de bruit. Pourtant, leurs lacunes sont flagrantes. Ainsi, dans leur ouvrage Le principe...
-
13/01 - Manifestations en Iran : LFI n’est pas à une instrumentalisation près
Quand La France insoumise choisit ses combats, elle veille à désigner l’adversaire avec précision. En Iran, l’ennemi d’un peuple en lutte - réprimé dans le sang par le régime des mollahs - a donc d’abord été "la vie chère", "l’inflation" ou "le prix de l’électricité et du logement qui explosent". À croire que l’oracle Jean-Luc Mélenchon a été consulté jusqu’au Proche-Orient. Qu’il suffirait ainsi d’ingurgiter L’Ère du peuple (2014), sacro-sainte Bible du mouvement rédigée par son créateur, applicable en France comme ailleurs, pour saisir les ressorts de la révolte en cours, si protéiforme soit-elle. Mais dans leur quête nombriliste d’identification de la première étape de la révolution citoyenne, les insoumis avancent par petite touche sur l’essentiel.
Les Iraniens sont victimes de la vie chère ; ils sont martyrs d’une théocratie islamiste, misogyne, thanatocrate. Tout juste les députés LFI concèdent-ils au peuple soulevé de se battre pour ses "droits". Est-ce, comme le dit Manon Aubry, pour "ne pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des musulmans du monde entier", qu’ils nomment si mal les choses ? Ou parce que les manifestations seraient soutenues, voire téléguidées par le Mossad, ainsi que le juge Mélenchon ? Le leader insoumis n’est pourtant pas Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault : lui n’a jamais été de cette gauche fascinée par l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeyni en 1979 - et souhaite même la chute du régime. Quel dommage de donner aux adversaires l’opportunité de dire...
-
13/01 - Accord UE-Mercosur : pourquoi le dossier n’est pas encore clos
Est-ce réellement la fin de 25 ans de négociations ? Alors que le Comité des représentants permanents des États membres auprès de l’Union européenne (Coreper) a approuvé vendredi dernier la signature de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie), la Commission européenne doit officialiser la mise en œuvre de ce traité controversé ce samedi 17 janvier au Paraguay.
Le texte, qui contient plusieurs mesures visant à faciliter le commerce entre les deux zones, dont la suppression progressive de la quasi-totalité des droits de douane, la protection contre l’imitation de produits européens (roquefort, comté, champagne, etc.), ou encore l’ouverture de nouveaux quotas d’importation en Europe, notamment pour la viande bovine sud-américaine, suscite l’opposition de l’ensemble des forces politiques françaises, de la gauche radicale à l’extrême droite, et le rejet des principaux syndicats agricoles. Depuis plusieurs jours, ces derniers manifestent sur tout le territoire, craignant une arrivée massive de denrées sud-américaines, en particulier de viande bovine, perçue comme une concurrence déloyale pour les filières agricoles nationales du fait de coûts de production plus bas. L'exécutif français, également opposé à cette ouverture du marché, n'est pas parvenu à faire entendre sa voix face à ses partenaires européens, malgré le soutien de la Hongrie, la Pologne, l'Irlande et l'Autriche.Une bataille qui se poursuit
Au niveau de l'UE, la bataille n'est néanmoins pas...
-
13/01 - Adolescents et réseaux sociaux : "Les règlements qui protègent déjà les jeunes ne sont pas appliqués"
En France, 58 % des 12-17 ans consultent quotidiennement les réseaux sociaux. Et près d'un adolescent sur deux y passe entre deux et cinq heures par jour. Face à cette réalité, le président Emmanuel Macron a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'en interdire l'accès aux moins de 15 ans. Une proposition de loi allant dans ce sens arrive ce mardi 13 janvier à l'Assemblée nationale, où sera également débattue la mise en place d'un "couvre-feu numérique" pour 15 - 18 ans. Des mesures radicales qui font débat, d’autant que le cadre réglementaire européen - notamment le RGPD et le Digital Services Act (DSA) - peine à être appliqué, alors qu'il prévoit déjà une interdiction pour les moins de 13 ans. C'est dans ce contexte que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) publie son rapport sur les effets des réseaux sociaux sur la santé des adolescents.
Fruit de cinq ans de travail d’une cinquantaine d’experts issus de disciplines variées - épidémiologie, psychiatrie, psychologie, sciences de l'information et de la communication - le document repose sur l'analyse de plus d'un millier d'études scientifiques. Le constat est sans appel : troubles du sommeil, anxiété, dépression, troubles alimentaires, cyberharcèlement… Les risques de l’usage des réseaux sociaux par les adolescents sont nombreux et documentés, même si des bienfaits sont également soulignés, comme la sociabilisation et l'information. Les chercheurs proposent donc plusieurs solutions afin que les pouvoirs publics encadrent ces outils et les obligent...
-
13/01 - Marine Le Pen face à la justice : trois questions sur son procès en appel, décisif pour son avenir
C'est un nouveau rendez-vous décisif pour la course à la présidentielle de 2027. Ce mardi 13 janvier, le procès en appel de la cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, s'ouvre à Paris, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du parti. Moins d'un an après sa condamnation très commentée - et contestée par l'intéressée - à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme aménageables et 100 000 euros d'amende, l'ancienne présidente du principal parti d'opposition est à nouveau jugée pour des soupçons de détournement de fonds publics européens, aux côtés de douze autres personnes, dont Louis Aliot, maire de Perpignan, le député Julien Odoul ou l'eurodéputé Nicolas Bay. L'Express fait le point sur ce procès prévu jusqu'au 12 février.De quoi parle-t-on ?
Tout commence en juin 2014, un mois après l'élection de 24 députés du Front National (FN) - l'ancêtre du RN - au Parlement européen. A l'époque, un renseignement anonyme évoque des soupçons de détournement de fonds publics européens, qui seront ensuite confirmés par deux juges d'instruction, chargés de l'enquête dès la fin de l'année 2016.
Dans leur ordonnance de renvoi rendue sept ans plus tard, ces magistrats estiment qu'a été mis en place au sein du FN, "de manière concertée et délibérée", un "système de détournement" des enveloppes mensuelles de 21 000 euros allouées par l'Union européenne à chaque député, afin de rémunérer des assistants parlementaires. L'objectif, selon l'accusation, était de combler les dettes du Front...
-
13/01 - Manifestations en Iran : Donald Trump s’en prend aux partenaires commerciaux de Téhéran
Donald Trump a ressorti son arme favorite, les surtaxes. Le président américain a prévenu lundi 12 janvier que les pays faisant affaire avec l'Iran s'exposeront à des droits de douane de 25 % dans leurs échanges commerciaux avec les Etats-Unis, une annonce effectuée alors que Washington étudie de potentielles mesures à prendre dans le contexte de manifestations sans précédent depuis des années en Iran.
Via son réseau social Truth, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré que la mesure prenait effet "immédiatement" et que ces surtaxes douanières s'appliqueraient sur "tous les échanges commerciaux" effectués par les pays visés avec les Etats-Unis. Cette directive est "définitive et sans appel", a-t-il ajouté, sans autres précisions.
Donald Trump a effectué cette annonce alors même que la Cour suprême américaine devrait se prononcer sous peu sur la légalité d'un éventail de droits de douane décidés par le président américain depuis son retour au pouvoir en janvier dernier.
Aucun document officiel n'a été publié par la Maison-Blanche sur son site officiel à propos de la mesure, dont on ne connaît pas le fondement juridique. La présidence américaine n'a pas répondu à une demande de commentaire.Critiques chinoises
D'après les données les plus récentes de la Banque mondiale, l'Iran a exporté des produits vers 147 partenaires commerciaux en 2022. La Chine, les Emirats arabes unis et l'Inde figurent parmi les principaux importateurs de produits iraniens. L'ambassade de Chine à Washington a critiqué la démarche de Donald...
-
13/01 - David Baverez : "L’Europe a commis l’erreur majeure de négliger la géoéconomie"
"L'année 2026 sera rock-and-roll, mais ce sera celle des démocraties occidentales", s’exclame, enthousiaste, David Baverez en découvrant la dernière Une de l’Express. Style coiffé-décoiffé, lunettes rondes, cet investisseur basé à Hongkong a profité de son escale parisienne pour livrer son analyse sur la place de l'Europe dans un monde qui vit au rythme du duel sino-américain. L'occasion de replonger dans son livre, Bienvenue en économie de guerre, tout juste sorti en format poche chez Perrin.
Sa thèse ? Un basculement mondial de l'économie de paix, tirée par la demande, vers une économie de guerre, qui repose sur le contrôle de l'approvisionnement. Surtout, il constate que les titans chinois et américains ne font pas que s'affronter. Ensemble, ils écrasent l'Europe. Dos au mur, les Vingt-Sept ont encore une chance de sortir de leur inertie s'ils consentent à fournir un effort collectif et à transformer leur pacte social, plaide l'essayiste.
L'Express : Combien de temps cette phase d'économie de guerre, définie par l’offre, pourrait-elle durer ?
David Baverez : L’économie mondiale évolue traditionnellement par cycles d’environ trente ans, structurés en trois décennies - l’émergence d’une révolution technologique, sa diffusion mondiale avec des gains de productivité, puis le recours à l’endettement pour masquer son épuisement. Le cycle 1990-2020 correspond à la dernière période d’économie de paix. Depuis 2022, un nouveau cycle d'économie de guerre s’est ouvert. Nous sommes dans sa première décennie, celle du...
-
13/01 - Loi de finances 2026 : "S’il n’y a pas de budget, ce n’est peut-être pas forcément une mauvaise chose"
La teneur des débats en Commission des finances sur le budget est souvent un bon indicateur de ce qui s'annonce à l'Assemblée nationale. Coup sur coup, ses membres - qui partaient de la copie adoptée par le Sénat en décembre - ont rejeté, les 9 et 10 janvier, les volets recettes et dépenses du projet. Une commission où plusieurs groupes ont brillé par leur absence.
Charge maintenant à tous les députés d’examiner le texte à partir de ce mardi 13 janvier. Pour Nathalie Janson, professeur d’économie à Neoma Business School et présidente du think tank libéral Génération Libre, il y a fort à parier que les discussions n’aboutiront pas sur un compromis. Selon elle, il faut surtout se projeter sur l’après-2027, date à laquelle de véritables réformes structurelles pourront (enfin) être mises en place.
L’Express : Que vous inspire ce nouvel épisode du débat budgétaire à l’Assemblée ?
Nathalie Janson : Je suis assez pessimiste. Lors des débats précédents, nous avons bien vu que des compromis ont presque toujours été trouvés autour des hausses d’impôts, et très rarement sur la baisse ou la révision des dépenses. Il n’est donc pas très surprenant que le Sénat ait finalement refusé de s’accorder avec les députés.
En même temps, je fais partie de ceux qui se disent que l'absence de budget n’est pas forcément une mauvaise chose. Beaucoup de pays ont déjà connu cette situation, comme la Belgique ou l’Espagne, qui est actuellement dans le même cas. La croissance relativement surprenante de la France montre peut-être aussi qu’on n’a pas...
-
13/01 - En Iran, le fils du chah Reza Pahlavi de retour ? Pourquoi Benyamin Netanyahou en rêve
On aurait été étonné du contraire : Benyamin Netanyahou suit de "très près" les événements en Iran. Ce dimanche, le Premier ministre israélien a même consacré au soulèvement populaire sa traditionnelle allocation en préambule du conseil des ministres hebdomadaire. "Israël et le monde en entier sont en admiration devant le courage des citoyens iraniens. Israël soutient leur lutte pour la liberté et condamne avec force les massacres de citoyens innocents", a-t-il déclaré. Son ministre des Affaires étrangères et l’ensemble de la classe politique ont réagi à l’unisson. En Israël le régime des mollahs, qui a menacé à maintes reprises d’anéantir l’Etat juif, suscite un rejet unanime.
Du côté des autorités iraniennes, ce soutien explicite aux manifestants ravive les soupçons - plus ou moins sincères - de manipulation de la contestation par les services secrets israéliens, notamment pas le biais de faux comptes sur les réseaux sociaux. "Ils essaient de faire basculer dans la violence ces protestations pacifiques", a accusé le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi. "Israël souhaite que la pression intérieure sur le régime de Téhéran s’intensifie, mais ne peut pas apparaître comme celui qui la mène. Dès qu’Israël "embrasse" publiquement les manifestants, elle offre à Khamenei le prétexte idéal pour transformer des combattants de la liberté en 'agents sionistes'", décrypte Liraz Margalit dans le journal Maariv.
Même sans lui attribuer des manœuvres occultes, Israël a d’évidence joué un rôle primordial dans la...
-
13/01 - Langues régionales : "Il y a une écoute positive de la part d’Edouard Geffray, mais..."
En 2021 était votée la loi Molac en faveur des langues dites régionales, la première sur ce thème depuis… la création de la Ve République ! Mais depuis, cela patine. Des profs compétents en breton envoyés en Vendée, des classes qui n'ouvrent pas alors que la demande des parents est très forte, des conventions avec l'Etat toujours sans signature... Aussi le sénateur basque Max Brisson (LR, Pyrénées-Atlantiques) et sa collègue bretonne Karine Daniel (PS, Loire-Atlantique) ont-ils rédigé un rapport pour dénoncer sa mauvaise application. Rapport qu’ils viennent de présenter au ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray. Entretien.
VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page
Pourquoi avoir centré votre rapport sur l’enseignement ?
Max Brisson et Karine Daniel : Parce que la transmission familiale est quasiment éteinte. Seule l’école peut désormais former de nouveaux locuteurs.
Le blocage principal ne vient-il pas de l’article 2 de la Constitution "la langue de la République est le français", et surtout de l’interprétation qu’en fait le Conseil constitutionnel, en l’utilisant systématiquement contre les langues dites régionales ? Dans ces conditions, pourquoi ne pas proposer une réforme de la Constitution ?
Pour deux raisons. D’une part, il ne s’agissait pas pour nous d’exprimer nos positions personnelles, mais de délivrer un rapport au nom de la commission culturelle du Sénat. D’autre part, le blocage - réel - du Conseil constitutionnel ne...
-
13/01 - Au Monopoly de Donald Trump, le Groenland vaut plus cher que le Venezuela
Avec ses sweatshirts à capuche et sa bouille d’étudiant en sciences sociales qu’il était encore il n’y a pas si longtemps, le Premier ministre du Groenland n’a vraiment aucun point commun, à première vue, avec l’ex-dictateur du Venezuela. Âgé de trente-quatre ans, il est pourtant aux commandes du territoire dont Donald Trump a fait sa deuxième cible, après avoir fait enlever Nicolas Maduro et nommé à sa place son ex vice-présidente Delcy Rodriguez, pas plus démocrate que ce dernier, mais programmée pour obéir aux ordres du président américain.
Avant de devenir en mars 2025 le dirigeant de la plus grande île englacée du monde, vaste comme quatre fois la France et peuplée de 57 000 habitants, Jens-Frederik Nielsen a été champion de badminton à 19 reprises, en simple et en double. "Au final, ce qui compte, c’est la victoire", a-t-il déclaré au journal danois Weekendavisen au moment de son élection, comparant son goût du défi et de l’entraînement dans le sport et la politique. Président des Démocrates depuis 2020, un parti pro entreprises et centre droit, il dirige un gouvernement quadripartite sur la base d’un accord de coalition insistant sur la préparation de l’économie à une future indépendance du Groenland, déjà autonome mais toujours sous souveraineté danoise pour les compétences régaliennes.
Bien malgré lui, le jeune Nielsen est devenu le symptôme d’un moment de vérité sur la stratégie trumpienne. En mettant la main sur le Venezuela de Maduro, un tyran qui avait volé l’élection et gouvernait par la terreur, les...
-
12/01 - Donald Trump et le Groenland : quand la France préservait Saint-Pierre-et-Miquelon du giron des Etats-Unis
Au moment où le président américain Donald Trump promet de s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre" (y compris par la voie militaire) et que l'Union européenne et l'Otan, désarçonnées, peinent à accorder leurs violons, un rappel historique attire l'attention en France. Il s'agit de la reprise, en 1941, par les Forces Françaises Libres, de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon (situé en Amérique du Nord), au régime de Vichy, et ce en dépit de la volonté du gouvernement étasunien.
A l'aube du 24 décembre 1941, sous la direction de l'amiral Emile Muselier, les forces gaullistes opèrent, en effet, ce que l'historien Robert Aron appela le "putsch de Saint-Pierre-et-Miquelon". Trois bâtiments des forces navales de la France Libre - l'Aconit, l'Alysse et le Mimosa - débarquent sur l'archipel alors administré par le régime de Vichy, et en prennent le contrôle. Saint-Pierre-et-Miquelon devient le premier territoire repris par la France Libre.
Une initiative assez audacieuse, à en juger par les coordonnées militaires et diplomatiques de l'époque, défavorables au général De Gaulle. "Si près du continent américain, l'archipel était demeuré sous la souveraineté de Vichy, qui entretenait d'ailleurs de bonnes relations diplomatiques avec Washington où, en revanche, on se méfiait fort du général de Gaulle et de sa France libre", analyse Le Monde dans un article paru une quinzaine d'années plus tard.
Rapidement, le camp des Forces Françaises Libres va chercher à déplacer l'affrontement militaire sur le...
-
12/01 - Bernard Arnault sous la Coupole : les coulisses de son entrée à l’Académie
Il est rare que l’on voit en public - si l’on peut ainsi qualifier la prestigieuse assemblée réunie sous la coupole de l’Académie des sciences morales et politiques ce lundi 12 janvier - Bernard Arnault sourire autant. Manifestant une décontraction joyeuse et étrennant son habit noir chamarré de feuilles d’olivier brodées, le néophyte académicien chuchote une blague à l’oreille de son voisin - Philippe Aghion, prix Nobel d’économie –, bavarde, rit, pouffe même tandis qu’il devise avec ses 45 nouveaux compagnons. En cette après-midi d’installation quai Conti, le PDG de LVMH manifeste son contentement.
Élu le 2 décembre 2024 au fauteuil 1 de la section Économie politique, Statistique et Finances, laissé vacant par le décès de Denis Kessler, PDG des assurances Scor, le Français le plus riche du monde a rassemblé pour l’occasion la fine fleur de l’establishment parisien. Si les placements sont libres, les invités sont toutefois priés de rejoindre leur zone : celle des collaborateurs LVMH, celle des membres du comité de l’épée, celle des quelques journalistes, celle encore des politiques quand au centre, faisant face aux pupitres, la famille au complet est assise.
Arrivé à la dernière minute, Thierry Breton, ami fidèle de Bernard Arnault, rouspète bruyamment de devoir s’asseoir bien loin à son goût, Hélène Arnault, pull noir et manteau blanc, embrasse chacun, étreignant Antoine Arnault, le fils aîné de son mari. La journaliste de CNews, Laurence Ferrari, membre du comité de l’épée, accompagnée de son beau-frère le...
-
12/01 - "La plupart des politiques ne perçoivent pas la menace de la désinformation" : l’alerte de Dominique Costagliola et Mathieu Molimard
Les pouvoirs publics lancent officiellement aujourd'hui la lutte contre la désinformation en santé. La ministre Stéphanie Rist dévoile un vaste plan pour apporter la réplique à tous ceux qui prospèrent en diffusant des fausses informations sur les réseaux sociaux et dans les médias. Les mesures annoncées s'inspirent largement d'un rapport remis par le Pr Mathieu Molimard, Dominique Costagliola (1) et Hervé Maisonneuve, connus pour leur implication ces dernières années dans le combat contre les diffuseurs de fake news en tout genre.
Après une nouvelle phase de concertation ces prochaines semaines, avec notamment un sondage et la création d'un Comité citoyen qui rendra ses conclusions à l'occasion des Assises du numérique en santé le 18 février prochain, un Observatoire de la désinformation en santé devrait voir le jour - une mesure lancée par le précédent ministre Yannick Neuder. Un dispositif d'infovigilance sera créé, chargé de la veille, de l'évaluation et de la réponse aux fausses informations. Les pouvoirs publics vont aussi renforcer leur présence sur les réseaux, avec des vidéos sur TikTok et sur YouTube Shorts, et le site de référence Santé.fr se verra renforcé. Enfin, des kits d'information seront diffusés aux enseignants. Une forme de responsabilisation des plateformes est évoquée, de façon plus floue.
Toutes les réformes préconisées par les trois experts n'ont toutefois pas été retenues à ce stade. On peut regretter par exemple l'absence de mesures de protection des scientifiques qui s'opposent...
-
12/01 - Peter Frankopan (Oxford) : "Nous prenons Donald Trump pour un bouffon, mais il a une vraie stratégie"
C’est l’historien qu’il faut lire pour comprendre notre présent. Beaucoup de dirigeants le consultent. Professeur d’Histoire globale à Oxford et directeur du Worcester College pour la recherche byzantine, Peter Frankopan a connu un succès mondial avec Les routes de la soie (Nevicata, 2017) et Les métamorphoses de la terre (Tallandier, 2024), qui paraît ces jours-ci en format de poche chez Points Seuil. Dans cette somme impressionnante, l’historien britannique revisite l’histoire du monde à la lumière de la relation de l’Homme avec la nature, des premiers hominiens à... Vladimir Poutine.
Brassant toutes les disciplines et se plaçant dans une perspective mondiale, Peter Frankopan donne les clés de compréhension de la "transition mondiale" que nous vivons. Selon lui, il faut considérer Donald Trump et son administration non pas comme la cause du bouleversement du monde, mais comme un symptôme. Il essaie de s’opposer à un ordre mondial en mutation, dont la Chine, la Russie ou les États du Golfe sont des éléments importants. L'historien éclaire nos angles morts européens. A ses yeux, nos analyses datent des années 1990 et notre réflexion stratégique est indigente. Nous devrions davantage nous intéresser à l'Inde et à la Turquie notamment.
L’Express : Dans Les Nouvelles Routes de la soie (2018) déjà, vous expliquiez que nous vivons une transformation similaire à celle qui a suivi la traversée de l’Atlantique par Christophe Colomb, en 1492. Sommes-nous entrés dans un nouveau monde ?
Peter Frankopan : Le monde...
-
12/01 - "Cette fois, le peuple iranien est dans la rue pour renverser le régime", par Marzieh Mohebbi
Partout où un message peut se frayer un passage, j’écris. WhatsApp, Telegram, Instagram, e-mail… Je jette ces mots comme des bouteilles à la mer : "Mon amour, mon souffle, comment vas-tu ?" Puis, tandis qu’un frisson de terreur glacée me traverse de la tête aux pieds, je rassemble mon courage et j’ose poser la question fatidique : "Es-tu en vie ? Et les autres ? Dis-moi, que se passe-t-il dans la ville ?"
Du matin au soir, du soir au matin, les jours se succèdent. A chaque instant, je fixe l’écran de mon téléphone, j’attends. Peut-être qu’un souffle soudain se lèvera, que sa connexion reviendra, qu’il me dira qu’il est vivant. Que les forces du régime ne l’ont pas arrêté dans la rue avec leur brutalité coutumière. Que les fusils à plomb n’ont pas visé ses yeux. Que les balles de guerre n’ont pas transpercé son cœur. Mais aucune nouvelle n’arrive. Rien.
Car nous sommes Iraniens. Et où que nous cherchions refuge dans le monde, même au sein des plus grandes démocraties, les bras de la République islamique sont assez longs pour serrer nos gorges et nous torturer. Dans l’industrie de la répression, la souffrance et la torture, ce régime devance le monde entier.
Et pourtant, aujourd’hui en Iran, une véritable révolution est en cours. Dans toutes les villes, petites et grandes, le cœur des rues bat dans le feu, le sang et les cris, oscillant entre peur et espoir. Cette fois, le peuple est dans la rue pour sa libération, pour le renversement total du régime - et rien de moins.
Mais la République islamique tente de rompre...
-
12/01 - "Cette fois, le peuple iranien est dans la rue pour renverser le régime", par Marzieh Mohebbi
Partout où un message peut se frayer un passage, j’écris. WhatsApp, Telegram, Instagram, e-mail… Je jette ces mots comme des bouteilles à la mer : "Mon amour, mon souffle, comment vas-tu ?" Puis, tandis qu’un frisson de terreur glacée me traverse de la tête aux pieds, je rassemble mon courage et j’ose poser la question fatidique : "Es-tu en vie ? Et les autres ? Dis-moi, que se passe-t-il dans la ville ?"
Du matin au soir, du soir au matin, les jours se succèdent. A chaque instant, je fixe l’écran de mon téléphone, j’attends. Peut-être qu’un souffle soudain se lèvera, que sa connexion reviendra, qu’il me dira qu’il est vivant. Que les forces du régime ne l’ont pas arrêté dans la rue avec leur brutalité coutumière. Que les fusils à plomb n’ont pas visé ses yeux. Que les balles de guerre n’ont pas transpercé son cœur. Mais aucune nouvelle n’arrive. Rien.
Car nous sommes Iraniens. Et où que nous cherchions refuge dans le monde, même au sein des plus grandes démocraties, les bras de la République islamique sont assez longs pour serrer nos gorges et nous torturer. Dans l’industrie de la répression, la souffrance et la torture, ce régime devance le monde entier.
Et pourtant, aujourd’hui en Iran, une véritable révolution est en cours. Dans toutes les villes, petites et grandes, le cœur des rues bat dans le feu, le sang et les cris, oscillant entre peur et espoir. Cette fois, le peuple est dans la rue pour sa libération, pour le renversement total du régime - et rien de moins.
Mais la République islamique tente de rompre...
-
12/01 - PRINT L’Hélicoïde de Caracas : du centre commercial au centre de torture
Relégué dans l'oubli, l'architecte vénézuélien Jorge Romero Gutiérrez (1924-1997) doit se retourner dans sa tombe. Son grand œuvre, l'Hélicoïde de Caracas, conçu dans les années cinquante pour devenir le plus grand centre commercial d'Amérique latine, est devenu, sous Nicolas Maduro, le plus ignoble centre de torture du continent latino-américain. Il est spécialement dédié à la persécution des opposants politiques qui étaient encore au nombre de 806 au moment du Nouvel An. Toutefois, après le américain raid contre l'ex-président Nicolas Maduro et le transfert de celui-ci à New York, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a commencé à en libérer une poignée: une dizaine seulement, soit environ 1% du total.
En forme de tour de Babel, l'Hélicoïde raconte la vertigineuse descente aux enfers d'un pays qui figurait parmi les dix les plus riches du monde dans les années 1950 à 1970, avant de sombrer dans la pauvreté extrême en raison du pillage de l'industrie pétrolière mis en oeuvre par la klepto-dictature en place depuis un quart de siècle. D'une audace architecturale folle, l'immense bâtiment hélicoïdal conçu sous la dictature de Marcos Pérez Jiménez (1948-1958) est ceinturé par une rampe automobile en forme de spirale longue de 4 kilomètres et qui dessert douze étages. Ce chef-d’œuvre d'architecture brutaliste devait à l'origine abriter 130 boutiques, des bureaux, un centre de conférences, un hôtel cinq étoiles, un club privé, un cinéma multiplexe, une piscine, un gymnase, un terrain de bowling, des restaurants,...
-
12/01 - Groenland : l’obsession de Donald Trump
-
12/01 - Négociations avec le Royaume-Uni : l’UE veut assurer ses arrières avec une "clause Farage"
Les relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pourraient-elles se refroidir ? Alors que le pays a entamé des démarches pour se rapprocher de Bruxelles depuis l'arrivée au pouvoir du travailliste Keir Starmer en 2024, le retour sur le devant de la scène du leader du parti d'extrême droite Reform UK, Nigel Farage, fait craindre un revirement. Au point que les 27 exigent que tout futur gouvernement britannique verse une importante compensation financière s'il devait se retirer de l'accord de "réinitialisation" post-Brexit, visant à alléger les contraintes administratives sur les échanges de produits alimentaires, dont le résultat pourrait être une augmentation des exportations agroalimentaires britanniques vers l'UE de 22 %, selon une étude des universités d'Aston et de Bristol de 2024.
Ce projet de texte, fortement voulu par les organisations professionnelles et industrielles, exige que le Royaume-Uni "s’aligne de manière dynamique et applique simultanément" toutes les législations européennes régissant les produits animaux et végétaux. Pour le sécuriser, la "clause Farage", qui interviendrait dans le cas où celui-ci devient Premier ministre, stipule que la partie qui se retire unilatéralement de l'accord devra verser une indemnisation couvrant les coûts de mise en place "des infrastructures et équipements, du recrutement et de la formation initiaux, nécessaires à l'établissement des contrôles frontaliers", rapporte le Financial Times.
Cette "mesure de sécurité [vise] à assurer la...
-
12/01 - Donald Trump : pourquoi ne voyons-nous jamais venir la tyrannie ? Par Gérald Bronner
La tyrannie peut prendre bien des visages, même celui de la démocratie, comme l’avait bien vu Alexis de Tocqueville. Donald Trump en propose, aujourd’hui, une déclinaison que le magistrat français n’avait certes pas envisagée. Le président américain vient de réaffirmer son intention d’annexer le Groenland en cherchant à prolonger l’effet de stupéfaction qu’il a produit par son intervention au Venezuela. Pourquoi sommes-nous sidérés par ce que nombre de commentateurs avaient pourtant annoncé ? En effet, ce n’est pas que les prédictions alarmantes n’ont pas été faites mais, pour beaucoup d’entre nous, il existe une résistance à croire que la tyrannie va vraiment advenir.
On a parfois raison de ne pas craindre le pire : il existe des exemples de radicalités politiques qui s’amollissent une fois qu’elles ont accédé au pouvoir, notamment parce que les faits sanctionnent l’application du programme irréaliste que, souvent, elles promeuvent. L’Histoire nous donne aussi à voir des totalitarismes qui s’installent à une vitesse que personne n’avait pressentie. L’exemple prototypique en est celui du danger nazi dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. Beaucoup de conservateurs, d’industriels et de hauts fonctionnaires voyaient Hitler comme un moyen de stabiliser le pays, un rempart contre le communisme et – naïveté terminale – quelqu’un qu’ils pourraient contrôler une fois au pouvoir. Comme on sait, Hindenburg et son entourage ont accepté de le nommer chancelier en misant sur le fait qu’il serait encadré par des ministres...
-
12/01 - Iran : ces options "très fortes" dont dispose Donald Trump pour une intervention
Il s'est dit "prêt à intervenir", et a affirmé que les États-Unis "ouvriraient le feu" si les autorités tiraient sur les manifestants. Alors que des mobilisations secouent l'Iran depuis deux semaines, le président américain Donald Trump envisage de faire pression sur le pays, et étudie plusieurs réponses militaires "très fortes" qui lui seront proposées ce mardi 13 janvier, lors d'une réunion avec de hauts responsables de l'administration.
Selon le Wall Street Journal, différents scénarios sont possibles : le déploiement d'armes cybernétiques secrètes contre des sites militaires et civils iraniens, l'imposition de nouvelles sanctions contre des personnalités du régime ou des secteurs de l'économie iranienne, ou encore des frappes militaires. Une autre option évoquée est la mise en place en Iran de terminaux Starlink, le service Internet par satellite d'Elon Musk, permettant aux manifestants de contourner la récente coupure d'internet dans le pays - Donald Trump devrait bientôt rencontrer Elon Musk pour en discuter, a-t-il fait savoir ce dimanche 11 janvier.Les dangers d'une intervention
Si le secrétaire d'Etat Marco Rubio et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se sont entretenus samedi des manifestations et d'autres sujets relatifs au Moyen-Orient, comme la guerre à Gaza, certains responsables de l'administration craignent toutefois qu'une riposte américaine n'exacerbe les tensions dans la région, risquant de provoquer une confrontation directe entre les États-Unis, l'Iran et,...
-
12/01 - Iran : le soulèvement qui menace le régime des mollahs
-
12/01 - Manifestations en Iran : Reza Pahlavi, le fils du chah déchu qui attend son heure
"Je me prépare (…) à rentrer dans ma patrie pour être avec vous, grande nation iranienne, lorsque notre révolution nationale aura triomphé. Je crois que ce jour est très proche." Depuis le début des mobilisations contre la vie chère en Iran, qui ont pris progressivement une tournure politique appelant à la chute du régime, Reza Pahlavi multiplie les messages de soutien aux opposants sur X. Âgé de 65 ans, le fils du dernier chah d'Iran, renversé par la révolution islamique en 1979, est depuis exilé aux Etats-Unis, et détient le titre symbolique de souverain successeur, non reconnu par le régime iranien en place.
"C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra !", ont scandé certains manifestants, démontrant la popularité croissante de celui qui se fait appeler prince lors de ses interventions publiques. "Aux yeux de nombreux Iraniens, notamment les jeunes, qui appellent à la fin du régime militaro-politique et ses pratiques rétrogrades, Reza Pahlavi incarne la modernité, la laïcité, et la possibilité pour l’Iran de renouer avec la communauté internationale", témoigne ainsi une ex-partisane du mouvement réformiste, auprès du Figaro.
Il faut dire que son nom revient sans cesse au gré des périodes de tensions qui agitent le pays. En 2009, lorsque des manifestations éclatent après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, Reza Pahlavi appelle par exemple "les forces de l'ordre à la désobéissance civile et à la neutralité" (un appel réitéré ce dimanche 11 janvier). En 2013, il crée également le...
-
12/01 - Etats-Unis : mis sous pression par Donald Trump, le président de la Fed menacé de poursuites pénales
La pression auquel il fait face monte encore d'un cran. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a déclaré dimanche 11 janvier que l'administration du président Donald Trump l'avait menacé de poursuites pénales en lien avec l'une des auditions qu'il a effectuées l'été dernier devant le Congrès, à propos des rénovations du siège de la banque centrale.
Régulièrement visé par des critiques de Donald Trump, qui lui reproche depuis son retour au pouvoir en janvier dernier de ne pas baisser suffisamment les taux d'intérêt, Jerome Powell a dénoncé un "prétexte" destiné à accentuer la pression sur la Fed pour qu'elle réponde aux demandes du président américain.
Il a fait savoir que la Réserve fédérale avait reçu vendredi des convocations du département de la Justice pour témoigner devant un grand jury, une étape préalable à de possibles inculpations et qui constitue une escalade significative dans les tensions entre Donald Trump et Jerome Powell.
Réagissant au communiqué diffusé dimanche soir par le patron de la Fed, le sénateur républicain Thom Tillis, membre de la commission sénatoriale des Banques, a déclaré que la menace d'inculpation soulevait des questions sur l'"indépendance et la crédibilité" du département de la Justice. Thom Tillis a ajouté sur le réseau social X qu'il s'opposerait à de quelconques candidats nominés par Donald Trump pour siéger à la Fed "tant que cette question juridique ne sera pas complètement réglée". La commission sénatoriale des Banques a notamment pour mission...
-
12/01 - Nucléaire : la France et l’Europe doivent déclarer l’urgence industrielle, par Jean-Marc Scolari
Face à la crise climatique et aux bouleversements géopolitiques, le nucléaire s’impose à nouveau comme un pilier stratégique de la souveraineté énergétique européenne. L’édition 2025 du World Nuclear Exhibition en a apporté la preuve : la France en première ligne parie sur l’atome pour tenir ses ambitions de neutralité carbone.
Les ambitions sont claires : la France vise un triplement de ses capacités nucléaires d’ici 2050. Mais entre les déclarations politiques et la réalité industrielle, un décalage majeur subsiste. Derrière les grandes annonces, le défi reste entier : transformer la volonté affichée en une exécution rapide, structurée et compétitive.Une guerre industrielle que l’Europe ne peut plus se permettre de perdre
Partout dans le monde, le nucléaire accélère. En Chine, une centrale peut sortir de terre en moins de 7 ans (en France, il en faut encore quinze). Avec 58 centrales nucléaires à son actif (57 pour la France), elle devrait dépasser les Etats-Unis d’ici 2030. Ce contraste révèle une faille structurelle, un décalage profond entre nos ambitions et notre capacité d’exécution. L’Europe, et la France ne peuvent plus se contenter de suivre le rythme. Elles doivent le donner.
Les freins sont connus et désormais critiques. D’abord, la pénurie de compétences pèse lourdement sur la relance du secteur. L’incertitude prolongée autour de l’avenir du nucléaire a dissuadé les investissements dans la formation. Résultat : les savoir-faire techniques, notamment dans des domaines comme le soudage de haute précision,...
-
12/01 - "La hausse des loyers a fait baisser les naissances de 11 %" : l’étude choc de l’économiste Ben Couillard
En 2025, les naissances ont encore chuté en France. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de morts a même dépassé celui des nouveau-nés. Les Etats-Unis, du fait d’un taux de fécondité en baisse (1,6 %) comme de la politique migratoire restrictive de Donald Trump, sont au bord du déclin démographique.
Alors que le phénomène de la dénatalité frappe tous les pays développés (sauf Israël) et devient un sujet politique brûlant, l’économiste canadien Ben Couillard a récemment publié une étude choc prouvant que la hausse des loyers joue un rôle majeur sur la baisse du taux de fécondité américain.
A L’Express, le chercheur à l’université de Toronto explique ces résultats frappants, défend la construction de logements pour les familles, mais se montre sceptique sur le gel des loyers prôné notamment par le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani.
L’Express : A quel point les prix de l’immobilier influencent-ils la natalité ?
Ben Couillard : De nombreux pays développés sont confrontés à des taux de natalité faibles, et en baisse constante. Il est très difficile d’isoler un seul facteur, car c’est un sujet multifactoriel. J’ai essayé de le faire pour le logement en m’appuyant sur la modélisation économétrique. Sans trop entrer dans les détails techniques, j’ai mis en place un modèle dynamique, avec les coûts du logement comme paramètre variable. En sachant bien sûr que les autres facteurs évoluent eux aussi au fil du temps : les femmes sont de plus en plus éduquées et présentes sur le marché...
-
12/01 - Guerre commerciale : les raisons de l’étonnant sursaut des exportations du Mexique vers les Etats-Unis
Alors que tous les regards étaient tournés vers la crise vénézuélienne, Donald Trump n'oublie pas ses sujets de prédilection. "Les cartels dirigent le Mexique", a-t-il assené le week-end dernier. Trafic de drogue, immigration, excédent commercial… ses critiques envers le pays présidé par Claudia Sheinbaum sont bien connues. Autant de prétextes qui en faisaient une cible idéale pour son offensive douanière. Les exportations mexicaines, dirigées à 80 % vers les Etats-Unis, y étaient particulièrement vulnérables. Du moins sur le papier.
Car entre janvier et novembre, les flux de biens non pétroliers depuis le Mexique vers son voisin du Nord ont progressé de 8 % sur l’année. Certes, le secteur automobile a accusé une baisse, la Maison-Blanche ayant criblé la filière de droits de douane spécifiques. Mais les exportations des autres catégories de marchandises ont grimpé de 15 %, compensant ce recul.Bouillonnement du secteur de l'IA
En plein découplage sino-américain, les atouts du pays apparaissent plus nettement que jamais pour Washington. "Les produits mexicains restent les plus compétitifs pour les États-Unis en raison de l'interconnexion entre les deux marchés, de la proximité géographique – qui implique des coûts de transport plus faibles – et de droits de douane inférieurs à la moyenne mondiale, aux alentours de 5 %", pointe Diego Marroquin Bitar, chercheur au Center for Strategic and International Studies. Le taux effectif appliqué à la Chine dépasse, lui, les 30 %. Autant dire que le calcul est vite fait....
-
12/01 - Aide à mourir : un débat qui divise nos voisins européens
Le débat français sur la fin de vie dure depuis vingt-cinq ans, et il n'est pas près d’être clos. Amendée par l’Assemblée le 27 mai 2025, la proposition de loi sur le "droit à l’aide à mourir" sera examinée à partir du 20 janvier par le Sénat. Et les échanges promettent d’être animés, tant le sujet divise.
À huis clos, ce 7 janvier, la Commission des affaires sociales de la chambre haute en a fortement atténué l’esprit. Plutôt qu’accorder au patient un droit au suicide assisté ou à l’euthanasie, les sénateurs se sont prononcés pour un dispositif "d’assistance médicale à mourir" pour les seules personnes en "phase terminale". Ce qui en restreint la portée à "ceux qui vont mourir" et non à "ceux qui veulent mourir", comme le résument les co-rapporteurs LR, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon. Le vote aura lieu le 28 janvier, avant que le texte ne revienne à l’Assemblée en deuxième lecture. L’occasion de se rendre compte que, chez nos voisins aussi, ce sujet clivant et douloureux suscite des débats.En Espagne, un fragile consensus
Depuis 2021, la "Ley Organica" autorise l’euthanasie et le suicide assisté. L’épilogue d’un long combat politique et philosophique, porté depuis 2002 par les partis de gauche et des organisations civiles. Mais le pays reste traversé par une profonde fracture éthique, du fait de l'opposition de certains mouvements chrétiens, pour qui cette loi viole l’article 15 de la Constitution, garantissant le droit à la vie. Si "l’aide à mourir" se développe lentement (334 euthanasies en 2023, sur 766...
-
12/01 - Donald Trump, aux racines de sa matrice économique : enquête sur un ovni idéologique
En apparence, rien ne semble relier Donald Trump à Friedrich Nietzsche. Le premier, qui s'est longtemps vanté de n'avoir jamais rien lu d'autre que la Bible, ne s'est sans doute jamais plongé dans le dédale des écrits du second. Et pourtant, en multipliant les coups d’éclat, le président américain épouse, jusqu’à l’incarner, l’une des obsessions du philosophe de la fin du XIXe siècle. Une quête monomaniaque, impulsive, aveugle, de puissance, qui pousse Donald Trump à piétiner les règles communes, balayer les normes installées et dynamiter l’ordre établi d’un "vieux monde" dont il faudrait libérer les esprits et les peuples. Une forme de "transvaluation des valeurs", comme le théorisa le penseur allemand, il y a plus d'un siècle et demi.
La séquence de ce début d’année est un condensé du logiciel trumpien. Une copie nietzschéenne. Une intervention militaire au Venezuela au mépris du droit et des règles internationales, la destitution d'un président-dictateur et la mainmise sur les ressources pétrolières du pays. Puis, à peine rassasié d’or noir vénézuélien, une offensive commerciale sur le Groenland et ses ressources naturelles et un accord arraché à 140 pays pour exempter les multinationales américaines du taux mondial minimal d’imposition de 15 % prévu dans un traité international signé sous l’égide de l’OCDE en 2021. Dans la foulée, Trump annonce le retrait immédiat des Etats-Unis de 66 organisations internationales, principalement rattachées aux Nations unies.
Alors que le président américain va fêter dans...
-
11/01 - Manifestations en Iran : le régime menace de riposter à toute intervention américaine
L'Iran a menacé ce dimanche 11 janvier Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d'intervention des Etats-Unis contre la République islamique en soutien des manifestants qui défient le régime depuis deux semaines, alors que le bilan dépasse 500 morts, selon une organisation des droits humains basée aux États-Unis. Le président américain Donald Trump a plusieurs fois menacé ces derniers jours Téhéran de venir en aide aux protestataires en cas de répression trop brutale. "L'Iran veut la liberté" et "les Etats-Unis sont prêts à l'aider", a-t-il écrit samedi sur son réseau Truth Social.
Selon le Wall Street Journal, Donald Trump sera informé mardi par ses services de renseignement de la situation sur le terrain et des "options spécifiques" lui seront présentées pour y répondre. La possibilité d'une intervention américaine a été évoquée lors d'un appel téléphonique entre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, selon une source israélienne ayant assisté à la conversation, et Israël s'est placé en "état d'alerte maximale" face à cette possibilité de frappes américaines, ont indiqué trois sources israéliennes.
Israël n'a pour l'heure manifesté publiquement aucune volonté d'intervenir. Dans une interview publiée vendredi par The Economist, Benyamin Netanyahou a déclaré qu'une attaque iranienne contre son pays aurait des conséquences terribles. A propos des manifestations, il a ajouté : "Pour le reste, je pense que nous devons observer ce qui se...
-
11/01 - Au Venezuela, l’Hélicoïde de Caracas : du centre commercial au centre de torture
Relégué dans l'oubli, l'architecte vénézuélien Jorge Romero Gutiérrez (1924-1997) doit se retourner dans sa tombe. Son grand œuvre, l'Hélicoïde de Caracas, conçu dans les années cinquante pour devenir le plus grand centre commercial d'Amérique latine, est devenu, sous Nicolas Maduro, le plus ignoble et célèbre centre de torture du continent latino-américain. Il est spécialement dédié à la persécution des opposants politiques qui étaient encore au nombre de 806 au moment du Nouvel An.
Toutefois, après l'arrestation de l'ex-président et son transfert à New York à la suite du raid de l'armée américaine, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a commencé à en libérer un peu plus d'une dizaine, soit environ 1 % du total. Parmi eux : l'avocate, militante des droits humains et spécialiste des questions militaires Rocio San Miguel.
En forme de tour de Babel, l'Hélicoïde raconte la vertigineuse descente aux enfers d'un pays qui figurait parmi les dix les plus riches du monde dans les années 1950 à 1970, avant de sombrer dans la pauvreté extrême en raison du pillage de l'industrie pétrolière et de l'économie tout entière voulue par la klepto-dictature en place depuis un quart de siècle. D'une audace architecturale folle, l'immense bâtiment hélicoïdal conçu sous la dictature de Marcos Pérez Jiménez (1948-1958) est ceinturé par une rampe automobile en forme de spirale longue de 4 kilomètres qui dessert douze étages. Ce chef-d’œuvre d'architecture brutaliste devait à l'origine abriter 130 boutiques, des bureaux, un centre de...
-
11/01 - Marco Rubio prochain dirigeant de Cuba ? Donald Trump fait pression pour un accord avec La Havane "avant qu’il ne soit trop tard"
Donald Trump a relancé, ce week-end, la pression américaine sur Cuba. Dimanche, le président des Etats-Unis a "vivement recommandé" à Cuba de parvenir à un accord avec les Etats-Unis "avant qu'il ne soit trop tard". "Il n'y aura plus d'argent ou de pétrole vers Cuba. Zéro !", a-t-il publié sur sa plateforme Truth Social. Le président américain a justifié cette menace par la fin du soutien vénézuélien à l'île après la capture, début janvier, du président Nicolas Maduro lors d'une opération nocturne à Caracas.
Depuis cette intervention spectaculaire, Washington fait pression sur la nouvelle présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, pour mettre un terme aux livraisons de pétrole vers Cuba. Le Venezuela était jusqu'alors le principal fournisseur énergétique de l'île. Entre janvier et novembre de l'an dernier, Caracas a livré en moyenne 27 000 barils de pétrole par jour, couvrant environ la moitié de ses besoins, selon des données d'expédition maritime et des documents de la compagnie pétrolière nationale PDVSA cités par Reuters. Désormais, le pétrole vénézuélien est vendu aux Etats-Unis.Une économie fragilisée
Dans ce contexte de tension, Donald Trump a également partagé dimanche un message suggérant que son secrétaire d'Etat, Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir un jour président de Cuba. Le président américain a republié sur Truth Social un message de l'utilisateur Cliff Smith affirmant : "Marco Rubio sera président de Cuba", accompagné d'un émoji rieur, ajoutant en commentaire : "Cela...
-
11/01 - Jonathan Haidt sur l’interdiction des réseaux sociaux : "Emmanuel Macron m’a dit qu’il allait agir"
Difficile de lui contester le statut d'intellectuel le plus influent au monde. Professeur à la New York University Stern School of Business, Jonathan Haidt est l'auteur de Génération anxieuse (Les Arènes, 2025), dans lequel il alerte sur les conséquences des réseaux sociaux et des smartphones pour la santé mentale des jeunes. Ce best-seller (plus de deux millions d'exemplaires vendus) a directement conduit à l'interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans, et la France pourrait bientôt suivre pour les moins de 15 ans. Mais le chercheur est aussi l'auteur d'une œuvre majeure en psychologie sociale, tentant depuis vingt ans de comprendre pourquoi nos sociétés sont si divisées. Les éditions Arpa publient le 15 janvier la traduction de The Righteous Mind (sous le titre La Supériorité morale), un classique de 2012 dans lequel Jonathan Haidt éclaire le fonctionnement de notre cerveau et montre l'importance des préférences morales dans nos positionnements politiques.
Pour L'Express, l'universitaire ne cache pas son inquiétude sur la "fragmentation totale" de nos sociétés, et déplore la radicalisation de la gauche comme de la droite. Analysant le phénomène Trump, il raconte aussi sa rencontre avec Emmanuel Macron.
L'Express : La polarisation politique que vous y décriviez dans La Supériorité morale semble plus que jamais d’actualité. Jusqu’où nos sociétés vont-elles se fragmenter ?
Jonathan Haidt : Les experts ne peuvent pas vraiment prédire l'avenir. En revanche, ils peuvent...
-
11/01 - L’opération de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien met l’Opep sous pression
L'opération américaine au Venezuela n'a pas fini de bouleverser l'ordre mondial, géopolitique et commercial. Après avoir enlevé et emprisonné le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, Donald Trump a répété ces derniers jours sa volonté de vouloir s'emparer du pétrole du pays, qui détient les plus importantes réserves stratégiques du monde (18 %).
Vendredi, le locataire de la Maison-Blanche promettait ainsi sur son réseau Truth social l'investissement de 100 milliards de dollars de la part des grandes compagnies pétrolière, qu'il s'apprêtait à rencontrer quelques heures plus tard dans le bureau Ovale. De quoi bouleverser le marché mondial du pétrole, au premier rang desquels l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont le Venezuela est l'un des membres fondateurs.Déséquilibre de l'offre et baisse des prix
Selon les plus récentes analyses de l'Opep, Caracas disposerait des plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, avec près de 300 milliards de barils, devant l'Arabie saoudite (267 milliards de barils) et l'Iran (208 milliards de barils pour l'Iran). Toutefois, faute d'investissements massifs et dans un contexte de crise économique, la production de l'or noir par le pays reste jusqu'à présent relativement faible. A peine un million de barils par jour, quand 105 millions sont quotidiennement produits par le reste des pays exportateurs. Ce qui explique la relative stabilité du marché depuis l'attaque du 3 janvier.
Mais vu le potentiel du pays en matière de ressources...
-
11/01 - Ostéopathie, la fin du remboursement par les mutuelles ? Ce que dit la science sur son efficacité
Qui n’a jamais poussé la porte d’un cabinet d’ostéopathie ? Un dos bloqué, des douleurs musculaires, une migraine ou des maux de ventre : cela devient presque un réflexe pour certains. Allongé sur la table, le praticien vous palpe. Il tente de préciser la cause de vos maux, fait parfois craquer quelques vertèbres, ou impose ses mains sur le crâne ou les articulations pour pratiquer des micromouvements. On en sort parfois un peu groggy, souvent soulagé. Le signe que "cela marche" ? Peu de personnes doutent de l’efficacité de la pratique. 86 % des Français font confiance aux ostéopathes et plus d’un sur deux en a consulté un au cours des cinq dernières années, selon un sondage Odoxa réalisé pour l’Union pour l’ostéopathie (UPO), la principale fédération des ostéopathes. Mais ce sentiment de satisfaction suffit-il à prouver un bénéfice médical et justifie-t-il un remboursement par les mutuelles et les complémentaires santé ?
La question, longtemps taboue tant la pratique est populaire, revient sur la table. Les attaques viennent notamment d’un rapport du Sénat publié en 2024 qui s’alarme de l’explosion du coût des "soins de confort" (près d’un milliard d’euros par an). Le document suggère de supprimer la prise en charge des actes d’ostéopathie des contrats responsables des organismes complémentaires, qui représentent 96 % des contrats et doivent respecter un cahier des charges fixé par le gouvernement (en échange d’une réduction de taxes).
Un second rapport, publié en 2025 par le Haut conseil pour l’avenir de...
-
11/01 - Antonio Damasio, neuroscientifique : "Je sais désormais comment résoudre le mystère de la conscience"
Pouvons-nous réellement dire que notre espèce, Sapiens, est la seule sur Terre à disposer d'une conscience ? Quels sont les mécanismes qui, dans le secret de nos cellules, sont à l'œuvre pour former ce qui fait de nous des humains : nos pensées, nos sentiments, notre imagination ? Depuis trois décennies, le neuroscientifique portugais Antonio Damasio, l'un des plus influents et des plus originaux dans son domaine, tente de percer les mystères de l'organe le plus complexe de l'Homme : notre cerveau. Et de déconstruire l'idée cartésienne originelle de la séparation du corps et de l'esprit.
Dans son dernier livre intitulé L'intelligence naturelle et l'éveil de la conscience (Odile Jacob), le directeur de l'Institut pour l'étude neurologique de l'émotion et de la créativité de l'université de la Californie méridionale, âgé de 81 ans, va encore plus loin. Il soutient non seulement que la conscience est indissociable du corps, mais aussi que, contrairement à l'idée reçue, ce n'est pas la conscience elle-même qui nous fait ressentir, mais bien l'inverse : pour être conscient, il faut d'abord ressentir. La réponse à l'éternel mystère de la conscience, affirme l'auteur de L'Erreur de Descartes, ne réside pas dans le cortex cérébral – comme on le pensait auparavant – mais bien dans des structures plus anciennes. Cette distinction nous aide également à comprendre ce qui manque à l'intelligence artificielle pour être consciente d'elle-même. Pour l'instant, du moins...
L'Express : Vous écrivez dans votre nouvel...
-
11/01 - Iran : pourquoi la coupure d’Internet risque de durer longtemps
Depuis 72 heures, l'Iran est coupée du monde. En proie à des manifestations d'ampleur depuis le 28 décembre dernier, d'abord contre la vie chère puis rapidement contre le régime des Mollahs tout entier, les autorités ont brutalement coupé tous les signaux Internet. La répression, sanglante, durant laquelle au moins 116 personnes sont mortes et 2 600 ont été arrêtées selon l’organisation basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency, ne doit pas être filmée. Le monde ne doit pas voir.
Samedi, les gardiens de la révolution ont qualifié les manifestants de "terroristes" et ont déclaré que "préserver les acquis de la révolution islamique et maintenir la sécurité et la survie du régime constituent une ligne rouge"."Pire coupure de l'histoire de l'Iran"
À la suite du black-out d'Internet imposé par les autorités dans la nuit de jeudi à vendredi, "90 % du trafic Internet vers l’Iran s’est arrêté", explique Amir Rashidi, expert iranien des droits numériques, auprès du journal britannique The Guardian. En l'espace de quelques heures, les appels internationaux vers le pays ont été bloqués et les téléphones mobiles iraniens mis hors service. Amir Rashidi et d'autres experts évoquent une "coupure d’une précision glaçante".
Même les connexions via le puissant réseau satellitaire Internet de Starlink semblent avoir été coupées. Lors des manifestations de 2022 après la mort de Mahsa Amini et au commencement du mouvement "Femme, vie, liberté", le réseau avait pourtant été une bouée de sauvetage pour les Iraniens. "Il...
-
11/01 - Ipesup : la prépa "secrète" et incontournable pour intégrer l’INSP (ex-ENA)
Thomas*, 24 ans, a appris l’existence de la prépa Ipesup un peu tard. "En 2025, j’avais décidé de m’inscrire à la préparation aux concours administratifs dispensée par Sciences Po afin de tenter celui de l’INSP. Au cours de l’année, j’ai découvert incidemment que plusieurs de mes camarades étaient inscrits dans cet organisme privé en parallèle. En général, ce n’est pas quelque chose qu’on aime mettre en avant", raconte l’étudiant. Résultat : après avoir échoué de peu à l’entrée de l’Institut national du service public (ex-ENA), le candidat malheureux retentera sa chance en 2026 en troquant la prépa Science Po… contre celle d’Ipesup. "Je qualifierais cette dernière de "boîte à examens blancs". Le fait qu’ils en proposent un grand nombre et que tout peut se faire à distance garantit un entraînement intensif. Un avantage indéniable", poursuit le jeune homme, pour qui cette stratégie de faire appel à un groupe privé pour augmenter ses chances de réussite est "un secret de moins en moins bien gardé". 93 % des lauréats
Sur son site Internet, Ipesup - qui n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de L’Express - se félicite d’ailleurs des excellents résultats de sa Prép’INSP : ses étudiants représenteraient 25 des 27 candidats admis au concours externe de l’ex-ENA en 2024. Soit 93 % des lauréats. "Mieux vaut se méfier des statistiques affichées par les prépas en général car celles-ci ont tendance à gonfler leurs chiffres, nuance cet ancien membre du jury de l’INSP. Certains candidats ont pu suivre cette prépa privée après avoir...
-
11/01 - "Je ne raffole pas de l’écriture blanche à la mode" : Lolita Pille ou l’éloge de la littérature absolue
Printemps 2002. Paris pense avoir trouvé pour de bon la nouvelle Sagan. Lolita Pille, 19 ans, fait scandale avec Hell, un premier roman électrique qui explore le côté obscur d’une certaine jeunesse dorée. Adapté au cinéma, le livre devient un phénomène générationnel – il se vend à plus de 300 000 exemplaires en poche. A la fois brillante et fêtarde, amie de Frédéric Beigbeder et de Simon Liberati, Lolita Pille séduit autant qu’elle agace. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Il faut revoir son passage à On n’est pas couché, en 2008, à l’occasion de la parution de son troisième roman, Crépuscule ville : pleine de répartie, la jeune femme écrabouille Eric Zemmour. C’est la fin d’un cycle. Malgré ses débuts en fanfare, la romancière souffre des calomnies misogynes qui la poursuivent depuis Hell (une fille n’aurait pas pu écrire seule un tel livre, blablabla). Elle veut montrer de quel bois elle se chauffe. Mais pour cela, elle a besoin de temps. Peu à peu, elle se fait plus discrète, et finit par disparaître de longues années chez ses parents à Brest, où elle mène une vie ascétique, relit ses idoles (Jane Austen, Emily Brontë, Virginia Woolf), travaille d’arrache-pied à différents manuscrits et nage dans l’océan par toutes les saisons.
A son grand retour en 2019 avec le roman Elena et les joueuses, les amnésiques l’ont oubliée et ses anciens ennemis ne lui laissent pas la grâce d’une seconde chance. Lolita Pille publie ensuite un superbe récit autobiographique, Une adolescente, qui ne connaît pas le succès qu’il...
-
11/01 - Les Etats-Unis ont mené des frappes "à grande échelle" contre l’Etat islamique en Syrie
Le commandement central des États-Unis pour le Moyen-Orient (CentCom) a annoncé, samedi 10 janvier, avoir mené des frappes "à grande échelle" contre plusieurs cibles de l’organisation État islamique (EI) à travers la Syrie. Dans un message publié sur X, le CentCom précise que ces opérations ont été conduites "en collaboration avec des forces partenaires", sans identifier ces dernières. L’action intervient en représailles à une attaque survenue en décembre dans la région de Palmyre, qui avait coûté la vie à deux militaires et un interprète américains. "Notre message reste clair : si vous vous en prenez à nos combattants, nous vous trouverons et nous vous tuerons où que vous soyez dans le monde", a rappelé le CentCom. Le communiqué ne précisait pas si des personnes avaient été tuées lors des frappes.
https://t.co/cfTSJ2Nety— U.S. Central Command (@CENTCOM) January 10, 2026
Selon l'AFP, la Jordanie a indiqué dimanche avoir participé aux frappes, menées dans le cadre de la coalition internationale, "pour neutraliser les capacités des groupes terroristes et les empêcher de se réorganiser ou d’utiliser ces zones pour lancer des attaques menaçant la sécurité régionale"."De très lourdes représailles"
Ces frappes font suite à une première série d’attaques américaines en Syrie, déclenchées en décembre après l’assassinat de trois ressortissants américains. Washington avait alors frappé "plus de 70 cibles" dans les régions de Homs, Deir Ezzor et Raqa, tuant au moins cinq membres de l’EI, dont le chef d’une cellule de drones,...
-
11/01 - A Toulouse, le musée des Augustins fait peau neuve
Six années de travaux et 25 millions d’euros mis sur la table – en majeure partie par la municipalité – auront été nécessaires pour rhabiller le musée des Augustins, l’un des fleurons du patrimoine toulousain. L’ancien couvent des ermites de saint Augustin au XIVe siècle, devenu, en 1795, le muséum du Midi de la République, l’un des premiers issus de la Révolution, dont l’ouverture suivit de peu celle du Louvre, a rouvert ses portes juste avant Noël. Point d’orgue de la rénovation, une façade contemporaine en pierre blanche de Dordogne, précédée d’un vaste parvis végétalisé en pente douce, remplace l’ancienne entrée et ses marches, qui rendaient l'accès peu commode aux personnes à mobilité réduite...
Cette nouvelle extension de 220 mètres carrées, conçue par l’agence portugaise Aires Mateus, continue de déconcerter une partie des habitants, jugeant le mur aveugle et sa blancheur immaculée en rupture avec la Ville rose. "On sait peu que les façades de briques qui donnent son surnom à la cité furent souvent recouvertes de chaux au XVIIIe siècle pour apporter de la lumière aux façades et assainir les rues étroites. Des édifices emblématiques de la cité, comme la basilique Saint-Sernin, le Capitole et nombre d’hôtels particuliers sont rehaussés de pierre blanche", justifie Laure Dalon, la directrice du musée. D’ailleurs, si la radicalité de la proposition divise, tous lui accordent le mérite de reconstituer une aile sud pour le cloître, celle d’origine ayant été arasée en 1895 pour ouvrir les artères commerçantes de Metz...
-
11/01 - Israël en alerte maximale face au risque d’une intervention américaine en Iran
Israël est en état d'alerte maximale face à la possibilité d'une intervention américaine en Iran. Les sources, présentes lors de consultations de tenues de sécurité par Israël durant le week-end, n'ont pas précisé ce que signifiait, en pratique, "l'état d'alerte maximale".
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a évoqué la possibilité d'une intervention américaine en Iran lors d'un appel téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio samedi, a déclaré une source israélienne présente lors de la conversation.116 morts lors des manifestations
Le président américain Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises ces derniers jours que les États-Unis étaient prêts à intervenir pour défendre les manifestants en Iran en cas de répression violente des autorités de Téhéran. Encore samedi, il déclarait sur sa plateforme Truth Social que l'Iran "aspirait à la liberté" et que les Etats-Unis "se tenaient prêts à aider", menaçant de "frapper très fort" l'Iran en cas de répression trop meurtrière. Le New York Times affirme d'ailleurs que le président américain a été briefé ces derniers jours sur les options dont il dispose concernant d'éventuelles frappes, y compris visant des cibles civiles.
L'Iran, qui a connu une guerre de 12 jours avec Israël l'année dernière et dont les installations nucléaires ont été bombardées par les États-Unis en juin, connaît actuellement ses plus importantes manifestations antigouvernementales depuis des années. Le bilan...
-
11/01 - Kenneth R. Rosen ("Polar War") : "Ça pourrait vite dégénérer entre la Finlande et la Russie…"
L’Arctique est devenu le théâtre d’une nouvelle guerre froide qui devient chaque jour plus brûlante, et pas seulement sur le plan climatique. Polar War: Submarines, Spies, and the Struggle for Power in a Melting Arctic, le nouvel ouvrage du reporter de guerre américain Kenneth R. Rosen, paru aux États-Unis ce 6 janvier (Simon & Schuster, non traduit), en témoigne. Fruit de centaines d’interviews et de trois années de reportages aux quatre coins du Grand Nord, cette enquête, très fouillée, montre avec brio comment le changement climatique, les ambitions militaires et les opportunités économiques transforment l’Arctique en l’épicentre d’une nouvelle guerre froide. "Et ce n’est que le début", explique dans un entretien à L’Express ce journaliste maintes fois récompensé pour ses reportages en Ukraine, en Syrie ou encore en Irak.
Alors que l’ombre de Donald Trump plane de plus en plus sur le Groenland, que la Chine gagne en influence dans la région et que les Russes ont déjà une longueur d’avance sur leurs rivaux, Kenneth R. Rosen se montre particulièrement inquiet du retard américain dans cette partie du monde. Ce qu'il décrit n'est pas rassurant...
L’Express : "Pour ceux d’entre nous qui observons l’Arctique depuis environ cinq ans, la possibilité d’un conflit dans la région semble aujourd’hui inévitable", écrivez-vous. Quelle forme pourrait prendre un tel conflit ?
Kenneth R. Rosen : J’évoque dans le livre ce concept d’escalade horizontale, l’idée qu’un événement survenant dans l’Arctique pourrait...
-
11/01 - Pluribus : pourquoi cette série est une ode au libéralisme
À première vue, la nouvelle création d’Apple TV, Pluribus, coche toutes les cases de la série apocalyptique. Le "pitch" est simple : des scientifiques américains interceptent un signal radio émis depuis plus de 600 000 années-lumière de la Terre qui, une fois décrypté, se révèle être la recette d’une séquence génétique. Reproduite en laboratoire, celle-ci échappe au contrôle des scientifiques et se transforme en un virus extraterrestre, programmé pour infecter l’humanité tout entière.
Mais à rebours des classiques du genre, comme The Walking Dead ou The Last of Us, la nouvelle série de Vince Gilligan – créateur des mythiques Breaking Bad et Better Call Saul -, ne donne à voir aucun paysage de désolation. Pas d’autoroutes jonchées de carcasses de voitures, ni d’immenses villes désertes où la nature reprend progressivement ses droits. Dans Pluribus, l’apocalypse prend la forme d’un monde ordonné, paisible et pacifique. Le virus ne transforme pas les humains contaminés en créatures monstrueuses, il les fond dans une humanité commune, où l’esprit de chaque individu s’efface au profit d’une conscience collective. Seuls les corps demeurent intacts. Une sorte de ruche planétaire, où près de sept milliards d’êtres humains partagent une seule et même psyché et communient dans la paix, la bienveillance, et la connaissance - puisque cet esprit est dépositaire de l’ensemble des savoirs, compétences et expériences accumulées depuis l’aube de l’humanité. Dans Pluribus, aucun zombie vociférant à la démarche traînante et aux vêtements...
-
11/01 - Pierre-Simon Laplace, précurseur insoupçonné de la psychologie moderne
Le lecteur régulier de cette chronique est déjà familier avec l’idée selon laquelle nos intuitions sont trompeuses et notre raisonnement est souvent imparfait, du fait de nombreux biais et limites cognitives qui structurent notre esprit. L’étude systématique de ces phénomènes est due à de multiples chercheurs en psychologie principalement depuis les années 1970, parmi lesquels les Américains Amos Tversky et Daniel Kahneman sont les plus connus.
Pourtant, la première description d’un certain nombre d’entre eux est bien plus ancienne. Il y a tout juste deux siècles, le mathématicien français Pierre-Simon Laplace (1749-1827) publiait son Essai philosophique sur les probabilités (1825), incluant tout un chapitre intitulé Des illusions dans l’estimation des probabilités. Sans doute ignorée de bonne foi par la plupart des psychologues contemporains, la lecture de ce chapitre aujourd’hui est saisissante tant elle a anticipé les conceptions modernes des biais cognitifs."L’esprit a ses illusions, comme le sens de la vue"
Dès la première phrase de ce chapitre, Laplace fait un parallèle pertinent entre les illusions visuelles et les biais cognitifs. Il évoque dans la foulée le fait que nous avons accès à deux modes de raisonnement, intuitif et réfléchi, que Kahneman nommera "Système 1" et "Système 2". "L’esprit a ses illusions, comme le sens de la vue ; et de même que le toucher corrige celles-ci, la réflexion et le calcul corrigent les premières".
Il identifie les principaux facteurs à l’origine de nos erreurs : "Nos...
-
11/01 - "Combattre tout en préparant le plan B" : Marine Le Pen, un an sur la ligne de crête
Maudits avocats. Il y a ceux qui lui disent non et ceux qui sont déjà pris. A l'automne un ténor peu suspect de sympathie pour l'extrême droite, approché par Marine Le Pen, décline poliment. Pire, alors que la députée du Nord prépare déjà un éventuel pourvoi en cassation, elle rencontre l’un d’eux, qu’elle trouve très bon, mais ce dernier lui annonce qu’il est déjà pris… par la partie adverse ! Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…
Quelles pensées traverseront l’esprit de la cheffe de file nationaliste lorsqu’elle se présentera, ce mardi 13 janvier, à la barre, dans son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires ? Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ? Se dit-elle, comme le Grec Ésope en son temps, qu’"on ne peut rien changer à son destin" ? Rares sont ceux, au parti à la flamme, qui ont déjà eu cette discussion avec elle. En parler, c’est prendre le risque de raviver une blessure intime. Alors on s’applique plutôt la célèbre devise de Léon Gambetta : y penser toujours, n’en parler jamais. Chacun comprend qu’elle est entièrement absorbée par cet enjeu judiciaire, qui détermine son avenir politique. Un député qui passait devant le siège du RN entre le Noël et le jour de l’An n’a pas été surpris d’y voir la voiture de Marine Le Pen.
"C’est un nouveau procès. Elle a changé de stratégie de défense à l’automne, raconte l’un de ses lieutenants. Si elle veut avoir une chance de se présenter, il faut être moins politique, plus juridique." Et de se risquer - fait rare - à un pronostic : "Dans tous les cas, il y...
-
10/01 - Appel inattendu avec Donald Trump : comment la Colombie a évité l’escalade militaire américaine
Un "malade" gérant "des usines de cocaïne" qui expédiraient de la drogue aux Etats-Unis. Voilà comment Donald Trump qualifiait le président colombien Gustavo Petro le 3 janvier dans un contexte de tensions entre Washington et Bogota à la suite de l'opération militaire américaine au Venezuela contre Nicolas Maduro. Interrogé sur la possibilité d'une opération militaire américaine dirigée cette fois contre la Colombie, Donald Trump avait répondu : "Ça me paraît une bonne idée."
Les menaces de Donald Trump semblent avoir été prises au sérieux par l'ancien guérillero Gustavo Petro. Moins d'une semaine après ce regain de tensions entre Washington et Caracas, le changement de ton est notable après un appel téléphonique entre les deux dirigeants, mercredi le 7 janvier. Donald Trump a annoncé vendredi qu’il rencontrera son homologue colombien à la Maison-Blanche début février. "Je suis certain que cela se passera très bien pour la Colombie et les Etats-Unis, mais il faut absolument empêcher l'entrée de cocaïne et d'autres drogues aux Etats-Unis", a écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux. "Cela a été un grand honneur de parler avec le président de la Colombie, qui m'a téléphoné pour m'expliquer la situation en matière de drogues et concernant d'autres désaccords que nous avons eus. J'ai apprécié le fait qu'il m'appelle et le ton qu'il a employé et j'ai hâte de le rencontrer dans un avenir proche."
De son côté, Gustavo Petro a déclaré que cet échange "amical" était "historique". Dans un entretien accordé...
-
10/01 - "Entre 25 et 30 millions de Français ont un revenu qui dépend de l’Etat" : le calcul choc d’un universitaire
Depuis le 1er janvier, faute de budget voté, le dispositif d’aides à la rénovation énergétique "MaPrimeRénov'" est suspendu. L’Etat ferme un de ses guichets et c’est tout un secteur d’activité qui tousse. De nombreux professionnels du bâtiment voient leur chiffre d’affaires divisé par deux ! Ce fait d'actualité illustre les travaux de Jérôme Baray, vice-président du conseil d’administration de l’Université du Mans. "En France, presque tout le monde est fonctionnaire sans le savoir" : le titre de sa récente contribution au site "The Conversation" a été remarqué. Professeur des universités en sciences de gestion, Jérôme Baray a mené toute une carrière d’entrepreneur avant d’intégrer le monde académique. Il a pu constater à quel point "l’Etat structure les marchés en France". En analysant les flux d’argent public et non en se limitant aux statuts, il en est arrivé à la conclusion qu’une part très importante des revenus considérés comme privés dépend en réalité de décisions publiques. Aucun secteur n’y échappe, selon lui. Même la "Start Up nation n’existerait pas sans l’Etat". Parmi les conséquences de cette imbrication du public et du privé, il pointe la corruption.
L’Express : "En France, presque tout le monde est fonctionnaire sans le savoir" : tel est le titre de votre article paru dans "The Conversation". Quel en est la genèse ?
Jérôme Baray : Cet article est né de mon expérience personnelle, mais aussi de mes travaux de recherche en sciences de gestion. Ingénieur, docteur et professeur des universités, je suis vice-président...
-
10/01 - Pourquoi l’alcool est-il cancérigène ? Voici ce qu’il se passe dans votre corps quand vous buvez, même à petite dose
Un verre de vin au dîner, une ou deux petites bières entre collègues, un cocktail – ou plusieurs – le week-end. Des gestes presque anodins. Mais derrière cette convivialité et ces moments joyeux, se cache une réalité trop souvent minimisée, voire ignorée : l’alcool reste, avec le tabac, l’une des deux grandes causes évitables de tumeurs. "Les boissons alcoolisées sont responsables de 28 000 nouveaux cas et de 16 000 décès chaque année dans notre pays", rappelle le Pr Norbert Ifrah, le président de l’Institut national du cancer.
Car une fois ingéré, l’alcool déclenche une cascade de mécanismes biologiques délétères, que les scientifiques comprennent de mieux en mieux, même s’il reste encore quelques mystères. "L’effet cancérogène le plus puissant vient de la transformation de l’éthanol, le nom chimique de l’alcool, en acétaldéhyde, qui s’avère hautement toxique", indique Pietro Ferrari, responsable du département nutrition et métabolisme du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), un organisme rattaché à l’Organisation mondiale de la santé. Cette première étape se déroule principalement au niveau du foie, et dans une moindre mesure dans la partie haute du tube digestif, de la bouche à l’œsophage.
L’acétaldéhyde reste généralement peu de temps dans l’organisme. La capacité des individus à le transformer plus ou moins rapidement en acétate, un composé inoffensif, varie selon leurs caractéristiques génétiques. Mais même avec une durée de vie courte, il peut causer beaucoup de dégâts. A commencer par des...
-
10/01 - Cette négociation secrète entre le Vatican et les États-Unis pour offrir une porte de sortie à Nicolas Maduro
Le Vatican est une puissance spirituelle… mais aussi diplomatique. Vendredi 9 janvier, le pape Léon XIV, premier pape américain, a dénoncé le recours à la force militaire pour atteindre des objectifs diplomatiques lors d'un discours annuel de politique étrangère. "Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous a été remplacée par une diplomatie de la force", a déploré le souverain pontife, élu en mai dernier, devant 184 ambassadeurs accrédités au Vatican.
Faisant référence à la capture, le week-end dernier, du président vénézuélien Nicolas Maduro par le président américain Donald Trump, le pape a appelé les gouvernements du monde à respecter la volonté du peuple vénézuélien à l'avenir et à sauvegarder ses droits humains et civils. En décembre dernier, Léon XIV, qui a critiqué certaines politiques de Donald Trump par le passé, avait exhorté le président américain à ne pas évincer Nicolas Maduro en recourant à la force militaire. "Le bien du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération", avait déclaré le souverain pontife. Le Washington Post révèle que le Vatican a même négocié avec les Etats-Unis afin d’offrir une porte de sortie à Nicolas Maduro avant sa capture par Washington.
Dans une enquête publiée vendredi 9 janvier, le quotidien américain dévoile les contours d’une réunion tenue la veille de Noël au Vatican, et jusqu'alors passée sous silence. Le cardinal Pietro...
-
10/01 - L’improbable voyage de Philippe Sollers, Julia Kristeva et Roland Barthes au pays de Mao
En 2000, l’émission Strip-Tease avait filmé une délégation parlementaire belge en voyage en Corée du Nord. Grand moment de décalage entre la propagande d’un régime totalitaire et des élus en goguette, ce numéro mythique avait fait scandale en Belgique. Dommage que les caméras de Strip-Tease n’étaient pas disponibles en 1974 pour suivre le séjour de cinq de nos éminents intellectuels dans la Chine de Mao. Le pays sort alors de la Révolution culturelle, une manœuvre du Grand Timonier vieillissant pour reprendre le contrôle politique, qui a fait plusieurs millions de morts et provoqué d’innombrables tortures, humiliations et dénonciations publiques. Ce qui n’empêche pas Philippe Sollers, Julia Kristeva, Roland Barthes, Marcelin Pleynet et François Wahl d’embarquer pour trois semaines de tourisme organisées par Pékin. Jacques Lacan faillit rejoindre cette fine équipe, mais le ponte de la psychanalyse fut vexé que le pouvoir chinois ne délivra pas un visa à sa maîtresse. Acte manqué ?
Faute de vidéo, Jean Berthier reconstitue dans Voyage tranquille au pays des horreurs ce périple ubuesque, en s’appuyant sur les écrits des différents protagonistes. Avec une plume ironique, l’écrivain montre comment des esprits apparemment éclairés se sont aveuglés sur la nature totalitaire d'un régime, tout en énonçant des poncifs sur un pays auquel ils ne comprennent rien.
Rappelons le contexte de cette colonie Potemkine. En 1971, le sinologue belge Simon Leys publie Les Habits neufs du président Mao, dénonciation documentée de la...
-
10/01 - "Isolement de la France", "une plaie pour Macron"... Le raté français sur le Mercosur vu d’Europe
Vingt-cinq ans de négociations pour l'adopter. Les États membres de l'Union européenne (UE) ont approuvé vendredi 9 janvier la signature de l'accord de libre-échange avec le bloc sud-américain Mercosur malgré l'opposition de plusieurs pays, dont la France. Les ambassadeurs des Vingt-Sept réunis à Bruxelles ont donné leur feu vert à cette signature, décision confirmée par la suite par les pays de l'UE.
Ces autorisations ouvrent la voie à la signature de l'accord par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avec le Marché commun du Sud, qui regroupe l'Argentine, la Bolivie, le Brésil et le Paraguay, à Asuncion. La cérémonie de signature de cet accord, le plus important signé par l'UE en matière d'allègement douanier puisqu'il supprimerait quatre milliards d'euros de surtaxes sur les exportations, aura lieu ce 17 janvier.L'Italie longtemps hésitante
L'accord a été arraché par la Commission européenne, notamment grâce au soutien de l'Italie, resté longtemps incertain, qui a fini par céder après la promesse faite par Ursula von der Leyen d'une avance sur 45 milliards d'euros d'aides de la politique agricole commune (PAC) débloquée en 2028 - plus tôt que prévu. "Un geste particulièrement destiné à l'Italie, qui menaçait de faire pencher la balance contre le Mercosur et qui est désormais convaincue", indique le quotidien suisse Le Temps. Emmanuel Macron a également salué cette annonce, sans pour autant se laisser convaincre de pencher en faveur du "oui".
Privée du soutien de l'Italie, la France...
-
10/01 - Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping : les prédateurs du nouvel ordre mondial
L’année 2026 est déjà celle de l’accélération des pays prédateurs. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les Etats-Unis ont lancé à la surprise générale une opération d’ampleur pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. Le déploiement massif de la marine américaine au large du pays ces six derniers mois n’était donc pas qu’une opération de communication politique. En kidnappant un chef d’Etat en exercice, Donald Trump a planté un nouveau clou sur le cercueil du droit international. "Ce n'est clairement pas une victoire pour la démocratie, s'inquiète Mary Ellen O'Connell, professeure de droit et juriste américaine. C'est sans aucun doute une terrible atteinte à l'Etat de droit."
Cette opération militaire spectaculaire offre un contraste saisissant avec l’échec de la Russie à enlever - voire éliminer-, en février 2022, le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une question se pose maintenant : si le Venezuela est la dernière victime de ce nouveau Far-West mondial… qui sera la prochaine ? Partout, les appétits s’aiguisent, les budgets militaires s’accroissent, et les déclarations belliqueuses se multiplient.
Le Groenland, territoire danois hautement stratégique et riche en ressources naturelles, tombera-t-il bientôt dans l’escarcelle de l’administration Trump ? Taïwan, l’île qui résiste encore à Xi Jinping, pourra-t-elle faire front encore longtemps ? Sans parler de l’Ukraine, bien sûr, convoitée par Vladimir Poutine…
Pour tout comprendre au nouvel ordre mondial en train de se mettre en place, retrouvez les...
-
10/01 - "Air de la ruche", propolis, gelée royale : ce que dit vraiment la science sur l’apithérapie
Deux abeilles fendent l’air en direction de la ruche. Avant de s’y engouffrer, elles s’arrêtent sur ce qui s’apparente au perron, un petit rebord en bois sur le devant de la structure, et que l'on nomme "planche d’envol". Les petites bestioles s'y frottent les pattes comme pour se laver des saletés accumulées pendant leur escapade. "La nature est bien faite, vous savez", s'extasie Sophie Encev, apicultrice amateur et propriétaire des lieux, une dizaine de ruches, dans l'Oise.
Le paillasson marron sur lequel les insectes passent, au milieu de ce jardin clairsemé, n’est autre que la fameuse "propolis", cette substance produite par les abeilles et prisée pour ses prétendues vertus sur le système immunitaire. C’est l’un des nombreux produits de la ruche vendu en parapharmacie et au rayon "complément alimentaire" des grandes surfaces. "Les abeilles sont formidables, elles récoltent la sève de certains arbres et s'en servent pour se désinfecter, colmater les brèches de la ruche et éviter les courants d'air", glisse l'exploitante.
Passionnée par ces petits insectes, la jeune femme autrefois chimiste-biologiste s’est lancée il y a quelques années dans l'apiculture amateur. Une activité qui, à ses yeux, a autant à voir avec le soin qu'avec l’alimentaire. Phéromones, pollen... Pour la jeune femme, pas de doute, les sécrétions des abeilles seraient quasiment des "médicaments naturels". Il y aurait là, au milieu des champs, dans ces cocons boisés remplis d'insectes zébrés, une pharmacopée, mieux, une pratique de...
-
10/01 - "Chair", de David Szalay : l’heure de la revanche pour la littérature masculine ?
Dua Lipa est-elle en passe de devenir la plus grande critique de notre époque ? On ne rigole qu’à moitié. Récemment, elle invitait Margaret Atwood dans son podcast littéraire. Il y a deux mois, nouvelle preuve de sa pertinence, c’était au tour de David Szalay de répondre à ses questions au sujet de son roman Chair, Booker Prize 2025. La popstar s’est déclarée "complètement obsédée" par le livre. Un enthousiasme étonnant : il y a deux ou trois ans, le ton désabusé déployé par Szalay sur près de 400 pages aurait pu lui attirer les foudres des féministes.
István, le personnage principal de Chair, n’est clairement pas une figure positive. Par sa passivité, il rappelle à la fois l’antihéros de L’Etranger de Camus et les hommes veules chers à Houellebecq. Au début du livre, István a 15 ans et vit en Hongrie. Il perd son pucelage dans les bras d’une voisine de 42 ans qui ne lui plaît pas. Un jour où il va la voir, il a affaire au mari. S’ensuit une échauffourée qui dérape : le cocu chute dans l’escalier, se tape la tête et meurt. István s’en moque comme de sa première partie de jambes en l’air. Après trois ans de prison, il s’engage dans l’armée et part pour l’Irak. Il oublie la guerre dans la coke, le speed et de tristes plans à trois.
Comment rebondir quand on a connu le stress post-traumatique ? On retrouve István à Londres, videur d’une boîte de strip-tease. Il se reconvertit en homme à tout faire (garde du corps et chauffeur) pour un richissime Suédois. Inévitablement, il entame une liaison avec Helen, la femme de son...
-
10/01 - Pourquoi le français n’est plus la "langue de Molière"
C’est une phrase qui revient régulièrement : les Français parleraient "la langue de Molière". Or, comme le souligne Patrick Charaudeau (Qu’est-ce que le français, mythes et réalités, Classiques Garnier), cela ne correspond que de très loin à la vérité.
Commençons par rappeler une évidence : la radio et la télévision n’ayant pas encore été inventées au XVIIe siècle, nous ne savons pas comment s’exprimait Molière au quotidien. Mais il est évident qu’il n’utilisait pas à l’oral la langue de ses pièces, a fortiori celles écrites en alexandrins !
Il est tout aussi certain que la prononciation du français a changé depuis quatre siècles. Notre "monnaie" se prononçait monnoie, raison pour laquelle le grand Jean-Baptiste fait rimer ce mot avec joye. Mêmes évolutions pour la graphie - "auarice", "foüiller", "ie vous ay" - et pour l’ordre des mots - "un mien frère", "je m’irois pendre". En réalité, à moins que vous ne soyez membre de l’UFR de littérature française et comparée de La Sorbonne, il y a peu de chances que vous ayez jamais lu Molière dans le texte original, mais dans les versions, largement modernisées, du XIXe siècle.
Cela ne doit pas nous empêcher, naturellement, d’admirer ses œuvres, mais en ayant conscience que nous n’utilisons plus le même français que lui. Cela est bien normal, d’ailleurs, puisque toutes les langues vivantes se modifient au fil des générations. A défaut, cet article serait encore écrit en latin, c’est-à-dire dans la langue de… Cicéron...
-
10/01 - Un week-end à Toulouse : aux Abattoirs, l’épopée pop de Jean-Charles de Castelbajac
Il a habillé Isabelle Adjani, Farrah Fawcett, Jean-Paul II, Vanessa Paradis ou encore Lady Gaga ; collaboré avec les icônes de l’underground new-yorkais Keith Haring, Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, mais aussi avec plusieurs trublions tricolores comme Sempé, Topor, Ben et Combas ; réalisé des fresques, des collages, des dessins ; designé du mobilier et customisé des objets du quotidien ; bousculé son époque en façonnant des vêtements-sculptures à partir d’une accumulation de nounours, de lunettes de soleil ou de pâtes alimentaires ; orné ses créations textiles de textes empruntés à la littérature, de Proust à Cocteau, de Gérard de Nerval à Simone de Beauvoir.
Le travail du boomer Jean-Charles de Castelbajac, inventeur de la robe-livre, du pull Snoopy ou de la vaisselle camouflage, est pluriel, sans frontières. Chez lui, depuis toujours, le stylisme et l’art ne font qu’un. Il les entremêle dans un joyeux charivari de couleurs primaires, autant inspiré par les histoires chevaleresques qui ont bercé son enfance que par l’iconographie de la pop culture.L'artiste a signé quantité d'œuvres graphiques, dont nombre d'inédits que l'on découvre ici.
Petit, déjà, il édifiait des forteresses à l’aide d’éléments détournés. Dans les internats catholiques, où il a traîné ses guêtres de 6 à 17 ans, il se rêvait un destin à part, où de l’indiscipline il ferait une discipline. C’est d’ailleurs à partir de sa couverture de pensionnaire qu’en 1968, libéré de ses obligations scolaires, Jean-Charles de Castelbajac, 18 ans, a...
-
10/01 - Groenland : l’Europe a-t-elle les moyens de dissuader Donald Trump ?
Moins d’une semaine après les nouvelles menaces de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland, un vent de panique souffle toujours sur le Vieux Continent. Loin de voir la pression retomber, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dénoncé le 8 janvier des propos "extrêmement inquiétants", et appelé à "s’en tenir" au respect du droit international. La veille, Paris avait annoncé que le sujet figurait au menu d’une réunion prévue le même jour avec Berlin et Varsovie. Au cœur des discussions : la question de la réponse à apporter en cas d’action hostile de Washington contre ce territoire de 2 millions de kilomètres carrés appartenant à la couronne danoise.
A ce stade difficile toutefois de savoir ce qu’a précisément en tête l’administration américaine, qui n’a cessé de souffler le chaud et le froid quant à la nature de ses intentions. "Toutes les options sont toujours sur la table pour le président Trump", a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, le 7 janvier, tout en ajoutant que la "diplomatie" restait la première d’entre elles. Une chose est sûre : en cas d'opération militaire de la première puissance mondiale, difficile pour les Européens d’espérer tenir tête. "Il n'y a aujourd'hui ni les capacités militaires ni la volonté politique au niveau des Etats européens d'entrer dans un conflit avec les Etats-Unis", glisse un ancien diplomate européen.
Bien que faisant pâle figure face à des forces américaines dotées d’un budget hypertrophié (près de 900 milliards de dollars en...
-
10/01 - Vimeo, AOL ou WeTransfer : le phénomène italien Bending Spoons, recycleur de la tech mondiale
"Sérieux, ils sont tellement bons !!!!" Xavier Niel n’est pas avare de points d’exclamation lorsqu’il évoque, par e-mail, Bending Spoons. Le milliardaire français en est actionnaire depuis l’été 2023, via son fonds Kima Ventures. Il a encore eu le nez creux. La start-up italienne enchaîne les acquisitions à un rythme d’enfer. En quelques mois, l’entreprise italienne a mis la main sur l’application de navigation Komoot, la plateforme vidéo Vimeo, l’ancien géant des services Internet américain AOL, et plus récemment la billetterie en ligne Eventbrite. L’année précédente avait déjà été marquée par les rachats du réseau social Meetup et du service de transfert de fichiers WeTransfer. Bending Spoons avait déjà dans son portefeuille l’application de prise de notes Evernote, celle de retouche photo Remini, et bien d’autres.
C’est sa raison d'être : réveiller de belles endormies. Des sociétés avec de bons produits et une clientèle fidèle, mais dont l’organisation ou la monétisation sont devenues obsolètes. Parfois, en ayant bénéficié d’investissements excessifs lors de bulles technologiques, au cours des 25 dernières années, en particulier aux Etats-Unis. Certaines restent méconnues du grand public, tandis que d'autres sont des noms familiers du Web à l’image de Vimeo, WeTransfer, ou encore AOL qui, au début des années 2000, surpassait en capitalisation boursière Boeing et General Motors combinés. "Dans la tech, on n’a pas vu de consolidateur aussi ambitieux et agressif ces dernières années au niveau mondial", souligne Thomas...
-
10/01 - Emmanuel Macron prépare-t-il une dissolution ? L’histoire du président et du pistolet à eau
La dissolution, on la fait quand on n’en parle pas. Demandez à Gabriel Attal, alors Premier ministre, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, Gérard Larcher, président du Sénat. Contrairement aux usages et surtout à la Constitution, Emmanuel Macron dissout le 9 juin 2024 sans les avoir consultés. Aucun des trois ne l’oubliera jamais, ne lui pardonnera jamais. Publiquement, le président a toujours dit qu’il ne dissoudrait pas à ce moment. Trois jours plus tôt, il répétait qu’il tirerait des leçons européennes du scrutin européen de ce jour-là, ce qui ne manquait pas forcément de bon sens.
Sortez tambours et trompettes. Sébastien Lecornu a donné instruction au ministère de l'Intérieur de préparer l'organisation d'éventuelles élections législatives aux mêmes dates que les municipales, les 15 et 22 mars, ont annoncé en boucle tous les médias. Une censure du gouvernement ne serait ainsi pas sans conséquence.
Qu’est-ce qui empêcherait une ficelle d’être à la fois grosse et usée ? Depuis 2022, l’exécutif sort l’arme de la dissolution à un rythme soutenu. Dans les mois qui suivent les législatives de juin 2022 et leur majorité relative cause de tant de malheurs, Emmanuel Macron indique à ses fidèles, pour que cela soit répété : si une motion de censure est un jour adoptée à l’Assemblée nationale, entraînant la chute du gouvernement, je ne changerai pas de Premier ministre, je renverrai les députés devant les électeurs.Pour être menaçant, il faut être fort
Au moment du débat sur les retraites, au printemps 2023,...
-
10/01 - Corée du Nord : pour Kim Jong-un, hors de question de subir le même sort que Nicolas Maduro
La capture, le 3 janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro rend nerveux le régime nord-coréen. Sa crainte : voir son leader, Kim Jong-un, subir le même sort que le satrape de Caracas. D’où un communiqué au vitriol, dès le lendemain de l’opération américaine, par l’agence officielle KCNA, fustigeant un "acte hégémonique des Etats-Unis" ou encore une "violation grave de la souveraineté du pays" et une "atteinte flagrante à la Charte des Nations Unies et au droit international".
Pyongyang en a rajouté une couche le 5 janvier, à la faveur de tirs de missiles hypersoniques menés sous la supervision de Kim Jong-un. Ces lancements ont été présentés par les organes de propagande comme une "tâche stratégique très importante" pour maintenir et développer une "force de dissuasion nucléaire puissante et fiable" dans un contexte de "crise géopolitique et des événements internationaux complexes". Une allusion claire à l’arrestation de Nicolas Maduro et un message pour le président américain, Donald Trump : l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord distingue la famille Kim du clan Maduro. Et il peut servir si nécessaire.
Pour les exégètes du régime nord-coréen, la réaction du régime prouve que la spectaculaire opération menée au cœur de la nuit sur Caracas a surpris Pyongyang. "Kim Jong-un constate une nouvelle fois la puissance et la menace que représentent les États-Unis, qui peuvent faire tout ce qu’ils veulent", observe Koh Yu-hwan, professeur d'études nord-coréennes à l'université Dongguk, à Séoul.Une paranoïa compréhensible...
-
10/01 - Données personnelles : la confidentialité absolue n’est plus un état naturel
Depuis l’été dernier, les fuites de données personnelles se succèdent en France avec une régularité qui change la nature même du sujet. Bouygues Telecom a reconnu, le 6 août, un accès non autorisé aux données personnelles de 6,4 millions de clients. Le 1er décembre, France Travail et le réseau des missions locales ont révélé que les informations relatives à 1,6 million de jeunes - nom, prénom, date de naissance, numéro de sécurité sociale, identifiant France Travail, adresse postale et électronique, numéro de téléphone - étaient susceptibles d’être divulguées. Ce même mois, plusieurs dizaines de fiches confidentielles ont été extraites du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ) et du Fichier des personnes recherchées (FPR) lors d’une attaque informatique qui a touché le ministère de l’intérieur. Début janvier, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a confirmé un vol de données chez un sous-traitant.
La CNIL indique avoir reçu 5 629 notifications de violations de données personnelles en 2024, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente, et observe une recrudescence des opérations de très grande ampleur, celles qui touchent plus d’un million de personnes.Un "super fichier" officieux de la population
C’est ici qu’une lecture contre-intuitive, et réaliste, devient possible. Nous basculons, de fait, dans une ère d’ultra-transparence. Les citoyens n’ont pas cessé de tenir à leur vie privée, mais l’exposition répétée de leurs données personnelles devient un bruit de fond, une routine. Le point dur...
-
10/01 - Guillaume Texier (Rexel) : "L’UE est trop rigide pour faire de la transition énergétique une opportunité"
En regardant le paysage par la fenêtre du bus, où une nappe de panneaux solaires habille les toitures d’une petite bourgade suisse, Guillaume Texier ne cache pas son enthousiasme. "Vous voyez, lorsqu’elle est faite de manière intelligente, leur intégration peut être très harmonieuse". Pour le directeur général de Rexel, le royaume de l’électron est un terrain de jeu qui ne cesse de s’étendre.
Fort de ses 27 000 salariés et d’un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros, ce groupe fondé en 1967 fait partie du club des champions tricolores de l’électricité, aux côtés de Legrand, Schneider Electric ou de son concurrent direct Sonepar. Ce distributeur inconnu du grand public fournit aux professionnels des kilomètres de câbles, des solutions d'économie d'énergie ou encore des équipements d'éclairage.
Diplômé de Polytechnique et des Mines, Guillaume Texier en a pris les commandes en 2021. Ce quinquagénaire à la silhouette de marathonien démarre habituellement sa journée de travail sur les coups de sept heures. Une habitude héritée de plus de dix années passées chez Saint-Gobain, après un détour par les ministères de l’Environnement et de l’Industrie. Sous son impulsion, Rexel se transforme : hausse des ventes en ligne, automatisation des centres logistiques… Et convainc les investisseurs - en Bourse, son cours a plus que doublé en quatre ans. Au point d'aiguiser l'appétit d'un groupe américain. En 2024, le distributeur de produits pour la construction QXO a tenté une offre de rachat, rejetée par le Français - preuve...
-
09/01 - Ventes de livres : Delphine de Vigan ou Pierre Lemaitre, qui va lancer la rentrée de janvier ?
Après la période de faste du mois de décembre, janvier rime souvent avec gueule de bois et morne plaine dans le monde de l’édition. Les potentiels lecteurs n’ont plus un sou en poche et les romans reçus à Noël s’empilent sur les tables de chevet. Par ailleurs, certains livres marquants de 2025 (celui d’Adèle Yon), voire de 2024 (celui de Salomé Saqué) continuent sur leur lancée. Enfin, critiques et libraires ont souvent manqué de temps pour étudier la rentrée d’hiver, là où ils planchent pendant trois ou quatre mois sur celle de septembre. Est-ce à dire que les nouveautés qui arrivent sont d’ores et déjà condamnées ?
Pour conjurer ces mauvais augures, les éditeurs comptent sur quelques poids lourds. Du côté d’Albin Michel, en attendant dans deux semaines le come-back de Thomas Schlesser avec Le Chat du jardinier, c’est Mélissa Da Costa qui ouvre le bal avec Fauves. Son précédent titre, Tenir debout, s’était vendu à plus de 200 000 exemplaires, et son lectorat fidèle devrait lui réserver un bon accueil. Delphine de Vigan ou Pierre Lemaitre, qui va lancer la rentrée de janvier ?
Gallimard mise pour sa part sur Delphine de Vigan avec Je suis Romane Monnier, déjà encensé partout, de Paris Match à Télérama et jusque dans nos colonnes. L’étude des chiffres de ventes de Delphine de Vigan est l’occasion de rappeler qu’on ne naît pas best-seller, on le devient. Ses trois premiers romans (Jours sans faim, Les Jolis Garçons et Un soir de décembre) n’avaient pas été des succès. C’est avec No et moi, en 2007, que la romancière...
-
09/01 - Méthode Billings, pseudoscience et complotisme : la croisade des réseaux d’extrême droite contre la pilule
Connaissez-vous la définition de "masculinisme" ? Ce mot, vous l’avez peut-être lu sur les réseaux sociaux, entendu aux infos ou au cinéma… Avec un bond de 800 %, Le Petit Robert le classe même en tête des termes plus recherchés de l’année 2025. Parmi les branches les plus véhémentes de ce courant, qui "cherche à promouvoir les droits des hommes et leurs intérêts dans la société au détriment de ceux des femmes" : se nichent les incels, contraction de involuntary celibates - les célibataires involontaires, en français - ces hommes qui reprochent leur solitude aux femmes.
Une nébuleuse, présente en ligne, violente, généralement proche de l’extrême droite, et toujours radicalement antiféministe. Dans leur ligne de mire, la contraception, qu’ils érigent en responsable de l’émancipation des femmes, comme d’autres courants d’ultradroite. Désinformation, théories complotistes, pseudoscience, géants du lobbying, réseaux européens et internationaux… A l’extrême droite, toutes les méthodes sont bonnes pour attaquer la pilule.Pseudosciences et dogme religieux
"Tinder, divorce de masse, psychose généralisée, féminisme hystérique…", Thaïs d’Escufon, l’influenceuse qui chuchote à l’oreille des incels, a bien des choses à reprocher à la pilule. Dans "La face cachée de la libération féminine", une vidéo publiée le 5 novembre 2023 qui a attiré 95 000 personnes, la youtubeuse formée à l’Action Française accable la contraception hormonale et incite à y renoncer. A en croire la vidéaste, mieux vaut privilégier les solutions dites "naturelles",...
-
09/01 - "Le Groenland finira tôt ou tard par se détacher du Danemark" : l’analyse décapante d’un géopolitologue danois
Les moyens militaires déployés par le Danemark pour assurer la sécurité du Groenland seraient insuffisants face aux menaces russes et chinoises. Voilà, en somme, ce qui suffirait à justifier, selon Donald Trump, le passage sous pavillon américain de la dépendance du Danemark. Un argument fallacieux, claque Copenhague qui contre-attaque, pointant la responsabilité américaine après la fermeture de plusieurs bases militaires et des effectifs militaires passés de 10 000 en période de guerre froide à moins de 200 aujourd'hui.
Mais qu'importe le réel et ce qu'il cache. Donald Trump n'a jamais semblé aussi déterminé à mettre la main sur ce territoire de l'Arctique. La Maison-Blanche chante même qu'il étudierait "activement" des projets de rachat. Ainsi, face à la détermination de la première puissance mondiale, le Danemark a-t-il encore des cartes à jouer pour l'en dissuader ? Et quid de l'Otan ? Survivrait-elle à un conflit entre deux de ses membres ? L'analyse du professeur en sciences politiques à l’Université de Copenhague et spécialiste en relations internationales, sécurité et de défense, Mikkel Vedby Rasmussen.
L'Express : Comment le Danemark réagirait-il en cas d'intervention américaine sur son territoire autonome ?
Mikkel Vedby Rasmussen : Même si l’administration Trump surfe sur l’euphorie suscitée par une série d’actions militaires décisives au Venezuela, une intervention militaire américaine m'apparaît peu probable. Mais ne vous y trompez pas : si les Etats-Unis lançaient une invasion, les forces...
-
09/01 - Des frappes "au sol" contre des cartels : Donald Trump accroît la pression sur le Mexique
Après le Venezuela, et en attendant peut-être Cuba et la Colombie, le Mexique et ses trafiquants de drogue sont chaque jour un peu plus dans le viseur de Donald Trump. Le président américain a annoncé jeudi 8 janvier les Etats-Unis allaient mener des frappes "au sol" contre les cartels de la drogue mexicains, sans préciser exactement où. "Nous allons commencer des frappes au sol en ce qui concerne les cartels. Les cartels dirigent le Mexique. C'est très, très triste de voir et regarder ce qui est arrivé dans ce pays", a déclaré Donald Trump dans une interview sur Fox News, alors que les Etats-Unis ont déployé dès cet été un important dispositif militaire dans les Caraïbes et bombardé des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte contre le narcotrafic.Il va "falloir faire quelque chose avec le Mexique"
Le week-end dernier, le milliardaire issu du parti républicain avait incité le Mexique à "se ressaisir", après des mois de pression sur le voisin du sud sur les questions de lutte contre le narcotrafic et de balance commerciale. Le président américain avait exhorté Claudia Sheinbaum, son homologue mexicaine, de laisser Washington envoyer des forces américaines lutter contre ces cartels de la drogue qui opèrent au Mexique, une proposition qu'elle avait déjà rejetée par le passé, a-t-il indiqué. Donald Trump avait évoqué la possibilité d'une intervention militaire américaine au Mexique, affirmant que les cartels de la drogue "dirigent" le pays et qu'il va "falloir faire quelque chose avec le...
-
09/01 - Mercosur : l’accord approuvé par une majorité de pays de l’UE malgré l’opposition française
Après plus de 25 ans de négociations et malgré l'opposition de plusieurs pays, dont la France, les États membres de l'Union européenne ont approuvé ce vendredi 9 janvier la signature de l'accord de libre-échange avec le bloc sud-américain Mercosur.
L'accord a été donné via les ambassadeurs des Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, a appris Reuters de trois diplomates européens et de sources. Les pays doivent confirmer leur vote par écrit d'ici 17h00, ont dit les diplomates.
La Commission européenne, qui a conclu les négociations il y a un an, et des pays tels que l'Allemagne et l'Espagne soutiennent que cet accord constitue un élément clé de la stratégie de l'UE visant à ouvrir de nouveaux marchés afin d'atténuer l'impact des droits de douane américains et de réduire la dépendance à l'égard de la Chine, particulièrement pour les minerais comme le lithium pour batteries.
Les détracteurs de l'accord commercial, au premier rang desquels la France - premier producteur agricole de l'UE -, s'inquiètent pour leur part d'une hausse des importations de produits alimentaires bon marché, notamment de bœuf, de volaille et de sucre, au détriment de l'agriculture locale.Signature dès la semaine prochaine
En colère, les agriculteurs ont lancé des manifestations dans toute l'Europe. En France, ils ont notamment mené jeudi des opérations de blocage dans et autour de Paris. Vendredi, une opération "escargot" a perturbé le trafic sur le périphérique parisien à l'initiative de la Confédération paysanne.
Pour être validé, l'accord...
-
09/01 - Après Nicolas Maduro, et si Donald Trump kidnappait Emmanuel Macron ?
Après Nicolas Maduro, le président américain pourrait-il faire enlever Emmanuel Macron ? La question paraît saugrenue : contrairement au dictateur vénézuélien, le président français a été légitimement élu ; il dirige le pays qui est le plus ancien allié de Washington ; Donald Trump n’a formulé aucune accusation de narcotrafic contre lui et ne lui a pas demandé de quitter le pouvoir.
À bien regarder, pourtant, un tel scénario, même invraisemblable, aide à prendre la mesure de l’abîme dans lequel la relation transatlantique est tombée depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche il y a un an. L’Europe et l’Amérique ont connu des périodes de tension depuis la Seconde Guerre mondiale, par exemple lors de la crise du canal de Suez en 1956 ou de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Mais jamais les membres de l’Alliance atlantique, celle qui se targuait encore récemment d’être "l’alliance la plus forte que le monde ait jamais connue", n’avaient été aussi proches du divorce.
Dans leur Stratégie nationale de sécurité, publiée en décembre, les Etats-Unis affichent leur intention de déstabiliser les gouvernements progressistes européens au profit des forces nationales populistes. Ils accompagnent le maintien de leur présence dans l’Otan de l’exigence d’un alignement absolu de leurs partenaires sur leurs seuls intérêts nationaux, au point qu’ils s’arrogent, au Groenland, le droit de s’approprier le territoire souverain d’un allié aussi fidèle que le Danemark. Dans ces conditions, s’en prendre à la France, vue comme le pays...
-
09/01 - Manifestations, coupures Internet... La contestation s’intensifie en Iran
C'est une mobilisation initialement liée à la vie chère, qui s'est depuis élargie à des revendications politiques. Le mouvement de contestation anti-gouvernementale en Iran évolue rapidement, tandis que la pression internationale sur le régime iranien est croissante. Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début de la mobilisation dans le pays fin décembre, selon un nouveau bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, publié jeudi 8 janvier. L'agence de presse américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency) a fait état de 2 200 arrestations lors des troubles.
L'Iran a subi une coupure d'internet nationale jeudi, d'après l'organisation de surveillance d'internet NetBlocks, selon qui les données de connectivité ont révélé une chute brutale et quasi totale du réseau dans le pays au cours de l'après-midi. Cette coupure a coïncidé avec les appels à la mobilisation lancés à l'étranger par Reza Pahlavi, fils du dernier shah d'Iran, renversé lors de la révolution islamique de 1979. "Le monde entier vous regarde. Descendez dans la rue", a exhorté Reza Pahlavi sur les réseaux sociaux.
Great nation of Iran, the eyes of the world are upon you. Take to the streets and, as a united front, shout your demands. I warn the Islamic Republic, its leader, and the IRGC that the world and @POTUS are closely watching you. Suppression of the people will not go unanswered. https://t.co/keyFFounaX— Reza Pahlavi (@PahlaviReza) January 8, 2026
Le régime iranien a déjà imposé des...
-
09/01 - Face à Donald Trump et Xi Jinping, l’Europe doit-elle créer une "alliance des Good Guys" ?
En ce début d'année, Donald Trump n’aura pas attendu longtemps pour acter l’abrupt retour à la loi du plus fort. La capture de Nicolás Maduro, sous couvert de narcotrafic, cache à peine la véritable raison du spectaculaire raid américain à Caracas : gérer les immenses réserves pétrolières du pays. Les raisons de la mise sous pression du Groenland sont similaires. A savoir mettre la main sur le potentiel minier du territoire danois. Le président républicain ne s’en est jamais caché : selon lui, puissance rime avec contrôle de l'énergie. Fossile, dans son cas.
Les premiers jours de 2026 viennent confirmer une tendance grandissante : une division du monde entre "pétro-Etats" et "électro-Etats". Les Etats-Unis, avides de pétrole et de gaz, se campent en leaders du premier groupe. La Chine, qui domine les technologies vertes et s’électrifie à marche forcée, domine la seconde catégorie. Et l’Union européenne ? "Elle occupe une position intermédiaire très inconfortable, dépendante des deux blocs, mais sans s'aligner pleinement sur aucun d'entre eux. En résumé, une soupape de pression", notent les chercheuses Tatiana Mitrova et Anne-Sophie Corbeau dans une captivante analyse publiée mi-décembre.
Les Vingt-Sept évoluent sur une ligne de crête, tiraillés au milieu d’un paysage énergétique de plus en plus bipolaire. En sevrage du gaz russe, le continent s’est davantage tourné vers le GNL américain. Conscient de l’importance de ce marché pour son pays, Donald Trump a utilisé la menace des droits de douane pour obtenir...
-
09/01 - Minneapolis : ce que l’on sait de la mort de Renee Nicole Good, tuée par la police de l’immigration
C'est un drame survenu alors que l'administration de Donald Trump mène une répression accrue contre les immigrés depuis son retour au pouvoir. Un agent fédéral des services américains de l'immigration (ICE) a abattu mercredi 7 janvier une femme de 37 ans qui se trouvait dans sa voiture à Minneapolis, dans l’Etat du Minnesota. L'Express fait le point sur la mort de Renee Nicole Good, qui a déclenché des manifestations et un vif débat sur les circonstances de ce décès.Que s'est-il passé ?
Un agent de l'ICE a tiré en état de légitime défense après qu'"une émeutière violente" a tenté de renverser des policiers, a assuré une porte-parole du Département de la Sécurité intérieure dans un communiqué, ajoutant que l'agent avait craint pour sa vie. Toutefois, des vidéos de la fusillade, diffusées en ligne et authentifiées par Reuters, remettent en question la version officielle. L'une d'elles montre un agent s'approcher d'un SUV, ordonner à la conductrice de sortir et saisir la poignée de la portière, tandis qu'un autre agent apparaît devant la voiture. La conductrice recule dans un premier temps puis avance, et l'homme qui se trouve devant elle dégaine son arme, recule et tire trois coups de feu. On ignore si la voiture a heurté le policier, et ce dernier a tiré au moins un coup de feu après que le véhicule l'a dépassé.
You’re lying. There was no attempt to run the officer over and no ICE agents appear to be hurt.
Get out of our city. https://t.co/Pehycaaeei https://t.co/fMnubawQiD— Ilhan Omar (@IlhanMN) January 7,...
-
09/01 - La Russie dit avoir frappé l’Ukraine avec son missile hypersonique Orechnik
L'armée russe a déclaré ce vendredi 9 janvier avoir tiré un missile hypersonique Orechnik sur une cible en Ukraine dans le cadre de ce qu'elle a décrit comme une frappe massive menée pendant la nuit contre des installations énergétiques et des sites de fabrication de drones. L'armée de l'air ukrainienne a confirmé un tir russe de ce missile depuis la base de Kapoustine Iar près de la mer Caspienne.
Le ministère de la Défense a déclaré dans un communiqué que cette frappe était une riposte à une tentative d'attaque de drone ukrainienne contre l'une des résidences du président Vladimir Poutine fin décembre. Kiev a qualifié de "mensonge" l'affirmation russe selon laquelle elle aurait tenté d'attaquer la résidence, située dans la région russe de Novgorod.
"Les cibles de la frappe ont été atteintes", a déclaré le ministère russe de la Défense. Le gouverneur de la région de Lviv, Maksym Kozytskyi, a déclaré qu'une infrastructure critique avait été visée. Selon les médias locaux, le gisement gazier de Stryi, doté d'une importante installation de stockage de gaz, était probablement la cible visée.
D'après l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a lancé 36 missiles et 242 drones au total au cours de son attaque nocturne. Quatre personnes ont été tuées à Kiev, où des immeubles résidentiels ont été touchés, ont déclaré les autorités de la capitale ukrainienne. Selon le maire de la ville, Vitali Klitschko, un membre des services de secours a notamment été tué en arrivant près d'un immeuble touché par deux drones successifs. Le...
-
09/01 - Didier Lallement parmi les généraux, ce maître-espion condamné pour homosexualité
La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe. Lallement parmi les généraux
Il n’a pas troqué la casquette pour le képi… mais presque. Ces dernières semaines, des hauts gradés ont eu la surprise de croiser Didier Lallement, l’ex-préfet de police des années gilets jaunes, à l’état-major des armées. Pas pour une visite de courtoisie : depuis juillet 2025, ce réserviste de la Marine prépare un rapport commandé par Matignon. Le sujet ? L’articulation entre les administrations civiles et l’armée, en cas de conflit majeur impliquant la France. Rendu prévu à l’été 2026.Beigbeder dans Le Collimateur ?
Charles Beigbeder s’intéresse au Collimateur, le podcast consacré aux questions militaires, soutenu par le think tank Ifri et la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées. Le patron, proche de la droite catholique, aimerait nouer un partenariat avec l’émission animée par Alexandre Jubelin. But avoué ? Faire connaître Straton, son nouveau fonds d’investissement dédié aux PME de la défense française. Wybot, maître espion condamné
Le commissaire Olivier Brun publiera...
-
09/01 - Guerre en Ukraine : l’énergie portable, le nouveau nerf de la supériorité militaire, par Samuel Guillaume
L’énergie n’est plus un simple soutien logistique, elle est devenue un facteur décisif de supériorité stratégique. Pendant quinze ans, les armées occidentales ont combattu dans des environnements désertiques, face à des groupes irréguliers. L’Afghanistan, l’Irak ou le Sahel ont façonné une guerre mobile, centrée sur la logistique et le carburant.
La guerre en Ukraine marque un tournant. Elle oppose des armées de métier dotées d’équipements ultra-technologiques. La supériorité, on le voit, se joue désormais sur quatre aspects :
1) les communications cryptées et cartographies numériques
2) les capteurs intelligents et radars
3) l’usage massif des drones de surveillance et d’attaque
4) les armes de brouillage et systèmes anti-drones
Pourtant, il demeure un aspect essentiel qu’on a tendance à négliger : l’énergie. Dans une guerre où des dizaines de milliers de drones sont utilisés chaque mois, les enjeux de recharge deviennent aussi critiques que les drones eux-mêmes. Sur ces nouveaux terrains de conflits, l’énergie est omniprésente, et crée de fait des vulnérabilités. Un générateur qui tourne, un moteur en marche, ce sont autant de signatures thermiques détectables. Dans un champ de bataille saturé de drones, chaque source d’énergie devient alors une cible.Les drones, catalyseurs de la guerre énergétique
Jamais une innovation n’a bouleversé aussi vite le champ de bataille. En Ukraine, les drones sont partout (observation, ciblage, bombardement, logistique, attaques kamikazes). Face à eux, trois ripostes sont possibles :...
-
09/01 - Venezuela : face à Donald Trump, l’Europe entre dans une nouvelle ère
Cette semaine l'actualité européenne qui a retenu notre attention, c’est le tournant qu’a pris la relation entre l’Europe et les Etats-Unis.
Le point de départ de cette crise se déroule vers 2 heures du matin le 3 janvier à Caracas, quand des détonations sont entendues dans la capitale vénézuélienne et aux alentours. Des dizaines d’avions et d’hélicoptères américains survolent le pays, avant d’atteindre la résidence de Nicolas Maduro. En quelques minutes, une unité d’élite capture le chef d’Etat et sa femme. Les images du dictateur cagoulé, en attente d’un jugement pour narcotrafic, font le tour du monde.
Le lendemain, dans l’avion présidentiel, Donald Trump se félicite de l’opération, qui ne respecte pourtant aucun cadre international. Il n’exclut pas de recourir à la même méthode dans d’autres pays, comme à Cuba par exemple. Et surtout le président américain s’exprime à nouveau sur le Groenland. "Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale" précise Donald Trump, avant d'ajouter en riant "nous parlerons du Groenland dans 20 jours."
L’attaque au Venezuela, les déclarations offensives de Donald Trump… Deux évènements qui ont suscité des réactions timides de la part de l’Europe. Pourtant c’est une véritable rupture dans notre relation avec les Etats-Unis, comme l'explique Corentin Pennarguear, grand reporter au service Monde de L’Express, dans ce premier épisode de "La semaine européenne".
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts...
-
09/01 - Absence de budget et loi spéciale : combien cette parenthèse va-t-elle coûter à la France ?
Les députés éprouvent, sans aucun doute, une sensation de déjà-vu en ce début de nouvelle année. Comme en 2025, ils vont devoir se retrouver sur les bancs de l’Assemblée pour débattre et tenter de trouver un accord sur le budget, après le rejet quasi unanime du mois dernier. Jeudi 8 janvier, le texte adopté par le Sénat a fait son retour en commission des Finances où les débats promettent d’être animés. Un processus rendu possible par l’adoption, le 23 décembre dernier, d’une nouvelle loi spéciale permettant à l’Etat de continuer à percevoir les impôts et de lever de la dette pour se financer. Le scénario ressemble fort à celui de l'an dernier, si ce n'est que seul le projet loi de finances 2026 sera de nouveau examiné par les parlementaires. La loi de financement de la sécurité sociale a, elle, obtenu de justesse, le feu vert du Parlement le mois dernier.
Mais pendant combien de temps l’Etat peut-il se permettre de vivre sans budget ? Et à quel prix ? Dans une interview publiée dans Le Parisien le 3 janvier, le ministre de l’Économie, Roland Lescure qualifiait la loi spéciale de "roue de secours qui permet de faire les quelques kilomètres qui nous séparent de la station de service pour changer les pneus et repartir de plus belle". Une solution dont le coût "se chiffrera a posteriori à plusieurs milliards d’euros". Une évaluation moins catégorique que la précédente. En octobre dernier, quelques jours avant l'ouverture des débats budgétaires à l'Assemblée nationale, le ministère des Comptes publics indiquait...
-
08/01 - Arrêt des injections amaigrissantes GLP-1 : le poids revient en deux ans, alerte une étude
Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford et publiée dans The BMJ montre que les patients qui arrêtent les médicaments amaigrissants à base de GLP‑1 (la version synthétique d’une hormone, à l’origine naturelle, produite dans l’intestin humain) souvent utilisés pour traiter l'obésité, reprennent en moyenne tout le poids perdu en moins de deux ans.
Les chercheurs ont analysé 37 études impliquant plus de 9 300 participants, et ont constaté que le poids était repris à un rythme moyen de 0,4 kg par mois après l’arrêt du traitement. Plus précisément, les personnes sous tout type de médicament amaigrissant perdaient en moyenne 8,3 kg pendant le traitement, mais reprenaient 4,8 kg au cours de la première année.Perte des bénéfices cardiovasculaires
Ces médicaments, initialement développés pour traiter le diabète, agissent en imitant l’hormone GLP‑1, qui aide à se sentir rassasié et régule la glycémie. Les injections permettent une perte de poids régulière, et peuvent améliorer certains indicateurs de santé cardiovasculaire et métabolique, comme le cholestérol et la tension artérielle. Des bénéfices qui tendent à s’effacer rapidement : ils reviennent à leur niveau initial dans les 1,4 an suivant l’arrêt du traitement, souligne l’Université d’Oxford.
Les chercheurs ont passé en revue les études en comparant les effets des médicaments amaigrissants aux programmes diététiques et d’exercice, ainsi qu’au placebo. Ils ont constaté que le rythme de reprise de poids après l’arrêt des médicaments est presque quatre...
-
08/01 - Mercosur : pourquoi le non de la France n’empêchera pas le vote du texte
Emmanuel Macron a annoncé jeudi 8 janvier, dans un communiqué et sur ses réseaux sociaux, que la France voterait "contre la signature de l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur". Un accord "d'un autre âge", selon le chef de l'Etat, négocié "sur des bases trop anciennes".
Malgré des "avancées incontestables, le constat doit être dressé d'un rejet politique unanime de l'accord, comme l'ont clairement montré les récents débats à l'Assemblée nationale et au Sénat", a-t-il déclaré. Une position qui ne suffira toutefois probablement pas à bloquer le texte au niveau européen.
La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999).
Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 8, 2026
Depuis plusieurs semaines, la France tente de rallier d’autres Etats membres afin de constituer une minorité de blocage au sein du Conseil de l’Union européenne - une coalition représentant au moins 35 % de la population de l’UE, nécessaire pour empêcher l’adoption d’un texte commercial. Mais cette coalition ne s’est pas matérialisée. Malgré le soutien de la Pologne, de la Hongrie, de l’Autriche et de l'Irlande, d’autres pays clés comme l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne ou les pays scandinaves, ont choisi de soutenir le traité ou de ne pas s’opposer frontalement, sapant ainsi cette stratégie de blocage. Le...
-
08/01 - Derrière l’interdiction des réseaux sociaux, un invraisemblable match Emmanuel Macron - Gabriel Attal
C’est un bras de fer qui mobilise, excusez du peu, le président de la République et l’un de ses anciens Premiers ministres, Garbiel Attal. C’est un concours pour savoir qui était là "prem’s". C’est une bataille qui peut paraître dérisoire ou grotesque, c’est au choix, mais qui dit beaucoup de l’instant présent, une querelle de "legacy" et d’héritage. L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans mobilise le sommet de l’Etat, celui qui l’occupe et celui qui veut le remplacer.
La querelle a quelque chose d’absurde. Voilà enfin une mesure consensuelle dans ce Parlement explosé façon puzzle. Utile aussi, tant la surexposition des jeunes au numérique pèse sur leur développement personnel. Mais la politique a ses règles propres. Un projet de loi préparé par le gouvernement et une proposition de loi soutenue par Gabriel Attal sont engagés dans une course de vitesse pour atterrir le premier. Les deux textes sont examinés ce jeudi 8 janvier par le Conseil d’Etat, chargé d’étudier leur viabilité juridique.
Gabriel Attal et Emmanuel Macron revendiquent tous deux une antériorité sur le sujet. Attention, bataille de dates ! Autour du chef de l’Etat, on se remémore avec gourmandise une scène. Le 16 janvier 2024, le président de la République dévoile son intention de réguler l’accès des enfants et adolescents aux écrans, qui "trop souvent enferment là où ils devraient libérer". Son Premier ministre, Gabriel Attal, en prend alors bonne note, qui assiste à la conférence de presse, rappelle-t-on à l’Elysée. Mais n’a-t-il...
-
08/01 - "Les fantasmes sur l’immigration sont aussi nombreux à gauche qu’à droite" : la mise au point de l’économiste Alan Manning
Le "grand remplacement" est un mythe, les immigrés ne volent pas les emplois des natifs, l’immigration n’est pas une solution au vieillissement des sociétés européennes, et toute politique migratoire suppose de sélectionner parmi les candidats à la migration ceux que l’on accepte ou non sur le territoire. Voici, pêle-mêle, ce que montre Alan Manning dans son nouveau livre, Why Immigration Policy is Hard And How to Make it Better (Polity), qui vient de paraître en anglais.
Ancien président du Migration Advisory Committee - un organisme indépendant nommé par le gouvernement britannique et chargé de formuler des recommandations en matière de politique migratoire –, l’économiste revient pour L’Express sur les idées reçues qui polluent le débat public, aussi bien chez les partisans que chez les opposants à l’immigration. Loin des caricatures, Alan Manning défend une approche nuancée et factuelle d’un sujet qui déchaîne les passions. Entretien.
L’Express : Pourquoi écrire un livre sur un sujet aussi sensible que l’immigration ?
Alan Manning : Parce que lorsque je suis devenu, un peu par hasard, président du Migration Advisory Committee en 2016, je me suis retrouvé au cœur de la fabrication des politiques migratoires. Ce poste m’obligeait à me positionner, à dire quelle politique publique était bonne ou mauvaise. J’ai été frappé par le niveau de polarisation du débat public, où chacun est obligé de choisir un camp, alors même que le sujet de l’immigration est tout sauf binaire. En me confrontant à la réalité de la...
-
08/01 - Enlèvement de Nicolas Maduro : pourquoi le raid américain aurait pu virer au fiasco
L’opération spéciale a été présentée par Donald Trump comme un succès retentissant. Une mission "parfaitement exécutée". Pourtant, le raid américain visant à capturer le président Nicolas Maduro à Caracas le 3 janvier dernier a frôlé la catastrophe à plusieurs reprises, pointe le New York Times dans un long récit publié le 7 janvier, basé sur les dires de "responsables américains actuels et anciens, qui ont parlé sous couvert d’anonymat". La mission, nommée "Absolute Resolve" impliquait plus de 150 aéronefs lancés depuis 20 bases différentes, reposant sur une coordination complexe.
Les hélicoptères de l’armée américaine ont survolé Caracas aux premières heures du samedi 3 janvier, glissant à basse altitude au-dessus de la capitale vénézuélienne pour atteindre le complexe fortifié de Nicolas Maduro. Selon le NYT, les appareils sont alors rapidement pris sous le feu vénézuélien. Le premier hélicoptère de l’assaut, "un gigantesque MH-47 Chinook à double rotor" est endommagé, son pilote et planificateur de la mission est "touché trois fois à la jambe". L'hélicoptère principal presque abattu
À ce moment, "le succès de l’opération est en jeu" juge le NYT, qui décrit une mission dont l’échec d’un seul élément aurait pu créer des risques catastrophiques pour tous les soldats impliqués. Et de convoquer le souvenir "mortel du Black Hawk abattu à Mogadiscio, en Somalie, en 1993, qui avait déclenché une bataille féroce au cours de laquelle 18 soldats américains étaient morts et 73 blessés".
Le chinook endommagé, pourtant, se stabilise...
-
08/01 - Jacek Bartosiak : "Les Européens doivent être capables de franchir la frontière psychologique de la violence"
Jacek Bartosiak est l’un des penseurs géostratégiques polonais les plus influents. Fondateur et directeur général du think tank Strategy & Future, il est l’auteur de plusieurs best-sellers, écoulés à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, consacrés aux enjeux de sécurité en Europe centrale et orientale, en Eurasie et dans le Pacifique. En 2025, il publie "Les yeux grands ouverts : stratégie polonaise en cas de guerre mondiale" (Non traduit).
Suivi par près d’un demi-million de personnes sur les réseaux sociaux, il est devenu une figure incontournable du débat public. Dans un pays traditionnellement atlantiste, ses positions profondément critiques à l’égard des États-Unis détonnent. Ultra-sceptique quant à la crédibilité de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, il plaide pour une alliance resserrée de la Pologne avec les pays scandinaves, les États baltes, la Turquie et, bien sûr, l’Ukraine, afin de faire face à une menace russe qu’il juge imminente. Un réalignement qui gagne du terrain au sein de la communauté stratégique polonaise, et progressivement parmi la classe politique. "Une guerre en Europe, au‑delà de l’Ukraine, est très probable", avertit ce spécialiste connu pour son franc-parler et un brin provocateur. Entretien.
L'Express : Pourquoi Donald Trump et les Européens n'arrivent-ils pas à mettre fin à la guerre en Ukraine ?
Jacek Bartosiak : Parce que les oppositions fondamentales n’ont pas été résolues sur le champ de bataille. La Russie estime qu’elle n’a pas suffisamment gagné cette...
-
08/01 - Sébastien Lecornu à l’heure d’Atlas, quand François Mitterrand jugeait Jean-Luc Mélenchon
Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon ! Il n'est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant les municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle. Mercosur, le débat impossible
Après l’abandon de la réforme des retraites, l’isolement sur le terrain européen, autre marqueur historique d’Emmanuel Macron ? La France pourrait voter non au traité du Mercosur et se mettre en minorité au sein de l’Union. "C’est devenu l’un de ces objets dont on ne peut même plus débattre", remarque dépité un macroniste historique.Mitterrand juge Mélenchon
Jean Glavany, qui fut (entre autres) chef de cabinet de François Mitterrand à l’Elysée, publie Conversations intimes (Perrin), un livre sur l’ancien président, trente ans après sa mort. Il rapporte ainsi ce propos sur Jean-Luc Mélenchon, qui avait une grande affection pour "le Vieux" : "Ce garçon a beaucoup de talent ; il faut juste qu’il se méfie de lui-même."Lecornu et l’heure d’Atlas
L’Elysée ne tarit pas d’éloges sur Sébastien Lecornu : "Le président et lui sont branchés sur le même voltage donc tout est extrêmement fluide et rapide entre eux." Après Jupiter, voici donc venu le moment d’"Atlas", avance même un conseiller en référence à ce dieu grec qui portrait sur ses épaules la voûte céleste : "Physiquement, il est un peu voûté, il essaie… L’époque est à ces personnalités peu médiatiques."Le Pen : le choix de Marseille
Signe de l’intérêt qu’elle porte à Marseille, deuxième ville de...
-
08/01 - Le Français Laurent Vinatier libéré en échange d’un ressortissant russe
La Russie a remis en liberté le chercheur français de 49 ans Laurent Vinatier, a rapporté ce jeudi 8 janvier l'agence de presse russe Tass, citant le service russe de la sécurité intérieure (FSB).
La France estimait que Laurent Vinatier était arbitrairement détenu et demandait sa libération. Celle-ci a finalement eu lieu après la remise en liberté par la France d’un ressortissant russe incarcéré, le basketteur Daniil Kasatkin. Selon son avocat, le sportif arrêté en juin dernier à la demande des Etats-Unis pour une implication présumée dans des attaques informatiques, est rentré à Moscou par avion jeudi.Considéré comme un "agent de l'étranger"
Une grâce présidentielle de Vladimir Poutine a alors été annoncée en faveur de Laurent Vinatier ce jeudi. Laurent Vinatier avait été condamné en octobre 2024 pour avoir enfreint des lois obligeant les personnes considérées comme des "agents de l’étranger" à s’enregistrer auprès des autorités russes. En détention, il avait ensuite fait l’objet d’une enquête supplémentaire pour espionnage et risquait un nouveau procès dans les mois suivants.
-
08/01 - GNL russe : l’Europe accusée de maintenir la machine de guerre du Kremlin
De nouvelles données montrent que le Kremlin a tiré environ 7,2 milliards d’euros de ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Union européenne en 2025, révèle le quotidien britannique The Guardian. Une information qui met en cause certains gouvernements européens, accusés de financer via ces achats l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine.
C’est seulement le 3 décembre 2025 que les dirigeants de l’UE se sont engagés à interdire les importations de GNL russe — du gaz naturel refroidi à très basse température afin de faciliter son transport — d’ici le 1er janvier 2027 dans le cadre de la feuille de route REPowerEU, visant à mettre fin à la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. 15 millions de tonnes achetées au Kremlin en 2025
Mais pour l’heure selon les données du Guardian, les importations de GNL russe n’ont absolument pas décéléré malgré la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, que l’UE est censée soutenir et protéger. Ainsi, plus de 15 millions de tonnes de GNL provenant du complexe de Yamal, situé dans la péninsule de Sibérie occidentale du même nom, ont transité vers des ports européens en 2025, pour un total de plus de 7 milliards d’euros versés au Kremlin selon les chiffres de l’ONG de défense des droits humains Urgewald. Pire encore : la part de l’UE dans les exportations mondiales de GNL de Yamal a même augmenté à 76,1 %. Ces importations restent légales et l’Europe centrale et orientale demeure fortement dépendante de cette énergie, raison pour laquelle l’UE se montrait jusqu’ici...
-
08/01 - Jérôme Salomon chez Zoī ou la déliquescence de l’intérêt général
L’ancien directeur général de la santé, une des fonctions les plus importantes de l’Etat en matière sanitaire, vient d'annoncer qu'il se tournait vers le privé. En posant son bureau chez Zoī, cette start-up aux allures de villa de milliardaire à deux pas de la place Vendôme, Jérôme Salomon rejoint le cercle de plus en plus large des ex-serviteurs de la patrie partis défendre des intérêts bien plus restreints que ceux du bien commun.
Avec un tel choix, Jérôme Salomon participe, bon gré mal gré, à abîmer le système de santé publique, à bout de souffle depuis la crise sanitaire, où cet épidémiologiste de formation était pourtant aux avant-postes.
Zoī, 2000 m2 d’infrastructures médicales dernier cri, de spa, de piscines, de satin et de miroirs que L’Express avait pu visiter en 2023, n’est pas seulement une entreprise de luxe, tournée vers le profit. Les examens qu'elle propose - une trentaine de tests ultra-poussés censés prédire les pathologies et aider à ralentir le vieillissement - consacrent une médecine de l’exclusion, à destination du plus offrant. Les seuls concernés sont ceux qui peuvent débourser plus de 300 euros par mois, pour des dépistages allant bien au-delà de ce qui est recommandé par les autorités sanitaires. Plutôt Narcisse qu'Hippocrate
Avant lui, Olivier Véran avait déjà opté pour une trajectoire similaire, du ministère de la Santé à la chirurgie esthétique, pratique plus proche de Narcisse que d'Hippocrate. Alors que l’élu de Grenoble avait regretté le manque de médecins durant la crise sanitaire,...
-
08/01 - Plusieurs hauts responsables du Congrès américain victimes d’une cyberattaque chinoise
La Chine a piraté les messageries électroniques utilisées par le personnel de plusieurs commissions influentes de la Chambre des représentants américaine, dans le cadre d’une vaste campagne de cyberespionnage connue sous le nom de Salt Typhoon, révèle le Financial Times ce jeudi 8 janvier. Selon des sources proches du dossier, les services de renseignement chinois ont accédé aux systèmes de messagerie de certains collaborateurs de la commission Chine, ainsi que des commissions des affaires étrangères, du renseignement et des forces armées. Ces intrusions ont été détectées en décembre, et l’identité exacte des personnes visées n’a pas été précisée, ajoute le quotidien financier.
Le ministère de la Sécurité d’État (MSS), les services de renseignement chinois, utilise le logiciel Salt Typhoon depuis plusieurs années pour infiltrer les communications téléphoniques. D'après des sources proches du dossier, il est difficile de déterminer si les courriels des parlementaires eux-mêmes ont été consultés. Les experts estiment néanmoins que cette attaque s’inscrit dans une campagne plus large, menée depuis au moins 2019, qui a permis à la Chine "de pénétrer les réseaux de plusieurs grands opérateurs télécoms, de fournisseurs d’accès à Internet, ainsi que des infrastructures gouvernementales, de transport, hôtelières et militaires sur tout le territoire américain", comme l'écrivait L'Express en septembre dernier. Les enquêteurs ont lié cette campagne à au moins trois sociétés technologiques...
-
08/01 - Panne d’électricité géante à Berlin : un coup de semonce pour les autorités allemandes
Imaginez une panne d’électricité coupant Internet et plongeant dans le noir un arrondissement entier de Paris pendant cinq jours. Imaginez encore que l’incident survienne lors d’un hiver particulièrement froid, obligeant les habitants à trouver des solutions de secours pour se chauffer. Imaginez enfin que l’incident ait été provoqué de manière intentionnelle par un groupe d’activistes luttant contre le modèle capitaliste. Cette crise, plusieurs dizaines de milliers de Berlinois l’ont subie entre le 3 et le 8 janvier, après l’incendie d’un point précis du réseau de leur ville.
"J’ai des collègues et des amis qui habitent dans le secteur concerné. Pour eux, c’était une situation compliquée, comme un aperçu de ce que nos amis ukrainiens vivent depuis des années", témoigne Sven Rosner, directeur de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique. La presse a d’abord pensé à une attaque russe avant qu’un réseau d’extrême gauche baptisé Vulkangruppe (groupe volcan) ne revendique l’attentat par le biais d’une lettre. "On ne peut exclure que d’autres acteurs, notamment des intérêts étrangers tels que la Russie, puissent être impliqués", précise Claudia Kemfert, professeure d’économie et de politique énergétiques à l’université de Lunebourg et à l’Institut allemand pour la recherche économique.
Au-delà des responsabilités, la situation chaotique que vit une partie des Berlinois s’apparente à un véritable coup de semonce pour les autorités, dont l’inaction face à la montée des risques est pointée du doigt.
"Les décideurs...
-
08/01 - Anticiper, c’est penser hors du cadre pour ne pas subir, par Emmanuel Chiva
Voici le premier numéro d’une chronique dans laquelle je vais m’attacher à vous donner quelques clés dans le domaine de l’innovation de défense, des technologies et des enjeux géopolitiques qui en découlent.
Et pour cette première, je souhaitais rendre hommage à un immense auteur de science-fiction qui vient récemment de nous quitter : Pierre Bordage. Cet écrivain français remarquable a publié plus de 40 romans de science-fiction : le cycle de Wang ou celui de L’Enjomineur, ou encore la trilogie Les Guerriers du silence et a connu plusieurs adaptations, notamment en bande dessinée.
Pierre Bordage fut pendant dix ans le président d’un festival de science-fiction remarquable, Les Utopiales, qui a lieu chaque année à Nantes. C’est ce festival, et Roland Lehoucq, son successeur à la présidence, qui ont permis au ministère des Armées français de lancer en 2020 une initiative innovante et de remettre au centre du jeu l’exercice d’anticipation.
Dans le domaine militaire, la prospective et l’anticipation sont au centre de la réflexion stratégique. Pendant des années, la préparation du futur s’appuyait sur deux documents de réflexion : le PP30 (plan prospectif à trente ans publié par la DGA – direction générale de l’armement) et le BMP (oui, on aime bien les acronymes dans ce ministère). Ce dernier, qui signifie "besoin militaire prévisible" était rédigé par l’état-major des armées et éclairait notre besoin en termes de capacités nécessaires pour les dix ans à venir.Bactérie mangeuse de plastique
Aujourd’hui, le PP30...
-
08/01 - Drame de Crans-Montana : dans les coulisses de l’Europe des secours
Jeudi 1er janvier, dans un immeuble de la rue Joseph II, à Bruxelles. Le Centre de coordination de la réaction d'urgence (ERCC), est en alerte. Dans cette salle de crise tapissée d'écrans qui surveillent la planète 24 heures sur 24, sept jours sur sept, les équipes viennent d'ouvrir un nouveau dossier : "Crans-Montana", du nom d'une station de ski suisse huppée où une catastrophe s'est produite voilà quelques heures à peine. Les membres de la cellule de crise étudient la liste des besoins que les autorités helvètes viennent de leur transmettre : lits de soins intensifs, médecins, capacités de transport médical aérien. Les agents suivent en temps réel ce qu’il se passe, où et quand, puis évaluent la réponse des secours (hélicoptères, ambulances, équipes médicales mobilisées) ainsi que l’impact humain : nombre de victimes, gravité des blessures, capacités hospitalières restantes, transferts de patients, tension sur les lits spécialisés...
"L'ERCC sert à coordonner l’acheminement de l’aide aux pays touchés par une catastrophe, qu’il s’agisse des secours d’urgence, d’expertise, d’équipes de protection civile ou d’équipements spécialisés", résume Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne en charge des questions de protection civile. Il s'agit du cœur opérationnel d'un outil méconnu du grand public : le mécanisme de protection civile de l'Union européenne (MPCU), qui dépend de la Commission européenne. Créé en 2001 et renforcé au fil des années, il est doté d’un budget de 3,3 milliards d'euros pour la période...
-
08/01 - "Un personnage de roman" : François Mitterrand vu par Mauriac, Sagan, d’Ormesson…
Tribun, joueur de cartes, promeneur solitaire… François Mitterrand a occupé plus de 50 fois la une de L’Express. Dans nos archives, le jeune provincial croise l'ami fidèle, le séducteur irrésistible et l'amoureux de Venise."Cet enfant barrésien"
Monté de Jarnac à Paris à 17 ans, François Mitterrand réside dans le foyer qui avait accueilli quelques années plus tôt François Mauriac. L'étudiant féru de lettres ne tarde pas à rencontrer le célèbre écrivain. Vingt ans plus tard, François Mauriac évoque ainsi le jeune Mitterrand devenu ministre :
"Ce Mitterrand, je l'aime bien et depuis des années, si je ne le rencontre guère. C'est un garçon romanesque : je veux dire, un personnage de roman. Il sort, à quelques lieues de chez moi, du terroir charentais, comme Rastignac. A peine débarqué à Paris vers les années 1930, il vint loger au 104 de la rue de Vaugirard, dans une pieuse demeure où j'avais habité moi-même un quart de siècle plus tôt et que je fréquentais encore, de loin en loin [...]. L'ambition politique chez un jeune homme est une passion noble dans la mesure où elle se confond avec l'ambition pour la grandeur de la patrie. Ainsi, chez François Mitterrand, qui avance d'un pas tranquille - du pas de ceux qui se rappellent l'avertissement de Saint-Just : 'L'empire appartient aux flegmatiques'." (Bloc-Notes, le 8 octobre 1954)
En 1959, alors qu'il prend la défense du sénateur de la Nièvre empêtré dans l'affaire de l'Observatoire, c'est encore au jeune Mitterrand que Mauriac se réfère.
"Il a été cet enfant...
-
08/01 - Mercosur : la France seule au front après le quasi-ralliement de l’Italie à l’accord
L’Italie semble desserrer l’étau autour de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, laissant entrevoir une ouverture qui pourrait débloquer sa ratification. Mercredi 7 janvier, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a jugé qu’un tel accord offrirait des "avantages énormes" et un "potentiel considérable" pour l’Europe. Une inflexion de ton notable, alors que l’Italie figurait jusqu’ici parmi les États les plus réticents à la signature du texte, aux côtés de la France. Après une réunion des ministres de l’agriculture des Vingt-Sept mercredi, les États membres devraient se prononcer sur l’accord ce vendredi 9 janvier.
Antonio Tajani a toutefois tenu à réfuter toute idée de volte-face. "L’Italie n’a jamais changé de position", assure-t-il dans un communiqué, affirmant avoir toujours soutenu la conclusion de l’accord, à condition que les "préoccupations légitimes du secteur agricole" soient prises en compte. Le chef de la diplomatie italienne a salué, à ce titre, les nouvelles mesures annoncées par la Commission européenne en faveur des agriculteurs, au moment où Bruxelles cherche à lever les derniers blocages autour de cet accord controversé.
Ce glissement italien rebat les cartes alors que la colère agricole en France continue. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des agriculteurs opposés à l’accord sont arrivés à Paris, certains tracteurs rejoignant la tour Eiffel pour bloquer plusieurs axes routiers. Leur crainte ? Que l'entrée en vigueur du traité avec les pays...
-
08/01 - Un ex-agent de la CIA sur la capture de Maduro : "C’est un âge d’or pour recruter des espions américains"
Un long et un méticuleux travail de surveillance. La capture de Nicolas Maduro n'a été possible qu'après des mois de préparation. Une opération pensée avec soin : dès le mois d'août, la CIA avait envoyé une équipe sur place dans le but d'espionner le chef d'Etat vénézuélien. Cette observation aurait permis de "localiser Maduro et de comprendre comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu'il mangeait, ce qu'il portait, quels étaient ses animaux de compagnie", a expliqué samedi 3 janvier le général Dan Caine, chef d'état-major des armées, lors d'une conférence de presse. Un savoir-faire maîtrisé de longue date par la CIA, habituée des opérations clandestines en Amérique du Sud dans les années 1950. Mais derrière la réussite opérationnelle, l’affaire cache une fragilité politique profonde du renseignement américain. Entretien avec un ancien officier de renseignement de l'Agence, Glenn Carle, auteur de The Interrogator: An Education.
L'Express : La capture de Nicolas Maduro frappe par son ampleur et son efficacité. En tant qu'expert, qu'en pensez-vous ?
Glenn Carle : Exécuter une opération comme celle-ci relève de compétences avant tout techniques. La réaliser repose sur deux piliers : la qualité des sources à l'intérieur du pays, et les moyens que l'on souhaite lui dédier. Les Etats-Unis avaient les deux, et les ont mobilisées. Ce type d'action est impressionnant, mais pas inédit. A l'époque de la "guerre contre la Terreur" (je mets bien les guillemets autour de l'expression), il nous a suffi d'une...
-
08/01 - Un rachat du Groenland ? Les (nombreuses) questions que pose la lubie de Donald Trump
"Ça pourrait être l'affaire du siècle", s'emballe The Economist. Depuis plusieurs jours, la Maison-Blanche s'accroche à l’idée d’une acquisition du Groenland, invoquant des impératifs de sécurité nationale. Une perspective fermement rejetée par les dirigeants du territoire autonome, du Danemark et par plusieurs responsables européens, qui rappellent que l’île n’est pas à vendre. L’opposition affichée de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et des autorités de Nuuk n’a pourtant pas freiné les ardeurs de Donald Trump et de son entourage.
"Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale", a martelé le président républicain ce week-end, évoquant sans preuve une présence russe et chinoise accrue. Son secrétaire d’État, Marco Rubio, a indiqué aux parlementaires que l’administration privilégiait une acquisition négociée plutôt qu’un recours à la force et qu’il devait rencontrer des responsables danois la semaine prochaine pour en discuter. Pour rappel, les États-Unis avaient déjà envisagé par le passé l’achat du Groenland. L'Express fait le point sur les questions soulevées par une telle idée.Y a-t-il des précédents d'achat de territoires ?
Un tel achat est théoriquement possible, "même si l’expansion territoriale par le biais de paiements en or ou autres est devenue plus rare à l’époque moderne", explique le Wall Street Journal. L’histoire montre ainsi que l’argent a déjà redessiné des frontières, en particulier aux États-Unis. Washington a ainsi acheté les îles Vierges au Danemark en 1917....
-
08/01 - Budget 2026 : les débats reprennent à l’Assemblée, un recours au 49.3 inéluctable ?
Pourra-t-il éviter de devoir passer en force ? Sébastien Lecornu entend enfin parvenir à doter la France d'un budget pour 2026 sans rompre sa promesse de ne pas contourner le vote des députés, mais de nombreux élus estiment que le Premier ministre pourrait ne pas avoir d'autre choix, avec alors le risque qu'une nouvelle motion de censure soit déposée.
Avant les fêtes de fin d'année, le Parlement a adopté en urgence une loi spéciale élaborée pour assurer la continuité des services publics en attendant de pouvoir voter sur le projet de loi de finances pour 2026. Si cette mesure a été approuvée à une grande majorité à l'Assemblée nationale et à l'unanimité au Sénat, de grandes divergences demeurent alors que les députés reprennent ce jeudi 8 janvier en commission l'examen du projet de budget.
Une réunion avec un groupe restreint d'élus socialistes et du socle commun a été organisée mardi par le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, et la ministre du Budget, Amélie de Montchalin, qui entendent faire adopter le budget d'ici la fin du mois. Les discussions ont duré quatre heures, avec l'objectif de parvenir à un terrain d'entente en amont de la reprise des débats parlementaires.
Dans l'hypothèse où aucun consensus ne serait trouvé, le seul espoir pour Sébastien Lecornu de sortir de l'impasse serait de recourir à l'article 49.3 de la Constitution. Cela contreviendrait à la promesse que le locataire de Matignon a effectuée et l'exposerait sans aucun doute au dépôt d'une motion de censure qui pourrait...
-
08/01 - 2027 : pourquoi le prochain président sera impopulaire, par Nicolas Bouzou
Tenir jusqu’à la présidentielle : voilà le mot d’ordre repris sans discontinuer par les oppositions, encouragées en cela par certains médias qui ne se plaisent jamais autant que dans le climat de dramaturgie des campagnes électorales. Puisqu’il est tendance d’affirmer que ces huit dernières années ont été les pires que la France ait connues depuis la défaite d’Azincourt (et encore…), il n’y aurait rien d’autre à faire que d’attendre mai 2027 pour que la crise politique disparaisse et que l’économie, purgée du macronisme, redémarre.
J’écris cette chronique de l’Eurostar, de retour de Londres. L’ambiance politique britannique est très intéressante. Le Brexit a été voté il y a près de 10 ans. Les Brexiteurs avaient présenté la sortie de l’Union européenne comme l'acte fondateur d'une indépendance retrouvée, d'une immigration maîtrisée, d'une croissance relancée, d'un système de santé réparé. Comme les oppositions françaises présentent aujourd’hui le départ de Macron.Bouc émissaire
Or, que constatent désormais nos voisins ? Que sur chacun de ces points, leur pays fait moins bien qu’avant le Brexit. Pire : le Royaume-Uni est à peine moins méprisé par l’administration Trump que l’Union européenne, pourtant honnie par le camp Maga. A tel point que, après avoir réactivé Erasmus, le gouvernement britannique implore l’UE de laisser l’île revenir dans le marché unique. Welcome back ! Et oui, la stratégie du bouc émissaire fonctionne dans les urnes, pas dans les faits.
Les Français regretteront-ils Emmanuel Macron comme les Britanniques le...
-
08/01 - François Mitterrand raconté par Jean Glavany : ses leçons à Emmanuel Macron, ses prophéties sur l’Ukraine
On pourrait croire qu’il s’agit d’un autre temps, celui des costumes en velours et des cartes postales. Mais la politique a ses permanences et la Ve République ses règles immuables. Emmanuel Macron gagnerait ainsi à s’inspirer parfois de François Mitterrand. En 1986, le président perd les législatives, s’ouvre alors la première cohabitation. Qui donne lieu à un témoignage passionnant de Jean Glavany, ex-chef de cabinet à l’Elysée, ancien ministre et auteur, pour le trentième anniversaire de la mort de son grand homme, de Conversations intimes (éditions Perrin), un portrait captivant de celui qui fut le premier chef d’Etat socialiste depuis 1958.
C’est la première fois qu’il prend la plume sur le sujet, ayant voulu, comme Peyrefitte avec son fameux C'était de Gaulle, "laisser le temps au temps", selon la fameuse maxime mitterrandienne. Et il révèle des moments inédits : le 14 mars 1986, deux jours avant les législatives, Mitterrand discute avec ses proches dans le Puy-de-Dôme cher à Michel Charasse. Comment choisir un Premier ministre ? "Soit biaiser, soit affronter." Il choisira d’affronter là où son lointain successeur, en 2024 (et jusqu’en 2025) préférera "biaiser". Quand recourir à une dissolution ? "C’est une arme à double tranchant, souligne Mitterrand, selon qu’elle soit ou non comprise : le peuple consulté sanctionne toujours les manœuvres." Emmanuel Macron (mais aussi Jacques Chirac) l’a appris à ses dépens. Le déjeuner du 23 mai 1986 avec Maurice Duverger, Jean-Denis Bredin, Roland Dumas et l’auteur...
-
08/01 - Guerre en Ukraine : "Project Archangel", ces camps qui forment les pilotes de drones de Vladimir Poutine
La petite ville portuaire de Touapsé, sur les bords de la mer Noire, est surtout connue pour ses plages de galets et sa raffinerie - l'une des plus importantes de Russie. Mais depuis quelques mois, elle abrite également un centre d'entraînement d'un genre particulier. Dans des salles de classe improvisées, installées dans de vastes tentes, des dizaines d'élèves en treillis militaires réparent des cartes mères, soudent des câbles, ou s'entraînent à piloter sur ordinateurs des drones.
Une partie des récents succès militaires russes contre l'Ukraine se joue ici. Ces camps d'entraînement de fortune appartiennent au "Project Archangel", une initiative populaire russe créée au début de l'invasion de l'Ukraine. Si son objectif était au départ de lever des fonds pour fournir des drones aux soldats, l'initiative s'est depuis transformée en un groupe organisé, en lien avec l'armée et certains industriels militaires. Archangel forme désormais de futurs soldats russes au pilotage, dont certains rejoindront Rubicon, la redoutable unité spécialisée dans les attaques par drones. Au cœur de la guerre en Ukraine
Le projet Archangel voit le jour en octobre 2022, sous la forme d'un groupe Telegram. "Amis", peut-on lire dans le tout premier message du groupe, consulté par L'Express, "ce canal a été créé pour venir en aide à nos combattants dans la zone de l’opération militaire spéciale". L'objectif d'alors est simple : équiper en drones les unités russes en Ukraine grâce à des dons. "Chaque drone étant composé d’une...
-
07/01 - Pétrolier russe saisi par les Etats-Unis : les contours d’une course-poursuite dans l’Atlantique
Une énième tension diplomatique, entre Washington et Moscou, prend des allures de bataille navale au milieu de l'océan Atlantique. Les Etats-Unis ont intercepté ce mercredi 7 janvier au large de l'Islande un pétrolier battant pavillon russe, et escorté à distance par un sous-marin russe, après une traque de plus de deux semaines dans l'Atlantique. Cette opération intervient dans le cadre de leurs efforts pour entraver les exportations de pétrole du Venezuela par la mer, ont déclaré des responsables américains.
Si les Etats-Unis ont multiplié les interventions contre des pétroliers depuis le début de leur blocus maritime du Venezuela, bloquant de nombreux tankers chargés de brut au large de ce pays d'Amérique latine depuis le mois dernier, il semble qu'il s'agisse de la première interception américaine d'un navire battant pavillon russe. Ce pétrolier sous sanctions américaines, appelé initialement Bella-1 et désormais enregistré sous le nom de Marinera, avait échappé le mois dernier au blocus américain dans les Caraïbes et son équipage avait refusé de laisser les garde-côtes américains monter à son bord. Le commandement de l'armée américaine en Europe a déclaré dans un message sur X que ce pétrolier avait été intercepté dans l'Atlantique Nord pour violation des sanctions américaines.
"Le blocus du pétrole vénézuélien illicite et sanctionné reste PLEINEMENT EFFECTIF, partout dans le monde", a écrit le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, en commentaire de cette publication sur X.
YOU CAN RUN, BUT YOU...
-
07/01 - "FAFO" : quelle est cette nouvelle doctrine que Donald Trump veut imposer au monde ?
Après MAGA (Make America Great Again), un nouvel acronyme circule dans le monde trumpiste, et gagne du terrain dans les pages de la presse américaine. Surnommée "FAFO. Pour "Fuck Around and Find Out", il traduit une dynamique qui tend à se confirmer chaque mois un peu plus : les dirigeants mondiaux qui défient Donald Trump s’exposent à des représailles violentes et complètement dénuées de considérations diplomatiques. Autrement dit, l'approche préférée du président milliardaire consiste à punir immédiatement ceux qui s’opposent aux intérêts américains, ou en tout cas à l’image qu'il s’en fait.
Cette pseudo-doctrine doit son nom au chef du Pentagone, Pete Hegseth, qui l'a résumée en déclarant que le président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé le 3 janvier par les forces américaines car accusé de narcoterrorisme, "effed around, and he found out" ("a tenté le coup, et il a vu ce qui se passait"). "Je ne comprends toujours pas comment ils n’ont pas encore compris", s’exclamait quant à lui le secrétaire d’Etat Marco Rubio aux journalistes à Mar-a-Lago, quelques heures après la capture du chef d'Etat sud-américain. Une doctrine qui repose finalement moins sur un cadre stratégique formalisé que sur une démonstration de force personnelle du président, présenté par son propre entourage comme imprévisible et prêt à agir sans délai.Le concept déjà viral sur les réseaux
Chez les adeptes de MAGA, le terme prend. Sur les réseaux sociaux, des vidéos virales décorellées floquées "FAFO" circulaient déjà ces derniers mois,...
-
07/01 - Donald Trump étudie un "achat" du Groenland, Marco Rubio évoque une rencontre entre les Etats-Unis et le Danemark
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a déclaré mercredi 7 janvier qu'il s'entretiendrait la semaine prochaine avec des responsables danois à propos du Groenland, sans signaler une quelconque volonté de Washington de renoncer à l'objectif exprimé par Donald Trump de prendre le contrôle du territoire. Une rencontre confirmée par la cheffe de la diplomatie de l'île arctique, Vivian Motzfeldt, qui annonce que le Groenland y participera également.
L'intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela le week-end dernier, lors de laquelle l'armée américaine a bombardé la capitale Caracas et a capturé le président Nicolas Maduro, a exacerbé les craintes du Danemark et de ses alliés européens de voir le Groenland faire face à un scénario similaire. D'autant que la Maison-Blanche a répété mercredi que "toutes les options" sont sur la table pour acquérir, pour des raisons de sécurité nationale selon le président américain, l'île de l'Arctique semi-autonome.
Une porte-parole de la présidence américaine a déclaré mardi qu'une intervention militaire était "toujours une option", alors même que des dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, ont marqué leur soutien au Danemark et au Groenland.
Interrogé mercredi sur la proposition de Copenhague de dialoguer sur la situation au Groenland, où les Etats-Unis disposent d'une base militaire, Marco Rubio a déclaré aux journalistes qu'il rencontrerait la prochaine semaine des responsables danois. "Nous allons discuter", dit-il.Première volonté : acheter le...
-
07/01 - Réforme électorale : Giorgia Meloni redessine les règles à son avantage
La Première ministre d'extrême droite italienne Giorgia Meloni prévoit de réformer le système électoral afin de renforcer les chances de réélection de sa coalition de droite aux prochaines élections prévues en 2027, selon le Financial Times. Son parti, Frères d’Italie, souhaite supprimer le scrutin majoritaire uninominal à un tour, qui représente environ un tiers des sièges, et passer à un système proportionnel modifié. Cela diminuerait les chances qu’une alliance de gauche n’obtienne plus de sièges.
La volonté de la cheffe du gouvernement est défendue d’une seule voix par son parti. Selon le sénateur Lucio Malan, whip (député chargé de coordonner et d’unifier les votes des parlementaires de son parti) des Frères d’Italie, "nous pensons que ce serait dans l’intérêt de tous d’avoir une loi qui assure la stabilité… Avec le système actuel, le grand risque est d’avoir un parlement bloqué, sans majorité — ou des coalitions artificielles", a-t-il affirmé au quotidien américain. L’unification de la gauche change la donne
Le système électoral mixte actuel nommé le "Rosatellum" adopté en 2017, attribue 37 % des sièges de la chambre haute et basse au scrutin majoritaire uninominal (le candidat le plus voté gagne) et 63 % au scrutin proportionnel (les sièges sont répartis entre les partis selon le nombre de votes, avec un seuil minimum pour entrer au parlement). Le système encourage les coalitions avant l’élection, et avait d’ailleurs largement profité à la coalition à trois partis de Giorgia Meloni en 2022, qui avait alors...
-
07/01 - Cathryn Clüver Ashbrook : "Trump ne renoncera pas à envahir le Groenland par respect de l’ordre mondial"
C'était jusqu'ici un tabou, presque un sujet de plaisanterie : depuis des années, Donald Trump clame son ambition d'annexer le Groenland, territoire immense qui fait partie du royaume du Danemark. Le 3 janvier, tout a changé. L'intervention militaire américaine pour enlever Nicolas Maduro, à Caracas, a ébranlé toutes les certitudes européennes. Oui, les Etats-Unis de Donald Trump sont capables d'agir à l'intérieur de pays souverains, sans aucun respect pour le droit international. Oui, le président américain répète, ces derniers jours, sa détermination à "s'occuper" du Groenland dans les semaines qui viennent. Oui, il faut prendre au sérieux ce que dit Donald Trump.
"Les liens transatlantiques se défont à toute vitesse", constate Cathryn Clüver Ashbrook, politologue germano-américaine et vice-présidente de la fondation Bertelsmann Stiftung, inquiète des manoeuvres de l'administration Trump à la fois aux Etats-Unis et en Europe. Mais les Européens peuvent agir contre cette agressivité inédite, assure-t-elle, à condition de s'en donner les moyens.
L'Express : Depuis l'intervention américaine au Venezuela, les Européens redoutent les visées de Donald Trump sur le Groenland, territoire danois dont le président américain dit vouloir s'occuper "dans environ deux mois". A quel point ce scénario doit-il inquiéter les Européens ?
Cathryn Clüver Ashbrook : Nous devons prendre au pied de la lettre ce que l'administration américaine a écrit dans sa Stratégie de sécurité nationale, parue en décembre. Il s'agit d'un...
-
07/01 - "Là-bas, ils ne connaissent pas le mot décroissance" : l’économie américaine vue par Augustin Landier et David Thesmar
L'un est professeur à HEC, l'autre au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ensemble, ils forment l'un des duos d'économistes les plus iconoclastes du moment, et sont les coauteurs du Prix de nos valeurs ou de Dix idées qui coulent la France (Flammarion). Chaque mois, Augustin Landier et David Thesmar vont analyser en exclusivité pour L’Express l’actualité économique. Pour début 2026, le tandem transatlantique nous explique pourquoi les droits de douane de Donald Trump n'ont pas mené l'économie américaine - et mondiale - à la catastrophe annoncée. Ils évoquent aussi le risque d'une bulle IA et constatent le fossé grandissant entre Etats-Unis et Europe.
L'Express : En avril dernier, Donald Trump annonçait un relèvement massif des droits de douane à l’encontre des partenaires des Etats-Unis. De nombreux experts assuraient alors que le pays court à la catastrophe économique, et le monde à un chaos commercial. Neuf mois plus tard, il n’en est rien...
David Thesmar : Dans la littérature académique, les études ne trouvent pas de gros gains économiques liés à l’ouverture des échanges internationaux, en tout cas dans les modèles économiques standards. Si l’on se fie à ces modèles, le fait d’augmenter les droits de douane, même avec l’ampleur décidée par Trump, ne pouvait donc qu’avoir des effets limités.
Augustin Landier : Effectivement, des économistes comme Arnaud Costinot, un collègue de David au MIT, ont montré dans les années 2010 que les bénéfices de la mondialisation pour un pays comme les Etats-Unis sont...
-
07/01 - Groenland, immigration… Stephen Miller, l’homme qui murmure à l’oreille de Donald Trump
Il semble gagner en notoriété à mesure que les politiques trumpiennes gagnent en extrémisme. Stephen Miller s’est imposé ces derniers mois aux yeux de la presse américaine comme "l’un des hommes les plus influents de la Maison-Blanche", "le bureaucrate non élu le plus puissant des Etats-Unis" ou encore "l’architecte du plan du président pour remodeler l’Amérique". Fidèle de la première heure depuis le premier mandat de Donald Trump, il est devenu en janvier 2025 le chef adjoint du personnel pour la politique de l’administration Trump, et conseiller très spécial à la sécurité intérieure du président.
Orateur connu pour sa brutalité verbale et son ton criard, il émerge sur la scène médiatique comme l’idéologue en chef du trumpisme, jouant un rôle central dans la définition des priorités politiques du président. De l’obsession migratoire aux discours de reconquête géopolitique chers au président, jusqu’aux fantasmes d’expansion comme le Groenland, Stephen Miller façonne pour le président des Etats-Unis une rhétorique de confrontation permanente, centrée sur une vision ultra-nationaliste où l’Amérique est présentée comme un territoire assiégé. Contre qui se bat-il ? Contre "la culture communiste woke cancérigène qui détruisait notre pays, nous conduisant à croire que les hommes sont des femmes, que les femmes sont des hommes, que la discrimination raciale contre les Blancs est bonne, que le mérite est mauvais, et que la sûreté et la sécurité physique importent moins que les sentiments des idéologues libéraux", raillait-il en...
-
07/01 - Les Etats-Unis sont-ils encore un Etat de droit ? L’analyse d’un juriste qui tord le cou aux idées reçues
Avocat international et essayiste, auteur notamment de Guerre ou paix, essai sur le monde de demain (Grasset, 2007) et Résistances, la démocratie à l’épreuve (L’Observatoire, 2018), Laurent Cohen-Tanugi est un fin connaisseur du droit et des institutions politiques américains. Sous le titre, Les Etats-Unis sont-ils encore un Etat de droit ?, il dresse un bilan un an après le retour de Donald Trump au pouvoir.
L’Express : L’agression des Etats-Unis contre le Venezuela sonne-t-elle le glas du droit international et l’avènement de la loi du plus fort ?
Laurent Cohen-Tanugi : Le droit international est malmené de tous côtés depuis longtemps. Il s’est construit sur plusieurs siècles et survivra à cette opération, qui n’est pas en elle-même la plus grave des violations qu’il a subies ces dernières années. De même, l’avènement de la loi du plus fort et le changement de paradigme géopolitique sont en germe depuis le début des années 2000 ; je les avais anticipées dans un essai de 2007 intitulé Guerre ou paix.
Les Etats-Unis ont souvent pris des libertés avec le droit international. Les Européens s’alarmeraient sans doute moins de l’opération Maduro si elle ne s’inscrivait pas dans une visée impérialiste et prédatrice affirmée, qui englobe le Groenland, donc l’Europe et l’Otan eux-mêmes. C’est là que se situe la gravité du moment présent.
Cette opération militaire a mis les dirigeants européens dans l’embarras. Ils sont apparus divisés. L’Europe, comme puissance normative internationale, n’est-elle pas en train de...
-
07/01 - Adina Revol : "Derrière le Venezuela et son pétrole, c’est la Chine que Trump cherche à affaiblir"
Cinq jours après l’intervention des Etats-Unis au Venezuela, Donald Trump vient de préciser ses plans concernant l’or noir du pays. Le président américain a annoncé hier soir avoir obtenu "entre 30 et 50 millions de barils de haute qualité de pétrole sous sanction" de la part des "autorités intérimaires" du Venezuela. Un pétrole "remis" par Caracas qui pourrait être vendu aux prix du marché, ce qui représente un pactole de 2,5 milliards de dollars aux cours actuels. Reste à savoir à qui les Etats-Unis le destinent, alors que jusqu’à présent la Chine achetait 80 % de la production vénézuélienne ?
"Derrière cette intervention, Donald Trump cherche d’abord à fragiliser la Chine", avertit Adina Revol, enseignante à Science Po et auteur de Rompre avec la Russie, le Réveil énergétique européen aux éditions Odile Jacob (2024).
L'Express : Le marché pétrolier a finalement peu réagi à l’intervention américaine au Venezuela et au départ du président Maduro. Comment expliquez-vous cette relative stabilité ?
Adina Revol : Ce n’est pas très étonnant car ce qui compte à court terme sur le marché pétrolier, ce sont les flux physiques. Or, nous sommes dans une situation où l’offre au niveau mondial est abondante. Tous les analystes anticipent par ailleurs un surplus et un accroissement des stocks. Cette situation permet donc de mieux résister aux chocs géopolitiques.
En outre, même si les réserves de pétrole vénézuéliennes sont gigantesques, l’état des infrastructures du pays, après des années de sous-investissement et de sanctions...
-
07/01 - Venezuela : une vague de répression s’abat sur le pays depuis la capture de Nicolas Maduro
Après l’arrestation de Nicolas Maduro, dans la nuit du 2 au 3 janvier, le Venezuela connaît une vague de répression qui rappelle les heures les plus sombres du régime. Depuis plusieurs jours, journalistes, civils et opposants vivent sous un contrôle strict des forces de sécurité et des groupes paramilitaires loyalistes, les "colectivos". Dans les rues de Caracas, la peur s’est installée : beaucoup évitent désormais de célébrer ou de manifester ouvertement. "Nous avons gagné, mais nous avons aussi perdu", résume une quinquagénaire au Washington Post en comparant la situation actuelle à la dernière élection présidentielle de 2024, où Nicolas Maduro avait revendiqué la victoire malgré des résultats favorables à l’opposition.
Au moins quatorze journalistes et employés de médias ont été arrêtés lundi 5 janvier, dont onze appartenant à la presse internationale, selon le Syndicat national des travailleurs de la presse. La plupart ont été relâchés après plusieurs heures, mais plusieurs ont vu leurs téléphones fouillés par des agents du contre-espionnage militaire. Plusieurs arrestations ont eu lieu près de l’Assemblée nationale, au moment où Delcy Rodríguez prêtait serment comme présidente par intérim lors d’une cérémonie présidée par son frère, Jorge Rodríguez, président du Parlement.
Malgré cette transition de façade, l’appareil militaire reste arrimé à l’ancienne architecture du pouvoir. Lundi, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, a réaffirmé le soutien de l’armée à Delcy Rodríguez, assurant que les forces armées "se...
-
07/01 - Stéphane Audrand : "Le destin de l’Occident se jouera dans les six mois à venir"
Il y a de quoi faire tourner la tête de bookmakers. Qui sera la prochaine cible de Donald Trump ? Le Groenland ? L’Iran ? Cuba ? A moins que le patron de la Maison-Blanche ne crée la surprise ailleurs ? Depuis la capture éclair du dictateur venezuelien Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, au mépris total du droit international, tout semble possible. Un nouveau grand partage du monde se dessine en temps réel. L’Europe, estomaquée, a peu d’options. Et l’année 2026 ne fait que commencer… La suite pourrait s’avérer bien plus dangereuse d’après Stéphane Audrand, consultant en risques géopolitiques. Entretien.
L’Express : Quel monde est en train de se recomposer sous nos yeux ?
Stéphane Audrand : L’Europe assiste à la sortie brutale des grands compromis de l’après Seconde Guerre mondiale qui avaient permis de trouver un modus vivendi à l’issue de 200 ans de soubresauts marquant l’entrée dans la modernité. A l’échelle internationale, la création de l’ONU actait l’engagement des puissances à se restreindre et accepter un cadre normatif commun. Ce tournant reposait sur un intérêt compris pour une organisation plus pacifique du monde, avec des marchés économiques mieux organisés. Le corollaire, c’est que les petites nations pouvaient vivre sans dépendre du bon vouloir des grandes. Tout cela fonctionnait bon an mal an, avec des actions hybrides, parfois des guerres, mais l’Europe semblait protégée grâce à ses démocraties avancées et à une relation transatlantique solide.
Aujourd’hui, ce compromis craque. L’idée que la...
-
07/01 - L’Express relève le défi européen et se réinvente en regardant plus loin
L’Europe humiliée, l’Europe effacée, l’Europe divisée. L’Europe ciblée par Donald Trump, l’Europe cramponnée à ses vieux logiciels, l’Europe diminuée démographiquement. On connaît trop, hélas, la ritournelle décliniste qui tourne en boucle dans un continent vulnérable sans leader ni projet. Mais ce constat d’impuissance n’a rien d’une fatalité. Ces maux dissimulent en réalité une incroyable diversité de richesses chez les 500 millions d’Européens.
C’est précisément cette Europe que nous allons vous raconter dans ce nouvel Express, de Londres à Vilnius, de Syracuse à Brême, de Cracovie à Lisbonne. L’Europe des idées et des campus. Une Europe aussi de la défense et des espions, des artistes et des laboratoires, des entrepreneurs et des intellectuels.
Lorsque Jean-Jacques Servan Schreiber, le fondateur de ce journal, parlait du lecteur de L’Express, il songeait à l’ingénieur de Grenoble. Avec ce journal né presque en même temps que la Communauté européenne, faisons un rêve : celui de lancer une conversation européenne, en nous adressant à vous, lecteurs français, mais aussi aux ingénieurs finlandais, aux avocats espagnols, aux chercheurs polonais, ou aux universitaires grecs. Une Europe de chair et de sang, aux quatre coins du continent. Bref, une Europe vivante, ancrée dans le quotidien pour mieux réinventer le futur de cet espace de liberté unique au monde.
A l’heure où Donald Trump malmène l’Etat de droit, où les empires se sentent pousser des ailes et où les populistes envahissent les écrans, cette Europe doit se...
-
07/01 - "Voici comment votre ado peut déjouer les pièges des fake news" : les conseils du neuroscientifique Grégoire Borst
Les alertes n’y changent rien. Ces derniers jours, plusieurs enquêtes sont venues confirmer ce que les parents constatent tous les jours : les ados restent toujours aussi accros à leurs écrans en général, et à leurs réseaux sociaux en particulier. Ainsi, 99 % des 11-17 ans utilisent au moins une plateforme en ligne, selon une récente enquête de l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel et du numérique. L’âge d’accès aux réseaux sociaux devient même de plus en plus précoce : malgré l’interdiction de les utiliser avant 13 ans, 22 % des enfants de 11 ans indiquent avoir eu recours pour la première fois aux réseaux sociaux avant leur dixième anniversaire, contre 4 % des jeunes âgés aujourd’hui de 17 ans, toujours selon l’Arcom. Signe d'une indéniable accélération du phénomène.
A défaut de réussir à faire respecter les interdictions, ne pourrait-on pas plutôt aider les jeunes à développer leur esprit critique face aux fausses informations qui circulent sur ces plateformes ? C’est tout l’objet du travail du neuroscientifique Grégoire Borst, directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant (LaPsyDé). La clef : aider les adolescents à comprendre leurs biais cognitifs, pour mieux déjouer les pièges. Il nous livre ici ses conseils. Entretien.
L'Express : Vous avez publié récemment une étude unique en son genre sur les capacités des adolescents à distinguer les vraies des fausses informations. Que faut-il en retenir ?
Grégoire Borst : Les jeunes comprennent bien ce qu’il se passe...
-
07/01 - "C’est sa décision la plus périlleuse à ce jour" : pourquoi l’administration Trump joue gros au Venezuela
Peu d’experts avaient vu venir l’intervention surprise des États-Unis à Caracas pour arrêter le président Maduro, le 3 janvier. S’il se dit aujourd’hui "surpris" par le côté spectaculaire de l'opération américaine, Peter Feaver — ancien conseiller spécial pour la planification stratégique sous l’administration Bush entre 2005 et 2007 — avait, lui, senti le vent tourner pour le dictateur venezuelien. Deux mois plus tôt, dans Foreign Affairs, il écrivait : "l’administration Trump a donné tous les signes qu’elle poursuivait un objectif de changement de régime au Venezuela, y compris la confirmation récente de Trump selon laquelle il a autorisé des actions clandestines de la CIA dans le pays." Et maintenant ? Dans un entretien accordé à L’Express, ce professeur de science politique à l’université Duke analyse les conséquences possibles de ce qu’il considère être "la décision la plus risquée prise par l’administration Trump", établissant un parallèle entre l’intervention à Caracas et l’Irak de 2003.
En outre, en agissant de façon unilatérale, avertit-il, le président américain devra assumer seul, et jusqu’au bout, les conséquences d’un éventuel échec à Caracas. Car, souligne celui qui a également travaillé au sein du Conseil de sécurité nationale sous Clinton, "il y a un risque que l’opération tourne mal". Il revient aussi sur les raisons pour lesquelles, selon lui, le gouvernement cubain a désormais de sérieuses raisons de s’inquiéter : il est clairement dans la ligne de mire de Washington.
L'Express : Comment interprétez-vous...
-
07/01 - Etats-Unis : les visées de Donald Trump sur le Groenland divisent le camp des républicains
Après le kidnapping de Nicolas Maduro, président vénézuélien, l'envie de Donald Trump de redessiner le monde semble loin d'être rassasiée. Comme un enfant qui déplace ses pions sur un plateau à sa guise, le chef de l'Etat a réaffirmé son ambition d’annexer le Groenland, qu’il considère comme indispensable à la sécurité nationale des États-Unis. La Maison-Blanche a indiqué mardi 6 janvier que son administration étudiait les options en vue d’une acquisition du territoire, le recours aux forces armées américaines restant "toujours une option". Une priorité jugée essentielle pour dissuader les adversaires de Washington dans la région arctique.
Cependant, les ambitions de Donald Trump divisent jusque dans son propre camp. Son insistance récente pour que les États-Unis s'emparent du Groenland a suscité incrédulité et consternation au Capitole, où certains élus républicains estiment qu’une telle prise de contrôle serait trop dangereuse pour être envisagée. Plusieurs d’entre eux, pourtant majoritairement favorables à la mission américaine au Venezuela, jugent ainsi les menaces d’annexion du Groenland inappropriées, comme le rapporte le Wall Street Journal.
"Les menaces d’annexion du Groenland sont inutilement dangereuses", a par exemple tancé le représentant républicain de l'Utah, Blake Moore, dans une déclaration conjointe avec le démocrate Steny Hoyer (Maryland). Les coprésidents du groupe parlementaire bipartisan des Amis du Danemark ont rappelé que le Danemark était un allié de l’Otan et l’un des partenaires les plus...
-
07/01 - Audiovisuel public : ces grandes réformes européennes qui pourraient nous inspirer
Comparer les lois, les chiffres, les phénomènes de société, les politiques publiques... Chaque semaine, L'Express explore les pratiques de nos voisins européens afin de trouver les meilleures inspirations sur notre continent et nourrir ainsi le débat en France.
Comment l’Etat peut-il faire des économies sans augmenter les impôts ? Partout en Europe, la question se pose, avec un secteur dans le viseur : l’audiovisuel public. Alors que des coupes budgétaires sont attendues en 2026 aux Pays-Bas, en Allemagne ou encore en France, plusieurs voix s’élèvent en faveur d’une privatisation de Radio France et de France Télévision, en particulier au sein de Reconquête et du RN qui reprochent au service public d’être tout à la fois dispendieux et partial - une commission d'enquête sur sa "neutralité", son "fonctionnement" et son "financement" a notamment été ouverte fin novembre au Palais Bourbon à la demande du groupe UDR d'Eric Ciotti, allié des frontistes.
Une double charge qui s’entend dans plusieurs des 24 langues du Vieux Continent, et ce depuis quelques années déjà. Des projets de privatisation ont même été amorcés, mais aucun n’a abouti. "Même lorsque la privatisation a été présentée comme une solution évidente, en particulier dans les années 1980 et 1990, l’expérience a montré ses limites, décrypte Jo Bardoel, chercheur associé à l’Amsterdam School of Communication Research. Les responsables politiques ont constaté qu’en laissant l’information, l’actualité politique ou la culture aux acteurs commerciaux, la quantité...
-
07/01 - Venezuela : pourquoi "dictateur" est un mot interdit chez LFI
Nicolas Maduro est-il un "dictateur" ? Mardi 6 janvier sur BFMTV, Mathilde Panot a refusé de répondre à cette question. Enlevé par les forces spéciales américaines à Caracas, le président vénézuélien demeure incarcéré dans une prison de Brooklyn, accusé de trafic de drogue par l’administration de Donald Trump, un chef d’inculpation battu en brèche par le souci premier du président américain de contrôler la manne pétrolière de la République Bolivarienne. La question était donc déplacée ? Sans doute selon la présidente du groupe parlementaire LFI, pour qui la qualification du régime serait "un engrenage" - presqu’un contre-feu ! - destiné à justifier les violations du droit international.
L’un n’empêche pas l’autre. Comme si la conscience humaine était trop limitée pour conjuguer la dénonciation d’un régime autocratique et la capture de son leader, en dehors de toute règle internationale. Lui avait pourtant convoqué l’intelligence des Français : Jacques Chirac s’était opposé avec force à l’invasion alliée de l’Irak en 2003 avant de se "réjouir" de la chute de Saddam Hussein et du régime baasiste. Les insoumis érigent en modèle la diplomatie française de l’époque. Ils n’en gardent un souvenir que parcellaire. Pourquoi cette hémiplégie ?
Une manière bien commode pour les lieutenants de LFI de ne pas récuser un allié objectivement détestable. Un insoumis ne renie jamais ses combats, c’est tout le drame. Jean-Luc Mélenchon a beau avoir pris ses distances avec la présidence Maduro, c’est dans la révolution dite "bolivarienne" de son...
-
07/01 - "Imperial Princess" : Monaco n’est pas la bonne planque pour une princesse russe
Monaco est en Europe sans en faire partie. Rattachée à la France comme l’ergot du coq gaulois : en vestige génétique d’une époque où la principauté s’étendait au-delà de Roquebrune jusqu’à Menton, sur une superficie dix fois plus vaste qu’aujourd’hui qui lui permettait de cultiver ses légumes, ses fruits, élever ses animaux, boire son eau de source, faire des pique-niques dans la nature. Après avoir cédé les neuf dixièmes de sa superficie à l’Etat français, avec le traité franco-monégasque de 1861, Monaco s’est construite en un siècle comme un gigantesque yacht échoué sur le littoral, avec un accès réduit à la mer. Si près de la France, si loin de la mer, dit-on, avec ce sens de l’autodérision propre aux tribus désespérées.
On compte aujourd’hui un peu moins de 10 000 citoyens monégasques pour 39 000 résidents et 50 000 frontaliers (ceux qui vivent dans les Alpes-Maritimes, travaillent à Monaco ou dans les quatre communes limitrophes : La Turbie, Cap-d’Ail, Roquebrune-Cap-Martin et Beausoleil ; ces frontaliers sont soumis aux lois de la préférence nationale en termes d’emploi, de logement et de protection sociale, avec toutefois un accès aux soins qui donne envie de tomber malade tellement on s’occupe bien de vous. On compte beaucoup, à Monaco, c’est la principale activité économique. C’est aussi ce que Virgil Vernier avait fait lors de son dernier film : 100 000 000 000 000 (Cent mille milliards), dont je vous avais parlé avec enthousiasme en décembre 2024. Le réalisateur s’était intéressé à la vie de trois jeunes...
-
06/01 - La France et le Royaume-Uni s’accordent sur le déploiement de forces en Ukraine, en cas d’accord de paix
Réunis lors d'un nouveau sommet, les 35 pays de la "coalition des volontaires" ont affiché un front uni ce mardi 6 janvier à Paris, en s'engageant à fournir des garanties de sécurité "robustes" à l'Ukraine, en cas d'accord de cessez-le-feu avec la Russie, une perspective encore lointaine.
Ces garanties de sécurité, prévues dans la "déclaration de Paris", que les pays essentiellement européens prévoient d'apporter sont "la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine" de la part de la Russie, a assuré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse.
La réunion de Paris acte une unité sans précédent entre la Coalition des volontaires, I'Ukraine et les États-Unis sur la dimension centrale des garanties de sécurité pour une paix juste et durable en Ukraine. pic.twitter.com/n1DxjGP0cU— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 6, 2026
"Cette déclaration de la coalition des volontaires vient pour la première fois reconnaître une convergence opérationnelle entre les 35 pays qui composent la coalition des volontaires, l'Ukraine et les Etats-Unis d'Amérique, pour bâtir des garanties de sécurité robustes", a encore déclaré Emmanuel Macron. Les alliés promettent de fournir à Kiev une aide militaire à long terme, dont la livraison d'armes, ainsi que la constitution d'une force multinationale qui appuierait la reconstruction de l'armée ukrainienne tout en renforçant la dissuasion. "Ces...
-
06/01 - Un mystérieux trader gagne 400 000 dollars en pariant sur la chute de Nicolas Maduro
Il est 21h58 (heure de Caracas et de Washington) ce vendredi 2 janvier, lorsqu'un mystérieux trader parie en ligne sur la plateforme Polymarket (qui permet des paris en fonction d'événements sportifs ou non) près de 34 000 dollars (29 000 euros) sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro "avant le 31 janvier 2026".
Moins de 5 heures plus tard, des explosions retentissent dans la capitale vénézuélienne. L'opération américaine "Absolute Resolve" vient d'aboutir à la capture du dirigeant, alors en route par les airs vers New York, où il sera incarcéré et déféré devant un juge. Le compte anonyme empoche alors 400 000 euros, soit douze fois plus que sa mise. De quoi alimenter les théories au sujet d'un délit d'initié et ainsi la fuite d'informations pourtant classées confidentielles jusqu'à l'assaut. Valeur multipliée par douze
La valeur des paris du compte anonyme, d'environ 34 000 dollars avant la capture de Nicolas Maduro, a grimpé juste après l'annonce de l'opération militaire américaine contre le dirigeant vénézuélien, selon les données de Polymarket, rapporte l'agence de presse britannique Reuters. Le compte du trader, anonyme, a été créé le mois dernier, tandis que le 27 décembre, celui-ci a acheté pour 96 dollars de contrats gagnants en cas d'invasion par les Etats-Unis du Venezuela avant le 31 janvier, et multipliant les paris similaires dans les jours qui ont suivi, alors que la tension montait entre Washington et Caracas.
Ces paris sur la chute de Maduro avant le 31 janvier 2026 n'étaient...
-
06/01 - Et Donald Trump renversa l’ordre mondial : le début d’une "république impériale" américaine ?
Ce ne sont que quatre lettres. Mais elles résument le séisme géopolitique qui ébranle la planète depuis l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien, à Caracas, par les forces spéciales américaines, le 3 janvier. "SOON" (Bientôt), a averti Katie Miller, l’épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, en publiant sur son compte X une carte du Groenland repeinte aux couleurs du drapeau américain.
Le 4 juillet, peut-être ? Quel plus beau cadeau qu’un 51e État pour fêter les 250 ans de l’indépendance américaine ? Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré le mois dernier qu’il voulait faire construire pour cette date un arc de triomphe qui "écrasera" le monument parisien à la gloire des victoires napoléoniennes. Avait-il déjà en tête l’opération "détermination absolue" à Caracas et peut-être d’autres à venir ?
Il y a peu, cette idée aurait fait sourire. On affublait alors le président américain du sobriquet de "Taco" ("Trumps Always Chickens Out", Trump se dégonfle toujours). Mais après les frappes contre les Houthis au Yémen au printemps dernier, l’Iran en juillet, le Nigeria en décembre et la mise sous tutelle du Venezuela, une annexion du Groenland n’a plus rien d’impossible. Pas plus qu’une intervention à Cuba ou au Mexique. "Diplomatie de la canonnière"
Un an à peine après son "come-back", Donald Trump a renversé toutes les tables : il a brisé l’alliance historique entre l’Amérique et l’Europe, fait fi du droit international et remis au goût du jour la "diplomatie de la canonnière" prisée par ses...
-
06/01 - Venezuela : pourquoi Donald Trump a tourné le dos à l’opposante et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado
Trois jours après l'enlèvement spectaculaire et l'incarcération aux Etats-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro, les questions autour de sa succession à la tête du pays émergent. Lundi 5 janvier, la vice-présidente Delcy Rodríguez a prêté serment devant l'Assemblée nationale vénézuélienne. Elle a été officiellement investie présidente par intérim pour une période de 90 jours renouvelables, “à regret”, a-t-elle dit, affichant sa loyauté au président déchu.
Son investiture a été actée avec le feu vert des Etats-Unis et du président américain Donald Trump. Le journal espagnol El País souligne toutefois que Delcy Rodríguez, âgée de 56 ans, est un pilier du régime chaviste, ajoutant qu'elle a prêté serment devant un Parlement "dominé par une écrasante majorité chaviste, élu lors d’élections entachées d’accusations de fraude" et présidé par son propre frère, Jorge Rodríguez. "Tout change, et pourtant rien ne change", ironise le journal madrilène.Rapport de la CIA
Pourtant, l'opposante et lauréate du prix Nobel de la paix 2025 Maria Corina Machado, s'est manifestée pour la tenue d'une élection démocratique et rapide. "Je prévois de revenir au Venezuela dès que possible", a déclaré l'avocate et ancienne députée âgée de 58 ans, dans une interview à la chaîne Fox News ce mardi 6 janvier. Mais l'hypothèse a été écartée par les autorités américaines et Donald Trump, qui a exclu lundi, dans une interview à la chaîne NBC, la tenue d'élections libres dans le pays dans les trente prochains jours. Quand bien même l'opposante en exil à...
-
06/01 - "L’Otan ne s’en relèvera pas" : que se passera-t-il demain si Trump s’empare du Groenland ?
A Copenhague comme à Nuuk, la capitale du Groenland, c’est d’un œil plus qu’inquiet qu’on regarde la récente aventure militaire de Donald Trump au Venezuela. Et pour cause. Au lendemain de l’annonce de la capture de Nicolas Maduro à Caracas le 3 janvier, le président républicain, enivré par son coup de force en Amérique latine, a réitéré ses menaces d’annexion de la grande île de l'Arctique appartenant à la couronne danoise. Et promis de s’en occuper "dans environ deux mois". Depuis, dans les capitales européennes, la sidération le dispute à l’inquiétude quant à l’avenir de ce territoire de 2 millions de kilomètres carrés peuplé de 57 000 habitants.
En l'absence de plus de précisions, difficile pour l’heure de savoir ce que Donald Trump a réellement en tête. "Il pourrait envoyer plus de troupes et essayer de prendre le contrôle du gouvernement local ou installer un pantin, avance Jacob Heilbrunn, qui dirige à Washington la revue de géopolitique The National Interest. Si un tel scénario devait se confirmer, ce serait proche d’une opération de type Crimée." En février 2014, cette péninsule ukrainienne avait été occupée par des troupes russes avant d’être annexée un mois plus tard par le Kremlin.Dans les pas de Moscou ?
De là à voir Washington marcher dans les pas de Moscou ? La mise en œuvre d’un tel scénario pourrait s’avérer complexe. "Envoyer des troupes au sol nécessiterait l’accord du Congrès, relève Yves Bertoncini, consultant en affaires européennes et ancien directeur de l’Institut Jacques Delors. Et il n’est pas...
-
06/01 - En Ukraine, l’étonnant renvoi du chef du SBU par Volodymyr Zelensky
Après trois ans de services reconnus à la tête des services secrets ukrainiens, sa démission a été annoncée de façon très brève sur la chaîne de communication Telegram de la SBU. Lundi 5 janvier, Vasyl Maliuk, patron du SBU et principal planificateur d'années d'opérations de sabotage et d'attaque réussies derrière les lignes russes a ainsi déclaré quitter son poste de chef du service de sécurité.
"Je resterai dans le système pour effectuer des opérations qui continuent d'infliger un maximum de dégâts à l'ennemi. Un service de renseignement solide et moderne est essentiel à la sécurité de notre Etat", a-t-il écrit, tout en remerciant le président Volodymyr Zelensky pour les réformes du secteur de la défense.Un renvoi "pas nécessaire aujourd'hui"
Chef des services de renseignement ukrainiens depuis février 2023, Vasyl Maliuk, 42 ans, était très apprécié parmi les hauts fonctionnaires des services de sécurité de Kiev. Dès sa nomination, il avait contribué à réviser la SBU après avoir remplacé Ivan Bakanov, licencié par Volodymyr Zelensky en juillet 2022 pour ne pas avoir éradiqué les espions russes. Sous le commandement de Vasyl Maliuk, la SBU a mené la guerre clandestine de l'Ukraine contre la Russie, "avec une grande efficacité", souligne le quotidien ukrainien. Il est notamment connu pour être le cerveau de l’audacieuse opération surnommée "Toile d’araignée". Une vaste attaque inédite de drones coordonnés contre quatre aérodromes militaires en Russie, qui avait conduit à la destruction d'une bonne partie de la flotte...
-
06/01 - La France bientôt en guerre contre la Russie ? Ne cédons pas à la panique, mais...
Dans l’esprit des Français, la peur d’une guerre avec la Russie est désormais bien installée. Si la question trottait dans nos têtes depuis que Moscou a décidé d’envahir l’Ukraine, il y aura bientôt quatre ans, elle se pose désormais avec une acuité particulière. Insidieuse, parfois maladroitement exprimée, cette crainte n’est toutefois pas irrationnelle. Selon plusieurs sondages, plus de la moitié des Français estiment qu’une telle guerre est possible dans les prochaines années, même si la Russie peine à conquérir les derniers arpents du Donbass.
Sonnant l’alarme pour mobiliser l’opinion, les responsables politiques et les chefs militaires ont récemment renforcé cette peur, sans jamais trouver les mots pour rassurer leurs concitoyens inquiets. À cet égard, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, a fait, si l’on ose dire, un sans-faute. Le 22 octobre, il expliquait que "le premier objectif que j'ai donné aux armées est de se tenir prêtes à un choc [avec la Russie] dans trois-quatre ans." Un mois plus tard, devant les maires de France, il redoutait que "notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants." Dans le même temps, Emmanuel Macron annonçait, le 27 novembre, le retour du service militaire – certes, pour quelques milliers de jeunes volontaires. Et quelques jours auparavant, le gouvernement avait publié "un guide pratique pour aider chaque citoyen à se préparer aux situations de crise".
Depuis deux ans, surtout, le président de la République évoque...
-
06/01 - Venezuela : les racines d’un effondrement, par la réalisatrice Margarita Cadenas
Les difficultés que traverse aujourd’hui le Venezuela ne sont ni conjoncturelles ni exagérées : elles sont profondes, structurelles et exigent des réponses concrètes. Derrière les chiffres de la production et les débats géopolitiques, il y a une réalité humaine faite d’hôpitaux sans électricité, d’écoles désertées et de familles contraintes à l’exil. Pour comprendre cette crise, il est indispensable de revenir brièvement sur l’histoire du pays et sur les choix qui ont façonné son économie, en particulier dans le secteur pétrolier.
Au moment où ce texte est soumis, l’arrestation de Nicolas Maduro par les forces américaines relance une crise vénézuélienne déjà profonde et remet au premier plan la question de notre industrie pétrolière. Plus que des réactions immédiates ou des débats de plateau, c’est une vision stratégique à long terme - la capacité à réparer, moderniser et relancer la production - qui déterminera si l’immense potentiel de nos réserves pourra devenir une réalité pour notre peuple, plutôt qu’un simple enjeu géopolitique.
Le pétrole vénézuélien est exploité en partenariat avec les États-Unis depuis plus d’un siècle. Extrêmement lourd, il nécessite des procédés de raffinage complexes pour être exploitable. Dès la découverte des premiers gisements, ce sont les États-Unis qui ont historiquement investi dans la création des infrastructures pétrolières indispensables à son extraction et à sa transformation. Cette relation explique en grande partie la structure technique et commerciale de l’industrie pétrolière vénézuélienne....
-
06/01 - Nicolas Maduro : le "deux poids-deux mesures" de Donald Trump dans sa lutte anti-drogue
Véritable menace ou prétexte pour lancer une opération ? Depuis l'intervention américaine au Venezuela, le week-end dernier, Donald Trump ne cesse de se réjouir de la capture par l'armée du dirigeant jusque-là au pouvoir à Caracas, Nicolas Maduro. Selon lui, le chaviste représentait un danger pour la sécurité des États-Unis, où il aurait participé à exporter de gigantesques quantités de cocaïne depuis son pays. Il aurait ainsi été "la cheville ouvrière d’un vaste réseau criminel". Désormais emprisonné dans un centre pénitentiaire du sud de New York, le président vénézuélien a comparu pour la première fois devant un juge ce lundi 5 janvier, notamment pour "narcoterrorisme". Des charges contre lesquelles il plaide non coupable.
Quoi qu'il en soit, l'administration Trump a fait de la lutte anti-drogue son principal motif d'intervention au Venezuela. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, jure ainsi que l'opération se référait aux "forces de l'ordre" et non pas à l'armée. Pourtant, comme étayé dans un article du New York Times, le Venezuela est loin d'être l'acteur majeur du narcotrafic américain décrit par le camp républicain. Certes, une part non négligeable (10 à 13 % du trafic mondial) de cocaïne est exportée depuis le pays. Mais ces envois sont bien davantage à destination de l'Europe que des États-Unis, où la majeure partie de la drogue qui circule provient de la côte pacifique....
-
06/01 - Après le Venezuela, l’Iran ? Le dernier cauchemar de l’ayatollah Khamenei
En pleine nuit en ce 2 janvier, réunion d’urgence au Conseil suprême de la sécurité nationale iranien. Confronté depuis le 28 décembre à un vaste mouvement de contestation contre l’hyperinflation et la violence des autorités, Donald Trump a provoqué un vent de panique à Téhéran, en menaçant directement le régime des mollahs : si l’Iran venait à éliminer encore des "manifestants pacifiques" - les ONG dénombrent déjà une vingtaine de victimes -, alors les Etats-Unis seraient prêts à venir à leur "secours", a averti le président américain...
Enième coup de menton d’un Donald Trump imprévisible ou volonté réelle de provoquer une bonne fois pour toutes la chute de l’ayatollah Khamenei ? Au moment où le républicain joue la carte de l’intimidation, à Téhéran, personne n’est encore au courant de ce qui se trame dans la "war room" de Washington... Dans une spectaculaire opération militaire, Nicolas Maduro et sa femme sont arrêtés par une unité des forces spéciales et déportés manu militari vers les Etats-Unis.
"Il y a désormais une jurisprudence vénézuélienne en matière de changement de régime", analyse David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum (Amef). "En Iran, Donald Trump pourrait aussi franchir le Rubicon lors d'une opération qui consisterait à capturer, voire à éliminer le guide suprême, pour faire en sorte que l'aile la plus modérée du régime prenne le relais et devienne plus conciliante vis-à-vis des intérêts américains, golfiens et israéliens", anticipe le chercheur. Les chiffres de l’activisme militaire du...
-
06/01 - CentraleSupélec, le virage international : "Les bouleversements géopolitiques nous sont paradoxalement favorables"
En France, la réputation de CentraleSupélec n’est plus à faire. Mais la grande école d’ingénieurs, solidement installée en tête des classements tricolores, regarde désormais bien au-delà de nos frontières et accélère son développement international. "Le contexte géopolitique actuel nous donne l’opportunité d’attirer davantage de talents venus du monde entier. Une fenêtre s’ouvre, nous devons aller vite", confie son directeur Romain Soubeyran à L’Express. L’établissement joue sur tous les tableaux. Il noue des partenariats avec des universités étrangères de renom, s’appuie sur la puissance de l’université Paris-Saclay pour renforcer sa visibilité mondiale et mise sur l’attractivité de son futur campus parisien qui ouvrira ses portes cette année. Entretien.
L’Express : Vous dites vouloir transformer CentraleSupélec, école d’ingénieurs à la française, en une "school of engineering" de rang mondial. En quoi ce tournant est-il essentiel ?
Romain Soubeyran : La pénurie d’ingénieurs, qui s’annonce non seulement en France mais aussi à l’échelle internationale, rend ce virage indispensable. Le vivier d’étudiants français risque en effet de ne plus suffire, ce qui nous oblige à attirer les meilleurs talents internationaux. Si CentraleSupélec et le Groupe des Ecoles Centrale bénéficient déjà d’une visibilité à l’étranger grâce aux trois établissements implantés à Casablanca, Pékin et Hyderabad, nous devons encore renforcer notre image et nous aligner davantage sur les standards mondiaux. Le contexte actuel, malgré les bouleversements...
-
06/01 - Nicolas Maduro, la chute d’un agent de Cuba : comment il a été formé, protégé et téléguidé par La Havane
A quoi pense un dictateur au moment de son arrestation ? Et à l’instant où il réalise qu’il vient de perdre son pouvoir absolu et la liberté ? Et à quoi songe Nicolas Maduro maintenant, seul dans sa cellule new-yorkaise de la prison Metropolitan Detention Center, à Brooklyn, à quelques encablures de Manhattan ? Dans cet endroit sordide connu pour ses conditions de détention inhumaines, la mauvaise qualité de sa nourriture, la présence de rats et les coupures d’électricité pendant les périodes de froid, le sort du narco-président panaméen Manuel Antonio Noriega – arrêté en 1989 par l’armée américaine, mort en détention vingt-sept ans plus tard – lui vient sans doute à l'esprit. Mais il doit aussi se souvenir de Fidel Castro (mort en 2016), personnage clé de son destin sans lequel il ne dormirait pas aujourd’hui derrière les barreaux.
"Nicolas Maduro est un pur produit du système cubain et de Fidel Castro", prévient la chercheuse Maria C. Werlau, auteure de l’indispensable Cuba’s intervention in Venezuela (2019, non traduit). "Le président déchu a été formé par La Havane, entraîné par La Havane, placé au cœur du pouvoir vénézuélien par La Havane, télécommandé par La Havane et même protégé par des gardes du corps de La Havane", explique cette Cubano-américaine. Et d'ajouter : "On ne comprend rien au Venezuela actuel si l’on ignore à quel point le pouvoir de Caracas est infiltré par la pensée cubaine, mais aussi par les espions et les agents de La Havane." Un seul exemple : trente-deux membres de la protection rapprochée de...
-
06/01 - Management toxique : ces bons petits soldats sans qui rien ne serait possible
Dans le monde politique, on le surnomme parfois "le porte-flingue". C’est l’homme de main du leader, son bras droit officiel ou officieux, celui qui anticipe ses moindres désirs. Ses principales qualités : il ne discute jamais ses décisions et les fait appliquer au mieux. Dans certaines entreprises, ce duo est complété par quelques bons soldats, fidèles exécutants de la ligne fixée par le chef et son second. Lorsque tout le monde est convaincu par ce modèle pyramidal et militaire, tout va bien. En revanche, lorsqu’un collègue ne se sent pas en osmose et réclame un minimum d’explications avant d’obéir, on peut très vite lui reprocher son attitude. "On" ? "Ce mode de fonctionnement est rarement lié à la personnalité de celui qui l’exerce. C’est une dynamique de groupe, une soumission à l’autorité, qui peut amener des personnes à faire des choses hors-norme dans un système toxique", analyse Christophe Nguyen, psychologue du travail, enseignant et président du cabinet Empreinte Humaine.
A l’échelle des Etats, le totalitarisme en est un exemple frappant. Des discussions entre historiens perdurent : Staline aurait-il été le même sans Beria ? "Les dirigeants totalitaires sont tous paranoïaques, mais ils peuvent s’appuyer sur des relais pour faire fonctionner leur système. Sans relais, un tel régime ne peut pas s’installer", souligne l’expert. Mais qui joue ce rôle dans la chaîne d’ordres ? Christophe Nguyen évoque une célèbre expérience de psychologie sociale menée en 1963 par Stanley Milgram sur la soumission à...
-
06/01 - Adresse aux journalistes : vous avez léché ? Lâchez maintenant ! Par Jean-François Copé
La période des vœux est généralement celle des formules convenues. Celui que je présente ici, parce qu’il s’adresse aux journalistes, ne relève pas de cette catégorie. Et j’ai bien conscience qu’en le formulant je pourrais choquer, même si ce n’est pas mon intention. Je veux m’adresser à tous ceux qui traitent de l’information politique dans notre pays à travers deux piliers. D’un côté, un travail journalistique d’enquête et de fond qui éclaire les ressorts internes des organisations politiques. De l’autre, le temps du débat public, celui des interviews où les responsables politiques sont censés rendre compte de leurs actes en répondant aux questions qui leur sont - ou non - posées. C’est la combinaison étroite de ces deux piliers qui contribue dans une démocratie à forger la substance de l’opinion publique.
Ces deux dernières années ont été marquées par une approche éditoriale étonnante. Deux enquêtes approfondies ont levé le voile sur le fonctionnement interne et les méthodes brutales de LFI et du RN : La Meute, de Charlotte Belaïch et Olivier Pérou (2025), qui révèle les horreurs de la machine LFI, et Des électeurs ordinaires, de Félicien Faury (2024) qui déconstruit la dédiabolisation du RN. Elles ont montré que ces formations politiques obéissaient à des logiques singulières, souvent incompatibles avec les standards démocratiques qu’elles revendiquent en façade. Or ces investigations rigoureuses ont bénéficié au moment de leur publication d’un écho important mais qui s’est très rapidement estompé en vertu du principe...
-
06/01 - Capture de Nicolas Maduro : Marco Rubio, architecte en chef de l’opération militaire au Venezuela
Il a obtenu ce qu'il souhaitait de longue date. Avec la réussite de l'opération militaire américaine au Venezuela, Marco Rubio a vu un de ses vœux exaucés : la chute du régime de Nicolas Maduro. Bien avant sa nomination au sein de l'administration Trump, l'actuel secrétaire d'État américain a défendu tout au long de sa carrière l'idée d'une possible intervention armée au Venezuela. "Chaque fois qu'une menace pèse sur notre sécurité nationale ou nos intérêts nationaux, les États-Unis ont le droit d'utiliser la force militaire" avançait-il ainsi en 2019, lors d'une interview sur la radio américaine NPR. "Cela s'applique au Venezuela, mais cela s'applique partout dans le monde." La même année, il avait d'ailleurs soutenu l'opposant Juan Guaido, reconnu par Washington et nombre de capitales européennes comme le véritable gagnant des élections vénézuéliennes.Lobbying à toute épreuve
Lors de la conférence de presse organisée par Donald Trump à Mar-a-Lago après l'annonce de la capture du président vénézuélien, Marco Rubio s'est félicité de la réussite du plan américain. "Nicolas Maduro a eu la possibilité d'ouvrir des portes de sortie", a asséné l'ex-sénateur de Floride. "Il a préféré jouer au grand, au musclé, et maintenant, c'est lui qui est confronté à des problèmes." "Des portes de sortie" auxquelles le secrétaire d'Etat ne croyait pas beaucoup. La presse américaine raconte en effet à quel point Marco Rubio a exercé un lobbying à toute épreuve auprès de Donald Trump pour l'amener à recourir à la force militaire au...
-
06/01 - Venezuela : "Au-delà du pétrole, les minerais pourraient être un intérêt pour tout le monde"
Donald Trump ne s’en cache pas. La capture de Nicolas Maduro au cours d’une spectaculaire intervention militaire des Etats-Unis à Caracas, dans la nuit du 2 ou 3 janvier, ouvre un accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela. "Nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars […] et commencer à faire gagner de l’argent au pays", a d’ores et déjà prévenu le président américain en conférence de presse.
L’affaire est pourtant loin d’être aussi simple, estime Luisa Palacios, directrice intérimaire de la recherche au Center on Global Energy Policy de l’université Columbia (Etats-Unis). "Les investisseurs américains ont le choix dans la région. Leur décision dépendra de la stabilité du pays, de leur tolérance au risque et des conditions de marché", analyse l'ancienne présidente de Citgo, la filiale américaine de raffinage de la compagnie pétrogazière d’État du Venezuela (PDVSA). Au-delà du pétrole, d'autres ressources pourraient intéresser les puissances étrangères...
L'Express : Quel est l'état réel des réserves pétrolières du Venezuela ? Le chiffre de 300 milliards de barils est souvent évoqué...
Luisa Palacios : On peut avoir des doutes. Mais discuter du niveau exact des réserves - sont-elles plus ou moins importantes que l’Arabie saoudite ? - ne me paraît pas essentiel. Il faut s’en tenir aux faits : oui, elles sont parmi les plus grandes du monde. En revanche, le Venezuela affiche un des niveaux d’extraction les plus faibles de la...
-
06/01 - "Un caméléon hors pair" : Manfred Weber, l’Allemand le plus puissant de Bruxelles
Autrefois imberbe, Manfred Weber arbore depuis six ans une barbe poivre et sel. Beaucoup y voient le stigmate d’un traumatisme politique impossible à oublier : à l’été 2019, justement, Emmanuel Macron a broyé les ambitions de ce Bavarois inconnu des Français, qui, fort de la première place obtenue par sa famille politique aux élections européennes, s’imaginait à la présidence de la Commission.
Las ! Le jeune président français ne voulait pas de ce pur produit parlementaire, dépourvu d’expérience gouvernementale comme de charisme, et trop à droite à ses yeux. A l’époque, les macronistes ne cachaient d’ailleurs pas leur mépris pour celui qu’ils surnommaient "l’ectoplasme". Finalement, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 imposeront une autre Allemande de centre droit, Ursula von der Leyen, infligeant une cinglante humiliation à son compatriote. "Weber n’est pas un tueur et, ce jour-là, il s’est fait tuer", résume un connaisseur des arcanes bruxellois.Le leader incontestable du puissant PPE
"Un revers devient une défaite uniquement si vous ne vous relevez pas", écrit aujourd’hui le quinquagénaire dans la biographie publiée sur son site Internet. Six ans plus tard, Manfred Weber a fait bien plus que se relever. Patron du plus grand groupe politique au Parlement de Strasbourg, président depuis 2022 du Parti populaire européen — le PPE, la puissante famille de la droite chrétienne-démocrate qui revendique 14 commissaires et 13 dirigeants autour de la table du Conseil européen —, le voilà plus central que...
-
06/01 - Manifestations en Iran : le plan de l’ayatollah Khamenei pour fuir le pays
La preuve d'un pouvoir iranien sous pression. Le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, prévoit de quitter le pays si les forces de sécurité commençaient à désobéir aux ordres pour réprimer les manifestations qui bousculent actuellement le pays. L'information, initialement rapportée dimanche 4 janvier par le Times, est issue du renseignement britannique. "Le "plan B" concerne Khamenei et son cercle très restreint de proches collaborateurs et de membres de sa famille, y compris son fils et héritier désigné, Mojtaba", indique cette source. Au total, une vingtaine de personnes pourraient l'accompagner lors de son éventuelle fuite. D'après le média anglais, cette option serait activée uniquement en cas de désertions, défections ou de réticences à appliquer les ordres au sein des forces de sécurité.Guide suprême "paranoïaque"
Depuis fin décembre, l'Iran connaît sa plus importante vague de manifestations depuis le mouvement "Femme, vie, liberté", en 2022. Consécutive à la mort en prison de Mahsa Amini, une étudiante accusée par la police des mœurs de n'avoir pas correctement porté son voile, la contestation avait été réprimée dans le sang par le régime. Cette fois-ci, une grogne marchande, sur fond d'hyperinflation et d'effondrement du rial, s'est rapidement étendue au monde universitaire et à d'autres pans de la société. Lundi, selon la BBC, 26 des 31 provinces iraniennes ont été concernées par des rassemblements...
-
06/01 - Et si Viktor Orban tombait ? Le scénario qui pourrait bouleverser l’Europe, par Catherine Fieschi
En avril 2026, la Hongrie votera. À première vue, un scrutin national de plus, dans une Europe déjà saturée d’élections. En réalité, un test continental, presque civilisationnel. Car Viktor Orban n’est pas seulement un Premier ministre hongrois. Il est devenu, en quinze ans, l’idéologue le plus efficace de l’extrême droite européenne, son dirigeant le plus retors, et peut-être son exportateur le plus influent. Mais pour la première fois sa réélection est loin d’être assurée.
Au pouvoir depuis 2010, ancien boursier de la fondation Soros devenu pourfendeur obsessionnel de George Soros, Orban a méthodiquement refaçonné la Hongrie. Il a théorisé la "démocratie illibérale" (selon l’expression forgée par Fareed Zakaria en 1997), un régime où l’élection subsiste mais où tout le reste est neutralisé : justice sous contrôle, médias alignés, société civile asphyxiée. La presse indépendante a été rachetée par des proches du pouvoir ; les ONG critiques sont harcelées ; la Central European University, a été poussée à l’exil. À cela s’ajoute une kleptocratie assumée : marchés publics captés par les amis du régime, et fortunes fulgurantes de proches du Premier ministre - son gendre, notamment, devenu milliardaire.
Mais l’impact d’Orban dépasse largement la Hongrie. Il est le premier dirigeant à avoir affirmé clairement ne pas vouloir quitter l’Union européenne, mais la transformer de l’intérieur. Parasiter sans soutenir. Profiter sans contribuer. Utiliser les règles - unanimité, veto, procédures institutionnelles - pour bloquer les sanctions...
-
06/01 - Comment dit-on "montrer ses dents en riant", en français ?
Ce pourrait être une définition de mots croisés : "Tirer les oreilles de quelqu’un" (en huit lettres). Et la réponse serait : "menjewer". Vous ne connaissez pas ce terme ? C’est bien normal puisqu’il nous vient du malais, mais cet exemple illustre une vérité que connaissent tous les bilingues : de nombreux vocables étrangers sont intraduisibles en français sans passer par une périphrase. Parfois, on n’imagine même pas que l’idée ou le sentiment qu’il décrit puisse exister !
VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page
C’est pourquoi chaque langue représente un imaginaire singulier, un visage particulier de l’humanité, "un monde qui augmente le monde", comme l’écrit le poète Jean-Pierre Siméon (1). Rien ne le montre mieux que l’ouvrage Les mots qui nous manquent de Yolande Zauberman et Paulina Mikol Spiechowicz, que l’on m’a récemment offert (grâces en soit rendues à la donatrice !) et dans lesquels j’ai puisé les "intraduisibles" suivants :
Achu (tibétain) : choc des premières secondes où le froid s’empare de nous.
Alhourâk (arabe) : l’amour comme une noyade, un abîme, un anéantissement.
Areodjarekput (inuit) : échanger ses épouses pour quelques jours.
Bakkushan (japonais) : jolie fille, mais seulement de dos.
Campanearse (espagnol) : Faire des tonneaux en voiture.
Chebol (coréen) : punition collective infligée à la famille d’un criminel, sachant que le châtiment peut être élargi aux cousins du deuxième degré et même à tous les habitants d’un...
-
06/01 - De Charles de Gaulle à Emmanuel Macron : le droit international, cette passion à géométrie variable
Les mots, publiés en 1932 dans Le fil de l’épée, pourraient avoir été écrits hier. Dans cet essai visionnaire, Charles de Gaulle se penche sur le droit international, matière sensible que certains juristes répugnent à qualifier de "droit" tant son exécution échappe aux canons classiques : une règle appliquée par une autorité souveraine, dotée d’un pouvoir de sanction. De Gaulle mesure combien l’application de la norme internationale est à géométrie variable : seul un Etat puissant peut contraindre les autres à se soumettre à la règle commune. A défaut, elle n’est qu’un simple code de conduite, dépourvu de force exécutoire. "En supposant que les nations acceptent pour un temps de régler leurs rapports au moyen d’un code souverain, suffira-t-il de dire le droit, si l'on ne peut l'imposer ?, s’interroge-t-il. Les lois internationales ne vaudraient point sans troupes. Quelque direction que prenne le monde, il ne se passera pas des armes." Sans force, la règle perd toute sa substance.
A l’Elysée, le respect de la "souveraineté nationale" est au cœur de la politique gaullienne. Celle de la France, qu’il souhaite protéger. Celle des autres peuples, à travers le droit à l’autodétermination. Dans cette perspective, le fondateur de la Ve République ne compte pas se lier les mains avec des normes supranationales, dès lors qu'elles entrent en conflit avec les intérêts supposés de la France. "De Gaulle avait une épine dans le pied : la colonisation. Il a vertement critiqué les Nations unies, 'le machin', car ledit machin...
-
05/01 - "Je suis innocent" : les premiers mots de Nicolas Maduro face à un juge américain
Un premier échange avec un juge. Le président vénézuélien Nicolas Maduro, capturé par les Etats-Unis au terme d'une opération militaire à Caracas, dans la nuit du 2 au 3 janvier, comparaissait devant un tribunal de New York ce lundi 5 janvier. Le dirigeant a plaidé non coupable lors de cette audience, tout comme son épouse, Cilia Flores, elle aussi enlevée lors de cette intervention. Nicolas Maduro, présenté comme un "baron de la drogue" par le président américain Donald Trump, est notamment accusé de narcoterrorisme, de complot en vue d'importer de la cocaïne et de possession d'armes automatiques et d'engins destructeurs. "Je suis un prisonnier de guerre"
Lors de cette comparution initiale, Nicolas Maduro a exprimé quelques mots devant le magistrat fédéral en charge de l'affaire, Alvin Hellerstein. "J'ai été arrêté à mon domicile à Caracas, au Venezuela", a d'abord lancé le dirigeant chaviste, avant d'être coupé par le juge. "Il y aura un moment et un lieu pour aborder tout cela", a expliqué ce dernier. En effet, comme relevé par CNN, il est très rare de voir un accusé prendre autant la parole lors d'une audience préliminaire aux Etats-Unis. Celle-ci n'est pas destinée à entrer dans le fond des débats. "Je suis innocent. Je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête. Je suis toujours président de mon pays", a toutefois déclaré, un peu plus tard, Nicolas Maduro, s'exprimant en espagnol. Avant d'ajouter, au moment de quitter la salle : "Je suis un prisonnier de guerre !"
Le juge a fixé la prochaine...
-
05/01 - Amérique latine : ces autres Etats désormais dans le viseur de Donald Trump
Une région du monde plongée dans l’incertitude. L’opération militaire américaine au Venezuela, dans la nuit du 2 au 3 janvier, a abouti à la capture du dirigeant du pays, Nicolas Maduro. Une intervention qui marque une nouvelle étape dans la politique étrangère menée par le président américain Donald Trump. Ce coup de force peut-il en appeler d’autres en Amérique latine ? Depuis ce week-end, le républicain n’a pas hésité à multiplier les menaces contre plusieurs Etats de la zone. Des propos qui font écho à la publication de la nouvelle stratégie de défense nationale américaine, mi-décembre. Ce document appelait à retrouver une "suprématie" des Etats-Unis sur l'ensemble du continent américain.
Lors de sa conférence de presse au lendemain de l’opération à Caracas, Donald Trump a fait référence à sa volonté de renouer avec une forme modernisée de la "doctrine Monroe", du nom du 5e président américain, James Monroe. Au XIXe siècle, ce dernier avait promu l’idée selon laquelle les Etats-Unis devaient maintenir un certain contrôle sur l’ensemble du continent américain. Et ce, au détriment, à l’époque, des colons européens. "Selon notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question", a ainsi exhorté l’actuel locataire de la Maison-Blanche dans son discours. Cuba, l’obsession de Marco Rubio
Pour restaurer cette influence, l’administration républicaine s’est fixée plusieurs objectifs. La chute du régime chaviste de Nicolas Maduro, accusé...
-
05/01 - "Trump a au moins le mérite de la franchise..." : le pessimisme de Phil Gunson, spécialiste du Venezuela
Soixante-douze heures à peine après le coup d’envoi de 2026, Donald Trump a peut-être déjà offert au monde l’image la plus marquante de l’année : le président vénézuélien, Nicolas Maduro, en survêtement gris, les yeux bandés et menotté, à bord de l'USS Iwo Jima, un navire d’assaut de la marine des États-Unis. Le sort du dictateur, héritier d’Hugo Chavez, est à présent entre les mains de la justice américaine.
Si, à travers le monde, la diaspora vénézuélienne a laissé éclater sa joie, le spécialiste du Venezuela et de l’Amérique latine Phil Gunson se montre bien plus pessimiste. Installé à Caracas, ce chercheur à l’International Crisis Group estime que la chute de Nicolas Maduro ne signifie ni changement de régime ni amorce de transition démocratique, dernière priorité de Donald Trump. "Le scénario le plus probable est celui d’un deal entre l’administration Trump et le gouvernement de Delcy Rodríguez", affirme-t-il. Quant à ceux qui espèrent voir accéder au pouvoir des opposants comme Maria Corina Machado ou Edmundo Gonzalez Urrutia, ils se "bercent d’illusions". Entretien.
L’Express : Un peu plus de quarante-huit heures après la capture par les États-Unis de Nicolas Maduro, quel est votre sentiment, vous qui êtes sur place à Caracas ?
Phil Gunson : La manière la plus simple de décrire ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela est la suivante : le dictateur est tombé, mais la dictature est toujours en place. La plupart des membres de l’opposition espéraient que cette opération déboucherait naturellement sur un changement de...
-
05/01 - Dépression résistante : le nombre de malades augmente, une réponse nationale est nécessaire
En 2025, la santé mentale a trouvé sa place dans le débat public. Grâce à la grande cause nationale, la France a reconnu qu’il n’existe pas de santé sans santé mentale. Cet élan collectif a permis d’informer, de déstigmatiser et de renforcer la prévention, en plaçant la santé mentale au cœur des parcours de soins.
La reconduction de la grande cause nationale Santé mentale en 2026 est une opportunité majeure pour transformer cet élan en action durable. Car la dépression résistante, cette forme sévère du trouble qui persiste malgré au moins deux traitements antidépresseurs bien conduits, révèle à quel point il est urgent de bâtir une réponse nationale fondée sur la continuité des soins, la coordination des acteurs et un accès équitable aux solutions thérapeutiques.Une urgence de santé publique encore ignorée
Une personne sur cinq connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie. Dans 15 à 30 % des cas (Haute Autorité de Santé, 2023), les traitements de première intention ne permettent pas une rémission durable : on parle alors de dépression résistante. Ces patients vivent avec des symptômes persistants, un risque suicidaire multiplié par dix et une désinsertion sociale souvent irréversible. Leur espérance de vie est réduite non seulement à cause du risque suicidaire, mais aussi de la surmortalité somatique (cardiovasculaire, métabolique, cancéreuse etc). Les addictions, présentes chez près d’un patient dépressif sur trois, forment un cercle aggravant : elles nourrissent la souffrance, amplifient le risque suicidaire et...
-
05/01 - Inflation, conflits, diplomatie : les inquiétudes des Français pour 2026
C’est l’un des indicateurs dont la France peut s’enorgueillir par rapport à ses voisins : en 2025, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet les comparaisons entre pays, n’a augmenté que de 0,9 %, contre plus de 2 % en moyenne dans la zone euro. Une maîtrise de l’inflation, liée notamment à la baisse des tarifs régulés de l’électricité et du prix du pétrole, dont les Français ne perçoivent pas les effets : la hausse des prix continue de les préoccuper. Elle arrive en tête de leurs préoccupations pour 2026, d’après notre sondage mené entre le 28 novembre et le 3 décembre auprès de deux échantillons : la population dans son ensemble, et les cadres.
"Cette inquiétude est surprenante, relève Tomasz Michalski, professeur d’économie internationale à HEC. L’enquête de la Banque centrale européenne auprès des prévisionnistes montre que les attentes d’inflation pour les 12 prochains mois restent ancrées autour de 2 % dans la zone, ce qui correspond à l’objectif de l’institution. Le taux en France devrait, lui, se situer entre 1,3 et 1,6 %, selon les prévisions." Un chiffre en légère hausse, donc, par rapport à l’an dernier. Mais qui n’a rien d’alarmant au vu des projections publiées le 19 décembre par la Banque de France. Les sujets d'ordres financiers sont ceux qui inquiètent le plus les Français en cette rentrée 2026.
Depuis le deuxième trimestre 2024, le salaire moyen par tête dans le secteur marchand progresse en effet plus vite que l’IPCH, tendance qui pourrait se poursuivre jusqu’en 2028. Quant au...
-
05/01 - Crans-Montana : la puissance européenne se mesure aussi à sa solidarité
Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, à Crans-Montana, dans le Valais suisse, la fête bascule en cauchemar. Un incendie ravage Le Constellation, une boîte de nuit bondée de jeunes vacanciers, faisant 40 morts dont neuf Français et 116 blessés, dont une vingtaine de Français. Très vite, les hôpitaux suisses se heurtent à la réalité : ils ne peuvent traiter seuls autant de grands brûlés.
En quelques heures, Berne demande l’activation du mécanisme européen de protection civile (MEPC), un filet de sécurité commun qui, depuis Bruxelles, recense les lits de réanimation et mobilise les ambulances aériennes et les experts disponibles. La réponse est fulgurante : 21 pays proposent leur aide. Des médecins français et italiens, spécialistes des grands brûlés, évaluent chaque patient et planifient les évacuations. Des dizaines de blessés sont transférés vers des cliniques de pointe en Belgique, en Allemagne, en France et en Italie, en fonction des capacités, de la proximité, de la langue et des attaches familiales. L’Europe se transforme alors en réseau de soins intensifs au service d’un même objectif : sauver un maximum de vies.
Reste un paradoxe : la Confédération helvétique n’est ni membre de l’Union ni du MEPC, dont elle a repoussé l’adhésion en novembre dernier. Heureusement pour elle, ce dispositif est pensé pour s’ouvrir aux pays tiers lorsque l’ampleur d’une catastrophe l’exige. L’incendie de Crans-Montana rappelle que la puissance européenne ne se mesure pas seulement en directives ou en budgets, mais dans cette...
-
05/01 - Venezuela : la chute de Nicolas Maduro, bien plus que la perte d’un allié pour la Russie
Leur dernière rencontre invitait à solidifier leur coopération dans de nombreux domaines. Invité au printemps dernier à assister à la parade militaire du 9-Mai à Moscou, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait été chaudement accueilli quelques jours plus tôt par son homologue russe, Vladimir Poutine. Au centre de leurs discussions ? La signature d'un accord de partenariat stratégique et de coopération entre la Russie et le Venezuela, à l'instar de ceux signés par le Kremlin avec l'Iran ou la Corée du Nord. Il s'agissait là d'un "document-cadre conséquent, substantiel et très important", d'après Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe. Le texte comprenait ainsi nombre d'axes de développement, comme l'exploitation conjointe de nouveaux gisements gaziers et pétroliers.Des liens économiques qui n'ont pas suffi
D'importants liens économiques, suffisants pour assurer à Caracas un bouclier défensif russe face aux menaces extérieures ? L'intervention américaine du week-end dernier, conclue par l'arrestation de Nicolas Maduro par Washington, a prouvé le contraire. Au moment de réagir à cette attaque, le discours de Moscou, qui a certes condamné l'opération, est resté tempéré. "Les Etats-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela", a réagi samedi 3 janvier le ministère russe des Affaires étrangères, évoquant une situation "préoccupante". Vladimir Poutine, loin de voler au secours de son allié vénézuélien, se mure dans le silence.
La chute de Nicolas Maduro constitue pourtant un coup...
-
05/01 - Coup de force de Donald Trump au Venezuela : ce Far-West mondial qui sidère l’Europe
Chaque semaine, Luc de Barochez, éditorialiste Europe à L'Express, publiera une chronique intitulée "Erasme" traitant d'une question de politique européenne afin d’éclairer les débats actuels. Pour cela, elle ne se limitera pas aux activités des institutions transnationales mais elle s’attachera aussi à la vie politique et intellectuelle, ainsi qu'aux questions de société ayant une résonance transfrontalière dans les pays de l’Europe au sens large. Le patronage d’Erasme de Rotterdam est choisi pour trois raisons : le grand penseur humaniste de la Renaissance militait pour l’unité entre Européens, qu’il jugeait liés par un destin commun ; il a observé une attitude critique des pouvoirs de son temps, exprimée dans sa devise “cedo nulli” (je ne cède rien à personne) ; et enfin, son nom est synonyme pour le grand public d’un programme éducatif européen couronné de succès, Erasmus. La première chronique est à découvrir ci-dessous.
Le grand retour de la diplomatie de la canonnière, version Donald Trump, stupéfie l’Europe. Car pour elle, les leçons de l’opération américaine au Venezuela sont tout aussi dérangeantes les unes que les autres.
Primo, le monde dans lequel l’Union européenne a grandi n’existe plus. Le droit de la force supplante désormais la force du droit. Pour l’UE, fille du doux commerce et du consensus, la survie va demander beaucoup plus qu’une réforme : une révolution. Simple entité juridique, elle doit devenir un acteur géopolitique doté non seulement des moyens de peser mais aussi de la volonté de les...
-
05/01 - Après le Venezuela, les craintes d’une opération de Donald Trump au Groenland ravivées
Après le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolas Maduro, Donald Trump ira-t-il encore plus loin dans ses violations du droit international ? "Après Maduro, qui est le prochain ?", interroge frontalement l’agence de presse américaine Associated Press, qui souligne que le président américain "alimente d’ores et déjà les spéculations sur ses projets pour le Groenland, Cuba et la Colombie".
Un peu moins de 48 heures après l’opération militaire américaine au Venezuela, le locataire de la Maison-Blanche a en effet renouvelé dimanche ses appels à une prise de contrôle américaine du territoire danois du Groenland pour des intérêts de sécurité de son pays. "Nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour la défense", a-t-il déclaré dans une interview téléphonique au magazine The Atlantic."Nous avons besoin du Groenland"
L’opération de samedi soir par les forces américaines à Caracas et les commentaires de Trump dimanche ont accru les préoccupations au Danemark, qui a juridiction sur la vaste île riche en minéraux du Groenland. "Cela n’a absolument aucun sens de parler de la nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland. Les États-Unis n’ont pas le droit d’annexer l’un des trois pays du royaume danois", a déclaré dimanche la Première ministre danoise Mette Frederiksen dans un communiqué de presse. Et d’ajouter : "J’exhorte donc fortement les États-Unis à cesser les menaces contre un allié historiquement proche et contre un autre pays et un autre peuple, qui ont très clairement...
-
05/01 - Nicolas Maduro : ce que contient l’acte d’accusation américain contre le président vénézuélien
Ce lundi 5 janvier, le dirigeant du Venezuela Nicolas Maduro, enlevé à Caracas par les forces spéciales américaines dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, doit comparaître à midi heure locale (18 heures à Paris), aux côtés de son épouse, Cilia Flores, lors d’une audience de mise en accusation.
Un acte d'accusation de 25 pages, rendu public samedi, est venu exposer en des termes juridiques la théorie défendue depuis des mois par l’administration de Donald Trump. Le document allègue entre autres que Nicolas Maduro et d'autres dirigeants vénézuéliens ont, depuis plus de 25 ans, "abusé de leurs positions de confiance publique et corrompu des institutions autrefois légitimes pour importer des tonnes de cocaïne aux États-Unis". Et le texte de poursuivre que le chef d'État et ses complices "ont fourni une couverture policière et un soutien logistique" à de grands groupes de trafic de drogue, tels que le cartel mexicain de Sinaloa et le gang vénézuélien de Tren de Aragua. Selon le ministère américain de la Justice, ces organisations criminelles reversaient une partie de leurs profits à leurs protecteurs vénézuéliens. Nicolas Maduro est notamment accusé d'avoir vendu des passeports diplomatiques vénézuéliens à des trafiquants de drogue notoires et d'avoir facilité des vols sous couverture diplomatique pour ramener l'argent de la drogue du Mexique au Venezuela.Quatre chefs d'accusation
Plus concrètement, Nicolas Maduro a été inculpé de quatre chefs d'accusation : "complot de narcoterrorisme", "complot...
-
05/01 - Venezuela : le grand flou du projet américain pour l’après-Maduro
Tout juste quelques heures après la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité militaire américaine, Donald Trump a déclaré samedi 3 janvier vouloir "gérer" le pays en attendant une transition "sûre et judicieuse". Mais en pratique, "la façon dont Washington administrera ce pays dans les semaines et les mois à venir semble incertaine et obstinément complexe", souligne The Washington Post. Le président et son administration ne semblant pas tout à fait en phase sur leurs déclarations, ni sur la marche à suivre.Menace d’une nouvelle intervention militaire
Dimanche, Marco Rubio a ainsi semblé s’éloigner de l’affirmation du président Trump la veille selon laquelle les États-Unis "dirigeraient" le Venezuela, note en effet The New York Times. Interrogé par des journalistes sur le plan d’occupation des États-Unis, le secrétaire d’État a préféré parler "de contraindre" le gouvernement vénézuélien en fonction des attentes de l’administration américaine. "Les forces américaines continueront d’empêcher les pétroliers qui figurent sur la liste de sanctions américaines d’entrer et de sortir du pays jusqu’à ce que le gouvernement ouvre l’industrie pétrolière contrôlée par l’État aux investissements étrangers - en donnant vraisemblablement la priorité aux entreprises américaines - et apporte d’autres changements", a-t-il déclaré sur la chaîne CBS News. Il a en outre nié une présence militaire américaine sur le territoire vénézuélien, évoquant tout juste quelques dizaines d’hommes sur place lors de...
-
05/01 - La neutralité, cette dangereuse illusion qui ronge notre époque, par Julia de Funès
Notre époque adore la neutralité. On nous apprend à "ne pas prendre les choses personnellement", à "ne pas faire de suppositions", à "observer sans juger" comme le préconisent les fameux accords toltèques, bible du développement personnel. La "communication non violente", elle, se voit transformée en une injonction à éviter toute tension, toute parole trop vive. Jugement et prise de position marquée ont été élevés au rang de menaces à conjurer. Cette injonction à la neutralité s’étend bien au-delà du développement personnel, et gagne aujourd’hui tous les espaces.
Dans les médias, l’injonction à la neutralité se donne des airs de vertu professionnelle. En 2025, une commission d’enquête a été lancée par l’Assemblée nationale pour interroger la neutralité de l’audiovisuel public. Quant aux entreprises, elles encouragent une communication neutre, notamment sur le genre ou l’origine, afin de ne stigmatiser personne. A l’école, on demande aux professeurs de ne rien transmettre qui puisse diviser. En Allemagne, la question de la "neutralité" dans la couverture du changement climatique — et l’usage de termes comme "crise" ou "urgence climatique", jugés par certains trop engagés — a fait l’objet de réflexions et de débats dans les médias. Pourtant, méfions-nous de la neutralité, cette vertu dangereuse. Malgré ses bonnes intentions d’impartialité, c’est une illusion pouvant conduire à la violence.
Illusion d’abord car la neutralité n’existe pas. Au nom de la neutralité, les journalistes n’assument pas leurs opinions alors même...
-
05/01 - Venezuela : Nicolas Maduro renversé par Donald Trump
-
05/01 - "Les Etats-Unis paraissent hors de contrôle…" : le coup de force de Trump au Venezuela analysé par Alexander Downes
Après plusieurs mois à exercer une pression grandissante sur le régime vénézuélien, les Etats-Unis sont subitement passés à l’action. La capture et l’exfiltration de Nicolas Maduro ont stupéfié le monde entier. Mais renverser un dictateur est une chose, gérer l’après une autre. Professeur à l’université George-Washington, Alexander Downes est l’auteur de Catastrophic Success : Why Foreign-Imposed Regime Change Goes Wrong (2021, non traduit), dans lequel il fait un bilan de tous les changements de régime imposés de l’extérieur depuis deux cents ans. L’universitaire y montre que de telles interventions accentuent les risques de guerre civile et peinent généralement à remplir les objectifs initiaux.
Pour L’Express, Alexander Downes explique pourquoi de telles opérations ont souvent des conséquences violentes, souligne les contradictions au sein de l’administration Trump et assure que ce basculement dans une nouvelle ère interventionniste doit réjouir la Russie comme la Chine.
L’Express : Il y a un mois et demi, dans L’Express, vous prévoyiez plusieurs scénarios pour le Venezuela suite aux menaces de Donald Trump contre le régime de Nicolas Maduro. Mais un enlèvement du dirigeant en plein cœur de la capitale Caracas n’en faisait pas partie…
Alexander Downes : J’étais assez sceptique quant à la capacité des États-Unis à renverser Maduro sans une invasion militaire totale au Venezuela. Ce qui s’est produit est inédit. Le cas le plus proche que j’ai pu trouver, c’est celui du Premier ministre libanais Saad Hariri qui...
-
05/01 - Se chauffer sans charbon : en Pologne, le défi qui pourrait profiter à Veolia
L’année 2025 aura été prolifique pour la Pologne, qui a fait tomber plusieurs records. Des plus anecdotiques, comme la pêche du plus gros silure jamais enregistrée - un monstre de 2,92 mètres attrapé courant octobre par deux amateurs dans un lac du sud-est. Aux plus sérieux, à l’image des très bons résultats économiques du pays, parmi les meilleurs du continent. "Nous sommes devenus la vingtième économie du monde", annonçait même en juillet le Premier ministre Donald Tusk.
Autre bonne nouvelle, cette fois sur le plan énergétique : en juin, les renouvelables ont fourni plus d’électricité (44,1 %) que le charbon (43,7 %). Une grande première pour une nation accro au lignite. Le signe d’une transition qui s’accélère, avec l’essor du solaire et de l’éolien. Mais cette avancée n’éclipse pas le long chemin qu’il reste à parcourir. Car la décarbonation ne se limite pas seulement à l’électricité. Un autre aspect tout aussi essentiel est souvent relégué au second plan : la chaleur. Sur ce point, "la Pologne est à la croisée des chemins, prévient dans un rapport le think tank Forum Energii, basé à Varsovie. La hausse des coûts du carburant, le vieillissement des infrastructures et la pression croissante pour réduire les émissions rendent le maintien du statu quo de plus en plus insoutenable".
Pour se chauffer, le pays dispose d’un des réseaux de chaleur urbain les plus étendus d’Europe. Héritage de l’époque soviétique, les près de 23 000 kilomètres de tuyaux - soit trois fois plus qu’en France - desservent 40 % des ménages, les...
-
05/01 - Venezuela : seul un coup de force pouvait ouvrir la voie à la démocratie, par Renée Fregosi
L’intervention des forces spéciales nord-américaines au Venezuela est sans doute la dernière chance de renverser la dictature qui affame et martyrise le pays depuis trois décennies. Il existe en effet quatre voies de sortie d’une dictature : ce qu’on a appelé la "transition à la démocratie" dans les années 1980-1990, c’est-à-dire une sortie pacifique négociée, comme ce que l’on a connu en Amérique latine et dans le bloc soviétique à cette époque ; le coup d’Etat de la part de militaires favorables à la démocratie associés à l’opposition politique, comme ce qui s’était passé au Venezuela même lors de la chute du dictateur Carlos Pérez Jímenez en 1958 ; une lutte armée intérieure comme cela a pu se produire à Cuba en 1959 contre le régime de Fulgencio Batista, ou au Nicaragua en 1978 avec le FSLN contre Somoza junior ; enfin, soit à la suite d’une guerre comme ce fut le cas contre les régimes fascistes et nazis, soit par une intervention militaire extérieure de plus ou moins grande ampleur.
Or il était manifeste que hélas, il n’y avait plus aucune possibilité de négocier une transition pacifique à la démocratie avec ce narcorégime, sans faire pression par la force. Un temps, on avait pu espérer que la dictature chaviste se fracture et qu’un accord entre les dissidents et l’opposition démocratique puisse déboucher sur un retour à l’ordre démocratique et à la prospérité dans ce pays qui fut par le passé un modèle de démocratie sociale redistributive. Mais, éduqué et inspiré par le régime cubain, Nicolas Maduro a...
-
05/01 - "Il n’y a plus d’hommes là-bas" : le témoignage inédit d’un "malgré-nous" du Donbass
Lorsque son patron le convoque, dans la soirée du 23 février 2022, Petro* n’imagine pas que, quelques heures plus tard, les chars russes déferleront sur l’Ukraine. Chauffagiste dans une ville du Donbass sous occupation russe depuis 2014, ce quadragénaire n’a pas d’accès libre aux médias et à Internet, tous contrôlés par Moscou.
Après plusieurs heures d’attente, Petro et ses collègues sont conduits au commissariat militaire, puis transférés vers une base à Donetsk, où des centaines de personnes patientent en pleine nuit. Les autorités parlent alors d’un voenny zbor, une simple "vérification de l’état des troupes". "On nous a donné des uniformes en disant qu’il s’agissait d’un entraînement, se souvient Petro. Ils répétaient : ‘Trois ou quatre jours et vous rentrerez chez vous’."Mise en scène
Une mise en scène qui sera vite démentie. Le groupe est emmené dans une immense mine désaffectée en banlieue de Donetsk. Petro y reste deux semaines avec 1 500 autres Ukrainiens. A la mi-mars, tous sont déployés à une vingtaine de kilomètres de Marioupol pour participer à "l’opération spéciale".
C’est seulement là, raconte-t-il, qu’ils comprennent l’ampleur du piège que les Russes leur ont tendu. Après avoir trouvé un générateur, ils parviennent à allumer une télévision dans une maison abandonnée. "On a vu qu’il y avait des combats dans toute l’Ukraine, raconte Petro, la voix nouée. On a alors compris qu’on nous avait enrôlés, que ce n’était pas un entraînement, mais la guerre."
Petro fait partie de ces "malgré-nous" des temps modernes....
-
04/01 - Un crime signé Ankara… et des silences français : l’incroyable affaire du triple assassinat de la rue La Fayette
Ce 2 décembre 2025, face au juge d’instruction Vincent Raffray, la mémoire de Manuel Valls flanche sérieusement. Certes, l’affaire pour laquelle l’ancien premier ministre est entendu comme témoin date de 2013, mais quelle affaire ! L’exécution de trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), guérilla séparatiste et bête noire de l’Etat turc, en plein Paris… Au moment même où des négociations de paix commençaient, à 3 000 kilomètres de là, pour mettre fin à ce conflit vieux de trente ans. Au 147, rue La Fayette, à deux pas de la gare du Nord, un pistolet semi-automatique de calibre 7,65 millimètres a tiré dix balles. Aucune n’a loupé sa cible. Les victimes se nomment Sakine Cansiz, l’une des fondatrices du PKK réfugiée en France, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Un triple assassinat sans meurtrier condamné, sans commanditaire inculpé, treize ans plus tard. Bref, un crime sans coupable. Le mystère tient en deux mots : raison d’Etat. Car nul n’ignore aujourd’hui les liens qui unissaient le principal suspect, Omar Güney et les services secrets turcs. A fortiori pas Manuel Valls, ministre de l’Intérieur à l’époque.
Au juge Raffray, ce 2 décembre, Valls concède que ce crime était "une opération, comme ça l’a été démontré, des services de renseignement turcs", selon le procès-verbal d’audition, que L’Express a pu consulter. En revanche, l’ex-socialiste n’a aucun souvenir de son rendez-vous avec l’ambassadeur de Turquie à Paris le 21 janvier 2013. Soit onze jours seulement après la tuerie. "Je n’en ai aucune...
-
04/01 - Pourquoi Donald Trump a-t-il choisi Delcy Rodriguez, une fidèle de Maduro, pour diriger le Venezuela ?
Le fauteuil de l’exécutif ne pouvait pas rester vide. La capture de Nicolas Maduro à l’issue d’une opération menée par les États-Unis dans la nuit de vendredi à samedi a laissé le pouvoir aux mains de la vice-présidente exécutive Delcy Rodríguez. Le chef d’État américain Donald Trump a martelé, samedi 3 janvier, que cette dernière avait prêté serment après son arrestation et s’était entretenue avec le secrétaire d’État Marco Rubio. La Constitution vénézuélienne, en vertu des articles 233 et 234, prévoit que Delcy Rodríguez assume les fonctions de présidente par intérim en l’absence du chef de l’État, une disposition que la Cour suprême vénézuélienne a ordonné d’appliquer samedi soir.
Peu après les déclarations de Donald Trump, Delcy Rodríguez s’est coulée dans son rôle de présidente en s’exprimant à la télévision d’État, entourée de son frère Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, du ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et du ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez. Lunettes carrées sur le nez et l’air sévère, elle a affirmé que Nicolás Maduro restait le seul président légitime du Venezuela, appelant au calme et à l’unité face à "l’enlèvement" du dirigeant. Une position à rebours de celle décrite par Donald Trump, qui alléguait qu’elle était prête à coopérer avec les États-Unis après la capture de Nicolás Maduro.
Donald Trump a écarté l’idée de travailler avec la cheffe de file de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix,...
-
04/01 - Gaspard Koenig : "L’Europe pourrait devenir un des rares espaces vivables de notre planète"
En 2023, Gaspard Koenig avait séduit plus de 100 000 lecteurs avec une histoire de vers de terre. Humus inaugurait son cycle romanesque sur les éléments. Après ce voyage souterrain, l’écrivain se mouille encore. Bienvenue à Saint-Firmin, un village normand qui entend bien se réapproprier l’eau. Maria, l’épicière idéaliste venue de Roumanie, a été élue maire sur cette promesse. Mais la gestion de l’eau est tout sauf un long fleuve tranquille. Qui ne sait pas déchiffrer les sigles cabalistiques du langage politico-administratif risque la noyade. Entre Kafka et Giono, Aqua croque notre époque avec férocité tout en faisant jaillir sa poésie enfouie. Un roman qui se boit sans soif.
L'Express : Aqua est un roman sur l’eau, mais aussi sur la bureaucratie. Comment arrive-t-on à rendre romanesque des sujets aussi prosaïques que l’intercommunalité ?
Gaspard Koenig : Tout sujet peut être romanesque. J’ai récemment lu La Curée de Zola qui parle de la destruction de Paris par Haussmann et des stratégies spéculatrices mises en place à ce moment-là. Des passages entiers décrivent des mécanismes financiers très documentés, mais durant lesquels le lecteur décroche un peu. Ce n’est pas grave, car cela donne un puissant effet de réel, et ça n’empêche pas La Curée d’être un roman dont on tourne les pages, avec des personnages très vivants. Un romancier peut prendre la société dans sa complexité, avec parfois sa fadeur et son ennui, et la faire vivre à travers des histoires. Même en parlant des intercommunalités [rires].
L’idée d’Aqua...
-
04/01 - "De lourdes incertitudes", "un risque stratégique" : la presse mondiale s’emballe après l’enlèvement de Nicolas Maduro
Après la capture du chef d’État vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, samedi 3 janvier, l’opération américaine a pris de court les médias du monde entier, à commencer par ceux des États-Unis. "Trump a incontestablement éliminé un mauvais dirigeant et porté un coup décisif dans la lutte pour la suprématie mondiale", écrit Bloomberg. D’après le média en ligne, le raid illustre la méthode de guerre privilégiée par le président américain : "Maximiser le secret et l’effet de surprise." Une stratégie susceptible d’offrir "des avantages stratégiques immédiats", mais qui fait également "peser de lourdes incertitudes" pour la suite.
C’est en premier lieu la question de la légalité d’une telle opération, au cœur d’un pays étranger, qui a fait tiquer le New York Times. "Nous savons que la politique belliciste de Donald Trump est illégale", clame d’entrée le quotidien américain. Ce dernier rappelle au passage les frappes meurtrières effectuées sans fondement juridique dans les Caraïbes sur des embarcations accusées, sans preuve, de participer au trafic de drogue. Le quotidien new-yorkais dénonce le piétinement du droit américain et international. L’attaque du 3 janvier signe le retour de l’impérialisme en Amérique latine, poursuit le quotidien.
Le Washington Post s’attarde de son côté sur les conséquences de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro. "Lors du raid au Venezuela, le spectre d’un changement de régime plane à nouveau sur...
-
04/01 - La Bourse pour tous, ce modèle suédois qui fait ses preuves
A peine seize heures passées, Stockholm est déjà engloutie par l’obscurité. L'heure est au fika, cette pause-café indissociable de l'art de vivre suédois. Dans un studio feutré, au cœur d’un quartier chic de la capitale, une poignée de jeunes tirés à quatre épingles sont réunis pour préparer une vidéo en direct sur la plateforme Twitch avec, en arrière-plan, une photo de l'emblématique taureau de Wall Street. L’un d’eux désigne fièrement une action en papier, encadrée telle une précieuse relique. D’autres discutent de la nouvelle qui vient d’apparaître sur l’écran de leurs smartphones – la suspension du titre du groupe technologique suédois Intellego, après une enquête contre son PDG.
Ces aficionados de la Bourse, 23 ans en moyenne et un tiers de femmes, sont des bénévoles de l’association Unga Aktiesparare - "Jeunes actionnaires" -, fondée en 1990 pour démocratiser l’accès à l’investissement. "Notre plus jeune membre avait douze minutes lors de son adhésion ; son père m’a appelé depuis la maternité pour l’inscrire dès sa naissance", se rappelle, amusé, Henrik Wallerström, le président de ce club d'apprentis financiers. L'association publie un magazine et organise voyages, visites d’entreprises et autres conférences en partenariat avec le Nasdaq. Avec la volonté de parler au plus grand nombre. "Même avec dix euros, n’importe qui peut commencer à investir en Bourse", plaide Henrik Wallerström, curieux du sujet depuis ses années lycée.Un modèle à la sauce libérale
Rien de surprenant dans un pays qui se classe parmi les...
-
04/01 - Opération "Absolute Resolve" : les coulisses de l’intervention américaine au Venezuela
Moins de cinq heures. C’est le temps qu’il a fallu pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. Son homologue américain Donald Trump a justifié l’opération "Absolute Resolve", une "opération brillante" selon ses mots, par la lutte contre le trafic de drogue et par sa volonté de traduire le dirigeant devant la justice américaine, sur la base d’accusations de "narcoterrorisme".
Samedi 3 janvier, lors d’une conférence de presse organisée en Floride, le président des États-Unis a laissé son chef d’état-major, le général Dan Caine, détailler les contours de cette intervention militaire surprise. Selon le New York Times, il s’agissait de l’opération militaire américaine "la plus risquée" menée par les commandos d’élite de la Delta Force depuis l’assaut des SEAL Team 6 contre Oussama ben Laden, tué en 2011 dans une maison sécurisée au Pakistan.
L’enlèvement du président vénézuélien, au pouvoir depuis 2013, serait l’aboutissement de "mois de travail" des services de renseignement américains. Dès le mois d’août dernier, une équipe clandestine d’agents de la CIA se serait infiltrée chez son voisin afin de collecter des informations sur Nicolas Maduro. Son objectif, assure le général Dan Caine : "Comprendre comment [le président vénézuélien] se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, ainsi que ses animaux de compagnie." Une fois ces informations collectées, l’opération est entrée dans sa phase d’exécution.22h46 : début de l’opération
Vendredi 2 janvier, Donald Trump a donné l’ordre de...
-
04/01 - Venezuela : après l’arrestation de Nicolas Maduro, la lutte de pouvoir s’intensifie au sommet de l’État
La capture par les États-Unis du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro - qualifiée de stupéfiante et puissante par le président Donald Trump - laisse planer l'incertitude quant à savoir qui dirige ce pays riche en pétrole. Samedi, Donald Trump a déclaré que la vice-présidente Delcy Rodriguez, membre de la puissante cabale au sommet du gouvernement du pays, avait prêté serment après l'arrestation de Nicolas Maduro et qu'elle s'était entretenue avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, ce qui a alimenté les spéculations quant à sa possible prise de fonction.
Conformément à la constitution vénézuélienne, Rodriguez devient présidente par intérim en l'absence de Nicolas Maduro, et la plus haute juridiction du pays lui a ordonné d'assumer ce rôle samedi soir. Mais peu après les remarques de Donald Trump, Rodriguez est apparue à la télévision d'État, flanquée de son frère, le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez, du ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello et du ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez, et a déclaré que Nicolas Maduro restait le seul président du Venezuela. Cette apparition commune indique que le groupe qui partage le pouvoir avec Nicolas Maduro reste uni – pour l’instant.
Samedi, Donald Trump a publiquement fermé la porte à toute collaboration avec la cheffe de l'opposition et lauréate du prix Nobel Maria Corina Machado, largement considérée comme l'adversaire la plus crédible de Maduro, affirmant qu'elle ne bénéficiait d'aucun soutien à l'intérieur du pays. Après que Machado a été...
-
04/01 - Dans les halles désaffectées de West Smithfield, le pari architectural du London Museum
Il compte parmi les plus importants projets culturels en cours de construction sur le continent européen. Pour partie en voie d’achèvement, le London Museum affiche clairement son ambition : devenir une destination de renommée mondiale et une vitrine de la réutilisation adaptative de sites patrimoniaux. Déployées au nord-ouest de Londres, les halles désaffectées de West Smithfield sont ainsi en passe de se métamorphoser en complexe muséal durable dans un secteur historique de la métropole : tour à tour cimetière romain, lieu d’exécution, foire aux bestiaux et source d’inspiration pour Charles Dickens, le quartier de Smithfield doit sa réputation à son grand marché couvert, cœur battant de la City à travers les siècles.
C’est dans ce haut lieu du commerce viandard que le London Museum, dont les collections sont dédiées à l’histoire de la capitale, du paléolithique à l’époque moderne, a choisi de s’implanter. Il se répartira entre deux bâtiments, réhabilités par les bureaux d'architectes Stanton Williams, Asif Khan et Julian Harrap. Le vieux Marché général abritera les galeries permanentes du futur musée et ouvrira ses portes au public dès la fin 2026 au terme d’un chantier titanesque. L’édifice au plafond en forme de dôme caractéristique de l’époque victorienne menaçant ruine, il a fallu nettoyer en profondeur les 10 000 mètres carrés de briques rouges et de pierre, renforcer les toitures et mettre au jour un vaste réseau de voûtes souterraines, jadis un immense dépôt de marchandises desservi par la Great Northern...
-
04/01 - La France et le Royaume-Uni ont mené des frappes conjointes sur l’Etat islamique en Syrie
Les armées de l'air du Royaume-Uni et de la France ont mené une opération conjointe samedi soir contre une cache d'arme présumée qui était utilisée auparavant par le groupe Etat islamique en Syrie, a annoncé le ministère britannique de la Défense. Des avions occidentaux mènent des patrouilles pour empêcher le retour des groupes de combattants islamistes qui régnaient sur certaines régions de la Syrie jusqu'en 2019.
Des analyses des services de renseignement ont identifié une installation souterraine qui aurait été utilisée comme dépôt d'armes et d'explosifs dans les montagnes au nord de Palmyre, a affirmé le ministère britannique de la Défense dans un communiqué. "Notre avion a utilisé des bombes guidées pour viser plusieurs tunnels d'accès à l'installation. Bien qu'une évaluation détaillée soit en cours, les premières indications laissent penser que la cible a été atteinte", a-t-il ajouté."Eradiquer toute résurgence de Daesh"
La zone ne comptait "aucune habitation civile" avant la frappe, a indiqué la Grande-Bretagne. "Cette action témoigne du leadership du Royaume-Uni et de sa détermination à se tenir aux côtés de ses alliés pour éradiquer toute résurgence de Daech et de ses idéologies dangereuses et violentes au Moyen-Orient", s'est félicité dans le même communiqué le ministre britannique de la Défense, John Healey.
Né du chaos de la guerre syrienne, déclenchée en 2011, le groupe État islamique (EI) avait, à son apogée, pris le contrôle de vastes zones du pays, dont la région de Palmyre. Malgré sa défaite face à...
-
04/01 - Pedro Sanchez, le chouchou de la gauche française : ses liens avec Olivier Faure, la fascination de Jean-Luc Mélenchon
"C’est vrai que tu envisages de quitter le pouvoir ?" Sébastien Lecornu n’est pas l’unique Premier ministre avec lequel Olivier Faure s’entretient. En quête de stature et d’inspiration présidentielle, le premier secrétaire du PS cultive ses réseaux étrangers, admiratif de l’action menée en Espagne par Pedro Sanchez – qui, lui, appartient à sa famille politique. Lorsque à Malte, en novembre dernier, Faure le croise à l’occasion d’un événement de l’Internationale socialiste présidée par le Madrilène, le patron des socialistes s’inquiète des murmures qui embaument la pénible fin de règne du chef de gouvernement espagnol, marquée par les scandales de corruption (trois de ses plus proches collaborateurs ont fait de la prison) et les défaites aux multiples élections partielles.
Une envie d’ailleurs, un départ vers une institution internationale ? L’intéressé dément et rassure son allié, dans la langue de Molière. Sanchez aurait discuté avec sa femme, ses enfants et à date, il serait bel et bien candidat à sa propre succession. Les socialistes français peuvent donc souffler : ils conservent temporairement un idéal sur lequel s’appuyer.Rencontre Sanchez - Glucksmann
À la recherche d’un récit alléchant, dans une Europe où l’Espagne fait figure de bastion progressiste, les sociaux-démocrates tricolores érigent Pedro Sanchez en modèle. "La gauche française l’observe comme un contre-exemple de la politique menée par Emmanuel Macron, analyse Antoine de Laporte, expert associé de la Fondation Jean-Jaurès, spécialiste de la vie...
-
04/01 - Iran : la révolution en cours peut-elle enfin faire tomber le régime ?, par Anne Rosencher
On n’ose y croire. L’information fiable qui nous provient d’Iran est si rare ; il nous faut nous accrocher aux images charriées par les réseaux sociaux. On y voit, dans plusieurs villes, le courage prendre à nouveau comme un feu dans la pampa. Des cortèges. Des cris. Des chants. Et en face : des tirs. Des arrestations. Un homme, vêtu de sombre, se tient, assis à même le bitume, devant les motards du régime qui attendent, interdits, comme attendirent naguère les chars devant l’homme de Tian'anmen. Moment suspendu. Image à jamais gravée dans les rétines de l’Histoire. À Téhéran, à Chiraz, à Ispahan et dans bien d'autres villes encore… les étudiants ont rejoint, depuis le 29 décembre, les manifestations qui avaient débuté quelques jours avant. Et le monde libre retient son souffle : cette fois, est-ce la bonne ?
Voilà plus de trois ans que nous assistons à une révolution folle en Iran. Une révolution dont le caractère inédit tient tout entier dans son cri de ralliement : Femme, Vie, Liberté ! Et qui débute par la mort d’une femme de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours avant par la police des mœurs, à Téhéran, pour un voile mal mis. Deux mèches folles au vent ; un attentat à la pudeur dans les rues de la République islamique d’Iran. La mort suspecte de la jeune femme, le 16 septembre 2022, ouvre les vannes d’un formidable éboulement contre le régime des mollahs. Dans les rues d’Iran, des femmes brûlent leur hijab, et des hommes – prouvant que le féminisme est un universalisme, et pas un combat en "non-mixité" – se...
-
04/01 - "HugoDécrypte en Russie", la BD qui dérange Vladimir Poutine
Publiée en novembre, la bande dessinée HugoDécrypte en Russie* est déjà un succès d’édition. Avec 80 000 exemplaires vendus, voici cet ouvrage dans le peloton de tête des best-sellers du genre, avec Astérix en Lusitanie, le dernier Blake et Mortimer ou le nouvel album du Chat, de Philippe Geluck. Deux traductions, en espagnol et en coréen, sont en cours ; d’autres sont prévues. Mais la preuve ultime du succès de cet album de 200 pages qui raconte l’histoire de la Russie à travers les yeux du youtubeur journaliste Hugo Travers (représenté comme un Tintin moderne qui voyage à travers les siècles pour interviewer Ivan le Terrible, Raspoutine ou Staline) provient de Moscou.Publiée en novembre 2025, la bande dessinée d'Hugo Travers rencontre un succès qui incommode le Kremlin.
Car sur les rives de la Moskova, la BD du fondateur d'HugoDécrypte, le média en ligne le plus suivi par les Français de moins de 35 ans, fait jaser. Peu après sa parution en France, un certain Roman Krastelev s’émeut, sur la chaîne RuNews24, que l’ouvrage soit déjà classé numéro 1 sur le site de vente en ligne Amazon. En direct, le politicien moscovite pointe les auteurs du doigt : "Ils accusent systématiquement la Russie de déclencher des guerres, des conflits internationaux et de despotisme sanglant. Et ils ne se gênent pas pour représenter les personnages historiques russes de manière caricaturale", dénonce ce dirigeant du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), le parti de feu Vladimir Jirinovski qui n’est ni "libéral" ni...
-
03/01 - Attaque américaine au Venezuela : "Cuba craint d’être la prochaine cible si le Venezuela tombe"
C'est un événement historique, qui suscite l'émoi du monde entier et pose de nombreuses questions sur le plan du droit international. Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, des éléments de la Delta Force, l’unité spéciale la plus pointue de l’US Army, se sont emparés du dictateur vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores et les ont immédiatement exfiltrés en dehors du pays, accusés par Washington de "narcoterrorisme".
Originaire du Venezuela et maître de conférences en sociologie à l'Université Paris-Nanterre, Pedro José Garcia Sanchez évoque les répercussions qu'une telle situation pourrait avoir dans la région.
L’Express : Les Etats-unis accusent Nicolas Maduro de "narcoterrorisme" et dénoncent un "complot pour importation de cocaïne" pour justifier leur intervention au Venezuela. Qu’en est-il réellement ?
Le Venezuela est effectivement devenu un hub pour les criminels, de nombreuses bases factuelles étayent les accusations des Américains sur l’importation de drogues dans le pays. D’abord, l’extradition en 2023 d’Hugo Armando Carvajal Barrios, surnommé "El Pollo", un militaire qui a dirigé pendant une dizaine d’années le service de renseignement vénézuélien sous les gouvernements d’Hugo Chavez et Nicolas Maduro, et à qui Washington reprochait un chargement de plus de cinq tonnes de cocaïne qu’il avait fait importer aux Etats-Unis via le Mexique. En 2015, lui et d’autres hauts fonctionnaires vénézuéliens étaient également visés par une enquête de la justice américaine pour leur implication...
-
03/01 - Les Etats-Unis vont "diriger le pays" jusqu’à ce qu’une ce qu’une "transition, appropriée et judicieuse" soit possible, déclare Donald Trump
Des explosions ont eu lieu vers 2 heures du matin (7 heures en France) dans les environs de la capitale vénézuélienne. L'électricité était coupée dans le sud de Caracas, près d'une importante base militaire.
Le Venezuela a dénoncé une "très grave agression militaire" perpétrée "par le gouvernement actuel des États-Unis d’Amérique contre le territoire vénézuélien et sa population", affirmant que des "zones civiles et militaires" ont été touchées à Caracas, la capitale, ainsi que dans les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira. Le bilan humain est encore inconnu.
Le président américain, Donald Trump, qui a confirmé avoir mené "avec succès une frappe de grande envergure contre le Venezuela", a annoncé que son dirigeant, le président Nicolas Maduro, et son épouse, ont été capturés et exfiltrés du pays. Ils ont été "inculpés dans le district sud de New York", et devront répondre d'accusations liées à la drogue et au terrorisme. Le dirigeant vénézuélien, au pouvoir depuis 2013, est accusé par Donald Trump d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, imputations démenties par Nicolas Maduro.
Alors que l'Union européenne appelle à la "retenue", l'Espagne se propose de jouer un rôle de médiateur. "Nous devons tous respecter le droit international", a défendu le premier ministre britannique, Keir Starmer.
17h53"Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre, appropriée et judicieuse", déclare Donald Trump
Les Etats-Unis vont maintenir leur rôle au Venezuela jusqu'à ce qu'une "transition,...
-
03/01 - Capture de Nicolas Maduro : "Le bilan de vingt-cinq ans de socialisme au Venezuela est calamiteux"
En Europe et aux États-Unis, un débat fait déjà rage pour savoir si les actions des États-Unis et la spectaculaire arrestation de Nicolas Maduro sont conformes au droit international – et bien sûr, cela peut être discuté. Les États-Unis affirment que Maduro n’est pas le président légitime du Venezuela. C’est vrai : il a massivement truqué les élections de juillet 2024. Peu après ces élections, j’ai rencontré Adriana Flores Márquez, une militante libertaire active dans la résistance au Venezuela et qui a travaillé en étroite collaboration avec Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix l’année. Maria s’est également enfuie, en Argentine, où je l’ai rencontrée. Elle m’a certifié que le candidat de l’opposition (Machado elle-même n’avait pas été autorisée à se présenter) avait obtenu environ 70 % des voix.
Les États-Unis affirment que Maduro est un trafiquant de drogue et l’ont donc arrêté. Cela aussi est connu depuis des années : le régime socialiste du Venezuela tire principalement ses revenus du trafic de drogue, alors que rien d’autre ne fonctionne plus dans ce pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole au monde.Une personne sur trois est partie
Pour beaucoup de Vénézuéliens aujourd’hui, le plus important est que le dictateur ne soit plus dans le pays. Ce matin, Daniel Di Martino, économiste au Manhattan Institute, a par exemple publié sur X : "TU L’AS FAIT. Donald Trump. MERCI. MERCI. MERCI." Daniel vit aux États-Unis depuis plusieurs années ; il a fui le Venezuela, comme beaucoup d’autres. Près de...
-
03/01 - Venezuela : la capture de Nicolas Maduro, un exploit militaire (au mépris du droit international)
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, des éléments de la Delta Force, l’unité spéciale la plus pointue de l’US Army, se sont emparés du dictateur vénézuélien et de son épouse Cilia Flores et les ont immédiatement exfiltrés en dehors du pays. Selon toute vraisemblance, le commando de la Delta Force a bénéficié du soutien des hélicoptères du 160th Special Operations Aviation Regiment, les "Night Stalkers", ainsi que d’autres éléments du JSOC (Joint Special Operations Command) et de la CIA.
Une telle action n’a pu se faire qu’avec un exceptionnel niveau de renseignement et, sans doute, quelques complicités au sein du régime bolivarien. Au même moment, une "frappe à grande échelle", selon Donald Trump, a visé des installations militaires et stratégiques dans la capitale Caracas et aux environs. On devrait rapidement en savoir plus sur le déroulé de cette opération – y compris le nom qui lui a été donné par le Pentagone.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a rapidement assuré qu’il n’y aurait pas de suites militaires ("no further action"), l’opération visant à présenter Nicolas Maduro devant la justice américaine. Le président vénézuélien fait, depuis mars 2020, l’objet d’une accusation fédérale américaine pour "narcoterrorisme, importation de cocaïne, possession d’armes à feu, corruption et abus de pouvoir". Dans leurs documents officiels, les Etats-Unis placent désormais la menace représentée par le narcotrafic et les "organisations criminelles transnationales" à un niveau comparable à celui du terrorisme...
-
03/01 - Ce choc qui décidera de l’avenir au Moyen-Orient, par Bernard Haykel
Le Moyen-Orient est déchiré par deux visions du monde concurrentes. La première est révisionniste et croit au potentiel transformateur de la violence, fondée sur une vision religieuse rédemptrice. La seconde privilégie la stabilité politique et le développement économique — un ordre d’États souverains poursuivant pacifiquement leurs intérêts nationaux. L’avenir de la région dépendra de l’issue de la confrontation entre ces deux visions.
Les révisionnistes sont représentés par l’Iran et ses proxys islamistes, qui cherchent ouvertement à détruire Israël, à vaincre les alliés régionaux des États-Unis et, à terme, à expulser les Américains de la région. Ils invoquent la cause palestinienne pour atteindre ces objectifs, car aucune autre question ne suscite une sympathie plus large ni ne radicalise aussi facilement les opinions publiques arabes et musulmanes. Pourtant, loin d’aider les Palestiniens, leurs actions ont engendré des souffrances et des misères sans fin, pour les Palestiniens, mais aussi pour les Libanais et les Yéménites.
Ce camp révisionniste n’est pas exclusivement islamiste. Les partis ultranationalistes israéliens, alliés au gouvernement de Benyamin Netanyahou, nourrissent eux aussi le fantasme du recours à la violence pour créer un "grand Israël", en refusant aux Palestiniens le droit à un État et en annexant des territoires non seulement en Cisjordanie et à Gaza, mais également en Syrie. À l’instar de l’Iran, l’extrême droite israélienne peut être qualifiée de révolutionnaire : elle représente l’autre...
-
03/01 - "Mort à Khamenei !" En Iran, les manifestations "contre la vie chère" prennent une tournure politique
Un simple mouvement "contre la vie chère" ? Depuis le début de la mobilisation le 28 décembre, partie des bazars de Téhéran pour s’étendre à tout l’Iran, les manifestants affichent de plus en plus des revendications politiques, bien au-delà de la simple question économique.
A l’origine, les commerçants de la capitale ont fermé boutique pour protester contre l’inflation causée par la dépréciation de la monnaie nationale, puis ont été rejoints par les étudiants qui ont manifesté dans une dizaine d’universités à travers le pays. Le 31 décembre, le procureur général de la République islamique avait alors mis en garde, affirmant que le pouvoir judiciaire fera preuve de "fermeté" si les manifestations contre la vie chère en Iran étaient instrumentalisées à des fins de "déstabilisation".
Pour comprendre qu'il s'agit bien plus d'une simple protestation contre la situation économique, un simple coup d'œil aux slogans affichés dans la rue suffit. "Mort à Khamenei", "A bas le dictateur !", "Iranien ! Crie haut et fort pour tes droits !", pouvait-on lire sur les pancartes des protestataires, comme le rapporte Le Figaro. Des phrases chocs qui dénoncent les "fausses promesses" du régime et réclament la "fin du tyran", en référence à Ali Khamenei, le guide suprême iranien. Depuis le mouvement "Femme, Vie, Liberté", à la suite de la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile mal porté en 2022, une grande partie de la population exprime en effet son ras-le-bol face aux lois obsolètes d’un régime islamique au pouvoir depuis 45 ans,...
-
03/01 - L’Université de Saint-Gall, ce temple suisse où se forge l’élite économique germanique
On ne grimpe pas par hasard sur la colline du Rosenberg. Seuls quelques touristes égarés à Saint-Gall, cette ville de 80 000 habitants à l'extrême nord-est de la Suisse, se chauffent les mollets pour gravir le raidillon et découvrir la vue sur les toits pointus de la cité moyenâgeuse. Les passants qui sillonnent le dédale des rues étroites connaissent, eux, les codes du quartier. Derrière de hautes haies taillées au cordeau, on devine d'immenses villas, folies architecturales de la fin du XIXe. A l'écart des regards, l'Institute auf dem Rosenberg, l'un des pensionnats les plus prisés au monde, éduque descendants de têtes couronnées et rejetons de milliardaires. Opulence furtive, secrets garantis. Rigueur calviniste assumée. C'est là que niche l'université de Saint-Gall, le graal de l'élite économique germanique. Ici, pas de campus bouillonnant comme à Harvard ou HEC. Saint-Gall est une université de poche de 10 000 étudiants.
Tout autour, les pics dentelés des Churfirsten et au creux de la vallée, les eaux transparentes de la Linth. " Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire ici qu'étudier. Quand j'y suis arrivée à 17 ans, j'ai rencontré des gens qui pensaient vite et qui voulaient avancer encore plus vite" raconte Nicole Büttner-Thiel, l'une des figures phares de l'intelligence artificielle en Allemagne à la tête de Merantix Momentum, également secrétaire général du FDP, le parti libéral allemand.
C’est en 1898 que les riches industriels de la ville, spécialisés dans la dentelle, décident de financer...
-
03/01 - Ce que l’on sait des explosions au Venezuela
De multiples explosions ont secoué ce samedi 3 janvier la ville de Caracas, au Venezuela, où des colonnes de fumée noire et des avions étaient visibles, d’après des témoins de Reuters et des images circulant sur les réseaux sociaux. Le courant est coupé dans plusieurs secteurs de la ville, et le président Nicolas Maduro accuse les Etats-Unis d’en être responsables. L’Express fait le point sur la situation.· Des explosions à plusieurs endroits de la ville
Dès 2 heures du matin, des avions et des bruits forts ont été entendus dans plusieurs endroits de Caracas, la capitale, et une colonne de fumée était visible, ont rapporté des témoins de Reuters. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent de grands incendies avec des dégagements de fumée, et l’agence américaine AP a dénombré au moins sept explosions, tout en mentionnant le vol d’appareils à basse altitude.
Certaines ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP, sous couvert d’anonymat. D’autres habitants ont dit avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas. Toujours selon Reuters, une panne de courant affectait le sud de la ville, à proximité d’une importante base militaire. Pour l’heure, les causes et les lieux précis des incidents ne sont pas connus.· Une agression des Etats-Unis ?
Très vite, le Venezuela a dénoncé une "très grave agression militaire perpétrée par […] les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens", dans un communiqué...
-
03/01 - Un week-end à Londres : Constable et Turner, l’eau et le feu à la Tate Britain
A l’été 1831, l’association de deux tableaux sur les cimaises de la Royal Academy de Londres faisait le buzz. D’un côté, était accroché Caligula’s Palace and Bridge de Turner. De l’autre, Salisbury Cathedral from the Meadows signé Constable. Il n’en a pas fallu davantage pour susciter un raz-de-marée comparatif entre la chaleur du soleil italien restituée par le premier et l’humidité nuageuse de la Grande-Bretagne rendue par le second. "Le feu et l’eau" : c’est ainsi qu’un critique résuma alors le contraste saisissant entre les deux géants de la peinture de paysage, un registre auquel ils ont, par des approches radicalement différentes, donné un souffle novateur.
Aujourd’hui, à l’occasion du 250e anniversaire de leur naissance, une exposition événement à la Tate Britain décrypte leurs approches concurrentes et met en lumière les rouages de leur rivalité. 170 œuvres sont ainsi réunies, dont certaines n’avaient pas été montrées au public d’outre-Manche depuis plusieurs décennies, la plus notable, The Burning of the Houses of Lords and Commons (Turner, 1835), prêté par le Cleveland Museum of Art, retrouvant le sol britannique après un siècle d’exil.
Rien pourtant ne prédisposait les deux artistes à partager le haut de l’affiche, tant leurs origines et leurs trajectoires divergent. Né en 1775, J.M.W. Turner grandit dans le salon de coiffure paternel à Covent Garden, au cœur du quartier commercial de la métropole londonienne. Fils d’un exploitant agricole prospère, qui fait figure de châtelain local, John Constable voit...
-
03/01 - Oatly, l’histoire mouvementée du suédois qui biberonne le monde au lait d’avoine
Amateurs de matcha ou de pumpkin spice latte, dans tout bon coffee-shop, on vous proposera sûrement une variante "lait d’avoine" pour agrémenter votre breuvage. Et il y a de fortes chances qu’elle soit estampillée Oatly. Cette marque suédoise s’est taillé la part du lion dans la production de lait végétal à base d’avoine. Non sans heurts. En 25 ans d’existence, la firme de Malmö, qui vend aujourd’hui ses briques dans plus de vingt pays, en a vu de toutes les couleurs.
Le destin d’Oatly a même failli ne pas dépasser le stade du laboratoire. Au début des années 1990, au sein de l’université de Lund, en Suède, le chercheur en chimie et nutrition Rickard Öste planche sur une alternative au lait de vache à destination des personnes intolérantes au lactose. Après des centaines d’essais, il parvient à mettre au point une boisson à base d’avoine qui répond enfin à ses attentes. Quatre ans plus tard, épaulé par son frère Bjorn, il fonde Ceba AB, la maison mère d’Oatly, et passe à l’échelle industrielle. Le duo décroche un premier contrat avec Danone pour la production d’un yaourt. Faux départ : la demande n’est pas au rendez-vous et après un an de commercialisation, le produit est retiré des rayons. La fratrie redémarre de zéro.
Longtemps, le mélange de grains et d’eau fabriqué par Oatly s’est adressé uniquement aux carencés en lactase, cette enzyme qui permet de digérer le lactose. Les bienfaits de l’avoine sont pourtant nombreux, et prouvés. "Elle contient des fibres spécifiques, les bêta-glucanes, qui contribuent notamment à...
-
03/01 - "Les Belles Promesses" de Pierre Lemaitre : tragédie chez les Pelletier
Et de sept ! Depuis 2013, Pierre Lemaitre a entamé sa longue marche pour balayer le XXe siècle. Salué dès l’entame de de sa première trilogie (Au-revoir là-haut), par le prix Goncourt, le feuilletoniste le plus populaire de France conclut aujourd’hui sa tétralogie avec Les Belles Promesses… qui n’engagent que ceux qui y croient. Pierre Lemaitre n’est pas de ceux-là, qui donne des accents tragiques à cette décennie des Trente Glorieuses, 1963-1973. Avec, en épicentre de son tableau dumassien, la famille Pelletier, évidemment _ avec séance de rattrapage ici ou là pour les retardataires. Ainsi, Geneviève, la femme de Jean, l’aîné des Pelletier, est toujours aussi redoutable, confite dans sa méchanceté et son opportunisme tous azimuts. Victimes, entre autres, du fiel de la mégère, son fils Philippe, par trop emprunté, après que sa cible précédente, Colette, est devenue une excellente élève ; et sa sœur, Thérèse, traitée comme une bonne à tout faire ; et Jean, qui expie ainsi ses fautes. Des fautes – criminelles - que son frère François, le journaliste, déchiré entre l’amour fraternel et la justice humaine, n’est pas loin de déterrer.
Autour d’eux, la France avance à grands pas vers le "progrès" et sa cohorte de dommages collatéraux (expulsés, laissés-pour-compte, dégâts climatiques) entre l’agriculture intensive émergente et les travaux dantesques du périphérique parisien, en passant par les "événements" d’Algérie comme on disait à l’époque. Il est aussi question d’un incendie mortel, d’un orphelin objet de bien de...
-
03/01 - Espionnage américain : ce que la France savait… et a laissé faire
Réunion de crise à l'Elysée. En 2013, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel feuilletonne sur l'affaire Edward Snowden. Ce sous-traitant de la NSA et de la CIA vient de révéler un système de surveillance mondial des communications. Grâce aux archives de l'informaticien, des informations remontent sur l'existence d'une station d'écoute américaine située à Paris. Et pas n'importe où : sur le toit de l'ambassade américaine, à peine dissimulé derrière une façade en trompe-l’œil.
Alain Zabulon, coordonnateur national du renseignement, s'interroge : les Américains ont-ils déposé un permis de construire ? Il faudrait vérifier auprès de la mairie de Paris. Devant ces questionnements purement administratifs, les services secrets s'agacent. "Ils avaient refait le toit de leur ambassade pour qu’il soit transparent aux ondes électromagnétiques. On se doutait de pourquoi", grince Bernard Barbier, directeur technique de la DGSE de 2006 à 2014. Frappé d'amnésie sélective, Paris redécouvre l'espionnage américain. "Il n'y a pas que des antennes télé sur les toits des ambassades ! ironise Jean-François Ferlet, ancien directeur du renseignement militaire de 2017 à 2021. Tout le monde fait du renseignement. En la matière, on n'a pas d'amis, on n'a que des contacts".La fin du secret
Les maîtres espions mettaient en garde depuis longtemps contre le risque d'écoutes illégales. Y compris venu de l'allié américain. Dès 2007, la DGSE organise un exercice grandeur nature pour sensibiliser Nicolas Sarkozy. Elle déploie un dispositif...
-
03/01 - Françoise Thom : "Le grand projet de Poutine est celui d’une hégémonie russe sur toute l’Europe"
A l’heure où s’accélèrent les pourparlers en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine semble plus que jamais déterminé à livrer bataille. A l’occasion de ses vœux du nouvel an, le chef du Kremlin a affiché un optimisme intact quant à ses chances de "victoire" à l’aube du quatrième anniversaire du conflit. Sans fournir la moindre preuve, Moscou avait deux jours plus tôt accusé Kiev d’avoir lancé une attaque de drones contre le palais du président russe dans la région de Novgorod. De quoi une fois de plus semer le doute sur sa volonté de faire dérailler les tractations diplomatiques - alors qu'un rapport de la CIA a démenti les allégations russes peu de temps après.
"Tout signe de faiblesse envoyé par l’Occident ne fait qu’encourager le Kremlin à aller toujours plus loin, analyse l’historienne Françoise Thom. Lorsque les dirigeants occidentaux disent vouloir dialoguer avec la Russie, Poutine interprète cela en termes de rapport de force. Sa logique ? Si ses adversaires veulent négocier, c’est qu’ils sont en position de faiblesse et que c’est le moment de pousser son avantage." Dans son nouvel ouvrage La guerre totale de Vladimir Poutine (Editions A l’Est de Brest-Litovsk, 2026), à paraître le 8 janvier, cette spécialiste de l’URSS et de la Russie post-soviétique analyse avec force détails la mécanique infernale guidant le régime russe, son univers mental, et ses ambitions par-delà l'Ukraine. Interview.
L’Express : Dans votre ouvrage, vous écrivez que Poutine évolue "dans le même univers mental"...
-
09/12 - Espionnage, fraude… L’ANSSI alerte sur les failles des smartphones
Ils ne nous quittent jamais. Sur la table de nuit, dans la poche, sur le bureau ou à la main, les smartphones font partie intégrante de notre quotidien. A mesure que les usages se sont multipliés, messageries, paiements, géolocalisation, stockage de documents sensibles, les téléphones sont devenus des cibles privilégiées pour l’espionnage, la surveillance et la criminalité numérique. Leur omniprésence, combinée à la quantité et à la sensibilité des données qu’ils traitent, en fait un outil idéal pour qui cherche à intercepter des informations ou à surveiller un individu.
Dans un rapport publié le 26 novembre 2025, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) rappelle que le téléphone portable est un objet à haut risque sur le plan cyber.Des risques anciens mais persistants
Le risque n’est pas nouveau. Depuis des années, les téléphones mobiles reposent sur des technologies qui présentent des failles. Pour fonctionner, un smartphone échange en permanence des données par ondes radio avec son environnement : antennes-relais, réseaux Wi-Fi, objets connectés ou terminaux de paiement. Ces échanges utilisent des protocoles standards qui, comme tous les systèmes informatiques, peuvent être détournés par des acteurs malveillants.
Certaines faiblesses sont anciennes et bien connues. La 2G, par exemple, est encore utilisée dans certaines régions du monde pour assurer une couverture minimale. Or, cette technologie offre un niveau de sécurité très faible. Les SMS y circulent sans réelle protection et les...
-
09/12 - IA : Microsoft va investir 17,5 milliards de dollars en Inde, son "plus gros investissement" en Asie
Le géant technologique américain Microsoft va investir 17,5 milliards de dollars en Inde, son "plus gros investissement jamais réalisé en Asie", a annoncé mardi 9 décembre son patron Satya Nadella sur X. "Afin de soutenir les ambitions du pays, Microsoft s'engage à investir 17,5 milliards de dollars américains – soit notre plus gros investissement à ce jour en Asie – pour contribuer à la mise en place de l'infrastructure, des compétences et des capacités souveraines nécessaires à un avenir où l'IA sera la priorité de l'Inde", a déclaré Satya Nadella dans un message sur X, sans donner plus de précisions.Un investissement étalé sur quatre ans
Le patron de Microsoft a fait cette annonce après une rencontre avec le Premier ministre Narendra Modi à New Delhi. Il l'a remercié d'avoir eu "une conversation enrichissante sur les opportunités offertes par l'IA en Inde". Dans un communiqué distinct, Microsoft précise que l'investissement sera étalé sur quatre ans.
Narendra Modi s'est dit pour sa part "heureux" que le géant technologique ait choisi l'Inde pour son plus important investissement en Asie. "La jeunesse indienne saura saisir cette opportunité pour innover et exploiter la puissance de l'IA au service d'un monde meilleur", a déclaré le Premier ministre sur X.
Microsoft avait déjà annoncé cette année un plan d'investissement dans le pays, d'un montant de 3 milliards de dollars, dans l'IA et les infrastructures pour le cloud (informatique à distance) au cours des deux prochaines années.Les géants de la...
-
09/12 - EXCLUSIF. Budget, taxe Zucman, impôts, retraites... Le vrai visage du RN à l’Assemblée
Il y a tant à perdre à sortir du cocon protecteur de l'ambiguïté. "Le Rassemblement national version 2025 a voulu se faire passer pour un parti pro business, mais la séquence budgétaire de la rentrée a révélé surtout leur matrice antisystème et anti-entreprise", cingle le président d’un lobby patronal industriel. En politique, il y a les discours, les postures, les promesses soufflées dans le secret d’une réunion qui n’apparaîtra sur aucun agenda officiel. Et puis, le réel des positions dans l’Hémicycle. L’index enfoncé sur l’un des trois boutons du boîtier de vote. Le résultat final annoncé au perchoir.
Quel est le vrai visage du premier parti de l’Assemblée nationale ? Celui d’un libéralisme entrepreneurial mâtiné de gaullisme social, comme le revendique Jordan Bardella, ou celui d’un souverainisme économique teinté de dirigisme étatique, comme l’affiche Marine Le Pen ? Pour tenter de dissiper le brouillard, L’Express, avec l’aide des chercheurs de la plateforme Datan, a passé au crible tous les votes à l’Assemblée depuis le début de la 17e législature, en juillet 2024. Une analyse fine des alliances, en isolant les sujets sortant des Commissions des affaires économiques et sociales, qui permet de comprendre avec qui vote le RN. Et surtout quelle trace laisse ses élus sur les finances publiques du pays.
Premier enseignement : la stratégie de la cravate et la quête de respectabilité les ont conduits à voter davantage avec les autres partis qu’auparavant, pour rompre avec le jeu de la contestation permanente. "Le RN,...
-
09/12 - La France en "abondance" électrique : ces erreurs qu’elle doit éviter
Cette mise à jour était aussi attendue qu’elle sera commentée. RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, a actualisé ce mardi 9 décembre ses scénarios d’évolution de la production et consommation d’électricité d’ici à 2035. Ces projections tracent le chemin à suivre pour atteindre la neutralité carbone à la moitié du siècle. Et ce nouveau "bilan prévisionnel", qui sert de guide aux décideurs, marque un vrai tournant : la France produit beaucoup d’énergie bas-carbone mais n’en consomme pas assez !
"Le pays est entré dans un épisode de surcapacité pour les deux ou trois prochaines années, grâce à une meilleure disponibilité du nucléaire et au développement des énergies renouvelables (EnR)", explique Xavier Piechaczyk, le président du directoire de RTE. Ce phénomène "d’abondance" n’est pas inédit - ce fut notamment le cas pendant les années 1990 et 2000. Mais il doit être géré avec précaution, au risque de commettre des erreurs que l’on pourrait payer cher à l’avenir. "Profiter d’un peu de surcapacités est une force. Mais cela devient un coût en cas de suréquipement pérenne", analyse Emeric de Vigan, fondateur du cabinet de conseil 42 Advisors et spécialiste des marchés de l’électricité.
En trois ans, le paysage électrique français a bien changé. Si la production a retrouvé des couleurs, la consommation demeure atone. "Non seulement elle n’augmente pas, mais elle est revenue à son niveau d’il y a 20 ans",...
-
09/12 - Thomas Clozel (Owkin) : "L’industrie pharmaceutique telle qu’elle est aujourd’hui n’a pas beaucoup d’avenir..."
Tignasse grise, jeans et baskets, sans oublier un sens inné de la formule... Hématologue de formation, codeur par passion, Thomas Clozel a endossé sans difficulté, et avec succès, depuis presque dix ans le costume du parfait start-upper. Owkin, la société d'intelligence artificielle appliquée à la santé qu'il a cofondée avec un polytechnicien, Gilles Wainrib, a multiplié les partenariats avec les plus grands hôpitaux et laboratoires pharmaceutiques. Avec une première molécule en essai clinique depuis cette année, l'heure de vérité sur la pertinence de sa plateforme d'IA approche. Entretien.
L’Express : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’activité d’Owkin ?
Thomas Clozel : Notre objectif, c’est d’utiliser l’intelligence artificielle pour découvrir de nouveaux médicaments pour des maladies que l’on n’arrive pas à traiter aujourd’hui. La biologie est le meilleur terrain de jeu pour l’IA, car le fonctionnement de nos organismes est juste beaucoup trop compliqué à appréhender pour nos cerveaux humains. Il faut intégrer des milliers de paramètres qui interagissent entre eux – gènes, cellules, ARN, tissus, protéines... On n’y comprend rien ! On ne connaît toujours pas les causes des cancers, des allergies, ou encore de la maladie d’Alzheimer. Les progrès réalisés ces dernières décennies restent malgré tout limités.
Contre les tumeurs du cerveau, on en est à peu près au même stade qu’il y a vingt ans. De nouvelles formes de cancers apparaissent, comme le cholangiocarcinome qui touche les voies biliaires :...
-
09/12 - En Ukraine, la Russie accusée de multiplier les exécutions de soldats ayant déposé les armes
Quatre soldats allongés face contre terre, devant une ligne d’arbres calcinés. Un autre qui se place à leurs côtés et les exécute de rafales en pleine tête. Avant de faire de même avec un cinquième qui commençait à ramper, à quelques mètres de là. La scène, glaçante, a été filmée par un drone et diffusée par l’organisation ukrainienne d’analyse militaire Deepstate sur Telegram, le 22 novembre. Selon nos confrères du Temps, elle se serait déroulée près du village de Kotlyne, non loin de Pokrovsk, que les troupes du Kremlin tentent de conquérir depuis des mois et dont Vladimir Poutine a revendiqué la conquête la semaine dernière – Kiev, toutefois, affirme toujours tenir la partie nord de la ville.
La vidéo témoigne d’une recrudescence des exécutions de soldats ukrainiens ayant déposé les armes au cours des derniers mois. "Depuis la mi-novembre, nous avons enregistré une augmentation du nombre de rapports faisant état d’exécutions de militaires ukrainiens capturés par les forces armées russes", explique au Temps Danielle Bell, cheffe de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU). Crimes de guerre
Deux soldats ukrainiens capturés dans la banlieue de Zatyshshia, dans l’oblast de Zaporijia, auraient été exécutés, selon une autre vidéo de DeepState, publiée le 15 novembre. Le 27, cinq d’entre eux qui venaient d’être faits prisonniers, toujours dans l’oblast de Zaporijia, auraient subi le même sort après avoir été interrogés puis contraints à s’allonger, a indiqué le parquet...
-
09/12 - L’Australie franchit le pas et interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans
Les moins de 16 ans d'Australie sont officiellement interdits d'accès à de nombreux réseaux sociaux depuis mercredi matin, une démarche pionnière au niveau mondial qui vise à protéger la jeunesse des algorithmes addictifs d'Instagram, TikTok ou encore Snapchat. Une mesure accueillie avec soulagement par bien des parents
Des centaines de milliers d'adolescents s'apprêtent à se réveiller déconnectés des applications sur lesquelles ils pouvaient passer plusieurs heures par jour. Sans mesures "raisonnables" prises pour faire respecter la loi, les plateformes concernées risquent des amendes pouvant atteindre 28 millions d'euros en vertu de cette obligation entrée en vigueur mercredi à minuit heure de Sydney et Canberra (13H00 GMT mardi), et dont l'application sera scrutée par les autorités de nombreux pays.
L'Australie devient ainsi un des premiers pays à imposer les mesures les plus radicales dans le monde face aux géants de la tech, parmi lesquels les américains Meta et Google. Les réseaux sociaux "sont utilisés comme une arme par les harceleurs (...), sont vecteurs d'anxiété, constituent un outil pour les escrocs et, pire que tout, sont un outil pour les prédateurs en ligne", a justifié le Premier ministre travailliste Anthony Albanese, à la veille de l'entrée en vigueur de la mesure.
Addiction aux écrans, harcèlement en ligne, violence, contenus sexuels : la mesure est accueillie avec soulagement par bien des parents démunis mais n'enthousiasme que modérément les premiers concernés. "Je ne pense pas...
-
09/12 - Laïcité : et s’il suffisait de lire la loi de 1905 pour réconcilier les gauches ?
Lundi 8 décembre, à la veille du 120e anniversaire de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, Emmanuel Macron a reçu la lettre d’un lointain descendant d’Emile Combes, l’ancien président du Conseil (1902-1905). Guillaume Lacroix, le président du Parti radical de gauche - l’ancêtre du Parti radical auquel appartenait l’anticlérical "père Combes" - a soumis au chef de l’Etat l’idée d’un nouveau référendum. "Nous vous proposons d’enrichir la devise de la République qui unit les Français de la manière suivante : Liberté-Egalité-Fraternité-Laïcité", écrit l’homme de centre gauche. La proposition, visant à modifier l’article 2 de la Constitution de 1958, a beau relever du symbole, elle n’est pas exempte de sous-entendus pour le reste de son camp. "Si le vote devait se tenir aujourd’hui, je ne pense pas que cette loi soit votée par tous les partis de gauche", imagine-t-il aujourd’hui.Le "faux-sens" de Jean-Luc Mélenchon
Paradoxe d’un principe désormais consensuel, mais soumis à une rude bataille d’interprétation… Si, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, la droite et l’extrême droite opèrent sur la laïcité "une OPA inamicale, à des fins racistes contre les musulmans", à bâbord, le principe est devenu le terrain de confrontation des gauches irréconciliables. Un clivage peu ou prou vieux comme ce camp, notait déjà l’historien Arnaud Houte dans un article de Libération, paru en 2015. "Sous la IIIe République déjà, au moins trois gauches coexistaient sur la laïcité. Les socialistes ne voient pas dans le cléricalisme...
-
09/12 - EN DIRECT. L’Assemblée nationale adopte de justesse le budget de la Sécurité sociale
Les députés ont adopté de peu mardi le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, une victoire importante pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui gagne son pari dans une Assemblée sans majorité et sans avoir utilisé le 49.3. L'issue du vote était particulièrement incertaine du fait du refus affiché par Les Républicains et Horizons de soutenir le texte, bien que membres du camp gouvernemental. A gauche, Olivier Faure a salué une "victoire" qui est "d'abord celle du Parlement lui-même".
Les infos à retenir
⇒ L'Assemblée adopte le budget de la Sécurité sociale à 13 voix près
⇒ Le texte repartira au Sénat vendredi 12 décembre
⇒ Sébastien Lecornu salue une "majorité de responsabilité" qui a permis son adoption
20h07Sébastien Lecornu salue une "majorité de responsabilité" qui a permis son adoption
Sébastien Lecornu a salué l'adoption mardi du budget de la Sécurité sociale en nouvelle lecture à l'Assemblée, "après un débat exigeant, sans 49-3" et grâce à une "majorité de responsabilité" qui "montre que le compromis n’est pas un slogan".
Le Premier ministre a souhaité également, "dès demain", "travailler à l'adoption d'un budget pour l'Etat". "Ce sera difficile", a-t-il estimé dans un message sur le réseau social X.
Les trois parties du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 – recettes, dépenses, et compte de l’année en cours – ont été adoptées librement, après un débat exigeant, sans 49-3, une première depuis 2022. Ce soir, l’Assemblée nationale a confirmé ce…— Sébastien Lecornu...
-
09/12 - Pourquoi l’UE a finalement reporté son plan "Made in Europe"
Il aurait dû être présenté ce mercredi 10 décembre. Mais ne le sera finalement qu’en janvier 2026 au plus tôt. Un plan pour "l’accélération industrielle", préparé par le commissaire européen chargé de l’Industrie Stéphane Séjourné, est censé fixer aux industriels des objectifs chiffrés de "Made in Europe", en leur imposant d’utiliser très majoritairement des composants européens pour pouvoir bénéficier d’aides ou de commandes publiques.
Mais les ministres de l’industrie européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les secteurs auxquels il devrait s’appliquer. Au grand dam de la France, qui pousse pour ce projet depuis longtemps.Un risque d'"étouffer l’innovation"
D’autres pays y voient en effet une menace pour la compétitivité européenne. Au cœur de la controverse : des quotas de contenu domestique, prévus pour certains produits comme les automobiles ou les onduleurs solaires, afin de réduire la dépendance à la Chine, explique le Financial Times. Neuf économies parmi les plus libérales des Vingt-Sept, comme la République tchèque, l’Irlande, ou les pays baltes et nordiques, sont ainsi vent debout contre ce texte. Selon eux, la préférence européenne ne devrait être qu’un "dernier recours", au risque d'"étouffer l’innovation" et de mettre en péril "de potentiels accords commerciaux".
"Si les incitations à la R & D et à l’efficacité sont affaiblies au sein du marché unique, où seules les entreprises européennes opèrent, nous risquons de perdre en compétitivité à l’échelle mondiale et de constater une baisse de la...
-
09/12 - Gaza : l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair écarté du "comité de la paix" de Donald Trump
Son nom était le seul à circuler dans les médias parmi les potentiels membres du comité de la paix pour Gaza, annoncé par Donald Trump fin septembre. Mais Tony Blair, l’homme qui a dirigé le Royaume-Uni entre 1997 et 2007, a finalement été écarté de l’organe chargé de superviser la transition politique à Gaza à la suite de l’opposition de plusieurs pays arabes, selon les informations du Financial Times. En cause : son passé avec le Moyen-Orient, qui lui avait initialement valu sa place dans la short list de Washington.
Une réticence anticipée par le président de Etats-Unis qui avait déclaré dès octobre : "J’ai toujours apprécié Tony, mais je veux m’assurer qu’il soit un choix acceptable pour tout le monde".
En 2003, le dirigeant travailliste s’était de fait allié à l’invasion américaine de l’Irak. Pendant 6 ans, le Royaume-Uni a déployé 45 000 soldats pour une opération fondée sur de fausses informations : la supposée présence d’armes de destruction massive en Irak. L’offensive qui a coûté la vie à plus de 100 000 Irakiens, a immédiatement provoqué à l’époque un tollé dans l’opinion publique britannique, avec de nombreuses manifestations à travers le pays. Une défiance à l’égard de l’ancien Premier ministre remise à l’ordre du jour en 2016 par la parution du rapport de la commission d’enquête Chilcot. Le texte, particulièrement sévère à l’encontre de Tony Blair, met en lumière le manque de préparation et de discernement du gouvernement britannique lors du lancement de l’offensive.
Après son départ de Downing street, le...
-
09/12 - Quand Pete Hegseth et Pam Bondi défendaient le droit des militaires à désobéir à des ordres illégaux
La contradiction ne manque pas de piquant. Alors qu’il a qualifié sur X de "méprisable" la vidéo, publiée le 18 novembre, dans laquelle six élus démocrates rappelaient aux membres des forces armées américaines qu’ils avaient le droit de ne pas obéir à des "ordres illégaux" de l’administration Trump, Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, défendait la même position en 2016. A propos de Donald Trump qui plus est.
Les faits remontent à mars 2016. Le milliardaire new-yorkais fait alors office de favori à la primaire du camp républicain pour l’élection présidentielle à venir. Lors d’un débat entre les candidats diffusé par la chaîne Fox News, le magnat de l’immobilier, qui a déclaré plus tôt dans la campagne qu’il jugeait les Etats-Unis bien tendres avec les terroristes et suggéré qu’il faudrait également "éliminer leurs familles", se voit interroger par l’un des présentateurs sur son attitude en cas de refus des militaires d’exécuter ses ordres. "Ils ne me désobéiraient pas. Croyez-moi", répond-il. Interrogé sur cette déclaration le lendemain, Pete Hegseth, alors consultant pour la chaîne conservatrice, déclare en plateau, comme vient de l’exhumer CNN : "Vous n’allez simplement pas suivre un ordre s’il est illégal". Puis ajoute : "Voici le problème avec Trump. Il dit : 'Allez-y, tuez la famille. Allez-y, torturez. Allez-y, allez plus loin que le waterboarding.' Mais que se passe-t-il lorsque les gens suivent ces ordres, ou ne les suivent pas ? Il n’est pas certain que Donald Trump les soutiendra." Dans une autre...
-
09/12 - "En Russie, la corruption est omniprésente !" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Corruption : et la Russie ?
Chantal Bourry, Jonzac (Charente-Maritime)
Il me paraît injuste de critiquer la corruption occasionnelle sévissant encore en Ukraine sans évoquer celle, omniprésente, touchant la Russie, État où il n’existe plus de contre-pouvoirs. Tandis que Kiev autorise les institutions et les ONG qui luttent contre la corruption, Moscou les interdit. Elle est pour le Kremlin non seulement un très important moyen d’enrichissement personnel du président et de ses proches, mais également un puissant outil pour écarter certains hauts responsables jugés insuffisamment loyaux. Les dénonciateurs indépendants (citoyens, journalistes, associations…) sont, eux, réduits au silence, à l’exemple d’Alexeï Navalny qui avait créé en 2011 l’Anti-Corruption Foundation. Elle avait été classée "organisation terroriste" par la Cour suprême russe. (Le scandale Midas éclabousse Zelensky, L’Express du 27 novembre)Service militaire volontaire : oui, mais…
Laurent Opsomer, Saint-Amand-les-Eaux (Nord)
Emmanuel Macron veut instaurer un service militaire volontaire en France. Ce n’est guère surprenant. La guerre en Ukraine est, en effet, une boucherie digne de la Grande Guerre, qui nécessite de la "chair à canon" mais aussi des techniciens très qualifiés. Il pourrait concerner entre 10 000 et 50 000 jeunes gens par an auxquels serait versée une solde de 900 à 1 000 euros par mois. Mais les problèmes sont multiples. La France, comme les autres pays européens (et la Russie), est entrée dans un hiver démographique....
-
09/12 - "Journal d’un prisonnier" : Nicolas Sarkozy est-il l’égal d’Oscar Wilde ?
Après avoir pris la relève de François Mitterrand et Jacques Chirac à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a donc succédé à Guillaume Apollinaire et Jean Genet, passés avant lui à la prison de la Santé. Cela suffit-il à faire de lui un poète avant-gardiste ou un écrivain saisissant ? Les amateurs de Zone et Notre-Dame-des-Fleurs risquent d’être déçus par Le Journal d’un prisonnier (Fayard), qui ne s’illustre pas par des innovations formelles majeures.
Dès la première page, Sarkozy nous prévient : "Il ne s’agit pas d’un roman." Bien que ne voulant pas "nourrir une paranoïa caricaturale", Nicolas S. se présente comme une sorte de nouveau Joseph K., l’homme qui se fait arrêter au début du Procès de Kafka. "Quels crimes avais-je bien pu commettre ?", se demande-t-il, avant de réfuter toute implication dans "cette sinistre affaire de prétendu financement libyen". Nous sommes le 21 octobre au matin : le patriarche Sarkozy a réuni autour de lui toute sa famille recomposée pour un dernier petit-déjeuner. Ensemble, ils font face à la "tragédie". On se croirait dans le Journal de ce qui s’est passé à la tour du Temple de Cléry quand ce dernier, valet de pied de Louis XVI, raconte les adieux du roi à sa femme et à ses enfants. En Marie-Antoinette de la Ve République, Carla Bruni est "merveilleuse comme à l’accoutumée". Un éditeur aurait pu conseiller à Sarkozy d’ajuster le ton, trop grandiloquent au vu des faits – passer moins de trois semaines en prison, c’est un traitement légèrement moins rude que d’être envoyé à l’échafaud.
Puis...
-
09/12 - Guerre en Ukraine : ces espions russes qui surveillent les Etats-Unis depuis le Mexique
Le Mexique sert-il de tremplin à la Russie pour espionner les Etats-Unis et glaner ainsi des informations sur l’Ukraine ? A en croire les dernières révélations du New York Times, ce scénario n’a rien de fictif. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Moscou a intensifié ses activités diplomatiques et d’espionnage depuis le Mexique… qui ne semble pas pressé d’y mettre un terme.
Persuadée que les espions russes utilisent le Mexique pour bénéficier d’une couverture touristique et échapper aux systèmes de surveillance sophistiqués de Washington, la CIA enquête sur leur identité depuis plusieurs années. Au cours de la présidence Biden, l’agence dresse une liste de plus de deux douzaines d’espions russes se faisant passer pour des diplomates. Elle la transmet aux autorités mexicaines de l’époque, qui se refusent toutefois à les expulser. L’élection de Claudia Sheinbaum à la tête du pays l’an dernier n’y change rien. Plusieurs diplomates mexicains vont même jusqu’à affirmer n’avoir jamais eu connaissance de cette liste.La "Vienne de l’Amérique latine"
Côté américain, l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier jette un flou sur la position du pays. Alors que le président des Etats-Unis continue de souffler le chaud et le froid avec la Russie, difficile de savoir si Washington continue de faire pression pour des expulsions. Mais les analystes s’accordent sur un point : Donald Trump démontre par ces actions en Amérique latine qu’il cherche à affirmer la suprématie de Washington sur le continent. Son intérêt est...
-
09/12 - "Si vous voulez influencer votre patron…" : ces salariés qui arrivent à imposer leurs idées
Rares sont ceux à ne pas avoir vécu cette volte-face qui remet tout en question. Tout commence par une réunion classique, suivie d’un e-mail annonçant la nouvelle stratégie : pour se développer, on va sur de nouveaux marchés à l’international. L’ensemble des acteurs travaille sur le projet : on chiffre, on budgétise et les juristes se renseignent sur le droit local. On consulte des experts de ces pays, on noue des contacts, on établit un rétroplanning. Tout le monde est à fond. On est à la limite de mettre de la musique folklorique pour motiver les troupes, quand on aperçoit deux ombres descendre du bureau du patron. Il avait un rendez-vous ? L’après-midi, convocation. Le grand chef a l’air grave : il a vu des spécialistes… les fameux visiteurs du midi. Le verdict tombe : le projet est abandonné, on recentre sur la France. Les derniers à lui avoir parlé ont eu gain de cause. Fin du voyage. On reste alors avec l’impression que tout ce qui a été préparé n’a servi à rien. Que tout a été balayé d’un coup par des rivaux qui ont fait capoter le projet au dernier moment.
"Cela arrive parfois que le dernier qui a parlé l’a emporté. Mais le dirigeant est souvent aussi de l’avis du premier qui a parlé et cela, on le remarque moins", nuance Olivier Sibony, auteur notamment de Vous allez commettre une terrible erreur ! (Champs, Flammarion, 2019).Le biais d’ancrage
Pour ce professeur à HEC Paris, les épisodes de volte-face sont en effet moins fréquents que les cas où le manager prend sa décision dès le départ. "En général,...
-
09/12 - Qui mettra la main sur Warner ? Netflix, Paramount et la malédiction du vainqueur
Que serait Hollywood sans haletants rebondissements ? Alors que le géant du streaming Netflix a dévoilé un colossal projet de rachat de Warner à 83 milliards de dollars, Paramount Skydance tente de faire capoter l’opération. Le groupe a dévoilé le 8 décembre une contre-offre à 108,4 milliards de dollars visant à acquérir l’ensemble de Warner, chaînes TV comprises, là où Netflix ne prévoit d’avaler que certains actifs stratégiques (studio Warner, HBO Max).
Paramount Skydance joue sur la peur que les régulateurs retoquent la fusion avec Netflix - qui consoliderait ainsi sa place de leader du streaming payant. La crainte est que cela permette au groupe co-dirigé par Ted Sarandos de tirer les prix facturés aux abonnés vers le haut et ceux accordés à ses partenaires (studios d’effets spéciaux, scénaristes, acteurs…) vers le bas. Il serait néanmoins excessif de penser que cette fusion tuerait toute concurrence. Disney qui a avalé au fil des ans Pixar, Lucasfilm, Marvel jusqu’au méga-rachat de la Fox (71 milliards de dollars) est loin d’être un poids plume. "Netflix met aussi en avant le poids d’acteurs gratuits ou semi-gratuits tels que YouTube", observe Pierre Harand, PDG du cabinet Fifty-five. La plateforme vidéo de Google dépasse d’ailleurs Netflix en nombre d’heures de visionnage. Et avec l’IA générative qui promet de réduire beaucoup les coûts de production, la mutation de ce secteur est loin d’être achevée.Hollywood a sous-estimé Netflix
L’idée que Donald Trump voudrait avantager Paramount, dirigé par le fils...
-
09/12 - Voitures électriques : Renault et Ford annoncent un partenariat "historique"
Les constructeurs automobiles français Renault Group et américain Ford ont annoncé mardi 9 décembre avoir noué un partenariat pour développer deux voitures électriques de marque Ford sur une plateforme de Renault dans le nord de la France. Les deux groupes ont également signé une lettre d’intention pour une coopération dans le secteur des véhicules utilitaires légers (VUL) en Europe, pour éventuellement "développer et fabriquer ensemble certains VUL Renault et Ford", écrivent-ils dans un communiqué.
Ce partenariat stratégique, présenté comme "historique", vise à "élargir l'offre de véhicules électriques de Ford destinée aux clients européens" et à renforcer "considérablement la compétitivité des deux entreprises dans un paysage automobile européen en pleine mutation", précise le texte.Objectif début 2028
Ces deux véhicules Ford, dont le premier est attendu en concessions début 2028, seront "conçus par Ford et développés avec Renault Group". Ils seront "basés sur la plateforme Ampère", filiale électrique de Renault, et produits par le constructeur dans le nord de la France, bénéficiant ainsi des "atouts et de la compétitivité de Renault Group en matière de véhicules électriques", selon le communiqué.
Ils "marquent la première étape d'une nouvelle offensive produit ambitieuse de Ford en Europe", ajoute-t-il. "Nous sommes très fiers qu'un constructeur aussi iconique nous ait choisi. Cela nous conforte dans l'idée que notre vision d'un développement à grande échelle de véhicules électriques compétitifs en Europe est sur la...
-
09/12 - Horlogerie : les quatre livres à lire pour les amateurs de montres
Art horloger
Sous un angle éducatif et ludique, cet ouvrage collectif de 600 pages, écrit par une dizaine de rédacteurs, est enrichi par plus de quarante témoignages. Il explore les coulisses de la haute horlogerie et l’univers des garde-temps mécaniques. Avec une attention particulière portée à la manufacture suisse Audemars Piguet, qui célèbre son 150e anniversaire.Seamaster Only - La montre de plongée Omega, par Grégoire Rossier, Anthony Marquié, Kox, Ash Lambe (Watchprint)
Plongeuse
Une décennie après leur premier ouvrage Moonwatch Only, dédié à la montre Speedmaster Moonwatch d’Omega, les auteurs consacrent leur nouvel opus à une autre icône de la marque suisse, la montre de plongée Seamaster 300 (1957-1970). A la fois historique et technique, il sera lu avec intérêt aussi bien par les béotiens comme par les connaisseurs.Montres rares, par Paul Miquel (Gründ)
Trouvailles
L’ouvrage Montres rares présente une sélection de garde-temps édités en très peu d’exemplaires, voire en un seul. Il comprend trois chapitres : stars des enchères, très haute horlogerie, montres de héros. Près de 75 montres sont ainsi décrites, sans compter la dizaine de modèles réalisés dans le cadre de la vente aux enchères caritative Only Watch.Le guide des montres vintage - Les années 1950, l’âge d’or, par Judikaël Hirel (Le Cherche Midi)
Collections
Après l’édition de 2024 qui détaillait les époques de l’horlogerie ancienne, Le guide des montres vintage explore les années 1950, qui ont vu l’essor des loisirs grand public et ont inspiré...
-
09/12 - IA : Donald Trump autorise Nvidia à vendre certaines puces à la Chine
Donald Trump a annoncé lundi 8 décembre avoir autorisé, sous conditions, l’exportation par Nvidia de certaines de ses puces vers la Chine, après s’être entretenu avec le président chinois Xi Jinping, qui a également donné son feu vert selon le chef de l’Etat américain.
Ce dernier a indiqué, sur son réseau Truth Social, que Nvidia reverserait à l’Etat américain 25 % du chiffre d’affaires des ventes de ces processeurs graphiques (GPU), très recherchés pour le développement de l’intelligence artificielle (IA). L’agrément porte sur les puces H200, de la gamme Hopper, Nvidia ayant lancé, fin 2024, une nouvelle ligne plus performante, la Blackwell. Il ne s’agit donc pas des produits les plus avancés du groupe américain.
Ce qui n’a pas empêché l’opposition de dénoncer la décision du président républicain comme un "immense échec en matière économique et de sécurité nationale". L’accès de la Chine à ces puces lui "permettra de rendre ses armes plus meurtrières, de mener des cyberattaques plus efficaces contre les entreprises et les infrastructures sensibles américaines et de renforcer son secteur économique et manufacturier", ont accusé plusieurs sénateurs démocrates dans un communiqué.Accès au marché chinois
Les exportations de puces américaines vers la Chine sont un sujet de tension depuis plusieurs années, l’ex-président démocrate Joe Biden puis son successeur Donald Trump craignant, en particulier, qu’elles ne soient utilisées à des fins militaires. Dès 2022, le gouvernement Biden avait mis en place des restrictions à l’export....
-
09/12 - Donald Trump enfonce le clou sur l’Europe, accusée de prendre "certaines mauvaises directions"
Quelques jours après la publication par Washington de la nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis, très offensive à l’égard des Européens, Donald Trump en a remis une couche lundi 8 décembre, avertissant que l’Europe prenait de "mauvaises directions". "L’Europe doit faire très attention", a déclaré le président américain à la presse à la Maison-Blanche, ajoutant : "L’Europe prend certaines mauvaises directions, c’est très mauvais, très mauvais pour les gens. Nous ne voulons pas que l’Europe change autant".
L’administration de Donald Trump avait publié vendredi un document présentant une "Stratégie de sécurité nationale" résolument nationaliste, anticipant l'"effacement civilisationnel" de l’Europe et prônant la lutte contre les "migrations de masse". "Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent européen sera méconnaissable dans 20 ans ou moins", affirme-t-il dans le document.
Sont également pointées du doigt les décisions européennes qui, à en croire l’administration Trump, "sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et créent des tensions, la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique, la chute des taux de natalité, ainsi que la perte des identités nationales." Un discours qui a dans la foulée été massivement relayé par plusieurs figures américaines d’extrême droite. A commencer par Elon Musk qui a carrément jugé que "l’UE devrait être abolie et la souveraineté revenir aux Etats, de manière que les...
-
09/12 - Galeries Lafayette, Accor… L’Inde, nouvelle terre promise des entreprises françaises ?
Deux rues entièrement privatisées. Un podium long de plusieurs dizaines de mètres recouvert d’un tissu fuchsia et entouré de gradins où trônent influenceurs et vedettes locales pour assister à un défilé de mode intitulé "La Fête". Des enceintes qui crachent la version électro d’un titre de Claude François. La scène ne se déroule pas en pleine Fashion Week à Paris, mais dans le quartier de Kala Ghoda, dans le sud de Mumbai. Le 16 novembre, Les Galeries Lafayette inauguraient officiellement - et en grande pompe - leur premier flagship en Inde, fruit de longues années de travail sur place.
A l’intérieur, 280 marques - pour la plupart de luxe, dont 70 % sont présentes pour la première fois sur le territoire - se partagent 9 000 mètres carrés. Une superficie bien moins importante que le vaisseau amiral parisien du boulevard Haussmann, mais comparable à celle des Galeries Lafayette Nice Masséna. Dans un décor aux allures d’hôtel particulier parisien, les matériaux et finitions haut de gamme ont été privilégiés pour séduire la riche clientèle indienne. Dans la plus grande ville du pays - 22 millions d’habitants -, la concentration de milliardaires est la plus élevée au monde, et les millionnaires se bousculent.
Pour mener à bien ce projet, le groupe français s’est associé en franchise - format déjà éprouvé dans l’Hexagone - avec Aditya Birla Group, l’un des trois principaux conglomérats indiens, qui a financé les investissements. Un schéma incontournable. "On avait le choix entre plusieurs sociétés indiennes, raconte...
-
09/12 - A l’Assemblée nationale, une journée décisive pour le budget de la Sécu… et pour Sébastien Lecornu
De l’issue du vote, son avenir pourrait dépendre. Sébastien Lecornu tente ce mardi 9 décembre le pari de faire adopter sans majorité le projet de budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée, où il s’est assuré du soutien des socialistes mais risque d’être lâché par les siens.
Le texte pourrait être rejeté non pas à cause d’Olivier Faure, le patron du PS, qui a appelé à voter "pour" et avec lequel le Premier ministre a mené la danse des négociations, mais parce que dans son propre camp, Les Républicains et Horizons refusent de soutenir un budget qui, à leurs yeux, fait trop de concessions à la gauche. Le scrutin s’annonce donc extrêmement serré sur la deuxième lecture du projet de loi, dans lequel le chef du gouvernement a concédé la suspension de l’emblématique réforme des retraites.
Et son rejet pourrait précipiter la chute de Sébastien Lecornu, même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a jugé dimanche qu’une démission "n’aurait pas de sens". Nommé il y a tout juste trois mois à Matignon, le chef du gouvernement a en effet renoncé à recourir au 49.3, qui permet de faire passer un texte sans vote mais expose à la censure. Et défend la méthode des "petits pas".Edouard Philippe joue les trouble-fête
Il a déjà senti le vent du boulet souffler sur le volet "recettes" du texte, adopté à peu de voix grâce à plusieurs compromis, sur la CSG du capital par exemple ou la promesse d’abandonner l’augmentation des franchises médicales. Mais aussi grâce aux nombreux absents dans l’hémicycle, notamment au Rassemblement...
-
09/12 - Soudan : la ruée vers l’or, ce funeste business qui alimente la guerre
Les premières averses de la saison des pluies inondent les rues de Port-Soudan. Près de l’eau boueuse, Mustafa* astique minutieusement la vitrine de sa boutique, puis les présentoirs de bracelets, bagues et autres parures. "La production d’or a progressé depuis le début de la guerre, car les gérants d’usines, de pharmacies, d’hôpitaux… Tout le monde a pris la direction des mines", observe le jeune homme, dont la famille possède également une entreprise d’extraction d’or dans le nord du pays. Dans son magasin, les clients se font pourtant rares. "Le prix de l’or a augmenté, alors que beaucoup de Soudanais ont perdu leurs revenus", déplore Mustafa. Le bijoutier accuse le conflit qui oppose les troupes régulières des Forces armées soudanaises (FAS) aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) depuis le 15 avril 2023. Les patrons respectifs des deux camps, Abdel Fattah al-Burhane et Mohamed Hamdan Dagalo, alias "Hemeti", avaient pourtant manœuvré de concert pour renverser, en octobre 2021, le gouvernement d’Abdallah Hamdok, formé après la chute du dictateur Omar el Béchir deux ans plus tôt.
Leur appétit pour le pouvoir, et surtout pour les richesses dont regorge le pays des deux Nils, a fini par plonger la nation tout entière dans une guerre d’une ampleur inédite. Plus de 12 millions d’habitants ont été jetés sur les routes. L'ONU évoque la pire crise humanitaire du monde. Au milieu de ce chaos, la production d’or attire les étudiants qui sont privés d’université, les ouvriers que la guerre a mis au...
-
09/12 - Langue française : le grand tournant de la "Terreur linguistique"
Qui le sait ? Le personnage de Marianne, symbole de la République, est né d’un poème écrit… en languedocien par Guillaume Lavabre. Cordonnier de son état, poète à ses heures perdues, ce natif de Puylaurens (Tarn) rédige en 1792 La garisou de Marianno (La guérison de Marianne), prénom populaire choisi pour symboliser le régime qu’il appelle de ses vœux. Et de filer la métaphore : Marianno est malade, comme la France est malade de la monarchie, mais elle guérira grâce aux soins apportés par des généraux révolutionnaires comme Kellermann ou Dumouriez.
VOUS SOUHAITEZ RECEVOIR AUTOMATIQUEMENT CETTE INFOLETTRE ? >> Cliquez ici et descendez en bas de la page
Cette anecdote le montre : au début de la Révolution, le français reste une langue étrangère pour la majorité de la population. Selon les estimations, un habitant sur cinq seulement le maîtrise ! Aussi une question cruciale se pose-t-elle rapidement : comment diffuser, depuis Paris, les idées nouvelles ? Recourir au français est tentant, mais comporte un risque évident : que les messages soient mal compris, comme en témoigne cette mésaventure survenue à un maire alsacien. Dans un questionnaire concernant sa commune, il doit indiquer si l’on y recense des "bossus", des "fous" et des "crétins". L’édile, qui ne connaît pas le sens de ce dernier mot, suppose benoîtement qu’un "e" a été oublié et que l’on veut savoir si ses administrés sont chrétiens. Alors, il répond avec candeur : "Nous le sommes tous !" (1).
Reste l’autre solution, pragmatique, consistant à...
-
09/12 - Finances publiques : cette leçon venue d’Irlande qui devrait inspirer la France
À l’heure où la France s’enlise dans les déficits chroniques et les bricolages fiscaux, un pays de 5 millions d’habitants rappelle une vérité simple que Paris refuse toujours d’entendre : une fiscalité n’est efficace que lorsqu’elle s’appuie sur des finances publiques saines, si ce n’est irréprochables.
L’Irlande n’a pas prospéré, ces dernières années, seulement grâce à la magie d’un taux d’impôt sur les sociétés bas. Elle a appris, parfois brutalement, que cette attractivité ne devient une force que lorsqu’elle repose sur une discipline budgétaire : la crise de 2008, qui l’a conduite au bord du gouffre et placée sous le plan de sauvetage de la "troïka", a agi comme un électrochoc. L’Irlande a découvert qu’une attractivité fiscale non encadrée crée des illusions, nourrit des bulles et fragilise l’État : seule la rigueur permet de la transformer en moteur durable.
Ainsi, contrairement au récit français, Dublin a pensé sa compétitivité comme le sommet d’un édifice budgétaire solide. Alors que la France affichera encore 5,8 % de déficit en 2025, l’Irlande a enregistré 1,7 % d’excédent en 2024 et s’achemine vers 1,5 % cette année, selon la Commission européenne. Sans compter une dette publique à 33 % du PIB, contre 116 % dans l’Hexagone, soit le niveau irlandais de 2010… l’année du sauvetage.
Dublin ne joue pas avec sa chance. Consciente du caractère atypique de ses recettes d’impôt sur les sociétés, l’Irlande a créé en 2024 le Future Ireland Fund, un fonds d’épargne publique alimenté par une partie des recettes exceptionnelles des...
-
09/12 - "Trump peut aller dans n’importe quelle direction" : la nouvelle stratégie américaine mise en perspective par Dimitar Bechev
Alors que pendant des siècles, l’Europe a imposé sa volonté au monde entier, l’inverse serait-il en train de se produire ? Directeur du programme Dahrendorf au centre d’études européennes à l’université Oxford, Dimitar Bechev a développé le concept en vogue de "ruée vers l’Europe" ("scramble for Europe") pour montrer comment le Vieux Continent est aujourd’hui la proie des grandes puissances, de la Chine aux Etats-Unis en passant par la Russie. Il publiera l’année prochaine un livre à ce sujet.
Alors que la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine ne masque plus son hostilité envers une Europe jugée en plein "effacement civilisationnel", Dimitar Bechev remet pour L’Express ce texte en perspective, en soulignant les contradictions entre les différents courants trumpistes, avec au milieu un Donald Trump plus imprévisible que jamais. Le chercheur analyse aussi les menaces très différentes que représentent la Russie et la Chine. Si l’Europe veut redevenir un acteur et non un objet passif des relations internationales, elle doit selon lui augmenter son budget de la défense, appliquer les recommandations économiques de Mario Draghi, tout en développant des relations stratégiques avec ses voisins proches. Entretien.
L’Express : Votre concept de "ruée vers l’Europe" est de plus en plus cité par les spécialistes, du politologue bulgare Ivan Krastev au chroniqueur du Financial Times Gideon Rachman. Qu’entendez-vous par là ?
Dimitar Bechev : L’Europe est passée d’un rôle de décideur ou de faiseur d’événements...
-
08/12 - Fin du vaccin contre l’hépatite B aux Etats-Unis ? Ce que préconisent les autres pays
"Le calendrier vaccinal américain est devenu excessif", a lancé Donald Trump vendredi 5 décembre dans un message sur Truth Social. Selon lui, les nourrissons en parfaite santé se voient imposer 72 doses, un nombre bien plus élevé que dans n’importe quel autre pays. "C’est ridicule !" a-t-il ajouté, soulignant que parents et scientifiques avaient depuis longtemps soulevé des doutes sur l’efficacité de ce calendrier. Le républicain n’a pas précisé comment il comptait ces injections, mais il semble avoir inclus chaque dose des vaccins combinés ainsi que les vaccins saisonniers effectués tout au long de l’enfance. Aux Etats-Unis, la vaccination couvre 17 maladies, nettement plus que dans la plupart des autres pays développés.
Pour y remédier, le président a annoncé la création d’un nouveau calendrier vaccinal après qu'une partie des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), dirigé par Robert F. Kennedy Jr., ait souligné les divergences entre les calendriers de différents pays. Cette décision suit la levée de la recommandation du CDC concernant le vaccin contre l’hépatite B à la naissance : vendredi, ces experts ont décidé de cesser de recommander le vaccin contre l'hépatite B aux nouveau-nés. Une réunion du comité avait notamment mis en lumière le calendrier danois, où l’hépatite B n’est administrée qu’aux nourrissons à risque.Le Danemark pris comme exemple
Ce n'est pas la première fois que le Danemark est cité par Washington comme un exemple sur le sujet des vaccinations. La Maison-Blanche y...
-
08/12 - Dans les tunnels de Gaza, une guerre souterraine ralentit le processus de paix
A l’est de Rafah, les soldats israéliens progressent mètre après mètre dans un labyrinthe souterrain. L’armée poursuit un travail méthodique : repérer, ouvrir et détruire les tunnels où les hommes du Hamas sont retranchés depuis le début du cessez-le-feu. Des foreuses géantes creusent le sol, les tunnels sont minés, parfois inondés par les troupes israéliennes pour pousser les combattants à sortir. Selon Israël, ses soldats se rapprochent peu à peu des derniers groupes, et plus de quarante d’entre eux auraient été tués ces derniers jours.
Ces opérations se déroulent alors qu’une trêve tient péniblement à la surface, perturbée par des échanges de tirs presque quotidiens. Le cessez-le-feu négocié par Washington en octobre avait laissé ces combattants du Hamas du mauvais côté de la ligne de séparation, enfermés dans un réseau souterrain où les affrontements continuent sans interruption.
Alors que sous terre la situation n’évolue pas, Benyamin Netanyahou a affirmé dimanche 7 décembre vouloir passer "très bientôt" à la deuxième phase de l’accord et prépare une nouvelle rencontre avec Donald Trump en décembre.Entre 60 et 80 soldats bloqués, selon le Hamas
Dans les tunnels, la situation humanitaire est de plus en plus critique. L’eau et la nourriture s’amenuisent selon des responsables des services de renseignement arabes et de l’armée israélienne, cités par le Wall Street Journal. Au début de la trêve, Israël estimait qu’entre 100 et 200 combattants du Hamas étaient encore retranchés sous Rafah. Le Hamas affirme aujourd’hui...
-
08/12 - Budget de la Sécurité sociale : et s’il n’était pas voté ?
Aurons-nous un budget pour 2026 ? Depuis plus d’un mois, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre pour faire adopter son texte avant le 31 décembre. Alors que le budget de la Sécurité sociale – PLFSS - est débattu en seconde lecture à l’Assemblée nationale, le couperet pourrait s’abattre sur l’exécutif ce mardi 9 décembre. Et les pronostics ne sont pas en sa faveur : nombreux sont les députés qui prévoient de s’abstenir ou de voter contre le texte. Si ce scénario prenait forme, qu’adviendrait-il ?Pas de loi spéciale…
Vous n’avez pas pu y échapper : c’est une hypothèse qui a été servie à toutes les sauces, celle de la "loi spéciale". Cette carte permet au gouvernement de faire déborder le budget pour 2025 afin de continuer de percevoir les impôts existants et d'emprunter pour l’Etat ainsi que pour plusieurs organismes de sécurité sociale. Sauf que la loi spéciale ne peut être dégainée que pour le projet de loi de finances, c’est-à-dire le premier volet du texte relatif aux "recettes", déjà adopté par les députés le 5 décembre.
Car techniquement, le PLFSS, dédié aux "dépenses", n’est pas vital à la continuité de l’Etat. Dans un article dédié au sujet, Stéphanie Damarey, professeure de droit public à l’Université de Lille, précise : "En matière de dépenses, le PLFSS contient des objectifs de dépenses (et non des plafonds de dépenses comme c’est le cas dans une loi de finances) […] cela signifie que pour la Sécurité sociale, dans l’idéal, ces objectifs ne seront pas dépassés" mais "en pratique" ils le sont très...
-
08/12 - Financement de l’Ukraine : l’Europe doit rapidement sortir de sa frilosité
La diplomatie européenne ne sait plus où donner de la tête. Trois jours après la publication par Washington de sa "stratégie de sécurité nationale", dans laquelle la Maison-Blanche prononce son divorce avec l'Europe, les dirigeants français, britannique, allemand et ukrainien ont tenté, ce lundi 8 décembre à Londres, de coordonner leur position dans les négociations de paix en cours. En marge de ces tractations, ils ont pu évoquer un autre dossier clé qui ne leur donne pas moins de maux de tête : celui des avoirs russes gelés.
Retour en arrière. Le 3 décembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a dévoilé son grand plan visant à assurer le financement de l’Ukraine pendant les deux prochaines années. Problème, parmi les deux options retenues, celle d’un "prêt de réparation" de quelque 137 milliards d’euros à Kiev, garanti par les avoirs russes gelés, se heurte à l’opposition farouche de la Belgique, où dort la majeure partie de ces fonds (la société belge Euroclear détient 210 milliards d’euros, dont 185 mobilisables). Sa crainte ? Devoir faire face seule à des représailles russes et un éventuel remboursement.
Dans une ultime tentative de sauver ce plan, le chancelier allemand Friedrich Merz s'est rendu en urgence en Belgique dans la soirée du vendredi 5 décembre pour un dîner avec son Premier ministre Bart De Wever. L'objectif : tenter de le convaincre de ne plus freiner des quatre fers.Risque de débâcle
Depuis, l’affaire tourne à l’épreuve de force. Qui en sortira vainqueur ?...
-
08/12 - Bataille autour du sondage sur l’antisémitisme à l’université : les dessous de sa suspension
C’est l’histoire d’un sondage sur l’antisémitisme à l’université qui ne verra jamais le jour. A cause de Vincent Bolloré, Donald Trump et de la "droitisation" du pays, comme l'affirment ses détracteurs ? Ou serait-ce autre chose ? Tout commence le mardi 18 novembre. Ce jour-là, les chefs d’établissements universitaires reçoivent une missive à en-tête bleu-blanc-rouge les invitant à relayer auprès de l’ensemble des personnels – enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, techniciens ou administratifs – un lien pour accéder à un questionnaire. Objet : "Enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur et la recherche". Laquelle, menée par une équipe de chercheurs du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po) et administrée par l’Ifop, dépend d’un programme de recherche dédié, lancé le 29 avril par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste.
Sur le papier, le principe est simple. Chaque répondant – le sondage est facultatif - doit notamment compléter son âge, genre, académie dans laquelle il exerce, type d’établissement, fonction principale, plus haut niveau de diplôme, code postal, proximité avec un parti politique, ainsi que sa possible religion. L’essentiel des questions portant sur l’antisémitisme, Israël et le conflit israélo-palestinien.
Quatre jours, c’est le temps qu’il aura fallu pour que le courrier atterrisse sur le site d’un collectif d’universitaires intitulé Rogue ESR – référence à la "révolte" des personnels d’agences fédérales scientifiques...
-
08/12 - Vers un remboursement du cannabis thérapeutique en France ? Les coulisses d’une évaluation sous haute tension
C’est un projet qui se veut ambitieux. Une équipe composée "des meilleurs experts", un investissement "record" de 10 millions d’euros, et une filière "100 % française", couvrant toute la chaîne de production, de la culture de la plante au développement du médicament. Chez Overseed, la première start-up de biotechnologie à avoir entamé des recherches sur la production de cannabis à visée thérapeutique en France, l’optimisme est de mise : l’année prochaine, elle en est sûre, marquera une étape cruciale vers l’autorisation de ce traitement, destiné à soulager la douleur et l’anxiété des patients réfractaires aux solutions déjà existantes. "Nous sommes prêts à déposer un dossier de demande d’accès au marché auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)", assure Hugues Péribère, le PDG, tandis qu’une collaboration tripartite est déjà prévue entre sa société, le CNRS et le CHU d’Orléans.
Car d’ici mars 2026, la Haute autorité de santé (HAS) doit rendre un avis très attendu sur les médicaments à base de cannabis. En fonction des résultats, c'est-à-dire de l'appréciation du service médical rendu par ces nouvelles molécules et de leur intérêt par rapport aux thérapeutiques existantes - qui peut être majeur ou important, modéré ou faible ou insuffisant -, ces dernières seront ou non remboursées par la Sécurité sociale à des taux plus ou moins élevés. L'avis de la HAS sera aussi déterminant pour la négociation du prix des produits entre les fabricants et l'Etat. Dit autrement, l'accès à ce médicament pour les malades et...
-
08/12 - Un an après le rapport Draghi, l’attractivité de l’Europe toujours en berne
Un certain désenchantement. Un an après le rapport Draghi qui préconisait la mise en place urgente d’un ensemble de mesures à même de redonner de la compétitivité à l’Europe, les patrons européens estiment que le compte n’y est pas, selon le sondage bi-annuel de la Table ronde des industriels européens, un lobby regroupant une soixantaine de PDG de grandes entreprises européennes, fondé en 1983. Le climat est morose, mais légèrement moins qu’il y a quelques mois : l’indice de confiance des PDG envers l’Europe est remonté à 44 %, après être descendu à 27 % au printemps. Il demeure toutefois sous la barre des 50 % pour la troisième fois de suite, ce qui n’était jamais arrivé depuis la mise en place du sondage, en 2017.
L’un des principaux enseignements du sondage tient surtout au décrochage du Vieux Continent, qui perd du terrain sur le plan de l’attractivité au profit des Etats-Unis. Le chiffre est édifiant : seuls 8 % des PDG interrogés ont prévu d’augmenter leurs investissements en Europe par rapport à ce qu’ils projetaient six mois en arrière. 24 % pensent au contraire les baisser, et 45 % les augmenter aux Etats-Unis. Simplifier les normes, une priorité largement partagée
Voilà un an de cela, le rapport Draghi avait suscité une adhésion massive des PDG européens, qui assuraient pour 80 % d’entre eux que si ses recommandations devenaient réalité, ils investiraient davantage en Europe qu’ailleurs. Aujourd’hui, 76 % d’entre eux jugent que celles-ci sont restées lettres mortes, notamment dans les domaines clés que...
-
08/12 - Elon Musk contre l’UE : pourquoi le patron de X n’a pas fini de se plaindre
L’Europe n’a même pas dégainé la première. Avant l’officialisation de la nouvelle, le vice-président américain J.D. Vance lançait les hostilités sur X, jeudi 4 décembre. "Des rumeurs circulent selon lesquelles la Commission européenne infligerait une amende de plusieurs centaines de millions de dollars à X pour son inaction face à la censure. L’UE devrait défendre la liberté d’expression au lieu de s’en prendre à des entreprises américaines pour des broutilles." Il n’était, en réalité, ni question de censure, ni de broutilles.
Quelques heures plus tard, l’Union européenne annonçait - pour de vrai cette fois - une amende de 120 millions d’euros à l’encontre du réseau social dirigé par l’entrepreneur Elon Musk. Sa première au nom de son règlement sur le numérique, le DSA, en raison de trois motifs dont la conception trompeuse de ses "coches bleues". Selon l'UE, ces badges dupent les utilisateurs qui pensent à tort que les comptes sont officiels. Le règlement "interdit clairement aux plateformes en ligne de prétendre à tort que les utilisateurs ont été vérifiés, alors qu’aucune vérification de ce type n’a eu lieu", note le régulateur. Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, a fait fi de l’explication : "C’est une attaque contre toutes les plateformes tech américaines et une attaque contre le peuple américain par un gouvernement étranger", a-t-il gravement affirmé, toujours sur X. Un réseau banni dans la plupart des régimes autoritaires, dont la Russie. Quant à Elon Musk, il a ni plus ni moins demandé le "démantèlement" de...
-
08/12 - Le leadership, une vertu dangereuse ? Le regard de Julia de Funès
Il y a des mots qui, à force d’être répétés, perdent leur sens. Un exemple ? Le leadership.
Les formations qui l’inculquent n’en finissent pas de fleurir. Elles promettent toutes la même chose : vous apprendre à "incarner une posture managériale", à "gagner en charisme", à "activer les leviers du leadership"… Quoi de plus généreux ? Là encore ne serait-ce pas ce que j’appelle une vertu dangereuse, un bon sentiment qui se retourne en écueil ? Une vertu qui chavire en vice ?
Car on ne devient pas charismatique en suivant une méthode comportementale. Les postures qu’on enseigne sont souvent superficielles, mécaniques, artificielles. Elles font croire qu’il suffirait de se tenir droit, de parler fort, de regarder les gens dans les yeux pour devenir un leader naturel.
Or, le charisme, l’autorité, le leadership, ne s’enseigne pas. Et pour deux raisons. D’abord, parce que l’autorité dépend toujours d’autrui. On peut apprendre toutes les techniques du monde, si les autres ne nous reconnaissent aucune autorité, nous n’en aurons jamais. L’autorité ne s’impose pas, elle se reçoit. Elle repose sur un jugement extérieur qu’aucune formation ne peut garantir.
Ensuite, parce que l’autorité est singulière. Ces formations veulent tout standardiser : un kit de comportements, une recette de gestes et de mots, censés convenir à tout le monde. Mais l’autorité, justement, ne supporte pas ce type de formatage. Elle est affaire de style, de personnalité, de vérité intérieure. Le charisme, le leadership, l’autorité, ne viennent pas du...
-
08/12 - Guerre en Ukraine : pour Volodymyr Zelensky, Kiev n’a pas le droit "légal" ni "moral" de céder des territoires à Moscou
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a déclaré samedi avoir eu une conversation téléphonique "constructive" avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner et les négociateurs de Kiev, a participé ce lundi 8 décembre à Londres à une rencontre avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. Le président américain Donald Trump a de son côté reproché dimanche soir à son homologue ukrainien de n’avoir "pas lu la proposition" de paix sur l’Ukraine dévoilée il y a trois semaines par les Etats-Unis.
Les infos à retenir
⇒ Kiev n'a pas le droit "légal" ni "moral" de céder des territoires à Moscou, dit Volodymyr Zelensky
⇒ Donald Trump reproche à Volodymyr Zelensky de n’avoir "pas lu la proposition" de paix pour l’Ukraine
⇒ Paris évoque de prochains échanges entre Européens, Américains et Ukrainiens pour "renforcer la convergence"Volodymyr Zelensky se rendra en Italie mardi
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé qu'il se rendrait dans la nuit de lundi à mardi en Italie, après un bref passage à Bruxelles, en plein pourparlers sur un plan de paix entre Kiev et Moscou.
S'exprimant devant la presse, il a précisé qu'il avait atterri à Bruxelles où il doit notamment rencontrer le secrétaire général de l'Otan et la cheffe de la Commission européenne. "Puis, pendant la nuit, vers 1 heure ou minuit, j'irai en Italie", a-t-il poursuivi.Kiev n'a pas le droit "légal" ni "moral" de céder des territoires à Moscou, dit...
-
07/12 - "La Longue Paix s’achève peut-être…" : la mise en garde de Graham Allison et James Winnefeld Jr.
Ces huit dernières décennies ont représenté la plus longue période sans guerre entre grandes puissances depuis l’Empire romain. Cette ère anormale de paix prolongée a fait suite à deux guerres catastrophiques, si destructrices que les historiens ont jugé nécessaire de créer un nouveau terme pour les décrire : les "guerres mondiales". Mais si le reste du XXe siècle avait été aussi violent que les deux millénaires précédents, la vie de presque toutes les personnes vivant aujourd’hui aurait été radicalement différente.
L’absence de guerres entre grandes puissances depuis 1945 n’est pas un pur hasard. L’expérience d’un conflit meurtrier entre 1939 et 1945 a poussé les architectes de l’après-guerre à tenter de modifier le cours de l’Histoire. L’expérience personnelle des dirigeants américains, qui ont remporté la guerre, leur a donné la confiance nécessaire pour imaginer l’inimaginable et faire ce que les générations précédentes avaient rejeté comme irréalisable, en construisant un ordre international capable d’apporter la paix. Pour que cette longue période de paix se poursuive, dirigeants et citoyens doivent aujourd’hui reconnaître l’ampleur de cet exploit, prendre conscience de sa fragilité et entamer un débat sérieux sur les mesures à prendre pour le préserver pour la prochaine génération.Le conflit nucléaire évité, pour l’instant
Trois chiffres résument les succès de l’ordre international en matière de sécurité : 80, 80 et 9. Cela fait quatre-vingts ans qu’il n’y a pas eu de guerre ouverte entre les grandes puissances....
-
06/12 - "Si Staline devait juger la présidence Poutine…" : l’éclairage du biographe William Nester
"Choisir ses victimes, préparer minutieusement ses plans, assouvir une vengeance implacable puis aller se coucher… Il n’est rien de plus doux au monde", disait Joseph Staline. Dans Joseph Stalin and the Art of Tyranny : One of History’s Most Feared Dictators (Frontline, 2025), William Nester, professeur au département de sciences politiques de l’université St. John’s à New York, explore la face la plus sombre de l’ancien tyran rouge, au sadisme aigu : "Il évitait d’assister aux séances de torture ou aux exécutions, mais il prenait un malin plaisir à entendre les récits de ses sbires sur les derniers instants de leurs victimes." Une plongée glaçante dans la dérive autoritaire et sanglante d’un homme décrit comme un travailleur acharné, dont les politiques ont causé la mort de millions de personnes, tuées par balles, famine, maladie ou travail forcé jusqu’à l’épuisement. Des méthodes qui ont inspiré d’autres dictateurs après lui. Un bourreau qui, malgré ce sinistre bilan, opère un retour en grâce dans la Russie du XXIe siècle.
Si Vladimir Poutine n’est pas un tyran au sens strict du terme, l’auteur de Putin’s Virtual War (Frontline, non traduit, 2020) estime que le parcours de Staline offre une grille de lecture du fonctionnement de l’actuel dirigeant russe. Deux hommes dont les obsessions expansionnistes ont pris le dessus sur les compétences économiques, quitte à conduire leur pays dans l’impasse. "Poutine aurait pu être un nouveau Pierre le Grand : il aurait pu ouvrir la Russie à l’Occident. Au lieu de cela,...