-
07/08 - En Italie, la gauche s’écharpe sur le soutien à l’Ukraine
Alors que la gauche italienne se prépare pour les élections législatives de 2027, les tensions sur la question ukrainienne, qui l'agitent de longue date, éclatent à nouveau au grand jour. Le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), et ancien président du Conseil, Giuseppe Conte, a réaffirmé cette semaine que son parti ne voterait pas de nouvelles aides militaires à Kiev. Dimanche 2 août, le leader de la deuxième force d'opposition italienne a estimé que la question de la politique étrangère de l'alliance que le M5S forme avec le Parti démocrate (PD) devait se régler "avec les primaires", de façon à laisser "les Italiens décider". Le lendemain, dans un entretien accordé au journal local La Stampa, Giuseppe Conte a précisé sa position. Si le M5S avait précédemment soutenu l'Ukraine, en raison d'un "déséquilibre militaire manifeste par rapport à la Russie", le parti estime aujourd'hui que le pays dispose désormais "d'un arsenal militaire très bien équipé". Aussi, plutôt que de voter en faveur de nouvelles livraisons d'armes, le groupe politique préfère pousser Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine vers la table des négociations.Une "question non négociable"
Des déclarations immédiatement rejetées par le Parti démocrate, première force parlementaire de gauche en Italie. Deux jours après les déclarations de son allié, Lorenzo Guerini, l'un des leaders démocrates et ancienne figure du gouvernement, a averti le chef de file du Mouvement 5 étoiles. "S'il divise notre grande coalition,...
-
07/08 - Ukraine : quand la guerre sert de terrain d’apprentissage aux cartels colombiens
Les cartels colombiens ont manifestement trouvé plus formateur qu’un manuel de drone : plusieurs mois sur le front ukrainien. Selon une enquête du Financial Times, des cartels et groupes armés colombiens cherchent depuis plus d'un an à envoyer des hommes pour se battre en Ukraine afin qu'ils y acquièrent une expérience avancée des drones de combat, avant de rentrer au pays avec ce savoir-faire. Taras Palianytsia, officier du centre de recrutement étranger du ministère ukrainien de la Défense, affirme au quotidien britannique que ces hommes ont été identifiés puis "renvoyés chez eux". Kiev assure filtrer ces profils, mais les candidats reviennent.
Parfois, le tri commence directement dans les rangs. Un volontaire colombien engagé aux côtés de Kiev s'est ainsi aperçu que certains de ses compatriotes venus combattre avaient des liens avec le crime organisé en Colombie. Depuis un an, plusieurs tentatives similaires auraient été détectées avec le même schéma : profiter du recrutement de volontaires étrangers pour faire entrer des hommes déjà aguerris, leur faire acquérir des compétences très spécifiques sur les drones, puis les récupérer une fois formés. Kiev, qui apprécie par ailleurs les combattants colombiens pour leur expérience militaire, doit donc distinguer les volontaires venus se battre de ceux venus surtout apprendre. Le front comme formation
L'Ukraine n'a pas été choisie au hasard. En quatre ans de guerre à grande échelle, l'usage militaire des drones y a évolué à...
-
07/08 - Une attaque russe contre l’Otan : ce scénario que le renseignement américain n’écarte plus
Alors que les combats se poursuivent en Ukraine, les services de renseignement des Etats-Unis revoient leur appréciation de la stratégie de Vladimir Poutine. Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, Moscou pourrait, dans les prochaines années, chercher à éprouver la solidité de l'Otan en menant une action limitée contre l'un de ses membres. Une hypothèse qui rompt avec l'analyse jusque-là privilégiée à Washington, selon laquelle le président russe éviterait toute confrontation directe avec l'Alliance tant que la guerre en Ukraine durerait.
Les scénarios envisagés ne portent pas sur une invasion d'ampleur, mais sur des opérations plus ciblées : cyberattaques, actes de sabotage ou encore incursion terrestre limitée. Selon ces évaluations, l'une de ces initiatives pourrait intervenir entre cet automne et 2029. L'objectif ne serait pas de déclencher un conflit ouvert avec l'Otan, mais d'en tester la cohésion et, surtout, de mesurer la réaction des États-Unis face à une provocation contre un allié.
De leurs côtés, les États-Unis doivent composer avec l'érosion de certains de leurs stocks de munitions, fortement sollicités par les livraisons à l'Ukraine depuis l'invasion russe, et encore plus depuis le début du conflit avec l'Iran. Les responsables américains évoquent notamment les missiles de frappe de précision à longue portée, les systèmes tactiques ATACMS ou encore les missiles sol-air Stinger. Un récent rapport du Center for Strategic and...
-
07/08 - Puces électroniques : l’irrésistible ascension chinoise qui fait trembler l’industrie
De Santa Clara, en Californie, berceau de Nvidia, à Eindhoven, aux Pays-Bas, fief du champion européen ASML, en passant par Hsinchu, au nord de Taïwan, où siège TSMC, un vent de panique a soufflé sur les géants mondiaux des semi-conducteurs ces dernières semaines. Le 27 juillet dernier, le fabricant chinois de puces CXMT a réalisé une entrée fracassante à la Bourse de Shanghai en levant 9 milliards de dollars. En une journée, son cours a bondi de près de 500 %. Le même jour, le média américain The Information révélait que la société Shanghai Yuliangsheng allait bientôt être en mesure de produire des machines de lithographie par immersion DUV, technologie de pointe permettant de confectionner des semi-conducteurs avancés. Une chasse gardée quasi exclusive, jusqu'ici, d'ASML. De quoi ébranler les titres des principaux acteurs du secteur : -7 % pour le mastodonte néerlandais, -5 % pour Nvidia, -13 % pour les Sud-Coréens SK Hynix et Samsung...
Il faut dire que la perspective de voir la Chine combler son retard technologique n'a jamais semblé aussi crédible. Longtemps jugée à la traîne dans les semi-conducteurs, elle multiplie désormais les succès. Et semble inarrêtable. Les puces figurent d'ailleurs en bonne place sur la liste des dix secteurs ciblés par le plan quinquennal "Made in China 2025". L'Etat chinois applique en réalité une recette déjà éprouvée dans les batteries et les véhicules électriques, deux industries largement dominées par la deuxième puissance économique...
-
07/08 - Faux documents et général fantôme : l’incroyable manipulation d’un ex-député roumain
Il aura fallu un démenti officiel pour mettre fin à ses affabulations. Le 17 mars, une commission parlementaire chargée du contrôle du renseignement intérieur roumain, le SRI, est venue contredire les propos tenus sur TikTok par le très remuant Cristian Rizea. Cet ancien député social-démocrate, condamné pour corruption en Roumanie avant de s’enfuir en Moldavie, s’en prenait depuis plusieurs semaines aux services de renseignement roumains, en s’efforçant de ternir leur réputation.
A coup de vidéos truffées d’images glanées sur Google mais aussi de faux documents, dont une prétendue lettre d’officiers bricolée à la va-vite, Cristian Rizea insinuait l’existence de groupes d’influence et de réseaux occultes au sein de ces mêmes services et de liens compromettants entre des cadres du SRI, des responsables politiques et des hommes d’affaires. Torse nu, tatouages apparents, le vidéaste en herbe répandait également des rumeurs de trafic de drogue et de toxicomanie au sein du renseignement et du pouvoir roumains. Autant de pseudo-indiscrétions récoltées auprès d’un général, surnommé "Pufi". "Fiction grossière"
Après enquête, la commission a rendu son verdict : le haut gradé n’existe pas et ses prétendues révélations sur la corruption des services secrets roumains relèvent d’une "fiction grossière" et de "scénarios dignes d’une série B". La manœuvre, qui commençait à séduire une audience substantielle sur TikTok, a été qualifiée de "mensonge de l’année" par Evenimentul Zilei,...
-
06/08 - Xenia Fedorova expulsée de France : la Russie dénonce une "persécution politique"
La Russie a attendu huit jours pour répondre à Paris. Une fois lancée, elle n'a pas fait dans le sous-entendu : ce jeudi 6 août, Moscou a condamné la décision française d'expulser Xenia Fedorova, 45 ans, ancienne dirigeante de Russia Today France, devenue chroniqueuse dans plusieurs médias français, notamment sur CNews. Dans un arrêté du ministère de l'Intérieur pris le 29 juillet, Paris l'accuse de diffuser un "discours de désinformation et de déstabilisation" destiné à "manipuler l'opinion publique".
La distinction au cœur du dossier est simple à formuler, beaucoup moins à établir : défendre les positions du Kremlin reste légal ; participer à une stratégie d'influence pilotée depuis Moscou ne relève plus du même registre. Pour Moscou, la France sanctionne une journaliste pour ses opinions : "Nous jugeons inacceptable la persécution des journalistes sous des accusations forgées de toutes pièces et nous la condamnons fermement", a déclaré Alexeï Fadeïev, porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères."Un acte de représailles contre une journaliste insoumise"
Celui-ci reproche aux autorités françaises de ranger trop facilement sous l'étiquette de propagande russe les discours qui s'écartent de leur ligne : "L'expulsion de Xenia Fedorova, un acte de représailles contre une journaliste insoumise, n'est pas une surprise pour nous. Nous observons de longue date les actions des autorités françaises, qui attribuent de manière obsessionnelle chaque problème dans...
-
06/08 - Guerre en Iran : la pénurie de missiles américains fissure le tandem Donald Trump - Pete Hegseth
La guerre en Iran fait apparaître une nouvelle ligne de fracture au sein de l'administration Trump. Selon des informations du Washington Post, le président américain aurait vivement interpellé son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lors d'une réunion à Camp David, après avoir découvert que les stocks de munitions américaines étaient plus faibles que prévu. Donald Trump se serait emporté contre l'ancien présentateur de Fox News, et aurait affirmé qu'il pensait que le problème avait été "réglé", alors que ces pénuries continuent de limiter les options militaires des États-Unis.
L'échange, rapporté par deux personnes informées de la conversation au Washington Post, s'est déroulé en marge d'une réunion du cabinet organisée vendredi 31 juillet à Camp David. Le président aurait demandé des explications sur une situation qui, selon lui, lui aurait été présentée de manière incomplète. Au cœur de la discussion : l'état des réserves américaines de missiles, notamment les armes guidées à longue portée et les systèmes destinés à la défense aérienne.
Cette question des stocks serait devenue un élément central des choix militaires de Washington. Les pénuries de certaines munitions expliqueraient en partie pourquoi Donald Trump aurait renoncé ces derniers jours à de nouvelles frappes massives contre l'Iran. Le président a ainsi affirmé avoir ordonné puis annulé "la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale", selon lui dans l'attente de nouvelles négociations sur le...
-
06/08 - Élections en Allemagne : la nouvelle offensive de désinformation russe
Depuis juin, les services de sécurité allemands constatent une forte hausse des contenus de désinformation à l'approche des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, dans l'est du pays. L'opération, baptisée "Matriohchka" par les spécialistes qui la suivent, cible les adversaires de l'Alternative fur Deutschland (AfD), parti d'extrême droite en tête dans les sondages. Mais les faux contenus ont une particularité assez facile à repérer : ils sont, comme le rapporte le Financial Times, presque tous en anglais.
La langue seule résume le changement de méthode : jusqu'ici, les opérations russes soupçonnées de chercher à peser sur la politique allemande s'adressaient surtout aux Allemands. Cette fois, les autorités estiment que les auteurs cherchent d'abord à convaincre des utilisateurs américains de X, notamment dans les milieux proches de Maga et plus largement à droite. L'idée derrière cette nouvelle stratégie : publier un faux contenu sur l'Allemagne, le faire circuler aux États-Unis, puis attendre qu'il soit repris suffisamment pour revenir dans le débat allemand.Les codes visuels de médias reconnus
Le matériel, lui, soigne la présentation : plus d'une centaine de vidéos ont été recensées par les autorités allemandes. Elles reprennent les logos, les codes visuels et la présentation de médias reconnus, notamment la BBC ou la chaîne publique allemande ARD. Seul problème : ces médias ne sont bien sûr pas à l'origine de ces contenus. Les vidéos diffusent de fausses...
-
06/08 - Liens avec la mafia, voiture de sport, tatouage du Parrain : le maître espion slovaque qui consterne l’Europe
Le maître espion conduisait en tongs. L'image a consterné la classe politique : Pavol Gaspar, le patron du Service d'information slovaque (SIS), à côté d'une voiture de sport jaune canari garée en travers d'une route de campagne. Ce 30 août 2025, le trentenaire vient d'entrer en collision avec un autre véhicule près de Nitra, à l'ouest du pays. L'accident a dévoilé l'existence de sa Dodge Challenger SRT Hellcat, jusqu'ici absente de sa déclaration de patrimoine. Une voiture achetée "il y a plus de cinq ans", "coûtant moins qu'une Skoda Superb", affirme-t-il sur Facebook, ironisant : "Gagner de l'argent signifie aller à un travail pour lequel on est payé."
Sur le réseau social, Gaspar prend régulièrement à partie des personnalités, critique la presse et tourne en dérision ses détracteurs. "Je comprends la panique des députés de l'opposition, mais je ne vais pas la commenter", s'amuse-t-il le 26 août 2024, lors de sa nomination. "Sa communication est plus celle d'un politicien que d'un chef du renseignement", s'indigne Maria Kolikova, députée du parti Liberté et solidarité, ministre de la Justice de 2020 à 2022. S'il exaspère l'opposition, Gaspar bénéficie du soutien sans faille du Smer, le parti au pouvoir. Les vieux fantômes de la Slovaquie
Pour diriger le service secret, l'homme a plus qu'un CV. Il a un lien de parenté et une photo. Gaspar fils s'y affiche avec Gaspar père, et exhibe ses tatouages. Sur l'avant-bras droit, le visage de Tom Hagen, le consigliere dans Le...
-
06/08 - Présidentielle 2027 : le double jeu de Jean-Luc Mélenchon avec ses anciens alliés
Clémentine Autain l’admet, ironique. Ses camarades d’antan n’ont pas encore "retrouvé" son numéro de téléphone. Dans les colonnes de Libération en juillet dernier, la députée de Seine-Saint-Denis avait pourtant tendu la main à Jean-Luc Mélenchon. "On ne fait pas de la politique avec des haines cuites et recuites", disait l’ex-insoumise. Depuis l’échec de la primaire unitaire, les mélenchonistes d’hier, malmenés ou purgés par le mouvement, ont bien compris qu’il allait être difficile de compter sur les socialistes pour accoucher d’une candidature fédératrice à gauche.
"S’ils veulent revenir vers nous, les traîtres feront un tweet de soutien et puis c’est tout", balaye, peu miséricordieux, un stratège de LFI. Enfin… "On ne fait pas de la politique avec de la rancœur", a toutefois glissé Jean-Luc Mélenchon à l’un de ses députés. Une façon de répéter, comme il l’avait exprimé au moment du Nouveau Front populaire, en 2024, que viendra le moment de "jeter les rancunes à la rivière". Mais Clémentine Autain connaît son ancienne maison. "Ce n’est pas en affirmant 'ici est la force, vous avez compris ?' ou en posant des ultimatums qu’il va emmener les partenaires dont il a besoin (...) S’il veut gagner, Jean-Luc Mélenchon a besoin d’alliés, pas de ralliés", prévient-elle dans l’entretien. Bref, la députée attend toujours son coup de fil."Votre rôle est achevé à mes yeux"
Mais l’accalmie a fini par gagner les réseaux sociaux, cet été. Ce haut lieu d’expression de la discorde à...
-
06/08 - Etats-Unis : pourquoi Washington menace de bloquer la nomination du futur ambassadeur français
Ce qui devait être une simple formalité diplomatique pourrait finalement se transformer en nouvel épisode des tensions franco-américaines. Washington envisage de retarder, voire d'empêcher, la validation de la nomination d'Aurélien Lechevallier au poste d'ambassadeur de France aux États-Unis. En cause, selon deux sources citées par Reuters, le mécontentement de l'administration Trump après plusieurs prises de position françaises sur la question des droits de l'homme à l'ONU. À Paris, l'objectif était d'installer le diplomate à Washington d'ici le mois de septembre. Rien n'est encore tranché, mais le calendrier apparaît désormais incertain, la procédure de nomination d'un ambassadeur étant soumise à l'agrément du pays d'accueil.
L'origine de cette crispation remonte à une brouille survenue à l'ONU. Le 24 juillet dernier, la mission française auprès des Nations unies à Genève a vivement critiqué, sur le réseau social X, le vote américain contre la reconduction de Volker Turk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Washington s'était alors retrouvé aux côtés de la Russie, de la Corée du Nord et de quelques autres États pour s'opposer à la prolongation du mandat du haut-commissaire. Le message français n'a pas laissé place à l'ambiguïté. "Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l'homme. Ce n'est plus le cas. Et le monde ne les écoute plus", écrivait la représentation française. Selon Reuters, cette publication n'avait...
-
06/08 - Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine remanie son commandement militaire
À Moscou, la rentrée a commencé un peu plus tôt pour les généraux. Mercredi 5 août, Vladimir Poutine a annoncé plusieurs changements importants dans le commandement de son armée en Ukraine : nouveaux responsables sur le front, nouveau patron pour les drones et réorganisation de la logistique. Le calendrier constitue un début d'explication : après plus de quatre ans de guerre, la Russie continue de gagner du terrain, mais moins vite qu’auparavant. Cet été, ses avancées comptent parmi les plus faibles enregistrées depuis le début de l’invasion, tandis que l’armée ukrainienne mène des contre-attaques sur plusieurs secteurs.
Pas question pour autant de reconnaître publiquement une mauvaise passe. Entouré du ministre de la Défense Andreï Beloousov et du chef d’état-major Valeri Guerassimov, Vladimir Poutine a présenté ces changements comme une simple "adaptation" de l’armée aux besoins de la guerre. Pas de reproches aux généraux concernés, pas de grand ménage annoncé : le Kremlin change les hommes tout en conservant le même discours. Mutation ou promotion ?
Le remaniement touche d’abord l’un des postes les plus sensibles du front. Le général Andreï Ivanayev prend la tête du groupe "Centre", chargé d’une partie des opérations les plus importantes dans la région de Donetsk. Il remplace Valeri Solodchuk, dont les troupes se sont approchées de Sloviansk et Kramatorsk sans parvenir à percer les défenses ukrainiennes. Poutine a lui-même reconnu que le choix du nouveau commandant...
-
06/08 - Détroit d’Ormuz : ce que l’on sait de l’accord en préparation entre l’Iran et Oman
"À l'image des vents changeants, les projets concernant l'avenir du détroit d'Ormuz évoluent presque quotidiennement", résume CNN. Alors que Donald Trump assure qu'un accord avec la République islamique pourrait être conclu "demain ou après-demain", les négociations entre l'Iran et Oman semblent avoir franchi une nouvelle étape. Téhéran a annoncé ce mercredi 5 août être parvenu avec Mascate à un accord sur les coordonnées géographiques d'une nouvelle voie de navigation traversant le détroit d'Ormuz. Une déclaration conjointe est désormais en cours de finalisation, à condition, prévient l'Iran, qu'aucune "tierce partie" ne vienne entraver le processus.
Le projet, détaillé notamment par le Wall Street Journal, prévoit de redessiner les voies de circulation dans ce passage stratégique. Les deux parties se seraient entendues sur la création d'une voie d'entrée située à proximité des côtes iraniennes et d'une voie de sortie longeant Oman. Plus largement, les discussions portent sur la fusion des itinéraires actuels en un corridor bidirectionnel, destiné à répondre aux intérêts des deux États riverains. Les principaux éléments de ce projet auraient déjà été transmis aux États-Unis, aux pays de la région ainsi qu'aux plus hautes autorités iraniennes, dont l'approbation reste attendue.
Au-delà du tracé, l'enjeu est éminemment politique. Selon plusieurs sources citées par Reuters et le Wall Street Journal, le texte accorderait à Téhéran un droit de regard sur les navires entrant...
-
06/08 - Routes, trains, réseau électrique : l’Allemagne, ce gigantesque chantier à ciel ouvert
Le "miracle de Noël" ! C’est ainsi que la presse allemande a qualifié la réouverture à la circulation, le 22 décembre 2025, du pont de Rahmede, ouvrage perché à 70 mètres de hauteur sur l’A45, l’un des axes routiers majeurs du nord de l’Allemagne. L’événement fut retransmis au JT de 20 heures avec des images de chauffeurs de poids lourds klaxonnant de joie en passant sur l’ouvrage d’art, béni par un prêtre et célébré par les élus chantant l’hymne national à tue-tête.
Ce fut surtout un soulagement. Ce viaduc autoroutier construit en 1968 avait été fermé le 2 décembre 2021 à cause d’un risque d’effondrement. "Cela aurait pu très mal finir", explique Sebastian Wagemeyer, maire de Lüdenscheid, commune située en contrebas. Seul souci : prévenu au dernier moment, l’édile n’a pas pu se préparer. Du jour au lendemain, sa commune est asphyxiée par le passage quotidien de 20 000 véhicules et 6 000 poids lourds.
Un cauchemar de quatre ans, durant lesquels le pont de Rahmede est devenu le symbole d’une Allemagne punie par sa discipline budgétaire rigide. "Au lieu de prendre un crédit pour réparer le toit de la maison, nous avons préféré faire des économies. Résultat, nous avons maintenant de l’eau jusque dans la cave ! Nous sommes le seul pays industrialisé du G7 à avoir fait ce choix", déplorait à l’époque Yasmin Fahimi, présidente de la Confédération des syndicats allemands, qui réclamait plus de souplesse pour les dépenses publiques.
Aujourd’hui, le pont tout neuf de Rahmede...
-
06/08 - Crise des migrants : le modèle albanais de Giorgia Meloni sous le feu des critiques
La crise de Ceuta est une aubaine pour le gouvernement italien. Il cherche à s'en saisir pour changer le paradigme européen de la gestion des flux migratoires. Giorgia Meloni entend ainsi convaincre ses partenaires d’abandonner la logique d’accueil et de répartition interne des migrants pour lui substituer celle de leur externalisation.
La doctrine migratoire de la Première ministre italienne repose sur l’accord signé en 2023 avec l’Albanie et ratifié en 2024. Deux centres de rétention et de traitement des demandes d'asile sous juridiction italienne ont été construits sur les sites de Shëngjin et de Gjadër. Ils devaient accueillir jusqu'à 36 000 migrants chaque année. Seulement quelques centaines y ont pour l’instant transité. Alors que Giorgia Meloni vante un "modèle novateur et précurseur pour toute l'Europe", la presse transalpine presque unanime a conclu à un véritable fiasco. Un rapport coût-efficacité médiocre
Avant même d’ouvrir leurs portes, ces centres ont été fustigés pour leur coût. La facture totale de l'opération est estimée à 670 millions d’euros, soit environ 160 millions d'euros par an pendant cinq ans, entièrement financés par l’Italie. L’opposition au gouvernement Meloni s’est empressée de dénoncer une véritable gabegie en période de restrictions budgétaires. La construction de chaque place dans les centres albanais coûte plus de 153 000 euros aux contribuables italiens contre environ 21 000 euros pour des installations similaires en Sicile. Le rapport...
-
06/08 - Adhésion de l’Ukraine à l’Otan : "Valeri Zaloujny fait un constat réaliste à un instant T"
À Kiev, Valeri Zaloujny a livré lundi 3 août une lecture peu optimiste de l'avenir de l’Ukraine dans l'Otan : selon lui, son adhésion n'aura tout simplement "jamais" lieu. Ancien commandant en chef des forces ukrainiennes, aujourd'hui ambassadeur à Londres, il juge l'Alliance trop lente à évoluer et appelle Kiev à chercher d'autres garanties de sécurité, notamment européennes. Une prise de position qui tranche avec l'objectif toujours inscrit dans la Constitution ukrainienne.
Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur au Conseil européen pour les relations internationales, la déclaration de Valeri Zaloujny mérite surtout qu'on regarde ce qu'elle dit du moment politique. Simple accès de réalisme, ou signe que l'adhésion ukrainienne à l'Alliance est en train de devenir un objectif de plus en plus théorique ? Entretien.
L'Express : Valeri Zaloujny affirme que l'Ukraine "n'adhérera jamais" à l'Otan. Est-ce réellement devenu impossible ?
Camille Grand : Aujourd'hui, à court terme, oui. Les États-Unis sont contre et, pour tout élargissement de l'Otan, il faut l'unanimité des membres. D'ailleurs, lorsque Volodymyr Zelensky était à Washington, il n'a pas particulièrement ouvert ce dossier. Les réserves américaines sont très politiques. Donald Trump a toujours été sceptique sur l'Otan et sur son élargissement. Il adhère plutôt au narratif russe selon lequel l'élargissement de l'Alliance crée davantage d'instabilité et il ne veut évidemment pas...
-
05/08 - Erik Akerboom, ex-patron des services secrets néerlandais : "Moscou et Pékin détestent nous voir coopérer"
Le service de renseignement des Pays-Bas est devenu l'un des plus respectés du continent. Le verdict est quasiment unanime : pour un pays de 18 millions d'habitants, l'Algemene Inlichtingen-en Veiligheidsdienst (AIVD) "boxe dans une catégorie supérieure à la sienne", ont affirmé plusieurs dirigeants de premier plan à L'Express. Reconnus notamment pour leur expertise cyber, les Néerlandais sont un partenaire recherché. Jusqu'à récemment très liés à la CIA, La Haye a surpris en annonçant, en octobre, une réduction du partage de renseignements avec Washington. Son directeur sortant, Erik Akerboom, s'exprime pour la première fois depuis son départ, en mars.
L'Express : Le conflit en Ukraine a-t-il reconfiguré les priorités des services secrets européens depuis 2022 ?
Erik Akerboom : Oui, mais avec des conséquences différentes selon les pays. Lors de mes six dernières années à la tête de l'AIVD, nous avons vu monter simultanément le Moyen-Orient, la Chine, la Russie. Mais aussi des opérations cyber de plus en plus agressives, et des enjeux plus domestiques, comme le crime organisé, facteur de déstabilisation de notre société. Les services de renseignement sont confrontés à une multiplication des priorités. Avant la guerre en Ukraine, nous avons eu la chance d'avoir anticipé en créant une "Russia House", une structure civilo-militaire qui agrège toutes les données et sujets liés à la Russie. Ce n'est pas anodin : le pire scénario serait que les batailles internes sur "qui gère...
-
05/08 - Allemagne : un drone équipé d’un engin explosif découvert à l’aéroport stratégique de Leipzig
Un drone équipé d’un "engin explosif" a été découvert près d’une piste de l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne, ont annoncé, ce mercredi 5 août, les autorités. Berlin a ouvert une enquête antiterroriste après que l’objet a été découvert par un employé de l’aéroport à proximité de la piste sud. Alertée, la police a dépêché sur place un robot de déminage afin d’examiner l’appareil. Les spécialistes ont ensuite retiré le détonateur du dispositif. Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a convoqué une réunion d'urgence avec les chefs des services de sécurité allemands ce mercredi soir.
L’incident a entraîné d’importantes perturbations du trafic aérien. Les vols ont été suspendus et plusieurs appareils, dont certains appartenant à la société de logistique allemande DHL, ont été déroutés. Le parquet a confié les investigations au service chargé de l'extrémisme (ZESA) ainsi qu’à des enquêteurs de l'unité antiterroriste régionale, après qu’il a été établi que le drone transportait un engin explosif.
Des photographies prises sur place montrent des techniciens de la police et un robot de déminage intervenant à proximité d’un avion ukrainien. L’aéroport de Leipzig-Halle constitue un important hub de fret aérien et une plateforme logistique clé pour l’Otan ainsi que pour l’acheminement de marchandises vers l’Ukraine. Des avions de transport ukrainiens de la compagnie Antonov Airlines y sont notamment stationnés.
Selon le quotidien allemand Bild, le drone a justement...
-
05/08 - Crise migratoire : le deux poids, deux mesures du RN envers ses voisins européens
Au Rassemblement national, on a la réaction à géométrie variable en matière migratoire. Il y a quelques jours, la crise qui secouait l’enclave espagnole de Ceuta en Afrique du Nord, avec un afflux de plusieurs dizaines de milliers de migrants en quelques heures, a poussé les dirigeants frontistes à sortir de leur réserve estivale pour pointer du doigt le dirigeant socialiste Pedro Sanchez. Sur son compte X (ex-Twitter), Marine Le Pen a critiqué le gouvernement espagnol qui "encouragerait" ces entrées illégales tout en ajoutant : "La France doit sans délai renforcer les contrôles à ses frontières. Et en 2028, nous stopperons cette folie en réservant la libre circulation Schengen aux nationaux de l’UE".
Jordan Bardella, quant à lui, adressait un courrier à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, pour demander la tenue d’une session plénière extraordinaire pour évoquer la question des frontières. "Nos nations et nos peuples n'ont pas à subir les conséquences de la complicité passive du gouvernement socialiste espagnol face à ce qui relève d'une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen", a-t-il déclaré sur X, sans préciser que l’enclave espagnole ne fait pas partie de l’espace Schengen.
"Qui peut croire qu’aucune de ces personnes qui ont violé une frontière ne se retrouvera pas en France ?", réagissait, mardi 4 août, au micro de France inter, la députée RN de Gironde Edwige Diaz. Au RN, l’épisode permet surtout de dénoncer la politique...
-
05/08 - Guerre entre les Etats-Unis et l’Iran : ces milliards de dollars engrangés par les géants du pétrole
La guerre entre les États-Unis et l'Iran a fait des gagnants : les grandes compagnies pétrolières. Alors que la flambée des cours de l'énergie pèse sur les consommateurs, les mastodontes du secteur voient leurs bénéfices s'envoler. Une situation que Donald Trump n'observe pas d'un bon œil : "Ils gagnent trop d'argent", a lancé depuis le bureau Ovale, lundi 3 août, le président américain. Les profits records des compagnies pétrolières sont devenus la dernière cible de son courroux. "Cela ne me plaît pas. Et je suis pourtant le dernier à devoir dire une chose pareille, car je suis un fervent partisan de la libre entreprise", a-t-il fustigé devant des journalistes.
Car les gains sont colossaux : une analyse du Guardian révèle que les huit producteurs pétroliers cotés en Bourse — Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil — ont engrangé près de 93 milliards de dollars de bénéfices au cours du trimestre achevé fin juin. C'est presque le double de leurs bénéfices cumulés sur la même période l'année précédente, qui s'élevaient à un peu moins de 50 milliards de dollars.
Pour Donald Trump, ces profits énormes ont des airs de "casse-tête politique", comme le relève CNN. À trois mois des élections de mi-mandat, la hausse des prix de l'énergie menace de ternir son bilan économique. Sa guerre contre l'Iran a contribué à faire grimper les cours mondiaux du pétrole, avec des conséquences directes pour les consommateurs américains. Pendant que les ménages...
-
05/08 - Sécheresse en Europe : le mauvais été des centrales nucléaires
Les petits ruisseaux font les grandes rivières, encore faut-il qu'ils ne soient pas à sec : en Hongrie, trois des quatre turbines de la centrale nucléaire de ville de Paks sont à l'arrêt, faute d'une quantité d'eau suffisante pour alimenter les circuits de refroidissement ; en Serbie, deux grandes centrales hydroélectriques ne produisent plus qu'à 20 % et 30 % de leurs capacités ; en Slovénie, la centrale nucléaire de Krsko va réduire sa production à 80 % de sa capacité. Même semaine, même problème : le Danube et ses affluents manquent d'eau, alors que les températures dépassent les 40 °C et que les climatiseurs réclament précisément davantage d'électricité.
Face à la crise, les soirées hongroises ont commencé à s'organiser autrement : entre 17 heures et 22 heures, le fret ferroviaire est suspendu, plusieurs monuments restent éteints et entreprises comme ménages sont appelés à réduire leur consommation. Les importations d'électricité, elles, augmentent. "Des jours plus critiques nous attendent", a prévenu le Premier ministre Péter Magyar ce mercredi, alors que le pic de chaleur n’est pas encore passé.
Pour Paul Dorfman, président du Nuclear Consulting Group, interrogé par L'Express, personne ne peut vraiment plaider la surprise : "Ce qui se passe sur le Danube cette semaine est une vulnérabilité parfaitement connue, sans l'ombre d'un doute. Des gens comme moi alertent là-dessus depuis des décennies." Le spécialiste cite "la Loire, la Meuse, la Garonne, le Rhin, le...
-
05/08 - Guerre en Ukraine : Kiev frappe sans relâche Wildberries, "l’Amazon russe"
La guerre s’installe sur le territoire russe. Un entrepôt de Wildberries, le principal détaillant en ligne de Russie, a pris feu ce mercredi 5 août dans la région de Toula après une attaque de drone ukrainien, selon le gouverneur régional Dmitri Miliaïev. La frappe a fait un blessé et provoqué des dégâts sur plusieurs infrastructures. Deux sites industriels situés dans les secteurs de Novomoskovsk et d’Ouzlovaïa ainsi que deux immeubles résidentiels ont également été touchés.
Wildberries a confirmé l’attaque sur son site logistique, indiquant avoir évacué ses employés et réorganisé ses flux de livraison. L’entreprise, souvent présentée comme l’équivalent russe d’Amazon, est devenue ces dernières semaines une cible privilégiée des drones ukrainiens. Depuis le 18 juillet, près d’une vingtaine de ses sites auraient été visés, selon les autorités et les informations disponibles.
Ces frappes illustrent une nouvelle étape dans la stratégie ukrainienne : frapper des infrastructures situées loin de la ligne de front afin de faire ressentir directement les conséquences de la guerre à la population russe. Les entrepôts de Wildberries, qui traitent 20 millions de commandes chaque jour grâce à un vaste réseau logistique, représentent une cible symbolique autant que matérielle. Comme le rappelait L'Express il y a quelques jours, la dirigeante de l'entreprise, Tatiana Kim, femme la plus riche de Russie, est une alliée incontournable de Vladimir Poutine, d'autant que Wildberries joue...
-
05/08 - "L’Europe a besoin du Maroc pour contrôler sa frontière sud" : l’analyse de Nando Sigona
Ils ont voulu resserrer les rangs après s'être déchirés sur la crise migratoire de Ceuta. Quelques heures après la réunion en visioconférence de ses ministres de l'Intérieur, l'Union européenne s'est déclarée le 4 août "pleinement solidaire" de l'Espagne. Pour le commissaire européen aux Migrations Magnus Brunner, cet épisode, qui a vu l'arrivée de près de 70 000 ressortissants marocains en l'espace de quelques heures au sein de l'enclave espagnole, était un "test pour notre résilience européenne". Une réunion convoquée à l'initiative de l'Italie lors de laquelle les ministres ont appelé à des mesures plus fermes contre les réseaux de passeurs de migrants, à des procédures de retour plus efficaces et à une coopération plus étroite avec les pays hors de l'Union.
Mais pour Nando Sigona, directeur de l'Institute for Research into International Migration and Superdiversity (IRIS) de l'université Birmingham et chercheur associé au Refugee Studies Centre d'Oxford, les agissements des réseaux de passeurs ne peuvent expliquer qu'en partie ce drame qui a fait au moins 77 morts, selon Madrid. D'après ce spécialiste qui étudie depuis plus de vingt ans les crises frontalières en Méditerranée, l'afflux massif de migrants à Ceuta relève aussi d'un signal politique envoyé par Rabat, sur fond de rapprochement contesté entre Pedro Sanchez et l'Algérie et d'une proximité entre le roi Mohammed VI et Donald Trump. Entretien.
L'Express : Les autorités espagnoles ont attribué l’ampleur de la...
-
05/08 - "Ce n’est jamais neutre" : ce que révèle votre façon de conclure un mail professionnel
"Chère Madame". "Monsieur le directeur", "Bonjour" ... Loin d'être anodins, ces usages sont ancrés dans nos mémoires conversationnelles écrites collectives, déclinées aujourd’hui par mail. "Les formules de politesse ne servent pas seulement à être gentil : elles permettent de régler la distance entre deux personnes, de montrer du respect, de reconnaître une hiérarchie ou, au contraire, de créer une proximité", explique Noël Wolf, linguiste et experte culturelle chez Babbel, plateforme d'apprentissage des langues étrangères en ligne. Reste une question : comment bien conclure un message ?
Avec un prospect, un client que l’on connaît peu ou lors d’un premier contact, mieux vaut privilégier le vouvoiement et une formule sobre, comme "Cordialement" ou "Bien cordialement", conseille-t-elle. Avec un collègue proche ou un interlocuteur régulier, on peut alléger : "Bonne journée", "A bientôt" ou "A très vite". La concision n’est pas impolie en soi : "lorsque la relation est établie, elle peut au contraire signaler une forme de confiance".
"On imagine souvent qu’il existe une seule bonne formule, alors qu’en réalité, il s’agit plutôt d’un curseur à ajuster en fonction de la proximité avec son interlocuteur, du contexte et des usages de l’entreprise", nuance toutefois la représentante de Babbel. Par exemple, "commencer par "Madame" et terminer par "A bientôt" peut créer un léger décalage", avertit-elle."Le mail pro n'est jamais neutre"
La formule de conclusion peut,...
-
05/08 - "Il y a des abus" : à l’approche du budget 2027, l’épineux bilan des dispositifs contre l’apnée du sommeil
Les personnes souffrant de fatigue chronique ont pendant longtemps été considérées comme de simples curiosités de la nature. Des laissés-pour-compte du droit au repos, condamnés à vivre avec des poches sous les yeux et avec pour seule prise en charge, de doucereuses tapes dans le dos. En l’absence d’explication sur ce qui perturbait leurs nuits, les rares patients qui osaient parler de leurs torpeurs matinales étaient au mieux accueillis avec des sédatifs, au pire accusés de paresse ou redirigés vers l’asile. La somnolence, les problèmes de mémoire et les maux de tête qu’ils ressentaient étaient relégués à des humeurs passagères.
Dans les années 1960, un médecin du nom d'Henri Gastaut fait une découverte cruciale : parmi ses patients mal aimés de Morphée, certains se tordent et grimacent pendant la nuit, privés d’air. C’est à lui que l’on doit le terme "d’apnée du sommeil", du nom de ces brusques et courtes interruptions de la respiration, caractéristiques des malades. En 1976, un "syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS)" commence petit à petit à trouver ses lettres de noblesse, et bientôt les médecins comprennent que la maladie, bien qu’associée à l'obésité, est principalement due à une compression involontaire de la gorge.
La véritable révolution est à venir : en 1981, un inventeur australien nommé Colin Sullivan met sur pied un masque souple qui, relié à un tube et à une pompe diffuse de l’air dans la bouche et les narines des malades, oxygénant les...
-
05/08 - "Ils ont été affaiblis" : chez les espions polonais, népotisme et menace russe
1990. Alors que les États-Unis s’efforcent de constituer une coalition pour répondre à l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, six officiers américains se retrouvent piégés en Irak. Tous sont en possession d'informations qui pourraient faire échouer l’opération "Tempête du désert". La CIA sollicite l’aide de la Pologne, pourtant adversaire de la guerre froide. Le pays est réputé pour l’excellence de ses espions. L’un d’entre eux est dépêché sur place pour secourir les six Américains.
C'est l'une des nombreuses anecdotes détaillées par John Pomfret dans son livre de 2021, From Warsaw with love, pour illustrer l’alliance américano-polonaise en matière de renseignement, de la guerre froide au milieu des années 2000. Le journaliste et ancien contributeur du Washington Post dépeint des espions polonais prêts à tout pour satisfaire leur allié outre-Atlantique. La fiabilité déclinante de l’administration Trump n’y a rien changé, ou presque.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, était au mois de janvier en déplacement à Varsovie pour échanger avec le ministre de la défense polonais, en pleine reprise des tensions sur le flanc est de l’Otan.
"Les services polonais sont très pro anglo-saxons et conduisent des opérations à leur demande, parfois en dehors de leurs priorités habituelles, notamment le nucléaire iranien", explique Cyril Gelibter, docteur en histoire du renseignement. En 2002, l'espionnage polonais met à la disposition de la CIA une villa au nord du pays,...
-
05/08 - Liban : la mystérieuse intermédiaire derrière les explosions de bipeurs du Hezbollah
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Il est 15h30 au Liban, ce mardi 17 septembre 2024. A la caisse d’une boutique, dans la rue, sur le marché, dans des appartements : au même moment, des milliers de bipeurs explosent à travers tout le pays. La panique règne et les hôpitaux sont rapidement surchargés. Les blessés qui affluent sont principalement touchés aux mains, au ventre ou en haut de la cuisse.
Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants, et 2 750 blessés. Les victimes appartiennent en majorité au Hezbollah, une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise.
Très vite, les cadres du mouvement accusent Israël. Car l’Etat hébreu est de longue date en guerre contre le Hezbollah, et le conflit s’est accentué depuis les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, allié de l’organisation libanaise. Une organisation qui communique désormais essentiellement par bipeurs, jugés plus sûrs et plus difficiles à pirater que les téléphones.
Quelques semaines plus tard, en novembre, Israël reconnaît avoir autorisé l’attaque,...
-
04/08 - Liban : six ans après l’explosion du port de Beyrouth, l’espoir que la justice avance enfin
Six ans après l'explosion meurtrière du port de Beyrouth, le Liban commémore, ce mardi 4 août, une tragédie qui continue de hanter le pays. Alors que les proches des victimes réclament toujours justice, les récents développements de l'enquête ravivent l'espoir de voir enfin les responsabilités établies.
Le 4 août 2020, une gigantesque explosion ravage le port de la capitale libanaise et détruit de vastes quartiers de la capitale. Plus de 235 personnes sont tuées, plus de 6 500 autres blessées. Selon les éléments de l'enquête, la catastrophe aurait été provoquée par la combustion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans le port. Depuis, les investigations chargées de déterminer les circonstances de la présence de ces produits chimiques et d'établir les éventuelles responsabilités se sont heurtées à de nombreux blocages. Pendant des années, des responsables judiciaires et d'anciens ministres ont multiplié les recours contre les magistrats en charge du dossier, paralysant de fait la procédure sous l'effet d'ingérences politiques.
Pour les familles des victimes, l'attente est devenue insupportable. "Dans des pays normaux, nous en aurions fini depuis longtemps et nous serions passés à une autre étape de nos vies, avec le droit de faire notre deuil", déplore auprès de Reuters Paul Naggear, dont la fille Alexandra, âgée de trois ans, a péri dans l'explosion. "Tant qu'il n'y a pas de justice, sa vie n'a aucune valeur", ajoute-t-il. Joseph Aoun réclame l'acte...
-
04/08 - Espionnage, sabotages, assassinats : la carte des actions russes en Europe depuis 2022
Des espions, mais pas que. Dès l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, Poutine comprend que la victoire se joue aussi plus à l’Ouest. Alors il lance ses services secrets à l’assaut de l’Europe. Des tueurs sont envoyés assassiner les opposants, des saboteurs mènent des opérations terroristes. La "guerre hybride" prend également une forme plus sournoise. Campagnes TikTok, faux tags, influenceurs payés… Partout sur le Vieux Continent, des cellules du renseignement militaire (GRU) tentent d’influencer le débat public.
D'autres exemples d'actes de déstabilisation, pas mentionnés sur la carte ci-dessus, ont eu lieu en Europe depuis 2022. En voici la liste :Assassinats :
Allemagne – mai 2024 : les Etats-Unis informent Berlin du projet russe de tuer Armin Papperger, PDG de Rheinmetall.Ingérences :
Pologne – 6 mai 2024 : le juge Tomasz Szmydt, chargé des habilitations secret-défense, fuit en Biélorussie. Il ouvre un compte Telegram de propagande pro-russe.
Roumanie – 24 novembre 2024 : la Russie déstabilise la présidentielle roumaine, via la propagande en ligne, notamment sur Tik Tok.
Hongrie – 21 mars 2026 : le ministre des Affaires étrangères hongrois rapporte à son homologue russe les débats du conseil européen, en l’appelant pendant les pauses.Sabotages :
Royaume-Uni – 20 mars 2024 : un incendie ravage un entrepôt à Leyton, abritant du matériel pour l’Ukraine.Espionnage :
Autriche – 29 mars 2024 : démantèlement du réseau d’espionnage et d’actions violentes...
-
04/08 - Gaz russe : Moscou développe sa flotte fantôme avant le durcissement des sanctions européennes
Moscou prépare déjà la suite. Alors que l'Union européenne prévoit d'interdire les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d'ici à 2027, le Kremlin accélère la constitution d'une flotte de navires capables de poursuivre ses exportations hors des circuits occidentaux. En quelques mois, le pays a renforcé sa "flotte fantôme" de méthaniers, en rachetant des navires d’occasion et en mettant en service ses premiers bâtiments construits sur son propre territoire, rapporte le Financial Times.
Selon les données de la société de suivi maritime Windward, reprises par le média économique, au moins huit méthaniers d'occasion ont changé de propriétaire au cours des six derniers mois avant d'être affectés au transport de cargaisons russes. La flotte parallèle compterait désormais 25 navires, dont deux méthaniers neufs construits par le chantier naval russe Zvezda, situé à l'extrême orient du pays.
Cette stratégie reprend un modèle déjà utilisé par Moscou dans le secteur pétrolier. Depuis le début des sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, la Russie s’appuie sur une vaste flotte de pétroliers opérant en dehors des réseaux traditionnels d'assurance et de contrôle occidentaux. Celle-ci compte aujourd'hui plus d'un millier de navires. Mais dans le domaine du GNL, la tâche est plus complexe : les méthaniers sont des navires hautement spécialisés, dont la construction et l'exploitation nécessitent des technologies de pointe."C’est un phénomène unique"
"La flotte...
-
04/08 - L’Ukraine limoge son ambassadrice aux Etats-Unis : le drôle de timing de Volodymyr Zelensky
Demander plus d’armes aux Etats-Unis tout en changeant d’ambassadrice à Washington : c’est le programme diplomatique de Kiev en ce début du mois d'août. Volodymyr Zelensky a mis fin par décret aux fonctions d’Olha Stefanishyna, en poste aux Etats-Unis depuis un an. Aucun successeur n’a encore été annoncé, alors que l’Ukraine dépend toujours des livraisons d’armes et du renseignement américains pour résister à la Russie. Au même moment, Kiev pousse l’administration Trump à fournir davantage de systèmes Patriot. Changer de représentante dans la capitale américaine dépasse donc une simple affaire de ressources humaines.
Le départ ne ressemble pourtant pas à une sanction. Olha Stefanishyna assure avoir elle-même demandé à quitter ses fonctions pour des "raisons personnelles" : "Représenter l’Ukraine à Washington alors que le pays se bat pour son existence a été le plus grand honneur de ma vie", a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux. La semaine précédente, elle avait déclaré à des journalistes que Volodymyr Zelensky ne lui avait pas demandé de démissionner. Le président ukrainien, de son côté, n’a donné aucune raison particulière dans son décret. Le texte officiel met donc fin à ses fonctions, mais les éléments disponibles ne permettent pas de conclure qu’elle aurait été sanctionnée. Un départ programmé ?
La surprise est relative : depuis le remaniement gouvernemantal engagé à la mi-juillet, l'hypothèse de son départ circulait déjà dans la presse ukrainienne. Le président a...
-
04/08 - Afflux de migrants à Ceuta : vu de l’étranger, la crise "mérite une meilleure réponse"
Les images de dizaines de milliers de migrants franchissant les frontières de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, ont bouleversé l'Europe. Cependant, les 70 morts, pour la plupart par noyade ou écrasés, ont moins fait parler. "L'ampleur de cette tragédie humaine est passée presque inaperçue", déplore un chroniqueur du Guardian. Au-delà du drame, c'est l'absence d'une réponse commune qui domine les analyses de la presse européenne. Pour Bloomberg, "le chaos migratoire à Ceuta mérite une meilleure réponse que la recherche de boucs émissaires". La Repubblica, quotidien italien situé à gauche, parle, de son côté, d'une véritable "fracture au sein de l'Europe".
Si ce mardi 4 août les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se réunissent en urgence en visioconférence, pour mettre le sujet sur la table, la surenchère politique s'est déjà emballée. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen. Une position qui selon Bloomberg "frise l'hypocrisie", le journal rappelant les appels à la solidarité lancés par Rome lors de la crise de Lampedusa en 2023. Et de noter que "la politique intérieure prime manifestement, alors que Meloni subit des pressions à droite".
Le Danemark et la Finlande ont souten
-
04/08 - Bernard Legras : "Cléopâtre était une grande cheffe d’Etat, avec une véritable vision politique"
Oubliez l’image que vous aviez de Cléopâtre VII, l’ultime représentante des Ptolémées, celle que les historiens romains dépeignaient en femme barbare, séductrice, manipulatrice, cruelle, ensorceleuse... La découverte, en 2000, d'un papyrus grec datant du 23 février 23 avant notre ère, soit quelques années seulement avant la mort de la reine, le 12 août 30, a changé le regard que l'on portait sur elle. Il s’agit d’une ordonnance royale qui porte peut-être la signature autographe de Cléopâtre. Ce document a incité l'historien Bernard Legras à écrire une nouvelle biographie de la Reine, Cléopâtre l'Egyptienne (Les Belles lettres). Invité de notre podcast Les temps sauvages, il nous plonge dans la tête de la célèbre souveraine.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Qui était Cléopâtre ? On connaît son père, Ptolémée XII. En revanche, on ignore l’identité de sa mère. D’où vient-elle ?
Bernard Legras : Vous abordez immédiatement l’un des grands mystères de Cléopâtre, qui demeure irrésolu : celui de sa mère. Son père est traditionnellement identifié à Ptolémée XII. Comme toujours dans l’Antiquité, la maternité est certaine, alors que la paternité peut parfois être discutée. Mais peu importe, au fond : Ptolémée XII l’a reconnue et l’a même associée au pouvoir un an avant sa mort. Lorsqu’elle devient reine, Cléopâtre possède déjà une véritable expérience...
-
04/08 - Cuba encore plongée dans le noir : pourquoi les pannes de courant se multiplient sur l’île
Bis (et plus) repetita : à Cuba, le réseau électrique en est déjà à sa sixième panne générale de l'année. Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août, à 22h43, l'ensemble du système électrique national s'est déconnecté, plongeant La Havane et le reste du pays dans le noir. L'événement serait déjà sérieux s'il n'était pas devenu aussi régulier : la veille, tout l'ouest de l'île avait subi une panne générale. Le courant avait été rétabli dimanche après réparation. Quelques heures plus tard, retour à la case départ… Lundi, le réseau s'est de nouveau effondré alors que les autorités tentaient de le rétablir, en raison de "conditions météorologiques défavorables".
À La Havane, certaines interruptions ont récemment dépassé trente heures. Dans les provinces, elles peuvent durer plusieurs jours. À l'échelle de 9,4 millions d'habitants, ces coupures se traduisent aussi par des réfrigérateurs qui s'arrêtent, de l'eau qui manque et des ventilateurs qui ne tournent plus.
La première explication est ancienne. Cuba produit encore une grande partie de son électricité grâce à sept centrales thermoélectriques âgées de plus de quarante ans. Elles ne sont pas toutes dans le même état, mais les arrêts techniques, les pannes et les réparations y sont fréquents. Or un réseau électrique fonctionne avec peu de goût pour l'improvisation : lorsqu'une centrale s'arrête, une autre doit pouvoir prendre le relais. À Cuba, cette marge s'est considérablement réduite. La crise économique que traverse...
-
04/08 - Crise des migrants à Ceuta : l’hypocrisie de Giorgia Meloni
On peut reprocher beaucoup de choses à Pedro Sanchez. En tête de liste, les scandales de corruption qui touchent son entourage et le Parti socialiste. Mais le procès en inaction et en laxisme dans le drame migratoire de Ceuta, instruit contre le Premier ministre espagnol par Giorgia Meloni, ressemble davantage à de la malhonnêteté intellectuelle. Face aux images qui ont fait le tour du monde - plus de 60 000 migrants entrés par le Maroc massés dans l’enclave espagnole et des forces de sécurité débordées - Madrid était en droit d’attendre la solidarité de ses voisins européens, à commencer par l’Italie. Mais c’est tout l’inverse qui s’est produit. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a commenté la Première ministre italienne. Faut-il rappeler à Giorgia Meloni que l'Italie a enregistré environ deux fois plus d'entrées irrégulières que l’Espagne entre 2021 et 2025, que les conditions de détention des migrants dans ses centres en Albanie sont dans le collimateur de nombreux élus européens et qu'elle-même a déjà dû faire face à une crise migratoire semblable en 2023 lorsque plus 10 000 exilés venus de Tunisie sont arrivés en quelques jours sur l'île de Lampedusa ?
Quelques heures seulement après la tragédie, qui a déjà causé 72 morts selon les autorités espagnoles, la sanction est tombée : Rome a décidé de ne...
-
04/08 - "La surprise fut générale" : quand le prince Albert de Belgique succédait au roi Baudoin
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 5 août 1993
On attendait Philippe, ce fut Albert. Serait-ce pour mieux ménager l'arrivée d'Astrid ? Coups de théâtre et intrigues shakespeariennes ne sont d'ordinaire pas inscrits au scénario dans la famille royale de Belgique. Dimanche 1er août, pourtant, quand fut annoncé que le prince Albert de Liège succéderait à son frère Baudouin, comme roi des Belges, la surprise fut générale. Dans le monde entier, comme en Belgique, où depuis quelques années le roi semblait préparer attentivement le prince Philippe - fils d'Albert - à sa succession.
Albert II, sixième roi des Belges, qui prêtera serment le 9 août, est pourtant - en toute logique dynastique - le successeur désigné du roi Baudouin. Et il fait un monarque parfaitement acceptable. Certes, il a 59 ans - à peine quatre ans de moins que son frère - mais il porte encore avec prestance l'uniforme d'amiral. Il est, de droit, membre du Sénat, par tradition, président de la Croix-Rouge. Plus important, il est, depuis 1962, président de l'Office belge du commerce extérieur. Une fonction qui l'a apparemment passionné : il a mené nombre de missions économiques à travers le monde et s'est ainsi taillé un rôle non négligeable d'ambassadeur officieux ou - selon sa propre formule - de "commis voyageur de la Belgique".
On dit qu'il a le sens de la conciliation et du compromis - des qualités importantes pour régner en Belgique. On l'assure féru de philosophie et de...
-
04/08 - Crise de Ceuta : le gouvernement espagnol a-t-il ignoré les alertes des services de renseignement ?
C’est l’une des principales zones d’ombre de la crise migratoire que vient tout juste de traverser l’Espagne. Le gouvernement espagnol disposait-il, ou non, d’informations et d’éléments de renseignement sur l’arrivée imminente de dizaines de milliers de migrants à Ceuta le 30 juillet ? Alors même que le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a démenti le 1er août une telle possibilité, plusieurs médias espagnols, dont Cadena SER et The Objective, ont évoqué dans la foulée une série d’alertes du CNI, le service de renseignement et de contre-espionnage espagnol, auprès de l’exécutif.
Plusieurs avertissements signalant le risque réel d’une arrivée massive de migrants par l’enclave espagnole de Ceuta auraient été émis auprès du ministère de l’Intérieur dans les semaines qui ont précédé la crise. Le point de bascule identifié par les analystes du CNI ? L'arrêt du Tribunal suprême du 8 juillet, qui a limité les renvois immédiats des personnes traversant à la nage vers Ceuta et Melilla. Depuis cette décision, les services de renseignement avaient détecté que des réseaux criminels pouvaient exploiter ce vide juridique pour organiser une arrivée massive. Selon El Cierre Digital, un quotidien d’investigation, les premières alertes du CNI et du renseignement militaire remonteraient à il y a deux mois.
Ce 3 août, la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, s’en est tenue à la version officielle : aucun rapport des services de renseignement n’aurait laissé présager...
-
04/08 - Andy Burnham, Marine Le Pen… Dis-moi où tu passes l’été, je te dirai quel politique tu es
La lumière de l’été est un révélateur assez puissant du paysage idéologique européen. Les personnages politiques n’y choisissent pas seulement une destination, mais une symbolique sociale, une mise en scène de leur rapport au pays. Tout en jaugeant quelle quantité de plaisir il est politiquement avouable de s’octroyer pendant les vacances.
Les dirigeants installés préfèrent d’abord la résidence officielle. Emmanuel Macron gagne Brégançon, forteresse républicaine au bord de l’eau : on s’y repose derrière des murs, entouré de dossiers et de conseillers. C’est la 'pause studieuse' : chemise blanche, manches retroussées, devant une pile de chemises cartonnées. La mer – à laquelle on résiste – visible par les fenêtres.
Keir Starmer avait perfectionné l’art britannique des vacances sacrifiées : annulées avant même le départ en 2024, interrompues par l’Ukraine en 2025, elles semblaient toujours témoigner moins de son repos que de son sens du devoir. Pourra-t-il maintenant enfin partir ? Au tour d’Andy Burnham de prendre ses quartiers de villégiature à Chequers en banlieue de Londres, et son Manchester chéri. Qu’ils sont loin les jours ou Tony Blair partait avec insouciance dans les endroits les plus chics de Toscane. Les vacanciers-candidats
En France, à l’approche de 2027, une espèce prolifère : le vacancier-candidat. Gabriel Attal sillonne déjà la France ; chaque café se mue en bain de foule, chaque polo en profession de foi. Edouard Philippe a trouvé mieux : rester au...
-
04/08 - Les espions allemands sont-ils mauvais ? Pourquoi le BND est si critiqué
Il a dirigé le renseignement extérieur allemand de 1998 à 2005 mais n’en est pas moins critique à l’égard du Bundesnachrichtendienst, plus communément appelé BND. Dans une tribune au vitriol publiée en août 2023 par le quotidien allemand Bild, August Hanning appelait à une refonte en profondeur de l'agence d'espionnage allemande, qualifiée à l’époque de "chien de garde impuissant".
Ses demandes semblent avoir été entendues. Sous la houlette du chancelier Friedrich Merz, et de Martin Jäger, le nouveau directeur de l’équivalent allemand de la DGSE, une réforme vise à donner au BND de plus grandes marges de manœuvre. "L’Allemagne, qui dispose pourtant de capacités techniques avancées, a de loin les lois de contrôle des techniques de renseignement les plus restrictives en Europe. L’efficacité de son renseignement n’est pas à la hauteur de sa place dans l’Union européenne", explique un dirigeant européen de la communauté du renseignement.
Souvenir de la Gestapo et de la Stasi obligent, un très strict contrôle encadre le travail de ses espions. Quant à la formule "services secrets", elle est proscrite outre-Rhin, car faisant écho aux crimes de l’Allemagne nazie et de la République démocratique allemande. "Pires espions d'Europe"
"Le BND est truffé de juristes obsédés par la confidentialité des données !", s’indigne un ex-agent de la CIA, basé à Rome, qui qualifie l'agence allemande de "pires espions d'Europe, au regard du poids de leur pays". Un ancien directeur des...
-
03/08 - Entre Zinédine Zidane et l’Algérie, l’histoire d’un amour impossible
S’il ne s’y est rendu que de rares fois depuis qu’il est devenu une star mondiale, Zidane a gardé des liens avec le pays d’origine de ses parents, où l’admiration se mêle à la sensation d’avoir raté un trésor. Entre Zizou et le pays de ses parents, les relations n’ont jamais été simples. Depuis que le nouveau sélectionneur des Bleus est sous les feux des projecteurs, les Algériens le regardent avec des sentiments mêlés, entre jalousie et l’impression d’avoir laissé échapper un génie. Celui qui fait le bonheur de la France et a contribué à son rayonnement dans le monde aurait pu (aurait dû, disent certains) apporter autant au pays de ses ancêtres.
Ce regret est né dans les années 1990. Dès que l’étoile de Zizou a commencé à briller, une polémique est née en Algérie : comment a-t-on pu passer à côté d’une telle pépite ? Les regards se tournent alors vers un des sélectionneurs les plus emblématiques du football national, Abdelhamid Kermali, qui a permis à l’Algérie de gagner sa première Coupe d’Afrique des nations en 1990. Il est reproché à l’entraîneur d’avoir vu Zidane jouer et de ne pas avoir détecté son talent. Mais dans son entourage, on assure que "personne n’avait perçu le génie" de celui dont la famille vient d’Aguemoune, un village perché sur les hauteurs de Béjaïa. "Jamais le nom de Zidane, ou d’un autre joueur issu de l’émigration, n’a été mentionné à cette époque", a affirmé encore récemment la fille de l’entraîneur disparu.
La réalité est que, contrairement à...
-
03/08 - "La peur d’une bombe saoudienne est largement exagérée" : les ambitions de MBS décryptées par l’ex-ambassadeur Michael Ratney
En décembre dernier, Michael Ratney, ex-ambassadeur américain en Arabie saoudite, décrivait dans nos colonnes un Mohammed ben Salmane concentré sur la modernisation interne de son pays, au détriment d’une implication dans les conflits du Moyen-Orient. Alors que les frappes aériennes menées avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak semblent contredire cette analyse, L’Express a de nouveau sollicité le diplomate, désormais conseiller principal au Center for Strategic and International Studies. Loin de changer son fusil d’épaule, Michael Ratney juge au contraire MBS en cohérence avec ses ambitions. Le spécialiste revient également sur l’accord sur le nucléaire civil conclu avec Washington, qui pourrait déboucher, selon certains analystes, sur le développement d’armes nucléaires sur le sol saoudien. Une peur qu’il juge largement exagérée. Entretien.
L’Express : Lors de notre dernier échange, vous décriviez un Mohammed ben Salmane désormais concentré presque exclusivement sur la transformation économique et sociale de son pays, cherchant à se tenir à l’écart des conflits régionaux. Les récentes frappes menées conjointement avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak ne vous donnent-elles pas tort ?
Michael Ratney : Non, à mes yeux, sa logique reste cohérente. Comme depuis le début, MBS ne souhaite pas que la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, car il craint d’en subir les conséquences. Il sait également que s’il adopte...
-
03/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky place l’un de ses alliés à la tête du renseignement extérieur
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky poursuit le remaniement de son premier cercle. Ce lundi 3 août, il a nommé Roustem Oumerov à la tête du service de renseignement extérieur du pays, tout en lui confiant la poursuite des négociations de paix avec la Russie. Une double casquette qui illustre la place centrale qu'occupe désormais ce proche du chef de l'État dans l'appareil ukrainien.
"Il a une plus grande capacité à gérer ces questions simultanément — la diplomatie, la défense et le processus de négociation avec les États-Unis et certains autres partenaires", a justifié Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre avec des diplomates. Âgé d'une quarantaine d'années, Roustem Oumerov quitte ainsi la présidence du Conseil de sécurité, un organe consultatif, pour prendre les rênes du renseignement extérieur, sans abandonner le dossier diplomatique.
Depuis plusieurs mois, il est l'un des principaux négociateurs de Kiev dans les discussions avec Moscou. À la tête de la délégation ukrainienne lors des cycles de négociations de paix, il participe également aux pourparlers trilatéraux avec la Russie et les États-Unis, aujourd'hui au point mort. Malgré l'absence d'avancées concrètes, Volodymyr Zelensky souhaite le maintenir aux commandes de ces discussions, tout en lui demandant de poursuivre la recherche d'une issue diplomatique au conflit.Un rôle essentiel
Roustem Oumerov conservera également la coordination de l'initiative "Drone Deal", rapporte le Kyiv Independent....
-
03/08 - "En Afrique, c’étaient les meilleurs" : ce que les espions étrangers pensent de la DGSE
Décembre 2019. Alerte rouge chez Saab-Damen, consortium néerlando-suédois spécialisé dans la fabrication de sous-marins. Une deuxième intrusion informatique a été détectée, après une première, en mars. De nombreux emails ont été consultés depuis l’extérieur, en pleine période d’appels d’offres pour le remplacement de quatre sous-marins des Pays-Bas. Un contrat à 5,6 milliards d’euros. Le renseignement suédois prévient les industriels, relate le journaliste néerlandais Huib Modderkolk dans son ouvrage Vous ne voulez vraiment pas savoir cela : ce qui se cache derrière votre écran (non traduit en français), et désigne des responsables : "Ils doivent venir de France". Quatre ans plus tard, le groupe français Naval Group remporte le contrat.
Si elle n’a jamais été officiellement élucidée, l’affaire consacre les capacités cyber-offensives de la DGSE. Un des points forts du service secret français, désigné deuxième meilleure agence européenne par notre jury de 60 professionnels du renseignement. "Au sein de notre communauté, la DGSE est considérée comme un service efficace sur tous les aspects du renseignement, y compris le cyber, capable d’opérer un peu partout dans le monde", résume Grzegorz Malecki, ex-directeur des services secrets polonais. A l’image de l’armée française, le renseignement tricolore a opté pour un modèle "global", avec des compétences très diversifiées. Renseignement humain, politique, économique, cyber, satellitaire, en Europe, en Asie… Les agents secrets...
-
03/08 - En pleine vague de chaleur, Donald Trump revoit à la baisse la protection des travailleurs américains
Et si, en pleine canicule, une bouteille d'eau devenait un sujet de droit du travail ? Aux États-Unis, la question occupe désormais la Maison-Blanche, le Congrès, les syndicats et les représentants des entreprises. Sous Joe Biden, Washington avait proposé une première réglementation fédérale spécifiquement consacrée à la chaleur au travail, qui à ce jour n'a toujours pas été adoptée. Concernant environ 35 millions de salariés, le texte impose aux employeurs, dès que les températures atteignent certains seuils, d'organiser les pauses, de garantir l'accès à l'eau et de prévoir des espaces de repos. Selon le New York Times, Donald Trump n'a pas supprimé le projet, mais a en revanche décidé de le réécrire.
Aux États-Unis, aucune règle fédérale ne fixe aujourd'hui précisément les obligations de l'employeur face aux fortes chaleurs. L'Occupational Safety and Health Administration (OSHA), l'agence chargée de la sécurité au travail, peut intervenir lorsqu'un salarié tombe malade ou meurt, mais l'OSHA ne dispose pas de son propre standard national. Plusieurs États, dont la Californie, l'Oregon et le Maryland, ont donc adopté leurs propres règles. Ailleurs, l'employeur reste soumis aux obligations générales de sécurité.
Joe Biden voulait harmoniser tout cela. À l'été 2024, son administrateur propose une réglementation applicable lorsque l'indice de chaleur atteint 80 degrés Fahrenheit, soit environ 26,7 °C. Suffisamment, selon le projet, pour déclencher une première série de...
-
03/08 - Gabriel Attal en Une du "JDD" : de Kiev aux médias Bolloré, une stratégie assumée
Voilà Gabriel Attal "l’Ukrainien" entouré de prorusses. Dimanche 3 août, l’ancien Premier ministre pose fièrement en Une du JDD. Trois pages d’entretien et une promesse : "renverser la table". Pas un mot, néanmoins, sur l’expulsion de Xenia Fedorova, ex-patronne de Russia Today et propagandiste du Kremlin - l'interview a été réalisée avant l'expulsion de Federova mais le journal la défendait déjà depuis plusieurs semaines. Tout le monde en parle, pourtant, dans ce journal. Philippe de Villiers, par exemple, interrogé par Régis Le Sommier - directeur du média prorusse Omerta - juge cette expulsion "illégale" et va jusqu’à comparer Xenia Fedorova à l’écrivain Alexandre Soljenitsyne.
"Laurent Nuñez copie les bonnes vieilles méthodes de l’Union soviétique qui faisait ses mauvais coups en pleines vacances", ajoute, très sérieusement, le fondateur du Puy du Fou. Dans la même double page, le maire de Béziers, Robert Ménard, juge cet arrêté d’expulsion "disproportionné". Quelques pages plus loin, Iuliia Mendel, ex-porte parole de Volodymyr Zelensky, accuse, toute honte bue, le président ukrainien d’être "le principal bénéficiaire de cette guerre". On n’avait pas vu de numéro aussi ouvertement prorusse depuis "l’appel au sursaut", en juin, dans le JDNews, avec cet appel on ne peut plus clair : "Pourquoi la France doit renouer avec la Russie". L’ancien Premier ministre ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.
Gabriel Attal ne recule devant rien. Il y a deux ans, alors qu'il était...
-
03/08 - Les Etats-Unis bientôt plus en mesure de protéger Israël contre l’Iran ? L’alerte d’un général américain
Et si la première puissance militaire mondiale atteignait ses limites ? Dans une alerte adressée au Pentagone, le général Alexus Grynkewich, commandant du Commandement européen des États-Unis (EUCOM), estime que les forces américaines pourraient ne plus être en mesure de garantir simultanément la protection d'Israël et celle du territoire américain, rapporte le Washington Post. En cause : le manque de destroyers disponibles au sein de l'US Navy, au moment où ces navires de guerre sont devenus indispensables pour intercepter les missiles balistiques tirés par l'Iran et ses alliés.
Selon plusieurs responsables américains, le général a averti par écrit les plus hauts responsables du Pentagone que, sans le déploiement d'un destroyer supplémentaire, il serait contraint de privilégier la défense du territoire continental américain au détriment de celle d'Israël. Cette mise en garde intervient dans le cadre des échanges réguliers entre les commandants régionaux et Washington lorsque les premiers estiment que les moyens mis à leur disposition ne sont plus suffisants. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire.
Auprès de L'Express, Mark Cancian, colonel des Marines à la retraite et ancien haut responsable du budget de la Défense américaine, évoquait déjà le mois dernier une situation préoccupante sur le stock des munitions américaines : "Prenons le Patriot,ce système de défense antimissile que tout le monde connaît : les États-Unis en avaient environ 2 300 avant le conflit....
-
03/08 - "Les Etats-Unis n’ont pas agi pour le Japon" : les vraies raisons de l’intervention américaine sur le yen
"Un geste d'amitié", vraiment ? Voilà comment Donald Trump a qualifié l'intervention des Etats-Unis et du Japon sur les marchés de changes pour soutenir le yen la semaine dernière. Une première depuis près de 30 ans. La monnaie nippone était récemment tombée à son plus bas niveau face au dollar depuis plusieurs décennies, fragilisée par l'écart grandissant entre les taux d'intérêt américains et japonais.
Pour l'économiste japonaise Sayuri Shirai, professeure à l'Université de Keio et membre du conseil de politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ) de 2011 à 2016, Washington a avant tout agi pour les intérêts américains en limitant les risques de contagion sur les marchés financiers mondiaux, en particulier sur le marché des obligations américaines. Cette intervention offre toutefois une nouvelle marge de manœuvre à la Banque du Japon, qui doit désormais poursuivre la normalisation de sa politique monétaire et relever ses taux pour tenter de stabiliser durablement le yen.
L'Express : L'intervention coordonnée entre les États-Unis et le Japon est sans précédent depuis près de trente ans. Pourquoi Washington a-t-il décidé de soutenir Tokyo cette fois-ci ?
Sayuri Shirai : Il était déjà assez clair que le Trésor américain s'inquiétait de la sous-évaluation du yen. Dans son rapport semestriel sur les taux de change publié en juillet, il évoquait déjà cette question : sa position était donc connue. Ce qui rend cette intervention exceptionnelle, c'est qu'elle est intervenue...
-
03/08 - Ceuta : Schengen, régularisations… L’Europe divisée face à la crise migratoire
Sur une carte, Ceuta tient dans un coin, ce qui n'empêche pas d'y retrouver à peu près tout le débat européen sur l'immigration : le 30 juillet dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes, principalement marocaines, ont rejoint cette petite enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, en traversant la frontière terrestre ou en tentant de gagner ses plages à la nage. Le bilan humain reste incertain et varie fortement selon les sources ; des dizaines de morts ont été recensées et des disparus sont toujours recherchés. Madrid affirme avoir repris le contrôle de la frontière en moins de quarante-huit heures et renvoyé l'immense majorité des arrivants vers le Maroc. L'urgence locale s'est donc rapidement atténuée. La discussion européenne, elle, commence seulement.
Mardi 4 août, les ministres de l'Intérieur de l'Union doivent se réunir en urgence. Ceuta leur pose une question vieille de plusieurs crises migratoires : lorsqu'une frontière nationale constitue aussi une frontière extérieure de l'Union, jusqu'où va la responsabilité des autres États ? Le premier désaccord est apparu avant même la réunion. Vingt-deux États membres, parmi lesquels l'Allemagne, l'Italie, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, ont demandé une réponse européenne renforcée. La France, le Portugal et le Luxembourg n'ont pas signé leur texte. Madrid, de son côté, conteste directement le diagnostic d'une partie de ses partenaires : le gouvernement espagnol assure qu'aucun des migrants...
-
03/08 - "Ouf, la Coupe du monde est passée" : le regard sans filtre d’un collaborateur de la Fifa
Après les éditions en Russie et au Qatar, on pensait enfin voir la Coupe du monde organisée dans un pays démocratique. Et pourtant, nous voilà dans l'Amérique de l'ère Trump. Dans la Coupe du monde de l'ère Trump. "Le plus grand événement humain, social et culturel de l'histoire de l'humanité", comme l'a modestement définie Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Une Coupe du monde placée sous le signe de l'hyperbole.
Il est vrai que les stades étaient pleins, mais les véritables amateurs de football étaient peu nombreux. Peu de gens ont pu se permettre le prix exorbitant des billets et le coût de la vie aux États-Unis. Ce fut avant tout une Coupe du monde pour les Américains. Eux aiment le spectacle, quel qu'il soit : baseball, football américain ou soccer, peu leur importe. Ils achètent le maillot de l'équipe qu'ils ont décidé de soutenir et, après avoir lu les règles du football – car celles-ci étaient expliquées sur les écrans géants avant chaque match –, il leur suffit d'avoir du bruit, de la musique, des lumières. Puis de la bière, des hot-dogs, des nachos et suffisamment d'interruptions pour mieux profiter du spectacle.
Les vrais supporters, eux, ont détesté les pauses d'hydratation, surtout dans des stades couverts comme celui d'Atlanta, et les ont sifflées. Puis la Fifa a eu l'idée géniale de diffuser Country Roads, hymne de l'Amérique profonde. Les supporters américains couvraient alors les sifflets en chantant à pleins poumons. Polémique terminée.
Des...
-
03/08 - Guerre en Iran : Donald Trump dit relancer la voie diplomatique, Téhéran le contredit
La scène semble se répéter inlassablement. Dimanche 2 août, Donald Trump a annoncé que des discussions avec l'Iran devaient se tenir dès ce lundi, sans toutefois préciser ni le lieu ni les participants. Le président américain s'est aussi refusé à fixer un quelconque ultimatum au régime des mollahs.
S'exprimant devant les journalistes à bord d'Air Force One, de retour à Washington après un week-end dans sa résidence du New Jersey, Donald Trump a insisté sur sa préférence pour une solution négociée. "Est-ce que je préférerais conclure un accord ? Je n'ai pas envie de tuer des gens (…) Beaucoup de personnes meurent, et nous ne voulons pas cela", a-t-il martelé. Le président américain a également affirmé avoir été prêt à lancer "la plus vaste attaque militaire depuis la Seconde Guerre mondiale", avant d'y renoncer sous la pression des alliés des Etats-Unis, rapporte le Wall Street Journal.
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par la campagne de bombardements menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, Donald Trump souffle le chaud et le froid. À plusieurs reprises, il a assuré qu'un accord avec Téhéran était imminent, avant qu'un protocole signé en juin ne vole rapidement en éclats, les deux camps s'accusant mutuellement d'en avoir violé les termes. Parallèlement, le président américain n'a cessé de brandir la menace d'une intensification des frappes, évoquant encore en juillet la possibilité de viser les infrastructures énergétiques du pays.L'Iran...
-
03/08 - Visitez la Grèce et la France avec la littérature : ces deux livres à mettre dans vos valises
Corfou, Hydra, Mykonos, Santorin, Spetsai, Amorgos, Skopelos… Difficile de départager les tenants de tel ou tel lieu hellénique, alors autant se jeter sur Visitez la Grèce avec… (Éditons La Table Ronde), une passionnante anthologie naviguant des voyageurs classiques aux auteurs contemporains.
Découpée par blocs géographiques (la Grèce centrale et septentrionale, le Péloponnèse, les Cyclades, Et encore d’autres îles…), elle rappelle combien, du XIXe siècle à nos jours, les écrivains ont arpenté la terre d’Homère - Nerval, Flaubert, Henri Miller, Lawrence Durrell, Virginia Woolf, Jacques Lacarrière, Constantin Cavafy, John Fowles, Jean Cocteau font ainsi partie des 52 auteurs cités. Un petit exemple ? A la rubrique Hydra, on (re)découvre quelques extraits du Rendez-vous de Patmos, de Michel Déon, du Voyage en Orient d’Alphonse de Lamartine ou encore d’Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard. Pour les plus "pragmatiques", signalons quelques intermèdes thématiques, tels que "Boire et manger", "Chanter et danser", "Nager et naviguer"…
Si vous préférez rester dans notre beau pays, plongez-vous dans En France. Sur les pas des personnages de romans (Autrement). Ce voyage littéraire proposé par Ismaël Jude et cartographié par Gaëlle Sutton vous entraîne sur les traces de 90 héros, en compagnie de Balzac, Simenon, Fitzgerald, Sagan, Pagnol, Loti, Prévert, Mac Orlan… Comme l’écrit Erik Orsenna dans la préface de cet album : "Vous allez retrouver de vieux amis, en découvrir de...
-
03/08 - Johannes Volkmann, l’étoile montante de la CDU : les ambitions pour l’Allemagne du petit-fils d’Helmut Kohl
Il y a parfois des statues trop encombrantes. Une généalogie qui corsète la vie à moins d'en dénouer les fils. Ou de les couper carrément. Johannes Volkmann aurait pu capitaliser sur l'héritage de son grand-père paternel, Helmut Kohl, pour se faire un nom, sinon une carrière politique outre-Rhin. Même stature de judoka. Même silhouette imposante dépassant d'une bonne tête toutes les assemblées. L'ancien chancelier disparu en 2017 à l'âge de 87 ans dirigea l'Allemagne de 1982 à 1998. Il est l'artisan de la réunification. Un des architectes en chef de la monnaie unique qui parvint à convaincre les Allemands d'abandonner leur trésor national - le Deutsche mark - pour tenter l'aventure forcément incertaine de l'euro en contrepartie de l'adoption des rigoureux critères de Maastricht. Celui qui accepta enfin que la Bundesbank soit reléguée au rang de filiale parmi d'autres au sein de la Banque Centrale Européenne, installée à Frankfort. De tout cet héritage, Johannes Volkmann ne parle jamais.
A trente ans tout juste, élu en mars 2025 au Bundestag, il est pourtant l'étoile montante de la CDU, les démocrates-chrétiens allemands, parti du chancelier Friedrich Merz. Le chouchou de la droite libérale conservatrice, assiégée par la poussée spectaculaire du parti d'extrême droite populiste Alternativ fur Deutschland (AFD). Une douloureuse histoire familiale
Dans son bureau au Bundestag, aucune référence, même discrète, à l'ancien chancelier. Seules deux grandes photos en noir et...
-
03/08 - L’activité physique, ce véritable médicament vraiment pas assez prescrit
Hippocrate écrivait quatre siècles avant notre ère : "la marche est le meilleur médicament de l’homme" (1). Le médecin grec Galien, moins de deux siècles après Jésus-Christ, profond admirateur d’Hippocrate, avait repris ses théories sur l’activité physique, en proposant de la lister parmi les six déterminants majeurs de la santé, qui restent d’ailleurs d’actualité : "l’environnement, le sommeil, l’alimentation, l’humeur, et l’exercice" (2). Tant Hippocrate que Galien étaient de fervents promoteurs d’une modération des entrées (alimentation) et des sorties (exercice physique) en termes d’énergie pour nos organismes. Ainsi Galien n’encourageait pas les activités intenses des athlètes de haut niveau jugeant "que leurs exercices dépassaient la modération". Mais tout au long des âges, l’exercice physique va être considéré comme favorable à la santé.
C’est au cours du XXe siècle que les connaissances scientifiques vont s’accumuler et reconnaître les bienfaits de l’exercice physique contre le diabète, les maladies cardiovasculaires et de nombreuses autres maladies. Ainsi, dans les années 1950, une étude épidémiologique fera date en démontrant que les contrôleurs de bus, plus souvent debout que leurs collègues conducteurs, avaient moins souvent qu’eux des maladies cardiovasculaires (3). Vingt ans plus tard, un important travail a cherché à suivre des étudiants pendant plusieurs années et permis de suggérer que l’activité physique régulière pourrait réduire les risques de...
-
03/08 - Guerre en Ukraine : ce que savaient vraiment les espions occidentaux des plans de Poutine
La réunion en visioconférence a été convoquée à la dernière minute. Cet après-midi de mars 2021, interloquée par les 100 000 soldats russes massés à la frontière ukrainienne, Londres réclame une discussion avec son allié américain. Lors de cette rencontre, un analyste militaire britannique s'inquiète d'une attaque imminente. Un débat s'engage. D'autres espions de sa Majesté assurent qu'il ne s'agit que d'une démonstration de force - un avis partagé par les Américains. Ce printemps-là, un retrait progressif des Russes leur donne raison. "Cela nous a alerté sur l'imminence d'un événement majeur et nous a permis de recentrer nos efforts de collecte de renseignement bien avant le début des hostilités", raconte John Foreman, alors attaché de défense britannique à Moscou, présent à la réunion.
Six mois plus tard, les services de renseignement britanniques et américains déploient des efforts inédits pour convaincre le reste des Européens de l'imminence d'une attaque. William Burns, le patron de la CIA, enchaîne les réunions entre Moscou et le Vieux Continent. Richard Moore, celui du MI6, prêche la même parole. "Nous déclassifié des renseignements à un niveau qui n'avait jamais été atteint auparavant", se rappelle Chris Ordway, ex-haut responsable chargé de la Russie et de l'Ukraine au ministère de la Défense britannique.Une attaque d'envergure "peu probable"
Chez certains, la campagne fonctionne : sensibilisés à la menace russe par leur proximité géographique, les pays Baltes...
-
03/08 - Agnès Buzyn : "On m’a fait comprendre qu’on ne disait pas non deux fois au président…"
Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique ou une figure de la société civile. Pour ce deuxième épisode, Agnès Buzyn, présidente de l'Institut Evidences et ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, revient sur un épisode marquant de sa vie politique et personnelle : le jour où elle a accepté de remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Agnès Buzyn, racontez-nous le jour, l'instant précis où vous acceptez de devenir la candidate de la majorité présidentielle à la mairie de Paris. C'est un choix risqué, même vertigineux. Qu'est-ce qui vous passe par la tête ?
Agnès Buzyn : Avant de dire oui... J'ai dit non ! Beaucoup. Longtemps. Près de 48 heures. Rappelons la chronologie. Benjamin Griveaux est obligé de retirer sa garniture en raison de la circulation d'une cassette compromettante, chose qu'il fait officiellement le vendredi matin. De mon côté, je suis sur France Inter, à une heure de très grande écoute, et j'explique que je n'irai pas faire la campagne de Paris parce que je n'ai pas le temps, j'ai trop de dossiers importants : la réforme des retraites, la grève des médecins hospitaliers, une...
-
02/08 - Crise de Ceuta : comment Pedro Sanchez se retrouve isolé sur la scène européenne
Alors que les autorités espagnoles affirment avoir reconduit vers le Maroc la quasi-totalité des quelque 50 000 personnes entrées de façon irrégulière dans l'enclave de Ceuta, entre le 30 et le 31 juillet, la crise migratoire se mue désormais en crise politique.
Cet afflux inédit, le plus important jamais enregistré dans cette frontière extérieure de l'Union européenne, a profondément divisé les États membres et relancé le débat sur la gestion des frontières au sein de l'espace Schengen. À Madrid, le Premier ministre Pedro Sanchez fait face à une double offensive : à l'extérieur, plusieurs gouvernements européens critiquent avec virulence la gestion espagnole de la crise, tandis qu'à l'intérieur, l'opposition de droite et d'extrême droite accuse le socialiste d'avoir favorisé un "appel d'air" par sa politique migratoire.Une Europe divisée
Les images des dizaines de milliers de migrants traversant la frontière de Ceuta en l'espace de deux jours ont en effet rapidement suscité des réactions dans plusieurs capitales européennes. Samedi, Pedro Sanchez a demandé la convocation d'une réunion exceptionnelle des ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept, qui aura lieu mardi, tout en dénonçant le comportement "impardonnable" de certains dirigeants européens.
Une attaque notamment envers la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a vivement critiqué Madrid et décidé de rétablir temporairement des contrôles aux frontières maritimes et aériennes entre l'Italie et l'Espagne....
-
02/08 - "La Hongrie va connaître cinq jours critiques" : la centrale nucléaire de Paks à l’arrêt à cause du manque d’eau
Une première en 44 ans. Alors qu'une grande partie de l'Europe est touchée par une vague de chaleur et une sécheresse prolongées, en Hongrie, la centrale nucléaire de Paks - l'unique du pays - ne fonctionnait plus qu'à un peu plus de 10 % de sa capacité dimanche matin, car il n'y a plus assez d'eau dans le Danube pour alimenter ses circuits de refroidissement.
L'agence de gestion de l'eau prévoit que le niveau du fleuve va continuer de baisser dans les jours à venir, ce qui va contraindre les autorités à mettre la centrale, d'une puissance de 2 gigawatts, totalement à l'arrêt dimanche après-midi. "Nous allons affronter les cinq jours les plus critiques", a déclaré le Premier ministre Péter Magyar dans une vidéo publiée sur Facebook. "Demain, la centrale de Paks ne produira pas d'électricité, alors que les journées les plus chaudes sont à venir." Il devrait faire jusqu'à 40 °C cette semaine en Hongrie. "Le réseau électrique, nos services publics et nous-mêmes serons tous soumis à une pression énorme", a ajouté le chef du gouvernement, qui a averti que la centrale de Paks, qui fournit environ 40% de la production annuelle d’électricité du pays, pourrait rester à l'arrêt pendant des semaines.Des centaines de millions d'euros déboursés
Péter Magyar a appelé les entreprises, les services publics, les collectivités locales et les ménages à réduire fortement ou à décaler leur consommation d'électricité entre 17h00 et 22h00. Le gouvernement décidera dimanche s'il convient...
-
02/08 - Les "illégaux" de Vladimir Poutine : ces agents dormants russes qui s’infiltrent en Europe
Est-ce une nouvelle version de la série The Americans ? Ce 1er août 2024, Vladimir Poutine attend sur le tarmac de l’aéroport de Moscou, un bouquet de fleurs à la main. Surgissent de l’avion Artem Dulstev et Anna Dultseva. "Buenas noches", lance le président de la Russie. Pendant des années, le couple fraîchement libéré a vécu sous une identité argentine en Slovénie. Ils étaient pourtant parfaitement russes.
Les Dultsev vivaient avec leurs deux enfants dans une petite villa d’un quartier résidentiel au nord de Ljubljana, la capitale, depuis 2017. Lui avait lancé sa start-up d’informatique, elle animait une galerie d’art en ligne. En décembre 2022, la police slovène découvre à leur domicile plusieurs centaines de milliers d'euros dissimulés dans leur réfrigérateur, ainsi qu'un logiciel de cryptage de messages très complexe sur leurs ordinateurs. Comme dans la série, ce couple s’était inventé une fausse identité pour dissimuler ses opérations d’espionnage. Il traitait des sources en Italie ou en Croatie.
Ces agents du SVR, le renseignement extérieur russe, ont construit leur légende patiemment. En 2012, ils arrivent séparément en Argentine, où ils font semblant de se rencontrer. Détenteurs de faux passeports autrichien et mexicain, Ludwig Gisch et Maya Mayer Munos revendiquent une ascendance argentine, ce qui leur permet de demander la nationalité. L’administration ne remarque pas les faux documents qu’ils fournissent. Comment ont-ils été confondus ? Le Wall Street Journal...
-
02/08 - "Ne laissons pas le libéralisme à l’extrême droite identitaire" : l’appel de plusieurs personnalités
Depuis quelques années, les cercles libéraux se multiplient. Clubs, diners, revues, think tanks. La famille se réveille, et l'on devrait s'en réjouir. Mais cette vitalité, très parisienne encore, a son revers. Dans cette floraison, tout ne relève pas du libéralisme, et il faut trier le bon grain de l'ivraie. Car certains de ces lieux portent un profil nouveau : il se dit libéral, mais tout son discours, dès qu'on gratte, ramène à l'immigration, au contrôle et à la fermeture. Quelque chose, là, ne va pas.
Rappelons l'évidence, puisqu'elle risque de se perdre : le libéralisme tient l'individu, et non le groupe, pour l'unité de valeur et le seul porteur de droits. De cela découle une conséquence qui n'est pas un slogan mais une nécessité logique : assigner un être humain par sa naissance, son origine ou son appartenance est étranger au libéralisme par construction. Le racisme est la négation du libéralisme.
La famille des libéraux est diverse, et c'est sa force. Anarcho-libéraux, libertariens, ordo-libéraux, libéraux classiques et conservateurs s'y côtoient, et s'y disputent beaucoup. Ils s'accordent pourtant sur l'essentiel : la primauté de la personne, les limites de l'Etat, la méfiance envers la coercition collective. Disons-le nettement, pour qu'on ne nous fasse pas dire l'inverse : un conservateur, attaché aux institutions et à la tempérance, est pleinement libéral et nous est précieux, à tous.
L'extrême droite, elle, n'a rien de libéral, et elle le sait. Alors elle...
-
02/08 - Donald Trump suspend une frappe contre l’Iran et mise sur la diplomatie... pour l’instant
Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis s'abstiendraient de lancer une nouvelle attaque contre l'Iran tant qu'un accord pourrait être conclu rapidement pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de l'Iran et rouvrir le détroit d'Ormuz. Samedi soir, Donald Trump a ajouté sur sa plateforme Truth Social que l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient avaient demandé un délai pour conclure un accord qui conduirait à la réouverture "immédiate, complète et totale" de ce détroit vital et à "la fin de la menace nucléaire iranienne".
Il n’a pas nommé les pays concernés dans ce message, publié à la suite d’un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un allié des États-Unis. "Compte tenu de cette demande, j’ai accepté, dans l’intérêt futur du MONDE et, par la même occasion, de la survie d’un Iran prospère et florissant, d’annuler l’attaque, à condition de parvenir rapidement à conclure un ACCORD", a écrit Donald Trump, ajoutant qu'Israël se joignait à lui dans cet engagement.L'Iran affirme qu'il affermit sa force dissuasion
Cette apparente désescalade de la part de Donald Trump, après plusieurs jours de menaces de nouvelles attaques de part et d’autre, constitue le dernier rebondissement en date dans la guerre lancée il y a cinq mois par les États-Unis et Israël. Les attaques se sont étendues à travers le Golfe jusqu’à la mer Rouge, et ont même touché une installation en Méditerranée, en Égypte. L’Iran a en grande partie fermé le...
-
02/08 - John Cornyn rompt avec Donald Trump : la revanche d’un sénateur qui n’a plus rien à perdre
Il a longtemps été un proche soutien du président américain, au point de vouloir rebaptiser l'une des principales autoroutes du pays du nom de Donald Trump. Mais après avoir perdu la primaire républicaine au Texas face à Ken Paxton, le candidat adoubé par le président, le sénateur John Cornyn utilise désormais les derniers mois de son mandat pour défier ouvertement la Maison-Blanche.
"Vous n'avez encore rien vu", a ainsi lancé l'élu de 74 ans aux journalistes la semaine dernière, après avoir obtenu de l'administration Trump qu'elle débloque plusieurs milliards de dollars destinés au financement américain du programme de lutte contre le sida en Afrique. Cette fois, c'est la nomination de Todd Blanche, le candidat désigné par Donald Trump pour le poste d'Attorney General (l'équivalent du ministre de la Justice), que John Cornyn menace de bloquer.
Jeudi 6 août, la commission judiciaire du Sénat doit en effet examiner la candidature de Todd Blanche. Membre de cette commission, John Cornyn a d'ores et déjà prévenu qu'il pourrait voter contre, aux côtés d'un autre sénateur républicain, Thom Tillis. Tous deux réclament que le ministère de la Justice s'engage à revoir un accord conclu entre Donald Trump et l'administration fiscale.
Les deux élus demandent également l'abandon définitif d'un fonds controversé de 1,8 milliard de dollars, destiné à indemniser des personnes s'estimant victimes de poursuites judiciaires politiquement motivées. Ses détracteurs craignent que cet argent...
-
02/08 - Rentrée littéraire : ces cinquante livres qui risquent de faire parler d’eux
L’an dernier, il ne fallait pas être grand clerc : à pareille date, on avait compris que Nathacha Appanah, Emmanuel Carrère, Adélaïde de Clermont-Tonnerre et Laurent Mauvignier tireraient le gros lot. Cette fois-ci, même les cartomanciennes les plus aguerries de Saint-Germain-des-Prés jouent la prudence. Difficile de dire qui va se détacher du gros peloton des 461 auteurs en course (décompte établi par nos confrères de Livres Hebdo).
En matière de plaisir de lecture pur, impossible de faire mieux que François-Henri Désérable et Le Palais (Gallimard), dont les droits ont déjà été vendus dans 15 pays avant même la sortie française. Ce roman poétique, inventif et incroyablement divertissant nous emmène sur une vingtaine d’années de l’Inde à New York en passant par la Bourgogne sur les traces d’un faussaire de génie qui fait tourner en bourriques les plus grands spécialistes du vin. On pense tour à tour à Romain Gary, Alexandre Dumas, Patrick Süskind et Roald Dahl. Si on siégeait chez Drouant, on lui décernerait sans hésiter le prix Goncourt. Hélas le talent et l’assurance de Désérable lui ont souvent valu des jalousies. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
Dans la course au Goncourt, la maison Gallimard a deux autres pions sérieux : JE de Lilia Hassaine, remake de La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys ; La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, qui devrait plaire aux enseignants abonnés à Télérama. Au sein du groupe Madrigall, n’oublions pas non plus...
-
02/08 - Dette française : entre Matthieu Pigasse et le FMI, qui faut-il croire ?
Ces dernières semaines, les ministres de l'Économie et du Budget, Roland Lescure et David Amiel, ont vu déferler sur leurs bureaux plusieurs rapports évaluant la trajectoire des finances publiques de la France. Qu'ils émanent du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne, de l'OCDE ou encore de la Cour des comptes, le constat est sans appel : la dette tricolore - 3 536,1 milliards d'euros au dernier comptage - suit une pente dangereuse. Le dernier en date, rédigé par quatre économistes aux sensibilités différentes et missionnés par Bercy, n'y fait pas exception : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla préconisent même un effort de 125 milliards d'euros d'ici à 2032, soit la fin du prochain quinquennat, pour stabiliser le niveau d'endettement public.
De quoi clore le débat ? Pas selon Matthieu Pigasse. Invité du média Legend, chaîne YouTube aux millions d'abonnés où se pressent responsables politiques, chefs d'entreprise et personnalités publiques, l'homme d'affaires, un temps évoqué comme potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2027, affirme qu'il n'existe "aucun risque de liquidité sur la dette française". Selon le propriétaire des Inrockuptibles et de Radio Nova, qui n'a pas répondu à nos questions, l'indicateur habituellement utilisé pour mesurer l'endettement d'un pays est trompeur : il compare un stock - la dette accumulée - à un flux - la richesse produite chaque année. D'après lui, il faudrait plutôt...
-
02/08 - A quoi ressembleront les nouveaux billets en euros ? L’identité européenne, ce casse-tête
Selon qu’on retienne son identité culturelle ou sa réalité politique, sa filiation avec Athènes (la raison) ou avec Jérusalem (la foi), la richesse de sa civilisation ou les atrocités monstrueuses que ses nations commirent, la définition de l’Europe n’est pas univoque. Même le critère géographique est source de débats infinis. Dès lors, comment incarner la communauté de nations qui forment l’Union ? C’est le dilemme auquel nous confronte la Banque centrale européenne (BCE) en nous proposant de voter pour le design des futurs billets en euros, sur son site Internet, jusqu’au 21 septembre.
Deux grands choix d’illustration nous sont offerts : figures de la civilisation européenne d’un côté, oiseaux de l’autre. La culture ou la nature. Pour la première, la BCE a sélectionné six élus : Maria Callas, soprano grecque (billet de 5 euros) ; Ludwig van Beethoven, compositeur allemand (10 euros) ; Marie Curie, scientifique franco-polonaise (20 euros) ; Miguel de Cervantes, romancier espagnol (50 euros) ; Léonard de Vinci, artiste italien (100 euros) ; Bertha von Suttner, figure du pacifisme sous l’empire austro-hongrois (200 euros).
Si l’on s’attache au critère national, la France est la mieux servie puisque trois protagonistes, Callas, Curie et Vinci, y vécurent jusqu’à leur décès. On touche là du doigt la difficulté politique de l’opération : la majorité des 21 pays de la zone euro ne sont pas représentés. Les figures, cependant, sont universelles. Elles sont des archétypes du...
-
02/08 - "Un scénario d’hypersiège" : comment le Super El Niño pourrait bouleverser l’économie mondiale
L'économie mondiale est peut-être au-devant d’un double choc inédit : un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle sur fond de guerre au Moyen-Orient. Pris séparément, chacun de ces deux phénomènes suffit à faire trembler les marchés agricoles mondiaux. Combinés, ils dessinent ce que les chercheurs Jean-Michel Valantin, PhD et Fabrice Lollia appellent désormais un "scénario d’hypersiège" — une pression matérielle et politique qui pourrait perdurer sur nos systèmes alimentaires jusqu'en 2028 et déstabiliser les économies les plus fragiles.
El Niño n'a rien d'exotique pour les marchés : ce réchauffement cyclique des eaux du Pacifique équatorial, qui s'étale sur un à trois ans, déclenche à chaque occurrence son lot de sécheresses, d'inondations et de récoltes compromises sur près de 70 % des régions agricoles du globe, de l'Amérique du Sud à l'Asie en passant par l'Afrique. Le phénomène est si bien documenté que le FMI a pu en tirer une règle : un El Niño ordinaire fait grimper les prix alimentaires mondiaux d'environ 5 % en un an. Une note récente d'Allianz Trade rappelle que les épisodes de 1982-1983 et 1997-1998 avaient, eux, provoqué des pertes de revenus cumulées de 4 100 et 5 700 milliards de dollars sur les cinq années suivantes. Or celui qui s'annonce n'a rien d'ordinaire. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) lui accorde environ 80 % de chances de figurer parmi les plus intenses jamais mesurés.
Quelle sera la facture cette...
-
01/08 - "Aider ceux qui aident l’Ukraine" : Kiev envoie des pompiers à la rescousse en Gironde
Du renfort venu d'Ukraine. Alors que l'incendie se déchaîne toujours dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé l'envoi de plusieurs pompiers pour venir en aide à leurs homologues français. Au total, 70 secouristes et 15 véhicules spécialisés vont être prochainement déployés, dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) auquel participe l'Ukraine, bien qu'elle ne soit pas un Etat membre de l'UE.
Ce système de coopération est destinée à faire face aux situations où les États membres ne disposent pas de ressources suffisantes, et permet aux pays européens volontaires de s'entraider rapidement en cas de catastrophe, qu'elle soit naturelle ou d'origine humaine. Alors qu’il quittait Washington après avoir assisté aux obsèques du sénateur républicain Lindsey Graham - qui a œuvré pour convaincre Donald Trump d’aider Kiev -, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est entretenu avec Emmanuel Macron par téléphone au sujet des incendies, rapporte la chaîne d’information 24.
"L’Ukraine est toujours prête à aider ceux qui l’aident en ces années de lutte contre l’agression russe", lui aurait-il notamment déclaré, tandis que les sauveteurs ukrainiens sont partis dès le 31 juillet, plus spécifiquement dans le sud-ouest de la France où les incendies ont entraîné l’évacuation de 200 000 personnes. Le ministre de l’Intérieur ukrainien Ivan Vyguivsky, qui a échangé avec son homologue français...
-
01/08 - Pascal Bruckner : "Xenia Fedorova aurait dû être remerciée depuis sept ans..."
Figure des positions pro-russes au sein des médias de Vincent Bolloré (CNews, Le JDD), Xenia Fedorova est doublement frappée d'un arrêté d'expulsion et d'un gel de ses avoirs. Alors que les soutiens de l'ancienne patronne de RT France dénoncent une atteinte à l'Etat de droit et à la liberté d'expression, Pascal Bruckner prône depuis longtemps cette mesure au nom même du libéralisme.
Pour L'Express, l'écrivain et intellectuel, par ailleurs très engagé sur le dossier Grasset, explique pourquoi une démocratie n'a pas à tolérer "la porte-parole d'un régime ennemi qui nous a déclaré la guerre en 2014", et assure que le "libéralisme n'est pas le masochisme". Plus largement, il décrypte le virage pro-russe de Vincent Bolloré et assure que la baisse des audiences de CNews doit beaucoup au fait que cette chaîne serait devenue "la Pravda à Paris".
L'Express : La France doit-elle expulser Xenia Fedorova, accusée d’être une propagandiste du Kremlin dans les médias de Vincent Bolloré ?
Pascal Bruckner : Oui et il est temps. Cette dame aurait dû être remerciée depuis au moins sept ans. Il faut croire qu’elle bénéficiait au sein de l’appareil d’État d’appuis suffisamment forts voire de complicités pour éviter l’expulsion. Le 22 juillet, elle avait cru pouvoir souffler car elle échappait aux sanctions européennes. Mais les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères ont finalement tranché. Le vrai scandale n’est pas son éviction mais la date tardive de cette éviction. Seule...
-
01/08 - Etudiants étrangers : la nouvelle offensive de Donald Trump inquiète les universités et les géants de la tech
Une fois encore, le gouvernement de Donald Trump s'attaque aux étudiants étrangers. Selon le Wall Street Journal, le président américain envisage d’imposer une taxe de 100 000 dollars aux étudiants étrangers souhaitant travailler aux États-Unis après avoir obtenu leur diplôme dans une université américaine, une mesure destinée à restreindre davantage l'immigration légale.
Si elle était adoptée, cette nouvelle taxe s'appliquerait au programme Optional Practical Training (OPT), qui permet aux diplômés étrangers des universités américaines de travailler aux États-Unis pendant un à trois ans grâce à leur visa étudiant, et qui concernait près de 419 000 personnes en 2024. En cas de feu vert de la Maison-Blanche, il resterait à déterminer qui devrait payer cette somme : les étudiants étrangers eux-mêmes, ou les universités et employeurs susceptibles de les accueillir. D'après le journal américain, cette mesure pourrait également être intégrée à une nouvelle obligation annoncée par l’administration de Donald Trump au début du mois, qui impose aux étudiants étrangers de demander une prolongation de leur visa afin de pouvoir bénéficier de leur période d’OPT. Les géants de la tech opposés
Une telle réforme pénaliserait alors particulièrement les universités américaines, qui dépendent des étudiants internationaux comme source de revenus, mais aussi les grandes entreprises de la Silicon Valley et de Wall Street, qui recrutent massivement ces jeunes diplômés pour pourvoir des...
-
01/08 - Guerre en Ukraine : des enfants ukrainiens emmenés jusqu’en Corée du Nord pour une "éducation patriotique" russe
Envoyer des enfants ukrainiens dans des camps de formation militaire en Corée du Nord, dans le but de développer... leur "éducation patriotique". C’est ce qu’aurait vécu Misha, 13 ans, originaire d’une région ukrainienne occupée par la Russie. À l’été 2025, l’adolescent a séjourné dans un camp installé au sein d’une station balnéaire nord-coréenne, rapporte le quotidien japonais Nihon Keizai Shimbun, cité par Courrier International. D’après les informations données par les médias et les écoles des territoires ukrainiens occupés par la Russie, Misha, qui vivait dans l'oblast de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, a passé des tests de sélection pour intégrer un "camp d’amitié entre jeunes nord-coréens et russes", qui s’est déroulé en Corée du Nord en juillet et août 2025.
À son retour, Misha a expliqué aux médias des territoires ukrainiens occupés s’être "fait plein d’amis russes et nord-coréens". Durant leur séjour, les enfants des deux pays ont participé à des activités imprégnées de patriotisme, entre cérémonies de levée des drapeaux, ateliers de cuisine et représentations musicales. Lors de l’édition précédente, en 2024, la dimension idéologique et militaire était encore plus marquée. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un intervenant russe appelait ainsi les enfants à "se préparer à l’invasion américaine". Une rhétorique à laquelle Misha semble adhérer : selon le quotidien japonais, dans une vidéo publiée en 2023, l’adolescent affirmait que sa ville natale...
-
01/08 - Depuis la guerre en Ukraine, des espions européens toujours plus efficaces
Ursula von der Leyen sait se faire détester. Comme ce jour où, en 2024, la présidente de la Commission européenne rêvait d’une CIA version européenne à son service. Un rapport, commandé à l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, n’aboutissait-il pas à cette recommandation ? La patronne de l’exécutif européen en était convaincue : l’Europe devait se doter de sa propre agence pour combattre les menaces, les saboteurs ou les agents étrangers. Sauf que les espions, l’Europe en compte déjà beaucoup. Mais chacun au service de leur pays. Et la mutualisation en matière de renseignement peut s’avérer délicate.
Pour comprendre la levée de boucliers suscitée par la proposition bruxelloise, il faut revenir à la définition du renseignement. "Il s’agit d’extraction d’informations par des sources généralement clandestines, qui nécessitent un haut niveau de protection et de cloisonnement. Une agence européenne entraînerait trop de risques de dispersion et de fuites : on ne peut pas traiter une source à 27 !", confie un ancien de la DGSE.
Exit donc la CIA version européenne. Les agences nationales de renseignement, très chatouilleuses en termes de susceptibilité nationale, seraient-elles condamnées au conservatisme ? L’histoire récente dit l’inverse, comme en témoignent l’incroyable vitalité et le sens de l’adaptation de ces nids d’espions. En 2022, lorsque la Russie déclenche la guerre en Ukraine, beaucoup de services de renseignements ont pourtant été pris au dépourvu.
Depuis,...
-
01/08 - En Pologne, Sinfonia Varsovia entre en scène
Dans la capitale polonaise, les bâtiments de brique rouge de la rue Grochowska changent de partition. Pendant plus d'un siècle, on y a étudié et soigné les animaux ; demain, ils vibreront au son des plus grands orchestres avec la métamorphose de cet ancien institut vétérinaire militaire en un campus musical de classe mondiale, Sinfonia Varsovia Centrum. C’est l'une des plus ambitieuses opérations culturelles actuellement menées en Europe centrale.
L'histoire commence pourtant ailleurs. En 1984, Yehudi Menuhin est invité à diriger l'Orchestre de chambre de Pologne, renforcé pour l’occasion par des instrumentistes venus de tout le pays. Le succès est tel que la formation élargie, baptisée Sinfonia Varsovia, devient permanente et acquiert en quelques années une réputation internationale. D’abord hébergé au Palais de la Culture et de la Science, ce n'est qu'en 2010 qu'il s’installe rue Grochowska, dans l’ensemble de bâtiments de quatre hectares édifiés à la fin du XIXᵉ siècle, alors que la ville appartenait encore à l'Empire russe.
Cette même année, la municipalité choisit de le restaurer et d'y adjoindre un projet architectural hors norme signé de l’agence autrichienne Atelier Thomas Pucher, qui propose de réhabiliter les édifices d’origine en les organisant autour d'un vaste parc public. Au cœur de Sinfonia Varsovia Centrum, prendra place une gigantesque salle symphonique de 1 877 places, dotée de balcons en forme de rubans flottants autour de la scène et complétée par...
-
01/08 - Ceuta : pourquoi l’Italie ne peut pas exclure l’Espagne de l’espace Schengen
La polémique ne dégonfle pas. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants marocains pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, l'Italie affirme avoir temporairement fermé l'espace Schengen à l'Espagne. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a jugé cette mesure "inévitable", bien que les implications concrètes d'une telle décision soient encore floues. "La suspension temporaire de Schengen avec l'Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l'Europe", a-t-il écrit sur X le 31 juillet.
Le ministère italien de l'Intérieur a confirmé avoir fermé ses points d'entrée maritimes et aériens en provenance d'Espagne, tout en précisant que cette mesure n'affecterait pas les déplacements des citoyens espagnols et européens vers l'Italie. Les contrôles aux frontières maritimes et aériennes avec l'Espagne seront "ciblés" et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d'Espagne, a ajouté le ministère. La veille, Giorgia Meloni, elle-même, avait vivement réagi en voyant ces images de migrants courant vers le centre de Ceuta en empruntant la route. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", avait-elle commenté, avant d'appeler, elle aussi, à la suspension de...
-
01/08 - Fifa : face à la fronde, Gianni Infantino renonce à son projet controversé de céder la Coupe du monde
On voit encore les images de Gianni Infantino savourant son heure de gloire sous les confettis de la finale de la Coupe du monde, au sommet d'une Fifa plus puissante et plus riche que jamais. Quelques semaines plus tard, le patron de la Fifa a dû ravaler son aura et l'un de ses projets phares : l'ouverture du capital de l'instance à des investisseurs privés, abandonnée après une contestation sans précédent venue de ses propres confédérations. La Fifa envisageait de lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en cédant environ 20 % des parts d'une nouvelle entité chargée d'organiser ses compétitions, dont la Coupe du monde.
Cette proposition, rendue publique mardi, s'est immédiatement heurtée à une vague de protestations. L'instance dirigeante du football européen, l'UEFA, a notamment menacé de boycotter la Coupe du monde tant que le projet restait d'actualité, accusant la Fifa de vendre "l'âme" du football. Les confédérations asiatique (AFC) et nord-américaine, centrale et caribéenne (Concacaf) se sont également opposées au projet, regrettant de ne pas avoir été suffisamment associées aux discussions.
"Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est apparu clairement que ce projet avait créé des divisions d'une nature telle que, quel que soit le niveau de soutien, elles ne servaient plus l'objectif initialement fixé", a déclaré Gianni Infantino dans un communiqué diffusé vendredi soir. "Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d'unir et d'améliorer....
-
01/08 - A la poursuite de John le Carré : quand l’écrivain jouait les super-consultants du renseignement
Les espions et l’écrivain. En ce tout début des années 1990, la guerre froide agonise, les démocraties occidentales cherchent à anticiper la fin de l’histoire, alors pourquoi ne pas consulter le romancier le plus pointu sur ces affaires ? John le Carré débarque au palais du Quirinal, à Rome, avec un exemplaire dédicacé de La Taupe, son opus sur un traître au sommet du MI6, vendu à plus de cinq millions de copies. Pendant le déjeuner, le président de la République italienne, Francesco Cossiga, le presse de questions : les espions italiens sont-ils bons ? Comment mieux les contrôler ? Pourrait-on vivre sans espions ? A ses côtés, la trentaine de convives, l’ensemble de l’état-major des services de renseignement italiens, reste coite. Seul un homme ose saluer l’homme de lettres, ému. "Toute ma vie… Le moindre mot que vous ayez écrit… La moindre syllabe, dans ma mémoire…", balbutie l’agent secret, selon le récit qu’en fait Le Carré dans son autobiographie, Le Tunnel aux pigeons.
Il existe de nombreux exemples d’écrivains passionnés par l’espionnage. Des agents secrets fascinés par un romancier, c’est plus rare. Et pourtant. Dans de nombreux pays d’Europe, les espions ont consulté, choyé John Le Carré. Pas seulement en raison de ses 60 millions de livres écoulés. "Les livres de Le Carré, à chaque fois, on se jetait dessus. On s’y reconnaissait, on se disait : 'Ça aurait pu être nous'", nous raconte Alain Chouet, chef de service à la DGSE jusqu’au début des années 2000 et...
-
01/08 - Pologne : comment la guerre des droites pourrait rebattre les cartes en Europe
Depuis quelques jours, la Pologne vit au rythme d’un feuilleton politique digne des plus grandes conspirations de la Rome antique. Dans le rôle de César, Jaroslaw Kaczynski, maître à penser et chef du grand parti souverainiste Droit et Justice (PiS). Dans le rôle de Brutus, Mateusz Morawiecki, son dauphin, ancien Premier ministre et poids lourd de la droite conservatrice.
Dès le mois d’avril, Morawiecki avait affiché sa volonté de peser davantage sur les débats en créant son mouvement "Développement Plus". Une décision vécue comme un affront par la frange la plus fidèle à l’institution PiS. Depuis, rien n'a stoppé l’engrenage : soutenu par une quarantaine d’élus, l’ancien Premier ministre s’est décidé à lancer son propre groupe parlementaire. "Jusqu'au bout, j’ai tenté de trouver un accord. Manifestement, Mateusz Morawiecki avait en tête son plan politique personnel", a tancé Jaroslaw Kaczynski à l'égard de son ancien protégé, qui occupa le fauteuil de chef du gouvernement grâce à sa bénédiction, de 2017 à 2023.
"La trahison fait d'autant plus mal qu'elle ne vient jamais des ennemis, mais de ceux en qui l'on avait placé sa confiance", tacle quant à lui le porte-parole du PiS, Rafal Bochenek, depuis les couloirs de la Diète, la chambre basse du Parlement. Jusqu’ici l’un des visages de la réussite du camp national-conservateur, Mateusz Morawiecki se retrouve désormais relégué au rang de paria, une bascule orchestrée et amplifiée par la puissante machine médiatique du...
-
01/08 - Autisme : pourquoi les scientifiques envisagent une nouvelle définition
Dès 1926, l’autisme a été défini comme un trouble des interactions sociales se manifestant dès la petite enfance. Mais il est apparu plus tard que certaines personnes présentaient des symptômes autistiques similaires sans pour autant avoir eu un développement très perturbé, conduisant notamment à la définition du syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans retard de langage ni déficience intellectuelle). Depuis 2013, les classifications médicales internationales ont défini le "trouble du spectre de l’autisme" en regroupant les différentes catégories précédentes, et en élargissant les critères diagnostiques. Cela a naturellement conduit à une augmentation du nombre de diagnostics d’autisme, que certains ont interprété à tort comme une épidémie.
Dernièrement, plusieurs grandes figures de la recherche sur l’autisme, comme la psychologue germano-britannique Uta Frith et le psychiatre franco-canadien Laurent Mottron ont remis en question ces nouveaux critères diagnostiques et la notion de spectre de l’autisme, au motif qu’il regrouperait des personnes ayant des troubles et des niveaux de sévérité trop différents, rendant le diagnostic trop hétérogène. Une étude publiée l’année dernière dans la revue Nature semble leur donner raison, en suggérant que les cas d’autisme diagnostiqués précocement (avant 10 ans) et tardivement (après 10 ans) refléteraient deux sous-types distincts.
L’âge auquel l’autisme est diagnostiqué varie grandement d’un individu à l’autre, allant d’environ 18...
-
01/08 - Comment Paris s’est décidé à expulser Xenia Fedorova, le visage pro-Poutine de CNews
Elle est désormais doublement frappée d’un arrêté d’expulsion et d’un gel de ses avoirs, pour une durée de six mois. Au creux de l’été, Xenia Fedorova, la figure pro-russe de CNews et, plus largement, des médias de Vincent Bolloré, s’est heurtée de plein fouet à la machine étatique française. Les sanctions qui lui ont coup sur coup été imposées sont l’aboutissement de pourparlers menés en toute discrétion ces dernières semaines au sein du gouvernement, avec leur lot de tergiversations.
L’ancienne patronne de RT France, ressortissante russe et qui déroulait sans contradiction les éléments de langage et le récit officiel du Kremlin au micro d’Europe 1 ou encore dans les colonnes du JDNews est, depuis le 29 juillet, sommée de quitter le territoire français par le ministère de l’Intérieur, pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État". Le lendemain, les autorités françaises ont couronné cette mesure d’expulsion d’un gel de l’ensemble de ses fonds et ressources économiques, pour mieux "prévenir la commission d’actes d’ingérence".
Sous forte pression politique, et sommés par l’Élysée et Matignon de prendre des mesures fermes à l’encontre de la chroniqueuse, les services de Beauvau se sont attelés plus ardemment à la tâche dès le début du mois de juin. Un épineux dossier refait alors surface : celui du mystérieux renouvellement, en août 2024 et pour dix ans, du titre de séjour de Xenia Fedorova, de son ancien nom Borchik, par le ministère de l’Intérieur et la Préfecture...
-
01/08 - "Il est fuyant" : François Ruffin, le candidat qui rêvait d’arriver à l’Élysée en auto-stop
Décidément, François Ruffin ne fait rien comme les autres. Et entend qu’on le sache. Le voilà perdu, au début de l’été, sur le bord d’une route, quelque part entre Bordeaux et Périgueux, avec son sac à dos et une pancarte en carton. L’éternel solitaire mène une campagne qui lui ressemble, en auto-stop. "J’ai décidé de me débarrasser de la com, de ne plus être entouré et d’y aller tout seul", glisse-t-il à un généreux automobiliste, qui l’a reconnu. Tout seul, mais accompagné, quand même, d’un cameraman, qui publiera les épisodes du périple sur la chaîne YouTube du député de la Somme, façon série Netflix. Après avoir progressé de quelques dizaines de kilomètres, les deux hommes doivent rebrousser chemin, à cause du Tour de France. Retour au point de départ, à Bordeaux. Le candidat se rend-il compte que tout Ruffin est là ? L’élu avance, s’entoure, noue des liens puis les coupe, cheminant seul sur cette (longue) route qui doit l’amener, si tout se passe bien, jusqu’à l’Élysée. François Ruffin, un pas en avant, deux pas en arrière.
Combien d’élus ont été approchés par l’inclassable "député-reporter", avant de n’avoir, du jour au lendemain, "plus de son ni d’image" ? Combien de petits-déjeuners, cafés, déjeuners, dîners et autres agapes a-t-il organisés ? Le nombre de rendez-vous n’y change rien : on ne trompe pas sa nature. "Il est fuyant", relève un élu communiste qui, pourtant, l’apprécie. François Ruffin a bien quelques amis, bien sûr, si tant est qu’on puisse en avoir...
-
31/07 - Crise des migrants à Ceuta : "Le Maroc envoie un signal à l’Espagne"
Les images ont fait le tour du monde : des milliers de migrants massés face aux clôtures de Ceuta, des silhouettes nageant vers l’enclave espagnole, des forces de sécurité dépassées par l’ampleur du mouvement. Depuis le 30 juillet, la petite ville est au cœur d’une crise migratoire sans précédent. Selon le gouvernement espagnol, près de 50 000 personnes sont entrées illégalement en quelques heures à Ceuta. Le bilan humain est très lourd : 57 migrants ont déjà trouvé la mort en tentant de rejoindre ses côtes à la nage, d’après les informations du quotidien espagnol El País. Cette crise migratoire a suscité de nombreuses réactions en Europe, jusqu'aux Etats-Unis. La France a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Espagne, tandis que l'Italie a menacé de suspendre Madrid du système de libre circulation interne de l'UE.
Pour L'Express, Haizam Amirah Fernandez, directeur du Centre d'études arabes contemporaines (CEARC) de Madrid décortique les ressorts de cette crise qui va bien au-delà du problème migratoire. Selon cet expert, il ne fait aucun doute que le Maroc a "ouvert sa frontière pour envoyer un signal à l'Espagne". Entretien.
L'Express : Comment expliquer l'ampleur du drame qui vient de se produire à Ceuta ?
Haizam Amirah Fernandez : Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ceuta compte environ 84 000 habitants. Si 60 000 personnes sont arrivées en quelques heures, cela représente près de 70 % de population supplémentaire d'un coup. Imaginez une ville...
-
31/07 - L’Iran derrière une cyberattaque dans le Minnesota ? Les soupçons du renseignement américain
Des pirates iraniens auraient-ils visé le Minnesota ? C'est en tout cas l'hypothèse du renseignement américain, après une cyberattaque cette semaine visant des dizaines de réseaux municipaux d'approvisionnement en eau dans l'État du Midwest, révèle le New York Times. Des responsables locaux ont indiqué que le puits et l'usine de traitement d'au moins une ville avaient été temporairement mis hors service lundi 27 juillet, tandis que d'autres municipalités de l'État ont dû recourir à des procédures manuelles pour faire face à des tentatives d'attaque contre leurs systèmes automatisés.
Si les enquêteurs n'ont pas encore établi de manière définitive que Téhéran était responsable, ce piratage intervient après plusieurs avertissements urgents des autorités fédérales chargées de la cybersécurité, en avril et en juillet. Celles-ci avaient alerté sur le fait que le Corps des gardiens de la révolution islamique ciblait depuis des mois des appareils connectés à Internet contrôlant les opérations de réseaux d'eau, de traitement des eaux usées et d'installations énergétiques aux États-Unis, provoquant dans certains cas des perturbations. La piste iranienne
Nate George, maire de Braham dans le Minnesota, a indiqué dans un communiqué publié en ligne que les services municipaux avaient détecté l'attaque contre sa ville tôt lundi matin. Après avoir appris qu'au moins quatre autres communes de l'État avaient également été touchées, ils ont conclu que leur usine de traitement de l'eau...
-
31/07 - Attaques en mer Rouge : l’Arabie saoudite forme une coalition internationale de défense maritime
L'Arabie saoudite a dévoilé jeudi 30 juillet un projet de coalition multinationale de défense maritime visant à protéger la navigation internationale, sécuriser les voies commerciales et les voies d'approvisionnement énergétique dans la région, après des attaques menées par les Houthis yéménites, proches de l'Iran.
Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que des représentants de 43 pays et de l'Union européenne avaient participé à une réunion internationale consacrée à ce projet de coalition chapeauté par Riyad. L'objectif : renforcer la sécurité maritime et préserver les intérêts maritimes communs des Etats dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden.
Pour l'heure, quatorze pays, dont la Turquie, le Pakistan, l'Égypte, le Soudan et Djibouti, ont annoncé soutenir l'alliance proposée par l'Arabie saoudite. Parmi les six États arabes du Golfe, Oman et les Emirats arabes unis ne figuraient cependant pas parmi les pays ayant apporté leur soutien au projet de défense.Une alliance "purement défensive"
Les Etats membres ont affirmé que la participation aux activités de la coalition resterait une décision souveraine de chaque pays. Cette alliance est "de nature purement défensive, ne vise aucun État, aucune alliance ni aucune organisation internationale, et mènera toutes ses activités dans le plein respect du droit international, tout en respectant la souveraineté des États et en protégeant la liberté de navigation", ont-ils déclaré dans un...
-
31/07 - L’ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
"I like it. What’s next ?" Jeffrey Breslow, l’un des principaux concepteurs américains de jeux, ne finira pas sa phrase. Et tant pis s’il vient à peine de franchir le seuil du vingt-sixième étage de la Trump Tower (New York). Le maître des lieux, qui a publié il y a quelques mois The Art of the Deal (1987), a l’instinct pour ces choses-là - du moins aime-t-il le laisser croire. Et puis comment résister à l’idée d’un jeu à son nom inspiré du célèbre Monopoly ? Il faut dire qu’en plus d’être passé maître dans l’art de décliner sa marque sous toutes ses formes, Donald Trump est aussi un fan absolu du célèbre jeu de société qui, dit-on à l’époque, imprime plus de billets chaque année que le gouvernement américain. Au point que près de vingt ans plus...
-
31/07 - Missiles Patriot pour l’Ukraine : Donald Trump entretient le flou
Une fois encore, Donald Trump pourrait rétropédaler. Le président américain a déclaré ce jeudi 30 juillet qu'il n'avait pas encore décidé s'il autoriserait l'Ukraine à produire des missiles intercepteurs sol-air Patriot, jetant le doute sur la possibilité que Washington accepte l'une des principales demandes de Kiev. Ces déclarations interviennent seulement deux jours après sa rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, à l'issue de laquelle ce dernier, satisfait, avait indiqué que les deux dirigeants avaient évoqué "la production de missiles intercepteurs Patriot et plusieurs autres idées".
"C'est une arme très exceptionnelle et… nous devons être un peu prudents quant aux personnes à qui nous accordons des licences", a déclaré au Financial Times le président américain. Début juillet pourtant, lors du sommet de l'Otan en Turquie, Donald Trump avait déclaré que Washington accorderait à Kiev une licence pour produire des missiles Patriot. Ce système de défense aérienne est en effet essentiel pour la capacité de l'Ukraine à intercepter les missiles balistiques russes qui visent Kiev et d'autres villes, d'autant que Vladimir Poutine a récemment augmenté leur production. "Il a l'intention de détruire l'Ukraine, et c’est pourquoi nous cherchons différentes capacités [de défense]. Nous avons réussi dans tous les domaines, mais pour cet hiver, nous avons besoin de missiles", a assuré ce jeudi à des journalistes Olha Stefanishyna, l'ambassadrice...
-
31/07 - Quand le siège de la DGSE était un camp d’internement du régime de Vichy
C’est un geste symbolique qui rappelle une histoire méconnue : le 16 juillet dernier, Nicolas Lerner, le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) a dévoilé une plaque au siège des services secrets, boulevard Mortier à Paris, rappelant l’histoire tragique des lieux. Une plaque commémorative au siège de la DGSE
En effet, de 1940 à 1944, la caserne des Tourelles, dans le 20e arrondissement, a servi de camp d’internement sous l’autorité de l’administration française de Vichy. Gardé par la gendarmerie, c’était le seul camp de ce genre à Paris intra muros. Le camp des Tourelles
Environ 8 000 hommes et femmes y ont été internés : "indésirables" étrangers ou français, juifs, communistes et politiques, républicains espagnols, récidivistes de droit commun ou pour infractions économiques, réfractaires au STO… Selon la DGSE, "ce camp a joué un rôle clé dans la persécution antisémite dès son ouverture, servant de premier lieu d’internement des Juifs en région parisienne avant la création du camp de Drancy." Symboliquement, la plaque a été dévoilée le jour de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1942.
Le camp des Tourelles a été un lieu de déportation pour les femmes juives. Ainsi, le 22 juin 1942, 66 femmes juives de moins de 40 ans ont été envoyées directement depuis la gare du Bourget vers Auschwitz – la première déportation de femmes organisée depuis la France.
Plusieurs personnalités ont été détenues aux Tourelles, dont l’ancien ministre EEdgard Pisani...
-
31/07 - Désarmement du Hamas : ce que l’on sait de l’accord annoncé par Donald Trump
Le Hamas va-t-il se désarmer ? Donald Trump répond oui, le Hamas nuance, et Israël n'a pas encore officiellement répondu. Jeudi 30 juillet, le président américain a affirmé que son Conseil de paix avait obtenu "le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza". "Il s’agit d’une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a souligné le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social, le Hamas soulignant surtout de son côté que les forces israéliennes devaient d'abord se retirer progressivement du territoire.
L'annonce vise à débloquer la trêve conclue en octobre 2025, après deux ans de guerre déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël. Sa première phase avait permis la libération des derniers otages israéliens en janvier, en échange de détenus palestiniens. Restait le plus difficile : retirer le Hamas du pouvoir, organiser la sécurité de Gaza et décider ce qui doit commencer entre le désarmement palestinien et le retrait israélien.Le mot qui pose problème
Les parties s’accordent sur le principe d’un processus concernant les armes du Hamas, mais elles n’en donnent ni la même définition ni le même calendrier. Les responsables américains ont décrit jeudi soir un processus en plusieurs étapes : retrait du Hamas des institutions, transfert des armes détenues par la police de Gaza, neutralisation des armes lourdes et des dépôts, désarmement individuel, puis identification et destruction des tunnels. Le...
-
31/07 - Afflux de migrants à Ceuta : l’Italie réclame l’exclusion de l’Espagne de Schengen
Les images ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et à l'international. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, les plus hauts responsables politiques italiens ont appelé à exclure l'Espagne de l'espace Schengen. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a écrit la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, sur X. "Nous sommes prêts à agir, y compris en recourant à des mesures extraordinaires pour défendre nos frontières et garantir la sécurité de nos citoyens, comme la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne", a-t-elle ajouté.
Una oleada de personas, miles de ellas, ha cruzado sin control de Marruecos a Ceuta. La Guardia Civil y los medios de emergencia, superados, solo se ocupan de los heridos. Los agentes han tenido que abrir las verjas, porque querían evitar que se forme un tapón… pic.twitter.com/pYFnAmbgLw— EL PAÍS (@el_pais) July 30, 2026
Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani avait émis la même idée. "Les images qui arrivent de Ceuta démontrent comment le choix du gouvernement de Madrid d'accorder la citoyenneté espagnole, donc européenne, à plus de 500 000 immigrés irréguliers (...) encourage le trafic d’êtres humains", a jugé le...
-
31/07 - "Les Houthis peuvent reproduire à Bab el-Mandeb ce que l’Iran fait à Ormuz" : l’alerte de Maged Al-Madhaji
La tension dans le détroit de Bab el-Mandeb est à son comble. Depuis des mois, les Houthis multiplient les signaux d'escalade, jusqu'à annoncer la mise en place d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite. Encore le 29 juillet, ils ont affirmé avoir ciblé un pétrolier saoudien, accusé d’avoir "violé le blocus naval" en mer Rouge. Un levier que le mouvement yéménite, adossé à l'Iran, maîtrise désormais à la perfection avec ses missiles, drones, mines navales et vedettes rapides… Autant d'outils qui lui permettent de peser sur l'une des routes commerciales les plus stratégiques de la planète, sans disposer d'une marine de guerre classique.
Cofondateur et président du Sana'a Center for Strategic Studies, l'un des principaux think tanks indépendants sur le Yémen, Maged Al-Madhaji détaille pour L’Express l'ampleur des capacités du mouvement, les intérêts croisés de Téhéran et de Pékin dans ce bras de fer, et le retour, loin d'être anodin, de la piraterie au large de la Somalie. Entretien.
L'Express : Bab el-Mandeb est resté à l'écart des grandes confrontations régionales pendant des décennies. En quoi la montée en puissance des Houthis a-t-elle changé la donne ?
Maged Al-Madhaji : Le détroit a toujours tiré son importance de sa position de passage vital pour le commerce asiatique et les flux énergétiques vers l'Europe. Mais depuis la guerre israélo-arabe de 1973 - lorsque l'Egypte l'avait temporairement fermé - aucune action militaire durable n'était venue perturber la...
-
31/07 - ETF : diversifier sans avoir à choisir chaque action
Faut-il connaître chaque entreprise, suivre ses résultats et tenter d’anticiper l’évolution de son cours pour investir en Bourse ? Cette représentation reste solidement ancrée chez de nombreux épargnants. Elle occulte pourtant une autre manière d’accéder aux marchés : les ETF. Ces fonds cotés en Bourse ont pour objectif de suivre la performance d’un indice, d’un secteur, d’une zone géographique ou d’une classe d’actifs. Un seul ETF peut ainsi répliquer le CAC 40, le S&P 500, le Nasdaq 100, le MSCI World ou encore un marché obligataire.
"L’un des principaux intérêts des ETF est de déplacer la question. L’investisseur n’a plus nécessairement à se demander quelle action choisir parmi des centaines d’entreprises, mais à quelle dynamique économique il souhaite s’exposer : un marché mondial, une région, un secteur ou une classe d’actifs", explique Daniel Gravier.
Plutôt que de sélectionner des titres un par un, l’investisseur accède donc à un panier construit selon une logique connue à l’avance. Il peut s’en servir comme socle de diversification ou pour compléter une stratégie plus ciblée.La simplicité d’accès ne dispense pas de méthode
Tous les ETF ne se ressemblent cependant pas. Deux fonds suivant un même indice peuvent se distinguer par leurs frais de gestion, leur liquidité ou leur capacité à reproduire fidèlement la performance de leur référence. La méthode de réplication, physique ou synthétique, le traitement des revenus, distribués ou réinvestis, la devise de...
-
31/07 - "Doppio Mike", le sulfureux espion italien proche de la CIA et des politiques
Un complot fomenté sur une aire d’autoroute ? En mai 2021, la chaîne italienne Rai 3 se passionne pour une vidéo de Matteo Renzi, l’ancien premier ministre, aperçu sur un parking, à trente kilomètres au nord de Rome. Le sénateur, aux ambitions intactes, porte un masque chirurgical : la scène se déroule le 23 décembre 2020, en pleine épidémie de Covid. Reconnaissant l’élu, une enseignante de passage en voiture l’a filmé. Si les médias se déchainent, c’est en raison de l’identité de son interlocuteur, à la chevelure mi-longue argentée. Il s’agit de Marco Mancini, 60 ans, dirigeant de la coordination du renseignement (DIS). Un habitué des coups très tordus. Il est placé en retraite anticipée dans les semaines qui suivent.
Cinq ans plus tard, Marco Mancini est une petite star, un abonné des plateaux de la Rai, après une tournée triomphale de dédicaces de ses mémoires, Le regole del gioco, "les règles du jeu" en français. L’agent secret a joué avec toute sa vie, au point d’être emprisonné à deux reprises. A lui seul, il pourrait incarner les affres du renseignement italien : un mélange des genres avec la politique et une certaine propension à tester les limites des lois qu’il est censé protéger. "J’adore Marco mais c’est un combinard, sans cesse en train d’intriguer pour décrocher un poste", sourit un ex-agent de renseignement. "Méthode Mancini"
Surnommé "Tortellino", du nom des pâtes emblématiques de la région de Ravenne, où il est né, Marco Mancini débute chez les...
-
31/07 - "Ces renforts sont impératifs" : dans les coulisses de la mobilisation européenne contre les incendies
Un feu hors de contrôle, erratique et imprévisible. En ce vendredi 24 juillet, les sapeurs-pompiers français luttent déjà depuis trois jours contre l’incendie qui ravage les alentours du bassin d’Arcachon et de l’agglomération bordelaise, en Gironde. Les flammes ont dévoré plus de 10 000 hectares en 72 heures et entraîné l’évacuation d’environ 40 000 personnes, sans que le brasier ne puisse être fixé. À plus de 700 kilomètres de là, les pompiers suisses observent, impuissants, la progression du feu, et devinent l’épuisement de leurs confrères français.
Habitué à travailler de l’autre côté de la frontière, notamment en coopération avec le département de Haute-Savoie, le Groupement du Service d’Incendie et de Secours (GSIS) de Genève prend alors l’initiative de proposer un appui à la France par l’intermédiaire de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). "Tout est allé très vite : nous avons fait une proposition de moyens à 12 heures, et la France nous a confirmé les besoins à 16h36 précisément. Dès le lendemain, un détachement de 34 pompiers suisses volontaires et professionnels partait pour la Gironde", raconte à L’Express le lieutenant-colonel Frédéric Jaques, commandant adjoint du GSIS Genève.
Sur le terrain, leur aide est plus que bienvenue. Dès son arrivée, dans la nuit du 25 au 26 juillet, le détachement est mobilisé pour éteindre le feu dans un champ de panneaux photovoltaïques. Dans les jours qui suivent, les pompiers...
-
31/07 - Canicules, orages de cendres, maladies : le réchauffement climatique va-t-il réduire notre espérance de vie ?
Pour mesurer la santé d’une société, les scientifiques disposent d’un indicateur. Une formule mathématique révélatrice des affres du présent et dont le nom, chose rare chez les chercheurs, n’est pourtant pas bien impressionnant. Ceux qui veulent connaître le futur d’une population n’ont qu’à y jeter quelques chiffres - les décès d’une classe d’âge dans une période donnée par exemple - puis en ajouter d’autres - ceux de la génération d’avant - et en quelques instants, une photographie se dévoile, un instantané du temps moyen qu’il nous reste à vivre.
L’outil, appelé "espérance de vie du moment", permet de simuler le nombre d’années devant nous si tout se passait aux conditions actuelles, en agrégeant au même endroit toutes les causes de mortalité de la période. Jusque dans les années 2000, ce sismographe du temps présent est resté quasiment plat, en progression légère mais régulière, porté par l’amélioration des conditions de vie et de la médecine. Mais depuis quelques années, il ne cesse de s’agiter, griffonnant des pics de plus en plus haut, comme si quelque chose affectait la stabilité de nos existences. La première fois que la "terre" s’est mise à trembler, que l’espérance de vie du moment s’est mise à reculer, Jean-Marie Robine, démographe et directeur de recherche à l’Inserm s’en souvient très bien. C’était l’été 2003, en pleine canicule.
Cette année-là, les températures furent si fortes qu’elles entraînèrent le décès précoce de plus de 15 000 personnes en quelques...
-
30/07 - La "Maison Russie" qui a fait du MI6 le meilleur service secret d’Europe
L'homme à la broche en forme de hibou entre dans une salle à Vauxhall Cross, le siège du MI6 à Londres. En mars 2022, Joško Kadivnik, directeur de l'agence de renseignement slovène - surnommée la "Sova", ou "hibou" - s'attend probablement à des éléments sur l'invasion russe en Ukraine. Il n'en est rien. Le MI6 et la CIA suivent depuis plusieurs mois la piste d'illégaux russes, ces espions clandestins venus de Moscou. Deux d’entre eux se cachent quelque part en Slovénie. Le service secret londonien charge donc son homologue de l'enquête. Le même mois, les Britanniques indiquent à la Pologne un autre illégal sur son territoire. Tous sont arrêtés dans l'année.
Relatée par les journalistes Drew Hinshaw et Joe Parkinson dans Swap : The secret history of the new Cold war (Ed. Harper, 2025), l'anecdote illustre le leadership britannique auprès des services secrets européens sur le dossier russe. En 2021, Londres - toujours avec la CIA - avait déjà alerté sur l'imminence d'une invasion russe en Ukraine. Une expertise de pointe née d'une humiliation
Rien de nouveau : le MI6 concentre une grande partie de ses efforts sur la Russie depuis la révolution de 1917. Son réseau d'informateurs a permis plusieurs fois d'éviter la catastrophe pendant la Guerre froide. Son expertise tient à un savoir-faire inscrit dans l'ADN du service : compréhension fine du monde russe et priorité au renseignement humain. "Ce domaine a toujours attiré les officiers les plus ambitieux et les plus...
-
30/07 - Stress, mauvaise humeur... Ce que dit une nouvelle étude sur l’usage excessif d’Internet
Deux minutes sur Internet restent rarement deux minutes, mais elles peuvent très bien devenir une mauvaise humeur et trois tâches à finir le lendemain. Une étude de l'université de Duisbourg-Essen, publiée ce mercredi 29 juillet dans le journal PLOS One, précise toutefois que le problème ne tient pas seulement au nombre d'heures passées en ligne, Il commence lorsque l'usage devient difficile à contrôler et fait passer le travail, le sommeil ou les relations après la prochaine connexion.
Les chercheurs ont suivi 900 adultes allemands âgés de 18 à 65 ans, utilisateurs de jeux vidéo, de réseaux sociaux, de pornographie ou de sites d'achat. Après les avoir répartis entre usages non problématiques, à risque ou pathologiques, ils ont évalué chaque jour pendant quatorze jours leur humeur, leur stress, leur envie de se connecter, le temps consacré à l'activité et ce qu'ils avaient négligé. L'équipe a recueilli 11 139 questionnaires : de quoi comparer les impressions avec les habitudes. L'envie avant l'humeur
Le résultat le plus net concerne la tentation de se connecter. Plus elle augmentait au cours d'une journée, plus la probabilité de pratiquer l'activité en ligne concernée progressait. Elle constituait un meilleur indicateur que le stress ou la mauvaise humeur pris isolément. "Plus que le stress ou l'humeur seuls, c'est l'envie momentanée d'aller en ligne qui détermine l'usage", explique Andreas Oelker dans un communiqué de PLOS.
Les jours où cette envie était plus forte,...
-
30/07 - Guerre en Ukraine : la Pologne accuse la Russie après la chute d’un missile sur son territoire
Pourrait-il s'agir d'un missile russe ? Les premières réactions laissent peu de place au doute, depuis la découverte d'un objet non identifié à ce stade tombé dans l'est de la Pologne au cours de la nuit du 29 au 30 juillet. Les autorités locales ont retrouvé un cratère de dix mètres de diamètre et des débris éparpillés dans un champ, à la suite de signalements d'une explosion. "Tous les éléments indiquent qu'il s'agissait d'un missile balistique russe Kh-101, mais nous voulons être certains à 100 % du type de missile et de son auteur", a déclaré Donald Tusk, le Premier ministre polonais, lors d'une réunion d'urgence ce jeudi. "Il n'y avait pas de menace directe, car le missile est tombé dans une zone inhabitée. Nous étions prêts à l'abattre s'il avait poursuivi sa trajectoire", a-t-il ajouté.
La Pologne a d'ailleurs fait décoller dans la nuit des avions de chasse pour sécuriser son espace aérien après que des frappes russes ont fait au moins huit morts dans l'Ukraine voisine, lors d'attaques qui ont atteint jusqu'à la ville occidentale de Lviv.
Cet épisode est le dernier d'une série d'incursions dans l'espace aérien de pays situés sur le flanc oriental de l'Otan, notamment la Roumanie et les États baltes, qui alimentent les craintes d'un débordement de la guerre en Ukraine au-delà des frontières de l'Alliance. En septembre dernier, lors d'une autre nuit de frappes sur l'ouest de l'Ukraine, une vingtaine de drones russes étaient entrés en Pologne. S'il s'agissait de...
-
30/07 - Quand les médecines alternatives noyautent les facs : la liste exclusive des diplômes pseudoscientifiques
Assis en tailleur, les yeux fermés, deux étudiants s’enlacent, et à côté, trois autres se tortillent, ils rampent, grimpent les uns sur les autres. Vêtue de vêtements amples, la maîtresse de séance veille, elle vérifie çà et là les postures, répète doctement les principes de son cours, puis vite, les disciples du jour se mettent en boule, guidés par les sonorités vibrantes des bols tibétains et quelques envolées spirituelles à propos de la "conscience des cellules".
Raconté de la sorte dans une vidéo de présentation publiée en ligne, l'atelier a des airs de cérémonie religieuse. Ces exercices semblables à des rites initiatiques font pourtant partie du "diplôme universitaire Pratique d'éducation somatique" de la faculté des sciences de Lyon 1, une formation académique certifiée par l'établissement et censée aider les professionnels du secteur de la santé à rester au niveau. En trente jours et pour quelques milliers d'euros, le cursus promet d'initier au "Body-Mind Centering®", au "Life Art Process®" ou encore au Mouvement Authentique, des arts qui prétendent "guérir" par la seule force de "l'intuition" et dont les principes ne figurent dans aucun manuel de médecine.
Des apprentissages ésotériques, au cœur de l’université ? Ce module aux curieux intitulés n’est pas le seul à invoquer l’au-delà en guise de procédé thérapeutique. Ces derniers temps, nombreux sont les dispositifs de formation en santé à faire parler d'eux, véhiculant des concepts non éprouvés ou à risque de...
-
30/07 - Guerre en Iran : ces lanceurs de missile que Téhéran aurait achetés à la Chine
Engagé dans une guerre qui n'en finit plus avec les Etats-Unis, l'Iran se tourne vers la Chine. D'après Reuters, Téhéran s'apprêterait à recevoir d'ici quelques semaines une première livraison comprenant 300 à 400 systèmes de missile sol-air portatifs (MANPADS) chinois, notamment des missiles QW-12 et FN-16.
Cet achat, d'une valeur estimée entre 60 et 70 millions de dollars, constitue l'une des plus importantes initiatives réalisées par Téhéran, en matière d'armement à courte portée, depuis le début du conflit en février. L'Iran cherche ainsi à réduire ses lacunes défensives, concernant notamment la protection des sites militaires et des infrastructures stratégiques. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis et Israël ont frappé de nombreuses installations iraniennes liées à des programmes de missiles, de drones et de défense aérienne. Le conflit a ainsi souligné la difficulté pour Téhéran de défendre des sites militaires et stratégiques fixes contre des aéronefs de pointe et des armes à guidage de précision.
Face à la reprise des frappes américaines et des négociations toujours en cours, la livraison de centaines de MANPADS viendrait considérablement renforcer le parc d'armes de défense aérienne à courte portée de l'Iran et démontrer l'intensification des liens militaires avec la Chine.Les parties concernées démentent
Selon les sources de Reuters, l'accord a été signé avec Zhongqing Baoshang International Investment, une société basée à Hongkong,...
-
30/07 - Gregory Gause III : "MBS veut la même relation qu’Israël avec les Etats-Unis"
Des frappes conjointes lourdes de sens. Pour la première fois, l'Arabie saoudite a coordonné, le 29 juillet, une offensive ciblée avec les forces américaines en Irak contre des milices liées à l'Iran. Cette intervention fait suite aux accusations de Riyad, qui affirme que des factions irakiennes ont mené ces derniers jours plusieurs attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes. Une opération qui, selon Gregory Gause III, en dit long sur ce que Riyad attend désormais de Washington. Professeur émérite à la Bush School of Government (Texas A&M) et chercheur associé au Middle East Institute de Washington, ce fin connaisseur des monarchies du Golfe décrypte pour L'Express les logiques d'une région prise dans un engrenage militaire. Rivalité feutrée entre Mohammed ben Salmane et Mohammed ben Zayed, milices pro-iraniennes tiraillées entre autonomie et loyauté à Téhéran, un Premier ministre irakien qui doit ménager Washington et Téhéran, jusqu’au coup de pression de Trump pour pousser Riyad vers les accords d'Abraham…
Autant d’enjeux qui, selon lui, convergent vers un même constat : la dynamique d’escalade régionale a repris de la vigueur ces derniers jours. Et si les Emirats arabes unis seraient pour le moment sortis du champ de tir iranien grâce à un arrangement noué avec Téhéran, la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, eux, continuent d'en payer le prix. Entretien.
L'Express : L'Arabie saoudite a mené une frappe coordonnée avec les Américains en Irak...
-
30/07 - Etats-Unis : à trois mois des élections de mi-mandat, la popularité de Donald Trump dégringole
Les semaines passent, et la popularité de Donald Trump continue de s'éroder. Selon un sondage de CNN réalisé par SSRS publié le 29 juillet, la cote de popularité globale du président américain s'établit actuellement à 34 %, soit son plus faible niveau depuis son arrivée au pouvoir, à égalité avec le score enregistré à la fin de son premier mandat, après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Désormais, la moitié des Américains déclarent désapprouver fortement son action, un record depuis le début de ses mandats, tandis que seuls 15 % affirment l'approuver fortement.
En cause notamment : la guerre en Iran. Selon un précédent sondage Reuters/Ipsos, seul un Américain sur trois soutient aujourd'hui le conflit contre Téhéran, et la majorité des personnes interrogées estime que le président n'est pas parvenu à expliquer clairement les objectifs de cette guerre. Il faut dire que Donald Trump a avancé des objectifs changeants pour justifier le conflit : aider les Iraniens à renverser leurs dirigeants, détruire les capacités balistiques de l'Iran ou encore empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. D'après CNN toujours, 73 % des adultes américains estiment que le dirigeant n'a pas accordé suffisamment d'attention aux problèmes les plus importants du pays, et seuls 27 % jugent qu'il a fixé les bonnes priorités. Deux tiers des Américains pensent ainsi que la politique de Donald Trump a aggravé la situation économique des Etats-Unis, et que ses décisions militaires en Iran...
-
30/07 - Blocage du détroit d’Ormuz : comment le canal de Panama profite de la crise au Moyen-Orient
Un canal, ça canalise ? Celui du Panama fait tout pour. Depuis que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a presque interrompu le trafic dans le détroit d’Ormuz, la voie d’eau de 80 kilomètres fonctionne près de sa capacité maximale, avec 36 à 40 passages par jour. En avril, le nombre de méthaniers qui l’ont empruntée a presque doublé sur un an. Privés d’une partie de leurs approvisionnements en provenance du Golfe, plusieurs pays achètent davantage d’énergie américaine. Une demande supplémentaire qui se répercute sur le canal de Panama, déjà très utilisé pour acheminer le gaz des États-Unis vers l’Asie.
Le commerce mondial cherchait donc une solution de repli. Il l’a trouvée, avec les conditions générales de vente. Le canal ne représente que 5 à 6 % du commerce maritime mondial, mais son importance tient à ce qu’il transporte. Depuis son agrandissement en 2016, il accueille les cargaisons américaines de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Environ un million de barils de GPL y transitent chaque jour, entre le golfe du Mexique et les usines pétrochimiques asiatiques. Le canal continue de transporter des marchandises très diverses, des voitures aux engrais en passant par les fruits. Mais la hausse actuelle du trafic tient surtout aux cargaisons énergétiques.Un créneau à quatre millions de dollars
Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage attribué aux enchères coûtait en moyenne entre 135 000 et 140 000 dollars. En avril et mai, la...
-
30/07 - Guerre en Iran : Brad Cooper, l’amiral américain prêt à intensifier les frappes
Il était jusqu'à présent resté dans l'ombre des principaux conseillers militaires de Donald Trump, dans la guerre opposant les Etats-Unis à l'Iran. Mais ces dernières semaines, la presse a révélé le rôle clé qu'il jouait dans la suite des opérations. Alors que Washington a lancé dans la nuit de ce mercredi 29 au jeudi 30 juillet une première riposte contre l'Iran après une attaque surprise de missiles iraniens survenue mardi, le président américain pourrait donner son feu vert au plan de l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM).
Cette option prévoit dix à quatorze jours de frappes aériennes intensives destinées à paralyser les capacités balistiques iraniennes. Selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal, elle viserait à dépasser le cadre des simples frappes de représailles, qui n’ont jusqu'à présent guère réussi à dissuader Téhéran de menacer les navires circulant dans le détroit d'Ormuz ou de tirer des missiles contre les forces américaines déployées dans la région. "En frappant très fort", dixit Brad Cooper, l'objectif serait d'accroître considérablement l'intensité du conflit, afin d'affaiblir davantage les capacités iraniennes et de limiter le recours aux munitions défensives américaines.
Le général Dan Caine, président de l'état-major interarmées et autre conseiller du président, se montre de son côté plus dubitatif, soulignant la diminution croissante des stocks américains d'intercepteurs de défense...
-
30/07 - "J’espère que vous allez bien" : quand le développement personnel fait de la politesse un signe de faiblesse
Depuis quelques années, un même refrain revient dans les livres de développement personnel, chez certains "experts" en leadership et conférenciers TEDx, sur les réseaux sociaux, voire sur des comptes qui semblent générés par une IA : des formules aussi banales que "désolé de te déranger", "je me permets" ou "j'espère que vous allez bien" seraient devenues des marques de faiblesse. Des ralentisseurs de carrière. Sur YouTube, la coach américaine Shira Miller affirme ainsi devant son auditoire : "Si quelqu'un est en retard à une réunion, je préfère de loin qu'il dise Merci pour votre patience plutôt que de s'excuser encore et encore en faisant de ce retard le point central de notre échange."
Même son de cloche chez Maja Jovanović, qui se présente comme sociologue, auteure et experte en développement de la confiance en soi. "Comment les excuses tuent notre confiance en soi", l'oratrice fait la chasse aux phrases du type "Désolé, est-ce que c'est un bon moment ?" ou "Puis-je vous interrompre ?", qu'elle juge symptomatiques d'un manque d'assurance, surtout chez les femmes. Sarthak Ahuja, un "banquier d'affaires, formateur en entrepreneuriat", suivi par près de 300 000 abonnés sur YouTube, recommande de bannir de nos emails les formules "J'espère que vous allez bien" (qu’il invite à remplacer par "Bonjour, je vous contacte au sujet de") ou "Je me permets de revenir vers vous concernant..." (qui, selon lui, nous fait là aussi perdre en assurance).
En France, le phénomène reste...
-
30/07 - Air Force One : comment Donald Trump a poussé pour utiliser l’avion offert par le Qatar
Pour transporter un président américain, les dorures restent facultatives ; les contre-mesures antimissiles, nettement moins. Donald Trump vient d'en faire l'expérience avec son nouvel Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar, petit bijou transformé dans l'urgence pour que le locataire de la Maison-Blanche puisse l'utiliser pour ses déplacements, et mis en service ce 1er juillet. Une semaine plus tard, après l'identification d'une menace crédible de groupes iraniens contre le président, le Secret Service demandait à ce dernier de quitter la Turquie, où il s'était rendu pour participer à un sommet de l'Otan, à bord de l'ancien appareil utilisé jusque-là. De par ses mots, Donald Trump le reprenait "pour le bon vieux temps" : celui-ci disposait surtout des protections que ses gardes du corps connaissaient déjà.
Le calendrier a sa part à jouer dans l'histoire : comme le raconte une longue enquête du New York Times, Donald Trump voulait inaugurer son nouvel appareil avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire des États-Unis. L3Harris, prestataire militaire sélectionné pour moderniser l'avion qatari, a donc mobilisé jusqu'à 400 salariés, répartis sur trois équipes, pour achever en huit mois une transformation qui aurait normalement demandé plusieurs années. Le président a personnellement validé la décoration, la peinture extérieure, les communications et les dispositifs de sécurité, quitte à faire fi des objections de son service de sécurité. L'Air Force n'a...
-
30/07 - La productivité scientifique des Etats-Unis pourrait doubler : "La doctrine Kratsios pose exactement les bons constats"
En 1945, l'iconique rapport de Vannevar Bush posait le cadre qui allait transformer la machine scientifique américaine en rouleau compresseur. En 2026, la doctrine de Michael Kratsios, conseiller du président Donald Trump, promet de la métamorphoser de nouveau. Son but ? Rien de moins que doubler la productivité scientifique en dix ans sans dépenser plus. A l’heure de l’IA, l’objectif n’a cependant rien d’insensé. Explications avec André Loesekrug-Pietri, président de la Joint European Disruptive Initiative (Jedi) qui se trouvait aux côtés des grands patrons de laboratoires américains, lors de la présentation du rapport “Science : A New Golden Age” à Washington.
L'Express : Quels sont les points clés de cette doctrine Kratsios qui veut refonder la politique scientifique des Etats-Unis ?
André Loesekrug-Pietri : D'abord, elle souligne l'importance de financer les meilleurs et non le grand nombre. L'écart se creuse entre les scientifiques classiques et ceux qui tirent un secteur, attirent les meilleurs doctorants et créent l'effet d'entraînement. Il y a un vrai star-system, assez proche de celui du sport : quand un très bon profil part, il en emmène d'autres avec lui. C'est toute la guerre entre les grands de l'IA. Meta a annoncé des salaires allant jusqu'à 100 millions de dollars. Quand Yann LeCun lève des fonds, c'est sur son nom.
Quand Nvidia annonce il y a deux jours
-
30/07 - Incendies : l’armée bientôt confrontée à ses limites ?
Un A400M survolant le ciel hexagonal, rejetant des tonnes d'un produit rouge vif au-dessus d'un brasier de plusieurs milliers d'hectares. La scène a des airs d'apocalypse. Elle pourrait devenir de plus en plus commune à l'avenir. Face à l'incendie incontrôlable se déchaînant dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, l'appareil a été équipé d'un kit de largage de retardant. Un dispositif inédit, fruit d'une convention signée entre le ministère des Armées et de l'Intérieur ce 17 juillet, déployé pour venir en appui à la sécurité civile.
Les événements de cette année obligent à prendre des mesures d'une envergure inhabituelle. En cause, la taille de l'incendie en cours en Nouvelle-Aquitaine : 42 000 hectares ravagés, plus de 230 000 personnes évacuées, auxquels s'ajoutent plusieurs autres foyers d'incendies sur le territoire, notamment dans le Var ou en Corse. Sept des douze Canadair de la protection civile ont été mobilisés ces 25 et 26 juillet pour lutter contre les flammes, le reste étant en maintenance. Le mécanisme de protection civile de l'Union européenne est venu prêter main forte à la France : sept avions et quatre hélicoptères et des pompiers fournis par sept Etats membres.
Mais la nouveauté de cet été est bien militaire. En plus de l'A400M, d'autres équipements ont aussi été mis à contribution. Parmi eux, un drone MQ-9 Reaper et plusieurs autres modèles surveillent la progression des feux, ainsi que des hélicoptères Caracal et deux avions - un A330...
-
30/07 - Qui sont les meilleurs espions d’Europe ? Les coulisses de notre classement
Un classement d’espions, vraiment ? En vue de raconter le renseignement en Europe sous un œil inédit, une petite équipe à L’Express s’est mis en tête, vers le début du printemps, de proposer une hiérarchie des agences spécialisées. Un palmarès comme celui des meilleurs lycées ou des pires hôpitaux ? Pas vraiment. A la différence des établissements scolaires ou des bons vins, l’espionnage est une matière secrète. Il n’y aura jamais de Coupe du monde des sabotages de gazoducs, aucun concours des meilleures taupes au Kremlin sous Poutine. Dans cette guerre de l’ombre, les exploits doivent rester invisibles. On aurait pu en conclure qu’il serait vain, voire grotesque, de classer les agents secrets. Nous avons pensé le contraire : voilà exactement pourquoi ce classement, réalisé par soixante professionnels du renseignement, issus de vingt-cinq pays, est important.
Retrouvez notre classement > MI6, DGSE, Ukraine... L'Express dévoile le palmarès inédit des meilleurs espions d'Europe
Parce que l’espionnage est une discipline hautement secrète, le grand public n’a que peu de moyens de se faire une idée des performances d’agents payés par le contribuable, pour un budget oscillant entre 1 et 5 milliards d’euros annuels dans les grands pays d’Europe. Encore plus dommageable quand on mesure que disposer d’espions compétents est devenu un attribut de la puissance des Etats, comme le fait de posséder la bombe atomique, un porte-avions ou un siège au Conseil de sécurité de...
-
29/07 - Le palmarès des meilleurs espions : le classement inédit de L’Express
-
29/07 - Retraits en série, procureur révoqué et offensive américaine : la CPI en eaux troubles
Une tempête s'abat sur la Cour pénale internationale. La CPI est actuellement confrontée à de nombreux défis, entre le retrait de plusieurs Etats membres, la destitution de son procureur Karim Khan et la campagne lancée par les Etats-Unis pour l'affaiblir, remettant son autorité supranationale en cause.
Ce lundi 27 juillet, le Tchad est devenu le cinquième pays à annoncer se retirer de la CPI en l'espace d'un mois. Dans un communiqué, N'Djaména a présenté sa décision comme "l'aboutissement d'un examen approfondi du fonctionnement" de l'institution, dont l'efficacité serait "limitée et à géométrie variable". Le gouvernement dénonce en particulier une "instrumentalisation politique" contre le continent africain, avec pour preuve le fait que sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis son entrée en vigueur, neuf "concernent des Etats africains".
Cette décision intervient alors que les organisations nationales et internationales accusent le Tchad de soutenir au Soudan le général Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), lui-même accusé de violations des droits fondamentaux.Une institution "politisée", selon ses détracteurs
Le retrait du Tchad de la CPI, organe de justice internationale créé en 2002 pour juger les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a eu lieu trois jours après l'annonce de celui du Venezuela, pour des motifs similaires. La présidente du pays par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré vendredi que cette...
-
29/07 - MI6, DGSE, Ukraine... L’Express dévoile le classement inédit des meilleurs espions d’Europe
Font-ils bien le même métier ? Mi-juin, un militaire lituanien musculeux nous raconte la guerre en Ukraine en buvant des ginger beer sur un tabouret dans la rue, près de la Gare du Nord. Un tempérament aux antipodes du Français ventru rencontré dans un lieu cossu quelques jours auparavant, un adepte des sigles compliqués et des cocktails d’ambassade. A en croire leurs fonctions récentes, ils ont pourtant très probablement mené des opérations de concert.
Pendant trois mois, L’Express s’est immergé dans l'Europe des espions, démarchant une centaine d’hommes de l’art. L’objectif ? Raconter la guerre invisible du Vieux Continent, en questionnant le constat du diplomate britannique Alexander Cadogan. Cet ancien conseiller de Churchill décrivait le renseignement comme le "chaînon manquant" des analyses géopolitiques. Secret oblige, le grand public n’aurait accès qu’à une version incomplète, parfois trompeuse, des bouleversements de l’histoire.
Les espions ne se laissent pas facilement aller aux confidences. Mais beaucoup revendiquent, sans trop en dire, cette théorie, avec souvent en tête une opération qui a tout changé, en Iran, en Ukraine, en Syrie. Y compris dans le regard porté sur le pays détenteur d’un renseignement décisif. "Venant des Affaires étrangères, je ne m’imaginais pas l’intensité des relations de renseignement entre les pays. C’est beaucoup plus nourri que la diplomatie", confie un ancien directeur du renseignement suisse.
Pour arracher des détails sur la...
-
29/07 - Allemagne : Friedrich Merz sous le feu des critiques après un remaniement laborieux
Ce remaniement gouvernemental devait relancer le mandat du chancelier allemand. Il s'est pourtant transformé en crise politique au sein de son propre camp, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui menace de sérieusement fragiliser Friedrich Merz. Après plusieurs jours de spéculations, celui-ci a finalement annoncé le 27 juillet la nomination de Steffen Bilger, 47 ans, ancien secrétaire d'État aux Transports entre 2018 et 2021, au poste de ministre des Transports.
Ce dernier remplace Patrick Schnieder, que Friedrich Merz jugeait insuffisamment efficace face aux retards chroniques de la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et au manque de projets destinés à moderniser les infrastructures allemandes. Objectif pour le nouveau ministre : faire en sorte que l'Allemagne devienne "plus rapide et meilleure, pour ouvrir une nouvelle ère de progrès".Chaises musicales
C'est la dernière nomination attendue. Plus tôt dans le mois, un vaste jeu de chaises musicales avait été déclenché par la démission le 18 juillet de Jens Spahn, chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, qui avait alors quitté ses fonctions après avoir annoncé la naissance d'un fils par gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. Une pratique interdite en Allemagne, et à laquelle il s'était lui-même opposé.
Pour lui succéder, Friedrich Merz a choisi son fidèle directeur de cabinet Thorsten Frei, 52 ans, dont la nomination vient d'être approuvée ce mercredi par les députés de l'alliance conservatrice CDU/CSU....
-
29/07 - Fifa : avec Gianni Infantino, la financiarisation du football mondial à son paroxysme
A peine retombé le souffle d'une Coupe du monde à la taille et aux retombées économiques inédites, la Fédération internationale de football (Fifa) et son président, Gianni Infantino, entendent repousser les limites. L'instance a annoncé, mardi 29 juillet, son intention de créer une société commerciale, regroupant plusieurs de ses activités - le sponsoring, la billetterie, l'octroi de licences ou encore la gestion opérationnelle de la compétition -, dont une fraction des parts serait vendue à des investisseurs privés. A la clé, une rentrée d'argent qui pourrait avoisiner 10 milliards de dollars et serait ensuite redistribuée aux 211 fédérations qui composent l'organisation.
L'opération, qui consisterait à lever 4,2 milliards de dollars dès cette année, serait notamment menée un consortium présidé par Thrive Eternal, un fonds d'investissement lancé récemment par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, qui n'est autre que le gendre de Donald Trump. Un curieux mélange des genres lorsque l'on connaît la proximité entre Gianni Infantino et le président américain. C'est ce dernier qui avait personnellement appelé le patron de la Fifa pour faire annuler le carton rouge - pourtant incontestable - du joueur américain Folarin Balogun, avant le huitième de finale qui opposait les Etats-Unis à la Belgique en juillet.Une financiarisation à l'œuvre depuis plusieurs années
Si la Fifa promet que les potentiels futurs actionnaires de la nouvelle entité Fifa Forward Enterprise (FFE) ne...
-
29/07 - Etats-Unis : la Maison-Blanche fait d’une pierre deux coups en interdisant les robots chinois
Depuis ce mardi 28 juillet, la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécommunications, bloque l'homologation des nouveaux "dispositifs robotiques avancés" fabriqués à l'étranger. Humanoïdes, chiens-robots ou machines sur roues : les appareils mobiles capables de naviguer et de transmettre des données sont cernés. La mesure ne nomme aucun pays, mais vise d'abord la Chine, premier fabricant mondial du secteur.
Les modèles déjà autorisés par la FCC ou utilisés aux États-Unis peuvent rester en circulation. En revanche, les nouveaux appareils étrangers ne pourront plus obtenir l'autorisation nécessaire à leur commercialisation. L'agence pourra également réexaminer les homologations existantes. Comme lors de précédentes restrictions visant les drones et les routeurs, elle devrait ensuite exempter certains fournisseurs non chinois.
La justification américaine tient en trois risques : l'espionnage, le vol de données et la prise de contrôle à distance. Ces robots combinent capteurs, intelligence artificielle et connexion à Internet. La Maison-Blanche estime qu'ils pourraient circuler dans une usine, observer leur environnement, approcher des infrastructures sensibles et recevoir des instructions de l'extérieur. Selon la FCC, un acteur hostile pourrait exploiter les informations collectées, renforcer les capacités d'un service de renseignement ou commander la machine à distance. Un robot peut mal serrer un boulon ; il peut aussi enregistrer tout...
-
29/07 - "L’Odyssée de Nolan est moins féministe que l’œuvre d’Homère" : l’analyse de l’helléniste Edith Hall
Avec plus de trois millions d’entrées en France en deux semaines, "L’Odyssée" s’impose déjà comme l’un des grands succès cinématographiques de l’année. Et ce, malgré les polémiques alimentées par une partie de la droite conservatrice américaine, qui accusent Christopher Nolan d’avoir livré une adaptation "woke" de l’œuvre d’Homère. En cause : le choix de Lupita Nyong’o – une actrice noire - pour jouer Hélène de Troie, ainsi que celui de confier le rôle de Sinon à l’acteur transgenre Elliot Page. Au point de pousser Elon Musk à annoncer la sortie, d’ici la fin 2026, d’une version produite par intelligence artificielle "historiquement exacte et fidèle au travail d’Homère".
Mais pour l’helléniste britannique Edith Hall, auteure de The Return of Ulysses : A cultural History of Homer’s Odyssey (Johns Hopkins University Press, non-traduit), parler d’exactitude historique pour un mythe issu d’une tradition orale vieille de trois millénaires n’a "pas beaucoup de sens". Loin d’être une ode au wokisme, l’adaptation de Christopher Nolan serait en réalité "assez sexiste" comparée à l’œuvre originale, explique à L’Express cette professeure à l’Université de Durham. Entretien.
L’Express : Comment expliquez-vous qu’une œuvre vieille de près de trois millénaires continue de susciter un tel enthousiasme ?
Edith Hall : L’Odyssée d’Homère est "la mère de toutes les histoires", parce qu’elle mobilise certains des schémas narratifs les plus efficaces qui soient. Il y a d’abord le récit du...
-
29/07 - Moyen-Orient : ce que l’on sait des frappes de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis en Irak
L'armée américaine et l'Arabie saoudite ont franchi une ligne inédite mardi 28 juillet, en menant dans la nuit des frappes conjointes contre des milices pro-iraniennes en Irak. C'est la première fois depuis le début de la guerre, le 28 février dernier, que l'Arabie saoudite reconnaît officiellement sa participation aux hostilités aux côtés des Etats-Unis dans le conflit contre l'Iran. L'armée saoudienne a brièvement confirmé sa participation à l'attaque, sans donner davantage de précisions. Le Commandement central américain (CENTCOM) a affirmé que l'opération a visé "plusieurs sites logistiques et dépôts d'armes terroristes".
Ces frappes sont, selon le CENTCOM, des représailles après que plus de 30 attaques de drones ont été ordonnées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien ces derniers jours. Les États-Unis et l'Arabie saoudite accusent les milices proxy irakiennes d'en avoir exécuté une partie en ciblant les infrastructures énergétiques de Riyad avec des drones. Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que les défenses aériennes avaient intercepté et détruit plusieurs drones qui avaient tenté de viser des installations pétrolières dans la région orientale du royaume. Selon Washington, ces groupes préparaient de nouvelles attaques contre les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes.Les milices irakiennes nient toute implication
Réagissant à ces frappes, un haut responsable militaire iranien, dont l'identité n'a...
-
29/07 - "La Bataille de Gaulle" : comment un film mal vendu a conquis son public, par Christophe Donner
S’il y a un film que j’ai toujours envie de voir, c’est un film sur le général de Gaulle. Dès qu’il en sort un, je me précipite pour le voir. Pourtant, au vu de la bande-annonce de La Bataille de Gaulle, s’il y a un film que j’étais certain d’éviter, c’est bien celui-là. J’admets qu’on critique le Général, qu’on le ridiculise, même, mais pas comme ça, dans le pompeux, le grotesque, le ringard. Et que dire de l’affiche du film, ce calligramme en croix de Lorraine, portant le nom de tous les malheureux ayant participé à ce naufrage, générique macabre, en lettres grises sur fond noir, comme si, pour finir de les enterrer on avait pris soin de les rendre illisibles, cette affiche aussi alléchante que la porte de l’enfer, elle clouait le cercueil.
Aussi, n’ai-je pas été surpris d’apprendre, une semaine après sa sortie en salle, que ce de Gaulle était un flop. Pas surpris et (vous allez voir comme c’est bête) plutôt rassuré : les gens ne sont pas aussi stupides, me suis-je dit, ils ont compris comme moi, au vu de la bande-annonce, que malgré les millions d’euros annoncés pour sa fabrication, c’était un complet ratage.
Le premier à me parler du film après être allé le voir malgré la bande-annonce, c’est mon oncle Joël : lui, l’ancien coco, l’avait beaucoup aimé. Et Claudine son épouse, royaliste bon teint, encore plus. Ils se seront laissé bercer par le confort de la clim sous la canicule, j’ai pensé. C’est aussi la vague de chaleur qui expliquait à mes yeux cet absurde taux...
-
29/07 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l’économie mondiale
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
A quelques mètres du rivage, la proue du cargo se dresse vers le ciel, comme pétrifiée. Sur le flanc, son nom en lettres blanches. Galaxy Leader. En novembre 2023, ce roulier de 190 mètres navigue dans la mer Rouge, lorsqu’il est pris en chasse par un hélicoptère. Sur la carlingue, deux drapeaux floqués : l’un yéménite, l’autre palestinien. Kalachnikov en bandoulière, une dizaine d’hommes cagoulés sautent sur le pont et capturent l’équipage, qui ne sera libéré que quatorze mois plus tard. Le bateau, lui, sera coulé au large de cette plage déserte.
Ces combattants, des Houthistes, une secte chiite qui fait partie de "l'axe de la résistance" mené par l'Iran contre Israël, ne s’arrêtent pas là. Dans l'année qui suit, ils bombardent 124 navires qui remontent vers le canal de Suez ou cinglent, dans l'autre sens, vers le détroit de Bab-el-Mandeb, prélude à l’océan Indien, causant une chute drastique du trafic maritime. Seules les frappes...
-
29/07 - Derrière les opérations clandestines de l’Ukraine, l’aide discrète de la DGSE et du MI6
Pour faire rêver un espion, il suffit d'un seul mot : Spiderweb. Le 1er juin 2025, plus d'une centaine de drones s'élèvent, depuis des conteneurs acheminés en Russie, et frappent simultanément quatre bases aériennes. Quelque quarante avions auraient été détruits. Longtemps jugé peu fiable, le renseignement ukrainien frappe les esprits et multiplie depuis les opérations spectaculaires sur le territoire russe. "Les Ukrainiens sont premiers en Europe en matière d'actions clandestines", estime Ralph Goff, ancien chef des opérations Europe et Eurasie de la CIA.
Face à la guerre, ils ne pouvaient que périr ou s'améliorer. "Les opérations sont réussies aussi parce qu'on les aide !", confie un ex-haut cadre de la DGSE. Épaulés par la CIA dès 2014, comme révélé par le New York Times, les Ukrainiens ont profité ces dernières années des enseignements de plusieurs pays européens.
Des forces spéciales polonaises et britanniques ont accompagné Washington dans la formation des officiers ukrainiens - un dispositif resté actif après l'invasion de 2022, selon un "haut gradé polonais" cité dans l'ouvrage Polska na wojnie, du journaliste Zbigniew Parafianowicz. En novembre 2024, à l'ambassade britannique à Paris, Richard Moore, alors chef du MI6, revendiquait cet "héritage en matière d'opération clandestine" comme socle du soutien britannique à l'Ukraine. "Les pays baltes et les Pays-Bas les ont aidés sur les questions techniques. Le MI6 et la DGSE sur l'opérationnel", résume un haut cadre...
-
29/07 - Derrière le triple assassinat rue La Fayette à Paris, l’ombre des services secrets turcs
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 23 décembre 2022, dans le 10e arrondissement de Paris, un homme ouvre le feu en plein jour. La fusillade fait trois morts et quatre blessés. Les victimes : Emine Kara, responsable du mouvement des femmes kurdes en France, Mîr Perwer, un jeune auteur-compositeur kurde, et Abdurahman Kizil, un militant politique kurde.
La thèse terroriste n’est pas retenue par les enquêteurs. Les Kurdes, eux, soupçonnent la Turquie d’être à l’origine de cette attaque. Le lendemain, c’est toute une communauté qui descend dans la rue pour manifester. Sur les banderoles, on peut lire : "10 ans après le 9 janvier, l’Etat turc a encore massacré 3 de nos amis à Paris !! ". Les manifestants font référence au triple assassinat de militantes kurdes qui a eu lieu, dans ce même quartier, 10 ans plus tôt. Cette affaire de 2013 ébranle la communauté kurde, et les soupçons d’implication des services secrets turcs sont relancés.
Dans cet épisode de "Nid d'espions", Charlotte Lalanne et Charlotte Baris retracent les circonstances du meurtre de ces trois militantes kurdes.
-
28/07 - Vaccins et autisme : le bras de fer entre Donald Trump, Robert Kennedy Jr. et la justice
Y a-t-il un moyen de faire baisser l'autisme aux États-Unis ? Pour Donald Trump, la réponse se trouve dans les vaccins. Et le président ne se prive pas d'insister auprès de son ministre de la Santé pour qu'il réduise les vaccinations recommandées aux enfants : en mai, lors d'un déjeuner dans son club de golf de Virginie, Donald Trump reproche à Robert F. Kennedy Jr. le fait que le dossier n'avance pas davantage. Mi-juin, même sujet dans le bureau Ovale, avec une consigne plus nette : celle d'accélérer. Selon le Wall Street Journal, le locataire de la Maison-Blanche ramène désormais presque chaque échange sanitaire avec "RFK Jr." aux vaccins et à l’autisme. Il espère qu’un calendrier allégé sera suivi d’une baisse des diagnostics, même si un tel effet, à supposer qu'il existe, demanderait des années pour être mesuré. Le président estime avoir déjà laissé assez de temps à son ministre.
Retour en janvier : Kennedy propose de ramener de 17 à 11 le nombre de maladies couvertes par les recommandations fédérales de vaccinations infantiles. En mars, le juge Brian Murphy suspend la réforme. Selon lui, le gouvernement a contourné le comité d'experts chargé d'établir ces recommandations et nommé illégalement plusieurs de ses membres. La décision ne clôt pas le dossier. Fin mai, Donald Trump signe donc un décret ordonnant au ministère de réduire le nombre de vaccins recommandés. Et puis, en juin, Kennedy saisit une cour d’appel pour obtenir un examen plus rapide. Ses équipes...
-
28/07 - "Le stock de munitions américain est préoccupant" : l’alerte d’un ex-colonel des Marines
L’inquiétude est palpable au Pentagone. Ces derniers mois, les stocks des arsenaux américains ont fondu à vitesse grand V alors que l’armée américaine vient de mener deux guerres à haute intensité dans la même année face à l'Iran. Colonel des Marines à la retraite et ancien du budget de la Défense américaine, Mark Cancian, et son collaborateur Chris Park, scrutent depuis des années les inventaires d'armement au Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washinghton, après plus de sept ans passés au Bureau de la gestion et du budget (OMB) et avoir servi au Vietnam et en Irak.
Coauteur d'un rapport de référence "Last Rounds ?", il détaille pour L'Express l'état réel des stocks américains, notamment les Patriot et Tomahawk. Si la guerre a été mise sur pause depuis ce week-end, Donald Trump pourrait prochainement intensifier ses opérations militaires au Moyen-Orient. Et ainsi accentuer les tensions sur les capacités matérielles des forces armées. Entretien.
L'Express : Les stocks de munitions américains ont-ils réellement pesé sur la décision de Donald Trump de suspendre ses frappes contre l'Iran ?
Mark Cancian : C'était un facteur important, oui. L'armée a jugé que le risque devenait trop élevé et que poursuivre les frappes l'aggraverait encore. Mais ce n'était pas le seul élément : Trump voulait aussi laisser une chance aux négociations - il saisit toujours ce genre d'opportunité - et il craignait une escalade côté houthiste. Pour la première fois,...
-
28/07 - Andy Burnham Premier ministre : le retour en force du Labour dans les sondages
Ce n'était pas arrivé depuis plus d'un an. Le parti travailliste devance le parti d'extrême droite Reform UK dans un important sondage d'opinion paru ce lundi 27 juillet au Royaume-Uni. Le Labour surfe sur la dynamique créée par Andy Burnham au cours de sa première semaine en tant que Premier ministre. Tandis qu'à l'autre extrémité du spectre, Reform UK et son leader, Nigel Farage, pâtissent ces dernières semaines de plusieurs scandales, qui ont terni leur image : dons et contributions non déclarés, conseiller reconnu coupable de fraude...
Selon le dernier sondage hebdomadaire réalisé par l'ONG More in Common, le parti travailliste gagne quatre points cette semaine et grimpe à 28 % de popularité, tandis que Reform et les Verts perdent respectivement deux et trois points, tombant ainsi à 24 % et 8 %. Les conservateurs restent quant à eux stables à 22 %, tandis que les libéraux-démocrates progressent d'un point à 12 %.
"Notre dernier sondage montre un renversement de tendance. Le Labour passe en tête avec quatre points d'avance. C'est sa première avance depuis mars 2025 et son meilleur score depuis novembre 2024", a déclaré le directeur de More in Common au Royaume-Uni Luke Tryl. Une évolution qui découle selon lui du "Burnham bounce", soit un regain de popularité lié au nouveau Premier ministre.Andy Burnham multiplie les annonces
D'autres instituts de sondage ont fait état d'une tendance similaire ces derniers jours : la preuve semble-t-il que l'attention portée par le...
-
28/07 - Défense : l’Autriche prête à allonger son service militaire face aux menaces
À l'heure où certains pays d'Europe occidentale, comme l'Allemagne, cherchent à réintroduire un dispositif de service militaire, l'Autriche, pays neutre, prévoit de porter la durée du sien de six à neuf mois afin de s'adapter à un contexte sécuritaire bouleversé par la guerre en Ukraine, a annoncé ce lundi 27 juillet le gouvernement.
Aujourd'hui l'une des seules nations à imposer le service militaire obligatoire, l'Autriche compte ainsi renforcer son système. Longtemps négligée, l'armée autrichienne se retrouve dorénavant au centre des attentions de Vienne. "Les conditions de sécurité ont radicalement changé au cours des dernières années, des derniers mois et des dernières semaines. Le rêve d'une paix durable en Europe s’est brisé, au plus tard, avec la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine" a déclaré le chancelier Christian Stocker lors d'une conférence de presse lundi, à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres.
Le chef du gouvernement, membre du Parti populaire autrichien (OVP), a également noté que de nouvelles menaces étaient apparues, notamment les attaques hybrides et la cyberguerre. Pour le chancelier, qui s'exprimait depuis une caserne militaire près de Salzbourg, Vienne doit ainsi "prendre davantage en main ses propres moyens d'autonomie et de protection de la population".
En mai dernier, Christian Stocker avertissait déjà des risques liés à la menace russe. "En cas de conflit, nous serions également une cible" avait-il mis en garde,...
-
28/07 - Jérôme France : "Jules César est une figure disruptive pour les gourous de la Silicon Valley"
"Tsar", "Kaiser", "franchir le Rubicon", "césarisme"... On ne compte plus les mots et les expressions liés à son nom. Caïus Julius César (100-44 av. J.-C.) demeure une référence politique. Professeur émérite à l’université Bordeaux-Montaigne, Jérôme France déchiffre sa philosophie du pouvoir et de la conquête dans cet épisode de notre série de podcasts sur les grands stratèges de l'Histoire. On doit à cet historien une passionnante histoire fiscale de la conquête romaine, Tribut (Les Belles Lettres). Il publiera le 4 septembre, toujours aux Belles Lettres, Résister à César, une enquête sur la révolte gauloise de 21 montrant les limites de la "paix romaine".
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Quelle est, selon vous, la leçon la plus actuelle que l’on puisse tirer de César ?
Jérôme France : Je crois que César nous enseigne d’abord la nécessité de bien identifier ses ennemis. C’est une leçon qui me paraît particulièrement précieuse pour nos démocraties. Ses actes nous montrent également qu’une véritable stratégie ne doit pas être guidée par la passion, mais par une vision rationnelle déterminée par l’appréciation des réalités politiques, et géopolitiques. Cette exigence me semble tout aussi actuelle.
Peut-on parler de géopolitique à propos de César ou s’agit-il d’une notion trop moderne ?
Le mot est moderne, mais les Romains auraient parfaitement...
-
28/07 - SpaceX : après le démarrage en fanfare, le dur retour sur terre pour Elon Musk
Elon Musk n'est plus trillionnaire, même s'il lui reste plusieurs centaines de milliards de dollars pour traverser cette période délicate. Mi-juin, l'introduction en Bourse de SpaceX avait porté sa fortune théorique jusqu'à 1 320 milliards de dollars. Un mois plus tard, l'action est retombée sous son prix d'introduction et Bloomberg n'attribue plus à ce jour qu'environ 700 milliards à l'entrepreneur. L'intéressé a résumé l'ajustement sur X : "(Former) Trillionaire" (ancien trillionnaire, en français).
Introduite à 135 dollars le 12 juin 2026, l'action SpaceX avait atteint 225,64 dollars quatre jours plus tard. Fin juillet, elle évolue désormais entre 111 et 113 dollars. Plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation ont disparu depuis le sommet. Pour Elon Musk, qui détient environ 42 % du groupe, la correction se compte en centaines de milliards. Il ne les avait pas encaissées ; il ne les a donc pas matériellement perdues. Mais son patrimoine dépend presque entièrement de SpaceX et de Tesla. La nuance protège son compte bancaire, moins son classement en Bourse.SpaceX découvre les résultats trimestriels
Pour Elon Musk, ne plus être trillionnaire reste donc largement symbolique. Pour SpaceX, le changement est beaucoup plus concret. Tant que l'entreprise demeurait privée, ses décisions étaient évaluées par quelques investisseurs capables d'attendre plusieurs années. Depuis son introduction en Bourse, chaque lancement, chaque problème de moteur et chaque dépense ont...
-
28/07 - Attaque terroriste à Berlin : l’Allemagne sous-estime la menace islamiste
Vingt-cinq ans après la destruction des tours jumelles de New York par des islamistes qui avaient détourné des avions de ligne, onze ans après les attentats de Paris, la menace que pose l’islam djihadiste continue à être sous-évaluée au cœur de l’Europe. L’attentat du 25 juillet à Berlin en témoigne : l’homme qui a lancé sa camionnette sur la foule de la Marche des fiertés, tuant une femme et blessant 29 personnes, était identifié depuis cinq ans déjà comme un islamiste radicalisé.
L’attaque a alourdi le climat politique à l’approche de trois élections régionales en septembre à Berlin et dans deux Länder de l’est de l’Allemagne. Le parti d’extrême droite AfD, première force politique aujourd’hui selon les sondages d’intentions de vote, exploite de longue date les thèmes de l’insécurité et du danger que poserait l’immigration musulmane, mais aussi du laxisme dont il accuse la justice.Remis en liberté
Le fait qu’Abdul Ballout, 21 ans, ait été remis en liberté au mois de mai 2026 par un tribunal berlinois après quelques mois de détention préventive, puis qu’il ait pu perpétrer l’attentat anti-homosexuel alors qu’il était censé être sous surveillance policière, apporte de l’eau au moulin de l’AfD. Car selon l’expert antiterroriste allemand Peter Neumann, professeur d’études de sécurité au King’s College à Londres, l’attaque contre la Marche des fiertés aurait "à coup sûr" pu être évitée. La justice s'est trop focalisée sur une possible resocialisation du prévenu, au...
-
28/07 - Droits de l’homme : la France et les Etats-Unis étalent leurs désaccords à l’ONU
C'est une nouvelle étape franchie dans les tensions entre Paris et Washington. Lundi 27 juillet, à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, des diplomates américains ont quitté la salle lors d'un discours de la délégation française. La France avait reproché aux Etats-Unis vendredi de s'être opposés au renouvellement du mandat de Volker Turk, haut commissaire aux droits de l'Homme de l'organisation. Et s'était insurgée de voir Washington s'aligner sur les votes de régimes autoritaires.
Volker Turk, dont le travail implique de dénoncer les violations des droits de l'Homme par les pays membres de l'ONU, a vivement critiqué la guerre d'Israël à Gaza, et a également plaidé pour une "refonte massive" de la politique d'immigration américaine avant la Coupe du monde, citant des problèmes liés au "profilage racial, à la surveillance et à l'application des lois sur l'immigration". D'où la réticence des Etats-Unis à voter pour sa reconduction, approuvée par 144 voix contre 10."Indignation morale"
Dès le vote vendredi, la Mission de la France auprès des Nations unies à Genève a réagi sur X : "Les Etats-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus", a-t-elle posté, s'attirant ainsi les foudres de la délégation américaine.
Mike Waltz, l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, a répliqué dans...
-
28/07 - "Certains ont peur des représailles" : comment sortir d’une relation professionnelle toxique
Parfois de bonnes relations professionnelles peuvent se dégrader subitement au premier désaccord ou face à une difficulté. D'autres fois, dès les premiers échanges, on sent que l'on a affaire à un collègue ou à un manager "toxique". Comment s’en prémunir ? "Attention, le concept de manager toxique n’est ni médical ni légal", prévient Anaïs Roux, directrice scientifique de Teale (plateforme de prévention en santé mentale) et psychologue du travail. "Une relation toxique ne relève pas du pénal, sauf lorsqu'elle s'accompagne de faits de discrimination ou de harcèlement moral ou sexuel", précise Elise Chaumon, directrice générale associée d’Egidio (cabinet de conseil en prévention des risques) et psychologue experte judiciaire. Remettre le travail au coeur de la relation
Dans les situations les plus graves, qui dépassent le cadre d'une simple relation dysfonctionnelle, des signalements doivent être effectués auprès des ressources humaines, de la direction, des représentants du personnel, de l'inspection du travail ou de la médecine du travail. Une enquête menée par un expert extérieur peut alors s'imposer, l'employeur étant tenu d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés.
Hormis ces cas extrêmes, tout collaborateur peut être confronté à une relation toxique susceptible de provoquer un profond mal-être. "Il faut agir pour que le travail redevienne le centre de la préoccupation professionnelle du salarié", insiste Elise Chaumon. Reste une question : est-il vraiment...
-
28/07 - Multiplication des incendies : "Il n’y a pas assez de pompiers en France pour faire face"
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, l'affirme : les moyens affectés à la lutte contre les incendies ont augmenté au cours des dernières années et la France sait gérer les crises. Le secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France, Bruno Ménard, tire pourtant la sonnette d'alarme. Selon lui, la France aurait besoin de deux fois plus de pompiers volontaires supplémentaires pour faire face à la multiplication des feux et respecter les directives européennes sur le temps de travail. Entretien.
L'Express : La France compte environ 50 000 professionnels et environ 200 000 bénévoles. Mais selon vous, il en faudrait le double. Comment parvenez-vous à ce chiffre ?
Bruno Ménard : Il suffit de regarder ce qui se passe sur le terrain. Les interventions sont plus nombreuses et plus exigeantes qu'avant. Par ailleurs, la réglementation a changé. La reconnaissance du statut de travailleur pour le sapeur-pompier volontaire par un arrêt du Conseil d'État du 9 juillet dernier change la donne. Un pompier volontaire qui intervient de nuit entre deux journées de travail prend un désormais un vrai risque le lendemain matin — celui d'être écarté par son employeur. Je m’explique : un employeur qui constate qu’un de ses employés n'est pas en condition de travailler endosse une responsabilité pénale en cas de problème. Lorsque son employé arrive au bureau un matin après une nuit passé à lutter contre un incendie, il peut très bien lui dire de rentrer chez lui pour...
-
28/07 - "Nous n’avons pas le choix" : en 1975, les accords d’Helsinki vus par Jean-François Revel
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 4 août 1975
Rien n'est plus fantaisiste et fallacieux que d'assimiler, selon le cliché devenu brusquement à la mode, l'actuelle conférence d'Helsinki au Congrès de Vienne de 1815.
A juger, sur cet exemple, la compréhension du passé chez les hommes d'Etat et les diplomates, on peut concevoir quelques alarmes sur leur intelligence de l'avenir. La substance de l'Histoire est-elle faite de relations publiques, et la salle des banquets compte-t-elle plus que la salle de conférence ? En 1815, la France était écrasée et occupée. L'argument clé de Talleyrand fut la légitimité dynastique : les alliés, plaida-t-il, avaient expulsé l'Usurpateur pour restaurer les Bourbons dans leurs droits, non pour châtier les Français.
J'ai beau chercher, je ne vois pas la plus petite ressemblance, ni dans l'objet de la négociation ni dans la position du négociateur (fort heureusement pour lui et pour nous) entre la mission de M. Valéry Giscard d'Estaing en 1975 et celle de Talleyrand en 1815, bien que le chef de l'Etat ait tenu à emporter en Finlande des livres sur le ministre de Louis XVIII. Les esprits chagrins, en revanche, inclinent à rapprocher la conférence d'Helsinki d'une autre conférence internationale, plus récente, celle qui aboutit, en 1928, au Pacte Briand-Kellog, par lequel 64 pays s'engageaient solennellement à renoncer à la guerre.
Sur quoi les adversaires d'Helsinki fondent-ils leur pessimisme ? Selon eux, les...
-
28/07 - Contre la Chine, l’Europe doit oser la guerre commerciale
Comment stopper le rouleau compresseur chinois, sans se faire écraser par lui ? C’est le dilemme de l’année pour l’Union européenne. L’enjeu est la survie de ce qu’il lui reste d’industrie. En expansion constante, le déficit commercial avec Pékin a atteint au mois de juin le record historique de 1,1 milliard d’euros par jour. Les experts de la Commission anticipent avec angoisse un trou quotidien de 1,5 milliard d’euros d’ici la fin de l’année. C’est insoutenable.
Les Cassandre avaient raison : les exportateurs chinois, dont l’accès au marché américain est entravé, déversent massivement leurs produits en Europe, dernier grand marché à haut pouvoir d’achat qui leur est encore ouvert. L’UE est un titan économique qui souffre d’un déclin relatif. La Chine, elle, poursuit son essor, même si le rythme se ralentit. Selon les lois de l’historien grec de l’Antiquité Thucydide, la puissance montante et la déclinante sont condamnées à s’affronter.
En l’occurrence, la guerre qui couve est commerciale et elle risque d’être dévastatrice. Les produits industriels et technologiques chinois, de plus en plus haut de gamme mais toujours aussi compétitifs, mettent en péril le cœur industriel de l’Union. On le voit dans les voitures électriques et les robots aujourd’hui, demain dans la pharmacie, la chimie, l’aéronautique ou le luxe. Au mois de mai, pour la première fois, une voiture neuve sur dix vendues en Europe, toutes catégories confondues, était de marque chinoise. Elément plus...
-
28/07 - Incendies en Gironde : le RN bientôt rattrapé par la question climatique ?
Au Rassemblement national comme ailleurs, on a ses thématiques de prédilection. La question écologique n’en fait pas partie. Au cours de l’année écoulée, la plupart des cadres assumaient de ne pas faire de ce sujet l’un des thèmes principaux de la campagne présidentielle à venir. "L’élection portera sur nos thématiques : l’immigration, la sécurité et le pouvoir d’achat.", assurait un député RN. Du réchauffement climatique et de ses conséquences, il n’était pas question. Les incendies qui ravagent actuellement la Gironde rebattent les cartes et imposent, en ce début d’été, l'enjeu climatique au cœur des débats. Marine Le Pen, pour l’heure, s’est fendue d’une réaction sur son compte X, se désolant des "images terribles des incendies qui ravagent la Gironde et les Landes [et] saisissent d’effroi tous les Français", et assurant de son soutien les familles touchées par ces événements.
Pas un mot toutefois sur le changement climatique et ses répercussions, ou une ébauche de propositions pour s’emparer du sujet. Dans son programme de 2022, le RN proposait un livret thématique sur la question écologique de 18 pages - contre 46 pour celui traitant du contrôle de l’immigration -, qui déclinait les onze mesures portées par le parti. Parmi celles-ci : proposer de nouvelles étapes de l’aménagement du territoire pour "réveiller la vie en zone rurale" selon le concept de "démétropolisation" cher au parti lepéniste ; assurer "la sécurité écologique de la France" à travers "son autonomie...
-
28/07 - Antoine Vermorel-Marques, le plus écolo des LR : "Nos électeurs sont en avance sur nous"
Malaise à tribord. La maison brûle - littéralement - et la famille politique de Jacques Chirac, l'auteur de cette formule restée dans les annales, semble comme désemparée à force d'avoir regardé ailleurs. Sur les réseaux sociaux, dans la presse, les réactions à droite se font timides. On feint un peu moins qu'à l'habitude l'indignation, comme si chacun sentait venir l’inévitable invitation à faire profil bas ; mais on tient son rang : la clé résiderait dans l’adaptation. Et si on commandait un bombardier d’eau "souverain", suggère le premier ? Et pourquoi pas un "Canadair européen", abonde le deuxième ? Le vrai problème, c'est le manque de moyens, renchérit le troisième. Faire amende honorable, en revanche, ça non, au grand désarroi d'Antoine Vermorel-Marques, Cassandre esseulée au sein d'un camp qui continue de faire l'autruche.
Auteur d'un ouvrage à paraître en novembre (en pleine COP31), ce fils d'éleveur laitier plaide depuis son élection en juin 2022 à l'Assemblée pour que la droite "redevienne" écolo ; ce qu'elle a, selon lui, toujours été - du moins, jusqu'à un certain temps. Entretien.
L'Express : Comment jugez-vous la réponse de l'exécutif à la crise que la France vit depuis plusieurs jours ?
Antoine Vermorel-Marques : 220 000 personnes ont été évacuées sans hécatombe, ce qui est une prouesse opérationnelle. Mais nous vivons aussi un moment de bascule. Quand dans la même année, vous avez 115 000 hectares qui partent en fumée avec 13 000 départs de feu, ce...
-
28/07 - Alireza Akbari, le ministre iranien qui espionnait pour le MI6
Deux frères discutent dans un jardin de Téhéran, un après-midi d'août 2006. L'aîné, Mehdi, rêve tout haut d'un cabinet de conseil en famille sur le pétrole et le gaz. Alireza décline. Il est "extrêmement occupé", explique-t-il, lui tendant la carte d'une entreprise du secteur de l'énergie basée en Autriche. Cette occupation va bien plus loin que ce qu'imagine son aîné. Son employeur n'est probablement pas autrichien, mais anglais : le MI6.
La scène, racontée par son frère au New York Times, tranche avec l'image que renvoie alors Alireza Akbari. De l'extérieur, il est l'un des cadres les plus dévoués du régime iranien. Pieux, décrit comme fanatique des mollahs par sa propre famille, il est décoré commandant de la Garde révolutionnaire après la guerre d'Irak. Il devient même vice-ministre de la Défense, et conseille plusieurs responsables, dont Ali Shamkani, futur secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Proche aussi de Mohsen Fakhrizadeh, le physicien du nucléaire iranien, Akbari a tellement la confiance du régime qu'il a été chargé, en 2004, de faire le tour des ambassades occidentales, chinoises et russes, pour rassurer sur les intentions nucléaires de Téhéran. Entre Londres et Téhéran, une relation historique
Est-il alors approché par les espions de sa Majesté ? Sa motivation reste inconnue (argent, sécurité familiale, conviction ?), mais son recrutement témoigne de la profondeur des réseaux du MI6 en Iran. "Les Anglais bénéficient de leur relation...
-
27/07 - Espagne : comment l’armée aide à lutter contre les incendies depuis plus de vingt ans
Face à l’ampleur des incendies qui font rage aux quatre coins de l'Hexagone, la France a franchi un cap inédit. Samedi 25 juillet, un avion militaire A400M, pouvant larguer jusqu'à 20 000 litres de produit retardant, a été engagé en Gironde pour appuyer les opérations de lutte contre les feux de forêt. Et Emmanuel Macron a déjà annoncé la mobilisation de 1 500 militaires, toujours dans le Sud Ouest, ainsi que du service de santé des armées.
S'il s'agit là d'une première pour les autorités françaises, le recours aux moyens militaires s'est démocratisé depuis plus de vingt ans en Espagne. De l’autre côté des Pyrénées, les forces armées sont devenues un acteur incontournable de la gestion des catastrophes naturelles. Et sont sur le pont en ce moment même, alors que la région de Madrid fait face aux pires feux jamais enregistrés dans son histoire, et que le pays a déclaré l'état d'urgence national. 3 500 soldats dédiés depuis 2005
Créée en 2005, après la mort de onze pompiers en service, l'Unité militaire d’urgence (UME) intervient régulièrement aux côtés des pompiers. Composée de 3 500 soldats issus de l'armée de terre, de l'air et de la marine, elle est mobilisable à tout moment, et intervient notamment lors d'incendies (qui comptent pour les trois quarts de ses missions), mais aussi en cas d'inondations, de tempêtes ou encore de séismes.
Mise en place sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, cette unité a essuyé de nombreuses critiques lors de sa...
-
27/07 - "Les intellectuels français sont devenus marginaux" : la charge de l’historien américain Robert Zaretsky
On préfère prévenir : son point de vue, d’abord publié dans les colonnes du magazine américain Foreign Policy, devrait hérisser certains de nos intellectuels les plus en vue. Pour cause : selon Robert Zaretsky, professeur d’histoire au sein du Honors College de l’université de Houston, l’âge d’or des intellectuels français serait révolu. Ce fin connaisseur de l’histoire de la pensée européenne analyse les raisons de ce déclin, de l’entre-deux-guerres à l’avènement de la télévision, en passant par la chute du mur de Berlin. En filigrane, Robert Zaretsky revient sur certains des moments fondateurs de la vie intellectuelle de notre pays, de l’affaire Calas à Dreyfus. Une époque, dit-il, où "une poignée d’individus pouvait véritablement influencer la politique. Ce qui serait difficile à imaginer aujourd’hui". Avec un groupe emblématique, selon lui, de ce basculement de la "cérébralité à la célébrité" : celui des "nouveaux philosophes", comme André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. Entretien.
L'Express : Selon vous, l’âge d’or des intellectuels français est révolu. Cela ne va pas plaire à nos penseurs… Pourquoi ce diagnostic ?
Robert Zaretsky : Il faut d’abord rappeler ce que représentaient traditionnellement les intellectuels français et à quel point ils ont façonné l'histoire depuis le XVIIIe siècle. À l'époque, des penseurs comme Voltaire occupaient une place prépondérante dans la société française. Je dis "société" à dessein, car en défendant des causes comme la...
-
27/07 - Crise diplomatique entre le Brésil et l’Argentine après des propos de Javier Milei contre Lula
Brasilia en colère contre Javier Milei. Le Brésil a pris la décision de rappeler son ambassadeur à Buenos Aires "pour consultation" ce week-end après des "propos offensants" tenus par le président argentin, visant les dirigeants et le système judiciaire brésilien, à l'occasion de son deuxième déplacement dans le pays. Le président Milei "a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne", a déclaré une source proche du dossier à l'agence Reuters.
Le chef d'État argentin est arrivé vendredi au Brésil afin d'apporter son soutien à la candidature du sénateur Flavio Bolsonaro à l'élection présidentielle, qui aura lieu en octobre prochain. Le fils aîné de l'ancien président réactionnaire Jair Bolsonaro, proche de l'administration Trump, a officiellement annoncé samedi sa candidature pour détrôner le président actuel Luiz Inacio Lula da Silva, qui ne cesse de creuser son avance dans les sondages à l'approche du scrutin.Un "risque Lula"
S'exprimant aux côtés de Flavio Bolsonaro lors d'un meeting à Sao Paulo, Javier Milei a déclaré samedi que le gouvernement brésilien était composé de "socialistes voleurs", avant de présenter le candidat conservateur brésilien comme le seul à pouvoir "arrêter Lula". Dans son discours, Javier Milei a également traité son homologue brésilien de "délinquant", l'accusant d'avoir tenté de lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023. "J'avais un voisin qui s'immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser...
-
27/07 - Collège du renseignement en Europe : bienvenue dans l’Erasmus des espions
Il est installé au cœur de Paris, dans l’imposante enceinte de l’Ecole militaire. Le Collège du renseignement en Europe voit défiler depuis 2019 des agents du renseignement, officiers et fonctionnaires européens amenés à prendre des responsabilités et à devenir, pour certains d’entre eux, maître espions dans leur pays.
Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a un projet pour les services secrets de toute l'Europe : les initier aux joies du réseautage en les faisant sortir de leurs cénacles habituels, dont le très prestigieux mais tout aussi discret club de Berne, un séminaire semestriel entre dirigeants du renseignement. "L’initiative est partie d’un constat : la coopération en matière de renseignement au niveau de l’Union européenne était largement au point mort, en raison de contraintes juridiques et de préoccupations sécuritaires exprimées par plusieurs Etats membres. Il fallait que les services se parlent davantage", explique Artur Gruszczak, chercheur à l’Université Jagellonne de Cracovie et premier universitaire à dresser le bilan de l’initiative élyséenne, en avril. "Ce qui manque le plus à l’Europe aujourd'hui, cette Europe de la défense, c’est une culture stratégique commune", lançait Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 dans son discours de la Sorbonne, pour annoncer le lancement à venir du Collège.L'Irlande et la Pologne hors jeu
Sur les bancs de l’établissement, le programme d’une vingtaine de cours porte aussi bien sur les spécificités de...
-
27/07 - La Russie se préparerait à accueillir 30 000 soldats nord-coréens de plus
Après les obus et les missiles, la Corée du Nord pourrait envoyer à la Russie 30 000 soldats supplémentaires. Volodymyr Zelensky a affirmé samedi 25 juillet que des installations étaient aménagées depuis juin dans la région de Voronej, frontalière de l'Ukraine, afin de recevoir ce contingent. Pyongyang prévoirait aussi de livrer des lanceurs supplémentaires pour missiles balistiques. Le chiffre n'a été confirmé ni par Moscou ni par la Corée du Nord, mais Oh Gyeong-seob, chercheur au Korea Institute for National Unification, juge l'hypothèse "tout à fait plausible" auprès du South China Morning Post, média basé à Hong Kong.
Le précédent, lui, existe déjà : à partir de la fin de 2024, environ 12 000 à 14 000 soldats nord-coréens ont été envoyés en Russie, principalement dans la région de Koursk. Pyongyang a reconnu ce déploiement en avril dernier. Selon les autorités sud-coréennes, près de 2 000 Nord-Coréens ont été tués ; deux ont été capturés vivants. Une première expérience suffisamment coûteuse pour être remarquée, mais pas assez, semble-t-il, pour arrêter les échanges.Des effectifs sans nouvelle mobilisation
Pour Moscou, l'intérêt tient en une phrase : 30 000 Nord-Coréens, ce sont 30 000 Russes qu'il n'est pas nécessaire de rappeler sous les drapeaux. Après plus de quatre ans de guerre, le Kremlin doit renouveler ses effectifs sans provoquer le mécontentement qu'entraînerait une nouvelle mobilisation. Celle de septembre 2022 avait poussé des centaines de milliers de...
-
27/07 - Nicolas Sarkozy : le drapeau bleu-blanc-rouge qui bouscula la campagne de 2007
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
EPISODE 2 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
Cachez ce drapeau français que je ne saurais voir. En 2007, cette pièce d'étoffe est la botte secrète des candidats à l'élection présidentielle. Quoi de plus naturel dans un tel scrutin ? Mais l'emblème national prend dans cette campagne une charge symbolique inédite, presque transgressive, cinq ans après l'accession au second tour de Jean-Marie Le Pen. Le 23 mars, Ségolène Royal appelle les Français à "avoir chez eux le drapeau tricolore" pour matérialiser leur attachement à leur patrie. Certains socialistes, prompts à dénicher des traces coupables de nationalisme derrière le patriotisme, toussent. La candidate assume afin de ne pas laisser le monopole de la nation à son rival.
Ce drapeau,...
-
27/07 - Incendies : comment fonctionne la solidarité européenne contre les feux de forêt
La France et l’Espagne sont aidées par leurs partenaires européens pour lutter contre les incendies monstres qui ravagent les environs de Bordeaux et de Madrid. Le "Mécanisme de protection civile" de l’Union européenne, à travers un centre de coordination de la réaction d’urgence installé à Bruxelles, permet d’apporter une réponse collective à la demande d’un Etat membre, lequel reste seul responsable de la gestion de la catastrophe qui le frappe. Cependant, devant l’ampleur des feux ces jours-ci, le dispositif se heurte à ses limites. "Le système est sous pression, mais il marche", confiait lundi un haut fonctionnaire de la Commission européenne impliqué dans la gestion des crises.
En France, l’UE a déployé sept avions de lutte contre les incendies et quatre hélicoptères fournis par sept pays, le Portugal, l’Allemagne, la Suède, la Croatie, la République tchèque, la Slovaquie et… la Turquie. Car outre les 27 Etats membres, dix pays européens non communautaires se sont associés au Mécanisme de protection civile, même s’il reste géré par l’Union. En Espagne, l’UE a mobilisé six avions venus de Grèce, d’Italie et de Turquie, et déployé trois équipes au sol de pompiers venus du Portugal, avec 41 véhicules et 134 personnels. Le système européen de satellites Copernicus permet en outre de fournir des cartes de la progression des feux en temps réel afin de guider les équipes de pompiers. Et un fonctionnaire de la Commission a été détaché à Bordeaux depuis vendredi pour aider à...
-
27/07 - Incendie en Gironde : le feu "stabilisé" mais toujours pas fixé
Le feu qui sévit actuellement en Gironde est stabilisé mais pas encore fixé, après avoir déjà parcouru plus de 40 000 hectares, a déclaré ce lundi 27 juillet le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "40 000 hectares, c'est beaucoup plus que le nombre d'hectares qui avait été brûlé lors des incendies sur cette même zone en 2022 où on était à 22 000 hectares", a-t-il souligné à l'issue d'un conseil des ministres présidé par Emmanuel Macron. "Tant que le feu n’est pas fixé, la situation est défavorable", a ajouté le locataire de la place Beauvau, avertissant que l'incendie pouvait "repartir à tout moment".
Avant le conseil des ministres, Emmanuel Macron a présidé ce lundi matin une nouvelle réunion de crise sur le sujet. Le président est attendu ce lundi en Gironde où il ira "à la rencontre des forces mobilisées afin de leur adresser le soutien de la Nation ainsi que des élus pour les remercier de leur engagement de chaque instant", a indiqué l'Elysée.Combien y a-t-il de pompiers en France ?Le maire de Bordeaux se prépare à tous les scénarios
Le sinistre a déjà conduit à l'évacuation de près de 220 000 personnes. A Bordeaux, où le feu se rapproche de la ville, le maire Thomas Cazenave a dit se préparer à tous les scénarios. "De ce que j'en sais, c'est que [l'incendie] s'est stabilisé cette nuit, à la faveur d'ailleurs d'un taux d'humidité qui remontait, mais d'un autre côté moi je reste toujours très prudent", a-t-il dit lors d'un point presse. "C'est très difficile à...
-
27/07 - Face à un stock déclinant de missiles, Donald Trump contraint de freiner son offensive contre l’Iran
Après près de deux semaines de bombardements américains et iraniens - malgré un accord de paix signé à la mi-juin - les affrontements sur fond de lutte pour le contrôle du détroit d'Ormuz ont finalement cessé ce week-end. En cause, du côté de Washington : la crainte d'épuiser les stocks de missiles, déjà maigres, selon les informations croisées de la presse américaine.
Car si, ce mercredi 22 juillet, Donald Trump avait promis que "les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés à proximité ou à l'intérieur de la capitale, Téhéran" à chaque fois que l'Iran frapperait "un navire dans le détroit d'Ormuz", son entourage l'a alerté sur les capacités matérielles de l'armée américaine. Selon le New York Times, l'arrêt des affrontements serait donc directement lié à une réunion de crise tenue ce vendredi, en présence des principaux conseillers du président ainsi que son administration. Au cœur des discussions : l'inventaire déclinant de missiles intercepteurs Patriot et des autres systèmes de défense antiaérienne américains dans la région. Les stocks de missiles au cœur des débats
Tout au long de ce conflit, les troupes américaines ont puisé dans les réserves de ces armes très coûteuses. Le quotidien américain précise qu'au total, plus de 1 200 intercepteurs Patriot, à plus de 4 millions de dollars l'unité, ont déjà été utilisés depuis le début du conflit. En privé, le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, aurait à...
-
27/07 - Tensions en mer Caspienne : pourquoi l’Ukraine a tiré sur un navire iranien
Voilà plusieurs mois déjà que l'Ukraine accuse la Russie de fournir une aide militaire à l'Iran. Mais ce week-end, c'est une nouvelle étape qui vient d'être franchie : Kiev a tiré sur un navire iranien en mer Caspienne, qui transportait selon elle des composants russes destinés à des drones et des missiles en direction de la République islamique. Téhéran a rapidement démenti, affirmant que la cible n'était qu'un simple navire commercial, et a convoqué le chargé d'affaires ukrainien dans le pays pour lui notifier une protestation officielle. Les autorités iraniennes, qui font état d'un mort et de plusieurs blessés, ont également averti que l'incident ne resterait pas sans réponse.L'Ukraine s'impose sur un nouveau front
Ces frappes marquent l'implication de l'Ukraine sur un nouveau front, et rappellent une fois de plus combien les deux guerres - en Ukraine et en Iran - sont liées. Dans un message publié sur X samedi, Volodymyr Zelensky a tiré la sonnette d'alarme : depuis le début du mois de juillet, des satellites russes surveilleraient activement les pays du Golfe ainsi que les installations militaires américaines dans la région, avant de transmettre les images recueillies à l’Iran, a-t-il affirmé.
I will instruct our intelligence to share with our partners the information we have regarding Russia’s new assistance to the Iranian regime. Since the beginning of July, we have recorded active Russian satellite surveillance of the Gulf states and U.S. military facilities...
-
27/07 - Au quartier général de l’Otan, une stagiaire arrêtée pour espionnage présumé
Une stagiaire, un quartier général militaire et un pays tiers resté anonyme : l'Otan tient sa nouvelle affaire d'espionnage. En Belgique, une ressortissante canadienne d'origine chinoise travaillant au SHAPE (le Quartier général suprême des puissances alliées en Europe), le principal centre de commandement militaire de l'Otan, a été placée sous mandat d’arrêt vendredi 24 juillet. Elle est soupçonnée d'espionnage au profit d'un pays tiers et de participation à une organisation criminelle.
L'affaire ne vient pas d'un renseignement transmis de l'extérieur, mais des services de sécurité du SHAPE eux-mêmes. Selon le parquet fédéral belge, ceux-ci ont repéré la stagiaire puis signalé les faits au Service général de renseignement et de la sécurité, le SGRS. Le dossier a ensuite été confié à la police judiciaire fédérale de Charleroi, sous la direction d'une juge d'instruction du tribunal de première instance du Hainaut. Enjeux internationaux
Jeudi 23 juillet, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile de la suspecte ainsi que son lieu de travail, à l'intérieur du SHAPE. L'unité des crimes informatiques et les services de police scientifique de Charleroi et de Mons ont participé à l'opération, notamment pour saisir et examiner d'éventuels éléments numériques et matériels. Le lendemain, la juge d'instruction a ordonné son placement en détention pour espionnage présumé et participation à une organisation criminelle.
Le lieu donne clairement à l'affaire une dimension...
-
27/07 - Lutte contre les "infox" : cette absurde théorie du complot, par Gérald Bronner
Le 8 juillet, à la suite d'une commission d'enquête, le Sénat a adopté à l’unanimité un rapport intitulé "Les zones grises de l’information. Mieux réguler pour protéger la démocratie". Lors de sa présentation à la presse le lendemain, Laurent Lafon, l’un des rapporteurs, a appelé à "lutter contre les ingérences intérieures". Je suppose qu’il s’agissait de faire un parallèle avec les "ingérences étrangères" mais reconnaissons que la formule était malheureuse dans la mesure où elle a donné le sentiment qu’un contrôle autoritaire pourrait s’exercer sur les oppositions politiques. Je suis d’autant plus à l’aise pour la trouver gênante que j’ai, à plusieurs reprises, exprimé mes réticences à toute loi sur les infox. Je l’ai fait, y compris dans le document écrit par les 14 experts de la commission que j’ai présidée à la demande du président de la République, à propos des perturbations de la vie démocratique par les mondes numériques.
Ceci étant, la présentation du rapport sénatorial a donné lieu à un déferlement dans des médias comme CNews ou le JDD – qui en fit sa Une – qui mérite réflexion. Leur rhétorique face à tout projet de régulation des réseaux sociaux fait penser à celle dont use Donald Trump. Sans surprise car, lors de son élection, ces mêmes médias l’applaudirent, tout en reprenant en chœur les mantras sur la "liberté d’expression". Depuis, nous avons appris que cette défense était très relative dans la mesure où elle ne valait que pour Trump et ses soutiens.
Pas...
-
27/07 - Inflation : pourquoi le boom exponentiel de l’IA risque d’être le futur casse-tête du budget 2027
Difficile de naviguer en plein brouillard économique. Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 23 juillet, de ne pas augmenter ses taux directeurs malgré le regain de tensions au Moyen-Orient. D'un côté, l'inflation dans la zone euro a reflué à 2,8 % en juin, après un pic à 3,2 % le mois précédent. De l'autre, le baril de pétrole a de nouveau franchi la barre des 100 dollars après les attaques des Houthis en mer Rouge et alors que des menaces pèsent désormais sur le détroit de Bab al-Mandab, au Yémen, où l'Arabie saoudite avait redirigé une partie de sa production d'or noir.
Si la décision s'est avérée unanime à l'issue des discussions, elle n'a pas empêché le débat. Certains membres ont exprimé l'idée que la BCE pourrait poursuivre sa politique haussière entamée en juin, sans attendre la prochaine réunion de septembre. "Leur argument était simple : si une hausse est prévue en septembre, pourquoi ne pas l'appliquer dès juillet ? Mais justement, rien ne garantit qu'elle interviendra en septembre. La situation peut évoluer d'ici là, et c'est tout l'enjeu", raconte un participant.
Avec des indicateurs économiques instables et des effets de second tour sur l'inflation qui se font encore attendre, le statu quo monétaire apparaît comme la meilleure des options. A la rentrée, le principal organe de décision de l'institution européenne regardera forcément le niveau des prix des carburants, le moteur principal du retour de l'inflation...
-
27/07 - France - Allemagne : il est urgent de purger la relation de son immaturité émotionnelle, par Jérémie Gallon
Chaque soubresaut des grands projets industriels franco-allemands, à l’instar de l’échec du Système de combat aérien du futur, suscite à Paris et à Berlin le même réflexe : le blâme est invariablement jeté sur la mésentente, réelle ou supposée, entre le président de la République et le chancelier allemand. Cette grille de lecture est aussi erronée que réductrice. Elle repose sur l’illusion romantique que la relation la plus structurante du continent européen dépendrait des affinités électives de deux individus. Or, c’est faire fi des leçons de l'Histoire et condamner l’axe franco-allemand à une dangereuse intermittence stratégique.
Certes, l’alchimie personnelle a parfois agi comme un accélérateur de l’histoire. L’image d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, main dans la main à Verdun en 1984, ou la complicité intellectuelle entre Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, ont gravé la dimension symbolique du tandem. Mais la génération des hommes, qui avait éprouvé la guerre dans leur chair, savait que la réconciliation est une affaire d'institutions et de structures qui dépasse les égos de deux êtres. Quels qu’aient été les différends doctrinaux profonds entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer sur l’Otan, ou entre Georges Pompidou et Willy Brandt sur l’Ostpolitik, ces hommes d’État comprenaient que le tête-à-tête franco-allemand exige des racines plus profondes que le destin transitoire de ses dirigeants.
Or, depuis le début des années 1990, le tissu qui...
-
27/07 - Bouchehr, la centrale nucléaire qui traverse toutes les crises de l’Iran
Le 28 février dernier, alors que les premières bombes américaines et israéliennes frappent le sol iranien, les enfants russes des employés de la centrale nucléaire de Bouchehr sont les premiers de la liste à être évacués. Donald Trump et Benyamin Netanyahou viennent d’annoncer le lancement d’opérations militaires de grande envergure contre la République islamique d’Iran. Une partie du personnel "non essentiel" de ce site - dont le chantier a été achevé par Rosatom en 1995 - est rapatriée d’urgence en Russie. Parmi les 200 scientifiques russes sur place, certains ignorent encore qu’ils ne reverront pas leurs familles avant plusieurs mois…
Le cessez-le-feu, signé le 17 juin entre Américains et Iraniens, leur avait pourtant laissé un espoir. Mais trois semaines plus tard, les frappes menées par le Pentagone ont repris avec autant de vigueur qu’en février - des infrastructures civiles ont été visées - et Téhéran rend coup pour coup en visant les alliés américains dans le Golfe. Les installations nucléaires en Iran
Bouchehr, ancienne cité portuaire située sur les rives du golfe arabo-persique, n’est pas épargnée. Le 17 mars, un engin tombe à seulement 75 mètres de la centrale nucléaire, sans faire de dommage sur le réacteur de 1 000 mégawatts. Le 4 avril, un agent de sécurité est tué par un nouveau projectile. "Des rapports font état de tourelles antiaériennes dans la zone. Il est possible que les Etats-Unis frappent cette zone pour neutraliser la défense iranienne. Il y a...
-
27/07 - "Tomber en faillite, ce n’était pas possible" : la transformation d’Orpea racontée par son patron
Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique, ou une figure de la société civile. Pour ce premier épisode, Laurent Guillot, le directeur général d'Emeis – ex-Orpea – arrivé à la tête de l'entreprise en juillet 2022, nous raconte ses premiers pas, en plein cœur de la tempête.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Remontons au le 1er juillet 2022. C'est officiellement votre premier jour dans l'entreprise. Vous arrivez au siège à La Défense et vous décidez ce jour-là de réunir tous les salariés de l'entreprise - au moins ceux qui restent - en visio. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Laurent Guillot : Evidemment, nous avons parlé soins, éthique et santé au travail. Mais je leur ai surtout dit que je ne leur demandais pas de me faire confiance, que c'était prématuré. Mais que nous allions faire un bout de chemin ensemble et qu'au fil du temps, ils découvriraient que les actions prises sont conformes aux engagements.
Le contexte de défiance, on vient de le dire, est énorme à ce moment-là. Comment avez-vous fait aussi pour reconstituer des équipes alors qu'à cette époque-là, personne n'a très envie d'aller travailler chez Orpea ?
Vous n'avez pas totalement raison. Comme...
-
26/07 - Bordeaux : l’incendie en Gironde continue de se rapprocher de la ville, l’évacuation "pas à l’ordre du jour"
L'incendie qui sévit en Gironde continue de se propager ce dimanche 26 juillet, après avoir déjà conduit à l'évacuation de 220 000 personnes depuis mercredi et brûlé 42 000 hectares, a déclaré la préfecture dans un nouveau point de situation. "La situation demeure très défavorable", a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur son compte X en milieu de matinée.
Le feu est "redevenu extrêmement virulent”, "créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise”, précise-t-il. Le feu est désormais signalé à une quinzaine de kilomètres des points d'entrée de l'agglomération. Dans cinq communes de Bordeaux, de nouvelles évacuations ont été ordonnées pour 55 000 personnes dans la nuit par la préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine. Pas d’évacuation prévue à Bordeaux
"On est en état de vigilance plus qu'en état d'urgence", a déclaré le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave sur BFM TV dimanche. "On se prépare à toutes les éventualités", a-t-il ajouté, précisant que "nous ne préparons pas l'évacuation de Bordeaux, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Inutile d'affoler les populations".
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a affirmé que "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" de la population dans leurs villages. "Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter”. Quelque 2 500 sapeurs pompiers sont mobilisés dans le département ainsi que 1 500 militaires et près de 1 200 policiers et...
-
26/07 - "Il m’épargne" : Jean-Luc Mélenchon et Matthieu Pigasse, les coulisses d’une étrange amitié
Jean-Luc Mélenchon a-t-il une dette envers Matthieu Pigasse ? Non, le millionnaire ne doit pas d’argent au multimillionnaire. L’insoumis, quadruple candidat à l’élection présidentielle, lui devrait plutôt une partie de sa mythologie, née à quelque 7 600 kilomètres de Paris. À Caracas, précisément. Le banquier d’affaires s’en est vanté auprès de plusieurs figures de gauche : lorsqu’il était au chevet du Venezuela, il a présenté Hugo Chavez à Jean-Luc Mélenchon. Publiquement, en revanche, il se refuse à tout commentaire sur le sujet, sans jamais le démentir… Dans le fond, Matthieu Pigasse aussi doit beaucoup à Jean-Luc Mélenchon. C’est lui, le premier politique, raconte-t-il, qui l’a convaincu d’acheter des médias. Après tout, l’ancien strauss-khanien, devenu président du groupe Combat, aurait-il eu son rond de serviette à la gauche de la gauche sans Radio Nova, station rouge carmin à l’essor fulgurant sous sa coupe ? Se serait-il autorisé à songer sérieusement, ainsi qu’il l’assure, à 2027 ? Le premier rêve de décrocher le premier rôle, l’autre de mourir sur scène : Pigasse-Mélenchon, drôle de théâtre.
C’est l’histoire d’une amitié improbable entre un "banquier de gauche", figure en vogue du capitalisme parisien, et un trotskiste qui jure d’abattre, un jour, la citadelle. Une curieuse relation, nouée au début des années 2000, quand le jeune énarque était alors conseiller du ministre Laurent Fabius, et l’ancien socialiste encore un fidèle ministre délégué de Lionel Jospin....
-
26/07 - "Vladimir Poutine pourrait risquer une escalade avec l’Europe dès à présent" : la mise en garde de Carlo Masala
Dans La guerre d'après, Carlo Masala imaginait en 2028 une attaque russe sur Narva, en Estonie. L'analyste militaire, en poste au centre de réflexion de la Bundeswehr, l'armée allemande, y explorait la possibilité d'une nouvelle aventure russe, avec cette fois le but de tester l'Otan. Une agression sèmerait-elle la panique en Europe ? Diviserait-elle l'Alliance ? Dans ce scénario, Moscou remporte une victoire stratégique majeure. Aujourd'hui, la Russie est bien plus en difficulté qu'au moment de la sortie de son essai, en juin 2025. Ralentissement économique, fragilités militaires, tensions intérieures… Le régime de Vladimir Poutine est affaibli. Il n'en reste pas moins dangereux pour les Européens. D'après Carlo Masala, l'éventualité d'une attaque russe sur le continent n'est toujours pas exclue - y compris avant 2029, horizon pourtant présenté par les stratèges militaires comme le plus probable.
L'Express : Votre livre est sorti il y a un peu plus d'un an. Changeriez-vous quelque chose au scénario de Narva ?
Carlo Masala : Les Estoniens, qui me détestent d'ailleurs, ont mal compris mes intentions. Narva peut correspondre au type de prétexte que saisiraient les Russes pour attaquer. Quand Moscou ou un autre pays fait quelque chose d'illégal au regard du droit international - comme l'invasion de l'Ukraine - il essaie toujours de trouver des arguments d'apparence légale. Par exemple : la protection d'une minorité ethnique, dépouillée de ses droits civiques, que la Russie...
-
26/07 - Meta est accusé d’avoir piraté des milliers de contenus pornographiques pour entraîner ses IA
Le géant américain des technologies Meta, propriétaire de Facebook, Instagram ou WhatsApp et fondé par Mark Zuckerberg, est accusé d’avoir utilisé le réseau BitTorrent pour télécharger massivement près de 3 000 vidéos pornographiques protégées par des droits d’auteur, dans le cadre présumé de ses travaux sur l’intelligence artificielle.
Ces accusations datent d’une plainte déposée à l’origine en juillet 2025 devant un tribunal fédéral californien par Strike 3 Holdings, la société mère du groupe de production de contenus pour adultes Vixen Media Group. Selon les informations du journal américain The Atlantic, qui a consulté les documents judiciaires et recueilli des éléments auprès des parties et d’experts en cybersécurité, Strike 3 affirme avoir identifié 2 973 vidéos protégées par copyright. Ces fichiers auraient été, selon Strike 3, téléchargés depuis 2018 via le protocole BitTorrent, depuis des adresses IP qu’elle attribue à Meta.
Dans sa plainte initiale il y a un an, l’entreprise de production pornographique accusait Meta d’avoir utilisé ces milliers de contenus pour alimenter ses modèles d’intelligence artificielle, notamment son générateur vidéo Movie Gen et ses modèles de langage Llama. Meta conteste depuis l’ensemble de ces accusations, les qualifiant d’"infondées". Au-delà du caractère spectaculaire des accusations, ce dossier soulève la question des pratiques de collecte de données utilisées par les entreprises d’IA pour entraîner leurs modèles et des limites...
-
26/07 - Un incroyable périple sur trois continents : comment la Pologne a sauvé son or des griffes d’Hitler
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?"
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse
Episode 3 > Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt1er septembre 1939, ouest de la Pologne
La petite ville de Wielun, près de la frontière allemande, se réveille sous les bombes des Stukas. Plus d'un millier de civils - les premières victimes de la Seconde Guerre mondiale - périssent dans l'attaque. Malgré leur courage, les forces polonaises ne font pas le poids face aux Panzerdivisionen qui déferlent au nord, à l'ouest et au sud du pays, épaulées par la Luftwaffe. Les blindés allemands progressent à toute...
-
26/07 - Roumanie : trois drones russes détruits en trois jours, la tension monte en mer Noire
Le président roumain, Nicusor Dan, a jugé dimanche "inadmissible et intolérable que la Russie continue de violer l'espace aérien de la Roumanie" après la destruction d'un drone par l'armée de l'air pour la troisième fois en trois jours. "De tels agissements sont inacceptables et nous les prenons très au sérieux, aux côtés de nos alliés", a déclaré le chef de l'Etat roumain dans un message sur X.
Le président roumain a déclaré que la Roumanie avait identifié le drone abattu vendredi comme étant de type Shahed couramment utilisé par les forces russes et que les enquêtes sur ceux abattus samedi et dimanche étaient en cours. Le ministère roumain de la Défense a précisé que le drone russe abattu dimanche avait été intercepté par le pilote roumain d'un F-16 au-dessus de la mer Noire, au nord-est de la ville côtière de Sulina. "La Roumanie continuera de défendre fermement sa souveraineté et son espace aérien, mais ces provocations doivent cesser", a déclaré le ministre roumain de la Défense, Radu Miruta, sur sa page Facebook.
Selon le ministère de la Défense, des drones russes ont pénétré sans autorisation dans l'espace aérien national à 33 reprises depuis le début de la guerre en Ukraine, en comptant l'intrusion de dimanche. La Roumanie n'avait détruit aucun drone jusqu'à vendredi, lorsqu'un pilote roumain est parvenu à en abattre un sans incident dans une zone inhabitée. Elle a désormais détruit trois drones en autant de jours.
"Ces interceptions surviennent alors que...
-
26/07 - Attaque à Berlin pendant la marche des fiertés : la piste d’un attentat islamiste privilégiée
Alors que des centaines de milliers de personnes prenaient part à la marche de fiertés LGBT+ berlinoise, samedi 25 juillet au soir, un homme au volant d'un véhicule type minivan a chargé les manifestants, près de la porte de Brandebourg. L'attaque a eu lieu autour de 22 heures, non pas au cœur des festivités et manifestations, mais dans le parc Tiergarten où des concerts se déroulaient depuis la veille, non loin de Christopher Street Day, l'une des plus importantes manifestations annuelles de la fierté LGBTQ+ en Europe. Une personne est décédée et 29 autres ont été blessées, dont huit grièvement. Le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, a affirmé dimanche que "tout ce que nous voyons ici indique que nous sommes confrontés à une attaque terroriste islamiste", la piste terroriste étant donc désormais privilégiée par les autorités.
Le maire conservateur de Berlin, Kai Wegner a dénoncé une "attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde". "Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit", a-t-il estimé après avoir lui-même participé au défilé. Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de l’Intérieur ont quant à eux assuré via leur porte-parole qu'ils s’engageront "avec une détermination particulière pour faire toute la lumière sur cet acte abominable et en assurer la sanction". Les organisateurs du Christopher Street Day ont, de leur côté, annoncé l'annulation du reste des...
-
26/07 - Féminin sacré : les vraies raisons d’un retour en force, par Mathilde Berger-Perrin
Festivals "Femmes sauvages" ou Women’s spirit, comptes Instagram à centaines de milliers d’abonnés, énorme succès du Sorcières de Mona Chollet, regain de l’astrologie : le féminin sacré, qu’est-ce donc ? Appelons-le un ensemble de pratiques qui célèbrent une sacralité propre au féminin. C’est un appel à la reconnexion des femmes avec leurs corps, leurs intuitions, voire des pouvoirs surnaturels. Le féminin sacré se trouve autant dans le yoga des hormones que la sorcellerie, en passant par l’astrologie ou l’écoféminisme. A rebours de l’éclairage scientifique, il préconise un retour à une nature féminine épanouissante, altérée par une société patriarcale et cartésienne.
Les femmes seraient-elles, comme le veut le stéréotype, plus enclines à l’irrationnel ? Dans son enquête de terrain Au cœur du féminin sacré (L’Observatoire, 2025), la journaliste Flore Cherry explique ce succès par la déception : face à la médecine, la religion, l’individualisme moderne et… le féminisme lui-même. Malgré le rôle de ChatGPT ou Doctissimo dans nos vies, bien des questions que se posent les femmes sur les femmes restent sans réponse : sur la sexualité, les cycles menstruels ou hormonaux, leur place face aux hommes ou à la nature.
C’est souvent par défiance ou dépit que certaines se détournent d’un système médical jugé "dominant". La médecine n’a que tardivement pris la mesure de ce qu’était le corps d’une femme, notamment quant à son plaisir. La première représentation exacte du clitoris...
-
26/07 - Pourquoi les aliments ultra-transformés nous rendent-ils malades ? Retour sur une controverse scientifique
Depuis quelques années, les preuves s’accumulent pour dire que consommer de la nourriture industrielle en grande quantité est une mauvaise idée. Les mélanges cuits et recuits, raffinés puis enrichis, séchés et texturés vendus par l’industrie agroalimentaire et que les experts désignent sous l’appellation "alimentation ultra-transformée", aggravent les risques de développer de nombreuses pathologies. Ceux qui en consomment à longueur de journée, faute de choix ou par plaisir, sont plus fréquemment victimes de maladies chroniques, comme l’obésité, le diabète, ou encore certaines maladies cardiovasculaires. C’est du moins le constat de nombreuses analyses systématiques comme ces études parapluies parues en 2024 dans les revues scientifiques BMJ, ou plus récemment Nutrition Reviews.
Oui, mais qu’est-ce qui pose problème exactement, dans ce type de régime ? Est-ce la présence de colorants, d’exhausteurs de goût ? Est-ce la vitesse à laquelle certains de ces produits sont assimilés dans l’organisme ? Faut-il chercher du côté de la quantité consommée, s'intéresser à leur caractère "addictif" qui nous pousse à en reprendre ? Ou bien ces plats sont-ils simplement trop gras, trop sucrés et trop salés ? A ce sujet, la littérature scientifique n’est pas encore très claire, d’autant qu’il est difficile d’isoler un de ces facteurs plutôt qu’un autre. Résultat, les chercheurs s’écharpent par lettres et publications interposées pour tenter de faire évoluer le débat et d'arriver à un...
-
26/07 - Vins : Provence, un vignoble pluriel
Coteaux-d'aix-en-provence, coteaux-varois-en-provence, Bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence, pierrevert et quelques Indication géographique protégée (IGP) couvrent environ un tiers de l’aire de production provençale (ci-dessous). Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français. Bandol (AOP)
En Provence, le mourvèdre a toujours appartenu au patrimoine ampélographique, mais c'est à Bandol qu’il a fixé son royaume. Accrochées sur les terrasses de pierre sèche qui dominent la Grande Bleue, les fameuses restanques, les vignes rôtissent le jour, mais sont revigorées la nuit par les embruns marins. Une précieuse alchimie qui permet au cépage ombrageux de livrer sa plus parfaite expression.
L'appellation, reconnue en 1941, s’étend sur huit communes et 1 600 hectares de la zone naturelle du bassin du Beausset. L’aire de production est ainsi enserrée dans un vaste amphithéâtre de montagne (Sainte-Baume et Mont Caume). Château de...
-
26/07 - Pologne : le parti conservateur PiS implose après l’exclusion de Mateusz Morawiecki
Le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), qui a dirigé la Pologne entre 2015 et 2023, s'est scindé en deux vendredi 24 juillet après une brouille interne. C’est l'exclusion de l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, ainsi que d'une trentaine de députés par le chef du parti, Jarosław Kaczyński, qui a provoqué l’implosion de cette structure politique.
Cette rupture fragilise le camp conservateur et compromet ses efforts pour renverser le Premier ministre pro-européen Donald Tusk lors des élections de l’année prochaine. Les nationalistes espéraient jusqu’ici capitaliser sur la victoire à la présidence de la République du très conservateur Karol Nawrocki, en mai 2025, pour préparer leur retour au pouvoir lors des législatives de 2027. Mais le PiS est en recul dans les sondages : crédité de 26 % des intentions de vote, il est désormais devancé par la Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk, à 32 %, selon l'agrégateur de sondages de Politico.Les conservateurs divisés par la tentation de l’extrême droite
L'ancien Premier ministre et figure forte du parti Mateusz Morawiecki avait créé Rozwoj Plus ("Développement Plus"), une association qu'il présentait comme un cercle de réflexion sur les politiques économiques et démographiques. Mais la direction du PiS y voyait une tentative de bâtir un courant autonome, voire un futur parti. Après avoir exigé que ses membres renoncent à cette formation et signent une déclaration de loyauté, le chef actuel du...
-
26/07 - De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve : pourquoi veulent-ils tous le retour du septennat ?
Combien de temps un président doit-il rester au pouvoir ? "Sept ans, évidemment !", répond le général de Gaulle à Alain Plantey, cheville ouvrière de la Constitution de la Ve République. La question se pose-t-elle réellement ? Après tout, chacun des chefs d'Etat élus depuis Mac-Mahon en 1873 l'ont été sous le régime du septennat, et puis il ne s'agit pas de tout changer non plus. La cinquième ne doit être qu'une quatrième corrigée de ses défauts, et la durée du mandat n'en constitue pas un. Du moins, à la fin des années cinquante ; car six décennies, l'élection au suffrage universel direct et un passage au quinquennat plus tard, elle en serait devenue un.
À l'approche de mai 2027, plusieurs candidats officiels et officieux estiment la durée actuelle du mandat présidentiel en décalage avec l'époque. Ce quinquennat autrefois "moderne", selon l'argument utilisé par Claude Chirac pour convaincre son père réticent, serait donc devenu ringard. De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve en passant par David Lisnard, Xavier Bertrand, ou encore Nicolas Dupont-Aignan, tous proposent de revenir à ce septennat qui bien avant la réforme de 2000, avait failli sauter une première fois en 1973.
L'Elysée était alors occupé par un président malade et probablement déjà conscient qu'il ne lui resterait pas de quoi finir son mandat. Usant de l'argument officiel selon lequel "le septennat n’est pas adapté à nos institutions nouvelles", George Pompidou avait fait voter en 1973 un texte instaurant...
-
26/07 - Richard Wike : "Les Etats-Unis peuvent rétablir leur image, mais la tâche sera plus ardue que jamais"
19 juillet. Sur une terrasse parisienne bondée, un grand écran diffuse la finale de la Coupe du monde de football entre l'Espagne et l'Argentine. Dans la foule, une majorité de touristes étrangers et une poignée de Français, encore sonnés par la défaite des Bleus quelques jours plus tôt, suivent le match dans un silence de cathédrale. Il suffit d'un plan de coupe sur les travées du MetLife Stadium, dans le New Jersey, où Donald Trump est assis aux côtés du président de la Fifa, Gianni Infantino, pour que la terrasse sorte de sa torpeur et se mette à huer et à siffler - sans que l’on sache très bien lequel des deux hommes est le plus visé.
La scène, loin d’être anecdotique, en dit long sur la mauvaise image de Donald Trump à l’étranger. La perception des Etats-Unis et de leur président aurait même atteint des niveaux historiquement bas, explique à L’Express Richard Wike, directeur de la recherche sur les attitudes internationales au Pew Research Center, qui mesure depuis 2002 l’évolution du regard porté sur l’Amérique dans le monde. Publiée le 23 juin 2026 et menée auprès de 42 151 personnes dans 36 pays, la dernière édition de cette enquête révèle que seuls 23 % des répondants font confiance à Donald Trump dans sa conduite des affaires mondiales. Pendant ce temps, la réputation de la Chine et de Xi Jinping suit une trajectoire inverse. Entretien.
L’Express : Quels sont les grands enseignements de votre dernière étude ?
Richard Wike : Le principal constat est que l’image...
-
25/07 - Défense : en Allemagne, le gouvernement divisé sur la stratégie à adopter en matière de drones
Alors que l'Allemagne ambitionne de se doter d’une flotte d’avions de combat sans pilote afin de répondre à une exigence stratégique fixée par l’Otan, des divergences secouent le ministère allemand de la Défense, comme l'a rapporté Politico le 22 juillet. Au sein de l'administration, les partisans de l’achat d’un drone australien s'opposent en effet à ceux qui souhaitent attendre le développement de solutions européennes, ce qui risque de compromettre l’objectif de Berlin de disposer d’une première flotte opérationnelle dès 2029.
Face notamment à la menace russe, l’Alliance atlantique attend de l’Allemagne qu’elle soit en mesure de fournir, à l’horizon 2035, des drones de combat à réaction, réutilisables et capables de pénétrer des espaces aériens fortement protégés, tout en emportant différentes charges utiles comme des armements, des capteurs ou des équipements de guerre électronique. Contrairement aux petits drones peu coûteux et souvent à usage unique massivement employés en Ukraine, ces appareils sont conçus pour être utilisés de manière répétée et, à terme, pour accompagner des avions de chasse pilotés tels que l’Eurofighter ou le F-35.
Mais Berlin, de son côté, s’est fixé un calendrier plus ambitieux en visant le déploiement d’une première flotte limitée dès 2029. Le but : permettre à la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, d’acquérir une expérience opérationnelle avant l’échéance fixée par l’Otan. Pourtant, cet objectif ne pourra plus être tenu, si l'on en...
-
25/07 - "Sous le soleil", la série française qui a conquis le monde et fâché le patronat russe
Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
EPISODE 3 > Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
Le Bureau des Légendes, Versailles, Marseille… Le producteur Pascal Breton est à l’origine de plusieurs des séries françaises les plus emblématiques de ces dernières années. Pourtant, son plus grand succès reste une fiction à laquelle TF1 croyait peu lors de son lancement : Sous le soleil. Initialement intitulée "Saint-Tropez", la série suscite le scepticisme de la direction de TF1, qui estime que le sujet ne parlera qu'à quelques Parisiens un peu snobs. Mais le feu vert est donné, à la condition toutefois d’en changer le nom. Lorsque la série débute le 13 mars 1996 sur la première chaîne française, le succès est immédiat. Diffusée d’abord le mercredi, puis le samedi après-midi, elle réunit jusqu’à quatre millions de téléspectateurs. Des scores habituellement réservés à un prime time.
Son rayonnement dépasse rapidement les frontières. Narrant les aventures amicales, amoureuses et...
-
25/07 - Etats-Unis : les licenciements au sein du renseignement américain s’accélèrent
Après la nomination controversée de Bill Pulte à la tête du renseignement américain, les suppressions de postes dans son administration se poursuivent. Depuis le 1er juin, près de 200 employés ont quitté le Bureau du directeur du renseignement national américain (ODNI) à la suite de licenciements ou de réaffectations, selon des données transmises cette semaine par l'administration Trump au Congrès.
Destiné à coordonner et superviser l'ensemble des agences de renseignement américaines après les attentats du 11 septembre 2001, l'organisme est depuis plusieurs années dans le viseur de Donald Trump et de nombreux élus républicains, qui estiment, tout comme certains anciens responsables du renseignement, qu'il a largement dépassé le rôle que le Congrès lui avait initialement confié lors de sa création il y a une vingtaine d'années. Au début du second mandat de Donald Trump, l'ODNI comptait environ 2 000 employés mais, d'après des collaborateurs du Congrès, ses effectifs représentent aujourd'hui à peine plus de la moitié de ce total.Un bras de fer
Pour le président américain, les agences de renseignement ont cherché à le déstabiliser durant son premier mandat, notamment à travers les rapports consacrés à l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, qu'il estime avoir été élaborés pour nuire à sa campagne. Il a également rejeté à plusieurs reprises les analyses des services de renseignement sur différents dossiers, qu'il s'agisse de la stratégie nucléaire de la...
-
25/07 - Inde : le mouvement des "Cafards" obtient la démission du ministre de l’Education
Une première victoire majeure pour le "parti des Cafards". Le ministre indien de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé sa démission ce samedi, réclamée depuis juin par les jeunes manifestants du mouvement, à la suite d'une fraude aux examens. "Nous l'avons fait!" s'est écrit le fondateur du Parti du peuple des Cafards (Cockroach Janta Party), Abhijeet Dipke, sous les applaudissements d'une foule de protestataires réunis sur le site du Jantar Mantar de New Delhi.
Né en mai dernier sur Internet, où il rassemble des dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, reflétant les inquiétudes et les frustrations d'une "génération Z" de trentenaires fortement affectées par le chômage et le coût de la vie, le Cockroach Janta Party a choisi son nom en ironisant sur des propositions du président de la Cour suprême Surya Kant comparant les chômeurs à des "cafards".
Depuis juin, le mouvement dénonce des fuites à répétition de sujets d'examens de concours mais la colère bout depuis que la contestation a basculé lundi en confrontation entre manifestants et forces de l'ordre qui ont repoussé violemment les jeunes protestataires qui marchaient vers le Parlement.
Dans un message posté en ligne, le ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé avoir présenté sa démission au Premier ministre [Narendra Modi] "compte tenu de la situation qui s'est créée à Jantar Mantar et dans tout le pays, afin que les forces antinationales n'en profitent pas".
L'annonce de sa...
-
25/07 - Moyen-Orient : pourquoi la menace houthie représente un défi de taille pour l’armée américaine
La menace houthie va-t-elle aggraver la guerre avec l'Iran ? C'est en tout cas la crainte de l'armée américaine, après que les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont affirmé le 20 juillet qu’ils n’autoriseraient pas les navires à charger ou décharger dans les ports saoudiens, ce qui pourrait potentiellement bloquer les exportations de pétrole saoudiennes et priver le marché mondial d’environ 7 % de l’approvisionnement en pétrole, a rapporté Reuters.
Peu après, les rebelles chiites ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre "deux pétroliers saoudiens", alors que dans le même temps les frappes américaines contre l’Iran se poursuivent et qu’un accord destiné à développer l’industrie nucléaire saoudienne alimente les inquiétudes quant à une possible course aux armements dans la région. L’Arabie saoudite, qui accueille des forces américaines sur son territoire, n’a pas encore demandé d’aide militaire à Washington. Mais Donald Trump a laissé entendre qu’une tentative des Houthis visant à entraver la navigation en mer Rouge - un corridor essentiel pour le commerce mondial - pourrait entraîner une intervention américaine.Des combattants aguerris
La situation pourrait néanmoins être plus complexe que prévue pour les Américains. Les Houthis ont acquis une réputation de combattants aguerris et mobiles, ayant réussi à résister aux précédentes campagnes de bombardements menées par l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Sous l’administration de Joe Biden, les Etats-Unis avaient...
-
25/07 - Pourquoi l’IA ne va pas détruire la planète, par Charles Gorintin
Depuis quelques années, quand on parle d'intelligence artificielle, une inquiétude revient sans cesse : son impact environnemental. La préoccupation est légitime, et longtemps, le débat a souffert d'un vrai problème : l'absence de données. Ce n'est plus le cas.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) y a consacré deux rapports, en 2025 puis en 2026, Google a ouvert ses compteurs de production, Mistral a publié la première analyse de cycle de vie complète d'un grand modèle. Les chiffres sont enfin là et ils ne corroborent pas les scénarios catastrophes.
Selon l'AIE, l'ensemble des data centers du monde (intelligence artificielle, mais aussi streaming vidéo, stockage, web) a consommé environ 485 TWh en 2025, soit 1,5 % de l'électricité mondiale. L'IA seule ? Environ 0,5 %, calcule la chercheuse Hannah Ritchie (Université d'Oxford, Our World in Data). Rapportée à l'énergie finale, transports, chauffage et industrie compris, l'IA pèse moins de 0,2 % du total mondial.
Cette consommation augmente, c'est vrai : +17 % en 2025. Mais d'ici 2030, l'AIE projette que les data centers doubleront pour atteindre environ 950 TWh, soit environ 3 % de l'électricité mondiale, et qu'ils ne représenteront qu'un dixième de la croissance de la demande : moins que les moteurs industriels, moins que les voitures électriques, moins que la climatisation.Un chiffre bien trop élevé
À l'échelle individuelle, les ordres de grandeur sont encore plus parlants. Le chiffre alarmiste qui a longtemps...
-
25/07 - Provence, le vignoble où le rosé est devenu un art de vivre
L’aire de production couvre environ 30 000 hectares en Appellation d’origine protégée (AOP), auxquels s'en ajoutent plusieurs milliers en Indication géographique protégée (IGP). Au nombre des premières, côtes-de-provence (ci-dessous), coteaux-d'aix-en-provence et coteaux-varois-en-provence représentent à elles seules plus de 90 % des surfaces exploitées et plus encore des rosés produits. Dans les six autres – bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence et pierrevert – les rouges et les blancs se révèlent bien plus présents. Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français.
Avec environ 170 millions de bouteilles commercialisées chaque année, la région constitue également un poids économique majeur. Le vignoble attire une clientèle internationale séduite autant par la qualité des vins que par un art de vivre associant paysages, gastronomie, patrimoine et tourisme. Châteaux historiques, chais contemporains, hôtels de luxe et tables...
-
25/07 - Etats-Unis : pourquoi J.D. Vance se retrouve sous le feu des critiques de son propre camp
A deux ans de la primaire républicaine de 2028, et alors que J.D. Vance demeure en tête des intentions de vote, le vice-président américain fait face à une campagne d'attaques particulièrement virulente venue de son propre camp. Sur les réseaux sociaux, ses opposants ont repris le slogan "Never Vance" ("Jamais Vance"), l'accusant notamment d'être "inapte" à exercer les fonctions de vice-président au motif qu'il a cherché à négocier un accord de paix avec l'Iran. D'autres affirment, sans apporter de preuves, qu'il prendrait des décisions contraires à la ligne de Donald Trump.
Des commentaires hostiles ont été publiés par des personnalités connues, comme le podcasteur conservateur Ben Shapiro ou le chroniqueur politique Marc Thiessen, mais aussi par des influenceurs de droite et des utilisateurs peu connus de X dont les messages anti-Vance sont rapidement devenus viraux. Selon le Washington Post, certains comptes promettant de soutenir le secrétaire d'Etat Marco Rubio contre J.D. Vance en 2028 semblaient, d'après leur profil, ne pas appartenir à des électeurs américains et être basés à l'étranger, alimentant les soupçons d'une opération d'influence évoquée par ses alliés. Une fronde inhabituelle
Par son ampleur et sa précocité, cette fronde interne est en effet inhabituelle. Rares sont les vice-présidents américains à avoir fait face à une telle contestation de leur propre famille politique aussi longtemps avant une présidentielle, rapporte le journal américain. Les...
-
25/07 - Italie : le ministre de la Défense propose un rôle de conseiller à Mykhaïlo Fedorov, limogé par Volodymyr Zelensky
Déjà très soutenu en Ukraine depuis qu'il a été écarté du gouvernement par Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Fedorov a reçu un appui plus inédit, en provenance de Rome. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré avoir proposé au désormais ex-ministre de la Défense ukrainien un rôle de conseiller en Italie.
"Je l’ai appelé le lendemain de son licenciement et je lui ai dit : 'Quand veux-tu venir à Rome travailler avec moi comme conseiller ?'", a déclaré Crosetto au quotidien italien La Repubblica dans une interview publiée ce samedi.
Interrogé sur la réaction de Fedorov, Crosetto a déclaré que l'ancien ministre était "touché" et considérait l'offre comme "une démonstration d'estime et d'amitié".
Guido Crossetto a salué Fedorov comme un moteur d'innovation militaire, affirmant qu'il était "l'un de ceux qui ont complètement redéfini les règles du jeu sur le champ de bataille". Fedorov avait aidé l'Ukraine à résister d'abord à l'invasion russe, puis à reprendre l'initiative en transformant les pratiques militaires grâce aux nouvelles technologies, a déclaré Crossetto.
Mykhaïlo Fedorov, un réformateur féru de technologie de 35 ans, à qui ses partisans attribuent le renforcement des capacités de l'Ukraine en matière de drones et la mise en œuvre de réformes du secteur de la défense, a été limogé de son poste de ministre de la Défense ce mois-ci, une décision qui a déclenché de rares manifestations en temps de guerre en Ukraine.
Le président Volodymyr Zelensky...
-
25/07 - A Varsovie, une exposition décrypte la lutte des surréalistes contre le fascisme
On associe souvent le surréalisme à l’inconscient et aux images les plus déroutantes de l’histoire de l’art. Pourtant, derrière les univers fantastiques de Dali ou les énigmes visuelles de Magritte, se cachait un mouvement farouchement engagé. C’est cette dimension politique, souvent reléguée au second plan, que met en lumière l’exposition Au cœur même des changements : surréalisme et antifascisme, présentée au Musée d’art moderne de Varsovie, sous le commissariat de Dorota Jarecka et Magda Lipska.
A travers plus de deux cents œuvres et documents, elle raconte comment des artistes ont fait de l’imagination une arme contre le fascisme, le colonialisme et toutes les formes d’oppression. Et nous confronte d’emblée à une idée forte : le groupe d’inébranlables entendait autant bouleverser les conventions artistiques que réformer la société, quand, pour André Breton et ses compagnons, libérer l’esprit revenait à combattre les systèmes politiques qui cherchaient à le contrôler. Une ambition qui a pris un relief particulier dans les années 1930, lorsque les régimes totalitaires se sont multipliés en Europe et que nombre de créateurs ont réagi à la menace.Pablo Picasso, "Tête de cheval", esquisse pour "Guernica", 1937.
Parmi les œuvres emblématiques, représentatives de cette période, surgit inévitablement le Guernica de Picasso, matérialisé ici par des esquisses et des archives, qui rappellent le statut de symbole universel de la lutte contre la barbarie de l’immense composition...
-
25/07 - Incendies : des moyens militaires supplémentaires engagés face au feu "XXL" en Gironde, l’A400M déployé
Les feux qui ravagent la Gironde depuis le milieu de semaine sont d'ores et déjà historiques. Face à l'"incendie XXL" qui sévit dans le département et se dirige désormais vers l'agglomération bordelaise - sans toutefois menacer directement la ville "pour l'instant" - le ministre de l'Intérieur a annoncé vendredi soir le déploiement de moyens militaires supplémentaires. Selon Laurent Nuñez, la région fait face à "un phénomène totalement inédit".
Le feu qui s'est déclaré mercredi dans la commune de Saumos (Gironde) avait parcouru vendredi 14.000 hectares, détruit 53 maisons et un camping et nécessité 110.000 évacuations, principalement sur la presqu'île touristique de Lège-Cap-Ferret. Ce samedi à la mi-journée, la surface brûlée s'élevait à 32.700 hectares, témoignant de la vitesse fulgurante à laquelle avance l'incendie. La préfète de Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, avait ordonné vendredi l'évacuation préventive de plusieurs communes : Arès, Andernos, Le Temple, Saumos, Sainte-Hélène, Salaunes et Lanton.Réquisition de moyens militaires en appui des pompiers
"On a appris dans le milieu de l'après-midi qu'avec l'inversion des vents, ce feu convectif, qui s'autoalimente, (...) et est très difficilement maîtrisable" s'orientait "plutôt vers l'est et prenait la direction de la métropole bordelaise", a précisé Laurent Nuñez sur TF1 vendredi soir.
Ce samedi matin, des milliers de personnes des banlieues proches de Bordeaux ont été évacuées, alors que...
-
25/07 - Emile Servan-Schreiber : "Ce n’est pas parce qu’il y a des dollars en jeu que Polymarket fonctionne"
La boule de cristal s'est quelque peu embuée. Vendredi 17 juillet, la France a bloqué l'accès à Polymarket, cette plateforme américaine où l'on parie sur l'actualité géopolitique, sportive ou économique, et que son fondateur Shayne Coplan présente comme "le plus grand marché de prédictions au monde".
L'information n'a pas échappé à Émile Servan-Schreiber. Le fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber, cofondateur de L'Express en 1953, est docteur en psychologie cognitive, spécialiste de l'intelligence collective. Et lui-même un pionnier des marchés prédictifs. Aujourd'hui à la tête de la société HyperMind, le sexagénaire s'est présenté à la rédaction avec un petit ouvrage technique sous le bras et une conviction : l'appât du gain n'a jamais été la clé du succès de la prévision en ligne.
L’Express : Vous avez été parmi les précurseurs des réflexions sur les marchés prédictifs en lançant la plateforme NewsFutures en 2000. Que ressentez-vous en voyant des plateformes comme Polymarket ou son rival Kalshi générer aujourd’hui des milliards de dollars ?
Emile Servan-Schreiber : Ce que ressentent les pionniers de la conquête de l'Ouest en voyant des nouveaux venus réussir dans une ville qui n'existait pas une génération plus tôt. Les grandes idées mettent toujours une génération ou deux à s'imposer. Il y a 25 ans, celle des marchés prédictifs paraissait folle tellement elle était disruptive. C'est donc une forme de validation. Mais l'emballement actuel me laisse un peu amer....
-
25/07 - Israël et l’Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l’opinion"
A peine le temps de poser ses cartons à l'ambassade d'Israël à Paris que Joshua Zarka se retrouve déjà en pleine tempête diplomatique. Défendre la position de l’Etat hébreu, lorsqu’il débarque en 2024 dans la capitale française, n’est pas à la portée de n’importe quel diplomate. Le Proche-Orient est en train de connaître un bouleversement majeur, un an seulement après le pogrom du 7-Octobre et le début de l'opération militaire à Gaza qui a causé des dizaines de milliers de morts, provoquant de gigantesques pénuries alimentaires du fait du blocus imposé par Tsahal. Deux ans après sa prise de fonctions, cet ambassadeur, né en France, dresse un constat alarmant sur la coopération entre Paris et Tel-Aviv : "Il y a une crise de confiance entre nous. Nos relations bilatérales sont au plus bas. La défiance est telle qu'Israël a de grandes difficultés à concevoir la France comme un partenaire envisageable sur ses questions de sécurité ou de relations internationales."
Les deux guerres en Iran - auxquelles aucun pays européen n’a souhaité prendre part - et les bombardements meurtriers en territoire libanais n’ont rien arrangé. Au contraire, la France a durci ses positions à l’égard de l’Etat hébreu et Emmanuel Macron a reconnu, quelques mois plus tôt, l’Etat de Palestine. A tel point que 2026 fait déjà figure d’annus horribilis diplomatique. Ben Gvir et Smotrich interdits de territoire
Dernier accroc en date : le 9 juin, Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite des Finances...
-
24/07 - Guerre en Ukraine : la Roumanie abat pour la première fois un drone au-dessus de son territoire
Les autorités roumaines ont annoncé ce vendredi 24 juillet qu’un avion de chasse F-16 roumain avait abattu un drone qui était entré dans l'espace aérien du pays. Après des dizaines d'incursions similaires et malgré l'obtention d'un cadre légal permettant l'interception et la destruction de drones en 2025, c'est la première fois que la Roumanie, État membre de l'Otan, réussit à intercepter un drone étranger.
Le chef d'état-major de l'armée roumaine Gheorghita Vlad a déclaré lors d'une conférence de presse ne pas avoir identifié l'origine ni la finalité du drone pour l’instant, et qu'une enquête était en cours. Pour le général, il pourrait toutefois s'agir d'un Shahed, un drone d'attaque de conception iranienne utilisé par la Russie contre l'Ukraine. "Visuellement, les pilotes [du F-16] ont indiqué que le drone semblait être de type Shahed”, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions. Une autre source militaire a fait part de ses soupçons à Reuters : "Dans cette partie du monde, c'est la Russie qui est l'agresseur".
Plus tôt, le président Nicușor Dan avait écrit sur le réseau social X qu'un pilote roumain avait abattu le drone vers 11 heures, après son entrée dans l'espace aérien du pays. "La zone était inhabitée, le pilote a donc pu tirer sans aucun risque. Actuellement, les équipes des institutions compétentes enquêtent sur place afin d'établir tous les détails de l'incident", a-t-il également ajouté.
Le ministère roumain de la Défense a...
-
24/07 - Donald Trump et les droits de douane : "Si on lui ferme la porte, il passera par la fenêtre"
Brique par brique, Donald Trump rebâtit inlassablement sa muraille douanière dès qu’elle se fissure. Une première fois fin février, lorsque la Cour Suprême a invalidé ses taxes du "Jour de la Libération". Ni une ni deux, le président américain avait trouvé une autre pirouette juridique : la section 122 du Trade Act de 1974, qui lui a permis d'appliquer un taux universel à 10 %. Seulement voilà, cette mesure était limitée à 150 jours et le clap de fin est arrivé ce vendredi 24 juillet. Alors, la Maison Blanche s'est empressée de brandir un nouveau levier légal pour taxer 60 partenaires commerciaux : la section 301 du code commercial de 1974.
Après les déficits de la balance des paiements, c'est désormais l'absence d'interdiction efficace des importations issues du travail forcé qui fait office de prétexte. Parmi les pays dans le viseur, on trouve notamment l'Inde, l'Union européenne ou encore la Norvège. "Le recours à l'article 122 n'était qu'un moyen de gagner du temps pendant que se déroulaient les enquêtes au titre de l'article 301, qui revêt un caractère permanent", relève Richard Baldwin, chercheur au CEPR et auteur de World War Trade. L'arme a d'ailleurs déjà été dégainée contre la Chine, en 2018. Cette fois, elle s'appliquera à 99% des importations américaines. Eplucher le code commercial
L'enlisement du conflit au Moyen-Orient aurait pu reléguer la guerre commerciale au second plan. Il n’en est rien. Car maintenir les droits de douane dans la fourchette actuelle...
-
24/07 - La Russie contrainte d’importer du carburant après les attaques ukrainiennes contre ses raffineries
Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes contraignent désormais Moscou à importer du carburant, une situation inédite pour l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Alors que les attaques de drones ont fortement réduit les capacités nationales de raffinage, la Russie s'apprête à recevoir une cargaison d'essence en provenance d'Inde et accroît parallèlement ses achats auprès de la Biélorussie.
Selon le Financial Times, un pétrolier transportant 42 000 tonnes d'essence, chargé à la raffinerie de Vadinar, dans l'ouest de l'Inde, doit arriver, dimanche 26 juillet, au terminal pétrolier de Beloye More, dans le nord de la Russie. D'après les données de la société d'analyse Kpler, la cargaison a d'abord été embarquée sur le navire Agni le 18 juin avant d'être transférée, le 6 juillet, sur le Garnet au large des côtes égyptiennes. Au 22 juillet, ce dernier faisait route vers la Russie en longeant les côtes norvégiennes.
Cette livraison illustre la gravité de la crise du carburant qui frappe le pays. Toujours selon le Financial Times, les attaques ukrainiennes ont réduit d'environ 40 % les capacités de raffinage russes, provoquant les pénuries les plus importantes depuis la chute de l'Union soviétique. Début juillet, plusieurs régions ont instauré des restrictions sur les achats d'essence, tandis que de longues files d'attente se sont formées devant les stations-service. Le quotidien britannique estime qu'environ 50 millions de Russes...
-
24/07 - Médicaments anti-obésité : la bataille entre Novo Nordisk et Eli Lilly vire à l’affrontement judiciaire
Novo Nordisk vient d'ajouter un destinataire à la campagne de publicité d'Eli Lilly : un juge fédéral du New Jersey. Le groupe danois, fabricant de Wegovy et d'Ozempic, poursuit son concurrent pour publicité mensongère et concurrence déloyale. Vendredi 24 juillet, il a demandé une injonction provisoire afin de faire retirer sans attendre les annonces visant ses produits. Eli Lilly, qui commercialise Zepbound contre l'obésité et Mounjaro contre le diabète, nie toute faute et promet de les défendre.
L'affaire commence par deux chiffres : 50 livres perdues avec Zepbound, soit près de 23 kilos, contre 33 livres avec Wegovy, environ 15 kilos. Dix-sept livres d'écart, affirme une publicité d'Eli Lilly diffusée à la télévision pendant le Mondial de football, puis sur TikTok et Facebook. Novo Nordisk juge la comparaison trompeuse, pendant qu'Eli Lilly la juge scientifique. La campagne, baptisée "Watch this", repose sur SURMOUNT-5, un essai achevé en 2024 et présenté par Eli Lilly comme le seul à avoir comparé directement les deux traitements. Des patients placés dans des conditions similaires ont reçu soit Zepbound, soit Wegovy : le résultat avantage nettement le premier. Le groupe américain maintient donc ses annonces et affirme que Novo Nordisk cherche à empêcher la publication des conclusions d'un essai clinique qu'il ne peut pas contester. Le détail des doses
SURMOUNT-5 comparait les doses les plus élevées de Zepbound, soit 10 ou 15 milligrammes, à des doses de Wegovy...
-
24/07 - Moyen-Orient : l’ombre de l’Iran derrière les attaques des Houthis en mer Rouge
Les tensions au Moyen-Orient sont encore montées d'un cran cette semaine lorsque les Houthis ont annoncé leur intention de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, entravant ainsi les exportations pétrolières en mer Rouge de l'Arabie saoudite. Les rebelles, qui reprochent à cette dernière des attaques au Yémen, ont revendiqué depuis avoir attaqué deux pétroliers saoudiens dans ce carrefour stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. De quoi faire grimper encore les prix du pétrole, le baril de Brent dépassant à nouveau les 100 dollars jeudi 23 juillet.
Des informations dévoilées par Reuters ce même jour laissent penser que l'Iran a pu jouer un rôle dans l'implication des Houthis : d'après l'agence de presse britannique, Téhéran a en effet envoyé ce mois-ci au Yémen des commandants des Gardiens de la révolution islamique, des conseillers militaires ainsi que des équipements pour missiles et drones. Une démarche suggérant que la République islamique cherche à renforcer les capacités de ses alliés Houthis pour menacer le trafic maritime en mer Rouge, voie cruciale pour les livraisons énergétiques.Deux commandants de haut rang envoyés au Yémen
Pour ce faire, l'Iran a transporté les membres des Gardiens et les équipements militaires à bord d'un avion ayant quitté Téhéran à destination du Yémen le 13 juillet. Selon deux sources iraniennes, dix à 21 membres des Gardiens de la révolution, parmi lesquels deux commandants de haut rang, se trouvaient à bord de ce vol...
-
24/07 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
L’honnête homme des années 1980 devait savoir dans quel château Shakespeare situe l’action d’Hamlet (Elsingor), le nom du supérieur de Louis de Funès dans Les Gendarmes (Michel Galabru) et l’alcool qui constitue la base d’un Bellini (le champagne). Avec ses boîtes bleues ou jaunes, ses couleurs de cases synonymes de thématiques (vert pour science et nature, orange pour sports et loisirs…), le Trivial Pursuit a été le jeu phare des baby-boomers désireux d’étaler leurs connaissances autant que leur nouvel appareil à raclette.
Les débuts relèvent de la légende. Il était une fois deux journalistes canadiens qui, lassés par un Scrabble incomplet, décidèrent en 1979 de donner au "trivia", ces quiz portant sur des informations sans utilité immédiate, sa forme canonique. Baptisé "Quelques arpents de pièges" au Québec, le jeu est chez nous d’abord...
-
24/07 - De pro-Kremlin à pro-Ukraine : l’étonnant revirement de l’influenceuse Maga Laura Loomer
Elle était jusqu'ici l'une des figures les plus bruyantes du courant "America First" opposé au soutien américain à l'Ukraine. La voilà désormais à Kiev, aux côtés de Volodymyr Zelensky, pour dénoncer l'agression russe et saluer la résistance locale. À 33 ans, l'influenceuse d'extrême droite proche de Donald Trump Laura Loomer a rencontré, jeudi 23 juillet, le dirigeant ukrainien dans la résidence présidentielle d'apparat, marquant ainsi l'aboutissement d'une évolution qui l'a fait passer du statut de critique virulente de Kiev à celui de l'une de ses plus ferventes défenseuses au sein du mouvement Maga. Elle affirme désormais vouloir regarder la guerre "avec clarté morale".
Et son changement de position sur la guerre en Ukraine pourrait dépasser son seul cas personnel : son influence auprès du 47e président des Etats-Unis lui confère une aura particulière au sein du camp conservateur. Surnommée "celle qui murmure à l'oreille de Trump", Laura Loomer est depuis plusieurs années l'une des alliées les plus visibles de l'ex-magnat de l'immobilier. Connue pour ses prises de position incendiaires sur les réseaux sociaux, elle s'est imposée comme une personne influente auprès de la base "Maga", sans jamais occuper de fonction officielle.
Pendant longtemps, son discours vis-à-vis de Kiev s'inscrivait dans une ligne très critique, voire proche des arguments diffusés par Moscou. Elle accusait l'Ukraine d'être un pays corrompu, affirmait que celui-ci ne méritait pas le soutien des...
-
24/07 - Ces jeux de société qui racontent l’époque - Notre série d’été
-
24/07 - Nucléaire : l’accord de Donald Trump avec l’Arabie saoudite suspendu à la reconnaissance d’Israël
L'accord conclu entre les États-Unis et l'Arabie saoudite aura conservé sa version initiale moins de vingt-quatre heures. Mercredi 22 juillet, Washington annonçait un texte permettant aux entreprises américaines de participer au programme atomique civil saoudien, avec la possibilité d'étudier, à terme, un enrichissement d'uranium sur place. Jeudi matin, Donald Trump lui ajoutait deux conditions qui n'avaient pas été présentées lors de la signature : aucun enrichissement et une normalisation des relations entre Riyad et Israël.
Le texte n'avait pas encore été transmis au Congrès que le président américain en redéfinissait donc les principaux équilibres. Le revirement intervient après une matinée de critiques dans les médias conservateurs. Le Wall Street Journal s'étonnait que Donald Trump accorde à Riyad une coopération que Joe Biden avait liée à une normalisation avec Israël. Plusieurs présentateurs de Fox News posaient la même question : pourquoi offrir à Mohammed ben Salmane ce que l'administration précédente n'avait envisagé qu'en échange d'une ratification des accords d'Abraham ? Selon plusieurs sources citées par CNN, ces critiques ont contribué à la décision de Donald Trump de bloquer l'accord dans sa forme annoncée. Dans un message publié aux plus petites heures du matin du jeudi 23 juillet sur Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a donc déclaré que l'accord serait "totalement soumis" à l’entrée de l’Arabie saoudite dans les accords d'Abraham, qui ont...
-
24/07 - Nucléaire de quatrième génération : "La France doit accélérer et laisser une place au privé"
Avril 2010, au site de lancement de Cap Canaveral, en Floride. Barack Obama annonce que l'État fédéral n'achètera plus de lanceurs, mais des services de lancement au secteur privé. Quinze ans plus tard, les États-Unis ont reconquis un accès autonome à l'espace, divisé les coûts, et reconstitué un écosystème industriel dominant. La France se trouve aujourd'hui devant un choix de même nature pour son nucléaire de quatrième génération.
Notre pays doit tenir simultanément quatre objectifs difficilement conciliables en matière énergétique : décarboner son économie, sécuriser son approvisionnement dans un monde où l'énergie est redevenue une arme, préserver des finances publiques déjà tendues, et maintenir une électricité compétitive pour ses industriels et ses citoyens.
Le nucléaire peut répondre aux quatre. Mais un nucléaire fondé uniquement sur les réacteurs à eau pressurisée de différentes générations, aussi performants soient-ils, reste dépendant de l'uranium importé. Sans fermeture du cycle du combustible, le nucléaire français demeure structurellement vulnérable. Les réacteurs à neutrons rapides changent l'équation : ils permettent de considérer les 15 000 tonnes de combustibles usés déjà stockés sur notre territoire comme une ressource énergétique mobilisable pour des siècles. La PPE3 et le Conseil de politique nucléaire de mars 2026 ont tranché le principe : la France y va. A la question "faut-il ?", succède l’enjeu du rythme et du modèle industriel.Le temps joue...
-
24/07 - Incendies en France : Emmanuel Macron en appelle à l’aide européenne
Face à des incendies d'une ampleur exceptionnelle qui frappent notamment la Gironde et les Landes, Emmanuel Macron a annoncé, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet, que la France avait demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Une décision destinée à renforcer rapidement les moyens de lutte contre les flammes, alors que plusieurs foyers restent actifs et que des dizaines de milliers de personnes ont déjà été évacuées.
"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a écrit le chef de l'État sur le réseau social X. Emmanuel Macron a également adressé ses "pensées" aux sapeurs-pompiers et aux forces de secours mobilisés "sans relâche sur le front des flammes", tout en appelant la population à faire preuve de "la plus grande vigilance".
La situation continue de se dégrader en Gironde. L'incendie parti de Saumos, qui menace la presqu'île du Cap-Ferret, entre le bassin d'Arcachon et l'océan Atlantique, a déjà détruit plus de 12 500 hectares, a indiqué ce vendredi en début d'après-midi la préfecture du département. "C'est le plus gros feu de la saison", avait déclaré dans la matinée le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a tenu une cellule interministérielle de crise, précisant que le sinistre, contre lequel 1 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés, était incontrôlable et continuait d'avancer....
-
24/07 - Guerre en Iran, départ de plusieurs membres : l’Opep entre en "mode survie"
La prospérité tient parfois à un simple bras de mer. Après avoir vécu une longue phase de prospérité grâce au commerce maritime, l'Opep redécouvre dans la douleur, la valeur de certains nœuds stratégiques. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé le 20 juillet dernier, un blocus naval visant l'Arabie saoudite, le long de la mer Rouge. Un nouveau coup dur pour le royaume pétrolier, qui comptait sur cette route pour écouler son or noir en pleine crise du détroit d'Ormuz, et pour le cartel. Jamais celui-ci n'a paru aussi affaibli, aussi ballotté par l'actualité internationale. "L'Opep a clairement perdu ses superpouvoirs", confirme Tatiana Mitrova, chercheuse au Center on Global Energy Policy de la Columbia University.
Certes, les manuels d'histoire se souviennent encore de son tour de force du 17 octobre 1973. A l’époque, les sept pays membres annonçaient un embargo pétrolier contre les États-Unis, le Canada, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en représailles à leur soutien à Israël pendant la guerre du Kippour. Dans la foulée, le prix du baril quadruplait. Aux États-Unis, les files de voitures qui s'étiraient devant les stations-service obligeaient Richard Nixon à imposer une limitation de vitesse nationale à 55 miles par heure. En Europe, plusieurs gouvernements européens interdisaient la circulation automobile le dimanche. Le début d'une longue stagflation.Une hémorragie de départs
Mais cinquante-trois ans plus tard, un constat s'impose : l'Opep n'a...
-
24/07 - Santé : la prévention, ce véritable échec des politiques publiques
Il y a un certain paradoxe à parler d’échec en matière de politiques publiques en santé. En effet, d’une part, l’espérance de vie s’est littéralement envolée partout dans le monde depuis un siècle, à quelques à-coups près, comme ceux provoqués par les deux guerres mondiales, la pandémie de grippe espagnole, celle du sida ou encore celle du Covid-19. Et d’autre part jamais la santé n’a pesé autant sur les dépenses publiques et dans les comptes sociaux, la France étant sur les premières marches du podium en la matière parmi les pays de l’OCDE. En France, l’accès aux soins est quasi universel, servant toute la population. Au-delà de cet accès garanti, le service public de santé se distingue aussi par sa qualité et son efficacité, les plus riches comme les plus pauvres se faisant soigner dans les grands hôpitaux publics du pays tant pour des pathologies graves que courantes.
Cependant, la prévention ne représente que la portion congrue (seulement 2,6 %) de ces dépenses de santé. Et si les Français sont assez égaux devant la pose d’un stent en cas d’infarctus, l’administration des dernières avancées thérapeutiques du cancer ou des maladies rares, il n’en est malheureusement pas de même concernant la prévention de ces pathologies.
En réalité, de très nombreux indicateurs de ce domaine sont au rouge. Les inégalités sociales en matière de santé sont non seulement flagrantes, mais elles sont généralisées, insupportables, certains diraient scandaleuses. Or, très peu d’hommes et...
-
24/07 - "On enterre les projets les uns après les autres" : le grand malaise franco-allemand sur la défense
Rien de tel que le recueil d’informations sur le terrain. Cet hiver, Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre, s'est rendu à Berlin dans l'espoir d'un échange franc avec son homologue allemand, Christian Freuding. La France et l’Allemagne planchent depuis 2018 sur le développement commun d’un char du futur, le MGCS, aujourd’hui au point mort. Le projet, qui accuse près de dix ans de retard, a été au cœur des discussions entre les deux hauts gradés. Sans grand succès. Deux lignes, quasiment irréconciliables, se sont opposées : la nécessité d’une autonomie stratégique européenne et d’un renouvellement rapide des blindés, côté français ; l’importance du lien transatlantique et le souci de ne surtout pas tenir la bride courte aux industriels, côté allemand.
La France et l’Allemagne se remettent encore tout juste de l’échec fracassant du Scaf, acté le 8 juin. Les ambitions du projet d’avion de combat ont largement été revues à la baisse, faute d’accord entre industriels. Par effet domino, ce revers laisse planer des doutes sur la capacité des deux pays à mener à bien des coopérations d’ampleur. Les conclusions du dernier Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, organisé le 17 juillet à Nörvenich, en Allemagne, n’ont pas dissipé ces interrogations. Le désengagement américain et la menace russe devraient, sur le papier, faire converger les deux pays. Le sommet a surtout servi à multiplier de très prudentes déclarations d’intention, notamment dans le spatial...
-
23/07 - Ekaterina Schulmann : "En Russie, le commandement militaire a intérêt à voir mourir ses propres soldats"
On le dit casematé et déconnecté de la réalité. Mais même s'il passe le plus clair de son temps dans des bunkers, Vladimir Poutine est, contrairement à ce qu'affirment de nombreux experts, très informé de ce qu'il se passe dans son pays, mais aussi sur le front, soutient Ekaterina Schulmann. Infatigable observatrice du Kremin, cette politologue exilée à Berlin analyse depuis des années la capture de l'Etat russe par les services de sécurité, FSB en tête. Implacable.
L'Express : L'enlisement de l'armée russe en Ukraine affaiblit-il réellement Vladimir Poutine ?
Ekaterina Schulmann : Cette question nous conduit à nous interroger sur la légitimité du président russe. Quels sont les fondements de son pouvoir ? Il n'est pas, à proprement parler, un chef militaire, et sa légitimité n'est pas directement liée à ses succès ou à ses échecs sur le champ de bataille. Sa légitimité repose, d'abord, sur le fait qu'il est au pouvoir depuis un quart de siècle et que les gens se sont habitués à lui. La force de l'inertie et l'absence de toute alternative visible constituent un socle assez solide pour un régime autocratique.
Ensuite, elle est liée à sa capacité à produire de la stabilité. Au tout début du XXIe siècle, la promesse de stabilité - qui, à cette époque, ne signifiait pas la stagnation, mais la stabilité de la croissance - a constitué, à mon sens, le fondement de sa légitimité politique. Mais Poutine assoit également son pouvoir sur ce que Max Weber appelait la "légitimité...
-
23/07 - Pourquoi le maire de New York Zohran Mamdani ne pourra pas faire arrêter Benyamin Netanyahou
Le Premier ministre israélien pourra faire le déplacement sans crainte. Le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a déclaré dans une vidéo publiée sur X mardi 21 juillet qu'il ne disposait pas de l'autorité légale nécessaire pour faire arrêter Benyamin Netanyahou pour des crimes de guerre présumés s’il venait à se rendre dans sa ville. "Notre administration a examiné toutes les voies juridiques possibles. Il est clair que la ville de New York ne dispose pas de l'autorité légale indépendante pour appliquer ce mandat d'arrêt", a-t-il affirmé.
Benjamin Netanyahu is a war criminal. pic.twitter.com/YRezmW6YVx— Mayor Zohran Kwame Mamdani (@NYCMayor) July 22, 2026
Le week-end dernier, l'élu de 34 ans, dont le mandat a commencé le 1er janvier de cette année, avait annoncé vouloir arrêter le chef du gouvernement israélien. Dans une interview accordée au New York Times, diffusée samedi, le maire de New York a qualifié Benyamin Netanyahou de "criminel de guerre" avant d'ajouter que l'administration de New York examinait activement s'il était envisageable de l'arrêter au cas où il se rendrait à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain.
Pour le maire, Benyamin Netanyahou est en effet "l'architecte d'un génocide horrible contre le peuple palestinien". Des propos qu'il tient à l'encontre du responsable politique israélien depuis sa campagne pour la mairie de New York, qu'il a gagnée en novembre 2025 avec un peu plus de 50 % des voix.
Benyamin Netanyahou...
-
23/07 - A Béziers, le projet controversé du premier campus de "médecine chinoise" en Europe
Il n’y a pour le moment pas grand-chose sur ce terrain appartenant à la mairie de Béziers, coincé entre les stades de football et l’un des principaux boulevards de la ville. Des pelouses et quelques feuillus bordent le Conservatoire, élégante bâtisse du XIXe siècle aux balustrades en pierre de taille et au toit particulièrement pentu. Les quelques visiteurs du jour profitent des derniers moments de tranquillité dans les jardins, avant que, bientôt, une armée d’artisans ne vienne perforer le sol et faire vrombir leurs engins.
Le 5 juin dernier, la municipalité a officiellement donné son feu vert pour la vente de ce demi-hectare de terre à un ostéopathe et entrepreneur local, passionné de sciences occultes. Le praticien, Yves Le Gourières, convaincu des bienfaits des "méthodes douces" et des "champs de vitalité", compte bien donner naissance en lisière de ville au tout premier campus de "médecine traditionnelle chinoise" en Europe. Un très ambitieux projet de 22 000 mètres carrés d'amphithéâtres et de salles d'examens, décoré de petits lampions et agrémenté d’espaces dédiés à la pratique du taï-chi, cet art martial venu de Chine.
A en croire les prospectus, une école du supérieur ("EsMTC Med"), une maison de santé, un centre d’accueil pour le trouble du spectre de l’autisme et une maison de répit pour les seniors pourraient sortir de terre dès la rentrée 2027. Des établissements tout ou partie régis par les principes non reconnus de la médecine alternative asiatique. Les...
-
23/07 - Automobile : pourquoi Mercedes pourrait faire les frais de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine
Mercedes-Benz, compagnie allemande qui produit aux États-Unis, pourrait être empêchée d'y vendre ses voitures à cause de deux actionnaires chinois qui détiennent, ensemble, 19,67 % de son capital. Le cas n'était probablement pas le plus évident lorsque des sénateurs américains ont entrepris de fermer davantage leur marché automobile à la Chine, mais il est désormais le plus embarrassant.
La commission du Commerce du Sénat a adopté à l'unanimité, mercredi 22 juillet, un texte renforçant les restrictions sur les véhicules connectés liés à des intérêts chinois. La mesure doit encore être examinée par l'ensemble du Sénat, puis rapprochée d'un éventuel texte adopté par la Chambre des représentants. Elle est donc loin d'entrer en vigueur. Dans sa rédaction actuelle, elle interdirait cependant la vente de véhicules connectés par tout constructeur détenu à plus de 15 % par des entités chinoises. Deux actionnaires pour un seul calcul
Le projet porte sur les véhicules connectés, dont les logiciels et les équipements communiquent avec l'extérieur. Ses auteurs redoutent qu'un État adverse puisse accéder aux données, surveiller les utilisateurs, mener des intrusions informatiques ou perturber des infrastructures critiques. En attendant, Mercedes n'est ni contrôlée ni dirigée depuis Pékin. Son problème est strictement arithmétique : le constructeur public chinois BAIC détient 9,98 % de son capital, tandis que Li Shufu, fondateur du groupe automobile Geely, en possède 9,69 %. Aucun...
-
23/07 - Un "combat acharné" en vue : aux Etats-Unis aussi, la fin du changement d’heure fait débat
Le serpent de mer semble avoir traversé l'Atlantique : après l'Europe, les Etats-Unis sont à leur tour gagnés par l'éternel débat de la fin nécessaire — ou non — du changement d'heure deux fois par an. Adoptée le 15 juillet par la Chambre des représentants avec un large soutien bipartisan, une proposition de loi soutenue par Donald Trump visant à rendre permanente l'heure d'été a relancé les discussions aux États-Unis, où l'heure d'été est appelée la "daylight saving time" parce qu'elle consiste à "économiser" la lumière du jour en avançant les horloges pour profiter plus longtemps des soirées.
Si le texte était adopté par le Sénat puis promulgué par le président, les Américains ne reculeraient donc plus leurs horloges d'une heure au mois de novembre. Mais comme sur le Vieux Continent — où le changement d'heure aurait dû être supprimé après un vote du Parlement européen qui l'avait en théorie abrogé en 2019 — l'avenir de cette réforme semble très incertain. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a d'ores et déjà reconnu qu'il n'était pas certain de réunir les 60 voix nécessaires pour surmonter un éventuel filibuster (une forme d'obstruction parlementaire), tandis que plusieurs sénateurs républicains promettent de s'y opposer.Un siècle de débat et de test
En vérité, le sujet divise les États-Unis depuis plus d'un siècle. L'heure d'été y a été instaurée une première fois en 1918 pour économiser l'énergie, avant d'être abandonnée dès 1919. Elle a été...
-
23/07 - Au RN, la candidature de Marine Le Pen rebat les cartes : "Bien sûr, c’est elle qui a le dernier mot"
Un an c’est long. Voilà une année que les membres du Rassemblement national vivaient en apnée. Forcés d’attendre une décision judiciaire qui devait déterminer qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella porterait les couleurs de l’extrême droite à l’élection présidentielle. Forcés de louvoyer face aux questions dérangeantes, de feindre que tout allait pour le mieux lorsque des divergences de ligne commençaient à poindre, de faire en sorte que les équipes des deux candidats putatifs s’écharpent le moins possible aux yeux de tous. Le temps de l’attente, heureusement, est terminé. Marine Le Pen, condamnée par la cour d’appel (elle se pourvoit en cassation) mais en capacité de se présenter, est officiellement candidate. La parenthèse Bardella est terminée, il est temps de tourner la page.
Avant la traditionnelle pause estivale qui devrait durer plus d’un mois, les cercles rapprochés de la candidate et du président du RN se sont réunis, pour deux jours, au nouveau siège du parti dans le XVIe arrondissement parisien. Parmi eux, les conseillers de Jordan Bardella Charles-Henri Gallois et François Durvye, les proches de Marine Le Pen Renaud Labaye et Jean-Philippe Tanguy, ou encore son directeur de cabinet chargé de coordonner le programme Ambroise de Rancourt. L’objectif : éplucher les différents livrets thématiques - une vingtaine au total - concoctés par les équipes chargées de phosphorer sur la ligne que portera le parti en 2027, et commencer les "arbitrages". Comprendre :...
-
23/07 - Moonshot AI : le prodige chinois que Washington accuse d’avoir copié Anthropic
En cinq jours, Kimi K3 est passé de prouesse technologique à dossier de la Maison-Blanche. Le 17 juillet, la start-up pékinoise Moonshot AI présentait ce modèle capable, selon ses propres tests, de rivaliser avec les meilleures intelligences artificielles américaines à moindre coût. Ce mercredi 22 juillet, Washington l'accusait d'avoir obtenu une partie de ces performances en copiant les capacités d'Anthropic et en utilisant des puces Nvidia auxquelles les entreprises chinoises ne sont, en principe, plus censées avoir accès.
L'affaire réunit ainsi les deux principales inquiétudes américaines face aux progrès chinois dans le domaine de l'intelligence artificielle. La première concerne les modèles eux-mêmes : les entreprises chinoises les développent désormais presque aussi vite que leurs concurrentes américaines. La seconde porte sur la manière dont elles y parviennent. Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, affirme que Moonshot a "distillé" le modèle Fable d'Anthropic pour entraîner Kimi K3, une technique qui consiste à entraîner un modèle à reproduire les réponses d'un autre, mais plus puissant.
La distillation n'est pas, en elle-même, une technique clandestine. Elle est couramment utilisée pour créer des modèles plus petits ou moins coûteux. Elle devient litigieuse lorsqu'elle repose sur l'exploitation non autorisée d'un service propriétaire, à une échelle suffisante pour en reproduire les capacités....
-
23/07 - Bientôt des frappes américaines au Mali ? Cette intervention que l’administration Trump étudierait
L'administration Trump étudie une opération militaire au Mali contre le JNIM — un puissant groupe terroriste islamiste affilié à Al-Qaïda qui fait vaciller depuis plusieurs mois la junte au pouvoir — selon des responsables américains qui se sont confiés au Washington Post. Cette intervention, si elle avait lieu, ferait du Mali le huitième pays au total visé par des frappes américaines depuis le début du second mandat de Donald Trump, après le Yémen, la Somalie, la Syrie, l'Iran, l’Irak, le Nigeria et le Venezuela.
La possibilité de cette offensive militaire divise toutefois les responsables américains, selon les sources du journal. Certains d'entre eux s'interrogent dans ses pages, craignant une potentielle escalade avec les forces russes présentes au Mali, et doutant de l'efficacité d'une nouvelle approche militaire dans une région où les précédentes opérations étrangères n'ont pas permis d'endiguer sur le long terme l'expansion djihadiste.Le "problème multinational" du terrorisme
Du côté de Donald Trump, l'un des principaux défenseurs de cette réponse armée au terrorisme serait Sebastian Gorka, directeur adjoint chargé du contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale. La Maison-Blanche quant à elle n'a pas confirmé l'existence de plans de frappes. Un responsable de l'administration indique néanmoins auprès du journal que Washington encourage les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest à acheter des équipements américains pour soutenir leur lutte contre les groupes...
-
23/07 - Comment l’Europe a édulcoré le nouveau train de sanctions contre la Russie
La règle de l’unanimité fait encore et toujours des dégâts sur la politique étrangère européenne. L’adoption ce jeudi 23 juillet par les 27 Etats membres d’un nouveau train de sanctions contre la Russie - le 21e depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022 - n’a pu se faire qu’au prix d’un large assouplissement des mesures proposées, afin notamment de satisfaire la Grèce qui menaçait d’opposer son veto.
Il se trouve que l’armateur grec Dynagas est le seul opérateur de l'Union européenne à posséder des méthaniers de classe Arc7 capables de briser les glaces de l’Arctique, construits spécifiquement pour aller chercher le gaz naturel liquéfié (GNL) produit sur la péninsule de Yamal, la région de l’extrême nord sibérien au coeur de l’hyperpuissance gazière russe. Selon les estimations du Financial Times, Dynagas, propriété du milliardaire grec George Prokopiou, a transporté vers les marchés mondiaux plus de 10 millions de m3 de GNL russe depuis un an, avec onze navires qui ont effecté 144 trajets. Les contrats correspondants ont quasiment tous été conclus avant l'invasion, pour des durées allant jusqu’à vingt ans.
La Commission européenne, soutenue par la majorité des Vingt-Sept, avait proposé d’en suspendre l’application jusqu’à l’arrêt des hostilités par la Russie. Mais pour satisfaire Athènes, les Etats membres ont accepté que Dynagas continue, pendant une durée d’un an renouvelable, à honorer tous les contrats conclus avant 2022, à condition que les volumes transportés...
-
23/07 - Des millions de dollars et des SMS rédigés par IA : le plan d’Israël pour reconquérir l’opinion américaine
Le prochain front de la diplomatie israélienne se trouve peut-être dans une réponse de ChatGPT. Face au recul de son image aux États-Unis, Israël finance une campagne qui ne vise plus seulement les élus ou les éditorialistes, mais aussi les jeunes conservateurs, les auditeurs de podcasts, les utilisateurs de TikTok et les intelligences artificielles qui leur résument l'actualité, comme le rapporte une longue enquête du Wall Street Journal.
En mars 2026, 60 % des adultes américains interrogés par Pew Research déclaraient avoir une opinion défavorable d'Israël. Une enquête de juillet précise le constat : 42 % porteraient un jugement négatif sur les Israéliens, un chiffre qui grimpe à 69 % lorsqu'il s'agit de leur gouvernement. Le décrochage vise donc d'abord l'exécutif et sa conduite des guerres à Gaza et en Iran. C'est ici qu'entre en scène Brad Parscale : ancien directeur de campagne de Donald Trump, il a signé avec le gouvernement israélien un contrat de plus de 45 millions de dollars pour améliorer l'image de l'État hébreu outre-Atlantique. Le Wall Street Journal affirme qu'au moins six entreprises ont été engagées aux États-Unis pour participer à cette campagne et qu'une trentaine de professionnels se sont enregistrés comme agents d'Israël. Le pays a prévu plus de 700 millions de dollars en 2026 pour sa diplomatie publique. La droite conservatrice comme premier relais
Brad Parscale connaît bien le public visé. Il est aussi directeur de la stratégie de Salem Media,...
-
23/07 - En manque de soldats, la Russie élargit encore le recrutement des criminels
Les personnes condamnées pour banditisme, trafic de drogue ou participation à une organisation criminelle pourront désormais rejoindre l'armée russe. Face au ralentissement du recrutement de soldats sous contrat et à des pertes toujours élevées en Ukraine, Moscou élargit encore son vivier de recrues potentielles. Mercredi 23 juillet, la Douma a adopté une loi autorisant le recrutement de nouvelles catégories de repris de justice. Désormais, des personnes reconnues coupables de banditisme, de participation à une organisation criminelle, de trafic de drogue, d'organisation de l'immigration clandestine, mais aussi d'infractions liées au trafic d'armes, d'explosifs, de matières radioactives ou encore à la perte de documents contenant des secrets d'État pourront signer un contrat avec le ministère de la défense.
Pour compenser les pertes parmi les quelque 700 000 soldats déployés sur le front, la Russie ne cesse d'intensifier ses campagnes de recrutement. Depuis la mobilisation partielle de septembre 2022, Moscou cherche à éviter une nouvelle conscription nationale en privilégiant le recrutement de soldats sous contrat, à coups de fortes primes financières : selon le Moscow Times, elles peuvent atteindre 5,5 millions de roubles (70 200 dollars) pour un contrat d'un an. Le tout en ouvrant progressivement ce recrutement à des catégories de population toujours plus nombreuses."Laver leur honte par le sang"
Mais si le gouvernement affirme que plus de 80 000 soldats sous contrat...
-
23/07 - Comment la DZ Mafia installe son emprise à Alès : "Soit vous acceptez, soit vous vous faites rafaler"
Christophe Rivenq n’a pas pour habitude d’annuler ses engagements en dernière minute. En ce lundi 20 juillet, le maire d’Alès, dans le Gard, s’est rendu comme prévu au séminaire organisé de longue date avec des élus du territoire, dans un hôtel de la région. "J’essaie de me concentrer sur ma mission et de continuer à vivre normalement", confie-t-il à L’Express entre deux réunions, sans rien faire paraître de la fatigue des derniers jours. Pourtant, la semaine qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos. Jeudi 16 juillet, son épouse a découvert deux balles de neuf millimètres dans la boîte aux lettres du domicile familial, assorties d’un courrier insultant, dont le message est on ne peut plus clair : "Dis à tes putains de flics d’arrêter de nous casser les couilles".
Les auteurs, qui ont également tagué les murs de la clôture, s’identifient par un simple paraphe : "DZNG - CVN", pour "DZ Mafia Nouvelle Génération", du nom d’une nouvelle branche de l’organisation criminelle marseillaise, et "Cévennes", un quartier populaire du nord d’Alès gangrenné depuis des années par le trafic de stupéfiants. La lettre fait indirectement référence à la politique sécuritaire menée par le maire (Les Républicains) de la sous-préfecture gardoise. Pour tenter d’assécher le narcotrafic dans sa ville, l’élu a publiquement communiqué sur l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance ou sur l’engagement des 110 agents de la Direction de la sécurité publique de la municipalité. La...
-
23/07 - Santé mentale au travail : ce que la Suède a compris et que la France ignore encore
La santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025, puis reconduite en 2026. Cette décision traduit une prise de conscience bienvenue. Les arrêts de travail liés aux troubles psychiques explosent, le burn-out se banalise et le désengagement progresse. Pourtant, une question demeure : la France aborde-t-elle réellement le problème de la bonne manière ? Des chiffres préoccupants
Selon le Baromètre absentéisme privé 2025 de WTW, réalisé auprès de près de 2 000 entreprises représentant plus de 430 000 salariés, les risques psychosociaux représentent désormais 36 % des arrêts de travail de longue durée, contre 32 % un an plus tôt, ce qui en fait la première cause des arrêts longs. Les arrêts de plus de trois mois représentent 57 % de l'ensemble des journées d'absence, contre 48 % il y a seulement cinq ans. Plus inquiétant encore, selon le Baromètre Qualisocial et Ipsos, 37 % des salariés estiment que leur travail met leur santé mentale en danger, une proportion qui atteint 47 % chez les moins de 35 ans. Selon l'étude OpinionWay pour Empreinte Humaine, près d'un salarié sur quatre déclare être en mauvaise santé mentale et le taux de burn-out a doublé depuis 2020.
En France, la santé mentale au travail reste largement pensée sous un angle individuel. Lorsque les salariés vont mal, les entreprises mettent en place des cellules d'écoute, des formations à la gestion du stress, des numéros d'assistance ou des ateliers de bien-être. Ces dispositifs sont utiles, parfois...
-
23/07 - "En Iran, Donald Trump est pris à son propre piège" : la charge de son ex-stratège John Bolton
Après dix-sept mois à la Maison-Blanche, leur rupture avait été brutale en 2019, réglée à coups de tweets sur les réseaux sociaux. Ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat et artisan historique d'une ligne très interventionniste ("hawk") à l'égard de Téhéran, John Bolton dresse un bilan sans concession de la stratégie iranienne de la Maison-Blanche depuis les frappes du 28 février. Selon l’ex-ambassadeur américain aux Nations unies, l'absence de plan cohérent, l'isolement diplomatique des Etats-Unis et le calendrier électoral américain expliquent une situation aujourd'hui bloquée, entre un régime affaibli mais toujours debout et une administration américaine sans cap clair.
Dans ses mémoires, The Room Where It Happened (2020) - Trump a tenté d'empêcher la publication du livre -, Bolton décrivait déjà un président davantage guidé par des considérations politiques personnelles que par une stratégie cohérente de sécurité nationale. "Il n'a pas de philosophie, pas de vision stratégique en matière de sécurité nationale", critique-t-il. Entretien.
L’Express : Les Etats-Unis viennent de multiplier les frappes en Iran. La ligne dure que vous avez toujours défendue est-elle celle de Donald Trump ?
John Bolton : Je ne sais pas, et j'ai bien peur que lui non plus ne le sache pas. Une partie du problème remonte au 28 février : au moment même où il annonçait le début des frappes, aux côtés d'Israël, à 3h30 du matin, Trump n'a pas précisé...
-
22/07 - Si la Russie attaquait l’Europe : les cinq scénarios redoutés par les experts
Plus de 1 600 jours après le début de la guerre en Ukraine, Poutine n’a peut-être jamais été aussi dangereux. En l’absence de victoire claire sur le champ de bataille, nombre d’experts et d’agences de renseignement préviennent qu’il pourrait attaquer de nouvelles cibles en Europe d’ici la fin de la décennie. D’autant qu’une sortie négociée du conflit ou un simple gel des combats lui donneraient le temps de reconstituer ses forces.
Attaque amphibie contre l’île suédoise de Gotland, incursion militaire en Pologne pour tester la résolution de l’Otan... Voici les scénarios les plus probables des spécialistes interrogés par L’Express.Scénario 1 - Gotland, 3 septembre 2029 : ils débarquent
Dans le petit village de pêcheurs de Ljugarn, sur la côte est de l’île suédoise de Gotland, la matinée s’annonce paisible, alors que percent les premiers rayons du soleil en ce 3 septembre 2029. Soudain, à quelques kilomètres au large, surgissent de multiples corvettes et navires de débarquement de la flotte russe de la Baltique. Revanchard après les déboires de son armée en Ukraine, Vladimir Poutine vient d’ouvrir un nouveau front. La Suède, qui a rejoint l’Otan en 2024, en est la première victime. La petite île de Gotland, cruciale pour le contrôle de la mer Baltique, devient le théâtre d’un nouvel affrontement. Les drones et missiles russes saturent l’espace aérien tandis que des forces spéciales débarquent en hélicoptères pour s’emparer de l’aéroport de Visby – le seul de l’île. Dans le...
-
22/07 - Hongrie : l’appel de Viktor Orban à "résister" contre la "tyrannie" de Péter Magyar
Viktor Orban n'y va pas par quatre chemins. L'ancien Premier ministre hongrois, défait lors des élections législatives en avril dernier après 16 ans à la tête du pays, accuse le nouveau gouvernement de Péter Magyar de bafouer la démocratie. "L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie", a déclaré l'ancien Premier ministre. "Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...) Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement", a-t-il ajouté.
Viktor Orban a lancé cet appel dans un message publié mardi soir sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz. L'ancien Premier ministre nationaliste a précisé ce mercredi 22 juillet que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti lors de cette perquisition. Le parquet a indiqué à Reuters que celle-ci avait été menée dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.Plusieurs départs majeurs en quelques jours
Dans son message, Viktor Orban a déclaré que la Hongrie avait "cessé d'être un Etat démocratique" après l'adoption par le Parlement désormais dominé par Tisza, la formation conservatrice du Premier ministre Péter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'Etat et du président...
-
22/07 - Guerre en Iran : le Pentagone revoit à la hausse le coût de ses opérations
37,5 milliards de dollars : c'est l'estimation du coût jusqu'à présent de la guerre en Iran, dévoilée mardi 21 juillet par le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, alors qu'il se présentait devant des parlementaires pour la première fois depuis la reprise des bombardements intensifs.
Ce montant représente une hausse de près de 30 % par rapport aux 29 milliards précédemment estimés. Lors de son audition devant la commission du Sénat, Pete Hegseth a notamment déclaré que cette somme comprenait certains aspects de la guerre ainsi que les coûts prévus jusqu'à fin septembre, sans toutefois détailler comment le Pentagone était parvenu à ce chiffre. En mars, une source avait indiqué à Reuters que l'administration Trump estimait que les six premiers jours de la guerre avaient coûté à eux seuls au moins 11,3 milliards de dollars.
Face aux dépenses entraînées par ses opérations militaires, Donald Trump a demandé le mois dernier au Congrès un financement supplémentaire de près de 90 milliards de dollars, dont 67 milliards seraient consacrés au Pentagone pour les coûts opérationnels de la guerre en Iran. Une partie de cet argent doit notamment servir à "reconstituer les stocks de munitions", selon une lettre du directeur du budget de la Maison-Blanche, Russell Vought, au Congrès. Ce mardi, Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées Dan Caine ont défendu une rallonge budgétaire "urgente" et "nécessaire".Des sénateurs peu convaincus
Depuis que la guerre menée par les...
-
22/07 - Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans : la France, cheffe de file en Europe
C’est fait ! La France est devenue le premier pays d’Europe à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Adoptée par le Sénat et l’Assemblée nationale ce 21 juillet, cette mesure prendra effet le 1er septembre 2026. Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs avec leur pièce d’identité ou la reconnaissance faciale.
Inspirée du modèle australien qui, depuis le mois de décembre, interdit l’accès aux plateformes aux moins de 16 ans, la "majorité numérique" devient obligatoire en France alors que les effets des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs suscitent des inquiétudes dans le monde entier. En France, une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique montre que 74 % des parents d’enfants de 6 à 16 ans soutiennent cette interdiction avant 15 ans. La mise en œuvre s’annonce toutefois complexe, qu’il s’agisse de la fiabilité du contrôle de l’âge, de la responsabilité des plateformes et des risques de contournement.Finlande : le grand écart
Le Premier ministre Petteri Orpo soutient une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, se disant "préoccupé par le manque d’activité physique" chez les jeunes. La proscription n’en est toutefois qu’au stade d’étude. De leur côté, 83 experts ont signé des recommandations politiques pour une sensibilisation au numérique et la mise en place d’une régulation. Selon eux, l’interdiction stricte est difficile à faire respecter.Un usage problématiqueSlovénie :...
-
22/07 - "Il met son travail au service de notre ligne" : Johann Chapoutot, l’historien préféré de LFI
Aurions-nous pu éviter pareille gêne ? Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon. Johann Chapoutot n'aurait manqué cela pour rien au monde. L'historien du nazisme, auteur de la préface de la dernière édition de L'étrange défaite, est là. Sitôt dans le monument, il se joint aux universitaires déjà arrivés. Un entremetteur présente alors Johann Chapoutot à Christophe Prochasson, ancien président de l’EHESS et ex-conseiller culture de François Hollande. "J’ignore si vous vous connaissez", demande benoîtement le médiateur. "Oui, nous nous connaissons, et nous ne nous aimons pas, répond sans faux-semblant Christophe Prochasson. D’ailleurs je refuse de vous serrer la main." "Il faudrait alors que l’on se retrouve sur le pré !", rit Chapoutot. Et ainsi solder quelques querelles.
Vite, quittons ces tristes confrères. La cérémonie terminée, l’historien rejoint Jean-Luc Mélenchon et les siens, "comme intégré à la bande", narre un témoin. Une photo du mouvement politique, entourant les descendants de Marc Bloch, immortalise la connivence. Lui est juste là, derrière le quadruple candidat à l’élection présidentielle, reconnaissable à ses lunettes rondes, houppette dégarnie. Griffé par ses pairs, adoubé par la gauche : Johann Chapoutot, l’homme aux deux réputations. L’historien à double face.
L’Histoire bégaie, Johann Chapoutot le subodore. Son dernier best-seller, Les Irresponsables (Gallimard), a projeté l’universitaire dans le feu de l’actualité. L’arrivée d'Adolf Hitler au...
-
22/07 - Iran : la "Montagne de la Pioche", le site nucléaire enfoui que Donald Trump menace de frapper
C'est la nouvelle obsession de Donald Trump. Le président américain a déclaré mardi 21 juillet que les Etats-Unis allaient frapper "très prochainement" la région de la "Montagne de la Pioche" ("Pickaxe Mountain" en anglais), située tout près de l'installation d'enrichissement d'uranium fortement endommagée de Natanz, en Iran. Une semaine plus tôt, le 13 juillet, le dirigeant avait déjà menacé d'éliminer ce site. "Nous allons détruire Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens de se tenir prêts", avait affirmé Donald Trump lors d'une interview dans le talk-show de Hugh Hewitt. "Nous allons probablement tenter une attaque sur Pickaxe prochainement", avait-il indiqué.
Ce lieu n'est pas ciblé au hasard par Washington. Kuh-e Kolang Gaz La, en persan, est un site fortifié qui abrite deux complexes de tunnels profondément enfouis. Comme le détaille Reuters, cette montagne est située à 220 km au sud de Téhéran et à seulement deux kilomètres du complexe nucléaire de Natanz. Le sommet culmine à environ 1 600 mètres d'altitude. Le site de Natanz, emblématique du programme nucléaire iranien, où se trouvaient deux usines d'enrichissement d'uranium, a été bombardé pendant la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, et pendant la guerre de 12 jours de l'année dernière. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que l'usine d'enrichissement d'uranium à ciel ouvert avait été détruite. L'usine souterraine a quant à elle probablement été gravement...
-
22/07 - De Fatty à "DTF St. Louis" : une histoire de la grosseur au cinéma
Il y a une histoire de la grosseur au cinéma. Elle commence en 1913 avec l’entrée de Roscoe Arbuckle, dit Fatty (136 kilos) dans les studios de Mack Sennett. Dans Fatty et le voleur, Roscoe Arbuckle incarne un flic stupide qui se fait maltraiter par les voyous du quartier. Il n’est pas encore la vedette de la série des Fatty, mais déjà, qu’est-ce qu’on se marre à le voir revenir au commissariat en caleçon. Même les gros, dans la salle, rigolent. Peut-être pas de bon cœur. Allez quoi, un peu d’humour… Roscoe (Fatty) Arbuckle va tourner 45 Fatty avant de prendre le pouvoir sur sa célébrité, quitter Mack Sennett pour diriger lui-même les films, les produire et rivaliser avec Chaplin. On rigole moins, le gros ridicule est devenu intelligent, il gagne à la fin et c’est lui qui balance les tartes à la crème.
La voie est ouverte pour Oliver Hardy qui a trouvé en Stan Laurel un souffre-douleur à sa mesure. Pour la première fois, tout en continuant d’être ridicule, le gros du cinéma est un personnage puissant. L’énormité des conneries qu’il se permet impunément évaluant l’amplitude de son pouvoir.
Le gros cinématographique sera définitivement débarrassé de ses attributs burlesques par John Huston qui confie à Sydney Greenstreet le rôle de Kasper Gutman, le caïd obèse, à la recherche du Faucon Maltais (1941). La cruauté du personnage est supérieure à son obésité. Une promotion que son élégance vestimentaire confirme du début à la fin du film.
Légende à lui tout seul, on suit...
-
22/07 - Royaume-Uni : "Il sera difficile pour Andy Burnham d’éviter, à terme, des hausses d’impôts"
Le message est clair. Après avoir quitté avec fracas le gouvernement de Keir Starmer le 11 juin dernier, l'ancien ministre de la Défense, John Healey, fait son retour au cœur du pouvoir. Le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, l'a nommé au poste stratégique de chancelier de l'Échiquier, un choix qui laisse présager un effort accru en faveur de la défense, précisément le sujet qui avait provoqué sa rupture avec son prédécesseur.
Mais avec une dette publique britannique qui a presque triplé depuis la crise financière de 2008 et un déficit public de 4,8 % du PIB, la marge de manœuvre est étroite. Les marchés, échaudés par l'épisode Liz Truss et par l'instabilité politique des dernières années, surveilleront de près la trajectoire budgétaire du Royaume-Uni. Pour l'économiste Jonathan Portes, professeur à King's College London, il sera difficile d'éviter, à terme, des hausses d'impôts, un sujet politiquement explosif. Cet ancien chef économiste sous Gordon Brown détaille les défis budgétaires auxquels va être confronté le nouveau gouvernement et les arbitrages qu'il devra rapidement assumer.
L'Express : La dette publique britannique a presque triplé depuis la crise de 2008. Le sujet devient-il politiquement inflammable pour le nouveau Premier ministre ?
Jonathan Portes : Le dérapage des comptes publics n'est pas propre au Royaume-Uni : la dette française se situe à un niveau comparable, la dette japonaise est bien supérieure, celle des États-Unis un peu plus élevée,...
-
22/07 - Nucléaire : cet accord entre Donald Trump et l’Arabie saoudite qui inquiète déjà
En matière nucléaire, l'Arabie saoudite demande à être traitée comme une puissance civile. Donald Trump s'apprête à lui accorder ce statut sans exiger les garanties les plus strictes prévues jusqu'ici par Washington. Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le président américain a approuvé un accord de coopération d'une durée de trente ans. Le texte doit être signé ce mercredi 22 juillet par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane, avant d’être transmis au Congrès.
Pour Riyad, l'objectif officiel est énergétique. Le royaume veut produire de l'électricité nucléaire afin de consacrer une plus grande part de son pétrole à l'exportation. Il espère aussi exploiter ses propres gisements d'uranium, dont l'importance reste encore à établir. Pour Washington, l'intérêt est plus immédiat : l'accord pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars et réserver aux entreprises américaines une place de choix dans la construction des futures centrales saoudiennes. La Russie et la Chine, également intéressées, resteraient à la porte.
Robert Einhorn, ancien responsable du département d'État américain chargé de la non-prolifération, résume au Wall Street Journal les bénéfices attendus : l'accord pourrait "relancer l'industrie nucléaire américaine, renforcer les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et empêcher la Russie et la Chine d'occuper une position stratégique" dans le programme...
-
22/07 - Mer de Chine : cet incident qui ravive les tensions entre Pékin et Manille
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a convoqué mardi 21 juillet l'ambassadeur de Chine à Manille, Jing Quan. Plus tôt dans la journée, le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Manille en Chine. Le tout à la suite d'accusations mutuelles de provocations en mer de Chine méridionale.
Ces convocations interviennent en effet au lendemain d'un incident entre les deux pays d'Asie de l'Est survenu dans l'archipel des Spratleys. D'après les autorités philippines, un membre de leur marine aurait été frappé à la tête alors que deux canots philippins tentaient d'éloigner une embarcation chinoise qui tournait autour d'une épave servant d'avant-poste à l'armée philippine, le BRP Sierra Madre. Un canot pneumatique de la marine philippine aurait été endommagé, selon Manille, qui a partagé une vidéo de l'incident. <script async="1" defer="1" crossorigin="anonymous" src="https://connect.facebook.net/fr_FR/sdk.js#xfbml=1&version=v25.0"></script>Deux récits contradictoires
Le récit des faits fourni par Pékin est tout autre : la Garde côtière chinoise (CCG) a déclaré lundi que deux canots philippins avaient percuté un patrouilleur chinois en mer de Chine méridionale et que le personnel avait lancé des "attaques malveillantes" contre les agents des forces de l'ordre chinois à l'aide de rames et de longs bâtons.
Dans un communiqué publié mardi, la CCG a également indiqué que la Chine avait autorisé la partie...
-
22/07 - Un nouvel ambassadeur français à l’Otan, le RN briefé sur la défense à Matignon
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Un nouvel ambassadeur français à l’Otan
Le Quai d’Orsay et l’Élysée se penchent sur la succession du représentant permanent de la France auprès de l’Otan. Un poste stratégique alors que la France essaie de jouer un rôle moteur dans le renforcement du pilier européen de l’Alliance. L’actuel ambassadeur, David Cvach, quittera ses fonctions à l’été pour rejoindre le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). En lice pour lui succéder, le diplomate Charles Fries, lui-même secrétaire général adjoint du SEAE, a profité d’un passage à Paris à la faveur du Sommet de la Coalition des volontaires, le 13 juillet, pour en toucher un mot à Jean-Noël Barrot et faire valoir sa candidature. Philippe Bertoux, aujourd'hui ambassadeur de France en Corée, est lui aussi sur les rangs.Le RN briefé à Matignon sur la défense
C’est un aspect méconnu du "plan Matignon" concocté par le Rassemblement national après la périlleuse dissolution de 2024. Le RN s’est préparé à arriver au pouvoir, en approchant le cabinet militaire de Gabriel Attal,...
-
22/07 - Tensions entre Paris et Téhéran : l’Iran dément avoir maltraité deux diplomates français
Deux diplomates français que Paris accuse Téhéran d'avoir soumis à un "acte d'intimidation grave" n'ont pas été maltraités, a assuré ce mercredi 22 juillet un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, une assertion rejetée par la France.
Selon Paris, qui a convoqué mardi le chargé d'affaires iranien pour protester contre cet incident "inacceptable", deux membres de l'ambassade de France ont été retenus dimanche pendant quatre heures, durant lesquelles ils se sont vu confisquer leurs téléphones, ont été privés de tout contact avec l'ambassade et verbalement intimidés, l'un d'eux, le conseiller culturel, ayant été malmené physiquement.
Dimanche soir deux agents de l'ambassade de France en Iran ont été la cible d'une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens, en violation flagrante des immunités diplomatiques dont ils bénéficient.
Détenus sans raison pendant plusieurs…— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) July 20, 2026
Cité mercredi par les médias de Téhéran, un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Tanhaei, a déclaré que les services de sécurité avaient interrogé deux membres de l'ambassade de France ayant tenu une réunion avec des individus visés par des enquêtes pour des raisons de sécurité. "Les agents de sécurité ont transféré les deux individus à la police diplomatique dès qu'ils ont compris leur lien avec l'ambassade de France", a-t-il dit, assurant qu'il n'y avait pas eu d'acte...
-
22/07 - Ukraine : sous la pression de la rue, Volodymyr Zelensky limoge le commandant en chef de l’armée
C'est le plus grand remaniement de la direction militaire de l'Ukraine depuis le début de la guerre contre la Russie. Volodymyr Zelensky a nommé mardi 21 juillet au poste de commandant en chef des forces armées le général de division Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, en remplacement d'Oleksandr Syrsky. La semaine dernière, le remaniement ministériel décidé par le président ukrainien et le limogeage du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, après seulement six mois en fonction, ont suscité des inquiétudes chez les analystes quant à la possibilité que l'élan récent de l'Ukraine sur le champ de bataille soit perdu. L'ex-ministre réformiste, au cœur de l'innovation de Kiev dans l'utilisation des drones, était pourtant très populaire.
La nomination de Mykhaïlo Drapaty intervient après plusieurs jours de manifestations déclenchées par ces changements gouvernementaux. Mykhaïlo Fedorov avait critiqué Oleksandr Syrsky, l'accusant de saboter son travail, ce qui a mis en exergue les tensions entre les responsables ukrainiens considérant que le recours à la technologie est crucial pour remporter la guerre et ceux, issus de la vieille garde, favorables à une approche plus traditionnelle. Certains manifestants, qui s'étaient rassemblés devant les bureaux de Volodymyr Zelensky à Kiev, avaient appelé le président ukrainien à nommer Mykhaïlo Drapaty et demandé le retour de Mykhaïlo Fedorov, au détriment d'Oleksandr Syrsky."Une bouffée d'air frais"
Ce dernier avait joué un rôle clé...
-
22/07 - Monique Barbut, la ministre qui ne voulait pas l’être : "Je veux juste rentrer chez moi"
Tous les matins, elle quitte son domicile parisien et se rend à pied au ministère de la Transition écologique. Et tous les matins, sécurité oblige, une voiture de la République la suit au pas tout au long de sa petite randonnée urbaine. Le jour n'est pas levé que, déjà, la ministre démontre deux facettes de sa personnalité : primo, Monique Barbut ne compte pas changer ses habitudes ; deuzio, Monique Barbut va à son rythme. Qu'importent ses responsabilités. Les impératifs de l'époque. Les épreuves qui, depuis sa nomination, ont jonché ses journées. Seulement, ça y est, elle en a eu assez. De les affronter, les subir, ou de les éviter. Celle qui n'a jamais trouvé ni aimé sa place au gouvernement a annoncé démissionner, ce mercredi, au bout de neuf mois de calvaire. Quand bien même Emmanuel Macron est parvenu, quelques heures plus tard, à la convaincre de "poursuivre sa mission", cela ne change rien à l'affaire : Monique Barbut n'est jamais parvenue à entrer dans le costume qu'elle avait toujours refusé de porter.
Est-ce possible, est-ce acceptable, d'avoir pitié d'un ministre ? Osons, oui. Durant la période historique de canicule qui touchait la France, après quatre jours et quatre nuits d'âpres débats au Sénat sur le Projet de loi d'urgence agricole, elle confessait dans un attendrissant éclat de rire aux airs de supplication : "Je n'ai aucune espèce d'ambition, je veux juste rentrer chez moi. Je veux retourner à ce que je faisais et qui m'amusait beaucoup plus." Monique...
-
22/07 - Décentralisation : la recette d’Andy Burnham pour la France
Une dette publique incontrôlable, un déficit public en lévitation, une croissance atone, des taux d’intérêt ascensionnels, une valse gouvernementale, un parti populiste aux portes du pouvoir… Et une équipe de football proche du graal, mais sèchement renvoyée à la maison… On ne parle pas de la France, mais du Royaume-Uni. Andy Burnham, son septième Premier ministre travailliste depuis 2016, veut pourtant y croire : l'ex-maire du Grand-Manchester arrive à Downing Street avec non seulement une solide expérience locale, mais également du charisme et des idées.
Il se donne dix ans pour ramener de l’espoir, et "distribuer du pouvoir partout dans le pays", en appliquant son plan D comme décentralisation. L’arme magique pour relancer la croissance, tout en respectant la discipline budgétaire, assure-t-il. Son bilan à Manchester plaide en sa faveur : la métropole affiche des indicateurs économiques supérieurs à ceux de Londres. L’ancien ministre de Tony Blair et de Gordon Brown en est convaincu depuis longtemps, il faut en finir avec l’extrême concentration des pouvoirs autour de la capitale, qui règne de façon hégémonique sur l’économie du pays.
Non seulement il a raison, mais nous devrions en prendre exemple. "Il faut 'décoloniser' la province", tonnait déjà Michel Rocard en 1966. Un discours inspiré par sa propre expérience de haut fonctionnaire : à l'occasion d'un contrôle des finances de la ville d'Auxerre, il "constata avec amertume l'inertie des pouvoirs administratifs...
-
22/07 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d’Achille de l’ogre chinois
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
A Belakang Padang, seule la minuscule plage de sable blanc fait rêver. Le reste n'est que misère. Beaucoup de maisons closes, une poignée de complexes touristiques bunkérisés et une horde de gamins jouant dans des ruelles écrasées d'une chaleur moite. Tout autour, un entassement de bicoques en bois aux couleurs défraîchies construites sur pilotis au-dessus de la mangrove. Une île confettis, d'où l'on aperçoit la dentelle des gratte-ciel de Singapour, la richissime cité-Etat, plaque tournante de la finance du sud-est asiatique, poumon de la mondialisation et dont le gigantesque port de commerce pointe à la deuxième place du palmarès mondial, juste derrière Shanghai. Entre ces deux mondes, une bande de mer s'étire sur à peine plus de trois kilomètres et constitue le passage le plus étroit et le plus dangereux du détroit de Malacca.
Belakang Padang a deux spécialités : la soupe de crabe et les pirates. Pas de folklore, ici. Juste des pêcheurs ou des chauffeurs de bateau taxi qui, la nuit venue et lorsque la mer est calme, se métamorphosent en bandits...
-
22/07 - Guerre en Iran : de New York à Téhéran, le retour de flamme de Donald Trump
Personne ne saura jamais précisément le sens des huées venues des tribunes à New York, un après-midi de finale de Coupe du monde de foot, à l'encontre Donald Trump : sa proximité affichée avec le très décrié patron de la Fifa, le prix vertigineux de l’essence aux Etats-Unis - qui a franchi le seuil des 90 dollars le baril - ou sa politique étrangère toujours plus erratique. A moins qu’il s’agisse un peu des trois à la fois…
Moins d'un mois après avoir accepté un cessez-le-feu - déjà caduc - et ouvert une négociation de soixante jours - qui ne convainc personne -, le locataire de la Maison-Blanche s'embourbe un peu plus chaque jour dans le dossier iranien. Aux frappes américaines contre des cibles militaires et des infrastructures civiles (ponts, aéroports, gares) - dont la population iranienne risque, une nouvelle fois, d’être la grande victime -, Téhéran rend coup pour coup avec des tirs incessants de drones et missiles sur les pays alliés de Washington dans le Golfe.
Une flambée militaire qui a déjà considérablement alourdi le prix de la guerre pour les Etats-Unis avec la mort de trois nouveaux soldats américains. La stratégie des deux belligérants est simple : Téhéran veut convaincre Washington qu'une pression prolongée, via le blocage du détroit d’Ormuz, finira par alimenter un spectre inflationniste trop coûteux pour le locataire de la Maison-Blanche. Washington mise, lui, sur un épuisement des ressources économiques et militaires de l'Iran, offrant ainsi sur un...
-
22/07 - Victor Manuel Rocha, l’espion cubain qui a infiltré les Etats-Unis pendant quarante ans
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
L'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, mené le 3 janvier dernier, a été réalisé grâce à une infiltration de la CIA au cœur du pouvoir vénézuélien. L’agence de renseignements américaine aurait déployé, dès l’été 2025, des espions sur place qui surveillaient chacun des faits et gestes de Nicolas Maduro. Certains agents étaient même parvenus à intégrer ou recruter des proches du président vénézuélien, permettant alors sa capture d’après le chef d’état-major des armées.
La diplomatie internationale est sous le choc : un gouvernement qui intervient dans un autre pays pour enlever son dirigeant ! Cela dépasse toutes les lois. Pourtant, dans les heures qui suivent, Donald Trump assure qu’il pourrait ne pas s’arrêter là : les Etats-Unis sont prêts à mener une opération similaire en Colombie, pour combattre le trafic de drogue, ou même à Cuba.
Cuba, c’est l’ennemi des Etats-Unis depuis des décennies. La CIA y a multiplié les opérations pour déstabiliser le pouvoir, notamment visant Fidel Castro. Mais le petit Etat des Caraïbes n'est pas en reste. Les Cubains aussi ont leurs espions et eux aussi sont capables d’infiltrer les plus hautes...
-
21/07 - Frappes en Iran : ce rapport américain qui met en doute la stratégie de Donald Trump
La dernière escalade de violence a-t-elle anéanti l'accord de paix intérimaire signé en juin dernier entre les Etats-Unis et l'Iran ? La question se pose plus que jamais alors que Téhéran poursuit ce mardi 21 juillet ses opérations contre des voisins du Golfe, Bahreïn et le Koweït, tandis que Washington a mené une dixième nuit de frappes. L'armée américaine a précisé avoir frappé des centres de commandement militaire iraniens, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des systèmes de défense aérienne.
Des explosions ont été entendues aux alentours de la ville de Chiraz, dans le sud de l'Iran, selon les médias d'Etat. Konarak et Chabahar, sur la côte sud, ainsi que la ville de Khorramabad et un site civil près d'Abdanan, à l'ouest du pays, ont également été touchés, d'après les mêmes sources.
Ces frappes américaines ont-elles des chances de faire bouger la position de l'Iran ? Non, selon les services de renseignement américains. Comme le rapporte le Washington Post, les agences américaines prévoient une longue impasse indéfinie entre paix et guerre entre Téhéran et Washington, car il est peu probable d'après elles que l'Iran assouplisse sa position de négociation simplement en raison d'une action militaire américaine. Le quotidien américain se base sur une nouvelle évaluation des services de renseignement, rédigée principalement par la CIA, décrite par des responsables, actuels et anciens, qui ont requis l’anonymat.La survie du...
-
21/07 - Les philosophes, nouvelles stars de l’IA ? Pourquoi il faut se méfier de l’emballement médiatique
Le mot est joli, "humanités", mais prononcé à voix haute dans un dîner, il fait frémir les parents. Tandis que les formations d’ingénieurs, de droit ou de commerce propulsent leur progéniture vers des CDI confortables, la philosophie offre des perspectives de carrière guère plus rassurantes que l’école du cirque. Du moins, jusqu’ici. En 2026, les mathématiciens voient l’IA venir à bout de problèmes sur lesquels s’échine leur profession. Les développeurs sont déboussolés par la vitesse à laquelle elle automatise leur métier. Les philosophes, à l'inverse, auraient le vent en poupe.
Tandis qu’en 2024, le taux de chômage des diplômés universitaires en ingénierie informatique a atteint 7,8 %, il plafonne à 5,1 % pour les philosophes, selon les chiffres de la Federal Reserve Bank of New York. The Economist, qui a compulsé les données de l’association nationale des écoles et employeurs américains, pointe une chute du taux moyen d'emploi à temps plein entre 2022 et 2024 de jeunes diplômés dans plusieurs filières réputées sûres telles l’informatique, le génie électrique ou spatial. A l’inverse, les diplômés en philosophie – certes moins nombreux - ont vu leur taux s'améliorer de quelques pourcents. L'éthique version ChatGPT
C'est que la Silicon Valley leur entrouvre ses portes. Les grands laboratoires d’IA leur offrent missions de conseil, temps partiels voir résidence permanente dans leurs open spaces modernes. Amanda Askell, philosophe écossaise passée par Oxford et titulaire...
-
21/07 - Sanctions européennes contre la Russie : le 21e paquet bloqué par les intérêts nationaux
Après vingt paquets de sanctions contre la Russie, l'Union européenne connaît la procédure : identifier les revenus russes encore accessibles, rédiger de nouvelles interdictions, puis obtenir l'accord des vingt-sept États membres. Les deux premières étapes peuvent être techniques, mais c'est bien la troisième qui pose problème. Présenté en juin, un texte présentant de nouvelles mesures doit viser les banques russes, des réseaux de cryptomonnaies et plusieurs acteurs du commerce pétrolier. Il reste suspendu au veto de la Grèce, qui refuse de limiter le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers.
Athènes conteste surtout le coût prévu pour son industrie maritime. La mesure menacerait Dynagas, société du milliardaire grec George Prokopiou, exploitant notamment sept méthaniers brise-glace conçus pour le site gazier russe de Yamal, dans l'Arctique. Depuis l'invasion de l'Ukraine, l'entreprise a transporté plus de 30 millions de tonnes de GNL depuis le site russe, pour une valeur estimée à plus de 24 milliards de dollars. Un seul navire, le Fedor Litke, aurait acheminé plus de 4 milliards de dollars de cargaisons. Vetos
L'entreprise affirme aussi être liée par des contrats courant, pour certains, jusqu'en 2065. La Grèce soutient qu'une interdiction européenne ne priverait pas la Russie de ses revenus financiers : elle transférerait les contrats à des concurrents chinois, japonais, ou américains. Athènes demande donc que ses navires puissent continuer à...
-
21/07 - Plus secret qu’un service secret : le FSO, bras armé de Vladimir Poutine
Mâchoire carrée, corps taillé dans le muscle et regard noir, Alexeï Dioumine, secrétaire du Conseil d’Etat, à Moscou, a davantage un physique de garde du corps que de haut fonctionnaire. Rien d’étonnant, quand on sait que cet ancien agent du FSO (Service fédéral de sécurité) a veillé jour et nuit sur Vladimir Poutine durant ses deux premiers mandats (de 2000 à 2008). Ce redoutable "gorille" aurait même vidé son chargeur sur un ours qui se serait invité dans la datcha sibérienne du chef du Kremlin.
Sa loyauté sera récompensée. En 2015, Dioumine est propulsé vice-ministre de la Défense, puis gouverneur de la riche région houillère de Toula (au sud de Moscou), avant de rejoindre le Conseil d’Etat en 2024. Un parcours éclair qui ne surprend pas cet ancien du Kremlin : "Poutine passe plus de temps avec ses gardes du corps qu’avec n’importe qui d’autre. Il a noué des liens de confiance très forts avec certains d’entre eux."
Au point de devenir des confidents du "tsar" ? La tradition ne date pas d’hier. Après l’assassinat de son père, en 1881, le jeune Alexandre III créé un corps spécial chargé de protéger le pouvoir. En 1927, après la Révolution, Staline met sur pied un service de gardes du corps, dont le premier chef, Nikolaï Vlasik, devient un intime du dictateur… ce qui ne l’empêchera pas d’être envoyé au goulag en 1952.Promotions foudroyantes
Dioumine aura-t-il la même fin ? A 53 ans, il n’en finit pas de grimper. Son nom est même souvent cité comme successeur potentiel...
-
21/07 - "Un nouveau tournant dans la guerre" : pourquoi l’Ukraine frappe le géant russe du commerce en ligne Wildberries
La Russie ne cache pas son agacement. Le Kremlin a indiqué mardi 21 juillet que les entreprises souffraient à la suite des attaques ukrainiennes contre des entrepôts appartenant à Wildberries, le plus grand marché en ligne de Russie, équivalent d'Amazon. Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet, des drones ont frappé deux importants centres logistiques dans les villes de Kotovsk et d'Elektrostal, provoquant des incendies et perturbant les opérations de Wildberries.
Le bilan humain est lourd : selon le gouverneur de la région de Tambov, Evgueni Pervychov, sept employés de nuit ont été tués et 25 autres blessés dans l'entrepôt de Kotovsk, une petite ville située à environ 475 km au sud-est de Moscou. Un mort et 37 blessés ont été signalés dans l'entrepôt d'Elektrostal, dans la région de Moscou, à environ 50 kilomètres de la capitale. "La situation est effectivement difficile en raison des pertes subies tant par l'entreprise elle-même que par les représentants des petites et moyennes entreprises", a reconnu ce mardi devant des journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Lundi, Kommersant, le principal quotidien économique de Moscou, estimait les dégâts occasionnés par cette attaque à près de 35,8 milliards de roubles (environ 400 millions d'euros).
Ce mercredi 22 juillet encore, de nouvelles attaques ukrainiennes ont visé les entrepôts de Krasnodar et de Nevinnomyssk, faisant plusieurs blessés et entraînant l'évacuation du personnel.
Sur le réseau...
-
21/07 - Comment Napoléon voyait les Etats-Unis, la Russie et l’Europe : "ll ne cherchait pas à être empereur du monde"
Quelle était la vision diplomatique derrière ses campagnes militaires ? Jusqu'à quel point Talleyrand l'influença-t-il ? Comment comprendre le "système fédératif" qu'il imaginait pour l'Europe ? Auteur d'une quarantaine d’ouvrages relatifs au Premier Empire, ainsi qu’au Second, notamment un "Napoléon : Dictionnaire historique" (Perrin) et "Napoléon et le monde" (Belin), l'historien Thierry Lentz est l'invité des Temps sauvages, le podcast géopolitique de L'Express, dans le cadre de notre série sur les grands stratèges de l'Histoire. Il nous plonge dans la tête de l'Empereur.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : "Précurseur de la géopolitique, Napoléon chuta pour en avoir oublié les règles élémentaires", expliquez-vous. En quoi est-il le précurseur de cette discipline ?
Thierry Lentz : Parce qu’il fonde sa politique extérieure sur une réflexion géopolitique cohérente, même si elle se révèle finalement perdante. Il n’est pas un conquérant créatif. Il n’invente rien. Il hérite d’objectifs anciens, mais dispose d’un outil militaire et économique exceptionnel. Ses erreurs commencent lorsqu’il cesse de respecter certaines réalités géopolitiques.
La première concerne le Rhin. Depuis Jules César, les Français considèrent que la Gaule s’étend naturellement jusqu’au Rhin. La Révolution réalise cet objectif en annexant la rive gauche. Napoléon aurait pu s’en...
-
21/07 - "Narendra Modi, démission !" : en Inde, le "Parti des cafards" défie le pouvoir
Une force politique pour la jeunesse, par la jeunesse indienne. A l'appel du "Cockroach Janta Party" (CJP), ou "Parti du peuple des cafards", des milliers de personnes se sont rassemblées ce lundi 20 juillet à New Delhi pour participer à une marche organisée le jour de l'ouverture de la session estivale du Parlement, malgré une interdiction annoncée par la police.
La manifestation, l'une des plus importantes organisées dans la capitale indienne ces dernières années, a donné lieu à de nombreux affrontements avec les forces de l'ordre. Des images télévisées ont notamment montré des policiers frappant à coups de matraque certains manifestants dans une zone fortement barricadée, bien que la police de Delhi ait nié tout recours à la force. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser les manifestants près du Parlement. Ce mardi matin, 150 blessés étaient pris en charge à l'hôpital, selon le CJP.La fuite des sujets d'un examen national comme élément déclencheur
"Dharmendra Pradhan, démission", "Narendra Modi, démission", ont scandé en hindi les manifestants, faisant référence au ministre de l'Éducation ainsi qu'au Premier ministre. Au pouvoir depuis 2014, ce dernier est confronté à l'un des plus grands défis de son troisième mandat à ce jour.
Lancé par un étudiant indien fraîchement diplômé en communication, Abhijeet Dipke, et rassemblant aujourd'hui des millions de partisans sur les réseaux sociaux (dont 23 millions sur Instagram), le CJP a pris de l'ampleur jusqu'à...
-
21/07 - Royaume-Uni : John Healey, le choix surprise d’Andy Burnham pour gérer les finances du pays
Des propositions particulièrement attendues. Andy Burnham va présenter ce mardi 21 juillet ses premières mesures en tant que nouveau Premier ministre britannique, au lendemain de sa nomination à Downing Street. On connaît déjà les grandes lignes de sa feuille de route : atténuer la crise du coût de la vie et mettre fin à une décennie d'instabilité politique. Pour tenter de remplir sa mission, le nouveau chef de gouvernement travailliste a nommé une équipe ministérielle de haut niveau qu'il espère plus réactive que celle de son prédécesseur Keir Starmer. Un membre du gouvernement sera particulièrement sous les feux des projecteurs : le ministre des Finances John Healey.
La nomination de l'ancien secrétaire à la Défense (juillet 2024 - juin 2026) comme Chancelier de l'Échiquier, un poste aussi crucial que celui de Premier ministre, est une surprise, tant il n’était pas le favori. La presse britannique avait anticipé l'arrivée de la ministre de l'Intérieur sortante Shabana Mahmood, qui conserve finalement sa place, voire d'Ed Miliband, qui a hérité du poste de ministre des Affaires étrangères.
La nomination de John Healey, 66 ans, intervient quelques semaines seulement après sa démission du gouvernement précédent de Keir Starmer. Un départ lié à un désaccord majeur sur les dépenses de défense. Il avait en effet jugé insuffisant le montant accordé au plan d'investissement dans ce secteur "en cette période de menaces croissantes", déplorant que le ministère des Finances soit...
-
21/07 - Cette scène du film "L’Odyssée" que tous les dirigeants devraient méditer, par Nicolas Brault
Trois minutes. C’est le temps que le nouveau film de Christopher Nolan consacre aux sirènes. D’un point de vue cinématographique, je le comprends : cette étape de l’Odyssée est une anomalie. C’est la seule dans laquelle Ulysse n’agit pas, il ne fait qu’obéir ; la seule dans laquelle la solution n’est pas de lui, elle lui a été dictée par Circé, la seule dans laquelle le guerrier est humilié devant ses hommes. Pourtant, c’est le premier moment où le héros "aux mille ruses" cesse de ruser, pour devenir un vrai capitaine. Car au cours de cette épreuve, Ulysse prend cinq leçons de commandement.L’intégrité n’est pas une colonne vertébrale, c’est un mât
La séduction des sirènes est souvent présentée comme sexuelle, mais le mythe ne la réduit pas à cela. Appât du gain, abus de pouvoir, préjugés, renoncements, prévarications… Quelle que soit la probité du chef, des forces de corruption croiseront toujours son chemin.
Alors, la plus grande vulnérabilité est de se croire invulnérable. Nul n’est incorruptible, mais le chef peut admettre sa corruptibilité et donc construire, à l’avance, la charpente extérieure qui le fera tenir droit. Il peut "s’attacher au mât" ou se "lier les mains" avant que l’irrépressible tentation ne survienne. Cela passe par des clauses de droit, l’installation de contre-pouvoirs, la rédaction d’un code d’honneur, ou la mise en place d’une chaîne de commandement, avec des instances de contrôle.Le chef protège en s’exposant
Prévenu du risque, pourquoi Ulysse...
-
21/07 - Droits de douane : Donald Trump menace de relancer la guerre commerciale avec le Canada
Donald Trump n'aime manifestement pas le feu, mais il continue d'y jeter de l'huile : vendredi dernier, le président américain menaçait le Canada de nouvelles taxes douanières en raison de la pollution de l’air causée par les incendies dans le pays. Ce lundi 20 juillet, le républicain a bel et bien annoncé des surtaxes supplémentaires pour son voisin, dont la justification officielle répond à un grief plus classique : le Canada traiterait les produits américains moins bien que ceux de ses autres partenaires.
À partir du 19 août, une sélection de marchandises canadiennes sera frappée d'un droit supplémentaire de 50 %. La liste va du vin au ciment, en passant par les meubles, les vêtements, et les bâtons de hockey. Près de 20 milliards de dollars d'importations sont concernés. L'énergie, la potasse, les minerais critiques et le poisson sont épargnés, tout comme l'acier et l'aluminium, déjà taxés. Selon Capital Economics, la mesure toucherait environ 5 % des importations américaines en provenance du Canada.L'ACEUM détricoté
Surtout, les produits conformes à l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou ACEUM, ne seront pas exemptés. Cet accord signé en 2020, lors du premier mandat de Donald Trump, protégeait jusqu'ici l'essentiel des échanges entre les trois pays. Désormais, un produit respectant parfaitement ses règles pourra tout de même être taxé à 50 %. Donald Trump l'avait présenté comme supérieur à l’ancien accord de libre-échange ; six ans plus tard, il décide lui-même d’en...
-
21/07 - Jonas Pardo : "Malgré le déni de LFI, Barbara Butch est bien victime d’une campagne de harcèlement antisémite"
Après l'extrême droite, au tour de La France insoumise de s'en prendre à Barbara Butch. La DJ française a été contrainte de quitter prématurément la scène d'un festival à Grenoble, sous les huées et les jets de bouteille en verre, conséquence d'une campagne menée par les Insoumis du coin. Voilà plusieurs mois qu'ils tentaient d'empêcher l'artiste de se produire : ils la griment en "soutien aux génocidaires", coupable d'avoir signé une tribune favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle dit par ailleurs regretter - et d'avoir donné un concert à Tel-Aviv. Une "accumulation d'accusations sans fondement, de procès d’intentions, ponctués de faits déformés", dissèque Jonas Pardo, pour qui l'affaire à tout à voir avec de l'antisémitisme.
Le directeur de l'association Boussole antiraciste dénonce cette dangereuse "injonction géopolitique" : "On exige des Juifs qu'ils se positionnent sur le conflit israélo-palestinien, comme s'ils en étaient comptables, et qu'ils prouvent qu'ils sont 'du bon côté'", dit le chercheur. Entretien.
L’Express : Que révèle l’interruption du concert de Barbara Butch par des militants insoumis ?
Jonas Pardo : Cet événement est l'aboutissement de deux dynamiques. La première est locale : l'appel au boycott lancé par la section grenobloise de La France insoumise. La seconde est plus large : Barbara Butch fait l'objet, depuis sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, d'une campagne de harcèlement qui a progressivement pris...
-
21/07 - Randonner à Val d’Isère : des promenades familiales aux itinéraires de haute montagne
Quelques minutes suffisent pour quitter le centre de Val d'Isère. Les terrasses laissent place au bruit du torrent, puis les premiers alpages ouvrent la voie vers les lacs d'altitude, les glaciers et les grands cols. Dans ce village de Savoie, les sentiers commencent au bout de la rue. Lorsque les températures grimpent dans les vallées, marcheurs, familles et trailers viennent chercher un air plus frais, mais aussi une façon différente de vivre la montagne : plus intimiste et authentique.Val d'Isère, un village façonné par la haute montagne
Bien avant de devenir un haut lieu de la montagne, Val d'Isère vivait déjà au rythme du pastoralisme et des échanges avec les vallées italiennes. Au cœur de la haute Tarentaise, le village s'est développé autour des cols empruntés par les colporteurs, les marchands et les voyageurs, faisant de Val d'Isère un lieu de passage depuis des siècles.
Cette histoire se lit encore dans le vieux village. Les maisons en pierre aux toits de lauze côtoient les anciennes granges, les fontaines et les ruelles étroites. Dominant le centre, l'église Saint-Bernard de Menthon dont le clocher date du 17ème siècle, reste l'un des principaux repères de Val d'Isère. Les sept chapelles réparties dans les hameaux racontent elles aussi cette histoire, que l'on découvre aujourd'hui en parcourant le Circuit des 7 Chapelles.Les Avalins, l'âme vivante de Val d'Isère
Mais Val d'Isère ne se résume pas à son patrimoine. Les Avalins continuent de faire vivre le...
-
21/07 - "Pour réussir, le manager doit devenir un superficiel compétent" : la leçon de management d’Henry Mintzberg
"Les managers font le sale boulot : ils règlent les problèmes difficiles et les connexions complexes. Voilà pourquoi la pratique du management est si floue et que des mots comme expérience, intuition, jugement et sagesse sont si souvent importants pour la décrire", affirme Henry Mintzberg dans Manager. L’essentiel. Ce que font vraiment les managers… et ce qu’ils pourraient faire mieux (Vuibert, 2014). Dans cet ouvrage - que nous vous recommandions déjà dans notre sélection des essais de management à lire au moins une fois dans sa vie - le spécialiste décrit, de manière didactique, le quotidien de 29 cadres. Si l'auteur parle d'une "pratique" du management, c'est parce qu'il considère qu'il ne s'agit pas d'"une profession de plus".
Pour l'enseignant en sciences de gestion et management de l'université McGill, le manager est loin du cliché du "planificateur systématique et réfléchi" : dès 1975, Henry Mintzberg montrait dans son article "Le métier du manager : folklore et réalité", publié dans la Harvard Business Review que 49 % des activités d'un manager durent moins de neuf minutes. Dans cette analyse, le chercheur évoque la brièveté, la fragmentation des tâches, leur variété mais aussi des activités répétitives qui font que les managers sont, par nature, sursollicités.
Selon Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po, ce mode de fonctionnement est "un moyen opportuniste de réaliser beaucoup en peu de temps dans le but de ne pas se couper du flux d’informations...
-
21/07 - "Cela profitera à beaucoup de femmes" : en 1978 naissait Louise Brown, premier "bébé-éprouvette"
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 7 août 1978
Louise se porte bien. Elle dort beaucoup, ce qui profite aux nouveau-nés. Elle a aussi bon appétit et tète durant trois heures, en six prises régulières. Depuis le 28 juillet, troisième jour qui a suivi sa naissance, elle est nourrie au sein par Lesley, sa mère, remise de sa césarienne. Sous les regards attendris de John, son père. Elle a toutes les chances, Louise Brown, petite Anglaise née sous le signe du Lion. La voici star. C'est "Bébé-éprouvette".
Sa naissance bouleverse surtout les femmes. En particulier celles qui souffrent de stérilité. Elles sont nombreuses, une sur cinquante dans le monde, en moyenne. Pour la moitié d'entre elles, l'infécondité résulte d'un blocage au niveau des trompes reliant les ovaires à l'utérus. Ce qui interdit toute fusion d'un spermatozoïde avec un ovule. Or, les légions de femmes victimes de ce mal s'interrogent maintenant. L'espoir ne lève-t-il pas, avec l'apparition de Louise Brown ? Cocktail d'hormones
A Bristol, en Angleterre, Lesley Brown, 32 ans, mariée depuis neuf ans, était stérile. Comme elles. Jusqu'à ce que sa route croise celle de deux chercheurs, Robert Edwards, physiologiste l'université de Cambridge, et le Dr Patrick Steptoe, gynécologue à l'hôpital d'Oldham. Ils prônaient depuis longtemps une technique artificielle, pour vaincre cette malformation. Ils l'expérimentaient. Ils accumulaient les échecs. Pourquoi, cette fois, ont-ils réussi ?...
-
21/07 - "Une thérapie peut vous aider" : l’Allemagne, un modèle de lutte contre la pédocriminalité
Il aura fallu du temps et un certain courage avant que Félix* ne se décide à sauter le pas. À la fin de l’année 2024, cet étudiant berlinois contacte finalement les médecins du programme Kein Täter werden (KTW), traduit en français par "Ne devenez pas un délinquant". Ce dispositif, basé à l’Institut de sexologie de l’hôpital de la Charité de Berlin, propose depuis vingt ans un accompagnement psychologique aux personnes attirées sexuellement par les mineurs, dans le but de prévenir les agressions sexuelles contre les enfants et la consommation d’images pédopornographiques. "J’en avais visionnées, et cela a gravement accentué ma dépression et mes idées suicidaires. Je voulais absolument arrêter, mais je n’y arrivais pas. J’avais besoin d’aide", raconte Félix.
À l’époque, le jeune homme est déjà suivi par un médecin non-spécialisé, à qui il n’ose pas confier ses différentes rechutes. Au sein du programme KTW, qu’il rejoint officiellement en décembre 2024, il trouve des professionnels mieux formés à ces questions : au cours d’entretiens individuels, puis de groupes de parole, ils écoutent le patient, analysent son comportement, puis développent avec lui des stratégies préventives ou réactives. En parallèle, Félix est orienté vers un traitement antidépresseur, puis une médication anti-androgène de six mois destinée à réduire sa libido. Au fil de la thérapie, l’équipe médicale travaille également à lui faire accepter son trouble, par exemple par le fait de révéler sa...
-
20/07 - Concert interrompu de Barbara Butch : la défaite morale des Insoumis
Né avant la honte. "Nous n’avons empêché personne de se produire sur scène puisque Madame Barbara Butch s’est produite sur scène." Allan Brunon, le responsable grenoblois de LFI, dit vrai, Barbara Butch s’est bien produite au festival Cabaret Frappé le 18 juillet. Malgré les appels au boycott, malgré les visuels déversés dans la ville, grossiers montages où figure l’artiste - au recto maculée d’une tache de sang, au verso aux côtés de Netanyahou. La DJ a mixé vingt minutes, "elle a interrompu elle-même son concert" ajoute Brunon ; oui, sous les insultes, les jets de gravier et de bouteilles en verre. Ce soir-là, l’Insoumis, présent dans la foule, a tout filmé, satisfait de son opération, ses camarades drapeaux palestiniens en mains. L’artiste, elle, s’est déchargée auprès de son amie Hanna Assouline : "C’était ignoble, Hanna. Tu aurais vu la haine dans leurs yeux".
Les Insoumis l’avaient défendue face au harcèlement de l’extrême droite, postérieur à la cérémonie des JO. Ils la harcèlent à leur tour car elle a trahi, signant un texte favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle a dit regretter. Une signature "de personne concernée" par l'antisémitisme, victime depuis l'enfance - l’expression devrait faire "tilt" à gauche. Mais non. La voilà grimée en censeur des voix palestiniennes, en agent à double allégeance du "pink washing israélien" car elle s’est un jour produite à l’ambassade française de Tel-Aviv.
"Que faisiez-vous le 12 juin 2025 à Tel-Aviv ?", l’a molestée face...
-
20/07 - Vladimir Poutine, bunkerisé mais bien informé : au Kremlin, la paranoïa atteint des sommets
C’est un rapport épais qui, chaque semaine, atterrit sur le bureau de Vladimir Poutine. Produit par le très secret "Service sociologique", il sonde les humeurs et les états d’âme de 5 000 Russes, questionnés – souvent à leur insu - par des agents fédéraux qui sillonnent le pays, de Rostov à Vladivostok. Tout y est consigné : leurs frustrations, leur lassitude et leurs colères, de plus en plus vives – qu’il s’agisse des pénuries d’essence, de l’inflation ou de ces coupures Internet qui exaspèrent tant les Moscovites. Grâce à ce "sismographe" capable de détecter les éruptions populaires, Poutine sait tout. S’il le faut, il lâche du lest.
Mais il peut aussi tuer dans l’œuf toute critique sur cette "opération spéciale" qui, après 1 600 jours de combats, tourne au vinaigre. Car cette guerre, qui devait à tout prix rester invisible, s’invite désormais dans la vie quotidienne. Dans un Kremlin hanté par les attaques de drones ukrainiens et les assassinats de hauts responsables militaires, la paranoïa est à son comble. Et la baisse de popularité du président russe, alors que des élections législatives ont lieu dans deux mois, n’arrange rien. Terré dans ses bunkers, Poutine - qui n’envisage pas la paix, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump - risque donc de durcir encore son pouvoir, dans la plus pure tradition soviétique. Car c’est son logiciel. Celui du KGB, qui n’a jamais vraiment cessé de régner sur le pays."Les anciens du KGB, ça n’existe pas"
Au début des années 2000,...
-
20/07 - Yémen : les Houthis annoncent un blocus maritime de l’Arabie saoudite
La menace planait depuis plusieurs semaines. Elle a été mise à exécution ce lundi 20 juillet. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé qu'ils imposaient un blocus naval à l'Arabie saoudite, leur voisin du nord le long de la côte de la mer Rouge. Dans leur communiqué, les forces armées houthies indiquent qu'elles décrètent "un embargo maritime contre l'ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement".
Selon les rebelles houthis, cette décision est une réponse à ce qu'ils qualifient de "siège injuste et oppressif" imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens. On ignore toutefois à ce stade comment les Houthis procéderaient à un blocus maritime de l'Arabie saoudite, ni si cela inclurait une reprise des attaques contre les navires.
Téhéran a récemment fait pression sur les Houthis pour qu'ils ferment le point de passage de Bab el-Mandeb vers la mer Rouge si les Etats-Unis continuaient d'attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes. Quatre jours plus tôt, rapportait Reuters, la République islamique avait ainsi demandé au mouvement houthi du Yémen de se tenir prêt à fermer la route pétrolière de la mer Rouge. Selon trois sources interrogées par l'agence de presse britannique, l'idée a été discutée parmi les dirigeants iraniens et le message a été transmis aux Houthis. Dès le 1er juin, le commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution, Esmaeil Qaani, avait affirmé qu'ils pouvaient bloquer la mer Rouge.Une...
-
20/07 - Andy Burnham vu par la presse britannique : un "politicien Heineken" dont "les bonnes ondes ne suffiront pas"
Andy Burnham a retrouvé un siège à Westminster, a été désigné chef du Labour sans adversaire, puis a été nommé Premier ministre. Il est devenu ce lundi 20 juillet le septième chef du gouvernement britannique en dix ans. Keir Starmer, lui, a quitté le pouvoir moins de deux ans après avoir remporté une très large majorité lors des dernières élections législatives. Outre-Manche, les journaux veulent donc savoir ce qui change cette fois-ci.
Sur un point, ils s'accordent : Andy Burnham sait parler aux électeurs. Ancien ministre sous Tony Blair et Gordon Brown, puis maire très populaire du Grand Manchester, il a battu Reform UK à Makerfield alors que le Labour était au plus bas dans les sondages. Le Telegraph le décrit comme un "politicien Heineken", capable d'atteindre les travaillistes, les écologistes et les libéraux-démocrates, mais aussi certains conservateurs ou partisans de Nigel Farage. Il ajoute que "parvenir au sommet n'est que la moitié de l'histoire". Pour gouverner, il faut encore "une direction politique très claire".Un programme encore peu détaillé
C'est justement un point que la presse conservatrice dit ne pas avoir trouvé. Le Spectator résume son article dès le titre : les "bonnes ondes" de Burnham "ne suffiront pas". L'hebdomadaire lui reproche de vouloir "remettre davantage d'argent dans les poches des gens" et de répéter qu'il possède "un plan", sans préciser comment il financera les logements sociaux, l'aide aux personnes âgées ou le trou de 7,4...
-
20/07 - Une GPA qui mène à la démission : en Allemagne, l’affaire Jens Spahn offre un argument en or à l’extrême droite
"Ils buvaient du vin en secret et en public, ils prêchaient l’eau", écrivait Heinrich Heine, le grand poète allemand du XIXe siècle. La chute d’un poids lourd de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier Friedrich Merz, témoigne que l’hypocrisie persiste dans la politique européenne par-delà les siècles. Et qu’aujourd’hui comme hier, elle ne fait l’affaire que des démagogues.
Jens Spahn, 46 ans, présidait, jusqu’à sa démission le 18 juillet, le groupe parlementaire chrétien-démocrate au Bundestag. A ce titre, il était la cheville ouvrière de la coalition sur laquelle s’appuie Merz pour gouverner. Figure de proue de l’aile conservatrice de la CDU, il était bien placé pour revendiquer pour lui-même, le jour venu, le fauteuil de chancelier. Dès 2012, ce catholique avait déclaré son homosexualité ; en 2017, il avait épousé un cadre du groupe de presse Burda.
L’annonce la semaine dernière que le couple, domicilié à Berlin, a engendré un fils en ayant recours à une mère porteuse aux Etats-Unis, a retenti comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de nuages de la politique allemande. Car la CDU milite contre l’autorisation de la gestation pour autrui, que celle-ci soit commerciale ou altruiste. Le parti l’a réaffirmé haut et fort lors de son congrès tenu en février à Berlin.
Stricto sensu, Spahn et son mari n’ont pas violé la loi, qui interdit la gestation pour autrui uniquement sur le territoire national. Quand elle est réalisée à l’étranger, la...
-
20/07 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
Edouard Philippe n’a rien inventé. Le 27 novembre 2017, lors d’un stand up sur la scène du Casino de Paris, il raconte un épisode de la campagne de 2017 : "J'arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture." Le Havrais, qui participe au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle à une réunion au siège des Républicains, est contacté par le secrétariat du futur président. La discrétion maximale est de mise. "On vient vous chercher où vous êtes ?" Non, pas vraiment. Et il se cachera…
Edouard Philippe n’a rien inventé, il imite même l’un de ses maîtres. Pas Alain Juppé, qu’on n’imagine pas spontanément dans ce genre de situations, mais une autre longue carcasse qu’il n’était pas simple de dissimuler : Jacques Chirac… Nous sommes à l’automne 1993. Edouard Balladur est à...
-
20/07 - Guerre au Moyen-Orient : la Jordanie, nouvelle cible de choix de l’Iran
Une coopération et une dépendance dont elle paie le prix fort. La Jordanie est la cible privilégiée de l'Iran depuis une semaine. Vendredi 17 juillet, une attaque iranienne contre une base militaire en Jordanie a tué deux soldats américains, un troisième étant toujours porté disparu, selon des responsables américains. Cette attaque, qui a fait quatre autres blessés parmi les soldats et endommagé plusieurs hélicoptères, était la quatrième de la semaine contre les forces américaines en Jordanie.
La première attaque a visé le 15 juillet un bâtiment résidentiel de la base aérienne King Faisal, blessant jusqu'à cinq militaires américains. La deuxième a touché une base dans l'est de la Jordanie, endommageant plusieurs hélicoptères Blackhawk américains. Selon les autorités, des missiles iraniens ont bombardé la base aérienne de Muwaffaq Salti à Azraq, un important centre de l'US Air Force, blessant une vingtaine de soldats américains qui se sont réfugiés dans des bunkers. Cette base a de nouveau été touchée vendredi, entraînant la mort des deux soldats.
Dimanche, la Jordanie a également évacué l'aéroport international et le port d'Aqaba, ville côtière, à la suite d'une "menace précise et crédible", a indiqué l'ambassade américaine sur place. La défense aérienne jordanienne a ensuite abattu trois missiles iraniens qui visaient le pays, a précisé l'armée jordanienne, tandis qu'un quatrième s'est écrasé dans une zone inhabitée.Une coopération militaire importante…
Durant la...
-
20/07 - Royaume-Uni : Andy Burnham devient le septième Premier ministre britannique en dix ans
Le 13 juillet 2016, Theresa May remplaçait David Cameron au 10 Downing Street. Dix ans plus tard, Andy Burnham a remplacé ce lundi 20 juillet Keir Starmer, devenant le septième Premier ministre britannique en l'espace d'une décennie. Le palais de Buckingham a officiellement annoncé sa nomination dans un bref communiqué, publiée après une rencontre entre le travailliste de 56 ans et le roi Charles III, qui lui a demandé d'assumer les fonctions de chef du gouvernement.
Lors d'un premier discours au côté de son épouse devant ses nouveaux quartiers, l'ex-maire de Manchester, populaire dans les sondages et communicant éprouvé, a promis un profond changement pour le bien de la population. Il s'est engagé à présenter dans le courant de la semaine de nouvelles mesures pour aider les ménages, avant de dévoiler plus tard dans l'année un nouveau plan sur dix ans pour le pays. "La Grande-Bretagne doit montrer au monde qu'elle est capable de retrouver sa stabilité une fois de plus", a déclaré celui qui est parfois surnommé "le Roi du Nord". "Nous n'avons pas été à la hauteur, et nous devons faire mieux", a-t-il ajouté.
Promettant aux Britanniques "une bouffée d'oxygène", il a déclaré que le gouvernement présenterait des mesures visant à lutter contre la hausse du coût de la vie, ainsi que la manière dont il prévoit de les financer. Evoquant le plus long terme, il s'est aussi engagé à aider plus de jeunes "à accéder à l'emploi en réformant le système éducatif et en leur apportant...
-
20/07 - Andy Burnham, Premier ministre d’un Royaume-Uni à bout de souffle
-
20/07 - Etats-Unis : comment le soutien à Israël divise les démocrates
Longtemps durant aux Etats-Unis, la position démocrate sur Israël reposait sur quelques principes assez stables : préserver l'alliance entre les deux pays, garantir la sécurité de l'État hébreu et défendre, au moins officiellement, la création d'un État palestinien. Les désaccords portaient sur les gouvernements israéliens, rarement sur le soutien américain lui-même. Après les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas, Joe Biden avait d'ailleurs réaffirmé son engagement aux côtés d'Israël et le Congrès avait voté de nouvelles aides à une large majorité.
Près de trois ans plus tard, le vocabulaire a changé, les sondages aussi. Les opérations militaires menées à Gaza et la politique de Benyamin Netanyahou ont rendu la question israélienne beaucoup plus conflictuelle au sein du Parti démocrate. Pendant que la direction continue de défendre l'alliance, une part croissante des électeurs et des candidats aux élections de mi-mandat à venir souhaite désormais conditionner l'aide de Washington à Tel-Aviv, la réduire ou y mettre fin.
Selon un sondage du Washington Post avec Ipsos réalisé en juillet, près des trois quarts des démocrates souhaitent réduire ou supprimer l'aide militaire américaine à Israël, dont quarante pour cent demandant son arrêt complet. Parmi les électeurs se définissant comme "très libéraux", cette proportion atteint 58 %. Le sujet s'invite dans les midterms
Le changement est récent. En octobre 2023, quelques jours après les attaques du Hamas, 28 % des...
-
20/07 - Pourquoi refusons-nous l’exigence que nous admirons dans le sport ? Par Julia de Funès
Ce qu’il y a de pernicieux dans la médiocrité qui gagne aujourd’hui notre pays, ce n’est pas seulement l’affaiblissement des compétences, la baisse du niveau ou l’effacement progressif de la qualité. Tout cela serait encore rattrapable par le travail. Le plus redoutable, c’est que la médiocrité finit par se faire passer pour une vertu, d’autant plus difficile à combattre qu’elle se place désormais sur le terrain moral.
Les insuffisances se transforment en avantages, les lacunes en qualités. On manque d’exigence ? On se dit tolérant. On redoute la confrontation ? On se prétend apaisé. On ne sait pas choisir ? On se proclame ouvert. On n’ose pas dire qu’un travail est mauvais ? On invoque le respect. Chaque renoncement reçoit ainsi son certificat de moralité. Pourquoi un tel renversement ? Parce que l’excellence gêne : elle rappelle ce que l’on aurait pu accomplir. Le talent irrite parce qu’il introduit une hiérarchie que l’époque voudrait abolir. Le brillant devient arrogant, l’exigeant brutal, le lucide négatif. Celui qui demande un effort serait forcément dur. Celui qui évalue serait nécessairement jugeant. Celui qui fixe un niveau exercerait une domination.
Dans l’entreprise, un manager qui dit qu’un travail n’est pas au niveau risque d’être accusé de manquer d’empathie. À l’école, un professeur qui sanctionne une copie insuffisante doit parfois davantage justifier sa sévérité que l’élève son manque de travail. Dans les relations ordinaires, celui qui ose dire "tu...
-
20/07 - Hongrie : Péter Magyar obtient le départ du président pro-Orban Tamas Sulyok
Péter Magyar concrétise sa promesse électorale phare : tourner la page Viktor Orban. Le Premier ministre hongrois a annoncé ce lundi 20 juillet vouloir proposer l'ancienne championne d'échecs Judit Polgar pour la présidence de la République. "Notre pays a besoin d'unité, de paix et d'un président dont tous les Hongrois puissent être fiers", a affirmé Péter Magyar sur Facebook. "Le nom de Judit Polgar est synonyme de talent et de persévérance depuis des décennies", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a précisé qu'il allait la rencontrer ce lundi pour lui demander si elle accepte ou non la nomination.
Cette décision intervient au lendemain de la signature par le président Tamas Sulyok d'un amendement constitutionnel adopté par le parti Tisza, au pouvoir en Hongrie, qui a mis fin à son mandat de chef d'Etat à minuit. Cette législation s'inscrivait dans le cadre de la campagne menée par Péter Magyar pour démanteler les bastions du pouvoir de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, campagne pour laquelle Péter Magyar affirme avoir reçu un mandat fort des électeurs après avoir évincé le dirigeant de droite lors d'une victoire écrasante aux élections législatives, en avril dernier. Même si Tamas Sulyok n'est pas membre du Fidesz de Viktor Orban et reste relativement inconnu, il était devenu le symbole de l'influence profondément ancrée du parti au sein de l'exécutif hongrois, étant ainsi la dernière pièce majeure du système Orban.Viktor Orban dénonce une "tyrannie"
Si Péter...
-
20/07 - "Quand on est aventurier, on est entrepreneur" : les leçons de leadership de Stéphanie Gicquel
Stéphanie Gicquel court, elle court beaucoup, longtemps, vraiment très longtemps. Le samedi 27 juin, sous une chaleur étouffante, elle a remporté pour la cinquième fois l'Ultramarin : 175 kilomètres de course à travers le golfe du Morbihan bouclée en 17 heures. Stéphanie Gicquel est vice-championne du monde du 100 kilomètres et elle détient le record du monde de la plus longue expédition en Antarctique : 2 045 kilomètres en 74 jours. La jeune femme est aussi exploratrice, aventurière, écrivaine. Un éventail d'expériences à des années-lumière de sa vie d'avant, quand elle était avocate d'affaires dans un grand cabinet américain et passait ses nuits sur des dossiers de fusion-acquisition. Pour L'Express, Stéphanie Gicquel revient sur ce changement radical de vie, marqué par l'effort et la persévérance.
Une interview issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Plantons le décor. Nous sommes en février 2010, vous rentrez de vacances avec votre conjoint et là, dans une brasserie parisienne, vous décidez de changer de vie et de devenir aventurière. Quelques jours plus tôt, vous aviez embarqué sur un bateau à Ushuaia, à la pointe sud de l'Argentine, et longé les côtes glacées de l'Antarctique. Depuis ce jour, ces grandes montagnes blanches vous obsèdent et vous ne pensez qu'à rechausser vos chaussures de randonnée. Qu'est-ce qui vous fait...
-
20/07 - L’IA va-t-elle tuer Wikipédia ? L’encyclopédie en ligne fait de la résistance
Sous le pseudonyme de "Dirac", Miguel Tremblay est une légende discrète du Wikipédia francophone. Vingt-trois ans d'ancienneté, plus de 17 000 contributions, quelque 200 articles créés de son initiative comme le "pouce", l'unité de mesure, ou la "chopine", le verre à bière. Ces derniers mois, ce physicien de profession s’est démultiplié, ajoutant à la célèbre encyclopédie participative en ligne une cinquantaine de portraits de Québécoises primées, et des pages entières sur les législatures de la plus française des provinces canadiennes, depuis 1867. Un volume qu'il n'aurait "jamais pu produire sans l'IA générative", reconnaît-il sans ciller. "Dirac" montera sur scène à la Wikimania — la grand-messe annuelle du mouvement, qui se déroulera à Paris pour la première fois de son histoire entre le 21 et le 25 juillet — pour en discuter à voix haute. "L'exercice le plus "wikipédien" qui soit, la paraphrase, soit reformuler une source pour l'exposer sans la recopier mot pour mot, est précisément ce que les modèles réussissent le mieux", confie le bénévole.
L'aveu est courageux. Car l'IA générative et sa nuée de chatbots de ChatGPT à Claude, Gemini ou Grok, hérisse le poil de ses camarades. Tremblay le concède volontiers. Sur la version anglophone de l'encyclopédie, un vote communautaire a purement banni les modèles ; la francophone, plus pragmatique, se borne à les "déconseiller vivement" aux volontaires. En juin, le cofondateur de l’encyclopédie en ligne, Jimmy Wales, estimait...
-
20/07 - "Il ne veut pas être associé au désastre" : Marco Rubio et la guerre en Iran, une absence stratégique
Depuis Henry Kissinger en 1969, aucun Américain n'avait cumulé les titres de secrétaire d'Etat et de conseiller à la Sécurité nationale. Marco Rubio l'a fait. Cette double casquette lui vaut de siéger régulièrement à la gauche de Donald Trump dans la Situation Room, cette célèbre salle de crise de l’aile ouest de la Maison-Blanche que le père de la Realpolitik qualifiait "d'inconfortable, inesthétique et oppressante". Mais l’actuel diplomate en chef de l’Amérique - et fils d’émigrés cubains arrivés en 1956 aux Etats-Unis - n’est pas du genre à s’embarrasser de telles considérations décoratives.
C’est dans ce bunker, où se règlent toutes les grandes crises du monde depuis les années 1960, que l’ex-sénateur de Floride a participé le 14 juillet à une réunion sur de nouveaux plans de frappes du Pentagone contre des cibles stratégiques en Iran et dans le détroit d'Ormuz. C'est aussi dans ce Saint des saints de la sécurité nationale que Marco Rubio a écouté Benyamin Netanyahou vanter, le 11 février, le changement de régime - du "bullshit", selon ses propres mots - sans toutefois dissuader le président américain de frapper l'Iran. La suite de l’histoire, tout le monde la connaît : elle mérite déjà une place dans les programmes de West Point, la plus célèbre école militaire des Etats-Unis, au chapitre des erreurs stratégiques à ne jamais reproduire... Donald Trump, qui a signé le 17 juin un protocole d’accord avec les Iraniens, se retrouve embourbé avec Téhéran dans un engrenage...
-
19/07 - Venezuela : Diosdado Cabello, l’ennemi juré de Washington qui s’affiche avec les Américains
L'opposition le décrit comme la figure la plus responsable de deux décennies de répression, d'emprisonnement et de torture au Venezuela. Diosdado Cabello a gravi tous les échelons du pouvoir à Caracas jusqu'à devenir le très redouté ministre de l'Intérieur du pays. Ce nationaliste convaincu de 63 ans, qui a joué un rôle clé au sein du régime chaviste dès ses débuts, a fermement dénoncé la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l'armée américaine en janvier dernier, estimant à l'époque que l'ancien président déchu était un "prisonnier de guerre" et indiquant que "le Venezuela ne capitule pas".
Côté pile, Diosdado Cabello est dans leur viseur des Etats-Unis qui l'accusent de "narcoterrorisme" et de trafic de cocaïne. Comme le relève Le Figaro, selon l'acte d'accusation de l'agence fédérale américaine, Diosdado Cabello aurait rencontré secrètement, à la frontière, des membres de l'ELN, la guérilla marxiste-léniniste colombienne, pour inspecter certaines pistes d'atterrissage clandestines destinées aux passeurs de drogue. En 2019, l'actuel secrétaire d'Etat américain Marco Rubio estimait que Diosdado Cabello était un "narcotrafiquant" qui finirait "par se retrouver en prison". Le ministre fait l'objet de sanctions américaines, tout comme plusieurs membres de sa famille et ses amis. Washington a émis un avis de recherche et offre une récompense de 25 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation.
Côté face, cet ancien officier de l'armée...
-
19/07 - Justin Gest, spécialiste des migrations : "Une victoire du RN pourrait provoquer un exode des démocrates français"
On connaissait la "fuite des cerveaux", ce phénomène par lequel des personnes hautement qualifiées quittent leur pays d’origine pour s’installer ailleurs. On en sait toutefois moins sur la "fuite démocratique" que documente Justin Gest, spécialiste des questions migratoires, dans son récent Democratic Drain : Global Migration and the Struggle for Democracy (Cambridge University Press, non traduit) ; un ouvrage déjà encensé par le grand économiste américain Tyler Cowen ainsi que Steven Levitsky, professeur à Harvard et co-auteur du best-seller How Democracies Die.
En exclusivité pour L’Express, le politologue, directeur du programme de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de la George Mason University, explique ainsi pourquoi ceux qui partent, souvent les plus enclins à défendre de fortes valeurs démocratiques et libérales, peuvent favoriser malgré eux l’autoritarisme en vidant le pays des individus susceptibles de se soulever contre de possibles dérives illibérales. Un phénomène qui, en retour, peut aussi fragiliser les protections démocratiques dans les pays de destination…
L’Express : Dans votre ouvrage, vous montrez qu’au-delà de la "fuite des cerveaux", l’émigration produit aussi une "fuite démocratique". Comment l’expliquez-vous ?
Justin Gest : Quand les immigrés quittent leur pays d’origine, ils emportent avec eux leurs familles, leur talent, leurs idées et leur intelligence. Cela représente évidemment une perte de capital économique,...
-
19/07 - Iran : Washington intensifie ses frappes après la mort de deux militaires américains
Les États-Unis ont déclaré avoir mené une huitième nuit consécutive d’attaques contre l’Iran, après avoir annoncé plus tôt la mort de deux militaires américains en Jordanie, tandis que les alliés américains dans la région ont fait état de nouvelles attaques iraniennes dimanche. Les États-Unis et l’Iran ont intensifié leurs attaques alors que l’accord de cessez-le-feu provisoire signé il y a un mois s’est effondré et que la lutte pour le contrôle du détroit d’Ormuz s’est intensifiée, augmentant le risque d’un retour à des hostilités à grande échelle.
Des responsables israéliens ont déclaré qu’Israël se préparait à accueillir davantage d’avions de ravitaillement américains après la récente escalade, et en prévision d’une éventuelle extension des opérations militaires américaines contre l’Iran. Le Commandement central américain a déclaré que les dernières frappes aériennes, qui ont débuté samedi à 18 heures (heure de l’Est, 22 heures GMT), visaient "à affaiblir davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et à punir rapidement les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des militaires américains en Jordanie". Le Commandement central a précisé par la suite avoir mené à bien sa vague d’attaques, visant des installations militaires iraniennes de surveillance côtière et de défense aérienne.
Ce conflit, qui a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran...
-
19/07 - Crise de gouvernance en Ukraine : après le limogeage de Fedorov, Zelensky envisage de destituer le général Syrsky
C'est un limogeage accueilli avec inquiétude à Kiev… mais avec satisfaction à Moscou. Le départ de Mykhailo Fedorov du ministère ukrainien de la Défense, une éviction annoncée par Volodymyr Zelensky le 15 juillet dans le cadre d'un vaste remaniement gouvernemental, suscite des remous en Ukraine. Le limogeage de cette personnalité très populaire a déclenché des manifestations à Kiev et dans d'autres villes du pays, un fait rarissime en temps de guerre. Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi pour la deuxième journée consécutive devant le bureau du président ukrainien, dans le centre de la capitale, pour exiger que le président réintègre Mykhailo Fedorov.
Ce départ s'est fait sur fond de conflit ouvert entre le ministre de la Défense sortant et le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, devenu la bête noire d'une partie de la population et de militaires eux-mêmes. Vendredi soir, lors de l'une des plus importantes manifestations de ces dernières années, certains manifestants scandaient "Syrsky dehors !" Selon le Financial Times, ces protestations ont amené Volodymyr Zelensky à envisager de limoger le commandant en chef ukrainien.
Selon un haut responsable de l'administration ukrainienne contacté par le quotidien britannique, Volodymyr Zelensky a réuni ce week-end les commandants militaires afin de recueillir leurs évaluations de la situation sur le terrain et d'interviewer les candidats au commandement de l'armée. Toujours...
-
19/07 - Du ski au trail : comment Rossignol opère sa transformation
Depuis deux ans, une tradition s'est installée au siège de Rossignol, situé à Saint-Jean-de-Moirans, près de Grenoble. Lorsque l'hiver touche à sa fin et que les premiers bourgeons apparaissent, les skis, équipement historique de cette marque créée en 1907 par Abel Rossignol, à une dizaine de kilomètres de là, dans un petit atelier à Voiron, laissent la place dans le hall d'entrée à une nouvelle gamme d'une discipline en vogue : le trail. Une petite révolution dans ce bâtiment architectural qui épouse parfaitement les formes du Vercors et de la Chartreuse, les deux massifs faux jumeaux situés de part et d'autre du site.
Passé les portiques de sécurité, impossible de rater l'imposante vitrine - qu'il a fallu agrandir à plusieurs reprises depuis 2013 - dans laquelle trônent plus d'une soixantaine de trophées et médailles. Un butin exceptionnel amassé à la force de ses skis par l'ancien champion de biathlon Martin Fourcade, sextuple champion olympique, treize fois champion du monde et figure emblématique de la marque.
Mais juste à côté, un mannequin bien plus discret, habillé de vêtements techniques ainsi qu'un présentoir garni des premiers modèles de chaussures de course de la griffe témoignent des ambitions renouvelées du groupe isérois. Cette transformation, toujours en cours, a été enclenchée par Vincent Wauters, le 1er février 2021, lorsqu'il a pris les rênes de l'entreprise centenaire. Un moment de bascule. "Je suis arrivé dans un contexte où l'on apprenait que les...
-
19/07 - Intelligence artificielle : pourquoi il ne faut pas avoir peur du prix des "tokens"
Pendant un mois, les utilisateurs de Claude ont découvert chaque semaine une nouvelle date de péremption pour le dernier modèle de l’entreprise, Fable 5. Lancé le 9 juin, suspendu trois jours plus tard par une directive américaine, rétabli le 1er juillet, le modèle devait rester inclus dans les abonnements jusqu’au 7, puis jusqu’au 12, et enfin jusqu’au 19 juillet, mais avec des quotas d'utilisation hebdomadaires réduits de moitié. Après quoi il aurait fallu acheter des crédits à l’usage. Alors que Fable 5 restera finalement inclus dans certains abonnements, les plus onéreux, chaque sursis a nourri la même inquiétude. L’intelligence artificielle entrerait dans l’âge de la pénurie et les entreprises ayant laissé leurs salariés consommer sans compter découvriraient bientôt une ligne de coûts incontrôlable.
Ce feuilleton mêle pourtant trois sujets différents, les restrictions géopolitiques, les garde-fous de sécurité et la capacité informatique disponible. Surtout, il entretient une confusion entre le prix et la dépense. Le prix d’un niveau donné de performance s’effondre. La dépense totale augmente parce que nous demandons davantage aux modèles, avec des agents qui réfléchissent plus longtemps.
La chute du prix unitaire ne relève pas d’une intuition. Une étude d’Epoch AI estime que la somme d'argent nécessaire pour atteindre un niveau de performance donné diminue encore de cinq à dix fois par an selon les tâches. Le matériel pousse dans cette direction. La dernière...
-
19/07 - Secrets industriels : Apple cible ses anciens salariés recrutés par OpenAI
L'époque où Apple et OpenAI nouaient un partenariat visant à déployer ChatGPT sur les iPhone, il y a encore deux ans, semble bien lointaine. Depuis, les tensions sont apparues entre ces deux grands noms de la Silicon Valley. Et les voici qui montent encore d'un cran : les avocats d'Apple ont adressé des lettres juridiques personnelles à des dizaines d'employés d'OpenAI ayant auparavant travaillé pour la marque à la pomme, révèle le Financial Times (FT). Selon plusieurs personnes au fait du dossier interrogées par le quotidien britannique, une quarantaine d'anciens employés d'Apple - sur environ 400 - travaillant désormais chez OpenAI ont reçu des lettres leur demandant de conserver les documents et les communications et exigeant des rencontres avec les avocats d'Apple.
Apple recherche des preuves étayant ses accusations selon lesquelles le créateur de ChatGPT aurait volé ses secrets commerciaux. La firme à la pomme accuse deux ex-salariés d'avoir transmis des secrets industriels à OpenAI afin de favoriser l'entrée du fabricant de ChatGPT sur le marché de produits grand public. Apple a déposé vendredi 10 juillet une plainte en ce sens, ouvrant une bataille judiciaire. Cette plainte fait état d'une vaste action coordonnée visant à acquérir et exploiter des informations confidentielles d'Apple par le biais d'anciens employés, de pratiques de recrutement et de relations avec les fournisseurs, afin d'accélérer son incursion sur le marché du matériel informatique grand public....
-
19/07 - Liban : à Washington, le président libanais Joseph Aoun joue la carte Trump face au Hezbollah
Le président libanais Joseph Aoun se rendra pour la première fois à la Maison-Blanche cette semaine afin de présenter à son homologue américain Donald Trump un plan visant à désarmer le Hezbollah, groupe militant soutenu par l'Iran, et à garantir le retrait d'Israël du Liban.
Joseph Aoun, qui a occupé le poste de commandant de l'armée libanaise soutenue par les États-Unis avant d'être élu président l'année dernière, est le premier chef d'État libanais depuis près de vingt ans à se rendre à la Maison-Blanche, où il rencontrera Donald Trump en face-à-face pour la première fois.
La rencontre de mardi intervient à un moment crucial pour le Liban : les troupes israéliennes occupent une partie du sud du pays, des centaines de milliers de Libanais sont toujours déplacés à la suite des frappes israéliennes et le Hezbollah a fermement rejeté les pourparlers directs du gouvernement avec Israël, ainsi que les efforts de l’État visant à le désarmer.
Dans des déclarations publiées par son cabinet la semaine dernière, Joseph Aoun a indiqué qu’il demanderait à Donald Trump d’"exercer la pression nécessaire sur Israël" pour que soit mis en œuvre l’accord du 26 juin entre le Liban et Israël, négocié sous l’égide des États-Unis. Cet accord vise à désarmer le Hezbollah, à assurer un retrait progressif des troupes israéliennes et à ouvrir la voie à des relations pacifiques entre les deux pays.
Un responsable libanais a indiqué que Joseph Aoun présenterait à Donald Trump une proposition...
-
19/07 - La Bambouseraie en Cévennes, un terrain de jeu de l’écocréation
Des sculptures qui semblent avoir germé dans le sol, des installations façonnées par le vent, la lumière ou la croissance des végétaux : l'art contemporain n'est plus seulement inspiré par la nature, il se construit désormais avec elle. Le phénomène n’est pas neuf, mais, face aux nouveaux défis environnementaux, ces dernières années, de plus en plus d'artistes européens explorent les ressources du vivant pour inventer des œuvres moins extractives, plus sensibles aux équilibres écologiques et aux rythmes naturels. Bois, terre, fibres végétales, graines, feuillages ou matériaux biodégradables deviennent ainsi les matières premières de ces constructions, souvent regroupées sous le terme d’écocréation, qui évoluent, se métamorphosent, voire disparaissent au fil des saisons.
Le cycle d’expositions Art & Nature, proposé chaque année à la Bambouseraie en Cévennes, s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec, pour l’édition 2026, quatre plasticiens reconnus qui ont choisi l’emblématique jardin cévenol comme terrain de jeu. A partir d'une branche tombée du magnolia centenaire du site, Simon Augade imagine une sculpture, posée sur une structure cubique, qui transforme un épisode naturel en symbole de régénération. Plus loin, Constance Fulda fait de l’arbre un véritable coauteur en révélant sur le papier, grâce à une technique de frottage japonaise, leur mémoire intime. Dans cette Calligraphie, l’écorce devient alors la matrice de l’écriture. Ursula Caruel s'est inspirée...
-
19/07 - Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt... En 1940, l’incroyable sauvetage de l’or français
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Résumé des épisodes précédents : Juin 1940, dans la France vaincue. Une poignée de fonctionnaires ont été mandatés par le ministre des Finances pour évacuer les stocks d’or du pays au nez et à la barbe de la Wehrmacht. Plus de 2 000 tonnes de métal précieux ont été chargées à bord de différents navires qui doivent désormais se rendre en lieu sûr.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?" : comment la France a caché 2 500 tonnes d'or à Hitler
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse : quand la France sauva son or des nazis18 juin 1940, Halifax (Canada)
Les équipes de la Banque de France reprennent leur souffle. Il y a...
-
19/07 - Ecrivain, séducteur, prédateur sexuel : Casanova est-il encore fréquentable en 2026 ?
On se souvient que, dans Histoire de ma vie, Casanova raconte l’inceste consommé avec sa fille Léonilda, et fanfaronne ainsi : "Un ange même qui serait alors venu nous dire que nous avions monstrueusement outragé la nature nous aurait fait rire." Avec une dizaine de véroles au compteur, le libertin aux 142 "conquêtes" (parfois forcées) a payé les conséquences de sa sexualité frénétique. Il s’en moquait : "Je n’ai jamais dans ma vie fait autre chose que travailler à me rendre malade quand je jouissais de ma santé, et travailler pour regagner ma santé quand je l’avais perdue. J’ai très bien et également réussi dans l’une et dans l’autre, et je jouis aujourd’hui à l’égard de cela d’une santé parfaite, dont je voudrais bien pouvoir encore faire dégât."
Dans le contexte actuel, on peut s’étonner qu’une femme publie un hommage sautillant à un coureur qui aurait fait passer Patrick Bruel pour un bénédictin. Véronique Pittolo se justifie : "On peut croire à une provocation. Mon propos n’est pas de légitimer ou de condamner la débauche sexuelle d’hier ou d’aujourd’hui. Tous les hommes ne sont pas des prédateurs sexuels, toutes les femmes ne sont pas des victimes. M’intéresse avant tout l’œuvre d’un transfuge de classe dans l’Ancien Régime, sa créativité unique, moderne, en décalage avec ses contemporains au style infiniment plus convenu et raffiné (Crébillon, l’abbé Prévost, Rousseau)."
Pour l’absoudre de ses péchés, faut-il donc faire de Casanova l’Edouard Louis de la...
-
19/07 - Coupe du monde 2026 : les six leçons géopolitiques d’un Mondial très politique
Sur le plan sportif, avant même la finale Espagne-Argentine, les enseignements de cette Coupe du monde semblent simples : la formation espagnole n'a pas d'équivalent dans le monde, et il vaut mieux avoir un Lionel Messi dans son onze de départ. Mais au-delà des débats sur le 4-4-2 ou le 4-3-3, la compétition a aussi révélé et confirmé de précieux enseignements géopolitiques sur l'évolution de la planète. En voici six.1. La démographie bouleverse déjà les rapports de force
Le Brésil va-t-il un jour rajouter une étoile à son maillot qui en compte 5 (un record) ? Quand la Seleçao a été éliminée par la Norvège dès les 8es de finale le 5 juillet, nous avons fortement repensé aux prédictions que nous faisait quelques jours auparavant l’économiste Jesus Fernandez-Villaverde, professeur à l’Université de Pennsylvanie. Pour ce grand spécialiste de la démographie mondiale, le Brésil, longtemps nation phare du football, est condamné à un avenir sombre du fait d’un taux de fécondité en berne. Alors que les Brésiliennes avaient encore, au début des années 1960, plus de six enfants en moyenne, ce taux a chuté à 1,55. N’ayant pas de forte immigration, exceptés des Cubains ou Vénézuéliens fuyant les régimes castriste et chaviste, le pays fait face à un vieillissement rapide. "Le Brésil s’en sort bien moins bien en football aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup moins de jeunes Brésiliens. Avant, il y avait environ 20 millions de Brésiliens en âge de jouer au football. Aujourd’hui, il n’y...
-
18/07 - États-Unis : la guerre en Iran devient un boulet politique pour Donald Trump, selon un récent sondage Washington Post-Ipsos
Les Américains portent un jugement globalement négatif sur la gestion des dossiers clés par le président Donald Trump, se disent éprouvés par le coût de la vie et sont pessimistes quant à la capacité des négociations intermittentes de l'administration avec l'Iran à faire baisser les prix de l'essence ou à empêcher les Iraniens de développer une arme nucléaire, selon un sondage Washington Post-Ipsos.
L'insatisfaction tient en partie à la guerre en Iran, dont Donald Trump avait assuré qu'elle serait courte, et qui dure maintenant depuis près de cinq mois. La majorité des Américains pense que le conflit va durer, si bien que la proportion de personnes s'attendant à un conflit prolongé est passée de 65 % fin mars à 79 % aujourd'hui. La prise de contrôle du détroit d'Ormuz par l'Iran est également vue comme un problème majeur qui n'existait pas avant la guerre.
Autre source de mécontentement liée à la guerre en Iran : Donald Trump n'a pas réussi à convaincre les Américains de pouvoir parvenir à un "bien meilleur" accord nucléaire que celui, déjà impopulaire, conclu par Barack Obama en 2015. Il s'était moqué de l'accord conclu par son prédécesseur à plusieurs reprises sur les plateaux télé. "Vous savez ce que les Iraniens ont fait ?", avait déclaré Trump pas plus tard que le mois dernier aux côtés du président égyptien. "Ils se sont moqués d'Obama et l'ont traité d'abruti fini."37 % des Américains pensent que l'accord sur le nucléaire de Trump sera "pire" que celui d'Obama...
-
18/07 - Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
Janvier 1981. Georges Marchais, le candidat du PCF, bat la campagne présidentielle, fustige une "minorité de capitalistes privilégiés qui vivent dans un luxe insolent" et promet des lendemains qui chantent. A l’heure du goûter, son alter ego à la bouille espiègle débarque dans Récré A2. Produite deux ans plus tôt par des chaînes allemande et suisse, la série Zora la rousse est un cocktail molotov lancé dans la vitrine télévisuelle de la jeunesse giscardienne. Une opération d’agit-prop au royaume décérébrant des Goldorak, Albator et autres San Ku Kaï. Sous ses dehors innocents, ce feuilleton en treize épisodes, narrant les aventures d’une bande d’orphelins dans la Croatie des années 1930, recèle un double-fond : l’éveil des bambins à la lutte des classes.
Au décès prématuré de sa mère, ouvrière dans une fabrique de tabac où elle contracte une tumeur du poumon, Branko, 12 ans, se retrouve livré à lui-même. Il rejoint un trio de garçons dirigé par la "belle et...
-
18/07 - Les Etats Unis lancent un programme de subventions pour les causes "Maga" en Europe
Jusqu'à 5 millions de dollars. C'est le montant des subventions que le département d'État américain se dit prêt à allouer pour financer deux ou trois groupes européens proches du mouvement Maga (Make America Great Again), révèle le Financial Times. Au nom, apprend-on, de la lutte contre la "censure" et contre l'immigration, et du renforcement des "liens civilisationnels" entre les États-Unis et le Vieux continent. Sont entre autres éligibles des organisations caritatives, des think-tanks, des structures éducatives, mais aussi des particuliers. Chaque groupe choisi pourra prétendre à une enveloppe pouvant aller jusqu'à 3 millions de dollars.
Dans un communiqué, le département d'Etat américain a donné plus d'informations sur les raisons de cette annonce. "L'Europe est victime d'une dérive bureaucratique supranationale" qui "concentre le pouvoir entre les mains d'institutions technocratiques moins responsables devant les choix démocratiques", stipule le texte. Qui ajoute : "le lawfare (soit la manipulation des systèmes juridiques à des fins politiques, Ndlr) est devenu un outil majeur de répression de la liberté d'expression et de l'engagement civique".Subventions colossales à des groupes européens conservateurs
Cette annonce n'a en soit rien de vraiment surprenant. En février déjà, le Financial Times rapportait que la Maison-Blanche envisageait de réaffecter des fonds destinés à l'aide internationale à des groupes proches du mouvement Maga en Europe. Depuis, des...
-
18/07 - La Pléiade de l’été : Alexandre Dumas, roi des page-turners ?
Dumas n’en finit plus d’être réhabilité. Il y a eu la nouvelle adaptation des Trois Mousquetaires avec un casting cinq étoiles, et surtout le carton de l’adaptation du Comte de Monte-Cristo avec Pierre Niney. Puis Adélaïde de Clermont-Tonnerre a touché un large public avec Je voulais vivre (prix Renaudot 2025) dont l’héroïne n’était autre que Milady de Winter. Voilà que la Pléiade réunit en deux volumes et plus de 2 700 pages de papier bible le "cycle des Valois" (soit La Reine Margot, La Dame de Monsoreau et Les Quarante-cinq). De quoi s’occuper intelligemment jusqu’à la rentrée…
Tout commence en 1844. Dumas, 42 ans, est une star des lettres – Les Trois Mousquetaires vient de faire un tabac, et Le Comte de Monte-Cristo démarre aussi bien. Soutenu par son fidèle Maquet, le bourreau de travail décide de creuser le sillon du roman-feuilleton historique. Période choisie cette fois-ci ? La cour des derniers Valois. Mettant en scène Catherine de Médicis et ses enfants Charles IX, Henri III et Marguerite (la reine Margot), la saga publiée de 1845 à 1848 nous replonge dans le contexte houleux des guerres de religion, dans les années 1570-1580. Si relire Dumas est toujours un plaisir, on conseille aux curieux de se pencher également sur l’appareil critique de cette édition : cela nous rappelle que les critiques du XIXe ne ménageaient pas l’écrivain, accusé de produire de la littérature commerciale. Si ces grincheux avaient connu l’ère Freida McFadden ils auraient moins fait la...
-
18/07 - De la Scandinavie aux Hauts-de-France : face aux canicules, le succès des vacances au frais
Pas de réveil aux aurores pour éviter le soleil brûlant, pas de ventilateur portable à emporter dans son sac à dos, et encore moins d’activités de plein air annulées à cause de la chaleur. En ce vendredi 10 juillet, alors que les températures atteignent 30°C à Bruxelles et plus de 36°C à Paris, Corinne débute sereinement sa journée de vacances depuis Stockholm, en Suède, où le thermomètre ne devrait pas dépasser les 22°C. Pendant que son mari et ses deux enfants ont choisi de découvrir la ville à vélo, la mère de famille peaufine les derniers détails de la croisière prévue dans l’après-midi. "Autant d’excursions que nous aurions dû annuler si nous étions partis dans le sud de l’Europe, où il fait actuellement entre 35 et 40°C. On a envie de bouger, de profiter, et de dormir sans étouffer dans la chaleur !", raconte Corinne. Séduite depuis plusieurs années par le climat plus clément qu’offrent les pays du nord du continent, cette Bruxelloise a déjà voyagé au Danemark, en Islande, en Laponie ou encore en Finlande. Elle est loin d’être la seule à avoir adapté ses vacances au changement climatique.
Nordic, l’agence belge spécialisée dans les voyages en Scandinavie qui a organisé son road-trip en Suède, indique à L’Express avoir constaté en 2026 une augmentation de 37 % des demandes pour de tels circuits par rapport à l’année dernière, toute clientèle - francophone et germanophone - confondue. Créée dans les années 1980, l’entreprise a même enregistré une croissance de 60 %...
-
18/07 - Un week-end dans les Cévennes : bambous, séquoias et rêves d’ailleurs
A Générargues, au pied des Cévennes, il existe un endroit où l’on voyage d’un continent à l’autre en quelques pas. On dit qu’ici les bambous murmurent, les séquoias tutoient le ciel. C’est la Bambouseraie en Cévennes, 170 ans cette année. Une longévité exceptionnelle pour ce parc botanique unique en Europe, né d’un rêve fou et devenu, génération après génération, un véritable sanctuaire du vivant, qui accueille plus de 300 000 visiteurs par an.
Tout commence en 1855 quand Eugène Mazel, un négociant cévenol féru d’horticulture, imagine un jardin d’acclimatation capable d’accueillir des plantes exotiques. Il rapporte des échantillons d’Asie, d’Himalaya, d’Amérique du Nord, et tente de les adapter au climat doux de sa région natale. Pour mener à bien son projet titanesque, l'entrepreneur utopiste fait aménager un ingénieux système d’irrigation alimenté par les eaux du Gardon, construit des canaux ; les premières plantations de bambous prennent racine dès 1856. A une époque où la plante est quasi-inconnue en Occident et où les échanges botaniques internationaux sont encore complexes, cette réussite relève presque de l’exploit scientifique.Les serres historiques Mazel.
L’histoire aurait pu s’arrêter là lorsque Mazel, à court d’argent, perd le domaine à la fin du XIXe siècle. Mais un homme, Gaston Nègre, lui aussi mordu de botanique, le rachète en 1902 pour lui offrir une seconde vie. Depuis, quatre générations se succèdent à sa tête. Aujourd’hui, c’est Valentine Crouzet,...
-
18/07 - Comment Benyamin Netanyahou veut réduire la dépendance militaire d’Israël aux Etats-Unis
Subitement, le ton a changé. Peu après avoir annoncé la signature du protocole d’accord avec l’Iran, Donald Trump tacle Benyamin Netanyahou dans un entretien au New York Times : "C’est un type très difficile. Il devrait être reconnaissant. Si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, Israël ne tiendrait pas deux heures". Ulcéré par les critiques de plusieurs ministres et parlementaires israéliens à l’endroit du président américain, le vice-président J.D. Vance se montre encore plus direct : "Deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains." Une menace à peine voilée soulignant la dépendance israélienne aux armes américaines.
Ce coup de froid intervient alors que l’image d’Israël connaît une nette dégradation aux Etats-Unis et que l’opinion américaine renâcle désormais à prêter main-forte à Tsahal à Gaza ou au Liban. Selon un récent sondage, seuls 16 % des Américains estiment que leur pays devrait continuer à fournir des armes à Israël sans nouvelles conditions. 38 % souhaitent mettre totalement fin à ces livraisons. Certains politiciens de l’aile gauche du parti démocrate, comme Bernie Sanders, militent même ouvertement pour la fin des ventes d’armes. "Continuer à fournir à Israël les armes offensives qu'il utilise contre des civils est moralement répréhensible", a récemment déclaré le sénateur.
Face au spectre d’une brutale restriction de l'arsenal américain, Israël prépare ses...
-
18/07 - Lutte contre le tabac : les stratégies européennes pour faire partir la cigarette en fumée
Piloté par la Commission européenne, le plan européen de lutte contre le cancer s’est fixé pour objectif de créer une "génération sans tabac" d’ici 2040. Malgré des progrès considérables ces dernières années, le nombre de fumeurs reste élevé dans l'UE : ils représentent un quart de la population totale et 29 % des 15-24 ans. L’émergence de nouveaux produits à base de nicotine tels que les cigarettes électroniques, le tabac à chauffer et les sachets de nicotine, pose aussi de nouveaux problèmes de santé publique.
En France, le nombre de fumeurs quotidiens a diminué de quatre millions en dix ans et l’âge d'initiation au tabac recule plus rapidement que dans la plupart des pays européens. Ces progrès témoignent de l’efficacité d’une stratégie fondée sur la prévention, la régulation et l’accompagnement, avec la commercialisation de paquets neutres, la hausse des prix, la multiplication d’espaces sans tabac ainsi qu’une meilleure accessibilité des traitements de substitution nicotinique.Irlande : les pionniers contre la nicotine accélèrent
Bien que 17% des Irlandais fumaient encore en 2025, l’ONG Tobacco Control Scale place l’Irlande en tête du classement de la lutte antitabac en Europe. Premier Etat membre de l'UE à avoir interdit de fumer dans des espaces publics clos en 2004, elle affiche le niveau de prix du tabac le plus élevé des pays européens et réglemente les produits à base de tabac chauffés au même titre que les cigarettes, contrairement à la majorité de ses...
-
18/07 - Voitures autonomes : Bolt, le pari estonien pour contrer l’Amérique et la Chine
Tallinn, été 2013. Diplôme en poche, Markus Villig, 19 ans, passe ses nuits aux stations de taxis de la capitale estonienne. Il ne cherche pas une course ; ce serait plausible, il n’a pas le permis de conduire. Non, le jeune homme est surtout à la recherche de chauffeurs pour sa nouvelle application, mTakso. Son argumentaire est simple : "téléchargez ma pastille, vous serez payés à la course". En fait, le même discours que celui d’Uber, l'américain qui envahit petit à petit le monde depuis trois ans.
Mais sans les mêmes moyens. Son appli est montée avec 5 000 euros prêtés par ses parents, fonctionnaires modestes. Autant dire, sans marketing, d’où les maraudes nocturnes. Après des mois de porte-à-porte, seulement cinquante chauffeurs figurent sur sa liste d’attente. Beaucoup ne possèdent même pas de smartphone. Quant à leurs employeurs, ils goûtent peu la manœuvre. Qu'à cela ne tienne. Avec l’aide de son frère Martin, l’un des premiers employés de Skype, fierté nationale spécialisée dans les appels audio et vidéo numériques, le jeune homme développe un service destiné aux compagnies de taxis elles-mêmes. Elles délaissent alors peu à peu la réservation de courses, désormais gérée par cet outil. Markus revient ainsi à son premier amour, convaincre les chauffeurs en direct de travailler pour son appli. Le succès est, cette fois, bien plus rapide.
Rebaptisée Taxify ("txfy" en France), la société dépasse en 2018 le milliard de dollars de valorisation. Un an plus tard, elle...
-
18/07 - Erin Sikorsky : "La Russie a compris comment exploiter les phénomènes météorologiques extrêmes"
Déjà habituée aux menaces extérieures – la Russie de Vladimir Poutine – comme intérieures – les coups de boutoir de Donald Trump –, l’Otan a un nouvel ennemi, tout aussi redoutable : le thermomètre. Les vagues de chaleur à répétition et le changement climatique ne relèvent pas seulement d’un débat sur les bienfaits – ou non – de la climatisation, mais constituent désormais un enjeu de sécurité et de défense à part entière, que l’Otan et les États européens sous-estiment encore largement. Tel est le constat alarmant d'Erin Sikorski, directrice du Center for Climate and Security (CCS), un institut de recherche qui étudie comment les bouleversements environnementaux peuvent affecter la sécurité des États. Dans un récent article publié dans la revue Foreign Policy, cette spécialiste des implications du changement climatique pour la sécurité nationale explique pourquoi celui-ci est devenu un multiplicateur de risques économiques, géopolitiques et militaires pour les Occidentaux.
Poursuivant sa réflexion dans un entretien à L'Express, cette professeure associée à l’université George Mason et ancienne responsable du renseignement américain décrit un phénomène qui menace directement les capacités militaires (pistes d’aviation déformées, équipements moins performants, difficultés d’entraînement des soldats), fragilise les infrastructures critiques et crée de nouvelles vulnérabilités que des adversaires comme la Russie peuvent exploiter. Moscou va de plus en plus utiliser les aléas...
-
17/07 - Louise Haigh, du tribunal au premier cercle d’Andy Burnham
En 2014, Louise Haigh plaidait coupable d’une fraude commise pour obtenir un meilleur téléphone professionnel. En 2026, elle participe au choix de ceux qui pourraient entrer au gouvernement britannique. Entre les deux, la députée de Sheffield Heeley a été ministre, poussée à la démission, puis organisatrice du retour d’Andy Burnham à Westminster. Désigné chef du Labour ce vendredi 17 juillet, celui-ci devrait devenir Premier ministre lundi. À ses côtés se trouve donc une femme dont la carrière aurait pu s’arrêter pour un BlackBerry et qui reçoit aujourd’hui les candidats aux postes ministériels.
L’affaire remonte à 2013. Louise Haigh travaille alors chez l’assureur Aviva. Après avoir été agressée lors d’une soirée, elle déclare plusieurs objets volés, dont son téléphone professionnel. Elle racontera ensuite l’avoir retrouvé dans un tiroir et rallumé, déclenchant une alerte chez son employeur. Des documents judiciaires rendus publics en 2025 précisent toutefois qu’elle avait reconnu avoir menti sur la perte de son BlackBerry afin qu’Aviva lui fournisse un iPhone. Elle plaide coupable en 2014 pour fraude par fausse déclaration, reçoit une dispense conditionnelle et une amende de 100 livres. La peine est légère. La qualification pénale, elle, est suffisamment claire pour réapparaître dix ans plus tard au pire moment de sa carrière.Une ascension, condamnation comprise
Entre-temps, Louise Haigh est entrée au Parlement. Lorsqu’elle plaide coupable, elle a déjà été choisie...
-
17/07 - IA : Xi Jinping veut faire de la Chine le leader d’un nouvel ordre mondial
Moonshot AI, MiniMax, Z.ai : les start-up chinoises spécialisées dans l'intelligence artificielle sont en plein essor. Et Pékin compte bien capitaliser sur ce succès. Vendredi 17 juillet, le président chinois Xi Jinping a dépeint son pays comme le représentant d'un nouvel ordre mondial en matière d'IA, profitant de la plus grande conférence technologique du pays pour promouvoir les technologies open source et se présenter comme une alternative face à l'influence des Etats-Unis.
"Le développement de l’IA ne doit pas être le fait d’un seul pays, mais une symphonie internationale", a-t-il déclaré. Le chef d’Etat chinois a mis en évidence l’importance de l’IA, exhortant les Etats à saisir "l’opportunité historique" que représente l’IA open source, et s’engageant à aider les pays en développement. L’idée est d’éviter l’émergence de "nouvelles injustices historiques" résultant d’un accès inégal à cette technologie.
Pékin se positionne ainsi comme une alternative à Washington, et présente ses modèles d’intelligence artificielle en open source comme un bien public mondial. Pour Xi Jinping, la coalition chinoise en matière d’IA est un moyen de rivaliser avec l’initiative internationale “Pax Silica”, menée par les Etats-Unis, visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en IA et en minéraux critiques. L’intelligence artificielle "sous contrôle humain"
Mais le président chinois est conscient des risques liés à ces technologies avancées : biais algorithmiques,...
-
17/07 - "Trump n’est qu’une partie de l’histoire" : le retour en force des préjugés antigays décrypté par Tessa Charlesworth
La courbe est vertigineuse. Il y a quatre ans, les recherches menées par Tessa Charlesworth montraient qu’entre 2007 et 2020, les préjugés antigays avaient décliné de façon spectaculaire outre-Atlantique. Dans une nouvelle étude, cette professeure au sein de la Northwestern University spécialiste des biais et clivages partisans montre un revirement à 180 degrés : non seulement la courbe s’est inversée, mais en plus, ce type de préjugés a augmenté d’environ 10 % entre 2021 et 2024.
Interrogée par L’Express, Tessa Charlesworth analyse les causes de cette évolution (loin de se limiter à un "effet Trump") et revient sur les enseignements les plus surprenants de ses travaux. A commencer par ce constat : ladite hausse ne touche pas seulement les conservateurs, mais aussi les progressistes. Surtout, c’est chez les moins de 25 ans qu’elle est la plus marquée…
L’Express : En 2022, vos recherches montraient un déclin spectaculaire des préjugés antigays entre 2007 et 2020. Au point que, d’après vos projections, ces biais auraient pu potentiellement approcher de zéro dès 2022. Vous montrez pourtant dans une nouvelle étude que la tendance s’est au contraire inversée, avec une hausse des préjugés d’environ 10 % entre 2021 et 2024. Comment l’expliquez-vous ?
Tessa Charlesworth : Nous avons commencé par tester certains scénarios qui auraient pu sembler évidents, comme un lien de causalité avec les biais anti-trans ou encore avec la panique morale qui entoure le concept de "grooming",...
-
17/07 - Intelligence artificielle : aux Etats-Unis, les data centers cristallisent une fronde populaire
Ce samedi 18 juillet, des dizaines de manifestations sont prévues à travers les Etats-Unis contre les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Selon l’organisation conservatrice Humans First, à l’origine de cette mobilisation nationale, 120 rassemblements doivent se tenir dans 37 Etats, dont 18 au Texas, 12 en Floride et huit en Californie comme en Géorgie. Leur objectif : pousser les élus locaux et fédéraux à mettre un coup d’arrêt à ces infrastructures, accusées de menacer "nos villes, nos portefeuilles et notre mode de vie". Cependant, le combat semble dépasser les clivages politiques, mettant une partie de la population d'accord.
Longtemps cantonnée à quelques batailles locales, la contestation prend désormais une ampleur nationale. The Economist évoque même une véritable "levée de boucliers". Dans un pays profondément polarisé, l’opposition aux centres de données fait figure d’exception : elle rassemble des électeurs de sensibilités politiques très différentes. Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé en juin, seuls un tiers des Américains approuvent le rythme actuel de construction de ces infrastructures, tandis que seulement 14 % accepteraient l’implantation d’un centre de données dans leur propre commune.
Le Michigan illustre cette montée des tensions. À Saline Township, une petite commune agricole de 2 400 habitants, un projet de centre de données de 16 milliards de dollars porté notamment par Oracle, OpenAI, Blackstone et Related Digital est...
-
17/07 - Fin de vie : au Canada, dix ans de loi et un débat toujours ouvert sur l’aide à mourir
L'aide à mourir est désormais une affaire de droit en France, tandis que le Canada discute encore de ses contours. Adopté définitivement le 15 juillet par l'Assemblée nationale, le texte réserve le dispositif aux majeurs atteints d’une affection grave et incurable, engageant le pronostic vital de manière irréversible et parvenue à un stade avancé ou terminal. Le patient doit subir une souffrance constante, insupportable et réfractaire aux traitements, être capable d’exprimer une volonté libre et éclairée, puis la confirmer jusqu'au dernier moment. Une souffrance psychologique seule ne permet pas d'être éligible.
La France entre ainsi dans la phase que le Canada avait ouverte en 2016 : celle où les principes deviennent des critères médicaux, des procédures et, très vite, des cas difficiles. Plus de 76 000 personnes y ont depuis eu recours. Dix ans après, le débat canadien reste ouvert. Il porte désormais sur les situations où la mort n'est pas proche, le pronostic incertain ou les raisons de la demande difficiles à isoler.Une loi élargie et de nouvelles questions
Le dispositif canadien visait d'abord les adultes atteints d'une affection grave et irrémédiable dont la mort naturelle était "raisonnablement prévisible". En 2021, le Parlement a supprimé cette condition. Une personne peut désormais être admissible sans être en fin de vie, sous des critères renforcés. De quoi compliquer un dossier déjà sensible : cinq ans après son adoption, cet élargissement ne fait toujours...
-
17/07 - Comment la Chine a pris l’avantage sur les Etats-Unis dans l’opinion mondiale
L’information a de quoi surprendre tant le rêve américain a longtemps incarné, aux yeux d’une grande partie du monde, un modèle de réussite et d’attractivité. Pourtant, selon une nouvelle enquête du Pew Research Center, reprise mercredi 15 juillet par The Washington Post, la Chine bénéficie désormais d’une image plus favorable que les Etats-Unis dans une large partie du globe. Un basculement qui témoigne d’une érosion de l’influence américaine, tandis que Pékin améliore progressivement sa perception à l'international.
Menée auprès de plus de 40 000 personnes dans le monde, l’étude montre que, dans 27 des 36 pays et territoires interrogés, les populations ont aujourd’hui une opinion plus positive de la Chine que des Etats-Unis. Un changement notable par rapport aux années précédentes : parmi les vingt pays déjà sondés par le Pew Research Center, l’année dernière, la perception des Etats-Unis restait encore majoritairement plus favorable en 2025. Mais la tendance s’est inversée dans de nombreux territoires.
Cette dégradation intervient dans un contexte marqué par une succession d’actions américaines très visibles et controversées. Pêle-mêle : les menaces de Donald Trump concernant une possible annexion du Groenland et du Canada, la guerre en Iran, l’imposition de droits de douane contre une grande partie des économies mondiales, l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, les opérations militaires américaines dans les Caraïbes ou encore la réduction importante...
-
17/07 - Un "cadeau à Moscou" : pourquoi la Russie se réjouit du limogeage du ministre ukrainien de la Défense
Dans les rues de Kiev, des protestations ont éclaté jeudi 16 juillet pour dénoncer le limogeage de Mykhailo Fedorov. Mais l'onde de choc dépasse largement les frontières ukrainiennes. En Russie, les milieux favorables à la guerre ont accueilli la décision avec une satisfaction inhabituelle, les blogueurs militaires russes allant jusqu’à présenter le départ du ministre ukrainien de la Défense comme un véritable "cadeau" offert à Moscou. Mykhailo Fedorov était, selon plusieurs médias ukrainiens, l’un des artisans des réformes ayant contribué à compliquer les opérations de l’armée russe. À seulement 35 ans, il n’aura toutefois passé que six mois à la tête du ministère ukrainien de la Défense. Son éviction, décidée par Volodymyr Zelensky dans le cadre d’un remaniement gouvernemental, intervient pourtant à un moment stratégique pour l’Ukraine.
"Il est facile d’oublier la situation qui prévalait avant la nomination de Fedorov, lorsque les forces russes progressaient à un rythme soutenu", rappelle The Kyiv Independent. Ces derniers mois, Kiev a intensifié ses frappes en profondeur contre les infrastructures pétrolières et la logistique militaire russes, tandis que l’armée ukrainienne tente de compenser son manque de soldats au sol par un recours accru aux technologies, notamment aux drones. Dans The Moscow Times, un commentateur militaire russe estime ainsi que la politique menée par Mykhailo Fedorov dans le domaine des systèmes sans pilote représentait une menace directe pour...
-
17/07 - "J’écris encore plus depuis que je suis malade" : les confidences de Philippe Besson
De Delphine de Vigan à Guillaume Musso, de nombreux auteurs abonnés aux best-sellers ont connu cette année une forte baisse par rapport à leurs chiffres habituels. Dans ce contexte de crise, Philippe Besson a tiré les marrons du feu. Avec déjà 100 000 exemplaires vendus, Une pension en Italie est en passe de devenir son plus gros succès – d’autant qu’il sera porté tout l’été par le prix Relay des voyageurs lecteurs qu’il vient de décrocher. Le livre est un hommage à Avec vue sur l’Arno, le chef-d’œuvre d’E. M. Forster : un père de famille emmène sa famille en vacances en Toscane en 1964. Là-bas, il est rattrapé par son homosexualité refoulée. Osera-t-il enfin sortir du placard, quitte à tout perdre ? C’est l’enjeu de ce roman à la fois rétro dans son décor et intemporel dans ses questionnements.
Dans le café parisien où on interviewe Philippe Besson (qui vit désormais à Bordeaux), il est encore sur un nuage : "Un succès ne s’explique pas : ça reste mystérieux par essence. La thématique du secret de famille intéresse – mais ces livres-là sont légion. La promesse italienne et la couverture très réussie de Mathieu Persan ont dû jouer, dans notre époque anxiogène et pleine de grisaille. Le fond a plu, aussi, si j’en crois ce que me disent les lecteurs : c’est un livre sur des gens que la honte ou le déni réduisaient au silence, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se débarrasse du poids des normes. Avoir le courage d’être soi, savoir saisir les moments de bifurcation, avec les...
-
17/07 - IA et médecine : jusqu’où ira la quête du Graal ? Par le Pr Alain Fischer
L’intelligence artificielle (IA) devient un outil d’aide à la médecine. Nous savons qu’elle peut être plus performante que les meilleurs spécialistes pour lire une biopsie et détecter une tumeur ou analyser une image radiologique. En recherche, l’IA offre un outil puissant de modélisation de la structure des protéines et de leurs interactions avec des molécules candidats médicaments. Elle permet aussi d’optimiser la séquence d’acides nucléiques (ARN ou ADN) thérapeutiques. Bref, une révolution est en marche. Jusqu’où et à quel prix ?
Une étude allemande récemment publiée dans la revue Nature décrit un système d’IA conversationnelle (de type "LLM" soit en français "grand modèle de langage") qui peut, en s’appuyant sur des dossiers médicaux, reconstituer l’histoire médicale d’un patient, prescrire et interpréter des examens biologiques et d’imagerie, porter un diagnostic, proposer un plan thérapeutique et en suivre les effets ; en gros une IA autonome dans la pratique de la médecine ! Ce système s’est avéré plus précis dans le diagnostic de maladies que des médecins. Il s’agit toutefois d’une première étude de ce type qui, in fine devrait conduire à utiliser cette IA comme support à la pratique médicale et non s’y substituer. Les auteurs de l’étude, à juste titre s’interrogent sur la sécurité d’un tel système, sur sa confidentialité mais aussi sur son organisation, et sur la question de la responsabilité en cas d’erreur ? On peut ajouter que la précision de ces agents...
-
17/07 - Finances publiques : "Laisser croire qu’on peut combattre l’arithmétique est illusoire"
Le prochain locataire de l'Elysée ne pourra pas dire qu'il ne savait pas. A la demande du gouvernement, quatre économistes de renom et de sensibilités différentes – Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla – ont planché sur la trajectoire des finances publiques d'ici la fin de la décennie. Un exercice presque théorique puisqu'ils devaient travailler à "politique budgétaire inchangée". Un exercice de salut public puisqu'il permet de mettre en évidence la dérive spontanée de la dépense publique.
Leurs conclusions sont aussi alarmantes qu'implacables. Sans mesures de redressement, le déficit public atteindra quasiment 7 % du PIB en 2030 et surtout la dette publique grimpera de 118 % du PIB aujourd'hui à un peu plus de 130 % à la fin de la décennie.
Au-delà des chiffres, ce rapport a surtout un grand mérite, il sonne la fin des illusions : "La situation de nos finances publiques est insoutenable", écrivent les quatre économistes. Pour L'Express, l'un d'eux, Jean-Luc Tavernier, l'ancien directeur général de l'Insee, pointe le caractère inéluctable du redressement budgétaire qui attend le prochain président de la République.
L'Express : Vous chiffrez à 126 milliards d'euros l'effort financier nécessaire pour seulement stabiliser le ratio d'endettement public. Est-ce que c'est, selon vous, un scénario haut, compte tenu des hypothèses que vous avez choisies ?
Jean-Luc Tavernier : Je le reconnais, nous n'avons pas pris les hypothèses les plus...
-
17/07 - Election américaine de 2020 : la charge de Donald Trump contre la Chine, accusée d’ingérence
N'ayant toujours pas digéré sa défaite contre Joe Biden en 2020, Donald Trump a prononcé jeudi 16 juillet une allocution sur la sécurité électorale lors de laquelle il a accusé la Chine d'ingérence dans les élections américaines, parlant de "la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire".
Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré qu'il rendrait publics des documents des services de renseignement américains montrant que la Chine avait acquis de manière illicite des dossiers concernant 220 millions d'électeurs américains, dans lesquels se trouvaient notamment leurs noms, leurs adresses et d'autres données utilisées pour enregistrer les votes.
Lors de son allocution, prononcée avant les élections de mi-mandat prévues en novembre, il a affirmé que des membres de la communauté du renseignement américain avaient délibérément supprimé des informations relatives à l'étendue des activités de la Chine. Ces déclarations viennent contredire une enquête menée par la communauté du renseignement américain rendue publique en 2021, qui disait n'avoir trouvé aucune preuve d'une ingérence étrangère lors de l'élection présidentielle de 2020.
"La Chine n'a jamais interféré, et n'interférera jamais, avec les élections présidentielles américaines", a dit un porte-parole de l'ambassade de Chine aux Etats-Unis avant l'allocution de Donald Trump."Vulnérabilités choquantes"
Cela fait des années que ce dernier remet en question le résultat des élections, alors qu'il...
-
17/07 - Présidentielle 2027 : pourquoi le climat ne sera pas au coeur des programmes
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous... Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
En France, près de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau sont partis en fumée. L'Espagne, elle, est en deuil après l'incendie meurtrier qui a parcouru l'Andalousie. Au Royaume-Uni, les records de chaleur s'accumulent depuis plusieurs jours. En Allemagne, 5 000 décès supplémentaires sont à imputer à la vague de chaleur de fin juin. Bref, une grande partie de l'Europe surchauffe. Alors que l’été est loin d’être terminé, le mois de juin 2026 est déjà le plus chaud de l’histoire en Europe occidentale. Et, on le sait, avec des conséquences très lourdes.
Et l'action politique est indispensable pour faire face aux effets du changement climatique. Alors avec une élection présidentielle qui se profile en France, le sujet pourrait avoir une place importante dans la campagne. D'autant qu'avec les canicules et les incendies, les candidats - déclarés et potentiels - pour 2027 y sont allés de leur proposition.
Dans cet épisode de La semaine européenne, on se projette dans les prochains mois de campagne. Et Erwan Bruckert, rédacteur en chef adjoint du service Politique de L’Express, nous explique pourquoi l'environnement pourrait en réalité passer au second plan.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et...
-
17/07 - Pierre Heilbronn : "L’avenir énergétique de l’Europe se trouve à Kiev, Mykolaïv et Odessa"
Pierre Heilbronn connaît l'Ukraine sous toutes ses coutures, ou presque. Après avoir écumé le pays comme vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), il a été nommé envoyé spécial du président de la République pour l'aide à l'Ukraine en mars 2023. Sa mission a pris fin en décembre dernier, mais pas son envie d'œuvrer pour le rapprochement de Kiev avec l'Union européenne (UE), tant le pays est "fondamental pour la stabilité du continent". Pierre Heilbronn a rejoint à la mi-juin le conseil consultatif de DTEK, le premier acteur privé du secteur énergétique ukrainien. Auprès de L'Express, il évoque les enseignements tirés de la guerre et les atouts de son pays, dont l'Europe pourrait profiter.
L'Express : Après votre mission d'envoyé spécial du président Macron pour l’Ukraine, pourquoi avez-vous décidé de rejoindre DTEK ? Qu'attend l'entreprise de vous ?
Pierre Heilbronn : Mon engagement auprès de l'Ukraine est ancien. Il date de bien avant l'élection du président Volodymyr Zelensky. A l’époque, le cercle de ceux qui s'intéressaient à ce pays était relativement limité. Ayant côtoyé de nombreux dirigeants ukrainiens, j'ai toujours eu la conviction qu’il avait un grand avenir. Et surtout qu'il était fondamental pour la stabilité européenne. Les Etats-Unis ont toujours eu conscience de son importance géopolitique ; l'Union européenne, elle, l'a largement découvert à l'occasion de ce conflit.
L'énergie constitue un élément central...
-
16/07 - Ukraine : Serguiï Koretsky, un nouveau Premier ministre novice en politique venu du secteur de l’énergie
C'est un nouveau chef de gouvernement choisi en temps de guerre par Volodymyr Zelensky. Le Parlement ukrainien a approuvé ce jeudi 16 juillet la nomination de Serguiï Koretsky au poste de Premier ministre du pays, remplaçant ainsi Ioulia Svyrydenko à ce poste. Les députés ont confirmé sa nomination par un vote de 289 voix contre 1, avec 7 abstentions et 21 qui n’ont pas voté.
Né à Loutsk, ville de l'ouest de l'Ukraine, Serguiï Koretsky, marié et père de famille, n'a aucune expérience politique et n'est affilié à aucun parti. Cet homme de 48 ans ne dispose donc d'aucune base politique propre, dans ce pays où le pouvoir politique est concentré autour de la présidence en temps de guerre.Une carrière dans le secteur public de l'énergie…
Le nouveau Premier ministre possède une vaste expérience dans le secteur de l'énergie, ce qui explique en partie son choix pour le poste de Premier ministre. Ce cadre supérieur du secteur, respecté et à la réputation d’homme intègre, possède plus de 20 ans d'expérience dans la production et le raffinage du pétrole, la vente au détail d'énergie, la gestion de la vente en gros et le financement international, indique Reuters.
Il était depuis mai 2025 le PDG de Naftogaz, l'une des plus grandes entreprises d'Etat ukrainiennes. Ce géant pétrolier et gazier gère une grande partie de la production, des importations et de l'approvisionnement en gaz du pays. Si l'Ukraine a subi d'importantes coupures d'électricité chaque hiver en temps de guerre, le...
-
16/07 - Incendies : les nouveaux outils de l’Europe contre les feux de forêt
Les chiffres donnent le vertige. Avec près de 11 000 feux et 35 000 hectares touchés par les flammes depuis le début de l'année, la surface brûlée en France à mi-juillet a "d'ores et déjà dépassé" le total de la saison passée, a déclaré le directeur général de la Sécurité civile Julien Marion depuis Fontainebleau, ce jeudi 16 juillet, lors de la visite d'Emmanuel Macron dans cette forêt ravagée par les flammes dimanche et lundi. L'été 2025 a enregistré, selon l'Office national des forêts (ONF), près de 15 000 départs de feu en France, touchant 30 000 hectares de forêts et autres végétations. La France n'est pas la seule frappée par des incendies importants : en 2025, l'Europe a connu sa pire saison de feux de forêt, avec plus d'un million d'hectares brûlés.
Face aux feux de forêt, mais aussi contre les inondations, les épidémies ou d'autres catastrophes, l'Union européenne (UE) a institué en 2001 un plan de solidarité permettant aux 27 Etats de l'UE et à dix autres pays qui y ont pris part de demander de l'aide d’urgence quand l'Etat ne suffit pas : le mécanisme de protection civile de l'UE. Pendant longtemps, celui-ci s'est limité à coordonner des moyens nationaux prêtés au cas par cas. Face à l'intensification des incendies, l'Europe a franchi une étape en 2019, en créant sa propre réserve de moyens, appelée rescEU. Ce mécanisme peut mobiliser divers moyens comme des avions et hélicoptères bombardiers d'eau, mais aussi des avions d'évacuation médicale et des hôpitaux...
-
16/07 - L’ICE à nouveau sous le feu des critiques après deux morts en une semaine
Markwayne Mullin s’était fixé un objectif en prenant la tête du département de la Sécurité intérieure en mars 2026 : dans les six mois, l'ICE ne devait plus faire la Une des journaux américains tous les matins. Deux mois avant l’échéance, le ministre peut déjà revoir son calendrier. En une semaine, des agents de la police de l’immigration ont tué deux hommes lors de contrôles routiers, à Houston, au Texas, puis à Biddeford, dans le Maine. Selon plusieurs médias américains, aucun des deux n’était la personne recherchée.
La première victime, Lorenzo Salgado Araujo, était un immigré mexicain installé aux États-Unis depuis plus de trente ans. Il se rendait au travail avec trois passagers lorsque son véhicule a été intercepté. Dans le Maine, Joan Sebastian Durán Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été abattu alors qu’il se trouvait lui aussi dans une voiture. Le département de la Sécurité intérieure affirme que les deux hommes ont tenté de prendre la fuite. Il n’a pas rendu publiques d’images permettant de vérifier cette version.Une fissure dans le camp républicain ?
Cette deuxième mort fait immédiatement entrer Susan Collins dans la séquence. La sénatrice républicaine du Maine appelle à trois reprises, dès lundi, Markwayne Mullin et lui demande de suspendre tous les contrôles routiers non urgents jusqu’à ce que les circonstances du tir soient établies. Mardi, le ministère accepte : les agents de l’ICE reçoivent l’ordre de ne plus provoquer eux-mêmes la plupart des...
-
16/07 - Management : pourquoi les équipes "sans chef" ne le restent jamais longtemps
Dans la guerre de chapelles qui oppose les partisans d’un management horizontal aux fervents défenseurs d’un modèle vertical, voici une nouvelle étude qui risque de relancer les hostilités. Publiée le 4 mai dans le Journal of Occupational and Organizational Psychology, celle-ci s'est intéressée à la manière dont les hiérarchies émergent dans les équipes sans managers. Lotta Harju, professeure de comportement organisationnel à l’EM Lyon Business School, et Maria Tims, enseignante-chercheuse en management à la Vrije Universiteit Amsterdam et spécialiste de la psychologie du travail, ont suivi pendant six mois 585 employés d’une grande entreprise financière néerlandaise ayant drastiquement réduit son nombre de postes de management, de 278 à seulement 25. Leur objectif : comprendre comment évoluent les dynamiques de pouvoir et de participation lorsque les hiérarchies formelles sont largement supprimées.
"Il existe une idée très répandue selon laquelle, si l’on supprime les hiérarchies traditionnelles, les employés participeront davantage, s’impliqueront plus dans la prise de décision et que cela entraînera de nombreux bénéfices. C’est la promesse associée à ces modèles", explique à L’Express Lotta Harju. Et si, ajoute la Finlandaise, "la pratique a déjà montré que cette façon d’organiser le travail peut être très efficace et offrir de nombreux avantages, il est également nécessaire de s’intéresser aux risques potentiels qu’elle comporte."Les hiérarchies se reforment en trois...
-
16/07 - Marine Le Pen – Jordan Bardella : le ticket présidentiel, cet atout qui pourrait devenir une faiblesse
Marine Le Pen n’a pas la confiance facile. Le parcours politique qui fut le sien, son histoire familiale aussi l’expliquent : lorsqu’on a passé toute son existence dans les marges et que l’on fut longtemps désigné adversaire public numéro 1, on apprend à faire attention. Au restaurant, elle a longtemps évité de se mettre le dos face à la salle, on ne sait jamais. En 2024, quand le RN croit la victoire enfin arrivée avec les législatives provoquées par la dissolution, le parti envisage la répartition des postes. Pour Eric Ciotti, qui a franchi le Rubicon, ce sera un portefeuille qui n’est pas celui de ses rêves, qui est régalien sans être directement décisif : la Défense. Pas Beauvau, pas Bercy, pas là où se font les choix qui ont un impact immédiat sur le pays, où circulent les plus confidentielles des informations. Le Niçois a très bien reçu le message.
Marine Le Pen, "gaullienne" du 1er juillet – elle se définissait ainsi ce soir-là sur LCI -, ne l’était plus le 7 juillet. Sur le plateau de TF1, elle annonce pour la première fois, avec solennité, un "ticket gagnant" : elle à l’Elysée, Jordan Bardella à Matignon. L’Etat RN aux commandes. Ce sera même le principal axe de communication dans les jours qui suivent. Au Journal du dimanche, la candidate répète : "un binôme clair, performant, complémentaire, solide et équilibré. C’est notre force. Je crois même qu’aujourd’hui, nous sommes dans la meilleure situation pour aborder cette élection présidentielle, précisément parce...
-
16/07 - Loi sur la fin de vie : vu de l’étranger, "la preuve que la démocratie française peut encore fonctionner"
"C'est 'la' grande réforme de société d'Emmanuel Macron. Celle que le président français inscrira à son bilan après dix ans de pouvoir", commente le journal belge Le Soir. Après plus de deux ans de débat, les députés français ont adopté le projet de loi sur la fin de vie par 291 voix contre 241, ce mercredi 15 juillet. "Le président français, Emmanuel Macron, aborde la dernière ligne droite de son mandat et certaines des promesses qu'il avait faites au début de son deuxième mandat sont désormais tenues in extremis" observe de son côté le titre espagnol El Pais.
Car après quatre approbations de l'Assemblée nationale et trois rejets du Sénat, le texte a connu un parcours législatif du combattant. Des difficultés qui n’ont pas échappé à la presse étrangère. El Pais note que le projet de loi "a été adopté au terme d'un parcours parlementaire mouvementé, qui avait débuté avant la dissolution traumatisante de l'Assemblée nationale en 2024 et avait repris il y a un an et demi." Le New York Times parle pour sa part d'un "bras de fer législatif". Une réforme sociale d’ampleur
Les médias internationaux semblent aussi s'accorder sur l'aspect historique de la réforme. Le journal américain ne fait pas exception et constate que "cette loi marque l'un des plus grands bouleversements sociaux que la France ait connus depuis des décennies et fait entrer le pays dans le cercle très restreint des nations ayant légalisé une forme d'aide médicale à mourir." Effectivement, "la Suisse, où...
-
16/07 - Des "traîtres" dans sa majorité : en Italie, Giorgia Meloni fragilisée par un nouveau camouflet
C'est un nouveau revers dont Giorgia Meloni se serait bien passée. Un choc politique dont les conséquences pourraient se faire sentir au sein de sa majorité. Mardi 14 juillet, à la Chambre des députés italienne, un amendement clé de sa réforme électorale a été rejeté à une voix près. Lors d'un scrutin à bulletin secret, les députés ont repoussé une proposition de Fratelli d'Italia, le parti de la Première ministre. Une surprise puisque la mesure avait pourtant reçu le soutien annoncé des deux principaux alliés de la coalition au pouvoir, la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia d’Antonio Tajani. Résultat : 188 voix contre 187. Un vote symbolique, mais politiquement lourd, qui révèle des fissures au sein de la majorité gouvernementale.
La réforme électorale portée par le gouvernement vise à revoir le système actuel, en instaurant un scrutin proportionnel assorti d'une prime majoritaire pour la coalition arrivée en tête. L'objectif affiché est de garantir une majorité plus stable à l'issue des élections générales prévues en 2027. Mais c'est un volet plus précis du texte qui a provoqué le premier grand accroc : celui des préférences, c'est-à-dire la possibilité pour les électeurs de choisir directement, au sein d'une liste, les candidats auxquels ils souhaitent donner un siège.
"Le manque de voix au sein de la majorité appelle à une réflexion", a réagi Giorgia Meloni sur Facebook, évoquant une "occasion manquée pour les Italiens". La Première ministre a aussi dénoncé un...
-
16/07 - Le détroit Ormuz est devenu la "carte survie" de l’Iran, par Paul Tourret
On pouvait s'attendre à ce qu’un affrontement armé avec Téhéran se transforme en crise majeure avec des conséquences importantes sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. La situation est d’autant plus catastrophique que les protagonistes, Donald Trump et les Gardiens de la révolution, s’acharnent à jouer des partitions désespérantes pour le reste du monde.
On avait connu la guerre des pétroliers durant le conflit Iran – Irak, les agressions de navires en transit durant les périodes les plus tendues entre Washington et Téhéran, mais une fermeture du détroit d’Ormuz par les Iraniens nous semblait relever de l’impossible.
Que les moyens militaires iraniens puissent mener une guérilla sur la flotte marchande en transit était dans l'ordre des possibles, mais les analystes en faisaient une lecture rationnelle : la force navale américaine assurerait le libre passage, croyait-on, et les monarchies du golfe refuseraient de voir leurs économies entraver par l’Iran. Le déroulement des événements est souvent contraire à ce que nous anticipons, car notre perception repose sur des a priori que nous jugeons logiques. Donald Trump a fait confiance au blitz promis par les Israéliens pour faire tomber le régime des Mollahs. Ce n’est pas ce qui s'est produit. Comme dans le cas du conflit en Ukraine, les moyens légers de destruction iraniens ont mis à distance la très puissante US Navy…
Débarrassés de la menace d’une présence américaine directe dans le détroit, les Iraniens ont pu...
-
16/07 - Suzette Delaloge, nouvelle présidente de l’Institut national du cancer : "Je comprends que les polluants inquiètent"
C'est à première vue le profil le plus évident pour guider l'Institut national du cancer (Inca). Le plus naturel, alors que l'institution est sommée de mieux faire pour aider à diminuer les risques de développer des tumeurs. Oncologue à Gustave Roussy, spécialiste du sein, le Dr Suzette Delaloge a fait de la prophylaxie des cancers son combat. D'abord avec l'essai clinique européen MyPebs, qui vise à améliorer l'efficacité du dépistage en adaptant le rythme des mammographies au risque réel des femmes. Et plus récemment avec Interception, un vaste programme de prévention personnalisée pour les personnes présentant un haut risque de développer une tumeur, qui a déjà essaimé dans plusieurs régions.
Lors de la première édition des Prix des personnalités Sciences et santé, en 2024, notre journal lui avait remis son Prix de la Prévention, tant la scientifique a déjà accompli dans le domaine. Chercheuse reconnue, autrice de plus de 370 publications dans des revues scientifiques internationales, Suzette Delaloge continuait jusqu'à récemment à suivre 400 à 500 patients par an. Alcool, tabac, dépistage, polluants, amélioration de la qualité des soins, recherche... pour sa première prise de parole depuis sa nomination, la nouvelle présidente de l'Inca détaille à L'Express ses priorités. Entretien.
L'Express : Quelles sont vos priorités à la tête de l’Institut national du cancer ?
Suzette Delaloge : D’abord, la prévention. Nous avons besoin de modifier assez radicalement notr
-
16/07 - "La Bataille de Gaulle" : les leçons d’une remontada, par Anne Rosencher
Dans les années 1970, les théoriciens du cinéma ont développé l'idée que la première scène d'un film fonctionne parfois comme une "matrice" : tout le film y est contenu en germe, de façon condensée et métaphorique. Le premier volet du diptyque sur Charles de Gaulle s'ouvre par une bataille de mai 1940. L'armée française est en déroute. De Gaulle, alors encore colonel, s'obstine à contre-attaquer à Montcornet, dans l'Aisne. "C'est la débandade !", lui lance un soldat. De Gaulle-Abkarian le toise, regard en surplomb : "Est-ce que j'ai l'air de débander ?" - précisons que la formule est inventée. Si le réalisateur, Antonin Baudry, s'est servi de cette première scène comme métaphore de la grande histoire qu'il a ensuite - magistralement - déployée sur deux fois deux heures quarante, il ne se doutait pas, en l'écrivant, qu'elle annonçait aussi le destin du film au box-office.
Car L'Âge de fer, le premier volet du diptyque, a d'abord mal démarré : 380 000 entrées enregistrées la première semaine, ce n'est pas rien, mais au regard des 75 millions d'euros investis, c'est un accident industriel. Avant qu’un bouche à oreille dithyrambique ne le sauve de la catastrophe annoncée. Fait rarissime : L’Âge de fer a même attiré plus de spectateurs en quatrième semaine d'exploitation qu'en première. En cumulé, le diptyque (le deuxième volet, J'écris ton nom, est sorti trois semaines plus tard) a franchi les 3 millions d'entrées et pourrait, à terme, dépasser les 4 millions.
On pourrait...
-
16/07 - Dix ans après le Brexit, l’Europe a besoin du couple franco-britannique : l’appel de chercheurs
Dix ans après le vote du Brexit, la France et le Royaume-Uni ont un choix à faire : gérer leur relation comme un après-divorce, ou en faire un pilier de la réponse européenne à un monde où la guerre est revenue sur le continent, où la compétition technologique redessine les rapports de force, et où les démocraties se fragilisent de l'intérieur.
C'est cette conviction qui nous a réunis mi-juin, une vingtaine d'experts français et britanniques, à l'initiative du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, pour un premier "Dialogue stratégique franco-britannique". Notre conclusion est sans ambiguïté : Paris et Londres ont tout à gagner à coopérer plus étroitement, dans trois domaines précis : la défense, la technologie, la démocratie. Renforcer la sécurité européenne
La guerre en Ukraine a démontré la pertinence d’une coopération franco-britannique renforcée en matière de défense. Elle doit aujourd’hui s’amplifier. Alors que la fiabilité de l'engagement américain ne peut plus être tenue pour acquise dans la durée, il revient aux deux puissances nucléaires du continent de renforcer leur rôle dans l'architecture de sécurité européenne, notamment en structurant un dialogue franco-britannique sur cet enjeu.
Nous appelons à pérenniser l’esprit de la Coalition des volontaires en créant un véritable Conseil de sécurité européen, appuyé sur un noyau réunissant notamment Paris, Londres, Berlin, Rome et Varsovie. Il ne s’agirait pas de remplacer l'Otan ni l’Union européenne, mais...
-
16/07 - Colère en Ukraine : Volodymyr Zelensky écarte le populaire ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov
Cheveux coupés très court, déjà légèrement grisonnants malgré son visage juvénile, Mykhaïlo Fedorov, ministre ukrainien de la Défense, s'est imposé à 35 ans comme l'une des figures les plus respectées de l’appareil militaire du pays. Il compte notamment parmi les premiers promoteurs d’un recours accru aux drones, dont le rôle est devenu déterminant sur le champ de bataille. Sa démission, annoncée mercredi 15 juillet, trois jours après celle de la Première ministre Ioulia Svyrydenko dans le cadre du remaniement gouvernemental engagé par le président Volodymyr Zelensky, a donc provoqué une vague de réactions en Ukraine, et déclenché des critiques visant le chef de l'Etat.
"Ce fut un grand honneur de servir le peuple ukrainien en tant que ministre de la Défense", a écrit dans un message publié sur les réseaux sociaux Mykhaïlo Fedorov, qui avait précédemment été ministre de la Transformation numérique en 2019. Revenant sur les six mois passés à la tête du ministère de la Défense, il a dressé un bilan des actions menées par son équipe. Parmi les réalisations mises en avant figurent le blocage de l'utilisation des systèmes Starlink par les forces russes, en février 2026, les opérations ayant perturbé la logistique militaire russe en Crimée occupée, ainsi qu’une réforme de l’armée qu’il qualifie d’impopulaire, mais essentielle. Mykhaïlo Fedorov travaillait notamment à une meilleure rotation des soldats et une nouvelle politique de gestion des effectifs.
Le ministre sortant a...
-
16/07 - Gil Mihaely : "La culture militaire de l’Ukraine ressemble à celle d’Israël"
Docteur en histoire militaire, Gil Mihaely vient de publier un remarquable livre sur La culture du combat en Israël (Valeurs ajoutées éditions). Ancien officier de la marine israélienne, Gil Mihaely a acquis la nationalité française. Il vit à Paris où il est directeur du mensuel Causeur.
L'Express : Votre livre est consacré à Israël, mais, dans sa conclusion, vous pointez les "similitudes" entre la culture militaire de l’Etat hébreu et celle de l’Ukraine en guerre. Expliquez-nous.
Gil Mihaely : En effet, il existe des similitudes entre Israël et l’Ukraine, qui les différencient d’ailleurs de pays comme la France. La principale est le rapport du citoyen à l’Etat. J’insiste en effet sur le rapport particulier entre le pays réel – l’économie, la culture, la société… – et la défense nationale. En Israël ou en Ukraine, celle-ci ne relève pas d’une organisation particulière, comme un silo isolé dans un ensemble plus vaste. Il y a un va-et-vient permanent entre les sociétés civile et militaire. Il existe bien des cloisons entre elles, mais elles sont perméables. Israéliens comme Ukrainiens prennent leur défense en mains. Ils ne sont pas des outils au service de l’Etat, mais, au contraire, l’Etat est un outil entre leurs mains.
Comment cela se traduit-il en pratique ?
On connaît la réaction de la société ukrainienne lors de l’invasion russe de 2022 et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Le cas de Robert "Magyar" Brovdi est exemplaire : cet homme d’affaires ukrainien...
-
16/07 - Marine Le Pen, DSK, François Fillon : quand la justice rebat les cartes de la présidentielle
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, Marine Le Pen a finalement décidé d’être candidate pour l’élection présidentielle de 2027. Mais à quoi pourraient ressembler les premiers mois du Rassemblement national à l'Elysée ? Quelle ligne le parti défendra-t-il dans son programme ? Et comment les divergences entre la cheffe de file des députés et Jordan Bardella seront-elles conciliées ?
Surtout, dans quelle mesure les affaires judiciaires représenteront-elles un obstacle pour Marine Le Pen ? La candidate pourrait regarder un peu en arrière : d’autres, avant elle, ont vu leur avenir politique bouleversé par la justice.
L’exemple qui vient immédiatement à l’esprit lorsque l'on parle de politique et d’affaires judiciaires est évidemment celui de Dominique Strauss-Kahn. C'était il y a quinze ans, en mai 2011. Le directeur du FMI n'est pas encore candidat qu'il est déjà favori dans les sondages. Son arrestation pour agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, une femme de chambre du Sofitel de New York, va bouleverser toute l'élection présidentielle de 2012.
Six ans plus tard, au début de l'année 2017, c'est François Fillon qui est emporté par la tempête judiciaire. L'ancien Premier ministre est accusé d'avoir employé sa femme...
-
16/07 - "Une connivence inavouée" : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ces meilleurs ennemis
Comme on se retrouve. Marine Le Pen a "purgé" les quinze mois d’inéligibilité auxquels l’ont finalement condamnée les juges d’appel. Mardi 7 juillet, elle rejoint donc Jean-Luc Mélenchon sur la ligne de départ vers l’Elysée. Les premiers mots de la candidate du Rassemblement national, sur TF1, ont aussi été à l’égard de son concurrent insoumis. "Je note quand même que, pour les mêmes faits, Monsieur Mélenchon a fait l’objet d’un non-lieu." Réponse immédiate de l’intéressé : "Madame Le Pen ment. (...) Je ne me suis pas payé un majordome, ni un chauffeur, ni rien de ce pour quoi elle a été condamnée."
Voilà quelques jours que ces quadruples candidats s’alpaguent par prises de parole interposées. Quelques mois qu’ils se signalent ponctuellement à leur mutuelle existence. Des années qu’ils fantasment ce clasico. Le match entre les deux a commencé, il est d’ores et déjà marqué par une double poussée sondagière, ainsi que l’indique l'étude d’intentions de vote Elabe pour La Tribune Dimanche et BFMTV. "Au fond, je suis convaincu qu’ils se sont intérieurement dit qu’ils feront la partie ensemble en 2027", analyse un interlocuteur de Mélenchon. Mots doux
Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Meilleurs ennemis et adversaires désignés, car chacun voit en l’autre sa meilleure chance de l’emporter. Mélenchon anticipe le duel face au Rassemblement national, sur les ruines du macronisme et de la social-démocratie. "C’est eux ou nous, il n’y a rien au milieu", déclare-t-il souvent, une...
-
15/07 - Fin de vie : l’Assemblée adopte définitivement le droit à l’aide à mourir
Il aura fallu à la France une convention citoyenne, une dissolution et deux textes pour arriver à une question simple à formuler, beaucoup moins à inscrire dans la loi : dans quelles conditions peut-on autoriser une personne à recourir à l’aide médicale à mourir ? Ce mercredi 15 juillet, les députés ont tranché : la proposition de loi sur la fin de vie a été adoptée à 291 voix pour, 241 contre.
Le texte crée, pour la première fois en France, un "droit à l’aide à mourir". Une personne répondant aux conditions prévues pourra obtenir une substance létale et se l’administrer elle-même. Si elle en est physiquement incapable, un médecin ou un infirmier pourra accomplir le geste. La loi Claeys-Leonetti de 2016 autorisait déjà une sédation profonde et continue jusqu’au décès, mais sans permettre qu’un produit provoque directement la mort. Le changement n’est donc pas seulement lexical. Cinq critères, tous obligatoires
L’accès sera réservé aux personnes majeures, françaises ou résidant en France, atteintes d'une affection grave et incurable engageant leur pronostic vital en phase avancée ou terminale. Elles devront aussi présenter une souffrance physique ou psychologique constante, réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et pouvoir exprimer une volonté libre et éclairée. Une souffrance psychologique seule ne suffira pas.
La demande devra être adressée à un médecin. Celui-ci vérifiera les cinq critères et organisera une procédure collégiale, avec au moins un...
-
15/07 - En Allemagne, les jeunes craignent le retour du service militaire obligatoire
Alors que Berlin ambitionne de faire de son armée "la plus puissante d'Europe", sa jeunesse est de plus en plus frileuse à l'idée de rejoindre les rangs. Selon les chiffres communiqués ce mardi 14 juillet par le gouvernement, le nombre de personnes ayant demandé à être exemptées du service militaire pour des raisons religieuses ou morales au premier semestre 2026 a dépassé celui enregistré sur l'ensemble de l'année précédente. Au total, 5 862 demandes ont été transmises depuis le début de l'année à l'administration chargée de statuer sur ces dossiers. En 2025, elles étaient 3 879, dont 2 830 avaient été approuvées.
Ces exemptions sont permises par la Constitution allemande qui garantit le droit à l’objection de conscience. Le texte en dispose ainsi : "Nul ne peut être contraint, contre sa conscience, d’accomplir un service militaire impliquant l’usage des armes.""Chair à canon"
Parce que le service militaire allemand repose actuellement sur le volontariat, l'ensemble de ces démarches a été effectué de manière préventive. Toutefois, cela pourrait bientôt changer. Dans les années à venir, la Bundeswehr, qui ambitionne d'être en capacité de s'opposer à la menace russe, anticipe un besoin d’au moins 60 000 soldats supplémentaires. En 2025, le ministre de la Défense, Boris Pistorius, avait assuré que le volontariat resterait la règle, promettant simplement de dégainer un "énorme paquet pour rendre [l'armée] plus attractive".
Mais, au vu de la réticence dont font preuve...
-
15/07 - "Si on ne fait rien dans les premiers jours, on est morts" : le programme du RN, entre totems et tabous
Souvent, Marine Le Pen pense à François Mitterrand. Quand il arrive au pouvoir, en mai 1981, le président socialiste est résolu à tenir ses 110 propositions de campagne, et débute dès le mois de septembre avec l’abolition de la peine de mort. L’objectif de Marine Le Pen est moins ambitieux. En 2022, ce sont 22 propositions que la candidate à la présidentielle brandissait comme des "urgences". Sur la méthode, en revanche, la députée du Pas-de-Calais entend bien s’inspirer de l’ancien chef d’Etat. Elle le revendique elle-même : il faut agir vite, et fort, comme il l’a fait. Ne pas prendre le risque de l’enlisement. "Si on ne fait rien dans les premiers jours où l’on arrive au pouvoir, on est morts", avance même un de ses conseillers. Voici Marine Le Pen qui passe de "gaullienne" à mitterrandienne.
Alors que le RN est au plus haut dans les sondages, la question de la projection se pose plus que jamais. D'éternel opposant, il faut devenir potentiel parti de gouvernement. Cela implique de renoncer aux louvoiements programmatiques, aux tâtonnements de ligne et aux errements idéologiques. La question aujourd'hui est de savoir quelle histoire le parti d’extrême droite va raconter. Projection sur deux quinquennats
"Si les gens ne votent pas pour nous, c’est aussi parce qu’ils n’arrivent pas à se projeter sur ce que nous ferons, il est essentiel de leur donner une ligne claire", préconise Renaud Labaye, bras droit de Marine Le Pen à l’Assemblée. En 2022, dans sa profession de...
-
15/07 - Enquête sur "Rendez-vous avec X" : la vérité sur le faux espion de France Inter
Rendez-vous chez Monsieur X, ce samedi 18 avril. Salon ensoleillé d’un joli appartement du XVe arrondissement de Paris, les livres de X partout, ses affaires ici et là, comme les cailloux du Petit Poucet, même ce chapeau feutre qu’il portait lors de la dernière de son émission sur France Inter, le 20 juin 2015. Mais lui demeure inaccessible. On l’entend tousser d’une pièce voisine, mais on ne le voit pas ; une dernière fois, l’image de l’inconnu le plus célèbre de la radio française se dérobe. Gravement malade, il n’a plus la faculté de se raconter. Pas sûr qu’il l’aurait particulièrement souhaité, d’ailleurs.
>> Cette enquête est à écouter dans Nid d'espions, le podcast de L'Express consacré au renseignement, disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict, CastBox ou en cliquant sur le player en tête de cet article
Dans le séjour baigné de lumière, son épouse et son fils, mi-intrigués, mi-inquiets qu’on veuille percer ce secret de trente ans, racontent un homme doux et taiseux, un anti-Bel Ami indifférent aux honneurs. "Quand la fleuriste ou le caissier entendaient sa voix et s’écriaient : 'Mais vous êtes Monsieur X', il souriait simplement. Il disait : 'C’est possible'", se souvient Gaëlle. Pour un peu, il se serait éclipsé sans rien dire, en seigneur de l’ombre, son plus grand rôle aurait fait l’objet de quelques mots lors de ses funérailles, et puis voilà, fin de l’histoire. Jacques Dumontier a pourtant eu une vie de roman. Mais n’allons pas...
-
15/07 - Refuges climatiques : pourquoi la France devrait s’inspirer de l’Espagne
Le bâtiment n’ouvre habituellement ses portes au public que deux fois dans l’année. La première en septembre pour les journées européennes du patrimoine. La seconde un mois plus tard, à l’occasion des journées nationales de l’architecture. Mais face aux épisodes caniculaires persistants, le Parti communiste (PCF) a permis à qui le voulait de se réfugier, le week-end dernier, dans son siège climatisé du 19e arrondissement parisien. Plusieurs milliers de personnes ont ainsi profité d’un moment au frais sous la coupole blanche imaginé par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Qui a dit que les monuments historiques ne pouvaient pas se transformer en îlots de fraîcheur ?
Le pays vit sa troisième vague de chaleur de l’été et nous sommes à peine à la mi-juillet. Une situation historique. Pour échapper à des logements rendus étouffants, de nombreux Français recherchent les espaces pouvant leur accorder un bref répit thermique : piscines, musées, centres commerciaux ou cinémas. Mais il n’est pas toujours aisé de trouver une oasis de fraîcheur ouverte et gratuite à proximité de chez soi. En dehors du recensement effectué par certaines agglomérations ici ou là, ou d’initiatives privées, leur accès au grand public demeure encore trop peu structuré. Tout le contraire de l’Espagne voisine, en pointe sur la question, et dont le modèle pourrait inspirer la France.
Au sud des Pyrénées, l’Etat et les collectivités ont mis en place dans la plupart des grandes villes un réseau de "refuges...
-
15/07 - Appel au démantèlement : Marco Rubio repart à l’offensive contre la Cour pénale internationale
L’administration Trump franchit un nouveau cap dans son affrontement avec la juridiction de La Haye. Dans une tribune datée du 13 juillet publiée dans le Wall Street Journal, le secrétaire d’Etat américain et bras droit de Donald Trump, Marco Rubio, a appelé à "démanteler" la Cour pénale internationale. Son argument principal : celle-ci menace la souveraineté des Etats-Unis. Selon la chaîne CNN, Washington prépare une campagne diplomatique pour pousser ses partenaires à prendre leurs distances avec la Cour, sous la menace de sanctions, de restrictions de visas ou d'autres mesures de rétorsion.
"À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays", a dénoncé le secrétaire d'Etat dans une vidéo postée sur X. "Non pas à coups de balles et de missiles, mais au moyen de statuts, de traités et à la force du droit international". La campagne de Washington "mobilisera l’ensemble de l’appareil gouvernemental, a-t-il dit, pour paralyser systématiquement la capacité de la CPI à opérer, à cibler des militaires ou des responsables américains".Deux enquêtes qui effraient Washington
Cette offensive repose sur l'idée que la CPI pourrait, à terme, viser des citoyens américains — militaires, responsables politiques ou agents de la police aux frontières — pour des faits commis à l'étranger, dès lors que ces actes auraient eu lieu sur le territoire d'un Etat partie au Statut de Rome. À travers cette lecture, Washington présente la CPI comme une menace...
-
15/07 - Angleterre-Argentine : quand la guerre des Malouines s’invite sur le terrain de foot
Le match entre l'Angleterre et l'Argentine qui se disputera ce mercredi 15 juillet, à 21 heures à Atlanta, s'annonce sous haute tension. Et pas seulement parce que l'enjeu est de rejoindre en finale l'Espagne, qui a disposé la veille des Français un jour de fête nationale. Mais aussi car cette rencontre risque de réveiller une rancœur vieille de 44 ans. Au centre de celle-ci : les Malouines, un territoire britannique d’outre-mer.
Depuis toujours, l'Argentine revendique la souveraineté de ces îles de l'Atlantique Sud, qui abritent quelque 3 600 habitants et un million de manchots. En 1982, les troupes de Buenos Aires ont débarqué sur l'archipel. Une offensive qui s'est soldée par deux mois d'affrontements sanglants, coûtant la vie à 649 militaires argentins et 255 Britanniques. Aujourd'hui, le traumatisme est toujours profond en Argentine et le symbole fédère.
Comme vous le racontait L'Express il y a quelques jours, les Malouines sont partout dans le pays d'Amérique du Sud : imprimées sur les billets de banque, tatouées sur les corps, et bien sûr, présentes sur les cartes officielles du pays... Et qui dit partout, dit aussi dans le foot, partie intégrante de la culture argentine. L'archipel n'a été oublié ni par les supporters, ni par les joueurs de l'Albiceleste. Quatre ans après la guerre, en 1986, la légende argentine du football, Diego Maradona, décrivait son célèbre but mis de la main comme "une revanche symbolique contre les Anglais".
Preuve que les blessures sont...
-
15/07 - Banque de France, Cour des comptes : le jeu dangereux d’Emmanuel Macron
Au cours des derniers mois, le gouvernement a renouvelé les postes de direction de plusieurs institutions économiques majeures, profitant de l’occasion – ou, parfois, la provoquant délibérément – pour installer à ces places des profils centristes, largement alignés avec les opinions économiques et les choix de l’administration actuelle.
La nomination de proches du pouvoir à ces postes prestigieux s’inscrit dans une longue tradition, certes discutable, de "recasage" des lieutenants à l'approche d’une fin de mandat, en forme de reconnaissance pour services rendus. Elle pose pourtant des questions d’autant plus profondes que les sondages suggèrent une probabilité élevée d'accès au pouvoir en 2027 de partis "anti-système", comme LFI ou le RN, qui rêvent souvent de bouleverser le rôle de certaines de ces institutions, et qui risquent de se heurter à la réticence, voire à la résistance, de leurs dirigeants fraîchement installés.
Ainsi, après la démission de François Villeroy de Galhau, le rôle prestigieux de gouverneur de la Banque de France (et, par conséquent, de représentant de la France au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne) a-t-il échu à Emmanuel Moulin, brillant haut fonctionnaire et spécialiste reconnu des questions économiques, mais aussi proche conseiller d’Emmanuel Macron et ancien secrétaire général de l'Elysée, dont on sait que les opinions sur la monnaie unique et l'intégration européenne ont peu en commun avec celles de Marine Le Pen ou de...
-
15/07 - Guerre en Ukraine : la Bulgarie claque la porte de la Coalition des volontaires
La Coalition des volontaires perd l'un de ses 37 membres. Mardi 14 juillet, le nouveau Premier ministre bulgare Rumen Radev a annoncé que son pays se retirait de cette alliance, créée pour soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, et principalement composée de pays européens. S'adressant aux journalistes depuis Paris, Rumen Radev a déclaré qu'Emmanuel Macron l'avait personnellement invité à continuer à participer à l'alliance, mais a insisté sur le fait que ce n'était pas "la place de la Bulgarie". Le tout, alors que les gardes bulgares défilaient aux côtés des forces armées européennes à l’occasion de la parade militaire du 14 juillet organisée comme une démonstration de force par le président français.
Ce revirement est peu étonnant : Rumen Radev, ancien président bulgare, de retour au pouvoir comme Premier ministre depuis avril après sa victoire aux élections législatives anticipées, affiche un positionnement ambivalent à l'égard de la Russie, plaidant le dialogue avec Vladimir Poutine plutôt que le soutien militaire à l'Ukraine. C'est son prédécesseur, le Premier ministre Rossen Jeliazkov, issu du parti pro-européen GERB, qui avait décidé de rejoindre la coalition des volontaires au moment de sa création en 2025.
Le 9 juin, après l'élection de Rumen Radev, le nouveau ministre de la Défense Dimitar Stoyanov avait déjà annoncé que la Bulgarie cesserait de fournir des armes à l'Ukraine, avant de préciser le lendemain que les ventes commerciales d'armes se...
-
15/07 - Moyen-Orient : le retour du blocus américain relance la bataille pour le contrôle du détroit d’Ormuz
À 22 heures heure de Paris mardi 14 juillet, les États-Unis ont officiellement rétabli le blocus des ports iraniens. Cette décision, annoncée la veille par Donald Trump, a été mise en œuvre par le Commandement central américain (CentCom), qui a indiqué que ses forces "feront respecter le blocus visant les navires à destination ou en provenance des ports et des zones côtières iraniens". Quelques heures plus tard, le CentCom a lancé un avertissement sur X, indiquant que "plus de 20 navires de guerre de la marine américaine et des centaines d'avions militaires" étaient actuellement déployés au Moyen-Orient, et assurant que les forces américaines restaient "vigilantes, létales et prêtes".
Les États-Unis avaient déjà instauré ce blocus à la mi-avril avant de le lever à la mi-juin, au lendemain de la signature d'un accord intérimaire prévoyant 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien. Mais les discussions sont désormais dans l'impasse et les combats autour du détroit d'Ormuz ont repris, faisant voler en éclat le cessez-le-feu conclu le 17 juin.Répétition du cycle de tensions
C’est la répétition d’un cycle d’hostilités dont on connaît désormais les étapes. Quarante-huit heures auparavant, Téhéran avait annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz après la reprise des hostilités, déclenchée la semaine dernière par l'attaque d'un navire dans cette voie maritime stratégique. Ce mercredi matin, les Gardiens de la révolution ont affirmé que le détroit resterait fermé...
-
15/07 - Les mairies RN, un avant-goût de ce qui attend la France en cas de victoire de Marine Le Pen
Marine Le Pen ne s’est pas trompée : le 7 juillet, la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants du Front national au Parlement européen a, contre toute attente, marqué la "renaissance" de sa candidature à l’Elysée. Elle a beau avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamnée à de la prison ferme et quarante-cinq mois d’inéligibilité, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros, elle a pris un double pari : que le temps de la justice - et de son pourvoi en cassation - n’entraverait pas sa course à la magistrature suprême, et surtout que les Français, dans leur colère face aux élites, continueraient à lui faire confiance.
Les premiers sondages semblent lui donner raison : passant outre sa condamnation, nos concitoyens sont prêts à la propulser à l’Elysée. Un avertissement pour Edouard Philippe et consorts, enfermés dans leur rivalité émolliente.Festival annulé, locaux retirés aux syndicats...
Marine Le Pen dispose d’un argument clé pour gagner : les Français n’ont jamais essayé le Rassemblement national. Mais est-ce si vrai ? Depuis le printemps, son mouvement est désormais à la tête de très nombreuses villes. Or en dépit de la quête de la respectabilité voulue par Paris, des dérapages éclatent régulièrement, au nom de l’idéologie ou de la revanche. Carpentras constitue à cet égard un bon exemple.
Dans la deuxième ville du Vaucluse, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, vient d’annuler un contrat pour reconstruire une grande...
-
15/07 - Un maître espion allemand à Paris, des plongeurs démineurs en eau très profonde
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.La virée parisienne du coordinateur du renseignement allemand
Philipp Wolff, le coordinateur des services fédéraux de renseignement allemands, était de passage à Paris les 7 et 8 juillet pour intervenir à La Sorbonne, à l’Institut français des relations internationales (Ifri), et rencontrer des représentants des autorités françaises. Face à la recrudescence des cyberattaques venues de Russie, les services de renseignement français et allemands envisagent de muscler leur coopération, notamment sur le volet offensif, afin de mieux répondre à ces intrusions. Le service de renseignement extérieur allemand, le BND, se prépare à une grande réforme pour gagner en efficacité.Begoña Gomez bloquée en Espagne
Un juge espagnol a empêché l’épouse du Premier ministre Pedro Sanchez de l’accompagner au sommet de l’Otan à Ankara. Begoña Gomez avait avancé des impératifs diplomatiques pour qu’une exception soit faite à l’interdiction qui la frappe de se rendre à l’étranger, dans l’attente de son procès pour corruption. Le juge a estimé que...
-
15/07 - Six-Seven, le vide devient viral, par Christophe Donner
Ça y est, ça recommence : "Un spectre hante l’Europe", mais ce n’est pas le communisme de Karl Marx, et ça n’est pas seulement l’Europe, mais le monde entier. L’affaire Six-Seven bat son plein. Roue de secours des chroniqueurs de juillet, terrassés par la chaleur, à commencer par votre serviteur accablé par La Chaleur, le film de Stéphane Demoustier, réalisateur de l’excellent Inconnu de la Grande arche, sorti l’année dernière.
Il y a des producteurs qui savent prendre des risques : investir dans un film dont le héros, en l’occurrence Marouane (Hadrien Hussein), est un ado sans charme, plus mou que taciturne, plus bête que ses pieds, et surtout pas drôle du tout, ça n’est plus un pari risqué, c’est une partie de roulette russe avec un barillet intégralement chargé. Ils n’avaient pas besoin d’en rajouter en affublant leur anti-héros d’un sac-banane, ben si, et Marouane, cette banane, pendant toute la durée du film. Il faut dire que c’est l’arme du crime.
Pas vraiment attiré par les filles du camping, Marouane ne l’est pas non plus par les garçons. Ce n’est pas pour cette raison qu’il bouscule Oscar (Noé Houssard), l’ado populaire du camping, un peu voyou mais piètre bagarreur : en essayant d’arracher le sac-banane de Marouane pour lui piquer ses préservatifs, le bel Oscar bascule dans le vide et se tue. Pas fute-fute, Marouane dissimule le corps sous le sable de la plage (il n’est pas au courant pour les marées ?)
Après ce coup de malchance, Marouane continue de faire...
-
15/07 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
> Retrouvez ici l'épisode 1 de notre série d'été, consacré au détroit de Taïwan
Sur la rive européenne du Bosphore, le soleil couchant embrase les minarets de la mosquée d'Ortaköy. Construite au XIXe siècle en pleine guerre de Crimée, quand Français et Britanniques combattaient aux côtés des Ottomans contre l'expansion russe, elle semble littéralement flotter sur les eaux. Alors que résonne l’appel à la prière du soir, les touristes - principalement Américains, Russes, pays du Golfe, Caucase - s'installent aux terrasses des cafés environnants dans ce quartier bohème de la mégapole turque, où les loyers des appartements avec vue sur le détroit ont triplé ces dernières années. En cause : une hyperinflation - à 32,1 % sur l'année - et une monnaie en pleine dépréciation, dont le pays n'arrive pas à se dépêtrer. Les détroits turcs face à la guerre en Ukraine
Ali, Iranien en vacances, déguste une kumpir, ces fameuses pommes de terre farcies, dont les effluves l’éloignent un peu de son quotidien percuté par 40 jours de guerre, de l’autre côté de la frontière turque : "Cet endroit est magnifique. Cela fait du bien de souffler car chez nous, c’est le chaos".
Scindant littéralement la ville et ses sept collines en deux, le détroit du...
-
14/07 - Alice C. Hill : "Le duel entre la Chine et les Etats-Unis pourrait se jouer sur le climat"
Alors que la France vient de connaître son deuxième épisode caniculaire de l’été, la spécialiste des risques liés au changement climatique, Alice C. Hill, prévient : il va falloir s’habituer. Dans les prochaines années, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes - canicules, feux de forêt, ouragans, inondations, glissements de terrain – semble inévitable. Pour cette experte au Council on Foreign Relations, l’affrontement entre la Chine et les Etats-Unis pourrait même se jouer sur leur capacité à s’adapter à cette nouvelle donne climatique. Or, dans ce domaine, Pékin dispose selon elle d’une longueur d’avance, facilitée par son régime autoritaire et l’inaction de l’administration Trump. Entretien.
L'Express : Quels sont les principaux risques associés aux effets du changement climatique ?
Alice C. Hill : Nous allons assister à une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes : les périodes prolongées de températures exceptionnellement élevées durent plus longtemps et battent régulièrement de nouveaux records, les tempêtes gagnent en intensité, etc. Aux Etats-Unis par exemple, la côte est et les Etats du golfe du Mexique sont particulièrement exposés aux ouragans, qui déversent davantage de pluie qu’auparavant, car une atmosphère plus chaude retient plus d’humidité. En Chine, les typhons provoquent des inondations massives.
Les répercussions économiques des événements climatiques extrêmes sont immenses.
On pourrait aussi parler des feux de forêt,...
-
14/07 - Attaque iranienne au Koweït : des soldats américains accusent leurs généraux d’avoir ignoré les alertes
Quatre mois après l'attaque iranienne contre une base militaire américaine au Koweït, qui avait coûté la vie à six soldats et blessé des dizaines d'autres à Port Shuaiba, l'événement continue de susciter de vives tensions au sein de l'armée américaine. Dix-sept militaires ainsi que des personnes au fait de l'enquête interne accusent le commandement d'avoir ignoré des avertissements sur la sécurité de la base et d'avoir commis une série de manquements pendant et après l'attaque iranienne arrivée le 1er mars, révèle le Washington Post.
Cette frappe de drone Shahed, survenue au deuxième jour de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, a constitué l'une des pertes les plus importantes subies par Washington pendant le conflit. A l'époque, elle avait déjà alimenté les critiques contre la décision du président Donald Trump d'engager les troupes américaines dans la guerre.Des avertissements ignorés
Dans les semaines précédant le conflit, le Pentagone avait choisi de disperser ses effectifs hors de ses grandes bases régionales, afin d'éviter qu'ils ne soient une cible trop importante pour l'Iran. C'est dans ce contexte qu'une partie du 103e commandement de soutien expéditionnaire, d'habitude situé dans le camp d'Arifjan, a été transférée vers Port Shuaiba, à une trentaine de minutes. Mais plusieurs membres de cette unité, chargée d'assurer la logistique de milliers de soldats au Moyen-Orient, affirment que le site présentait de graves défaillances. Dès les premières...
-
14/07 - Marie-Pierre Rey : "Poutine renoue avec le rêve impérial et l’imaginaire stratégique de Catherine II"
Ni russe, ni Romanov, Catherine II a régné de 1762 à 1796. En trente-quatre années, elle augmentera le territoire de la Russie de 500 000 km2, presque la surface de la France, en s'emparant notamment de la Crimée et d'une partie de l'Ukraine actuelle. Ouverte aux idées des Lumières, elle poursuivit l'européanisation de son pays lancée par Pierre le Grand, tout en renforçant son pouvoir absolu. Professeur émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Marie-Pierre Rey a publié La Russie face à l’Europe : d’Ivan le Terrible à Vladimir Poutine (Flammarion). Pour la série du podcast de L'Express Les temps sauvages sur les grands stratèges de l'Histoire, elle décrypte la place de l'Europe dans l'interrogation identitaire russe sous Catherine II. Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L’Express : Quelle est l’image de Catherine II dans la Russie actuelle ?
Marie-Pierre Rey : Elle est extrêmement positive. Non pas, évidemment, parce que Vladimir Poutine admirerait chez Catherine son ouverture à l’Europe ou sa fascination pour les Lumières, mais parce qu’elle est la souveraine qui a considérablement agrandi l’Empire russe. C’est elle qui annexe la Crimée en 1783, qui fonde des villes devenues stratégiques et qui étend le territoire russe aux dépens de l’Empire ottoman, en s’emparant également d’une partie de l’Ukraine actuelle. C’est avant tout pour cette dimension...
-
14/07 - Hauts fonctionnaires : le grand défi du RN en cas d’arrivée à l’Elysée
La problématique n’est pas nouvelle. Depuis sa création, le Rassemblement national a toujours eu un sujet de ressources humaines, et peu de relais dans les réseaux du corps de l’Etat. La question se pose d’autant plus aujourd’hui, alors que le parti d’extrême droite est en capacité de remporter l’élection présidentielle. Si Marine Le Pen accédait au pouvoir, le fonctionnement de l’Etat ne s’enrayerait-il pas ?
Depuis des années, le RN tente de brandir des profils de hauts fonctionnaires issus de ses rangs. De montrer que ses équipes se sont étoffées, que les grands commis de l’Etat ne lui sont plus si hostiles. Le cercle des Horace, par exemple, ces conseillers de l’ombre de Marine Le Pen, chapeautés par André Rougé qui réunit des magistrats, des diplomates, et autres administrateurs de l’Etat. Sauf qu’en interne, on décrit plutôt des personnes en fin de carrière, un brin placardisés, et peu susceptibles de revêtir des fonctions d’importance. Une démission en masse des hauts fonctionnaires ?
Un nouveau personnage a récemment pris le relais pour étoffer les réseaux du parti. Ambroise de Rancourt, le directeur de cabinet de Marine Le Pen. Enarque, bien inséré dans ces milieux traditionnellement défavorables aux lepénistes, il a reçu pour mission de chapeauter différents groupes, composés de beaucoup de hauts fonctionnaires, justement, pour composer le programme du RN, et préparer au mieux son éventuelle arrivée au pouvoir.
Car une inquiétude pèse sur le parti :...
-
14/07 - L’Ukraine et neuf pays européens annoncent la création d’un système de défense antimissiles commun
Neuf pays européens ainsi que l'Ukraine ont annoncé, lundi 13 juillet, la création d'une "coalition purement défensive" destinée à développer conjointement un nouveau système européen de défense contre les missiles balistiques. L'initiative a été dévoilée à l'issue d'une réunion de la "Coalition des volontaires" à Paris, dans un communiqué relayé par l'Elysée.
"Conscients de la menace croissante posée par les missiles balistiques et de l'importance des capacités de défense pour la sécurité du continent européen", les dix pays signataires s'engagent à bâtir une architecture commune de défense grâce à "un effort collectif, l'ouverture technologique et la coopération industrielle". "Cette action n'est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre", souligne encore la déclaration, signée par le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine et le Royaume-Uni.
"Nous sommes convaincus que la protection de l'Europe passe par une solution globale, sous la forme d'une architecture intégrée de défense antimissile, destinée à dissuader et à neutraliser les futures menaces de missiles", précise le texte. Cette future architecture viendra compléter les systèmes de défense contre les missiles balistiques déjà existants ou en cours d'acquisition dans les pays participants.Intensification des frappes russes
Cette initiative intervient alors que la Russie intensifie ses frappes aériennes contre l'Ukraine. En difficulté pour...
-
14/07 - Le choc démographique va transformer l’Europe : les pistes de la Commission pour y faire face
La bascule démographique de l’Union européenne est programmée pour 2029. Cette année-là, la population du Vieux Continent va commencer à décroître inexorablement. Ce sera la première fois depuis la préhistoire, hors épidémie ou guerre. Dans un rapport consacré à ce bouleversement publié ce mardi 14 juillet, la Commission européenne estime vain de vouloir renverser la tendance mais nécessaire, en revanche, d’adapter les politiques publiques à l’impact considérable que la nouvelle réalité aura sur le potentiel de croissance économique mais aussi sur le marché du travail, la santé, le logement ou encore les finances publiques des Etats membres.
Aujourd’hui de 450,6 millions - presque 100 millions de plus qu’en 1960 - la population des Vingt-Sept va atteindre son pic historique à 453 millions dans trois ans. Elle entamera alors une lente décrue pour revenir à 445 millions en 2050 puis passer sous la barre des 400 millions à l’horizon 2100, indique le document intitulé "La transformation démographique de l’UE".
La diminution s’accompagne de changements structurels qui remodèlent l’Europe en profondeur. La part des plus de 65 ans va plus que doubler : d’un Européen sur cinq aujourd’hui, elle sera d’un sur trois à la fin du siècle. L’âge médian va passer de 44,9 ans en 2025 à 51,5 ans en 2100. L’espérance de vie à la naissance va s’allonger à plus de 90 ans pour les femmes et au moins 86 ans pour les hommes à la fin du siècle, contre respectivement 84,1 ans et 78,9 ans...
-
14/07 - "On en arrive parfois à la détestation" : quand les conflits au travail prennent une tournure personnelle
La bonne entente comme les conflits font partie des relations humaines, même si l’éducation et le collectif agissent comme des amortisseurs en mettant des barrières aux sentiments trop visibles dans un contexte professionnel. Pourtant, il arrive que d’un simple conflit au travail entre deux personnes, un service tout entier se retrouve "en guerre" avec un autre service, que des salariés soient sommés de "choisir leur camp" lorsque deux chefs ou deux collègues sont en rivalité. Le harcèlement, qui est un point de non-retour, est parfois aussi la conséquence d’un différend qui n’a pas été traité à temps.
"Le conflit est potentiellement une guerre de pouvoir", décrit Nicole Engerran, ingénieure des Mines et dirigeante du cabinet de recrutement et de management de transition Comingblue, régulièrement contactée par les entreprises confrontées à ces situations. "Le risque pour l’entreprise est particulièrement important quand les jeunes diplômés sont pris malgré eux dans cette tourmente et se demandent ce qu’ils font là", explique-t-elle. Pour ceux qui subissent un différend sans vouloir y prendre part, "il ne faut pas minimiser le risque de démotivation qui peut conduire au départ." Mais alors, comment un simple différend dans l'open space peut-il dégénérer ? "L’incapacité à trouver les mots"
"Très souvent, un conflit devient interpersonnel alors qu’il était, à l’origine, de nature professionnelle", analyse Aurore Blaschek, psychologue du travail et salariée du cabinet...
-
14/07 - En Hongrie, le Parlement adopte une loi pour destituer le président, dernière pièce du système Orban
L'heure de la fin du système Orban a-t-elle sonné en Hongrie ? Le Parlement hongrois a approuvé, lundi 13 juillet, un amendement constitutionnel proposé par le nouveau gouvernement de Peter Magyar, afin de démettre de ses fonctions le président Tamas Sulyok, qualifié de "marionnette" de l'ancien Premier ministre Viktor Orban par la nouvelle majorité au pouvoir. Avec ce vote, "nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orban", s’est félicité le nouveau Premier ministre à l'issue de la session parlementaire.
Elu aux législatives d'avril à une large majorité, Peter Magyar, un conservateur pro-européen, a mis fin aux 16 années de pouvoir du nationaliste Viktor Orban, proche du régime de Vladimir Poutine en Russie. Depuis lors, la nouvelle majorité s'est empressée de mettre en place une série de réformes pour démanteler le système de pouvoir mis en place par Viktor Orban. La semaine dernière, le gouvernement engageait par exemple une série de mesures visant à refonder les médias publics.
C'est désormais à la figure présidentielle que Peter Magyar et son parti Tisza s'attaquent. Bien que le président hongrois dispose de pouvoirs limités pour opposer son veto aux lois, il reste néanmoins une figure importante du paysage politique. "Ce serait une trahison envers la nation hongroise de ne pas toucher à cette constitution", a déclaré Peter Magyar au Parlement, quelques heures avant le vote."Grave perte de confiance"
Ce dernier dispose d'une supermajorité au...
-
14/07 - A l’ère du GPS, les Français nostalgiques de la carte routière
Qu’a-t-on créé de plus beau que la carte routière Michelin au 200 000e avec son pliage en accordéon ? Forêts en aplat vert, cours d’eau en bleu, routes principales en rouge, secondaires, locales en blanc… Les cartographes, ces artistes, ont tracé nos envies d’évasion. S’y plonger, c'est ouvrir la boîte aux souvenirs : un pique-nique, une halte dans une auberge… Et même des disputes conjugales. Le "Mais bon sang, tu ne sais pas lire une carte ?" paternel résonne encore dans certaines oreilles.
"Pour les Français, c’est le conservatoire géographique d’une longue histoire", résume joliment le journaliste Jean-Claude Raspiengeas qui consacre à ces trésors de connaissance un livre aussi érudit que sentimental : "La France à la carte". Si vous ne jurez que par le GPS, passez votre chemin. "L’écran ne dévoile le pur présent du trajet", résume-t-il. A l’ère du "mapping" et de la géolocalisation, l’automobiliste a "abdiqué le pouvoir de son imaginaire". Il n’a plus qu’une obsession : aller le plus vite possible d’un point à un autre. L'usage de la route devient purement utilitaire. Se perdre est un art que les cartes permettaient de cultiver.
Ce sont ceux qui les conçoivent qui en parlent le mieux. "Devant une d’elles, je ne vois pas juste une information", confie Philippe Sablayrolles, directeur de la cartographie chez Michelin. Le liseré vert qui signale les routes pittoresques le fascine. Il s’est battu pour que l’application Michelin les conserve. "Les distinguer, regarder...
-
14/07 - De la "révolution" à l’impuissance : comment Emmanuel Macron a nourri l’idée que le politique ne pouvait plus rien
Au crépuscule de son règne, force est de constater que la révolution esquissée par le sémillant Emmanuel Macron dans son ouvrage inchoatif, publié quelques jours après l'annonce de sa première candidature à la fonction suprême, n'est pas advenue. Pas plus d'ailleurs que ses kilos de promesses de changement qui avaient eu les Français. Non, neuf ans après son élection, la France qu'il leur avait promise n'est pas ; et ils s'en rendent bien compte, comme en témoigne la troisième édition des 100 mots qui font la France, publiée par l'institut Elabe.
Pour "celles et ceux" qui n’en connaîtraient pas le principe, l’étude soumet à un échantillon représentatif de Français une centaine de mots, auxquels chacun doit attribuer une note de 1 à 10 selon deux critères : l’image, positive ou négative, qu’il associe à ce mot, et la mesure dans laquelle celui-ci correspond, à ses yeux, à la France d’aujourd’hui. Et ce qui en ressort, c'est que les mots — ou les maux, que le chantre du "en-même-temps" avait promis de conjurer - reflètent aujourd'hui un peu plus qu'hier l'image qu'ils ont du pays.
Si quand on leur dit "France", les Français pensent évidemment à "nucléaire", "Tour de France", "Marseillaise", ils voient également, à l'intérieur de l'Hexagone, “dette”, "crise", ou encore "taxes" — notons que ce dernier arrive en tête des substantifs qu'ils associent le plus à leur pays, alors même qu'Emmanuel Macron avait fait de la baisse des impôts un axe central de son programme. À...
-
14/07 - Ce que révèle la thérapie du couple franco-allemand, par Catherine Fieschi
Lors d’une récente réunion à Berlin, la scène a pris soudain un tour presque cinématographique. Une représentante allemande s’est levée, la mine peinée, le ton grave, pour nous faire part de ses inquiétudes sur la France. Il fallait, disait-elle, que les Allemands prennent la mesure de notre fragilité, qu’ils comprennent notre manque de confiance, qu’ils nous aident même, d’une manière ou d’une autre, à la retrouver.
Ces inquiétudes n’étaient pas infondées : dette, instabilité politique, fatigue démocratique ; il y avait de quoi nourrir le diagnostic. Mais la surprise venait d’ailleurs. Non pas du constat lui-même, mais du fait qu’il vienne d’Allemagne. Pays pour lequel, depuis la guerre en Ukraine, nous avons pris l’habitude de nous faire du souci.
Il ne faut pas réécrire l'histoire : la France ne s'est pas toujours inquiétée pour l'Allemagne, loin de là. Elle l'a souvent jalousée, critiquée, soupçonnée de vouloir transformer l'Europe en extension de son ordre économique. Mais depuis l'invasion de l'Ukraine, le modèle allemand (énergie russe bon marché, exportations vers la Chine, défense sous-traitée aux Etats-Unis) a volé en éclats. Pour Paris, découvrir le géant aux pieds d'argile fut un bouleversement presque intime. Et voilà qu’au même moment, l'Allemagne, aux prises avec ses propres démons, s'inquiète pour nous ?
En thérapie de couple on y verrait un double retournement : la France n'a plus devant elle le partenaire parfaitement solide auquel elle pouvait se...
-
14/07 - Le capitalisme, arme secrète de l’Ukraine pour son industrie de défense
L’Ukraine, on le sait, doit son salut en premier lieu au courage de ses soldats, à la résilience de sa population et au talent de ses stratèges. L’assistance fournie par l’Europe, le Canada et - jusqu’à l’an dernier - les Etats-Unis, a joué son rôle. Cependant, un autre facteur explique pourquoi l’Ukraine a réussi à reprendre l’initiative militaire cette année face à un agresseur russe plus puissant, plus riche et supérieur en nombre : le capitalisme libéral.
Depuis l’invasion de février 2022, l’Ukraine a misé sur l’esprit d’entreprise, la libre concurrence et l’innovation, afin de produire les armes nécessaires à sa survie que les Occidentaux lui mégotaient. Les autorités ont assoupli la réglementation, favorisé les investissements privés y compris étrangers et encouragé une collaboration directe entre les entrepreneurs et les brigades déployées sur le front pour mettre au point et tester les innovations.
Des centaines de petites entreprises privées se sont créées dans l’urgence, à l’écart des grands conglomérats publics hérités de l’époque soviétique. "Beaucoup ont été fondées grâce à des dons, à des contributions du grand public via l'Internet ou à de riches investisseurs privés", souligne l’économiste américaine Heidi Crebo-Redike dans une étude pour le cercle de réflexion Council on Foreign Relations. Quatre ans plus tard, un chiffre résume le succès de l’opération : l’Ukraine va produire au moins sept millions de drones de tous types cette année.
Fire Point, la...
-
14/07 - "Le débat sur la climatisation en France me rappelle celui sur les armes à feu" : la sidération d’un journaliste américain
"Je n’ai jamais été aussi heureux de vivre aux Etats-Unis. (...) Pas étonnant que la France joue si bien à la Coupe du monde ! Ils ne veulent pas retourner dans des logements sans climatisation." Ce commentaire un brin taquin d’un internaute américain posté sur X le 28 juin dernier traduit bien l’incompréhension, outre-Atlantique, face à l’aversion française pour la climatisation. Une différence culturelle largement commentée dans la presse américaine ces dernières semaines.
"Des touristes américains et des expatriés, frustrés et ruisselants de sueur, ont passé cette semaine éprouvante à dénoncer en ligne les arguments fragiles avancés par les responsables français contre la climatisation", relatait récemment Alan Wirzbicki, rédacteur en chef adjoint des éditoriaux au Boston Globe, dans un billet intitulé : "Combien de morts faudra-t-il pour que la France change d’avis sur la climatisation ?" Alors qu’un premier bilan, rendu public le 30 juin, chiffrait à 2 025 le nombre de décès liés à la canicule, le journaliste américain, de passage en France lors de la première vague de chaleur, regarde d'un oeil critique certains des arguments avancés par les responsables politiques français opposés à une généralisation de la climatisation. Il estime que ces derniers ont perdu la capacité de parler de manière pragmatique de l’aggravation des épisodes de chaleur, et ont laissé la climatisation devenir un "nouveau front dans les guerres culturelles". Autant d’arguments qui freinent...
-
14/07 - Dix ans après l’attentat de Nice, un assourdissant silence, par Manuel Valls
Dix ans. Le 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais, un camion de 19 tonnes a foncé sur une foule venue admirer le feu d’artifice. Un carnage. Quatre-vingt-six morts, dont quinze enfants et adolescents. Des centaines de blessés à vie, des milliers de traumatisés, une reconstruction physique et psychologique qui n’en finit pas. Un soir de fête nationale devenu un soir de deuil pour tout le pays. J’étais Premier ministre. Je n’ai rien oublié, ni les visages, ni les cris, ni la colère. Et pourtant une question me poursuit. Où est la mémoire de Nice ?
De janvier 2015, nous avons la déflagration mondiale de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, la prise de conscience de la menace islamiste et de la haine des juifs. "Je suis Charlie" a fait le tour de la planète, et le 11 janvier, près de 4 millions de Français sont descendus dans la rue, des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement marchant à Paris. Du 13 novembre, nous avons des films, des séries, des livres, des pièces de théâtre, un procès filmé pour l’Histoire. De Nice, presque rien. Un hommage national le 15 octobre 2016, en présence du président François Hollande, sur la colline du Château. Un premier anniversaire de l'attentat auquel s’est rendu Emmanuel Macron, au côté de son prédécesseur. Une cérémonie tous les ans sur place. Et deux ou trois documentaires, courageux, qui donnent la parole aux victimes et qui reviennent sur la terrible soirée. Le procès, en 2022, se déroule dans une relative indifférence. Puis...
-
13/07 - Iran : comment Israël a tenté de préparer le retour d’Ahmadinejad au pouvoir
Mahmoud Ahmadinejad ne figurait pas, a priori, parmi les candidats les plus évidents pour conduire un projet israélien en Iran. Lorsqu’il dirigeait le pays, entre 2005 et 2013, il avait accéléré le programme nucléaire, nié la Shoah et fait de la disparition d’Israël un thème récurrent de ses discours. Pourtant, selon une enquête du New York Times, le Mossad aurait passé plusieurs années à préparer son retour au pouvoir.
L’opération aurait commencé par une conférence sur le climat. Début 2024, un haut responsable hongrois demande au recteur de l’université Ludovika, à Budapest, d’organiser un colloque et d’y inviter Ahmadinejad. Le programme officiel porte sur l’environnement ; le véritable objet du déplacement est une série d’échanges avec les services israéliens. Gergely Deli, le recteur, sait que l’invitation risque d’être remarquée. Il accepte néanmoins, convaincu que deux ennemis disposés à se parler méritent au moins qu’on leur fournisse une salle. Il reconnaîtra ensuite avoir servi de "prête-nom". L’université s’est occupée des conférences, pendant que le Mossad avait prévu d’autres rendez-vous. Un ancien président marginal
Pour comprendre l’intérêt israélien, il faut revenir sur le parcours d’Ahmadinejad après son départ de la présidence. Marginalisé par les dirigeants iraniens, écarté à trois reprises de l’élection présidentielle et placé sous une surveillance croissante, l’ancien chef de l’État n’avait pas abandonné toute ambition. Il conservait des soutiens...
-
13/07 - Budget européen : au RN, le pari explosif d’une baisse de la contribution française
Il l’a dit à la mi-juin à Politico : Jordan Bardella veut réduire de moitié la contribution de la France au budget de l’Union européenne (UE) si le RN conquiert l’Elysée en mai 2027. Pour donner un ordre de grandeur, Paris doit verser cette année 28,8 milliards d’euros à l’UE. Deuxième économie de l’Union, la France est le deuxième contributeur en valeur absolue derrière l’Allemagne - sachant que les contributions sont définies selon la richesse nationale.
En supposant que les Vingt-Sept aient conclu d'ici à la présidentielle française un accord sur le prochain budget pluriannuel (2028-2034), ce qui est leur objectif, Marine Le Pen pourrait-elle le remettre en question ? A priori oui. Tout sujet touchant aux recettes de l’UE devant être ratifié par les parlements nationaux, un gouvernement RN pourrait très bien décider de ne pas transmettre le texte aux nouveaux députés. Autre option, ces derniers pourraient le rejeter.
"Mais attention, tout a des conséquences, prévient un diplomate européen. En matière de négociations, la partie qui rouvre un accord est toujours perdante." S’il faut trouver en urgence un nouvel équilibre, les autres Etats membres montreront à coup sûr les dents et chercheront à sabrer dans des postes chers à la France, en premier lieu la PAC, déjà dans le viseur de l’Allemagne. "Il faut s’attendre, aussi, à un impact négatif sur la pêche, l'industrie de défense, et le statut des régions ultrapériphériques [comme les Antilles et la Réunion]", énumère un...
-
13/07 - Comment la France a décidé de reconnaître l’Etat palestinien : les négociations racontées de l’intérieur
En diplomatie, une décision engage souvent tout un pays et peut faire basculer le destin d'une région. Le 22 septembre 2025 à l'ONU, Emmanuel Macron reconnait, au nom de la France, l'Etat de Palestine. Une décision historique, prise en pleine guerre à Gaza, qui a placé notre pays au cœur de l'actualité mondiale et l'a exposé aux critiques de certains alliés.
Cette décision, c'est le président de la République qui la prend. Mais elle est le fruit de mois de réflexions avec ses équipes à l'Elysée et notamment avec sa conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient de l’époque, Anne-Claire Legendre. Diplomate chevronnée, passée par le Yémen, le Koweït ou encore New York, elle apporte toute son expertise d'une région en ébullition à Emmanuel Macron pour l'aider à prendre la meilleure décision possible dans ce dossier explosif. Pour L'Express, la présidente de l'Institut du monde arabe a accepté de revenir sur les coulisses de ce moment diplomatique.
Une interview exclusive issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : En avril 2025, Emmanuel Macron visite un camp de réfugiés palestiniens en Egypte. Dans l'avion du retour, il annonce aux journalistes qu'il a pris une décision : la France va reconnaître l'Etat palestinien, sans préciser de calendrier. Racontez-nous le jour où le président vous a annoncé, à vous, sa conseillère Moyen-Orient, cette...
-
13/07 - Canicule : 50 degrés en cellule, dans l’enfer des prisons françaises
"C'est horrible", "j’ai l'impression d'être dans une serre tropicale". Au téléphone, Raphaël, détenu dans le Grand Est sous le régime de la semi-liberté, est à bout de nerfs. Depuis la mi-mai, il subit les vagues de chaleur à répétition, enfermé dans sa cellule. 13 mètres carrés qu'il partage avec son codétenu, lequel est cardiaque. Entre ces quatre murs de béton, le mercure a atteint les 36 degrés. Une chaleur étouffante à laquelle s'ajoute l'humidité, qui colle à la peau. Impossible de se rafraîchir grâce à la douche. Sa plomberie, en surchauffe, ne recrache que de l'eau brûlante dont les vapeurs envahissent la petite pièce. En panne, le système de ventilation mécanique est incapable de les évacuer. Son tuyau, mal placé, éructe un flux d'air chaud dans la fournaise. Depuis le début de ces épisodes, le corps de Raphaël s'est couvert de plaques rouges. Une affection cutanée attribuée aux "excès de chaleur, de transpiration et d'humidité", selon un médecin.
Aussi, pendant les matinées qu'il passe hors de la prison, Raphaël doit rivaliser d'inventivité. Il y a d'abord eu les deux ventilateurs qu'il a achetés dans un magasin de bricolage. Inutiles. Leurs hélices ne font que brasser l'air bouillant de la cellule. Puis, le quarantenaire est passé à la pharmacie du coin, acheter quelques couvertures de survie à placarder sur les murs. Rien n'y fait. "Je deviens fou", soupire le détenu. Etablissements inadaptés
Il n'est pas le seul. Près de 90 000 personnes partagent...
-
13/07 - Cyberattaques russes en Europe : la riposte de Paris, Londres et l’UE
Une dizaine de pays européens ont été ciblés par une vague d'attaques informatiques à des fins de sabotage et d’espionnage, venue de Russie. Ce lundi 13 juillet, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot qui a fustigé au micro de BFM TV, une "vaste campagne cyber", a annoncé qu'il convoquera l’ambassadeur de Russie en France "dans les prochains jours".
En plus de la sommation de l’ambassadeur, "nous allons également prendre des sanctions à l’encontre de neuf individus et de quatre entités responsables de cette campagne cyber qui a été orchestrée par le FSB, le Bureau de sécurité, le Service de sécurité fédéral de la Russie", a-t-il poursuivi.
Jean-Noël Barrot a ensuite indiqué que ces cyberattaques avaient notamment visé des ministères, des entreprises, des opérateurs. Leurs objectifs étaient "soit de capter de l’information, soit de saboter le fonctionnement, par exemple, d’infrastructures ferroviaires, comme ça a été le cas en Pologne". Le ministre a tenu à rappeler que la France, qui a "considérablement renforcé [ses] défenses", avait "la capacité de détecter ces attaques". Et d'ajouter : "Nous disposons en matière de lutte contre cette agressivité ou ces agressions hybrides en provenance de la Russie, de l’un des dispositifs les plus aboutis en Europe et dans le monde.""Semer le chaos et la division en Europe"
Dans la foulée, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont annoncé ensemble prendre des sanctions contre Moscou. Les deux puissances ont accusé le...
-
13/07 - Les cachotteries des présidentielles - Notre série d’été
-
13/07 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
Ce sont des détails que personne ne voit. La petite histoire rapporte que les pieds des chaises de la délégation américaine, lors des négociations d’armistice de la guerre de Corée à Panmunjom en 1953, furent discrètement sciés, afin de rabaisser les interlocuteurs venus de Washington. A Pékin, en mai dernier, le fauteuil dans lequel est installé Donald Trump parait beaucoup plus bas que celui de Xi Ping, obligeant le président des Etats-Unis à lever les yeux vers le dirigeant chinois.
Des détails, vraiment ? C’est une table qui a joué un grand rôle entre 1986 et 1988. Dans le salon Murat du palais de l’Elysée, un homme se retrouve, pour la première fois depuis le début de la Ve République, face à près de quarante ministres qui lui sont hostiles et ont, pour beaucoup, été généreux en horreurs proférées sur son compte. François Mitterrand, avec Edouard Balladur sur sa droite et André Giraud sur sa...
-
13/07 - Comment le Japon est devenu un nouveau terrain de jeu pour les espions de Vladimir Poutine
Pour continuer la guerre en Ukraine, la Russie avait besoin de semi-conducteurs, d’émetteurs, de machines-outils et de composants électroniques occidentaux. Or, début février 2022, une bonne partie de ces produits lui était interdite. D’autant plus que ses espions avaient été expulsés par centaines des capitales européennes. Il fallait donc trouver un pays doté d’une industrie technologique performante, de circuits commerciaux internationaux et de lois suffisamment peu contraignantes en matière d’espionnage. Selon une enquête du New York Times, Moscou a choisi le Japon.
L’opération aurait été installée dans un endroit relativement classique : le bureau tokyoïte d’Aeroflot, au 22e étage d’une tour du quartier de Toranomon. La compagnie aérienne russe ne dessert pratiquement plus le pays, faute notamment de pouvoir y obtenir les pièces et les services nécessaires à ses avions. Son bureau, lui, aurait conservé une activité. À fortiori, il se trouve à dix minutes à pied du siège de la police nationale japonaise, chargée d’enquêter sur les affaires d’espionnage.
L’homme qui dirigeait le dispositif, Maksim Vladimirovitch Filchenkov, est, officiellement, un homme de 49 ans qui travaille pour Aeroflot. D’après les responsables de quatre services de renseignement occidentaux interrogés par le quotidien américain, il serait en réalité un officier expérimenté du GRU, le renseignement militaire russe. Arrivé à Tokyo en février 2024, il superviserait les activités de la très...
-
13/07 - Mort du sénateur Lindsey Graham : la Russie et l’Iran au cœur de théories complotistes
"La Russie a-t-elle assassiné un sénateur américain ?". C'est la question que pose aux Etats-Unis l'influenceuse d'extrême droite Laura Loomer, ainsi que plusieurs autres personnalités de la sphère Maga, après le décès soudain du républicain Lindsey Graham, samedi 11 juillet. Ce proche de Donald Trump, âgé de 71 ans, prônait un renforcement de l'Otan et du soutien à l'Ukraine, ainsi qu'une ligne dure contre l'Iran. De quoi lever de multiples spéculations sur une éventuelle responsabilité de Moscou ou de Téhéran dans sa mort, bien que ces théories soient jusqu'ici infondées.
Son cabinet avait annoncé sa mort sur le réseau social X ce week-end, précisant qu'il avait souffert "d'une brève et soudaine maladie". Ce lundi 13 juillet, on apprend que Lindsey Graham aurait été victime d'une rupture de l'aorte, selon les conclusions préliminaires du médecin légiste, relayées par l'Associated Press. Un sénateur pro-Ukraine
Mais le diagnostic ne convainc pas les internautes et commentateurs proches du mouvement de Donald Trump. Quelques heures avant son décès, Lindsey Graham revenait d'une visite en Ukraine pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky - sa 10e visite depuis le début de l'invasion russe en 2022. Ces dernières semaines, le sénateur, grand partisan de l'Otan et de la coopération transatlantique, avait plaidé pour un renforcement du soutien à Kiev.
Il avait défendu l'idée de fournir des missiles américains Tomahawk à l'Ukraine pour renforcer sa défense aérienne, et...
-
13/07 - En frappant sa flotte fantôme en mer d’Azov, l’Ukraine fait monter la pression sur la Russie
En mer d'Azov, Kiev s'en prend à la flotte fantôme russe. Tout au long du week-end, le chef de l'unité de dronistes ukrainiens, Robert Brovdi, a indiqué que des frappes avaient été menées sur des bateaux moscovites. Dans un message publié sur Telegram ce 13 juillet, le militaire a assuré que "105 navires ont été détruits en 8 jours" par les systèmes sans pilote de l’armée ukrainienne. Et celui qui se fait surnommer "Magyar", d'assurer : "l'opération MoLoChKa se poursuivra jusqu'à ce que la flotte de l'ombre russe soit inscrite sur la liste rouge de la mer d'Azov".
Pour conduire cette offensive, l'Ukraine s'est notamment appuyée sur ses drones navals sans équipage, dont le redoutable et célèbre Sea Baby. Cet engin, moins coûteux et plus difficile à intercepter, est capable de parcourir jusqu’à 1 500 kilomètres avec une charge explosive pouvant atteindre 2 000 kilogrammes.
Ces frappes ukrainiennes ont principalement visé des pétroliers russes. Ces navires, utilisés clandestinement par le Kremlin, sont chargés de transporter le pétrole et le gaz russe en contournant les sanctions occidentales adoptées après l'invasion de l'Ukraine.Le trafic maritime suspendu
Preuve que Moscou semble prendre l'opération au sérieux : ce 10 juillet, le Kremlin a suspendu son trafic maritime dans le détroit de Kertch et le canal de Don-Azov, indique Reuters. Une autre source a toutefois signalé à l'agence de presse que la circulation était restreinte pour des raisons de sécurité, mais pas...
-
13/07 - Marine Le Pen : la probité à deux vitesses, par Jean-François Copé
Aussitôt condamnée, aussitôt candidate et toujours favorite ! La voilà désormais créditée de 36 % au premier tour et donnée gagnante au second. Depuis des années pourtant, on nous explique que les Français se détournent de la politique parce qu’ils ne supporteraient plus le manque de probité de leurs responsables publics. Les chiffres servent d’ordinaire à nourrir cette démonstration : 78 % des Français ne font pas confiance à la politique et 76 % jugent les élus et dirigeants plutôt corrompus. Autant dire que le terrain sur lequel Marine Le Pen vient d’être condamnée aurait dû être particulièrement dévastateur sur le plan politique. D’ailleurs la cour d’appel souligne "la gravité des détournements de fonds" : 2,8 millions d’euros de préjudice sous l’"impulsion déterminante" de Marine Le Pen.
Comment interpréter un tel décalage ? La première explication tient à une profonde - mais hélas classique - inégalité du traitement médiatique entre partis de gouvernement et partis populistes. Depuis des années, et il faut s’en féliciter, l’exigence de probité est absolue pour les premiers ; elle devient soudain plus relative pour les seconds.
Des costumes de François Fillon aux photos de langouste de François de Rugy, du plus sévère au plus cocasse, les exemples de condamnation en place publique avant même que toute décision ne soit prononcée par la justice sont innombrables. Un bûcher médiatique d’ailleurs savamment alimenté par les populistes, Marine Le Pen en tête. Dès 2004,...
-
13/07 - Présidentielle 2027 : les libéraux au défi de se trouver un chef de file
Rarement aura-t-on vu, en France, autant de lecteurs de Frédéric Bastiat et d'Alexis de Tocqueville rassemblés dans une même pièce. Leur point commun ? Tous ont le déficit public et la taxe Zucman en horreur. Certains rêvent même d'importer la tronçonneuse de Javier Milei pour couper dans les dépenses. Le 9 juillet, ils étaient près de 400 adeptes du libéralisme réunis pour la troisième édition de la Journée de la Liberté dans l’amphithéâtre de l’imposante Maison de la Chimie. Sur scène, pour parler retraite par capitalisation ou dénoncer les excès de taxes sur le travail ou le trop-plein de réglementations, entrepreneurs, essayistes et personnalités politiques ont fait chorus.
Une manifestation de plus de la mobilisation des patrons, galvanisés par l’approche de l'élection présidentielle de 2027. La fuite en avant budgétaire, la pression fiscale et le décrochage vis-à-vis de l’Amérique ont nourri ces dernières années un sentiment d'exaspération, favorisant l'émergence d'une myriade de collectifs et d’associations. A l’image de "Trop c’est trop", un groupe de dirigeants qui avait dénoncé, dans les colonnes de L'Express, la dérive fiscale française. Ou encore le mouvement "300 pour la France", qui centralise les propositions des entrepreneurs pour réformer le pays. Dans cette galaxie, gravitent aussi des think tanks - comme l'Institut de recherches économiques et fiscales (Iref) ou Génération Libre - mais aussi la revue Civilisations, récemment lancée pour "réveiller le...
-
13/07 - Le poche de l’été : Luc Dagognet, ou les mystères de Scarborough
Comment avions-nous pu passer à côté de cette curiosité ? Sorti l’année dernière dans la petite maison d’édition Do, réédité en poche récemment, Scarborough bénéficie d’un excellent bouche-à-oreille chez les libraires les plus éclairés. Si vous ne deviez lire qu’un poche pendant vos vacances, laissez-vous tenter par ce roman au charme vintage.Pour les anglophiles
Le héros est un sympathique professeur d’anglais vivant à Rueil qui bascule du jour au lendemain dans un monde kafkaïen. Qui est ce nouvel élève apparu un matin au fond de la classe, William Montrose, qui prétend être là depuis le début de l’année scolaire ? Faut-il croire les journaux, qui rapportent que Michel Sardou a été sauvagement assassiné (on lui a arraché la langue) ? Déboussolé, notre homme écoute en boucle Scarborough Fair (la chanson traditionnelle qui fut magnifiquement reprise par Simon & Garfunkel) et y voit un signe : c’est dans la ville de Scarborough qu’il trouvera une réponse à ses angoisses et délires. Ni une ni deux, il pose un arrêt-maladie et file en Albion.
Entre virées au pub (le grisant Leeds Arms) et découverte de la St Mary’s Church (à côté de laquelle est enterrée Anne Brontë), notre prof hanté mène l’enquête et flirte avec une Anglaise... Que Luc Dagognet, écrivain poétique et intranquille, soit désormais publié en poche chez Christian Bourgois, éditeur historique de Fernando Pessoa, est finalement assez logique – ils ont sur le plan littéraire un air de famille. A quand des...
-
13/07 - Détroit d’Ormuz : le trafic au plus bas alors que les frappes entre les Etats-Unis et l’Iran se poursuivent
Le nombre de navires transitant par le détroit d'Ormuz a atteint dimanche 12 juillet son plus bas niveau depuis plusieurs semaines, selon les données maritimes, alors que la reprise des frappes entre les États-Unis et l'Iran et les attaques contre des navires au Moyen-Orient ont accru les préoccupations en matière de sécurité.
Vendredi déjà, l'agence de sécurité maritime UKMTO, dirigée par la marine britannique, avait signalé que le nombre de traversées avait ralenti à dix, contre 120 par jour environ avant la guerre. Dimanche, six navires seulement ont franchi le détroit dimanche, selon les données de suivi de la plateforme Kpler, soit le nombre le plus bas en cinq semaines. Parmi les pétroliers ayant quitté le détroit figuraient le pétrolier géant Humanity, chargé de 2 millions de barils de pétrole iranien, et le Capetan Andreas, transportant environ 500 000 barils de produits pétroliers koweïtiens, selon les données recueillies. Trois pétroliers vides sont entrés dans le golfe Persique pour se charger de pétrole. La plupart des bateaux ont désactivé leurs transpondeurs lors de la traversée du détroit."L'Iran ne contrôle pas le détroit d’Ormuz"
Dimanche, l'Iran a resserré son étau sur le détroit d'Ormuz, annonçant de nouveau fermer cette voie cruciale pour les livraisons mondiales d'énergie. De facto fermé par Téhéran en réponse à la campagne militaire des Etats-Unis et d'Israël lancée le 28 février, le détroit avait été rouvert pour les navires commerciaux dans le...
-
13/07 - Statut de repenti : les modèles européens qui inspirent la France contre le crime organisé
Accéder aux réseaux criminels depuis l’intérieur, pour mieux les démanteler. Via le nouveau statut de "collaborateur de justice", les autorités françaises souhaitent inciter davantage de criminels "repentis" à témoigner en échange d’une protection ou d’une adaptation de leur peine. Largement inspiré du modèle italien, ce statut - qui existait déjà en France depuis la loi Perben de 2004 - a été entièrement revu et amélioré en avril dernier, afin d’inclure dans le programme des auteurs d’infraction qui n’étaient auparavant pas éligibles, comme ceux coupables de trafic d’armes, de concours à une organisation criminelle ou de meurtre.
La réduction de peine proposée par les juges a également été revue à la hausse, tandis que le "repenti" et sa famille pourront bénéficier d’une protection complète, voire d’un changement d’identité. Selon le ministère de la Justice, une vingtaine de candidats se sont déjà fait connaître en seulement deux mois, soit autant que le précédent programme en vingt ans. Italie : en pointe dans la lutte contre les mafias
Présentant le dispositif le plus abouti, l'Italie fait figure de pays modèle sur la question des "repentis". Dès la fin des années 1970, les autorités réfléchissent à des mesures de protection permettant à des auteurs ou complices d’enlèvements de témoigner. Au fil du temps, le régime de repenti est élargi aux terroristes, puis aux membres de groupes criminels mafieux et à leurs proches en 1991. Au 1er décembre 2024, 3 090 personnes -...
-
13/07 - Arbitrage, tactique : la Coupe du monde 2026, un tournant pour l’IA
Les amateurs de football qui ont assisté à la rencontre s'en souviennent comme si c'était hier. Les supporters allemands ne l'ont jamais digérée. Les Anglais, eux, feignent encore de ne pas comprendre la controverse et continuent de célébrer l'unique victoire en Coupe du monde de leur histoire, acquise le 6 juin 1966, comme si de rien n'était. Soixante ans plus tard, personne n'est en mesure d'affirmer avec certitude que le ballon frappé par l'attaquant des Three Lions, Geoffrey Hurst, a bien franchi la ligne à la 101e minute de jeu. L'arbitre a pourtant validé ce but, entré depuis dans la légende. Au fil des années, des chercheurs ont bien tenté de résoudre cette énigme à l'aide d'analyses scientifiques poussées, sans jamais parvenir à clore définitivement le débat.
Une telle incertitude serait aujourd'hui impossible, depuis la Coupe du monde 2014 au Brésil et l'introduction de la goal-line technology, capable de déterminer en une fraction de seconde si la balle a bel et bien dépassé entièrement la ligne de but. L'une des compétitions sportives les plus suivies de la planète est l'occasion, depuis une dizaine d'années, d'introduire de nouveaux outils technologiques d'aide à l'arbitrage et à la compréhension du jeu.
L'édition 2026, qui se déroule au Mexique, aux Etats-Unis et au Canada, n'y fait pas exception. Elle marque même un nouveau tournant. "C'est la première fois que l'intelligence artificielle est déployée massivement : auparavant, elle n'existait que dans...
-
12/07 - Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky crée un commandement spécial pour frapper la Russie en profondeur
Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi 10 juillet la création d’un nouveau commandement au sein des forces armées ukrainiennes consacré aux frappes à longue portée, afin de pouvoir frapper en profondeur au sein le territoire russe. "J’ai signé aujourd’hui un décret établissant un commandement spécial au sein des forces armées", a déclaré le président ukrainien dans son allocution du soir, précisant que cette structure devait avoir "un impact à long terme et, de fait, global" sur la Russie de Vladimir Poutine. Selon lui, ce commandement devra consacrer "100 % des ressources disponibles" à réduire davantage la capacité de Moscou à poursuivre la guerre.Poursuivre la stratégie d’affaiblissement énergétique
Depuis plusieurs mois, Kiev mène des opérations contre des infrastructures énergétiques et logistiques russes situées loin du front. Cette nouvelle organisation vise donc à centraliser les capacités ukrainiennes de frappe en profondeur pour poursuivre plus agressivement encore cette stratégie. Les drones d’attaque ukrainiens, capables de parcourir des milliers de kilomètres à travers le territoire russe, jouent un rôle majeur dans ces attaques visant notamment le secteur pétrolier, présenté par Kiev comme une source essentielle du financement de l’effort de guerre russe.
Ces opérations ont déjà eu des conséquences sur l’économie russe. Selon l’agence de presse Reuters, la production nationale d’essence a récemment chuté à environ 65 % de ses capacités après une série de...
-
12/07 - Dans l’enfer des bombes et de la paperasse : quand la France sauva son or des nazis
L'invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le IIIe Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conciliabules des chancelleries.
Résumé du premier épisode : Juin 1940, les Allemands entrent dans Paris et se ruent au siège de la Banque de France pour mettre la main sur la deuxième plus grande réserve d’or au monde. Mais les lingots sont déjà loin...Fin mai-début juin 1940, Nord de la France
L'exode jette sur les routes et les voies ferrées des millions de réfugiés fuyant l'avancée allemande. Lucien Lamoureux, le ministre des Finances, qui a pris seul la décision d'évacuer les 2 500 tonnes d'or de la Banque de France, cherche depuis la mi-mai les moyens matériels pour faire sortir le magot du pays. Une gageure : l'armée française, qui tente encore de contenir le Blitzkrieg...
-
12/07 - Vague anti-immigration en Afrique du Sud : les raisons de la colère, par Stephen Smith
Le 30 juin a été l’échéance fixée aux immigrés illégaux pour quitter l’Afrique du Sud, avec de lourds sous-entendus sur le "sinon". Ce jour-là, des milliers de manifestants ont marché dans les rues de Johannesburg, du Cap et de Durban, parfois en brandissant des gourdins ou sagaies plus ou moins traditionnels pour appuyer leur demande — "Abahambe !", "qu’ils partent !" en zoulou, la langue la plus parlée dans le pays. Ce n’est pas le gouvernement qui avait fixé cette date butoir, mais il a mis à profit la peur suscitée par une galaxie d’organisations "citoyennes" pour faire partir quelque 25 000 étrangers chassés de chez eux et réfugiés sur la place publique. Il a été aidé en cela — le rêve des polices européennes, en mal d’obtenir la réadmission de migrants expulsables — par les autorités d’une dizaine de pays africains, qui ont envoyé des cars ou des avions pour rapatrier leurs ressortissants.
L’alerte a été chaude, une fois de plus. Depuis vingt ans, l’hostilité aux immigrés couve et érupte régulièrement au "pays de Mandela". Pourquoi ?Impéritie du gouvernement
La première raison est l’impéritie du gouvernement. En trente ans au pouvoir, l’ANC, l’ex-mouvement de libération, a gangrené l’appareil de l’État et ruiné les services publics. Vu la lutte acharnée pour un lit d’hôpital et la fréquence des coupures d’eau et d’électricité, la présence d’étrangers, promptement suspectés d’avoir obtenu leurs papiers grâce à la corruption, est devenue un abcès de fixation dans le...
-
12/07 - Ukraine : Volodymyr Zelensky remplace sa Première ministre et veut un gouvernement aligné sur ses priorités
Volodymyr Zelensky s'apprête à remplacer la Première ministre ukrainienne, dans le cadre d’un remaniement gouvernemental plus large, a annoncé le président ukrainien sur X dimanche 12 juillet. L’objectif est d’aligner davantage le gouvernement de Kiev sur "la mise en œuvre de la stratégie politique actualisée", a-t-il précisé sur X.
La rupture semble paisible. "J’ai discuté des détails avec la Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko. Nous sommes convenus que la mise en œuvre de ces changements nécessite un renouvellement du Cabinet des ministres” écrit Volodymyr Zelensky se dit reconnaissant du "travail clair, constant et efficace" de la Première ministre , qui occupait ses fonctions depuis un peu moins d’un an. Il assure aussi lui avoir proposé à "l’opportunité de diriger un nouveau domaine important des relations avec un partenaire clé". Le député d'opposition Yaroslav Zhelezniak a déclaré auprès de l’agence de presse Reuters qu’elle devrait vraisemblablement être nommée ambassadrice d'Ukraine aux États-Unis.
Україна змінює свою політичну стратегію. За кожен пріоритетний зовнішньополітичний напрямок відповідатиме конкретна людина зі значним досвідом, яка здатна реалізувати те, про що ми домовляємось на рівні лідерів і що очікує Український народ. Серед таких напрямків найбільш…— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) July 12, 2026
Selon des parlementaires, les successeurs potentiels de la Première ministre comprennent le prédécesseur de...
-
12/07 - De 20 000 soldats à 20 seulement : le déploiement du plan de paix de Donald Trump pour Gaza tourne au fiasco
Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza prévoyait le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) de 20 000 soldats. Le but : sécuriser l'enclave palestinienne et empêcher le retour du Hamas comme puissance militaire. Pourtant, selon le Wall Street Journal, cette force peine aujourd'hui à envoyer le premier contingent militaire prévu, alors même qu’il ne compte que 10 à 20 militaires, tous marocains.
Initialement attendus en juin, ils ne devraient finalement être déployés que dans les prochains mois. Selon le WSJ, ils ne pénétreront pas immédiatement dans Gaza. La force doit se déployer par étapes depuis deux sites : d’abord une étape d’entraînement, qui aura lieu à la Logistics Support Area, ce nouveau hub logistique déjà en grande partie achevé en Israël près du passage de Kerem Shalom. Ils devraient ensuite rejoindre le Mission Support Site à l'intérieur de Gaza afin de participer à des opérations limitées dans l'enclave. Problème : ce site destiné à accueillir un nombre bien plus important de troupes n’a lui toujours pas commencé à être construit.Le Hamas refuse de se désarmer
Une fois opérationnels, ces deux sites doivent accueillir environ 5 500 personnels de l'ISF. Le petit contingent marocain, composé d'officiers et de forces de sécurité, aura d’abord pour mission de sécuriser le site logistique, qui a récemment reçu sa première livraison de véhicules tactiques. Ce n'est qu'ensuite que les troupes basées là-bas mèneront des opérations de type...
-
12/07 - Trop de livres, pas assez de lecteurs : autopsie d’une crise
Depuis le début de l’année, les mauvaises nouvelles s’enchaînent à la pelle. En avril, le groupe Gibert (16 librairies en France) demandait son placement en redressement judiciaire. Fin juin, le groupe Nosoli annonçait la fermeture de sept enseignes Furet du Nord et quatre Decitre – ce qui va entraîner une centaine de licenciements de Roubaix à Lyon en passant par Reims. Début juillet, enfin, on apprenait la liquidation judiciaire de Sauramps, qui était jusque-là "la" librairie de Montpellier, une institution locale – comme Mollat à Bordeaux ou Kléber à Strasbourg.
"Le monde du livre est-il au bord de la faillite ?" C’est la question que Guillaume Erner a posé à ses invités, le 3 juin, dans Les Matins de France Culture. Etaient présents autour de la table Philippe Robinet (le patron de Calmann-Lévy) et Antoine Gallimard (qui est propriétaire du groupe d’édition Madrigall, mais aussi d’une dizaine de librairies et de la société de distribution la Sodis). En guise de préambule, le petit-fils de Gaston Gallimard a donné un avis tranché sur la situation : "Il y a toujours eu des boîtes qui déposent le bilan… Ce sont des erreurs de gestion." Une vision des choses qui a fait sortir de ses gonds Alexandra Charroin-Spangenberg, co-gérante de la librairie de Paris à Saint-Etienne et présidente du Syndicat de la librairie française (SLF) :"La librairie française est aujourd’hui dans une grande détresse économique. Le modèle ne fonctionne plus. Ce qui est terrible pour nous, c’est...
-
12/07 - Comment Emmanuel Macron veut faire du 14-Juillet une démonstration de force pour l’Europe
Le ton est donné. Ce 14-Juillet français symbolisera selon le thème officiel "le réarmement stratégique de la France et le réveil stratégique de l’Europe". L’objectif de ce dixième et dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que chef d'Etat : illustrer de la manière la plus convaincant possible le soutien français et européen à l’Ukraine, et montrer au monde la force retrouvée de la nouvelle coalition européenne face à la Russie.
Cette démonstration débutera avant même le défilé du 14 juillet, annoncé comme exceptionnel. La veille, lundi 13 juillet, au moins vingt-cinq des dirigeants de la "coalition des volontaires" se rencontreront à Paris. Créée par la France et copilotée par le Royaume-Uni, cette coalition a vocation à soutenir l'Ukraine tant que le conflit dure —70 milliards d'euros d'aide militaire à Kiev ont été votés pour 2026 — puis à offrir des garanties de sécurité à l'Ukraine lorsqu'un cessez-le-feu sera conclu. Elle compte désormais 37 pays : deux nouveaux participants, la Moldavie et la Macédoine du Nord, seront présents lundi."Montrer des armées capables d'entrer en premier dans le conflit"
La réunion se déroulera à l’Hôtel des Invalides. Volodymyr Zelensky sera présent, ainsi que les chefs des institutions européennes et de l'Otan. Le but pour les alliés sera "d'amplifier la nouvelle reconvergence" en faveur de l’Ukraine, indique l'Elysée. Et plus précisément à "montrer qu'il n'y a aucune lassitude" des Occidentaux, a indiqué un conseiller d'Emmanuel...
-
12/07 - Rencontres d’Arles 2026 : William Klein contre le spectacle du monde
Des enfants qui défient l'objectif dans les rues de la Grosse Pomme, des foules compactes happées par les enseignes lumineuses, des mannequins transformés en créatures insolentes. Chez William Klein, le monde n'est jamais sage, jamais ordonné, jamais à distance. Tout déborde du cadre. Tout bouscule le regard. A l'occasion du centenaire de sa naissance, les Rencontres d'Arles lui consacrent une rétrospective à l’intitulé ironique – This Way to Heaven ("Par ici le paradis") –, qui révèle toute la force critique d'une œuvre restée d'une étonnante modernité.
Né à New York en 1926 dans une famille d'immigrés juifs hongrois, le photographe grandit dans l'effervescence de la métropole américaine. Après la Seconde Guerre mondiale, il prend pourtant ses distances avec son pays natal, optant en 1947 pour la France, où il s'installe durablement. Paris devient son refuge, son atelier, sa base arrière. Il y passera l'essentiel de sa vie avant de s'y éteindre en 2022 à l'âge de 96 ans. Entre temps, William Klein aura profondément transformé le langage véhiculé par la petite boîte noire. Collage pour le film "Mister Freedom", vers 1967.
Dès les années 1950, il rompt avec les conventions esthétiques de son temps par des cadrages audacieux, des flous assumés, des mouvements saisis sur le vif, des contrastes violents. Mais derrière cette révolution formelle se cache un regard profondément critique sur les mécanismes du pouvoir, de la consommation et des mass médias pour montrer les...
-
12/07 - Lindsey Graham, allié clé de Donald Trump, décède subitement à 71 ans
Le sénateur américain Lindsey Graham, figure clé du Parti républicain qui était passé du statut de critique virulent de Donald Trump à celui de l’un de ses plus fidèles alliés après l’accession de ce dernier à la présidence, est subitement décédé à l’âge de 71 ans. Son cabinet a indiqué dimanche matin sur X qu'il était mort des suites d'une "maladie brève et soudaine". NBC News a précisé que les secours avaient répondu samedi soir à un appel signalant un arrêt cardiaque à son domicile du Capitole.
Colonel réserviste de l’armée de l’air américaine, il avait été brièvement candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016 avant de se retirer. Peu après l'annonce de son décès, Donald Trump a qualifié Lindsey Graham de "l'une des personnes et l'un des sénateurs les plus remarquables que j'aie connus" et de patriote infatigable. Lorsque Donald Trump avait refusé, en octobre 2016, de s'engager à accepter le résultat de l'élection présidentielle américaine s'il perdait, Lindsey Graham avait déclaré : "S'il perd, ce ne sera pas parce que le système est 'truqué', mais parce qu'il aura échoué en tant que candidat." Plus tard, après être finalement devenu un fervent partisan de Trump, Graham s’est publiquement opposé à la décision prise par ce dernier début 2025 de gracier environ 1 500 partisans du président qui avaient attaqué le Capitole américain le 6 janvier 2021, estimant que cela risquait d’entraîner davantage de violences.Un défenseur inconditionnel...
-
12/07 - L’Iran annonce refermer le détroit d’Ormuz, l’escalade militaire s’étend à tout le Golfe
Les forces américaines et iraniennes ont échangé des frappes massives de missiles et de drones ce week-end, Téhéran ciblant des installations américaines dans des États du Golfe dimanche après avoir déclaré avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, un passage stratégique. Une série d'attaques entre les États-Unis et l'Iran ces derniers jours a conduit le président Donald Trump à déclarer la fin du cessez-le-feu destiné à mettre fin aux combats que les États-Unis et Israël avaient entamés le 28 février, même si Donald Trump a laissé la porte ouverte à la poursuite des négociations.
Cette escalade fait suite à plusieurs attaques contre des navires commerciaux dans la région. L'Iran a déclaré avoir fermé le détroit après avoir tiré un coup de semonce qui a touché un navire naviguant sur une route non autorisée, et a affirmé dimanche avoir immobilisé un deuxième navire. Le détroit restera fermé jusqu'à "la fin de l'ingérence américaine dans cette région", ont déclaré les Gardiens de la révolution iraniens.
08h42Des missiles iraniens ont touché le territoire jordanien
Dimanche matin, trois missiles tirés depuis l'Iran se sont abattus sur le territoire jordanien, selon une annonce faite sur les réseaux sociaux par le ministère jordanien des Communications. Les dégâts matériels signalés sont limités et aucune perte humaine n'est à déplorer. Le communiqué reste silencieux sur la base aérienne du Prince Hassan, utilisée par l'armée américaine, que le Corps des gardiens de la...
-
12/07 - "Tu t’opposes donc tu es de droite..." : enquête sur la face cachée du "Monde diplomatique"
Depuis sa création en 1954, Le Monde diplomatique s’est érigé en phare intellectuel de la gauche radicale. Les colonnes de ce mensuel, devenu une référence de l’anticapitalisme, font la part belle aux enjeux de "domination économique", et couvrent très régulièrement la "classe possédante", la "précarisation des travailleurs", ou encore des "dérives autoritaires" des managers. Une ligne qui participe à attirer son lectorat. En 2025, 193 000 exemplaires sont tirés en moyenne par mois. Pourtant, lorsque le projecteur se braque non plus sur les puissants, mais sur les coulisses de la rédaction, le tableau se fissure.
Alerté par la multiplication récente de procédures judiciaires, L’Express a enquêté pendant plusieurs semaines sur l’ambiance qui règne à la rédaction. Conflits sociaux, licenciements, échanges de messages salés et insultants… Les témoignages d’anciens salariés et les documents que nous avons pu analyser dessinent le portrait d’une institution en proie à de profondes contradictions. Condamné aux prud'hommes
Dernier dénouement d’une longue série de litiges, vendredi 26 juin, le conseil de prud’hommes de Paris a condamné Le Monde diplomatique à verser plus de 52 000 euros - dont 10 000 euros de dommages et intérêts - à un ancien salarié, représentant du personnel, licencié en janvier 2023 pour faute grave. Si les juges n’ont pas tranché sur la qualification pénale des faits de harcèlement invoqués par la direction pour s’en séparer - l’affaire étant pendante...
-
12/07 - Le "dark wokisme" et les nouveaux irresponsables, par Gérald Bronner
Des commentateurs ont interprété le succès de Donald Trump, lors de la dernière présidentielle américaine, comme étant, en partie, le retour de bâton des excès du wokisme. Cela aurait-il inspiré une autocritique de la part des militants radicaux non sur le fond mais du moins sur la forme ressentie, par beaucoup, comme agressive ? Que nenni. Au contraire, selon des théoriciens du "dark wokisme", les militants woke ne seraient pas allés assez loin !
On peut comprendre en partie l’argumentaire qui s’est développé d’abord outre-Atlantique, et qui établit le diagnostic selon lequel la mouvance trumpiste a mieux maîtrisé l’agenda médiatique du fait de ses provocations. Il est vrai que lors de l'élection de 2016, les déclarations de Donald Trump ont suscité douze fois plus d’intérêt que celles d’Hillary Clinton dans les Etats républicains mais aussi deux fois plus dans les Etats démocrates. Selon cette analyse, la gauche serait restée coincée dans une "prison de respectabilité" : paralysée par la peur du bad buzz, elle a manqué de combativité. Du moins, c’est l’opinion des plus radicaux des "progressistes". On peut, au contraire, trouver que cette retenue a honoré ceux qui l’ont pratiquée, selon la doctrine de Michelle Obama : "Quand ils s’abaissent, nous nous élevons.""La guerre de l'attention"
Mais donc, qu’est-ce que le "dark wokisme" ? Il est le descendant de ce que l’on a nommé la "dirtbag left", ou "gauche trash". Il s’agit d’une sensibilité de gauche américaine apparue...
-
11/07 - Comment une compagnie pétrolière texane liée à Donald Trump cherche à s’implanter au Groenland
Donald Trump a toujours une obsession pour le Groenland et ne cache pas ses ambitions. Le 7 juillet, avant un sommet des dirigeants de l'Otan en Turquie, le président américain a répété que les Etats-Unis devraient contrôler ce vaste territoire danois semi-autonome. "Ce territoire devrait être contrôlé par les Etats-Unis, et non par le Danemark", a-t-il déclaré à la presse lors d'un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Interrogée à Ankara sur les propositions du président américain, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a répondu qu'elle attendait des alliés de l'Otan qu'ils respectent la souveraineté du Danemark et répété que "le Groenland n'est pas à vendre". "La volonté des Etats-Unis de posséder le Groenland et d'en prendre le contrôle est bien connue. J'espère que tout le monde sait également très bien que cela n'arrivera pas", a-t-elle affirmé.
Les Américains aimeraient bien plus qu'une simple présence militaire au Groenland : ils souhaitent s'installer durablement dans l'économie de ce territoire doté de ressources naturelles, notamment minières, et évidemment en tirer profit. Depuis que Donald Trump a clairement exprimé ses ambitions pour le Groenland, les entreprises américaines s'implantent de plus en plus sur ce territoire. Leurs activités vont de l'exploitation des terres rares et de l'énergie hydroélectrique à la mise en bouteille d'eau de source "de luxe".Les appétits de Greenland Energy
Une compagnie pétrolière texane liée à...
-
11/07 - Iran : le guide suprême Mojtaba Khamenei appelle à venger son père
Dans une déclaration écrite publiée samedi, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, est sorti du silence et a menacé de vengeance après la mort de son prédécesseur et père, tout en précisant que cela dépendrait non seulement de l’Iran, mais aussi des "peuples libres du monde entier". Dans le premier message public du Guide suprême depuis le début, il y a une semaine, des cérémonies funéraires de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, la déclaration lue à la télévision d’État indiquait que la vengeance était "la demande de la nation" et "devait assurément" avoir lieu.
L’ayatollah Ali Khamenei a été tué lors d’une frappe aérienne américano-israélienne le 28 février, au début de la guerre. "Nous nous engageons à venger le sang du guide martyr et de tous les martyrs de ces deux guerres face à ces meurtriers criminels et infâmes", indique le communiqué. "Que nous soyons là ou non, cela sera accompli, et bientôt, chaque personne libre à travers le monde accomplira une partie de cette mission divine", précise le communiqué.Invisible depuis sa nomination
Mojtaba Khamenei, qui, selon des sources haut placées, aurait subi des défigurations au visage et d’autres blessures lors de cette frappe, n’a pas été vu par les Iraniens depuis sa nomination au poste de guide suprême le 8 mars.
Les échanges d’attaques entre les forces américaines et iraniennes cette semaine ont semé le doute quant à la trêve conclue entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à cette guerre...
-
11/07 - Parc Astérix, Futuroscope, Walibi... Les secrets de la Compagnie des Alpes, amuseur public européen
Depuis la fin mai, à une vingtaine de kilomètres de Leipzig, à l'est de l'Allemagne, les touristes en goguette au parc Belantis peuvent désormais déambuler dans les allées fleuries d'un village gaulois. Le décor est léché et pas un détail ne manque pour coller à l'iconographie d'Astérix, le chef-d’œuvre du tandem Goscinny-Uderzo. Des maisonnettes aux toits en rondins, un gros chaudron magique au centre de la place du village et dans un coin, un menhir. Indispensable. Tout autour, s'éparpillent quatre attractions flambant neuves reprenant l'univers de la BD, et destinées aux tout-petits et leurs parents. La star des lieux, Idefix, le chien d'Obélix, veille gentiment sur les visiteurs. La Compagnie des Alpes, géant français des loisirs, a racheté pour près de 22 millions d'euros en avril 2025 ce parc à thème qui s'étale sur près de 80 hectares et garde précieusement dans ses cartons 41 hectares supplémentaires de réserves foncières. De quoi laisser libre cours à l'imagination. A des centaines de kilomètres alentour, aucun concurrent. Outre-Rhin, l'entreprise joue presque à domicile avec ses irréductibles Gaulois. En nombre d'albums vendus, l'Allemagne est le deuxième marché après la France et chaque nouvel opus de la série s'écoule en plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Ce village gaulois n'est que la première pierre d'une transformation totale de "Belantis" qui devrait se terminer en 2030, si tout va bien. Des travaux de près de 5 millions d'euros pour donner...
-
11/07 - De partenaire à rival : Apple traîne OpenAI devant la justice américaine
De partenaire à concurrent, il n'y a qu'un pas qui semble désormais franchi. Apple a intenté une action en justice vendredi 10 juillet contre OpenAI et deux de ses anciens employés, les accusant d'avoir volé des secrets commerciaux du fabricant de l'iPhone afin de favoriser l'entrée du fabricant de ChatGPT sur le marché de produits grand public.
La plainte, déposée devant le tribunal fédéral du district nord de Californie, fait état d'une vaste action coordonnée visant à acquérir et exploiter des informations confidentielles d'Apple par le biais d'anciens employés, de pratiques de recrutement et de relations avec les fournisseurs, afin d'accélérer son incursion sur le marché du matériel informatique grand public. Les informations concernées sont notamment des conceptions de produits, des procédés de fabrication et des stratégies relatives à la chaîne d'approvisionnement.
Les deux anciens employés d'Apple cités dans la plainte sont Chang Liu, ancien ingénieur système principal en électronique, et Tang Yew Tan, ancien vice-président de la conception des produits iPhone et Apple Watch. Des accusations réfutées par OpenAI
"Cette affaire concerne d'anciens employés d'Apple qui ont volé des secrets commerciaux à l'entreprise au profit d'OpenAI. Apple intente ce procès pour mettre un terme à ces agissements", ont indiqué les avocats d'Apple dans cette plainte, relate le Washington Post.
Apple allègue que l'un d'entre eux a "méthodiquement utilisé les informations...
-
11/07 - Guerre au Moyen-Orient : ce nouveau plan de l’Iran pour affronter les Etats-Unis
(Mise à jour dimanche 12 juillet à 17 heures avec les informations concernant les frappes américaines sur des cibles militaires iraniennes et la fermeture du détroit d'Ormuz annoncée par Téhéran.)
Les espoirs d'accalmie entre les Etats-Unis et l'Iran ont volé en éclats. Après l'accord de cessez-le-feu conclu le 17 juin, les hostilités ont repris ce week-end avec des frappes américaines visant environ 140 cibles militaires iraniennes, les plus importantes depuis cet accord. En réponse, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz avant de lancer des attaques contre plusieurs pays de la région.
Quelques jours plus tôt, Donald Trump avait affirmé sur sa plateforme Truth Social que Washington et Téhéran avaient convenu de "poursuivre les pourparlers", tout en estimant que le cessez-le-feu était désormais terminé. Une interprétation contestée par l'Iran, qui avait affirmé ne pas avoir sollicité de négociations directes avec les Etats-Unis mais avoir accepté l'intervention d'un médiateur qatari.
Dans ce contexte de confrontation ouverte et de menaces réciproques, l'Iran s'appuie sur une stratégie destinée à imposer un coût élevé à ses adversaires, comme le révèle The Telegraph, reposant sur plusieurs axes : utiliser ses atouts géographiques, frapper les intérêts économiques de ses adversaires, augmenter le coût humain du conflit pour les Washington et maintenir une doctrine militaire volontairement imprévisible. L'objectif : instaurer un bras de fer avec son ennemi....
-
11/07 - La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
> Retrouvez ici l'épisode 1, consacré à Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
La première fois que les Espagnols virent La Casa de papel, ils la trouvèrent franchement nulle. On le sait peu, mais le programme emblématique de la dernière décennie a d'abord été un semi-échec. Diffusée sur la chaîne Antena 3 au printemps 2017, l'épopée de cette bande de braqueurs retranchés dans la Fabrique nationale de la monnaie démarre bien en audience, puis perd ses téléspectateurs. Netflix en rachète les droits mondiaux fin 2017, remanie les quinze épisodes initiaux en vingt-deux, et les dépose sans la moindre promotion dans son catalogue, "ce tiroir à chaussettes que l’on n'ouvre jamais et dont seul l'algorithme peut vous sauver", résumera le créateur de la série, Alex Pina. Sauvée par l'algorithme
Et quelques mois plus tard, voilà, donc, la série sauvée par "l’algo". L’engouement prend, d’abord, dans quelques pays épars. En France par exemple : en 2018, La Casa de papel représente jusqu'à 14 % de la consommation totale de Netflix à son pic ! Au fil des saisons, le succès de cette bande de voleurs portant tous une...
-
11/07 - Christian Lacroix : dans les marges d’un dessinateur compulsif
Tout commence sur un coin de table, au cours d'une conversation téléphonique. Une enveloppe oubliée, un carnet froissé, un programme de spectacle, un post-it sauvé de la corbeille. Là où d'autres ne voient qu'un morceau de papier, Christian Lacroix aperçoit un territoire à conquérir. Depuis plus de soixante ans, il dessine partout, tout le temps, comme on respire. Bien avant les collections de mode qui l’ont rendu célèbre à partir des années 1980, il y a ce geste : une ligne qui cherche sa forme, une silhouette qui apparaît, un visage qui surgit au détour d'un "gribouillage", comme il appelle sa production graphique.
"Enfant, je parlais peu, tout passait par le crayon", nous raconte-t-il, lové dans un fauteuil, à l’étage du Musée Réattu d'Arles qui consacre une exposition à cette facette méconnue de son parcours. Au début des années 1960, le petit Arlésien, né six ans après la fin de la guerre, nourrit une fascination pour le passé. Un jour, il découvre dans le grenier de ses grands-parents la collection reliée de la mode illustrée de 1860, alors que sur les écrans sort Le Guépard de Visconti. "Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire : reconstituer non seulement les costumes mais aussi les décors d’une époque". "Vous êtes fait pour le théâtre", assurera d’ailleurs Karl Lagerfeld au jeune homme venu lui présenter ses croquis."Croquis de mode", 1977-1978, crayon et gouache sur papier.
Cahiers d'écolier, esquisses de vêtements, études pour l’opéra ou le ballet,...
-
11/07 - Guyane : quand le rhum devient un enjeu économique et social
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Né dans les distilleries écossaises, le "spiritourisme" essaime partout dans le monde. La palme de l’originalité revient désormais à la Guyane et sa rhumerie Saint Maurice. Ses visiteurs la rejoignent depuis Saint-Louis-du-Maroni en pirogue, voguant sur le fleuve Maroni bordé par une flore luxuriante, une succession de palétuviers rouges, d’arbres majestueux, d’incroyables enchevêtrements de lianes avant d’accoster sur un ponton flottant. Posé sur la crique...
-
11/07 - Entre pétro-Etats et électro-Etats, cette frontière qui n’en est pas une
C'est la nouvelle grille de lecture du monde énergétique : d'un côté les "petro-states", l'Amérique de Donald Trump en tête, arc-boutés sur leurs hydrocarbures ; de l'autre les "électro-Etats", Chine en majesté, "premier électro-Etat de l'histoire", qui auraient fait de l'électron la monnaie de la puissance. La taxinomie est séduisante mais résiste mal au réel.
Le réel, ce sont d'abord les carnets de commandes de GE Vernova, premier fabricant mondial de turbines à gaz, ces machines qui, au cœur des centrales, brûlent la molécule pour fabriquer des électrons. 100 gigawatts commandés ou réservés, des créneaux vendus jusqu'en 2030 : pourquoi cette ruée ? Parce que le "pétro-Etat" américain vit son plus grand choc de demande électrique depuis un demi-siècle, tiré par les centres de données de l'intelligence artificielle, et que le gaz reste le moyen le plus rapide d'y répondre. L'Amérique fossile commande des machines à électrifier. Et le Texas, cœur de son industrie pétrolière, a installé en 2025 deux fois plus de solaire que la Californie ; le gaz y demeure la première source d'électricité, mais il change de métier : de fournisseur d'énergie, il devient assureur de flexibilité, prenant le relais quand le soleil se couche. Le gaz n'est pas la frontière entre deux mondes mais l’outil de passage de l'un à l'autre.
La vraie question n'est pas de savoir qui est pétro ou électro mais qui électrifie et comment. Là, les trajectoires divergent. La Chine électrifie par stratégie...
-
11/07 - Coupe du monde : Erling Haaland, sauveur de la famille royale de Norvège
Au Brésil, le football est roi. En Norvège, il fait danser toute la famille royale. Le 5 juillet, après la victoire des Vikings contre la Seleçao en Coupe du monde, le prince héritier Haakon a été filmé sur la place Slottsplassen, juste devant sa résidence royale d'Oslo, faisant la fête parmi la foule et mimant le "Row", ce fameux mouvement de rame devenu le symbole d'une Norvège triomphante. "Le prochain roi voulait être avec son peuple, s'asseoir parmi nous et célébrer, alors que rien ne l'obligeait à le faire, admire Tove Taalesen, ancienne employée de la Couronne devenue chroniqueuse royale pour la presse norvégienne. Le Palais doit être ravi de voir ces photos du prince héritier !"Une avalanche de scandales en Norvège
Depuis le début de la Coupe du monde, les "Vikings" norvégiens martyrisent les équipes adverses (à l'exception des Bleus) et font sensation sur les réseaux sociaux, en jouant sur leur style nordique et leurs racines guerrières. En battant le Brésil et en se qualifiant en quarts de finale pour la première fois de leur histoire, les coéquipiers d'Erling Haaland provoquent une euphorie sans précédent en Norvège. "Nous en avions tellement besoin après cette année froide, dure et terrible, écrivait le journal Dagbladet au lendemain de la victoire. Les taux d'intérêt et l'inflation sont au plus haut, mais surtout la Norvège a fait les gros titres de la presse internationale ces derniers mois pour toutes les mauvaises raisons." Un dénominateur commun à cette...
-
11/07 - Amiral Pierre Vandier : "La Russie est indéniablement en phase de réarmement"
La photo de famille aura finalement eu lieu sans drame. Ce 8 juillet, les membres de l'Otan ont conclu leur sommet à Ankara avec satisfaction : aucun déchirement ne s'est produit entre les alliés. Donald Trump a eu beau sermonner les alliés en public sur leurs dépenses de défense, et même viser l'Espagne lors d'une conférence de presse, les conversations en coulisses se concentrent désormais sur un travail de renforcement du pilier européen de l'alliance. Les chiffres en témoignent : le total des contrats d'armement annoncés dépasse les 50 milliards de dollars. Tous les alliés consacrent au moins 2 % de leur PIB à la défense, voire davantage. Lentement, une nouvelle version de l'Otan se dessine. Trop lentement ? D'après les services de renseignement allemands, un "choc" avec la Russie pourrait avoir lieu d'ici à 2029. Un délai serré, alors que l'Europe doit reconstruire une industrie qui a été considérablement réduite depuis la guerre froide. De l'intelligence artificielle duale aux essaims de drones testés en mer Baltique, l'amiral Pierre Vandier, commandant suprême allié pour la Transformation, à la tête de l'un des deux commandements stratégiques de l'Otan, détaille pour L'Express les chantiers qui doivent combler ce retard.
L'Express : Le sommet de l'Otan s'est conclu à Ankara ce 8 juillet. Les budgets militaires de l'Alliance dépassent tous l'objectif des 2 % du PIB consacré à la défense. Depuis votre point de vue à l'Otan, quelles seront les conséquences et enjeux...
-
10/07 - Facebook, Instagram : Bruxelles s’attaque au design "addictif" des réseaux sociaux de Meta
Il y a encore quelques années, le problème des réseaux sociaux se résumait assez bien à une question de contenus : que voit-on, qui publie, qui ment, qui harcèle, qui modère trop, qui ne modère pas assez, entre autres. Bruxelles vient de déplacer le débat d’un cran. Vendredi 10 juillet, la Commission européenne a officiellement mis en cause Meta pour le design "addictif" de Facebook, Instagram, dans le cadre du Digital Services Act, le règlement européen sur les services numériques. L’accusation ne porte donc plus seulement sur ce qui circule sur les plateformes, mais sur la manière dont elles sont fabriquées pour garder les utilisateurs devant l’écran.
Dans le viseur de Bruxelles : le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push et les systèmes de recommandation très personnalisés. Tout ce que l’utilisateur a appris à considérer comme le fonctionnement normal d’une application. La Commission estime que ces fonctionnalités peuvent faire basculer le cerveau "en mode pilote automatique" et contribuer à des usages compulsifs. Le détail a son importance : le reproche n’est pas que les adolescents aiment trop Instagram, mais que Meta n’aurait pas correctement évalué les risques liés à des interfaces conçues pour prolonger l’usage, y compris chez les mineurs ou les adultes vulnérables.
La mécanique est connue de tous ceux qui ont déjà ouvert Instagram pour répondre à un message et se sont retrouvés, vingt minutes plus tard, à regarder une...
-
10/07 - Canicule : quand la ruée sur les climatiseurs rappelle la dépendance de l’Europe à la Chine
La canicule historique qui sévit en Europe révèle au grand jour un paradoxe de taille. L'Union Européenne redouble de mesures pour réduire sa dépendance à la Chine. Tout en étant bien obligée de composer avec elle... Et pour cause : la Chine est de loin le premier fournisseur de climatiseurs et ventilateurs des Vingt-Sept. De quoi donner du grain à moudre à la Commission européenne, alors que Bruxelles vient de publier lundi 6 juillet une déclaration conjointe avec Pékin pour équilibrer les échanges commerciaux entre les deux blocs.Des discours rattrapés par la réalité
Autant dire que le timing est malvenu. Selon les médias d'Etat chinois, les exportations de climatiseurs vers l'Union européenne ont bondi de 43 % au cours du premier semestre de cette année, pour atteindre 3,3 milliards d'euros. Des chiffres qui n'ont pas tardé à défrayer la chronique en Chine, où la presse s'est amusée, relève The Telegraph, des sites créés en Europe pour suivre les stocks de climatiseurs chinois disponibles en temps réel. Et s'est fait un plaisir de critiquer les politiques de réindustrialisation bruxelloises, allant selon elle, à rebours de l'intérêt des consommateurs européens. "Les climatiseurs sont devenus plus rares que des cartes Pokémon", ironise même un média chinois.
Problème : l'Europe atteint aujourd'hui un déficit commercial record avec la Chine. Y compris sur des produits technologiques, où elle avait historiquement une longueur d'avance, qui comptent désormais pour la...
-
10/07 - Raphaël Glucksmann : il se rêvait en Kennedy, il est rattrapé par le fantôme de Xavier Bertrand
Une campagne à la Kennedy, une gouvernance à la Pierre Mendès France. Raphaël Glucksmann connaît sa route, de l’élection à la trace laissée dans l’Histoire, en passant par l’Élysée. Dans un monde idéal, évidemment. À quoi tient une destinée ? À l’espace politique, aux bras, à l’argent, à l’envie… Bref, la sienne est, pour sûr et d’abord, conditionnée au soutien du Parti socialiste. Hier, il lui était tout acquis dans une formalité. Aujourd’hui, il lui faudrait séduire les militants, dans une primaire taillée certes sur mesure, mais dont il se serait clairement passé. Une autre paire de manches.
Car les socialistes ont finalement tranché l’épineuse question, votant pour une désignation interne du prochain candidat réservée aux seuls membres à jour de cotisations du PS et de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Lui n’a pas encore donné de réponse : durant trois heures, dans le huis clos d’une réunion, en présence de Yannick Jadot et d'Alexandre Ouizille, émissaire de Boris Vallaud, ses soutiens se sont divisés sur l’opportunité d’y participer - ses amis socialistes l’y incitent, le député Sacha Houlié (PP) flaire le piège. Et ainsi quand deux cadres du mouvement discutent, c'est un nom bien éloigné de "JFK" et de "PMF" qui surgit : "On dirait Xavier Bertrand." Prétendant malheureux à la primaire interne de la droite, en 2021."Je ne parle pas le langage de la gauche militante"
Gauche, droite, l’histoire bégaie. "Faut-il qu’il soit candidat à l’extérieur du parti,...
-
10/07 - Ventes de livres : Freida McFadden devrait être la femme de l’été
Si elle cartonne avec L’Intruse (City), cela fait un moment que la mystérieuse graphomane américaine n’est plus une invitée-surprise dans notre classement des best-sellers. Première avec L’Intruse (bientôt 200 000 exemplaires vendus depuis sa sortie en mai), Freida McFadden est également 12e avec La Locataire (plus de 300 000 exemplaires depuis sa parution en janvier). Son troisième roman de 2026, Le Dîner, publié le 1er juillet, s’est écoulé à près de 100 000 exemplaires en une seule semaine ! Et on attend déjà Chère Debbie, annoncé pour octobre prochain…
Verra-t-on autre chose que du McFadden sur les plages cet été ? Il devrait y avoir ici et là des lecteurs de Sarah Rivens, Virginie Grimaldi et Fred Vargas, qui marchent toujours aussi bien avec le premier tome de Swan (HLAB), D’autres printemps (Flammarion) et Une unique lueur (Flammarion aussi). Notons à la 5e place Rachel Reid et Heated Rivalry (Chatterley), dont nous vous avions longuement parlé il y a deux mois. Franck Thilliez se maintient bien en 8e position avec L’Autre moi (Fleuve). Pour les jours de pluie ou de grisaille, nous conseillons toujours le superbe récit autobiographique de Romain Lemire, 17e avec Clément (Le Cherche Midi). 28e avec Une pension en Italie (Julliard), Philippe Besson n’apparaît pas dans notre tableau cette semaine – mais il vient de recevoir le prix Relay des voyageurs lecteurs, et devrait remonter et conforter encore plus son incroyable succès (dans un marché en crise, il a dépassé...
-
10/07 - Pourquoi les canicules à répétition risquent de nous faire vieillir plus vite
La tache est apparue d’un coup, semblable à une petite brume. Un léger trouble qui vite s’est transformé en voile blanc. Jusqu’à ce matin de juin, Anna*, 24 ans, étudiante en journalisme, n'avait jamais connu de tels symptômes. L’ombre s’en est d’abord pris aux mots sur son téléphone avant de faire disparaître une partie des objets de sa salle de bains. Un œil fermé, le regard en coin, la jeune femme a dû courir à la pharmacie : "Vous pensez que je dois aller aux urgences ? Je viens de perdre une partie de la vision", demande-t-elle alors, prise d’infernaux maux de tête.
A l’hôpital, les ambulances s'enchaînent. Les admissions n’ont cessé de grimper depuis la première vague de chaleur, fin mai - 650 par jour depuis le 22 juin, 10 % de plus qu’à la normale. Face à Anna, les médecins s’inquiètent. Se pourrait-il que la jeune femme fasse un accident ischémique transitoire, une sorte de petit accident vasculaire cérébral, comme les patients qui affluent sur des brancards à cause de la hausse du mercure ? Les températures extrêmes affectent surtout les personnes âgées, mais les patients en surchauffe peuvent aussi être jeunes et bien portants surtout face à des canicules de plus en plus dures, alors les médecins emmènent Anna en salle d’examen.
Une IRM puis un électroencéphalogramme plus tard, les résultats tombent : il ne s’agit que d’une méchante migraine ophtalmique, une première pour la jeune femme. L’incident, survenu quelques jours après la première vague de chaleur,...
-
10/07 - L’Allemagne arrache un accord avec Donald Trump pour obtenir des missiles Tomahawk
L’Allemagne voulait des Tomahawk, elle a fini par obtenir gain de cause. Jeudi 9 juillet, Friedrich Merz a annoncé devant le gouvernement allemand que les Etats-Unis avaient approuvé la vente à Berlin de missiles de croisière américains Tomahawk, en marge du sommet de l’Otan à Ankara. Le chancelier allemand n’a précisé ni le nombre de missiles, ni celui des lanceurs, ni le calendrier de livraison : l’information reste classifiée. Mais il a donné la justification politique : ces armes doivent permettre de "combler une lacune stratégique importante" dans la défense allemande.
Derrière cette formule, un constat : l’Allemagne ne dispose pas aujourd’hui de capacité terrestre de frappe longue portée comparable au Tomahawk. Son missile Taurus atteint environ 500 kilomètres. Le Tomahawk, selon les versions, peut frapper jusqu’à 2 500 kilomètres. Dans l’Europe d’avant 2022, l’écart aurait été un détail. Dans l’Europe d’après l’invasion de l’Ukraine, il devient un sujet de majeur. Surtout depuis que la Russie a installé des missiles Iskander dans l’enclave de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie, mettant plusieurs capitales européennes à portée de tir. Une arme ancienne pour un besoin neuf
Le Tomahawk n’est pas une nouveauté technologique : entré en service dans les années 1980, d’environ six mètres de long, lourd d’une tonne et demie, ce missile de croisière appartient au répertoire militaire américain le mieux identifié. Il coûte plus d’un million d’euros l’unité,...
-
10/07 - Sommet de l’Otan : Recep Tayyip Erdogan embarrasse les dirigeants avec un cadeau insolite
Un cadeau ne se refuse pas, encore moins quand il est offert par le pays hôte. Après la réunion des dirigeants des pays membres de l’Alliance à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a remis à chacun d'entre eux, mercredi 8 juillet, un cadeau de départ inhabituel : un revolver d'époque et des munitions réelles.
Accompagnée d’une plaque portant l’inscription "Gumusay, le premier pistolet de type revolver fabriqué dans notre pays", en anglais et en turc, cette arme leur a été présentée dans un coffret en bois orné du drapeau de la Turquie et du logo de l’organisation transatlantique. Un Gumusay 357 Magnum en guise de cadeau
Selon des images diffusées par le bureau du président lituanien Gitanas Nauseda, il s’agirait d’un Gumusay 357 Magnum, un revolver fabriqué par le fabricant d’armes turc MKE dans les années 1990. Un moyen de mettre en avant la puissance de l’industrie de la défense turque, devenue un levier essentiel tant pour les exportations que pour la politique étrangère. Il s'agit là d'un cadeau insolite mais pas anodin.
Le porte-parole du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a notamment déclaré que tous les dirigeants avaient reçu le même modèle personnalisé, sur le canon duquel était gravé leur nom, accompagné de six munitions et d’une note dispensant les revolvers des contrôles à l’exportation. Des dirigeants déconcertés
Ce cadeau quelque peu original a suscité l'incompréhension de plusieurs délégations présentes au sommet de l’Otan, consacré au...
-
10/07 - "Face à la canicule, le projet de loi logement fait fausse route" : l’alerte de cinq spécialistes
Déposé au Sénat le 25 juin dernier, le projet de loi de relance et de décentralisation du logement, porté par le ministre Vincent Jeanbrun, prétend accélérer la construction en simplifiant les procédures d'urbanisme. Parmi ses nombreuses dispositions, il instaure un régime dérogatoire dans lesquelles les dispositions des Plans locaux d’urbanisme (PLU) seraient paralysées, tout comme le pouvoir d’autorisation des Architectes des Bâtiments de France (ABF), remplacé par un simple avis. Derrière l'objectif affiché d'efficacité, cette réforme compromettrait la cohérence de nos villes en supprimant l’action unificatrice conjuguée des collectivités et de l’Etat.
Surfant sur la canicule, le ministre a affirmé, dans un entretien accordé au journal Le Monde, que les ABF empêcheraient les propriétaires d'installer des "volets" dans les périmètres de protection des monuments historiques, véritable légende urbaine. Car l’ABF s’oppose - au contraire - à l’enlèvement ou demande la restitution de persiennes et volets en bois, massivement présents à Paris et ailleurs au début du siècle dernier. Il peut en revanche s’opposer aux volets roulants en PVC ou en aluminium, moins efficaces, plus fragiles donc plus coûteux à moyen terme. Cet argument n'est au demeurant que l'arbre qui cache la forêt des demandes corporatistes du secteur de l'immobilier, de la construction et de la rénovation. Il conduirait à surdensifier nos centres anciens en s’attaquant aux îlots les moins bâtis et les plus...
-
10/07 - Canicule : le gouvernement déclenche un plan Orsec inédit face aux chaleurs extrêmes
Les appels à boire de l’eau, fermer les fenêtres, prendre des nouvelles de ses proches et attendre que ça passe ne suffisent plus. Pendant longtemps, la canicule a été traitée comme une affaire de vigilance météo, de recommandations sanitaires et de messages répétés aux personnes âgées. Ce vendredi 10 juillet, le gouvernement a changé d'échelle en annonçant le déclenchement d'un "plan Orsec chaleurs extrêmes" dans les départements placés en vigilance rouge par Météo-France. Le dispositif est inédit, mais le constat ne l'est plus. Depuis plusieurs années, les vagues de chaleur se répètent, s'allongent, s'intensifient, et obligent l'État à traiter la canicule non plus comme une mauvaise semaine d’été, mais comme une crise nationale.
Le calendrier aide à comprendre l'urgence. Neuf départements de l'Ouest ont basculé en vigilance rouge ce vendredi midi, avant une extension à 24 départements samedi, dont l'ensemble de l'Île-de-France. Soixante-douze départements sont également en vigilance orange. Météo-France décrit un épisode "sévère et durable", appelé à se prolonger jusqu'au milieu de la semaine prochaine au moins. De l'alerte à l'organisation
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a présenté ce plan sur TF1 comme un dispositif "nouveau", mis en place pour tenir compte du "retour d'expérience des dernières vagues de chaleur". L'objectif affiché est de mieux protéger les personnes vulnérables, "celles qui sont seules, souvent en ville, souvent âgées", davantage...
-
10/07 - Monaco, Etat de droit : ce que le "silence" de la France veut vraiment dire, par Bertrand Mathieu
La France se tairait sur Monaco, et ce silence serait "gênant". Une récente tribune parue dans L’Express en convient pourtant elle-même : la France "n’a pas à gouverner Monaco". Dont acte. Car, si la France se tait, c’est sans doute parce qu’elle n’a pas à juger la forme de gouvernement d’un Etat étranger et souverain — membre de l’Organisation des Nations unies depuis 1993, du Conseil de l’Europe depuis 2004 —, avec lequel elle entretient des relations séculaires, élevées au rang diplomatique par le traité du 24 octobre 2002. Entre Etats souverains, le respect n’est pas de la caution. Reste que les griefs, eux, méritent réponse.
Une "monarchie absolue" ? Les mots ont un sens : l’absolutisme, c’est un souverain délié des lois. Or la Constitution de 1962, révisée en 2002 et élaborée avec le concours du Doyen Georges Vedel, proclame dès son article 2 que "la Principauté est un Etat de droit attaché au respect des libertés et droits fondamentaux" et dispose, à l’article 12, que le Prince exerce son autorité souveraine "en conformité avec les dispositions de la Constitution et des lois". Les ordonnances souveraines elles-mêmes peuvent être censurées par le Tribunal Suprême, institué dès 1911, doyen des juridictions constitutionnelles du monde. Le Conseil National, démocratiquement élu, vote la loi et le budget avec une pleine liberté d’amendement : il n’existe à Monaco aucun 49.3, et le gouvernement n’a aucune prise sur l’ordre du jour de l’assemblée. Une "monarchie absolue"...
-
10/07 - Donald Trump menacé par un complot iranien : l’avertissement d’Israël au président américain
La République islamique d'Iran a-t-elle élaboré un nouveau plan pour assassiner Donald Trump ? C'est en tout cas les informations qui auraient été transmises par les services de renseignement israéliens à Washington, à en croire les dernières révélations du Wall Street Journal, corroborées ensuite par d'autres sources auprès de CNN.
Cette annonce vient raviver un peu plus les tensions, alors que l'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis est mis à rude épreuve, avec une reprise des frappes entre les deux parties cette semaine. Selon les informations de CNN, les États-Unis auraient reçu ces dernières semaines un flux constant d'informations concernant d'éventuels projets d'assassinat de Donald Trump, mais l'avertissement d'Israël serait nouveau et porterait sur un complot précis.Une fuite intéressée ?
Néanmoins, comme l'ont rappelé plusieurs sources citées dans la presse américaine : Israël, qui souhaitait poursuivre les bombardements, et n'était pas favorable à un cessez-le-feu pour le moment, a tout intérêt à faire fuiter ce type d'informations. "Le rapport israélien est perçu, en partie, comme un élément d'une stratégie israélienne plus vaste visant à influencer les décisions [NDLR : militaires] de Donald Trump concernant l'Iran", confie une des sources à CNN, tandis qu'une autre indique que le renseignement américain "reste toujours sceptique face aux informations israéliennes".
L'ambassade d'Israël à Washington a refusé de commenter ces informations et...
-
10/07 - Viticulture régénérative : la nouvelle révolution des vignes
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative (ci-dessous) ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Vins bio AB, ou en biodynamie Demeter ou Biodyvin : de nombreux consommateurs font de ces labels une condition d’achat de leur flacon. Mais la petite feuille verte, qui flotte sur 21 % du vignoble français, ne constitue plus l’alpha et l’oméga d’une viticulture saine et vertueuse. Dans les domaines, un mot nouveau court sur toutes les lèvres : "agroécologie", ou "agriculture régénérative", déclinée en "viticulture régénérative".
Le phénomène...
-
10/07 - Projet de loi agricole : "Il n’y a pas de meilleure façon de relancer la bataille de l’eau"
Le projet de loi d'urgence agricole fait couler beaucoup d'encre, notamment sur la question de l'eau. Voulu par le gouvernement comme un acte de "réconciliation" après les mobilisations des agriculteurs en décembre dernier, le texte a été profondément remanié lors de son passage au Sénat. Tellement qu'il pourrait devenir "une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale", a indiqué la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Les discussions en commission mixte paritaire, le 16 juillet, s'annoncent tendues. De nombreuses organisations d'élus locaux et d'usagers, dont le poids serait affaibli au profit des préfets et des agriculteurs, se sont insurgées contre ces modifications profondes dans la gouvernance de l'eau. Même le Medef s'inquiète d'un "accaparement sans contrepartie et sans limite" de la précieuse ressource par un seul secteur. "L'Etat, en pensant qu'il réglera seul la question avec la profession agricole, sans les collectivités pour faire les arbitrages, se plante royalement, tranche Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire Bretagne et du Cercle français de l'eau. Il n’y a pas de meilleure façon de relancer la bataille de l’eau."
L'Express : Le projet de loi d’urgence agricole est vivement critiqué par de nombreuses organisations : élus locaux, usagers, industriels… Même le Medef sonne l'alerte. Vous qualifiez le texte actuel...
-
10/07 - "On dit de Vincent Bolloré qu’il est difficile de lui refuser quoi que ce soit" : son portrait dans L’Express en 1987
Cet article a été publié pour la première fois le 6 novembre 1987 dans L'Express.Vincent Bolloré, le chevalier breton
Un jour, un homme donna cinq talents à un enfant, puis repartit en voyage, où ses affaires l'appelaient. Ces talents-là étaient plus précieux que les pièces de la parabole : éducation, religion, réseau de relations, goût du travail et esprit vif. L'enfant, sans perdre de temps, travailla, s'obstina et investit tant et tant qu'il décrocha la timbale. Aujourd'hui couronné, même ses adversaires lui reconnaissent toutes les qualités. Face aux bonnes fortunes qui le comblent, lui seul reste de marbre et ne change rien à sa vie ascétique : modeste 205 sans chauffeur, austère bureau dépourvu des gadgets de la fonction, ni tableaux ni plantes vertes, et nulle invitation nonchalamment "oubliée" sur la table. Pour quoi faire ? Il ne s'y rend jamais, Vincent Bolloré n'est pas mondain.
Bavard, encore moins : réponses rapides, phrases ramassées, exposé ténu d'une aventure aux allures de saga. Et, s'il est un "visionnaire"pour ses proches, il faut fouiller longtemps pour débusquer chez lui la moindre extravagance. En voilà un qui donnera du fil à retordre à son biographe. Question d'éducation, sans doute. Catholique et breton. On pourrait finasser, écrire plutôt breton, donc catholique, mais ce serait faire injure à cette foi religieuse qu'il met en pratique aussi bien le dimanche que tous les autres jours dans la tenue de ses affaires : "Courage, transparence,...
-
10/07 - Dominique Bussereau : "Face aux canicules, le vrai sujet n’est plus l’alerte, mais la capacité à agir vite"
Ancien ministre de l'Agriculture et des Transports, président du conseil départemental de la Charente-Maritime jusqu'en 2021, Dominique Bussereau préside aujourd'hui le groupe de réflexion Equilibre des énergies. Alors qu’une grande partie de la France suffoque, aux prises avec la troisième canicule de l’année, il revient pour L’Express sur le manque de préparation de l'Etat face aux vagues de chaleur, le débat — souvent caricatural — autour de la climatisation et les chantiers d'adaptation qui attendent le pays, des infrastructures ferroviaires à la gestion de l'eau pour les cultures. Sa recette pour mieux adapter le pays aux fortes chaleurs ? Un zeste de technologie, de l'électricité décarbonée et surtout, du bon sens.
L'Express : Nous subissons déjà la troisième canicule de l’année. Une série dramatique qui marquera aussi bien les corps que l’esprit des Français. Face à cette situation historique, certains pointent l'impréparation de l'Etat. Partagez-vous ce constat ?
Dominique Bussereau : D’un point de vue historique, la vraie surprise, c’était 2003. À l'époque, le gouvernement était en pleine trêve estivale, les ministres étaient dispersés, et rien ne remontait du terrain — ni des maires, ni des directeurs d'hôpitaux, ni des médecins. Même en tant que parlementaire et élu local depuis des années, je n'avais aucun signal d'alerte. La violence de cette découverte a été réelle, même si l'épisode de 1976 avait déjà pris le gouvernement de l'époque au dépourvu....
-
10/07 - Otan : ce que le sommet d’Ankara a changé pour l’Europe
C’est un cadeau d’adieu peu conventionnel que les chefs d’Etat et de gouvernement ont eu la surprise de recevoir de leur hôte, le président turc Recep Tayyip Erdogan, à l’issue du sommet de l’Otan à Ankara : un revolver à barillet, gravé au nom du bénéficiaire et accompagné d’une boîte de balles réelles. Le message est double : il faut savoir se défendre dans un monde de brutes ; il est temps que les Européens apprennent à le faire. Et ils s’y attellent ! La nouveauté, c’est qu’ils s’y plient de moins en moins pour plaire à l’Amérique et de plus en plus parce qu’ils ont compris combien ils ont besoin de s’armer pour rester crédibles.
L’européanisation de l’Otan, et donc l’émergence d’une défense européenne digne de ce nom, a progressé de plusieurs crans les 7 et 8 juillet à Ankara. Vladimir Poutine y est pour beaucoup. Si le président russe n’avait pas envahi l’Ukraine, s’il ne se disait pas en guerre contre l’Otan, s’il n’agressait pas les Européens par des moyens hybrides, ceux-ci ne se mobiliseraient pas avec autant de détermination. Mais Donald Trump y contribue au moins autant. Si le président américain ne redéployait pas de façon brouillonne ses moyens militaires hors d’Europe, s’il ne se comportait pas de manière brutale et humiliante envers ses homologues du Vieux Continent, ceux-ci ne seraient pas habités par un tel sentiment d’urgence.
"Sans Trump, on ne serait jamais parvenus à dépenser tout cet argent", reconnaissait un participant, sous le sceau de...
-
09/07 - Un satellite pour détecter les armes nucléaires dans l’espace ? L’idée innovante d’un chercheur du MIT
C'est une faille, non pas spatio-temporelle… mais technique. A ce jour, il n'existe aucun mécanisme technique permettant de garantir le respect du Traité de l'espace extra-atmosphérique de 1967. Ce traité sur l'espace, signé par les principales nations spatiales, interdit la mise en orbite d'armes nucléaires. Pour déterminer si un satellite en orbite autour de la Terre contient une arme nucléaire, Areg Danagoulian, professeur associé de sciences et d'ingénierie nucléaire au Massachusetts Institute of Technology (MIT), vient de proposer une méthode qu'il a détaillée dans un article publié dans la revue Nature.
L'idée ? Un système de capteurs embarqués sur satellite, capables de se rapprocher d'un satellite suspecté de transporter des armes nucléaires. Son fonctionnement reposerait sur la détection des neutrons émis lors de l'interaction entre l'uranium de l'engin nucléaire et les protons piégés dans le champ magnétique terrestre. Le satellite de détection d'armes nucléaires proposé pourrait peser moins de 100 kg et être fabriqué à partir de composants disponibles dans le commerce, indique le chercheur auprès du Financial Times.
Areg Danagoulian a calculé qu'un système de capteurs de la taille d'une grande encyclopédie pourrait détecter une arme nucléaire avec une précision de 99 % s'il orbitait à moins de 4 000 mètres du satellite suspect pendant environ une semaine. L'auteur de cette étude estime également que le temps de détection pourrait être réduit à quelques heures...
-
09/07 - L’Italie expulse deux attachés militaires russes pour espionnage
À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion. Le jeudi 9 juillet, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé l’expulsion d’Ivan Petrovich Gorbachev et de Mikhail Vasilyevich Astakhov, deux membres de l’ambassade de Russie en Italie, sommés de quitter le pays sous trois jours. Selon Rome, les deux hommes seraient impliqués dans l’enquête ouverte par le parquet de la capitale italienne autour de deux anciens agents des services italiens soupçonnés d’avoir transmis des informations sensibles à Moscou. D’anciens agents dans le viseur
L’affaire commence avec l’arrestation, mardi, de deux anciens membres du renseignement italien. Le principal suspect, Gavino Raoul Piras, 59 ans, ancien des services italiens parti à la retraite en 2012, est accusé d’avoir fourni des informations à un officier russe présenté comme lié au GRU, le renseignement militaire de Moscou. Cinq autres personnes, dont plusieurs militaires italiens en poste dans des services sensibles, sont également visées par l’enquête. Selon les éléments publiés par la presse italienne et internationale, Piras aurait travaillé avec plusieurs sources internes afin de fournir des renseignements à ses interlocuteurs russes. Son avocat conteste toute trahison et affirme que les informations réunies par son client relevaient de sources ouvertes. Les juges italiens, eux, décrivent des documents classifiés, allant du "confidentiel" au "secret", et...
-
09/07 - Le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, selon l’institut Copernicus
Production d'électricité perturbée, écoles fermées... L'Europe occidentale vient de connaître le mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Un nouveau record qui illustre l'accélération du réchauffement climatique sur le continent, alors qu'une nouvelle vague de chaleur frappe déjà une partie de l'Europe.
La température moyenne en Europe occidentale a atteint 20,74 °C en juin, soit plus de 3 °C au-dessus de la moyenne observée entre 1991 et 2020, selon les données du service européen Copernicus. À l'échelle mondiale, juin 2026 est devenu le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré. La France a enregistré le mois de juin le plus chaud de son histoire, l’Espagne le semestre le plus chaud et la Grande-Bretagne des températures record.Des températures extrêmes
Pour Samantha Burgess, responsable stratégique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ces records montrent que le changement climatique n'est plus une menace lointaine, mais une réalité qui bouleverse déjà le quotidien des Européens. "Le mois de juin 2026 a mis en évidence l'ampleur du changement climatique", souligne-t-elle. Selon la climatologue, cette évolution favorise des vagues de chaleur plus intenses, un réchauffement durable des océans et une hausse des risques pour les populations comme pour les infrastructures.
Le constat est largement partagé par la communauté scientifique. Joeri Rogelj, climatologue à l’Imperial College de Londres, explique que "le lien...
-
09/07 - République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23
Le chiffre ne cesse de progresser et les inquiétudes grandissent. Le nombre de cas confirmés d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a augmenté et atteint 1759, dont 600 décès, selon les dernières données gouvernementales, publiées mercredi. Au cours des dernières 24 heures, 51 nouveaux cas et 20 nouveaux décès ont été recensés. Cette épidémie d'Ebola pourrait devenir la pire de l'histoire, notamment parce que l'espèce du virus, connue sous le nom de Bundibugyo, a été identifiée très tardivement.
L'épidémie mortelle qui sévit dans l'est du pays progresse plus vite que les efforts déployés pour la contenir. Le M23, ce puissant groupe rebelle armé qui s'est emparé de vastes étendues de territoire l'année dernière dans l'est du pays et qui impose depuis des taxes, contrôle les services publics et se présente comme la seule autorité légitime sur leurs zones, pourrait tirer partie de la situation. Comme le détaille le New York Times (NYT), en cas d'explosion de l'épidémie dans les zones densément peuplées qu'elle contrôle, cette milice pourrait utiliser le virus pour tenter de consolider et de renforcer son autorité sur son territoire, qui comprend deux capitales provinciales, Goma et Bukavu. Si le M23 parvenait à contenir Ebola, le mouvement pourrait alors renforcer son image d'autorité légitime, au moment même où le gouvernement congolais peine à maîtriser l'épidémie. Une cellule de crise instaurée par le M23
Lors de l'épidémie de 2018, des centaines de millions...
-
09/07 - Référendum sur l’immigration : pourquoi la mesure phare du RN pour 2027 se heurterait à un mur
"Vous ne nous avez pas essayés" : n’avoir jamais exercé le pouvoir permet d’avancer le plus puissant des arguments électoraux. Il y a alors la force du verbe, la puissance du slogan, le poids de l’imaginaire. "Si je dis qu’on va faire le plan Le Pen pour les banlieues, vous croyez qu’on a besoin d’expliquer ?", avance un responsable du Rassemblement national. "Avec le RN au pouvoir, un immigré ne choisit pas la France", ajoute un autre. Et il y a, en cas de victoire, l’épreuve du réel, quand une formule ne suffit plus à changer la vie, quand on se rend compte que tout n’est pas seulement "une question de volonté".
Sans doute l’élection de Marine Le Pen le 2 mai 2027 susciterait-elle un "état de grâce", voire un "état de souffle". "Si on gagne, ce ne sera pas une victoire par surprise, ce n’est pas un autre 21 avril, observe un dirigeant du mouvement. Avec cette transgression énorme, nous aurions donc surmonté par une force encore plus puissante les forces hostiles, ce qui créerait une mobilisation très puissante et une adaptation des milieux réticents, que l’on constate déjà aujourd’hui avec le Medef."
Un CV singulier en guise de preuve : "Je suis mieux placée pour mener des réformes difficiles car j’en ai pris plein la gueule toute ma vie", avance parfois Marine Le Pen, qui s’adonne désormais à la "pjlisation" des dossiers – "mot affreux", convient-elle, qui annonce la rédaction dès la campagne des projets de loi pour "laisser le moins de place possible à l’inconnu à...
-
09/07 - "La diplomatie était condamnée dès le départ" : les médias américains perplexes face à la stratégie de Trump en Iran
La signature de la paix annoncée par Donald Trump avec l’Iran n’aura pas eu le temps de sécher sur le papier. Mercredi 8 juillet, après de nouvelles attaques contre des sites iraniens, le président américain a estimé que le cessez-le-feu était "terminé". "Je laisserais nos merveilleux négociateurs continuer à parler s’ils veulent, mais je ne vois pas l’intérêt", a-t-il déclaré. Dans les rédactions américaines, chacun a donc repris sa spécialité : les faucons demandent de la fermeté, les réalistes comptent les coûts, les marchés regardent le pétrole, et les chroniqueurs américains essaient de comprendre si la Maison-Blanche a une stratégie ou seulement un calendrier médiatique. La trêve sans mode d’emploi
Le Wall Street Journal (WSJ), fidèle à sa ligne dure sur l’Iran, voit dans ce revirement "une forme de retour au réel". Son éditorial, titré "Trump Tells the Truth About Iran" ("Trump dit la vérité sur l’Iran"), résume la séquence d’une formule acide : "l’âge de l’innocence", portée par J.D. Vance, chargé des négociations, n’aura "duré que trois semaines". Le quotidien conservateur rappelle que Donald Trump avait encore récemment décrit les nouveaux dirigeants iraniens comme des interlocuteurs "rationnels" et "agréables". Mercredi, le vocabulaire avait changé de registre : "menteurs", "tricheurs", "des malades". Pour le journal, la faute initiale se trouve dans "les concessions américaines sur le pétrole", accordées sans garde-fous suffisants ; Téhéran aurait profité de...
-
09/07 - Dans les coulisses de la tribune "Zapper Bolloré" à Cannes : communication, coups de pression et divisions
La réponse était attendue depuis plusieurs jours ; elle s’est faite cinglante. Le 17 mai dernier, dans l’ambiance pesante d’un festival de Cannes plus politisé que jamais, Canal+ reçoit sur la Croisette une série d’invités très influents pour son traditionnel brunch des producteurs. Au micro, Maxime Saada, président du directoire du groupe, se dit "fatigué d’avoir à répéter que Canal+ soutient l’ensemble du cinéma et sa diversité". "Si certains en viennent à qualifier Canal+ de crypto-fasciste, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux, la limite est là", poursuit-il, évoquant les signataires d’une tribune publiée quelques jours plus tôt par Libération.
Le 11 mai, veille de l’ouverture du 79e festival de Cannes, ce texte paraphé par 600 professionnels du cinéma dénonçait "l’emprise de [Vincent] Bolloré sur le septième art". Rassemblés au sein d’un collectif baptisé "Zapper Bolloré", ses auteurs alertent alors sur "la stratégie d’expansion" de l’homme d’affaires dans l’industrie cinématographique - le groupe Bolloré étant le premier actionnaire du groupe Canal+, lui-même premier financeur du cinéma français, qui a acquis 34 % du capital d’UGC en 2025 et récemment fait savoir qu'il voulait en "prendre le contrôle" d'ici 2028.
"Bolloré sera en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran", s’inquiètent ainsi les signataires, portés par de grands noms comme Juliette Binoche,...
-
09/07 - Le duel "Farage - Tête de poubelle" qui fascine le Royaume-Uni depuis deux jours
Plus de 40 ans après leur dernier film, les Monty Pythons sont largement dépassés par la réalité. Même les maîtres absolus de l'absurde n'auraient pas pu écrire le scénario de cet été politique britannique caniculaire : alors que Keir Starmer quitte Downing Street et sera bientôt remplacé par l'ex-maire de Manchester Andy Burnham, leur plus grand rival, le populiste Nigel Farage se retrouve à lutter pour son siège de député face à… une poubelle. "Et cette poubelle peut tout à fait l'emporter", reconnaît le journal conservateur The Spectator, bien obligé d'admettre qu'il s'agit là de "la phrase la plus bizarre de son histoire" de 200 ans.
Reprenons. Nigel Farage, père spirituel du Brexit et de Reform UK (25 % dans les sondages, premier parti du pays), est accusé d'avoir touché un "cadeau" de 5 millions de pounds (près de 6 millions d'euros) de la part d'un milliardaire des cryptomonnaies et d'avoir omis de déclarer plusieurs de ses résidences luxueuses au Parlement de Westminster.
Pour prendre de vitesse les enquêtes ouvertes contre lui, le tribun convoque les caméras le 7 juillet et annonce démissionner de son poste de député. Dans la foulée, il dépose sa candidature pour se faire réélire lors de la législative partielle, probablement en août. "Ce sera l'élection du peuple contre l'establishment", décrète Farage, dans son costume impeccable avec vue plongeante sur la Tamise. "Diversion", crient en chœur ses adversaires politiques. Un duel inattendu et décalé s'installe...
-
09/07 - L’adversaire rêvé de Jean-Luc Mélenchon, le SMS d’Eric Ciotti à François Hollande
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Les angoisses du bloc central
L’un des participants au comité de liaison du bloc central a tiré la sonnette d’alarme, passant plusieurs coups de fil auprès de responsables pour dire son inquiétude. Motif : les discussions sur les législatives qui suivraient la présidentielle se passent mal, ou plutôt ne se passent pas du tout. Les amis d’Edouard Philippe préfèrent tergiverser en arguant que le futur président - suivez leur regard - décidera des investitures ; les amis de Gabriel Attal n’entendent pas se laisser faire et comptent défendre chèrement leur peau.Le SMS d'Eric Ciotti à François Hollande
Le maire de Nice Eric Ciotti, à la tête d’un parti allié au RN, tenait beaucoup à la présence des deux anciens présidents de la République, Nicolas Sarkozy dont il a longtemps été proche, et François Hollande, à la cérémonie qui commémorera, autour d’Emmanuel Macron, le terrible attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais, il y a dix ans. Il a personnellement veillé à ce qu’une invitation soit envoyée au socialiste et l’a accompagnée d’un SMS auquel le Corrézien a immédiatement répondu.Une ligue d’anciens ministres contre la loi d’urgence agricole ?
L’hypothétique adoption du projet de la loi d’urgence agricole (les deux chambres parlementaires doivent s’accorder sur une copie commune en...
-
09/07 - Confrontée aux attaques ukrainiennes, la Russie interdit les exportations de diesel
Viser les principales infrastructures pétrolières de la Russie, comme les raffineries de pétrole et les dépôts de carburant. La stratégie de guerre de résistance de l'Ukraine contre Moscou porte ses fruits et a des impacts de plus en plus concrets. Afin de faire face à cette situation, la Russie a instauré mercredi une interdiction des exportations de diesel jusqu'à la fin du mois de juillet.
"Une interdiction d’exportation de carburant diesel a été instaurée aujourd'hui", a annoncé le vice-Premier ministre russe Alexander Novak lors d'une réunion gouvernementale avec Vladimir Poutine mercredi. "Cela nous permettra d'augmenter les livraisons sur le marché intérieur en juillet." Le vice-Premier ministre a indiqué que la situation en matière de carburant restait "complexe" et a reconnu que "la situation actuelle dans les stations-service suscite clairement des inquiétudes au sein de la population".
Le gouvernement a annoncé que cette interdiction des exportations de diesel, qui concerne également les producteurs de ce carburant, restera en vigueur jusqu'au 31 juillet. Les approvisionnements effectués dans le cadre d'accords gouvernementaux préexistants, comme celui conclu avec la Mongolie, seront exemptés de ces restrictions.
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures visant à soutenir le marché intérieur des carburants après les attaques systématiques de drones ukrainiens contre des raffineries de pétrole russes. Ces frappes se sont intensifiées ces...
-
09/07 - Missiles Patriot pour l’Ukraine : les limites du feu vert de Donald Trump
C'est une annonce que Kiev attendait depuis longtemps. Le président américain Donald Trump a déclaré, mercredi 8 juillet depuis le sommet de l'Otan, que les États-Unis accorderaient à l'Ukraine la licence pour fabriquer les missiles Patriot - une aide importante pour renforcer sa défense antiaérienne.
Volodymyr Zelensky a plaidé de longue date pour que l'Ukraine obtienne le droit de fabriquer ce système de missiles sol-air, l'une des seules armes véritablement efficaces pour contrer les projectiles balistiques russes, difficiles à intercepter en raison de leur vitesse élevée. Symptôme de cette faiblesse, les responsables ukrainiens ont indiqué le même jour que la capitale, Kiev, avait été à nouveau la cible d'une attaque de missiles au cours de la nuit - la troisième en moins d'une semaine.
"Nous allons vous accorder une licence pour fabriquer des Patriot", a indiqué Donald Trump depuis Ankara. "C'est plutôt cool. Comme ça, vous ne pourrez pas vous plaindre que nous n'en donnons pas assez", a déclaré le président américain lors d'une rencontre avec son homologue ukrainien. "C'est une arme défensive, je préfère cela à une arme offensive", a-t-il ajouté.
Un ton qui contraste avec celui affiché par le président américain au début de son mandat, celui-ci s'étant montré particulièrement rude avec Volodymyr Zelensky, cherchant à le contraindre à accepter un accord asymétrique avec la Russie. Depuis peu, Washington, qui espère un accord rapide avec la Russie pour mettre fin à...
-
09/07 - Pour améliorer la qualité des soins, réduisons le nombre de services chirurgicaux, par le Pr Alain Bernard
La relation entre le nombre d’opérations réalisées par un chirurgien ou par une équipe chirurgicale et la qualité des résultats est l’un des faits les mieux établis de la médecine. En 2002, une étude de référence portant sur 2,5 millions de patients a démontré que la mortalité postopératoire diminue de 12 à 27 % lorsque le chirurgien et l’établissement atteignent un volume seuil. Dès 1979, ce gradient avait été identifié par une équipe américaine. Depuis, des dizaines d’études l’ont confirmé dans le monde entier.
En France, 91 hôpitaux réalisent moins de douze opérations par jour ouvré. C’est un niveau d’activité qui n’existe ni au Danemark, ni aux Pays-Bas, ni en Suède, qui sont les pays européens les plus avancés dans la réorganisation de leur tissu hospitalier. Sur les 772 établissements chirurgicaux français, près de trois sur quatre réalisent moins de 8 000 actes par an. A titre de comparaison, aucun hôpital danois ni néerlandais ne descend sous ce seuil.Un héritage du XXe siècle
Cela ne signifie pas que les chirurgiens français sont moins bons que leurs voisins. Cela signifie qu’ils exercent dans un système qui éparpille l’activité sur un trop grand nombre de sites – un héritage du XXe siècle où la proximité géographique primait sur le volume et la spécialisation.
Avec 772 établissements offrant une activité chirurgicale, le parc français apparaît clairement surdimensionné. Il est 35 fois plus grand que celui du Danemark (22 sites) pour une population 11 fois...
-
09/07 - Bac 2026 : chers lycéens, Raymond Aron n’est pas aussi "chiant" que vous le pensez
"Ne pourrait-on pas dire que la sincérité absolue serait, à la limite, la coïncidence incessamment renouvelée de l’être avec lui-même, le respect absolu des impressions naïves ?" Si la lecture de cette phrase vous a paru laborieuse, vous imaginez sans peine la détresse de milliers d’élèves de terminale, le 17 juin, au moment de découvrir le sujet proposé lors du deuxième jour de l’épreuve de spécialité HLP (Humanités, littérature et philosophie). Tiré de l’Introduction à la philosophie de l’histoire de Raymond Aron, cet extrait a indigné de nombreux candidats au bac, au point de pousser certains à lancer des pétitions réclamant "une remise à niveau des copies ou une procédure de rééquilibrage des notes".
Au lendemain des résultats, le 7 juillet, la colère n’était toujours pas redescendue chez certains bacheliers, déçus de voir leur moyenne générale perdre quelques précieux centièmes – ou pire, une mention - à cause d’une épreuve jugée trop difficile. Au sein même de la grande famille des "aroniens", certains proches, contactés par L'Express, ont trouvé le texte ardu.
Voilà qui ne risque pas de changer l’image de celui à qui l’on a toujours collé l’étiquette d’intellectuel barbant. Comment imaginer qu’un lycéen n’ayant jamais entendu parler de Raymond Aron sorte de cette épreuve avec l’envie de se plonger dans le reste de son œuvre ? "C’est une occasion manquée de le faire découvrir aux nouvelles générations", déplore Perrine Simon-Nahum, directrice de recherche au CNRS,...
-
09/07 - Ruinart, Canard-Duchêne, Bollinger : trois visions du Champagne de demain
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc ; des œuvres d'art en Champagne (ci-dessous). Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Ruinart et le vivant
La plus ancienne maison de champagne poursuit ses "Conversations avec la nature". Une approche mêlant création contemporaine, patrimoine et réflexion environnementale, qu’illustrent trois œuvres in situ récemment réalisées par le plasticien japonais Tadashi Kawamata. Ces installations permanentes dialoguent avec les vignes, les arbres et les crayères de la maison, inscrites au patrimoine...
-
09/07 - Guerre en Iran : nouvelle nuit de frappes après les menaces de Donald Trump
Donald Trump l'avait annoncé ce mercredi 8 juillet, depuis le sommet de l'Otan en Turquie : pour le président américain, le protocole d'accord avec l'Iran, visant à mettre fin à la guerre, est "terminé" après une série d'attaques réciproques. Cette nuit, la région a connu une nouvelle nuit de tensions, après des tirs croisés entre Washington et Téhéran.
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé mercredi soir avoir frappé "90 cibles militaires" contre l'Iran, "afin de détériorer davantage leur capacité à menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a-t-il indiqué sur le réseau social X. Ce à quoi a répondu Téhéran, lançant des attaques au Koweït et à Bahreïn, contre des bases militaires américaines.
Les frappes américaines ont visé plusieurs villes le long de la côte méridionale de l'Iran, provoquant des coupures d'électricité et faisant, avec celles de la veille, 14 morts et 78 blessés dans cinq provinces, selon un responsable du ministère iranien de la Santé cité par les médias d'Etat. "Les Etats-Unis tiennent l'Iran pour responsable des récentes agressions injustifiées contre le trafic maritime commercial et les équipages civils dans une voie navigable internationale essentielle", a indiqué l'armée américaine.Détroit d'Ormuz
"Il s'agit d'un châtiment pour les bombardements contre des navires effectués hier par l'Iran. Si cela se reproduit, ce sera bien pire", a écrit pour sa part le président américain sur son réseau Truth...
-
09/07 - Présidentielle 2027 : la stratégie de Marine Le Pen, entre gain de temps et pression sur la justice
Gagne-t-elle du temps décisif ou perd-elle des mois précieux ? Marine Le Pen saute dans l'inconnu avec sa décision de se présenter à la présidentielle malgré sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires européens, conjuguée à l'annonce d'un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris. Ce recours suspend la peine d'un an de prison ferme sous bracelet électronique prononcée ce mardi, au risque que cette sanction ressurgisse au cœur de la présidentielle, si la Cour de cassation rejetait son pourvoi avec célérité.
Une telle option est possible. Dans un communiqué ce mercredi, la Cour de Cassation annonce qu'elle "pourrait être en mesure de rendre son arrêt au plus tard début avril 2027, avant le scrutin présidentiel". Suffisamment tôt pour entériner une condamnation - à la charge symbolique lourde - en cas de rejet du pourvoi. Mais peut-être trop tard pour contraindre la championne du RN à enfiler un bracelet électronique, tant cette sanction obéit à d'autres délais. Le pari de Marine Le Pen serait alors gagné. Pour justifier ce calendrier non définitif, la juridiction met en avant une série de facteurs - nombre de pourvois, de mémoires, complexité des arguments - tous dénués de teinte politique.
Marine Le Pen, elle, joue la montre. Ses ouailles mettent en musique cette course de lenteur, quitte à faire pression sur l'institution judiciaire. Les cadres du Rassemblement national courent les plateaux télévisés pour exiger que le pourvoi en...
-
09/07 - Pour plus de pluralisme dans les médias "mainstream", par Anne Rosencher
C'est une étude qui commence comme un exercice de vocabulaire et qui finit comme un avertissement. Il y a quelques années, The Economist a passé au crible l'intégralité des discours prononcés devant le Congrès américain entre 2009 et 2022, pour en tirer 430 expressions qui sont autant de marqueurs politiques et culturels : selon que vous employiez l'une ou l'autre, sur la santé, la sécurité, le genre ou l'identité, vous épousez plutôt le point de vue démocrate ou plutôt le point de vue républicain.
Une fois ce lexique établi, l'hebdomadaire a ensuite passé à ce tamis plus de 600 000 contenus publiés entre 2017 et 2022 dans les grands médias américains (242 000 articles de presse et 397 000 transcriptions de télévision) afin de voir si l’on pouvait en tirer des leçons quant à l’orientation de la presse et ses évolutions. Résultat : au cours des cinq années étudiées, les grands médias de référence comme CNN, le New York Times ou le Washington Post, avaient de plus en plus épousé la sémantique démocrate. Ils penchaient déjà de ce côté au début de l'étude, mais en cinq ans, ils n'avaient cessé de se déplacer vers la gauche sur les trois quarts des sujets politiques répertoriés. Pendant ce temps-là, on le sait, Fox News bâtissait ses succès d'audience sur le vocabulaire inverse, brandi de façon outrancière et volontairement provocatrice, favorisant - second ricochet - l'émergence de médias frontalement opposés, radicalement de gauche, eux aussi très doués pour le buzz et les...
-
09/07 - Comment Vincent Bolloré a bâti son empire médiatique
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Le 11 mai dernier, alors que le tapis rouge n’est pas encore déroulé sur les marches du Festival de Cannes, 600 professionnels du cinéma français publient une tribune dans le journal Libération, titrée "zapper Bolloré".
Cette tribune est l’illustration de la bataille culturelle qui se joue aujourd’hui, à moins d’un an de l'élection présidentielle. Une polarisation médiatique et culturelle qui se produit à gauche comme à droite...
Impossible ici de ne pas évoquer le cas de CNews et des autres médias du groupe Bolloré. Ce mastodonte multiplie les appels à l'union des droites derrière le RN, non sans prendre des positions embarrassantes pour les partis, comme son traitement de la guerre en Ukraine et son soutien à Vladimir Poutine.
En face, la ligne de certains médias a évolué, en partie pour répondre au groupe du milliardaire breton. Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse assume, avec ses médias comme Radio Nova ou Les Inrocks, de mener une "bataille culturelle" face à l'extrême droite.
Mais comment en est-on arrivé à un tel remodelage du paysage médiatique ? Pour répondre, dans cet épisode d'Hier à la Une, on se replonge dans le parcours de Vincent Bolloré, afin de comprendre son incursion dans la presse, qui remonte au début des années 2000.
RETROUVEZ TOUS...
-
09/07 - Quand l’économie du bien-être produit du mal-être : la toxicité infinie des réseaux sociaux
Toxiques, les réseaux sociaux ? Il y a, en 2026, comme l’impression d’avoir déjà la réponse à la question. Les jugements historiques infligés à Meta (Facebook, Instagram) et Google (YouTube) au printemps, aux Etats-Unis, concernant des affaires d’addiction et de mise en danger de mineurs, en sont une illustration. Pas en reste, TikTok ou X ont aussi fait l’objet d’innombrables enquêtes, rapports et dénonciations. En cause, pour tous, leur inaction face à des contenus dangereux, hors-la-loi, haineux, plongeant les utilisateurs dans le mal-être, la dépression. Ou pire. Certains vont jusqu'à dresser un parallèle avec l'industrie du tabac.
Ce n'est pas la seule part d'ombre du phénomène. Les fondations Jean-Jaurès et April, dans une nouvelle étude publiée ce jeudi 9 juillet, dénoncent la "toxicité invisible" des réseaux sociaux. Leur définition : "Des contenus légaux, souvent bienveillants, parfois même éducatifs, parlent aux jeunes de santé, de sport, d’alimentation, de sommeil et de développement personnel." De l’ordinaire, en somme, qui par la force de la répétition, forge peut-être le plus néfaste : les complexes et névroses de la société de demain.
Car les 15-24 ans, ciblés dans cette étude, ne vont pas seulement faire plus de sport, ou mieux s’apprêter. "Le corps cesse d’être un objet esthétique pour devenir une monnaie symbolique", analyse le document. La jeunesse ajuste son comportement en conséquence. De l'obsession tenace au trouble alimentaire en passant, chez les...
-
09/07 - Derrière la candidature de Marine Le Pen, les ambitions contrariées de Jordan Bardella
Quel esprit ne bat la campagne ? Jordan Bardella contemplait déjà ses châteaux en Espagne. Le jeune président du Rassemblement national était quasiment candidat. La décision de la cour d’appel de Paris, rendue mardi 7 juillet, devait confirmer ce scénario et marquer le premier jour de sa campagne. Ses espoirs ont été douchés nets. Marine Le Pen a finalement écopé d’une peine amoindrie et, si elle se pourvoit en cassation, sera bien candidate à l’élection présidentielle. Adieu, veau, vache, cochon. De potentiel candidat à l’Elysée, Jordan Bardella redevient ce qu'il était à l'origine : l’hypothétique Premier ministre de Marine Le Pen.
Une requalification avec application immédiate. Ce mercredi, dans les rues de La Flèche, où le duo fait sa première apparition officielle, c’est bien Marine Le Pen qui mène la danse. Visage fermé, son numéro 2 déambule à ses côtés, relégué au rang d’accompagnateur et s’assure "ni soulagé ni déçu" : "Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine", lâche-t-il du bout des lèvres. Tout le monde semble très heureux en ce moment au RN. Lors d'un Conseil national organisé au siège du parti, les cadres ont été informés : la campagne est officiellement lancée et tout va pour le mieux. Jordan Bardella l'a répété : il se dit "heureux et ravi de pouvoir démarrer cette campagne". Julien Sanchez, pour sa part, est "un directeur de campagne heureux". Une rétrogradation qui crée des déceptions
Si la situation le comble, la...
-
08/07 - Au sommet de l’Otan, Donald Trump fait de l’Espagne sa nouvelle cible
Donald Trump avait déjà plusieurs dossiers à distribuer au sommet de l’Otan à Ankara : l’Iran, le Groenland, les dépenses militaires européennes, les alliés jugés insuffisamment mobilisés. Mais mercredi 8 juillet, c’est l’Espagne qui a concentré ses attaques. Aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, le président américain a accusé Madrid de ne pas assez participer aux dépenses de défense de l’Otan. Puis il a affirmé vouloir "cesser tout échange commercial" avec le pays. La facture militaire
La déclaration a été faite devant les caméras, sous forme d’instruction adressée à son secrétaire du Trésor, Scott Bessent. Donald Trump a qualifié l’Espagne de "cause perdue", affirmé ne plus vouloir "faire affaire" avec elle, et accusé Madrid de traiter Mark Rutte "terriblement". Le premier reproche porte toutefois sur les dépenses militaires. Donald Trump veut pousser les alliés de l’Otan à consacrer 5 % de leur PIB à la défense. L’Espagne, elle, affirme pouvoir respecter ses engagements avec 2,1 % du PIB. Madrid rappelle aussi avoir augmenté sa contribution et participé à plusieurs missions de l’Alliance. Selon les éléments rapportés par le journal El País, le pays a notamment confirmé son engagement dans une opération en Finlande destinée à défendre l’Atlantique et l’Arctique. Le désaccord ne porte donc pas sur la présence espagnole dans l’Otan, mais sur la manière de chiffrer l’effort demandé.
Un second sujet s’ajoute au premier : l’Iran. Washington reproche à...
-
08/07 - Ce profil qui vous distinguera des autres à l’ère de l’IA, par David Brooks
Vous souvenez-vous de l'époque où l'on assurait que l'IA allait prendre nos emplois et laisser les humains sans rien à faire ? Jusqu'à présent, ce scénario ne semble pas se réaliser. Ayant analysé l’activité numérique de plus de 10 000 employés, des chercheurs d’ActivTrak ont constaté que lorsque les gens adoptent l’IA, leur vie professionnelle devient plus intense, et non l’inverse. Le temps qu'ils consacrent aux mails, à la messagerie et aux applications de chat a plus que doublé. Leur utilisation des logiciels professionnels a elle augmenté de 94 %.
Des chercheurs de la Haas School of Business de l’université de Berkeley ont observé que, lorsqu’ils utilisent l’IA, les employés se mettent à assumer des tâches qu’ils avaient auparavant externalisées, des activités telles que le codage et l’ingénierie devenant plus faciles à réaliser. Ils enchaînent des pics d’activité le soir, le week-end, dans les salles d’attente et dès qu’ils ont un moment de libre et que l’IA est à portée de main. Ils pratiquent également beaucoup plus le multitasking, supervisant toute une série de bots effectuant différentes tâches simultanément.
La tendance générale mise en évidence par cette étude est que de nombreuses personnes n’utilisent pas le temps qu’elles gagnent grâce à l’IA pour en faire moins ; elles s’en servent pour se lancer dans de nouvelles tâches. L’IA semble également modifier les attentes des employés, ainsi que celles de leurs supérieurs, quant au volume de travail qu’ils...
-
08/07 - "Marine, c’est Marine" : dans le bassin minier, des électeurs RN prêts à tout pardonner à leur candidate
En quelques secondes, le visage de Marie-Pascale passe de l’inquiétude au soulagement. "Oh non mais c’est pas vrai !", s’indigne cette mère de famille lorsque nous lui apprenons, ce mardi 7 juillet, que la Cour d’appel de Paris vient bien de condamner Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme à effectuer sous bracelet électronique. Apaisement immédiat lorsque nous lui précisons que sa peine d'inéligibilité a été réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis - ce qui permettra à la cheffe de file du Rassemblement national (RN) de se présenter théoriquement à l’élection présidentielle de 2027. "Ah, tout va bien alors", lâche cette habitante de Bruay-la-Buissière, commune du Pas-de-Calais située à quelques kilomètres de Béthune, en plein coeur du bassin minier. La bourgade a la particularité d’avoir été, en 2022, la ville de plus de 10 000 habitants ayant le plus voté pour Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle… Avec plus de 69 % des voix.
"Elle ne mérite pas ce qui lui arrive. En plus, il n’y a pas qu’elle qui détourne de l’argent !", estime Marie-Pascale, effaçant d’un revers de main le constat très ferme des magistrats : Marine Le Pen et onze autres membres de son parti ont été déclarés coupables de détournements de fonds publics, via un système consistant à faire financer par le Parlement européen des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le Front national (FN), devenu ensuite le RN. Les faits, qualifiés de "graves" par la...
-
08/07 - "Agiter l’épouvantail du facho pour faire monter LFI" : Radio Nova, les dessous d’un virage militant
Sur la table en plastique d’un bar-tabac, une Marlboro rouge se consume d’elle-même jusqu’au filtre tandis qu’un verre de menthe à l’eau estampillé Frigolet (une marque de sirop née à la fin du siècle dernier) défie la canicule. Leur propriétaire vient de s’engouffrer côté comptoir pour participer au karaoké improvisé par deux habitués sur un tube bien connu des années 1980 : Une autre histoire, composée par Gérard Blanc. Savoureux hasard typique de la loterie des ondes. Ici, à Riorges (42), la radio est branchée sur Nostalgie. Ici, on ignore tout de la tournée d’une autre chaîne, la très branchée Radio Nova, qui ne possède même pas de fréquence FM dans le coin, mais qui vient tout de même, cet après-midi, faire une escale à une dizaine de minutes à pied, au parc Beaulieu, pour s’y produire en direct. Depuis la mi-juin, pour achever la deuxième saison de La Dernière, son émission phare, l’équipe sillonne la France des moins de 50 000 habitants à la rencontre de son public non parisien.
A première vue, l’opération aurait pu tourner au fiasco, tant Radio Nova, rachetée par le banquier d’affaires millionnaire Matthieu Pigasse en 2015, hérite d’une image parisienne et branchée. Mais pour qui aurait eu vent de l’ascension de la station, dont l’audience a été multipliée par quatre en deux ans, la présence des quelque 4500 spectateurs dénombrés par les organisateurs n’aura rien d’une surprise. A plus forte raison au vu du succès rencontré par la fameuse émission La Dernière,...
-
08/07 - Ukraine : ces sanctions de plus en plus utilisées par Volodymyr Zelensky contre ses opposants
C'est une loi adoptée en 2014, année où la Russie a déclenché une guerre en annexant la Crimée ukrainienne et en envahissant les oblasts de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays. Elle était initialement conçue comme un outil de lutte contre Moscou. Le président ukrainien de l'époque Petro Porochenko a utilisé un mécanisme de sanctions principalement pour cibler la Russie et ses alliés qui constituent une menace pour la sécurité nationale.
Mais, depuis 2021, sous la présidence de Volodymyr Zelensky, le Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine (NSDC) applique des sanctions contre ses propres citoyens, parfois sans décision de justice, sur la base de renseignements ou d'informations fournis par le Service de sécurité d'Ukraine (SBU). Les responsables pro-russes ne sont désormais plus les seuls visés : des personnalités critiques ou des opposants au président ukrainien sont concernés, selon une enquête de Kyiv Independent parue mardi.
Le tournant s'est ainsi produit un an avant le début de la guerre totale entre la Russie et l'Ukraine, lorsque Volodymyr Zelensky a commencé à utiliser des sanctions contre des personnalités pro-russes qui n'avaient pas été sanctionnées par le système judiciaire du pays, explique le média en ligne ukrainien de langue anglaise. Le chef d'Etat a à l'époque pris pour cible le député pro-Kremlin Viktor Medvedchuk et les chaînes de télévision qui lui étaient liées, critiques à son égard. Ces sanctions ont alors été largement...
-
08/07 - Donald Trump envisage de rouvrir à la Turquie l’accès aux F-35, malgré les sanctions américaines
Il existe des cadeaux diplomatiques bien plus simples qu’un avion militaire. Mais Donald Trump mise sur le sensationnel : rouvrir la porte des F-35 à la Turquie. Mardi 7 juillet, au sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a déclaré qu’il allait lever les sanctions visant la Turquie et qu’il prendrait une décision sur une éventuelle vente de F-35 à Ankara. "Pourquoi ne le ferions-nous pas ?", a-t-il résumé, assis aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, avant d’ajouter que le pays s’était montré, selon lui, "plus loyal" que d’autres alliés.
Le sujet n’a pourtant rien d’un caprice de sommet. En 2019, Washington avait exclu Ankara du programme F-35, après l’achat par la Turquie du système de défense antiaérienne russe S-400. Le Pentagone expliquait alors que la Turquie ne pouvait pas avoir "à la fois" le S-400 et le F-35, de peur que Moscou n’apprenne à mieux détecter les capacités de furtivité de l’appareil américain. La Turquie devait acheter 100 F-35 et fabriquait plus de 900 pièces du programme. Au final, tout cela fut "découplé" avec méthode. Le verrou juridique
Depuis, le dossier est resté coincé entre la géopolitique et le droit. Les sanctions imposées à Ankara relèvent du CAATSA, la loi américaine adoptée en 2017 pour sanctionner notamment les transactions sensibles avec la Russie. Le mois dernier encore, Marco Rubio expliquait que l’administration restait liée par la loi tant que la Turquie n’avait pas réglé le problème du S-400. Selon...
-
08/07 - La guerre des détroits aura bien lieu - Notre série d’été
-
08/07 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
A croire que cela tourne à l’obsession. Chaque année, les exercices militaires chinois simulant un encerclement de Taïwan deviennent plus réalistes… et menaçants. Lors de l’opération "Mission Justice 2025", fin décembre, une trentaine de navires de guerre et de garde-côtes entourent l’archipel, soutenu par 130 avions et drones. Le lendemain, les tirs réels s'enchaînent. Jamais des roquettes n'étaient tombées aussi près de l'île principale, au large des ports de Keelung (nord) et Kaohsiung (sud-ouest).
Les Taïwanais redoutent désormais que Pékin, qui considère leur territoire comme sien et s'est juré de le "réunifier" avec le continent, ne déclenche un véritable blocus. Une hypothèse jugée bien plus crédible qu’une invasion. Selon la plupart des experts, la Chine n'est en effet pas prête pour une attaque amphibie, d’une complexité inouïe. Un débarquement nécessiterait des centaines de milliers de soldats et une coordination étroite entre des forces navales, aériennes et terrestres qui n’ont pas combattu depuis 1979 (contre le Vietnam). La flotte devrait d’abord traverser sous le feu taïwanais un détroit aux eaux agitées, que les marins chinois de l'ère Qing appelaient le "fossé d'eau noire" - un dicton avertissait alors que "sur dix qui...
-
08/07 - Comment Donald Trump a dynamité le sommet de l’Otan
Les Européens s’attendaient à un sommet de l’Otan plutôt serein à Ankara, après tout le mal qu’ils se sont donné pour augmenter leurs dépenses de défense. C’est raté. Donald Trump a dynamité la rencontre ce mercredi en mettant brutalement sur la table une série de sujets de discorde transatlantique : le Groenland, l’Iran, le retrait des forces américaines d’Europe, le commerce…
En quelques phrases, l’irascible président américain a fait voler en éclat les certitudes de ceux qui pensaient pouvoir l’apaiser en sortant leur carnet de chèques. L’idée de renoncer à tenir un sommet de l’Otan l’an prochain a soudain gagné en popularité dans les rangs européens. Pour la première fois depuis longtemps, la déclaration finale du sommet, publiée à la fin de la rencontre mercredi, ne mentionne ni date ni lieu pour une prochaine rencontre entre chefs d’Etat et de gouvernement des 32 Etats membres. Le secrétaire général, Mark Rutte, a seulement précisé qu'elle aurait lieu "en Albanie".
Est-ce le début de la fin pour l’Alliance atlantique ? On n’en est pas là. Mais l’Otan sort affaiblie plutôt que renforcée d’une réunion qui était censée manifester son unité retrouvée à un moment crucial, alors que la menace russe sur son flanc oriental reste toujours aussi vive. Le sommet n'aura réussi qu’à prouver combien le fossé continuait à se creuser entre l’Amérique et ses alliés.
Il y a un an au sommet de La Haye, c’était l’inverse : Européens et Canadiens s’attendaient à une explosion de...
-
08/07 - Guerre en Ukraine : "Varyag", cette nouvelle brigade de drones "impressionnante" déployée par la Russie
Une "évolution préoccupante". Brendan Kelley est inquiet. Dans un article publié sur sa plateforme en ligne Substack, l'analyste militaire décrit la façon dont la Russie serait en train de déployer sur le front ukrainien sa 50e brigade de drones, baptisée "Varyag", au sein des forces russes spécialisées dans les systèmes sans pilote. Celle-ci "témoigne de la volonté de Vladimir Poutine d'étendre les capacités létales de la Russie en matière de systèmes aériens sans pilote (UAS) sur l'axe de Kherson ainsi que sur l'ensemble du front", indique-t-il.
Cette nouvelle formation - à ne pas confondre avec le croiseur Varyag, déployé par la marine russe pour participer à des exercices conjoints avec la marine chinoise - utiliserait pratiquement toutes les catégories de systèmes aériens sans pilote de l'arsenal russe, y compris les drones de combat Shahed à longue portée. Cela semble créer une structure organisationnelle d'une ampleur inhabituelle, regroupant la quasi-totalité des capacités en matière de drones au sein d'une seule formation, explique Brendan Kelley. La 50e brigade aurait été constituée à partir de la "GROM Kaskad", une unité créée en 2023 au sein des Forces aérospatiales russes (VKS). Vers le mois d’août 2025, cette formation aurait commencé à utiliser des drones Shahed pour mener des attaques contre l’Ukraine.
Contrairement aux formations de l'armée conventionnelle, "Varyag" relèverait directement de l'état-major général russe, et non d'un commandement...
-
08/07 - Frappes sur l’Iran : les troublantes failles du ciblage de l’armée américaine
Que vaut une alerte si personne ne l’écoute ? Selon CNN, de hauts commandants américains auraient approuvé des frappes en Iran malgré des avertissements internes indiquant que certains renseignements étaient obsolètes. L’une de ces frappes, menée le 29 février à Minad, dans le sud du pays, a touché l’école Shajareh Tayyiba, alors que la cible visée était une installation voisine des Gardiens de la révolution, organisation paramilitaire chargée de protéger la République islamique d'Iran. Ces révélations interviennent alors que Washington a de nouveau frappé l’Iran, mardi 7 juillet, après des attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.
Après la frappe meurtrière de février sur une école, les médias d’Etat iraniens avaient comptabilisé au moins 168 enfants et 14 enseignants tués. Si Washington a toujours affirmé ne pas viser les civils, une enquête militaire a été ouverte dans les jours suivant la frappe. Plusieurs mois plus tard, elle n’a toujours pas été rendue publique. La Maison-Blanche assure qu’elle est encore en cours, le Pentagone renvoie les questions au Commandement central, qui refuse de commenter pour la même raison.
Selon l'enquête de CNN, publiée mardi 7 juillet, l’affaire ne tient pas à une absence totale d’information. C’est même ce qui la rend embarrassante. Les alertes existaient, puisqu’elles figuraient dans les systèmes utilisés par l’armée américaine pour préparer ses listes de cibles de bases militaires. Ces messages indiquaient que...
-
08/07 - Marine Le Pen, candidate miraculée à la présidentielle de 2027
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 31 mars 2025, la cheffe de file du Rassemblement national à quatre ans de prison, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique, mais surtout à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Une décision très lourde, qui entérine pour l’instant ses espoirs d’une quatrième candidature à l’élection présidentielle en 2027. Héritière d’un parti fondé par son père, Marine Le Pen a patiemment établi une transition identitaire du FN au RN, jusqu’à s’imposer comme finaliste des deux derniers scrutins présidentiels. À 56 ans, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale voit brutalement stoppée une trajectoire patiemment construite depuis son arrivée à la tête du parti en 2011. Le 6 avril, ses soutiens se sont rassemblés place Vauban, à Paris, dénonçant une justice « politique ». Une décision en appel est attendue au début de l’été 2026. D’ici là, le Rassemblement national retient son souffle.
-
08/07 - Donald Trump et le cessez-le-feu en Iran : "En ce qui me concerne, c’est terminé"
Voici l’intégralité des déclarations du président américain Donald Trump au sommet de l’Otan ce jeudi 8 juillet à Ankara, annonçant sa décision de mettre un terme à l'accord qu’il a conclu le mois dernier avec l’Iran. Sa déclaration a fait suite aux frappes iraniennes qui ont ciblé trois navires commerciaux près du détroit d'Ormuz et qui ont déclenché un nouveau cycle de violences réciproques pendant la nuit.
Un journaliste interroge Trump : "Le cessez-le-feu est-il terminé, fini ? Le protocole d'accord est-il mort ?" Ce protocole, dit mémorandum d’Islamabad, a été approuvé le 17 juin, séparément, par le président iranien, Massoud Pezeshkian, et par Donald Trump. Le premier l’a signé à Téhéran et le second, le même soir, lors d'un dîner offert par le président Emmanuel Macron au château de Versailles, à la suite du G7 d’Evian.
Donald Trump répond au journaliste : "C'est une question très intéressante. Pour moi, je pense que c'est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux [NDLR : les Iraniens], ce sont des ordures. Vous savez ce que sont des ordures ? Ce sont des ordures. Ce sont des gens malades. Ils sont dirigés par des gens malades. Et ce sont des gens vicieux, violents. Et s'ils avaient une arme nucléaire, ils l'utiliseraient. En ce qui me concerne, c'est terminé.
Je vais parler à nos négociateurs, ils veulent négocier, ce sont de bonnes personnes, Steve Witkoff, Jared Kushner. Mais ils doivent revenir vers moi. En ce qui me concerne, c'est une perte de temps de...
-
08/07 - Avalanche de CV à la DGSE, un polytechnicien à la tête de la Direction du renseignement militaire
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe. Coup de théâtre autour d’Exail Technologies
Revirement de dernière minute dans l’acquisition du spécialiste franco-belge des drones marins, Exail Technologies. Thales a repris la main en proposant une offre légèrement supérieure à celle soumise par Safran la semaine passée, et écartée dimanche 5 juillet. "Je ne dirais pas que Safran était notre premier choix", a indiqué Raphaël Gorgé, le PDG d’Exail, au sujet du motoriste français, avec lequel les négociations ont achoppé le 3 juillet. Son entreprise prévoit 20% de croissance sur un marché en pleine expansion, celui de la lutte sous-marine robotisée, équivalent aujourd’hui à 85 milliards d’euros. "Et à huit fois plus demain", d’après le PDG de Thales, Patrice Caine.Un polytechnicien à la tête de la DRM
Le général Patrick Justel devrait très prochainement être nommé à la tête de la Direction du renseignement militaire (DRM). Issu de l'école Polytechnique, cet officier a notamment servi au 54e régiment de transmissions, spécialisé dans la guerre électronique. Il est...
-
08/07 - Marine Le Pen condamnée mais candidate à la présidentielle : "un risque considérable" vu de l’étranger
La famille Le Pen sera bien représentée à l’élection présidentielle. Marine Le Pen a annoncé mardi 7 juillet sur TF1 sa candidature pour le scrutin de 2027, dans la foulée de sa condamnation pour détournement de fonds publics par la Cour d'appel de Paris. La députée du RN a été condamnée en appel à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous surveillance électronique, et 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis, dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national.
"J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter", a-t-elle dit à propos du jugement prononcé en appel. "Les Français seront juges car ils vont avoir la liberté de choisir, ce qui jusqu'ici n'était pas le cas."
La cheffe de file du RN a indiqué qu'elle allait se pourvoir en cassation. "J'ai les mains propres et je me pourvois en cassation pour le démontrer", a-t-elle déclaré au 20H de TF1. "Je veux aller au bout des voies de recours qui me sont offertes pour défendre mon innocence dans ce dossier." Elle a justifié sa candidature : "J’avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi suspend les effets de l’arrêt, je ferai campagne sans bracelet électronique", a précisé la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, persuadée qu'elle n'aura pas à faire campagne sous bracelet électronique, et qui a dix jours pour se pourvoir en...
-
08/07 - Etats-Unis : accusé de viol, Graham Platner perd le soutien de ses alliés démocrates
Des membres du parti démocrate appellent Graham Platner à se retirer de la course au Sénat. Jenny Racicot, une femme de 41 ans, a déclaré avoir été violée par le candidat, cinq ans auparavant, ont rapporté lundi 6 juillet Politico et CNN.
L'homme politique a qualifié, dans un communiqué, ces "allégations" de "troublantes, graves et fausses", sans indiquer s’il envisage de suspendre ou de mettre fin à sa campagne. "Nous prenons le temps de réfléchir à la meilleure voie à suivre", a-t-il ajouté par la suite.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique plus large : les élections de mi-mandat. De fait, le Maine est devenu un Etat clé dans la stratégie démocrate de reconquête du Sénat, où le parti dispose de 47 sièges, contre 53 pour les républicains. Seuls quelques sièges sont jugés réellement compétitifs, dont le Maine, aux côtés de la Caroline du Nord, de l'Ohio, du Texas et de l'Alaska.
Le siège de Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, est l’une des cibles de la campagne des démocrates pour obtenir le contrôle majoritaire du Sénat lors des élections. Graham Platner incarne ainsi une chance face à Susan Collins et une source d'inquiétude croissante pour une partie des démocrates.Des "allégations graves et crédibles"
Pour la direction du Parti démocrate du Maine, il est inconcevable de continuer à soutenir le candidat. Le président du mouvement dans l'Etat Charlie Dingman, la vice-présidente Imke Schessler et le directeur exécutif Devon Murphy-Anderson...
-
08/07 - Quand le beaujolais s’habille aussi en blanc
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc (ci-dessous). Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Lorsqu’on évoque le Beaujolais, on pense souvent au vin nouveau, fréquemment aux crus (morgon, saint-amour, brouilly, moulin-à-vent, fleurie…), mais plus rarement au blanc. Pourtant certains terroirs argilo-calcaires de la région se prêtent parfaitement à la culture du chardonnay, notamment aux portes du Maconnais, au nord de l’appellation, où ils peuvent prendre le nom de communes telles Leynes ou Lantignié, et dans les Pierres Dorées, au sud....
-
08/07 - Marine Le Pen : comment son pourvoi en cassation pourrait se retourner contre elle
Et si Marine Le Pen avait rouvert elle-même le piège dont elle croyait être sortie ? Quelques heures après le verdict de la cour d’appel de Paris, la députée du Rassemblement national a annoncé sur le plateau du 20H de TF1 qu’elle serait candidate à la présidentielle de 2027. Ayant accompli depuis le 30 juin dernier les 15 mois d’inéligibilité auxquels l’ont condamné les juges d’appel, rien, selon ses dires, ne l’empêche de briguer une quatrième fois la fonction suprême. Rien, sinon cette condamnation à un an de prison ferme sous surveillance électronique. Une semaine avant son jugement en appel, Marine Le Pen avait elle-même écarté l’idée de mener campagne avec un bracelet à la cheville.
Alors, pour ne pas donner le sentiment de se dédire totalement, la patronne honoraire du RN a annoncé, dans le même mouvement, son intention de se pourvoir en cassation - une démarche qui suspend automatiquement l’application de la décision de la cour d’appel et gèle donc, pour l’heure, le port du bracelet électronique. Une façon, ont admis hier ses avocats sur le plateau de C à vous sur France 5, de gagner du temps. L’épisode que beaucoup imaginaient clos au soir du 7 juillet ne l’est donc pas tout à fait. En se pourvoyant elle-même en cassation, Marine Le Pen prolonge son calvaire judiciaire ; un pari risqué.
Car si la présidente honoraire du RN a martelé qu’aucune autre décision de justice ne pourrait la priver d’être candidate les 18 avril et 2 mai prochains, des doutes persistent...
-
08/07 - Malouines : derrière le feu mal éteint de la guerre, des enjeux géostratégiques vertigineux
Un demi-siècle, ou presque, après la guerre des Malouines, l’archipel britannique du même nom demeure un sujet hautement inflammable en Argentine. Il aura suffi de la révélation, en avril, d’un courriel interne au Pentagone pour réveiller le souvenir traumatique de la défaite militaire face à la Royal Navy, en juin 1982. Et raviver l’espoir jamais éteint d’une reconquête des Malvinas, le nom espagnol de cet archipel perdu et venteux, composé de deux grandes îles, quelques pubs anglais, 3 600 habitants - les "Kelpers" - et d'un million de manchots.
Dans cet e-mail rédigé par Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense de la Maison-Blanche, on peut lire que les Etats-Unis n'excluent pas de revoir leur soutien diplomatique aux "possessions impériales" européennes. L’objectif ? Punir les pays du Vieux Continent pour leur manque de soutien à la guerre américano-israélienne en Iran. La note mentionne explicitement les Iles Falklands (le nom anglais des Malouines), ce qui vise directement le Premier ministre britannique Keir Starmer - qui a démissionné depuis -, accusé à l'époque par Donald Trump de n’être "pas d'une grande aide" malgré la "relation spéciale" qui unit Londres et Washington depuis Winston Churchill. Milei saute sur l'occasion
Après la fuite du "mémo" d'Elbridge Colby dans la presse, le président argentin Javier Milei – fervent soutien de Washington et de Tel-Aviv– déclarait qu'il faisait "tout ce qui est humainement possible" pour récupérer les Malouines, se...
-
08/07 - Le Lafayette Fellowship, une bourse pour former la future élite américaine francophile
Ils vont découvrir la France sous son meilleur jour. Le défilé du 14-Juillet, sur invitation du président de la République. Une visite privilégiée du musée du Louvre et du Mucem de Marseille. Le tour des laboratoires de Pasqal, champion tricolore du quantique. Une immersion artistique au festival d’Avignon et aux Rencontres photographiques d’Arles… Trente étudiants américains démarrent en ce mois de juillet une année hors-norme, après avoir décroché une bourse auprès de la Villa Albertine, le service culturel de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Admis dans la première cohorte de ce programme, baptisé "Lafayette Fellowship", ces disciples de Columbia, Yale ou Stanford s’apprêtent à intégrer un master à Paris Saclay, l’Ecole normale supérieure, Supaero ou encore HEC. Fine fleur sélectionnée parmi 3 400 candidatures, au terme de plusieurs étapes de sélection, jusqu'à un ultime jury présidé par l’économiste nobélisée Esther Duflo.
A peine arrivés en France, les heureux élus ont été conviés à la commémoration des 250 ans de l’indépendance de l’Amérique sous les ors de Versailles. Parmi eux, Braeden Carroll, étudiant de Princeton de 22 ans qui n’avait jamais quitté sa "bulle" du New Jersey, fera sa rentrée de septembre à l’Ecole Polytechnique pour suivre un master Energy Environment. Avec d’autant plus d'enthousiasme que "les prochaines avancées en matière d’énergies renouvelables viendront d’Europe plutôt que des Etats-Unis", estime le futur ingénieur. Sa compatriote née...
-
08/07 - Frappes américaines en Iran, riposte de Téhéran : la trêve vacille au Moyen-Orient
L'armée américaine a mené, mardi 7 juillet, de nouvelles frappes en Iran après avoir suspendu plus tôt dans la journée l'autorisation temporaire accordée à Téhéran de vendre son pétrole dans le cadre du protocole d'accord signé le mois dernier par les deux pays, dont Donald Trump a jugé mercredi qu'il était "terminé".
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé avoir lancé une série de frappes en "réponse" aux attaques imputées à Téhéran de trois pétroliers près du détroit d'Ormuz. "L'agression de l'Iran était injustifiée, dangereuse et une violation évidente du cessez-le-feu", a écrit le Centcom sur le réseau social X.
Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs explosions avaient visé les ports de Sirik et Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, ainsi que l'île de Qeshm, sans fournir davantage de détails. Le commandement central américain a déclaré que plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la révolution islamique figuraient parmi les cibles touchées.
Un responsable américain a déclaré à Reuters que l'armée avait visé les systèmes de défense aérienne, des systèmes de surveillance côtière, des missiles et des sites de lancement de drones en Iran lors des dernières frappes qu'elle a effectué.Bahreïn et le Koweït visés
En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré mercredi avoir ciblé des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït. Dernier coup porté au fragile accord de cessez-le-feu, les Iraniens...
-
08/07 - "Que se passera t-il si le RN arrive au pouvoir ?" : la présidentielle obsède déjà le Parlement européen
Ile Longue, 29 juin. Une poignée d’eurodéputés pénètrent d’un pas hésitant dans l’un des bâtiments de la base stratégique. Saisis par la solennité du lieu, ils croient entendre, à nouveau, le discours qu’y a prononcé Emmanuel Macron le 2 mars, devant les plus hautes autorités militaires. En songeant à la nouvelle doctrine, la "dissuasion nucléaire avancée", ils sont pris d’un vertige : qui sera, en 2027, le chef des armées de la seule puissance dotée de l’UE ? Deux Néerlandais brisent l’imposant silence et se tournent vers Nathalie Loiseau : “Que se passera-t-il si le RN arrive au pouvoir ? Plus de dissuasion avancée ? Plus de défense européenne ? Plus de France dans le commandement intégré de l’Otan ? Mais ce n’est pas possible !" Le 22 juin, la députée européenne Renew, qui soutient Edouard Philippe, répondait aux mêmes questions après l’audition, à Bruxelles, de la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo. Strasbourg n’est pas si loin de Paris et tout le monde a compris l’importance de l’enjeu de la campagne présidentielle française.
"Pas un jour ne passe sans que l’on m’en parle, assure François-Xavier Bellamy. Toute l’Europe nous regarde". Ce 7 juillet, justement, on lui en parle. "Alors ?", s’enquiert un eurodéputé allemand lorsque la décision de la cour d’appel tombe. "On ne sait pas trop, on est suspendus au 20 heures de Marine Le Pen", répond Bellamy. "Qu’est-ce que c’est long votre histoire…”, lâche, hilare, l’élu allemand. Si on lui en parle, l’inverse est...
-
08/07 - De la prison au palace : "Privilèges" ou le choc social en vitrine, par Christophe Donner
Malgré mes déboires avec HBO et sa calamiteuse série à gros succès, Heated Rivalry, je me suis encore laissé influencer par les dithyrambes parus dans la presse sérieuse, mais décidément complaisante, pour une autre série gay-friendly, Proud. C’est l’histoire d’un jeune modèle super sexy qui, à la suite du décès de la sœur, se retrouve avec le bébé de celle-ci sur les bras. Un gros mélo, en fait, et à peine plus supportable que les amours contrariées de nos deux tourtereaux à la crosse succès-foule. Avant de me désabonner de nouveau, je voulais savoir comment le papa-proud allait s’en tirer. Je me suis alors rendu compte que la série était servie au compte-goutte : un épisode par quinzaine. Sans doute pour décourager les petits malins comme moi de se désabonner après avoir avalé les dernières nouveautés de la plateforme en speed watching. Bien joué : je reste.
En attendant la fin de l’été pour savoir si le papa gay s’en tire en inscrivant son fardeau vagissant dans une agence de bébés mannequins, je me suis promené sur la plateforme et je me suis laissé tenter par le parfum de Privilèges, série française de Marie Monge et Vladimir de Fontenay qui se passe dans un palace parisien… et dans une prison de la région parisienne.
Qu’est-ce que les extrêmes nous apprennent sur notre petite vie moyenne, raisonnablement marconienne ? C’est à cette question enthousiasmante que ne répond aucun des six épisodes de Privilèges. Ils ne sont là que pour nous divertir, et dans le genre,...
-
08/07 - Comment le Vatican a bâti l’un des plus anciens réseaux d’espions
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Dans les années 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, le Vatican reçoit des milliers de courriers venus du monde entier. Rapports diplomatiques, lettres de missionnaires, informations envoyées depuis les paroisses. Au centre de tout ça, un homme : Eugenio Pacelli, devenu le pape Pie XII. Ancien diplomate du Vatican, fin connaisseur des équilibres européens, il se retrouve à la tête d’un Etat minuscule connecté à presque tous les autres. Et dans une Europe en guerre, cette position donne au Vatican un pouvoir très particulier : un accès constant à des informations venues des deux camps, à la manière d’un service d’espionnage.
Pendant des décennies le silence de Pie XII face aux crimes nazis a suscité de vives critiques. On lui a reproché d’être resté passif devant les agissements d’Hitler alors même qu’il connaissait l'ampleur des persécutions contre les Juifs. Alors, quand en mars 2020, à la demande du pape François, le Vatican ouvre les archives de son pontificat, les historiens comprennent immédiatement l’importance de cet événement. C’est une mine d’or. Ces archives couvrent la période de 1939 à 1958. Plus de 80 ans après l’élection de Pie...
-
08/07 - Marine Le Pen, la candidate miraculée : comment elle veut reprendre la main au RN
Marine Le Pen a toujours eu une dévotion particulière pour la Sainte Vierge. Son rapport contrarié à l’épiscopat ne l’a jamais empêchée de prier. "Je crois aux miracles", aime répéter la fille de Jean-Marie Le Pen. La foi a payé, ce mardi 7 juillet. Condamnée en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, la cour d’appel de Paris a confirmé sa culpabilité, mais n'a condamné Marine Le Pen qu'à 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois assortis de sursis, trois ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende. Une décision moins sévère que celle rendue en première instance, en mars 2025, lorsque la députée avait été condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate.
Depuis son premier passage devant les juges, Marine Le Pen a donc déjà "purgé" cette peine d'inéligibilité de quinze mois ferme, et, techniquement, rien ne l'empêche plus de se porter candidate à l'élection présidentielle. Sur le plateau de TF1, ce mardi, elle l'annonce donc officiellement : "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle, et je ne changerai pas d'avis". Le pari est périlleux. La désormais prétendante à l'Elysée se pourvoit en cassation, et prend le risque que la Cour de cassation, si elle rend son arrêt avant le scrutin, l'oblige à porter un bracelet électronique en pleine campagne. Tapis.
Elle avait pourtant juré que 2022 serait sa dernière candidature. La perspective d’une retraite forcée l’a fait changer d’avis. "La...
-
07/07 - Marine Le Pen candidate à la présidentielle, récit du jour le plus long
Ses cernes trahissent des derniers jours agités. Ce mardi 7 juillet, les secondes ont duré des heures pour Marine Le Pen, dont le destin politique reposait entre les mains de la cour d'appel. Invitée au 20 Heures de TF1, elle clarifie enfin la situation. "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle, et je ne changerai pas d'avis." "Je considère que deux juridictions peuvent commettre une erreur, et l'Etat de droit le considère aussi car il permet d'inscrire un pourvoi en cassation, ce que je ferai pour que la cour de cassation tranche ce sujet de droit", ajoute-t-elle, précisant que le pourvoi en cassation "suspend les peines prononcées par la cour d'appel", qui venait de la condamner au port du bracelet électronique pendant douze mois. C'est la fin d'un long suspense, qui durait depuis près d'un an, et s'est étiré sur toute cette journée du mardi. Retour sur le jour le plus long.
Il est 5 heures, Paris s’éveille. Une file interminable se forme devant les grilles du Palais de justice de Paris, où doit être dévoilée la décision de la cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. La journée, attendue depuis près d’un an, promet d’être longue. L’île de la Cité accueille tour à tour le flot de journalistes venus couvrir l’événement et les soutiens de la triple candidate à la présidentielle, qui ne sait toujours pas si elle pourra porter les couleurs de l’extrême droite une quatrième fois en 2027.
Fin de matinée, les couloirs du...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée, mais candidate : la victoire du RN est-elle inéluctable en 2027 ?
"Je suis gaullienne", a-t-elle lâché, l’air de rien, le jeudi à la télévision. "Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place", a-t-elle lancé le samedi aux militants du RN, citant ainsi Le chant des partisans, hymne de la résistance française pendant l’Occupation. C’est par ce spectaculaire en même temps qu’ahurissant tête-à-queue de l’histoire que Marine Le Pen a occupé la scène de l’élection présidentielle, avant d’être condamnée, ce mardi 7 juillet, à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis. Ultime normalisation pour un parti qui s’est construit dans l’antigaullisme mais dont le sort désormais se retrouve entre les mains d’une candidate sous bracelet électronique, favorite du scrutin de 2027. "Je suis un peu différente des autres, assurait-elle il y a plusieurs mois. Je sais qui je suis, je suis mieux placée pour mener des réformes difficiles car j’en ai pris plein la gueule toute ma vie."
C’est arrivé demain ? "L’idée que nous pouvons arriver au pouvoir est aujourd’hui acquise", répète depuis plusieurs années Marine Le Pen, avant que la justice ne vienne percuter cette ascension. Une bataille présidentielle ressemble rarement à une autre. Si celle-ci en évoque une autre, c’est celle de 1981, quand François Mitterrand réussit la grande alternance dont la Ve République ne savait pas, alors, si elle en était capable. "Une poussée internationale dans les deux cas, l’acceptation de la société, le fait que...
-
07/07 - Peter Ticktin, l’ami de jeunesse de Donald Trump qui veut le pousser à déclarer l’état d’urgence électoral
À 80 ans, cet avocat installé en Floride se présente comme un ancien "meilleur ami" du président américain. Et depuis leur rencontre à la New York Military Academy — un lycée new-yorkais — il y a plus de soixante ans, Peter Ticktin l’affirme : il a conservé un lien très privilégié avec Donald Trump. Devenu l’un des défenseurs les plus visibles des thèses contestant l’élection de 2020, Peter Ticktin tente aujourd’hui, selon une enquête de la chaîne de télévision américaine CNN, de convaincre le président américain d’aller plus loin dans son combat contre ce qu’il décrit comme une "menace étrangère" pesant sur le système électoral américain. Il est même parvenu à intégrer, selon la chaîne américaine, le cercle de proches et d’alliés qui poussent aujourd’hui Donald Trump à déclarer un état d’urgence nationale. Le but ? Placer de fait les élections de mi-mandat sous un contrôle fédéral accru, en invoquant une supposée ingérence étrangère via les machines à voter.
Au cœur de son argumentaire réside une affirmation jamais démontrée publiquement : l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée à Donald Trump par une opération impliquant notamment le Venezuela, la Chine et l’Iran. Dans un entretien accordé à CNN, Peter Ticktin a affirmé que des preuves allaient bientôt émerger, notamment à travers l’affaire judiciaire visant le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. "Avec les preuves que nous avons, et avec les preuves qui vont arriver, il n’y aura aucun doute", assure-t-il...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée : quand la justice fait intelligemment de la politique
Quand la justice devient-elle "politique", formule à connotation péjorative ? Quand son glaive ne fait-il que prononcer des sanctions "individualisées", exigence à valeur constitutionnelle ? La condamnation en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN a mis en lumière la frontière ténue - existe-t-elle vraiment ? - entre ces deux approches lorsque le prévenu d'un procès est lui-même un responsable politique, de surcroît candidat à l'élection présidentielle.
Marine Le Pen a été condamnée ce mardi 7 juillet à trois ans de prison, dont un an ferme à purger à domicile sous bracelet électronique, et à quinze mois ferme d'inéligibilité. Cette peine civile est considérée comme purgée, après une condamnation en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate en mars 2025. Cette fameuse exécution provisoire, si décriée par les cadres RN, a peut-être sauvé la députée du Pas-de-Calais.
-
07/07 - Après le scandale financier, Nigel Farage retourne devant les électeurs
Nigel Farage a choisi une manière très personnelle de répondre à une enquête parlementaire : retourner devant les électeurs. Mardi 7 juillet, le chef de Reform UK a annoncé qu’il démissionnait de son mandat de député de Clacton, dans l’Essex, afin de provoquer une élection législative partielle. Il se présentera à sa propre succession. Dans une déclaration vidéo, il a expliqué vouloir laisser "les habitants de Clacton" juger ses actions.
Ces actions, qui, depuis quelque temps, sont sous le feu des projecteurs : Nigel Farage est sous pression après la révélation d’un don de 5 millions de livres sterling, soit environ 5,7 millions d’euros, venu de Christopher Harborne, milliardaire spécialisé dans les cryptomonnaies. Ce don n’aurait pas été déclaré aux autorités compétentes. Le comité d’éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai sur ce point. Nigel Farage, lui, affirme n’avoir "rien fait de mal". À ce stade, il n’a pas été sanctionné. Mais l’affaire impose déjà à Reform UK un exercice peu agréable pour un parti qui a bâti une grande partie de son discours sur la dénonciation des arrangements opaques. Le dossier ne s’arrête pas là
Nigel Farage a aussi indiqué que ses finances faisaient l’objet d’une deuxième enquête, après des allégations concernant George Cottrell, un proche du dirigeant de Reform UK, entrepreneur dans les cryptomonnaies et condamné par le passé pour fraude. Selon les éléments rapportés par la presse britannique, Farage aurait bénéficié,...
-
07/07 - Présidentielle : Edouard Philippe est-il trop sérieux pour l’emporter en 2027 ?
"Croire en nous" : c’est le nouveau slogan d’Edouard Philippe, lancé dimanche dernier lors de son meeting à l’Adidas Arena. Après Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal, ou encore Raphaël Glucksmann, le chef du parti Horizons a clos cette première saison des meetings présidentiels.
Et s’il a saisi cette occasion pour annoncer quelques-unes de ses propositions pour 2027, le meeting était aussi le moment pour lui de tenter de se dévoiler. L’ancien Premier ministre l’affirme lui-même : il est un candidat sérieux. Mais l’enjeu pour lui est de se raconter au-delà de l’image du conseiller d’Etat raisonnable. Dans cette vidéo, notre journaliste Erwan Bruckert vous raconte ce meeting crucial pour Edouard Philippe, avec une question : est-il trop sérieux pour 2027 ?
-
07/07 - Chine : pourquoi Cai Qi est devenu l’homme clé de Xi Jinping
Quel chemin parcouru pour Cai Qi. À 70 ans, ce membre du Comité permanent du Bureau politique vient d’être nommé à la tête de l’École centrale du Parti communiste chinois, l’institution chargée de former les cadres dirigeants du régime. Le nom sent le manuel, la salle de cours et la cérémonie de remise de diplômes. Le poste, lui, est bien plus stratégique. Alors que Xi Jinping prépare un quatrième mandat et s'apprête à renouveler une large partie des dirigeants du Parti, Cai Qi se retrouve au cœur d’un enjeu décisif : identifier les responsables chargés d'appliquer la ligne du président chinois dans les prochaines années.
La question intervient à un moment particulier. Xi Jinping se dirige vers un quatrième mandat, qui prolongerait son pouvoir au moins jusqu’au début des années 2030. Mais il devra aussi renouveler une partie importante de la haute hiérarchie du Parti. Selon les règles d’âge traditionnellement appliquées, plus des deux tiers des quelque 200 membres du Comité central pourraient quitter leurs fonctions lors du prochain congrès. Il faudra donc choisir de nouveaux responsables, les tester, les faire monter, éviter les mauvais profils et surveiller les ambitions.
C’est ici qu’entre Cai Qi dans l'équation. L’homme n’est pas un nouveau venu dans l’entourage de Xi Jinping. Né en 1955 dans le Fujian, il rejoint le Parti communiste en 1975, étudie l’économie politique, puis gravit les échelons dans l’administration locale. Dans les années 1990 et 2000, il...
-
07/07 - "Xenia Fedorova était furieuse" : la bascule idéologique de CNews racontée de l’intérieur
Dominique vit seul, dans une grande maison située au cœur d’un village agricole du nord de la Bourgogne. Quand il est devant son poste de télévision, ce retraité passionné d’histoire et de politique zappe d’une chaîne d’information à l’autre. C’est qu’il met un point d’honneur à diversifier les canaux par lesquels il suit l’actualité, pour "ne pas avoir un seul son de cloche". Mais ces dernières années, cet électeur des Républicains le concède volontiers : c’est sur CNews qu’il passe le plus de temps. "Je trouve qu’ils apportent un point de vue intéressant, parce qu’ils disent des choses qu’on n’entend nulle part ailleurs". Un sain rééquilibrage pour une droite qui n’a eu de cesse de fustiger l’hégémonie culturelle de la gauche dans l’écosystème médiatique français. "Combien de fois ai-je entendu des gens me dire 'heureusement que CNews existe !'", se rappelle l’essayiste conservateur Philippe Bilger, ancien habitué des plateaux de la chaîne de Vincent Bolloré et auteur de L’Heure des crocs (L’Archipel). La liberté d'opinion, une espèce en voie de disparition ?
Depuis quelques mois, pourtant, Dominique passe moins de temps devant CNews : "quelque chose a changé, j’ai l’impression que c’est moins diversifié qu’à l’époque". A en croire la chute des audiences de la chaîne, ils sont nombreux, comme Dominique, à passer de moins en moins de temps sur le canal 14. Passée en dessous de la barre des 3 % en avril, derrière LCI et BFMTV, elle oscille entre 2,6 et 2,8 % de part de...
-
07/07 - Arnaud Teyssier : "De Gaulle éprouvait une sorte d’angoisse au sujet de la France et de son destin"
"Finalement, Charles de Gaulle avait raison", entendit-on il y a quelques mois sur la BBC. Lâchés et tancés par Donald Trump, les Européens invoquent la figure du Général. Qu'aurait pensé l'homme du 18-Juin, incarné par Simon Abkarian dans les deux films d'Antonin Baudry, de la fracture au sein de l'Occident, de Vladimir Poutine, de l'Union européenne ? On ne peut pas faire parler les grands personnages du passé. Mais on peut plonger dans leur pensée et tirer les leçons pour notre époque de leur action.
Ce que nous faisons avec l'historien Arnaud Teyssier, auteur d'une singulière biographie, Charles de Gaulle : l’angoisse et la grandeur (Perrin). Président du Conseil scientifique de la fondation Charles-de-Gaulle, on lui doit deux autres livres sur ce personnage : De Gaulle 1969 et L’énigme Pompidou-de Gaulle. Dans un style étincelant et puisant dans une érudition prodigieuse, Teyssier brosse le portrait d'un homme angoissé à titre personnel, mais qui portait en même temps "l'angoisse collective du peuple français".
Le deuxième épisode de notre série "Les grands stratèges de l'histoire" est à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : "L'angoisse et la grandeur" : pourquoi avoir associé ces deux notions dans un même titre ?
Arnaud Teyssier : De Gaulle lui-même disait qu'il éprouvait une sorte d'angoisse, qui ne l'a jamais quitté, au sujet de la France et de son destin....
-
07/07 - Donald Trump lance une dérégulation historique des armes, et son fils pourrait en profiter
L’administration Trump a engagé, depuis son retour à la Maison-Blanche, un vaste démantèlement de la réglementation sur les armes à feu aux États-Unis. Selon les informations des journaux américains, le New York Times et le Washington Post, plus de 34 mesures sont actuellement en cours de suppression par le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (A.T.F.), l’agence chargée de faire appliquer la législation sur les armes. Parmi elles, on retrouve l’abandon de la politique de "zéro tolérance" concernant les armuriers qui enfreindraient la loi, mais aussi le relèvement du seuil à partir duquel l’A.T.F. peut retirer leur licence ou encore l’assouplissement des restrictions visant certains acheteurs souffrant de troubles mentaux. La plupart de ces propositions ont été rédigées par Robert Leider, nouveau conseiller juridique de l’A.T.F. nommé par l'ancienne ministre de la Justice, Pam Bondi.
Cette réforme est présentée par l’administration du président d’extrême droite comme un retour au cadre réglementaire en vigueur avant la présidence de Joe Biden. Lors de sa campagne en 2024, Donald Trump s’était engagé à devenir "le meilleur ami des propriétaires d’armes" à la Maison-Blanche. Avant de signer, peu après son investiture, un décret demandant au ministre de la Justice d’examiner ce qu’il qualifie "d’atteintes continues" aux droits garantis par le Deuxième amendement de la Constitution américaine. Antécédents mentaux, envoi par la poste et vérification d’identité en...
-
07/07 - Hakan Fidan, le maître espion turc qui pourrait succéder à Erdogan
"C’est un grand professionnel" : que ce soit chez les diplomates ou les espions, partout son nom est désormais prononcé avec respect et considération. Hier chef des puissants services turcs de renseignement, aujourd’hui ministre des affaires étrangères et demain potentiel successeur du président Erdogan. Tel est Hakan Fidan – un personnage discret, influent et ambitieux. Il vient ainsi de jouer un rôle essentiel dans la préparation du sommet de l’Otan, les 7 et 8 juillet à Ankara, la capitale de la Turquie.
Parcours atypique que celui de ce grand costaud qui fêtera son 58e anniversaire dans quelques jours. Il est un pur produit de la méritocratie et des réseaux de l’AKP – le parti au pouvoir. "C’est un outsider dans l’establishment traditionnel. Il fait partie des rares personnalités très compétentes qui ont émergé de la base sociologique de l’AKP", assure la diplomate turcophone Muriel Domenach. En poste à l'Otan
Né dans un milieu modeste du vieil Ankara, Fidan s’était engagé à 18 ans dans l’armée comme sous-officier dans les transmissions. Il s’y spécialisa dans les interceptions électroniques et la langue anglaise – qu’il parle parfaitement – avant de quitter l’uniforme, au bout de quinze ans, avec le grade d’adjudant-chef.
Dans un pays où les généraux imposaient alors régulièrement leur loi, ce grade modeste ne le prédisposait sans doute pas à une grande carrière. Mais le jeune sous-off avait été en poste en Allemagne, au sein d’un état-major de l’Otan et, sans...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée : pourquoi elle pourrait quand même se présenter à la présidentielle
Ce mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, l’ancêtre du RN. A la suite d'un délibéré d'un peu moins d'une heure, les douze prévenus qui avaient fait appel de leur décision en première instance, ont été condamnés. Parmi eux, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national à l'Assemblée, et, à l'époque des faits, présidente du parti.
Dans le détail, la députée du Pas-de-Calais poursuivie pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics, écope d’une peine de trois ans de prison dont un an ferme, sous bracelet électronique. Une décision que Michèle Agi, la présidente de la cour d'appel a justifié en soulignant qu'"un complice est un instigateur plus dangereux. Et la magistrate d'ajouter : en tant que cheffe de parti, "il convient de faire respecter les règles".15 mois ferme d'inéligibilité
A cette peine, s'ajoutent une amende de 100 000 euros et une inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis. Une décision moins sévère que celle rendue en première instance, en mars 2025, lorsque la députée avait été condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate. View this post on Instagram
Depuis son premier passage devant les juges, Marine Le Pen a donc déjà "purgé" cette peine d'inéligibilité de 15 mois ferme. "L’exécution de cette peine [d'inéligibilité] depuis le 31 mars 2025 a...
-
07/07 - Au Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot recase quatre de ses proches conseillers
A la valse des ambassadeurs et au très classique renouvellement estival des postes diplomatiques à travers le monde s’ajoute la nécessité de récompenser les plus fidèles conseillers ministériels. Le cabinet de Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay aura servi de tremplin à plusieurs d’entre eux. La dernière fenêtre de tir s'annonce pour les profils les plus ambitieux, à moins d'un an de l'élection présidentielle et de la fin du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Sur les dix-sept conseillers du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, trois sont en route vers des postes d’ambassadeurs, dont deux pour la première fois de leur carrière.
Le conseiller Afrique de Jean-Noël Barrot devrait prendre à la rentrée les fonctions d’ambassadeur de France au Cap-Vert. Omar Keita, qui a également officié en tant que conseiller politique à Addis-Abeba, en Ethiopie, et à New York, au sein de la mission permanente de la France auprès des Nations Unies, était plus largement en charge de l’"agenda transformationnel" du Quai d’Orsay. Une expression forgée par Emmanuel Macron dès 2017 et qui recouvre la construction de nouveaux partenariats économiques et culturels avec les pays africains, notamment d’Afrique de l’Ouest. Sa nomination a été soumise le 27 mai en Conseil des ministres et reste, au même titre que les nominations d’autres ambassadeurs, suspendue à l’agrément du pays d’accueil.
Plus inattendu sur le papier, la cheffe de cabinet du ministre de l’Europe et des Affaires...
-
07/07 - Bernard Arnault et Polytechnique : merci au Rockefeller français ! Par Eric Chol
Merci patron ! : c’était, il y a dix ans, le titre du documentaire de François Ruffin sur le patron de l’empire du luxe mondial. Satirique, le film a rempli les salles, remportant le César du meilleur documentaire. Un film très engagé, montrant le combat d’un couple d’anciens ouvriers du groupe LVMH dans le nord de la France qui cherche à se faire indemniser par le tycoon français. Depuis, Bernard Arnault continue de servir de cible dès qu’il s’agit de tourner en dérision les grandes fortunes, de taxer les riches ou d’appeler à la fin du capitalisme. La ficelle est un peu grosse, mais fonctionne toujours aussi bien.
"Merci, Bernard Arnault" : cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un nouveau film mais des mots de Frédéric Oudéa, le président de la Fondation de l’Ecole polytechnique, le 2 juillet, à l’Hôtel des Invalides. Le président de LVMH officialisait ce jour-là une donation exceptionnelle de 50 millions d’euros en faveur de l’Ecole polytechnique, afin de créer l’Institut de mathématiques et des sciences fondamentales qui verra le jour en 2030. "Des chercheuses et des chercheurs de toutes les disciplines et du monde entier, invités de cet institut, viendront sur notre campus, au cœur du plus grand cluster scientifique européen qu’est le Plateau de Saclay", s’est réjouie Laura Chaubard, directrice de l’X.
Le futur institut abritera entre autres une Résidence mathématique et un amphithéâtre baptisé Evariste Galois, ce génie français fauché dans un duel le 30 mai 1832 alors...
-
07/07 - Explosion à Monaco : une femme soupçonnée d’être impliquée retrouvée morte près de Kiev
Le corps d'une Ukrainienne, soupçonnée d'avoir perpétré un attentat à la bombe visant un riche homme d'affaires d'origine ukrainienne à Monaco la semaine dernière, a été retrouvé près de Kiev, la capitale ukrainienne, a rapporté, mardi 7 juillet, le média Ukrainska Pravda. Citant des sources au sein des forces de l'ordre, le média ukrainien a indiqué que la femme avait été abattue par balle et que son corps avait été découvert lundi vers 23 heures, heure locale (20 h 00 GMT).
Anastasiia Berezovska, 39 ans, figurait comme principale suspecte dans une notice rouge d'Interpol ; celle-ci précisait qu'elle était de nationalité ukrainienne, parlait allemand et était recherchée par les autorités monégasques pour tentative de meurtre, dépôt d'un engin explosif dans un lieu public à des fins criminelles et association de malfaiteurs.
Le vice-procureur de Monaco a déclaré la semaine dernière que l'auteure de l'attaque avait quitté la principauté à pied pour rejoindre la France voisine, avant de fuir en voiture vers l'Allemagne en traversant plusieurs pays européens, dont l'Italie. Vadim Ermolaev, homme d'affaires d'origine ukrainienne, ainsi que sa compagne et son fils, ont été blessés lors de l'attaque survenue lundi 29 juin, selon certaines sources. Figure du monde des affaires en Ukraine, il appartient au cercle des entrepreneurs qui ont contribué à façonner l’économie du pays après la disparition de l’Union soviétique. Sa fortune est estimée à plusieurs centaines de millions...
-
07/07 - Affaire Lyhanna : repenser la justice impose de repenser le rôle du juge, par Matthieu Bourrette
"Justice, ne jamais s'en inquiéter", écrivait déjà Flaubert au milieu du XIXe siècle dans son Dictionnaire des idées reçues. Au-delà de la polysémie de cet aphorisme, force est de constater que depuis bien longtemps déjà la justice a été oubliée du débat public, et ce alors que paradoxalement la Constitution de 1958 l’a transformée en pilier essentiel de notre démocratie en faisant des magistrats les gardiens de la liberté individuelle.
Mais tel un volcan éteint qui parfois se réveille, à intervalles de scandales judiciaires irréguliers (Outreau, Lyhanna), on se souvient de cette vieille institution "clochardisée", et on s’interroge, légitimement ou faussement naïvement, sur son efficience et sa capacité à exercer sa mission de gardien des promesses de rendre la Justice.
Si la responsabilité implique de rendre des comptes, encore faut-il que le débat puisse se dérouler dans des conditions de sérénité, exigence malaisée face à l’émotion et à la douleur de parents légitimement éplorés et de concitoyens tout aussi sincèrement scandalisés et interrogatifs .
Le philosophe Gramsci définissait la crise comme cet "interrègne où l’ancien meurt et le nouveau ne peut pas naître, et où l’on observe les phénomènes morbides les plus variés". La crise de la Justice, latente ou exprimée, est à la fois ancienne et longue. Trois champs des possibles s’offrent à nous pour envisager, enfin, l’amélioration du système judiciaire.L'affaire Lyhanna, révélatrice du manque de moyens
Même si...
-
07/07 - Face aux provocations de Donald Trump, l’Italie de Giorgia Meloni fait le choix de l’indifférence
Les chancelleries ont longtemps vécu de communiqués, de coups de fil et de déjeuners sans compte rendu. Donald Trump a choisi d'utiliser son réseau social, Truth Social, pour encore une fois viser publiquement Giorgia Meloni. Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, le président américain a partagé une photo retouchée de la Première ministre italienne le regardant avec admiration. En légende, une formule en lettres capitales : "Restraining order needed", soit "ordonnance d'éloignement nécessaire". Une séquence pour le moins inhabituelle entre alliés, qui survient qui plus est deux jours avant le sommet de l'Otan à Ankara.
À Rome, la consigne a été rapidement fixée : ne pas répondre. Giorgia Meloni s'est gardée de toute réaction. Antonio Tajani, vice-président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, a estimé sur Sky TG24, média italien, que les propos de Donald Trump "se passent de commentaire". Il a ajouté que l’Italie ne répondrait pas "à ce type de propos" et qu’elle préférait "passer à autre chose", les relations transatlantiques allant, selon lui, "bien au-delà des déclarations individuelles". Le ministre de la Défense Guido Crosetto a tenu la même ligne : "L’essentiel est de préserver les relations" avec les États-Unis. L’Italie a vu, l’Italie n’apprécie pas, l’Italie ne répond pas. Une amitié "plus forte que n'importe quelle polémique"
Cette retenue s'explique aussi par le contexte. En juin, après le sommet du G7, Donald Trump avait déjà affirmé que...
-
07/07 - Iran : les funérailles de Khamenei, un "spectacle" indécent au service de la vengeance
Ironie du calendrier, au moment où l’Iran enterre l’ex-Guide suprême Ali Khamenei, le président américain vient de célébrer le 250e anniversaire de naissance des Etats-Unis. Deux événements censés incarner, chacun à leur manière, la grandeur nationale dans un contexte marqué par une double confrontation militaire en l'espace d'un an. A Téhéran, la télévision nationale montre le cercueil escorté par une marée humaine, avant six jours de procession à travers les villes saintes du chiisme, en Iran puis en Irak. Iraniens pro-régime, Libanais du Hezbollah, Yéménites, Afghans, Pakistanais, Indiens : tous ces "participants" au service d'un même symbole, celui de la puissance transnationale de la République islamique.
A contrario, la grande foire patriotique de Washington a offert la sensation d’une fête bâclée et surpolitisée avec des stands déserts, une foule éparse sous la canicule et une partie de la scène s’effondrant quelques heures avant le discours d’un président qui bat des records d’impopularité. Selon le dernier sondage du Financial Times, 44 % des électeurs déclarent même que la guerre a affaibli la position des États-Unis face à l'Iran. La bataille des récits
Mais derrière la mine des mauvais jours de l’administration américaine et la liesse orchestrée par les mollahs, qui clament leur "victoire" face à leurs ennemis historiques, se joue une autre bataille : celle des récits. S'appuyant sur une machine à propagande bien huilée, Téhéran veut imposer l'image d'un...
-
07/07 - Sommet de l’Otan : le rapport de force se rééquilibre entre l’Europe et Donald Trump
De la même façon que les Belges ont maté les Américains en Coupe du monde de football malgré la tricherie de Donald Trump, les dirigeants européens espèrent dompter le président américain au sommet de l’Otan qui s’achève mercredi 8 juillet à Ankara. Ils sont encouragés par l’évolution à leur avantage du rapport de force qui les oppose à l’irascible président des Etats-Unis. La séparation transatlantique reste douloureuse pour beaucoup d’entre eux mais désormais, il s’agit plus d’apprendre à dormir dans des lits séparés que de craindre un divorce acrimonieux.
Quelle évolution en un an ! Lors du précédent sommet de l’Otan, il y a un an à La Haye, les Européens étaient apparus pusillanimes et irrésolus, face à un Donald Trump conquérant. Six mois après son retour à la Maison-Blanche, l’Américain imposait aux Alliés l'engagement de quasiment doubler leurs dépenses de défense à l’horizon 2035. Encouragé par cet acquis spectaculaire, il n’a cessé de bousculer les Européens. En Ukraine, il a cajolé Vladimir Poutine et lâché Volodymyr Zelensky. Il a menacé de s’emparer du Groenland, Il a soutenu les forces eurosceptiques sur le Vieux Continent. Il a infligé des droits de douane unilatéraux à tout va. Il a attaqué l’Iran, déclenchant une crise énergétique de grande ampleur qui a ravivé l’inflation.
Mais voilà, si l’on excepte les droits de douane, Donald Trump n’a pu mener à bien aucun de ses paris. En Ukraine, sa promesse d’imposer un arrêt des combats n’a pas résisté à...
-
07/07 - Gaza : le Hamas annonce céder le pouvoir, mais laisse de côté la question de son désarmement
Après près de vingt ans de pouvoir sur la bande de Gaza, le Hamas dit être prêt à tourner une page. Le mouvement islamiste a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de son gouvernement de fait et proposé de transférer l’administration du territoire au Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), une structure de technocrates palestiniens créée dans le cadre d’un plan soutenu par les États-Unis.
Présentée comme une avancée vers une gouvernance civile de l’enclave, cette annonce pourrait marquer un tournant politique majeur. Mais elle ne répond pas à la principale exigence d’Israël et de Washington : le désarmement du Hamas. Le mouvement affirme au contraire qu’il conservera ses armes tant que l’armée israélienne continuera d’occuper plus de 60 % de la bande de Gaza et que le cessez-le-feu restera, selon lui, régulièrement violé.
Dans les faits, le transfert de pouvoir reste largement hypothétique. Le CNAG, auquel le Hamas propose de remettre les rênes de Gaza, n’a jamais pu exercer ses fonctions : depuis sa création en janvier dernier, à la suite d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, Israël lui interdit l’accès au territoire. Le président du CNAG, Ali Shaath, s’est déclaré "pleinement prêt" à prendre ses fonctions dès que les moyens nécessaires seront réunis. Sans calendrier précis. Un coût politique limité
De son côté, le chef de l’administration du Hamas, Mohammed al-Farra, a annoncé sa démission et assuré que le mouvement cesserait toute influence...
-
07/07 - Présidentielle 2027 : Marine Le Pen annonce être candidate, malgré sa condamnation en appel
La cour d'appel de Paris a rendu sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (ex-RN). Marine Le Pen a été condamnée pour détournement de fonds publics à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, ce qui rendrait une campagne présidentielle à la fois politiquement et logistiquement difficile.
Marine Le Pen a également été condamnée une peine de 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois assortis du sursis, ainsi qu'à 100 000 euros d'amende. En première instance, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale avait été condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme, aménageables sous surveillance électronique, cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire (immédiate), et 100 000 euros d'amende pour détournement de fonds publics.
Cette décision fait renaître les incertitudes quant à sa volonté de briguer la plus haute fonction de l'État l'an prochain. La cheffe de file de l'extrême droite française peut théoriquement briguer une quatrième candidature à l'Elysée en 2027 - puisqu'elle a purgé 15 mois d'inéligibilité après sa condamnation en première instance du 31 mars 2025 - mais elle devra faire campagne sous bracelet électronique, ce qu'elle a toujours refusé d'envisager.
Les infos à retenir
⇒ Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique
⇒ La cour d’appel a confirmé les condamnations des onze coprévenus de Marine Le Pen qui avaient fait appel
⇒ Invitée du 20H...
-
07/07 - Accord commercial Etats-Unis - Canada - Mexique : l’autre match que l’Amérique risque de perdre
Ni bougies, ni confettis. Une simple réunion en visio s’est tenue le 1er juillet, à l'occasion du sixième anniversaire de l’Aceum, ex-Alena. A la date butoir pour le renouveler, l'accord jadis qualifié par Donald Trump de "plus juste et bénéfique" jamais conclu par les Etats-Unis s'est retrouvé renié par son propre architecte. "Nous n'avons besoin de rien de ce que possèdent le Canada et le Mexique, mais ils ont besoin de tout ce que nous avons", martelait-il trois semaines plus tôt.
Etrange manière de traiter ses deux principaux partenaires commerciaux. Car de l’automobile à l’agriculture, les économies de ce trio sont étroitement imbriquées. "L'incertitude que cette décision de l’administration américaine va faire peser sur la sécurité économique et la compétitivité de l'Amérique du Nord (…) est stupéfiante, s’est ému sur X Arturo Sarukhan, ex-ambassadeur mexicain à Washington. C’est un énorme but contre son camp".Clause d'annulation
En l'absence de compromis, le traité expirera le 1er juillet 2036. La période sera rythmée de réexamens annuels. Et d’ici là, toute partie peut s'en retirer avec un préavis de six mois. "Dans un cas extrême, Washington pourrait activer la clause d’annulation du traité pour mettre une pression maximale sur ses partenaires, en les forçant à limiter les investissements chinois et durcir les règles d’origine d’importation, indique Marcos Carias, économiste chez Coface. Mais ces objectifs se heurtent à deux réalités : la volonté du Canada de...
-
07/07 - Emmanuel Macron en Syrie : des explosions à Damas près de l’hôtel du président français
Deux bombes ont explosé mardi 7 juillet au matin à Damas, en Syrie, à proximité de l'hôtel où Emmanuel Macron venait d'échanger avec des acteurs de la société civile, ont rapporté les médias officiels syriens, mais le président français, qui avait quitté les lieux peu avant, est indemne et entend maintenir le programme de sa visite, selon l'Elysée.
"Rien ne pourra étouffer l’aspiration des Syriennes et des Syriens à vivre dans une Syrie pleinement souveraine, sûre, pluraliste, unie. Ce matin j’ai rencontré la Syrie dans toute sa diversité. J’ai vu la dignité, le courage et la détermination. Ma visite se poursuit", a posté en fin de matinée le chef de l'Etat sur X.
Dix-huit personnes, dont quatre policiers, ont été blessées par les explosions, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne. Celles-ci ont eu lieu dans un quartier animé de la capitale syrienne, entre le ministère du Tourisme et le musée national syrien, de l'autre côté de la rue où se trouve l'hôtel Four Seasons et où Emmanuel Macron avait reçu dans la matinée des membres de la société civile.
La première explosion a retenti peu après le départ du convoi d'Emmanuel Macron vers le palais présidentiel où l'attendait son homologue syrien Ahmed al-Charaa. Des images tournées par Reuters montrent des flammes et de la fumée s'élevant d'une benne à ordures lorsqu'une seconde explosion se produit à quelques mètres de là, près d'une ambulance, où une vingtaine de personnes s'étaient rassemblées.
Video captured...
-
07/07 - Les séries qui ont fait l’Europe - Notre série d’été
-
07/07 - Rosé, art et hôtellerie : les nouveautés de l’été
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence (ci-dessous), avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
La muse Minuty
Dans les années 1960, Monique Matton, fille du fondateur du fameux domaine tropézien imagina une bouteille inédite : "La Provençale", également connue sous le nom de "Flûte à Corset". Depuis 2018, la maison de Gassin invite en résidence, chaque année, une jeune artiste internationale pour "habiller" le flacon mythique de la cuvée M (16 €). Au tour de Lucia Vinti de se saisir de cette série limitée. La créatrice italienne,...
-
07/07 - Jugement décisif pour Marine Le Pen et son avenir politique : les trois scénarios possibles
Marine Le Pen sera fixée sur son avenir politique, ce mardi 7 juillet. À partir de 13h30, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national). Selon l’accusation, Marine Le Pen et une vingtaine de responsables du parti auraient utilisé les fonds alloués par le Parlement européen pour rémunérer des salariés travaillant en réalité pour le Front national. Le préjudice est estimé à 4,1 millions d’euros sur la période 2004-2016.
Ce jugement dira si la cheffe de file du RN pourra briguer l’Élysée une quatrième fois en 2027 ou si elle devra céder la place à son dauphin, Jordan Bardella. De quoi enfin déterminer quelles seront les têtes d'affiche de ce scrutin. En première instance, le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l’avait immédiatement privée de ses droits électoraux. Trois scénarios sont esquissés.L'hypothèse d’une relaxe
La cour d’appel n’est pas liée par les réquisitions du parquet général et pourrait prononcer une relaxe si elle estime que les infractions ne sont pas caractérisées. Les avocats de Marine Le Pen ont plaidé son acquittement, faisant valoir, comme lors du premier procès, qu’elle ignorait les règles encadrant l’emploi des assistants parlementaires européens.
Une...
-
07/07 - "Elle est disponible 24h/24" : l’IA va-t-elle bientôt remplacer les coachs en entreprise ?
Woebot. Entre 2017 et 2025, cette application de thérapie par intelligence artificielle s’est imposée comme une référence pour des millions d’utilisateurs dans 120 pays. Disponible en permanence, elle proposait un soutien psychologique accessible à tout moment. À l’origine de ce projet : Alison Darcy, chercheuse en psychologie clinique, fondatrice et présidente de Woebot Health. Un concept notamment salué aux Etats-Unis par le New York Times en 2021. La même année, le programme WB001 a également été reconnu comme dispositif innovant ("Breakthrough Device") par la FDA (Food and Drug Administration) dans le cadre du traitement de la dépression post-partum. Pourtant, le 30 juin 2025, ce chatbot a finalement cessé ses activités. Et avec son arrêt, des milliers d’utilisateurs se sont retrouvés privés d’un soutien.
Et si un phénomène similaire se produisait demain dans le monde professionnel ? Que se passerait-il par exemple si des intelligences artificielles de plus en plus opérationnelles, capables de soutenir les salariés et de les faire progresser, finissaient par remplacer les coachs professionnels auxquels certains cadres ou certaines entreprises font parfois appel ?L’IA, disponible 24h/24
"Le coaching regroupe des activités très larges, comme le coaching de performances individuelles, le coaching d’équipe ou le coaching de dirigeants, dont l’impact n’est pas le même", prend d'abord la peine de rappeler Stéphane Bout, directeur associé senior chez McKinsey et...
-
07/07 - Sommet de l’Otan : "Les Etats-Unis sont perçus comme un fournisseur d’armes non fiable"
Donald Trump a deux rôles : président, et alchimiste. A force de colères et de remontrances, il est parvenu à transformer encore davantage l'Otan en une "machine à cash", pour reprendre une expression du site américain Politico. Les membres de l'alliance, pressés par le président américain - il a plusieurs fois menacé de leur retirer son soutien si les alliés n'investissaient pas 5 % de leur PIB dans la défense à horizon 2035 -, se sont exécutés. En un an, ils se sont engagés à dépenser près de 120 milliards de dollars - un 'bon début', s'est félicité Matthew Whitaker, l'ambassadeur américain à l'Otan. La moitié de cette somme devrait être consacrée à l'achat de matériel américain.
Pour Washington, les sommets de l'Otan prennent autant des allures de salon de l'armement que de rencontre diplomatique. Mais l'industrie américaine est confrontée à un problème. Cette avalanche de contrats sera plus difficile que prévu à honorer, alors que les stocks de son armée sont éprouvés par la guerre en Iran et en Ukraine. En parallèle, l'Europe commence - lentement - à développer son industrie de défense. Analyse avec Mark Cancian, colonel du Corps des Marines à la retraite et conseiller senior au sein du département Défense et Sécurité du CSIS. Il a notamment dirigé pendant sept ans la division Force Structure and Investment du bureau de gestion du budget américain, où il pilotait la stratégie budgétaire du Pentagone.
L'Express : Les dépenses européennes en équipements américains...
-
07/07 - Terres rares et métaux critiques : la difficile riposte occidentale
Une guerre d’usure se joue à l’échelle de la planète. Deux blocs asymétriques s’affrontent. Le géant chinois d’un côté, maître incontesté de l’extraction et du raffinage des terres rares. Le reste du monde de l’autre, cherchant à s’extirper de cette emprise, sans pour autant se voir fermer trop vite le robinet de ces métaux, précieux pour la défense, la transition énergétique ou l’intelligence artificielle… Car Pékin n’hésite pas à serrer la vis sur ses exportations à la moindre contrariété. Plusieurs compagnies américaines et japonaises en ont récemment fait les frais. Face à ces restrictions de moins en moins tolérables, les Occidentaux cherchent à contre-attaquer. Au dernier sommet à Evian, les dirigeants du G7 ont déclaré unir leurs forces afin de limiter cette dépendance. Une position commune bienvenue, mais qui dissimule des rythmes et des stratégies divergentes.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump mène une offensive sur tous les fronts. A l’étranger, où les minéraux critiques sont devenus un élément clé de négociations, que ce soit via des menaces - Ukraine, Groenland - ou la structuration de réseaux de coopération - Minerals Security Partnership, Pax Silica. A domicile, où il a multiplié les mesures, notamment avec l’accélération des procédures d’obtention de permis ou la création d’une réserve stratégique, le "Project Vault".
Plus inédit encore, l’Etat, via le Pentagone, est monté l’an dernier au capital du stratégique MP Materials, qui exploite...
-
07/07 - "Il ne faut pas revenir à la logique d’après-guerre" : la loi Jeanbrun ravive les peurs d’une "France moche"
Voilà plusieurs mois, sinon années, qu'un cénacle de responsables politiques appelle tous azimuts à tailler dans l'épais sac de normes qui, en ankylosant l'Etat, l'empêcherait d'avancer - comprendre, de le réformer. Dans le débat public, le diagnostic prend, et les lois qui promettent de "simplifier" s'enchaînent ; loi de simplification de la vie économique, méga décrets pour les collectivités, projet de loi sur les normes locales, loi Duplomb dans l’agriculture... jusqu'au tout récent projet de loi d'urgence Jeanbrun, du nom de cet ancien maire LR de L'Haÿ-les-Roses fait ministre à l'automne dernier. Et cette fois-ci, l'enjeu est de desserrer l'étau normatif afin d'accélérer la construction de logements.
Initialement déposé à l'Assemblée nationale, le projet de loi sera finalement d'abord épluché par le Sénat à partir de ce mardi 7 juillet - à l'agenda plus léger en cette fin de session - avant d'arriver sur la table des députés à la rentrée, espère l'exécutif. C'est que, sur ce dossier, Sébastien Lecornu veut aller vite ; Emmanuel Macron davantage encore. Le locataire de l'Elysée avait promis au début de son premier quinquennat un "choc d'offre" pour répondre à la crise du logement. Mais près de dix ans plus tard, le compte n'y est pas. Sur les douze derniers mois par exemple, seuls 295 250 logements ont été mis en chantier alors qu'il faudrait atteindre les 400 000 logements pour remplir l'objectif gouvernemental de deux millions de logements d'ici à 2030.Un texte...
-
07/07 - Incendies : ce que disent les projections sur la "France des feux" en 2050
Un "feu gigantesque". C’est ainsi que le préfet Pierre Regnault de la Mothe a décrit le premier incendie d’ampleur de l’année en France, qui sévit dans son département des Pyrénées-Orientales. Plus de 4 900 hectares ont déjà brûlé, obligeant l’évacuation de quelque 10 000 personnes et l'adaptation de l’étape d'hier du Tour de France - sans public dans sa partie finale. D’autres incendies touchent également le Gard, la Drôme, l’Aude, l’Ariège et l'Hérault. "La saison des feux a démarré avec un mois d’avance", a indiqué ce lundi 6 juillet le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le nombre d’hectares partis en fumée a été multiplié par deux par rapport à la même époque l’an passé, sous l'effet d’un trio explosif : canicule, sécheresse et vents violents. Le tout dopé par le changement climatique. 2026, un avant-goût du futur ?
Dans la France du milieu du siècle, la saison des incendies sera étendue à la fois dans l’espace et dans le temps, selon des projections réalisées par des chercheurs de l’Inrae (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), et remises en 2023 au ministère de l’Agriculture. Dans le Sud-Ouest, la zone à risque existante s’étirera au nord des Landes et en Dordogne. En 2050, la période des feux de forêts deviendrait continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne. Le niveau d’activité le plus fort, soit le cœur de la saison estivale, s'étalerait en moyenne pendant 100 jours (du 18 juin au 23 septembre),...
-
07/07 - Immigration clandestine en Europe : les chiffres que certains politiques ne veulent pas voir
Il y a d'abord une vérité, celle des chiffres. Frontex publie chaque année des données qui font autorité. Les entrées irrégulières sur le Vieux Continent ont chuté de 53 % en deux ans - soit 178 000 franchissements en 2025, contre 380 000 en 2023. La résorption de plusieurs crises aux portes de l'Europe - Syrie en tête - y est pour beaucoup.
Il y a ensuite un climat politique général, celui d'un durcissement des règles sans précédent en Europe. "La gestion des flux d'immigration, cela dit des choses sur la manière dont on perçoit les êtres humains qui arrivent à nos frontières. Est-ce que ce sont des victimes ou est-ce que ce sont des menaces ? La perception que ce seraient des menaces s'est amplifiée en Europe ces derniers temps", pose Yves Bertoncini, consultant et enseignant en affaires européennes.
Ce paradoxe, aux allures de thermomètre cassé, est l'objet de ce nouveau long format vidéo raconté par la rédaction vidéo de L'Express, à retrouver également sur tous nos réseaux sociaux.
-
06/07 - Au Royaume-Uni, la nouvelle affaire qui embarrasse Nigel Farage
Nigel Farage a bâti sa carrière sur une idée simple : rendre le pouvoir aux Britanniques. Reprendre le contrôle des frontières, des lois, des décisions, et du destin national. Le slogan était clair, efficace et facilement déclinable sur les affiches de campagne. Dix ans après le Brexit, une autre question s’invite dans le débat : qui contrôle Nigel Farage ? La formule vient de ses adversaires, évidemment, mais elle résume assez bien l’affaire qui embarrasse aujourd’hui le chef de Reform UK. Depuis plusieurs semaines, l’ancien champion du Brexit fait face à une série de révélations sur ses financements, les avantages dont il aurait bénéficié et ses liens avec plusieurs donateurs fortunés.
La dernière affaire en date concerne George Cottrell, ancien allié de Nigel Farage, aristocrate, entrepreneur dans les cryptomonnaies et figure du jeu en ligne offshore. Son parcours est également marqué par un passé judiciaire : arrêté aux États-Unis en 2017, il a ensuite plaidé coupable dans une affaire de fraude électronique après avoir conclu un accord avec la justice américaine. Selon des révélations du Sunday Times parues ce 5 juillet, Cottrell aurait offert à Nigel Farage plusieurs avantages non déclarés : l’usage d’une maison située près de Buckingham Palace, du personnel chargé d'améliorer sa présence sur les réseaux sociaux ainsi que des frais de sécurité. Une accusation que Nigel Farage et ses proches démentent. Reform UK parle d’un article "sans fondement et artificiel" ;...
-
06/07 - "L’Irlande est en train de devenir un protectorat militaire français" : l’alerte d’Eoin Drea
L’Irlande est-elle en train de devenir un "protectorat militaire français"? Dans un article pour la revue Foreign Policy qui a fait beaucoup de bruit, le politiste Eoin Drea alerte sur le fait que son pays, longtemps très avare en matière de budget de défense, se soit mis sous la coupe de Paris en lui confiant l’achat d’une large partie de ses armements, alors qu’il doit prendre la tête de l’Union européenne.
Pour L’Express, le chercheur au Wilfried Martens Centre for European Studies, think tank basé à Bruxelles et lié au Parti populaire européen (centre droit), explique les raisons de son inquiétude, tout en saluant la diplomatie très habile de la France qui devrait rapporter deux à trois milliards à notre pays, au détriment de la relation historique entre l’Irlande et le Royaume-Uni. Mais, par ailleurs, Eoin Drea assure que l’Europe est aujourd’hui très inquiète de l’inertie économique de la France, notamment en matière de retraites, alors que cela devrait être "son moment" face aux Etats-Unis de Donald Trump. Entretien.
L’Express : L’Irlande est selon vous en train de devenir un "protectorat militaire français". N’exagérez-vous pas ?
Eoin Drea : Non. L’Irlande fait l’objet de critiques internationales de plus en plus vives, car l’année dernière elle n’a que consacré que 0,22% de son PIB à des dépenses militaires. Elle a longtemps été un profiteur en matière de défense et de sécurité, avec seulement quatre navires de guerre disponibles à tour de rôle et aucun avion...
-
06/07 - Rafal Brzoska : "La Pologne a prouvé que la simplification était possible à un rythme rapide"
Rafal Brzoska règne sur un empire. Son entreprise, InPost, est le leader national des consignes automatiques, que l’on retrouve à tous les coins de rue en Pologne. Le groupe se positionne désormais en champion européen, fort de plus de 80 000 points de retrait répartis dans neuf pays, à travers lesquels naviguent un milliard de colis chaque année.
La notoriété de l'entreprise a franchi les frontières polonaises au moment de son entrée à la Bourse d'Amsterdam, début 2021. Dans la foulée, InPost rachète le français Mondial Relay pour quelque 650 millions d'euros. En février 2026, un consortium réunissant le géant américain FedEx, le fonds Advent International, le groupe tchèque PPF et le propre véhicule d'investissement de Brzoska (A&R Investments) met la main sur InPost pour 7,8 milliards d'euros, l'une des plus grandes opérations jamais réalisées en Europe centrale.
InPost déploie toute une gamme de services liés aux achats en ligne, jusqu'à un assistant doté d'intelligence artificielle : signe que Rafal Brzoska ambitionne de transformer l'industrie logistique.
La vie de l'entrepreneur ne s'arrête pas à InPost. En 2025, il accepte de relever le défi lancé par le Premier ministre polonais, Donald Tusk : mener un choc de simplification administrative du pays. En cent jours, il rassemble un panel d’experts pour promouvoir 500 propositions citoyennes, dont près de la moitié a déjà été adoptée par les autorités.
Classé parmi les dix plus grandes fortunes de Pologne,...
-
06/07 - De Vincent Bolloré à Matthieu Pigasse : avant la présidentielle, la bataille culturelle se joue dans les médias
Et encore, le pire a été évité. Le 10 juin 2026, le JDNews - hebdomadaire du groupe Bolloré - réunit sur sa Une prorusse quatre personnalités françaises. "L'appel au sursaut", tonne le journal, tribunes et interviews complaisantes avec Vladimir Poutine à l'appui. Derrière la promotion apparente de la "paix", Henri Guaino, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan et Luc Ferry plaident en creux pour une reddition de l'Ukraine, en guerre depuis 2022. La couverture suscite l'indignation, mais aurait pu être bien plus radioactive. L’ancienne patronne de RT France Xenia Fedorova, pensionnaire des médias Bolloré, devait initialement apparaître en Une du numéro aux côtés du fondateur du Puy du Fou. L'idée a été abandonnée. Trop corrosive.
Du rapprochement avec la Russie à la promotion de l'union des droites, le groupe Bolloré s'est engagé dans une bataille culturelle d’ampleur. Cette offensive produit des conséquences en cascade, tant elle remodèle le paysage médiatique. Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse qui dit mettre ses médias - Radio Nova, Les Inrocks.... - "au service de la lutte contre l'extrême droite" décèle un phénomène politique dans le succès de sa radio. Quitte à ce que son antenne dérape également. Même le service public, victime d'un procès en partialité politique, est emporté par la vague. La politique est partout. Ou soupçonnée de l'être, derrière une apparente neutralité.Paysage fragmenté
A l'aube de l'élection présidentielle, les responsables...
-
06/07 - Pacifique : un tir d’essai de missile chinois inquiète les pays de la région
Le lancement d’un missile chinois a fait trembler la région pacifique. La marine chinoise a annoncé avoir "procédé avec succès", lundi 6 juillet, "au tir d’un missile stratégique équipé d’une ogive d’entraînement à charge simulée, en direction des eaux internationales du Pacifique".
Un porte-parole de la marine a ajouté dans un communiqué que ce missile est "tombé avec précision dans la zone maritime définie" sans préciser sa localisation exacte. Une situation exceptionnelle puisque le dernier missile de longue portée lancé par la Chine date de 2024. Aucune information concernant le type de missile lancé n'a été communiquée par l'agence de presse Xinhua. Le tabloïd chinois Global Times a cependant déclaré qu'il pouvait s'agir du JL-3, le missile chinois le plus avancé lancé par un sous-marin.
Ce test suscite la crainte de plusieurs pays de la région, peu rassurés par cette démonstration des capacités militaires de Pékin. La marine chinoise les avait cependant prévenus de leur essai militaire : "Une notification préalable a été adressée aux pays concernés, conformément au droit international et aux pratiques internationales. Ce tir ne vise aucun pays ni aucune cible particulière." "Déstabilisant pour la région"
Certains pays restent inquiets. "L'Australie a clairement fait savoir à la Chine que nous considérons cela comme quelque chose de déstabilisant pour la région", a annoncé la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, selon qui les autorités...
-
06/07 - Iran : aux funérailles d’Ali Khamenei, l’absence de son fils et successeur, Mojtaba, pose question
C'est une absence scrutée de près. Tandis que les obsèques du Guide suprême iranien se poursuivent ce lundi 6 juillet à Téhéran, avec un cortège funéraire qui devrait rassembler des dizaines de milliers de personnes, un nom manque à l'appel : celui de Mojtaba Khamenei, fils d'Ali Khamenei, lui ayant officiellement succédé à sa mort. Mais celui-ci n'a pas été vu depuis l'attaque israélo-américaine qui avait marqué le début de la guerre, le 28 février, et dans laquelle avaient succombé le Guide suprême et plusieurs membres de sa famille, dont la femme de Mojtaba Khamenei. De quoi laisser planer le doute sur son état de santé et sa réelle capacité à diriger le pays.
Dimanche, des milliers de personnes en deuil, dont des responsables iraniens de haut rang ont assisté aux prières funéraires. Selon la tradition, Mojtaba Khamenei, désigné le 8 mars par l'Assemblée des experts comme le nouveau Guide suprême de l'Iran, aurait dû présider les rites funéraires de son prédécesseur. Sa présence aurait constitué une première apparition en public depuis le déclenchement de la guerre avec les Etats-Unis et Israël.
"Son absence a suscité une attention particulière dans un système politique où les apparitions publiques revêtent une importance symbolique et sont soigneusement orchestrées pour projeter une image d'autorité et de stabilité. Elle a alimenté les interrogations sur son état de santé et sur la dynamique politique intérieure du pays", observe le New York Times.
Blessé lors du...
-
06/07 - "J’ai décidé de ne pas choisir entre mes enfants" : le fondateur d’Urgo raconte les coulisses de sa succession
Choisir de ne pas choisir, c'est aussi une forme de décision. Quelque 500 000 dirigeants d'entreprises familiales vont devoir passer le flambeau dans la décennie qui vient. Le problème, c'est que la transmission est toujours une étape dangereuse quand elle est mal anticipée. De fait, 15 % à 20 % seulement des entreprises familiales en France sont reprises par un héritier. Contre 56 % en Allemagne et près de 70 % en Italie. Hervé Le Lous, qui a hérité des laboratoires Urgo créés par son père et les a fait grandir pour devenir un géant mondial du médical, a planché sur cette question pendant des années. Quand il cède la barre de l'entreprise en septembre 2019, il propose à ses trois fils une formule étonnante : une direction alternée tous les trois ans. Pour L'Express, Hervé Le Lous a accepté de nous parler de cette succession singulière.
Une interview issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Nous sommes le 1er septembre 2019 et ce jour-là, vous cédez la présidence du groupe Urgo à votre fils aîné Briac… Mais pour seulement trois ans. D'où vous est venue cette idée d'une direction alternée ? Une chose rarissime dans le capitalisme hexagonal...
Hervé Le Lous : Quand j'ai créé les statuts de l'entreprise, j'avais dit que je céderai ma place à 70 ans. Dans les faits, j'ai pris ma retraite à 69 ans et 9 mois. Ce retrait de la direction...
-
06/07 - Management : trop de méthodes, pas assez d’intelligence, par Julia de Funès
"Ce n’est pas l’outil le problème, c’est l’usage que l’on en fait." La formule est devenue un réflexe. On l’entend à propos des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle, mais aussi de nombreuses méthodes managériales. Si un outil enferme les collaborateurs dans des cases ou rend les échanges artificiels, ce ne serait jamais la faute de l’outil. Seulement de celui ou celle qui l’utilise. L’argument paraît frappé au coin du bon sens. Pourtant, tous les outils ne se valent pas. Certains développent notre intelligence ; d’autres s’y substituent. Certains élargissent notre compréhension du réel ; d’autres la réduisent à un modèle. Oui, n’en déplaise aux marchands de méthodes et aux adeptes d’outils, il en existe de très mauvais. Le management en a abondamment consommé. Depuis plusieurs décennies, il multiplie les modélisations censées mieux comprendre les individus. Le résultat est-il à la hauteur de la promesse ? Les collaborateurs se sentent-ils réellement mieux reconnus, mieux considérés, mieux compris ?
Les tests de personnalité, si présents dans les entreprises depuis des années, en sont sans doute l’exemple le plus emblématique. En quelques questions, chacun devient rouge, bleu, vert ou jaune ; dominant, influent ou consciencieux. La richesse d’une personnalité se résume à un profil. Les promoteurs de ces méthodes rappellent d’ailleurs qu’il ne faut pas enfermer les personnes dans ces catégories. Mais pourquoi concevoir un outil dont il faut aussitôt corriger les...
-
06/07 - En Albanie, la "révolution des flamants roses" et le parfum du gaz américain
La "révolution des flamants roses" en Albanie cible le surtourisme et ses atteintes à la biodiversité. Chaque jour depuis plus d’un mois, des manifestants se rassemblent à Tirana pour défendre l’intégrité d’une lagune de la côte adriatique où ces oiseaux viennent se reproduire par milliers. La vague de protestation, la plus puissante depuis la chute de la dictature communiste il y a 34 ans, a vite dépassé la question écologique. Elle s’est muée en contestation générale du Premier ministre Edi Rama. Et elle possède une dimension géostratégique cruciale, en contrariant de puissants intérêts gaziers américains.
La discorde est née d’un projet d’au moins 4 milliards de dollars porté par Jared Kushner, gendre et émissaire diplomatique du président Donald Trump. Associé à des intérêts qataris, l'homme d'affaires veut construire un "resort" touristique avec hôtels et villas de luxe, parcours de golf et marina, sur une langue de terre sauvage dans le sud du pays, la péninsule de Zvernëc, et sur l’île voisine de Sazan, un ancien site militaire. Le projet est en phase avec la politique de Tirana qui mise sur le tourisme pour développer le pays à majorité musulmane, l’un des plus pauvres d’Europe. Avec plus de 12 millions de touristes en 2025, dans un pays de 2,7 millions d’habitants, l’activité génère plus d’un cinquième du PIB.
Depuis que des bulldozers et des barbelés sont apparus fin mai au bord de la lagune, la population, saisie par un sentiment de dépossession, s’insurge en...
-
06/07 - Coupe du monde 2026 : quand Donald Trump se mêle de la suspension d’un joueur américain
"Pendant 24 jours, la Coupe du monde aux Etats-Unis a semblé accomplir un rare exploit en 2026 : n'avoir presque rien à voir avec Donald Trump". C'était sans compter "le coup de théâtre" de ce dimanche soir, réagit CNN. Le monde du football s'agite, ce lundi 6 juillet, après ce qui apparaît comme une décision très politique de la part de la FIFA : l'annulation de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun, à la suite d'un appel entre Donald Trump et le patron de la fédération de football Gianni Infantino.
L'actuel joueur de l'AS Monaco avait écopé d'un carton rouge lors d'un match contre la Bosnie-Herzégovine, mercredi, après avoir planté son pied dans la cheville du défenseur Tarik Muharemovic. Il aurait donc en principe dû être interdit de disputer le match des 8e de finale contre la Belgique, qui aura lieu mardi 7 juillet à 2 heures, heure française. Le joueur de 25 ans avait été expulsé après consultation de la VAR par l'arbitre, faisant dire au sélectionneur des Etats-Unis, Mauricio Pochettino, que la faute commise par son joueur ne justifiait pas un carton rouge.
Selon l'agence Reuters, la décision de la FIFA intervient après que Donald Trump a personnellement appelé Gianni Infantino, le patron de l'instance dirigeante du football mondial, pour lui demander de réexaminer le cas du meilleur buteur américain. Ce revirement est inhabituel, s'agissant de la première réintégration d'un joueur après son expulsion en Coupe du monde depuis le Brésilien...
-
06/07 - Kathryn Stockett, le retour : bienvenue au "Calamity club"
Ce fut la success-story éditoriale de 2009. Kathryn Stockett, jeune inconnue dont le manuscrit avait été refusé par une quarantaine d’agents littéraires, signe enfin un contrat. Bonne pioche : La Couleur des sentiments (The Help en VO), se vend à 15 millions d’exemplaires dans le monde, dont 1,3 million en France, avant d’être adapté au cinéma avec Viola Davis, Emma Stone, Jessica Chastain et Octavia Spencer dans les rôles principaux. La suite serait-elle un long fleuve tranquille ? Au contraire : bloquée selon ses termes par une "énorme pression", Kathryn Stockett a disparu une quinzaine d’années. Avec Le Calamity club, elle signe enfin son deuxième livre.
Les fans de La Couleur des sentiments ne seront pas dépaysés : la romancière nous emmène à nouveau au Mississipi, cette fois-ci en 1933. Meg, 11 ans, vit un enfer dans un terrible orphelinat. Birdie doit sauver sa famille de la ruine. Charlie, quant à elle, a été enfermée dans un asile. Leurs routes vont se croiser. Cet ample mille-feuille romanesque de plus de 600 pages a tout pour plaire, traitant d’injustice, de sororité et de santé mentale. On sait par ailleurs que construire une intrigue autour de trois personnages féminins est fédérateur en librairie, notamment chez nous (qu’on pense à Trois femmes puissantes de Marie NDiaye, à La Tresse de Laetitia Colombani ou à La Nuit au cœur de Nathacha Appanah). Kathryn Stockett a une qualité en plus : beaucoup d’humour. Cela donne à ce pavé la fluidité des meilleurs...
-
06/07 - Vins : Saint-Victoire, la naissance d’un nouveau cru de Provence
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de-provence, avec le cru Sainte-Victoire (ci-dessous) ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Dans le monde du vin, où chaque gorgée raconte l'histoire d'une terre et d'un héritage, une nouvelle étoile brille dans le ciel provençal : l’AOP Cru Sainte-Victoire. Cette appellation d’origine protégée, éclose fin 2024 au pied du majestueux massif éponyme, se situe à l’est d’Aix-en-Provence, dans la Haute Vallée de l’Arc, sur le flanc sud de la montagne et s’étend jusqu’aux chaînons des monts Olympe et Aurélien. Ici, les vignes, arrosées par...
-
06/07 - A la Cité des sciences, un village miniature pour aiguiser son esprit critique
Un bambin aux joues roses et aux frisettes blondes gambade d’animations en petits quiz. Le visiteur du jour, trois ans, s’est introduit par erreur dans cette zone colorée et ludique de la Cité des sciences à Paris, encore fermée au public. Il rit en se dirigeant vers la sortie, ignorant tout des exercices ardemment bichonnés par les préparateurs de ce gigantesque musée consacré à la méthode scientifique, tandis que du personnel inspecte les derniers modules en carton-pâte en cours d'installation.
Ce mardi 7 juillet, la Cité des sciences inaugurera l’exposition "Esprit critique", un parcours dédié aux pièges de la raison et fraîchement agencé au premier étage du musée. Après avoir enfilé un petit bracelet en caoutchouc équipé d’une puce électronique, les visiteurs pourront voguer au gré de leurs envies autour d’une trentaine de modules interactifs, de petits stands avec écrans tactiles et boutons de jeu, conçus par les trois centres de sciences Cap sciences à Bordeaux, Quai des savoirs à Toulouse et Universcience à Paris. Une sorte de simulation géante pour tester sa capacité à résister aux arguments fallacieux et apprendre à repérer les manipulations psychiques.
Une fois le curieux bijou au poignet, se dévoile un immense jeu de piste pour petits et grands curieux - à partir de dix ans, n’en déplaise à l’intrus du jour. Les concepteurs de cette exposition trilingue, née à Bordeaux en 2021 et transposée à Toulouse et désormais à Paris, a imaginé l’activité comme une...
-
06/07 - "Identifier la prochaine grenade dégoupillée" : dans les tribunaux, le branle-bas de combat après l’affaire Lyhanna
Il a fallu sortir les centaines de documents de la pile dans laquelle ils périclitaient, et les réétudier un à un. Pendant "onze à douze heures par jour" depuis plusieurs semaines, Philippe*, enquêteur dans un commissariat de l’est de la France, relit minutieusement la quarantaine de dossiers "à risque" concernant des violences faites aux enfants, sélectionnés en amont par les magistrats du parquet local.
Jusqu’alors, ces procédures "dormantes" étaient au point mort faute de nouveaux éléments, ou tout simplement jugées moins urgentes que d’autres. C’est le cas d’un viol présumé sur mineur, arrivé sur cette pile il y a plusieurs mois. "Il n’y avait pas de preuve médico-légale, pas d’éléments concrets permettant de caractériser les faits, l’auteur présumé est inconnu de nos services et du fichier des délinquants sexuels… Entre-temps, on a reçu des dizaines d'autres affaires jugées plus urgentes. Elles sont passées devant", lâche le policier, qui évoque des services "complètement embolisés" - dont une brigade des mineurs composée de trois agents, "pour des centaines de plaintes à traiter". Dans ce dossier de viol sur mineur, les investigations ont été relancées. D'autres ont été classés sans suite, ou triés en fonction de leur caractère prioritaire.
Comme dans tous les commissariats, gendarmeries et tribunaux de France, ses équipes sont à pied d'œuvre dans la foulée de ce que certains appellent "l'Affaire". Comprendre : la mort de Lyhanna, fillette de 11 ans dont...
-
06/07 - Sommet de l’Otan à Ankara : une consécration pour Recep Tayyip Erdogan
L’Otan, alliance de pays supposés démocratiques, ferme les yeux sur la dérive dictatoriale du président Recep Tayyip Erdogan en tenant son sommet annuel en Turquie, dans le grandiose palais de plus de 1 000 pièces que le chef de l’Etat s’est fait construire sur les hauteurs d’Ankara. Pour certains dirigeants européens, la couleuvre est difficile à avaler. Mais les impératifs géopolitiques, comme souvent, l’emportent. Erdogan, lui, peut savourer son triomphe.
Il faut dire que le lieu de la rencontre des 7 et 8 juillet présente, pour la majorité des participants, un avantage appréciable : il réduit les risques que Donald Trump claque la porte de la réunion. Car le président américain, lui-même peu attaché aux grands principes démocratiques, est fâché contre beaucoup de pays européens, qu’il accuse de lui avoir mégoté leur soutien contre l’Iran et de ne pas payer assez pour leur défense. En revanche, il tient en haute estime l’homme fort d’Ankara, qu’il décrit comme “une personne très forte et très intelligente”.
Ensuite, la guerre d’Ukraine, les hostilités en Iran et le retrait américain partiel d’Europe convergent pour accroître l’importance de la Turquie pour la sécurité européenne. A proximité de la Russie, du Caucase et du Proche-Orient, sa stabilité est essentielle. En contrôlant les détroits du Bosphore et des Dardanelles, elle joue un rôle crucial en mer Noire pour contenir l’expansionnisme russe. Son industrie de défense, très performante, devient par ailleurs un...
-
06/07 - "Plus puissant qu’à l’époque soviétique" : Rosatom, l’ogre russe qui défie les sanctions occidentales
C'est l'un des paradoxes dont l'Histoire seule a le secret. Depuis 2022, la Russie est le pays le plus sanctionné au monde, devant l'Iran et la Corée du Nord. Quelque 25 000 mesures restrictives visent des individus ou des entités russes. De quoi étouffer a priori n'importe quelle économie. Et pourtant, au beau milieu du pays - et même au-delà de ses frontières - une forteresse résiste, s'étend, absorbe, rayonne. Son nom ? Rosatom.
Jamais cette entreprise - connue en Europe pour son savoir-faire en matière de nucléaire civil - n'a eu autant d'importance et d'influence, souligne un rapport récent de l'ONG Bellona. Plus grosse, plus militarisée, elle est désormais chargée de gérer de nouveaux secteurs de l'économie russe. Des filières dans lesquelles le régime de Vladimir Poutine a besoin de loyauté et d'efficacité.
"Aujourd'hui, nous estimons que Rosatom est plus puissante qu'elle ne l'était à l'époque soviétique", pointe Dmitry Gorchakov, l'un des auteurs de l'étude. A voir la vitesse avec laquelle elle absorbe le tissu industriel russe, son appétit paraît sans limite. Le périmètre du groupe est passé de 460 entités en 2024 à plus de 580 l'an dernier. Ce mastodonte emploie désormais 420 000 personnes et son influence politique est verrouillée au plus haut niveau de l'Etat : Sergey Kiriyenko, l’un des fondateurs de Rosatom, est le chef de l'administration présidentielle au Kremlin d'où il continue de superviser la stratégie du groupe.
Extraction de minerais, conception...
-
05/07 - "J’ai le plus profond mépris pour la justice française" : quand les affaires judiciaires percutent l’élection présidentielle
L'Histoire est écrite par les vainqueurs, paraît-il. Du moins, il arrive que les vainqueurs s'en racontent, des histoires, en se délestant un tantinet de leur lucidité. Le grand gagnant de 2017 en est un bon exemple. Près de dix ans plus tard, Emmanuel Macron en est toujours persuadé : si François Fillon n'avait pas connu son désormais célèbre épisode des "costumes", ni la non moins mémorable "affaire Pénélope", il aurait tout de même battu à plates coutures le candidat des Républicains au soir du premier tour. Qu'importe si François Bayrou - dont le ralliement a accéléré sa dynamique et fait grimper sa cote dans les sondages - laissait entendre, avant que la justice ne vienne violemment télescoper la campagne, qu'il envisageait de rejoindre François Fillon et négociait avec lui les investitures aux législatives...
Laissons au chef de l'État le bénéfice du doute. Mais cette certitude montre bien à quel point le scrutin de 2017 reste invariablement lié aux déboires de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, point de bascule d'une folle campagne qui continue d'alimenter critiques et fantasmes sur l'institution judiciaire. Trop prompte à se prononcer ? Trop politisée ? Trop interventionniste, même, lorsqu'il s'agit de se pencher sur des prétendants à l'Élysée? Les élections présidentielles passent et se ressemblent et le cas de Marine Le Pen ne fait pas exception. Ce mardi 7 juillet, la cour d'appel de Paris rendra sa décision dans le procès des assistants...
-
05/07 - Tatiana Stanovaya : "Le conflit entre la Russie et l’Ukraine va durer des années, voire des décennies"
D'Irkoutsk à Rostov-sur-le-Don, les files de voitures s'allongent aux stations d'essence. Pilonnées sans relâche par les drones ukrainiens, les raffineries russes sont, pour certaines, à l'arrêt. Les pénuries sont telles que Moscou - l'un des plus grands exportateurs mondiaux de pétrole - achète désormais son essence à l'Inde ! Vladimir Poutine est sous pression, et les nouvelles du front ne vont pas le rassurer. Car l'armée russe ne progresse pas, tandis que les pertes en hommes ne sont plus compensées par l'arrivée de troupes fraîches.
Que peut-il se passer ces prochains mois ? Pour la chercheuse russe Tatiana Stanovaya, fondatrice du cabinet d’analyse R.Politik, situé en région parisienne, "le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne sera pas résolu de sitôt, il va durer des années, peut-être des décennies". Et Poutine peut-il, comme le pensent les services de renseignement européens, s'en prendre aux pays baltes et à l'Otan ? "Le risque est très faible", estime cette spécialiste du Kremlin, qui est davantage inquiète pour le moyen terme. Le risque ? Que, "dans cinq ou dix ans, un Poutine vieillissant commence à perdre le contrôle et qu’autour de lui, certaines personnes lui dictent une ligne plus agressive, ou bien s’il soit remplacé par des gens qui trouveront rationnel de 'donner une leçon' aux Européens". Entretien.
L'Express : Les piètres performances de l’armée russe en Ukraine fragilisent-elles Vladimir Poutine ? Peuvent-elles infléchir sa stratégie ?
Tatiana...
-
05/07 - L’or de la Seconde Guerre mondiale - Notre série d’été
-
05/07 - Emmanuel Macron va se rendre en Syrie : une première pour un président français depuis 17 ans
La présidence syrienne l’a annoncé ce 5 juillet : Emmanuel Macron visitera prochainement le pays. Un déplacement dont on ne connaît pas la date pour l’instant, et qui sera le premier déplacement d’un président français en Syrie depuis Nicolas Sarkozy, en 2009. Une rupture avait ensuite eu lieu avec la répression du printemps arabe par le pouvoir de Bachar el-Assad en 2011. Paris avait ensuite fermé son ambassade à Damas en 2012, avant de reconnaître la coalition de l'opposition comme représentante légitime du peuple syrien, refusant toute normalisation avec le régime d'Assad tant qu'aucune transition politique crédible n'était engagée.
Cette visite sera justement aussi la première visite d’un chef d’Etat européen, et même occidental depuis l’arrivée au pouvoir fin 2024 du président islamiste Ahmed al-Charaa, après la chute du régime de Bachar el-Assad. La France avait déjà été la première à accueillir celui-ci, en mai 2025. Emmanuel Macron avait alors déclaré vouloir accompagner la transition syrienne, tout en conditionnant son soutien à des améliorations sur la stabilité régionale, la lutte contre le terrorisme, le retour des réfugiés ou encore les processus démocratiques. Le président accompagné d’une délégation d’investisseurs
En janvier 2026, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déjà envoyé un message fort en se rendant en Syrie. Les échanges avaient alors principalement tourné autour de la reconstruction du pays, de l'aide...
-
05/07 - Venki Ramakrishnan, Prix Nobel : "Les gènes sont plus importants qu’on ne le pensait dans notre espérance de vie"
Il y a deux ans, L'Express interrogeait en avant-première le Prix Nobel de chimie Venki Ramakrishnan pour son remarquable Why we die. L'entretien avec l'éminent biologiste de Cambridge avait passionné de nombreux lecteurs. Son livre, qui retrace de manière pédagogique les avancées scientifiques sur le vieillissement et fait le point sur les principales pistes en matière de longévité (restriction calorique, sénolytiques, reprogrammation cellulaire...), vient d'être traduit par Odile Jacob sous le titre Pourquoi nous mourons. Le choix de l'éditeur ne doit rien au hasard : François Jacob, le père de l'éditrice et lui aussi lauréat du Nobel, est un "héros personnel" de Venki Ramakrishnan.
A l'occasion de cette publication française, le chercheur fait pour L'Express le point sur les avancées les plus prometteuses depuis deux ans. Remettant en perspective les annonces sensationnalistes de son confrère David Sinclair, il souligne en revanche le poids de la génétique, plus important qu'on ne le pensait, dans notre espérance de vie. Ce qui ne signifie pas que nous ne pouvons pas agir sur notre mode de vie, et notamment sur notre alimentation, notre activité physique et notre sommeil. Par ailleurs, Venki Ramakrishnan évoque les conséquences politiques qu'aurait un allongement conséquent de la durée de nos existences, alors que Vladimir Poutine et Xi Jinping ont il y a quelques mois spéculé sur la vie éternelle. La preuve qu'eux aussi sont contaminés par les fantasmes de la Silicon...
-
05/07 - Immigration, condamnation de Vickrum Digwa... Comment Elon Musk s’immisce dans la politique britannique
L’homme le plus riche du monde semble de plus en plus passionné par la politique interne d’un pays… qui n’est pas le sien. Selon une enquête du Guardian, Elon Musk s’immisce chaque semaine un peu plus dans le débat politique britannique ces derniers mois. Entre le 31 mai et le 12 juin, le propriétaire du réseau social X a publié, répondu u repartage — selon le décompte du journal britannique — 303 messages consacrés aux questions de race et d'immigration de l’île d’Albion. Soit deux fois plus que les 114 publications consacrées à SpaceX, pourtant au cœur de son actualité économique.
Une activité intense qui s’est concertée autour de plusieurs évènement qui ont secoué le Royaume Uni récemment. Après la condamnation de Vickrum Digwa, jeune britannique de confession sikh reconnu coupable par la justice britannique du meurtre de l'adolescent Henry Nowak, Elon Musk a par exemple relayé de nombreuses publications dénonçant un supposé traitement "anti-Blancs" par la police britannique. Allant jusqu’à publier, selon le journal, jusqu’à cinq messages en dix minutes sur l’affaire, qui ont mis en avant certains détails du meurtre ou pour repartager des commentaire des Etats-Unis, de France ou d’ailleurs.
Au moins 20 de ces publications ont dépassé les 10 millions de vues. Les émeutes de Belfast, survenues en Irlande du Nord après une attaque au couteau début juin, ont aussi fait l’objet de bien de tweet de la part du patron de Tesla… Qui a également multiplié les messages...
-
05/07 - "Avez-vous des chambres fortes ?" : comment la France a caché 2 500 tonnes d’or à Hitler
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries. Paris, 15 juin 1940
Quatre officiers nazis marchent d'un pas triomphal dans les couloirs du siège de la Banque de France. Les nouveaux maîtres de Paris – déclarée ville ouverte la veille – ont la ferme intention de saisir les mythiques réserves d'or de l'institution. Une fortune prodigieuse : 2 500 tonnes de métal précieux conservées sur place et dans une cinquantaine de succursales à travers le pays. De quoi graisser sérieusement les rouages de la machine de guerre allemande, avide de conquêtes mais pauvre en liquidités. Les émissaires du Reich traversent les salons luxueux de l'hôtel de Toulouse, rue Croix-des-Petits-Champs, dans le Ier...
-
05/07 - Guerre en Ukraine : Kostyantynivka, la ville au cœur de la bataille russe pour le Donbass
En uniforme devant son état-major, Vladimir Poutine a remercié le 4 juillet les soldats russes pour leur prise de la ville de Kostyantynivka, d’une “importance stratégique majeure”. Les images ont été retranscrites à la télévision. Selon son porte-parole, Dmitri Peskov, "la ville est désormais entièrement sous notre contrôle". Un autre commandant affirme que "des opérations de recherche et d’élimination des soldats isolés des forces armées ukrainiennes qui tentent de se cacher dans des bâtiments, caves et ruines" sont en cours dans cette ville, décrite comme "l'un des principaux centres défensifs de la zone fortifiée Sloviansk-Kramatorsk-Kostiantynivka".
Le sang n’a fait qu’un tour chez Volodymyr Zelensky. "Bien sûr, ce n'est pas vrai — il s'agit simplement d'un nouveau mensonge russe conçu pour susciter une quelconque couverture médiatique" a réagi le président ukrainien samedi, lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Avant d’avancer avec ironie que "si Kostyantynivka était actuellement sous contrôle russe, alors Poutine n'aurait certainement aucun problème à m'y rencontrer et à trouver des solutions diplomatiques pour mettre enfin fin à la guerre". Un mois de bataille pour la ville
Selon l’état-major ukrainien, certains groupes d’infanterie sont bel et bien entrés dans la ville, qui se trouve finalement en situation difficile après d’intenses combats, qui dure depuis un mois. Au début du mois de juin, le commandement du 19e corps...
-
05/07 - Hantavirus, Ebola, Covid : comment chaque épidémie réveille le mythe du "complot juif", par le Pr David Smadja
Au XIVᵉ siècle, pendant la peste noire, les Juifs étaient accusés d'avoir empoisonné les puits pour décimer les populations chrétiennes. Des milliers d'entre eux furent massacrés à travers l'Europe au nom de cette accusation délirante. Sept siècles plus tard, les moyens de communication ont changé, mais le mécanisme demeure. Les réseaux sociaux ont remplacé les places publiques ; les algorithmes ont remplacé les rumeurs de village. Pourtant, lorsque survient une crise sanitaire, la tentation reste la même : chercher un responsable, désigner un ennemi, transformer la peur en accusation.
L'actualité récente autour de l'hantavirus en offre une nouvelle illustration. Parmi les nombreuses rumeurs qui ont accompagné cette alerte sanitaire, l'une des plus virales prétendait que le terme "hanta" signifierait, en hébreu "arnaque" ou "mensonge". Cette pseudo-étymologie est entièrement fausse : le nom de l'hantavirus provient de la rivière Hantaan, en Corée, où le virus a été identifié dans les années 1970. A partir de cette manipulation, certains comptes ont insinué que le virus dissimulerait un complot impliquant Israël, les Juifs ou les "sionistes". Une fois encore, le mensonge a circulé bien plus vite que son démenti. Car l'antisémitisme contemporain emprunte encore et toujours les codes du complotisme. Il ne s'exprime plus par des accusations frontales. Il avance par sous-entendus, pseudo-révélations, détournements linguistiques, captures d'écran sorties de leur contexte ou...
-
05/07 - "Ils ont décidé de me vendre" : comment la guerre précipite des jeunes filles dans le mariage forcé
Zabib dort lorsque des voix viennent rompre son sommeil. On l’emmène hors de sa maison. Ce n’est que plus tard qu’elle comprend : elle est en train d'être livrée à un homme qu’elle ne connaît pas. Son mariage a été célébré en son absence dans une mosquée du Soudan du Sud. Le contrat a été signé : des têtes de bétail, des chèvres, des biens ont été convertis en argent. Les arrangements ont été conclus sans son consentement. Elle n’a que 15 ans.
Dans son pays, Zabib n’est pas une exception. Plus de la moitié des jeunes filles y sont mariées avant l’âge de 18 ans selon l’ONG britannique Girls not Brides. Certaines le sont dès 12 ans, lorsque les premières règles suffisent, dans certaines communautés, à les considérer comme prêtes pour l’union. Depuis 1991, le consentement de la femme est requis avant la cérémonie. Mais la législation contient des failles : un tuteur masculin – père, oncle ou frère – peut signer un contrat de mariage en son nom. Si la jeune fille refuse, l'événement n’est pas annulé pour autant : elle doit intenter une action en justice et prouver qu’elle n’était pas consentante. Une procédure longue, coûteuse et inaccessible à la majorité d’entre elles. "C’est aujourd’hui l’une des normes culturelles les plus néfastes qui affectent les filles de nos communautés", confie Zabib, aujourd’hui âgée de 34 ans.
La guerre n’a fait qu’aggraver cette réalité. Dans son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés, publié en juin 2026, l’ONU dresse un constat...
-
05/07 - "On peut démolir les Russes" : voyage au cœur de l’industrie de guerre ukrainienne
En ce début d’été, dans un hangar tenu secret du missilier ukrainien Fire Point, l’odeur âcre des produits chimiques le dispute au vacarme des machines. Bleu de travail ou simple t-shirt sur le dos, des dizaines d’ouvriers s’affairent, malgré la chaleur ambiante, à la fabrication du produit phare de l’industriel : le missile de croisière FP-5, plus connu sous le nom de "Flamingo" (flamant rose), pour la couleur rose qu’arboraient ses tout premiers prototypes. Déjà, la fabrication du fuselage de l’appareil, en fibre de carbone, puis de ses ailes, avant de passer à l’électronique. "On en fabrique un à trois par jour selon les besoins", glisse fièrement un salarié, qui restera anonyme. "Mais nous avons la capacité de monter jusqu’à sept", complète un autre l’air entendu. D’une envergure de plus de six mètres, ce mastodonte peut emporter plus d’une tonne d’explosifs, et frapper jusqu’à 3 000 kilomètres.
Dévoilé l’été dernier, ce projectile est devenu la figure de proue de toute une panoplie de nouvelles armes "made in Ukraine" développées ces dernières années. Il a rapidement fait ses preuves sur le front. Le 27 juin, Volodymyr Zelensky a revendiqué une frappe "réussie" contre l’usine russe Titan-Barrikady de Volgograd - un site de premier plan pour la production de systèmes d'artillerie et de missiles. "Chaque installation de défense russe impliquée dans la guerre contre l'Ukraine est une cible légitime pour nos frappes à longue portée", a mis en garde le président ukrainien...
-
05/07 - 250e anniversaire des Etats-Unis : Donald Trump célèbre son Amérique et réactive l’ennemi "communiste"
Presque toutes les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis portaient la marque Trump ce 4 juillet, les décisions prises par le président milliardaire d’extrême droite ayant transformé une commémoration officielle de l’histoire américaine en un nouvel épisode de la polarisation politique aux États-Unis. Sous une chaleur suffocante — les températures ont atteint 46 degrés à Washington — cette soirée, millimétrée pour être le "plus grand rallye Trump" selon ses propres mots, a finalement été victime des orages et d’un certain chaos.
À quelques heures de son discours, les éclairs ont forcé les Secret Service à évacuer une partie de ses partisans, qui l’attendaient en liesse sur l’immense esplanade du National Mall, avant qu’il ne leur demande de revenir. "J’ai dit : 'Il n’y a pas moyen — même si nous devons parler devant une seule personne à 4 heures du matin, je serai là. Rien ne nous dissuadera.'" a-t-il lancé à la foule Maga (Make America great again), moins dense que prévu. "C’est une soirée inoubliable. Je crois que c’est quelque chose de très spécial." a poursuivi Donald Trump, assurant que la persévérance des participants rendait l’événement "encore plus grand que si nous n’avions pas eu ces éclairs retentissants".Vaincre la “menace communiste”
Après une heure de retard et alors que la chaleur sévissait toujours, Donald Trump a finalement annoncé en débutant son speech, à 23 heures, qu’il allait faire "un très long discours… juste pour montrer que je peux...
-
05/07 - Micro-drama : quand les feuilletons chinois générés par IA envahissent la planète
À Hengdian, le plus grand complexe de tournage au monde situé dans la province côtière du Zhejiang, figurants et techniciens ont vu les contrats se tarir après le Nouvel An chinois de février 2026. La ville avait prospéré grâce au micro-drama, ce feuilleton vertical d'une à deux minutes par épisode conçu pour les smartphones. Elle découvre que l'IA peut désormais les fabriquer sans elle.
Le micro-drama (duanju) est un produit calqué sur le business du jeu mobile. En 2024, le marché chinois a dépassé les 50 milliards de yuans, environ 7 milliards de dollars, et devancé pour la première fois les recettes du box-office national. L'an dernier, il aurait doublé, selon le régulateur chinois. Le produit obéit à une logique très différente de la télévision. Les premiers épisodes sont offerts pour installer l'addiction, chaque saynète se clôt sur un coup de théâtre pour forcer l'achat de la suivante, payée à l'unité en monnaie virtuelle et diffusée généralement sans publicité. Le gros du budget est consacré à la quête d'utilisateurs plutôt qu'à la production. Le royaume du micropaiement
En Amérique du Nord, une série d'épisodes coûte 150 000 à 200 000 dollars à fabriquer, alors que coût d'acquisition d'un spectateur y avoisine les 15 dollars. Le producteur star Jeffrey Katzenberg pensait rafler la mise avec Quibi, son service de format court lancé en grande pompe en 2020 avec 1,8 milliard de dollars et pléthore de vedettes. L'entreprise s'est effondrée en six mois : cette...
-
05/07 - Un week-end dans le Finistère : les sortilèges de Daoulas
Entre pierres médiévales, carré de plantes mortelles et rires d’écoliers en fond sonore, l’abbaye de Daoulas cultive l’art du contraste. Ce joyau patrimonial, niché dans un bourg au fond de la rade de Brest, est aussi un lieu de vie, de transmission et de découverte, où près de neuf siècles d’histoire dialoguent avec le présent. Fondé au XIIe siècle par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, le site conserve quelques éléments remarquables : son église associe les lignes épurées de l’art roman à des remaniements gothiques réalisés au fil du temps et son cloître, l’un des mieux conservés en Bretagne, offre un précieux témoignage de l’organisation des communautés conventuelles du Moyen Age. A quelques pas, la fontaine et l’oratoire du XVIe siècle rappellent le rayonnement dont bénéficia l’établissement à la Renaissance.
Sous la conduite de Pierre Nedelec, adjoint de direction de l'Abbaye, on apprend que, vendu comme bien national au cours de la Révolution, celui-ci a changé plusieurs fois d’usage avant d’être transformé en demeure bourgeoise au XIXe siècle, puis acquis, dans les années 1950, par une congrégation franciscaine, dont les sœurs dispensaient leurs savoirs auprès des têtes blondes du village. Lorsque le département du Finistère rachète le domaine en 1984, une clause originale accompagne la transaction : l’école maternelle et primaire installée dans l’enceinte doit être conservée. Ici, près de neuf siècles d'histoire dialoguent avec le présent.
Aujourd’hui...
-
05/07 - Face à la crise, le vin part à la conquête du marché des cosmétiques
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique (ci-dessous), en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Le 21 mars était jour de récolte chez Jérôme Bretaudeau, star de l’appellation Muscadet. Une vendange précoce ? Non, les grappes ne sont même pas formées à cette époque : il recueillait les "larmes" de la vigne. Au printemps, quand la vie revient dans les ceps endormis, le vigneron se rend dans sa parcelle de Vallet pour suspendre au bout des rameaux, entaillés d’un coup de sécateur, des fioles de 200 millilitres où tombent, au goutte-à-goutte,...
-
05/07 - Arts : en l’absence d’une nouvelle loi, les faussaires peuvent toujours courir
Il y a quelque chose de "pourri en leur royaume" pourrait-on écrire en empruntant la formule au fameux Hamlet de Shakespeare. Se faisant, il s’agit presque là d’une forme de plagiat qui représente pour la littérature ce que les faux sont à l’art, puisqu’il reproduit tout ou partie d’une œuvre sans l’autorisation de son auteur ou de ses descendants.
Ici, le royaume en question concerne le marché de l’art qui n’a jamais autant été fragilisé par la circulation de faux artistiques – certains experts le chiffrent à 30 % des ventes ! "Or, lorsqu’un faussaire reproduit à l’identique une toile, il ne fait pas que la copier, il dérobe un rêve", alertait récemment Emmanuel Brancaleoni, président de l'Association des Amis du Musée national Marc Chagall à Nice, où se tenait le mois dernier un colloque sur le sujet à l’initiative de la société de gestion des droits d'auteur dans le domaine des arts graphiques et plastiques (Adagp) et de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC).La plupart des faux passent sous les radars
De prime abord la fraude en matière artistique peut apparaître comme une guerre picrocholine, un marché de niche pour riches qui ne mériterait pas qu’on y porte attention. A cela s’ajoute une difficulté comptable et de définition : "Comme pour de nombreuses activités clandestines, il n’existe pas de chiffres précis afin de mesurer l’ampleur du phénomène", explique Jean-Baptiste Félicité le chef de l’OCBC. Avant de préciser : "Notre service...
-
05/07 - Essai clinique farfelu, lobbying, menaces... Les étonnantes pratiques du vice-doyen de la fac de médecine de Nantes
Un mélange de luminothérapie, de chromothérapie, de musicothérapie et de lithothérapie, grâce à des "quartz spécifiques". Une innovation mobilisant les principes de la physique quantique, de la mémoire de l’eau et des énergies. Voici donc le LineQuartz, censé lutter contre la fibromyalgie, la polyarthrite ankylosante, et les douleurs chroniques en général, mais qui s’avérerait également bénéfique contre le stress et l’anxiété, voire contre certains cancers. "J’ai traité un malade avec un glioblastome qui était condamné, puis trois autres patients avec différentes tumeurs", assure Yannick Delgado, l’inventeur de cette étrange lampe à sept branches sous laquelle s’allongent les patients.
Le corps recouvert d’une couverture, les yeux protégés par un masque obscurcissant, un casque sur les oreilles, ils restent ainsi, couchés dans l’obscurité, balayés de faisceaux lumineux colorés, changeants au rythme de la musique classique diffusée dans leurs écouteurs. Aussi relaxant que farfelu. Le concept pourrait prêter à sourire, si cet appareil n’était diffusé auprès de vrais malades par un bataillon de naturopathes, kinésiologues et autres pseudo-thérapeutes, un peu partout en France mais aussi en Suisse et en Belgique. Certains de ces praticiens ne sortent pas du cadre du bien-être, mais d’autres prétendent prendre en charge des patients, parfois atteints de pathologies graves.Une caution scientifique douteuse
Inquiétant, d’autant que Yannick Delgado peut se prévaloir, pour...
-
05/07 - José Ortega y Gasset : la philosophie est un sport de dandy
José Ortega y Gasset (1883-1955) aurait-il aimé vivre en 2026 ? Rien n’est moins sûr. Il était nostalgique de la Renaissance et, selon lui, nous avions commencé à perdre le sens commun vers 1560. Espagnol de naissance et de culture, mais nourri d’hindouisme et de philosophie allemande, Ortega y Gasset se disait "né sur une rotative", ayant un père journaliste littéraire et un grand-père maternel patron de presse. Lui-même lança plusieurs revues avant de se faire élire député et de vite revenir de la politique, ne pouvant se mêler au régime franquiste.
Européen convaincu, il dirigea de 1923 à 1936 la Revista de Occidente (qui relayait les tendances philosophiques européennes) et prononça en 1953 à l’université de Berlin sa célèbre conférence Méditation sur l’Europe, à la fois profession de foi européenne et testament intellectuel. Il disait que "la clarté est la courtoisie du penseur" et, toujours tiré à quatre épingles, précisait : "Le souci d’élégance est une dimension essentielle de l’espèce humaine – comme la recherche de la vérité, de la beauté, de la justice." La publication chez Séguier des Tableaux des petites et grandes choses de l’existence, sélection de textes parus entre 1909 et 1928, permet de redécouvrir cet esthète narquois dont l’esprit rappelle tour à tour Italo Svevo, Vladimir Nabokov ou Witold Gombrowicz.
C’est devenu un lieu commun de citer La France contre les robots de Georges Bernanos, qui date de 1947. Que la civilisation moderne soit une...
-
05/07 - Edouard Philippe, les coulisses d’une "mue" présidentielle : "Se préparer à la fonction fait partie de la campagne"
"A l’Elysée, on rit moins. On se tient. On ne peut pas y faire ni y dire n’importe quoi. Les lieux ont une mémoire, et ils font partie de la fonction." L’auteur de ces lignes a perdu six kilos lorsqu’il a été nommé à Matignon ; il est aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle. "Si vous voulez maigrir, devenez Premier ministre" : à l’époque, lors de la parution d’Impressions et lignes claires en 2021, Edouard Philippe pouvait encore plaisanter. Mais demain, s’il est élu chef de l’Etat, combien de kilos en moins ? Il n’existe pas seulement un écart de niveau, de responsabilités et donc de stress entre les postes de numéro 1 et de numéro 2 de l’exécutif, il existe aussi une différence de temporalité : on se prépare longuement au premier, on est propulsé soudainement au second. Sans doute parce qu’il était alors dans une mauvaise posture sondagière face à un Edouard Balladur marchant sur l’eau, peut-être aussi parce qu’il avait conscience du travail sur soi qui s’imposait à lui, Jacques Chirac avait résumé cela pendant sa longue campagne de 1994-1995 par une formule : "Dans ma tête, je suis déjà au lendemain du second tour."
Muet devant la "mue" : Edouard Philippe assume le mot, "je" doit être un autre. Certes, bâtir le jour d’après ne garantit - même - pas d’être présent sur la ligne de départ du premier tour, pourtant... "Se préparer à la fonction fait partie de la campagne pour ceux qui y vont pour gagner, confie-t-il. Je ne sais pas si je gagne, mais j’y vais pour...
-
05/07 - Comment le Royaume-Uni est devenu aussi pauvre que le Mississippi
Qui a ruiné le Royaume-Uni ? Ces dix-huit dernières années n’ont apporté que stagnation et désillusion. En 2007, avant la crise financière, le pays était à l’apogée de son ère post-impériale. Le revenu médian des ménages venait de dépasser celui de l’Allemagne. Une livre sterling valait plus de 2 dollars, et Londres était en passe de détrôner New York en tant que centre bancaire international.
Mais depuis, le Royaume-Uni a été laissé-pour-compte. La production par habitant n’est désormais plus que légèrement supérieure à celle du Mississippi, l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis — et cette légère avance n’est due qu’à Londres. En dehors de la capitale, dans les régions où les touristes ne se rendent pas, le niveau de vie est bien inférieur à celui du Mississippi. Les Britanniques en visite aux Etats-Unis constatent que leur monnaie s’est dépréciée au point que la livre ne vaut aujourd’hui qu’environ 1,35 dollar. Les salaires britanniques sont restés bien en deçà de ceux des Etats-Unis, mais aussi de ceux de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas et du Danemark ; une fois l’inflation prise en compte, ils n’ont pratiquement pas augmenté. D’ici une dizaine d’années, si ces tendances se poursuivent, le Polonais moyen aura un niveau de vie équivalent à celui du Britannique moyen.
Il y a une génération, la Grande-Bretagne était une grande puissance mondiale ; aujourd’hui, c’est une puissance moyenne, en proie à la sclérose. La fiscalité est à son plus haut niveau depuis la...
-
04/07 - Attaques djihadistes et touaregs au Mali : la junte confrontée à un nouveau défi sécuritaire
De nouvelles attaques coordonnées ont frappé le Mali. Des insurgés ont mené des assauts simultanés en cinq points du pays, tôt ce samedi 4 juillet, notamment dans une ville du nord où sont stationnés des combattants gouvernementaux et russes, ainsi que dans une localité située au sud de la capitale, Bamako. Cette offensive marque une nouvelle démonstration de force des groupes armés face aux autorités maliennes, déjà confrontées à une insécurité persistante. Les assauts ont visé des positions de l’armée dans plusieurs localités, dont Anefis, Aguelhoc et Gao (dans le nord du pays), Sévaré (au centre) et Kénioroba (au sud), ont indiqué les forces armées maliennes dans un communiqué.
Les soldats ont repoussé les attaques et la situation est "totalement sous contrôle", précise le communiqué, ajoutant que 20 "terroristes" ont été tués à Sévaré et six à Gao. Un combattant pro-gouvernemental a trouvé la mort à Gao et quatre autres ont été blessés, selon la même source. Un porte-parole du Front de libération de l'Azawad (FLA), un groupe rebelle à dominante touareg, a affirmé que son organisation avait pris part aux attaques de samedi. En avril, ce groupe s'était associé au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) — affilié à Al-Qaïda dans la région — lors d'une opération coordonnée et retentissante qui avait visé l'aéroport de Bamako et coûté la vie au ministre de la Défense. Les djihadistes du JNIM n'ont pas immédiatement revendiqué ces attaques.
Le porte-parole du...
-
04/07 - Denis Masséglia : "Avec l’IA, un député pourrait facilement bloquer l’Assemblée"
L’inverse eut été étonnant. Comme toutes les autres professions du monde — ou presque — les députés et leurs collaborateurs utilisent l’IA au travail. Plus de huit sur dix y auraient recours, chiffre un récent rapport écrit par les députés Denis Masséglia (Ensemble, Maine-et-Loire) et Nicolas Bonnet (EELV, Puy-de-Dôme), s’appuyant sur plus de 400 réponses. Dont la moitié chaque jour, pour de la reformulation d’e-mails, de la synthèse documentaire ou de la recherche sur Internet, à l’aide des biens connus ChatGPT ou Claude. Un panel suffisamment solide pour évoquer les attentes, craintes et espoirs de l’Assemblée nationale envers l’IA. Le député Masséglia, gamer invétéré et très au fait des sujets technologiques, débat lui-même de fiscalité avec un chatbot pour "sortir de ses propres biais". Et craint dans le même temps qu’un député, un jour, puisse littéralement bloquer l’institution à l’aide de quelques prompts. Entretien.
L’Express : Qu’a motivé la construction d’un tel rapport sur l’utilisation de l’IA à l’Assemblée nationale ?
Denis Masséglia : Elle est née d'une réflexion de l'une des trois questeures, Brigitte Klinkert, qui se disait que nous n'avions pas forcément d'espace d'échange avec les représentants des différentes entités : l'administration de l'Assemblée nationale d'un côté, les collaborateurs de députés de l'autre, et enfin les députés eux-mêmes. Elle a donc créé une commission des usagers et, très rapidement, il est apparu que les députés et leurs...
-
04/07 - Derrick, l’inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l’Allemagne
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
En Allemagne, on n’a pas de pétrole, mais on a un Derrick. Ce flic ne manquant pas de toupet a enquêté sur la chaîne publique ZDF de 1974 à 1998. En France, Inspecteur Derrick s’est fait connaître à partir de 1986, grâce à une Cinq berlusconienne qui devait remplir son quota de productions européennes. Puis il a fait les beaux jours de France 2 et France 3 : à l’heure de la sieste, les parts d’audience pouvaient dépasser les 20 %. En dépit des plus récents et fringants Dark, Babylon Berlin ou Deutschland 83, elle reste sans conteste la série germanique la plus connue à l'international.
Sordide, le pilote rendait un hommage ironique à l’amitié franco-allemande : la toute première victime, une étudiante dans un internat, se fait trucider par un pervers après avoir vu un "film débile d’Alain Delon". Avec son trench-coat, ses cravates, ses yeux globuleux et son absence totale de charisme, le policier bavarois incarné par Horst Tappert est devenu un archétype, objet d’innombrables parodies (en France, les Nuls l’ont transformé en "inspecteur Merdick"). Ce produit d’exportation "Deutsche Qualität", au même titre que les BMW prisées par...
-
04/07 - 250 ans des Etats-Unis : les chiffres qui montrent que le rêve américain vacille
Tout avait été pensé pour faire de cet anniversaire un moment de rassemblement national. Les préparatifs du 250e anniversaire des Etats-Unis débutent il y a dix ans, lorsque le Congrès crée une commission bipartisane, baptisée "America 250", chargée d’orchestrer les célébrations. Pendant huit ans, le projet reste discret. Puis Donald Trump revient à la Maison-Blanche. Durant sa campagne, il avait promis des festivités grandioses. Mais, à l’heure où le pays souffle ses 250 bougies, l’ambiance est loin de l’euphorie. Les sondages dressent le portrait d’une Amérique profondément pessimiste quant à son avenir et divisée sur l’héritage qu’elle laisse. "L'Amérique a le blues", soutient CNN.
Plus des trois quarts des Américains estiment que les Pères fondateurs seraient déçus des etats-Unis d’aujourd’hui, selon une enquête Gallup, publiée en mai et relayée par CNN. Seuls 19 % pensent au contraire que les signataires de la Déclaration d’indépendance seraient satisfaits de l’évolution du pays, tandis que 77 % jugent qu’ils seraient déçus. Gallup pose cette question depuis 1999, mais jamais le constat n’avait été aussi sombre. En 2003, ils n’étaient que 48 % à partager cette opinion. Ce pessimisme dépasse les clivages politiques. Si les républicains portent un regard légèrement moins sévère que les démocrates, seule une minorité, dans les deux camps, estime que les fondateurs verraient d’un bon œil l’Amérique actuelle.
Le malaise ne se limite pas à ce regard sur le passé. Selon...
-
04/07 - Maroc : la diaspora, bras armé de la puissance du Royaume, par Arnaud Lacheret
On se souvient de la sympathie qu'avaient récoltée les supporters irlandais en France lors de l'Euro 2016. Cette année, ce sont les Marocains qui se distinguent. Un fait qui doit autant au talent de l'équipe du Maroc qu'à la mobilisation massive de la diaspora marocaine. Un carton plein pour la stratégie d'influence - et de puissance - de Rabat.
La diaspora marocaine représente environ cinq millions de Marocains résidant à l'étranger, soit près de 15 % de la population métropolitaine. Le gros du contingent est installé en Europe de l'Ouest - France, Belgique, Pays-Bas, Espagne en tête - mais de solides communautés existent dans les pays du Golfe et en Amérique du Nord, où l'on dénombre près d'un demi-million de ressortissants marocains. Dans le cadre d'une compétition organisée sur le sol américain, ce maillage géographique offre un potentiel de visibilité considérable. Surtout quand les résultats suivent : les Lions de l'Atlas entament le tournoi avec un match nul contre le Brésil (1-1) et deux victoires contre l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2), et ainsi une qualification pour les phases finales suivie d’une belle victoire sur les Pays-Bas. Leur rang de septième équipe mondiale au classement Fifa est tenu. Les scènes d'une présence planétaire
Le 13 juin, pour le premier match des Lions de l'Atlas contre le Brésil au MetLife Stadium, Times Square est devenue marocain : drapeaux rouges, musique dakka marrakchia, youyous et chants ont envahi l'un des carrefours les plus...
-
04/07 - Indépendance des Etats-Unis, le point de vue de L’Express en 1976 : "Seul pays dont l’acte de naissance soit sa Constitution"
L'Express du 17 mai 1976Le grand secret de la Constitution américaine
Durant la conférence de presse tenue à l'Elysée le 22 avril 1976, quelqu'un demanda au Président ce qu'il comptait faire au cas où les partis opposés à sa politique deviendraient majoritaires à l'Assemblée nationale, après les prochaines élections législatives. "Il existe une réponse à cette question, déclara M. Valéry Giscard d'Estaing, et une seule, elle est contenue dans le petit livre que voici : le texte de la Constitution de la République française." Propos insolite dans la bouche d'un homme d'Etat français, mais propos qui eût fait figure de truisme dans celle d'un président des Etats-Unis. La question même aurait semblé superflue, saugrenue à un auditoire de citoyens américains, non seulement parce que leur Constitution, à la différence de la nôtre, fait face sans équivoque à l'éventualité particulière évoquée à l'Elysée ce jour-là, mais aussi, en général, parce que, dans la conscience collective américaine, la politique et la Constitution ne font qu'un : c'est le domaine constitutionnel qui a dessiné le domaine politique, et non l'inverse.
Certes, aux Etats-Unis comme ailleurs, nombre de politiciens cherchent à tourner les lois, et souvent y parviennent impunément. Mais, découverts, ils paient leur double jeu beaucoup plus cher qu'ailleurs. Il n'y a pas, en Amérique, d'indulgence amusée ou, du moins, avouée pour les violations habiles de la légalité. Que cette légalité ait subi des...
-
04/07 - Alain Aspect : "J’entends trop de leaders d’opinion se glorifier d’être nuls en maths !"
Les Français l’ont découvert à l’automne 2022, quand il a reçu le prix Nobel pour ses recherches sur l’intrication quantique. Et immédiatement, il a séduit le grand public. Son livre Si Einstein avait su (éditions Odile Jacob) est d'ailleurs un succès en librairie. Alain Aspect se livre dans un grand entretien éclairant, à regarder en vidéo sur YouTube et Dailymotion, ou à écouter sur les plateformes traditionnelles de podcast, comme Apple Podcasts,Spotify,Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Vous êtes entré à l’Académie française en avril dernier et, sur le fourreau de votre épée, vous avez fait graver une devise. Quelle est-elle et pourquoi ?
Alain Aspect : "Nous, les maîtres d'école" : parce que je voulais rendre hommage aux instituteurs qui sont essentiels dans notre société, et pour mon cas particulier à mon institutrice de cours moyen, qui a certainement contribué à me donner le goût de la science. J'ai cherché une devise assez courte pour pouvoir tenir sur l’épée et, finalement, j'ai trouvé ce titre d'un livre de l’historien Jacques Ozouf, qui est un recueil de témoignages de hussards noirs de la IIIe République. C'est un livre passionnant qui montre combien ces gens croyaient à l'éducation. Je me considère comme un maître au sens où je suis autant professeur que chercheur, et où encadrer les jeunes thésards m'a toujours semblé dans mon rôle. Cette devise, c'est ma revendication d'appartenance à la tribu des maîtres d'école au sens large....
-
04/07 - Attaques russes, provocations : le scénario redouté par les Etats-Unis en Pologne
Et si la guerre en Ukraine débordait des frontières du pays pour atteindre directement un Etat membre de l’Otan ? Depuis le début du conflit, ce scénario hante les chancelleries européennes, sans que les intentions de Vladimir Poutine ne puissent être établies avec certitude. Une nouvelle alerte alimente pourtant ces craintes. Selon des informations publiées par le média polonais Onet, puis reprises par The Telegraph, des infrastructures polonaises pourraient être visées par des missiles ou des drones, tandis que des soldats russes ou biélorusses pénétreraient sur le territoire polonais dans le cadre d’une opération de provocation.
Selon plusieurs proches du président polonais Karol Nawrocki, Washington aurait adressé à Varsovie plusieurs avertissements concernant ces projets. D'autres sources au sein du renseignement, du ministère polonais de la Défense, ainsi qu’un ambassadeur auprès d’un allié de l’Otan estiment qu’une provocation en Pologne ou dans les Etats baltes constitue un risque sérieux. Un responsable sécuritaire balte a également confirmé, de son côté, au Telegraph que de tels scénarios seraient actuellement discutés à Moscou.
Avec cette éventuelle attaque contre la Pologne, l’objectif attribué à la Russie ne serait pas de déclencher une guerre conventionnelle avec l’Alliance atlantique, mais de tester sa cohésion tout en faisant pression sur les soutiens occidentaux de Kiev, résume The Telegraph. La fin du soutien occidental à l’Ukraine pourrait même être...
-
04/07 - La Côte d’Azur : le paradis perdu des écrivains étrangers ?
Quand on songe à la Côte d’Azur, des souvenirs de lecture reviennent en mémoire : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig, qui se déroule à Monte-Carlo ; Marée basse de Cyril Connolly, dont l’action est située à Cagnes-sur-Mer ; et surtout l’envoûtant Tendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald, qui se passe notamment à Antibes. On sait que, pas encore naturalisés français, Guillaume Apollinaire et Romain Gary furent lycéens à Nice. Nice où Friedrich Nietzsche passa tous ses hivers de 1883 à 1888, avant de perdre la raison l’année suivante à Turin. Les gens aisés furent plus heureux : Edith Wharton dans son château à Hyères ou William Somerset Maugham dans sa villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Robert Louis Stevenson et Katherine Mansfield tentèrent de soigner leur tuberculose entre Bandol, Menton et Hyères. Des auteurs de premier ordre moururent dans les parages : D. H. Lawrence et Witold Gombrowicz à Vence, James Baldwin à Saint-Paul-de-Vence. Klaus Mann se suicida à Cannes en 1949 – avant lui, son père, Thomas, avait aimé ses séjours à Sanary. A cette liste non exhaustive de plumes prestigieuses qui sont venues dans le coin où y ont vécu, il faudrait ajouter Agatha Christie, Joseph Conrad, Nicolas Gogol, Graham Greene, Ernest Hemingway, Aldous Huxley, Ernst Jünger, Henry Miller et Anaïs Nin, Vladimir Nabokov, Luigi Pirandello, Georges Simenon, Anton Tchekhov… Tous apparaissent dans Les Ecrivains étrangers à la découverte de la Côte d’Azur de Ralph...
-
04/07 - A Landerneau, l’usine à rêves du créateur visionnaire Andy Wahrol
Difficile d'imaginer rencontre plus symbolique. A Landerneau, l'œuvre d'Andy Warhol s'expose sur un site qui fut autrefois le premier supermarché Leclerc de France. D'un côté, l'artiste qui a élevé les boîtes de soupe Campbell, les briques de lessive Brillo et les canettes de Coca Cola au rang d'icônes artistiques ; de l'autre, le berceau français de la grande distribution. Comme un clin d'œil de l'histoire, le roi du Pop Art retrouve ici l'univers qui a nourri toute sa réflexion sur l'abondance, les marques et les nouveaux mythes du XXe siècle.
Aux manettes de l’exposition d’envergure consacrée à l’artiste au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture (FHEL), la commissaire Amber Morgan, directrice des collections et des expositions du Andy Warhol Museum, à Pittsburg – le plus important fonds dédié à l'artiste – se garde bien de réduire le créateur à ces sérigraphies emblématiques. A travers quelque 200 œuvres, dessins, photographies, films et archives, dont certains jamais montrés, elle révèle un créateur plus complexe que la légende, qui a fait de sa propre existence une œuvre. Derrière les couleurs éclatantes et les images dupliquées à l'envi se cache une ambition plus vaste : raconter l'Amérique et ses promesses.Andy Warhol chez Gristedes, à New York, en 1964.
Ici, c'est donc la trajectoire hors du commun d'un homme lancé à la poursuite du rêve américain qui fait office de fil rouge. Né à Pittsburg, en 1928, dans une famille modeste d'immigrés originaires...
-
04/07 - Trump, Mamdani et l’illusion d’une Amérique coupée en deux
Aux États-Unis, la droite trumpiste et la gauche radicale incarnée par Zohran Mamdani monopolisent l'attention et polarisent le débat public, donnant l’impression d’un pays ayant sombré dans la radicalité et étant déchiré entre deux blocs irréconciliables, comme si le centre avait été rayé de la carte. Pourtant, à l'heure où le pays célèbre les 250 ans de son indépendance, il n’existe pas deux, ni trois mais neuf Amérique sur le plan idéologique, révèle une vaste étude publiée par le Pew Research Center le 10 juin, qui a disséqué les opinions de quelque 10 357 Américains, ainsi que leurs valeurs et leurs croyances sur des sujets aussi sensibles que l’immigration, l’économie ou le rôle du gouvernement.
Même si certains clivages classiques, comme celui de la place de l'État fédéral ou les politiques sociales, continuent d'opposer démocrates et républicains, ces neuf familles se rejoignent parfois de façon surprenante sur certains sujets, signe que les Américains sont souvent plus nuancés que la couleur de leur bulletin de vote ne le laisse penser. Mais alors, qui sont ces neuf familles ? Les "extrêmes", bruyants mais minoritaires
Premier enseignement : celles les plus idéologiques, militantes et partisanes dominent le débat public, bien qu'elles soient minoritaires, constate l’institut de recherche spécialisé dans l’étude de l’opinion publique. Deux se situent à droite de l’échiquier politique, deux à gauche. À droite, deux groupes représentant 21 % des Américains sont...
-
04/07 - Canicule : pourquoi le climat sera encore un thème sacrifié de la présidentielle 2027
"La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas", trompetait Emmanuel Macron, en surplomb du Vieux port de Marseille, dans l'entre-deux tours de 2022, pour charmer les électeurs de gauche. Quatre étés, une guerre aux portes de l'Europe, une autre au Moyen-Orient, et une dissolution plus tard, il peut y avoir quelques déçus parmi ceux qui ont cru à cette promesse de campagne. Qui engageait-elle, au fond ?
L'épisode historique de canicule que vient de connaître le pays, plus intense encore que celui de 2003, a momentanément mis la lutte contre le changement climatique et l'adaptation au réchauffement au cœur de l'actualité politique et médiatique. Voilà la généralisation de la climatisation devenue un objet de grand débat national autant que de controverse, auquel aucun candidat à la succession d'Emmanuel Macron ne peut échapper. Dorénavant, beaucoup veulent y croire : "La campagne présidentielle sera marquée par la transition écologique, ou ne sera pas..." Vraiment ? Il est - malheureusement - permis d'en douter.
N'est-ce qu'un moment ? Ou une tendance lourde ? Ces derniers jours, les prétendants à l'Élysée y sont allés de leur proposition choc en matière d'adaptation au réchauffement climatique. Le Rassemblement national - dont les prises de position climatosceptiques et les critiques envers le GIEC ont été légion par le passé - a dévoilé son "plan clim" et un "plan 100% renov", basé sur des prêts à taux zéro, pour rénover les...
-
04/07 - Tour de France : Cube, l’Allemand qui règne sur l’Europe du vélo
Le "mythe du garage" n’est pas réservé aux géants américains de la tech. Comme Apple ou Hewlett-Packard, des milliers d’entreprises se sont lancées à la poursuite d’une grande idée depuis un petit local, péniblement éclairé à la lumière artificielle. Si toutes n’ont pas connu le succès des rois de la Silicon Valley, certaines ont réussi à se faire une place au soleil. A l'image de Cube, marque allemande de vélo, dont l'histoire a démarré, non pas dans un garage, mais dans un recoin de l’entrepôt de meubles paternel situé dans la ville bavaroise de Waldershof. Un cliché aux couleurs délavées, pris au tournant des années 1990, témoigne de ces débuts modestes. On y distingue le fondateur, Marcus Pürner, déchargeant lui-même des cartons d’un camion. A l’intérieur, des biclous en pièces détachées, provenant d’une usine taïwanaise, qu’il revend dans la région au gré de la demande.
Jamais, en écoulant les 160 exemplaires de ce premier container, ni les 320 du deuxième, l’étudiant en économie n’aurait imaginé que son entreprise naissante deviendrait, trois décennies plus tard, une référence mondiale du deux-roues. Un champion européen capable de fabriquer plus d’un million de vélos par an pour un très large public. Un équipementier dont les meilleurs modèles ont séduit l’équipe TotalEnergies, qui l’a choisi pour concourir sur la plus grande course cycliste de la planète, le Tour de France, qui s’élancera d'Espagne, à Barcelone, ce samedi 4 juillet.
Voir ses vélos à l’assaut de...
-
04/07 - Black-out numérique : l’Europe face au risque d’interruption stratégique
Le jour où tout s'interrompt ne ressemble à rien de spectaculaire. Les systèmes ralentissent, les accès se ferment, les flux se fragmentent. Rien ne cède visiblement, mais l'essentiel disparaît : la continuité. Ce scénario, au cœur de notre livre*, n'est pas une fiction technologique. Il prolonge une hypothèse géopolitique crédible : celle d'un usage coercitif des dépendances numériques entre alliés occidentaux.
Les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale ont montré qu'une administration hostile pouvait mobiliser ses leviers juridiques et technologiques pour imposer des restrictions ciblées. Transposé à une crise plus large, ce mécanisme pourrait s'étendre jusqu'à une interruption générale des services numériques critiques en Europe. À mesure que le numérique devient une infrastructure vitale, cette perspective ne relève plus de la spéculation, mais de la planification stratégique.
Car la dépendance européenne est désormais structurelle. Le cloud qui héberge les données publiques et privées, les outils logiciels qui organisent les chaînes de valeur, les plateformes qui structurent l'économie : une part significative de ces briques repose sur des acteurs non européens. L'extraterritorialité du droit américain, la concentration du marché autour de quelques géants du cloud et la centralité du numérique dans les fonctions régaliennes transforment ces dépendances en vulnérabilités.
Face à ce constat, l'Union européenne dispose d'un arsenal normatif...
-
04/07 - Des vacances d’été trop longues en France ? Comment font nos voisins européens
Depuis le début de son second quinquennat, Emmanuel Macron relance chaque année le débat : faut-il réduire la durée des vacances scolaires d'été ? En février, le chef de l'Etat s'est de nouveau dit favorable à un passage de huit semaines actuellement à "un gros mois de vacances" afin d'alléger la charge de travail quotidienne des élèves pendant l'année. Mais la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, un organisme qui réunit 133 citoyens tirés au sort, a rendu son rapport en fin d'année dernière sans proposer de modifier ces vacances.
En réalité, cette durée estivale de congés est plutôt courante en Europe, de nombreux pays du sud et de l'est privilégiant de longues vacances à cette période, pour des raisons climatiques et culturelles. La question du rythme scolaire reste toutefois un problème en France puisque, avec un minimum d’heures de cours obligatoires en primaire qui dépasse la moyenne de l’OCDE et une semaine de quatre jours, les journées des écoliers français sont parmi les plus chargées d'Europe.En France, un programme très dense sur l'annéeDanemark, 42 jours : des congés courts pour une société équilibrée
Le rythme scolaire danois a été pensé pour permettre aux parents de concilier vie professionnelle et familiale. Les crèches sont ouvertes toute l’année, les journées de travail prennent souvent fin en milieu d’après-midi et, malgré de courtes vacances d’été de six semaines, les écoles restent ouvertes pour accueillir les élèves et leur proposer une...
-
03/07 - Spiritueux et gourmandise : trois adresses à découvrir cet été
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.Douceur corse
Un vent de fraîcheur en provenance de Corse. La plus que centenaire distillerie LN. Mattei, réputée pour son Cap-Corse, un apéritif à base de vin, poursuit sa diversification. Outre ses gins et ses whiskies estampillés P&M, elle produit également des liqueurs de très bonne facture. La dernière met à l’honneur la nepita, une plante aromatique récoltée dans le maquis. Oscillants entre menthe et origan, ses arômes herbacés font merveille en...
-
03/07 - Ventes de livres : qui marche le mieux entre Boualem Sansal et Léon XIV ?
Un pape peut-il être pop ? On se souvient de la célèbre photo d’Andy Warhol rencontrant à Rome Jean-Paul II, au début du pontificat de ce dernier. Pendant trois décennies, Jean-Paul II réussit à parler à ses contemporains. Léon XIV parviendra-t-il à marquer les esprits ? C’est trop tôt pour le dire, mais l’actualité éditoriale montre qu’il commence bien. Installé au Vatican depuis un an, il vient de publier sa première encyclique, Magnifique humanité. Si on additionne les trois éditions disponibles en français, le pape en est déjà à plus de 40 000 exemplaires vendus. En s’en prenant au danger de l’IA, et malgré les réserves de certains, il a réussi à toucher juste par rapport aux préoccupations actuelles.
Qu'un pape encore méconnu prenne la tête des ventes d’essais dans une société déchristianisée est une sorte de surprise. Le voir au coude-à-coude avec Boualem Sansal, 2e des essais, donne un attelage pour le moins inattendu. Sansal traverse une étrange année. En janvier, acclamé par tous, il était royalement élu à l’Académie française – ce fut, en un sens, son dimanche des Rameaux. Puis son transfert chez Hachette et certaines déclarations maladroites de sa part lui ont valu d’être violemment critiqué ici et là – il est entré dans sa Passion. La publication de La Légende (Grasset) a-t-elle marqué sa Résurrection ? Nous n’irons pas jusque-là. Il a essuyé des critiques parfois sévères et son score en librairie est au-dessous des attentes. Actuellement, il talonne Léon XIV...
-
03/07 - Jean-Pierre Landau : "L’Europe ne peut pas se permettre d’échouer sur l’euro numérique"
C’est une distinction totalement invisible au quotidien : nous manipulons en réalité deux formes d’une même monnaie. Une publique — matérialisée par les billets et les pièces — émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Et une privée, créée par les banques commerciales mais étroitement encadrée par la BCE : celle qui se trouve sur notre compte bancaire, et que l'on dépense avec une carte, parfois embarquée sur un smartphone.
Il faut bien l’admettre : le duel est de plus en plus déséquilibré. Dopée par les usages en ligne, la monnaie privée domine pour le paiement, au détriment du cash. La situation inquiète les Etats, qui craignent, à terme, une perte de souveraineté. Un sentiment renforcé par l’émergence de cryptoactifs comme les stablecoins. En Europe, la réponse se précise. La Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement a voté, il y a quelques jours, un texte législatif encadrant la création d'un euro numérique. Cette monnaie, directement émise par la BCE, accessible depuis les applications de paiement habituelles ou les banques, est attendue avant 2030.
Professeur associé à Sciences Po, ancien sous-gouverneur de la Banque de France de 2006 à 2011, et auteur du premier rapport officiel français sur les cryptoactifs, Jean-Pierre Landau observe de longue date les tribulations de la monnaie. L’euro numérique, dit-il, est une nécessité, mais le chantier est plus compliqué qu’il n’y paraît.
L'Express : Quel est le pari de l’Europe...
-
03/07 - Présidentielle 2027 : Fabien Roussel entre en résistance contre Jean-Luc Mélenchon
S’il y pense très fort, Fabien Roussel n’a pas encore le droit de l’exprimer. Jusqu’à septembre prochain, du moins, quand le candidat du PCF sera officiellement désigné par les siens. Non, le secrétaire national des cocos ne rechignerait vraiment pas à se présenter pour la deuxième fois à l’élection présidentielle. Il a d’ores et déjà gagné la première phase de son congrès, début juin - son courant, majoritaire, affirmant que les communistes ont "toute légitimité" à porter une candidature autonome et à “prendre toute leur place” lors du scrutin suprême.
Ce qui n’empêche pas le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) d’observer quelques "offensives très fortes de l’extérieur relayées à l’intérieur", sans doute à l’œuvre lors de l’ultime étape de la compétition, prévue ce week-end à Lille. Son regard se tourne vers La France insoumise. Et un relais interne, Stéphane Peu, le président du groupe communiste et ultramarin à l’Assemblée. Le député de Seine-Saint-Denis a récemment passé une tête au meeting de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il a également été invité par l’institut La Boétie, le think tank insoumis. "Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le PCF de présenter un candidat", a récemment déclaré le parlementaire, partisan d’une union "sur un programme de rupture". "Alors dites quel candidat soutenir ! J’ai l’impression qu’ils ont peur de verbaliser son nom", rit Fabien Roussel, depuis son bureau.Des haines recuites avec LFI
"J’attire l’attention de...
-
03/07 - Funérailles de Khamenei : "Le régime iranien souhaite montrer qu’il veut venger sa mort"
Le régime veut en faire une véritable démonstration de force. Entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues dans les rues de Téhéran pour les funérailles d'Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique pendant trente-sept ans et tué dans une frappe israélienne le 28 février dernier. Une cérémonie hors-norme à plusieurs titres qui intervient plus de quatre mois après la mort du plus haut dignitaire iranien, dans un pays exsangue au sortir d'une guerre avec Israël et les Etats-Unis, et alors même que Téhéran vient de signer un protocole d'accord avec Washington.
Cortèges à Qom - ville sainte du chiisme -, Téhéran puis Mashhad - ville où est né Ali Khamenei -, délégations étrangères, ouverture inhabituelle d'Internet pour l'occasion... Chaque détail de la mise en scène a été pensé pour en faire un puissant outil de propagande. Pour décrypter les messages que le régime cherche à envoyer à sa population, à ses alliés transnationaux mais aussi à ses ennemis américain et israélien, L'Express a interrogé le grand spécialiste de l’Iran, Clément Therme, chercheur à l'institut international d'études iraniennes (Rasanah) et auteur de Iran-Israël, la guerre idéologique, de 1979 à nos jours (Tallandier, 2026).
L'Express : Quel message le régime iranien veut-il envoyer avec ces funérailles très cadrées ?
Clément Therme : Le message est d'abord destiné à l'opinion iranienne. La République islamique vient de signer un accord avec l'ennemi américain, désigné comme...
-
03/07 - En Italie, le recul historique du chômage cache une autre réalité
En Italie, le chômage n'a jamais été aussi faible. Avec un taux de 5 %, nos voisins transalpins ont atteint un nouveau record à la baisse, selon les chiffres de l'Institut national des statistiques (Istat), parus ce jeudi 2 juillet. Alors que la Botte recense 399 000 chômeurs de moins sur un an, elle se situe désormais légèrement en deçà du taux moyen européen (5,9 % en mai).
Cette baisse, battant ainsi le précédent record établi en 2004, concerne davantage les femmes que les hommes. En outre, le taux de chômage des jeunes a également chuté pour atteindre les 15,1 % en mai, soit -7,3 points sur un an.De plus en plus d'Italiens inactifs
Dans son étude, l'Istat a défini les chômeurs comme les personnes sans emploi âgées de 15 à 74 ans qui ont effectué au moins une démarche active de recherche de travail au cours des quatre semaines précédentes. Aussi, le taux de chômage n'est pas calculé sur l'ensemble de la population mais plutôt sur la population active. En bref, pour arriver à ce chiffre, l'Istat prend en compte les Italiens qui travaillent et ceux qui recherchent du travail.
A l'inverse, le taux d'emploi est calculé sur l'ensemble des 15 à 64 ans, c'est-à-dire la population en âge de travailler. Un détail qui n'est pas des moindres : il permet d'expliquer comment ce dernier indicateur peut reculer en même temps que le taux de chômage.
Aussi, si le taux d'emploi, en légère baisse de 0,1 point de pourcentage, a atteint 63 % c'est parce que de plus en plus d'Italiens...
-
03/07 - Comment le 250ᵉ anniversaire des Etats-Unis vire à la guerre des commémorations
Les festivités s'annoncent profondément marquées par les divisions politiques. Les Etats Unis célèbreront ce 4 juillet le 250e anniversaire de l’adoption de la Déclaration d’indépendance. Mais pour ce quart de millénaire, deux organismes liés au gouvernement fédéral américain pilotent en réalité deux célébrations distinctes.
D'un côté, Freedom 250, un organisme créé par décret de Donald Trump en janvier 2025, organise les principaux événements qui se dérouleront à Washington. De l'autre, America250, une commission bipartisane créée par le Congrès en 2016, supervise ses propres événement dans le reste du pays. Selon l’agence de presse AP News, le feu d'artifice du National Mall, la Great American State Fair ou encore le défilé des grands voiliers à New York relèvent ainsi de Freedom 250, tandis qu'America250 organise par exemple l’America's Block Party, un concert caritatif à Los Angeles présenté par Queen Latifah, avec Chris Stapleton et les Smashing Pumpkins. "Le plus spectaculaire des rassemblements Trump"
Cette coexistence de deux organisations est inédite, et traduit une véritable lutte de pouvoir autour de cet anniversaire. Des documents internes consultés par l’hebdomadaire Time, ainsi que des entretiens avec cinq personnes impliquées dans l’organisation de ces événements, détaillent non seulement l’absence de coordination entre ces deux organismes, mais aussi des visions opposées, et des tensions concernant les budgets, la programmation et la communication.
Ces...
-
03/07 - Xavier Barbaro, PDG de Neoen : "Les batteries seront la très bonne surprise des prochaines années en Europe"
Nul n'est prophète en son pays. Neoen le sait peut-être mieux que quiconque. Créée et présente en France, l'entreprise s'avère pourtant bien plus connue à l'étranger. Notamment en Australie, où elle s'est imposée comme le premier acteur des énergies renouvelables grâce à d'immenses projets de centrales solaires et de stockage d'électricité par batterie. Pour son PDG, Xavier Barbaro, c'est la preuve que le pays dispose d'une "filière d'excellence", mais ne lui accorde pas la reconnaissance qu'elle mérite.
Du moins pas encore. Il espère que les différents projets de batteries de Neoen permettront à la France et à l'Europe, en retard sur le sujet, d'ouvrir les yeux sur tout le potentiel de cette technologie. Armes anti-black-out, permettant de stabiliser le réseau électrique et de mieux valoriser la production d'électrons, "elles sont devenues la solution évidente pour plein de services". Ne reste plus qu'à dépoussiérer la réglementation pour ne pas se priver inutilement de ses atouts. Entretien.
L’Express : Neoen, créée en France, s’avère bien connue à l’étranger. Souffrez-vous d’un manque de reconnaissance à l’intérieur de nos frontières ?
Xavier Barbaro : Nous avons commencé en France il y a 17 ans, avant de nous étendre en Australie, au Canada, en Allemagne, dans les pays nordiques. En Australie, nous sommes le premier acteur du renouvelable et un important donneur d’ordres, par exemple chez Bouygues, Vinci, Eiffage, Nexans. Il y a un peu eu ce côté "premier de...
-
03/07 - Intrusions de drones en Europe : comment la Russie teste les failles de la défense de l’Otan
On le sait désormais, les intrusions de drones russes dans l'espace aérien européen n'étaient ni aléatoires ni des incidents isolés. Une étude de l'International Institute of Stratégie Studies (IISS) de Londres a révélé le 2 juillet que la Russie a mené, entre fin 2024 et début 2026, une campagne coordonnée de surveillance par drone sur plus d’une douzaine de pays de l’Otan — notamment le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne ou encore le Danemark — ainsi que l’Irlande.
L'étude, qui pointe que les services de renseignement russes ont agi avec une "impunité considérable" et sans susciter de réponse collective de l'Alliance, recense 144 incidents sur une période d'environ 18 mois. Cette campagne aurait permis à Moscou de "cartographier les failles de la défense aérienne de l'Otan". Plus particulièrement en repérant les zones où les radars et les défenses aériennes seraient mal adaptés à des drones lents, petits et peu coûteux. Cette campagne aurait aussi permis à la Russie de repérer les lieux où il est possible de profiter des cadres juridiques, qui dans plusieurs pays ne permettent pas toujours d'intercepter ou d'abattre ces appareils lorsqu'ils survolent une zone civile.Des installations militaires et nucléaires testées
Selon les conclusions de l'IISS, l'opération a probablement été coordonnée par le GRU, le renseignement militaire russe. Une partie des drones aurait été lancée depuis des navires commerciaux russes, notamment des...
-
03/07 - Monaco : le silence gênant de la France, par Benjamin Morel
Nous ne cessons de nous gargariser de l’Etat de droit, pourtant nous cautionnons collectivement son atteinte dans un Etat voisin dans lequel la France n’est pas sans responsabilité. Derrière les paillettes, Monaco représente le symbole de nos hypocrisies. La Principauté a une Constitution, des tribunaux, une assemblée élue, des droits proclamés. D’un point de vue constitutionnel pourtant, elle est ce qui en Europe aujourd’hui se rapproche le plus d’une monarchie absolue.
La singularité monégasque tient à la place du Prince. Le pouvoir exécutif relève de sa haute autorité. Le gouvernement n’est pas responsable devant le Conseil national, seule assemblée élue du pays, mais devant lui. La loi se fait avec le Prince. La justice, selon la Constitution, "appartient" au Prince, qui en délègue l’exercice aux cours et tribunaux. Bien sûr, l’indépendance des juges est inscrite. Mais l’apparence compte aussi. Quand le justiciable voit que les juges suprêmes sont nommés par le Prince, même sur présentation d’institutions, et que certains actes liés au pouvoir princier peuvent se retrouver au cœur du débat, il peut difficilement ne pas s’interroger.L'affaire Claude Palmero
Il faut par ailleurs faire avec l’inviolabilité du souverain. Dans les monarchies parlementaires, le roi ne gouverne pas. Son irresponsabilité est donc largement symbolique. À Monaco, le Prince règne et gouverne. Il nomme, il arbitre et signe. Dès lors, protéger sa personne est une chose, mettre certains actes à...
-
03/07 - Esport à l’école : révolution pédagogique ou aberration ?
La révélation récente d’une stratégie nationale Esport 2026-2030 incluant un volet d’intégration dans les parcours éducatifs de l'Education nationale a tout pour enflammer les esprits et réveiller la croisade anti-écrans. Néanmoins, l’intérêt de faire entrer ces compétitions de jeux vidéo dans les écoles mérite d’être soigneusement examiné.
Le seul fait qu’une activité se déroule sur un support numérique impliquant un écran ne suffit pas à la rendre en elle-même toxique pour le cerveau ou nuisible aux apprentissages. De fait, certaines applications ont fait la preuve de leur efficacité pour entraîner les compétences de lecture ou pour fournir des adaptations à des élèves en situation de handicap. L’un des risques soulevé par les opposants à l’esport est l’augmentation de la sédentarité, et son cortège de problèmes sanitaires associés (surpoids, maladies cardiovasculaires ou diabète...). Mais on est bien obligé d’admettre que rester assis en classe six heures par jour est déjà une activité sédentaire, or personne ne propose d’interdire l’école au nom de la santé des élèves. La bonne question à se poser est donc plutôt : à quoi le temps consacré à l’esport se substituerait-il, et quel serait l’effet attendu de cette substitution ?
La dénomination fallacieuse "d’esport" suggère qu’il pourrait se dérouler pendant les cours d’éducation physique et sportive (ou dans les associations de sport scolaire). Ce serait dans ce cas une réelle perte en termes d’activité physique pour...
-
03/07 - Un assassinat des négociateurs iraniens par Israël : ce scénario redouté par Washington
C'est une énième information étonnante, sur fond de négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran. Selon les révélations du New York Times, confirmées par le Washington Post, l'administration Trump a secrètement mis en garde Téhéran contre un risque de tentatives d'assassinat menées par Israël, et ce tout au long des négociations qui se déroulent depuis avril. Deux des principaux négociateurs iraniens auraient été en danger : Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.
D'après les sources du New York Times, Washington craignait qu'une attaque contre les négociateurs iraniens ne fasse échouer les délicates discussions engagées à partir d'avril en vue d'un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l'Iran. Les Américains auraient même demandé, selon certaines des sources du journal américain, à d'autres pays de la région de prévenir discrètement Téhéran. La crainte d'un sabotage des négociations
L’élimination de hauts responsables iraniens faisait partie de la stratégie israélienne depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une frappe ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs autres dirigeants. Le Wall Street Journal avait d’ailleurs déjà révélé en mars que Ghalibaf et Araghchi figuraient sur une liste de cibles israélienne avant d'en être temporairement retirés au moment de l'ouverture des discussions avec Téhéran.
Si les dirigeants américains ont bien estimé, au plus...
-
03/07 - "Certains grands groupes n’existeront peut-être plus..." : face à la Chine, le grand défi de l’industrie allemande
Dans le monde impitoyable de l'automobile, le paysage peut changer à toute vitesse. Entre 2018 et 2021, Volkswagen occupait la prestigieuse place de premier constructeur mondial, après avoir dominé le marché européen pendant trois décennies. L'euphorie des sommets a aujourd'hui laissé la place à une crise majeure, à l'image de celle que traverse tout le secteur en Allemagne. Le géant de Wolfsburg pourrait supprimer jusqu'à 100 000 emplois d'ici 2030, soit 15 % de ses effectifs dans le monde, selon des informations du mensuel économique Manager Magazin. "Volkswagen a fait un mauvais choix en abandonnant quasiment le moteur à combustion pour miser entièrement sur l'électrique, constate, amer, un grand industriel allemand. L'entreprise se redressera car elle dispose d'un savoir-faire exceptionnel et de solides réseaux de distribution, mais elle ne sera plus un moteur de croissance."
Un séisme sans précédent qui ne fait que confirmer une tendance profonde dans l'industrie au sens large. Le coupable ne fait aucun doute, pour Dalia Marin, professeure d'économie internationale à l'Université technique de Munich. "L'Allemagne n'a pas connu de croissance ces sept dernières années, principalement en raison du choc chinois. Celui-ci a frappé les industries les plus intensives en R&D. Or, lorsqu'elles déclinent, c'est la croissance économique qui s'essouffle, car ce sont elles qui portent l'innovation du pays."
La première puissance économique européenne entretient une relation...
-
03/07 - Congés d’été : quand les vacances deviennent un sujet de tension au bureau
Les congés d'été sont enfin là. Mais tous les salariés ne les abordent pas de la même manière. Depuis le post-Covid, il y a les adeptes des "tracances", un mélange de vacances et de travail. A l'autre bout du spectre, se trouvent les partisans de la déconnexion totale. Entre les deux, il y a aussi les "joignables partout et tout le temps". Enfin, alors qu'à une époque pas si lointaine, certains ramenaient leurs photos de mer ou de voyages improbables au bout du monde, en en faisant profiter tout l’étage, voire tout l’immeuble, leurs successeurs sont maintenant sur Instagram et TikTok, avant, pendant et après leurs congés pour que tout le monde puisse profiter de leur bonheur estival.
Au bureau, les vacances sont devenues une affaire de personnalité. Il y a ceux qui gardent leur destination secrète, ceux qui les mettent en scène, ceux qui les planifient à l'extrême.
Parmi les profils identifiés par les psychiatres François Lelord et Christophe André, figure le "méfiant-susceptible", qui s’ingénie à égarer les curieux vers de fausses pistes (Les nouvelles personnalités difficiles, Odile Jacob, 2023). Chez ceux que l’on perçoit comme des extravertis des vacances, tous n’ont pas le même profil. Convaincu d’être "exceptionnel, hors du commun et de mériter plus que les autres", le narcissique se doit de briller et d’en mettre plein la vue en faisant de ses vacances un moment extraordinaire (Lelord/André). Le "mythomane", lui, les met en scène, "incapable d’assumer la triste...
-
03/07 - Ukraine-Russie : pourquoi Kiev met désormais Moscou sous pression
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Dans un discours publié par le Kremlin, Vladimir Poutine a reconnu que les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes "créent des problèmes". Un aveu rare, dans un contexte où le mécontentement lié aux pénuries de carburant monte au sein de la population russe.
Cette reconnaissance suggère que les attaques ukrainiennes commencent à produire des effets tangibles sur le territoire russe. Elle témoigne aussi d'une évolution du rapport de force dans le conflit. Depuis le début de la guerre, Moscou semblait conserver l'initiative. Ces déclarations laissent désormais penser que l'Ukraine est en mesure d'exercer une pression croissante jusque sur les arrières russes.
Dans cet épisode de La semaine européenne, Paul Véronique, journaliste au service Monde de L’Express, nous éclaire sur les nouveaux rapports de force entre l’Ukraine et la Russie.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.
Cet épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.
Crédits : Le Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Visuel : Alice Lagarde...
-
03/07 - "Toutes les entreprises ne survivront pas" : l’avenir incertain des fabricants français de drones
Un temps considéré comme le cœur battant de la start-up nation, le IIe arrondissement de Paris se transforme à vue d’œil. Depuis quelques mois, le "Silicon Sentier" cède progressivement la place à de jeunes pousses tricolores à forte coloration kaki, avides d’empiéter sur les plates-bandes des grands noms de la défense. Un immeuble haussmannien en pierre de taille héberge les bureaux d’Harmattan AI, une start-up lancée en 2024 et devenue en un temps record la première licorne française de la défense. Accès sécurisés, salles de test, imprimantes 3D… Harmattan a longtemps assemblé ses drones au sous-sol de ces locaux, avant de prendre possession au printemps d’un bâtiment aux abords d’Orly, au sud de Paris. Avec un cap : y produire jusqu’à 10 000 drones par mois pour en faire la plus grande usine de ce type en France.
Figure de proue d’un secteur effervescent, l’entreprise, qui dispose de bureaux au Maroc, en Suisse, aux Emirats arabes unis, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, recrute à tour de bras. Ses effectifs devraient doubler d’ici la fin de l’année, pour atteindre les 500 salariés. Au salon de l’armement Eurosatory, organisé mi-juin à Villepinte, son stand a attiré des dizaines de militaires de haut rang, venus manipuler le Sonora. Le petit drone d’observation de moins de deux kilos, testé avec succès cette année au fil d’un très vaste exercice militaire, Orion, est doté de caméras infrarouges, pour procéder à des missions de renseignement et de surveillance. Quelques...
-
02/07 - Iran : les funérailles d’Ali Khamenei, démonstration de force d’un régime sous pression
Quinze à vingt millions de personnes attendues rien que dans la capitale, Téhéran, six jours de cérémonies à travers tout le pays... Les préparatifs s'intensifient en Iran pour les funérailles du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, décédé fin février dans une frappe israélo-américaine, qui avait marqué le début de la guerre. Les cérémonies débuteront samedi 4 juillet à Téhéran, et se poursuivront dans les villes saintes de Qom et Mashhad, ainsi qu'en Irak. Des responsables d'une trentaine de pays, dont la Chine et la Russie, sont attendus pour rendre hommage au chef religieux qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant 37 ans.
Mais pour les leaders politiques et spirituels iraniens, l'événement revêt un caractère symbolique de la plus haute importance : montrer que la République islamique est toujours debout, à la suite d'une guerre avec les Etats-Unis et Israël perçue comme existentielle pour le régime. "La forte mobilisation du public lors des funérailles du dirigeant martyr et des autres martyrs constituera, de fait, un nouveau référendum pour la République islamique", a commenté l'ayatollah Mohammad Saidi aux médias d'Etat.
Et les dirigeants iraniens n'entendent rien laisser au hasard pour s'assurer de la participation massive de la population : bus et trains réquisitionnés pour assurer les transports, hébergements, nourriture... Certains hôtels vont jusqu'à offrir des réductions à moitié prix, tandis que les écoles, mosquées et gymnases ont été préparés...
-
02/07 - Christian Prudhomme : "Le Tour de France fait en sorte que l’ouvrier parle au PDG"
Qui connaît mieux la France que lui ? Directeur du Tour depuis 2007, l’ancien journaliste Christian Prudhomme passe son temps à parcourir le pays, à la rencontre des élus locaux et à la recherche de routes méconnues. Il a réussi à moderniser la course centenaire (en musclant les étapes de transition) tout en la gardant ancrée dans la tradition (en la faisant dialoguer avec l’Histoire). Contrairement à ce que croient ceux qui trouvent le cyclisme ennuyeux, les audiences sont au beau fixe.
Dans le livre collectif dirigé par Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, l’historien Georges Vigarello signait le chapitre consacré à la Grande Boucle. Il y écrivait que "la France traversée est une France magnifiée". Chaque été, en effet, les coureurs traversent un cadre splendide. Mais la compétition n’est pas hors sol : elle met en avant des régions parfois délaissées et peut être le théâtre de certaines revendications politiques. Christian Prudhomme gère tout cela avec inventivité, flegme et humanisme. Rencontre à Boulogne-Billancourt, au siège d’Amaury Sport Organisation (ASO), avec quelqu’un qui, toute sa vie, s’est fait une certaine idée du Tour de France.
L'Express : Le Tour de France a été créé en 1903 par Henri Desgrange, patron de L’Auto-Vélo. Cette course est-elle une pure invention journalistique ?
Christian Prudhomme : Oui, sans le moindre doute. C’est ce qui a fait son mythe et sa légende, car il faut une partie de rêve – et tout journaliste rêve un peu. Cela fait vingt ans...
-
02/07 - En Serbie, "un scénario à la Poutine" se dessine pour sauver le président Vucic
Des robots dansant sur de la musique folklorique serbe, le déploiement du "plus grand drapeau de Serbie", long de 500 mètres, un spectacle de drones et une programmation musicale et sportive : le président Aleksandar Vucic avait vu grand, samedi 27 juin, pour rassembler ses partisans dans le centre de Belgrade, raconte le média allemand Deutsche Welle (DW). Confronté depuis un an à une forte contestation populaire, le chef de l'Etat a tenté d'afficher une impression d'unité, et annoncé l'intention de démissionner de son mandat de président, pour briguer celui de Premier ministre, lors de prochaines législatives anticipées. Une manoeuvre visant en réalité à se maintenir au pouvoir malgré la tourmente, selon ses critiques.
"Je ne serai président que pendant quelques semaines. Ensuite, je démissionnerai… Lors des prochaines élections, si le parti le souhaite et le demande, je contribuerai, avec vous, à regagner la confiance du peuple", a-t-il déclaré lors du rassemblement intitulé "La Serbie, une famille", organisé par son mouvement - le Parti du progrès serbe (SNS). Selon la police, le meeting rassemblait 207 000 participants, des chiffres largement contestés par l’ONG Arhiv Javnih Skupova, qui a comptabilisé 32 500 personnes, selon un communiqué de l’agence de presse Beta, cité par Courrier international.Contestation croissante
Aleksandar Vucic, 56 ans, est l'homme fort de la Serbie, qu'il dirige depuis treize ans sous différents mandats. Mais il fait face à une...
-
02/07 - Les grands stratèges de l’Histoire - Notre série d’été
-
02/07 - François Kersaudy : "Churchill aurait sans doute pensé que Trump s’était échappé d’un asile"
Qu’aurait pensé Winston Churchill du Brexit ? Comment aurait-il analysé la fracture entre les Etats-Unis et l’Europe, lui qui était à moitié américain ? Qu’aurait-il pensé de Vladimir Poutine et de Donald Trump ? On ne peut pas faire parler les grands personnages du passé. Mais on peut remonter le fil de leur pensée. Tirer des leçons de leur action. Cet été, L'Express explore la vision géopolitique de six d'entre eux : Cléopâtre, Jules César, Catherine II de Russie, Napoléon, Charles de Gaulle et Winston Churchill. Une série en six épisodes à retrouver dans notre podcast Les temps sauvages, disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
Comment celui qui fut Premier ministre du Royaume-Uni de mai 1940 à juillet 1945 puis d’octobre 1951 à avril 1955 a-t-il forgé sa philosophie des relations internationales ? Son biographe François Kersaudy, spécialiste d’histoire diplomatique et militaire contemporaine, nous sert de guide.
L'Express : Dans votre biographie, vous écrivez que la réussite de Churchill est "attribuable au moins autant à ses défauts qu’à ses qualités". Vous songez à un défaut et une qualité en particulier ?
François Kersaudy : Churchill a été formé à la fin du XIXe siècle, dans une école de cavalerie où l’on n’enseignait pas la stratégie. Il s’est donc lancé dans ce domaine en amateur. Comme il était extraordinairement imaginatif, il avait des intuitions géniales, mais non...
-
02/07 - Du Portugal à la Grèce, ces "Sudistes" qui redonnent de l’élan à l’Europe
Cantonnés au tourisme, les Etats du Sud ? Leur retour en grâce prouve qu’il n’en est rien. Pour résister, il leur a fallu faire preuve d’agilité et d’inventivité. Voici quatre exemples de personnalités à la réussite remarquable. L’Italien Luca Ferrari, rachète et remet au goût du jour d'anciennes icônes du Web. Au Portugal, la scientifique Elvira Fortunato rayonne à l’international grâce à ses innovations dans l’électronique. L’Espagnol Enric Asuncion veut déployer ses bornes de recharge pour voitures électriques à grande échelle. Et, à Athènes, la directrice artistique du musée national d’art contemporain Katerina Gregos, figure de la résurrection de la capitale, a choisi de revenir au pays.Luca Ferrari, nouveau cador du logicielLuca Ferrari
Le carillon du Nasdaq, une valorisation d'environ 25 milliards de dollars, une croissance à trois chiffres... Ces plaisirs insolents sont d'ordinaire réservés à des virtuoses de la tech américaine. Un Italien, Luca Ferrari, vient pourtant de tous les goûter.
Ce quadragénaire dirige la start-up milanaise Bending Spoons, discrète mais très belle réussite européenne. Discrète car elle a percé sur le tard - sa création remonte à 2013. Bending Spoons n’est pas non plus une "deeptech" comme l’est Mistral AI, symbole de la rupture technologique que convoite le Vieux Continent. Ni même une idée originale. Luca Ferrari avait essayé avec Evertale, sorte de journal intime 2.0. Il s’est rapidement estimé meilleur pour valoriser les idées des...
-
02/07 - Emmanuel Macron et la tentation de la Coupe du monde, Olivier Faure "furieux" contre Radio Nova
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…La bonne surprise de Richard Ferrand
Les jeunes sont ceux qui ont la meilleure image du Conseil constitutionnel, actuellement présidé par Richard Ferrand : 65 % des 18-24 ans ont une bonne opinion de l’institution (contre 53 % pour tous les Français), selon une enquête Toluna-Harris interactive. Les mêmes sont 90 % à estimer que "le Conseil constitutionnel contribue au bon fonctionnement de la démocratie" (76% pour l’ensemble de la population).Emmanuel Macron et la tentation du 14 juillet
Emmanuel Macron a été tenté de se rendre aux Etats-Unis le 14 juillet, en cas de qualification de l’équipe de France aux demi-finales de la Coupe du monde. Impossible : le match a lieu à 21 heures à Dallas, or le président français est mobilisé par le défilé le matin à Paris puis par les cérémonies en souvenir de l’attentat de 2016 à Nice en soirée. Il devra donc croiser les doigts et espérer que les Bleus aillent en finale le 19 juillet : ce jour-là, l’agenda présidentiel est bloqué pour le foot…Michel Barnier "le planqué"
La vengeance est un plat qui se mange froid, malgré la canicule. Emmanuel Macron, on le sait, n’a pas aimé la période au cours de laquelle Michel Barnier fut son Premier ministre. L’un des amis du président remarque : "La baisse du Fonds vert, c’est lui. On comprend qu’il se planque un...
-
02/07 - Contrôles aux frontières : les débuts laborieux du nouveau système européen
C'est une lettre adressée à la Commission européenne. Elle intervient juste avant l'afflux massif de touristes en Europe durant l'été et constitue à ce jour l'avertissement le plus ferme lancé par le secteur touristique concernant l’ESS (Entry/Exit system). Ce système mis en place progressivement depuis octobre 2025 et pleinement opérationnel depuis avril vise à renforcer la sécurité et lutter contre l’immigration illégale. Il exige que les ressortissants de pays tiers s'enregistrent à leur aéroport de destination en fournissant leur identité, leurs empreintes digitales et une photo. Ces contrôles concernent les personnes qui ne sont pas citoyennes de l'un des 29 pays de l'espace Schengen, de l'Irlande ou de Chypre. Ils remplaceront à terme le tamponnage des passeports par les agents des frontières.
Dans leur lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, les compagnies aériennes et les aéroports du Vieux Continent demandent la possibilité de suspendre les contrôles dans le cadre de ce système. Ils craignent en effet que la situation ne s'aggrave considérablement pendant la haute saison estivale, alors que les aéroports européens devraient selon eux accueillir environ 40 millions de passagers de plus en juillet et en août par rapport aux deux mois précédents. "Nous avons atteint un point critique", estiment les organisations professionnelles ACI Europe (représentant les aéroports), Airlines 4 Europe (la principale association...
-
02/07 - Albanie : le projet immobilier controversé de la famille Trump met en péril l’adhésion à l’UE
Depuis un mois, des milliers d'Albanais descendent quotidiennement dans les rues pour s'opposer à la construction d'une station balnéaire de luxe. Derrière ce projet immobilier à 1,6 milliard de dollars, Ivanka Trump, la fille du président américain, et son mari Jared Kushner. L'immense chantier qui devrait prochainement débuter sur une partie préservée du littoral est décrié par de nombreuses ONG de protection de l'environnement. Le pouvoir de Tirana, quant à lui, le défend bec et ongles. En particulier le Premier ministre albanais, Edi Rama, persuadé que le complexe pourrait propulser son pays, l'un des plus pauvres d'Europe, au rang de destination majeure du tourisme de luxe dans les Balkans. Début juin, l'homme d'Etat a persisté et signé : "Il n’y a aucune chance que cet investissement soit suspendu tant que j’occuperai ce poste".
Et depuis, le mouvement d'opposition, surnommé la "révolution des flamants roses" ne s'essouffle pas. Au contraire, les tensions s'aggravent sur fond d’appels croissants à la démission d'Edi Rama... D'autant plus que les critiques contre le gouvernement albanais ont fini par atteindre Bruxelles. Ce mercredi 1er juillet, Tineke Strik, députée européenne néerlandaise à la tête d'une mission d'enquête du Parlement européen en Albanie, a prévenu dans les colonnes du Guardian que Tirana "jouait avec le feu" en poursuivant ce projet immobilier qui, selon elle, ravagerait le littoral. Dans le détail, le projet comprend deux complexes balnéaires :...
-
02/07 - "Dette contre énergie" : l’habile opération de la Zambie pour financer son électrification
C’est une habile tactique financière que la Zambie a menée début juin. Grâce à un prêt accordé par la Banque africaine de développement (BAD), son gouvernement, conseillé par la banque Lazard, a racheté une partie de sa dette. L’objectif de la manœuvre ? Eviter la hausse de la charge de la dette qui s'annonçait d’ici la fin de l’année, du fait de la remontée des taux d'intérêt. A la clé, 275 millions de dollars économisés. L’originalité de l'opération tient au fléchage de cette somme : au lieu de dormir dans les coffres de la banque centrale, elle se destine à l'amélioration et à l'expansion de ses réseaux électriques.
Le sujet est brûlant pour cet Etat d’Afrique australe, dont la moitié de la population est privée d'électricité. "La plupart des entreprises zambiennes sont des PME, extrêmement vulnérables face aux coupures de courant", pointe Felix Nkulukusa, secrétaire au Trésor du pays. Disposer d'un solide réseau est d’autant plus essentiel que la Zambie a vocation à devenir un véritable carrefour des échanges d’électricité sur le continent, ajoute Thomas Garreau, directeur au sein de l'équipe de notation Moyen-Orient Afrique chez Fitch Ratings : "Unique pont entre les réseaux interconnectés d’Afrique méridionale et orientale, auxquels sa connexion est prévue d’ici 2027, elle permettra de mutualiser l’approvisionnement face aux chocs climatiques d'El Niño : sécheresses au sud, pluies abondantes à l’est". Un impératif pour la Zambie, qui tire 80 % de sa production...
-
02/07 - La guerre en Iran provoque des tensions entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite
Des tensions diplomatiques de moins en moins feutrées et de plus en plus visibles. Lors de sa visite dans le Golfe persique la semaine dernière, le secrétaire d'État Marco Rubio s'est rendu pour des réunions à Bahreïn, au Koweït et aux Émirats arabes unis, un rival historique de l’Arabie saoudite. Le responsable américain a en revanche fait l'impasse sur Riyad. Un affront calculé, selon des responsables saoudiens. Comme le rapportent le New York Times ainsi que le Wall Street Journal, la guerre contre l'Iran a fait naître des dissensions entre Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS".
Depuis l'attaque menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, l'Arabie saoudite s'efforce de maintenir une position neutre afin de préserver ses intérêts. Riyad a apporté un soutien militaire et diplomatique à Washington et a été attaqué par l'Iran. Mais le royaume saoudien s'est également opposé à Donald Trump à des moments critiques, faisant preuve de fermeté envers les Américains. Un événement a particulièrement envenimé les relations entre les deux pays : le "Project Freedom" ("Projet Liberté"), une opération américaine visant à rouvrir le détroit d'Ormuz afin de garantir le passage en toute sécurité des navires.
Début mai, plus de 100 avions militaires américains décollent de bases et de navires de guerre à travers le Moyen-Orient dans le cadre de cette tentative d'ouverture de ce détroit très stratégique. Mais les Etats-Unis...
-
02/07 - Réchauffement climatique : la décroissance n’est pas la solution, par Nicolas Bouzou
Les décroissants partent d’un sophisme : produire plus, c’est émettre davantage de carbone. C’est faux. Depuis 2005, une trentaine de pays riches - dont la France, les Etats scandinaves, le Royaume-Uni, les États-Unis… - l’ont démenti. Leur PIB a progressé alors que leurs émissions ont reculé. Un constat qui reste valable lorsqu'on réintègre les importations que reçoivent ces pays. Le découplage, considéré comme impossible par ceux qui se prétendent écologistes, est donc la réalité de notre monde.
On peut toujours se moquer des techno-optimistes ou techno-solutionnistes, peu importe comment on les appelle, ce sont eux qui ont empiriquement raison. Si l’on prend un peu de recul, le techno-optimisme est l’autre nom de l’humanisme. Comme l’a montré le philosophe espagnol Fernando Savater, rien n’est plus humain que la technologie, rien n’est donc plus naturel à l’humanité que l’innovation et la croissance. Opposer l’innovation à la défense de la nature est un contresens total.
Revenons à nos préoccupations caniculaires. Les rejets de carbone sont le produit de trois facteurs : la population, le revenu par habitant, les émissions par unité produite. La décroissance n’agit que sur un seul, le revenu, en appauvrissant les gens. L’innovation agit de façon autrement puissante et cohérente puisqu’elle décarbone en améliorant les revenus. Il y a mieux. Le coût des technologies propres ne baisse pas par décret : il baisse parce qu’on en produit davantage. Chaque doublement de la...
-
02/07 - Présidentielle 2027 : pourquoi les dates de l’élection sont encore critiquées
L'annonce a été officiellement faite par Maud Bregeon ce mercredi 1er juillet. La porte-parole du gouvernement a confirmé les dates de la prochaine élection présidentielle telles que validées en conseil des ministres : ce sera le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et le dimanche 2 mai 2027 pour le second tour. Autrement dit, au lendemain du 1er-Mai, une date symbolique, avec son lot de défilés syndicaux et de revendications sociales, qui sert chaque année de tribune pour les partis politiques de gauche, ainsi que pour le Rassemblement national. L'autre choix permis à l'exécutif aurait été les 11 et 24 avril, mais cette option n'a donc pas été retenue.
Ces dates ont été dans la foulée critiquées, particulièrement à droite. Le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau s'est dit "en colère" après le choix du gouvernement qui n'est "pas neutre" selon lui. "Que l'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n'y aura aucun écho politique. Le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche, parce que la gauche pense qu'un second tour après le 1er-Mai, ça l'avantagera", a dénoncé mercredi le candidat LR à la présidentielle sur CNews. Selon l'ex-ministre de l'Intérieur, la proximité du second tour avec le 1er-Mai rend impossible le respect de la période de réserve électorale, qui interdit aux partis toute propagande ou prise de parole, dans les 48 heures qui précèdent le scrutin.
Un argument balayé par Maud Bregeon. Les...
-
02/07 - Mise sous pression par l’Ukraine, la Russie riposte par une attaque massive contre Kiev
Les forces russes ont lancé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 juillet une attaque massive de drones et de missiles contre la capitale de l'Ukraine, Kiev, faisant au moins 17 morts selon les services d'urgence. Moscou a présenté cette offensive comme une riposte aux récentes frappes contre ses infrastructures civiles.
"Cette nuit, la Russie a encore une fois mené une attaque cynique de grande ampleur sur l'Ukraine", a déploré la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko sur Telegram. Volodymyr Zelensky avait prévenu plus tôt mercredi que des rapports des services de renseignement montraient qu'une attaque nocturne était probable. Le président ukrainien a écourté son déplacement à Dublin, prévu pour le début du mandat de six mois de l'Irlande à la présidence tournante de l'UE."L’ennemi a une fois de plus délibérément tué des civils"
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a déclaré une journée de deuil vendredi dans la capitale ukrainienne, précisant que des dommages avaient été recensés à travers toute la ville de trois millions d'habitants. "L'ennemi a une nouvelle fois délibérément pris pour cible des quartiers résidentiels et tué des civils. Nous avons subi des dommages importants et un grand nombre de victimes, incluant des enfants", a-t-il déploré.
Des responsables de la capitale ukrainienne ont rapporté que 90 personnes - dont des enfants et des personnels médicaux - avaient été blessées et que d'autres étaient toujours piégées dans des immeubles...
-
02/07 - "Nous ne sommes pas hermétiques aux tensions de la société" : le Parlement européen déchiré par ses extrêmes
Le 17 juin dernier, l'Europe a renoué avec les guerres des tranchées. Ce n'était pas Verdun bien sûr, ni même la Somme, mais le Parlement européen avait rarement vu un affrontement aussi brutal depuis sa création en 1958. Sur les coups de 13h, un frisson parcourt l'hémicycle de Strasbourg : en quelques secondes, 418 députés européens approuvent le "règlement retour", un texte qui permet aux pays membres d'ouvrir des "centres de retour" à l'extérieur de notre continent pour y envoyer les migrants expulsables de leur territoire. Droite, extrême-droite et une partie du centre s'allient pour voter en faveur de cette petite révolution dans la politique migratoire de l'Union européenne.
Certains eurodéputés, comme Jordan Bardella (coprésident du groupe "Les Patriotes"), frappent avec les mains sur leurs pupitres. Puis, dans un élan d'euphorie, les groupes nationalistes, souverainistes et une partie du PPE (Parti populaire européen, droite traditionnelle) se lèvent pour applaudir. François-Xavier Bellamy, le rapporteur du texte (LR), tombe dans les bras de Manfred Weber, le tout-puissant patron allemand du PPE. Au premier rang, Manon Aubry (LFI), qui copréside le groupe "La Gauche", se met debout, poing levé. Face à elle, des dizaines de députés européens, les plus à droite de l'hémicycle, entonnent un refrain : "Send them back !", "Renvoyez-les !" Les bancs de la gauche s'insurgent, des huées s'élèvent : "Shame on you !", "Honte à vous !"
Après cette séquence, 68 ONG...
-
02/07 - Et si la température était prise en compte par les agences de notation ? Ce que changerait le Nutri-Score climatique
Et si les agences de notation s'étaient trompées de risque ? Pendant des décennies, la dette souveraine s'est mesurée à l'aune du déficit, du taux d'inflation ou de la stabilité des gouvernements. Un nouvel acteur entend désormais y introduire une variable longtemps demeurée fantôme dans les modèles financiers : la température.
Scientific Climate Ratings, structure adossée à l'Edhec Business School, a dévoilé le 23 juin ses "Sovereign Climate Risk Ratings" — un classement attribuant à 191 États une note allant de A à G, selon l'ampleur des pertes économiques anticipées d'ici 2035 et 2050 sous l'effet du réchauffement chronique. Un Nutri-Score climatique bien plus concret que les nombreux indicateurs ESG déjà disponibles.
"Nous allons essuyer quelques critiques, c'est une certitude, concède Rémy Estran-Fraioli, président de l'organisation, qui a pris soin, quelques jours avant la publication, d'adresser un courrier à chacun des pays évalués pour lui notifier sa note. Cependant, les marchés n'ont que faire des scénarios extrêmes et peu réalistes. Par exemple, le scénario 'Net Zéro', qui vise à contenir le réchauffement à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels, n'a, selon nos analyses, que 0,4 % de chances de se matérialiser. Il faut donc faire le tri." Ses équipes ont ainsi passé en revue l'ensemble des états du monde possibles, leur ont assigné des probabilités, puis calculé l'impact du scénario le plus vraisemblable sur l'économie d'un large échantillon de...
-
02/07 - Dette et austérité : quand la crise grecque faisait vaciller l’Europe
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Ils étaient les mauvais élèves de la zone euro. Quatre pays pointés du doigt pendant la crise financière de 2008 : le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. Affublés du surnom de "PIGS", cochons en anglais, ils étaient devenus le symbole d’une Europe du Sud jugée trop endettée, trop dépensière et incapable de rivaliser avec les économies du Nord. Pourtant l’histoire va prendre une tout autre direction.
Quinze ans plus tard, le paysage s’est complètement inversé. Les pays que l’on disait condamnés prennent leur revanche. En 2025, l’Espagne tire la croissance de l’Europe avec un bond de 2,8 % de son PIB, tout comme la Grèce et le Portugal, contre seulement +0,2 % pour l’Allemagne et +0,8 % pour la France. Sur le plan budgétaire, les bons élèves sont désormais Lisbonne et Athènes, dont les comptes publics sont repassés dans le vert. Plus encore, ceux qu’on appelait dédaigneusement les "pays du Club Med" sont devenus des sources d’inspiration pour des Etats du Nord englués, à l’image de la France, dans une croissance atone et des déficits publics abyssaux.
Et s’il est un pays qui incarne à lui seul cette spectaculaire transformation, c’est bien la Grèce. Longtemps considérée comme le maillon faible de la zone euro, elle s’est imposée comme un acteur de...
-
02/07 - "En Ukraine, Vladimir Poutine n’a pas de plan de victoire" : les vérités du grand diplomate estonien Jonatan Vseviov
Architecte de la politique étrangère et de la politique de défense d'Estonie, Jonatan Vseviov, 44 ans, est le plus haut diplomate de son pays en exercice. Ancien ambassadeur aux Etats-Unis, aujourd’hui secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il est aussi le théoricien du concept d'approche globale de la défense et le coauteur de la stratégie nationale de défense.
L'Estonie (1,3 million d'âmes) est l'un des pays les plus engagés dans le soutien à l'Ukraine au sein de l'UE avec un poids diplomatique supérieur à sa taille. L'ancienne première ministre Kaja Kallas – dont Jonatan Vseviov fut l'un des principaux conseillers – est d'ailleurs devenue la haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE voilà un an et demi. Une première pour l'Estonie dont les habitants connaissent parfaitement la mentalité de leur grand voisin russe, qui a occupé leur pays de 1917 à 1991.
L'Express : Comment évolue, selon vous, la guerre en Ukraine?
Jonatan Vseviov : La situation s'est retournée. Elle est maintenant bien meilleure pour les Ukrainiens qu'elle ne l'était pendant l'hiver. Nous percevons des signes croissants de désespoir à Moscou, non seulement parce qu'ils n'avancent pas sur les lignes de front, mais aussi parce que les Ukrainiens ont réussi à démanteler la défense aérienne russe, qui était censée être le cœur de la force russe. Enfin et surtout, Poutine a perdu le narratif. Depuis l'échec de son offensive éclair dans les premières phases de la guerre,...
-
01/07 - "Une crise à Taïwan aurait des conséquences aussi graves que le Covid" : l’alerte d’Eyck Freymann (Stanford)
Le blocage du détroit d'Ormuz imposé par l'Iran a freiné l'économie mondiale ? Une crise à Taïwan serait bien plus dévastatrice, comme l'avertit Eyck Freymann. Dans Defending Taiwan (Oxford University Press), salué par la presse anglophone, ce chercheur pour le Hoover Institution au sein de l'université Stanford analyse avec finesse les ambitions de la Chine de Xi Jinping, qui entend procéder à une "réunification" entre l'île et la Chine continentale. Face à la menace d'une quarantaine, d'un blocus, voire d'une invasion militaire, Eyck Freymann présente une stratégie claire pour dissuader efficacement Xi Jinping, et lui rappeler qu'il a plus à perdre qu'à gagner dans un conflit qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la planète.
Pour L'Express, Eyck Freymann explique pourquoi Taïwan est aussi un enjeu crucial pour la France et l'Europe. Décryptant les motivations de l'énigmatique Xi Jinping, il évoque les différents scénarios possibles, et précise comment les Etats-Unis et leurs alliés peuvent éviter la catastrophe.
L’Express : Vu de France, nous avons tendance à penser que Taïwan est loin et que c’est davantage un problème américain qu’européen. Pourquoi l’avenir de cette île serait-il crucial pour nous ?
Eyck Freymann : La réponse la plus évidente, ce sont les semi-conducteurs. Nous sommes à l’aube d’une révolution technologique qui pourrait être aussi importante, pour le développement nos sociétés, que ne le fut la révolution industrielle. Cette...
-
01/07 - Le gouvernement italien cherche-t-il à "cacher la vérité" sur les centres pour migrants en Albanie ?
C'était le 16 octobre 2024. Ce jour-là, en vertu d'un accord controversé conclu entre l'Albanie et l'Italie, deux centres de rétention, gérés par Rome, ouvrent dans le port de Shengjin et dans le village de Gjadër, dans le nord de l'Albanie. Devant des caméras, un premier navire de la marine italienne arrive avec à son bord 16 hommes originaires d'Egypte et du Bangladesh, arrêtés en mer alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Union européenne.
Plus d'un an et demi après l’entrée en vigueur de cet accord, le bilan de ces centres de rétention ne semble pas reluisant, selon des élus. Les conditions de détention sont particulièrement pointées du doigt. Cristina Guarda, députée européenne italienne, se demande si le gouvernement italien tente de "dissimuler la vérité" sur ces conditions dans le centre de Gjadër, principalement utilisé pour la rétention administrative avant expulsion. L'eurodéputée membre de l'Alliance des Verts et de la Gauche (AVS) italienne, qui faisait partie d'une délégation européenne venue sur place, s'est vue refuser l'accès aux cellules. "On ne sait pas s'ils veulent cacher la vérité sur les conditions de vie à l'intérieur du centre de détention", s’est interrogée Cristina Guarda auprès de The Guardian. L'élue a également décrit une chaleur "suffocante" dans l'établissement, où six personnes auraient tenté de se suicider depuis la mi-mai.Un quotidien marqué par "l'incertitude et l'aliénation"
Selon Cristina Guarda, le personnel de ce centre de détention...
-
01/07 - La France insoumise à l’assaut de la culture : ce que révèle une étude choc de l’Ifop
Jean-Luc Mélenchon le sait depuis qu'il côtoie Antonio Gramsci, sur la tombe duquel il s'est recueilli lors d'un voyage à Rome en 2022 : la conquête du pouvoir passe en partie par celle de la culture. Et sur ce point, ses sympathisants le suivent. Alors qu'une large majorité de Français considèrent que la politique ne devrait pas s'immiscer dans la culture, 62 % des sympathisants insoumis pensent le contraire, d'après un rapport de l'Ifop dont L'Express a eu la primeur. Rien d'étonnant dès lors à voir La France insoumise vendre des maillots de football, lancer un jeu invitant à créer des œuvres d’art, transformer la Fête de la musique en grand concert antiraciste place de la République, ou encore convier à ses meetings des artistes comme Annie Ernaux ou Eric Vuillard.Boycott d'artistes pro-israéliens
Le patriarche insoumis n’est toutefois pas de ceux qui lisent en diagonale. Après plus d'un demi-siècle de compagnonnage avec les grands auteurs communistes, Jean-Luc Mélenchon a bien à l'esprit que, chez Gramsci, l’hégémonie culturelle ne se résume pas seulement à aligner quelques artistes derrière soi. Il faut, pour la conquérir, réussir à s'imposer comme l’autorité diffuse. Cela passe notamment par le fait de fixer les frontières du fréquentable et de l’infréquentable. Ainsi les Insoumis applaudissent la chanteuse Theodora, nouvelle égérie d’une pop militante, tout en appelant régulièrement au boycott d’artistes israéliens, ou français réputés soutenir l’Etat hébreu.
A...
-
01/07 - Pedro Sanchez, chevalier blanc embourbé dans les scandales
Le 10 juin, Pedro Sanchez a assisté à la messe. C’était la première fois, en huit ans de présidence du gouvernement espagnol. Si cet anticlérical militant s’est aventuré dans la Sagrada Familia à Barcelone, à l’occasion de l’inauguration par le pape Léon XIV de la plus haute tour de la basilique d’Antoni Gaudi, ce n’est pas qu’il s’est découvert, à 54 ans, une soudaine attirance pour la religion. Plus prosaïquement, sa démarche visait à sauver le peu qu’il lui reste de popularité, dans un pays encore marqué par le catholicisme. Car il est embourbé jusqu’au cou dans des affaires de corruption. La spirale du scandale compromet son ambition de conquérir un troisième mandat lors des élections générales, qui doivent se tenir l’an prochain au plus tard.
C’est pourtant ce même Pedro Sanchez qui est admiré comme un modèle à suivre par toute la social-démocratie européenne. Celle-ci sait gré au chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) d’avoir tourné la page de l’austérité qui a suivi la crise financière, d’avoir impulsé une politique sociale généreuse, d’avoir mené une diplomatie combative et, sur le plan tactique, d’avoir bloqué l’essor de la gauche radicale. Tout cela, en évitant de remettre en question le relèvement par son prédécesseur conservateur de l’âge de la retraite à 67 ans et en maîtrisant les finances publiques. Seul socialiste à diriger encore un grand pays de l’Union européenne, Sanchez incarne une gauche pragmatique, sociale et pacifiste, en perte de...
-
01/07 - "Il faut taxer ce qui dort, pas ce qui crée" : les conseils de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi au futur président
"Mais, je pensais que vous étiez mort !" C'est par cette apostrophe, presque desprogienne, que l'économiste Jean-Hervé Lorenzi a récemment été reçu en s'asseyant dans un taxi. Enfin, combien de fois alors, l'aura-t-on confondu avec cet ancien locataire de Beauvau et emblématique maire de Lyon, de un mois et quatre jours son aîné ? Alors, il en rit, lorsqu'on lui fait remarquer que la méprise ne vient pas de nulle part ; la silhouette est pour ainsi dire identique, les traits du visage sont d'une similarité évidente, et le sourire, un brin espiègle, semble avoir été moulé sur l'un pour être posé sur l'autre. Et ce qui agite moins l'oeil, mais qui se sait, c'est que Jean-Hervé Lorenzi est au Cercle des économistes au moins autant que ce que Gérard Collomb fut à la cité des Gones : un indéboulonnable.
À près de 79 printemps, ce lion de la pensée libérale française continue de présider l'institution, devenue près de trente-cinq ans après sa fondation, une référence en matière de réflexion économique. Rien ne l'arrête, pas même les 36°C qui assomment la capitale en cette fin juin. La France vit sa journée la plus chaude jamais enregistrée depuis 1947, mais le voilà sur le pont, cravate rouge nouée autour cou, dans ses locaux (non climatisés !) installés au cœur d'un bel immeuble haussmannien de l'avenue Victor Hugo, finaliser l'organisation de la 26e édition des rencontres économiques d'Aix-en-Provence qui auront lieu du 2 au 4 juillet.
Une semaine avant de faire phosphorer...
-
01/07 - Pessimisme, incertitude, anxiété... Le cocktail morose qui façonne l’état d’esprit des Français
Qu’est-ce qu’un Français ? "Un Italien de mauvaise humeur", disait Jean Cocteau. Certes, mais pas seulement. Il est aussi plus inquiet, plus pessimiste, plus anxieux que la plupart de ses voisins européens. C’est ce que révèle la dernière vague de l’Eurobaromètre - une grande enquête réalisée tous les six mois, à la demande du Parlement européen, sur un échantillon de 26 000 Européens. À la question "quels sentiments décrivent le mieux votre état émotionnel actuel ?", 53 % des Français sondés répondent "l’incertitude", un taux nettement plus significatif que la moyenne européenne (44 %). Viennent ensuite l’impuissance (34 % contre 23 % en moyenne), l’anxiété (30 % contre 21 %) et la colère (20 % contre 15 %). Logiquement, ils se disent également moins confiants (24 % et 33 %), sereins (19 % et 27 %) et heureux (15 % et 22 %) que la moyenne.
L’étude, réalisée du 9 avril au 4 mai, donne à voir une opinion publique française minée par un contexte de crise politique et économique, incapable de se projeter dans l’avenir et largement pessimiste. Seuls 24 % des Français sondés se disent ainsi "optimistes" concernant le futur du monde et 70 % se disent "pessimistes". Ils se disent en revanche plus optimistes sur l’avenir de l’Union européenne (42 %), confirmant une tendance générale : l’UE apparaît pour trois quarts des Européens comme "un espace de stabilité dans un monde incertain".
Depuis novembre 2025, notre pessimisme sur l’avenir de la France a augmenté de 8 points,...
-
01/07 - Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis
La perspective d'une paix durable entre les Etats-Unis et l'Iran semble s’assombrir. Des pourparlers entre Téhéran et Washington sont en cours depuis mardi soir à Doha, au Qatar. Mais ces discussions sont indirectes, avec pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan. Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires du président américain Donald Trump, ont rencontré mardi le Premier ministre du Qatar pour poser les bases de ces discussions techniques.
Mardi, l'Iran a indiqué qu'il ne rencontrerait pas ces hauts envoyés américains qui se sont rendus dans la région à la suite de la reprise des hostilités. "Aucune réunion, à quelque niveau que ce soit, avec la partie américaine n'est prévue dans les prochains jours", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Selon ce dernier, une délégation iranienne rejoindra le Qatar dans le courant de la semaine pour ces pourparlers indirects qui portent principalement sur l'accès aux avoirs iraniens gelés, notamment les 6 milliards de dollars détenus à Doha sous la supervision du Qatar.Une lutte de pouvoir
Si ces discussions tournent au ralenti et semblent fragiles, c'est en grande partie en raison des divisions entre les différents acteurs du pouvoir iranien et de la lutte de pouvoir entre eux, rapporte The Wall Street Journal (WSJ). Selon le quotidien américain, qui a interrogé des responsables proches des négociations, les modérés souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs...
-
01/07 - Droit du sol : pourquoi la décision de la Cour suprême est un revers majeur pour Donald Trump
Il y a quelques semaines, Donald Trump s'était présenté devant la Cour suprême pour défendre sa tentative de révoquer l'octroi de la citoyenneté américaine par le droit du sol. Ce 30 juin, les juges, par six voix contre trois, ont censuré le président, déclarant son décret anticonstitutionnel. Tout au long de sa campagne, et depuis son retour à la Maison-Blanche, le milliardaire qui a axé son programme autour de la lutte contre l'immigration avait fait de la révocation de ce droit, pourtant ancré dans la Constitution depuis 1868, un combat politique majeur. Dès son retour dans le bureau Ovale, le 20 janvier 2025, Donald Trump s'était ainsi empressé de signer un décret ordonnant aux agences fédérales de ne pas reconnaître la citoyenneté des enfants nés aux États-Unis de parents en situation irrégulière.
Après avoir été jugé illégal par tous les tribunaux, ce texte, l'un des plus contestés de son second mandat, a fait son chemin jusqu'à la plus haute juridiction américaine. Le verdict rendu par cette dernière est une défaite d'autant plus cuisante pour Donald Trump que celui-ci a personnellement nommé trois juges de l'institution majoritairement conservatrice. Deux d'entre eux ont pris position contre le décret présidentiel.Trois conservateurs contre Donald Trump
Un troisième conservateur s'est opposé à Donald Trump : John Roberts, le président de la Cour suprême. Ce dernier, qui s'est aligné sur l'avis des magistrats démocrates, a bel et bien estimé que la mesure était...
-
01/07 - Eolien offshore : un coup de force à 50 milliards d’euros, par Henri Wallard
En publiant le 12 juin le dixième appel d’offres pour l’éolien en mer (AO 10) — visant une attribution en février 2027 —, le gouvernement s’apprête à lier durablement les mains de l’État. La facture totale pourrait atteindre 50 milliards d’euros, pesant directement sur les impôts et factures d’électricité des Français. L'agenda interpelle : dans la foulée, Édouard Philippe inaugurait le 15 juin l’extension d’une usine de pales au Havre.
Mais la riposte politique s'organise. Le RN s’apprête à déposer une proposition de loi pour instaurer un moratoire sur les nouvelles capacités en supprimant les soutiens financiers. Une offensive qui résonne avec les mots du rapporteur général du budget, Philippe Juvin, qui qualifiait récemment les opérateurs de "fermiers généraux" subventionnés. À l'heure des déficits publics massifs, ces aides nées dans les années 2000 ne semblent plus ni justifiées énergétiquement, ni soutenables financièrement.Le choix du gigantisme
Ce passage en force piétine la promesse d’une "clause de revoyure", brandie en février 2026 pour apaiser le débat sur l’énergie. En jetant d'un seul coup 10 gigawatts (GW) dans la balance contractuelle — équitablement répartis entre éolien posé et flottant —, l’exécutif court-circuite le calendrier électoral. Un tel bloc représente la puissance de six réacteurs EPR2. Face à cette concentration inédite, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait pourtant plaidé pour des appels d’offres fragmentés et progressifs....
-
01/07 - Thesmar et Landier : "Sur l’IA, l’indépendance de l’Europe n’est pas gratuite"
Au nom de la sécurité nationale, le gouvernement américain a décidé de restreindre le déploiement à l'étranger des modèles d'intelligence artificielle les plus performants élaborés par Anthropic (Mythos 5 et Fable 5) et OpenAI (GPT-5.6). L'Europe découvre, effarée, que les Etats-Unis peuvent fermer comme bon leur semble le robinet technologique. Les déclarations alarmistes, à Bruxelles, Paris ou Berlin, se multiplient. Mais seules les entreprises sont capables de répondre concrètement au défi du "kill switch", analysent Augustin Landier, professeur à HEC, et David Thesmar, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
L'Express : La décision de l’administration Trump d’interdire à Anthropic d’exporter ses IA les plus puissantes a relancé la question de la souveraineté européenne. Le "kill switch", c’est-à-dire le fait de couper à distance une technologie vitale, menace-t-il le Vieux Continent ?
Augustin Landier : En tout cas, cela a ravivé le débat sur notre dépendance aux technologies américaines. Elles sont nombreuses: dans le digital bien sûr, mais aussi dans le militaire - les mises à jour logicielles sur les F35 - ou dans les systèmes de paiement - SWIFT, Visa et Mastercard. Il devient nécessaire pour l’Europe de développer des plans B si le ton monte avec les Chinois ou les Américains.
Ces solutions de secours - disons, par exemple, un système de paiement ou un opérateur de cloud basé en Europe - peuvent être moins efficaces. Mais montrer qu’on en...
-
01/07 - Explosion d’un colis piégé à Monaco : ce "bataillon" d’oligarques qui ont fui la guerre en Ukraine
Nice, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu, Monaco… La "French Riviera" n'a probablement jamais autant parlé ukrainien que depuis le début de la guerre avec la Russie en février 2022. Plusieurs oligarques ukrainiens ont trouvé refuge sur la Côte d'Azur ces dernières années. Parmi les richissimes personnalités établies dans le sud de la France figure Vadim Ermolaev, blessé par un colis piégé lundi 29 juin à Monaco. Âgé de 58 ans, cet homme d’affaires est à la tête d'un empire à la fois immobilier, industriel et viticole.
L'explosion, qui a fait deux autres blessés devant un immeuble résidentiel de Monaco, dont la compagne de Vadim Ermolaev, n'est pas considérée à ce stade comme un attentat terroriste et son auteur présumé est activement recherché par les autorités monégasques et françaises, a déclaré mardi le procureur général de Monaco Stéphane Thibault.
Cette attaque met les projecteurs sur le "bataillon Monaco", le surnom sarcastique donné à des Ukrainiens très fortunés en âge de se battre contre la Russie qui ont fui leur pays en guerre pour mener la grande vie dans le sud de la France. Selon les médias ukrainiens, leur départ s’est fait au mépris de la loi martiale et de la mobilisation générale décrétées par le président Volodymyr Zelensky, qui interdisent aux hommes de 18 à 60 ans en âge d'aller au front de quitter le territoire national.Voitures de luxe et yachts
Ukrainska Pravda est à l'origine de cette expression apparue à la suite d'une enquête de ce média en ligne...
-
01/07 - L’activisme russe à Madagascar inquiète Paris, les "incels" français très surveillés
La CIA noyaute l’entouragedu président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe. Carole Delga de retour sur les bancs de l’école
La présidente de la région Occitanie fera partie de la prochaine promotion d’auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Une formation élitiste, prodiguée dans l’enceinte de l’École militaire, dans le 7e arrondissement de Paris, et qui attire chaque année de nombreux cadres des industries de défense et de l’armement. Carole Delga suivra la majeure "politique de défense", au même titre que le député des Français de l'étranger Vincent Caure (Ensemble pour la République), engagé auprès d’Emmanuel Macron depuis 2016, et qu’Adnène Trojette, un ancien conseiller du président de la République sur les enjeux numériques désormais au BCG.Le SGDSN avec les Outre-mer
Le Secrétariat général à la défense nationale (SGDSN) travaille les questions de sécurité et de défense avec les préfectures des Outre-mer. Ces réunions portent particulièrement sur les ingérences étrangères. Le but : coordonner une réponse adaptée aux attaques "sous le seuil du conflit armé"...
-
01/07 - Retraites : quand l’Allemagne ose affronter ses démons démographiques
Combien de fois a-t-on annoncé la fin du modèle allemand ? Combien d'analyses pour décrire le déclin inéluctable de ce vieillard de l'Union européenne ? Encore une fois, l'Allemagne nous surprend, nous Français, par sa rapidité de réaction, cette capacité rare à regarder en face ses propres faiblesses. Et à les traiter. Frappée de plein fouet par le vieillissement démographique, l'Allemagne est en passe d'adopter une des réformes du système de retraite les plus ambitieuses et révolutionnaires de ces dernières années en Europe. Aussi radicale que celle menée par la Suède au cours de la décennie 1990. Mais à l'époque, le royaume nordique y avait été forcé par les marchés financiers. Berlin n'a pas attendu d'en arriver là pour bouger.
Le groupe d'experts indépendants chargé par le gouvernement de réfléchir à l'avenir du système des retraites a rendu récemment un rapport explosif. Parmi les pistes évoquées : la création d'un pilier de capitalisation obligatoire financé par une nouvelle cotisation pesant à la fois sur les entreprises et les salariés, la mise en place d'un système automatique indexant l'âge de départ à la retraite sur les gains futurs d'espérance de vie, la modification du calcul des pensions ou encore l'élargissement du nombre de cotisants…
Le gouvernement Merz, pourtant à la peine dans les sondages, souhaiterait s'en inspirer largement pour faire voter un texte au pas de charge, c’est-à-dire avant la fin de la session parlementaire, le 10 juillet. Le...
-
01/07 - "MerPeople" sur Netflix : comment adapter la bêtise américaine au génie français
Vous ne connaissez pas le mermaiding ? Attention, ça prend de l’ampleur, ou ça va en prendre. Après Miss Mermaid, les petites filles un peu mal dans leur corps pas-comme-il-faut (il y en a), vont vouloir demander une combinaison de sirène à Noël. Et toutes les femmes de 30 balais, échouées sur la mauvaise rive économique et sentimentale (il y en a encore plus) vont vouloir s’en sortir par le mermaiding. Ça vient d’Amérique où, depuis les années 1990, des milliers de femmes enfilent des combinaisons de sirène, souvent dans l’espoir inatteignable de devenir des Miss Mermaid Ohio ou Minnesota. Si vous voulez tout comprendre du phénomène, Netflix diffuse en ce moment une série documentaire en quatre épisodes, MerPeople, qui explique toute cette dinguerie, son commerce fleurissant.
Le premier témoignage de son arrivée en France date de 2019, avec le documentaire de Pauline Brunner et Marion Verlé, La Sirène de Fécamp, qui raconte l’histoire, ou suivait l’épopée d’Alexia Colibert dans sa quête de la couronne de Miss Mermaid. Ça commence comme ça : "Je me nomme Alexia, je suis grosse et ronde, donc comme personne veut de ma gueule, autant mettre les pieds sous l’eau et la tête avec."
Six ans plus tard, Brunner et Verlé réalisent une adaptation cinéma, logiquement intitulée Miss Mermaid, où c’est Fanny (Aloïse Sauvage) qui se transforme en sirène. Elle enfile sa grosse et caoutchouteuse combinaison en forme de queue de dauphin, qui lui remonte jusqu’aux aisselles, avec les...
-
01/07 - L’espionnage, le Vatican et la chute du communisme : les secrets de Jean-Paul II
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
1962, le monde retient son souffle. Nous sommes au cœur de la Guerre froide et la tension vient d’atteindre son point de rupture : alors que les Américains ont pointé leurs missiles vers l’Est depuis la Turquie et l’Italie, à Moscou le Kremlin se sent menacé et la réponse est immédiate. Le 15 octobre 1962 le président Kennedy reçoit sur son bureau des clichés aériens qui révèlent l’impensable : des rampes de missiles nucléaires soviétiques sont installées sur l’île de Cuba. C’est l’opération Anadyr. L'arsenal se trouve à moins de 200 km des côtes américaines. Pour les États-Unis, une ligne rouge est franchie, Kennedy ordonne le blocus maritime de l’île.
La guerre nucléaire n’a jamais été aussi proche. Mais dans l’ombre des deux géants, un acteur inattendu s’invite à la table des discussions. C'est le Vatican. Le pape Jean XXIII y prend le rôle de médiateur. Il rédige un appel à la paix qu’il fait passer aux ambassades américaine et soviétique. Le message est diffusé par Radio Vatican et repris un peu partout dans les médias. D’après les historiens, cela n’a pas vraiment changé la manière dont l’administration Kennedy aurait géré la crise, mais...
-
30/06 - Séisme au Venezuela : la présidente par intérim Delcy Rodriguez mise à l’épreuve
Au Venezuela, le double séisme continue de faire grimper un bilan déjà dramatique. Au moins 1 719 personnes sont mortes et 50 000 autres sont portées disparues. Un drame qui menace désormais de se transformer en crise politique. Alors que la colère de la population monte, alimentée notamment par l'état des infrastructures, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, doit désormais faire face à une contestation politique grandissante.
Il s'agit de la "catastrophe naturelle la plus brutale" de l'histoire du pays a estimé la présidente par intérim. Au-delà du dramatique bilan humain, de nombreuses habitations ont également été dévastées. Les Nations unies estiment que la catastrophe a généré 1,2 million de tonnes de débris dans la région de La Guaira, la plus durement touchée par les secousses. Aujourd'hui, près de 16 000 personnes n'ont plus de logement. A Caraballeda, dans la même zone, de nombreux habitants mettent directement en cause les autorités.Du polystyrène en guise de mortier
En 2012, peu avant l'élection présidentielle, le gouvernement sortant de gauche avait lancé un vaste programme de logements sociaux, espérant séduire les électeurs. Ce 24 juin, une partie conséquente du complexe de 1 100 logements s'est effondrée. Dans les colonnes du Wall Street Journal, une habitante, peu surprise, témoigne : "J’avais l’habitude de dire que ces appartements étaient des maisons de poupée, faites de polystyrène". Selon le quotidien new-yorkais, cela n'a en réalité rien de la...
-
30/06 - Elysée : le ridicule n’a jamais tué personne, hormis la gauche
Mardi 30 juin, la France se réveille et retient son souffle... Il est 7h40 et Philippe Brun, le député de l’Eure, s’invite sur RMC pour déclarer sa candidature à la primaire présidentielle du Parti socialiste, avant même que le processus ne soit acté. Sur France Inter, à quelques mois d’écart, Karim Bouamrane, le maire PS de Saint-Ouen, et Jérôme Guedj, parlementaire de l’Essonne, se sont aussi déclarés candidats à l’élection suprême - en solitaire, pour leur part. Le cadre étroit d’une matinale radio fera l’affaire pour ces candidatures aux allures de ballon d’essai. Loin des audiences stratosphériques du JT de TF1, comme Jean-Luc Mélenchon. Ou d’une annonce au milieu des Français, façon Gabriel Attal, retransmise sur toutes les chaînes d’informations en continu.
Eux ont au moins été interrogés sur leurs ambitions. Lui n’a pas eu droit à ce privilège. Au député écologiste Benjamin Lucas, le journaliste de TF1 pose une question d’ordre général, à la fin d’une interview : "Les anciens insoumis François Ruffin ou Clémentine Autain, l’écologiste Marine Tondelier… Est-ce que l’un d’eux est votre candidat ?", "je souhaite être candidat pour porter le cri de colère de cette génération Nouveau Front populaire", dit le coordinateur de Génération.s. Et puis c’est tout. Depuis, nulle trace, sur ses réseaux sociaux et autres communications publiques, de sa quête élyséenne. Un peu moins du dixième du groupe écologiste et social à l’Assemblée est prétendant au trône suprême (4 sur...
-
30/06 - "Je ne comprends pas ce qu’il est devenu" : Laurent Nuñez, l’énigme politique de Beauvau
Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, est-il de gauche ? Quand, d’emblée, L’Express le lui demande, la réponse fuse :
"Non !
- De droite, donc ?
- Non.
- Alors ?
- Je suis radical."
Et de raconter que, dans sa jeunesse, il eut même, comme son père, quelques responsabilités au sein du vieux parti radical dit "valoisien", l’aile droite du radicalisme – ce qui le place, selon lui, "au centre gauche". Va donc pour un Nuñez "rad-soc", comme on appelait les "radicaux-socialistes" sous la IIIe République.
Depuis sa nomination place Beauvau, en octobre 2025, ce grand professionnel de la sécurité intérieure semble quand même avoir donné un sérieux coup de barre à gauche, ne serait-ce que par contraste avec son prédécesseur Bruno Retailleau. Au point que l’un de ses interlocuteurs réguliers assure ne plus le reconnaître : "Je ne comprends pas ce qu’il est devenu". Un bon connaisseur de l’Intérieur renchérit : "Beaucoup considèrent que ses positions ont évolué à 180 degrés sur certains sujets, comme l’Algérie ou le soutien aux forces de l’ordre. En politique, son attitude n’est pas comprise". "Rad-soc"
"Ce grand préfet a pris goût à la politique, mais il dit ce qu’il pense vraiment, par exemple sur l’immigration. Dans sa fonction de ministre, il pourrait être victime de sa profonde honnêteté" avance un autre interlocuteur – requérant lui aussi l’anonymat. Un "rad-soc" victime de ses convictions ? Comme le dit Jean Gabin dans Le Président, à propos des patrons de...
-
30/06 - "L’IA fera-t-elle mieux qu’Einstein ?" : grand entretien avec le Prix Nobel Alain Aspect
Les Français l’ont découvert à l’automne 2022, quand il a reçu le prix Nobel pour ses recherches sur l’intrication quantique. Et immédiatement, il a séduit le grand public. Lui, sa moustache, son accent d’Astaffort (dans le Sud-Ouest), son franc-parler, et son amour contagieux de la physique. Son livre Si Einstein avait su (éditions Odile Jacob) est d'ailleurs un succès en librairie.
Y a-t-il une crise de la science en France ? Quel rôle vital joue l’école ? Où en est-on de la confiance de la société envers le progrès scientifique ? Qu'est-ce que la physique quantique ? Et à quoi sert-elle ? Entré en avril dernier à l'Académie française, Alain Aspect, grand spécialiste de l'optique, se livre dans un grand entretien éclairant.
Un épisode à regarder en vidéo sur YouTube et Dailymotion, ou à écouter sur les plateformes traditionnelles de podcast, comme Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
-
30/06 - Espagne, Italie, Grèce, Portugal : le come-back économique que personne n’avait vu venir
Il fait preuve de tant d’ambition et de confiance en lui, qu’on le surnomme le "Cristiano Ronaldo" de la finance, en référence au célèbre footballeur. A la tête de la banque italienne UniCredit, le Romain Andrea Orcel, l’un des financiers les plus redoutés d’Europe, s’est juré de s'emparer de Commerzbank, la deuxième banque allemande, dans le but de créer un champion européen. Face à lui, son homologue Bettina Orlopp se bat pour défendre l’indépendance d’une institution historique. Qui aurait pu imaginer un tel scénario il y a dix ans ?
A l’époque, les établissements transalpins, lestés de centaines de milliards de créances douteuses, étaient au bord du gouffre, quand l’Allemagne incarnait, elle, le sérieux et la stabilité. Cette bataille financière homérique résume à elle seule le retour en grâce des pays du Sud, après une longue période de turbulences et d’humiliation. Et leur revanche sur ces Etats du Nord qui les ont tant méprisés, au point de créer pour les désigner l’acronyme de leurs initiales en anglais Pigs (cochons). "Je ne peux pas dépenser tout mon argent en schnaps et en femmes puis demander de l’aide", osait ainsi en 2017 le ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem, sans craindre d’user jusqu’à la caricature le cliché des cigales du Sud contre les fourmis du Nord. Des propos qui avaient indigné les pays visés, après des années d’austérité imposées par la "troïka" - formée par la Commission européenne, la BCE et le FMI - à la suite de la crise...
-
30/06 - La vérité sur le travail se cache dans cette piscine de David Hockney
Un rectangle bleu représente la piscine. Au-dessus, un autre est le ciel clair. Entre les deux, une longue bande horizontale beige, sur laquelle se dresse encore un rectangle, plus foncé, celui de la maison. Deux palmiers verticaux équilibrent la composition à droite. Au premier plan, le losange oblique d’un plongeoir lumineux nous invite dans le tableau. Aucun être humain dans ce silence. Mais en plein milieu de l’eau, d’immenses éclaboussures suspendues, traces d’un plongeon qui vient, à l’instant, de faire irruption.
"A bigger splash" est le tableau le plus célèbre de David Hockney et un emblème mondial de l’art contemporain. Il a conquis plusieurs générations d’amateurs. Peut-il inspirer notre réflexion et notre action managériales ?
La structure géométrique parfaitement ordonnée du tableau est un écho à l’organisation formelle de l’entreprise. La production semble pouvoir se faire avec efficacité par l’obéissance aux ordres et aux procédures prévues. Or l’éclaboussement inattendu qui emplit l’espace a la même fonction que le travail réel. Les routines sont toujours insuffisantes. C’est grâce à l’émergence spontanée des initiatives des salariés qu’on fait face à l’imprévu. Comme l’a montré la recherche, notamment l’ergonomie du travail, la femme et l’homme mettent en permanence leur activité informelle au service de l’organisation afin qu’elle tourne. A l’hôpital comme dans une entreprise de livraison, la production d’un service de qualité dépend de la créativité...
-
30/06 - En Hongrie, Péter Magyar accuse le gouvernement Orban d’avoir dissimulé l’ampleur du déficit public
Après sa volonté de lutter contre la corruption du précédent gouvernement, Péter Magyar s'attaque désormais aux finances publiques. Lors d'une intervention diffusée ce lundi 29 juin sur Facebook, le nouveau Premier ministre hongrois a accusé son prédécesseur, Viktor Orban, d'avoir présenté une image trompeuse des finances publiques, le déficit budgétaire prévu pour 2026 aurait dépassé 8 % du PIB, soit plus du double de l'objectif officiellement affiché par l'ancien exécutif.
"Ils ont menti aux Hongrois. Les chiffres du déficit budgétaire que le gouvernement Orban a présentés publiquement, ceux figurant dans les documents officiels, et ce que nous constatons aujourd'hui n'ont absolument rien à voir les uns avec les autres", a-t-il notamment déclaré. Selon lui, les propres services de l'ancien gouvernement anticipaient déjà un déficit de 6,8 % contrairement aux prévisions officielles - 5 % -, tandis que de nouveaux audits montrent que celui-ci aurait dépassé les 8 % sans l'accord récemment conclu avec l'Union européenne, qui a permis de débloquer des fonds jusqu'alors gelés.Le défi "le plus difficile"
La semaine dernière, le ministre des Finances, András Kármán, avait déjà qualifié le déficit du pays de "défi le plus difficile" sur la voie de l'adoption de l'euro, tout en précisant qu'un projet de budget révisé pour 2026 serait présenté d'ici à la fin du mois d'août. Cette annonce pourrait alors offrir à Péter Magyar une marge de manœuvre politique pour réduire ou...
-
30/06 - Investir, c’est aussi pour les débutants
C’est une idée reçue tenace, un a priori dont beaucoup gagneraient pourtant à se défaire : investir ne veut pas dire devenir trader, et ne suppose pas d’avoir des connaissances en matière économique ou boursière particulièrement développées. En d’autres termes, nul besoin de surveiller des écrans toute la journée, comprendre des graphiques complexes, prendre des risques élevés ou jouer en Bourse. Cette confusion crée une barrière mentale puissante, notamment chez les débutants : la peur de perdre, de ne pas être compétent, de commencer au mauvais moment ou de faire une erreur.
Pourtant, investir et trader ne relèvent pas de la même logique. Le trading repose souvent sur une approche active, de court voire moyen terme, avec des décisions fréquentes et une forte exposition aux mouvements de marché. L’investissement, lui, s’inscrit davantage dans le temps long. Il consiste à construire progressivement un portefeuille, selon ses objectifs, son horizon et son niveau de risque accepté. L’enjeu n’est pas de réagir à chaque variation, mais d’adopter une démarche régulière, réfléchie et adaptée à sa situation. C’est précisément ce changement de regard que porte XTB. L’application d’investissement européenne, fondée en 2002 et cotée à la Bourse de Varsovie depuis 2016, accompagne aujourd’hui plus de 2,5 millions de clients. Son positionnement vise à rendre l’investissement plus simple, plus lisible et moins intimidant, en particulier pour celles et ceux qui souhaitent commencer...
-
30/06 - KNDS : entre la France et l’Allemagne, un mariage blindé
Attention : Paris, Berlin, relation difficile. Un couple au bord du divorce, murmure-t- on. A ce point-là ? Le 8 juin dernier a été rendu public un nouveau coup de canif dans la relation franco-allemande, avec la fin officielle du Scaf, le projet d’avion de combat européen, destiné à remplacer à l’horizon 2040 le Rafale français et l’Eurofighter. Trop de frictions et trop de méfiance auront fini par miner le programme lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Le projet Eurodrone est lui aussi devenu un objet de disputes récurrentes entre Airbus et Dassault : on le dit également proche de la mort clinique. Faut-il donc déjà enterrer l’Europe de la défense ?
Impossible, quand les Etats-Unis amorcent leur retrait du continent et quand le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov souffle sur les braises en affirmant voir dans l’Europe "la principale menace pour la sécurité mondiale". L’Allemagne réarme, la France réarme, tout comme le reste de l’Europe. Chacun a conscience que sans un minimum d’intégration, l’addition des efforts sera insuffisante pour affronter les nouveaux défis sécuritaires. C’est dans ce sens que Paris et Berlin viennent de publier les bans de leur nouvelle union capitalistique autour de KNDS, le fabricant franco-allemand de systèmes de défense terrestre créé en 2015 : KNDS (le fabricant du char Leopard et du canon Caesar) doit prochainement faire son entrée sur les deux places financières, une opération initialement prévue en juillet, mais...
-
30/06 - Grâce à la Cour suprême, Donald Trump va pouvoir licencier comme il l’entend
C'est une décision historique, qui élargit encore les pouvoirs du président américain. Lundi 29 juin, les juges de la Cour suprême ont invalidé, par six voix contre trois, un précédent vieux de près d’un siècle qui permettait au Congrès de protéger les dirigeants de la Commission fédérale du commerce (FTC) et d’une vingtaine d’autres agences de régulation indépendantes contre l’influence politique, en imposant que le président ait une "bonne raison" pour les révoquer.
Désormais, Donald Trump pourra donc renvoyer des régulateurs indépendants du gouvernement, malgré des lois fédérales visant à protéger leur emploi. Seule la Réserve fédérale demeure une exception, les juges ayant décidé lundi de continuer à interdire au président de révoquer immédiatement l’une de ses gouverneures, Lisa D. Cook, accusée par le locataire de la Maison-Blanche de "fraude hypothécaire" - des allégations jamais démontrées. D’anciens responsables de la Réserve fédérale et du Trésor, ainsi que l’équipe juridique de Lisa D. Cook, avaient en effet averti la Cour suprême que permettre au président américain de la révoquer pendant la procédure judiciaire provoquerait des turbulences économiques et affaiblirait l’autonomie historique de la banque centrale.Une "grande victoire"
La décision de la Cour suprême portait sur la question de savoir si Donald Trump avait le droit d'évincer Rebecca Kelly Slaughter, membre démocrate de la FTC, en mars 2025, simplement parce qu’elle ne s’alignait pas sur son...
-
30/06 - Meurtre de Louis : le "champ de ruines" de la protection de l’enfance
L'agression, filmée à la dérobée, est d'une violence rare. Un adolescent à terre est roué de coups sur un chantier par un groupe de jeunes, le 19 juin. Quelques jours après, Louis, 17 ans, décède de ses blessures. Cinq de ses agresseurs ont été mis en examen pour tentative d'assassinat le 24 juin et placés en détention provisoire.
Depuis mai, la victime était accueillie dans une structure de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Une partie de ses agresseurs en bénéficiaient aussi. L'affaire conduit à s'interroger sur ces organisations censées protéger les mineurs. D'autant que Louis avait porté plainte dans un commissariat, le 12 juin, pour d'autres violences. Les deux affaires ne sont pas liées. Mais à ce moment-là, le jeune homme avait fugué de sa structure d'accueil. "Un foyer n'est pas une prison. Ceux qui veulent s'en aller s'en vont", remarque Thierry Hérrant, membre du Conseil national de la protection de l'enfance. "Le milieu est un champ de ruines", déplore-t-il.
Les affaires se succèdent. En janvier 2024, Lily, quinze ans, s'est suicidée dans une chambre d'hôtel du Puy-de-Dôme où elle avait été placée sans surveillance. Un an plus tard, L'Express révélait les cas de centaines d'enfants réorientés en Belgique. La faute au manque criant de places en structures spécialisées, de formations et d'effectifs. Alors que le nombre de pris en charge augmente : fin 1998, 16,6 sur 1000 y avaient recours, contre 22,9 fin 2022. Avec des conséquences de long terme sur les...
-
30/06 - Allemagne, France, Espagne : les jeunes Européens virent-ils à droite ?
A quelques mois de multiples scrutins (Espagne, France, Pologne, Italie, Allemagne, Suède), l’enquête de Voxeurop et d’EDJNet rappelle l’essentiel : la droite radicale progresse chez les 18-24 ans et les 25-34 ans. Mais cette progression accompagne surtout l’effondrement de la confiance dans les partis de gouvernement : la jeunesse ne se droitise pas mécaniquement : elle se polarise. Elle quitte le centre (l’a-t-elle jamais habité ?), en votant ailleurs ou en ne votant pas.
La France en donne l’exemple le plus familier. Aux législatives de 2024, le Nouveau Front populaire est arrivé en tête chez les 18-24 ans (48 %) et chez les 25-34 ans (38 %). Mais aux Européennes, Bardella recueillait 25 % des voix des 18-24 ans ; aux législatives, il attirait près d’un tiers des jeunes votants. Pour beaucoup, le RN n’est plus une survivance du passé, mais une offre nouvelle.
Le (mauvais) génie de la dédiabolisation, a été de faire croire en la nouveauté des idées du RN à un électorat plus jeune, trop habitué aux mensonges, et souvent ignorant du passé. Dans son entretien à Politico, Bardella ne vendait plus seulement la peur de Bruxelles ; il évoquait une Europe ringarde, incapable d’offrir grandeur, puissance ou prospérité. Ce qu’il proposait n’était pas tant le rejet que la revanche.
L’Allemagne offre un cas plus saisissant encore. Aux élections fédérales de 2025, Die Linke (extrême gauche) arrivait en tête chez les 18-24 ans, autour de 25 %. Mais l’AfD suivait de près, à 21 %, et...
-
30/06 - Drones, production de masse, et IA : à Eurosatory, les tendances de la défense aéroterrestre
C'est un salon que je connais bien pour y avoir organisé en 2008 le forum de la simulation militaire opérationnelle. Mais aussi pour y avoir été présent en tant qu’exposant. En tant que directeur de l’Agence de l’innovation de défense. Et puis en tant que délégué général pour l’armement. Cette année, j'y étais pour l'Office national d’études et de recherche aérospatiales (Onera), présent sur site pour la première fois depuis 15 ans.
Car Eurosatory, ce n’est pas uniquement ce qui roule ou qui tire… L’Onera y a toute sa place, exposant des technologies radar, drones et anti-drones, mais aussi optique infrarouge, détection de gaz de combat, ou un simulateur permettant de quantifier l’état cognitif d’un pilote d’hélicoptère et d’un opérateur à bord permettant de piloter un drone.
J’admire ce salon qui a su se renouveler et devenir incontournable. C'est d'ailleurs à Eurosatory, en 2022, qu'Emmanuel Macron a parlé d’économie de guerre après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Son édition 2026 dégage trois grandes tendances : la guerre des drones, la fusion des espaces de conflictualité et la production en masse.
La présence ukrainienne sur place l'a démontré : la guerre des drones est, sans aucune hésitation, une tendance durable de la guerre de demain. Le mini et micro-drone deviennent la grenade à main du fantassin du XXIe siècle. Des PME comme Delair, EOS Technologies ou encore la société Ukrainienne Ukroboronprom - avec son drone UAV290 capable de frapper à 650 km -...
-
30/06 - Colis piégé et oligarque ukrainien blessé : ce que l’on sait de l’explosion à Monaco
Une explosion "liée à un colis piégé" est survenue à Monaco, lundi 29 juin, faisant trois blessés dont deux "en urgence absolue", a indiqué le gouvernement de la principauté. Parmi les victimes, Vadim Ermolaev, un oligarque comptant parmi les plus grosses fortunes ukrainiennes. "Il ne s’agit pas d’un attentat terroriste", a déclaré ce mardi devant la presse le procureur général Stéphane Thibault, alors que le ministre d’État monégasque (chef du gouvernement), Christophe Mirmand, avait évoqué la veille la possibilité d'un "attentat", invitant cependant à la prudence concernant "la qualification juridique des faits". L'Express fait le point sur l'incident.Que s'est-il passé ?
L'explosion est survenue vers 21h dans un immeuble résidentiel situé entre le boulevard d'Italie et la rue du Révérend-Père-Louis-Frolla, à proximité immédiate de la frontière française.
D'après la Sûreté publique de Monaco, interrogée par BFM Nice, les images de vidéosurveillance montrent un homme déposant un sac à dos contenant un engin explosif au pied de l'immeuble, avant de quitter les lieux à pied. L'individu portait un pantalon beige, un blouson noir et un chapeau noir dissimulant partiellement son visage.
"Les premiers éléments que nous avons" font état de l’action "d’un homme seul", a indiqué le procureur général Stéphane Thibault lors de sa conférence de presse. Une enquête pour tentative d’assassinat a été ouverte.
Christophe Mirmand a indiqué lundi soir que l'engin explosif contenait...
-
30/06 - Management : pourquoi il est faux de dire que les jeunes fuient les responsabilités
Dans les directions RH, une tendance circule depuis quelques années avec la tranquillité des évidences : les jeunes refuseraient le management. Ils aspireraient à travailler sans chef, et surtout sans en devenir un. Cette tendance a même un nom : le conscious unbossing (le désintérêt pour les postes à responsabilité). Pourtant les faits racontent une tout autre histoire.
JobTeaser a mené l'une des plus vastes études sur le management des jeunes, en interrogeant 4 000 personnes appartenant à toutes les générations d'actifs. Résultat ? Les moins de 30 ans sont en réalité les plus désireux de manager : 61 % d'entre eux souhaitent accéder à cette fonction, contre seulement 41 % parmi leurs aînés. L'image qu'ils ont du rôle de manager est de loin la plus positive de toutes les tranches d'âge. Ce n'est pas une génération qui fuit les responsabilités, c'est une génération qui regarde comment elles s'exercent, et pose des conditions avant d'accepter.Le rôle décisif du premier manager
Un deuxième mythe s’est aussi largement répandu ces dernières années : celui du "manager-coach", qui s'est imposé comme l'horizon à atteindre pour encadrer les jeunes recrues. Celui qui accompagne sans diriger, qui libère sans cadrer, qui "crée les conditions" plutôt qu'il ne décide. Pourtant, leurs attentes réelles sont toutes autres. Ce que les jeunes actifs valorisent le plus chez un manager, c'est la capacité à fixer des objectifs clairs et à les guider techniquement. Ils plébiscitent...
-
30/06 - SpaceX en Bourse : avant de vous moquer d’Elon Musk, souvenez-vous des frères Wright
Certaines personnes sont fascinées par la vision d’Elon Musk : construire une colonie permanente sur la Lune au cours de la prochaine décennie, puis établir une ville autonome d’un million d’habitants sur Mars. Jeff Bezos a évoqué le transfert progressif de l’industrie lourde de la Terre vers l’espace. Plusieurs entreprises travaillent déjà sur des data centers spatiaux. D’autres rejettent ces idées, les qualifiant de pure science-fiction. Je comprends ce scepticisme. Mais l’histoire nous enseigne qu’il faut se garder de déclarer impossibles des visions audacieuses.
Les rêves peuvent sembler lointains, mais ils sont parfois bien plus proches que nous ne le pensons. Le 7 octobre 1903, Samuel P. Langley tenta de faire décoller son avion Great Aerodrome depuis une rampe de catapulte installée sur un bateau sur le fleuve Potomac. L’appareil s’inclina immédiatement après le décollage, son nez piqua brusquement vers le bas et il s’écrasa dans l’eau, subissant d’importants dégâts. Dans un éditorial moqueur publié le 9 octobre, le New York Times qualifia cette tentative de vol ratée de "fiasco ridicule" et fit une prédiction pessimiste : "[On] pourrait supposer que la machine volante qui volera réellement pourrait voir le jour grâce aux efforts conjoints et continus de mathématiciens et de mécaniciens dans un délai compris entre un million et dix millions d’années…"Moins de 1 000 dollars
À peine deux mois plus tard, le 17 décembre 1903, les frères Wright réussissaient le premier...
-
30/06 - Abolition de la peine de mort : retour sur le combat de Robert Badinter dans L’Express
"Notre Justice est une Justice qui accepte de tuer. Elle a pour signe la peine de mort. [...] Notre Justice se reconnaît le droit de disposer de la vie d’autrui. Et c’est pour moi inacceptable." En juillet 1973, quelques mois après les exécutions de Claude Buffet et Roger Bontems, Robert Badinter s’exprime dans L’Express à l’occasion de la publication de son livre "L’Exécution". Cette affaire va le marquer pour le reste de sa carrière. Son client, Bontems, a été guillotiné alors qu’il n’était pas accusé de meurtre au contraire de Buffet. Il s’interroge alors "à quoi sert un avocat quand on exécute l'homme qu'il a défendu ?"
Le collaborateur et avocat de L’Express, s’attellera dès lors à mettre fin à la peine de mort de plus en plus débattue dans l’opinion publique. Il mènera ce combat en France jusqu’à son abolition par François Mitterrand en 1981. Robert Badinter s’engagera également pour abolir la peine capitale à l’international. En 2001 à Strasbourg, il sera l’un des principaux animateurs du premier Congrès contre la peine de mort. Cette année, du 30 juin au 2 juillet, a lieu la neuvième édition de cette rencontre à Paris. L’occasion de revenir sur le combat de Robert Badinter relaté dans nos archives. View this post on Instagram
Organisé tous les trois ans par l’association "Ensemble contre la peine de mort", ce rendez-vous permet aux abolitionnistes du monde entier de se retrouver pour faire entendre leurs...
-
30/06 - Le platt de Lorraine, deuxième langue parlée au… Brésil !
Que savez-vous du platt ? Je ne ramasserai pas les copies, mais je parierais qu’un certain nombre d’entre vous auraient bien du mal à écrire de nombreuses pages sur le sujet. Et votre malaise s’aggraverait encore si je vous demandais de vous concentrer sur le platt au Brésil. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, cet idiome d’origine germanique pratiqué notamment dans le département de la Moselle est considéré comme la… deuxième langue la plus parlée aujourd’hui dans ce grand pays d’Amérique du Sud !
ATTENTION : "Sur le bout des langues" ne paraîtra plus dans L’Express
Cette infolettre n'en poursuivra sa route à la rentrée sur un autre support. Celui-ci n’est pas encore défini à ce jour, mais je le ferai connaître à la rentrée via les réseaux sociaux :
- Ma page Facebook
- Mon profil LinkedIn
- Ma chaîne YouTube
Vous pourrez également m’écrire à cette adresse : mfeltinlexpress@gmail.com
Rendez-vous en septembre !
Pour comprendre cette apparente incongruité, il est nécessaire de revenir deux siècles en arrière. En 1822, le Brésil devient indépendant et coupe les ponts avec le Portugal. Pour réduire l’influence de l’ancienne tutelle et peupler les régions du Sud, le nouvel Empereur Pedro Ier lance une vaste politique d’immigration européenne – et non lusophone. Et comme son épouse, Marie-Léopoldine de Habsbourg-Lorraine (1797-1826), n’est autre que la fille de l’empereur d’Autriche, il s’intéresse en premier lieu aux populations de langue...
-
30/06 - H Company, le futur Mistral : "Un modèle IA qui fonctionne bien, c’est comme une drogue"
Elle n'a pas encore la célébrité de Mistral AI. Pourtant, la start-up française H Company est devenue un leader mondial dans une branche stratégique de l'IA. Cette percée n'a pas échappé au géant américain Nvidia qui fait la pluie et le beau temps dans le secteur et réunit dans sa coalition Nemotron les pointures de l’intelligence artificielle. H Company y figure désormais au titre de son expertise en computer use. Cette approche permet de "relier des systèmes informatiques existants avec des solutions nouvelles, sans investissement lourd ni configuration technique complexe. C'est clé dans le retour sur investissement de l’IA", précise Gautier Cloix, ancien de Palantir qui a pris les manettes de H Company l'an dernier. Depuis, la start-up s’est fait une place dans le classement Next40, qui rassemble les entreprises technologiques françaises les plus prometteuses du pays, le CAC 40 de demain. Entretien avec son PDG.
L’Express : Vous avez rejoint H Company en juin 2025, sans avoir participé à sa création. Pourquoi ce choix ?
Gautier Cloix : A la naissance de l'entreprise, en 2024, l’équipe originelle a étudié plusieurs pistes de recherche. Mais les efforts se sont assez vite concentrés sur la voie que H Company suit aujourd'hui, appelée computer use. C’est-à-dire une IA capable d’utiliser l’ordinateur comme un humain, de gérer des actions avec le clavier et la souris, afin d’utiliser divers programmes. Selon le patron de Nvidia, Jensen Huang, c’est la branche la plus...
-
30/06 - Pourquoi Donald Trump a abdiqué face à l’Iran (et abandonné Israël), par Bernard Haykel
Aux Etats-Unis, la question d'Israël rallie aujourd’hui l’extrême gauche et l’extrême droite, comme une illustration de la théorie du fer à cheval qui explique que les deux extrêmes sont plus proches qu’on ne le pense. Des deux côtés, on va blâmer Israël et les juifs des problèmes économiques. A New York, trois candidats soutenus par Zohran Mamdani, et qui ont appelé à la fin du soutien américain à Israël, l’ont emporté lors des primaires démocrates. Le vice-président J.D. Vance a lui aussi tenu un discours très dur, s’en prenant avec véhémence aux ministres israéliens qui critiquaient le protocole d’accord avec l’Iran. On peut y voir la manifestation d’une extrême droite républicaine qui l’a emmené à la vice-présidence. Tucker Carlson, notamment, a beaucoup poussé pour qu’il soit choisi par Donald Trump.
Les élections de mi-mandat, en novembre, sont clés pour comprendre ce durcissement de l’administration Trump. Il est clair qu'elles sont très importantes aux yeux du président américain. D’où ce protocole d’accord où il a tout donné aux Iraniens, levant les sanctions sur la vente de pétrole, promettant 300 milliards de dollars pour la reconstruction (qui doivent être financés par les alliés arabes), ne mentionnant par les missiles balistiques ou le soutien d’Iran à ses milices. Le Liban a été inclus, Israël en est exclu. L’ouverture du détroit d’Ormuz n’est en réalité par garantie, comme l'ont prouvé les récentes tensions. Sur le nucléaire, les Iraniens ont promis de ne...
-
30/06 - Traité de non-prolifération nucléaire : une brèche ouverte dans la guerre froide
Cet article a été publié pour la première fois le 8 juillet 1968 dans L'Express.
Il a fallu vingt-trois ans pour qu'un premier pas sérieux soit fait. Le 3 octobre 1945, le président Harry Truman invitait déjà tous les pays à rechercher un accord par lequel ils renonceraient à l'utilisation de l'énergie atomique à des fins militaires. Lundi dernier, le texte du traité de non-dissémination des armes nucléaires, mis au point par la Commission du désarmement siégeant à Genève, dite Commission des 18, était signé simultanément à Moscou, à Londres et à Washington.
Cinquante-neuf pays ont apposé leur signature au bas de ce document. Grands absents : la Chine, la République fédérale allemande, et la France qui, précisément ces jours-ci, poursuit ses expériences dans le Pacifique. Mais ce même lundi, un mémorandum en neuf points devant conduire à un "désarmement général et complet", était adressé par M. Alexis Kossyguine, président du Conseil de l'U.R.S.S., à tous les chefs d'Etat. Plus qu'un simple complément du traité, il constitue une large "ouverture" soviétique, un programme de discussion et de travail proposé aux Etats-Unis.
Américains et Soviétiques ont deux problèmes qui les suivent comme des chiens fidèles : le coût sans cesse croissant de leur puissance militaire, la nécessité de réajuster de temps en temps les déséquilibres qui affectent leur système de "présence" dans le monde. Le coeur lourd
A égalité de moyens nucléaires, l'Amérique et la Russie payaient déjà...
-
29/06 - Détroit d’Ormuz : pourquoi la Chine sort gagnante de la crise économique
Une citation attribuée à Martin Luther King veut que "chaque crise a ses dangers et ses opportunités". Et la crise économique née du blocage du détroit d'Ormuz n'échappe pas à la règle, selon un rapport publié lundi 29 juin par Asia Group, un cabinet de conseil basé à Washington. Depuis début mars, l'Iran impose un blocus de fait dans cette voie maritime essentielle au transport du pétrole ou du gaz, en représailles des bombardements menés par les États-Unis. "Il est difficile de ne pas conclure que la Chine est gagnante dans cette affaire", déclare, en préambule du rapport, Kurt Campbell, président et cofondateur d'Asia Group. Le pays tire son épingle du jeu dans une conjoncture qui impacte très durement ses voisins : l'Asie importe 80 % de son pétrole et 90 % de son gaz naturel en passant par le détroit d'Ormuz.
La première explication, relevée par le New York Times, trouve racine dans la capacité de la Chine à réduire sa dépendance au pétrole étranger. En mai, ses importations en la matière ont ainsi diminué de 30 %. Parallèlement, Xi Jinping a lancé depuis plusieurs années des investissements massifs pour que la Chine accède à l'indépendance énergétique. Plusieurs milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables, dont le solaire, l'éolien ou encore l'hydroélectrique. Sa consommation électrique, notamment, compte pour un tiers de sa dépense, soit 50 % de plus qu'en Europe et aux États-Unis, selon le Financial Times. Le pays peut donc aussi...
-
29/06 - "La régularisation des immigrés illégaux n’est pas une politique" : l’analyse tranchée de Patrick Weil
Ce sera l'un des sujets majeurs de l'élection présidentielle en France, tout comme des prochaines élections en Allemagne et au Royaume-Uni. Alors que l'immigration est au cœur des débats en Europe, Patrick Weil publie De l'immigration en France (Grasset), un petit livre dans lequel il critique autant les discours "grands-remplacistes" que ceux qui à gauche nient le problème et n'ont pour seule politique que la régularisation.
A L'Express, le politologue et directeur de recherche émérite au CNRS explique comment on peut, pragmatiquement, mieux organiser le marché du travail en France pour lutter contre l'immigration illégale, plutôt que de se focaliser sur les seuls OQTF. Selon lui, la sortie de l'accord franco-algérien de 1968, mise en avant par plusieurs candidats, nous mènerait dans une situation incertaine. Enfin, il propose la création d'un ministère de l'Immigration.
L’Express : N’avez-vous longtemps pas minimisé les chiffres de l’immigration ? Comme vous le soulignez en début de votre livre, entre 1999 et 2024 la population immigrée en France est passée de 4,37 millions à 7,7 millions, alors qu’elle était relativement stable durant les décennies précédente…
Patrick Weil : Je n’ai pas écrit de livre sur l’immigration depuis vingt ans, je n’ai donc rien minimisé. L’augmentation de 56% est immédiatement parlante. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un sujet propice aux positions idéologiques tranchées. Certains parlent d’une submersion ou d’un grand remplacement....
-
29/06 - Kyriakos Pierrakakis, ministre grec de l’Economie : "Nous avons payé très cher le populisme"
Le 13 juillet 2015, après un interminable week-end de négociations, les membres de la zone euro tombaient d'accord sur un troisième plan d'aide visant à sauver la Grèce de la faillite. Avec une lourde contrepartie : le gouvernement devait s'engager à mener des réformes drastiques. Un compromis pour éviter une dramatique sortie de l'Union européenne. Une décennie plus tard, Athènes a tourné la page de cette sombre période et affiche l'un des redressements économiques les plus impressionnants du Vieux Continent. En décembre dernier, le ministre de l'Economie et des Finances grec, Kyriakos Pierrakakis, désigné par ses homologues de la zone euro, a même pris la tête de l'Eurogroupe. Difficile d'imaginer symbole plus fort.
De passage à Paris début juin à l'occasion d'une réunion de l'OCDE, ce quadragénaire francophile revient pour L'Express sur la trajectoire spectaculaire de son pays. Stabilité budgétaire, dette en nette décrue, hausse des investissements étrangers... Le renouveau de l'économie grecque se lit dans les chiffres. Pour cette année, le gouvernement du Premier ministre conservateur Kyriákos Mitsotákis table sur une croissance de 2 %. Le double de la moyenne européenne.
L'Express : La gravité de la situation grecque a éclaté au grand jour dans le sillage de la crise financière de 2008. Comment avez-vous vécu cette période ?
Kyriakos Pierrakakis : J’étais alors aux États-Unis, où je terminais un master au MIT. J’ai donc assisté de près à la crise des prêts...
-
29/06 - Comment Donald Trump impose son nom et son visage partout où il le peut
Il devient presque impossible pour les Américains d’éviter son visage. Le 27 juin, Donald Trump a ajouté à l’interminable liste de lieux où figure son portrait un objet symbolique : un nouveau passeport commémoratif créé pour célébrer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis, dont le visuel a été dévoilé sur Truth Social par l’autolâtre président américain. On l’y voit représenté par un imposant portrait, derrière le Resolute Desk, avec la Déclaration d'indépendance en arrière-plan et sa signature au bas de la page.
La Maison-Blanche a ensuite relayé le visuel sur X. Selon le département d'État, ce passeport en édition limitée sera délivré aux personnes renouvelant leur passeport auprès de l'agence de Washington, tandis que le modèle classique restera utilisé ailleurs. Une rupture avec la tradition américaine, où les passeports mettent habituellement à l'honneur des symboles nationaux ou des figures historiques, et non le président en exercice.Quand les symboles d'État prennent les traits de Donald Trump
Quelques semaines plus tôt, début juin, l’administration Trump avait déjà fait parler d'elle avec un projet de billet de 250 dollars à l'effigie du président. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a depuis présenté un premier visuel du billet, lui aussi imaginé dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis. Là aussi, la proposition rompt avec une règle observée depuis plus d'un siècle : la monnaie américaine ne représente que des personnalités...
-
29/06 - Entre Ukraine et Pologne, la querelle qui arrange bien Vladimir Poutine
Les crimes de la Seconde Guerre mondiale reviennent tourmenter la Pologne et l’Ukraine au pire moment. Alors que la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie vient de permettre à l’Europe de refaire son unité autour de Kiev contre l’invasion russe, voilà que le souvenir des massacres de Polonais par des Ukrainiens en 1943 creuse un fossé béant entre Varsovie et Kiev, à l’avantage de Moscou et au détriment des intérêts stratégiques européens.
Le spectre qui hante les deux pays a pour nom la Volhynie. Dans cette région située aujourd’hui dans le nord-ouest de l’Ukraine, des partisans nationalistes ukrainiens massacrèrent des dizaines de milliers de civils polonais, hommes, femmes et enfants, décapités à la hache, crucifiés, démembrés, éventrés ou brûlés vifs. Selon l’historien américain Timothy Snyder*, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) avait pour objectif, en orchestrant cette terreur innommable, de "nettoyer" ethniquement le territoire qu’elle espérait annexer à un futur Etat ukrainien indépendant.
Lorsqu’il a autorisé, fin mai, une unité de son armée à prendre le nom de "Héros de l’UPA", le président Zelensky a commis plus qu’une erreur de jugement, une faute morale. En signe d’indignation, son homologue polonais Nawrocki lui a retiré l'Ordre de l'Aigle blanc, la plus haute décoration polonaise. A son tour, Zelensky s’est abstenu, le 25 juin, de se rendre à Gdansk pour une conférence sur la reconstruction de l'Ukraine, rendez-vous pourtant capital pour son...
-
29/06 - "Nous avons des problèmes" : derrière l’aveu de Vladimir Poutine, les difficultés croissantes de la Russie
Vladimir Poutine est plutôt du genre à apparaître comme sûr de lui en toutes circonstances. Dimanche 28 juin, pourtant, il a reconnu dans un discours publié par le Kremlin que les frappes ukrainiennes "contre [les] infrastructures [russes] créent des problèmes". Un aveu inédit pour Vladimir Poutine, qui fait référence aux avancées de l'Ukraine en matière de drones, qui lui permettent désormais de frapper la Russie en restant à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres de distance.
Les infrastructures énergétiques sont les premières visées. Parmi les plus grands producteurs d'énergie au monde, les réserves de carburant sont vitales pour la Russie et son économie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a confirmé dimanche que deux raffineries avaient été touchées à Iaroslav et Krasnodar, deux régions éloignées de la frontière avec l'Ukraine. Il a écrit sur Telegram : "Chaque frappe représente une réduction des ressources qui alimentent la machine de guerre russe, et un pas de plus vers la paix.""La situation n'est pas critique"
Ces attaques interviennent alors que l'avancée des troupes russes en Ukraine est au point mort. Lors de son discours, Vladimir Poutine a assuré que ses troupes se trouvaient à une dizaine de kilomètres de Soumy, "capitale" du nord de l'Ukraine. Mais selon le Financial Times, des observateurs indépendants qui suivent l'armée russe à partir d'images du front indiquent que les troupes n'ont pas bougé et sont toujours à plus de vingt...
-
29/06 - Au Kazakhstan, Donald Trump négocie pour les Etats-Unis… et pour sa famille
L'administration Trump a négocié avec le Kazakhstan un accord stratégique portant sur l'exploitation de l'un des plus grands gisements inexploités de tungstène au monde, un métal indispensable à la fabrication d'ogives de missiles, d'avions de combat, ou encore de semi-conducteurs. C’est dans une enquête du journal américain le New York Times (NYT) que l’on apprend que Washington s'apprête à soutenir ce projet à hauteur de 1,6 milliard de dollars via des financements fédéraux destinés à l'entreprise américaine Kaz Resources. Mais derrière cette opération présentée comme essentielle à la souveraineté économique des Etats-Unis, les principaux bénéficiaires pourraient bien être les fils du président américain.
Selon l'enquête du quotidien new-yorkais, Donald Trump Jr. et Eric Trump ont pris, quelques semaines seulement après le début des négociations menées par leur père avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, une participation indirecte dans une structure liée au projet minier. Ils détiennent partiellement la société financière Dominari Securities, installée dans la Trump Tower, qui a elle-même pris part à l'achat de 20 % d'une entité liée au projet kazakh. Autrement dit, une société intermédiaire appelée à profiter directement de l'opération. L'accord définitif entre Washington et Astana a ensuite été signé le 6 novembre, soit six jours après cette prise de participation, qui n'avait alors pas été rendue publique.
La famille du secrétaire américain au Commerce,...
-
29/06 - Nucléaire, défense, climatisation : trois dossiers victimes du déni et de l’idéologie
Après le nucléaire redécouvert in extremis avec l’invasion de l’Ukraine par Poutine, la défense européenne réveillée par Donald Trump, voici maintenant la climatisation sauvée à son tour non par un choix politique mais par le thermomètre… Jamais deux sans trois.
Dans ces trois dossiers, deux mots ont bien failli conduire la France à la catastrophe : l’idéologie et le déni. L’idéologie de la gauche et de LFI, lorsque le nucléaire était jugé trop polluant, la défense et son industrie regardée avec dégoût, la climatisation considérée comme un confort coupable. Le déni de l’extrême droite, lorsqu’il s’agissait de reconnaître la nécessité d’une Europe souveraine face à une protection américaine qui vacille, ou d’admettre le réchauffement climatique et les alertes d’un Giec jugé "trop alarmiste". Désormais, la climatisation n’est plus seulement remise sur la table : elle est l’alpha et l’oméga du Rassemblement national. Voilà deux ans que le RN promet un "grand plan clim’" sans jamais vraiment le chiffrer. On comprend pourquoi lorsque Jean-Philippe Tanguy, après quelques calculs lors d’une matinale, propose sans rire "200 milliards d’euros consacrés à l’achat de climatiseurs". Plus de deux fois le budget de l’Education nationale et presque 16 fois celui de la justice. Belle démonstration de sérieux budgétaire… Le RN fait en réalité ce qu’il sait faire de mieux : tirer profit de l’émotion.
Cette logique n’est pas totalement absente ailleurs. Elle gagne aussi une partie de...
-
29/06 - "J’ai choisi mes parents" : Catherine Guillouard révèle les coulisses de son départ de la RATP
Il y a des décisions qui disent tout de l'état d'une société, de ses angles morts, de ses impensés. A l'été 2022, Catherine Guillouard, qui dirigeait depuis cinq ans la RATP, annonce sa démission. Quelques semaines plus tôt, sa mère a été victime d'un très grave accident et la dirigeante décide de devenir aidante. Une décision rare à ce niveau de responsabilités.
Comme elle, 11 millions de personnes sont aujourd'hui qualifiées d'aidants en France. Au plus près chaque jour, chaque instant, d'un père, d'une mère, d'un conjoint ou d'un enfant. Tous ensemble, ils forment le pilier informel et invisible d'un système de santé au bord de la rupture. D'après une étude du ministère de la Santé, 58 % sont des femmes et seulement 32 % bénéficient d'un soutien extérieur, qu'il soit financier, logistique ou psychologique. Epuisement, isolement et souvent désinsertion professionnelle, le sujet est majeur et il est tabou.
Catherine Guillouard n'avait jamais raconté son histoire. Pour L'Express, elle a accepté de nous parler d'une invisibilité du monde du travail - le statut des aidants - alors que le texte de loi relatif à la fin de vie est de nouveau discuté à l'Assemblée nationale.
Une interview exclusive issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Nous sommes le 28 juillet 2022. Ce jour-là, vous avez rendez-vous avec Alexis Kohler, le secrétaire...
-
29/06 - Canicule : la mortalité pourrait-elle dépasser celle de 2003 ? Ce que disent les premiers chiffres
La quatrième cellule interministérielle de crise sur la canicule se réunit, ce lundi 29 juin en fin d’après-midi, alors que la température retombe pour la première fois depuis presque dix jours. Le gouvernement tentera d’établir "un premier bilan précis de ce qui a fonctionné et dysfonctionné cette semaine [celle du 22 juin]". Mais aussi de compter ses morts. Selon les premières estimations publiées dimanche par Santé publique France, environ 1 000 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 24 juin par rapport à la mortalité habituellement observée à cette période de l'année.
Plus précisément, selon l’agence, alors que la moyenne mensuelle habituelle s’établit autour de 900 à 1 000 décès par jour à cette période de l’année, plus de 1 200 décès toutes causes confondues ont été recensés le 24 juin, puis 1 400 les 25 et 26 juin. Environ 85 % d’entre eux concernent les personnes de 65 ans et plus. Un bilan qui s’alourdira très probablement, les conséquences d’une vague de chaleur continuant souvent encore plusieurs jours après sa fin.La crainte d’une hécatombe comparable à 2003
La violence extrême de cette dernière a rapidement provoqué des comparaisons avec celle de 2003, dont le bilan final était, lui, monté… à 15 000 victimes. Le bilan de l’été 2026 pourrait-il continuer de grimper jusqu’à égaler ou dépasser l’hécatombe de 2003 ? La crainte plane depuis plusieurs jours, alors que les températures ont dépassé celles atteintes en 2003 et après la tension...
-
29/06 - "Beaucoup d’entreprises ne cherchent pas réellement à gagner" : la leçon de stratégie de l’ex-PDG de Procter & Gamble
Son nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, A.G. Lafley est associé à l’un des redressements les plus impressionnants qu’ait connus le monde des affaires : celui du géant des biens de consommation Procter & Gamble. Lorsque ce diplômé de la Harvard Business School en prend les commandes en 2000, la multinationale traverse une période difficile. Sous sa gouvernance, le groupe américain de produits d'hygiène et de beauté, propriétaire de marques emblématiques comme Swiffer, Pampers, Head & Shoulders ou encore Olay, voit son chiffre d’affaires doubler, ses bénéfices quadrupler et réalise l’acquisition, risquée mais réussie, de Gillette.
L’histoire de cette transformation, l'ancien PDG la raconte dans Jouer pour gagner. Comment fonctionne réellement la stratégie d’entreprise (Arpa), à paraître le 2 juillet, qu’il a coécrit avec Roger L. Martin, son ancien conseiller stratégique et ex-doyen de la Rotman School of Management. Un livre qui passionnera autant les amateurs de prise de décision que les passionnés de management ou les curieux des ressorts les plus ingénieux du marketing. Et pour cause : l’approche stratégique que les deux auteurs décrivent se situe à la croisée de ces trois disciplines. L'Express s'est entretenu avec ce binôme professionnel formé il y a vingt ans, également amis dans la vie."Où jouer" et "comment gagner"
Leur méthode repose en partie sur deux questions en apparence simples, mais dont les réponses peuvent s’avérer désastreuses...
-
29/06 - Guerre au Moyen-Orient : l’Iran et les Etats-Unis conviennent de suspendre leurs attaques
L'Iran et les Etats-Unis ont convenu de mettre fin aux récentes attaques dans le Golfe et de reprendre les pourparlers concernant leur différend sur le détroit d'Ormuz, a déclaré dimanche 28 jui un responsable américain, faisant naître l'espoir de sauver un accord de paix mis à mal par plusieurs jours de frappes mutuelles. "Les discussions techniques devraient se poursuivre sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties suspendent leurs attaques pour le moment et les navires peuvent circuler librement", a déclaré le responsable, faisant référence au protocole d'accord en 14 points conclu le 17 juin, en vertu duquel le détroit serait rouvert à la navigation.
Axios, qui a été le premier média à annoncer la cessation des hostilités, citant un haut responsable américain, a indiqué que les pourparlers reprendraient mardi au Qatar.
Ce retour à la diplomatie intervient après plusieurs jours de frappes et de ripostes depuis qu'un projectile iranien a touché un cargo dans le détroit d'Ormuz jeudi, les Etats-Unis et l'Iran s'accusant mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu conclu le 17 juin. L'Iran a lancé des missiles et des drones sur des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn tôt dimanche matin, peu après que le président Donald Trump a menacé de faire disparaître la République islamique si elle ne respectait pas l'accord visant à mettre fin à la guerre.
Par ailleurs, Israël a annoncé dimanche avoir mené une nouvelle frappe contre le Hezbollah,...
-
29/06 - Patriot américains : les Européens en quête de plans B pour leur défense aérienne
L'arithmétique est aussi simple que vertigineuse. Dans les cinq premiers jours du conflit avec l'Iran, les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe ont tiré environ 800 missiles Patriot. La production américaine, tous fabricants confondus, s'élève à moins de 750 par an. Nul besoin d'être mathématicien pour comprendre : depuis mars, Washington est confrontée à une question de stock. Elle se pose d'autant plus que la construction d'un missile Patriot, best-seller de l'industrie d'armement américaine, prend plus de deux ans. Une gageure pour les Etats-Unis, mais aussi pour ses partenaires.
Attendez-vous à des retards de livraisons, a d'ailleurs indiqué le 27 mars le secrétaire d'Etat Marco Rubio, lors d'une réunion des ministères des Affaires étrangères du G7. Concentrés sur la reconstitution de leurs propres stocks, habitués à leur domination commerciale, les Etats-Unis assumaient jusqu'ici de faire attendre leurs partenaires. Le message a bien été entendu. Si bien qu'une grande majorité des pays européens, pourtant jusqu'ici très friands des missiles américains et de leurs systèmes de défense aérienne, décident de s'en détourner. Au mois d'avril, la décision a d'ailleurs marqué une bascule dans la relation entre le Danemark et les Etats-Unis : le gouvernement de Mette Frederiksen a choisi de tourner le dos aux systèmes Patriot pour se replier sur une alternative européenne, le SAMP-T NG, afin de garantir la protection de son espace aérien. Un désaveu pour Raytheon et Lockheed...
-
28/06 - Réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans : l’Australie durcit le ton face aux limites de sa loi
L'Australie n'en a pas fini avec la réglementation des réseaux sociaux. Alors qu'une récente étude montre que l'interdiction imposée aux adolescents de moins de 16 ans ne s'est pas traduite en actes, le gouvernement hausse le ton. Canberra vient d'annoncer samedi 27 juin que l'amende maximale pour les entreprises technologiques qui ne se conforment pas à la nouvelle législation concernant les jeunes allait être doublée. Concrètement, cette amende - octroyée en cas de manquements systématiques à l'application de l'interdiction - passera de 49,5 à 99 millions de dollars australiens, soit de 30 à 60 millions d'euros.
Et ce n'est pas tout : les pouvoirs publics australiens prévoient aussi de contraindre ces entreprises - telles qu'Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok ou YouTube -, à fournir des preuves qu'elles ont mis en place les outils de vérification d'âge nécessaires pour empêcher les moins de 16 ans d'obtenir un compte, en renforçant les pouvoirs de l'organisme national de réglementation d'internet."Les géants de la tech n'en font pas assez" selon Anthony Albanese
"Je suis encouragé par l'évolution des mentalités et la dynamique mondiale que nous avons constatées depuis l'introduction de l’âge minimum pour l'utilisation des réseaux sociaux", a déclaré le Premier ministre Anthony Albanese, "mais il est clair que les géants de la tech n'en font pas assez pour se conformer à la loi – il y a encore trop d'enfants sur les réseaux sociaux".
L'Australie fait figure de...
-
28/06 - Jim Allison, Prix Nobel : "Contre le cancer, nous repousserons encore la frontière de la guérison"
On disait de Jim Allison, quand il était jeune, qu’il était un "fauteur de troubles". Au lycée, il avait refusé de suivre un cours de biologie, car son établissement, chrétien, n’enseignait pas la théorie de l’évolution : "Pour moi, c’était comme apprendre la physique sans Newton", se rappelle-t-il. Un caractère bien trempé, qui n’est pas pour rien dans l’extraordinaire parcours de ce scientifique américain. Lauréat du Prix Nobel de médecine en 2018 pour ses travaux sur les liens entre immunité et cancer, James Allison, qui se fait appeler Jim, a initié la révolution de l’immunothérapie, qui a sauvé depuis de nombreuses vies : "Quand on me disait que cela ne fonctionnerait jamais, je répondais qu’on ne pouvait pas savoir tant qu’on n’aurait pas essayé, et je continuais à me battre pour la tester".
Ses découvertes ont fait de lui l’un des plus éminents scientifiques au monde, un monument de la recherche. Aujourd’hui âgé de 77 ans, toujours aussi passionné de science et musique, harmoniciste reconnu par ailleurs, il continue ses travaux, accompagné de son épouse Pam Sharma, elle-même médecin et chercheuse. Ensemble, ils ont fondé l’institut James P. Allison au sein du MD Anderson cancer center (Texas). Invités exceptionnels d’un colloque organisé le 24 juin au Paris Saclay Cancer Cluster, ils ont réservé à L’Express leur seule interview pour un média français. L’occasion de partager leur analyse – et leur optimisme - sur le futur des thérapies anticancer. Entretien....
-
28/06 - En Chine, le mystère reste entier après le crash d’un avion ayant percuté le plus haut gratte-ciel de Pékin
Vendredi 26 juin après-midi, un petit avion touristique a manifestement échappé aux contrôles aériens parmi les plus stricts au monde... avant de s'écraser contre le plus haut gratte-ciel de Pékin, la tour CITIC de 109 étages, tuant le pilote, seul à bord, et blessant treize autres personnes. Des éclats de verre et des débris d'avion ont été projetés au sol, provoquant la panique dans les rues de la capitale chinoise.
On ignore encore si le crash était accidentel ou intentionnel. Ce que l'on sait, à ce stade, selon les données du site Flightradar24, c'est qu'après avoir décollé de l’aéroport de Shifosi, dans le grand est de Pékin, le biplace Sunward Aurora SA60L a dévié abruptement de sa route en direction du centre-ville avant de se fracasser sur ce bâtiment emblématique, haut de plus de 500 mètres.
L'aérodrome servant de base à l’école de pilotage Easter Pioneer, qui a opéré l’aéronef par le passé, a été inspecté par la police, qui s'est notamment intéressée à un véhicule immatriculé au nom d'un certain Liu Junhua, soupçonné selon le Financial Times d’avoir été aux commandes de l’appareil. Ce nom est aussi celui d’un employé d'une filiale de CITIC, sans que l'on puisse affirmer à cette heure qu'il s’agisse d'une seule et même personne. Comme le relève le journal britannique, un communiqué publié par la filiale en question, Citic Wealth, semble indiquer que celle-ci nie que son employée soit liée au crash.
Le gouvernement chinois a mis 24 heures avant de reconnaître...
-
28/06 - Mathias Wargon, urgentiste : "La crise provoquée par la canicule est plus sociale que sanitaire, liée au rejet de la climatisation"
Chef du service des urgences et du Smur de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis (93), mais aussi responsable de l'Observatoire des soins non programmés d'Ile-de-France, le Dr Mathias Wargon est bien placé pour mesurer l'ampleur de la crise liée à la vague de chaleur qui s'est emparée du pays depuis une semaine, et aurait déjà fait plus de 1 000 morts selon les premières estimations de Santé publique France. Si le médecin assure que la situation n'a rien à voir avec la canicule de 2003, il déplore que notre pays, souvent par idéologie, n'ait pas accéléré davantage le déploiement de la climatisation, dans les hôpitaux bien sûr, mais aussi plus largement. Entretien.
L'Express : Quelle est la situation actuellement dans votre hôpital ?
Mathias Wargon : Comme dans beaucoup d’établissements, nous faisons face à un afflux massif de patients, ce qui n’était pas le cas voilà encore trois jours. Nous recevons trop de malades par rapport à notre capacité, à la fois aux urgences et dans les lits d’aval, dans les services, pour pouvoir les absorber. C’est une situation sanitaire exceptionnelle. Nous recevons surtout beaucoup de personnes âgées déshydratées ou en hyperthermie, et quelques jeunes aussi, mais dans cette tranche d'âge il s'agit principalement de malades sous neuroleptiques ou antipsychotiques. Avec la difficulté supplémentaire que l'hôpital n’est pas climatisé, et qu’il fait très chaud dans les chambres.
Nous avons des décès parmi les personnes affectées directement...
-
28/06 - Jordan Bardella et l’Europe : le national-populisme sans Viktor Orban, par Blanche Leridon
Démarrons notre itinéraire dans une capitale où le président du RN ne se rendra pas : Budapest. Le 12 avril, Viktor Orban était largement battu lors des élections législatives hongroises, défaite si massive qu’elle ne pouvait souffrir d’aucune contestation. Au-delà des répercussions nationales de cette déroute électorale, nous phosphorions alors sur l’avenir du mouvement qu’incarnait Orban au niveau européen : le national-populisme. Il en était à la fois le bâtisseur et la figure de proue, poussant à son paroxysme un style qui était aussi devenu une pratique du pouvoir.
Le 12 avril au soir, on déclarait la mouvance nationale-populiste orpheline ; privée de son chef tout-puissant, qu’allait-elle devenir ? L’homme le plus ouvertement hostile à Bruxelles et ses politiques migratoires et environnementales, l’homme qui affichait une volonté farouche de réformer l’Europe de l’intérieur, celui qui rêvait de faire travailler ensemble Marine Le Pen et Giorgia Meloni… Qu’allait-on faire sans cet homme-là ? Quel avenir pour ses idées, sa méthode, ses partenaires, une fois le patriarche déchu du piédestal qu’il occupait depuis seize ans ?Un encombrant "pater familias"
L’évolution de ces dernières semaines offre une ébauche de réponse. Loin d’être affaiblie ou orpheline, la galaxie nationale-populiste semble, en réalité, délestée d’un encombrant pater familias. Car l’homme qui s’opposait à Bruxelles était aussi celui qui soutenait Vladimir Poutine et imposait ses vétos systématiques...
-
28/06 - Bilbao, un laboratoire culturel en mouvement
Près de trente ans après l’effet Guggenheim qui avait transformé la capitale biscaïenne à l'image industrielle en destination artistique internationale à la fin des années 1990, Bilbao vit un nouveau moment culturel fort avec la réouverture de deux institutions majeures : le musée des Beaux-Arts et l’Euskal Museoa. Deux chantiers spectaculaires, deux visions complémentaires d’une ville qui regarde à la fois vers le monde et vers ses racines.
Fondé en 1908 à la lisière du parc Casilda, le musée des Beaux-Arts de Bilbao occupe une place singulière en Espagne. Sa collection, l’une des plus riches de la péninsule, traverse les siècles, des maîtres anciens espagnols et flamands aux avant-gardes contemporaines. L’architecte britannique Norman Foster et son partenaire basque Luis Maria Uriarte ont ainsi imaginé Agravitas, une structure suspendue de verre et de métal qui semble flotter au-dessus des bâtiments historiques du site. L’Atrium Arriaga, vaste hall lumineux ouvert sur la cité, devient le cœur du parcours. Au-delà de la prouesse technique, l’ambition reste muséographique avec un gain de 60 % d’espaces d’exposition supplémentaires, une circulation fluidifiée, des événements interdisciplinaires d’envergure internationale pour reconnecter l’institution à son environnement urbain et l’imposer parmi les grands musées européens du XXIe siècle. Après le dévoilement des premiers espaces rénovés le 24 juin, l’ouverture complète du musée transformé est annoncée en octobre...
-
28/06 - Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran fragilisé par une reprise des frappes et des menaces
Les Etats-Unis et l'Iran ont poursuivi ces dernières heures leurs bombardements dans le Golfe, chacun accusant l'autre de violer un protocole d'accord de plus en plus précaire, signé il y a moins de deux semaines et censé mettre fin à près de quatre mois de conflit entre les deux pays.
Peu après que Donald Trump a averti que les Etats-Unis pourraient "mener à bien par la force militaire" leur mission au Moyen-Orient, l'Iran a tiré tôt ce dimanche 28 juin des missiles et des drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, poursuivant une série d'attaques de plus en plus intenses.
Peu auparavant, l'armée américaine avait dit avoir effectué de nouveaux bombardements sur l'Iran samedi, visant différents sites dont des infrastructures de surveillance militaire, en réponse à une nouvelle attaque de drone contre un navire battant pavillon panaméen dans le détroit d'Ormuz, dont la réouverture est l'un des principaux enjeux des négociations entre les deux pays. "L’Iran a eu l’occasion de respecter l’accord de cessez-le-feu, mais a choisi de ne pas le faire", a déclaré le Commandement central américain dans un communiqué. Une première attaque iranienne contre un pétrolier jeudi avait entraîné une reprise des hostilités.
U.S. Navy and Air Force fighter jets conducted strikes tonight on 10 Iranian military targets at multiple locations in and near the Strait of Hormuz for Iran's drone attack on M/T Kiku. pic.twitter.com/Z0TLZRqmF6— U.S. Central...
-
28/06 - Les ambitions d’Uber à l’ère de l’IA et des robotaxis : "Nous voulons concurrencer les acteurs du voyage"
Nombre record d’équipes, audiences monstres, nouvelles tranches de réclames télévisuelles… La Coupe du monde de football est aussi un paradis pour les marques. Uber ne s’en prive pas. Le géant du VTC offre une ristourne aux supporters dont l'équipe vient de perdre, affrète des navettes moins chères que certains transports publics et réinvente la recherche de stades pour les fans égarés. Mais derrière l’aubaine d’un été de "soccer" se cache une ambition plus profonde : devenir un géant du voyage et du tourisme, à la manière d'un Booking ou d'un Airbnb.
Le numéro deux du groupe, Andrew Macdonald — "Mac" en interne — pilote cette transformation. Il reçoit, mi-juin, dans un étage d’une tour du World Trade Center de New York, où les équipes du géant du VTC viennent de présenter leur dernière verticale "Hôtels". Pas moins de 700 000 établissements sont désormais répertoriés dans l’application, grâce à un partenariat avec l’un des rois du secteur, le groupe américain Expedia, et sa filiale Vrbo, rivale d’Airbnb. Le rapprochement n’a rien d'hasardeux : l’actuel patron d’Uber, Dara Khosrowshahi, a dirigé Expedia pendant douze ans avant de prendre la succession du sulfureux Travis Kalanick. La fonctionnalité est disponible aux États-Unis, et le sera bientôt dans le reste du monde. "On souhaite rendre le voyage aussi simple que prendre un Uber", vante Andrew Macdonald depuis les hauteurs de Manhattan.Super-app
Le virage serait on ne peut plus naturel. Le chef des opérations (COO)...
-
28/06 - "La cryogénisation ? Les gens finiront par y venir" : les confidences du transhumaniste Anders Sandberg
Impossible de le manquer. Seul blond au milieu d'une vaste tablée d'une trentaine de personnes, médaille argentée en évidence autour du cou - l'objet comporte des instructions pour cryogéniser son cerveau en cas de décès inopiné -, Anders Sandberg, 54 ans, né à Solna en Suède, a l'allure d'un quadra sur lequel le temps glisse sans trouver de prise.
Invité ce soir-là par l'Association française transhumaniste, le docteur en neurosciences computationnelles trouve à peine le temps de finir son assiette, assommé de questions par ses voisins de table. La scène a quelque chose de christique. Startupers biberonnés à l’IA, adeptes de l'amélioration de l'homme par la technologie… Tous boivent les paroles du chercheur venu du Nord, inconnu du grand public.
A l'image d'Elon Musk, les plus célèbres représentants de ce courant gravitent bien souvent dans la Silicon Valley. Ces patrons de la tech, libertariens et riches à milliards, dépensent sans compter dans l’espoir de vivre plus longtemps ou de bâtir une civilisation sur Mars, reléguant l'éthique au second plan.
En Europe pourtant, d'autres transhumanistes, qualifiés de progressistes, mûrissent un autre discours. Celui d’un progrès technologique reposant davantage sur la moralité, et dont les fruits, qu’il s’agisse des implants cérébraux ou des compléments alimentaires stoppant le vieillissement, ne seraient pas forcément la propriété de milliardaires excentriques.
Entre Sandberg et Musk, le divorce semble d'ailleurs...
-
28/06 - Œufs et santé : la fin d’un grand malentendu, par le Pr Antoine Flahault
Les œufs ont été affublés de tous les maux pendant des années. Le jaune d’un seul œuf contient 200 milligrammes de cholestérol. Lorsque l’on a observé l’association entre l’hypercholestérolémie et le risque cardiovasculaire, les premières recommandations officielles étaient de ne pas dépasser 300 mg de cholestérol dans l’alimentation quotidienne. On a donc invité les consommateurs, notamment ceux présentant des risques cardiovasculaires, à réduire la part des œufs dans leur régime alimentaire.
Mais depuis la science a beaucoup progressé sur le métabolisme du cholestérol dans l’organisme. On s’est rendu compte notamment que la plupart du cholestérol, notamment celui que l’on appelle communément le "mauvais" cholestérol (ou cholestérol LDL) est produit par le foie et ne vient pas ou très peu du cholestérol que l’on ingère. Ce sont plutôt les graisses trans et saturées de notre alimentation qui façonnent notre cholestérolémie. Or justement les œufs contiennent très peu de graisses saturées et pas d’acides gras trans et donc ne contribuent presque pas à l’augmentation de notre taux de cholestérol.De nombreux nutriments essentiels
Alors non seulement les œufs riches en cholestérol ne sont pas les principaux pourvoyeurs de mauvais cholestérol dans nos organismes (c’est plutôt contre-intuitif, je le reconnais), mais en plus on leur découvre chaque jour de nouvelles vertus. Les œufs sont relativement pauvres en calories, on va y revenir. Ils présentent une forte teneur en...
-
27/06 - Venezuela : après les séismes meurtriers, Washington mis face à ses responsabilités
Le bilan ne cesse de s'alourdir. Samedi 27 juin, les autorités vénézuéliennes ont annoncé qu'au moins 1.430 personnes ont été tuées et 3.300 blessées, après les puissants séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le pays mercredi. 50.000 personnes sont toujours portées disparues, la plupart sous les décombres, tandis que des centaines d'immeubles ont été endommagés dans les Etats de Caracas, La Guaira, Miranda, Aragua, Carabobo et Falcón.
Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), le nombre de victimes pourrait dépasser les 10.000 morts, faisant de la catastrophe l'un des séismes les plus meurtriers de l'histoire récente de l'Amérique latine. Vendredi encore, l'électricité demeurait coupée près de l'épicentre, à Morón, et totalement absente dans la région de La Guaira.
Tandis que les opérations de secours s'annoncent particulièrement difficiles dans un pays aux infrastructures précaires et affaiblies par des années de sanctions, les yeux se tournent vers les Etats-Unis - qui ont de facto repris le contrôle économique et politique du pays, depuis la capture du président Nicolas Maduro en janvier 2026."Formidables amis"
"Les Etats-Unis sont prêts, disposés et capables d’apporter leur aide, a assuré Donald Trump, dès jeudi. Le président américain a annoncé une enveloppe de 150 millions de dollars et ordonné à l'ensemble des agences fédérales de "se tenir prêtes à intervenir". "Nous serons là pour nos nouveaux et formidables amis", a-t-il assuré.
Le...
-
27/06 - Nouvelle-Calédonie : le poste avancé de la défense française dans l’Indo-Pacifique
Long de 80 mètres, large de presque 12, un imposant navire fend les eaux du Pacifique. Lorsqu'il s'approche des côtes de Nouvelle-Calédonie, dix-sept coups de canon retentissent. Une attaque ? Non : un signal de bienvenue, chez les marins, pour accueillir le Jean Tranape. Et comme la marine n'aime rien tant que les symboles, le bâtiment, baptisé en l'honneur d'un Compagnon de la libération natif de Nouméa, accoste un 18 juin, anniversaire de l'appel du général de Gaulle. Après deux mois en mer, ce nouveau patrouilleur vient renforcer le dispositif militaire du territoire.
En dépit des émeutes de mai 2024, qui ont durement éprouvé l'archipel, la défense reste une constante. Un impondérable pour Paris, l'une des pièces maîtresses de sa présence dans la zone. Mais l'influence française ne se réduit pas à la seule dimension militaire. Elle est aussi une question d'image. Hasard du calendrier, un nouveau signal est scruté dix jours plus tard par les puissances locales : celui des élections provinciales de ce dimanche 28 juin. Ce jour-là, les Calédoniens renouvellent les assemblées des trois provinces, ainsi que, par extension, la composition de leur gouvernement collégial et du Congrès. L'étape est importante : premier scrutin provincial depuis les violences, son corps électoral a été élargi à environ 10 500 natifs du territoire. Dans une Nouvelle-Calédonie quasiment bipolarisée entre indépendantistes et non-indépendantistes, les résultats de dimanche sont perçus comme un...
-
27/06 - Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France, Paris dénonce une décision "hostile et sans fondement"
Le gouvernement militaire du Burkina Faso a annoncé vendredi 26 juin la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, arguant que Paris n'a pas respecté ses engagements de respect mutuel et de non-interférence, selon une déclaration du ministre de la Communication Gilbert Ouedraogo à la télévision d'Etat burkinabè.
Les relations entre Ouagadougou et Paris se sont fortement dégradées depuis l'arrivée au pouvoir de l'armée et du capitaine Ibrahim Traoré, à la faveur d'un coup d'Etat, en septembre 2022. Cette dégradation a été mise en exergue par la demande de retrait des soldats français déployés dans le pays d'Afrique de l'Ouest, et l'expulsion de diplomates, dont l'ambassadeur français à Ouagadougou.
Dans sa volonté de diversifier ses partenariats, le Burkina Faso s’est notamment rapproché de la Russie et de ses deux voisins, le Mali et le Niger, eux aussi gouvernés par des régimes militaires.Paris envisage des "mesures de réciprocité"
La décision annoncée ce vendredi n'a pas manqué de faire réagir Paris. La France dénonce ce samedi la décision "unilatérale", "hostile et sans fondement" du Burkina Faso et envisage des "mesures de réciprocité", a déclaré samedi le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.
"La France regrette cette décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè. Les mesures de réciprocité qui s'imposent sont en cours d'examen", déclare le Quai d'Orsay, en appelant les...
-
27/06 - Un risque de "provocation" russe dans les pays baltes ? Pourquoi l’Otan s’inquiète
Après l'Ukraine, les pays baltes dans le viseur du Kremlin ? Des responsables de deux pays membres de l'Otan, dont la Lettonie, ont mis en garde ces derniers jours contre le risque de possibles "provocations" de la Russie contre les pays baltes ou la Pologne, afin de tester la cohésion de l'Alliance atlantique. Selon plusieurs responsables occidentaux, le Kremlin chercherait à évaluer jusqu'où les Etats-Unis seraient prêts à aller pour défendre les plus pays de l'Otan, à savoir l'Estonie, la Lettonie, et la Lituanie.
Une source politique de haut rang d'un autre pays membre de l'Alliance, cité par The Guardian, a indiqué la semaine dernière que les services de renseignement recueillaient des informations laissant penser que Vladimir Poutine "préparait quelque chose contre les Etats baltes". Actions hybrides
De son côté, le renseignement letton estime que Moscou n'est pas en mesure d'ouvrir un second front militaire, alors que ses forces restent largement mobilisées en Ukraine. En revanche, il n'exclut pas des actions "hybrides", telles que des frappes de missiles, des attaques de drones, ou d'autres opérations destinées à envoyer un message aux pays européens : "Cessez de soutenir l'Ukraine, sinon vous aurez vos propres problèmes".
Ces avertissements interviennent alors que le Kremlin subit une pression croissante de la part de l'Ukraine, qui poursuit sa campagne de frappes à longue portée par drones, contre des cibles situées à proximité de Moscou et Saint-Pétersbourg,...
-
27/06 - Les Frères musulmans, un détournement politique de l’islam, par Arnaud Lacheret
Les 11 et 12 mai, Istanbul accueillait le World decolonization forum, dans le cadre officiel du Centre culturel Atatürk. Le thème avait tout pour rassurer un public universitaire occidental : décoloniser la production et la circulation des savoirs, un thème que l’on retrouve très souvent notamment dans les départements de sciences sociales des universités françaises et qui cache souvent derrière des intentions louables une déconnexion avec la méthode scientifique pour faire place à un militantisme douteux. L’événement était porté par l’Institute Social et par la fondation NÛN, présidée par Esra Albayrak, fille du président turc Recep Tayyip Erdogan. On y retrouvait des chercheurs, des militants, des figures associatives, venus du monde arabe, d’Europe, d’Afrique ou d’Asie.
Ce type de réunion est intéressant parce qu’il ne s’agit pas seulement de parler d’université ou de colonialisme. Il s’agit aussi de faire exister un espace politique où des militants occidentaux, des intellectuels islamistes ou proches de cette galaxie, et des institutions liées à la puissance turque, peuvent parler une langue commune : celle de la domination et de la revanche symbolique qui est bien éloignée de la rigueur scientifique qui devrait prévaloir.
C’est là que commence le problème posé par les Frères musulmans en Europe. Il ne réside pas d’abord dans leur nombre, mais dans leur capacité à produire des cadres d’interprétation. Leurs héritiers intellectuels se présentent volontiers comme des...
-
27/06 - Le phénomène backrooms : un monde fonctionnel qui a perdu son sens, par Gérald Bronner
Les backrooms ne sont pas seulement ces lieux plongés dans l’ombre et destinés à la sexualité discrète des communautés gay, elles désignent aussi tout autre chose : une œuvre collective comme seul Internet a su en créer. Un point d’histoire : à l’origine, il y a une photo dont on ignore la source. Il s’agit de salles de bureaux abandonnées aux murs jaunâtres et à la moquette terne, éclairées par des néons : un lieu ordinaire et inexplicablement inquiétant. En mai 2019, cette photographie est associée, sur le forum 4chan, à un texte anonyme décrivant un espace sans fin dans lequel on pourrait se retrouver après avoir quitté accidentellement la réalité.
À partir de cette idée, le mythe des backrooms se diffuse rapidement. Des internautes prolongent le concept sur des wikis collaboratifs, ajoutant des niveaux, des récits et des créatures. Le phénomène devient alors une fiction collective, construite fragment par fragment ; ce qui est tout à fait typique de la technologie des mondes numériques dont on sait qu’elle peut aboutir au pire. Lorsque les conspirationnistes, par exemple, travaillent en essaim pour constituer des millefeuilles argumentatifs contestant une version historique et documentée d’un fait. Mais, aussi, au meilleur. Que l’on songe à Wikipédia ou au jeu Foldit qui, proposant aux internautes de tenter librement des combinaisons moléculaires pour mieux cerner la façon dont les protéines se déploient dans l’espace, a permis la publication de trois articles, dont...
-
27/06 - Iran : les Etats-Unis ont mené des frappes après l’attaque d’un navire dans le détroit d’Ormuz
L'accord entre Washington et Téhéran déjà menacé ? L'armée américaine a attaqué l'Iran ce vendredi 26 juin en réponse à une frappe de drone iranienne jeudi contre un cargo dans le détroit d'Ormuz, chaque pays accusant l'autre de violer les termes d'un cessez-le-feu convenu la semaine dernière.
Le commandement central américain a déclaré que des avions avaient frappé des sites de stockage de missiles et de drones ainsi que des sites radar côtiers, publiant par la suite une vidéo en noir et blanc d'une explosion, qualifiée de "non classifiée". Un responsable américain a annoncé que l'opération était terminée.
L'Iran a de son côté déclaré qu'un projectile avait touché la zone d'un quai à Sirik, dans le sud du pays, et que ses forces navales avaient riposté en frappant des cibles militaires américaines dans la région. Téhéran n'a fourni aucun détail sur la nature des cibles.J.D. Vance avertit que "la violence entraînera la violence"
Téhéran a affirmé qu'il contrôlerait le détroit d'Ormuz et a mis en garde les Etats du Golfe contre tout soutien à Washington après l'attaque, jeudi, d'un cargo naviguant près des côtes omanaises. Le président Donald Trump a imputé l'attaque à l' Iran et a déclaré qu'elle violait l'accord intérimaire conclu la semaine précédente.
"L’agression injustifiée des forces iraniennes contre la navigation commerciale a clairement violé le cessez-le-feu", a déclaré le commandement central américain dans son communiqué annonçant les frappes, qu’il a...
-
27/06 - Un week-end à Bilbao : Jasper Johns dans la nuit des signes
Les images les plus familières sont parfois les plus mystérieuses. Un drapeau américain, une cible, une série de chiffres : il n'en a pas fallu davantage à Jasper Johns pour bouleverser l'histoire de l'art du XXe siècle. Juste retour des choses, le musée Guggenheim de Bilbao consacre cet été une vaste rétrospective à ce créateur parmi les plus influents de l’après-guerre outre-Atlantique. Elle retrace sept décennies de création, révélant, au passage, la dimension intime et mélancolique d’une figure de l’art souvent associée à la rigueur conceptuelle, l’intitulé de l'exposition, Night Driver, renvoyant à un dessin réalisé en 1960 que Johns, 96 ans aujourd’hui, considère comme sa première composition fondée sur une émotion personnelle. Cette référence éclaire l’ambition du commissaire, Enrique Juncosa : montrer que, derrière les bannières étoilées, les motifs concentriques, les suites numériques et les cartes qui ont fait la renommée de l’artiste, se déploie une œuvre traversée par la mémoire, le doute et l’introspection.
Dès les premières salles, on retrouve ces motifs issus du quotidien, comme Flag on Orange Field (1957), Target, Map ou 0 Through 9 (1961), avec lesquels Jasper Johns rompt avec l’expressivité gestuelle de l’expressionnisme abstrait alors dominant. A la place du geste héroïque, il choisit des signes connus de tous, qui deviennent sur la toile des objets de réflexion. Que regarde-t-on réellement ? Une image, un symbole, une peinture ? Cette ambiguïté...
-
27/06 - Gita Gopinath, professeure à Harvard : "Voici la leçon que l’Europe devrait retenir des Etats-Unis"
"Rééquilibrer la croissance mondiale". Consignée dans leur déclaration finale, l'ambition des dirigeants réunis au G7 d'Evian il y a quelques jours faisait écho au rapport rédigé pour l'occasion par quatre économistes de renom. Parmi eux : Gita Gopinath, ex-numéro deux du FMI et professeure à Harvard. Lors de la conférence annuelle du Centre for Economic Policy Research (CEPR) et de la Paris School of Economics, l'économiste indo-américaine a détaillé pour L’Express ses vues sur les défis qui attendent les principales économies de la planète.
L'Express : A quel point l'optimisme des marchés quant à l'accord préliminaire entre l'Iran et les Etats-Unis est-il justifié au regard des bouleversements que la guerre a provoqués sur l'économie mondiale ?
Gita Gopinath : C’est un signal positif car la réouverture du détroit d'Ormuz est essentielle. Les réserves mondiales de pétrole s'épuisaient, à tel point que les prix auraient pu s'envoler davantage. Le trafic dans le détroit, lui, mettra plusieurs mois à retrouver son niveau d'avant-guerre. Les flux d'engrais ou de naphta ne se rétabliront pas immédiatement, mais les sources d'approvisionnement sont désormais suffisantes.
Ce qui change durablement, c'est la course à la sécurité énergétique. L'Europe n'y échappe pas. D'autant que le départ des Émirats arabes unis de l'OPEP+ pourrait ouvrir une ère de plus grande volatilité des prix. Enfin, pour les pays les plus pauvres — notamment en Afrique subsaharienne — le surcoût du...
-
27/06 - La redécouverte du mois : Emilia Pardo Bazan, la Colette espagnole ?
Comment pourrions-nous faire le tour des livres de 2026 alors qu’il nous reste à découvrir des titres de 1889 ? Cette année-là sort en Espagne Insolation de la truculente trentenaire Emilia Pardo Bazán. Elle n’est pas une débutante. Issue de l’aristocratie galicienne, elle a déjà fait scandale avec quelques textes qui ont notamment outré son mari – qu’elle a quitté. Faut-il voir dans Insolation un règlement de comptes post-séparation ? Il y est question d’une veuve de bonne famille qui bamboche avec un gandin – une sorte de version flamenco de La Vie de Patachon de Pierre de Régnier. Emilia Pardo Bazan fut-elle une sorte de grande sœur de Colette ? Elles ont plus d’un point commun.
Après son mariage raté, la femme de lettres connaît une longue histoire avec Benito Pérez Galdos. Cette passion fixe est entrecoupée de passades avec des hommes bien plus jeunes. L’inclassable Pardo Bazan parvient à être à la fois une icône féministe et une fervente catholique (elle a publié une biographie de saint François d’Assise).
Jamais à court d’idées, elle se lance dans les livres de cuisine, glissant dans ses recettes des conseils émancipateurs aux jeunes filles. Cette fantaisie et cette fraîcheur se retrouvent dans Insolation, remède idéal à la canicule. Plutôt que de relire La Fin de Chéri, La Naissance du jour ou autre classique de Colette, glissez cette curiosité de la Pardo Bazan dans votre sac la prochaine fois que vous arpenterez la plage à la recherche d’un coin d’ombre pour...
-
27/06 - Intérêts publics, logiques d’entreprise : pour un nouvel équilibre
Une tenaille à trois mâchoires. D’un côté, il faut accroître la dépense publique. L’affaire iranienne confirme la nécessité d’un effort de réarmement majeur. Les Américains montrent une désespérante absence de fiabilité : leurs décisions sont erratiques, leurs choix sont court-termistes, leurs alliances sont fragiles... Nous nous devons de ne pas compter sur eux. Ici, la tragédie Lyhanna montre la nécessité d’une disruption profonde dans le monde judiciaire, laquelle n’ira pas sans une importante allocation de moyens. Quant à la mise à sac des villes françaises au moindre événement footballistique, elle vérifie (entre mille autres signes) l’urgence d’une sérieuse reprise en main. Nous avons, en matière régalienne, besoin d’idées et de courage, mais aussi de beaucoup d’argent pour les traduire en résultats tangibles.
D’un deuxième côté – truisme – il faut d’urgence diminuer la dépense publique. Quantitativement, les mesures à prendre sont colossales. Qualitativement, elles doivent être judicieuses si nous voulons sauver la part irremplaçable de notre modèle de civilisation et notamment sa capacité à soigner les malades.
Du troisième côté, rien de tout cela n’est possible en ce moment. Le débat budgétaire pour 2027 n’en sera pas un. Vu les échéances électorales, nous n’assisterons qu’à une exhibition de postures doublée d’un concours de démagogie fiscale irresponsable. L’espoir n’est pas à l’ordre du jour. On fera comme on pourra, c’est-à-dire peu et mal. Selon toute...
-
27/06 - Andy Burnham, "roi du Nord" et futur Premier ministre d’un Royaume-Uni en ébullition
Le 8 juin dernier, un réfugié soudanais poignarde à plusieurs reprises un homme dans une rue de Belfast. Quelques heures plus tard, le nouveau parti d’extrême droite Restore Britain (à l’extrême droite de Nigel Farage) publie un communiqué : "quand nous serons au gouvernement, nous mettrons à mort ces sauvages du tiers-monde". Le texte est lu, sans trembler, sur BBC Radio 4, comme une opinion politique parmi d'autres. Ce n'est plus du populisme ordinaire, c'est un pays qui ne se retient plus.
Le 29 juillet 2024, Axel Rudakubana, dix-sept ans, assassine trois fillettes à Southport et blesse des dizaines d'autres lors d'un cours de danse. Le lendemain, les rumeurs s'emballent sur les réseaux : le tueur serait un demandeur d'asile musulman. Une mosquée est attaquée. Deux ans plus tard, ses fenêtres sont toujours protégées par des panneaux de sécurité. La police, contrainte par les règles d’anonymat des mineurs, n’a d’abord pas pu communiquer l’identité du coupable (un Britannique d’origine rwandaise) et ce silence légal a alimenté les rumeurs. En tête des sondages, Farage se radicalise encore
Aujourd’hui, la police en a tiré les leçons et a appris à "remplir le vide informationnel avec la vérité". Toujours est-il que Reform UK, le parti de Farage, se place en tête des sondages depuis dix-huit mois. Le populiste pro-Brexit, qui s'était jadis refusé à parler de "déportations massives", prône désormais l’expulsion de tous les immigrés illégaux et pose sur ses affiches devant...
-
27/06 - Climatisation : les solutions de nos voisins européens, souvent en avance sur la France
Depuis les années 1980, l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Le déploiement de systèmes de climatisation s’impose comme une solution indispensable pour s’adapter au changement climatique et protéger les plus fragiles lors de ces vagues de chaleur, qui ont fait tomber les records en France en juin. 50 % des foyers européens devraient être équipés de la climatisation en 2050 selon l’Agence internationale de l’énergie, contre seulement 20 % aujourd’hui.
En France, un quart des ménages possèdent un climatiseur, en particulier dans le sud du pays, et leur impact environnemental reste limité puisqu’ils puisent dans une électricité décarbonée à 95 %. Mais le gouvernement et les autorités locales continuent de considérer la climatisation comme un levier de dernier recours, en raison de l’air chaud et des fluides polluants qui seraient rejetés dans l’atmosphère et contribueraient à la montée des températures. Chez certains de nos voisins, ce débat est réglé depuis longtemps.Proportion de foyers climatisés en 2024Espagne : des refuges climatiques et une large adoption de la climatisation
L’Espagne est souvent considérée comme exemplaire en termes d’adaptation aux fortes chaleurs. Si 41 % de ses habitations sont équipées d’un système de climatisation, le pays a aussi mis en place des centaines de "refuges climatiques", des lieux publics climatisés accessibles à tous, comme des gymnases ou des musées, qui permettent de mutualiser les dépenses d’énergie....
-
26/06 - De Paul Auster à Charlie Dalin : les ventes de livres défient la mort
Paul Auster fut une vedette littéraire des années 1980 grâce à La Trilogie new-yorkaise et à Moon Palace. Lors des décennies suivantes, son aura n’a jamais décliné, notamment chez nous où il incarnait le grand écrivain américain, francophile de surcroît – il avait connu la vie de bohème à Paris dans les années 1970, époque où il traduisait Mallarmé… Preuve qu’Auster n’a rien perdu de son côté iconique, le chroniqueur littéraire star sur les réseaux sociaux, Christopher Laquieze, a expliqué ici et là que L’Invention de la solitude est le livre qui a changé sa vie.
Même la mort n’aura pas la peau d’Auster. Disparu en 2024, il a ressuscité en librairie grâce à son épouse Siri Hustvedt, qui lui a consacré un livre-hommage, Ghost Stories (Gallimard). 3e des ventes d’essais cette semaine, comme la semaine précédente, ce récit touchant en est déjà à 25 000 exemplaires vendus. Porté par un excellent bouche-à-oreille, il ne devrait pas s’arrêter là.
Lui non plus n’était pas simple à stopper : skipper d’exception, Charlie Dalin avait remporté le Vendée Globe 2024-2025. Ce n’est qu’à l’automne dernier, lors de la parution de son livre La Force du destin (Gallimard), que Charlie Dalin avait révélé être atteint d’un cancer rare de l’intestin, maladie dont il souffrait déjà lors de son périple victorieux, ce qui rendait sa performance encore plus héroïque et historique. La vague d’émotion qu’a suscitée l’annonce de son décès le 10 juin a relancé les ventes de son témoignage. Remonté...
-
26/06 - Etats-Unis : les sénateurs républicains défient Donald Trump à l’approche des midterms
A l'approche des élections de mi-mandat, excédés par les éclats et les décisions politiques de Donald Trump, les sénateurs républicains craignent que les décisions politiques de leur président finissent par leur coûter leurs sièges. Et, ces derniers jours, ils sont de plus en plus nombreux à riposter. La méthode ? Dire non au milliardaire, du moins à ses projets de loi. Agacé de constater que ses troupes se font de moins en moins dociles, le président "rendrait la vie presque impossible" à ses élus, rapporte Politico.
Depuis plusieurs semaines, le chef d'Etat, confronté au manque de soutien de ses parlementaires, sue sang et eau pour faire adopter son SAVE America Act, une loi sur l’identification des électeurs qu’il juge cruciale pour la victoire des républicains aux midterms de novembre. Cette loi, qui vise à endiguer la fraude électorale selon Donald Trump, renforcerait notamment les contrôles d’identité pour s'inscrire sur les listes et limiterait largement le vote par correspondance. Un texte indispensable à la victoire aux élections de mi-mandat, à en croire le président. Les sénateurs républicains, quant à eux se montrent bien plus mitigés. Certains, craignant que ces nouvelles contraintes éloignent les électeurs des urnes, envisagent de ne pas voter la copie. Sauf que, dans un hémicycle où la majorité n'est que très relative - 53 sénateurs républicains pour 100 sièges - Donald Trump ne peut s'épargner aucune voix.
-
26/06 - Etats-Unis : la "mamdanisation" du Parti démocrate, ou le risque d’un scénario à la Corbyn
Le 8 octobre 2023, le sang n’avait pas encore séché dans les kibboutzim du sud d’Israël qu’à Times Square, une partie de la gauche radicale new-yorkaise célébrait déjà la "résistance" palestinienne. Le Hamas venait de massacrer, violer, brûler et enlever. À New York, des militants saluaient l’attaque, mimaient des égorgements, scandaient le nombre de morts juifs comme un score.
Parmi eux se trouvait Darializa Avila Chevalier, alors inconnue du grand public. Trente-deux mois plus tard, elle vient de battre Adriano Espaillat, élu sortant et président du Caucus hispanique du Congrès, lors de la primaire démocrate dans la treizième circonscription de New York. Dans ce district solidement démocrate, une primaire vaut presque élection. Sauf accident, elle siégera bientôt au Congrès des États-Unis.Le faiseur de rois
Elle n’y entrera pas seule. Le même soir, deux autres candidats soutenus par Zohran Mamdani ont eux aussi remporté leur primaire. Brad Lander, ancien contrôleur des finances de New York, juif progressiste, proche de la Democratic Socialists of America (DSA), a battu Dan Goldman dans la dixième circonscription avec près des deux tiers des voix. Claire Valdez, militante syndicale et élue de gauche radicale, l’a emporté dans la septième, face à un adversaire qu’avait pourtant adoubé la sortante du siège.
Trois profils différents, mais un même signal. Chevalier incarne la radicalité militante née dans l’après-7-Octobre. Lander montre comment une partie de la gauche...
-
26/06 - De la vitrine trumpiste à la démolition : la courte vie d’"Alligator-Alcatraz"
Présenté comme un modèle, "Alligator Alcatraz" n’aura vécu qu’un an. Le centre de détention pour migrants, situé au cœur des Everglades, ferme ses portes. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis justifie la fin des activités par l'arrivée de la saison des ouragans, qui pourrait mettre les détenus en danger. Il s'agissait d'une installation provisoire avant l’ouverture d'autres établissements permanents plus sécurisés.
"L’Alcatraz des alligators a rempli aujourd’hui le rôle pour lequel il avait été conçu. Il compte à présent zéro détenu", a déclaré Ron DeSantis, jeudi 25 juin, lors d’une conférence de presse au sein même du bâtiment. En effet, depuis début juin, les responsables du centre ont commencé à vider les lieux. Tous les prisonniers ont été envoyés dans des prisons voisines ou expulsés vers d’autres pays. Un démantèlement rapide
Des rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines sur la mise à l'arrêt potentiel du centre. "Si nous éteignons les lumières demain, nous pourrons dire que cela a rempli sa fonction", avait déclaré le gouverneur en juin.
Lundi matin, toutes les entreprises prestataires du site ont reçu l’ordre de commencer une "démobilisation complète". Les bâtiments temporaires doivent être démontés, les équipements retirés et les contrats liant ces entreprises à l’Etat doivent prendre fin. Cette phase de démobilisation était prévue dès la signature des contrats. Une des clauses précisait qu'une indemnité serait versée aux entreprises en contrepartie du...
-
26/06 - Lapsus, bourdes, pertes de mémoire : comment la chaleur sape nos capacités cognitives
Etouffait-il lui aussi, éclairé par ces fameux projecteurs qui rendent tout le monde un peu plus beau ? S’était-il perdu dans ses pensées en venant dans les studios de l’émission, trop étourdi par l’atmosphère écrasante des rues de la capitale pour relire son texte ? Et pourquoi personne n’a pu prévenir la bourde ? Mardi 23 juin, sur le plateau de Quotidien, Yann Barthès présentait une chronique sur les records de température. Une intervention d’apparence anodine - le présentateur raffole de ces petites séquences qui, entre les entretiens et les interventions des journalistes, rythment l’émission. Sauf que ce soir-là, alors qu'une grande partie de la France bouillonne, les blagues tombent à plat. A peine la séquence entamée - un pamphlet sur les plaintifs des fortes chaleurs - les sourires se crispent, et quand l’animateur finit par se moquer de ces Parisiens qui vivent sous les toits, une véritable gêne s'installe chez de nombreux téléspectateurs.
Que s’est-il passé, pour que ni l’animateur, ni les auteurs ne sentent le décalage, et ne voient venir ces milliers de posts et de réactions négatives sur les réseaux sociaux et dans les médias ? Mystère. La société de production n’a donné aucune explication. Peu importe, au fond. La scène est prétexte à discussions, et à la machine à café, chacun l'accompagne de sa petite théorie : le journaliste serait méprisant, déconnecté, ou aurait tout simplement manqué de lucidité, lui aussi emporté par la chaleur.
Après tout, la star...
-
26/06 - Au Royaume-Uni, le plan anti-immigration de Nigel Farage vise aussi les citoyens de l’UE
En définitive, le parti Reform UK n'en a donc pas qu'après l'immigration extra-européenne. Robert Jenrick, l'un de ses porte-paroles, a détaillé un plan que la formation d'extrême droite mettrait en œuvre si elle devait arriver au pouvoir. Il vise les étrangers extra-européens aussi bien que les ressortissants de pays membres de l'Union européenne vivant sur le sol britannique, comme l'explique The Guardian. Deux mesures sont prévues : leur exclusion des logements sociaux et une "taxe sur leur travail", dont devraient s'acquitter leurs employeurs (cotisations sociales plus élevées que pour un citoyen britannique, ainsi qu'une cotisation annuelle pour les personnes à bas revenus). Le fait que les ressortissants de l'UE résident au Royaume-Uni de longue date, aient un conjoint britannique ou des enfants britanniques ne serait pas pris en considération. "Si vous vous trouvez dans ce pays, que vous n'êtes pas citoyen britannique et que vous faites partie des personnes qui ne pourront pas rester au Royaume-Uni sous un gouvernement Reform UK, alors vous devriez envisager de quitter le pays", a déclaré Jenrick.
De telles mesures démentent les garanties données par Nigel Farage lors du Brexit, qui avait jugé "pas très raisonnable" de pousser des habitants dehors. Elles impliqueraient également de renégocier le Brexit, avec le risque que les pays de l'UE prennent des mesures de réciprocité envers les citoyens britanniques vivant chez eux ou instaurent des mesures douanières de...
-
26/06 - Soutien "massif" de l’Italie contre l’Iran : comment Mark Rutte a mis Giorgia Meloni dans l’embarras
Peut-être pensait-il bien faire. Alors qu'il s'exprimait sur Fox News et tentait probablement d'adoucir le courroux de Donald Trump à l'égard de l'Otan, Mark Rutte, le secrétaire général de l'organisation atlantique, a cru bon de souligner mercredi 24 juin, à l'occasion d'une visite à Washington et avant de rencontrer le président américain, la bonne coopération à l'opération militaire menée contre l'Iran des pays membres européens, et tout particulièrement celle de l'Italie : "Pays après pays, allié après allié, tous ont mis leurs bases à la disposition de l’opération Epic Fury. Si l’on prend l’exemple de l’Italie, 500 avions américains ont décollé de bases américaines situées en Italie. C’est un soutien massif."
NATO's Rutte to Fox News:
500 U.S. planes took off from U.S. bases in Italy to support Operation Epic Fury.
This is massive. pic.twitter.com/6CeBJVfwJw— Clash Report (@clashreport) June 24, 2026
Des paroles qui n'ont pas manqué de mettre dans l'embarras la Première ministre italienne Giorgia Meloni, laquelle a assuré à plusieurs reprises que le soutien de son pays à Washington avait été des plus restreints. "Dans son récit disons 'enthousiaste', le secrétaire général a mis dans le même sac des éléments qui sont en réalité très différents, et confondu les types de vols autorisés", a-t-elle déclaré ce jeudi lors d’un sommet franco-italien dans le sud de la France. Elle a réaffirmé que l’Italie n’autorisait l’utilisation de ses bases que pour des opérations...
-
26/06 - "C’est presque se moquer de la souffrance des jeunes" : l’alerte du Pr Raphaël Gaillard sur la santé mentale
La santé mentale propulsée Grande cause nationale en 2025 et en 2026. De nouvelles mesures annoncées le 2 juin par le gouvernement, dont un "coupe-file" permettant d'orienter en moins de 48 heures les élèves repérés à l'école, mais aussi la fin d'ici à 2030 des pratiques de contention, qui consistent à entraver physiquement certains patients. Des syndicats de psychiatres qui, dénonçant des "promesses vagues" et un manque criant de moyens, menacent de faire grève en septembre… Jamais la psychiatrie n'aura autant occupé le devant de la scène. Et pourtant, le secteur, en crise depuis des années, attend toujours des actes concrets pour le sauver.
Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l'université Paris-Cité, chef du pôle de psychiatrie de l'hôpital Sainte-Anne et élu à l'Académie française en 2024, dissèque le nouveau plan du gouvernement et ses annonces, qu'il juge à la fois "ridicules" et "pas crédibles". Spécialiste de la schizophrénie et de la dépression, auteur d'Un coup de hache dans la tête et de L'homme augmenté : Futurs de nos cerveaux (Grasset, 2022 et 2024), il plaide pour qu'on prenne enfin au sérieux la santé mentale, devenue l'un des domaines de la santé les plus coûteux pour la société, et qui manque pourtant cruellement de moyens humains.
L'Express : La santé mentale a été annoncée comme Grande cause nationale en 2025 et 2026. Pourtant, les personnels de santé en psychiatrie dénoncent le manque d'actions concrètes pour aider leur secteur. Etait-ce un...
-
26/06 - Détroit d’Ormuz : l’évacuation des navires bloqués suspendue après une attaque iranienne
Le feuilleton du blocage et de la réouverture du détroit d'Ormuz a connu un nouvel épisode ce jeudi 25 juin dans l'après-midi. Alors qu'il longeait les côtes d'Oman pour sortir du détroit où il était bloqué depuis cent jours, le porte-conteneurs singapourien Ever-Lovely, à la tête d'un groupe de quatre navires, a essuyé un tir de projectile de l'Iran. Celui-ci a endommagé sa passerelle, mais n'a pas fait de victime. D'après un responsable américain interrogé par le Wall Street Journal, un drone d'attaque unidirectionnel a manœuvré le navire avant de le percuter, ce qui laisse penser que l'attaque était délibérée.
L'Organisation maritime internationale (OMI) a dans la foulée suspendu le plan d'évacuation du détroit. Dans un communiqué, son secrétaire général Arsenio Dominguez a déclaré vouloir "reconfirmer que les garanties de sécurité nécessaires restent en place pour les navires figurant sur notre liste d’évacuation ainsi que pour tous ceux se trouvant dans la région." Il a précisé que le Ever-Lovely n'avait pas transité dans le cadre défini par l'OMI.
Le cadre de l'évacuation pose en effet difficulté. Quelques heures avant cet incident, l'Autorité iranienne chargée du détroit du golfe Persique, installée par Téhéran pour gérer les demandes de navires cherchant à transiter par le carrefour maritime, avait déclaré que les bateaux situés en dehors des routes qu'elle a elle-même définies ne bénéficieraient pas d'un passage sécurisé. Les Gardiens de la révolution ont donc...
-
26/06 - Retards des trains en Europe : la bonne surprise française, les ambitions de l’Italie
Un billet de train unique pour voyager à travers l'Europe ? C’est ce qu’a proposé la Commission européenne début mai, afin d’offrir aux passagers une expérience de voyage plus fluide et de contribuer aux objectifs climatiques de l’UE. Responsable de seulement 0,3 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, le rail est le mode de transport motorisé le plus respectueux de l'environnement. Encore faut-il qu'il soit fiable, et à l'heure.
Le sujet devient épidermique en Allemagne, où le mauvais état de la Deutsche Bahn se répercute sur ses passagers et se transforme en honte nationale. La France, contrairement au ressenti de certains usagers de la SNCF, se hisse à une belle 6e place du classement européen de ponctualité. 89 % de ses trains, TGV ou TER, sont arrivés avec moins de cinq minutes de retard en 2025. Le ministère des Transports a annoncé un investissement de 4,5 milliards d'euros par an dès 2028 dans les infrastructures ferroviaires pour répondre à une augmentation du trafic estimée à 25 % entre 2024 et 2033. Contrairement aux idées reçues, les trains français ont peu de retard.Belgique : tricheurs ou stratèges pour améliorer les statistiques ?
La Belgique se hisse à la troisième place du podium européen en termes de ponctualité. Mais si presque 92 % des trains de la Société Nationale des Chemins de fers belges ont eu moins de cinq minutes de retard en 2025, certains passagers les accusent de faire sauter des arrêts pour améliorer leurs...
-
26/06 - De Bruxelles à Madrid, l’appel de trois think tanks européens à réveiller l’Europe
Evian, centre du monde. Les 15 et 16 juin, la Haute-Savoie a accueilli le gratin de la scène politique mondiale pour le G7, de Donald Trump à Volodymyr Zelensky en passant par l'émir du Qatar et les géants de l'intelligence artificielle. Le temps d'un sommet, un semblant de dialogue s'est renoué entre Américains et Européens. Mais notre continent a perdu de sa naïveté cette année, après les menaces de la Maison-Blanche visant le Groenland, les atermoiements de Trump sur la Russie et sa décision récente de limiter l'accès de l'IA américaine à ses alliés.
Ces questions majeures pour l'avenir de l'Europe seront au menu des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, les 2-3-4 juillet, organisées par Le Cercle des Economistes. Des acteurs géopolitiques de premier plan, comme le Premier ministre du Groenland, viendront débattre avec la crème des spécialistes, des chefs d'entreprise et de nombreux candidats à la présidentielle française au sein de la plateforme du Dialogue économique mondial, un espace réunissant des centres de réflexion venus de toute la planète.
A cette occasion, L'Express a proposé à trois think tanks européens de réfléchir à la place de l'Europe sur cette nouvelle carte du monde.Ni herbivore, ni carnivore : construisons l'ankylosaure européen
Jeromin Zettelmeyer, directeur de l'Institut Bruegel à Bruxelles, propose sa vision d'une Europe dont les imposantes griffes lui permettraient de se défendre.
Surmonter le nationalisme à l'intérieur de l'Europe est...
-
26/06 - "Les agriculteurs ne veulent pas de chèques de Bruxelles, mais vivre de leur travail", par Kevin Brookes et Joris Valentini
Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adopté en première lecture par les députés, sera discuté au Sénat à partir du 29 juin. L’objectif affiché est louable : "simplifier le quotidien des agriculteurs, le libérer", selon la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Le résultat est malheureusement loin d’être au rendez-vous, comme le révèle la lecture de l’épais rapport de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale (823 pages).
Création par ordonnances d’une brigade nationale de contrôle des denrées importées et d’une police environnementale spécifique aux élevages, mise en place d’un "prix plancher" dans les négociations commerciales… on est loin d’une "libération" de nos agriculteurs. En deux ans, c’est la troisième grande loi censée sauver le secteur agricole français, après la loi d'orientation agricole et la loi Duplomb. Aucune n'a apaisé la colère. Et pour cause : à chaque crise, le législateur ajoute une couche de régulation, sans jamais interroger la cause du mal. Pourtant, l’agriculture française ne meurt pas d’un manque d’intervention publique, mais de son excès.Perfusée d'aides, asphyxiée par les normes
En 2023, les aides de la Politique agricole commune (PAC) représentaient 78,5 % du revenu moyen des exploitations françaises. Sans elles, le revenu agricole moyen tomberait sous les 1 000 euros par mois avant cotisations. Pour les éleveurs de bovins, l'INRAE calcule que les aides directes pèsent 250 % du...
-
26/06 - Désillusion post-Brexit, instabilité politique... Les Britanniques face à la tentation de la radicalisation
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Cette issue se dessinait depuis plusieurs semaines. Fragilisé à la tête du gouvernement britannique, Keir Starmer voyait les rumeurs de départ se multiplier avant de finir par jeter l’éponge. Le 22 juin, devant Downing Street, le Premier ministre a annoncé sa démission.
Cette démission illustre l'instabilité politique devenue presque chronique au Royaume-Uni, car elle vient s’ajouter à une série de démissions et de recompositions qui, depuis plusieurs années, nourrissent chez les Britanniques un sentiment de transition permanente, sans véritable changement de cap. L’annonce résonne d’autant plus fortement qu’elle intervient au moment du dixième anniversaire du référendum sur le Brexit.
Dans cet épisode de La semaine européenne, Corentin Pennarguear, rédacteur en chef adjoint du service Monde de L’Express, spécialiste de l’Europe, nous décrypte ce qui se joue actuellement au Royaume-Uni.
-
26/06 - Jordan Bardella - Marine Le Pen : la guerre des clans a commencé
Drôle de timing. Voilà un an que le Rassemblement national est en apnée. Le 7 juillet, la Cour d’appel rendra sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires du parti d’extrême droite, et déterminera si Marine Le Pen est en mesure, ou non, de se présenter en 2027. Décision dont découlera, par ricochet, le sort de Jordan Bardella, potentiel candidat remplaçant. Voilà un an que tous retiennent leur souffle, et surtout, tiennent leur langue.
Que tous trépignent, aussi. Las de devoir se livrer à un numéro d’équilibriste de plus en plus chancelant. Mode d'emploi pour frontiste, ces derniers mois : ne pas désavouer la patronne sans décrédibiliser son potentiel successeur. Faire mine que le choix de la personne, dans un contexte où le RN n'a jamais été si près de remporter l'élection présidentielle, n'est qu'une donnée secondaire. Donner l’illusion que la machine continue de fonctionner comme un animal à deux têtes, unie autour d’une équipe et d’un projet communs. Prière, pour les cadres, de s’en tenir au récit officiel : entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, les deux figures frontistes sont d’accord sur tout, ou presque, et les potentielles modifications programmatiques ou de casting qui découleront du choix du candidat sont relégués dans la catégorie "anecdotique". La digue craque
Dommage. A moins de deux semaines de la décision la plus cruciale de l’histoire du parti, après une année passée le doigt sur la...
-
26/06 - Canicule en Europe : la Suisse plus frileuse sur la climatisation que la France ?
"Ce n'est pas amusant d'enfiler des bas de contention avec cette chaleur, mais là, je n'ai pas le choix", s'amuse Camille, jeune consultante en cybersécurité enceinte de sept mois. Dans sa commune vaudoise comme dans une grande partie de l'Europe, le mercure s'affole depuis une semaine : une température de 36°C a été relevée lundi 22 juin, soit 14°C au-dessus des normales de saison. Pour rafraîchir son appartement situé sous les toits d'une maison ancienne avec vue sur le lac Léman, la jeune femme ne peut compter que sur une paire de ventilateurs. "La température ne redescend pas beaucoup, mais c'est toujours mieux que rien", admet-elle, faute d'autres solutions.
Ces derniers jours en effet, les magasins suisses ont été dévalisés de leurs petits climatiseurs portables. Une solution très gourmande en énergie et qui, là encore, n'offre pas une protection optimale contre la chaleur. Les experts suggèrent alors l'installation de systèmes de climatisation fixes, composé de deux unités reliées par un conduit : la première à l'intérieur du bâtiment et la seconde accrochée à l'extérieur, sur un balcon, dans un jardin ou le long d'une façade. Le couac ? Dans de nombreux cantons suisses, installer un tel appareil relève du parcours d'obstacles. Ruben, 31 ans, chargé d'enseignement à Lausanne, annonce que si l'installation d'un climatiseur fixe n'est pas complètement interdite, "tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues." Souvent, il faut demander une autorisation et...
-
25/06 - Pr Christophe Rapp : "Le risque de propagation d’Ebola est considéré comme très faible, voire nul"
Le tout premier cas d'Ebola a été identifié en France ce mercredi 24 juin. Le patient, un médecin humanitaire, revenait de la République démocratique du Congo (RDC), foyer épidémique du virus, où il exerçait une mission. Pour Christophe Rapp, infectiologue à l'Hôpital américain de Paris, qui avait pris en charge les deux cas d'Ebola importés en 2014, il n'y a pas de quoi paniquer.
"Il ne faut pas s'inquiéter", tranche le professeur qui estime que le "scénario est très attendu". Si le risque est "élevé" pour les professionnels de santé humanitaires, la population générale européenne, quant à elle, n'a rien à craindre. Au contraire, la France serait même particulièrement bien préparée à affronter quelques cas supplémentaires.
L'Express : C'est la première fois dans l'histoire de France qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué sur notre territoire. Doit-on s'en alarmer ?
Christophe Rapp : Non, il ne faut pas s'inquiéter. C'est un cas particulier puisqu'il survient chez un médecin qui s'est lui-même conformé au protocole en se signalant et en étant accueilli à la sortie de l'avion par le SAMU pour être directement conduit dans une chambre à pression négative. Là, il n'y a aucun risque. Le procédé a très bien fonctionné. Il aurait été beaucoup plus difficile d'identifier un patient déjà sur le territoire français présentant une fièvre au bout de quelques jours et se présentant en consultation. Jusqu'à présent, nous n'avions accueilli que deux cas rapatriés en 2014 qui avaient été...
-
25/06 - "Le Royaume-Uni n’a rien à faire parmi les grandes puissances" : la réponse de Pierre Grosser à Brendan Simms
C’est un entretien qui a suscité beaucoup de réactions. Il y a une semaine, Brendan Simms, éminent historien britannique et professeur à l’université de Cambridge, développait en exclusivité pour L’Express la thèse de son nouveau livre paru en anglais, The Return of the Great Powers, à savoir que les grandes puissances sont de retour, mais que si les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni en font partie, ce n’est pas le cas de la France ou de l’Allemagne.
Historien des relations internationales et professeur à Science Po Paris, Pierre Grosser est depuis longtemps un lecteur attentif des ouvrages de Brendan Simms. Mais pour lui, nos voisins britanniques n’ont "rien à faire dans le carré des grandes puissances", à l’inverse de la Russie. Avec tout de même un point d’accord avec son confrère de Cambridge : la puissance française n’est plus ce qu'elle était. Entretien.
L’Express : Selon Brendan Simms, il existerait aujourd’hui quatre grandes puissances : les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. La présence de ce dernier pays dans ce classement vous a particulièrement surpris… Pourquoi cela ?
Pierre Grosser : Le Royaume-Uni a été une puissance hégémonique, en ce qu’elle fut pendant longtemps quasiment maîtresse des mers, première puissance financière du monde, et était capable d’équilibrer le jeu européen, notamment entre la France et l’Allemagne, tout en possédant un immense empire terrestre. D’une certaine façon, le fait qu’il n’y ait jamais eu...
-
25/06 - Un cadre de chez Thales, un ex-coordonnateur national du renseignement : les nouveaux ambassadeurs nommés
Avant de quitter ses fonctions, Emmanuel Macron imprime une dernière fois sa marque sur la diplomatie française en procédant à une vaste série de nominations d'ambassadeurs. Après une fournée de 36 nominations survenue le 27 mai, pour les ambassades de France en Ukraine, aux Émirats arabes unis, au Danemark, en Estonie ou encore en Norvège, le Quai d'Orsay et l'Élysée ont soumis ce 24 juin une nouvelle liste de 14 profils en Conseil des ministres. Toutes doivent encore recevoir l'agrément des pays d'accueil pour revêtir un caractère définitif. Ces approbations devraient intervenir à compter de la fin de l'été.
Deux profils proches du monde de la défense et du renseignement y figurent. Le premier, Gautier Lekens, actuellement vice-président en charge des financements internationaux et du soutien à l’Ukraine chez Thales, est promis au poste d'ambassadeur de France à Haïti. Diplomate de formation et ancien conseiller de Bernard Cazeneuve au ministère de l'Intérieur puis à Matignon dès décembre 2016, il avait rejoint le groupe de défense en 2022 en tant que vice-président OTAN.
Le second, Didier Le Bret, connaît bien Haïti pour y avoir été ambassadeur de France de septembre 2009 à décembre 2012. La liste examinée par le gouvernement le désigne cette fois pour le Vietnam. Diplomate de carrière, il a conseillé François Hollande sur les questions de renseignement à l'Élysée, et assuré les fonctions de coordonnateur national du renseignement de juin 2015 à août 2016. Un poste...
-
25/06 - Alan, l’ambitieuse licorne française qui veut s’internationaliser
Si l’on se fie au premier semestre, 2026 sera un grand cru pour les start-up européennes. A peine quelques semaines après avoir annoncé un tour de table de 100 millions d’euros, Alan remet une pièce dans la machine. Le néoassureur santé français vient d’annoncer ce 25 juin une levée de 480 millions d’euros, menée par le fonds néerlandais Prosus avec la participation des actionnaires historiques Teacher’s Venture Growth et Index Ventures, ainsi que du nouvel entrant Dara Holdings.
L’opération porte la valorisation d’Alan à 5,5 milliards d’euros. Un montant qui confirme le statut particulier de cette licorne française, fondée il y a dix ans par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin. Des levées de cette ampleur restent en effet rares sur le Vieux Continent. La forte coloration IA de cette licorne, membre du Next40, y est sans doute pour quelque chose.
Les deux fondateurs ont contribué en 2023 au lancement du champion français Mistral AI et siègent depuis à son conseil d’administration. Ce n'est pas un hasard. Chez Alan, le duo exploite depuis longtemps toutes les possibilités de l’intelligence artificielle pour industrialiser son activité et réduire ses coûts. Les factures reçues chaque mois ne sont plus traitées manuellement, mais analysées automatiquement par l’IA. Celle-ci aide aussi à détecter les comportements frauduleux, accélérer la gestion des dossiers et améliorer le service client. Mo, son assistant médical dopé à l'IA, répond ainsi aux questions des...
-
25/06 - "La plupart des gens disent oui alors qu’ils voudraient dire non" : les leçons d’une spécialiste de la négociation
Préparer les enfants pour l’école, caler les vacances familiales, gérer des voisins qui mettent la musique trop fort... Nous négocions en permanence, sans même parfois nous en rendre compte. Au travail aussi, que ce soit pour manager une équipe, faire valider un projet ou obtenir une promotion. La négociation est même "la compétence la plus importante que l’on puisse acquérir", et pourtant, en la matière, "presque tout le monde est mauvais". Tel est le constat d'Attia Qureshi, professeure à l’Université du Michigan et de John Richardson, chercheur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), dans Never Settle: Persuasion and Negotiation Skills to Get What You Want (Ne vous contentez jamais de moins : compétences en persuasion et en négociation pour obtenir ce que vous voulez, Simon Element, 2026, non trad.).
S’appuyant sur les techniques du FBI ainsi que sur les recherches du MIT et du Harvard Negotiation Project, les deux auteurs expliquent, exemples à l'appui, comment mieux défendre nos intérêts, notamment en cas de désaccord. Peur du rejet, difficulté à dire non, demande d'augmentation... Attia Qureshi revient pour L'Express sur les principaux enseignements de l'ouvrage.
L’Express : La négociation peut recouvrir de nombreuses situations. Comment la définissez-vous ?
Attia Qureshi : Chaque fois que vous essayez d’influencer une situation, vous êtes en train de négocier. Mais personne ne naît excellent négociateur. C’est une compétence qui se développe. Comme pour...
-
25/06 - Jean-Luc Mélenchon se réconcilie avec un vieil ami, Valérie Pécresse prévient Bruno Retailleau
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…La surprise Trump
Commentaire de l’un des rares présents pendant la visite de Donald Trump du château de Versailles, le 17 juin : "Malgré le retard de deux heures dans le programme, il a montré de l’intérêt et de la concentration pour ce qu’il voyait, de l’appartement de la reine à la galerie des glaces. On n’attendait pas forcément cela de lui !"De Macron à Philippe
Le monde est petit. Marie Guevenoux, l’ancienne ministre des Outre-mer devenue directrice de la campagne d’Edouard Philippe, avec Christophe Béchu et Gilles Boyer, aurait pu devenir en 2022 la trésorière du candidat Emmanuel Macron. Mais elle avait préféré décliner la proposition.La mise en garde de Pécresse à Retailleau
Bruno Retailleau a appelé plusieurs fois Valérie Pécresse avant son meeting du 20 juin pour s’assurer de sa présence. La présidente de la région Ile-de-France lui a demandé de ne pas tenir un discours exagérément jusqu’au-boutiste. "J’irai jusqu’au bout", a répété le candidat. Le lundi suivant, elle a donc rappelé sur RTL: "Il faudra un seul candidat, il faudra se rassembler."Barnier en a ras la casquette du socle commun
Quand les fantômes du passé surgissent, il ne sert à rien de courir, ni de se cacher, écrivait Jerôme Camut. Pour Michel Barnier, le "socle commun" est un spectre qui, trop souvent, revient...
-
25/06 - Négociations Etats-Unis - Iran : comment la Chine affaiblit l’arme des sanctions américaines
La Maison-Blanche l'espère : l'allègement des sanctions et l'accès à une partie des quelque 100 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger pourraient lui permettre d'obtenir un nouvel accord sur le nucléaire. Mais c'est sans compter sur un acteur de taille, la Chine, qui complexifie l'équation, en permettant depuis plusieurs années à Téhéran de contourner les sanctions, rapporte le Wall Street Journal.
La stratégie est on ne peut plus simple : plusieurs transactions pétrolières sont désormais réglées en yuans plutôt qu’en dollars. Or, le passage à la monnaie chinoise réduit considérablement la visibilité des autorités américaines sur ces flux financiers, tandis que Pékin développe progressivement une infrastructure financière parallèle destinée à limiter l’influence américaine sur les échanges mondiaux.
En avril dernier, déjà, les sanctions américaines ont visé une importante raffinerie chinoise, accusée d’avoir acheté pour plusieurs milliards de dollars de pétrole iranien. L’entreprise concernée, Hengli Petrochemical, a rejeté ces accusations, en affirmant que son fournisseur lui avait certifié que le brut n’était pas d’origine iranienne. Elle a néanmoins indiqué, dans la foulée, que ses futures transactions pétrolières seraient réglées... en yuans, provoquant l'inquiétude de Washington. Des sociétés écrans
Pendant des décennies, la domination du dollar a en effet constitué un atout stratégique majeur pour les États-Unis. Environ 80 % du financement du...
-
25/06 - Déficit public : la nouvelle alerte de la Cour des comptes
La France croule sous le poids d'une dette publique en rapide augmentation, une tendance qui rend le pays vulnérable aux fluctuations du marché, estime la Cour des comptes dans un rapport publié ce jeudi 25 juin, ajoutant que les risques allaient se multiplier cette année.
Dans son rapport annuel relatif aux finances et comptes publics, la Cour des comptes ajoute que l'objectif du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 5 % du PIB cette année, soit deux points de pourcentage de plus que les règles européennes, est "loin d'être garanti", au vu des incertitudes géopolitiques et des tensions inflationnistes.
La dette devrait continuer de progresser de plus de 160 milliards d'euros en 2026 pour dépasser 3 600 milliards d'euros, soit environ 118,5 % du PIB. D'après les derniers chiffres de l’Insee également publiés ce jeudi, la dette a déjà augmenté de 75,6 milliards au premier trimestre, pour dépasser les 3 500 milliards d'euros (3 536,1 milliards d’euros précisément), soit 117,5 % du PIB. Un montant qui frôle le record de 117,8 %, établi au premier trimestre 2021, époque du Covid et du "quoi qu'il en coûte". Cette nouvelle hausse survient après un recul de 23,6 milliards d’euros au quatrième trimestre 2025.
Selon les Sages, les coûts d'emprunt devraient par ailleurs accélérer la détérioration des comptes. Les paiements d'intérêts devraient s'élever à 77,4 milliards d'euros en 2026, notamment sous l'effet de la hausse des taux sur les nouvelles émissions de dette.Un...
-
25/06 - De Vladimir Poutine à Donald Trump : quand la Coupe du monde devient un levier de propagande
Donald Trump est un passionné de catch, de MMA, de boxe et de golf. "Je suis un grand adepte du monde du sport dans son ensemble", plastronne-t-il volontiers. Donald Trump est surtout un amoureux du sport quand celui-ci joue pour ses couleurs. Jeune homme d’affaires, il avait accueilli des combats du boxeur Mike Tyson dans ses casinos d’Atlantic City. Président élu en 2016, au tour des grands de ce monde de se voir invités à fouler le green de ses multiples clubs - John Bolton, son conseiller à la Sécurité nationale de 2018 à 2019, ira même jusqu’à recommander aux dirigeants étrangers d’"apprendre à jouer au golf". Dernier épisode en date : début juin, la pelouse de la Maison-Blanche accueillait un grand raout de MMA, l’UFC Freedom 250, pour les 80 bougies du président américain.
Nul doute que Donald Trump est aussi un mordu de soccer. En particulier depuis le 5 décembre 2025, date à laquelle s’est déroulée la cérémonie de tirage au sort de la Coupe du monde de football qui, cette année, est organisée par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Ce jour-là, à Washington, le président américain, candidat déçu au Nobel de la paix, recevait des mains de son grand ami, l’obséquieux président de la Fifa, Gianni Infantino, le tout premier "prix de la paix" de la fédération. Le coup d’envoi d’un événement qui passionne en ce moment des millions de téléspectateurs, avec à la barre, un président américain bien décidé à imprimer sa marque.
Ce sont des fanfaronnades çà et là, des...
-
25/06 - Euro numérique : ce projet de Bruxelles qui alimente les théories complotistes
C'est une Arlésienne, qui pourrait peut-être enfin se concrétiser. Mardi 23 juin, le Parlement européen a donné son feu vert à l'ouverture de négociations avec les Etats membres concernant l'euro numérique, qui pourraient démarrer à la rentrée. Ce projet, porté depuis six ans par la Banque centrale européenne (BCE) et défendu par l’exécutif européen à Bruxelles, vise à décliner virtuellement la monnaie unique européenne, pour une mise en place attendue en 2029.
Concrètement, il s'agirait d'une version numérique de l'euro émise par la BCE, universellement acceptée dans l’ensemble de la zone euro, dans les magasins, en ligne ou entre particuliers, et destinée à créer un service de paiement paneuropéen, alors que le marché des transactions est actuellement dominé par les géants américains comme Mastercard, Visa, Apple Pay ou PayPal. D'après la BCE, 13 des 20 pays membres de la zone euro dépendent en effet de ces solutions pour les paiements effectuées entre leurs frontières, ce qui pose des questions de souveraineté. Cela "expose l'Europe à des risques de pression économique et de coercition", avertissait en mars 2025 Philip Lane, chef économiste de la BCE, faisant référence aux tensions transatlantiques depuis le retour au pouvoir du président américain Donald Trump.Des théories complotistes
L’affaire n’était pourtant pas gagnée car les banques, notamment françaises, s’opposaient à ce projet qui leur semblait redondant avec leurs propres programmes de développement...
-
25/06 - La présence de LFI au Panthéon révèle un tabou français, par Pierre Bentata
La cérémonie d’entrée de Marc Bloch au Panthéon a suscité un malaise. Il y a bien eu les poèmes et les chants, les discours et les témoignages. Et la Marseillaise, vibrante, pour marquer l’entrée du cénotaphe sous la coupole. Mais ce moment de recueillement, devant un historien et résistant, et honoré pour ces mêmes raisons qui le condamnèrent à mort, fut éclipsé par une simple photographie : celle des membres de La France insoumise posant fièrement devant le portrait du grand homme.
Un pied de nez à son héritage diront certains. Une honte penseront d’autres. Il faut dire que les insoumis cultivent le sens de la provocation et celui du timing. Car la panthéonisation de Bloch s’inscrit dans un moment particulier de notre histoire récente. Dans une période marquée non seulement par l’extraordinaire résurgence d’un antisémitisme venu de la gauche, promu par LFI, mais aussi par une tentative d’éclaircir l’avenir de la France en redorant son passé. En témoigne l’avalanche de films sur la Seconde Guerre mondiale. De l’esthétique Des rayons et des ombres au biopic La bataille de Gaulle en passant par Moulin, c’est tout un pan d’une époque simultanément honteuse et grandiose, que nous essayons, collectivement d’ériger en récit en commun.
A l’heure où la France, comme toutes les démocraties libérales, fait face à une crise du sens, la nation s’essaye à récréer du mythe collectif. Et c’est tant mieux, car la menace qui pèse sur nos démocraties démontre que lorsque les petites...
-
25/06 - Canicule : pourquoi le bermuda n’est toujours pas une bonne idée au bureau
Dans l’imaginaire collectif, du moins celui du siècle dernier, le port du bermuda était réservé au cercle très fermé des maîtres-nageurs. Quintessence de la ringardise, on en trouvait tout au plus sur la plage ou à l’écran, dans la valise d’un Bronzé(s) ou en version chino chez la tribu Le Quesnoy, cette famille BCBG de La vie est un long fleuve tranquille. Personne n’imaginait alors entrevoir le mollet palot d’un collègue en mal de mélanine à la machine à café. Puis vinrent les années 1990 et, avec elles, la généralisation du "casual Friday", une pratique permettant aux salariés de s’habiller de façon décontractée le vendredi, rapidement adoptée par les plus grandes firmes américaines, de Ford à IBM.
Depuis, la tendance est allée crescendo. En France, bien avant la pandémie de Covid-19, l’intensification du télétravail et les étés caniculaires, 65 % des salariés déclaraient dans un sondage OpinionWay publié en 2015 ne pas suivre de dress code particulier au bureau. De même que d’après une enquête Harris Poll/Express Employment Professionals parue en 2024, 31 % seulement des responsables du recrutement américains jugent important d’avoir des directives sur le code vestimentaire - contre 49 % cinq ans plus tôt. Si bien que même nos voisins britanniques, pourtant réputés pour leur sens aigu de l’étiquette, ont adopté le bermuda : à en juger par un sondage YouGov paru en 2022, ils seraient 66 % à considérer qu’en porter un au bureau est acceptable, contre 37 % en 2016.
On...
-
25/06 - Retraites : "L’Allemagne n’a pas d’autre choix que de basculer vers la capitalisation"
C'est une petite révolution qui s'annonce en Allemagne. Le groupe d'experts indépendants chargé par le gouvernement de réfléchir à l'avenir du système des retraites a rendu en début de semaine un rapport explosif. Parmi les pistes évoquées : la création d'un pilier de capitalisation obligatoire financé par une nouvelle cotisation pesant à la fois sur les entreprises et les salariés, la mise en place d'un système automatique indexant l'âge de départ à la retraite sur les gains futurs d'espérance de vie ou encore l'élargissement du nombre de cotisants… Le gouvernement Merz, à la peine dans les sondages, souhaiterait faire voter cette réforme au pas de charge, c’est-à-dire avant la fin de la session parlementaire, le 10 juillet. Un big bang qui sera suivi de près en France alors que le dossier des retraites va revenir sur le devant de la scène et que certains présidentiables pourraient s'en inspirer. Décryptage par Katharina Utermoehl, la responsable des études thématiques et politiques du groupe Allianz.
L'Express : Du point de vue français, les Allemands ont déjà fait beaucoup d'efforts puisque l'âge de départ à la retraite est fixé à 67 ans. Le système allemand est-il au bord de l'effondrement pour justifier un tel big bang ?
Katharina Utermoehl : Non, pas du tout ! Mais il est indéniablement soumis à des pressions structurelles sérieuses et croissantes. L'âge de départ à la retraite à 67 ans est effectivement l'un des plus élevés d'Europe, mais la soutenabilité du...
-
25/06 - Canicule : Marine Tondelier poursuivie par les vieux démons écolos
"L'homme ne croit pas à l’apocalypse qu’il fabrique. Et pourtant nous avançons déjà vers le désastre." L’antienne de René Dumont, premier candidat écolo à une élection présidentielle, résonne dans le cœur de ses descendants. Noël Mamère, lui, revit "au moins physiquement" l’année 2003. Figure tutélaire des Verts, l’ancien maire de Bègles sonnait déjà l’alerte lors de la canicule qui fit bouillonner Paris à 39°C et causa près de 15 000 morts en France. "Je n'ai rien entendu sur les causes de cette canicule qui n'est pas un accident mais qui est un avant-goût du bouleversement climatique que nous sommes en train de connaître, qui a sans doute des raisons naturelles mais qui a aussi des raisons liées à l'activité humaine (...) : l’effet de serre", soufflait-il à l’époque sur un plateau télé.
Vingt-trois ans plus tard, le bouleversement climatique produit ses effets, dont une nouvelle canicule. L’homme qui, de son propre aveu, pensait que l’écologie "prendrait une place plus importante" observe sa successeure énumérer tant bien que mal les positions de son parti. "Cela fait 25 minutes qu’on parle d’écologie, je vous en remercie, mais c’est sûrement mon quota annuel donc j’en profite", a ironisé, amère, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, le 21 juin sur LCI. Comme un aveu d’impuissance.
La France suffoque et les écolos portent leur croix. Ironie de l’histoire, c’est l’extrême droite qui est venue fixer les termes du débat. Présidente, Marine Le Pen...
-
25/06 - Emmanuel Macron - Giorgia Meloni : un sommet pour enterrer la hache de guerre
C'est une rencontre attendue. Ce jeudi 25 juin à Antibes, sur la Côte d’Azur, la dirigeante italienne Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron vont se réunir pour leur premier et probablement dernier sommet bilatéral, lors duquel ils doivent signer une série d'accords couvrant des domaines allant du nucléaire à l’aérospatial.
L'échange revêt une portée particulière : aucun sommet bilatéral de haut niveau entre la France et l’Italie ne s’était tenu depuis février 2020, à Naples, sous le gouvernement de Giuseppe Conte. Il s’agit également du premier sommet organisé depuis l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir en 2022 et de la première concrétisation politique majeure du traité du Quirinal, signé en 2021 et entré en vigueur en 2023 pour renforcer la coopération entre les deux pays.Une relation difficile
Il faut dire que par le passé, Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont entretenu une relation difficile, marquée par des affrontements sur de nombreux sujets, allant de l’immigration au droit à l’avortement, en passant par l’assassinat d’un militant d’extrême droite, Quentin Deranque, plus tôt cette année, qui avait provoqué une vive émotion dans les rangs de la majorité de Giorgia Meloni. Lorsqu’elle était encore dans l’opposition, Giorgia Meloni attaquait aussi constamment le dirigeant français, allant jusqu’à l’accuser de s’approprier la souveraineté du sommet du Mont Blanc au détriment de l’Italie et de pratiquer un néocolonialisme en Afrique.
"Peu après...
-
25/06 - Facturation électronique : derrière la réforme, l’enjeu national de l’accompagnement des entreprises
Les échéances sont désormais connues. Dès le 1er septembre, toutes les entreprises françaises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. À cette même date, les grandes entreprises et les ETI devront également être capables d'en émettre. Les PME, TPE, artisans, commerçants, indépendants et professions libérales disposeront d'une année supplémentaire, jusqu'au 1er septembre 2027, pour franchir cette étape à leur tour.
Mais si le cadre réglementaire est désormais fixé, l'enjeu est ailleurs : permettre à chaque entreprise de s'approprier cette transformation.
« Moderniser sans exclure : c'est tout l'enjeu de la facturation électronique pour le tissu économique français.»
Neila Choukri, fondatrice et directrice générale de Kolecto
Neila Choukri, fondatrice et directrice générale de Kolecto, plateforme de gestion administrative et financière et de facturation électronique dédiée aux TPE-PME, affiliée au Groupe Crédit Agricole et immatriculée par l’Etat via la DGFiP.
Experts-comptables, administrations, fédérations professionnelles, chambres consulaires, réseaux bancaires : tous les partenaires de confiance appelés à accompagner les entrepreneurs auront un rôle déterminant pour transformer une obligation réglementaire en opportunité de modernisation.Gagner du temps pour se concentrer sur son activité
Pour de nombreux dirigeants, la première attente concerne la simplification administrative. La facturation électronique permet d'automatiser certaines...
-
25/06 - Le Venezuela frappé par deux puissants séismes, un lourd bilan redouté
De puissants séismes ont frappé le Venezuela mercredi 24 juin dans l'après-midi, provoquant des effondrements d'immeubles à Caracas et emprisonnant des habitants sous les décombres. Au moins 235 personnes sont mortes, d'après le dernier bilan communiqué par le ministre vénézuélien de la Santé Carlos Alvarado vendredi matin.
Un premier séisme de magnitude 7,2 s'est produit à 18h04 heure locale (00h04 jeudi heure française) à environ 160 kilomètres à l'ouest de Caracas, la capitale, avant qu'une réplique d'une magnitude 7,5 ne frappe moins d'une minute plus tard, selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS).
Me han pasado este vídeo del Aeropuerto de Maiquetia. dios mío… pic.twitter.com/sSH0yboQVP— Said Rahal (@srahalh) June 24, 2026
"Un lourd bilan et d'importants dégâts sont probables et il y a de fortes chances que la catastrophe soit étendue", a indiqué l'USGS, qui a estimé que le bilan se chiffrerait très probablement en milliers, avec une forte probabilité de dépasser les 10 000.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé dès mercredi qu'elle déclarerait l'état d'urgence et réclamerait des fonds auprès d'organisations multilatérales pour soutenir les efforts de recherche. "Nous exprimons nos condoléances à tous ceux qui ont malheureusement perdu un membre de leur famille", a-t-elle dit lors d'une allocution nationale dans la nuit. Elle a précisé plus tard que les premiers bilans ne tenaient pas compte des victimes dans l'Etat de La Guaira,...
-
25/06 - Canicule : les toits blancs, la solution qui aurait pu changer la donne
L'idée est simple comme bonjour : peindre les toits en blanc pour renvoyer la chaleur du soleil vers le ciel. Dans un bâtiment un peu ancien, comme une école, cela permettrait de réduire la température de 5 à 8 degrés. Un gain crucial en période de canicule. Et pourtant, cette pratique reste mal connue en France. Elle doit concerner moins de 1 % des bâtiments. Pis, elle fait l'objet d'une désinformation, soulignent plusieurs professionnels du secteur, dont certains voient leur entreprise péricliter alors que le pays doit s'adapter au réchauffement climatique.
François Hascoët, commercial grands comptes chez Cool Roof France, a été l'un des premiers à se lancer sur ce marché en France, croyant dur comme fer au potentiel du cool roofing. "C'est une solution low-tech, simple à mettre en œuvre, qui ne demande pas beaucoup de qualifications. On utilise le toit tel qu'il est. Une fois celui-ci nettoyé et sécurisé, on applique entre deux et quatre couches de peinture. C'est extrêmement rapide à mettre en place. Pour une toiture d'école, s'il n'y a pas de problématique particulière, il faut compter une semaine entre le nettoyage et la couche de finition. La peinture ne va pas seulement apporter plus de fraîcheur. Elle rend le bâtiment moins énergivore pour un budget compris entre 20 et 25 euros du mètre carré", détaille le spécialiste.
Pourtant, en dépit de ses nombreux atouts, le cool roofing peine à décoller. Dix ans après sa création, en octobre dernier, Cool Roof France a...
-
25/06 - Comment Taïwan lutte depuis un demi-siècle pour son émancipation
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Première femme à la tête du pouvoir taïwanais, Tsai Ing-wen est restée huit ans présidente de l’île. Huit années durant lesquelles les relations avec Pékin se sont détériorées. Membre du parti démocrate progressiste, elle n’a pas caché son souhait d’émanciper Taïwan du pouvoir chinois, qui continue de voir l'île comme l’une de ses provinces.
Dans le dernier numéro de L'Express, l'ancienne dirigeante - toujours influente - a accordé une interview exclusive à notre journaliste. Un entretien dans lequel elle détaille sa vision des relations entre Taipei et Pékin, et fait part des pressions que subit l’île. Parmi les intimidations de Pékin, on compte évidemment les exercices militaires aux abords des côtes taïwanaises, qui sont de plus en plus fréquents. Aujourd’hui, l’île n’a d’autre choix que se préparer à une attaque chinoise.
L’autre moyen trouvé par l’île pour préserver sa sécurité : se rendre indispensable auprès des grandes puissances mondiales. Et Taipei a en partie réussi, grâce à son expertise dans le domaine des semi-conducteurs. Une fierté pour Tsai Ing-wen.
Mais si Taipei assume aujourd’hui souhaiter une forme nouvelle d’indépendance vis-à-vis de son voisin chinois, c’est le fruit d’un demi-siècle de combat idéologique mené sur l’île.
Dans cet épisode...
-
25/06 - Azat Miftakhov, le mathématicien qui défie le pouvoir russe depuis sa cellule
Il n’existe pas beaucoup de raisons de se réjouir au sein de la colonie pénitentiaire russe de Dimitrovgrad, située à quelque 800 kilomètres de Moscou. A l’automne dernier, Azat Miftakhov, jeune mathématicien de 33 ans détenu depuis 2019 dans les geôles russes, trouve pourtant une "bouffée d’air frais", selon ses propres mots, en ouvrant une lettre inattendue. Celle-ci provient de Bernard Randé, docteur en mathématiques français et ex-enseignant du prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand. Le scientifique lui propose de travailler sur la reformulation d’un problème mathématique complexe, lié à la conjecture de Chui, non résolue depuis plus de cinquante ans. Pendant quatre mois, à l’aide d’un stylo et de feuilles auxquels il n’a accès que quelques heures par jour, le détenu s'y consacre. Et finit par trouver une solution, qu’il couche proprement sur le papier à en-tête de la prison.
"Sans doute n’aurais-je pas osé vous répondre si mes efforts pour résoudre votre problème ne s’étaient pas soldés par un certain succès", écrit Azat Miftakhov à Bernard Randé dans une longue lettre assortie de sa démonstration mathématique, reçue le 6 mars 2026. Le jeune homme y précise que ce travail scientifique – qui sera publié dans la revue mathématique française RMS courant juillet – "l’a privé de nombreuses heures de sommeil", mais a également "égayé ses journées" avant son transfert dans un autre établissement qui, il l’espère, "aura des conditions de détention un peu plus souples"....
-
24/06 - Voici ce que devra faire en priorité le futur président de la République : les conseils de Philippe Aghion, Alexandra Roulet et Xavier Jaravel
Lors des précédentes campagnes présidentielles, le débat avait été escamoté. L'affaire Fillon en 2017 puis l'invasion de l'Ukraine en 2022 avaient tout éclipsé. Cette fois, débattra-t-on enfin du fond, avec des propositions concrètes ? C'est ce que souhaitent beaucoup de Français, et parmi eux, un trio d'économistes composé du prix Nobel 2025 Philippe Aghion (Collège de France, Insead), du président délégué du Conseil d'analyse économique Xavier Jaravel, et de la professeure à l'Insead, Alexandra Roulet. Dans L'Express, ils détaillent les sujets prioritaires à prendre à bras-le-corps. Avec des propositions précises et tranchantes.
L'Express : Nous sommes à un peu moins d’un an de l’élection présidentielle, quelles sont, selon vous, les trois priorités économiques desquelles tout candidat devrait se saisir ?
Philippe Aghion : L'économie française traverse une période de défis multiples d'une intensité inédite depuis plusieurs décennies. Le décrochage de productivité – elle ne progresse que de 0,8 % par an depuis 1995, contre 1,7 % aux États-Unis – prive le pays de la croissance qui lui permettrait de financer ses ambitions. La dette publique a presque doublé depuis 2000, passant de 60 % à 116 % du PIB, et nous possédons le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro (en 2025), ce qui réduit nos marges de manœuvre. Ces fragilités intérieures interviennent au moment où le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur : fragmentation géopolitique, choc chinois...
-
24/06 - Ebola : ce que l’on sait du premier cas diagnostiqué en France
Le premier cas d'Ebola a été identifié et confirmé en France, a annoncé mercredi 24 juin le ministère de la Santé. Le patient, un médecin humanitaire, revient de la République démocratique du Congo (RDC), foyer épidémique du virus, où il a exercé une mission. Il "a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable", a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.
Le médecin, qui ne présentait que des maux de tête, "a embarqué sur un avion de ligne depuis Kinshasa en étant quasi asymptomatique", a déclaré le ministère qui précise que "son état s'est légèrement dégradé pendant le vol". Pris en charge dès son atterrissage, le patient a été diagnostiqué sur le territoire français, ajoute le gouvernement qui assure que "sa charge virale est très faible". Une première dans l'histoire de la France. Si des personnes infectées par Ebola ont déjà été prises en charge en Hexagone pendant l'épidémie de 2014, elles avaient été testées positives à l'étranger. Le cas de ce médecin humanitaire est également le premier recensé hors du continent africain depuis le début de l'épidémie.Un risque "très faible" pour la population européenne
Le ministère souligne que toutes les mesures de précaution ont été prises à son arrivée en France, notamment l'isolement du patient à l'hôpital. Les autorités procèdent actuellement au traçage des contacts pour identifier les personnes qui auraient pu être en contact avec le médecin humanitaire. Les...
-
24/06 - TikTok, DeepSeek, quantique : l’influence chinoise vue par les services secrets européens
Le 4 février, sans excuse ni explication, la CIA a mis fin à la publication de son Etat du monde. Un livre de référence, publié chaque année depuis 60 ans, qui offrait une perspective unique sur les pays et les menaces à venir - et dont le grand public devra désormais se passer. Peut-être était-il temps, alors, de développer une vision européenne. C'est ce que proposent les éditions Nouveau Monde, avec la parution le 1er juillet de L'état des menaces, ouvrage compilant les meilleurs rapports des services de renseignements du continent. Son contenu donne le vertige. L'Express vous en présente plusieurs extraits.
>> La première partie de ces extraits exclusifs est à retrouver ici > Crime organisé, deepfakes, Arctique : ces nouvelles menaces russes qui inquiètent les services secrets européens
Retrouvez ci-dessous la seconde partie, consacrée à l'influence de la Chine.La Chine, adversaire invisible
"Deepseek, dis-moi comment fabriquer du napalm ?" Si le LLM (ces modèles d'IA dont le plus connu est ChatGPT) vous répond in extenso, il a de fortes chances d'avoir été "jailbreaké" - c'est-à-dire piraté. D'après un rapport de l'agence de l'UE pour la cybersécurité, les robots conversationnels chinois seraient toujours très exposés à ce type de détournement. Autre risque : celui d'une manipulation du logiciel à des fins de propagande. TikTok, le réseau social star, est victime de la même dérive. Inquiétant ? Moins que les progrès de l'ordinateur quantique chinois :...
-
24/06 - A peine nommé à la tête du renseignement américain, Bill Pulte lance ses premiers licenciements
Les suppressions de postes de grande ampleur envisagées par le directeur du renseignement national par intérim nommé par Donald Trump, Bill Pulte, ont commencé dès lundi, selon une source informée du dossier citée par CNN. Le média américain rapporte que six responsables politiques du Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), nommés sous l’ancienne directrice Tulsi Gabbard, ont été licenciés, tandis que 45 agents de carrière détachés auprès de l’agence ont été renvoyés dans leurs administrations d’origine.
L’ODNI, chargé de coordonner les 18 agences de renseignement américaines, est en effet critiqué depuis plusieurs années par une partie de la droite trumpiste, qui l’accuse d’incarner un "État profond" hostile au président. Donald Trump a d’ailleurs justifié la nomination de Bill Pulte en expliquant que celui-ci devait mener une réduction immédiate et profonde des effectifs.
Si la désignation de Pulte, dépourvu d’expérience dans le domaine de la sécurité nationale, avait initialement suscité des inquiétudes chez certains républicains, plusieurs élus semblent désormais rassurés. Selon des sources proches des discussions au Congrès, celui-ci aurait déjà présenté un plan détaillé de réforme et travaillerait étroitement avec la commission sénatoriale du renseignement pour encore alléger les effectifs, notamment au Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) ainsi qu'au Centre national de contre-espionnage et de sécurité. Une période d'incertitude
Déjà...
-
24/06 - Le général Christophe Gomart, futur ministre des Armées du RN ? "Si la proposition m’était faite, je la saisirais"
"Il se présente sur la liste LR ? Je ne le savais pas aussi à gauche !" Lorsque le général Christophe Gomart, devenu un habitué des plateaux de télévision, décide en mars 2024 de se lancer dans le grand bain de la politique et de rejoindre la liste des Républicains aux élections européennes, l’un de ses proches s’esclaffe en privé. L’ancien patron de la Direction du renseignement militaire (DRM) et des forces spéciales (COS), viscéralement anti-Macron, catho tendance Bolloré, est plus proche idéologiquement d’Eric Zemmour que des LR. Le haut gradé est ancré, par ses racines vendéennes et versaillaises, dans le petit milieu de la droite identitaire catholique. Installé à Versailles, il a même tenu à participer à la messe royaliste organisée en mémoire de Louis XVI. Dans les bureaux des Républicains, le quatre étoiles est affublé d'un surnom volontairement provocateur : "Monsieur le ministre de la Défense de Jordan Bardella".
En 2024, le parti alors présidé par Eric Ciotti réserve à ce profil régalien une place en or, celle de numéro trois. Pour LR, c’est un choix par défaut : un autre général vient de décliner poliment la proposition. François-Xavier Bellamy, lui aussi Versaillais, se charge de jouer les entremetteurs. Les Républicains sont à la recherche d’une figure d’autorité et d’un atout crédibilité sur les enjeux militaires. Après sept ans comme directeur de la sécurité du groupe immobilier Unibail-Rodamco, Christophe Gomart s’ennuie ferme et veut à nouveau se...
-
24/06 - Entre la Pologne et l’Ukraine, les tensions s’exacerbent sur fond de brouille mémorielle
Entre Varsovie et Kiev, les crispations s'aggravent. Preuve des tensions actuelles, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé ce mardi 23 juin qu'il ne participerait pas à la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine, organisée en Pologne jeudi et vendredi. A la place, la délégation de Kiev sera dirigée par la Première ministre, Ioulia Svyrydenko. Le président polonais d'extrême droite sera également absent, a-t-on appris la veille. Karol Nawrocki n'a pas décliné l'invitation : son Premier ministre et rival politique, Donald Tusk, ne l'a tout simplement pas convié. Une version corroborée par Kiev. "C'est une affaire interne à la Pologne", a assuré un conseiller présidentiel, Dmytro Lytvyn, le 22 juin.
A l'occasion d'une conférence de presse donnée le même jour, un conseiller de Karol Nawrocki n'a pas caché son amertume, déclarant qu'il espérait que, lors de la réunion pour l'Ukraine organisée à Gdansk, Donald Tusk se concentrerait sur "les intérêts de la Pologne, plutôt que de se contenter de lever des fonds pour Volodymyr Zelensky".Volodymyr Zelensky déchu de sa médaille polonaise
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec l'incident survenu quelques jours plus tôt. Le 19 juin, le président polonais a déchu son homologue ukrainien de l’Ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction du pays. Cet insigne avait été remis à Volodymyr Zelensky par le président con
-
24/06 - Italie - Etats-Unis : Giorgia Meloni tente de désamorcer la crise avec Donald Trump
Un retour au dialogue entre Rome et Washington. Lors d’une interview réalisée mardi 23 juin, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a réaffirmé sa volonté de préserver les relations avec les Etats-Unis, malgré les récentes attaques de Donald Trump à l’issue du G7.
Interviewée par Maurizio Belpietro lors de la soirée Verità, le mardi 23 juin à Rome, la cheffe du gouvernement a déclaré : "Je n’ai pas l’intention d’attiser davantage cette confrontation. Je pense que notre coopération bilatérale avec les Etats-Unis doit reprendre son cours normal."
Vendredi dernier, Donald Trump a affirmé sur la chaîne italienne LA7 que Giorgia Meloni l’aurait "supplié" de prendre une photo avec lui lors du sommet du G7 à Evian. "Je ne l’aurais pas fait, mais j’ai eu pitié d’elle !" a-t-il ensuite déclaré. La dirigeante italienne a réagi sur X, le jour même, en qualifiant ces propos de "pures inventions".
Lors de l’interview de mardi, Giorgia Meloni a appelé à dépasser la polémique et à recentrer le débat sur les enjeux de politique étrangère. "Les relations entre l’Italie et les Etats-Unis ne se résument pas à la question du pouvoir. On parle de politique étrangère comme si on était sur l’Île de la Tentation, mais c’est bien plus complexe", a-t-elle affirmé. La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de préserver les relations commerciales entre l’Italie et les Etats-Unis. Elle affirme ne voir "aucun risque de répercussions", estimant que la coopération entre les deux...
-
24/06 - Opération "feu purificateur" : en Hongrie, Péter Magyar accélère la rupture avec l’ère Orban
La page Viktor Orban est-elle sur le point d'être définitivement tournée ? C'est en tout cas la volonté du nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar, qui a annoncé le lancement de l’opération Tisztitotuz ("Feu purificateur"), destinée, selon lui, à révéler les mécanismes de corruption en Hongrie et à demander des comptes à tous ceux qui ont participé au "système mafieux" durant les seize dernières années. Le groupe Tisza (son parti) "débarrassera la Hongrie de la mafia économique", a-t-il déclaré, ajoutant que c’est pour cette raison qu’il était entré en scène, qu’il avait lancé un mouvement politique et qu’il s'était présenté aux élections.
Ce 22 et 23 juin, la majorité à deux tiers dont dispose Tisza a adopté dans cette perspective plusieurs textes très attendus de son électorat, parmi lesquels la suppression des "fondations de gestion d’actifs d’intérêt public", des structures qui s’étaient multipliées à partir de 2021 et avaient permis un transfert massif des actifs de l’Etat hongrois à des conseils de direction, dominés par le parti de Viktor Orban, le Fidesz. Avec cette réforme, l’Etat devrait ainsi récupérer 8,5 milliards d’euros de patrimoine d’ici à la fin du mois d’août.Renforcer l'organisme anticorruption
En outre, la nouvelle législation élargit les prérogatives de l’Autorité pour l’intégrité. Comme le rappelle Le Monde, le gouvernement Orban avait fini par créer cet organisme anticorruption à la fin de l’année 2022, sous la pression de la Commission...
-
24/06 - Affaire Lyhanna : l’échec silencieux des infrastructures numériques, par Driss Aït Youssef
Le rapport des inspections générales de la justice et de la gendarmerie, rendu le 19 juin dernier sur les dysfonctionnements institutionnels ayant conduit à la mort de Lyhanna, s’il met en exergue de graves défaillances, montre aussi une réalité brutale s’agissant de l’état de nos infrastructures.
Lyhanna 11 ans, violée, tuée puis abandonnée est vécu comme un drame national. Il survient à un moment de tension extrême pour une nation saturée de faits divers impliquant des mineurs.
Une grande partie des Français rend le gouvernement responsable de son inaction, ou plutôt de son incapacité à résorber cette situation, alors même qu'il dirige l'action de l'Etat depuis bientôt dix ans et qu’il a considérablement rehaussé les budgets de la justice et de l'intérieur.Un peu plus d'un viol sur deux en France est commis sur un mineur
En 2025, les services de police et de gendarmerie ont recensé 76 200 infractions à caractère sexuel sur mineurs. Sur la période 2016-2025, les viols sur mineurs ont augmenté de 230 %, passant de 7 609 à 17 143 par an. Cette hausse reste impressionnante en dépit d'une évolution législative introduite par la loi Billon du 21 avril 2021, qui élargit la définition du viol sur les mineurs.
Si les homicides sur mineurs (hors cadre familial) sont en baisse sur la période 2016-2025 (- 35 %), les tentatives d'homicides ont connu une dynamique bien différente, avec une hausse de + 196 % sur la même période.Des hausses budgétaires conséquentes pour des...
-
24/06 - Négociations Etats-Unis - Iran : les déclarations contradictoires de Washington et Téhéran
Qui croire ? C'est la question que se posent plusieurs observateurs, alors que Donald Trump a accusé mardi 23 juin l’Iran de tenir des propos mensongers, après qu’un responsable iranien a nié tout accord autorisant des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder aux sites nucléaires de la République islamique. Selon le président américain, Téhéran aurait pourtant accepté des inspections sans limite de durée, une concession présentée comme l’une des avancées majeures des négociations en cours. "S’ils n’avaient pas accepté cela, il n’y aurait plus aucune négociation !" a-t-il affirmé sur Truth Social.
"Il n’existe tout simplement aucune procédure établie à ce sujet", a déclaré au contraire le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqhaei, tout en assurant que l'Iran continuerait à respecter "les procédures standards, déjà bien définies et transparentes". Ces déclarations, contradictoires, révèlent que des désaccords importants subsistent entre Washington et Téhéran sur plusieurs aspects des discussions, et jettent le doute sur les chances de réussite du processus de paix entamé il y a plusieurs jours.Brouiller la réalité
Autre sujet de discorde : la question de la mise en place d'un péage dans le détroit d'Ormuz. Lors du sommet du G7 en France, la semaine dernière, Donald Trump a assuré que le détroit resterait "exempt de péage" sur le long terme. Une promesse renouvelée par le secrétaire d'État américain Marco...
-
24/06 - Epargne : peut-on vraiment faire confiance aux réseaux sociaux ?
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Heu?reka, Mounir Laggoune, Matthieu Louvet, Guillaume Simonin ou Hasheur… Ces noms ne vous disent rien ? Ces influenceurs de la finance, aussi appelés finfluenceurs, sont pourtant suivis par des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Ils expliquent comment investir 10 000 euros de manière intelligente ou les erreurs à éviter quand on achète ses premiers bitcoins. S’informer sur les réseaux sociaux est devenu commun, et les sujets liés aux finances personnelles n’échappent pas au phénomène. D’après un sondage Opinion Way pour Nalo...
-
24/06 - "Le marteau de Samuel Paty est un symbole" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
L'arme de la pensée
Bertrand Rama-Harroue, Fontaine-lès-Dijon (Côte-d'Or)
Le marteau transporté par Samuel Paty dans son sac est le signe de l'impuissance des autorités démocratiques à protéger le professeur, héros malgré lui et héros condamné au cœur de son métier. Dans son ouvrage Le Crépuscule des idoles. Comment on philosophe avec un marteau, Nietzsche examine de manière métaphorique les doctrines philosophiques pour voir si elles sont le fruit d'un esprit sain ou malade. Philosopher à coups de marteau, c'est donc tester les idoles ou les faux dieux pour les démasquer en tant que tels. Le travail des enseignants s'inscrit dans l'éveil des consciences et la critique de la raison : le marteau de Samuel Paty en est le symbole. (Samuel Paty : de quoi le marteau dans son sac le jour de son assassinat est-il le nom ? sur Lexpress.fr)Appel à l'esprit critique
Daniel Conversy, Chalezeule (Doubs)
Dans sa chronique, Denys de Béchillon met en garde contre le fake. Il nous invite à adopter une forme de circonspection, consistant à douter spontanément, presque par principe. Fort de cette réflexion, comment peut-il affirmer que le projet de loi sur l’antisémitisme porté par Aurore Bergé pour remplacer la proposition de loi "Yadan" aurait permis à LFI de s’offrir un "brevet de respectabilité" ? Cette affirmation repose-t-elle sur une réflexion nourrie par des propos tenus par des représentants de LFI ? Ou bien s’appuie-t-elle sur des informations relayées par les médias et les...
-
24/06 - Guerre en Iran : Donald Trump désavoué par le Sénat
Le Sénat américain, à majorité républicaine, a voté mardi 23 juin pour suspendre l'action militaire des Etats-Unis contre l'Iran, dernier désaveu en date pour Donald Trump, de la part d'un Congrès de plus en plus agité. Imitant la Chambre des représentants plus tôt dans le mois, les sénateurs ont voté en faveur de la suspension du conflit à 50 voix contre 48, ce qui reflète l'impopularité grandissante de la guerre en Iran au sein même du camp présidentiel.
C'est la première fois, depuis l'adoption en 1973 de la War Powers Resolution, plus communément appelée War Powers Act, que les deux chambres du Congrès adoptent une résolution ordonnant à un président de retirer les forces armées américaines d'un conflit. Bien que ce vote restera probablement en grande partie symbolique, il constitue un revers pour Donald Trump, qui bénéficiait jusqu'à récemment d'un soutien quasi unanime des membres républicains du Congrès. Il survient alors que l'administration devrait demander au Congrès d'autoriser des dizaines de milliards de dollars pour financer la guerre."Un vote inopportun et insensé"
Le vote au Sénat a largement correspondu aux clivages politiques, quatre républicains s'étant ralliés à tous les démocrates, qui se sont prononcés à l'unanimité sauf un pour voter en faveur du texte. Deux sénateurs républicains ne se sont pas exprimés. Dans un message publié mardi soir sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a critiqué le scrutin, le qualifiant d"inopportun et insensé"....
-
24/06 - La taxe Zucman, un coût et non un gain pour les finances publiques : les conclusions d’une étude inédite
Une étude réalisée pour le collectif Trop, c'est trop ! par Pierre Andrews, doctorant en économie, avec l'aide scientifique des économistes Nathalie Janson, Antoine Levy, Olivier Redoulès et Erwann Tison, bat en brèche une idée largement partagée au PS ou à LFI : la taxe sur les grandes fortunes proposée par Gabriel Zucman ne rapporterait rien au budget de l'Etat. Pire : elle l'impacterait négativement, de l'ordre d'une dizaine de milliards d'euros. L'Express verse au débat de la présidentielle cette analyse étayée. Extraits.
La question de la contribution fiscale des très grandes fortunes revient périodiquement au cœur du débat public. La "taxe Zucman" lui a donné une forme précise : un impôt de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, conçu par l'économiste Gabriel Zucman dans un rapport commandé par la présidence brésilienne du G20 en juin 2024, traduit en France en une proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale puis rejetée par le Sénat en juin 2025.
La proposition repose sur un diagnostic en deux volets :
- Une "anomalie" fiscale : les milliardaires paieraient proportionnellement moins d'impôts que les classes moyennes
- Une promesse budgétaire : entre 15 et 25 milliards d'euros de recettes annuelles pour la France seule.1- Le rendement réaliste : autour de 5 milliards, pas 25
L'estimation de 20 à 25 milliards d'euros annuels repose sur l'application mécanique d'un taux de 2 % à une assiette de 1 200 milliards tirée du classement...
-
24/06 - Karoly Ferenczy : la peinture au contact des corps, par Christophe Donner
Karoly Ferenczy est un peintre hongrois né à Vienne en 1862, mort 55 ans plus tard à Budapest, à une époque où il semblait raisonnable de mourir à cet âge-là. Le lendemain de ma visite au Petit Palais où ce grand peintre méconnu (en France) est exposé jusqu’au 6 septembre, mon dermato a cru me rassurer en m’annonçant que j’avais une espérance de vie de vingt à trente ans. Je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir écrire pendant tout ce temps. N’ai-je pas épuisé les trésors de ma jeunesse ? N’allons-nous pas tous, nous les écrivains, dans les vingt à trente prochaines années nous contenter de publier nos conversations avec notre chatbot à l’IA préféré ?
L’obsession de la nouveauté, du progrès, de l’originalité, du moderne, Karol Ferenczy ne l’a pas eue, ce bienheureux. Cent vingt-cinq ans après leur réalisation, que voit-on sur les trois autoportraits qui ouvrent judicieusement l’exposition ? Dans le premier tableau, réalisé en atelier, sa main gauche tient le pinceau dont la pointe touche le bord du cadre. Dans le deuxième tableau, réalisé un an plus tard au milieu de la forêt, la main droite arrange la coiffure de son modèle. Dans le troisième tableau, cette même main droite effleure celle du modèle, entièrement nue, assise en amazone sur le bras d’un fauteuil, offrant son impudeur antique avec morgue et fatalisme. Elle a eu ce geste du bras formant un arc, afin de poser sa main sur sa tête, et c’est cette main que le peintre effleure. Tout est là, dans la relation...
-
24/06 - De Palantir à ChapsVision : à la DGSI, les leçons d’une dépendance américaine
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 11 septembre 2001, entre 8h14 et 10h03, quatre avions de ligne sont détournés par 19 terroristes d’Al-Qaïda. Deux engins frappent les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan, un autre le Pentagone à Washington, quand le dernier s’écrase à Shanksville en Pennsylvanie. Bilan de ces actes terroristes : 2 977 morts et 6 291 blessés : ce sont les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés.
Vues en direct par des millions de téléspectateurs, les images ont traumatisé la terre entière, et en premier lieu les Américains, spectateurs de l’horreur sur leur territoire. Déterminée à faire payer les coupables, l’administration américaine lance une "guerre contre le terrorisme". Durant près de 10 ans, Washington intervient un peu partout au Moyen-Orient à la recherche d’un homme, présenté comme le chef de l’organisation terroriste islamiste Al-Qaïda : Oussama Ben Laden. Il est finalement repéré au Pakistan par la CIA, et tué par un commando américain le 2 mai 2011. Cette traque est sans aucun doute la plus célèbre du 21ème siècle, et à l’époque, on raconte qu’elle a été permise par une entreprise américaine, alors peu connue du grand public...
-
24/06 - Jeu de chaises musicales à la tête du renseignement militaire, un départ à l’Elysée
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Jeu de chaises musicales aux armées
Ils étaient tous deux en lice pour devenir chef d'état-major de l'armée de terre (Cemat). L'ancien adjoint du chef d'état-major particulier du président Jean de Monicault devrait devenir directeur général adjoint de la DGSE. Autre pressenti, le général Philippe de Montenon prendrait la tête de la Direction du renseignement militaire (DRM), le service de renseignement des armées. Le poste de Cemat reviendra finalement à l’actuel DRM, Jacques Langlade de Montgros, qui succédera cet été à Pierre Schill. Saint-cyrien, passé par le 13e régiment de dragons de parachutistes, Philippe de Montenon est actuellement commandant de la force et des opérations terrestres françaises, et commandant terre pour l'Europe.Allers-retours avec les industriels
C’était l’un des grands projets industriels de Sébastien Lecornu au ministère des Armées : réimplanter, en France, une filière souveraine de production de munitions de petit calibre. La direction générale de l’armement devrait désigner au mois de...
-
23/06 - Starlink en Iran : l’opération clandestine d’Israël pour soutenir les manifestations anti-régime
Une guerre qui se fait aussi sur le terrain des télécommunications. Tandis que Téhéran s'est efforcé ces dernières années de limiter l'accès à Internet et à certains réseaux sociaux, pour empêcher les opposants au régime de s'organiser lors de révoltes, Israël faisait entrer clandestinement des antennes Starlink dans le pays. La révélation a été faite ce mardi 23 juin par l'ancien Premier ministre israélien, Naftali Bennett (2021-2022), qui s'exprimait depuis un sommet à Jérusalem.
L'ex-chef du gouvernement a déclaré lors du JNS International Policy Summit avoir lancé un "processus d'acquisition et d'introduction clandestine en Iran de dizaines de milliers de récepteurs Starlink qui permettraient la continuité d'Internet et des réseaux sociaux", indique Reuters. En effet, le gouvernement iranien est connu pour imposer régulièrement à sa population des blackouts sur les télécommunications, en particulier lors de manifestations anti-régime.
Amnesty International rappelle à ce sujet qu'en novembre 2019, "les forces de sécurité ont tué de manière illégale des centaines de manifestants au cours de cinq jours de protestations, tandis que les autorités imposaient une coupure quasi totale d’Internet. Elles ont récidivé lors du soulèvement 'Femme, Vie, Liberté', de septembre à décembre 2022". Début janvier, le régime a de nouveau suspendu Internet et mené la traque aux utilisateurs de télécommunications satellitaires.Contourner les restrictions
Car justement, ces antennes...
-
23/06 - "Donald Trump n’a qu’à recopier l’accord sur le nucléaire iranien de 2015" : le regard de l’ex-secrétaire à l’Energie de Barack Obama
Il a été l’architecte "technique" sans lequel l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015 n’aurait probablement jamais vu le jour. Ernest Moniz, physicien formé à l'université de Stanford et ex-secrétaire à l'Energie de Barack Obama (2013-2017), a été la caution scientifique américaine lors des négociations du JCPoA (Joint Comprehensive Plan of Action), arraché de haute lutte durant près de deux ans. Ce travail, qui a accouché d'un texte très pointu de 150 pages, a pourtant été déchiré dès 2018 lors de l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.
A l'époque, l'éminence grise du président démocrate avait une mission : éviter la militarisation du programme iranien grâce à des restrictions techniques extrêmement précises et à des inspections ciblées. Pour la mener à bien, il a dû âprement négocier avec son homologue Ali Akbar Salehi qui dirigeait à l'époque l'organisation de l'énergie atomique d'Iran.
Alors qu'Américains et Iraniens ont 60 jours pour trouver un accord structurant sur le nucléaire et le détroit d'Ormuz, Ernest Moniz livre son analyse sur ce périlleux nouveau round de négociations qui vient de s'ouvrir et les conséquences énergétiques pour le monde. Entretien. Le secrétaire américain à l'Énergie, Ernest Moniz, comparaît devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain pour une audition portant sur l'examen de l'accord nucléaire iranien au Capitole, à Washington, le jeudi 23 juillet 2015.
L'Express : Donald Trump a-t-il déjà capitulé...
-
23/06 - Jean-Christophe Rufin : "La France est une grenouille qui se prend pour un boeuf"
A l'Académie française, où il a été élu en 2008, Jean-Christophe Rufin fait beaucoup d'envieux chez ses confrères qui n'ont exploré que les couloirs du Conseil d'Etat ou le boulevard Saint-Germain, à Paris. Affûté par la pratique de l'alpinisme, le fringant septuagénaire est un homme aux destins multiples : médecin, écrivain, diplomate, alpiniste... Il fut l’un des pionniers de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières et dirigea Action contre la faim. C’est par le biais des ONG qu'il s'est familiarisé avec les affaires internationales. De 2007 à 2010, il a été ambassadeur de France au Sénégal. Prix Goncourt 2001 pour son roman Rouge Brésil, il s'est imposé comme l'un des écrivains préférés des Français.
A partir de son expérience d'humanitaire et de diplomate, il a donné vie à un personnage de consul un peu gaffeur, Aurel Timescu. Le septième épisode de ses aventures, sur les traces de Napoléon, vient de paraître : La folie Sainte-Hélène (Calmann-Lévy). Ces polars enlevés et divertissant en diable entraînent le lecteur dans les coulisses de la diplomatie française. "Aurel est une sorte de double derrière lequel je me cache pour parler du présent et de sujets parfois sensibles, à partir d’expériences qui sont les miennes", reconnaît Rufin.
Ce disciple d'Alexandre Dumas nous fait voyager dans l'histoire et la géographie. C'est le plus géopolitique de nos écrivains. Ses romans anticipent souvent les évolutions du monde et en révèlent les logiques profondes....
-
23/06 - Face à un monde "imprévisible", Kim Jong-un relance la menace nucléaire
Sommes-nous en train d'assister à une escalade nucléaire irréversible dans la Péninsule de Corée ? Le leader nord-coréen Kim Jong-un a annoncé en début de semaine vouloir renforcer l'arsenal de son pays "à une très grande vitesse", pour faire face à une situation mondiale de plus en plus imprévisible, a rapporté, mardi 23 juin, l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), citée par Reuters. L'annonce intervient à la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, que Pyongyang a prise comme un avertissement très sérieux envers les régimes ennemis des Etats-Unis.
"Des incidents inimaginables et étonnants" se produisent en raison de "la cupidité mafieuse" des forces hégémoniques, qui rend les confrontations à travers le monde plus violentes, a condamné le chef suprême, accusant les États-Unis d'aggraver les effusions de sang en Europe et au Moyen-Orient. Le leader de 42 ans s'exprimait à l'occasion d'un congrès du Parti des travailleurs de Corée. "Plans plus ambitieux"
Kim Jong-un a accusé Washington et son voisin sud-coréen de menacer la sécurité de la Péninsule, en investissant constamment dans leur arsenal nucléaire, "avec pour seul but d'attaquer la Corée du Nord". Il a aussi pointé du doigt son rival régional, le Japon, qui profiterait "de la situation actuelle" pour se libérer "de toutes les entraves qui limitent le développement de son arsenal militaire".
Face à ce qu'elle perçoit comme une menace croissante, les objectifs de la Corée du Nord sont clairs :...
-
23/06 - Tsai Ing-wen : "Une crise dans le détroit de Taïwan déstabiliserait le monde entier"
Sa parole est rare. Et chacun de ses mots est pesé au trébuchet, tant l'île est un sujet explosif sur la scène internationale. L'élection puis la réélection de Tsai Ing-wen (2016-2024), première femme à se hisser à la tête du pays, ont provoqué l'ire de Pékin, qui a, depuis, coupé toute communication avec le gouvernement taïwanais. La Chine considère ce territoire comme l'une de ses provinces et son ex-dirigeante comme une dangereuse "séparatiste". Tout comme son successeur, Lai Ching-te, lui aussi membre du Parti démocrate progressiste, partisan d'une ligne ferme avec Pékin. Alors que le président Xi Jinping, qui a juré de réaliser la "réunification" entre les deux rives du détroit, accroît la pression, Tsai Ing-wen a accordé une interview exclusive à L'Express, avec une parole particulièrement libre, tout en se montrant prudente dans ses réponses concernant les Etats-Unis. L'ancienne présidente lance un avertissement : une grave crise autour de Taïwan aurait des conséquences incalculables pour la planète.
L'Express : Les tensions de part et d’autre du détroit de Taïwan s’intensifient. La population taïwanaise est-elle prête à faire face à une crise avec la Chine ?
Tsai Ing-wen : La chose la plus importante que nous puissions faire est d’empêcher qu’une crise ne se produise. C’est pourquoi notre approche a toujours été axée sur la gestion des risques. Nous redoublons parallèlement d’efforts pour renforcer notre dissuasion afin de faire clairement comprendre à tout...
-
23/06 - Talibans à Bruxelles : une rencontre avec la Commission européenne qui fait polémique
Bruxelles mise sur le dialogue, une stratégie qui ne manque pas d’être contestée. Audrey Jacquiez, porte-parole du ministre belge des Affaires étrangères, a annoncé lundi 22 juin que cinq visas avaient été délivrés pour des représentants talibans. Les visas ne sont valables qu’en Belgique et ne permettent pas de circuler dans l’espace Schengen. Ils ne sont valables que le temps d’une journée. Leur venue s’inscrit dans le cadre de discussions avec la Commission européenne sur le renvoi, pour des raisons de sécurité, d’Afghans présents dans l’Union européenne. C’est la première fois que Bruxelles reçoit des talibans depuis leur retour au pouvoir en 2021. Selon Euractiv, la délégation afghane est conduite par Abdul Qahar Balkhi, responsable de la communication au ministère des Affaires étrangères.
La date précise de la réunion n’a pas été divulguée pour des raisons sécuritaires mais des sources ont indiqué à l’AFP que celle-ci se déroulera ce mardi après-midi. La Commission européenne d’Ursula Von der Leyen a précisé que cette rencontre ne signifie pas que l’UE reconnaît formellement le régime des talibans. Elle vise uniquement à traiter des questions migratoires "techniques", et non des questions diplomatiques. Une rencontre vivement critiquée
Des ONG, des eurodéputés et des experts voient dans ces échanges une normalisation progressive du régime taliban, qu’ils jugent préoccupante. Shagofah Ghafori, chercheuse au Centre d’études sur la politique européenne (CEPS),...
-
23/06 - Sir David Lidington, ancien ministre britannique de l’Europe : "Le Brexit ne nous a rien apporté de bon"
Ce 23 juin 2026 marque les dix ans du référendum sur le Brexit. A l'époque, Sir David Lidington bat tous les records de longévité à Londres : il est ministre de l'Europe depuis six ans, alors que ses prédécesseurs ne tenaient en général que quelques mois. Le député conservateur restera en poste tout le long du gouvernement Cameron, de 2010 à 2016, avant de devenir leader de la Chambre des communes puis de rejoindre Theresa May en tant que secrétaire d'Etat à la Justice (2017-2018).
Incollable sur la culture et l'histoire européennes, David Lidington dénonce alors le "non-sens" que serait une sortie de l'Union européenne et se bat contre les raccourcis du camp du "Leave" pendant la campagne du Brexit. "C'était un job absolument fascinant, raconte-t-il à L'Express, avec une émotion sincère dans la voix. J'ai énormément appris de cette Europe et surtout j'ai compris que la politique européenne était bien plus qu'une affaire de transactions. La relation entre deux pays compte plus que tout." Dix ans plus tard, il tire un bilan coup de poing du Brexit, à la fois pour son pays et pour notre continent.
L'Express : Dix ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni a-t-il quelque chose à célébrer ?
David Lidington : Je ne pense pas, non. Au Royaume-Uni, on se dispute sur l'ampleur des dégâts, estimés de 2 à 8 % de perte du PIB, mais c'est un fait : le Brexit nous a fait mal sur les plans économiques et géopolitiques. Ceux qui le soutenaient ont confondu la souveraineté...
-
23/06 - Crime organisé, deepfakes, Arctique : ces nouvelles menaces russes qui inquiètent les services secrets européens
Le 4 février, sans excuse ni explication, la CIA a mis fin à la publication de son Etat du monde. Un livre de référence, publié chaque année depuis soixante ans, qui offrait une perspective unique sur les pays et les menaces à venir - et dont le grand public devra désormais se passer. Peut-être était-il temps, alors, de développer une vision européenne. C'est ce que proposent les éditions Nouveau Monde, avec la parution le 1er juillet de L'état des menaces, ouvrage compilant les meilleurs rapports des services de renseignement du continent. Son contenu donne le vertige. L'Express vous en présente plusieurs extraits.
Dans le panorama identifié par les agences européennes, nous avons cependant choisi de nous concentrer sur deux d'entre elles, très récurrentes : la Russie et la Chine. Les deux puissances redoublent d'ingéniosité pour cibler le continent. Vous découvrirez comment Pékin et Moscou veulent faire main basse sur l'Arctique. Mais aussi un travail de prospective sur l'après-guerre en Ukraine, qui pourrait devenir le terrain de jeu des groupes criminels russes. Ou encore la manière dont la Chine utilise TikTok et les LLM (les intelligences artificielles conversationnelles) pour mener sa guerre cognitive contre le Vieux Continent. Les procédés sont différents, mais le but est similaire : diviser, saper la confiance, cultiver le chaos.
Cette sélection exclut d'autres menaces de l'ouvrage qui méritent pourtant attention. Un rapport, produit par le service de...
-
23/06 - Au Lincoln Memorial, la rénovation voulue par Donald Trump vire à la farce
Pour célébrer le 250e anniversaire des Etats-Unis, Donald Trump a fait repeindre le fond de la célèbre "reflecting pool" de Washington couleur "bleu drapeau américain". Un projet très controversé, notamment en raison de son coût. Si celui-ci était initialement estimé à 1,8 million de dollars, le président a finalement déboursé 14 millions. Tout cela pour que quelques jours à peine après la fin des travaux, le bassin redevienne vert, envahi par les algues. Quant à la peinture, elle a pelé, et à la surface, flottent ses débris bleus.
Pour y remédier, le Miroir d'eau du Lincoln Memorial devra donc être à nouveau drainé et rénové. De quoi rajouter quelques millions au compteur. Un fiasco difficile à assumer pour le président qui n'en est pas à son premier scandale architectural. Mais le milliardaire l'assure : il n'y est pour rien, blâmez plutôt les "vandales". Et de menacer : "Rappelez-vous que la destruction ou même la tentative de destruction de ces choses est passible de dix ans de prison. Et ce sera totalement appliqué !". Des accusations qui ne sont pour l'heure fondées sur aucune preuve."Des gens malades, dérangés"
Mais depuis ce week-end, le président persiste et signe. "Ils ont utilisé une sorte de couteau ou de lame pour entailler de 250 pieds de long - 76 mètres, environ - la magnifique façade de cet ouvrage dont la construction et l’achèvement ont nécessité tant de travail, de savoir-faire et d’argent", a-t-il accusé pour la première fois, ce samedi 20 juin....
-
23/06 - Canicule : "A partir de 30 °C, la productivité diminue de plus d’un euro par heure travaillée"
La France tourne au ralenti depuis plusieurs jours, sous l'effet d'une canicule qui pourrait bien dépasser, en durée et en sévérité, celle d’août 2003. De nombreux pans de son activité s'en trouvent affectés. S'il est encore trop tôt pour disposer de chiffres précis sur les conséquences économiques de cet épisode, les effets de la chaleur sur la productivité ont déjà été quantifiés. Notamment par une étude de l'assureur AllianzTrade parue fin mai. La France est le pays européen où la baisse de productivité liée au stress thermique se révèle la plus forte. L'un des auteurs, Hazem Krichene, économiste senior climat chez Allianz, en explique les raisons.
L'Express : Que sait-on du lien entre fortes chaleurs et productivité ?
Hazem Krichene : Nous observons une relation non linéaire entre température et activité économique. D’après nos travaux, qui s’appuient sur des données couvrant plusieurs décennies, la productivité moyenne diminue de 1,3 dollar (1,14 euro) par heure travaillée quand les températures dépassent certains seuils. Lorsque l'on se trouve dans des régions habituellement froides, des températures plus élevées peuvent parfois avoir un effet positif sur la productivité et l'activité. Mais les impacts négatifs commencent à apparaître à partir de 30 degrés. Et ils s'intensifient pour chaque degré au-delà de cette limite.
Nous sommes actuellement, en France, dans cet ordre de grandeur. Il faut aussi rappeler que cette vague de chaleur intervient peu de temps après...
-
23/06 - Défense : après l’abandon du Scaf, la France et l’Allemagne relancent leur partenariat
Début juin, l’échec du projet de co-production de l’avion de combat Scaf avait mis à mal la coopération industrialo-militaire franco-allemande, considérée comme essentielle aux efforts visant à promouvoir la souveraineté européenne. Ce lundi 22 juin, une annonce des deux pays a montré que leur partenariat n'était pas mort, la France et l'Allemagne déclarant leur intention de devenir co-actionnaires à parité du groupe de défense KNDS. Un projet dont les "principes fondateurs sont un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance, et une surveillance appropriée des sujets de sécurité", précise un communiqué publié par l’Elysée. A l'origine du fiasco du Scaf, c’est justement une série de désaccords sur le sujet de la gouvernance qui avait tendu à l’extrême les deux acteurs durant plusieurs années.
Spécialiste franco-allemand des chars né en 2015 de la fusion de la société allemande Krauss-Maffei Wegmann et du français Nexter Systems, KNDS n’est autre que le fabricant des chars français César et du char allemand Léopard. La société travaille également à la mise au point du "char du futur" franco-allemand, le MGCS. L’État français détient actuellement 50 % de son capital, l’autre moitié appartenant à la famille allemande à l’origine de Krauss-Maffei Wegmann, dont le retrait envisagé a ouvert la voie à l’entrée au capital de Berlin, qui compte pour l’heure en acquérir 40 %. Le sujet sera au menu du prochain conseil des ministres franco-allemand,...
-
23/06 - IA dès le primaire, oraux obligatoires : les 11 recommandations du CIAnum pour transformer l’école
Les bons élèves ont quelques raisons d’être agacés. Non seulement, les IA génératives rendent incertains leurs débouchés. Mais l’école n'a pas encore adapté ses cursus et ses méthodes d’évaluations, au grand bonheur des tricheurs. Dans un rapport intitulé "Sortir de la clandestinité. Mettre l’IA au service d’une nouvelle ambition pour le système éducatif", que L’Express dévoile en exclusivité, le Conseil de l’IA et du numérique (CIAnum) propose un état des lieux assorti de onze recommandations. Le fruit d’une patiente revue de la littérature scientifique et d’une cinquantaine d’entretiens menés avec des experts.
Pour le groupe de travail qui a analysé le sujet - notamment composé de Yann Algan, économiste et professeur à HEC et de Luis Vassy, directeur de Sciences Po – la place des modèles de langage est rarement assumée dans les salles de classe. Une spécificité bien française selon l’enquête Talis 2024 de l’OCDE : seuls 14 % des enseignants français interrogés dans le cadre de cette étude internationale déclaraient avoir utilisé l’IA dans leur travail… Soit trois fois moins que la moyenne des pays de l’OCDE (41 %).
Or l’IA est déjà présente partout. "Face aux risques avérés liés à une utilisation non encadrée de l’IA par les élèves, une erreur majeure serait de ne pas agir ou de persister dans le déni concernant l’usage désormais courant des IA génératives par les élèves", insiste le rapport. Par ailleurs, le recours à cette nouvelle technologie, si elle est bien...
-
23/06 - Données, IA et Résilience : Le Vrai Défi des Entreprises Européennes
La Donnée, Une Richesse Qui Dort
Jamais les entreprises n'ont disposé d'autant d'informations. Et jamais une telle part de cette richesse n'est restée aussi inexploitée.
Le problème n'est pas le volume. C'est l'accessibilité. Trop dispersées, mal structurées, enfermées dans des silos, les données sommeillent dans les systèmes d'information. Dans l'industrie, les relevés de capteurs et les rapports d'incident vivent dans des outils séparés, rendant difficile l'anticipation d'une panne. Dans la distribution, stocks et données clients ne se parlent pas toujours. Dans la banque, des milliers de documents existent sans être réellement exploitables.
L'IA change la donne, à condition de s'appuyer sur des fondations solides. C'est précisément l'ambition de Dell AI Factory avec NVIDIA : aider les entreprises à exploiter des données souvent dispersées, jusqu'ici inutilisées ou sous-utilisées, et les transformer en usages concrets et créateurs de valeur. Un conseiller client obtient une synthèse instantanée avant de traiter une réclamation. Un juriste repère les clauses à risque en comparant plusieurs versions d'un contrat. Mais la valeur ne vient pas seulement du modèle : elle dépend de la qualité des données, de leur gouvernance et de la sécurité de l'environnement où elles sont traitées. Avant d'automatiser, il faut savoir où sont les données, qui les utilise et avec quelles protections.Le Piège de la Décision Automatisée
Une fois la donnée activée, une autre tentation guette...
-
23/06 - IA souveraine en Europe : reprendre la main sans renoncer à la performance
La Souveraineté, une Question de Contrôle
Banques, industriels, hôpitaux : tous confient désormais des informations sensibles à des outils d'IA. Données clients, données économiques, secrets de fabrication, données de R&D dossiers médicaux, paramètres de sécurité. Le vrai sujet ne se limite pas à savoir où ces données dorment. Il faut comprendre où elles circulent, qui peut y accéder, et sous quelle juridiction.
Autrement dit, ces organisations ne cherchent pas seulement un outil puissant. Elles veulent un cadre de confiance. Une approche comme Dell AI Factory avec NVIDIA répond directement à cet enjeu, en offrant aux entreprises un cadre de déploiement de l’IA à la fois souverain, performant et conforme à leurs contraintes opérationnelles.Maîtriser Toute la Chaîne
L'IA repose sur une chaîne complète : données, modèles, calcul, stockage, réseau, cybersécurité. Si un seul maillon échappe à l'entreprise, la promesse de souveraineté s'effrite.
Le cloud public séduit par sa souplesse, mais il ne répond pas toujours aux exigences de gouvernance et de contrôle de tous les secteurs. Une infrastructure dédiée ou hybride, déployée au plus près des métiers, garde les données critiques sous contrôle tout en offrant la puissance attendue. Dell AI Factory avec NVIDIA porte cette ambition : offrir un déploiement de l’IA performant, sécurisé et maîtrisé, sans générer de nouvelles sources de risque.Sécurité et conformité : la confiance d'abord
Les menaces évoluent vite, y compris...
-
23/06 - Pétrole iranien : ce revirement de Donald Trump qui pourrait rapporter gros à Téhéran
Pour la première fois depuis les années 90, les États-Unis de Donald Trump ont autorisé l’Iran à vendre librement son pétrole à travers le globe pendant une période de 60 jours, soit jusqu’au 21 août, en suspendant les sanctions qu'ils lui imposaient. Ce revirement inédit vient s’ajouter aux nombreuses mesures favorables à Téhéran inscrites dans l’accord signé par les États-Unis le 17 juin, visant à mettre fin au conflit en cours au Moyen-Orient et déclenché par Donald Trump. Selon l’agence de presse spécialisée en économie Bloomberg, la licence délivrée ce lundi 22 juin par le département du Trésor américain permettra aussi à la République islamique de vendre son pétrole en dollars, ouvrant même la voie à d’éventuelles importations de pétrole iranien par les États-Unis.
Une rupture totale avec toute l’architecture des sanctions construites contre l’Iran depuis vingt ans, souligne le Wall Street Journal. Et notamment avec la campagne de "pression maximale" lancée par Donald Trump après le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Le nouvel accord conclu la semaine dernière avec l’Iran prévoit également la levée du blocus des ports iraniens, la restitution progressive de milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger et la création d’un fonds de 300 milliards de dollars pour aider l’Iran à se reconstruire après les bombardements américains et israéliens. Selon le Wall Street Journal, la levée des sanctions contre le pétrole iranien...
-
23/06 - Finances publiques : les leçons de la crise budgétaire grecque pour la France
A 96 ans, Jean-Pierre Fourcade fait partie de l'histoire de France. Cet ancien ministre de l’Economie de Valéry Giscard d’Estaing fut, en 1974, le dernier responsable politique français à présenter – et exécuter – un budget à l’équilibre. Les 25 grands argentiers qui lui ont succédé n’y sont jamais parvenus. Et pourtant, le Premier ministre Sébastien Lecornu y croit. Non pas à revenir à un solde zéro – ne rêvons pas, surtout après le déficit abyssal de 5,1 % de l’an dernier – mais plutôt à remettre de l’ordre dans des comptes publics particulièrement malmenés ces dernières années.
Il y a urgence : le budget de 2027 est déjà dans les cartons et, pour l’heure, le chef du gouvernement s’emploie à calmer les ardeurs de ses ministres dépensiers. Des demandes irréalistes, a-t-il cinglé, en évoquant les 30 milliards d’euros supplémentaires réclamés. Confronté à des nouvelles dépenses incompressibles (6 milliards de plus pour la programmation militaire, 8 pour la charge de la dette), l’hôte de Matignon veut réintroduire de la rationalité dans le budget.
Peut-il y arriver, alors que les aléas géopolitiques se traduisent par une succession de douches écossaises sur la conjoncture et que les coûts d’emprunt s’envolent ? Sans compter l’irresponsabilité collective des députés. Le contexte, à quelques mois de la présidentielle, n’aide pas : la campagne va engendrer, hélas, un catalogue de promesses coûteuses : il faudrait être masochiste pour réclamer aux Français du sang et des...
-
23/06 - Epargne : pourquoi votre enfant ne devrait pas se contenter d’un livret A
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Il n’est jamais trop tôt pour épargner. Certains placements peuvent être souscrits par un parent au nom de leur enfant mineur afin de lui constituer une épargne à son nom. Une fois majeur, le jeune reprend le contrôle : il peut laisser l’argent fructifier, ou y puiser de quoi financer son permis de conduire ou ses études. Le premier réflexe consiste généralement à ouvrir un livret A à son enfant car ce produit universel est sans risque. Mais ce n’est pas forcément la meilleure idée. "Contrairement à ses parents, un enfant n’a pas besoin d’épargne de...
-
23/06 - Négociations entre l’Iran et les Etats-Unis : l’échec annoncé de Donald Trump
Il faut se pincer pour encore entendre à cette heure, dans la bouche de Donald Trump, décrire la guerre en Iran comme celle d'une "victoire totale" des Etats-Unis. A l'heure du bilan des deux affrontements engagés en moins d'un an par Washington contre Téhéran, on comprend pourquoi ses prédécesseurs avaient observé depuis 1979 une "prudence stratégique" à l’égard de la République islamique... A l’aune des 60 jours de négociations qui s’ouvrent, l’actuel président américain se présente en position de faiblesse, après avoir dilapidé son principal levier - le recours à la force - sans en tirer de gains stratégiques notables dans la durée. L’élite des mollahs, qui s’est déjà reconstituée, pourra à l’avenir reconstruire son appareil militaro-industriel, en partie détruit. Idem pour ses installations nucléaires qui ont subi de gros dégâts pendant la guerre des douze jours, même si cela prendra du temps.
Le mémorandum, qui sert de base aux discussions, est, à ce titre, particulièrement inquiétant. Il pourrait offrir - sous conditions - à ce régime sanguinaire et corrompu des sommes considérables, avec un fonds de 300 milliards pour la reconstruction et une levée de toutes les sanctions. De l’argent qui ne profitera jamais aux véritables victimes du régime : les Iraniens, pris en étau entre une répression implacable et une crise économique dévastatrice.L’Amérique a perdu une part de sa dissuasion
En échange, le régime iranien devra renoncer à "se procurer" et "à développer des...
-
23/06 - Démission de Keir Starmer : pourquoi Andy Burnham pourrait le remplacer plus vite qu’attendu
La pression montait depuis des semaines autour du chef du parti travailliste, après une série de décisions très controversées. Les élections de mai aux résultats désastreux au pays de Galle et en Ecosse, qui avaient déclenché des défections en chaîne au sein de son gouvernement et poussé des dizaines de députés à demander son départ, ont finalement eu raison de lui. Après moins de deux ans à la tête du Royaume-Uni, Keir Starmer a démissionné le 22 juin.
Et maintenant ? Lors de son discours de démission, Keir Starmer a indiqué que les prétendants à sa succession auraient entre le 9 et le 16 juillet — dernier jour avant que le Parlement n’entre en pause estivale — pour obtenir le soutien nécessaire à leur candidature. Au Royaume-Uni, la démission du dirigeant du pays ne déclenche pas automatiquement d’élection nationale, car ce dernier tire son pouvoir de la Chambre des Communes, où le parti travailliste dispose actuellement d’une majorité écrasante. Le choix d’un nouveau Premier ministre se fait donc en interne au sein du parti qui dirige le pays.Un Premier ministre intronisé sans vote ?
Le règlement du Labour stipule que les candidats doivent être parrainés par 81 députés travaillistes, ainsi que par, au choix, 32 des 634 sections locales du parti, ou trois organisations affiliées au parti (dont deux syndicats). Ceux qui remplissent ces conditions doivent être départagés par un scrutin, au cours duquel les membres du parti et sympathisants affiliés aux syndicats (soit...
-
23/06 - La guerre en Ukraine reste notre première ligne de front, par Manuel Valls
Maintenant qu’un protocole d’accord, très fragile, a été signé entre les États-Unis et l’Iran, permettant l’ouverture du détroit d’Ormuz, laissant place à un lâche soulagement, sans régler aucun des problèmes préexistant au conflit, la guerre en Ukraine s’impose de nouveau au cœur des discussions.
Le sommet du G7 vient de le rappeler avec force, grâce à la détermination des Européens, et notamment d’Emmanuel Macron. En conviant Volodymyr Zelensky, le président de la République a posé un choix politique clair : aucun règlement ne se fera sur le dos des Ukrainiens. Les États-Unis ont accepté de soutenir la production d'armements en Ukraine, sous licence d'entreprises américaines et européennes – défense antiaérienne, capacités de frappe en profondeur. Cela augure un changement de donne alors qu’on estime que la Russie perd trente mille hommes par mois.
Mais la leçon essentielle de cette guerre est ailleurs. L’Ukraine nous montre comment produire et innover. Depuis plus de quatre ans, ce pays soumis à une agression permanente a transformé l’urgence en avantage stratégique en inventant une nouvelle manière de combattre, fondée sur la vitesse d’adaptation, l’intégration du numérique et l’exploitation en temps réel des données du champ de bataille grâce à l’IA.L’innovation ukrainienne, modèle de la guerre moderne
Des start-up, des ingénieurs, des développeurs de logiciels civils et des unités combattantes travaillent ensemble dans des cycles extrêmement courts. Là où les...
-
23/06 - Management : les informaticiens, ces héros invisibles de l’entreprise
Dans les entreprises, on ne pense à eux que lorsqu'un énième bug vient gripper la machine. Avec Digital Bullshit Officer (Diateino, juin 2026), le dessinateur François-Xavier Chenevat, alias Fix, rend hommage aux informaticiens, "un service que l’on oublie de remercier quand tout fonctionne bien et qui est sans doute aussi celui qui se moque le plus de lui-même". Dans cette bande dessinée, l'univers des services informatiques et leurs relations avec les autres salariés sont auscultés avec humour. De multiples histoires se succèdent dans un monde où le cloud et l'IA cohabitent avec les geeks et le fameux post-it porteur du mot de passe. La base narrative est très actuelle : le rapport que chacun entretient aux outils numériques et à ceux qui sont chargés de les faire fonctionner.
"J’ai bien baigné dans ces fonctions, je comprends les enjeux, comme l’informatique pour les nuls", sourit Fix, soucieux de désinvisibiliser la population des informaticiens en interrogeant les dimensions sociales, éthiques, philosophiques et économiques des technologies qui nous cernent au quotidien.
Passé par HEC puis par un cabinet de conseil, ce "consultant repenti" se consacre désormais à sa passion mais conserve un œil acéré sur le monde du travail en croquant en direct les colloques, et en collaborant avec les administrations et la presse.Des "plombiers en chef"
Dans cette BD, le dessinateur a imaginé un monde où les salariés ont des têtes d’animaux et des corps d’humains (dans un univers...
-
23/06 - Langue française : le grand flou du nombre de mots
C’est le genre de questions stupides que je me posais depuis un bon moment. Combien de mots existe-t-il dans la langue française ? Et sur ce total, combien de mots connaît un francophone ? Et comme je suis d’un tempérament opiniâtre ("Pas opiniâtre. Têtu !", corrigent généralement mes amis, qui sont d’une mauvaise foi sans nom), j’ai fini par me pencher sur le sujet.
CETTE INFOLETTRE REDEVIENT GRATUITE !
"Sur le bout des langues" reste bien sûr comprise dans l’abonnement à L’Express, mais elle est aussi accessible à tous ceux qui le souhaitent.
Pour s’inscrire, suivez ce lien, sélectionnez "Sur le bout des langues", entrez votre adresse de messagerie dans le bandeau qui apparaît en bas de page et cliquez sur "Valider".
Concernant les éditions Le Robert, voici les chiffres que m’a confiés Géraldine Moinard, sa directrice de la rédaction, concernant les noms communs. Ils permettent de fixer des ordres de grandeur. "Le Robert Benjamin, destiné aux enfants de 5-6 ans, compte 7 000 entrées ; Le Robert Junior, 18 000 ; Le Petit Robert, 65 000 et Le Grand Robert environ 100 000." Du côté de Larousse, les données sont à peu près les mêmes. Quant au Wiktionnaire, il en affiche bien plus (environ 450 000), mais cela tient à deux raisons particulières. D’une part, il s’agit d’un outil numérique, qui n’est donc pas confronté à un problème de place. D’autre part, il intègre aussi bien les mots disparus que les mots rarissimes. Il n’a donc pas la même fonction qu’un dictionnaire...
-
23/06 - "Trump peut faire plus pour l’unité européenne que 2 000 ans de guerres" : l’optimisme de l’historien Roderick Beaton
Roderick Beaton ne craint pas les idées à contre-courant. À l’heure où les partis eurosceptiques font de la souveraineté des États-nations une priorité et gagnent du terrain dans les urnes, l’historien britannique l’affirme : il ne faut pas moins, mais plus d’Europe. Dans Europe, A New History (Allen Lane, non traduit), ce spécialiste de la Grèce antique retrace la longue histoire de l’idée européenne, depuis la première guerre médique jusqu’à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. De ces 2 500 ans d’histoire, il tire une leçon : c’est lorsqu’ils font face à une menace extérieure que les Européens se montrent les plus unis.
De quoi donner un peu d’espoir aux europhiles. Pour ce professeur au King’s College de Londres, la montée en force des grandes puissances et de leurs leaders autoritaires – la Russie de Poutine, la Chine de Xi Jinping et l’Amérique de Donald Trump - offre ainsi "une occasion historique pour l’Europe". Entretien.
L’Express : Avant d’être un espace géographique ou une entité politique, l’Europe serait une idée. Qu’entendez-vous par là ?
Roderick Beaton : Tout part d’un espace géographique. Les Grecs anciens divisaient le monde en trois continents : l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Mais lorsqu’ils furent attaqués par les Perses – venus d’Asie - en 490 avant notre ère, cette distinction s’est chargée d’une dimension idéologique, et cet espace géographique s’est trouvé peu à peu assimilé à une civilisation et à une culture.
Le "choc des continents" décrit...
-
23/06 - Il y a dix ans, les Britanniques votaient pour le Brexit : "Une forme de rébellion contre l’establishment mondialisé"
Cet article a été publié pour la première fois le 29 juin 2016 dans L'Express
Depuis que 52% des Britanniques ont approuvé le Brexit, le Royaume-Uni est menacé d'éclatement, les grands partis se déchirent, la City est inquiète et une partie de la population ne reconnaît plus son pays.
Jamais un discours de victoire n'a paru si funèbre. Quelques heures après l'annonce des résultats du référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 24 juin, Boris Johnson, héros des partisans du Brexit, s'exprime, vêtu de noir, l'oeil sombre : "Je veux dire aux jeunes qu'ils continueront à profiter de l'Europe et d'y voyager."
Pourquoi l'ancien maire de Londres semble-t-il effondré et sur la défensive ? Une partie de l'explication apparaît en bas des écrans de télévision, au moment précis où il prend la parole : la livre sterling décroche, ce matin-là, pour atteindre son niveau le plus bas depuis 1985. En sortant de son domicile, aussi, moins d'une heure plus tôt, Johnson avait été hué par une foule de jeunes Londoniens en colère.
Toutefois, la plus mauvaise nouvelle de la matinée, de son point de vue, est sans doute la déclaration surprise de David Cameron, Premier ministre sortant. Ces deux-là ont longtemps été proches, au point d'échanger plusieurs SMS par jour. Mais ils ne s'adressent plus la parole depuis le 21 février, quand Boris Johnson, à la surprise générale, a pris la tête de la campagne pour que le Royaume-Uni quitte l'UE.
Or, ce 24 juin, à...
-
22/06 - "Un triomphe devenu tragédie" : la démission de Keir Starmer vue par la presse britannique
"Keir Starmer a montré de l'émotion, mais c'est un peu trop tard", titre The Independent, avec une photo du futur ex-Premier ministre devant le 10 Downing Street, au bras de son épouse Victoria Starmer. Et de le comparer à Theresa May, qui occupa le poste trois années durant (2016-2019), "une autre Première ministre qui semblait elle aussi plutôt robotique". La BBC relève également un "discours empreint d'émotion", par contraste avec l'approche de celui qu'elle surnomme "Monsieur Règles", qui "n'a pas su créer un lien avec l'opinion publique".
Keir Starmer avait pourtant bien commencé. Le 5 juillet 2024, après quatorze années de gouvernements conservateurs successifs, il était nommé Premier ministre, dans la foulée du raz-de-marée électoral de son parti, le Labour (plus de 410 sièges remportés au Parlement avec une majorité à 326). Un score impressionnant si l'on jette un œil dans le rétroviseur : lors des élections générales de 2019, les travaillistes n'avaient remporté que 202 sièges, leur plus faible résultat depuis... 1935.
"Que diraient les pupitres de Downing Street s'ils pouvaient parler ?", s'interroge avec lyrisme le très sérieux The Herald. Le quotidien écossais joue sur le comique, et évoque avec ironie les rumeurs autour de la démission du Premier ministre, qui bruissaient depuis quelques jours. "Rendons hommage à cet homme : il a laissé le week-end aux commentateurs pour qu'ils puissent préparer leur analyse à chaud, pendant que lui et sa famille...
-
22/06 - En Iran, la répression des dissidents se poursuit sans relâche
Il s'appelait Nasser Bakerzadeh, il avait 26 ans, et le régime iranien l'a pendu au début du mois de mai. Accusé d'espionnage au profit d'Israël - une accusation qu'il a toujours fermement démentie - le jeune homme compte parmi les 45 personnes, au moins, exécutées par Téhéran pour des motifs politiques depuis le début de l'année.
Car malgré les négociations actuellement engagées entre l'Iran et les Etats-Unis, les exécutions n'ont pas ralenti dans la théocratie. Bien au contraire : la plupart de ces condamnations à mort ont été exécutées au cours des trois derniers mois, rapporte le Wall Street Journal. Une accélération qui intervient quelques mois après les manifestations de janvier, réprimées avec violence par le régime iranien. Une partie des personnes exécutées ces dernières semaines avaient été arrêtées à cette occasion.
Nasser Bakerzadeh, quant à lui, avait participé aux manifestations nationales de 2022, initialement déclenchées en faveur des droits des femmes avant de se transformer en un mouvement de contestation plus large du régime. Arrêté en 2023, il avait été accusé de collaboration avec le Mossad, les services de renseignement israéliens, avant d'être condamné à mort. Jusqu'à son exécution, il a toujours clamé son innocence. De nombreuses personnes arrêtées lors de ces mouvements de protestation demeurent aujourd'hui emprisonnées.Internet et espionnage
Fin avril, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholam Hossein Mohseni-Ejei, s'était engagé à ce que...
-
22/06 - Affaire Lyhanna : "La responsabilité de l’Etat peut être reconnue lorsque des dysfonctionnements graves sont établis"
La plainte a été déposée il y a près d’un an à la gendarmerie de Condom, dans le Gers. Le 18 août 2025, Audrey signale auprès des agents les viols que sa fille Rosa*, 10 ans, aurait subis de manière répétée de la part de Jérôme Barella au domicile de ce dernier. Malgré une audition de la fillette et les preuves médico-légales présentées à la suite de ce dépôt de plainte, l’agresseur présumé ne sera jamais entendu dans ce dossier. Neuf mois plus tard, il est mis en examen et placé en détention provisoire pour le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans. Selon les premiers éléments de la mission d'inspection réalisée sur les éventuels dysfonctionnements dans cette affaire, rendus publics ce lundi 22 juin, "la procédure criminelle [concernant la jeune Rosa] n’a pas été traitée comme prioritaire, tant de la part du parquet d’Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom".
Le 9 juin dernier, la mère de Rosa annonçait justement porter plainte contre l’Etat pour "faute lourde", évoquant sa "colère" au micro de RTL. "On pouvait éviter la mort de Lyhanna si la justice et les personnes qui se sont occupées de mon dossier avaient fait leur job correctement", regrettait-elle alors. Le début d’un combat judiciaire "long et complexe" selon l’avocat en droit public Pierrick Gardien, qui analyse pour L’Express les principaux enjeux juridiques de cette procédure.
L’Express : Comment définir juridiquement la notion de "faute lourde", et dans quelles conditions est-il possible d'engager...
-
22/06 - Clément Beaune : "Le Brexit a été une alerte rouge salutaire pour l’Union européenne"
Ce 23 juin, le Royaume-Uni commémore les dix ans de son référendum sur le Brexit. Un tremblement de terre qui a profondément bouleversé la Grande-Bretagne, mais aussi l'Union européenne. Pour la première fois, un Etat membre décidait de quitter le groupe.
Clément Beaune, successivement conseiller Europe d'Emmanuel Macron (2017-2020) puis ministre en charge des questions européennes (2020-2022), a été au cœur des négociations de ce divorce douloureux. Dix ans après ce vote, le haut-commissaire à la Stratégie et au Plan raconte ses effets sur une Europe loin d'avoir été coulée par le Brexit.
L'Express : Dix ans après le vote sur le Brexit, ce référendum a-t-il fait un vainqueur, que ce soit au Royaume-Uni ou dans l'Union européenne ?
Clément Beaune : Le Brexit n'a été une bonne nouvelle pour personne, ni sur le moment ni dix ans après. Ce choix du peuple britannique n'a pas fait de bien à leur pays, il n'a pas fait de bien à l'Europe. Mais certains prédisaient, voire souhaitaient, que ce soit le début d'un délitement de l'Union européenne, or c'est tout le contraire qui s'est joué.
En réalité, l'UE a non seulement tenu mais elle s'est renforcée, en progressant sur des sujets comme la défense ou le numérique, en résistant aux crises comme celle du Covid grâce au plan de relance, que nous n'aurions probablement pas pu faire aboutir avec le Royaume-Uni. Aujourd'hui, une dizaine d'Etats veut entrer dans l'Union européenne. Le Brexit n'a donc pas acté la fin de l'Europe.
Il...
-
22/06 - Canicule : comment nos voisins européens s’adaptent aux fortes chaleurs
La canicule s’installe, les pays s'adaptent. Plusieurs pays européens enregistrent des températures avoisinant les 40 °C, rendant les conditions de travail particulièrement difficiles. En France, 54 départements seront en vigilance rouge canicule ce mardi 23 juin. Les entreprises incitent au télétravail et proposent d'aménager les horaires afin de limiter la pénibilité des tâches. De plus, près de 1 350 écoles et collèges sont fermés ce lundi, selon le ministère de l'Education nationale. Face à la multiplication des vagues de chaleur, plusieurs pays européens ont déjà mis en place des dispositifs spécifiques.Espagne : un "congé climatique" payé
Depuis les inondations meurtrières à Valence en 2024, qui ont coûté la vie à plus de 200 personnes, l’Espagne a instauré un nouveau congé prévu pour les catastrophes. Le ministère du Travail a inscrit dans la loi, le 28 novembre 2024, le "congé climatique" permettant d’avoir jusqu’à quatre jours de congé par an entièrement rémunérés. Un salarié y accède lorsqu’"il est impossible de se rendre au travail, non seulement parce que la vie individuelle est en danger, mais aussi parce qu’il existe un risque collectif", a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
Dans les faits, ce congé s'applique en cas d'alerte orange ou rouge déclenchée par l'Agence de météorologie espagnole (AEMET), ou lorsque la Protection civile estime qu'il est impossible d'exercer son activité en toute sécurité. Si le télétravail est possible, la...
-
22/06 - Tulsi Gabbard sous l’emprise d’une secte ? Ses étranges liens avec un gourou
L'ancienne patronne du rassemblement américain aurait-elle été influencée par une secte hindouiste ? C'est ce qu'affirme une enquête publiée par le Washington Post. Tulsi Gabbard, qui avait été nommée par Donald Trump, directrice du renseignement intérieur (un poste chapotant la CIA, le FBI et 16 autres agences nationales) a quitté ses fonctions cette semaine.
Sous le feu des projecteurs lors de son passage à ce poste, de février 2025 à juin 2026, les observateurs ont commencé à s'intéresser au passé de cette ancienne élue démocrate, nommée à l'un des postes les plus sensibles du pays. Un nom semble ressortir tout au long de son parcours : celui de Chris Butler, un chef religieux âgé aujourd'hui de 78 ans, et que Tulsi Gabbard a un jour décrit comme "son gourou".
Mais les révélations ne s'arrêtent pas là : des milliers de documents analysés par le quotidien révèlent que le chef de l'organisation politique "Science of Identity Foundation" aurait conseillé, voire donné des injonctions à Tulsi Gabbard, au moins sur la période où elle était élue au Congrès pour les Démocrates, de 2013 à 2021.Mouvement sectaire
Née aux Samoa, Tulsi Gabbard a grandi à Hawaï, au sein du groupe religieux "Hare Krishna" fondé et dirigé par Chris Butler, dont ses parents faisaient également partie. L'organisation pratique une forme d'hindouisme, impliquant la dévotion à la divinité Krishna, la pratique de la méditation et du yoga, et un régime alimentaire particulier. Mais il est considéré...
-
22/06 - TrophyLab : la base de données ukrainienne qui dissèque l’arsenal militaire russe
Et si l'armée russe n'avait plus de secrets ? C'est en tout cas le postulat de l'Ukraine, qui entend tirer parti de ses connaissances militaires accumulées depuis le premier jour de l'invasion russe sur son sol, le 24 février 2022. Mykhaïlo Fedorov, nommé en janvier ministre de la Défense, a annoncé vendredi 19 juin la mise en ligne de TrophyLab. Cette page aux couleurs sombres, qui joue sur les codes futuristes, est en réalité une immense base de données. Elle recense tout ce que l'armée ukrainienne sait des équipements militaires russes. "Chaque missile, drone et véhicule saisi sur le champ de bataille est désormais une source de connaissances pour le monde libre", a écrit sur X Mykhaïlo Fedorov.
Affichant chaque équipement russe comme autant de prises de guerre, TrophyLab recense 115 drones, missiles ou véhicules, classés dans 79 catégories. Chaque notice comprend les caractéristiques techniques, le plan ou encore l'analyse des composants des équipements. En complément, 225 études sont proposées par des laboratoires, des centres d'ingénierie ou de recherche spécialisés dans l'armement. TrophyLab n'est toutefois pas une plateforme ouverte à n'importe qui : le ministre de la Défense précise que seuls "les gouvernements alliés, les laboratoires et les fabricants de technologies de défense" y ont accès sur demande.
Une fois l'enregistrement effectué, les utilisateurs peuvent naviguer dans la base de données, mais aussi demander à recevoir des échantillons physiques pour...
-
22/06 - Mort d’Alan Greenspan, le maestro de l’économie digne "du bon Dieu dans un bon jour"
L'Express du 1er mars 2001
Depuis quatorze ans, le président de la Réserve fédérale américaine passe pour le magicien de l'économie mondiale. Alors qu'outre-Atlantique un ralentissement de la croissance se fait sentir, sera-t-il à la hauteur de sa réputation ?
Ce 5 août 1970, Alan Greenspan n'est encore ni demi-dieu ni président de la Réserve fédérale américaine. Juste un consultant en économie, planté sur un trottoir de Wall Street au milieu de centaines d'employés évacués de leur immeuble par les pompiers. De la rue, il compte les fenêtres à partir du rez-de-chaussée, 30, 31, 32... pour arriver à une conclusion objective et désolante : les flammes infernales émanent bien du 33e étage, en partie occupé par les bureaux de son entreprise Townsend-Greenspan Inc, là où, dix minutes plus tôt, il a abandonné des milliers de pages de prévisions économiques. Sa collaboratrice, Kathryn Eickhoff, entrevoit déjà les cendres de plusieurs mois de labeur. Alan Greenspan, plissant les yeux derrière ses lunettes loupes, se tourne alors vers elle : "Ne t'en fais pas, Kathy, nous n'avons rien perdu." Il se touche la tempe de l'index : "Tout est là."
S'il a inspiré le film La Tour infernale, l'incendie n'a pas touché le bureau de Greenspan. Pourtant, trente et un ans plus tard, c'était bien vrai, "tout est là" dans les méninges du grand maître des taux d'intérêt américain, gardien du premier système bancaire de la planète.
Mais quoi, au juste ? Les commentaires haletants des chaînes...
-
22/06 - Canicule : le retard coupable de l’Europe sur la climatisation
A chaque épisode de canicule, le même ballet se répète. Faute de trouver assez de refuges climatisés, les touristes de passage à Paris finissent à moitié vêtus dans les bassins et fontaines de la capitale. Derrière ces scènes pittoresques se cache une réalité bien moins amusante : la France, et l'Europe dans son ensemble, accuse un retard considérable sur les Etats-Unis et l'Asie en matière de climatisation.
Le mot "raté" n'est pas trop fort. Outre-Atlantique, 90 % des foyers sont équipés, indépendamment du niveau de revenu. En Europe, cette proportion chute à 20 % en moyenne. Même si les perceptions évoluent et que la clim - réversible notamment - connaît un regain de popularité sur la période récente, un fossé persiste. Que rien ne justifie vraiment.
Depuis les années 1980, le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, rappelle un rapport récent de l'observatoire Copernicus. La raison tient à la géographie : l'Europe est proche de l'Arctique, où les températures grimpent trois à quatre fois plus rapidement qu'ailleurs sur le globe. S'y ajoute un dérèglement de la circulation atmosphérique, qui charrie toujours plus d'air chaud venu du Sud. Autant de raisons de se tourner sans complexe vers la technologie pour se rafraîchir.
Or l'Europe dispose d'un atout de poids : une électricité de plus en plus décarbonée, portée par l'essor des renouvelables et la présence du nucléaire. Dans ce contexte, brancher la climatisation sur le réseau n'a...
-
22/06 - Démission de Keir Starmer : la défaite d’une gauche trop prudente et sans vision
Dans une Grande-Bretagne habituée depuis le Brexit aux crises politiques et aux successions précipitées, son départ pourrait apparaître comme un épisode de plus dans l'instabilité chronique de Westminster. Ce serait une erreur. Car l'échec de Keir Starmer raconte quelque chose de plus profond : les limites d'une politique fondée presque exclusivement sur la compétence, la prudence et la gestion. Le paradoxe est saisissant. L'homme qui avait été élu parce qu'il incarnait le sérieux a finalement été emporté par cette même promesse.
Lorsqu'il arrive à Downing Street en juillet 2024, Starmer bénéficie d'un contexte exceptionnellement favorable. Les conservateurs sortent épuisés de quatorze années de pouvoir et de guerres intestines. Le Brexit a fracturé le pays. Le passage éclair de Liz Truss a ébranlé la crédibilité économique du Royaume-Uni. Les électeurs veulent tourner la page.
Mais ils veulent aussi du changement. C'est là que se situe le malentendu fondateur du mandat Starmer : lui et son entourage ont interprété le scrutin de 2024 avant tout comme une demande de stabilité. Or les électeurs n'avaient pas seulement voté contre les conservateurs ; ils avaient également voté pour une amélioration tangible de leur niveau de vie, de leurs services publics et du fonctionnement du pays.La stratégie fragile du "vase Ming"
Ancien procureur, Starmer était parfaitement équipé pour répondre à la première attente. Beaucoup moins à la seconde. En tant que leader de l’opposition, il...
-
22/06 - Défense : l’Allemagne se tourne vers Israël et l’Ukraine pour renforcer son arsenal de missiles
L'Allemagne pourrait se tourner vers Israël et l'Ukraine pour renforcer son arsenal de missiles de croisière longue portée. L'information a été révélée par le média Politico, à partir d'une note interne du ministère de la Défense allemand. Deux entreprises ukrainiennes et une start-up israélienne sont en lice pour remporter le contrat. L'objectif de Berlin : disposer d'armes de dissuasion contre la Russie, tout en gagnant en autonomie vis-à-vis de son partenaire américain, de plus en plus imprévisible.
Selon des responsables au fait du dossier, la direction de l'armement du ministère de la Défense allemand s'intéresse à la start-up israélo-américaine Covenant, fondée en 2024, et "qui prévoit de construire un écosystème d'approvisionnement européen souverain et des lignes de production en Allemagne et au Royaume-Uni", précise Politico.
Les documents de planification mentionnent également deux entreprises ukrainiennes comme candidates pour le programme allemand de missiles de croisière à bas coût, témoignant du saut technologique fait par Kiev concernant son industrie de Défense. L'une d'entre elles est la société Fire Point, qui développe le système "Flamingo", et l'autre, non identifiée, est le fabricant d'un drone-missile à réaction de moyenne portée nommé "Bars". Les deux systèmes sont déjà employés dans la guerre contre la Russie.Menace russe
Les documents du ministère de la Défense allemand reflètent la nouvelle ambition de Berlin : renforcer au plus vite, dès...
-
22/06 - Colombie : Abelardo de la Espriella, un millionnaire d’extrême droite pro-Trump élu président
L'Amérique latine a basculé un peu plus à l'extrême droite, dimanche 21 juin. Selon les premiers résultats de l'élection présidentielle en Colombie, c'est le millionnaire d'extrême droite, Abelardo de la Espriella, 47 ans, qui remporte le scrutin. Ce soutien déclaré de Donald Trump, qui a reçu son appui en retour, l'emporte avec 49,7 % des voix, contre 48,7 % pour le sénateur de gauche Ivan Cepeda, son rival. L'annonce intervient alors qu'au même moment, le Pérou attend les résultats d'une élection présidentielle très disputée, donnant favorite la candidate de droite Keiko Fujimori.
Abelardo de la Espriella, avocat, patrons de plusieurs entreprises et millionnaire, a promis un programme de sécurité intransigeant et des politiques favorables au marché. Surnommé "Le Tigre" par ses partisans, il se présente comme un sauveur "anti-système", capable de relancer une économie colombienne chancelante, et de rétablir l'ordre dans un pays secoué par des groupes armés illégaux et le trafic de drogue.Discours sur la criminalité
Le candidat a commencé à gagner en popularité dès le début de l'année grâce à son discours intransigeant sur la criminalité et l'influence des groupes militaires armés. Il a remporté la victoire au premier tour fin mai avec 43,7 % des voix. Abelardo de la Espriella a souvent été comparé à Nayib Bukele, président du Salvador qui se surnomme lui-même "le dictateur le plus cool du monde". Ce dernier a mis en place des politiques sécuritaires répressives et des...
-
22/06 - Le barbecue, dernier lieu de résistance à l’esprit du temps, par Julia de Funès
Le mois de juin sonne l’heure des barbecues. Joie estivale de millions de Français, le barbecue est peut-être l’un des plus redoutables démentis adressés à l’esprit du temps. On nous dit que tout s’accélère, que tout doit être rapide, et immédiat. Or le barbecue repose sur le temps long. Il suffit qu’un ami lance un joyeux "On se fait un barbec ?" pour que chacun sache immédiatement ce que cela signifie : une journée entière vient d’être condamnée.
Personne ne sait vraiment à quelle heure cela commencera, encore moins à quelle heure cela finira. On promet un déjeuner à midi, on mange à 15 heures. C’est qu’entre les premiers convives qui arrivent à 11 heures et les derniers à 14 heures, pas simple de viser juste. Mais les invités l’acceptent avec une étonnante sérénité. Là où le retard est partout vécu comme une offense, il devient ici une composante du plaisir.
On nous explique que le lien social se délite, que chacun vit enfermé dans sa bulle numérique. Pourtant, il suffit d’un barbecue pour reconstituer spontanément une communauté. Comme dans toute tribu, il y a les habitués, les invités de passage dont personne ne connaît encore très bien le prénom, les enfants surexcités, les adolescents vaguement présents, et les anciens installés à l’ombre. Le barbecue rappelle discrètement que la civilisation est née autour du feu avant de s’organiser autour des écrans.L'autorité dans une culture de l’horizontalité
On nous parle de l’horizontalité, de la disparition des...
-
22/06 - Royaume-Uni : le Premier ministre Keir Starmer annonce sa démission
Contesté depuis des semaines, il a fini par jeter l'éponge. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé ce lundi 22 juin sa démission, cédant ainsi à la pression d'un grand nombre de voix au sein de son parti pour qu'il laisse la place à Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester.
Ce dernier a en effet facilement remporté vendredi dernier une élection législative partielle dans le nord-ouest de l'Angleterre, ce qui était une première étape nécessaire pour évincer Keir Starmer, notamment tenu responsable de la déroute historique du parti travailliste aux élections locales du 7 mai.
Lors d'une courte allocution devant le 10, Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, Keir Starmer a dit, avec des sanglots dans la voix, qu'il avait fait part de sa décision au roi Charles III plus tôt dans la journée, ajoutant qu'il apporterait tout son soutien à son successeur.
Arrivé au pouvoir en juillet 2024 à la faveur d'une nette victoire du Parti travailliste aux législatives après 14 années de gouvernements conservateurs, Keir Starmer a reconnu ce lundi qu'il était clair que son parti voulait son départ. "La question que se pose actuellement mon parti est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections générales. J'ai entendu la réponse de mon groupe parlementaire à cette question et je l'accepte de bon cœur", a-t-il déclaré, précisant que la procédure visant à désigner celui qui le remplacera s'ouvrirait le 9...
-
22/06 - "Le Fils de l’oligarque", par Patrick Radden Keefe : enquête dans un Londres ténébreux
Longtemps, Matthew et Rachelle Brettler, enfants de pères rescapés de la Shoah, n’ont pas voulu médiatiser le suicide suspect de Zac, leur fils de 19 ans, qui sauta du balcon du cinquième étage d’une tour londonienne de Riverwalk, le 29 novembre 2019. Trois ans après le drame, ils ont fini par accepter la proposition de la plume du New Yorker Patrick Radden Keefe de révéler l’affaire au grand public. Après avoir publié son article en février 2024, le journaliste s’est attelé à un livre, Le Fils de l’oligarque (Belfond), impressionnante enquête d’investigation sur la trajectoire de Zac, qui se fit passer, à l’insu de sa famille, pour un fils d’oligarque russe nommé Ismaïlov et installé à Londres. Nourri par deux ans de conversations avec les parents Brettler, le récit retrace, de façon chronologique, leurs relations avec leur fils cadet, leur étonnement et leur désarroi quand ils apprennent ses affabulations. On assiste ainsi à la métamorphose de Zac, enfant insolent et rieur en menteur tourmenté et vantard obsédé par les gangsters, rongé par l’anxiété corrosive de n’être pas assez riche. On constate ensuite la naïveté de Matthew et Rachelle Brettler quant à la "bienveillance" de deux adultes devenus les amis et protecteurs de Zac, Akbar Shamji et Verinder Sharma. Qui, on l’apprend petit à petit, en voulaient à la pseudo fortune du jeune homme.
Car, Akbar Shamji n’est autre qu’un charlatan au bord de la faillite, un dilettante posant à l’entrepreneur de génie, Oscar du...
-
22/06 - Epargne : les ETF sont-ils un placement miracle ?
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Quelque 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur les Exchange Traded Funds (ETF) en 2025 d’après l’Autorité des marchés financiers (AMF), un chiffre en hausse de 83 % sur un an. L’engouement des particuliers se confirme depuis plusieurs années puisqu’ils n’étaient que 223 000 à utiliser ces produits en 2020. De quoi s’agit-il exactement ? Les ETF sont des fonds indiciels cotés en Bourse. Contrairement aux fonds actifs dont l’objectif est de battre l’indice de référence de leur marché, ils cherchent à le reproduire fidèlement....
-
22/06 - Comment riposter à Donald Trump ? La leçon de fermeté de Giorgia Meloni
La défense de la dignité des Européens est venue de là où on ne l’attendait pas : de la droite populiste. Giorgia Meloni, seule dirigeante européenne conviée l’an dernier à l’investiture de Donald Trump, a osé riposter, vertement de surcroît, aux humiliations que celui-ci lui a infligées ces derniers jours. Grâce à elle, les Européens vont peut-être enfin abandonner leur flagornerie face à un président américain impérieux et offensant.
Avant la présidente du Conseil italien, aucun de ses homologues ne s’était risqué à prendre de front l’hôte de la Maison-Blanche. La semaine dernière encore, Emmanuel Macron a déroulé le tapis rouge à Donald Trump à Versailles ; il a applaudi quand, sous les ors de la galerie des Glaces, l’Américain a signé un protocole d‘accord avec l’Iran qui consacre pourtant une victoire stratégique du régime des mollahs. La scène rappelait le sourire affiché par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, lorsqu’elle a conclu l’accord actant la soumission de l’Union aux diktats commerciaux de Washington. Ou encore la servilité de Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, qui s’est aplati devant le président américain par crainte qu’il ne claque la porte de l’alliance transatlantique.
En avalant couleuvre sur couleuvre, les Européens escomptent que les Etats-Unis se réengagent aux côtés de l’Ukraine contre l'agresseur russe. La tactique, suivie depuis que Trump s’est réinstallé à la Maison-Blanche il y a un an et demi, est...
-
22/06 - "C’était de l’inconscience" : du basket à l’hôtellerie, la folle reconversion de David Cozette
A un âge où on vous colle vite l’étiquette de "senior" et où beaucoup estiment que votre vie professionnelle est déjà derrière vous, le témoignage de David Cozette détonne. A 50 ans, cet ancien journaliste sportif, l’une des voix du basket français, marié et père de deux enfants, a pris une décision folle : quitter son métier et la région parisienne pour ouvrir un hôtel-restaurant sur une plage du Var. Le début d’une nouvelle vie semée d’embûches : cinq jours après l’ouverture de l’établissement, la France se confinait une première fois face à l’épidémie de Covid. Le début, aussi, d’un burn-out qu'il a mis du temps à reconnaître. S'ensuit une succession de galères et d’imprévus, financiers notamment. Mais au bout du compte, une incroyable expérience couronnée de succès, où chaque petite victoire compte et s'arrache parfois dans les derniers instants. Un témoignage riche en enseignements pour quiconque souhaite un jour opérer un virage à 180 degrés sur le plan professionnel.
Un épisode du podcast Anatomie d'une décision à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : D’Eurosport à Canal+, en passant par la chaîne L’Equipe, après plus de vingt-cinq ans passés à commenter le basketball, vous décidez un jour de tout quitter pour racheter un hôtel-restaurant près de Toulon. Un univers dont vous ne connaissiez pourtant rien. Inconscience ? Besoin de renouveau ? Qu’est-ce qui vous a poussé à...
-
22/06 - Moyen-Orient : Marco Rubio se rendra, à partir de mardi, dans trois pays du Golfe
De premières discussions se sont tenues dimanche 21 juin en Suisse entre les États-Unis et l'Iran, en présence des médiateurs qataris et pakistanais. Ces négociations doivent permettre, en 60 jours, de parvenir à un accord durable entre Washington et Téhéran, l'accord ayant été signé la semaine dernière n'étant que temporaire.
"Quelques jours de pourparlers" sont à prévoir, d'après le vice-président américain J.D. Vance, qui avait fait part de son optimisme avant de s'envoler pour l'Europe : "Je pense, si tout va bien, que nous allons pouvoir faire avancer le dossier nucléaire tout comme celui du cessez-le-feu au Liban". Alors que de nouvelles frappes ont été échangées ce week-end entre Israël et le Hezbollah, Donald Trump a menacé dimanche de bombarder à nouveau l'Iran si celui-ci n'intervient pas auprès du Hezbollah pour que ses attaques contre l'armée israélienne cessent.
Les infos à retenir
⇒ Les Etats-Unis et l'Iran ont conclu un premier cycle de pourparlers en Suisse
⇒ L'Iran fait état de "progrès majeurs"
⇒ Des discussions techniques sont prévues ce lundi
21h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations.
19h04Donald Trump affirme que l'Iran acceptera des inspections d'armement
L'Iran acceptera de se soumettre à une inspection de son arsenal pour garantir "l'honnêteté nucléaire" sur le long terme, écrit Donald Trump sur son...
-
22/06 - Brexit : si vous revenez, on annule tout
Un mariage coûte cher, un divorce encore plus. Le 23 juin 2016, les Britanniques ont opté pour la rupture avec l'Union européenne, après plus de quarante ans d'une relation dysfonctionnelle. Des noms d'oiseaux ont volé, des assiettes ont été brisées, personne n'a gagné. En Europe du moins.
"Toutes ces années à négocier une nouvelle relation ont eu un coût exorbitant pour notre continent, alors que cette énergie aurait dû être dépensée pour affronter nos vrais problèmes, politiques comme économiques, regrette l'ex-ministre britannique de l'Europe, le conservateur David Lidington, auprès de L'Express. Nos adversaires, eux, avançaient." Pendant nos querelles européennes, la Russie a pu préparer son invasion de l'Ukraine, la Chine resserrer l'étau de notre dépendance économique et les Etats-Unis se radicaliser au point d'envisager d'annexer un territoire européen, le Groenland.
Dans ce nouveau monde, notre continent n'a ni le temps ni l'énergie pour des regrets. A Londres, Keir Starmer a promis un "reset" avec l'UE mais avance à petits pas : retour au sein d'Erasmus, volonté d'intégrer l'Europe de la défense et de l'énergie... Too little, too late ? Le Premier ministre le plus impopulaire de l'histoire britannique n'aurait pas grand-chose à perdre à assumer le désir européen de la Grande-Bretagne, à acter que ses entreprises se porteraient bien mieux dans le marché commun et que, oui, les Anglais sont des Européens comme les autres. Un "Bretour", même non officiel, demeure...
-
22/06 - Canicule : "Le gouvernement minimise l’ampleur de la catastrophe à venir"
La France vit un nouvel épisode de canicule. Celui-ci s'annonce "étendu, durable et intense", averti Météo France, avec un "pic remarquable" attendu entre dimanche et mardi. Les températures dépasseront allègrement les 40 °C dans plusieurs régions. Des seuils qui se normalisent progressivement avec le changement climatique.
Le monde se réchauffe et le pays s'y prépare. Il dispose déjà d'un plan national d'adaptation (Pnacc), dont le ministère de la Transition écologique a tiré un bilan de sa troisième version, lancée l'an dernier. Mais en présentant le climat futur comme une simple translation du sud vers le nord - Paris ressemblera à Montpellier en 2100 -, la communication gouvernementale édulcore la catastrophe à venir, déplore Nathanaël Wallenhorst, auteur de 2049 - Ce que le climat va faire à l’Europe (Seuil, 2025). "Le scénario 'Adapter la France à + 4 °C' donne l'impression qu'il existerait des solutions permettant de rendre acceptable une trajectoire qui ne l'est pas. C’est un mensonge grave et irresponsable", dénonce le chercheur en sciences de l’environnement de l’Université catholique de l’Ouest (Angers), également membre de l’Anthropocene Working Group.
L’Express : Doit-on encore qualifier cet épisode de chaleur d’exceptionnel ?
Nathanaël Wallenhorst : Cette situation tend à se normaliser. Mais ce qui se profile devant nous va encore bien au-delà. Si nous avions 42 degrés tous les quinze jours, les chercheurs ne passeraient pas leur temps à alerter l'opinion...
-
22/06 - Face à l’IA, les écoles revoient en urgence leurs méthodes d’examen
L’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris doit aujourd’hui faire face à un phénomène inédit : l'étonnante hausse des demandes d’aménagement pour les épreuves du concours d’entrée de la part de candidats ayant des besoins particuliers. Parmi eux, des élèves souffrant par exemple de dyslexie ou de dysorthographie obtiennent ainsi des dérogations leur permettant de composer sur ordinateur. "Autoriser l'usage d'un correcteur orthographique classique est un aménagement fondamental puisqu’il leur permet de composer dans les meilleures conditions, souligne Valérie Theis, directrice adjointe lettres et sciences sociales de l’ENS. Le problème est que certains demandent désormais à avoir accès à des logiciels qui utilisent l'IA pour réécrire leur texte, ce qui nous oblige à redoubler de vigilance". En Belgique, l’examen d’entrée en médecine organisé en Flandre en juillet 2025 a enregistré un taux de réussite deux fois plus élevé que celui de la session précédente. Sur les réseaux sociaux, plusieurs candidats se sont vantés d’avoir soumis des questions à l’IA sans être détectés. D’autres, repérés, ont été exclus.
Confrontées à ce phénomène de triche à grande échelle, les grandes universités et écoles européennes sont obligées de revoir en urgence leurs méthodes d’évaluation. Selon une étude Ipsos réalisée en avril 2026 pour Theia, 54 % des jeunes Français de 18 à 25 ans interrogés reconnaissent avoir déjà eu recours à l’IA "pour utiliser des ressources non autorisées lors d’une...
-
22/06 - Volodymyr Zinovskyi : "Près de 90 % des pertes russes sont infligées par des drones"
Plus de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, l’armée russe apparaît plus que jamais à la peine sur le front. En mai, pour le deuxième mois d'affilée, les troupes de Poutine ont même légèrement perdu du terrain, selon les calculs de l’Institute for the Study of War. Au fil des années, une arme s’est imposée comme l’une des pièces maîtresses de la résistance ukrainienne : le drone, dont les performances ne cessent de progresser. "La durée de vie moyenne d'un char sur le champ de bataille n’est maintenant plus que de six minutes. Et c'est uniquement grâce aux drones", évalue Volodymyr Zinovskyi, le PDG de TAF Industries, l’une des entreprises pionnières dans ce domaine. Ce dirigeant - dont la société n’était au départ qu’une simple fondation caritative avant de devenir l’un des principaux fabricants ukrainiens - explique à L'Express comment ces engins ont redéfini les standards de la guerre moderne.
L’Express : Comment l'Ukraine est-elle devenue pionnière dans le domaine des drones ?
Volodymyr Zinovskyi : C'était notre seule option pour survivre. Au début de l'invasion à grande échelle, nous n'avions pas assez d'armes pour nous défendre. Nous étions dans une situation très défavorable face aux Russes, car ils disposaient de beaucoup plus de ressources que nous : plus d'armements, plus de véhicules, et aussi plus de soldats. C’est pourquoi il nous fallait inventer un moyen de changer la nature du conflit grâce à des armes capables de mener une guerre...
-
21/06 - Yossi Cohen, ex-directeur du Mossad : "Nous avons construit en Afrique un petit Téhéran pour nous entraîner"
Il est de retour dans une ville qu'il connaît bien, pour y avoir été en poste au début de sa carrière, dans les années 1980. A l'époque, Yossi Cohen était un katsa en mission à Paris - un des officiers de renseignement du Mossad. Dans les années à venir, il allait grimper peu à peu les échelons, jusqu'à finir à la tête de l'organisation pendant cinq ans, de 2016 à 2021. Une carrière hors-norme, que Cohen raconte dans un livre Combattre pour la liberté, paru aux éditions Michel Lafon en juin.
De passage à Paris à l'occasion de la promotion de son ouvrage, il nous a accordé un entretien, quelques jours après l'annonce de l'accord passé entre les Etats-Unis et l'Iran. Le texte à peine signé, les négociations, qui devaient avoir lieu à Genève ce 19 juin, ont déjà été reportées. Ce mercredi 17 juin, Yossi Cohen affichait son scepticisme face à un texte qu'il désapprouve. Entretien.
L'Express : Quel regard portez-vous sur le deal qui a été signé à Versailles par Trump et qui devrait être ratifié vendredi en Suisse ?
Yossi Cohen : Si je m'exprime du point de vue israélien - en tant qu'ex-directeur du Mossad, quelqu'un qui a travaillé pour la sécurité et la défense de l'État d'Israël - je pense que la guerre entre l'Iran et Israël n'est pas encore terminée. Avec ou sans accord. J'ai été le négociateur pour l'État d'Israël concernant le JCPoA, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, en 2015. Un accord que nous n'avons pas signé - les négociations ont eu lieu entre l'Iran...
-
21/06 - En Italie, Giorgia Meloni prise pour cible par le "nouveau César" de l’extrême droite
C'est une période difficile pour la dirigeante italienne Giorgia Meloni. Alors que les tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Italie sont vives depuis que Donald Trump a insisté sur le fait qu'elle lui avait demandé "encore et encore" de prendre une photo avec lui lors du sommet du G7 en France - ce qu'elle conteste -, un autre homme est en train de bouleverser l’équilibre interne de la droite italienne à l’approche des prochaines élections. Le général Roberto Vannacci, ancien attaché militaire italien à Moscou et figure controversée de l’extrême droite, attire de plus en plus d'élus de la majorité de Giorgia Meloni et une partie de son électorat, avec son parti Futuro Nazionale.
Un récent sondage lui attribue 5,3 % des intentions de vote, un score équivalent à celui de la Ligue. Huit parlementaires issus de la coalition gouvernementale ont aussi déjà rejoint ses rangs, un phénomène que certains observateurs qualifient de véritable "séisme politique", rapporte le Financial Times.Des références au fascisme
Cette percée fragilise grandement Giorgia Meloni. Bien qu’issue du courant postfasciste italien et longtemps connue pour son euroscepticisme virulent, la cheffe du gouvernement a progressivement adouci son discours et élargi sa base électorale depuis son arrivée au pouvoir, non sans décevoir ses supporters les plus idéologiquement marqués. Pour le politologue Lorenzo Castellani, la progression de Roberto Vannacci constitue en effet "une alerte rouge" pour la...
-
21/06 - Giovanni Orsina : "Une victoire du RN en 2027 ne suffirait pas à faire tomber le système en place"
Et si Donald Trump, Giorgia Meloni ou encore Viktor Orban étaient en fin de compte des (contre)-révolutionnaires et que des Pedro Sanchez, Emmanuel Macron, Raphaël Glucksmann et consorts s'avéraient être de parfaits conservateurs ? Cette thèse qui renverse à 180 degrés nos grilles de lecture communément admises, c'est celle de l'historien italien Giovanni Orsina. Professeur d'Histoire contemporaine à l'université Luiss de Rome, cet esprit libéral explique dans son essai (Controrivoluzione. Una storia politica del nostro tempo) comment, le libéralisme et ses excès auraient planté les graines du populisme, qu'il appréhende comme un mouvement "contre-révolutionnaire". Mais si Giovanni Orsina estime que ces "contre-révolutionnaires" ont la capacité d'engranger de nettes victoires électorales sur le Vieux Continent, à l'instar de Marine Le Pen en France, en 2027, les chances qu'ils parviennent à transformer la société en profondeur demeurent limitées. Entretien.
L'Express : Comment comprendre cet étrange paradoxe que vous amenez selon lequel ceux l'on perçoit comme des conservateurs seraient en réalité des contre-révolutionnaires, et que ceux qui se présentent comme les héritiers des révolutionnaires seraient, à l'inverse, des conservateurs ?
Giovanni Orsina : Le mouvement de réaction contre le processus révolutionnaire de ces dernières décennies a pris de nombreuses formes. À droite, dans certains cas — par exemple celui de Giorgia Meloni —, il s’est rattaché à la tradition...
-
21/06 - Le roi Charles III serait-il de gauche ? La question qui a longtemps agité l’Angleterre
Après la mort de sa mère la reine Elizabeth II, le 8 septembre 2022, le prince Charles est devenu roi à l'âge de 73 ans. L'année de ses 40 ans, L'Express avait consacré sa couverture à l'éternel prétendant à la couronne britannique et dessiné le portrait d'un prince de Galles loin de l'austère cour d'Angleterre.
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 8 juillet 1988
Il refuse l'argent de l'Etat. Il paie volontairement ses impôts. Il va dans les ghettos de Londres. Il se bat contre le chômage, le racisme, les promoteurs... Too much ? La reine s'inquiète. Mrs Thatcher s'irrite.
Le vent glacial qui remonte la Tamise souffle sur les quais déserts de Victoria Embankment. Des dizaines de clochards ont trouvé, sous le pont Waterloo, un morne refuge aux averses qui balaient Londres en cette nuit de novembre. Malgré l'heure tardive, trois ou quatre silhouettes s'avancent avec précaution entre les flaques d'eau, qui reflètent par éclats le faisceau d'une torche électrique.
Sous les arches de pierre noire, des corps serrés les uns contre les autres s'agitent dans le rayon lumineux : visages mangés par la barbe, yeux clignotants lourds de sommeil, bouches édentées d'où sortent des grognements de protestation. Les braseros clandestins rougeoient sur les pavés humides. Indifférent à l'odeur aigre et aux altercations, le petit groupe de visiteurs s'attarde longuement au milieu des clochards. Aucun d'entre eux n'a reconnu l'homme qui, depuis près de deux...
-
21/06 - Aux origines du Brexit en 2013 : "Que deviendrait l’Europe en cas de sécession d’Albion ?"
Cet article a été publié pour la première fois le 9 janvier 2013 dans L'Express
L'Histoire, paraît-il, s'écrit toujours deux fois : d'abord en tragédie, ensuite en comédie. Mais il arrive que ce soit le contraire. La menace de sortie de la Grèce de l'Union européenne - le fameux "Grexit" - aurait été, en dépit des apparences, moins grave que ne le serait le "Brixit" (ou "Brexit"), le départ du Royaume-Uni. Or, si la première éventualité s'éloigne, la seconde n'est plus totalement irréaliste. Alors que 56 % des Britanniques se disent favorables à un retrait, le Premier ministre britannique, David Cameron, pourrait, dans les prochains jours, annoncer la tenue d'un référendum sur le sujet pour 2015.
Que deviendrait l'Europe en cas de sécession d'Albion ? Au début, les Européens se réjouiraient d'être débarrassés de ce partenaire récalcitrant, toujours au bord du chantage et dont l'exigence de faire de l'Europe une simple zone de libre-échange sans en accepter les contraintes budgétaires ou sociales rend le navire ingouvernable. Puis ils constateraient l'étendue des dégâts : le mauvais coucheur est contributeur net au budget européen de 10 milliards d'euros, et ses 63 millions d'âmes en font la troisième puissance de l'Union. Sans elle, l'Europe perdrait de sa puissance et de sa superbe face au G 2, l'Amérique et la Chine.Une double tragédie
Les Britanniques paieraient leur isolationnisme au prix fort. "Ce serait une double tragédie, admet The Economist, hebdomadaire...
-
21/06 - Royaume-Uni : quand l’UE finançait, malgré elle, la campagne pro-Brexit de Nigel Farage
Nigel Farage, chef de file du mouvement pro-Brexit du Royaume-Uni, a-t-il utilisé de l'argent de l'Union européenne pour financer sa campagne visant à la quitter ? C'est en tout cas ce qu'affirme le Financial Times ce samedi 20 juin, en s'appuyant sur des documents financiers liés à son ancien groupe au Parlement européen, Europe of Freedom and Direct Democracy (EFDD). D'après ces derniers, environ 1,8 million d’euros issus de fonds européens ont été utilisés pour financer la tournée "Say No to EU" ainsi que d’autres dépenses liées à la campagne référendaire de 2015-2016. Ces fonds proviennent du budget du Parlement européen, lui-même alimenté par les contributions des États membres et donc par les contribuables européens.
En droit britannique, les dons politiques sont strictement encadrés et doivent être déclarés à la Commission électorale. Mais selon Gavin Millar KC, avocat spécialisé en droit électoral, "il existe une liste légale de donateurs autorisés, et elle n’inclut pas le groupe du Parlement européen". "On ne peut pas avoir de l’argent étranger qui entre dans notre politique intérieure, que ce soit pour des élections ou des campagnes référendaires", explique-t-il au quotidien britannique, précisant que "cela soulève des questions sur l’origine de ces fonds, sur la manière dont ils ont été versés et sur le caractère légal de ces opérations", et qu'il "appartient à la Commission électorale d’enquêter".De nombreuses réunions de campagne
Le groupe EFDD ayant disparu...
-
21/06 - Congés, retards et gueule de bois : quand la Coupe du monde bouscule la productivité des salariés
"Alt-tab". Ce raccourci clavier, qui permet de passer rapidement d’une fenêtre à une autre sur un PC, pourrait connaître un pic d'utilisation ces prochains jours chez les salariés passionnés de football à travers le monde. Selon une récente enquête menée par l’éditeur de logiciels de gestion de ressources humaines UKG auprès de 8 000 salariés dans huit pays, ils seraient 14 % à prendre le risque de regarder des matchs de la Coupe du monde en cachette au travail.
Dans certains pays, comme en France, décalage horaire oblige, les opportunités de regarder les rencontres depuis l'open space sont plus rares. Mais les supporters les plus assidus vont tout de même devoir redoubler d’imagination pour concilier ballon rond, sommeil, travail et vie sociale. Face à l’insoutenable risque de manquer un match de l’équipe de France, certains ont pris les devants et consigné dans leur agenda l’ensemble des rencontres des Bleus. Une manière d’éviter un incident diplomatique en annulant au dernier moment un dîner avec la belle-famille, ou de se présenter à un rendez-vous professionnel matinal au lendemain d’un soir de match un peu trop arrosé.
L’attachement à la compétition va parfois loin. Ainsi, 37 % des employés interrogés par UKG comptent modifier leurs horaires de travail pour suivre les matchs. 27 % prévoient de prendre au moins un jour de congé, d’arriver en retard ou de repartir plus tôt du bureau, tandis que 11 % admettent qu’ils pourraient se présenter au travail avec la gueule...
-
21/06 - "Il y aura une nouvelle pandémie, mais sommes-nous prêts ?" Les réponses du Pr Alain Fischer
Il y aura une nouvelle pandémie, seule la date en est inconnue. Densité de populations et contacts avec le monde animal en sont les facteurs favorisants. Quelles leçons tirées du Covid ? A l’époque, le degré de préparation était faible que ce soit en matière de prévention ou de contrôle : peu de surveillance microbiologique du règne animal, réserve de produits indispensables (masques…) insuffisante, recherche sur les coronavirus très limitée en France. A l’échelle européenne, pas de plan coordonné, ni de soutien à la recherche. S’y ajoutait la vulnérabilité sociale des personnes âgées et de celles en situation de précarité. Pourtant, les pays de l’Union européenne, dont la France, ont moins souffert de la pandémie que le reste du monde (avec une moindre mortalité en particulier).
Comment l’expliquer ? Plusieurs facteurs interviennent : un système de santé, malgré ces limites, résilient, des décisions de politique de santé publique fortes et globalement respectées (qu’il s’agisse des confinements ou de la vaccination) ; un apport important de l’expertise scientifique, notamment en ce qui concerne les modèles de projection de l’évolution de la pandémie ; le fait que les pays de l’Union européenne, grâce à une initiative commune, aient bénéficié d’un accès sécurisé aux vaccins développés en un temps record grâce à l’opération américaine Warp speed; et aussi, quoi qu’on en dise, un réseau médiatique ayant diffusé une information de qualité malgré les errances de certains. Il...
-
21/06 - Guerre en Ukraine : comment Kiev tente d’asphyxier la Crimée de Vladimir Poutine
C'est un territoire hautement symbolique, tant pour l'Ukraine que pour la Russie. Jeudi 18 juin, de nombreuses stations-service de Crimée étaient en rupture de carburant, selon des journalistes de Reuters, dans un contexte de renforcement des attaques ukrainiennes visant les lignes d'approvisionnement de la péninsule sous contrôle russe. À Sébastopol, principale ville de Crimée, un correspondant de l'agence de presse a constaté que la majorité des stations-service ne disposaient plus d'essence, malgré les mesures de rationnement instaurées depuis plusieurs semaines. À Eupatoria, station balnéaire de la côte ouest, un autre journaliste a rapporté qu'une importante file d'attente s'était formée devant l'unique station-service encore en activité dans la ville.
Il faut dire que l'Ukraine a intensifié ses frappes de drones contre les deux principaux axes logistiques alimentant la Crimée : les territoires du sud-est de l'Ukraine occupés par la Russie et le pont du détroit de Kertch, qui relie la péninsule à la région russe de Taman. "Nous isolerons la Crimée dans un avenir proche", promettait en effet le commandant ukrainien des forces de systèmes sans pilote, Robert Brovdi, début juin. Face aux difficultés d'approvisionnement, les autorités locales ont instauré un rationnement du carburant via des QR codes - chaque automobiliste peut retirer au maximum 20 litres d’essence par semaine -, tandis que certaines denrées alimentaires commencent également à se faire rares.
Mercredi,...
-
21/06 - Un week-end à Paris : portraits du temps long au musée de l’Homme
Elle s'avance à rebours des imaginaires contemporains cette exposition à l'intitulé explicite – Les Grands Ages –, déployée au musée de l’Homme jusqu’en janvier 2027. C'est qu'ici la vieillesse n’est ni marginale ni adoucie, mais centrale, presque monumentale, grâce au dialogue inattendu, à la fois sensible et rigoureux, ouvert entre le photographe Nikos Aliagas et le biodémographe Samuel Pavard. Sur les cimaises du foyer Germaine Tillion, un visage d’homme, cadré au plus près, laisse apparaître une peau creusée comme une écorce. La lumière s’accroche à chaque ride, révélant une topographie du temps. Plus loin, une paire de mains occupe tout le cadre : larges, noueuses, minérales.
Ces figures, ces fragments de corps, captés au cours de voyages, souvent issus des racines grecques du photographe, racontent une vie entière, jalonnée de tourments. On devine, derrière certains portraits, des silhouettes croisées dans des villages reculés : un vieux assis à l’ombre d’un olivier, regard perdu mais droit ; une femme à la face burinée, drapée de noir, au regard lourd de secrets.L'exposition replace la vieillesse dans une perspective évolutive et sociale.
En contrepoint, les textes de Samuel Pavard viennent élargir la focale. Le chercheur rappelle que la longévité n’est pas une anomalie contemporaine, mais une constante de l’histoire humaine. Bien avant l’ère moderne, les aînés occupaient un rôle central : transmission des savoirs, équilibre des groupes, mémoire vivante....
-
21/06 - Assurance-vie, PER, PEA : comment choisir sans se tromper
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Les Français détiennent 2 115 milliards d’euros sur des contrats d’assurance-vie à fin mars 2026 d’après France Assureurs. Un succès amplement mérité tant ses qualités sont nombreuses. Pourtant, ce n’est pas la seule enveloppe attractive. Quelle est la plus adaptée à votre situation pour investir sur le long terme ?L’assurance-vie, le couteau suisse patrimonial
Difficile, en effet, de faire mieux : l’assurance-vie est souple, liquide et avantageuse du point de vue fiscal. "Soyez serein : ouvrir un contrat d’assurance-vie n’est pas forcément très...
-
21/06 - Donald Trump menace de frapper l’Iran "très fort" si ses alliés au Liban continuent de "causer des problèmes"
Le vice-président américain J.D. Vance est arrivé dimanche en Suisse pour des pourparlers de paix avec l'Iran, tout en contestant les affirmations de l'Iran selon lesquelles le pays aurait refermé le détroit d'Ormuz, voie de navigation essentielle pour le transport d'hydrocarbures.
L'Iran avait en effet annoncé samedi qu'il refermait le détroit d'Ormuz à la navigation commerciale en accusant les Etats-Unis et Israël, qui a une nouvelle fois bombardé le Liban, de ne pas respecter l'accord provisoire signé cette semaine pour mettre fin aux hostilités.
Peu après l'annonce de la fermeture du détroit par l'armée iranienne, le porte-parole ministère iranien des Affaires étrangères avait cependant annoncé qu'une délégation allait s'envoler pour Genève pour mener des négociations avec les Etats-Unis, tout en appelant ces derniers à imposer à Israël de respecter le cessez-le-feu. La cessation des combats au Liban est une condition préalable au lancement de 60 jours de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à résoudre les différends, dont le programme nucléaire iranien. Ce qui n'a pas empêché l'Etat hébreu de mener de nouvelles frappes au Liban samedi, qui ont fait au moins 20 morts, Tsahal disant riposter aux tirs du Hezbollah.
19h05Fin du direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès lundi matin avec les dernières informations. Bonne soirée.
>> Pour suivre notre direct de lundi....
-
21/06 - "Pour les nazis, ce n’était pas un art comme les autres" : comment le IIIe Reich a instrumentalisé la musique
Jusqu’à son crépuscule, il fut son seul vrai dieu. Dans Les maîtres chanteurs du IIIe Reich (Perrin), la germaniste Isabelle Mity revient sur les liaisons dangereuses entre nazisme et musique. La passion absolue de Hitler pour Richard Wagner y occupe une place de choix. A 12 ans, le jeune Adolf découvre Lohengrin à Linz, une épiphanie. "Du premier coup, je fus conquis. Mon enthousiasme juvénile pour le maître de Bayreuth ne connut pas de limites", racontera-t-il dans Mein Kampf. Le futur dictateur s’identifie au tribun Rienzi, héros d’un opéra de jeunesse situé dans la Rome médiévale. Mais au-delà du chromatisme wagnérien, Hitler dévore ses écrits, et notamment Le Judaïsme dans la musique, pamphlet antisémite qui accuse les juifs, à commencer par Giacomo Meyerbeer et Felix Mendelssohn, d’être incapables de créer un art profond, lui préférant par mercantilisme des "petites productions habiles et maniérées". En 1923, Hitler rencontre à Bayreuth Houston Stewart Chamberlain, théoricien racialiste et mari de la fille du compositeur, Eva. Il est surtout adoubé par sa belle-fille Winifred Wagner, la gardienne du temple. Une fois au pouvoir, le Führer sauve le festival, un gouffre financier.
Wagner, chantre de l’art total, influence la bande-son du totalitarisme nazi : le "Heil, Hitler" fait écho au "Rienzi, Heil" de l’opéra, La Marche funèbre de Siegfrid annonce la mort des caciques du régime, Les Maîtres chanteurs ouvrent le congrès annuel du parti… L’ironie, c’est que même les...
-
21/06 - "Je n’aurais jamais imaginé l’étendue de la corruption" : le témoignage choc d’un ancien des services néerlandais
Corruption, menaces et kompromats. Aux Pays-Bas, un livre co-écrit par l'ancien directeur d'un service de renseignement extérieur écorne sérieusement la diplomatie néerlandaise. Pendant sept ans, de 1998 à 2005, Ron de Geraets a été à la tête d'un ovni dans le renseignement européen : le Buitenlandse Zaken (BZ), une organisation n'appartenant ni aux services extérieurs néerlandais (AIVD) ni militaires (MIVD). Entièrement dévolu aux ministères des Affaires étrangères, le BZ était l'endroit idéal pour observer les réussites, mais surtout les faiblesses de la diplomatie néerlandaise.
Dans Onder diplomatieke dekmantel (Sous couverture diplomatique, éd Boom, non-traduit) Ron de Geraets, et l'historien Bob de Graaf livrent un récit stupéfiant. Ce diplomate en poste à Bucarest, qui réceptionnait à l'aéroport des cargaisons de cocaïne en provenance de Colombie en utilisant son passeport diplomatique. Cet autre fonctionnaire qui passe une nuit blanche à tamponner des visas de futurs espions chinois. Ou l'inénarrable Raymond P., accro au jeu, couvert de dettes, qui a transmis des documents classifiés de l'Otan à des officiers traitants russes pendant au moins quatre ans. Un récit vertigineux, qui n'est pas qu'une simple liste d'incidents isolés. De Geraets et de Graaf estiment que cette accumulation a pour origine l'afdekcultuur, une culture de la dissimulation enracinée au sein de la Chancellerie néerlandaise. D'après les auteurs, 70 % des menaces de sécurité sérieuses auxquelles...
-
21/06 - David Cameron, le "loser" du Brexit qui n’en a jamais payé le prix
Les Britanniques se souviendront longtemps du 24 juin 2016. C’est au réveil qu’ils apprennent que leur pays a décidé par 51,8 % de quitter l’Union européenne après quarante-trois ans d’adhésion. Les Ecossais et les Nord-Irlandais, qui ont voté massivement contre le Brexit (respectivement à 62 % et 56 %), sont furieux contre les Gallois mais surtout contre les Anglais qui ont voté à 53,4 % "pour" et ont remporté la mise vu leur poids démographique dans le Royaume-Uni. Les Européens, eux, sont sonnés, et tristes. Certains découvrent que le fameux sens britannique de la mesure a ses limites.
Et tout cela parce qu’un homme, le Premier ministre David Cameron, a cru pouvoir, par ce référendum, calmer les ardeurs anti-européennes d’une frange du parti conservateur dont il est le leader depuis 2005. Quand ses compatriotes le voient quelques heures plus tard devant Downing Street annoncer sa démission avant de regagner "Number Ten" en sifflotant, commentateurs et citoyens sont éberlués devant tant de légèreté.
David Cameron a réussi un exploit rare : perdre l'un des paris politiques les plus lourds de conséquences de l'histoire contemporaine britannique sans jamais vraiment en payer le prix. Dix ans après le Brexit, le pays qu'il a contribué à fracturer cherche encore sa place dans le monde, mais lui continue de voyager entre conférences grassement rémunérées, conseils d'administration, missions diplomatiques et dîners internationaux avec l'aisance d'un homme bien né et bien...
-
20/06 - Pologne-Ukraine : la polémique sur l’UPA fragilise l’alliance face à la Russie
Un différend susceptible d’ébranler une alliance essentielle face à la Russie. En rendant hommage à une unité militaire, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ravivé une blessure historique en Pologne, vieille de 80 ans. En réaction, le président polonais Karol Nawrocki a annoncé, vendredi 19 juin, le retrait de l’Ordre de l'Aigle blanc - équivalent d’une légion d’honneur - décerné en 2023 à son homologue ukrainien pour son rôle dans la résistance à l’invasion russe. Malgré les tensions historiques entre ces deux pays, la Pologne demeure l’un des principaux soutiens militaires de Kiev depuis le début de la guerre en Ukraine.
Dans la foulée de cette décision, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué samedi avoir restitué cette distinction au chef de l’État polonais. "Nous pensions que l’Ordre de l’Aigle blanc, décerné en 2023, était destiné au peuple ukrainien et à notre armée. C’est ce qui avait été dit à l’époque", a-t-il écrit, sur le réseau social X.
La controverse est née fin mai, lorsque Volodymyr Zelensky a rebaptisé une unité de l’armée ukrainienne "Héros de l’UPA", en hommage à ces combattants qui, entre 1942 et 1949, ont lutté contre l’Union soviétique pour l’indépendance de l’Ukraine. En Ukraine, ils sont souvent présentés comme des figures de la résistance nationale. En Pologne, leur mémoire est tout autre : entre 1943 et 1945, l’UPA est en effet accusée d’avoir massacré environ 100 000 Polonais en...
-
20/06 - Le Pain Quotidien, le café-boulangerie belge qui veut séduire les Français
La scène, incongrue, a fait le tour des réseaux sociaux. En pleine matinée, une foule de jeunes coureurs dansent et chantent à tue-tête, sono à fond. En guise de collation, des baguettes et des viennoiseries. Cette "bakery rave" - symbole d'une jeunesse en quête d'un mode de vie plus sain - s’est tenue en mars 2025 dans une boulangerie du Pain Quotidien, à Anvers. Joyeux coup marketing : "l'initiative s'inscrit dans notre campagne visant à manger mieux, adopter un mode de vie actif et s’enrichir d’échanges sociaux", explique la direction de cette chaîne belge, qui cultive une image "healthy" depuis ses débuts en 1990.
A l'époque, Alain Coumont, jeune chef wallon d’un restaurant étoilé, cherche désespérément un pain à la hauteur de ses exigences. Après avoir arpenté, en vain, le plat pays, il décide de lancer sa propre boulangerie spécialisée dans le pain au levain, préparé en 33 heures. En 1992 déjà, il propose des plats végétariens et les sodas sont bannis en 2005. Son mot d’ordre ? La convivialité. Dès l’inauguration de sa première boutique, dans le centre-ville de Bruxelles, Alain Coumont installe une grande table commune. La formule fait mouche et ne tarde pas à s’exporter outre-Atlantique, puis à travers la planète.Le jambon-beurre roi
En 2020, la crise sanitaire secoue le secteur et contraint l'entreprise à se restructurer : le fonds de capital-risque M80 devient l'actionnaire majoritaire, les commandes sont confiées à Annick Van Overstraeten, passée par Leonidas...
-
20/06 - "La Grande-Bretagne cessera d’être une île" : quand le tunnel sous la Manche inquiétait les Britanniques
Cet article a été publié pour la première fois le 6 mai 1994 dans L'Express
Quand une île est rattachée à un continent, le bon sens voudrait que les insulaires s'en réjouissent plus que les continentaux - à moins d'être rétifs aux échanges, au commerce et au monde extérieur en général. Dans le cas particulier des Anglais, les hommes d'affaires et les diplomates comprennent l'intérêt d'une voie souterraine, plus rapide et plus sûre, en principe, que les traditionnels ferries. "Le tunnel sous la Manche est une prouesse technologique, une sorte de trait d'union qui contribuera à rapprocher nos deux peuples !" s'exclame sir Christopher Mallaby, ambassadeur de Sa Majesté en France. Unissant le geste à la parole, il fut parmi les tout premiers à l'emprunter quand il rejoignit son poste, il y a près d'un an. Malgré cet acte de foi, il apparaît que l'ouvrage suscite un certain malaise au sein d'une partie de l'opinion britannique. Car la Grande-Bretagne, techniquement, cessera d'être une île. Dire qu'une page d'histoire est tournée ne suffit pas... C'est l'identité même du pays, telle qu'elle est mythifiée par ses habitants, qui est en jeu.
A l'université d'Oxford, Ralf Dahrendorf, brillant analyste de la société britannique, s'amuse des réactions de ses concitoyens : "Personnellement, je suis de ceux qui peuvent observer la lune pendant de longues minutes sans penser nécessairement aux astronautes qui ont posé le pied dessus. De la même manière, l'innovation et la prouesse...
-
20/06 - Maurice Lévy : "Les géants du numérique américains sont publivores"
Depuis dix ans, le grand manitou de la pub et co-actionnaire de VivaTech Maurice Lévy est aux premières loges des révolutions technologiques. Il a reçu Mark Zuckerberg, Elon Musk, Demis Hassabis et Jensen Huang. Cette année encore, il accueillait Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, Joe Tsai, le cofondateur d‘Alibaba, le premier ministre indien Narendra Modi ainsi que le gratin de la tech européenne (ASML, AMI Labs, etc.). De quoi varier les points de vue sur la révolution IA et la souveraineté technologique.
L’Express : VivaTech attire les plus grands noms de la tech américaine. Mais la récente coupure des modèles d’Anthropic rappelle que l’Europe doit s’autonomiser davantage de la Silicon Valley. A quoi ressemblerait une relation plus équilibrée avec les Américains dans le domaine numérique ?
Maurice Lévy : Beaucoup d’innovations viennent des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde et d’Israël. Il faut apprendre à les utiliser au mieux mais aussi développer nos propres technologies. On a la possibilité de concourir. La source d’espoir vient du niveau de nos normaliens et de nos polytechniciens qui est fabuleux. Nous sommes en avance dans la recherche. Mais nous devons développer une meilleure culture de l'exécution pour transformer cette recherche en objet commercial. La question des financements importe également. Nos entrepreneurs sont prêts à prendre les défis à bras-le-corps. Mais les VC (capital-risque, NDLR) français et européens manquent de culture du risque. C’est...
-
20/06 - Guerre en Ukraine : faut-il rouvrir le dialogue avec Vladimir Poutine ? L’Europe divisée sur la stratégie
L’Union européenne (UE) doit-elle renouer le dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine ? L’épineuse question revient sur la table mais divise aussi les Vingt-Sept, réunis les 18 et 19 juin lors d’un sommet du Conseil européen à Bruxelles.
Revigoré par la signature de son protocole d’accord avec l’Iran, le président américain Donald Trump a fait savoir lors du sommet du G7 à Evian, qu’il accorderait davantage d’attention à la résolution du conflit entre l'Ukraine et la Russie. D’autant plus que, sur le plan militaire, Kiev fait plus que résister à l’envahisseur, frappant en profondeur le territoire russe et menant, jeudi 18 juin, l'une des plus importantes attaques de drones sur Moscou depuis 2022.
Des opportunités que les Européens entendent saisir pour retrouver un rôle actif dans ces négociations de paix, là où Donald Trump avait jusqu'ici préféré discuter seul avec Vladimir Poutine. Mais par quels moyens ? Le timing est-il bon ? Et qui devrait mener ces discussions ? Autant d’interrogations qui opposent deux camps distincts parmi les dirigeants européens."Personne d’autre que Costa"
L’initiative de réouvrir un canal diplomatique avec Moscou est venue du président du Conseil européen, Antonio Costa, qui représente les 27 Etats membres. Son chef de cabinet, Pedro Lourtie, se serait entretenu avec des conseillers du président russe Vladimir Poutine, rapporte Politico. Qu'Antonio Costa tende cette main au Kremlin sans en avertir...
-
20/06 - Comment le Brexit a mis les universités anglaises dans le rouge
En septembre dernier, Aude passe enfin la porte de la très prestigieuse école d’arts du spectacle Urdang, rachetée en 2024 par l’université de City-Saint-George's, à Londres. Après une sélection drastique, cette trentenaire d’origine suisse concrétise un rêve d'enfant. Un rêve devenu très onéreux depuis le Brexit : plus de 3 200 £ pour son visa étudiant, assorti d’une surcharge lui donnant accès au système de santé britannique (NHS), pour ses trois ans de bachelor. "Auparavant, les étudiants européens n’avaient rien à débourser… Ni visa, ni assurance maladie", se désole-t-elle.
Le prix de son année scolaire a également explosé : 21 800 £ pour 2025-2026, quand les jeunes européens déboursaient, avant le Brexit, les mêmes frais qu’un étudiant britannique - soit environ 9 000 £ par an. Une somme considérable qu’Aude a dû prendre en charge seule : les bourses et aides financières allouées avant le Brexit aux Européens sont désormais, pour la grande majorité, réservées aux élèves nationaux. Ces conditions financières ont douché les visées britanniques de nombreux jeunes français, espagnols, italiens ou polonais : entre 2020 et 2024, le nombre d’étudiants du continent inscrits dans l’enseignement supérieur au Royaume-Uni a chuté de 58,5 % selon les derniers chiffres de la Higher Education Statistics Agency (HESA)."Le pays est au milieu du gué"
Rien d'étonnant. Lors de la campagne référendaire de 2016, Boris Johnson et les partisans du Brexit promettaient au Royaume-Uni de...
-
20/06 - Clash diplomatique : l’Italie furieuse après les propos polémiques de Donald Trump sur Giorgia Meloni
Une nouvelle étape a été franchie dans la dégradation des relations entre Donald Trump et Giorgia Meloni, autrefois privilégiées. La Première ministre italienne a vivement réagi vendredi aux déclarations du président américain, qui a affirmé qu'elle l'avait "supplié" de prendre une photo avec lui lors du récent sommet du G7 en France.
Dans une interview téléphonique accordée à la chaîne italienne La7, Donald Trump a assuré que la dirigeante italienne souhaitait à tout prix être photographiée à ses côtés. "Elle avait tellement envie de prendre une photo avec moi. Je ne l'aurais pas fait, mais j'ai eu pitié d'elle !", a-t-il déclaré selon une retranscription publiée par la chaîne.Des propos "totalement inventés"
La réponse de Giorgia Meloni ne s'est pas fait attendre. Dans une vidéo diffusée sur X, la cheffe du gouvernement italien s'est dite "consternée" par des propos qu'elle juge "totalement inventés". "Je ne comprends pas pourquoi le président des États-Unis se comporte ainsi envers ses propres alliés – ce n'est d'ailleurs pas la première fois", a-t-elle déclaré. Elle a également regretté que Donald Trump ne fasse pas preuve de la même fermeté à l'égard des "ennemis de l'Occident" et des États-Unis, avec lesquels il se montrerait selon elle bien plus conciliant.
Cette passe d'armes marque une dégradation spectaculaire des relations entre les deux responsables politiques. Quelques jours plus tôt pourtant, à l'issue du sommet du G7 d'Évian, Giorgia Meloni évoquait...
-
20/06 - "Clément", prix Goncourt du premier roman : l’inceste selon Romain Lemire
Alors que les affaires Bruel et Lyhanna font à juste titre couler beaucoup d’encre, il n’est pas inutile de redire que les garçons aussi peuvent être victimes de violences sexuelles. Deux livres abordant ce sujet encore tabou ont marqué le printemps, et continuent leur vie en librairie : Derrière les arbres de Frédéric Pommier et Clément de Romain Lemire. Le premier s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires, le second à près de 15 000, remportant en prime le prix Goncourt du premier roman. C’est que ce livre poignant est plus qu’un témoignage : comme Kafka dans sa Lettre au père, Romain Lemire transforme sa douleur en littérature. "On va creuser pour prendre de la hauteur", écrit-il à un moment – et le lecteur sort groggy de ces 400 pages vertigineuses.
C’est en juillet 1983, lors de vacances à Belle-Île, que commencent les "cours de sexualité non sollicités". Clément (le double littéraire de l’auteur) a 7 ans. Une nuit, son père s’invite dans son lit et lui impose de lui faire une fellation. Ce ne sera pas la dernière fois. Romain Lemire rapporte ses souvenirs d’enfance avec un ton presque candide qui évoque parfois Le Petit Nicolas. Clément ne comprend pas ce qui lui arrive. Son père, André, a une excellente réputation. Professeur de français estimé, il élève ses quatre enfants à Paris dans un milieu favorisé, bourgeoisie rive gauche catho. La mère ne se doute de rien. Les années passent ainsi entre la ville, la campagne et le bord de la mer, sur fond des deux...
-
20/06 - Un week-end à Paris : l’auteur de BD Enki Bilal prend ses quartiers dans le Marais
Des dieux égyptiens flottant au-dessus de la capitale, des astronautes mélancoliques, des corps porteurs de stigmates, des villes suspendues entre ruines et futur : depuis plus de cinquante ans, il construit un monde qui n'appartient qu'à lui. Son univers foisonnant a enfin trouvé une adresse pérenne dans une petite artère du Marais, où le fonds Enki Bilal consacre une exposition inaugurale à l’œuvre du créateur français né yougoslave, à la croisée de la bande dessinée, de la peinture, des arts graphiques et du cinéma, qui a profondément marqué l’imaginaire collectif. Dès l’entrée, une tête métallisée monumentale représentant l’androïde Exterminateur 17 aux trois mains plaquées sur le visage, ouvre le parcours, tandis que s’affichent, aux murs, les débuts d’un dessinateur précoce.
Enes Bilal - surnommé Enki dans la sphère familiale -, qui a vu le jour à Belgrade, en 1951, arrive en France à l’âge de dix ans, déjà pourvu d’un bon coup de crayon. Remarqué encore adolescent par Goscinny, il est révélé dans les années 1970 par le magazine Pilote. Sa collaboration avec le scénariste Pierre Christin donne naissance à des albums devenus classiques, avant qu’il ne développe une palette personnelle reconnaissable entre toutes, peuplée de personnages mélancoliques, de sociétés en mutation, de visions futuristes traversées par les convulsions de l’Histoire. Une esthétique singulière, dominée par les bleus métalliques, les visages fragmentés et les paysages post-industriels.Enki...
-
20/06 - Placements : les sept conseils pour bien construire son patrimoine
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Préparer sa retraite, protéger sa famille, ou simplement gagner en liberté financière : les motivations pour investir ne manquent pas. Pourtant, face à la multitude de placements disponibles et aux promesses de rendement rapide qui fleurissent sur les réseaux sociaux, beaucoup d’épargnants peinent à savoir par où commencer. Bonne nouvelle, bâtir un patrimoine solide ne relève ni de la spéculation ni du "coup" financier. La performance patrimoniale repose avant tout sur le temps, la diversification et la discipline. Avant de se lancer bille en tête,...
-
20/06 - L’Iran annonce fermer le détroit d’Ormuz à la navigation, en réaction aux frappes israéliennes au Liban
Moins de 24 heures après l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 16 morts samedi, selon la Défense civile libanaise, un retour de la violence qui pourrait mettre en danger le protocole d'accord signé mercredi par l'Iran et les Etats-Unis.
L'armée israélienne a dit avoir déclenché ces frappes en réponse à plus de 50 projectiles lancés contre elle par le Hezbollah. Malgré la violation du cessez-le-feu, Steve Witkoff, l'émissaire du président américain Donald Trump, est en route pour la Suisse, de même que le ministre des Affaires étrangères, selon le site d'informations américain Axios.
La cessation des combats au Liban est une condition préalable au lancement de 60 jours de négociations entre les États-Unis et l'Iran visant à résoudre les différends, dont le programme nucléaire iranien.
18h30Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée.
16h28L'armée américaine dit que 55 navires marchands ont franchi le détroit d'Ormuz samedi
L'armée américaine dit que 55 navires marchands, dont des pétroliers transportant en tout plus de 17 millions de barils de brut, ont franchi le détroit d'Ormuz ce samedi sous la surveillance des navires de guerre américains.
16h21Des discussions "au niveau technique" auront lieu dimanche en Suisse entre les Etats-Unis et...
-
20/06 - Polymarket, Kalshi : quand les bookmakers font peur aux assureurs
Un soir d'avril, près d'une piste de l’aéroport de Roissy, un homme colle un appareil chauffant à un capteur de Météo France. En douze minutes, la température relevée bondit de quatre degrés, puis retombe. Le manège se répète le 15 avril. Sur Polymarket, la plus grande plateforme de marché prédictif, un parieur avait misé sur un relevé parisien à 21 puis 22 degrés. Gain cumulé : 34 000 dollars. Météo France a porté plainte pour altération d'un système de traitement automatisé de données et la police a ouvert une enquête.
L'anecdote serait cocasse si elle ne signalait pas une mutation de fond. Ces marchés, où l'on achète un contrat qui vaudra un dollar si un événement se produit et zéro sinon, ne servent plus seulement à spéculer sur une élection ou un match. Ils commencent à se substituer à l'assurance et à entrer dans tous les secteurs de la vie économique.
À New York, pendant la finale du championnat américain de basket, le bar The Jeffrey a promis à ses clients de régler leur addition si l'équipe locale des Knicks l'emportait. Pour ne pas y laisser sa trésorerie, le patron a placé 5 000 dollars sur Kalshi, le concurrent régulé de Polymarket, sur une victoire des siens. L'équipe gagne, le marché paie et couvre les tournées ; elle perd, l'établissement encaisse le bénéfice d'une soirée pleine de monde. Le procédé n'est pas neuf, le vendeur de meubles texan Jim McIngvale finançait jadis ses promotions par d'énormes paris sportifs, mais l'outil s'est banalisé. Kalshi...
-
20/06 - Les jouets survivront-ils aux écrans ? Derrière "Toy Story 5", la réalité des chiffres
Et si les jouets avec lesquels nous avions à peu près tous joué, enfants, étaient en passe d'être remplacés ? C'est la crainte mise en scène par les studios Pixar dans leur dernier Toy Story. Sorti au cinéma le 17 juin, le scénario de ce cinquième épisode se construit autour de l'arrivée dans le foyer d'une tablette numérique - le "Lilypad". Complètement absorbée par son nouveau jouet, Bonnie, huit printemps, délaisse ses poupées, sa dînette, ses animaux en peluche ; même l'iconique Buzz l’Eclair, avec son casque de cosmonaute, son laser rouge, et qui avait lui-même failli remplacer le shérif vintage Woody, n’intéresse plus l’enfant.
Mais alors, faut-il craindre, à l'instar des petits hommes en plastique de Bonnie, "l'extinction" des jouets dits "traditionnels" ? De prime abord, le scénario de Pixar ne semble pas vraiment épouser le réel. En 2025, le marché a progressé de 6 % aux Etats-Unis pour atteindre 30 milliards de dollars et de 7 % en France où il tutoie les 5 milliards d'euros. Une apparente bonne santé, qui masque néanmoins quelques symptômes plus préoccupants. Le marché des jeux et jouets a connu une forte croissance entre 2024 et 2025, malgré une baisse du nombre d'enfants.
Car si l'on regarde d'un peu plus près, ce sont les ventes de jouets destinés aux jeunes adultes qui ont le plus augmenté ; celles des jouets pour enfants ont reculé de 200 millions d’euros entre 2019 et 2023 en Europe. En France, les parents ont certes dépensé un peu plus par enfant en...
-
20/06 - Charles Michel : "La Commission européenne manque totalement son rendez-vous avec l’Histoire"
Il est venu à Paris pour participer à la manifestation contre les exécutions politiques en Iran, organisée notamment par le Conseil national de la résistance iranienne, et prévue samedi 20 juin, mais la Préfecture de police de Paris a interdit le rassemblement en raison d'un "contexte national et international particulièrement tendu".
À 50 ans, Charles Michel, ancien Président du Conseil européen, n'a plus de fonctions politiques. Membre du cabinet Clay Arbitration, il enseigne désormais au collège d'Europe et à la China Europe International Business School, à Shanghai. L'Europe a - enfin - conscience de sa force, confie-t-il à L'Express. Entre deux piques pour ses "anciens collègues" Ursula von der Leyen et Mark Rutte…
L'Express : Donald Trump présente le projet d’accord avec l’Iran comme une grande victoire, qu’en pensez-vous ?
Charles Michel : J'ai d'immenses doutes quant au fait que ce cessez-le-feu puisse produire des résultats durables, d'autant que des négociations substantielles doivent encore avoir lieu sur des sujets clé, comme le nucléaire ou les missiles balistiques. De fait, peu de monde, dans le milieu politique et diplomatique accorde une confiance à ce régime iranien, dont la parole a peu de valeur. Ne soyons pas dupes : avec les pressions intérieures et les prochaines élections de midterms, il y avait une nécessité politique aux États-Unis à conclure un accord de cessez-le-feu. Remarquons enfin que les objectifs militaires américains - qui n’ont...
-
20/06 - Orqa, le champion croate du drone : les secrets d’une start-up stratégique pour l’Europe
D'un hobby, Srdjan Kovacevic a fait un business. Les produits qu'il fabrique ne sont pas anodins : des drones à double usage, aussi bien civil que militaire. "Aujourd'hui, la majorité de la demande vient du secteur de la défense", reconnaît-il. Une situation peu surprenante dans une Europe angoissée par la guerre des airs qui fait rage en Ukraine.
Ces engins volants s'écoulent par centaines de milliers dans le monde. D'après le groupe d'intelligence économique Fortune Business Insight, le marché des drones militaire ne cesse de croître : estimé à 18,2 milliards de dollars en 2025, il devrait peser 20 milliards cette année et dépasser les 30 milliards en 2034. S'y ajoutent les drones civils, largement utilisés sur le champ de bataille, dont les ventes pourraient atteindre 2,9 milliards de dollars en Europe en 2030, selon les prédictions de Grand View Research.
Problème : la grande majorité des acteurs dépendent actuellement de la Chine. "Il s'agit surtout d'intégrateurs, qui achètent des composants chinois sur étagère afin de concevoir leurs propres systèmes", souligne Kovacevic. Sortir de cette dépendance est le mot d'ordre d'Orqa que cet ingénieur de formation, diplômé en mathématiques financières à Oxford et passé par le fonds souverain croate, a fondé en 2018. L'entreprise située dans la petite ville d'Osijek, à l'est de Zagreb, propose des drones made in Europe, configurés pour l'observation et le renseignement, avec une chaîne de valeur localisée sur le Vieux...
-
19/06 - "Laboratoires secrets" en Ukraine : le dernier cadeau de Tulsi Gabbard aux propagandistes du Kremlin
La directrice démissionnaire du renseignement américain a-t-elle réellement propagé une fake news sur les réseaux sociaux, rapidement reprise par la propagande russe ? Aussi invraisemblable cela soit, c'est bel et bien ce qui s'est produit la semaine dernière sur le compte X de Tulsi Gabbard. Alors que celle-ci s'apprête à quitter ses fonctions le 30 juin, elle a profité de ses derniers jours en poste pour "déclassifier" des documents "sensibles". Et en révéler ce qu'elle dit être le contenu dans une vidéo qui a déjà dépassé les 40 millions de vues sur X.
Elle y affirme que les Etats-Unis financent des programmes de fabrication d'armes biologiques en Ukraine et renvoie vers lesdits documents. "Malgré le risque évident d’impact catastrophique à l’échelle mondiale… Des entités au sein de l’équipe de sécurité nationale de l’administration Biden ont menti au peuple américain sur l’existence de laboratoires biologiques financés et soutenus par les États-Unis", a déclaré Gabbard dans un communiqué de presse.
Today, I’m releasing never before seen intelligence revealing new evidence of past US government funding for more than 120 biolabs in over 30 countries, including Ukraine.
In support of President Trump‘s Executive Order to end federal funding of dangerous gain of function… pic.twitter.com/RkPHnAbka9— DNI Tulsi Gabbard (@DNIGabbard) June 12, 2026
Sauf qu'à y regarder de plus près, il n'en est rien. Aucune mention n'est faite de telles installations secrètes dans les...
-
19/06 - Cuba approuve un virage historique vers l’économie de marché
Les députés cubains ont approuvé jeudi 18 juin, à l'unanimité, des réformes radicales soutenues par le Parti communiste et l'ancien dirigeant Raul Castro, qui marquent un virage historique vers l'économie de marché. Ces mesures ouvriraient une vaste partie de l'économie socialiste du pays à l'investissement privé, dans le but de survivre aux sanctions américaines punitives.
Si ce vaste programme comportant 176 réformes était mis en œuvre tel qu'il a été adopté, il représenterait le plus grand changement apporté au modèle socialiste de Cuba depuis la révolution de 1959 de l'ancien président Fidel Castro, en faisant reculer la politique interventionniste de l'Etat.Une économie refondée
Ces mesures touchent de très nombreux secteurs de l'économie cubaine. Elles ouvrent la porte au développement de l'immobilier privé sur l'île des Caraïbes, proposent de transformer les entreprises publiques en entreprises commerciales privées avec des actions et des participations et permettraient aux banques privées, supervisées par l'Etat, d'entrer dans le secteur financier cubain autrefois dominé par l'État.
Ces réformes impulseraient également des changements majeurs pour les entreprises privées existantes, longtemps limitées par les politiques locales. Pour la première fois, elles seraient autorisées à embaucher plus de 100 employés. Autre nouveauté, il sera désormais possible de détenir plusieurs entreprises privées.
Enfin, les mesures adoptées par les députés permettraient également...
-
19/06 - Cancer : pourquoi certains malades développent de mystérieux troubles cérébraux
S’il y a un secteur dans lequel on bichonne les archives, c’est bien celui de la médecine oncologique : par crainte d’être passés à côté d’un indice sur l’état de santé de leurs patients, la plupart des spécialistes conservent soigneusement les analyses, ils annotent scrupuleusement leurs prescriptions et consignent jusqu’au moindre échange informel avec les malades. Une masse de données gigantesque qui avait jusqu’à récemment plutôt tendance à prendre la poussière dans les sous-sols des établissements sanitaires.
Avec l’intelligence artificielle, la situation est radicalement différente : en quelques secondes, les machines les mieux configurées peuvent passer en revue des dizaines et des dizaines de documents et livrer une analyse fine de ce qu’il faut en comprendre. Armées de ces nouveaux excavateurs numériques, des milliers d’équipes scientifiques arpentent désormais les vestiges de l’activité médicale récente à la recherche d'enseignements pour aider les malades.
Parmi ces véritables archéologues médicaux, une petite équipe de l’Institut Curie s’est fait remarquer pour avoir adopté une approche particulièrement originale. Au lieu d'analyser les tumeurs des malades, premier réflexe des oncologues, les chercheurs ont procédé à rebours : ils ont demandé à la machine de s’intéresser à tout sauf aux cellules cancéreuses, regardant partout ailleurs que dans les poumons des patients, là où le cancer s'est mis à proliférer en premier. De curieuses manifestations
Des...
-
19/06 - Ventes de livres : le prix du Livre Inter est-il toujours aussi prescripteur ?
Pour comprendre l’esprit d’un prix littéraire, inutile d’avoir fait Saint-Cyr : il suffit de regarder son palmarès. Dans celui du Livre Inter, créé en 1975, on retrouve notamment (par ordre chronologique) Nina Bouraoui, Nancy Huston, Antoine Volodine, Mathias Enard, Alice Zeniter, Céline Minard, Tristan Garcia ou Mathieu Belezi. C’est un prix de sensibilité plutôt de gauche tendance Télérama, qui ne va pas toujours à la facilité, et récompense à l’occasion des écrivains carrément expérimentaux. Dans la liste homogène des anciens lauréats, un intrus saute aux yeux : le grand Jean Raspail, distingué en 1987 pour Qui se souvient des hommes… (paru chez Robert Laffont). Rappelons que son sulfureux roman Le Camp des saints date de 1973 - il n’était donc déjà plus en odeur de sainteté quand il avait reçu le prix du Livre Inter. Comment expliquer ce mystère ?
N’ayant pas la réponse à cette question, nous parlerons chiffres. Si on prend en compte les vingt dernières années, un prix du Livre Inter assure en moyenne entre 40 000 et 70 000 exemplaires en grand format. Sur la décennie en cours, le record est détenu haut la main par Anne Pauly avec Avant que j’oublie (Verdier), vendu à plus de 100 000 exemplaires en 2020, au sortir du premier confinement, alors que les librairies connaissaient un rebond. Les deux dernières lauréates ont fait moins bien : 25 000 exemplaires pour Phoebe Hadjimarkos-Clarke et Aliène (Sous-sol) en 2024, 30 000 exemplaires pour Florence Seyvos et Un...
-
19/06 - Face à la Russie, la Pologne obtient un soutien militaire clé des Etats-Unis
Washington donne un nouvel élan au projet polonais. Jeudi 18 juin, le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a annoncé dans un message publié sur le réseau social X que les Etats-Unis avaient donné un avis favorable à la proposition de Varsovie. "Pete Hegseth et les Etats-Unis se prononcent favorablement sur la proposition de la Pologne d’établir une base permanente de troupes américaines dans le pays",, a-t-il écrit.
Ce soutien américain est précieux pour Varsovie qui cherche à renforcer durablement sa sécurité. Donald Trump a justifié cette décision par les "très bonnes relations" qu’il entretient avec le président polonais Karol Nawrocki.Une demande de longue date pour une protection renforcée
Le 3 juin, le ministre de la Défense avait déjà formulé la demande suivante sur les réseaux sociaux : "J’ai soumis au secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, une proposition formelle pour l’établissement d’une nouvelle base militaire américaine permanente en Pologne."
L’objectif est de renforcer la sécurité du pays face à la Russie et de consolider le flanc oriental de l’Otan. En effet, Varsovie consacre près de 5 % de son PIB à sa défense. Cette politique s’explique par son emplacement géographique stratégique. Située à proximité de l’enclave russe de Kaliningrad, de la Biélorussie et du corridor de Suwałki, la Pologne consolide sa posture défensive. Les inquiétudes du pays grandissent depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022. Le...
-
19/06 - Une charnière Le Pen-Bardella, Mélenchon à l’aile : l’équipe de France des candidats à l’Elysée
Ce pays n’a pas seulement 60 millions de sélectionneurs, il a aussi 60 millions d’électeurs (ou presque). On savait le vivier de joueurs français talentueux pléthorique, on découvre une pépinière de candidats à l’élection présidentielle tout aussi fourni. Les prétendants sont même assez nombreux pour coucher sur tableau noir deux équipes de onze joueurs : d’un côté, les titulaires, déjà déclarés, expérimentés ou certains de jouer la compétition ; de l’autre, les remplaçants, qui attendent une fenêtre de tir, 500 signatures… ou davantage de reconnaissance. Qui a le coffre pour presser encore un an ? Qui mord la ligne au risque de la franchir ? Qui a assez d’espace pour s’exprimer ? Qui peut trouver l’intervalle pour aller au bout ? Équipe titulaire
Un savant mélange de tauliers expérimentés - pas moins de quatre joueurs participent à leur quatrième grande compétition - et de nouveaux venus certains de pouvoir rebattre les cartes du championnat national. Les ailiers écartent le jeu à l'extrême, les milieux peinent à se positionner et la défense centrale a, pour l'heure, tout d'une charnière gagnante ; mais ce qui compte, ce n'est pas le tableau noir, mais l'animation. Et de l'animation, il y en aura durant l'année qui vient...
Nathalie Arthaud - Gardienne
2027 sera sans doute sa lutte finale, après trois élections présidentielles à défendre les Reds de Lutte Ouvrière. Dans les cages, l’expérience, ça compte. Depuis 2012, Nathalie Arthaud est la gardienne des idéaux...
-
19/06 - Négociations Etats-Unis - Iran en Suisse : ce report de dernière minute qui pose question
A peine l'accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient signé par l'Iran et les Etats-Unis, des doutes refont surface quant à la durabilité de la paix. Ce vendredi 19 juin, les pourparlers qui devaient avoir lieu entre Téhéran et Washington à la station alpine de Burgenstock, en Suisse, ont été annulés, à la dernière minute. La question du nucléaire iranien, sujet très sensible, devait notamment y être abordée.
"Les discussions prévues entre les États-Unis, l’Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportées. La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent", a annoncé le ministère suisse des Affaires étrangères, dans un communiqué publié à l'aube. Pour l’heure, aucune autre date pour le coup d'envoi de ces pourparlers, qui devaient durer 60 jours et permettre de concrétiser l'accord de paix signé à distance ce mercredi, n’a été fixée. "Pas d'information à communiquer", ont tranché les autorités suisses, indique France Inter.Des responsables de la Maison-Blanche déjà sur place
Quelques heures plus tôt, dans la nuit de jeudi à vendredi, la Maison-Blanche avait annoncé que le vice-président américain et architecte de l'accord, J. D. Vance, ne se rendrait pas en Suisse. "Les plans pour les discussions techniques à venir n'ont pas été finalisés, et la délégation américaine s'est préparée à partir à la première opportunité. Mais la logistique pour ces négociations n'a jamais été simple ni prévisible. Pour le...
-
19/06 - Accord entre les Etats-Unis et l’Iran : Israël défie Donald Trump et poursuit ses frappes au Liban
Nul n'était dupe des divergences entre Israël et les Etats-Unis, révélées au grand jour par quatre mois de guerre contre l'Iran. Mais les derniers développements sont une preuve de plus en ce sens. Alors que Donald Trump vient de signer un protocole d'accord avec l'Iran mercredi 17 juin, qui stipule entre autres l'arrêt des combats au Liban, et doit maintenant ouvrir la voie à 60 jours de négociations, Israël défie les Etats-Unis et continue de bombarder son voisin malgré les mises en garde répétées de Washington.Israël continue de pilonner le Liban
Ce vendredi matin, l'armée israélienne a ainsi déclaré avoir mené des frappes pendant la nuit dans le sud du Liban, continuant "de frapper les terroristes du Hezbollah". Le ministère libanais de la Santé a annoncé qu'au moins 18 personnes avaient été tuées et 33 blessées lors de ces bombardements ayant touché 11 villes. "Nous ne quitterons pas la région [NDLR : le sud du Liban] tant que la sécurité d’Israël l’exigera", avait prévenu le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Ce vendredi toujours, l'Etat hébreu a aussi massivement bombardé la vallée de la Bekaa, dans l'est du Liban, après une attaque du Hezbollah ayant coûté la vie à quatre de ses soldats. "Le Liban tout entier doit brûler !", est allé jusqu'à déclarer le ministre israélien de la sécurité Itamar ben Gvir. Ajoutant : "Pour chaque larme versée par une mère israélienne, mille mères libanaises doivent pleurer".
Plus tôt cette semaine, le ministre des Finances - lui...
-
19/06 - Un milliard de déficit chaque jour et pourtant, l’Europe tergiverse face à la Chine
Ça ne peut pas continuer comme ça et pourtant, ça va continuer : inondée par une déferlante de produits chinois qui menace la survie de son industrie et creuse le déficit commercial avec Pékin de quelque 1 milliard d’euros par jour, l’Union européenne reporte toute décision sur une limitation contraignante de ses importations. Le risque de déclencher une guerre commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale semble trop élevé aux yeux de plusieurs dirigeants européens, notamment le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui défend une ligne on ne peut plus accommodante avec la Chine.
L’urgence est là, pourtant. Après un léger mieux en 2023, le déficit commercial bilatéral a dépassé la barre des 300 milliards d’euros en 2024 ; il a atteint 360 milliards (soit environ 1 milliard par jour) en 2025 où pour la première fois, chacun des Etats européens était déficitaire ; il continue à se creuser depuis le début de l’année. A ce rythme, si rien n’est fait, le trou pourrait atteindre 500 milliards d’euros l’an prochain, selon les prévisions des experts de la Commission.
Réunis en Conseil européen ces jeudi et vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens ont débattu des "déséquilibres macroéconomiques mondiaux", une manière diplomatique de parler de l’éléphant chinois sans le provoquer. Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement autour de la table n’ont pas pris de gants pour dénoncer la menace existentielle qui pèse sur l’industrie européenne. Car la...
-
19/06 - Peter Leibinger : "L’IA industrielle est une véritable opportunité pour l’Allemagne"
"La situation économique en Allemagne est critique. Le moral est au plus bas, et il ne s'agit pas de vaines paroles ni de pessimisme." Le 28 janvier 2025, le président de la fédération des industries allemandes (BDI), Peter Leibinger, fraîchement nommé, prononçait son premier discours. Une prise de parole sans concession sur la situation économique d'un secteur en grande souffrance. Le 18 mars, le Bundestag approuvait un plan d'investissements historique et massif dans la défense et les infrastructures avec pour objectif de relancer durablement le pays. Mais la machine est dure à réactiver. L'Allemagne n'a utilisé que les deux tiers des crédits alloués pour 2025. Pire, le gouvernement a récemment divisé par deux sa prévision de croissance, désormais attendue à seulement 0,5 % en 2026.
Auprès de L'Express, Peter Leibinger apporte son éclairage sur les difficultés de l'industrie allemande, pilier de l'économie outre-Rhin. Selon lui, la crise que traverse le pays est avant tout structurelle, nourrie à la fois par la fin des conditions exceptionnelles qui ont soutenu le modèle allemand pendant près de deux décennies, par la montée en puissance de la concurrence chinoise et par les bouleversements liés à la transition énergétique et à l'intelligence artificielle. Si le porte-voix des industriels allemands refuse de parler de déclin irréversible, il identifie trois urgences : réduire les coûts, alléger la bureaucratie et retrouver le goût du risque et de l'investissement....
-
19/06 - Après le G7 et Versailles, Emmanuel Macron tire son double bilan
Un ordre retrouvé dans l'espace mondial et un pays remis en état en l'espace d'une décennie. À l'aube de sa dernière année à l'Élysée, c'est bien un double bilan qu'Emmanuel Macron compte défendre jusqu'au dernier quart d'heure et cela a commencé ce jeudi soir sur France 2. Invité sur le plateau de L'Évènement à tirer les conclusions du G7 à Évian et de la venue de Donald Trump à Versailles, le chef de l'État a établi des ponts entre l'extérieur et l'intérieur, l'étranger et le domestique, afin d'articuler les deux dimensions de son action. En matière d'héritage, on n'est jamais mieux servi que par soi-même ; pis, on n'est jamais moins bien servi que par ses deux anciens Premiers ministres candidats à sa succession, alors pourquoi se priver ?
Après la signature inattendue de l'accord entre les États-Unis et l'Iran au château de Versailles et, en conséquence, le redémarrage du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, le président de la République a habilement souligné son rôle dans les négociations entre les deux pays. Alors que bien des analystes ont pointé le manque de cartes dans le jeu de la France, et a fortiori des Européens, pour peser sur la situation au Proche-Orient, Emmanuel Macron a au contraire affiché, à plusieurs reprises, son influence et son opiniâtreté. "Mon rôle, c'est d'agir, de proposer, d'être à la manœuvre (...), a-t-il notamment expliqué. Nous avons poussé pour que [l’accord] se fasse. J’ai appelé durant tous ces mois et le président Trump, et le...
-
19/06 - Marguerite Collignan (Banque de France) : "La culture financière des Français progresse régulièrement"
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Dix ans après le lancement de la stratégie Educfi de la Banque de France, sa directrice de l’éducation financière, Marguerite Collignan, évoque les défis des prochaines années.
L'Express : Quel est le rôle de la Banque de France en matière d’éducation financière ?
Marguerite Collignan : Il y a dix ans, la Banque de France a été désignée par l’Etat comme opérateur national de la stratégie d’éducation économique, budgétaire et financière ("Educfi"), dans le cadre des recommandations de l’OCDE. L’objectif est de donner à chacun les clés pour comprendre...
-
19/06 - Santé mentale : une grande cause nationale, vraiment ? Par le Pr Antoine Flahault
En 2018, le Premier ministre avait déclaré "grande cause nationale" la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2024, c’était la promotion de l’activité physique et sportive. Puis Michel Barnier et Sébastien Lecornu ont tour à tour choisi la santé mentale en 2025 et 2026. La liste des "Grandes causes" qui s’égrènent depuis 1977 ressemble un peu à un inventaire à la Prévert. Ce sont tantôt des associations, tantôt des enjeux qui reçoivent ce label : on y retrouve "le Secours populaire" (1991), "les Petits frères des pauvres" (1996), ou encore "la lecture" (2021).
La "Grande cause nationale" n’est cependant pas toujours Le Grand soir. Si elle ne permet pas de transformer en profondeur la situation, au moins devrait-elle chercher à envoyer un signal fort et augmenter la cohésion nationale autour d’une problématique, avec des objectifs et des enjeux pour la nation jugés supérieurs. Elle suscite alors des attentes et des espérances et donc, inévitablement et de manière presque inversement proportionnelle, des déceptions et de l’insatisfaction. La santé mentale, déclarée successivement deux années de suite "Grande cause" nationale par deux Premiers ministres successifs, ne devrait pas faire exception à cette règle.Déstigmatisation et appropriation par le public
On évoque aujourd’hui plus facilement la santé mentale qu’autrefois. On en parle à l’école, en entreprise, dans le milieu agricole, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, en famille, sur les réseaux...
-
19/06 - Des pourparlers israélo-libanais se tiendront à Washington la semaine prochaine
La réunion entre les Etats-Unis et l'Iran prévue ce vendredi 19 juin en Suisse pour entamer les négociations concernant la mise en œuvre du protocole d'accord signé par les deux camps n'aura finalement pas lieu, a annoncé le ministère suisse des Affaires étrangères. Un porte-parole de la Maison-Blanche avait auparavant fait savoir que le vice-président américain J.D. Vance avait annulé son déplacement en Suisse, où une rencontre entre délégations américaine et iranienne était prévue dans le complexe hôtelier du Bürgenstock, près de Lucerne. "La logistique de ces négociations n'a jamais été simple ou prévisible", indique un communiqué, selon lequel la délégation américaine s’est toutefois "préparée à partir à la première opportunité".
Parallèlement, Israël a annoncé avoir procédé à de nouvelles frappes au Sud-Liban dans la nuit de jeudi à vendredi, alors que le protocole d'accord entre Washington et Téhéran prévoit la cessation des hostilités sur tous les fronts.
Les infos à retenir
⇒ Les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran prévus aujourd'hui en Suisse reportés
⇒ Israël et le Hezbollah concluent un cessez-le-feu avec effet immédiat
⇒ Emmanuel Macron "ne croit pas qu'on puisse dire" que la guerre "est totalement terminée"
21h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée.
19h45Deux morts dans une frappe de drone au...
-
19/06 - "Les armées ont désormais besoin d’analyses produites en quelques minutes" : le décryptage du n°2 de Safran.AI
Repérer des déplacements de troupes inhabituels, un trajet suspect d’avion de combat ou l’itinéraire d’une frégate. A partir d’images satellite mais aussi d’images radar ou de signaux acoustiques, le renseignement géospatial permet aux forces armées et services de renseignement de mieux déjouer d’éventuelles menaces. Avec le rachat récent du pôle défense de Kayrros, spécialisée dans l’analyse d’images satellitaires à usage militaire, Safran.AI, anciennement Preligens, a consolidé ses positions dans ce secteur en pleine expansion. Entretien au salon de l'armement Eurosatory, qui se tient à Paris du 15 au 19 juin, avec François Bourrier-Soifer, le directeur délégué de cette filiale du groupe Safran Electronics & Defense.
L’Express : Quels enseignements tirer du conflit en Ukraine dans le domaine du renseignement géospatial ?
François Bourrier-Soifer : Il est encore un peu tôt pour dresser un retour d’expérience définitif. Le conflit en Ukraine a considérablement accéléré la transition vers un renseignement directement au service de l’action militaire. Le renseignement stratégique reste essentiel, mais les armées ont désormais besoin d’analyses produites en quelques heures, voire en quelques minutes.
Cette évolution s’accompagne d’une explosion du nombre d’images disponibles grâce à la montée en puissance du New Space et des constellations satellitaires commerciales. Les besoins en automatisation et en traitement rapide sont donc devenus cruciaux.
La guerre en Ukraine...
-
19/06 - Nucléaire iranien : la mission impossible de Donald Trump
Au cœur des forêts du Tennessee se cache le laboratoire américain ultra-stratégique de recherche d'Oak Ridge. Le 4 juin dernier, les plus grands experts américains sur le traitement de l’uranium et des centrifugeuses nucléaires ont eu la surprise de voir débarquer dans leur centre les deux envoyés spéciaux de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner. Objectif : permettre à l’ex-magnat de l’immobilier et au gendre du président américain de comprendre les rudiments de l’extraction et de la dilution de l’uranium enrichi. Un programme ambitieux en un jour au vu d'un sujet aussi technique, mais une "formation" pourtant indispensable avant d’entamer les 60 jours de négociations face à un adversaire iranien redoutable. Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères, et ses négociateurs, rompus à l’exercice, sont réputés pour avoir un bagage encyclopédique en la matière. "Witkoff a déjà fait preuve de son ignorance sur les questions techniques nucléaires lors des tractations avant la guerre. Il n’avait pas compris ce que l’Iran proposait. C’est l’un des éléments déclencheurs qui a conduit Trump à attaquer l’Iran", rappelle Mark Fitzpatrick, diplomate américain, qui a été secrétaire adjoint à la non-prolifération au sein du Département d’Etat.
Si l'on s'en tient au protocole signé mercredi à Versailles par Donald Trump et qui devait être entériné le 19 juin - la Suisse a annoncé un report -, la mission que s’est fixée le président en matière de nucléaire s’avère encore...
-
19/06 - "Après vingt ans de malentendus et deux vetos gaulliens..." : en 1971, la Grande-Bretagne disait enfin oui à l’Europe
Cet article a été publié pour la première fois le 1er novembre 1971 dans L'Express
Ce jeudi 28 octobre 1971, la Chambre des communes a dit oui à l'Europe. C'est une date qui marquera, à coup sûr, l'histoire de la Grande-Bretagne. Probablement celle de l'Europe. Peut-être celle du monde.
Pour en arriver là, il a fallu surmonter vingt ans de malentendus, amorcés par une bouderie anglaise à l'égard du Marché commun, puis exacerbés par deux vetos gaulliens à la candidature britannique. Il a fallu, aussi, passer par une brouille franco-allemande, par une quasi-scission du Parti travailliste anglais et, enfin, par six jours de débats houleux au Parlement de Westminster.
A 10 heures du soir, jeudi, le speaker (président) de la Chambre des communes, traditionnellement revêtu d'une robe noire et coiffé d'une perruque blanche, aboie plus qu'il ne prononce la motion déposée par le Premier ministre, M. Edward Heath. Elle demande "que cette Chambre approuve la décision de principe du gouvernement de Sa Majesté d'adhérer aux communautés européennes sur la base des arrangements qui ont été négociés". Les députés, alors, se lèvent et vont voter. Cérémonial
Ostensiblement, ils se divisent en deux rangs. Car il n'y a point d'urne ni de bulletins. Selon un cérémonial immuable, ceux qui votent "oui" doivent passer à droite du speaker, pour se retrouver dans le hall du gouvernement, tandis que ceux qui votent "non" doivent passer à gauche, pour se retrouver dans le "hall de l'opposition"....
-
19/06 - G7 : comment le club des puissants est devenu obsolète
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous... Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
La surprise est arrivée en plein repas sous les dorures du château de Versailles. Assis entre Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, Donald Trump a finalement signé mercredi l’accord conclu avec Téhéran quelques jours plus tôt. La formalisation de cet accord intervient dans la foulée du G7 qui se tenait à Évian du 15 au 17 juin.
En Haute-Savoie, aux côtés des dirigeants du G7, parmi lesquels Friedrich Merz et Keir Starmer, le président américain s’était déjà félicité de cet accord, qu’il présente comme une véritable victoire diplomatique.
Bien accueillie par la communauté internationale, cette avancée diplomatique ne suffit pourtant pas à masquer les profondes divergences qui subsistent entre Européens et Américains, au point que certains s'interrogent désormais sur l'utilité du fameux "club des 7".
Dans cet épisode de La semaine européenne, Luc de Barochez, éditorialiste à L’Express et expert sur les questions internationales et européennes, nous aide à comprendre le rôle du G7 et de ses membres.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.
Cet épisode a été écrit par Hugo Duport, présenté par...
-
19/06 - Au Digital College, le troublant destin d’un trésor Pokémon à 2,2 millions d’euros
La chute était prévisible. Et rude pour des milliers d'étudiants qui sont aujourd'hui ballottés d'établissement en établissement, ou pire se retrouvent sur le carreau. Pour des centaines d'enseignants aussi, et de vacataires, qui n'ont pas été payés depuis des mois. Le symbole d'un secteur, celui de l'enseignement supérieur, qui manque singulièrement de règles et de surveillance.
Le groupe Collège de Paris – une trentaine d'écoles post-bac – placé en liquidation au printemps dernier a été en partie démantelé : les écoles encore rentables comme Ascencia business school ont été cédées pour quelques euros au groupe de presse Reworld. Quant aux autres, à l'instar du Digital College, un établissement supérieur spécialisé dans les métiers du numérique, ils ont tout simplement fermé boutique. Au cœur du scandale, une gestion pour le moins hasardeuse, notamment au Digital College créé en 2003 par Ridouan Abagri, entrepreneur autodidacte et vedette autoproclamée de l'écosystème tech tricolore.
Comme nous l'avons révélé dans un précédent article, une enquête menée conjointement courant 2025 par l'Inspection générale des Finances (IGF), l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et celle de l'éducation et de la recherche (IGESR) sur les pratiques du groupe Collège de Paris a abouti à la rédaction d'un rapport, conformément à l'article 40 du Code de procédure pénale, remis au procureur de la République du tribunal judiciaire de Paris en début d'année.
Ce rapport, que...
-
18/06 - Face à la Chine, l’offensive douanière d’Emmanuel Macron gagne du terrain
L’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique ont apporté leur soutien à la proposition d'Emmanuel Macron de créer "l'équivalent d'une section 301 à l'européenne", cet outil juridique utilisé par les Etats-Unis pour imposer des droits de douane ou des restrictions commerciales à des partenaires accusés de pratiques déloyales. L'objectif du président français est de permettre à l'Union européenne de réagir plus rapidement et plus efficacement face à certaines importations jugées problématiques pour l'industrie européenne. En particulier face à la Chine, accusée par plusieurs responsables européens de vendre certains produits à des prix artificiellement bas grâce à ses subventions publiques.
"Il n’y a aucune raison pour que, lorsque notre souveraineté est en jeu, nous ne réagissions pas", avait déclaré Emmanuel Macron le 22 mai dernier. "Nous devons assumer des mesures de défense, c'est-à-dire de sauvegarde, de préférence européenne", avait-il ajouté.
A l'occasion du Conseil européen qui débute ce jeudi à Bruxelles, ces quatre pays réclameront, aux côtés de Paris, qu'un mécanisme juridique dotant l’UE de ce nouveau pouvoir soit instauré, a appris le Financial Times de sources diplomatiques.Des outils jugés insuffisants
Si les contours exacts du futur mécanisme restent à définir, plusieurs responsables européens estiment qu'il devra aller au-delà d'un simple outil de diversification des approvisionnements. "Il faudra probablement aussi un instrument de protection",...
-
18/06 - Syrie : un an et demi après la chute de Bachar el-Assad, la justice toujours attendue
La souffrance des victimes n'a pas disparu avec la chute de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024. Depuis le début du mois de juin, une vague de manifestations traverse la Syrie. Les protestataires dénoncent la lenteur de la justice et réclament des poursuites contre les responsables de la répression menée sous l'ancien président syrien.
Après l'effondrement du régime face à une coalition de rebelles, Bachar el-Assad a fui le pays avec sa famille pour trouver asile en Russie. De nombreux responsables, partisans et miliciens qui lui étaient fidèles ont également pris la fuite ou ont été arrêtés. Le peuple syrien appelle désormais le nouveau gouvernement à poursuivre et juger les auteurs des exactions commises durant les années de guerre.
Les manifestations ont commencé par un "Sit-in de la dignité", le 12 juin à Deir Ezzor en Syrie. Selon le média syrien Levant24, plusieurs centaines d'habitants se sont réunis pour faire entendre leur voix. Le mouvement a ensuite gagné en ampleur, s'étendant à Alep puis à Idlib. "La shabiha d'Assad nous a forcés à partir en bus vers les camps de déplacés sous tente dans le nord du pays", témoigne un manifestant cité par Aawsat. La "shabiha" étant un ensemble de milices fidèles à el-Assad, responsables de répressions violentes contre de la population lors de la guerre civile débutée en 2011.Une soif de justice
Dans plusieurs villes, les protestations ont toutefois cédé la place à des actes de vengeance. Selon L'Orient-Le Jour, un homme a été...
-
18/06 - "La Chine peut aider les Européens à devenir meilleurs" : les leçons d’un universitaire proche de Xi Jinping
Il y a une forme de décomplexion polie dans les propos de Qingguo Jia. Ce professeur à l'école d'études internationales de l'Université de Pékin, également membre de la plus haute instance consultative politique de Chine, parle cash. Avec une forme de condescendance assumée lorsqu'il s'agit d'évoquer les difficultés de l'Europe et son manque de compétitivité. Si les déséquilibres commerciaux sont si amples, c'est tout simplement parce que les produits chinois sont de meilleures qualités et beaucoup moins chers… Rien à voir officiellement avec de quelconques avantages.
Et cet universitaire proche de Xi Jinping de vanter la stratégie chinoise d'investissement en Europe, une stratégie gagnant-gagnant qui permettra au Vieux Continent de profiter des technologies chinoises, de son savoir-faire et de créer des emplois. Après tout, c'est ce que les Occidentaux ont fait en Chine quand le pays s'est ouvert à la mondialisation. Comme un tête-à-queue de l'histoire. De passage à Paris pour un grand colloque organisé par Amundi, ce spécialiste des relations internationales a accordé à L'Express une interview dans laquelle il lance un avertissement aux Européens : arrêtez de suivre les Etats-Unis et travaillez sur votre propre autonomie. Une autonomie sinisée sans doute.
L'Express : Depuis des années, les dirigeants chinois promettent un rééquilibrage de la croissance chinoise, avec une montée en puissance de la demande intérieure et une moindre dépendance aux exportations… Une...
-
18/06 - "Nous ne comprenons pas ce que nous avons développé" : l’appel du prêtre à l’origine du code moral de Claude
Sous les voûtes du sous-sol du Collège des Bernardins où il nous reçoit, Brendan McGuire remplit tout l'espace. Colosse aux yeux azur, brillants, presque enfiévrés, la paume des mains, larges, ouverte. Ce prêtre catholique irlandais, spécialiste de cybersécurité, installé depuis une vingtaine d'années dans la Silicon Valley, est l'un des artisans de la pensée du Vatican sur l'intelligence artificielle. Fin 2025, à la demande des fondateurs d'Anthropic, il a coécrit le code moral de Claude, les grands principes qui encadrent l'IA.
Ce technophile – il utilise Claude tous les jours, pour écrire ses homélies notamment – réclame une pause, une respiration, dans cette course folle à laquelle se livrent les géants de la tech. Il plaide aussi pour la création d'une autorité supranationale qui encadrerait le développement des IA et leurs utilisations, à l'image de ce qui se fait dans le nucléaire. Mais le temps presse pour "reconstruire les murailles de Jérusalem", selon la formule du pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica Humanitas qui appelait, en mai dernier, à "désarmer" l'IA. Une interview exclusive.
L'Express : Vous avez travaillé sur l'écriture de la "constitution" de Claude. Comment en êtes-vous arrivé à rédiger les grands principes qui régissent le comportement de l'IA d'Anthropic ?
Brendan McGuire : Permettez-moi d'abord de retracer mon parcours, qui m'a amené à effectuer ce travail pour Anthropic. J'ai été formé comme ingénieur en Irlande, en génie...
-
18/06 - Face aux menaces russes, l’Otan renforce sa dissuasion nucléaire
L’Europe doit s’attendre à une poursuite du retrait des forces conventionnelles américaines du continent mais à l’inverse, la posture de dissuasion nucléaire de l’Otan va être rehaussée face à la Russie : tel est le message délivré ce jeudi 18 juin à Bruxelles par le secrétaire américain à la guerre, Pete Hegseth, à trois semaines du sommet annuel de l’Alliance atlantique à Ankara.
L’Otan va "continuer à améliorer sa mission de dissuasion nucléaire et, pour ce faire, de moderniser ses capacités nucléaires, de renforcer sa capacité de planification nucléaire et de procéder à des adaptations servant ses intérêts de sécurité", indique un communiqué des ministres du Groupe des plans nucléaires de l'Otan, une structure politique de l’Alliance à laquelle tous les alliés participent sauf la France, en raison de l’indépendance de sa propre force de dissuasion. Les communiqués du GPN sont rarissimes : le précédent remontait à 2007.
Le texte ne précise pas quelle forme pourrait prendre cet engagement renouvelé mais on sait que certains pays alliés, la Pologne notamment, ont manifesté leur intérêt pour participer aux arrangements de partage nucléaire de l’Otan en accueillant sur leur sol des armes américaines. La Finlande, membre de l’Alliance depuis 2023, a quant à elle décidé cette semaine de lever son interdiction de longue date du stationnement d’armes atomiques sur son territoire. Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a salué jeudi ce vote "vraiment historique" du...
-
18/06 - Jordan Bardella en Pologne : le piège russe avant la présidentielle 2027
Soudain, Jordan Bardella se redresse, montre quelques signes d’agacement, coupe son interlocutrice. Piqué au vif, il sort des éléments de langage, et c’est là qu’il peut partir à la faute. Alors que le président du Rassemblement national se rend ces jeudi et vendredi en Pologne, nos confrères de Politico lui ont demandé pourquoi il ne s’est jamais rendu en Ukraine. Après tout, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe y ont récemment fait le déplacement. Pourquoi pas lui ? "Oui, pour eux, c’est un peu le théâtre", moque le jeune patron du RN. Il poursuit, attaque aussitôt : "Quand on voit Édouard Philippe descendre du train avec son pyjama et ses mocassins sur un théâtre de guerre, je pense que ce n’est pas très sérieux."
La saillie est trop excessive pour être efficace. D’autant que le boxeur sait rendre les coups. "Toujours mieux d’être en mocassins à Kiev qu’à la botte du Kremlin à Paris", avait cinglé, sur X, Nathalie Loiseau, qui accompagnait le maire du Havre. Bardella en Pologne ? "C’est Tintin qui découvre l’Europe", persifle aujourd’hui l’eurodéputée.
Dans la célèbre BD, le capitaine Haddock a ses sparadraps ; celui de Jordan Bardella, et par extension du RN, c’est la Russie. Indécollable. Bardella, qui tente de faire oublier les positions historiques de son parti, a beau dire que la Russie représente "une menace multidimensionnelle" pour l’Europe et que ce déplacement "est aussi un geste de solidarité à l’égard d’un pays qui a vu se réactiver à ses...
-
18/06 - Guerre des drones : la peur grandissante de Moscou face aux attaques de l’Ukraine
Des flammes hautes de plusieurs mètres et une épaisse fumée noire qui s'échappe de l'une des principales raffineries de la région de Moscou. L'Ukraine a lancé ce jeudi 18 juin l'une de ses plus importantes attaques de drones contre la Russie depuis deux ans. Au total, ce sont près de 1 000 drones qui ont été interceptés par la Défense aérienne russe sur une large zone, selon un décompte cité par CNN.
A Moscou, où 194 drones ukrainiens ont été abattus, selon le maire, 17 personnes ont été blessées et une raffinerie de pétrole a été endommagée à une quinzaine de kilomètres du Kremlin, provoquant d'importants incendies. Un chiffre bien supérieur à celui d'autres journées d'attaques sur les derniers mois, au cours desquelles l'Ukraine envoyait quelques dizaines de drones. Les vols de tous les principaux aéroports de Moscou sont ainsi temporairement suspendus ce jeudi.
"Nous ne voulons pas cette guerre, nous ne l'avons jamais voulue, tout le monde le sait, nos partenaires le savent aussi", a déclaré Volodymyr Zelensky, cité par Reuters. "Mais si l'Ukraine brûle, Moscou brûlera aussi".
Le président ukrainien a déclaré que ces attaques massives étaient une riposte à la frappe ayant endommagé un monastère historique à Kyiv cette semaine, faisant également 10 morts, lundi. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a riposté à l'attaque de jeudi en lançant sept missiles et 239 drones contre l'Ukraine."En avance" dans la guerre des drones
L'Ukraine a lancé ces derniers mois...
-
18/06 - Le pronostic d’Emmanuel Macron pour 2027, l’invitation surprise d’Edouard Philippe
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Le tête-à-tête de Bruno Retailleau...
Bruno Retailleau ne veut pas s’occuper des "chapeaux à plume" qui renâclent à le soutenir, "j’ai tellement vécu cela avec François Fillon puis avec Valérie Pécresse". Mais il est une figure qu’il soigne : François Baroin, avec lequel il a dîné en tête-à-tête lundi. "Il aide à élargir", "il sera là jusqu’au bout", observe l’ancien ministre de l’Intérieur, qui n’exclut pas l’idée d’un tandem, comme l’évoque Politico.... et ce slogan qui l'intrigue
Qu’opposer au concept, presque entré dans le langage courant, de "nouvelle France", porté par Jean-Luc Mélenchon ? Bruno Retailleau y réfléchit et n’a pas encore trouvé de réponse. "Ce qui est génial avec ce concept, c’est qu’on voit très bien de quoi il parle", a-t-il confié à quelques journalistes quelques jours avant son meeting du 20 juin. Le candidat LR à l’élection présidentielle trouve toutefois matière à se rassurer : Edouard Philippe et Gabriel Attal ne sont pas plus avancés que lui. "La nouvelle France, c’est un concept ; la force d’agir, c’est un slogan", relève-t-il. Jordan Bardella roi du système
L’image de Jordan Bardella assistant au Grand Prix de Formule 1 à Monaco continue de susciter moult commentaires. "Contrairement à Marine Le Pen, lui est vraiment fasciné par le système. Il ne veut pas le...
-
18/06 - Piyush Goyal, ministre indien du Commerce : "Nous sommes en bonne voie vers un accord avec les Etats-Unis"
Rien de tel qu’affronter les mêmes turbulences pour souder une alliance. Comme l'Europe, l’Inde demeure dans l'ombre des Etats-Unis et de la Chine dans la course à l'IA, bien qu'elle dispose d’une vaste réserve d'ingénieurs. Et comme l’UE, l’Inde n’a pas été épargnée par les droits de douane de Donald Trump. Les deux puissances se rapprochent donc naturellement, en particulier dans la sphère technologique. Le Premier ministre indien Narendra Modi a pris la parole ce jeudi 18 juin à VivaTech, plus grand salon européen consacré aux start-up qui se tient jusqu’au 20 juin au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Le 14 juin, il inaugurait avec Emmanuel Macron Bharat Innovates 2026, un sommet rassemblant 120 start-up indiennes deeptech triées sur le volet. Le pays qui s’était hissé en 2025 au quatrième rang des économies mondiales est redescendu cette année au sixième rang. Mais il compte vite remonter dans le classement, en profitant de son immense marché intérieur et de son électricité abordable pour attirer des investissements. Piyush Goyal, le ministre du Commerce et de l’Industrie de l’Inde, détaille cette feuille de route.
L’Express : L'Inde dispose d'un vivier de talents réputé, mais une partie est aspirée par les géants du numérique étrangers, notamment les Gafam. Souhaitez-vous enrayer cette fuite des cerveaux ou en tirer un meilleur parti ?
Piyush Goyal : Notre vivier est assez large pour que ce ne soit pas un problème. Les ingénieurs qui partent à...
-
18/06 - Royaume-Uni : l’élection locale qui pourrait déterminer le sort de Keir Starmer
C'est une élection locale, et pourtant, son résultat pourrait bien transformer l'avenir de la politique britannique. A Makerfield, une petite région du nord-ouest de l’Angleterre, quelque 70 000 citoyens sont convoqués aux urnes ce jeudi 18 juin pour une élection législative partielle. En lice, Andy Burnham, candidat travailliste, et surtout, rival potentiel du Premier ministre britannique. En tentant de faire son retour à la Chambre des Communes après 11 ans d'absence, l'actuel maire du Grand Manchester espère que son siège de député lui permettra d'évincer Keir Starmer, déjà sous pression. Visé par de nombreux appels à la démission, y compris au sein de son propre camp, le chef du gouvernement a essuyé de nombreuses défaites politiques et scandales depuis le début de l'année. Dernière crise en date : la débâcle cuisante du Labour aux élections locales de mai au profit de Reform UK, le parti d'extrême droite porté par Nigel Farage. En réaction, le ministre de la Santé a claqué la porte du gouvernement et invité Keir Starmer à l'imiter.
Et il n'est pas le seul. 80 députés travaillistes ont publiquement appelé leur Premier ministre à démissionner. D'autres, plus discrets, partagent cet avis en privé, indique The Guardian. Et si les résultats du dernier scrutin leur ont fait craindre leur siège, nombre d'entre eux estiment également que Keir Starmer manque de vision politique et de stratégie", relève le média britannique."Le roi du nord"
Aussi, pour impulser un changement,...
-
18/06 - "Donald Trump s’est fait berner" : l’accord avec l’Iran vu de l’étranger
Le produit "d'ambitions irréalistes pour une guerre intenable" : c'est ainsi que The Guardian qualifie, ce jeudi 18 juin, le protocole d'accord conclu par les Etats-Unis avec l'Iran. Les présidents américain et iranien ont signé, la veille, un document de 14 points pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
"Le protocole accomplit tous les objectifs que nous nous étions fixés et plus encore", avait assuré auparavant Donald Trump depuis le sommet du G7 à Évian, en France. Une déclaration loin d'être convaincante, tant les résultats divergent des multiples objectifs annoncés par le locataire de la Maison-Blanche au long du conflit : fin du programme nucléaire iranien, destruction de son stock de missiles balistiques ou encore arrêt des subventions aux groupes armés dans la région. La chaîne MS Now, traditionnellement très critique envers Donald Trump, ne mâche pas ses mots : "La Maison-Blanche a accepté cette prolongation du cessez-le-feu qui ne répondait à aucun de ses objectifs d'avant-guerre, tout en accordant d'énormes concessions financières à Téhéran. Aujourd'hui, l'administration tente désespérément de se justifier. En clair, Donald Trump s'est fait berner par les Iraniens, et personne ne croit à ses mensonges"."Les États-Unis offrent beaucoup en échange de si peu"
"Donald Trump en ressort avec la promesse de l’Iran de ne pas fabriquer de bombe et de poursuivre les discussions sur le nucléaire, sans aucune mention écrite du programme de missiles balistiques, tandis...
-
18/06 - Comment devenir un bon manager ? L’avis à contre-courant du président de l’université IE de Madrid
Hors de l'IA, point de salut ? Face au séisme que provoque cette technologie dans l’enseignement et le monde du travail, Santiago Iñiguez de Onzoño croit au contraire à la force de l'apprentissage des sciences humaines. Il a lui-même puisé dans le Purgatoire de La Divine Comédie pour concevoir des préceptes de management dans son dernier livre, Dante in the workplace, How leaders can avoid the seven deadly sins (Palgrave Macmillan, non traduit). Le président de la prestigieuse université IE de Madrid, loin de se laisser submerger par la "grande peur" de l’IA, encourage les étudiants à garder un esprit critique et table sur l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs.
L'Express : Qu’est-ce qui caractérise un bon manager ?
Santiago Iñiguez : Certaines personnes pensent que pour devenir un bon manager, il faut être un ingénieur et un financier accompli. Que tout ce qui concerne le succès en management est lié au fait de connaître des modèles et de les appliquer à des situations concrètes. Je me souviens de l’anecdote de Peter Drucker [1909-2005]. Ce penseur autrichien est considéré comme le père du management. Il racontait dans ses mémoires avoir assisté à un cours du grand économiste John Maynard Keynes, à l’université de Cambridge. Les autres étudiants dans la salle étaient obsédés par les variations des prix des matières premières. "Moi, ce qui m’intéressait, c’était la manière dont les gens se comportaient", raconte-t-il en substance. Les économistes, ceux qui...
-
18/06 - ChapsVision, le Palantir européen ? Récit d’une percée... et de ses angles morts
L'écran, dans cette salle de réunion du quartier de la Bourse, à Paris, ressemble à la page d'accueil de Google. Une barre de recherche, deux options : "recherche avancée", "recherche massive". Eric Bourry, "architecte" des solutions de ChapsVision, tape le nom d'une personne fictive, que l’on imagine mêlée à une sombre affaire. A l'inverse de la firme de Mountain View, le logiciel baptisé ArgonOS ne dresse pas une liste de liens : il tisse en direct des connexions dans toutes les directions. A qui cette personne a-t-elle téléphoné, qui sont les contacts de ses contacts ? Ont-ils échangé ? Une carte géante marquée de points et de liens — une "ontologie" — se dessine sous nos yeux. Pour un enquêteur, le début d'un savoureux jeu de pistes.
ArgonOS est docile et croise à peu près tout ce qu'on lui donne. Des données géospatiales, relevés téléphoniques, fichiers de l'Assurance maladie, fournisseurs de matières premières… Sans s'embarrasser du format : de l’information "structurée", bien visible sur document PDF, comme du "non-structuré", dissimulé dans un enregistrement audio ou le recoin d’une image. Bienvenue dans le monde mystérieux de l’analyse de données et du traitement par intelligence artificielle. Un marché aux mille cas d’usages, du traçage de la contrefaçon à la logistique, qui intéresse autant les administrations que les industries et grands comptes du CAC40. Sans oublier la défense et le renseignement, qui le désignent sous l’acronyme OTDH, pour outil de...
-
18/06 - Brexit : les leçons de la nuit où j’ai vu le Royaume-Uni basculer, par Catherine Fieschi
Je me souviens de cette nuit de juin 2016 avec précision. J'étais à Londres — ville où j'ai vécu et travaillé pendant de longues années. Européenne de naissance et de conviction, politologue spécialiste des populismes, j'étais aussi, ce soir-là, une citoyenne britannique engagée dans la campagne pour le Remain. Et j’avais peur des résultats : la campagne du Remain n’avait pas été à la hauteur.
D’ailleurs dès le début, j’avais été déconcertée de découvrir à quel point même les défenseurs les plus ardents de l’UE connaissaient mal l'institution qu'ils défendaient. On aimait l'Europe comme on aime un principe — la paix, l'ouverture, la coopération — mais sans jamais pouvoir expliquer le fonctionnement de la Commission, la subsidiarité, ou la logique des directives.
Aurait-ce été le cas partout ailleurs ? Je ne sais pas, mais je découvrais peu à peu (et bien tard) à quel point la relation du peuple britannique a l’Europe avait été atrophiée. D’une part par les coups de boutoirs réguliers de la presse Murdoch et de ses tabloïds, qui finançait le lent poison populiste antieuropéen depuis des décennies. Mais d’autre part aussi par cette ironie qui caractérise la haute politique britannique (quel que soit le camp) et dont le mot d’ordre est de ne jamais rien prendre trop au sérieux - sous peine de passer pour "un continental" un peu excité.
Si cette ironie protège contre les emportements ridicules et la grandiloquence, la prise de distance qu’elle implique conduit parfois à...
-
18/06 - Patrimoine : l’éducation financière, un enjeu primordial
A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
L’éducation financière est un sujet d’intérêt pour tous. A commencer par les premiers concernés : les épargnants. Selon le baromètre 2026 de l’Observatoire SPAK-OpinionWay, 95 % des Français souhaitent mieux comprendre les questions économiques et financières. Les motivations principalement évoquées par les répondants révèlent la crainte de prendre de mauvaises décisions (50%) ou de se faire arnaquer (43%) mais aussi l’envie de gagner en autonomie (40%). Les plus jeunes osent même évoquer l’envie de s’enrichir ! L’accès à l'information facilité par...
-
18/06 - Détroit d’Ormuz, nucléaire, sanctions... Ce que contient l’accord signé par Donald Trump avec l’Iran
Un peu plus de deux mois après l'annonce d'un cessez-le-feu qui a failli voler en éclats à de nombreuses reprises, Donald Trump a signé mercredi 17 juin un protocole d'accord mettant fin à la guerre avec l'Iran, déclenchée le 28 février par des bombardements américano-israéliens sur la République islamique. C'est au château de Versailles, où le président américain était reçu par Emmanuel Macron à l'issue d'un G7 organisé en France, que la signature a eu lieu. "Ce n'était pas facile, je peux vous le dire", a lancé le locataire de la Maison-Blanche au moment de signer, comme le montre une vidéo partagée sur X par le chef d'Etat français.
🚨 President Donald J. Trump has SIGNED the Iran Memorandum of Understanding at Versailles in France. 🇺🇸 pic.twitter.com/JQ6qlbvFAF— The White House (@WhiteHouse) June 17, 2026
Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui aussi officiellement signé le texte, ont rapporté les médias officiels iraniens. D'après le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a servi de médiateur entre les deux parties, le protocole d'accord doit entrer en vigueur "avec effet immédiat".
Le texte dresse une liste de 14 points. Il aborde les questions les plus sensibles comme le démantèlement du programme nucléaire iranien qui doivent être discutées lors d'une période de négociations de 60 jours destinée à "parvenir à un accord définitif", qui pourra être prolongée d'un commun accord.Détroit d'Ormuz et sanctions
Dans le détail, les Etats-Unis et l'Iran...
-
18/06 - En laissant filer la locomotive de l’IA, l’Europe court un grave danger
En 1865, dans les rues de Londres, les passants s’habituaient à un spectacle pourtant étonnant. Les locomotives routières à vapeur (traction engines), avatar le plus spectaculaire de la Révolution industrielle et ancêtres de l’automobile, roulaient au pas, précédées d’un marcheur qui, drapeau à la main, avertissait les piétons et les chevaux du danger encouru à croiser cette machine effrayante. Ce dispositif était imposé par le Locomotives Act, vite surnommé "Red Flag Act". Cette loi exigeait la présence de trois employés par véhicule et plafonnait la vitesse à six kilomètres-heure à la campagne et trois kilomètres-heure en ville.
Le pays qui avait inventé la mécanisation des transports s'était senti obligé de légiférer, par peur du Frankenstein ainsi créé, pour que ces premières automobiles aillent moins vite qu’un passant pressé. Sous couvert de sécurité, le législateur britannique protégeait aussi les rentes du chemin de fer et des diligences, qui voyaient d’un mauvais œil cette concurrence naissante. La hantise de la nouveauté avait fait son œuvre. Il fallut attendre 1896 pour que la loi soit abrogée, soit trente-et-un ans de circulation urbaine à un train de sénateur. Une économie euthanasiée
L’événement fut célébré avec l'organisation d'une course Londres-Brighton baptisée Emancipation Run. L’automobile était libérée mais le coût pour l’Angleterre fut prohibitif. En effet, pendant que les Anglais apeurés agitaient leur chiffon, deux pays entreprenants, innovants...
-
18/06 - Dix ans après le Brexit, la revanche du plombier polonais
Dans les rues d'Hammersmith, quartier chic de l'ouest londonien, difficile de rater cet immense bâtiment aux larges fenêtres grises : sur ses murs, un portrait de Frédéric Chopin, génie du piano, côtoie un grand aigle polonais, le regard fier et les aigles déployées. Les six étages du Posk, le centre social et culturel de Pologne, constituent le QG de la diaspora polonaise au Royaume-Uni. Ses couloirs sont bondés d'élèves qui préparent l'épreuve du A-Level, l'équivalent du bac, dans leur langue maternelle, près d'un théâtre en polonais et d'un café-jazz. "La communauté polonaise reste très dynamique au Royaume-Uni, avec des associations, des chaînes de magasins ou des centres culturels dans toutes les villes, souligne George Byczynski, créateur du média en ligne British Poles et familier des lieux. Même si 100 000 à 200 000 Polonais ont quitté le pays depuis le Brexit, cela signifie que nous sommes encore de 600 000 à 700 000 sur place !"
Alors que la diaspora polonaise avait ravi la première place des communautés étrangères en Grande-Bretagne aux Indiens et aux Bangladais il y a dix ans, le choc du Brexit a inversé la dynamique. D'après l'Office for National Statistics, 25 000 Polonais ont plié bagage l'année dernière, un chiffre en augmentation de 8,7% par rapport à l'année précédente. Seuls 6 000 sont arrivés au Royaume-Uni.Une "vague de haine" qui a provoqué des départs
Le résultat du référendum a été particulièrement violent pour les Polonais, dont la relation...
-
18/06 - "Il est faux de dire qu’il n’est pas rentable d’investir en Europe" : le plaidoyer de la patronne d’Amundi
Il a fallu jouer des coudes pour assister à la prise de parole de l’ancienne secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Janet Yellen. Dans la même enceinte, quelques heures plus tard, un rire nerveux a parcouru le public quand l’universitaire chinois Qingguo Jia, proche de Xi Jinping, a évoqué le chantage aux terres rares comme un levier de la politique étrangère de Pékin, face à l'Américain Kevin McCarthy, l’ancien président républicain de la Chambre des représentants. Le Nobel d’économie Philippe Aghion a quant à lui plaidé avec énergie pour une politique européenne industrielle. L'ex-banquier central Jean-Claude Trichet, l’écrivain Giuliano da Empoli, conseiller du Premier ministre italien de 2014 à 2016, ou encore l’ancien commandant suprême allié pour la transformation de l'Otan, le général Philippe Lavigne, se sont aussi succédé au forum organisé par Amundi au Carrousel du Louvre, devant un parterre d'investisseurs internationaux.
Il faut toute la puissance d’un acteur majeur de la finance pour convier un tel plateau. Dirigée depuis cinq ans par Valérie Baudson, cette filiale du groupe Crédit Agricole dont le siège parisien jouxte la gare Montparnasse, est le numéro un de la gestion d’actifs en Europe, avec près de 2 400 milliards d’encours. Le seul représentant du continent au sein du top 10 mondial. Une exception dans un palmarès trusté par les Américains.
Ce statut, la directrice générale le prend à cœur. "On parle de souveraineté quand il est question de défense, de...
-
18/06 - Accord Iran-Etats-Unis : Emmanuel Macron "ne croit pas qu’on puisse dire" que la guerre "est totalement terminée"
Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian ont signé ce mercredi 17 juin, à distance, le protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre en Iran. C'est depuis Versailles, où il était reçu par Emmanuel Macron, que le président américain a signé le texte. Plus tôt dans la journée, il s'était félicité d'être parvenu à trouver un accord qui a évité une "catastrophe économique" avec Téhéran. Il a toutefois continué de menacer l'Iran de bombardements si la République islamique ne respecte pas les termes du texte.
Celui-ci acte "la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", les deux parties s'engageant "à ne pas lancer d'action hostile" l'une contre l'autre. L'accord prévoit aussi une reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Concernant le nucléaire, Téhéran s’engage à diluer ses stocks d’uranium hautement enrichi.
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump et l'Iran ont signé à distance l'accord pour mettre fin à la guerre
⇒ La période de 60 jours prévue par l'accord avec l'Iran commence ce jeudi
⇒ Emmanuel Macron "ne croit pas qu'on puisse dire" que la guerre "est totalement terminée"
21h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Bonne soirée à vous.
>>> Notre nouveau direct
20h45Emmanuel Macron "ne croit pas qu'on puisse dire" que la guerre "est totalement terminée"
Invité sur France 2 ce jeudi, Emmanuel Macron s’est réjoui de la signature de...
-
18/06 - La plateforme EU Score s’attaque à la cartographie de la tech européenne
Après le choc, les négociations. Quelques jours après la coupure des modèles Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic, les Européens cherchent à obtenir des Américains un statut de "partenaire de confiance", censé leur garantir l’accès aux technologies de pointe jugées sensibles, révèle le Financial Times. La démarche est sensée. Mais quelle qu’en soit l’issue, l’UE aurait tort d'y voir autre chose qu’un pansement. Depuis 20 ans, le Vieux Continent s’est trop reposé sur les séduisants services numériques américains, négligeant de faire émerger ses propres champions.
Cela a deux conséquences. La plus évidente est d’ordre économique. Aucun Européen ne figure aujourd’hui parmi les 15 premières capitalisations boursières mondiales. Les géants technologiques US y dominent de la tête et des épaules avec Nvidia, Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon ou encore, depuis quelques jours, SpaceX. Pis, dans les filières où l'UE était bien placée, l’automobile ou la pharmacie, les industriels voient fondre leur avance face à des rivaux américains et chinois dont la R&D est propulsée par de puissants modèles IA.
Le second front, l’actualité l’a rappelé, est stratégique. Sans la constellation Starlink, l'armée ukrainienne serait aveugle. Sans les cloud US, une bonne part du CAC40 tournerait au ralenti. Et sans les capacités cyber d'outre-Atlantique, nos fortifications numériques afficheraient des trous inquiétants.
Encore faut-il, pour soutenir la tech européenne, savoir ce qu'elle recouvre....
-
18/06 - Brexit : le vote que personne n’avait vu venir
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
C'était il y a dix ans. Le 23 juin 2016, les Britanniques votaient en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. A l'occasion de cet anniversaire, L'Express consacre cette semaine un grand dossier au Brexit.
Un 10e anniversaire qui n’a pourtant rien d’une célébration. Dix ans après le référendum, le Royaume-Uni peine toujours à convaincre des bienfaits de sa rupture avec l'Europe. Très vite, un mot s'est imposé dans le débat public : le "Bregret", contraction de Brexit et de regret. Aujourd’hui, seuls 30 % des Britanniques pensent encore que quitter l’Union européenne était le bon choix. Au-delà des chiffres, le Brexit a profondément transformé la société.
A l’heure du bilan, les conséquences négatives dominent largement le débat. Il faut dire qu’à l’époque, de nombreux experts avaient alerté sur les risques pour le Royaume-Uni d’un départ de l’UE, si bien que dans les hautes sphères européennes, très peu croyaient à la victoire du "leave".
Dans cet épisode d'Hier à la Une, on vous propose de revenir sur ce qu’en disait L’Express il y a quelques années, avant le vote du 23 juin 2016, qui a tout changé pour le Royaume-Uni.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple...
-
18/06 - "A moins d’un milliard, vous ne me dérangez pas" : les candidats à l’Elysée et les déficits, une folie française
Peut-on demander à des candidats, en quête de suffrages, d’être raisonnables quand des ministres d’un gouvernement qui n'a rien à espérer, si ce n'est de durer encore un peu, ne le sont même pas ? Autrement dit : pourquoi nos responsables politiques, dès lors qu’il est question des finances du pays, le sont-ils aussi peu – responsables ? Sébastien Lecornu s’est indigné des premières discussions budgétaires pour 2027, qui font apparaître "plus de 30 milliards d’euros de demandes de financement, dont 24 milliards pour mettre en place de nouvelles dépenses", selon la lettre écrite par le Premier ministre et révélée par Les Echos. L'argent, comme s'il en pleuvait - personne n'a remarqué la canicule ?
Si la sagesse n’est pas du côté du gouvernement, comment imaginer qu’elle le serait du côté de l’Assemblée nationale, et pas seulement celle-ci, fruit d’une sinistre dissolution ? Bruno Le Maire, ministre des Finances de 2017 à 2024, rappelle volontiers que "pendant sept ans, [il n'a] pas vu un seul amendement de réduction des dépenses". Mieux, on a entendu, pas plus tard que la semaine dernière, la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, assurer que "le régime des retraites est quasiment à l'équilibre". Selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit cumulé des différents régimes devrait atteindre 5,1 milliards d'euros en 2025 et, à échéance (certes lointaine, par conséquent incertaine) de 2070, 92,2 milliards d’euros, contre 55,4 milliards d’euros...
-
17/06 - Le téléphone portable interdit au lycée dès le 1er septembre, une tendance déjà bien ancrée en Europe
D'abord proscrits à l'école primaire, puis au collège, les téléphones portables pourraient bientôt disparaître aussi des lycées français. Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a évoqué une application possible dès le 1er septembre, sous réserve de l'adoption définitive de la proposition de loi portée par le député Les Républicains, Jean-Louis Thiériot. "C'est absolument majeur pour nos élèves", a-t-il déclaré sur franceinfo, promettant un accompagnement rapide des chefs d'établissement. Dans le viseur : les effets des écrans sur la concentration mais aussi sur la santé mentale et le climat scolaire.
L'enjeu est loin d'être marginal. Selon le baromètre du numérique 2025 du Crédoc, 71 % des adolescents de 12 à 17 ans déclarent avoir du mal à se passer de leur smartphone plus d'une journée, signe d'une dépendance désormais bien installée.
🔴 Le téléphone portable bientôt interdit au lycée ? ➡️ "Ce sera le 1er septembre, parce que la loi sera très probablement publiée dans l’été […] Je considère que c’est quelque chose d’absolument majeur pour nos élèves", annonce Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale pic.twitter.com/2oaK5J4tkT— franceinfo (@franceinfo) June 17, 2026
Depuis la loi de 2018, l'usage du téléphone portable est interdit dans les écoles et les collèges. L'extension aux lycées s'inscrit dans cette logique de restriction progressive. Soutenue de longue date par Emmanuel Macron, la mesure vise un triple objectif : améliorer les...
-
17/06 - LVMH, la délicate succession de Bernard Arnault : rivalités, secrets de famille et boucle WhatsApp
Bernard Arnault est arrivé un peu en retard à la Fondation Louis-Vuitton. Le temps pour sa femme, Hélène, de déambuler avec le couple Macron parmi les trois cents œuvres de l’artiste Calder, le virtuose américain de l’équilibre, puis ils sont passés à table, et combien la capitale, écrasée de touffeur ce 29 mai, leur a paru alors lointaine. Le président de la République se montre disert, le PDG de LVMH attentif, quand leurs femmes, ayant déjeuné avec Seryl Kushner, l’épouse de l’ambassadeur des Etats-Unis, bavardent, se vouvoyant nonobstant leur flot de confidences. C’est Emmanuel Macron qui ose le sujet. Il pointe, taquin, la récente campagne de presse de l’épouse du milliardaire, lui lançant ce drôle d’éloge : "Hélène, vous êtes Calamity Jane." Ils ont ri – même Bernard Arnault, qui semble avoir pardonné au chef de l’Etat la dissolution, lui si viscéralement hostile aux coups de volant comme aux paris hasardeux.
Calamity Jane ? A l’occasion de la sortie de son vingtième disque, les Français ont, ces derniers mois, fait la connaissance de l’épouse du patron le plus indéchiffrable du pays, ils ont découvert son accent chantant, ses yeux de chat soulignés d’un long trait de khôl, ses mains déliées de pianiste et entendu son mantra : tout va bien chez les Arnault, une grande famille, unie. Antienne égrenée avec charme lors de ses dix, onze, douze invitations à la radio, à la télévision, où sa parole fit un carton. Mariée depuis trente-cinq ans à la 7e fortune mondiale...
-
17/06 - Cristaux de roche, chakras et fleurs de Bach : quand La Poste promeut les soins ésotériques
Saviez-vous qu’il était possible de "guérir" les maladies au contact des cristaux de roche ? Qu’on pouvait "retracer notre passé et envisager notre avenir" grâce à la lecture des ridules de la main ? Que le pendule ou les baguettes mettent "en évidence les énergies (...) invisibles" de la nature ? Que le nombre 12 "régit l'espace, le temps et le fonctionnement du cosmos" grâce au "pouvoir créateur" et à la "Mère divine" (sic) ? Attendez, vous doutez des fondements de ce type d’assertions ? Vous trouvez ces manifestations un peu trop surnaturelles pour être vraisemblables ? Dans ce cas, n'allez surtout pas au bureau de poste le plus proche ! A Mouffetard, à Jussieu, au Trocadéro et un peu partout dans l’Hexagone, les agents au célèbre sigle jaune et noir ont étonnamment cru bon de mettre à la vente d’étranges petits fascicules, bourrés d’affirmations de la sorte.
Arborés sur de petits tourniquets aux côtés de cartes postales ou d’artefacts du Seigneur des anneaux, ces livrets sont présentés comme "éducatifs" par l'entreprise à capitaux publics. Ils tiennent pourtant plus du grimoire que de l'encyclopédie. Au côté de fiches sur la Seconde Guerre mondiale, l’art culinaire français, la guerre de Cent Ans ou les ponts de France, une cinquantaine de mémos plastifiés font ainsi la promotion des rites et sciences occultes, louant les effets de pratiques pourtant dans le viseur de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). En...
-
17/06 - Au sommet du G7, Donald Trump se montre prêt à rouvrir le dossier ukrainien
Après l'Iran, l'Ukraine ? Alors que Washington a annoncé cette semaine la signature à venir d'un accord-cadre avec Téhéran, pour mettre fin au conflit et rouvrir le détroit d'Ormuz, le président américain Donald Trump semble reprendre de l'intérêt pour le dossier ukrainien. A Évian-les-Bains (Haute-Savoie), où le sommet du G7 s'achève ce mercredi 17 juin, les principaux leaders occidentaux ainsi que le dirigeant américain ont en effet renouvelé leur soutien à Kiev, dans une déclaration commune convenant d'une reprise des sanctions contre la Russie. Des alliés européens "optimistes"
Une attitude saluée par les dirigeants européens : "C’est la première fois depuis l’entrée en fonction du président Trump que nous publions une déclaration commune lors d’un sommet du G7 et que nous trouvons un terrain d’entente sur les grandes questions de politique étrangère et de sécurité de notre époque", a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, en marge du sommet. "Je considère cela comme un véritable succès."
Au deuxième jour du sommet, mardi, les Etats-Unis se sont joints à la déclaration des chefs d'Etat du G7, prévoyant "d’accroître la fourniture à l'Ukraine de capacités de défense aérienne, de systèmes de défense et d’intercepteurs supplémentaires, ainsi que de capacités de longue portée".
L'accord vise aussi à reprendre les sanctions contre le pétrole russe, suspendues afin de soulager les prix mondiaux de l'énergie, suite aux perturbations dans le détroit d'Ormuz. "Nous...
-
17/06 - Dix ans après le Brexit, l’horizon européen d’un Royaume-Uni plus pauvre, plus triste et plus divisé
En ce jeudi, de lourds nuages gris encerclent Londres. Une météo plutôt normale de l'autre côté de la Manche, qui provoque tout de même quelques inondations dans le sud de la capitale. A Buckingham Palace, la reine Elizabeth II profite de ses petits corgis pendant que, de l'autre côté de Saint James Park, le conservateur David Cameron fait les cent pas à Downing Street. Nous sommes le 23 juin 2016, les pandémies n'existent que dans les films de science-fiction et Hillary Clinton distance Donald Trump de neuf points dans les sondages. Au Royaume-Uni, ces mêmes études d'opinion donnent toutes — à une exception près — le Brexit perdant, alors que les Britanniques se faufilent entre les gouttes pour aller voter.
Mais le référendum ne se passe pas comme prévu. Au fil des heures, le suspense gagne le royaume, la soirée électorale s'étire dans la nuit. Henry Oliver, 24 ans à l'époque, se souvient s'être endormi sur son canapé vers minuit, la télé toujours allumée, après l'annonce par le pro-Brexit Nigel Farage de l'échec de son camp. Cinq heures plus tard, le Londonien se réveille avec, à l'écran, le visage du même leader populiste, cette fois triomphant. "Je peine à arracher mon visage du sofa et je reste bouche bée de longues minutes… C'est épouvantable", raconte le jeune homme, comme si la scène s'était déroulée la veille. Une gueule de bois de dix ans
Ce matin-là, après s'être extirpé de chez lui, Henry rejoint son bureau, dans une grande entreprise de communication. Sur le...
-
17/06 - Guerre en Ukraine : l’UE accuse la Chine de former des militaires russes
Bruxelles hausse le ton face au rapprochement sino-russe. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a déclaré, lundi 15 juin, avoir des informations vérifiées selon lesquelles "l'armée chinoise a formé du personnel militaire russe pour combattre en Ukraine". Celle-ci a ajouté : "Nous en évaluons soigneusement les implications." L'Union européenne estime que la Chine "reste un soutien décisif à la guerre menée par la Russie en Ukraine". Le 12 juin dernier, un responsable européen alertait déjà, sous couvert d'anonymat, sur la formation des soldats russes en Chine.
Pékin a contesté ces déclarations ce mardi 16 juin. Le porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian, a affirmé lors d'un point de presse que "ces allégations sont dénuées de tout fondement factuel. C'est de la calomnie et du dénigrement purs et simples".La formation de centaines de soldats russes
Les accusations de la cheffe de la diplomatie européenne confirment des informations révélées par Reuters le 19 mai dernier. Citant trois services de renseignement du Vieux Continent, l'agence dévoilait alors l'existence d'un accord bilatéral signé à Pékin le 2 juillet 2025 entre la Chine et la Russie.
Le texte prévoit la formation réciproque de centaines de soldats russes et chinois, et notamment celle de 200 soldats russes par la Chine avant leur déploiement en Ukraine. Ceux-ci sont entraînés dans des installations militaires situées notamment à Pékin et dans la ville orientale de Nankin. La...
-
17/06 - La France doit en finir avec la fiction du Hezbollah politique, par Sarah Perez
Depuis des décennies, la France s'accroche à une distinction qui résiste de moins en moins à l'épreuve des faits : celle qui consiste à considérer le Hezbollah comme deux entités distinctes, l'une politique, l'autre militaire. Paris a longtemps justifié cette approche au nom du réalisme et de la stabilité. Le Hezbollah siège au Parlement libanais, participe à la vie institutionnelle du pays et constitue un acteur incontournable du paysage politique. C'est sur cette base que la France a choisi de maintenir une distinction entre son aile politique et son aile militaire, estimant qu'elle permettait de préserver le dialogue, son influence au Liban et la stabilité du pays.
Cette doctrine a reçu la semaine dernière un désaveu particulièrement embarrassant. Interrogé sur LCI, le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a affirmé qu'il n'était "absolument pas réaliste" de distinguer les branches politique et militaire du Hezbollah, lequel constitue selon lui "une seule organisation". Depuis des années, Paris répond à ses critiques que sa position repose sur une compréhension plus fine des réalités libanaises que celle de ses partenaires occidentaux. Mais lorsque le chef de la diplomatie libanaise lui-même affirme que cette distinction ne correspond pas à la réalité, la question devient difficile à éviter : sur quoi repose encore la doctrine française ?Poids institutionnel
Car le débat n'est pas de savoir si le Hezbollah participe à la vie politique libanaise....
-
17/06 - Immigration : le Parlement européen adopte un durcissement sans précédent de la politique de l’UE
Le Parlement européen a approuvé ce mercredi 17 juin le règlement dit "retour", un texte qui durcit fortement la politique migratoire de l'Union européenne en facilitant l'éloignement des étrangers en situation irrégulière ou déboutés du droit d'asile, en allongeant les périodes de rétention et en ouvrant la voie à des "centres de retour" hors de l'UE. Le vote, acquis à 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions, a immédiatement cristallisé les critiques de la gauche et des ONG, qui dénoncent un basculement sécuritaire assumé par la majorité pro-européenne de droite et d'extrême droite.
Présenté comme l'un des derniers volets du pacte sur la migration et l'asile, adopté en 2024, ce règlement vise à rendre les expulsions plus rapides et plus homogènes dans l'ensemble des Etats membres. Il introduit notamment un ordre européen de retour, facilite la reconnaissance des décisions prises par un autre pays de l'UE, et renforce la coopération obligatoire des personnes visées. Pour ses promoteurs, l’objectif est simple : réduire les écarts entre pays européens et éviter que les personnes déboutées circulent d’un territoire à l’autre pour retarder leur départ. "Selon cette législation, toute décision de retour prise par les autorités nationales compétentes à l’encontre d’un ressortissant non européen en situation irrégulière s’accompagnera d’une obligation de quitter immédiatement le pays concerné ou dans un délai fixé", indique le Parlement européen.Une mesure controversée : les...
-
17/06 - Accord de Donald Trump avec l’Iran : les craintes des faucons de guerre américains
Dans les rangs Maga, et jusqu'au cœur du noyau dur, l'accord de paix passé par Donald Trump avec l'Iran ne fait pas que des heureux. Au contraire, les "faucons de guerre", qui s'étaient pourtant empressés de défendre le président bec et ongles lorsque les premières bombes américaines se sont abattues sur Téhéran, s'inquiètent aujourd'hui que le deal nuise aux intérêts de Washington.
Si son contenu exact n'a pas encore été révélé, les premières informations font craindre à ces fidèles que l'accord conclu par Donald Trump ne suffise pas à couper court aux ambitions nucléaires de Téhéran... Voire qu'il les renforce. De telles inquiétudes s'étaient déjà manifestées lorsque le locataire de la Maison-Blanche avait annoncé le cessez-le-feu d'avril. Mais cette fois-ci, elles se sont démultipliées.
Un "désastre", s'est ainsi exclamé sur X Marc Thiessen, qui a conseillé Donald Trump en privé tout au long de la guerre. Celui qui rédigeait les discours du président George W. Bush pendant la guerre en Irak, s'est notamment alarmé des informations selon lesquelles l'accord prévoirait la création d'un fonds de 300 milliards de dollars censé stimuler les investissements en Iran : "C'est comme s'il avait proposé le Plan Marshall pour reconstruire l'Allemagne alors que les nazis étaient encore au pouvoir".
$300 billion to Iran under any circumstances is a disaster. Like offered the Marshall Plan to rebuild Germany while the Nazis were still in power https://t.co/4JLY4J5fqW— Marc Thiessen...
-
17/06 - Syrie : la France face à une occasion historique, par Amar Sabeh el Leil
Depuis plus d'un siècle, le monde arabe semble condamné à vivre dans un cycle permanent de destruction, de conflits et de reconstruction inachevée. Pourtant, au-delà des ruines, une question essentielle demeure : combien de temps encore le monde regardera-t-il cette région uniquement au travers du prisme de la guerre ?
À chaque missile qui tombe, le même calcul s'impose. Combien d'universités, d'hôpitaux, de logements ou de musées pourraient être construits avec les sommes englouties quotidiennement dans les conflits ? Combien de destins pourraient basculer autrement ? Il est temps de comprendre qu'un monde détruit n'est jamais un monde plus sûr. C'est au contraire un monde qui n'a plus rien à perdre. Lorsqu'une société perd toute perspective, elle devient un territoire sans horizon. Et un territoire sans horizon finit toujours par devenir instable et dangereux, pour lui-même comme pour ceux qui l'entourent.Un tournant décisif en Syrie
Il y a près d'un an, le destin du peuple syrien a pris un tournant décisif. Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, la possibilité de construire semble enfin envisageable. Cela passera par l'éducation, la culture, le logement, les infrastructures, et par la possibilité donnée à toute une jeunesse de se projeter dans autre chose que la survie. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : non pas reconstruire. Le mot est trompeur, il suggère un retour à l'avant qui n'aura pas lieu et ne devrait pas avoir lieu. Mais construire, bâtir ce...
-
17/06 - Tensions dans la Manche : ce que l’on sait des tirs de semonce d’une frégate russe
Un incident "irresponsable" et "profondément préoccupant" : le Premier ministre britannique Keir Starmer a condamné, ce mercredi 17 juin, le coup de semonce tiré par une frégate russe contre un navire civil britannique dans la Manche, la veille. Le bâtiment militaire a en effet tenté de faire changer de cap un yacht battant pavillon britannique, près des eaux territoriales du Royaume-Uni, selon des déclarations des ministères de la Défense russe et britannique.
L'incident se serait produit vers 11h40. "Les coups de feu présumés ont été tirés alors que les navires se trouvaient à environ 20 milles nautiques au sud de l'île de Wight, les plaçant ainsi hors des eaux territoriales britanniques (qui s'étendent jusqu'à 12 milles nautiques), mais à l'intérieur de la zone économique exclusive du Royaume-Uni", a précisé le journal The Guardian, ajoutant qu'aucun dégât ou blessé n'était à déplorer.
Ce qui n'a pas empêché Keir Starmer d'afficher une position ferme : "Cela n'aurait pas dû arriver. C'est de l'inconscience pure et simple, et le couple sur le yacht a dû être terrifié", a protesté le chef du gouvernement travailliste, en marge du sommet du G7 à Evian, en France.Une tentative pour éviter une collision
Selon le ministère russe de la Défense, l'équipage de la frégate Amiral Grigorovitch avait repéré un yacht naviguant sur une route risquant d'entraîner une collision avec le navire. Après plusieurs tentatives d'établir un contact radio, sans succès, et le recours à "des...
-
17/06 - Guerre au Moyen-Orient : les premiers détails du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran dévoilés
Pour la première fois depuis deux mois, des pétroliers iraniens ont pu franchir la zone du blocus américain dans le détroit d'Ormuz, trois jours avant la signature officielle de l'accord entre Téhéran et Washington, prévue vendredi en Suisse. Mardi 16 juin, Donald Trump a fait l'éloge d'un accord "équitable". D'après le président américain, le texte garantira que l'Iran ne peut ni développer une arme atomique ni l'acquérir auprès d'un pays tiers.
Le vice-président américain J.D. Vance a de son côté déclaré qu'Israël et le Liban étaient inclus dans l'accord, contredisant des déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a affirmé lundi que son pays n'était pas concerné par le texte. Ce mercredi matin, l'Etat hébreu a mené de nouvelles frappes au Liban, en dépit des avertissements répétés de l'Iran, qui l'appelle à cesser les hostilités.
Les infos à retenir
⇒ L'accord entre Washington et Téhéran doit être signé vendredi en Suisse
⇒ Les premiers détails du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran dévoilés
⇒ Un accord a été trouvé pour un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz
21h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée à vous.
>> Notre nouveau direct
19h39Un accord trouvé pour un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz
Le porte-parole...
-
17/06 - Une start-up française sur le front en Ukraine, un atelier au Vatican sur les armes autonomes
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.L'usage de l'IA dans la guerre préoccupe le Vatican
Après l'encyclique du pape Léon XIV, Magnifique Humanité, le Vatican devrait réunir le mois prochain plusieurs experts à Castel Gandolfo, la résidence d'été du souverain pontife. Pendant une semaine, ces spécialistes, dont certains liés au monde du renseignement américain, réfléchiront à l'usage de l'intelligence artificielle et des armes autonomes. Depuis une dizaine d'années, le Vatican multiplie les ateliers avec les penseurs de l'IA, soucieux d'élaborer une doctrine solide en la matière.Une nouvelle start-up française sur le front ukrainien
Un an à peine après son lancement sur le créneau de la lutte antidrones, une start-up française s'apprête à faire ses premiers pas sur le terrain. Stryx AI, fondée en juin 2025 par Armand Thiberge — polytechnicien également à la tête de la licorne Brevo —, se livrera cet été à un test grandeur nature en Ukraine. La société conçoit des intercepteurs de drones à charge explosive destinés à épauler les soldats ukrainiens et cherche à...
-
17/06 - Affaire Anthropic : l’IA et les cabris de la souveraineté européenne
Bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant : "La souveraineté ! La souveraineté ! La souveraineté !", mais ça n’aboutit à rien", aurait pu s’exclamer le général de Gaulle au sujet de l’affaire Anthropic. L’affaire Anthropic ? Le dernier coup de force de Donald Trump pour contraindre le fleuron américain de l’IA à réserver ses modèles les plus avancés aux seuls Américains, au nom de la sécurité nationale. Une injonction qui a révélé au passage l’extrême vulnérabilité des Européens, entièrement dépendants des technologies américaines.
L’événement a suscité moult commentaires dans la classe politique. On notera qu’un mois plus tôt, seule une poignée de députés s’était déplacée pour entendre Arthur Mensch devant une commission parlementaire. Ce jour-là, le cofondateur de Mistral AI, dans lequel se concentrent de nombreux espoirs, a résumé le rapport de force : "Si l’Europe ne rivalise pas, elle renonce à toute présence et à toute voix au chapitre dans le concert des nations."
Mais est-il encore possible de rivaliser avec les géants américains et chinois de l’IA ? L’Europe accumule depuis trente ans les erreurs stratégiques et les retards. Au début des années 1990, tandis que le vice-président américain Al Gore promeut les "autoroutes de l’information", Bruxelles adopte à son tour ce nouveau credo. Mais, côté européen, cette ambition débouche surtout sur des régulations, avec peu de réalisations concrètes. Aux Etats-Unis, en revanche, un dosage habile...
-
17/06 - Le théâtre ne disparaîtra pas avant la fin de l’humanité, par Christophe Donner
Comme des bons bourgeois de la belle époque de La Vie parisienne, on est allé à pied au théâtre du Châtelet qui accueille la troupe du Français jusqu’au 11 juillet. On marchait vite parce que Dora est toujours un petit peu en retard. Histoire de traverser le temps, on est passé par le jardin du Palais-Royal, avec son théâtre éponyme où fut créé en 1866 cet opéra-bouffe composé par Jacques Offenbach. Rien de tel qu’un immigré venu gonfler les rangs du remplacement perpétuel pour témoigner de ce qu’est Paris… et profiter de l’absence de Victor Hugo, parti se réfugier à Bruxelles.
Pour raconter Paris, il faut un regard émerveillé, celui des étrangers : l’idée qu’ils se font du centre du monde nous éclaire, on se voit tels que nous ne sommes pas et qu’au demeurant nous nous reconnaissons en personnages. Des caricatures. C’est le rôle qu’occupe le baron de Gondremarck, héros de cette œuvre mise au point par Halévy et Meilhac, les colibrettistes.
Dans sa version primitive, le baron de Gondremarck était danois. Je me suis demandé pourquoi. Qu’est-ce que le Danemark apportait à l’intrigue ? Réponse : rien. C’est probablement pour ça que les auteurs n’ont pas pleuré ni même protesté quand la censure s’en est mêlée : "Ah bon, ils ont dit, vous préférez qu’il soit suédois ? Pas de problème, Gondremarck sera suédois." Curieusement, on ne leur a pas demandé de changer aussi le nom du baron : la référence scatologique aura échappé à ces messieurs.Un personnage à double miroir
C’est...
-
17/06 - Des romans contre l’URSS : l’opération secrète de la CIA pendant la guerre froide
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ajoutent à la liste de leurs crimes les pillages. Les soldats du IIIe Reich ont l’ordre de confisquer des biens dans les zones qu’ils occupent, et notamment ceux des juifs. Ce qui les intéresse particulièrement, ce sont les œuvres d’art. En France mais aussi en Belgique ou encore aux Pays-Bas, les collections des musées sont récupérées, tout comme les collections privées.
Les tableaux, sculptures, bijoux et autres pièces doivent pour la plupart être envoyées en Allemagne, afin de garnir un musée "d’art véritable" voulu par Hitler. Face à cette spoliation, mais aussi aux dégradations de monuments qui se multiplient à travers l’Europe, une équipe est secrètement montée pour assurer la protection de certains bâtiments et surtout récupérer des œuvres. Elle est principalement constituée par les Américains et se fait appeler "les Monuments Men".
Quelques dizaines d’hommes, peu aguerris au maniement des armes, mais experts en histoire de l’art, en architecture ou en conservation d’œuvres, suivent alors le débarquement en Normandie et parcourent l’Europe. Leur action va permettre de récupérer mais aussi de...
-
17/06 - L’accord entre les Etats-Unis et l’Iran décrypté par Raz Zimmt : "Il y a des lacunes significatives"
Alors que l’accord irano-américain doit être signé ce vendredi 19 juin en Suisse - avant une période de discussions techniques de 60 jours - la colère gronde déjà en Israël. Une grande partie de la presse et des responsables politiques accusent Benyamin Netanyahou de ne pas avoir rempli ses objectifs en Iran, laissant le champ libre à Donald Trump et surtout au régime des mollahs pour dicter un cessez-le-feu à leurs conditions. Pour le quotidien conservateur israélien Yediot Aharonot, cet accord n'est rien d'autre qu'une "capitulation devant le régime iranien". Yaïr Lapid, chef centriste de l'opposition, va même plus loin : "il s'agit là d'un des échecs les plus retentissants de la politique étrangère et de sécurité d'Israël."
Même si tous les détails de l'accord ne sont pas encore connus, l'inquiétude est grande en Israël de se retrouver dans une situation pire qu'avant la guerre : un régime iranien renforcé, un accord sur le nucléaire qui serait moins contraignant que le JCPoA de 2015, des capacités balistiques en partie intactes, des réseaux de proxys dans la région qui conservent une certaine capacité de nuisance… Un constat partagé par Raz Zimmt, directeur du programme de recherche sur l'Iran à l'Institut israélien d'études de sécurité nationale (INSS). Dans un entretien à L’Express, ce spécialiste passe en revue tous les défis auxquels vont rester confrontés les belligérants. Entretien.
L'Express : Un protocole d’accord va être signé en Suisse avant des discussions...
-
16/06 - Détroit d’Ormuz : comment Washington a adopté une technique de contrebande iranienne pour maintenir les exportations de pétrole
Dans l’ombre du détroit d’Ormuz, une opération secrète de l’armée américaine orchestrerait des transferts massifs de pétrole entre navires pour contourner un risque de blocage, révèle Reuters ce mardi 16 juin. Deux sites précis où ont lieu ces transferts ont été identifiés par 11 personnes connaissant l’opération, débutée en mai : l’un au large de Fujairah aux Émirats arabes unis, l’autre au large du port omanais de Sohar. Au moins 92 navires ont participé aux transferts, selon des données maritimes et des images satellites consultées par l'agence de presse.
D'après plusieurs sources, dont un ancien responsable américain connaissant l’attaque, un hélicoptère Apache abattu par l’Iran le 9 juin, déclenchant des frappes de représailles américaines, a participé à cette mission. À partir d’images satellites, Reuters a compté six paires de pétroliers regroupés dans une petite zone au large du port de Sohar, le jour où l’Apache a été détruit.
Reuters n’a pas pu confirmer le rôle exact de l’Apache dans l’opération. En réponse aux questions de Reuters, un responsable de la défense américaine a néanmoins déclaré qu’aucune force du Commandement central (Centcom) ne participe à une opération de transfert de pétrole de navire à navire en mer. Sollicitée pour réagir, la Maison-Blanche, elle, a renvoyé vers le Centcom, et le gouvernement iranien n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant cette opération.Des opérations sous contrôle de l'armée
Ces opérations américaines de...
-
16/06 - Détroit d’Ormuz : comment Washington a adopté une technique de contrebande iranienne pour exporter le pétrole
Dans l’ombre du détroit d’Ormuz, une opération secrète de l’armée américaine orchestrerait des transferts massifs de pétrole entre navires pour contourner un risque de blocage, révèle Reuters ce mardi 16 juin. Deux sites précis où ont lieu ces transferts ont été identifiés par 11 personnes connaissant l’opération, débutée en mai : l’un au large de Fujairah aux Émirats arabes unis, l’autre au large du port omanais de Sohar. Au moins 92 navires ont participé aux transferts, selon des données maritimes et des images satellites consultées par l'agence de presse.
D'après plusieurs sources, dont un ancien responsable américain connaissant l’attaque, un hélicoptère Apache abattu par l’Iran le 9 juin, déclenchant des frappes de représailles américaines, a participé à cette mission. À partir d’images satellites, Reuters a compté six paires de pétroliers regroupés dans une petite zone au large du port de Sohar, le jour où l’Apache a été détruit.
Reuters n’a pas pu confirmer le rôle exact de l’Apache dans l’opération. En réponse aux questions de Reuters, un responsable de la défense américaine a néanmoins déclaré qu’aucune force du Commandement central (Centcom) ne participe à une opération de transfert de pétrole de navire à navire en mer. Sollicitée pour réagir, la Maison-Blanche, elle, a renvoyé vers le Centcom, et le gouvernement iranien n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant cette opération.Des opérations sous contrôle de l'armée
Ces opérations américaines de...
-
16/06 - Retrait de Fable 5 d’Anthropic : les meilleurs modèles d’IA sont de toute façon inabordables
Ce n’est ni plus ni moins qu’un cauchemar géopolitique devenu réalité pour une Europe ultra-dépendante aux technologies américaines. Le retrait express demandé par l’administration Trump du modèle d’intelligence artificielle Fable 5, dont se sont émus des présidentiables, d'Édouard Philippe à Jean-Luc Mélenchon, ne peut pas être perçu autrement. Mais combien d’utilisateurs vont-ils être réellement pénalisés par les annonces de Washington ? Relativisons : a priori, très peu.
Tout d’abord, Fable 5, créé par Anthropic, n’était disponible que depuis trois jours. Ce qui limite les impacts pour les utilisateurs précoces en Europe et ailleurs dans le monde ; parmi eux un nombre restreint d’entreprises chez qui l’intégration de nouveaux modèles dans un environnement sécurisé se compte généralement en semaines. Mais surtout, le problème de l'IA de pointe réside aujourd'hui dans son coût. Livré dans un premier temps en accès libre à tous les abonnés de Claude, Fable 5 devait être, à partir du 23 juin, uniquement facturé au token, l’unité de calcul de consommation de l’IA. Le prix : 10 dollars par million de tokens d’entrée (le prompt) et 50 par million en sortie (le réslutat). Soit le double de son deuxième meilleur produit, quant à lui issu de la gamme Opus. La raison est simple : plus les modèles sont performants, plus ils sont coûteux à entraîner et à diffuser. Même à ces tarifs, Anthropic entrevoit à peine la rentabilité.
Alors, les estimations vont bon train sur Internet,...
-
16/06 - Le BHV change de mains et met fin à son partenariat avec Shein
La collaboration entre le BHV Marais et Shein n’aura finalement pas duré. Ce mardi 16 juin, la Société des grands magasins (SGM), cofondée par Frédéric Merlin, a annoncé la cession du fonds de commerce du grand magasin parisien à son équipe dirigeante. Cette dernière a décidé de mettre un terme au partenariat controversé conclu avec Shein en novembre dernier, qualifié désormais d'"erreur stratégique". Dans le cadre de cette reprise, "une part significative du capital de la nouvelle structure" sera proposée aux quelque 700 salariés du BHV à Paris.
Exploitant du BHV Marais depuis 2023, la SGM a accepté l’offre portée par Karl-Stéphane Cottendin, ancien directeur général du BHV et du groupe SGM. Celui-ci a quitté ses fonctions pour mener l’opération et souhaite recentrer l’enseigne sur l’univers de la maison, comme l’ont indiqué les deux parties. L’opération inclut également le BHV Parly 2, dans les Yvelines, mais exclut les sept magasins de région (anciens Galeries Lafayette), qui demeurent sous la gestion de la SGM. Cinq d’entre eux ont accueilli cette année des espaces Shein, symbole de l’ultra-fast fashion.
L’installation, en novembre, du premier magasin physique permanent de Shein au Bazar de l’Hôtel de Ville, en plein cœur de Paris, avait suscité une vive polémique. La plateforme, régulièrement accusée de fragiliser le commerce français, avait provoqué l’indignation de nombreux acteurs du secteur et accéléré le départ de plusieurs grandes marques telles que Dior,...
-
16/06 - Epouse, alliés, anciens dirigeants : la justice espagnole rattrape le camp Sanchez
Pedro Sanchez affronte une "semaine cauchemardesque", résume la presse espagnole. Le Premier ministre socialiste (PSOE), élu en 2018, notamment grâce à son programme anticorruption, s'apprête à voir ses proches défiler devant les tribunaux pour trafic d'influence présumé, entre autres.Lundi : Begona Gomez, l'épouse du Premier ministre
Pour commencer la semaine, son épouse, Begona Gomez, s'est présentée devant le juge Juan Carlos Peinado, lundi 15 juin. Déjà inculpée depuis le 13 avril dans le cadre d'une enquête ouverte il y a deux ans, elle est poursuivie pour détournement de fonds, trafic d'influence, corruption dans des transactions commerciales et abus de confiance.
L'épouse du chef du gouvernement est accusée d'avoir utilisé l'influence que lui procure son titre pour être employée par l'université Complutense de Madrid, mais aussi d'avoir utilisé des ressources publiques et ses relations personnelles pour servir ses intérêts privés. La convocation a fait couler d'autant plus d'encre que le magistrat a insisté sur l'obligation de Begona Gomez de comparaître à l'audience, faute de quoi elle y serait amenée de force.
L'enquête visant Begona Gomez fait suite à la plainte déposée par Manos Limpias [NDLR : mains propres, en français], une association d'extrême droite fondée par un ancien dirigeant nationaliste qui se présente comme un syndicat anti-corruption. Cette affiliation aux courants radicaux espagnols a poussé Pedro Sanchez à réfuter, à de nombreuses reprises,...
-
16/06 - "Les milliardaires dérangent moins quand ils s’appellent Taylor Swift" : la démonstration à contre-courant de Michael Strain
Alors qu’en France, la taxe Zucman continue d’occuper les esprits à gauche, aux États-Unis aussi, les milliardaires sont de plus en plus dans le collimateur d’une partie des démocrates. "On ne peut pas gagner un milliard de dollars. C’est impossible", a récemment affirmé l'égérie de la gauche radicale Alexandria Ocasio-Cortez, estimant qu’il existe un seuil à partir duquel l’accumulation de richesse devient imméritée. Le nouveau maire de New York Zohran Mamdani, défenseur acharné d’une hausse des impôts pour les plus riches, a, lui, annoncé une proposition de taxe sur les "pied-à-terre", qui s’appliquerait aux propriétaires de biens immobiliers résidentiels ne vivant pas à plein temps dans la ville. Sur la côte ouest, la Californie s’apprête à soumettre à référendum un projet de taxe sur les milliardaires, destiné à financer le système de santé.
Une rhétorique et des initiatives que Michael R. Strain, directeur des études de politique économique à l'American Enterprise Institute, observe avec inquiétude et exaspération. Dans une récente analyse publiée par ce think tank influent, ce professeur à l’université de Georgetown juge que "la guerre contre les milliardaires" est une absurdité économique autant qu'un danger démocratique. Dans un entretien accordé à L'Express, il explique pourquoi, selon lui, l'idée que les milliardaires ne peuvent s'enrichir qu'aux dépens des classes moyennes repose sur une vision fausse de l'économie. Selon lui, la montée de la défiance envers...
-
16/06 - Gilles Babinet : "Le secteur de l’IA nage dans une irrationalité complète, cela va brutalement exploser"
Il est rare de voir les politiques français s’accorder autant sur un sujet. Gabriel Attal, Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Bruno Retailleau... Tous les responsables se sont émus ce week-end des contrôles à l’export de l’administration Trump sur Anthropic, ayant conduit à la suspension de Mythos 5 et Fable 5. Mais mesurent-ils véritablement le bouleversement induit par l'IA ? Entretien avec Gilles Babinet, président des Cafés IA et auteur de Le Péril IA, Devenir des machines ou rester vivants ? (2026, éd. Le Passeur).
L’Express : Le fait qu'Anthropic soit contraint par l’administration Trump de couper l'accès de Fable 5, son IA la plus récente et performante, aux citoyens non américains a provoqué de nombreuses réactions chez les responsables politiques français, tous bords confondus. Que vous inspire cet unanimisme ?
Gilles Babinet : Je crains qu’ils ne perçoivent pas encore l’IA comme une infrastructure politique. Ils ont une réaction émotionnelle sur un sujet qui cristallise une confrontation atlantiste. L’IA va être plus importante que les retraites, l’immigration et peut-être même la démographie. Les politiques français n’en parlent pourtant quasiment jamais. Le plus frustrant, c'est qu’actionner deux ou trois leviers suffirait à régler le problème en Europe. Il suffirait d'un marché unifié de capitaux, d’une réglementation harmonisée pour les start-up et d’un projet politique inclusif.
C’est-à-dire ?
Faire en sorte qu’il n’y ait pas une...
-
16/06 - "Cette ville est en train de mourir" : dix ans après, les illusions perdues de "Brexitland"
Depuis la gare en briques rouges de Grantham, le train à deux wagons de l'East Midlands Railway prend tout son temps. Il cahote, s'arrête régulièrement sur les rails au milieu de vastes champs, dans le grenier de l'Angleterre. Quelques rares passagers ronflent sans se soucier des aléas du trajet. Mary, elle, regarde sa montre. Infirmière, la quarantaine, elle prend sa garde dans trente minutes dans un petit hôpital privé de Boston, 75 000 habitants.
Malgré les retards incessants, cette grande blonde préfère faire l'aller-retour tous les jours, trois ans après avoir quitté sa maison du centre de Boston. "C'est devenu un trou à rats, une vraie machine à déprimer", raconte l'infirmière. Il y a dix ans, elle a voté pour le Brexit, séduite par la promesse de renflouer les caisses du NHS, le système de santé britannique, avec les 350 millions de livres sterling versées chaque semaine jusque-là à l'Union européenne. "Mensonges, mensonges, mensonges", grince Mary. Sa plainte est interrompue par le téléphone d'une autre passagère, qui crache à plein volume un discours dans une langue slave. "Ah, les Bulgares", souffle l'infirmière sur le ton de l'évidence. Au loin, la tour de l'église St Botolph, 81 mètres de haut, apparaît dans le paysage.La capitale du Brexit, mais aussi de l'obésité et du crime
Cette tour, plus haut édifice religieux du Royaume-Uni, incarne le passé glorieux de la région. C'est de sa chaire qu'en 1630 le pasteur John Cotton a réussi à convaincre 700 habitants...
-
16/06 - Espionnage : l’alerte de la Chine sur des animaux marins
Faut-il vraiment croire Pékin ? Le vendredi 12 juin, le ministère chinois de la Sécurité de l'Etat a accusé les services de renseignement étrangers d'utiliser des animaux marins comme outil d'espionnage. Sur l'application WeChat, Pékin évoque des tortues et des poissons utilisés pour récolter des données sensibles dans les eaux chinoises.
Comme le rapporte Courrier international, citant le média chinois Fenghuang Wang,"traditionnellement, les histoires d’espionnage se déroulent au sommet d’un gratte-ciel, dans un laboratoire ou derrière un mur d’écrans d’ordinateur, mais elles peuvent aussi nous plonger dans les profondeurs marines."
D'après Pékin, le principe consiste à poser un boîtier sur le dos de tortues ou de poissons puis de les relâcher dans les eaux chinoises afin qu'elles circulent en toute discrétion sans que cela ne paraisse suspect. Le boîtier contient un capteur capable d'enregistrer la température de l'eau, la salinité et les courants océaniques afin de les transmettre à l'étranger par satellite.
Le ministère chinois estime que ces opérations se déroulent dans le contexte d'une "guerre secrète invisible". Ces méthodes reposent sur des équipements légers et sophistiqués, conçus pour passer inaperçus. En effet, grâce aux données récoltées, les agences d'espionnage et de renseignement étrangères peuvent tracer des cartes sous-marines afin d'établir les faiblesses des défenses côtières chinoises.
La Chine n'est pas la première à affirmer que des animaux...
-
16/06 - La Russie se prépare-t-elle à affronter l’Otan ? Ces signaux qui inquiètent les pays nordiques
À plusieurs centaines de kilomètres du front ukrainien, un autre mouvement est à l'œuvre. Selon une enquête menée par plusieurs médias nordiques, la Russie renforce sa présence militaire le long des frontières de l’Otan. L’analyse s’appuie sur des images satellite fournies par Planet Labs et étudiées par des experts pour les chaînes publiques danoise, norvégienne et suédoise, ainsi que par le média estonien Delfi.
D'après ces documents, la Russie développerait de nouvelles infrastructures militaires à proximité des frontières avec la Finlande, la Norvège et les États baltes, ainsi que dans l’enclave de Kaliningrad. Depuis environ deux ans, de nouvelles casernes, bâtiments logistiques et entrepôts auraient été construits, tandis que le nombre de véhicules militaires observés dans ces zones aurait augmenté. Parmi les projets identifiés figure notamment la modernisation et l’extension d’installations militaires à Petrozavodsk, à proximité de la frontière finlandaise. Les images satellite analysées montrent des infrastructures capables d’accueillir un volume important de troupes, signe d’une montée en puissance planifiée.Une menace "extrêmement sérieuse"
À moyen terme, ces aménagements pourraient permettre à la Russie de positionner environ 115 000 soldats dans cette zone stratégique, une fois la guerre en Ukraine achevée. Un scénario que redoutent les responsables militaires des pays voisins, qui se préparent déjà à la pire éventualité. "Nous prévoyons jusqu’à 80 000...
-
16/06 - Accord Iran - Etats-Unis : les séquelles durables de la guerre dans l’économie mondiale
Il a été "largement négocié". "Dans sa dernière ligne droite". Ou encore, "très proche". Depuis le début des hostilités en Iran, le président américain aura fait planer l'espoir d'un accord de paix à de multiples reprises. Cette fois, une issue diplomatique semble se concrétiser. Si les deux parties s’entendent, vendredi 19 juin, les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz pourront enfin reprendre leur route. Reste que le monde ne sortira pas indemne de la tourmente des derniers mois.
Certes, le prix du baril de Brent a reculé en réaction aux annonces, passant sous la barre des 80 dollars, et Donald Trump s'est réjoui que "le pétrole coulera" à nouveau. Mais il faudra du temps avant que le trafic maritime dans le détroit retrouve son niveau d'avant-guerre, alertent les experts d’Oxford Economics dans une note. Au-delà des perturbations affectant le transport des barils, plusieurs infrastructures pétrolières et gazières ont été endommagées dans la région du Golfe. A l'image de l’unité de GNL de Ras Laffan, au Qatar, dont la remise en service complète pourrait s'étaler sur plusieurs années. "Le conflit devrait pousser les États et les entreprises à constituer des réserves stratégiques accrues de pétrole et de gaz pour se prémunir contre les chocs, souligne Julien Marcilly, chef économiste à Global Sovereign Advisory. Dès lors, les tensions énergétiques pourraient s’enraciner puisque l'offre peinera à retrouver son niveau d'avant-crise à cause des dommages sur les sites de...
-
16/06 - Adhésion de l’Ukraine à l’UE : une première étape de négociations, mais un chemin encore long
L'Ukraine a franchi une nouvelle étape vers l’Union européenne. Lundi 15 juin, à Luxembourg, les Vingt-Sept ont ouvert la première phase des négociations d’adhésion avec Kiev. Une avancée politique majeure pour un pays en guerre depuis l’invasion russe de février 2022, mais qui ne marque que le début d’un processus long, technique et incertain. "Pour nous, c’est vraiment un Rubicon, un moment décisif", a réagi le vice-Premier ministre ukrainien Taras Kachka après l’ouverture des discussions. Volodymyr Zelensky a, de son côté, appelé à accélérer le processus, estimant sur X que "l’une des réponses les plus fortes" à l’agression russe passait par l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Pour le président ukrainien, ce projet est au cœur de sa stratégie politique, conçu comme une garantie de sécurité et de prospérité à long terme.
Concrètement, les négociations ont débuté par l’ouverture d’un premier "cluster", ou groupe thématique. Le processus d’adhésion repose sur l’examen de 35 chapitres, réunis en six ensembles couvrant l’ensemble des politiques européennes : État de droit, marché intérieur, agriculture, environnement ou encore relations extérieures. Le cœur du dispositif reste le premier groupe, dit des "fondamentaux", qui porte sur la démocratie, l’État de droit, la gouvernance et la justice. Sans avancées suffisantes sur ces points, aucun autre chapitre ne peut être clôturé. Une architecture qui place la réforme institutionnelle au centre du processus.
La lutte...
-
16/06 - Retraites : pourquoi mettre l’âge de départ sous le tapis est une mauvaise idée, par Antoine Levy
Le psychodrame de la réforme manquée de 2023 à peine estompé, la question des retraites refait déjà surface, à l'approche du budget 2027 et de la campagne présidentielle. Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites commence à faire transparaître dans la conscience collective les conséquences dramatiques de l'effondrement actuel de la natalité pour l’équilibre futur du système.
Les bébés qui ne naissent pas aujourd’hui sont autant de futurs cotisants qui manqueront à l'appel, dans vingt ans, quand viendra l’heure de financer par leurs cotisations et leurs impôts les retraites des actifs actuels. Avec seulement 1,3 cotisant pour chaque retraité à l’horizon 2070 (contre 1,8 aujourd’hui), le régime par répartition ne pourra plus servir de pensions, même substantiellement moins élevées qu’aujourd’hui, sans un déficit abyssal – de l’ordre de 20 centimes empruntés pour chaque euro versé.
Il ne fait donc plus guère de doute que l’élection se jouera, une fois encore et dans un éternel retour qui tourne à la comédie noire, autour du programme jugé le plus crédible pour réformer un système dont le coût (plus de 430 milliards sur la seule année 2026, soit 14 % du PIB et plus d’un quart des dépenses publiques) menace d'étouffer durablement l'économie française, le dynamisme de l’emploi, et la capacité d’action du secteur public.
Dans ce contexte, la dernière mode, de part et d’autre du champ politique, consiste à prétendre réformer le système en passant sous le tapis...
-
16/06 - Détroit d’Ormuz : pourquoi la reprise du trafic maritime pourrait prendre des mois
"Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche, que le pétrole coule à flots." En annonçant l’accord entre les États-Unis et l’Iran, dont la signature officielle est prévue vendredi 19 juin, Donald Trump a assuré que le détroit d’Ormuz serait alors "totalement ouvert". Une perspective qui a immédiatement rassuré les marchés : les prix du pétrole ont fortement chuté dans l’espoir d’un retour à la normale après plusieurs mois de perturbations. Mais sur le terrain, la reprise s’annonce bien plus lente. Armateurs, assureurs et spécialistes du transport maritime estiment qu’il faudra des semaines, voire des mois, avant que ce point de passage stratégique retrouve un niveau d’activité significatif.
Lundi 15 juin au matin encore, le trafic restait limité aux abords du détroit. Plusieurs marins chinois ont indiqué n’avoir reçu aucune instruction pour reprendre la mer ou se positionner à l’entrée du passage, souligne le Wall Street Journal. Si les signaux GPS ont recommencé à fonctionner, les autorités iraniennes n’avaient pas encore officiellement annoncé la réouverture du détroit aux navires présents dans le Golfe. Avant même l’accord, le trafic avait timidement commencé à reprendre. Selon les données de Kpler, l'un des leaders mondiaux des données sur le transport maritime, une dizaine de navires traversaient en moyenne chaque jour le détroit durant la première semaine de juin. Encore très loin de la centaine de passages quotidiens observée avant le conflit.
Pour le...
-
16/06 - Donald Trump assure que l’Iran ne possédera jamais d’arme nucléaire
En marge du sommet du G7 en France, Donald Trump a multiplié ce mardi 16 juin les déclarations sur le Moyen-Orient, évoquant à la fois la guerre au Liban et le dossier nucléaire iranien. Le président américain a estimé que le conflit libanais restait "mineur", tout en appelant Israël à faire preuve de davantage de responsabilité à l’égard de son voisin.
Il a également assuré que l’accord sur le nucléaire iranien garantissait que Téhéran ne posséderait jamais l’arme atomique, une disposition qu’il a présentée comme sa priorité absolue. "Ce sera le chaos total" si le gouvernement iranien avait l’intention d’acquérir l’arme nucléaire, a-t-il ajouté.
Les infos à retenir
⇒ Un nouveau cycle de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran prévu à partir de vendredi
⇒ Donald Trump affirme que l'accord avec l'Iran stipule "haut et fort" que l'Iran ne possédera pas d'arme nucléaire
⇒ Donald Trump suggère à Israël que la Syrie "s’occupe du Hezbollah"
20h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée à vous.
19h03L'Allemagne est prête à contribuer à instaurer la paix au Moyen-Orient, déclare Friedrich Merz
L'Allemagne est prête à participer à la préservation de la paix au Moyen-Orient suite à un accord intérimaire entre l'Iran et les États-Unis visant à mettre fin à la guerre dans la région, a déclaré mardi le chancelier Friedrich...
-
16/06 - De Gaulle à Moscou en 1966 : "L’univers sait quelle importance revêt la visite que j’ai l’honneur de vous faire"
Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 1966 dans L’Express
Un camion s'arrête sur la Leninski Prospekt, à Moscou. Une trentaine de personnes en descendent. Une femme en robe imprimée dit aux autres : "C'est devant le 83 qu'on doit aller." Le groupe s'y rend lentement. Il est 4 heures moins 10.
La veille, tous les journaux ont publié un encadré — le même, diffusé par l'agence Tass — décrivant de Gaulle comme un patriote et un partisan de la paix. A l'usine, on a demandé s'il y avait des volontaires pour saluer le cortège, et il y en a eu beaucoup. Plus, que pour n'importe qui d'autre, à l'exception du président Nasser et, bien sûr, des cosmonautes. L'accueil, a-t-on dit, doit être cordial. Il le sera : petits drapeaux agités, quelques bravos, nulle clameur au passage de la décapotable noire où le Général se tient, à côté de M. Nicolas Podgorny, président de la République. Mais le soir même, le Général fait dire aux journalistes qu'il a été ravi de l'accueil chaleureux de la population de Moscou. Il est arrivé en URSS décidé à trouver tout parfait. Immodeste
Tel Louis XIV en uniforme kaki, il est descendu majestueusement de la Caravelle tricolore, s'appuyant à peine sur la rampe en chêne naturel de la passerelle. Il a passé en revue un détachement des trois armes, serré la main des ambassadeurs alignés le long d'une raie blanche, et gagné le micro où, superbement immodeste, il a déclaré : "L'univers sait quelle importance revêt la visite que j'ai...
-
16/06 - Trouver un emploi avec l’IA : jusqu’où peut-elle vraiment vous aider ?
"L’outil est parfait, car il agit comme un vrai recruteur… Les questions étaient claires et proches de la réalité…", témoignent des utilisateurs ayant testé "le coach emploi", un agent IA lancé récemment par Hellowork sur le thème : "notre job, vous aider à choisir le vôtre". Ce dispositif promet aussi d’identifier les axes d’amélioration du postulant. "L’objectif du coach emploi est d’aiguiller le candidat par rapport à une offre d’emploi, de faire une analyse de la compatibilité entre le CV et l’offre", précise Laure Baumann, directrice des produits emploi de Hellowork. Selon elle, l’outil est perçu comme un "excellent entraînement réaliste" et les premiers utilisateurs valorisent le fait d’être mis en condition réelle.
"Le but n’est pas que la candidature colle à tout prix avec l’annonce", prévient la dirigeante. Cette mise en garde fait écho à certaines pratiques rendues possibles par l'IA. Ainsi, en juillet 2025, un journaliste a testé l’AI Hawk, un agent capable de personnaliser automatiquement CV et lettres de motivation, et a postulé à 2 843 offres d'emploi. L'usage de l'IA dans la recherche d'emploi s'accélère, mais jusqu’où peut-elle aider à trouver le poste idéal ?
Aujourd’hui, 46 % de professionnels français utilisent l’intelligence artificielle dans le cadre d’une recherche d’emploi toutes tranches d’âge confondues. Selon l'étude "Ce que veulent les candidats", réalisée par le cabinet de recrutement Robert Half (avril 2026), les quatre principaux usages...
-
16/06 - Affaire Lyhanna : le piège d’une justice dictée par l’émotion, par Jean-François Copé
Il est des tragédies devant lesquels les mots sont insuffisants. La mort de Lyhanna, 11 ans, victime d’un crime dont l’auteur présumé serait un prédateur sexuel multirécidiviste appartient à cette catégorie. Elle bouleverse par son horreur mais plus encore parce qu’elle laisse ce sentiment insupportable qu’un tel drame aurait pu être évité. La sidération a rapidement gagné tout le pays : plus de 60 000 manifestants se sont rassemblés devant les tribunaux dans près de 200 villes. Cette mobilisation nationale exprime une colère légitime. Elle peut aussi avoir un effet plus insidieux : brouiller notre conception même de la justice.
Pour éviter cette confusion, rappelons ce qu’est la justice dans un Etat de droit. Elle est d’abord une recherche de vérité, avec un temps qui ne se réduit pas au verdict : de la plainte à l’enquête, des auditions à l’instruction ou au renvoi devant une juridiction, jusqu’au jugement. Autant d’étapes indispensables pour établir les faits avant toute condamnation. La justice est ensuite un ensemble de garanties : les droits de la défense, le contradictoire, le procès équitable. Sans ces garde-fous, elle deviendrait une procédure uniquement à charge. Elle est enfin rendue non pas au nom des victimes mais "au nom du peuple français" et dans l’intérêt de la société tout entière. C’est parce que chacun accepte ce cadre que nul ne se fait justice lui-même. Cette acceptation repose sur une condition essentielle : la confiance.
Or l’affaire Lyhanna porte...
-
16/06 - Quand l’Académie française fait sa (petite) révolution
Il est de bon ton de moquer l’Académie française, accusée d’être toujours en retard d’une guerre (voire de deux) concernant l’évolution de la langue française. L’auguste institution, il est vrai, tend régulièrement des verges pour se faire battre. Ne s’est-il pas déroulé… 89 ans entre la parution de sa huitième édition, en 1935, et la neuvième, sortie en 2024 ? Mais qui châtie bien aime bien. Il est donc juste de saluer les Immortels lorsqu’ils prennent une initiative novatrice. Et je crois sincèrement que c’est le cas ici.
CETTE INFOLETTRE REDEVIENT GRATUITE !
"Sur le bout des langues" reste bien sûr comprise dans l’abonnement à L’Express, mais elle est aussi accessible à tous ceux qui le souhaitent.
Pour s’inscrire, suivez ce lien, sélectionnez "Sur le bout des langues", entrez votre adresse de messagerie dans le bandeau qui apparaît en bas de page et cliquez sur "Valider".
Son secrétaire perpétuel, Amin Maalouf, vient en effet de l’annoncer : à partir de 2026, l’Académie mettra en ligne chaque année les nouveaux mots sur lesquels elle aura travaillé durant les douze mois qui auront précédé. Une petite révolution.
Si vous vous rendez sur le site ou téléchargez l’application consacrés au dictionnaire, vous trouverez désormais un nouvel onglet intitulé "10e édition. En cours". Il contient les entrées qui viennent d’y faire leur apparition comme "abandonnique" ou "altermondialiste", mais aussi les sens nouveaux de mots anciens. "Abuseur", qui avait pour acception...
-
16/06 - En Europe, le Kremlin peine à transformer son influence en victoires électorales
En Arménie, le message de Moscou en pleine campagne électorale n'avait rien de subtil. Alors que le Premier ministre Nikol Pachinian a multiplié ces derniers mois les gestes de rapprochement avec l'Union européenne, la Russie a brusquement restreint ses importations de produits arméniens : eau minérale, fleurs, poissons… Jusqu'au célèbre cognac arménien, lui aussi bloqué aux frontières russes. Officiellement, ces mesures relèvent de considérations sanitaires. Elles ont toutefois été largement interprétées comme un avertissement adressé à ce petit pays du Caucase de trois millions d'habitants, dont l'économie demeure étroitement liée à la Russie, au moment même où il cherche à se rapprocher de Bruxelles.
Le résultat a pourtant déjoué les attentes du Kremlin. Le 7 juin, le camp de Nikol Pachinian s'est imposé dès le premier tour. Ni les pressions économiques russes, ni les discours alarmistes de plusieurs candidats prorusses, évoquant le risque d'une intervention militaire en cas de victoire du Premier ministre, n'ont modifié l'issue du scrutin.
Depuis la reconquête du Haut-Karabakh par l'Azerbaïdjan en 2023, Erevan tente de tourner le dos au Kremlin. Les autorités arméniennes reprochent notamment à leur allié historique son absence de réaction durant le conflit malgré les engagements de sécurité mutuelle. Parallèlement, "la Russie est devenue toxique dans la politique intérieure arménienne, résume le politologue Richard Giragosian, directeur du Regional Studies Center,...
-
15/06 - Accord entre Washington et Téhéran : Donald Trump a-t-il atteint ses objectifs de guerre ?
Ce lundi 15 juin, les Etats-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord-cadre pour cesser le conflit : sur tous les fronts, y compris au Liban, la guerre doit prendre fin dès aujourd'hui. Une nouvelle que s'est chargé d'annoncer le Premier ministre du Pakistan qui s'est imposé comme principal médiateur du conflit. "Les deux parties ont déclaré l’arrêt immédiat et permanent des opérations militaires", a assuré Shehbaz Sharif sur X. Et d'ajouter : "la cérémonie officielle de signature aura lieu le vendredi 19 juin en Suisse", après quoi Washington et Téhéran entreront dans une période de négociations de 60 jours. Au programme : les sujets les plus épineux, et particulièrement celui de l'uranium iranien.
Des deux côtés, les dirigeants se sont empressés de revendiquer une victoire diplomatique. Sur son réseau Truth social, Donald Trump a applaudi un "formidable accord", assurant que, si de "nombreux présidents ont tenté de faire la paix" avec Téhéran, "tous ont échoué", sauf lui. Pourtant, malgré ces autocongratulations, la réalité semble plus contrastée. Lorsque Donald Trump s'est engagé dans cette guerre, ses ambitions étaient claires, énoncées. Face caméra, quelques heures après s'être joint à l'attaque israélienne, le milliardaire avait étalé ses projets, point par point. "Notre objectif est de protéger le peuple américain en éliminant les menaces imminentes émanant du régime iranien", avait-il alors martelé.
Pour y parvenir, il avait assuré que les Etats-Unis allaient...
-
15/06 - Accord entre les Etats-Unis et l’Iran : l’humiliation pour Benyamin Netanyahou
Benyamin Netanyahou et Donald Trump ont-ils vraiment fait la guerre ensemble ? A entendre les récentes déclarations fracassantes du président américain au sujet du Premier ministre israélien - cet homme "fou", "très difficile" et qui "n’a aucun jugement" - on a du mal à croire que l’Etat hébreu vient de mener deux conflits conjointement avec les Etats-Unis en l’espace d’un an !
Mais après quarante jours de frappes coordonnées entre les deux alliés historiques, Benyamin Netanyahou s'est finalement retrouvé sur la touche, tenu à l’écart de la signature, prévue le 19 juin en Suisse, de l'accord-cadre de cessez-le-feu, et marginalisé dans les discussions techniques, pourtant cruciales pour Tel-Aviv, qui vont démarrer dans les 60 prochains jours. Avec, en toile de fond, un découplage stratégique manifeste entre les Etats-Unis et Israël. Quand Washington cherchait la sortie de crise avant les midterms, la stabilité du détroit d’Ormuz et des prix du pétrole sous contrôle ; Israël, lui, voulait durcir la ligne pour pousser Téhéran jusqu’à l’effondrement.
Désormais, Tel-Aviv, privé d’une capitulation des mollahs, se retrouve dans la position très inconfortable du sous-traitant de la puissance américaine. Et c’est pourtant ce même Netanyahou, accompagné du directeur du Mossad, qui avait convaincu le président américain, à la Maison-Blanche le 11 février, qu’une fenêtre d’opportunité venait de s’ouvrir pour renverser la République islamique. Depuis, une question revient avec...
-
15/06 - Brendan Simms : "La France n’est plus une grande puissance, contrairement au Royaume-Uni et à la Russie"
C’est un point de vue qui ravira nos voisins britanniques, nettement moins les lecteurs français. Dans The Return of the Great Powers (Basic Books), un ouvrage notamment salué par le général David Petraeus, ancien directeur de la CIA, l’historien Brendan Simms explique pourquoi, après une décennie (1989-2000) marquée par un recul de la rivalité entre grandes puissances, celles-ci sont de retour. En creux, ce professeur au sein du département de politique et d’études internationales de l'université de Cambridge propose une analyse osée des Etats figurant, selon lui, sur le podium des grandes puissances : les Etats-Unis et la Chine bien sûr, mais aussi la Russie et le Royaume-Uni. Interrogé par L’Express, Brendan Simms détaille sa vision, ainsi que les raisons qui l’ont poussé à exclure la France (et l’Europe) de son classement. Entretien.
L’Express : Selon vous, il n’existe aujourd’hui que quatre grandes puissances : les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. Ce casting pourrait en surprendre certains. Sur quels critères repose votre diagnostic ?
Brendan Simms : D'un point de vue historique, la notion de "grande puissance" a considérablement évolué. Au XVIIIe siècle, par exemple, il était communément admis qu'il existait cinq grandes puissances, regroupées sous le nom de "pentarchie" : la Grande-Bretagne, la France, l'Autriche, la Russie et la Prusse. Mais cela n’empêchait pas l’existence de disparités importantes entre elles, comme dans le cas de la Prusse,...
-
15/06 - "Vincent Bolloré ? Un petit roi qui exige une loyauté absolue" : l’affaire Grasset vue par Tania de Montaigne et Pascal Bruckner
Ils ne se connaissaient pas vraiment avant que la brutale éviction de leur éditeur Olivier Nora, voulue par Vincent Bolloré, ne soude une partie des auteurs Grasset. Pour L'Express, Tania de Montaigne et Pascal Bruckner reviennent sur l'affaire Grasset qui a chamboulé le monde de l'édition, mais plus généralement pose la question d'une cancel culture de droite en pleine guerre culturelle. Leur critique, notamment contre CNews, est d'autant plus forte que les deux essayistes et romanciers n'avaient auparavant pas hésité à dénoncer les dérives d'une gauche obsédée par les identités. Tania de Montaigne répond aussi à un billet de L'Express qui ironisait sur l'idée de congés payés pour les écrivains, émise lors des "Etats généreux" organisés par le collectif des auteurs Grasset...
L'Express : En évinçant Olivier Nora et en déclenchant l’affaire Grasset, Vincent Bolloré semble avoir réussi à fédérer des auteurs aux opinions politiques très différentes, de Virginie Despentes à Frédéric Beigbeder…
Pascal Bruckner : Des auteurs qui se détestaient cordialement se sont retrouvés à fraterniser autour d’Olivier Nora, qui avait cette capacité de réunir des univers très différents.
Tania de Montaigne : Nous avons entre auteurs Grasset un dénominateur commun, qui est l’idée du principe démocratique. Cette pluralité d'opinions, de styles, de regards, c'est ça qui a fait le sel de cette maison.
L’union sacrée tient-elle toujours malgré les divergences idéologiques ?
T. d.M. Oui,...
-
15/06 - "La guerre en Iran ? Un échec pour tout le monde, pas seulement pour Trump" : l’analyse choc de Bernard Haykel
Alors que l'Iran et les Etats-Unis ont annoncé un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, comment l'équilibre des forces peut-il se reconfigurer ? Bernard Haykel, professeur spécialisé dans l’étude du Proche-Orient à l’Université de Princeton, aux Etats-Unis (et chroniqueur régulier à L'Express) répond en longueur à nos questions dans Les grands entretiens d'Anne Rosencher.
Ces grands entretiens sont à écouter tous les quinze jours, sur toutes les plateformes de podcasts comme Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict mais aussi disponibles en vidéo sur YouTube et Dailymotion.
Anne Rosencher : L’Iran et les Etats-Unis ont annoncé un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Finalement, cette guerre aura-t-elle été un succès pour Donald Trump comme il le répète depuis ? Pour Benyamin Netanyahou ?
Bernard Haykel : Cette guerre est un échec pour tout le monde, pas seulement pour ces deux-là. Donald Trump misait sur une opération très rapide : il avait le modèle du Venezuela en tête, et pensait qu'il allait trouver des "modérés" avec qui gérer les relations avec l'Iran. Or finalement, le régime s'est même durci. Netanyahou voulait, lui, faire sauter la République islamique et ça n'est pas arrivé. Quant aux mollahs, ils ont pris des coups terribles : l'économie iranienne, les infrastructures sont en ruines. Enfin, les pays arabes du Golfe voisins de l'Iran ont reçu des frappes qui ont gravement endommagé leurs systèmes...
-
15/06 - La franchise au secours des centres-villes : notre cahier thématique
-
15/06 - "Sa méthode ? Moi ou le chaos" : comment Gilles Simeoni tente d’arracher l’autonomie de la Corse à l’Assemblée
"Est-ce que c’est ici ? Ah, non, pardon, excusez-moi... Ah ben tiens, Monsieur Zuccarelli, vous êtes là !", s'enthousiasme le nouveau venu.
Certains vous diront qu'il ne faut pas s'émouvoir de l'irruption "par inadvertance" de Gilles Simeoni dans cette réunion du groupe socialiste organisée début juin par Philippe Brun pour discuter du projet de loi constitutionnelle sur la Corse ; après tout, quel visiteur occasionnel ne s'est jamais perdu dans le labyrinthe du Palais Bourbon ? Et puis, l'esprit républicain ne commande-t-il pas à un maire de saluer l'un de ses prédécesseurs, quand bien même ils auraient été, et resteraient, des opposants ?
D'autres, en revanche, sourire en coin, sous-entendront que l'ancien président de l'exécutif corse l'aurait fait exprès. "Il savait très bien qu'une réunion anti-autonomie se tenait ; il a débarqué pour bien nous faire comprendre qu'il est au courant de tout, c'est sa façon à lui d'intimider", raconte un parlementaire présent. Et de pointer que Gilles Simeoni commence à bien le connaître, ce temple de la République ; davantage encore depuis que le projet de loi constitutionnelle qui prévoit de doter la Corse d'un statut d'autonomie mijote dans les cuisines du Palais Bourbon.Multiples étapes
Servi aux députés le mardi 16 juin, le texte n'en sera qu'à la première étape d'un parcours que Gilles Simeoni espère voir franchi avant la présidentielle : vote conforme du Sénat à l'automne, puis ratification par référendum, ou, voie que...
-
15/06 - "Ils rendent les enfants malheureux" : le Royaume-Uni va interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans
A son tour, le Royaume-Uni emboîte le pas de l'Australie sur la question des réseaux sociaux et des mineurs. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré ce lundi qu'il compte interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans et imposer des restrictions aux plateformes de jeux vidéo et de diffusion en direct.
Estimant que "les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux" et "facilitent le harcèlement et les abus", le chef du gouvernement a affirmé que ces nouvelles mesures de régulation, qui contribueront selon lui à protéger les enfants tout en limitant le pouvoir des grandes entreprises technologiques, pourraient entrer en vigueur dès le printemps 2027.
"Il est clair pour moi qu'une interdiction totale est le bon choix", a affirmé Keir Starmer. "Cela changera les conversations que les parents ont avec leurs enfants et les attentes de ces derniers au fil du temps. Cela fera une énorme différence, cela rendra nos enfants plus en sécurité, cela les rendra plus heureux, cela leur donnera plus de temps, plus de sécurité, plus de liberté pour grandir, plus d’opportunités."
Outre l’interdiction de réseaux sociaux tels que TikTok, Snapchat et Instagram, le chef du gouvernement a déclaré qu’il prendrait des mesures contre les services de jeux vidéo et de diffusion en direct qui permettent aux enfants de parler à des inconnus.
"Y a-t-il une situation dans le monde réel où vous laisseriez simplement votre enfant se retrouver seul avec un inconnu, un...
-
15/06 - Le sommet du G7, un barnum devenu obsolète dans le grand désordre mondial
Comme un théâtre où l’on rejoue des scènes depuis longtemps périmées, le G7 est hors course dans le grand désordre mondial qui caractérise notre époque. Celui d’Évian n’échappe pas à la règle.
Lorsque la France, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, réunit en 1975 à Rambouillet le premier sommet des puissances les plus industrialisées (elles étaient six à l’époque), l’Occident était au firmament. Les participants représentaient à eux seuls 67 % de la production mondiale de richesses (exprimée en dollars courants). Cinq décennies plus tard, leur part a fondu à 44 %. Et encore, ce pourcentage exagère l’influence réelle des Etats membres, tellement divisés qu’ils sont incapables d’aborder dans leur réunion un sujet aussi important que le dérèglement climatique et son cortège de calamités.
Au XXe siècle, la France entendait faire du G7 un pilier de la prospérité mondiale, autour de trois principes : la solidarité entre nations occidentales, la stabilité économique, la responsabilité collective. La première est compromise depuis que l’Amérique de Trump a décidé de faire sécession de ses alliés européens, qu’elle traite comme des adversaires plus que comme des partenaires. La seconde est torpillée par les déséquilibres mondiaux résultant de la surproduction industrielle chinoise, des déficits financiers américains titanesques et du grave manque d’investissements en Europe. Quant à la responsabilité collective, si elle a jamais existé, elle s’est évanouie pour de bon...
-
15/06 - Dans le Pacifique, l’ombre chinoise plane sur la sécurité australienne
Une fois encore, le spectre de la puissance militaire chinoise refait surface. Selon une étude du groupe de réflexion en politique étrangère Lowy Institute, publiée le 14 juin, l'armée de Pékin développerait une capacité "réelle et croissante" à frapper le territoire continental australien avec des missiles, et serait déjà en mesure de menacer les routes commerciales de l'Australie, ses câbles sous-marins essentiels aux communications et ses infrastructures critiques.
"La Chine est déjà en mesure de frapper le nord de l’Australie grâce à des missiles balistiques déployés sur ses avant-postes en mer de Chine méridionale. Sa capacité à frapper le territoire australien depuis la Chine continentale augmentera également au cours de la prochaine décennie à mesure que le missile balistique à portée intermédiaire DF-27, et potentiellement un missile balistique intercontinental armé de charges conventionnelles, entreront en service en plus grand nombre", avertissent les auteurs. Deux facteurs pourraient accroître la menace de frappes contre le territoire australien : la mise en service d'un nouveau bombardier à longue portée (habité ou sans pilote), ou le déploiement de bombardiers et missiles existants sur des bases plus proches de l’Australie, dans le Pacifique. Une "compétition permanente"
Auprès d'ABC, Sam Roggeveen, l'un des coauteurs du rapport, nuance néanmoins : "Je dirais que, pour une force militaire de la taille de celle de la Chine, cette capacité de frappe directe...
-
15/06 - "En 24 heures, j’ai été viré de ma propre entreprise" : Francis Lelong raconte son départ fracassant de Sarenza
Il y a les décisions que l'on prend et celles que l'on subit. Francis Lelong est un pionnier, un des défricheurs français du digital. Un serial entrepreneur qui depuis le début des années 2000 a créé plus d'une vingtaine d'entreprises. La plus connue, Sarenza. Une start-up cocréée en 2005 et qui devient très rapidement le leader de la vente de chaussures en ligne en France et une référence dans le e-commerce européen.
Sauf que derrière l'image de papier glacé du startuper à qui tout réussit, il y a la réalité de la vie d'une entreprise, les désaccords croissants avec les deux autres cofondateurs et la pression des fonds d'investissement auprès desquels beaucoup d'argent a été levé jusqu'au clash de mars 2007. Francis Lelong est débarqué de Sarenza en moins de 24 heures alors qu'il détient à l'époque encore un quart des actions de l'entreprise. Comment vit-on une décision comme celle-là ? Et surtout, comment reconstruit-on une légitimité, une identité de chef d'entreprise dans une France qui ne valorise pas vraiment l'échec ?
Un épisode du podcast Anatomie d'une décision à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Remontons le temps : nous sommes le mercredi 7 mars 2007. Dans la soirée, lors d'un conseil d'administration extraordinaire, vous êtes débarqué de l'entreprise que vous avez cofondée parce que vous vous êtes opposé à vos actionnaires, aux fonds d'investissement....
-
15/06 - Guerre en Ukraine : la vaste réforme de Volodymyr Zelensky pour venir en aide à une armée épuisée
Ces annonces suffiront-elles à calmer la crise des effectifs, quatre ans après le déclenchement de l'invasion russe ? Vendredi 12 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé des changements importants dans le système actuel de rémunération des soldats ukrainiens, notamment des salaires plus élevés, davantage de primes de combat et des contrats fixes pour l’infanterie, ainsi qu’une nouvelle campagne de recrutement de combattants étrangers.
"Nous construisons une armée avec des règles claires et le respect des soldats", a affirmé Mykhaïlo Fedorov, le ministre de la Défense, en présentant ce plan, aux côtés du président, qu’il décrit comme la première étape d’une "transformation" de l’institution. "Notre tâche principale est de faire tout ce qui est possible pour sauver la vie des soldats sur le front", a-t-il précisé, alors que l’armée souffre d’un manque chronique de soldats, épuisés après des années de guerre à grande échelle sans perspective de démobilisation ou de relève. Une revalorisation des salaires
Au cœur de cette réforme figure une revalorisation significative des soldes militaires, avec une attention particulière portée à l’infanterie. Ce corps est aujourd’hui le plus exposé et le plus exigeant, en raison du manque de personnel et de l’utilisation massive des drones sur le champ de bataille, qui restreint fortement les déplacements. Les soldats sont ainsi contraints de maintenir leurs positions pendant de longues périodes, parfois plusieurs mois,...
-
15/06 - Max Frisch ou la montagne tragique, la redécouverte littéraire du mois
Erri De Luca est décidément sur tous les fronts en ce moment. En Italie, il fait polémique à cause de ses déclarations en faveur d’Israël. En France, il prend moins de risques en cosignant un livre avec Ines de la Fressange (L’Age expérimental, chez Gallimard). Entre les deux, il préface Réponse du silence de Max Frisch, permettant à l’auteur zurichois mort en 1991 de revenir dans la lumière.
On sait De Luca féru d’alpinisme et de littérature initiatique, aussi ce texte de jeunesse publié par Frisch en 1937, quand il avait 26 ans, ne pouvait que plaire au vénérable septuagénaire. Il y est question d’un artiste en herbe qui se prépare à se marier dans dix jours avec une femme prénommée Barbara. Pour ne pas trop penser à cette échéance qu’il semble craindre plus qu’espérer, il part pour la montagne. Dans une auberge, il croise une certaine Irène. Comme le lecteur pouvait s’y attendre, ils couchent ensemble. Le fiancé indécis disparaît un matin, voulant gravir un glacier que personne n’a jamais dompté. Craignant le pire, Barbara arrive et rencontre Irène. Voilà que les deux femmes prient le retour du même homme… S’est-il tué ? Reviendra-t-il ? Avec son style sec qui claque comme des coups de piolet, et l’angoisse qui monte au fil des pages, Réponse du silence rappelle la tension des nouvelles d’Hemingway et… La Chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet. Ce bref récit métaphysique est à glisser dans le sac de tous les casse-cou qui iront faire de l’escalade cet été....
-
15/06 - Guerre au Moyent-Orient : ce que l’on sait de l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran
Cela constitue la plus grande avancée diplomatique depuis le début de la guerre. Ce lundi 15 juin, des responsables américains et iraniens ont déclaré s'être accordés sur un cadre visant à mettre fin au conflit, à lever le blocus américain contre l'Iran et à rouvrir le détroit d'Ormuz. Si le protocole d'accord devrait être officiellement signé vendredi en Suisse, le détail des mesures n'est pas encore connu.
Shehbaz Sharif, le Premier ministre pakistanais dont le pays a assuré un rôle important de médiateur, a néanmoins déclaré dans un message publié sur le réseau social X qu'il prévoit "la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban". Le pays du Cèdre a constitué l'un des principaux points d'achoppement dans les négociations, Israël et le Hezbollah ayant fait fi des appels de Donald Trump à mettre fin à leurs attaques mutuelles ces dernières semaines. Quelques heures avant l'annonce de la signature attendue du protocole, Israël a d'ailleurs frappé des cibles du Hezbollah à Beyrouth, poussant l'Iran à menacer de se retirer de l'accord.
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dit qu'un accord plus large serait négocié pendant une période de cessez-le-feu s'étalant sur 60 jours, comprenant notamment un allègement des sanctions contre l'Iran. Les Etats-Unis devront discuter du déblocage de fonds iraniens gelés, à condition que Téhéran respecte ses engagements sur son...
-
15/06 - Avant le G7, Donald Trump brandit la menace douanière contre la France
Le président Donald Trump a averti, ce lundi 15 juin, que les Etats-Unis n'auraient "pas d'autre choix" que d'appliquer des droits de douane de 100 % sur le vin français à moins que Paris ne supprime sa taxe numérique sur les géants technologiques américains.
Donald Trump a déclaré avoir transmis cet avertissement directement au président français Emmanuel Macron, exigeant qu'il supprime la taxe de 3 % sur les géants technologiques américains sous peine de voir leurs produits soumis à des droits de douane sur le marché américain.
"Je lui ai demandé de ne pas taxer les entreprises américaines, et s'ils le font, je n'aurai d'autre choix que d'imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins importés de France", a déclaré le président américain au New York Post lors d'une interview. "Il lui suffit de supprimer la TVA, et il n'aura plus ce genre de pression."
Lundi matin, l'Elysée n'avait pas encore réagi à cette nouvelle menace américaine.Donald Trump accueilli par Emmanuel Macron au G7
Donald Trump a déjà menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur le vin et les autres boissons alcoolisées importées de France et de l'UE, notamment en janvier de cette année et en mars de l'année dernière, alors que les tensions commerciales transatlantiques s'intensifiaient. Donald Trump doit arriver à Évian-les-Bains, en France, pour une réunion du G7, à un moment où les dirigeants mondiaux se méfient de plus en plus des Etats-Unis. Il sera accueilli...
-
15/06 - Dix ans après le Brexit, Marks & Spencer face à l’enfer bureaucratique
C’était le péché mignon de nombreux Parisiens, la madeleine de Proust des expatriés anglais dans la capitale. Le sandwich triangle de Marks & Spencer a désormais le goût de la nostalgie. Il y a cinq ans, l’emblématique enseigne britannique fermait onze magasins dans l’Hexagone. Elle s’était déjà retirée du continent en raison de difficultés financières, au début des années 2000, avant d’y faire son retour dix ans plus tard. Cette fois-ci, le coupable est tout désigné : le Brexit, entré en vigueur en 2020. Les goulots d'étranglement logistiques qu'il a provoqués ont rapidement paralysé les livraisons des produits frais, laissant les rayons vides et les adeptes sur leur faim.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir prévenu. En 2018 déjà, le président du groupe et ex-député conservateur Archie Norman avait sonné l'alarme dans les colonnes du Financial Times : "si les camions devaient rester immobilisés [...] près de Douvres durant une demi-journée, ce serait la fin du célèbre sandwich M&S à Paris."
La sortie du marché unique européen s’est en effet traduite par une avalanche de nouveaux certificats, de règles d’étiquetage et de contrôles. Symbole de cet enfer bureaucratique : Archie Norman avait révélé en 2024 devoir louer un entrepôt pour stocker ces montagnes de documents ! "Marks & Spencer était parmi les entreprises les moins bien préparées, nuance l'ex-conseiller gouvernemental sur le cadre post-Brexit, David Henig, du think tank European Centre for...
-
15/06 - "Personnalité Ozempic" : ce que la science dit vraiment de cet effet secondaire qui inquiète
La France franchit un cap dans la prise en charge de l'obésité. Ce lundi 15 juin, deux médicaments parmi les plus convoités de la planète, le Wegovy de Novo Nordisk (une déclinaison d'Ozempic prévu pour les diabétiques) et le Mounjaro d'Eli Lilly, deviennent remboursables. Ces molécules, des analogues de l'hormone intestinale GLP-1, imitent un signal de satiété : elles coupent l'appétit, ralentissent la digestion et permettent à certains patients de perdre jusqu'à 15 à 20 % de leur poids. Le remboursement, à 65 % du prix public fixé entre les laboratoires et les autorités sanitaires - de 146,91 à 433,80 euros en fonction de la dose et de la molécule -, ne vaudra toutefois que pour les obésités les plus lourdes. Il concernera les personnes ayant un indice de masse corporelle supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec une complication comme un diabète ou une apnée du sommeil, et sur prescription de centres spécialisés.
Mais à mesure que ces traitements se diffusent, notamment aux Etats-Unis, où près d'un adulte sur huit en prend, de multiples "effets secondaires" gagnent en popularité sur les réseaux sociaux. Après l'"Ozempic face" et l'"Ozempic butt", le relâchement du visage ou des fesses consécutif à un amaigrissement rapide, ce sont désormais les contenus sur l'"Ozempic personality" qui pullulent sur TikTok et Instagram. Popularisé en avril par un article du Washington Post, le terme désigne une forme d'anhédonie : une diminution de la capacité à éprouver du plaisir,...
-
15/06 - Frappes en Iran : un tournant pour le Moyen-Orient
-
15/06 - Accord entre les Etats-Unis et l’Iran : Donald Trump affirme que le détroit d’Ormuz sera "complètement ouvert" vendredi
Donald Trump et des responsables iraniens ont annoncé, dimanche soir, avoir conclu un accord-cadre pour mettre fin à la guerre, lever le blocus américain de l'Iran et rouvrir le détroit d'Ormuz, un pacte préliminaire qui laisse le sort du programme nucléaire iranien à des négociations ultérieures. Le protocole d'accord devrait être officiellement signé ce vendredi en Suisse.
L'accord a été conclu malgré la frappe israélienne menée dimanche au Liban, qui a suscité des critiques de la part de l'Iran et de Donald Trump.
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump affirme que l'accord prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz
⇒ Le programme nucléaire iranien fera l'objet de discussions ultérieures
⇒ Les Etats-Unis reprendront leurs attaques si aucun accord sur le nucléaire n'est conclu, menace Donald Trump
20h30Pour Benyamin Netanyahou, la guerre contre l'Iran a sauvé Israël d'une "destruction nucléaire"
Alors que le Premier ministre israélien apparaît humilié après l'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran, celui-ci estime ce lundi soir que la guerre contre l'Iran a permis de sauver l'Etat hébreu d'une "destruction nucléaire". Benyamin Netanyahou, qui annonce par ailleurs être candidat aux prochaines législatives en Israël, affirme que l'armée israélienne restera au Liban, en Syrie et à Gaza "aussi longtemps que nécessaire".
18h20 Donald Trump affirme que le détroit d'Ormuz sera "complètement ouvert" vendredi
S'exprimant depuis le G7 à Evian où il est arrivé en...
-
15/06 - "Faire partie du monde libre" : en Moldavie, un rêve européen à l’ombre de la menace russe
Entre l’Europe et la Russie, pour Ian, jeune Moldave de 22 ans, le choix est vite fait. "Nos grands-parents qui ont grandi du temps de l’Union soviétique nous ont raconté comment ils vivaient à l’époque, et nous ne voulons surtout pas connaître le même sort, livre, un brin inquiet, cet étudiant habitant à Chisinau, la capitale moldave. Pour moi, l’Union européenne, c’est un avenir prometteur et cette liberté à laquelle on aspire." En donnant début juin leur feu vert à l’ouverture de négociations d’adhésion avec Chisinau et Kiev, les Européens ont suscité un vif espoir dans cette ancienne république soviétique nichée entre la Roumanie et l’Ukraine. "On attendait ce jour depuis très longtemps !", a salué dès le lendemain, sourire aux lèvres, son Premier ministre Alexandru Munteanu, en marge d’un forum sur les investissements.
Le chemin aura été long - même si la décision doit encore être officiellement approuvée à Bruxelles le 15 juin. A la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Moldavie avait déposé sa candidature d’adhésion à l’Union européenne en mars 2022, puis avait officiellement été reconnue candidate trois mois plus tard. Problème, l’ouverture formelle des négociations a pris du retard les années suivantes. Son intégration étant liée à celle de l’Ukraine, Chisinau a été indirectement bloquée par le veto de la Hongrie de Viktor Orban, opposée à l’ouverture de négociations avec Kiev. Le changement de pouvoir à Budapest en mai, avec l'arrivée du...
-
14/06 - "Le déclin de la Russie est unique dans l’Histoire" : l’évolution du monde vue par Branko Milanovic
Il est le grand spécialiste des inégalités mondiales, connu notamment pour sa "courbe de l'éléphant" qui montre les gagnants et perdants de la mondialisation. Mais l'économiste serbo-américain Branko Milanovic, professeur associé à la City University de New York, se distingue du militantisme de certains de ces collègues, étant aussi capable de souligner les bonnes nouvelles en la matière ou d'apporter des points de vue iconoclastes sur différents sujets. Préfacé par le prix Nobel Philippe Aghion, Le Monde à l'ère capitaliste regroupe des textes sur des thèmes variés, de l'immigration à la Russie de Poutine en passant par la Chine, Adam Smith ou le communisme.
Dans un excellent français acquis au cours d'une scolarité en Belgique, Branko Milanovic nous explique pourquoi la décroissance est une illusion, comment le monde converge actuellement en matière d'égalité et en quoi l'immigration est un "problème sans solution". Selon lui, la Russie est aussi engagée dans un déclin industriel historique.
L'Express : La décroissance ne peut être la solution selon vous si on veut réduire la pauvreté et les inégalités dans le monde. Pourquoi relève-t-elle de la pensée magique ?
Branko Milanovic : Il faut regarder la réalité du monde actuel. Le revenu médian après impôt en Occident correspond au 90e centile de la distribution mondiale des revenus. Si on veut que 90 % de la population mondiale atteigne ce niveau, le PIB mondial doit être multiplié par 2,7, et même plus si on tient...
-
14/06 - Xavier Driencourt, ex-ambassadeur en Algérie : "Nous ne faisons qu’attendre la crise suivante"
La France et l'Algérie sont-elles condamnées à retomber dans la crise ? Dans L'Algérie (1830-2026), vérités et légendes, publié le 4 juin aux éditions Perrin, Xavier Driencourt retrace deux siècles de relations entre les deux pays. Ambassadeur en Algérie de 2008 à 2012, puis de 2017 à 2020, le diplomate examine les tensions et les mythes qui ont émaillé leurs rapports. Ces dernières semaines, Paris et Alger amorcent une détente prudente de leurs relations. Voilà des mois que le dialogue était presque rompu entre les deux capitales, depuis la reconnaissance par la France de la marocanité du Sahara occidental. Ce dégel est-il durable ? Que signifie-t-il pour le journaliste Christophe Gleizes, condamné en 2025 en Algérie à sept ans d'emprisonnement ? Entretien.
L’Express : Vous faites un diagnostic assez sombre sur la relation franco-algérienne et son état de crise permanente. Est-ce une crise politique ou purement historique ? Quelle marge de manœuvre reste-t-il aux décideurs français ?
Xavier Driencourt : Je suis très pessimiste à la fois pour l’Algérie et pour la relation franco-algérienne. Il y a une espèce de "mise en scène" actuellement avec les visites ministérielles du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, de la ministre déléguée aux anciens combattants Alice Ruffo, du ministre de la Justice Gérald Darmanin, de Ségolène Royal, pour faire croire à l’opinion que la relation reprend un rythme normal. Mais au-delà de la mise en scène, nous allons inévitablement nous...
-
14/06 - L’attaque israélienne contre Beyrouth menace l’accord en gestation de Donald Trump avec l’Iran
Et si c'était la bonne ? Donald Trump a déclaré ce dimanche soir être parvenu à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre, autorisant l'ouverture du détroit d'Ormuz ainsi que la levée immédiate du blocus naval américain. Les termes précis de l'accord ne sont pas encore connus, le médiateur pakistanais précisant seulement que le pacte prévoyait "la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban" et qu'il serait signé vendredi 19 juin à Genève, en Suisse.
Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters plus tôt que, selon les termes du projet, les Etats-Unis accepteraient de débloquer 25 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, tandis que Téhéran s'engagerait à ne pas produire ni acquérir d'armes nucléaires. Il a également précisé que jusqu'à la conclusion d'un accord définitif, l'Iran accepte de maintenir le statu quo sur le nucléaire, y compris l'absence d'enrichissement d'uranium ou d'extension des installations nucléaires.Une frappe au pire moment
Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait prévenu sur son réseau Truth Social que la signature d'un accord avec Téhéran était "prévue" pour ce dimanche, qui s'avère être le jour de son 80e anniversaire. "Dès qu’il aura été signé, le détroit d’Ormuz sera OUVERT À TOUS", a-t-il écrit, ajoutant que les Iraniens "ne voulaient plus d’arme nucléaire".
Mais l'optimisme affiché par Donald Trump s'est rapidement heurté à la réalité du terrain. La frappe israélienne...
-
14/06 - Giuseppe Lavazza : "Pour éviter les guerres, il faut boire plus de café !"
Du café. Rien que du café. Pour Giuseppe Lavazza, président du torréfacteur italien, la spécialisation de la maison est "une force". En 1895, son arrière-grand-père, Luigi, a l’idée de mélanger plusieurs variétés de grains pour obtenir un breuvage au goût constant qui fidélisera les consommateurs. Le blend est né, et avec lui le début d’une formidable aventure entrepreneuriale construite autour d’un seul et même produit.
Sur un marché mondial dominé aujourd’hui par des conglomérats de l’agro-alimentaire - Nestlé (Nespresso) et Keurig Dr Pepper, qui vient d’avaler JDE Peet’s (L’Or) -, le Turinois n’a jamais cherché à se diversifier sur d’autres segments. Pendant 120 ans, il n’a même aligné qu’une marque en rayons et sur les comptoirs, Lavazza. Il faudra attendre 2015 pour que le catalogue s’étoffe, avec le rachat coup sur coup du danois Merrild, du français Carte Noire puis du canadien Kicking Horse. Fort d’un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros l’an dernier - multiplié par trois en une décennie -, Giuseppe Lavazza savoure le chemin parcouru : "Dans notre univers concurrentiel, nous ne sommes plus au menu des fusions-acquisitions, mais à la table."Une spirale spéculative
Le fruit d’une internationalisation réussie orchestrée par Antonio Baravalle, l’actuel DG, un manager extérieur à la famille passé chez Diageo, Fiat puis Mondadori. Et d’une montée en gamme permanente, pour éviter "le risque mortel qui guette notre industrie : la banalisation du café", insiste...
-
14/06 - Etats-Unis : "Disneyland incarne un optimisme que les Américains ne ressentent plus vraiment"
17 juillet 1955, 16 h 30. Ce jour-là, une page de l’histoire américaine est en train de s’écrire à Anaheim, la plus grande ville d'Orange County, dans le sud de la Californie. Les yeux rivés sur leur écran de télévision en noir et blanc, 90 millions d’Américains trépignent d’impatience devant la chaîne ABC, qui retransmet la plus ambitieuse émission en direct jamais réalisée : l’inauguration de Disneyland, le nouveau parc de Walt Disney. Depuis Frontierland, Ronald Reagan, acteur, animateur et futur président des Etats-Unis, lit une dédicace destinée à être gravée sur une plaque : "C’est ici que nous revivons l’histoire de notre pays : les couleurs, le romantisme et l’épopée de l’Amérique des pionniers, depuis les sentiers sauvages jusqu’aux routes, aux bateaux fluviaux et à la civilisation. Un hommage à la foi, au courage et à l’ingéniosité de nos vaillants pionniers, qui ont ouvert la voie et rendu ce progrès possible."
Quelques minutes plus tard, depuis un décor de Far West, Art Linkletter, autre vedette de la télévision américaine, tend son micro à un jeune garçon prénommé Robert : "Tu cherches quelque chose en particulier ?" - "Je veux savoir où est Davy Crockett !". "Je vais te donner ce fusil, Robert. Tu le pointes vers le ciel, et quand tu tireras, cela le fera venir". Comme par magie, surgit alors du haut de sa colline, Davy Crockett, véritable star de cette inauguration. Le martyr ressuscité de Fort Alamo est incarné par Fess Parker, héros de la série éponyme...
-
14/06 - Donald Trump ferme Anthropic aux étrangers : l’Europe découvre le prix de sa dépendance
L'administration Trump aurait-elle essayé de faire d'une pierre, deux coups ? Mettre un coup de pression sur Anthropic d'une part, et de l'autre, rappeler au reste du monde qu'elle détient, avec les entreprises de la tech, un levier considérable ? Sa décision d'interdire l'utilisation des modèles d'Anthropic Mythos 5 et Fable 5 à "tout ressortissant étranger", vendredi, a en tout état de cause fait l'effet d'un coup de tonnerre sur les deux rives de l'Atlantique. Elle a d'abord eu pour conséquence la désactivation de ces deux modèles, trois jours après leur commercialisation, par la firme californienne, qui assure qu'elle n'avait guère le choix, ses propres employés étant souvent étrangers."Entreprise radicale de gauche"
Aux Etats-Unis, l'annonce a été vue comme un nouvel épisode du bras de fer entre la firme de Dario Amodei et l'administration présidentielle. Elle remonte à la volonté du premier, en février, que son IA Claude ne soit pas utilisée par le Pentagone à des fins militaires comme la surveillance des masses ou le développement d'armes autonomes – Donald Trump avait alors qualifié Anthropic d’"entreprise radicale de gauche, woke"… Cette fois, la directive émanerait du secrétaire au commerce, Howard Lutnick, après qu'il a été informé par une société utilisatrice des modèles – Amazon, selon différentes sources – qu'elle avait réussi à contourner les garde-fous prévenant un usage malveillant de Fable 5, une IA particulièrement douée pour repérer les failles de...
-
14/06 - Donald Trump annonce qu’un accord de paix avec l’Iran a été trouvé, le médiateur pakistanais annonce une signature le 19 juin à Genève
Les États-Unis et l'Iran sont parvenus à un accord pour mettre fin à la guerre et tiendront une cérémonie de signature officielle vendredi en Suisse, a déclaré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif sur les réseaux sociaux tôt lundi.
L'accord a été conclu malgré une frappe israélienne au Liban dimanche, qui a suscité des critiques de la part de l'Iran et du président américain Donald Trump. Les termes précis de l'accord n'étaient pas immédiatement connus. Sharif a déclaré que le pacte prévoyait "la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé à la télévision d'État iranienne qu'une fin immédiate et permanente de la guerre et des opérations militaires sur différents fronts, y compris au Liban, aura lieu dès ce soir. Il a déclaré que les négociations en vue d'un accord final se dérouleraient sur une période de 60 jours, ajoutant que Téhéran prendrait ses propres mesures en cas de "violations de la part de l'autre partie".
Plusieurs sources avaient précédemment indiqué à Reuters que le projet d'accord permettrait de rouvrir le détroit d'Ormuz, de mettre fin au blocus américain des ports iraniens et de prolonger le cessez-le-feu, tout en laissant la question du programme nucléaire iranien à l'ordre du jour lors d'une période de négociations supplémentaires de 60 jours.
Dans son message publié sur les réseaux sociaux, Trump a...
-
14/06 - Guerre en Iran : plus d’une cinquantaine de bases militaires iraniennes endommagées, d’après la BBC
Au-delà des assertions de Donald Trump, qui estime que les "Etats-Unis ont défait l'Iran" sur le plan militaire, il reste difficile d'établir un bilan précis de la campagne de frappes aériennes menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, déclenchée le 28 février et suspendue par un cessez-le-feu le 8 avril – les autorités américaines affirment de leur côté avoir frappé plus de 13 000 cibles. La cellule de BBC Verify s'est pourtant essayée à l'exercice en analysant différentes images satellites, et a pu recenser des dégâts sur plus de cinquante sites militaires iraniens.Les Gardiens de la révolution visés
Une douzaine d'aérodromes ont été touchés. L'aéroport international de Mehrabad a fait l'objet de frappes le 7 mars qui ont détruit au moins 17 appareils dans la zone militaire du site ; 13 l'ont été sur la base de Shiraz, à la suite d'attaques américano-israéliennes menées entre le 2 et le 17 avril. Les sites de la marine iranienne n'ont pas été épargnés. Plusieurs navires ont été endommagés lors des attaques contre la base navale de Bandar Abbas – siège de la marine – aux premiers jours de la guerre.
Les bases des Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont été également frappées. Leur quartier général, dans la banlieue est de Téhéran, et celui de leur marine, a subi des dégâts importants – le commandant de la marine, le général Alireza Tangsiri, a d'ailleurs été tué lors d'une opération israélienne fin mars. Les bases appartenant à la milice Basij –...
-
14/06 - Crèmes solaires, vérités et idées reçues : tout ce qu’il faut savoir pour bien protéger sa peau
Le retour de l'été remet le soleil et ses dangers au centre des préoccupations, et avec lui les crèmes solaires… Un sujet sur lequel déferle, chaque été, un flot d'affirmations contradictoires. Sur les réseaux sociaux, des influenceurs prônent une application quotidienne tandis que d’autres l’accusent de polluer l’environnement et de nuire à la santé ; l'industrie cosmétique, elle, décline des gammes "pour bébés", "bio", sous forme de sérums ou de brumes, avec des formulations sans cesse renouvelées. Difficile, pour le consommateur, de s’y retrouver.
Une chose est sûre : personne ne questionne la nécessité de se protéger du soleil. Plus de 80 % des cancers de la peau sont liés à une exposition régulière et intense au soleil, principalement pendant l'enfance, rappelle l’Institut national du cancer. Les responsables sont les rayons UV-A et UV-B - les UV-C, les plus dangereux, sont heureusement stoppés par la couche d'ozone. "Un bon produit solaire doit offrir une protection équilibrée entre UV-A et UV-B, ce qui est techniquement très complexe à obtenir", assure Christophe Bedane, médecin cancérologue, professeur de dermatologie à Dijon et membre de la société française de dermatologie, qui regroupe les experts du domaine. De nombreuses études scientifiques ont démontré l’efficacité des crèmes solaires pour se prémunir des carcinomes, les tumeurs de la peau les plus fréquentes. Leur protection contre le mélanome, le cancer cutané le plus dangereux, reste débattue, notamment...
-
14/06 - Dans l’antre de la prunelle de Troyes
A deux pas de la cathédrale, une façade discrète ouvre sur le Cellier Saint-Pierre. Dans cette ancienne cave médiévale aux pierres apparentes et aux voûtes impressionnantes, le patrimoine aubois se mêle aux parfums d’alcool, de fruits noirs et d’épices. Un lieu hors du temps où chaque bouteille raconte un fragment de la mémoire locale. Ancien "cellier aux dîmes", épargné par les grands incendies qui ont ravagé Troyes au fil des siècles, il devient progressivement un espace dédié au négoce puis à la distillation. C’est là qu’apparaît, dès 1840, une liqueur singulière élaborée à partir de noyaux de prunelle sauvage : la Prunelle de Champagne, future prunelle de Troyes.
Sa fabrication relève presque de l’alchimie. Les noyaux sont broyés, mis à macérer dans l’alcool puis soumis à une double distillation dans de vieux alambics en cuivre chauffés au feu de bois. L’alcoolat obtenu est ensuite assemblé avec d’autres ingrédients naturels dont le secret, de nos jours encore, reste jalousement gardé. Résultat : une liqueur puissante, élégante, aux notes d’amande, de fruits noirs et d’épices douces, tirant à 40 degrés.
Au début du XXe siècle, la renommée de la boisson dépasse largement les frontières de l’Aube et connaît son heure de gloire en décrochant la médaille d’or de l’Exposition universelle de 1900, toujours sous le nom de Prunelle de Champagne. Mais, au mitan des années 1990, après la polémique suscitée par la sortie du parfum Champagne d’Yves Saint-Laurent, les producteurs...
-
14/06 - Comment Arsène Lupin peut-il nous inspirer ?
Qu’on ne compte pas sur Umberto Eco pour défendre ce "chef de bande" d’Arsène Lupin : "Soyons francs, Lupin, c’est Lucky Luciano, Andreotti, Liggio, Kissinger, Brejnev, Nixon et Al Capone réunis." Bref, un gangster assoiffé de pouvoir qui aurait contaminé l’imaginaire de notre jeunesse – au même titre que Tony Montana, le malfrat incarné par Al Pacino dans Scarface. Sur ce coup-là, le sémiologue ne s’était-il pas un peu perdu dans l’étude des signes ? Romain Gary ne partageait pas son analyse abracadabrante, comme il le raconte dans La Promesse de l’aube : "En dehors des lectures qui, enfant, m’étaient recommandées, je me plongeais dans l’univers fabuleux d’Arsène Lupin. Ce dernier m’enchantait particulièrement et je m’efforçais d’imposer à mon visage la grimace caustique, menaçante et supérieure du héros qui ornait la couverture du livre. J’y réussissais assez bien – et aujourd’hui encore." Que fit-il quand il tomba malade d’un rein ? "Vomissant du sang noir, j’appelais à ma rescousse d’Artagnan et Arsène Lupin." Et quand il dut quitter son pays natal, il n’emporta que trois livres, dont un volume des aventures du plus distingué des voleurs…
Entre Eco et Gary, l’écrivain Grégoire Bouillier est du côté du second. Son essai Un printemps avec Arsène Lupin nous replonge dans notre enfance ou notre adolescence, lorsque l’on découvrait avec émerveillement l’œuvre de Maurice Leblanc. Mais Leblanc, au fond, l’intéresse assez peu. Bouillier se souvient que, au début des années...
-
14/06 - "On est entré dans la phase Mad Max" : la folle course à l’énergie des géants de l’IA
Comme les modèles qu’ils entraînent, les géants de l’IA n’ont pas réponse à tout. Ils peuvent mal évaluer une situation, méconnaître un sujet. Et bloquer. Mais jamais trop longtemps. Chez eux, l’apprentissage est rapide. Question de survie dans un milieu ultra-concurrentiel. Fin mars, à la CERAWeek de Houston (Texas), la grand-messe annuelle du secteur de l’énergie, la leçon leur est venue de Laura Swett. Sur scène, la présidente de la Ferc, l’organisme fédéral chargé de la régulation et de la surveillance de l’énergie aux Etats-Unis, s’est montrée particulièrement franche. Elle a déploré le "manque de compréhension" des réalités du réseau électrique par les Big Tech, désireux d’y brancher leurs hyperscalers - des data centers XXL. Et leur a reproché de ne pas venir plus souvent à sa rencontre.
Le message semble être passé. Depuis quelques mois, les rois de l’intelligence artificielle se sont rapprochés de la Ferc qui doit publier en juin une proposition visant à intégrer plus rapidement les centres de données aux grands réseaux électriques régionaux. Rompus au lobbying à Washington, ils n’avaient pas vraiment l’habitude de frayer avec les régulateurs, trop souvent synonymes, pour eux, de contraintes et de lenteurs. Cette fois, nécessité fait loi. Dès le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Google a étoffé ses équipes d’experts en énergie et en réglementation. Un mouvement copié par ses rivaux dans l’IA, la plupart installés dans la Silicon Valley. OpenAI s'est...
-
14/06 - Défense : la France peut-elle tenir la cadence allemande ? Les vérités du patron de l’armement
Devenir "l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe" : c'est l'ambition affichée, depuis le mois de février, par le chancelier allemand Friedrich Merz. Face à la menace russe et aux incertitudes liées au conflit en Iran, l'Allemagne se réarme à marche forcée et prévoit de dépenser trois fois plus que la France par an pour sa défense. Certes, il s’agit, pour Berlin, d’un rattrapage après des années de sous-investissement. Mais les budgets sont là, et ils sont massifs. Tant et si bien que le risque de décrochage de la France sur le plan militaire a dernièrement été pointé du doigt au sommet de la hiérarchie militaire française, par le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon.
Le chef d’orchestre de l’industrie de défense française, Patrick Pailloux, n’est pas de cet avis. Le délégué général pour l’armement, aux prises de paroles rares, a répondu aux questions de L’Express. "Je ne parlerais certainement pas de déclassement français de la France vis-à-vis de l’Allemagne", estime le patron de l’imposante direction générale pour l’armement (DGA), en fonction depuis novembre 2025. Certes, la situation budgétaire outre-Rhin "est différente" - au désavantage de la France. En février, un rapport de l'institut IISS plaçait Berlin à la quatrième place des dépenses de défense mondiales avec 107 milliards de dollars. Paris n'est qu'à la huitième place, avec 70 milliards de dollars. "On ne peut pas comparer nos pays en matière de capacités. La France est un pays...
-
13/06 - Syrie : malgré la chute de Bachar el-Assad, la Russie s’accroche à ses bases militaires
La chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 n’aura finalement pas mis un terme à la présence militaire russe en Syrie. Plus d'un an après le renversement de son allié historique, la Russie multiplie les signaux indiquant sa volonté de préserver ses positions stratégiques dans le pays, quitte à composer avec les nouvelles autorités issues de l’ancienne rébellion. Dernier indice en date : le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé, mercredi 10 juin, que la coopération entre Moscou et Damas se développait "très activement". Sa porte-parole, Maria Zakharova, a également indiqué que la question de la présence militaire russe faisait l’objet de discussions avec les autorités syriennes, notamment dans le cadre d’une "éventuelle réorganisation" des installations militaires russes.
Ces déclarations interviennent quelques jours après les révélations du Wall Street Journal, le 1er juin, sur une opération logistique menée par Moscou pour ravitailler sa base aérienne de Hmeimim, près de Lattaquié. Selon le quotidien américain, qui s’appuie sur des images satellites et des responsables américains, le cargo Sparta a quitté Saint-Pétersbourg en mars avant d’atteindre le port syrien de Tartous en mai. Escorté durant une grande partie du trajet par des navires de la marine russe, le bâtiment transportait du matériel destiné à la base aérienne russe.
Pour le Wall Street Journal, il s’agit de la première mission de ravitaillement de ce type depuis la chute du régime Assad. Une...
-
13/06 - Laetitia Strauch-Bonart : "Etrangement, la France ne va jamais assez mal pour être réformée"
C’est un projet qui, face à la sinistrose et la déploration générale, devrait ravir les libéraux lassés des discours déclinistes. Avec la revue Civilisation, Laetitia Strauch-Bonart, directrice de la rédaction et ex-rédactrice en chef du service Idées de L’Express ne veut pas se contenter de critiquer, mais proposer des solutions concrètes pour « réveiller le monde libre ». A l’occasion du lancement du titre, l’essayiste en profite pour diagnostiquer la situation du libéralisme en France, des dissensions pouvant compromettre l’émergence d’un parti susceptible de peser dans la future élection présidentielle au bilan d’Emmanuel Macron. Elle décrit aussi sa vision des mesures à prendre d’urgence en France, avec une promesse : « nous ne serons pas une Pravda libérale ». Entretien.
L’Express : Le libéralisme est-il suffisamment représenté politiquement en France ?
Laetitia Strauch-Bonart : Dans les partis d’aujourd’hui, on peut identifier quelques figures libérales : David Lisnard, qui a récemment quitté les Républicains, Christelle Morançais chez Horizons, Guillaume Kasbarian chez Renaissance… On retrouve aussi des niches libérales dans le monde des idées. Mais il manque un large mouvement qui en ferait son objectif premier.
Nous lançons Civilisation car nous pensons qu’il y a de la place pour une revue qui, par des articles longs abordant les sujets en profondeur, ne se contente pas de critiquer, mais propose aussi des solutions. Nous ne supportons plus la déploration...
-
13/06 - Ciao Energy, Holy, Prime Hydration... Les vrais bénéfices des sodas des Youtubeurs
Deux adolescents d’une quinzaine d’années, jeans larges et t-shirt au-dessus du nombril, sortent d’une enseigne de grande distribution de la rue de Vaugirard, tout sourire, chacun à la main une canette chromée et un mot d’origine italienne inscrit en grand. Du Ciao Energy, évidemment. Dans ce magasin parisien comme dans beaucoup d’autres, on ne compte plus le nombre de clients demandant à se procurer le breuvage à peine sorti d’usine et déjà tendance.
Disponible depuis le 1er juin - et déjà en rupture de stock par endroits - Ciao Energy s’est imposé comme un véritable phénomène de vente en à peine quelques jours de commercialisation. Dans les magasins parisiens comme ailleurs dans l’Hexagone, il n’est pas rare de voir les fans repartir avec des dizaines de décoctions colorées et pétillantes sous le bras, appâtés par le nom et l’aura de Squeezie, d’Inoxtag et de Lena Situations, les influenceurs grimés en limonadiers à l’origine de ce produit.
Lancée en trombe sur les réseaux sociaux par une publicité à l’allure hollywoodienne, cette nouvelle gamme de boissons énergisantes a été entièrement développée par le trio d'influenceurs roi d'Internet, 25 millions d’abonnés rien que sur YouTube. Une initiative qui n'est pas sans rappeler celle du champion américain de YouTube, Logan Paul, qui depuis 2022 tente de se faire une place dans le marché des boissons grâce à ses gammes caféinées ou hydratantes.
Jouant au départ les simples hommes-sandwichs numériques, multipliants les...
-
13/06 - Guerre en Iran, Ukraine, tensions commerciales... Un G7 à Évian sous pression
Au cœur des montagnes de Haute-Savoie, une poignée de dirigeants tenteront d'apporter des réponses aux crises qui secouent l'ordre mondial. La cité thermale d’Évian-les-Bains, au cœur des Alpes, accueille du 15 au 17 juin le groupe des Sept (France, États-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Italie et Allemagne). Un sommet à haut risque, organisé par Emmanuel Macron, dans un contexte international particulièrement instable. Le dispositif de sécurité est exceptionnel : près de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et gardes-frontières seront mobilisés, appuyés par des bateaux, des drones et des motos. Objectif aussi : faire oublier un souvenir encore vif dans la station savoyarde, celui du G8 de 2003, qui avait vu déferler des dizaines de milliers de manifestants altermondialistes.
Cette édition 2026 s’ouvre sur la première réunion transatlantique depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février. Le conflit au Moyen-Orient devrait donc dominer les discussions, alors qu'un accord de paix entre Washington et Téhéran devrait être signé ce vendredi à Genève en Suisse. Les Européens, ainsi que le Canada et le Japon plaident pour une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, dont la fermeture pèse sur l’économie mondiale en faisant s'envoler les prix du carburant. L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar doivent par ailleurs être associés à une session du sommet, mardi 16 juin. Emmanuel Macron a jugé...
-
13/06 - "Applications de rencontre", "préservatif" et "PCR" : pourquoi les IST explosent en Europe
213 443 cas de chlamydia, 106 331 de gonorrhée, 45 577 pour la syphilis… En 2024, les infections sexuellement transmissibles (IST) ont explosé sur le Vieux Continent, révèle le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), dans un rapport paru le 21 mai.
Pour Jade Ghosn, professeur en maladie infectieuse et chef du centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH et des IST (CeGIDD) de l'hôpital Bichat, ces chiffres représentent seulement "le sommet de l'iceberg." Entre nouvelles pratiques de dépistage et désintérêt pour le préservatif, l'infectiologue décrypte les causes de ce phénomène. Entretien.
L'Express : Les chiffres rapportés par l'ECDC dans son dernier rapport sont vertigineux. Depuis 2015, les cas de gonorrhée ont augmenté de 303 % et ceux de syphilis ont plus que doublé. Comment expliquer qu'on en soit arrivés là en seulement dix ans ?
Jade Ghosn : Il y a plusieurs explications. La première, c'est que depuis le début des années 2010 et notamment depuis 2015, on a des nouveaux outils de dépistage qui sont plus performants et plus sensibles. C'est ce qu'on appelle les tests d'amplification d'acides nucléiques, ou PCR - que les gens connaissent mieux depuis le Covid. Avant, on n’avait pas les bonnes techniques. Dans 70 % des cas, les IST sont asymptomatiques. Les gens allaient consulter quand ils avaient des symptômes, et on traitait ces symptômes mais pas une infection documentée.
La deuxième chose, c'est qu'avec ces...
-
13/06 - IA : dans quels pays la défiance est-elle la plus forte ?
Dès le lancement grand public de ChatGPT, l'IA générative a essuyé un certain nombre de critiques virulentes aux Etats-Unis. Il y a d'abord eu la révolte des scénaristes et des travailleurs de l'industrie hollywoodienne en 2023... Puis les mouvements plus récents contre l'implantation de data centers à proximité de zones habitables - une cinquantaine de projets aurait ainsi été empêchée en 2025. Ces dernières semaines, l'IA semble connaître un retour de bâton encore plus massif, notamment parmi la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010.
Sur les réseaux sociaux, le nombre de contenus anti-IA se multiplie au moins aussi rapidement que le nombre de photomontages générés par ChatGPT et consorts. Sur la plateforme Reddit, même les forums les plus technophiles sont aujourd'hui envahis de posts qui reflètent un certain malaise - voire une colère sourde - à l'encontre des outils d'IA générative. Mais le plus flagrant symptôme de cette crispation s'observe dans les universités américaines. Alors que certains entrepreneurs de la Silicon Valley ont entamé leur tournée des campus, où ils sont régulièrement invités à donner des discours lors des cérémonies de remises de diplômes, l'accueil a été plus que glacial. Les images d'Eric Schmidt, ancien PDG de Google, copieusement hué lors de sa leçon inaugurale à l'université d'Arizona ont fait le tour du monde.
Ces tensions se reflètent dans les sondages sur l'utilisation de l'intelligence artificielle....
-
13/06 - Être conservateur nuit-il à la santé ? Ce que révèle une étude scientifique menée aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, la santé des citoyens n'est pas seulement déterminée par leurs revenus, leurs diplômes ou leur lieu de résidence. Elle varie aussi en fonction des… convictions politiques. C’est ce que révèle une étude publiée en mai dans Nature Human Behaviour, qui montre que les Américains les plus conservateurs (les plus à droite) sont en moins bonne santé et meurent davantage que leurs compatriotes les plus libéraux (à gauche). Un écart qui n'existait pas quinze ans plus tôt. Et cette divergence ne tiendrait pas qu'aux écarts de niveau de vie ou de lieu de résidence : elle s'enracinerait aussi dans une défiance plus marquée envers le système de santé et la science.
Avant de parvenir à cette conclusion, les auteurs, Elizabeth Elder et Neil O'Brian, deux chercheurs en science politique à l'université de Stanford et de Chapel Hill (Etats-Unis), ont récolté les données issues d'Add Health. Cette cohorte, massive, suit depuis 1994 quelque 20 000 Américains nés pour l'essentiel entre 1976 et 1982 et mesure cinq biomarqueurs - indice de masse corporelle, tension artérielle, glycémie, cholestérol et inflammation -, afin de suivre l’évolution de leur santé sur des décennies. Les deux chercheurs ont ensuite croisé ces données avec le registre national des décès et, fait plus exceptionnel pour une enquête de santé, avec un questionnaire sur le positionnement idéologique des participants afin de les classer de "très libéral" à "très conservateur" en passant par "libéral", "modéré"...
-
13/06 - Italie : Roberto Vannacci, l’ultranationaliste qui menace Giorgia Meloni
Quatre mois seulement après la fondation de son parti d’extrême droite Futuro Nazionale, Roberto Vannacci met déjà des bâtons dans les roues de Giorgia Meloni. Ancien général devenu eurodéputé, l’Italien de 57 ans, grand, massif, les cheveux courts et le regard sévère, s’impose progressivement comme l’un des principaux défis politiques de la présidente du Conseil à l’approche des élections législatives de 2027. Fondé après son départ de la Ligue de Matteo Salvini, Futuro Nazionale revendique près de 100 000 partisans. Crédité d’environ 4 à 5 % des intentions de vote et en progression constante, le mouvement se présente comme une droite nationaliste intransigeante, eurosceptique et favorable à un rapprochement avec Moscou.
Une formation politique qui accuse Giorgia Meloni d’avoir renoncé à ses convictions une fois arrivée au pouvoir. "Nous représentons cette droite qui n’est ni fanée, ni hésitante, ni craintive", déclarait récemment Roberto Vannacci devant un groupe de journalistes étrangers. Selon lui, les trois années de gouvernement de la leader nationaliste ont révélé "une droite craintive", trop conciliante avec Bruxelles et incapable d’endiguer la criminalité. Sur X, l'ancien militaire dépeint "sa" droite : "vraie, cohérente, identitaire, forte, fière, convaincue, enthousiaste, pure et contagieuse". Et Robert Vannacci le clame, sa "droite n'est pas à la carte… et par-dessus tout elle n'est pas modérée".
L’ancien militaire originaire de Ligurie, s’est fait connaître...
-
13/06 - Champagne ! Les comtes sont de retour
Passavant le meilleur ! D’emblée, l’intitulé évoque un cri de kermesse, avec cette formule héritée des marchés d’autrefois, lorsque les camelots vantaient leurs produits à grand renfort de superlatifs. Et c’est bien d’une Champagne triomphante dont il est question ici. Entre le Xe siècle et le rattachement du comté au royaume de France en 1361, la principauté devient l’un des centres névralgiques de l’Occident médiéval. Les célèbres foires champenoises, ancêtres des grandes places économiques européennes, attirent les marchands, les voyageurs et les banquiers venus de tout le continent. Troyes est alors une plaque tournante des échanges, mais aussi un foyer culturel effervescent. On y croise des princes lettrés, des troubadours, des religieux, et même l’ombre de Chrétien de Troyes, figure de la littérature courtoise.
A la cité du Vitrail de Troyes (Aube), l’exposition Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes propulse ainsi les visiteurs au cœur de cette époque flamboyante où la région, bien avant d’être l’emblème des bulles, rayonnait sur l’Europe entière. Manuscrits enluminés, sceaux princiers et chartes originales, sculptures grandeur nature, peintures, monnaies, objets liturgiques, mobilier archéologique, pièces d’orfèvrerie et surtout vitraux d’exception : près de 300 œuvres racontent quatre siècles d’une histoire aussi politique qu’artistique.Statue de Jeanne de Navarre en fondatrice, vers 1310.
Le parcours joue d’ailleurs la carte de l’immersion...
-
13/06 - Moyen-Orient : l’Iran exclut la signature d’un accord avec les Etats-Unis dimanche
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a déclaré que des modifications étaient encore possibles mais qu'un projet d'accord montrait que l'Iran avait été renforcé par le conflit. "L'Iran a remporté la guerre contre les Etats-Unis", a-t-il affirmé à la télévision publique iranienne.
Annoncé la veille au soir par le président américain comme un "excellent" accord, le protocole a été rendu public dans ses grandes lignes vendredi par la République islamique via les médias d'Etat iraniens, ainsi que par des sources occidentales et pakistanaises.
Le protocole d'accord proposé prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, que l'Iran avait fermé après les attaques lancées par les Etats-Unis et Israël en février, et la levée du blocus naval américain, selon des sources des deux parties. Des négociations concernant le programme nucléaire iranien interviendront par la suite. Abbas Araqchi a déclaré que l'Iran et Oman conservaient le contrôle du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. "Notre épée sera toujours suspendue au-dessus du détroit d'Ormuz", a-t-il déclaré.
18h30Fin de ce direct
Merci de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre suivi de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée à vous.
18h02Donald Trump affirme que l'accord avec l'Iran sera signé dimanche
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi sur les réseaux sociaux qu'un accord avec l'Iran devait être signé dimanche et que le détroit d'Ormuz...
-
13/06 - La vie hors norme de Germaine de Staël : une certaine idée de l’Europe
Germaine de Staël se posait cette question éternelle peu avant sa mort, au début de la Restauration, en 1816 : "Les ténèbres ou les lumières triomphent-elles en Europe ?" Deux ans plus tôt, dans une autre lettre, elle écrivait : "L’exil m’a fait perdre les racines qui me liaient à Paris et je suis devenue par mes goûts européenne." L’Europe aura été la grande affaire de la vie de cette femme qui était franco-genevoise d’origine, suédoise par son mariage et germanophile par ses lectures. Ancienne présidente de la Société des études staëliennes et directrice des Cahiers staëliens, l’universitaire Stéphanie Genand vient de publier la nouvelle biographie de référence de cette grande dame qui n’a jamais fait l’unanimité. Jadis peinte par Elisabeth Vigée-Lebrun, comme Marie-Antoinette, Germaine de Staël a tout d’une icône. Connectée aux meilleurs esprits de son temps, elle aura connu Goethe, le prince de Ligne ou Byron. Mais si Lamartine et Sainte-Beuve virent respectivement en elle un "tribun sublime" et "l’indépendance souveraine du génie au temps de l’oppression la plus entière", Napoléon n’a jamais pu souffrir cette rebelle de bonne famille. Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, où il s’en moque à plusieurs reprises, la jugeant tour à tour laide, intrigante et hypocrite, il a ces mots cinglants : "Elle combattait d’une main et sollicitait de l’autre."
Née à Paris en 1766, Germaine est ce qu’on appelle désormais une nepo baby : sa mère est une salonnière en vue et son père, le...
-
13/06 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann ou la solitude d’un presque candidat
À gauche, la candidature de Raphaël Glucksmann n’a rien d’une évidence. C’est jour après jour ce que lui signifient ses camarades sociaux-démocrates, ceux qui se déclarent candidats (Karim Bouamrane ou Jérôme Guedj), "se préparent" (François Hollande), se tiennent prêts (Bernard Cazeneuve), ou réfléchissent (Olivier Faure, Boris Vallaud) à la prochaine élection présidentielle. Au fond, personne ne nie à l’eurodéputé son avance sondagière. Mais tous demeurent persuadés que l’impétrant est encore "fragile". "Il ne balaie pas tout sur son passage, ne perce pas de façon probante, note un socialiste. On ne se dit pas 'Plus vite on le rejoint, et plus vite on sera ministre'". "Ça n’est pas aussi simple"
Il n’est pas encore candidat, mais c’est tout comme. Pour son premier meeting, ce samedi 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, Raphaël Glucksmann se projette vers l’avenir. Mais ne comptez pas sur ses concurrents pour venir l’encourager. Ni Jérôme Guedj, qui est en déplacement en Israël et en Palestine, ni Karim Bouamrane ne seront de la partie de la partie. "Ceux qui pensent qu’ils peuvent faire sans Hollande et Cazeneuve se mettent le doigt dans l’œil. Dans l’opinion, ils pèsent plus que ceux qui ont un appareil", a confié Glucksmann à l’un de ses interlocuteurs. Cela tombe bien. François Hollande ne voit pas davantage ce qu’il viendrait faire à ce meeting ; Bernard Cazeneuve, assure l’un de ses amis, n’aurait pas reçu d’invitation.
Qui d’autre ? Boris Vallaud, le président du...
-
13/06 - Derrière l’affaire Lyhanna, les moyens de la justice en question : ces leçons venues d’Europe
C’est l’affaire de trop. Après la découverte, fin mai, du corps sans vie de Lyhanna dans le Gers, les Français demandent des comptes à la justice. L’agresseur présumé de la fillette de 11 ans, Jérôme Barella, faisait déjà l’objet de deux plaintes pour viol, sans que ces dernières n’aient été suivies d’effet, et la procureure chargée de l'affaire a été mise en cause par le ministre Gérald Darmanin.
Mais les moyens du système judiciaire français interrogent, alors que l’Hexagone compte près de quatre fois moins de procureurs que ses voisins européens : 3,2 pour 100 000 habitants en 2022, contre une médiane européenne de 11,2 selon la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej) - un chiffre qui a même chuté à 2,95 en 2024, selon les derniers statistiques du ministère de la Justice. Même si la France dispose de délégués du procureur et d’autres personnels d’appui, elle reste un des pays européens qui consacre le moins de moyens à sa justice : environ 0,2 % du PIB par habitant, alors que la moyenne de l'UE s'établit à 0,31 % du PIB. Tour d'horizon de modèles européens alternatifs.La France reste sous-dotée en magistrats par rapport à ses voisins européens.Italie : peu de procureurs mais des moyens importants
Comme en France, le nombre de procureurs italiens est relativement faible : 3,8 pour 100 000 habitants en 2022. En revanche, ceux-ci sont épaulés par un nombre plus important de personnels exerçant des fonctions comparables ou de soutien au parquet,...
-
13/06 - Après l’échec du Scaf, la France et l’Allemagne peuvent-elles réussir à s’entendre sur l’énergie ?
Le 8 juin, à la veille du salon aéronautique de Berlin, Paris et Berlin ont enterré le Scaf, leur avion de combat du futur, faute d'accord entre Dassault et Airbus. L'émotion passée, l'historien hausse les épaules : de la Communauté européenne de défense (CED), tuée par le Parlement français en 1954, à l'avion de combat européen dont la France a claqué la porte en 1985 pour faire seule le Rafale, la défense n'a jamais réussi au couple franco-allemand. Une vieille histoire. Et l'énergie ? Une vieille histoire aussi mais qu'on raconte généralement mal.
Tout commence par une pénurie. 1950 : la sidérurgie française, modernisée à coups de crédits Marshall, tourne au ralenti faute de coke. L'accès au charbon de la Ruhr obsède Paris. Le plan Schuman, drapé depuis dans le grand récit de la réconciliation, naît d'abord de ce besoin. Sept ans plus tard, Euratom consacre le premier divorce : la France veut une communauté atomique qui finance son enrichissement et freine l'industrie allemande ; Bonn réclame l'égalité. Le couple n'est pas né d'une harmonie énergétique trahie mais d'une asymétrie et d'une rivalité, que l'Europe a permis de gérer.Double impasse
Soixante-quinze ans plus tard, l'asymétrie s'est inversée : en 1950, la France avait besoin du charbon allemand ; en 2026, l'Allemagne a besoin de l'électron français après 25 ans d’erreur énergétique. Face à ce renversement, le débat français oscille entre deux impasses.
La première est complotiste : l’affaiblissement...
-
13/06 - David Hockney, dernière superstar de la peinture contemporaine
Il était le dernier géant capable de remplir les musées telle une rock star et de faire vibrer le marché de l’art comme aucun autre créateur encore en vie. Avec la disparition de David Hockney, annoncée ce vendredi 12 juin, la sphère artistique perd l’une de ses figures les plus populaires, les plus influentes et les plus cotées de l’époque contemporaine. Pendant plus de six décennies, le peintre britannique aura réussi un exploit rare : conjuguer reconnaissance critique, succès public et records sur le marché de l’art. Ultime artiste vivant véritablement bankable de sa génération, il incarnait à lui seul un pont entre l’avant-garde des années 1960 et la création du XXIe siècle.
Né en 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, David Hockney s’impose, dès les sixties, comme l’un des visages du pop art britannique. Formé au prestigieux Royal College of Art de Londres, il se distingue rapidement par un style figuratif audacieux à une époque où l’abstraction domine encore les débats artistiques. De son regard libre, son humour et son refus des conventions, il fait une signature. Mais c’est en Californie, où il s’installe à partir de 1964, qu’il forge sa légende.
Fasciné par la lumière de Los Angeles, les villas modernistes, les piscines turquoise, il développe une palette éclatante qui tranche avec la grisaille de son Angleterre natale. En 1967, A Bigger Splash devient l’une des images les plus célèbres du XXe siècle : une piscine immobile, l’explosion d’une éclaboussure, et toute...
-
12/06 - Fusion entre SpaceX et Tesla ou cannibalisation : quel avenir pour l’empire d’Elon Musk ?
La jalousie est un vilain défaut. Mais les équipes Tesla ont quelques raisons d’être envieuses de la spectaculaire introduction en Bourse que SpaceX effectue ce 12 juin. "L'entreprise va briser tous les records en termes de montant levé", pointe Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Le Nasdaq a même assoupli ses règles pour accueillir plus vite l'opérateur spatial d’Elon Musk dans son indice : au lieu des trois mois habituels, elle ne patientera que 15 jours. Il y a encore quelques années, c'est Tesla qui faisait rêver le public et mentir les pronostics. Comme Musk se plaît à le rappeler sur X, ceux qui avaient parié sur une baisse du cours du constructeur de voitures électriques s’en sont mordu les doigts.
Depuis sa cotation en 2010, ses ventes ont décollé - 1,6 million de livraisons l’an dernier. Tout comme le cours du titre : de 1,13 $ (ajusté des splits) à près de 400 dollars aujourd’hui. "L'erreur de certains a été de valoriser Tesla comme un constructeur automobile, alors qu’il s’agit avant tout d'une entreprise tech", analyse John Plassard, associé de Cité Gestion. SpaceX éclipsera-t-elle cette success-story boursière ?
En théorie, Tesla ne devrait pas être affectée plus que cela par l'introduction en Bourse du spécialiste des fusées. Au premier, le plancher des vaches, au second, l’espace.SpaceX pourrait "cannibaliser" Tesla
Pour autant, la capitalisation de Tesla reflète moins la foi en l'entreprise qu'en la vision d’Elon Musk. Acheter des actions du...
-
12/06 - Guerre froide dans l’aéronautique : nouveau bras de fer entre Dassault et Airbus
Décidément les désaccords se poursuivent entre les deux géants de l’aéronautique. L'entreprise française Dassault réclame une compensation au groupe européen Airbus à la suite de modifications apportées aux modalités de répartition des travaux du programme Eurodrone, rapportent trois sources proches du dossier à Reuters.
Précisément, le désaccord porte sur la diminution de la charge de travail attribuée à Dassault après la décision française de suspendre les achats d'Eurodrone, un drone développé par la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne pour concurrencer le Reaper américain.
Impulsé en 2016, le programme Eurodrone prévoit le développement à l'horizon 2030-2031 d'un drone de surveillance MALE (moyenne altitude, longue endurance). Airbus Defence and Space (ADS) mène le projet aux côtés de Dassault Aviation et de l'italien Leonardo.L'Eurodrone "moins adapté"
Si Paris n'a pas officiellement quitté le programme Eurodrone, évalué à 7 milliards d'euros, le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) retire les fonds initialement prévus pour l'achat de six systèmes Eurodrone à horizon 2035. "Le besoin militaire de la capacité MALE de théâtre a été réorienté", précise le gouvernement dans son projet de loi, estimant que l'Eurodrone se révèle "aujourd'hui moins adapté" aux conflits de haute intensité, tandis que des drones "de moindre coût" sont désormais en développement.
En vertu du principe européen du "retour géographique", les Etats...
-
12/06 - Renseignement américain : Donald Trump recule face aux critiques et lâche son protégé
C'est une nomination qui en chasse une autre. Après la désignation polémique la semaine dernière, de son protégé Bill Pulte à la tête du renseignement américain, Donald Trump a finalement cédé aux pressions pour revenir sur sa décision. Des critiques formulées notamment par l'opposition démocrate, fustigeant du copinage. Mais aussi par son propre camp, critique du manque d'expérience de Bill Pulte, expert en financement du logement, en matière de sécurité.
Finalement, c'est donc Jay Clayton qui a été nommé pour succéder à Tulsi Gabbard - qui quitte son poste au 30 juin - et chapeauter les 18 agences de renseignement réparties dans plusieurs ministères. Ce dernier a passé les 14 derniers mois en tant que procureur fédéral à Manhattan et a été le principal responsable de la répression des fraudes à Wall Street pendant le premier mandat de Donald Trump. Dans le cadre de son activité de procureur, il a entre autres approuvé l'acte d'accusation contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, et suivi de près les dossiers liés à Jeffrey Epstein ou à Luigi Mangione.Peu d'expertise en matière de sécurité nationale
Jay Clayton restera procureur fédéral du district sud jusqu'à sa confirmation au poste de directeur du renseignement national - qui doit passer devant le Sénat -, a déclaré jeudi 11 juin son porte-parole, Nicholas Biase. Le choix de Trump de le nommer directeur du renseignement national a été salué jeudi par les deux partis au Congrès, malgré un parcours qui laisse...
-
12/06 - Ventes de livres : Boualem Sansal a-t-il réussi son lancement ?
Nous ne ferons pas ici de critique littéraire, nous n’entrerons pas dans les querelles idéologiques et nous reviendrons encore moins sur les bisbilles privées franchement inintéressantes opposant Boualem Sansal à son ancien éditeur historique, Gallimard. Nous nous en tiendrons aux chiffres, rien qu’aux chiffres. Avec un plan promotionnel et une visibilité publicitaire exceptionnels, La Légende (Grasset) devait tout casser. A l’arrivée, le récit de captivité du dernier académicien élu Quai Conti prend la tête de notre classement des essais avec 17 000 exemplaires vendus la première semaine. C’est beaucoup dans l’absolu, mais très peu quand on met La Légende en parallèle avec des titres comparables.
Lors des sept premiers jours d’exploitation, Philippe de Villiers, Gisèle Pelicot et Nicolas Sarkozy avaient ainsi vendu respectivement 37 000, 63 000 et 98 000 exemplaires de Populicide, Et la joie de vivre et du Journal d’un prisonnier – Sansal fait donc près de six fois moins bien que Sarkozy. Sans se prendre pour Nostradamus, on peut avancer que les ventes de La Légende vont baisser dès ces jours-ci, et que le livre-événement de cette fin de printemps arrivera à un résultat final d’environ 50 000 exemplaires. Avec un socle de 10 000 lecteurs fidèles, un positionnement clivant et un texte jugé plutôt décevant, c’est déjà une belle performance. Hélas, au vu de l’à-valoir de 1 million d’euros offert par Hachette, c’est trop peu.
Lors de son passage à la matinale de France...
-
12/06 - En Amérique latine, la poussée de l’extrême droite s’accélère
L’écart est infime, presque difficile à croire. Après le second tour de l’élection présidentielle au Pérou, dimanche 7 juin, la candidate conservatrice Keiko Fujimori mène de 650 voix, dans un pays qui compte près de 35 millions d’habitants et 27 millions d’électeurs, et alors que 98,21 % des bulletins ont été dépouillés. Keiko Fujimori s’est qualifiée pour la quatrième fois de sa carrière politique au second tour du scrutin où elle s’oppose au candidat de gauche Roberto Sanchez.
Candidate d’une droite populiste et autoritaire, Keiko Fujimori marche dans les pas de son père, Alberto Fujimori, autocrate ayant dirigé le Pérou de 1990 à 2000. Retour à la force, militarisation pour lutter contre la criminalité et expulsion de migrants irréguliers, les promesses de campagne de Keiko Fujimori penchent vers une droite dure. Si elle parvenait à remporter l’élection, le Pérou rejoindrait nombre de ses voisins sud-américains qui ont, eux aussi, emprunté le chemin d’une droite radicale, ou sont en passe de le faire.
Dernier en date, la Colombie. Le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, le 31 mai, avant un second tour prévu le 21 juin. Avec 43,74 % des voix, il devance là encore un candidat de gauche, Ivan Cepeda. Ce résultat est une surprise tant les sondages prédisaient une deuxième place pour Abelardo de la Espriella face à son rival, soutenu par le président sortant Gustavo Pedro, premier chef d’Etat...
-
12/06 - Coupe du monde : "L’économie du foot ressemble plus à du marxisme qu’à du libéralisme"
Billets hors de prix, évolution du format, instauration de "pauses fraîcheur" permettant aux diffuseurs de rajouter des spots publicitaires, création d’un "half-time show" sur le modèle du Super Bowl américain… On ne compte plus les polémiques entourant la Coupe du monde de football 2026, organisée par la Fifa aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada du 11 juin au 19 juillet. De quoi nourrir un peu plus la défiance de ceux qui dénoncent depuis des années le poids croissant de l’argent dans leur sport préféré.
Mais pour l’économiste Luc Arrondel, directeur de recherche au CNRS et chercheur à la Paris School of Economics (PSE) interrogé par L’Express, "cette critique du foot comme incarnation des dérives néolibérales mérite d’être très largement nuancée". Le spécialiste, co-auteur avec Richard Duhautois, chercheur au CNAM, de Foot Business (Odile Jacob), paru le 27 mai, tord également le cou à certaines idées reçues sur le sport le plus populaire au monde. A commencer par l’idée selon laquelle les joueurs de foot seraient trop payés... Entretien.
L’Express : Que répondriez-vous à ceux qui perçoivent la Coupe du monde 2026 comme le symptôme des dérives d’un football moderne perverti par l’argent et la recherche effrénée du profit ?
Luc Arrondel : Il faut garder à l’esprit que la Fifa, une association à but non lucratif créée pour gérer et organiser le football à l’échelle mondiale, tire 80 % de ses ressources financières de la Coupe du monde – son évènement phare. On ne...
-
12/06 - Mort de David Hockney : quand L’Express brossait le portrait du "Wahrol anglais" en 1974
L'Express du 28 octobre 1974
Le Warhol anglais
David Hockney, 37 ans, peintre aux cheveux trop blonds, aux lunettes trop rondes, est l'équivalent anglais d'Andy Warhol. Mais l'agressivité américaine lui demeure étrangère. Hockney se range parmi les contestataires. Coqueluche de la bonne société londonienne, ayant choisi depuis peu d'habiter à Paris, il reste l'élève un peu dissipé, mais finalement médaille d'or, du Royal College of Art.
Le musée des Arts décoratifs lui consacre en ce moment une rétrospective où il présente trente tableaux et soixante-quinze dessins. En même temps, au Studio des Ursulines et au Mac-Mahon, sort A Bigger Splash, un film de Jack Hazan, dont il est l'inspirateur et le principal interprète.
Il y tient son propre rôle et raconte sa propre aventure : sa rupture avec son ami le peintre Peter Schlesinger. Désarroi, voyages, difficultés de peindre se succèdent. La réalité est jouée, mais le jeu double réactualise un drame ressenti.
Les images du film imitent les peintures de Hockney, de sorte que les tableaux se transforment en environnement vécu, tandis que le vécu se change subtilement en œuvre d'art. Dessinateur virtuose
Cette jonglerie intellectuelle se retrouve dans la rétrospective du musée des Arts décoratifs. Pleinement maître de sa technique picturale, Hockney multiplie les clins d'œil et les références culturelles. Ses tableaux sont remplis d'ingrédients plus ou moins épicés : peinture tachiste, ou gestuelle, style 1925, op art,...
-
12/06 - Rima Hassan trop radicale pour le nouveau Jean-Luc Mélenchon ? Le dilemme de LFI en vue de 2027
Trois petites secondes. Disparues. Envolées. Par magie ? Par montage ! Rima Hassan n’a pas subi un, mais deux points de coupe dans le clip de campagne présidentielle posté cette semaine par La France insoumise. "Il n’y a qu’une seule façon de s’affranchir de ses chaînes, élire celles et ceux qui nous ressemblent, et qui parlent à vos cœurs plutôt qu’à vos peurs", disait l’eurodéputée franco-palestinienne de 32 ans, le 16 janvier dernier à La Courneuve, lors d’un meeting de soutien au candidat municipal Aly Diouara.
La vidéo promotionnelle de LFI a donc relayé ce discours grandiloquent. Enfin, presque... Exit, l’appel à "élire celles et ceux qui nous ressemblent". Car ce bout de phrase est polémique, intensément politique : il est l’illustration d’une ligne défendue par la chantre de l’abolition du "porte-parolat" - l’accaparement de la parole des "racisés" par une élite inévitablement déconnectée et illégitime. Le siège insoumis a-t-il passé cette ligne sous silence ? Est-ce parce qu’elle a valu au mouvement, et à l’intéressée, quelques accusations de "racialisme" que l’extrait initial fut ainsi inséré et modifié dans le clip de LFI ? Ou parce que Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur socialiste, septuagénaire, millionnaire, n’est pas l’incarnation idoine de cette Nouvelle France, population jeune, féminisée, créolisée, précarisée ? Interrogée, Rima Hassan n’a pas donné suite aux sollicitations de L’Express.
C’est l’histoire d’une déclaration caviardée, et peut-être...
-
12/06 - Un accord "ce week-end" ? Pourquoi Donald Trump a finalement renoncé à frapper l’Iran
C'est un énième revirement de la part de Donald Trump. Quelques heures seulement après avoir promis de "frapper l'Iran très durement", le président américain a annoncé leur annulation jeudi 11 juin. Au motif, une fois de plus, qu'un accord serait "imminent". Selon ses dires, les dirigeants iraniens auraient "approuvé" un projet d'accord prolongeant le cessez-le-feu, rouvrant le détroit d'Ormuz et lançant 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien.
"Compte tenu du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été portées au plus haut niveau de la direction iranienne et approuvées, j'ai, en tant que président des États-Unis d'Amérique, annulé les frappes et les bombardements prévus ce soir contre l'Iran", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.Un appel à l'origine de son renoncement
En réalité, Donald Trump aurait renoncé à continuer ses frappes contre l'Iran - reprises mercredi - à la suite d'un appel de l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, et du chef d'état-major des armées pakistanaises, Asim Munir, selon les informations de Politico. Ces derniers l'auraient assuré qu'un accord était à portée de main et convaincu de faire marche arrière.
Le média Axios, citant trois sources proches des négociations, assure de son côté que des points de divergence majeurs ont été comblés mercredi lors de discussions entre responsables iraniens et médiateurs qataris. Même...
-
12/06 - Guerre en Iran : Washington et Téhéran se rapprochent d’un accord de paix
Les Etats-Unis et l'Iran ont déclaré, ce vendredi 12 juin, être proches d'un accord pour mettre fin au conflit entamé le 28 février, un haut responsable américain avançant qu'un texte satisfaisant les deux parties avait été rédigé.
Le Pakistan, pays médiateur dans le dossier, a rapporté qu'un accord avait été trouvé entre les deux belligérants, bien que ni Téhéran ni Washington n'aient confirmé l'existence d'un tel compromis. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré de son côté qu'un accord n'a jamais été si près d'être signé entre les deux parties.
Annoncé la veille au soir par Donald Trump comme un "excellent" accord, le protocole a été rendu public dans ses grandes lignes vendredi par la République islamique via les médias d'Etat iraniens.
Les infos à retenir
⇒ Un accord avec l'Iran est imminent, selon un responsable américain
⇒ Donald Trump affirme que les termes de l'accord dévoilés par l'Iran sont "faux"
⇒ Donald Trump a annulé des frappes prévues jeudi soir contre l'Iran
20h15
Fin de ce direct
Merci de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre suivi de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée à vous.
19h30Un accord avec l'Iran est imminent, selon un responsable américain
Les Etats-Unis et l'Iran ne sont pas encore tout à fait au bout du chemin, mais sont très proches d'un accord pour résoudre leur conflit, a déclaré ce vendredi un haut responsable américain à Reuters, ajoutant...
-
12/06 - "Darmanin, démission !" : de quoi les ministres sont-ils responsables ?
Ce ne sont pas des jurés, ce sont des téléspectateurs. Devant 8 millions de personnes, le 5 juin sur TF1, Gérald Darmanin, selon l’expression qu’il utilisera ensuite en petit comité, s’excuse pour "des fautes qu’il n’a pas commises". Le ministre de la Justice est sur le fil du rasoir. Une question hante le pays depuis la mort de Lyhanna : quel est le responsable ? Lui veut prouver que quelqu’un dirige la Chancellerie, même s’il n’est pas le supérieur hiérarchique des procureurs généraux. Lui veut démontrer que ce drame n’est pas la conséquence d’un manque de moyens, auquel cas la politique menée par le gouvernement pourrait être mise en cause, mais d’une insuffisante application d’une circulaire prise en 2025.
Pour parer les coups, il monte en première ligne : "Les ministres de la Justice, parfois on ne connaît même pas leur prénom." Et proposer sa démission au président de la République, comme le suggèrent ou le réclament jour après jour de plus en plus de dirigeants de l’opposition, jusqu’à Jordan Bardella jeudi ? Non, pas cette fois, "il ne faut pas affaiblir une fonction ministérielle déjà très affaiblie". Il l’a fait en décembre 2023, lorsque le projet de loi sur l’immigration qu’il a présenté au Parlement est victime d’une motion de rejet de la part des députés : c’était un échec politique. Mais face à un drame, que fait-on ?
Même plateau, même homme, casquette différente. Le 30 mai 2022, Gérald Darmanin ministre de l’Intérieur s’explique sur les violents...
-
12/06 - Boissons énergisantes : "Il y a un fossé qualitatif énorme entre les Etats-Unis et l’Europe"
À l'occasion de la Coupe du monde, les marques de boissons énergisantes vont déployer des budgets publicitaires colossaux. Mais que contiennent vraiment ces canettes ? Patrick Eckert, sommelier spécialisé dans les eaux de luxe, a passé six mois à analyser des dizaines de produits vendus sur tous les continents. Son classement mondial - une première - révèle un fossé béant entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Et quelques vérités que les géants du secteur préféreraient sans doute garder pour eux.
L'Express : Vous êtes sommelier en eau. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux boissons énergisantes ?
Patrick Eckert : La question de départ est toujours la même dans mon métier : que contient réellement ce produit ? Le consommateur peut-il se fier à ce qui est écrit sur l'étiquette ? C'est cette approche analytique, que j'applique à l'eau depuis des années, qui m'a naturellement conduit vers les boissons énergisantes.
Ce marché pèse quelque 83 milliards de dollars dans le monde, et devrait dépasser les 116 milliards d'ici 2030. C'est la troisième catégorie de boissons non alcoolisées au niveau mondial, et aussi l'une des plus controversées. Pourtant, aucun classement indépendant fondé sur des données objectives n'avait jamais été établi. Il existait des palmarès de ventes, des concours de popularité, des tests de goût mais rien qui examine sérieusement le contenu réel de la canette, sur tous les marchés simultanément. Le vin dispose de référentiels de qualité. L'eau...
-
12/06 - Autisme, TDAH, schizophrénie... Le paradoxe des troubles cognitifs et mentaux héritables, par Franck Ramus
Il est maintenant bien établi que la plupart des troubles neurodéveloppementaux - déficience intellectuelle, autisme, TDAH - et psychiatriques - schizophrénie, trouble bipolaire, etc. - ont une forte composante génétique. On sait aussi que ces troubles engendrent des perturbations importantes tout au long de la vie, des altérations des relations sociales et affectives et une diminution de la fécondité, car les personnes affectées ont, en moyenne, moins de descendants que les autres.
On devrait donc s’attendre à ce que les variants génétiques qui augmentent le risque de ces troubles fassent l’objet d’une sélection naturelle négative, c’est-à-dire qu'ils soient éliminés au fil des générations, puisqu'ils ne sont renouvelés que par de rares mutations. Ces troubles devraient donc être tout aussi rares. Or, leur prévalence se situe à au moins 1 % de la population.Des troubles mieux considérés dans le passé ?
Pour résoudre ce paradoxe, certains chercheurs ont postulé que ces troubles n’avaient pas les mêmes effets délétères dans notre passé lointain et qu'ils étaient sans doute mieux tolérés et moins stigmatisés qu’aujourd’hui, ou qu’ils s’accompagnaient de qualités valorisées.
Par exemple, les personnes schizophrènes ayant des hallucinations étaient peut-être perçues comme communiquant avec les esprits, acquérant ainsi prestige et fonction sociale. Les personnes bipolaires étaient peut-être plus créatives que la moyenne et les personnes autistes se rendaient peut-être...
-
12/06 - Le défi de la Moldavie, entre ambitions européennes et ingérences russes
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Depuis le début de la guerre, l'adhésion de l’Ukraine à l'Union européenne revient régulièrement sur le devant de la scène. Ces derniers jours, les États membres ont donné leur accord pour ouvrir officiellement les premiers chapitres de négociation. Une avancée rendue possible notamment par la levée du veto hongrois. À Budapest, le nouveau dirigeant, Péter Magyar, a mis fin au blocage, jusqu’ici imposé par Viktor Orbán, sur l’adhésion de l’Ukraine.
Cette impasse pénalisait aussi la Moldavie, dont le dossier de candidature est couplé à celui de Kiev. Dans les faits, les principaux obstacles politiques à cet élargissement semblent désormais levés. Reste une dernière validation formelle : celle des ministres européens qui doivent se réunir le 15 juin prochain. Si elle est confirmée, cette décision marquera une étape majeure pour les deux États. Des avancées que Moscou regarde très certainement d’un mauvais œil.
Dans cet épisode de La semaine européenne, Paul Véronique, journaliste au service Monde de L’Express, nous décrypte le rêve européen de la Moldavie et les obstacles qui se dressent encore sur sa route. View this post on Instagram
-
12/06 - "Il ne faut pas laisser le Moyen-Orient à un cercle de diplomates américains !" : l’alerte de Sven Koopmans
Sa parole est très écoutée dans les cercles diplomatiques. Juriste international, ex-député néerlandais pour le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (centre droit), Sven Koopmans a aussi été le Représentant spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient entre 2021 et 2025. Il connaît donc sur le bout des doigts les arcanes des négociations dans cette région meurtrie.
À l'heure où Benyamin Netanyahou poursuit son offensive sur plusieurs fronts au Moyen-Orient et où Donald Trump cherche à accroître la pression sur le régime iranien, cet éminent diplomate analyse pour L'Express les enseignements post 7-Octobre pour la région. Le conflit en Iran et les errements de Donald Trump représentent, selon lui, une occasion pour les Européens de peser "dans la construction d’une paix durable". Entretien.Sven Koopmans
L'Express : Qui sort renforcé de la récente séquence de confrontation entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis ?
Sven Koopmans : À mon sens, toutes les parties sont perdantes dans ce conflit. Le Hezbollah a subi des pertes significatives, tant à sa tête, qu'en matière de soutien et de contrôle territorial. De son côté, Israël a pu - au moins temporairement - renforcer son contrôle sur certains territoires, mais il en a également pâti sur le plan de sa sécurité et de son image à l'international. Le droit international est d'ailleurs sans ambiguïté sur ce point : aucune occupation durable du territoire souverain d’un autre Etat ne peut...
-
11/06 - Royaume-Uni : comment des milliards d’argent public ont atterri dans les poches des ennemis de la Couronne
L'histoire ne risque pas de restaurer la confiance des Britanniques envers leur classe dirigeante, et notamment la façon dont celle-ci utilise leurs impôts. Le Daily Telegraph a révélé lundi que près de 28 milliards de livres sterling [plus de 32 milliards d'euros] d'argent public avaient fini sur les comptes en banque de terroristes, de gangsters ou de pays hostiles entre 2015 et 2021. Le quotidien a réussi à avoir accès à un rapport du Bureau du Cabinet qui a mis au jour cette sidérante gabégie en 2023, lequel rapport avait été diligemment enterré, selon les sources des journalistes.
L'argent détourné était issu principalement de l'aide au développement et des prêts liés au Covid. Le système d'attribution de ces dispositifs comportait des failles dans lesquelles se sont engouffrés plus d'un ennemi de la Couronne. C'est ainsi que des subventions ont été accordées à des entreprises ayant partie liée avec la Russie, des prêts Covid versés à des membres de l'État islamique, des investissements dans la recherche attribués à des entreprises liées à l'armée chinoise, des fonds publics destinés à la lutte contre le terrorisme versés à des extrémistes prônant une idéologie anti-occidentale... Des groupes criminels et des trafiquants d'êtres humains ont également perçu des allocations de logement et/ou d'invalidité.
Les sources du journal ont indiqué qu’un réseau criminel d’Europe de l’Est avait été à la manœuvre d'une partie de ce grand détournement et qu'il aurait été...
-
11/06 - Pourquoi les Etats-Unis ou la France risquent de se transformer en gérontocraties, par Stephen Smith
Sauf au sud du Sahara, la seule région où la croissance démographique demeure forte, la planète grisonne. En cinquante ans, dénatalité et longévité se conjuguant, la proportion des plus de 65 ans au sein de la population mondiale a doublé. Cette tendance lourde au vieillissement entraîne de nombreuses conséquences. L’une concerne, en particulier, les pays développés et démocratiques qui ont pu se doter d’un système de sécurité sociale fondé sur la solidarité entre générations. Sauf réformes radicales, ces pays risquent de se transformer en gérontocraties. Aux Etats-Unis, pourtant un pays plus jeune et moins providentiel que la France, des voix se lèvent pour soutenir qu’en fait, c’est déjà le cas.
Professeur à l’université de Yale et auteur de précédents bestsellers, Samuel Moyn creuse ce sillon dans un livre qui vient de paraître, Gerontocracy in America (Farrar, Straus and Giroux, non traduit). Il va jusqu’à proposer des taxes d’habitation et foncière progressives afin que des locataires et propriétaires âgés réduisent les surfaces qu’ils occupent, voire une pondération du vote favorable aux plus jeunes — la fin de l’égalité entre citoyens, rien de moins. Ces recommandations sont sûrement discutables (par exemple, une limitation de l’âge de vote, aussi par le haut, serait sans doute plus réaliste), mais la division en classes d’âge de la société américaine est incontestable. Alors que les plus de 65 ans représentent 18 % de la population, un tiers des élus...
-
11/06 - Un an de télétravail : ce que j’ai appris à 5 800 kilomètres de mon équipe
"Hello. Pour la conférence de rédaction, vous pouvez annoncer mon papier sur la science de la fidélité et le rendu de mon entretien management. A tout à l'heure !". Dans cette nouvelle vie de télétravailleur depuis New York, les journées se terminent généralement par ce dernier message envoyé au reste de l'équipe parisienne sur notre boucle WhatsApp. Tandis que la skyline scintille encore dans la nuit, le jour se lève à quelque 5 800 kilomètres de là sur le reste du service Idées. Après bientôt un an à vivre au rythme de deux fuseaux horaires, quel bilan tirer, à titre personnel, de cette expérience transatlantique ? Rejoint-elle les conclusions des chercheurs en management et les études consacrées aux effets du télétravail sur la performance, le bien-être, le collectif ou encore l’engagement ?
Avant d'y répondre, à l’heure où celui-ci continue de susciter débats et controverses, où les études scientifiques sur ses effets divergent, et où ses modalités recouvrent des réalités très diverses, une clarification s’impose : de quel type de travail à distance s’agit-il ici ? D'une expérience personnelle ayant vocation à être limitée dans le temps, non d’une vérité scientifique. D’un cas particulier, non d’une règle générale. D’un télétravail intégral plutôt qu’hybride. D’un travailleur qui ne vit pas seul, et qui a conservé des liens personnels et une compréhension de l’organisation pour laquelle il travaille depuis cinq ans.
Commençons donc par la productivité. Sur ce point,...
-
11/06 - Jean-Luc Mélenchon impressionne l’exécutif, la solitude de Gérald Darmanin
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Gabriel Attal et le scrabble
Le candidat Renaissance, ce sont ses camarades de parti qui en parlent le mieux. "Gabriel Attal a un côté scrabble, observe un ancien ministre : un mot à gauche, puis un mot à droite, puis un mot au centre. Et à la fin on ne comprend pas grand-chose…"Jean-Luc Mélenchon impressionne l’exécutif
La démonstration de force du candidat de La France insoumise (LFI) le 7 juin à Saint-Denis a interpellé le gouvernement. "Mélenchon déroule. Son parti a une doctrine et une armée. La meute a des bons côtés", note un ministre Renaissance. Un collègue de l'équipe gouvernementale a été frappé par le slogan "On est chez nous", scandé par les participants au meeting en référence au cri de ralliement des sympathisants RN : "C’est hyper malin d’inverser ce slogan horrible. Cela traduit le contre-modèle qu’ils opposent au RN."La solitude de Gérald Darmanin
Le ministre de la Justice s’est senti un peu seul dans les jours qui ont suivi la mort de la jeune Lyhanna et l’a fait savoir à Sébastien Lecornu. "Au moins la réunion interministérielle a-t-elle eu le mérite de ne pas laisser Gérald Darmanin isolé en première ligne, remarque-t-on place Vendôme. Mais on ne pourra pas dire qu’il s’est planqué !""Olivier, t’es candidat ?"
Lors d’une réunion réunissant tous les courants du PS et...
-
11/06 - Hélicoptère américain abattu : une audacieuse opération de sauvetage menée par un drone naval
L'opération fera peut-être l'objet d'un film tant elle a revêtu un caractère aussi spectaculaire qu'inédit. Lundi 8 juin, l'US Navy a, pour la première fois, récupéré deux de ses soldats au moyen d'un drone naval télépiloté. Quelques heures plus tôt, un hélicoptère Apache appartenant à la 82e division aéroportée avait été abattu par un drone Shahed, visiblement, tandis qu'il patrouillait au large des côtes d'Oman. Les deux pilotes de l'appareil – qui ne dispose pas de sièges éjectables – sont parvenus à s'en extirper et ont attendu deux heures dans les eaux du Golfe alors que la nuit tombait, selon le récit qu'en a fait le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain. Des drones Reaper et des avions de chasse ont fourni une couverture aérienne tandis qu'approchait le bateau-drone télépiloté. Celui-ci a récupéré les deux rescapés puis les a transportés vers des eaux plus sûres avant qu'ils ne soient hélitreuillés vers un hélicoptère de sauvetage. Un haut responsable américain a qualifié toute l'opération de "miracle".
Développé par la firme Saronic, le Corsair est long de plus de 7 mètres, peut parcourir plus de 1 600 kilomètres, transporter 450 kilos, et atteindre plus de 35 nœuds. L'appareil utilisé lundi appartient à la Task Force 59, basée à Bahreïn. Créée en 2021, cette unité de la Marine américaine est spécialisée dans l'intelligence artificielle et les drones. En décembre, la Navy a annoncé avoir signé un contrat de 392 millions de dollars...
-
11/06 - La ministre des Sports et les pierres magiques : un symbole de la déliquescence du politique
La Coupe du monde de football n'a pas encore commencé que, déjà, les anecdotes savoureuses ou gênantes s’accumulent. L’une d’entre elles est survenue il y a quelques jours, lors de la visite d’Emmanuel Macron au centre d’entraînement de Clairefontaine. Il était accompagné de Marina Ferrari, la ministre des Sports. Rien d’étonnant jusque-là… si ce n’est le cadeau qu’elle avait prévu pour les Bleus à cette occasion. Prenant la parole, elle a offert deux pierres "magiques" aux joueurs. L’une ayant soi-disant des vertus dynamisantes, l’autre censée réduire le stress et atténuer les douleurs musculaires. La scène est d’autant plus gênante que la ministre affirme croire aux vertus de ces cailloux. Qu’on y songe : on lui en a offert un, il y a vingt ans de cela, lors d’une campagne électorale et… admirez la carrière !
On pourrait, pour se faire l’avocat du diable, rappeler que les routes du sport, de la politique et de la superstition se croisent bien souvent. La raison en a été documentée par la sociologie qui a montré de mille façons combien les situations d’incertitude savonnent la pente de la crédulité. La pensée magique est une sorte d’anxiolytique puissant qui nous donne l’illusion de contrôle sur une situation qui nous échappe partiellement. Ainsi, la tentation de croiser les doigts ou de toucher du bois ne se fait jamais aussi sentir que lorsque nous attendons des résultats qui nous inquiètent. Il est des professions qui sont caractérisées par des pratiques...
-
11/06 - La Russie est-elle incapable de protéger ses hauts gradés ? Ce nouvel attentat qui pose question
Une nouvelle fois, les failles sécuritaires du Kremlin apparaissent. Un haut responsable militaire russe a été tué, mardi 9 juin, dans un attentat à la voiture piégée près de Moscou, rapportent plusieurs médias. L’attaque soulève de nouvelles interrogations sur la capacité de la Russie à protéger ses cadres militaires les plus sensibles. Les autorités du pays ont confirmé le décès d’un homme sans révéler officiellement son identité, une discrétion inhabituelle dans ce type d’affaire, selon le média indépendant russe Agentstvo. Plusieurs médias d’investigation, dont The Insider, identifient toutefois la victime comme le colonel Damir R. Davydov, âgé de 57 ans.
Celui-ci dirigeait la direction de l’approvisionnement en munitions d’artillerie et de missiles de l’armée russe, un poste logistique clé chargé de superviser la distribution des armes aux forces armées. L'explosion s'est produite vers 5h30, heure locale, à Balachikha, à une dizaine de kilomètres à l'est de Moscou. Le Comité d’enquête russe a indiqué qu'elle était survenue à proximité d’un immeuble de la rue Koldunova, dans le quartier Aviatorov. Ce quartier résidentiel, initialement construit pour les militaires russes et leurs familles, abrite encore de nombreux anciens combattants et proches de militaires, les logements y étant attribués par le ministère de la Défense, précise le Kyiv Independent.
La chaîne Telegram russe 112 a indiqué qu'un engin explosif d’une puissance équivalente à 300 à 400 grammes de TNT...
-
11/06 - Retraites : le rapport du COR met les présidentiables au pied du mur, par Bertrand Martinot
Le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui vient d’être publié ne peut pas être tout à fait lu comme ses prédécesseurs. Non pas parce qu’il produirait des analyses radicalement nouvelles ou bouleversantes, mais parce qu’il rappelle fermement des réalités auxquelles le président élu en 2027 et la nouvelle majorité parlementaire - car c’est le Parlement qui vote sur les retraites… - seront confrontés, quelle que soit leur couleur politique. Bref, avec cette étude solidement documentée, personne ne parviendra au pouvoir en prétendant qu’il ne savait pas…
Au menu des nouveautés figure une révision sensible de certaines hypothèses économiques et démographiques qui sous-tendent les projections financières. La première est la baisse du taux de fécondité retenu dans le scénario central, qui passe de 1,8 à 1,45 enfant par femme. Depuis sa création il y a vingt-cinq ans, le COR avait toujours fait l’hypothèse optimiste selon laquelle la natalité allait finir par rebondir. Cette correction était donc nécessaire, même si elle contribue naturellement à dégrader les perspectives financières des retraites.
Le nouveau scénario central sur l’immigration est la deuxième nouveauté du rapport. Constatant que le solde migratoire (écart entre les nouvelles arrivées et les départs) retenu jusque-là dans son scénario central (70 000 par an) était inférieur à celui observé ces dix dernières années, le COR a décidé de le recaler à la hausse pour le porter à 150 000, en...
-
11/06 - Irlande du Nord : Belfast secouée par des "violences racistes" après une attaque au couteau
Belfast, capitale de l'Irlande du Nord, a connu mercredi 10 juin sa deuxième soirée de manifestations anti-immigrés, la police ayant de nouveau recours à des canons à eau pour repousser les émeutiers. Nombre de manifestants voulaient se rendre dans un hôtel situé en dehors de la ville, qui a déjà été pris pour cible par le passé pour avoir hébergé des demandeurs d'asile.
Police deployed a water cannon against protesters throwing bricks in Belfast as anti-immigrant unrest sparked by a knife attack spread across Northern Ireland for a second consecutive day https://t.co/C3UH1QWcpv pic.twitter.com/qIGmvOhpkw— Reuters (@Reuters) June 11, 2026
"Si vous ciblez des personnes en raison de la couleur de leur peau (...) il s'agit de violence raciste", a condamné ce jeudi sur Sky News le secrétaire d'Etat britannique pour l'Irlande du Nord, Hilary Benn, soulignant que ces violences avaient profondément traumatisé la région. "Il est vraiment difficile de rendre compte du sentiment de peur réel qui règne au sein de la communauté des minorités ethniques, qui ont été témoins de ces scènes, ici en Irlande du Nord", a-t-il ajouté. "Des rapports font état de personnes arrêtées dans leur voiture, comme des infirmières se rendant au travail, pour qu'on leur demande leur nationalité. C'est épouvantable."Maisons incendiées
Mardi déjà, des centaines de manifestants masqués avaient attaqué des maisons et incendié des véhicules à Belfast. Les émeutiers s'en sont principalement pris aux...
-
11/06 - IA, nouveaux emplois, compétences… Les prévisions de LinkedIn pour le marché du travail
Mar Carpanelli occupe un poste d’observation privilégié sur les tendances du marché de l'emploi. La data scientist est responsable de la recherche en IA et en compétences chez LinkedIn, réseau social professionnel qui compte plus d’1,3 milliard de membres dans le monde. Pour sa venue pour la Conférence de Paris sur l’IA et l’éthique numérique, nous avons interrogé cette diplômée d'Oxford sur les grandes interrogations actuelles au sujet de l’intelligence artificielle. D’emblée, la chercheuse se montre rassurante face au spectre du "jobs apocalypse", autrement dit le scénario catastrophe d’un chômage de masse. "Nous examinons les données chaque jour. Or, pour l’instant, nous ne voyons aucune preuve que l'IA entraîne une baisse des emplois. Les embauches sont ralenties, à l’exception d’économies émergentes comme l’Inde. Mais cela s’explique en grande partie par le contexte macroéconomique morose depuis deux ans, avec une forte incertitude liée à la géopolitique. L’IA se rajoute à ça, créant des questions dans la tête des chefs d’entreprise. Tout le bruit médiatique n’aide pas", assure Mar Carpanelli.
La scientifique a cosigné une récente étude sur l’impact de GitHub Copilot, un outil IA automatisant une partie du travail des codeurs. De manière contre-intuitive, les entreprises qui l’ont adopté ont fini par embaucher davantage d’ingénieurs en informatique, aussi bien débutants que seniors : "Ces entreprises n’ont seulement pas réduit leur demande en compétences de...
-
11/06 - Coupe du monde 2026 : la chaleur rendra-t-elle la compétition moins passionnante ?
Pour les amateurs de sport, Roland-Garros n'aura été qu'un avant-goût. Fin mai, le tournoi de tennis parisien a débuté sous une chaleur intense, impactant fortement les joueurs. Plusieurs d’entre eux, comme l’Italien Jannik Sinner, le Tchèque Jakub Mensik ou le Norvégien Casper Ruud, ont subi des défaillances. Parfois à la limite du malaise - et de la défaite. À leur tour, les footballeurs engagés dans la Coupe du monde vont être confrontés à des températures éprouvantes.
Organisé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, ce Mondial est le premier à être directement affecté par le changement climatique. D’après le World Weather Attribution, un réseau international de scientifiques, un quart des matchs pourrait se jouer dans des conditions de chaleur dangereuses. Ce niveau de risque, inégal selon les villes, a été calculé via l’indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature), qui prend en compte la température de l’air, l’humidité, les mouvements de l’air et le rayonnement solaire. Au-delà des 28 degrés WBGT (soit 38 °C par temps sec ou 30 °C très humide), les experts recommandent le report des rencontres. Cinq matchs pourraient atteindre ce seuil, dont l’entrée en lice de l’équipe de France face au Sénégal, le 16 juin à New York.
Ces conditions vont éreinter les organismes… et se répercuter sur le spectacle proposé. Au point de le rendre moins passionnant ? Oui, si l'on en croit une analyse de l'organisation américaine Climate Central selon laquelle la chaleur pourrait...
-
11/06 - Retraites, comment font nos voisins ? Plongée dans une Europe à deux vitesses
Le rapport du Conseil d’orientation des retraites présenté ce 11 juin ne fait que conforter un constat désormais bien connu : dans une France qui vieillit, notre système est à bout de souffle. De l’eau au moulin des partisans de l’introduction d’une couche de capitalisation, modèle que nos voisins les plus avisés ont adopté avec succès depuis longtemps. Outre le fait qu’il soulage les finances publiques, il favorise les placements en actions, au travers des fonds de pension. Plus risqué, mais plus rémunérateur. Les dividendes, réinvestis, produisent à leur tour du rendement.
Cette magie des intérêts composés est spectaculaire sur longue période. L'Institut Rexecode a fait les comptes : sur 20 ans, s’ils avaient investi davantage en actions (27 % de leurs actifs financiers dans l’idéal au lieu de 19 % dans la réalité), les ménages tricolores seraient collectivement plus riches de… 340 milliards d’euros. Les 13 millions de Français qui ont souscrit un Plan d’épargne retraite ont compris qu’il valait mieux compter sur eux-mêmes pour préparer leur avenir. Mais que de temps perdu.Danemark : un impact fort sur la richesse des ménages
L’introduction d’un régime par capitalisation dans le système de retraite danois remonte à un accord trouvé en 1987 entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Se généralisent alors des régimes professionnels, négociés par branche, auxquels contribuent aujourd’hui les deux tiers des 16-67 ans. Une réforme qui a encouragé l’investissement...
-
11/06 - Coupe du Monde 2026 : un tournoi sous haute pression
-
11/06 - Iran : "imminent", "dans deux jours"... Toutes ces fois où Donald Trump a dit qu’un accord était proche
"Nous sommes très proches d’un accord définitif avec l’Iran." Encore dimanche 7 juin, Donald Trump se voulait optimiste. Quelques jours plus tard, les Etats-Unis viennent pourtant de lancer dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin une nouvelle vague de frappes contre des cibles iraniennes. Un décalage devenu presque banal tant le président américain répète depuis des mois qu’une issue diplomatique est imminente. Selon un décompte réalisé par CNN, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé au moins 38 fois depuis le début du conflit qu’un accord avec Téhéran était proche ou sur le point d’être conclu. Des déclarations répétées lors de conférences de presse, sur Truth Social ou encore dans des entretiens accordés aux médias américains.
A chaque fois, ou presque, le même scénario : l’annonce d’une percée diplomatique, la promesse d’une signature imminente, puis l’absence de résultat tangible. Cette séquence débute dès le 23 mars, détaille le média américain. Interrogé par des journalistes à bord d’Air Force One sur d’éventuels pourparlers, Donald Trump évoque alors "des points d’accord majeurs", allant jusqu’à affirmer que "presque tous les points" ont été réglés. L’Iran dément pourtant l’existence même de négociations. Quelques jours plus tard, le 29 mars, le président américain se montre tout aussi confiant. Questionné sur la possibilité d’un accord dans la semaine à venir, il répond simplement : "Je vois bien un accord en Iran".
Début avril, Donald Trump affirme à...
-
11/06 - Natalité : la fin de l’exception française
-
11/06 - Au Chasseral et au lac de Bienne, l’art de vivre prend de l’altitude
Il suffit de lever les yeux pour comprendre ce qui rend la région du Chasseral si unique. Les crêtes dessinent l’horizon, les pâturages ondulent doucement, et les sentiers invitent à ralentir. Dans ce coin paradisiaque, la nature se découvre pas à pas, au fil de randonnées accessibles, ponctuées de panoramas ouverts sur les Alpes et le Jura.Marcher au rythme du Grand Chasseral
Le Parc naturel Chasseral, situé dans le massif du Jura suisse, à cheval sur les cantons de Berne et de Neuchâtel, est un terrain de jeu privilégié pour les amateurs de plein air. Les itinéraires balisés traversent forêts, alpages et pâturages boisés, avec plusieurs sentiers emblématiques qui donnent une autre dimension à la marche. Le Chemin des Crêtes, lui, offre une lecture spectaculaire du paysage, avec ses vues dégagées sur les lacs et les sommets.
Plus intimiste, le Sentier des Métairies relie plusieurs fermes-auberges d’altitude qui font partie intégrante du patrimoine local. On y déguste une cuisine simple et sincère, directement inspirée du terroir, dans un décor où le bois, la pierre et les paysages forment un tout cohérent.Le goût comme fil conducteur
La gastronomie s’impose comme une évidence tout au long du séjour. À Bellelay est né l’un des fromages suisses les plus emblématiques : la Tête de Moine, protégée par une AOP, reconnaissable à ses rosettes délicates et à son goût subtil. Plus bas, le chocolat raconte lui aussi une histoire régionale : celle de Camille Bloch, créateur de...
-
11/06 - Moyen-Orient : le chef de l’armée iranienne menace d’une guerre "plus étendue" en cas de nouvelles attaques américaines
L’armée américaine a fait savoir, mercredi 10 juin, qu’elle avait conduit une nouvelle série de frappes en Iran. Dans un message publié sur X, le Commandement central américain (Centcom), chargé des opérations au Moyen-Orient, a indiqué que ces actions étaient "de nouvelles frappes défensives contre plusieurs cibles en Iran, sur ordre du commandant en chef". Quelques heures plus tard, les autorités iraniennes ont annoncé en réaction la fermeture du détroit d’Ormuz, que Washington a démentie. Une opération de l'armée américaine avait déjà été menée, mardi soir, en riposte à une attaque imputée à l'Iran contre un hélicoptère Apache américain près du passage maritime stratégique.
Les infos à retenir
⇒ Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle salve de frappes sur l’Iran
⇒ L'Iran dit que le détroit d'Ormuz est fermé jusqu'à nouvel ordre
⇒ Les négociations se poursuivent malgré tout
20h00Fin de ce direct
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations. Bonne soirée à vous.
>>> Notre nouveau direct
19h32Donald Trump annule les frappes contre l'Iran prévues jeudi soir
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi avoir annulé les frappes contre l'Iran qui étaient prévues plus tard dans la soirée.
19h20Le chef de l’armée iranienne menace d’une guerre "plus étendue" en cas de nouvelles attaques américaines
Le chef des forces armées iraniennes, le...
-
11/06 - "Ne pas se former a un coût" : face à l’IA, comment les entreprises tentent de s’adapter
Un temps confiné aux usages privés, l'IA générative s'invite de plus en plus sur le lieu de travail. Une étude réalisée par ViaVoice pour Impact AI, qui rassemble des acteurs du numérique, illustre bien cette tendance : 47 % des répondants déclarent l’utiliser dans le cadre professionnel, dont 24 % plusieurs fois par semaine. Des fractures restent cependant présentes. Les plus jeunes se sont davantage emparés de la technologie que leurs aînés, notamment la tranche de 50 ans et plus. L'adoption et la formation à l'IA sont élevées en Île-de-France, mais accusent un retard significatif dans les agglomérations plus petites. Les cadres et les employés diplômés ont plus souvent recours à des outils d'intelligence artificielle que les ouvriers. Surtout, la méfiance envers la technologie reste très ancrée, malgré des années d'utilisation. Comment expliquer cette apparente contradiction ? L'Express a rencontré Roxana Rugina et Christophe Lienard, respectivement directrice et président d'Impact AI.
L'Express : Que révèle votre étude ?
Roxana Rugina : Il y a une diffusion massive de l'IA. L'intérêt était de voir comment elle s'opérait. Est-ce que l'IA est utilisée de la même manière partout ? Crée-t-elle des inégalités. Nous avons creusé la question sur différents territoires, métiers et tranches d'âge. Notre constat est que plus on utilise l'IA et plus on est conscient des enjeux, plus on se pose des questions. Les personnes formées à l'IA sont plus au fait de l'impact de cette...
-
11/06 - Coupe du monde, meetings politiques et barbecues géants : les stades, ce miroir de la société américaine
N'allez pas dire à Bill Ard qu'il est une grande star. Lui préfère se la jouer modeste. "Je suis juste un mec comme les autres !", proteste en souriant cet athlète au large sourire tout en sachant que... ce n'est pas vrai. En 1987, cet "offensive guard" (grosso modo l'équivalent, au rugby, du poste de pilier) de l'équipe des New York Giants est entré dans la légende en remportant le Super Bowl, soit la finale du championnat de football américain, événement sportif le plus prestigieux outre-Atlantique. Depuis cette époque, "Ard the Guard" – son surnom – est également devenu amateur de soccer et n'a jamais cessé de fréquenter les stades du monde entier, mais en spectateur. Aux Etats-Unis bien sûr (il suit toujours le championnat américain), mais également sur le Vieux Continent. "J'ai assisté à des matchs de foot au Camp Nou (FC Barcelone), à Anfield (Liverpool FC), au Parc des Princes (Paris Saint-Germain), au Vélodrome (Olympique de Marseille) ou encore à Londres (Chelsea, Arsenal...), Manchester et ailleurs", raconte à L'Express ce colosse de 1,90 mètre qui vit entre New York et Paris et suivra la Coupe du monde depuis la Bretagne et la Côte d’Azur.
Epaules carrées et caractère trempé, le désormais sexagénaire Bill en connaît donc un rayon sur la "culture du stade" et l'atmosphère qui règne dans les enceintes sportives des deux continents. "C'est complètement différent. Chez vous, c'est une ambiance tribale, une folie : les supporters détestent l'équipe d'en face, et...
-
11/06 - Du nucléaire à l’intelligence artificielle : quand la jeunesse craint le progrès
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Le mois dernier, Eric Schmidt, ancien PDG de Google, s’est exprimé lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’Université d'Arizona. Son discours, largement consacré à l’intelligence artificielle et à ses promesses, a été fraîchement accueilli par les étudiants, qui l’ont hué. Un épisode révélateur des inquiétudes que suscite l’IA chez les jeunes générations. C’est précisément à cette question que L'Express consacre sa Une cette semaine.
Alors qu’on les imaginait à l’avant-garde de l’adoption de l’IA, les jeunes sont aujourd’hui parmi ses plus fervents détracteurs. Aux États-Unis, l’enthousiasme de la génération Z recule fortement, tandis que la défiance progresse. Selon une étude, près d’un jeune salarié sur deux serait même prêt à s’opposer à la stratégie IA de son entreprise. Et selon les experts interrogés par les journalistes de L’Express, cette défiance s’explique notamment par un facteur : à la différence des grandes révolutions numériques précédentes, l’IA générative n’est pas associée à une culture jeune, ce qui la rend moins attractive auprès de cette génération.
Loin d’être infondées, ces craintes se vérifient très concrètement sur le marché du travail. Une analyse réalisée par la plateforme de recrutement allemande Stepstone révèle que la...
-
11/06 - Jay Ritter alias "Monsieur IPO" : "Wall Street absorbera sans peine SpaceX, Anthropic et OpenAI"
De la fenêtre de sa résidence d'été, à une bonne heure de route de Calgary, Jay Ritter a une vue imprenable sur les Rocheuses canadiennes. Il incline son téléphone portable pour montrer la jolie vue sur ces pics dont certains gardent leur neige début juin. Mais ceux qui le tiennent vraiment en haleine se dressent à trois mille kilomètres de là, sur les écrans des marchés de Wall Street. Depuis 1979, le septuagénaire, professeur émérite de finance à l'université de Floride, consigne dans une base de données chaque introduction en Bourse américaine (IPO). Au total pas loin de 10 000 avec leurs prix d'offre, leurs premiers jours de cotation et leur parcours boursier fait de hauts et de bas sur trois ans. Des chiffres et des graphiques à la pelle. Le monde du business et les rédactions économiques l'ont surnommé "Monsieur IPO". Un interlocuteur de choix, donc, alors qu’à l'horizon se dressent trois nouveaux sommets venus de la tech. "Vraisemblablement les plus grosses introductions de l’histoire mondiale."
SpaceX, d’abord. L’entreprise spatiale d'Elon Musk, dont le prospectus a été rendu public fin mai, fera son entrée sur le Nasdaq ce vendredi 12 juin. Anthropic et OpenAI, les deux laboratoires d'intelligence artificielle qui se disputent le leadership des grands modèles de langage, sont quant à eux l'un et l'autre en file d'attente pour une cotation d'ici la fin de l’année. Où les situer, dans la grande histoire des marchés ? En argent levé, la situation semble sans commune...
-
10/06 - Défense : face à Donald Trump, la confiance des Européens envers les Etats-Unis au plus bas
Les Etats-Unis sont-ils toujours nos alliés ? Alors que, depuis son retour dans le Bureau ovale, Donald Trump a attaqué sept pays, a menacé d'envahir le Groenland, et ne cesse d'intimider les 27 à coups de droits de douane, la confiance ne semble plus si évidente, selon un rapport du Conseil européen des relations étrangères (ECFR). En sondant 15 pays du Vieux Continent - dont la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni - l'organisation a constaté que les Européens ne croyaient plus en la "garantie de sécurité américaine" et ressentaient au contraire "une profonde méfiance [...] envers les États-Unis".
Ainsi, seuls 11 % d'entre eux voient encore aujourd'hui en Washington un "allié". Un niveau "historiquement bas", deux fois inférieur à celui de novembre 2024, soit avant l'élection de Donald Trump. Et si la plupart décrivent les Etats-Unis comme un "partenaire nécessaire", un quart des sondés, "notamment au Danemark, en France, en Espagne et en Suisse, considèrent le président américain comme un rival, ou même un adversaire", notent les experts de l'ECFR. Une perception qui serait particulièrement courante parmi les électeurs de gauche de l'ouest du continent."Les Européens ne s’attendent pas à ce que l’Amérique les protège"
De nombreux Européens interrogés estiment que les relations avec la Maison-Blanche s'amélioreront une fois que Donald Trump aura plié bagage. Dans l'intervalle, s'ils ne perdent pas espoir dans le fait que les États-Unis finiront...
-
10/06 - "Ils ont alimenté leur propre détestation" : cette révolte anti-IA que les géants de la tech n’ont pas vu venir
Sans doute espérait-il délivrer un discours "inspirant", comme Steve Jobs à Stanford vingt ans auparavant. Mais ce jour-là, après avoir rappelé les débuts de l’ère informatique, Eric Schmidt déclenche une véritable bronca en prononçant deux mots : "intelligence artificielle". Face à lui, 20 000 étudiants de l’université d’Arizona, guère ravis d’entendre en pleine cérémonie de remise de diplômes que l’IA va façonner leur avenir. "Je comprends votre peur, elle est rationnelle" a beau dire l’ancien PDG de Google, rien ne calme les huées. Filmée le 15 mai, la vidéo a fait le tour du monde. Mais ces dernières semaines, cette scène s’est répétée sur d’autres campus américains.
La jeunesse, qu’on croyait en pointe dans l’adoption de cette technologie, est celle qui exprime le plus bruyamment son opposition. Selon une enquête Gallup/Walton/GSV, seuls 22 % des membres de la génération Z américaine (14-29 ans) se disaient encore enthousiasmés par l’IA, soit une chute de 14 points en un an. A l’inverse, la colère a augmenté de 9 points, pour atteindre 31 %. Une étude de la plateforme Writer a révélé que 44 % des employés de la génération Z étaient prêts à saboter la stratégie IA de leur entreprise, contre 29 % pour l’ensemble des classes d’âge. Record de vitesse
De l’imprimerie à la télévision, chaque technologie a déclenché des paniques morales. Mais le "backlash", ou retour de bâton, contre l’IA, bat sans doute un record de vitesse historique, alors que le lancement de la...
-
10/06 - L’affaire Lyhanna vue de l’étranger : un "scandale judiciaire" qui n’est que "la partie émergée de l’iceberg"
La France est encore "en état de choc", selon les mots du quotidien belge Le Soir, après le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, retrouvée jeudi 4 juin, dans le Gers, six jours après sa disparition. En Europe, l’affaire révolte tout autant. Mais "il ne suffit pas d’être émus et indignés, poursuit Le Soir, il faut poser des actes". Car la presse étrangère est unanime pour dénoncer, comme Der Spiegel en Allemagne, "un scandale judiciaire" et "un fiasco bureaucratique".
Après plusieurs révélations sur les antécédents du principal suspect, Jérôme Barella, il apparaît que le drame aurait pu être évité. L’homme de 41 ans, père d’une amie de Lyhanna, avait fait l’objet de plusieurs signalements pour attouchements sexuels depuis 2017 et de deux plaintes pour viol sur mineurs : l’une en 2022 classée sans suite, l’autre, toujours en cours, déposée en août 2025, mais sur laquelle il n’a pas été interrogé.
"La négligence dans l'affaire Jérôme Barella n'est pas un cas isolé, mais bien la partie émergée d'un iceberg que les organisations féministes et de défense des droits de l'enfant tentent de mettre au jour depuis des années : les victimes ne sont pas entendues, les plaintes sont ignorées ou rejetées" s’émeut le journal espagnol El País. Il énumère alors une récente série de cas d’abus sexuels sur mineurs en France, du chirurgien Joël Le Scouarnec au scandale d’agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris."Limiter les dégâts politiques"
Des failles et des manquements de...
-
10/06 - Berlin enterre le Scaf : et maintenant, quel avion pour succéder au Rafale ?
Le Scaf est mort : que fait-on maintenant ? En soins palliatifs depuis des mois, le projet européen d’avion de combat New Generation Fighter (NGF), l’un des composants essentiels du Système de combat aérien du futur (Scaf), a été débranché lundi par l’Allemagne. Sans même un communiqué commun des trois capitales concernées (Paris, Berlin et Madrid). C’est dire si le franco-allemand va bien…
Cet échec politique majeur pour Emmanuel Macron, l’initiateur du projet avec Angela Merkel en 2017, rebat les cartes industrielles et militaires en Europe. Pour la France, la question est désormais posée : quel sera le successeur du Rafale ? Quel plan B ?
Auditionné par le Sénat, en mars 2021, le PDG de Dassault-Aviation Eric Trappier expliquait alors qu’"un chef d’entreprise a toujours en tête un plan B. Il fait tout pour la réussite du plan A. Tout. Mais le jour où le plan A ne marche pas, il lui faut un plan B." Mais quel plan B ?
À l’évidence, la France dispose de toutes les compétences techniques pour développer et produire un avion de combat de nouvelle génération. C’est vrai chez Dassault, mais également chez Safran ou Thales. L’aéronautique et la défense restent parmi les rares domaines industriels dans lesquels la France joue toujours dans la (très petite) cour des très grands. Augmentation de la cadence
Ce n’est donc pas un problème de savoir-faire, mais de financement et de marché. Une France surendettée dont les finances publiques sont dans l’état que l’on sait...
-
10/06 - Un militaire français de 21 ans meurt accidentellement au Liban
Un soldat français "engagé au Liban dans le cadre d’une mission de partenariat opérationnel au profit des forces armées libanaises", est décédé ce mercredi 10 juin, indique le ministère des Armées dans un communiqué. Florian Gillet "a été atteint par un tir accidentel" lors de la phase préparatoire d'un entraînement, précise la même source.
Le militaire, âgé de 21 ans, a été "pris en charge immédiatement par les secours présents sur place". "Malgré la rapidité de sa prise en charge, il a malheureusement succombé à ses blessures", poursuit le communiqué.
Hommage au soldat de première classe Florian Gillet, mort ce jour dans l’accomplissement de sa mission au service de la France. Engagé au Liban dans le cadre d’une mission de partenariat opérationnel au profit des forces armées libanaises, il a été atteint par un tir accidentel… pic.twitter.com/qBKLyuamdI— Chef d'état-major de l'armée de Terre (@CEMAT_FR) June 10, 2026
Le soldat de première classe "servait au sein du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres", indique le communiqué, précisant qu'il était déployé au Liban depuis le 1er juin. Sur place, il "participait à une mission de partenariat militaire opérationnel de Saliyeh "en qualité d'aide moniteur de combat d'infanterie".
"Je m’incline avec le plus grand respect devant sa mémoire, et mes pensées se tournent vers sa famille, ses proches et ses frères d’armes", a écrit sur X le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon.
Au Liban, la...
-
10/06 - Dans les coulisses du G7 Finances : comment Roland Lescure a évité le clash avec les Etats-Unis
Du déclenchement de la crise iranienne jusqu'au G7 Finances à Paris des 18 et 19 mai, en passant par la gestion des affaires nationales, L'Express revient sur ces trois mois où Roland Lescure et ses troupes ont dû naviguer à vue, dans une tempête énergétique, diplomatique et économique inédite.
Retrouvez ici le premier épisode de ce grand récit > Roland Lescure, un ministre dans la tempête d’Ormuz : les dessous de sa gestion de criseActe 3 Le roadshow à l'américaine
A la mi-avril, Roland Lescure s'envole vers les Etats-Unis pour assister aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. "Un moment un peu mythique dans la vie d'un ministre des Finances", sourit-il. Avant Washington, le Franco-Canadien fait un crochet par New York où il rencontre les dirigeants des poids lourds financiers du pays. Objectif : faire la promotion de la France, et sonder ses interlocuteurs sur la crise en cours. Larry Fink, patron de BlackRock, le premier gestionnaire d'actifs au monde, Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, la plus grande banque américaine… Les stars de Wall Street donnent audience au locataire de Bercy. Alors qu'il s'attendait à être challengé sur le déficit public - 5,1 % du PIB en 2025, le pire score de la zone euro après la Belgique -, il découvre des admirateurs de la France, qui élèvent son champion Mistral AI au même rang qu'OpenAI ou Anthropic, et louent le mix énergétique tricolore. Seul bémol : la perspective de voir le Rassemblement national arriver au pouvoir....
-
10/06 - Chypre-France : ce que prévoit l’accord SOFA sur la présence croisée de forces armées
La France et Chypre ont signé, le 9 juin à Nicosie, un accord sur le statut des forces (Status of Forces Agreement, ou SOFA) qui vise à encadrer juridiquement la présence des forces armées de chacun des deux pays sur le territoire de l’autre. Paraphé par la ministre française des Armées Catherine Vautrin et son homologue chypriote Vasílis Pálmas, le texte doit représenter une nouvelle étape dans le rapprochement stratégique déjà engagé entre Paris et Nicosie, après la signature d’un partenariat stratégique bilatéral à Paris en décembre dernier.
L’objectif affiché par les deux pays est de faciliter la coopération opérationnelle entre les deux armées, et d’améliorer "leur interopérabilité" en réduisant les obstacles administratifs et juridiques qui pourraient ralentir une intervention commune. "Cela va permettre de fluidifier l’activité entre nos forces armées", a commenté Catherine Vautrin lors de la signature du document, en marge d’une réunion informelle du Conseil européen des Affaires étrangères axée sur la défense. Une présence française plus régulière à Chypre
Dans le détail, le SOFA fixe les règles qui régiront les possibilités de déploiement, de stationnement et d’entraînement des militaires français à Chypre et des Chypriotes en France. Il définit aussi les droits et les obligations de ces militaires lorsqu’ils seront en exercice ou en opération, et le soutien administratif, opérationnel et logistique dont ils pourront disposer.
Concrètement, ce nouveau cadre...
-
10/06 - Etats-Unis : Graham Platner, le candidat au Sénat qui embarrasse les démocrates
Une investiture sème le doute parmi les démocrates, à quelques mois des élections de mi-mandat. Mardi 9 juin dans la soirée, un embarrassant candidat a remporté la primaire de son parti pour la course au siège de sénateur dans le Maine. Graham Platner, ancien Marine désormais ostréiculteur, s'est imposé à 41 ans comme la nouvelle figure du parti démocrate dans cet Etat clé avec plus de 70 % des voix, après le retrait de son adversaire, la gouverneure démocrate Janet Mills. Soutenu par l'aile gauche du parti, notamment Bernie Sanders, Graham Platner affrontera en novembre la sénatrice républicaine sortante Susan Collins, lors du scrutin des midterms particulièrement scruté pour sa capacité à faire basculer l’équilibre du Congrès, actuellement acquis aux républicains.
Ancien combattant (il a été déployé à trois reprises en Irak et une fois en Afghanistan), Graham Platner a construit sa campagne sur un discours anti-establishment dénonçant l'influence des milliardaires, des élites politiques et des lobbyistes, en particulier républicains. Dans le Maine, État rural et côtier du nord-est des États-Unis, son image d'homme ordinaire, petit entrepreneur, et son positionnement inspiré de figures progressistes comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez, font espérer à l'aile gauche des démocrates qu'il séduise une population en quête de rupture... et reconquière un siège clé au Sénat. Mais la partie la plus modérée du parti est de plus en plus alarmée par les polémiques qui...
-
10/06 - "Une histoire fort peu crédible" : l’historien Claude Quétel contredit le film "Les Goûteuses d’Hitler"
Un an avant sa mort en 2014, Margot Woelk, une très vieille dame de 95 ans, veuve depuis vingt-trois ans, raconte qu’elle aurait été contrainte et forcée de goûter les plats de Hitler dans la crainte qu’ils soient empoisonnés. Voilà qui illustrerait bien la très réelle paranoïa du Führer mais la vraisemblance s’arrête là. Elles auraient été rien moins que quinze (!) pour cet office et elle seule aurait survécu, ses quatorze compagnes ayant été aussitôt fusillées par les soldats soviétiques.
Lorsque j’ai rédigé "mon" Hitler (1), j’ai écarté ce témoignage de ma documentation, comme je l’avais déjà fait pour ma contribution à Une journée avec ("Une journée avec Hitler au Berghof" (2)). Non que je dédaigne la petite histoire qui bien souvent éclaire la grande, mais parce que cette histoire me paraissait et me paraît toujours fort peu crédible.
Et les invraisemblances de s’accumuler : cet imposant bataillon de goûteuses n’aurait exercé qu’au Wolfsschanze ! Pas au Berghof où Hitler se gavait de gâteaux lors de ses immuables après-midi au Teehaus. Quand on goûte pour le poison, on doit le faire partout où le roi ou le tyran mange ou boit quelque chose. Ce serait beaucoup trop lourd à gérer pour un Hitler qui se déplace sans cesse et d’ailleurs, à la Cour du Roi Soleil, cette fonction est beaucoup plus honorifique que pratique et à ce titre très recherchée par les courtisans. Il suffira que le dictateur du IIIe Reich se trouve dans un périmètre de sécurité férocement surveillé...
-
10/06 - Non, M. de Villiers, la provocation n’est pas l’avenir de l’homme
Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que la course présidentielle, à peine lancée, provoque ses premières embardées médiatiques. Certains diront : ce ne sont que des propos de campagne. Mais précisément : la compétition électorale ne justifie pas tout, et certainement pas la dernière provocation de Philippe de Villiers, en roue libre au micro de son émission Face à Philippe de Villiers sur CNews. On voudrait croire que la sortie de celui qui se présente à l’écran comme "ancien ministre" est à mettre sur le compte d’un début de sénilité de la part du souverainiste, âgé de 77 ans.
Ce serait presque rassurant, tant ses propos inspirent le dégoût. "Il faut peut-être que l’on retire son titre de séjour" à Raphaël Glucksmann, avançait-il le 5 juin. Tout simplement parce que "Glucksmann", comme l’appelle le chroniqueur de la chaîne de Bolloré, est "pro-Zelensky", et donc un "agent de propagande ukrainien".
Ce réquisitoire de Philippe de Villiers était en réalité destiné à prendre la défense de Xenia Fedorova, la sulfureuse journaliste de CNews, ancienne patronne de RT France avec laquelle il reconnaît au passage partager plusieurs analyses. C’est bien sûr son choix. Des idiots utiles du régime de Poutine, la France n’en manque pas, en particulier du côté de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. Mais dans son émission, le Vendéen ne fait pas que voler au secours de sa collègue russe de CNews : par un raccourci douteux, il distille, à propos de Raphaël Glucksmann, de...
-
10/06 - Moyen-Orient : l’attaque d’un hélicoptère américain par l’Iran provoque un nouvel embrasement
Nouvelle série de bombardements et représailles entre les Etats-Unis et l’Iran, alors que les deux pays observent officiellement un cessez-le-feu depuis deux mois, et que Donald Trump a encore une fois assuré ce mardi 9 juin que Washington menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d’un accord avec Téhéran. C’est d’ailleurs au moins la 38e fois, selon un décompte de CNN, que le président américain jure qu’un accord est imminent. Les événements de ces dernières 24 heures ne semblent pourtant pas aller dans ce sens.
Mardi, les Etats-Unis ont en effet lancé de nouveaux bombardements "d’autodéfense" contre l’Iran, "en réponse à la destruction, la veille, d’un hélicoptère Apache de l’armée américaine" par l’armée iranienne alors que l'appareil survolait lors d'une patrouille le détroit d’Ormuz. Les autorités américaines ont par la suite indiqué que les membres de l’équipage "allaient bien" après avoir été secourus par un bateau-drone, et que la mission de représailles en cours était "une réponse proportionnée à une agression iranienne injustifiée", indique leur communiqué. "Je pense que la réponse devrait être très forte, très puissante, et c'est actuellement le cas" a quant à lui déclaré Donald Trump à ABC News mardi soir.L'Iran vise des bases américaines
Le Commandement central américain a affirmé dans les heures suivantes avoir frappé "des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol ainsi que des sites de radars de surveillance iraniens...
-
10/06 - Présidentielle 2027 : le dilemme de Jordan Bardella pour séduire l’électorat LR
Ceux qui lui rendent visite connaissent son modus operandi. Ils prennent place face à lui tandis que Nicolas Sarkozy passe en revue les différentes personnalités politiques en vue, à qui il taille généralement un costume ajusté. Récemment, Eric Ciotti, Marine Le Pen, les représentants du bloc central et ceux du gouvernement ont senti leurs oreilles siffler. Une personne a été épargnée. Un certain Jordan Bardella, à propos duquel l’ancien président n’a eu à confier que des amabilités. Cela fait plusieurs mois que Nicolas Sarkozy et le potentiel candidat à la présidentielle filent le parfait amour. Depuis que Jordan Bardella lui a tressé des louanges dans son premier ouvrage et multiplié les signes d’admiration à l’égard de l’ancien chef d’Etat, qui s’y est montré très sensible. Les deux hommes ont déjeuné ensemble début mars. Depuis, Jordan Bardella l’assure : "Nos relations sont très cordiales."
La sincérité de son admiration ne fait aucun doute. Mais se placer sous le patronage de l’ancien président de la République est surtout une façon, pour le candidat putatif, d’adresser un signal aux anciens électeurs sarkozystes. Voilà de longs mois que l’eurodéputé s’est donné une mission : attirer à lui les électeurs orphelins de la droite, anciens aficionados de l’UMP et des Républicains, pour leur offrir une nouvelle demeure. Sociologie manquante, selon lui, pour atteindre la majorité. "J’ai toujours considéré que la clé se trouvait dans l’électorat raisonnable, assure-t-il en...
-
10/06 - Elargissement de l’UE : le grand défi stratégique de l’Europe
La victoire électorale du Brexit, le 23 juin 2016, fut interprétée par les Cassandre comme le début de la fin de l’Union européenne. Bien au contraire ! Dix ans plus tard, l’attractivité de l’UE n’a jamais été aussi forte. Une dizaine d’Etats, dont le plus vaste est l’Ukraine et le plus petit le Monténégro, se pressent à sa porte. D’autres réfléchissent à poser leur candidature (Islande, Norvège, Arménie). Les Britanniques, eux, s’interrogent sur leur retour. Qu’on le souhaite ou non, la Grande Europe est en marche. Mais le défi que les Vingt-Sept doivent gérer est immense.
Paradoxalement, c’est son adversaire le plus féroce, Vladimir Poutine, qui a redonné à l’Europe le souci de ses voisins. L’élargissement était une perspective à long terme ; avec l’invasion russe de l’Ukraine, il est devenu un impératif stratégique. La confrontation impitoyable ouverte par le Kremlin, conjuguée à la rivalité croissante avec la Chine et à l’hostilité affichée par l’Amérique trumpienne, oblige l’UE à reprendre la main sur son environnement si elle ne veut pas y laisser libre cours aux influences délétères de puissances inamicales.
L’attractivité de l'Union repose sur son marché unique, sa démocratie libérale, son Etat de droit, sa stabilité géopolitique. Beaucoup à sa périphérie rêvent de ces atouts. Candidates depuis 2022, l'Ukraine et la Moldavie doivent entamer leurs négociations avec Bruxelles le 15 juin, après que la Hongrie a levé son veto. Dans les Balkans, à qui l’UE a offert...
-
10/06 - "Tu nous as enfin trouvés" : le roman coup de poing d’Edgar Selge
C’était dimanche, au lendemain de la finale de la Ligue des champions. Il était neuf heures du matin, premier jour de libération de la canicule, le thermomètre avait dégringolé de 15 degrés dans la nuit, tout était calme, l’air frais courant à travers la chambre, fenêtre et porte ouvertes. Du fond de mon lit, je lisais Tu nous as enfin trouvés (Actes Sud), le premier roman d’Edgar Selge, 78 ans, il en avait 71 quand son livre est paru en Allemagne. Après avoir mené une carrière d’acteur de théâtre, Edgar Selge est devenu, à 50 balais, la vedette d’une série policière : Polizeiruf 110, dans laquelle il interprétait le rôle avantageux du commissaire Jürgen Tauber. En interprétant ce rôle de flic, l’envie lui est venue d’enquêter sur lui-même et sur sa famille. Sachant qu’il est né en 1948, on se fait déjà une petite idée de ce qu’il va découvrir. Comme la plupart des néo-romanciers, Edgar Selge raconte son enfance. Une enfance où son père occupe une place importante. Le père d’Edgar rêvait de devenir pianiste, il ne le sera jamais, et pour se consoler, il donne un récital pour les 80 jeunes détenus qu’il a sélectionnés parmi les 400 que compte la prison pour mineurs dont il est le directeur.
En vue de ce concert, il s’enferme dans la salle de musique et s’exerce sur le Steinway qu’il vient d’acheter. L’oreille collée à la porte, le jeune Edgar écoute son père interpréter la sonate de Mozart. Il aime son papa. Disons qu’il l’admire plus qu’il ne l’aime. Il le craint plus...
-
10/06 - Sabotage de Nord Stream : le mystère derrière l’opération spectaculaire
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 26 septembre 2022, l’armée suédoise filme d’intenses bouillonnements en pleine mer Baltique. Les autorités locales, avec l’appui du Danemark, constatent des fuites sur le gazoduc Nord Stream. Les tuyaux enfouis sous la mer relâchent du méthane de façon intense. Un événement naturel, comme un séisme, serait-il responsable ? Ou peut-être un accident, après, par exemple, le passage d’un navire qui aurait endommagé les tubes ? Une erreur est-elle à chercher du côté de Gazprom, l’opérateur du gazoduc ? Toutes les hypothèses sont sur la table. Mais rapidement, des explosions sont détectées : la thèse du sabotage semble évidente.
Alors que la guerre en Ukraine a débuté il y a exactement 7 mois, cet acte volontaire au cœur de l’Europe inquiète. Car Nord Stream permet d’exporter chaque année jusqu’à 60 milliards de mètres cubes de gaz, depuis la Russie jusqu’en Allemagne. Des exportations qui remplissent une grande partie des besoins européens. Surtout, quatre ans plus tard, les responsables courent toujours. Et la réponse semble encore floue.
Pour mieux comprendre cette histoire, qui mêle renseignement et politique, Étienne Girard reçoit la...
-
10/06 - Affaire Lyhanna : "À chaque fois, les responsables politiques font mine de découvrir un problème structurel"
Les regrets et l’embarras ont fait place à une série d’annonces, quelques jours après la découverte du corps sans vie de Lyhanna, 11 ans, dont l’agresseur présumé Jérôme Barella avait déjà été mis en examen à deux reprises pour viol sur mineur. Après avoir présenté ses excuses publiques, reconnaissant "un terrible échec de l’action de l’État", le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réuni lundi matin les procureurs généraux, à qui il a demandé de reprendre "l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants" - soit environ 70 000 dossiers -, d’ici le 14 juillet. Le garde des Sceaux a également assuré qu’il rendrait public un rapport d’inspection sur l’affaire "sous quinze jours", tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunissait, ce mardi, plusieurs ministres pour tenter de répondre rapidement à l'émoi national suscité par la mort de la jeune fille.
Le locataire de Matignon a notamment proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série – qui pourraient encourir la perpétuité au lieu de vingt ans de réclusion actuellement -, et d’effectuer les actes d’enquêtes dans un délai maximal de "trois mois". Ces mesures devraient être intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants présenté en Conseil des ministres fin mai, et qui sera examiné par le Parlement en juillet. Un sursaut "nécessaire" selon la directrice de la Fondation pour l'Enfance Joëlle Sicamois, mais qui semble bien tardif au vu des dizaines de rapports et recommandations...
-
09/06 - Une enquête de l’ONU accuse Israël de couvrir des attaques de colons en Cisjordanie
C'est un rapport rédigé par une commission d'enquête internationale mandatée par l'Organisation des Nations unies (ONU) qui ne va pas plaire à Israël. Selon cette enquête publiée ce mardi 9 juin, les autorités israéliennes sont directement impliquées dans des attaques de colons ayant tué, blessé ou conduit au déplacement de Palestiniens en Cisjordanie. Le rapport de la commission d'enquête conclut que les autorités israéliennes ont facilité ces attaques par un soutien financier et militaire, dans un climat d'impunité entretenu par les institutions judiciaires et les forces de l'ordre.
Les attaques contre des villages palestiniens et des terres agricoles ont fortement augmenté depuis 2023, avec une hausse de 130 %. Le rapport pointe du doigt des incidents impliquant des groupes d'assaillants souvent masqués et souligne que les forces de sécurité israéliennes ont régulièrement accompagné les colons et agi comme un bouclier face aux violences, relate ce document.Des enquêtes mais peu de sanctions
Israël rejette les accusations selon lesquelles ses troupes protègeraient des colons lors d'attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie, affirmant qu'il s'agit d'actes isolés violant le protocole militaire et faisant l'objet d'enquêtes. Des organisations israéliennes et palestiniennes de défense des droits humains estiment toutefois que ces enquêtes débouchent rarement sur des sanctions.
Des centaines de milliers de colons israéliens vivent parmi des millions de Palestiniens...
-
09/06 - Le "Rapid Destroyer", cette arme britannique qui abat un drone pour quelques centimes
Une nouvelle technologie d’armement électromagnétique prometteuse. En avril dernier, au Royaume-Uni, Thales UK a franchi une nouvelle étape avec son "Rapid Destroyer". Grâce à cette arme à énergie dirigée par radiofréquence conçue pour contrer les essaims de drones, 80 drones ont été neutralisés lors d'essais menés avec l'entreprise britannique Teledyne e2v. "Ces tests approfondis (...) ont démontré la neutralisation quasi instantanée et systématique de chaque drone", indique le groupe Thales dans un communiqué publié le 2 juin. Un cap qui ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte anti-drones.
Le "Rapid Destroyer" de Thales peut détruire une nuée d'appareils sans utiliser ni missile, ni munition. Cette arme les met hors d'état de nuire en émettant un faisceau d'ondes radio à haute intensité qui s’infiltre dans les composants des appareils visés. En d'autres termes, cette fréquence radio de haute puissance permet de désactiver ou de griller à distance les systèmes électroniques des drones. Cette arme n'a donc rien d'un brouilleur classique, qui se contente de couper le signal GPS ou radio pour désorienter l'appareil. Là où les systèmes existants se contentent de perturber les signaux, ce système frappe pour détruire. Cette précision a d'ailleurs progressé, avec une portée allongée et une frappe quasi instantanée qui ne laisse au drone aucune chance de repartir à l’attaque, relate le site spécialisé OpexNews.
Cette technologie est encore à ses débuts : le "Rapid...
-
09/06 - Bac 2026, ce qui change cette année : épreuve anticipée, orthographe, fraude...
Ce vendredi 12 juin, les élèves de première générale et technologique devront se plier à un examen inédit : une épreuve anticipée de mathématiques, en plus de l'épreuve habituelle de français, sur laquelle les lycéens planchent depuis 1969. A la mi-mai, le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, avait insisté sur l'importance de cet examen, dans lequel il voit une "étape majeure".
Cette "étape" a été entreprise par son prédécesseur, Gabriel Attal dans le cadre du "choc des savoirs", annoncé en 2023. Une série de mesures qui ambitionnait de "relever le niveau de notre école", notamment en réponse à la publication de l’étude internationale Pisa (décembre 2023) qui faisait état d'une baisse "historique" du niveau des élèves français en mathématiques. Depuis 2019, à la suite de la réforme de l'ancien patron de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, cette matière avait été supprimée du tronc commun. Quatre ans plus tard, elle y avait été réintroduite, après le cri d'alarme du corps professoral, entre autres.Une épreuve inscrite sur Parcoursup
Ainsi, pour la première fois ce vendredi matin, pendant deux heures, quelque 530 000 élèves potasseront, sans calculatrice, sur cet examen coefficient 2. La copie sera séparée en deux parties : un questionnaire à choix multiple (QCM) puis un lot de deux à trois exercices. Trois sujets différents ont été préparés pour les élèves selon leur spécialité.
Et cet examen n'a rien d'"anecdotique", a souligné Edouard Geffray. A la manière...
-
09/06 - Roland Lescure, un ministre dans la tempête d’Ormuz : les dessous de sa gestion de crise
Prendre en marche un train que l'on n'a pas conçu n'a rien d'évident, surtout quand il est lancé à pleine vitesse. La formule vient d'un conseiller de Roland Lescure. Le 5 octobre dernier, lorsqu'il endosse l'épais costume de ministre de l'Economie, ce fidèle d'Emmanuel Macron est loin de se douter du séisme qui l'attend quelques mois plus tard. Après avoir fait ses armes deux ans durant à l'Industrie - son premier poste gouvernemental -, le voilà propulsé à la tête du paquebot Bercy. Avec une mission à haut risque : boucler, avant la fin de l'année, un budget qu'il récupère à la volée. Querelles politiques, âpres négociations : le projet de loi de finances pour 2026 est finalement adopté par 49.3 avec un mois de retard, avant d'être promulgué le 19 février. Sébastien Lecornu, qui avait pourtant promis de laisser la main au Parlement, parvient à sauver sa tête. Et celles des membres de son gouvernement.
De quoi souffler et préparer sereinement la fin du quinquennat du chef de l'Etat ? La semaine suivante, les Etats-Unis et Israël se lancent dans une opération militaire massive contre l'Iran qui provoque, au Moyen-Orient et à travers le monde, une onde de choc. Avec le blocage du stratégique détroit d'Ormuz, c'est toute l'économie de la planète, encore très dépendante du pétrole et du gaz y transitant, qui se retrouve étranglée. Du déclenchement de la crise jusqu'au G7 Finances à Paris des 18 et 19 mai, en passant par la gestion des affaires nationales, L'Express revient...
-
09/06 - Près de 6 millions de seniors en plus : la France sera plus âgée en 2070
La population française s’apprête à diminuer. C’est ce qu’a montré une étude de l’Institut français des statistiques et des études économiques (Insee) publiée le lundi 8 juin. En se basant sur les tendances démographiques récentes, l’Insee a pu établir, comme il le fait tous les cinq ans, différents scénarios sur l’évolution de la population en France.
Selon sa projection centrale, le nombre d’habitants devrait encore augmenter durant les dix prochaines années, jusqu’en 2037, atteignant alors 69,8 millions d’habitants. Passé ce pic, la population devrait progressivement diminuer. En 2070, la France compterait ainsi 65,9 millions d’habitants. C’est 3,2 millions de personnes en moins par rapport à 2026 où la population s’établit à 69,1 millions.Solde naturel inversé
Pour l’Insee, cette phase de légère augmentation est uniquement due au solde migratoire positif. Il y a davantage d’entrées sur le territoire français que de sorties. Jusqu’en 2037, ce solde migratoire pourrait compenser le solde naturel français, devenu négatif en 2025. Depuis l’année dernière, il y a davantage de décès que de naissances. Mais ce solde naturel devrait continuer de se creuser, jusqu’à ce que le solde migratoire ne puisse plus le compenser. La France verrait son nombre d’habitants diminuer de 118 000 personnes par an en moyenne.
En 100 ans, le solde naturel français devrait complètement s’inverser. S’il y avait 308 000 naissances de plus par rapport aux décès en 1970, il y aurait, en 2070, 343...
-
09/06 - Maxime Sbaihi, économiste : "La France est un pays de vieux qui se prend pour un pays de jeunes"
Dans Le Grand vieillissement (2022) puis Les balançoires vides : Le piège de la démographie (Editions de l’Observatoire, 2025), l’économiste libéral Maxime Sbaihi alertait déjà sur les conséquences du vieillissement de la population et du déclin de la natalité. Infatigable critique de l’iniquité intergénérationnelle de notre modèle social, le directeur stratégique du Club Landoy explique auprès de L’Express en quoi les nouvelles projections de population à l’horizon 2070, récemment publiées par l’Insee, et selon lesquelles la population française devrait commencer à baisser à partir de 2037, pourraient contribuer à une "prise de conscience collective" face à ce qu’il qualifie de "déni démographique". De quoi faire de la crise de la population un enjeu central de la campagne présidentielle à venir ? Maxime Sbaihi l’espère, et distille un conseil aux candidats : "il faut réorienter la politique publique vers la jeunesse". Entretien.
L’Express : Quel est le principal enseignement de cette nouvelle projection de population de l’Insee ?
Maxime Sbaihi : Tout d’abord, il faut préciser que l’on discute ici de projections, et non de prévisions ou de prédictions. On prend des hypothèses et on les extrapole. Sur cinq ou dix ans, on sait à peu près ce qui va se passer, mais au-delà de dix ans, c’est très compliqué. C’est pourquoi il faut les prendre avec des pincettes, car d’ici 2070, beaucoup de choses pourraient venir chambouler ces courbes.
Cela étant dit, le principal...
-
09/06 - Affaire Lyhanna : quelle place pour le peuple dans sa justice ? Par Jean-Marc Fedida
La Révolution avait posé un principe simple : seul le peuple juge. Pas le peuple seul, pas le peuple en permanence, mais le peuple chaque fois que l’enjeu est grave et dramatique ; et toujours en son nom. Les Constituants de 1791 avaient inscrit dans la loi le jury populaire : des gens de la cité tirés au sort, investis le temps d’une session du pouvoir de décider de la culpabilité et de la peine d’un de leurs semblables. La justice royale cédait la place à la justice populaire, et la souveraineté du peuple entrait enfin dans le prétoire par la grande porte. Seul le peuple juge : voilà ce que la République s’était dit à sa naissance, dans l’un de ses sublimes moments de clarté.
Or ce principe, nous l’avons défait. A bas bruit, par petites touches, petit renoncement après petit renoncement. La loi du 23 mars 2019, généralisée en 2023, a créé les cours criminelles départementales, composées exclusivement de magistrats professionnels : l’immense majorité des viols y sont désormais jugés sans qu’un seul citoyen y siège. Mesurons l’ironie : au moment même où l’on cessait enfin de correctionnaliser le viol, où l’on en reconnaissait la pleine gravité de ce crime, on inventait pour lui une super-correctionnelle sans juré. Gisèle Halimi peut se retourner dans sa tombe. Puis la lutte contre le narcotrafic a parachevé le mouvement : il suffit désormais d’accoler une circonstance aggravante plutôt qu’une autre et qualification juridique plutôt qu’une autre pour qu’un crime échappe au...
-
09/06 - Elon Musk et SpaceX : les secrets d’un pari boursier XXL
Et si c'était la folie de trop ? De celle qui pourrait faire éclater la bulle gonflée à l'intelligence artificielle. Ultime tocade de l'homme le plus riche de la planète à qui plus personne n'ose dire non. Le 12 juin, Elon Musk va, une nouvelle fois, marquer l'histoire. Ce jour-là, SpaceX, une hydre à 4 têtes composée des lanceurs spatiaux, des satellites Starlink mais aussi du réseau social X et de toute la branche IA de l'empire, avec Grok notamment, va franchir le seuil de la Bourse. Le milliardaire souhaite céder moins de 5 % du capital de l'entreprise, une broutille qui pourrait néanmoins lui rapporter entre 75 et 80 milliards de dollars d'argent frais. De quoi faire de cette introduction sur le Nasdaq la plus massive de l'histoire des marchés financiers. Une opération XXL presque trois fois plus importante que la mise sur le marché du géant saoudien Saudi Aramco en 2019.
Les superlatifs ne manquent pas pour décrire ce pari boursier. Délirant, déraisonnable, soufflent les plus sceptiques. Un coup de génie, plaident ses techno-fans qui rappellent qu'Elon Musk a déjà révolutionné l'industrie spatiale avec ses lanceurs réutilisables et rendu désirable, avec ses Tesla, la voiture électrique sur toute la planète. Cette fois, Musk est revenu à ses vieilles lunes pour vendre son projet. "Notre mission consiste à faire rayonner la lumière de la conscience jusqu'aux étoiles", peut-on lire dans l'introduction du document de référence remis a
-
09/06 - Rencontres avec Trump, Poutine et Kim Jong-un : la stratégie d’influence de Xi Jinping
Jusqu’au XIXe siècle, les représentants de nombreux Etats voisins de la Chine se déplaçaient jusqu’à Pékin pour payer un tribut à l’empereur et se prosterner devant lui. En échange, ils obtenaient notamment le droit de commercer avec l’empire du Milieu. A l’époque, le pays, dirigé par le "Fils du ciel", se considérait comme le centre du monde civilisé.
A l’heure où la République populaire aspire à retrouver un rôle de premier plan, cette logique refait surface. Sur les cinq premiers mois de l'année, Xi Jinping a accueilli plus de 20 chefs d’Etat ou de gouvernement à Pékin – dont les Premiers ministres britannique, canadien et espagnol, ainsi que le chancelier allemand -, sans jamais sortir de ses frontières. Le bal diplomatique a été particulièrement étourdissant en mai : le président chinois a reçu coup sur coup ses homologues américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le président serbe Aleksandar Vucic.Pékin préfère les relations bilatérales
La séquence s'est poursuivie les 8 et 9 juin avec une visite à Pyongyang, où le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui s'est beaucoup rapproché de la Russie, a réservé un accueil fastueux au n° 1 chinois, pour son premier déplacement à l’étranger en 2026. Avant un entretien à la Maison-Blanche prévu en septembre.
Aucun dirigeant au monde n’est en mesure d’enchaîner - en dehors des sommets internationaux – les tête à tête de ce niveau à un rythme si soutenu. Cet...
-
09/06 - "Si un système n’est pas assez performant…" : la Suisse envisage une alternative européenne à la défense aérienne américaine
La dépendance envers Washington en matière d’armement n’est plus un sujet tabou. C'est même devenu un problème concret pour plusieurs pays, avec des délais qui s’allongent et des surcoûts qui s'accumulent. La Suisse en fait actuellement la douloureuse expérience. En 2022, la Confédération helvétique a signé pour des systèmes américains Patriot de Raytheon dans le cadre de son programme Air 2030, pour un montant d’environ 2,3 milliards de francs suisses (2,9 milliards de dollars). Il s'agit d'un contrat portant sur cinq unités de défense aérienne et antimissile. Les livraisons devaient initialement s'échelonner entre 2027 et 2028. C'était avant que Washington ne décide, en juillet 2025, de donner la priorité à l'Ukraine. Berne fait désormais face à des dépassements de coûts et des retards potentiels pouvant aller jusqu'à cinq ans, soit une livraison en 2032… voire plus tard.
Pour remédier à cette situation, la Suisse envisage une alternative européenne, plus précisément franco-italienne : le système SAMP-T. C'est ce qu’a déclaré Markus Mäder, secrétaire d'État à la sécurité, dans une interview au Financial Times. "Nous voulons être interopérables avec notre environnement, et cet environnement, c'est l'Europe", a-t-il affirmé auprès du quotidien britannique. "Nous ne disons pas que nous allons changer radicalement de système, mais si un système n'est pas assez performant… essayons d'en trouver un autre." Déjà début avril, le ministre suisse de la Défense Martin Pfister...
-
09/06 - Pourquoi le Scaf, l’avion de combat européen, n’a jamais décollé
"Non, le Scaf n’est pas mort" martelait Emmanuel Macron pas plus tard qu’en février dernier. Ces derniers mois, le président français semblait être le seul à croire encore au "Système de Combat Aérien du Futur", ce projet d’avion de chasse ultra-moderne développé à grand-peine par la France en partenariat avec l’Allemagne depuis 2017. Après presque dix ans d'enlisement, le gouvernement allemand de Friedrich Merz vient pourtant de tuer officiellement le Scaf. "Le président Macron et le chancelier fédéral sont parvenus à la conclusion commune que les entreprises ne parviennent pas à s’entendre sur la construction d’un avion de combat commun", a communiqué le gouvernement allemand lundi 8 juin. Quelques heures plus tard, l’Élysée a annoncé quant à elle que "les autorités allemandes ont estimé qu’il n’était pas possible de presser davantage les entreprises concernées".
Les deux entreprises en question sont Dassault Aviation, fleuron de l’aviation de défense française, et Airbus Defence and Space, compagnie européenne qui opérait au nom de l’Allemagne sur ce dossier. Pour le couple franco-allemand, l'objectif de ce projet à 100 milliards d’euros était de remplacer les avions de combat français et allemands — le Rafale et l’Eurofighter Typhoon — par un futur système commun et d'investir dans une défense européenne. Il avait d'ailleurs été rejoint plus tard par l'Espagne via Airbus.L'interminable bataille pour la gouvernance du Scaf
Dès le lancement du projet en 2017, un...
-
09/06 - Jean-Luc Mélenchon et le Smic à 1 700 euros : "C’est un mauvais outil de lutte contre la pauvreté"
1 326 euros net en 2017, 1 400 euros en 2022, 1 600 euros en 2024 et désormais 1 700 euros en 2027. Pour sa quatrième campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon n'a pas renoncé à l'un de ses thèmes de prédilection : la revalorisation du salaire minimum. Lors de son premier meeting à Saint-Denis le 7 juin, le leader insoumis a promis de porter le Smic net à 1 700 euros par mois, soit une hausse immédiate de près de 14 %.
Une promesse lisible, concrète et facile à défendre devant des salles acquises à sa cause. Mais avec quelles conséquences ? Pour l'économiste Stéphane Carcillo, président depuis 2024 du groupe d'experts sur le Smic, le diagnostic sur les difficultés de pouvoir d'achat des travailleurs modestes est juste. En revanche, le remède proposé pourrait se révéler coûteux. Destructions d'emplois, tassement de l'échelle salariale, facture élevée pour les finances publiques : dans un contexte de croissance atone, les effets d'une telle mesure pourraient être désastreux.
L'Express : Jean-Luc Mélenchon propose de porter le Smic net à 1 700 euros. D'un point de vue économique, comment évaluez-vous cette proposition ?
Stéphane Carcillo : Je comprends de cette proposition qu'il s'agit vraiment d'un coup de pouce immédiat et pas simplement de porter le Smic à 1 700 euros à la faveur de l'inflation au fil de l'eau. Cette mesure aurait des effets économiques à la fois sur la distribution des salaires, sur l'emploi et sur les finances publiques.
Je veux d'abord être clair...
-
09/06 - Kylian Mbappé, Céline Dion ou Matisse… Le business rentable de "l’expérience"
Quel rapport entre la Coupe du monde de football et les prochains concerts de Céline Dion ? Cette envie irrépressible de participer à la fête. Noyé dans la foule. Happé par la satisfaction de l'expérience. C'est tout le paradoxe – certains diront la conséquence – d'une société claquemurée derrière les écrans, où la dématérialisation touche tout et tout le monde et où la solitude pourrait être érigée en mal du siècle.
Jamais les grands événements n'ont drainé autant de public. Et d'argent. Qu'ils soient sportifs, à l'image du Mondial de foot qui commence cette semaine, ou artistiques comme les concerts de Rosalia, Taylor Swift et les grandes expositions à l'instar de la rétrospective Matisse au Grand Palais qui fait un tabac. Un espace clos où pendant quelques heures, l'origine et les classes sociales se dissolvent dans la ferveur du moment unique.
Les organisateurs de ces grands-messes l'ont bien compris, rivalisant de gigantisme. Résultat : une inflation des coûts, et plus encore une flambée des prix qui rend cette économie de "l'expérience" très rentable.
Au point d'avoir un effet macroéconomique. Selon une étude menée conjointement par la Fifa et l’Organisation mondiale du commerce, la Coupe du monde 2026 pourrait générer près de 80 milliards de dollars de production économique mondiale et pour les seuls Etats-Unis, l'impact positif atteindrait 0,1 point de PIB. Les experts de la banque Natixis, eux, ont estimé que les 16 concerts donnés par Céline Dion à Paris cet...
-
09/06 - "Polyabsentéisme" chez les jeunes, arrêts plus longs chez les seniors : qui s’arrête et pourquoi ?
"L’absentéisme a atteint un nouveau niveau structurel. En dix ans, nous avons vu le phénomène changer de nature", constate Eric Vaudaine, directeur général délégué de Malakoff Humanis, à la suite de la publication de la 10e édition du baromètre sur l’absentéisme dans le secteur privé, publiée le 9 juin par cet organisme de protection sociale paritaire et mutualiste. Cette étude - destinée "à faire prendre conscience aux pouvoirs publics, aux entreprises et bien sûr aux salariés qui sont les premiers concernés de l’absentéisme installé à un haut niveau" - a analysé notamment les données des déclarations sociales nominatives (DSN) de 3,8 millions de salariés anonymisés, ainsi que l’indemnisation médicale de 321 309 arrêts de plus de 30 jours sur 2020-2025.
Absentéisme plus fréquent et plus long, disparités générationnelles, nouveaux profils et montée des troubles de la santé mentale comme motif d'arrêt : tour d'horizon des enseignements de ce baromètre.
L'absentéisme, d'abord, qui s’établit à un "taux record" de 4,3 % en 2025, a progressé de 3,3 % par rapport à 2024 et de 25,5 % par rapport à 2019, période avant-Covid. "Sur 100 jours calendaires de travail, on dénombre 4,3 jours d'arrêts", détaille le représentant de Malakoff Humanis. Cela semble peu… Sauf que rapportés à l’ensemble de la cohorte, ces chiffres représentent 1,76 million d’arrêts, 1,04 million de salariés concernés et 30,6 % de travailleurs ayant connu au moins un arrêt au cours de l’année.Une "bascule" en...
-
09/06 - Affaire Lyhanna : en quoi consiste la loi intégrale contre les violences réclamée par les associations ?
La déflagration politique et judiciaire causée par le meurtre de la petite Lyhanna, 11 ans, pousse le gouvernement à remettre sur la table une revendication portée depuis plusieurs années par les associations et une partie de la classe politique : l’adoption d’une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Alors que l'exécutif est sous pression — le ministre de la Justice Gérald Darmanin et le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez seront auditionnés ce mardi 9 juin au Sénat — Sébastien Lecornu a annoncé dans une lettre à ses ministres être favorable à une accélération de l’examen de cette "loi-cadre" transpartisane, qui pourrait être soumise "dans les prochains jours" au Conseil d’Etat pour avis. Lundi, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a elle aussi demandé "au gouvernement, au président de la République" d’inscrire cette proposition "à l’ordre du jour de la session extraordinaire dont l’Assemblée nationale sera saisie soit en juillet, soit en septembre". Une "loi-cadre" pour assurer une politique coordonnée
Cette proposition de loi intégrale, initialement cosignée par plus de 100 députés de gauche et de la coalition gouvernementale, avait été déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez. En tant que "loi-cadre", ce texte législatif est construit de manière à inscrire dans le marbre les grandes orientations d’une politique générale sur la question des violences faites aux femmes et aux enfants,...
-
09/06 - Déjeuner avec les pontes de la tech au G7 en France, Thales livre le Qatar en urgence
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.
Déjeuner avec des géants de la tech
Le sommet du G7, organisé à Evian du 15 au 17 juin, sera l'occasion de rencontres avec des industriels. Pour clôturer le sommet, le déjeuner du mercredi réunira représentants gouvernementaux et dirigeants de la tech. Au menu des discussions, notamment, le déploiement de l'intelligence artificielle au sein des Etats. Si la liste des participants doit encore être consolidée, les noms du Français Arthur Mensch de Mistral AI, Sam Altman d'Open AI pour les Etats-Unis, et du Canadien Aidan Gomez pour Cohere sont évoqués.
La fin du sauveur américain ?
Les Européens doivent se résoudre à un futur sans la "cavalerie américaine", estime un diplomate très au fait des questions de défense. S'il est difficile d'imaginer à l'heure actuelle un retrait massif des Etats-Unis du continent - le Congrès ayant fixé un plancher incompressible de 76 000 hommes -, l'arrivée de troupes supplémentaires en cas de conflit paraît de plus en plus compromise. Engagés au Moyen-Orient, les Etats-Unis "ne peuvent...
-
09/06 - Lire André Suarès avant qu’il ne soit trop tard, par Manuel Valls
Il est des écrivains que la postérité range dans les marges, et dont la voix, à mesure que le temps passe, résonne pourtant avec une acuité grandissante. André Suarès (1868-1948) est de ceux-là. Il fut, dans les années 1930, l’un des observateurs les plus lucides de la marche de l’Europe vers l’abîme. Le relire n’est pas un exercice d’érudition : c’est une nécessité civique.
Ami de Romain Rolland, de Paul Claudel et de Paul Valéry, il a laissé une œuvre immense et inclassable. Ses Trois hommes — Pascal, Ibsen, Dostoïevski — comptent parmi les plus pénétrants essais sur le génie européen ; son Voyage du Condottière est un sommet de la prose française. Critique d’art, poète, essayiste, il a écrit sur Shakespeare, Cervantès, Baudelaire, la musique aussi, avec une intensité qui n’appartient qu’à lui. Sa langue mêle un lyrisme passionné à une rhétorique classique.
Dès l’affaire Dreyfus, le jeune Suarès prend parti avec fermeté, manifestant son admiration pour Zola et l’audace de J’accuse. C’est là qu’il forge son rejet profond de l’antisémitisme qui se pare des prestiges de la culture et de la rhétorique — celui de Maurice Barrès, dont il ne pardonnera jamais la dérive nationaliste. De ce combat de jeunesse, il apprend à distinguer le vrai du séduisant, à reconnaître sous les vernis savants la haine ordinaire.
Sa prescience confond. Comme Raymond Aron, qui revient d’Allemagne en 1933 décidé à alerter, Suarès lit Mein Kampf dès sa parution et y identifie le projet génocidaire...
-
09/06 - Diversité écologique et diversité culturelle : même combat !
A ma droite, des espèces végétales et animales en voie de disparition accélérée. A ma gauche, des langues en voie de disparition accélérée. Et s’il existait une étroite relation entre les deux phénomènes ? Et si réchauffement climatique et refroidissement culturel allaient de pair ? Telle est la conviction de David Grosclaude qui, dans un ouvrage argumenté et agréable à lire (1), établit un parallèle entre diversité écologique et diversité linguistique. En résumant ainsi sa pensée : "L’une ne peut survivre sans l’autre."
CETTE INFOLETTRE REDEVIENT GRATUITE !
"Sur le bout des langues" reste bien sûr comprise dans l’abonnement à L’Express, mais elle est aussi accessible à tous ceux qui le souhaitent.
Pour s’inscrire, suivez ce lien, sélectionnez "Sur le bout des langues", entrez votre adresse de messagerie dans le bandeau qui apparaît en bas de page et cliquez sur "Valider".
N’allez surtout pas croire que cet homme doublement engagé en faveur de l’écologie et de l’occitan soit aveuglé par son militantisme. Plusieurs institutions internationales partagent en effet son analyse. "La diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant", proclame ainsi l’Unesco à l’article premier de la bien nommée Déclaration universelle pour la diversité culturelle, adoptée en 2001. De même, Cités et Gouvernements locaux Unis, un réseau mondial de villes et de gouvernements régionaux et métropolitains, présente la culture comme "le...
-
09/06 - "Le Brexit a été comme un divorce" : Sir Thomas Drew, l’ambassadeur qui incarne le renouveau franco-britannique
Sir Thomas Drew ne craint ni les efforts, ni de prendre de la hauteur. Deux qualités de diplomate, mais aussi de cycliste. Intarissable sur le Tour de France 2027, qui partira d'Edimbourg avant de passer par l'Angleterre et le Pays de Galles, l'ambassadeur britannique à Paris s'échappe sur son vélo dès qu'il en a l'occasion, adorant rouler autour du lac d'Annecy ou sur le mont Ventoux, l'un des cols les plus redoutables du Tour de France. "Quand il y a du vent ou qu'il fait très chaud, c'est un cauchemar… J'adore !", frissonne le natif du sud-ouest anglais, costume bleu foncé et chemise blanche impeccable, que l'on peine à imaginer suffocant dans les montées du Vaucluse. La relation franco-britannique tout près de la sortie de route
Difficile de ne pas faire un lien avec la relation franco-britannique : épuisante, avec ses accidents de parcours, ses hauts et ses bas, l'Entente cordiale se trouve, elle aussi, dans une phase ascendante après avoir frôlé la sortie de route. Ce 23 juin marque les dix ans du référendum sur le Brexit, quand 52 % des Britanniques ont décidé de quitter l'Union européenne. Une séparation douloureuse, source de tensions inédites entre les deux bords de la Manche.
Le Royaume-Uni voit alors Paris comme la capitale européenne qui veut punir Londres et lui ravir de précieuses parts de marché. La France s'indigne des insultes et des trahisons de la "Perfide Albion" : affaire des sous-marins australiens, menaces sur l'immigration dans la Manche, Boris...
-
08/06 - Face aux tensions mondiales, les puissances déploient davantage d’armes nucléaires
Les neuf pays dotés de l’arme nucléaire - Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël - poursuivent la modernisation de leurs arsenaux et augmentent progressivement le nombre d’ogives déployées sur des missiles ou des aéronefs. Un scénario dangereux pour la stabilité mondiale, alerte ce lundi 8 juin, l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
Les chercheurs du Sipri estiment que, au total, 12 187 têtes nucléaires peuvent être attribuées à ces neuf Etats. 9 745 d'entre elles, soit la grande majorité de ces armes de destruction massive sont actuellement stockées en vue d'une "éventuelle utilisation". Dans l'ensemble, le nombre d'ogives en circulation dans le monde a légèrement diminué : 54 de moins que l'année précédente. Une situation qui s'explique par le fait que, depuis la fin de la guerre froide, la Russie et les Etats-Unis ont démantelé leurs anciennes ogives à un rythme généralement supérieur à celui du déploiement de nouvelles armes. Ces deux pays possèdent encore à eux seuls 83 % des stocks mondiaux d'armes nucléaires.Plus de 4 000 ogives nucléaires déployées
Toutefois, cette "dynamique devrait s'inverser dans les années à venir", avertit le Sipri. Car malgré la diminution du nombre total d'ogives, le nombre d'armes déployées est passé de 3 912 à 4 012 en un an, soit une centaine d'ogives supplémentaires installées sur des missiles ou des aéronefs. "Il devient de plus en plus évident que les...
-
08/06 - Pierre Souvet, l’infatigable cardiologue à l’origine de l’alerte sur le cadmium
Lundi 4 mai, Paris, canal de l’Ourcq. Pierre Souvet, lunettes rondes et imper de randonnée, débarque en trombe, hurlant à pleins poumons - "Qui est le journaliste qui me cherche ?". Toute la terrasse se retourne. Le cardiologue, nouvelle coqueluche des médias, un des premiers à avoir lancé l’alerte au sujet de l’imprégnation au cadmium des Français, sautille, gesticule dans tous les sens. Entre nous, aucune circonvolution. Le médecin promet d'être vrai de répondre en détail même aux questions les plus critiques, à condition qu'on se parle sans détour. Un train depuis Marseille l’a fait lever à 4 heures du matin, il n’a avalé qu’une tartine et le voilà, ivre de fatigue, ne tenant pas en place, plus que jamais sans filtre, jetant les glaçons de sa boisson sur le trottoir, prêt à tout nous raconter de son combat contre les polluants commencé il y a 20 ans et qui, ces dernières semaines, l’obligent à faire tant d’allers-retours.
Il n’a pas arrêté de la journée, RTL à 15 heures, Vakita à 17 heures, entretien avec L'Express juste après, conférence le lendemain, défendant à chaque fois son nouveau livre*. Début avril, Quotidien lui ouvrait ses portes, et avant ça, Le Monde, France Info, Midi Libre, Ouest France, Madame Figaro, RMC, TF1, Reporterre. Les médias raffolent des interventions de ce médecin jovial, jamais pédant, souriant même quand le sujet est grave et qui parfois s’assoit avec ses patients dans la salle d’attente, juste pour les faire rire, "après ça, je vous...
-
08/06 - Lettonie : ce que l’on sait sur le drone abattu par l’aviation française en mission pour l’Otan
C'est le dernier incident de ce type survenu le long des frontières orientales de l'Europe. Des avions de chasse Rafale de l'armée française ont abattu ce lundi 8 juin un drone qui avait pénétré dans l'espace aérien de la Lettonie, membre de l'Otan. L'armée lettone, sans préciser qui avait lancé le drone, a déclaré qu'il était entré en provenance de Russie "à la suite d'une guerre électromagnétique russe". "Des avions de chasse alliés ont réussi à abattre un drone qui pénétrait dans l'espace aérien letton !", a indiqué l'armée dans un message publié sur le réseau social X.
Le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, a salué, dans un message publié sur X, "la rapidité de la prise de décision et le professionnalisme de l'action" face à cet incident. La ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze, a également remercié Paris. "Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton !", a-t-elle écrit sur X.
📍Lettonie | Destruction d’un drone par les Rafale 🇫🇷💥
➡️ Survol d’un drone au dessus du territoire letton 🇱🇻 ➡️ Décollage sur alerte des chasseurs 🇫🇷 engagés dans la mission de l’OTAN Baltic Air Policing depuis la base aérienne de Šiauliai 🇱🇹 ➡️ Identification et destruction… pic.twitter.com/NFIMSP7Ibl— Armée française - Opérations militaires (@EtatMajorFR) June 8, 2026
L'État-major français des armées a confirmé sur X la "destruction d'un drone" par deux Rafale au-dessus "d'une zone inhabitée" en Lettonie. "Cela...
-
08/06 - Montée des eaux : ces grandes villes qui pourraient disparaître à la fin du siècle
Deux millimètres par an, puis trois et désormais près de quatre. La hausse du niveau moyen des mers s’accélère, préviennent les derniers travaux scientifiques. A force d’absorber la chaleur liée au changement climatique, nos océans se dilatent. C’est même la principale raison de l’élévation du niveau des eaux, selon des calculs récents. A ce phénomène s’ajoutent la fonte des glaciers de montagne et celle des calottes polaires. Pour certaines villes emblématiques situées près des cotes, la menace devient concrète. Impossible pourtant d’envisager de déménager la Nouvelle-Orléans, Venise ou Bangkok, qui attirent chaque année des millions de touristes. A moins que…
Pour les habitants de la Nouvelle-Orléans, les travaux scientifiques les plus récents ont fait l’effet d’une bombe. Dans une étude de l'université locale de Tulane parue le mois dernier, la Louisiane est décrite comme la zone de basse altitude la plus exposée au monde en matière de montée du niveau de la mer. Les auteurs estiment que cette région fera face de manière irréversible à une hausse comprise entre 3 et 7 mètres, avec un déplacement du littoral pouvant atteindre 100 kilomètres vers l'intérieur des terres !
Le seuil critique pour la survie des marais côtiers a été dépassé depuis longtemps, précisent les auteurs. Une perte de 75 % des quelque 15 000 km² de zones humides côtières restantes d'ici 2070 est jugée plausible. Or, ces zones constituent un tampon contre les tempêtes. Leur disparition signifie que...
-
08/06 - Le Parlement européen embarrassé après l’accueil d’une organisation accusée d’être pro-russe et complotiste
A l’origine, il ne s’agissait que d’une conférence sur les nanoplastiques organisée au Parlement européen, à Bruxelles, le 24 février dernier. Le Centre mondial de recherche AllatRa dirigeait ce colloque sur les risques humains et environnementaux des nanoplastiques, aux côtés de l’eurodéputé tchèque d’extrême droite Ondřej Knotek, membre du groupe des Patriotes.
Cependant, d’autres députés européens, les Tchèques Danuše Nerudová et Jan Farský du Parti populaire européen (PPE) et le Slovaque Martin Hojsík du groupe Renew, ont protesté contre l’accueil de l’organisation AllatRa au sein de l’institution européenne, rapporte Politico. Pour ces parlementaires, AllatRa diffuserait "des discours pro-russes et [aurait] des liens avec des écosystèmes de désinformation associés à la Russie" qui compromettraient la réputation du Parlement européen, ont-ils déclaré dans le compte-rendu d'une réunion administrative interne du Parlement."Promouvoir une 'Union des peuples slaves'"
Il est vrai, en s’intéressant d’un peu plus près à AllatRa, plusieurs éléments mettent la puce à l’oreille. Au premier abord, AllatRa se présente comme "un groupe international de réflexion et de recherche qui aborde les défis planétaires critiques". Mais Politico rappelle que le groupe de recherche, fondé en Ukraine et installé depuis quelques années aux Etats-Unis, est dans le viseur des services de sécurité ukrainiens. Ces derniers l’accusent de "justifier l'agression armée de la Fédération de Russie et...
-
08/06 - Retraites : "Si on ne fait rien, on va droit vers une paupérisation des personnes âgées"
La question de l'équilibre du système des retraites avait disparu des débats avec l'enterrement de la réforme Borne qui actait le recul de l'âge de départ à 64 ans. Le sujet devrait rebondir cette semaine : le 11 juin, le Conseil d'orientation des retraites présidé par l'économiste Gilbert Cette doit présenter ses nouvelles projections. Les candidats à la présidentielle ne manqueront pas de s'en saisir pour avancer leurs propres pistes. Pour L'Express, Vincent Lebailly, directeur Epargne Entreprises du cabinet Mercer, pointe l'angle mort de ce débat : l'appauvrissement programmé des retraités dans les décennies à venir. Un retournement qui justifie, selon lui, l'introduction d'une dose de capitalisation dans le système.
L'Express : Que faut-il attendre de la publication du prochain rapport du Conseil d'orientation des retraites ?
Vincent Lebailly : Vraisemblablement, le COR va actualiser ses projections en prenant en compte de nouvelles hypothèses sur la démographie. Le résultat, c'est qu'il va mettre le doigt sur le déséquilibre structurel du système par répartition et son caractère non soutenable, alors que les retraites absorbent déjà près de 14 % du PIB en France. Ce qu'il faudra aussi regarder, ce sont les nouvelles projections sur l'évolution du taux de remplacement, autrement dit le rapport entre le montant du dernier salaire et le montant de la pension. Actuellement, il est de 75 % pour les non-cadres et de l'ordre de 55 à 60 % pour les cadres. Mais nous savons...
-
08/06 - Israël espionne-t-il les Etats-Unis ? Les inquiétudes croissantes du Pentagone
Ce sont deux pays proches alliés… mais cette proximité n'empêche pas des actes hostiles. Le Pentagone constate une intensification des activités d'espionnage contre les Etats-Unis en provenance d'Israël, rapportent NBC News ainsi que le New York Times. Le niveau de menace en matière de contre-espionnage a ainsi été relevé ces dernières semaines par la Defense Intelligence Agency (DIA), indique NBC News, qui se base sur plusieurs sources, deux responsables américains et un ancien responsable.
L'Agence de renseignement de la Défense du Pentagone a publié ces dernières semaines une nouvelle évaluation des menaces de contre-espionnage. La DIA a diffusé un message interne indiquant que la capacité d'Israël à mener des activités d'espionnage humain et de collecte de renseignements techniques était désormais jugée "critique".Des cibles faciles pour les écoutes clandestines
Comme l'explique NBC News, cette élévation du niveau d'alerte s'explique notamment par le fait qu'Israël déploie des efforts particuliers pour surveiller de hauts responsables américains. Le but ? Obtenir des informations sur les délibérations internes et la prise de décision de l'administration Trump concernant les conflits au Moyen-Orient. Plusieurs hauts dirigeants sont ciblés, selon des rapports consultés par le New York Times. Ainsi, Israël aurait intensifié ses efforts pour écouter les conversations de Steve Witkoff, le principal négociateur de Donald Trump, mais aussi d'Elbridge A. Colby, principal...
-
08/06 - Selfies posthumes : le narcissisme plus fort que la mort, par Julia de Funès
La disparition d’une personnalité connue donne désormais lieu à un phénomène de plus en plus répandu. Alors qu’un décès devrait naturellement attirer notre attention vers celui ou celle qui vient de disparaître, il semble aujourd’hui produire un autre effet. La mort d’un être devient le prétexte d’une valorisation personnelle. Chacun y va de sa photographie avec la personne récemment défunte, comme si l’événement ne consistait plus tant à évoquer celui ou celle qui n’est plus là, qu’à rappeler que nous avons, un jour, croisé sa route. La disparition récente d’Edgar Morin en a fourni une illustration saisissante.
Philosophe majeur, auteur d’une œuvre considérable, il laisse derrière lui plus d’un siècle de vie et plusieurs décennies de réflexion. Pourtant, à parcourir certains hommages, on pourrait avoir le sentiment que l’essentiel n’est plus tant ce qu’il a pensé que le fait de l’avoir rencontré. Les réseaux sociaux se sont couverts de ces clichés pris à la hâte où deux têtes, peu à leur avantage, se compressent dans le même cadre. Le défunt n’a même plus droit à un beau portrait, un selfie approximatif semble désormais suffire à l’hommage. On ne montre plus le disparu dans ce qu’il avait de plus beau, on se montre avec lui. Il devient alors l’occasion d’une mise en scène flatteuse de soi.
Bien sûr, il n’y a rien de condamnable à convoquer un souvenir ! L’hommage passe par la mémoire personnelle et des traces intimes qui méritent d’être racontées. Mais encore faut-il...
-
08/06 - L’Iran attaque Israël pour la première fois depuis le début du cessez-le-feu, l’Etat hébreu riposte
La trêve était déjà bien fragile. Elle a volé en éclats dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 juin. Les Gardiens de la révolution en Iran ont indiqué avoir frappé deux bases aériennes en Israël en représailles à une attaque contre des sites de radar en Iran, selon l'agence de presse iranienne Fars. Ces deux bases aériennes israéliennes visées sont celles de Nevatim et Tel Nof. Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit en outre être prêts à toute éventualité et à mener des opérations de grande envergure sur tous les fronts, selon Fars.
Avant ces informations, l'armée israélienne avait affirmé avoir frappé des "cibles militaires" appartenant au "régime iranien" dans l'ouest et dans le centre de l'Iran, en réponse à une première attaque lancée par Téhéran en guise de riposte à une offensive israélienne contre la capitale libanaise Beyrouth. L'usine pétrochimique Karun, dans la ville iranienne de Mahshahr, a été touchée et endommagée par un projectile israélien, a indiqué un responsable local cité par Fars. Un haut représentant israélien, cité par les médias israéliens, a ensuite confirmé qu'Israël avait frappé une usine pétrochimique en Iran, ce qui constitue la première attaque contre un site énergétique dans le pays depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
Les hostilités se sont poursuivies ce lundi matin. Les défenses aériennes de la ville de Kermanshah, dans l'ouest de l'Iran, ont été activées, rapporte l'agence de presse Mehr, tandis que tous les vols à l'aéroport...
-
08/06 - Législatives en Arménie : le Premier ministre sortant Nikol Pachinian remporte la victoire
Le Premier ministre sortant Nikol Pachinian a remporté la victoire lors des élections législatives organisées dimanche 7 juin en Arménie, un scrutin crucial pour l'avenir des relations d'Erevan avec ses voisins, la Russie et l'Occident. Son parti Contrat civil a récolté 49,81 % des voix, contre 23,29 % des voix pour l’alliance d'opposition Arménie forte, selon les résultats officiels communiqués ce lundi matin.
Alors même que la plupart des bulletins n'avaient pas encore été dépouillés, Nikol Pachinian avait revendiqué dans la nuit, au cours d'une conférence de presse, une "victoire historique". La commission électorale nationale avait communiqué un peu plus tôt des résultats préliminaires créditant le parti du dirigeant pro-européen de 54,5 % des suffrages. "Le peuple arménien a voté pour la prospérité et la coopération régionales", s'est réjoui le Premier ministre. "J’espère que cela suscitera une réponse positive de la part de la Turquie et de l’Azerbaïdjan", a-t-il ajouté, déclarant aussi devoir "institutionnaliser la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan".
Il s'agissait du premier scrutin en Arménie depuis la campagne militaire éclair lors de laquelle l'Azerbaïdjan a pris en 2023 le contrôle total de l'enclave du Haut-Karabakh, longtemps dirigée par des ethnies arméniennes et au cœur depuis plusieurs décennies d'un conflit entre Erevan et Bakou.Election test
Ces élections étaient considérées comme un test pour la volonté de Nikol Pachinian de renforcer les...
-
08/06 - "Moi qui n’ai pas connu les hommes" : l’incroyable succès posthume de Jacqueline Harpman
Psychanalyste et écrivaine, Jacqueline Harpman fut un talent précoce : en 1959, elle reçoit à 30 ans le prestigieux prix Victor-Rossel pour Brève Arcadie, paru chez Julliard, alors éditeur de la jeunesse dans le vent (Françoise Sagan y avait publié Bonjour tristesse en 1954). Elle sortira ensuite une grosse vingtaine de livres, dont Orlanda (prix Médicis 1996), avant de mourir en 2012. Elle aurait dû disparaître petit à petit, comme la quasi-totalité des écrivains. Il n’en est rien.
En 1995, elle avait publié chez Stock Moi qui n’ai pas connu les hommes. Point de départ de l’histoire ? Quarante femmes dont une adolescente (la narratrice) sont retenues prisonnières dans une cage sous terre, surveillées par des hommes. Un jour, les gardiens abandonnent leur poste, les détenues s’évadent. Commence une errance dans le désert. Plus qu’à Mad Max : Fury Road, cette dystopie féministe est souvent comparée à La Servante écarlate de Margaret Atwood. Est-ce cela qui explique son succès toujours plus fou ? Réédité en anglais ces dernières années, le livre fait un tabac. Aux dernières estimations, on est à plus de 500 000 exemplaires au Royaume-Uni et autant sur le continent américain (soit plus d'un million !). Recommandé par Dua Lipa et autres influenceurs, viral sur TikTok, le roman est en passe de devenir culte au sein de la jeunesse actuelle – à tel point qu’un film vient d’être mis en chantier, co-produit par Disney. On n’a pas fini d’entendre parler de Moi qui n’ai pas connu...
-
08/06 - Itamar Ben Gvir, le dangereux pyromane d’Israël : pourquoi il reste indispensable à Netanyahou
Tout cela semble l'amuser follement. Il déambule tout sourire parmi des dizaines de militants d'une flottille pour Gaza agenouillés la tête contre le sol et les mains attachées dans le dos, et leur lance : "nous sommes les patrons ici ". Pour achever de les narguer, il agite un immense drapeau d'Israël et fait jouer la Tikvah, l'hymne national. Itamar Ben Gvir a publié lui-même fin mai sur les réseaux cette vidéo où l'on voit aussi un policier israélien plaquer violemment à terre une jeune femme. "Vous avez sciemment causé du tort à notre Etat avec cette démonstration honteuse", s’est indigné sur X son collègue du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar.
Son attitude n’est "pas conforme aux valeurs et normes d’Israël", a critiqué le Premier ministre Benyamin Netanyahou. " Il devrait être en prison en Israël ", s'est emporté le philosophe Alain Finkielkraut sur Cnews. En outre, plusieurs pays occidentaux ont convoqué leur ambassadeur israélien pour obtenir des explications. Et la France vient de lui interdire l'entrée sur son territoire.
Pas de quoi ébranler le remuant ministre de la Sécurité intérieure israélien. A la Knesset le lendemain de l’incident, il enfonce le clou et assume la brutalité de ses policiers, se disant "fier" d'avoir agi contre des "partisans du terrorisme". Et d'ajouter : "Oui, il y aura toutes sortes de photos que Gideon Sa'ar n'apprécie pas, mais je pense qu'elles sont une grande source de fierté. "Il ne prend pas de risque...
-
08/06 - "On est trop serré" : face à l’immigration, la Suisse tentée de plafonner sa population
C’est la mesure la plus radicale jamais envisagée par un pays européen pour enrayer l’immigration : le dimanche 14 juin, les citoyens helvétiques sont invités à voter sur l’initiative populaire "Pas de Suisse à 10 millions". Le référendum, inspiré par le premier parti du pays, l’Union démocratique du centre (UDC, populiste de droite), vise à inscrire dans le marbre constitutionnel un plafond de 10 millions d’habitants, ce qui impliquerait d’interdire toute immigration dès qu’il serait atteint. La Suisse n’en est plus très loin : elle compte 9,1 millions de résidents permanents.
Les derniers sondages laissent prévoir un résultat serré. Comme lors du référendum britannique sur le Brexit, il y a 10 ans, les migrants venus du reste de l’Europe sont les premiers ciblés par les partisans du plafonnement. "Protégeons la Suisse" proclame une affiche de l’UDC placardée dans les rues de Genève, qui montre l’image idyllique d’un paysage alpin, lequel serait menacé par les centaines de milliers d’Européens employés dans le pays. "On est trop serré", affirme une autre pancarte. Le message est sans ambiguïté : au fond de leurs vallées, une grande partie des Suisses ont l’impression que leur espace vital se contracte façon peau de chagrin.
La confédération est victime de son succès : économie performante, salaires élevés, qualité de vie enviée, chômage quasi inexistant… Les travailleurs et leurs familles affluent, surtout depuis que le pays est entré, en 2008, dans l’espace européen de...
-
08/06 - Combien de temps faut-il pour déplacer une armée ? Le "Schengen militaire" européen face au test balte
Vilnius, mardi 26 mai 2026. Ursula von der Leyen foule le sol lituanien : "Lorsque les Etats baltes sont mis à l'épreuve, c'est l'Europe tout entière qui est mise à l'épreuve." Le contexte l'y contraint. Depuis le début du mois de mai, au moins six incidents impliquant des drones non identifiés ont été recensés au-dessus des territoires baltes - au point que, la semaine précédente, le président lituanien et sa Première ministre avaient dû se réfugier dans des bunkers pendant que leurs collaborateurs s'efforçaient de "mieux comprendre la nature de l'incursion suspecte" repérée près de la frontière biélorusse.
Ni victimes, ni destructions. Mais "ces incidents ont mis au jour les vulnérabilités (de la défense européenne) et la nécessité de combler nos lacunes", regrette la présidente de la Commission. Une formule qui vaut aveu, puisque derrière ces failles se cache une question plus vaste : si une guerre éclatait demain sur le flanc est, l’Union européenne serait-elle capable d’y acheminer efficacement ses troupes et son matériel ? Laboratoire de la mobilité militaire
Quatre mois plus tôt, les trois ministres baltes de la Défense avaient tiré leurs propres conclusions. Le 30 janvier, à Tallinn, Hanno Pevkur pour l'Estonie, Andris Sprūds pour la Lettonie et Robertas Kaunas pour la Lituanie avaient signé une déclaration d'intention conjointe pour la création d'une zone de mobilité militaire baltique - le MMA. L'ambition : permettre aux armées des trois Etats de circuler...
-
07/06 - Visite de Xi Jinping en Corée du Nord : comment le président chinois veut reconquérir Kim Jong-un
Voilà sept ans que le président chinois n'avait pas mis les pieds en Corée du Nord. Il y retourne lundi 8 juin pour une visite de deux jours avec plusieurs objectifs en tête : ne pas se laisser voler la vedette par la Russie, conserver un certain contrôle sur Pyongyang, le tout en affichant un front uni entre alliés contre l'Occident.
La Chine tient à démontrer une fois de plus que, tandis que Washington sème le chaos – que ce soit par sa guerre contre l'Iran ou par l'imposition de droits de douane –, Pékin est une force stabilisatrice dans le monde. Xi Jinping a d'ailleurs insisté sur ce point lors des récents sommets à Pékin avec le président Trump, puis avec le président Poutine.
"Xi tente de prouver qu’il entretient de meilleures relations avec les membres de sa clique autoritaire que le président Trump avec ses partenaires démocrates", explique au New York Times Kurt Campbell, ancien secrétaire d’État adjoint sous la présidence de Joe Biden et président de l’Asia Group.Contrebalancer l'influence de la Russie
Mais la décision de Xi Jinping d'effectuer un rare voyage à l'étranger souligne également son besoin de courtiser Kim Jong-un. La Chine souhaite par cette visite affirmer son influence sur un voisin qui s'est rapproché de la Russie, en renouvelant notamment en 2024 un accord de défense mutuelle datant de la Guerre froide avec Moscou.
La Russie a fourni à la Corée du Nord du pétrole, des denrées alimentaires et des technologies d'armement dont elle avait...
-
07/06 - "Entre la Chine et les Etats-Unis, la France va devoir choisir" : l’analyse choc de Michael Beckley
Face à une administration américaine soufflant le chaud et le froid vis-à-vis de ses alliés et à un géant chinois de plus en plus coercitif sur le plan commercial, de nombreuses puissances moyennes semblent de plus en plus déterminées à faire bande à part, refusant de choisir entre ces deux mastodontes. En témoignent les mots du Premier ministre canadien Mark Carney qui, lors d’une allocution au Forum économique mondial, a appelé à la création d’une alliance de puissances intermédiaires capable d’incarner une troisième voie.
Une ambition aussi compréhensible qu’irréaliste, selon Michael Beckley, professeur associé de sciences politiques à l'Université Tufts et directeur du programme Asie au sein du Foreign Policy Research Institute qui, dans les colonnes de Foreign Affairs, expliquait récemment pourquoi, à mesure que la rivalité entre Pékin et Washington s’intensifie, ne pas choisir entre l’une ou l’autre n’est plus une option pour ces puissances intermédiaires, dans lesquelles il classe des pays comme l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Australie, le Canada, le Japon, la Corée du Sud et les grands États européens.
Auprès de L’Express, le spécialiste pointe les difficultés rencontrées par les puissances moyennes pour bâtir des coalitions efficaces. Au point de qualifier les Brics de "bloc de mécontents", et de remettre en question l’Europe en tant que véritable pôle géopolitique. Entretien.
L’Express : Selon vous, les puissances moyennes se...
-
07/06 - Marcel Gauchet : "Le nouvel antisémitisme fait d’Israël une réincarnation du complot juif"
"Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ?" Cent trente ans après la lettre de Zola à la jeunesse, la même question se pose. Inlassablement. Ce mal, avec lequel l'Occident croyait en avoir fini, revient, et hante de nombreux de citoyens. L'intellectuel Marcel Gauchet analyse pour L'Express les ressorts de ce retour de l'antisémitisme, sa cristallisation des dernières années. Et parle de l'avenir.
L'Express : Comment comprenez-vous ce qu’il faut bien appeler le retour de l’antisémitisme ?
Marcel Gauchet : J’avoue que s’il y a une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est celle-là. J’étais convaincu que l’antisémitisme était en voie de disparition, pour deux raisons de fond. D’abord parce que, de manière générale, l’imaginaire biologique de la "race" était en train de s’évanouir historiquement. Il ne parle plus. Il ne dit plus rien à personne. Quand on parle de "racisme" aujourd’hui, on parle de tout autre chose que du "racisme" du passé. Ensuite et surtout, parce que l’existence de l’Etat d’Israël sapait à la base le thème central de l’imaginaire antisémite : le projet d’une domination juive. "Ils sont partout, ils tirent les ficelles, ce sont eux qui mènent le monde…" La particularité de l’antisémitisme, en effet, est d’être construit sur la peur d’une domination, à la différence du racisme ordinaire, si j’ose dire, qui exprime le sentiment d’une supériorité sur...
-
07/06 - Pourquoi la visite du pape en Espagne pourrait offrir un répit à Pedro Sanchez
C'est une première en quinze ans. Le retour d'un pape en Espagne, pour une visite très scrutée. Léon XIV est attendu à Madrid, où il rencontrera la famille royale ainsi que le Premier ministre Pedro Sanchez, puis à Barcelone et aux îles Canaries. Une semaine au cours de laquelle le pape espère redorer la place de l'Eglise catholique dans l'opinion publique espagnole. Mais aussi avancer de concert avec le Premier ministre socialiste sur la situation des sans-abri et des migrants dans le pays.Une aubaine pour Pedro Sanchez ?
Une aubaine pour Pedro Sanchez, qui veut renforcer sa politique pro-immigration, alors que celui-ci vient de régulariser pas moins de 500 000 sans papiers dans le pays, à rebours des tendances politiques européennes. Or Léon XIV porte un discours similaire à celui de l'Espagnol et doit se rendre jeudi sur l'île de Grande Canarie, pour s'entretenir avec des personnes exilées arrivées par bateau d'Afrique du nord au péril de leurs vies. La visite semble donc arriver à point nommé.
Outre la politique migratoire, le Premier ministre espère aussi faire oublier, ne serait-ce qu'une semaine, les scandales de corruption visant sa famille et son parti. A commencer par son frère, David Sánchez, jugé pour trafic d'influence et abus de fonction. Ou encore son épouse, Begona Gomez, qui doit comparaître devant la justice mardi 9 juin pour répondre d'accusations de corruption. Sans compter son prédécesseur, José Luis Rodriguez Zapatero, mis en examen pour trafic...
-
07/06 - "La catastrophe démographique ? Nous en subissons déjà les conséquences" : l’alerte du maire de Varsovie
Un journal français que l'on peut lire en polonais ! Le visage de Rafal Trzaskowski s'illumine en découvrant le site de L'Express dans sa langue. S'exprimant dans un français impeccable - il a fait une partie de ses études à Paris, le quinquagénaire, fils de pianiste, ancien ministre et député européen, nous reçoit dans un salon lors du congrès économique européen de Katowice (Silésie). L'amitié franco-polonaise, l'avenir des démocraties libérales, l'effondrement démographique... Conversation à bâtons rompus.
L’Express : Varsovie est-elle en train de devenir une grande capitale européenne ?
Rafal Trzaskowski : Varsovie a toujours été une grande ville européenne, même avant la Seconde Guerre mondiale. Mais aujourd’hui, je pense sincèrement que c’est l’une des villes les plus dynamiques d’Europe. La croissance est incroyable. Il y a une énergie particulière ici, une volonté permanente de faire bouger les choses. Pendant la période communiste, cette énergie était étouffée. Il était très difficile de réaliser ses rêves, de construire, d’innover. Après la chute du communisme, tout s’est accéléré. Depuis trente ans, la ville change pratiquement chaque année. Et cette transformation est visible partout.
Il y a vingt ans, nous avions encore des complexes par rapport à l’Europe occidentale. Aujourd’hui, honnêtement, il n’y en a plus. Que l’on parle des infrastructures, des transports publics, des espaces verts ou de l’innovation, Varsovie n’a plus à se sentir inférieure....
-
07/06 - Jean-Pierre Montal, de la littérature au rock : un esthète underground
Quand on le croise dans les cocktails littéraires ou certaines salles de concert, il est toujours élégant, affable et rieur, parlant plus volontiers de Lou Reed ou des Kinks que d’Annie Ernaux – même si Jean-Pierre Montal est à sa manière un transfuge de (grande) classe, il n’en a pas les éléments de langage stéréotypés. Avoir une double casquette d’écrivain et d’éditeur est une chose courante dans le marigot littéraire. Etre également rockeur est bien plus rare – on n’aurait pas imaginé Philippe Sollers avec une Stratocaster. Branchez la guitare : bien que nous interviewions l’écrivain/chanteur dans un café de l’Odéon, il n’a rien d’un "fils de" du quartier.
Jean-Pierre Montal naît en 1971 à Saint-Etienne, comme Bernard Lavilliers avant lui. Sa mère est issue du monde ouvrier communiste stéphanois, son père vient du Cantal : "Il avait eu une enfance paysanne, ambiance La Guerre des boutons, avec des frondes et des sabots. Il avait un peu le vice du self-made man : il a fait grossir une petite entreprise de travaux publics." Quand on grandit en périphérie de Saint-Etienne à l’époque, il n’y en a naturellement que pour les Verts : "J’avais le maillot, et mon père m’emmenait au stade Geoffroy-Guichard, où j’adorais l’ambiance. Je n’ai pas vu jouer la grande équipe, mais j’ai connu les débuts de Michel Platini. Il y avait des noms mythiques. Ici, à Saint-Germain-des-Prés, vous parlez de BHL comme d’une légende. Nous, nous avions Synaeghel ou Farison. Ces noms électrisaient...
-
07/06 - Club de golf, Boeing, cloche… Que faut-il offrir à Donald Trump ?
Dans l’imaginaire collectif, les cadeaux diplomatiques relèvent du folklore des relations internationales. S’y intéresser permettrait tout au plus de briller en diner mondain - par exemple, en racontant comment le bébé chameau offert en 2013 par les autorités maliennes à François Hollande a fini par être dégusté en tajine par la famille chargée de le garder en attendant qu’il soit rapatrié en France. Mais pour le diplomate britannique Paul Brummell, le sujet n’a rien d'anecdotique. Dans son passionnant Diplomatic Gifts : A History in Fifty Presents (Hurst Publishers, 2022), l’actuel Haut-Commissaire britannique à l’île Maurice exhume cinquante histoires de cadeaux diplomatiques, et démontre qu’ils ont de tout temps rempli une fonction sociale et politique majeure. Dès le XIVe siècle av. J. -C., les lettres d’Amarna, dans l’Egypte ancienne, témoignaient de leur importance. Gravées sur des tablettes d’argile en cunéiforme akkadien, ces lettres ont conservé la correspondance entre les pharaons et les autres grands souverains. "Ce qui m’a beaucoup frappé, confie Paul Brummell, c’est la place centrale qu’occupent les cadeaux diplomatiques dans ces documents".Faire le bon cadeau
Mais qu’est-ce qu’un cadeau réussi ? Selon le spécialiste, la capacité à susciter de l’émerveillement prédomine : "historiquement, ceux qui offrent des cadeaux diplomatiques recherchent un effet 'waouh'". Raison pour laquelle les animaux exotiques sont parmi les cadeaux les plus prisés. A l’époque des...
-
06/06 - Adhésion de l’Ukraine à l’UE : le feu vert historique de la Hongrie, qui refuse toutefois d’accélérer la procédure
Le jour est historique pour l'Ukraine comme pour la Hongrie. Le 3 juin, la Hongrie a mis fin à son opposition de longue date à l’ouverture de négociations officielles entre l’Union européenne et l’Ukraine en vue d’une future adhésion. Une évolution notable pour Kiev, qui voit dans l’intégration européenne une étape essentielle pour se protéger durablement de la Russie et consolider son avenir démocratique.
Cette levée de veto, intervenue après des années de blocage, a permis à l’Ukraine de franchir une nouvelle étape : mardi, les États membres ont donné un feu vert préliminaire à l’ouverture officielle des premiers chapitres de négociations d’adhésion pour l’Ukraine, ainsi que pour la Moldavie. Une étape hautement symbolique, attendue par Volodymyr Zelensky depuis décembre 2023, date à laquelle un premier vote avait été bloqué par la Hongrie.Fin du blocage avec le départ de Viktor Orban
Ce changement intervient dans le contexte d’une transition politique à Budapest en mai dernier, après le départ de l’ancien dirigeant nationaliste et proche de Moscou Viktor Orban, qui avait bloqué à plusieurs reprises le processus d’adhésion ukrainien. Malgré cette inflexion, son successeur pro-européen Péter Magyar a immédiatement indiqué que la Hongrie ne soutiendrait pas une procédure accélérée réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que l’adhésion à l’UE nécessite des réformes profondes sur plusieurs années. "Le processus d’adhésion de notre pays a lui aussi...
-
06/06 - Un week-end à Porquerolles : le grand bain pop à la Villa Carmignac
A Porquerolles, l’arrivée fait déjà partie de l’expérience. Après quinze minutes de traversée depuis Hyères, dans le Var, l’île impose son rythme : pas de voitures ou presque, des pins tordus par le mistral, une lumière blanche qui écrase les chemins de sable. Au bout de l’un deux surgit la Villa Carmignac, écrin d’art ouvert en 2018 par la fondation du même nom, au cœur d’un domaine de plusieurs hectares. C’est ici que se déploie tout l’été Sea, Pop & Sun, une exposition solaire et subtilement mélancolique qui transforme l'endroit en capsule hédoniste des années 1960 et 1970. Fondée en 2000 par le collectionneur et entrepreneur Edouard Carmignac, aujourd’hui dirigée par son fils Charles, la fondation privée, connue notamment pour son prix du photojournalisme d’investigation, s’appuie également sur un fonds de plus de 300 pièces majeures de l’art moderne et contemporain. Le pop art y occupe une place centrale, avec des figures comme Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat, dans un dialogue permanent entre culture populaire, politique et critique sociale. Roy Lichtenstein, "Crying Girl", 1964.
Cette identité artistique irrigue pleinement Sea, Pop & Sun, dont le titre claque comme un refrain de Gainsbourg, clin d’œil assumé au tube sulfureux d’une époque où les congés devenaient un art de vivre et les plages du Sud, des territoires de liberté. A Porquerolles, le pop art quitte les grandes métropoles américaines pour se gorger de bleu...
-
05/06 - Puces : la surprenante recette de la Chine pour contourner les sanctions américaines
Les passionnés d’informatique aiment soulever le capot. C’est à l’un d’eux que l’on doit une découverte révélatrice. Fin mai, un utilisateur inspectant une barrette de mémoire de l’américain Corsair a eu la surprise de trouver des puces chinoises à la place de l’habituel silicium coréen ou étatsunien. Des modules estampillés CXMT, fabricant que l’on croyait - à tort - cantonné à son marché domestique. L'épisode résume la stratégie que le XVe plan quinquennal chinois, adopté en mars, formule sans détour. Sa phrase d'attaque sur les circuits intégrés peut se traduire ainsi : "Raffiner et perfectionner les nœuds matures". Là où l'on attendait une rupture technologique spectaculaire pour contourner les sanctions américaines, la Chine fait l'inverse. Elle prend des procédés anciens, les raffine, les empile et les pousse à bout.
La preuve la plus frappante vient de la lithographie, l'étape qui projette les circuits sur le silicium. Privé par les sanctions américaines des machines à ultraviolets extrêmes, les fameuses EUV du néerlandais ASML capables de tracer les motifs les plus fins en une seule exposition, Huawei a déposé en juin 2022 un brevet rendu public fin 2025. Sa parade : au lieu d'une passe ultra-précise, une machine plus ancienne dédouble le même motif encore et encore, jusqu'à six ou sept fois, pour resserrer les circuits autant que sur des puces de pointe. Dans le principe, comme en usine, la force brute remplace la précision optique.
Le brevet existe....
-
04/06 - Vers un déploiement supplémentaire d’armes nucléaires américaines en Europe ?
C’est une manière de dire "tout va bien". Les Etats-Unis pourraient prochainement déployer davantage d’armes nucléaires au sein des pays européens de l’Otan, rapporte le Financial Times. À l’heure où l’alliance atlantique doit se repenser et presque s’européaniser, l’ouverture de ces discussions confidentielles par Washington vise à rassurer les alliés de l’Europe. Les Etats-Unis ne se désengagent pas totalement de la sécurité européenne, malgré la volonté affichée du président américain Donald Trump de transférer la responsabilité de la défense collective européenne aux Européens. C’est ainsi que le chef de l’Etat américain avait annoncé, début mai, le retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne et l’abandon du déploiement de missiles de longue portée dans le pays. Les Européens avaient aussi accepté d’augmenter leurs dépenses dans le domaine défensif et militaire.
À ce jour, seuls six pays de l’Otan sont autorisés par les Etats-Unis à accueillir des bombes américaines : le Royaume-Uni, la Belgique, la Turquie, l'Italie, l'Allemagne et les Pays-Bas. Certes hébergées par des pays européens, ces bombes B-61 ne peuvent cependant être utilisées que sur décision des Etats-Unis.La Pologne particulièrement intéressée
Mis en place dès 1954 dans un contexte de fortes tensions durant la guerre froide, ce programme de partage des armes nucléaires au sein de l’Otan reste un pilier de l’alliance atlantique et de sa dissuasion collective. Fondamental pour bon nombre...
-
21/05 - Le PEA, un produit efficace et simple
C’est une interrogation qui travaille de nombreux Français ayant réussi à mettre un peu de sous de côté, mais qui n’ont pas encore vraiment réfléchi à la question de l’investissement. Comment faire fructifier son argent sans prendre trop de risques ? L’une des réponses peut être le Plan d’épargne en actions (PEA). Autrefois considéré comme un produit complexe et réservé aux initiés, il est accessible à ceux qui connaissent mal les mécanismes d’investissement, mais aussi à ceux qui veulent optimiser leur placement. Le principe du PEA est simple : il s’agit d’un compte-titres qui permet d’investir dans des actions d’entreprises cotées de l’Union européenne, et ce dans un cadre fiscal avantageux. Pourquoi avantageux ? Parce que si l’on garde son PEA pendant 5 ans au moins, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt, en dehors des prélèvements sociaux.
Très concrètement, prenons l’exemple d’un PEA conservé 6 ans, avec un versement initial de 10 000 euros, des virements mensuels de 200 euros et un rendement de 7 % par an. Les versements cumulés sont donc de 24 400 euros, et le capital brut atteint 32 819 euros, soit des gains bruts de 8419 euros. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus sur cette dernière somme et sont donc de 1566 euros. Le capital net, après impôts, est ainsi de 31 253 euros. En six ans, l’épargnant aura ainsi gagné 6853 euros. Pas de commission sur les transactions
Levier puissant, le PEA reste pourtant encore sous-utilisé par les jeunes...