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29/08 - Expulsions d’immigrés aux Etats-Unis : l’essor discret d’un marché très lucratif
Dans l’ombre des débats télévisés et des expulsions spectaculaires de migrants aux Etats-unis, des entreprises se disputent des contrats à plusieurs milliards de dollars : des marchés calibrés pour transporter des immigrés expulsés au prix le plus avantageux pour les prestataires.
Avant même son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait donné le ton, dépeignant les "immigrés illégaux" comme venus des prisons et des asiles, des "tueurs", des "toxicomanes", des "membres de gangs". La rhétorique a trouvé sa logistique : depuis janvier, l’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) a agrandi le réseau de compagnies charter qui transfère des dizaines de milliers de personnes à travers le pays et au-delà. Ce réseau a un nom : Immigration and Customs Enforcement Air Opérations, également appelé ICE Air.
Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump au pouvoir, ICE Air a mobilisé au moins 110 avions pour plus de 5 100 vols aux Etats-Unis et dans le monde entier. Le rythme a nettement augmenté : d’environ 600 vols par mois auparavant, on dépasse désormais le millier, selon le suivi de Tom Cartwright, ex-banquier de JPMorgan devenu défenseur des droits des migrants, relayé par l’agence américaine Associated Press. Derrière ces chiffres, un secteur privé qui prospère : de l’intermédiaire CSI Aviation aux compagnies GlobalX et Avelo, l’écosystème s’aligne sur la nouvelle priorité présidentielle.7 vols en 55 jours de détention
Le 30 avril, une Équatorienne de 24 ans est arrêtée dans le New Jersey. Quatre...
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29/08 - "Il est jaloux d’eux" : Donald Trump est-il "l’idiot utile" des dictateurs ?
Ce mercredi 3 septembre, Pékin sera "the place to be" pour tout dictateur ambitieux qui se respecte. Dans une volonté manifeste de défier les Etats-Unis, le président chinois Xi Jinping a convié ses amis Vladimir Poutine (Russie), Kim Jong-un (Corée du Nord), Alexandre Loukachenko (Biélorussie), Massoud Pezechkian (Iran) ou Min Aung Hlaing (le chef de la junte en Birmanie) à assister à une gigantesque parade militaire sur la place Tiananmen pour célébrer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire contre le Japon.
Alors que leurs pays sont soumis à de lourdes sanctions occidentales, ces "hommes forts" tenteront de projeter une image d’unité, en regardant défiler chars, missiles et drones de dernière génération, sous la protection de leur parrain chinois. Tout un symbole, ce sera la première fois de l’Histoire que Xi Jinping, Vladimir Poutine et Kim Jong-un, tous trois détenteurs de l’arme nucléaire, seront réunis au même endroit.Une victoire pour Poutine
Le trio d’autocrates sera peut-être tenté de trinquer à la santé de Donald Trump. Car même si l’imprévisibilité de ce dernier les perturbe inévitablement, ils peuvent remercier le président américain qui, sans sembler s’en rendre compte, multiplie les cadeaux à leur égard. En Alaska, le 15 août, le monde entier en a été témoin : le locataire de la Maison-Blanche a littéralement déroulé le tapis rouge au chef du Kremlin, qu’il a accueilli en l’applaudissant comme un héros et en le faisant monter dans sa limousine. Ce faisant,...
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29/08 - En Italie, le scandale de photos volées qui secoue le pays (et touche Giorgia Meloni)
Des actrices, des journalistes, des politiques, mais surtout des milliers de femmes inconnues. C’est une archive glaçante de photos volées et de commentaires obscènes, collectés sur une période de vingt ans, qui a vu le jour en Italie. Au cœur de ce scandale, le site web "Phica.eu", composé de clichés pris sur le vif ou récupérés sur Internet, ainsi que de "deepfakes" de femmes nues générés par l’IA. Le site se présentait sous forme d’un forum où les internautes pouvaient laisser des commentaires dégradants, vulgaires et haineux sur le corps de ces femmes, le tout à leur insu.
Parmi les nombreuses personnes ciblées, des femmes politiques de premier plan ont notamment été repérées. Ainsi, parmi le "carré VIP" du site se trouvaient des photos de Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia, extrême droite), de sa sœur Arianna, ainsi que de la cheffe du Parti démocrate (PD), Elly Schlein et autres personnalités de son rang, relate Le Point. Le site pornographique a été fermé ce jeudi 28 août par ses propres administrateurs, mais la classe politique italienne n’a pas fini de s’indigner."Ne pas subir, réagir, dénoncer"
Le forum en ligne "Phica.eu" (un mot qui peut désigner, en langage courant italien, les organes génitaux d’une femme), actif depuis 2005, comptait plus de 700 000 abonnés et 10 millions de messages. Initialement signalé ce mercredi par l’eurodéputée italienne Alessandra Moretti, la plainte contre le site a immédiatement fait réagir d’autres femmes politiques qui ont aussi révélé avoir été victimes, rapporte le...
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29/08 - Trump coupe à nouveau dans l’aide internationale, risquant la paralysie budgétaire au Congrès
Donald Trump a demandé au Congrès américain d'approuver la suppression de 4,9 milliards de dollars supplémentaires d'aide internationale, a indiqué ce vendredi 29 août la Maison-Blanche. Cette annonce augmente fortement les probabilités de paralysie de l'Etat fédéral fin septembre.
La suppression "touche des programmes du département d'Etat ainsi que l'Agence des Etats-Unis pour le développement international, et des programmes d'assistance internationale", précise la lettre envoyée au président républicain de la Chambre des représentants et partagée par le bureau du budget de la Maison Blanche. Le président Trump "mettra toujours L'AMÉRIQUE D'ABORD", a écrit le bureau sur X.
Les démocrates avaient averti récemment que toute volonté de revenir sur des fonds déjà approuvés par le Congrès anéantirait toute possibilité de négocier avec eux pour éviter la paralysie budgétaire, le fameux "shutdown", avant l'échéance du 30 septembre. Le Congrès a jusqu'à cette date pour adopter un budget, même temporaire. Sans quoi, des centaines de milliers de fonctionnaires se trouveraient au chômage technique, sans paie. Le trafic aérien serait perturbé, comme le versement de certaines aides alimentaires aux familles à bas revenus, entre autres conséquences. Une situation hautement risquée économiquement et politiquement, que Donald Trump avait évitée de justesse en mars avec l'appui à contrecoeur de dix sénateurs démocrates.Une méthode dont la légalité fait débat
En effet, selon le New York Post, qui a révélé l'information jeudi...
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29/08 - Ventes de livres : cette célèbre autrice qui dépasse (enfin) Freida McFadden
Le temps n’a pas de prise sur elle. Depuis Hygiène de l’assassin, publié en 1992, Amélie Nothomb n’a pas raté une seule rentrée littéraire. Elle a traversé aisément les années 2000 et 2010, et il faut croire que les années 2020 n’auront pas sa peau. A 59 ans, la baronne n’est toujours pas passée de mode. Il suffit de regarder les chiffres de ses derniers livres pour s’en convaincre : avec Soif (2019) et Premier sang (2021), elle a connu deux pics à 300 000 exemplaires vendus en grand format ; quant aux autres, Les Aérostats (2020), Le Livre des sœurs (2022), Psychopompe (2023) et L’Impossible Retour (2024), ils tournent autour des 150 000 exemplaires. Avec Tant mieux, elle parvient à se renouveler en évoquant l’enfance tourmentée de sa mère.
Les fans sont au rendez-vous : en écoulant 15 000 exemplaires en quelques jours, Nothomb s’installe largement en tête des ventes de romans, loin devant Michel Bussi et Sorj Chalandon – on a enfin trouvé quelqu’un capable de battre Freida McFadden ! Le mois d’août se passe bien pour la maison Albin Michel puisque l’on note aussi l’entrée à la 8e place d’Anne Berest pour Finistère, récit centré sur la figure de son père et les racines bretonnes de cette branche de sa famille. La Bretagne étant la région de France où on lit le plus, ça devrait bien se passer pour l'auteure de La Carte postale…
Outre ces deux titres attendus, une anomalie saute aux yeux : Rebeka Warrior est bombardée directement en 9e position avec Toutes les vies (Stock), superbe premier roman qui parle de la...
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29/08 - Rolls-Royce, sa double vie dans le nucléaire : "Ils ont pris une grosse avance sur EDF"
Son nom est entré depuis longtemps dans la postérité. Il symbolise ce qui se fait de mieux en matière de luxe, d’élégance, de continuité. En 2025, Rolls-Royce a célébré le centenaire de la Phantom, son modèle le plus vendu, notamment conduit par Sean Connery, alias 007, dans Goldfinger. "100 ans de perfection", s’autocongratule la classieuse marque britannique, qui n’a cessé d’accompagner la famille royale dans ses déplacements officiels et officieux. Le constructeur automobile au double R, dont le prix de base d’un véhicule dépasse le demi-million d’euros, entend transposer cette longévité et cette excellence dans un autre domaine, à première vue plus surprenant : le nucléaire. L’atome après la Phantom.
Rolls-Royce a été choisi juste avant l’été par le gouvernement britannique comme partenaire privilégié pour la fabrication des premiers petits réacteurs nucléaire (SMR) dans le pays. Son modèle a été préféré à ceux de GE-Hitachi, Holtec, NuScale Power et Westinghouse – EDF, aussi sur les rangs au début, s’était retiré de la course l’an dernier. Une première victoire "locale" qui s’est doublée d’une autre bonne nouvelle en fin de semaine dernière : l’électricien suédois Vattenfall, pour acter la relance du nucléaire sur son territoire, a sélectionné Rolls-Royce et GE-Hitachi comme finalistes d’un appel d’offres. Le Britannique a également noué une solide relation avec la République tchèque pour vendre ses réacteurs. Il a récemment signé un accord avec l’entreprise semi-publique ČEZ pour lancer les travaux préparatoires à la...
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29/08 - Gaza : épuisés ou écœurés, de plus en plus de soldats israéliens ne veulent plus combattre
40 % des soldats seraient moins motivés pour servir dans l’armée israélienne qu’au début de la guerre à Gaza, selon un sondage du laboratoire Agam de l’Université hébraïque de Jérusalem. Un chiffre concordant avec les derniers sondages dans l’opinion publique israélienne, qui révèlent que la population est majoritairement favorable à un arrêt des combats. Alors que Benyamin Netanyahou entend prendre le contrôle de la ville de Gaza - considérée par Israël comme l’un des derniers bastions du Hamas - et a déjà commencé à y déployer ses troupes, cette réalité pourrait venir compliquer ses plans.
Devant le manque d’effectifs, le gouvernement a même commencé à faire appel à des juifs ultra-orthodoxes pour renforcer les troupes israéliennes. Du jamais vu jusqu’à présent, ceux-ci ayant été jusqu’ici largement exemptés du service militaire. En 2025, l’armée envisage de convoquer 54 000 juifs ultra-orthodoxes, mais elle n’a pour l’heure réussi à convaincre qu’une infime minorité de haredims. A tel point que les rabbins veulent désormais faire monter la tension pour obtenir une loi officialisant l’exemption, qui n’est pour l’heure pas formalisée.Lassitude et écœurement chez les réservistes
En parallèle, les réservistes historiquement mobilisables, et constituant pas moins des deux tiers des forces déployées à Gaza, sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à l’armée, explique CNN. Si certaines organisations de réservistes affichent ouvertement leur hostilité, à l’image de "Soldiers for Hostages", qui multiplie les appels à la...
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29/08 - "Certaines business schools n’échapperont pas à la faillite" : le cri d’alarme du directeur de l’EDHEC
La période dorée des écoles de commerce post-prépa est terminée. Alors que les étudiants s’apprêtent à faire leur rentrée dans quelques jours, une musique se répand : certaines business schools seraient au plus mal financièrement. Au cœur de l’été, le Sigem, qui centralise et compare les choix d’affectation des classes prépas d’une école de commerce à l’autre, a révélé que 9 écoles sur 23 n’ont pas pourvu leurs places ouvertes, alors même que le nombre de candidats avait progressé de 5 % cette année. Perte sèche pour ces institutions qui vivent essentiellement des frais d’inscription. Pour le directeur général de l’EDHEC, Emmanuel Métais, le modèle économique de ces établissements est à bout de souffle. Elles doivent urgemment trouver de nouvelles sources de financement.
L’Express : A quelques jours de la rentrée scolaire, certaines business schools n’ont pas fait le plein d’élèves, fragilisant ainsi leur situation financière. Est-ce le symptôme d’une crise profonde du secteur ?
Emmanuel Métais : Ce phénomène n’est pas franco-français. Dans beaucoup de pays, on voit que certaines business schools - je dis bien certaines - commencent à souffrir financièrement. Le marché de l’éducation est mondial. Or, la concurrence est extrêmement féroce. Le challenge des classements, la course aux accréditations, la bataille pour attirer et former les meilleurs élèves coûtent extrêmement cher. D’autant que notre champ d’action s’est énormément élargi. Il y a trente ans, les écoles de commerce formaient à la comptabilité, au marketing, à la...
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29/08 - Vote de confiance : Emmanuel Macron réaffirme qu’il entend "exercer son mandat jusqu’à son terme"
A J-10 d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale qui risque bien de le faire tomber, François Bayrou continue de plaider sa cause. Ce vendredi 29 août, c’est en marge de l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne que le Premier a défendu sa décision de demander la confiance de l’Assemblée nationale sur le désendettement du pays. Tout en affirmant que "la dette, c’est l’esclavage des plus jeunes", le locataire de Matignon a assuré qu’il ne dramatisait pas la situation financière de la France : "Ni je ne déforme, ni je n’exagère, ni je ne dramatise […] Le risque maximal, c’est de ne rien faire", a-t-il martelé.
Les infos à retenir
⇒ La dette, "c’est l’esclavage des plus jeunes", dit François Bayrou
⇒ L’intersyndicale propose une mobilisation le 18 septembre
⇒ Olivier Faure à Blois pour proposer une alternative à François BayrouEmmanuel Macron réaffirme qu'il entend "exercer son mandat jusqu'à son terme"
Quelle que soit l'issue du vote de confiance du 8 septembre, Emmanuel Macron a assuré ce vendredi qu'il entendait "exercer jusqu'à son terme" le "mandat qui (lui) a été confié par les Français".
"La démocratie consiste à ce que des gens votent pour un mandat donné (...) n'en déplaise y compris à ceux qui ont été défaits à plusieurs reprises lors de ces ces mêmes élections", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse avec le chancelier allemand Friedrich Merz.
Refusant de faire "de la politique fiction" sur une éventuelle nouvelle dissolution, le président français a estimé que son...
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29/08 - Vote de confiance : le but contre son camp de François Bayrou
Chapeau l’artiste. Le lundi 25 août, un ministre s’empresse de féliciter François Bayrou après son annonce d’un vote de confiance autour du budget. La manœuvre est habile. Le Premier ministre vient de mettre au pied du mur les oppositions, au nom d’une cause d’intérêt général. Comment pourraient-elles récuser le constat d’urgence du Béarnais ? Le retour à la réalité est brutal. Le RN et la gauche baissent le pouce, la chute est inéluctable. "J’ai alors compris qu’il n’avait pas assuré ses arrières", sourit ce ministre, avec une pointe d’effarement.
François Bayrou avait un plan simple, résumé lors de sa conférence de presse : "Chacun va être placé devant ses responsabilités. Le gouvernement prend les siennes, le Parlement aura la décision entre ses mains." Le Premier ministre n’a pas mesuré à quel point le refus de la "confiance" avait la force de l’évidence pour les oppositions. Un tel vote signe une proximité politique avec l’exécutif, indépendante de la question soumise. François Bayrou n’a pas mis sous pression ses adversaires, mais les a désinhibés. Les voilà libres de faire chuter le gouvernement, sans en porter la responsabilité politique. "Le PS et le RN auraient payé un prix avec la censure qu’ils ne paieront pas ici, note un ancien ministre d’Emmanuel Macron. Ils vont créer de l"instabilité sans qu’on le leur reproche."Le PS conforté, la droite embarrassée
Le Parti socialiste n’est traversé par aucune fracture stratégique à l’approche du 8 septembre. Les tenants d’une ligne constructive joindront leurs votes à...
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29/08 - L’armée israélienne déclare la ville de Gaza "zone de combat dangereuse"
La ville de Gaza est une "zone de combat dangereuse", a prévenu ce vendredi 29 août l'armée israélienne, déclarant que "la pause tactique locale dans l'activité militaire", déclarée fin juillet, ne s'appliquait pas à cette zone. Cela, alors que la Turquie a annoncé entre temps fermer son espace aérien et maritime aux navires et avions militaires israéliens.
Mercredi, un porte-parole de Tsahal avait affirmé que l'évacuation de Gaza-ville était "inévitable" dans le cadre de la poursuite des opérations militaires dans le territoire palestinien, en dépit des pressions grandissantes, tant à l'international qu'au sein de la société israélienne, pour mettre un terme à la guerre. Les appels à la paix n'ont pas empêché le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, d'exhorter jeudi le gouvernement à commencer à annexer la bande de Gaza si le groupe islamiste palestinien Hamas continuait de refuser de déposer les armes.
Les infos à retenir
⇒ La Turquie ferme ses ports et son espace aérien aux navires et avions israéliens
⇒ Les restes des corps de deux otages à Gaza ramenés en Israël par Tsahal
⇒ L'armée israélienne déclare Gaza-ville "zone de combat dangereuse"Les Etats-Unis refusent l'octroi de visas à des responsables palestiniens avant l'AG de l'ONU
Les Etats-Unis ont annoncé ce vendredi refuser l'octroi de visas à des membres de l'Autorité palestinienne avant l'Assemblée générale de l'ONU prévue en septembre, où la France plaidera pour la reconnaissance d'un Etat palestinien.
Cette mesure extraordinaire...
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29/08 - Thaïlande : la Cour constitutionnelle destitue la Première ministre
La Cour constitutionnelle thaïlandaise a destitué vendredi la Première ministre suspendue, Paetongtarn Shinawatra, et son cabinet pour sa gestion du conflit frontalier avec le Cambodge voisin. Les neuf juges ont estimé qu'elle n'avait pas respecté les normes éthiques requises d'un Premier ministre lors d'un appel téléphonique en juin avec l'ancien dirigeant cambodgien Hun Sen, qui avait fuité en ligne.
Cet entretien, enregistré et diffusé à l'insu de la dirigeante thaïlandaise, avait eu lieu en juin alors que Bangkok et Phnom Penh étaient engagés dans un bras de fer depuis la mort d'un soldat cambodgien, fin mai, à la suite d'un échange de tirs avec l'armée thaïlandaise dans une zone disputée de la frontière.Grave crise politique
Les conservateurs du Bhumjaithai ont alors quitté la coalition formée avec son parti familial Pheu Thai, lui reprochant son ton trop révérencieux face à Hun Sen et d'avoir assimilé à un opposant un général thaïlandais chargé de surveiller une partie de la frontière.
L'affaire a provoqué une crise politique et de nouvelles tensions entre la Thaïlande et le Cambodge. Cinq jours d'affrontements armés entre les deux voisins ont entraîné en juillet la mort de 40 personnes et provoqué la fuite de plus de 300 000 autres.
Depuis une vingtaine d'années, la politique thaïlandaise est marquée par une lutte entre le clan Shinawatra et l'élite conservatrice, qui considère le premier comme une menace pour l'ordre social traditionnel du royaume. Destituée, elle devient ainsi la troisième membre de...
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29/08 - Pointée du doigt après le suicide d’un adolescent aidé par ChatGPT, OpenAI promet des changements
En avril dernier, un adolescent de 16 ans se suicide en Californie, après avoir reçu des instructions détaillées de ChatGPT sur la façon de s’y prendre. Quatre mois plus tard, ses parents portent plainte contre OpenAI, la maison mère, qu’ils accusent d’avoir encouragé son geste.
Matthew et Maria Raine affirment dans une plainte déposée lundi 25 août à San Francisco que ChatGPT a entretenu une relation intime avec leur fils Adam durant plusieurs mois en 2024 et 2025 - impliquant parfois jusqu’à 650 messages par jour -, avant qu’il ne se donne la mort. Selon le New York Times, l’adolescent, atteint d’une maladie intestinale chronique, traversait des difficultés psychologiques.Une dépendance "malsaine"
Lors de leur dernier échange le 11 avril 2025, ChatGPT aurait aidé le jeune homme à dérober de la vodka chez ses parents et fourni une analyse technique du nœud coulant accroché à une tringle de rideau, qu’il avait réalisé, confirmant qu’il "pouvait potentiellement suspendre un être humain". Quelques heures après, Adam était retrouvé mort, après avoir utilisé cette méthode.
"Ce drame n’est pas un bug ou un cas imprévu", selon la plainte, qui détaille : "ChatGPT encourageait et validait en permanence tout ce qu’Adam exprimait, y compris ses pensées les plus dangereuses et autodestructrices, d’une manière qui paraissait profondément personnelle." Les parents expliquent qu’Adam avait commencé à utiliser ChatGPT pour de l’aide aux devoirs, avant de développer progressivement une "dépendance malsaine".
Cinq jours avant le...
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29/08 - Les salaires augmentent toujours plus que l’inflation en 2025, mais…
Les salaires augmentent moins en 2025 mais toujours plus que l’inflation, selon une étude annuelle publiée vendredi 29 août par le cabinet Deloitte. Les salaires des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) progressent de 2,5 % cette année, tandis que ceux des cadres augmentent de 2,3 %, d’après l’analyse d’un million de données de paie issues de 300 entreprises de toutes tailles, secteurs et localisations géographiques. En 2024, les hausses respectives étaient de 3,5 % et 3,4 %. Un an plus tôt, elles étaient de 4,6 % et 4 %.
"Après deux années assez inédites en termes de pourcentages d’augmentations qui étaient liées à une forte inflation, cette année on parle plutôt d’un retour à la normale", a commenté pour l’AFP Sophie Lazaro, associée capital humain chez Deloitte. "C’est-à-dire qu’on arrive à des niveaux d’évolution salariale qui sont plus proches de ce qui était pratiqué avant 2020", a-t-elle expliqué.L’écart hommes-femmes se réduit
Si les hommes continuent à gagner plus que les femmes, l’écart moyen à niveau de responsabilité et temps de travail équivalent, tous métiers et secteurs d’activité confondus, s’est sensiblement réduit en 2025, chutant à 2,3 % contre 3,8 % en 2024.
La réduction de l’écart intervient "dans un contexte de renforcement des obligations réglementaires européennes liées à l’égalité salariale", dont la directive sur la transparence des rémunérations qui doit entrer en vigueur l’an prochain, précise l’étude. Cette année, cet écart n’est plus que de 1,4 % en faveur des hommes...
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29/08 - L’actu à La Loupe : comment Emmanuel Macron a abîmé la fonction présidentielle
Vous avez peut-être regardé cette semaine les trois heures de questions-réponses du président de la République. Et vous en attendiez peut-être beaucoup, notamment au sujet des référendums. Mais à la fin de cet entretien peu de réponses : non il n’y aura pas de référendum sur l’âge de départ à la retraite. Rien non plus sur l’immigration. Peut-être sur la fin de vie.
Rien d’autre donc qu’un vague référendum, dans "les mois qui viennent", sur plusieurs questions en même temps concernant de "grandes réformes économiques, éducatives ou sociales".
Emmanuel Macron s’est également exprimé sur la dette, à l’aide de graphiques, a critiqué vivement l’action de Benyamin Netanyahou à Gaza et annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie. Rien de très surprenant donc.
Le résultat de ce grand oral semble bien éloigné de son objectif : reprendre en main la politique intérieure près d’un an après la dissolution. Et on peut même aller plus loin : et si le chef de l’Etat était en train d’abîmer la fonction présidentielle ?
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris et réalisé par Jules Krot.
Crédits : TF1
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron candidat en 2032 ? Pourquoi rien ne l’empêche de briguer...
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29/08 - Royaume-Uni : derrière la croissance surprise, une réalité économique moins rose
En pleine pause estivale et alors que le monde avait les yeux rivés sur l’Alaska où se tenait la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, l’information est passée relativement inaperçue. Le 14 août dernier, l’Office national des statistiques, l’équivalent de l’Insee outre-Manche, a dévoilé les premiers chiffres de la croissance du Royaume-Uni au deuxième trimestre 2025. Bonne surprise : alors que les prévisionnistes s’attendaient à une légère hausse de 0,1 %, le PIB britannique a finalement crû de 0,3 %. C’est certes moins qu’au premier trimestre, déjà supérieur aux anticipations avec + 0,7 %, mais ce rebond semble inespéré. Après des mois d’avril et mai au ralenti, rien ne laissait présager une telle performance. De quoi donner un peu d’air au gouvernement du Premier ministre Keir Starmer qui craignait que certaines hausses d’impôts, entrées en vigueur au printemps, ne produisent déjà des effets négatifs.
On aurait tort de se réjouir trop vite, à en croire Michael Saunders, économiste chez Oxford Economics, qui nuance ces statistiques : "Depuis trois années consécutives, on observe la même configuration : un premier semestre fort, suivi d’un second plus faible. En 2025, les chiffres des deux premiers trimestres sont très proches de la moyenne des trois années précédentes. Pourtant, ni les enquêtes auprès des entreprises, ni les données du marché du travail ne suggèrent que l’économie ait réellement progressé aussi fortement". Cet ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre...
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29/08 - Guerre en Ukraine : la Russie dénonce les "insultes vulgaires" d’Emmanuel Macron à l’encontre de Vladimir Poutine
Au moins deux personnes ont trouvé la mort dans des attaques de drones russes sur Dnipropetrovsk ce vendredi 29 août, au lendemain d’un bombardement massif sur Kiev qui a fait au moins 23 morts. Devant ces agressions répétées, Volodymyr Zelensky a appelé les Européens, mais aussi les alliés de Moscou, à accroître la pression sur Vladimir Poutine, en vue d’un cessez-le-feu. Pour sa part, le Kremlin dit être "intéressé" par des négociations de paix avec Kiev, mais seulement une fois ses objectifs atteints. A la demande de l’Ukraine, le Conseil de sécurité de l'ONU a convoqué une réunion d’urgence, vendredi après-midi.
Depuis le fort de Brégançon où il s’entretenait avec Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui acté "l’échec de la médiation américaine", et jugé "évident" qu’il n’y aurait pas de rencontre Zelensky-Poutine, en dépit des annonces de Donald Trump en ce sens après ses réunions avec les deux belligérants ces dernières semaines. Paris et Berlin ont aussi annoncé se préparer à fournir davantage de défense antiaérienne à l’Ukraine, alors que Poutine a annoncé vouloir s’entretenir sur le conflit avec son homologue turc en marge d’un sommet en Chine. Le président russe se rendra en décembre en Inde, a aussi annoncé le Kremlin vendredi, ce pays entretenant de bonnes relations à la fois avec la Russie et des pays occidentaux.
Les infos à retenir
⇒ Poutine et Erdogan discuteront du conflit en Ukraine en marge d’un sommet en Chine
⇒ Paris et Berlin vont fournir davantage de défense antiaérienne à...
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29/08 - La coalition à l’allemande, modèle d’Emmanuel Macron ? Le président face aux contradictions françaises
Emmanuel Macron côté pile. Le vent se lève, il montre du doigt l’autre côté du Rhin. "C’est aux responsables politiques de savoir travailler ensemble. Regardez ce qui se passe en Allemagne. C’est ainsi que s’organise la coalition du chancelier Merz", explique le président à Paris Match le 21 août. Emmanuel Macron côté face. Tout dans son parcours et dans sa conduite depuis 2017, jusqu’à l’esprit des institutions, contredit son propos. Faut-il qu’il soit à ce point acculé pour aller chercher à Berlin ce qu’il ne trouve plus à Paris ?
Là-bas, les partis sont respectés, ils s’appuient sur des fondations riches en moyens et en idées, ils peuvent compter sur un mode de scrutin qui conduit chaque électeur à disposer de deux voix : pour élire localement la moitié des députés au scrutin majoritaire à un tour ; pour en désigner l’autre moitié à la proportionnelle, à partir de listes régionales. "Les partis savent à l’avance qu’ils n’obtiendront pas de majorité absolue. Pendant la campagne, ils ont déjà conscience qu’il leur faudra s’allier avec d’autres. La structure institutionnelle les conduit à travailler ensemble, les oblige même", observe Eric-André Martin, ancien secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes de l’Institut français des relations internationales (Ifri), qui ajoute : "Se mettre dans un autre esprit que celui de la Ve et abandonner toute idée de front républicain, ce sont les deux préconditions qui changent fondamentalement la manière dont est abordée l’élection et dont sont anticipés les...
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29/08 - Mort de "Jean Pormanove" sur Kick : la plateforme accuse Paris de "tirer parti" du drame
La plateforme australienne Kick a accusé jeudi 28 août le gouvernement français de "tirer parti" de la mort du streamer Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, après la démarche judiciaire envisagée par la ministre déléguée au Numérique Clara Chappaz.
"Nous sommes déçus d’apprendre que les médias ont été informés des démarches de la ministre avant Kick. Cela suggère qu’il ne s’agirait pas de la protection des créateurs, ni de celle des clients ou du bien-être de l’industrie, mais plutôt d’un discours politisé qui tirerait parti d’une perte individuelle tragique", écrit la plateforme dans un communiqué.
Le streamer était mort lors d’un direct de douze jours diffusé par la plateforme. Mardi, Clara Chappaz a annoncé son intention d’attaquer en justice Kick pour "manquement face à la loi". "Kick n’a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux", a déclaré la ministre, reprochant à Kick d’avoir enfreint la loi sur la confiance dans l’économie numérique de 2004.
Le gouvernement a dit son intention d’assigner Kick "devant le tribunal judiciaire sur le fondement de l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique". Le texte permet à la justice de faire cesser un dommage occasionné par la diffusion en ligne d’un contenu, ou d’imposer que des mesures soient prises pour prévenir ce dommage."Tolérance zéro"
"Nous sommes surpris par les messages communiqués par le gouvernement au sujet de Kick", a également déclaré la plateforme dans son communiqué. "Nous...
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29/08 - "Si l’Ukraine avait eu de telles armes avant…" : comment Kiev rattrape son retard sur la Russie
Situées au nord-est du Japon, les Kouriles sont loin de la guerre en Ukraine, dont le front se trouve à plus de 7 000 kilomètres. Cela n’empêche pas les 20 000 habitants de ces îles russes d’en ressentir les effets. Quelques jours après avoir rationné les pleins de carburant, les autorités ont pris la décision de limiter l’accès aux pompes aux seuls véhicules prioritaires. "La vente d’essence AI-92 au public a été temporairement suspendue", a averti, le 25 août, le chef du district sur le réseau social Telegram.
La pénurie ne concerne pas que les confins de la Russie. Elle se fait sentir sur tout son territoire, où les files d’attente se multiplient dans les stations-service. A cela s’ajoute une augmentation du prix à la pompe. L’interdiction de l’exportation de carburant, instaurée fin juillet, vient d’être prolongée. Les récoltes agricoles et les déplacements liés aux vacances ont provoqué cette situation, affirment les autorités, tout en admettant du bout des lèvres des difficultés dans les raffineries.
Ces dernières semaines, les frappes de drones et de missiles ukrainiens sur les installations pétrolières de la Russie ont diminué ses capacités de raffinage d’au moins 13 %. Plus d’une dizaine de dépôts et d’usines ont été touchés en août, jusqu’à Oukhta, aux portes de l’Oural, à 1 700 kilomètres du front. A côté de la guerre des tranchées, à coups de petits drones kamikazes causant des ravages parmi les fantassins, une autre bataille se déroule, beaucoup plus en profondeur des territoires des belligérants. Et...
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28/08 - Benjamin Haddad : "Les Européens doivent réapprendre la logique du rapport de force"
Le moment n’est, c’est sûr, guère propice. Tandis que l’avenir du gouvernement français est suspendu au vote de confiance de l’Assemblée nationale, le 8 septembre prochain, l’ambiance risque d’être un peu plombée lors du Conseil des ministres franco-allemand, qui se tient ce vendredi 29 août à Toulon, au lendemain du dîner entre Friedrich Merz et Emmanuel Macron au fort de Brégançon. Mot d’ordre : redémarrer un moteur franco-allemand qui a fonctionné au ralenti durant les années Scholz. Depuis plusieurs mois, les rencontres ministérielles se succèdent entre les deux exécutifs. "Il faut se parler, faire converger nos positions et définir un agenda commun", résume Benjamin Haddad, qui n’a pas ménagé ses efforts, ces derniers mois, pour défricher le terrain et trouver un modus operandi avec la nouvelle coalition allemande.
Mi-juillet, le ministre délégué chargé de l’Europe rencontrait à Berlin des membres du Bundestag, des patrons et des membres influents de think tank. Son analyse : l’Europe n’a pas conscience de sa puissance. Il est temps de passer d’une Europe normative à une Europe innovante et, surtout, audacieuse. Une Europe qui ne serait plus à la traîne technologique des Etats-Unis et aurait, elle aussi, plusieurs "projets Manhattan" dans ses cartons. Par exemple dans le quantique, l’intelligence artificielle et le spatial. Entretien.
L'Express : Qu’attendez-vous de ce sommet franco-allemand ?
Benhamin Haddad : L’Europe vit un moment de turbulences et de transition avec, à nos portes, la guerre d’agression...
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28/08 - Municipales à Paris : Rachida Dati est investie par LR et se retire de la législative partielle
Le duel fratricide entre les LR Michel Barnier et Rachida Dati lors de la législative partielle prévue les 21 et 28 septembre à Paris n'aura pas lieu. Le parti a officiellement désigné ce jeudi 28 août la ministre comme candidate à la mairie en 2026. Rachida Dati retire ainsi sa candidature dissidente dans la 2e circonscription de la capitale, où le parti avait investi Michel Barnier.
"A l'unanimité, les Républicains ont investi Rachida Dati pour les municipales à Paris" de mars 2026 et "Rachida Dati apportera son soutien à Michel Barnier pour l'élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris", écrit le parti dans un communiqué.
Le sénateur Francis Szpiner, qui briguait également l'investiture pour les municipales, a retiré sa candidature, a indiqué la porte-parole de LR, Agnès Evren. "La raison l'a emporté" pour "un accord gagnant-gagnant", a-t-elle estimé auprès de l'AFP. Michel Barnier soutiendra Rachida Dati
"Rachida Dati est désormais la candidate officiellement investie par Les Républicains à la mairie de Paris. Les efforts de l’ensemble du mouvement seront orientés pour faire gagner la liste de Rachida Dati et battre la gauche parisienne. Cette liste conduite par Rachida Dati comportera une majorité de candidats issus de LR en position éligible et les responsables, élus et militants LR qui s’engageront publiquement à ses côtés seront associés à la campagne et à l’action municipale", écrit encore le parti.
"Michel Barnier, qui ne s’engagera pas dans l’élection municipale de...
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28/08 - Royaume-Uni : les propositions choc de Nigel Farage contre l’immigration en cas de victoire de son parti
"Ce que je constate, c’est que les médias réagissent très peu à l’idée que nous sommes réellement en très grande difficulté dans ce pays" a affirmé Nigel Farage, le leader du parti populiste d’extrême droite Reform UK le 26 août dans un discours enflammé. La racine de ces maux, selon lui : "le fléau de l’immigration", "l’invasion" menée par les hommes et les femmes qui traversent la Manche sur des bateaux pneumatiques dans l’espoir d’une vie digne. Des hommes "en âge de se battre" a noté le chef du parti eurosceptique et conservateur, lors de son discours effectué dans un hangar d’aviation à Oxford, immense Union Jack dans le dos et parterre de journalistes face à lui. "Nous ne sommes pas loin de troubles civils majeurs", a-t-il alerté en conclusion.
Ce même jour, dans un entretien accordé au journal le Daily Telegraph, Nigel Farage a annoncé détenir la solution. "Il n’existe qu’une seule façon d’empêcher les personnes d’entrer illégalement au Royaume-Uni, c’est de les détenir et de les expulser", a-t-il rabâché. Pour cela, le leader de Reform UK a exposé lors de sa conférence de presse un plan composé de mesures drastiques, qui permettront d’expulser "entre 500 000 et 600 000" demandeurs d’asile… Durant son premier mandat, s’il était élu Premier ministre.
Des déclarations qui pourraient importer peu, au vu du chiffre peu reluisant de quatre sièges actuellement occupés eu sein de la Chambre des Communes par des membres du parti Reform UK. Sauf que les élections générales de 2029 approchent. Et que le parti est en tête...
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28/08 - Cybersécurité : la Chine soupçonnée d’avoir espionné plus de 80 pays avec l’opération "Salt Typhoon"
"C’est l’une des failles d’espionnage informatique les plus lourdes de conséquences que nous ayons vues ici aux Etats-Unis". Mercredi 27 août, Brett Leatherman, directeur adjoint du FBI et chef de la division cyber, résume l’affaire Salt Typhoon, une opération de cyber espionnage démarrée (au moins) en 2019 et repérée seulement l’an dernier.
D’abord centrée sur neuf opérateurs télécoms américains, Salt Typhoon s’est finalement étendue à d’autres secteurs, et surtout, à plus de 80 pays selon les informations du FBI divulguées mercredi 27 août. Au total, au moins 200 organisations américaines ont été touchées et environs 600 entreprises ont été averties. Pour les enquêteurs, cela dépasse les codes de "l’espionnage conventionnel". Un avis conjoint des Fives Eyes (alliance qui regroupe les services de renseignements des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande) l’a d’ailleurs confirmé.Des millions d’enregistrements d’appel
En recoupant plusieurs signaux étranges, le service de renseignement en est venu à la conclusion suivante : des acteurs liés à Pékin infiltrent les réseaux de grands opérateurs, aux Etats-Unis et ailleurs. Ces personnes récupèrent des relevés d’appels et accèdent ainsi à certaines directives des forces de l’ordre. A l’aide de ces informations, elles dessinent un graphe d’appels, c’est-à-dire un diagramme mettant en lumière les relations d’appel entre plusieurs personnes. Des communications de Donald Trump sont notamment mentionnées.
Le périmètre s’élargit au-delà des...
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28/08 - "Si Trump remet en cause l’indépendance de la Fed…" : l’avertissement du grand économiste Kenneth Rogoff
Depuis des semaines, les invectives de Donald Trump contre le président de la Banque centrale des Etats-Unis, la Fed, jalonnent le fil de son compte Truth Social. Par ses attaques contre Jerome Powell et la pression exercée sur d’autres gouverneurs de la Réserve fédérale, le président américain piétine l’indépendance d’une institution majeure pour la stabilité des marchés financiers et de l’économie américaine.
Kenneth Rogoff, professeur d’économie et de politique publique à Harvard, anticipait une telle dérive dans son livre Our Dollar, Your problem (Yale University Press) paru en avril. Cet ancien économiste en chef du FMI n’en perd pas pour autant son humour. "Au moins vous n’écrivez pas sur Epstein, Trump sera content", sourit-il en préambule de notre échange. Moins spectaculaires pour le grand public que cette sombre affaire de mœurs, les coups de boutoirs de Trump contre la Fed pourraient provoquer une grave crise financière, estime Kenneth Rogoff auprès de L’Express.
L’Express : Démission de la gouverneure Adriana Kugler, renvoi d’une autre, Lisa Cook, pression constante exercée sur Jerome Powell… Êtes-vous inquiet pour l’avenir de la Fed ?
Kenneth Rogoff : Je m’en inquiétais bien avant l’arrivée de Trump. Dans mon dernier livre, Our Dollar, Your Problem, terminé avant qu’il soit élu, je rappelle que les démocrates peuvent être tout aussi déplorables sur ce sujet. Certains cercles de réflexion progressistes contestent l’indépendance de la Fed. Au-delà de Trump, l’institution est donc clairement attaquée....
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28/08 - La guerre en Europe ? Un scénario envisagé par le ministère de la Santé
La guerre en Europe n’est plus un scénario impossible : selon un document du 18 juillet 2025, le ministère de la Santé français se prépare à collaborer avec le ministère de la Défense pour que les hôpitaux civils puissent, en cas de conflit armé généralisé, accueillir un afflux important de soldats blessés sur le Vieux continent. Il appelle notamment à ce que cette mesure soit mise en place d’ici mars 2026.
Révélée cette semaine par le Canard enchaîné et consultée par l’AFP, l’instruction du ministère de la Santé demande aux agences régionales de santé (ARS) de préparer l’installation, en cas de besoin, de centres médicaux de transit (CMT) - sorte de gares de triage régionales de patients arrivant du front. Ces plateformes auront pour mission d’orienter au mieux les blessés, français comme étrangers, dans les hôpitaux civils et de les rapatrier vers leur nation d’origine lorsque les soins sont terminés.10 000 à 50 000 soldats blessés
D’après le Canard enchaîné, les autorités envisagent l’arrivée dans les hôpitaux français de 10 000 à 50 000 soldats blessés sur une période allant de 10 à 180 jours. Au niveau national, l’Etat - qui agit en coordination avec l’Otan et l’Union européenne - se prépare à un scénario permettant la prise en charge "de 100 patients par jour pendant 60 jours consécutifs sur l’ensemble du territoire", avec des "pics d’activité atteignant 250 patients par jour pendant trois jours consécutifs", indique le document.
L’instruction appelle les ARS à faire "une large sensibilisation de la communauté soignante...
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28/08 - "C’est comme un cancer qui nous ronge" : dans l’Ukraine en guerre, le reportage d’Antoine Vitkine
Le jour de la fête de l’indépendance, 24 août, il flotte dans les rues de Kiev, une atmosphère inhabituelle, faite de légèreté et de gaîté, qui s’explique moins par cet événement, privé par la guerre de toute célébration, que par une réalité plus prosaïque : la ville dort. Les grandes manœuvres diplomatiques en cours ont alors pour effet de suspendre les attaques de drones massives, parfois des centaines en une seule nuit, qu’a connu la capitale au cours du mois de juillet. Chacun pressent que ça ne durera pas, mais le flegme des Kiéviens se conjugue avec les soubresauts de la politique internationale. "La dernière fois que ça s’était arrêté, c’était quand Kellog [NDLR : l'émissaire américain] avait passé une semaine en ville", s’amuse un habitant. Au cours de la dizaine de jours que je passe en Ukraine, ce sera la seule fois que j’entendrai un commentaire vraiment positif sur le processus de négociations initié par Donald Trump. Non pas que les Ukrainiens n’y soient pas attentifs – la télévision en parle en continu – mais dans un océan de malheur, elles sont perçues autant comme une péripétie, chargée d’un vague espoir, que comme du sel dans une plaie à vif.
Je n’ai pas revu Tetiana depuis deux ans. Ancienne productrice, fixeuse pour un grand journal canadien, je la trouve changée, fatiguée. Au-delà de l’abattement. Nous dînons dans un restaurant raffiné, cosmopolite, entourés de jeunes gens qui se prennent en selfie. Tout de go, Tetiana me dit ce qu’elle pense des négociations : elle est épuisée par ces "montagnes...
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28/08 - Nucléaire iranien : les Européens déclenchent le mécanisme de "snapback" pour réimposer les sanctions de l’ONU
L’Europe dégaine le "snapback". Paris, Londres et Berlin ont annoncé jeudi 28 août le déclenchement d’un mécanisme pour réimposer les sanctions de l'ONU sur l’Iran en raison de son non-respect de ses engagements sur son programme nucléaire, selon une lettre au Conseil de sécurité consultée par l’AFP. "L’escalade nucléaire de l’Iran ne doit pas aller plus loin" a déclaré Paris à la suite de cette annonce.
Les trois pays "souhaitent notifier le Conseil de sécurité que, sur la base de preuves factuelles, le E3 (La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni) estime que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements" en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015. Ils "invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback", qui entame un processus de 30 jours permettant de réimposer toute une série de sanctions suspendues il y a dix ans, indique la lettre.L’Iran menace sa coopération avec l’AIEA
La réaction iranienne a été quasiment immédiate. "Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran répondrait de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée", a indiqué un communiqué du ministère iranien, publié à l’issue d’un appel téléphonique entre Abbas Araghchi et ses homologues français, allemand, et britannique. "Cette décision des trois pays européens compromettra gravement le processus d’interaction et de coopération en cours entre l’Iran et l’Agence", chargée de surveiller le programme nucléaire iranien, l’AIEA, a ensuite précisé la diplomatie iranienne.
Quelques...
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28/08 - Arrestation de Betty Lachgar au Maroc : le silence confondant des féministes et de la gauche française
Le 10 août, la militante féministe marocaine Ibtissame Lachgar, dite Betty Lachgar, était interpellée chez elle, à Rabat, par une dizaine d’agents de la police judiciaire. Le tort de cette psychologue clinicienne âgée de 50 ans ? S’être affichée sur le réseau social X avec un tee-shirt sur lequel était inscrit "Allah is lesbian" ("Allah est lesbienne"). Son procès s’est ouvert le 12 août, avant d’être tour à tour reporté au 27 août puis au 3 septembre. Elle risque jusqu’à cinq ans de prison en vertu de l’article 267-5 du Code pénal pour "atteinte à la religion islamique". "Au-delà de son arrestation totalement injuste, ses conditions de détention s’apparentent à une mise à l’isolement, témoigne sa sœur Siham Lachgar. Le fait qu’elle soit seule dans sa cellule, qu’elle fasse ses promenades seule, couplé à la décision des juges de lui refuser sa liberté conditionnelle alors même que sa santé est fragile (NDLR : Betty Lachgar a été diagnostiquée à l’âge de 20 ans d’un cancer des os), c’est trop".
Trop mais visiblement pas assez pour une partie des associations féministes comme de la gauche française, restée mutique. Tant devant les flagrantes menaces de viol et de lynchage qui ont visé Betty Lachgar peu avant son arrestation, que lorsqu’une nuée d’internautes l’ont dénoncée à la police marocaine à la vue et au su de tous sur X ("son profil mérite d’être fiché dans votre base de données", "faites quelque chose, cette femme doit être en prison", "merci d’exécuter cette personne"), et qu’aujourd’hui, la liberté provisoire lui est...
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28/08 - Trafic de cocaïne : "La tentation des cartels brésiliens est de s’implanter en France"
Il est "l’un des principaux pays de provenance de la cocaïne en France". Dans son rapport 2025 sur l’état de la menace liée au trafic de stupéfiants, l’Office anti-stupéfiant (Ofast) désigne le Brésil comme l’une des plaques tournantes de la drogue en Amérique latine. Un chiffre illustre cette tendance : l’année dernière, plus de la moitié des mules interpellées (55 %) à São Paulo étaient à destination de la France. Pour faire face, l’Ofast travaille en partenariat étroit avec le service de sécurité intérieure de l’ambassade de France au Brésil. Patrick Vicente, attaché de sécurité intérieure à Brasilia, et Dimitri Zoulas, à la tête de l’Ofast, détaillent des réseaux en constante évolution, toujours plus tourné vers l’Europe.
L’Express : Le Brésil est plusieurs fois évoqué dans le rapport 2025 de l’Ofast. En quoi le poste d’attaché de sécurité dans ce pays est-il particulièrement lié à la surveillance du trafic de stupéfiants ?
Patrick Vicente : Par sa position géographique en Amérique du Sud, le Brésil est devenu une zone de transit et d’exportation majeure pour la cocaïne vers l’Europe, même s’il n’est pas producteur. La surveillance du trafic de stupéfiants est donc au cœur de l’activité du service de sécurité intérieure du Brésil. Nous informons donc l’Ofast de l’évolution des routes brésiliennes - terrestres, fluviales, aériennes - utilisées par les trafiquants, ainsi que les voies d’exportation vers l’Europe. De même, il nous revient d’actualiser nos connaissances sur les réseaux et structures criminelles qui œuvrent dans ce...
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28/08 - Jours fériés, année blanche, contribution des riches… Sur quoi François Bayrou pourrait-il céder ?
Et si le cap venait à dériver ? À moins de deux semaines du vote de confiance du 8 septembre, François Bayrou a tendu la main, mercredi 27 août sur TF1, se disant prêt à "ouvrir toutes les négociations nécessaires" avec les oppositions sur le budget. Mais le Premier ministre pose une condition préalable : s’accorder sur "l’importance de l’effort" à fournir pour réduire la dette. "Le gouvernement engage sa responsabilité. S’il est suivi, les négociations auront lieu. S’il ne l’est pas, il tombera. Mais nous aurons dit aux Français, sans ambiguïté, que c’est la vie de la nation qui est en jeu", a-t-il martelé.
À partir du 1er septembre, François Bayrou prévoit de recevoir les responsables de partis et groupes parlementaires pour tenter d’arracher un accord. Une équation délicate, alors que l’exécutif espère convaincre le Parti socialiste ou encore le Rassemblement national de ne pas le faire tomber. Mais les socialistes refusent d’avaliser certaines mesures emblématiques, comme la suppression de deux jours fériés, et souhaitent aller plus loin sur la taxation des Français les plus riches.La suppression des deux jours fériés
La mesure qui crispe le plus les oppositions, et qui enflamme aussi les dîners de famille, reste la suppression de deux jours fériés. Pour les socialistes, pas question de priver les Français du lundi de Pâques ou...
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28/08 - Argentine : cette affaire de corruption qui secoue Javier Milei
Javier Milei a été la cible, ce mercredi 27 août, de projectiles divers, pierres ou bouteilles, lancés par des manifestants mécontents face à un scandale de corruption qui secoue pour la première fois le président argentin, éclaboussant sa sœur et bras droit, Karina Milei. L’affaire a éclaté mardi 19 août après la fuite d’audios de l’ex-directeur de l’Agence national pour le Handicap (Andis), Diego Spagnuolo, qui affirme qu’elle détournait des fonds destinés aux personnes handicapées.
Dans les enregistrements, Diego Spagnuolo décrit un mécanisme dans lequel des entreprises et fournisseurs pharmaceutiques étaient contraints de verser 8 % de surfacturation et de commissions en échange de contrats publics pour l’achat de médicaments, résume La Nación.
Si une enquête a été ouverte par le Parquet, Karina Milei, secrétaire de la présidence que son frère appelle "Le Chef", n’est pour l’heure pas mise en cause. Mais elle est soupçonnée d’avoir prétendument perçu 3 % du montant payé par l’Andis à la pharmacie Suizo Argentina pour l’achat de ses médicaments. L’enquête a été ouverte après la diffusion de plusieurs enregistrements où une voix, attribuée à l’ex-directeur de l’agence publique, dit que "Karina reçoit 3 %, et 1 % sert à l’opération". Après ces révélations, le gouvernement a démis Diego Spagnuolo de ses fonctions "face aux faits rendus publics".Plusieurs proches de Milei soupçonnés
Diego Spagnuolo, ancien avocat et "homme de confiance de Milei" selon El País América, affirme avoir averti le...
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28/08 - Vote de confiance : "Je ne crois pas à la crise financière", dit Eric Lombard
L’étau se resserre autour du Premier ministre. Au lendemain du passage de François Bayrou au 20H de TF1, lors duquel il a notamment déclaré être "prêt à discuter sur tous les sujets", le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a estimé ce jeudi 28 août qu’il était désormais "trop tard" pour négocier, regrettant que "beaucoup d’occasions de construire un budget au bénéfice des Français" aient été manquées. Acculé, le chef du gouvernement tente encore de convaincre en dévoilant son plan budgétaire devant le Medef, mais l’équilibre semble de plus en plus précaire.
Les infos à retenir
⇒ "Je ne crois pas à la crise financière", déclare Eric Lombard
⇒ François Bayrou devant le Medef ce jeudi, nouvelle occasion de plaider pour son budget
⇒ Pour le RN, la page Bayrou "est tournée", "trop tard" pour dialoguer
19h00Les Ecologistes ne se rendront pas à l'invitation de François Bayrou
Les Ecologistes ne se rendront pas à l'invitation de François Bayrou, qui souhaite recevoir les chefs de partis la semaine prochaine à Matignon avant le vote de confiance qu'il sollicite de l'Assemblée le 8 septembre, considérant qu'"il n'y a plus rien à attendre de ce Premier ministre".
"Le seul rendez-vous auquel nous participerons est celui qu'il a donné aux parlementaires le 8 septembre, où nous lui refuserons la confiance", écrivent les Ecologistes dans un communiqué de leur secrétaire nationale, Marine Tondelier, et de leurs chefs de groupe à l'Assemblée, Cyrielle Châtelain, et au Sénat, Guillaume Gontard.
15h30Christelle...
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28/08 - Israël discute avec les autorités syriennes d’une démilitarisation du sud de la Syrie
Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de l'ONU comme "fabriquées de toutes pièces". L’armée israélienne qui contrôle environ 75 % de la bande de Gaza a affirmé que ses soldats opéraient à la périphérie de Gaza-ville pour "démanteler les sites d’infrastructures terroristes", et a jugé "inévitable" l’évacuation de la population de cette ville, qu’elle présente comme le dernier grand bastion du Hamas dans ce territoire et d’où des milliers de personnes ont déjà fui.
En parallèle, les médias d’État syriens ont rapporté que des troupes terrestres israéliennes avaient mené mercredi soir une opération contre un site près de Damas qui avait été auparavant bombardé. Le ministère israélien de la Défense a assuré ce jeudi 28 août que l’Etat hébreu opérait partout, "jour et nuit". Quelques heures plus tard, Israël a admis mener "en ce moment même" des discussions en vue d’établir une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie et un couloir humanitaire à destination d’une ville druze de cette région.
Les infos à retenir
⇒ Israël est en discussion avec le régime syrien pour démilitariser une zone au sud
⇒ Nouvelle frappe israélienne contre les Houthis au Yemen
⇒ Le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé le retrait des Casques bleus au Liban en 2027Israël discute d’une démilitarisation du sud de la Syrie
Israël mène "en ce moment même" des discussions en vue d’établir une zone démilitarisée dans le sud de la...
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28/08 - De Fabrice Caro à Catherine Millet : nos dix coups de coeur de la rentrée littéraire
Dieu soit loué, il n’y a pas qu’Emmanuel Carrère et Nathacha Appanah dans la vie. Contrairement à ce qu’on pourrait croire en parcourant certains journaux, la rentrée littéraire ne se limite pas à ces deux ouvrages. Si nous avons plébiscité ces dernières semaines Où tombent les étoiles (Stock) de Cédric Sapin-Defour ou Je voulais vivre (Grasset) d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, qui sont aussi mis à l’honneur dans les médias, voici dix choix purement subjectifs. Certains auteurs sélectionnés ici sont célèbres (Catherine Millet ou Fabrice Caro), d’autres sont encore plus ou moins underground (Joseph Incardona ou Victor Pouchet), tous, français comme étrangers, ont su emballer les membres du service livres de L’Express.Fabrice Caro
En apesanteur
C’est la bulle de légèreté de la rentrée – le moins que l’on puisse dire, s’agissant de quelqu’un qui s’est d’abord illustré dans la bande dessinée. Mine de rien, Les Derniers Jours de l’apesanteur est déjà le septième roman de Fabrice Caro. N’est-il pas temps de le considérer comme le véritable écrivain qu’il est ? Les snobs continueront peut-être de se boucher le nez à l’évocation de son nom, mais l’honnêteté intellectuelle nous pousse à affirmer qu’il y a plus de littérature chez Caro que chez les faiseurs frimeurs encensés par une certaine presse pseudo intello.
Dans son nouveau livre, l’auteur de Zaï zaï zaï zaï se souvient de l’année scolaire 1989/1990, quand il était en terminale. Son double romanesque, Daniel, ne se remet pas de sa rupture avec Cathy, qu’il avait embrassée pour la...
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28/08 - La dissolution et la marche en arrière : Emmanuel Macron, la fin du macronisme ?
Dans ce dernier épisode de notre série, Laureline Dupont, directrice adjointe de L’Express, et Eric Mandonnet, rédacteur en chef du service Politique, s’interrogent sur l’avenir du mouvement et celui du président de la République.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : Public Sénat, BFMTV, INA, AFP, France Culture, France 2, LCI, Euronews, France Info, Elysée, Radio J
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Dimanche 9 juin 2024, 21h02, Emmanuel Macron prend la parole à l’issue des élections européennes, alors que la liste de Jordan Bardella est arrivée largement en tête, avec plus de 30 % des voix. Et que le camp présidentiel est, lui, désavoué.
A la surprise générale, le président de la République convoque des élections législatives anticipées. Il espère alors reprendre la main. D’autant que, depuis des mois, les accords à l’Assemblée avec l’une ou l’autre des oppositions sont impossibles. Passé le choc, il faut retourner voter. Les dates sont donc fixées : les Français sont rappelés aux urnes les 30 juin et 7 juillet. Une campagne éclair, mais surtout sous tension, où les agressions de candidats se multiplient.
Le Nouveau Front Populaire arrive en...
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28/08 - Guerre en Ukraine : Von der Leyen annonce un 19e paquet de "sanctions sévères" après des frappes russes
L’Ukraine compte de nouveau ses morts dans un bilan qui continue d’augmenter, à la suite d’importants bombardements russes dans la nuit de mercredi à jeudi 28 août. Presque 600 drones ont été lancés sur le pays, faisant au moins 21 morts, dont 4 enfants, et des dizaines de blessés, et touchant un bâtiment de l’Union européenne. Dans le même temps, les efforts diplomatiques engagés par Donald Trump pour tenter de mettre fin à la guerre s’enlisent. Vladimir Poutine "doit venir à la table des négociations" a tonné ce jeudi en réaction la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, annonçant dans la foulée un 19e paquet de sanctions européennes contre la Russie en préparation.
Emmanuel Macron dénonce quant à lui "terreur et barbarie", tandis que Londres et l’UE convoquent les ambassadeurs russes. La veille de cette attaque, le Kremlin s’était déclaré "défavorable" à un éventuel déploiement de troupes européennes en Ukraine, prévu dans les "garanties de sécurité" proposées à l’Ukraine dans le cas d’un processus de paix avec la Russie.
Les infos à retenir
⇒ La Russie a lancé environ 600 drones, au moins 21 Ukrainiens sont décédés
⇒ Le bâtiment de la mission de l’UE en Ukraine a été touché par un missile
⇒ L’Europe exige que la Russie "revienne à la table des négociations" et lance un 19e paquet de sanctions contre Moscou21 morts dans de nouvelles frappes russes
La capitale ukrainienne a vécu une nouvelle nuit de bombardements. Une importante attaque russe a visé Kiev, dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 août,...
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28/08 - A peine nommée, la directrice de la principale agence sanitaire américaine limogée par Donald Trump
La Maison-Blanche a confirmé, mercredi 27 août, le renvoi de la directrice de la principale agence sanitaire des Etats-Unis, dernier rebondissement dans un bras de fer entre cette scientifique et le ministre de la Santé vaccinosceptique de Donald Trump. Le drame en trois actes qui a agité la presse américaine a commencé par l’annonce mercredi de ce départ par le ministère de la Santé dirigé par Robert Kennedy Jr.
Mais Susan Monarez, en poste depuis moins d’un mois à la tête des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a rapidement démenti et accusé le ministre de chercher à l’écarter pour poursuivre une politique "mettant en danger la vie de millions d’Américains". "Susan Monarez n’est pas en accord avec le programme du président", a déclaré Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche, dans un communiqué transmis à l’AFP. "Susan Monarez ayant refusé de démissionner après avoir informé le ministère de la Santé de son intention de le faire, la Maison-Blanche a renvoyé Susan Monarez de son poste".
La responsable "n’a ni démissionné ni reçu de notification de la Maison-Blanche indiquant qu’elle ait été licenciée", avaient fait savoir plus tôt ses avocats dans un communiqué transmis à l’AFP. "En tant que personne intègre et dévouée à la science, elle ne démissionnera pas", avaient-ils ajouté, accusant le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr., contesté pour ses positions antivaccins, "d’instrumentaliser la santé publique à des fins politiques" et de "mettre en danger des millions de vies américaines"...
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28/08 - Donald Trump peut-il vraiment obtenir le prix Nobel de la paix ?
Le président américain Donald Trump en rêve depuis son premier mandat, et c’est quasiment devenu une obsession… le prix Nobel de la paix. "Il est plus que temps que Donald Trump le reçoive", a lancé sa porte-parole Karoline Leavitt le 31 juillet dernier pendant son point-presse de routine, suscitant des réactions mi-incrédules mi-ironiques des opposants du dirigeant républicain. Ce dernier s'est même vanté d'avoir mis fin à "six ou sept conflits" depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier. Une affirmation qu'il convient toutefois de nuancer quelque peu. D'autant qu'il butte encore sur le règlement de la guerre en Ukraine, malgré plusieurs tentatives.
Alors, Donald Trump a-t-il vraiment des raisons d'espérer ? Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes peuvent proposer un nom au comité Nobel : parlementaires et ministres, certains professeurs d’université, membres du comité eux-mêmes, anciens lauréats... La nomination doit être déposée avant le 31 janvier, pour une annonce en octobre - cette année, ce sera le 10 octobre. La professeure de droit Anat Alon-Beck a d'ores et déjà soumis le nom du président américain aux cinq personnalités composant le comité, désignées par le Parlement norvégien. Mais rappelons ici que Joseph Staline, Benito Mussolini ou encore Adolf Hitler avaient déjà été proposés, à l'époque, de façon tout à fait réglementaire.
Trump lui-même met régulièrement le sujet sur le tapis. "Quoi que je fasse, je n'aurai pas le prix Nobel" a-t-il déploré en juin sur son réseau...
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28/08 - Zohran Mamdani, prochain maire de New York ? La prospérité économique ne préserve pas du populisme
New York est un pays. Ses 8,5 millions d’habitants se vivent comme les patriotes d’une nation autonome et la mégalopole est quasiment hermétique à l’influence trumpiste. Son énergie, son multiculturalisme, son ouverture vers l’extérieur, sa capacité à intégrer les innovations technologiques : tous ces piliers semblent inébranlables.
La population de la cité augmente de nouveau depuis 2023. Son dynamisme économique reste tout aussi impressionnant. Le PIB de la ville dépasse 1 000 milliards d’euros, dont les trois quarts produits à Manhattan. Selon Business Insider, la ville est l’un des six principaux "moteurs" de l’économie mondiale. Le secteur technologique, bien que plus discret qu’en Californie, progresse vite : sa part dans le PIB local est passée de 6 % en 2013 à 9 % en 2023, juste derrière les services financiers (10 %).Un "insoumis" à la mairie ?
New York est un pôle de résistance au nationalisme trumpiste, mais c’est aussi une ville qui pourrait placer à sa tête, le 4 novembre, Zohran Mamdani, figure de la gauche radicale démocrate, l’équivalent de nos insoumis. Mamdani a largement remporté la primaire démocrate en vue de ces élections et les bookmakers parient sur sa victoire dans quelques semaines, devant le maire sortant, lui aussi démocrate - mais qui n’a pas participé à la primaire -, Eric Adams. Les sondages aux Etats-Unis n’ont pas la fiabilité des nôtres mais ce bouleversement possible n’est pas anodin.
Comment une ville prospère, ultradynamique et qui accueille une large communauté juive, la...
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28/08 - François Bayrou menacé, la France ankylosée : la promesse d’une rentrée en apnée
Et si nous, Français, vivions dans une gigantesque roue de hamster ? Un espace-temps bien particulier, fait d’éternels recommencements… et renoncements. C’était il y a un an. Peu ou prou. Michel Barnier, fraîchement nommé Premier ministre, rouvrait le chantier de la réforme de l’assurance-chômage, suspendue plusieurs mois plus tôt par son prédécesseur Gabriel Attal, limogé par la dissolution. Les partenaires sociaux sont invités à "reprendre la main", à multiplier les tours de table pour négocier le régime d’indemnisation des chômeurs… Il en est un, tout là-haut, qui laisse poindre une forme d’impatience, déjà un brin crispé par celui qu’il a installé à Matignon.
Un beau jour d’automne, Emmanuel Macron demande à Michel Barnier : "Mais, pourquoi ne faites-vous pas cette réforme immédiatement ?" Réponse interloquée du nouveau chef du gouvernement : "Mais, pourquoi ne l’avez-vous pas promulguée avec Attal !?" Le Savoyard ne s’attendait pas à ce que la maison France soit aussi ankylosée ; pire, que le pouvoir politique s’en était accommodé, comme il le confiait quelque temps après avoir été renversé par la motion de censure de décembre dernier : "J’ai mis plusieurs semaines à remettre l’Etat en route. Tout s’était arrêté depuis des mois. C’est la vraie frustration que j’ai : à peine remet-on l’Etat en route… que ça s’arrête !"
Les temps qui courent auraient-ils comme un air de déjà-vu ? Belote et rebelote, François Bayrou ravive en cette fin de mois d’août une terrible tradition qui semble inéluctable depuis la dissolution de...
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27/08 - L’accueil d’étudiants chinois aux Etats-Unis au cœur d’une nouvelle division entre Trump et sa base
Encore un changement de cap pour Donald Trump, et une nouvelle polémique. Alors que le président américain mène depuis plusieurs mois une politique de limitation des étudiants étrangers sur son territoire, ce dernier a annoncé, lundi 25 août, vouloir accueillir 600 000 étudiants chinois aux Etats-Unis. "Le président Xi Jinping aimerait que je vienne en Chine. C’est une relation très importante. […] J’entends tellement d’histoires du genre : "Nous n’allons pas laisser entrer leurs étudiants", mais nous allons les laisser entrer. C’est très important", a-t-il déclaré lors d’une rencontre à Washington avec le président sud-coréen, Lee Jae Myung.
Le lendemain, Donald Trump a réitéré son engagement, se disant "honoré" d’accueillir des étudiants chinois aux États-Unis, et a affirmé qu’ils contribuaient à la survie des universités. "Vous savez ce qui se passerait si les étudiants étrangers ne venaient pas ? Notre système universitaire irait très vite à l’échec, et ce ne seraient pas les meilleurs établissements qui en pâtiraient", a-t-il justifié devant la presse.Une annonce surprenante
L’annonce a de quoi surprendre, car depuis le début de son deuxième mandat, le président a multiplié les mesures contre les étudiants étrangers : procédures de vérification des visas étudiants plus strictes, blocage des inscriptions étrangères à Harvard ou encore élargissement des motifs de révocations - pour atteindre le nombre de 6 000. Si le détail des révocations par nationalité n’a pas été fourni, le secrétaire d’Etat Marco Rubio avait...
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27/08 - Alex de Waal : "Je n’avais pas imaginé devoir un jour étudier une famine directement infligée par Israël"
À la fin des années 1990, Amartya Sen écrivait que la démocratie constitue le meilleur rempart contre la famine. Depuis, la thèse de l’éminent économiste et philosophe indien faisait figure de consensus. Mais les vingt-deux mois séparant l’effroyable journée du 7 octobre 2023 de la publication du rapport de l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), auront eu raison de cette certitude. Le 22 août, l’ONU a déclaré l’état de famine dans le gouvernorat de Gaza et a reconnu, par la voix de son responsable de la Coordination des affaires humanitaires, Tom Fletcher, la responsabilité de l’État israélien.
"Jamais je n’avais imaginé devoir un jour étudier une famine directement infligée par Israël". Cet aveu d’Alex de Waal, l’un des plus grands spécialistes du sujet et ancien élève d’Amartya Sen, témoigne de l’ampleur du bouleversement. Depuis plus de vingt ans, du Soudan à l’Éthiopie en passant par la Syrie, le directeur de la World Peace Foundation et professeur à la Tufts University étudie les famines contemporaines. Dans Mass Starvation : The History and Future of Famine (Polity, 2017), devenu un ouvrage de référence dans le domaine, il explique que depuis quarante ans, les famines "naturelles" ont disparu et sont "toujours causées par l’action des hommes". Gaza, affirme-t-il, ne déroge pas à la règle. Si Benyamin Netanyahou s’est empressé de dénoncer un rapport biaisé, fruit d’une "campagne antisémite", le chercheur l’affirme sans détour : à ce jour, la responsabilité de l’État israélien ne...
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27/08 - Entre la Russie et l’Ukraine, la guerre énergétique fait rage
Un incendie qui ravage un terminal gazier près de Saint-Pétersbourg. Des attaques sur l’un des plus longs oléoducs du monde, utilisé par Moscou pour approvisionner l’Europe centrale. Ou encore ces frappes de drones dans la nuit du 26 août contre des infrastructures énergétiques de six régions ukrainiennes, laissant plus de 100 000 personnes sans électricité. Depuis le début du conflit en Ukraine, Kiev et Moscou se sont lancés dans une véritable "guerre énergétique", multipliant les opérations sur des sites stratégiques.
Au cours du seul mois d'août, l’armée ukrainienne a revendiqué au moins dix attaques contre des installations pétrolières russes, paralysant temporairement une partie importante de la capacité de raffinage du pays, selon des analystes interrogés par le New York Times. A l’inverse, les troupes de Vladimir Poutine, elles, ont intensifié leurs attaques contre des raffineries de pétrole, des centrales thermiques ou encore des sous-stations électriques, faisant craindre des pénuries d’énergie cet hiver.
"La guerre ne se déroule pas seulement sur la ligne de front. […] Ces frappes n’ont pas d’impact direct sur l’activité militaire, mais elles impactent l’économie russe. Or, celle-ci est déjà en difficulté, et même une petite poussée peut créer des goulots d’étranglement et multiplier les problèmes", a alors déclaré Pavlo Klimkin, l’ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, comme le rapporte le Wall Street Journal.Des répercussions sur le terrain
Sur le terrain, les conséquences pour les...
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27/08 - Que prévoit le projet de loi sur la réforme du service militaire en Allemagne ?
Le Conseil de ministres allemand a adopté ce mercredi 27 août un projet de loi pour l’introduction d’un nouveau service militaire. Ce dernier prévoit un premier recensement sur la base du volontariat, mais pourrait conduire à la conscription obligatoire si les objectifs de recrutement ne sont pas atteints, a déclaré le gouvernement dans un communiqué.
Un retour à la conscription en temps de paix, comme l’avaient demandé à plusieurs reprises les députées de la CDU/CSU, n’a pas été convenu. Mais le projet de loi est désormais entre les mains du Bundestag, qui doit se pencher dessus à la rentrée.
Il intervient dans le cadre d’une augmentation prévue des dépenses militaires de Berlin, notamment sous la pression de l’Union européenne pour "réarmer l’Europe" et face aux défis sécuritaires posés par la Russie. Le projet de loi représente donc un tournant stratégique majeur pour le pays, poussé par l’invasion de l’Ukraine en février 2022.Augmenter le nombre de soldats en service
Le ministre de la Défense, Boris Pistorius (SPD), a défini les conditions de base pour une réactivation de la conscription, supprimée en 2011. Le point essentiel est la possibilité d’activer cette dernière de manière flexible, rapporte la chaîne de télévision Taggeschau. Ainsi, le nouveau projet accorde au gouvernement fédéral le pouvoir d’ordonner, par décret, la conscription. Cette mesure est possible même en dehors d’un "état de tension ou de défense", à condition que la situation exige une expansion rapide des...
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27/08 - "Il faut coordonner la riposte" : trois scientifiques chargés d’une mission contre "la désinformation en santé"
Ils viennent tout juste de sortir du bureau du ministre de la Santé Yannick Neuder. Mathieu Molimard, professeur de pharmacologie au CHU de Bordeaux, Dominique Costagliola, professeur d’épidémiologie, directrice de recherche émérite à l’Inserm et Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique et spécialiste de l’intégrité scientifique et de la rédaction médicale, ont le sourire. Ils viennent d’obtenir une mission d’expertise indépendante sur un sujet qui leur tient à cœur : la lutte contre la diffusion de fausses informations en matière de santé.
Ces trois scientifiques sont sans conteste parmi ceux qui se sont le plus impliqués dans cette lutte, en particulier depuis la crise du Covid-19 qui aura vu fleurir un nombre inquiétant de fausses informations sur les vaccins, les masques, les traitements comme l’hydroxychloroquine, etc. Chaque fois, ils n’ont pas hésité à prendre la parole pour remettre les faits scientifiques au milieu du débat, sans craindre de s’en prendre aux figures de la désinformation et du complotisme. Ils ont aussi été aux premières loges pour constater que la diffusion des fausses informations s’est progressivement structurée autour d’acteurs toujours plus nombreux, plus organisés, et motivés aussi bien par des intérêts financiers que politiques.
En face, les autorités scientifiques et sanitaires ont souvent semblé dépassées, insuffisamment préparées et coordonnées pour y répondre. Leur mission d’expertise indépendante vise à y remédier, notamment grâce à un rapport qui proposera des solutions...
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27/08 - Mort de "Jean Pormanove" sur Kick : l’Arcom, coupable idéal ?
Mort en direct, sous les yeux de milliers de spectateurs dont des mineurs, après des heures de maltraitance : le destin de Raphaël Graven, alias "Jean Pormanove", créateur de contenus sur la plateforme de streaming Kick, aurait-il pu être différent ? Les signaux d’alerte existaient pourtant. En décembre, un article de Mediapart dévoilait les dérives de Kick et de sa chaîne vedette. Le parquet de Nice ouvrait une enquête, des proches de Graven étaient auditionnés. En février, la Ligue des droits de l’homme saisissait officiellement l’Arcom, l’autorité française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Aucune de ces démarches n’a abouti, et les sévices infligés contre "JP" se sont poursuivis jusqu’au dénouement fatal.
Bien que les causes de la mort du streamer demeurent à préciser [NDLR : le rapport d'autopsie conclut toutefois qu'elle n’a pas été provoquée par "l’intervention d’un tiers"], l’Arcom est aujourd’hui accusée d’inaction. Son président, Martin Ajdari, le reconnaît à demi-mot dans une tribune publiée dans Le Monde : "À quoi sert-elle si elle ne peut empêcher la diffusion en ligne de telles images ?". Ces reproches sont parfois exagérés, disons-le d’emblée : l’instance administrative est à l’origine de la perte de fréquence TNT de C8, hôte des frasques de Cyril Hanouna, ce qui a provoqué quelques rancoeurs. Elle n’a par ailleurs pas vocation à modérer directement les contenus et n’est pas juge. Néanmoins, l’autorité ne s’est même pas inquiétée de l’absence de réponse concernant l'existence...
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27/08 - "Que veulent-ils ?" : les réflexions d’Emmanuel Macron sur la dissolution, le jeu de Lecornu, le plan de Darmanin
Dans le monde d’avant, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont veillé tard. Le 17 août, à Brégançon, ensemble, les voici qui réfléchissent à la crise qui vient. Le premier a beau s’envoler dans une poignée d’heures vers Washington, il n’est question ni de Vladimir Poutine ni de Donald Trump mais de Marine Le Pen, Olivier Faure et Bruno Retailleau, entre autres. "Que veulent-ils ?, interroge le chef de l’Etat. Le RN espère quoi ? La dissolution, la crise de régime ou une présidentielle anticipée ?" Jusqu’à trois heures du matin, on élabore des scénarii, on parie sans miser, et on tente, en vain, d’éclairer ce président aux marges de manœuvre désormais si modestes.
Est-il inquiet ? Le même jour, Bormes-les-Mimosas lui a fait l’effet d’un bain chaud. Un bain de foule, de ceux qui tranquillisent et revigorent. La cérémonie d’anniversaire de la Libération a attiré comme chaque année des centaines voire des milliers de curieux qui se sont pressés autour de lui, aimantés par le faste républicain. "Un truc de rock star", s’esclaffe un observateur de la scène. Dont le principal intéressé s’est extirpé sûr d’être aimé.Modèle "Cazeneuve 2016"
25 août : encore des raisons de se réjouir, que cet été 2025 est généreux ! Les réponses, complexes, aux questions qui taraudaient Emmanuel Macron dix jours auparavant lui seront finalement données plus tôt que prévu. Inutile d’attendre que les sanglots longs du vote du budget à l’automne blessent son cœur et son pouvoir ; dès le 8 septembre, les parlementaires devront choisir d’accorder ou non...
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27/08 - Interdiction des téléphones, bac de maths, initiation à l’IA… Les nouveautés de la rentrée scolaire
Alors que les spéculations sur une possible chute du gouvernement vont bon train dans l’optique du vote de confiance du 8 septembre prochain à l’Assemblée nationale, Elisabeth Borne fait sa première rentrée scolaire en tant que ministre de l’Education nationale.
Lors d’une conférence de presse donnée ce mercredi 27 juillet, la ministre a détaillé une série de nouveautés pour la rentrée 2025-2026. La veille, elle avait assuré dans les colonnes du Parisien que ces mesures, prévues depuis des mois, seraient bien mises en place. "Aujourd’hui, ma seule et unique boussole, c’est la rentrée scolaire", avait-elle déclaré malgré le contexte politique et budgétaire incertain.Une réforme du contrôle continu du bac ?
Parmi les changements les plus notables, celui du baccalauréat. Elisabeth Borne a indiqué souhaiter une réforme du contrôle continu pour "diminuer la pression sur les élèves" tout en "reflétant plus fidèlement leur niveau". "S’agissant du contrôle continu, je souhaite qu’il soit repensé pour diminuer la pression sur les élèves et l’anxiété, tout en reflétant plus fidèlement leur niveau", a annoncé la ministre.
Elle a souligné vouloir ne pas laisser "s’installer le doute sur la valeur de ce diplôme", désormais obtenu par plus de 80 % d’une classe d’âge, et elle affirme qu’il faut pour cela "agir sur les modalités de correction et le contrôle continu, c’est-à-dire les conditions mêmes d’attribution du diplôme". "Dès cette semaine", les proviseurs seront chargés" d’élaborer un projet d’évaluation précisant clairement...
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27/08 - Comment le Doge a mis en danger les données de Sécurité sociale de millions d’Américains
Les informations de plus de 300 millions d’Américains ont été mises en danger par des salariés du ministère de l’Efficacité gouvernementale (Doge), a déclaré un lanceur d’alerte dans une plainte soumise au bureau du procureur spécial le mardi 26 août. Des fonctionnaires du Doge affectés à la Social Security Administration (SSA) sont accusés d’avoir téléchargé une copie de l’ensemble des données de cette agence sur un serveur de cloud, vulnérable aux attaques et non supervisé par l’agence.
Le lanceur d’alerte, Charles Borges, qui travaillait comme responsable des données à la SSA depuis janvier, a déclaré que la base de données téléchargée sur le serveur incluait les noms complets des individus, leurs adresses et leurs dates de naissance, ainsi que d’autres détails qui pourraient être utilisés pour voler leur identité, rapporte le New York Times.
La plainte, soumise par le Government Accountability Project, a été adressée à une agence chargée de protéger les lanceurs d’alerte ainsi qu’à des membres du Congrès. Elle demande notamment aux autorités de "prendre les mesures de surveillance appropriées" et relate de "graves failles de sécurité des données, manifestement orchestrée par des responsables du Doge, actuellement employés à la SSA".Parmi les informations les plus sensibles du pays
La copie téléchargée sur le cloud contient les registres de tous les numéros de sécurité sociale jamais émis par le gouvernement fédéral, que les bénéficiaires soient en vie ou décédés, soit plus de 548 millions de numéros. Elle inclut des...
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27/08 - Groenland : le Danemark convoque le chargé d’affaires américain après des "tentatives d’ingérence"
Copenhague est de nouveau sur le qui-vive dans l’Arctique. Le Danemark a convoqué le chargé d’affaires américain après un reportage de la télévision publique faisant état de "tentatives d’ingérence" au Groenland, territoire autonome du royaume scandinave convoité par l’administration Trump, a annoncé, mercredi 27 août, la diplomatie danoise. "Toute tentative d’ingérence dans les affaires internes du Royaume sera bien sûr inacceptable", a réagi le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Selon la télévision publique DR, au moins trois Américains liés à Donald Trump mènent des opérations d’influence au Groenland. Le média rapporte - se reposant sur plusieurs sources anonymes - qu’ils auraient pour mission d’établir une liste de citoyens groenlandais soutenant le projet du président Donald Trump de s’emparer du Groenland. Cette liste comprendrait des Groenlandais susceptibles d’être recrutés dans le cadre d’un mouvement sécessionniste au Groenland et au Danemark et de mettre en avant des affaires pouvant être utilisées pour présenter le Danemark sous un mauvais jour dans les médias américains.
Deux dossiers enveniment particulièrement les relations entre Copenhague et Nuuk, qui font par ailleurs front commun face aux visées américaines. Il s’agit d’enfants inuits séparés de leurs parents et envoyés au Danemark à la suite de tests contestés visant à juger l’aptitude parentale des Groenlandais, et de la campagne de contraception forcée subie par au moins la moitié...
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27/08 - Dissolution, démission, nouveau Premier ministre… Les scénarios possibles après le vote de confiance
François Bayrou prend le risque ultime. En demandant un vote de confiance, lundi 8 septembre, sans aucune assurance de rester à Matignon, le Béarnais abat une carte risquée pour faire passer son plan d’économies budgétaires. Et même au sein de son propre camp, la décision a surpris : "étrange et inattendue", a notamment commenté la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. Une chose est certaine : une nouvelle crise politique est ouverte et les scénarios possibles se multiplient.La nomination d’un Premier ministre, le retour en arrière
Si les députés refusent de lui accorder leur confiance, Emmanuel Macron n’aura d’autre choix que de nommer un nouveau Premier ministre, s’il ne veut pas convoquer d'élections législatives anticipées. Le chef de l'Etat poursuivrait alors un jeu de chaises musicales et se retrouverait à nommer son cinquième chef du gouvernement depuis 2022. Un retour en arrière… Et le début de la traditionnelle "pêche aux noms".
Parmi les candidats possibles, plusieurs pistes se dessinent. Il pourrait miser sur un Premier ministre issu du socle commun, comme Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, déjà pressentie pour Matignon en 2022, ou Sébastien Lecornu, ministre des Armées, dont le nom revient à chaque remaniement, voire Gérald Darmanin, actuel ministre de la Justice.
À droite, certains noms déjà évoqués pourraient refaire surface...
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27/08 - "Bloquons tout", le grand bazar social : pourquoi le mouvement est particulièrement difficile à lire
Aucun leader, aucun intermédiaire. Ce 25 août, l’administrateur de la boucle Telegram "Indignons-nous", dédiée au Territoire de Belfort, rappelle une règle dans un bref dialogue avec un journaliste : "Je tiens à préciser que je ne représente ni ce groupe, ni le mouvement, ni la colère qui pourrait émerger le 10 septembre, et parle donc en ma personne". La nébuleuse derrière le mouvement de contestation veut rester insaisissable. Depuis son lancement en mai, il est assez évident qu’elle y parvient : difficile d’identifier un meneur ou une appartenance à un groupe politique. Seul son mot d’ordre semble pour l’instant clair : "bloquer" le pays en réaction aux mesures annoncées par François Bayrou pour le budget 2026, mais sans cadre organisé apparent. La décision du Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement à l’Assemblée nationale le 8 septembre, n’a pas changé la donne pour un mouvement se voulant spontané, apartisan et horizontal.
Certains y voient une opportunité. Dans La Tribune Dimanche le 16 août, Jean-Luc Mélenchon a été le premier à appeler à "soutenir l’initiative populaire du 10 septembre […] pour en finir avec le gouvernement Bayrou". D’autres sont ambivalents. Si l’initiative rejoint des revendications sociales de la CGT, sa secrétaire générale, Sophie Binet, a déclaré le 22 août sur France Inter être "vigilante sur les tentatives de noyautage et d’instrumentalisation de l’extrême droite". "Les choses sont très nébuleuses", a-t-elle poursuivi.Une nébuleuse qui se déplace à gauche
Sur...
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27/08 - Guerre en Ukraine : la Russie dit qu’une rencontre Poutine-Zelensky doit être "bien préparée"
Plus d’une semaine après une réunion à la Maison-Blanche, à l’issue de laquelle Donald Trump a annoncé une rencontre prochaine entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, les discussions pour mettre un terme à la guerre qui dure depuis plus de trois ans piétinent. Mardi, le président ukrainien n’en a pas moins appelé à accélérer les efforts pour élaborer les futures garanties de sécurité en cas d’accord. "Commandants militaires, ministres de la Défense et conseillers à la sécurité – à différents niveaux, nous préparons les éléments constitutifs de la sécurité future", a-t-il ajouté ce mercredi 27 août, quelques heures après que le président américain a dit envisager encore d’imposer des sanctions économiques "très sérieuses" à la Russie si Moscou n’accepte pas un cessez-le-feu.
Les infos à retenir
⇒ Moscou dit qu'une rencontre Poutine-Zelensky doit être "bien préparée"
⇒ La Russie envoie "des signaux négatifs", juge Volodymyr Zelensky
⇒ Donald Trump envisage encore d’imposer des sanctions économiques "très sérieuses" à la RussieEmmanuel Macron apporte un "soutien déterminé" à la Moldavie et dénonce les "mensonges" russes
Le président français a apporté ce mercredi le "soutien déterminé" de la France à la Moldavie et à sa candidature à l'Union européenne, et dénoncé les "mensonges" de la Russie, lors d'un déplacement symbolique à Chisinau avec les dirigeants allemand et polonais, Friedrich Merz et Donald Tusk.
"La propagande du Kremlin nous explique que les Européens souhaitent prolonger la guerre et que l'Union européenne opprime...
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27/08 - Israël exige le retrait du rapport soutenu par l’ONU déclarant la famine à Gaza
Alors que la guerre se poursuit dans l’enclave palestinienne, le président américain multiplie les initiatives et s’affiche hyperactif sur la scène internationale. Nouvelle gesticulation ou rendez-vous décisif ? Ce mercredi 27 août, Donald Trump doit présider à la Maison-Blanche une "grande réunion" consacrée à l’après-conflit à Gaza, a annoncé mardi son émissaire spécial, Steve Witkoff. "Nous avons demain une grande réunion à la Maison-Blanche, sous la direction du président, et nous travaillons à un plan très complet pour le’jour d’après'", a-t-il déclaré sur Fox News, sans livrer davantage de précisions. Le territoire palestinien reste dévasté après près de deux années de guerre.
Les infos à retenir
⇒ L’armée israélienne affirme que l’évacuation de la ville de Gaza est "inévitable"
⇒ Donald Trump présidera ce mercredi une "grande réunion" sur Gaza
⇒ Israël exige le retrait du rapport soutenu par l'ONU déclarant la famine à GazaPour l'Iran, le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique n'est pas une reprise complète de la coopération
Le patron de l'AIEA, Rafael Grossi, a annoncé qu'une équipe de l'agence était de retour en Iran, malgré la suspension par Téhéran de sa coopération avec l'organisme onusien en juillet, dans le sillage de la guerre de 12 jours déclenchée le 13 juin par une attaque d'Israël sur le sol iranien.
Celle-ci ne marque pas une reprise complète de la coopération sur le programme nucléaire de Téhéran, a affirmé ce mercredi le chef de la diplomatie iranienne.
L'Iran reproche à...
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27/08 - Emmanuel Macron, la mue du macronisme : les retraites et le changement de cap
Dans ce troisième épisode de notre série, Laureline Dupont, directrice adjointe de L’Express, et Eric Mandonnet, rédacteur en chef du service Politique, s’intéressent à la marque que va laisser la réforme des retraites dès le début du deuxième quinquennat.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : Public Sénat, AFP, TF1, LCP, TV5 Monde, RTL, INA, Euronews, France Info, Elysée, Radio J, BFMTV
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Quand Emmanuel Macron prend la parole depuis l’Elysée le 17 avril 2023, il tente de tourner la page et de répondre à la colère qui s’exprime depuis le passage par 49.3 de la réforme des retraites.
Après des mois de tergiversations et des débats en accéléré, les différentes forces politiques ne sont pas parvenues à un accord sur le report de l’âge de départ. Le gouvernement d’Elisabeth Borne a donc engagé sa responsabilité, puis promulgué le texte. Et la tension ne redescend pas. À chaque déplacement du président, c’est désormais par un concert de casseroles qu’il est accueilli.
Même pendant son allocution des 100 jours, certains préfèrent faire du bruit que l’écouter. Ils n’entendent donc pas qu’Emmanuel Macron prévoit un bilan...
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27/08 - Vote de confiance : François Bayrou "prêt à discuter sur tous les sujets"
Deux jours après que le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’il engagerait le 8 septembre devant l’Assemblée nationale la responsabilité de son gouvernement en demandant un vote de confiance, le gouvernement s'est réuni à l’Elysée pour un Conseil des ministres ce mercredi. La gauche et le RN ayant déjà fait savoir qu’ils n’accorderaient pas leur confiance au locataire de Matignon, celui-ci semble condamné à une chute quasi certaine. François Bayrou a toutefois assuré qu’il se battrait "comme un chien" pour obtenir une majorité.
Les infos à retenir
⇒ François Bayrou était l’invité du 20H de TF1 ce mercredi soir
⇒ "Je suis prêt à discuter sur tous les sujets", a-t-il affirmé, s'il y a un accord sur "l'importance de l'effort"
⇒ Le Premier ministre invitera les chefs de parti à le rencontrer à Matignon à partir de lundi
20h45Une dissolution de l'Assemblée nationale ne permettrait pas la "stabilité" du pays, avance le Premier ministre
Interrogé sur une possible dissolution de l'Assemblée nationale, demandée par certains partis d'opposition et jugée "assez inéluctable" par Édouard Philippe en cas de blocage persistant, François Bayrou a rétorqué : "Nous venons de vivre une dissolution il y a un an. Est-ce qu'une dissolution nouvelle permettrait la stabilité, la volonté, la détermination du pays pour avancer ? Je ne le crois pas."
Les exigences de l'extrême droite et de l'extrême gauche "sont un clash entre elles", a par ailleurs rétorqué le Premier ministre.
20h30François Bayrou : "Je suis prêt à discuter sur...
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27/08 - Vote de confiance de François Bayrou : les appels à la démission d’Emmanuel Macron font leur retour
Retour de vacances houleux pour le chef de l’État. À peine revenu du fort de Brégançon, où il a passé l’été, Emmanuel Macron préside, ce mercredi 27 août, un conseil des ministres sous tension. À l’Élysée, le gouvernement apparaît en sursis, à moins de deux semaines d’un vote de confiance aux allures de moment de vérité. Le Premier ministre, François Bayrou, semble plus que jamais sur un siège éjectable, alors que rares sont ceux qui parient sur une victoire à l’Assemblée nationale. Mais le président lui-même n’échappe pas à la tourmente : les appels à sa démission se multiplient, comme à chaque crise institutionnelle. Un rituel pour les oppositions.
Mardi 26 août, sur le plateau de TF1, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a exhorté Emmanuel Macron à "prononcer une dissolution ou remettre sa démission" pour "sortir de cette impasse politique". Le jeune chef du parti d’extrême droite s’est même dit "prêt à incarner l’alternance, que ce soit à travers une élection législative victorieuse ou une présidentielle".
🔴 ⚡️ Jordan Bardella demande à Emmanuel Macron un "retour aux urnes" soit en prononçant une dissolution de l'Assemblée nationale, soit en remettant sa démission
▶️ #LE20H @J_Bardella face à @GillesBouleau pic.twitter.com/zxH3bTbUE3— TF1Info (@TF1Info) August 26, 2025
Dans Le Figaro, Jean-François Copé, ancien patron de l’UMP et figure de la droite, enfonce le clou : il invite Emmanuel Macron à "s’adresser aux Français et annoncer son départ dans six mois, au lendemain des élections...
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27/08 - Dans l’ombre de la guerre à Gaza, la brutale agonie de la science
Il est presque 17 heures, sur le campus de l’université Sorbonne-Nord, à Villetaneuse, fin juin. Derrière les grandes baies vitrées du complexe universitaire, le ciel de Seine-Saint-Denis gronde sourdement. A l’approche d’un avion, Amal Kahlout sursaute, ses épaules remontent instinctivement vers ses oreilles, comme si le plafond allait s’effondrer. "Excusez-moi, dit-elle en se forçant à sourire, même ici, j’ai du mal". Ses mains tremblent légèrement au-dessus d’un verre de lait à la pastèque, son préféré. "Où en étais-je ?", demande-t-elle, perdue un instant.
Difficile à dire. Même quand elle n’est pas préoccupée par les bruits de moteur au-dessus d’elle - 14 juillet oblige - Amal Kahlout, 56 ans, n’arrive plus vraiment à suivre le cours de sa vie, percutée par la guerre. Avant que Tel-Aviv ne se mette à pilonner systématiquement Gaza, cette scientifique au regard doux et à la voix fluette était la doyenne de l’université Al-Azhar, un grand complexe de recherche situé au nord de l’enclave. Après sept mois sous les bombes, la chercheuse a dû se résoudre à rejoindre la France, où elle a trouvé l’asile en avril 2024.
Amal Kahlout parle encore au présent de ses longues journées passées au laboratoire, à mener des recherches sur les nanoparticules, sa spécialité. Même ici, dans la banlieue parisienne où elle a atterri, elle dit qu’elle "est" physicienne à Al-Azhar, comme si, à tout moment, son institution, transformée en synagogue par l’armée israélienne, pouvait renaître de ses cendres : "A quel moment faudra-t-il...
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27/08 - La mégafusée Starship d’Elon Musk a enfin mis fin à sa série noire
La mégafusée Starship du multimilliardaire Elon Musk, développée pour aller sur la Lune et Mars, a mené mardi 26 août un vol test réussi, tranchant avec de précédents essais entachés d’explosions qui avaient semé les doutes sur ses avancées.
Haut de plus de 120 mètres, le mastodonte a décollé en début de soirée du Texas sous les applaudissements nourris d’ingénieurs, après des reports dimanche et lundi causés par un problème technique puis un aléa météorologique.
Ce dixième vol test de la plus grande fusée jamais construite faisait suite à trois essais s’étant soldés en début d’année par des explosions dans les airs. Cette succession de déconvenues, à laquelle s’est ajoutée en juin une autre explosion lors d’un test au sol, avait nourri les interrogations sur l’avancement de Starship, alors qu’Elon Musk continue de tabler sur de premiers lancements vers Mars dès 2026.
Autant d’inquiétudes que ce nouveau vol d’essai devrait avoir réussi à balayer, l’entreprise de l’homme le plus riche du monde étant cette fois parvenue à mener à bien les objectifs qu’elle affichait. "Excellent travail de l’équipe de SpaceX", a salué Elon Musk sur son réseau social X.
"C’est un grand jour pour la Nasa", a lui assuré Sean Duffy administrateur par intérim de la puissante agence spatiale américaine, la Nasa comptant sur une version modifiée de Starship pour son programme Artémis, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune.Quelques tuiles en moins
Après que la mégafusée s’est élancée dans le ciel, ses deux étages - le propulseur Super Heavy et...
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27/08 - Vladimir Poutine est-il le maître des horloges ? Ce défi que doivent relever les Européens
"Il n’y a rien de plus fort que ces deux guerriers : la patience et le temps", écrit Léon Tolstoï dans Guerre et Paix, une des œuvres qui, selon ses dires, a le plus marqué son compatriote Vladimir Poutine. Ce principe, le président russe l’applique depuis son arrivée au pouvoir, il y a plus de vingt-cinq ans. Après l’annexion de la Crimée, en 2014, et les premiers accords de Minsk signés pour tenter de mettre fin à la guerre du Donbass, il a pris le temps de fourbir ses armes pour son invasion à grande échelle de l’Ukraine.
Aujourd’hui, trois ans et demi après le début du conflit, son homologue américain, Donald Trump, est le seul à imaginer qu’il aspire à la paix. "Je crois qu’il veut vraiment signer un accord, a-t-il murmuré à l’oreille d’Emmanuel Macron le 18 août à Washington. Je crois qu’il veut le faire pour moi, vous comprenez ? Aussi fou que cela paraisse."
"Fou", c’est le mot. Que s’est-il passé depuis la rencontre Poutine-Trump à Anchorage, le 15 août ? Quelques jours plus tard, en accueillant le président ukrainien et des dirigeants européens, le locataire de la Maison-Blanche semblait confiant dans la tenue d’une rencontre Poutine-Zelensky, suivie d’une "trilatérale" en sa présence. Mais rien ne se profile à l’horizon.Gagner du temps
Poutine, qui se prétend prêt à des négociations, fait en réalité tout pour les rendre impossibles. Pendant ce temps, son armée continue de bombarder l’Ukraine et de grignoter du terrain. En réalité, le chef du Kremlin, qui pense avoir l’avantage militaire, estime qu’il...
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27/08 - Cinéma : "Une femme qui en savait trop", une ode à celles qui s’aiment
L’année cinématographique qui commence sera iranienne ou elle sera palestinienne. Rien n’indique qu’elle sera ukrainienne. Comme si le cinéma européen, avec tous les moyens et les libertés dont il jouit, avait du mal à raconter et à voir ce qui se passe de grave et de périlleux sur son propre territoire. Mais ça peut, ça doit et ça finira par changer.
En attendant la sortie prévue le 1er octobre du dernier film de Jafar Panahi, Un Simple accident (Palme d’or) et celui de Saeed Roustayi, Woman and Child, en février 2026, on peut partager le secret d’Une femme qui en savait trop de Nader Saeivar, qui fut sur Trois visages le coscénariste de Panahi, lequel, en retour, est devenu le coscénariste d’Une femme qui en savait trop. Jafar Panahi fut l’assistant d’Abbas Kirostami (1940-2016), leur maître à tous, celui qui ne pouvait pas s’approcher de la vérité sans mentir, disait-il. Un précepte qui devient une méthode de travail pour ce qu’il faut bien appeler "l’école du cinéma iranien contemporain". Ecole ou phalanstère, où les élèves se font assistants et deviennent les scénaristes des maîtres qui sont à l’occasion les monteurs des films de leurs anciens élèves, avec toutes les imitations, divergences, le ruissellement des expériences, et aussi des répressions, des emprisonnements, la résistance, la clandestinité presque totale, jusqu’à l’assassinat de Dariush Mehrjui (1939-2023). On ne sait plus si c’est le danger qui fait leur génie, ou l’urgence qui garantit leur sincérité. La fuite en Europe ne les préserve pas non...
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27/08 - François Bayrou face à la dette : le pari tragique d’un Premier ministre que personne n’écoute
François Bayrou dit vrai. Personne, ou presque, ne l’écoute. Tragique issue. L’agrégé de lettres connaît ses classiques. Cassandre, son don de prédire l’avenir, sa malédiction de n’être jamais crue… La Troyenne avertit ses compatriotes sur le risque de faire entrer dans la cité ce cheval de bois prétendument offert par les dieux. On rit d’elle, la prend pour folle. Le piège des Grecs se referme : après dix ans de résistance, la ville tombe en une nuit.
Le Premier ministre s’inquiète du péril qui menace la France. Un péril sournois, abstrait, mais parfaitement documenté pour qui veut se donner la peine de lire les chiffres : la dette. Sur ce point, difficile de lui dénier une forme de constance. Mieux, de clairvoyance. En 1993, il se rend près de Troyes – dans l’Aube, pas la mer Egée – pour soutenir son candidat aux législatives. Devant une caméra locale, le secrétaire général de l’UDF livre cet oracle : "Chaque Français, bébé, adulte, personne âgée, est endetté pour plusieurs dizaines de milliers de francs. Tout cela, il va falloir qu’on le rembourse et ça va être naturellement très lourd." Il est midi, l’heure du JT. Les téléspectateurs de France 3 Reims tendent l’oreille, et passent au fromage.
Changement de siècle, et de contexte. Le 15 juillet dernier, c’est en qualité de chef du gouvernement qu’il convoque ses ministres et les représentants des groupes parlementaires pour une allocution solennelle retransmise en direct sur les chaînes d’info. Son "moment de vérité", l’arrivée au port après cinquante ans de...
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26/08 - DPE : un arrêté précise les contours de la réforme, qui entrera en vigueur en 2026
François Bayrou l'avait annoncée le 9 juillet dernier, elle est désormais confirmée : la réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui sera plus favorable aux chauffages électriques, entrera en vigueur le 1er janvier 2026, selon un arrêté paru ce mardi 26 août au Journal officiel.
Cette mesure devrait faire sortir de la catégorie de passoire énergétique 850 000 habitations, sur les 5,8 millions de logements classés F ou G au DPE, selon le gouvernement.Coefficient modifié
Concrètement, la mesure modifie le coefficient de conversion de l'électricité, qui sert à calculer l'énergie réellement consommée. Il va passer de 2,3 actuellement à 1,9. Le gaz naturel bénéficie d'un coefficient de 1, plus avantageux que l'électricité.
L'arrêté confirme le fait que l'actualisation d'un DPE existant sera possible gratuitement via la plateforme de l'Agence de l'environnement (Ademe), sans faire appel à nouveau à un diagnostiqueur. Il sera ainsi possible "de télécharger gratuitement une attestation de changement d'étiquette pour les anciens DPE et audits concernés, via l'observatoire de l'Ademe".
La bascule pourra permettre de gagner au maximum un cran sur l'échelle de notes, qui va de A (la meilleure) à G (la plus médiocre). Matignon avait affirmé vouloir "corriger une inégalité de traitement pénalisant jusqu'ici les logements chauffés à l'électricité", pourtant moins émettrice de CO2, notamment grâce au nucléaire. Une réforme "arbitraire"
La mesure avait été mal accueillie par plusieurs associations de...
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26/08 - Derrière les coupes budgétaires de Trump, les conséquences en cascade pour la recherche à Harvard
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le 20 janvier, Donald Trump multiplie les offensives contre les universités américaines, qu’il accuse de véhiculer une idéologie progressiste et hostile à Israël. Parmi ses faits d’armes : le gel ou la suppression de près de 840 subventions de recherche destinées à Harvard, soit 2,42 milliards de dollars. Résultat : le prestigieux établissement se trouve à la croisée des chemins, entre actions en justice et négociations pour limiter les dégâts.
Le 3 septembre prochain, un juge devra dire si ces coupes violent les droits garantis à Harvard par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. Fait notable : seule Harvard a choisi d’attaquer directement la Maison-Blanche, quand d’autres institutions de l’Ivy League, comme Columbia, ont préféré conclure des accords à l’amiable. En attendant le verdict, les conséquences et les incertitudes se font déjà cruellement sentir à Harvard.
Parmi les projets affectés par ces coupes budgétaires, figurent la recherche sur certaines maladies neurodégénératives graves, des études sur le cancer ou les menaces biologiques émergentes, liste le média américain CNN. D’autres subventions annulées concerneraient des sujets tels que l’identité de genre, les initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion, ou les inégalités systémiques touchant des communautés marginalisées – autant de thèmes régulièrement pris pour cible par Donald Trump et les législateurs conservateurs. Le doute plane également sur l’avancée de certains travaux en cours...
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26/08 - La Chine se prépare à dévoiler un arsenal militaire de pointe pour sa prochaine parade
Le 3 septembre prochain, Pékin organisera une grande parade militaire afin de marquer les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale et la capitulation du Japon. Le président Xi Jinping sera au centre de l’événement, qui se tiendra sur la place Tiananmen de la capitale. Il s’agit du sixième de la sorte depuis son arrivée au pouvoir en 2012.
L’agence de presse américaine Bloomberg dévoile qu’à cette occasion, le président chinois se prépare surtout à démontrer sa puissance militaire - et peut-être à attirer des acheteurs potentiels.Des missiles d’une portée de 15 000 kilomètres
Selon des analystes de l’Open Nuclear Network (ONN) de Vienne, spécialisés dans le renseignement open source et interrogés par l’agence, des images satellites d’un terrain de rassemblement pour le défilé montrent des dizaines d’armes et de systèmes de défense qui défileront très probablement dans les rues de Pékin. Les photos, prises le 9 août par un satellite d’Airbus, révèlent des véhicules blindés, des systèmes de défense aérienne, des pièces d’artillerie (y compris des lance-roquettes) et des missiles de croisière.
De plus, le parti communiste chinois se prépare à présenter ses tout derniers missiles antinavires, drones de combat et missiles balistiques à capacité nucléaire, explique Bloomberg. Parmi les autres armements visibles sur les images satellites, un analyste de l’ONN a notamment reconnu des drones d’attaque et de reconnaissance.
Bien que les autorités chinoises aient recouvert les missiles de bâches sur le site de rassemblement,...
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26/08 - "Il y a des signes inquiétants en Bourse…" : l’avertissement de Burton Malkiel, légende de Wall Street
Ni les droits de douane de Trump, ni les perspectives géopolitiques ne semblent contrarier la bonne humeur des marchés financiers. De Wall Street aux places européennes, les Bourses sont euphoriques. Le Dow Jones a atteint un sommet historique alors que Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, a laissé entrevoir une baisse imminente des taux d’intérêt. Le DAX de Francfort a lui aussi connu une hausse de 22 % depuis le début de l’année.
Mais des observateurs avertis commencent à mettre en garde contre un excès d’optimisme, alertant notamment sur le risque de bulle financière liée à l’intelligence artificielle, technologie qui provoque aujourd’hui des plus-values élevées, mais toujours des profits faibles.
Dans le New York Times, Burton G. Malkiel a fait savoir que les marchés financiers sont en train de devenir "inquiétants". A 92 ans, l’homme est une légende. Longtemps professeur à l’université de Princeton, il a publié en 1973 un classique de la finance, A Random Walk Down Wall Street, best-seller qui a popularisé les fonds indiciels. A L’Express, Burton G. Malkiel, qui est toujours actif dans Wealthfront, société de services financiers, explique les raisons de son inquiétude. Etablissant un parallèle avec la bulle Internet de la fin des années 1990, ce républicain critique aussi vertement le protectionnisme de Donald Trump et assure qu’une crise des dettes est inéluctable si les déficits publics des Etats-Unis continuent à se creuser. Mais l’économiste donne également des conseils pour...
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26/08 - Adieu à Gérard Chaliand, un "franc-tireur de la géopolitique", par Frédéric Encel
Pour la quatrième fois en à peine plus d’un an, la géopolitique française perd l’un de ses meilleurs promoteurs. Après Philippe Moreau Defarges, Barbara Loyer et François Thual, c’est mon ami Gérard Chaliand qui s’en est allé. Ce fringant nonagénaire, qui se faisait fort il y a peu encore de faire plusieurs dizaines de pompes quotidiennes et de privilégier la marche et le métro aux taxis, aura vécu une vie hors norme et contribué grandement à la connaissance géopolitique. Passionné de stratégie, doté d’un remarquable courage, il avait crapahuté sur des dizaines de théâtres conflictuels, du Vietnam à l’Amérique latine, en passant par l’Afrique subsaharienne, le Sri Lanka, le Kurdistan, ou encore le Liban. Il n’était pas de ces géopoliticiens de gradins ou d’ambassades, le terrain constituant pour lui – à juste titre – le tout premier lieu d’apprentissage et de compréhension d’un conflit dont il avait tiré enseignements.
Dans ses ouvrages, nés de ses expériences à l’étranger, il offrait d’authentiques analyses et pistes de réflexion, comme dans Voyage dans quarante ans de guérillas (Lignes de repères, 2006). Bien que docteur en sciences politiques enseignant dans plusieurs universités américaines et françaises, Gérard Chaliand n’était pas un "academic", refusant de se lier de façon pérenne à un institut, une fondation ou une équipe ; extrêmement attaché à sa liberté de ton et de réflexion, il préférait demeurer une sorte de franc-tireur de la géopolitique, ce qui ne l’empêcha pas de collaborer avec d’autres bons auteurs sur...
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26/08 - Kilmar Abrego Garcia, le Salvadorien devenu le symbole de la politique anti-migrants de Donald Trump
Lundi 25 août au matin, à Baltimore, Kilmar Abrego Garcia, 30 ans, Salvadorien installé dans le Maryland, se présente au bureau de la police de l’immigration (ICE). Les autorités veulent l’embarquer pour l’Ouganda. Quelques heures plus tard, un juge fédéral interrompt ce départ. Son nom est devenu le symbole de la politique anti-immigration de la Maison-Blanche : expulsé "par erreur" en mars vers le Salvador et envoyé au centre de confinement du terrorisme (CECOT), puis renvoyé aux Etats-Unis en juin, il était de nouveau détenu jusqu’à la semaine dernière dans le Tennessee. En cause : ce dernier est accusé d’être membre du MS-13, un gang né à Los Angeles afin de protéger les immigrés salvadoriens des autres gangs, et d’avoir aidé des migrants à rester dans le pays. Des faits qu’il conteste et pour lesquels il n’a pas été condamné.Une "erreur administrative" ?
L’histoire commence en 2012. Kilmar Abrego Garcia franchit la frontière près de McAllen, au Texas. En 2019, on l’arrête devant un Home Depot dans le Maryland. La police du comté de Prince George le catégorise comme appartenant au MS-13 en raison de ses vêtements "codés", de son apparition aux côtés d’un membre du gang et de la mention d’une source confidentielle. Lui conteste, et parle d’ouï-dire.
La même année, un juge de l’immigration annule son éloignement vers le Salvador au titre d’un risque crédible de persécution. Il est autorisé à rester. Mais en mars dernier, nouveau rebondissement : Kilmar Abrego Garcia est expulsé avec plus de 250 hommes, la plupart...
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26/08 - François Bayrou et le budget 2026 : débloquons la France ! Par Eric Chol
Le 10 septembre, nous dit-on, la colère grondera dans la rue et la radicalité l’emportera. L’emportera sur quoi ? Sur un projet de budget taxé de "dévastateur", qui viserait à faire les poches des "milieux populaires […] voués à une violence sociale sans précédent", promettent les futurs bloqueurs du pays.
Voici François Bayrou prévenu : son budget, personne n’en veut, qu’il s’agisse des 43,8 milliards d’euros économies ou des deux jours fériés supprimés. Sacrés Français, toujours aussi rétifs aux leçons d’économie, et bercés par les comptines d’une extrême gauche dont le seul slogan se résume à faire la peau des "500 fortunes qui se gavent déjà au-delà de tout ce qui a été vu depuis des générations".
Face à cette révolte organisée, le Premier ministre, déjà en sursis, a choisi de siffler la fin de la récréation, en demandant un vote de confiance le 8 septembre prochain.
Faut-il rappeler que le budget de François Bayrou a l’immense mérite, au regard des urgences du pays, d’afficher des mesures fortes et de viser peu ou prou l’ensemble des Français ?
Il signe le retour de l’austérité, rétorquent ses détracteurs. Austérité ? Celle-ci doit alors bien se cacher : avec des dépenses publiques en augmentation en 2026, il serait plus juste de parler de modération budgétaire. "Ce plan est un premier pas significatif vers le redressement, qu’il faudra poursuivre pendant trois années", relève Olivier Redoulès, directeur des études chez Rexecode. Le prix à payer pour éviter la fameuse chute de la falaise. Dette abyssale, déficit record,...
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26/08 - Si François Bayrou chute, la dissolution sera-t-elle inévitable ? La classe politique divisée
En moins de vingt-quatre heures, les Français ont basculé d’une parenthèse estivale à une rentrée politique sous haute tension. Lundi 25 août, en défendant son budget, le Premier ministre François Bayrou a créé la surprise en affirmant qu’il se soumettrait à un vote de confiance à l’Assemblée nationale – quitte à risquer son départ.
Depuis, tous les scénarios sont sur la table, avec notamment une question : Emmanuel Macron pourrait-il décider lui-même de la chute de son gouvernement afin de garder la main sur le calendrier ? Un an après que l’exécutif a renvoyé les députés devant leurs électeurs, la perspective d’une dissolution agite de nouveau déjà la majorité.Ne pas "écarter" l’hypothèse de la dissolution
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a lui-même évoqué cette possibilité ce mardi 26 août, jugeant qu’il ne fallait pas "écarter" trop vite l’hypothèse d’une dissolution. Tout en nuançant son propos : "Il vaut mieux pouvoir trouver un compromis avec les groupes politiques à l’Assemblée. La dissolution coûte cher à la France." Rappelons que, selon l’article 12 de la Constitution, ce pouvoir revient exclusivement au président de la République.
Quelques heures plus tard, les propos du maire de Tourcoing trouvaient un écho chez son chef de gouvernement : devant ses troupes, François Bayrou a reconnu que même si "le président ne la souhaite pas […] en tout état de cause, la dissolution reste une hypothèse", selon des sources concordantes citées par BFMTV.
Toujours au sein de la majorité présidentielle, Yaël Braun-Pivet,...
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26/08 - EXCLUSIF. François Bayrou s’explique : "Les Français ont le droit de se tromper, mais..."
C’est un homme qui a surpris son monde et un Premier ministre en sursis qui nous reçoit en ce début de soirée, lundi 25 août, à l’hôtel Matignon. Trois heures avant, François Bayrou a annoncé en conférence de presse qu’il solliciterait un vote de confiance lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, convoquée le 8 septembre. Il nous reçoit dans son bureau du premier étage d’où est sorti quelques minutes plus tôt un ballet d’hommes et de femmes en costume, le pas pressé, la mine affairée. Le Premier ministre, lui, paraît groggy. "Je me battrai comme un chien", assure-t-il pourtant. Et il répète : "Comme un chien". Pendant tout le temps que dure l’entretien, son téléphone tintinnabule. Messages ; appels ; pushs. Sur TF1, Olivier Faure vient d’annoncer que le PS ne voterait pas la confiance. Ce qui laisse la porte ouverte à une abstention, laisse entendre le Premier ministre [NDLR : le lendemain, le même Faure annoncera que le PS votera contre]. Avant de se raviser : "Je ne suis pas dans le marchandage ; je crois que nous sommes devant l’Histoire, vraiment."
François Bayrou l’a martelé durant sa conférence de presse, il considère que la France fait désormais face au danger immédiat du surendettement, et c’est donc sur cette double question de la gravité de la situation et de l’ampleur des efforts à consentir qu’il entend solliciter le vote de l’Assemblée sur fond, espère-t-il, de prise de conscience de l’opinion. "Nous avons quinze jours. Quinze jours pour créer un débat national sur le sujet, et...
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26/08 - Mort de "Jean Pormanove" sur Kick : le gouvernement attaque en justice la plateforme en ligne
La mort, dans la nuit du 17 au 18 août dernier, du streamer appelé Jean Pormanove avait révélé au grand public l’existence de la plateforme en ligne Kick. C’est en direct sur ce site que l’homme est décédé, après 12 jours de diffusion le montrant subissant des violences. Plusieurs actions judiciaires ont été lancées à la suite de cet épisode.
La ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, a annoncé ce mardi 26 août son intention d’attaquer en justice la plateforme australienne pour "manquement". Elle s’est exprimée à l’issue d’une réunion convoquée à Bercy avec les services de plusieurs ministères (Justice, Intérieur, Economie) et deux autorités indépendantes, reprochant à Kick d’avoir enfreint la loi sur la confiance numérique de 2004. "Kick n’a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux", a justifié la ministre.Ouverture d’une enquête par le parquet de Paris
De son côté, le parquet de Paris a également annoncé ce mardi l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Kick, en plus de celle déjà menée par le parquet de Nice pour éclaircir les circonstances du décès en direct du vidéaste Jean Pormanove.
Cette nouvelle enquête a été ouverte lundi "du chef de fourniture en bande organisée de plateforme en ligne illicite", pour déterminer notamment si Kick a diffusé "en connaissance de cause" des "vidéos d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne", a annoncé la procureure Laure Beccuau dans un communiqué.
Les enquêteurs chercheront également à déterminer si la...
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26/08 - Droits de douane : les nouvelles menaces de Donald Trump contre la Chine et l’Union européenne
Donald Trump n’en a pas fini avec les surtaxes. Le président américain a menacé lundi 25 août d’imposer de nouveaux droits de douane et des restrictions à l’exportation aux pays qui, selon lui, ciblent les entreprises technologiques américaines. Il a aussi mis la pression sur la Chine pour qu’elle augmente ses exportations d’aimants en terres rares vers les États-Unis.
"Les taxes ou la législation sur les services numériques, et les réglementations sur les marchés numériques, sont toutes conçues pour discriminer ou nuire à la technologie américaine", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Ses commentaires semblent viser les pays européens et les organisations qui ont adopté des lois réglementant le web.
L’Union européenne, par exemple, dispose de la législation sur les marchés numériques (DMA) et de la réglementation sur les services numériques (DSA), qui concernent la concurrence et la modération des contenus. Le Royaume-Uni impose également une taxe sur les services numériques. A moins que ces "mesures discriminatoires" ne soient supprimées, Donald Trump n’exclut pas d’imposer "des droits de douane supplémentaires substantiels" sur les produits de ces pays, ni d’instaurer des "restrictions à l’exportation de nos technologies et nos puces hautement protégées". "L’Amérique et les entreprises technologiques américaines ne sont plus ni la tirelire, ni le paillasson du monde ", a-t-il ajouté.
Bruxelles a répondu ce mardi, disant avoir le "droit souverain" de réglementer la tech. La Commission...
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26/08 - Antisémitisme : les "accusations d’inaction" du Premier ministre israélien "offensent la France toute entière", selon Macron
Mardi 26 août, l’armée israélienne s’est justifiée après la frappe qui a coûté, la veille, la vie à cinq journalistes dans le sud de Gaza, affirmant que les soldats visaient une caméra du Hamas.
Pendant que l’enclave palestinienne pleure ses reporters, la crise diplomatique envers Paris et Tel-Aviv s’envenime. Le président français a rendu publique une lettre au Premier ministre israélien, publiée par Le Monde, pour répondre aux accusations d’inaction en matière de lutte contre l’antisémitisme. Dans ce courrier, Emmanuel Macron dénonce une critique qui "offense" la France et exhorte Benyamin Netanyahou à mettre fin à sa "fuite en avant meurtrière" à Gaza, pointant à la fois la gravité de la situation humanitaire et le poids des responsabilités politiques.
Les infos à retenir
⇒ Journalistes tués lundi à Gaza : l’armée israélienne dit que la frappe visait une caméra du Hamas
⇒ Pour Macron, les "accusations d’inaction" du Premier ministre israélien "offensent la France toute entière"
⇒ L’ONU demande une vraie enquête sur les bombardements d’un hôpitalAntisémitisme : les "accusations d’inaction" du Premier ministre israélien "offensent la France toute entière"
Emmanuel Macron estime que les "accusations d’inaction" portées...
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26/08 - Vote de confiance : vu de l’étranger, "François Bayrou n’a pratiquement aucune chance de gagner"
Un pays qui serait "au bord du surendettement", et une volonté de "clarification". Ce lundi 25 août, à l’occasion d’une conférence de presse, François Bayrou a annoncé la tenue d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre, suscitant de vives réactions chez les partis d’opposition. "Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou", a annoncé Marine Le Pen, tandis qu’Oliver Faure voit dans cette annonce une "autodissolution".
Du côté de la presse étrangère, le regard sur la situation n’est pas moins sévère. "François Bayrou n’a pratiquement aucune chance de gagner", affirme sans ambages le quotidien belge Le Soir, tandis que le Financial Times évoque un pari politique "risqué", avec une "opposition qui se durcit". "Si Bayrou perd le vote, l’instabilité politique qui frappe la France depuis la défaite du président Emmanuel Macron aux élections anticipées l’an dernier pourrait s’aggraver, augmentant le risque d’effrayer les marchés de la dette", écrit le quotidien britannique.Une crise politique
Reuters, aussi, évoque "la chute" des actions européennes, alors que "le gouvernement minoritaire du pays semble de plus en plus susceptible d’être renversé le mois prochain", précise l’agence de presse. Et d’ajouter que le précédent gouvernement, dirigé par le Premier ministre Michel Barnier, avait également été rejeté par un vote de défiance en décembre, soulignant "l’instabilité politique persistante de la deuxième économie de la zone euro."
Pour...
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26/08 - François Bayrou pourrait-il être notre Churchill ? L’avis tranché des historiens
Ce n’est un secret pour personne, François Bayrou a pour idole historique son compatriote palois Henri IV. Lors de sa nomination en décembre, le Premier ministre a immédiatement cité ce "roi libre", en qui il voit un "grand réconciliateur". Mais après huit mois à Matignon, Bayrou doit se dire que pacifier une guerre des religions est une mince affaire comparée à l’assainissement des finances publiques dans une France post-dissolution. A défaut de pouvoir troquer une messe contre 44 milliards d’euros d’économie, le centriste se réfère de plus en plus à trois figures de gauche comme de droite : Pierre Mendès France, Winston Churchill et Georges Clemenceau.
Du trio, Mendès France est celui qui permet les comparaisons les plus évidentes, même si, quand on est un Premier ministre menacé par la censure et s'apprêtant à se soumettre à un vote de confiance, il peut sembler cocasse de prendre pour modèle un homme qui, entre 1954 et 1955, a gouverné sept mois à peine. "Mendès, c’est un mythe, mais un échec politique", résume Eric Roussel, auteur de Pierre Mendès France (Gallimard, 2007). Tous les biographes rappellent d’emblée que François Bayrou, entré en politique aux côtés de Jean Lecanuet, est issu du courant politique qui, sous l’étiquette MRP, a fini par faire chuter le gouvernement de Mendès France. "Qu’il se réclame de lui a de quoi étonner. Bayrou a toujours été un champion du centre, dans la tradition de la démocratie chrétienne, alors que le radical-socialiste Mendès a toujours été de gauche, profondément...
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26/08 - Management : pourquoi vous n’atteindrez (probablement) pas vos objectifs cette année
Un nouveau travail, dans une ambiance énergique et souriante. Au cœur du réacteur : la vente d’un logiciel, dans un secteur concurrentiel et international. Faire du chiffre, avec la liste des prospects à convaincre, complétée par un reporting quotidien. Les objectifs sont élevés, mais on y croit. Le responsable de l’équipe est confiant : les clients sont acquis, ce n’est qu’une formalité. Pourtant, après quelques semaines, en dépit d’un travail de relance harassant, les ventes sont loin d’être satisfaisantes. Les objectifs sont impossibles à tenir. Une montagne. "Est-ce moi ou l’entreprise ?" Le doute s’installe. "Je reçois de nombreuses personnes en souffrance qui se plaignent d’avoir des objectifs inatteignables. Ceux-ci se résument souvent à 'toujours plus, toujours plus vite', explique Virginie Maronne, psychologue du travail et consultante en risques psychosociaux (RPS). "Lorsqu’on parle d’objectifs, on pense spontanément aux commerciaux, car ils sont soumis à des indicateurs évidents, chiffrés : chiffre d’affaires, marge, part de marché, etc. En réalité, ils existent dans tous les métiers : marketing, R & D, logistique, fonctions supports… mais aussi dans les métiers du soin", poursuit-elle. Nous sommes tous concernés. Alors, comment y faire face ?Travail prescrit et travail réel
L’employé, lui, n’a pas la possibilité de négocier ces objectifs décidés en début d’année. Pourtant, lorsque des événements exceptionnels surviennent — l’arrivée d’un nouveau concurrent disposant d’importants moyens...
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26/08 - "Ainsi parlait Donald Trump" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Trump-Poutine : des acteurs peu convaincants
Claude Gisselbrecht, Metz (Moselle)
"Un gars fort, dur comme l’enfer"… Ainsi parlait Donald Trump, en faisant allégeance à Poutine au sommet d’Anchorage (Alaska). Des propos qui en ont surpris plus d’un et ont sans nul doute desservi l’Amérique, tant le président eut visiblement les yeux de Chimène pour Vladimir ! Quelques jours après leur rencontre dans le Grand Nord, plusieurs dirigeants européens rejoignaient la Maison-Blanche pour soutenir le président Zelensky, reçu en grande pompe par Donald Trump… Une rencontre qui, par certains côtés, faisait penser à la scène du Bourgeois gentilhomme, lorsque le garçon tailleur ne cesse de flatter Monsieur Jourdain à grands coups de "Mon gentilhomme", "Monseigneur" et "Votre Grandeur" ! La suite ? Un sommet trilatéral ou quadrilatéral ? Vaste programme, avec des metteurs en scène et des acteurs pas toujours convaincants, soufflant en permanence le chaud et le froid… Jusqu’au baisser de rideau ? (L’amateur contre le maître : les trois leçons du sommet Trump-Poutine, L’Express du 21 août.)L’impôt dans l’Antiquité
Inès Garcia de la Rosa, Berlin (Allemagne)
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre numéro consacré aux leçons de l’Antiquité, mais je souhaitais revenir sur la question des inégalités. D’un côté, vous soulignez, à travers l’exemple des civilisations antiques, l’importance du consentement à l’impôt. De l’autre, vous semblez minimiser la pertinence d’une taxation plus importante des plus riches, comme avec la taxe Zucman....
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26/08 - François Bayrou fait le pari du vote de confiance : et maintenant ?
"J’ai demandé au président de la République, qui l’a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre", et "j’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale". Ce lundi 25 août, le Premier ministre François Bayrou a indiqué vouloir demander un vote de confiance, une mesure prévue par l’article 49 de la Constitution de 1958 et mobilisée 41 fois depuis ses débuts. Mais que signifie-t-elle ? L’Express fait le point.Pourquoi ce vote de confiance ?
La France traverse "un moment d’hésitation et de trouble" qui "impose une clarification", a déclaré lundi le Premier ministre lors d’une conférence de presse de rentrée. Cette "clarification" passera donc par un vote de confiance qu’il demandera à l’Assemblée nationale le 8 septembre, pour valider le principe d’un effort de près de 44 milliards d’euros de réduction du déficit.
Le 15 juillet 2025, François Bayrou avait en effet présenté les grandes orientations de budget de l’année à venir, déplorant que la France, depuis 50 ans, vive en déficit. "En 2029, si nous ne changeons rien, la part des dépenses publiques [pour rembourser la dette] serait de 100 milliards d’euros", avait-il déclaré, avant de décliner plusieurs mesures très critiquées pour y pallier, comme la suppression de deux jours fériés ou le gel des prestations sociales et des pensions.
Lundi, le Premier ministre a de nouveau insisté sur l’urgence, dépeignant un sombre tableau de la situation de "surendettement" de la France. Et il a...
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26/08 - L’Australie accuse l’Iran d’avoir orchestré deux attaques antisémites sur son territoire
Le gouvernement australien a annoncé mardi 26 août expulser l’ambassadeur d’Iran à Canberra, accusant le pays d’être impliqué dans des attaques antisémites à Melbourne et à Sydney, une première en Australie depuis la Seconde Guerre mondiale. Canberra a également suspendu les activités de son ambassade à Téhéran, et rappelé son propre ambassadeur.
Les services de renseignement du pays sont parvenus à la "conclusion profondément troublante" selon laquelle l’Iran aurait orchestré au moins deux attaques antisémites fin 2024, a déclaré le Premier ministre australien Anthony Albanese, lors d’une conférence de presse. "L'accusation qui a été portée est catégoriquement rejetée", a réagi peu après le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d'un point de presse hebdomadaire, ajoutant que "toute mesure inappropriée et injustifiée au niveau diplomatique entraînera une réaction de rétorsion". Sept jours pour quitter le pays
Les autorités australiennes ont déclaré "persona non grata" l’ambassadeur Ahmad Sadeghi, et lui ont donné, ainsi qu’à trois autres diplomates iraniens, sept jours pour quitter le pays, a précisé de son côté la ministre des Affaires étrangères Penny Wong. En dépit de la suspension des activités de son ambassade à Téhéran, l’Australie n’entend pas cesser complètement ses relations diplomatiques avec l’Iran, afin de défendre les intérêts de ses citoyens, a assuré Penny Wong. Mais la ministre a indiqué que la capacité de Canberra à fournir une assistance consulaire était désormais...
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26/08 - Emmanuel Macron, le grand récit du macronisme : les gilets jaunes et la confrontation au réel
Dans ce deuxième épisode de la série, Laureline Dupont, directrice adjointe de L’Express, et Eric Mandonnet, rédacteur en chef du service Politique, racontent comment le mouvement a changé la trajectoire du quinquennat.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : BFMTV, France 3, Le Monde, Euronews, INA, France Info, Facebook, Charente Libre, Elysée, Radio J, AFP, Public Sénat
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Crédits image : AFP
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Le 24 janvier 2019, en fin de journée, Bourg de Péage dans la Drôme reçoit un invité surprise : Emmanuel Macron. En déplacement dans le département, il vient participer à un débat citoyen, comme ceux qui sont organisés partout en France. Il y a une semaine, le président avait lancé cette grande consultation en Normandie, entouré d’élus, pour apaiser les tensions qui durent depuis près de deux mois. Cette fois, il se retrouve face aux Français, sans intermédiaire.
Le président de la République s’installe sur l’une des chaises installées en cercle au milieu de 200 personnes. A côté de lui, un des participants porte même son gilet jaune. Pendant plus de 3 heures, il va écouter et répondre à toutes les questions.
Avec les...
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26/08 - Suppression de jours fériés : le sacrifice ? Oui, à condition qu’il soit fait par les autres !
La France a besoin des crises qui suivraient la chute du gouvernement Bayrou comme d’un infarctus du myocarde. Mais laissons, et revenons sur la fameuse perte de deux jours fériés qui aura alimenté la menace brandie dès la première seconde : c’est l’annonce de cette réforme qui aura tenu lieu de catalyseur en plus que de justificatif pour les forces politiques avides de censure et ravies de trouver là l’occasion de satisfaire leur aimable clientèle.
L’actuel projet de budget n’est sans doute pas parfait, mais concédons-lui de n’être pas aveugle sur la nécessité d’amputer le moins possible le pouvoir d’achat des salariés. Le fait est qu’il est donc cohérent et raisonnable à leur demander seulement de donner un peu de temps à la nation. Mais non… Là est "la goutte d’eau", le point atroce du "musée des horreurs", le fond du fond de l’inacceptable.
L’ampleur de la réaction suscitée par cette idée en dit long sur l’évolution – suicidaire – de notre rapport au travail, mais prenons les choses comme elles sont : puisqu’il nous est plus difficile de renoncer à ne rien faire pendant deux jours qu’il ne l’était à nos arrière-grands-parents d’aller se faire étriper à Verdun, c’est bien que, dans les têtes, il est ici question de nous imposer un véritable sacrifice.
Ce n’est pas un petit paradoxe parce que le sacrifice émeut les Français. Personne ne dispute au colonel Arnaud Beltrame sa place de héros national pour avoir proposé à un terroriste islamiste de le prendre lui-même en otage à la place d’une femme et d’y avoir laissé sa...
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26/08 - Vote de confiance : les députés ont "13 jours" pour choisir entre "le chaos" ou "la responsabilité", plaide François Bayrou
Les jours de François Bayrou à Matignon sont-ils comptés ? Le Premier ministre a annoncé lundi 25 août, lors d’une conférence de presse, qu’il se soumettrait le 8 septembre prochain à un vote de confiance à l’Assemblée nationale, dans l’espoir de faire adopter ensuite son plan d’économies budgétaires. "Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe", a-t-il lui même expliqué après son annonce surprise. Les premières réactions ne laissent guère de place au doute : les oppositions, du RN à LFI en passant par les socialistes et les écologistes, ont unanimement fait savoir qu’elles comptaient voter contre la confiance.
Les infos à retenir
⇒ Bayrou prêt à demander "un effort spécifique" aux plus hauts revenus
⇒ Les députés ont "13 jours" pour choisir entre "le chaos" ou "la responsabilité
⇒ "Il ne faut pas écarter" l’hypothèse d’une dissolution, dit Gérald Darmanin
20h43En cas de dissolution, un accord programmatique avec LFI n’est "pas concevable", estime Boris Vallaud
En cas de dissolution de l’Assemblée, un accord programmatique entre le PS et LFI tel que celui négocié avec le NFP en 2024 "ne paraît pas concevable", estime le chef des députés socialiste Boris Vallaud dans Libération. La question se posera en revanche "circonscription par circonscription" pour faire barrage à l’extrême droite. Le patron des députés PS précise que "vu la situation du pays, nous n’espérons pas la dissolution" que souhaite le Rassemblement national.
Mais "s’il y a une dissolution,...
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26/08 - "On a une proposition à vous faire" : 9 juillet 2024, quand le NFP a échoué à former un gouvernement
Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.
EPISODE 1 - "Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s'est installée
EPISODE 2 - RN, été 2024 : l’appartement secret où Marine Le Pen et Jordan Bardella ont imaginé leur gouvernement
EPISODE 3 - François Mitterrand : en décembre 1987, son échappée secrète au mont Sinaï
EPISODE 4 - Jacques Chirac, le complot de la rue Vaneau : cette liaison que ses conseillers lui intiment de cesser
Mardi 9 juillet 2024, au sud du Xe arrondissement de Paris. Il est 19 heures quand les taxis de la capitale et autres chauffeurs attitrés se succèdent devant l’hôtel l’Echiquier Opéra Paris MGallery. Qu’importent la déco Belle Epoque et ses chambres marquetées comme d’authentiques appartements parisiens, les voyageurs sans valise n’y passeront pas la nuit. Ils sont là pour bavasser affaires, parler de la France, et pas n’importe laquelle : la France...
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26/08 - Vote de confiance : les partis d’opposition prêts à faire tomber le gouvernement Bayrou
C’est un pari périlleux, qui semble se diriger vers la fin du gouvernement. Alors que François Bayrou va solliciter le 8 septembre la confiance de l’Assemblée nationale pour faire adopter son plan d’économies budgétaires, les partis d’opposition ont unanimement déclaré vouloir s’y opposer.
"François Bayrou n’a visiblement pas compris que les Français ont pleinement conscience de la crise économique et financière… Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou", a d’abord dégainé Marine Le Pen, la cheffe de file des députés RN, estimant sur le réseau social X que "seule la dissolution permettra désormais aux Français de choisir leur destin." Jordan Bardella, le président du parti, a également affirmé que le Rassemblement national "ne votera jamais la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir les Français".
François Bayrou vient d’annoncer la fin de son gouvernement, miné par son immobilisme satisfait.
Jamais le RN ne votera la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir le peuple français.
Nos compatriotes attendent une alternance et un retour aux urnes: nous y…— Jordan Bardella (@J_Bardella) August 25, 2025Une victoire de "la mobilisation populaire"
A gauche aussi, les critiques n’ont pas attendu. Si La France insoumise réclamait que François Bayrou se soumette au vote des députés depuis son arrivée à Matignon en décembre dernier, Jean-Luc Mélenchon se félicite aujourd’hui que le Premier ministre "accepte de se soumettre à la démocratie...
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26/08 - Spotify : qui sont les artistes les plus écoutés dans chaque pays ? Notre infographie interactive
Sur les sept premiers mois de l'année 2025, une artiste règne en maître sur la plateforme Spotify : il s'agit évidemment de la chanteuse américaine Taylor Swift, la plus écoutée d'après le géant du streaming. Mais sur l'année 2024, la reine de la pop n'arrive en tête du classement que dans deux pays : l'Allemagne et les Etats-Unis, son pays d'origine. De manière générale, le Top 50 des titres les plus écoutés l'année dernière est composé en majorité d'artistes locaux plutôt que d'artistes étrangers. Dans l'Hexagone, trois rappeurs français occupent ainsi le podium : la star marseillaise Jul, Ninho et Werenoi, leader des ventes d'albums depuis deux ans et disparu brutalement au printemps dernier.
Mais il existe des exceptions : en Espagne, où la musique latino-américaine bénéficie d'un grand rayonnement, le podium est composé de deux artistes portoricains et d'un Colombien. Seule la moitié des cinquante artistes les plus écoutés au-delà des Pyrénées sont espagnols, une étrangeté si l'on compare avec ses voisins européens. Les pays où la musique "locale" fonctionne le mieux sont les Etats-Unis, l'Inde et le Brésil. View this post on Instagram
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Pour découvrir le podium dans chacun des pays étudiés dans notre dossier, ainsi que la répartition entre artistes locaux et étrangers dans le Top 50, cliquez sur la bulle de chaque pays dans l'infographie suivante.
Cette projection permet de mettre en évidence des similitudes régionales importantes. En Europe et...
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26/08 - Donald Trump limoge une gouverneure de la Fed, un coup de pression sans précédent
La guerre ouverte entre Donald Trump et la Réserve fédérale a franchi un nouveau cap lundi 25 août, avec l’annonce par le président américain du limogeage "immédiat" d’une gouverneure de la Fed Lisa Cook, sur des allégations de fraude pour un prêt immobilier personnel. Ce renvoi accentue encore davantage la pression sur la Banque centrale américaine, une institution indépendante.
Dans une lettre de la Maison-Blanche signée de sa main et qu’il a publiée sur son réseau Truth Social, le président américain a écrit à l’intéressée qu’elle était "limogée de son poste au Conseil des gouverneurs, avec effet immédiat". "J’ai déterminé qu’il y avait suffisamment de raisons pour vous renvoyer de votre poste", a insisté le président, en principe contraint juridiquement dans ce domaine.
Le milliardaire républicain a fait de la Fed et plus particulièrement de son président Jerome Powell sa bête noire en raison de sa réticence à baisser les taux. Vendredi, Donald Trump avait prévenu qu’il était disposé à "virer" Lisa Cook si elle ne démissionnait pas elle-même, alors qu’elle est accusée par un proche du président d’avoir falsifié des documents pour obtenir un prêt immobilier. Il avait déjà pressé cette femme afro-américaine, la première à un poste de gouverneure de la Fed, à partir."Pas intimidée"
Nommée en 2022 par le président d’alors Joe Biden (2021-2025), ancienne collaboratrice de Barack Obama (2009-2017) Lisa Cook est sous pression de la Maison-Blanche depuis plusieurs jours. Le responsable de l’Agence de financement du logement...
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26/08 - "La France n’échappera pas à des mesures de redressement financier" : l’alerte de Stéphane Boujnah, patron d’Euronext
Il fait partie de cette poignée de grands patrons qui osent prendre la parole pour contribuer au débat public. Il faut dire que Stéphane Boujnah, à la tête de la plateforme boursière paneuropéenne Euronext, a aussi un passé en politique – il a conseillé le ministre Strauss-Kahn à Bercy entre 1997 et 1999 – et une grande appétence pour l’Histoire, dont il tire volontiers des enseignements. Il nous rappelle ainsi qu’en d’autres temps, en 1958, en 1983, la France a su reprendre son destin en main et décider des remèdes nécessaires au rétablissement de sa santé financière. Un exemple à suivre, plutôt que de se voir imposer des réformes douloureuses par nos créanciers, comme l’ont expérimenté la Grèce ou le Portugal.
"Il est tard, mais pas trop tard" et les mesures préconisées par François Bayrou vont dans la bonne direction. Auprès de L’Express, Stéphane Boujnah livre sa vision sans fard de la situation tricolore, des menaces qui pèsent sur notre pays et des solutions à notre portée. Et rêve d’un monde idéal où le futur l’emporte sur le présent et dans lequel, "au lieu de regarder les urnes, on regarde les berceaux".
L’Express : Le Premier ministre a annoncé lundi 25 août qu’il demanderait un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain. Jusqu’à présent, il avait joué la carte du discours de vérité aux Français, en présentant dès mi-juillet les grandes lignes de ses ambitions pour le budget 2026 et en communiquant activement, dans les médias et en direct, dans des vidéos. Que pensez-vous de la méthode...
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25/08 - Israël : la fronde des juifs ultraorthodoxes contre la conscription s’installe et met l’Etat à l’épreuve
Samedi 23 août, Benny Gantz, le chef d’un parti d’opposition en Israël, a jeté un pavé dans la mare. Il a invité Benyamin Netanyahou, Yaïr Lapid et Avigdor Lieberman à s’asseoir autour d’une même table pour constituer, sans l’extrême droite, un gouvernement temporaire axé sur une priorité : rapatrier l’ensemble des otages de Gaza. Une proposition que les intéressés n’ont, pour l’heure, pas commentée.Recherche de majorité au parlement
Depuis le départ, en juillet, des partis ultraorthodoxes ashkénazes, Benyamin Netanyahou ne dispose plus de majorité absolue et dépend d’alliés d’extrême droite hostiles à toute transaction avec le Hamas et partisans d’une guerre jusqu’à "l’anéantissement" du mouvement à Gaza.
C’est dans ce contexte que Benny Gantz (du parti de centre droit, Union nationale) appelle à une coalition inédite avec Yaïr Lapid (du parti centriste et laïc Yesh Atid) et Avigdor Lieberman (chef du parti nationaliste et laïc, Israël Beiteinou). Au total, ces trois partis réunis, ajoutés au Likoud, celui du Premier ministre, représenteraient une majorité de 72 députés sur 120 au Parlement.
L’idée de Benny Gantz ne vise pas seulement les otages. Dans son plan, ce gouvernement provisoire ferait ensuite voter une loi claire sur le service militaire incluant les haredim, également appelés les juifs ultraorthodoxes. Autrement dit : il devra régler le principal point de tension du moment, la loi sur la conscription des haredim, que la coalition actuelle n’arrive pas à trancher.54 000 convocations envoyées
Pendant des...
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25/08 - Victor Le Masne, créateur de l’hymne des JO : "Mozart aurait fait des choses incroyables avec l’IA"
Les Jeux olympiques ont changé sa vie. Le compositeur et arrangeur Victor Le Masne était le grand ordonnateur de la musique qui a rythmé les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux de Paris 2024. Parade, l’hymne officiel de l’événement, est même devenu un succès planétaire. Une année s’est écoulée, et Victor Le Masne s’est de nouveau assis devant son clavier pour réinventer Ravel dans un album qui sort cet automne, enregistré avec l’orchestre philharmonique de Berlin. Celui qui a fait danser la planète il y a un an revient pour L’Express sur les révolutions technologiques qui secouent le secteur de l’industrie musicale, du streaming à l’intelligence artificielle (IA).
L'Express : Il y a un an presque jour pour jour, des millions d’individus partout sur la planète chantaient, dansaient sur Parade, la musique d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Ce succès planétaire a-t-il changé la vision du monde sur la création musicale française ?
Victor Le Masne : Je l’espère, car c’était le but ! Et ce n’est pas seulement la musique française qui en a bénéficié, parce que bien d’autres domaines artistiques étaient représentés lors de cette cérémonie d’ouverture. Mais si on ne parle que de ma chapelle, mon rôle en tant que compositeur et directeur musical était de mettre en avant le répertoire français. Chaque artiste, de Lady Gaga à Céline Dion, avait cette feuille de route. Même lors de la cérémonie de clôture, où la musique électronique a été mise à l’honneur, les artistes français ont joué des productions françaises. Ma...
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25/08 - IA sur smartphone : pourquoi Elon Musk porte plainte contre OpenAI et Apple
Deux semaines après avoir menacé de porter plainte contre Apple et Open AI, le milliardaire américain est passé aux actes. Le réseau social X et la start-up xAI, entreprises d’Elon Musk, accusent désormais officiellement dans une plainte Apple et OpenAI (qui détient Chat GPT) d’avoir formé une alliance illégale pour entraver la concurrence sur le marché de l’intelligence artificielle (IA) générative sur les smartphones.
Dans la plainte déposée ce lundi 25 août devant une cour fédérale au Texas, Elon Musk affirme que le fabricant de l’iPhone et l’éditeur de ChatGPT se sont mis d’accord pour intégrer l’assistant IA sur les produits Apple (iPhone, iPad, Mac…), tout en bloquant des rivaux comme Grok, l’assistant IA de xAI sur l’Apple Store.Le puissant partenariat d’Apple et OpenAI
"C’est l’histoire de deux monopoles qui unissent leurs forces pour assurer leur domination continue dans un monde désormais propulsé par la technologie la plus puissante jamais créée par l’humanité : l’intelligence artificielle", indique la plainte en guise d’introduction. Elon Musk est lui-même cofondateur d’OpenAI, qu’il a ensuite quitté pour désaccord avec la gestion interne de l’entreprise.
X et xAI affirment qu’Apple détient 65 % du marché des smartphones aux États-Unis, tandis qu’OpenAI contrôlerait au moins 80 % du marché des assistants d’IA générative grâce à ChatGPT. Apple et OpenAI ont annoncé leur partenariat en juin 2024, intégrant l’assistant IA à certaines fonctionnalités de l’iPhone, notamment son assistant vocal Siri.Manipulation...
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25/08 - François Bayrou, le vote de confiance pour contourner la censure : décryptage d’une astuce politique
Au sein du gouvernement, l’étude psychologique de François Bayrou est un jeu populaire. Le Béarnais est-il prêt à toutes les concessions pour rester en poste ? Pourrait-il sacrifier Matignon au nom de ses convictions budgétaires ? Le Premier ministre a apporté ce lundi 25 août une amorce de réponse à cette lancinante question. Il a annoncé qu’il engagerait le 8 septembre la "responsabilité du gouvernement" devant l’Assemblée nationale pour trancher la "question centrale" de "la maîtrise de nos finances" et valider le principe de son plan d’économies budgétaires de 44 milliards d’euros. En cas d’échec, il tombera.
"Immobilisme", "content d’être là"… François Bayrou s’est toujours agacé des traits de caractères prêtés par ses contempteurs. Le voici à l’initiative, avec une stratégie en deux temps. Un premier vote - un "accord minimal" - sur l’urgence budgétaire. Puis, en cas de succès, une négociation sur le contenu précis du plan dont l’architecture idéologique aurait été validée. "Très bien joué, note un pilier Renaissance. S’il tombe, il tombe sans abîmer le budget. S’il ne tombe pas, c’est bon pour son budget." "Cela ne manque pas de panache, abonde un conseiller de l’exécutif. Cela ne changera rien au fond, mais il choisit l’heure de sa mort."Accueil glacial
François Bayrou avait entrepris une vaste opération de séduction de l’opinion publique cet été autour de son budget, entre points presse et podcasts. En vain. Le chef du gouvernement assume cette fois la confrontation avec les députés. "Chacun va être placé devant...
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25/08 - Gaza : ce que l’on sait sur les cinq journalistes tués dans des frappes israéliennes sur un hôpital
Cinq journalistes ont été tués ce lundi 25 août dans des frappes israéliennes sur un hôpital du sud de la bande de Gaza. L’attaque, qui a eu lieu au matin dans la zone de l’hôpital Nasser, à Khan Younès, a fait au moins 20 morts, rapporte la Défense civile du territoire palestinien.
L’armée israélienne a annoncé l’ouverture d’une "enquête", en reconnaissant avoir mené "une frappe dans la zone de l’hôpital Nasser" qui ne visait pas les journalistes "en tant que tels". Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’a, pour l’heure, pas fait de commentaires sur les frappes. En revanche, l'ONU a exhorté que les hôpitaux et les journalistes ne doivent "pas être des cibles" et dénonce une absence de réaction internationale "choquante". Emmanuel Macron, pour sa part, a dénoncé des frappes "intolérables", et appelé Israël à "respecter le droit international".
La chaîne qatarie Al Jazeera, les agences de presse canado-britannique Reuters et américaine Associated Press, ont chacune déploré la mort d’un collaborateur dans cette frappe, exprimant choc et tristesse. Le syndicat des journalistes palestiniens et la Fédération International des Journalistes (IFJ) ont identifié les deux autres victimes : Moaz Abou Taha, journaliste travaillant pour NBC news, et Ahmad Abou Aziz. Selon l’AFP, ce dernier travaillait pour des médias palestiniens et internationaux.Un des seuls hôpitaux encore partiellement fonctionnels
Au départ, un premier bilan a fait état de la mort de quatre journalistes après la frappe sur l’hôpital...
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25/08 - "Un nouveau choc politique serait dramatique" : le budget 2026 passé au crible par Emmanuelle Auriol
Distinguée dans le monde entier pour ses travaux en économie, Emmanuelle Auriol est l’une des figures de l’école toulousaine présidée par le Prix Nobel Jean Tirole. Face à l’extrême dégradation de nos finances publiques, elle met en garde sur les conséquences qu’un énième refus d’obstacle pourrait avoir sur l’épargne des Français.
L’Express : François Bayrou parle de "dernière station avant la falaise", de "moment de vérité", de "menace grave et imminente". La France est-elle vraiment, sur le plan de ses finances publiques, à la croisée des chemins ?
Emmanuelle Auriol : Le Premier ministre n’a pas tort de présenter la situation sous cet angle. L’heure est grave car le déficit budgétaire n’a fait que se creuser ces dernières décennies, aucun gouvernement n’a su le maîtriser. Cela signifie que notre dette augmente d’année en année. En 2023, la charge de la dette, qui comprend les remboursements du capital arrivant à échéance et les intérêts, représentait 31 euros sur 1 000 euros d’impôts payés par les contribuables. L’équivalent du budget de la défense. Ce fardeau écrasant menace de nous faire perdre la confiance des investisseurs qui nous financent, au risque de provoquer une crise redoutable, avec des conséquences à la grecque.
Avant d’en arriver là, les Français doivent prendre conscience que leur pays ne peut pas vivre en permanence au-dessus de ses moyens. S’endetter pour financer des dépenses de fonctionnement est suicidaire. La dette doit financer l’investissement. Or, la France, aujourd’hui, danse au bord du...
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25/08 - Vote de confiance, 49.3, "Bloquons tout"… Ce qu’il faut retenir de l’allocution de François Bayrou
Le Premier ministre François Bayrou a défendu son projet de budget à 44 milliards d’économies ce lundi 25 août à l’occasion d’une conférence de presse, sur fonds d’appels à bloquer la France par une grève générale le 10 septembre prochain.
Depuis l’annonce en juillet dernier de 43,8 milliards d’euros d’économies via de nombreuses mesures (année blanche fiscale, gel des pensions et prestations sociales, suppression de deux jours fériés à laquelle s’opposent 84 % des Français selon un sondage Odoxa pour Le Parisien) le Premier ministre fait également face à une menace de censure brandie par la gauche et le Rassemblement national.
Dans ce contexte, le Premier ministre a annoncé une "clarification" dans un "moment décisif" : François Bayrou sollicitera la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre, abattant une nouvelle carte pour faire accepter son plan d’économies.Un "vote de confiance" le 8 septembre
François Bayrou a indiqué que la date du 8 septembre avait déjà été acceptée par Emmanuel Macron.
"J’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement, sur une déclaration de politique générale en accord avec l’article 49.1 de la Constitution" a-t-il poursuivi. Ce texte prévoit que "le Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, engage devant l’Assemblée nationale la responsabilité du gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale".
Ce vote de confiance "aura pour objet de poser explicitement la question centrale, savoir s’il y a bien...
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25/08 - Vols perturbés, GPS brouillés… Face à la guerre des ondes lancée par la Russie, la stratégie des pays baltes
D’abord anecdotique, la guerre des ondes menée par la Russie contre les Pays Baltes devient une véritable nuisance, voire un danger pour la sécurité des civils européens. Ces derniers mois, les Pays Baltes accusent de plus en plus ouvertement la Russie d’être responsable d’une forte augmentation des interférences radio et satellitaires, rapporte l’agence de presse américaine Bloomberg.
La preuve, selon eux, que la Russie stationne d’importantes quantités de matériel de guerre électronique à la lisière de l’Union européenne. Car depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par les forces de Vladimir Poutine en février 2022, "la région de la mer Baltique a enregistré un brouillage étendu des signaux, notamment du système de positionnement global (GPS), ce qui a perturbé les communications aériennes et maritimes", rapporte l’agence.85 % des vols touchés en Estonie
La situation s’est considérablement aggravée ces derniers mois, selon les autorités baltes. Selon l’Estonie, 85 % des vols du pays subissent désormais des perturbations, voire la transmission volontaire de mauvaises coordonnées géographiques, une pratique aussi appelée spoofing. La Lituanie rapporte elle aussi une flambée des brouillages GPS depuis le mois dernier.
Les autorités de Riga (capitale de la Lettonie) pensent quant à elles que Moscou a déployé du matériel dans la région frontalière de Pskov, selon la télévision publique citée par Bloomberg. Certains dispositifs de guerre électronique pourraient même être installés sur des navires de guerre en mer...
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25/08 - Budget 2026 : Olivier Faure juge "inimaginable que les socialistes votent la confiance à François Bayrou"
François Bayrou joue sa crédibilité. Son projet de budget, qui prévoit 44 milliards d’euros d’économies, est au cœur de la rentrée politique, sous la menace d’une censure parlementaire et des appels syndicaux à "bloquer le pays" le 10 septembre.
Ce lundi 25 août, le chef du gouvernement a défendu son plan en conférence de presse à l’avenue de Ségur, son désormais quartier général budgétaire, déjà théâtre de ses présentations d’avril et du 15 juillet. Objectif pour le Premier ministre : persuader l’opinion du bien-fondé de sa feuille de route et de l’inévitable nécessité de réduire la dette française via son plan d’économies drastiques. Pour ce faire, il a annoncé qu’il se soumettra au vote de confiance de l’Assemblée nationale, qui aura lieu le 8 septembre à la suite d’un discours de politique générale.
Il coupe ainsi l’herbe sous le pied à LFI et au Rassemblement National, qui avaient annoncé déposer sous peu une motion de censure. Depuis cette annonce, les réactions pleuvent parmi les oppositions, qui promettent de voter "contre la confiance" au gouvernement.
Les infos à retenir
⇒ François Bayrou a donné une conférence de presse sur le budget 2026
⇒ Un vote de confiance a été demandé par le Premier ministre
⇒ Les "députés insoumis voteront pour faire tomber le gouvernement"
20h05Bayrou s’exprimera devant la CFDT mardi
François Bayrou sera en déplacement mardi à l’université syndicale d’été de la CFDT, où il devrait prendre la parole. Depuis la présentation des principales orientations du budget, mi-juillet, la tension monte...
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25/08 - Un an après son arrestation, le patron de Telegram Pavel Durov critique l’enquête française qui le vise
Le 24 août 2024, son arrestation à l’aéroport du Bourget, près de Paris, faisait grand bruit. Un an plus tard, Pavel Durov, fondateur de Telegram, a critiqué dans un message sur son canal officiel l’enquête française le visant, qui selon lui "peine toujours à établir une quelconque irrégularité".
"Il y a un an, la police française m’a placé en garde à vue pendant quatre jours parce que certaines personnes dont je n’avais jamais entendu parler utilisaient Telegram pour commettre des infractions", a lancé dans un message publié dimanche soir cet homme aux multiples nationalités, né en Russie et âgé de 40 ans. "Un an plus tard, l''enquête criminelle' menée contre moi peine toujours à établir une quelconque irrégularité de ma part ou de la part de Telegram", a souligné cet homme richissime.
"Arrêter le fondateur et dirigeant d’une grande plateforme pour les agissements de ses utilisateurs n’était pas seulement inédit — c’était juridiquement et logiquement absurde", a-t-il encore ajouté, assurant une fois de plus que "nos pratiques de modération sont conformes aux normes du secteur, et Telegram a toujours répondu à toutes les demandes juridiquement contraignantes de la France".
Comme il le fait depuis un an, le patron de Telegram a estimé que c’était "une erreur de la police elle-même", qui "n’adressait aucune de ses demandes à Telegram via la procédure légale requise", qui lui vaut ses poursuites en France, et non des manquements à ses obligations de modération. Et d’ajouter : "Elle aurait pu connaître la procédure à...
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25/08 - Guerre en Ukraine : l’Allemagne réclame des "garanties de sécurité fiables" pour la paix
Les espoirs d’une éventuelle paix entre Ukraine et Russie se sont amenuisés ces derniers jours, alors que Moscou a exclu vendredi dernier l’organisation immédiate d’un sommet avec Kiev. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a ensuite dénoncé dimanche la position de Volodymyr Zelensky qui, a-t-il martelé, "s’entête, pose des conditions, réclame coûte que coûte" une rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine. Cela, alors que le président ukrainien a affirmé le même jour qu’une telle rencontre constituait le moyen "le plus efficace pour avancer" vers la paix.
Les infos à retenir
⇒ Berlin réclame des "garanties de sécurité fiables" pour la paix en Ukraine
⇒ Moscou et Kiev ont échangé 146 prisonniers de guerre
⇒ L’armée russe progresse dans la région de DnipropetrovskLe président polonais met son veto à une loi prolongeant les aides aux réfugiés ukrainiens
Le nouveau président nationaliste polonais Karol Nawrocki a opposé lundi son veto à un projet de loi prolongeant les aides aux réfugiés ukrainiens vivant en Pologne, proposant de les limiter aux Ukrainiens ayant un emploi. Ces aides "devraient être réservées uniquement aux Ukrainiens qui s'appliquent à travailler en Pologne", a-t-il déclaré à la presse.
Après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, la Pologne a accueilli plus d'un million de réfugiés ukrainiens, principalement des femmes et des enfants. Le projet de loi, proposé par le gouvernement pro-européen et adopté par le Parlement, prévoyait le prolongement des aides dont...
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25/08 - Qui est Charles Kushner, l’ambassadeur américain à Paris qui donne des leçons à la France ?
Cheveux poivre et sel en brosse et petits yeux affables, l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, s’expose à un rappel à l’ordre au quai d’Orsay. Ce lundi 25 août, le ministère des Affaires étrangères le convoque après ses critiques qui ont provoqué la colère de Paris : Emmanuel Macron ne ferait "pas assez" contre l’antisémitisme. Dans une lettre au président obtenue par l’AFP, Charles Kushner exprime "sa profonde inquiétude face à la flambée de l’antisémitisme en France et à l’absence d’action suffisante de [son] gouvernement pour le combattre", rejoignant les accusations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Des propos jugés "inacceptables" par Paris, qui les "réfute fermement".
Sans surprise, Charles Kushner, 71 ans, ne cesse de vanter les actions du président Trump et affirme que l’antisémitisme peut être combattu "tant que nos dirigeants ont la volonté d’agir". Et pour cause : celui qui occupe le poste depuis mai 2025 est le père de Jared Kushner, le mari d’Ivanka Trump, la fille aînée du président américain. Alors que sa nomination avait été approuvée par le Sénat à majorité républicaine le 19 mai, par 51 voix contre 45, l’Américain originaire du New Jersey ne dispose d’aucune expérience sur le plan diplomatique, ayant fait fortune dans l’immobilier en fondant sa société Kushner Companies en 1985.
Mais l’homme d’affaires est également connu pour ses démêlés avec la justice. En 2005, il plaidait coupable de 18 chefs d’inculpation, dont fraude fiscale, subornation de témoins et contributions...
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25/08 - Quand le diplôme masque l’inexpérience, par Julia de Funès
Cet été, en me laissant manipuler par un ostéopathe bardé de diplômes, je ne pensais pas seulement à mes vertèbres mais à la colonne vertébrale désormais désaxée de nos métiers. Les murs de son cabinet étaient tapissés de certificats attestant de formations et de spécialisations. Mais dans la pratique : gestes hésitants, diagnostic incertain, expérience mince. Le contraste était frappant, et le paradoxe saisissant.
Jadis, l’apprentissage des métiers manuels se faisait au contact de la matière, par répétition et correction patientes. Aujourd’hui, collectionner les diplômes semble être la priorité absolue. Il faut désormais une attestation pour masser, un agrément pour guider une séance de yoga, une certification pour pratiquer la sophrologie — comme si l’expérience du geste devait d’abord passer par l’administration avant de passer par la main. Le praticien n’est plus tant reconnu pour ce qu’il fait que pour le papier qui atteste de sa capacité à le faire, au risque de perdre le rapport immédiat et concret avec la chose.
A l’inverse, de nombreux métiers théoriques – ceux qui devraient convoquer la pensée exigeante – se contentent désormais de "pratiques". Philosophie, psychologie, littérature : tout un univers qui s’autorise parfois à délivrer des méthodes efficaces, sans être passé par l’exigence du concept. Le philosophe devient "praticien", le psychologue se mue en "conseiller bien-être", l’apprentissage de la littérature en "atelier d’écriture créative". On multiplie les outils, mais on s’exempte du travail lent et...
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25/08 - Déploiement de la Garde nationale : le bras de fer entre Donald Trump et les démocrates continue
Les démocrates américains ne cessent d’afficher leur colère. Ils ont accusé, dimanche 24 août, Donald Trump de "fabriquer des crises" afin de justifier l’envoi de militaires de la Garde nationale dans plusieurs grandes villes dirigées par l’opposition, que le président républicain décrit comme "rongées" par la criminalité. À 79 ans, le chef d’État conservateur applique à marche forcée son programme sécuritaire et anti-immigration. Dernière menace en date : dépêcher des "troupes" à Baltimore, dans l'Etat du Maryland gouverné par un démocrate. L’ancien magnat de l’immobilier a également brandi la possibilité d’envoyer des forces fédérales à Chicago, troisième ville la plus peuplée du pays, puis à New York, première mégapole américaine.
Des milliers de gardes nationaux et de Marines ont déjà été déployés en juin dernier à Los Angeles, puis depuis le 12 août à Washington. La capitale accueille déjà plus de 1 900 réservistes, envoyés par des Etats républicains, ainsi que des policiers d’agences fédérales comme le FBI, la police de l’immigration ICE ou celle antidrogue DEA. Dimanche soir, l’armée a annoncé que les réservistes de la Garde nationale porteraient désormais leurs armes de service, précisant qu’elles ne pourraient être utilisées qu’"en dernier recours et seulement face à une menace imminente de mort ou de blessure grave". Un photographe de l’Associated Press a vu des membres de la Garde nationale de Caroline du Sud à l’extérieur de la gare Union de Washington avec des armes de poing dans des étuis.
Les réservistes de la Garde...
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25/08 - Succession : que devient le PEA au décès de son propriétaire ?
Le plan d’épargne en actions (PEA), qui permet de loger des actions européennes dans des conditions fiscales avantageuses, est une enveloppe très efficace. Elle est incontournable pour qui veut investir en actions, que ce soit au travers de titres vifs ou de fonds. Seul bémol : il est impossible de la transmettre.
Au décès du titulaire, le PEA est obligatoirement clôturé et les sommes sont placées, dans l’attente du règlement de la succession, sur un compte-titres ou un contrat de capitalisation dans le cas d’un PEA assurance. Les plus-values restent exonérées d’impôt mais les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus. Ensuite, la valeur nette du PEA intégrera l’actif successoral, pour être taxée selon le barème en vigueur.Le compte-titres en démembrement, une alternative
En principe, c’est le cours moyen du jour du décès qui est retenu pour déterminer la valeur des titres en portefeuille. Mais pour limiter les aléas, le fisc autorise à retenir la moyenne des 30 cotations qui précèdent le jour du décès. Les héritiers ont alors le choix entre vendre les titres pour se partager les capitaux ou les conserver.
Selon le lien avec le défunt et le montant total du patrimoine, les droits de succession peuvent être corsés, d’autant qu’il n’est pas possible non plus de transmettre un PEA de son vivant. De ce point de vue, d’autres enveloppes peuvent s’avérer plus avantageuses. Pour anticiper la transmission de son portefeuille, le plus simple consiste à clôturer son PEA et à réinvestir en actions sur un ou plusieurs...
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25/08 - Emmanuel Macron, aux origines du macronisme : l’élection de 2017 et le président jupitérien
Dans ce premier épisode de notre série, Laureline Dupont, directrice adjointe de L’Express, et Eric Mandonnet, rédacteur en chef du service Politique, analysent les débuts du mouvement.
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L'équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : Renaissance, INA, France Inter, CNews, France Info, France 5, Euronews, Elysée, Radio J, BFMTV, Public Sénat, AFP
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Crédits image : AFP
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Nous sommes le 7 mai 2017. Il est un peu plus de 23h. Dans la cour Napoléon du Louvre, l'Ode à la joie de Ludwig van Beethoven résonne. Au loin, on entend la foule crier et applaudir. Pendant plus de trois minutes, Emmanuel Macron avance seul. Le regard solennel, il longe longuement les fontaines et les immenses allées du palais pour rejoindre l’estrade. Et l’image est impressionnante : il s’installe derrière un pupitre bleu-blanc-rouge. En arrière-plan, l’immense pyramide du Louvre. La musique s’interrompt. Puis il salue ses centaines de supporters, qui l’attendent depuis l’annonce des résultats, il y a trois heures
Ce soir-là, Emmanuel Macron vient de remporter l’élection présidentielle face à Marine Le Pen, avec 66 % des voix. Le quinquennat...
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25/08 - SpaceX : la mégafusée Starship d’Elon Musk continue d’enchaîner les déconvenues
Nouveau revers pour SpaceX : l’entreprise d’Elon Musk a été contrainte d’annuler un vol test dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 août en raison d’une fuite d’oxygène liquide, nouvel épisode d’une série noire d’essais marqués par des explosions. Elle espère désormais faire décoller sa mégafusée Starship lundi soir.
Ces problèmes ont fait douter certains observateurs de la capacité de celle-ci à mener à bien le projet fou d’Elon Musk de coloniser Mars. Une version modifiée doit aussi servir au programme Artémis de la Nasa, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune, avec pour objectif d’y maintenir cette fois une présence durable.
Ce dixième vol de la plus grande fusée de l’histoire devait avoir lieu à 18h30 locales (01h30 heure française), depuis la base de l’entreprise américaine au Texas, dans le sud des Etats-Unis. Mais environ un quart d’heure avant l’heure prévue du décollage, SpaceX a annoncé son annulation, ce qui est relativement courant pour des lancements de fusée.
"Retrait du dixième vol d’aujourd’hui de Starship pour prendre le temps de résoudre un problème avec les systèmes au sol", a annoncé SpaceX sur X. "Une fuite d’oxygène liquide au sol doit être réparée. Visons une nouvelle tentative de lancement demain (lundi)", a écrit Elon Musk, sur son réseau social. Sur son site internet, l’entreprise confirme la possibilité d’un lancement "dès lundi 25 août. La fenêtre de tir ouvrira à 18h30", dit-elle, prévenant que le calendrier peut évoluer. Les routes à proximité de la base sont restées fermées,...
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25/08 - "Bloquons tout" : pourquoi la mobilisation du 10 septembre sera populiste, par Gérald Bronner
Rentrée après rentrée, les grognards des mouvements sociaux promettent une insurrection. Ce mois de septembre qui s’annonce ne fait pas exception, mais, cette fois, on trouve facilement des raisons de considérer avec plus d’attention la prédiction. La première est la nature austéritaire du budget annoncé par François Bayrou, en particulier la suppression de deux jours fériés qui a beaucoup marqué les esprits. Elle suscite une indignation qui pourrait se transformer en colère sociale d’ampleur. La deuxième est que, justement, une clameur prend corps sur les réseaux sociaux qui promet de "tout bloquer" le 10 septembre. Celle-ci est née d’un compte TikTok souverainiste et revendiquant les racines chrétiennes de la France… pas vraiment un élan progressiste, donc.
Pourtant, depuis le 14 juillet, jour de la mise en ligne de la vidéo séminale, la gauche radicale cherche à s’approprier cette énergie naissante et nul ne sait, avant qu’il ne s’incarne dans la rue, quels atours revêtira ce mouvement. Les dirigeants de La France insoumise, par exemple, ont fait savoir qu’ils soutenaient "l’initiative populaire du 10 septembre". Tout cela pourrait aussi tout simplement avorter mais l’analogie avec les gilets jaunes – dont d’anciennes figures ont abondamment relayé l’appel "Bloquons tout" – est frappante.
Les soulèvements spontanés n’existent pas et, de ce point de vue, celui-ci – pas plus que celui des gilets jaunes – ne peut être considéré comme spontané dans la mesure où il aura été précédé par une catalyse numérique....
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25/08 - Antisémitisme en France : l’ambassadeur américain convoqué après sa charge contre le gouvernement
L’ambassadeur américain en France Charles Kushner va être convoqué, ce lundi 25 août, au ministère des Affaires étrangères après des critiques qui ont provoqué la colère de Paris sur "l’absence d’action suffisante" du président Emmanuel Macron contre l’antisémitisme. Dans une lettre adressée au chef de l’Etat obtenue dimanche par l’AFP, l’ambassadeur exprime "sa profonde inquiétude face à la flambée de l’antisémitisme en France et à l’absence d’action suffisante de (son) gouvernement pour le combattre", rejoignant les critiques du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Des accusations "inacceptables", selon le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, qui les "réfute fermement" : "Elles vont à l’encontre du droit international, en particulier du devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures des Etats […]. Elles ne sont par ailleurs pas à la hauteur de la qualité du lien transatlantique entre la France et les Etats-Unis et de la confiance qui doit en résulter entre alliés". Il a précisé que "l’ambassadeur Kushner sera convoqué au quai d’Orsay ce lundi 25 août", une mesure rarissime entre alliés.
Les critiques du diplomate américain, qui a récemment pris ses fonctions à Paris, interviennent quelques jours après une violente charge de Benyamin Netanyahou contre le président français qu’il accuse "d’alimenter le feu antisémite" en appelant à la reconnaissance internationale de l’État de Palestine". Une analyse "erronée, abjecte et (qui) ne demeurera pas sans réponse", avait déjà répliqué...
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25/08 - François Bayrou, le budget, la présidentielle : "Ce n’est pas une rentrée comme une autre"
Ceci n’est pas une rentrée comme une autre. Au-delà des habituelles considérations sur les variations saisonnières du climat social, voici qu’un rendez-vous aux allures dramatiques se profile. Longtemps les responsables politiques se sont payés de mots, ce qui était encore le moins dispendieux. Que l’on soit à la tête de l’Etat ou que l’on dirige un cabinet ministériel, la maîtrise des finances publiques relevait du concept ou de la posture plus que de l’impérieuse nécessité. Je dépense donc je pense… Cette année, il s’agit toujours de passer à la caisse, mais seulement pour montrer la réalité des économies que le pays est prêt à faire. Le pays tout entier, pas juste le voisin. Réussir le sursaut ou "tout bloquer", il est temps de choisir. Et d’y parvenir sans céder une fois de plus au clivage qui trop souvent tient lieu désormais d’arbitre des élégances entre élites et classes populaires, avec les classes moyennes en guise de variable d’ajustement.
Ceci n’est pas une campagne présidentielle comme une autre. Chaque candidat a l’habitude de présenter le scrutin comme une occasion historique, forcément historique, les plus audacieux d’entre eux annonçant le passage de la nuit à la lumière. L’histoire récente rappelle que c’est sur des enjeux intérieurs que se jouent les élections. Le socialisme, cet "autre chemin" que dessine François Mitterrand en 1981. La lutte contre la fracture sociale, qui permet à Jacques Chirac de surgir de nulle part pour gagner en 1995. La réhabilitation du travail et la défense de l’identité,...
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25/08 - Malgré la guerre à Gaza, l’étonnante résistance de l’économie israélienne
18 mars 2025. Face au refus du Hamas de libérer les otages, le gouvernement de Benyamin Netanyahou décide de reprendre, après deux mois de trêve, ses frappes sur Gaza. Pourtant, ce jour-là, la guerre n’a pas le monopole de l’attention médiatique locale. A Tel-Aviv, on se passionne pour l’annonce du rachat par Alphabet de la pépite israélienne de la cybersécurité Wiz pour 32 milliards de dollars - la plus grosse transaction de l’histoire de la maison mère de Google.
Le conflit qui sévit depuis près de 700 jours aurait pu plonger Israël dans la récession. Certes, l’économie a vacillé à la suite de l’attaque du 7-Octobre : le PIB s’était effondré de 21 % au quatrième trimestre 2023. Cette année, l’affrontement éclair avec l’Iran a, lui aussi, pesé sur l’activité du deuxième trimestre. Malgré tout, la croissance pourrait atteindre 3,2 % en 2025, selon le FMI, après 0,9 % l’an passé. L’inflation, elle, reste maîtrisée à 3,1 %. Le chômage est au plus bas. Quant au shekel, il s’est même apprécié depuis fin 2023, tendance inhabituelle en temps de guerre. Même la Bourse de Tel-Aviv prospère - elle s’est envolée à un nouveau record historique en juillet.
Comment expliquer cette résilience ? Par des fondamentaux solides, d’abord : les substantielles réserves de change et la responsabilité budgétaire qu’Israël affichait avant la guerre lui ont assuré un matelas pour absorber le choc. Mais surtout, par la structure de son économie. "Moins dépendante de facteurs cycliques, comme les matières premières ou l’immobilier, que d’autres pays...
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24/08 - Conseillères le jour, maîtresses la nuit : Bachar el-Assad, un dictateur façonné par les femmes
Pourquoi y a-t-il eu tant d’écrits sur une supposée homosexualité d’Hitler ne reposant sur aucun fait historique ? Comment Mao a-t-il pu à ce point abuser de jeunes femmes tout en imposant le puritanisme aux Chinois ? De Catherine II à Vladimir Poutine en passant par Bachar el-Assad, L’Express se penche cet été sur la vie sexuelle des dictateurs, et montre comme celle-ci a pu influencer leurs décisions politiques, tout en étant l’objet de nombreux fantasmes.
EPISODE 1 - "Hitler était-il homosexuel ?" : la vie privée du Führer, objet de tous les fantasmes
EPISODE 2 -Vladimir Poutine et le sexe : du "mâle alpha" obscène au patriarche conservateur
EPISODE 3 - Mao, le libertin rouge : quatre épouses et bien des concubines
EPISODE 4 - Catherine II, l’impératrice qui obsède Vladimir Poutine : cougar, "nymphomane" et amoureuse de Potemkine
Au début des années 1990, Bachar el-Assad étudiait l’ophtalmologie au Royaume-Uni. Mais à l’époque, tous les regards se tournaient vers Basel, son grand frère. Un militaire charismatique, viril, promis à la succession du père… Jusqu’à ce qu’un accident de voiture balaye cette certitude en 1995. Le discret Bachar est alors rappelé en urgence à Damas. L’entourage du président syrien Hafez el-Assad, déjà affaibli par la maladie, s’active pour façonner cet héritier. C’est finalement en 2000, à la mort du patriarche, que Bachar accéda au pouvoir. Il avait 35 ans, et pas la moindre expérience en politique. Mais un besoin viscéral d’être admiré, tant par les soutiens du régime qui...
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24/08 - Spotify, les secrets d’un empire : enquête sur le géant de la musique en ligne
Il n’y a pas de palmiers à Ragsved, cette banlieue modeste dans le sud de Stockholm. Juste un alignement de barres d’immeubles qui se fondent dans l’horizon ardoise. Un terrain de foot pelé. Une vaste place circulaire abrite un petit centre commercial ; quelques arbres ondulent au milieu. La Silicon Valley est loin. La lumière dorée de la Californie aussi. C’est là, au mitan des années 2000, dans sa chambre d’adolescent où il s’est réfugié, que Daniel Ek s’est rêvé en sauveur de l’industrie musicale mondiale. Il a tout juste une vingtaine d’années et la bouille encore ronde. Une dépression rampante, des millions plein les poches, succès facile d’une première aventure entrepreneuriale revendue à prix d’or. Daniel Ek s’ennuie malgré la Ferrari et les soirées jet-set. Ce qu’il aime, c’est coder et écouter de la musique. Pourquoi ne pas marier les deux ?
Deux décennies plus tard, le fondateur de Spotify pourrait goûter le succès. Son entreprise est devenue la première entreprise tech européenne grand public à s’imposer dans le monde entier. Mieux, pour la première fois de sa courte histoire, Spotify est enfin parvenu à être rentable en 2024, avec un bénéfice de 1,1 milliard d’euros, pour 15,6 milliards de chiffre d’affaires. Fort de 696 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le groupe court loin devant ses challengers Apple Music, Amazon Music ou le français Deezer. Aux derniers résultats, sa marge brute a encore bondi de 31 % sur douze mois, et le nombre total d’abonnés de 12 %. De quoi justifier un envol de 57 % de...
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24/08 - Comment Washington régule à distance les opérations militaires de l’Ukraine en Russie
Donald Trump joue l’ambivalence avec l’Ukraine. Le Wall Street Journal a révélé samedi 23 août que depuis la fin du printemps, le Pentagone bloque l’utilisation par Kiev de missiles longue portée américains ATACMS — dont la portée avoisine 305 kilomètres — contre des cibles en Russie. Selon le quotidien économique de référence, cette restriction s’inscrirait dans la stratégie de l’administration Trump visant restreindre les opérations militaires ukrainiennes, pour ainsi faciliter les pourparlers avec Vladimir Poutine.
En effet, l'Ukraine ne peut pas utiliser les missiles à longue portée américains comme elle l'entend, elle doit obtenir l'accord explicite du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui détient le dernier mot sur toute décision concernant l’emploi de ces armes. Deux responsables américains ont indiqué au Wall Street Journal (WSJ) qu’à au moins une reprise, l’Ukraine avait demandé à utiliser des ATACMS contre une cible, mais que cette requête avait été rejetée en vertu d’un "mécanisme d’examen" mis au point par Elbridge Colby, sous-secrétaire d’État à la politique du Pentagone. Selon le WSJ, ce mécanisme d’examen s’accompagne d’un contrôle accru sur les munitions livrées à l’Ukraine, alors que les stocks américains sont déjà largement entamés.
Ce dispositif régule l’usage des missiles longue portée américains ou de ceux fournis par des alliés européens, dès lors qu’ils reposent sur des composants ou des renseignements américains. Il s’applique également aux missiles de croisière britanniques Storm Shadow, dont...
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24/08 - "Bloquons tout", "Nicolas qui paie"… Assistons-nous au grand retour du poujadisme ?
Nous sommes le 23 juillet 1953, dans le petit bourg lotois de Saint-Céré. Ce jour-là, un groupe de commerçants et de boutiquiers, menés par un libraire-papetier du nom de Pierre Poujade, s’opposent de tout leur corps à un contrôle des "polyvalents", les agents du fisc. La révolte, loin de n’être motivée que par des considérations antifiscales, se propage comme une traînée de poudre aux villes moyennes et aux territoires ruraux. Le poujadisme, "mobilisation des exclus et des rejetés de la croissance", selon la formule de l’historien Jean-Pierre Rioux, était né.
Pour structurer la fronde, "Pierrot", tel qu’il était surnommé par ses partisans, fonde dès novembre l’Union de défense des commerçants et artisans (UCDA). Très vite, le succès prend des allures de raz-de-marée : en 1956, le mouvement propulse 52 députés à l’Assemblée nationale, parmi lesquels un certain Jean-Marie Le Pen.
Ephémère – Poujade ne parvint jamais à pérenniser le succès de son mouvement aux législatives de 1956 –, le poujadisme n’en reste pas moins ancré dans la culture politique française. Au point que certains, à l’instar du chanteur Bernard Lavilliers lors de la crise des gilets jaunes, en 2019, ont parfois cru le reconnaître au creux de certains mouvements contemporains. Dernier épisode en date ? Les mouvements "Nicolas qui paie", qui sévit sur les réseaux sociaux depuis quelques années, et "Bloquons tout", appel à bloquer le pays le 10 septembre lancé par des collectifs de citoyens au lendemain des annonces de coupes budgétaires de François...
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24/08 - La France insoumise déposera une proposition de loi pour abroger la loi Duplomb
"Le groupe parlementaire insoumis déposera dans sa niche parlementaire une loi d'abrogation totale de la loi Duplomb", a annoncé dimanche Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, lors d'un discours aux universités d'été du mouvement de gauche radicale. "Grâce à la mobilisation exceptionnelle qu'il y a eu pendant l'été, grâce au recours que nous, Insoumis, avons déposé au Conseil constitutionnel, nous avons gagné une première victoire", a-t-elle lancé. Mais "il ne reste absolument que des horreurs dans cette loi", a estimé la députée du Val-de-Marne, accusant cette dernière de "favoriser les fermes-usines (...) et les mégabassines". "Entre les intérêts de l'argent et la survie de l'espèce humaine, il faut choisir. Et nous avons choisi", a-t-elle encore dit.
La prochaine "niche" parlementaire de La France insoumise, journée au cours de laquelle un groupe fixe l'ordre du jour à l'Assemblée, sera le 27 novembre. La loi Duplomb destinée à lever les contraintes pesant sur le métier d'agriculteur, adoptée au Parlement début juillet avec le soutien des macronistes, de LR et l'extrême droite, a fait l'objet d'un vaste mouvement de protestation, y compris au sein du monde scientifique. Une pétition réclamant son abrogation a réuni plus de 2,1 millions de signatures sur le site de l'Assemblée nationale, du jamais vu, permettant la tenue d'un futur débat, essentiellement symbolique, à l'Assemblée.
Le 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition la plus contestée de la loi Duplomb, qui prévoyait la...
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24/08 - En Allemagne, l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine suscite le malaise
L’idée d’envoyer des troupes en Ukraine suscite un malaise à Berlin. Cette semaine à Washington, le chancelier Friedrich Merz a ouvert la porte à l'idée d'une participation allemande à une mission de maintien de la paix en Ukraine, tout en évoquant la mise en place de garanties de sécurité en cas d’accord avec Moscou. Cependant, il a aussitôt rappelé qu’une telle décision devrait être concertée avec les partenaires européens et surtout avec sa propre coalition. En effet, le déploiement de troupes nécessiterait une autorisation du Bundestag, le parlement allemand, un obstacle délicat pour un chancelier dont la nomination n’a été validée qu’au deuxième vote.
Or, les débats au sein de la coalition - comprenant les chrétiens-démocrates de centre-droit (CDU), leurs alliés de l’Union chrétienne sociale en Bavière (CSU), et les sociaux-démocrates de centre-gauche (SPD) - vont bon train. "Au sein des deux partis, les avis divergent sur l’opportunité et la faisabilité d’une telle mission", souligne l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, repris par nos confrères de Courrier International. D’un côté, certains considèrent que l’Allemagne, grande puissance européenne, a un devoir d’intervention. De l’autre, beaucoup estiment que le pays n’a pas les moyens de ses ambitions géopolitiques. En Europe, seuls le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre...
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24/08 - Ukraine : ce "n’est pas à la Russie de choisir" les garanties de sécurité de l’Ukraine, selon Mark Carney
L'Ukraine a lancé une série d'attaques aux drones sur le territoire russe dimanche, jour où elle célèbre son indépendance, une réaction selon Kiev à l'enlisement des efforts diplomatiques pour régler le conflit.
L'émissaire américain pour l'Ukraine, Keith Kellogg, ainsi que le Premier ministre canadien Mark Carney assistent à la cérémonie de célébration du Jour de l'Indépendance ukrainienne, à Kiev.Mark Carney appelle à un "cessez-le-feu" pour "mettre fin aux tueries"
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a appelé dimanche a un cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine, alors le président américain DonaldTrump a dit mi-août préférer un accord de paix direct entre les belligérants pour mettre fin à la guerre.
"Premièrement, nous avons besoin d'une cessation des hostilités. Nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Nous pouvons l'appeler un cessez-le-feu, une trêve, un armistice. C'est nécessaire pour arrêter les massacres", a dit M. Carney lors d'une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. La Russie a fait d'"importantes concessions" à Trump, affirme J.D. Vance
Le vice-président américain JD Vance a affirmé que Moscou avait fait d'"importantes concessions" sur l'Ukraine auprès du président Donald Trump, depuis son sommet le 15 août en Alaska avec son homologue russe Vladimir Poutine.
"Je pense que les Russes ont fait des concessions importantes au président Trump, pour la première fois en trois ans et demi de conflit. Ils veulent en fait être flexibles sur certaines de...
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24/08 - "Partir un jour", "Connemara"... Le transfuge de classe n’est plus ce qu’il était
Ces derniers temps, sur les écrans de cinéma ou les étagères des librairies, le monde a une curieuse tendance à se diviser en deux catégories de personnages : ceux qui partent et ceux qui restent. En mai, dans le film Partir un jour d’Amélie Bonnin projeté en ouverture du festival de Cannes, Juliette Armanet est une cuisinière parisienne version Top chef, obligée de revenir dans le "routier" de ses parents. Bastien Bouillon, lui, incarne son amour de jeunesse. Mêmes potes, mêmes rituels, immobile. Le 10 septembre, Bastien Bouillon reviendra dans Connemara, le film adapté du roman de Nicolas Mathieu, en ex-star locale de hockey sur glace, face à une Mélanie Thierry, partie-revenue dans leur ville de l’est de la France après un burn-out.
En cette rentrée littéraire, plusieurs romans explorent à leur tour, et avec plus ou moins de bonheur, cette question. La Bonne mère, formidable premier roman de Mathilda di Matteo (L’iconoclaste), organise la confrontation de Clara et de Véro, sa cagole de mère, à coups d’aller-retour Marseille-Paris ; plus sombre, Le Lotissement de Claire Vesin (La manufacture de livres) revient avec une extrême justesse dans la France pavillonnaire des années 1980 ; le Sous leurs pas, les années de Camille Bordenet (Robert Laffont) organise le choc des retrouvailles de Constance et Jess, amies pour la vie à l’adolescence avant de se perdre dans des destins contraires. Tous explorent le sujet des lieux où l’on a grandi, que l’on a souvent détestés ou méprisés, que l’on a voulu fuir...
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24/08 - Les dérives des écoles privées sous contrat : "La liberté de conscience est loin d’y être toujours respectée"
Messes obligatoires, tabou de la sexualité, livres prônant le séparatisme, détournement d’argent public… Les écoles, collèges et lycées privés sous contrat, qui scolarisent environ 18 % des enfants en France, sont parfois le théâtre de certaines dérives. C’est ce que démontre le livre d’Alexis Da Silva, Quand des écoles privées religieuses font leur loi (éd. Robert Laffont), à paraître le 28 août prochain. Pendant près d’un an, le journaliste - collaborateur régulier de L’Express - a enquêté pour savoir si ces institutions catholiques, juives ou musulmanes, respectent leurs obligations vis-à-vis de l’Etat. En contrepartie des fonds publics qu’elles reçoivent, toutes se doivent d’honorer un certain nombre d’engagements comme le respect des programmes, la liberté de conscience des élèves ou le principe d’égalité entre les filles et les garçons. A travers un bon nombre d’exemples, Alexis Da Silva démontre que c’est loin d’être toujours le cas. Entretien exclusif.
L'Express : Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?
Alexis Da Silva : Mon éditeur, Robert Laffont, m’a contacté à la suite des nombreuses polémiques sur les écoles privées sous contrat, à commencer par celle qui a touché Stanislas. Je suis le premier à avoir évoqué les dérives de ce collège catholique dans L’Express, en juin 2022, avant que d’autres médias ne s’emparent de l’affaire à leur tour. Pour rappel, j’avais révélé que les cours de catéchisme, normalement facultatifs, y étaient obligatoires et que l’on y tenait des propos très conservateurs et...
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24/08 - Motion de censure, 10 septembre, budget… Ce qu’il faut savoir sur la rentrée politique de François Bayrou, date par date
Une rentrée politique à haut risque. Tandis que les Français - pour les plus chanceux - referment à peine leurs valises, la dette publique, reléguée au second plan sur les plages, revient sur le devant de la scène. Dès le 25 août, le Premier ministre François Bayrou effectue sa rentrée politique, avec un objectif clair : défendre son projet budgétaire. En face, l’opposition fourbit ses armes. Deux dates s’annoncent décisives : le 10 septembre, avec l’appel de la gauche à "bloquer le pays", puis le 23 septembre, lorsque La France insoumise prévoit de déposer sa motion de censure. "Tout le monde a le droit de protester, mais je ne crois pas que, devant une telle crise, la réponse des Français puisse être de bloquer le pays", a réagi de son côté François Bayrou dans la Tribune Dimanche, le 24 août.25 août : la rentrée politique de François Bayrou
François Bayrou tiendra, ce lundi 25 août, une conférence de presse, point de départ d’une rentrée politique houleuse pour le gouvernement et son projet de budget - qui prévoie 43,8 milliards d’euros d’économies. Le Premier ministre s’exprimera à 16 heures, quatre jours après son entretien avec le président Emmanuel Macron à Brégançon (Var), qui lui a apporté un franc soutien cette semaine dans les colonnes de Paris Match, disant "espérer" qu’il puisse rester à Matignon jusqu’en 2027. Le chef du gouvernement est attendu mardi à l’événement de rentrée de la CFDT, puis jeudi à celui...
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24/08 - Pourquoi la baisse du livret A relance l’assurance-vie
La nouvelle baisse du livret A à 1,7 %, au 1er août, après celle de février, devrait favoriser l’assurance-vie. Il n’y a qu’à regarder les chiffres du premier semestre pour s’en convaincre. La collecte nette (les cotisations moins les retraits) s’y est montée à 26,6 milliards d’euros, un montant record depuis 2010, selon France assureurs. Si les Français ont versé un peu plus d’argent sur cette enveloppe de long terme, ils en ont surtout retiré moins. Il faut dire que la concurrence du fonds en euros - livrets et comptes à terme notamment - commence à perdre de son éclat. En effet, ces produits subissent directement la baisse des taux d’intérêt de court terme, alors que le fonds en euros y réagit, lui, avec retard et offre donc encore des rendements satisfaisants.
Les unités de compte suscitent aussi l’intérêt car elles profitent de marchés boursiers porteurs et relativement immunisés contre les soubresauts géopolitiques. "Dans les prochains mois, l’assurance-vie devrait continuer sur sa lancée, compte tenu de la baisse des taux du livret A", estime Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.
Autre mesure favorable : la fermeture automatique des plans d’épargne logement de plus de quinze ans, qui entrera en vigueur progressivement en 2026, devrait bénéficier en premier lieu à l’assurance-vie, selon le centre de réflexion. Les épargnants désireux de placer un petit pécule sans risque peuvent guetter les offres de bonus qui devraient être lancées à la rentrée, les assureurs étant encore désireux...
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24/08 - Défense : la Corée du Nord teste deux nouveaux missiles, sur fond de tensions avec Séoul
Cette annonce intervient peu après une mise en garde lancée par la Corée du Nord, doté de l'arme nucléaire, contre le risque d'une confrontation "incontrôlable" à la suite de tirs de sommation mardi de l'armée sud-coréenne en réponse à une brève incursion des troupes de Pyongyang. L'incident frontalier a été révélé par la Corée du Nord au premier jour d'un déplacement à l'étranger, à Tokyo puis à Washington, du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung qui tente de renouer le dialogue entre son pays et son voisin, toujours techniquement en guerre.
Les tirs d'essai, qui ont eu lieu samedi, ont démontré que ces nouveaux systèmes antimissiles nord-coréens avaient une "capacité de combat supérieure", a rapporté KCNA précisant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un les avait supervisés. Aucun détail n'a été donné sur les nouveaux missiles tirés, à part le fait que leur "mode de fonctionnement et de réaction repose sur une technologie unique et spéciale". "Le tir a notamment prouvé que les caractéristiques technologiques de deux types de projectiles sont tout à fait appropriées à la destruction de cibles aériennes diverses", a ajouté KCNA, sans préciser où ces tests avaient été menés. Plusieurs photos de la KCNA montrent des missiles de défense aérienne dans le ciel et l'éclat d'une interception et le président Kim est photographié en train d'écouter un responsable militaire nord-coréen, avec une paire de jumelles posée sur son bureau.
"La Corée du Nord renforce ses missiles de défense aérienne contre les drones volant à basse...
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24/08 - Transports : pourquoi l’avion reste moins cher que le train
Sur les trajets vers les principales destinations européennes depuis la France, le train est en moyenne 2,5 fois plus cher que l’avion. C’est ce que révèle une étude menée par le Réseau Action Climat. Mais à l’heure du réchauffement climatique, cette situation interroge. Elle va à rebours des actions menées en faveur de la baisse du CO2, en poussant les voyageurs vers les liaisons aériennes très polluantes. Sur un trajet Barcelone-Paris, le rapport relève qu’un billet de train coûtera en moyenne 123 euros, contre 45 euros pour l’avion. Or, selon l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), ce même trajet émet 70 fois plus de gaz à effet de serre en avion qu’en TGV. En Europe, l'avion reste moins cher que le train.
Cette grande différence de prix engendre une hausse des passagers aériens. Le rapport constate que sur les dix lignes d’avion les plus empruntées entre la France et l’Europe, six ont connu une augmentation de voyageurs entre 2019 et 2024. Le trajet Paris-Milan a par exemple 18 % de voyageurs en plus, 11 % pour un Paris-Lisbonne. La "connectivité ferroviaire", un enjeu primordiale
Une des raisons avancées par le Réseau Action Climat pour expliquer cet écart de prix est le manque de trajets directs en train qui soulève l’enjeu de la "connectivité ferroviaire". Sa mise en place permettrait aux voyageurs un gain de temps et d’argent. A partir du moment où un changement est nécessaire, le rapport constate une hausse du prix des billets de train, ainsi qu’une augmentation des...
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24/08 - Israël : un dirigeant de l’opposition tend la main à Benyamin Netanyahou pour sauver les otages
Le chef d'un parti d'opposition en Israël a lancé samedi soir un appel au Premier ministre Benyamin Netanyahou et à deux autres dirigeants de l'opposition pour former un gouvernement temporaire permettant de libérer tous les otages à Gaza en écartant l'extrême droite du pouvoir. Ces otages avaient été enlevés le 7 octobre 2023 lors de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
Depuis le départ de sa coalition en juillet de partis ultra-orthodoxes ashkénazes, Benyamin Netanyahou n'a plus de majorité absolue au Parlement et est tributaire de ses alliés d'extrême droite, qui refusent tout accord de libération d'otages avec le Hamas, et plaident pour la poursuite de la guerre jusqu'à l'anéantissement du mouvement palestinien à Gaza.
"J'en appelle à Netanyahou, Yaïr Lapid et Avigdor Lieberman. Il est temps de former un gouvernement de rachat des prisonniers", a déclaré Benny Gantz, chef du parti Union nationale (centre droit) en faisant référence une libération de la cinquantaine d'otages, vivants ou morts, encore détenus dans la bande de Gaza. Yaïr Lapid, chef du premier parti de l'opposition, Yesh Atid (centre), dispose de 24 députés à la Knesset. M. Lieberman, chef du parti nationaliste Israël Beiteinou, en compte 8, soit autant que M. Gantz. Avec les 32 députés du parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud (droite), ces trois partis pourraient former une coalition disposant d'une majorité de 72 sièges (sur 120) au...
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24/08 - Jamil Abdulnabi : "Beaucoup de Gazaouis souhaitent la disparition du Hamas"
Depuis Jabalia, au nord de Gaza, où il est né en 1970 et où il vit encore, Jamil Abdulnabi n’hésite pas à condamner le Hamas. Militant palestinien des droits de l’homme, il a, dans sa jeunesse, appartenu au mouvement du Djihad islamique, avant de rompre rapidement avec l’organisation, ayant découvert la réalité monstrueuse de son idéologie. Selon lui, les Gazaouis sont furieux contre les mouvements qui appellent à la résistance armée contre Israël. Il dénonce également la solidarité d’une partie de la gauche occidentale avec les islamistes, tout en accusant le gouvernement de Benyamin Netanyahou de vouloir chasser les Palestiniens de Gaza et de tout faire pour poursuivre la guerre. Sa voix, rare dans une atmosphère dominée par l’extrémisme, reste trop peu entendue.
L’Express : Quelle position les Gazaouis ont-ils actuellement envers le Hamas ?
Jamil Abdulnabi : Le Hamas n’a jamais vraiment été en position de force à Gaza. En 2006, il n’a pas gagné les élections parce qu’il était admiré, mais parce que l’autre mouvement, le Fatah, était détesté. Les Palestiniens en avaient assez de sa corruption. Cela veut dire qu’ils ont voté contre le Fatah, et non en faveur du Hamas. Ce mouvement a également manipulé l’opinion publique avec des slogans religieux.
Mais depuis le 7-Octobre, beaucoup de Gazaouis s’opposent sans réserve au Hamas, souhaitant sa disparition. Ils voient de leurs propres yeux où ce mouvement a conduit la bande de Gaza : elle est devenue une région morte dans tous les sens. Plus de 80 % de nos maisons...
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24/08 - Qui remplacera Xi Jinping ? La très périlleuse succession du maître de la Chine
Depuis plus d’une décennie, la politique chinoise est décidée par un seul homme : Xi Jinping. Après avoir pris la tête du Parti communiste chinois (PCC) en 2012, Xi s’est imposé comme un dirigeant autoritaire. Il a remanié l’élite du PCC à travers une vaste purge et une lutte acharnée contre la corruption. Il a restreint la société civile et réprimé la dissidence. Il a réorganisé et modernisé l’armée. Et il a redynamisé le rôle de l’Etat dans l’économie.
L’ascension de Xi a également redéfini les relations de la Chine avec le reste du monde. L’homme fort a mené une politique étrangère plus musclée, intensifiant notamment les exercices militaires dans le détroit de Taïwan et augmentant la présence militaire en mer de Chine méridionale. Il a rapproché la Chine de la Russie, même après la guerre en Ukraine menée par Vladimir Poutine. Une nouvelle ère s’est ouverte pour la Chine, qui restera comme celle de Xi Jinping.
Mais, bientôt, tout risque de changer. L’élite du PCC va devoir se mettre en quête d’un leader capable de remplacer celui qui est âgé de 72 ans. Pour tout régime autoritaire, la succession est un moment périlleux, et malgré toute sa puissance, le PCC ne fait pas exception. La dernière fois que le Parti a été confronté à ce problème, lorsque Xi a remplacé Hu Jintao, des rumeurs de coup d’Etat et de chars dans les rues ont circulé. Ces bruits étaient peut-être infondés, mais la tension politique au sommet était bien réelle.L’exception Hu Jintao
Xi Jinping a probablement encore plusieurs années, voire plus d’une...
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23/08 - Ukraine : la Russie revendique la prise de deux villages dans la région de Donetsk
C’est une nouvelle attaque, alors que les dirigeants européens se sont récemment réunis lors d’un sommet à Washington pour trouver une issue au conflit. Samedi 23 août, la Russie a revendiqué la prise des localités de Sredneïe et de Kleban-Byk, deux villages dans la région de Donetsk, à l’est de l’Ukraine.
La prise de cette dernière marque un pas de plus vers la ville de Kostyantynivka, bastion important sur la route de Kramatorsk, qui abrite une grande base logistique de l’armée ukrainienne. Ces derniers mois, l’armée russe a accru ses gains territoriaux - elle occupe désormais 20 % du pays -face à des forces ukrainiennes moins nombreuses et moins bien équipées.Une rencontre entre les dirigeants ukrainiens et russes
Ces avancées se produisent au moment où la perspective d’une rencontre entre les présidents russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, annoncée par le dirigeant américain Donald Trump et visant à trouver un règlement pacifique du conflit, s’éloigne.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé vendredi le président ukrainien de bloquer l’organisation d’une éventuelle réunion avec son homologue russe, au lendemain de critiques similaires du dirigeant ukrainien envers Moscou.
Pour sa part, Donald Trump, qui veut trouver rapidement une issue à l’assaut russe contre l’Ukraine lancé en 2022 et qui a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou ces derniers mois pour y arriver, a annoncé vendredi se donner "deux semaines" pour décider de sa ligne concernant ce...
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23/08 - Comment l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne pourrait lui offrir une garantie de sécurité
"Les dirigeants européens ont évoqué les possibilités d’élargissement [de l’Union européenne] avec le président Trump et le président Zelensky, et ils ont souligné toute la pertinence du processus d’adhésion de l’Ukraine", a déclaré ce jeudi 21 août la porte-parole de la Commission européenne, Arianna Podestà, alors qu’un sommet a eu lieu ces derniers jours à Washington pour avancer vers un accord de paix en Ukraine.
La priorité des Européens était de pousser pour que des garanties de sécurité soient mises en place afin de dissuader de nouvelles acquisitions territoriales russes. Mais avec le blocage russo-américain sur l’implication militaire de l’Otan dans ce conflit, un dispositif de sécurité ne serait pas mis en place sous l’égide de l’Alliance atlantique mais bien d’une coalition ad hoc de volontaires. Toutefois une première option, à plus long terme et complémentaire avec des solutions plus immédiates incluant la participation des Etats-Unis, pourrait notamment être l'intégration de l’Ukraine au sein de l’Union Européenne (UE), comme l'évoque le média Bloomberg, la plaçant ainsi sous le coup de la clause de défense mutuelle du bloc.
Cette clause, énoncée à l’article 42,7 du traité sur l’UE, précise que si un État membre est victime d’une agression armée sur son territoire, les autres pays de l’UE "lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir". Un accord similaire existe pour les membres de l’Otan, bien que l’alliance oblige uniquement ses membres à prendre les mesures qu’ils "jugent nécessaires"....
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23/08 - Les derniers jours de la guerre du Pacifique : la folle histoire qui a dessiné l’avenir de l’Asie
"Ceci pourra paraître absurde maintenant, mais lorsque la bombe a explosé […] j’ai clairement vu descendre deux parachutes. Il y avait vingt ou trente soldats qui les regardaient aussi, et ils se sont mis à applaudir de joie en pensant que les B-29 avaient été abattus et qu’on voyait leurs pilotes en train d’essayer de se sauver", confia le docteur Michihiko Hachiya (1), le jour du largage de la bombe atomique Little Boy sur la ville d’Hiroshima, le 6 août 1945. L’évidence de l’apocalypse s’imposa très vite. "Les rues étaient ensevelies sous les gravats et les gens bougeaient au milieu des ruines, témoigna une autre habitante. Certains étaient complètement nus. D’autres avaient un pantalon. Seuls quelques-uns portaient des paquets. Au début, je crus voir des lambeaux de vêtements qui pendaient sur certains d’entre eux. Puis je réalisai que la peau était écorchée et dévoilait la chair nue."
Après le cataclysme atomique, tout s’accélère. Le 8 août, en vertu des accords de Yalta, les Soviétiques déclarent la guerre au Japon. Avec 1,5 million d’hommes, ils envahissent la Mandchourie, rebaptisée Mandchoukouo depuis sa conquête par le régime impérial en 1931, ainsi que le nord-est de la Corée et le sud de l’île de Sakhaline. En moins d’un mois, l’Armée rouge va faire prisonnier près de 600 000 soldats. Le 9, une seconde bombe atomique baptisée Fatman est larguée sur Nagasaki. Les deux nouvelles armes vont tuer entre 250 000 et 300 000 personnes, en y incluant les décès à plus long terme. Selon l’historien Werner Gruhl...
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23/08 - Affaire Epstein : Ghislaine Maxwell affirme n’avoir "jamais" observé d’attitude inappropriée de Donald Trump
Le ministère américain de la Justice a publié vendredi le contenu d'un récent entretien avec Ghislaine Maxwell, la complice du délinquant sexuel Jeffrey Epstein, dans lequel elle affirme n'avoir "jamais" observé d'attitude inappropriée de Donald Trump avec son entourage. "A l'exception du nom des victimes, chaque mot est inclus. Rien n'a été enlevé. Rien n'a été caché", a assuré sur X Todd Blanche, le haut responsable du ministère de la Justice qui a mené l'entretien fin juillet avec Ghislaine Maxwell, détenue aujourd'hui dans une prison du Texas.
James Comer, un influent élu républicain au Congrès, a en outre annoncé au même moment que le ministère de la Justice avait fourni "des milliers de pages de documents liés à Epstein" à une commission de la Chambre des représentants qui les avait exigés. L'élu n'a cependant pas dévoilé le contenu de ces documents.
Après avoir pendant des mois promis à ses partisans des révélations fracassantes dans cette affaire, Donald Trump subit un retour de flamme depuis que son gouvernement a annoncé début juillet n'avoir découvert aucun élément nouveau qui justifierait la publication de documents supplémentaires."Je l'aime bien"
Le président américain multiplie depuis les initiatives pour tenter d'éteindre la polémique autour de l'affaire Epstein, qui enflamme les Etats-Unis jusque dans sa base électorale. Son gouvernement est accusé de manquer de transparence dans le dossier de ce financier retrouvé mort pendu en prison à New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa...
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23/08 - L’ogre à nos portes : l’appel de l’ambassadeur d’Ukraine en France
"L’ogre à nos portes." Une expression brillante et percutante du président Emmanuel Macron dans une interview à Darius Rochebin. Nous, Ukrainiens, avons déjà ressenti la présence de l’ogre venu pour nous détruire, torturer, violer, piller. S’il pouvait avaler l’Ukraine, nul doute qu’il irait plus loin. Comme l’a justement remarqué le président de la France, il ne peut pas ne pas dévorer. Enfin, cette compréhension apparaît chez nos alliés, tout comme celle que l’Ukraine est le dernier bastion entre l’invasion des barbares et l’Europe. Nous avons aussi compris que l’indépendance de l’Ukraine, que nous célébrons le 24 août, est l’indépendance de l’Europe. Et le peuple ukrainien a prouvé qu’il est prêt à défendre, les armes à la main, son indépendance et celle de l’Europe.
Ce n’est (presque) un secret pour personne : pour le président Poutine et son entourage, l’idole suprême est Adolf Hitler. Des études existent déjà sur la similarité des idéologies, de la propagande et du modus operandi entre l’Allemagne hitlérienne et la Russie poutinienne : depuis la justification de l’annexion et du génocide par la "protection" des populations germanophones (russophones), jusqu’à la destruction de toute norme du droit international et de la morale – humaine, sociale, universelle. Et tout commençait de la même façon : par le mensonge total. Et l’essentiel – c’est une idéologie identique qui porte un seul nom : "fascisme".
Les psychiatres américains, qui en 1946 menaient des recherches sur la société allemande d’après-guerre (dans la ville...
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23/08 - Spatial : la Corée du Nord cherche l’aide de la Russie pour faire avancer son programme de satellites
Alors que la Corée du Nord est un allié de poids de la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, le régime du dictateur Kim Jong Un accélère ces derniers mois la construction d’un site de lancement de satellites espions, via l’ajout d’un port maritime qui pourrait simplifier les livraisons de nouveaux composants en provenance de Russie, révèle le Wall Street Journal.
D’après des experts en sécurité, l’extension de la station de lancement de satellites de Sohae, située sur la côte ouest du pays, permettrait au régime coréen de recevoir par voie maritime, et donc plus rapidement, des composants d’engins plus volumineux que la méthode de livraison actuelle, par voie ferrée.De nouveaux bâtiments
Ce développement a été observé sur des images satellites publiées le mois dernier par ICEYE, une société spécialisée dans leur analyse. La semaine dernière, plusieurs d’entre elles montraient que le nouveau port maritime de Sohae disposait d’un quai d’accostage pour les grands navires. En outre, Pyongyang a construit de nouveaux bâtiments, des lignes ferroviaires et un centre d’assemblage de fusées plus grand sur la base, selon une analyse distincte publiée par 38 North, un site affilié au Stimson Center, un groupe de réflexion basé à Washington. "Kim a peiné à faire avancer son programme de satellites et a probablement fait appel à l’expertise russe pour résoudre les problèmes liés à ces tentatives ratées", a précisé ce dernier.
Car l’absence de satellites espions en Corée du Nord est un point sensible pour son...
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23/08 - Eolien en mer : chronique d’un naufrage annoncé, par Cécile Maisonneuve
L’effondrement spectaculaire d'Ørsted, le leader mondial de l’éolien en mer, en août 2025 - une chute de 32 % en une seule séance boursière - sonne comme un révélateur brutal : cette technologie ne tiendra jamais ses promesses économiques. Quand le géant danois doit lever 9,4 milliards de dollars en urgence et que l’Etat vole à son secours, ce n’est pas la faute de Donald Trump et des déboires américains dans cette industrie. Le mal est plus profond. Il tient aux coûts croissants d’une filière qui restera tributaire de lourdes subventions publiques, contrairement à d’autres technologies bas-carbone telles que le solaire photovoltaïque et les batteries.
Dans ce secteur dont il reste difficile d’appréhender les coûts complets, les quelques chiffres dont on dispose sont impressionnants : en France, l’éolien en mer induit déjà une charge de service public de 922 millions d’euros pour seulement 1,5 gigawatt (GW) installé, avec un coût moyen de rachat de 185 euros le mégawattheure (MWh), ce qui en fait l'énergie la plus gourmande en subventions. Avec l’objectif gouvernemental de 45 GW en 2050, la facture pour l'Etat atteindrait 13 milliards d’euros annuels.
L’un des talons d’Achille de cette technologie réside dans ses coûts de raccordement à la terre ferme, qui représentent déjà 35 % du coût total des projets futurs selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité. Ces coûts sont structurellement incompressibles : plus les parcs s’éloignent des côtes pour des raisons d’acceptabilité publique, plus...
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23/08 - François Bayrou lance lundi une rentrée politique à haut risque pour l’exécutif
Le premier ministre François Bayrou tiendra une conférence de presse lundi à 16H00, a annoncé samedi Matignon, alors que le chef du gouvernement aborde une rentrée politique très délicate, marquée par la préparation du budget 2026 et les appels à bloquer le pays le 10 septembre.
François Bayrou est notamment menacé d'une motion de censure depuis la présentation à la mi-juillet d'orientations budgétaires prévoyant près de 44 milliards d'euros d'économies l'an prochain. "A la rentrée, il y aura forcément une confrontation entre le réel et les idéologies", a-t-il déclaré cette semaine à l'AFP après avoir passé un été studieux à Paris.
Le Premier ministre a préparé cette rentrée politique lors d'un dîner avec Emmanuel Macron, jeudi dernier dans la résidence présidentielle de vacances du fort de Brégançon. Le chef de l'Etat lui a publiquement exprimé son soutien, dans une interview publiée par Paris Match. François Bayrou "est mon ami... mon compagnon de route. Il a les capacités pour tenir ce gouvernement qui n'est pas habituel", a-t-il expliqué, jugeant son plan d'économies budgétaires "lucide et courageux".
Mais la France insoumise (LFI) a fait savoir qu'elle déposerait une motion de censure dès le 23 septembre, à reprise des débats à l'Assemblée nationale. Les autres partis de gauche, en particulier les socialistes, semblent prêts à la voter si les propositions de François Bayrou n'évoluent pas. Le Rassemblement national fait aussi planer la menace.Appel à la grève générale
Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a...
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23/08 - Mort de "Jean Pormanove" : casino en ligne, prostitution... L’histoire sordide de la plateforme Kick
Quatre hommes, des heures de vidéos en live, et d’innombrables actes d’humiliation et de violence. Avant le 18 août 2025, peu de gens connaissaient la chaîne Jean Pormanove et son concept : maltraiter, en direct et devant les caméras, le vidéaste Raphaël Graven. Pendant des années, comme l’avait révélé Mediapart, cet homme a subi coups, moqueries et insultes sous les acclamations des fans de la chaîne. Il est mort dans la nuit du 17 au 18 août, lors d’un live, et son histoire est devenue le symbole de ce qu’Internet peut produire de pire.
Un autre nom, peu connu jusque-là, s’est retrouvé sous la lumière : Kick. La plateforme de streaming australienne, créée en 2022, et qui hébergeait la chaîne en question, compte aujourd’hui près de 57 millions d’utilisateurs. Elle a été pensée dès l’origine pour concurrencer le géant du secteur, Twitch, propriété d’Amazon. Pour ce faire, Kick a tenté d’attirer les créateurs de contenus avec de juteux contrats d’exclusivité, et la promesse d’une rémunération bien plus intéressante que sur Twitch.
La plateforme a aussi mis en avant sa politique de modération beaucoup plus laxiste que celle de ses concurrentes, un choix revendiqué qui a contribué à construire sa réputation sulfureuse. Ces règles volontairement permissives ont fait de Kick le point de chute de streamers controversés, parfois bannis des autres services de vidéos en ligne, où ils ont pu diffuser leurs contenus les plus extrêmes.Les casinos en ligne, premiers pas dans le streaming
Avant de se faire connaître sous ce jour...
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23/08 - "Cette cicatrice ne nous quittera pas" : en Israël, le syndrome de la guerre perpétuelle
Tout près, l’artillerie israélienne se déchaîne. Toutes les trois ou quatre minutes, une explosion. Il est presque midi, une journée banale dans le sud d’Israël, à quelques mètres de la bande de Gaza sur laquelle Tsahal continue de s’acharner. "Et encore, c’est plutôt calme à cette heure-ci, nous indique une habitante. Le soir, ils tirent en continu."
Sous un soleil de plomb, le capitaine Adam Ittah se promène le long d’un mur de voitures israéliennes calcinées. 1 650 véhicules entassés dans une montagne de douleur, qui rappelle immédiatement le souvenir des milliers de chaussures empilées dans le camp de la mort d’Auschwitz. A 42 ans, ce responsable marketing dans une start-up pensait sa carrière militaire derrière lui. Mais le 7 octobre 2023, il a repris du service, comme des centaines de milliers d’Israéliens.
Sa première mission : collecter les centaines de véhicules abandonnés, abîmés, brûlés par l’attaque terroriste du Hamas dans cette région du Negev. Avant de les déplacer et de les rassembler dans ce lieu funeste, il a fallu les fouiller, à la recherche de pièges, d’explosifs, mais surtout de cadavres, ou plutôt de morceaux d’ADN, tant la violence s’est déchaînée ce jour-là. Adam Ittah égrène les histoires d’horreur, comme celle de cette ambulance carbonisée, dans laquelle le sang de dix-huit personnes a été retrouvé : au festival de musique Nova, des jeunes se sont réfugiés à l’intérieur, avant que les terroristes ne criblent le véhicule de balles d’AK-47, lancent une grenade à l’intérieur puis l’explosent au...
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23/08 - Avec "Les Ombres du monde", Michel Bussi s’attaque au génocide des Tutsi au Rwanda
Le choix en étonnera quelques-uns. Traiter du maître du polar, Michel Bussi, en pleine rentrée littéraire peut en effet sembler incongru. Que nenni ! A l’instar d’un Olivier Norek, prix Giono 2024 avec Les Guerriers de l’hiver (Michel Lafon), l’auteur des Nymphéas noirs exécute avec Les Ombres du monde (Presses de la Cité) un formidable pas de côté.
En s’attaquant à l’un des pires épisodes de l’Histoire, celui di génocide des Tutsi au Rwanda – 1 million de morts en cent jours, d’avril à juin 1994. Un massacre qui a profondément marqué ce professeur de géographie politique de l’université de Rouen et puis, comme il le note dans l’épilogue de son épais roman, "écrire des livres policiers pousse à se questionner sur les racines du mal". Après vingt-cinq ans de "veille documentaire" et des milliers de pages englouties, c’est un séjour en 2023 au Pays des mille collines en compagnie du journaliste Patrick de Saint-Exupéry, l’un des meilleurs spécialistes du sujet, qui l’a poussé à sauter le pas. Résultat, un passionnant ouvrage, mêlant habilement personnages réels et de fiction, doté, en outre, des ingrédients de tout bon roman d’espionnage : manipulations, zones d’ombre à foison, mystérieux mercenaires, boîte noire de Falcon 50 évanouie, assassinats, enlèvements, investigations contradictoires…
Pour nous raconter cet effroyable drame, Michel Bussi joue sur deux tableaux temporels principaux : le retour au Rwanda en 2024 de Jorik Arteta, militaire français à la retraite accompagné de sa fille, Aline, née de son mariage avec...
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23/08 - "C’est l’arnaque du siècle" : les éoliennes, futures cibles des droits de douane de Donald Trump ?
Elles seraient "laides", "inefficaces", et dégraderaient le paysage. Alors que le président américain Donald Trump est un farouche détracteur des éoliennes depuis le début de son mandat, son administration a révélé jeudi 21 août avoir lancé une enquête sur les importations vers le territoire américain des composants de cette énergie renouvelable, ne fermant pas la porte à l’imposition éventuelle de droits de douane.
Lancée le 13 août 2025 par le secrétaire au Commerce, cette procédure est menée dans le cadre d’une disposition légale connue sous le nom d’article 232, qui permet au gouvernement américain de protéger un secteur d’activité par des droits de douane s’il estime qu’il y a risque pour la sécurité nationale. Par le passé, Donald Trump a déjà utilisé cette disposition pour appliquer des droits de douane élevés sur les voitures, l’acier, l’aluminium et le cuivre, et le président américain menace d’appliquer de nouveaux droits de douane similaires sur les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et les avions.Une tentative pour freiner les éoliennes
Durant cette enquête sur l’énergie renouvelable, qui pourrait durer jusqu’à 270 jours et donner lieu à des auditions, l’administration va chercher à obtenir plus d’informations sur la production d’éoliennes aux Etats-Unis, la concentration des importations venues d’un "petit nombre de fournisseurs ou de pays étrangers et les risques associés". Elle cherchera également à déterminer si des "mesures supplémentaires, y compris des droits de douane ou des quotas, sont...
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23/08 - Semi-conducteurs : les Etats-Unis vont prendre 10 % du capital d’Intel
"C'est un grand honneur pour moi d'annoncer que les Etats-Unis possèdent désormais pleinement 10% du capital d'Intel, une grande entreprise américaine avec désormais un futur encore plus incroyable", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. "J'ai négocié cet accord avec Lip-Bu Tan (le directeur général du groupe, NDLR). Les Etats-Unis n'ont rien payé pour ces parts qui sont désormais valorisées environ onze milliards de dollars. C'est un grand accord pour les Etats-Unis et pour Intel", s'est-il félicité.
Le président américain avait affirmé un peu plus tôt dans la journée, dans le Bureau ovale, qu'Intel avait accepté la proposition de son gouvernement, ajoutant qu'il pensait "que c'est un très bon accord pour eux". Dans un communiqué, Intel a précisé que l'investissement de l'Etat américain s'élevait à 8,9 milliards de dollars, dont une partie correspondant aux subventions qui n'avaient pas été encore versées, auxquels s'ajoutent les 2,2 milliards de subventions déjà versées, soit au total un investissement d'un peu plus de 11 milliards de dollars. "Nous sommes reconnaissants de la confiance dans Intel affichée par le président et le gouvernement et souhaitons travailler afin de renforcer la domination technologique et industrielle des Etats-Unis", a déclaré M. Tan, cité dans le communiqué.
Le gouvernement américain souhaitait obtenir des parts au capital de l'entreprise en échange de subventions déjà prévues par l'ancien président Joe Biden, avait également précisé la semaine dernière Howard...
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23/08 - L’exposition à voir : le Musée d’histoire de Marseille revisite la pétanque
Yvan Audouard le martelait : "Les boules sont aussi un sport. Un sport péremptoire. Un carreau, ça ne se discute pas…" De son vivant, l’écrivain et chroniqueur satirique a été un pilier du Mondial La Marseillaise à pétanque, l’une des plus importantes compétitions internationales, qui rassemble chaque année 12 000 joueurs, issus de tous les continents. Lorsque ce concours est lancé en 1962, à l’initiative de Paul Ricard et du quotidien La Marseillaise, la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) n’a qu’une quinzaine d’années d’existence. Elle s’est imposée en 1945 face à l’immense succès populaire remporté, au cours de l’entre-deux-guerres, par le jeu de boules "à pieds tanqués", une variante simplifiée de la "longue", elle-même héritière du "jeu de mail", cousin du croquet en vogue au XVIIe siècle.
Créée dans la cité phocéenne entre 1900 et 1910, la pétanque a été particulièrement prisée par les mutilés de 1914-1918 pour son accessibilité. Au Musée d’histoire de Marseille, qui consacre une exposition à cette composante majeure de la sociabilité urbaine depuis plus de cent ans, la commissaire Carole Gragez a réuni une vaste iconographie autour de la naissance et des mutations de la pratique, dont un important fond d’images du photographe allemand Hans Silvester, qui a mitraillé les boulistes phocéens au cours des années 1960. Il a ainsi capté, au-delà du simple folklore, une activité empreinte de "philosophie, de poésie et de fantaisie", dans une ville encore vierge de béton."Portrait de Claudine Spaak...
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23/08 - Brocante : les secrets pour faire des bonnes affaires
Comme beaucoup de Français, vous avez profité des vacances pour goûter aux joies de la brocante. Le retour au quotidien ne signifie pas la fin de ce loisir. Tout au long de l’année, des manifestations sont organisées aux quatre coins du pays et sont propices aux bonnes affaires. La braderie de Lille se tiendra les 6 et 7 septembre. Moins connue du public mais fréquentée par les professionnels des antiquités, la réderie d’Amiens aura lieu le dimanche 5 octobre.
Les belles acquisitions se faisant au lever du jour, tout bon chineur doit être sur le pied de guerre au plus tôt. A Lille, la braderie commence le samedi à 8 heures et à Amiens, elle débute à 5 heures. Il est préférable de s’y rendre avant l’ouverture afin de repérer les objets intéressants que les marchands sortent de leur fourgon. Vous pourrez ainsi, selon l’expression consacrée, acheter "au cul du camion".Lève-tôt ou couche-tard
Il est possible aussi de faire du repérage la veille au soir. A Amiens, les professionnels s’installent le samedi en fin de journée et les badauds sont autorisés à déambuler, voire à acheter. A Lille, aucune vente n’est censée avoir lieu avant le 6 septembre au matin mais cette règle est très théorique. Si vous n’êtes pas du genre lève-tôt, l’autre stratégie consiste à vous y rendre en fin de manifestation. Efficace pour acheter des pièces encombrantes à prix bradés que les brocanteurs ne veulent pas remballer.
Equipez-vous comme si vous partiez en campagne : vêtements adaptés à tous les temps, chaussures confortables, lampes de...
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23/08 - De l’Elysée au Tour de France : plongée dans les coulisses secrètes de la République
Mais où est passé le légendaire bureau de Clemenceau ? De style Empire, en acajou, orné de bronzes dorés et recouvert de cuir vert, ce colosse reposant sur huit pieds a, du "Tigre" à Nicolas Sarkozy, vu défiler les ministres de l’Intérieur. Un monument républicain, symbole de la continuité de l’Etat comme de la puissance du "premier flic de France". Surprise, l’actuel locataire de la place Beauvau, Bruno Retailleau, a fait table rase et travaille sur un meuble moderne, de bois clair. Ce catholique conservateur aime l’art contemporain, et a des goûts très jansénistes en matière de déco.
Narrée par Tugdual Denis (Valeurs Actuelles), l’anecdote figure en bonne place dans les Lieux secrets du pouvoir (Perrin), suite d’un livre à succès paru l’année dernière, toujours dirigée par Sébastien Le Fol, directeur adjoint de la rédaction à L’Express. Le principe reste le même : journalistes et historiens dévoilent des lieux – palais, bureaux, cénacles, cantines influentes… - où s’exerce le pouvoir. Une formidable histoire intime de la République, à laquelle contribuent des grandes plumes de L’Express (Etienne Girard, Louis-Henri de La Rochefoucauld). Mais après s’être intéressée à Versailles, Matignon, Notre-Dame-de-Paris ou le Louvre, l’équipe se penche cette fois-ci sur des lieux moins en lumière, plus mystérieux, de la "piscine" de la DGSE au siège du Grand Orient de France.Jean Castex, le maillot jaune
Le chapitre le plus surprenant, mais pas le moins passionnant, s’invite dans la voiture rouge du directeur du Tour de France....
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23/08 - Médicaments anti-obésité : comment Eli Lilly a détrôné le géant Novo Nordisk
Il y a deux ans à peine, Novo Nordisk semblait intouchable. Le laboratoire danois, pionnier des médicaments GLP-1, régnait en maître sur le marché de l’anti-obésité avec ses stylos injecteurs Ozempic et Wegovy. Le premier, autorisé aux Etats-Unis dès 2017, a été conçu pour lutter contre le diabète de type deux, mais s’est révélé posséder des propriétés amaigrissantes spectaculaires. Le second, lancé en 2021, partage la même formule chimique mais dispose d’un dosage plus élevé afin de combattre spécifiquement l’obésité et répondre à une demande grandissante. Ces deux médicaments ont séduit des millions de patients et de nombreux investisseurs. Novo était même devenu, un temps, la première capitalisation boursière d’Europe, devant LVMH, ASLM et SAP.
Son principal concurrent, le groupe américain Eli Lilly, a d’abord accusé le coup. Son antidiabétique Mounjaro n’a été lancé outre-Atlantique qu’en 2022 et son équivalent anti-obésité, Zepbound (qui partage la même formule chimique et le même dosage), en 2023. Un retard de plusieurs années sur le marché le plus lucratif au monde… Pourtant, en l’espace de quelques mois, tout a basculé. Armé d’une vision stratégique plus affûtée et d’un marketing agressif, le groupe américain a complètement renversé la vapeur.60 milliards évaporés en une journée
Le 29 juillet 2025 a brutalement révélé l’étendue des dégâts chez Novo Nordisk. Ce jour-là, le groupe danois publie des résultats opérationnels en recul de 20 % par rapport aux attentes, conséquence directe de sa perte de terrain sur le marché...
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23/08 - "Ne parlez pas hébreu en public" : l’été sous haute tension des touristes israéliens en Europe
Une véritable chasse à l’homme, en plein cœur d’un parc de vacances familial aux Pays-Bas. Ce 21 août, un groupe de touristes israéliens a été agressé dans un Center Parcs près d’Eindhoven, dans le sud du pays, quelques jours après la diffusion d’une vidéo particulièrement alarmante : un groupe de militants pro-palestiniens avait filmé en caméra cachée des familles israéliennes, dont des enfants, dans ce parc et appelait à "rendre justice" contre "ces potentiels criminels de guerre de l’entité sioniste". Jeudi soir, deux voyageurs israéliens ont été hospitalisés et la police néerlandaise a ouvert une enquête.
Le même jour, en France, dans les Pyrénées-Orientales, un autre groupe de touristes israéliens a été pris pour cible : 150 jeunes vacanciers, âgés de 8 à 16 ans, se sont vu refuser l’accès à un parc de loisirs, le gérant avançant "des convictions personnelles" pour leur barrer la route. L’homme de 52 ans a été placé en garde à vue pour "discrimination fondée sur la religion dans le cadre de l’offre ou de la fourniture d’un bien ou d’un service".La principale recherche Google en Israël : "Quel est le pays le moins antisémite d’Europe ?"
En Europe, l’été a été rythmé par des affaires d’hostilité envers des touristes israéliens, allant jusqu’aux agressions physiques. En juillet, des manifestants pro-palestiniens ont empêché un navire d’accoster sur l’île de Syros, parce qu’il transportait des voyageurs israéliens. Le même scénario s’est déroulé dans la ville portuaire de Volos, mi-août, mais les touristes ont pu débarquer cette...
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23/08 - "Repérer des esprits qui pensent différemment" : à Vienne, l’IWM façonne les penseurs de demain
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
EPISODE 2 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
EPISODE 3 - Les secrets de Polytechnique, l’école qui forme les étoiles françaises de l’IA
EPISODE 4 - De Mark Rutte au roi des Pays-Bas : l’université de Leyde, incubateur de décideurs européens
EPISODE 5 - Du Crillon à la banque Rothschild : à Lausanne, l'ex-école hôtelière qui joue dans la cour des business schools
EPISODE 6 - A Cambridge, les coulisses du mythique laboratoire "LMB" : "Ici, on s’attaque aux questions les plus fondamentales de la biologie"
Il y a quelques semaines, Assaf Sharon, professeur de philosophie à l’université de Tel Aviv a fait ce qu’un lecteur facétieux appellerait une "B.A" (bonne action) : écrire un article pour l’IWM Post, la revue de l’Institut des sciences humaines de Vienne, qui l’accueille en tant que fellow depuis le mois de mars. "Je pensais que personne ne le lirait", nous confie ce spécialiste de la pensée politique derrière son bureau immaculé, qu
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22/08 - Avantages des politiques : François Bayrou confie une mission à l’ex-député PS René Dosière
Le Premier ministre François Bayrou veut passer au crible et supprimer d’éventuels avantages indus dont bénéficieraient les responsables politiques et a confié une mission à l’ex-député socialiste René Dosière pour les identifier, en réponse à de nombreux messages de Français.
Poursuivant son exercice de communication directe pour convaincre du bien-fondé de son plan d’économies budgétaires, en égrenant des vidéos postées sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement avait lancé la semaine dernière un appel aux questions et aux suggestions des Français.
Ceux-ci ont été "très nombreux" à estimer qu’il fallait "toucher aux privilèges entre guillemets des responsables politiques, des parlementaires ou des membres du gouvernement", a relaté François Bayrou dans une nouvelle vidéo publiée ce vendredi 22 août. "Je prends très au sérieux cette question, parce qu’elle signifie qu’il y a un soupçon. Les Français pour beaucoup d’entre eux en sont venus à penser que les politiques s’en mettaient plein les poches […] que c’était une gabegie d’argent public", a-t-il affirmé. "Il faut éclaircir tout ça. Est-ce qu’il y a pour les parlementaires français ou responsables politiques des situations d’avantages indus, excessifs, inacceptables ?", s’est-il interrogé.Le salaire des ministres réduit de 30 % sous François Hollande
Pour le déterminer, René Dosière, 84 ans, sera assisté par des représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat. René Dosière a consacré une grande partie de sa vie politique à traquer les...
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22/08 - Ventes de livres : Michel Bussi plus fort que Sorj Chalandon
Cette année, la rentrée littéraire a commencé dès le 13 août avec l’arrivée en librairie de quelques auteurs vedettes. Qui allait se démarquer le premier ? On avait misé sur Cédric Sapin-Defour, de retour à la suite de son best-seller Son odeur après la pluie (650 000 exemplaires vendus toutes éditions confondues) avec Où les étoiles tombent (Stock), un texte émouvant sur l’accident de parapente dont fut victime sa femme. Dans notre classement des romans, il n’est pour l’instant que 10e. Sorj Chalandon, qui sort lui aussi d’un beau succès (plus de 200 000 exemplaires pour L’Enragé), fait mieux que Sapin-Defour avec Le Livre de Kells (Grasset), en 8e position. Mais pour l’instant le premier maillot jaune de la rentrée revient à Michel Bussi pour Les Ombres du monde (Presses de la Cité), ambitieux et surprenant roman situé au Rwanda pendant le génocide. Bussi égalera-t-il Olivier Norek qui, l’an dernier, avait largement dépassé les 200 000 exemplaires en changeant de registre avec Les Guerriers de l’hiver ? Nous verrons sur la durée, sachant que le nouveau Amélie Nothomb (Tant mieux, Albin Michel) est paru cette semaine, et que tous les regards sont déjà tournés vers le récit familial d’Emmanuel Carrère (Kolkhoze, P.O.L), qui sera disponible le 28 août. Bien que ce livre de plus de 500 pages nous ait semblé lénifiant au possible, il est déjà lancé par une presse dithyrambique et unanime – alors que les retours de lecture sont beaucoup plus mitigés en privé. L’un des cinq auteurs cités, ou un autre, parviendra-t-il...
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22/08 - Droits de douane : La Poste annonce suspendre les envois de colis vers les Etats-Unis
La Poste va suspendre dès lundi prochain les envois de colis vers les Etats-Unis, en dehors des envois de cadeaux entre particuliers de moins de 100 euros, en raison du récent durcissement des règles douanières américaines, a annoncé ce vendredi 22 août le groupe public français.
La Poste s’est dite "contrainte" dans un communiqué, "du fait de spécifications et modalités techniques toujours incomplètes et du délai extrêmement court pour se préparer". Cette annonce intervient quelques heures après que la poste allemande a pris des mesures similaires, restreignant considérablement, "de manière provisoire", l’envoi de colis et de marchandises vers les Etats-Unis.Une interruption qui se généralise en Europe
D’autres postes nationales européennes ont pris le même pli : "A titre d’exemples, BPost (la poste belge), Correos (la poste espagnole), PostNord (le réseau suédo-danois), Deutsche Post (la poste allemande), ou encore Austrian Post (la poste autrichienne) ont déjà annoncé l’interruption des envois de colis postaux à destination des Etats-Unis", a rappelé La Poste dans son communiqué. PostEurop - qui réunit les 51 acteurs postaux européens en charge du service universel postal - avait alerté le 19 août dans un communiqué sur ce risque de suspension au niveau européen.
La Poste expédie vers les Etats-Unis 1,6 million de colis par an en moyenne, dont 80 % proviennent des entreprises et 20 % des particuliers. Chronopost "fonctionne normalement" et ne sera donc pas impacté par cette mesure, a quand même voulu...
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22/08 - Mort de "Jean Pormanove" sur Kick : la souffrance de l’autre, un spectacle vieux comme Rome
Des centaines d’heures durant, un quadragénaire, crâne légèrement dégarni, silhouette émaciée et visage taillé au couteau habillé de lunettes rectangulaires, s’est fait rouer de coups, ligoter à une chaise - lorsqu’on ne le frappait pas avec - jeter à terre, étrangler, ou encore insulter de "sale pédé". Cela - et bien plus - sous les regards encourageants d’utilisateurs de Kick, une plateforme de streaming concurrente de Twitch. Alors, depuis l’annonce mardi 19 août de la mort en direct de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove ou "JP", deux questions reviennent inlassablement. Comment des milliers d’internautes ont-ils pu prendre du plaisir à visionner ces images ? Internet aurait-il accouché d'une fascination pour le sadisme ? La première est légitime ; Sénèque se la posait déjà au Ier siècle de notre ère. En revanche, ânonner qu’Internet aurait érigé la violence en divertissement, c’est avoir une vue bien courte de notre Histoire, ou oublier que des foules entières se massaient dans les rues pour assister aux exécutions.
Sous l’Antiquité déjà, la soumission du vulnérable à la cruauté et les mises à mort publiques faisaient le sel de la vie à la Cité. C’est d’ailleurs bien dans l’une des sept merveilles du monde que des milliers de personnes se pressaient pour venir assister à de la violence-spectacle. Qu’il s’agisse de duels ou de venationes - combats entre ou contre des animaux - le Colisée a été le théâtre de la brutalité dans tout ce qu’elle a de plus spectaculaire. Certaines sources laissent même entendre que...
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22/08 - L’arrestation d’un agent de la DGSE au Mali, nouvelle étape du bras de fer entre Paris et Bamako
Au Mali, plusieurs interpellations ont eu lieu dans le cadre d’une vaste purge menée depuis le début du mois d’août. Parmi les personnes ciblées : des hauts gradés maliens, mais aussi le Français Yann V, agent de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), arrêté le 14 août à Bamako.
Affecté à l’ambassade de France, et dûment déclaré comme officier de renseignement auprès des autorités locales, Yann V. a été placé en détention en violation de son immunité diplomatique, a rapporté le journal Jeune Afrique, mercredi 20 août. L’espion est soupçonné par les autorités maliennes d’avoir "mobilisé des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des militaires, dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara", dans le cadre d’une présumée conspiration.
Le ministère français des Affaires étrangères a réagi à cette arrestation le samedi 16 août, déclarant que l’accusation de tentative de déstabilisation des institutions était "sans fondement". "Un dialogue est en cours (avec les autorités maliennes) afin de dissiper tout malentendu" et obtenir la "libération sans délai" de ce membre de l’ambassade de France à Bamako, avait ajouté le Quai d’Orsay.Violation de l’immunité diplomatique
L’homme de la DGSE était présent sur le sol malien sous sa véritable identité et accrédité comme agent diplomatique français. A ce titre, il bénéficie de l’immunité diplomatique réglementée par la convention de Vienne de 1961, ratifiée par le Mali depuis 1968. Celle-ci interdit notamment toute arrestation ou détention dans un...
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22/08 - "Nos contemporains sont gagnés par la nowstalgie" : les extraits du nouvel essai de Gérald Bronner
C'est l'un des essais majeurs de la rentrée. Dans A l'assaut du réel (PUF), à paraître le 27 août, Gérald Bronner alerte sur une bascule anthropologique à l'œuvre. Selon le sociologue, professeur à La Sorbonne Université et chroniqueur de L'Express, l'humanité serait déjà entrée dans l'ère de la post-réalité, qui va mettre en péril toute idée d'un monde commun. Son livre montre d'abord que les humains, ces "singes magiciens", ont toujours été tentés de faire passer leurs désirs pour des réalités, faisant appel aux religions et à la magie depuis le début de notre espèce. Mais selon l'universitaire, la remise en question de la réalité s'est accélérée depuis plusieurs décennies, pour des raisons autant idéologiques que technologiques. D'un côté, dans le sillage de Mai-68, la pensée désirante a été dérégulée, invitant les individus à privilégier leur subjectivité et leur "vrai moi". De l'autre, la révolution numérique, entre réalité virtuelle et IA, permet d'avoir des univers factices de plus en plus attrayants.
En primeur, L'Express publie les bonnes feuilles ce livre ambitieux qui mêle sciences sociales, sciences cognitives, biologie ou histoire, dans la lignée d'un Steven Pinker ou d'un Yuval Noah Harari.Anthony Fremont : un dictateur tout près de chez fou
Nous sommes dans les années 1960. Anthony Fremont a la jolie petite frimousse d’un enfant de 6 ans mais il inspire la crainte. Il règne comme le pire des despotes sur Peaksville, une bourgade de l’Ohio, aux États-Unis. Il a deux parents mais ceux-ci n’osent s’opposer à...
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22/08 - Etats-Unis : l’ancien conseiller de Donald Trump, John Bolton, dans le viseur du FBI
La police fédérale américaine (FBI) a perquisitionné, ce vendredi 22 août, le domicile de John Bolton, ex-conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale lors du premier mandat du républicain et qui en est devenu depuis l’un des plus fervents critiques.
Des agents du FBI entraient et sortaient tôt vendredi de la maison en banlieue de la capitale Washington de cet ancien haut responsable à la Maison-Blanche.
"PERSONNE n’est au-dessus de la loi… Les agents du FBI sont en mission", a déclaré sur X le directeur de la police fédérale, Kash Patel, sans que ce proche allié de Donald Trump ne précise quelle affaire il évoque. Selon le tabloïd New York Post, qui cite un responsable de l’administration Trump, l’enquête aurait été ordonnée directement par Kash Patel.
Interrogé par la presse, Donald Trump a déclaré ne pas avoir été informé par le FBI de cette perquisition, avant de lancer plusieurs piques à son ancien conseiller. "Je ne suis pas fan de John Bolton. C’est vraiment un moins-que-rien", a déclaré le président américain. "Ce n’est pas un gars intelligent, mais il pourrait aussi être très antipatriotique, on va voir ça", a ajouté Donald Trump.
Selon le New York Times et d’autres médias américains, la perquisition a été ordonnée pour déterminer si John Bolton avait partagé ou était en possession illégalement de documents classifiés.De trumpiste à opposant farouche
De retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump avait signé un décret exécutif accusant John Bolton d’avoir révélé "des informations sensibles du...
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22/08 - Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine, une première au Moyen-Orient
L'ONU a officiellement déclaré ce vendredi 22 août une famine "entièrement causée par l’homme" dans la plus grande ville de Gaza et ses environs. Des experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état "catastrophique" et que c’était la première famine officiellement déclarée au Moyen-Orient. "C’est une famine que nous aurions pu éviter si on nous l’avait permis. Pourtant, la nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique d’Israël", a accusé à Genève le responsable de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher.
Le chef des droits humains des Nations unies, Volker Türk a aussi rappelé qu'"affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre", peu de temps après l’annonce de l’organisation internationale. "Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité, a lancé pour sa part le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. "Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération immédiate de tous les otages et d’un accès humanitaire total et sans entrave."
L'ONU s’est aussitôt attiré les foudres d’Israël, le ministère israélien des Affaires étrangères affirmant "qu’il n’y a pas de famine à Gaza". Dans un communiqué, il a dénoncé le rapport du groupe d’experts du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), basé à Rome, déclarant qu’il était "fondé sur les mensonges du Hamas, recyclés par des organisations ayant des intérêts particuliers".Conditions "catastrophiques"
Après des mois de...
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22/08 - Aurillac : ce que l’on sait des violences qui ont éclaté en marge du festival
Jets de pierre, barricades et feux de poubelles : des violences ont éclaté à Aurillac dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 août, au premier jour du festival de théâtre de rue, faisant huit blessés parmi les forces de l’ordre. Jeudi soir, deux compagnies de CRS 83, spécialisée dans les émeutes, ont été envoyées en renfort des trois compagnies déjà sur place pour que le festival puisse se poursuivre dans le calme.Qu’est-ce qui a déclenché les heurts ?
Mercredi soir, en marge d’une "interpellation en flagrant délit", des "groupes d’individus hostiles" parfois masqués et cagoulés s’en sont pris aux forces de l’ordre, a indiqué la préfecture du Cantal dans un communiqué. Selon les témoignages recueillis sur place par un correspondant de l’AFP, la tension est montée après l’arrestation d’un individu ayant tagué la devanture d’une banque. Vers 23h30, un groupe de personnes s’est alors opposé aux forces de l’ordre sur une place du centre-ville, s’en prenant à des abribus et des commerces, lançant des projectiles sur les CRS, allumant des feux de poubelles, a constaté ce correspondant.
"On est clairement dans un groupement qui s’est formé de manière temporaire pour casser", a indiqué la procureure de la République d’Aurillac Sandrine Delorme. Les émeutiers s’en sont également pris à l’enceinte du palais de justice contre laquelle ils ont jeté des pavés, selon elle.Que s’est-il passé durant l’affrontement ?
Selon une source policière, le groupe d’émeutiers était constitué de 300 personnes, dont une soixantaine cagoulés ou...
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22/08 - Une rencontre Poutine-Zelensky ? C’est comme mélanger "de l’huile et du vinaigre", selon Donald Trump
La rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, annoncée lundi avec confiance par Donald Trump, aura-t-elle vraiment lieu un jour ? Le doute est permis face aux dernières déclarations de Moscou. Après avoir souligné mercredi qu’une telle réunion devait être préparée minutieusement, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé ce vendredi qu’il n’y avait à ce stade "pas de rencontre prévue" entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. De son côté, Donald Trump a dit que réunir les deux dirigeants équivalait à mélanger "de l’huile et du vinaigre".
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump dit que réunir Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky équivaut à mélanger "de l’huile et du vinaigre"
⇒ La Russie affirme qu’il n’y a "pas de rencontre prévue" entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky
⇒ Moscou revendique la prise de trois villages dans la région de DonetskDonald Trump dit que réunir Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky équivaut à mélanger "de l’huile et du vinaigre"
Donald Trump, qui peine à réunir comme il l’a promis le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et son homologue russe, Vladimir Poutine, a lancé ce vendredi que cela équivalait à mélanger "de l’huile et du vinaigre".
"Nous allons voir si Poutine et Zelensky vont travailler ensemble. Vous savez, c’est un peu comme l’huile et le vinaigre. Ils ne s’entendent pas très bien, pour des raisons évidentes", a dit le président américain pendant un court échange avec des journalistes.La Russie affirme qu’il n’y a...
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22/08 - Lonni Besançon, le détective de la science qui traque les dérives : "Le système pousse à tricher"
À 34 ans, Lonni Besançon mène une double vie. Le jour, ce chercheur français installé en Suède développe des techniques de visualisation de données à l’université de Linköping. Le soir et les week-ends, il enquête sur les fraudes scientifiques avec l’acharnement d’un détective privé, qu’on surnomme "sleuth" (limier). Cette activité, commencée pendant la pandémie de Covid-19, vient d’être couronnée par un Best Paper Award 2025 attribué par la revue scientifique Jasist (Journal of the Association for Information Science and Technology). Ce prix, qui récompense le meilleur article évalué par les pairs et publié dans la revue au cours de l’année précédente, a été décerné à ses collègues et lui pour leur publication sur les "références fantômes", une nouvelle forme de manipulation des études scientifiques. Une découverte "fascinante" qui "se lit comme une enquête policière", selon les jurés de Jasist.
Quelques semaines plus tôt, la prestigieuse revue Nature publiait son portrait, le consacrant comme l’un des plus jeunes "nettoyeurs" de la science. De quoi récompenser son combat qui a commencé en 2020. Depuis, Lonni Besançon a co-publié une dizaine d’études révélant les dérives du système académique : de l’affaire Raoult aux "usines à papiers (paper mills)" - ces sociétés fantômes qui produisent de faux articles en masse - en passant par l’analyse des publications Covid-19 bâclées. Un travail qui lui a valu une reconnaissance internationale, mais aussi un harcèlement en ligne persistant.
L’Express : Vous venez d’être récompensé par...
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22/08 - Corée du Nord : Kim Jong-un rappelle ses officiers déployés en Russie et couvre d’éloges ses troupes "héroïques"
Plus d’une douzaine de commandants de haut rang sont apparus dans le bureau personnel de Kim Jong-un jeudi 21 août, recevant un accueil de héros pour avoir combattu dans la région russe de Koursk, a rapporté l’agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). Le dirigeant nord-coréen en a profité pour couvrir d’éloges les troupes du régime déployées en soutien à la Russie, lors d’une réunion avec son commandement militaire. "Nous avons une armée héroïque", a-t-il déclaré dans un discours adressé aux chefs de l’armée nord-coréenne dans la capitale Pyongyang.
Des images diffusées ce vendredi par les médias d’Etat nord-coréens ont montré Kim Jong-un agenouillé devant les portraits de soldats morts au combat pour la Russie contre l’Ukraine, et embrassant un survivant du conflit. Le dirigeant a également décerné, selon l’agence KCNA, le titre de "héros de la république populaire démocratique de Corée" - le nom officiel du pays - aux commandants qui ont combattu dans des opérations à l’étranger et "accompli des exploits remarquables". "Notre armée fait maintenant ce qu’elle doit faire et ce qui doit être fait. Elle continuera à le faire à l’avenir également", a-t-il poursuivi dans son discours.
Au moins deux des généraux présents avaient été chaleureusement accueillis et personnellement remerciés par le président russe Vladimir Poutine en mai dernier, lors du défilé du Jour de la Victoire. Ce dernier a également qualifié les troupes nord-coréennes d'"héroïques" la semaine dernière.Un retrait stratégique
Quelque 15 000 soldats...
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22/08 - Gaza : plus de 80 % des morts palestiniens sont des civils, d’après les chiffres de l’armée israélienne
Plus de 80 % des personnes tuées à Gaza par les bombardements israéliens sont des civils, selon une enquête de l’illustre journal britannique The Guardian, qui a pu consulter une "base de données classifiée du renseignement militaire israélien". "Un taux de massacre extrêmement élevé, rarement atteint au cours des dernières décennies de guerre", estime le quotidien, 22 mois après le début de la guerre. L’enquête publiée jeudi 21 août est co-signée par la publication israélo-palestinienne + 972 Magazine et le média en hébreu Local Call.Cinq Palestiniens tués sur six étaient des civils
Dans la base de données israélienne consultée par les enquêteurs, 8 900 combattants du Hamas et du Jihad islamique palestinien sont répertoriés comme morts ou "probablement morts" à dater du mois de mai dernier. À cette date, les autorités sanitaires de Gaza comptaient au total 53 000 Palestiniens (contre 61 000 aujourd’hui selon les chiffres de l'ONU) tués dans les attaques israéliennes, civils et combattants compris.
Selon un simple calcul, les combattants palestiniens tués répertoriés par les Israéliens dans leur base de données ne représentaient donc à ce moment-là que 17 % du total des tueries. Les 83 % des morts restants étaient donc des civils, soit cinq personnes sur six.
Israël n’a pas encore répondu aux sollicitations des enquêteurs des trois médias, mais n’a pas contesté l’existence de cette base de données....
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22/08 - Allemagne : les droits de douane de Donald Trump pèsent sur la croissance
Le recul du PIB allemand au deuxième trimestre a été plus fort qu’initialement estimé et les déboires de l’industrie, aux prises avec les droits de douane américains, sont venus effacer l’embellie du premier trimestre.
Entre avril et juin, le Produit Intérieur Brut (PIB), corrigé des variations de prix, de saison et de calendrier, a chuté de 0,3 %, selon un communiqué de l’institut de statistiques Destatis paru vendredi 22 août. En juillet, sa première estimation pour le PIB était un recul de 0,1 %.
L’accalmie aura ainsi été de courte durée pour la première économie européenne, dont l’activité avait connu un rebond de 0,3 % au premier trimestre, également légèrement revu à la baisse vendredi.Un recul de la production industrielle plus marqué qu’attendu
Une frénésie d’achats avant l’instauration des droits de douane américains avait bénéficié aux piliers du modèle économique allemand, les exportations et la production industrielle. Mais "un renversement de cet effet d’anticipation a eu lieu et le premier impact complet des droits de douane américains s’est fait sentir au deuxième trimestre", analyse Carsten Brzeski de la banque ING.
Pour redresser l'économie rapidement, la ministre de l'Economie Katherina Reiche a recommandé "d'assouplir les horaires de travail, de réduire les charges salariales, de supprimer les obstacles bureaucratiques et de baisser les prix de l'énergie", dans un communiqué vendredi.
La production industrielle a souffert au printemps, avec un recul de 0,3 % par rapport au premier trimestre, plus...
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22/08 - L’ONU déclare officiellement la famine à Gaza, Israël dénonce un "mensonge éhonté"
Alors que Benyamin Netanyahou a ordonné jeudi l’ouverture de négociations pour libérer "tous" les otages à Gaza, en réponse à une nouvelle proposition de trêve dans le territoire palestinien, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a menacé ce vendredi 22 août de détruire la ville de Gaza si le Hamas n’accepte pas la paix aux conditions de l’Etat hébreu. Une menace formulée le jour même où l'ONU a officiellement déclaré la famine à Gaza, après que ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état "catastrophique". Ce rapport est un "mensonge éhonté", a répondu Benyamin Netanyahou.
Les infos à retenir
⇒ L'ONU déclare la famine à Gaza, la première au Moyen-Orient
⇒ Le rapport de l'ONU est un "mensonge éhonté", selon Benyamin Netanyahou
⇒ Israël menace de détruire la ville de Gaza si le Hamas n’accepte pas la paix à ses conditionsL'ONU déclare la famine à Gaza, la première au Moyen-Orient
L'ONU a officiellement déclaré ce vendredi la famine à Gaza, la première à toucher le Moyen-Orient, après que ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état "catastrophique". Après des mois de mise en garde contre une famine dans le territoire ravagé par la guerre, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza et qu’elle devrait s’étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah et Khan Younès d’ici fin septembre, pour toucher presque 641 000 personnes à cette date.
Pour...
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22/08 - Guerre en Ukraine : le sommet Poutine-Zelensky, une rencontre bien incertaine
"À l’heure actuelle, les signaux envoyés par la Russie sont tout simplement indécents. Ils essaient de se soustraire à la nécessité d’organiser une réunion" a tonné Volodymyr Zelensky ce jeudi 21 août. Depuis quelques jours, les Etats-Unis et les alliés européens de l’Ukraine s’activent autour de l’organisation d’une rencontre entre Vladimir Poutine et le président ukrainien, destinée à trouver une issue à la guerre provoquée par l’invasion russe. Une réunion bilatérale qui a semblé dans un premier temps accueillie unanimement… Jusqu’à la réponse russe.
Dans les mots, comme dans les actes. Les Russes "poursuivent leurs attaques massives contre l’Ukraine et leurs assauts féroces le long de la ligne de front", a annoncé le président ukrainien jeudi. La Russie a effectivement lancé dans la nuit de mercredi à jeudi une attaque massive sur l’Ukraine, utilisant 574 drones et 40 missiles, selon l’armée de l’air ukrainienne, un nombre record depuis la mi-juillet. Ces frappes ont fait deux morts et ont aussi largement détruit une entreprise américaine située dans la ville de Moukatchevo. Le message est on ne peut plus clair pour Paris, qui a dénoncé jeudi une "absence de volonté" de la Russie de mettre fin à la guerre.La tension monte autour des "garanties de sécurité"
C’est Donald Trump qui avait annoncé avec enthousiasme la préparation d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, après s’être entretenu avec le chef de guerre russe en Alaska la semaine dernière...
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22/08 - Dominique Senequier, présidente d’Ardian : "Femmes ou hommes, la France a besoin de plus d’ingénieurs"
François Bayrou compte sur la gent féminine pour dérouler son budget 2026. Plus précisément, le volet "En avant la production" du programme du Premier ministre s’appuie, outre les investissements de France 2030 et d'"Osez l’IA", sur le plan "Filles et maths". Elisabeth Borne, la ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, en avait présenté les grandes lignes en mai dernier.
Dès la rentrée 2025, le gouvernement entend encourager les lycéennes à opter pour la spécialité mathématiques en Première et en Terminale. Avec l’objectif de porter à 20 % au bas mot la part des étudiantes dans chaque classe préparatoire scientifique aux grandes écoles à la rentrée 2026. Puis à 30 % minimum en 2030. Un levier parmi d’autres pour remettre la France, en mal d’ingénieurs, sur les rails de la compétition industrielle mondiale.
Dominique Senequier, qui a figuré à plusieurs reprises dans le classement Forbes des "Femmes les plus influentes au monde", salue la démarche. Cette "X-72" est issue de la première promotion mixte de l’Ecole Polytechnique, il y a 53 ans, et s’est frayée un remarquable chemin dans le monde très masculin de la finance. Le fonds de capital-investissement qu’elle a monté en 1996 dans le giron d’Axa a pris son indépendance en 2013 pour devenir Ardian, le plus gros du genre en Europe, avec 180 milliards de dollars sous gestion. Auprès de L’Express, elle témoigne du rôle fondamental de l’entourage familial et de ses propres actions pour encourager les femmes à se lancer dans...
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22/08 - "Alcatraz des alligators" : clap de fin pour le symbole de la politique migratoire de Donald Trump ?
Une juge de Floride a interdit jeudi 21 août à l’administration Trump et aux autorités de cet Etat de détenir de nouveaux migrants dans le centre de rétention surnommé l'"Alcatraz des alligators" et leur a ordonné de retirer sous 60 jours de nombreux équipements, signifiant sa fermeture à terme. Dans la foulée de la décision, les autorités de Floride ont annoncé faire appel.
Le centre de rétention avait été monté en juin à la hâte avec lits superposés, cages grillagées, et pavillons de toile blanche, le tout sur un aérodrome abandonné au milieu des marécages des Everglades. La Maison-Blanche et les autorités locales l’ont surnommé l'"Alcatraz des alligators", en référence à l’ancienne île-prison de la baie de San Francisco que Donald Trump compte par ailleurs rouvrir. Quelque 3 000 places étaient prévues en Floride, avait affirmé la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Mais le centre a suscité la colère des associations environnementales - les Everglades étant une zone protégée - et des défenseurs des droits humains. La décision jeudi de la juge Kathleen Williams fait suite à une procédure intentée par deux associations, Friends of the Everglades et Center for Biological Diversity, qui estiment que le centre menace l’écosystème fragile des marécages alentour et a été construit sans études d’impact environnemental.Conditions de détention épouvantables
Début août, la juge avait déjà ordonné la suspension temporaire de toute nouvelle construction dans le centre. Cette fois-ci, elle enjoint à l’administration...
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22/08 - Les incendies se multiplient... mais l’Europe aura-t-elle assez de pompiers ?
Attention, sujet inflammable. Alors que l’Europe peine à éteindre les multiples incendies qui la frappent, les effectifs de pompiers professionnels ont diminué dans un tiers des pays membres de l’UE ces dernières années. Le Syndicat européen des services publics (Epsu) a fait les comptes en recoupant les enquêtes publiées par Eurostat. Entre 2021 et 2023 (dernières données disponibles), le nombre de soldats du feu a chuté de 28 % en Suède, 24 % en Roumanie et en Hongrie, 20 % en Bulgarie, 15,6 % aux Pays-Bas, 7,5 % en Allemagne, 5 % en Belgique et en Italie, et 2 % au Portugal. Environ 20 000 postes ont ainsi disparu des casernes dans ces neuf pays.
Heureusement, d’autres nations suivent le chemin inverse. Par exemple, les effectifs progressent en France, en Grèce, en Espagne ou encore en Pologne sur la même période. Une balance qui permet à l’Europe, dans son ensemble, de n’afficher qu’une légère baisse des effectifs (-0,7 %), pour un effectif global de 362 400 pompiers.
L’Epsu tire néanmoins la sonnette d’alarme. "Rien qu’en 2024, les inondations catastrophiques à Valence, en Espagne, et la tempête Boris, qui a ravagé l’Europe centrale, ont mis en évidence les conséquences dangereuses du sous-financement des services de protection civile. Pourtant, les mesures d’austérité continuent de réduire les ressources dont les pompiers ont besoin", déplore l’organisme dans un communiqué récent.
Avec ses incendies multiples, 2025 s’annonce tout aussi problématique. Depuis le début de l'année, plus d'un million...
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21/08 - Aux Etats-Unis, Donald Trump relance la guerre des cartes électorales pour 2026
A l’approche des élections de mi-mandat en 2026 aux Etats-Unis, les circonscriptions électorales évoluent… et marquent le début d’une lutte. Alors que la Chambre des représentants du Texas a approuvé mercredi 20 août un redécoupage de sa carte électorale, pour permettre aux républicains d’engranger cinq sièges supplémentaires au Congrès, les démocrates californiens se sont empressés jeudi de présenter leur propre projet de riposte.
Cette lutte entre les deux Etats les plus peuplés du pays, qualifiée d'"extraordinaire" par le Washington Post, a été initiée par le président Donald Trump : ce dernier, dont les élections de mi-mandat lui sont généralement défavorables, a poussé les responsables du Texas a opéré cette modification, afin de diluer le vote démocrate. Sur les 38 élus du Texas à la Chambre des représentants à Washington, 25 sont actuellement républicains, et la Maison-Blanche ambitionne de faire passer ce chiffre à 30 l’an prochain. L’enjeu est de taille pour le président : si ses adversaires reprennent la majorité à la Chambre des représentants, ces derniers auront le champ libre pour lancer des commissions d’enquête parlementaires et empoisonner la fin de son second mandat.
En minorité au Parlement texan, les démocrates avaient donc fui l’Etat début août, se réfugiant à Chicago ou New York, afin qu’un quorum ne soit pas atteint. Mais leur retour a permis l’organisation du vote mercredi - et son issue favorable -, bien que la proposition doive encore être approuvée par le Sénat local, à majorité républicaine.Un...
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21/08 - Emmanuel Macron, Gérald Darmanin et l’encombrant Bruno Retailleau : le mystérieux rendez-vous de Brégançon
Même chez le plus ardent des hommes politiques, il arrive, dit-on, que les déconvenues assomment l’ambition. Gérald Darmanin échappe à cette règle d’airain. Trop agile, trop habile, trop conscient de sa faiblesse : seule la promesse du poste plus prestigieux que le précédent apaise ses tourments de Petit chose éternel. "Je n’ai pas fait l’ENA, je ne viens pas du même monde qu’eux" : il peste et tient son combat. Non pas les égaler, ces héritiers, mais les dépasser. Alors, renoncer à Matignon, lui qui s’y est vu installé un été pas si lointain – c’était en 2023, c’était il y a deux ans, c’était il y a un siècle ? Défaite absurde. La situation politique apparaît si instable… Tout devient possible, lui a appris un ancien président.
Le mardi 12 août, le ministre de la Justice est attendu à Nîmes, il débarque à Marseille. Visite inopinée à la prison des Baumettes, "à peine une petite heure", relate le quotidien local La Provence. Il suffira d’une minute pour recevoir un signe d’Emmanuel Macron qui, sachant son ministre à moins de 100 kilomètres du Fort de Brégançon, le convie à passer le lendemain. Emmanuel Macron : "Il est remonté sur son cheval, Gérald !"
Mercredi 13 août à midi, les voici réunis. L’Elysée se garde de communiquer officiellement sur la rencontre et Gérald Darmanin, photographié par la presse en terrasse dans un restaurant à 200 mètres du Fort le même jour, se retient également de fanfaronner dès la sortie. Car leur discussion a porté sur deux sujets. La non-confidentielle réforme judiciaire initiée par le...
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21/08 - Ukraine : la Russie accusée de tortures sexuelles "horribles" sur des civils
Plusieurs experts de l'ONU ont dénoncé ce jeudi 21 août auprès de Moscou les tortures sexuelles "horribles" auxquelles ont été soumis des civils ukrainiens, principalement dans des régions de l’Ukraine occupées par la Russie.
La Rapporteuse spéciale sur la torture, Alice Jill Edwards, ainsi que plusieurs autres experts, ont envoyé un dossier documentant ces cas à la Fédération de Russie. Ils accusent la Russie de mener une "politique délibérée et systématique de la torture" en Ukraine, alors que les pays doivent entamer des discussions sur un éventuel plan de paix.
Ces spécialistes du respect des droits humains - mandatés par le Conseil des droits de l’homme, mais qui ne parlent pas au nom de l'ONU - rapportent les cas de 10 civils ukrainiens "maltraités dans les régions occupées de l’Ukraine, notamment Kherson, Kharkiv et Zaporijjia". "Ces accusations distinctes, relatant les expériences de quatre femmes et six hommes, sont véritablement horribles", a déclaré Alice Jill Edwards, qui souligne que ce n’est qu’un "petit échantillon".
Ces victimes ont été soumises à "des violences hautement sexualisées, incluant des viols, des menaces de viol et d’autres comportements dépravés", a insisté l’experte. Dans tous les cas documentés, des chocs électriques répétés ont été administrés, notamment sur les organes génitaux. "Ces civils ont été battus, frappés, bandés les yeux et, dans certains cas, soumis à des simulacres de noyade et des exécutions factices, précise le communiqué des experts.La Russie abandonne "totalement...
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21/08 - Andreï Pertsev : "Vladimir Poutine espère toujours une crise politique en Ukraine"
Journaliste politique pour le média indépendant en exil Meduza, Andreï Pertsev est l’un des meilleurs connaisseurs des arcanes du pouvoir russe. Pour L’Express, il analyse les discussions en cours entre Donald Trump, Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens pour essayer d’aboutir à la paix en Ukraine. Selon lui, le président russe "va tout faire pour rendre une rencontre avec son homologue ukrainien impossible, tout en évitant d’offenser Trump". Entretien.
Le rendez-vous avec Donald Trump en Alaska a servi Vladimir Poutine, du moins sur le plan de l’image. Quelles conclusions tire-t-il, selon vous, des échanges entre Volodymyr Zelensky (accompagné par sept dirigeants européens) et Donald Trump, à la Maison-Blanche, le 18 août ?
Andreï Pertsev : La rencontre avec Trump à Anchorage a surtout été un succès pour Poutine auprès de l’opinion publique russe. Les médias d’État et pro-gouvernementaux russes l’ont présentée comme une avancée majeure dans la sortie de l’isolement international du président et de la Russie dans son ensemble. Et peut-être que le succès de Poutine réside également dans le fait qu’il a fait perdre du temps à Trump.
Cette réussite est cependant à relativiser. Les présidents russe et américain ne sont parvenus à aucun accord, Donald Trump a annulé le déjeuner prévu et a rapidement quitté Anchorage. La rencontre a duré deux heures et demie, alors que le Kremlin s’attendait à ce qu’elle dure beaucoup plus longtemps. D’après ce que je sais, Poutine et son entourage comptaient...
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21/08 - En Russie, le nombre de désertions dans l’armée de Vladimir Poutine en forte hausse
C’est un chiffre conséquent, qui pourrait probablement être sous-estimé. En plus de trois ans de guerre en Ukraine, les tribunaux militaires de garnison russes ont rendu pas moins de 18 341 verdicts dans des affaires de désertion et d’abandon de poste, selon les calculs réalisés pour le média d’investigation indépendant russe The Insider par un centre d’analyse dirigé par Kirill Parubets, un ingénieur informatique, opposant à la guerre.
Si depuis février 2023, pour des raisons de "confidentialité", le Département judiciaire auprès de la Cour suprême a retiré l’accès au public des statistiques détaillées sur les crimes contre le service militaire - qui incluent la désertion et l’abandon non autorisé de poste -, les tribunaux de garnison, eux, continuent individuellement de publier des informations sur les verdicts rendus. L’analyse publiée par The Insider s’appuie donc sur ces jugements, mais ne comprend pas ceux des tribunaux situés sur les territoires occupés. Les auteurs de l’enquête estiment qu’en tenant compte des condamnations prononcées par ces derniers, le nombre total de condamnés pourrait dépasser les 20 000.Une nette augmentation
Les deux premières années de la guerre ont montré une nette augmentation du nombre d’affaires pour désertion ou abandon de poste. Durant les dix premiers mois de 2022, le nombre de condamnés était relativement faible – seulement 884 personnes. En 2023, ce chiffre a grimpé à 4 346, soit cinq fois plus que l’année précédente. En 2024, le nombre a encore doublé, atteignant 8 561...
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21/08 - Journée des oubliés des vacances : les "souvenirs incroyables" de bénéficiaires devenus célèbres
Installée sur le toit d’un bateau-mouche parisien, Armine ne détache ses yeux du paysage que pour saisir son tout nouveau téléphone, et cribler de photos la Tour Eiffel, le pont Alexandre III ou les toits dorés de la cathédrale de la Sainte-Trinité. A intervalle régulier, elle ne peut s’empêcher de se lever d’un bond pour prendre un selfie devant Notre-Dame de Paris ou le Louvre avec son frère et sa soeur. La jeune fille de 12 ans n’a pas encore de réseaux sociaux, mais tient à envoyer aux parents, restés à la Roche-sur-Yon (Vendée), un souvenir de ce moment inoubliable.
Comme elle, plus de 40 000 enfants ont bénéficié, ce mercredi 20 août, d’une journée de visite dans la capitale organisée par le Secours Populaire. Alors qu’un enfant sur trois ne part pas en vacances durant l’été, ces sorties, organisées depuis 1979 partout en France par l’association et baptisées "Journées des oubliés des vacances" (JOV), leur permettent de changer d’air, et de découvrir la mer, la montagne ou les monuments de Paris. Balade sur la Seine, visite de musées, initiation au sport avec des athlètes olympiques et concert surprise sur le Champ-de-Mars… A leur retour, les milliers de petits bénéficiaires pourront raconter leurs aventures à leur famille, leurs copains, leurs professeurs. Et avoir enfin le sentiment d’être un peu partis, eux aussi.
"C’est extrêmement important. Quand on leur demandera à l’école d’écrire une rédaction sur leurs activités estivales, ils pourront faire le récit de cette journée. Il faut voir leur réaction...
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21/08 - "L’affaire Luc Julia", tempête dans le monde de l’intelligence artificielle
Il faut le dire, les vidéos d’auditions au Sénat ne passionnent généralement pas les foules. Pourtant, la récente participation de Luc Julia à l’une de ces séances est au cœur d’une controverse dans le milieu français de l’intelligence artificielle. Le directeur scientifique de Renault, connu dans le monde médiatique comme le "cofondateur de Siri", l’assistant vocal de l’iPhone, était invité par la Commission des affaires économiques le 18 juin dernier pour s’exprimer sur l’impact et le futur de l’intelligence artificielle. Son intervention ne crée aucun remous sur le coup, jusqu’au 11 août. Ce jour-là, une vidéo publiée par le Youtubeur MrPhi, intitulée "Luc Julia au Sénat : autopsie d’un grand N’IMPORTE QUOI", démonte pendant près d’une heure ses arguments.
Les chiffres avancés par Luc Julia, notamment la fiabilité des réponses de ChatGPT, estimée à 64 % ? Une déformation de l’étude, datant de plusieurs années, qui ne représenterait plus la réalité, selon le Youtubeur. Les hallucinations de ChatGPT ou de Gemini évoquées ? Des exemples qui n’ont plus lieu, ou qui ont été réparés. L’étude d’OpenAI qui explique que les chatbots sont de moins en moins pertinents ? Une invention pure et simple. Sa revendication de la paternité de Siri ? Une exagération de sa participation au projet. Accusé d’avoir trop simplifié le fonctionnement de l’IA, grossi ses lacunes, minimisé ses risques et descendu l’IA Act européen, Luc Julia est présenté en fraudeur ultime.
Très vite, la...
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21/08 - Sabotage du gazoduc Nord Stream : ce que l’on sait de l’arrestation d’un Ukrainien en Italie
Un Ukrainien, suspecté d’être l’un des coordinateurs du commando de sabotage du gazoduc russe Nord Stream dans la mer Baltique en 2022, a été arrêté ce jeudi 21 août dans la province de Rimini (Italie), a annoncé le parquet fédéral allemand. L'Express fait le point sur ce que l'on sait. Une arrestation en Émilie-Romagne
L’opération nocturne a été menée par les carabiniers de la commune de Misano Adriatico (Émilie-Romagne), en étroite collaboration avec le service de coopération internationale de la police, précise le quotidien italien Il sole 24ore. Elle a eu lieu durant les vacances en famille du suspect, "sur la base d’un mandat d’arrêt européen du citoyen ukrainien Serhii K.", émis le 18 août par le parquet fédéral allemand et le juge d’instruction de la Cour fédérale de justice.
La ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, a salué l’arrestation et le "succès impressionnant des enquêteurs" du parquet fédéral, en la qualifiant d'"hautement complexe", rapporte le journal allemand Bild.Les premiers détails de l’enquête
"Serhii K. faisait partie d’un groupe de personnes qui, en septembre 2022, ont placé des explosifs sur les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 près de l’île (danoise, ndlr) de Bornholm", écrit le parquet fédéral allemand, spécialisé dans les affaires de terrorisme. Il s’agit "vraisemblablement d’un des coordinateurs de l’opération" de sabotage, ajoute-t-il.
En compagnie d’autres complices, Serhii K. aurait rejoint la zone de la mer Baltique à l’aide d’un "voilier qui avait pris le départ à...
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21/08 - Gaza : une attaque surprise du Hamas révèle les limites du renseignement israélien
C’est une attaque d’une ampleur inédite depuis le 7 octobre 2023. Mercredi 20 août, l’armée israélienne a affirmé avoir tué une dizaine de combattants du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, en repoussant une attaque de la branche armée du mouvement islamiste palestinien.
Selon les conclusions d’une enquête de Tsahal sur l’incident, les membres du Hamas sont sortis d’un tunnel situé à environ 50 mètres d’un poste militaire, qui servait aux troupes de la brigade d’infanterie Kfir. Ce tunnel, connu des militaires, avait en partie été démoli, mais les hommes armés auraient creusé un nouveau puits et utiliser le passage souterrain existant lors de l’attaque.Une attaque combinée
"Les assaillants ont mené une attaque combinée par des tirs d’arme à feu et des missiles antichars en direction du poste. Plusieurs d’entre eux qui tentaient de s’infiltrer dans le poste ont été éliminés dans des combats au corps à corps et des frappes aériennes de soutien", a déclaré l’armée israélienne, qui compte trois blessés parmi ses rangs. Six autres membres du Hamas ont été tués à proximité des combats, probablement à un poste d’observation.
Dans un communiqué, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont de leur côté fait état "d’un raid mené ce matin" par ses combattants "sur une position ennemie nouvellement établie au sud-est de Khan Younès". Appuyés par des mortiers, les combattants "ont pris d’assaut le site et ciblé plusieurs chars […] des maisons où des occupants [soldats israéliens, ndlr] étaient retranchés". Si le...
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21/08 - Droits de douane de Donald Trump : les voitures taxées à 15 %, pas d’exemptions pour le vin européen
Les voitures et produits pharmaceutiques européens seront bien taxés à 15 % à leur entrée aux Etats-Unis, selon un communiqué commun publié ce jeudi 21 août par l’Union européenne et l’administration Trump, qui ne prévoit aucune exemption pour les vins et spiritueux.
"Malheureusement, nous n'avons pas réussi à ce que ce secteur" soit inclus dans les exemptions, a déclaré le commissaire européen Maros Sefcovic lors d'une conférence de presse en présentant les détails de l'accord commercial noué entre l'UE et l'administration Trump fin juillet.
"Il s’agit d’un accord stratégique important, que nous soutenons pleinement", a affirmé le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, lors d’une conférence de presse, alertant sur les risques d’une guerre commerciale. Il a ajouté que les discussions se poursuivraient et que "ces portes n'étaient pas fermées pour toujours". Cette exemption aux droits de douane de 15 % pour les vins est spiritueux était vivement réclamée en particulier en France et en Italie. La France va travailler à des "exemptions additionnelles" dans l'accord commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis, a réagi dans la foulée le ministre français délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin.
Après des mois de négociations très âpres, Bruxelles et Washington ont scellé fin juillet un accord commercial basé sur des droits de douane de 15 % sur les produits européens qui arrivent aux Etats-Unis. C'est bien plus que le taux en vigueur avant le retour au pouvoir du président américain -...
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21/08 - Le Renseignement américain victime de nouvelles coupes d’ampleur
La directrice du Renseignement américain Tulsi Gabbard a annoncé mercredi 20 août une sévère cure d’amaigrissement de son administration, qu’elle a accusée d'"abus de pouvoir" et d'"instrumentalisation politique".
"Ces 20 dernières années, le Bureau de la Direction du Renseignement national (ODNI) a gonflé jusqu’à devenir inefficace et les abus de pouvoir, les fuites d’informations confidentielles et l’instrumentalisation politique y ont été monnaie courante", a dénoncé dans un communiqué cette ancienne élue du Parti démocrate, ralliée au président républicain Donald Trump.
Selon une fiche d’information publiée par l’ODNI, la directrice a déjà supprimé 500 postes et réduit la taille du bureau de 30 % depuis sa prise de fonction en février. La nouvelle cure promet de réduire les effectifs de plus de 40 % et permettrait, selon le communiqué, d’économiser plus de 700 millions de dollars par an. L’ODNI n’a pas précisé si cette réduction correspondait à un pourcentage de l’effectif initial ou du total déjà réduit, remarque la BBC.
L’initiative, baptisée "ODNI 2.0", semble principalement cibler plusieurs sous-agences et bureaux au sein de l’organisation, que la directrice juge soit redondants, soit "politisés". Cela inclut notamment le Foreign Malign Influence Center, qui surveille les efforts des entités étrangères pour influencer le public américain, ainsi que le National Counterproliferation and Biosecurity Center, qui surveille la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Le plan de Tulsi Gabbard...
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21/08 - Corée du Nord : cette base militaire secrète près de la Chine qui pourrait menacer les Etats-Unis
La Corée du Nord a construit une base militaire secrète près de sa frontière avec la Chine. Elle serait utilisée pour stocker ses derniers missiles balistiques de longue portée, capables d’atteindre le reste de l’Asie et même les Etats-Unis, selon un think tank américain.
Cette base de missiles balistiques, non déclarée, se trouve à seulement 27 kilomètres de la frontière du pays avec la Chine, estime le rapport du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), un groupe de réflexion basé à Washington. "La Corée du Nord installe ces bases de missiles près de la frontière chinoise afin de compliquer la tâche des États-Unis s’ils envisagent de les détruire", explique un analyste du think-tank, cité par le Wall Street Journal.Base militaire jamais déclarée
Selon le CSIS, la construction de la base a commencé en 2004 et celle-ci est devenue opérationnelle une décennie plus tard. Jusqu’à récemment, cependant, l’emplacement du site demeurait secret. Située dans la province de Pyongan du Nord (nord-ouest), la base de Sinpung-dong abriterait probablement des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), y compris à capacité nucléaire, selon le rapport.
Il s’agit de la "première étude approfondie en source ouverte confirmant la base", cette dernière étant celle qui a été la plus difficile à localiser jusqu’à présent, détaille au WSJ l’analyste du CSIS. Toujours selon le rapport, cette installation n’aurait jamais été mentionnée lors des négociations sur la dénucléarisation menées précédemment entre les...
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21/08 - Camille Grand : "La Russie ne doit pas avoir son mot à dire sur les garanties de sécurité de l’Ukraine"
Lors de leur visite à Washington pour accompagner Volodymyr Zelensky, les dirigeants européens n’avaient qu’une obsession, ou presque : les "garanties de sécurité" apportées à l’Ukraine. A force de cajoleries, cette délégation a obtenu de Donald Trump un vague engagement à participer à la protection de Kiev : pas de soldats américains sur le terrain, mais la possibilité d’un appui aérien après un éventuel cessez-le-feu. De leur côté, les alliés européens explorent une palette d’options, de l’assistance militaire durable à une "force de réassurance". "Une manière de faire réfléchir Vladimir Poutine à deux fois avant de reprendre les hostilités", explique l’ancien secrétaire général adjoint de l’Otan, Camille Grand, désormais chercheur au Conseil européen pour les relations internationales. Entretien.
L’Express : Pourquoi, dans le cadre de ces discussions de paix, les Ukrainiens sont-ils à ce point inflexibles sur les "garanties de sécurité" à leur apporter ?
Camille Grand : Depuis leur indépendance en 1991, les Ukrainiens ont appris que les promesses russes sur le respect de l’indépendance et des frontières de l’Ukraine n’étaient pas toujours tenues, et c’est un euphémisme. Ils ont également constaté que les promesses des tiers, notamment à l’occasion du mémorandum de Budapest, en 1994, où les Etats-Unis et le Royaume-Uni s’étaient engagés, comme la Russie, à respecter l’intégrité territoriale et à venir en aide à l’Ukraine si elle était menacée, n’ont pas été tenues non plus. Kiev est donc méfiante : si elle accepte un...
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21/08 - Donald Trump maintient la pression sur la Fed et appelle l’une de ses responsables à démissionner
Mécontent de la politique monétaire menée par la Réserve fédérale (Fed), le président américain Donald Trump souhaite renforcer son contrôle sur l'institution, en appelant notamment à la démission d'une de ses responsables, Lisa Cook, afin de pouvoir la remplacer par une personne plus proche de ses idées.
Avant même son retour à la Maison-Blanche, fin janvier, le républicain de 79 ans s'en est pris régulièrement au président de la Fed, Jerome Powell, l'accusant de trop tarder à abaisser les taux, ce qui permettrait, selon lui, de réduire le coût de la dette américaine. Mais plus encore, une baisse des taux permettrait de venir en soutien de sa politique économique, droits de douane et baisse d'impôts pour les plus riches notamment, en augmentant l'accès à l'emprunt. Lisa Cook dans le viseur de Donald Trump
Mercredi, le président américain s'en est cependant pris à une autre membre du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), Lisa Cook, la première femme afro-américaine à être nommée au prestigieux poste de gouverneure, en 2022 par Joe Biden. Et pour cause : le président de la Fed n'est qu'une voix parmi les douze membres du FOMC, organe qui détermine les mouvements des taux de la banque centrale américaine, s'en débarrasser pourrait donc s'avérer insuffisant pour faire pivoter la politique monétaire de l'institution.
Tout est parti d'accusations venant du responsable de l'Agence de financement du logement (FHFA), Bill Pulte, nommé par Donald Trump, selon qui Lisa Cook aurait "falsifié des documents de...
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21/08 - Ukraine : Zelensky accuse Moscou de vouloir "se soustraire" à l’organisation d’une rencontre avec Poutine
Malgré une intense activité diplomatique pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine, déclenchée en 2022 par l’invasion lancée par la Russie, les attaques se poursuivent de part et d’autre de la frontière. Moins d’une semaine après la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska, et trois jours après une réunion à la Maison-Blanche entre le président américain et des dirigeants européens, dont Volodymyr Zelensky, d’importantes frappes de drones et missiles russes ont touché plusieurs villes de l’ouest de l’Ukraine tôt ce jeudi 21 août, faisant au moins un mort à Lviv.
Moscou a tiré 574 drones et 40 missiles, un record depuis la mi-juillet, selon les autorités ukrainiennes. L’ouest de l’Ukraine est moins souvent ciblé par les frappes russes que l’est et le sud du pays, où les troupes russes continuent leur avancée. Le président ukrainien a d’ailleurs prévenu que la Russie était en train de masser des troupes dans la partie occupée de la région de Zaporijia, dans le sud, en vue d’une potentielle offensive.
Les infos à retenir
⇒ Volodymyr Zelensky accuse Moscou de vouloir "se soustraire" à l’organisation d’une rencontre avec Vladimir Poutine
⇒ Sergueï Lavrov accuse l’Ukraine de ne pas vouloir un "règlement juste et durable" du conflit
⇒ Les Européens doivent supporter "la plus grande part du fardeau" de la sécurité de l’Ukraine, dit J.D. VanceVolodymyr Zelensky accuse Moscou de vouloir "se soustraire" à l’organisation d’une rencontre avec Vladimir Poutine
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a...
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21/08 - Fusion nucléaire : qui trouvera en premier l’énergie de demain ?
Il y a cinq ans en Alsace, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêtait définitivement de tourner. On parlait alors de la fin d’une époque… Jusqu’à ce que la guerre en Ukraine et la prise de conscience de l’urgence écologique rebattent les cartes. Entre la souveraineté énergétique, les ressources limitées et les enjeux d’influence, les défis autour du nucléaire sont de taille. Dans ce quatrième et dernier épisode, on s’intéresse à une innovation qui pourrait tout changer : la fusion nucléaire. Des explications de Sébastien Julian, chef du service climat de L’Express.Episode 4 : fusion nucléaire, la course au Graal
Charlotte Baris : Chers auditeurs, pour ce dernier épisode sur les défis du nucléaire, Sébastien Julian, le rédacteur en chef adjoint du service climat, m’a donné rendez-vous dans le Sud de la France. Pour le rejoindre, j’ai préparé le téléporteur de la Loupe, qui nous emmène où on veut en un instant. Je rentre "Bouches-du-Rhône" pour le département et pour la commune "Saint Paul-lez-Durance"… Ah bonjour Sébastien !
Sébastien Julian : Bonjour Charlotte !
Charlotte Baris : Alors j’ai atterri un peu au milieu de nulle part, avec des collines et de la végétation à perte de vue. Surtout, on est dans le Sud et il fait grand soleil. Puisque dans cet épisode il est question de l’énergie de demain, j’imagine Sébastien que tu vas me parler de panneaux solaires ?
Sébastien Julian : Et bien non, désolé Charlotte.
Charlotte Baris : Bon… alors je ne vois pas non plus d’éoliennes, peut-être que tu...
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21/08 - Gaza : Benyamin Netanyahou ordonne "des négociations immédiates" pour libérer "tous les otages"
Les troupes israéliennes ont commencé à encercler la ville de Gaza, la plus grande ville de l’enclave palestinienne, qu’Israël accuse d’être un "bastion du Hamas". La manœuvre suppose un recours massif aux réservistes israéliens, dont 60 000 supplémentaires vont être convoqués, en complément des dizaines de milliers déjà mobilisés depuis le 7 octobre 2023.
Cette opération intervient alors que Benyamin Netanyahou a annoncé jeudi soir avoir donné des "instructions pour entamer immédiatement des négociations visant à libérer tous" les otages israéliens à Gaza, en réponse à une nouvelle proposition de trêve présentée par les médiateurs.
En parallèle, le gouvernement israélien a suscité un tollé international en dévoilant un plan majeur de colonisation en Cisjordanie occupée, qui enterrerait toute possibilité d’Etat palestinien.
Les infos à retenir
⇒ Benyamin Netanyahou ordonne "des négociations immédiates" pour libérer "tous les otages"
⇒ Le plan israélien en Cisjordanie condamné à l’international
⇒ Israël a "du travail à faire pour convaincre la génération Z", dit Benyamin NetanyahouBenyamin Netanyahou ordonne "des négociations immédiates"
Dans une vidéo diffusée par ses services jeudi soir, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé avoir donné des instructions "pour lancer immédiatement des négociations pour la libération de tous [les] otages et pour mettre fin à la guerre dans des conditions acceptables pour Israël". Celui-ci a par ailleurs dit se préparer "à approuver" les plans de l’armée pour la prise de la...
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21/08 - "C’est la goutte de trop" : ces citoyens prêts à "tout bloquer" le 10 septembre
La première fois que Gaylord a vu passer une référence au 10 septembre sur les réseaux sociaux, il y a quelques semaines, il n’y a pas vraiment fait attention. Noyée dans les dizaines de contenus de son fil TikTok, la publication appelait alors simplement à "tout bloquer" à cette date précise, sans indications ni revendications plus concrètes. Mais au fil des semaines, le rendez-vous apparaît de plus en plus régulièrement sur les pages de gilets jaunes suivies par ce quadragénaire, militant de la première heure, très impliqué dans l’organisation du mouvement dans l’Oise à partir de 2018. Des militants de tous bords, anciens gilets jaunes, représentants syndicaux, adhérents de La France insoumise (LFI) ou écologistes avec lesquels Gaylord est en contact lui parlent alors de leur intention de se mobiliser, notamment en réaction aux récentes mesures annoncées par François Bayrou pour le budget 2026.
"C’est la goutte de trop. Cette fois, les appels ne touchent pas uniquement les militants classiques ou des professions spécifiques comme les soignants ou les agriculteurs… Ce qui m’intéresse, c’est que tout le monde semble décidé à se rassembler contre un ennemi commun, à savoir le système et le gouvernement en place", fait valoir ce père de famille, déterminé à "réagir" à la rentrée - malgré ses doutes sur les initiateurs du mouvement, qu’il n’arrive pas vraiment à identifier. "C’est la seule chose qui m’empêche de m’engager à fond. Je vais y aller, mais je reste méfiant", confie-t-il. Comme lui, des milliers...
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21/08 - "Un instrument de guerre juridique" : pourquoi les Etats-Unis sanctionnent à nouveau la CPI
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi 20 août de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), qu’ils accusent de "politisation", visant quatre magistrats, dont un juge français, une décision saluée par Israël mais décriée par la France et la Cour qui a dénoncé une "attaque flagrante".
Les sanctions américaines visent la juge canadienne Kimberly Prost, le juge français Nicolas Guillou, qui est impliqué dans le dossier du mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ainsi que deux procureures adjointes, Nazhat Shameem Khan des îles Fidji et Mame Mandiaye Niang du Sénégal.
Ils sont sanctionnés pour avoir "directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des Etats-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays", a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, dans un communiqué."Menace pour la sécurité nationale"
Ces nouvelles sanctions viennent s’ajouter à celles annoncées début juin visant quatre autres magistrates de la CPI. Et en février, les Etats-Unis ont sanctionné le procureur de la CPI Karim Khan, qui avait initié une procédure contre des dirigeants israéliens. Marco Rubio, qui a dénoncé la "politisation de la CPI", a souligné que l’institution basée à La Haye représentait "une menace pour la sécurité nationale et a été utilisée comme un instrument de guerre juridique contre les Etats-Unis et leur proche allié Israël".
Les Etats-Unis rejettent des procédures ayant visé...
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21/08 - Cher Thierry Marx, votre travail n’a nul besoin d’une loi passe-plat, par Nicolas Bouzou
Cher Thierry Marx,
Vous avez défrayé la chronique économique ces derniers jours en alertant, au nom du syndicat que vous présidez, l’UMIH, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, sur la difficile situation des restaurateurs qui pratiquent le "fait maison". Une telle alerte est légitime. En effet, même si le chiffre d’affaires de la restauration progresse, les coûts ont explosé depuis la sortie du Covid : + 20 % pour les approvisionnements alimentaires selon l’Insee, + 15 % pour l’énergie, et des salaires tirés vers le haut par la pénurie de main-d’œuvre. La restauration figure désormais parmi les trois secteurs les plus touchés par les liquidations. Devant les difficultés de recrutement, nombre de patrons sont en salle et travaillent quinze à vingt heures par jour. Comment y être insensible ? Vous ajoutez que la gastronomie, au-delà de l’économie, fait partie de notre patrimoine commun et vous avez parfaitement raison !
Pour faire face à ces difficultés, vous demandez à nos parlementaires de voter une "loi-cadre de protection du fait maison". C’est là que nous divergeons. Notre pays n’a pas besoin de revenir à l’esprit juridique de l’Ancien Régime où chaque métier était enfermé dans un carcan normatif sur la qualité, l’origine des produits, le nombre et la qualification des employés… Cette jungle réglementaire a fini par scléroser l’économie française du XVIIIe siècle jusqu’à la Révolution, qui a aboli corporations et jurandes. Depuis lors, c’est la liberté du commerce et de l’industrie, proclamée...
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21/08 - Les confessions de Delphine Girard : "Après l’assassinat de Samuel Paty, il nous a fallu resserrer les rangs"
Lorsqu’elle a embrassé le métier de professeure il y a vingt ans, Delphine Girard ne s’attendait pas à se muer en vigie de l’école républicaine, à qui elle dit "tout devoir". "Avec ton latin et ton grec, tu n’es pas capable de construire un escalier, me taquinait ma famille, qui n’a pas la culture des études", raconte cette fille d’immigrés italien et vietnamien. Son agrégation de lettres classiques en poche, la jeune femme découvre les joies de l’enseignement. Dès 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo, elle se frotte aussi aux premières contestations d’élèves, au communautarisme. "En réaction, j’enfonçais un peu le clou sur l’universalisme au moment de l’étude des Lumières", se souvient-elle.
L’assassinat de Samuel Paty, en 2020, est le tournant qui marque le début de son véritable engagement. La fondatrice du réseau Vigilance Collèges Lycées, également membre du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République, raconte son parcours dans un livre, Madame, vous n’avez pas le droit, à paraître chez JC Lattès le 27 août prochain. Et se livre en exclusivité dans L’Express.
L’Express : Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 16 octobre 2020, jour de l’attentat contre Samuel Paty ?
Delphine Girard : Ce jour-là, je me rappelle avoir été foudroyée par les premiers messages d’alerte de mes collègues : "T’as vu, un prof a été assassiné !" J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de l’acte d’un déséquilibré ou d’un jeune plein de rancœur que le professeur aurait eu dans sa classe… Avant de comprendre que ce...
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20/08 - Toma Istomina, journaliste ukrainienne : "Poutine n’a jamais été dans une situation aussi favorable"
Toma Istomina apparaît sur l’écran avec quelques minutes de retard. Presque essoufflée, la journaliste s’excuse. Avec l’enchaînement des sommets diplomatiques en vue de trouver une issue pacifique à la guerre en Ukraine, sa rédaction est en ébullition. Depuis février 2022, la cofondatrice et rédactrice en chef adjointe du Kiev Independent – devenu pour beaucoup d’Occidentaux la source de référence sur l’Ukraine en guerre - vit au rythme imposé par l’aventure impérialiste de Vladimir Poutine.
Mais très vite, sa voix et son visage changent. Malgré l’effervescence du moment, difficile de cacher les effets des nuits sans sommeil provoquées par les attaques aériennes. "Je suis un peu lassée de couvrir du bruit, alors que sur le terrain, il ne se passe aucune avancée concrète", nous confie-t-elle avec un brin d’agacement. Pour Toma Istomina, seuls un fou ou un naïf peuvent croire que ces rencontres initiées par Donald Trump mettront fin à la soif de conquête de Vladimir Poutine, qui "n’a aucune raison d’arrêter cette guerre". Le Kremlin ne comprend que le rapport de force. Or, assure-t-elle, les alliés occidentaux de l’Ukraine ont toutes les cartes en main pour accentuer leur pression sur la Russie : sanctions économiques, gel des avoirs russes, et adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Entretien.
L’Express : Donald Trump a rencontré Vladimir Poutine en Alaska, avant de recevoir Volodymyr Zelensky et une délégation européenne à Washington. Quel regard portez-vous sur ces deux rencontres ?
Toma Istomina : Je suis...
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20/08 - La Pologne dénonce une "provocation" russe après l’explosion d’un drone
"Une fois de plus, nous sommes confrontés à une provocation de la Fédération de Russie". Mercredi 20 août, le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a dénoncé une explosion dans la nuit d’un drone russe, non loin de Varsovie, dans le village d’Osiny.
Cet incident, qui n’a pas fait de victimes, a lieu à "un moment particulier, où des discussions sur la paix sont en cours, où l’espoir existe que cette guerre […] ait une chance de prendre fin. La Russie provoque une fois de plus", a-t-il ajouté, rappelant que des incidents similaires s’étaient produits par le passé en Roumanie, en Lituanie et en Lettonie.Un drone "leurre"
Les médias polonais ont publié une vidéo montrant une forte explosion et des photos de débris, dont un moteur et une hélice. Selon le général Dariusz Malinowski, tout indique que le moteur était de fabrication chinoise, et le drone était "un leurre qui n’était pas armé, mais qui transportait une ogive d’autodestruction".
De son côté, le procureur régional de Lublin, Grzegorz Trusiewicz, a estimé que "selon les données préliminaires, il y a une très forte probabilité" qu’il s’agisse d’un drone militaire. Il a toutefois jugé impossible, à ce stade, d’en déterminer l’origine ou la trajectoire. Les autorités polonaises, aux côtés de la police militaire, enquêtent activement, déployant un scanner 3D pour aider à reconstruire le site, où un cratère de cinq à six mètres de large s’est formé, a-t-il précisé.
La Pologne a déjà connu des incidents de ce type depuis le début de la guerre en...
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20/08 - Israël : E1, le controversé projet de colonie qui risque de couper la Cisjordanie en deux
C’était un projet gelé depuis des décennies, face notamment à l’opposition internationale. Mais cette dernière n’aura pas suffi. Mercredi 20 août, Israël a approuvé la construction de 3 400 logements en Cisjordanie occupée, dont la mise en œuvre, selon ses détracteurs, couperait ce territoire palestinien en deux et empêcherait la création d’un éventuel Etat palestinien avec une continuité territoriale.
Baptisé "E1", du nom de la zone dans laquelle il se situe, ce plan s’étendrait sur "une zone de 12 kilomètres carrés […] annexée à la municipalité de Maalé Adoumim" à une dizaine de kilomètres à l’est de Jérusalem, détaille le quotidien israélien Haaretz. La construction de ces logements créerait une ligne contiguë de colonies juives, depuis le centre de la Cisjordanie jusqu’à Jérusalem, et scinderait ainsi le territoire en deux, entre le nord et le sud.Un rejet de l’Etat Palestinien
"Cela ancre la division de la Cisjordanie occupée en zones et cantons isolés, déconnectés géographiquement et ressemblant à de véritables prisons où les déplacements entre eux ne sont possibles qu’à travers des points de contrôle d’occupation, au milieu de la terreur des milices de colons armés disséminées dans toute la Cisjordanie", a estimé le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, qui a "condamné dans les termes les plus forts" cette décision qui "compromet les perspectives de mise en œuvre de la solution à deux Etats […] en fragmentant l’unité géographique et démographique de l’Etat palestinien".
En confirmant ce projet,...
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20/08 - L’alerte de Gérald Bronner : "L’humanité est entrée dans l’ère de la post-réalité et cela va mal finir"
Livre après livre, il s’impose comme le penseur français le plus stimulant pour comprendre les bouleversements de notre époque. Professeur à la Sorbonne Université, spécialiste des croyances collectives, chroniqueur à L’Express, Gérald Bronner est un inlassable défenseur de la rationalité. Ses conférences à la Sorbonne pour muscler l’esprit critique viennent de faire un tabac. Mais le sociologue est aussi un essayiste passionnant qui aime mêler sciences sociales, sciences cognitives, biologie ou histoire, dans la lignée d’un Yuval Noah Harari ou d’un Steven Pinker. Après le succès d’Apocalypse cognitive (près de 70 000 exemplaires vendus), il publie à la rentrée A l’assaut du réel (PUF), son ouvrage le plus ambitieux.
Pour Gérald Bronner, nous sommes en train de basculer dans l’ère de la post-réalité, inaugurant une nouvelle étape de l’humanité qui va mettre en péril la vie commune. Loin de rejeter toutes les fautes sur la technologie numérique et les écrans, l’auteur rappelle que nous, les humains, contrairement aux autres animaux, avons toujours été tentés de faire passer nos désirs pour des réalités. Nous sommes des "singes magiciens" accros aux croyances et à la superstition. Mais selon l’universitaire, la remise en question de la réalité s’est accélérée depuis plusieurs décennies pour des raisons autant idéologiques que technologiques. D’un côté, dans le sillage de Mai 68, la pensée désirante a été dérégulée, invitant les individus à privilégier leur subjectivité et leur "vrai moi", quitte à engendrer une...
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20/08 - Benyamin Netanyahou - Emmanuel Macron : les trois raisons derrière la guerre des mots
Les conflits à Gaza, au Liban ou en Iran ne lui suffisent plus : cette semaine, Benyamin Netanyahou semble déterminé à se brouiller avec le monde entier. Après avoir violemment attaqué le Premier ministre australien, coupable d’avoir refusé d’accorder un visa à un ministre israélien d’extrême droite, le dirigeant de l’Etat hébreu a provoqué une passe d’armes diplomatique avec Emmanuel Macron, dans une lettre survoltée rendue publique le 19 août.
Netanyahou accuse notamment le président français d’encourager la flambée d’actes antisémites en France depuis le 7-Octobre et de faire le jeu du Hamas. "Votre appel à un Etat palestinien alimente ce feu antisémite, il récompense la terreur du Hamas, renforce le refus du Hamas de libérer les otages, encourage ceux qui menacent les juifs français et favorise la haine des juifs qui rôde désormais dans vos rues", écrit le Premier ministre israélien, dans une missive envoyée d’abord à l’Agence France-Presse, puis à la présidence française. "Un courrier retour est en préparation", nous indique l’Elysée, qui a déjà fustigé une analyse israélienne "erronée, abjecte et [qui] ne demeurera pas sans réponse". Trois raisons principales ont mené à cette escalade diplomatique entre Paris et Tel-Aviv.1/ Le rôle moteur de la France pour un Etat palestinien
La rancœur, côté israélien, est à la hauteur du succès diplomatique français : en annonçant, le 25 juillet, que Paris s’apprêtait à reconnaître l’Etat palestinien en septembre, Emmanuel Macron a provoqué un véritable tsunami diplomatique. Le...
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20/08 - Invasion de moustiques : l’Europe face à un record de cas de maladies
C’est une "nouvelle normalité" créée par le changement climatique en Europe. Le continent enregistre cette année un nombre record de cas de maladies transmises par des moustiques, comme le chikungunya et le virus du Nil occidental, précise ce mercredi 20 août l’agence de santé de l’Union européenne.
L’Europe connaît désormais des saisons de contamination par les moustiques plus longues et plus intenses, rapporte le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans un communiqué. "Ce changement est causé par des facteurs climatiques et environnementaux comme la hausse des températures, des étés plus longs, des hivers plus doux et des changements dans la pluviométrie - des problèmes qui se combinent pour créer un environnement favorable aux moustiques, où ils prospèrent et transmettent des virus", explique l’ECDC.
La directrice de l’agence, Pamela Rendi-Wagner, estime que l’Europe entre alors dans une nouvelle phase où "une transmission plus longue, plus répandue et plus intense de maladies véhiculées par les moustiques devient la nouvelle normalité". Combinée à l’augmentation des voyages internationaux, cette propagation rend les épidémies locales plus probables.Chikungunya, virus du Nil occidental...
Le moustique pouvant répandre le virus du chikungunya, s’est désormais établi dans 16 pays européens et 369 régions, contre seulement 114 régions il y a une décennie, a indiqué l’ECDC. L’Europe a enregistré 27 cas de chikungunya pour le moment en 2025, ce qui représente un nouveau record pour le...
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20/08 - Le FBI sous influence ? La nomination d’un partisan de Donald Trump suscite l’interrogation
C’est une nomination qualifiée de "surprenante" par de nombreux observateurs de la politique américaine. Lundi 18 août, l’administration Trump a annoncé avoir choisi le procureur général du Missouri, Andrew Bailey, au poste de co-directeur adjoint du FBI, un soutien du président qui n’a aucune expérience connue au sein de ce prestigieux service gouvernemental.
Il faut dire que ce vétéran de l’armée, en tant que procureur général du Missouri, a mené des batailles juridiques alignées sur le programme de Donald Trump : poursuite de Starbucks pour ses politiques de diversité et d’inclusion, opposition aux soins accordés aux personnes transgenres ou encore procédures judiciaires contre les politiques des villes sanctuaires, ces communes américaines qui protègent les populations immigrées en situation irrégulière. Andrew Bailey avait également soutenu les allégations démenties selon laquelle l’élection présidentielle de 2020 avait été "volée", privant Donald Trump d’un second mandat.Une situation inédite
Cette nomination est d’autant plus inhabituelle que jusqu’à présent, le FBI n’avait qu’un seul directeur adjoint, placé sous la direction du directeur nommé politiquement. Ce poste, généralement occupé par un vétéran respecté et doté d’une solide expérience au FBI, vise à superviser les opérations quotidiennes de l’agence. Mais le président Donald Trump avait déjà bouleversé cette règle en février dernier, en nommant à cette fonction Dan Bongino, un ancien fonctionnaire des services secrets chargé de la protection de...
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20/08 - Gauches européennes, "Bloquons tout", Gaza… Les vérités de la députée LFI Clémence Guetté
La gauche contemporaine et les classes populaires, ou l’histoire d’une mauvaise conscience. Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, autrice de la postface de Nouveau peuple, nouvelle gauche (éd. Amsterdam) sait appuyer là où ça fait mal. Fabien Roussel, François Ruffin et le PS seraient porteurs d’une "vision romantique", "fantasmagorique", "passéiste", des classes populaires. Les insoumis souhaitent-ils montrer patte blanche ? Accusés d’électoralisme, ils promettent, main sur le cœur, de tenter d’unir cette "multitude de mondes populaires qui coexistent sans nécessairement se rencontrer sur des piquets de grève". Et pourquoi pas dès le 10 septembre, jour de la mobilisation "Bloquons tout". Avant la rentrée des insoumis ce 21 août, entretien avec Clémence Guetté, cerveau de la maison Mélenchon.
L’Express : Le nouveau livre de l’Institut La Boétie, Nouveau peuple, nouvelle gauche, analyse les relations entre les gauches et les classes populaires. Pourquoi avoir entrepris la rédaction de ce livre ?
Clémence Guetté : Toute l’année, au sein de l’Institut La Boétie, nous avons consulté des chercheurs pour comprendre, par-delà nos intuitions, les modifications profondes des structures sociales et du travail. Les classes populaires se renouvellent en conséquence, et nous dressons ici le portrait de leur évolution. Matériellement, elles rassemblent les gens les plus écrasés par le rouleau compresseur du néolibéralisme. Si l’on prétend incarner le camp de l’émancipation, les classes populaires et...
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20/08 - Guerre en Ukraine : le casse-tête diplomatique du futur sommet Poutine-Zelensky
Donald Trump a annoncé lundi 18 août "commencer les préparatifs" d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui rejetait jusqu’ici une telle réunion. L’idée d’un tel face-à-face se dessine après le sommet en Alaska, qui n’a débouché sur aucune annonce concrète, et celui avec les dirigeants européens aux côtés du président ukrainien à la Maison-Blanche.
Ce sommet bilatéral est a priori attendu d’ici fin août, mais aucun accord n’a été trouvé à ce stade sur le lieu qui l’accueillerait. Lundi, lors d’un appel téléphonique avec Donald Trump au cours du sommet à la Maison-Blanche, le président russe a proposé d’organiser des pourparlers à Moscou. Volodymyr Zelensky, qui a indiqué à plusieurs reprises être prêt à rencontrer Vladimir Poutine, a tout de même refusé que cela soit organisé en Russie. Les dirigeants européens ont aussi exprimé leur désaccord face à une telle proposition, expliquant que ça n’était "pas une bonne idée".
Les derniers pourparlers entre Kiev et Moscou, qui avaient eu lieu à Istanbul avec des délégations respectives, n’avaient pas permis d’obtenir un cessez-le-feu. Quelles sont donc les nouvelles options sur la table pour organiser un sommet entre les deux dirigeants en guerre ?La Suisse et l’Autriche prêtes à accueillir Vladimir Poutine
La Suisse et l’Autriche se sont dites prêtes mardi à accueillir le président russe Vladimir Poutine, malgré...
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20/08 - En mission de sauvetage en Nouvelle-Calédonie, Manuel Valls défend l’accord de Bougival
En déplacement en Nouvelle-Calédonie, le ministre des Outre-mer Manuel Valls a exhorté mercredi 20 août à "saisir l’opportunité historique" de l’accord de Bougival sur l’avenir du territoire, signé en juillet mais fragilisé par le rejet des indépendantistes du FLNKS. "L’accord de Bougival est une opportunité historique, saisissez-la", a lancé Manuel Valls dans la matinée devant le Sénat coutumier, également critique vis-à-vis du texte, se disant "convaincu qu’il n’y a pas d’alternative crédible". Le président du Sénat, Eloi Gowé, a lui estimé qu’il était "urgent, en s’inspirant de ces demi-échecs (de Bougival et de Deva en mai, NDLR), de proposer un nouveau cadre de discussion et une nouvelle approche".
Le ministre des Outre-mer a ensuite rencontré à huis clos une délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), le principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, qui a rejeté la semaine dernière l’accord de Bougival. La discussion a duré deux heures et demie. À la sortie, la délégation composée de membres du bureau politique du Front n’a pas souhaité faire de déclaration. Elle doit d’abord rendre compte au président du mouvement, Christian Tein, chargé de "superviser les discussions avec l’Etat" mais sous contrôle judiciaire et interdit de séjour en Nouvelle-Calédonie."Rapport de force"
L’accord de Bougival (Yvelines), conclu le 12 juillet après plusieurs jours de négociations entre l’État, les indépendantistes et les loyalistes, prévoit notamment...
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20/08 - Garanties de sécurité pour l’Ukraine : le flou règne autour de l’implication américaine
Après avoir opposé un refus catégorique durant des mois, le président des Etats-Unis s’est finalement dit prêt, mardi 19 août, à offrir des "garanties de sécurité" à l’Ukraine dans le cadre du fastidieux processus de sortie de guerre qui l’oppose à la Russie. Exclus, les "boots on the ground", c’est-à-dire les soldats au sol, dévolus aux alliés européens. "Nous aiderons par les airs" a néanmoins accordé pour la première fois Donald Trump à Volodymyr Zelensky, au lendemain de leur rencontre. Sa porte-parole Karoline Leavitt a ensuite évoqué un "soutien militaire aérien" pour protéger le territoire ukrainien. Une formulation floue, qui laisse de nombreuses questions en suspens.
La série de réunions accueillies par la Maison-Blanche entre Donald Trump, le président ukrainien et une ribambelle de dirigeants européens lundi 18 août a fixé une priorité claire : proposer à l’Ukraine un mécanisme de "garanties de sécurité" qui la protégerait durant une durée indéterminée de nouvelles attaques russes, si un accord de paix venait à être signé. Mais pour l’heure, Donald Trump est resté vague sur la part que prendraient les Etats-Unis dans cet engagement.
Dans un poste sur Truth Social, le président américain a suggéré mardi que ces garanties seraient de toute manière "fournies par divers pays européens, en coordination avec les Etats-Unis". Les Européens "sont prêts à envoyer des troupes sur le terrain", a depuis déclaré le milliardaire sur la chaîne ultraconservatrice Fox News, en référence aux dirigeants français, allemand et...
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20/08 - Soudan : cette guerre oubliée qui nous oblige, par Eric Chol
Il y a 11 474 kilomètres entre Khartoum et Anchorage. Les caméras du monde entier avaient choisi leur camp le 15 août, pour couvrir en direct et pendant des heures le sommet organisé sur une base militaire en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui, en lieu et place du "deal", annoncé par le président américain, a vite tourné au fiasco, au seul avantage du dictateur russe.
Au même moment, loin du barnum diplomatique captant l’attention mondiale, le Soudan s’enfonçait un peu plus dans la pire crise humanitaire de la planète, selon les mots de l'ONU, avec une épidémie de choléra devenue "hors de contrôle".
Pays maudit des dieux et oublié des yeux occidentaux, le Soudan, qui s’était rebellé en 2019 contre Omar el-Bechir, après trente ans de pouvoir, n’aura pas eu le temps de connaître l’apprentissage de la démocratie. Après un coup d’Etat en 2021, la guerre civile fait rage depuis 2023 entre l’armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) - chaque camp recevant l’aide de puissances étrangères. Près de 150 000 morts et plus de 14 millions de personnes déplacées, plus de la moitié de la population, soit 25 millions de Soudanais, condamnée à la faim… Le Soudan, pays riche sur le papier, subit une guerre dévastatrice."Le conflit le plus nihiliste de la terre"
Une "guerre pour rien", titre le magazine The Atlantic dans son numéro de septembre, avec une couverture sur laquelle on peut voir deux jeunes enfants, assis sur le rebord d’une fenêtre au milieu d’un mur de couleur ocre : la...
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20/08 - Guerre Israël-Iran : Téhéran prêt à utiliser de nouveaux missiles en cas d’attaque israélienne
L’Iran a développé de nouveaux missiles, avec des capacités supérieures, et est prêt à les utiliser contre Israël en cas de nouvelle attaque contre la République islamique, a déclaré mercredi 20 août le ministre iranien de la Défense.
Une guerre de 12 jours a opposé les deux pays, déclenchée le 13 juin par une attaque surprise d’Israël contre le territoire iranien, où il a mené des centaines de frappes visant notamment des sites militaires et nucléaires, et tué des scientifiques liés au programme nucléaire iranien ainsi que des hauts gradés. L’Iran a riposté avec des tirs de missiles et de drones sur Israël et visé la plus importante base américaine du Moyen-Orient au Qatar avant une cessation des hostilités négociée par les Etats-Unis le 24 juin.
"Les missiles utilisés lors de la guerre des Douze jours ont été fabriqués par le ministère de la Défense il y a quelques années", a indiqué mercredi le général Aziz Nassirzadeh, cité par l’agence officielle Irna. "Aujourd’hui, nous avons fabriqué des missiles aux capacités bien supérieures […] et si l’ennemi sioniste se lance à nouveau dans l’aventure, nous les utiliserons sans aucun doute", a ajouté le général.Manœuvres militaires
Depuis le cessez-le-feu, responsables et commandants militaires iraniens affirment que le pays est prêt à...
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20/08 - Gaza : le ministre israélien de la Défense approuve le plan de conquête de la ville
En pleine médiation en vue d’une trêve dans la bande de Gaza, le ministre israélien de la Défense a approuvé le plan pour la prise de la ville de Gaza par l’armée, et ordonné le rappel de 60 000 réservistes pour prendre part à l’opération, a-t-on appris mercredi 20 août auprès de son ministère.
Le ministre Israël Katz "a approuvé le plan d’attaque de l’armée israélienne à Gaza-ville", la plus grande du territoire palestinien, dans le nord, a indiqué le ministère à l’AFP. Il a également "approuvé l’émission des ordres de rappel des réservistes nécessaires pour mener à bien la mission" pour environ 60 000 hommes. Le ministre a par ailleurs approuvé "les préparatifs humanitaires pour l’évacuation" des populations de la ville de Gaza.Nouvelle phase des opérations
Israël a dit début août se préparer à prendre le contrôle de Gaza-ville et de camps de réfugiés voisins avec pour but affiché de vaincre le Hamas et libérer les otages enlevés durant l’attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre.
Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, avait annoncé en fin de semaine dernière avoir adopté ce nouveau plan, approuvé par son cabinet de sécurité, pour cette nouvelle phase des opérations dans la bande de Gaza.
Depuis plus d’une semaine, l’armée israélienne, qui s’est emparée en plus de 22 mois de guerre d’environ 75 % du territoire palestinien, a intensifié ses frappes et ses opérations au sol dans la ville de Gaza et des camps de réfugiés voisins, considérés comme les derniers bastions du Hamas....
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20/08 - Nucléaire : la relance française ne tient pas toutes ses promesses
Il y a cinq ans en Alsace, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêtait définitivement de tourner. On parlait alors de la fin d’une époque… Jusqu’à ce que la guerre en Ukraine et la prise de conscience de l’urgence écologique rebattent les cartes. Entre la souveraineté énergétique, les ressources limitées et les enjeux d’influence, les défis autour du nucléaire sont de taille. Dans ce troisième épisode, on se demande si la relance annoncée par Emmanuel Macron ira jusqu’au bout. Des explications de Sébastien Julian, du service Climat de L’Express.Episode 3 : une relance sans étincelle
Casquette orange sur la tête et lunettes de sécurité sur le nez, en ce début d’année 2025, Emmanuel Macron visite une usine dans le Nord de la France, plus précisément à Maubeuge. Le président de la République vient faire un bilan de deux pactes signés en 2018 et 2021 pour réindustrialiser le territoire. Et le lieu n’a pas été choisi au hasard. Le chef de l’Etat est dans une usine Framatome, spécialisée dans l’entretien du matériel nucléaire. Après une déambulation, il s’adresse aux employés du groupe.
La renaissance du nucléaire français : voilà ce qu’Emmanuel Macron est venu vanter. Il fait alors référence au plan de relance annoncé en février 2022 à Belfort, alors que l’avenir de l’atome en France semblait incertain.
Voilà maintenant trois ans que la filière se réorganise, elle embauche, elle construit. Mais dans le même temps, les difficultés s’accumulent : trop chère, trop lente, pas assez planifiée… La relance du...
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20/08 - Donald Trump lance une grande offensive contre les musées "woke"
Donald Trump poursuit son offensive contre des institutions éducatives et culturelles américaines. Le président des Etats-Unis a annoncé mardi 19 août avoir demandé à la justice d'enquêter sur des musées dans tout le pays qu'il accuse d'être "woke", notamment concernant l'histoire de l'esclavage.
"Les musées de Washington, mais aussi à travers tout le pays, sont pour l'essentiel les derniers restes du wokisme", a-t-il dénoncé sur son réseau Truth Social. "J'ai donné instruction à mes procureurs de passer en revue la politique des musées et de commencer exactement le même processus suivi avec les universités, où d'immenses avancées ont été réalisées", a ajouté le milliardaire conservateur. "Ce pays ne peut pas être woke car le WOKISME EST FINI", a-t-il proclamé.Vérifier "l'alignement" des musées avec le gouvernement
La Maison-Blanche avait annoncé la semaine dernière dans un courrier à l'institution qui gère une vingtaine de musées publics de Washington, la Smithsonian Institution, que le gouvernement allait mener un examen approfondi pour s'assurer de leur "alignement" avec la vision de l'Histoire des Etats-Unis prônée par Donald Trump, fondée sur la "vérité et la raison".
"La Smithsonian est HORS DE CONTRÔLE", a encore tonné Donald Trump, déplorant que les musées de la capitale fédérale présentent selon lui une image "horrible de notre pays, notamment sur les méfaits de l'esclavage (...) et rien sur sa réussite et son éclat".
Le président américain a signé en mars dernier un décret visant à reprendre le...
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20/08 - Donald Trump ou l’empereur Smith ? L’album prophétique de Lucky Luke
Un homme d’affaires américain dont le nom tient en cinq lettres et qui se lance en politique, ça vous dit quelque chose ? Un dirigeant narcissique, imprévisible et querelleur qui vit dans une réalité parallèle : vous y êtes ? Ce personnage a en outre échappé de justesse à un attentat… Et cependant, il ne s’agit pas de Donald Trump mais d’un précurseur lointain, Dean Smith, un égocentrique pathologique doublé d’un mégalomane qui s’autoproclama "empereur" des Etats-Unis voilà plus de cent cinquante ans.
Aussi invraisemblable que cela paraisse, ce César a vraiment existé. De son vrai nom Joshua Abraham Norton, cet individu né en Grande-Bretagne en 1819 a débarqué à 30 ans à San Francisco, où il a fait fortune dans l’immobilier. Mais, ruiné quelques années plus tard, il en perd la raison. C’est alors qu’il se proclame Norton Ier, "empereur des Etats-Unis et protecteur du Mexique". Il fait l’objet de plaisanteries, les gens lui envoient des télégrammes signés de chefs d’Etat… Célébrité locale, il s’attire néanmoins la sympathie générale. A sa mort en 1880, 10 000 personnes assistent à ses obsèques.L’empereur Smith, un dirigeant imprévisible...
En 1976, Morris et René Goscinny ravivent sa notoriété sous le nom de Dean Smith, personnage principal du 45e album de Lucky Luke, L’Empereur Smith. Prémonitoire, la bande dessinée du dessinateur belge et du scénariste français annonce, cinquante ans avant Trump, l’atmosphère populiste qui imprègne aujourd’hui les Etats-Unis. Car l’empereur Smith, imprévisible et intempestif, gouverne...
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20/08 - Ukraine : Moscou juge que les Européens tentent d’influencer Donald Trump de façon "maladroite"
Au lendemain d’une série de sommets ayant réuni successivement Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et tous ses soutiens Européens, le président américain a annoncé qu’il serait "bien possible" que les Etats-Unis envoient à l’Ukraine un support aérien comme garantie de sécurité, afin de prévenir toute nouvelle attaque russe sur ce pays en cas d’accord de paix avec Moscou. Aucune troupe américaine ne foulera en revanche le sol ukrainien, a-t-il martelé. En parallèle, les 32 chefs d’États-Majors de l’Otan devraient eux aussi se réunir en visioconférence ce mercredi, pour explorer les options que les membres de l’Alliance peuvent offrir à l’Ukraine pour garantir sa sécurité en cas de paix.
Les infos à retenir
⇒ La Russie juge que les Européens tentent d’influencer Donald Trump de façon "maladroite"
⇒ Donald Trump se dit prêt à un soutien aérien en Ukraine en cas de paix
⇒ Les chefs d’État-major de l’Otan se réunissent en visio ce mercrediMoscou juge que les Européens tentent d’influencer Trump sur l’Ukraine de façon "maladroite"
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé mercredi que les Européens faisaient "des tentatives assez maladroites" pour influencer la position du président américain Donald Trump sur le conflit en Ukraine. "Pour l’instant, nous ne voyons qu’une escalade agressive de la situation et des tentatives plutôt maladroites de changer la position du président des États-Unis", a-t-il déclaré, deux jours après que Donald Trump, connu pour ses revirements à répétition, a reçu à la Maison-Blanche...
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20/08 - "La Somme de toutes les peurs" : quand Hollywood roulait pour Poutine
Netflix ne propose pas que des blockbusters hollywoodiens de l’année dernière, il en propose aussi de plus anciens. Or il en va des œuvres d’art comme du reste, elles changent de nature, de saveur en vieillissant. Il arrive ainsi que certains navets, passé vingt ans de purgatoire, suscitent notre intérêt, leurs charmes surannés pouvant même éveiller notre nostalgie. La Somme de toutes les peurs, de Phil Alden Robinson, a été réalisée en 2002.
Malgré un casting de rêve – Ben Affleck, Morgan Freeman, Liev Schreiber –, au-delà du divertissement, n’a pas bénéficié de mon indulgence, plutôt d’une forme de rejet proche de la colère rétrospective (la plus rongeuse). Je ne me souviens pas l’avoir vu à l’époque. 2002, c’est l’année où j’ai rencontré Dora, on allait plutôt voir des films iraniens, j’ai donc raté les deux articles que Samuel Blumenfeld avait consacrés à The Sum of All Fears dans Le Monde. D’abord l’entretien qu’il avait réalisé avec un agent de la CIA chargé d’assurer les liaisons dangereuses entre la Central Intelligence Agency et Hollywood.Terroristes néonazis et CIA
Mais il faut d’abord que je vous raconte le film, et le spoiler à mort, c’est l’avantage des reprises. Des terroristes néonazis ont débauché des savants russes pour fabriquer une bombe atomique qu’ils déposent au grand stade de Baltimore où 100 000 personnes – parmi lesquelles le président des Etats-Unis (James Cromwell) et le chef de la CIA (Morgan Freeman) – sont venues assister à la finale de Superbowl. Suspens. Eh bien, la bombe explose. C’est qu’on...
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20/08 - "Abjecte" : la réponse de l’Elysée aux accusations de Benyamin Netanyahou
La réaction de la présidence française ne s’est pas fait attendre longtemps. L’Elysée a dénoncé dans la soirée du mardi 19 août comme "erronée, abjecte" l’accusation du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a estimé que la volonté d’Emmanuel Macron de reconnaître l’Etat palestinien nourrissait l’antisémitisme.
La lettre du chef du gouvernement israélien "ne restera pas sans réponse", a ajouté l’Elysée, qui a aussi affirmé que "la République protège et protégera toujours ses compatriotes de confession juive". "La période exige gravité et responsabilité, pas amalgames et manipulations", a encore indiqué l’Elysée.
Benyamin Netanyahou écrit dans un courrier officiel adressé au chef de l’Etat français que son intention de reconnaître la Palestine lors de la prochaine Assemblée générale de l'ONU alimente le "feu antisémite".
L’Elysée affirme qu’Emmanuel Macron a pris connaissance du contenu de ce courrier par voie de presse, mais qu’il y répondra également par courrier. "L’analyse selon laquelle la décision de la France de reconnaître l’Etat de Palestine dès septembre expliquerait la montée des violences antisémites en France est erronée, abjecte et ne demeurera pas sans réponse", a cependant estimé la présidence.
"Les violences contre la communauté juive sont inadmissibles. C’est pourquoi, au-delà des condamnations, le chef de l’Etat a systématiquement demandé à tous ses gouvernements depuis 2017 - et encore davantage après les attentats terroristes du 7 octobre 2023 - la plus grande fermeté à l’endroit des auteurs...
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20/08 - Les déchets électroniques, angle mort de la révolution IA ? Les prévisions alarmantes d’une étude
A chaque génération, la même histoire. En un simple clic, la facilité d’accès à Internet, puis au cloud, et aujourd’hui à l’intelligence artificielle générative fait parfois oublier la matérialité de la technologie. Pour fonctionner correctement et rapidement, les ChatGPT, Claude et autres Perplexity nécessitent de nouveaux câbles, serveurs et puces électroniques dernier cri, le tout encapsulé dans de gigantesques data centers. Emmanuel Macron, en février, lors du grand sommet international sur l’IA, promettait de laisser pousser ces infrastructures comme des champignons dans l’Hexagone, avec une formule devenue fameuse : "Plug, baby, plug". Mais cet essor souffre d'une face plus sombre, celle d’une montagne de résidus électroniques, en forte croissance depuis plusieurs décennies. L’IA devrait, hélas, accentuer le mouvement.
Dans une étude à laquelle L’Express a eu accès, la start-up française Wastetide, spécialisée dans la détection et la valorisation des déchets industriels, compile des données alarmantes. Selon une projection modérée d’adoption des grands modèles de langage (comme GPT-5), les livraisons annuelles mondiales de serveurs spécialisés IA passeront de "200 000 unités en 2025 à plus de 11 millions en 2030", chiffre l’entreprise fondée par Nicolas Brien et Matthieu Tourne. Plus puissantes et plus denses en métaux que les générations précédentes, ces machines embarquent à ce jour, pour les modèles DGX de Nvidia (le leader dans le domaine), environ 35 kg de cuivre, 11 kg d’aluminium et des traces d’or, de...
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19/08 - Non, Donald Trump, qui rêve du prix Nobel de la paix, n’a pas arrêté "six guerres"
Donald Trump l’assure régulièrement : le prix Nobel de la paix devrait lui revenir. Il "le mérite, mais malheureusement on ne [lui] décernera jamais", s’est-il déjà lamenté lors d’une réunion dans le bureau Ovale avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou (visé par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et contre l’humanité à Gaza), en février dernier.
Le président américain a de nouveau assuré, lundi 19 août, pendant la rencontre à Washington avec Volodymyr Zelensky et les chefs d’Etat européens, au sujet de l’Ukraine : c’est "un faiseur de paix", qui a déjà mis un terme à pas moins de "six guerres" depuis son come-back à la Maison-Blanche. Mais la réalité, elle, est plus complexe. Car si Donald Trump est bien intervenu dans une série de conflits ces derniers temps, la plupart de ces négociations n’ont pas débouché sur une résolution durable.Une paix aussi vite signée que rompue
Mettre fin "à une guerre par mois" en moyenne : c’est le record affiché par l’administration Trump. Dans son palmarès, elle confirme au média Axios inclure les guerres entre : l’Arménie et l’Azerbaïdjan, Israël et l’Iran, la République Démocratique du Congo et le Rwanda, le Cambodge et la Thaïlande, l’Inde et le Pakistan, l’Ethiopie et l’Egypte (bien qu’il ne s’agisse pas d’une guerre, et qu’il n’y a pas encore eu d’accord) et, pourquoi pas, la Serbie et le Kosovo (intervention remontant en réalité à son premier mandat).
Mais en s’y penchant de plus près, on constate que nombre de ces "contrats" de paix négociés par le...
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19/08 - Reconnaissance de la Palestine : Benyamin Netanyahou accuse Emmanuel Macron "d’alimenter" l’antisémitisme
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a accusé le président français Emmanuel Macron "d’alimenter le feu antisémite" en France en appelant à la reconnaissance internationale de l’Etat de Palestine, selon un courrier officiel au chef de l’Etat français.
"Je vous appelle à remplacer la faiblesse par l’action, l’apaisement par la volonté, et à le faire avant une date claire : la nouvelle année juive, le 23 septembre 2025", poursuit cette lettre signée de Benyamin Netanyahou, en date du 17 août, et transmise à l’AFP ce mardi.Une "campagne d’intimidation" qui s’est "intensifiée"
"Je suis préoccupé par la montée alarmante de l’antisémitisme en France et par le manque d’actions décisives de votre gouvernement pour y faire face. Ces dernières années, l’antisémitisme a ravagé les villes françaises", écrit Benyamin Netanyahou. "Depuis vos déclarations publiques attaquant Israël et signalant la reconnaissance d’un Etat palestinien, il a augmenté", affirme-t-il.
"Suite à l’attaque sauvage du Hamas contre le peuple israélien le 7 octobre 2023, des extrémistes pro-Hamas et des radicaux de gauche ont lancé une campagne d’intimidation, de vandalisme et de violence contre les juifs à travers l’Europe", une campagne qui "s’est intensifiée en France" sous le mandat d’Emmanuel Macron, estime le Premier ministre israélien.
Il liste plusieurs incidents récents, dont le saccage de l’entrée de bureaux de la compagnie aérienne El Al à Paris, l’agression d’un homme juif à Livry-Gargan, ou des rabbins "agressés dans les rues de...
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19/08 - Guerre à Gaza : la crise entre Israël et l’Australie vire au divorce diplomatique
Les relations entre l’Australie et Israël sont au plus bas : la cheffe de la diplomatie australienne a qualifié ce mardi 19 août de "réaction injustifiée" la révocation par l’Etat hébreu des visas de représentants de Canberra auprès de l’Autorité palestinienne. La décision de Tel-Aviv est une mesure de rétorsion contre le pays d’Océanie, qui a annoncé récemment sa volonté de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a précisé que la mesure faisait également suite au "refus injustifié" de l’Australie "d’accorder des visas à des personnalités israéliennes". Il a mentionné le cas du député d’extrême droite, Simcha Rothman, qui devait donner des conférences à Sydney et Melbourne. Son visa a été annulé lundi, le gouvernement australien l’accusant de vouloir "diffuser un message de haine et de division". Gideon Saar a notamment accusé le gouvernement d’Anthony Albanese "d’alimenter" l’antisémitisme après avoir annulé le visa de l’élu israélien, précise The Guardian. Il a aussi "donné pour instruction à l’ambassade d’Israël à Canberra d’examiner attentivement toute demande de visa officielle émanant de l’Australie pour entrer en Israël", a-t-il écrit sur X. Le nombre de diplomates australiens effectivement concernés reste pour l’instant inconnu."Anthony Albenese a abandonné les juifs d’Australie"
La ministre des Affaires étrangères australienne, Penny Wong, a...
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19/08 - "Jamais nous ne partirons" : le Donbass, otage des négociations Trump-Poutine
Ihor n’a pas eu le temps de suivre les actualités. Tandis que l’avenir de sa région, le Donbass, se décide lors de discussions diplomatiques entre grands dirigeants à l’autre bout du monde, cet habitant de Sloviansk, à l’image des résidents de la zone, cherche surtout à survivre. "Ils peuvent blablater, mais nous, la guerre, on la vit tous les jours", souffle le retraité. Au lendemain de la rencontre en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le 15 août, ce septuagénaire, qui s’affaire dans le jardin de sa modeste maison en briques construite par ses parents, aperçoit soudain un grand drone dans les airs. Il pense qu’il va s’éloigner, mais l’engin s’abat brusquement sur la demeure voisine. Son épouse et lui ont juste le temps de se réfugier à l’intérieur, lorsque quatre de leurs fenêtres explosent sous la déflagration.
Leur fille, médecin réfugiée en République tchèque depuis 2022, les supplie de quitter le Donbass et de la rejoindre. "Je suis né ici, mes parents sont nés ici, mes grands-parents sont nés ici, jamais nous ne partirons, ici c’est chez nous", affirme Ihor, même s’il se dit inquiet de voir la ligne de front se rapprocher, alors qu’on entend au loin le grondement de l’artillerie et des bombardements.
Depuis plus de trois ans, l’armée russe grignote peu à peu le territoire du Donbass et menace Sloviansk, 100 000 habitants avant la guerre, moitié moins aujourd’hui. La ville fut la première à tomber aux mains des forces prorusses et russes au printemps 2014, avant d’être reprise par l’armée...
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19/08 - Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky à Genève ? La Suisse offre "l’immunité" au président russe
La Suisse offrira "l’immunité" au président russe, Vladimir Poutine, malgré son inculpation devant la Cour pénale internationale, à condition qu’il vienne "pour une conférence de paix", a assuré mardi 19 août le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis. Le gouvernement fédéral a défini l’année dernière "les règles pour donner l’immunité à une personne qui est sous mandat d’arrêt international. Si cette personne vient pour une conférence de paix, pas si elle vient pour des raisons privées", a déclaré Ignazio Cassis lors d’un point de presse avec son homologue italien, Antonio Tajani, à Berne.La Suisse, un pays "neutre" pour accueillir Vladimir Poutine
C’est le président français, Emmanuel Macron, qui a évoqué la possibilité qu’un éventuel sommet de négociations de la paix entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, se tienne en Europe et "ce sera un pays neutre, et donc peut-être la Suisse". Il dit plaider pour Genève, siège européen de l'ONU.
Ignazio Cassis est tout à fait prêt à organiser une telle rencontre et a souligné le savoir-faire des Suisses en la matière, mais il a rappelé que la Russie boudait la Suisse. Celle-ci a décidé d’infliger à Moscou les sanctions décidées par l’Union européenne et imposées depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.
"J’ai d’ailleurs constamment rappelé cette disponibilité (à organiser des rencontres ndlr) lors de mes contacts avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ces derniers mois […] on m’a...
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19/08 - Ukraine : Flamingo, le nouveau missile de Kiev qui pourrait changer le cours de la guerre
Préparer la guerre tout en cherchant la paix : en parallèle des discussions pour mettre fin au conflit qui l’oppose à la Russie, l’Ukraine n’oublie pas pour autant son objectif de prendre l’avantage sur le front. La preuve avec ces clichés pris le 14 août sur le site de production de Fire Point, l’un des piliers de l’industrie de défense ukrainienne, et publiés par le photographe ukrainien de l’agence Associated Press, Efrem Lukatsky, sur son compte Facebook. Une image qui a fait réagir bien au-delà de Kiev. Sur la photographie, deux missiles baptisés "Flamingo" reposent sur des remorques à double essieu, chacune équipée d’une rampe de lancement. C’est la toute première fois que l’on découvre ce missile de croisière conçu et produit en Ukraine. Un engin qui serait déjà entré en phase de production en série.
Dans sa publication, le photographe insiste sur la nouveauté et l’importance de ces armes. Selon lui, le missile Flamingo disposerait d’une portée colossale de 3 000 kilomètres. En quelques heures, l’image diffusée par Associated Press s’est propagée à travers les médias du monde entier, consacrant le "Flamingo" comme l’une des pièces maîtresses de l’arsenal ukrainien en devenir.
Ukraine 🇺🇦 has created its first “Flamingo” long-range missiles, which can reach a range of up to 3,000km
It can reach 70 of 90 Russian air bases, including all of Russia’s major missile and drone factories. Hopefully, the Flamingo missile is successful and will be mass-produced pic.twitter.com/gfPkP9umOb— Ukraine Battle Map (@ukraine_map)...
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19/08 - La diplomatie selon Donald Trump : et maintenant flattez-moi !
La Maison-Blanche s’est transformée en salon (doré) de La Folie des grandeurs, avec Donald Trump en Louis de Funès, et les dirigeants du monde dans le rôle d’Yves Montand, son valet obséquieux. La flatterie a toujours fait partie de l’arsenal diplomatique, mais sous Trump 2, elle a pris des proportions inouïes. Au point de devenir l'arme de survie n°1 face à lui.
Car les entretiens avec l’homme le plus puissant de la planète se déroulent désormais en mondovision depuis le bureau Ovale. Un show télévisé au cours duquel il peut à tout moment humilier son interlocuteur si une remarque lui déplaît et couper court à la discussion, comme avec Volodymyr Zelensky en février.
Le président ukrainien a retenu la leçon. Harcelé la dernière fois pour s’être présenté en sweat-shirt et accusé d'ingratitude, Zelensky arborait le 18 août un costume sombre, a multiplié les remerciements envers les "efforts" de son hôte pour "arrêter la guerre", et lui a glissé une lettre de son épouse pour la Première dame américaine. Les sept dirigeants européens qui l’accompagnaient ont aussi fait assaut d'amabilités, inquiets que Trump ne s’aligne sur les revendications de Poutine.
Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, avait donné le ton après les bombardements américains sur des sites nucléaires iraniens : "C’était vraiment extraordinaire et quelque chose que personne d’autre n’avait osé faire", avait-il écrit dans un SMS à Trump, avant de le comparer à un "papa" qui doit parfois réprimander ses enfants turbulents."Révolutionnaire"
Trump y...
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19/08 - Au Texas, les démocrates opposés au redécoupage électoral de l’Etat mettent fin à leur exil
Après deux semaines d’exil auto-imposé, les élus américains démocrates du parlement du Texas ont annoncé lundi 18 août leur retour dans cet Etat. Ils s’étaient exilés au début du mois afin qu’un quorum ne soit pas atteint pour voter sur une réforme controversée. Les élus républicains tentent de faire adopter une nouvelle carte électorale, voulue par Donald Trump pour accroître sa majorité républicaine au Congrès à Washington. Les démocrates, en minorité au parlement texan, craignent une dilution de leur vote.
"Après avoir rassemblé les Américains pour se joindre à cette bataille existentielle pour la démocratie, nous revenons au Texas sous nos propres conditions - prêts à construire le dossier légal nécessaire pour vaincre ces cartes anticonstitutionnelles devant les tribunaux", a affirmé le groupe parlementaire des démocrates à la Chambre des représentants du Texas dans un communiqué sur X.Les républicains tentent de diluer le vote démocrate
Le parlement local était depuis début août le théâtre d’une confrontation à distance entre républicains et démocrates en raison de la volonté des premiers de redessiner les 38 circonscriptions de cet Etat du sud, le deuxième le plus peuplé du pays. Poussés par Donald Trump, les républicains du Texas veulent modifier la carte électorale de telle manière que le vote démocrate soit dilué, une technique nommée "gerrymandering", et accroître ainsi de cinq membres leur contingent de 25 élus à la Chambre des représentants du Congrès à Washington, après les élections législatives de mi-mandat...
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19/08 - Guerre en Ukraine : la remontada de Volodymyr Zelensky démarre à la Maison-Blanche
Après la désastreuse entrevue du bureau Ovale, en février, Volodymyr Zelensky, alors congédié sans ménagement, semblait sonné comme quelqu’un qui a reçu un avis de licenciement. Il était venu chercher une augmentation (sous forme d’aide américaine) et s’était entendu dire "You’re fired !", soit "Vous êtes viré" (de la Maison-Blanche), la punchline de The Apprentice, l’émission de téléréalité qui a "fait" Donald Trump.
Six mois plus tard, le président ukrainien est en meilleure posture. Le 18 août, l’accueil du PDG – pardon : du président américain – était cordial, voire chaleureux. Les deux hommes ont même échangé des sourires ! Bref, d’une saison l’autre, l’ambiance n’est plus la même. Entre-temps, Melania Trump a sensibilisé son égocentrique mari aux atrocités commises par Vladimir Poutine contre les enfants et la population civile ukrainiennes. Zelensky, de son côté, a corrigé sa posture : il multiplie les marques de déférence à l’égard de son hôte Trump, de son équipe et de l’Amérique en général qui, avec l’Europe, aide toujours l’Ukraine.
Surtout, Zelensky est désormais épaulé par des chefs d’Etat et de gouvernement qui l’ont escorté jusqu’à Washington : Stubb, Meloni, Macron, Merz, Starmer, sans oublier Rutte (Otan) et von der Leyen (Union européenne). Avec ce septet, il a obtenu une avancée : le président américain confirme que de véritables garanties de sécurité occidentales seraient formalisées prochainement, en coordination avec les puissances européennes. Ce n’est pas la paix ni même un cessez-le-feu. Mais c’est un début....
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19/08 - Guerre en Ukraine : comment Donald Trump a changé de ton face à Volodymyr Zelensky
Dès la première poignée de main entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky ce lundi 18 août à Washington, la tension entre les deux hommes a semblé avoir disparu depuis la réunion houleuse de février dernier dans le bureau Ovale. Le signe d’un changement de posture de la part du président américain. Mais aussi de mécanismes d’ajustement mis en place par les leaders européens, y compris Zelensky, pour ménager Donald Trump, rapporte le Washington Post.
A commencer par la tenue vestimentaire du président ukrainien, en costume cette fois, pour éviter toute controverse, comme cela avait été le cas cet hiver. Félicité sur son costume tant par le journaliste conservateur qui l’avait interpellé à ce sujet il y a six mois que par Donald Trump lui-même, Volodymyr Zelensky a répondu avec humour. "Moi j’ai changé, mais vous, par contre, vous portez le même costume que la dernière fois", a-t-il ironisé à l’égard du journaliste Brian Glenn.
“I changed, you didn’t — same suit.” 😏 Even under immense pressure, Zelensky cracks jokes 💪🇺🇦 pic.twitter.com/rBOMHKr0iS— Maria Avdeeva (@maria_avdv) August 18, 2025Volodymyr Zelensky en "opération séduction" pour obtenir gain de cause
Outre la tenue, le président ukrainien a également remis une lettre écrite par sa femme à l’attention de Melania Trump, manière de la remercier pour la lettre que cette dernière avait adressée à Vladimir Poutine, l’appelant à stopper la déportation d’enfants ukrainiens. "Ce n’est pas pour vous, c’est pour votre femme", a précisé Volodymyr Zelensky. Esquissant un...
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19/08 - Tensions Etats-Unis - Venezuela : pourquoi Nicolas Maduro déploie 4,5 millions de miliciens
Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé lundi 18 août le déploiement de 4,5 millions de miliciens dans le pays, en réponse aux "menaces" américaines. La décision arrive après que Washington a déployé des forces militaires dans les Caraïbes.
"Cette semaine, je vais activer un plan spécial avec plus de 4,5 millions de miliciens pour garantir la couverture de tout le territoire national. Des milices préparées, activées et armées", a lancé à la télévision publique Nicolas Maduro, dont les États-Unis ont doublé à 50 millions de dollars la récompense pour sa capture.
La milice vénézuélienne fondée par Hugo Chavez, prédécesseur de Nicolas Maduro, est composée de quelque 5 millions de personnes, civils ou réservistes, et est placée sous le commandement de l’armée.Menaces "farfelues" de Washington
Evoquant le "réchauffé pourri des menaces extravagantes, rocambolesques et farfelues" de Washington, le président Nicolas Maduro a aussi lancé "Fusils et missiles pour la force paysanne ! Pour défendre le territoire, la souveraineté et la paix du Venezuela […] Missiles et fusils pour la classe ouvrière, pour qu’elle défende notre patrie".
Ces déclarations arrivent après que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a confirmé jeudi 14 août l’envoi de plus de 4 000 Marines dans les eaux internationales des Caraïbes. D’après CNN, ces ressources militaires visent à "faire face aux menaces pour la sécurité nationale des États-Unis, provenant d’organisations narco-terroristes spécialement désignées dans la région". Le déploiement...
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19/08 - Ruptures conventionnelles, la fin de l’âge d’or ? Les "HEC de 35 ans" seront-ils vraiment les perdants ?
Une exaltation : c’est le travail de ses rêves. En face, la directrice des ressources humaines a enfin trouvé le profil idéal. Une idylle professionnelle qui dure, qui dure. Jusqu’au jour où on commence à se poser des questions. Jusqu’au jour où, par exemple, la DRH évoque une réorganisation interne et glisse qu’une rupture conventionnelle pourrait être envisagée. Le choc. Dur pour l’orgueil, mais il y a derrière une compensation financière et des allocations chômage. C’est aussi la réflexion de nombreux salariés qui ne se sentent plus en phase avec leur entreprise et cherchent à partir par ce biais. "La rupture conventionnelle, créée il y a 17 ans, a apporté un apaisement dans la rupture des relations de travail pour les deux parties, sans risquer la précarisation pour le salarié – qui n’a pas à démissionner – et avec un processus de sécurisation pour l’employeur – qui n’a pas à motiver le licenciement", explique à L’Express Markus Asshoff, avocat associé chez Taylor Wessing, spécialisé notamment en droit du travail.
Mais depuis la présentation du projet de budget 2026 le 15 juillet dernier, les ruptures conventionnelles, qui ont connu une montée en puissance depuis leur création (leur nombre a bondi de 17 % depuis 2019, passant d’environ 440 000 à 514 000 en 2024), sont dans le viseur du gouvernement. Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, y voit "un effet d’aubaine extrêmement important", une analyse en phase avec la ministre déléguée au Travail et à l’Emploi Astrid Panosyan-Bouvet qui parle...
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19/08 - "Sur Gaza, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Déficits publics : stop à la stigmatisation
Xavier Cedu, Pluvigner (Morbihan)
Le déficit public n’en finit pas d’imprégner les médias. Politiques, journalistes, économistes, chacun apporte sa solution tout en rejetant l’opprobre sur une catégorie - retraités et chômeurs - et tout en essayant de s’affranchir soi-même du moindre effort. "Pour résorber le déficit français : ne demande pas ce que peuvent faire les autres, demande-toi ce que tu es prêt à perdre." A tirer sur le pianiste, nous ne créons pas de cohésion nationale. Et si chacun d’entre nous participait à l’effort à consentir ? 43 milliards pour 68 millions de Françaises et Français = 630 euros par habitant. Une fortune pour les uns ; un pourboire pour d’autres. Qui commence ? ("Déficit public : pourquoi les autres font mieux que nous", L’Express du 17 juillet.)
L’amour de la France
Dominique Calmels, Millau (Aveyron)
Mme Shalmani, oui votre place est en France. Combien de Français sur les 68 millions ont un parent, grand-parent ou arrière-grand-parent venant d’un autre pays ? Beaucoup. Oui vos parents ont eu raison de penser que "la fréquentation de la diaspora freine l’intégration". Aucun exilé ne retrouvera le pays qu’il a quitté, après des années à vivre ailleurs, avec le souvenir de ce qui n’est plus. En vous, je vois une Française qui connaît très bien l’histoire de l’Iran mais qui reste neutre dans ses analyses. C’est normal d’aimer le lieu où l’on est né. C’est tout à votre honneur d’avoir du recul vis-à-vis de lui. Merci d’avoir choisi la France,...
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19/08 - Nucléaire : l’arrêt du projet Astrid que la France risque de regretter
Il y a cinq ans en Alsace, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêtait définitivement de tourner. On parlait alors de la fin d’une époque… Jusqu’à ce que la guerre en Ukraine et la prise de conscience de l’urgence écologique rebattent les cartes. Entre la souveraineté énergétique, les ressources limitées et les enjeux d’influence, les défis autour du nucléaire sont de taille. Dans ce deuxième épisode, on revient sur l’arrêt du projet Astrid, qui visait à rendre le nucléaire durable. Un récit de Sébastien Julian, rédacteur en chef adjoint du service climat de L’Express.Episode 2 : Astrid, l’espoir déçu d’un nucléaire durable
Le 24 février 2022, il y a trois ans, l’invasion de l’Ukraine par la Russie signe le retour de la guerre sur le continent européen. Ce jour-là, le monde bascule : les équilibres géopolitiques sont redessinés, l’Europe relance les investissements dans la défense… Et, évidemment, le secteur de l’énergie n’est pas épargné par ces bouleversements.
L’Europe prend conscience qu’elle est largement sous perfusion de Moscou. Sans gaz ni pétrole russes, pas d’électricité, pas de chauffage… Et continuer à se fournir en Russie, c’est financer une guerre qu’on est en train de combattre. Pour sortir de ce paradoxe, les dirigeants n’ont plus qu’un mot à la bouche : la souveraineté énergétique.
Etre capable de subvenir soi-même à tous ses besoins en énergie : c’est désormais le graal recherché par tous. Et pour la France, cela passe notamment par le nucléaire. Pourtant, il y a six ans, notre pays...
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19/08 - Guerre en Ukraine : ces trois visions du monde qui s’affrontent, par Frédéric Encel
A l’heure où l’on écrit ces lignes, on est encore contraint de conjecturer sur les conséquences des récentes rencontres Trump/Poutine et Trump/Zelensky, ainsi que sur les entretiens de la coalition européenne des "volontaires" à Washington. Et le suspense quant au sort de l’Ukraine et l’évolution de la guerre à outrance que lui mène la Russie depuis trois ans et demi pourraient bien durer des mois encore, peut-être des années. En revanche, on peut d’ores et déjà et depuis longtemps tracer un double clivage – sinon une authentique double ligne de fracture – entre les trois acteurs principaux en discussion, Etats-Unis, Russie, Europe (au sens large du terme), en matière de représentations.
Es qualités de président, Donald Trump 1 et 2 n’a jamais entretenu d’autres passions (et compétences ?) que l’économie, ou, plus précisément, le business. Il gère l’Etat américain à la manière d’un manager et les fonctions régaliennes – défense et affaires étrangères – comme une entreprise. Il ne tient guère compte des réalités éthiques, méconnaît celles géographiques et historiques, et néglige souvent celles diplomatiques. Plutôt que des alliés ou des ennemis, il a des clients, des fournisseurs, des partenaires et des empêcheurs-de-faire-la-paix-lucrative-en-rond.
En outre, son imprévisibilité est proprement inouïe, sauf à inscrire à tort ce chef d’Etat d’une grande puissance dans la lignée de déments tels l’empereur romain Caligula ou le roi France Charles VI de Valois. Une imprévisibilité dont on saluerait l’efficacité si elle était...
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19/08 - Ukraine : sommet trilatéral à venir, garanties de sécurité… Ce qu’il faut retenir de la réunion à Washington
Au cours d’une réunion au format inédit à la Maison-Blanche, lundi 18 août, les Européens et le président américain Donald Trump ont abordé les garanties de sécurité pour l’Ukraine, qui devraient être formalisées d’ici dix jours. La question de la concession de territoires ukrainiens à la Russie n’a quant à elle pas été évoquée, Volodymyr Zelensky la réservant pour de futures discussions bilatérales avec Vladimir Poutine. Un sommet trilatéral en présence de Donald Trump a également été annoncé. Le président français a quant à lui appelé à l’organisation, en complément, d’une réunion quadrilatérale, où seraient présents les Européens. Retour sur les principaux points de la rencontre de lundi à Washington.Un échange cordial entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump
Bien loin du fiasco de sa visite en février dernier, le président ukrainien s’est réjoui lundi devant Donald Trump, qui le recevait à la Maison-Blanche, d’avoir eu avec lui "la meilleure" de leurs discussions pour tenter de trouver une issue à la guerre dans son pays. "Je pense que nous avons eu une très bonne conversation avec le président Trump, c’était vraiment la meilleure - enfin, pardon, peut-être que la meilleure aura lieu à l’avenir - mais c’était vraiment bien, et nous avons parlé de choses extrêmement sensibles", a déclaré Volodymyr Zelensky.
"Merci pour l’invitation et merci beaucoup pour vos efforts, vos efforts personnels pour mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre", a dit à Donald Trump le président ukrainien, à qui le vice-président J.D. Vance...
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19/08 - Jacques Chirac, le complot de la rue Vaneau : cette liaison que ses conseillers lui intiment de cesser
Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.
EPISODE 1 - "Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s'est installée
EPISODE 2 - RN, été 2024 : l’appartement secret où Marine Le Pen et Jordan Bardella ont imaginé leur gouvernement
EPISODE 3 - François Mitterrand : en décembre 1987, son échappée secrète au mont Sinaï
Président-Premier ministre, voilà un couple difficile à faire durer - ce n’est pas Emmanuel Macron qui dira le contraire. Deux ans déjà que Jacques Chirac supporte l’orgueil et l’arrogance de Valéry Giscard d'Estaing. Le 22 avril 1976, ce dernier a réuni la presse pour une déclaration en forme d’autosatisfecit : "Il ne faut pas juger un voyage, je dirais au milieu de la traversée, il faut le juger à l’arrivée, et je suis persuadé que les Français approuveront en profondeur le fait que le chef de l’Etat qu’ils ont désigné est finalement quelqu’un qui aura bien accepté de conduire une évolution." Pas un mot pour son chef de gouvernement. Qui, rue de Varenne, bouillonne. Chirac se sent à la fois las et vif,...
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19/08 - Médicament anti-Alzheimer : le courage de dire non
Faut-il rembourser un médicament dont les bénéfices ne sont pas perceptibles, mais qui provoque des effets secondaires fréquents et potentiellement graves ? Telle est la question bientôt posée à la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé, à propos du lecanemab (Leqembi de son nom commercial), un médicament anti-Alzheimer. Son avis portera sur "l’accès précoce" à cette molécule, première étape vers une prise en charge par la collectivité.
Les attentes des malades et de leurs familles sont fortes. Et certains spécialistes de la maladie d’Alzheimer font valoir que, même si l’efficacité démontrée dans les études s’avère modeste, elle pourrait augmenter dans le temps. Un argument peu entendable : miser sur une utilisation en soins courants pour le montrer, plutôt que par des essais cliniques, revient à prendre les malades pour des cobayes. Ce produit s’annonce par ailleurs coûteux (aux Etats-Unis, il est facturé 26 500 dollars par an, soit 22 600 euros), sans compter les frais pour son administration (en intraveineuse, en hôpital de jour) et le suivi des patients (par des IRM).
Cette molécule ne tient pas ses promesses. Fait très rare, l’Agence européenne du médicament avait d’abord refusé de l’autoriser, avant de changer d’avis. Le Royaume-Uni a déjà mis son veto à un remboursement, et il serait sage que la Haute Autorité de santé fasse de même. Car cet exemple le rappelle encore une fois : toute innovation médicale n’est pas forcément synonyme de réel progrès pour les...
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19/08 - Nouvelle-Calédonie : Manuel Valls peut-il encore sauver l’accord de Bougival ?
Ce pourrait être la dernière chance de l’Etat Français de sauver l’accord de Bougival. Le ministre des Outre-mer Manuel Valls est attendu ce mardi 19 août en Nouvelle-Calédonie, pour y rencontrer les acteurs politiques locaux et tenter de les convaincre de ratifier cet accord sur l’avenir du territoire, a annoncé son ministère dimanche. Signé en juillet, il a depuis été rejeté par le FLNKS, le principal mouvement indépendantiste de l’archipel. Le ministre devrait y rester jusqu’à samedi, avec pour "objectif de poursuivre le dialogue autour de l’accord de Bougival" et d’installer à cette fin un "comité de rédaction".Pourquoi l’accord de Bougival est-il rejeté par le FLNKS ?
Le 12 juillet dernier, cet accord de principe avait été établi entre les différents partis politiques de l’archipel français, indépendantistes et non indépendantistes, et l’Etat français. Le but de cette négociation : poser les bases pour un futur statut institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, en proie à d’intenses débats sur son indépendance, et se relevant doucement de violentes émeutes ayant secoué son territoire en 2024. Et ouvrir une troisième voie, un statut situé entre l’indépendance totale et l’intégration à l’Etat Français. S’étendant sur 13 pages, le texte aborde les grands principes de l’organisation du territoire et prévoit une consultation populaire en février 2026, afin que les habitants de Nouvelle-Calédonie puissent valider ou non les propositions.
Mais le 13 août dernier, le bureau politique du FLNKS, le "Front de libération nationale...
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19/08 - Guerre en Ukraine : Donald Trump exclut l’envoi de troupes américaines comme garanties de sécurité
Trois ans et demi après le début de l’invasion russe en Ukraine, un sommet entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky est en vue après la réunion des Européens autour de Donald Trump, lundi 18 août à Washington. Le président américain a fait savoir qu’il avait "commencé les préparatifs" d’une telle rencontre, au terme d’une "très bonne" entrevue avec le président ukrainien et plusieurs dirigeants européens. A l’extrême opposé de l’humiliation publique subie par Volodymyr Zelensky au même endroit fin février, Donald Trump et son homologue ukrainien se sont entretenus sur un ton cordial à la Maison-Blanche, le second remerciant le premier pour ses "efforts personnels pour mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre".
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump exclut l’envoi de troupes américaines en Ukraine comme garanties de sécurité
⇒ Vladimir Poutine a proposé de rencontrer Volodymyr Zelensky à Moscou, lors de son appel avec Donald Trump
⇒ Les Occidentaux vont "formaliser" les garanties de sécurité pour l’Ukraine "d’ici dix jours"Donald Trump exclut l’envoi de troupes américaines en Ukraine comme garanties de sécurité
Le président Donald Trump a exclu mardi la possibilité que des troupes américaines puissent être envoyées en Ukraine pour défendre le pays contre la Russie, en cas de nouvelle attaque, selon l’agence Associated Press. Il a également déclaré lors d’une interview télévisée matinale que les espoirs de Kiev de pouvoir récupérer la péninsule de la Crimée, ainsi que de rejoindre l’Otan étaient "irréalisables".
Le...
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18/08 - Ukraine : Trump, Zelensky et les Européens affichent leur volonté de travailler ensemble à la paix
"Cette guerre va se terminer", a dit Donald Trump lundi 18 août en recevant Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens, qui ont affiché leur volonté de travailler ensemble à la paix et à la sécurité future de l'Ukraine. "Je pense que nous avons eu une très bonne conversation avec le président Trump, c'était vraiment la meilleure", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien, au début d'une réunion avec son homologue américain et les dirigeants de plusieurs puissances européennes.
Avant ce format élargi, les deux hommes avaient eu un entretien bilatéral dans le bureau Ovale, où ils ont répondu à quelques questions des journalistes sur un ton cordial et par moments badin, à l'extrême opposé de l'humiliation publique subie par Volodymyr Zelensky au même endroit fin février. "Merci pour l'invitation et merci beaucoup pour vos efforts, vos efforts personnels pour mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre", a dit le président ukrainien, à qui le vice-président J.D. Vance avait reproché la dernière fois de ne pas être assez reconnaissant du soutien américain.Compliments amicaux
Volodymyr Zelensky a revêtu une veste de costume noire et une chemise noire qui lui ont valu les compliments de Donald Trump, extrêmement sensible aux marques de respect protocolaire, à son arrivée. "J'adore !", a dit le président américain en désignant la mise de son invité, violemment critiqué par les partisans de Donald Trump en février pour son habituelle tenue d'inspiration militaire, jugée trop décontractée.
Le président a...
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18/08 - Ukraine : ce que se sont dit Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche
Donald Trump et Volodymyr Zelensky tentent ce lundi 18 août de rapprocher leurs visions pour l’heure très éloignées sur une trajectoire de paix en Ukraine, lors d’une rencontre cruciale. Accueilli par Donald Trump dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche aux alentours de 13 heures (19 heures, heure française), le dirigeant ukrainien, tout de noir vêtu, a commencé par remercier son homologue américain pour cette réunion et pour "mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre", quelques jours après une rencontre du président américain avec Vladimir Poutine pour discuter les termes d’une fin de conflit. Ce dernier a exigé de pouvoir garder le Donetsk, l’une des régions ukrainiennes envahie par l’armée russe, en échange de la paix.Bientôt une rencontre à trois ?
"Si tout se passe bien", a rapidement annoncé Donald Trump après l’arrivée de Volodymyr Zelensky, les Etats-Unis souhaitent organiser par la suite une réunion à trois qui réunirait face à face les présidents ukrainien et russe, alors que les Etats-Unis jouent pour l’instant le rôle d’un médiateur tantôt sévère, tantôt taxé de favoritisme à l’égard des Russes. "Je pense que si tout se passe bien aujourd’hui, nous aurons une réunion à trois et je pense qu’il y aura de bonnes chances de mettre fin à la guerre lorsque nous le ferons", a estimé Donald Trump.Un cessez-le-feu "pas nécessaire"
Donald Trump a cette fois voulu rassurer le dirigeant ukrainien, dont le pays subit des bombardements russes depuis février 2022 : les Etats-Unis seront "impliqués" dans la sécurité...
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18/08 - Gaza : le Hamas accepte une nouvelle proposition de cessez-le-feu, la réponse d’Israël attendue
Le Hamas a accepté, ce lundi 18 août, une nouvelle proposition des médiateurs sur une trêve avec Israël à Gaza, associée à une libération d’otages retenus dans le territoire palestinien, a indiqué un responsable du mouvement islamiste. Les efforts ces derniers mois des médiateurs - Egypte, Qatar et Etats-Unis ont échoué jusque-là à aboutir à un cessez-le-feu durable dans la guerre qui ravage depuis 22 mois la bande de Gaza, où, selon la Défense civile, 19 Palestiniens ont été tués lundi dans des frappes et tirs israéliens.
"Le Hamas a remis sa réponse aux médiateurs, et confirmé" qu’il acceptait "la nouvelle proposition de cessez-le-feu sans demander de modifications", a indiqué à l’AFP un responsable du mouvement palestinien. "La balle est désormais dans le camp israélien", a résumé au Caire le directeur des services de renseignement égyptiens, après que la proposition a été formellement soumise à Israël. Selon la presse israélienne, la réponse de l'Etat hébreu à la proposition devrait intervenir "avant la fin de la semaine", mais d'après une source gouvernementale haut placée, Israël continue d'exiger la libération "de tous les otages".
Cette relance diplomatique intervient au moment où l’armée israélienne se prépare à conquérir la ville de Gaza et les camps de réfugiés voisins échappant jusque-là à son contrôle, en vertu d’un nouveau plan adopté dans l’objectif affiché d’en finir avec le Hamas et de libérer tous les otages.Un cessez-le-feu de 60 jours
La proposition acceptée par le Hamas reprend les grandes lignes...
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18/08 - "Midterms" 2026 : Donald Trump déclare la guerre au vote par correspondance
Donald Trump a annoncé ce lundi 18 août qu’il mènerait "un mouvement pour se débarrasser du vote par correspondance", revenant ainsi à l’une de ses principales idées fixes, alors qu’il n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020. Il a aussi affirmé, à tort, que les Etats-Unis étaient "le seul pays au monde à utiliser le vote par correspondance".
"Je vais mener un mouvement pour se débarrasser du VOTE PAR CORRESPONDANCE, et pendant qu’on y est, aussi des MACHINES ELECTORALES, imprécises, très onéreuses, et fortement controversées, qui coûtent dix fois plus que le papier à filigrane, précis et sophistiqué, qui est plus rapide et qui ne laisse AUCUN doute à la fin de la soirée sur qui a GAGNÉ et qui a PERDU l’élection", a déclaré le président américain dans une longue publication sur la plateforme Truth Social.Les élections de mi-mandat en vue
Le milliardaire républicain a annoncé qu’il signerait un décret pour "aider à apporter de l’HONNÊTETÉ dans les élections de mi-mandat", en novembre 2026 ("Midterms"), sans pour autant donner de précisions sur le contenu du texte. Il avait déjà signé fin mars un décret visant à restreindre le vote par correspondance et à imposer aux Etats américains des contrôles renforcés sur les listes électorales.
Donald Trump, qui n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020 face à Joe Biden, a dénoncé sans fondement des fraudes électorales massives, notamment dans le vote par correspondance - une méthode largement utilisée aux Etats-Unis. Il a prédit ce lundi que sa volonté...
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18/08 - "Bloquons tout" : ce que l’on sait des appels à un "arrêt total" de la France le 10 septembre
Ça sera "le jour où la France s’arrête". Un tract, qui circule depuis plusieurs jours avec un fort retentissement sur les réseaux sociaux, lance un "appel à la solidarité du peuple pour un arrêt total, général et illimité du pays à partir du 10 septembre 2025". Près de sept ans après, cette mobilisation née sur Internet n’est pas sans rappeler le mouvement des gilets jaunes - protestation citoyenne qui avait partiellement paralysé la France - bien que son ampleur reste encore à déterminer.
Ces appels, venus d’horizons très divers, se cristallisent autour des coupes budgétaires voulues par le Premier ministre François Bayrou. Leur possible concrétisation dans la rue reste une inconnue, mais les responsables de La France insoumise (LFI) ont "décidé de soutenir l’initiative populaire du 10 septembre", dans un texte paru samedi 16 août dans La Tribune Dimanche.
Les premières références à cette date, dont le choix ne semble pas avoir de justification particulière, remontent à mai, au moins. Mais c’est en juillet, à la faveur des mesures d’économies annoncées par le Premier ministre, que les appels ont gagné en visibilité.Des origines floues
Les origines de cette mobilisation populaire restent encore très floues....
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18/08 - Gaza : les déclarations très polémiques de l’ancien chef du renseignement militaire israélien
"Peu importe s’il s’agit d’enfants". Cette phrase glaçante a été prononcée par Aharon Haliva, ancien chef du renseignement militaire israélien, à propos des morts de Gaza. Dans un enregistrement diffusé par la chaîne israélienne Channel 12 puis consulté par The Guardian et CNN, l’homme qui a quitté ses fonctions en avril 2024 qualifie de "nécessaire" le nombre de morts civils qu’il estime à environ 50 000 personnes, dans l’enclave palestinienne sous bombardement israélien depuis une attaque massive du Hamas le 7 octobre 2023, qui ont fait 1 200 morts et 250 kidnappés. "Pour tout ce qui s’est passé le 7 octobre, pour chaque personne du 7 octobre, 50 Palestiniens doivent mourir", conclut-il, selon la retranscription de CNN.
Pour l’ancien haut responsable israélien, ces morts constituent même un "message aux générations futures" de Palestiniens. "Ils ont besoin d’une Nakba de temps en temps pour sentir le prix à payer", ajoute-t-il. La Nakba, ou "catastrophe" en arabe, est un événement fondateur de l’histoire palestinienne, lorsque environ 700 000 Palestiniens ont fui ou ont été expulsés de leurs foyers par des groupes armés juifs en 1948, lors de la création de l’Etat d’Israël.Validation des estimations de morts à Gaza
Dans cet enregistrement,...
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18/08 - Guerre en Ukraine : Alexander Stubb, l’homme-clé de la rencontre Trump-Zelensky
Parmi la délégation européenne qui accompagne le président Volodymyr Zelensky à Washington à la rencontre de Donald Trump, la personnalité la plus importante n’est pas Emmanuel Macron ni le chancelier Friedrich Merz. Et pas davantage l’Italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer ou la présidente de la Commission Ursula von der Leyen – tous issus de "grands" pays. Au contraire, l’homme-clé de ce voyage est sans doute Alexander Stubb, président de la "petite" Finlande – 5,6 millions d’âmes.
En fonction depuis un an et demi, ce golfeur émérite qui a fait une partie de ses études aux Etats-Unis et parle cinq langues est l’acteur qui pourrait se révéler déterminant dans les relations entre Washington, Moscou et les pays européens. Conservateur de 57 ans, il possède une relation privilégiée avec le président américain tout en bénéficiant d’un certain respect de la part de la Russie, ce qui est rare pour un leader d’un pays d’Europe occidentale.La "finlandisation", expression honnie à Helsinki
Des liens profonds nourrissent en effet la relation entre Moscou et Helsinki. Celle-ci repose sur un passé historique en commun. Et quel passé ! Partie intégrante de l’empire tsariste sous le nom de "grand-duché de Finlande" à partir de 1809 (avant quoi ce territoire avait été suédois pendant 600 ans), les Finlandais ont à l’époque entretenu une relation relativement harmonieuse avec Saint-Pétersbourg, la capitale qui leur concédait une large autonomie.Le président Donald Trump (à gauche) et le...
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18/08 - Garde nationale à Washington : les militaires déployés bientôt armés ?
Voilà près d’une semaine que les premiers soldats de la Garde nationale ont commencé à être déployés à Washington. Une opération qui fait suite aux déclarations de Donald Trump qui avait martelé vouloir éradiquer la violence "flambante" dans la capitale. Une affirmation pourtant démentie par les statistiques, qui pointent au contraire des crimes violents à leur plus bas niveau depuis 30 ans à Washington, et en baisse de 35 % entre 2023 et 2024.
Pour contrer la criminalité et expulser tous les sans-abri de la capitale - trop nombreux selon lui -, Donald Trump a déployé 850 gardes nationaux depuis le 12 août. Et bien que la loi permette au président américain de prendre le contrôle de la police de Washington pendant une durée maximale de trente jours, la porte-parole de la Maison-Blanche a déjà suggéré que cela pourrait durer plus longtemps. Prolonger le contrôle fédéral au-delà de cette période nécessiterait toutefois l’approbation du Congrès.Vers une Garde nationale armée à Washington ?
Jusqu’à présent, les soldats de la Garde nationale portent des gilets pare-balles mais ne sont pas armés et ne disposent pas d’armes dans leurs véhicules, mais cela pourrait changer très prochainement, rapportent les médias américains. Le gouvernement fédéral a fait savoir son intention de doter tous les gardes d’une arme qu’ils pourront avoir sur eux lors des interventions.
Une mesure qui marque...
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18/08 - Rencontre Trump-Zelensky : pourquoi ces territoires ukrainiens sont au cœur des négociations
Quelques jours seulement après un sommet infructueux en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la Maison-Blanche accueille ce lundi 18 août une réunion d’envergure. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky y sera reçu dès 13 heures (19 heures, heure française) par le président américain, avant qu’une salve de dirigeants européens (Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Keir Starmer et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, entre autres) ne vienne élargir la table des discussions. L’objectif est clair : tenter d’esquisser un chemin vers la paix.
Mais les obstacles sont considérables. La rencontre du 15 août en Alaska, première apparition de Vladimir Poutine sur le sol américain depuis près d’une décennie, avait tourné court. Aucune trêve n’en est ressortie, et pour cause : le cœur du désaccord reste la question territoriale. Le président russe exige que Kiev renonce à une partie de son territoire, dont le Donbass selon deux hauts responsables européens interviewés par le New York Times, tandis que Volodymyr Zelensky et ses alliés maintiennent que les frontières internationales ne peuvent être redessinées par la force. L’Express fait le point sur les territoires ukrainiens au cœur des tractations.Le Donbass, au centre des convoitises
Région industrielle de l’est, le Donbass cristallise toutes les tensions. Pour Vladimir Poutine, cette région est la pièce maîtresse d’un puzzle qu’il tente de recomposer depuis 2014. Dans ce lieu même où il a soutenu les premiers séparatistes pro russes, puis...
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18/08 - Ventes de livres : Cédric Sapin-Defour ou Dan Brown, qui va lancer la rentrée littéraire ?
Qu’on soit juillettiste ou aoûtien, on a pu le constater en famille, chez nos amis, dans les aéroports et dans les gares : lors de la période estivale les éditeurs récoltent les fruits de ce qui a été semé au premier semestre, et les livres qui s’étaient imposés au mois de juin continuent sur leur lancée. C’est ainsi que, portés par une excellente rumeur, Raphaël Quenard (Clamser à Tataouine, Flammarion) et Adèle Yon (Mon vrai nom est Elisabeth, Le Sous-sol) ont franchi les 100 000 exemplaires vendus – une barre symbolique qu’avaient dépassé avant eux Pierre Lemaitre (Un avenir radieux, Calmann-Lévy), Leïla Slimani (J’emporterai le feu, Gallimard), Virginie Grimaldi (Les Heures fragiles, Flammarion), David Foenkinos (Tout le monde aime Clara, Gallimard), Giuliano da Empoli (L’Heure des prédateurs, Gallimard), Nicolas Demorand (Intérieur nuit, Les Arènes) ou Franck Thilliez (A retardement, Fleuve). Des chiffres que peuvent légitimement prendre de haut Valérie Perrin, Joël Dicker et Salomé Saqué, eux qui planent au-dessus des 300 000 exemplaires avec leurs best-sellers Tata (Albin Michel), La Très Catastrophique Visite du zoo (Rosie & Wolfe) et Résister (Payot). Remarqués ces derniers mois, les livres de Bérénice Pichat (La Petite Bonne, Les Avrils), Camille Laurens (Ta promesse, Gallimard) et Ambre Chalumeau (Les Vivants, Stock) tournent tous les trois autour des 50 000 exemplaires. Malgré son prix du Livre Inter, réputé prescripteur, la peu médiatique Florence Seyvos a calé à 20 000 exemplaires avec Un...
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18/08 - Tensions en Asie : critiquée par l’Allemagne, la Chine répond à Berlin
La Chine a fustigé lundi 18 août l’Allemagne, accusée "d’exagérer les tensions" entre Pékin et ses voisins, après des déclarations du chef de la diplomatie allemande jugeant notamment Pékin "de plus en plus agressif" en Asie-Pacifique.
Durant une visite au Japon, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a affirmé que le géant asiatique menaçait de "modifier unilatéralement le statu quo et de déplacer les frontières en sa faveur". Il a notamment cité les actions de Pékin dans le détroit de Taïwan et dans les mers de Chine orientale et méridionale, où la Chine a des différends de souveraineté avec le Japon et les Philippines, entre autres pays. "Toute escalade dans cette plaque tournante sensible du commerce international aurait de graves conséquences pour la sécurité et l’économie mondiales", a ajouté le ministre allemand après un entretien avec son homologue japonais Takeshi Iwaya.
Une déclaration publiée dimanche avant la visite de Johann Wadephul au Japon indique que la Chine "affirme de plus en plus sa suprématie régionale et, ce faisant, remet également en question les principes du droit international". "Le comportement de plus en plus agressif de la Chine […] a également des implications pour nous en Europe : les principes fondamentaux de notre coexistence mondiale sont en jeu ici", a encore déclaré le ministre selon le communiqué.Pékin assure que la situation reste "globalement stable"
Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a réagi lundi lors d’une...
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18/08 - Guerre en Ukraine : face à Donald Trump, l’UE prête à faire bloc derrière Volodymyr Zelensky
C’est un format diplomatique inédit. On connaissait les réunions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, et celles entre le président américain et ses homologues européens. Ce lundi 18 août à Washington, c’est ensemble que les Européens et le président ukrainien rencontreront Donald Trump. Une manière, pour les premiers, d’afficher un front uni derrière Kiev et d’éviter le fiasco de la première entrevue entre Trump et Zelensky dans le bureau Ovale en février dernier.
Dimanche, lors d’une visioconférence avec leurs alliés de la "coalition des volontaires", les Européens ont mis sur la table des propositions pour garantir la sécurité de l’Ukraine et obtenir un cessez-le-feu. Ils espèrent réussir à convaincre Donald Trump de s’aligner sur la même position qu’eux. Une opération loin d’être gagnée d’avance, alors que le président américain a déjà fait savoir qu’il s’opposait, entre autres, à une entrée de l’Ukraine dans l’Otan.Garanties de sécurité pour l’Ukraine
Face à ces déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky, qui s’est dit favorable à une "fin rapide de la guerre" mais avec "une paix durable", a rappelé sur X qu’il était "important que les États-Unis acceptent de collaborer avec l’Europe pour fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine, et donc à toute l’Europe". Vladimir Poutine, à l’inverse, souhaite un accord qui limiterait Kiev dans ses capacités militaires. Le président russe serait en revanche, selon Washington, ouvert à ce que les alliés de l’Ukraine puissent la défendre en cas d’agression russe future et...
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18/08 - Immobilier : les meilleures opportunités pour acheter en bord de mer
Bonne nouvelle : après des années de hausse ininterrompue, les prix de l’immobilier dans les stations balnéaires se stabilisent enfin. Selon une étude de SeLoger, ils ont moins progressé sur un an dans ces villes qu’au niveau national. Sur deux ans, ils affichent même un recul de 1,6 %, tous biens confondus. "Ce changement de rythme ouvre de nouvelles opportunités pour les acheteurs", estiment les auteurs. Attention, s’offrir un pied-à-terre en bord de mer n’est pas bon marché pour autant. Le prix du mètre carré y est en moyenne 57 % plus élevé que sur l’ensemble du territoire, à 4 888 euros. Il est même bien supérieur si vous visez les littoraux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ou de l’Atlantique, à respectivement 5 980 euros et 5 380 euros du mètre carré.
Pour trouver une bonne affaire, il est possible de se tourner vers le Languedoc-Roussillon, qui a enregistré au cours de l’année écoulée un recul de ses prix marqué de 4,4 %, alors même que les biens y sont relativement abordables, à 3 799 euros le mètre carré en moyenne. Mais, pour un budget encore plus restreint, il faut se tourner vers la Manche ou la Bretagne. La station la plus accessible est en effet Ploéven (Finistère), où l’on peut faire l’achat d’un logement de 80 mètres carrés pour un peu plus de 140 000 euros seulement. Sans surprise, les stations les plus chères demeurent sur la Côte d’Azur ou autour du bassin d’Arcachon puisqu’il s’agit de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes), Ramatuelle (Var) et Lège-Cap-Ferret...
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18/08 - Nucléaire : cinq ans après, fallait-il fermer la centrale de Fessenheim ?
Il y a cinq ans en Alsace, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêtait définitivement de tourner. On parlait alors de la fin d’une époque… Jusqu’à ce que la guerre en Ukraine et la prise de conscience de l’urgence écologique rebattent les cartes. Entre la souveraineté énergétique, les ressources limitées et les enjeux d’influence, les défis autour du nucléaire sont de taille. Dans ce premier épisode, Anne Rosencher, directrice déléguée de la direction, et Sébastien Julian, rédacteur en chef adjoint du service climat de L’Express, nous racontent l’histoire d’un sabotage politique.Episode 1 : les fossoyeurs de Fessenheim
Pour commencer cette série, revenons 44 ans en arrière. La centrale nucléaire de Fessenheim, située en Alsace à la frontière franco-allemande, tourne depuis maintenant trois ans. Le 7 juin 1981, elle est au cœur d’une mobilisation. Ce jour-là, les militants écologistes allemands et français veulent unir leur force. Sous un grand soleil, les chants et les slogans se succèdent.
En tee-shirts à manches courtes colorés, les manifestants enfourchent leur vélo pour protester. Mais les Allemands se retrouvent bloqués, interdits de passer de l’autre côté de la frontière. Peu importe, les Français rejoignent leurs camarades de lutte. Les forces de police se retrouvent alors entourées par deux pelotons de cyclistes anti-nucléaires.
Les barrages finissent par être ouverts. Allemands et Français se retrouvent et continuent à pédaler ensemble, contre Fessenheim. Ce n’est pas la première...
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18/08 - "L’amateur contre le maître" : les trois leçons du sommet Trump-Poutine, par Jean-François Copé
La rencontre historique qui vient d’avoir lieu en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine relève du cas d’école pour étudiants en relations internationales. Comme on pouvait s’y attendre, ils ont soigneusement occulté les deux sujets qui fâchent. D’abord l’horreur absolue de ce conflit d’un autre siècle : 1,4 million de victimes militaires tuées ou blessées (sans omettre les dizaines de milliers de victimes civiles et les milliers d’enfants ukrainiens kidnappés). Ensuite, le fait que la Russie demeure enlisée dans une guerre de tranchées extraordinairement coûteuse, y compris pour sa propre économie.
Dans ce contexte, on peut tirer trois enseignements de la tragicomédie qui nous a été imposée le 15 août.1/ Un bénéfice considérable pour Poutine
Le premier enseignement est que si nous n’avons vécu ni un remake de Munich 1938 ni de Yalta 1945, le bénéfice pour Poutine est considérable alors que celui de Trump reste à démontrer. Trump avait fixé pour objectif un "cessez-le-feu immédiat" sous peine de "sanctions". Ces deux mots n’ont même pas été prononcés. Poutine n’a rien cédé et s’est retrouvé en vedette mondiale, recevant même de la part de celui censé être son plus dangereux ennemi des compliments d’une chaleur indécente. La tragédie ukrainienne à l’origine était le énième avatar d’un affrontement entre démocraties et dictatures. Désormais, le match est déséquilibré. Sauf revirement total de la part de Trump, nous sommes en risque majeur puisque les Etats européens n’ont ni le temps ni les moyens de rattraper leur...
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18/08 - Volodymyr Zelensky appelle à "assurer une paix solide et durable" pour l’Ukraine
Seconde humiliation ou réelle avancée en vue ? Volodymyr Zelensky rencontre ce lundi 18 août Donald Trump afin de parvenir à un cessez-le-feu entre Ukraine et Russie. De possibles concessions territoriales et la fourniture de garanties de sécurité à l’Ukraine doivent notamment être abordées. C’est la cinquième fois que Volodymyr Zelensky est reçu dans le bureau Ovale depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. C’est aussi la deuxième fois que le président ukrainien l’est par Donald Trump. Leur première entrevue, en février dernier, avait été particulièrement humiliante pour Volodymyr Zelensky, accusé par le président américain de "manquer de respect" et ne pas avoir "dit une seule fois merci" pour l’aide militaire fournie des Etats-Unis.
Cette rencontre intervient deux jours après un sommet en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine auquel Volodymyr Zelensky et les Européens n’avaient pas été conviés, et qui s’est soldé sans annonce concrète. Dimanche, les Européens et leurs alliés de la "coalition des volontaires" ont tenu une visioconférence avec le président ukrainien au sujet du conflit. Plusieurs leaders européens sont également à Washington aux côtés de Volodymyr Zelensky, pour l’appuyer face à Donald Trump.
Les infos à retenir
⇒ Volodymyr Zelensky appelle à "assurer une paix solide et durable" pour l'Ukraine et l'Europe
⇒ Donald Trump écarte l’idée que l’Ukraine récupère le contrôle de la Crimée
⇒ Au moins sept morts dans une frappe de drone russe à KharkivVolodymyr Zelensky appelle à...
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18/08 - Face aux Etats-Unis de Donald Trump, la souveraineté de l’Europe se joue aussi dans l’espace
30 mars 2025. Une fusée s’élance dans le ciel norvégien, oscille puis pique du nez, avant de plonger dans la mer une trentaine de secondes plus tard. Les opérateurs de cette "Spectrum" n’avaient de toute façon que peu d’espoir de la voir atteindre du premier coup son objectif, l’orbite basse de la Terre, à 500 km d’altitude, où elle compte, à terme, placer des satellites.
La start-up allemande qui développe l’engin, Isar Aérospace, s’est néanmoins félicitée d’avoir pu collecter des données et opérer des tests. Car ce décollage, en soi, est historique. Il s’agit de la première fusée orbitale tirée depuis l’Europe continentale et surtout, par une compagnie privée, dans un domaine traditionnellement réservé aux Etats. Il n’existe à ce jour que deux fusées européennes, le lanceur lourd Ariane 6 et Vega-C, qui achemine des instruments moins lourds. Toutes les deux sont lancées depuis le site de Kourou, en Guyane française, et supervisées par l’Agence spatiale européenne (ESA).
L’Europe souhaite justement bousculer ce duopole pour faire émerger de nouveaux acteurs européens capables d’aller dans l’espace, en complément de ses deux lanceurs. En juillet dernier, l’ESA a justement présélectionné cinq start-up européennes, dont Isar, dans le cadre d’un concours de fusées. Pour faire simple, il existe tout un panel de fusées permettant de lancer une masse plus ou moins importante à des orbites plus ou moins lointaines et pour des missions diverses. Ces jeunes pousses sont, elles, en lice pour développer un lanceur capable de...
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18/08 - Présidentielle en Bolivie : au pouvoir depuis 20 ans, la gauche évincée du second tour
Un ancien président de droite et un sénateur de centre-droit s’affronteront en octobre au second tour de la présidentielle bolivienne, après avoir remporté le premier tour dimanche 17 août, marquant la fin de deux décennies de gouvernements de gauche dans un pays plongé dans une grave crise économique.
A la surprise générale, le sénateur de centre-droit Rodrigo Paz, fils de l’ancien président Jaime Paz Zamora (1989-1993), arrive en tête avec 32,1 % des voix, selon les résultats communiqués par le Tribunal suprême électoral (TSE). L’ancien président de droite Jorge "Tuto" Quiroga (2001-2002) le suit de près avec 26,8 %, selon les mêmes estimations. Le millionnaire Samuel Doria Medina, favori dans tous les sondages jusqu’à il y a une semaine, est en revanche relégué à la troisième place avec 19,8 % des voix.Une inflation à 25 %
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de grave crise économique marqué par une pénurie chronique de dollars et de carburant, tandis que l’inflation annuelle avoisine les 25 %, un niveau inédit depuis 17 ans. Tenu pour responsable de la débâcle, le président sortant Luis Arce, autrefois soutenu par l’ancien président Evo Morales (2006-2019), mais désormais en conflit avec lui, a renoncé à un second mandat.
Andronico Rodriguez, le président du Sénat également issu de la gauche, et le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir depuis 2006, Eduardo del Castillo, n’ont pas réussi à convaincre. "Je veux un changement. Je pense que la gauche nous a fait beaucoup de mal", a estimé...
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18/08 - Narcotrafic, vers un "tsunami blanc" ? Les cinq menaces qui pèsent sur la France
Une menace au "potentiel de développement infini", "généralisée" et "très dangereuse pour la sécurité et la santé des citoyens". Dans son dernier rapport interne sur les risques liés au trafic de stupéfiants, publié fin juillet et que L’Express a pu consulter en intégralité, l’Office antistupéfiants (Ofast) ne manque pas de superlatifs pour alerter sur l’explosion de la production, de la consommation et du trafic de drogues en France. Dans son propos introductif, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau va même jusqu’à évoquer "le cycle de mort" qu’est devenu le narcotrafic, et le "tsunami blanc" auquel le pays serait confronté. Retour sur les cinq principales menaces qui pèsent sur le territoire.
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17/08 - Rencontre Trump-Zelensky : que peut-on attendre de cet échange ?
Encore un pschitt ou une véritable étape vers la paix ? Après le sommet Trump-Poutine en Alaska qui n’a débouché sur aucune annonce, le monde a les yeux rivés sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain Donald Trump, qui doivent se rencontrer ce lundi 18 août à la Maison-Blanche, en compagnie d'un bloc soudé de dirigeants européens. Cette décision a été annoncée dimanche peu avant une visioconférence des soutiens de Kiev, visant à examiner ce que pourraient être les contours d’un éventuel accord de paix entre l’Ukraine et la Russie.
Le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le président finlandais, Alexander Stubb, et le chef de l’Otan, Mark Rutte, ont confirmé leur présence.Discussions sur les garanties de sécurité
Le dirigeant ukrainien, qui s’est réjoui de cette "unité" européenne, a souligné qu’il ne savait "pas exactement" de quoi Vladimir Poutine et Donald Trump avaient parlé en Alaska. Mais "ce que le président Trump nous a dit à propos des garanties de sécurité est bien plus important, pour moi, que les réflexions de Poutine", a-t-il ajouté.
C’est en effet une revendication de longue date de Kiev : la garantie de protection de la part de ses alliés en cas de nouvelle attaque russe est le préalable à un quelconque accord de paix, pour Volodymyr Zelensky. La question des garanties de sécurité devrait donc occuper une place centrale dans cette réunion....
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17/08 - "Féminin sacré", l’inquiétante dérive sectaire : "chamanes sibériens", escroqueries et bénédictions d’utérus
Des photographies de tambours aux inscriptions étranges, d’une vieille femme en tenue de chamane ou des pyramides de Gizeh, auxquelles se mêlent des références à la magie noire et des promesses de "rituels de groupe très profonds et puissants"… A en croire le programme de voyage de plus de 40 pages retrouvé par Sylvie* dans les affaires de sa fille Julia*, les activités pratiquées par l’organisme Field of love ["champ d’amour", en français] pourraient changer la vie des participantes "en quelques minutes", par le biais de méditations, de prières ou "d’amulettes magiques".
Le tarif des activités pour un séjour "transformationnel" de quatre jours en Egypte va de pair avec cette ambition : pour participer à ces "cercles de puissance" et retrouver son "énergie féminine", il faut débourser 2 000 euros minimum, comprenant le voyage (1 400 euros), quatre "rituels de groupe" et l’acquisition "d’objets de pouvoir". Selon la formule choisie, les prix s’envolent : pour des "rituels individuels exclusifs", comptez 2 500 euros ; pour le programme "VIP", avec "un soutien personnel du tuteur", 5 000 euros. Evidemment, chaque soin complémentaire permettant "d’aller plus loin dans la transformation" sera tarifé 200 euros.
"A ce niveau-là, on peut parler de racket", souffle Sylvie, qui ne comprend toujours pas comment sa fille a pu se laisser convaincre par de telles propositions. En 2019, la jeune femme emprunte plus de 900 euros à sa sœur et 700 euros à un ami pour participer à ce voyage, découvert sur le stand...
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17/08 - L’armée israélienne annonce avoir bombardé un "site énergétique" au Yémen
Au Yémen, une source de la Défense civile citée par la télévision Al-Massira des Houthis a fait état "d'une agression" contre une centrale électrique de Sanaa, la capitale du Yémen contrôlée par les rebelles. Un journaliste collaborant avec l'AFP a constaté d'importants dégâts sur place.
"Aujourd'hui, à 04H00 du matin (01H00 GMT), deux frappes de l'ennemi israélien ont visé la station", a affirmé à l'AFP un employé de la centrale électrique, précisant qu'il n'y avait pas eu de victimes. "Tsahal a mené une frappe à une distance de quelque 2.000 kilomètres d'Israël, en plein cœur du Yémen, ciblant un site d'infrastructure énergétique utilisé par le régime terroriste houthi", a pour sa part indiqué l'armée israélienne dans un communiqué.
"Ces raids ont été effectués en réponse aux attaques répétées" menées par les Houthis "contre l'Etat d'Israël et ses citoyens, y compris le lancement de missiles sol-sol et de drones", a-t-elle ajouté. Les rebelles Houthis, a poursuivi l'armée, "opèrent sous la direction et le financement du régime iranien, dans le but de nuire à l'Etat d'Israël et à ses alliés", et "mènent des activités terroristes contre le transport maritime mondial et les routes commerciales". Elle s'est dite "déterminée à éliminer toute menace contre Israël, où que cela soit nécessaire".
Dans l'après-midi, les sirènes d'alerte se sont déclenchées dans plusieurs régions d'Israël suite à la détection d'un "projectile lancé depuis le Yémen", selon une alerte de l'armée. Ce "missile a été intercepté", a ajouté l'armée.
Les...
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17/08 - Catherine II, l’impératrice qui obsède Vladimir Poutine : cougar, "nymphomane" et amoureuse de Potemkine
Pourquoi y a-t-il eu tant d’écrits sur une supposée homosexualité d’Hitler ne reposant sur aucun fait historique ? Comment Mao a-t-il pu à ce point abuser de jeunes femmes tout en imposant le puritanisme aux Chinois ? De Catherine II à Vladimir Poutine en passant par Bachar el-Assad, L’Express se penche cet été sur la vie sexuelle des dictateurs, et montre comme celle-ci a pu influencer leurs décisions politiques, tout en étant l’objet de nombreux fantasmes.
EPISODE 1 - "Hitler était-il homosexuel ?" : la vie privée du Führer, objet de tous les fantasmes
EPISODE 2 - Vladimir Poutine et le sexe : du "mâle alpha" obscène au patriarche conservateur
EPISODE 3 - Mao, le libertin rouge : quatre épouses et bien des concubines
Combien a-t-elle eu d’amants ? Une douzaine selon ses biographes, une broutille en comparaison d’autocrates portés sur la chose tels Louis XV, Mussolini ou Mao. Cela a pourtant suffi pour faire de Catherine II (1729-1796) la cible d’incessants ragots et de légendes tenaces. Dans leurs dépêches, les diplomates ironisaient sur la supposée voracité sexuelle de la souveraine russe. La prude Marie-Thérèse d’Autriche considérait sa consœur comme une nymphomane.
La mort à l’âge de 26 ans de son favori Alexandre Lanskoï a alimenté des rumeurs sur une overdose d’aphrodisiaques pris pour satisfaire sa vieille maîtresse. Un cabinet érotique secret aurait été retrouvé durant la Seconde Guerre mondiale. Un mythe persistant évoque même un coït fatal avec un cheval… Tout au long du XIXe siècle,...
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17/08 - Jean-Luc Mélenchon appelle à la censure de François Bayrou et soutient le mouvement de blocage du 10 septembre
"Nous appelons à une offensive déterminée pour faire tomber ce gouvernement. Sur le terrain par la mobilisation populaire tous azimuts et au Parlement par une motion de censure immédiate", écrit Jean-Luc Mélenchon, en estimant que "les deux doivent aller de pair, car faire l'un sans l'autre est vain ou bien incertain".
"Nous ne laisserons pas faire", insiste le leader des Insoumis, qui demande "que l'Assemblée nationale soit réunie au plus vite en session extraordinaire". "L'actualité l'exige. Nous déposerons immédiatement une motion de censure pour faire tomber le gouvernement", préviennent les signataires de la tribune, dont la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, et le coordinateur du parti, Manuel Bompard, selon qui "ce gouvernement est incapable d'entendre raison" et "prépare la rentrée avec un projet de budget dévastateur". "Il faut renvoyer François Bayrou et son gouvernement, tout de suite", écrivent-ils.Appel à "tout bloquer" le 10 septembre
Les responsables de La France insoumise ont par ailleurs "décidé de soutenir l'initiative populaire du 10 septembre". Venus d'horizons divers, des appels à "tout bloquer" dans le pays à cette date se multiplient sur les réseaux sociaux, en se cristallisant autour des coupes budgétaires voulues par François Bayrou. Leur possible concrétisation dans la rue reste une inconnue.
Sur de nombreux comptes déjà établis ou spécialement créés, les messages de ce mouvement à l'état gazeux peuvent mentionner le référendum d'initiative citoyenne, réclamer des...
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17/08 - "Une victoire totale" : le sommet Trump-Poutine en Alaska vu de Moscou
"La victoire de la Russie ne fait aucun doute" : au lendemain de la rencontre entre le président Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska, au sujet de la guerre en Ukraine, la presse et les élites russes ont applaudi une rencontre qui marque, selon elles, le grand retour de Moscou sur la scène internationale. Le maître du Kremlin est quant à lui dépeint en fin stratège, ayant réussi à reprendre l’avantage sur le terrain diplomatique par rapport à l’Ukraine. Petit tour d’horizons des commentateurs de Moscou."La Russie n'est pas un paria"
"De manière calme, sans ultimatums ni menaces : voilà comment a été rétabli un mécanisme de rencontres au plus haut niveau entre Russie et Etats-Unis", s’est félicité, sur son canal Telegram, l’ancien président russe Dmitri Medvedev. Le "faucon" russe, dernier chef de la fédération à s’être rendu aux Etats-Unis, en 2010, a salué ce qu’il perçoit comme une normalisation des relations entre les deux géants.
Un discours partagé par plusieurs propagandistes russes, tels que Iouri Podolyaka, qui estimait sur sa chaîne Telegram (3 millions abonnés) que "la visite de Poutine aux États-Unis a prouvé, même aux derniers imbéciles à Kiev, que la Russie n’est pas un paria". Avant d’ajouter que "notre président a donné un cours magistral sur la façon d’obtenir une victoire totale, alors qu’il se trouvait initialement dans une situation difficile"."Poutine, maître des négociations"
La rencontre a en effet été tout sauf embarrassante pour le chef d’Etat russe, qui en est ressorti sans obligation...
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17/08 - EN DIRECT. Marco Rubio menace la Russie de nouvelles sanctions si un accord sur l’Ukraine n’est pas conclu
Kiev et Moscou se sont mutuellement attaqués avec des drones dimanche, à la veille de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky aux États-Unis pour des discussions avec son homologue Donald Trump sur la fin de trois ans et demi de conflit avec la Russie.
M. Trump doit informer M. Zelensky de ses discussions, vendredi en Alaska, avec le président russe Vladimir Poutine, censées mettre fin au conflit meurtrier déclenché par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les alliés européens de l'Ukraine ont affiché leur volonté de faire bloc autour du président ukrainien Volodymyr Zelensky en annonçant qu'ils l'accompagneraient à la Maison Blanche lundi pour une rencontre avec Donald Trump.Rubio menace la Russie de nouvelles sanctions si un accord sur l'Ukraine n'est pas conclu
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a menacé dimanche la Russie de nouvelles sanctions si un accord sur l'Ukraine ne venait pas à être conclu, deux jours après le sommet en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui n'a débouché sur aucune annonce.
"En fin de compte, si nous ne parvenons pas à trouver un accord ici, il y aura des conséquences", a prévenu M. Rubio lors d'une interview à la chaîne NBC, évoquant la possible "adoption de nouvelles sanctions" contre la Russie.Moscou a fait "des concessions" concernant cinq régions en Ukraine
L'émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a assuré dimanche que la Russie avait fait "des concessions" territoriales concernant cinq régions ukrainiennes, à la...
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17/08 - Comment le Parti communiste français a fait chanter des "collabos" après-guerre
Braquage à la préfecture de police de Paris. Le 25 août 1944, au dernier jour de la libération de Paris, Auguste Lecœur, membre de la direction clandestine du Parti communiste français (PCF) gare sa camionnette dans la cour d’honneur de la caserne de la Cité. Les historiens Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre rapportent qu’il se rend au deuxième étage, emporte les archives des renseignements généraux et des brigades spéciales (BS) antiterroristes.
Précieux butin de guerre. Dans le climat étouffant des règlements de compte post-Occupation, subtilement campé dans Uranus, le film de Claude Berri (tiré du roman éponyme de Marcel Aymé), avec Gérard Depardieu et Daniel Prévost, les archives font peur. Et incitent à passer des "marchés". Selon le journaliste Frédéric Charpier, auteur des RG et le Parti communiste (Plon), il en est ainsi de Joseph Curinier, un policier des "BS" parisiennes. Il s’invente un passé de grand résistant, et propose en échange de donner au Parti communiste le nom d’un de ses informateurs, un "collabo" infiltré dans les réseaux du PCF. Charles Tillon, alors ministre de l’Air, accepte. A l’époque, certaines commissions d’épuration sont tenues par des militants communistes, comme les inspecteurs Arthur Airaud et Auguste Lelièvre à Paris.
Il arrive aussi que d’authentiques collabos émargent au PCF. André Desprez, PDG de la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Est, est membre du Parti communiste. Il s’agit d’un résistant, ancien colonel des Forces françaises de l’intérieur...
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17/08 - Pour l’Ukraine, pas d’Otan mais des garanties de sécurité : le plan de Trump pour un accord de paix
Après un sommet en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui n’a pas permis de déboucher sur une pause immédiate dans les combats en Ukraine, les alliés de Kiev se concertent, dimanche 17 août, pour faire le point sur la proposition d’accord de paix souhaitée par les Etats-Unis, après l’entrevue avec la Russie. La réunion devrait notamment examiner les garanties de sécurité proposée par les Etats-Unis à l’Ukraine, en contrepartie de la signature de cet accord.
Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz réuniront dimanche à 15 heures (heure française) en visioconférence la "coalition des volontaires" alliés de Kiev, qui regroupe la plupart des grands pays européens, l’UE, l’Otan, et des pays non-européens comme le Canada.Division du territoire ukrainien
Le président américain soutient en effet une proposition de la Russie renforçant sa présence dans l’est de l’Ukraine, en contrepartie de la fin de la guerre, a indiqué un responsable au courant d’échanges téléphoniques entre Donald Trump et des dirigeants européens.
Selon cette source, le président russe "demande dans les faits que l’Ukraine quitte le Donbass" et cède donc totalement ce territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine. Volodymyr Zelensky, qui a jusqu’ici rejeté toute concession territoriale, sera reçu lundi après-midi par Donald Trump dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche.Clause de sécurité collective
Avant tout accord de...
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17/08 - Manifestations en Israël pour demander un accord sur la libération des otages à Gaza
Des manifestations ont débuté dimanche dans plusieurs villes d'Israël pour réclamer la fin de la guerre dans la bande de Gaza et un accord négocié pour la libération des otages qui y sont retenus. Cette mobilisation survient alors qu'Israël a dit se préparer à prendre le contrôle de Gaza-ville et de camps de réfugiés voisins avec pour but affiché de vaincre le Hamas et libérer les otages enlevés le 7 octobre 2023 lors de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël, qui a déclenché la guerre.
Un immense drapeau israélien, floqué de portraits de personnes kidnappées, a été déployé à Tel-Aviv sur la "place des otages", devenue emblématique depuis le début de la guerre à Gaza, selon une photo diffusée sur X. Plusieurs importants axes routiers ont été coupés par des manifestants, notamment l'autoroute reliant Tel-Aviv à Jérusalem, où des manifestants ont mis le feu à des pneus et provoqué d'importants bouchons, selon des images des médias locaux.
Dimanche, premier jour de la semaine en Israël, l'activité était nettement réduite dans les rues de Jérusalem, a-t-on également constaté. Vers 8H00 (5H00 GMT), des dizaines de manifestants postés devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu demandaient au gouvernement de "mettre fin à la guerre" et "ramener tout le monde", en référence aux otages. Là aussi ils brandissaient les portraits des personnes enlevées, drapeaux israéliens et bannières jaunes, la couleur symbole des otages.
Le Forum des familles et des disparus, principale association...
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17/08 - Succession : les avantages méconnus du legs pour transmettre son héritage
Au-delà des dons aux associations traditionnellement effectués en fin d’année, certains particuliers souhaitent laisser de l’argent, à leur décès, à une cause qui leur est chère. Dans ce cas, le plus simple est de désigner une association comme bénéficiaire de son assurance-vie. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent prévoir un legs dans le cadre de leur testament.
Mais attention, il faut respecter la réserve héréditaire, c’est-à-dire la part du patrimoine revenant obligatoirement aux héritiers. "Le legs doit s’inscrire dans la quotité disponible. Elle s’élève à 50 % si le défunt a un enfant, un tiers s’il a deux enfants et un quart s’il a trois enfants et plus", rappelle la notaire Arlette Darmon, présidente du Groupe Monassier. En l’absence d’enfant, il est possible de léguer la totalité de son patrimoine à une association. S’il s’agit d’un organisme reconnu d’utilité publique, l’opération ne fait pas l’objet de droits de succession.Les avantages du legs avec charge
Autre solution, le legs universel avec charge permet de faire acte de générosité tout en laissant de l’argent à un ami, une nièce ou un cousin. Il s’agit de désigner un organisme reconnu d’utilité publique comme légataire universel - il reçoit l’intégralité des biens - dans le cadre d’un testament. Charge à lui de reverser une partie des fonds à un tiers de votre choix et de régler les droits de succession à sa place en puisant dans les capitaux transmis. L’opération prend tout son sens pour les proches sans lien de parenté direct, pour lesquels les droits...
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17/08 - IA : ce qu’il se cache vraiment derrière les critiques de GPT-5
La publication de GPT-5 ne se déroule pas comme prévu. Les performances du dernier modèle de langage utilisé par ChatGPT (OpenAI) ne crèvent pas le plafond alors que les fans espéraient entrevoir "l’AGI" — l’intelligence artificielle générale, le Graal du secteur. L’expérience a, par ailleurs, quelque peu changé. GPT-5 est orchestré un peu différemment de ses prédécesseurs et sélectionne parmi plusieurs sous-modèles le plus approprié pour répondre à une requête. Des internautes se sont plaints d’erreurs et d’approximations. Mais ce n’est pas le reproche majeur. Sur le forum Reddit, Sam Altman, le patron d’OpenAI, a fait face à de nombreux frondeurs qui ont déploré le nouveau ton de son outil. "Il semble plus froid, plus court dans les réponses, moins engageant, moins connecté émotionnellement et manquant de la créativité et du charme qui ont rendu GPT-4 si spécial", résume un utilisateur, loin d’être seul.
Si l’outil est présenté comme une aide à la productivité et à la création, il est régulièrement employé pour autre chose. L’Express a déjà fait le récit de ces nombreuses discussions avec les IA - souvent basées sur les modèles GPT, mais pas seulement - qui se comportent tels de vieux amis. Combien s’en servent aussi comme proche collaborateur, coach, voire amant ou psy ? De l'intime. Après tout, de nombreux sites Web livrent des prompts tout prêts pour une introspection par intelligence artificielle.
Le journaliste américain Casey Newton, dans son excellente newsletter Platformer, rapporte cette troublante confession d’un...
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17/08 - Reddit, rescapé du Web d’avant : comment ce forum a survécu aux réseaux sociaux
Difficile de la rater. Il y a ces affiches orange tape-à-l’œil, placardées dans les transports et rues de Paris, Bordeaux, Nice, Lyon, ainsi que Marseille. Ou bien ces courts spots diffusés sur Internet et à la télévision, conclus par le slogan : "Entre inconnus, on peut tout se dire". Reddit mène depuis le début de l’été une large campagne de communication dans l’Hexagone. Pour les non-initiés, la plateforme d’origine américaine consiste en une galaxie d’espaces de discussion appelés "subreddits", des sous-forums sur n’importe quels sujets, passions ou questionnements. De traditionnels débats sur le droit, la politique, la science, ou plus intimement sur la parentalité, la sexualité, jusqu’aux pensées que l’on a uniquement sous la douche.
Chaque espace est identifié par "r/" suivi de son thème : par exemple, r/funny, la plus grande communauté, compte 67 millions d’abonnés. Le sel de la plateforme se trouve dans les subreddits de confession comme "r/amitheasshole ? (suis-je une mauvaise personne ?), où les "redditors" soumettent leur morale au jugement des autres. Dans les formats de type r/AskMe, qui invitent des personnalités à répondre sans filtre aux internautes ; Barack Obama, Bill Gates ou Snoop Dogg y ont notamment participé. Et dans l’inclassable. Le sous-forum r/mirrorsforsale (miroirs à vendre), expose des vendeurs de miroirs posant involontairement - ou non - dans le reflet de l’objet. Les votes des membres font remonter les contributions les plus appréciées.Traduction de "subreddits" via l’IA...
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16/08 - Tatiana Stanovaïa : Vladimir Poutine a engrangé une "victoire personnelle" en Alaska
"Poutine et Trump se sont mis d’accord pour se mettre d’accord sur de futures discussions en vue d’un accord", ironise, ce matin, le compte satirique Pezduza, très suivi en Russie. Car, on l’a vu, le sommet d’Anchorage entre Vladimir Poutine et Donald Trump s’est achevé le 15 août sans qu’aucun "deal" cher au président américain ne soit annoncé. Quant à l’ultimatum posé par le locataire de la Maison-Blanche pour mettre fin à la guerre, le voilà à nouveau décalé de deux semaines, et moins crédible que jamais.
Pour le président russe, le simple fait d’être ainsi reçu en grande pompe par son homologue américain est en soi une victoire : c'est une forme de légitimation et un pas de plus vers la sortie de l’isolation dans laquelle l’avait plongé son invasion de l’Ukraine en février 2022. Mais, estime la politologue russe Tatiana Stanovaïa, fondatrice du centre d’analyse R.Politik. Les objectifs stratégiques du chef du Kremlin restent cependant pour l’instant hors de sa portée, et la guerre devrait continuer. Entretien.
L'Express : Ce sommet est-il un succès pour Vladimir Poutine ?
Tatiana Stanovaïa : Ce n’est pas un grand succès, pour aucun des deux présidents. Mais il y a des aspects positifs pour Poutine. D’abord, il y a le décorum avec lequel il a été reçu : le tapis rouge, la parade aérienne… Tous les attributs symboliques dus au dirigeant d’une grande puissance.
Ensuite, on peut noter que cet entretien s’est bien passé du point de vue "émotionnel" : sans cris ni conflits, sans se concentrer sur les divergences....
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16/08 - Sommet Trump-Poutine en Alaska : le partage de l’Arctique, l’autre "deal" en jeu ?
Ce sommet devait marquer un tournant dans la guerre en Ukraine, voire même permettre d'enfin décrocher un cessez-le-feu. Pourtant, à la sortie des négociations entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump, vendredi 15 août, à Anchorage (Alaska), c'est l'effet pschitt. Aucune annonce majeure n’a été faite : pas de pause dans les combats, mais seulement la promesse de "progrès" dans les négociations. Les dirigeants n’ont donné que très peu de détails sur les discussions, ce qui laisse certains observateurs penser que le vrai "deal" pourrait se jouer ailleurs. A commencer par la résolution des tensions dans l’Arctique, territoire convoité par les grandes puissances, dont les Etats-Unis et la Russie.
Le lieu de la rencontre, l’Etat américain de l’Alaska, ne semble pas avoir été choisi au hasard. Cet ancien territoire russe, vendu aux Etats-Unis il y a plus de 150 ans, incarne à la fois l’histoire commune entre les deux puissances, mais aussi leur proximité géographique. C’est également la porte d’entrée vers l’une des zones les plus contestées de la planète actuellement - l’Arctique - source à la fois de tensions, mais aussi de potentielles collaborations entre Washington et Moscou.Métaux rares et ressources énergétiques
La région qui entoure le pôle Nord, jouxtée par les Etats-Unis, le Canada, le Groenland, les pays nordiques et la Russie, est au carrefour de plusieurs enjeux. En effet, avec la fonte des glaces provoquées par le réchauffement climatique, des voies maritimes...
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16/08 - Ukraine : ce qu’il faut retenir du sommet Trump-Poutine en Alaska
"Accord de paix" plutôt que cessez-le-feu en Ukraine, sanctions contre Moscou passées sous silence : les principaux résultats du sommet d'Anchorage entre Donald Trump et Vladimir Poutine émergeaient plus clairement samedi, au fil des déclarations officielles.Pas de cessez-le-feu
L'Ukraine et les Européens espéraient avoir convaincu Donald Trump, mercredi, d'obtenir de Vladimir Poutine un cessez-le-feu, comme une condition préalable aux négociations visant à mettre fin à la guerre, plus de trois ans et demi après l'invasion de l'armée russe en Ukraine. Il n'en est rien. "Il a été jugé par tous que la meilleure façon de mettre fin à la guerre (...) est d'aller directement à un accord de paix, qui mettrait fin à la guerre, et non à un simple accord de cessez-le-feu, qui souvent ne tient pas," a déclaré M. Trump sur son réseau Truth Social, une fois rentré à Washington.
Face aux journalistes, les deux dirigeants ont fourni peu de détails sur les sujets abordés ou les questions restées en suspens. "Il n'y aura pas d'accord tant qu'il n'y aura pas d'accord", a vaguement exprimé le président américain.
Tôt samedi, Donald Trump a déclaré sur Truth Social que vendredi avait été "une journée formidable et très réussie en Alaska" et qu'il avait parlé au dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky, à divers dirigeants européens et au secrétaire général de l'OTAN. Il affirme également être "déterminé que la meilleure façon de mettre fin à la guerre horrible entre la Russie et l'Ukraine est de passer directement à un accord de...
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16/08 - Palestine : la France "appelle Israël à abandonner (son) projet" de colonie en Cisjordanie
La France a appelé samedi Israël "à abandonner (son) projet" de construire 3 400 logements en Cisjordanie, qui "constitue une violation grave du droit international", a indiqué le ministère des Affaires étrangères. "La France condamne avec la plus grande fermeté la décision des autorités israéliennes de valider le projet de colonie E1 qui prévoit la construction de plus de 3 000 logements à l'est de Jérusalem", a indiqué un porte-parole du ministère.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite), a appelé jeudi à accélérer un projet clé de construction de 3 400 logements en Cisjordanie et à annexer ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, en riposte aux annonces de plusieurs pays de reconnaître un Etat de Palestine. Face à la poursuite de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza et du désastre humanitaire dans ce territoire palestinien, plusieurs pays parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et le Canada ont dit envisager de reconnaître un Etat de Palestine, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre.
La réalisation de ce projet de colonie "couperait en deux la Cisjordanie et porterait gravement atteinte à la solution des deux Etats, seule à même de garantir une paix et une sécurité durables aux Israéliens et aux Palestiniens", estime pour sa part Paris. La France souligne "demeurer mobilisée aux côtés de ses partenaires européens pour accroître la pression sur Israël, afin de mettre fin à la colonisation, y compris par le biais de nouvelles sanctions...
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16/08 - "Israël s’engage sur la voie de l’autocratie" : l’avertissement de Robert Geist Pinfold (King’s College)
Il y a un peu plus d’une semaine, Benyamin Netanyahou annonçait sa volonté de prendre le contrôle de l’enclave palestinienne de Gaza. Objectif affiché : lancer une vaste offensive militaire sur la ville de Gaza pour "assurer notre sécurité" et "chasser le Hamas". Mais en Israël, ces plans suscitent de plus en plus d’inquiétudes. Tandis que la presse israélienne fait état de tensions croissantes entre le Premier ministre et le chef d’état-major des armées Eyal Zamir, les familles des otages ont appelé à une grève générale, dimanche 17 août.
Pour Robert Geist Pinfold, maître de conférences en sécurité internationale au King’s College de Londres et fin connaisseur du conflit israélo-palestinien, cette annonce marque un "tournant majeur", dans la continuité du virage stratégique amorcé aux lendemains du 7 octobre. Mais selon l’auteur de Understanding territorial withdrawl : Israeli Occupations and Exit (Oxford University Press, 2023), l’occupation de Gaza ne répond à "aucune logique militaire" et ne permettrait même pas d’atteindre les objectifs fixés par le Premier ministre israélien. Vaincre le Hamas et garantir la sécurité d’Israël suppose, insiste-t-il, non pas une victoire militaire seule, mais l’émergence d’une alternative politique crédible et attractive pour les Palestiniens. "Or, déplore le chercheur, que ce soit avant ou après le 7 octobre, Israël n’en a jamais montré la moindre volonté."
L’Express : Cela fait une semaine que le Premier ministre Netanyahou a annoncé son intention d’occuper la bande de Gaza. A...
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16/08 - Emploi des seniors : les entreprises doivent balayer devant leur porte, par Nicolas Bouzou
François Bayrou à raison : nous ne travaillons pas assez par rapport aux besoins de notre système social. Ce ne devrait pas être difficile à comprendre. Quand un Etat-providence, financé par les travailleurs et à destination des travailleurs, souffre d’un déficit structurel, c’est que la quantité de travail est insuffisante. Or, cette année, l’assurance-chômage, les retraites et la branche santé seront toutes trois en déficit. Notre système dysfonctionne et contribue à faire peser sur la France un risque de crise financière. Il doit donc être corrigé.
On fera remarquer, à ce titre, que demander aux Français de travailler plus, c’est, par construction, vouloir sauver l’Etat-providence. A l’inverse, ceux qui expliquent que cette question ne se pose pas et font diversion avec la taxe Zucman veulent, consciemment ou non, nous précipiter dans une société individualiste où les protections seront privées. Ainsi, dans le débat actuel, ceux qui proposent une politique de droite - travailler plus - défendent un principe de gauche - davantage de solidarité publique -, alors que ceux qui en restent à une politique de gauche - ne pas demander d’effort supplémentaire - risquent de faire de la France un pays où seuls les plus riches pourront s’offrir des solidarités privées - une caricature de la pensée de droite.35 heures ou 40 ?
Le Premier ministre propose, pour corriger en partie ce problème, de supprimer deux jours fériés et de restreindre l’accès à l’assurance-chômage. Si l’on regarde attentivement les chiffres, on voit...
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16/08 - Accord Australie-Vanuatu : 500 millions de dollars pour endiguer la menace chinoise
C’est sur les pentes du mont Yasur, un volcan toujours actif de l’île de Tanna, au Vanuatu, que les représentants de l’archipel ont formalisé leur accord avec les ministres australiens. Mercredi 13 août, le Vanuatu et l’Australie ont signé un pacte de coopération sur la sécurité et le développement, après des mois de négociations. Par cet accord, dit de "Nakamal", l’Australie s’engage à investir 500 millions de dollars australiens (l’équivalent de 280 millions d’euros) sur dix ans, dans le développement et la sécurité du Vanuatu. L’objectif : tenter d’accroître ses relations avec ce pays de la mer de Corail, afin d’endiguer l’influence de la Chine.
Le ministre de la Défense australien, Richard Marles a salué l’initiative : "elle reconnaît que, en tant que voisins, nous partageons un environnement sécuritaire commun et un engagement mutuel, qui se traduit dans cet accord", a-t-il déclaré, selon des propos relayés par Les Nouvelles Calédoniennes. Le Premier ministre du Vanuatu, Jotham Napat, désigné en février, s’est quant à lui félicité d’un pacte "gagnant-gagnant", rapporte encore la BBC.Contrer l’influence de Pékin
L’accord porte sur la sécurité, mais aussi le développement économique et l’adaptation au changement climatique. Le diffuseur public australien ABC rapporte, par exemple, qu’il fournira des fonds pour construire deux grands centres de données dans la capitale, Port Vila, et sur la plus grande île de Vanuatu, Santo.
On ne sait pas, en revanche, quels sont au juste les engagements pris par le Vanuatu. Son premier...
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16/08 - Les dix vedettes de la rentrée littéraire : ce qu’il faut lire absolument... ou éviter
Le lancement d’une rentrée littéraire, c’est comme l’arrivée au pied du dernier col dans une étape de montagne du Tour de France : les cadors sont positionnés en tête de peloton, prêts à en découdre. Dès le mois d’août, on sait que les 484 prétendants aux prix d’automne ne joueront pas à armes égales. L’inévitable Emmanuel Carrère (Kolkhoze, P.O.L) ou Nathacha Appanah (La Nuit au cœur, Gallimard), annoncée comme une des favorites pour le Goncourt, se détachent déjà du commun des mortels. Outre Cédric Sapin-Defour (Où les étoiles tombent, Stock), déjà évoqué dans nos pages, nous recensons ici les autres livres-événements, avec notre habituelle liberté de ton. En attendant de voir qui s’envolera et qui connaîtra une défaillance.Kolkhoze, d'Emmanuel Carrère
Un roman rosseL'écrivain Emmanuel Carrère, le 17 février 2016 à Paris
Dès la page 13 de Kolkhoze, un détail hérisse le lecteur attentif : Emmanuel Carrère écrit de sa mère qu’elle était "la secrétaire perpétuelle" de l’Académie française. Chacun sait qu’Hélène Carrère d’Encausse, cette dame de fer qu’on surnommait "la Tsarine", tenait à être appelée "le" (et non "la") secrétaire perpétuel. Est-ce une simple coquille ? Un pied de nez vengeur ? Ou la première preuve qu’Emmanuel Carrère n’a pas compris le personnage complexe qu’était sa mère ? Avec cet art de la mise en scène qui le caractérise, Carrère explique qu’il a voulu placer Kolkhoze "sous le signe de la piété filiale", espérant ainsi écrire son "meilleur livre". Ce sera pour une autre fois.
La...
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16/08 - IA : les entreprises investissent des milliards, mais cela sera-t-il rentable ?
GPT-5 vient de sortir. Si elle n’a pas spécialement brillé dans les comparatifs, cette version est une réponse économique avant d’être un exploit technique. Désormais, ChatGPT choisit automatiquement le bon effort de raisonnement. Une manière de lisser l’expérience utilisateur entre des tâches simples et d’autres plus complexes. Et, surtout, de réduire le coût unitaire de chaque requête en basculant la majorité d’entre elles vers des modèles d’intelligence artificielle plus petits, quand les limites sont atteintes. OpenAI affirme par ailleurs que GPT-5 affiche des performances comparables aux modèles de raisonnement antérieurs, avec 50 à 80 % de tokens sortants - les unités de texte que l’outil génère - en moins. Les 8 milliards de dollars de pertes prévus en 2025, rehaussés d’un milliard fin juin, doivent être contenus.Des marges brutes très négatives
Les différents usages n’absorbent pas ces contraintes de la même façon. Chez les particuliers, le coût est explosif quand l’expérience utilisateur promet de répondre aux prompts sans garde-fous. Le segment grand public a été utile pour la distribution et l’apprentissage du produit, mais il écrase les marges si l’on n’impose pas un contrôle fin du raisonnement et du contexte. Les versions gratuites devraient donc être rationnées à l’avenir, pour contenir la facture, et celles payantes connaître une envolée des prix. Du côté des entreprises, la volonté de payer est plus élevée. C’est pour cela que les fournisseurs de modèles fondamentaux tentent de plus en plus de créer...
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16/08 - L’exposition à voir : à la découverte de Léopoldine Hugo, figure de la jeunesse et du deuil
Dans la salle à manger des Vacquerie à Villequier (aujourd’hui Rives-en-Seine), le couvert est mis pour cinq. La nappe éclate de blancheur, les assiettes en porcelaine, les verres de cristal et les couverts en argent rutilent sous le lustre. Sur un voilage posé le long du mur se dessinent les portraits des convives attendus autour de la table en ce 4 septembre 1843 : Charles, 26 ans ; sa jeune épouse Léopoldine, 19 ans ; son oncle Pierre ; son cousin Arthus, encore un enfant ; sa mère Jeanne-Arsène, fraîchement veuve de Charles senior. Deux heures plus tôt, les quatre premiers personnages ont embarqué à bord d’un canot neuf, Charles, sa lune de miel à peine achevée, devant se rendre chez le notaire de Caudebec-en-Caux pour régler la succession paternelle. Depuis le jardin qui jouxte la Seine, Jeanne les a regardés s’en aller : "Il fait trop calme, ils ne peuvent pas aller à la voile – nous déjeunerons tard", a-t-elle murmuré, relatera Le Siècle six jours plus tard. On connaît la suite. La bourrasque au retour de Caudebec, le bateau qui chavire, la noyade de ses occupants et la sacralisation d’une jeune femme, source majeure d’inspiration dans l’œuvre de son père, l’inconsolable Victor Hugo.
A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Léopoldine Hugo, la Maison Vacquerie-Musée Victor-Hugo rend hommage à cette figure lumineuse avec une exposition inédite, Aime celui qui t’aime. Du célèbre vers extrait des Contemplations, le scénographe Jean Oddes a tiré le fil d’une plongée inédite dans l’histoire...
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16/08 - Comment devenir riche ? Les cinq conseils de Warren Buffett à la portée de tous
Une page de l’histoire de la finance mondiale se tourne. A 94 ans, Warren Buffett a décidé de prendre sa retraite. Le gourou américain de la finance a annoncé en mai qu’il céderait son fauteuil de PDG de Berkshire Hathaway à son n°2, Greg Abel, d’ici la fin de l’année.
Si l’homme d’affaires a acquis une telle aura au fil des ans, c’est grâce à son caractère avisé et réfléchi. Sa réussite n’est pas le fruit de coups d’éclat téméraires, mais de sages réflexes d’investisseur. Il ne revendique aucune inspiration visionnaire, même si certains le surnomment "l’oracle d’Omaha", en référence à sa ville natale, située au bord du Missouri, dans le Nebraska. La Bourse, Warren Buffett est tombé dedans quand il était petit, car son père était broker (courtier). Il achète ses premières actions à 11 ans et commence à payer des impôts sur les plus-values à 13 ans ! Diplômé de la prestigieuse Columbia University School of Business, il se forme auprès de son ancien professeur, Benjamin Graham, économiste et financier de talent, en rejoignant son fonds d’investissement, la Graham-Newman Corp.Des préceptes immortels
Pendant plus de deux ans, de 1954 à 1956, aux côtés de son maître, Warren Buffett va faire ses armes. Il va apprendre toutes les bases et les ficelles du métier de la haute finance. Bien sûr, ses études lui ont donné cette capacité d’auditer en profondeur les comptes d’une entreprise. Mais il va surtout déduire de son expérience des règles qu’il appliquera ensuite tout au long de sa vie et sont finalement très simples, à la portée de...
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16/08 - "Kompromat", "hirondelle", "Roméo" : plongée dans le jargon utilisé par les espions
C’est un micromonde avec ses codes et son langage. Chez les agents secrets, il existe un jargon spécifique pour évoquer le chantage et tout ce qui s’ensuit. Avec une froideur d’entomologistes, les espions parlent de "recrutement par compromission", ou par contrainte, quand ils utilisent la menace pour obtenir des informations. Tout commence par un "tamponnage", une entrée en contact. Puis vient le "kompromat", contraction de l’expression russe komprometirouïouchtchi materyal, c’est-à-dire "matériel compromettant".
Il s’agit du piège en lui-même, qui doit aboutir à la fragilisation de la cible, à la transgression des principes qu’elle prétend porter, la rendant perméable aux intimidations. Les Américains utilisent l’expression honey trap, le piège à miel, au sujet de ces stratagèmes voués à faire céder la cible à la tentation sexuelle. Le complot en lui-même pourra être qualifié de "turbin", de "travail", de "chantier" ou de "manip" dans le vocabulaire policier français. La source compromise deviendra une "taupe".
Quant aux acteurs et actrices de cette mystification qui font commerce de leur corps, ils se dénomment mozhno en Russie, ce qui signifie "il est permis", car ces agents étaient autorisés à enfreindre les lois, ou "moineaux", aux Etats-Unis. En France, l’usage a voulu que le terme "hirondelle" fasse davantage florès. L’Allemagne de l’Est, de son côté, a popularisé le terme "Roméo" pour désigner un homme tentateur, de préférence au terme anglo-saxon,...
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16/08 - Ukraine : Donald Trump exclut un cessez-le-feu immédiat et réclame directement un "accord de paix"
Les frappes dans la nuit de vendredi à samedi en Ukraine ont eu lieu alors que se déroulait la rencontre, en Alaska, entre les présidents russe Vladimir Poutine et américain Donald Trump, très attendue, mais qui n'a pas abouti à un cessez-le-feu comme l'espéraient Kiev et ses alliés européens.
Le milliardaire de 79 ans s'était fixé pour ambition d'organiser très vite un sommet tripartite avec le chef d'Etat russe et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, et de décrocher un cessez-le-feu. Il n'a rien évoqué de tout cela aux côtés de Vladimir Poutine, face aux journalistes. Mais dans un entretien sur la chaîne Fox News enregistré juste après les déclarations à la presse, Donald Trump a estimé qu'un accord pour mettre fin à la guerre "dépendait vraiment du président" ukrainien.
Le président américain, qui aime tant à se présenter en négociateur décisif, a assuré pendant des déclarations conjointes à la presse qu'il restait "très peu" de points à régler pour trouver une issue à la guerre déclenchée il y a plus de trois ans par l'invasion russe de l'Ukraine. "L'un d'entre eux (ces points) est probablement le plus important", a ajouté Donald Trump, mais sans dire lequel. Lui qui avait menacé la Russie de "conséquences très graves" si elle n'acceptait pas de mettre un terme à la guerre, a précisé ne plus envisager de mesures dans l'immédiat. Poutine dit avoir discuté avec Trump de la paix en Ukraine sur une "base équitable"
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré samedi avoir discuté des moyens de mettre fin au...
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16/08 - A Cambridge, les coulisses du mythique laboratoire "LMB" : "Ici, on s’attaque aux questions les plus fondamentales de la biologie"
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
EPISODE 2 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
EPISODE 3 - Les secrets de Polytechnique, l’école qui forme les étoiles françaises de l’IA
EPISODE 4 - De Mark Rutte au roi des Pays-Bas : l’université de Leyde, incubateur de décideurs européens
EPISODE 5 - Du Crillon à la banque Rothschild : à Lausanne, l'ex-école hôtelière qui joue dans la cour des business schools
Un groupe d’hommes et de femmes s’engouffre entre les maquettes de molécules. Ils passent les portiques de sécurité, puis vite, s’empressent de saluer le petit comité qui les attend, dans le hall d’entrée du Laboratoire de biologie moléculaire (LMB), illustre institution scientifique, basée à Cambridge. On se sourit, se tapote l’épaule pour les plus téméraires, avant de se diriger, petit à petit, vers les panneaux où sont relatés les nombreux exploits de l’institution.
En ces jours de visites comme celui-ci, il n’est pas rare que les cadres de l’établissement se rendent disponibles. Un petit manège devenu...
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16/08 - "Tout ça a fini par m’épuiser" : l’Isère, ce département où les démissions de maires explosent
Pendant quarante ans, Gérard Mathan a fièrement porté l’écharpe tricolore. En tant que maire de Belmont, dans l’Isère, il raconte avec satisfaction avoir enrayé la désertification de cette petite commune - passée de 200 à plus de 600 habitants en quatre décennies -, participé à la construction d’une école et d’une salle des fêtes, travaillé avec des dizaines d’adjoints. Mais en avril 2023, au milieu de son dernier mandat, l’édile a finalement décidé de présenter sa démission, "usé par les problèmes accumulés depuis des années". Pêle-mêle, Gérard Mathan cite "les tensions qui se sont cristallisées au sein de son conseil municipal", les contestations "de plus en plus régulières" de ses décisions, les restrictions budgétaires, les relations avec la communauté de communes dans laquelle il a été "difficile de trouver sa place", ou encore "la défiance, voire la violence" de certains concitoyens.
En 2020, le maire a ainsi été menacé par un habitant de "se faire rouler dessus" après avoir refusé des constructions dans un lotissement, dans le respect de la loi imposée par le code de l’urbanisme. Un autre est venu l’intimider directement devant son domicile, mécontent de la gestion d’un conflit de voisinage. "Tout ça m’a épuisé. J’ai préféré passer la main, et mon adjoint a repris le poste", souffle l’ancien maire, qui a même frôlé le burn-out en décembre 2020. Alors que son confrère isérois Gilles Dussault, maire de Villeneuve-de-Marc, a été victime d’une violente tentative de meurtre par l’un de ses administrés le 6 août dernier,...
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15/08 - Sommet sur l’Ukraine entre Donald Trump et Vladimir Poutine : ce que demandent Moscou et Kiev
Peu de temps nous sépare désormais de la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui pourrait influer sur le cours de la guerre sur le sol européen. Les dirigeants américain et russe se retrouvent ce vendredi 15 août en Alaska pour leur premier sommet depuis le retour du milliardaire à la Maison-Blanche. Les discussions devraient porter en priorité sur la guerre en Ukraine : les attentes sont très fortes, trois ans après le début de l’invasion russe. Pourtant, la perspective d’une fin des hostilités semble toujours lointaine, au vu de l’incompatibilité des demandes de Moscou et de Kiev.Exigences territoriales russes
En position de force sur le front, où ses troupes ont accéléré leurs avancées ces derniers mois dans des secteurs critiques, la Russie maintient des exigences maximalistes pour mettre fin à son invasion. Vladimir Poutine insiste pour que le règlement prenne en compte les "causes profondes" du conflit, à savoir la volonté de l’Ukraine d’intégrer l’Otan, alliance militaire que Moscou considère comme une menace existentielle qui s’étend à ses frontières.
La Russie demande aussi que l’Ukraine lui cède quatre régions du sud et de l’est qu’elle contrôle partiellement (Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijjia), en plus de la péninsule de Crimée, annexée en 2014. Moscou veut aussi la levée des sanctions prises à son encontre et que l’Ukraine devienne un Etat neutre et démilitarisé, et donc qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et mette fin à la mobilisation militaire.
Parmi les autres...
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15/08 - Rod Dreher, figure du conservatisme américain : "J.D. Vance, c’est Donald Trump en mieux"
Trumpiste assumé et ami intime du vice-président américain J.D. Vance, Rod Dreher est l’une des figures intellectuelles les plus en vue de la droite conservatrice américaine. Depuis le début des années 2000, ce journaliste américain, installé depuis 2022 dans la Hongrie de Viktor Orban, n’a eu de cesse de disséquer et d’étriller la modernité libérale. D’une main, il fustige l’effondrement du catholicisme en Occident ; de l’autre, il pourfend la mainmise, selon lui, des élites de gauche sur toutes les institutions politiques, culturelles et médiatiques.
Dans son dernier livre, Live Not by Lies : A Manual for Christian Dissidents (2021) – best-seller adapté en documentaire cette année - il dénonce le "totalitarisme doux" de la gauche "woke", à travers les témoignages d’ex-dissidents des pays de l’Est ayant vécu sous le joug soviétique. Pourtant, la cible de sa dernière saillie n’est rien d’autre que son propre camp. Dans The Free Press, début juin, il a raconté comment son récent voyage à travers le pays l’a "profondément choqué", en le confrontant à l’avancée inquiétante d’un "totalitarisme de droite", qui touche de plein fouet les jeunes hommes blancs.
Ce récit saisissant a piqué notre curiosité. Serait-ce un mea-culpa, certes tardif, d’un trumpiste face aux dérives de l’Amérique Maga ? Interviewer Rod Dreher, c’est peut-être aussi le meilleur moyen de saisir ce qui fait le pouvoir d’attraction du trumpisme. Durant notre entretien, il prononcera huit fois le mot "élite" et quatorze fois "gauche". Une statistique qui...
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15/08 - Classement de Shanghai : où se situent les universités françaises en 2025 ?
C’est la classification mondiale de référence, permettant aux universités de se situer dans l’offre éducative mondiale. Le nouveau classement annuel de Shanghai a été publié, ce vendredi 15 août. La place des principales universités françaises y a peu évolué, quatre établissements se maintenant parmi les cent meilleurs au monde, malgré de légers reculs.
L’Université Paris-Saclay, important pôle technologique et scientifique, situé à vingt kilomètres au sud de la capitale, reste le meilleur établissement français, en treizième place mondiale. Le top 10 reste exclusivement occupé par des établissements anglo-saxons, l’américaine Harvard se classant en tête suivie par Stanford et le MIT. Au Royaume-Uni, Cambridge et Oxford restent respectivement quatrième et sixième.
Les quatre universités françaises du top 100, outre Paris-Saclay, sont Paris Sciences Lettres (PSL, 34e), Sorbonne Université (43e), et Université Paris Cité (60e). A part la dernière, qui se maintient à sa position, toutes ont reculé de quelques places. Le classement plus large des 1 000 meilleures universités voit toutefois une petite progression pour la France, puisque deux nouveaux établissements (universités Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et Picardie-Jules-Verne Amiens) font leur entrée pour porter le total à 27."Compétition accrue"
Ce nouveau classement témoigne d’une "compétition accrue" pour les universités françaises, ont admis dans un communiqué les ministères de l’Education et de l’Enseignement supérieur. "Ces résultats convergent pour...
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15/08 - "Etonnant", "formidable", "ravissement" : ces mots dont le sens s’est affaibli avec le temps
Je ne suis pas sûr que cela suffise à nous consoler, mais il n’y a pas que nous, pauvres êtres de chair et de sang, qui vieillissons : les mots aussi. La preuve : au fil du temps, le sens initial de certains d’entre eux finit par s’affaiblir. Prenez "étonnant". A l’origine, ce terme signifiait "frappé par le tonnerre". Des ouvriers "étonnaient une roche" pour construire une route, par exemple. Rien à voir avec le mollasson "ça m’étonnerait" que nous employons tous aujourd’hui. @lexpress
🇫🇷 Savez-vous d'où vient le nom de la guillotine ? De son inventeur, Joseph Ignace Guillotin. Et comme la guillotine, de nombreux mots de la langue française ont pour origine une personne réelle. Michel Feltin-Palas vous raconte. #news #newsattiktok #apprendreavectiktok #sinformersurtiktok #languefrançaise #français ♬ son original - L’Express <script async src="https://www.tiktok.com/embed.js"></script>
Ce n’est là qu’une illustration entre mille. "Formidable" vient du latin formidabilis, "qui inspire la crainte". C’est en 1830 seulement qu’est apparue la valeur "dont la puissance est grande" avant qu’il ne finisse par être utilisé pour dire "excellent". L’omelette aux cèpes de ma belle-mère est absolument formidable, par exemple, mais je puis vous assurer qu’elle ne provoque chez moi aucune crainte.
Citons encore "fier", qui vient du latin ferus "sauvage", racine qui a également donné "féroce". D’un animal difficile à approcher, on est arrivé...
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15/08 - "Deportation Depot" : la nouvelle prison pour migrants qui fait polémique aux Etats-Unis
Alors qu’un juge fédéral a ordonné la semaine passée l’arrêt des travaux dans le centre de détention pour migrants "Alligator Alcatraz", en Floride, le gouverneur républicain de l’Etat, Ron DeSantis, a annoncé, jeudi 14 août, l’ouverture d’une seconde prison pour migrants. Le nouveau centre devrait ouvrir dans un établissement pénitentiaire désaffecté de la petite ville de Sanderson, à 70 kilomètres de Jacksonville, en Floride.
Il accueillera entre 1 300 et 2 000 détenus, selon Associated Press. Ron DeSantis a précisé "que le site se trouve à proximité de l’aéroport de Lake City Gateway, ce qui permettrait des vols d’expulsion" indique CBS News. Il a d’ailleurs baptisé cette nouvelle prison de "Dépôt de déportation" ("Deportation Depot").50 000 à 100 000 migrants expulsables en Floride
L’établissement - vacant depuis 2021 en raison d’une pénurie de personnel - va subir quelques travaux, et les autorités ont indiqué qu’il faudrait "deux à trois semaines" pour que les installations soient prêtes. "Il sera bientôt opérationnel. Cela ne prendra pas une éternité, mais nous ne nous précipitons pas, pour faire les choses correctement aujourd’hui", a indiqué le gouverneur de Floride, selon des propos rapportés par le journal local Miami Herald.
Ron DeSantis a justifié l’ouverture d’un deuxième centre de rétention par le besoin urgent de l’administration Trump de trouver des capacités supplémentaires pour accuillir les immigrés en attente d’expulsions. "De nombreux migrants illégaux peuvent être arrêtés. C’est la nature même du...
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15/08 - Arbre en hommage à Ilan Halimi abattu : indignation générale face à "la haine antisémite"
Le président Emmanuel Macron a assuré, ce vendredi 15 août, que la République serait "toujours intransigeante" face à l'antisémitisme après l'abattage à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d'un arbre hommage à Ilan Halimi, "enfant de France mort parce que Juif".
"Abattre l'arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c'est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n'en sera rien: la Nation n'oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif. Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine", a écrit sur X le chef de l'Etat.
L'arbre avait été planté en 2011 dans cette commune de la banlieue nord de Paris en hommage à ce jeune Français juif séquestré et torturé à mort en 2006 par le "gang des barbares". Il a été sectionné probablement à l'aide d'une tronçonneuse dans la nuit de mercredi à jeudi.
Une enquête a été ouverte a déclaré à l'AFP Julien Charles, préfet de Seine-Saint-Denis, présent vendredi à Epinay-sur-Seine aux côtés du grand rabbin de France Haïm Korsia. Le représentant de l'Etat a jugé "important" de se rendre là où l'olivier a été abattu "pour dire (...) que l'enquête aboutira, qu'on réussira à identifier l'auteur de ces faits, qu'il sera traduit devant la justice". Le maire d'Epinay-sur-Seine avait porté plainte dès jeudi pour dégradation, selon une source policière.
Le Premier ministre François Bayrou a pour sa part dénoncé la "haine antisémite" des auteurs de l'abattage de l'arbre, "vivant rempart contre l'oubli". "Nul crime ne peut déraciner la mémoire. La lutte jamais achevée contre le mortel...
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15/08 - "La Peau dure" et "Haute-Folie" : deux nouveaux romans pour tuer le père, par Abnousse Shalmani
"Nous sommes la première génération à avoir tué à la fois le père et le fils", assène Michel Schneider à sa fille, Vanessa. L’une des nombreuses phrases qu’il a pu lui dire depuis l’enfance, égrenant ces certitudes, embarquant sa fille dans un mimétisme qu’il ne cessera jusqu’au bout d’entretenir : tu es faite du même bois que moi, nous sommes forts, nous sommes solides, nous devons porter les responsabilités. Michel Schneider, décédé en 2022, maoïste de jeunesse et haut fonctionnaire, infiltrant les rouages de l’Etat pour le changer de l’intérieur, revenu de la radicalité sans issue, psychanalyste, écrivain.
Après sa mort, son intervention sur le plateau de Bouillon de Culture, en 1991, à la suite de la publication d’un brillant pamphlet, se nourrissant de sa (courte) expérience comme directeur de la musique, La Comédie de la culture, où il épingle – pour ne pas dire réduit en bouillie - la politique culturelle de la gauche triomphante qui n’est qu’entre-soi, corruption, mépris du populaire, élitisme hermétique, face à un Jack Lang et un Pierre Boulez pleins de morgue et de mépris, est devenu viral – comme à l’époque son stoïcisme argumenté avait fait un carton qui l’avait d’autant plus poussé vers la littérature où il nous offrit quelques bijoux. Un homme de paradoxe, ambigu, violent, parfois pervers, dominant, vulnérable, survivant d’une enfance cabossée où seule la musique l’a maintenu à flot de joie, un homme qui fut un père ne supportant pas que sa fille, journaliste, ajoute la littérature à son arc et le...
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15/08 - DIRECT. Volodymyr Zelensky accuse la Russie de continuer à "tuer" en Ukraine avant le sommet Trump-Poutine
Le 15 août 2025 restera-t-il dans l’Histoire comme le jour qui a scellé le sort de l’Ukraine, après trois ans de guerre ? Donald Trump et Vladimir Poutine en décident ce vendredi, à l’autre bout du monde, en Alaska. Il s’agit de la première rencontre en personne entre les deux chefs d’Etat depuis 2019. Au menu des discussions figure notamment la question d’un cessez-le-feu en Ukraine. Si tout se passe bien, Donald Trump assure que "cette rencontre va ouvrir la voie à une autre", à trois, incluant cette fois Volodymyr Zelensky - jusqu’ici maintenu en dehors des discussions.
Donald Trump n’a pas exclu un "échange" de territoires entre Moscou et Kiev : ce à quoi l’Ukraine se refuse. Mais la Russie continue de revendiquer une partie de son territoire. L’Europe, elle, insiste impuissance aux négociations, auxquelles elle n’a pas été conviée à participer. La rencontre doit débuter vendredi vers 19h30 GMT (21h30 en France), a précisé le Kremlin. Le tête-à-tête des deux hommes sera suivi par un repas de travail, avec leurs conseillers. Les présidents donneront ensuite une conférence de presse.
Les infos à retenir
⇒ L'Ukraine "compte" sur Donald Trump pour convaincre la Russie de mettre fin à la guerre
⇒ Volodymyr Zelensky accuse la Russie de continuer à "tuer" en Ukraine avant le sommet Trump-Poutine
⇒ Attaque de drones ukrainiens contre une raffinerie de pétrole en Russie
18h20Volodymyr Zelensky accuse la Russie de continuer à "tuer" en Ukraine avant le sommet Trump-Poutine
Le président ukrainien, Volodymyr...
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15/08 - Sommet sur l’Ukraine : face à Vladimir Poutine, Donald Trump n’a pas grand-chose à perdre
Pourquoi l’Alaska ? Parmi les nombreuses questions soulevées par la rencontre Trump Poutine sur une base américaine d’Anchorage (Alaska) ce vendredi 15 août, celle-ci n’est pas la moindre. Alors que se discute l’avenir du premier conflit majeur en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, le lieu choisi pourrait difficilement être plus éloigné du Vieux Continent. Au contraire, le sommet bilatéral – sans la présence de Volodymyr Zelensky ni aucun dirigeant européen – se déroule au point de jonction entre l’Amérique et la Russie qui, on l’oublie souvent, sont des pays voisins. Au détroit de Béring, seuls 3,5 kilomètres séparent l’île Grande Diomède (Russie) de l’île Petite Diomède (Etats-Unis). Comme l’avait rappelé en son temps Sarah Palin, pétaradante gouverneure républicaine d’Alaska : "Quand je me lève chaque matin, je vois la Russie depuis ma fenêtre."
Rarement l’absence et donc la faiblesse géopolitique de l’Europe n’auront tant sauté aux yeux. Avec cette rencontre à l’autre bout du monde entre deux "grands", Trump et Poutine, on se croirait revenu au temps de la guerre froide lorsque le téléphone rouge entre le Kremlin et le Maison-Blanche permettait de régler les affaires du monde par-dessus la tête des Européens. A ce détail près qu’un minimum d’égards était alors accordé aux pays du Vieux Continent. En 1975, les accords consacrant la "détente" étaient ainsi signés au terme d’un sommet organisé par la Finlande : la fameuse Conférence d’Helsinki.La priorité américaine : affaiblir l’axe Chine-Russie
Trois...
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15/08 - Mali : accusé d’espionnage, un Français arrêté par la junte militaire
Les autorités maliennes ont annoncé l’arrestation d’un Français soupçonné de travailler pour le "service de renseignement français" et ont accusé des "Etats étrangers" d’être derrière une tentative de déstabilisation des institutions, selon un communiqué lu à la télévision nationale jeudi 14 août.
La junte, elle-même arrivée au pouvoir après deux coups d’Etat en 2020 et 2021, s’est également exprimée sur les dizaines d’arrestations de militaires ces derniers jours, accusés de vouloir renverser le pouvoir. Ce pays d’Afrique de l’Ouest, coutumier des troubles politiques, est dirigé par des militaires souverainistes dans un contexte de restrictions sévères des libertés par la junte et de violences djihadistes meurtrières sur le territoire.
Dans son communiqué, la junte a annoncé "l’arrestation d’un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité maliennes", qui cherchait selon elle à "déstabiliser les institutions de la République". "Ces militaires et des civils" auraient obtenu "l’aide d’Etats étrangers", accuse le gouvernement malien.
Un ressortissant français a été arrêté, soupçonné de travailler "pour le compte des services de renseignement français", selon la junte malienne. Par ailleurs, au moins 55 militaires auraient été arrêtés, selon des sources sécuritaires consultées par l’AFP. "Les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices", indique le gouvernement.Hauts gradés arrêtés
La junte a confirmé l’arrestation de deux généraux, Abass Dembélé et Nema Sagara. Le général Abass...
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15/08 - Elon Musk, aux origines de sa réussite : ingéniosité, audace et démesure
Ils sont aujourd'hui chefs d’Etat, chef de guerre, cheffe politique, faiseur de roi… Mais avant de devenir les figures incontournables que nous connaissons, Donald Trump, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, Marine Le Pen et Elon Musk ont connu des débuts variés. Cet été, L’Express remonte le temps et vous propose de redécouvrir les premiers portraits de ces personnalités : quand Donald Trump bâtissait un empire immobilier, quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate, lorsque Volodymyr Zelensky quittait la scène artistique pour l’arène politique… A travers nos archives, plongez dans les coulisses de leurs premiers pas, là où tout a commencé.
EPISODE 1- Du jeu télévisé "KVN" à la guerre en Ukraine : les débuts méconnus de Volodymyr Zelensky
EPISODE 2 - "Tu vas te faire massacrer…" : quand Marine Le Pen vivait le quotidien des avocats pénalistes
EPISODE 3 - Gratte-ciel et palaces de marbre : quand Donald Trump était le "Michael Jackson de l’immobilier"
EPISODE 4 - Son choix du camp Hollande et le départ de Rothschild : les débuts hors-normes d’Emmanuel Macron
Dans L'Express du 7août 2013L'étoile du star business
A chacun ses mythes. Les Russes érigent des statues à Laïka, la petite chienne embarquée dans leur deuxième Spoutnik, en 1957. Les Américains regorgent de tenues de cosmonaute et de pierres de Lune dans leurs musées. Elon Musk, patron de Space Exploration Technologies (SpaceX), remporte, lui, la palme de l'originalité. A l'entrée du siège social de sa société, à Hawthorne, près de Los Angeles, le...
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15/08 - De "L’Odyssée" au "Bureau des légendes" : pourquoi l’art raffole des "kompromats"
François Cluzet en Carlos Ghosn. En avril 2021, le studio Federation Entertainement annonçait le tournage prochain d’une mini-série sur l’ancien patron de Renault, avec l’acteur français dans le rôle-titre. Pas une année ou presque sans qu’un "kompromat" réel ne soit adapté en fiction. En 2019, la BBC consacre une série à l’affaire Profumo, la relation trouble entre un ministre britannique et une prostituée de luxe, suivie par le KGB, en 1963. En 2022, sort Kompromat, avec Gilles Lellouche, film inspiré des déboires de Yoann Barbereau, un directeur de l’Alliance française emprisonné en Russie pour des motifs fallacieux. En 2023, la chaîne britannique ITV diffuse Stonehouse : député, amant et espion, une série sur la vie rocambolesque de l’homme politique John Stonehouse, devenu informateur des services secrets tchèques après un probable chantage sexuel à Prague.
Parce qu’il met à l’épreuve la fragilité des hommes, piégés par leurs désirs ou broyés par un système auquel ils pensaient échapper, le kompromat constitue un matériau romanesque prisé, dans des séries, comme House of Cards, Baron noir, Le Bureau des légendes ou The Americans.
Cet attrait vient de loin : qu’est-ce que Bel Ami, de Maupassant, ou les Liaisons dangereuses, de Chorderlos de Laclos, sinon des histoires de kompromats ? Dans l’œuvre de Chrétien de Troyes, entre 1230 et 1240, la fée Morgane est prête à toutes les manipulations pour révéler l’infidélité de la reine Guenièvre avec le chevalier Lancelot. Dès l’Antiquité, dans l’Odyssée, Pénélope,...
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15/08 - Boeing : les déboires s’accumulent pour l’avionneur américain
Dans cet épisode, Charlotte Baris revient sur le décrochage de ce géant de l’aérospatial avec Julie Thoin-Bousquié, reporter au service économie de L’Express et experte des questions industrielles.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Léa Bertrand (écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : TV5 Monde, France Info, CNews, TF1, Les Echos, BFMTV
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Crédits image : afp.com/David Ryder
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Charlotte Baris : A quelques semaines des vacances d’été, je vous emmène aujourd’hui… dans un avion ! Imaginez-vous en train d’embarquer à bord d’un vol direction la Californie pour profiter de vos vacances en famille. Les autres passagers finissent de déposer leurs valises dans les compartiments à bagages. Les hôtesses de l’air circulent dans les couloirs pour vérifier que tout le monde est bien attaché. Et le chef de bord rappelle les dernières règles de sécurité au haut-parleur. L’avion est paré au décollage.
Les roues quittent le tarmac de l’aéroport. Mais quelques minutes à peine après avoir décollé, un bruit sourd résonne dans l’habitacle. L’une des portes de l’appareil s’est décrochée, laissant un trou béant vers l’extérieur, à près de 5 000 mètres d’altitude. Puis...
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15/08 - "On se sent libéré d’une pression sociale" : ces ados qui passent leur été sans smartphone
"Autrefois, la veillée du soir était un moment d’échanges. Désormais les jeunes ont du mal à entrer dans les débats de société qu’on essaye de lancer, trop absorbés par les vlogs de leurs copains de collège ou de lycée postés sur TikTok dans la journée", raconte Mathias, animateur dans un centre de vacances pour jeunes au Pays basque. Le portable, premier sujet de discorde entre les adolescents et leurs parents, est aussi devenu une véritable préoccupation pour les encadrants de colos, camps scouts ou séjours sportifs. Ces derniers rivalisent d’efforts pour tenter de préserver ce qui fait le sel de ces expériences : les rencontres, les relations aux autres, les joies et les difficultés de la vie en commun. Compliqué quand tout le monde, ou presque, a les yeux rivés sur les écrans ! Cet été, l’UCPA a testé une solution radicale, pour la première fois, dans trois de ses centres : les séjours déconnectés. Une expérience concluante pour Laure Gianeri, directrice du site de Soustons, dans les Landes : "Le fait que les stagiaires laissent leurs téléphones à la maison a facilité l’ancrage dans le présent et renforcé l’esprit de groupe."
Eloigner les jeunes des réseaux sociaux le temps d’une parenthèse estivale : le défi est de taille, sachant que les enfants acquièrent leur premier téléphone à 11 ans en moyenne, et que les 6-17 ans passent, aussi en moyenne, quatre heures par jour dessus ! "Toutes les études commencent à démontrer que leur usage prolongé a une incidence sur leur développement cognitif, leurs capacités...
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15/08 - Traité contre la pollution plastique : échec des négociations à Genève
Il n'y aura pas de traité contre la pollution plastique à Genève : dix jours de pourparlers diplomatiques tendus se sont terminés vendredi 15 août à l'aube par un constat d'échec cuisant pour l'environnement et la diplomatie.
Le représentant de la Norvège, co-président d'un groupe de pays qui défendait un traité de "haute ambition" pour protéger l'environnement et la santé humaine face au danger grandissant de la pollution plastique, l'a annoncé en ouverture d'une réunion plénière des 185 gouvernements : "nous n'aurons pas de traité sur la pollution plastique ici à Genève."
Le président des négociations, l'Equatorien Luis Vayas Valdivieso avait présenté en 24 heures deux versions différentes d'une proposition de compromis, dont le dernier dans la nuit du 14 au 15 août dans une ambiance fiévreuse et inquiète. Mais les chefs de délégation réunis en session exceptionnelle à l'aube n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur cette dernière version en dépit d'une sensible évolution dans la formulation. Ce texte, qui comportait encore plus d'une centaine de points à clarifier, constituait une "base acceptable de négociation", avaient indiqué deux sources gouvernementales distinctes interrogées par l'AFP juste après la mise en ligne du texte sur le site onusien des négociations. En séance, il n'a pas fait consensus, comme l'ont signalé les représentants de l'Arabie Saoudite, de l'Inde et de l'Uruguay.Multilatéralisme affaibli
A ce titre, certains membres ont demandé que les textes non retenus ne soient pas joints à une...
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15/08 - "Nous sommes en mauvaise posture" : les Etats-Unis feront-ils plier l’Europe sur le méthane ?
Tout était prêt. L’Europe n’avait plus qu’à appuyer sur le bouton pour durcir progressivement sa réglementation sur les émissions de méthane. En actionnant ce levier dès cette année, elle pensait pouvoir mieux contrôler l’empreinte carbone de ses fournisseurs d’énergie, même ceux basés à l’étranger.
Hélas ! pour le Vieux Continent, les aléas géopolitiques ont tout bouleversé. Afin d’éviter une guerre commerciale délétère, l’Europe a accepté fin juillet d’acheter du gaz naturel liquéfié (GNL) et du pétrole américain à hauteur de 750 milliards de dollars sur trois ans. Un engagement peu compatible avec sa nouvelle réglementation, car l’extraction et le transport des énergies fossiles génèrent des fuites importantes de méthane. "Les livraisons de GNL par bateau accentuent le problème. Il faut liquéfier le gaz puis le regazéifier en bout de chaîne", précise François Gemenne, professeur à HEC et membre du Giec.
"Au cours des cinq prochaines années, la législation européenne prévoit de mesurer, déclarer et vérifier les émissions de méthane", précise Brandon Locke, expert chez Clean Air Task Force, une ONG qui promeut les énergies bas carbone, y compris le nucléaire. Or les producteurs américains font face à plusieurs écueils. "Outre-Atlantique, il est impossible de tracer le gaz entre les lieux d’extraction et les terminaux d’exportation : le réseau d’acheminement est trop vaste et trop complexe. Même s’il était possible de contrôler de manière fiable l’intensité en méthane du GNL américain, celui-ci ne serait probablement pas conforme...
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15/08 - Françoise Thom : "Dans sa façon de négocier, Vladimir Poutine a tout pris des Bolcheviks"
Ce vendredi 15 août, le monde avait les yeux rivés sur la ville d’Anchorage, en Alaska. C’est là, à 9 000 kilomètres des combats, que le président américain Donald Trump a tenté, en vain, de mettre un terme à la guerre en Ukraine, lors d’un tête à tête avec son homologue Vladimir Poutine, qui a envahi son voisin depuis trois ans et demi. La tâche s’annonçait ardue, tant le chef du Kremlin s’était préparé à l’exercice. Rompu aux techniques de manipulation, il a abondamment puisé dans l’héritage des Soviétiques, des maîtres en la matière, analyse l’historienne Françoise Thom, auteur de Poutine ou l’obsession de la puissance (éd. Litos, 2022). "Dans le style de Poutine et de la propagande du Kremlin, nous retrouvons la mentalité des bolcheviks. Il y a à la fois le désir du parvenu d’être admis à la table des grands, en même temps que celui de donner un coup de pied à l’échiquier, d’humilier l’interlocuteur", résumait cette spécialiste avant la rencontre. Entretien.
L’Express : Dans quel état d’esprit se trouve Vladimir Poutine ? Que cherche-t-il à obtenir ?
Françoise Thom : Les objectifs de Poutine sont clairs : casser "l’Occident collectif", isoler l’Europe, démoraliser l’Ukraine en faisant la démonstration que le Kremlin a le bras long aux Etats-Unis. Quel triomphe pour Poutine si c’est Trump qui se charge du démembrement de l’Ukraine ! Deuxième objectif très important : inciter les Etats-Unis à lever les sanctions et à pratiquer la respiration artificielle sur l’économie russe en piteux état.
Dans le style de Poutine et de la...
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14/08 - Vladimir Poutine- Donald Trump : à J-1, ce que l’on sait de leur rencontre en Alaska
L’issue du conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale s’esquissera-t-elle vendredi 13 août à 7 500 kilomètres de Kiev ? Donald Trump et Vladimir Poutine se retrouvent à Anchorage, en Alaska, pour un tête-à-tête attendu. Selon le Kremlin, il devrait débuter à 19h30 GMT, soit 21h30 heure française. Le sommet aura lieu sur une grande base militaire près d’Anchorage, la principale ville d’Alaska.
Il s’agit de la base Elmendorf-Richardson, une vaste installation de l’armée de terre et de l’armée de l’air américaines au nord de la ville, qui va accueillir la rencontre à propos de la guerre en Ukraine.
L’administration Trump et le Kremlin ont choisi l’Alaska comme lieu du sommet après de longs échanges en coulisses, selon des sources proches du dossier contactées par CNN. Peu d’endroits se prêtaient à une telle rencontre, ont-elles indiqué, notamment compte tenu du mandat d’arrêt pour crimes de guerre émis contre Vladimir Poutine par la Cour pénale internationale en 2023.Un tête-à-tête sans conseillers
Donald Trump passera au moins une partie du sommet avec Vladimir Poutine en tête-à-tête, a déclaré la Maison-Blanche mardi, laissant le temps aux deux hommes de mener une discussion inaudible pour quiconque, à l’exception de leurs traducteurs.
Ce jeudi, le Kremlin a également apporté quelques précisions sur le déroulement de la rencontre. D’après le conseiller diplomatique de Vladimir...
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14/08 - "Nous vous avons photographié..." : les secrets du "Roi René", club libertin parisien prisé des espions
Septembre 1973. Une équipe de policiers se présente à la grille du 184, rue de Versailles, à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine). Là se tient L’Auberge du roi René, un des clubs échangistes les plus réputés de la région parisienne. Le propriétaire, René Charrier, vient d’être assassiné par balles. On a dérobé deux carnets appartenant à Gilberte, son épouse. Ils renfermaient les noms des clients. L’intérieur a servi d’inspiration à l’établissement du film Sex-Shop, de Claude Berri. Bar classique, tabourets hauts, petite piste de danse, tentures de velours rouge à motif pour masquer les fenêtres. Et puis, via une porte dérobée, le "club 421", une pièce à part, où trône notamment la "table Pompidou". Les tenanciers aimaient à faire croire que l’épouse du président faisait partie des habitués.
Ce que découvrent les enquêteurs les stupéfie : cachés sous les plafonds, de discrets appareils photo, raconte le journaliste André Burnat dans La brigade des mœurs. A l’époque, le club travaille de concert avec les services secrets, qui y provoquent ce qu’on n’appelle pas encore des "kompromats". Dans Le Grand : ma vie de flic, Roger Le Taillanter, ancien patron de la brigade mondaine, chargée de la répression du proxénétisme dans la petite couronne parisienne, raconte que Gilberte Charrier lui servait d’"indic" : "Je vous renseigne et vous me fichez la paix", résumait le commissaire. "Le Sdece [l’ancêtre de la DGSE] était placé au Roi René, où on recevait des ministres, des personnalités étrangères", se souvient Claude Cancès, ex-patron de...
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14/08 - Ukraine : Donald Trump estime à "25 %" le risque d’un échec de sa rencontre avec Vladimir Poutine
Une fin de semaine décisive pour Kiev. La communauté internationale s’active ces derniers jours avant la tenue du sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, ce vendredi 15 août en Alaska, aux États-Unis. Les deux dirigeants vont se rencontrer pour la première fois depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, afin d’évoquer de possibles pistes pour mettre un terme au conflit qui déchire l’est de l’Europe.
Volodymyr Zelensky, lui, ne souhaite pas être laissé de côté lors des négociations. Mercredi, le président ukrainien a également échangé avec Donald Trump lors d’un appel conjoint avec le milliardaire républicain et ses partenaires européens. "Nous aurons rapidement une seconde rencontre. J’aimerais le faire presque immédiatement, et nous aurons rapidement une seconde rencontre entre le président Poutine, le président Zelensky, et moi-même, s’ils veulent que je sois là", a assuré Donald Trump mercredi.
Les infos à retenir :
⇒ Donald Trump estime à "25 %" le risque d’un échec de son sommet avec Vladimir Poutine
⇒ Vladimir Poutine salue les efforts "sincères" des États-Unis pour mettre fin au conflit en Ukraine
⇒ Trump espère une rencontre tripartite avec Poutine et Zelensky "presque immédiatement" après l’Alaska
16H40Donald Trump estime à "25 %" le risque d’un échec de son sommet avec Vladimir Poutine
Le président américain Donald Trump estime ce jeudi à "25 %" le risque d’échec de son sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine, qu’il doit...
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14/08 - Guerre en Ukraine : avant le sommet Trump-Poutine, la pression diplomatique s’accroît sur la Russie
Depuis quelques jours, une effervescence diplomatique s’est emparée des principales capitales de la planète. En cause, l’annonce par le président américain Donald Trump d’une rencontre bilatérale avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en Alaska (États-Unis), vendredi 15 août. L’objectif du républicain est clairement affiché : devenir l’homme à l’origine des prémices d’une solution au conflit en Ukraine, plus de trois ans après l’invasion russe du pays, en février 2022. Mercredi, le président américain a ainsi averti le Kremlin de "conséquences très graves", si Moscou venait à refuser de mettre en terme à la guerre.Trump veut une "seconde rencontre" en présence de Zelensky
Dans ce contexte, si Volodymyr Zelensky ne sera pas présent à la base d’Elmendorf-Richardson, près d’Anchorage, pour discuter du conflit se déroulant sur le sol de son propre pays, l’Ukraine, Donald Trump espère la tenue prochaine d'"une seconde rencontre". Une session de négociations, qui, cette fois, inclurait le président ukrainien en plus du dirigeant russe. "Certaines grandes choses peuvent être acquises lors de la première rencontre – cela sera une rencontre très importante – mais elle prépare le terrain pour une seconde réunion", a donc précisé le milliardaire, souhaitant que celle-ci se tienne "presque immédiatement" après le rendez-vous fixé en Alaska. Il a toutefois conditionné la tenue de ce rendez-vous au bon déroulement de son sommet bilatéral avec Vladimir Poutine.
Durant sa campagne, le président américain avait promis...
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14/08 - Samuel Greene (King’s College) : "Trump et Poutine ne peuvent pas mettre fin à la guerre sans l’Europe"
Depuis quelques jours, les yeux du monde entier sont rivés sur Anchorage. Dans la nuit de vendredi à samedi, la plus grande ville d’Alaska accueillera un sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Objectif affiché par l’administration américaine : trouver un terrain d’entente pour faire taire les armes en Ukraine. Mais l’absence de Volodymyr Zelensky et de l’Union européenne inquiète. Certains redoutent même qu’Anchorage ne rejoigne dans l’Histoire les tristement célèbres Munich et Yalta, symboles de renoncements diplomatiques.
Pour Samuel Greene, professeur au King’s College de Londres et spécialiste de la Russie, cette exclusion des Européens et des Ukrainiens de la table des négociations est "une victoire tactique et symbolique" pour Poutine. Reste, prévient-il, à relativiser l’importance du rendez-vous. "Pour Trump et Poutine, une discussion bilatérale est plus facile, mais ce n’est pas ce qui va permettre d’aboutir à une solution réelle". Raison de plus, selon lui, pour que les Européens, qui tentent désespérément d’influencer le président américain avant la rencontre, changent de stratégie : "Plutôt que de courir après ce format bilatéral, les Européens devraient bâtir, avec l’Ukraine, leur propre cadre de sortie de crise". Entretien.
L’Express : Que peut-on attendre de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine ce vendredi 15 août ?
Samuel Greene : La seule chose qu’on puisse attendre, pour le moment, c’est qu’ils se rencontrent. Au-delà, difficile de dire ce qui en sortira. Trump et Poutine...
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14/08 - L’Espagne en proie à de violents incendies, la France envoie des Canadair
En Espagne plusieurs incendies ravagent le pays et mettent les secours et la population à rude épreuve. Le nombre d’incendies classés au niveau 2 (sur 4) est monté à onze ce jeudi 14 août. Celui de Zamora (en Castille-et-León), "où une superficie importante a brûlé […] inquiète" beaucoup, a déclaré à la télévision publique le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, qui a aussi réclamé de l’aide à l’Union européenne. Selon le Système européen d’information sur les Feux de forêt (EFFIS), le feu qui fait rage en Castille-et-Léon a déjà réduit en cendres plus de 37 000 hectares depuis qu’il s’est déclaré dimanche. Les incendies en Espagne ont fait trois morts depuis mardi, dont deux volontaires du service de lutte contre les incendies qui tentaient d’éteindre le feu.
La garde civile espagnole a annoncé ce jeudi avoir arrêté encore au moins quatre personnes soupçonnées d’être responsables de feux de forêts, dont trois en Castille-et-León, portant à une trentaine le nombre d’arrestations liées aux incendies. Mercredi, le ministre de l’Intérieur espagnol avait rappelé lors d’une interview sur la radio Rac 1 que, depuis le début de l’été, 25 personnes avaient été arrêtées en lien avec les incendies, soulignant qu’un "nombre important" sont intentionnels, tandis que d’autres résultent d’imprudences.
Cette série d’incendies coïncide avec la vague de chaleur qui est entrée ce jeudi dans son douzième jour avec toutes les régions en alerte, y compris celles du nord. Les températures maximales sont de 40 °C et les...
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14/08 - "La clim est victime de beaucoup d’idées reçues" : l’analyse à contre-courant d’un ingénieur écolo
Il se décrit lui-même comme un "poil à gratter" dans la galaxie écolo. Ingénieur de formation, diplômé de CentraleSupelec, maraîcher et fondateur d’Horizons décarbonés, un atelier de réflexion sur la transition, Arthur de Lassus n’hésite pas à défendre l’usage de la climatisation. Parce qu’un nombre important de fausses informations circulent sur ces appareils. Non, la climatisation n’a rien d’un ogre énergétique. L’air conditionné ne rend pas non plus les rues de nos villes insupportables du fait des rejets de chaleur. La France, pourtant, continue de pointer du doigt cette technologie. Signe qu’il reste beaucoup de malentendus à lever. Entretien.
L'Express : Les canicules s’enchaînent. Or la climatisation a toujours mauvaise presse en France. Que pensez-vous de cette mise au ban ?
Arthur de Lassus : Il est dommage que le Rassemblement national devienne le défenseur le plus bruyant de cette technologie. En creusant le sujet, on se rend compte que la clim est très utile et qu’elle est victime de beaucoup d’idées reçues. On évoque souvent sa consommation d’énergie excessive. Or, les systèmes d’air conditionné sont plutôt efficaces. Pour chaque unité d’électricité consommée, ils produisent trois ou quatre unités de froid. À l’inverse, un radiateur électrique ne génère qu’une seule unité de chaleur. Sur une année, la climatisation ne consomme pas plus qu’un réfrigérateur. Cela reste donc raisonnable et tout à fait acceptable pour notre réseau électrique.
D’autant qu’en France, nous avons beaucoup d’électricité décarbonée...
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14/08 - Trump-Poutine en Alaska : ce que l’on sait de la base militaire choisie pour leur rencontre
Le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine doivent se rencontrer vendredi 15 août, pour discuter des moyens de mettre fin à la guerre en Ukraine. Le lieu de cette rencontre de haut niveau est la base interarmées Elmendorf-Richardson, une installation militaire américaine située à la périphérie nord de la ville la plus peuplée de l’Alaska, Anchorage.
La base d’Elmendorf-Richardson se trouve dans une zone stratégique pour l’Amérique et la Russie. Mais si Anchorage a déjà accueilli de nombreux présidents américains, Vladimir Poutine ne l’a jamais visitée depuis qu’il est à la tête du Kremlin. Des officiels de la Maison-Blanche ont déclaré que la base répondait aux exigences de sécurité pour accueillir deux chefs d’État, malgré les réticences américaines à tenir une rencontre sur un site militaire. Selon la chaîne CNN, très peu d’endroits convenaient à la rencontre, notamment en raison du mandat d’arrêt pour crimes de guerre émis contre Vladimir Poutine par la Cour pénale internationale en 2023. Mais en plein pic de la saison touristique estivale, il y avait peu d’autres options pour cette rencontre organisée à la hâte, précise la BBC.À quoi sert cette base ?
Elmendorf-Richardson regroupe depuis 2010 la base aérienne d’Elmendorf et celle de l’armée de terre américaine, Fort Richardson. C’est la plus grande base militaire de l’Alaska, avec une installation de 260 km², qui abrite plus de 32 000 personnes, soit environ 10 % de la population d’Anchorage. Actuellement, plus de 35 000 militaires,...
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14/08 - "La décision Duplomb livre un mode d’emploi" : un juriste analyse la censure du Conseil constitutionnel
Eté caniculaire pour le Conseil constitutionnel. Cinq lois examinées dans le cadre du contrôle a priori, dix-neuf affaires QPC en instance. Tout cela après un premier semestre 2025 déjà intense, auquel s’est ajouté le contentieux, à peine achevé, des comptes de campagne des candidats aux élections législatives de 2024.
La cause ? En bonne part une surchauffe causée par le contexte parlementaire. Les groupes pouvant réunir la jauge des 60 députés se sont multipliés, moyen de prolonger le match politique sur le terrain juridique, quitte à affecter passablement de ses maux le débat qui s’y tient. Le surcroît d’activité concerne des textes issus majoritairement de propositions de loi, dont le process de confection rend plus aléatoire la solidité juridique.
La loi Duplomb en faisait partie.
Une de ses dispositions a été jugée contraire à la Constitution : celle qui réintroduisait par dérogation l’acétamipride, dont chacun sait désormais qu’il s’agit d’un pesticide de la famille des néonicotinoïdes.Beaucoup de postures
On a observé beaucoup de postures en réaction à cette décision. Pour certains, une "bataille gagnée", un "rapport de force" remporté à grands coups de pétition… comme si le juge constitutionnel statuait au poids et jugeait mieux sous pression. Inconséquente petite musique. Faut-il l’appliquer aux dispositions qui bénéficient de sondages populaires favorables, parfois massivement, comme l’allongement de la rétention des étrangers présumés dangereux ? Le Conseil constitutionnel l’a censuré, le même jour que la...
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14/08 - En Russie, les travailleurs nord-coréens envoyés par Kim Jong-un réduits au rang de quasi-esclaves
Des journées sans fin, des conditions de logement indignes, une surveillance constante… Plusieurs Nord-Coréens ont raconté à la BBC leur enfer vécu dans des entreprises russes où ils avaient été envoyés par le pouvoir de Kim Jong-un pour travailler, une des preuves des liens grandissants entre Moscou et Pyongyang. Dans une longue enquête, le média britannique détaille le système mis en place entre les deux pays afin de fournir la Russie en main-d’œuvre nord-coréenne peu chère, notamment dans le secteur du BTP, au prix d’un environnement de travail inhumain.
Au total, six ouvriers ont été interrogés, de manière anonyme, par les équipes de la chaîne de télévision. Ils décrivent une vie à la limite de l’esclavage, dédiée, lors de leur passage en Russie, à la construction d’immeubles. Leurs journées pouvaient durer 18 heures de suite, s’étalant de 6 heures à 2 heures du matin la nuit suivante. "Certains quittaient leur poste pour dormir pendant la journée ou s’endormaient debout, mais les superviseurs les trouvaient et les battaient", raconte, sous couvert d’anonymat, Chan, l’un de ces ex-employés. "C’était vraiment comme si nous étions en train de mourir." Ils sont aussi contraints à travailler dans le noir, sur des chantiers peu sécurisés.Logements insalubres et salaire dérisoire
Le tout, pour un salaire dérisoire : à peine entre 100 et 200 dollars – soit entre 85 et 170 euros – par mois leur revenait en poche. Le reste de leur paye ? Directement envoyé au régime de Kim Jong-un. Pourtant, depuis le sol nord-coréen, un...
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14/08 - Emma Watson - J. K. Rowling : l’amitié entre deux féministes brisée par la question transgenre
Ils se sont tant aimés… avant de s’entredéchirer. Géants de la tech, artistes, hommes politiques, businessmans… cet été, L’Express consacre une série d’été à des ruptures amicales contemporaines. Une façon d’appréhender l’actualité et ses débats par un aspect souvent ignoré du récit historique : l’amitié.
EPISODE 1 - Elon Musk et Peter Thiel, de partenaires à frères ennemis : l’histoire d’une amitié brisée
EPISODE 2 - François Hollande - Bernard Cazeneuve : l’histoire d’une rupture silencieuse
EPISODE 3 - Vincent Bolloré et Martin Bouygues : les frères ennemis de l’école Gerson
Cela aurait pu être l’amitié d’une vie. Celle d’un mentor et d’une protégée, née sur un tournage et sublimée par les années. Mais la politique les a séparées. On aurait tort de limiter Harry Potter à une saga pour enfants. Au travers de ces deux figures, deux courants féministes s’opposent. En 1999, Emma Watson a 9 ans lorsqu’elle est choisie pour incarner Hermione Granger. J. K. Rowling, d’abord sceptique - elle imaginait une héroïne au physique plus ordinaire - finit par se laisser convaincre. Avec son air sérieux et sa diction nette, Watson n’a presque pas besoin de jouer pour devenir la studieuse sorcière du trio.
Une complicité naît. Pour Watson, Rowling est une inspiration intellectuelle. Pour Rowling, Watson est un miroir, l’incarnation totale du personnage qu’elle a créé. Brillante élève, elle intègre Brown en 2009, l’une des universités de l’Ivy League américaine. Comme Hermione, elle se passionne pour la justice sociale. Watson devient une...
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14/08 - Soudan : la "pire épidémie de choléra depuis des années" fait au moins 40 morts en une semaine
Au moins 40 décès liés au choléra ont été enregistrés en une semaine dans la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan en guerre, a rapporté ce jeudi 14 août l’ONG Médecins sans Frontières (MSF).
"En plus d’une guerre généralisée, les Soudanais font actuellement face à la pire épidémie de choléra que le pays ait connue depuis des années", a souligné l’organisation internationale. Dans la seule région du Darfour "les équipes de MSF ont soigné plus de 2 300 patients et enregistré 40 décès la semaine dernière en raison du choléra", a-t-elle ajouté.Une situation "endémique"
Le choléra est infection diarrhéique grave, transmise par l’eau et la nourriture contaminées, qui peut tuer en quelques heures sans traitement. Selon la BBC, la propagation de la maladie est facilitée par la destruction des infrastructures d’eau, le manque de nourriture et de soins médicaux, et amplifiée par des inondations.
Depuis juillet 2024, environ 100 000 cas de choléra ont été recensés à travers le Soudan, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie se propageant "dans tous les Etats soudanais". Selon l’Unicef, plus de 640 000 enfants de moins de cinq ans sont désormais menacés par la maladie dans le seul Etat du Darfour-Nord, où les combats font rage entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) pour le contrôle de la ville d’El-Facher.L’épicentre de l’épidémie
Dans ce pays africain où les combats verrouillent les axes principaux et paralysent la logistique, l’acheminement de l’aide humanitaire...
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14/08 - La famille Dassault : quand l’industrie s’invite dans les arènes du pouvoir
Dans ce dernier épisode de notre série, on revient sur l’héritage politique de l’une des familles les plus puissantes de France. Député, sénateur ou maire, la dynastie Dassault cultive le goût des mandats électoraux et tutoie les présidents de la République. Un récit d’Emilie Lanez, grand reporter à L’Express.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Léa Bertrand (écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : France 5, RMC, Public Sénat
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Dans les années 1950, Marcel Dassault est déjà un homme d’affaires influent. Il est propriétaire de Dassault Aviation, et domine l’industrie aéronautique française. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là. Le patriarche veut s’impliquer dans la vie publique et avoir un poids dans les débats politiques de son époque.
Alors quand Robert Hersant, fondateur du groupe de presse du même nom, lui propose de racheter La Gazette de l’Oise, l’industriel saute sur l’occasion. Il n’y voit pas un simple journal : mais un instrument d’influence. L’Oise, avec ses usines Dassault à Méru et Chantilly, est déjà un territoire avec de solides racines industrielles. Marcel Dassault voit là un moyen de renforcer ses liens avec cette région et ses habitants.
C’est ainsi...
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14/08 - Kamel Daoud, opposants chinois et affaire de corruption... A Interpol, les dérives des "notices rouges"
Plus de trois ans et demi de détention, et autant de mois passés à craindre une extradition vers la Chine. Le 12 février 2025, le militant ouïghour Idris Hasan a finalement été libéré de la prison marocaine où il était enfermé depuis 2021. La fin d’un long calvaire. Plus de quarante-trois mois auparavant, c’est en descendant d’un avion en provenance de Turquie, pays dans lequel il était exilé depuis 2012, que ce trentenaire a vu sa vie basculer. A son arrivée à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, le 19 juillet 2021, il est arrêté sur la base d’une notice rouge d’Interpol émise à la demande de la Chine en 2017, en raison de son "appartenance présumée à une organisation terroriste". Depuis la fin des années 2000, cet ingénieur en informatique se bat pour documenter les violations des droits humains et la répression commises par la Chine envers la minorité musulmane ouïghoure.
"Pour l’Etat chinois, la définition de terrorisme est très vague et arbitraire, et a longtemps été utilisée pour faire arrêter des opposants ou activistes", explique à L’Express Zumretay Arkin, vice-présidente et porte-parole de l’ONG Congrès mondial ouïghour, basée à Munich. "Dans ce contexte, nous regrettons qu’Interpol n’ait pas fait de recherches plus approfondies sur le cas d’Idris Hasan avant de publier cette notice, alors qu’il était clairement ciblé par le régime chinois pour des raisons politiques", estime-t-elle. Son ONG et d’autres organisations, comme Amnesty International, médiatisent rapidement l’affaire. Dès le mois d’août 2021,...
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14/08 - Rencontre Trump-Poutine : ce que le maître du Kremlin a vraiment en tête
Les négociations n’ont pas encore commencé que, déjà, Vladimir Poutine a remporté une victoire. "Pour un dictateur, tout contact avec un dirigeant démocratiquement élu, tout particulièrement le président des Etats-Unis, est un succès", relève Alexandre Baunov, expert du centre Carnegie, dans le média russe indépendant Meduza. Au passage, la rencontre prévue avec Donald Trump vendredi 15 août en Alaska a débarrassé Poutine de l’ultimatum fixé par le président américain, qui expirait le 8 août, pour mettre fin au conflit. Et ce, sans que le chef du Kremlin n’ait eu à freiner son armée sur le terrain ou à interrompre le pilonnage des civils ukrainiens par ses drones et ses missiles.
De quoi enthousiasmer Alexandre Yakovenko, ambassadeur à la retraite, et directeur adjoint du groupe de médias d’État Rossiya Segodnia, qui voit dans la tenue de ce sommet Poutine-Trump le signal de la victoire. "Si l’Ukraine veut un cessez-le-feu, elle devra reconnaître ses nouvelles frontières et signer très rapidement un traité de paix […] Kiev n’a plus aucun espoir d’obtenir des réparations de guerre ou de recevoir nos actifs gelés, qui nous seront rendus tout comme les sanctions seront levées", veut-il croire, dans un texte pour le Conseil russe des relations internationales, un centre de réflexion proche du Kremlin."Sacrifier régiment après régiment"
La position russe est cependant loin d’être aussi idéale qu’il le prétend. "Si Poutine refuse de faire les concessions nécessaires à l’obtention d’un accord, il sera forcé de...
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13/08 - Genius Act de Donald Trump : "Difficile de ne pas faire le parallèle avec la crise des subprimes…"
Donald Trump affiche depuis le début de son mandat sa volonté de faire des Etats-Unis la "capitale des cryptos". Et pour l’heure, son plan se déroule sans accroc. Les marques de soutien au secteur se multiplient : création d’une réserve stratégique de bitcoins, ouverture des plans d’épargne retraite des Américains aux cryptos, assouplissement de la régulation… Récemment, le milliardaire a également ratifié le Genius Act, un texte qui facilite la diffusion des stablecoins, ces cryptoactifs indexés sur le dollar. Une décision qui, cette fois, a mis en émoi le monde entier. Pour Céline et Nadia Antonin, respectivement économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et économiste membre honoraire de la Banque de France, auteures de Crypto-actifs : Une menace pour l’ordre monétaire et financier (Economica, 2025), cette offensive américaine ne relève pas seulement de l’innovation financière : elle porte en germe des risques systémiques majeurs.
L’Express : Pourquoi l’attention s’est-elle focalisée autour du Genius Act, ce texte américain destiné à encadrer les stablecoins ?
Céline et Nadia Antonin : Car le Genius Act présente plusieurs risques systémiques. D’abord, contrairement à la réglementation bancaire traditionnelle, il n’offre pas de véritable protection aux investisseurs. Si un émetteur de stablecoins fait défaut, les investisseurs perdent leur mise, sans aucun filet de sécurité. D’autre part, cette législation représente une menace pour la souveraineté monétaire des États. Les...
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13/08 - La Russie restreint les appels via WhatsApp et Telegram afin "de lutter contre les criminels"
C’est un nouveau tour de vis des autorités russes après le blocage de plusieurs réseaux sociaux occidentaux depuis le lancement de son offensive en Ukraine en 2022. La Russie a annoncé ce mercredi 13 août restreindre les appels passés via les messageries WhatsApp et Telegram. "Pour lutter contre les criminels, des mesures ont été prises pour restreindre les appels sur ces applications de messageries étrangères (WhatsApp et Telegram)", a indiqué l’agence de presse étatique Ria Novosti, citant l’autorité russe de surveillance des communications. Les autorités russes accusent ces messageries de faciliter la fraude et "d’impliquer des citoyens russes dans des actes de sabotage et des activités terroristes", ajoute cette même source.
Fin juillet dernier, le président russe, Vladimir Poutine, a signé une loi restreignant un peu plus la liberté d’expression. Ce nouveau texte prévoit de punir les recherches sur Internet de contenus classés "extrémistes" et interdit de faire la promotion des VPN (Virtual Private Network, Réseau Privé Virtuel en français), qui protège ses utilisateurs en cryptant leurs données. Ces systèmes sont très utilisés en Russie pour contourner la censure.Facebook, Instagram et YouTube déjà bloqués
Concrètement, il prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 5000 roubles (environ 55 euros) pour les personnes qui recherchent en ligne des contenus "extrémistes". Ce terme a une définition très large dans la législation russe et peut concerner tant des groupes considérés comme terroristes ou...
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13/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky espère que "le thème central" du sommet en Alaska sera "un cessez-le-feu immédiat"
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé ce mercredi 13 août que l’obtention d’un cessez-le-feu "immédiat" en Ukraine devait être le "thème central" de la rencontre prévue vendredi en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
"Nous espérons que le thème central de la réunion sera un cessez-le-feu. Un cessez-le-feu immédiat", a déclaré Volodymyr Zelensky, qui ne participera a priori pas à la rencontre entre les présidents américain et russe. "Des sanctions doivent être mises en place et renforcées si la Russie n’accepte pas un cessez-le-feu en Alaska", a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Berlin.
Les dirigeants européens redoutent que le sommet prévu ce vendredi à Anchorage, en Alaska, ne débouche sur une issue défavorable à l’Ukraine. Entre-temps, la pression augmente sur le front alors que l’armée russe progresse sensiblement dans le pays après trois ans et demi de conflit. Selon une analyse de l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), Moscou a réalisé mardi sa plus grande avancée en territoire ukrainien depuis plus d’un an, en seulement 24 heures.
Les infos à retenir :
⇒ Volodymyr Zelensky espère que "le thème central" du sommet Trump-Poutine sera "un cessez-le-feu immédiat"
⇒ Moscou juge "insignifiantes" les consultations des Européens avant le sommet Trump-Poutine
⇒ L’armée russe a fait sa plus grande avancée en Ukraine, en 24 heures, depuis plus d’un anLes Européens et Volodymyr Zelensky tentent de peser sur Donald Trump avant le sommet en Alaska
L’Ukraine "doit être à la...
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13/08 - "Il avait trop de contacts avec les Russes..." : ces diplomates français pris au piège du kompromat
L’affaire n’a pas fait de vague à Paris, pas une ligne dans la presse, aucune déclaration officielle. A la Grande Muette comme au Quai d’Orsay, on a coutume de laver son linge sale en famille. A 2800 kilomètres à l’est, l’attaché de défense de l’ambassade de France à Moscou. Alexis W., en poste depuis deux ans, a dû plier bagages à l’été 2023, plus tôt que prévu. Ordre du ministère des Armées, et ce pour éviter… la compromission de son agent.
Ces deux dernières années, les autorités françaises ont rapatrié au moins trois membres de leur personnel diplomatique en Russie pour comportement inapproprié ou suspect. "Une ambassade à l’étranger est un des points de vulnérabilité pour qui cherche à entrer dans le système français, explique Philippe Hayez, ancien de la DGSE, spécialiste du renseignement. Dans un jeu de contre-espionnage offensif, un ambassadeur est une cible, comme le sont son conseiller économique ou son attaché de défense."
Alexis W. a appris son départ par un coup de fil laconique, invoquant des raisons de sécurité. "Une mesure de protection", souffle une source diplomatique. C’est que le commissaire général des armées, russophile invétéré, appréciait les soirées arrosées en compagnie de locaux aux pedigrees douteux. Parmi eux, un indic-clé du FSB, vieille connaissance rencontrée vingt ans plus tôt lors de son premier poste à Moscou en tant qu’attaché naval : Rouslan Poukhov, le patron du Centre d’analyse des stratégies et des technologies (Cast), un think tank de premier plan sur l’industrie de la défense, adossé...
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13/08 - Fromages contaminés : trois questions sur la listériose, cette maladie à l’origine d’intoxications graves
Au moins 21 cas de listériose, dont deux mortels, ont été recensés ces dernières semaines en France. Les autorités sanitaires ont identifié un "lien possible" avec la consommation de fromages au lait pasteurisé de la fromagerie Chavegrand, selon un communiqué diffusé le mardi 12 août par Santé publique France et le ministère de l’Agriculture.
Des dizaines de fromages, tous produits dans cette usine de la Creuse, sont rappelées partout en France, mais aussi à l’international. L’origine de la contamination reste pour l’heure inconnue.Que sait-on des contaminations ?
Des investigations, menées par Santé publique France début août, ont conduit à identifier "des éléments épidémiologiques et microbiologiques convergents, établissant un lien possible entre 21 cas, de listériose et la consommation de fromages produits par la société Chavegrand".
Selon le communiqué diffusé mardi par les autorités sanitaires et le ministère de l’Agriculture, les 21 cas de listériose, dont 18 depuis juin, concernent des personnes âgées de 34 à 95 ans. Parmi ces cas de contamination, deux sont décédés.
Depuis, plus de 40 lots de fromages ont fait l’objet d’un rappel entre lundi et mardi en raison de suspicion de contamination à la bactérie Listeria, selon le site gouvernemental Rappel Conso.Qu’est-ce-que la listeria ?
La listériose, nom de la maladie provoquée par la listeria monocytogenes, est une infection d’origine alimentaire causée par l’ingestion d’aliments contaminés. Cette maladie rare, qui se traite par antibiotiques, est...
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13/08 - Nouvelle-Calédonie : les indépendantistes du FLNKS rejettent l’accord de Bougival
Sans surprise, le Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a confirmé ce mercredi 13 août qu'il rejetait l'accord signé début juillet avec l'Etat et les non-indépendantistes. Le FLNKS "rejette formellement le projet d'accord de Bougival, en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de notre lutte", a indiqué Dominique Fochi, secrétaire général de l'Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, lors d'une conférence de presse à Nouméa ce mercredi après que la décision a été prise lors d'un congrès extraordinaire du mouvement samedi 9 août.
Signé le 12 juillet sous l'égide du ministre des Outre-mer Manuel Valls, l'accord de Bougival prévoit notamment la création d'un "Etat de Nouvelle-Calédonie" et d'une nationalité calédonienne, ainsi qu'une possibilité de transfert des compétences régaliennes (monnaie, justice, police). Mais il ne prévoit pas de nouveau référendum sur l'indépendance, suscitant une levée de boucliers chez les militants indépendantistes.
"Bougival est derrière nous", a affirmé Marie-Pierre Goyetche (Parti travailliste), également membre du bureau politique, "c'est un rejet en bloc, nous ne participerons pas au comité de rédaction" proposé par le ministre des Outre-mer. "Nous lançons un appel pacifique à nos forces vives pour dire stop à l'Etat s'il entend passer en force", a ajouté Marie-Pierre Goyetche. La mobilisation du camp indépendantiste contre ce projet avait dégénéré en émeutes le 13...
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13/08 - Perplexity, l’ambitieuse start-up d’IA qui souhaite s’offrir Google Chrome
Perplexity AI, start-up d’intelligence artificielle (IA) spécialisée dans la recherche en ligne, a proposé mardi 12 août de racheter pour 34,5 milliards de dollars le navigateur Chrome, dans une lettre d’intention adressée à Google. L’offre arrive alors que le moteur de recherche est menacé par la condamnation du géant d’internet pour abus de position dominante. Les estimations de la valeur de Chrome varient considérablement, mais les plus récentes se situent entre 20 et 50 milliards de dollars.
D’après le quotidien économique The Wall Street Journal (WSJ), l’offre de Perplexity est presque deux fois supérieure à sa propre évaluation, qui est estimée à environ 18 milliards de dollars. Mais un porte-parole de l’entreprise a assuré que plusieurs grands fonds d’investissement veulent participer au financement de cette acquisition, et que la direction n’était pas inquiète quant à sa capacité à réunir la somme avancée.Une start-up ambitieuse
L’entreprise Perplexity, basée à San Francisco, propose un outil de recherche alimenté par l’IA qui fournit des réponses résumées à partir d’informations collectées sur le web. Au lieu d’une liste de sites web, que les utilisateurs ont longtemps vue sur Google, elle propose des réponses sous forme de phrases avec des liens vers les sites d’où proviennent les informations. En ce sens, Perplexity combine assistant IA et moteur de recherche, pour trouver des informations sur Internet et fournir des réponses rédigées aux questions des utilisateurs.
Lancée en 2022, elle fait partie des...
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13/08 - Droits de douane : "Donald Trump a poussé l’Inde dans les bras de la Chine"
Il n’y a pas qu’en Europe, que l’Amérique de Donald Trump bouscule ses partenaires traditionnels. Alors que le président américain a infligé récemment des droits de douane prohibitifs de 50 % sur les produits indiens, Daniel Balazs, chercheur à la S. Rajaratnam School of International Studies, à Singapour, explique en quoi le durcissement des relations avec New Delhi fait les affaires de la Chine, que les Etats-Unis avaient jusqu’ici cherché à isoler. "Le président américain a été le catalyseur du rapprochement entre l’Inde et la Chine", explique ce spécialiste des relations sino-indiennes. Xi Jinping, le dirigeant chinois, doit se frotter les mains. Entretien.
L’Express : Pourquoi Donald Trump a-t-il décidé de tendre les relations avec l’Inde, en lui infligeant des droits de douane de 50 %, alors que les deux pays sont des partenaires de longue date et qu’il existe une certaine proximité idéologique avec le Premier ministre Narendra Modi ? Est-ce principalement dû aux achats de pétrole fait par New Delhi à la Russie ?
Daniel Balazs : Les Etats-Unis sont mécontents depuis longtemps de la proximité entre l’Inde et la Russie, une relation stratégique qui remonte aux années 1970, du temps de l’URSS. Cet agacement a pris de l’ampleur depuis le début de la guerre en Ukraine, mais éclate au grand jour de façon spectaculaire dans le contexte actuel, avec la montée en puissance de l’administration Trump, résolument protectionniste et désireuse de mettre fin au conflit ukrainien.
À l’origine, Donald Trump envisageait...
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13/08 - Droits humains : ce rapport de l’administration Trump (très) complaisant envers ses alliés
C’est un rapport annuel du département d’Etat, très attendu, généralement publié au printemps. Ce document, rendu public mardi 12 août, brosse un tableau de la situation des droits humains dans le monde en 2024, pays par pays, à partir d’une compilation d’études sur chaque Etat, rédigées à partir de notes diplomatiques. Mandaté par le Congrès américain, ce rapport est considéré par les experts comme faisant référence. Mais ce document est cette année accusé d’être partial et partiel. L’administration Trump "a considérablement réécrit et réduit le rapport annuel du gouvernement américain sur les violations des droits humains dans le monde", résume la BBC. Ce rapport "est beaucoup plus court et moins détaillé que celui de l’année dernière", confirme The New York Times.
L’Europe est dans le viseur de ce rapport censé refléter les nouvelles priorités de politique étrangère du président américain Donald Trump. Ainsi, les Etats-Unis déplorent la "détérioration" des droits humains dans de nombreux pays en Europe visant notamment les restrictions à la liberté d’expression, comme le relève l’AFP. En Allemagne, au Royaume-Uni ou en France, le département d’Etat souligne que "la situation des droits humains s’est détériorée au cours de l’année" passée. S’agissant de la France, le rapport cible notamment "des informations crédibles faisant état de restrictions graves à la liberté d’expression". Il y dénonce également une recrudescence des actes d’antisémitisme. Au Royaume-Uni, Washington s’inquiète d’une nouvelle loi sur la sécurité en...
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13/08 - Gaza : l’armée israélienne approuve le plan de conquête de Benyamin Netanyahou
Le chef de l’armée israélienne a "approuvé" le nouveau plan des opérations militaires "à venir à Gaza", indique un communiqué de l’armée publié ce mercredi 13 août.
"Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, a tenu aujourd’hui (mercredi) une discussion au cours de laquelle il a approuvé le cadre principal du plan opérationnel de l’armée dans la bande de Gaza", selon le texte qui ne donne cependant aucune précision sur le calendrier.
Sur ordre du cabinet militaire de Benyamin Netanyahou, l’armée israélienne se prépare à lancer une nouvelle phase de ses opérations militaires à Gaza pour y libérer tous les otages israéliens et y "vaincre" le Hamas, selon ses objectifs affichés. L’armée entend prendre le contrôle de la ville de Gaza et de camps de réfugiés voisins, l’une des zones les plus densément peuplées du territoire palestinien assiégé et ravagé par plus de 22 mois de guerre.Le quartier de Zeitoun ciblé
Au cours des discussions mercredi, "les actions menées par l’armée jusqu’à présent ont été présentées, notamment la frappe dans la zone de Zeitoun qui a commencé hier mardi", ajoute le communiqué. Le quartier de Zeitoun, dans la ville de Gaza, a été ces trois derniers jours la cible de nombreux bombardements aériens, selon des témoignages des habitants, qui ont également fait état de bombardements dans le quartier voisin de Tel al-Hawa.
Benyamin Netanyahou avait affirmé dimanche qu’Israël contrôlait militairement "70 à 75 %" de la bande de Gaza et qu’il restait à prendre la ville de Gaza ainsi que des secteurs du...
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13/08 - Du numérique à la presse : les multiples facettes de Dassault
Dans ce nouvel épisode de la série consacrée au fleuron tricolore de l’aéronautique, La Loupe s’interroge : comment l’entreprise familiale est devenue l’empire que l’on connaît aujourd’hui ? Les explications d’Arnaud Bouillin, rédacteur en chef du service Economie, et Etienne Girard, rédacteur en chef du service Société.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Léa Bertrand (écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
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Charlotte Baris : Chers auditeurs, lorsque l’on évoque le nom de Dassault, vous pensez sûrement à l’aviation et au célèbre Rafale. On a vu dans l’épisode précédent que le groupe français est un pionnier de l’industrie aéronautique. Pourtant, cet empire familial va bien au-delà des pistes de décollage…
L’empire s’étend de l’immobilier, à la vente aux enchères en passant même par la viticulture… Depuis plusieurs décennies, Dassault s’est surtout diversifié dans des domaines inattendus mais stratégiques : le numérique, avec Dassault Systèmes, leader mondial des logiciels de simulation, et la presse, avec le Groupe Figaro, pilier de l’information française.
Pourquoi ces deux secteurs, pourtant si différents, font-ils partie intégrante de la stratégie du...
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13/08 - Avant le sommet Trump-Poutine, l’inquiétude des Ukrainiens : "Si vous n’êtes pas invités, c’est que..."
"Si vous n’êtes pas invités autour de la table, c’est que vous êtes au menu". L’expression résume l’inquiétude à Kiev à l’approche du sommet Trump-Poutine du 15 août en Alaska, première visite d’un chef d’Etat russe aux Etats-Unis depuis 2015. À 7 500 kilomètres de là, les Ukrainiens, exclus du format, redoutent que leur soient imposées des concessions. "Nous récupérerons (NDLR : certains territoires), nous procéderons à des échanges", a déclaré Donald Trump en annonçant la rencontre. Fidèle à son style évasif, il n’a pas précisé lesquels.
Comment parler d’un échange, quand l’Ukraine ne contrôle plus de territoire russe depuis son retrait de la région de Koursk au printemps ? La Russie, elle, occupe près de 18,5 % de l’Ukraine et grignote de plus en plus de terrain, notamment dans le Donbass. Selon des fuites dans les médias anglo-saxons, Vladimir Poutine aurait présenté, il y a quelques jours en Russie, à l’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, peu ou prou le même plan qu’il défend depuis plusieurs années : après un cessez-le-feu, l’Ukraine céderait entièrement les régions de Donetsk et Louhansk, y compris les parties qu’elle contrôle encore. Pour ce qui est des régions de Zaporijia et Kherson, l’envoyé spécial n’a pas été très clair, et il semblerait qu’il ait lui-même mal compris la demande russe."Poutine ne veut pas sincèrement mettre fin à la guerre"
Les Etats-Unis tentent de clarifier cette offre. Ce mercredi 13 août, Trump la présentera aux dirigeants européens et à Volodymyr Zelensky, pour qui les conditions...
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13/08 - Derrière Wegovy et Mounjaro, les inquiétantes dérives du nouveau marché des médicaments anti-obésité
Dans la torpeur de l’été 2025, les Français obèses ou en surpoids ne se sont pas encore précipités sur les nouveaux médicaments anti-obésité (Wegovy et Mounjaro). Ils étaient un peu moins de 40 000 patients sous traitement à la fin de juin selon les dernières données disponibles (1) et les pharmaciens n’ont pas constaté d’envolée de la demande en juillet. Il n’empêche, l’élargissement du marché depuis le 23 juin aiguise déjà l’appétit de nombreux acteurs. Jusque-là réservées aux obésités les plus sévères, ces molécules sont désormais accessibles à partir d’un indice de masse corporelle de 30 (par exemple 87 kilos pour 1,70 mètre), voire 27 sous conditions. Elles peuvent à présent aussi être prescrites par tous les médecins, et plus uniquement par des spécialistes.
Sociétés de téléconsultation et vendeurs en ligne de médicaments anticipent donc une augmentation rapide des ventes, à l’instar de tous les pays où ces produits ont été autorisés – 1,6 million de Britanniques sont déjà traités, par exemple. En conséquence, toute une offre a émergé sur Internet ces derniers mois, de la délivrance d’ordonnances à la livraison des injections à domicile, en passant par des programmes d’accompagnement. Si certains de ces nouveaux services aideront peut-être les patients, d’autres s'avèrent clairement dans l'illégalité et tous suscitent l’inquiétude des spécialistes de l’obésité.
Pour la première fois dans notre pays, des traitements à l’efficacité reconnue ont été autorisés à la prescription et à la...
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12/08 - Bruno Bonnell : "Réduire le jeu vidéo à du divertissement est une erreur stratégique"
L’essor du jeu vidéo français, Bruno Bonnell y a assisté aux premières loges. En 1983, il fonde Infogrames, qui deviendra l’un des plus gros éditeurs mondiaux. Si l’entreprise n’a pas survécu à l’explosion de la bulle Internet, elle a néanmoins contribué à former une génération de virtuoses en France. Un écosystème qui porte aujourd’hui une industrie florissante. Et constitue un puissant outil de soft power, plaide Bruno Bonnell, désormais secrétaire général pour l’investissement, chargé du programme France 2030.
L’Express : Pourquoi est-ce stratégique d’avoir une industrie française du jeu vidéo ?
Bruno Bonnell : C’est un enjeu de souveraineté culturelle, exactement comme dans le cinéma. Le jeu vidéo est une arme moderne d’influence. Quand on a conçu le plan France 2030, la question était : investit-on seulement dans l’industrie, ou aussi dans la projection culturelle de la France ? On a choisi la deuxième option. Et 1 milliard d’euros a été prévu pour la culture, qui englobe entre autres le jeu vidéo. La Corée du Sud a fait la même chose avec la K-pop, le cinéma, et s’intéresse aussi maintenant beaucoup au secteur vidéoludique. Ce n’est pas seulement de l’entertainment. Réduire le jeu vidéo à du divertissement est une erreur stratégique. Les investisseurs européens ne mesurent pas la valeur des actifs culturels qu’a développés un Ubisoft. Tencent l’a lui parfaitement compris [NDLR : en mars, le géant chinois a encore acquis 25 % de la nouvelle filiale regroupant les licences phares du français]. Le jeu vidéo est un empire...
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12/08 - Sommet Trump-Poutine : les Européens, quantité négligeable sur leur propre continent
Trois jours avant le sommet entre Trump et Poutine en Alaska, les Européens en sont réduits à lancer des bouteilles à la mer. Dans une tentative de faire entendre leur voix, les dirigeants des Vingt-Sept - moins la Hongrie - ont appelé, dans une déclaration commune publiée ce mardi 12 août, à donner aux Ukrainiens "la liberté de décider de leur avenir". "Le chemin vers la paix en Ukraine ne peut être décidé sans l’Ukraine", ont-ils martelé, dans une tentative de convaincre Washington d’inclure Kiev dans ce premier volet de négociations prévues avec Moscou.
Cette revendication - pour l’heure non couronnée de succès - les concerne tout autant. Pas plus que l’Ukraine, ils n’ont été conviés à se joindre aux discussions en Alaska, pourtant censées poser les bases d’un règlement au pire conflit armé sur leur sol depuis la Seconde Guerre mondiale. Alors que l’avenir du Vieux Continent se jouera à plus de 7000 kilomètres de là, sur le territoire américain, les Européens, pourtant incontournables dans la mise en œuvre d’un éventuel processus de paix, sont relégués au rôle de simple observateur.Sur le banc de touche
Mais ce camouflet est-il si surprenant ? L’aversion du président américain pour l’Union européenne - conçue selon ses dires pour "emmerder les Etats-Unis" - n’est un secret pour personne. Pas plus que son mépris pour le multilatéralisme ou les alliances historiques de l’Amérique. Pour le nouvel hôte de la Maison-Blanche, impatient d’en finir avec ce conflit qu’il avait promis de résoudre en 24 heures, seuls comptent...
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12/08 - Guerre en Ukraine : la disgrâce de Dmitri Kozak, l’homme de confiance de Vladimir Poutine
L’homme des missions les plus sensibles de Vladimir Poutine est aujourd’hui (quelque peu) en délicatesse avec le président russe. Dmitri Kozak, opposé en privé à l’invasion russe de l’Ukraine, a perdu le pouvoir qu’il avait au Kremlin au profit d’un autre allié de premier plan du président russe, Sergueï Kirienko, qui a lui soutenu l’intervention militaire, rapporte The New York Times (NYT).
Devenu Premier ministre en 1999, Vladimir Poutine nomme ce proche collaborateur aujourd’hui âgé de 66 ans au poste de chef de cabinet. Auparavant, ce juriste né en Ukraine, qui a servi dans les forces spéciales soviétiques, a été l’un des proches conseillers de Vladimir Poutine à la mairie de Saint-Pétersbourg dans les années 1990. Vladimir Poutine fait également de lui son nouveau représentant présidentiel pour le sud de la Russie, dans le Caucase, en 2004, après la prise d’otages de Beslan en Ossétie du Nord. Il s’occupe alors à ce titre de la situation en Tchétchénie que Moscou présente volontiers comme "normalisée" depuis la guerre lancée fin 1999. Lorsque la Russie remporte la candidature pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2007, sept ans plus tard, à Sotchi, Dmitri Kozak dirige les préparatifs. Et quand Vladimir Poutine annexe la Crimée en 2014, son fidèle soutien supervise son intégration à la Russie.
S’il a été actif en coulisses pendant plus de deux décennies au côté de Vladimir Poutine, de nos jours, Dmitri Kozak n’est plus responsable de grand-chose, une grande partie de ses pouvoirs ayant été...
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12/08 - La DGSE et la DGSI pratiquent-elles le "kompromat" ? Enquête sur un tabou français
La DGSE fait son cinéma. Juillet 2025, boulevard Mortier, à Paris, une salle comble d’espions accueille Eric Rochant. Le réalisateur n’est pas venu présenter Le Bureau des Légendes, sa série iconique sur le service secret français, mais son film de 1994, Les Patriotes, diffusé dans le cadre du ciné-club maison. Dès sa sortie, le thriller est devenu un classique au sein de la "Boîte". Depuis trente ans, le service Action le diffuse auprès des nouvelles recrues. "Pour le Service, c’était le film le plus réaliste sur la vie d’agent", révèle Pierre Martinet, ex-officier entré au service Action en 1997, dans Un agent sort de l’ombre (Privé).
Attention spoilers : dans Les Patriotes, le Mossad, l’agence d’espionnage israélienne, veut obtenir d’un scientifique français les plans d’une centrale nucléaire dans un pays hostile. Une espionne le séduit, un rapprochement a lieu à l’hôtel, les ébats sont filmés, ne reste plus qu’à le faire chanter en menaçant de tout dire à son épouse. Un "kompromat" de facture classique. Tout ce que ne fait pas la DGSE. Car officiellement, le service secret français ne pratique guère le chantage. "On apprend à le faire, mais en quinze ans, je ne l’ai jamais fait. En interne, la contrainte, c’est quelque chose qu’on n’aime pas, qu’on voit comme contre-productif", explique Olivier Mas, ex-colonel de la DGSE, à qui on a également projeté le film d’Eric Rochant, en 2002.
Etonnant paradoxe, quand on sait que la DGSE revendique sur son site Internet l’utilisation du sigle Mice (pour money, ideology,...
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12/08 - En Israël, le bras de fer au sommet de l’armée prend de l’ampleur
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a rappelé à l’ordre ce mardi 12 août le chef d’état-major à propos de nominations de hauts gradés. Ces affectations comprennent, entre autres, sept chefs de division et de nouveaux chefs des Corps blindés. Mais elles surviennent sur fond de tensions entre l’armée et l’exécutif, qui prépare une nouvelle offensive militaire dans la bande de Gaza.
Des "délibérations menées par le chef d’état-major" Eyal Zamir, sur des nominations dans la hiérarchie militaire, "se sont déroulées […] sans coordination ni accord préalable" du ministre de la Défense, pointe un communiqué du ministère. Israël Katz "n’a pas l’intention de discuter ou d’approuver ces nominations", ajoute le texte.
Une source militaire du Jerulasem Post a déclaré qu’Israël Katz essayait d’établir un précédent similaire à celui mis en place par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, concernant les nominations des hauts responsables de la police israélienne. Il a pourtant précisé que "la procédure actuelle veut que le chef d’état-major de Tsahal examine et présente une liste de nominations au ministre".
Peu après l’annonce du ministère de la Défense, le lieutenant-général Eyal Zamir a réagi via un communiqué de l’armée, affirmant "être l’unique autorité habilitée à nommer les officiers à partir du grade de colonel". "C’est le chef d’état-major qui prend la décision concernant les nominations – celles-ci sont ensuite soumises à l’approbation du ministre", assure-t-il.Climat de tensions
Depuis deux semaines,...
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12/08 - Etats-Unis : la violence a-t-elle vraiment augmenté à Washington, comme l’affirme Donald Trump ?
C’est un geste politique adressé à l’égard des élites démocrates. Donald Trump a annoncé lundi 11 août placer le maintien de l’ordre dans la capitale Washington sous le contrôle de son administration et y déployer des militaires de la Garde nationale. Le milliardaire républicain a dit déployer dans un premier temps 800 militaires de ce corps de réserve.
Si le président américain a pris ces mesures exceptionnelles, c’est que cette ville serait "envahie par des gangs violents". "C’est devenu une situation d’anarchie complète et totale, et nous allons nous débarrasser des bidonvilles", a affirmé Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche. Il s’est engagé à "sauver la capitale de notre nation du crime, du bain de sang, du chaos, de la misère et pire encore". Le décret de Donald Trump déclarant "l’état d’urgence criminelle dans le District de Columbia" fait état d’une "montée de la violence dans la capitale". Lors de sa conférence de presse, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué à plusieurs reprises une criminalité "hors de contrôle". Pour le président américain, "la situation empire, elle ne s’améliore pas. Elle empire". Le proche conseiller de Donald Trump, Stephen Miller, a quant à lui affirmé que Washington était "plus violente que Bagdad".
Des responsables démocrates ont contredit les déclarations de Donald Trump. "Nous ne constatons pas de hausse de la criminalité", a ainsi déclaré la maire de Washington Muriel Bowser sur MSNBC. "Au contraire, nous constatons une baisse de la criminalité."...
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12/08 - Canicule : comment l’Espagne s’adapte pour faire face aux chaleurs extrêmes
"Les vagues de chaleur en Espagne sont devenues plus fréquentes, plus longues et plus sévères." Ce mardi 12 août, les bulletins affichent 44°C à Séville, 43°C à Mérida. Deux jours plus tôt, Valence a frôlé les 46°C. Un été étouffant, amplifié par le changement climatique, à l’origine de nombreux incendies, et prolongé de cinq semaines depuis les années 1970.
En juillet, la canicule a causé la mort de plus de 1 060 personnes, soit une augmentation de 57% par rapport à l’an dernier. Pour s’adapter, la péninsule ibérique a déjà revu certains rythmes de travail, notamment pour les ouvriers en extérieur, désormais actifs "aux premières et dernières heures de la journée", explique Mar Gómez, météorologue et docteure en sciences physiques. Pour éviter tout risque, les cours sont également suspendus dans les zones placées en vigilance rouge.
Cependant la situation reste critique, notamment dans le sud-est de l’Espagne où malgré des réserves d’eau correctes cette année, le manque de cette précieuse ressource pourrait, dans le futur, rendre la zone inhabitable. Retrouvez les explications de Mar Gómez dans la vidéo en haut de cet article, et sur tous nos réseaux...
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12/08 - Guerre en Ukraine : l’avancée éclair de l’armée russe dans la région de Donetsk
Les troupes russes ont avancé rapidement dans un secteur stratégique du front dans l’est de l’Ukraine, ont indiqué l’armée ukrainienne et des analystes, ce mardi 12 août. Cette progression a eu lieu au nord-est de Pokrovsk, ville minière et épicentre des combats, dans la région orientale de Donetsk dont Moscou revendique l’annexion.
En une seule journée, l’armée russe aurait avancé d’une dizaine de kilomètres vers le nord le long d’une route, à un rythme bien plus soutenu que d’habitude, selon le site d’analyse militaire DeepState. Une carte du front, publiée par ce site proche de l’armée ukrainienne, montre un étroit couloir désormais sous contrôle russe, menaçant la ville garnison de Dobropillia, au nord-ouest de Pokrovsk.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré ce mardi que la Russie préparait de nouvelles attaques en Ukraine, à quelques jours des négociations de paix prévues entre Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska. "Nous constatons que l’armée russe ne s’apprête pas à mettre fin à la guerre. Au contraire, ils sont engagés dans des mouvements qui indiquent la préparation de nouvelles offensives", a déclaré le dirigeant ukrainien sur le réseau social X.Des forces russes "nettement supérieures"
L’Etat-major de l’armée ukrainienne a quant à lui déclaré ce mardi matin que des combats avaient lieu à Koutcheriv Iar, un petit village qui se trouvait il y a encore quelques semaines à plusieurs kilomètres du front, admettant de fait l’avancée russe dans cette zone. Le groupe opérationnel-tactique...
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12/08 - "La prochaine fois, merci de…" : l’effet dévastateur des remontrances par mail au travail
Une arrivée tranquille dans l’open space, qui commence à se remplir, après un week-end ensoleillé. Un café à la main, un sourire aux voisins du jour, on branche le portable et c’est parti pour une journée en présentiel. Ouverture de la messagerie de l’entreprise… et c’est la douche glaciale. En mode "URGENT" en capitales, un mail destructeur du manager, comme s’il sortait un porte-voix : "Sauf erreur de ma part, le dossier que je t’avais demandé n’est pas arrivé à temps. La prochaine fois, merci de…". Mais de quel dossier parle-t-il ? D’un coup, il fait gris, le cœur s’accélère et le stress s’installe. Vérification sur l’agenda : tout a été envoyé dans les temps la semaine dernière. Aucune erreur n’a été commise, deux services ont confirmé les chiffres et les délais. Et pourquoi avoir mis 17 personnes en copie ? Un collègue — en copie du mail — s’approche et confirme : il s’agit d’un dossier qui remonte à trois semaines, mais qui a pris du retard dans son traitement par d’autres services. Trop tard. Le mal est fait. La claque individuelle est rude. "Ce qui est certain c’est que le mail n’est pas un canal de communication qui permet d’adresser la moindre critique", analyse Anna Gouyer M’Bengue, psychologue du travail, ergonome et consultante QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail). Un canal asynchrone
Pour l’experte d’AGM Conseil, "l’objectif lors de la transmission d’une indication ou d’un objectif non rempli est justement de pouvoir créer l’échange. Cela doit nécessairement se faire en face-à-face, ou par...
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12/08 - Administration Trump : une nomination très politique à la tête du bureau des statistiques
Donald Trump a nommé, ce lundi 11 août, E.J. Antoni - un économiste du très conservateur centre de réflexion Heritage Foundation - à la tête de la principale agence de statistiques économiques des États-Unis. La nomination du nouveau commissaire du Bureau des statistiques de l’emploi (BLS) survient près de deux semaines après que le président américain a limogé l’ex-cheffe pour avoir signalé une faible croissance de l’emploi.
Le 1er août, le président américain avait accusé sans preuves Erika McEntarfer, la précédente directrice, d’avoir "truqué" les chiffres afin de ternir l’image de l’administration Trump, exigeant son renvoi "immédiat". L’annonce avait stupéfié certains économistes et scandalisé les démocrates, soulevant des inquiétudes quant à la manière dont Donald Trump pourrait gérer la future publication des données économiques, précise le New York Times.Veiller à des chiffres "HONNÊTES et JUSTES"
"Je suis heureux d’annoncer que je nomme l’économiste très réputé, E.J. Antoni, au poste de commissaire du Bureau des statistiques de l’emploi" (BLS), a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social. "Notre économie est florissante et E.J. veillera à ce que les chiffres publiés soient HONNÊTES et JUSTES", a-t-il ajouté. Chargé des questions économiques à la Heritage Foundation, connue pour ses positions très conservatrices, E.J. Antoni a publié sur le site de ce centre de réflexion plusieurs articles...
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12/08 - Droits de douane de Donald Trump : la Chine obtient un sursis de 90 jours
Pékin a obtenu un sursis, à quelques heures de la fin théorique de la trêve entre les Etats-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump a décidé de prolonger de 90 jours la détente avec Pékin sur le front des droits de douane. Le chef de l’Etat a signé un décret pour officialiser le prolongement de cette trêve, précisant dans un message sur son réseau Truth Social que tous les autres éléments de l’accord restaient "identiques".
La Chine "continue de prendre des mesures importantes […] pour répondre aux préoccupations des Etats-Unis en matière de sécurité économique et nationale", a écrit le président américain dans son décret. Il a ajouté avoir déterminé qu’il "était nécessaire et approprié de maintenir" cette trêve jusqu’au 10 novembre 2025.
A peu près au même moment, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua publiait une déclaration commune issue des négociations sino-américaines à Stockholm, annonçant que la Chine prolongerait également sa trêve. La Chine continuera à suspendre sa précédente hausse des droits de douane pendant 90 jours à compter du 12 août, tout en conservant une surtaxe de 10 %, selon Xinhua."La relation entre Xi Jinping et moi est très bonne"
Engagés au printemps dans un affrontement commercial à coups de droits de douane exorbitants, d’un pourcentage à trois chiffres, Pékin et Washington avaient fini par conclure une trêve de 90 jours en mai dernier à Genève. Cet accord a temporairement fixé à 30 % la surtaxe américaine sur les produits chinois, tandis que les taxes de Pékin sur les...
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12/08 - Canicule : comment sont calculées les "normales de saison" en Europe
Mardi 12 août, seize départements du sud de la France sont placés en vigilance rouge canicule : douze départements du Sud-Ouest déjà concernés ce lundi, ainsi que quatre départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes où le mercure devrait atteindre de très haut niveaux. 37°C sont attendus à Bordeaux, 38°C à Toulouse et jusqu'à 39°C à Lyon ou Montélimar, des températures qui dépassent largement ce qu'on appelle les "normales de saison". Cet indicateur, très présent dans le discours médiatique, est calculé à partir d'une moyenne des températures enregistrées sur un territoire donné, au cours d'une période de 30 ans. Autrement dit, la "normale de saison" ne sera pas la même à Lille, à Paris ou à Marseille.
La période de référence utilisée depuis juin 2022 correspond à trois décennies qui courent de 1991 à 2020. Tous les dix ans, Météo France actualise ses données pour tenir compte du réchauffement climatique. Et ce mode de calcul n'est pas propre à l'Hexagone : il découle d'une série de recommandations de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui suggère une mise à jour décennale de ces standards depuis 1956.
Pour être plus précis encore, l'institution définit deux objectifs à ce calcul des normales. Elle doit, d'une part, permettre d'anticiper les conditions météorologiques à court terme - c'est typiquement ce que prend en compte Météo France dans sa définition des canicules ou des vagues de chaleur par exemple -, ce qui suppose d'actualiser régulièrement le référentiel. Elle doit aussi par ailleurs permettre des...
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12/08 - Ukraine : à la veille du sommet en Alaska, Donald Trump tient toujours à l’écart Volodymyr Zelensky
Donald Trump a dit, lundi 11 août, vouloir "tâter le terrain" lors de sa rencontre prévue vendredi avec Vladimir Poutine, dont Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens redoutent qu’elle ne débouche sur une issue défavorable à l’Ukraine.
Le président américain est resté vague sur ses attentes, disant espérer une rencontre "constructive" en Alaska et soulignant au passage, sur un ton approbateur, qu’il était "très respectueux" de la part de son homologue russe de se déplacer ainsi en territoire américain.
Il a glissé une remarque propre à inquiéter le président ukrainien et ses alliés européens, en se disant "un peu contrarié que (Volodymyr) Zelensky dise 'je dois avoir une autorisation constitutionnelle' pour céder des territoires. "Car il y aura des échanges de territoires", a-t-il prédit, alors que l’armée russe occupe actuellement environ 20 % du territoire ukrainien.
A entendre Donald Trump, la rencontre de vendredi, sa première en personne avec Vladimir Poutine depuis 2019, doit permettre à terme un sommet entre les chefs d’Etat ukrainien et russe. "Au bout du compte je vais les mettre tous deux dans une pièce, j’y serai ou je n’y serai pas, et je pense que cela va se régler", a dit le républicain de 79 ans. Il a aussi indiqué, et ce n’est pas la première fois, qu’il pourrait aussi se désintéresser totalement du conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
"Peut-être que je dirai 'Bonne chance, continuez à vous battre'. Ou peut-être que je dirai 'Nous pouvons trouver un...
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12/08 - Dassault Aviation et le Rafale : un modèle de performance français
Cette semaine, La Loupe a choisi de s’intéresser au fleuron tricolore de l’aéronautique, Dassault qui a récemment changé de direction. Dans cet épisode, on s’intéresse à l’une des plus grandes réussites du groupe : le Rafale. Avec l’éclairage de Béatrice Mathieu, grand reporter spécialiste de l’économie à L’Express.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Léa Bertrand (écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : Public Sénat, Le Site Info, TV5 Monde, INA
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Charlotte Baris : Nous sommes le 16 février 2015. Au Caire, dans les salons d’apparat du palais dʼel-Orouba, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères français, et Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, retiennent leur souffle.
Abdel-Fattah al-Sissi, le président égyptien, vient d’annoncer le bombardement de plusieurs sites de la branche libyenne de lʼEtat islamique. Quelques jours plus tôt, le groupe terroriste avait diffusé une vidéo montrant la décapitation de 21 Egyptiens d’origine copte. C’est la première fois que l’Egypte confirme avoir mené des frappes aériennes contre Daech.
Quelques heures après l’attaque sur la Libye, le président égyptien signe un contrat avec les deux Français : Bercy devra fournir 24 Rafale à l’Egypte. Une vente historique, la...
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12/08 - Baromètre HEC : "L’utilisation de l’IA au travail n’est pas assumée par les salariés"
L’Express s’associe à l’institut de sondages Viavoice, à HEC Paris et à BFM Business, pour questionner régulièrement un panel représentatif de Français et de cadres sur un sujet d’actualité. Antonin Bergeaud, professeur d’économie à HEC et spécialiste de l’innovation, décrypte les résultats de ce Baromètre des décideurs consacré aux impacts de l’intelligence artificielle sur l’emploi.
Le recours à l’intelligence artificielle semble plus fort chez les cadres que dans le grand public, alors même que cette technologie, à travers ChatGPT, est d’abord apparue dans un contexte de vie quotidienne. Comment analysez-vous l’évolution des usages liés à l’IA ?
Antonin Bergeaud : D’après plusieurs enquêtes récentes, l’utilisation de l’IA par les salariés est supérieure, en réalité, à ce que les managers estiment. Parce qu’elle n’est pas assumée dans un contexte professionnel par les intéressés, qui entretiennent donc le secret. Ou à tout le moins, pas concertée avec leur hiérarchie. On parle ainsi aujourd’hui de "shadow AI".
Les études de la Harvard Business School montrent qu’aux Etats-Unis, on est passé en un an d’un usage professionnel – on utilisait l’IA pour écrire ou améliorer des textes – à un usage privé : ChatGPT et ses avatars sont désormais perçus majoritairement comme des coachs de vie qui prodiguent des conseils en matière de développement personnel, de suivi médical ou sportif.D'après le baromètre HEC/Vivavoice, les cadres ont déjà beaucoup recours à l'intelligence artificielle.
Le chiffre qui m
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12/08 - Les dessous de l’inquiétante militarisation de la politique française, par Daniel Borrillo
Depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19, la métaphore guerrière ne cesse d’être brandie comme une arme politique. Qu’il s’agisse de lutter contre le virus, la drogue, le chômage ou encore le déficit budgétaire, le discours politique est saturé de références au combat. La politique elle-même est devenue une "arène", un "champ de bataille" où il faut désigner clairement l’ennemi et promettre la "victoire" des uns et la "défaite" des autres.
À la suite de l’invasion de l’Ukraine et des menaces proférées par Trump d’abandonner la défense européenne, cette rhétorique est passée du simple outil de communication à une véritable orientation de l’action publique. Inscrite dans une longue tradition, la métaphore guerrière sert à préparer les esprits à la "mobilisation" et au "sacrifice".
À la veille de la fête nationale, le président Macron a annoncé une augmentation de 6,5 milliards d’euros des dépenses militaires sur les deux prochaines années — pour atteindre 64 milliards d’euros en 2027 — face à des menaces allant de la Russie à la prolifération nucléaire. De son côté, Ursula von der Leyen a présenté un plan d’investissement de 800 milliards d’euros pour la défense de l’UE à l’horizon 2030. Ce plan inclut des prêts de 150 milliards d'euros pour les États membres et permet de contourner les règles budgétaires de l'UE pour les dépenses de défense alors que, selon l'International Peace Research Institute, ces dépenses ont atteint un niveau plus élevé qu'à la fin de la guerre froide.
Sur le plan national, le ministre des...
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12/08 - Gaza : derrière l’affaire Nour Atallah, l’endoctrinement des jeunes Palestiniens par le Hamas
Nour Atallah sera restée moins d’un mois en France. Arrivée le 11 juillet sous les projecteurs médiatiques pour poursuivre des études à Science Po Lille, la jeune femme a pris un aller simple pour le Qatar le 3 août. Entre-temps, plusieurs de ses messages postés sur les réseaux sociaux ont été exhumés. Elle y exprimait sa haine des juifs, son soutien aux massacres du 7 octobre et son admiration pour Adolf Hitler. "Elle n’a pas sa place à Sciences po, ni en France", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Le parquet de Lille a ouvert une enquête pour apologie du terrorisme et apologie de crime contre l’humanité. Le gouvernement a gelé les évacuations des Gazaouis vers la France alors même que la situation humanitaire ne cesse de s’aggraver dans l’enclave palestinienne.
Lors de l’examen – censé être très pointilleux - de sa demande d’émigration, le cas de Nour Atallah n’avait pourtant éveillé aucun soupçon. Lorsque les jeunes gazaouis postulent pour une bourse du ministère des Affaires étrangères, ils entrent en contact avec le consulat de France à Jérusalem, ambassade officieuse de notre pays pour les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-est. Les services de l’attaché culturel vérifient leur niveau académique et leur maîtrise du français. Une fois acceptée, la candidature passe au crible d’une double vérification sécuritaire : celle des services israéliens du Cogat, un organisme du ministère de la Défense chargé de l’administration des civils gazaouis, et celle du ministère de...
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11/08 - Suicide d’un empire scientifique : Donald Trump sur les traces de Hitler et Staline
Roald Sagdeev a déjà vu un empire scientifique se décomposer de l’intérieur. Lorsque Sagdeev a commencé sa carrière, en 1955, la science en Union soviétique était à son apogée. A l’Institut Kourtchatov de Moscou, il étudiait les réactions thermonucléaires qui se produisent à l’intérieur des étoiles. A quelques tables de là, Andreï Sakharov développait la bombe à hydrogène. Le programme spatial soviétique allait bientôt stupéfier le monde entier en mettant en orbite le premier satellite, puis le premier être humain. Sagdeev se souvient encore des cris de la foule qui accueillait les cosmonautes à leur retour sur la place Rouge. Mais même pendant ces années de triomphe, il a vu la corruption ronger la science soviétique comme un poison lent.
Le danger était présent depuis la fondation de l’URSS. Les bolcheviks qui ont pris le pouvoir en 1917 voulaient envoyer les scientifiques dans des camps de travail dans l’Arctique (Lénine est intervenu en leur faveur). Lorsque Staline lui a succédé, il a généreusement financé certaines recherches, mais a insisté pour qu’elles soient conformes à l’idéologie officielle. Sagdeev rappelle que ses manuels scolaires décrivaient Staline comme le père de tous les domaines de la connaissance et attribuaient aux Soviétiques la paternité de toutes les inventions technologiques jamais réalisées. Plus tard, lors de conférences scientifiques, Sagdeev a entendu des physiciens critiquer le principe d’incertitude de la physique quantique au motif qu’il était en contradiction avec le marxisme.
En...
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11/08 - Washington : Donald Trump déploie la Garde nationale et prend le contrôle de la police
Donald Trump a annoncé, ce lundi 11 août, placer le maintien de l’ordre dans la capitale Washington sous le contrôle des autorités fédérales, ainsi que le déploiement de militaires de la Garde nationale, des mesures exceptionnelles pour cette ville qu’il dit "envahie par des gangs violents".
Alors que les statistiques officielles montrent une baisse de la criminalité violente à Washington, le président américain a déclaré invoquer une mesure qui l’autorise à prendre le contrôle de la police de cette ville au statut particulier aux Etats-Unis.
"C’est devenu une situation d’anarchie complète et totale, et nous allons nous débarrasser des bidonvilles", a affirmé Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, après avoir sommé les sans-abris de Washington de partir "loin" de la ville dans une publication la veille sur sa plateforme Truth Social."Nous allons nettoyer ça bien rapidement"
Le président républicain a aussi promis que son initiative ne s’arrêterait pas à Washington, où il a décrété un état d’urgence. "Ça va aller plus loin. Nous commençons de manière très forte à (Washington) et nous allons nettoyer ça bien rapidement", a-t-il déclaré.
Donald Trump a aussi dit déployer 800 militaires de la Garde nationale, un corps de militaires de réserve, "afin de rétablir la loi, l’ordre, et la sécurité publique". Il avait déjà mobilisé en juin la Garde nationale en Californie, contre l’avis du gouverneur démocrate, Gavin Newsom, affirmant vouloir ainsi rétablir l’ordre à Los Angeles après des...
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11/08 - Etienne Augris sur l’art des Kompromat : "Les services soviétiques puis russes ont acquis un véritable savoir-faire"
Quel est le point commun entre Sénèque, certains empereurs byzantins, Jean sans Terre, les Templiers, Talleyrand, les victimes des purges staliniennes, le général Rondot et tant d’autres ? Tous ont été les objets d’une manipulation pour les discréditer. Auteur de Philippe Rondot maître espion (Novice, 2023), l’historien Etienne Augris a dirigé un passionnant ouvrage collectif, Changer de camp (Novice, 2024), sur les volte-faces dans l’histoire du XXe siècle : de Gustave Hervé à Roger Garaudy, en passant par Jacques Doriot, Marie-Madeleine Fourcade, Jacques Soustelle, Jacques Chevallier, Jacques Pâris de Bollardière… une saisissante galerie de portraits.
L’Express : Peut-on dater le plus vieux kompromat de l’Histoire ?
Etienne Augris : Depuis l’Antiquité, les hommes et les femmes de pouvoir ont cherché à éliminer leurs adversaires politiques par tous les moyens. La meilleure façon d’amoindrir un opposant, c’était déjà d’atteindre sa respectabilité. Chez les Grecs, les Athéniens pratiquaient l’ostracisme, manière de se débarrasser d’un adversaire après un vote du peuple. Dans le droit romain, l’infamie conduisait à priver le citoyen de son honneur civil. D’autres outils existaient comme la relégation, qu’Auguste utilisa contre Ovide, forcé de s’exiler sur les rives de la mer Noire. Il en fut de même pour Sénèque, relégué en Corse par Messaline, l’épouse de l’empereur Claude.
Quels châtiments le Moyen Age a-t-il légués ?
L’aveuglement est parfois utilisé. On arrache ou on crève les yeux de celui qui est considéré...
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11/08 - Mali : ce que l’on sait de la vague d’arrestations de dizaines de militaires par la junte
Une vague d’interpellations au sein de l’armée. Au Mali, les autorités ont procédé ces derniers jours à l’arrestation de dizaines de militaires, dont deux généraux, soupçonnés de vouloir renverser la junte, arrivée au pouvoir après deux coups d’État successifs en 2020 et 2021. Depuis son arrivée, celle-ci a mis en place d’importantes restrictions de libertés, dans un pays menacé par des groupes djihadistes et qui connaît régulièrement des troubles politiques.55 arrestations au sein de l’armée
Depuis la semaine dernière, au moins 55 militaires, dont deux généraux, ont été arrêtés selon des sources sécuritaires et des proches des personnes concernées. Ces arrestations se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi, ont-elles confirmé, contactées ce lundi 11 août par l’AFP. "Il y a des arrestations liées à une tentative de déstabilisation des institutions", a indiqué l’une d’entre elles.
Une autre source au sein de l’armée a affirmé que les autorités ont "procédé aux arrestations nécessaires" pour contrer une "tentative de déstabilisation" de l’Etat. Selon un membre du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif mis en place par la junte, "tous [les gens arrêtés] sont des militaires". Leur "objectif était de renverser la junte", a poursuivi ce législateur.Garde nationale dans le collimateur de la junte
Les arrestations ont principalement eu lieu au sein de la garde nationale, un corps de l’armée malienne. C’est notoirement le corps d’origine du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, une des...
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11/08 - Sommet Trump-Poutine : pourquoi le choix de l’Alaska est loin d’être anodin
"Un lieu très populaire pour de nombreuses raisons." Avant même l’annonce de la tenue de son sommet avec Vladimir Poutine en Alaska, Donald Trump, fidèle à son art du teasing, avait prévenu : le choix du lieu de cette rencontre ne serait pas anodin. Les deux dirigeants s’entretiendront donc le 15 août prochain, avec ou sans Volodymyr Zelensky, dans l’Etat le plus septentrional des Etats-Unis. Au menu des discussions ? La guerre en Ukraine et un hypothétique accord entre Kiev et Moscou pour mettre fin au conflit, comme évoqué par le président américain.Proximité géographique
Aucune précision n’a été apportée par l’une ou l’autre partie sur l’endroit précis du rendez-vous. Une des options serait Anchorage, la plus grande ville de cet Etat frontalier de la Russie. À son ouest, le détroit de Béring sépare en effet les continents américain et asiatique. "L’Alaska possède la localisation la plus stratégique au monde, au croisement de l’Amérique du Nord et de l’Asie, avec l’Arctique à notre nord et le Pacifique à notre sud", s’est réjoui sur X le gouverneur républicain de l’Alaska, Mike Dunleavy, sur X. "Aucun autre lieu ne joue un rôle plus vital dans notre défense nationale, notre sécurité énergétique et le leadership en Arctique."
Pour Donald Trump, la venue de Vladimir Poutine sur le sol américain peut être affichée comme une petite victoire. Mais, dans les faits, les deux hommes vont être contraints à de longues heures de vol pour rejoindre l’Alaska, un territoire isolé. En effet, à vol d’oiseau, 7000 kilomètres séparent...
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11/08 - Gaza : le journaliste Anas al-Sharif, visage d’Al Jazeera, cible d’un raid meurtrier de l’armée israélienne
Le journaliste Anas al-Sharif, correspondant d’Al Jazeera dans l’enclave palestinienne de Gaza, a été tué dimanche 10 août dans une frappe israélienne le visant, alors qu’il se trouvait dans la tente des journalistes installée devant l’hôpital al-Chifa (Gaza-ville). Il avait 28 ans. La chaîne de télévision a confirmé sa mort avec celle de quatre de ses collègues.
Sept personnes au total ont été tuées dans l’attaque, dont l’autre correspondant d’Al Jazeera, Mohammed Qreiqeh, et les cameramen Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa, selon la chaîne qatarie.
Anas al-Sharif était "l’un des journalistes les plus célèbres de la bande de Gaza, [il] était la voix de la souffrance imposée par Israël aux Palestiniens de Gaza", a estimé l’ONG Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué, en demandant une "action forte de la communauté internationale pour stopper l’armée israélienne"."L’un des journalistes les plus courageux de Gaza"
Anas al-Sharif est né au camp de Jabaliya, le plus grand camp de réfugiés de Palestine, mais sa famille est originaire d’Ashkelon, ville occupée aujourd’hui par Israël. Le jeune homme, qui couvrait la guerre depuis son commencement en octobre 2023, avait décidé de poursuivre son travail après la mort de son père, tué en décembre 2023 alors qu’ils vivaient encore dans le camp de réfugiés.
Marié, père de deux jeunes enfants, il était resté sur le terrain pendant les mois où l’enclave palestinienne était assiégée et affamée, tandis que les journalistes internationaux étaient interdits...
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11/08 - Censure de la loi Duplomb : la politique agricole française est un désastre, par Jean-Luc Demarty
La loi Duplomb, pour la première fois depuis 15 ans, est un petit pas dans la bonne direction de la restauration de la compétitivité de l’agriculture française profondément dégradée par une politique agricole française désastreuse depuis 2010. Malheureusement, le Conseil Constitutionnel a censuré une disposition clé, la réintroduction de l’acétamipride, seul néocotinoïde autorisé en Europe et dans les 26 autres Etats membres, mais interdit en France par la loi depuis 2018 sans aucune évaluation scientifique préalable.
Il a également affaibli par des réserves l’autre disposition clé, la qualification d’intérêt général et public majeur des stockages d’eau destinés à l’agriculture. Une de ces réserves autorise la contestation devant le juge de l’intérêt majeur de chaque projet d’ouvrage concerné. C’est la porte ouverte au harcèlement juridique des agriculteurs par les ONG environnementales avec la complaisance de certains juges, égale à la mansuétude dont ils font preuve à l’égard des violences et dégradations inacceptables auxquelles elles se livrent.Une censure plus politique que juridique
La censure de la réintroduction de l’acétamipride apparaît plus politique que juridique. En 2020, le Conseil Constitutionnel avait validé une dérogation à l’utilisation pour trois ans de plusieurs néocotinoïdes déjà interdits en Europe pour l’enrobage des semences de betteraves. Il est juridiquement incohérent de censurer aujourd’hui une dérogation pour un produit autorisé dans toute l’Europe. Le Conseil constitutionnel se cache...
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11/08 - Plan de Netanyahou pour Gaza : Emmanuel Macron fustige "une fuite en avant dans la guerre permanente"
Emmanuel Macron a réitéré, ce lundi 11 août, sa proposition d’une "mission de stabilisation sous mandat de l’ONU" pour sécuriser la Bande de Gaza, dénonçant "un désastre annoncé" et "une fuite en avant dans la guerre permanente" après l’annonce d’un plan israélien de conquête de la ville de Gaza.
Le président français propose "une coalition internationale sous mandat de l'ONU", "la priorité" pour "lutter contre le terrorisme, stabiliser Gaza, soutenir ses populations et mettre en place une gouvernance de paix et de stabilité", selon l’Elysée. Les otages israéliens et les populations de Gaza "vont continuer d’être les premières victimes de cette stratégie", a-t-il ajouté.
"Nous en avons posé les seules bases crédibles avec l’Arabie saoudite à New York, en obtenant pour la première fois un appel unanime à un désarmement du Hamas et à la libération des otages par les acteurs régionaux", a-t-il ajouté dans une déclaration.Un projet initié à l'ONU
L’idée d’une telle mission avait été avancée le 30 juillet lors d’une conférence à l'ONU qui avait abouti à une déclaration de 17 pays, dont le Qatar et l’Egypte. Cette mission serait destinée notamment à protéger la population civile, à "soutenir le transfert des responsabilités de sécurité" à l’Autorité palestinienne et à fournir des "garanties de sécurité pour la Palestine et Israël, y compris la surveillance" d’un futur cessez-le-feu, avait-il été décidé.
Le président français réagit pour la première fois au projet du gouvernement de Benyamin Netanyahou de prendre le contrôle de la...
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11/08 - "Si nous intensifions la guerre..." : en Israël, l’inquiétude grandit autour du plan de Netanyahou pour Gaza
Ce jeudi 7 août en début de soirée, quelques milliers d’Israéliens se rassemblent sous les fenêtres des bureaux du Premier ministre, nichés au cœur de la cité du gouvernement à Jérusalem. La plupart viennent de Tel-Aviv et brandissent des pancartes à l’effigie des otages encore détenus par le Hamas dans les tunnels de Gaza. "Ils viennent d’entrer en réunion, indique en désignant l’imposant bâtiment Sharar Mor, le neveu d’Avraham Munder, kidnappé au kibboutz Nir Oz le 7 octobre et assassiné par le Hamas peu après. Le cabinet de sécurité va probablement décider d’occuper toute la bande de Gaza et nous sommes là pour dire que c’est une folie. Cette opération met nos otages en danger de mort. Le gouvernement a essayé de les libérer par la force mais cela n’a presque jamais marché. Il faut arrêter cette guerre tout de suite et ramener les otages à la maison".
Sans surprise, mais au terme de discussions acharnées, le cabinet de sécurité israélien a fini par valider, vendredi 8 à l’aube, le plan de Benyamin Netanyahou pour l’occupation de toute la bande de Gaza. Une extension de l’invasion déclenchée au lendemain des massacres du 7 octobre 2023. A ce jour, l’armée israélienne contrôle les trois quarts de l’enclave, depuis Beit Hanoun au nord, jusqu’à Rafah au sud. Dans cette zone, plus de 70 % des bâtiments auraient été détruits ou sérieusement endommagés selon l’ONU. La deuxième ville de la bande de Gaza, Khan Younès, n’existe quasiment plus."Nous devons écraser le Hamas"
Seule Gaza-ville et son agglomération, située au centre...
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11/08 - En Chine, l’arrestation très secrète d’un diplomate ambitieux
Le prétendant au poste de ministre des Affaires étrangères chinois, Liu Jianchao, a été placé en détention par les autorités de Pékin pour être interrogé, a rapporté le Wall Street Journal dimanche 10 août. Dirigeant du Département international - l’organe du Parti communiste chargé de gérer les relations avec les partis politiques étrangers - il a été "enlevé" par les autorités à son retour à Pékin d’un voyage d’affaires fin juillet, précise le journal.
Les raisons de son arrestation sont inconnues. Ni le ministère des Affaires étrangères de la Chine, ni le Département international, ni l’organe disciplinaire du parti n’ont confirmé l’information. Son apparition publique la plus récente remonte au 29 juillet en Algérie, après des réunions dans plusieurs pays africains, ainsi qu’à Singapour notamment à la fin du mois dernier, selon le site internet du Département international.
C’est la plus importante enquête visant un diplomate depuis le limogeage, en 2023, de Qin Gang, alors ministre des Affaires étrangères, suite à la découverte de sa liaison extraconjugale. Mais la détention de Liu Jianchao ne surprend pas, elle s’inscrit dans la vaste campagne disciplinaire de Xi Jinping qui a déjà sanctionné plus de 6,2 millions de personnes depuis 2012 pour corruption, inaction bureaucratique ou divulgation de secrets d’Etat.Un diplomate ambitieux
Liu Jianchao, 61 ans, a servi dans plusieurs ambassades, notamment en Indonésie et aux Philippines, et a été porte-parole du...
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11/08 - En Allemagne, la montée du nazisme racontée dans un best-seller : "L’ambiance résonne avec notre époque"
Presque cent ans. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’écriture du roman Abschied ("Le départ"), de Sebastian Haffner, et sa publication en juin dernier en Allemagne aux éditions Hanser*. Le journaliste allemand, décédé en 1999, avait écrit cette histoire d’amour en 1932, quelques mois avant l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler. C’est d’ailleurs à cette époque que se passe cette autofiction de l’auteur, dont le vrai nom était Raimund Pretzel avant qu’il ne publie sous le pseudonyme de Sebastian Haffner.
Il y raconte l’histoire de Teddy, une Allemande émigrée à Paris, et de Raimund, un Berlinois qui la rejoint pour quelques jours. Ils vivent ensemble une vie de bohème en France alors qu’en Allemagne plane déjà l’ombre du IIIe Reich. Rapidement après sa sortie, le roman est passé en tête des ventes du classement élaboré par le magazine Der Spiegel, et reste dans le top 10 des livres les plus vendus en Allemagne début août. Plus de 60 000 exemplaires ont déjà été écoulés et les droits ont été vendus dans six pays européens et aux Etats-Unis.
Ce qui rend ce roman si singulier n’est pas seulement sa publication posthume, mais aussi le fait que Sebastian Haffner n’est pas connu comme romancier. Né à Berlin en 1907, l’auteur étudie d’abord le droit avant de se consacrer à l’écriture. Amoureux d’une journaliste d’origine juive, il émigre avec elle en Grande-Bretagne, en 1938, où il se fera connaître pour ses éditoriaux et un livre analysant le Troisième Reich, Germany : Jekyl and Hyde. Il retourne ensuite en Allemagne en 1954...
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11/08 - Guerre au Moyen-Orient : retrouvez tous nos contenus
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11/08 - Trump-Poutine : Volodymyr Zelensky sera-t-il le troisième homme du sommet en Alaska ?
Sera-t-il laissé de côté, ou, contre toute attente, autorisé à participer aux discussions ? Cinq jours avant la rencontre prévue entre Donald Trump et Vladimir Poutine, vendredi 15 août en Alaska (Etats-Unis), la question de la présence de Volodymyr Zelensky à ce sommet historique n’est toujours pas tranchée. Depuis l’annonce, ce week-end, de ce rendez-vous diplomatique destiné à ouvrir la voie vers la fin du conflit qui oppose Kiev et Moscou, Washington souffle le chaud et le froid au sujet de l’invitation du président ukrainien.
La séquence semblait d’abord s’orienter vers un échange bilatéral entre le milliardaire républicain et le maître du Kremlin. "La rencontre tant attendue entre moi-même, président des États-Unis d’Amérique, et le président russe Vladimir Poutine aura lieu vendredi prochain", s’était ainsi félicité Donald Trump, dans un message publié sur son réseau Truth Social. Nulle mention du président ukrainien dans cette annonce. Au moment de fixer une date de réunion avec Moscou, la Maison-Blanche avait pourtant bien tenté d’impliquer Volodymyr Zelensky dans ce sommet, a révélé ce week-end le New York Times. Fin de non-recevoir du côté russe.Porte ouverte par Washington
Alors que Donald Trump évoque de possibles "échanges de territoires" entre l’Ukraine et la Russie dans le cadre d’un éventuel accord de paix, Kiev peut légitimement s’inquiéter d’être tenu à l’écart des pourparlers en Alaska. "Toute décision défavorable à nous,...
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11/08 - Nvidia et AMD verseront à Washington 15 % de leurs revenus sur la vente de puces IA à la Chine
Les géants américains des semi-conducteurs Nvidia et Advanced Micro Devices ont accepté de verser au gouvernement américain 15 % de leurs revenus provenant de la vente de puces IA à la Chine, selon des informations parues dimanche dans les médias.
Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a rencontré le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche mercredi et a accepté de reverser au gouvernement américain une partie de ses revenus, un arrangement très inhabituel dans le commerce international des technologies, selon des informations publiées dans le Financial Times, Bloomberg et le New York Times. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier immédiatement ces informations.Une rivalité technologique entre Pékin et Washington
Le mois dernier, Nvidia, premier producteur mondial de semi-conducteurs, est devenu la première entreprise à dépasser les 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, montrant à quel point les marchés misent sur l'intelligence artificielle, en train de révolutionner l'économie mondiale. La société californienne est au coeur de la rivalité technologique entre Pékin et Washington. L'accès des entreprises chinoises à ses puces avancées "H20" constitue un enjeu majeur dans les discussions commerciales entre les deux puissances. Mais début juillet, Nvidia a indiqué qu'il reprendrait les ventes de ses puces H20 en Chine, après que les autorités américaines ont levé certaines restrictions à l'exportation vers le pays asiatique.
La société Advanced Micro Devices (AMD), basée dans la Silicon...
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11/08 - Eric Trappier à la tête de Dassault : les coulisses d’un changement d’ère
Cette semaine, La Loupe a choisi de s’intéresser au fleuron tricolore de l’aéronautique, Dassault qui a récemment changé de direction. Une réorganisation discrète de pouvoir pour une entreprise qui n’a eu que quatre patrons en près d’un siècle. Dans cet épisode, Béatrice Mathieu, grand reporter spécialiste de l’économie à L’Express, nous raconte les dessous de cette passation de pouvoirs inédite.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Léa Bertrand (écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : France 5, Europe 1, Télé Loisirs, Le Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Pour débuter notre série, je vous emmène au 9 Rond-Point des Champs-Elysées à Paris. C’est ici qu’on entre au cœur de l’empire Dassault. Il faut pousser les grilles en fer forgé, grimper quelques marches en pierre. Nous voilà dans le salon d’entrée de l’hôtel d’Espeyran.
Au mur, on aperçoit lʼun des derniers exemplaires de l’hélice "Eclair", première invention en 1916 de Marcel Dassault, le fondateur du groupe. En dessous, son portrait aligné avec ceux de ses fils, Claude et Serge, et celui de lʼun de ses petits-fils, Olivier.
On trouve aussi beaucoup de photos d’avions. Des clichés dʼOlivier Dassault dans lʼune des salles de travail. Si on marche un...
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11/08 - Mixité sociale à l’école : "Les amitiés transclasses, nouées au collège, influencent le reste de la vie"
A quel point l’origine sociale des élèves influe-t-elle sur leur amitié ? C’est la question originale posée par Timothée Chabot, maître de conférences à l’université Toulouse Jean Jaurès, dans son livre Les amitiés au collège. Mixité sociale et relations entre élèves (PUF, juin 2025). "En France, on adore parler de l’école, grand thème de débat sur le plan sociologique et politique ! Or l’institution est essentiellement perçue comme celle qui va aider l’enfant à se préparer à la vie d’adulte et à obtenir un diplôme. On a tendance à oublier que c’est aussi un lieu de vie où les élèves interagissent entre eux quotidiennement et sur une longue période", explique le chercheur.
L’une des conclusions de son étude est que les collégiens échappent davantage que les adultes à "l’homophilie sociale", cette tendance qui consiste à aller vers des gens qui nous ressemblent socialement. "Les collèges socialement mixtes font partie des rares endroits propices au brassage. Ensuite, plus on avance en âge, plus les occasions de se mêler à d’autres groupes sociaux que le nôtre se raréfient", insiste Timothée Chabot dont le livre est un véritable plaidoyer en faveur de la mixité sociale à l’école. Démonstration.
L’Express : Dans quels types d’établissements avez-vous réalisé votre enquête ?
Timothée Chabot : J’ai sélectionné quatre collèges socialement mixtes c’est-à-dire qui abritent des enfants issus à la fois des classes moyennes, supérieures et populaires. Ces établissements ont des caractéristiques très variées puisqu’ils appartiennent pour...
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11/08 - Arabie saoudite : MBS, le maître chanteur par excellence
L’homme le plus riche du monde, piraté par l’homme plus puissant du Moyen-Orient. Depuis 2016, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et Mohammed ben Salmane (MBS), prince héritier d’Arabie saoudite, entretiennent une relation cordiale.
Une "bromance", malgré ce qui pourrait les séparer : Bezos est propriétaire du Washington Post, où Jamal Khashoggi, critique de MBS, tient une chronique. Le 1er mai 2018, sur WhatsApp, Jeff Bezos clique sur un fichier vidéo MP4 vérolé, envoyé depuis le compte du prince saoudien.
De larges quantités de données sont exfiltrées du smartphone du milliardaire. La fuite se poursuit pendant des mois à son insu. Bezos ne la découvrira que plus tard, après avoir mandaté un cabinet spécialisé, FTI Consulting.Des textos enflammés
En janvier 2019, le patron d’Amazon comprend que son téléphone est vérolé : le National Enquirer, hebdomadaire à scandale américain, publie les textos enflammés échangés avec Lauren Sanchez, sa maîtresse. Les soupçons se portent d’abord vers le frère de l’ancienne présentatrice télé, qui aurait vendu les messages, puis vers Riyad.
Une enquête de deux experts indépendants de l'ONU révèle un an plus tard qu’en novembre 2018 et février 2019, MBS a envoyé à Bezos des messages contenant des informations confidentielles sur sa vie privée, pour l’intimider. Des accusations que l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a qualifiées "d’absurde"… mais qui rentrent dans une stratégie de pression sur Bezos et son journal. Pour Jamal Khashoggi, le pouvoir saoudien a opté pour une méthode...
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11/08 - Dans le match face aux Etats-Unis, la Chine a-t-elle atteint son plafond de verre économique ?
Il y a certains termes que l’on peine à traduire dans toutes leurs nuances. Souvent car ils désignent un phénomène propre à une culture ou un pays. C’est le cas de neijuan, en chinois. Littéralement "involution" - ou "spirale d’évolution vers l’intérieur" - ce mot est employé pour désigner la compétition exacerbée entre industriels chinois qui font pression sur leurs prix. Un symbole du malaise économique du pays et de la frustration qu’il engendre.
Jusqu’à récemment, la trajectoire de la Chine était spectaculaire. Pendant de nombreuses années, elle a affiché une croissance à deux chiffres, s’imposant comme la locomotive de l’économie mondiale. Le fossé avec les Etats-Unis s’est considérablement réduit. Alors qu’au début des années 1990 son PIB équivalait à moins d’un dixième de l’américain, il en représentait plus de 60 % en 2024. A tel point que certains experts, dont l’ancien économiste de la Banque mondiale Justin Lin Yi Fu, ont assuré que l’économie chinoise détrônerait les Etats-Unis aux alentours de 2030.
Comme souvent, le constat dépend de la focale. En parité de pouvoir d’achat, l’Empire du Milieu fait déjà la course en tête. Mais en termes de richesse totale en dollars courants - et d’autant plus en PIB par habitant - c’est une autre histoire. Le président Xi Jinping a récemment fixé l’échéance du dépassement à 2049, date du centenaire de la République Populaire de Chine. Mi-juillet, le pays s’est félicité d’un taux de croissance supérieur aux attentes. En cause, un effet d’anticipation des droits de douane qui a...
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10/08 - Plus de seniors, moins de guerres ? Cette "Pax Geriatrica" à venir, par Mark L. Haas
La grande majorité des pays du monde vivent une révolution démographique : un vieillissement de la population spectaculaire, soutenu et probablement irréversible. La combinaison de faibles taux de fécondité et d’une espérance de vie élevée a entraîné une hausse significative du pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus, et avec elle, une augmentation constante de l’âge médian de leurs populations. En 1950, environ 5 % de la population mondiale était âgée de 65 ans ou plus. En 2021, ce chiffre avait presque doublé. Même si les taux de fécondité cessaient de baisser et restaient au niveau de 2022, ce qui est peu probable, les Nations unies prévoient que d’ici à 2050, ce pourcentage aura plus que triplé. Bon nombre de ces Etats ne se contentent pas de vieillir ; ils deviennent également plus petits en conséquence. Plus de 40 pays enregistrent une baisse de leur population en raison de faibles taux de fécondité. D’ici à 2050, près de 90 pays verront leur population diminuer d’une année sur l’autre.
Comme l’ont souligné de nombreux analystes, le vieillissement de la population ralentit la croissance économique et nécessite des augmentations de dépenses sociales à destination des personnes âgées. Mais il présente également un avantage, aussi méconnu que significatif, sur le plan international : le vieillissement réduit considérablement le risque de guerre entre Etats. Le XXIe siècle, largement annoncé comme "l’ère du dépeuplement", pourrait également s’avérer plus pacifique.
L’idée que les conflits internationaux...
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10/08 - Benyamin Netanyahou : le nouveau plan israélien pour Gaza est le "meilleur moyen de terminer la guerre"
Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus samedi à Tel-Aviv pour appeler à la fin de la guerre dans la bande de Gaza, au lendemain de l'annonce du plan israélien pour la conquête de la ville de Gaza, la plus grande du territoire palestinien.
Après 22 mois de guerre, le Premier ministre Benyamin Netanyahou est confronté à une très forte pression en Israël et de l'étranger pour mettre fin à son offensive dans la bande de Gaza, où plus de 2 millions de Palestiniens sont menacés d'une "famine généralisée", selon l'ONU.
Selon le plan validé par le cabinet de sécurité israélien, l'armée "se prépare à prendre le contrôle de la ville de Gaza", une agglomération en grande partie détruite dans le nord du territoire, "tout en distribuant une aide humanitaire à la population civile en dehors des zones de combat".Le plan de Netanyahou pour Gaza va "aggraver" la crise humanitaire, critiquent huit pays européens
L’Espagne et sept autres nations européennes ont condamné dimanche le plan d'Israël visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza, avertissant qu'il allait "aggraver" la crise humanitaire et mettre "davantage en péril la vie des otages" israéliens.
Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de huit pays ont indiqué que ce projet "ne ferait qu'aggraver la crise humanitaire et mettre davantage en péril la vie des otages".
Outre celui de l'Espagne, les ministres des Affaires étrangères de l'Islande, de l'Irlande, du Luxembourg, de Malte, de Norvège, du Portugal et de la...
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10/08 - Surveillance de masse : comment Microsoft aiderait le renseignement israélien
Selon The Guardian, le directeur général de Microsoft Satya Nadella a rencontré en 2021 le chef de l’agence de surveillance militaire israélienne jusqu’à fin 2024 Yossi Sariel, pour mettre en place le transfert de grandes quantités d’informations top secrètes issues du renseignement dans le cloud de la société américaine. Cette rencontre aurait, selon le journal britannique, "permis au maître espion d’obtenir le soutien de Nadella pour un plan qui accorderait à l’Unité 8 200 l’accès à une zone personnalisée et isolée au sein de la plateforme cloud Azure de Microsoft".
Une nouvelle capacité tentaculaire de stockage qui aurait permis à l’Unité 8 200, une unité de renseignement de Tsahal, de développer un nouveau système de surveillance de masse intrusif, qui collecte et stocke chaque jour les enregistrements de millions d’appels téléphoniques mobiles passés par des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Ces informations sont corroborées par des enquêtes du site israélo-palestinien anglophone " + 972 Magazine" et de son pendant hébreu "Siha Mekomit".
Le directeur général de Microsoft affirme qu’il ignorait le type de données stockées dans son cloud Azure. "Mais une série de documents internes ayant fuité et des entretiens avec 11 sources de l’entreprise et du renseignement militaire israélien, révèlent comment Azure a été utilisé par l’Unité 8 200 pour stocker cet énorme fichier d’archives des communications quotidiennes des Palestiniens" détaille The...
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10/08 - L’alerte d’Andreas Schleicher, le "père" de Pisa : "Depuis 20 ans, l’Europe fait du surplace en matière d’éducation"
Lorsqu’il s’agit de chercher des modèles éducatifs à l’étranger, les regards se tournent généralement vers Singapour, Macao ou encore la Finlande. Alors, quand Andreas Schleicher, directeur de l’Éducation et des Compétences à l’OCDE et concepteur du célèbre classement Pisa (qui évalue les compétences des élèves de 15 ans, notamment en lecture, en mathématiques et en sciences), cite l’Ukraine en exemple — un pays confronté depuis plus de trois ans aux sirènes d’alerte et aux bombardements, cela ne peut qu’attirer notre attention. Après plusieurs visites en Ukraine ces deux dernières années, ce mathématicien et statisticien allemand qualifiait récemment dans un billet la transformation du système éducatif ukrainien de "leçon pour nous tous". Selon lui, non seulement le pays a su maintenir son système scolaire en fonctionnement malgré la guerre, mais les enseignants sont même parvenus à l’améliorer. "Quand on se rend sur place, on s’attend à voir uniquement des écoles détruites. Mais en réalité, quand on entre à l’intérieur, on découvre beaucoup de choses fascinantes", nous raconte-t-il.
Dans un entretien accordé à L’Express, il partage ses observations sur le terrain et explique en quoi d’autres pays de l’OCDE, dont la France, feraient bien de s’en inspirer. Car, prévient-il, "la plupart des grands succès éducatifs se situent aujourd’hui hors du monde occidental.". Entretien.
L'Express : Vous affirmez que le système éducatif ukrainien est en pleine transformation, et que tous les pays de l’OCDE devraient s’en inspirer. Pour...
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10/08 - Ukraine : la cheffe de la diplomatie européenne convoque une réunion européenne "extraordinaire" lundi
Les présidents russe et américain doivent se retrouver le 15 août en Alaska, aux Etats-Unis, dans le cadre des efforts de M. Trump pour trouver une issue au conflit que la Russie a déclenché en février 2022. Cette rencontre très attendue se déroulera sans Volodymyr Zelensky, qui ne cesse pourtant d'exiger d'être partie prenante. "Un règlement du conflit comprendra des échanges de territoires au bénéfice de chacun", a souligné Donald Trump vendredi, sans donner plus de détails.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rejeté samedi toute cession de territoires à la Russie pour obtenir la paix, avant le sommet annoncé entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui fait craindre à Kiev un accord à ses dépens. Les principaux dirigeants européens, soutiens de Kiev, ont appelé dimanche à renforcer la "pression sur Moscou".Kallas convoque une réunion européenne "extraordinaire" lundi
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a annoncé dimanche la convocation d'une "réunion extraordinaire" lundi des ministres des Affaires étrangères de l'UE, à l'approche de la réunion des présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine. "Tout accord entre les États-Unis et la Russie doit inclure l'Ukraine et l'UE, car c'est une question de sécurité pour l'Ukraine et pour l'ensemble de l'Europe," a insisté Mme Kallas dans un communiqué, avant la rencontre Tump-Poutine prévue vendredi, qui fait craindre à Kiev un accord à ses dépens. "Je convoquerai lundi une réunion...
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10/08 - En Estonie, à la frontière de tous les dangers face à la Russie : "Nous sommes prêts à combattre"
Sous un crachin intermittent, quatre voitures attendent patiemment que le feu vire au vert. Leurs occupants ont passé les contrôles. Encore quelques mètres, la ligne frontalière est là. Derrière des grillages verts épais coiffés de barbelés, sur un côté, la borne russe rouge, verte et rectangulaire, et celle de l’Estonie noire, blanche et ronde, se toisent de toute leur verticale raideur.
Ici s’arrête le territoire de l’Union européenne et de l’alliance militaire de l’Otan. De l’autre côté, le vaste empire de Vladimir Poutine se déploie sur 11 fuseaux horaires, jusqu’au détroit de Béring, sur l’océan Pacifique. Peter Maran, le chef du poste frontière de Luhamaa, à la pointe sud-est de l’Estonie prononce quelques mots dans son talkie-walkie. Les portails surmontés de piques se referment. Une large poutre d’acier sort du sol pour barrer le chemin à un véhicule qui forcerait le passage. Ce dispositif, récemment installé, n’arrêtera pas une armée. Mais les autorités estoniennes espèrent qu’il retiendra une vague de sans-papiers. "On ne se demande pas si elle va arriver, mais quand, explique Peter Maran. Car nos voisins y ont déjà eu droit." De la Finlande à la Pologne, des dizaines de milliers de migrants venus du Moyen-Orient et d’Afrique ont essayé ces dernières années de passer la frontière.Une répétition de l’Histoire ?
Déclenchées par le Kremlin, de telles actions relèvent de cette guerre "hybride" sous le seuil d’un affrontement direct entre armées. L’Estonie s’y prépare, d’autant qu’elle a déjà été victime d’une...
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10/08 - Northvolt : le champion des batteries électriques européennes racheté par une start-up américaine
Une "fourmi" américaine qui rachète un "éléphant" européen. Le groupe suédois Northvolt achève de céder son activité en Pologne, en Suède et en Allemagne à la start-up américaine Lyten, comme l'a annoncé ce dernier le 7 août. Fondé en 2016, Northvolt était considéré comme la pierre angulaire des tentatives européennes de rattraper l’Asie et les États-Unis dans la production de batteries électriques pour voitures. Il était devenu l’un des plus grands fabricants européens de batteries lithium-soufre pour les véhicules électriques, employant plus de 5 000 salariés rien qu’en Suède.
Un ralentissement de la demande, accompagné d’une énorme dette avait poussé Northvolt à déposer le bilan en mars dernier. En juin 2024, BMW avait également annulé une commande de 2 milliards d’euros (1,9 milliard de francs) passée en 2020, pointant notamment des retards de livraison. C’est finalement une startup californienne revendiquant quelque 325 salariés qui rachète l’entreprise pionnière, dont les batteries électriques décarbonées entretenaient l’espoir d’un véritable développement d’une industrie verte européenne.Des doutes sur les capacités de relance par Lyten
"C’est David qui achète Goliath" résume étonné le journal suédois Svenska Dagbladet en réaction à l’annonce, selon qui la firme américaine ne dispose que de 540 millions d’euros de financement pour relancer la production, alors que Northvolt avait collecté près de 15 milliards durant son existence pour faire tourner ses sites de production et de conception. C’est "une fourmi qui s’attaque...
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10/08 - Après cent jours à la tête de l’Allemagne, Friedrich Merz toujours sur sa ligne de crête
"Germany is back", telle était la promesse de Friedrich Merz en devenant chancelier. Mais près de cent jours après avoir ramené les conservateurs au pouvoir en Allemagne, il n'a jamais été aussi impopulaire. Néanmoins, "il est évident que la situation économique et migratoire, les deux objectifs centraux du gouvernement, s'améliorent", constate Wolfgang Schroeder, politologue de l'université de Cassel.
Un bilan des cent premiers jours du gouvernement qui ne satisfait plus que 29% des Allemands, le pire score depuis son entrée en fonction, selon un sondage de la télévision publique ARD publié jeudi.Tour de vis migratoire
Après une campagne législative dominée par l'immigration, le gouvernement Merz a encore donné un tour de vis à sa politique migratoire, tournant un peu plus le dos à la politique d'accueil généreuse d'Angela Merkel en 2015.
Outre des expulsions d'étrangers en hausse, dont celles de 81 criminels vers l'Afghanistan et de 40 personnes vers l'Irak, le gouvernement a décidé le refoulement des demandeurs d'asile aux frontières. Il a aussi modifié la législation afin de limiter le regroupement familial pour certaines catégories de réfugiés, et d'allonger les délais d'accès à la nationalité allemande. M. Merz espère ainsi "regagner la confiance" des électeurs séduits par l'extrême droite.Economie: toujours des vents contraires
Après deux années de récession, liées notamment à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et la hausse des coûts de l'énergie qui a suivi, la première économie européenne...
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10/08 - Suppression de deux jours fériés : le gouvernement confirme viser un rendement de 4,2 milliards d’euros dès 2026
Le gouvernement a confirmé viser un rendement de 4,2 milliards d'euros dès 2026 pour le budget de l'État avec la suppression de deux jours fériés, selon le document d'orientation adressé aux partenaires sociaux, consulté par l'AFP dimanche. Dans ce courrier, le gouvernement souhaite "porter en projet de loi de finances pour 2026 une mesure de suppression du caractère férié de deux jours, le lundi de Pâques et le 8 mai", pour les salariés du secteur privé comme du public, ajoutant que le choix des deux jours concernés peut encore être "discuté".
Le gouvernement invite les partenaires sociaux de lui faire savoir "d'ici au 1er septembre" s'ils souhaitent engager une négociation, qui devra le cas échéant se conclure "au plus tard le 30 septembre". "Les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail" et "en contrepartie, les employeurs du secteur privé s'acquitteront d'une contribution qui sera affectée au budget de l'Etat", un dispositif calqué sur celui de la journée de solidarité.
Le Premier ministre François Bayrou avait évoqué le 15 juillet la suppression de deux jours fériés pour participer à l'effort budgétaire. Les modalités de la mise en œuvre de cette mesure, présentée comme un levier pour augmenter le volume annuel de travail, produire davantage et renforcer la compétitivité économique de la France, doivent encore être précisées.
Ce document d'orientation a été envoyé samedi aux partenaires sociaux en même temps que la "lettre de cadrage"...
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10/08 - De "Assassin’s Creed" à "Clair Obscur", le triomphe de l’école française du jeu vidéo
Vendredi 21 décembre 1985, le sénateur Albert Pérignac est retrouvé mort dans le TGV 618 reliant Lyon à Paris. Malaise ? Accident ? Crime ? Une course contre la montre s’engage : il faut élucider le mystère, avant que le train n’arrive en gare et que le suspect ne s’échappe. C’est le scénario de base de Meurtre à grande vitesse, développé par Cobrasoft, l’un des tout premiers jeux vidéo français. Sur un écran de 200 x 300 pixels, les joueurs déplacent une petite icône représentant leur personnage à travers les wagons du train, et n’ont que quelques options d’action. Sorti en 1985 sur Oric, un micro-ordinateur ancêtre des machines d’aujourd’hui, Meurtre à grande vitesse ne pèse que 48 kilo-octets, tient sur une cassette et est l’un des premiers grands succès tricolores du jeu vidéo, avant même que l’industrie n’existe.
"On n’était pas encore dans une logique de business. On se faisait plaisir, et si on gagnait un peu de sous en plus, c’était un bonus", raconte aujourd’hui Bertrand Brocard, qui a développé seul Meurtre à grande vitesse en 1985. A l’époque à la tête de l’entreprise d’imprimerie ARG, Bertrand Brocard est également passionné par les micro-ordinateurs et toutes les possibilités qu’ils ouvrent : "J’avais déjà fait du cinéma, et je me suis rendu compte qu’il s’agissait de formidables outils pour raconter des histoires."
Depuis la sortie de Meurtre à grande vitesse, le jeu vidéo a connu une révolution. Il est devenu la première industrie culturelle au monde, bien loin devant le cinéma et l’édition. Le secteur pesait...
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10/08 - Sommet en Alaska : Vladimir Poutine obtient ce qu’il veut de Donald Trump
Un nouveau tournant à 180 degrés de Donald Trump donnera lieu dès vendredi prochain à un sommet entre Vladimir Poutine et le président américain, particulièrement attendu par le Kremlin. À la fin du mois de juillet, Donald Trump faisait pourtant sentir à son homologue russe qu’il était sur le point de lui filer entre les doigts, lassé par les nombreux rounds de négociations téléphoniques informelles et inefficaces pour mettre fin aux attaques russes en Ukraine. Et menaçant du même temps de sanctionner drastiquement la Russie grâce à des droits de douane extra-punitifs. Et surtout, les pays qui achètent son pétrole.
À l’approche de la date butoir pour l’application des sanctions - le 8 août - et pour allécher le seul partenaire occidental capable de l’aider à déstabiliser l’ordre de sécurité européen, Vladimir Poutine a récemment changé de discours, acceptant finalement de parler la langue immobilière et transactionnelle de Donald Trump. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social le 8 août, ce dernier a annoncé avec triomphe que "des échanges de territoires" auront lieu lors d’un sommet le 15 août en Alaska entre les deux dirigeants. "Nous allons restituer des territoires et nous allons en échanger. Il y aura des échanges de territoires au bénéfice de chacun", a-t-il écrit. Le Kremlin quant à lui, n’a pas encore confirmé ses intentions lors de cette rencontre.Un bail de 49 à 99 ans sur certains territoires colonisés ?
Depuis le début du conflit, Moscou réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions...
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10/08 - "Où les étoiles tombent" de Cédric Sapin-Defour, le livre touchant de la rentrée
Qui, en 2014, aurait pu prédire que l’alpiniste et écrivain Cédric Sapin-Defour connaîtrait un jour un tel succès ? Cette année-là, il publie chez un petit éditeur un Dico impertinent de la montagne. Il se spécialise ensuite dans la littérature post-Frison-Roche : tous parus chez Paulsen, Gravir les montagnes est une affaire de style (2017), Les Sept Vies de François Damilano (2018), Espresso (2019) et Double Espresso (2020) ne rencontrent chacun que quelques milliers de lecteurs. L’auteur décolle en 2023 avec Son odeur après la pluie, son fameux livre sur son bouvier bernois, vendu à 650 000 exemplaires (en additionnant le grand format, le poche et l’adaptation en bande dessinée). Les décollages trop spectaculaires s’accompagnent parfois de crashes douloureux. C’est tout le sujet de ce nouveau récit, Où les étoiles tombent.
Le vendredi 12 août 2022, le même jour que la tentative d’assassinat au couteau dont est victime Salman Rushdie aux Etats-Unis, un autre drame a lieu dans une vallée de la province de Bolzano, en Italie. Cédric Sapin-Defour et sa femme Mathilde s’élancent en parapente ; cette dernière chute d’une centaine de mètres, se brisant onze vertèbres au passage. Soins intensifs, service de neurochirurgie, puis transfert de la blessée vers Grenoble : Sapin-Defour raconte station par station le chemin de croix de son épouse. Avant son accident, Mathilde se pinçait le ventre en disant qu’elle devrait arrêter la bière et le saint-marcellin. A moitié paralysée sur son lit d’hôpital, elle n’est plus...
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10/08 - Nouvelle-Calédonie : le président du FLNKS appelle à rejeter l’accord de Bougival
L'issue ne fait guère de doute : l'ensemble des structures (partis et syndicats) qui composent le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS) de Nouvelle-Calédonie se sont d'ores et déjà prononcées contre l'accord de Bougival, signé le 12 juillet au terme de dix jours d'intenses négociations entre indépendantistes et non-indépendantistes sous l’égide du ministre des Outre-mer, Manuel Valls.
Le texte, négocié en région parisienne, prévoit notamment la création d'un "Etat de Nouvelle-Calédonie" et d'une nationalité calédonienne, ainsi que la possibilité de transférer des compétences régaliennes (monnaie, justice, police). Mais bien que qualifié d'"historique" par les loyalistes, il a aussitôt suscité une levée de boucliers du côté des militants indépendantistes, car il ne ne prévoit pas de nouveau référendum sur l'indépendance.Rejet "clair et sans ambiguïté" de l'accord
A l'ouverture d'un congrès extraordinaire samedi à La Conception, en banlieue de Nouméa, le président du FLNKS Christian Tein a appelé, dans un déclaration lue par une militante, à un rejet "clair et sans ambiguïté" de l'accord. Ses dispositions "ne sont que l'illustration du mépris de la puissance administrante à l'égard de notre combat pour la reconnaissance en tant que peuple colonisé", selon lui.
Sous contrôle judiciaire, Christian Tein est interdit de séjour dans l'archipel français du Pacifique et a assisté aux débats par visio-conférence. Libéré le 13 juin après un an de détention provisoire à la prison de Mulhouse-Lutterbach...
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10/08 - David W. Blight (Yale) : "Ce que fait Donald Trump avec l’histoire américaine est une forme de fascisme"
Sans avertissement, sans communiqué, le panneau avait disparu. En juillet, les visiteurs du Musée national d’histoire américaine de la Smithsonian Institution à Washington ont découvert que toute mention des deux procédures de destitution engagées contre Donald Trump avait été discrètement retirée d’une salle d’exposition. Une information révélée par le Washington Post le 31 juillet. Quelques jours plus tard, la direction de l’établissement s’exprimait sur ce retrait dans un communiqué, invoquant le fait que ce panneau n’était pas en adéquation visuelle avec le reste de l’exposition. Pour couronner le tout, ce dernier gênait également la visibilité de l’une des vitrines du musée.
Ce n’est pas la première fois que l’histoire américaine est attaquée sous l’administration Trump. A l’approche du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, le président a engagé une vaste réécriture du récit national. Décrets exécutifs, pressions sur les institutions culturelles, révision des contenus exposés dans les musées publics : le républicain multiplie les initiatives pour imposer sa version de l’histoire des Etats-Unis. La Smithsonian Institution, l’un des fleurons culturels du pays, est au cœur de cette bataille. Pour comprendre ce qui se joue en coulisses, L’Express a interrogé l’historien américain de renom David W. Blight, également professeur à Yale et collaborateur au New York Times. Selon lui, cela ne fait nul doute : un virage vers le "fascisme" est plus qu’entamé.
L’Express : Croyez-vous à la justification du musée,...
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10/08 - "Des confidences sur l’oreiller" : comment les espions chinois ciblent la France
Le baijiu est un alcool de riz populaire au nord de la Chine. Il est très fort : les liqueurs disponibles dans le commerce titrent à 50 ou 65°. "Il suffit de deux verres pour que ça commence à chauffer", commente Christophe Simoni. Il y a dix ans, le Français est à la tête du département qualité d’une grande entreprise d’ameublement française en Asie. En virée avec des fournisseurs chinois après d’intenses négociations, il vacille. "En un clin d’œil, je me suis retrouvé dans un karaoké, deux jeunes femmes à mes côtés", se souvient-il. L’ambiance détendue est ponctuée de remarques sur leurs négociations. "Plus je buvais, plus ils me posaient des questions sur l’entreprise. C’est courant. Parfois, ils ont même essayé de faire signer des contrats pendant ces soirées", se rappelle Simoni - qui assure ne pas avoir craqué.
L’épisode est coutumier dans le milieu. "Pendant que les Français boivent, certains de leurs homologues chinois restent en retrait, pour pouvoir poser les bonnes questions le moment venu", observe un ancien de la Sisse, à Bercy - le service de l’information stratégique et de la sécurité nationale, qui protège nos actifs économiques les plus sensibles. "La soirée peut paraître innocente, mais le Parti communiste a des comités de surveillance dans chaque entreprise, poursuit-il. Il y a un continuum naturel entre l’économie et le renseignement." Les agents de la DGSI et, côté défense, de la DRSD, préviennent donc les cadres avant leurs missions en Chine. Evitez d’amener ordinateur et smartphone personnels ;...
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09/08 - Après le Mozambique, l’Angola : l’Afrique australe, en proie à l’instabilité régionale
En novembre 2025, l'Angola fêtera les cinquante ans de son indépendance vis-à-vis du Portugal. Depuis le 11 novembre 1975, le pays est gouverné par le même parti : le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l'Angola), dont est issu l'actuel président João Lourenço, élu en 2017. Mais ces derniers jours, des voix s'élèvent dans le pays pour exiger la démission de ce dernier, après que des manifestations violentes ont éclaté dans le pays, en réaction à l'augmentation des prix du pétrole.
Les révoltes ont rapidement dégénéré en pillages, dans un pays où "huit familles sur dix se trouvent en situation d'insécurité alimentaire", selon les données de l'Institut National des Statistiques (INE), publiées dans le Novo Jornal. Selon le calcul de la presse angolaise, on compte au moins 30 morts, 270 blessés (un grand nombre par les forces de l'ordre), et 1 500 arrestations : l'un des épisodes les plus violents de l'Histoire récente du pays.
Après une pétition lancée par l'opposition samedi 8 août, c'est désormais du propre camp présidentiel qu'émanent les critiques. Ce dimanche, des militants du MPLA ont annoncé à l’agence de presse Lusa avoir saisi le Tribunal Constitutionnel pour faire destituer le chef de leur parti, l'accusant de précipiter l'Angola dans "le chaos social".Les carburants au cœur de la discorde
A l'origine de la crise, l'annonce par le gouvernement début juillet d'une baisse des subventions sur le prix du pétrole, pour réduire les dépenses publiques. Depuis 2023, l'Etat angolais tente en effet de...
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09/08 - Un diplomate algérien visé par un mandat d’arrêt international pour l’enlèvement d’un opposant en France
Le mandat d'arrêt, visant S. S., un Algérien âgé de 37 ans, a été émis le 25 juillet par un juge d'instruction pour arrestation, enlèvement et séquestration en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle, selon cette même source. Une source judiciaire a confirmé à l'AFP l'émission de ce mandat d'arrêt "contre l'ancien premier secrétaire de l'ambassade d'Algérie en France".
Le 23 juillet, le parquet national antiterroriste (Pnat), qui a repris l'enquête en février, avait requis la délivrance d'un mandat d'arrêt contre S. S., estimant qu'il existait des "présomptions graves" qu'il ait commis les faits reprochés, a-t-elle précisé. L'influenceur Amir Boukhors, dit Amir DZ, avait été enlevé le 29 avril 2024 en région parisienne puis relâché le 1er mai.
Dans un rapport d'enquête daté d'avril, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) incrimine cet ancien haut responsable de l'ambassade algérienne à Paris, avait rapporté une autre source proche du dossier. Présenté comme un "sous-officier algérien de la DGDSE", un service de renseignement de ce pays, S. S. aurait été présent à Paris "sous la couverture diplomatique de premier secrétaire" de l'ambassade d'Algérie.
C'est "une avancée importante pour éviter autant que possible l'impunité des agents algériens impliqués dans les faits qui sont d'une évidente gravité", a réagi Eric Plouvier, avocat d'Amir Boukhors, sollicité par l'AFP. L'homme n'est probablement plus en France et pourrait faire valoir une éventuelle...
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09/08 - Assurance chômage : le gouvernement vise "2 à 2,5 milliards d’euros" d’économies par an sur quatre ans
Le gouvernement a adressé aux partenaires sociaux la "lettre de cadrage" sur l'assurance chômage, feuille de route fixant le cadre de la négociation d'une nouvelle réforme, avec l'objectif d'atteindre "2 à 2,5 milliards d'euros" d'économies par an de 2026 à 2029, selon le document consulté samedi par l'AFP. S'ils acceptent d'ouvrir une négociation sur l'assurance chômage, patronat et syndicats sont invités à s'accorder d'ici le 15 novembre et à dégager entre "2 milliards d'euros et 2,5 milliards d'euros" d'économies par an en moyenne au cours des quatre prochaines années, "avec une montée en charge progressive" pour atteindre "a minima 4 milliards d'euros d'économies en régime de croisière à partir de 2030", selon ce document.
Afin de "favoriser le retour rapide à l'emploi", le document de cadrage ajoute qu'il faudra "modifier la durée minimale d'emploi et la période de référence nécessaire à l'ouverture d'un droit au chômage qui détermine la durée maximale d’indemnisation". "La situation financière du régime de l'assurance chômage et la nécessité de travailler plus nombreux rendent nécessaire une évolution des règles de l'assurance chômage", écrit le Premier ministre, François Bayrou, dans sa lettre aux partenaires sociaux accompagnant le document de cadrage. Plaidant qu'"il faut travailler plus", François Bayrou avait souhaité le 15 juillet que les partenaires sociaux ouvrent de telles négociations sur l'assurance chômage pour participer à l'effort budgétaire.Colère des syndicats
Les syndicats avaient alors...
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09/08 - Rémy Slama (ENS) : "Avec le réchauffement climatique, suicides et violences augmentent"
En partenariat avec l’Ecole normale supérieure (ENS-PSL), L’Express interroge cet été des chercheurs de l’un des fleurons de l’enseignement français. A la fois grande école et université, Normale sup a la particularité d’avoir des enseignants-chercheurs en pointe en mathématiques, en IA, en biologie, en sciences cognitives comme dans les sciences humaines (littérature, philosophie, économie, histoire…), cumulant 14 prix Nobel et 12 médailles Fields.
Rémy Slama est spécialiste en épidémiologie environnementale, récemment converti aux recherches sur les effets sanitaires du réchauffement de la planète. Depuis le printemps 2024, ce scientifique, directeur de recherche à l’Inserm, a rejoint l’Institut de biologie de l’ENS pour développer une structure à l’interface entre changement climatique et santé, le Parsec (Paris recherche santé environnement climat).
Impliqué de longue date dans le combat contre la pollution de l’air et ses conséquences délétères, il nous explique pourquoi la bataille pour réduire les gaz à effet de serre lui paraît aujourd’hui être le meilleur levier pour sauver à la fois la planète et notre santé. Entretien.
L’Express : Vous étiez surtout connu pour vos travaux sur les effets sur la santé de la pollution atmosphérique et des perturbateurs endocriniens. Pourquoi vous êtes-vous orienté vers la question des liens entre santé et climat ?
Rémy Slama : Mes recherches sur les conséquences de la pollution sur la santé m’ont d’abord conduit à m’intéresser à l’exposome, un concept qui vise à analyser les...
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09/08 - Le sénateur Laurent Duplomb (LR) n’exclut pas un nouveau texte pour réintroduire l’acétamipride
Le sénateur LR Laurent Duplomb, dont la loi a été en partie censurée la veille par le Conseil constitutionnel, n'a pas exclu vendredi un nouveau texte pour réintroduire le pesticide acétamipride contesté, mais en tenant compte cette fois des critères imposés par les Sages. Le Conseil constitutionnel dit que la réintroduction, sous conditions, de l'acétamipride, interdit en France depuis 2018, "n'était pas encore assez encadré sur la durée, (que) ce n'était pas encore assez encadré sur la liste des filières", dans le texte que j'ai présenté, a reconnu sur RMC l'auteur de cette loi qui a fait l'objet d'une pétition demandant son abrogation, signée par plus de 2,1 millions d'opposants. "En fait, il nous donne les éléments qui pourraient permettre, avec un nouveau texte, de trouver des solutions pour pouvoir peut être réintroduire" l'acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, dont la réintroduction a été jugée par les Sages contraire à la Charte de l'environnement.Le Conseil constitutionnel "ne ferme pas la porte"
La décision du Conseil constitutionnel a été saluée, à gauche, comme une victoire pour l'écologie. "Il reste encore du temps pour examiner ce qui va se passer, comment nous allons pouvoir le faire", a ajouté Laurent Duplomb, estimant que "le Conseil constitutionnel ne ferme pas la porte".
La réintroduction à titre dérogatoire de l'acétamipride a cristallisé la contestation contre la loi Duplomb. Son retour était réclamé par certains producteurs de betteraves et de noisettes pour...
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09/08 - Comment l’IA révolutionne l’usage des assistants vocaux
Les interactions entre l’homme et la machine se métamorphosent. Et la voix est la grande gagnante de cette bascule. En 2025, 8,4 milliards d’assistants vocaux sont déjà en service. Ils étaient moins d’1 milliard il y a huit ans.
L’Amazon Echo lancée fin 2014 a ouvert la voie des enceintes connectées. La filière a dépassé 150 millions d’unités vendues en 2024, même si le modèle économique reste fragile – la division Alexa a accusé jusqu’à 10 milliards de dollars de pertes en 2022, déclenchant des vagues de licenciements et le projet d’un abonnement payant. Simultanément, ces interfaces vocales sont entrées dans nos voitures, avec la promesse de réduire les distractions. Et les dispositifs audio personnels – 455 millions de casques et oreillettes livrés rien qu’en 2024 – ont accoutumé les utilisateurs à passer des commandes audio en parlant à voix basse, grâce à des microphones puissants.L’envol des assistants vocaux
A l’échelle mondiale, 32 % des consommateurs ont utilisé un assistant vocal au cours de la semaine écoulée. Il ne s’agit pas seulement de programmer des rappels ou de consulter la météo. 21 % leur demandent des informations chaque semaine et 20 % l’utilisent pour effectuer des actions telles qu’écouter une chanson ou commander quelque chose. Les environnements bruyants ont toutefois donné du fil à retordre à ces interfaces, dont le temps de latence de réponse laissait également à désirer.
Le déclic qui se produit actuellement vient des grands modèles de langage (LLM), capables de comprendre des requêtes...
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09/08 - Sommet Poutine-Trump en Alaska : ce que l’on sait de cette rencontre
C’est la discussion qui pourrait influencer l’issue de la guerre en Ukraine, trois ans et demi après le début de l’invasion russe. Le président américain Donald Trump a annoncé, sur son réseau Truth Social, qu’il allait rencontrer en personne le dirigeant russe Vladimir Poutine, le 15 août, en Alaska.
Voilà plusieurs semaines que la Maison-Blanche assène des ultimatums à la Russie pour mettre fin à la guerre - cinquante jours, puis dix jours, avec une date d’expiration fixée au 8 août. En vain. Les deux dirigeants se seront finalement mis d’accord, sans que l’on sache encore pourquoi, sur une entrevue, dont l’annonce a été dévoilée par le New York Times. Si la date et le lieu du rendez-vous ont été communiqués, l’ordre du jour abordé lors de cette discussion - à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas été convié - reste quant à lui bien plus flou.L’Alaska, un symbole de proximité
Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Au cours de la semaine, au milieu des tergiversations, la Russie évoquait la possibilité d’un accueil des négociations par un pays du Golfe. Les Émirats arabes unis auraient été "un endroit tout à fait approprié", a déclaré Vladimir Poutine, jeudi. Mais c’est finalement en Alaska, territoire du nord des Etats-Unis, que le Kremlin a confirmé la rencontre avec Donald Trump, lui-même convié à visiter la Russie prochainement.
Et pour cause : ce vaste territoire à cheval sur le cercle polaire arctique, vendu aux Etats-Unis par la Russie en 1867, n’est séparé de celle-ci que par le détroit de...
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09/08 - Volodymyr Zelensky annonce avoir évoqué avec Emmanuel Macron la "situation diplomatique" autour de l’Ukraine
Donald Trump rencontrera Vladimir Poutine le 15 août dans l'Etat américain de l'Alaska, a-t-il annoncé vendredi sur son réseau Truth Social, un sommet destiné à discuter d'un règlement de la guerre en Ukraine qui comprendra, selon le président américain, des concessions territoriales. M. Trump, qui a promis à maintes reprises de mettre fin à ce conflit, a plusieurs fois parlé au téléphone avec son homologue russe ces derniers mois, mais ne l'a pas encore revu en personne depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier.
Confirmant l'entrevue, le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov a qualifié ce choix d'"assez logique" et a déclaré que les deux présidents "se focaliseront sans aucun doute sur une discussion autour des options pour parvenir à un règlement pacifique à long terme de la crise ukrainienne".
Ce tête-à-tête sera le premier entre les deux dirigeants depuis juin 2019 au Japon, un an après un sommet à Helsinki où Donald Trump avait eu un ton résolument conciliant avec l'homme fort du Kremlin.
Cette rencontre très attendue se déroulera donc sans le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui ne cesse pourtant d'exiger d'avoir voix au chapitre. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi samedi avec fermeté à l'annonce d'un sommet Trump-Poutine le 15 août : le règlement du conflit doit être décidé avec l'Ukraine, qui refusera de céder sa "terre aux occupants"."L'avenir de l'Ukraine ne peut se décider sans les Ukrainiens", redit Macron avant la rencontre Trump-Poutine
"L'avenir de...
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09/08 - Voitures de collection : passion coûteuse ou placement rentable ?
Acheter une voiture de collection pour faire fructifier ses économies. L’idée peut sembler incongrue, surtout au vu des montants atteints par certaines transactions ces dernières années : 135 millions d’euros pour une Mercedes-Benz 300 SLR Uhlenhaut Coupé de 1955, ou encore 51,7 millions de dollars (44,1 millions d’euros) pour une Ferrari GTO de 1962. Et pourtant, ce marché estimé par le cabinet McKinsey à 800 milliards d’euros en 2024 a de quoi attirer bien au-delà des collectionneurs fortunés.
Ainsi, à côté des icônes comme la Mercedes 300 SL "papillon", qui se négocie autour de 1,4 million d’euros, ou la Ferrari 275 GTB, valorisée entre 2,2 et 2,8 millions, le prix moyen d’une voiture de collection est bien plus abordable puisqu’il oscille entre 40 000 et 50 000 euros. Et certains modèles emblématiques comme la Peugeot 205 GTI ou la Renault 5 Turbo s’échangent même autour de 15 000 euros.Deux stratégies, l’entretien ou la restauration
Deux grandes stratégies d’investissement s’offrent aux passionnés. La première consiste à acquérir un véhicule en bon état, l’entretenir avec soin pendant une dizaine d’années et miser sur une revalorisation pouvant atteindre 10 % par an. La seconde repose sur une remise à neuf d’un modèle emblématique, comme cette Aston Martin DB5 – la légendaire voiture de James Bond – achetée 200 000 euros il y a trois ans, restaurée pour 400 000 euros, et désormais estimée entre 800 000 et 1 million d’euros. "Plus on investit dans un véhicule haut de gamme et mythique, plus le potentiel de...
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09/08 - L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’engagent, selon Donald Trump, à "cesser définitivement" tout conflit
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont engagés vendredi à Washington à "cesser définitivement", selon Donald Trump, le conflit territorial qui les oppose depuis des décennies. A ses côtés à la Maison-Blanche, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont estimé que la médiation du président américain, très sensible aux honneurs et distinctions, devait lui valoir le prix Nobel de la paix.
Les deux anciennes républiques soviétiques "s'engagent à cesser définitivement tout conflit, à ouvrir les relations commerciales et diplomatiques et à respecter la souveraineté et l'intégralité territoriale" de chacune, a assuré le président américain. La nature contraignante ou non de cet engagement n'est toutefois pas claire.
"Nous nous réjouissons des progrès réalisés en vue de l'établissement d'une paix durable entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie", a salué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué, réagissant aux annonces de Washington. La France, où vivent des centaines de milliers de personnes d'origine arménienne, a pour sa part évoqué une "avancée déterminante", négociée "en vue de la normalisation des relations" entre Erevan et Bakou.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent depuis des décennies leur frontière et le statut des enclaves situées sur leurs territoires respectifs. Les deux pays sont entrés en guerre à deux reprises au sujet de la région contestée du Karabakh, que l'Azerbaïdjan a reprise aux forces arméniennes lors d'une offensive éclair en septembre 2023,...
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09/08 - Mary-Ann Baumgartner, l’agent de la CIA qui a envoûté les élites françaises : "J’étais célibataire…"
"Les doutes concernant quelque activité de votre part au profit des services américains ont été totalement levés." La lettre, datée du 13 février 2001, est signée de Jean-Jacques Pascal, à l’époque à la tête de la DST (Direction de la sécurité du territoire). François Heisbourg la conserve soigneusement dans une pochette jaune. Ce courrier est une rareté. "Dans ce milieu, c’est très rare, ce genre de bafouille", commente-t-il.
En décembre 1993, François Heisbourg est convoqué dans le bureau de Raymond Nart, chargé du contre-espionnage. Le maître-espion lui reproche une liaison "terminée depuis huit ans", avec une Américaine : Mary-Ann Baumgartner, espionne de la CIA. Personne ne le sait encore, mais, dans deux ans, ses activités entraîneront son expulsion et celles de quatre autres agents secrets de l’agence. L’histoire créera un incident diplomatique, brisera des carrières, et lancera une remise en question au QG de Langley, en Virginie.
Officiellement, Baumgartner n’est qu’une femme d’affaires. Mais la DST sait qu’elle est en réalité une NOC, un agent non déclaré. Sa couverture : une Américaine distinguée, passionnée de culture française. François Heisbourg l’a rencontrée à la fin des années 1970 à un cocktail de l’ambassade finlandaise, à New York. Elle explique être originaire du Wisconsin et travailler dans l’import-export. Une femme grande, "type scandinave, modérément blonde", au charme discret. Ils démarrent une liaison. Celle-ci est interrompue quand Heisbourg revient en France en 1981.Cible de la CIA
Un an...
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09/08 - Droits de douane : "La Suisse n’a pratiquement aucune marge de négociation"
Après la douche froide, le coup de massue. La Suisse pensait que le scénario du pire avait eu lieu, en avril, avec les annonces droits de douane américains à 31 %. Elle s’était trompée. Washington a enfoncé le clou en décrétant un taux de 39 %, entré en vigueur cette semaine et faisant du pays un des plus taxés au monde.
Face à cette escalade, la présidente de la confédération helvétique, Karin Keller-Sutter, s’est précipitée à Washington. Mais le locataire de la Maison-Blanche est resté inflexible, déplorant qu’elle "n’écoutait pas" ses préoccupations sur le commerce. Malgré ce dialogue de sourds, John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement à la banque suisse Cité Gestion, n’exclut pas qu’un accord puisse être trouvé. D’ici-là, les secteurs tournés vers l’export seront frappés de plein fouet mais en mesure d’absorber le choc, explique-t-il à L’Express.
L’Express : Comment expliquer que la Suisse écope d’un taux douanier aussi élevé ?
John Plassard : La Suisse a attiré l’attention de Donald Trump par son déséquilibre commercial avec les États-Unis. Mais ce qui échappe probablement au président américain, c’est que cet excédent est gonflé par les exportations d’or et de pierres précieuses. Ces flux représentent 15 milliards de dollars, soit un quart des exportations suisses vers les États-Unis. Or le gouvernement ne touche presque rien de ces flux puisqu’il s’agit d’or de transit, qui ne crée pas de valeur ajoutée localement.
À cela s’ajoute la pharma, autre pilier de nos exportations. Le président Trump déplore...
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09/08 - Benyamin Netanyahou continue de conduire Israël dans l’impasse, par Marc Knobel
Dans la nuit du 7 au 8 août 2025, le cabinet de sécurité israélien, réuni à Jérusalem, a approuvé à la majorité un plan visant à prendre le contrôle total de la ville de Gaza, ouvrant la voie à une occupation sécuritaire de l’ensemble de la bande. Fait marquant, le gouvernement place officiellement parmi ses priorités le retour de tous les otages, qu’ils soient vivants ou morts – une annonce qui frappe autant par son aplomb que par le cynisme qu’elle révèle.
Il faut mesurer l’audace d’afficher le "retour des otages" comme un objectif central, alors même que, contre l’avis du chef d’état-major et à rebours de nombre d’analyses, le Premier ministre israélien poursuit l’occupation du territoire. Or, Benjamin Netanyahou n’ignore pas qu’une telle initiative expose de façon quasi certaine les derniers otages à l’exécution par leurs ravisseurs, dans la dynamique d’escalade militaire. D’ailleurs, les familles d’otages partagent la crainte que l’escalade militaire pousse le Hamas à exécuter les captifs, ce qui rend la mention du "retour des otages" fortement contestable d’un point de vue stratégique et humanitaire.
Malgré cela, dans la volonté de se maintenir au pouvoir et d’échapper au jugement d’une société israélienne qui viendra immanquablement questionner ses choix, le Premier ministre semble prêt à faire passer sa survie politique avant la vie des otages.Les civils palestiniens pris au piège
Au-delà de ce choix tragique, Netanyahou fait aussi peser une menace accrue sur la vie des soldats israéliens, déjà durement éprouvés...
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08/08 - Emmanuel Macron, son changement de pied sur l’Algérie : Bruno Retailleau conforté, les diplomates contrariés
Il n’y a guère que 250 mètres entre le 55 rue Faubourg Saint-Honoré et la place Beauvau et il n’est pas impossible que le personnel du Palais de l’Elysée, avec un vent favorable et en tendant bien l’oreille, ait entendu mercredi quelques hourras de satisfaction dans les murs bien gardés du ministère de l’Intérieur. Ce 6 août au soir, Le Figaro a publié la lettre d’Emmanuel Macron adressée à François Bayrou dans laquelle il demande au gouvernement de durcir considérablement le ton envers le pouvoir algérien, avec lequel la France connaît, écrit-il, "des difficultés croissantes" en matière "sécuritaire et migratoire". "La France doit être forte et se faire respecter", poursuit le chef de l’Etat, avec une sémantique que ne renierait pas Bruno Retailleau, fervent défenseur, depuis des mois, de l’instauration d’un rapport de force entre Paris et Alger. Une victoire pour le ministre de l’Intérieur ? Au sein de son équipe, le triomphe se veut modeste : "Disons que désormais, on se sent un peu moins seuls…"
Jamais, depuis huit ans, Emmanuel Macron n’avait mis une telle pression sur son homologue Abdelmadjid Tebboune et la nomenklatura algérienne, partisan jusqu’alors d’une approche constructive et d’un dialogue nourri avec Alger. Dans sa missive, le chef de l’Etat acte notamment la suspension de l’accord de 2013 permettant aux détenteurs de passeports diplomatiques et officiels d’être exemptés de visa pour se rendre en France. Le risque : une dégradation notable des relations diplomatiques entre les deux pays qui, de...
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08/08 - Etats-Unis : ces possibles droits de douane sur l’or qui inquiètent le marché des métaux précieux
Des droits de douane sur l’or ? Le marché des métaux précieux s’inquiète de possibles surtaxes sur les lingots importés aux Etats-Unis. Dans un article publié ce jeudi 7 août, le Financial Times révèle que l’administration Trump va imposer des tarifs douaniers sur les barres d’or d’un kilo expédiés de l’étranger outre-Atlantique, mais aussi sur les lingots de 100 onces, le format prisé à New York, l’une des deux principales places boursières pour les métaux précieux avec Londres, au Royaume-Uni."Choc et confusion" sur le marché de l’or
Le quotidien britannique se base sur un courrier envoyé par l’Agence des douanes et de la protection des frontières (CBP). Cette lettre de décision indique que ces deux types de lingots devront désormais être soumis à un code douanier. Une vraie surprise pour les acteurs du secteur, qui s’attendaient à un traitement différencié de la part de Washington dans son offensive douanière. Jeudi, après la publication de l’article du FT, le cours de l’or Comex a bondi à New York. Celui-ci a grimpé au plus haut à un taux à un sommet de 3534,10 dollars l’once, soit 31,1 grammes d’or, pour une livraison en décembre 2025.
Le marché affiche "son choc et sa confusion", analyse Han Tan, analyste chez Nemo. Money et cité par l’AFP. Souvent considéré comme un actif sûr à la valeur refuge, l’or est d’autant plus recherché ces derniers mois avec le début de la guerre douanière initiée par Donald Trump. Beaucoup d’acheteurs se sont en effet précipités pour acquérir de grandes quantités d’or aux Etats-Unis,...
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08/08 - Occupation totale de Gaza : Berlin suspend les exportations d’armes qu’Israël pourrait utiliser
Berlin a amorcé ce vendredi 8 août un changement de cap majeur vis-à-vis d’Israël, dont il était jusqu’ici l’un des plus fidèles alliés. Le gouvernement allemand a annoncé suspendre les exportations d’armes que ce pays pourrait utiliser dans le conflit avec Hamas à Gaza.
Une mesure forte prise par Berlin, qui réagit à l’approbation par le cabinet de sécurité israélien du plan présenté par le Premier ministre Benjyamin Netanyahou, visant à prendre le contrôle total de Gaza, dévastée par la guerre et en proie à une crise humanitaire. Un plan d’ailleurs critiqué par le chef d’état-major israélien.
Il devient "de plus en plus difficile de comprendre" en quoi le plan militaire israélien permettrait d’atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza, a asséné dans un communiqué le chancelier allemand Friedrich Merz. "Dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorise pas, jusqu’à nouvel ordre, les exportations d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés" dans l’enclave palestinienne, a ajouté le chancelier, officiellement parti en vacances mercredi."Profonde inquiétude" de Berlin
Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023, jusqu’au mois de mai de cette année, Berlin avait autorisé l’export d’au moins 485 millions d’euros d’armement vers Israël. Ces livraisons comprenaient des armes à feu, des munitions, des pièces d’armes, des équipements spéciaux pour l’armée et la marine, des équipements électroniques et des...
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08/08 - Du Mossad au KGB, l’histoire des kompromats : les seize machinations les plus folles de l’histoire
Des maîtres chanteurs aux quatre coins du monde ? Parmi les méthodes de l’espionnage, l’exploitation des failles de l’adversaire à des fins de trahison est probablement la plus discutée. "La compromission, ça fait fantasmer, c’est romanesque", commente Jérôme Poirot, ex-coordonnateur adjoint du renseignement, coauteur du Dictionnaire du renseignement (Perrin).
La possibilité d’un chantage figure noir sur blanc parmi les grands préceptes du renseignement théorisés sous l’acronyme Mice (pour money, idéology, coercion, soit compromission, et ego), inventé par les services secrets britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale… et reproduit en 2025 sur le site de la DGSE, l’agence d’espionnage française. "Le renseignement d’origine humaine désigne les informations obtenues auprès d’une source humaine. Pour cela, l’officier traitant va s’appuyer sur des leviers dits Mice", écrivent les agents secrets. "Les méthodes des services de renseignement sont les mêmes partout, il n’y a pas de gentils, pas de méchants", explicite Michel Guérin, ancien chef de l’inspection générale de la DGSI, le renseignement intérieur français, auteur du Dictionnaire renseigné de l’espionnage (Mareuil).
"Tout art de la guerre réside dans la duperie", écrivait déjà le général chinois Sun Tzu dans son mythique traité L’Art de la guerre, écrit vers entre le Ve et le IVe siècle avant J.-C. Depuis plus de deux mille ans, les espions mentent, piègent et soumettent. Plus ou moins délicatement. Il y a ces femmes fatales qui séduisent et conduisent...
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08/08 - Donald Trump contre la Fed : sa dernière manoeuvre pour influencer la politique monétaire
Un nouveau moyen de mettre la pression. En habitué du rapport de force permanent, Donald Trump tente depuis des mois de contraindre le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, à baisser les taux directeurs. Inflexible, celui-ci a décidé fin juillet pour la cinquième fois consécutive de les maintenir au même niveau, invoquant une inflation toujours trop importante et les "incertitudes" sur les prix liées à l’entrée en vigueur des droits de douane américains.
Jeudi 7 août, le président américain a prouvé qu’il ne comptait néanmoins pas relâcher sa pression sur le président de la Fed, un organe pourtant indépendant. Sur son réseau Truth Social, il a annoncé nommer Stephen Miran, un de ses proches conseillers économiques, comme gouverneur de la banque centrale américaine. Les sept gouverneurs de l’institution, dont le président Jerome Powell, joignent leurs voix à celles de cinq autres experts lors de régulières sessions du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), qui tranche la hausse, le maintien ou la baisse des taux directeurs américains.Un fidèle trumpiste de plus à la Fed
Stephen Miran remplace Adriana Klueger, qui a démissionné de son poste quelques mois avant la fin de son mandat. Tout à fait favorable à la politique menée par Donald Trump, il pourrait apporter une voix supplémentaire pour peser vers une diminution de ces taux. Pour ce faire, il faut avant tout que sa nomination soit validée par le Sénat. À majorité républicaine, la chambre haute du Congrès ne devrait pas faire...
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08/08 - Occupation totale de Gaza : le dangereux pari de Benyamin Netanyahou
Le scénario circulait depuis plusieurs jours dans la presse israélienne, il a finalement été confirmé sans grande surprise dans la nuit du 7 au 8 août. Vingt-deux mois après le début de l’offensive dans la bande de Gaza, et à l’issue d’une réunion du cabinet de sécurité de Benyamin Netanyahou, l’Etat hébreu a annoncé son intention de "prendre le contrôle" de l’intégralité de l’enclave palestinienne. Quelques heures avant l’officialisation de la décision, le Premier ministre israélien avait, depuis son bureau, mis fin au suspens lors d’une interview à Fox News, en dressant les grandes lignes de son plan, qui, assure-t-il, ne vise pas à "gouverner" ou "garder" Gaza.
A l’heure où l’armée israélienne occupe déjà près de 75 % de cette bande de terre d’une quarantaine de kilomètres de long pour dix de large, cet élargissement du conflit précipite l’Etat hébreu dans une opération aux multiples inconnues. Et annonce, dès les prochains jours, l'intervention de Tsahal dans les derniers bastions encore aux mains du Hamas - principalement dans la ville de Gaza et dans le centre de l’enclave. Une offensive à haut risque qui, a prévenu le groupe terroriste responsable des massacres du 7-Octobre, "ne sera pas une promenade de santé".Fatigue de Tsahal
Militairement, l’opération n’en demeure pas moins à la portée de l’armée israélienne, dont les forces ont décimé les combattants du Hamas au fil du conflit. "Sur le plan purement opérationnel, c’est un objectif réalisable, explique David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East...
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08/08 - Tensions entre Paris et Alger : l’Algérie s’attaque aux "privilèges" de l’ambassade de France
Le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé, jeudi 7 août, la "fin à la mise à disposition, à titre gracieux, de biens immobiliers appartenant à l’Etat algérien au profit de l’ambassade de France en Algérie". Une note verbale transmise par Alger à Paris annonce aussi "le réexamen des baux, considérablement avantageux, contractés par l’ambassade" avec des établissements immobiliers publics en Algérie.
Sont visés, parmi d’autres "privilèges", les biens conçus pour héberger les instituts français ou des consulats présents dans le pays. Le communiqué invite aussi "la partie française à dépêcher une délégation à Alger pour entamer les discussions à ce sujet". L’annonce arrive vingt-quatre heures après les mesures de rétorsion décidées par Emmanuel Macron à l’encontre des autorités algériennes, accusées de blocages dans le dossier migratoire et les questions sécuritaires."Introduire l’équilibre et la réciprocité"
D’après une dépêche d’Algérie Presse Service (APS) datant de mars, la France loue à des tarifs très avantageux, 61 biens en Algérie, dont 18 hectares pour l’ambassade de France et 4 hectares pour la résidence de l’ambassadeur à Alger. Toujours selon l’APS, le loyer pour l’ambassade est "insignifiant" et celui de la résidence appelée "Les Oliviers" a été d’un "franc symbolique", resté "inchangé entre 1962 et août 2023".
"La représentation diplomatique algérienne en France ne bénéficie d’aucun avantage de cette même nature", précise Alger. "En conséquence, l’action algérienne ainsi décidée vise à introduire l’équilibre et...
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08/08 - Etats-Unis : pourquoi Donald Trump veut la peau du patron d’Intel
C’est une offensive sans précédent. Ce jeudi 7 août, Donald Trump a exigé publiquement la démission immédiate de Lip-Bu Tan, nommé en mars à la tête d’Intel, un des piliers de l’industrie technologique américaine. "Le directeur général d’Intel est gravement en conflit d’intérêts et doit partir immédiatement. Il n’y a pas d’autre solution à ce problème", a-t-il asséné sur Truth Social. En ligne de mire : les liens passés de Lip-Bu Tan avec l’écosystème technologique chinois, à un moment où les Etats-Unis multiplient les mesures pour freiner les ambitions industrielles de Pékin.
Cette offensive survient au lendemain d’une lettre du sénateur républicain Tom Cotton, adressée au président du conseil d’administration d’Intel. L’élu de l’Arkansas y exprime ses "sérieuses préoccupations" au sujet des investissements réalisés par Lip-Bu Tan dans plusieurs dizaines d’entreprises chinoises, notamment dans les semi-conducteurs et les technologies avancées. Huit d’entre elles seraient directement liées à l’Armée populaire de libération, selon le sénateur. Il rappelle en outre qu’au cours de son mandat à la tête de Cadence Design Systems, Lip-Bu Tan avait dirigé une entreprise ayant vendu illégalement des technologies sensibles à une université militaire chinoise, un épisode qui s’est soldé récemment par un plaider-coupable et plus de 140 millions de dollars d’amende."Le respect des normes juridiques et éthiques les plus strictes"
Pris dans la tempête, Lip-Bu Tan a rapidement réagi. Dans un message adressé aux 130 000 employés d’Intel, et...
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08/08 - Pourquoi la Syrie retombe dans le giron de Vladimir Poutine, par Omar Youssef Souleimane
Le 8 décembre 2024, Bachar el-Assad a embarqué à bord d’un avion russe depuis la base militaire de Hmeimim, sur la côte syrienne, escorté par plusieurs officiers, pour s’envoler vers Moscou. C’était la fin d’une dictature qui, depuis cinquante-quatre ans, maintenait la Syrie sous sa férule. Cette nuit-là, il semblait impensable que le nouveau régime syrien puisse un jour renouer avec la Russie : l’intervention militaire de Moscou en Syrie avait provoqué des bombardements massifs, rasé des quartiers entiers et déplacé des centaines de milliers de civils, contraints à l’exil ou tués.
Et pourtant, sept mois plus tard, le 31 juillet, une délégation politique du nouveau pouvoir de Damas s’est rendue à Moscou pour annoncer la reprise des relations bilatérales. Une visite surprenante pour de nombreux Syriens, mais explicable à la lumière des intérêts communs qui unissent désormais les deux régimes autoritaires.
Créée en 1971 dans le cadre d’un accord entre Hafez el-Assad et l’Union soviétique, la base aérienne de Hmeimim constitue le cœur battant de la présence militaire russe en Syrie. Ses 1 700 soldats et ses infrastructures en font un point névralgique pour Moscou, qui contrôle également la base navale de Tartous. Sans ces deux positions, la Russie perdrait tout accès stratégique à la Méditerranée, un scénario que Vladimir Poutine entend éviter à tout prix. Selon le Réseau syrien pour les droits de l’homme, Moscou a exercé à seize reprises son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU sur des résolutions...
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08/08 - Moscou accuse Rome de "russophobie" : nouvelle escalade de tensions entre la Russie et l’Italie
La Russie a annoncé jeudi 7 août avoir convoqué le chargé d’affaires italien, Giovanni Scopa, à Moscou pour protester contre ce qu’elle qualifie de "campagne antirusse" dans les médias transalpins. L’accusation représente une nouvelle escalade dans les tensions entre les deux pays.
Le ministère russe a notamment accusé des "médias mainstream italiens" de se livrer à "des activités antirusses" et dénonce des "attaques russophobes" menées avec "le soutien complet de cercles dirigeants italiens". De même, la "réaction disproportionnée" de Rome à une liste de déclarations publiée par le ministère des Affaires étrangères russe, a aussi été qualifiée d’exemple de "discours de haine" contre la Russie, indique le communiqué du ministère.Divers sujets de tensions
"C’est précisément dans cette atmosphère lourde qu’a été rendue possible la récente annulation de la prestation du chef d’orchestre (Valeri) Guerguiev" en Italie, a ajouté le ministère russe. Un concert de ce célèbre chef d’orchestre pro-Poutine, prévu le 27 juillet dans le cadre d’un festival près de Naples en Italie, avait finalement été annulé le 21 juillet après de nombreuses critiques visant la tenue de cet événement.
Quelques jours plus tard, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani avait ordonné, le 31 juillet, la convocation de l’ambassadeur russe à Rome, pour protester contre l’inscription du président italien Sergio Mattarella sur une liste de "russophobes" présumés. Son nom avait été inséré par Moscou en raison d’un discours tenu en février à l’Université...
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08/08 - Loi Duplomb : les questions qui se posent après la censure partielle du Conseil constitutionnel
La décision des Sages est tombée. Jeudi 7 août, le Conseil constitutionnel a partiellement censuré la loi Duplomb, adoptée le mois dernier par les parlementaires. La mesure-phare du texte, réintroduisant à titre dérogatoire l’utilisation de l’acétamipride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018, mais toujours autorisé dans les autres pays européens. L’institution a jugé que cette disposition était contraire à la Charte de l’environnement. Le retour de cette substance était entre autres réclamé par les producteurs de betteraves, qui y voyaient une solution pour lutter contre la jaunisse touchant leurs plantations.
Initialement divisée sur la proposition de loi, portée par le sénateur LR Laurent Duplomb et soutenue par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, la classe politique a alterné entre soulagement et réprobation de la décision du Conseil constitutionnel. Après le vote du texte début juillet, une pétition déposée par une étudiante sur le site de l’Assemblée nationale contre le texte avait connu un fort succès. Le document a aujourd’hui été signé par plus de 2,1 millions de personnes. Mais maintenant que la censure partielle a été prononcée, que va-t-il désormais se passer pour la loi Duplomb ?Que reste-t-il de la loi Duplomb ?
Certes, la réintroduction de l’acétamipride, prévue dans l’article 2 du texte, passe donc à la trappe après la décision du Conseil constitutionnel. Mais la juridiction a en revanche autorisé toutes les autres dispositions de la loi du sénateur...
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08/08 - Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky estime que l’Europe doit "participer" aux négociations
Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, une possible relance des négociations diplomatiques semble se profiler. Le président américain Donald Trump s’est déclaré prêt à rencontrer Vladimir Poutine "dans les prochains jours", une rencontre que le Kremlin envisage d’organiser aux Emirats arabes unis. Cette initiative intervient peu après la visite à Moscou de l’émissaire américain Steve Witkoff, jugée "productive" par les deux parties. En revanche, Vladimir Poutine a exclu toute rencontre avec Volodymyr Zelensky à ce stade, affirmant que les conditions n’étaient pas réunies pour un tel échange. Moscou rejette également l'idée d’un sommet tripartite incluant l’Ukraine.
Face à ces refus, le président ukrainien continue de plaider pour un face-à-face avec son homologue russe et insiste sur la nécessité d’une implication active de l’Europe dans les négociations. "La guerre se déroule en Europe", rappelle Volodymyr Zelensky, appelant les dirigeants européens à ne pas rester en retrait du processus de paix. Lors d’un appel avec le chancelier allemand Friedrich Merz, les deux dirigeants ont salué les efforts de médiation de Donald Trump, tout en réaffirmant que la Russie devait mettre fin à son agression contraire au droit international. Malgré des signaux d’ouverture côté américain, la voie vers une solution durable reste semée d’obstacles diplomatiques majeurs.
Les infos à retenir :
⇒ Donald Trump accepte de rencontrer son homologue russe
⇒ Volodymyr Zelensky estime que l'Europe doit "participer" aux négociations...
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08/08 - L’actu à La Loupe : au sommet sur l’IA, la France vante un nouveau modèle
Cette semaine à La Loupe, une actualité a retenu notre attention : le sommet international sur l’intelligence artificielle organisé à Paris.
Lundi soir, sous la voûte du Grand Palais à Paris, Emmanuel Macron est seul sur scène... Tout autour de lui, des entrepreneurs et des dirigeants du monde entier venus assister au sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle. Après quelques mots d’introduction en français, le président poursuit en anglais. Son objectif : montrer que la France compte bien avoir sa place dans la course à l’IA. Il multiplie les formules pour retenir l’attention.
"Nous allons utiliser la stratégie de Notre Dame". La ligne est claire : la France et l’Europe veulent rattraper leur retard. Mais attention, pas de n’importe quelle façon. Emmanuel Macron veut un modèle différent des Américains et des Chinois. Mais quelles valeurs veut-il défendre avec cette IA à la française. Et peut-on vraiment faire le poids ?
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation), Solène Alifat (écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : France 24, Le Parisien
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Pour aller plus loin
Sasha Luccioni : "Les géants de l’IA restent silencieux sur leur consommation réelle d’énergie"...
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08/08 - Pornographie, réseaux sociaux… Le fiasco britannique qui en dit long sur la difficulté à contrôler l’âge en ligne
Le Royaume-Uni voulait être pionnier, il est devenu cobaye. Depuis fin juillet, avec l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act, le pays impose des mécanismes de vérification de l’âge sur les sites pornographiques, les réseaux sociaux, et tout espace numérique susceptible d’exposer des mineurs à des contenus jugés "nocifs". L’intention est louable. Des actions similaires sont d’ailleurs en cours partout dans le monde y compris dans l’Union européenne. L’accès à Internet se fait de plus en plus tôt — autour de 8 ans et demi en France pour l’inscription à un réseau social selon la CNIL, le gendarme des données personnelles. Et facilement : avec un simple smartphone dans la poche. L’exécution au Royaume-Uni s’avère cependant chaotique.
Certains internautes l’avaient peut-être mal compris : impossible en ligne, comme chez le buraliste, de jauger la tête du client avant de lui réclamer une pièce d’identité. Sur Internet, pour interdire un accès aux moins de 18 ans, tout le monde doit être examiné. Alors, les tentatives de contournement explosent. Les inscriptions sur ProtonVPN, un fournisseur populaire de réseau privé virtuel, un outil permettant de faire croire que l’on se connecte depuis un autre pays, ont augmenté de 1400 % depuis l’entrée en vigueur de la loi au Royaume-Uni. Des députés eux-mêmes seraient clients, comme l’a rapporté Politico.
Le Web regorge d’astuces, parfois artisanales, comme publier en guise de preuve de majorité la photo d’un héros du jeu Death Stranding. Une pétition réclamant l’abrogation de...
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08/08 - Son choix du camp Hollande et le départ de Rothschild : les débuts hors-normes d’Emmanuel Macron
Ils sont aujourd’hui chefs d’Etat, chef de guerre, cheffe politique, faiseur de roi… Mais avant de devenir les figures incontournables que nous connaissons, Donald Trump, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, Marine Le Pen et Elon Musk ont connu des débuts variés. Cet été, L’Express remonte le temps et vous propose de redécouvrir les premiers portraits de ces personnalités : quand Donald Trump bâtissait un empire immobilier, quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate, lorsque Volodymyr Zelensky quittait la scène artistique pour l’arène politique… A travers nos archives, plongez dans les coulisses de leurs premiers pas, là où tout a commencé.
EPISODE 1- Du jeu télévisé "KVN" à la guerre en Ukraine : les débuts méconnus de Volodymyr Zelensky
EPISODE 2 - "Tu vas te faire massacrer…" : quand Marine Le Pen vivait le quotidien des avocats pénalistes
EPISODE 3 - Gratte-ciel et palaces de marbre : quand Donald Trump était le "Michael Jackson de l’immobilier"
Dans L’Express du 15 mai 2013Extrait de "Emmanuel Macron, l’ex-banquier qui murmure à l’oreille de François Hollande"
C’est un dîner comme Paris sait les mitonner. Des banquiers, des communicants, des conseillers de ministre… de droite et de gauche. Nous sommes à la fin de 2008, Nicolas Sarkozy dirige la France, tandis que François Hollande a pris le sombre corridor qui mène aux oubliettes de l’Histoire. Il n’est plus premier secrétaire du PS et les socialistes commencent à regarder Dominique Strauss-Kahn avec les yeux de Chimène.
Autour de la table, deux...
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08/08 - "L’administration Trump a produit un torchon" : des scientifiques étrillent un rapport sur le climat
Imaginez que dans les années qui viennent, la France ne fasse plus d’effort pour réduire ses émissions de CO2 et que pour se justifier, elle explique dans sa future Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), que la menace climatique est exagérée et que le réchauffement climatique pourrait même profiter à l’agriculture. Impensable ! Aux États-Unis pourtant, ce cauchemar écologique devient réalité. Fin juillet, le département américain de l’énergie a publié un rapport extrêmement partisan. Un pavé de 150 pages qui va à l’encontre de plusieurs décennies de recherche sur le climat. Selon ce document, les risques liés au changement climatique seraient exagérés, l’origine humaine du réchauffement pourrait être contestée par des causes naturelles, les réglementations agressives concernant les émissions des véhicules seraient "incapables de remédier aux dangers climatiques présumés pour le public américain"…
"Rien ne va dans ce document", réagit le physicien-climatologue François-Marie Bréon. "Il s’agit d’un vrai torchon", s’emporte un spécialiste du climat souhaitant conserver l’anonymat. Michael Mann, professeur émérite de sciences de la Terre et de l’environnement à l’université de Pennsylvanie, confie à un journaliste d’Inside Climate News : "Depuis Staline et le lysenkisme soviétique (NDLR : qui avaient érigé en doctrine nationale les idées fumeuses de Trofim Lyssenko pour sauver la Russie de la famine) nous n’avons jamais vu une tentative aussi effrontée de déformer la science au service d’un programme idéologique" !Des...
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08/08 - Israël : le plan de Benyamin Netanyahou pour prendre le contrôle de la bande de Gaza
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dans la nuit de jeudi à vendredi un plan présenté par Benyamin Netanyahou pour "vaincre" le Hamas et "prendre le contrôle" de la ville de Gaza, dévastée par la guerre et en proie à une grave crise humanitaire.
Plus tôt, jeudi, le Premier ministre israélien avait annoncé sur Fox News qu'Israël avait "l'intention" de prendre le contrôle de l'enclave mais "pas (de) la gouverner" ou de la "garder".
Selon le plan validé dans la nuit, l'armée israélienne "se prépare à prendre le contrôle de la ville de Gaza tout en distribuant une aide humanitaire à la population civile en dehors des zones de combat", indique un communiqué des bureaux du Premier ministre israélien.
"Le cabinet de sécurité – par un vote à la majorité - a adopté cinq principes pour conclure la guerre : le désarmement du Hamas ; le retour de tous les otages - vivants et morts -; la démilitarisation de la bande de Gaza ; le contrôle sécuritaire israélien dans la bande de Gaza ; l'établissement d'une administration civile alternative qui ne soit ni le Hamas ni l'Autorité palestinienne", ajoute le texte.
Actuellement, l'armée israélienne occupe ou opère au sol dans près de 75 % de la bande de Gaza, principalement depuis ses positions permanentes dans le territoire le long de la frontière. Elle bombarde partout où elle le juge nécessaire."Pas une promenade de santé"
"Les plans de Netanyahou (...) confirment sans l'ombre d'un doute son désir de se débarrasser des otages et de les sacrifier dans la poursuite de ses...
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07/08 - GPT5 : la petite astuce derrière les grands progrès de l’IA de Sam Altman
"Parler à GPT-4, c’était comme discuter avec un étudiant. Avec GPT-5, c’est comme parler à un doctorant". Les formules du patron d’OpenAI, Sam Altman, font toujours mouche. Ce jeudi 7 août à 19 heures, le monde avait les yeux rivés sur le lancement du très attendu GPT5. Modèle hybride, mémoire surpuissante, fiabilité accrue : les nouveautés dévoilées à San Francisco semblent bluffantes.
Le nouveau modèle de Sam Altman est meilleur que son prédécesseur en mathématique. Il semble écrire des textes bien plus originaux et rythmés. Ecrire 400 lignes de code lui prend quelques dizaines de secondes. Et il gère si bien les demandes en langage naturel que des personnes n’ayant aucune connaissance informatique peuvent sans mal lui faire créer de petites démos interactives pour, par exemple, faire comprendre à un enfant comment fonctionne l’effet Bernoulli. Ou créer pour un proche une application ludique pour apprendre une langue étrangère.
"On s’attend à ce que GPT5 pousse encore plus l’IA dans des tâches à forte valeur ajoutée comme la programmation, la finance et l’analyse juridique", résume Jacob Falkencrone, stratégiste en investissement international de Saxo Bank. Il est possible toutefois que GPT5 paraisse bien plus intelligent que son prédécesseur… sans l’être tant que cela. Pour comprendre ce paradoxe, il faut revenir à la philosophie de Sam Altman. Elle tient en un mot : "scaler". Autrement dit, faire croître rapidement une variable pour provoquer des effets positifs en cascade.Sam Altman ne jure que par le scaling...
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07/08 - Municipales : le Conseil constitutionnel valide le nouveau mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille
Le Conseil constitutionnel a validé jeudi un nouveau mode de scrutin pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille, dont les conseillers des mairies centrales seront désormais élus directement, en plus des représentants d'arrondissements et de secteurs.
Les "Sages" ont relevé que pour ces trois communes, les plus peuplées de France, le législateur était fondé à vouloir "améliorer la représentation des diverses sensibilités politiques au sein (de leurs) assemblées délibérantes", "conformément à l'objectif de valeur constitutionnelle de pluralisme des courants de pensées et d'opinions".
La réforme, portée par le député de Paris Renaissance Sylvain Maillard et soutenue par le gouvernement, avait été votée début juillet par l'Assemblée malgré l'hostilité du Sénat.
Elle doit s'appliquer dès le scrutin municipal de mars 2026, conduisant à un système de double élection, et donc deux urnes, l'une pour élire les membres du Conseil de la mairie centrale (Conseil de Paris, Conseils municipaux de Lyon et de Marseille) - lesquels élisent ensuite le maire -, l'autre pour élire ceux de l'arrondissement (à Paris) ou du secteur (à Lyon et Marseille).
A Lyon, la réforme entraîne l'organisation d'un triple scrutin, puisque les administrés des communes de la Métropole de Lyon votent déjà directement pour leurs représentants métropolitains, en même temps que pour leurs conseillers municipaux.
Notamment saisi sur ce point, le Conseil constitutionnel a estimé que "les nouvelles règles instaurées ne sont pas d'une...
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07/08 - Xavier Driencourt, ex-ambassadeur de France en Algérie : "Tebboune nous répond par un bras d’honneur"
Depuis 2022, Xavier Driencourt ne cesse de marteler le même message : il faut se montrer plus dur avec l’Algérie, répète… l’ex-ambassadeur de France à Alger, pendant sept ans. A l’heure où Emmanuel Macron paraît hausser le ton face au régime d’Abdelmadjid Tebboune et son refus d’accepter sur son territoire les ressortissants que Paris souhaite éloigner, le diplomate se dit perplexe.
Même si le président de la République a affiché des intentions nouvelles, dans une lettre au Premier ministre François Bayrou, révélée par Le Figaro, le retraité du quai d’Orsay y voit surtout des "demi-mesures". Entretien.
L’Express : La lettre d’Emmanuel Macron à François Bayrou constitue-t-elle un tournant dans la relation diplomatique récente entre Paris et Alger ?
Xavier Driencourt : Non, c’est au mieux une inflexion, mais on aurait tort d’appeler ça un revirement. Il y a trois choses dans cette lettre. D’abord des considérations générales, des admonestations ou des formules un peu creuses, comme "je souhaite donc que nous retrouvions le chemin d’une coopération exigeante, sérieuse et productive". Il y a les mesures concrètes, en réalité assez faibles. Le rétablissement des visas pour les séjours de dignitaires, mais l’accord était déjà suspendu depuis mai. L’agrément donné à huit consuls, ce n’est pas anodin mais pas fondamental. La non-délivrance de visas de long séjour, par exemple pour les étudiants ou les personnes malades, ça peut embêter les Algériens, mais ce n’est pas non plus un enjeu majeur. Et puis il y a les formules...
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07/08 - Loi Duplomb : le Conseil constitutionnel censure la réintroduction d’un pesticide interdit
Le Conseil constitutionnel a censuré jeudi la disposition la plus contestée de la loi Duplomb, qui prévoyait la réintroduction sous conditions d'un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes, jugée par les Sages contraire à la Charte de l'environnement.
Le Conseil constitutionnel a au contraire validé les simplifications administratives accordées aux plus gros élevages, ainsi qu'à la construction d'ouvrages de stockage d'eau à finalité agricole -- avec néanmoins quelques réserves pour cette deuxième mesure. Il a également estimé que la procédure d'adoption du texte, qui avait été rejeté par ses propres défenseurs à l'Assemblée, était conforme à la Constitution.
Emmanuel Macron "a pris bonne note de la décision du Conseil constitutionnel et promulguera la loi telle qu’elle résulte de cette décision dans les meilleurs délais", a immédiatement réagi l'Elysée.
La loi Duplomb, adoptée au Parlement début juillet avec le soutien du gouvernement, a fait l'objet d'un vaste mouvement de protestation malgré l'été, y compris au sein du monde scientifique. Une pétition réclamant son abrogation a réuni plus de 2,1 millions de signatures.
La réintroduction à titre dérogatoire de l'acétamipride, interdit depuis 2018 en France mais autorisé ailleurs en Europe, a cristallisé la contestation. Son retour était réclamé par le puissant syndicat agricole FNSEA - dont est issu le sénateur LR Laurent Duplomb - pour les producteurs de betteraves et de noisettes.
Le Conseil constitutionnel, présidé depuis peu par Richard Ferrand, a du...
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07/08 - "Il ne lui pardonnera jamais" : Vincent Bolloré et Martin Bouygues, les frères ennemis de l’école Gerson
Ils se sont tant aimés… avant de s’entre-déchirer. Géants de la tech, écrivaines célèbres, hommes politiques, businessmen… cet été, L’Express consacre une série d’été à des ruptures amicales contemporaines. Une façon d’appréhender l’actualité et ses débats par un aspect souvent ignoré du récit historique : l’amitié.
EPISODE 1 - Elon Musk et Peter Thiel, de partenaires à frères ennemis : l’histoire d’une amitié brisée
EPISODE 2 - François Hollande - Bernard Cazeneuve : l’histoire d’une rupture silencieuse
Coupe au bol et culottes courtes. Chemises soigneusement boutonnées sous un pull col en V. Un parfum de Guerre des boutons. En cette rentrée de l’automne 1962, Mme Clay, l’institutrice de la 8e-1 de la très sélecte école Gerson, dans le XVIe arrondissement de Paris, n’imagine sans doute pas qu’elle a sur les bancs de sa classe deux futurs capitaines d’industrie. Deux grands patrons qui vont façonner le capitalisme français des prochaines décennies.
Sur la photo de classe, en haut à droite, Martin Bouygues, mine fermée, bouche pincée, au garde-à-vous, les bras croisés dans le dos. Deux rangées plus bas, gueule d’ange, et sourire de Joconde, Vincent Bolloré. Ils ont 10 ans. Camarades de classe, mais pas vraiment amis. Sans doute quelques crocs-en-jambe à la récré. Des parties de billes endiablées. C’est à celui qui gagnera le plus beau "boulard" (ainsi qu’on nomme les plus gros spécimens de billes). Prémices d’une guerre totale à laquelle se livreront les deux hommes des années plus tard.Vincent Bolloré et Martin Bouygues
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07/08 - Israël veut prendre le contrôle de Gaza mais "pas la gouverner", déclare Benyamin Netanyahou
Benyamin Netanyahou a assuré dans une interview diffusée, ce jeudi 7 août, sur Fox News qu’Israël "avait l’'intention" de prendre le contrôle de la bande de Gaza, mais "pas de la gouverner", alors que les médias israéliens évoquent une possible conquête totale du territoire palestinien.
"Nous en avons l’intention", a répondu le Premier ministre israélien à la question de savoir si son pays comptait prendre le contrôle de la totalité de ce territoire. "Nous ne voulons pas garder (Gaza). Nous voulons mettre en place un périmètre de sécurité, mais ne voulons pas la gouverner", a toutefois ajouté Benyamin Netanyahou. "Nous voulons passer le relais à des forces arabes qui gouverneront correctement sans nous menacer et en offrant une vie agréable aux habitants de Gaza. Cela n’est pas possible avec le Hamas", a-t-il continué.Un cabinet de sécurité déterminant
Cette interview a été diffusée sur Fox News avant que le Premier ministre israélien ne réunisse jeudi son cabinet de sécurité pour décider des suites de la guerre dans le territoire palestinien, où l'extension attendue des opérations militaires suscite les cris d'alarme des familles des otages et les réserves du chef d''état-major de l'armée.
L'armée israélienne occupe ou opère actuellement au sol dans près de 7 % de la bande de Gaza, principalement depuis ses positions permanentes dans le territoire le long de la frontière. Elle bombarde partout où elle le juge nécessaire. La Défense civile de Gaza a fait état jeudi de la mort de 35 personnes tuées par des frappes...
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07/08 - Tensions entre la France et l’Algérie : Alger répond au coup de pression d’Emmanuel Macron
Alger répond aux propos d’Emmanuel Macron. Le président français "exonère la France de l’intégralité de ses responsabilités", tempête le ministère algérien des Affaires étrangères, dans un communiqué publié ce jeudi 7 août.
Le chef de l’Etat a demandé, la veille, au gouvernement de François Bayrou de prendre "des décisions supplémentaires", notamment face au "sort réservé" par l’Algérie aux deux Français qui y sont toujours emprisonnés, Boualem Sansal et Christophe Gleizes. Ces détentions, jugées arbitraires par Paris, compliquent encore plus une relation déjà détériorée entre les deux nations.Plus d’un an de crise diplomatique
Depuis plus d’un an et la reconnaissance par la France du Sahara occidental comme un territoire marocain, Paris s’est attiré les foudres du pouvoir algérien. Conséquence : une coopération de plus en plus difficile, en particulier en matière migratoire. Les autorités hexagonales, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau en tête, reprochent entre autres à l’Algérie les nombreux refus d’admission au sein de ses frontières de certains de ses ressortissants expulsés du territoire français.
Mercredi, Emmanuel Macron a donc demandé au gouvernement de suspendre "formellement" un accord de 2013 avec Alger, qui permet aux titulaires d’un passeport diplomatique ou de service (agents civils ou militaires, avec conjoints et enfants) d’être exemptés de visas de court séjour. Il élargit un précédent accord de 2007...
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07/08 - Donald Trump victime d’un kompromat russe ? "Vladimir Poutine aurait pu démentir, mais…"
En 2017, Christopher Steele, ancien agent du MI6, évoque l’existence d’une vidéo de Trump avec des prostituées dans une suite de l’hôtel Ritz-Carlton de Moscou en novembre 2013. Ses révélations sur le site américain BuzzFeed font l’effet d’une bombe. Elles vont coller au nouveau président américain comme le sparadrap du capitaine Haddock dans les aventures de Tintin. Huit ans plus tard, personne n’a pu démontrer ni prouver que Donald Trump a été l’objet d’un kompromat par les services russes.
Cette piste a été explorée en profondeur par le réalisateur Antoine Vitkine dans son passionnant documentaire "Opération Trump : les espions russes à la conquête de l’Amérique", que l’on peut encore voir sur la plateforme de France Télévisions. Le journaliste, qui travaille à une nouvelle enquête sur Trump et la mafia, a interrogé des figures de premier plan des renseignements russes et américains. "Il ne faut pas exclure que cette histoire de kompromat pourrait être un 'fake', que les Russes auraient laissé se propager à dessein pour semer le chaos", estime-t-il. Selon le documentariste, qui vient de publier Triades : la mafia chinoise à la conquête du monde (Tallandier), en se focalisant sur une hypothétique affaire d’espionnage, on occulte la véritable raison de la connivence entre Trump et Poutine : l’idéologie.
L’Express : La rumeur d’un kompromat russe visant Donald Trump naît-elle avec les révélations de l’ancien espion britannique Christopher Steele, en 2017 ?
Antoine Vitkine : En effet, c’est la première fois que...
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07/08 - La confiance dans la science est à géométrie variable, par Franck Ramus
Tous les résultats scientifiques auxquels nous sommes exposés ne sont pas les bienvenus. Ceux qui remettent en cause des croyances fermement établies ou qui nous semblent incompatibles avec nos valeurs activent chez nous des défenses vigoureuses. Travaillant moi-même sur des sujets pour certains controversés, j’ai régulièrement l’occasion de le constater : je reçois bien plus de protestations lorsque j’expose des résultats sur, par exemple, les différences entre les sexes, ou sur les influences génétiques sur les capacités cognitives, que lorsque je parle des mécanismes de l’acquisition du langage.
Ce phénomène a déjà été décrit dans les années 1950 par le chercheur américain Leon Festinger, qui a inventé le concept de "dissonance cognitive". Ce dernier désigne le sentiment d’inconfort découlant du conflit entre des faits nouveaux et des croyances préalables : il faut soit réviser ses croyances, soit rejeter les faits nouveaux. Les travaux de Festinger et ses successeurs ont montré que nous réduisons souvent cette dissonance en déployant diverses stratégies cognitives pour rejeter les faits offensants et ainsi préserver nos croyances.Un usage fallacieux des arguments critiques ?
Une équipe de chercheurs en psychologie de l’université de Pennsylvanie a mené récemment une série d’études sur ces stratégies, qu’ils surnomment "chicanerie cognitive". Pour ce faire, ils ont fait lire à des participants des résumés fictifs d’études scientifiques. Ces résumés étaient rédigés en deux versions quasiment identiques et...
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07/08 - Loi Duplomb : néonicotinoïdes, un danger pour le cerveau ?
Ce jeudi 7 août, le Conseil constitutionnel a tranché. Les sages, qui étaient chargés de vérifier la compatibilité de la loi Duplomb avec la Constitution, et notamment sa Charte de l’environnement, ont estimé que la disposition qui prévoyait la réintroduction sous conditions d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes ne respectait pas le droit fondamental de vivre dans un environnement sain et équilibré.
Une satisfaction pour les plus de 2 millions de signataires de la pétition demandant son interdiction. Cet énième rebondissement ne manquera pas de relancer les débats politiques et médiatiques. Espérons qu’ils seront désormais mieux éclairés par les données scientifiques.
Car jusqu’à maintenant, les principaux griefs contre cette loi portent sur l’acétamipride et ses liens supposés avec le cancer. Or, premier fait étonnant, le flupyradifurone et le sulfoxaflor, les deux autres insecticides de la famille des néonicotinoïdes autorisés par cette loi, sont globalement absents des débats. Deuxième surprise, les preuves scientifiques concernant les liens entre ces trois molécules et une potentielle augmentation des risques de cancer chez l’humain sont très faibles et peu explorées. En réalité, ce sont les risques neurologiques qui retiennent bien plus l’attention des scientifiques. Et ces derniers ont été peu commentés, ou alors par le biais de tribunes ou articles citant par exemple une prétendue baisse du quotient intellectuel chez les enfants exposés in utero, ce qu’aucune étude sérieuse ne démontre....
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07/08 - Mauvaise nouvelle pour la France, le déficit commercial s’aggrave encore
Le déficit commercial de la France s’est fortement creusé au premier semestre 2025 sous l’effet d’une nette hausse des importations, précisent les douanes. Des données dévoilées ce jeudi 7 août, alors que la mise en place par Donald Trump de droits de douane à des dizaines d’économies prennent officiellement effet, instaurant une nouvelle donne commerciale dans le monde.
Sur les six premiers mois de 2025, le déficit commercial français (différence exportations - importations, ndlr) a atteint 43 milliards d’euros au premier semestre 2025, soit une dégradation de 4,4 milliards d’euros par rapport au second semestre 2024. Cela, en raison d’une hausse des importations qui dépasse celle des exportations, selon les douanes. De même, selon ces données, le déficit commercial de la France s’établit à 22,9 milliards au deuxième trimestre 2025, soit une détérioration de 2,8 milliards d’euros par rapport au premier trimestre de la même année.
Cela s’explique par une chute des prix de l’énergie et des exportations d’électricité en valeur, ainsi que par un repli des exportations de produits aéronautiques et de navires et bateaux, détaillent les douanes. Quant aux importations, à titre d’exemple, celles des produits pharmaceutiques augmentent nettement au deuxième trimestre, jusqu’à atteindre leur "plus haut niveau historique". Il s’agit d’un "vrai signal d’alerte", a réagi le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, dans un entretien au journal Le Monde, à propos de la dégradation de la balance commerciale.Pas...
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07/08 - Garde nationale, fin de l’autonomie : les menaces de Donald Trump contre Washington DC
Donald Trump ne s’en cache pas : il hait Washington DC. Souvent retranché dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago (Floride) pour jouer au golf et recevoir des invités, le président américain porte à la capitale fédérale une détestation de longue date. "Crasseuse", "dangereuse", "horrible"… Le milliardaire républicain, un pur New-Yorkais, affuble régulièrement la métropole de la côte est de nombreux adjectifs péjoratifs. Avec un projet assumé : refaire de la ville un lieu "sûr et magnifique", à l’inverse selon lui de sa situation aujourd’hui.
Mais le dirigeant entend désormais accélérer pour matérialiser cette ambition. Mercredi 6 août, il s’est dit prêt à engager des mesures pour prendre "le contrôle fédéral" du district de Columbia, le territoire où se trouve Washington. "Nous y songeons, ouais, parce que la criminalité est hallucinante", a-t-il lancé devant des journalistes à la Maison-Blanche. Donald Trump a souvent mis en avant ce projet depuis son retour au pouvoir en janvier dernier. Le sujet est cette fois revenu au cœur des débats après un fait divers, rapporté par plusieurs médias américains.Fait divers instrumentalisé
Le week-end dernier, un ex-employé du Doge, le département sur l’efficacité gouvernementale un temps chapeauté par Elon Musk, a été agressé dans un quartier de la ville. Plusieurs jeunes ont attaqué cet homme et sa compagne, vraisemblablement pour leur voler leur voiture. "Nous voulons une grande capitale qui soit sûre et nous allons l’avoir", a promis Donald Trump en réaction à cette affaire....
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07/08 - Deux satellites cruciaux pour l’observation du climat dans le viseur de l’administration Trump
Le président américain tente à nouveau de porter un coup aux recherches sur le climat. L’administration Trump a demandé aux employés de la Nasa, l’agence spatiale américaine, d’élaborer un plan pour mettre fin à deux missions satellitaires majeures, a révélé lundi 4 août la radio publique américaine NPR. L’agence serait tenue de s’affranchir des deux satellites "Orbiting Carbon Observatories" (OCO), qui mesurent les émissions de gaz à effet de serre (CO2) et l’évolution des cultures.
La décision a laissé de nombreux scientifiques et anciens employés perplexes, en sachant que les satellites fonctionnent encore parfaitement et pourraient collecter des données pendant plusieurs années, le tout pour un coût raisonnable, souligne le média américain. Or, dans le cas d’une telle décision, l’un des deux satellites finirait par brûler dans l’atmosphère terrestre, mettant définitivement fin à sa mission. L’autre est rattaché à la station spatiale internationale (ISS).
Par ailleurs, une évaluation officielle de la Nasa en 2023 a révélé que "les données sont d’une qualité exceptionnellement élevée" et a recommandé la poursuite la mission pendant au moins trois ans. Selon le média, la raison pour laquelle l’administration s’en prend à ces satellites n’est pas connue. Selon l’agence américaine Associated Press, la Nasa a déclaré via un communiqué que les travaux des satellites allaient "au-delà de leur mission principale" et qu’elles seraient interrompues "pour s’aligner sur l’agenda du président et les priorités budgétaires".
Ces...
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07/08 - "Le début d’un nouvel ordre commercial" : jour J pour les droits de douane de Donald Trump
Washington. Les douze coups de minuit viennent à peine de retentir. Le président américain fanfaronne sur sa plateforme Truth Social : "Il est minuit !! Des milliards de dollars de droits de douane affluent maintenant vers les Etats-Unis d’Amérique". À 06h01 (heure française), les Etats-Unis enclenchaient leur plus vaste offensive tarifaire depuis la Grande Dépression. Plus de 90 pays sont désormais visés par des surtaxes à l’importation, parfois multipliées par quatre, dans ce que Donald Trump présente comme "la grande réinitialisation du commerce mondial".
Ce jeudi 7 août, les nouvelles taxes douanières américaines, fixées entre 15 % et 41 %, sont devenues effectives, après une semaine de suspense diplomatique. "C’est le début d’un nouvel ordre commercial, et la fin de l’ancien", tranche le Financial Times, pour qui "ces droits de douane ont bouleversé la donne"."Les Suisses auraient dû camper à Washington"
Ceux qui pensaient échapper à la sanction se sont réveillés sonnés. La Suisse, le Canada, le Brésil ou encore le Laos ont été frappés sans distinction. Le gouvernement suisse, qui espérait une issue de dernière minute après une mission à Washington, a vu tomber un couperet : 39 % de taxe à l’entrée du marché américain. "Les Suisses auraient probablement dû camper à Washington", ironise le quotidien économique britannique. "Ils ne sont clairement pas contents."
Même les pays ayant signé des accords, comme le Royaume-Uni, le Japon ou l’Union européenne, ont dû avaler la pilule. "Les partenaires commerciaux des...
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07/08 - Donald Trump en croisade contre les statistiques officielles : les leçons d’un jeu dangereux
Sur son réseau Truth Social, il ne se lasse pas de distribuer bons et mauvais points. Cette semaine, Donald Trump s’est enflammé pour Sydney Sweeney, égérie d’une publicité jugée "anti-woke" de la marque de jeans American Eagle. Trois jours plus tôt, dans un post rageur, il s’en prenait à une institution bien moins exposée d’ordinaire que la jeune actrice, le Bureau of Labor Statistics (BLS) – équivalent de l’Insee outre-Atlantique - après la publication de mauvaises nouvelles. Des créations d’emplois décevantes en juillet (73 000 seulement, contre 110 000 attendues) et surtout une révision sévère des précédentes estimations pour mai et juin, à hauteur de 258 000 postes. Un camouflet pour le président américain.
"À mon avis, les chiffres de l’emploi publiés aujourd’hui ont été TRUQUÉS afin de nuire aux républicains, et à MOI", s’est-il empressé de réagir. Une attaque en règle rapidement suivie de l’annonce du limogeage pur et simple d’Erika McEntarfer, qui dirigeait le BLS depuis l’an dernier. Personne ne croit sérieusement que cette économiste du travail a œuvré pour savonner la planche du locataire de la Maison-Blanche. Après tout, la commissaire n’a pas la main sur les chiffres élaborés par ses armées d’experts. Et comme le rappelle Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis de l’Iris, "elle a été élue de manière bipartisane, avec notamment les voix de J.D. Vance et de Marco Rubio", alors sénateurs, et aujourd’hui respectivement vice-président et chef de la diplomatie...
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07/08 - Guerre en Ukraine : la rencontre Trump-Poutine pourrait se dérouler aux Emirats arabes unis, selon Moscou
Vers une véritable avancée diplomatique pour une solution dans la guerre en Ukraine ? Mercredi 6 août, la dernière visite à Moscou de l’envoyé spécial américain de Donald Trump, Steve Witkoff, a en tout cas été jugée "très productive" par le président américain. L’émissaire a rencontré à l’occasion de son déplacement Vladimir Poutine. Le Kremlin a d’ailleurs lui aussi salué ces discussions, qualifiées d'"utiles et constructives".
Ce jeudi, la Russie indique même qu’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine est prévue "dans les prochains jours". Mercredi, le président américain s’était montré plus flou, affirmant que ce rendez-vous pourrait avoir lieu "très bientôt". A priori sans Volodymyr Zelensky, qui a de son côté réitéré sa volonté d’un face-à-face avec le dirigeant russe.
Les infos à retenir :
⇒ Une rencontre Trump - Poutine prévue "dans les prochains jours", selon le Kremlin
⇒ Donald Trump se dit prêt à rencontrer "très bientôt" Vladimir Poutine
⇒ Plusieurs dirigeants européens prennent part à un appel téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr ZelenskyVladimir Poutine affirme que sa rencontre avec Donald Trump pourrait se tenir aux Emirats arabes unis
Alors que le Kremlin a annoncé qu’une rencontre de Vladimir Poutine avec Donald Trump était prévue "dans les prochains jours", le président russe a précisé que ce rendez-vous pourrait avoir lieu aux Emirats arabes unis. "Nous avons beaucoup d’amis qui sont prêts à nous aider à organiser ce type d’événements. L’un d’entre eux est le président des Emirats...
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07/08 - Intelligence artificielle, cybersécurité… Quel avenir pour les objets connectés ?
L’IA, le métavers, les voitures autonomes, les cryptomonnaies… Combien nous ont promis que ces innovations bouleverseront nos quotidiens. Mais nombre d’entre elles n’ont pas (encore) produit l’effet attendu. Pour ce troisième épisode, on s’intéresse aux objets connectés, qui ont envahi notre vie et ne semblent pourtant pas convaincre les utilisateurs.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : Canal +, Gaumont, Europe 1
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : Nous sommes dimanche et vous venez de vous faire réveiller non pas en musique, ni avec une alarme stressante, mais par un simulateur d’aube. Vers 9 heures, après avoir surveillé votre rythme de sommeil, l’appareil éclaire progressivement votre chambre d’une lumière orangée… Depuis votre lit, vous avez pu déclencher la machine à café avec une application. Pendant que vous prenez votre petit déjeuner, votre fils joue avec un robot éducatif. L’enfant répond à des questions, et le petit automate les vérifie.
Le dimanche, c’est aussi le jour où vous aimez aller courir. Pour cela, pas besoin de s’encombrer de son téléphone : une montre connectée suffit. Elle vous permet de suivre votre rythme...
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07/08 - Maxim Timchenko (DTEK) : "L’Ukraine est le géant endormi de l’énergie européenne"
Vingt ans. Une longue période en temps normal. Une éternité dans certaines circonstances. Maxim Timchenko, à la tête de DTEK depuis 2005, est un vétéran du monde de l’énergie. En deux décennies, il a transformé ce petit fournisseur privé du Donbass en un leader national - et un acteur européen qui monte. "Un long voyage fait de défis, de percées, de victoires et, malheureusement, de pertes", a écrit le dirigeant à ses équipes, début juillet, pour le 20e anniversaire de l’entreprise ukrainienne.
La guerre du Donbass dès 2014, déjà contre Moscou, fut une première épreuve douloureuse. Suivie, huit ans plus tard, de l’invasion à grande échelle. Puisqu’elle possède des infrastructures stratégiques, DTEK est une cible très régulière des missiles russes. "Aucun autre système énergétique au monde n’a été confronté à un tel niveau d’attaques", relève Maxim Timchenko, alors qu’au moins 373 employés sont morts ces trois dernières années.
L’énergie est essentielle en temps de guerre. C’est la raison pour laquelle DTEK continue inlassablement son travail de reconstruction des équipements endommagés. Et cherche, par la même occasion, à renforcer la résilience de l’ensemble du système ukrainien. Cela passera notamment, selon son patron, par une production décentralisée, davantage de renouvelables, de batteries… Et une intégration encore plus poussée au réseau européen. La parole de Maxim Timchenko est rare : il ne s’est pas exprimé dans la presse française...
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07/08 - Régime "IG bas", "glucose révolution"… Ces modes alimentaires qui inquiètent les scientifiques
Et maintenant, les compléments alimentaires ! L’influenceuse Jessie Inchauspé, suivie par 5,7 millions de followers sur Instagram, s’était fait connaître avec sa "glucose révolution". La grande idée de cette ingénieure en biochimie, reconvertie en star des réseaux sociaux : limiter à tout prix les pics de glycémie, néfastes selon elle pour la santé (et pour la ligne).
Après ses conseils distillés en ligne et dans deux best-sellers – consommation de vinaigre, paré de prétendues vertus anti-glycémiques, menus "low carb" et port d’un capteur pour mesurer le taux de sucre dans le sang - elle a aussi lancé "l’Anti-spike". Des gélules contenant un mélange de plantes de sa composition : extraits de feuilles de mûrier blanc et de citron, brocolis, tomates, oignons, carottes, épinards, choux et cannelle.
A raison de deux comprimés avant de manger, ce "supplément naturel" réduirait les pics de glucose de 40 % et diminuerait la glycémie à jeun, ainsi que la résistance à l’insuline. Problème, ces promesses n’ont pas fait l’objet de tests permettant d’en démontrer la réalité. L’influenceuse présente certes sur son site des études relatives aux différents végétaux inclus dans ses gélules, ainsi que "(s) es propres données ou de celles de (s) on équipe, à titre d’illustration", comme elle l’indique à l’Express.
Mais ces informations ne suffisent pas à asseoir scientifiquement ses prétentions : il faudrait pour cela un essai clinique comparant un nombre suffisant de personnes traitées à un groupe placebo. Jessie Inchauspé assure...
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06/08 - Emmanuel Macron prône la fermeté de la France face à l’Algérie
Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d'agir "avec plus de fermeté et de détermination" à l'égard de l'Algérie, prenant acte de l'inflexibilité des autorités algériennes sur les questions migratoires et sur la détention de deux ressortissants français que la France juge arbitraire.
Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d'un an dans une crise diplomatique sans précédent qui s'est traduite par des expulsions de fonctionnaires de part et d'autre, le rappel des ambassadeurs des deux pays et des restrictions sur les porteurs de visas diplomatiques.
Autre conséquence : la cessation de la coopération des consulats algériens présents en France avec les services de l'État français en matière de réadmission d'Algériens jugés dangereux, pourtant sous le coup d'une obligation de quitter le territoire."La France doit être forte"
La crainte du gouvernement français est de devoir remettre en liberté des ressortissants algériens actuellement détenus dans des centres de rétention faute de pouvoir les maintenir dans ces centres indéfiniment.
"La France doit être forte et se faire respecter", fait désormais valoir le chef de l'État français dans une lettre à son Premier ministre, François Bayrou, publiée par le quotidien Le Figaro.
"Elle ne peut l'obtenir de ses partenaires que si elle-même leur témoigne le respect qu'elle exige d'eux. Cette règle de base vaut pour l'Algérie aussi", écrit-il encore.
Parmi les mesures demandées au gouvernement, le chef de l'État appelle à suspendre "formellement" l'accord de 2013 avec...
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06/08 - L’été où le RN est devenu fréquentable : les conseils de Nicolas Sarkozy, la conquête de postes à l’Assemblée
Une fréquentabilité à géométrie variable. Voilà le drôle de cadeau que Marine Le Pen a reçu pour son anniversaire, ce 5 août. On avait quitté le Rassemblement national aux élections législatives du mois de juin 2024, à nouveau confronté au barrage républicain, preuve que le cordon sanitaire, que les frontistes croyaient enterré, résistait encore. La réticence des politiques et dirigeants d’entreprise à rencontrer des émissaires lepénistes au grand jour en est toujours le stigmate persistant. "On sent une évolution, notamment au niveau local, avec les notables de nos circonscriptions, parce que nous sommes présents et faisons un travail de terrain, abonde un élu RN, mais l’époque où nous serons traités en partie comme les autres à l’échelle nationale n’est pas encore d’actualité."
Récemment, c’est sous le patronage d’un nouveau saint que le parti d’extrême droite a reçu un nouveau brevet en fréquentabilité. Un saint venu de la droite et ancien président de la République. Début juillet, Nicolas Sarkozy a donc reçu le président du RN, Jordan Bardella, dans son bureau parisien de la rue du Miromesnil pendant plus d’une heure. Celui-ci avait apprécié les clins d’œil répétés que lui avait adressés l’eurodéputé, notamment lorsqu’il s’était dit "choqué" que l’on retire sa légion d’honneur à l’ancien chef de l’État après sa condamnation définitive dans l’affaire des écoutes. "C’est surtout une discussion sur les relations humaines plutôt qu’un rendez-vous politique", avait alors assuré l’entourage de Nicolas Sarkozy au Parisien....
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06/08 - Gaz à effet de serre : le recul climatique de la Russie de Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi 6 août un décret autorisant la Russie à augmenter ses émissions de gaz à effet de serre d’un cinquième d’ici 2035, comparé aux niveaux de 2021.
La Russie, quatrième émetteur mondial de dioxyde de carbone, veut parvenir à zéro émission nette d’ici 2060 mais, selon des militants, ses objectifs actuels sont insuffisants pour lutter contre le réchauffement climatique.
Le nouveau décret de Vladimir Poutine fixe pour objectif d’ici 2035 "une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 65 à 67 % par rapport au niveau de 1990", en tenant compte de l’impact des vastes forêts russes qui absorbent le carbone. Cela établirait le niveau maximum des émissions autorisées à environ 2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone d’ici 2035. C’est moins que le record de 3,1 milliards de tonnes atteint en 1990, mais environ 22 % de plus que le niveau des émissions en 2021, qui était de 1,7 milliard, selon des données fournies à l'ONU par la Russie.La Russie se réchauffe 2,5 fois plus vite
La Russie s’est prononcée contre l’abandon progressif des combustibles fossiles lors de précédents sommets mondiaux sur le climat. Son économie est très dépendante de ses exportations de gaz et de pétrole. Ses objectifs climatiques ont été décrits comme peu clairs et manquant d’ambition par des militants. Des experts considèrent aussi qu’il est trompeur de prendre le niveau de 1990 comme point de comparatif.
Les émissions de gaz à effet de serre de la Russie ont chuté de plus de moitié entre...
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06/08 - Bras de fer avec l’Inde : Donald Trump met sa menace à exécution
Le président américain Donald Trump a signé ce mercredi 6 août un décret ajoutant 25 % de droits de douane sur les produits indiens. Cette augmentation serait une mesure de rétorsion "en réponse à l’achat continu de pétrole russe", une source de revenus essentielle pour Moscou, a annoncé la Maison-Blanche sur un de ses comptes X.
Plus spécifiquement, Donald Trump espère avec cette nouvelle taxe réduire la capacité de Moscou à financer le conflit en Ukraine, présenté dans le décret comme "une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis". "J’estime qu’imposer des droits de douane, tels que décrits ici, en plus des autres mesures prises pour répondre à l’urgence nationale sera plus efficace pour gérer cette menace", ajoute le président américain dans le texte du décret.
Le ministère indien des Affaires étrangères a qualifié "d'extrêmement regrettable" la décision américaine, en la jugeant "injuste, injustifiée et déraisonnable".
La nouvelle surtaxe vient s’ajouter à celle déjà de 25 %, qui doit entrer en vigueur jeudi, en même temps que les droits de douane que Donald Trump présente comme "réciproques". En revanche, elle ne sera effective que dans 21 jours, selon le décret, et ne s’appliquera pas sur un certain nombre de produits, ce qui vient en réduire sensiblement la portée.
Ces exemptions concernent des produits visés par des droits de douane sectoriels spécifiques, comme l’acier ou l’aluminium, ou qui le seront prochainement, tels que les produits...
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06/08 - La DGSI contre les "cyber-kompromats" : de Facebook à Tinder, la guerre des espions fait rage
Le message s’affiche sur le compte WhatsApp de Matthieu Ghadiri, ce 8 août 2018. "Bonjour Monsieur Matthieu. C’est Parastou du site Iranian Personnals. J’aimerais beaucoup vous revoir. Quand comptez-vous revenir en Iran ? Je suis vraiment très impatiente de vous connaître davantage". Le destinataire est un agent du renseignement français. Il a immédiatement compris le sous-entendu : son interlocuteur souhaite l’attirer en Iran, où il sera probablement emprisonné s’il n’accepte pas de collaborer. Il fait durer la conversation, comme il le raconte dans son autobiographie Notre agent iranien (Nouveau Monde), jusqu’à ce que "Parastou", en fait un agent recruteur, se lasse. L’opération n’ira pas plus loin, faute de faille côté français.
Ce type de messages engageants, les personnalités de secteurs français sensibles en reçoivent tous les jours. L’équivalent des arnaques au faux Brad Pitt… en version espionnage. Ce peut être un dirigeant de start-up, contacté par une femme d’affaires chinoise sur LinkedIn. Elle prétend agir pour un cabinet de consulting ou un chasseur de têtes, propose une mission. "Votre expertise et votre expérience seront rémunérées", est-il écrit dans un des messages que L’Express a pu consulter. Ce peut être une trentenaire séduisante avec laquelle un militaire engage la conversation sur Tinder, en fait un agent secret russe, un mode opératoire d'abord signalé par le renseignement allemand. "Le numérique accélère tout, jauge Bernard Squarcini, ancien dirigeant du renseignement intérieur. Avant,...
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06/08 - Ukraine : les discussions entre Vladimir Poutine et Steve Witkoff ont été "constructives", selon le Kremlin
La rencontre entre Valdimir Poutine et Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, a duré "près de trois heures" et s’est achevée dans l’après-midi, ce mercredi 6 août, rapporte l’agence de presse officielle russe Tass.
"Une conversation très utile et constructive a eu lieu" au Kremlin sur la guerre en Ukraine et les relations russo-américaines, a de son côté déclaré à la presse le conseiller diplomatique du chef de l’Etat russe, Iouri Ouchakov, assurant que la Russie avait "envoyé certains signaux" sur le dossier ukrainien.Chaleureuse poignée de main
Vladimir Poutine et l’envoyé américain, accueilli à son arrivée dans la matinée à Moscou par le représentant spécial du président Kirill Dmitriev, s’étaient chaleureusement serré la main, l’air souriant, au début de leur réunion dans une somptueuse salle, selon les images diffusées par le service de presse de la présidence russe. Steve Witkoff, qui est l’homme de confiance de Donald Trump pour les "missions de paix", a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises mais aucun de ces entretiens n’a amené ce dernier à changer de cap. Alors, peut-on réellement attendre quelque chose de cette dernière rencontre ? "Il serait étonnant d’assister à de véritables avancées pour la paix", estimait ce mercredi auprès de L’Express, l’ancien ambassadeur Michel Duclos, aujourd’hui conseiller spécial à l’Institut Montaigne.
Cette rencontre a eu lieu deux jours avant la fin de l’ultimatum posé par Donald Trump la semaine dernière. Le président a donné jusqu’à vendredi à la Russie...
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06/08 - Affaire familiale et drogues : "The Waterfront" sur Netflix, la série narco de l’été
Après le prof de chimie atteint d’un cancer dans Breaking Bad (2008), le conseiller financier foireux d’Ozark (2017) et le prof assistant en mal de titularisation dans A Model Family (2022), le thème de la famille ordinaire prise dans les rets impitoyables des trafiquants de drogue est en passe de devenir un genre en soi. Ça se confirme avec The Waterfront, qui n’a pas le génie des deux premiers mais devrait distraire vos vacances pluvieuses. Un patron de pêche (Holt McCallany), la soixantaine bien tapée, passablement alcoolique, dirige avec désinvolture sa compagnie qu’il a héritée de son père. Il trompe sa femme (Maria Bello) qui parait moins que son âge et a autant de cran que de chien, c’est elle qui tient la barque à flot grâce au restaurant chic du port, spécialisé dans les fruits de mer, qu’elle dirige en s’endettant auprès de son amant agent immobilier qui convoite les terrains que son mari ne veut toujours pas vendre. Ça les sortirait d’affaire, pourtant, mais y’a l’honneur de la famille.
Ils ont eu deux enfants qui ne sont pas des parangons de réussite sociale : le garçon (Jake Weary) a raté ses études pour suppléer aux déficiences de son père à la pêcherie, sa sœur (Melissa Benoist) aînée et droguée s’est mise à la colle avec un agent de la DEA (les stups américains), elle les accumule, je vous dis. Elle a perdu la garde de son fils, adolescent tellement innocent qu’on devine tout de suite qu’il va lui arriver des bricoles.Une mule marine
Tout ça serait bien mollasson si les auteurs ne nous avaient...
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06/08 - En Ukraine, la faute politique de Zelensky risque de laisser des traces
Après plus de trois ans de guerre et malgré la loi martiale et l’absence d’élections, la démocratie fonctionne encore en Ukraine. Sous la pression de jeunes descendus par milliers dans les rues (mais aussi de ses alliés européens, dont l’aide financière est cruciale), le Parlement a fait marche arrière et rétabli fin juillet l’indépendance des deux principales agences anticorruption du pays.
Neuf jours plus tôt, les mêmes députés avaient voté une loi, soutenue par Volodymyr Zelensky, plaçant ces instances sous le contrôle du procureur de la République, lui-même sous l’autorité du président. Etrange coïncidence, alors que des détectives anticorruption enquêtaient sur l’entourage de ce dernier.
Zelensky a fait une grave erreur politique, heureusement corrigée, mais qui pourrait entacher sa légitimité - sa cote de confiance est passée de 65 % en juin à 58 % début août, tandis que la défiance a grimpé à 35 %, selon un sondage du Kyiv International Institute of Sociology (KIIS). Le peuple ukrainien a accepté bien des sacrifices (y compris celui de ses enfants) et comprend les contraintes liées à la guerre, mais il ne transige pas sur les principes hérités de la révolution de Maïdan, en 2014. Les deux organismes en question avaient été créés après le départ du président Viktor Ianoukovitch, prorusse et notoirement corrompu.Centralisation du pouvoir
Assurément, le président ukrainien, dont le courage et le sens du devoir ont jusqu’ici sauvé son peuple, n’est pas un "dictateur", comme l’a affirmé Donald Trump. Mais des...
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06/08 - Gaza : l’état-major israélien gagné par le doute face à la stratégie de Benyamin Netanyahou ?
L’armée israélienne devra "exécuter" les décisions politiques sur la guerre dans la bande de Gaza, a affirmé ce mercredi 6 août le ministre de la Défense, Israël Katz. Cela, alors que des dissensions s’expriment dans les rangs de Tsahal face à la perspective d’une occupation totale du territoire palestinien.
L’annonce arrive alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahou dit préparer "une nouvelle phase" des opérations pour vaincre "totalement" le Hamas et ramener les otages israéliens retenus à Gaza. Le chef d’état-major, Eyal Zamir, semble pourtant exprimer ses réserves, sinon son opposition, quant à cette décision.
Malgré ces réticences, Benyamin Netanyahou semble décidé à contraindre l’armée israélienne à appliquer son plan d’occupation totale de la bande de Gaza, conçu pour assurer une "victoire décisive sur le Hamas". Une réunion du cabinet de sécurité - seule autorité capable de valider un tel ordre - présidée par le Premier ministre est prévue jeudi soir pour trancher cette décision controversée.
Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a pourtant mis en garde contre le "piège" que serait une occupation totale de Gaza, lors d’une réunion le mardi 5 août, a révélé la chaîne de télévision publique israélienne Kan 11. Selon le quotidien Maariv aussi, le chef d’état-major a averti "qu’une décision d’intensifier les combats pourrait entraîner la mort des otages encore en vie". Il a aussi réitéré "son opposition à une décision de conquérir entièrement la bande de Gaza", déjà occupée par Israël entre 1967 et 2005.
La presse...
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06/08 - Aux Etats-Unis, le couple Clinton rattrapé par l’affaire Jeffrey Epstein
Bill et Hillary Clinton sont appelés à témoigner par le Congrès américain dans l’une des enquêtes les plus retentissantes et ultrasensibles de la décennie, concernant le délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Pour rappel, il est question, dans cette affaire internationale, d’exploitation sexuelle de mineures.
Depuis plusieurs années, diverses enquêtes ont tenté d’établir des liens entre Jeffrey Epstein, financier retrouvé pendu dans sa cellule new-yorkaise en août 2019, et ses présumés "clients", parmi lesquels des personnalités de haut rang. Une commission du Congrès, à majorité républicaine, a ainsi annoncé ce mardi 5 août avoir assigné à comparaître l’ex-président démocrate Bill Clinton et son épouse Hillary Clinton dans le cadre de son enquête sur l’affaire Epstein.Liens passés au début des années 2000
Le chef de la puissante commission parlementaire de supervision, James Comer, a déclaré avoir convoqué Bill Clinton le 14 octobre et Hillary Clinton le 9 octobre, pour répondre de leurs liens avec Jeffrey Epstein. La commission d’enquête s’intéresse particulièrement aux multiples voyages de l’ancien président américain à bord du jet privé de Jeffrey Epstein. "De votre propre aveu, vous avez voyagé à bord de l’avion privé de Jeffrey Epstein à quatre reprises en 2002 et 2003", a écrit James Comer, dans la lettre qu’il a adressé à Bill Clinton. Le nom de Donald Trump, régulièrement cité dans cette affaire, figurerait aussi dans ce carnet d’anniversaire, selon le Wall Street Journal.
La presse américaine, dont le magazine The Cut...
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06/08 - La Corse, ses amis, sa communauté et ses rêves d’autonomie, par Eric Chol
Patti chjari amici cari. Les choses claires font les bons amis, dit le proverbe corse. A défaut de clarté, il n’est pas sûr que le projet de loi sur la Corse, présenté en Conseil des ministres le 30 juillet, renforce l’amitié entre les élus locaux corses et le Conseil d’Etat, ou même entre les parlementaires au sein du socle commun, en particulier au Sénat, où atterrira le texte au mois d’octobre.
Difficile d’en vouloir au Conseil d’Etat. D’abord parce qu’il n’a fait qu’exercer son métier. Sollicitée pour examiner le "projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République", l’institution du Palais-Royal a dit le droit. Or, en droit constitutionnel, le fameux terme de "communauté", auquel le texte fait référence, n’existe pas, ont expliqué les juristes dans leur avis du 17 juillet. "La Corse pour le moment est une collectivité française de la République", insiste un juriste, qui poursuit : "Quand un Hongrois arrive à Bastia pour ouvrir une épicerie, quel est son statut ? Est-ce qu’il est membre de cette communauté ? La réponse des traités européens est très claire : l’épicier hongrois a les mêmes droits que les autres."Un côté très olé olé sur le plan juridique
A croire que les séances nocturnes de brainstorming à Beauvau ont fini par accoucher début mars d’une copie votée à la quasi-unanimité des représentants corses, en dépit (ou à cause de) son côté très olé olé sur le plan juridique.
Qu’importe si personne n’est capable de définir le terme de communauté : aux yeux du gouvernement,...
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06/08 - Droits de douane : face à Donald Trump, ces pays qui osent dire non
"Ce n’est pas un gringo qui va donner des ordres au président de la République." La formule lâchée mi-juillet par le Brésilien Lula lui a coûté cher. Quelques jours plus tôt, Donald Trump avait appelé à l’abandon des poursuites judiciaires contre l’ex-président Jair Bolsonaro. En tenant tête au milliardaire américain, le président a exposé son pays à une facture douanière de 50 %.
Pas de quoi intimider Lula, qui a même gagné au passage des points dans les sondages. Un regain de popularité bienvenu en vue des élections de 2026. Du reste, l’impact de ces droits de douane s’annonce modeste : la part des Etats-Unis dans les exportations brésiliennes est de l’ordre de 10 % et Brasilia affiche un déficit commercial vis-à-vis de Washington. Son principal partenaire ? Pékin.
Le président chinois Xi Jinping, lui non plus, n’a pas cédé à la provocation. Si l’escalade douanière du mois d’avril a atteint des niveaux stupéfiants, la stratégie chinoise a payé ; Trump a fini par lâcher du lest. La deuxième économie mondiale a joué sur ses atouts – dont ses terres rares.
L’Inde aussi résiste. Elle n’a pas fléchi sur le sujet agricole, alors que Washington réclamait un accès élargi à son marché, ni face aux pressions américaines pour qu’elle cesse d’acheter du pétrole russe. Verdict : au moins 25 % de droits de douane. "L’Inde a pris une décision rationnelle : laisser Trump imposer ses taxes tout en sachant que le coût sera finalement en partie absorbé par le consommateur américain", analyse Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie...
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06/08 - Séisme en Russie : des images satellites révèlent des dégâts dans une base de sous-marins nucléaires
Des images satellites, prises dimanche 3 août par Planet Labs, une société de satellites commerciale, révèlent qu’une base de sous-marins à propulsion nucléaire russe a subi des dégâts mineurs après le séisme qui a secoué la région. Située dans l’Extrême-Orient, la base de Rybatchi se trouve dans une crique à environ 130 kilomètres du puissant tremblement de terre qui a frappé mercredi 30 juillet près de la péninsule du Kamtchatka.
Les fortes vagues de tsunami, provoquées par le tremblement de terre, auraient notamment endommagé un quai flottant de la base de sous-marins nucléaires, rapporte le New York Times. Selon les images satellites, une section de ce quai semble s’être détachée de son amarrage, mais aucun autre dégât majeur n’est visible.Une base de l’époque soviétique
Certains des quais flottants de Rybatchi sont tout neufs, insiste le New York Times, reprenant un communiqué de l’armée russe selon lequel deux nouveaux quais avaient été installés après l’invasion de l’Ukraine, en 2022. La majorité des quais de Rybatchi semblent être intacts et les images satellites révèlent que plusieurs navires, dont cinq sous-marins, ont été aperçus amarrés dans des quais à proximité.
La base de Rybatchi, construite à l’époque soviétique, a notamment été aménagée dans une crique afin de protéger les navires des hautes vagues et des tempêtes. Or, le tremblement de terre qui a frappé près de la base fut l’un des plus importants jamais enregistrés en Extrême-Orient, provoquant des alertes aux tsunamis dans tout le Pacifique.
Le séisme,...
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06/08 - Pourquoi le régime méditerranéen est-il si bon pour votre santé ?
Quel est le régime alimentaire idéal ? Lorsqu’on les interroge, chercheurs, médecins et spécialistes de la nutrition parviennent quasi systématiquement tous à la même conclusion : le régime méditerranéen. "C’est le Gold standard, le meilleur qui sort du lot quand on étudie tous les régimes", résume Patrick Veiga, directeur de recherche à l’Inrae, chercheur en microbiologie et expert en nutrition. Inspiré des cuisines traditionnelles et centenaires du sud de l’Espagne et de l’Italie, ainsi que de la Crète, il a obtenu ses lettres de noblesse, puisque l’Unesco l’a inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2013. Mais ce qui fascine vraiment les scientifiques, c’est sa capacité démontrée à permettre de rester en bonne santé, en réduisant notamment les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et de certains cancers.
Longtemps, les chercheurs se sont contentés d’observer les corrélations statistiques prometteuses. Aujourd’hui, grâce aux avancées en biologie moléculaire et en microbiologie, ils sont en mesure de comprendre les mécanismes biologiques qui expliquent ces bienfaits. Et, bonne nouvelle, il est possible de l’adapter aux habitudes alimentaires de nombreux pays, dont la France.Des preuves scientifiques solides
De quoi parle-t-on exactement ? Le régime méditerranéen traditionnel se définit par neuf composants précis : une consommation élevée de légumes, légumineuses, fruits et noix, céréales, poisson et d’huile d’olive, peu de viande (rouge et volaille) et de produits laitiers, et très...
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06/08 - Financement des vaccins à ARN messager : la dernière attaque anti-science de l’administration Trump
"Nous avons examiné les données scientifiques, écouté les experts et nous agissons". C’est par ces mots que le ministre de la Santé américain, Robert Kennedy Jr, a annoncé mardi 5 août que les Etats-Unis allaient cesser de financer le développement de plusieurs vaccins à ARN messager.
Ces financements portaient sur le développement de traitements contre la grippe aviaire ou encore la grippe porcine et étaient attribués ou étaient en cours d’attribution à plusieurs grands noms de l’industrie pharmaceutique comme les entreprises Moderna, Pfizer et Sanofi.Des fonds pour des technologies "plus sûres"
Dans un communiqué de presse, le ministre a indiqué que mettre fin à 22 vaccins à ARN au total, soit 500 millions de dollars, qui étaient financés par l’Autorité de recherche et de développement biomédical avancé, ou BARDA. "Les données montrent que ces vaccins ne protègent pas efficacement contre les infections des voies respiratoires supérieures telles que le Covid et la grippe", a accusé le ministre, sans entrer plus en détail. Il a également mis en doute leur sûreté en annonçant réorienter les fonds vers des technologies "plus sûres".
Il a fait valoir que les vaccins à base d’ARNm peuvent cesser de fonctionner correctement si le virus qu’ils ciblent mute trop, citant le coronavirus comme exemple. "Une seule mutation peut rendre les vaccins à ARN inefficaces", a-t-il déclaré. Outre-Atlantique, les principaux experts en maladies infectieuses ont critiqué la décision et ont déclaré qu’elle laisserait les Américains...
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06/08 - 80 ans après Hiroshima, l’Allemagne face au dilemme de la bombe nucléaire
Les 6 et 9 août 1945 s’abattaient sur Hiroshima puis Nagasaki, au Japon, les premières bombes atomiques de l’Histoire. Les deux seules armes nucléaires à avoir été à ce jour utilisées en temps de guerre ont laissé derrière elles des paysages dévastés et fait plus de 200 000 morts. Et "80 ans après Hiroshima, la peur de la guerre nucléaire est de retour", s’inquiète un chroniqueur de la chaîne publique allemande ZDF, Stefan Brauburger.
L’Union européenne - via l’Otan - dont la France est la seule puissance nucléaire, est certes couverte par le "parapluie nucléaire" américain. 20 ogives américaines, disposant chacune de la puissance de plusieurs bombes nucléaires telle que celle lancée sur Hiroshima selon le journal économique allemand Handelsblatt, sont par exemple entreposées à Büchel, dans l’ouest de l’Allemagne. Elles sont même prêtes à être transportées par des avions allemands, révèle le magazine Der Spiegel. Or, "Donald Trump remet en question comme aucun président américain ne l’a fait jusqu’ici le parapluie nucléaire, défiant et déstabilisant ses partenaires", s’inquiète la ZDF. Et l’ombre de la menace nucléaire russe plane sur le Vieux Continent.
Les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale ont fait qu’encore aujourd’hui, une grande partie de la société allemande reste pacifique, note le Handelsblatt. "Mais le débat s’est transformé depuis l’attaque de la Russie sur l’Ukraine" et le retour au pouvoir de Donald Trump, poursuit le journal. Qu’adviendrait-il du Vieux Continent si les Etats-Unis, sous les ambitions...
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06/08 - Au Royaume-Uni, l’inquiétante normalisation de la "haine anti-juive"
Les propos contre l’armée israélienne de rappeurs au festival de Glastonbury fin juin et l’intensification de l’offensive israélienne à Gaza mi-mai ont entraîné des pics de signalements d’actes et propos antisémites au Royaume-Uni, relève ce mercredi 6 août le rapport d’une association communautaire juive britannique.
Le Community Security Trust (CST), qui surveille l’antisémitisme au Royaume-Uni, a enregistré 1 521 incidents antisémites (agressions verbales, physiques ou menaces) sur les six premiers mois de l’année 2025, un chiffre en recul de 25 % sur un an, mais le deuxième plus élevé depuis le début de ses relevés en 1984.
L’association souligne qu’elle a enregistré le plus grand nombre de signalements quotidiens (26, dont 16 en ligne) le 29 juin, au lendemain du concert du duo Bob Vylan au festival de Glastonbury en Angleterre, durant lequel les rappeurs avaient scandé "Mort, mort aux IDF", les forces de défense israéliennes. La police a ouvert une enquête.
Vient ensuite le 17 mai (19 signalements), au lendemain de l’annonce par Israël d’une expansion de son offensive militaire à Gaza. "Ces deux cas illustrent comment le sentiment et la rhétorique à l’égard d’Israël et du sionisme influencent, façonnent et alimentent le discours antijuif", note le CST."Sous couvert d’un militantisme anti-Israël"
L’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné du côté israélien la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Les...
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06/08 - Défense, nucléaire… En Pologne, pourquoi l’arrivée d’un président pro-Trump a de quoi inquiéter l’Elysée
9 mai 2025. Ils défilent, tout sourire, sur un tapis rouge tendu au milieu de la majestueuse place Stanislas, à Nancy. Sous un soleil éclatant, entourés de la Garde républicaine, Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, s’apprêtent à signer un traité d’amitié historique. Au-delà du rapprochement symbolique, ils ouvrent la voie à une coopération renforcée.
Emmanuel Macron est désireux d’accroître l’influence française dans une région stratégique, à l’heure où l’engagement américain sur le continent semble s’inscrire en pointillé. Donald Tusk, revenu au pouvoir en 2023 après huit années de gouvernement nationaliste conservateur, espère quant à lui entériner le retour de la Pologne parmi les puissances qui comptent en Europe.
Mais trois semaines plus tard, le 1er juin, c’est bien le souverainiste Karol Nawrocki qui remporte le scrutin présidentiel polonais. Pour le camp pro-européen de Donald Tusk, c’est la douche froide. A l’aube de l’investiture du nouveau président, qui se tiendra le 6 août, les spéculations vont bon train. On redoute une cohabitation houleuse, la paralysie du gouvernement, voire sa chute prématurée.
A l’international, malgré ses pouvoirs limités, le président polonais pourrait être un partenaire difficile : critique à l’égard de l’intégration européenne, Karol Nawrocki s’est surtout attelé à développer des liens privilégiés avec la Maison-Blanche. Début mai, alors simple candidat, il a été reçu par Donald Trump dans le bureau Ovale, puis, quelques jours plus tard, Kristi Noem,...
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06/08 - 80 ans après la frappe atomique, le souvenir d’Hiroshima a éclipsé Nagasaki
Un drame peut en cacher un autre. Obnubilé par le cataclysme atomique sur Hiroshima, le monde oublie parfois qu’il y a 80 ans, le bombardier américain Boxcar a largué "Fat Man" sur Nagasaki. Le 9 août 1945, le B-29 décolle de Tinian, au cœur du Pacifique. Sa cible : Kokura. Le mauvais temps et la fumée du bombardement mené la veille sur la ville du sud-ouest du Japon l’obligent à s’en détourner. Direction le sud, vers Nagasaki, la cible numéro 2. Là aussi, le temps couvert menace l’opération. Le pilote va renoncer quand, soudain, une trouée se forme dans la couverture nuageuse. Il largue la bombe H qui explose à 500 m du sol. Il est 11h02. La furie atomique fait 74 000 morts et des dizaines de milliers d’irradiés.
La ville n’a rien oublié. Mais le port niché au fond d’une baie cernée de montagnes, fief du géant industriel Mitsubishi, continue de vivre le souvenir du drame dans l’ombre d’Hiroshima, ciblée trois jours plus tôt. "Beaucoup, même au Japon, pensent qu’Hiroshima est la seule victime. Ce sentiment s’est atténué mais il existe encore", regrette Kenichi Katayama, du centre du mémorial de la paix de Nagasaki. "Hiroshima est devenu un raccourci de l’expérience historique des deux villes, éclipsant l’histoire unique de Nagasaki. En outre, Hiroshima a étouffé les voix des hibakusha [les survivants de la bombe] de Nagasaki qui luttent pour obtenir une attention égale aux traumatismes de leur bombardement", confirme l’historien américain Chad R. Diehl."Hiroshima a la rage. Nagasaki prie"
Cette situation tient à...
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06/08 - Michel Duclos : "Donald Trump a pris conscience de son erreur initiale sur Poutine"
Les promesses trumpiennes d’une paix en Ukraine en 24 heures paraissent bien loin. Plus de six mois après la prise de fonction du nouvel hôte de la Maison-Blanche, et à l’heure où les frappes aériennes russes contre les civils atteint un niveau inédit, la fin de la guerre n’a jamais semblé aussi incertaine. Echaudé par ce surplace diplomatique, le président républicain a récemment haussé le ton, allant jusqu’à fixer un ultimatum à son homologue russe pour faire la paix - dont l’échéance est prévue ce vendredi 8 août - sous peine de violentes sanctions économiques. Avant cette échéance, son émissaire Steve Witkoff est à Moscou ce mercredi 6 août, où il a rencontré le chef du Kremlin en personne. En durcissant le ton, Donald Trump a-t-il trouvé la clé ? "Moscou peut encore essayer de retourner la situation", jauge l’ancien ambassadeur Michel Duclos, aujourd’hui conseiller spécial à l’Institut Montaigne et auteur de l’ouvrage Diplomatie française (Alpha, 2024). Interview.
L’Express : L’émissaire américain pour la paix, Steve Witkoff, est arrivé à Moscou ce mercredi. Peut-on réellement en attendre quelque chose ?
Michel Duclos : Il serait étonnant d’assister à de véritables avancées pour la paix. A mon sens, Donald Trump et son entourage ont pris conscience de leur erreur initiale sur Poutine. Au départ, ils pensaient que le président russe serait prêt à accepter une proposition très généreuse de leur part. Rappelons que l’offre américaine prévoyait que les Russes puissent garder les territoires ukrainiens conquis ainsi...
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05/08 - Quand l’affaire de l’étudiante de Gaza ravive le spectre de la collaboration entre nationalisme palestinien et nazisme
Huit décennies après sa mort, le Führer est toujours aussi radioactif. Depuis 1945, personne en France n’a par exemple osé baptiser son enfant Adolf avec cette orthographe et il n’y a que dans les films comme Le Prénom que l’on s’autorise à faire mine d’envisager un pareil projet. Que l’architecte d’un génocide soit toujours tabou a de quoi rassurer ; qu’il soit érigé en modèle ne peut à l’inverse que susciter l’effroi. Ainsi, les extraits d’un discours d’Adolf Hitler appelant à tuer les juifs, exhumés sur les réseaux sociaux d’une réfugiée gazaouie accueillie par Sciences Po Lille, ont-ils conduit Jean-Noël Barrot à ordonner le gel de l’accueil de Palestiniens. D’autant qu’à quelques jours d’intervalle, un autre réfugié gazaoui, collaborateur régulier de France 24, a été identifié comme l’auteur d’un appel à "faire comme Hitler".
Teintées d’admiration, ces références à Adolf Hitler s’inscrivent dans un héritage idéologique bien antérieur à la résurgence du conflit israélo-palestinien et renvoient à un épisode de la Seconde Guerre mondiale toujours très débattu : la collaboration du nationalisme palestinien avec le régime nazi, impulsée par le grand mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini.
Les propos de ces deux réfugiés gazaouis ne sont d’ailleurs pas sans rappeler la rhétorique utilisée par ce chef religieux et leader du nationalisme palestinien qui, dans une allocution à l’Institut islamique central en novembre 1943, a exhorté les musulmans à suivre l’exemple...
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05/08 - De Georges Pompidou à Emmanuel Macron : soixante ans de "boules puantes" contre les présidentiables
Alexandre Djouhri fait le pied de grue sur le parking de l’ambassade de France à Alger. Emmanuel Macron s’y exprime devant la communauté française, ce mercredi 6 décembre 2017, avant d’aller dîner à l’hôtel Aurassi avec le Premier ministre algérien. Sur le chemin vers sa voiture, l’intermédiaire sulfureux se rue sur lui. Las !, le président l’ignore. "Ce type-là, il cherche à se faire prendre en photo avec moi", s’agace le chef de l’Etat auprès de l’ambassadeur Xavier Driencourt. Facile d’imaginer comment un tel cliché aurait pu alimenter un "dossier noir".
En mars 2022, le média Off investigation relaye le témoignage de Bernard Cheynel, un marchand d’armes, qui, sur la foi de confidences des "services secrets algériens", prétend qu’Alexandre Djouhri aurait organisé un rendez-vous de financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en 2017. Quoi de mieux pour accréditer l’idée qu’un cliché tout sourire ?
La mythologie de la Ve République est jalonnée de grandes affaires. La fille cachée de François Mitterrand, des financements occultes de plusieurs campagnes présidentielles, l’emploi fictif de Penelope Fillon, les diamants offerts à Valéry Giscard d’Estaing… Sous ces authentiques scandales coexiste une autre histoire plus souterraine. Celle des petits et grands pièges tendus aux présidentiables. A l’œuvre, une faune obscure de comploteurs, avec ses cerveaux, ses complices, ses idiots utiles. On les a dénommés "officines" ou "cabinet noirs", à l’origine de "chantiers", comme on appelle ces coups montés...
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05/08 - La Lituanie demande l’aide de l’Otan après un incident impliquant un drone russe
La Lituanie a demandé ce mardi 5 août à l’Otan de prendre des "mesures immédiates" pour renforcer sa défense aérienne après avoir révélé qu’un drone russe retrouvé sur son territoire la semaine dernière transportait des explosifs.
Le ministre des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, a déclaré que lui et le ministre de la Défense, Dovile Sakaliene, avaient écrit au chef de l’Otan, Mark Rutte, pour lui demander "des mesures immédiates afin de renforcer les capacités de défense aérienne de la Lituanie". Le 28 juillet, un drone militaire russe a violé l’espace aérien lituanien", a déclaré Kestutis Budrys sur le site X.
Le drone, qui a été repéré par des témoins oculaires au-dessus de certains quartiers de Vilnius, la capitale du pays, a finalement été retrouvé dans une zone d’entraînement militaire le 1er août. "Lors de l’inspection de l’appareil, il a été constaté qu’il transportait un engin explosif, qui a été neutralisé avec succès sur place", a indiqué à la presse la procureure générale lituanienne Nida Grunskiene.Deuxième incident en moins d’un mois
"L’une des principales hypothèses de l’enquête est que l’appareil sans pilote a pénétré accidentellement sur le territoire lituanien", a-t-elle dit soulignant que "d’autres théories font l’objet d’une enquête parallèle". Les autorités lituaniennes pensent qu’il s’agit d’un drone Gerbera de fabrication russe, un type d’appareil habituellement utilisé comme leurre dans les frappes russes contre l’Ukraine.
"Il s’agit du deuxième incident de ce type en moins d’un mois. Des violations...
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05/08 - Le décret très politique que prépare Donald Trump pour sanctionner les banques américaines
Encore un décret. Cette fois-ci, l’administration de Donald Trump s’apprête à viser les banques et autres institutions financières. Selon des informations du Wall Street Journal (WSJ), la Maison-Blanche serait en train de rédiger un décret pour imposer des sanctions aux banques pour avoir refusé des clients pour des raisons politiques, a rapporté lundi le quotidien économique.
Le texte, sur le point d’être signé, devrait enjoindre les organismes de réglementation d’enquêter sur les violations potentielles des lois sur le crédit, la concurrence et la protection des consommateurs par les institutions financières.Intensifier la pression
La Maison-Blanche se prépare ainsi à intensifier la pression contre les grandes banques qui pratiqueraient une discrimination supposée à l’égard des conservateurs et des entreprises de cryptomonnaie. Le décret exécutif menace d’infliger des amendes ou d’autres mesures disciplinaires aux prêteurs qui refusent des clients pour des raisons politiques. Le décret appelle également les régulateurs à supprimer les politiques réglementaires qui auraient pu amener les banques à refuser certains clients. Il pourrait être signé dès cette semaine, rapporte le journal économique.
Le projet de décret, toujours selon les informations du Wall Street Journal, ne nomme aucune banque spécifique mais semble faire référence à un cas particulier où la Bank of America a été accusée de fermer les comptes d’une organisation chrétienne opérant en Ouganda sur la base des croyances religieuses de...
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05/08 - Pourquoi l’Europe ne fait plus confiance à la France, par l’économiste irlandais Eoin Drea
C’est le moment où la France devrait enfin rayonner à Bruxelles. L’opportunité que Paris attend depuis des décennies. Une chance de remodeler l’Union européenne en un véritable acteur mondial. Après tout, la France n’a-t-elle pas cessé d’alerter sur les dangers de la dépendance vis-à-vis des États-Unis ? Ces anglophones peu fiables – et leurs laquais britanniques – qui ont rendu l’Europe faible, dépendante et fragile depuis le début de la guerre froide. La réélection du président Trump semble confirmer le sentiment exprimé par Charles de Gaulle, qui affirmait que la mission de la France était de libérer l’Europe occidentale de son rôle de "protectorat des Américains". Ainsi, après avoir paradé à travers l’Europe depuis 2017, le président Macron peut enfin proclamer que l’heure de la France est arrivée. Dans un contexte plus large, les conséquences directes de l’invasion de l’Ukraine par la Russie – flambée des prix de l’énergie et grotesque manque de préparation militaire à travers l’Union européenne – ont par ailleurs renforcé la position de la France à Bruxelles. En tant que seule puissance nucléaire du continent reposant sur une production domestique, la France est idéalement positionnée pour devenir le cœur de la tant attendue "Union de l’énergie" européenne. Contrairement à Berlin, Paris n’a pas utilisé la cause environnementale pour restreindre ses capacités nucléaires. Une décision qui paraît chaque jour plus judicieuse.
Alors que Berlin s’empresse d’augmenter ses dépenses militaires, la France envisage habilement...
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05/08 - Les chiffres fous de la pollution plastique dans le monde
La dernière session de négociations autour du traité international contre la pollution aux plastiques s’est ouverte ce mardi 5 août aux Nations unies, à Genève. La veille, une trentaine de chercheurs ont publié un rapport dans la revue The Lancet, espérant attirer à nouveau l’attention sur "l’aggravation continue des méfaits du plastique". "Le plastique est une menace grave, grandissante et souvent méconnue pour la santé de l’homme et de la planète", ont-ils insisté, exhortant la communauté internationale à signer un accord, alors qu’un consensus paraît de plus en plus incertain en raison de l’opposition des pays producteurs de pétrole et de gaz.
L’ouverture des négociations à Genève, après l’échec de la cinquième session en décembre 2024, est l’occasion de revenir sur quelques chiffres concernant la pollution plastique dans le monde. Un produit qui, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), est porteur de "nombreux avantages pour la société, mais [dont le] cycle de vie – de l’extraction des matières premières à l’élimination, en passant par la production des polymères et leur utilisation – contribue largement à la pollution, au changement climatique et à l’appauvrissement de la biodiversité."8,3 milliards de tonnes
D’après la revue scientifique américaine Science Advances, entre 1950 et 2017, l’humain aurait produit près de 8,3 milliards de tonnes de plastique, ce qui équivaut à plus de 400 millions de tonnes produites par an, précise l’OCDE. Autrement dit, cela représente l’équivalent...
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05/08 - Hiroshima, 80 ans après : au Japon, le débat sur l’arme nucléaire n’est plus tabou
Menaces sécuritaires en hausse, allié américain peu fiable… Autant d’évolutions inquiétantes qui incitent le Japon et la Corée du Sud à s’interroger sur l’opportunité de se doter d’un arsenal nucléaire. Une aspiration compréhensible : la rhétorique nucléaire de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine et le développement accéléré de l’arsenal nord-coréen bouleversent les équilibres stratégiques en Asie de l’Est.
Parallèlement, la Chine pourrait doubler son nombre de têtes nucléaires pour le porter à un millier d’ici à 2030, selon le Pentagone. Enfin, le facteur Trump et son slogan "L’Amérique d’abord" font douter de l’engagement américain à défendre des alliés asiatiques officiellement placés sous le parapluie nucléaire de l’oncle Sam.
Au Japon, c’est le grand tiraillement. Le débat se heurte au souvenir d’Hiroshima et Nagasaki, seules villes de l’Histoire à avoir été dévastées par des armes atomiques. Le 80e anniversaire, les 6 et 9 août, de ces bombardements de 1945, ravive ce que Sayuri Romei, du German Marshall Fund, un think tank américain, appelle la puissante "allergie au nucléaire" nippone. La population reste hostile à l’atome militaire, même si la question est régulièrement évoquée par ses dirigeants, avec de plus en plus d’insistance.La question nucléaire refait surface en 2006
En 1957, déjà, le Premier ministre Nobusuke Kishi (1957-1960), estime...
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05/08 - Arnaques dans les galeries d’art contemporain : de Paris à Saint-Tropez, enquête sur un juteux business
Saint-Tropez, ses plages, sa vie nocturne, sa jet-set, son petit port, ses yachts, ses cafés. Et ses nombreuses galeries d’art comme celle du quai Gabriel-Péri, située à 150 mètres du célèbre Sénéquier. "Nous étions au mois d’août, on déambulait tranquillement lorsque l’on a été subjugués par une sculpture de César, se souvient Sophie Courrière (1) durant son audition lors du procès qui s’est tenu en mai 2024. C’était notre anniversaire de mariage."
Le vendeur, "tiré à quatre épingles", accueillant le couple, se montre affable et séducteur même si le montant affiché (35 000 euros) paraît "inabordable", puis enchaîne : "Dans cette pièce, la plupart des objets appartiennent à une riche descendante de la famille Pastor de Monaco. Sans héritier, elle se sépare de quelques objets pour s’acquitter des frais de succession. Je peux peut-être négocier le prix." Devant la moue intéressée de ses clients, le garçon prend son téléphone. Au bout du fil, une voix à peine audible. Deux, trois formules de politesse, les enchères commencent. Puis s’achèvent rapidement. "La vendeuse trouve votre dernière offre de 8 756 euros très atypique, cela l’a fait sourire. Elle accepte." Madame Courrière n’en croit pas ses oreilles et finit par avoir un éclair de lucidité : "Etes-vous certain qu’il s’agit d’un vrai César ?" Réponse du tac au tac : "Madame, tout de même, nous sommes à Saint-Tropez. Ici, on ne peut pas faire n’importe quoi. Mais si vous avez le moindre doute, surtout n’achetez pas."Les faux sont un fléau
Les Courrière ont acheté. Et ils...
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05/08 - François Mitterrand : en décembre 1987, son échappée secrète au mont Sinaï
Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.
EPISODE 1 - "Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s'est installée
EPISODE 2 - RN, été 2024 : l’appartement secret où Marine Le Pen et Jordan Bardella ont imaginé leur gouvernement
Une visite officielle de quarante-huit heures à Djibouti, un passage sur le porte-avions Clemenceau, une interview à la télévision – "Je suis président de la République, j’ai des devoirs à l’égard du pays et cela va être une période un peu difficile entre le mois de janvier et le mois de mai." Et puis, rideau : le 23 décembre 1987, François Mitterrand, en passe d’achever son septennat, qui laisse planer des doutes sur une nouvelle candidature l’année suivante, achève son année. L’Elysée précise seulement qu’il va désormais effectuer un séjour privé, et l’on n’en saura à l’époque guère plus. Blanc dans l’agenda. Tout juste apprendra-t-on, le 26 décembre, qu’il s’est entretenu avec le président égyptien Hosni Moubarak au palais de Qubbah.
La vérité ne surgira que beaucoup plus tard. Où est passé...
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05/08 - Depuis l’élection de Donald Trump, tous les indicateurs économiques sont au rouge
D’après les analyses du Pew Research Center, un centre de recherche américain qui produit de nombreuses statistiques électorales, plus de 80 % des électeurs avaient une problématique en tête au moment de voter en novembre dernier à la présidentielle : l’économie. Si Donald Trump est parvenu à regagner la Maison-Blanche, c’est avant tout parce qu’il a réussi à convaincre une grande partie de l’électorat qu’il était capable de faire mieux que Joe Biden, dont le mandat a été marqué par une forte inflation et un creusement des inégalités. A en croire les messages qu’il poste régulièrement sur sa plateforme Truth Social, "L’Amérique est de nouveau riche" et son économie est "plus forte que jamais."
Jusqu’ici, Donald Trump pouvait capitaliser sur la bonne santé économique dans laquelle les démocrates ont laissé le pays. Après l’annonce d’une avalanche de tarifs douaniers en avril dernier, on aurait pu s’attendre à ce que l’économie américaine soit fragilisée immédiatement. Finalement, la situation s’est stabilisée après quelques soubresauts boursiers. La volonté de nombreux Etats - à commencer par l’Europe - de négocier ces taxes douanières à la baisse a par ailleurs renforcé la position du président américain sur la scène internationale. Mais le vent semble tourner : les derniers indicateurs économiques racontent une autre histoire, dont se font l’écho de nombreux médias anglo-saxons.Crispation sur la création d’emplois
Les chiffres du chômage restent stables, à un niveau historiquement bas d’environ 4,2 %. Néanmoins, la stratégie...
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05/08 - Droits de douane : l’UE lève ses représailles après l’accord commercial avec Donald Trump
Bruxelles a annoncé mardi 5 août suspendre ses représailles aux droits de douane de Donald Trump, en raison de l'accord commercial noué entre les Etats-Unis et l'UE. Au cours des derniers mois, la Commission avait préparé une liste de produits américains qui seraient taxés si les Etats-Unis et l'UE ne parvenaient pas à un accord. Cette liste comprenait 93 milliards d'euros de marchandises : soja, avions, voitures, etc.La réactivation de ces mesures n'est pas exclue
Après des mois de négociations très âpres, Bruxelles et Washington ont scellé fin juillet un accord commercial basé sur des droits de douane de 15 % sur les produits européens qui arrivent aux Etats-Unis. "La Commission a adopté aujourd'hui la procédure juridique nécessaire pour suspendre la mise en œuvre de nos contremesures européennes", a déclaré mardi un porte-parole de l'exécutif européen, Olof Gill.
L'Union européenne n'a toutefois pas exclu de réactiver ces mesures de riposte si jamais le bras de fer commercial avec l'administration Trump venait à connaître de nouveaux rebondissements. "Nous remettons (ces mesures) au congélateur mais nous pouvons toujours les ressortir", a expliqué un responsable européen sous couvert d'anonymat.Le "meilleur" compromis possible
Sous le feu des critiques, Bruxelles avait présenté lundi 28 juillet l'accord commercial avec les Etats-Unis de Donald Trump comme le "meilleur" compromis possible dans un contexte "très difficile". Le taux de 15 % concerne par exemple le secteur automobile, crucial pour...
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05/08 - "Tout dépend de vos ambitions…" : cette nouvelle compétence indispensable pour booster votre carrière
Le "personal branding" désigne le fait de créer et de valoriser son profil sur une plateforme. "Pour les jeunes de la génération Z (nés entre 1995 et 2010), se présenter est une évidence. Cela fait partie de leur construction identitaire, c’est une manière pour eux d’être authentiques sur leurs réseaux, de valoriser en toute transparence leur expérience", analyse Elodie Gentina, professeure en marketing à IESEG School of Management. Avec un point essentiel : "Ils créent déjà du contenu, ils adorent partager et sont autocentrés sur ce qu’ils sont. D’ailleurs, 57 % d’entre eux souhaiteraient même devenir des influenceurs", indique l’auteure de Manager la génération Z (Dunod 2023).
C’est une différence notable avec leurs aînés, bien que le concept ne soit pas nouveau. "La plupart des personnes en France n’osent pas, n’aiment pas se mettre en avant et c’est notamment lié au système éducatif, bien différent de celui des Anglo-Saxons", estime pour sa part Marie Beauchesne, auteure de Le personal branding quand on n’aime pas se mettre en avant (Dunod, 2023). Un mode de communication autrefois réservé aux célébrités, aujourd’hui exploité par des influenceurs aux millions d’abonnés. "Il y a une confusion majeure : être influenceur n’est pas le rôle du personal branding", nuance cette formatrice en leadership. Pourtant, ce marketing de soi est devenu essentiel dans le monde professionnel : "avant, on se donnait les informations à la machine à café, on était au courant des postes en interne. Le télétravail a accentué la...
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05/08 - Immigration : ce que contient l’accord franco-britannique qui entre en vigueur ce mardi
L’accord franco-britannique prévoyant le retour en France de migrants arrivés par petit bateau au Royaume-Uni en échange de l’envoi outre-Manche de migrants se trouvant en France, entre en vigueur mardi, a annoncé ce lundi 4 août le ministère britannique de l’Intérieur. Conclu lors de la visite d’Etat du président français Emmanuel Macron au Royaume-Uni début juillet, cet accord vise à dissuader les traversées de la Manche sur des embarcations précaires organisées par des réseaux de passeurs.Une étape pour "démanteler le modèle économique des passeurs"
Les deux gouvernements ont signé le "texte final la semaine dernière" et la Commission européenne a "donné son feu vert à cette approche innovante pour décourager l’immigration illégale", a indiqué le Home Office dans un communiqué. Le ministère britannique de l’Intérieur ajoute être prêt à placer en détention "dans les prochains jours" de premiers migrants susceptibles d’être envoyés en France. Le ministère a notamment indiqué qu’il pourrait libérer de la place dans les centres de rétention pour migrants. Il ne précise pas en revanche combien de personnes seront ainsi échangées entre les deux pays via cet accord qui est limité dans le temps, jusqu’en juin 2026.
La ministre britannique de l’Intérieur Yvette Cooper a vanté "une étape importante pour démanteler le modèle économique" des passeurs et en finir avec l’idée que les personnes entrant illégalement au Royaume-Uni ne peuvent être renvoyées en France."Environ 50 personnes par semaine"
Avec un nombre record de plus de 25...
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05/08 - Benyamin Netanyahou "prêt" à prendre le contrôle total de Gaza ?
La guerre à Gaza pourrait franchir une nouvelle étape dans les prochains jours. La presse israélienne, citant des officiels s’exprimant sous couvert d’anonymat, est unanime à prédire la décision à venir : "Netanyahou veut que l’armée israélienne conquière toute la bande de Gaza", résume la radio publique Kan.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou aurait déclaré aux ministres cette semaine qu’il chercherait le soutien du cabinet pour un plan d’occupation complète de la bande de Gaza, malgré les objections des forces de défense israéliennes, rapporte The Times of Israel. Aux Etats-Unis, grand allié d’Israël, les médias ne semblent pas dire autre chose. Le Washington Post suggère ainsi que "les négociations sur un cessez-le-feu à Gaza semblent avoir atteint une fin", le Premier ministre israélien ayant indiqué qu’il prévoyait d’étendre les opérations militaires pour occuper toute la bande de Gaza."Attendre les trois objectifs de guerre fixés"
Avant de présider une réunion avec son cabinet de sécurité mardi après-midi, le Premier ministre israélien, a affirmé q'"il est nécessaire pour Israël de vaincre totalement l’ennemi à Gaza, de libérer tous nos otages et de s’assurer que Gaza ne constituera plus une menace pour Israël. Nous n’abandonnons aucune de ces missions", a-t-il dit lors d’une visite sur une base militaire, selon un communiqué de ses services. Plus tôt cette semaine, le Premier ministre israélien a déclaré qu’il convoquerait son cabinet de sécurité pour "diriger les [Forces de défense israéliennes] sur la...
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05/08 - Donald Trump nous empêchera-t-il d’aller sur Mars ? Par Rainer Zitelmann
Dans un sondage YouGov réalisé en juin, pas moins de 65 % des Américains se déclarent favorables à une mission sur Mars. Récemment, Elon Musk a annoncé son projet d’envoyer un vaisseau spatial sans équipage sur la planète rouge d’ici fin 2026. "Si ces atterrissages se déroulent bien, les premiers vols habités pourraient avoir lieu dès 2029, même si 2031 semble plus probable." Les visions ambitieuses vantées par les présidents américains et la Nasa au cours des dernières décennies vont-elles enfin devenir réalité ? Musk raconte avoir été choqué au début des années 2000 lorsqu’il avait consulté le site web de la Nasa et n’avait trouvé aucun projet concret d’exploration de Mars.
Plus de vingt ans plus tard, où en sommes-nous ? Dans une récente conférence Harry Jones, du centre de recherche Ames de la Nasa, a souligné la réduction drastique des coûts de lancement, qui a rendu possible beaucoup de choses semblant impossibles depuis longtemps. Il y a un an, Harry Jones écrivait : "Il semblait y avoir des difficultés insurmontables qui nous empêchaient d’aller sur Mars. Nous n’avons pas atteint Mars, même si c’est l’objectif ultime de la Nasa depuis Apollo. Nous n’avons pas de plan de mission détaillé et réalisable. Les fonds nécessaires pour réaliser des progrès tangibles n’ont pas été suffisants. Les projets martiens proposent généralement de développer des technologies de pointe avant de pouvoir commencer la mission."
Entre les lignes, on sent la frustration, dirigée non seulement contre les politiciens, mais aussi contre...
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05/08 - L’industrie française retrouve des couleurs : les bons chiffres de l’aéronautique et du spatial
La production industrielle française a "fortement" rebondi en juin, annonce mardi 5 août l’Insee, progressant de 3,8 % sur un mois après un recul de 0,7 % en mai. De même, la production manufacturière seule a augmenté de 3,5 % après un recul de 1,2 % en mai, tirée par la fabrication de matériels de transports, et particulièrement par la construction aéronautique et spatiale, précise l’Institut national de la statistique.La construction aéronautique et spatiale en hausse
Les évolutions de mai ont été revues à la baisse, l’Insee ayant initialement annoncé des reculs respectifs de 0,5 % et 1 % pour les productions industrielle et manufacturière. Sur un an, au deuxième trimestre 2025, comparé au deuxième trimestre 2024, la production industrielle est en baisse de 0,4 %, la production manufacturière en hausse de 0,2 %.
Entre mai et juin, la production de matériels de transport augmente de 16,6 % après + 0,3 % en mai. Une "hausse exceptionnelle", souligne l’Insee, essentiellement portée par la fabrication d’"autres matériels de transport" (construction aéronautique, navale, ferroviaire…), catégorie en augmentation de 26,7 % après + 1,8 % en mai.
L’ensemble est tiré par la construction aéronautique et spatiale, par un effet de rattrapage sur le mois des retards accumulés sur le trimestre, et par "la levée de contraintes sur les chaînes d’approvisionnement pour certaines entreprises de cette branche", précise l’Insee. La production automobile pour sa part augmente de 1,1 % après un recul de 1,9 % en mai. La production...
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05/08 - Bras de fer autour du pétrole russe : l’Inde répond sèchement à Donald Trump
Le ministère indien des Affaires étrangères a considéré lundi 4 août "injustifiées" les réactions des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE) concernant ses achats de pétrole russe et promis de réagir pour préserver les intérêts de son pays. "Cibler l’Inde est injustifié et déraisonnable", a indiqué le porte-parole du ministère, Randhir Jaiswal, dans un communiqué. "Comme toutes les économies de premier plan, l’Inde va prendre les mesures nécessaires pour préserver ses intérêts nationaux et sa sécurité économique", a-t-il ajouté.L’Inde, l’un des principaux clients du pétrole russe
Après de premières menaces lundi, le président américain Donald Trump a redit mardi qu’il pourrait augmenter "dans les prochaines 24 heures" les droits de douane sur l’Inde, pays auquel il reproche d’acheter du pétrole russe. "L’Inde n’a pas été un bon partenaire commercial, car elle fait beaucoup d’affaires avec nous, mais nous n’en faisons pas avec elle. Donc nous nous sommes mis d’accord sur 25 % mais je pense que je vais augmenter ce chiffre de manière significative dans les prochaines 24 heures, car ils achètent du pétrole russe", a dit le président américain dans un entretien avec la chaîne CNBC.
Les Indiens "ne se soucient pas du nombre de personnes qui sont tuées en Ukraine par la machine de guerre russe", a affirmé Donald Trump dans un message sur sa plateforme Truth Social. L’Inde est considérée comme l’un des principaux clients du pétrole russe, pourtant sous sanction mais qui constitue une aubaine du point de vue de New Delhi, qui...
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05/08 - Arnaques, spéculation et prix en berne : le cuisant échec des NFT
Dans cette série, le service Tech de L’Express nous raconte l’emballement et la chute de quatre de ces innovations qui promettaient de bouleverser nos quotidiens. Aujourd’hui, on s’intéresse aux NFT, qui comptaient révolutionner la propriété et surtout l’art, mais qui semblent avoir fait pschitt.
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Charlotte Baris : Pour commencer cet épisode, je vais vous parler de Babar. Oui, l’éléphant en costume vert, héros d’histoires pour enfants. Sauf que le Babar dont il est question aujourd’hui porte une montre Rolex, qu’il est chromé et qu’il coute très cher.
Babolex, c’est le nom de ces œuvres d’art contemporaines, créées par Vincent Faudemer à la fin des années 2010. Après avoir conquis les galeries d’art, Vincent Faudemer décide de se lancer dans les cryptomonnaies. Acheter un Babolex, c’est peut-être l’occasion de remporter un Bitcoin qui à l’époque vaut 60 000 euros. En 2021, l’artiste ajoute plusieurs collections de NFT. A la clef, des cadeaux et surtout l’accès à un jeu vidéo exclusif rapportant de l’argent ! La promesse séduit, et les acheteurs...
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05/08 - Israël - Iran, vers l’acte II du conflit ? "Si nous ne combattons pas maintenant, nous mourrons plus tard"
La balafre cisaille le visage par ailleurs rayonnant de Tel-Aviv. En ce mois de juillet ensoleillé, les Israéliens se pressent sur la longue plage de leur capitale économique, entre joggeurs transpirants, footballeurs du dimanche et baigneurs détendus. A quelques mètres de cette carte postale, des immeubles sont coupés en deux, leurs toits effondrés, des appartements soufflés. Le résultat d’une frappe iranienne sur la zone résidentielle de Holon, le 19 juin dernier, pendant la "guerre des douze jours" qui a opposé Israël à l’Iran. "Vous pouvez voir les dégâts qu’un seul missile balistique iranien peut causer à Tel-Aviv, souffle un haut gradé israélien depuis son bureau à quelques centaines de mètres de l’impact. C’est simple : si l’Iran continue d’être une menace existentielle pour notre pays, nous l’en empêcherons. S’ils veulent nous tuer, nous les tuerons avant."
Un mois et demi après la fin d’un conflit ouvert inédit entre les deux grandes puissances militaires du Moyen-Orient, chacun active ses plans pour se préparer à l’acte 2 de la guerre. "La barrière psychologique d’une attaque directe entre l’Iran et Israël est tombée trois fois en moins de deux ans, souligne Dahlia Scheindlin, chercheuse au centre de réflexion américain Century International et spécialiste de l’opinion publique israélienne. Cela signifie que désormais toutes les options sont sur la table, y compris celle d’une reprise des hostilités. De plus, tout le monde sait que les réussites [israéliennes en Iran] ont été significatives, mais leur...
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05/08 - Face aux barrières douanières de Donald Trump, le casse-tête de l’industrie européenne des semi-conducteurs
À peine quelques lignes, et beaucoup d’incertitude : alors que les droits de douane imposés par Donald Trump commencent à prendre effet dans plusieurs pays, un secteur fondamental de l’économie mondiale a à peine été mentionné. Le doute a d’ailleurs plané pendant plusieurs heures après les annonces de l’accord entre l’UE et les Etats-Unis sur le devenir des semi-conducteurs européens et sur leur taux de taxation.
Les semi-conducteurs et les composants européens seront finalement soumis à des droits de douane de 15 %, tandis que les équipements nécessaires à leur production venant des pays de l’UE seront, eux, épargnés. Ces régimes différents s’expliquent par la position hégémonique de plusieurs acteurs européens dans le secteur, et par le rôle stratégique que les semi-conducteurs et les puces jouent dans l’économie mondiale.
Ces minuscules circuits électroniques contrôlent et modulent le flux d’électricité au sein des appareils, rendant possible le traitement et le stockage de l’information. On compte 3 puces dans une machine à café, une cinquantaine de puces hautement spécialisées dans les smartphones, des milliers dans les voitures électriques, des centaines de milliers dans les data centers. En fonction de leur finesse de gravure, les puces peuvent alimenter les appareils les plus simples comme les plus complexes, et sont essentielles à la révolution...
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05/08 - Pourquoi Pierre-Edouard Stérin ne peut pas devenir un saint, par Gérald Bronner
On parle beaucoup de Pierre-Edouard Stérin. S’il occupe les Unes des journaux et fait l’objet de multiples commentaires, c’est qu’il a manifesté son intention de peser sur le débat public français (depuis la Belgique où il est exilé fiscal) en finançant diverses associations et actions orientées vers la pensée conservatrice.
Pour être plus clair encore, il suffit de rappeler que le vaisseau mère à partir duquel ce milliardaire veut changer la France par les idées se nomme Périclès, un acronyme aux intentions transparentes : "patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes". Son but déclaré est de faire advenir au pouvoir quelqu’un qui porterait ces valeurs.
Ce qui retient mon attention ici, c’est que l’entrepreneur a déclaré publiquement, en fervent catholique, qu’il souhaitait, au terme de sa vie, devenir un saint… au sens littéral du terme, c’est-à-dire un individu qui sera distingué pour sa perfection spirituelle et donné en exemple aux autres croyants. Les saints sont des êtres à qui l’on attribue souvent des pouvoirs extraordinaires. Au terme de sa vie, car le processus de canonisation est accompagné d’une enquête scrupuleuse sur les mérites et la présence du merveilleux dans l’existence de l’impétrant – selon des normes en usage depuis 1659. La décision finale revient au pape. Ne devient pas saint qui veut donc, mais cela n’effraie pas Pierre-Edouard Stérin qui aime les défis, tellement qu’il organise sa vie comme un challenge en attribuant des notes à toutes les...
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04/08 - "Les droits de douane de Trump, la recette parfaite pour s’appauvrir" : l’avertissement de Douglas Irwin
Depuis quelques jours, Donald Trump jubile. Après avoir imposé à l’Union européenne, le 27 juillet, un accord commercial fixant à 15 % les taxes sur les importations européennes, le président américain s’est félicité de l’entrée en vigueur des droits de douane avec de très nombreux pays et partenaires commerciaux, faisant grimper le taux moyen des tarifs douaniers américains de 2,5 % à 17 %. "Les tarifs douaniers rapportent des milliards de dollars aux États-Unis", s’est-il ainsi réjoui sur Truth Social.
Rien, semble-t-il, ne saurait troubler cette séquence d’autocongratulation, rythmée par le récit d’un protectionnisme censé rendre à l’Amérique sa grandeur et sa richesse passées. Alors, lorsque le Bureau of Labor Statistics a publié, ce 1er aout, un rapport dévoilant des chiffres de l’emploi alarmants, Donald Trump a vu rouge. Quelques heures plus tard, il annonçait, sur le même réseau social, le licenciement d’Erika McEntarfer, cheffe du bureau statistique de l’emploi, l’accusant – sans la moindre preuve – d’avoir manipulé les chiffres à des fins politiques.
Pour Douglas Irwin, professeur d’économie politique à l’université Dartmouth, grand spécialiste du commerce international et auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire des politiques douanières aux États-Unis (Clashing over Commerce : A History of U.S. Trade Policy), ces mauvais chiffres ne sont guère surprenants. L’histoire, rappelle-t-il, montre que le protectionnisme n’a jamais été un moteur de prospérité aux États-Unis. Bien au contraire, "c’est la recette...
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04/08 - "Des scénarios pour me faire tomber" : le piège spectaculaire tendu au trop gourmand Carlos Ghosn
Au bout du fil, Carlos Ghosn paraît, de prime abord, avoir peu changé. Jonglant tel un maestro survolté avec les chiffres et les devises, passant d’une langue à l’autre, disponible et disert, il fait montre de pugnacité. Deux signes toutefois montrent que sa vie ne ressemble plus du tout à celle qu’il connut, puissant dirigeant de trois constructeurs automobiles, volant à bord du jet privé de Nissan de fuseaux horaires en capitales : le Wi-Fi erratique de son domicile beyrouthin - soit la patricienne maison rose située au cœur du chiquissime quartier d’Achrafieh dont son ex-employeur réclame la propriété –, et le temps, décontracté, dont il dispose cet après-midi de juin pour présenter au téléphone sa version des faits. Son antienne, répétée depuis 2018, ne varie pas : sa chute fut ourdie, un complot machiavélique inventé par les Japonais et accepté par le gouvernement français qui détestait son insolence.
"La responsabilité de l’Etat français est énorme, j’avais une relation un peu difficile avec le gouvernement, car je n’aimais pas trop que celui-ci se mêle de Renault. C’est une question de principe, ils sont incompétents, ils ont été élus pour diriger un pays, ils ne sont pas élus pour diriger des entreprises, donc oui Emmanuel Macron a une responsabilité primordiale dans cette affaire", répète-t-il. Pour étayer sa lecture des faits, ses avocats libanais assurent disposer de documents, démontrant que dès février 2018, soit dix mois avant sa spectaculaire arrestation, quelques cadres de Nissan cherchaient à le...
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04/08 - Jérôme Fourquet : "Pour les Français, le travail n’est plus aussi important qu’il y a trente-cinq ans"
C’est certainement la mesure que les Français ont principalement retenue du plan budgétaire proposé par François Bayrou, mardi 15 juillet. Pour que "la situation de la France s’améliore", le Premier ministre a estimé que "toute la nation" devait "travailler plus", et a ainsi proposé la suppression de deux jours fériés, ce qui permettrait selon lui de dégager "4,2 milliards d’euros". Dans la foulée, la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a évoqué la possibilité "de monétiser la cinquième semaine de congés payés", qualifiant cette initiative de "droit nouveau", qui serait "générateur de croissance".
Des mesures censées booster l’économie, mais fraîchement accueillies par les Français - selon une étude de l’Ifop publiée deux jours plus tard, le 17 juillet, seules 23 % des personnes interrogées se disent favorables à la suppression de deux jours fériés, et seules 26 % considèrent ce plan comme "juste". "Ces annonces sont en effet très impopulaires, mais il me semble qu’elles sont parfaitement assumées par le gouvernement, qui s’inscrit dans une espèce de bataille culturelle face à une tendance de fond qui est celle de la perte de la centralité du travail dans notre société", estime le politologue Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop et auteur de Métamorphoses françaises (Seuil, 2024). Entretien.
L’Express : Les Français sont-ils, selon vous, prêts à accepter de "travailler plus", comme le suggère le gouvernement dans ses récentes propositions ?
Jérôme Fourquet : La...
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04/08 - Pourquoi le gouvernement Bayrou choisit Tchap comme nouvelle messagerie sécurisée
"Afin d’assurer la sécurité des conversations et des informations partagées au travers de messageries instantanées", François Bayrou a émis une circulaire le vendredi 25 juillet, faisant de Tchap la messagerie sécurisée de toute la fonction publique à partir du 1er septembre. Le document, repéré par Politico, demande aux agents publics ainsi qu’aux cabinets ministériels de privilégier cette application "dès qu’il s’agit d’échanges avec les administrations de l’Etat".
Tchap, précise la circulaire, est une "messagerie instantanée souveraine", entièrement hébergée par des serveurs français, développée et opérée par la direction interministérielle du numérique et validée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Son utilisation, déjà "récurrente" pour "plus de 300 000 agents", permettra selon le Premier ministre de "garantir la confidentialité et l’intégrité" de l’ensemble des échanges entre agents publics.Risque "d’ingérences étrangères"
Pour motiver ce choix, le Premier ministre a évoqué "le nombre croissant de cyberattaques" auxquelles sont confrontés les agents publics. De plus, il accuse certaines des "messageries commerciales" utilisées par les agents, telles que WhatsApp, Signal et Telegram, d’ingérences étrangères. Le gouvernement demande donc aux fonctionnaires et ministres d’abandonner ces applications, "susceptibles de mettre en œuvre des mesures techniques ou juridiques pour accéder aux communications échangées".
La circulaire, note le journal Le Monde, vise notamment les entreprises...
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04/08 - Le pactole d’Elon Musk : Tesla lui accorde 29 milliards de dollars d’actions
Le milliardaire Elon Musk a reçu un salaire considérable de la part du constructeur automobile Tesla, dont il est le PDG. Tesla a approuvé l’attribution de 96 millions d’actions, d’une valeur d’environ 29 milliards de dollars (25,09 milliards d’euros) à son patron. Cette mesure est destinée à maintenir l’entrepreneur milliardaire à la tête de l’entreprise.
En effet, Elon Musk a récemment obtenu l’autorisation de racheter 96 millions d’actions Tesla au prix de 23,34 dollars, c’est-à-dire leur prix d’exercice au moment de l’adoption du plan de rémunération du patron de Tesla en 2018, a indiqué le constructeur dans un document déposé auprès du régulateur boursier américain, ce lundi 4 août. A la clôture de la Bourse de New York vendredi, l’action a terminé à 302,60 dollars, ce qui valorise cette rémunération "intérimaire" à quelque 29 milliards de dollars.Bataille judiciaire
La rémunération d’Elon Musk fait l’objet d’une bataille judiciaire depuis des années. Un plan, validé en 2018 en assemblée extraordinaire par Tesla, prévoyait de remettre à Elon Musk des actions Tesla en fonction de l’atteinte de plusieurs objectifs sur dix ans. Il était estimé lors de son adoption à quelque 56 milliards de dollars.
Mais une juge du Delaware, saisie par un actionnaire, l’a annulé en janvier 2024. Cette dernière a en effet considéré que les actionnaires avaient reçu des informations "erronées" et "trompeuses" au sujet du conseil d’administration et du comité de rémunération, en amont de l’assemblée générale au cours de laquelle le plan a...
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04/08 - Au Texas, les démocrates fuient l’Etat pour éviter un vote décisif pour les républicains
Que se passe-t-il au Texas ? Dimanche 3 août, au moins 51 démocrates de l’Etat du sud, à majorité républicaine, ont fui pour rejoindre Chicago, dans l’Illinois. "Nous sommes venus ici avec une clarté morale absolue que c’est la bonne chose à faire pour protéger les habitants de l’Etat du Texas", a déclaré Gene Wu, chef de la minorité de la Chambre des représentants du Texas, après son arrivée dans l’Illinois, rapporte la chaîne CBS News.
Selon plusieurs titres de la presse américaine, dont Politico, la raison de leur fuite est directement liée à un vote prévu ce lundi à la Chambre des représentants du Texas. Le projet de loi concerne un redécoupage électoral qui créerait cinq nouvelles circonscriptions, largement favorables aux républicains. Les représentants démocrates ont ainsi décidé de quitter l’Etat pour briser le quorum nécessaire à la tenue du vote, et ne pas courir le risque d’être réquisitionné par les autorités locales. La chambre du Texas ne peut mener ses activités que lorsque les deux tiers de ses 150 membres sont présents. Or près de 57 élus démocrates ont d’ores et déjà quitté l’état.Bloquer le vote de redécoupage
Le plan de redécoupage électoral, soutenu par le président Donald Trump, vise en réalité à préserver la faible majorité parlementaire du Grand Old Party (GOP). La nouvelle carte fournirait à leur parti cinq nouveaux districts dans l’Etat. Problème : les frontières proposées coupent les centres urbains à tendance démocrate où vivent la plupart des 30 millions d’habitants de l’Etat, relève l’agence...
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04/08 - Boeing : vaste mouvement de grève dans les usines de fabrication des avions de combat
Une grève des ouvriers assemblant les avions de chasse de Boeing, aux Etats-Unis, a débuté ce lundi 4 août. Exécutant une précédente menace, le puissant syndicat IAM (International Association of Machinists and Aerospace Workers) a refusé la dernière proposition avancée par l’entreprise, dénonçant des "promesses en l’air".
Le syndicat avait prévenu la semaine dernière que si aucun accord n’était trouvé dans les sept jours, la section 837 d’IAM pourrait déclencher une grève. Ainsi, "environ 3 200 membres hautement qualifiés […] se sont mis en grève à minuit (dans la nuit de dimanche à lundi) parce que trop, c’est trop. C’est une question de respect et de dignité", a écrit sur le réseau social X lundi matin le syndicat de la branche défense, espace et sécurité du constructeur aéronautique de Boeing.Une proposition qui "ne répond pas aux priorités"
La proposition initiale de Boeing, rejetée une semaine plus tôt par le syndicat, comprenait notamment une hausse des salaires de 20 % sur quatre ans et plus de congés. La deuxième, refusée elle aussi, prévoyait une hausse supplémentaire de 40 % et une amélioration des conditions de retraite, précise le journal Les Échos. Le syndicat IAM a pourtant retenu que "la proposition de Boeing Defense ne répond pas aux priorités ni aux sacrifices consentis par cette main-d’œuvre qualifiée".
"Les membres de la section 837 d’IAM se sont exprimés haut et fort : ils méritent un contrat qui reflète leurs compétences, leur dévouement et le rôle essentiel qu’ils jouent dans la défense de notre...
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04/08 - Administration Trump : la reprise en main autoritaire du Bureau fédéral des statistiques
Le président américain Donald Trump a assuré qu’il allait nommer dans la semaine une nouvelle personne à la tête de la principale agence de statistiques économiques des Etats-Unis, dont il vient de renvoyer la commissaire, soulevant des inquiétudes sur l’indépendance de cet organisme.
"Nous allons annoncer un nouveau (chef) statisticien dans environ trois, quatre jours", a-t-il déclaré lors d’un échange dimanche soir avec des journalistes retransmis à la télévision américaine.Erika McEntarfer renvoyée après la publication de chiffres "ridicules"
Donald Trump avait suscité la stupéfaction des économistes et de ses opposants politiques en demandant vendredi le renvoi d’Erika McEntarfer, après la publication de mauvais chiffres de l’emploi pour juillet. "Nous n’avions pas confiance […]. Les chiffres qu’elle a annoncés étaient ridicules", a-t-il poursuivi. Erika McEntarfer est la commissaire du Bureau fédéral des statistiques, un organisme qui publie les chiffres de référence sur l’emploi, la productivité et les prix aux Etats-Unis.
"Juste avant l’élection, cette femme avait sorti des chiffres phénoménaux sur l’économie de (Joe) Biden. Et ensuite, juste après l’élection, ils ont annoncé que ces chiffres étaient faux. […] Mon avis c’est que c’est juste une arnaque de plus", a ajouté Donald Trump, réitérant ses accusations selon lesquelles la responsable a gonflé les chiffres dans le passé au profit de la précédente administration démocrate.Des chiffres "plus transparents" et "fiables"
"Le président (Donald Trump) veut ses...
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04/08 - Recruter à l’ère de l’IA : les RH ont-elles perdu le contrôle ? Par Adrien Ledoux
L’essor de l’intelligence artificielle bouleverse la donne dans le recrutement. Pour les jeunes diplômés, c’est devenu une aide très précieuse. En quelques mois, l’IA générative est devenue un réflexe dans la recherche d’emploi : rédaction de CV, lettres de motivation, préparation de cas pratiques… Plus des trois quarts des candidats y ont recours. Postuler n’a jamais été aussi simple, jusqu’à devenir, parfois, entièrement automatisé. Résultat : un raz-de-marée de candidatures standardisées qui laisse nombre de recruteurs démunis et pousse les organisations à revoir le recrutement tel qu’il est pensé aujourd’hui.
Longtemps focalisées sur le volume de candidatures comme indicateur de performance, les entreprises basculent désormais vers une logique de sélection plus qualitative. La multiplication des candidatures spam, en partie liée à l’IA, les pousse également à prioriser le sourcing actif : aller chercher les profils les plus intéressants, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à eux.
Mais comment identifier les meilleurs talents dans un contexte où il est devenu facile d’automatiser une "candidature parfaite" ? Cette question oblige à réévaluer ce qu’on cherche vraiment chez un jeune diplômé. Si les compétences techniques (hard skills) sont aujourd’hui facilement mises en valeur ou même "assistées" par l’IA, les compétences comportementales (soft skills) retrouvent un rôle central : capacité d’engagement, intelligence relationnelle, curiosité, enthousiasme… Chez JobTeaser, en tant que recruteur, nous proposons...
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04/08 - Benyamin Netanyahou donnera des "instructions cette semaine" à l’armée sur la guerre à Gaza
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a sollicité dimanche 3 août l’aide du CICR pour fournir "nourriture" et "traitement médical" aux otages israéliens dans la bande de Gaza, en proie à une catastrophe humanitaire, où le Hamas a exigé en retour l’ouverture de "corridors humanitaires".
La publication depuis jeudi par le mouvement islamiste palestinien et son allié du Djihad islamique de trois vidéos montrant deux otages israéliens très affaiblis a ravivé en Israël le débat sur la nécessité d’arriver au plus vite à un accord pour libérer ces captifs, enlevés lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël du 7 octobre 2023. Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait tenir mardi une réunion d’urgence sur la question des otages à Gaza, a annoncé dimanche l’ambassadeur d’Israël.
Les infos à retenir
⇒ Benyamin Netanyahou donnera des "instructions cette semaine" à l'armée sur la guerre à Gaza
⇒ Israël : d’anciens responsables sécuritaires demandent l’aide de Donald Trump pour "arrêter la guerre" à Gaza
⇒ L’étudiante gazaouie accusée de propos antisémites a quitté la France pour le QatarBenyamin Netanyahou donnera des "instructions cette semaine" à l'armée sur la guerre à Gaza
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé ce lundi qu'il convoquerait "cette semaine" son cabinet pour "donner des instructions" à l'armée sur la poursuite de la guerre dans la bande de Gaza. "Cette semaine, je convoquerai le cabinet pour donner des instructions à Tsahal sur la manière d'atteindre les trois objectifs de guerre...
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04/08 - Rentrée littéraire : de Laurent Gaudé à Raphaël Enthoven, la mode des titres courts
Souvenez-vous de ces titres sans fin, impossibles à mémoriser, tels L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, du Suédois Jonas Jonasson ou encore Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, de Jean-Paul Dubois. Il y a encore peu Joël Dicker avec La Très Catastrophique Visite du zoo jouait la rallonge, sans parler de toutes les dames de la romance ou de la fantasy.
Une "malédiction" pour les libraires et… les journalistes qui sont, on le sait, au signe près. Aussi a-t-on vu la livraison de cette rentrée 2025 avec un grand sourire car l’heure est aux titres - très - courts. Quelques exemples parmi les romans les plus attendus des 484 fictions à paraître à partir du 14 août : Kolkhoze, d’Emmanuel Carrère, L’Albatros, de Raphaël Enthoven, Finistère, d’Anne Berest, Maman, de Régis Jauffret, Zem, de Laurent Gaudé, Surchauffe, de Nathan Devers, Tovaangar, de Céline Minard, Aimer, de Sarah Chiche, Tressaillir, de Maria Pourchet, Perpétuité, de Guillaume Poix, Paranoïa, de Lise Charles, Les Forces, de Laura Vazquez, Le Bonheur, de Paul Kawczak, etc.Brièveté ne rime pas toujours avec frugalité
Même les primo-romanciers – ils sont 73 cette année - jouent la sobriété, tels Séphora Pondi, (Avale, Grasset), Paul Gasnier (La Collision, Gallimard), Damien Peyraud (Les Crédits, Noir sur Blanc) ou encore Sasha Georges (Physiquement, Julliard). Idem pour les étrangers (ou leurs éditeurs français) qui...
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04/08 - Ukraine : la visite de Steve Witkoff cette semaine sera "importante et utile", selon le Kremlin
L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, est attendu en Russie en milieu de semaine, à quelques jours de l’expiration de l’ultimatum posé par le président américain à son homologue russe Vladimir Poutine pour qu’il arrête la guerre en Ukraine.
La visite de Steve Witkoff aura lieu "je pense la semaine prochaine, mercredi ou jeudi", a dit à des journalistes dimanche soir le président américain.
Donald Trump a également déclaré que deux sous-marins nucléaires dont il avait ordonné le déploiement à la suite d’une dispute en ligne avec l’ancien président russe Dmitri Medvedev se trouvaient désormais "dans la région", sans préciser laquelle. Il n’a pas non plus précisé s’il s’agissait de sous-marins à simple propulsion nucléaire ou bien de sous-marins équipés d’ogives nucléaires. "Nous pensons que tout le monde doit faire preuve d’une grande prudence dans ses déclarations sur le nucléaire", a réagi ce lundi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors d’un briefing auquel participe l’AFP.
Cette démonstration de force intervient alors que Donald Trump a donné la semaine dernière dix jours, soit jusqu’à vendredi prochain, à la Russie pour qu’elle mette fin à la guerre en Ukraine, sous peine de nouvelles sanctions non précisées. D’après le Kremlin, la visite de Steve Witkoff en Russie cette semaine sera "importante et utile".
Le président russe a déjà rencontré Steve Witkoff à plusieurs reprises à Moscou, mais les efforts de Donald Trump pour rétablir le dialogue avec le Kremlin n’ont pas porté de fruits. Le...
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04/08 - Les étoiles filantes de la tech : mais où est donc passé le métavers ?
L’IA, le métavers, les voitures autonomes, les cryptomonnaies… Combien nous ont promis que ces innovations bouleverseront nos quotidiens. Mais nombre d’entre elles n’ont pas (encore) produit l’effet attendu. Dans ce premier épisode, Maxime Recoquillé du service Tech de L’Express, nous raconte l’emballement autour du métavers, dans lequel beaucoup d’entreprises avaient investi. Peut-être pour rien…
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Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.
Charlotte Baris : Ces dernières années, on nous promet régulièrement qu’une nouvelle technologie va bouleverser nos vies. On s’imagine alors déjà avec des robots partout dans nos maisons, de minuscules puces à la place des téléphones, et des assistants personnels virtuels.
Force est de constater que nous n’en sommes pas là. Mais surtout, nombre de ces innovations "révolutionnaires" semblent avoir fait long feu. Mais ont-elles pour autant disparu ?
Pour aller plus loin :
Non, le métavers n’est pas mort : voici pourquoi
Art, IA et métavers : YourArt, le dernier projet fou de Maurice...
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04/08 - Ekaterina Dountsova, figure de l’opposition face à Poutine : "Personne ne veut s’avouer qu’il vit en cage"
Elle est l’opposante que personne n’attendait en Russie… Le visage d’un espoir, même faible, même lointain, d’un avenir sans Vladimir Poutine. Ekaterina Dountsova, journaliste de 41 ans et élue municipale de la région de Tver, au nord de Moscou, a osé se porter candidate contre le chef du Kremlin, en novembre 2023.
La guerre en Ukraine dure alors depuis plus d’un an et demi, et dans une Russie qui s’enfonce toujours plus dans l’autoritarisme, on se prépare à une élection présidentielle sans enjeu ni passion. L’opposition est laminée, en exil ou en prison. Le 6 novembre, coup de théâtre : Ekaterina Dountsova fait les gros titres de la presse en déposant sa candidature. Son programme : mettre fin à la guerre, libérer les prisonniers politiques, cesser les persécutions visant les personnes LGBT. Dans un pays où le simple fait de prononcer ces mots a mené en prison des dizaines de personnes, ses paroles font l’effet d’une bombe.
Sa candidature a toutes les chances d’être rejetée mais le simple fait de la soutenir, se rendre à ses meetings de campagne, devient, pour tous les sympathisants de l’opposition, une façon de se compter et de sortir de l’isolement. Un mini-printemps russe d’une courte durée : le 23 décembre, la commission électorale centrale invalide sa candidature. Trois mois plus tard, Poutine est réélu avec 88 % des voix. Fin de l’histoire, pas des espoirs.
Depuis son épopée présidentielle, malgré les pressions, Ekaterina Dountsova continue de travailler. Elle a fondé un parti politique, Rassviet...
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04/08 - Pesticides et cancers, le scandale sanitaire de demain ? Ce qu’en dit la science
La tumeur de Fleur Breteau se devine dès le premier regard. Elle se voit à ces marques, criantes, laissées sur son corps, à ces mains décharnées, à ces cernes aussi, trop profondes pour n’être que passagères. Deux cancers consécutifs ont avalé ses sourcils, puis ses cheveux, avant de s’attaquer à son teint. Pourtant cette cinquantenaire n’a qu’une envie : qu’on la regarde, que l’on saisisse, au travers de son apparence, le drame provoqué par la maladie.
C’est en partie chose faite : cette Parisienne, consultante en entreprise, est devenue l’une des victimes du cancer les plus connues de l’Hexagone. Invitée à assister au vote de la loi Duplomb le 8 juillet, la militante, fondatrice de l’association "Cancer colère", s’est mise à scander : "Vous êtes les alliés du cancer". Un coup d’éclat, sur un des balcons de l’Assemblée nationale, qui a instantanément fait d’elle et de ses stigmates le visage de l’opposition à ce texte législatif.
Selon la militante, désormais sur tous les plateaux, approuver la loi Duplomb reviendrait à voter "pour" le cancer. Il y aurait, selon elle, un lien avéré entre les pesticides que l’on retrouve dans l’eau ou dans l’alimentation et le nombre de tumeurs. Un avis tranché, partagé par de nombreux Français : plus de 92 % placent les résidus de produits phytosanitaires parmi les facteurs de risque les plus étayés pour ce type de pathologie, d’après un sondage réalisé en 2021 par Santé publique France.Rien sur l'acétamipride
Pour ce qui est de la molécule que la loi Duplomb veut réintroduire,...
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03/08 - Sextapes, gros sous et FSB : enquête sur Vladimir Poutine, le roi du kompromat
"Vous auriez fait ça au Canada, on aurait ri. Mais en Russie, c’est impensable." Courant 2024, une agent de la DGSI – la direction générale de la sécurité intérieure, chargée du contre-espionnage – dévisage un employé de l’ambassade de France à Moscou. Dans un des bureaux du ministère des Affaires étrangères, au 27 rue de la Convention, à Paris, il vient de raconter sa relation avec une jeune femme russe. Comment elle l’a abordé dans un bar, près de l’ambassade. La manière dont elle est tombée profondément amoureuse de lui. La policière est déjà au courant. Voilà plusieurs semaines qu’il est rentré en France pour des raisons personnelles. Depuis, la Moscovite hurle sa fureur d’amante éconduite… directement sous les fenêtres de l’ambassade. L’homme comprend qu’il ne reviendra pas à Moscou. La DGSI craint que le FSB, le service de renseignement russe, profite de cette amourette pour faire pression.
Le Kremlin sait manier cette arme. Le risque de kompromat – de tentative d’intimidation, de chantage ou d’humiliation via des éléments compromettants – visant le personnel diplomatique étranger semble s’être accentué depuis l’invasion russe en Ukraine. Plusieurs agents français y ont été confrontés. Au printemps 2023, des policiers russes ont convoqué un fonctionnaire, le menaçant de révéler une prétendue liaison avec sa femme de ménage camerounaise s’il n’acceptait pas de travailler pour eux. Il a fait l’objet d’un "vol bleu" : un rapatriement en urgence. L’attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France à Moscou, nommé en...
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03/08 - Trump contre Medvedev : le bras-de-fer verbal qui a conduit à l’envoi de sous-marins nucléaires près de la Russie
En un rien de temps, des propos tenus sur les réseaux sociaux ont provoqué l’envoi de sous-marins nucléaires. En réponse à des provocations de l’ancien président russe, Dimitri Medvedev, peu influent, Donald Trump a annoncé avoir envoyé ce week-end des sous-marins près de la Russie. Les deux hommes s’écharpent depuis plus d’un mois par médias et réseaux sociaux interposés."L’Américain s’amuse à nouveau"
Les premiers échanges entre Donald Trump et Dimitri Medvedev par réseaux sociaux interposés ont débuté au mois de juin et concernaient le nucléaire iranien. Quelques semaines plus tard, début juillet, Dimitri Medvedev, président de la Russie de 2008 à 2012 et aujourd’hui peu influent, a décidé de répondre aux critiques de Donald Trump à l’égard de l’actuel président russe Vladimir Poutine. "L’Américain s’amuse à nouveau sur sa balançoire politique préférée. ‘Je suis content de ma discussion avec Poutine’, ‘Je ne suis pas content de ma discussion avec Poutine’, ‘Nous n’enverrons pas de nouvelles armes en Ukraine’, ‘Nous allons envoyer beaucoup d’armes à l’Ukraine pour sa défense’. Comment devons-nous réagir à tout cela ? Comme nous l’avons fait par le passé. Comme le fait notre commandant en chef. Aucunement", a-t-il écrit sur ses réseaux.
Tout juste quelques jours plus tard, le 22 juillet, Dmitri Medvedev a de nouveau commenté les déclarations du président américain posant un ultimatum à la Russie, d’abord de 50 jours le 14 juillet, puis de 10 jours le 29 juillet pour mettre fin à la guerre en Ukraine. "Chaque nouvel ultimatum est...
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03/08 - French Gut, la cartographie de notre microbiote : "On pourra prédire qui risque de tomber malade"
Au sein de notre intestin se trouvent des milliards de bactéries. Loin d’être néfastes, elles vivent en symbiose avec nous, dans un échange de bons procédés bénéfiques pour elles et nous. En effet, les enzymes digestives humaines ne peuvent pas décomposer entièrement toutes les fibres végétales. Nos petits hôtes, eux, en sont capables. Mais pour fonctionner pleinement, ces bactéries hyperspécialisées doivent être nourries avec une grande variété de fibres : fruits, légumes, aliments complets (pain, pâtes, riz, céréales). En retour, elles produisent des molécules appelées acides gras à chaîne courte excellentes pour notre santé : l’acétate, le propionate et le butyrate, qui fournissent de l’énergie aux cellules, protègent contre certains cancers des voies digestives et ont des actions antimicrobiennes et anti-inflammatoires.
Si les avancées scientifiques des dernières années nous ont permis de mieux comprendre le rôle du microbiote sur notre santé, il reste encore beaucoup à découvrir. Les chercheurs et médecins du monde entier veulent le comprendre plus finement, afin de développer de nouveaux traitements, régimes, voire d’aboutir à une nutrition personnalisée. Raison pour laquelle un ambitieux projet international a été lancé : le "Million Microbiome of Humans Project" (MMHP). Cette immense banque de données - qui sera à disposition des chercheurs du monde entier - vise à recenser un million de microbiotes différents. La France, en tant que pays membre (aux côtés du Danemark, de la Suède, de la Lettonie et de la...
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03/08 - L’armée israélienne annonce avoir mené des raids terrestres en Syrie
L'armée israélienne a déclaré dimanche avoir mené des raids terrestres dans le sud de la Syrie visant le trafic d'armes, près du plateau du Golan annexé, dans sa dernière opération au sol en date depuis la chute du précédent pouvoir syrien en décembre. Au cours de la nuit, les troupes "ont achevé une mission comprenant l'interrogatoire sur place de plusieurs suspects impliqués dans le trafic d'armes dans la région de Hader, dans le sud de la Syrie", près des hauteurs du Golan annexées par Israël, a indiqué l'armée dans un communiqué.
A la suite de la collecte de renseignements et d'interrogatoires sur le terrain, "les troupes ont pénétré simultanément dans quatre endroits et localisé de nombreuses armes que les suspects avaient trafiquées", a-t-elle ajouté. Elle a diffusé des images montrant des soldats israéliens en uniforme, dans des véhicules blindés et à pied, opérant de nuit. L'armée a ajouté qu'une de ses divisions "reste déployée dans la région, continuant à opérer et à empêcher l'enracinement de tout élément terroriste en Syrie, pour protéger les civils israéliens, et en particulier les habitants du plateau du Golan".
Cette opération terrestre est la dernière en date menée en Syrie par Israël, qui a déployé des forces dans la zone tampon contrôlée par les Nations unies sur le plateau du Golan, après la chute du président syrien Bachar al-Assad renversé par une coalition rebelle emmenée par des islamistes en décembre 2024. Israël a lancé depuis des centaines de frappes sur des sites militaires syriens, affirmant...
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03/08 - Russie : des drones ukrainiens provoquent un incendie dans un dépôt pétrolier de Sotchi
Une attaque de drones ukrainiens a provoqué un incendie sans faire de victime dans un dépôt pétrolier de Sotchi, cité balnéaire du sud-ouest de la Russie connue pour avoir accueilli les Jeux olympiques de 2014, ont indiqué les autorités locales dimanche. L'Ukraine frappe régulièrement les infrastructures pétrolières et gazières russes, en réponse aux attaques menées contre son propre territoire depuis le début de l'assaut russe d'ampleur en février 2022. Des attaques russes nocturnes en Ukraine ont d'ailleurs fait plusieurs blessés, ont indiqué les autorités ukrainiennes dimanche.
En Russie, "Sotchi a subi une attaque de drone de la part du régime de Kiev cette nuit", a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région de Krasnodar, Véniamine Kondratiev. Les débris d'un drone ont touché un "réservoir de produits pétroliers, ce qui a provoqué un incendie", a-t-il dit. Dans la nuit, 127 pompiers tentaient d'éteindre l'incendie, selon le gouverneur. Le maire de Sotchi, Andreï Prochounine, a ensuite affirmé que l'attaque n'avait pas fait de victimes. "La situation est entièrement maîtrisée", a-t-il dit, tout en affirmant que les pompiers continuaient à travailler à "l'élimination complète" du feu.
Des images, diffusées par des médias russes mais dont l'AFP n'a pas pu vérifier l'authenticité, montraient un brasier et d'épais panaches de fumée noire. Le trafic aérien a été interrompu à l'aéroport de Sotchi, avant de reprendre un peu plus tard, selon l'agence russe de régulation du transport aérien, Rosaviatsia.Frappes...
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03/08 - États-Unis : les droits de douane de Donald Trump pourraient être déclarés illégaux
A peine 24 heures avant l'entrée en vigueur des droits de douane imposés par Donald Trump aux pays du monde entier, jeudi 31 juillet, une cour d’appel fédérale américaine s’est penchée sur leur légalité. En mettant en place le régime tarifaire le plus agressif depuis près d’un siècle, le président américain s’est largement appuyé sur des pouvoirs d’urgence, qui n’avaient jamais été utilisés auparavant pour imposer des taxes à l’importation."Pas d’autorité légale"
Un groupe de propriétaires de petites entreprises et douze états dirigés par des démocrates sont à l’origine de la saisie de ce tribunal à Washington. Les deux sociétés principales, V.O.S. Selections Inc., un importateur de vin et de spiritueux, et Plastic Services and Products, une société de tuyaux, ont décidé de poursuivre le président américain, affirmant qu’il n’avait "aucun pouvoir d’émettre des tarifs mondiaux sans l’approbation du Congrès". Et pour cause : l’administration Trump a invoqué une loi de 1977, la Loi internationale sur les pouvoirs économiques d’urgence (IEEPA), affirmant que diverses urgences nationales - y compris les déficits commerciaux américains avec les partenaires commerciaux et le fléau du trafic de fentanyl - exigent une action urgente.
L’IEEPA accorde au président le pouvoir de réglementer les transactions avec les pays étrangers, mais seulement dans un ensemble restreint de circonstances, rappelle The Gardian. Ce pouvoir ne peut être exercé qu'à la condition qu'il existe une "menace inhabituelle et extraordinaire à l’égard de laquelle...
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03/08 - Emmanuel Carrère ou Nathacha Appanah : qui va tout rafler lors de la rentrée littéraire ?
Dès le printemps, un confrère journaliste bien informé nous assurait qu’Antoine Gallimard avait promis le Goncourt à Emmanuel Carrère pour Kolkhoze (POL). Changement de météo en juin : trois patrons de maison d’édition nous assuraient, avec des airs de conspirateurs, que Carrère aura contre lui deux jurés influents du Goncourt (noms communiqués sur demande) et qu’Antoine Gallimard pousse une autre candidate en la personne de Nathacha Appanah pour La Nuit au cœur (Gallimard, donc). L’histoire est un éternel recommencement.
Sacrer Carrère pour l’ensemble de son œuvre plus que pour ce nouveau livre décevant, ce serait reproduire le cru 2010 (Michel Houellebecq pour La Carte et le Territoire) ; choisir Appanah pour son triptyque féminin, ce serait retourner en 2009 (Marie NDiaye primée pour Trois femmes puissantes). Notons que, selon des sources sérieuses, le prix Femina aimerait griller la politesse au Goncourt en lui chipant Appanah – le Femina sera décerné le 3 novembre, un jour avant le Goncourt…Les vedettes de la rentrée
En attendant de voir ce qui sortira de ces intrigues feutrées, listons quelques vedettes de la rentrée qui pourraient s’inviter sur la liste du Goncourt : Akira Mizubayashi (La Forêt de flammes et d’ombres, Gallimard), Franck Bouysse (Entre toutes, Albin Michel), Antoine Wauters (Haute-Folie, Gallimard), Sorj Chalandon (Le Livre de Kells, Grasset), Maria Pourchet (Tressaillir, Stock), Jakuta Alikavazovic (Au grand jamais, Gallimard), Caroline Lamarche (Le Bel Obscur, Seuil), David Diop...
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03/08 - Pétrole russe, droits de douane... Donald Trump met à l’épreuve les liens entre l’Inde et les Etats-Unis
L’image du président américain Donald Trump et de son homologue indien Narendra Modi affichant leur proximité par une franche poignée de main à la Maison-Blanche en février dernier semble désormais lointaine. Alors que le premier mandat de Donald Trump avait été marqué par une relation particulièrement amicale entre les deux dirigeants, un certain raidissement s’est fait sentir ces dernières semaines, notamment à cause des droits de douane que le président américain tente d’imposer au monde auxquels l'Inde n'échappe pas, révélant certainement des tensions plus profondes liées aux relations indo-russes d'une part, et américano-pakistanaises d'autre part.
"S’agit-il simplement d’un accroc causé par un courant violent du nationalisme américain et son champion versatile, le président Donald Trump, ou la tourmente actuelle est-elle le signe de tensions structurelles qui couvaient sous les discours ?", résume le quotidien indien The Hindu.Tensions sur les relations indo-russes
Ces dernières décennies, le Premier ministre indien Narendra Modi a maintenu les liens historiques de l'Inde avec la Russie, tout en resserrant ses liens avec les États-Unis, qu'il considère comme un partenaire essentiel pour affronter la montée en puissance de la Chine. L’Inde, à son tour considérée par les États-Unis comme un rempart contre Pékin, semble avoir irrité Washington par ses relations persistantes avec la Russie, avance The Wall Street Journal. "En quelques mois, le président Trump est passé de l’éloge de l’Inde en tant que...
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03/08 - Planeurs sous-marins, robots mitrailleurs... Les drones omniprésents sur tous les champs de bataille
Plus aucun espace de combat n’échappe aux drones. Aux engins qu’on appelle "drones MALE" (acronyme de moyenne altitude et longue endurance) pilotés à distance via des signaux satellites - à l’image des Reaper - s’ajoutent désormais une multitude d’autres appareils. Les Shahed russes visent par dizaines, chaque jour, les villes d’Ukraine, tandis que les munitions rôdeuses recherchent des cibles ennemies.
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03/08 - En République tchèque, une loi contre la propagande communiste : "Tant que Poutine sera vivant…"
C’était une demande de longue date de bon nombre d’institutions du pays et le président tchèque, Petr Pavel, partisan d’une ligne dure envers la Russie, y a répondu positivement en signant, ce 17 juillet, un amendement au Code pénal criminalisant la promotion du communisme, au même titre que la propagande nazie.
Vue d’Europe de l’Ouest, cette décision peut sembler un brin radicale, mais elle est "relativement logique", relève Roman David, professeur en sociologie politique à l’université Lingnan (Hongkong), et auteur de Communists and Their Victims : The Quest for Justice in the Czech Republic (2018). Alors que certaines forces communistes dénoncent une "fascisation de l’Europe", ce fin connaisseur de la République tchèque ne voit, lui, pas de risque à mettre sur le même plan nazisme et communisme. "Tant que Poutine continuera d’utiliser cette idéologie comme vecteur de ses intérêts et de son expansion vers l’Ouest, toute interdiction, même minime, de la propagande communiste reste utile." Entretien.
L’Express : Un nouvel amendement au Code pénal tchèque place la promotion du communisme au même niveau que la propagande nazie et la rend passible d’une peine d’emprisonnement. Comment analysez-vous cette décision ?
Roman David : C’est une décision relativement logique. Certes, elle suscite le débat en République tchèque, mais elle n’est pas non plus extrêmement controversée. Auparavant, de nombreuses municipalités à travers le pays avaient tenté de mettre en place des réglementations similaires sur leur...
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03/08 - Vague de reconnaissances de l’Etat de Palestine : Paris savoure sa victoire diplomatique
Paris est soulagé. Dix jours après la déclaration du président français Emmanuel Macron de vouloir reconnaître en septembre l'Etat de Palestine, le Royaume-Uni, le Canada et le Portugal ont pris tour à tour un engagement similaire. "La mobilisation diplomatique pour la reconnaissance de l’État palestinien prend de l’ampleur", soulignait cette semaine le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.
Jeudi 24 juillet dernier, le président français avait annoncé sur ses réseaux sociaux que la France reconnaîtrait officiellement un État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre prochain, à New York. La promesse, également rédigée dans une lettre adressée au chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a été décrite par le président français comme "un devoir moral", à l’heure où le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou orchestre une famine dans la bande de Gaza et accélère l’annexion de la Cisjordanie. "L’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue", a martelé le président français sur X.Trois pays membres du G7
Pour relancer la solution dite "à deux États", le président français avait alors plaidé pour une reconnaissance groupée, encourageant d’autres pays occidentaux à s’associer à cette démarche. Elle n'est pas le premier pays à procéder à une telle reconnaissance : selon un décompte de l’Agence France Presse, au moins 142 Etats ont déjà reconnu un Etat palestinien, particulièrement en Afrique, en Europe de l’Est et en Amérique latine. Au...
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03/08 - Débiter le compte bancaire du fraudeur, taxer davantage... Catherine Vautrin détaille le projet de loi contre la fraude sociale
Le gouvernement souhaite que ce texte, qui "comportera aussi des mesures de lutte contre la fraude fiscale" qui seront dévoilées par la ministre en charge des Comptes publics, soit "débattu au Parlement à la fin du deuxième semestre", expose Catherine Vautrin.
En présentant mi-juillet son plan d'économies de 43,8 milliards d'euros en 2026 pour réduire le déficit public, le Premier ministre François Bayrou avait notamment évoqué la fraude aux aides publiques. La "fraude sociale est une trahison de celles et ceux qui cotisent pour financer notre modèle social", appuie Mme Vautrin. Le préjudice est estimé à "13 milliards d'euros", ajoute la responsable politique.
La ministre souhaite par exemple que "les caisses de Sécurité sociale aient accès à l'ensemble du patrimoine du bénéficiaire" des prestations sociales pour "s'assurer qu'il n'a pas des revenus non déclarés". Ce projet de loi devra aussi "améliorer les capacités de recouvrement sur les allocations chômage". En cas de "fraude avérée", il serait ainsi possible de "demander le remboursement de l'intégralité des sommes indûment perçues, ce qui n'était pas possible aujourd'hui pour le dispositif d'aide au retour à l'emploi, par exemple", détaille-t-elle.
"Si cela ne suffit pas, nous pourrons également récupérer l'argent dû en débitant le compte bancaire du fraudeur", précise-t-elle. Les transporteurs sanitaires devraient par ailleurs "se doter d'un dispositif de géolocalisation et d'un système électronique de facturation intégrée, afin de garantir...
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03/08 - Israël : de nouvelles vidéos d’otages publiées par le Hamas suscitent l’horreur
La publication jeudi et vendredi par le Hamas et le Jihad islamique, son allié, de vidéos montrant deux otages, décharnés, a suscité un vif émoi en Israël et ravivé le débat sur la nécessité d'arriver au plus vite à un accord pour les libérer. Sur ces images de propagande, les deux captifs sont apparus très affaiblis et amaigris, dans une mise en scène visant à faire le parallèle avec la situation humanitaire actuelle à Gaza. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés samedi soir à Tel-Aviv en soutien à leurs familles et pour exiger leur libération.
L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré samedi à Tel-Aviv des proches d'otages israéliens, dont le sort indigne toujours plus Israël, après près de 22 mois de captivité dans la bande de Gaza, et la diffusion de vidéos par leurs geôliers.
A Gaza, 32 Palestiniens ont été tués samedi par de nouveaux tirs et bombardements israéliens, dont 14 qui attendaient de l'aide, selon la Défense civile à Gaza. De son côté, l'armée a annoncé avoir tué à Gaza un commandant de rang intermédiaire de la branche armée du Hamas.Berlin appelle Israël à poursuivre l'aide humanitaire à Gaza malgré les vidéos d'otages du Hamas
Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé dimanche Israël à poursuivre la livraison d'aide humanitaire à Gaza et à ne pas "répondre au cynisme du Hamas", malgré la publication de vidéos choquantes d'otages israéliens.
Dans une interview au quotidien Bild, le dirigeant conservateur s'est dit "horrifié" par les images, qui "montrent que le Hamas ne doit...
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03/08 - Mao, le libertin rouge : quatre épouses et bien des concubines
Pourquoi y a-t-il eu tant d’écrits sur une supposée homosexualité d’Hitler ne reposant sur aucun fait historique ? Comment Mao a-t-il pu à ce point abuser de jeunes femmes tout en imposant le puritanisme aux Chinois ? De Catherine II à Vladimir Poutine en passant par Bachar el-Assad, L’Express se penche cet été sur la vie sexuelle des dictateurs, et montre comme celle-ci a pu influencer leurs décisions politiques, tout en étant l’objet de nombreux fantasmes.
EPISODE 1 - "Hitler était-il homosexuel ?" : la vie privée du Führer, objet de tous les fantasmes
EPISODE 2 -Vladimir Poutine et le sexe : du "mâle alpha" obscène au patriarche conservateur
Au début de l’année 1963, le médecin personnel de Mao Zedong eut la mauvaise idée de suggérer au grand homme d’assister à un opéra sans s’être renseigné sur le livret. Dans l’histoire, le Premier ministre de la dynastie des Song, le vieux Jia Shidao, assiste à un spectacle donné sur le lac de l’ouest de Hangzhou lorsque sa concubine préférée s’extasie à haute voix devant la beauté d’un jeune lettré. Furieux, le haut dignitaire fait exécuter l’impudente, qui revient se venger sous la forme d’un fantôme.
A la vue de cette scène, Mao, qui aimait lui aussi se retirer sur les berges de ce lac, se raidit, empli d’une colère froide. Cet épisode lui en rappelait une autre : lorsque lui-même avait interdit à l’une de ses maîtresses d’épouser le jeune homme dont elle était amoureuse, et que celle-ci lui avait fait une scène, l’accusant d’être un coureur de jupons. La riposte ne se fit...
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03/08 - Karaoké, loto et Julien Lepers : le succès fou des établissements "Camping Paradis"
Pendant des années, Julien Lepers a égayé les hivers de Paulette. A la fin des vacances, à l’heure de l’apéro, cette sexagénaire retrouve sa télévision et le rythme rassurant de l’émission Questions pour un champion, présentée pendant près de trente ans par l’animateur. "C’est quelqu’un qu’on voit sur nos écrans depuis toujours. Il m’a appris plein de choses !", raconte cette fidèle du programme, largement déçue de la récente annonce par France Télévisions de l’arrêt du jeu mythique en quotidienne, pour une diffusion uniquement le week-end.
En ce mardi soir de juillet, un événement très spécial à de quoi remonter le moral de la vacancière, qui vit six mois de l’année au Camping Paradis Utah Beach, à Sainte-Marie-du-Mont, dans la Manche. Dans le cadre de la tournée "Paradis des stars", organisée chaque année par la franchise, Julien Lepers va venir en personne présenter un quiz inspiré de son émission phare. "C’est la première fois qu’on le voit en vrai ! Nous, on ne croise jamais d’artistes, on ne va pas souvent voir des concerts, on ne connaît pas de gens de la télé… C’est une occasion en or", commente Paulette, installée au bar aux côtés de Lucette et Rolande - dite "Roro" -, ses voisines de bungalow "depuis plus de vingt-cinq ans".
Dans cette grande salle commune, où se retrouvent chaque soir les campeurs pour des animations loto, des soirées karaoké ou des spectacles, les trois amies ont déjà pu assister au concert d’Arno Santamaria, finaliste en 2014 de l’émission Rising Star, diffusée sur M6. "On a dû chercher ses...
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03/08 - Droits de douane : l’automobile allemande face à la "thérapie de choc" de Donald Trump
Sale temps pour l’industrie automobile allemande… La semaine horribilis a commencé ce lundi 28 juillet, à l’annonce de l’accord commercial conclu entre Washington et Bruxelles, prévoyant des droits de douane américains de 15 % sur les produits européens. Ils "coûteront chaque année des milliards à l’industrie automobile allemande et pèseront lourdement sur elle en pleine période de transformation" a immédiatement alerté l’Association de l’industrie automobile (VDA). Deux jours plus tard, le géant Mercedes-Benz, fleuron du secteur automobile outre-Rhin, déclarait son bénéfice net en chute de 6,1 milliards d’euros à 2,7 milliards d’euros au premier semestre 2025… Soit une baisse de 56 % sur un an.
Les mesures protectionnistes de Donald Trump affolent l’industrie, longtemps considérée comme la locomotive de l’économie allemande. Un demi-million de voitures "Made in Germany" sont exportées chaque année aux Etats-Unis. "Avec des droits de douane de 15 %, de nombreux modèles allemands seront difficiles à vendre en raison des hausses incontournables des prix et entraîneront des pertes de marge considérables", explique Stefan Reindl, expert à Institut de l’économie automobile (IfA).1,3 milliard d’euros de pertes pour Volkswagen
Signe de l’inquiétude ambiante, le patron de Volkswagen s’est adressé directement à la Maison-Blanche pour obtenir des exemptions de taxes, en promettant en contrepartie des investissements de plusieurs milliards aux États-Unis, le deuxième marché pour les constructeurs allemands après la Chine....
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02/08 - Ukraine : arrestations dans une affaire de corruption visant le secteur de la défense
Les autorités ukrainiennes ont annoncé samedi des arrestations dans le cadre d'un "système de corruption à grande échelle" impliquant des responsables politiques dans le secteur de la défense, peu après un tollé autour de l'indépendance d'instances anticorruption. Une loi, votée fin juillet, prévoyait de placer l'agence nationale anticorruption (NABU) et le parquet spécialisé anticorruption (SAP) sous la tutelle du procureur général, lui-même nommé par le chef de l'État. Cette législation avait été très mal reçue par la société civile et l'Union européenne, provoquant les premières manifestations d'ampleur en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en 2022. Le président Volodymyr Zelensky a finalement fait marche arrière et promulgué jeudi une nouvelle loi rétablissant l'indépendance de ces structures.
L'agence nationale anticorruption a annoncé samedi avoir découvert, en coopération avec le parquet spécialisé anticorruption, un "système de corruption à grande échelle impliquant un membre du Parlement dans l'acquisition de drones et d'équipements de guerre électronique". Des responsables politiques locaux et des membres de la Garde nationale sont accusés d'être impliqués. Quatre personnes ont été arrêtées, a indiqué l'agence, sans préciser leurs fonctions ou identités.Grave crise politique
Volodymyr Zelensky, dans un communiqué distinct, s'est dit "reconnaissant envers les agences anti-corruption pour leur travail". "Il est important que les institutions anti-corruption fonctionnent de manière indépendante, et la loi...
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02/08 - Israël : l’émissaire américain rencontre des proches d’otages à Tel-Aviv
L'émissaire américain Steve Witkoff a rencontré samedi à Tel-Aviv des proches d'otages israéliens retenus par le Hamas à Gaza, l'armée israélienne prévenant que la guerre continuerait "sans répit" dans le territoire palestinien s'ils n'étaient pas libérés. Ces otages ont été enlevés durant une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 en Israël par le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, en proie à un désastre humanitaire et menacée de famine.
Samedi, 32 Palestiniens ont été tués par de nouveaux tirs et bombardements israéliens, dont 14 qui attendaient de l'aide dans le centre et le sud de la bande de Gaza, selon un nouveau bilan de la Défense civile locale. Sollicitée par l'AFP, l'armée n'a pas commenté dans l'immédiat. Au lendemain d'un déplacement à Gaza, M. Witkoff a rencontré à Tel-Aviv des familles d'otages, qui ne cessent de réclamer un accord de cessez-le-feu garantissant leur libération.
Sur la "place des otages", M. Witkoff a été accueilli par des proches de captifs aux cris de "Ramenez-les à la maison maintenant!" Il s'est entretenu avec des membres des familles dans un immeuble voisin, a constaté un photographe de l'AFP. Selon un communiqué du Forum des familles d'otages, il a souligné "l'engagement du président (Donald) Trump" à permettre le retour de tous les otages. Sur les 251 personnes enlevées le 7-Octobre, 49 restent retenues à Gaza dont 27 déclarées mortes par l'armée."666 jours"
La publication jeudi et vendredi par le Hamas et le Jihad...
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02/08 - Ukraine : comment les Russes imaginent l’après-Zelensky
Ces derniers jours, la presse russe s’est emparée d’une fable alimentée par le SVR, le service de renseignement extérieur russe. Dans une note rendue publique le 29 juillet dernier, l’agence affirme ainsi disposer d’informations au sujet d’une "réunion secrète" qui se serait tenue dans les Alpes, entre des représentants Occidentaux et des officiels ukrainiens, dans l’objectif de mettre en œuvre un plan pour destituer l’actuel président, Volodymyr Zelensky.
L’information est quasi devenue virale en Russie, reprise tour à tour par les agences officielles, les grands quotidiens de la presse et les chaînes de télévision, comme s’il s’agissait de faits avérés et incontestables. "Les représentants des États-Unis et de la Grande-Bretagne ont récemment organisé une réunion dans les Alpes, où les perspectives de remplacement du chef de l’État ont été discutées", relate le journal RBC, propriété du groupe de médias économiques RBK, reprenant presque mot à mot le communiqué des renseignements russes. Dans sa communication, le SRV suggère par ailleurs que le remplacement de Volodymyr Zelensky en tant que président de l’Ukraine est devenu une condition clé pour "redémarrer" les relations de Kiev avec l’Occident."Renseignements fiables"
Si la question de l’après présidence Zelensky pourrait légitimement se poser, le service de renseignement extérieur russe semble toutefois en avoir fait une obsession ces dernières années. Depuis le début de l’invasion russe, "le SVR relate régulièrement des manœuvres des Occidentaux pour se...
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02/08 - "Certains PDG feraient bien d’apprendre des erreurs de Poutine" : les leçons de gouvernance de Ngaire Woods
C’est un mystère qui ne cesse d’agiter les meilleurs spécialistes en géopolitique. Comment expliquer que de nombreux dirigeants, pourtant réputés pour leur sens stratégique, puissent commettre des erreurs de calcul monumentales, parfois fatales ? Ngaire Woods, doyenne de la Blavatnik School of Government et professeure de gouvernance économique mondiale à la prestigieuse université d’Oxford, a son idée sur la question.
Selon elle, la réponse réside dans la nature même du pouvoir… "Plus un dirigeant [en a], plus il est susceptible de se mettre des œillères qui vont l’amener à commettre des erreurs, pointe-t-elle. En témoigne l’invasion de l’Ukraine par Poutine, qui illustre à elle seule trois des nombreux pièges inhérents au pouvoir dans lesquels un chef d’État peut tomber". A savoir se croire au-dessus des règles, surestimer l’impact de sa force sur la réalisation d’un objectif et refuser de demander conseil et d’entendre les mauvaises nouvelles. Mais, insiste-t-elle, le maître du Kremlin est loin d’être un cas isolé. "Penser que ces faiblesses n’affectent que les dirigeants autoritaires est non seulement erroné, mais aussi dangereux, car cela peut conduire à une certaine complaisance à l’égard de ceux qui abusent de leur pouvoir, avertit Ngaire Woods, exemples historiques à l’appui. Soyons clairs : tout dirigeant démocratique peut commettre les mêmes erreurs que Poutine". Entretien.
L’Express : De nombreux dirigeants réputés être de grands stratèges ont, dans l’histoire récente, fait d’importantes erreurs de...
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02/08 - Tact et persuasion : comment la présidente du Mexique a négocié avec Donald Trump
Un mélange de tact et de persuasion : la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réussi à convaincre son homologue américain Donald Trump d'accorder à son pays un sursis avant d'augmenter les droits de douane, mais sans dissiper les incertitudes économiques.
Les deux présidents sont connus pour arriver à s'entendre en dépit de leur opposition sur l'échiquier politique. Au moins à trois reprises maintenant, le président américain a accordé à Mexico un allègement douanier et Donald Trump a qualifié la présidente de "femme merveilleuse", loin des relations parfois tendues entretenues avec certains autres dirigeants mondiaux. Une nouvelle fois jeudi, le républicain a annoncé jeudi s'être entendu avec elle pour ne pas relever dans l'immédiat les droits de douane sur les produits mexicains, alors qu'il menaçait de porter la surtaxe à 30%.
Mexico, partenaire commercial le plus important des Etats-Unis après l'Union européenne prise dans son ensemble, obtient ainsi un sursis de 90 jours. Cela revient à maintenir à 25% les droits de douane sur les produits entrant aux Etats-Unis en dehors de l'accord de libre-échange nord-américain (ACEUM).
Un résultat obtenu au bout de la neuvième conversation téléphonique entre les deux présidents depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier, qui menaçait alors de sanctionner les exportations du Mexique en raison de la tolérance présumée de ce dernier à l'égard du trafic de fentanyl vers les États-Unis.85% des exportations mexicaines ont été exonérées de droits...
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02/08 - Aslak Nore, le nouveau maître norvégien du roman d’espionnage : "La littérature peut encore nous en apprendre sur le nazisme"
Allez-vous à votre tour tomber dans le Piège à loup (éditions Le Bruit du Monde)* d’Aslak Nore ? L’écrivain norvégien, déjà connu pour sa saga des Falck (Le cimetière de la mer et Les héritiers de l’Arctique) signe un grand roman d’espionnage entre La trilogie berlinoise de Philipp Kerr, L’arme à l’œil de Ken Follett et Les bienveillantes de Jonathan Littell. En toile de fond, l’occupation de la Norvège par l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale. Au cœur de l’intrigue, le projet de fusée ultra-secrète développé par les nazis dans le centre de recherches de Peenemunde, sur une île de la côte baltique, plus connu sous le nom de "V2".
Cette arme, qui devait changer le cours de la guerre, selon Hitler, annonçait les missiles à tête nucléaire. Ses inventeurs seront d’ailleurs recrutés après-guerre par les Alliés et participeront à la conquête spatiale. Henry Storm, le personnage principal de Piège à loup, est un norvégien qui s’est engagé avec les Allemands pour combattre le bolchévisme. Rentré écœuré du front de l’est, il rejette le nazisme et se met au service de la résistance. Sur son chemin, il va trouver Werner Sorge, ancien rival des Jeux olympiques de Berlin en 1936… Très documenté, précis comme le mécanisme d’une montre suisse, Piège à loup ne saurait être réduit à un thriller historique. En explorant les liaisons dangereuses entre la technologie la plus sophistiquée et le totalitarisme, Aslak Nore nous parle d’aujourd’hui. Né à Oslo en 1978, vivant à Marseille, cet ancien soldat du bataillon d’élite norvégien...
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02/08 - Fake news climatiques : les plateformes de médias sociaux tirent profit des théories du complot, selon une étude
A chaque tragédie météorologique extrême, comme les incendies ou les inondations, le flot de fausses affirmations se répand vite. Plus vite que les alertes vitales provenant des autorités, révèle une étude du Centre pour contrer la haine numérique (CCDH).
Selon le document, la prolifération de ces fake news climatiques sur les plateformes comme Meta, X et YouTube, entraîne une augmentation des risques pour la sécurité publique, par l'érosion de la confiance de l'opinion publique dans les efforts de secours en cas de catastrophe.L'inefficacité de la vérification des comptes
Après avoir analysé des messages viraux, sur chacun de ces trois réseaux sociaux majeurs, notamment sur les incendies de Los Angeles et les ouragans Helene et Milton, les chercheurs ont pointé un manque de vérifications criant. "Meta manquait de vérification des faits sur 98 % des publications analysées, X sur 99 % et YouTube sur 100 %.
"Alors que les familles pleuraient leurs proches et que les premiers intervenants fouillaient les décombres après les catastrophes climatiques au Texas et en Californie, les entreprises de médias sociaux ont exploité sans vergogne ces catastrophes à des fins lucratives", commente Imran Ahmed, patron du CCDH. "La propagation rapide des conspirations climatiques en ligne n’est pas accidentelle, elle est intégrée dans un modèle économique qui profite de l’indignation et de la division", ajoute-t-il. L’étude révèle par ailleurs que les utilisateurs vérifiés, qui reçoivent une visibilité et des privilèges...
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02/08 - Du Crillon à la banque Rothschild : à Lausanne, l’ex-école hôtelière qui joue dans la cour des business schools
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
EPISODE 2 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
EPISODE 3 - Les secrets de Polytechnique, l’école qui forme les étoiles françaises de l’IA
EPISODE 4 - De Mark Rutte au roi des Pays-Bas : l’université de Leyde, incubateur de décideurs européens
Lorsqu’ils arrivent sur les hauteurs de Lausanne, les anciens de l’EHL peinent à reconnaître le décor de leurs jeunes années. Ici, à peine majeurs, sitôt le bac en poche, ils ont passé quatre ans loin de leurs parents et de leur univers familier, à apprendre les fondamentaux de la gestion hôtelière. Mais désormais, à l’exception de la "ferme", le bâtiment historique qui a abrité nombre de parties de baby-foot et de soirées mémorables, tout a changé au 301 route de Berne. Le nom de l’établissement, puisque l’Ecole hôtelière de Lausanne est devenue l’EHL – Hospitality Business School ; le campus, qui est passé de 25 000 à 80 000 mètres carrés en 2022 ; la taille et le rythme des promotions, deux par an pour environ 800 diplômés.
Depuis...
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02/08 - "Downtown Abbey" : les décors et costumes de la série culte vendus aux enchères
Totalisant 120 millions de téléspectateurs avant d’être déclinée en films, Downton Abbey est la série anglaise la plus populaire au monde, dépassant largement le succès de Chapeau melon et bottes de cuir ou d’Amicalement vôtre. Tous les ingrédients étaient réunis pour susciter un tel engouement. Cette fiction relate la vie d’une famille d’aristocrates anglais du début du XXe siècle et de sa nombreuse domesticité, confrontée à la Première Guerre mondiale et à la remise en cause de son mode de vie traditionnel, le tout dans un superbe château de style Tudor. Une histoire romanesque à souhait qui ne pouvait que séduire. D’autant que la production n’a pas lésiné sur la beauté des costumes, la qualité des décors et des accessoires.La canne de Maggie Smith
C’est une partie de ce cadre de vie unique que la maison Bonhams Londres s’apprête à céder sous la forme d’une vente en ligne organisée du 18 août au 16 septembre. Aux mêmes dates, les 263 lots seront exposés gratuitement dans les locaux londoniens de Bonhams, sur New Bond Street. Les estimations sont larges. Une paire de gants en cuir blanc portée par le valet de pied Thomas Barrow est estimée 100 à 150 livres (115 à 173 euros). La canne de Violet Crawley, la comtesse douairière de Grantham - magistralement interprétée par Maggie Smith - pourrait atteindre 500 à 800 livres (575 à 920 euros).
Il faudra compter 600 à 800 livres (690 à 920 euros) pour les costumes professionnels de Carson, le majordome, de Madame Hughes, l’intendante, ou de Madame Patmore, la cuisinière. La...
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02/08 - Donald Trump met à jour ses surtaxes douanières, le Canada et la Suisse durement touchés
Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays entrant aux Etats-Unis, bousculant l'ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse. La Maison-Blanche, qui a l'ambition de "restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains", a accordé un répit de quelques jours. Ces nouvelles taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non ce vendredi 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s'organiser pour leur collecte.
"Le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale", a souligné Wendy Cutler, vice-présidente de l'Asia Society Policy Institute. Ces décisions menacent d'augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs. Elles risquent d'entraîner un ralentissement de l'économie mondiale, même si le Fonds monétaire international (FMI) s'est montré mardi moins pessimiste qu'il y a encore trois mois.Bourses en baisse
Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vendredi. La plupart des marchés asiatiques ont clôturé en petite baisse. Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d'eux le plus de concessions possibles, sans...
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02/08 - Kynzvart, Ostia Antica... Zoom sur cinq sites européens chargés d’histoire
A ce jour, ils sont 67, disséminés dans 22 pays, à détenir le précieux sésame : le Label du Patrimoine européen (LPE), un programme de la Commission européenne créé en 2011. Chaque année, il est attribué à des sites symbolisant une personne ou un moment clé de l’histoire de l’Europe et des idéaux qui l'animent, de la démocratie à la défense des droits de l’homme. Lieux historiques, mémoriels, ou entités immatérielles, ils incarnent, de la préhistoire à l’époque contemporaine, cet esprit qui a forgé notre patrimoine commun. "Plus qu'une simple reconnaissance, c'est un engagement à préserver et à promouvoir les histoires ainsi que les valeurs qui nous unissent par-delà les frontières", souligne Vincent Curie, à la tête du LPE.
On l’aura compris, la richesse architecturale ou culturelle d’un site n’est pas le seul gage d’obtention du label. La France, qui en compte quatre à son actif, dont la maison de Robert Schuman, en Moselle, pourrait bientôt en glaner un cinquième : parmi la vingtaine de candidatures examinées en 2025 figure en effet le Rachi de Troyes, dont l’héritage témoigne de la contribution du judaïsme à l’élaboration d’une Europe ouverte à partir du Moyen Age. Le verdict sera rendu l’hiver prochain. A quelques semaines des Journées européennes du patrimoine, focus sur cinq de ces lieux labellisés à travers le Vieux Continent.
Mundaneum, Mons (Belgique)Le Mundaneum, temple de la connaissance.
Dans l’ancienne capitale des comtes de Hainaut, cet édifice Art déco abrite une somme unique : six kilomètres de documents...
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02/08 - "Coup de grâce porté à la démocratie" : au Salvador, les ONG se lèvent contre le président Nayib Bukele
Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé vendredi la réforme constitutionnelle qui permet au président salvadorien, Nayib Bukele, de se représenter indéfiniment, l'une d'elles la qualifiant de "coup de grâce porté à la démocratie". Le Parlement a adopté jeudi, à la quasi-unanimité après une procédure accélérée, une vaste réforme de la Constitution abolissant notamment la limite du nombre de mandats du chef de l'Etat, lesquels sont allongés de cinq à six ans.
Au pouvoir depuis 2019 et devenu ces derniers mois un allié clé de Donald Trump, le président Bukele jouit d'une immense popularité au Salvador grâce à sa lutte impitoyable contre les gangs qui terrorisaient le pays, autrefois l'un des plus dangereux du monde. La violence a considérablement diminué, mais des ONG critiquent cette campagne en affirmant que des milliers d'innocents ont été emprisonnés dans le cadre d'un état d'exception facilitant grandement les arrestations. "Coup de grâce porté à la démocratie"
La réforme "est le coup de grâce porté à la démocratie au Salvador", a estimé dans un communiqué Cristosal, l'une des organisations ayant dénoncé une "escalade répressive" dans le pays centraméricain depuis l'arrivée au pouvoir de M. Bukele en 2019.
Celui qui se présente volontiers comme un "dictateur cool" a été réélu en juin 2024 avec 85% des voix pour un deuxième mandat qui lui était en principe interdit par la Constitution. Mais la Cour suprême, dominée par des juges proches du pouvoir, lui en a donné le droit. "Malheureusement,...
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02/08 - Prisons : de Vendin-le-Vieil à Alcatraz, la même réthorique guerrière, par Jean-Marc Fedida
Lorsque le 27 mai 1934, le nouveau procureur général des Etats-Unis Homer S. Cummings accède à ses fonctions, il est animé par une idée simple : quel que soit le régime de détention en vigueur, il ne permet pas de garantir une étanchéité suffisante des murs pour empêcher les locataires de ce lieu de prolonger leur influence criminelle au-dehors.
Ainsi naquit cette fumeuse idée : recycler la caserne de la garnison de l’Ile d’Alcatraz au large de la baie de San Francisco, pour en faire la prison la plus sûre du pays. Outre le caractère parfaitement lugubre et effrayant du lieu – parfait pour le symbole - Alcatraz, isolé par le Pacifique, était coupé du monde. Les criminels étaient assignés à une quarantaine sociale, comme porteurs d’un virus aussi dangereux que contagieux. Le directeur Johnston y régnait en tyran : il définissait les règles intérieures, statuait sur les désobéissances puis en fixait les châtiments. Lui seul détenait le pouvoir de faire cesser la mise à l’isolement d’un détenu.Al Capone, célèbre prisonnier 85
Al Capone a rejoint "the Rock" le 22 août 1934 sous le numéro d’écrou 85, qui sera sa dernière identité. Le "roi de Chicago" a obtenu l’autorisation de créer un orchestre et d’y faire entrer des instruments de musique. Mais l’interlude musical tourna court, un des détenus s'étant servi d’un saxophone comme d’une massue pour écraser le crâne d’un autre. La musique n’adoucit pas les mœurs partout !
En 1936, un coup de burin reçu par Al Capone dans la cage thoracique, où un morceau de fer restera...
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02/08 - "La France a brisé un tabou" : l’avis tranché d’un ex-diplomate sur la reconnaissance d’un Etat palestinien
Une grande partie de sa carrière fut consacrée à trouver la paix entre Israéliens et Palestiniens. En tant que diplomate et conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Ghaith al-Omari a participé aux sommets de Camp David en 2000 et de Taba en 2001.
Désormais installé aux Etats-Unis et chercheur au Washington Institute for Near East Policy, il reste un observateur privilégié des dynamiques internes de la politique palestinienne mais aussi des avancées diplomatiques dans la région. Auprès de L’Express, Ghaith al-Omari souligne le poids diplomatique de la France, capable de "briser le tabou autour d’un Etat palestinien", mais rappelle que rien ne bougera sans l’appui de la Maison-Blanche et d’une administration Trump "qui n’a aucun plan pour la question palestinienne".
L’Express : Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtra l’Etat de Palestine en septembre, avant d’être suivi par le Royaume-Uni et le Canada. S’agit-il d’une avancée diplomatique majeure pour les Palestiniens ?
Ghaith al-Omari : Diplomatiquement, c’est considérable. La reconnaissance par la France a ouvert la porte aux autres pays et je m’attends à ce que davantage encore les suivent. Mais la question principale reste : cela aura-t-il un impact sur le terrain ? La réponse est non. Cela a au moins le mérite d’envoyer un message clair à Israël et aux forces internes à la politique palestinienne.
Quel est ce message ?
La position israélo-américaine consiste à dire que la reconnaissance d’un Etat palestinien...
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02/08 - "Rendre la vie invivable" : en Ukraine, le fléau sans limite des frappes aériennes russes
Au cœur de la république du Tatarstan, la plus grande usine de drones de Russie, sur la zone économique spéciale d’Alabuga, tourne sans discontinuer. A plus de 1200 kilomètres du front, c’est ici que sont produits les Geran-2, version russe des drones suicides Shahed-136 iraniens, utilisés en masse par Moscou pour frapper l’Ukraine. Afin d’accroître la production, plusieurs nouveaux bâtiments sont sortis de terre cette année. Un an plus tôt, dans la ville industrielle d’Ijevsk, à une centaine de kilomètres de là, un deuxième site de fabrication avait déjà ouvert ses portes. Le but : alimenter toujours plus la machine de guerre russe, qui les envoie désormais en salves de plusieurs centaines d’unités sur les villes ukrainiennes.
Le déluge de feu est quotidien. Ces mêmes modèles ont été employés par Moscou pour bombarder Kiev, dans la nuit du 31 juillet, faisant au moins 31 morts et 159 blessés. En quelques heures, un total de 309 drones et huit missiles se sont abattus sur le pays. A peine deux jours avant, de précédentes frappes sur la ville de Kharkiv et dans la région de Zaporijia avaient coûté la vie à une trentaine de personnes. "L’objectif des Russes est de rendre la vie invivable, pointe Xavier Tytelman, ancien aviateur militaire et expert aéronautique. En multipliant les attaques contre des cibles qui n’ont pas d’intérêt militaire, ils veulent faire pression sur les civils en espérant qu’ils cèdent." Sans succès jusqu’à présent.Drones, leurres, missiles...
Moscou ne lésine pourtant pas sur les moyens....
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01/08 - Donald Trump déploie deux sous-marins nucléaires après des commentaires "provocateurs" de Moscou
Donald Trump a "ordonné" vendredi 1er août le déploiement de "deux sous-marins nucléaires" dans des "zones appropriées" après des commentaires "provocateurs" et "incendiaires" de l'ancien président russe Dmitri Medvedev.
Cette brusque poussée de fièvre survient alors que Moscou a lancé davantage de drones contre l'Ukraine en juillet que lors de n'importe quel autre mois depuis l'invasion de février 2022, selon une analyse de l'AFP qui montre une intensification des bombardements en dépit des ultimatums du président américain.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a écrit avoir "ordonné que deux sous-marins nucléaires soient positionnés dans les zones appropriées, au cas où ces déclarations idiotes et incendiaires soient plus sérieuses que cela". "Les mots comptent et peuvent souvent avoir des conséquences imprévues, j'espère que cela ne sera pas le cas cette fois", a averti le président des Etats-Unis.
Il n'a pas précisé où exactement les sous-marins seraient envoyés, ni s'il s'agissait de submersibles à propulsion nucléaire ou porteurs d'ogives atomiques. Le milliardaire républicain n'a pas non plus expliqué à quels propos de Dmitri Medvedev il réagissait.
Ce dernier a été président de la Russie de 2008 à 2012, entre deux mandats de Vladimir Poutine, et était alors considéré en Occident comme un réformiste et un modéré. "Un pas vers la guerre" Etats-Unis/Russie
Mais il a depuis 2022 multiplié les propos provocateurs, notamment sur la menace d'un conflit nucléaire, même si son influence sur la politique...
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01/08 - L’IA, pari gagnant pour les géants de la tech ? Meta, Amazon et Google en pleine forme financière
Une santé financière insolente. Les mastodontes américains du numérique ont communiqué jeudi 31 juillet leurs résultats pour le deuxième trimestre 2025. Tandis que l’incertitude liée à l’impact des droits de douane imposés par l’administration Trump a un temps plongé dans l’inquiétude le monde de la tech, les principaux groupes du secteur ont en réalité réalisé des performances bien meilleures qu’attendues, notamment grâce à leurs activités liées à l’intelligence artificielle (IA). Entrées dans une véritable compétition en la matière, les sociétés de la Silicon Valley entendent poursuivre leurs investissements dans ce domaine pour se démarquer dans les prochaines années.
Parmi les acteurs les plus en forme : Microsoft. Le groupe fondé par Bill Gates vient de devenir la deuxième entreprise de l’histoire à dépasser les 4 000 milliards de capitalisation boursière. Un seuil uniquement franchi jusque-là par l’entreprise de puces électroniques Nvidia, début juillet. Microsoft a ainsi dégagé un bénéfice net de 27,2 milliards de dollars entre avril et juin 2025. Sur l’année fiscale, elle engrange plus de 100 milliards de dollars de recettes dans le cloud (soit l’informatique à distance et les services d’IA aux entreprises). Sa filiale Azure, spécialisée dans les solutions informatiques liées au cloud, a par exemple vu ses activités croître de 39 % lors du dernier trimestre.Course à l’IA…
Comme le reste des GAFAM, Microsoft continue de miser sur le développement de l’IA pour s’assurer des revenus futurs. Important investisseur dans...
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01/08 - L’affaire Vueling, symptôme d’un antisémitisme en Espagne ? "Les juifs n’osent pas porter de signes religieux"
À leur retour de vacances, le 23 juillet dernier, une cinquantaine de jeunes Français de confession juive sont débarqués de leur avion à quelques minutes du décollage de l’aéroport de Valence. Quelques heures plus tard, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent la Guardia Civil [NDLR : la police espagnole] plaquer au sol une des accompagnatrices, avant de lui passer les menottes. C’est à peu près tout ce qui, pour l’heure, peut être affirmé de façon certaine. Concernant le reste de l’affaire, les versions divergent fortement. Pour justifier de l’expulsion du groupe, la compagnie aérienne, Vueling, invoque un "comportement perturbateur". Des accusations contestées par l’association Club Kineret, organisateur de la colonie de vacances - qui a depuis porté plainte contre la Vueling pour discrimination sur le fondement de la religion - ainsi que par des témoignages de passagers.
Sans surprise, l’affaire prend rapidement une tournure diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot téléphone à la PDG de la compagnie Vueling, Carolina Martinoli. De leur côté, Aurore Bergé et Benjamin Haddad condamnent d’une même voix les propos du ministre espagnol des Transports qui assimile "des enfants français de confession juive à des citoyens israéliens, comme si cela justifiait d’une quelconque manière le traitement auquel ils ont été exposés". Une référence à un message publié sur le compte X d’Óscar Puente dans lequel le ministre qualifiait les adolescents, pourtant de nationalité...
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01/08 - Ukraine : le bilan des frappes russes sur Kiev atteint les 31 morts
Les bombardements russes dans la nuit du mercredi au jeudi 31 juillet sur Kiev ont fait au moins 31 morts parmi les civils, dont cinq enfants, a déclaré ce vendredi 1er août le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Les opérations de recherche et de secours sont terminées", a-t-il ajouté sur les médias sociaux, affirmant que "malheureusement, [...] le plus jeune n'avait que deux ans".
Ce lourd bilan survient dans un contexte d'intensification des bombardements russes et d'une rapide progression de son armée dans le territoire ukrainien, réalisant en juillet ses plus larges avancées depuis novembre.
Les infos à retenir
⇒ Les bombardements russes sur Kiev ont fait au 31 morts
⇒ L'armée russe accélère sa progression en Ukraine pour le quatrième mois d'affilée
⇒ Berlin promet la livraison de deux batteries antimissiles à l'UkraineLe bilan des frappes russes sur Kiev s'alourdit à 31 morts
Les bombardements russes dans la nuit du mercredi au jeudi 31 juillet sur Kiev ont fait au moins 31 morts parmi les civils, dont cinq enfants. "L’ennemi a attaqué la capitale avec des missiles et des drones", a informé jeudi sur Telegram le ministre de l’Intérieur Igor Klymenko, dénonçant "un nouveau crime de guerre".
Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, en février 2022. Une analyse de l'AFP rapporte aussi que les frappes de drones russes en Ukraine ont atteint un nombre record en juillet, avec une hausse de 16% par...
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01/08 - Donald Trump redessine le commerce mondial : notre carte des gagnants et perdants
"Les droits de douane rendent l'Amérique à nouveau GRANDE et RICHE" : fidèle à son style, Donald Trump s'est livré jeudi 31 juillet à un nouvel exercice d'autocongratulation sur son réseau Truth Social. Le président américain était sur le point de détailler le taux des surtaxes commerciales qui toucheront les marchandises de dizaines de pays dans le monde, quelques heures avant la date butoir du 1ᵉʳ août. S'il avait été promis par le milliardaire que ces tarifs douaniers s'appliqueraient immédiatement après cette échéance, leur mise en œuvre interviendra finalement pour la plupart d'entre eux le 7 août prochain.
Depuis "le jour de la libération" début avril, lorsque Donald Trump avait brandi un tableau résumant l'ensemble des mesures douanières "réciproques" qu'il comptait imposer à ses partenaires économiques, les négociations allaient bon train à Washington. Jeudi, un décret indiquant nation par nation l'ampleur des surtaxes touchant chacune de ces puissances a été signé par le républicain, actant leur prochaine entrée en vigueur. Quelques compromis trouvés
D'après le contenu de ce texte, l'ensemble des échanges ne sont pour autant pas encore tout à fait terminés. "Certains partenaires commerciaux ont accepté, ou sont sur le point d'accepter, des engagements commerciaux et sécuritaires significatifs avec les États-Unis, témoignant ainsi de leur intention sincère de remédier définitivement aux barrières commerciales qui ont contribué à l'état d'urgence national", précise ainsi le décret, publié sur le site de...
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01/08 - Le roman est devenu le miroir d’un individualisme contemporain, par Abnousse Shalmani
Quand John Galsworthy rencontre Ada, elle vient d’épouser son cousin germain. Il n’en tombe pas moins amoureux. Quatre ans plus tard, alors qu’il s’ennuie en exerçant paresseusement le métier d’homme de loi pour satisfaire son père, de retour d’un voyage en Australie où l’ont mené les affaires, il rencontre l’officier de marine J. K. Korzeniowski, qui deviendra son meilleur ami et bientôt célèbre sous le nom de Joseph Conrad, et revoit, quelque dix jours plus tard, sa cousine par alliance Ada sur le quai d’une gare parisienne. Conrad et Ada vont tous les deux le pousser à écrire. Il en sortira un chef-d’œuvre, L’Histoire des Forsyte, roman dynastique, roman social, roman qui raconte la Grande-Bretagne de l’époque victorienne jusqu’à l’après-Première Guerre mondiale, publié entre 1906 et 1933. Il obtiendra le prix Nobel de littérature en 1932. Durant dix ans, Ada sera sa maîtresse avant qu’elle ne divorce pour épouser son grand amour. Son mari, cruel et brutal, la maltraitait, elle l’avait déjà quitté et vivait seule mais John Galsworthy attendait la mort de son père pour l’épouser.
Joseph Conrad et Ada, tout comme le père de Galsworthy, la figure de sa mère, des éléments de sa vie réelle ont servi de matière aux personnages, situations, dramaturgie de sa grande et sublime saga, mais ils sont "noyés" dans son imagination, transcendés par le travail d’écrivain, devenant des figures humaines prototypales et pourtant singulières d’une époque, d’un quotidien, des mentalités et des mœurs. Rien n’est vrai et pourtant tout...
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01/08 - Pablo Iglesias, ex-leader de Podemos : "Il est difficile d’imaginer LFI sans Mélenchon, et c’est tout le problème"
Au début de l’année 2025, Jean-Luc Mélenchon était à Madrid pour rendre visite à Pablo Iglesias. L’occasion de lui déclarer toute sa reconnaissance, dans un entretien filmé : "Somos los hijos de América Latina y de Podemos !" ("Nous sommes les enfants d’Amérique Latine et de Podemos", NDLR). Le mouvement politique, né de celui des Indignés, incarnation du moment populiste de gauche, n’est cependant plus ce qu’il était. Après avoir menacé d’extinction les sociaux-démocrates et le bipartisme espagnols, le voilà désormais très affaibli. Durablement ?
Pablo Iglesias connaît son Jean-Luc Mélenchon, dix ans de compagnonnage politique servent à nouer une étroite relation. Ne comptez donc pas sur l’ancien vice-président du gouvernement espagnol pour se désolidariser de son camarade, il le défendra dur comme fer, jusqu’au bout. Mais des écueils de Podemos naissent quelques leçons pour La France insoumise (LFI). Le professeur de sciences politiques en a une : la prochaine élection présidentielle sera "peut-être sa dernière danse". Pour que LFI lui survive, Mélenchon doit préparer sa succession. Entretien.
L’Express : En Europe, vous êtes l’un des principaux acteurs - et inspirateurs - du "moment populiste" de la gauche européenne. Quel bilan dressez-vous de cette période qui, avec l’affaiblissement de votre parti ou de Syriza en Grèce, semble révolue ?
Pablo Iglesias : L’Europe est composée de systèmes de partis différents, il est donc difficile de résumer la situation de manière homogène. Nous pouvons néanmoins observer...
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01/08 - La France gèle les évacuations de Gazaouis le temps d’enquêter sur une étudiante accusée de propos antisémites
La France n'acceptera plus de Gazaouis évacués sur son territoire avant les conclusions d'une enquête sur les failles ayant permis l'accueil d'une étudiante accusée de propos antisémites, a déclaré ce vendredi 1 août le ministre français des Affaires étrangères.
"Aucune opération de ce type, aucune évacuation d'aucune sorte ne se tiendra tant que nous n'aurons pas tiré les conséquences de cette enquête", a déclaré Jean-Noël Barrot sur Franceinfo. De même, "tous les profils qui sont entrés en France vont faire l'objet d'une nouvelle vérification", a ajouté le ministre. Expulsée pour "apologie du terrorisme"
La jeune femme devait intégrer Sciences Po Lille à la rentrée dans le cadre d'un programme destinés aux étudiants gazaouis, créé il y a un an. La découverte de publications sur ses réseaux sociaux appelant à tuer les juifs, supprimées depuis, a entraîné sa désinscription et son expulsion de l'école.
"Après concertation avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le Rectorat de Région académique et la Préfecture, la direction de Sciences Po Lille a pris la décision d'annuler l'inscription prévue de cette étudiante dans notre établissement", avait écrit l'établissement sur son compte X. Le contenu de certaines publications de cette étudiante sur les réseaux sociaux "entre en contradiction frontale avec les valeurs portées par Sciences Po Lille, qui lutte contre toute forme de racisme, antisémitisme et discrimination, ainsi que contre tout type d'appel à la haine, contre quelque population que ce...
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01/08 - Espionnage : les lourdes accusations de Washington et de ses alliés contre l’Iran
L'Iran a rejeté ce vendredi 1er août les accusations de tentatives "d'assassinats et d'enlèvements" à l'étranger portées par les Etats-Unis et plus d'une douzaine d'alliés occidentaux, estimant que celles-ci étaient "sans fondement".
Dans un communiqué, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a ajouté que ces accusations étaient une "tentative visant à détourner l'attention du public de la question la plus urgente du moment, à savoir le génocide en Palestine occupée", a-t-il dit en référence à la guerre dans la bande de Gaza, avant de qualifier les accusations occidentales de "mensonges éhontés (...) relevant d'une campagne malveillante d'iranophobie destinée à faire pression sur la grande nation iranienne".14 pays signataires, dont la France
Dans une déclaration commune, plusieurs pays occidentaux avaient accusé ce jeudi les services de renseignement iraniens de "tentatives" visant "à tuer, kidnapper et harceler des personnes en Europe et en Amérique du Nord". Outre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Albanie, l'Autriche, la Belgique, le Canada, la République tchèque, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne et la Suède sont signataires de cette déclaration.
"Nous sommes unis dans notre opposition aux tentatives des services de renseignement iraniens visant à tuer, kidnapper et harceler des personnes en Europe et en Amérique du Nord, en violation flagrante de notre souveraineté. Nous nous engageons à travailler ensemble pour empêcher que...
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01/08 - "Face à l’urgence absolue", la France largue de l’aide humanitaire sur Gaza
La France et l'Espagne ont mené ce vendredi 1er août des opérations de largage d'aide humanitaire dans la bande de Gaza, dont les résidents sont confrontés selon l'ONU à une "famine généralisée" après 22 mois de guerre entre Israël et le Hamas. L'agence a aussi accusé l'armée israélienne d'avoir tué des habitants alors qu'ils attendaient de l'aide humanitaire ces derniers mois.
L’émissaire américain Steve Witkoff s'est aussi rendu dans l'enclave palestinienne pour inspecter les sites de distribution d’aide humanitaire et rencontrer des habitants, une rare visite pour un diplomate étranger. Cette visite a lieu au lendemain de l'annonce de la Slovénie qu’elle allait interdire tout commerce d’armes avec Israël en raison de la guerre dans la bande de Gaza.
Les infos à retenir
⇒ La France vient de conduire son opération de largage d'aide humanitaire à Gaza
⇒ L’émissaire de Trump se rend ce vendredi à Gaza ravagée par la guerre
⇒ La Slovénie va interdire le commerce d’armes avec IsraëlLa France vient de larguer de l'aide humanitaire à Gaza
"Face à l'urgence absolue, nous venons de conduire une opération de largage de vivres à Gaza", a annoncé ce vendredi le président français, Emmanuel Macron, sur le réseau X. Le président a aussi ajouté que "les largages ne [suffisaient] pas" et réclame à Israël "un plein accès humanitaire pour répondre au risque de famine".
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait rappelé ce matin sur franceinfo que "quatre vols emportant chacun 10 tonnes de fret humanitaire au...
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01/08 - PODCAST. Qu’est-ce que la Rus’ de Kiev ? L’Express vous explique tout
Cette semaine dans La Loupe, on s'intéresse à l'Histoire de l'Ukraine. Pour ce cinquième épisode de notre série spéciale, Clément Daniez, journaliste au service Monde, vous explique ce qu'est la Rus' de Kiev.
Ecoutez cet épisode et abonnez-vous à La Loupe sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Google Podcasts, Podcast Addict et Amazon Music.
L'équipe : Margaux Lannuzel (présentation), Charlotte Baris (écriture), Mathias Penguilly (montage) et Jules Krot (réalisation).
Crédits : France Culture, Herodote, Histoire Geo, Le Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Logo : Anne-Laure Chapelain / Thibaut Zschiesche
Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.
Margaux Lannuzel : La Rus' de Kiev. On va donc parler Histoire dans cette armoire, et notre professeur du jour s'appelle Clément Daniez, du service Monde de L'Express. Salut Clément !
Clément Daniez : Salut Margaux
Margaux Lannuzel : Est-ce que j'ai raison Clément ?
Clément Daniez : Et non désolé Margaux. Je vais tout t'expliquer.
Pour réécouter les épisodes de notre série sur l'Histoire de l'Ukraine :
Épisode 1 : Daniel de Galicie, le début de l'histoire
Épisode 2 : Ivan Mazepa, traître pour la bonne cause
Épisode 3 : Pavlo Skoropadsky, le nationaliste qu'on n'attendait pas
Épisode 4 : Stepan Bandera, nationalisme ou nazisme ?
Pour aller plus loin :
Zelensky, l'entretien exclusif : "Un jour ou l'autre, l'Ukraine récupérera la Crimée"
Général Ben Hodges : "Avant la fin de l'été, l'Ukraine aura gagné la...
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01/08 - Narcotrafic : la solution pour en finir avec ce funeste business, par Nicolas Bouzou
Le narcotrafic est devenu un secteur économique souterrain massif en France. Selon une commission d’enquête sénatoriale de 2024, le chiffre d’affaires du trafic de stupéfiants serait de l’ordre de 3,5 à 6 milliards d’euros par an. Cette activité mobiliserait 200 000 personnes, dont plus de 20 000 à plein temps, et alimenterait près de 3 000 points de deal recensés sur le territoire.
Le marché s’est professionnalisé ces dernières années grâce à la technologie. Messageries cryptées et paiements en cryptomonnaies ont facilité tant la livraison à domicile que le blanchiment. Les trafics internationaux, via les ports du Havre ou d’Anvers, assurent l’approvisionnement, notamment en cocaïne.Une économie gigantesque et rentable
En 2024, les saisies ont atteint des niveaux historiques : 66 tonnes de cannabis, 21 tonnes de cocaïne et 6 millions de cachets d’ecstasy, rien que pour la France. Mais ces chiffres traduisent davantage la vigueur du marché que sa compression par la force publique. Les zones de non-droit se multiplient, ainsi que les crimes. L’an dernier, 110 personnes sont décédées en raison de violences liées au narcotrafic. Et 42 autres ont été tuées pour les mêmes raisons entre janvier et juin 2025. Il y a fort à parier que ce bilan s’alourdira encore d’ici la fin de l’année.
Il y a quelques jours, un préfet me faisait remarquer que l’Etat se trouvait en difficulté car cette économie parallèle est devenue gigantesque et très rentable. Dès lors, exactement comme dans Le Parrain de Coppola, les narcotrafiquants...
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01/08 - Gratte-ciel et palaces de marbre : quand Donald Trump était le "Michael Jackson de l’immobilier"
Ils sont aujourd’hui, chef d’Etat, chef de guerre, cheffe politique, faiseur de roi… Mais avant de devenir les figures incontournables que nous connaissons, Donald Trump, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, Marine Le Pen et Elon Musk ont connu des débuts variés. Cet été, L’Express remonte le temps et vous propose de redécouvrir les premiers portraits de ces personnalités : quand Donald Trump bâtissait un empire immobilier, quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate, lorsque Volodymyr Zelensky quittait la scène artistique pour l’arène politique… A travers nos archives, plongez dans les coulisses de leurs premiers pas, là où tout a commencé.
EPISODE 1 - Du jeu télévisé "KVN" à la guerre en Ukraine : les débuts méconnus de Volodymyr Zelensky
EPISODE 2 - "Tu vas te faire massacrer…" : quand Marine Le Pen vivait le quotidien des avocats pénalistes
Dans L’Express du 5 février 1988Citizen Trump le magnifique
Est-ce parce que son nom, Trump, signifie copain ? A New York, on l’appelle tout simplement Donald. Les gens le reconnaissent dans la rue et effleurent son manteau comme on touche du bois. Donald Trump a la chance et le charme : il "pèse" 1,3 milliard de dollars. A 41 ans, ce blond à la beauté "clean" est devenu le bâtisseur le plus célèbre de Manhattan. Au printemps dernier, il a démarré son nouveau chantier, une ville dans la ville, près de l’Hudson River, Television City, dominée par la tour la plus élevée du monde : 509 mètres. "Le début du XXI siècle à New York, affirme sans complexes Donald, qui se...
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01/08 - Donald Trump signe le décret augmentant les droits de douane pour des dizaines de pays
Le président américain Donald Trump a signé le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays, bousculant l'ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.
Certains pays d'Asie, qui redoutaient une facture plus lourde, ont accueilli malgré tout avec des oufs de soulagement vendredi ces nouveaux nouveaux droits de douane, qui s'ajouteront à ceux qui existaient avant le retour de Donald Trump au pouvoir.
La Maison-Blanche, qui a l'ambition de "restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains", a accordé un répit de quelques jours. Ces taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non le 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s'organiser pour la collecte, a indiqué un responsable de la Maison-Blanche à la presse.
Les Bourses asiatiques ont néanmoins reculé de concert vendredi après la publication des surtaxes. Celles-ci menacent, selon les experts, de freiner les échanges, d'augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs et d'entraîner un ralentissement de l'économie mondiale.
"Il n'y a pas doute : le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale", a réagi Wendy Cutler, vice-présidente de l'Asia Society Policy Institute.
Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée...
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01/08 - En pleine tempête douanière, OPmobility, ce fleuron français qui brille en Amérique
Il roule en Tesla et assume son goût pour les hamburgers. Mais ce n’est pas pour ces raisons que Laurent Favre multiplie les éloges envers les Etats-Unis. Le directeur général d’OPmobility (ex-Plastic Omnium) traverse l’Atlantique plusieurs fois par an. En janvier dernier, c’était pour présenter les innovations du groupe au CES 2025 à Las Vegas, la grand-messe de la tech mondiale. A l’automne prochain, l’entreprise inaugurera son siège américain dans la ville de Troy, à quelques kilomètres au nord de Detroit.
OPmobility possède déjà 13 usines aux Etats-Unis, son premier marché. Ce groupe n’en reste pas moins un fleuron tricolore. Fondé en 1946 par Pierre Burelle, il appartient encore à 60 % à ses descendants. Autrefois surtout renommé pour ses conteneurs à ordures ménagères, il fabrique aujourd’hui des réservoirs à carburant, des pare-chocs, des systèmes d’éclairage ou encore des solutions pour la mobilité à hydrogène pour les plus grands constructeurs – Stellantis, Alstom, Volkswagen… et même le géant chinois BYD.
Depuis son siège à Levallois-Perret, l’entreprise a récemment présenté des résultats financiers robustes. Bénéfice opérationnel en hausse de 11 % au premier semestre, amélioration de la génération de cash… OPmobility fait figure d’exception dans un marché en perte de vitesse.
La raison ? "C’est un groupe familial, qui a toujours été géré avec une approche disciplinée et de long terme, il est très agile sur la partie coûts", explique Michael Foundoukidis, analyste spécialiste du secteur auto chez Oddo BHF. Un...
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31/07 - Taxes douanières : les recettes des Etats-Unis au premier semestre dépassent déjà celles de 2024
Les États-Unis ont déjà tiré davantage de recettes des taxes douanières au cours des six premiers mois de 2025 que sur l'ensemble de l'année 2024, selon des données du Trésor américain publiées ce jeudi 31 juillet.
Au total, ces recettes dépassent 87 milliards de dollars contre près de 79 milliards en 2024, selon les données mensuelles à fin juin, actualisées mercredi 30 juillet. C'est le signe d'une hausse spectaculaire depuis avril 2025, quand Donald Trump a lancé sa vaste guerre commerciale. Un précédent pic avait été enregistré en 2022, avec 98 milliards de dollars, selon des calculs de l'AFP.Des revenus qui progressent, mais un déficit commercial qui se creuse
Ces recettes pourraient encore progresser avec la hausse programmée de certains droits de douane, que Donald Trump a de nouveau défendu ce jeudi. Il s'est notamment félicité, sur sa plateforme Truth Social, que sa politique commerciale permettait de rendre les États-Unis "GRANDS et RICHES à nouveau".
Le président américain considère les déficits commerciaux bilatéraux comme la preuve que d'autres pays profitent des États-Unis, en vendant plus de biens à l'Amérique qu'ils n'en achètent. L'une des justifications de ses droits de douane est donc de corriger ce déséquilibre, explique la BBC, en réduisant les importations et en forçant d'autres pays à abaisser leurs propres barrières aux produits américains.
Cependant, l'un des impacts marquants de la guerre commerciale de Donald Trump a été, jusqu'à présent, d'augmenter les importations de biens aux...
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31/07 - Des contraceptifs bientôt détruits par l’administration Trump ? La polémique enfle en France
Le premier pays à inscrire le droit à l’IVG dans sa Constitution va-t-il bientôt être impliqué dans la destruction de contraceptifs féminins ? Politiques, ONG et associations féministes français élèvent la voix pour l’éviter.
Tout part d’une décision de l’administration de Donald Trump de détruire des moyens de contraception stockés en Belgique… et que la Maison-Blanche voudrait faire incinérer à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. D’après le média The Guardian, qui a révélé l’information, le stock contient essentiellement des stérilets et des implants qui appartenaient à l’agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). L’instance a définitivement fermé ses portes le 1er juillet dernier pour fusionner avec le département d’Etat. Le gouvernement de Donald Trump a déjà supprimé 83 % des financements des programmes à l’étranger de cette ancienne agence.Près de 10 millions de dollars de contraceptifs
D’une valeur de 9,7 millions de dollars, soit 8,3 millions d’euros, ils étaient destinés aux femmes de pays défavorisés, notamment en Afrique subsaharienne. Le département d’État américain évoque les dates d’expirations des produits pour justifier cette décision auprès de The Guardian, ce qui serait faux d’après les informations du quotidien britannique.
Aux Etats-Unis, plusieurs élus et ONG s’opposent à cette destruction, mais en France aussi, la colère monte. Le collectif "Avortement en Europe - les femmes décident", qui regroupe notamment le Planning familial et la Ligue des droits de l’Homme, a lancé une...
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31/07 - De Gaza au Yémen, cette immonde hiérarchisation de la souffrance, par Omar Youssef Souleimane
Plus de 500 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère au Yémen, selon l’Unicef. Depuis 2014, date à laquelle les Houthis, soutenus par l’Iran, ont rejeté le nouveau régime du président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi (2012-2022), quelque 11 000 enfants ont été tués. Toujours d’après l’Unicef, plus de la moitié de la population, soit 18,2 millions de personnes, dont 9,8 millions d’enfants, ont besoin d’une aide vitale.
Le "Yémen heureux", comme on l’appelait autrefois au Moyen-Orient en raison de la fertilité de sa terre et de la richesse de ses produits agricoles, n’est plus qu’un pays de misère et de mines antipersonnel. Pourtant, vu d’Occident, cette catastrophe humanitaire semble ignorée, bien qu’elle se déroule dans la même région que celle de Gaza. Existerait-il une hiérarchisation des tragédies humanitaires dans la perception occidentale ?Les vrais responsables
L’horreur de la famine à Gaza nous parvient par le biais d’images d’une qualité exceptionnelle. Sur les réseaux sociaux, les photos tournent en boucle : des enfants en train de mourir de faim, des files d’attente devant des casseroles de soupe, ou encore des corps victimes de la famine. Mais ces images sont publiées dans un seul cadre narratif : Israël est le méchant, il assiège les civils. En Occident comme au Moyen-Orient, ce pays est diabolisé comme jamais auparavant. De son gouvernement à son armée, en passant par son peuple. Or c’est exactement ce que le Hamas recherche.
Le 27 juillet dernier, son chef Khalil al-Hayya, installé dans le...
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31/07 - Ryanair quitte trois aéroports français : la place écrasante de la compagnie low cost en Europe
Quelques mois après l’aéroport de Vatry (Marne), trois nouveaux aéroports français ne seront désormais plus desservis par Ryanair. Il s’agit des aéroports de Bergerac (Dordogne), Brive (Corrèze) et Strasbourg (Bas-Rhin), qui desservaient notamment l’Ecosse et le Portugal.
Dans un communiqué, la compagnie low cost irlandaise a également annoncé une réduction de 13 % de sa capacité en France pour cet hiver ainsi que la suppression de 25 lignes, ce qui équivaut à une réduction de 750 000 sièges de voyageurs.
En cause : une augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion - la TSBA, aussi surnommée "taxe Chirac" - qui est passée de 2,63 à 7,40 euros au printemps dernier. Ce quasi-triplement de la taxe a été vertement critiqué par les principales compagnies aériennes européennes et Ryanair accuse directement le gouvernement français de ne pas soutenir le secteur aérien. Elle n’hésite pas à faire jouer la concurrence entre Etats-membres de l’Union européenne en soulignant que certains pays "comme l’Irlande, l’Espagne ou la Pologne, n’imposent aucune taxe aérienne" et que d’autres comme "la Suède, la Hongrie et certaines régions d’Italie [ont supprimé] les taxes pour stimuler le trafic."Un effet d’aubaine ?
Cette annonce rend le gouvernement français fébrile. Philippe Tabarot, le ministre chargé des Transports (LR) s’est dit favorable à une suppression de cette taxe, qui devrait pourtant rapporter jusqu’à 800 millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’année budgétaire 2025. Nathalie Delattre, la...
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31/07 - Le déclin de la natalité se confirme en France pour début 2025
Toujours moins de bébés voient le jour en France. Entre janvier et juin, 317 340 bébés sont nés dans l’hexagone, contre 326 401 au premier semestre 2024, a indiqué ce jeudi 31 juillet l’Institut national de la statistique (Insee). Soit une baisse de 2,2 % du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.
Les six mois écoulés "confirment la tendance qu’on observe depuis un moment", a commenté auprès de l’Agence France Presse Didier Breton, professeur de démographie à l’Université de Strasbourg. "Il n’y a pas de raison qu’un retournement de situation se produise donc le nombre de naissances annuel s’annonce plus faible qu’en 2024". L’année civile 2025 devrait donc marquer un nouveau plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive.En baisse depuis 2011
La natalité baisse dans toutes les régions sur un an, hormis dans les Pays de la Loire (+ 1,1 %) et à Mayotte, (+ 1,3 %). Parmi les régions comptant le plus de naissances, le recul est de ‑3,8 % dans les Hauts-de-France, ‑2,8 % en Auvergne-Rhône-Alpes et de ‑1,8 % en Île-de-France. Depuis 2022, le nombre de naissances atteint chaque année un plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. En 2023, il est passé sous la barre symbolique des 700 000. Et depuis 2011, le nombre de naissances diminue chaque année, à l’exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. En 2024, il avait encore reculé de 2,8 % par rapport à l’année précédente : 660 800 nouveau-nés avaient...
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31/07 - Renseignement, drones, robots : enquête sur la révolution de l’IA dans l’armée
Le véhicule apparaît d’un coup au milieu du champ. Lourd de plusieurs centaines de kilos, équipé d’un canon de 12,7 mm, de roues renforcées et de toute une panoplie d’instruments et de caméras, il roule jusqu’à 50 kilomètres-heure. Surtout, il a une particularité : personne n’est à bord. En ce début du mois de mai, un vent froid balaye le camp d’entraînement militaire de Beynes (Yvelines), mais cela n’empêche pas un groupe de militaires français, accompagnés de soldats émiratis et australiens, de se presser pour assister au Challenge CoHoMa (collaboration homme-machine), organisé par l’armée de terre et l’Agence de l’innovation de défense. Le but est simple : réunir universitaires, militaires et industriels pour mettre au point les robots de demain. Et l’intelligence artificielle est au cœur de nombreux projets.
Parmi les engins en démonstration se trouve l’Aurochs. Ce véhicule "mule", construit par l’institut de recherches franco-allemand ISL, peut suivre automatiquement un soldat en adaptant sa trajectoire. En cas de brouillage du signal, il peut revenir seul à son point de départ. Plus loin, l’équipe Aegis, qui rassemble KNDS, Safran, Magellium et Shield Robotics, présente l’Ultro et le Fardier, deux véhicules de transport, un drone relais, un drone chasseur et un chien robot. Aegis a mis l’accent sur les algorithmes d’assistance aux pilotes pour gérer les informations produites par les différents capteurs installés sur les robots et détecter les ennemis pendant les opérations.
L’intelligence artificielle...
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31/07 - Droits de douane : à J-1, ces pays qui n’ont pas encore signé avec Donald Trump
Après de nombreux reports, les droits de douane annoncés par Donald Trump en avril, doivent officiellement entrer en vigueur ce vendredi 1er août. Pour environ 80 pays, dont les 27 de l’Union européenne, les droits de douane appliqués à leurs produits exportés devraient en effet augmenter dès cette date, pour se situer entre 11 % et 50 %, selon l’origine des produits. Les Etats-Unis ont déjà tiré davantage de recettes des taxes douanières au cours des six premiers mois de 2025 que sur l’ensemble de l’année 2024, selon des données du Trésor américain.
"Aujourd’hui, le vent a complètement tourné et les États-Unis ont réussi à contrer cette avalanche de droits de douane utilisés contre eux", s’est félicité le président américain dans un message sur sa plateforme Truth Social, à quelques heures de la date limite fixée aux gouvernements du monde entier pour conclure un accord. Si certains pays ont pu négocier des droits de douane, la plupart in extremis, d’autres sont encore attablés avec les Etats-Unis pour tenter de décrocher un accord.Accords in extremis pour la Corée du Sud
L’UE, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, le Vietnam, l’Indonésie et les Philippines se sont entendus avec la Maison-Blanche, avec à la clé des surtaxes moins élevées que celles annoncées initialement. Pour le Royaume-Uni, qui a négocié en premier - dès le mois de mai - les taxes sont désormais fixés à 10 %. Le Vietnam a été le deuxième à franchir la ligne avec l’administration Trump, négociant des tarifs douaniers à 20 %, contre les 46 %...
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31/07 - André Comte-Sponville sur l’affaire de la "kiss cam" de Coldplay : "La fidélité, ce n’est pas l’exclusivité"
"Si j’avais peur de créer la polémique, je ne serai pas artiste". Coldplay peut désormais sans ambage, aucun, faire sienne la formule du célèbre sculpteur chinois, Ai Weiwei. Avec leur "kiss cam" qui a surpris en flagrant délit d’adultère le PDG et la DRH d’Astronomer lors de leur concert à Boston, le groupe de pop-rock britannique a donné naissance à une polémique qui, depuis, anime tout autant les débats sur les réseaux sociaux que les discussions estivales autour d’un verre de rosé. Personne, pas même le plus ermite, n’a pu passer à côté de ce clip d’une dizaine de secondes, preuve irréfutable d’un moment terriblement défendu. Visionnée des centaines de millions de fois, la vidéo - suivie d’un raz-de-marée de mèmes et de parodies - a embrasé la toile.
À la fin, on y entend l’exégèse goguenarde du chanteur de Viva la Vida : "Either they’re having an affair or they’re just very shy". De là, tout s’enchaîne. En quelques heures, les internautes identifient le couple comme étant Andy Byron, PDG de la start-up Astronomer, et Kristin Cabot, DRH de la même entreprise, tous deux mariés. Le lendemain, Astronomer ouvre une enquête interne. Trois jours plus tard, Andy Byron démissionne, avant d’être imité par sa maîtresse. Lui envisage désormais de porter plainte contre Coldplay, dont "l’horrible kiss cam" a été taxée de "semi-fasciste" par un éditorialiste du quotidien espagnol El País. Autopsie de cette "summer affair" avec le philosophe André Comte-Sponville, auteur du phénoménal Petit traité des grandes vertus.
L’Express :...
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31/07 - Donald Trump : cet immense bond en arrière qu’il prépare sur les politiques climatiques
Alors qu’une partie de l’Europe est en proie aux feux de forêt, Donald Trump poursuit son offensive contre les politiques climatiques. Son administration pourrait supprimer l’un des fondements juridiques de la régulation des émissions de gaz à effet de serre (GES) aux Etats-Unis.
Baptisée "Endangerment finding" ("constatation de danger"), cette décision a été adoptée en 2009 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA), une instance chargée de la propreté de l’air, de la terre et de l’eau. Elle reconnaît le lien entre les GES et les risques pour la santé publique et le bien-être, et s’était donc déclarée compétente pour les réguler. C’est cette même agence, l’EPA, qui a rédigé une proposition pour revenir sur cette décision clé décidée sous le mandat d’Obama.
La supprimer ferait voler en éclat toutes les réglementations actuelles. En particulier celles qui encadrent les émissions des véhicules, alors que le secteur des transports constitue aujourd’hui la principale source de pollution aux Etats-Unis. Les usines, les centrales à gaz ou à charbon seraient aussi concernées. Globalement, plus aucune politique de régulation des GES ne pourrait être menée sans cette reconnaissance officielle du danger qu’ils représentent."La plus grande mesure de dérégulation de l’histoire"
Le patron de l’EPA, Lee Zelding, s’est justement félicité de cette décision… Depuis une concession automobile dans le nord du pays. "Si elle est finalisée, cette annonce serait la plus grande mesure de dérégulation de l’histoire des Etats-Unis",...
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31/07 - TikTok lance un système collaboratif pour lutter contre la désinformation aux Etats-Unis
Le réseau social TikTok a lancé ce mercredi 30 juillet un système collaboratif de lutte contre la désinformation pour ses utilisateurs américains. Il permettra à ces derniers de partager leurs doutes sur la véracité des contenus, en contextualisant des vidéos partagées sur l’application grâce à des "Footnotes" - des notes ajoutées directement par les utilisateurs. Ce modèle se base sur un système déjà utilisé entre autres par le groupe Meta et par X.
"Footnotes s’appuie sur les connaissances collectives de la communauté TikTok, permettant aux utilisateurs d’ajouter des informations pertinentes au contenu de notre plateforme", a déclaré Adam Presser, le patron de la sécurité du réseau social.Un groupe restreint de contributeurs
La possibilité d’ajouter du contexte et des informations de fond aux courtes vidéos, ainsi que des liens vers les sources de ces informations, sera réservée à un groupe sélectionné d’utilisateurs, précise le New York Times. Ainsi, pour pouvoir publier ces notes, les utilisateurs doivent avoir un compte certifié et actif depuis au moins six mois et être basés aux Etats-Unis.
Parmi les 170 millions de comptes répertoriés dans le pays, selon la plateforme, seuls près de 80 000 utilisateurs ont finalement été retenus pour publier ces notes. Ces derniers pourront aussi en évaluer l’utilité, de sorte que celles ayant les meilleures évaluations seront affichées en bas de l’écran de tous les utilisateurs américains.
Contrairement à Meta et X, TikTok a affirmé que le lancement des "Footnotes"...
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31/07 - Censurer le gouvernement de François Bayrou ? La leçon de Bougival
Les représentants des forces politiques néo-calédoniennes avaient donc trouvé la ressource pour se mettre d’accord sur ce que pourraient être les grands axes institutionnels de leur destin. A Bougival (Yvelines), les protagonistes s'étaient résolus au compromis à l’extrême limite, après que la rupture a été frôlée à plusieurs reprises dans les jours et les heures qui ont précédé ce dénouement. Même et surtout si une part des troupes indépendantistes s’emploie, depuis, à détruire l’accord, il y a là de quoi réfléchir à ce qui va se passer bientôt au sujet du budget de la France et, plus précisément, de l’occasion qu’il va fournir aux partis politiques de faire tomber le gouvernement.
Aux dernières nouvelles, le résultat sera tout autre. Sauf manifestation de la grâce, aucun compromis ne sera trouvé. Chacun va jouer sa partition, flatter son électorat, faire ses comptes, reléguer tout esprit de responsabilité collective, se déterminer en fonction de son seul intérêt à court terme. Et donc voter la censure pour autant que cet intérêt sera jugé palpable, sans le moindre égard pour le fait qu’elle aggravera par elle-même les choses : les marchés étant ce qu’ils sont, notre dette se renchérira parce que l’instabilité politique y aura conduit, mais surtout parce que nos députés auront démontré leur incapacité à faire quoi que ce soit d’utile pour endiguer la crise de nos finances publiques. Le RN et une considérable partie de la gauche – PS y compris – vont donc ajouter du drame au drame, le cœur en fête et l’âme joyeuse, parce...
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31/07 - Ticketmaster, l’histoire agitée du géant des concerts : tarifs opaques, bots et polémiques
Fred Rosen n’est pas un mordu de concerts. Même les Rolling Stones ou Neil Diamond n’ont pas empêché l’historique patron de Ticketmaster de piquer du nez, a raconté un jour le New York Times. Le repos du guerrier. Si une large foule dansait autour de lui, c’est parce que ses tickets s’étaient bien vendus. Après que cet avocat a racheté la société américaine de billetterie à ses trois fondateurs en 1982, les affaires ont rapidement tourné à son avantage. Une ancienne connaissance détaille à L’Express l’idée de "génie" de Rosen : décharger les salles de spectacle des coûts et des tracas de la vente, et même les rémunérer, en reportant l’addition sur le client final via des frais annexes. Aux dires du businessman, la place de concert constitue alors le produit le plus sous-évalué d’Amérique. En échange, il s’arroge l’exclusivité sur les tickets émis pour les futurs spectacles ou festivals dans ces mêmes salles. En cinq ans, Rosen multiplie par 400 les ventes de Ticketmaster, et absorbe la plupart des actifs de Ticketron, son plus gros concurrent.
Si la firme couvre tout type d’événements - sportifs et culturels inclus -, c’est dans la musique que les premières polémiques ont fleuri. Le groupe de rock Pearl Jam, en 1994, s’insurge des frais facturés et décide de s’en passer, tout en alertant la justice sur ce qu’il juge relever de pratiques anticoncurrentielles. Certains, de l’autre côté de l’Atlantique, commencent à surnommer l’entreprise "Ticketbastard". Fred Rosen quitte le navire quatre ans plus tard, en laissant...
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31/07 - Zelensky dit avoir promulgué la loi rétablissant l’indépendance d’instances anticorruption
Le parlement ukrainien a approuvé ce jeudi 31 juillet à une vaste majorité un projet de loi rétablissant l’indépendance d’instances anticorruption, revenant sur un précédent texte décrié par la société civile et l’Union européenne. Votée le 22 juillet, cette loi prévoyait de placer l’agence nationale anticorruption (le NABU) et le parquet spécialisé anticorruption (le SAP) directement sous la tutelle du procureur général, lui-même nommé par le chef de l’Etat.
Le texte a été promulgué dans la foulée par Volodymyr Zelensky. "Je viens de signer le document et le texte sera publié immédiatement", a-t-il dit dans un message publié sur Telegram, se félicitant que cette législation garantisse "le travail normal et indépendant" de ces instances.
La Commission européenne a affirmé ce jeudi que le projet de loi rétablissait les "principaux garde-fous".
Les infos à retenir
⇒ L’UE salue le projet de loi rétablissant l’indépendance d’instances anticorruption en Ukraine
⇒ Zelensky appelle le monde à œuvrer pour un "changement de régime" en Russie
⇒ Une attaque russe sur Kiev a fait au moins un mort et 20 blessésPour l’UE, le projet de loi voté en Ukraine rétablit les "principaux garde-fous"
La Commission européenne a affirmé ce jeudi que le projet de loi voté en Ukraine rétablissait les "principaux garde-fous" permettant l'"indépendance" des agences anticorruption.
"Selon nous, la nouvelle loi répond aux principaux défis posés par l’indépendance" de l’agence nationale anticorruption (NABU) et du parquet spécialisé anticorruption (le...
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31/07 - Après le Canada, le Portugal annonce son intention de reconnaître la Palestine
Le Canada prévoit de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre à l'ONU, a annoncé mercredi 30 juillet le Premier ministre canadien, Mark Carney. Le gouvernement portugais envisage également de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre, a annoncé jeudi 31 juillet le Premier ministre portugais.
Cette annonce intervient après que la France et 14 autres pays, dont le Canada et l’Australie, "ont invité" les pays du monde à exprimer leur volonté de reconnaître un État de Palestine. La France avait quant à elle annoncé la semaine précédente son projet de reconnaître la Palestine en septembre prochain.
Les infos à retenir
⇒ Le Canada a l’intention de reconnaître l’Etat de Palestine
⇒ Le gouvernement portugais envisage de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre
⇒ Les Etats-Unis annoncent des sanctions contre l'Autorité palestinienneLes Etats-Unis annoncent des sanctions contre l'Autorité palestinienne
Les Etats-Unis ont imposé ce jeudi des sanctions contre des responsables de l'Autorité palestinienne et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), accusant les deux organismes d'avoir pris des mesures pour "internationaliser leur conflit avec Israël", selon un communiqué du département d'Etat américain .
Washington les accuse en outre de "continuer à soutenir le terrorisme, y compris par l'incitation et la glorification de la violence", et indique que les sanctions consistent en un refus de visa pour des membres de l'OLP et de l'Autorité palestinienne.Le gouvernement portugais envisage de...
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31/07 - Vivre sous l’occupation : en Ukraine, les exactions russes au quotidien
Propagande, éducation, institutions, tortures... Que se passe-t-il dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie depuis l’invasion de février 2022 ? Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, Clara Marchaud, correspondante de L’Express, nous embarque dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possible négociations.
Dans ce dernier épisode de la série, des sujets difficiles sont abordés : travail forcé, torture, viol... Ces témoignages peuvent être choquants mais sont nécessaires pour comprendre à quoi ressemble le quotidien des Ukrainiens sous occupation. Pour des raisons de sécurité, certaines voix et prénoms ont été changés.
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Pour aller plus loin :
Dmitry Glukhovsky : "Vladimir Poutine souffre du syndrome de l’imposteur"
200 000 soldats européens en Ukraine ? Ce scénario vertigineux qui ressemble à un casse-tête
Anne Applebaum : "S’il arrive quelque chose à Poutine...
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31/07 - "Il faut passer outre cette amertume post Brexit" : l’appel de l’ex-ambassadrice du Royaume-Uni en France
A l’ambassade du Royaume-Uni en France, à deux pas de l’Elysée, l’heure est aux cartons de déménagement. Après quatre ans en poste à la tête de la mission diplomatique à Paris, Menna Rawlings a quitté ses fonctions en cette fin de mois de juillet. Au cours de son mandat, se seront succédé pas moins de quatre Premiers ministres britanniques. Et davantage de dossiers explosifs entre Paris et Londres : relation post-Brexit chaotique, affaire des sous-marins australiens, traversées de migrants par la Manche, pêche…
A l’heure des comptes, trois semaines après la visite d’Etat d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni, la relation a pourtant rarement été aussi apaisée entre les deux rives de la Manche. D’ailleurs, quelques jours après l’annonce d’une reconnaissance de la Palestine par Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est aligné sur la position française le 29 juillet, annonçant qu’il fera de même en septembre, à moins qu’Israël ne prenne une série d’engagements, dont celui d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Peu de temps avant cette annonce, L’Express avait rencontré Menna Rawlings pour un ultime entretien avant son départ.L'ambassadrice britannique en France, Menna Rawlings, le 6 juin 2023, lors des commémorations du 79e anniversaire du débarquement à Ver-sur-Mer.
L’Express : Lors de votre arrivée en poste à Paris en 2021, les relations entre la France et le Royaume-Uni étaient au plus bas. Quatre ans plus tard, la coopération entre Paris et Londres, tant sur les plans diplomatiques que...
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31/07 - Budget : les ruptures conventionnelles dans le viseur du gouvernement
Un divorce à l’amiable… mais dans le monde du travail. Voilà à peu près comment se définit une rupture conventionnelle. Ce moyen bien spécifique de mettre fin à un contrat coûte de plus en plus cher à l’Etat. Le gouvernement pourrait donc le remettre en cause.
Mis en place en 2008, ce dispositif permet de rompre un CDI (Contrat à Durée Indéterminé) d’un commun accord entre l’employeur et le salarié. Avant cela, un CDI ne pouvait se terminer que par un licenciement - qui doit être justifié par un motif - ou une démission, qui, elle, empêche de toucher le chômage. Avec la rupture conventionnelle, l’employé a droit à des indemnités de chômage s’il a été salarié au moins six mois. L’employeur lui verse aussi une indemnité qui ne peut pas être inférieure à celle prévue pour un licenciement.Un coût de dix milliards d’euros
Cette mesure visait à assouplir le marché du travail et les embauches. Elle permet aussi aux salariés de toucher le chômage sans subir le côté stigmatisant du licenciement. D’après l’UNEDIC, ce sont majoritairement les plus jeunes et les plus diplômés qui bénéficient de cette modalité de fin de contrat.
Mais si le gouvernement s’intéresse de près aux ruptures, c’est parce que leur nombre grimpe d’année en année. Il est ainsi passé de 440 000 en 2019 à 514 000 en 2024, soit une hausse de 17 % en cinq ans. Un chiffre qui reste largement en dessous des quelque 2 millions de démissions, selon la Dares.
D’après des chiffres de France Travail révélés par Les Échos, le dispositif a coûté dix milliards d’euros en 2024,...
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31/07 - En Ukraine, la tentation autoritaire de Volodymyr Zelensky : "Il veut faire taire les critiques"
À Kiev, certains qualifient déjà ironiquement cette manœuvre d'"opération spéciale". Car l’adoption du projet de loi 12414, qui place les deux principales agences anticorruption indépendantes ukrainiennes sous l’autorité du procureur général – nommé par le président –, ressemble pour les observateurs à un passage en force. Présenté lors d’une réunion de commission convoquée dans la précipitation, le 22 juillet à huit heures du matin, le texte originellement destiné à modifier les modalités d’enquête sur les personnes disparues a été amendé à la hâte, sans même la présence de son co-auteur.
Le Parlement l’a voté dans l’après-midi (263 voix pour, 13 contre et 13 abstentions) juste avant la pause estivale et dans la plus grande discrétion : sous la loi martiale, et malgré les appels à la transparence des ONG et journalistes, les débats ne sont plus retransmis en direct.
Le soir même, en dépit des milliers de manifestants sous ses fenêtres, Volodymyr Zelensky, d’ordinaire très attentif à l’opinion publique, s’est pressé d’apposer sa signature sur ce texte – alors que des dizaines de lois attendent toujours sa validation depuis plusieurs mois. Ni l’appel de dernière minute d’Emmanuel Macron, ni celui António Costa, le président du Conseil européen, n’auront réussi à infléchir la décision de l’ex-comédien. Une procédure tellement rapide, que, comme les manifestants, le nouveau procureur général en poste depuis fin juin lui-même a appris la nouvelle sur la chaîne Telegram d’un député d’opposition. C’est seulement après plusieurs...
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30/07 - Sydney Sweeney, icône antiwoke ou pub raciste ? Les ressorts d’une polémique à mourir d’ennui
Dans l’imaginaire collectif, du moins, celui du siècle dernier, l’ennui possédait une qualité enviable : il évoquait ces interminables après-midi brûlants passés à rêvasser, faute de mieux, ou cette créativité singulière qui peut naître du vide. "Rien de tel que l’ennui pour vous faire écrire", notait Agatha Christie, la papesse du polar anglais. Puis il y eut un grand silence, suivi du cliquetis ininterrompu de nos pouces sur nos claviers de smartphones. Facebook, X, Instagram, Snapchat, TikTok faisaient leur entrée dans l’époque et, avec eux, la croyance que c’en était fini de l’ennui… C’était tout le contraire, comme l’a démontré l’an dernier une étude publiée dans le Journal of Experimental Psychology : General, selon laquelle scroller – faire défiler du contenu jusqu’à plus soif – aggraverait en réalité ce sentiment. Mieux : selon une autre étude, menée auprès d’étudiants américains (Communications Psychology, 2024), la proportion de personnes d’accord avec l’affirmation "je m’ennuie souvent" a augmenté de plus d’un point par an entre 2010 et 2017. Oui, nous nous ennuyons plus qu’avant. Au point, pouvait-on lire récemment dans les colonnes du Financial Times, de s’enticher d’une figure populiste par appétit du drame. Et jusqu’à s’enflammer, peut-on en juger par nous-mêmes ces jours-ci, pour une publicité de jeans en apparence banale…
De grands yeux bleus, de longs cheveux blonds, un décolleté, une Ford Mustang vintage, un jean et un slogan – "Sydney Sweeney has great Jeans" : c’est, en substance, le point de départ de...
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30/07 - Cancer, Covid-19… Pourquoi notre cerveau tombe dans le piège des fake news
Dans un contexte de défiance accrue envers la science et les institutions sanitaires, alimentée par la crise du Covid-19, la diffusion de fausses informations médicales est en augmentation sur les réseaux sociaux. Selon le dernier rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), le nombre de signalements a plus que doublé entre 2015 et 2024… Et 37 % d’entre eux concernent des contenus sur la santé. Pour les médecins, les fausses informations les plus dangereuses sont celles qui encouragent les patients à ne pas se soigner. Sous mauvaise influence, certains patients atteints du cancer refusent la chimiothérapie et les conséquences sont souvent dramatiques.
Le 19 juillet 2024, une jeune Britannique de 23 ans, Paloma Shemirani, est morte d’un cancer au Royaume-Uni après avoir refusé son traitement de chimiothérapie. Ses deux frères accusent leur mère, Kate Shemirani, une influenceuse complotiste, d’avoir manipulé leur sœur. "Elle l’a empêchée de suivre un traitement médical conventionnel et l’a contrainte à recourir à la médecine alternative", confie à L’Express Gabriel Shemirani, le frère jumeau de Paloma. "On a longtemps cru que la désinformation médicale n’était pas un problème, mais beaucoup de personnes meurent parce qu’elles se laissent entraîner dans cette spirale qui rejette la médecine conventionnelle", alerte-t-il.
Mais alors, pourquoi la désinformation médicale est aussi efficace ? Comment les gourous nous manipulent ? Et pourquoi notre...
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30/07 - "Poutine aurait tort de se moquer des ultimatums de Trump" : l’analyse de Peter Rough, ex-conseiller de Bush
Notez bien la date du 8 août dans vos agendas. Alors que les orages d’été approchent et que l’atmosphère devient électrique, c’est ce jour-là que Donald Trump a choisi pour fixer un ultimatum à Vladimir Poutine afin de mettre fin à la guerre. Après avoir accordé un délai de cinquante jours au président russe le 14 juillet, le chef de l’Etat américain a réduit cette échéance, le 29 juillet, à seulement dix jours. Le président des Etats-Unis a brandi la menace de sanctions secondaires, visant les pays qui continuent d’acheter des produits russes. Si certains observateurs minimisent la portée de cette nouvelle pression exercée par Washington, ce n’est pas le cas de Peter Rough. Chercheur principal et directeur du Center on Europe and Eurasia au Hudson Institute, cet expert en politique étrangère américaine prévient : "Lorsqu’un président comme Trump lance un ultimatum et affirme qu’il prendra des mesures économiques si la Russie ne manifeste aucun signe d’ouverture vers un cessez-le-feu, il est tout à fait capable de mettre ses menaces à exécution."
Et selon cet ancien collaborateur du président George W. Bush, l’économie russe pourrait en subir de lourdes conséquences. Une véritable "bombe à retardement", avertissait-il dans un récent podcast. "Si Donald Trump décide de durcir les sanctions économiques contre Moscou, la Russie atteindra inévitablement un point de rupture. Cela signifie que des décisions vraiment difficiles et douloureuses se profilent pour Poutine", conclut l’expert. Entretien.
L’Express : Après...
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30/07 - L’Ordre des médecins prend position contre la loi Duplomb : les "alertes ne peuvent être ignorées"
Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a pris position contre la contestée loi Duplomb, affirmant que "le doute n’est pas raisonnable" et que les "alertes ne peuvent être ignorées", dans un communiqué publié ce mercredi 30 juillet.
"Nous déplorons l’écart persistant entre les connaissances scientifiques disponibles et les décisions réglementaires. Ce décalage compromet l’application effective du principe constitutionnel de précaution", écrit le Cnom, alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé lundi la barre des deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale.
Cette loi doit permettre notamment la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un insecticide toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine, interdit en France depuis 2018, mais autorisé ailleurs en Europe."Le doute n’est pas raisonnable"
"Sur le plan médical, nous affirmons que le doute n’est pas raisonnable lorsqu’il s’agit de substances susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs : troubles neuro-développementaux, cancers pédiatriques, maladies chroniques. Ces alertes ne peuvent être ignorées", insiste l’instance.
Dans une tribune, mardi, des sociétés savantes et associations de patients avaient appelé le Conseil constitutionnel à rejeter le texte. Les Sages doivent rendre "a priori" leur décision le 7 août.
Pour le Cnom, "la compétitivité agricole et les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne ne doivent pas servir d’arguments pour relâcher notre...
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30/07 - Nutrition : l’inquiétant (et inutile) phénomène de l’hyper-protéiné
S’administrer des concentrés de protéines a longtemps été l’apanage d’un petit cercle de passionnés. Une communauté spécifique, composée, en tout et pour tout, de quelques fans de musculation et de spécialistes des sports de force. Si vous n’aviez pas des cuisses de la taille d’un cubitainer de rosé et une grande propension à l’effort, agiter ces énormes sachets de poudre blanche en public vous donnait un air suspect.
Et puis, l’industrie agroalimentaire a eu une idée. Alors que le fitness prenait un nouvel élan et que les tutoriels pour gagner du muscle pullulaient en ligne, les marques de grande consommation se sont mises à ajouter des protéines directement dans les recettes du quotidien, et à en vendre en supermarché. La protéine s’est alors faufilée dans le panier du sportif du dimanche, en plus des magasins préférés des haltérophiles.
En France, une première gamme "hyper-protéinée" a été introduite par Danone en 2019. Très vite, les ventes de ce type de produit, des yaourts au départ, ont décollé. En 2024, d’après les chiffres du cabinet d’analyse NielsenIQ, le marché a atteint 380 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Un résultat multiplié par deux depuis 2022. A titre de comparaison, les boissons énergisantes ou les margarines "Oméga 3" ont connu une progression 3 à 4 fois plus lente sur la même période.Le saucisson de la discorde
Au départ simple astuce marketing, l’hyper-protéiné est devenu un phénomène : rares sont les rayons de grande surface qui n’ont pas leurs produits enrichis. Après Danone, les...
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30/07 - Ce que l’on sait de l’aide humanitaire envoyée à Gaza par les Occidentaux
Le "pire scénario de famine est en cours à Gaza", a affirmé mardi 29 juillet l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), un organisme international de surveillance de la faim soutenu par l'ONU. Les largages d’aide alimentaire et humanitaire sur la bande de Gaza sont à nouveau autorisés depuis dimanche par Israël, et après des parachutages de vivres menés par la Jordanie, les Emirats arabes unis et l’Egypte, certains pays occidentaux ont également annoncé des livraisons. Mais d’après des organisations internationales, elles restent insuffisantes face à la famine.Des opérations de largage en lien avec la Jordanie
La France doit ainsi larguer à partir de vendredi, via quatre vols opérés en lien avec la Jordanie, 40 tonnes d’aide sur la bande de Gaza, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur BFMTV. "La plus grande précaution sera prise pour assurer la sécurité des populations lors de ces opérations", avait dit à l’AFP une source diplomatique plus tôt dans la journée en perspective de ces largages.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a aussi annoncé lundi que l’Allemagne allait organiser avec la Jordanie un "pont aérien de biens humanitaires" vers Gaza. Deux avions A400M de l’armée allemande se sont envolés mardi vers la Jordanie, rapporte le site Tagesschau, d’où ils doivent être ravitaillés puis décoller vers Gaza, possiblement ce mercredi 30 juillet ou au plus tard ce week-end, selon le chancelier.
Selon le média allemand, l’opération a été...
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30/07 - Le patron de la Fed poussé dehors par Donald Trump ? "Les marchés n’y croient plus…"
Jerome Powell serait-il sur un siège éjectable ? Donald Trump laisse planer le doute. Mi-juin, le président américain se demandait, devant les caméras, s’il pouvait se nommer lui-même président de la Réserve fédérale américaine (Fed). La semaine dernière, il s’est même déplacé au siège de l’institution pour critiquer le coût de la rénovation des locaux, estimé à 2,5 milliards de dollars. Au fond, le motif de la discorde est toujours le même : Donald Trump exige une baisse rapide des taux d’intérêt. Jerome Powell, lui, temporise, invoquant une conjoncture trop incertaine.
Au-delà du bras de fer personnel, c’est le rôle même de la banque centrale qui est bousculé. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a dit vouloir "réexaminer l’ensemble de l’institution et de son efficacité". C’est dans ce décor électrique que s’est tenue la réunion de politique monétaire de la Fed cette semaine. Pourtant, malgré ces tensions persistantes, les marchés financiers ne croient pas à l’hypothèse que Jerome Powell soit écarté par Donald Trump, explique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
L’Express : Quels scénarios envisagez-vous pour la trajectoire de taux dans les prochains mois ?
Christopher Dembik : On s’attend à une seule baisse de taux de 25 points de base au mois de septembre. Il y a un consensus au sein du conseil des gouverneurs sur l’incertitude économique actuelle et la nécessité d’avoir davantage de données. Il faut au moins 4 à 5 mois d’excellentes statistiques pour savoir où l’on en est...
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30/07 - Marie Barsacq, ministre des Sports : "Les Jeux ne sont pas une baguette magique, mais…"
S’il suffisait de réintroduire la cassette de l’été 2024 dans un magnéto pour les rejouer à loisir… Depuis quelques jours, les messages imbibés de nostalgie des Jeux olympiques de Paris inondent les réseaux sociaux, jusqu’au compte Instagram du président de la République. "Les longs souvenirs font les grands peuples", chantonnait l’académicien Charles de Montalembert. Et puis, il faut se rendre à l’évidence : un an après la grande fête, les yeux ne sont plus rivés sur les médailles olympiques décrochées par les tricolores, mais plutôt sur les prochains arbitrages budgétaires de l’exécutif. Les ménages redoutent de voir leur pouvoir d’achat diminuer avec le gel des prestations sociales, et les entreprises, leur survie être menacée par une nouvelle salve d’impôts.
Les ministres, quant à eux, s’apprêtent à devoir renoncer à une part du budget qui leur est alloué. Trois, cinq, dix pour cent, voire plus ? Cette année, 44 milliards d’euros sont à économiser. Alors, avant d’enfiler son maillot de bain, chacun peaufine ses arguments pour défendre au mieux son enveloppe. Propulsée aux commandes du ministère des Sports, avenue de France, fin décembre, Marie Barsacq y travaille sans relâche. L’ancienne directrice exécutive du Comité d’organisation des JO 2024 craint que le sport ne serve de variable d’ajustement dans un contexte où les dépenses régaliennes apparaissent comme prioritaires. Une coupe de 18 % pend au nez de son ministère et risque d’ensevelir les engagements pris dans le sillage des Jeux. Entretien.
L’Express : Un an...
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30/07 - Réseaux sociaux : pourquoi l’Australie interdit YouTube aux moins de 16 ans
L’Australie va interdire la plateforme de vidéo en streaming YouTube aux moins de 16 ans, afin de les protéger contre les "algorithmes prédateurs", a annoncé ce mercredi 30 juillet la ministre de la Communication du pays, Anika Wells. "Nous voulons que les enfants sachent qui ils sont avant que les plateformes ne le décident à leur place" a-t-elle ajouté.
"Il y a une place pour les réseaux sociaux, mais il n’y a pas de place pour les algorithmes prédateurs ciblant les enfants", a écrit Anika Wells dans un communiqué annonçant la mesure. Cette dernière souhaite assurer "aux enfants un répit face à l’attrait persuasif et omniprésent des médias sociaux, tout en offrant aux parents une tranquillité d’esprit", précise la ministre.
Anika Wells a justifié la mesure en affirmant que deux enfants australiens sur cinq disent avoir visionné des contenus inappropriés sur la plateforme américaine. Concrètement, "les jeunes âgés de moins de 16 ans ne seront pas en mesure d’avoir un compte sur YouTube", a explicité pour sa part le Premier ministre australien Anthony Albanese à la presse ce mercredi. "Nous voulons que les familles et parents australiens sachent que nous les soutenons", a ajouté le chef du gouvernement travailliste.Revirement d’une régulation précédente
Le Parlement australien avait déjà adopté en novembre 2024 une loi pionnière en matière de régulation de l’internet, interdisant l’accès aux réseaux sociaux tels que TikTok, X ou encore Facebook et Instagram pour les moins de 16 ans. Le texte, qui a bénéficié...
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30/07 - Droits de douane UE - Etats-Unis : la mise au point d’Emmanuel Macron
Le président Emmanuel Macron a déploré ce mercredi 29 juillet en Conseil des ministres que l’Union européenne n’ait pas été assez "crainte" dans ses négociations commerciales avec les Etats-Unis et martelé que la France continuerait de faire montre "d’exigence et de fermeté" dans la suite des discussions.
"L’Europe ne se vit pas encore suffisamment comme une puissance. Pour être libres, il faut être craints. Nous n'avons pas été assez craints", a déclaré le chef de l'Etat, qui réagissait pour la première fois à l'accord commercial annoncé dimanche entre Bruxelles et Washington, selon des propos rapportés par des participants.
"La France a toujours tenu une position de fermeté et d'exigence. Elle continuera de le faire. Ce n'est pas la fin de l'histoire et nous n'en resterons pas là", a-t-il lancé. L'UE peut obtenir de "nouvelles exemptions" durant les discussions qui auront lieu pour "formaliser" l'accord dans les détails, a ensuite relevé le chef de l'Etat, appelant à "oeuvrer sans relâche au rééquilibrage de nos échanges, notamment dans les services". "Un jour sombre" pour l’Europe
Emmanuel Macron, rejoignant ses principaux homologues européens, a toutefois convenu que "les négociations (avaient) été menées dans des conditions difficiles" et que "l'accord (avait) le mérite d’offrir de la visibilité et de la prévisibilité à court terme". "Il préserve les intérêts français et européens" sur des "filières exportatrices majeures" comme l'aéronautique, a-t-il pointé. L'UE a aussi "veillé" à ce qu'il n'y ait...
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30/07 - "Il faut arrêter d’agir en nain politique face à Trump !" : le cri d’alarme du "Monsieur Europe" d’Emmanuel Macron
C’est un cri du coeur autant qu’un cri d’alarme. Pieyre-Alexandre Anglade, le président macroniste de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale, s’insurge contre l’accord sur les droits de douane conclu entre Donald Trump et Ursula von der Leyen et parle d’une "occasion historique manquée" pour l’Union européenne de démontrer la force de son modèle. Entretien.
L’Express : Vous êtes très critique à l’égard de l’accord trouvé entre Donald Trump et Ursula von der Leyen sur les droits de douane. En quoi trouvez-vous que celui-ci est nuisible pour l’Union européenne et les Européens ?
Pieyre-Alexandre Anglade : Cet accord est une défaite pour la Commission européenne, qui n’a ni voulu, ni su assumer le rapport de force avec Donald Trump. Plutôt que de s’appuyer sur la formidable puissance de son marché, l’UE se contente de renforcer encore sa dépendance transatlantique. Ces droits de douane américains de 15 % créent une énorme asymétrie qui pénalise notre excédent commercial, encourage les délocalisations et menace l’emploi en Europe.
Il s’agit là d’un immense préjudice auto-infligé et une occasion historique manquée de démontrer au monde la force et la souveraineté du modèle européen. Non seulement les Européens s’engagent à investir des centaines de milliards de plus aux Etats-Unis, mais ils accroissent aussi leur dépendance aux hydrocarbures américains, tournant le dos à leurs ambitions d’autonomie industrielle et énergétique. C’est un non-sens. Cet accord consacre une forme de renoncement stratégique...
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30/07 - L’approvisionnement américain en systèmes antimissiles inquiète après la guerre Iran-Israël
Les Etats-Unis ont épuisé environ un quart de leur stock de défense antimissiles à haute altitude (THAAD) en juin dernier pour défendre leur allié Israël, pendant la guerre de 12 jours avec l'Iran, révèle The Wall Street Journal. Une consommation jugé excessive, déjouant les attaques à un rythme qui dépasse largement la production et qui met en péril la capacité militaire des Etats-Unis dans le reste du monde, explique le média CNN.
Les États-Unis, qui possèdent sept systèmes de défense antimissiles à haute altitude THAAD, en avaient déployé deux en Israël. La mise en place de ces systèmes, ainsi que de soldats américains pour les opérer, avait été annoncée dès octobre dernier, à la suite d'une attaque iranienne de missiles. Ainsi, au cours de la guerre des 12 jours, les Etats-Unis sont venus au secours de leur allié en lançant plus de 150 projectiles THAAD. Soit presque 25 % de la totalité du stock de missiles disponibles... Un stock qui était, dès le départ, insuffisant, affirme l'enquête du Wall Street Journal. L'utilisation d'un si grand nombre d'intercepteurs THAAD en si peu de temps a donc révélé une faille dans le réseau de défense antimissile américain et a épuisé un atout coûteux, juge aussi l'article de CNN. Un des systèmes les plus perfectionnés au monde
Le THAAD est un système mobile capable d'engager et de détruire des missiles balistiques, à l'intérieur et à l'extérieur de l'atmosphère terrestre, durant leur phase finale de vol. Il est considéré comme l'un des plus perfectionnés au monde. Chaque batterie...
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30/07 - Alertes au tsunami dans tout le Pacifique, des vagues jusqu’à 2,5 mètres attendues en Polynésie française
Un séisme de magnitude 8,8 a été relevé ce mardi 30 juillet vers 23h25 GMT au large de la péninsule russe du Kamtchatka, provoquant des alertes au tsunami dans tout le Pacifique et des évacuations.Le séisme en Russie fait partie des événements les plus notables dans la région
Une première vague à 1,3m a frappé le Japon, plusieurs ont touché le nord des îles Kouriles, en Russie, et des vagues de 30cm ont été enregistrées en Californie. La Polynésie française s’attend aussi à être touchée par des vagues de 30cm à plus de deux mètres.Ce que l’on sait sur le séisme
Le tremblement de terre s’est produit, selon l’Institut américain de géophysique (USGS), à 19,3 kilomètres de profondeur, à environ 136 kilomètres de la ville de Petropavlovsk-Kamtchatski, capitale de la région du Kamtchatka en Russie. Cette région est le point de rencontre entre les plaques tectoniques du Pacifique et nord-américaine, ce qui en fait l’une des zones sismiques les plus actives de la planète. Le 20 juillet, un séisme de magnitude 7,4, suivi de nombreuses répliques, s’était déroulé dans la même zone, sans faire de dégâts majeurs.
Ce séisme est le plus puissant dans la région depuis 1952. De fortes répliques, jusqu’à 7,5 de magnitude, sont attendues.Des vagues de plus de deux mètres attendues en Polynésie
Des vagues pouvant atteindre 2,5 mètres sont attendues dans la nuit de mardi à mercredi (heure locale) le long des côtes de la Polynésie française, sur l’archipel des Marquises, après réévaluation, selon le dernier communiqué du Haut-Commissiariat de la...
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30/07 - Quinze pays occidentaux invitent les autres pays du monde à exprimer leur volonté de reconnaître la Palestine
La France et 14 autres pays, dont le Canada et l’Australie, "invitent" les pays du monde à exprimer leur volonté de reconnaître un État de Palestine, a affirmé ce mercredi 30 juillet le ministre français des Affaires étrangères. Cet appel intervient après que le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé mardi que son pays reconnaîtra l’État de Palestine en septembre, sauf si Israël prend une série d’engagements, dont celui d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. La France avait déjà annoncé jeudi dernier sa décision de reconnaître l’État de Palestine en septembre.
En plus de ces déclarations, le ministre des Affaires étrangères français a annoncé mardi que 40 tonnes d’aide humanitaire seraient envoyées à Gaza à partir de vendredi, pour venir en aide aux populations. Cela vient en réponse à l’appel des agences de l'ONU à "inonder" d’aide alimentaire la bande de Gaza, menacée d’une "famine généralisée" et où la guerre avec Israël a déjà fait plus de 60 000 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Les infos à retenir
⇒ 15 pays occidentaux, dont la France, "invitent" les pays du monde à reconnaître un État palestinien
⇒ La France va larguer 40 tonnes d’aide humanitaire sur Gaza à partir de vendredi
⇒ Plusieurs pays arabes appellent au désarmement du Hamas
16:23La Belgique transmet à la CPI les accusations de crimes de guerre ciblant deux Israéliens
Les autorités belges vont transmettre à la Cour pénale internationale (CPI) une enquête ouverte il y a dix jours sur deux Israéliens...
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30/07 - Au cœur de l’Ukraine occupée, la conquête russe se fait aussi dans les esprits
Que se passe-t-il dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie depuis l’invasion de février 2022 ? Propagande, éducation, institutions, tortures… Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, Clara Marchand, correspondante de L’Express en Ukraine nous embarque dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possibles négociations.
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Charlotte Baris : Depuis février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, on parle régulièrement de ce qu’il se passe sur le front. Mais il est difficile de savoir ce que devient la population restée dans les régions annexées. Cette semaine, nous vous faisons donc entendre les voix de ces habitants dont la vie a basculé.
Désormais, nous avons une vision plus précise de ce à quoi ressemble la vie dans les territoires ukrainiens annexés par la Russie. Mais vous allez l’entendre la conquête ne semble pas avoir de limites…
Pour aller plus loin :
Dmitry Glukhovsky : "Vladimir Poutine souffre du syndrome de l’imposteur"
Pierre Bentata : "Emmanuel Todd fait passer sa haine des Etats-Unis comme un fait scientifique"...
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30/07 - Droits de douane : ce que sacrifie Bruxelles face à Donald Trump
L’Union européenne échappe-t-elle vraiment au pire ? Certes, la menace de surtaxes douanières de 30 %, initialement brandie par Donald Trump, a été évitée. Dimanche en Ecosse, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a obtenu un deal à 15 % pour la plupart des produits européens exportés aux Etats-Unis. L’UE s’est ainsi résolue à d’importantes concessions et à n’appliquer aucune mesure de rétorsion, par exemple sur les services numériques.
Pour éviter une guerre commerciale, elle s’est aussi engagée à acheter pour 750 milliards de dollars de produits énergétiques sur trois ans, et à investir 600 milliards supplémentaires outre-Atlantique. Si Bruxelles défend son accord - "le meilleur que nous pouvions obtenir dans des circonstances très difficiles" - beaucoup de pays, France en tête, en critiquent le contenu. Car l’Union, qui aspirait à davantage de souveraineté, se retrouve un peu plus enfermée encore dans le piège américain.
Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l’Union européenne pour le commerce de marchandises. Avec son accord-cadre, Bruxelles, qui a renoncé à utiliser son outil anti-coercition (ACI), a choisi de ne pas se fermer l’accès à ce marché. "Il était impensable de s’en couper, car l’Europe y a des positions fortes sur l’automobile, la chimie et les machines-outils. Surtout, la demande européenne est fragile et ne constitue pas un débouché suffisant", analyse Philippe Waechter, directeur de la recherche économique d’Ostrum Asset Management.Les exportateurs à la...
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30/07 - La croissance française résiste mieux que prévu au deuxième trimestre
La croissance économique de la France a atteint 0,3 % au deuxième trimestre, tirée par les stocks et un léger rebond de la consommation des ménages, a indiqué mercredi l’Insee en publiant sa première estimation pour la période.
Cette hausse modérée du produit intérieur brut (PIB) entre avril et juin, dans un contexte national et international très incertain, est supérieure à la prévision de l’Institut national de la statistique, qui anticipait une croissance de 0,2 % après + 0,1 % au premier trimestre.
"Le 0,3 % de croissance qu’on a au deuxième trimestre montre bien, alors que les droits de douane s’appliquaient déjà, qu'(elles) résistent à cette situation", a déclaré Eric Lombard sur RTL. Il recevra dans l’après-midi les filières économiques affectées par l’accord commercial avec les Etats-Unis, qui aura d’après le ministre un impact "mesuré" sur l’économie française.
Comme en début d’année, ce sont donc les stocks qui ont tiré la croissance avec une contribution positive de 0,5 point, après + 0,7 point au premier trimestre. Les stocks représentent les biens produits mais pas encore vendus à la fin d’une période donnée, dans le cas présent des matériels aéronautiques et automobiles. Une hausse des stocks peut signifier qu’on fabrique en prévision d’un boum de la demande. Ou, moins favorablement, que les produits fabriqués n’ont pas trouvé preneur.La consommation des ménages rebondit
Hors stocks toutefois, la demande intérieure finale a stagné. Pilier traditionnel de la croissance, la consommation des ménages a...
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30/07 - L’image désastreuse de la France en Israël : "C’est dangereux d’être juif à Paris, non ?"
En Israël, le rabbin Ben Artzi est réputé pour son sens de la démesure et pour ses prophéties qui, parfois, touchent juste. Il aurait par exemple prédit, dès 2017, la manière dont Tsahal mènerait ses frappes contre les installations nucléaires iraniennes et que l’aviation israélienne en sortirait indemne. Ce week-end, Ben Artzi s’est surpassé : dans une vidéo devenue virale et dont le Jerusalem Post s’est fait l’écho, il exhorte les juifs de France à fuir d’urgence, affirmant que "le Saint-Esprit a placé l’ange de la destruction dans le corps du président Emmanuel Macron". Il va jusqu’à affirmer que Dieu aurait "donné des pouvoirs terrifiants aux musulmans en France pour éradiquer les Juifs", insinuant que le chef de l’Etat, "possédé par Satan", essaierait d’apaiser cette menace en reconnaissant l’État de Palestine.
Si la radicalité du discours du rabbin Ben Artzi reste marginale en Israël, elle reflète un sentiment croissant à Tel-Aviv de défiance envers la France. Une étude de l’Université hébraïque de Jérusalem, publiée en mai 2024, révèle que 55 % des Israéliens considèrent la France comme un pays antisémite, loin devant le Royaume-Uni (40 %), la Pologne (35 %) et l’Allemagne (21 %).
L’explosion des actes antisémites dans notre pays depuis le 7 octobre y est pour beaucoup : 1570 ont été recensés en 2024, contre 436 en 2022. Surtout, ces violences concernent désormais en premier lieu des attaques contre des personnes (65,2 %), loin devant les dégradations de biens ou les inscriptions insultantes.
Le 25 juillet, le...
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29/07 - Droits de douane : pourquoi il faut relativiser la "victoire" américaine
C’est au 19e trou, l’équivalent au golf de la troisième mi-temps au football, que Donald Trump façonne le monde à sa guise. Ursula Von der Leyen a fait les frais, dimanche 27 juillet, de cette diplomatie du "swing". A Turnberry, en Ecosse, dans l’un des nombreux club-houses du milliardaire, la cheffe de l’exécutif européen s’est résignée à un relèvement des droits de douane sur les exportations du Vieux Continent à hauteur de 15 %. Une véritable "soumission", a déploré le Premier ministre français François Bayrou. Une "gifle", voire une "extorsion", peut-on lire, ici et là. Difficile, à première vue, de trouver des motifs de satisfaction : aucune symétrie des droits de douane, l’Europe s’est engagée à investir 750 milliards de dollars dans des achats énergétiques, 600 milliards dans divers autres domaines, et à poursuivre ses achats militaires. Soit autant de capitaux qui ne seront pas investis dans une Europe en quête de souveraineté.
Pourtant, Ursula Von der Leyen a bien accepté les modalités trumpistes. Et avec de bonnes raisons, comme L’Express les a déjà énoncées. L’une d’elles était d’éviter une escalade mortelle, comme avec la Chine, au printemps dernier. "Si l’Europe avait établi 15 % de droits de douane, elle aurait obtenu 30 % en retour de la part des Etats-Unis. Avec 30 %, cela aurait été 45 %, et ainsi de suite", expose l’économiste français Nicolas Véron, cofondateur du think tank européen Bruegel à Bruxelles, également chercheur au Peterson Institute à Washington. Pas de jaloux : le Japon et les...
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29/07 - Vincent Tourret : "Avec la guerre en Ukraine, le drone a cessé d’être un gadget high-tech"
Avec les drones, plus rien ne sera comme avant sur le champ de bataille. Spécialiste de la pensée militaire russe, le chercheur Vincent Tourret, l’un des plus fins observateurs du théâtre ukrainien, l’a expliqué dans une récente note pour l’Institut français des relations internationales. Pour lui, il y a urgence à adapter l’outil de combat français.
L’Express : La dronisation de la guerre est-elle un bouleversement aussi majeur que la poudre à canon ou la motorisation, en leur temps ?
Vincent Tourret : Oui, car il ne faudrait pas confondre "l’objet" de la dronisation – différents appareils téléopérés – avec la transformation de fond qu’elle représente pour l’ensemble des forces armées. Le parallèle avec la motorisation est le plus évident. La révolution qu’elle représentait pour l’époque, ce n’était pas seulement le camion ou le char d’assaut, mais bien le surplus d’énergie qui a permis d’aller plus vite sur le champ de bataille, de porter des charges plus lourdes et d’exploiter le milieu aérien. La dronisation, de ce point de vue, facilite le déploiement des outils numériques et offre une précision sans précédent dans le maniement de ce que l’on appelle les feux, c’est-à-dire les frappes dans le langage militaire. Si la motorisation amena le cavalier à troquer son cheval pour des véhicules, le fantassin d’aujourd’hui a remplacé ses jumelles et grenades par de nouveaux engins capables de voir et de frapper à plusieurs kilomètres de sa position. Il faut dorénavant, comme au début du XXe siècle, corriger notre vision du...
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29/07 - Ponts et routes, les points faibles de l’Europe en cas de guerre face à la Russie ? L’UE dévoile son plan
"La réalité est qu’aujourd’hui, si l’Europe devait déplacer du matériel militaire de l’ouest vers l’est du continent, cela prendrait des semaines, voire des mois". Dans un article publié le mardi 29 juillet dans le Financial Times, le commissaire européen aux Transports a annoncé que l’Europe allait débourser plusieurs milliards pour moderniser son réseau de transport et faciliter la mobilité militaire.
L’Union européenne considère en effet qu’en cas de confrontation avec la Russie, les routes, ponts et voies ferrées du continent ne seraient pas adaptés au transport rapide de chars, de troupes, et de matériel militaire à travers le territoire. "Si les chars de l’OTAN étaient appelés à intervenir en cas d’invasion des forces russes à la frontière orientale de l’Union européenne, ils resteraient bloqués dans des tunnels, provoqueraient l’effondrement de ponts et seraient bloqués par les protocoles frontaliers", alerte Apostolos Tzitzikostas.500 infrastructures à moderniser
Or, la clé de la défense du continent résiderait, selon l’UE, dans la capacité des armées à se déplacer rapidement en cas de menace à l’Est. L’objectif : que des troupes puissent faire la route en quelques heures, voire quelques jours. En tout, ce sont plus de 500 infrastructures à moderniser, en concertation avec l’Alliance atlantique, autour de quatre corridors militaires.
Fin juin, le commissaire aux Transports indiquait déjà au Wall Street Journal (WSJ), "qu’en collaboration avec l’OTAN, [l’UE] avait cartographié les corridors prioritaires,...
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29/07 - "Quand elle parle féminisme…" : Rachida Dati et la gauche, les coulisses d’une secrète admiration
"La politique c’est difficile. On avale des couleuvres, il ne faut jamais rien lâcher." Rachida Dati parle d’expérience lorsqu’elle glisse ce conseil à son interlocutrice du jour. Dans son bureau de la mairie du 7e arrondissement, lieu de leur rencontre, Sandrine Rousseau opine du chef et donne le change à l’édile parisienne. À l’époque, l’écoféministe a le moral dans les chaussettes. Paria parmi les Verts, la perdante malheureuse de la primaire écolo, cyber-harcelée de part et d’autre, est virée de l’équipe de campagne présidentielle de Yannick Jadot pour avoir glissé dans la presse quelques méchancetés à l’encontre du candidat EELV.
Qu’importe, la sarkozyste apprécie le tempérament de cette nouvelle trublionne de la gauche et sa capacité à imposer dans le débat angles morts et impensés politiques. Ainsi s’est nouée leur relation, distante, mais faite de petits clins d’œil sur les plateaux, de "solidarité à des moments difficiles", glisse l’écolo. Sandrine Rousseau a, par exemple, le souvenir de ces "mots très politiques" qu’a pu avoir la femme de droite au sujet de l’affaire Denis Baupin, il y a quelques années ; Rachida Dati connaît de longue date le machisme dans le milieu. Alors les deux ont convenu, en cette journée de 2022, de s’offrir un petit moment de "sororité OFF". Il durera si longtemps que la maire d’arrondissement devra s’absenter un moment… pour célébrer un mariage civil."Elle aurait pu être de gauche"
Passé les critiques sur sa "brutalité" et les récents appels à la démission, liés à son renvoi...
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29/07 - Un effet "Léon Marchand" après les JO de Paris ? Pourquoi la France cherche encore ses nageurs
Ce mercredi 30 juillet, la vedette des bassins va faire son retour en compétition internationale. Un an après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, Léon Marchand va concourir lors des Championnats du monde de natation organisés à Singapour. Initialement aligné sur quatre épreuves individuelles, il concourra finalement dans deux épreuves. Il y a un an presque jour pour jour, il avait fait vibrer le public français en remportant quatre médailles d’or individuelles, un exploit que seuls trois autres nageurs ont égalé lors d’une olympiade. Toutes disciplines confondues, aucun autre athlète français n’a par ailleurs obtenu autant de titres olympiques lors de la même édition des JO.
Avec un tel palmarès, on aurait pu s’attendre à ce qu’une vague de nouveaux adeptes de la natation déferle dans les bassins français. Traditionnellement en effet, les Jeux olympiques et paralympiques créent une émulation, notamment dans les disciplines où des Français ont brillé. Cette année, c’est notamment le cas du tennis de table, stimulé par la médiatisation des frères Lebrun. L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) recense ainsi une augmentation sans précédent du nombre de licences émises par la fédération française de tennis de table : + 23 % environ. Pourtant, la Fédération française de natation, elle, cherche encore son "effet Léon Marchand".Les premières estimations de l'INJEP laisse penser qu'il n'y a pas eu "d'effet Léon Marchand" important sur les prises de licences.
Effectivement, le...
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29/07 - Cancer du foie : ces mesures préventives qui pourraient éviter trois cas sur cinq
C’est aujourd’hui le troisième cancer le plus meurtrier dans le monde. Et si rien n’est fait, le nombre de cas de cancer du foie pourrait doubler d’ici 2050, pour atteindre 1,52 million par an, selon l’Observatoire mondial du cancer. Huit cas sur dix de ces cancers sont des carcinomes hépatocellulaires, une forme particulièrement présente en Asie de l’Est, Afrique du Nord et Asie du Sud-Est.
Pour autant, une étude parue dans la revue médicale The Lancet, menée par une commission d’experts de six pays dont la France, est source d’espoir. Elle indique qu’à l’avenir, 60 % des cas de cancer du foie pourraient être évités grâce à une série de mesures préventives.Agir sur l’obésité et le diabète
Les chercheurs pointent d’abord l’impact de nos habitudes alimentaires. La consommation d’alcool, notamment, favorise les maladies chroniques du foie, dont la cirrhose, qui augmente fortement le risque de développer un cancer hépatique. En 2022, près de 19 % des carcinomes hépatocellulaires étaient ainsi liées à l’alcool.
D’autres facteurs, parfois moins connus du grand public, jouent aussi un rôle. "Quand vous dites cirrhose, la plupart des gens pensent immédiatement à un proche qui buvait beaucoup", estime le docteur Hashem El-Serag, co-auteur du rapport de The Lancet, interrogé par le média américain NBC News. "A l’inverse, peu de personnes font le lien entre la cirrhose, le cancer du foie, et le MASLD"
Le MASLD, ou stéatose hépatique non alcoolique, se caractérise par une accumulation excessive de graisse au niveau du foie,...
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29/07 - "Face à Trump, l’Europe a plus d’un tour dans son sac…" : l’optimisme du chercheur Erik Jones
C’est à Turnberry, sur les côtes écossaises, qu’un nouvel acte du feuilleton commercial initié par Donald Trump en avril dernier s’est joué. Ce dimanche 27 juillet, le président américain et Ursula von der Leyen ont scellé un accord fixant à 15 % le taux des droits de douane sur les importations européennes. Fidèle à lui-même, Donald Trump n’a pas manqué d’emphase et s’est félicité du "plus grand deal" jamais conclu en matière de commerce entre les deux rives de l’Atlantique. Les Européens, eux, ont préféré jouer la carte du pragmatisme. Point de triomphalisme, mais plutôt le soulagement d’avoir évité le pire. En l’absence d’accord, un taux de 30 % serait entré en vigueur à partir du 1er août. C’est ce qu’a d’emblée rappelé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, pour qui "15 %, ce n’est pas négligeable, mais c’est le mieux qu’on pouvait obtenir".
En France, les réactions sont plus sévères, et traversent l’ensemble de l’échiquier politique, de LFI au RN en passant par le camp présidentiel. La charge la plus forte est venue du Premier ministre François Bayrou qui a déploré un "jour sombre" où l’Union européenne s’est résolue "à la soumission".
Erik Jones, directeur du Centre Robert Schuman à l'European University Institute et chercheur non-résident au Carnegie Endowment For International Peace, a une vision plus optimiste de cet accord. Selon lui, ceux qui y voient un renoncement et une défaite cuisante de l’Union européenne se trompent : Ursula von der Leyen, rappelle-t-il, n’avait tout simplement pas les...
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29/07 - Le Royaume-Uni reconnaîtra la Palestine en septembre, sauf si Israël prend certains engagements
Moins d’une semaine après la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître la Palestine en septembre prochain, le Royaume-Uni annonce qu’il va reconnaître l’État de Palestine en septembre sauf si Israël prend un certain nombre d’engagements, dont celui d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. En parallèle, certains pays continuent leurs plaidoyers à l'ONU autour de la reconnaissance d’un Etat palestinien et demandent une avancée dans la solution à deux Etats.
La France a quant à elle condamné "des actes de terrorisme" en Cisjordanie par des colons israéliens, a rapporté ce mardi 29 juillet le ministère des Affaires étrangères français, après "le meurtre" attribué à un colon d’un militant antioccupation.
Les infos à retenir :
⇒ Le Royaume-Uni reconnaîtra l’Etat de Palestine en septembre, sauf si Israël prend certains engagements
⇒ La France procédera "dans les prochains jours" à des largages aériens d’aide sur Gaza
⇒ Les violences des colons israéliens en Cisjordanie sont "des actes de terrorisme", estime ParisLe Royaume-Uni reconnaîtra l’Etat de Palestine en septembre, sauf si Israël prend certains engagements
Le Royaume-Uni va reconnaître l’État de Palestine en septembre sauf si Israël prend un certain nombre d’engagements, dont celui d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée où l’aide humanitaire entre au compte-goutte, a annoncé ce mardi le Premier ministre britannique.
"Le Royaume-Uni reconnaîtra l’État de Palestine en septembre […], à moins que le gouvernement israélien ne prenne des mesures substantielles...
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29/07 - "Un révélateur de ce qui se passe dans l’entreprise" : pourquoi les pots nous angoissent
Ce soir, un pot est organisé dans l’entreprise. Moment convivial par excellence, il peut pourtant être vécu comme une forme de pression et être source de malaise pour certains employés : quand arriver ? A l’heure indiquée sur l’e-mail ou après, pour ne pas jouer le premier devant le buffet à attendre la boisson et les amuse-gueules ? Y aller seul ou en groupe pour ne pas attirer l’attention ? Celui qui convie n’est pas non plus exempt de la question cruciale : qui inviter ? Comment éviter de faire un "flop" et de se retrouver avec peu de présents car les autres ont des obligations - en d’autres termes, "mieux à faire". Humiliant. D’où vient cette tension provoquée par une fête censée être un moment de joie collective ? "La "fête" et le "travail" sont deux termes qui apparaissent a priori comme antinomiques.
Pourtant, les fêtes appartiennent bien au monde du travail", analyse Anne Monjaret, ethnologue et directrice de recherche - CNRS, Laboratoire d’Anthropologie Politique (LAP – CNRS/EHESS), dans Fêtes et travail dans les organisations professionnelles : quelles relations possibles ? (ethnographiques.org, 2012). "Les tensions ou les confrontations qui s’observent au cours de fêtes ou de pots signifient certains malaises dans l’entreprise", écrit-elle.
Cette chronique est le troisième volet de notre série "Malaise en entreprise". (Re) découvrez les deux premiers épisodes :
Episode 1. "Je ne le supporte plus…" : quand la haine d’un collaborateur vire à l’obsession
Episode 2. Pourquoi prendre l’ascenseur...
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29/07 - En Ukraine, une nouvelle nuit d’attaques aériennes fait au moins vingt-cinq morts
Un nouveau déluge d’attaques aériennes s’est abattu sur l’Ukraine, dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 juillet. Au moins 25 civils, dont une femme enceinte et une quinzaine de détenus d’une colonie pénitentiaire, ont péri dans des frappes russes sur plusieurs régions ukrainiennes, selon les autorités. Une cinquantaine de personnes ont aussi été blessées.
L’armée de l’air ukrainienne a affirmé que la Russie avait lancé sur l’Ukraine deux missiles et 37 drones ou drones leurres dans la nuit, dont 32 ont été abattus. Ces attaques interviennent moins de 24 heures après que les Etats-Unis, premier soutien militaire de l’Ukraine, ont lancé un nouvel ultimatum à la Russie, lui donnant "10 à 12 jours" pour arrêter la guerre. Le Kremlin a répondu ce mardi maintenir son "engagement en faveur d’un processus de paix".Frappes contre des installations civiles
Dans la région de Zaporijjia, une série de bombardements contre une colonie pénitentiaire a ainsi fait 16 morts et 43 blessés, selon les autorités ukrainiennes. "Il s’agissait d’une frappe délibérée, intentionnelle, et non accidentelle", a dit le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, estimant que "les Russes ne pouvaient ignorer qu’ils visaient des civils dans cet établissement".
D’autres attaques russes ont fait six morts dans la région de Kharkiv (nord-est) et trois tués, dont une femme enceinte, dans celle de Dnipropetrovsk (centre), où un hôpital a été endommagé, selon les autorités locales.
En Russie, une personne a été tuée dans la nuit de...
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29/07 - Thaïlande-Cambodge : un fragile cessez-le-feu entre en vigueur
A la suite d’un cessez-le-feu décidé lundi, les combats ont cessé à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande ce mardi 29 juillet après environ une semaine d’affrontements sanglants. L’armée thaïlandaise a toutefois accusé ses adversaires d’avoir violé la trêve à deux endroits différents, dans des assauts qui ont pris fin au petit matin. Phnom Penh a démenti, et depuis, aucun autre heurt n’a été signalé, et des responsables militaires des deux côtés se sont rencontrés.
Les assauts attribués aux Cambodgiens par les Thaïlandais constituent "soit un acte délibéré, soit un manque de discipline militaire", a jugé le Premier ministre thaïlandais par intérim Phumtham Wechayachai. "Notre armée est disciplinée, et je pense que nous avons respecté notre partie", a-t-il ajouté.
Il n’y a eu "aucun affrontement armé […] dans quelque région que ce soit", a répondu, côté cambodgien, la porte-parole du ministère de la Défense Maly Socheata. "Les forces cambodgiennes ont respecté le cessez-le-feu", a-t-elle insisté. "Le front se calme", a confirmé le Premier ministre cambodgien Hun Manet sur Facebook. Malgré l’accusation et le démenti, des commandants militaires locaux des deux camps se sont rencontrés dans la matinée, conformément à ce que stipule l’accord, ont indiqué les deux capitales.La Chine salue l’accord
La Chine a, de son côté, salué l’accord. "Cette avancée constitue une étape importante vers l’apaisement de la situation. La Chine salue et accueille favorablement cette initiative", a indiqué lors d’un point de presse régulier...
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29/07 - Dans l’Ukraine occupée, l’indispensable passeport russe
Propagande, éducation, institutions, tortures : durant des mois, la correspondante de L’Express dans la région, Clara Marchaud, a récolté les témoignages d’Ukrainiens traumatisés. Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, elle nous emmène dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possibles négociations.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Benjamin Chazal - Getty images - FFeller (Sketchfab)
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Charlotte Baris : Dans le précédent épisode, vous avez découvert comment les Russes installaient leur pouvoir dans les régions occupées. Aujourd’hui, avec Clara Marchaud, la correspondante de L’Express en Ukraine, nous allons tenter de comprendre à quoi ressemble le quotidien des habitants restés dans ces territoires.
Vous entendrez également l’analyse d’Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’Université Paris Nanterre, spécialiste de la Russie et de l’Ukraine post-soviétique. Pour certains témoignages, les voix et les prénoms ont été modifiés pour des raisons de sécurité. Je vous rappelle que ces récits peuvent être difficiles à écouter…
Pour aller plus loin :
Dmitry Glukhovsky : "Vladimir Poutine souffre du...
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29/07 - Le jeûne intermittent est-il efficace ? Ce que dit vraiment la science
Il y a de cela quelques dizaines de milliers d’années, du temps où la cueillette était reine, et la mode était aux peaux de bêtes, il n’était pas rare que les réserves de nourriture se tarissent. Les hommes des cavernes qui n’avaient pas été décimés par ces périodes de disettes devaient parcourir des kilomètres l’estomac vide pour ne pas dépérir. Jeûner était alors une obligation, le temps de trouver une alternative.
Qu’auraient pensé ces ancêtres de l’époque actuelle ? Ce qui était autrefois un supplice - et le reste dans de nombreux pays – est étonnamment devenu tendance là où les ressources alimentaires sont désormais abondantes. Aux Etats-Unis, en Allemagne ou en France, de plus en plus de personnes sautent volontairement un ou plusieurs repas par jour, persuadés que se priver est paradoxalement la meilleure chose à faire pour leur santé.
Rien que dans l’Hexagone, les adeptes de ces privations temporaires, regroupés sous la catégorie du "jeûne intermittent", seraient plus de 27 %. C’est du moins le résultat d’un sondage réalisé par l’institut Ipsos en 2022. On en compterait volontiers le double, si on se fiait uniquement aux très nombreux témoignages de pratiquants, sans cesse repartagés sur les réseaux sociaux et dans la presse people.Préconisé par les stars
L’engouement autour du jeûne intermittent est tel que même certains médecins, dont l’auteur de best-sellers Frédéric Saldmann ou la nouvelle star de la vulgarisation médicale Jimmy Mohammed, le recommandent, après l’avoir testé sur eux. Signe que la thématique...
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29/07 - Droits de douane : "Si Donald Trump veut faire n’importe quoi, qu’il le fasse !"
Une "gifle commerciale" pour certains médias européens, un acte de "soumission" pour François Bayrou. L’accord entre Washington et Bruxelles, annoncé le 27 juillet, avec des droits de douane de 15 % sur les produits européens vendus outre Atlantique, sans réciprocité a déclenché de vives réactions.
Pour Niclas Potiers, chercheur et économiste spécialisé dans le commerce international et la politique commerciale européenne au sein du think tank Bruegel, l’accord pourrait toutefois s’avérer plus nocif pour les États-Unis que pour l’Union européenne.
L’Express : Beaucoup de voix européennes clament que cet accord est une défaite pour l’UE. Est-ce le cas, selon vous ?
Niclas Potiers : Il y a deux façons de voir les choses. D’un point de vue politique, Trump a obtenu ce qu’il voulait : imposer de très hauts droits de douane à l’UE, sans que l’Union ne riposte réellement. On se retrouve donc avec un accord très déséquilibré : les États-Unis appliquent 15 % de droits de douane sur les produits européens, et en retour, l’UE n’obtient rien de significatif. Dans ce sens-là, c’est un accord déséquilibré qui donne l’image d’une Europe faible, justement parce que l’UE est en position de faiblesse en ce moment.
Il faut aussi rappeler que tout cela s’inscrit dans un contexte plus large, notamment la sécurité en Ukraine. Les États-Unis ont donc un levier important sur l’UE. C’est aussi ce qui explique cet accord très désavantageux pour l’Europe. Ce n’est clairement pas un accord dont l’UE peut se satisfaire. Il apporte un peu de...
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28/07 - Législative partielle : Rachida Dati lance la bataille de Paris contre Michel Barnier
La ministre de la Culture Rachida Dati a annoncé, lundi 28 juillet, sa candidature à une législative partielle à Paris, lançant les hostilités contre l’ex-Premier ministre Michel Barnier, qui brigue le même poste de député et porte les couleurs du même parti, LR, avec les municipales et la présidentielle en toile de fond.
Un petit tour de moins de 15 minutes et elle s’en est allée : Rachida Dati, visage fermé, s’est rendue en fin d’après-midi à la réunion de la commission nationale d’investiture (CNI) des Républicains pour leur annoncer qu’elle serait bien "candidate" à la législative partielle dans la deuxième circonscription de Paris.
Dans un entretien accordé au Parisien avant la réunion, la maire du VIIe arrondissement, qui a refusé de s’exprimer devant la presse, n’a pas mâché ses mots à l’encontre de son rival Michel Barnier, dont elle n’a manifestement pas apprécié qu’il se lance il y a deux semaines dans cette législative partielle.
"Cette élection ne peut pas servir qu’à porter les ambitions présidentielles de Michel Barnier. C’est un manque de respect pour tout le monde, en plus de son parachutage", déplore-t-elle, reprochant à son concurrent d’avoir été "poussé par ceux qui veulent m’empêcher de gagner Paris".
De son côté, Michel Barnier, qui a également défendu sa candidature devant la CNI, présidée par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a tenté de se montrer constructif.
"Je ne suis candidat contre personne, ou plutôt avec tout le monde", a-t-il déclaré à son arrivée, assurant qu’il était "très...
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28/07 - Médicaments, aéronautique, automobile… Quels sont les secteurs les plus touchés par l’accord sur les droits de douane ?
L’Europe a fini par céder. Ce dimanche, Ursula Von der Leyen et Donald Trump ont signé un accord prévoyant de taxer les produits européens à 15 %. Ces droits de douane n’épargnent pas les secteurs clés de l’économie du Vieux continent. Le vin, les voitures, le luxe… Cette décision ne va pas tous les affecter de la même façon.Les médicaments, grands perdants de l’accord
Ce sont les produits européens les plus exportés aux Etats-Unis. En 2024, l’industrie pharmaceutique y a vendu pour près de 120 milliards d’euros en 2024, soit 22,5 % de ses exportations. Jusqu’ici exemptés de droits de douane, les médicaments n’échapperont pas cette fois-ci aux 15 % annoncés par Donald Trump.L’aéronautique, un secteur préservé
Pour l’aéronautique, c’est au contraire un soulagement. Depuis le mois de mars, le secteur subissait une surtaxe de 50 % sur les importations d’aluminium et d’acier, des matériaux indispensables pour les avions.
L’accord de dimanche a acté une exonération pour tous les équipements de l’aéronautique. Le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) a salué auprès de l’AFP une décision "bonne pour une industrie équilibrée entre la France et les Etats-Unis" qui permettra de sauver des emplois.Le luxe dans l’incertitude
Le luxe ne devrait pas bénéficier de traitement de faveur et se voir lui aussi imposer les 15 % de droits de douane. Avant la signature de cet accord, le groupe français LVMH avait annoncé avoir les moyens d’encaisser ces surtaxes en jouant sur ses prix et sur ses lieux de...
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28/07 - Catherine Schilansky, DRH : "Chez Amazon, nous ne recrutons pas pour un poste mais pour un potentiel"
Parfois, les années semblent avoir défilé aussi vite qu’une livraison express. Arrivé en France il y a 25 ans Amazon emploie aujourd’hui plus de 25 000 salariés en CDI répartis sur plus de 35 sites logistiques. Partenaire de notre colloque Leadership et management qui s’est tenu le 26 mai dernier, le groupe a récemment annoncé un plan d’investissement de plus de 300 millions d’euros, visant à créer plus de 1 500 emplois en CDI en France dans les années à venir. Recruter à grande échelle dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de transformation des attentes des salariés à l’égard du travail : une équation compliquée. La carte maîtresse du géant de l’e-commerce ? La formation. "Lorsque nous recrutons chez Amazon, nous ne recrutons pas pour un poste, mais pour un potentiel et une évolution au sein de l’entreprise. Ainsi, nous formons nos collaborateurs dès leur arrivée", explique Catherine Schilansky, DRH d’Amazon en France. Entretien.
L’Express : Votre entreprise est en constante évolution, dans un environnement lui-même en profonde mutation, notamment avec l’essor de la robotisation et de l’intelligence artificielle. Comment préparez-vous vos collaborateurs à faire face à ces vagues d’innovations ? Quels dispositifs de formation avez-vous mis en place chez Amazon pour les accompagner dans ces transformations ?
Catherine Schilansky : La formation est effectivement au cœur de notre politique RH. Cela se traduit concrètement par l’investissement que nous avons décidé de réaliser – et déjà commencé – à hauteur de...
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28/07 - Russie : une mystérieuse cyberattaque annule des dizaines de vols
C’est le tout premier incident de cette ampleur dans le ciel russe provoqué par une cyberattaque. Plusieurs vols de la compagnie russe Aeroflot ont été annulés ce lundi 28 juillet après une attaque revendiquée par des hackers ukrainiens et bélarusses, ont annoncé les autorités.
"En raison d’une défaillance des systèmes informatiques", 42 vols ont été annulés, notamment au départ de l’aéroport Cheremetievo de Moscou, la base principale d’Aeroflot", a indiqué la compagnie aérienne dans un communiqué. Le parquet général russe a annoncé dans la foulée l’ouverture d’une enquête pour "accès illégitime" aux systèmes d’information, indiquant qu’Aeroflot était victime d’une "cyberattaque".Menace de publier les données personnelles
Un groupe de hackers ukrainiens, nommé "Corbeau silencieux", et un autre de hackers bélarusses, "Cyber partisans", ont revendiqué l’affaire dans un communiqué commun. "Nous annonçons la mise en place réussie d’une opération à long terme et de grande échelle qui a abouti au piratage et la destruction de l’infrastructure informatique interne d’Aeroflot", ont-ils affirmé.
Les hackers ont assuré avoir "détruit" 7 000 serveurs de la compagnie aérienne et ont dit vouloir publier les données personnelles de tous les Russes ayant voyagé avec Aeroflot. La compagnie a assuré de son côté "travailler actuellement pour rétablir ses opérations normales le plus vite possible".La Russie régulièrement accusée de cyberattaques dans le monde
L’Ukraine et ses alliés occidentaux accusent régulièrement la Russie de cyberattaques...
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28/07 - Vers la fin de l’arsenal soviétique ? Pourquoi la Russie se tourne vers la Corée du Nord en matière d’armement
La Russie a-t-elle épuisé ses stocks autrefois vastes d’armes de l’ère soviétique depuis son invasion de l’Ukraine. C’est ce que suggère une analyse des données logistiques réalisée par l’Institut de l’École d’économie de Kiev (KSE) et relayée par le quotidien britannique Financial Times.
Le document indique ainsi que le flux de marchandises des installations de stockage militaires russes vers la ligne de front est désormais revenu aux niveaux d’avant 2022. Dès 2023, L’Express a documenté l’utilisation par la Russie de ses stocks soviétiques, dont des chars, pour compenser ses pertes."Épuisement irréversible de l’équipement"
Dans son analyse, le KSE indique que les stocks de chars, de véhicules blindés, de plates-formes d’artillerie et d’autres matériels diminuent. "Les livraisons à partir de bases de stockage ont chuté de plus de 25 % en 2024, avec un épuisement irréversible de l’équipement", assurent les auteurs du rapport. Pavlo Shkurenko, analyste à l’Institut KSE, a déclaré que cette baisse suggérait un épuisement des stocks. "La Russie envoie désormais moins de matériel pour leur remise en état et réparation que ce que les stations de réparation peuvent gérer, selon nos estimations", a-t-il expliqué auprès du Financial Times.
Néanmoins, la prudence reste de mise selon Franz-Stefan Gady, un analyste militaire basé à Vienne, quant à l’interprétation du déclin des livraisons de véhicules blindés en première ligne comme un signe que les Russes "perdaient leur efficacité au combat". Les tactiques de la Russie ont évolué...
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28/07 - Chine : comment le gouvernement compte relancer la natalité
Il paraît loin, le temps de la politique de l’enfant unique. Désormais, la Chine met la main au portefeuille pour inciter ses habitants à procréer. Le gouvernement vient d’annoncer que les parents toucheront des allocations familiales à hauteur de 3 600 yuans (soit 420 euros) par an pour tout enfant de moins de trois ans né à partir du 1er janvier 2025. Avec cette mesure, le pays espère sortir du déclin démographique dans lequel il est empêtré depuis quelques années.
La France n'est en effet pas le seul pays qui voit sa natalité baisser. En Chine, le coût de l'éducation d'un enfant et la peur d'un impact sur sa carrière freinent de plus en plus le désir d'enfants. L’abandon de la politique de l’enfant unique en 2016, soit 35 ans après sa mise en place, n’a pas pu inverser la tendance.Deux fois moins de naissances qu'en 2016
La population du pays est en baisse en 2024 pour la troisième année consécutive. Cette année-là, le nombre de naissances a été divisé par deux par rapport à 2016 et le taux de natalité est l’un des plus bas du monde : autour d'1.2 enfants par femme, très loin du seuil de remplacement qui se situe à 2.1, selon le magazine américain Newsweek… D’autant que la population est vieillissante : toujours en 2024, près de 310 millions de Chinois étaient âgés de 60 ans ou plus. De quoi inquiéter les autorités sur le financement du système de retraites. Aujourd'hui, la Chine n’est donc plus l'Etat le plus peuplé du monde, depuis que l’Inde l’a doublé en 2023.
Ce n’est d'ailleurs pas la seule crainte...
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28/07 - Droits de douane : "Sur l’énergie, l’Europe se crée une nouvelle forme de dépendance"
À Turnberry, en Ecosse, Donald Trump et Ursula von der Leyen ont conclu un deal qui ne plaît pas à tout le monde : les exportations des Vingt-Sept vers les Etats-Unis seront taxées de 15 % supplémentaires, sans mesures de rétorsion. L’accord douanier décidé ce dimanche 27 juillet entre le président américain et celle de la Commission européenne prévoit également un engagement de l’UE à acheter, d’ici la fin du deuxième mandat de Trump, pour 750 milliards de dollars (640 milliards d’euros) de produits énergétiques tels que du pétrole, du gaz naturel liquéfié (GNL), du nucléaire, des carburants - et semble-t-il des puces électroniques, incluses dans ce montant.
"Tout est très flou", convient Phuc-Vinh Nguyen, chef du Centre Energie de l’Institut Jacques Delors. En l’état, la promesse européenne ne lui paraît pas réalisable. D’autant qu’elle envoie un signal négatif quant à ses objectifs climatiques.
L’Express : Que contient la promesse d’achat de produits énergétiques de 750 milliards de dollars en trois ans ?
Phuc-Vinh Nguyen : Tout est très flou. Il faut vraiment attendre d’avoir plus de précisions concernant le détail exact car, en l’état, cette promesse semble difficilement réalisable. L’an dernier, les importations européennes étaient de l’ordre de 15 milliards d’euros pour le gaz américain ; 40 milliards pour le pétrole ; une dizaine de milliards pour les produits pétroliers. Cela voudrait donc dire tripler ces montants. Je suis très dubitatif sur la faisabilité de ces annonces. On sait que Donald Trump avait déjà...
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28/07 - Les premières cargaisons d’aide humanitaire entrent à Gaza, plusieurs pays se mobilisent
Les premières livraisons d’aide humanitaire sont entrées dimanche 27 juillet dans la bande de Gaza, alors qu’Israël - sous la pression internationale - assouplit son blocus. Début mars, Israël avait imposé un blocus hermétique, très partiellement assoupli fin mai, qui a entraîné de très graves pénuries et un risque de famine généralisé, selon l'ONU et les ONG. En parallèle, la communauté internationale se retrouve à l’Assemblée générale des Nations Unies pour discuter de la très précaire solution à deux Etats, israélien et palestinien. Une conférence poussée par l’Arabie Saoudite et la France, qui a récemment annoncé son plan de reconnaître l’Etat palestinien en septembre.
Quant à la possibilité de mettre fin à la guerre Israël-Hamas, Trump a annoncé qu’un cessez-le-feu serait "possible", lors de sa rencontre ce lundi 28 juillet avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Les infos à retenir :
⇒ Une conférence se tient ce lundi à l'ONU sur l’avenir de la solution à deux Etats, israélien et palestinien
⇒ Trump juge qu’un cessez-le-feu est "possible" à Gaza
⇒ Deux ONG israéliennes affirment qu’Israël commet un "génocide" à GazaIsraël annonce l’arrivée de premières livraisons d’aide humanitaire à Gaza, l'Espagne et l'Allemagne mobilisées
Israël a annoncé ce lundi que de premières cargaisons d’aide humanitaire avaient été distribuées dans la bande de Gaza à la suite du déblocage des points de passage. L'ONU a aussi confirmé que l’aide contenue dans plus de cent camions a pu être distribuée la veille dans l’enclave...
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28/07 - Guerre en Ukraine : le nouvel ultimatum de Donald Trump à Vladimir Poutine
Donald Trump augmente la pression sur la Russie. Le président américain a annoncé ce lundi 28 juillet qu'il réduisait le délai de 50 jours donné le 14 juillet au président russe Vladimir Poutine pour cesser les hostilités en Ukraine, sous peine de sanctions américaines sévères contre la Russie. "Je fixe une nouvelle date limite d'environ 10 ou 12 jours à partir d'aujourd'hui. Il n'y a aucune raison d'attendre. Nous ne voyons aucun progrès", a déploré le président américain.
Le président américain, s'exprimant depuis Turnberry en Ecosse, s'est dit "très déçu" par son homologue russe et a ajouté: "Je vais réduire les 50 jours que je lui ai donnés pour une durée inférieure". Deux semaines auparavant, Donald Trump avait menacé les alliés de la Russie de droits de douane secondaires si aucun accord n'était trouvé avec l'Ukraine : "Si nous n'avons pas un accord d'ici 50 jours, c'est très simple, (les droits de douane) seront à 100 % et c'est comme ça", avait-t-il affirmé. Trump "fait preuve de fermeté" en annonçant un nouvel ultimatum à Poutine, s'est de son côté réjouie Kiev. Une rencontre prévue avec Poutine ?
Cette annonce intervient alors que le Kremlin a affirmé ce lundi qu'une rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump n'était "pas exclue" en Chine en septembre, si le président américain se rendait dans ce pays à la même date que son homologue russe.
Vladimir Poutine doit se rendre en Chine pour les célébrations du 80ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, début septembre. Et, "s'il se...
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28/07 - La Thaïlande et le Cambodge conviennent d’un cessez-le-feu "inconditionnel"
Après cinq jours d’affrontements, la Thaïlande et le Cambodge ont convenu d’un cessez-le-feu "inconditionnel". Il devrait être effectif à partir de ce lundi minuit, a annoncé le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, qui occupe la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), à l’issue de pourparlers dans son pays.
"Le Cambodge et la Thaïlande sont parvenus à un accord commun prévoyant un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel qui prend effet à minuit le 28 juillet 2025, ce soir", a déclaré Ibrahim Anwar. "C’est un premier pas vital vers la désescalade et le rétablissement de la paix et de la sécurité", a-t-il assuré aux journalistes, aux côtés de ses homologues thaï et khmer."Une chance de retour à la normale"
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a jugé que le cessez-le-feu inconditionnel conclu avec la Thaïlande offrait une chance de "retour à la normale" dans les relations bilatérales après cinq jours d’affrontements. "Les solutions que le Premier ministre (malaisien) Anwar vient d’annoncer poseront les conditions pour que nos discussions bilatérales mènent de nouveau à des relations normales", a annoncé Hun Manet à l’issue de pourparlers menés en Malaisie. Son homologue cambodgien a pour sa part reconnu une solution "pour aller de l’avant".
La Thaïlande et le Cambodge se sont accusés mutuellement d’avoir attaqué en premier, et chaque camp a remis en cause la sincérité de l’adversaire, avant de s’asseoir à la table des négociations, sous l’œil des Etats-Unis et de la...
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28/07 - "Une gifle commerciale" : les droits de douane UE-Etats-Unis vus par la presse européenne
Quarante minutes. Voici le temps qu’il aura fallu dimanche 27 juillet à Donald Trump et Ursula von der Leyen pour sceller un accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne. C’est dans le golf de luxe de l’ancien président américain, à Turnberry en Écosse, que la rencontre a eu lieu. Une mise en scène soigneusement orchestrée, où Donald Trump s’est une fois encore placé au centre du jeu, tandis que la présidente de la Commission européenne a dû composer avec un cadre imposé. "Les deux ont dû se rendre à la résidence de vacances de Donald Trump, tout un symbole", observe le quotidien suisse Le Temps.
L’Union européenne a fini par accepter un tarif douanier général de 15 % sur ses exportations vers les États-Unis, tandis qu’aucune mesure équivalente n’a été imposée aux produits américains. "L’Europe cède", résume El País. Un déséquilibre assumé, qui permet tout de même d’éviter une escalade. "On peut au moins noter positivement que l’accord met fin à la menace d’un tarif de base de 30 % brandie par Trump", tempère l’éditorialiste allemand Michael Sauga pour Der Spiegel. Les échanges commerciaux entre les deux puissances, estimés à 1 400 milliards d’euros, s’en trouvent stabilisés, du moins pour le moment.Un accord qui "bafoue les règles du commerce international"
Derrière cette signature, la réalité est plus amère. Si Ursula von der Leyen a salué un accord "qui apporte stabilité et prévisibilité", Le Temps note que la présidente de la Commission européenne "a dû se contenter de sourires pincés", pendant que Donald...
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28/07 - La pétition contre la loi Duplomb passe le cap des deux millions de signatures
La pétition contre la loi Duplomb, qui permet notamment la réintroduction sous conditions, d’un pesticide, interdit en France depuis 2018, a dépassé ce lundi 28 juillet la barre des deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale.
La pétition avait déjà atteint les 500 000 signatures le week-end dernier, une première sur le portail de l’Assemblée Nationale, ouvrant la voie à l’organisation d’un nouveau débat dans l’hémicycle. Sa portée sera toutefois limitée : si les différents groupes politiques pourront exprimer leurs positions, il ne permettra pas, à lui seul, de revenir sur les dispositions déjà adoptées.
"Aujourd’hui je suis seule à écrire, mais non seule à le penser", affirmait le 10 juillet, pour conclure son texte, Eleonore Pattery, l’étudiante de 23 ans qui a lancé la pétition. Dix-sept jours plus tard, les faits continuent de lui donner raison, même si le rythme des signatures ralentit.
La pétition a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux par des ONG, des partis politiques mais aussi des personnalités publiques. Elle demande l’abrogation "immédiate" de la loi et la révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée", alors qu’il n’y a pas eu de réel débat dans l’hémicycle, et une "consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit" sur les sujets soulevés.Une loi contestée de tous bords
La pression s’accentue en tout cas un peu plus sur le gouvernement, sommé par la gauche, les ONG et désormais une partie non négligeable de...
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28/07 - Jessie Inchauspé, Jimmy Mohamed… Que valent vraiment les influenceurs stars de la nutrition ?
Qui n’a jamais été tenté, en 2025, de prendre en photo son repas ? Figurez-vous que cette fâcheuse habitude n’a pas toujours été une évidence : elle n’existait pas avant les réseaux sociaux. En quelques années, sans vraiment que l’on ne s’en aperçoive, les plateformes ont modifié en profondeur nos habitudes alimentaires. De l’aspect de l’assiette, forcément exubérante et colorée, aux recettes elles-mêmes, toujours plus inspirées, originales, healthy, les contenus en ligne dictent désormais en grande partie notre art de la table.
De fait, rares sont les influenceurs qui n’abordent pas le sujet : sur YouTube, plus d’1 million de vidéos mentionnent le hashtag "nutrition". Sur TikTok, le même mot-clé fait trois fois mieux. Autant dire qu’il y a, dans cette abondance, du très bon comme du très mauvais. Pour s’y retrouver, L’Express a décidé de passer sur le gril six producteurs de contenus. Avec l’aide de Serge Hercberg, un des chercheurs les plus influents du secteur, inspirateur du Nutriscore, nous avons attribué un score de scientificité à ces vidéastes. Les critères ? Référence à la littérature et aux recommandations officielles, et surtout, nuance dans le propos. Car, en matière de nutrition comme ailleurs, les remèdes miracles n’existent pas.Jean-Michel Cohen
1 million de followers sur YouTube
Chevalier de l’ordre du mérite, ce médecin nutritionniste, candidat aux législatives de 2017 sous étiquette LR-UDI (suppléant), a été interdit d’exercice en 2015. Il a lui-même demandé sa radiation, en 2020.
Jean-Michel Cohen...
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28/07 - Droits de douane : François Bayrou regrette "un jour sombre", où l’Europe "se résout à la soumission"
Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont arraché dimanche en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis soient taxés à 15 %. L’accord a été trouvé tout juste quelques jours avant la menace de taxes américaines de 30 %, qui devaient s’appliquer dès le 1er août.
L’accord est jusqu’à présent accueilli sans enthousiasme, notamment en France, où plusieurs ministres ont dénoncé un compromis déséquilibré, alors qu’Emmanuel Macron était partisan d’une ligne dure contre le président américain Donald Trump.
Les infos à retenir
⇒ Bayrou regrette "un jour sombre", où l’Europe "se résout à la soumission" après avoir conclu un accord sur les droits de douane avec les Etats-Unis
⇒ Les impacts diffèrent d’un pays européen à l’autre, la France moins touchée que l’Allemagne et l’Irlande
⇒ L’accord UE-USA "pèse" sur les constructeurs automobiles allemandsPedro Sánchez soutient l'accord commercial "sans aucun enthousiasme"
Le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, a affirmé ce lundi qu'il "(soutenait)" l'accord commercial conclu la veille par les Etats-Unis et l'UE, mais "sans aucun enthousiasme". "J'apprécie l'attitude constructive (...) qu'a eue la présidente de la Commission européenne", Ursula von der Leyen, qui a négocié cet accord avec le président américain Donald Trump, a dit le chef du gouvernement espagnol lors d'une conférence de presse à Madrid.
Bruxelles, de son côté, a cherché à défendre le compromis...
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28/07 - "En Iran, c’est fou d’avoir des enfants !" : le mur démographique, l’autre bataille du régime islamique
"Père, mère, le bon sens de la vie", "Promotion de la dignité maternelle, source de fontaine de jeunesse", "Approche éthique pour la préservation de la vie fœtale"… Ces différents slogans ont été martelés quotidiennement lors de la Semaine nationale de la population, une campagne de communication du gouvernement iranien lancée un mois avant la "guerre de douze jours" - du 13 au 24 juin - avec Israël. Avec un mot d’ordre général : "Tous pour un Iran jeune." Un moyen, pour le régime, de mettre l’accent sur un enjeu qui affecte ce géant démographique du Moyen-Orient : le vieillissement d’une population de près de 90 millions d’habitants. Les officiels ne cessent de tirer la sonnette d’alarme ces derniers mois.
"Si nous continuons ainsi, il n’y aura plus de pays appelé Iran dans cent ans. Nous devons comprendre l’ampleur de la catastrophe", a averti le vice-ministre iranien de la Santé, Alireza Raisi, en novembre dernier. Selon lui, l’Iran pourrait finir moitié moins peuplé d’ici à 2100. Un sombre scénario nuancé par un récent rapport de l'ONU, selon lequel l’Iran ne perdra "que" 20 millions d’habitants d’ici la fin du siècle, après avoir connu un pic à 102 millions de personnes en 2053.Plusieurs retournements spectaculaires
Toujours selon ce dirigeant iranien, près de la moitié de la population sera potentiellement considérée comme âgée en 2100. Actuellement, les Iraniens de plus de 60 ans représentent 11,5 % de la population. Cette proportion pourrait tripler d’ici à 2050. En cause, l’augmentation de l’espérance...
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28/07 - Comment les Russes effacent l’Ukraine dans les territoires occupés
Que se passe-t-il dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie depuis l’invasion de février 2022 ? Propagande, éducation, institutions, tortures… Pendant des mois, la correspondante de L’Express dans la région, Clara Marchaud, a récolté les témoignages d’Ukrainiens traumatisés. Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, elle nous emmène dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possibles négociations.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture) Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : ZaTV, Fridrih Show
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Benjamin Chazal - Getty images - FFeller(Sketchfab)
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Charlotte Baris : Depuis février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, on parle régulièrement de ce qu’il se passe sur le front. Il est toutefois difficile de savoir ce que devient la population restée dans les régions annexées. Cette semaine, nous vous faisons donc entendre les voix de ces habitants dont la vie a basculé.
Le 24 février 2022, Clara Marchaud, la correspondante de L’Express en Ukraine, est sur place lorsque l’invasion russe commence. Pendant ses premiers reportages, elle rencontre des Ukrainiens qui fuient l’occupation de leurs régions. Des exilés avec lesquels elle échange durant ces...
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28/07 - Droits de douane : pourquoi l’Europe a accepté les conditions de Donald Trump
Hors de question que l’UE accepte un accord déséquilibré. Ni des droits de douane plus élevés que ceux du Royaume-Uni. Alors que les négociations allaient bon train, nombre d’experts sont montés au créneau ces derniers mois pour inciter l’Europe à rester ferme face à l’ogre américain. Ils ont la gueule de bois ce matin. Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont indiqué le 27 juillet avoir trouvé un accord douanier lors de leur brève entrevue à Turnberry, en Ecosse. Le deal prévoit des droits de douane de 15 % sur les produits européens importés aux Etats-Unis.
Ce sera le cas des voitures qui, depuis le 3 avril, étaient soumises à un taux plus élevé encore de 25 %. Ainsi que des produits pharmaceutiques que Donald Trump avait un temps menacé de taxer à 200 %. L’aéronautique européenne sera en revanche exemptée de droit de douane, tout comme "certains produits chimiques, certains produits agricoles", et "certaines matières premières stratégiques". Et si le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que les droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium ne bougeaient pas, Ursula von der Leyen a assuré qu’un compromis avait été trouvé permettant de les réduire en dessous de certains quotas.
L’UE s’est en parallèle engagée à 750 milliards de dollars d’achats énergétiques (GNL, combustible nucléaire…) sur trois ans. Et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux Etats-Unis.
Trois facteurs ont pesé dans la décision de Bruxelles. Le premier est que...
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28/07 - Drones, la révolution du champ de bataille : comment la guerre en Ukraine a tout bouleversé
En cette journée d’été caniculaire, six hommes en tenue de combat prennent position dans une tranchée du camp militaire de Caylus, dans le Tarn-et-Garonne. Malgré des mines rougies par un soleil de plomb, la concentration se lit sur les visages. Soudain, l’ordre tombe : un char T-80 russe a été détecté à environ 500 mètres - il doit être détruit. Aussitôt, un drone d’observation piloté par un membre de l’unité part en éclaireur. Suivent deux drones FPV ("first person view", pilotés grâce à un casque de réalité virtuelle), des engins à haute vélocité munis d’une charge explosive. Arrivé sur zone, la première de ces munitions kamikazes ajuste sa trajectoire avant de s’écraser sur la tourelle du blindé - incarné par un camion de l’armée française. Quelques secondes plus tard, une seconde frappe manque sa cible d’un petit mètre. Il n’empêche, l’opération est un succès. "En conditions réelles, les obus présents dans la tourelle du char auraient pris feu au premier impact", jauge l’adjudant Thomas, du 1er régiment de hussards parachutistes, qui surveille d’un œil avisé le bon déroulement de la manœuvre. Mais la mission n’est pas achevée : on signale deux soldats ennemis à proximité. Une fois encore, le bourdonnement des drones se fait entendre…
Cet exercice grandeur nature est l’un des nombreux à se dérouler dans le tout nouveau centre d’entraînement tactique drone de la 11e brigade parachutiste. Créé en mars dernier sous l’impulsion du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, sa mission est de former les...
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27/07 - Les Etats-Unis et l’UE ont conclu un accord de droits de douane généraux de 15 %, annoncent Trump et Von der Leyen
Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont arraché dimanche à Turnberry en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis seront taxés à 15%, à l'issue d'une réunion éclair.
"Nous avons trouvé un accord", annonce le dirigeant républicain, le qualifiant de "plus grand" jamais conclu en matière de commerce, et en y voyant une promesse "d'unité et d'amitié". La patronne de l'exécutif européen salue elle un "bon accord", qui apportera de la "stabilité."
Selon les premiers éléments de cet accord commercial tant attendus entre Bruxelles et Washington, les Etats-Unis vont imposer des droits de douane de 15% sur les produits européens importés et l'UE s'est engagée à 750 milliards de dollars d'achats d'énergie et à 600 milliards d'investissements supplémentaires aux Etats-Unis.Rome salue un accord, attend les détails
Rome a salué dimanche soir l'accord commercial entre les Etats-Unis et l'UE prévoyant des droits de douane de 15% sur les exportations européennes, estimant qu'il évite une guerre commerciale, tout en restant prudent dans l'attente de connaître les détails. "L'accord entre l'UE et les Etats-Unis met un terme à une phase d'incertitude et évite une guerre commerciale. Nous examinerons tous les détails", a écrit sur X Antonio Tajani, chef de la diplomatie italienne.
Même son de cloche chez la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni, en visite en Ethiopie pour un sommet de l'ONU sur la sécurité alimentaire....
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27/07 - Droits de douane de Donald Trump : face aux attaques américaines, l’Europe se cherche de nouveaux alliés commerciaux
Donald Trump imposera-t-il ou non les surtaxes de 30 % qu’il a annoncées pour l’Union Européenne (UE) ? Celle-ci s'attend au pire, à moins qu'un accord ne soit conclu ce dimanche entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président américain. Comme l'a affirmé le secrétaire au Commerce des Etats-Unis, Howard Lutnick, l'Europe "espère conclure un accord, mais c'est au président Trump, qui est le chef à la table des négociations, de décider". Ainsi l'Europe attendrait-elle patiemment que son sort ne soit décidé selon le bon vouloir du POTUS entre deux parties de golf.
Pourtant, la situation n'est pas aussi désespérée qu'elle en a l'air pour l'UE. Car par ses attaques directes, tant avec ses menaces douanières qu’avec son désengagement dans le financement de l’Otan, Donald Trump a déclenché une réaction tout à fait inattendue et inespérée : le rapprochement des Vingt-Sept. A tel point que même des Etats membres comme le Danemark, longtemps sceptique sur les politiques budgétaires européennes, ont développé une perception nettement plus positive de l’UE. Selon un sondage d'opinion réalisé au printemps 2025 pour la Commission européenne, environ 74 % des Danois ont déclaré faire confiance à l'UE, contre 63 % il y a cinq ans.
Et le Danemark est loin d’être un cas isolé, comme le remarque le New York Times. Ces derniers mois, le sentiment à l'égard de l'Union européenne s'est nettement amélioré. Pour le directeur de l’Atlantic Council Jörn Fleck, cité par le New York Times, la virulence...
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27/07 - Sous la Coupole, ces discrètes querelles entre les Académies : argent, notoriété et petits secrets
C’est l’Académie française, murmurent les badauds, les flâneurs, les Parisiens, à propos de la Coupole qui trône à l’extrémité du pont des Arts. C’est l’Académie française, renchérissent les bateaux-mouches lors de leurs incessants allers-retours sur la Seine en contrebas. Pourtant, derrière cette majestueuse façade du quai Conti ne se niche pas seulement la "Française", mais cinq académies représentant la fine fleur de la vie intellectuelle hexagonale.
Est-on lundi ? Les Sciences morales et politiques sont en séance. Mardi ? Les Sciences. Puis, les Beaux-Arts, la Française, les Inscriptions et Belles lettres se succèdent jusqu’au vendredi. En fonction des jours y entrent des personnalités comme Guy Savoy ou Bernard Arnault, Amin Maalouf ou Catherine Meurisse, le Prix Nobel Alain Aspect ou l’ancienne coprésidente du Giec, Valérie Masson-Delmotte. Un monde discret, qui n’aime guère parler de lui, fait de rituels et de doctes travaux, de remises de prix et de savantes communications, mais aussi d’amitiés, d’inimitiés et de petits coups vachards.
Cinq cents représentants de la vie intellectuelle s’y croisent (souvent), s’y entraident (parfois), se querellent (régulièrement). Ici, les jalousies et les différends ne s’étalent pas, ils se chuchotent, ils se murmurent. Après tout, n’est-on pas entre personnes bien élevées ? En ces premiers jours de juillet, on remet les derniers prix avant la fin de la saison, on se félicite de cette année marquée par l’achèvement de la 9e édition du dictionnaire, on se désole du décès...
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27/07 - Cioran, l’incroyable histoire du philosophe pessimiste racontée par sa biographe : "Hitler l’a envoûté"
"J’ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès" ; "Lorsqu’on n’a pas eu la chance d’avoir des parents alcooliques, il faut s’intoxiquer toute sa vie pour compenser la lourde hérédité de leurs vertus" ; "Ne nous suicidons pas tout de suite, il y a encore quelqu’un à décevoir"… Emil Cioran est une source inépuisable de citations. Les aphorismes de cet "ironiste lucide", né en 1911 en Transylvanie et mort en 1995 à Paris, font toujours mouche. Pas étonnant que Fabrice Luchini ait fait son miel de sa prose. On le verra à nouveau cet automne au Théâtre des Mathurins, à Paris, dans L’Art du portrait selon Cioran. Une lecture "nourrie, éclairée, arrondie par ce merveilleux bouquin qui a été mon livre de chevet qui s’appelle les Cahiers de Cioran", explique le comédien. Dans cet ouvrage, il a découvert "un écrivain totalement différent de l’image du désespéré ou du spécialiste du suicide".
Sans doute en apprendra-t-il davantage encore en lisant Cioran ou le gai désespoir (Editions de L’Archipel), la biographie qu’Anca Visdei consacre à l’auteur de Précis de décomposition et Syllogismes de l’amertume. Née à Bucarest, réfugiée politique en 1973 à Lausanne, cette journaliste, romancière et auteure de théâtre, a également brossé le portrait de Jean Anouilh et d’Orson Welles. Récompensée il y a quelques semaines par le jury Goncourt, qui lui a décerné le prix de la biographie Edmonde Charles-Roux, Anca Visdei nous plonge dans les paradoxes de ce "maître à vivre plutôt qu’à penser". De son enfance bénie en Transylvanie...
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27/07 - Droits de douane de Donald Trump : l’Europe attend de savoir à quelle sauce elle sera mangée
L'heure tourne : le président américain, lancé dans une vaste offensive protectionniste, se donne jusqu'au 1er août avant d'assommer les produits européens entrant aux Etats-Unis de droits de douane de 30 %. Le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a prévenu dimanche dans l’émission Fox News Sunday qu’il n’y aura "pas d’extension" à la pause des droits de douane voulus par Donald Trump qui arrive à échéance le 1er août. Il a toutefois souligné que les partenaires commerciaux des Etats-Unis pourront "continuer d’échanger avec le président Trump après le 1er août".
Des dizaines de pays sont concernés par une augmentation de ces taxes douanières. A l’orée de la date butoir, la politique économique de Donald Trump entre dans une semaine décisive, le président américain utilisant les droits de douane comme principal levier de négociation depuis son retour au pouvoir.Le risque d'anéantir des pans entiers du commerce transatlantique
Le républicain rencontre ce dimanche la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour tenter d’arracher un accord, attendu avec impatience en Europe pour mettre fin à des mois d'incertitude pour l'industrie européenne. Selon plusieurs sources européennes, le texte en discussion prévoit un tarif de base de 15 % sur les exportations européennes à destination des Etats-Unis, avec un traitement plus favorable pour des secteurs comme l'aéronautique et les spiritueux - mais pas pour le vin.
Un tel résultat confirmerait que les échanges transatlantiques sont entrés dans...
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27/07 - Ukraine : Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont "réaffirmé l’importance de la lutte contre la corruption"
Emmanuel Macron et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont "réaffirmé l'importance de la lutte contre la corruption, portée par des institutions indépendantes et pleinement efficaces" lors d'un échange dimanche matin, a indiqué le chef de l'Etat français dans un message sur X.
Cette semaine, M. Zelensky avait provoqué un tollé avec une loi supprimant de fait l'indépendance de deux organismes anticorruption en les plaçant sous l'autorité directe du procureur général, lui-même subordonné à l'exécutif ukrainien. M. Zelensky avait très rapidement promulgué le texte après son vote mardi par le Parlement.Le fléau ukrainien de la corruption
Selon des groupes issus de la société civile, cette mesure s'inscrit dans un contexte de pressions gouvernementales croissantes sur les acteurs de la lutte anticorruption, dans ce pays fortement affecté par ce fléau. Les partenaires de l'Ukraine, dont l'Union européenne, ont donc rapidement manifesté leurs préoccupations.
Face à la controverse, alors que la loi a suscité de vives critiques au sein de la société civile ukrainienne, M. Zelensky a finalement annoncé jeudi qu'il proposait un nouveau projet de loi pour assurer de nouveau l'"indépendance" des structures anticorruption ukrainiennes face au pouvoir. Une mesure cette fois saluée par Bruxelles.
"Nous avons partagé la conviction que ce qui distingue aussi, aujourd'hui, l'Ukraine de la Russie, c'est qu'elle reste, malgré la guerre, une démocratie vibrante — et qu'elle entend continuer à progresser sur son chemin...
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27/07 - Largages aériens, entrée de camions : ce qu’il faut savoir sur la reprise de l’aide humanitaire internationale à Gaza
Alors que la communauté internationale s’indigne de la famine de masse à l’œuvre dans la bande de Gaza, faute d’accès suffisant à l’aide humanitaire, Israël a annoncé dimanche 27 juillet une "pause tactique" de ses opérations militaires dans trois villes de l’enclave. Elle doit s’accompagner d’une reprise de l’aide humanitaire étrangère, à travers notamment des largages aériens, après cinq mois de blocus. Israël dit avoir procédé à un premier largage dans la matinée. Selon le média égyptien Al-Qahera News, des camions d’aide humanitaire égyptiens seraient également entrés dans la bande de Gaza par le poste frontière de Rafah dans la matinée.
Depuis mars, Israël interdisait les distributions d’aide alimentaire par des agences de l'ONU, au motif que le Hamas pillerait les stocks. Une allégation que Tsahal n'a jamais prouvée, selon le New York Times, qui affirme qu'au contraire, les opérations humanitaires menées par les Nations Unies démontraient une grande efficacité.Le système actuel de distribution d’aide, via la GHF, a causé plus de 1 000 morts
Après s’être retiré du processus de cessez-le-feu avec le Hamas en mars, Israël avait dans un premier temps imposé un blocus total de l’aide humanitaire, pendant deux mois, avant de ne réautoriser les distributions qu’en provenance d’une fondation privée, la fondation humanitaire pour Gaza (ou GHF), critiquée pour ses liens étroits avec les gouvernements israélien et américain et l’opacité de son fonctionnement.
Cette fondation, sur laquelle reposait désormais toute l’aide...
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27/07 - Cambodge-Thaïlande : des discussions lundi en Malaisie, quatrième jour de combats
La Thaïlande affirme que des discussions auront lieu lundi en Malaisie avec le Cambodge, après que les combats entre les deux pays sont entrés dimanche dans leur quatrième jour. Les dirigeants thaïlandais et cambodgien ont assuré samedi qu'ils étaient ouverts à un cessez-le-feu au cours de conversations téléphoniques distinctes avec le président américain Donald Trump mais, depuis, ils s'accusent mutuellement d'entretenir les hostilités et de tenir un double langage.
Bangkok a annoncé ce dimanche que le Premier ministre thaïlandais par intérim Phumtham Wechayachai allait se rendre lundi 28 juillet en Malaisie, dans ce qui pourrait constituer sa première rencontre avec son homologue khmer Hun Manet, également attendu. Les discussions ont pour objectif d'"écouter toutes les propositions" et de "rétablir la paix", a dit le Bureau du chef du gouvernement thaïlandais dans un communiqué. Phnom Penh n'a pas encore réagi à cette annonce mais Hun Manet, pendant son entretien avec M. Trump, a rappelé que le Cambodge "approuvait la proposition d'un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel." Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a proposé dès jeudi son aide en tant que médiateur, la Malaisie occupant cette année la présidence tournante de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) dont la Thaïlande et le Cambodge sont membres.Quatrième jour de combat
Les deux royaumes d'Asie du Sud-Est sont aux prises dans l'épisode le plus meurtrier en près de quinze ans d'un différend territorial au long cours....
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27/07 - Nutritionnistes, diététiciens, coachs… A qui faire confiance pour mieux manger ?
Une patiente a marqué Marie-Christine Robert, présidente du groupe de réflexion sur l’avenir des diététiciens (Grad). Une dame d’une soixantaine d’années, dénutrie et avec une ostéoporose avancée : "Elle avait été suivie pendant trois ou quatre ans par une naturopathe-nutritionniste, qui en plus de lui donner de très mauvais conseils, lui vendait des compléments alimentaires", se rappelle-t-elle. Sur la recommandation d’un médecin, la patiente avait alors fini par se tourner vers une "vraie" diététicienne… Un cas loin d’être isolé – ces experts de la nutrition assurent voir régulièrement arriver dans leurs cabinets des patients atteints de troubles alimentaires à la suite d’une prise en charge inappropriée.
De fait, il peut parfois s’avérer délicat de s’y retrouver entre les différentes catégories de "professionnels" prétendant nous aider à mieux manger. La palette, en apparence, est large : diététicien-nutritionniste, nutrithérapeute, coach en nutrition, naturopathe-nutritionniste, conseiller en diététique, micronutritionniste… En réalité, seuls les quelque 18 000 diététiciens-nutritionnistes que compte notre pays disposent du titre et de la formation les autorisant à prodiguer des conseils nutritionnels, dans le but d’améliorer ou de préserver la santé. Véritables professionnels du soin, ils ne sont pas là uniquement pour aider à perdre du poids, mais participent à la prévention et à la prise en charge des patients dans différentes pathologies (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires…). Problème, l’appellation...
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27/07 - Gaza : des avions jordaniens et émirati larguent 25 tonnes d’aide humanitaire
L'armée israélienne a annoncé dimanche "une pause tactique" quotidienne des combats dans plusieurs zones de la bande de Gaza et des couloirs humanitaires sécurisés pour les convois de l'ONU et des ONG, destinés au territoire palestinien ravagé et affamé par plus de 21 mois de guerre.
La décision du gouvernement israélien survient après les déclarations du président Donald Trump qui a accusé le Hamas de ne pas vouloir un accord sur un cessez-le feu à Gaza. L'administration américaine et le gouvernement de Benjamin Netanyahu ont affirmé qu'ils allaient chercher des "solutions alternatives".L'ONU va utiliser les "pauses humanitaires" pour atteindre les habitants affamés de Gaza
L'ONU a assuré dimanche vouloir essayer d'atteindre autant de personnes que possible dans la bande de Gaza, après l'annonce par Israël de l'ouverture de routes terrestres sécurisées pour les convois humanitaires dans le territoire palestinien assiégé et affamé. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a affirmé disposer d'assez de denrées, déjà sur place ou en route pour la région, afin de nourrir les 2,1 millions d'habitants de la bande de Gaza pendant près de trois mois.
Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, a salué l'annonce de ces "pauses humanitaires". "En contact avec nos équipes sur le terrain qui feront tout leur possible pour atteindre autant de personnes affamées que nous le pouvons", a-t-il écrit sur X.
Le PAM a expliqué que les pauses et les corridors devraient permettre de distribuer la nourriture...
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27/07 - "Pour Pogacar, tout a commencé dans un village" : la méthode de la Slovénie décryptée par son Premier ministre
La "grande boucle" est bouclée. Le scénario semblait écrit d’avance tant Tadej Pogačar domine actuellement le cyclisme mondial, mais dans le vélo comme ailleurs rien n’est jamais figé. Personne, pas même les plus grands champions, n’est à l’abri d’une défaillance, d’un "jour sans" ou d’une chute. Pourtant rien n’y a fait. Le Slovène a dominé l’édition 2025 du Tour de France en s’adjugeant un quatrième maillot jaune à seulement 26 ans - sans compter toutes ces fois où, plus tôt dans l’année, on a pu voir le coureur d’UAE Emirates lever les bras sur la ligne d’arrivée. Ebouriffant. Bluffant. Sidérant. Epoustouflant. Et encore, les superlatifs manquent.
Dans sa ville natale de Klanec, 350 âmes, Tadej Pogačar est un héros comme elle n’en a jamais connu. Dans son pays, il est une source d’inspiration pour tous les jeunes au même titre que d’autres champions qui font rayonner la Slovénie, deux millions d’habitants, dans le monde entier. A l’image de la star de la NBA Luka Dončić, du gardien de football Jan Oblak, ou encore la grimpeuse sportive médaillée d’or olympique Janja Garnbret. Sans compter un autre cycliste qui lorgnait un temps la fameuse tunique jaune. Pour le Premier ministre de cet Etat indépendant depuis 1991, Robert Golob, les succès des sportifs slovènes "n’est pas un hasard". Quelles sont ses recettes ? Entretien.
L’Express : Au terme d’une domination sans partage, le Slovène Tadej Pogačar est sur le point de remporter, ce dimanche 27 juillet, son quatrième Tour de France. Mais il n’est pas le seul sportif...
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27/07 - "Une guerre civile est désormais possible" : en Syrie, l’impossible unité ?
Au bout du village de Walgha, là où les bâtiments pillés laissent place à un paysage de végétation sèche, une dizaine d’hommes de la Sécurité générale, l’équivalent de la gendarmerie en Syrie, tiennent un barrage. Leur regard est tourné vers l’horizon au bout duquel se dessine la ville de Soueïda. Leur souffle est court, l’atmosphère tendue. Malgré l’accord de cessez-le-feu renouvelé la veille, des affrontements sporadiques se poursuivent dans la région entre les factions druzes et des groupes armés sunnites. Ils ont essuyé un tir de mortier il y a une heure à peine. "Ici, c’est le dernier check-point que nous tenons. Au-delà, nous considérons que ce sont des positions ennemies", déclare un des hommes du barrage. Ils ont interdiction d’entrer dans la ville contrôlée par les factions armées druzes.
Soueïda, ville du sud de la Syrie où vivent quelque 500 000 Druzes – une minorité religieuse qui représente 3 % de sa population – est le théâtre de violents affrontements qui ont fait au moins 1 265 morts depuis le 13 juillet, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Ces violences, qui ont éclaté dans un contexte de tensions intercommunautaires, auraient été déclenchées par le kidnapping d’un marchand de légumes druze par des Bédouins. Très vite, les vidéos documentant les exactions – torture, exécution sommaire, décapitation, pillage – commises par les deux camps contre les civils ont envahi les réseaux sociaux. Dans les rues du village de Walgha accessibles aux journalistes ce lundi 21 juillet, de la fumée s’échappe...
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27/07 - L’IA, arme fatale contre les incendies en Europe ? "On ne saura plus faire sans"
Des forêts à perte de vue. Un dégradé de vert, quelques parcelles jaunies et des chemins poussiéreux qui serpentent au milieu des bois. Un mouvement de caméra dévoile une maison à l’architecture typique du sud de la France et, au loin, un village. L’écran bascule sur un paysage vallonné traversé par des lignes électriques, puis un autre constellé d’éoliennes. L’image s’efface encore. Cette fois changement complet de décor. Retour dans le monde imaginaire et cubique de Minecraft. Le streameur Aypierre, 476 000 abonnés sur la plateforme Twitch, vient de commencer son live avec quelques minutes de retard. Un délai que ses spectateurs en ligne ont pu mettre à profit pour lutter contre un des fléaux récurrents de l’été : les incendies.
L’initiative FireCatchers a été lancée le 14 juillet par les sapeurs-pompiers de l’Hérault, pour toute la période estivale. Elle vise à remplacer l’écran d’attente de streameurs partenaires par un flux en direct des images de vidéosurveillance des forêts du département. Une fumée suspecte ? Le spectateur envoie un message dans le chat. Au bout de plusieurs signalements, une alerte est envoyée aux pompiers, qui vérifient l’information avant de déployer des équipes. "On augmente le nombre de surveillants, parfois jusqu’à plusieurs centaines de milliers en simultané au lieu de quelques individus, donc mécaniquement les chances de repérer un feu vite et tôt", pointe Fabrice Plazolles, le directeur général de Havas Play, agence qui a développé le dispositif. Si le test s’avère concluant, il...
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26/07 - Cambodge-Thaïlande : Donald Trump intervient pour demander un cessez-le-feu
Donald Trump a déclaré samedi échanger avec les dirigeants du Cambodge et de la Thaïlande pour parvenir à un cessez-le-feu entre les deux pays qui s'affrontent depuis jeudi à cause d'un différend frontalier, des combats à l'origine de 33 morts. "Je viens de parler avec le Premier ministre du Cambodge pour arrêter la guerre avec la Thaïlande. Je suis en train d'appeler le Premier ministre par intérim de la Thaïlande pour lui demander également un cessez-le-feu et une FIN de la guerre qui fait rage en ce moment", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Dans un post séparé publié quelques minutes plus tard, Donald Trump a salué "une très bonne conversation" avec le dirigeant thaïlandais. "La Thaïlande, comme le Cambodge, veut un cessez-le-feu immédiat et la PAIX", a encore écrit le président américain.
Un différend frontalier entre les deux pays couve de longue date et a dégénéré jeudi en affrontements impliquant des avions de combat, des chars, des troupes au sol et l'artillerie. Un niveau de violence jamais vu depuis 2011, qui a conduit le Conseil de sécurité de l'ONU à se réunir d'urgence.
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26/07 - Au Brésil, l’effet boomerang de la guerre commerciale de Donald Trump
"Rarement depuis la fin de la guerre froide les États-Unis ont interféré aussi profondément dans les affaires d’un pays d’Amérique latine", constate gravement The Economist. La crise a commencé le 9 juillet, lorsque Donald Trump a annoncé que les États-Unis imposeraient, à compter du 1er août, des droits de douane punitifs de 50 % sur plusieurs produits brésiliens : café, jus d’orange, pétrole brut, acier semi-transformé… Un choc pour la première économie d’Amérique latine, dont Washington est le deuxième partenaire commercial.
Pourtant, les États-Unis n’enregistrent aucun déficit commercial avec le Brésil. Bien au contraire : l’excédent américain s’élevait en 2024 à 284 millions de dollars, selon les données officielles brésiliennes. En réalité, les motivations de la Maison-Blanche sont ailleurs. Selon Donald Trump, le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva mènerait une "chasse aux sorcières" contre Jair Bolsonaro, l’ancien président d’extrême droite poursuivi pour tentative de coup d’État. L'objectif de l'agression commerciale du président américain est à peine dissimulé : affaiblir le président Lula et mettre un terme aux poursuites contre Jair Bolsonaro à l’approche de l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2026. Autrement dit, Washington s’en prend directement à la politique intérieure de son voisin du Sud.
L'offensive ne s’est pas limitée au levier commercial. Le 15 juillet, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a ouvert une enquête sur les pratiques brésiliennes, sans motif économique...
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26/07 - Perrine Simon-Nahum (ENS) : "Les juifs engagés à l’extrême droite font une erreur historique"
En partenariat avec l’Ecole normale supérieure (ENS-PSL), L’Express interroge cet été des chercheurs de l’un des fleurons de l’enseignement français. A la fois grande école et université, Normale-Sup a la particularité d’avoir des enseignants-chercheurs en point en mathématiques, en IA, en biologie, en sciences cognitives comme dans les sciences humaines (littérature, philosophie, économie, histoire…), cumulant 14 prix Nobel et 12 médailles Fields.
Perrine Simon-Nahum est directrice de recherche au CNRS et professeure attachée au département de philosophie de l’ENS. Spécialiste de l’histoire du judaïsme et de la philosophie de l’histoire, grande connaisseuse des œuvres de Raymond Aron ou Hannah Arendt, elle s’est penchée dans ses derniers essais sur la crise de la démocratie (Sagesse du politique) comme sur la réactualisation de l’antisémitisme sous de nouvelles formes idéologiques (La Nouvelle Causalité diabolique).
A L’Express, Perrine Simon-Nahum explique pourquoi les juifs ne sont pas imperméables aux sirènes du populisme, mais déplore que ceux "qui mettent dans l’urne un bulletin RN oublient que leur seul rempart a toujours été dans l’histoire celui érigé par les institutions républicaines". La philosophe analyse aussi les différences entre diaspora et Israël au sujet de la guerre à Gaza. Enfin, elle met en avant le rôle clé des savants juifs dans la fondation des sciences humaines en France, et revient sur la querelle entre deux anciens élèves illustres de l’ENS, Raymond Aron et Jean-Paul Sartre.
L’Express :...
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26/07 - Droits de douane : qu’est-ce que l’instrument anti-coercition, l’arme ultime de l’UE face aux Etats-Unis ?
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et Donald Trump se retrouveront, dimanche 27 juillet en Écosse, alors que l’Union européenne et les États-Unis abordent la dernière ligne droite des négociations sur les droits de douane. Mais cette fois, Bruxelles entend "montrer ses muscles", selon les mots d'un diplomate européen. Et se dit prêt à dégainer son "bazooka" si besoin : l’instrument anti-coercition, (ACI). Jamais activé jusqu’ici, cet outil juridique a été conçu pour répondre aux pressions économiques exercées par un pays tiers. Il pourrait devenir un levier central pour éviter l’imposition de droits de douane de 30 % sur les produits européens à partir du 1er août, une option de dernier recours si les discussions avec l’administration Trump venaient à échouer.
Adopté en octobre 2023, l’instrument anti-coercition est conçu comme le "moyen de dissuasion le plus puissant" à disposition des Vingt-Sept. Il prévoit une série de mesures, très lourdes pour certaines, comme le gel de l'accès d'un pays tiers aux marchés publics européens, le blocage de certains investissements, ou encore l'imposition de contraintes réglementaires lourdes aux entreprises étrangères. L'objectif : permettre une réaction rapide, ciblée et proportionnée dans le cas où les pays membres de l'UE seraient la cible de "coercition économique". Le New York Times évoque même la possibilité, dans le cas américain, de taxer les géants de la tech ou d’interdire aux banques américaines de soumissionner aux appels d’offres...
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26/07 - Cryptomonnaies, cagnottes en ligne… : que deviennent-elles au décès du propriétaire ?
Comme la majorité des Français, vous n’avez peut-être pas réfléchi au sort de votre patrimoine si vous disparaissiez. Pas de panique ! A défaut d’avoir rédigé un testament pour partager vos biens, le Code civil régentera votre succession en désignant vos héritiers selon la composition de votre famille : enfants, conjoint ou parents survivants…
Pour calculer le montant de votre "actif successoral", c’est-à-dire tous les biens qui vous appartenaient à votre décès, le notaire interrogera les registres légaux. Les banques doivent renseigner sur Ficoba les produits ouverts à votre nom - comptes courants, plans d’épargne, comptes titres… - ainsi que la liste de vos coffres-forts physiques. Les assureurs ont la même obligation avec les contrats d’assurance-vie et de capitalisation, répertoriés sur le registre Ficovie. Enfin, le service des hypothèques fournit des informations concernant la propriété de vos biens immobiliers en France.
Mais si vous détenez un portefeuille de cryptomonnaies, une cagnotte de jeux en ligne, un compte PayPal, un programme de cashback ou des financements participatifs dans des TPE/PME (le crowdfunding), le notaire n’aura pas connaissance de ces actifs dématérialisés. En effet, ces investissements sont gérés par différentes plateformes qui n’ont aucune obligation légale de rechercher les héritiers en cas de décès d’un de leur utilisateur. Si vous n’avez pas informé vos proches de l’existence de ce patrimoine, ou n’avez laissé aucun document précisant sur quelles plateformes vous avez placé...
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26/07 - Guerre en Ukraine : la Russie revendique la prise d’un nouveau village dans la région de Dnipropetrovsk
La Russie continue de grignoter le terrain en Ukraine, alors que la troisième session de pourparlers de paix entre Russes et Ukrainiens s'est achevée mercredi à Istanbul sans progrès tangibles.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré vendredi que des discussions avec Moscou sur une rencontre avec Vladimir Poutine avaient "commencé", le Kremlin jugeant de son côté qu'un tel entretien était "peu probable" dans les 30 prochains jours.Des frappes en Russie et en Ukraine font au moins cinq morts
En Russie, "dans le district de Zimovnikovski (...), une voiture a pris feu à la suite d'une attaque de drone. Deux personnes sont mortes", a annoncé sur Telegram Iouri Sliousar, le gouverneur de la région de Rostov, frontalière de l'Ukraine. Selon le ministère russe de la Défense, la défense antiaérienne a intercepté 54 drones dont 24 dans la région de Briansk, elle aussi frontalière de l'Ukraine.
Cette même nuit, la Russie a tiré "208 drones et 27 missiles de différents types" sur l'Ukraine, a affirmé l'armée de l'air ukrainienne qui dit avoir abattu 183 drones et 17 missiles. Le gouverneur de la région centrale ukrainienne de Dnipropetrovsk, Serguiï Lissak, a pour sa part fait état de "trois personnes tuées et six blessées à Dnipro" la capitale régionale, et dans ses environs.
Une personne de 21 ans est morte à l'hôpital des suites de ses blessures et une autre a péri dans un village de la région, selon le gouverneur sur Telegram. Un peu plus tôt, Borys Filatov, le maire de Dnipro, avait déploré la...
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26/07 - "Trump est, de manière perverse, un homme très honnête" : l’analyse déroutante de l’économiste américain Mario J. Rizzo
Son nom ne vous dit peut-être rien. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, Mario J. Rizzo fait figure d’autorité. Professeur à la prestigieuse New York University, cet économiste reconnu a consacré une partie de sa carrière à l’étude et à la critique du "paternalisme doux", une forme moderne d’interventionnisme basée sur le constat de l’irrationalité des individus. De passage en France à l’occasion de l’université d’été d’Aix-en-Provence, organisée par l’Institute for Economic Studies Europe, Mario J. Rizzo nous a accordé un entretien dans lequel il analyse les mutations de l’Amérique de Donald Trump. Oubliez les discours convenus. Ce libéral, mélancolique de l’époque où le Parti républicain était dominé par l’influence de Ronald Reagan, a beau être un universitaire respecté, il n’a pas sa langue dans sa poche.
L’Express : Vous êtes l’un des rares économistes à vous être, dès 2016, opposé à la fois aux programmes économiques de Donald Trump et de Hillary Clinton. Pourquoi ?
Mario J. Rizzo : J’estimais que leurs programmes économiques allaient tous deux à l’encontre de mes convictions libérales. Le premier prônait un nationalisme économique fondé sur de sévères restrictions migratoires et une hausse des tarifs douaniers, tandis que la candidate démocrate défendait des politiques progressistes impliquant une augmentation des dépenses publiques et de l’interventionnisme étatique. Depuis, républicains comme démocrates ont malheureusement maintenu ces orientations qui sont incompatibles avec les principes du libéralisme économique.
Cela...
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26/07 - Loi Duplomb, lobby, risques sanitaires… L’agence européenne de sécurité alimentaire répond à L’Express
Marco Binaglia n’a pas l’air tendu, comme ça, dans le petit carré qui s’affiche à l’écran, lorsqu’on le rencontre en visioconférence ce vendredi 25 juillet. Il pourrait l’être : voilà désormais plusieurs semaines que l’agence pour laquelle il travaille, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), basée à Parme, essuie les critiques venues de l’Hexagone, de l’autre côté des Alpes.
Peut-être est-ce l’expérience, ses quatorze années au sein de l’institution qui le rendent si calme. Peut-être se réjouit-il au fond, que son travail, et celles de l’équipe de toxicologues qu’il coordonne, soit pour une fois cité dans les débats sur la santé et l’alimentation alors que jusqu’à présent, aucun Français ou presque ne connaissait les quatre lettres qui composent le nom de l’agence.
Quasiment invisible dans le débat public français, l’Efsa s’est retrouvée ces dernières semaines au cœur de la controverse au sujet de la loi Duplomb, ce texte voté le 8 juillet par les députés, et qui doit, si le Conseil constitutionnel l’approuve, réintroduire l’acétamipride, un pesticide de la catégorie des néonicotinoïdes. Ce sont ses études, que les défenseurs du dispositif citent pour dire qu’il n’y a rien à craindre, les mêmes que les opposants étrillent, persuadés qu’elles ne sont pas fiables.
Alors que la France a décidé d’interdire l’acétamipride en 2018, et que l’autorité française, l’Anses, a alerté à plusieurs reprises sur les risques sur la santé et la biodiversité, l’agence n’a pas jugé bon de s’aligner. Elle a préféré baisser les seuils...
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26/07 - Royaume-Uni, Japon, Indonésie... Droits de douane : où en sont les deals de Donald Trump ?
Donald Trump est arrivé, vendredi 25 juillet, pour un week-end prolongé en Ecosse qui doit mêler golf, diplomatie et négociations commerciales, et où un important dispositif de sécurité a été déployé en prévision de manifestations. Le locataire de la Maison-Blanche doit rencontrer, dimanche 27 juillet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui espère décrocher un accord sur les droits de douane. Mais le temps presse : à moins d'une semaine de la date butoir du 1er août, Washington menace d’imposer des surtaxes de 30 % sur les importations européennes si aucun compromis commercial n’est trouvé.
Les Etats-Unis ont entamé depuis avril une série de négociations bilatérales, visant à contourner l’entrée en vigueur de ces surtaxes dites "réciproques", d’abord annoncées au printemps, puis suspendues temporairement. À ce jour, cinq pays ont déjà conclu un accord avec Washington, souvent au prix de concessions importantes. A noter que les droits de douane prévus par ces accords sont souvent nettement supérieurs au niveau plancher de 10 % déjà appliqué depuis avril 2025 par les États-Unis à la plupart des pays. Les analystes de Barclays évoquent dans une note "une tendance de droits de douane gravitant autour de 15 à 20 %".
Le Royaume-Uni a été le premier à obtenir un compromis, dès le mois de mai. Londres a décroché une baisse des droits sur ses exportations automobiles – de 27,5 % à 10 %, dans la limite de 100 000 véhicules par an – ainsi qu’une exemption pour le secteur aérospatial, incluant...
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26/07 - IA : la Chine veut un consensus international pour concilier progrès et sécurité
Le Premier ministre chinois Li Qiang a appelé samedi à concilier le développement de l'intelligence artificielle (IA) et les risques induits par cette technologie, appelant à un consensus mondial malgré la rivalité Pékin-Washington en la matière.
Donald Trump a dévoilé cette semaine un plan d'action pour favoriser le développement sans entrave des modèles américains d'IA aux Etats-Unis et à l'étranger, écartant les réserves sur ses possibles dérives. Le président américain rompt ainsi avec la ligne de son prédécesseur démocrate Joe Biden, partisan d'un essor contrôlé. "Nous ne laisserons aucune autre nation nous battre" dans la course à l'IA, a ainsi déclaré M. Trump.La Chine, disposée à partager ses avancées technologiques
Mais samedi, lors de l'ouverture de la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle (WAIC) à Shanghai, Li Qiang a appelé à une bonne gouvernance et au partage des ressources, annonçant notamment la création d'un organisme, lancé par la Chine, destiné à stimuler la coopération internationale en matière d'IA. "Les risques et les défis liés à l'intelligence artificielle suscitent une attention généralisée (...) Trouver un équilibre entre développement et sécurité exige un consensus urgent plus large de la part de l'ensemble de la société", a-t-il souligné.
La Chine "encourage activement" le développement de l'IA open source et est disposée à partager ses avancées technologiques avec d'autres pays, notamment ceux en développement, a-t-il souligné. Les programmes en open source permettent l'accès à...
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26/07 - "Comment ne pas faire un don ?" : pourquoi les Marseillais adorent leur Bonne Mère
Cet été, sa silhouette élancée ne saluera pas ceux qui boivent un verre sur la place de Lenche ; elle ne surgira pas, comme à l’habitude, au détour d’une autoroute ou d’une voie de chemin de fer pour accueillir ceux qui arrivent à Marseille. Depuis quelques jours, Notre-Dame de la Garde, plus connue sous le nom de "Bonne Mère", se cache derrière un échafaudage de métal pour se refaire une beauté.
D’ici au 8 décembre, la statue de la Vierge va être redorée, les terrasses alentour remises en état, le clocher restauré. Pour faire face au coût du chantier – 2,8 millions d’euros –, une collecte populaire a été lancée et près d’un tiers de la somme récoltée auprès de particuliers. Une exception dans un monde où le patrimoine religieux peine à trouver des financements pour son entretien. Le signe, aussi, que la Bonne Mère suscite à Marseille une ferveur qui dépasse les seuls catholiques.La Bonne Mère, aussi populaire que le stade Vélodrome
Tous les vingt à trente ans, la statue de la Vierge de plus de 11 mètres doit être dépolluée et redorée si elle ne veut pas perdre son éclat visible de toute la ville. Mais l’endroit appartient au diocèse, non à l’Etat comme le voudrait la loi de 1905. Au moment de la réaffectation des lieux de culte, la basilique est, en effet, propriété de la Marine qui, au XVIe siècle, y a bâti un fort. En 1941, elle est rétrocédée aux autorités religieuses. Mais elles n’ont pas les moyens de financer des travaux de plusieurs millions d’euros. Et elles ne peuvent pas solliciter l’aide du ministère de la...
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26/07 - Franchises médicales, affections longue durée, arrêts maladie... Catherine Vautrin précise les économies dans la santé
La ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin, détaille les mesures d'économie pour freiner les dépenses de santé l'an prochain dans une interview au Monde publiée samedi matin. Le Premier ministre a demandé mi-juillet que les dépenses de santé soient freinées de "l'ordre de" cinq milliards d'euros l'an prochain, en demandant notamment un effort de "responsabilisation" des Français.
Mme Vautrin rappelle que François Bayrou a notamment annoncé "le doublement du plafond des franchises médicales" à 100 euros par an (soit les sommes non remboursées au patient, fixées à 1 euro par boîte de médicament). Soulignant qu'"il faut arrêter avec cette idée que l'Assurance-maladie, 'c'est gratuit, j'y ai droit'", elle précise qu'il y aura un plafond fixé "à 8 euros maximum par mois", et réaffirme que ces franchises seront payées "au comptoir".Transfert à l'employeur de la prise en charge d'une partie des arrêts maladie
Concernant les affections longue durée (ALD), également citées par François Bayrou parmi les mesures d'économies, Mme Vautrin indique qu'il s'agira d'abord de "faciliter la sortie de ce régime, quand le médecin déclare que vous êtes pleinement guéris d'un accident vasculaire cérébral ou d'un cancer, par exemple". Elle ajoute que le gouvernement entend "interroger le maintien du remboursement à 100% des cures thermales et des médicaments dont le service médical rendu est faible pour les patients en ALD".
Sur un autre sujet sensible, objet de "dérive" selon M. Bayrou,...
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26/07 - Guerre en Ukraine : les lignes de défense peuvent-elles tenir face à l’armée russe ?
A l’aube des trois ans et demi de guerre, rien ne semble pouvoir mettre un terme au déluge de feu s’abattant sur l’Ukraine. Au lendemain d’un nouveau cycle de pourparlers peu fructueux entre Moscou et Kiev le 23 juillet en Turquie, cinq personnes sont mortes et des dizaines d’autres blessées dans des frappes russes sur le pays. Malgré l’ultimatum de 50 jours lancé par Donald Trump à son homologue russe pour mettre fin à la guerre, Vladimir Poutine reste persuadé de pouvoir atteindre son objectif : la reddition de l’Ukraine. Inacceptable pour Kiev qui, depuis plus de trois ans, résiste pied à pied à l’invasion de son territoire.
Loin du front diplomatique, sur le terrain militaire, la situation des forces ukrainiennes n’en demeure pas moins difficile. En dépit d’un front relativement stable depuis deux ans, l’armée russe a accéléré son grignotage ces derniers mois : près de 450 km2 en mai, 550 km2 en juin, et d’ores et déjà 450 km2 lors des trois premières semaines de juillet. "Les Russes concentrent leurs efforts sur le front Est, pointe le général Nicolas Richoux, ancien commandant de la 7e brigade blindée. Leur objectif est d’aligner la ligne de front sur les frontières des quatre oblasts qu’ils ont annexé en septembre 2022." En toile de fond, la question de savoir s’ils pourraient, cette fois, parvenir à leur fin.Risque d’encerclement à Pokrovsk
A Pokrovsk, ville bastion de la région de Donetsk, dans le viseur des Russes depuis plus d’un an, la situation apparaît de plus en plus précaire. Au fil des mois,...
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26/07 - Jonathan Sacerdoti : "Sur la Palestine, votre président fait passer la France pour un pays naïf voire ridicule"
"Du danger de reconnaître un État palestinien". C’est ainsi que Jonathan Sacerdoti, journaliste britannique pro-israélien engagé contre l’antisémitisme, titrait un éditorial publié en juin dernier dans le journal conservateur britannique The Spectator. Un article dans lequel il expliquait pourquoi, selon lui, les conditions n’étaient pas à ce stade réunies et pourquoi une telle reconnaissance, sans exigences préalables strictes, présenterait des risques non seulement pour Israël, mais pour l’ensemble de la région. Dès lors, il n’est guère surprenant que, lorsqu’un mois plus tard, le président Emmanuel Macron annonce que la France reconnaîtra l’État de Palestine en septembre à l’ONU, ce ne soit pas seulement Washington — qui dénonce une décision ne servant que "la propagande du Hamas" — et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui aient vu rouge.
Pour Jonathan Sacerdoti, ancien correspondant au Royaume-Uni pour la chaîne d’information continue i24news, Emmanuel Macron prend une décision hautement "insensée". "Une reconnaissance immédiate d’un État palestinien serait non seulement prématurée, mais aussi dangereuse", met-il en garde. Selon lui, notre président vient de "tomber un piège". Entretien.
L’Express : La décision française "récompense la terreur", a fustigé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, après l’annonce d’Emmanuel Macron, en référence aux crimes du 7 octobre. Quelle lecture faites-vous de l’annonce du président français ?
Jonathan Sacerdoti : Je tends à partager la position de...
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26/07 - Laurent Wauquiez, 2027 envers et contre tous : ses SMS par centaines, ses colères, ses obsessions
Peu après l’élection triomphale de Bruno Retailleau à la présidence du parti LR, Christian Wauquiez et son frère Philippe, le père de Laurent, ont laissé un message à leur neveu et fils, le perdant. Il fallait, disaient-ils en substance, que la droite en finisse avec ses querelles, lui et ses rivaux devraient s’isoler et désigner leur candidat pour la présidentielle, derrière lesquels tous se rangeraient gentiment. Philippe Wauquiez raconte l’entreprise en précisant deux points – deux évidences, à l’écouter. Primo, ce conclave des chefs LR, s’il se tenait, choisirait forcément son fils, puisqu’il est de très loin et depuis toujours le meilleur, et secundo, le message demeura sans réponse. C’est que Laurent Wauquiez pense peu ou prou comme ses aînés.
Il n’a pas subi de cinglante défaite le 18 mai face au ministre de l’Intérieur. Le soir même, il s’est d’ailleurs planté de toute sa hauteur devant un militant, et l’a sermonné : "Rien n’est terminé, on prendra notre revanche." Ses 25,69 % contre les 74,3 % de son rival relèvent de la péripétie. Le fait que trois départements de sa région, Auvergne-Rhône-Alpes, ne l’aient pas choisi, ni d’ailleurs la grosse fédération du Rhône, dans laquelle il avait tenu quatre meetings, indique au pire une mauvaise passe. Les jeux demeurent ouverts, et sa garde rapprochée de le répéter, hypnotique : "Il a gagné", "Il est revenu dans l’atmosphère", "Cette campagne n’est pas celle de sa sortie, c’est celle de son retour".
"Laurent va bien, c’était anticipé, ces résultats, ce n’est pas sur sa...
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25/07 - Loi Duplomb : de nombreux légumes au-dessus des seuils d’intoxication à l’acétamipride ?
Quelle est la quantité d’acétamipride susceptible de finir dans nos assiettes ? Jusqu’à présent, cette question n’a jamais été évoquée dans les débats au sujet de ce pesticide, que la loi Duplomb vise à réintroduire. Une absence particulièrement regrettable, car sans cette information, impossible de se faire un avis sur les risques encourus, très différents, forcément, en fonction de la dose ingérée.
Pour y remédier, L’Express a épluché les rapports officiels de l’Efsa, l’agence européenne qui évalue la toxicité des intrants agricoles. Bien que publiques, ces données n’ont curieusement jamais fait l’objet de relais médiatiques. Elles sont pourtant de nature à remettre en question l’idée de rejets totalement "sûrs", un argument brandi par les défenseurs du texte voté par les députés le 8 juillet dernier, et au cœur d’incessantes polémiques depuis.
Ces statistiques, issues d’essais scientifiques menés sur certaines parcelles agricoles, démontrent que, ponctuellement, certains fruits et légumes cultivés en Europe ont pu être exposés à des doses très largement supérieures aux normes de sécurité, c’est-à-dire le maximum qu’il est possible d’ingérer en un jour sans s’exposer à des risques pour la santé (aussi appelé l’ARfD). Et ce, jusqu’en 2024, date à partir de laquelle l’agence sanitaire a décidé d’abaisser ses seuils, en raison de nouvelles alertes sanitaires sur l’acétamipride.Jusqu’à six fois la dose
Au total, parmi les centaines de fruits et légumes analysés par l’agence, une trentaine a pu présenter des niveaux d’exposition...
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25/07 - Face au conflit Thaïlande-Cambodge, la Chine en médiatrice attentive... et intéressée
Les obus tombent sur les provinces frontalières thaïlandaises, des civils fuient par milliers, et une Première ministre est suspendue à Bangkok : la crise qui oppose la Thaïlande et le Cambodge depuis plusieurs mois a atteint son paroxysme avec des échanges de tirs meurtriers fin juillet. Officiellement, Pékin se tient à l’écart et appelle au dialogue. Mais dans les coulisses, la Chine, premier partenaire économique des deux pays et allié historique du Cambodge, s’impose comme le véritable arbitre de cette confrontation. Investissements massifs, coopération militaire et présence navale : le royaume khmer est devenu l’un des piliers de l’influence chinoise en Asie du Sud-Est.Echanges d’artillerie et frappes aériennes
Depuis février 2025, Thaïlande et Cambodge s’accusent d’incursions militaires dans des zones frontalières disputées, notamment autour de temples khmers anciens. La tension s’est aggravée après la mort d’un soldat cambodgien le 28 mai, avant de dégénérer fin juillet en affrontements d’une violence inédite depuis plus d’une décennie : des échanges d’artillerie et des frappes aériennes thaïlandaises ont touché des zones civiles, notamment dans les provinces de Surin et de Sisaket. Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir tiré des roquettes sur un hôpital et sur une station-service, tandis que le Cambodge rejette la responsabilité des premières attaques sur l’armée thaïlandaise.
Ces combats ont provoqué l’évacuation de dizaines de milliers de personnes et ravivé des tensions politiques à Bangkok. La Première...
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25/07 - L’Iran entame de nouvelles négociations sur son programme nucléaire : ce qu’il faut savoir
La rencontre était très attendue. A l’heure où la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne menacent de rétablir de sévères sanctions contre Téhéran, une délégation iranienne a retrouvé vendredi 23 juillet à Istanbul des émissaires des trois puissances européennes pour reprendre les pourparlers sur le programme nucléaire iranien. "Nous avons eu une discussion sérieuse, franche et approfondie (avec les trois pays européens)", a indiqué le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. "Il a été convenu de poursuivre les consultations", a ajouté le diplomate.
Des diplomates européens ont commencé les discussions avec un représentant iranien, dans l’espoir de relancer les négociations sur la limitation ou l’élimination du programme d’enrichissement nucléaire de l’Iran. La France, l’Angleterre et l’Allemagne exhortent Téhéran à dialoguer à nouveau avec Washington sur son programme nucléaire, le pressant notamment de prendre des mesures concrètes pour restaurer la confiance internationale quant à la nature purement civile de ses activités d'enrichissement d’uranium.
Cette réunion est la première depuis l’attaque israélienne à la mi-juin contre des sites nucléaires et militaires clés en Iran, qui a déclenché une guerre de 12 jours entre les deux rivaux. Les Etats-Unis s’étaient...
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25/07 - Syrie : le mandat d’arrêt émis en France contre Bachar al-Assad annulé par la Cour de cassation
La justice "annule" le mandat d’arrêt émis contre Bachar al-Assad. La Cour de cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire en France, a estimé que cet ordre donné aux forces publiques n’était pas valable. Émis en 2023, il visait l’ex-président syrien, tombé du pouvoir en décembre dernier, pour complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Des accusations liées aux attaques chimiques imputées au pouvoir syrien en 2013, ayant fait plus de mille morts.Immunité personnelle en tant que chef d’État
La raison de ce rejet par la Cour de cassation ? L’immunité personnelle dont jouissait Bachar al-Assad en tant que chef de l’État au pouvoir, à l’instar de l’ensemble des dirigeants internationaux en poste dans le monde. Or, au moment où a été émis le mandat d’arrêt, l’ancien président était encore au pouvoir à Damas. D’après la juridiction, cette règle d’immunité ne peut souffrir d’aucune exception. Le mandat d’arrêt n’était donc pas "régulier", a souligné le président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, lors d’une audience publique diffusée de manière inédite en direct sur Internet.
Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que Bachar al-Assad ne pourrait pas être prochainement poursuivi devant les tribunaux français. Ainsi, depuis que le dictateur a été renversé fin 2024 et n’est de facto plus au pouvoir, "de nouveaux mandats d’arrêt ont pu ou pourront être délivrés à son encontre pour des faits susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l
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25/07 - En France, environ 2 000 entreprises d’exportation sont ciblées par les droits de douane américains
Les entreprises françaises ne sont pas à l'abri des droits de douanes américains. Quelque 2 000 entreprises qui réalisent la moitié des exportations françaises vers les Etats-Unis sont exposées au marché américain pour 10 % ou plus de leur chiffre d'affaires, et subiraient la moitié du choc des droits de douanes additionnels, selon une étude des douanes françaises ce vendredi 25 juillet.
Avec 48,6 milliards d'euros de biens exportés vers les Etats-Unis en 2024, dont l'essentiel par 14 700 entreprises des secteurs marchands (hors biens agricoles et financiers), le pays est la deuxième destination d'exportation de la France en valeur derrière l'Allemagne (78 milliards d'euros).
Alors que le dénouement des négociations sur les droits de douane entre l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis est espéré le 1er août, les discussions se poursuivent et un accord semblait se dessiner ces derniers jours avec des droits de douane américains ramenés à 15 %, assortis d'exemptions dans le secteur aéronautique ou pharmaceutique. Temporairement, un droit de douane de 10 % s'applique sur les exportations européennes vers les Etats-Unis.
La moitié des droits de douanes additionnels pourrait peser sur environ 2 000 entreprises françaises qui réalisent les trois quarts des exportations de matériel de transport (construction aéronautique et navale), de boissons ou de produits de la maroquinerie vers les Etats-Unis, indique l'étude.Taux de marge considérable
La capacité de ces entreprises à résister au choc de cette...
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25/07 - Etat de Palestine : ce que peut changer (ou pas) la reconnaissance par la France
Il souhaite apporter "une contribution décisive à la paix au Proche-Orient". En actant jeudi 24 juillet la reconnaissance d’un Etat de Palestine par la France en septembre prochain, Emmanuel Macron a suscité de vives réactions de la part de la communauté internationale. Si certaines nations ont salué la décision du président de la République, celui-ci s’est aussi attiré les foudres d’Israël. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou estime ainsi que la démarche de l’Élysée "récompense le terrorisme", en référence aux attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, qui ont fait environ 1 200 morts.
Dans les faits, que pourrait changer concrètement l’initiative de Paris ? Difficile de le déterminer avec précision. Les équilibres au Proche et Moyen-Orient sont totalement bousculés depuis les attentats du mouvement islamiste en Israël, suivis du début de la guerre à Gaza. Le gouvernement israélien, déterminé à éradiquer le Hamas, poursuit ses opérations militaires dans l’enclave palestinienne, près de deux ans après le lancement de l’intervention armée. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont péri dans durant le conflit, marqué par d’incessants bombardements israéliens. Une cinquantaine d’otages, dont certains présumés décédés, sont par ailleurs toujours retenus par le Hamas.Un "signal clair" vis-à-vis de Trump et Netanyahou
Sur place, la situation humanitaire est catastrophique. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le risque de famine...
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25/07 - Cybersécurité : les failles inquiétantes des institutions européennes
L’Europe est-elle prête à résister à une cyberattaque de grande ampleur ? Rien n’est moins sûr, si l’on en croit une étude publiée par le Business Digital Index (BDI). Cette plateforme lituanienne de cybersécurité a été créée par Cybernews, un média composé de journalistes et chercheurs dans le domaine. Pour la première fois, une analyse d’envergure a été menée par l’entreprise sur la sécurité numérique des grandes institutions de l’Union européenne. Le constat est accablant : 67 % des institutions étudiées obtiennent un score D ou F, soit les deux pires notes possibles en matière de protection numérique, et aucune ne répond aujourd’hui aux standards internationaux de cybersécurité. Aucune d’entre elles, non plus, n’a obtenu un score A ou B, qui correspond aux standards de cybersécurité les plus exigeants. Leur score moyen est de 71 sur 100, une note qui, selon la méthodologie de l’indice, place un organisme dans la catégorie à haut risque. "L’absence de toute note A ou B est un sérieux signal d’alerte. Aucune organisation ne répond aux normes reconnues pour une cybersécurité robuste", a commenté l’équipe de chercheurs du Business Digital Index auprès de L’Express.
Pour établir ce constat, les experts ont passé au crible la sécurité des sites en s’appuyant sur les données publiques, les bases de données IP et l’historique des cyberattaques connues. 75 organes et agences européennes, dont la Commission européenne et le Parlement européen, ont été étudiés selon sept critères allant des mises à jour logicielles à la configuration...
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25/07 - Donald Trump face aux "IA woke" : l’angle mort de la polémique qui déchire la Silicon Valley
Les Américains ne plaisantent pas avec l’IA. L’ambitieux plan d’action dévoilé cette semaine par Donald Trump montre sa détermination à faire de son administration une VRP zélée du secteur. Il encourage notamment ses champions de l’IA à élaborer des offres "tout en un" qu’agences et ministères pourront pousser à leurs homologues internationaux. Entre cela, le colossal Stargate et la dérégulation du secteur, les entreprises IA ont de quoi se réjouir.
Il y a cependant une condition à remplir pour bénéficier des largesses de Trump. Et c’est un détail d’importance. Le président américain ne veut pas d’IA "politiquement biaisée". Il met le doigt sur un sujet de préoccupation majeur dans le secteur. Hélas, l’occupant de la Maison-Blanche et une partie de ses partisans semblent le comprendre de travers.
Son camp s’était délecté d’une polémique visant Google. Celle-ci avait éclaté en février 2024, lorsque l’IA Gemini du groupe s’était mise à générer des images de nazis noirs ou de Vikings asiatiques. La preuve, selon certains pro-Maga, que la Silicon Valley discrimine les populations blanches. Ce n’est évidemment pas le cas. Google tentait en réalité de corriger un problème bien connu du secteur : le fait que les grandes bases d’images sur lesquelles les IA sont entraînées n’offrent pas une représentation fidèle de la société.
A l’inverse des plateformes payantes qui se différencient sur les photos d’actualité ou artistiques, beaucoup de bases d’image gratuites sont bourrées de visuels génériques assez stéréotypés. Elles œuvrent...
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25/07 - Les affrontements avec le Cambodge "pourraient devenir une guerre", affirme le Premier ministre par intérim thaïlandais
Les deux pays voisins sont engagés depuis jeudi dans des combats d'une violence inégalée depuis 2011, qui ont tué une quinzaine de civils des deux côtés de la frontière. Ils se disputent de longue date sur le tracé de leur frontière commune longue de plus de 800 kilomètres, définie par des accords passés quand le Cambodge était un protectorat français.Loi martiale dans huit districts de Thaïlande frontaliers du Cambodge
La Thaïlande a décrété vendredi la loi martiale dans huit de ses districts frontaliers avec le Cambodge, en pleins affrontements meurtriers entre les deux voisins d'Asie du Sud-est, pour la deuxième journée consécutive.
"la loi martiale est désormais en vigueur" dans sept districts de Chanthaburi et un district de Trat, a déclaré Apichart Sapprasert, responsable de l'armée thaïlandaise dans les provinces de Chanthaburi et Trat.Pékin qualifie de "déchirants" les affrontements meurtriers Thaïlande-Cambodge
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a qualifié vendredi de "déchirants et inquiétants" les affrontements meurtiers à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge.
"Ce problème trouve ses racines dans les séquelles des colonisateurs occidentaux et doit maintenant être abordé avec calme et géré de manière appropriée", a déclaré Wang Yi au secrétaire général de l'ASEAN, Kao Kim Hourn, à Pékin, selon un communiqué de la diplomatie chinoise.La Thaïlande "prête" à une médiation de la Malaisie
La Thaïlande est "prête" à résoudre le conflit qui l'oppose au Cambodge par la voie diplomatique...
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25/07 - Mitterrand - Arafat : quand la Palestine faisait déjà s’embraser la classe politique française
"Mitterrand démission !" Ce n’est ni la première, ni la seule fois que ces mots résonnent dans les rues de Paris. Mais cette fois, c’est l’histoire qui se fait entendre. Le 2 mai 1989, la rue Copernic est bondée, des milliers de personnes participent au rassemblement organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) contre la visite du leader palestinien Yasser Arafat. Des élus de droite, de l’ancien ministre UDF François Léotard à Jean Tiberi premier adjoint RPR au maire de Paris, sont venus nombreux, ainsi qu’un conseiller socialiste de Paris, Pierre Aidenbaum. Le lieu ne doit rien au hasard : c’est dans cette rue que se trouve la synagogue visée par un attentat qui a fait trois morts le 3 octobre 1980. Et la tension est maximale. Il faudra l’intervention d’Enrico Macias, qui entonne avec la foule Ya Ha Al Shalom ("Que Dieu fasse la paix") et la lecture du Kaddish (prière des morts), pour ramener le calme.
Discuter avec un "terroriste" ? Reconnaître son organisation, l’OLP ? La première fois que Yasser Arafat a rencontré un ministre français, c’était en 1974, au début du septennat de Valéry Giscard d’Estaing : il s’agissait de Jean Sauvagnargues au Quai d’Orsay. En 1988, Roland Dumas l’a vu à Strasbourg. L’année suivante, François Mitterrand décide de le recevoir à l’Elysée. Polémique immédiate. Au point que le chef de l’Etat décide dans le mois qui précède d’accélérer le calendrier, afin de prendre de vitesse le mouvement de protestation qui s’organise au sein de la communauté...
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25/07 - Le néo-antifascisme d’une certaine gauche désemparée se bat contre des fantômes, par Pierre-André Taguieff
Après 1945 et la destruction des régimes fascistes en Europe, on a assisté à une folklorisation du fascisme résiduel observable, prenant la forme de mouvements ou de groupes baptisés "néofascistes" par leurs dénonciateurs heureux et fiers de se présenter eux-mêmes comme des "antifascistes". Ces derniers se font gloire d’être "du bon côté de l’histoire", face aux "fascistes", qui seraient "du mauvais côté de l’histoire", ce qui leur vaut haine, mépris et condamnation absolue.
Dans la catégorie floue qu’est le "néofascisme", concept élastique et catégorie d’amalgame d’usage polémique, on trouve regroupés en vrac des survivants des fascismes historiques restés fidèles à eux-mêmes, des marginaux haïssant "le Système" et saisis par la nostalgie d’un "extrémisme" ou d’une "radicalité" qu’ils auraient aimé partager, des illuminés sectaires, nombreux chez les collectionneurs de vestiges du nazisme ou du fascisme mussolinien, des groupuscules se voulant "révolutionnaires" ou "révolutionnaires-conservateurs" en lutte contre la démocratie libérale au service du capitalisme globalisé, et des partis politiques dits "d’extrême droite", "nationalistes", "populistes" ou "nationaux-populistes", ou encore, plus simplement "réactionnaires".
Lorsqu’elle est employée aujourd’hui dans les discours dits "antifascistes", cette catégorie répulsive de "fascisme" s’avère dénuée de traits distinctifs fixes, et ne fait l’objet que de définitions contextuelles ou occasionnelles liées aux besoins rhétoriques d’un individu ou d’un groupe...
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25/07 - Reconnaissance de l’Etat palestinien : "La France n’a aucun levier direct sur Israël"
En annonçant au beau milieu de la pause estivale la reconnaissance prochaine de la souveraineté palestinienne, Emmanuel Macron a pris de court l’ensemble de la classe politique nationale et internationale. La question avait, certes, été sérieusement évoquée au printemps dernier lorsque le président français avait fait part de son intention de reconnaître un Etat palestinien à l’occasion d’une conférence coprésidée avec l’Arabie saoudite aux Nations unies à New York en juin. Mais la résurgence des hostilités directes entre l’Iran et Israël l’avait contraint à ajourner sine die ce projet de reconnaissance.
Un mois après le cessez-le-feu entre Tel-Aviv et Téhéran, et alors que la situation humanitaire à Gaza continue de s’aggraver, Emmanuel Macron se met en scène : à la fois comme le premier président français et comme le premier leader du G7 à se dire prêt à acter la reconnaissance de l’Etat palestinien. D’ici à la conférence des Nations unies en septembre, le locataire de l’Elysée espère emporter dans son sillage quelques-uns de ses alliés occidentaux. Le pourra-t-il seulement ? Décryptage avec Amélie Férey, chercheuse au sein du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri), et spécialiste du conflit israélo-palestinien.
L’Express : Quelles conséquences peut avoir l’annonce d’Emmanuel Macron et pourquoi l'avoir faite maintenant ?
Amélie Ferey : Cela fait longtemps que la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien est un sujet de politique étrangère en France. Emmanuel...
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25/07 - Etat de Palestine : pourquoi Emmanuel Macron attend septembre pour la reconnaissance officielle
Il s’engage à une reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France après l’été. Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait part de cette décision historique en publiant une lettre adressée au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sur son compte du réseau social X, jeudi 24 juillet. "Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’Etat de Palestine", écrit dans ce courrier le chef de l’Etat.
Cette reconnaissance n’interviendra toutefois que dans quelques semaines. "J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations Unies, au mois de septembre prochain", précise ainsi Emmanuel Macron. Une conférence dédiée à la question palestinienne se tiendra à l’occasion de ce rendez-vous annuel de la communauté internationale, à New York (Etats-Unis). Elle sera coprésidée par la France et par l’Arabie saoudite, qui a "salué" l’initiative de Paris.
Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain.… pic.twitter.com/7yQLkqoFWC— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 24, 2025Un report d’un premier sommet en juin
Ce sommet spécifique intervient après avoir d’abord été reporté. Sur le même format que la nouvelle réunion attendue en septembre, il devait avoir lieu du 17 au 21 juin, toujours à New York....
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25/07 - Une possible rencontre entre Poutine et Zelensky serait en cours de discussion
Des discussions seraient "en cours" pour organiser une rencontre entre le président russe, Vladimir Poutine et son homologue, Volodymyr Zelensky, affirme ce dernier dans des déclarations diffusées ce vendredi 25 juillet. La partie russe ne semble cependant pas optimiste quant à la possibilité d’une rencontre imminente. Entre-temps, l’Ukraine cherche des financements pour dix systèmes de défense aérienne Patriot. Cela, après qu’un accord a été signé avec Washington et l’Otan, permettant à des pays européens d’acheter des armes américaines pour les fournir à Kiev. Au front, les frappes russes continuent, causant la mort de cinq personnes et exigeant l’évacuation des civils dans l’est de l’Ukraine.
Les infos à retenir
⇒ Zelensky annonce que des discussions "ont commencé" pour une possible rencontre avec Poutine
⇒ L’Ukraine cherche des financements pour dix systèmes de défense aérienne Patriot, vendus par les États-Unis
⇒ Cinq morts dans des frappes russes et évacuations de civils dans l’est de l’UkraineZelensky : des discussions "ont commencé" sur une possible rencontre avec Poutine
Une possible rencontre avec le président russe Vladimir Poutine a fait l’objet de discussions lors des négociations cette semaine à Istanbul entre Moscou et Kiev, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans des déclarations diffusées vendredi 23 juillet.
L’Ukraine a fait de cette rencontre, à laquelle elle souhaiterait voir participer le président américain Donald Trump, un objectif des négociations pour mettre fin...
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25/07 - Loi Duplomb : "Je suis fille et petite-fille d’agriculteurs, et j’ai peur de l’image que l’on dresse d’eux dans les médias"
Je suis fille et petite-fille d’agriculteurs, et j’ai peur de l’image que l’on dresse d’eux dans les médias. J’ai peur quand je perçois la lassitude de mon père et de mon grand-père face aux politiques qui ne comprennent pas leurs contraintes de producteurs. Leur résignation ne les incite plus à se battre. S’ils ne le font plus, qui garantira la survie de notre agriculture ? J’ai peur quand, discutant avec des signataires de la pétition contre la loi Duplomb, je comprends qu’ils ne perçoivent pas les conséquences de ces signatures. Comment leur en vouloir?
Distinguer le vrai du faux dans les médias et sur les réseaux quand on ne vient pas de ce milieu n’est pas chose aisée. Qui sait ce qu’il se passe vraiment dans les fermes ? Qui explique les enjeux sous-jacents de cette loi ? J’entends parler de "cohérence" face aux enjeux climatiques. Cette loi serait un retour en arrière pour l’écologie. Mais de quelle cohérence parle-t-on ?
Être cohérent, c’est respecter l’agriculture comme un intérêt fondamental de la nation en permettant aux agriculteurs de continuer à nous nourrir en vivant dignement.
Être cohérent, c’est ouvrir les yeux sur les produits que nous importons massivement et qui sont traités avec les substances que nous interdisons chez nous.
Être cohérent, ce n’est pas écouter les agriculteurs quand ils bloquent nos autoroutes et les dédaigner ensuite.
Être cohérent, c’est donc réautoriser l’utilisation de cette substance dans nos champs, parce que celle-ci sera strictement encadrée et utilisée...
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25/07 - Reconnaissance de l’Etat palestinien par la France : Erdogan félicite Macron
Alors que l'émissaire américain Steve Witkoff a acté jeudi l'échec des pourparlers menés à Doha en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le président français Emmanuel Macron a annoncé ce même jour que la France va reconnaître l'Etat de Palestine en septembre lors de l'Assemblée générale de l'ONU, disant espérer créer une dynamique collective en ce sens.
La France doit coprésider avec l'Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement visant à relancer la solution dite "à deux Etats", palestinien et israélien. A ce jour, au moins 142 Etats ont reconnu un Etat palestinien, selon un décompte de l'AFP.
Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain.… pic.twitter.com/7yQLkqoFWC— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 24, 2025
Fustigée par Israël comme une "récompense de la terreur" mais saluée à Ryad, voici les principales réactions internationales à la décision de la France de reconnaître l'Etat de Palestine en septembre à l'ONU.Erdogan félicite Macron
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a félicité dimanche son homologue français Emmanuel Macron, quelques jours après que ce dernier a annoncé, jeudi dernier, vouloir reconnaître l'Etat de Palestine en septembre à l'ONU, a déclaré la présidence turque. "Une solution à deux États est essentielle...
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25/07 - "A Gaza, le Hamas utilise la souffrance des civils contre nous" : plongée au cœur de la contre-attaque médiatique israélienne
A la frontière entre Israël et Gaza, seuls les chiens errants semblent libres de leurs mouvements. Réfugiés de l’enclave palestinienne, ils vont et viennent à leur guise, aboient sur les convois, urinent sur les jeeps. Ni les soldats israéliens, qui les laissent en paix, ni les rares camions d’aide humanitaire, pourtant cruciaux pour acheminer de la nourriture à Gaza, ne les dérangent.
Ce 24 juillet, l’armée israélienne a autorisé une vingtaine de journalistes israéliens et internationaux, dont L’Express, à traverser un point de passage entre Israël et la bande de Gaza, pour la première fois depuis la reprise des combats avec le Hamas en mars dernier. Ce déplacement, sous haute protection militaire, n’a couvert que quelques centaines de mètres, jusqu’à la zone de transit humanitaire de Kerem Shalom, tout au sud de l’enclave palestinienne. Un entrepôt à ciel ouvert où se retrouve stockée l’aide humanitaire à destination de Gaza, encerclée par de hauts murs de béton. C’est ici que les camions venus d’Israël déposent leurs cartons, avant que ceux-ci ne soient récupérés par d’autres véhicules d’agences humanitaires et distribués dans la bande de Gaza.
Mais ces dernières semaines, les palettes remplies de sacs de riz, de lentilles ou de couches pour bébés s’accumulent, patientant sous un soleil de plomb. Quelques cartons éventrés laissent à découvert des boîtes de maïs d’une marque israélienne, d’autres portent le sigle de l’Arabie saoudite et contiennent des masques chirurgicaux. D’après l’armée israélienne,...
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25/07 - PODCAST. Qu’est-ce que le libertarianisme ? L’Express vous explique tout
Cette semaine, Xavier Yvon et Alix L'hospital, journaliste au service Idées de L'Express, vous expliquent ce qu'est le libertarianisme.
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L'équipe : Xavier Yvon (écriture et présentation), Lison Verriez (écriture et montage), Jules Krot (réalisation).
Crédits : Slate, Canal +, TMC, France Culture
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Logo : Anne-Laure Chapelain / Thibaut Zschiesche
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Xavier Yvon : On va lui accorder toute la liberté dont elle a besoin pour nous expliquer ce terme... Salut Alix !
Alix L'hospital : Salut Xavier !
Xavier Yvon : Alix L'hospital, tu es journaliste au service Idées de L'Express. Pour commencer, il y a un nom qui revient souvent ces derniers temps, lorsqu'on parle des libertariens, c'est celui d'Elon Musk.
Alix L'hospital : Oui parce qu'il y a l'histoire du rachat de Twitter par Elon Musk. Comme il souhaite alléger la modération sur le réseau social, il est souvent décrit comme libertarien pour ses positions sur les drogues et les brevets. Dès que quelqu'un a l'air de vouloir outrepasser les règles, on le qualifie de libertarien. Mais c'est un peu comme avec Donald Trump qui a longtemps été rapproché de ce mouvement alors qu'on se rend compte quand on regarde vraiment ce qu'est le libertarianisme, qu'ils n'en sont pas vraiment.
Xavier Yvon : Regarder vraiment ce qu'est le...
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25/07 - "Tu vas te faire massacrer..." : quand Marine Le Pen vivait le quotidien des avocats pénalistes
Ils sont aujourd’hui, chef d’Etat, chef de guerre, cheffe politique, faiseur de roi… Mais avant de devenir les figures incontournables que nous connaissons, Donald Trump, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, Marine Le Pen et Elon Musk ont connu des débuts variés. Cet été, L’Express remonte le temps et vous propose de redécouvrir les premiers portraits de ces personnalités : quand Donald Trump bâtissait un empire immobilier, quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate, lorsque Volodymyr Zelensky quittait la scène artistique pour l’arène politique… A travers nos archives, plongez dans les coulisses de leurs premiers pas, là où tout a commencé.
EPISODE 1 - Du jeu télévisé "KVN" à la guerre en Ukraine : les débuts méconnus de Volodymyr Zelensky
Dans L’Express du 7 octobre 2015Quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate
A l’époque, elle forçait sur la nicotine et les vestes à épaulette, et n’adoptait le serre-tête qu’en de rares occasions. Ce jour-là, elle le choisit noir, assorti à sa robe. "Je donne la parole à madame le deuxième avocat général !" finit par clamer le président de cette cour factice jugeant Charles IX pour crimes contre l’humanité et tapage nocturne. Nous sommes en septembre 1991, très loin du massacre de la Saint-Barthélemy,...
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25/07 - Un "eldorado" pharmaceutique : pourquoi le succès de l’Irlande agace Donald Trump
Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le ballet des personnalités reçues dans le bureau Ovale ne s’interrompt presque jamais. Parfois debout, souvent assis à côté de lui… Qu’ils soient chefs d’Etat, sportifs de haut niveau ou encore patrons de grandes entreprises, tous se pressent pour rencontrer le président. Une véritable arme diplomatique pour celui-ci, quitte à en abuser. Volodymyr Zelensky, pris à partie devant les caméras du monde entier par le milliardaire américain et son vice-président, J.D. Vance, en a fait les frais. Tout comme le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui s’est vu reprocher, fin mai, de ne pas avoir empêché la persécution supposée de fermiers blancs dans son pays...
Moins commenté, mais tout aussi déstabilisant : cet échange de près d’une heure avec le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, le 12 mars dernier. Comme à son habitude, Donald Trump manie maladroitement la carotte et le bâton. A la question "L’Irlande profite-t-elle des États-Unis ?", posée par un journaliste présent dans la pièce, le locataire de la Maison-Blanche rétorque, confusément : "Bien sûr. J’ai un profond respect pour l’Irlande, pour ce qu’elle a fait, et elle aurait dû faire exactement ce qu’elle a fait. Mais les États-Unis n’auraient pas dû laisser faire. Nous avons eu des dirigeants stupides, des dirigeants qui n’avaient aucune idée de ce qu’ils faisaient." Avant d’enchaîner, plus précis : "Tout d’un coup, l’Irlande détient nos sociétés pharmaceutiques, cette belle île de cinq millions d’habitants...
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24/07 - Emmanuel Macron annonce que la France va reconnaître l’Etat de Palestine en septembre
La France va reconnaître l'Etat de Palestine lors de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre à New York, a annoncé ce jeudi 24 juillet le président Emmanuel Macron sur ses réseaux sociaux.
"Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’Etat de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain", écrit le chef de l'Etat français sur X et Instagram.
Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain.… pic.twitter.com/7yQLkqoFWC— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 24, 2025
La France coprésidera alors avec l'Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement visant à relancer la solution dite "à deux Etats", palestinien et israélien.
Cette conférence, initialement prévue en juin, avait été reportée à la dernière minute en raison de la guerre entre Israël et l'Iran. Dans l'intervalle, une réunion au niveau ministériel se tiendra les 28 et 29 juillet à New York."L’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre à Gaza"
A ce jour, au moins 142 Etats ont reconnu un Etat palestinien, selon un décompte de l'AFP. Les Etats-Unis et Israël s'opposent fermement à un tel projet.
"L’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre...
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24/07 - Trump Towers, l’histoire d’une malédiction : "J’avais l’impression d’être entouré de parrains de la mafia"
Il n’est jamais trop tôt pour se célébrer. Ça fait venir le succès, nourrit la légende. Le champagne hors de prix et l’extravagance du moment se chargeront, s’il le faut, d’embellir l’histoire. Nous sommes en 1987, aux alentours de Noël. Ce soir-là, tout le gratin de New York s’est donné rendez-vous au pied de la Trump Tower de Manhattan pour fêter la sortie de The Art of the Deal, l’ouvrage du maître des lieux. Combien sont-ils agglutinés dans le légendaire atrium en marbre rose ? Mille ? Deux mille ? Selon le principe de "l’hyperbole véridique" conceptualisé par Donald Trump dans son livre, "les gens veulent croire en ce qui est le plus formidable, le plus génial et le plus spectaculaire". Va pour deux mille. Il faut bien ça pour fêter le "king" du moment. Le roi de la fête, assurément, mais aussi celui qui a rénové en un temps record la mythique patinoire Wollman de Central Park et lancé plusieurs projets pharaoniques à Atlantic City, dans l’Etat voisin du New Jersey, au début des années 1980.
Soudain, la soirée prend une dimension olympienne. Depuis le centre de l’arène où sont réunis les invités, les regards convergent vers la rambarde du deuxième étage : l’hôte s’apprête à tenir un discours. Qu’a-t-il dit ? Est-ce important ? De l’acteur Michael Douglas alors à l’affiche de Wall Street au tonitruant promoteur de boxe Don King, tous se souviendront que la star, ce jour-là, répondait au nom de Donald Trump. "Si je devais citer un tournant chez Donald, je parlerais de cette soirée, se remémore Barbara Res,...
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24/07 - Laurent Benarousse (Roland Berger) : "L’Europe doit exiger des contreparties de la Chine"
Donald Trump n’est pas le seul à vouloir s’attaquer aux asymétries commerciales. En visite à Pékin ce jeudi 24 juillet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a martelé qu’un "rééquilibrage était nécessaire" avec la Chine. Car derrière les sourires protocolaires, les griefs entre les deux géants s’accumulent : droits de douane sur les véhicules électriques, propriété intellectuelle, normes environnementales, position ambivalente vis-à-vis de la Russie…
Ensemble, la Chine et l'UE représentent environ 30 % du commerce mondial. Mais dans le jeu d’alliances mouvantes, l’heure est désormais au pragmatisme. Face à Pékin, Bruxelles doit imposer de nouvelles règles du jeu et obtenir plus de réciprocité, soutient auprès de L’Express Laurent Benarousse, managing partner France et Maroc du cabinet de conseil Roland Berger.
L’Express : Le thème de la souveraineté industrielle revient régulièrement depuis le Covid, mais les résultats sont pour l’heure limités en Europe. Sur quels secteurs devrait-elle se concentrer ?
Laurent Benarousse : La question ne se pose pas tant en termes d’industrie qu’en termes de produits. La maîtrise de nos données, d’abord, est en enjeu essentiel. Les grands opérateurs mondiaux qui hébergent nos données sont américains. Avec le "Cloud Act", les Etats-Unis peuvent leur demander l’accès à ces informations, ce qui pose des questions de confidentialité.
Le deuxième enjeu concerne les matières premières. Certes, certaines batailles sont déjà perdues, comme celle des semi-conducteurs...
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24/07 - Thomas Massie, le républicain qui ne cesse de s’opposer à Donald Trump
Depuis quelques mois, son nom revient en boucle dans les médias américains. Thomas Massie, représentant républicain du Kentucky, a retrouvé la lumière en déposant une résolution visant à forcer le ministère de la Justice et le FBI à rendre publics tous les documents liés à Jeffrey Epstein, le financier et prédateur sexuel mort en 2019. Une initiative qui, ironie du sort, lui vaut un regain de popularité… jusque dans les rangs trumpistes. "Il est rare que Massie soit autant en phase avec de nombreux partisans de Trump", a ironisé NBC News, soulignant ce paradoxe : celui qu’on surnomme "Mr No" pour ses votes systématiquement négatifs se retrouve soudainement en terrain ami.
"J’ai le peuple de mon côté", se défend Thomas Massie, citant un sondage CBS/YouGov selon lequel 89 % des Américains souhaitent la publication complète des dossiers Epstein. Une demande d’autant plus sensible que Donald Trump connaissait personnellement Jeffrey Epstein, comme l’attestent plusieurs photos et déclarations publiques. En appuyant là où ça fait mal, Thomas Massie se distingue encore par sa capacité à attaquer là où peu osent s’aventurer.
Depuis son élection en 2012, Thomas Massie s’est forgé une image d’électron libre, voire de casse-pieds notoire, y compris — et surtout — dans son propre camp. En juin dernier, il n’hésitait pas à se moquer des "gymnastiques mentales des néoconservateurs à Washington" pour justifier les frappes aériennes sur l’Iran, critiquant frontalement la politique étrangère de Donald Trump, coupable à ses yeux...
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24/07 - Alimentation : comment gourous, lobbys et influenceurs nous font avaler n’importe quoi
La consommation de viande rouge est-elle mauvaise pour la santé ? Concernant charcuteries et autres saucisses, la question est tranchée : oui, ces produits transformés sont néfastes. Mais sur la viande en steaks, gigots ou filets, la réponse peut sembler plus nuancée, et les quantités recommandées continuent d’être discutées. Depuis les années 1980, les études se sont multipliées, certaines concluant à sa nocivité, d’autres s’avérant au contraire rassurantes. Difficile en apparence d’y voir clair. Et pour cause. Après avoir revu toute la littérature scientifique sur la question, des chercheurs espagnols ont montré que la réponse dépendait surtout de… qui avait financé les publications. "Quand l’industrie soutient les travaux, la viande apparaît comme bénéfique. Les recherches indépendantes montrent au contraire qu’elle a un impact défavorable sur la santé cardiovasculaire", écrivent les auteurs de cette enquête parue en mai dans The American Journal of Clinical Nutrition.
Nulle fraude ici : "C’est plutôt dans la construction des protocoles que les chercheurs vont privilégier une méthodologie plus ou moins avantageuse pour la viande", décrypte François Mariotti, professeur à AgroParisTech et ex-président du comité d’experts spécialisés en nutrition de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Ce constat ne surprendra aucun spécialiste des études nutritionnelles : l’influence des industriels sur une partie de la production scientifique est connue. "Dans les dix revues de nutrition les plus...
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24/07 - Une première depuis 1945 : la France compte plus de décès que de naissances
C'est une bascule historique qui est arrivée plus vite que prévue. Selon des données de l’Observatoire français des conjonctures économiques établies à partir de l’Insee, la France a enregistré, de mai 2024 à mai 2025, 651 200 décès contre 650 400 naissances. Une première depuis 1945. En mai 2025, le nombre de décès cumulés sur un an a donc dépassé celui des naissances, un symbole du vieillissement démographique et d’un repli durable de la natalité.-4 % de naissances sur les cinq premiers mois de 2025
Cette inversion du solde naturel résulte de deux phénomènes conjugués. D’un côté, la natalité s’effrite : en deux ans, les naissances n’ont cessé de reculer et elles affichent encore -4 % sur les cinq premiers mois de 2025 par rapport à la même période en 2024. La fécondité est passée de 2 enfants par femme en 2014 à 1,6 en 2024, soit 20 % de naissances en moins qu’en 2010. Selon l’Institut national d'études démographiques (INED) "les intentions de fécondité ont diminué dans tous les groupes sociaux, quels que soient le sexe, l’âge, le pays de naissance, le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau de vie".
L’économiste Maxime Sbaihi rappellait à L’Express il y a quelques jours que ce recul est en partie lié à des progrès sociétaux : "Parmi les facteurs clés qu’on voit partout à l’œuvre, il y a l’éducation des femmes, la conquête de leurs droits, l’urbanisation, le développement économique et les avancées médicales. Parmi tous ces progrès, il y a aussi la chute de la mortalité infantile : on fait moins...
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24/07 - François Hollande - Bernard Cazeneuve : l’histoire d’une rupture silencieuse
Ils se sont tant aimés… avant de s’entre-déchirer. Géants de la tech, écrivaines célèbres, hommes politiques, businessmen… cet été, L’Express consacre une série d’été à des ruptures amicales contemporaines. Une façon d’appréhender l’actualité et ses débats par un aspect souvent ignoré du récit historique : l’amitié.
EPISODE 1 - Elon Musk et Peter Thiel, de partenaires à frères ennemis : l’histoire d’une amitié brisée
Plein du silence assourdissant d’espérer. Soudain, Bernard Cazeneuve se sent comme Aragon, ou presque. Il a beau tendre l’oreille, pas un bruit ne lui parvient. Depuis que son nom a germé pour Matignon, durant cet été 2024 suivant la stupéfiante dissolution, il compte. Combien sont-ils ses amis qui, haut et fort, crient leur enthousiasme de l’imaginer réinvestir le poste de Premier ministre ? Oh, il ne s’en émeut guère, la vie politique et la lecture de Mauriac lui ont appris à poser sur le monde et les hommes un regard désenchanté. Un mutisme toutefois le désarçonne. L’avouer serait ployer et Bernard Cazeneuve aime se tenir droit. Mais pourquoi diable François Hollande, avec qui il a tant vécu, se tait-il ?
Certes, leur relation, commencée à l’Assemblée à la fin des années 1990 mais dont l’intensité a crû en 2012 lors de la campagne présidentielle, n’a pas la longévité des plus solides amitiés. Non, elle se nourrit de bien davantage : l’épreuve, celle qui écrase le temps. Les attentats. Ensemble, Hollande à l’Elysée et Cazeneuve à Beauvau, ont subi, autant qu’ils ont fait face. Charlie Hebdo, l’Hypercasher, puis...
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24/07 - Russie : ce que l’on sait du crash d’un avion en Extrême-Orient
Un avion de ligne s’est écrasé jeudi 24 juillet dans la région de l’Amour, en Extrême-Orient russe. Selon les premières constatations des secouristes, il n’y a "pas de survivants", a annoncé le ministère russe des Situations d’urgence. L’appareil transportait près de cinquante personnes à bord, ont annoncé les autorités locales de ces territoires reculés, régulièrement endeuillés par des catastrophes aériennes. L’Express fait le point sur ce que l’on sait.Une partie de l’appareil retrouvée en feu
Le gouverneur de la région, Vassili Orlov, a annoncé jeudi matin qu’un avion qui effectuait un vol entre Blagovechtchensk et Tynda avait "disparu des radars". D’après des informations préliminaires, fournies sur Telegram par le département du parquet russe en charge des transports en Extrême-Orient, le contact a été perdu avec l’appareil vers 13h00 locales (06h00 heure française) alors qu’il effectuait une "deuxième approche" pour tenter d’atterrir à l’aéroport de Tynda. "Toutes les forces et tous les moyens nécessaires ont été déployés pour retrouver l’avion", a informé Vassili Orlov sur la messagerie Telegram.
Le "fuselage en flammes" de l’appareil a ensuite été repéré par un hélicoptère des services de secours, a affirmé le ministère russe des Situations d’urgence sur Telegram. Selon le Centre de protection civile de la région, il a été repéré à 16 kilomètres de la localité de Tynda. À l’aéroport de Tynda, des enquêtes sont en cours, avec saisie de documents et d’échantillons de carburant, rapporte le Comité d’enquête sur les...
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24/07 - Lily of the Valley : l’expérience wellness toute l’année
L'ÉditoRalentir. Se reconnecter. Se transformer.
▏Un luxe qui se vit toute l’année
À Lily of the Valley, nous avons fait le choix de rompre avec les habitudes de l’hôtellerie saisonnière. Ici, le bien-être ne se limite pas aux beaux jours. Il s’installe dans le quotidien, tout au long de l’année, comme un nouvel art de vivre. Face à la mer Méditerranée, entouré par la nature du Cap Lardier, Lily of the Valley incarne une nouvelle façon d’envisager le bien-être et la longévité. Vieillir en bonne santé ne s’improvise pas : c’est un engagement précoce, un choix que Lily of the Valley rend possible. Notre méthode repose sur trois piliers essentiels : des soins experts, des séances de sport outdoor et indoor adaptées à chacun, et une gastronomie à la fois saine, raffinée et luxueuse. Ce triptyque constitue le cœur de notre approche : globale, sur-mesure, sans jamais renoncer au plaisir. Plus qu’un lieu d’exception, Lily of the Valley incarne une vision du luxe profondément moderne et sur-mesure. Un luxe d’aujourd’hui, pensé pour demain.Chapitre 1Lily of the Valley à Saint-Tropez
▏Take Care of Yourself
Surplombant les eaux turquoises de la Méditerranée, Lily of the Valley s’intègre en douceur dans le parc naturel du Cap Lardier, sur les hauteurs de Gigaro. Conçu par Philippe Starck, son design épuré épouse le paysage en parfaite harmonie avec la nature. Plus qu’un hôtel 5 étoiles, Lily of the Valley est une destination dédiée à la longévité. Ici, le bien-être s’inscrit dans le temps long, porté par une approche experte...
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24/07 - Ukraine : Volodymyr Zelensky propose une nouvelle loi sur l’indépendance des agences anticorruption
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi 24 juillet proposer un nouveau projet de loi pour assurer "l’indépendance" des structures anticorruption, à la suite du tollé suscité par le vote d’une mesure réduisant leur autonomie. "Je viens d’approuver le texte d’un projet de loi qui garantit un véritable renforcement" des services de justice et de sécurité et les protège de "toute influence ou ingérence russe" tout en assurant "l’indépendance des agences anticorruption", a-t-il déclaré sur X.
Cette annonce intervient deux jours après le vote par le Parlement d’une nouvelle loi qui a placé le Bureau national anticorruption (NABU) et le parquet spécialisé anticorruption (SAP) sous l’autorité directe du procureur général, nommé quant à lui par le président. Le document, immédiatement promulgué par le chef de l’Etat, a provoqué la colère de l’UE, un soutien clé de Kiev face à l’invasion russe, et les premières manifestations d’ampleur depuis le début de la guerre en 2022.
Certains analystes ukrainiens ont prévenu que ce texte risquait de bloquer l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, voire potentiellement d’entraîner une réduction de l’aide financière internationale, cruciale pour sa capacité à se défendre. Pris au dépourvu par cette avalanche de critiques, Volodymyr Zelensky, qui a d’abord défendu l’importance de cette loi et accusé les agences anticorruption d’inefficacité, semble avoir fait marche arrière."Il est important que nous restions unis"
Le nouveau projet de loi qui "garantit l’indépendance du NABU...
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24/07 - Emploi des seniors : la France toujours à la traîne malgré des progrès
En progrès, mais encore loin du compte. En 2024, 60,4 % des 55-64 ans - une tranche d’âge qui inclut aussi des retraités poursuivant une activité - occupaient un emploi en France, selon une étude publiée le 23 juillet par la Dares, la direction des statistiques du ministère du Travail. Une hausse de deux points par rapport à 2023. Alors que ce taux augmente "quasi continûment depuis 2000" en lien avec les différentes réformes des retraites et qu’il se situe à "son plus haut niveau depuis qu’il est mesuré", c’est-à-dire depuis 1975, le score reste toujours inférieur à la moyenne de l’Union européenne (65,2 %), qui place l’Hexagone en 17e position parmi les 27 États membres. La Suède (78,1 %) et l’Allemagne (75,2 %) restent largement en tête, quand la France fait à peine mieux que la Belgique (59,4 %) ou la Grèce (57,3 %), le Luxembourg fermant la marche (49,4 %).
Dans le détail, 62 % des hommes (contre 71 % en moyenne dans l’UE) et 58,7 % des femmes âgées de 55 à 64 ans (contre 59,4 % en moyenne dans l’UE) étaient en emploi en 2024. "L’emploi des seniors en France est l’un de nos points faibles", reconnaissait début juillet la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet. Une faiblesse à la fois sociale et économique : "C’est une injustice, un gâchis humain et un gâchis économique que nous ne pouvons plus accepter ou permettre", ajoutait-elle.
Le taux d’emploi chute nettement à mesure que l’on approche de la retraite : 77,8 % pour les 55-59 ans, mais seulement 42,4 % pour les 60-64 ans – soit dix points de moins...
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24/07 - Crise climatique : "La Cour internationale de justice ouvre la porte à des litiges entre Etats"
L’avis n’est que consultatif, mais il va très sûrement influencer la jurisprudence mondiale sur le climat. Mercredi 23 juillet, la Cour internationale de justice (CIJ) a conclu à l’unanimité – chose peu fréquente - que les États manquant à leurs obligations climatiques commettaient un acte "illicite". Elle ouvre ainsi la voie à des "réparations" des pays pollueurs envers les plus affectés.
Leslie-Anne Duvic-Paoli, maîtresse de conférences en droit de l’environnement au King’s College de Londres, décrypte les conséquences de cette première interprétation juridique du droit international sur le climat, qui pourrait nourrir une nouvelle vague de procès contre (et entre) les pays pour leur inaction face à ce que le juge japonais Yuji Iwasawa, président de la CIJ, décrit comme "une menace urgente et existentielle".
L’Express : L’avis rendu par la Cour internationale de justice est considéré par beaucoup comme inédit et historique. Que contient-il ?
Leslie-Anne Duvic-Paoli : C’est un avis consultatif très riche qui confirme des idées qui étaient encore débattues ou ouvertes à interprétations, et qui permet de clarifier le droit international lié au climat. Lors des plaidoiries en décembre dernier, deux questions principales ont été posées à la Cour par l’Assemblée générale des Nations unies. La première : quelles sont les obligations climatiques des Etats ? La deuxième : en cas de violation de ces obligations, quelles sont les conséquences juridiques ? La Cour a vraiment regardé l’application et l’applicabilité d’un...
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24/07 - Sous pression face à Donald Trump, l’université Columbia met la main au portefeuille
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump mène la guerre à certaines universités dont il estime les positions contraires à sa politique. Dans le viseur du président américain, l’université Columbia a annoncé mercredi 23 juillet un accord de 221 millions de dollars "pour mettre fin aux enquêtes menées" par l’administration Trump.
Depuis janvier, le républicain n’a cessé d’accentuer les pressions sur les universités, en gelant, dans le cas de Columbia, des centaines de millions de dollars de subventions versées par l’Etat fédéral pour la recherche. Dans un communiqué, l’université de Columbia a annoncé qu’elle "versera à l’Etat fédéral 200 millions de dollars sur trois ans", ajoutant qu’elle paiera également 21 millions de dollars à un organisme consacré à l’égalité des chances.
"En vertu de l’accord conclu aujourd’hui, la grande majorité des subventions fédérales qui ont été supprimées ou suspendues en mars 2025 seront rétablies", a précisé le prestigieux établissement."Tournant cataclysmique"
A l’opposé, Harvard s’est illustrée dans un bras de fer contre Donald Trump, contestant en justice le retrait d’un peu plus de 2,6 milliards de dollars de subventions fédérales et la révocation de sa certification SEVIS, principal système par lequel les étudiants étrangers sont autorisés à étudier aux Etats-Unis. Lundi, un tribunal a demandé à l’administration Trump de justifier le gel de ces...
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24/07 - IA : le grand plan de Donald Trump pour assurer la domination des Etats-Unis
La Maison-Blanche a dévoilé mercredi 23 juillet un plan d’action pour favoriser le développement sans entrave des modèles américains d’intelligence artificielle (IA) aux Etats-Unis et à l’étranger, écartant toutes les réserves sur ses possibles dérives. "Nous ne laisserons aucune autre nation nous battre" dans la course à l’IA, a exhorté Donald Trump lors d’une conférence dédiée à cette technologie, à Washington.
"Nos enfants ne vivront pas sur une planète contrôlée par des algorithmes véhiculant les valeurs et les intérêts de nos adversaires", a-t-il ajouté, référence à peine voilée à la Chine. Les grandes entreprises américaines — dont Meta et OpenAI - font face à une concurrence accrue de la part des rivaux chinois, notamment avec la start-up asiatique DeepSeek.90 mesures
Le plan d’action dévoilé par les Etats-Unis découle d’une large consultation des professionnels, chercheurs et usagers, initiée en février. Le président américain entend rompre avec la ligne adoptée par son prédécesseur démocrate Joe Biden, partisan d’un essor contrôlé, avec un accent sur la sécurité et l’appréhension des risques. La Maison-Blanche dit avoir identifié quelque 90 mesures qui seront mises en place "dans les prochaines semaines et mois", selon un communiqué. Lors de sa conférence mercredi, Donald Trump a annoncé trois décrets autour d’axes majeurs pour ce plan d’action.
Le premier vise à faciliter la construction de nouveaux centres de données (data centers), essentiels au fonctionnement de l’IA, ainsi que la réalisation de grands projets...
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24/07 - Droits de douane de Donald Trump : l’UE prête à des représailles à 93 milliards d’euros
Les Etats européens ont donné leur feu vert à des représailles à hauteur de 93 milliards d’euros, qui s’appliqueraient dès le 7 août si les négociations commerciales avec les Etats-Unis devaient échouer, ont indiqué des diplomates jeudi 24 juillet. L’UE a préparé une liste de marchandises américaines qui seraient taxées si les Etats-Unis de Donald Trump devaient appliquer des droits de douane de 30 % sur les importations européennes, comme ils ont menacé de le faire, à compter du 1er août.
L’Europe a encore l’espoir de trouver une solution négociée, mais a listé des biens américains à taxer à partir du 7 août en cas d’échec des discussions, dont une première liste déjà adoptée à hauteur de 21 milliards d’euros, à laquelle s’est ajoutée une deuxième liste à hauteur de 72 milliards d’euros. L’UE a décidé jeudi de fusionner ces deux listes, qui comprennent un très grand nombre de marchandises : soja, avions, voitures, etc.Vers une surtaxe à 15 % ?
Les négociations se poursuivent et un accord semblait jeudi se dessiner avec des droits de douane américains ramenés à 15 % et plusieurs exemptions concernant le secteur aéronautique ou pharmaceutique. Les Européens entendent toutefois faire aussi preuve de fermeté si ces négociations devaient une nouvelle fois capoter.
Outre ces représailles à hauteur de près de 100 milliards d’euros, l’UE dispose également...
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24/07 - Gaza : la réponse du Hamas à une proposition de trêve examinée par Israël
Alors que la guerre à Gaza s’apprête à entrer dans son 22e mois, plus d’une centaine d’ONG ont alerté sur une "famine de masse" dans l’enclave palestinienne. L’OMS a affirmé qu’une "grande proportion" de la population meurt de faim, tandis qu’Israël nie toute responsabilité et accuse le Hamas de détourner l’aide humanitaire. Malgré cette crise, les combats se poursuivent, avec 17 morts signalés mercredi dans de nouvelles frappes israéliennes.
Israël examine toutefois la réponse du Hamas à une proposition de cessez-le-feu de 60 jours discutée à Doha. Sur le plan diplomatique, le Brésil a annoncé son intention de rejoindre la procédure de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice pour "génocide" à Gaza, tandis qu’Amnesty International accuse l’Iran d’avoir utilisé en juin des missiles à sous-munitions contre des zones civiles israéliennes, en violation du droit international humanitaire.
Les infos à retenir :
⇒ Israël examine la réponse du Hamas à une proposition de trêve
⇒ Amnesty accuse l’Iran d’avoir utilité des missiles à sous-munitions en Israël
⇒ Le Brésil se joindra à la procédure contre Israël pour "génocide" devant la CIJIsraël dit examiner la réponse du Hamas à une proposition de trêve
Israël a annoncé ce jeudi 24 juillet examiner la réponse du Hamas à une proposition de trêve de 60 jours, à l’heure où se multiplient les critiques d’organisations internationales sur "une propagation de la famine" dans le territoire palestinien dévasté par la guerre. "Les médiateurs ont transmis la réponse du Hamas à...
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24/07 - Frappes aériennes, inquiétude chinoise… Que se passe-t-il entre la Thaïlande et le Cambodge ?
Frappe aérienne, riposte à l’artillerie… L’Asie du Sud-Est s’embrase. Des affrontements frontaliers d’une rare intensité ont opposé, ce jeudi 24 juillet, la Thaïlande et le Cambodge. Des avions thaïlandais ont visé des positions militaires cambodgiennes, tandis que Bangkok annonce un bilan de 11 morts, dont un enfant de huit ans. "Nous ferons de notre mieux pour protéger notre souveraineté", a déclaré le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai. De son côté, le gouvernement cambodgien a dénoncé une "agression militaire" et demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Les deux royaumes se disputent depuis des décennies le tracé de leur frontière commune, hérité de l’Indochine française. Mais un tel niveau de violence n’avait pas été atteint depuis près de quinze ans. Le dernier épisode d’ampleur remonte aux combats autour du temple de Preah Vihear, entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et provoqué l’exode de dizaines de milliers de civils. Depuis la fin mai 2025, les tensions se sont ravivées à la suite de la mort d’un soldat cambodgien lors d’un échange de tirs dans une zone disputée surnommée le "Triangle d’émeraude". Provocations, escarmouches et représailles ont rythmé les semaines suivantes, perturbant la vie économique locale et forçant de nombreux habitants à fuir.
Jeudi matin, une nouvelle confrontation a éclaté à proximité de temples anciens situés à la frontière entre la province thaïlandaise de Surin (nord-est) et celle d’Oddar Meanchey, côté cambodgien....
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24/07 - Guerre en Ukraine : Kiev et Moscou ont constaté l’"éloignement" de leurs positions à Istanbul
La troisième session de pourparlers directs entre l’Ukraine et la Russie, à Istanbul mercredi 23 juillet, s’est conclue comme les deux précédentes sans avancée majeure pour mettre un terme à la guerre qui dure depuis plus de trois ans. Kiev et Moscou se sont simplement accordés sur un nouvel échange de prisonniers. Dans la journée, le Kremlin avait déjà douché les espoirs de progrès : "Personne ne s’attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une discussion très compliquée", avait ainsi indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. L’Ukraine a de nouveau proposé une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, d’ici la fin du mois d’août, ce que le président russe a refusé jusqu’ici.
Les infos à retenir
⇒ La Russie et l’Ukraine s’accordent sur un échange de prisonniers
⇒ Kim Jong-un appelle ses soldats à se préparer "à la vraie guerre"
⇒ Washington approuve des ventes d’armes à l’Ukraine pour renforcer sa défense antiaérienneEn Turquie, la Russie et l’Ukraine s’accordent sur un échange de prisonniers
Russes et Ukrainiens ont conclu mercredi soir une troisième session de négociations directes à Istanbul en constatant l'"éloignement" de leurs positions pour mettre fin à la guerre déclenchée en 2022 et ne s’accordant finalement que sur un nouvel échange de prisonniers.
Après à peine une heure de discussions au palais de Çiragan, les négociateurs ont constaté que leurs "positions" respectives étaient "assez éloignées les unes des autres," a dit Vladimir Medinski, le chef de la délégation...
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24/07 - Guerre froide : pourquoi 1979 signe le début de la fin de l’URSS
Alors que le monde semblait dans un relatif équilibre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire est bousculée en 1979. Avec Brice Couturier, journaliste et essayiste, auteur de 1979, le grand basculement du monde, La Loupe revient sur quatre de ces grands évènements. Dans ce dernier épisode de notre série, on s’intéresse à l'invasion soviétique de l'Afghanistan, événement qui marque le début de la fin de l'URSS.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : INA, Paramount Pictures
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
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Pour aller plus loin :
1979, un tournant historique ? Pourquoi cette année continue de nous hanter à bien des égards
Audrey Azoulay : "En Afghanistan, une génération de femmes est en train d’être sacrifiée"
Face à Vladimir Poutine, comment la France peut-elle "européaniser" sa dissuasion nucléaire...
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24/07 - Derrière la loi Duplomb, l’immense chantier de la compétitivité agricole française
Plus d’un an s’est écoulé depuis que la colère paysanne a embrasé la France, début 2024. Pourtant, fin mai, des tracteurs étaient garés devant le Palais Bourbon. Cette fois, ce n’était pas pour exprimer un ras-le-bol, mais pour soutenir la loi Duplomb. Portée par le sénateur et exploitant Laurent Duplomb, elle était pensée pour répondre à la détresse du secteur. Sa promesse ? "Lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur". Concrètement, le texte vise à faciliter les investissements agricoles – notamment dans le stockage d’eau – ou encore à relever les seuils d’élevage.
Mais un point cristallise toutes les controverses : le retour de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Nocive pour les insectes pollinisateurs, la substance a été interdite en France en 2018. Au grand dam des filières de la betterave et des noisettes, qui déplorent l’absence d’alternatives pour le traitement des nuisibles tels que les pucerons. Sa réintroduction, bien qu’encadrée, n’a pas tardé à provoquer une levée de boucliers : une pétition pour abroger la loi a recueilli plus de 1,8 million de signatures.Rivalité européenne
Le cas de l’acétamipride illustre en réalité un bras de fer qui se joue dans l’arène européenne. Interdite en France depuis 2018, la substance reste autorisée dans les 26 autres Etats membres jusqu’en 2033. Les importations de produits agricoles provenant de pays qui utilisent ce pesticide peuvent allègrement affluer vers l’Hexagone. Un non-sens pour la compétitivité nationale. Face à la...
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24/07 - Oui, Donald Trump est une girouette... Surtout quand on lui résiste
Foi de trader, personne n’oubliera le 3 avril 2025. Ce jour-là, 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière partent en fumée, alors que Donald Trump déclare sa guerre commerciale à la planète entière. Trois mois plus tard, les actions américaines tutoient de nouveau les sommets et le président Maga écope d’un surnom, Taco ("Trump always chickens out" – Trump se dégonfle toujours). Et plus personne, à Wall Street, ne tremble devant ses annonces tapageuses.
Pour preuve, ses lettres, envoyées à 14 pays, pour la plupart asiatiques, les informant qu’ils seraient frappés d’au moins 25 % de surtaxes douanières au 1er août n’ont pas fait broncher les marchés. D’autant qu’il a précisé dans la foulée que cette décision n’était pas ferme à 100 %…
S’il faut chercher une constance dans le comportement trumpien, c’est bien cette inconstance. Revirements permanents, déclarations contradictoires… Comme ce jour où il qualifie Volodymyr Zelensky de "dictateur sans élections" sur les réseaux sociaux, avant de se raviser : "Ai-je vraiment dit ça ? Je n’arrive pas à croire que j’ai dit ça".Imprévisible
A croire qu’il joue de cette imprévisibilité : "Je peux le faire. Je peux ne pas le faire. Personne ne sait ce que je vais faire", a-t-il clamé, le 18 juin, avant de bombarder l’Iran, trois jours plus tard. Cette fois, il ne s’est pas dégonflé. Mais il y a une explication. "Trump privilégie les engagements limités avec des objectifs atteignables, exploitant les capacités écrasantes des Etats-Unis contre des ennemis incapables de...
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24/07 - "Trump donne l’impression d’avoir des choses à cacher" : l’analyse de Russell Muirhead sur l’affaire Epstein
C’est l’histoire d’un fantôme qui revient hanter Donald Trump. Jeffrey Epstein est mort en prison il y a six ans, mais son nom continue de captiver les cercles complotistes convaincus que l’élite est gangrenée par la pédocriminalité. L’affaire resurgit aujourd’hui de manière fracassante, rattrapant le président américain, dont il fut proche un temps. Ironie de l’histoire, Donald Trump a lui-même alimenté pendant des années la complosphère sur l’enquête autour du riche prédateur sexuel qui s’est suicidé avant son procès pour répondre d’accusations de crimes sexuels sur mineures. Après la mort d’Epstein, le milliardaire avait notamment retweeté un message du commentateur conservateur Terrence K. Williams, suggérant que les époux Clinton étaient responsables de son décès. Alors forcément, quand un mémorandum récemment publié par le ministère de la Justice et le FBI affirme que l’enquête est close et qu’aucune preuve nouvelle n’a été découverte, le monstre complotiste et toute une frange du mouvement MAGA obsédée par cette affaire se rappellent au bon souvenir du président américain.
L’affaire suscite aussi beaucoup de fantasmes – entretenus par de multiples zones d’ombre - autour notamment de l’existence d’une supposée liste de clients d’Epstein. Avec, en parallèle, une communication et une gestion de crise pour le moins chaotiques de la part de l’actuelle administration. La procureure générale des Etats-Unis Pam Bondi avait suggéré en février qu’un tel document se trouvait sur son bureau en attente d’examen. Le ministère de...
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23/07 - Loi Duplomb : "L’instrumentalisation des écologistes radicaux coûte cher à la France"
C’est la polémique qui a pris tout le monde par surprise, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Qui aurait imaginé qu’une pétition, lancée par une étudiante de 23 ans encore inconnue du grand public il y a quelques jours, propulserait le débat sur les pesticides au cœur de l’arène nationale, en plein été ? Dans le viseur de la pétition "Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective" (plus de 1,8 million de signatures à ce jour) : l’acétamipride. Ce puissant pesticide néonicotinoïde, jugé indispensable par certaines filières agricoles — et utilisé dans tous les autres pays européens — a été réintroduit par une loi votée le 8 juillet, après avoir été banni pendant cinq ans. Pour ses opposants, il s’agit d’un affront sanitaire et environnemental. Parmi eux, l’écologiste Sandrine Rousseau, qui a déclaré n’en avoir "rien à péter de la rentabilité des agriculteurs". Une controverse alimentée par l’absence de certitude scientifique sur certains points, de l’aveu même de certains chercheurs. Ce que certains détracteurs interprètent au passage – à tort – comme la preuve d’une certitude d’un risque.
Antoine Copra, coauteur de Trop bio pour être vrai ? Manger bio est-il vraiment bon pour la santé et pour la planète ? (à paraître le 29 juillet) déplore auprès de L’Express "un sensationnalisme qui empêche tout débat intelligent". Selon lui, "derrière la controverse scientifique, il y a en fait un débat idéologique. Une partie des écologistes radicaux défendent l’idée que le modèle capitaliste est par définition...
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23/07 - Ian Garner : "En réalité, Vladimir Poutine improvise presque toujours"
On a beaucoup spéculé sur les motivations du maître du Kremlin à refuser d’envisager un cessez-le-feu en Ukraine. Espère-t-il tirer davantage de concessions de la part de Donald Trump, qui lui a récemment imposé un ultimatum de cinquante jours pour mettre fin au conflit sous peine de sanctions économiques ? Pense-t-il obtenir plus de gains sur le terrain ? Ou serait-ce autre chose… ? Auprès de L’Express, Ian Garner, spécialiste de la culture russe, avance une autre explication. Selon ce professeur assistant au Centre d’études totalitaires de l’Institut Pilecki de Varsovie, si la Russie, "au bord" de la récession selon son ministre de l’Économie, ne peut "probablement pas mener une guerre éternelle au niveau auquel Vladimir Poutine s’est engagé", l’effort de guerre est désormais un levier central de stabilité économique et sociale pour l’autocrate russe : "Il ne peut tout simplement pas s’en passer".
Et si le bras de fer lancé par le président américain changeait la donne ? Prudent, cet expert attend encore des preuves concrètes de sa volonté d’agir. Il pointe cependant l’une des faiblesses du régime moscovite : "Le problème du Kremlin est qu’il réagit presque toujours aux événements au lieu de les anticiper. Donc, à mesure que la situation évolue, rien ne garantit que le Kremlin sache répondre de façon adéquate aux enjeux futurs. Le plus souvent, Poutine n’est pas le stratège machiavélique qu’il prétend être". Entretien.
L’Express : Malgré la réticence persistante de Vladimir Poutine à envisager un cessez-le-feu...
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23/07 - Les bonnes affaires de Donald Trump : jamais un président ne s’était autant enrichi à la Maison-Blanche
Gagner la présidentielle est sans doute le meilleur deal que Donald Trump ait jamais réalisé… Selon le classement annuel des milliardaires, réalisé le 7 mars 2025 par le magazine Forbes, la fortune de Donald Trump est passée de 2,3 à 5,1 milliards de dollars en seulement un an. Jamais un président ne s’est autant enrichi en étant à la Maison-Blanche.
Cette "prouesse" s’explique tout d'abord grâce à son réseau Truth Social : la valorisation de ses parts représentait 2,6 milliards de dollars en mars 2025. Mais elle s'explique aussi par le succès du "Trump memecoin" et du "Melania memecoin", deux cryptomonnaies créées quelques jours avant l’investiture de Donald Trump. D'autant que la valeur du "Trump memecoin" a augmenté de 18 % en mars, après la publication d’un décret présidentiel favorable aux cryptos.
Dans les prochains mois, le président américain devrait continuer de s’enrichir, avec par exemple la création d’un club privé à 500 000 dollars l’adhésion… ou grâce à de nombreux projets immobiliers dans le golf. Mais dans la famille Trump, il y a aussi la First Lady qui s'enrichit ! Si vous voulez en savoir plus, toutes nos explications sont à retrouver dans notre nouvelle vidéo, disponible en tête de cet article et sur tous nos réseaux...
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23/07 - Bien manger pour garder la forme : les astuces d’une experte de la nutrition
Mathilde Touvier dirige depuis 2019 l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren) à l’Inserm et à l’université Sorbonne Paris-Nord. Cette scientifique passe ses journées plongée dans les données de la cohorte NutriNet-Santé, où sont compilées des informations sur l’alimentation et les pathologies de quelque 180 000 Français. Un outil unique en son genre, qui lui a permis de mettre en lumière des associations entre la consommation d’aliments ultratransformés, d’édulcorants ou de certains additifs avec différentes maladies – cancers, obésité, diabète de type 2… Diplômée d’AgroParisTech et d’un doctorat en santé publique, elle n’est pas médecin, mais ses recherches et celles de son équipe, qui portent sur des sujets aussi variés que les effets des horaires des repas, des polluants liés aux emballages alimentaires ou du Nutri-Score, contribuent à sauver de très nombreuses vies en faisant évoluer les recommandations officielles et en nous aidant à manger plus sainement.
Mais une fois chez elle, loin de son ordinateur et de ses statistiques, comment cette mère de deux ados réussit-elle à s’appliquer à elle-même et à sa famille les leçons tirées de ses travaux ? Parce qu’au quotidien, il n’est pas si facile d’éviter les aliments ultratransformés et le grignotage, de manger cinq fruits et légumes par jour, de ne pas dîner trop tard, ni trop gras, trop salé ou trop sucré… "J’aime beaucoup cuisiner mais j’ai très peu de temps pour cela en semaine. Je profite du week-end pour planifier des menus pour la semaine,...
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23/07 - Incendies, explosions… L’Iran victime d’une campagne de sabotage israélienne ?
Depuis plusieurs semaines, l’Iran est le théâtre d’une série d’explosions et d’incendies aussi soudains que mystérieux. Immeubles d’habitation, raffineries, usines ou axes routiers… Les cibles sont disparates, mais les incidents, eux, se répètent avec une régularité troublante. De quoi alimenter un sentiment de chaos et d’instabilité dans cette région du monde. De Mashhad à Abadan, le pays semble s’embraser à un rythme quotidien. Et si, publiquement, les autorités invoquent la vétusté des infrastructures ou des accidents banals, en coulisses, certaines voix pointent un acteur bien connu : Israël.
Trois responsables iraniens – dont un membre influent du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) – l’affirment à demi-mot en privé : nombre de ces événements seraient des actes de sabotage, menés par l’État hébreu. Ils y voient la marque de fabrique de ce dernier, soulignant son historique d’opérations secrètes en Iran, notamment des explosions et des assassinats, relaient nos confrères du New York Times.
Ce n’est pas la première fois que des responsables iraniens soupçonnent l’ennemi juré israélien d’orchestrer des attaques clandestines sur leur sol. Si aucun élément tangible n’a été rendu public pour étayer ces accusations, le passé récent donne du crédit à l’hypothèse, un mois après une campagne de bombardements israéliens d’une rare intensité, menée pendant douze jours sur plusieurs sites stratégiques iraniens.Des explications du gouvernement iranien peu convaincantes
Israël n’a jamais caché sa volonté de...
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23/07 - Bruno Retailleau contre Emmanuel Macron : gare au syndrome du vilain petit canard
Enfonçons une porte ouverte. Bruno Retailleau n’est pas… macroniste. Oui, le patron des Républicains était un soutien actif de François Fillon et de Valérie Pécresse lors des deux dernières présidentielles. Oui, l’ancien compagnon de route de Philippe de Villiers a une fibre conservatrice assumée. Le ministre de l’Intérieur exècre ce courant politique, fossoyeur du clivage gauche-droite. Dès 2017, il comparait le "En même temps" au "vol en zigzag des bécassines" lors d’un débat télévisé face au futur chef de l’Etat.
Avait-il justement besoin de le rappeler si fort ? Le ministre de l’Intérieur a déclenché les cris d’orfraie du camp présidentiel en dézinguant le macronisme dans un entretien à Valeurs Actuelles. "Il s’achèvera avec Emmanuel Macron car il n’est ni un mouvement politique ni une idéologie, mais repose essentiellement sur un homme. […] Le en même temps alimente l’impuissance", lâche l’ancien sénateur. Bruno Retailleau ne pouvait ignorer la tempête déclenchée par ces propos, relus par son cabinet avant publication. La porte-parole du gouvernement Sophie Primas avait essuyé le même tir de barrage après une intervention similaire sur CNews. La polémique n’est pas subie, mais construite.Rhétorique...
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23/07 - Tensions avec l’Algérie : Bruno Retailleau durcit encore le ton
L’escalade entre Paris et Alger se poursuit. Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau est "en train" de restreindre les conditions de déplacement en France d’un "certain nombre de dignitaires algériens", a indiqué ce mercredi 23 juillet la porte-parole du gouvernement Sophie Primas. Une mesure qui arrive après le refus d’Alger de reprendre 120 ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).
"Les chiffres dont on dispose indiquent que 120 personnes en OQTF, avec leurs papiers donc en règle (pour un retour en Algérie, ndlr), n’ont pas été reprises par les autorités algériennes", a-t-elle déclaré lors du compte rendu du Conseil des ministres, sans mention de date.
Selon le quotidien Le Figaro, 53 Algériens expulsés ont été renvoyés en France sur la période allant de mars au 22 juillet, dont quatre ces derniers jours alors que Bruno Retailleau appelait de nouveau à durcir le ton vis-à-vis d’Alger. "Il ne vous a pas échappé que le ministre de l’Intérieur était de plus en plus allant pour prendre des dispositions plus fermes vis-à-vis notamment de la diplomatie algérienne", a relevé Sophie Primas. "C’est ce qu’il est en train de faire, notamment sur un certain nombre de dignitaires algériens pour lesquels les conditions pour se déplacer en France vont être alourdies et plus difficiles", a-t-elle souligné. "Nous sommes dans un rapport de force également avec l’Algérie sur cette question", a-t-elle insisté, la France demandant aussi la libération de l’écrivain Boualem Sansal et du...
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23/07 - Loi Duplomb contre pétition : la bataille autour de l’acétamipride
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23/07 - Risque de famine à Gaza : la situation s’aggrave en l’absence d’un cessez-le-feu
Alors qu’un nouveau cessez-le feu se fait toujours attendre dans la bande de Gaza en guerre, plus d’une centaine d’organisations humanitaires ont averti ce mercredi 23 juillet qu’une "famine de masse" se propageait dans l’enclave. Mardi, un hôpital de Gaza avait affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures dans le territoire assiégé, ravagé par plus de 21 mois de guerre.
Israël fait face à une pression internationale croissante concernant la situation humanitaire à Gaza. Fin mai, le pays avait très partiellement assoupli un blocus total imposé début mars à l’enclave palestinienne, qui avait entraîné de très graves pénuries de nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité.Alerte des organisations humanitaires
"Alors qu’une famine de masse se propage dans la bande de Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent", indiquent dans un communiqué des ONG, dont Médecins sans frontières, plusieurs branches de Médecins du monde et Caritas, Amnesty International, ou encore Oxfam international.
Ces organisations appellent à un cessez-le-feu immédiat, à l’ouverture de tous les points de passage terrestres et à la libre circulation de l’aide humanitaire. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l'ONU a accusé l’armée israélienne d’avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1 000 personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire. La grande majorité l’a été près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation soutenue par les...
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23/07 - Loi Duplomb : ailleurs en Europe, ces pétitions qui ont fait bouger les choses
Une pétition peut-elle vraiment aboutir à des mesures politiques concrètes, voire à une loi ou à son abrogation ? C’est en tout cas ce qu’espèrent les plus de 1,7 million de signataires de la pétition contre la loi Duplomb. Adoptée le 8 juillet au Parlement, elle prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, un pesticide interdit en France mais autorisé en Europe. Le 10 juillet, une étudiante a lancé cet appel à signatures sur le site de l’Assemblée nationale en demandant son abrogation. La pétition a depuis rencontré un succès sans précédent depuis le lancement du dispositif en 2019.
Toute personne majeure, de nationalité française ou résidant régulièrement en France peut déposer une pétition sur le site de l’Assemblée nationale. Si celle-ci atteint 500 000 signatures issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut décider d’organiser un débat en séance publique. Plusieurs responsables politiques se sont dits favorables à la tenue d’un tel débat concernant la loi Duplomb, dont la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance). Elle a toutefois précisé qu’il ne pourra pas revenir sur la législation votée.
L’atteinte du seuil des 500 000 signatures par la pétition n’a donc aucun caractère contraignant, mais permet de ramener le sujet au centre des débats parlementaire et médiatique. Le patron de Renaissance Gabriel Attal a par exemple exprimé son souhait de voir le gouvernement saisir...
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23/07 - Ukraine : la troublante offensive des autorités contre les institutions anticorruption
Est-ce un retour en arrière pour l’Ukraine ? The Kyiv Independent, n’hésite pas, lui, à évoquer un "tournant décisif". En pleine guerre contre la Russie, Kiev a déclenché une onde de choc en adoptant une loi qui affaiblit considérablement ses institutions anticorruption. Mardi 22 juillet, le président Volodymyr Zelensky a promulgué une loi qui place deux organes clefs – le parquet spécialisé (SAP) et l’agence d’enquête anticorruption (NABU) – sous l’autorité directe du procureur général. Or ce dernier dépend lui-même du chef de l’État. Cette réforme, largement perçue comme un coup de frein à la lutte contre la corruption, a suscité une rare mobilisation dans les rues de Kiev, mais aussi Lviv, Dnipro et Odessa.
Plusieurs centaines de personnes se sont réunies, pancartes en main : "Nous avons choisi l’Europe, pas l’autocratie", ou encore "Mon père n’est pas mort pour ça", pouvait-on lire parmi les slogans. C’est la première grande manifestation antigouvernementale depuis le début de l’invasion russe, en février 2022. "Ces démonstrations sont pourtant interdites par la loi martiale et limitée par le couvre-feu nocturne", rappelle Politico.
De son côté, Bruxelles a réagi en faisant part de son inquiétude. "Profondément préoccupée", la commissaire chargée de l’élargissement, Marta Kos, a dénoncé un "sérieux recul", tandis que la présidente de la Commission...
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23/07 - Le général Fabien Mandon nommé chef d’état-major des armées françaises
Le général d’armée aérienne Fabien Mandon, actuel chef d’état-major particulier du président (CEMP), a été désigné chef-d’état major des armées françaises (CEMA), en remplacement du général Thierry Burkhard, a annoncé ce mercredi 23 juillet le ministre des Armées Sébastien Lecornu.
"Merci au général Thierry Burkhard d'avoir servi la France avec honneur, courage et hauteur de vue. Respect et gratitude de la Nation", a posté sur X Emmanuel Macron, exprimant sa "pleine confiance au général Fabien Mandon, nouveau chef d'état-major des armées, pour guider nos forces face aux grands défis".
Pendant quatre ans, Thierry Burkhard, issu de l'Armée de terre, a accompagné la remontée en puissance des armées françaises face à un contexte international de plus en plus tendu qui a vu le retour de la guerre de haute intensité en Europe avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Merci au général Thierry Burkhard d’avoir servi la France avec honneur, courage et hauteur de vue. Respect et gratitude de la Nation. Ma pleine confiance au général Fabien Mandon, nouveau chef d’état-major des armées, pour guider nos forces…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 23, 2025
Pour le ministre des Armées Sébastien Lecornu, "son commandement s'est distingué par une vision stratégique lucide des menaces et par sa volonté constante d'adapter nos armées", qui étaient jusqu'ici adaptées à un modèle de guerre expéditionnaire et asymétrique contre des organisations non-étatiques. Le général Burkhard avait...
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23/07 - Empêtré dans l’affaire Epstein, Donald Trump lance une offensive contre Barack Obama
Dans la tourmente à cause de l’affaire Epstein, Donald Trump essaie de rediriger la frustration de ses partisans et l’attention médiatique vers Barack Obama, qu’il est allé jusqu’à accuser de "trahison" mardi 22 juillet. Alors qu’il recevait le président philippin dans le bureau Ovale, le dirigeant républicain a été interrogé sur le dernier rebondissement du dossier ultrasensible de Jeffrey Epstein, riche financier mort en cellule en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.
Le ministère de la Justice a annoncé mardi vouloir interroger Ghislaine Maxwell, ex-compagne et complice du délinquant sexuel au carnet d’adresses foisonnant, avec lequel Donald Trump a entretenu des relations amicales. Le président américain a assuré qu’il n’était pas au courant de cette initiative et que de toute façon il "ne suivait pas cela de très près", lui que certains partisans accusent de ne pas faire toute la lumière sur les agissements de Jeffrey Epstein. Le milliardaire s’est ensuite lancé dans des diatribes virulentes contre l’ancien président démocrate Barack Obama (2009-2017), selon lui "coupable" de "trahison". Après avoir affirmé qu’il aurait pu envoyer Hillary Clinton en prison mais qu’il avait choisi de ne pas le faire, le républicain a précisé qu’il ne ferait pas preuve de la même indulgence envers Barack Obama.Barack Obama accusé de "complot"
"La vraie chasse aux sorcières dont vous devriez parler, c’est qu’ils ont attrapé le président Obama", a fustigé Donald Trump, faisant référence à un rapport de Tulsi Gabbard. La...
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23/07 - Gaza : Israël nie être à l’origine d’une "famine" et accuse le Hamas
Plus d’une centaine d’organisations humanitaires ont averti mercredi 23 juillet qu’une "famine de masse" se propageait dans la bande de Gaza, dévastée par 21 mois de guerre. Israël fait face à une pression internationale croissante concernant cette situation humanitaire dramatique. Cela, alors que des dirigeants de l’extrême droite israélienne ont tenu mardi une réunion publique au Parlement, afin de discuter d’un plan visant à transformer en "riviera" la bande de Gaza. Les Etats-Unis ont annoncé de leur côté que l’émissaire Steve Witkoff se rendrait cette semaine en Europe afin de finaliser un "corridor" pour l’aide humanitaire.
Les infos à retenir :
⇒ Israël nie être à l'origine d'une "famine" et accuse le Hamas
⇒ L'OMS affirme qu'une "grande proportion" de la population à Gaza meurt de faim
⇒ Le président israélien s'est rendu à Gaza pour la première fois depuis le début de la guerreIsraël nie être à l'origine d'une "famine" à Gaza et accuse le Hamas
Le gouvernement israélien a déclaré mercredi qu'il n'était pas responsable de la pénurie chronique de nourriture dans la bande de Gaza et accusé le mouvement islamiste palestinien Hamas d'avoir délibérément créé une crise. "A Gaza aujourd'hui il n'y a pas de famine causée par Israël", a déclaré le porte-parole du gouvernement, David Mencer, après la mise en garde lancée par plus de 100 ONG contre une "famine" généralisée, exhortant Israël à débloquer l'aide humanitaire. "Il s'agit d'une pénurie provoquée par le Hamas", a-t-il ajouté, accusant le mouvement d'empêcher la...
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23/07 - Ce succès très discret qui en dit long sur la France, par Anne Rosencher
J’étais passée, j’avoue, à côté du destin de Louise Violet, qui n’est pas une femme célèbre, non : Louise Violet, c’est un film. Sorti en salles en novembre dernier, il a discrètement fait son chemin, jusqu’à totaliser 672 000 entrées aux derniers pointages, soit un peu plus qu’Anora (palme d’or 2024) ou que L’Histoire de Souleymane (César du meilleur film 2025), tous deux sortis un mois plus tôt. Mais à la différence de ces deux films et de beaucoup d’autres dans cet étiage du box-office, je n’avais jamais entendu parler de Louise Violet. Et pour cause, son petit succès s’est surtout construit hors des métropoles et de ce qu’il faut bien nommer leur bulle sociologique, culturelle et médiatique. Un indicateur permet de l’appréhender : selon les calculs de la société ComScore, Louise Violet a été vu 14 fois plus en province qu’à Paris et périphérie – alors qu’en moyenne, ce coefficient est de 6.
En voici le synopsis : "1889. Une institutrice parisienne [NDLR : incarnée par Alexandra Lamy] est affectée dans un village français avec l’ambition d’appliquer les nouvelles lois de la IIIe République qui rendent l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Dans un milieu rural qui reste hostile à tout changement, elle doit faire preuve de détermination, de diplomatie et de tolérance pour réussir sa mission." François Clerc, patron d’Appolo Films, qui a distribué Louise Violet, explique à L’Express sa stratégie de diffusion : "On a travaillé sur des avant-premières en profondeur [c’est-à-dire : hors métropoles] car nos...
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23/07 - François de Rugy sur la loi Duplomb : "Cette pétition est le degré 0,1 du soulèvement populaire…"
Lorsqu’une loi largement adoptée est contestée par une pétition signée en masse demandant son abrogation, faut-il déduire que l’Assemblée nationale a en partie perdu sa légitimité ? Pour l’ancien ministre de la Transition écologique (2018-2019) et ex-président de l’Assemblée nationale François de Rugy, si les députés doivent avoir le dernier mot, le pays aurait tout à gagner à se doter de moyens de respirations démocratiques plus efficaces. Entretien.
L’Express : Quelles conséquences politiques faut-il tirer de ce million et demi de signataires contre la loi Duplomb ? Que l’on soit d’accord ou non avec cette position, c’est un évènement inédit…
François de Rugy. Je pense qu’il faut toujours tenir compte des expressions citoyennes, quelles que soient leurs formes. En l’occurrence, les pétitions sont un mode très ancien d’expression citoyenne. À ma nomination au ministère de la Transition écologique, en septembre 2018, il y en avait une qui circulait depuis le mois de mai sur les prix des carburants, les prémices du futur mouvement des gilets jaunes. Quand j’ai rencontré Priscilla Ludosky, l’instigatrice du mouvement, la première chose qu’elle m’a dite, c’est "mais pourquoi ni vous, ni votre prédécesseur n’avez répondu à cette pétition ?" Et c’est vrai que celle-ci, dans une grande indifférence médiatique à l’époque, avait réuni déjà plusieurs centaines de milliers de signatures…
J’ai ensuite eu à faire face à la pétition dite de "l’Affaire du siècle", qui avait rassemblé près de deux millions de signataires. J’ai tout de...
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23/07 - Droits de douane de Donald Trump : le Japon échappe à des surtaxes de 25 %
À moins de dix jours de la date butoir fixée au 1er août pour l’imposition de nouvelles surtaxes commerciales, Donald Trump a annoncé, mardi 22 juillet, la conclusion d’un accord "énorme" avec le Japon. Un compromis qualifié de "sans précédent" par le président américain, qui assure sur sa plateforme Truth Social que l’archipel asiatique acceptera désormais des droits de douane "réciproques" de 15 % — bien inférieurs aux 25 % initialement envisagés. L’annonce marque une avancée majeure pour Washington, alors que les discussions piétinent toujours avec d’autres partenaires comme l’Union européenne, le Mexique ou le Canada. Tokyo, pourtant allié stratégique des États-Unis, était jusqu’ici soumis aux droits de douane de base américains de 10 %, auxquels s’ajoutaient des surtaxes de 25 % sur les voitures et de 50 % sur l’acier et l’aluminium.
Selon Donald Trump, ce nouvel accord devrait générer "des centaines de milliers d’emplois" et attirer "550 milliards de dollars d’investissements japonais" aux États-Unis. Des chiffres invérifiables pour l’heure, mais qui traduisent la volonté du locataire de la Maison-Blanche de vanter un succès économique à l’approche de la mise en œuvre de sa politique de surtaxes. "90 % des bénéfices seront pour les États-Unis", a-t-il assuré. Le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a lui aussi salué cette avancée : "Nous pensons que c’est une grande réussite d’avoir obtenu la plus forte réduction parmi les pays en excédent commercial avec les États-Unis." Il s’agit d’un allègement non...
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23/07 - Ukraine : le Kremlin s’attend à "une discussion très compliquée" lors des négociations à Istanbul
Après l’échec des deux premiers cycles de négociations à Istanbul, un troisième round de pourparlers entre la Russie et l’Ukraine est attendu ce mercredi 23 juillet à Istanbul, sous la pression du président américain Donald Trump qui a donné à Moscou 50 jours pour trouver un accord, sous peine de sanctions sévères. Volodymyr Zelensky, à l’origine de cette initiative, espère ouvrir la voie à une rencontre directe avec Vladimir Poutine pour obtenir un cessez-le-feu et des échanges humanitaires, mais le Kremlin a déjà prévenu qu’il ne fallait pas attendre de "progrès miraculeux", jugeant les positions des deux camps "diamétralement opposées".
En parallèle, les frappes russes se poursuivent tandis que les alliés occidentaux renforcent leur aide militaire dans le cadre d’une "campagne de 50 jours" destinée à pousser Vladimir Poutine à négocier. À cela s’ajoute une nouvelle tension diplomatique : Pékin a protesté ce mercredi contre les sanctions européennes visant deux banques chinoises liées au financement de la Russie.
Les infos à retenir
⇒ De nouvelles négociations russo-ukrainiennes attendues ce mercredi soir
⇒ Pékin proteste contre les nouvelles sanctions contre la Russie
⇒ Un avion de chasse français Mirage perdu dans un crashNégociations à Istanbul : le Kremlin s'attend à "une discussion très compliquée" avec Kiev
Le Kremlin a confirmé mercredi que des négociations de paix avec Kiev étaient "prévues" dans la soirée à Istanbul, tout en disant s'attendre à une discussion "très compliquée" avec les négociateurs...
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23/07 - Au Centre Pompidou, l’anarchie photographique de Wolfgang Tillmans
Certains lieux ont du génie, c’est le cas du centre Beaubourg. A commencer par sa construction, la gueule qu’elle a, industrielle, tout ce qui s’est passé à l’intérieur depuis un demi-siècle, et la jeunesse des visiteurs qui en fait toujours un des lieux les plus érotiques de Paris. Des artistes modernes, pré-contemporains, des noms inconnus en lettres de 15 mètres de haut sur la façade, peinture, théâtre, cinéma, danse, tout, et le bistrot de la mezzanine, à droite en entrant, où se nichaient les nouveautés difficiles à savoir si on aime, c’est quoi c’machin ?
A part ça, je ne comprends pas pourquoi c’est si cher, aujourd’hui, l’entrée, 17 balles ! Je payais ce prix-là, à l’époque ? Je resquillais, c’est pas possible, ou alors j’avais une carte de presse, fausse. Et puis la bibliothèque, qui a vu passer mes différents âges et sortes d’ennuis, de dragues, usine à savoirs, doux sentiment de supériorité intellectuelle et générationnelle que ça offrait, ineffable. L’accès, j’aurais dû commencer par là, les escalators extérieurs, travellings droniques avant l’heure, toujours avant l’heure, ce truc qui précède l’avant-garde. Ce fut, ça reste, ce sera, inch allah, un barnum que l’on commence à comprendre maintenant que ça ferme, bientôt, presque, dépêchez-vous, il reste une place, un moment, un parfum de nostalgie avant le grand black-out de cinq ans. Je ne vous dis pas la réouverture que ça va être…. L’expo de clôture s’appelle Wolfgang Tillmans : Rien ne nous y préparait – Tout nous y préparait.Wolfgang Tillmans étale ses...
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23/07 - "Le macronisme s’achèvera avec Emmanuel Macron" : Bruno Retailleau provoque un nouveau tollé
En prédisant la fin du macronisme qui "alimente l’impuissance", le patron des Républicains et ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui doit être reçu jeudi par Emmanuel Macron, a hérissé mardi 22 juillet tout le camp présidentiel.
"Le macronisme s’achèvera avec Emmanuel Macron, tout simplement" parce qu’il "n’est ni un mouvement politique, ni une idéologie : il repose essentiellement sur un homme", a affirmé Bruno Retailleau à l’hebdomadaire ultra-conservateur Valeurs Actuelles. "Je ne crois pas au 'en même temps'", postulat d’Emmanuel Macron qui revendique d’être à la fois de droite et de gauche, "car il alimente l’impuissance", ajoute le président de LR, dans un entretien mis en ligne mardi.
Le ministre, qui doit rencontrer jeudi à l’Elysée le président de la République, redit que sa présence dans la coalition gouvernementale de la droite et du centre "n’est pas une adhésion au macronisme", mais est animée par "l’intérêt général" et son refus que "la gauche mélenchonisée (accède) au pouvoir".
Au nom d’une "droite utile, mais pas docile", il explique participer au gouvernement de François Bayrou non pas "pour faire de la figuration" mais "pour peser de tout le poids de (ses) convictions de droite".
La France insoumise est "la pire menace politique" par rapport au Rassemblement national, estime le ministre qui se rapproche souvent des propositions régaliennes du RN. Il appelle par conséquent à "assumer un cordon sanitaire" aux élections municipales de mars 2026 contre le mouvement...
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23/07 - Economie : en 1979, Margaret Thatcher et Deng Xiaoping bouleversent le système mondial
Alors que le monde semblait dans un relatif équilibre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire est bousculée en 1979. Avec Brice Couturier, journaliste et essayiste, auteur de 1979, le grand basculement du monde, La Loupe revient sur quatre de ces grands évènements. Dans ce troisième épisode, on s’intéresse aux nouvelles politiques économiques mises en place par Margaret Thatcher et Deng Xiaoping.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : INA
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : La Une de L’Express, dont je vais vous parler aujourd’hui, se distingue des autres couvertures de l’année 1979. Le plus souvent dans les archives de cette année-là on trouve des photos, des images fortes qui saisissent un moment réel. Mais au début du mois de mai, le magazine fait un choix un peu différent…
En couverture, un dessin. Le style ressemble aux affiches de films de cette période, comme Star Wars. On y voit une femme, en armure médiévale, brandir une épée étincelante. Cette combattante, c’est Margaret Thatcher. Le titre qui accompagne cette image : l’électrochoc anglais. Depuis quelques jours, elle est la nouvelle Premier ministre britannique. Et celle qu’on...
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23/07 - L’offensive de LVMH dans les lunettes de luxe : du "made in Italy" à l’internalisation
En 1963, dans la vallée de Vajont, au nord-est de l’Italie, un gigantesque glissement de terrain termine sa course dans les eaux du barrage du même nom et provoque deux immenses vagues de 200 mètres de haut, comparables à un tsunami. En aval, la ville de Longarone et quatre autres communes voisines sont rayées de la carte. La catastrophe figure toujours parmi les plus meurtrières du genre en Europe, avec un bilan dépassant les 2 000 morts. Dans les années suivantes, le gouvernement italien et les autorités locales élaborent un plan de reconstruction, qui prévoit d’ériger divers sites de production, dont plusieurs de lunettes. Soixante ans plus tard, Longarone a retrouvé vie et son savoir-faire pour fabriquer des montures en tout genre - qu’elle partage avec le reste de la province de Belluno - est reconnu dans le monde entier.
C’est sur cette commune de 5 000 habitants que LVMH a jeté son dévolu en 2018 pour construire sa première usine estampillée Thélios, son entité exclusivement dédiée à la conception et à la fabrication de paires de luxe, créée un an plus tôt. Le 10 juillet dernier, l’entreprise a inauguré en grande pompe une deuxième unité de production, à quelques pas de la première, rachetée en 2023 à Safilo. Le lunetier italien connaissait alors de grandes difficultés depuis quelques années. Dans la zone industrielle de la ville, le nouveau bâtiment au style épuré jouxte une usine de Marcolin, l’un des leaders du secteur.
De l’autre côté de la montagne, c’est à Agordo, à une quarantaine de kilomètres,...
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23/07 - 2 septembre 2025 : le jour où le "jusqu’au-boutisme" de Vladimir Poutine sera testé
Retenez la date du 2 septembre 2025. Ce jour-là expire en effet l’ultimatum adressé par Donald Trump à son homologue russe pour mettre fin à sa guerre contre l’Ukraine. Si, d’ici là, Vladimir Poutine n’a pas obtempéré, il subira des "sanctions économiques sévères". Les pays qui importent des hydrocarbures russes seront pénalisés, ce qui porterait un coup très dur à une économie russe déjà mal en point. Ainsi, le fonds de la Richesse nationale - le bas de laine russe - pourrait être à sec en 2026, selon des économistes de l’Académie présidentielle russe d’économie nationale et d'administration publique, et de l’Institut Gaidar, cités par le Moscow Times.
Ceux qui tablent sur un effondrement du pays risquent toutefois d’en être pour leurs frais. Déjà, parce qu’il n’est pas certain que Trump, qui, au fond, apprécie Poutine, mette ses menaces à exécution. Ensuite, parce que la priorité absolue du chef du Kremlin reste l’anéantissement de l’Ukraine et qu’il faudra plus qu’un risque de banqueroute pour le faire reculer. Le porte-parole du Kremlin l’a répété récemment : "L’essentiel pour nous est d’atteindre nos objectifs." Quoi qu’il en coûte en vies humaines et en points de PIB.
A cet égard, pour le chef du Kremlin, dont la ligne jusqu’au-boutiste ne montre aucun fléchissement. "Poutine joue son va-tout. Il va tout faire pour l’emporter durant ces cinquante jours d’ultimatum, analyse l’historienne Françoise Thom. Il rêve d’une victoire à la Staline en 1945, qui pourrait lui permettre d’effacer tous ses crimes. S’il échoue, il...
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23/07 - Loi Duplomb, l’éclairage d’un chercheur de l’Inserm : "C’est grâce à un vide scientifique que prospère la controverse"
Pour en finir avec le "ping-pong" informationnel au sujet de la loi Duplomb, il nous fallait faire intervenir un expert. Quelqu’un de précis, bien sûr, mais avant tout libre de toute chapelle, spécimen de plus en plus rare sur les plateaux de télévision. Xavier Coumoul a, semble-t-il, le curriculum vitæ pour la situation : par principe, ce toxicologue, directeur d'une unité de recherche à l’Inserm, ne se laisse jamais aller à donner dans de l’opinion, une qualité indéniable, tant le sujet alimente les débats ces dernières semaines.
Pour savoir s’il faut, oui ou non, réintroduire l’acétamipride, point d’orgue des tensions autour du texte législatif voté début juillet par les députés, ce spécialiste ne préconise qu’une seule chose : étudier les données, s’en remettre aux études, rien qu’à elles. L’expert regrette que les travaux sur les risques pour les écosystèmes ou la santé humaine ne soient pas plus mis en avant. C’est donc avec plaisir - et non sans un certain soulagement - qu’il a accepté de faire le point pour L’Express sur ce que dit la science à ce sujet.
L’Express : Pour se faire un avis sur la loi Duplomb, vous préconisez un retour aux faits. Quels sont-ils ?
Xavier Coumoul : Pour comprendre les enjeux scientifiques autour de ce texte législatif, il est nécessaire de préciser de quoi on parle. La loi Duplomb regroupe une série de mesures à destination des agriculteurs, dont une en particulier suscite le débat. Le texte prévoit notamment une réintroduction très contrôlée, et limitée dans le temps, d’un...
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22/07 - Droits de douane de Donald Trump : cette autre menace américaine qui plane sur la Chine
Les Etats-Unis exercent une pression croissante sur la Chine par l’intermédiaire d’autres pays. Dans une série de lettres annonçant des surtaxes d’ici le 1er août prochain, à moins qu’un accord commercial bilatéral ne soit conclu - comme avec l’Indonésie, le Royaume-Uni et le Vietnam -, l’administration Trump a menacé d’imposer des droits de douane encore plus élevés pour les marchandises transbordées, c’est-à-dire transférées d’un moyen de transport à un autre sans être stockées entre-temps. Washington entend cibler un éventail plus large d’exportations chinoises vers les Etats-Unis et ainsi viser les failles commerciales de Pékin.
Si ces menaces étaient mises en pratique, cela pourrait mettre en péril une majeure partie des exportations chinoises vers les Etats-Unis. Si Donald Trump parvient à cibler les transbordements par le biais de taxes plus élevées ou d’exigences en matière de chaîne d’approvisionnement, cela menacerait en effet 70 % des exportations chinoises vers les Etats-Unis et plus de 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) du pays asiatique, ont calculé des analystes de Bloomberg Economics, Chang Shu, Rana Sajedi et David Qu, comme le rapporte le média Bloomberg. "Les flux commerciaux via des pays tiers sont importants et ont contribué à amortir l’impact des droits de douane américains existants", ont écrit ce mardi les analystes de Bloomberg Economics dans une note de recherche. "Un contrôle plus strict de ces expéditions aggraverait les dommages causés par la guerre commerciale et pourrait éroder...
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22/07 - Guerre en Ukraine : ce que l’on sait des nouveaux pourparlers prévus en Turquie ce mercredi
Russes et Ukrainiens se retrouveront ce mercredi 23 juillet en Turquie pour de nouveaux pourparlers, après deux précédentes sessions à Istanbul sans grand résultat pour mettre fin à plus de trois ans de guerre entre les deux pays. Le Kremlin a toutefois assuré ce mardi ne pas s’attendre à des "avancées miraculeuses" lors de ces nouvelles négociations, après avoir déjà prévenu la veille que les positions de Kiev et Moscou étaient toujours "diamétralement opposées". L’Express fait le point sur ces nouvelles discussions à venir.Une proposition ukrainienne
La proposition est venue de Volodymyr Zelensky : "Il faut relancer les négociations", a déclaré le président ukrainien samedi soir, alors que les discussions de paix sont restées en suspens depuis une rencontre infructueuse en juin. Lundi, Moscou s’est dit en réponse favorable à "la tenue d’un troisième cycle" de pourparlers. Une source officielle turque a ensuite confirmé qu’une nouvelle rencontre aurait lieu ce mercredi à Istanbul.
Volodymyr Zelensky a annoncé ce mardi que la délégation ukrainienne serait menée comme les fois précédentes par l’ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, réputé fin diplomate. Des représentants des services de renseignement, de la diplomatie et de la présidence ukrainiens seront aussi présents à l’appel.
En revanche, la composition de l’équipe russe n’a pas été dévoilée, mais les précédents pourparlers étaient menés par un responsable de second plan, au grand dam de Kiev : l’ex-ministre de la Culture et historien nationaliste Vladimir...
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22/07 - Espagne : derrière la fièvre anti-immigrés, des relais extrémistes basés à l’étranger
Durant le week-end des 19 et 20 juillet, de nombreuses manifestations ont eu lieu en Espagne pour dire "non" au racisme. De Barcelone à Saint-Jacques-de-Compostelle, de Bilbao à Séville, des milliers de gens sont descendus dans la rue pour demander aux autorités "une réponse ferme" aux violences qui venaient de se produire contre des immigrés dans le sud-est de la péninsule ibérique. Et pour dénoncer la normalisation des discours de haine à l’égard d’une main-d’œuvre étrangère que le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez encourage à venir s’installer dans le pays, un cas à part en Europe. En 2024, le royaume a décidé de régulariser chaque année 300 000 immigrés, et ce pendant trois ans. Selon le chef de l’exécutif, "l’immigration n’est pas un problème mais une nécessité" pour l’économie et le financement de la protection sociale.
Le 9 juillet 2025, dans le village de Torre Pacheco, près de Murcie, un retraité de 68 ans a été agressé dans la rue par un jeune maghrébin, selon ses dires. Avant même que ne soit interpellé le responsable présumé au Pays basque, un Marocain de 19 ans résidant à Barcelone, les milieux d’extrême droite ont fondu sur la localité rurale située au milieu des champs d’orangers et de melons, sous la forme de "patrouilles citoyennes" armées de battes de baseball et protégées par des casques de moto. Il a fallu cinq jours à la police et à la Guardia civil pour ramener le calme.Laboratoire de la haine
D’après Miquel Ramos, essayiste et journaliste au site d’information eldiario.es, l’extrême droite...
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22/07 - A quoi ressembleront les régimes de demain ? Les prévisions de la nutritionniste américaine Holly Nicastro
Imaginez deux personnes qui mangent exactement la même madeleine. La première voit sa glycémie augmenter légèrement puis redescendre normalement. Mais la seconde subit un important pic de sucre dans le sang. Et inversement pour d’autres aliments. C’est ce qu’a notamment découvert l’étude Predict, publiée en 2020 dans Nature, dans laquelle les scientifiques ont observé des variations jusqu’à dix fois supérieures dans les réponses métaboliques de personnes consommant exactement le même repas. Car, oui, chaque métabolisme réagit de manière unique aux aliments.
Une révolution dans le domaine de la nutrition, que les National Institutes of Health américains (NIH) entendent transformer en médecine personnalisée. Raison pour laquelle ils ont lancé l’un des plus ambitieux programmes de recherche nutritionnelle au monde, le Nutrition for Precision Health (une nutrition pour une santé de précision). Doté de 170 millions de dollars sur cinq ans, ce projet mobilise 10 000 volontaires à travers les Etats-Unis et 23 centres de recherche et universités. Son objectif : prendre en compte les gènes, le microbiote, les paramètres biologiques, le mode de vie, le métabolisme et les facteurs environnementaux des participants pour développer des algorithmes d’intelligence artificielle. Ces derniers devront prédire comment chaque individu réagit aux aliments et formuler des recommandations nutritionnelles personnalisées.
De quoi changer notre approche de l’alimentation et, peut-être même, de la prévention des maladies chroniques,...
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22/07 - Affaire Renault-Nissan : Rachida Dati et Carlos Ghosn renvoyés en procès pour corruption
Des juges d’instruction parisiens ont ordonné mardi 22 juillet le renvoi en correctionnelle de la ministre de la Culture Rachida Dati ainsi que de l’ex-tout puissant patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn pour corruption et trafic d’influence, a appris l’AFP de source judiciaire.
Les deux mis en cause contestent les accusations dans ce dossier judiciaire instruit depuis 2019 à Paris et aux lourds enjeux politiques, Rachida Dati étant l’une des principales figures du gouvernement de François Bayrou et potentielle candidate à la mairie de Paris.
Une première audience, prévue le 29 septembre, doit permettre de fixer la date du procès, selon la source judiciaire. Selon une source proche du dossier, il pourrait se tenir après les élections municipales, prévues en mars 2026.Des faits prescrits, selon Rachida Dati
La ministre, 59 ans, sera jugée pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale, le Parlement européen.
Elle est soupçonnée d’avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil actées dans une convention d’honoraires signée le 28 octobre 2009 avec RNBV, filiale de l’alliance Renault-Nissan, mais sans avoir réellement travaillé, alors qu’elle était avocate et députée européenne (2009-2019). Les investigations ont cherché également à déterminer si cette convention d’honoraires avait pu servir à masquer une activité de lobbying au Parlement...
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22/07 - La grogne monte à la Nasa contre les coupes budgétaires de Donald Trump
Un vent de fronde souffle à la Nasa. Un groupe de 287 scientifiques, employés actuels et anciens de l’agence spatiale américaine, ont publié une lettre ouverte. L’objet de leur colère ? Les coupes budgétaires, les annulations de subventions et une "culture du silence organisationnel" qui, selon eux, pourraient constituer un risque pour la sécurité des astronautes. Le document, intitulé "Voyager Declaration" (en français "Déclaration Voyager", en l’honneur de Voyager 1 et Voyager 2, les deux sondes spatiales de la Nasa lancées dans les années 1970 qui continuent de fonctionner) et dédié aux astronautes qui ont perdu la vie dans des incidents tragiques de vols spatiaux du passé, est adressé à l’administrateur par intérim de la Nasa, Sean Duffy. Ce fervent soutien de Donald Trump, par ailleurs ministre des Transports, a brusquement remplacé Janet Petro, une employée de longue date de la Nasa, à la tête de l’agence le 9 juillet. La lettre compte 156 signataires anonymes et 131 signatures publiques, dont au moins 55 employés actuels, précise CNN sur son site.
"Les changements majeurs de programme à la Nasa doivent être mis en œuvre de manière stratégique afin de gérer les risques avec prudence", plaident les signataires de cette lettre. "Au lieu de cela, les six derniers mois ont été marqués par des changements rapides et coûteux qui ont compromis notre mission et eu des conséquences catastrophiques sur les effectifs de la Nasa", déplorent-ils. "Nous sommes contraints de nous exprimer lorsque nos dirigeants...
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22/07 - Face aux menaces dans la région, la Corée du Nord mise sur ses redoutables navires de guerre
La Corée du Nord veut moderniser ses forces navales. Le pays asiatique prévoit de construire un destroyer supplémentaire de 5 000 tonnes pour sa marine, a rapporté ce mardi 22 juillet l'agence d'Etat KCNA. Deux navires de guerre similaires ont déjà été mis à l'eau cette année. Ce troisième "destroyer de classe Choe Hyon" est décrit comme un "puissant navire de guerre" par le régime.
Les ouvriers du chantier naval de Nampho (au sud-ouest de Pyongyang) se sont engagés lundi, lors d'un rassemblement, à achever la construction du bateau d'ici octobre 2026, selon KCNA. Cette date marque l'anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs, le parti unique nord-coréen. Le directeur du chantier naval de Nampho a à cette occasion exhorté les ouvriers à respecter le délai de construction afin de soutenir le "plan de création de forces armées puissantes" et de "défendre fermement la souveraineté maritime inviolable et les intérêts nationaux". Une tentative de mise à l'eau reportée
La Corée du Nord avait inauguré un premier bateau en avril, puis un deuxième à la mi-juin, en présence de son dirigeant Kim Jong Un. Ce deuxième destroyer s'était renversé lors d'une première tentative de mise à l'eau dans le port de Chongjin en mai. En effet, une partie de la coque inférieure du navire avait été broyée dans ce que Kim Jong Un avait qualifié d'"acte criminel causé par une négligence absolue". Les médias d'Etat avaient ensuite rapporté l'arrestation de quatre personnes.
Peu après la tentative manquée, une cérémonie en...
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22/07 - Les Etats-Unis de Donald Trump se retirent à nouveau de l’Unesco
Les États-Unis ont annoncé mardi 22 juillet se retirer une nouvelle fois de l'Unesco, estimant que l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture faisait preuve de parti pris contre Israël et promeut des causes "clivantes". En 2018, Donald Trump avait déjà claqué la porte de cette institution, en invoquant des biais "anti-israéliens". Les Etats-Unis l'avaient réintégrée en 2023, sous l'administration démocrate de Joe Biden.
La directrice de l'Unesco, la Française Audrey Azoulay, a dit "regretter profondément" cette décision, qui sera effective fin 2026, même si elle était "attendue". L'Unesco s'y était "préparée" et "est mieux protégée sur le plan budgétaire" que d'autres agences onusiennes, a-t-elle estimé, soulignant que la contribution américaine de 75 millions de dollars annuels ne représente que 8% du budget total de l'organisation."America First"
Pour Washington, "la poursuite de la participation des Etats-Unis à l'Unesco n'est pas dans l'intérêt national", a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat, Tammy Bruce. "L'Unesco s'emploie à promouvoir des causes sociales et culturelles clivantes" et défend "une feuille de route idéologique et mondialiste pour le développement international, en contradiction avec notre politique étrangère ' America First' (l'Amérique d'abord)", a-t-elle expliqué. Elle a également jugé que la décision de l'Unesco d'intégrer "l' Etat de Palestine" en 2011 "est hautement problématique, contraire à la politique des Etats-Unis,...
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22/07 - Covid-19 et anxiété : cette nouvelle étude qui contredit les idées reçues
À l’inverse de ce qui a été observé pour les dépressions, la crise sanitaire du Covid-19 n’a pas provoqué de hausse durable des troubles anxieux dans la population française. C’est la conclusion d’une étude publiée ce mardi 22 juillet par l’agence Santé publique France. Ces résultats contrastent notamment avec l’idée selon laquelle les périodes de confinement et la pandémie auraient entraîné une augmentation du niveau d’anxiété général.Une population angoissée, mais pour d’autres raisons
Les chercheurs de Santé publique France ont voulu tester l’hypothèse selon laquelle les états anxieux auraient pu augmenter à la suite de la crise sanitaire. Mais les résultats ne sont pas probants. Au terme de l’étude, menée par sondage téléphonique auprès de milliers de Français sur la base d’un questionnaire mesurant les principaux symptômes anxieux, les chiffres sont globalement restés les mêmes entre 2017 et 2021. Les sept questions posées comprenaient, par exemple, la fréquence à laquelle la personne ressent une "sensation de peur comme si quelque chose d’horrible allait arriver", ou sa capacité à "rester tranquillement assise à ne rien faire et (se) sentir décontractée". "Contrairement aux épisodes dépressifs dont la prévalence a significativement augmenté entre 2017 et 2021 (…), la fréquence des états anxieux est restée stable", conclut le rapport.
Bien que l’hypothèse initiale soit réfutée, les chercheurs...
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22/07 - Georges Ibrahim Abdallah ne doit pas sa libération à ses soutiens très politiques, par Jean-Marc Fedida
Georges Ibrahim Abdallah a été condamné par la Cour d’assises spéciale à Paris le 28 février 1987 pour avoir directement participé aux sauvages assassinats de deux diplomates, l’un israélien Yacov Barsimantov et l’autre américain le consul des États-Unis d’Amérique Charles Ray. Au cours de l’audience, l’accusation déjà très politisée avait tout fait pour qu’une telle peine ne soit pas prononcée et c’est l’avocat des États-Unis, à l’époque Georges Kiejman, qui avait puissamment démontré la participation aux faits criminels en établissant notamment qu’il était le rédacteur du texte de revendication. Plus généralement qu’il était le principal chef de la Fraction Armée libanaise, responsable de nombreux attentats sanglants sur le territoire français.
Les réquisitions prononcées à l’audience par les avocats généraux aux ordres du pouvoir furent de dix années d’emprisonnement ce qui, convenons-en, était très clément. C’est la peine de perpétuité qui fut prononcée grâce, sans doute, au talent de son avocat Jacques Vergès qui fut tout au long de ce procès plus préoccupé par son rôle autoproclamé de héraut de la cause décoloniale que par le sort de son client.Un acte de justice résolue
Cette décision n’eut précisément rien de politique, tout au contraire elle fut un acte de justice résolue contre la volonté politique exprimée notamment par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, qui à l’époque ne souhaitait pas une répression trop lourde pour des raisons tenant à la volonté de la France de ne pas – trop - prendre partie dans le...
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22/07 - Narcotrafic : 17 premiers détenus transférés vers une prison de haute sécurité
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé mardi 22 juillet sur X que "17 premiers narcotrafiquants" venaient d’être transférés vers la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Ce centre pénitentiaire est le premier à avoir été choisi pour accueillir les narcotrafiquants "les plus dangereux" du pays. Un deuxième quartier de haute sécurité doit entrer en fonctions à la mi-octobre à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne).
Sur place, sept fourgons blancs de l'administration pénitentiaire sont arrivés en fin de matinée, escortés par des motards de la gendarmerie jusqu'à l'entrée de la prison située près de Lens, a constaté l'AFP.
La prison de Vendin-le-Vieil a été désignée en mars par le gouvernement pour accueillir 100 narcotrafiquants, qu’ils soient en détention provisoire ou condamnés. Le régime carcéral d’isolement y est inspiré de la lutte anti-mafia en Italie. Au total, 200 détenus doivent être incarcérés dans les deux prisons.Brouilleurs de drones et fouilles obligatoires
Pour l'heure, la Chancellerie n'a pas donné plus de détails sur le profil exact des détenus. Ils viennent "de la région parisienne et du sud de l'Oise", a indiqué un responsable syndical, David Lacroix, secrétaire local de FO Justice, indiquant qu'après cette "première vague", d'autres arriveront de "la région marseillaise, la région grenobloise" et des Antilles. Au 31 juillet, une soixantaine de détenus devraient être arrivés, "et les derniers devraient arriver pour la mi-septembre", a-t-il ajouté devant la prison.
Les...
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22/07 - Pourquoi prendre l’ascenseur au travail nous met-il autant mal à l’aise ?
L’ascenseur est plein. On a pourtant essayé d’y monter une demi-heure plus tôt, ou un quart d’heure plus tard, mais à part la foule qui n’est pas la même, le problème reste entier : il faut se glisser entre deux personnes, vérifier au prix d’une incroyable contorsion que le bouton de l’étage où on travaille est bien programmé pour s’arrêter, et attendre que l’ascenseur se décide à monter. Parfois, un retardataire force le passage, bousculant les passagers, les visages se crispent et il faut à nouveau puiser dans sa patience avant que l’ascenseur ne se ferme et ne commence son ascension. Lorsqu’on est coincé au fond et qu’on sort au premier étage, on se concentre déjà sur le chemin qu’il va falloir se frayer en calculant combien de personnes vont devoir se serrer ou sortir.
Parfois, au gré des étages, certains sont libérés de cette cage d’acier quand de nouveaux arrivants montent. Le temps paraît toujours incroyablement long dans cet immobilisme général où l’on sent les autres qui soufflent, transpirent, cherchent le regard ou, au contraire, le détournent soigneusement.
Mais d’où vient ce malaise persistant alors qu’on prend si souvent l’ascenseur ? "C’est un espace public", répond Anthony Mahé, docteur en sociologie de l’université Paris Descartes. "Des études ont permis de voir ce qui structure l’ensemble de nos relations sociales dans un espace public contraint comme le métro ou l’ascenseur". Ce sont des interactions très implicites qui prennent place dans une sphère publique restreinte, un huis clos parfois...
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22/07 - Avec ou sans loi Duplomb, l’agriculture française se meurt
Et si l’acétamipride était un faux problème ? Ou plutôt le révélateur – un de plus ! - d’un mal bien plus profond qui ronge l’agriculture française. Avec ou sans ce néonicotinoïde, très utilisé par la filière betteravière, interdit en France en 2018 et que la loi Duplomb autoriserait à nouveau sous certaines conditions, la ferme France se lézarde. L’an passé, notre excédent commercial agricole est tombé à 4,9 milliards d’euros seulement, au plus bas depuis le milieu des années 1980. Deuxième exportateur mondial de produits agricoles au début du siècle, nous sommes aujourd’hui tombés au sixième rang, derrière l’Allemagne, nouvelle force verte européenne - et les Pays-Bas.
Pire, nos échanges avec le reste de l’Europe sont désormais largement déficitaires. Car le plus surprenant dans cette dégringolade, c’est qu’elle s’est faite au profit de nos partenaires européens. Ce ne sont pas le Brésil, l’Argentine, le Canada ou la Turquie qui s’enrichissent de notre déconfiture mais nos voisins. Conséquence d’une Europe agricole qui organise la concurrence en son sein et d’une France malade de la surtransposition des règles bruxelloises.
L’avenir s’annonce encore plus sombre. Dans la première mouture du budget de l’UE présentée récemment par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, la politique agricole commune pourrait même disparaître, fondue dans un grand pot comprenant aussi les fonds de cohésion, c’est-à-dire toutes les aides aux régions les moins riches. Surtout, chaque Etat pourrait faire sa propre sauce : flécher...
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22/07 - Recherches "extrémistes", traque aux VPN… En Russie, les internautes toujours plus surveillés
En Russie, un simple clic pourrait bientôt coûter cher. La Douma, chambre basse du Parlement, vient d’adopter un texte qui sanctionnera les internautes pour avoir recherché ou consulté des contenus jugés "extrémistes", même s’ils ne les partagent pas. Une première dans un pays où, jusqu’ici, seule la diffusion de tels contenus était poursuivie. Désormais, lire un article, visionner une vidéo ou chercher des informations via un réseau privé virtuel (VPN) pourra valoir jusqu’à 5 000 roubles d’amende, soit environ 54 euros.Une nouvelle loi pour surveiller les citoyens russes
Le texte a été adopté à une vitesse éclair, révélant les méthodes du Kremlin pour imposer son contrôle sur Internet. Les amendements ont été discrètement ajoutés à un projet de loi sans rapport, concernant la régulation des entreprises de transport de fret. Une "tactique rusée", dénoncée par le groupe de défense des droits numériques Net Freedoms, qui accuse les législateurs de vouloir "éviter tout débat public" en insérant ces mesures répressives à la dernière minute, a relayé le Washington Post.
Le texte a tout de même rencontré une petite opposition en troisième lecture : 67 députés se sont prononcés contre et 306 pour. Le président de la Douma Viatcheslav Volodine a fait partie de ceux qui ont fermement défendu la loi, déclarant qu'elle permettrait de s'opposer en Russie à "des plateformes en ligne occidentales, entre les mains de pays inamicaux, qui ont également lancé des sanctions contre nous". "L'Occident agit durement et cyniquement contre la...
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22/07 - Gaza : l’ONU accuse Israël d’avoir tué plus de 1 000 personnes tentant d’obtenir de l’aide
L'ONU a accusé ce mardi 22 juillet l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza, depuis fin mai, plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide, dont la grande majorité près des sites de la fondation GHF soutenue par les Etats-Unis et Israël. L'Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a de son côté intimé à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils palestiniens se rassemblant aux points de distribution d'aide humanitaire à Gaza. Ces accusations et avertissements surviennent alors que 21 enfants sont morts de malnutrition et de faim en 72 heures, selon le directeur d'un des plus importants hôpitaux de la bande de Gaza.
Les infos à retenir :
⇒ Plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide tuées par l'armée israélienne, selon l'ONU
⇒ L’Iran n’abandonnera pas l’enrichissement, indique Téhéran
⇒ L'UE intime à l'armée israélienne de "cesser" de tuer des civils cherchant de l'aideL'ONU accuse Israël d'avoir tué plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide depuis fin mai
L'ONU a accusé ce mardi l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza, depuis fin mai, plus de 1 000 personnes qui tentaient d'obtenir de l'aide, dont la grande majorité près des sites de la fondation GHF soutenue par les Etats-Unis et Israël. "Plus de 1 000 Palestiniens ont maintenant été tués par l'armée israélienne alors qu'ils tentaient de se procurer de la nourriture à Gaza depuis que la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) a commencé à fonctionner", a indiqué le Haut-Commissariat aux...
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22/07 - Rachida Dati face à Michel Barnier : à Paris, le poison du soupçon avant la législative partielle
Fidèle à sa réputation. Lundi 21 juillet, Rachida Dati rassemble ses soutiens au Solférino, un café cossu du 7e arrondissement de Paris. Officiellement, elle est venue vanter la "chance historique" de la droite aux municipales de 2026 dans une belle ode au rassemblement.
La ministre de la Culture s’amuse de la présence de nombreux journalistes, pas vraiment là pour l’écouter parler uniquement urbanisme et propreté. Cela tombe bien, elle non plus. Devant ses troupes, elle dézingue la candidature à la législative partielle de Michel Barnier dans la 2e circonscription de Paris, vacante depuis l’invalidation de l’élection de Jean Laussucq par le Conseil constitutionnel.Barnier "instrumentalisé"
Retenir ses coups contre l’ancien Premier ministre au nom du respect de la fonction ? Pas vraiment le genre de Dati qui décrit un homme "instrumentalisé" par les tenants de la "division et de l’échec". Qui ? Ces "fossoyeurs" - sénateurs parisiens et maires LR d’arrondissement LR - qui refusaient la réforme de la loi Paris-Lyon-Marseille et qui accueillent avec enthousiasme la candidature du Savoyard.
"Il ne peut pas y avoir deux candidatures à Paris", tonne Rachida Dati, établissant un parallèle entre l’ambition parlementaire de Michel Barnier et une candidature à Paris. Comme si la première était condamnée à entraîner la seconde. Se lancera-t-elle contre lui ? Rachida Dati entretient l’ambiguïté stratégique sur ses intentions et se garde de tout propos définitif. Tout juste a-t-elle demandé à la commission nationale...
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22/07 - 1979 : en France, la question européenne fracture les partis politiques
Alors que le monde semblait dans un relatif équilibre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire est bousculée en 1979. Avec Brice Couturier, journaliste et essayiste, auteur de 1979, le grand basculement du monde, La Loupe revient sur quatre de ces grands évènements. Dans ce deuxième épisode, on s’intéresse aux fractures politiques en France autour de la question de l’Europe.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : INA
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : L’une des grandes figures souvent représentée en Une de L’Express s’appelle Simone Veil. La magistrate apparaît à plusieurs reprises sur la couverture du magazine, toujours avec son chignon et ses yeux clairs qui vous sondent. Son visage fermé est accompagné d’un titre "la grande bagarre". En cette fin avril 1979, il n’est pas question de son combat pour l’IVG. Car Simone Veil est candidate aux élections européennes, un vote inédit. Pour la première fois, les députés seront élus au suffrage universel direct. Sa campagne est mouvementée. Comme lorsque des militants du Front National s’invitent à l’un de ses meetings.
Cette scène illustre l’ambiance tendue qui règne autour de cette élection....
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22/07 - En plein été, ces piscines municipales contraintes de fermer faute de maîtres-nageurs
Un bassin en plein air de 25 mètres, une eau bleu turquoise et un accès gratuit tout l’été… À Lanrelas, dans les Côtes-d’Armor, la piscine municipale fait chaque année le bonheur des 850 habitants de la commune, qui viennent profiter de son solarium ou s’y rafraîchir durant les fortes chaleurs estivales. Mais cette année, malgré la canicule, les portes de l’établissement resteront closes. Malgré de nombreuses recherches et une multitude de relances, le maire, Yves Lemoine, n’a pas trouvé de maître-nageur disponible pour assurer la sécurité du bassin. "Ça fait deux ou trois ans qu’on redoute que ça nous tombe dessus. C’est une vraie galère", résume-t-il, dépité. En 2023 et 2024, l’édile a pu compter sur la présence inespérée "d’un petit jeune du coin" qui terminait son contrat à l’armée, et a accepté de passer en urgence son Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA) pour permettre à la piscine d’ouvrir. "Il a sacrifié deux ans de suite ses vacances pour offrir aux jeunes la possibilité de profiter du bassin… Mais cette année, il a bien mérité un peu de repos", commente Yves Lemoine.
L’équipe municipale a tout tenté pour recruter, en passant des offres d’emploi à la faculté de Rennes, à travers les écoles de sport locales ou la Fédération de natation… Mais rien n’y fait : les maîtres-nageurs sauveteurs semblent être une espèce en voie de disparition. Selon les différents syndicats du secteur, il manquerait actuellement plus de 5 000 professionnels pour répondre à la demande croissante des communes et...
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22/07 - RN, été 2024 : l’appartement secret où Marine Le Pen et Jordan Bardella ont imaginé leur gouvernement
Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.
EPISODE 1 - "Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s'est installée
Paris suffoque sous la chaleur estivale. En plein mois de juin 2024, une activité inhabituelle agite un quartier situé à deux pas du Parc des Princes, au cœur du XVIe arrondissement. On se presse rue du général Delestraint. Des hommes en costumes, des femmes en tailleurs, descendent de chics berlines avec chauffeurs, jettent un coup d’œil à droite, à gauche, avant de s’engouffrer en vitesse dans un hall d’immeuble. Dans la cage d’escalier, pourtant tranquille le reste de l’année, une drôle de file se forme, patientant pour pénétrer un petit appartement, dont l’antichambre n’est pas suffisamment vaste pour accueillir le flot de visiteurs.
"Pardon, pardon, excusez-moi", marmonne Jean-Philippe Tanguy, en zigzaguant entre ces derniers. Le député Rassemblement national de la Somme est pressé. Il faut dire que la période ne se prête pas à la léthargie. Quelques jours plus tôt, Emmanuel Macron a dissous...
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21/07 - Des docks du Havre à Dubaï, l’ascension et la chute de "Bibi", l’un des plus gros narcotrafiquants français
Les moyens sont à la hauteur des faits reprochés à Abdelkader Bouguettaia. C’est par avion militaire et escorté par des agents du GIGN que ce narcotrafiquant de 38 ans a rejoint le territoire français, jeudi 19 juin, après six ans de cavale à Dubaï (Emirats arabes unis). Dès le lendemain, le Franco-Algérien, surnommé "Bibi" dans le milieu de la criminalité organisée, a été mis en examen par le tribunal judiciaire de Paris pour "importation de stupéfiants en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et trafic de stupéfiants", le tout en récidive. La "prise" est de taille : ce Havrais était considéré par les policiers spécialisés de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) comme une cible prioritaire, faisait l’objet de deux mandats d’arrêt nationaux et européens émis successivement en 2021 puis 2023 pour trafic de stupéfiants, et a déjà été condamné trois fois en son absence à des peines de neuf à quinze ans de prison par le tribunal de Lille, pour des affaires d’importation de cocaïne.
"Monsieur Bouguettaia conteste les faits qui lui sont reprochés", commente auprès de L’Express son avocat, Me Philippe Ohayon, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage. Les affaires dans lesquelles le nom de son client apparaît sont loin d’être anodines : on y parle d’importation de centaines de kilos, voire de tonnes de cocaïne, de réseaux internationaux, de criminalité organisée, de violences, de menaces, de corruption. Dans l’une d’elles, prise en charge par la juridiction interrégionale...
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21/07 - Accusations d’ingérence étrangère : le réseau X s’oppose à la justice française
La plateforme X est visée par une enquête pénale de la justice française, suspectée d’avoir biaisé son algorithme après des accusations d’ingérence étrangère. Dans un post lundi 21 juillet sur l’application, le département des affaires publiques du réseau social américain a nié ces accusations, et dit avoir refusé d’accéder aux demandes du parquet de Paris requérant l’accès à son algorithme.
"Sur la base de ce que nous savons jusqu’à présent, X estime que cette enquête déforme le droit français afin de servir un agenda politique et, en fin de compte, de restreindre la liberté d’expression", est-il écrit dans un post sur la plateforme, propriété d’Elon Musk.
French authorities have launched a politically-motivated criminal investigation into X over the alleged manipulation of its algorithm and alleged “fraudulent data extraction.” X categorically denies these allegations.
This investigation, instigated by French politician Eric…— Global Government Affairs (@GlobalAffairs) July 21, 2025
Le Parquet de Paris avait indiqué le 11 juillet qu’une enquête avait été confiée à la gendarmerie concernant le réseau X, en tant que personne morale, et contre les "personnes physiques" qui le dirigent. Cette dernière, remise à la Direction générale de la gendarmerie nationale, porte "notamment" sur l’altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée, et l’extraction frauduleuse de données d’un système de traitement automatisé de données en bande...
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21/07 - "Depuis 1945, jamais les enfants n’ont autant souffert de la guerre" : l’alerte de la présidente d’Unicef France
La présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan, était l’invitée d’un récent déjeuner de l’Institut Aspen France pour évoquer les actions de l’association de défense des droits de l’enfant. Lors de cette conférence, la présidente de la branche française de ce lieu d’échange international créé en 1949 aux Etats-Unis et réunissant des dirigeants de tous horizons, Anne-Gabrielle Heilbronner, a souhaité évoquer la question des jeunes ukrainiens déportés en Russie après la parution du dossier réalisé par L’Express.
"Leur sort devrait tous nous préoccuper, explique-t-elle. Il est emblématique de ce qu’il se passe dans les conflits aujourd’hui, où 90 % des victimes sont des civiles, en particulier des femmes et des enfants. L’Institut Aspen, qui promeut les valeurs humanistes, est naturellement sensible à cette cause. Nous pensons aussi qu’il ne suffit pas de s’indigner de cette tragédie : tous les leaders doivent prendre conscience qu’ils peuvent faire quelque chose pour mettre un terme à cette barbarie et mieux protéger les femmes et les enfants des violences inhérentes aux guerres". Adeline Hazan refuse de commenter les chiffres avancés par le Humanitarian Research Lab de l’université de Yale (35 000), mais explique que l’Unicef est "totalement mobilisée" pour avoir accès à ces enfants.
L’Express : Le Humanitarian Research Lab de l’université de Yale estime à 35 000 le nombre d’enfants ukrainiens actuellement détenus en Russie. Confirmez-vous cette évaluation ?
Adeline Hazan : Je ne suis pas en mesure de confirmer ce...
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21/07 - Gaza : Israël étend ses opérations terrestres dans une nouvelle zone au centre du territoire
"La guerre à Gaza doit cesser immédiatement". Le Royaume-Uni et 24 pays, dont la France, le Canada et le Japon, ont appelé à mettre fin sans attendre à la guerre dans la bande de Gaza, dans un communiqué commun publié ce lundi 21 juillet. Pourtant, sur le terrain, Israël continue de rester sourd à ces appels et poursuit ses opérations militaires.
La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état ce lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone. Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50 000 et 80 000 personnes se trouvaient dans ce secteur au moment de l’appel. "Pendant la nuit, nous avons entendu des explosions énormes", témoigne auprès de l’AFP Abdallah Abou Slim, un habitant du secteur, faisant état de tirs d’artillerie.
L’armée israélienne avait annoncé qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris "dans une zone où elle n’était jamais intervenue auparavant" en plus de 21 mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas. Dimanche 19 juillet, dans un message posté sur le réseau social X, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait ainsi appelé les habitants et des déplacés palestiniens réfugiés dans la région de Deir al-Balah à évacuer le secteur dans l’immédiat. Israël "étend ses activités" autour de Deir al-Balah, "y compris dans une zone où elle n’avait encore jamais opéré", avait-il...
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21/07 - Nucléaire iranien : le "snapback", cette arme que l’Europe menace d’utiliser contre Téhéran
L’avertissement est clair et sans précédent depuis plusieurs années : Paris, Berlin et Londres ont menacé jeudi dernier de réactiver les sanctions de l'ONU contre l’Iran si aucune avancée diplomatique n’est obtenue dans les prochaines semaines sur le dossier nucléaire. Cette mise en garde intervient dans un climat de très fortes tensions régionales, marqué par les frappes israéliennes et américaines de juin contre des sites nucléaires iraniens. Depuis, les discussions, déjà fragiles, sont à l’arrêt. Mais des pourparlers sont prévus vendredi à Istanbul entre l’Iran, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Les Européens espèrent éviter une escalade et rappellent leur objectif : convaincre Téhéran de reprendre la voie des négociations afin d’aboutir à un accord "robuste, vérifiable et durable". Mais le temps presse. L’Express fait le point sur ces sanctions qui planent sur l’Iran.Aucune contestation possible
Le mécanisme de "snapback" est au cœur de l’accord historique conclu à Vienne en 2015, également connu sous le nom de JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action). À l’époque, l’Iran s’engage à limiter drastiquement son programme nucléaire en échange d’une levée progressive des sanctions économiques et diplomatiques qui l’isolent sur la scène internationale. Ce compromis est alors inscrit dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Mais pour rassurer les signataires, une clause dite de sauvegarde est ajoutée : en cas de manquement notable de Téhéran, toutes les sanctions antérieures peuvent être rétablies...
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21/07 - Budget européen : comment Ursula von der Leyen a réussi à mécontenter tout le monde
Il n’y a pas que François Bayrou pour qui la construction du prochain budget a des allures d’Himalaya. Ursula von der Leyen, aussi, va devoir gravir une montagne.
Dans la première ébauche du budget européen pour les années 2028-2034 dévoilée récemment, la présidente de la Commission a réussi un tour de force : mécontenter tout le monde. Certes, la Commission prévoit de porter l’enveloppe des dépenses à un niveau inégalé : 1,26 % du PIB de l’UE, soit 2 000 milliards d’euros (contre 1,13 % sur la précédente mandature). Mais cette copie souffre de deux écueils.
Le premier, le sort réservé à la Politique agricole commune, un des fondements de la construction européenne. La PAC pourrait même disparaître pour être fondue dans un grand pot comprenant aussi les fonds de cohésion, c’est-à-dire toutes les aides aux régions les moins riches. Surtout, chaque Etat pourrait faire sa propre sauce : flécher les fonds européens sur tel ou tel secteur agricole… Avec les risques de distorsion de concurrence qu’on peut imaginer.
Deuxième écueil : les recettes. Théoriquement, le budget de l’UE est alimenté par des contributions de chaque Etat membre. Sauf qu’aujourd’hui, personne ne veut mettre davantage d’argent sur la table européenne.
Alors, Bruxelles cherche de nouvelles ressources. Parmi les pistes évoquées : un prélèvement forfaitaire payé par toutes les entreprises réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires… Et revoilà, la taxation des multinationales. Hors de question, a aussitôt rétorqué le chancelier allemand,...
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21/07 - Nouvelle-Calédonie : "L’accord d’Emmanuel Macron et Manuel Valls est plus fragile que celui de Rocard"
Indépendantistes et non-indépendantistes ont fait le "pari de la confiance". Ce 12 juillet, les délégations calédoniennes réunies à Bougival, en région parisienne, ont signé un projet d’accord sur le futur de la Nouvelle-Calédonie. Ce texte, qu’ils doivent désormais expliquer et défendre devant leur population, crée un "Etat de la Nouvelle-Calédonie" et une nationalité calédonienne aux côtés de la française, tout en maintenant le territoire dans la France. Un compromis "historique" selon les signataires, qui doit permettre à l’archipel de se reconstruire après les émeutes de mai 2024. L’espoir fragile d’un retour au calme, et de l’apaisement d’une société meurtrie. Alain Christnacht, ancien haut-fonctionnaire, corédacteur de l’accord de Nouméa en 1998, revient pour L’Express sur sa signification - et ses chances d’aboutir.
L’Express : Quel regard portez-vous sur le projet d’accord signé à Bougival ?
Alain Christnacht : D’une part, soulignons qu’il est positif qu’il y ait eu un accord. En avoir un est toujours mieux que de ne pas en avoir. Ne pas signer de texte, c’était rouvrir les incertitudes et le risque de violences. Ensuite, je trouve ce document assez équilibré. La meilleure preuve est que l’on se vante des deux côtés – indépendantistes comme non-indépendantistes – d’avoir gagné. Je trouve malgré tout que le texte est à ce stade plus fragile que les précédents accords de Matignon-Oudinot [1988] et de Nouméa [1998].
Pour quelles raisons ?
Il faut bien comprendre les moments dans lesquels chacun de ces textes a...
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21/07 - Rougeole : au Royaume-Uni, la désinformation sur les vaccins relancée par la mort d’un enfant
La rougeole a fait une nouvelle victime en Angleterre : le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a confirmé le 14 juillet la mort d’un enfant à l’hôpital Alder Hey à Liverpool, dans le nord-ouest du pays. Ce décès a ravivé les appels des autorités sanitaires britanniques à faire vacciner les plus jeunes, au moment où le Royaume-Uni fait face à une vague de désinformation sur les vaccins, provenant largement des Etats-Unis.
Maladie hautement contagieuse, la rougeole peut entraîner de graves complications. Elle est pourtant évitable grâce au vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) administré dès la petite enfance.
Les autorités n’ont donné aucun détail sur les circonstances du décès, mais selon The Sunday Times, l’enfant souffrait d’une forme grave de la maladie, associée à d’autres problèmes de santé sérieux.Les autorités locales tirent la sonnette d’alarme
Peu après l’annonce, plusieurs figures du mouvement antivaccin ont diffusé sur les réseaux sociaux des affirmations non vérifiées au sujet du décès de l’enfant. Parmi elles, Ellie Grey, une influenceuse britannique se présentant comme experte dans la santé, suivie par plus de 200 000 personnes sur Instagram. "La rougeole n’est pas cette maladie mortelle. […] Ce n’est pas dangereux", a-t-elle affirmé dans une vidéo. Elle accuse l’hôpital Alder Hey de "manipuler les parents" et de les "pousser" à opter pour...
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21/07 - Sommet Chine-UE : ces dossiers à l’origine des tensions entre Pékin et Bruxelles
Pékin a confirmé ce lundi 21 juillet que les dirigeants de l’Union européenne (UE) se rendraient jeudi en Chine pour un sommet, au moment où les deux partenaires commerciaux cherchent à aplanir une série de désaccords. Parmi les dossiers qui empoisonnent les relations bilatérales, des surtaxes européennes sur des produits chinois et des restrictions sur les exportations, ainsi que la guerre en Ukraine.
Le sommet de cette semaine doit marquer les 50 ans des relations diplomatiques entre la Chine et la Communauté européenne - plus tard devenue l’UE. Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé lundi que le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendront à Pékin pour l’occasion. Les deux dirigeants ont aussi confirmé leur présence dans un communiqué vendredi, précisant qu’ils rencontreront le président chinois Xi Jinping pour discuter "des relations entre l’UE et la Chine et des défis géopolitiques actuels, notamment la guerre menée par la Russie en Ukraine"
"Ce sommet est l’occasion d’engager un dialogue avec la Chine au plus haut niveau et d’avoir des discussions franches et constructives sur des questions qui nous concernent tous les deux", a indiqué Antonio Costa. "Nous voulons un dialogue, un engagement réel et des progrès concrets. Nous visons une relation équitable et équilibrée qui profite aux deux parties", a-t-il souligné. Selon le communiqué, ils "aborderont plus en détail les aspects commerciaux et économiques...
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21/07 - Après le Madleen, le Handala : ce que l’on sait du nouveau navire en route pour Gaza
Un nouveau bateau de la "Flotille pour la liberté" est en route pour Gaza. Le Handala, un navire de l’ONG internationale transportant des militants pro-palestiniens et de l’aide humanitaire, a quitté l’Italie dimanche 20 juillet à destination de Gaza. Il tente de rejoindre l’enclave palestinienne en proie à une situation humanitaire désastreuse après plus de 20 mois de guerre.Un bateau chargé de matériel médical et de nourriture
Le Handala est un ancien chalutier norvégien de 18 mètres construit à la fin des années 1960. Il a été reconverti en navire de solidarité depuis son rachat en 2023 par la coalition de la "Flottille pour la liberté", sillonnant les ports européens pour des actions humanitaires en faveur des populations de l’enclave palestinienne.
Le Handala - qui tient son nom d’un personnage créé par le dessinateur de presse palestinien Naji al-Ali, représentant un enfant pieds nus, et de dos - appartient donc à la coalition de la "Flotille pour la liberté", un mouvement international non violent de soutien aux Palestiniens qui, depuis sa création en 2010, a lancé près d’une dizaine d’expéditions afin de venir en aide aux civils à Gaza, en vain. Pour l’occasion, le navire a été recouvert de dessins et messages à l’attention des Palestiniens et d’opposition à la guerre qui se déroule à Gaza.
Ce bateau a dans un premier temps, le 13 juillet, quitté Syracuse, en Sicile, chargé de matériel médical, de nourriture, d’équipement pour enfants et de médicaments. Il a ensuite fait escale à Gallipoli, dans le...
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21/07 - Budget 2026 : ces quatre malentendus que beaucoup ont pris soin de dissimuler, par Jean-François Copé
Les réactions très modérées des partis du "socle gouvernemental commun" à l’annonce du plan budgétaire de François Bayrou ont consacré une unanimité suffisamment rare pour être remarquée. Tous ont motivé leur position au nom de l’esprit de responsabilité et de l’exigence de ne pas brouiller le message essentiel : la France est au bord de la faillite et cette fois, ce n’est pas simplement un effet de manche. Certains ont même évoqué l’idée que le Premier ministre faisait ainsi le "sale boulot" qui n’aurait plus à être fait après l’alternance s’ils accèdent au pouvoir en 2027.
Certes disent-ils les 43,8 milliards d’euros d’économies annoncés sont une goutte d’eau face aux 1 722 milliards d’euros de dépenses publiques prévues pour 2026. Mais en décrivant une France que "l’habitude du déficit" a conduite au "surendettement", François Bayrou a incarné un moment de vérité : avoir enfin mis des mots justes sur notre addiction à la dépense publique et sur le risque majeur qu’elle représente à la moindre tension sur les taux d’intérêt. Car ceux qui nous jugent aujourd’hui, bien plus que nos partenaires européens, ce sont les marchés financiers. Mais il ne faut pas faire croire que le sale boulot aura été fait car il y a quatre gigantesques malentendus que beaucoup ont pris soin de dissimuler.Que restera-t-il ?
Le premier malentendu tient à la nature des économies. Le gouvernement a opté pour l’argent facile : il va ponctionner les collectivités locales (5,3 milliards) et surtout augmenter fortement les impôts. Pas d’impôt nouveau,...
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21/07 - Ukraine : la Russie juge qu’il faudra "beaucoup de travail" pour rapprocher les positions
Après l’échec de deux cycles de négociations à Istanbul, Volodymyr Zelensky a proposé samedi 19 juillet à la Russie de tenir de nouveaux pourparlers cette semaine. "Il faut relancer les négociations", a-t-il déclaré, alors que Donald Trump a donné à Moscou 50 jours pour négocier la paix, menaçant de sanctions et annonçant le même jour reprendre des livraisons d’armes à Kiev financées par les pays de l’Otan.
Jusqu’ici, les rencontres successives à Istanbul entre délégations russe et ukrainienne, organisées sous la pression du président américain, n’ont guère apporté d’avancées sur un cessez-le-feu, ne débouchant que sur des échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.
Les infos à retenir
⇒ Négociations avec l’Ukraine : la Russie juge qu’il faudra "beaucoup de travail" pour rapprocher les positions
⇒ Le ministre français des Affaires étrangères en visite à Kiev
⇒ Au moins un mort à Kiev après de nouvelles frappes nocturnes russesNégociations avec l’Ukraine : la Russie juge qu’il faudra "beaucoup de travail" pour rapprocher les positions
Le Kremlin s’est dit lundi prêt à participer à de nouvelles négociations de paix avec l’Ukraine, tout en affirmant que la date de tels pourparlers n’avait pas encore été établie et qu’il faudrait "beaucoup de travail" pour rapprocher les positions des deux camps.
"Nous sommes pour la tenue d’un troisième cycle (après deux rencontres infructueuses au printemps à Istanbul, NDLR). Dès qu’une date aura été établie, nous vous en informerons", a indiqué le porte-parole de la présidence russe,...
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21/07 - Quel avenir pour la loi Duplomb ? Quatre questions après le succès inédit de la pétition contre le texte
Une "aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire". Voilà comment Eléonore Pattery, étudiante de 23 ans à l’origine d’une pétition publiée le 10 juillet sur le site de l’Assemblée nationale, décrit la loi Duplomb.
En une dizaine de jours, Eléonore Pattery a vu sa pétition franchir la barre du million de signataires, pour afficher 1,3 million de soutiens au compteur ce lundi 21 juillet. Du jamais-vu. Alors qu’il est possible de déposer des pétitions sur le site du Palais Bourbon depuis 2019, une seule, contre la Brav-M, brigade de policiers motorisés de répression de l’action violente, avait jusqu’ici recueilli 260 000 signatures, très loin de celle-ci donc.
Adoptée le 8 juillet au Parlement, par 316 voix pour, contre 223, la proposition de loi destinée à "lever les contraintes" des agriculteurs prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France mais autorisé en Europe. Ce produit est réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes, qui estiment n’avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre "un tueur d’abeilles". Ses effets sanitaires sur l’humain sont aussi source de préoccupations.
Ce lundi, sur RMC, Laurent Duplomb a dénoncé une pétition "instrumentalisée" contre la loi qui porte son nom. "Ce système de pétition, il est fait pour mettre de la pression au Conseil constitutionnel et...
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21/07 - La grande arnaque des livres de développement personnel à la plage, par Julia de Funès
L’été revient avec ses serviettes bariolées, ses parasols chancelants et ses lectures "inspirantes". Sur les plages, les livres de développement personnel s’empileront : "devenir impactant en quelques semaines", "ce qui vous empêche d’être vous-même", "devenir soi", "les secrets d’un bonheur durable", etc. Ces manuels promettent une existence optimisée, réconciliée avec elle-même, délivrée de ses contradictions. Mais avant de céder à ces mirages brochés, rappelons quelques-unes des illusions qu’ils véhiculent pour éviter d’y plonger.
La première est l’illusion volontariste. Les bibles du développement personnel nous font croire par démagogie qu’il suffirait de désirer ardemment une chose pour qu’elle advienne. Le développement personnel insiste sur le pouvoir de la volonté, comme si celle-ci pouvait transformer tout rêve en réalité. Faire preuve de détermination est une chose ; sombrer dans le volontarisme en est une autre. Ici, le développement personnel confond l’intentionnalité et la causalité. Avoir l’intention de réussir n’implique pas mécaniquement que cette intention produira des effets. Entre l’intention et la causalité s’interposent le réel et ses résistances. Cette confusion prépare non pas la réussite, mais la culpabilité : si nous échouons, c’est que nous n’aurions pas voulu suffisamment. Une logique cruelle, car nous voilà responsables de tout, même de nos échecs. Alors face au mythe du volontarisme tout-puissant, souvenons-nous de Spinoza : "La volonté seule ne suffit pas à faire mouvoir le monde."...
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21/07 - Ecoles abandonnées, hôtels particuliers désaffectés… La vérité sur la gestion immobilière de l’Etat
C’est l’histoire d’un petit joyau, propriété de l’Etat : un immeuble de trois étages au 60 rue Jean-de-la-Fontaine dans le XVIe arrondissement de la capitale. Ce bijou art nouveau a été construit par l’architecte Hector Guimart en 1910 pour un industriel du textile vénitien, Paul Mezzara, qui en fit le lieu d’exposition et de vente de ses précieux tissus à Paris. Le 18 juin 2025, la Direction régionale des finances publiques, a officiellement donné les "clés" de cet hôtel particulier de 750 mètres carrés à deux investisseurs privés au travers d’un bail emphytéotique de 80 ans, avec l’objectif de le transformer en musée. Chaque année, les deux investisseurs rétrocéderont à l’Etat une partie du chiffre d’affaires de l’établissement. A eux de prendre en charge l’intégralité des travaux de rénovation du bâtiment. Clap de fin d’une histoire qui dure depuis plus de dix ans. En 2015, après le départ des internes du lycée Jean Zay qui occupaient les lieux depuis la fin des années 1950, l’immeuble reste vacant. L’Etat essaie bien de le vendre pour près de 7 millions d’euros, en vain. Deux appels à projet lancés en 2021 et 2023 sont classés sans suite. Jusqu’à la signature du dernier contrat, plutôt ingénieux. Du gagnant-gagnant pour la puissance publique qui se déleste d’un poids mort, s’assure des rentrées financières sans assumer aucun coût d’entretien.
Si le bâtiment Mezzara va reprendre vie, combien d’écoles, de casernes et d’hôtels particuliers désaffectés, propriété d’un Etat désargenté, se dégradent, faute d’acheteurs ? En...
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21/07 - Wegovy, Mounjaro... Contre l’obésité, le risque d’une médecine à deux vitesses ?
Mangez moins, bougez plus : pendant des décennies, la lutte contre le surpoids et l’obésité s’est résumée à ces deux conseils. Puis les agonistes du GLP-1, ces médicaments plus connus sous leurs noms commerciaux (Ozempic, Wegovy, Mounjaro, Saxenda) sont arrivés, avec des pertes de poids rapides et spectaculaires, jusqu’à 20 % de la masse corporelle chez certains patients. La tentation est grande de voir dans ces traitements une solution miracle. Si une injection hebdomadaire peut conduire à un amaigrissement significatif, la question de la place de l’exercice physique et d’une alimentation équilibrée se pose légitimement. Mais cette vision binaire masque la complexité des enjeux.
Au-delà de l’aspect pondéral, des essais cliniques ont démontré une réduction significative des événements cardiovasculaires par rapport au placebo chez les personnes ayant déjà présenté un accident grave. Les associations de patients espèrent que ces molécules contribueront à déstigmatiser l’obésité en facilitant sa reconnaissance comme pathologie complexe nécessitant un traitement médicamenteux, et non comme un simple "manque de volonté".
Il serait malhonnête de ne pas reconnaître les échecs relatifs des approches préventives classiques. Les recommandations nutritionnelles et d’activité physique ont un impact souvent modeste face à un environnement obésogène, entre l’omniprésence des aliments ultratransformés et les contraintes du quotidien qui limitent les possibilités d’exercice. Cette réalité explique en partie le large attrait des...
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21/07 - Dette : ces hedge funds qui pourraient faire basculer la France dans la crise
François Bayrou n’avait pas d’autre choix que de montrer patte blanche. Le Premier ministre a présenté, mardi 15 juillet, son plan pour redresser les finances publiques. Une conférence de presse scrutée de près par les marchés, à l’heure où la dette publique de la France dépasse les 3 300 milliards d’euros et où son déficit figure parmi les plus élevés de la zone euro.
Le chemin pour revenir dans le vert est désormais connu. Mais le plus dur reste à faire. Le budget 2026 concocté par Matignon et Bercy devra encore passer la complexe épreuve du Parlement - où le recours au 49.3 semble inéluctable - et les velléités de censure qui se font jour, à droite comme à gauche. En cas d’échec, les investisseurs pourraient être tentés de se détourner des obligations françaises.
Un élément nouveau pèse dans la balance : la présence accrue des hedge funds sur les marchés de dettes souveraines en Europe, et notamment sur celui de l’Hexagone. Dans un rapport publié fin juin, la Banque de France a tiré la sonnette d’alarme. Elle pointe un risque pour la stabilité financière, alors que ces fonds d’investissement spéculatifs, qui cherchent un rendement maximal, représentaient, en 2023, 55 % des volumes échangés de titres souverains de la zone euro.Un étonnant paradoxe
La tendance est mondiale. "Depuis la crise financière de 2008, les grandes banques internationales se sont retirées de certaines activités sur les marchés de dettes souveraines. Cette évolution a ouvert la voie à d’autres types d’investisseurs, notamment les hedge funds. Il...
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21/07 - Iran : en 1979, la révolution qui va bouleverser le Moyen-Orient
Alors que le monde semblait dans un relatif équilibre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire est bousculée en 1979. Avec Brice Couturier, journaliste et essayiste, auteur de 1979, le grand basculement du monde, La Loupe revient sur quatre de ces grands évènements. Dans ce premier épisode, on s’intéresse à l’Iran, et sa révolution islamique.
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L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)
Crédits : INA, CNews, France 2, France Inter, Epic Records, Virgin Records, Sugar Hills Records
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Charlotte Baris : 1979, c’est donc une année de changements et de nouveautés. C’est à ce moment-là que sort le walkman, sur lequel on peut écouter Born to be alive, ou le 1e album solo de Michael Jackson Off the Wall. Nombre de films cultes sortent en 1979, comme Apocalypse Now, Alien, ou les Bronzés font du ski.
C’est aussi l’année de la mort de Mesrine, l’ennemi public numéro 1… De la 1e visite en tant que Pape de Jean-Paul II, dans son pays, la Pologne, provoquant une vague anti-communiste… Et, plus discrètement, c’est en 1979 qu’est remis le 1e rapport de scientifiques sur le climat au président américain Jimmy Carter. Des évènements que L’Express a...
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20/07 - Etats-Unis : déclin du soutien à la politique migratoire de Donald Trump, après six mois au pouvoir
Six mois après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, la politique migratoire sévère du président républicain a perdu le soutien de la majorité des Américains, selon deux sondages publiés dimanche. Selon un sondage commandé par la chaîne CNN, 55% des personnes interrogées estiment que les expulsions de migrants menées par l'administration Trump "vont trop loin". Une hausse de dix points par rapport à une précédente enquête menée en février. Une majorité des sondés - 57% - se dit opposée aux projets de création de dizaines de milliers de places en centres de rétention, contre 26% qui les soutiennent.
Un autre sondage réalisé pour la chaîne CBS établit que 56% des personnes interrogées estiment que l'administration Trump cible en priorité des migrants qui ne sont pas de "dangereux criminels", contre 47% un mois plus tôt. Selon cette même enquête, 49% approuvent les mesures migratoires radicales voulues par Donald Trump, en baisse de dix points par rapport à février, et de cinq par rapport à juin. Parmi les sympathisants républicains en revanche, le soutien aux expulsions massives reste quasi unanime, à hauteur de 91%.
Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale une des priorités de son second mandat et défend une ligne dure depuis son retour au pouvoir en janvier. Il s'est félicité dimanche, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social d'avoir "complètement relancé un grand pays" en "six mois". "Il y a un an, notre pays était MORT, presque sans espoir de renaissance....
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20/07 - Vladimir Poutine et le sexe : l’histoire secrète d’une paranoïa au Kremlin
Pourquoi y a-t-il eu tant d’écrits sur une supposée homosexualité d’Hitler ne reposant sur aucun fait historique ? Comment Mao a-t-il pu à ce point abuser de jeunes femmes tout en imposant le puritanisme aux Chinois ? De Catherine II à Vladimir Poutine en passant par Bachar el-Assad, L’Express se penche cet été sur la vie sexuelle des dictateurs, et montre comme celle-ci a pu influencer leurs décisions politiques, tout en étant l’objet de nombreux fantasmes.
EPISODE 1 - "Hitler était-il homosexuel ?" : la vie privée du Führer, objet de tous les fantasmes
Dans un petit cabinet saturé de velours rouge, une diseuse de bonne aventure, œil espiègle et sourire narquois, caresse de ses mains bagousées une boule de cristal. "Voyons voir, chérie, qui t’est destiné…", susurre la matrone d’un grain de voix chaud. Son interlocutrice, l’innocence au féminin, aimerait que "ce" soit par amour. "C’est ma première fois", avoue-t-elle en baissant le regard. Référence à peine voilée à son futur dépucelage. Les cartes de tarot s’abattent une par une sur la table. Il y aura de l’amour. Non, pas de tromperie ; les cartes ne mentent pas. Soudain, le regard de la candide tête blonde s’embrase : "C’est lui !", s’emballe-t-elle en fixant la dernière carte retournée. A la place de l’Empereur (la carte IV) : Vladimir Poutine en personne.
Pour qui...
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20/07 - Comment bien manger pour rester mince et en bonne santé ? Les conseils de la science
Comment faut-il manger pour rester en bonne santé ? Probablement à l’opposé de notre régime alimentaire occidental, riche en sucres et en viandes, mais pauvre en fibres. Nous mangeons mal, mais ne nous jetons pas la pierre. Entre les lobbys, la publicité qui incite à la malbouffe, nos rythmes de vie et l’inaction des autorités, les raisons sont nombreuses. "Quand vous rentrez dans un supermarché, il faut une volonté de fer pour éviter tout ce qui peut nuire à votre santé !", illustre Irène Margaritis, adjointe au directeur de l’évaluation des risques à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). La communauté scientifique ne désespère pas pour autant de faire passer les bonnes informations. Car les bienfaits d’une bonne alimentation sont nombreux : diminution des risques d’obésité, de cancer, de diabète, de maladies cardiovasculaires, mais aussi amélioration du sommeil et de la mémoire !
Les recommandations françaises en matière de nutrition vont d’ailleurs évoluer. "D’ici la fin de l’année, le cinquième Programme national nutrition santé (PNNS), portant sur la période 2025-2030, devrait être annoncé", révèle Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm et responsable de la cohorte NutriNet-Santé. "Les dernières recommandations de 2019 restent valables et ne seront pas réévaluées immédiatement, mais il y aura une feuille de route pour les prochaines années, avec des réflexions portant par exemple sur la végétalisation de...
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20/07 - Terres rares : face aux restrictions à l’exportation chinoise, les fabricants occidentaux cherchent des alternatives
Ils sont nécessaires pour les secteurs automobiles, de la défense ou de l’électroménager, et font l’objet depuis plusieurs mois d’une importante lutte commerciale. Les aimants en terres rares, des métaux stratégiques dont la Chine détient le monopole, ont vu leurs exportations restreintes depuis le mois d’avril, en représailles aux droits de douane américains imposés par le président Donald Trump. Mais alors que les deux Etats sont parvenus à un accord pour lever certaines de ces limitations le 27 juin, faisant repartir les exportations de ces intrants essentiels, leur niveau reste nettement inférieur à celui des années précédentes, avec une baisse de 38 % en juin, selon une analyse des données douanières chinoises publiée dimanche par le Wall Street Journal.
Bien qu’une baisse aussi importante ne soit guère réjouissante pour les fabricants occidentaux, qui dépendent en grande partie des aimants en terres rares chinois pour le bon fonctionnement de leurs lignes de production, ce chiffre marque une reprise de l’activité commerciale par rapport à mai, où les exportations de ces métaux avaient chuté de… 74 % comparativement à l’année précédente, soit la plus forte diminution depuis plus de dix ans. Du point de vue des quantités, la Chine a ainsi exporté 3,2 millions de kilogrammes d’aimants en terres rares en juin, contre des expéditions mensuelles qui atteignaient en moyenne 4,8 millions de kilogrammes l’année dernière.
La position dominante de la Chine dans l’approvisionnement en aimants en terres rares s’est...
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20/07 - Les "tracances", nouveau luxe ou piège doré des cadres ?, par Caroline Diard
Alors que les congés payés (institués en France en 1936) semblent un acquis social auquel les Français sont attachés – ce qu’illustre l’histoire du droit social –, en pleines vacances d’été pour les juillettistes, une tendance émergente questionne. La consultation des mails professionnels ou la réponse à quelques messages depuis son lieu de vacances n’est plus uniquement le fait de quelques chefs d’entreprise, cadres dirigeants débordés, pionniers des "tracances". Ce terme - contraction de "travail" et "vacances" - s’est imposé récemment pour désigner un phénomène nouveau, analysé dès 2024 dans la littérature académique (étude Mahéo & Marinos, 2024). Une nouvelle tendance facilitée par l’hybridation de l’organisation du travail qui a produit à la fois une imbrication des lieux et temps de travail, avec l’usage croissant des outils numériques. Travailler n’importe quand depuis une salle d’attente, un train, dans le métro, ou même depuis une location de vacances devient banal. Cette ubiquité brouille les frontières entre sphère professionnelle et personnelle et questionne sur les enjeux.
Car nous sommes face à un paradoxe pour le moins troublant : d'un côté, les discours médiatiques, politiques et scientifiques se font l’écho d’une crise du sens au travail et de la "valeur travail", crise accompagnée d’un moindre investissement des salariés (Ponge et al., 2024). Une mesure de l’engagement en 2025 avec "l’Employee Net Promoter Score" révèle d’ailleurs un désengagement qualifié de "préoccupant". Et pourtant, si l’on...
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20/07 - Nucléaire iranien : nouvelles discussions cette semaine avec Téhéran, sous la menace du "snapback"
"Les E3 (France, Royaume-Uni, Allemagne, ndlr) sont en contact avec l'Iran pour programmer de nouvelles discussions pour la semaine à venir", a indiqué cette source, après menaces des puissances européennes de rétablir les sanctions de l'ONU contre l'Iran si Téhéran ne reprend pas les négociations. Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, Téhéran a accepté de tenir des discussions avec les trois pays européens, citant une source anonyme. Des consultations sont en cours concernant la date et le lieu des pourparlers, selon Tasnim.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a eu un entretien téléphonique la semaine dernière avec ses homologues britannique, français et allemand, ainsi qu'avec la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas. Lors de cet appel, les diplomates européens ont fait part à M. Araghchi de "leur détermination à utiliser le mécanisme de 'snapback', en l'absence de progrès concrets" vers un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. "Si aucune solution n'est trouvée d'ici la fin de l'été, le mécanisme de 'snapback' reste une option pour le groupe E3", a ajouté la source diplomatique allemande.Le mécanisme du "snapback"
Ce mécanisme est prévu dans le cadre de l'accord sur le programme nucléaire iranien de 2015 (JCPOA), dénoncé par les Etats-Unis qui n'en sont donc plus partie prenante, mais toujours en vigueur pour les autres parties (l'Iran, les E3, la Chine et la Russie), une clause permet de rétablir des sanctions onusiennes contre Téhéran en cas...
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20/07 - Guerre contre Israël : l’Iran dit avoir remplacé ses systèmes antiaériens endommagés
L'Iran aurait remplacé ses systèmes de défense antiaériens endommagés lors des bombardements menés en juin par Israël, a annoncé dimanche l'agence officielle l'agence de presse iranienne Irna, citant un responsable militaire. Israël a lancé le 13 juin une attaque sans précédent contre l'Iran, dans le but affiché d'empêcher son ennemi juré de se doter de la bombe atomique, perçue comme une menace existentielle. Téhéran, qui défend un droit au nucléaire civil, réfute avoir de telles ambitions sur le plan militaire.
Durant 12 jours de guerre, Israël a ciblé des installations nucléaires et militaires. Des hauts gradés ainsi que des scientifiques développant le programme nucléaire iranien ont notamment été tués. "L'ennemi sioniste a cherché à détruire les capacités de défense de l'Iran, et certains de nos systèmes de défense ont été endommagés au cours de la guerre", a indiqué l'adjoint des opérations de l'armée iranienne, l'amiral Mahmoud Moussavi, cité par l'agence Irna. "Mais grâce aux efforts de mes camarades, les systèmes endommagés ont été remplacés et déployés dans des endroits prédéterminés", a-t-il ajouté, sans préciser par quels équipements ni quand.Des systèmes russes de défense antiaérienne installés dès 2016
La défense antiaérienne iranienne comprend des systèmes comme le Bavar-373 et le Khordad-15, fabriqués localement, conçus pour contrer les missiles et les avions. L'Iran avait installé en 2016 des systèmes russes S-300, après la conclusion en 2015 de l'accord de Vienne sur le nucléaire avec les grandes puissances...
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20/07 - Japon : revers électoral projeté pour le Premier ministre Shigeru Ishiba
La coalition gouvernementale du Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a perdu la majorité à la chambre haute du Parlement lors d'élections dimanche, selon de premières projections, un revers cuisant sur fond d'inflation et de forte poussée du parti d'extrême droite anti-immigration Sanseito. Alors que 125 des 248 sièges étaient renouvelés lors du scrutin, le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) de M. Ishiba et son allié Komeito (centre droit) n'ont gagné que 41 sièges, selon les projections des médias nationaux, dont la télévision publique NHK. Loin des 50 nécessaires pour conserver leur majorité. Le parti populiste anti-immigration Sanseito, au slogan "Le Japon d'abord", fait de son côté une très forte percées, avec entre 10 et 22 sièges remportés, alors qu'il n'en contrôle que deux dans l'assemblée actuelle.
Des experts avaient estimé avant l'élection qu'une telle défaite du gouvernement pourrait contraindre à la démission Shigeru Ishiba, 68 ans, en poste depuis dix mois. La coalition gouvernementale est déjà en minorité à la chambre basse du Parlement, depuis un cuisant revers lors des élections législatives anticipées de l'automne --que M. Ishiba avait lui-même convoquées après avoir pris en septembre la tête du PLD.
Le Japon pourrait désormais entrer "en terrain inconnu, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale", avait prévenu avant l'élection Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l'Université...
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20/07 - Fin des contrats avec SpaceX ? L’impossible rupture entre Donald Trump et Elon Musk
La charge était virulente, comme en a l’habitude le président des Etats-Unis. "Le moyen le plus simple d’économiser des milliards de dollars dans notre budget est de mettre fin aux subventions et contrats gouvernementaux d’Elon Musk. J’ai toujours été surpris que Biden ne l’ait pas fait", avait posté Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 5 juin, ouvrant la voie à une escalade brutale entre les deux milliardaires. Mais la rupture semble plus facile à dire qu’à réaliser.
Selon des informations révélées par le Wall Street Journal, quelques jours après l’emportement du président américain, son administration avait lancé un examen des contrats de SpaceX avec le gouvernement fédéral, visant à identifier les éventuels "gaspillages" dans ces accords de plusieurs milliards de dollars que l’entreprise a conclus. Seul problème et non des moindres : les agents de l’Etat ont conclu que la plupart de ces contrats sont essentiels aux missions du ministère de la Défense et de la NASA, SpaceX étant le premier lanceur de fusées au monde et un fournisseur majeur d’accès Internet par satellite.
Malgré la dispute entre les deux hommes, l’entreprise d’Elon Musk a en effet remporté davantage de contrats gouvernementaux en 2025, continuant de travailler sur des missions majeures pour l’Etat. En avril, SpaceX est celle qui a remporté le plus de financements et de lancements de fusées dans le cadre d’un contrat de 5,9 milliards de dollars, avec 28 vols de sécurité nationale. Un mois plus tard, elle a lancé un engin destiné à...
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20/07 - Gaza : la Défense civile fait état de 73 morts après des tirs israéliens sur une foule attendant de l’aide
La Défense civile de la bande de Gaza a affirmé dimanche que 73 Palestiniens avaient été tués et des dizaines blessés par des "tirs israéliens" près d'un point de distribution d'aide humanitaire dans le nord du territoire palestinien ravagé par la guerre.Le pape appelle à mettre fin immédiatement à la "barbarie" de la guerre à Gaza
Le pape Léon XIV a appelé dimanche à mettre fin à la "barbarie" de la guerre à Gaza et à "l'usage aveugle de la force", quelques jours après une frappe israélienne meurtrière contre une église catholique. "Je demande une fois de plus la fin immédiate de la barbarie de cette guerre et une résolution pacifique du conflit", a déclaré Léon XIV à la fin de la prière de l'Angélus, après la mort de trois personnes jeudi dans la seule église catholique de la bande de Gaza.
"Cet acte, malheureusement, s'ajoute aux attaques militaires en cours contre les populations civiles et les lieux de culte de Gaza", a rappelé le pape dimanche. "J'en appelle à la communauté internationale pour respecter les lois humanitaires et l'obligation de protéger les civils, ainsi que l'interdiction des punitions collectives, de l'usage indiscriminé de la force et du déplacement forcé des populations", a-t-il ajouté.
Le patriarcat latin de Jérusalem a annoncé jeudi la mort de trois personnes dans une frappe israélienne sur la seule église catholique de la bande de Gaza, refuge pour cette petite communauté depuis le début de la guerre il y a 21 mois. Le pape Léon XIV a reçu vendredi un appel téléphonique du Premier...
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20/07 - Guerre en Ukraine : Kiev propose à Moscou de nouveaux pourparlers
L'Ukraine a proposé à la Russie de tenir de nouveaux pourparlers la semaine prochaine, a annoncé samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, quelques jours après avoir obtenu de Donald Trump la reprise des livraisons d'armes américaines. Deux rencontres successives à Istanbul entre délégations russe et ukrainienne, organisées sous la pression du président américain, n'ont guère apporté d'avancées sur un cessez-le-feu, ne débouchant que sur des échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.
Volodymyr Zelensky a indiqué dans son message quotidien aux Ukrainiens que le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov avait "proposé une nouvelle rencontre avec la partie russe la semaine prochaine". "Il faut relancer les négociations", a-t-il ajouté.
Le président ukrainien s'est aussi à nouveau dit prêt à négocier directement avec son homologue russe Vladimir Poutine. "Une rencontre au plus haut niveau est nécessaire pour véritablement assurer la paix", a-t-il dit. Lors des dernières négociations en juin, la Russie avait à nouveau présenté des exigences maximales, incluant la cession par l'Ukraine de quatre régions en plus de la Crimée annexée en 2014, et le renoncement à toute aide militaire occidentale. L'Ukraine avait rejeté ce qu'elle avait qualifié d'"ultimatums", et avait mis en doute la disposition de Moscou à négocier un cessez-le-feu.
Le Kremlin a cependant affirmé cette semaine être prêt à poursuivre des négociations avec l'Ukraine, après que le président américain Donald Trump lui a donné 50...
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20/07 - Alexei Grinbaum (CEA) : "Tout se passe comme si les IA étaient conscientes"
Quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir, lorsqu’on entame une conversation avec une intelligence artificielle (IA) ? Capables d’imiter les intonations humaines, de plaisanter, de provoquer, de mentir même, les chatbots qui envahissent nos ordinateurs se confondent de plus en plus avec de véritables êtres humains. De quoi en faire bien plus que de simples assistants virtuels : bercés par l’illusion d’être compris, de partager un moment "sensible" avec un être conscient, certains utilisateurs n’hésitent pas à se marier ou à s’enfermer avec leur intelligence artificielle (IA), persuadés que seules ces machines peuvent les comprendre.
Un phénomène loin d’être anecdotique selon Alexei Grinbaum, directeur de recherche en philosophie des sciences et président du comité d’éthique du numérique au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). A force d’étudier la littérature ce scientifique, auteur d’un essai remarqué sur le sujet, Parole de machines*, s’est forgé une conviction : ces nouvelles manières d’interagir avec les robots sont autant de brèches dans notre capacité à leur résister.
Un exemple suffit pour s’en rendre compte : avec leurs petits mots et leurs mouvements d’humeur factices, les IA maîtrisent désormais l’art de séduire. Au lieu de simplement lire un texte, elles nous font rire, nous émeuvent, des leviers bien plus puissants sur notre psyché, surtout si on est seul, ou en situation de fragilité. De quoi, selon le scientifique, donner à ces robots une influence bien supérieure aux réseaux sociaux et aux...
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20/07 - Axe de la Résistance : malgré les revers, l’Iran cherche à réarmer ses alliés
Ce sont des armes légères, missiles antinavires ou composants de système de défense aérienne. Après la série de frappes américaines qui ont visé ses installations nucléaires, l’Iran a subi un nouveau revers, alors que les forces alliées au gouvernement yéménite, reconnu internationalement, ont intercepté cette semaine une importante cargaison de matériel militaire destiné aux rebelles houthis, sur la côte de la mer Rouge.
Le Commandement central américain, responsable des opérations militaires américaines au Moyen-Orient, a indiqué qu’il s’agissait de la plus importante saisie d’armes conventionnelles iraniennes de pointe par les autorités yéménites. Au total, 750 tonnes de missiles de croisière, de missiles antinavires et antiaériens, d’ogives, de composants de ciblage ou de moteurs de drones ont été interceptées. En février 2024 déjà, plus de 200 paquets contenant des composants de missiles balistiques à moyenne portée, des explosifs ou encore des composants de drones avaient été récupérés par l’armée américaine ; des équipements destinés à soutenir les attaques contre les navires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, que les Houthis et l’Iran estiment liés à Israël.Plusieurs cargaisons d’armes
De son côté, le nouveau gouvernement syrien affirme avoir saisi plusieurs cargaisons d’armes, notamment des roquettes Grad utilisées dans des systèmes de lancement multiple montés sur camions, le long de ses frontières avec l’Irak et le Liban. L’armée libanaise, elle, aurait saisi des cargaisons acheminées à travers sa frontière avec...
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20/07 - Six mois de Donald Trump à la Maison-Blanche : une croissance sous tension, une démocratie sous pression
Alors que Donald Trump entame la seconde moitié de sa première année de retour à la Maison-Blanche, l’économie américaine affiche un contraste frappant. D’un côté, le marché de l’emploi reste dynamique (+ 150 000 créations mensuelles, chômage à 4,1 %), la croissance se maintient à un rythme modéré (+ 1 % prévu fin 2025), et les grandes banques — JPMorgan en tête — publient des résultats solides, portés entre autres par des activités de marché toujours vigoureuses. La consommation, quant à elle, tient bon, stimulée par des mesures fiscales récentes ciblées sur les ménages.
Mais cette façade masque des déséquilibres croissants. Cette dynamique repose de plus en plus sur un recours massif au crédit. L’inflation repart à la hausse (2,7 % en juin), les taux d’intérêt restent sous tension, et les droits de douane — désormais parmi les plus élevés depuis un siècle (20 % en moyenne, jusqu’à 50 % sur certains produits) — pèsent sur les coûts de production et l’ensemble de la chaîne de valeur. Le déficit fédéral devrait atteindre des niveaux records (+ 3,3 trillions sur dix ans), et l’endettement des ménages frôle les 18 trillions.Le décalage stratégique entre la Maison-Blanche et la Fed
La Réserve fédérale (Fed), soucieuse d’éviter une surchauffe, refuse pour l’instant toute baisse des taux, au grand dam d’un exécutif qui espérait un assouplissement rapide. Ce décalage stratégique entre la Maison-Blanche et la Fed — dont le patron vient encore d’être publiquement menacé de limogeage — illustre les tensions internes du pilotage économique....
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20/07 - Ben Chu (BBC) : "Si les Etats-Unis se retirent de l’économie mondiale, les autres pourraient tenir bon"
Covid-19, crise énergétique dans le sillage de la guerre en Ukraine, guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, et maintenant droits de douane brandis par Donald Trump contre le monde entier. Partout, les Etats sont tentés par le protectionnisme, la restriction de la circulation de biens comme de personnes, et l’idée que notre planète est redevenue un jeu à somme nulle, sans coopération possible.
Dans Exile Economics (Basic Books), le journaliste de la BBC Ben Chu analyse avec brio ce retour de bâton contre la mondialisation, rappelant que la tentation de l’autosuffisance et du repli sur soi est ancienne dans l’Histoire, et qu’elle a souvent eu des conséquences désastreuses, voire dramatiques dans les années 1930. Surtout, ce spécialiste du debunkage économique montre, avec des chiffres et de nombreux exemples concrets, pourquoi l’idée d’une autonomie stratégique dans des secteurs clés comme l’alimentation, l’énergie ou même au sujet de l’immigration n’est souvent qu’un fantasme brandi par les dirigeants politiques.
L’Express : Etats-Unis, Royaume-Uni, France… Partout, dites-vous, "l’économie de l’exil" est à l’œuvre. Même la Chine, pourtant principale bénéficiaire de la mondialisation, est touchée par le phénomène…
Ben Chu : J’ai essayé de trouver une expression décrivant ce qui se produit partout dans le monde. Les pays nient la réalité de l’interdépendance entre les peuples. Les nations dénigrent l’importance de la coopération multilatérale. Les États s’efforcent d’être de plus en plus autonomes sur...
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20/07 - "Handilab" : le pari du business au service du handicap
A quelques pas de la Seine et du Village Olympique, un imposant bâtiment bleu arbore un logo qui interpelle : un nuage de points - des caractères en braille - surplombe l’inscription "Handilab". Le site a ouvert ses portes à Saint-Denis fin 2024 avec une vocation : devenir le premier accélérateur français d’innovation au service du handicap et de la perte d’autonomie. A l’intérieur, tout est pensé pour incarner l’accessibilité : portes automatiques, plan tactile pour malvoyants, auditorium équipé pour les malentendants… Derrière ce projet de 13 000 mètres carrés, un acteur discret : Fiminco, une foncière immobilière qui a acquis cet immeuble et y a investi 50 millions d’euros pour réaliser des travaux d’aménagement.
A l’étage, un showroom expose les promesses technologiques à destination du public en situation du handicap - la handitech. On y trouve un fauteuil mobile, un système d’audition par conduction osseuse, ou encore une bulle d’isolation pour les personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Au total, l’incubateur de Handilab, opéré par Village by CA, accueille à ce jour 47 start-ups françaises. Sélectionnées par des appels à candidatures, elles sont soutenues par de grands groupes – dont Bouygues, AXA ou L’Oréal – et bénéficient d’un accompagnement pendant un an. Pour tester ces innovations, un "uselab" accueillera des personnes en situation de handicap dès la rentrée. En parallèle, la structure propose des formations sur les enjeux du handicap aux entreprises.L’héritage des JO
Le choix de...
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20/07 - Ils multiplient les bébés pour sauver l’humanité : aux Etats-Unis, le grand retour des natalistes
Avec sa longue robe noire, son tablier, sa blouse blanche et son bébé accroché dans le dos, Simone Collins a tout l’air de descendre du Mayflower, le célèbre bateau de pionniers. Cette "techno puritaine", comme elle se décrit, a tout de même ajouté une petite touche moderniste : elle arbore un rouge à lèvres vif et des baskets jaune canari. A 37 ans, Simone est enceinte. Ce sera son cinquième enfant depuis 2019. Et ce n’est qu’un début. Avec son mari Malcolm, elle prévoit d’en avoir trois à cinq de plus. "Tant que je peux garder mon utérus", explique la future maman en épluchant des avocats pour faire un guacamole dans le salon de leur vieille maison, proche de Philadelphie. Car elle accouche chaque fois par césarienne depuis des complications lors de sa première grossesse. Or, ce type de procédure à répétition comporte des risques. Mais à l’écouter, elle est prête à mourir en couches.
Simone, diplômée de Cambridge, et Malcolm, spécialiste en neurotechnologies, se sont lancés dans cette "expérimentation" pour sauver l’espèce humaine. Ils sont convaincus que le seul moyen d’éviter une catastrophe démographique – et la fin de la civilisation - est de concevoir le plus de bébés possible.
Lorsqu’il travaillait pour un fond de capital-risque, Malcolm Collins a réalisé une étude sur l’avenir économique de la Corée du Sud, affligée d’un des taux de natalité les plus bas de la planète. Le résultat l’a alarmé. Depuis, il essaie de mobiliser les Américains contre cette "menace existentielle", raconte-t-il avec un débit de...
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19/07 - La pétition d’une étudiante pourrait relancer le débat sur la controversée loi Duplomb
La pétition d'une étudiante va-t-elle relancer le débat sur la très controversée loi Duplomb ? Son texte a récolté samedi plus de 500 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale - du jamais-vu -, ouvrant la voie à une discussion sur le bien-fondé de cette loi mais pas à son réexamen. Lancée le 10 juillet, soit deux jours après l'adoption du texte du sénateur LR Laurent Duplomb qui autorise la réintroduction d'un pesticide, elle demande son abrogration "immédiate". Samedi, en fin d'après-midi, elle avait récolté près de 530 000 signatures.
A partir de 500 000, et si les signatures sont issues d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, la Conférence des présidents de l'Assemblée peut décider d'organiser un débat en séance publique. Mais seule la pétition sera débattue. La loi ne sera pas réexaminée sur le fond et encore moins éventuellement abrogée. Aucune pétition n'a jamais été débattue dans l'hémicycle dans l'histoire de la Ve République. Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture n'a pas souhaité réagir.
Le texte d'Eléonore Pattery, étudiante de 23 ans, a suscité un engouement inédit, abondamment relayé sur les réseaux sociaux par des personnalités comme Pierre Niney et des députés de gauche. "Grâce à votre mobilisation, l'Assemblée nationale devra à nouveau débattre de ce texte qui met en danger notre planète et notre santé !", a réagi La France insoumise, dans un message sur X relayé par son leader Jean-Luc Mélenchon.
Le patron des députés socialistes Boris Vallaud a réclamé l'inscription de...
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19/07 - Syrie : les desseins belliqueux d’Israël se heurtent aux ambitions diplomatiques de Donald Trump
La Syrie, qui concentre toutes les divergences entre Tel Aviv et Washington, place Benyamin Netanyahou dans un dilemme diplomatique. D’un côté, continuer à défendre par les bombes la communauté druze de Syrie en proie à des affrontements meurtriers avec les forces officielles syriennes et les Bédouins dans la province syrienne de Soueïda. De l’autre, maintenir un lien apaisé son allié principal et indispensable : les Etats-Unis.
Là réside le problème : Donald Trump cherche à courtiser le gouvernement syrien d’Ahmed Al-Chareh, qu’il aimerait voir devenir un pouvoir central fort afin de stabiliser la Syrie et la région, encouragé par la Turquie et l’Arabie saoudite. Ce qui a conduit son administration à demander à Israël, mercredi 16 juillet, de cesser ses bombardements contre des cibles du gouvernement syrien et d’ouvrir des pourparlers directs avec Damas, a déclaré un haut responsable américain au média pure-player Axios. Plus encore : le président américain aimerait voir naître un accord de sécurité entre la Syrie et Israël.Protection des Druzes ou volonté d’affaiblir la Syrie ?
Une ambition que Tel Aviv ne semble pas partager. L’armée israélienne a mené mercredi 16 juillet au soir des frappes sur le centre de commandement du ministère syrien de la Défense, en plein cœur de Damas, tuant trois personnes et en blessant 34 autres, en représailles des attaques contre la communauté druze de Syrie. Ces derniers jours, les affrontements avec les forces syriennes ont fait 940 morts dans la province de Soueïda.
Mais la...
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19/07 - Le physicien Lydéric Bocquet (ENS) : "Dans l’infiniment petit, les fluides se comportent étrangement..."
En partenariat avec l'Ecole normale supérieure (ENS-PSL), L'Express interroge cet été des chercheurs de l'un des fleurons de l'enseignement français. A la fois grande école et université, Normale-Sup a la particularité d'avoir des enseignants-chercheurs en point en mathématiques, en IA, en biologie, en sciences cognitives comme dans les sciences humaines (littérature, philosophie, économie, histoire...), cumulant 14 prix Nobel et 12 médailles Fields.
Lydéric Bocquet est spécialiste de la mécanique moléculaire des fluides. Directeur de recherche CNRS, membre de l’Académie des sciences, il dirige l’équipe Micromégas au laboratoire de physique de l’ENS Paris.
Son travail en recherche fondamentale, qui vise à expliquer le fonctionnement des fluides à l’échelle de l’infiniment petit, a été publié dans les revues scientifiques les plus prestigieuses : Nature, Science et Physical Review Letters. Mais Lydéric Bocquet veut aussi faire dialoguer la mécanique quantique et les applications industrielles afin de répondre aux nombreux défis de nos sociétés, et notamment ceux en lien avec l’environnement. Il a lancé cinq start-up, qui affichent des résultats prometteurs. De multiples casquettes qui lui ont valu d’accumuler de nombreuses récompenses.
L’Express : Vous vous définissez comme un "plombier de l’infiniment petit". Qu’est-ce que cela signifie ?
Lydéric Bocquet : Tout le monde voit à peu près ce qu’est la mécanique des fluides : l’étude du comportement des liquides, des gaz et des plasmas, et de leurs forces internes...
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19/07 - L’Allemagne se veut chef de file d’une nouvelle politique d’immigration européenne
Nouveau signal du durcissement de la politique migratoire opéré par le chancelier conservateur Friedrich Merz, le gouvernement allemand a expulsé vendredi 18 juillet 81 Afghans condamnés par la justice. L’initiative a aussitôt été dénoncée par l'ONU, qui a demandé "l’arrêt immédiat du renvoi forcé de tous les réfugiés et demandeurs d’asile afghans". Depuis son arrivée au pouvoir, Friedrich Merz semble vouloir se placer en tête d’une file de dirigeants européens qui veulent restreindre l’accueil des demandeurs d’asile, tandis que l’extrême droite gagne du terrain à travers le continent.
Il s’agit de la seconde opération de ce type depuis l’été dernier, la première depuis l’entrée en fonction de la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates dirigée par Friedrich Merz. Des expulsions d’autant plus controversées compte tenu du retour au pouvoir des talibans en août 2021. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains Volker Türk a d’ores et déjà réagi en soulignant que certains Afghans expulsés risquaient "d’être persécutés" dans leur pays. "Expulser des personnes vers des pays dangereux comme l’Afghanistan et diaboliser les réfugiés est l’expression d’un programme autoritaire qui a malheureusement également trouvé son chemin en Allemagne", a abondé Amnesty International."Berlin coopère avec des terroristes"
L’opération menée vendredi a pu se dérouler grâce à l’entremise du Qatar. Mais Berlin avait indiqué récemment vouloir négocier directement avec les autorités talibanes. "Ces discussions devront avoir lieu", a...
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19/07 - La RDC et le M23 signent un accord de cessez-le-feu au Qatar
Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, et Kinshasa ont signé samedi une déclaration de principe comprenant un accord de cessez-le-feu au Qatar, saluée comme une "avancée significative" pour la paix dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). Le M23, qui s'est emparé de vastes zones riches en minerais dans l'est de la RDC lors d'une offensive éclair en janvier et février, avait insisté pour négocier son propre accord de cessez-le-feu avec Kinshasa, après que son allié rwandais a signé un accord de paix à Washington le mois dernier.
"Les parties s'engagent à respecter leur engagement en faveur d'un cessez-le-feu permanent", et "s'abstenir de toute action susceptible d'entraver le déroulement normal du processus de cessez-le-feu", indique une déclaration de principe signée à Doha par les parties au conflit après trois mois de discussions dans l'émirat du Golfe. La déclaration énonce l’engagement d'entamer prochainement des négociations formelles en vue d'un accord de paix global. Elle prévoit également une feuille de route pour le rétablissement de l'autorité de l'État dans l'est de la RDC une fois un accord de paix signé."Etape majeure"
Riche en ressources naturelles, notamment en minerais, l'Est congolais est en proie depuis plus de 30 ans à des conflits. Les violences se sont intensifiées au cours des derniers mois dans cette région frontalière du Rwanda, avec une offensive éclair du M23 et des troupes rwandaises (FDR) sur Goma et Bukavu, face à une armée congolaise dépassée. Ces...
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19/07 - "On les envoie sur le front combattre les leurs" : Marc Levy raconte son enquête sur les enfants d’Ukraine déportés en Russie
Le 25 juin dernier, L’Express relayait dans toute l’Europe l’appel international lancé par plusieurs personnalités, dont Bernard-Henri Lévy, Salman Rushdie, Sting et d’autres, pour sauver les enfants ukrainiens déportés en Russie depuis le début de la guerre. Un appel que l’on peut toujours signer ici. "Du jamais-vu depuis les crimes nazis", selon Nathaniel Raymond, le directeur du Laboratoire de recherche humanitaire à l’université de Yale, qui a documenté ce scandale.
Dès 2022, Marc Levy, l’écrivain français le plus lu dans le monde, s’est intéressé à cette opération de déportation et de russification massive. Son roman "La symphonie des monstres", qui est sorti en poche chez Pocket à l’automne dernier (le grand format étant paru un an plus tôt chez Robert Laffont), est le fruit de son enquête. Haletant et déchirant, ce livre fait l’effet d’un révélateur : on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. Censuré en Russie, Marc Levy a financé sa traduction et l’a proposé en téléchargement gratuit sur toutes les plateformes. "Les réactions des lecteurs russes ont été bonnes, beaucoup ignoraient tout de ce drame, et en étaient consternés", raconte-t-il à L’Express.
L’Express : Comment vous êtes-vous lancé sur la piste des enfants ukrainiens déportés en Russie ?
Marc Levy : En écrivant la "Trilogie des 9", j’ai pu nouer des contacts avec des grands reporters et quelques "grey hat", des hackers luttant contre la criminalité politique. Une source m’a informé des enlèvements d’enfants ukrainiens. J’ai commencé à enquêter et...
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19/07 - Taux d’emploi : les Français ne travaillent pas moins, mais ils sont moins à travailler
"Il faut que toute la nation travaille plus pour produire et […] pour que la situation de la France s’améliore" a plaidé François Bayrou le 15 juillet dernier, avant de détailler son plan en deux volets pour sortir la France du déficit. Le deuxième volet, "En avant la production" comporte une mesure qui a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis : la suppression de deux jours fériés, citant "en exemple" le lundi de Pâques et le 8 mai. Cette mesure devrait a priori permettre de gagner une quinzaine d’heures travaillées par an pour les salariés à plein temps. Elle sera accompagnée d’une une nouvelle réforme de l’assurance chômage, que le gouvernement veut négocier avec les partenaires sociaux, pour l’heure réticents."Les Français travaillent 100 heures de moins que les Allemands"
Derrière les éléments de langage autour de ce plan budgétaire se cache une idée récurrente : celle que les Français ne travaillent pas autant que leurs voisins européens. Des chiffres de l'OCDE sont régulièrement mis en avant dans le débat public pour illustrer cette idée : les Français ne travaillent que 664 heures par an, en moyenne, alors qu'en comparaison, les Allemands travaillent 730 heures, les Italiens 767, et les Portugais plus de 800 heures. La moyenne européenne tourne autour des 770 heures par an. "Sachez qu’en moyenne, un Français travaille 100 heures de moins qu’un Allemand", a d'ailleurs affirmé le ministre de l’Economie et des comptes publics, Eric Lombard mardi dernier sur France 2.
Souci : cet indicateur de l’OCDE n’est...
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19/07 - Les festivals français vont-ils disparaître ? Cette crise silencieuse qui menace tout un modèle
Ce week-end, la population de la petite ville de Carhaix, en Bretagne, va bondir au rythme des notes de musique : 250 000 visiteurs sont attendus pour la 33e édition des Vieilles Charrues, qui se tient cette année entre le 17 et le 20 juillet. Avec une telle fréquentation, le festival est une des plus grosses manifestations du genre en dehors de la région parisienne et, fait pas banal, il est administré par une structure associative. Autrement dit, il n’est pas géré par un producteur privé et repose en grande partie sur l’investissement de nombreux bénévoles. Tous les bénéfices dégagés sont ensuite réinvestis dans les éditions suivantes.
Ce modèle original, prisé de certains festivaliers, ne le protège pas des difficultés financières que connaissent de nombreux acteurs du secteur, au contraire. "Pas de risque par rapport à l’organisation d’un festival en 2025", avait affirmé l’association lors du bilan de la précédente édition, qui s’est tout de même conclue avec un déficit d’un million d’euros. Et les Vieilles Charrues ne sont pas un cas isolé, ni en France, ni ailleurs dans le monde.
Aux Etats-Unis, nos confrères de CNN ont comptabilisé l’annulation d’une quarantaine d'événements de ce type avant même le début de l’été 2025. Certains, comme le festival Music Midtown d’Atlanta, réunissaient chaque année plus de 300 000 spectateurs. Au Royaume-Uni, le scénario catastrophe est le même : l’association des festivals indépendants britanniques rapporte l’annulation de près de 80 événements outre-Manche en 2024 et alerte...
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19/07 - Quand Chateaubriand et Musset écrivaient "fashionables" : ces anglicismes qui ne datent pas d’hier
Posez la question à mes collègues de L’Express. Dans la rédaction, je passe pour un ennemi farouche des anglicismes, un quasi-terroriste ! Je les traque, les moque, les stigmatise, les flétris, les maudis, les anathémise… Mais ne vous méprenez pas : je n’ai rien contre l’anglais en soi, rien du tout. Non, ce qui me heurte, c’est le monopole qu’on lui accorde. Si encore nous employions aussi des mots italiens, allemands, puinaves ou basques, tout irait bien, mais 99 fois sur 100, l’emprunt est british (ou plutôt ricain) et remplace un mot bien de chez nous qui ne faisait de mal à personne. Pourquoi junk food à la place de malbouffe ? Deal à la place d’accord ? Forwarder à la place de transmettre ? J’ai parfois l’impression d’être un écolo entré par inadvertance chez un géant texan du gaz de schiste, mais bon, je ne me décourage pas.
Cela dit, on aurait tort de croire la tendance récente, car le premier mouvement significatif dans ce domaine remonte au… XVIIIe siècle. Par admiration pour le parlementarisme britannique, nous importons alors "amendement", "constitution", "pétition" ou "vote", d’autant mieux acceptés qu’ils sont construits sur une base latine. Dans d’autre cas, on francise : packet-boat devient paquebot ; partner, partenaire et riding-coat, redingote. De rares mots, enfin, sont adaptés tels quels comme club, jockey ou spleen.
Le mouvement reprend au XIXe siècle. On admire alors les dandys et les gentlemen, si fashionables (terme employé par Chateaubriand et Musset !). La bonne société se prend...
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19/07 - L’Année Cezanne à Aix-en-Provence : un "rêve d’art" au Jas de Bouffan
"C’est comme si chaque point du tableau avait connaissance de tous les autres", s’émerveillait Rainer Maria Rilke face à La Femme au fauteuil rouge, le portrait que Paul Cezanne fit, en 1877, d’Hortense, sa future épouse, alors qu’il n’avait pas 40 ans. A l’époque, le peintre, natif d’Aix-en-Provence, partage sa vie entre Paris et le Midi. Il bourlingue de la capitale à sa cité natale, s’arrête fréquemment à l’Estaque, dans la cité phocéenne, où il a installé celle qui n’est pas encore madame Cezanne, pour la dérober aux yeux de son père, Louis-Auguste, un chapelier reconverti dans la banque. Son centre de gravité : le Jas de Bouffan, une demeure du XVIIIe siècle acquise par le banquier en 1859. C’est l’endroit où Paul ne cesse jamais de se revenir, jusqu’à la vente – à contrecœur – de la maison familiale en 1899, là où il pose les jalons d’une peinture colorée audacieuse qui feront de lui l’un des précurseurs les plus influents de l’art moderne, ici que naîtront paysages, natures mortes, joueurs de cartes, baigneuses, portraits et autoportraits.
Aujourd’hui, cette bastide est au cœur de l’ambitieuse rétrospective que le musée Granet consacre à l’artiste jusqu’au 12 octobre, sous le commissariat de Bruno Ely, directeur de l’institution, et Denis Coutagne, président-fondateur de la société Paul Cezanne, dans le cadre d’une année qu’Aix-en-Provence lui dédie en majesté. En préfiguration de l’événement, la ville s’est lancée dans une restauration progressive du site, dont on peut désormais découvrir une partie : le Grand...
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19/07 - Bertrand Merveille : "Notre épargne est progressivement placée sous influence américaine"
Fondée en 2005 par Hughes Beuzelin, BDL Capital Management est une société de gestion indépendante spécialisée dans les actions. Vingt ans plus tard, elle approche les 3 milliards d’euros d’encours et cherche à élargir sa clientèle aux particuliers, notamment via son fonds historique, BDL Rempart. Son directeur général, Bertrand Merveille, dresse un état des lieux du marché de l’épargne.
L'Express : Pourquoi vous tournez-vous vers les investisseurs particuliers ?
Bertrand Merveille : A l’origine dédiée aux clients institutionnels, la société s’est progressivement ouverte aux particuliers, via la banque privée et les conseillers en gestion de patrimoine. Il y a un réel besoin car les épargnants restent sous-investis en actions. C’est dommageable pour eux - la performance de leur épargne en pâtit - mais aussi pour l’économie. Si l’épargne de notre pays ne finance pas l’économie réelle, d’autres s’en chargent. C’est une perte de souveraineté.
Que voulez-vous dire par là ?
Depuis la crise de 2008, de nombreuses normes ont été créées pour mieux encadrer le secteur financier. C’est compréhensible, mais aucune évaluation globale de leur efficacité n’a été menée. Résultat : nous avons abouti à un excès de normes qui freine l’investissement. Il y a une prise de conscience aujourd’hui, mais encore peu d’actions concrètes. Or, si rien ne change, nous perdrons une chance de retrouver notre indépendance financière.
Quelles en sont les conséquences ?
Notre épargne et notre économie sont progressivement placées sous influence américaine !...
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19/07 - Entre la France et l’Algérie, soixante ans de guerres d’espionnage
Depuis l’été dernier, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ne cessent de se dégrader. Derrière cette crise diplomatique officielle, se cache aussi une guerre secrète : celle des espions. Mais ces coups tordus ou petits arrangements entre services de renseignement ne datent pas d’hier. De la guerre d’Algérie à aujourd’hui, les affaires d'espionnage éclairent aussi la relation ambivalente entre ces deux pays. Un récit d'Alexandra Saviana, journaliste au service société, Charlotte Lalanne, journaliste au service monde, et Étienne Girard, directeur adjoint de la rédaction. Episode 1 : Aux origines de la méfiance mutuelle
Infiltration au sein du FLN, assassinats ciblés de militants indépendantistes, mais aussi de leurs familles... Dans ce premier épisode, on vous explique comment les méthodes des services secrets français pendant la guerre d’Algérie ont durablement empoisonné les relations entre les espions de Paris et d’Alger. Episode 2 : La bataille du pétrole
Se faire passer pour le prince d’une île turque, séduire une secrétaire du Quai d’Orsay et récupérer des documents top secrets. Dans ce deuxième épisode, La Loupe vous raconte l'histoire de Rachid Tabti. Ce "James Bond" algérien a permis à son pays de nationaliser le pétrole dans les meilleures conditions au début des années 1970, au détriment des intérêts français. Episode 3 : Petits services entre renseignements
Trois balles dans la tête. Le 7 avril 1987, l’avocat et opposant algérien Ali Mecili est assassiné dans le hall de son immeuble...
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19/07 - Syrie : Ahmed el-Charaa a reçu le rapport de la commission d’enquête sur les massacres d’alouites de mars dernier
Le gouvernement syrien et Israël se sont accordés vendredi soir sur un cessez-le-feu sous l'égide des Etats-Unis, mais des affrontements ont opposé samedi des combattants tribaux et druzes à l'entrée de Soueida, dans le sud de la Syrie, où des violences ont fait près d'un millier de morts depuis près d'une semaine.
Le pouvoir syrien a commencé samedi à redéployer dans la province de Soueida des forces dans l'objectif d'y rétablir la paix. Le gouvernement du président intérimaire Ahmad al-Chareh avait déjà déployé ses forces mardi à Soueida. Il les avait toutefois retirées après des bombardements de plusieurs cibles du pouvoir à Damas par Israël, qui dit vouloir protéger la communauté druze et s'estimait menacé par la présence de forces gouvernementales syriennes dans cette région proche de sa frontière.Ahmed el-Charaa a reçu le rapport de la commission d'enquête sur les massacres d'alouites de mars dernier
Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a reçu un rapport sur les massacres contre la communauté alaouite en mars, et s'est engagé à prendre des mesures pour éviter que de telles violences ne se reproduisent, a rapporté dimanche la présidence sans divulguer de détails sur le document.
Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie avaient été le théâtre des pires tueries depuis la prise du pouvoir début décembre par une coalition dirigée par des islamistes. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils ont été tués, en grande majorité de la minorité alaouite, une...
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19/07 - Affaire Epstein : Trump attaque en justice le Wall Street Journal et réclame des milliards
Donald Trump réclame au moins dix milliards de dollars pour diffamation au Wall Street Journal après la publication d'un article lui attribuant une lettre salace adressée au financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein, dans un dossier qui embarrasse le président américain auprès de sa base. Le locataire de la Maison-Blanche est empêtré depuis plusieurs jours dans cette affaire, qui fait l'objet d'une multitude de théories complotistes, et sur laquelle il avait juré de faire toute la lumière.
Elle a connu un nouveau rebondissement jeudi avec un article du Wall Street Journal, selon lequel Donald Trump avait adressé en 2003 une lettre embarrassante à Jeffrey Epstein, dont il avait été proche. Le président américain a attaqué en justice dès le lendemain le prestigieux quotidien, son patron Rupert Murdoch et deux de ses journalistes, et leur réclame au moins dix milliards de dollars, selon la plainte consultée par l'AFP.
Donald Trump, en croisade contre les médias traditionnels depuis son retour au pouvoir, a dénoncé sur sa plateforme Truth Social un "article mensonger, malveillant, diffamatoire et totalement FAKE NEWS, paru dans (un) torchon inutile". Ils "ont inventé cette histoire pour ternir la réputation et l'intégrité du président Trump, et le présenter de manière trompeuse sous un jour mensonger", peut-on lire dans la plainte. "Nous avons toute confiance dans la rigueur et l'exactitude de nos informations, et nous nous défendrons vigoureusement", a réagi le groupe propriétaire du Wall Street...
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19/07 - De Mark Rutte au roi des Pays-Bas : l’université de Leyde, incubateur de décideurs européens
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
EPISODE 2 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
EPISODE 3 - Les secrets de Polytechnique, l’école qui forme les étoiles françaises de l’IA
Son nom se cache quelque part sous les traits de crayon de milliers d’autres heureux diplômés de l’université de Leyde passés, après lui, dans la mythique "Sweat Room", aux murs noircis depuis quatre siècles des autographes des lauréats. Mark Rutte a signé ici en 1992, son master d’histoire en poche. L’actuel patron de l’Otan appartient à la lignée des anciens de cette institution néerlandaise qui se sont fait un nom dans les cercles de décision du Vieux Continent. Deux de ses prédécesseurs à la tête de l’Alliance, Jaap de Hoop Scheffer et Joseph Luns, ont fréquenté les mêmes bancs, comme une flopée d’alumni venus grossir les rangs de l’organisation transatlantique ces dernières décennies.
Dans la garde rapprochée de Mark Rutte, on retrouve deux diplômés : son directeur de...
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19/07 - IA : entre Meta, Google et Microsoft, la chasse aux cerveaux vire à la foire d’empoigne
La course à l’intelligence artificielle est devenue une compétition mondiale pour attirer les chercheurs les plus talentueux. Meta a frappé fort. Fatigué des contre-performances de ses modèles, notamment Llama-4, dévoilé en avril, Mark Zuckerberg a décidé de créer une unité d’élite : le Meta Superintelligence Labs (MSL).
Le 13 juin, le groupe a payé près de 15 milliards de dollars pour 49 % de Scale AI. Sur le papier, il s’agit d’une participation minoritaire, Scale AI insistant sur le fait qu’elle garde son indépendance. Pourtant, l’accord prévoit bien que 150 ingénieurs passent sous contrat Meta. Cette acquisition fait suite à des offres comprises entre 10 et 30 milliards de dollars et adressées à Midjourney, Perplexity ou Runway, afin de recruter les fondateurs et dissoudre la société d’origine. Thinking Machines et Safe Superintelligence, lancés par des ex-fondateurs d’OpenAI, ont également été sondés.
La surenchère salariale a culminé début juillet. Ruoming Pang, le responsable de l’IA conversationnelle chez Apple, a accepté plus de 200 millions de dollars sur quatre ans pour rallier Meta. Mark Zuckerberg s’intéresse également à NFDG, le fonds de Nat Friedman et Daniel Gross, qui détient le supercalculateur Andromeda. En mettant la main sur cet acteur du capital-risque, le propriétaire de Facebook et WhatsApp sécuriserait à la fois un flux exclusif de dossiers et un accès privilégié au calcul intensif. D’autres petites acquisitions se poursuivent en parallèle, comme celle de PlayAI, une start-up spécialisée...
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19/07 - Adel Bakawan : "Pour Israël, la menace turque serait encore plus grande que celle de l’Iran"
Des déflagrations, d’épais nuages de fumée et des habitants fuyant vers les abris les plus proches. Le 16 juillet, la capitale syrienne Damas a été prise pour cible par l’armée israélienne, qui a bombardé le ministère de la Défense et des positions proches du palais présidentiel d’Ahmed al-Charaa. Objectif : "envoyer un message" au nouveau régime syrien, contraint de retirer ses troupes de la province de Soueïda, à majorité druze, le soir même.
Cette séquence impressionnante n’est que le dernier exemple du nouveau rôle joué par Israël dans la région, où sa puissance militaire paraît sans égale. La guerre de douze jours avec l’Iran en juin a montré sa supériorité sur la République islamique, et l’Etat hébreu n’hésite plus à frapper préventivement dans les pays voisins pour éviter toute menace sur son territoire.
Dans La décomposition du Moyen-Orient, sorti en mai aux éditions Tallandier, Adel Bakawan décrypte ces nouveaux rapports de force dans une région en ébullition depuis les attentats commis par le Hamas le 7 octobre 2023. Pour L’Express, le chercheur associé au programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri et directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa analyse une période géopolitique sans précédent.
L’Express : Cette semaine, l’armée israélienne a bombardé Damas et des troupes syriennes à Soueïda, dans le sud du pays. Pourtant, Ahmed al-Charaa s’était montré plutôt conciliant avec Israël depuis son arrivée au pouvoir. Que cherche l’Etat hébreu en effectuant ces frappes en Syrie ?...
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18/07 - Transitions de genre : l’autorité de santé publie ses recommandations sur la prise en charge médicale
La Haute autorité de santé, saisie par le ministère de la Santé sur la prise en charge des patients voulant engager une transition de genre, n’a pas pu se prononcer sur tous les aspects de la question. L’agence publique s’avoue incapable de trouver un consensus sur la réponse que doivent apporter les médecins aux mineurs. Elle recommande en revanche de répondre systématiquement aux requêtes des adultes.
"Il y a un consensus pour les majeurs, pas pour les mineurs", a résumé Lionel Collet, président de la Haute autorité de santé (HAS), lors de la présentation à la presse d’un avis sur la prise en charge des personnes transgenres. Les recommandations provisoires de cet avis avaient fuité dans la presse en décembre dernier.
Pour cette instance, dont les avis visent à donner le cadre officiel des politiques de santé en France, ces recommandations étaient exceptionnellement attendues, d’autant qu’elles ont été repoussées plusieurs fois au fil des ans, sur fond de polémiques autour de leurs conditions d’élaboration.La question des traitements hormonaux
La HAS avait été saisie en 2022 par le ministère de la Santé pour déterminer comment doit s’organiser la prise en charge des parcours de transition, un sujet sur lequel aucune recommandation sanitaire officielle n’a jamais été donnée en France. Mais elle ne répondra finalement pas sur le volet le plus sensible, les mineurs. "En l’absence de données suffisamment robustes et de consensus, la HAS fait le choix d’aborder séparément la question des moins de 18 ans",...
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18/07 - Gestion de l’Elysée sous Emmanuel Macron : la Cour des comptes salue des "progrès" mais…
La Cour des comptes salue les "progrès en matière d’organisation et de gestion" réalisés par la présidence de la République en 2024, tout en relevant des "marges d’amélioration" en matière de logements et de gestion du personnel de sécurité, dans un rapport rendu public ce vendredi 18 juillet.
Elle adresse également à l’Elysée un satisfecit en matière de transition écologique avec un recul de 10 % de ses émissions par rapport à 2023, grâce à la baisse du recours au transport aérien et routier et au raccordement sur le chauffage urbain.
"Après un déficit de 8,3 millions d’euros en 2023, l’exercice 2024 se solde par un résultat positif de 6,7 millions d’euros", relèvent les juges des comptes publics. Les dépenses s’établissent à 123,3 millions d’euros, en baisse de 2,2 % sur un an, "malgré la forte hausse des investissements, due aux travaux de géothermie et à l’ouverture de la Maison Elysée", qui associe boutique et salon de thé en face de la présidence, notent-ils.
Tant les dépenses de déplacement, pour lesquelles la présidence avait été épinglée en 2023, que celles de personnel sont "inférieures à la prévision", constate la Cour. Emmanuel Macron a effectué 94 déplacements - dont 34 à l’étranger - en 2024, soit un budget de 20 millions d’euros, en baisse de 13 % par rapport à 2023. "Les efforts pour contenir les dépenses de déplacements et réceptions se poursuivent, avec notamment l’instauration de règles relatives au format des délégations, de refacturations à certains participants aux voyages officiels et de mobilisation...
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18/07 - Espagne : comment une agression a été transformée en arme de désinformation anti-immigration
Le 9 juillet, une photo commence à circuler sur les réseaux sociaux : celle de Domingo Tomás Domínguez, 68 ans, le visage tuméfié, l’œil droit à demi-clos par un hématome. Ce retraité de Torre Pacheco vient d’être agressé alors qu’il se promenait dans une rue de la ville, située dans la province de Murcie en Espagne. Selon son témoignage à la Garde Civile, trois jeunes hommes, "probablement d’origine nord-africaine", l’auraient violemment frappé "sans motif apparent" avant de prendre la fuite.
En quelques heures, la photo suscite un déferlement d’indignation. Sur Telegram, Facebook et X, des messages appelant à la "chasse aux immigrés" se multiplient, relayés des milliers de fois. Et ce, dans une ville où environ 30 % des 40 000 habitants sont d’origine étrangère selon l’AFP. La colère s’étend au-delà des rues de Torre Pacheco et gagne tout le pays, alimentée par une série de contenus mensongers. Deux jours plus tard, le 11 juillet, la municipalité de la ville appelait à une manifestation "contre l’insécurité", à laquelle se sont très rapidement joints des groupes d’extrême droite. Des vidéos sorties de leur contexte, des fausses arrestations, des images anciennes présentées comme récentes : en moins d’une semaine, Torre Pacheco devient l’épicentre d’une campagne de désinformation qui attise la haine.Des photos et vidéos relayées et sorties de leur contexte
Le lendemain de l’agression, les réseaux sociaux continuent de s'enflammer. Les premiers messages accusent directement "des bandes maghrébines" d’avoir "roué de coups...
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18/07 - Chômage : la méthode de la Belgique pour augmenter le taux d’emploi
Les députés belges ont voté dans la nuit de jeudi à ce vendredi 18 juillet la limitation à deux ans des allocations chômage, une réforme phare du gouvernement dirigé par le conservateur flamand Bart De Wever, conspuée par les syndicats et la gauche francophone.
La réforme, qui doit entrer en vigueur en janvier 2026, s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de relever le taux d’emploi à 80 % à l’horizon 2029 en Belgique. Ce taux s’affichait en 2024 à 72,3 %, un des plus faibles dans l’UE.Droits limités à deux ans
Le système actuel propose des allocations illimitées, dégressives au fil des versements. La réforme limite désormais à deux ans les droits de chômage. Il faudra par ailleurs avoir travaillé au moins un an au cours des trois dernières années pour obtenir un an de chômage. La dégressivité des allocations sera également accrue.
Des dérogations seront cependant accordées aux personnes suivant des formations dans des métiers en tension ou pour les plus de 55 ans qui perdent leur emploi et justifient de 30 ans de carrière, au moins à mi-temps. La réforme introduit également le droit au rebond, à savoir le droit de toucher six mois d’allocations chômage une fois dans sa carrière en cas de démission. Enfin, la notion "d’emploi convenable" sera modifiée, à savoir les critères selon lesquels un demandeur d’emploi ne peut pas refuser un poste qui lui est proposé.Une réforme contestée
La réforme est contestée jusque dans les rangs de la majorité, où le parti francophone Les Engagés (centriste) lui reproche, à l’unisson...
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18/07 - Donald Trump vs les médias : le coup de grâce pour l’audiovisuel public américain ?
C’est un nouveau coup porté à l’information de proximité aux Etats-Unis. Sous l’impulsion du président Donald Trump, le Congrès américain a approuvé ce vendredi 18 juillet la suppression de 1,1 milliard de dollars en financements, déjà alloués pour les deux prochaines années, à la Corporation for Public Broadcasting (CPB). Avec ces nouvelles coupes, des centaines de stations de télé et radio disséminées sur tout le territoire risquent de voir leurs moyens disparaître.
Créée en 1967 par le président Lyndon Johnson, l’organisation CPB finance une part minoritaire des budgets des radios et télévisions nationales NPR et PBS. Mais aussi, et de manière plus importante, quelque 1 500 radios et télés locales partenaires qui diffusent une partie de leurs contenus, sur tout le territoire national. La présidente de la CPB, Patricia Harrison, a réagi dans un communiqué, affirmant que le projet de loi aurait des "conséquences profondes, durables et négatives pour chaque Américain", rapporte NBC News.Les stations locales, premières victimes des coupes
Ces coupes ne suscitent pas tant de surprise chez des stations locales, qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois sur leurs sites Internet. La radio-télé Prairie Public, dans le Dakota du Nord, estime qu’elle pourrait perdre 26 % de son budget entre la baisse combinée des aides de l’Etat local et de la CPB. Pour Vermont Public, ce sont quatre millions de dollars qui sont en jeu dans les deux prochaines années.
"Nous devrons prendre des décisions très difficiles sur les...
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18/07 - Tony Kim (BlackRock) : "Les usines de l’IA coûtent 50 fois plus cher"
Les "Sept Magnifiques" règnent sur Wall Street depuis quelques années. "Mais l’IA apporte plus de destruction créatrice que toute autre ère avant elle", alerte Tony Kim, membre de l’équipe Fundamental Equity au sein du plus gros gestionnaire d’actifs mondial BlackRock. Un chamboulement qui pourrait conforter certains champions du numérique, mais en bousculer d’autres. A l’heure où toutes les entreprises se réclament de l’IA, celui qui supervise les investissements tech au sein du groupe dévoile comment naviguer rationnellement dans ce paysage mouvant.
L’Express : L’euphorie des marchés autour de l’IA est-elle justifiée, même dans ce contexte de guerre tarifaire ?
Tony Kim : Oui, je le pense. Depuis que l’IA a vraiment décollé en 2022, il y a eu des guerres, l’inflation, les tarifs douaniers, les tensions géopolitiques… La seule constante est la dynamique de l’IA. Elle ne s’est pas ralentie. Je ne pense donc pas que nous soyons dans une bulle — ces valorisations sont justifiées, et la tendance est là pour durer.
L’IA générative change la donne, mais les modèles économiques restent flous. Comment identifiez-vous les acteurs les mieux positionnés ?
Nous examinons trois couches dans la pile technologique de l’IA. La première couche est celle de l’infrastructure physique (les "usines de l’IA") – on peut la comparer aux usines de la révolution industrielle, mais pour le calcul informatique. Elle nécessite du foncier, de l’énergie, et des bâtiments remplis de puces — exploités comme des centres de données en nuage. Le...
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18/07 - IA : quand les marques deviennent les premières sources d’information de Google Gemini
Près de six réponses sur dix fournies par l’assistant IA de Google, Gemini, proviennent en France… des marques elles-mêmes. C’est l’un des enseignements marquants du Baromètre Assistants IA mené par Havas Market et publié ce jeudi 17 juillet. Pendant plusieurs semaines, 11 000 réponses générées à partir de 150 questions représentatives des requêtes fréquentes des Français dans douze secteurs allant de la santé à la mode, en passant par le bricolage, l’automobile ou la finance, ont été passées au crible.
Résultat : dans une large majorité de cas, l’information délivrée par l’IA s’appuie avant tout sur des contenus produits par des fabricants ou des prestataires de services, fiches techniques, FAQ, articles de blogs propriétaires ou guides pratiques. Loin derrière, les institutions publiques, les médias et les distributeurs peinent à exister.57 % de réponses issues de sites de marques
Les chiffres sont sans appel : 57 % des réponses générées par Gemini s’appuient sur des sites de fabricants ou de prestataires de services, contre seulement 16 % pour les institutions, 15 % pour les médias et 12 % pour les distributeurs. L’agence le précise, dans le cadre de leur étude, les fabricants et prestataires de services désignent les "pages corporate ou produits de marques, fabricants ou constructeur" comme "Apple, Renault ou encore L’Oréal". "La surreprésentation des contenus réalisés par des marques dans les réponses...
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18/07 - Réseaux sociaux : le gouvernement relance son projet d’interdiction pour les moins de 15 ans
Emmanuel Macron avait réitéré, en juin dernier, sa volonté d'interdire aux mineurs de moins de 15 ans l'accès aux réseaux sociaux. Pour ce faire, l'exécutif a annoncé ce vendredi 18 juillet s'appuyer sur un dispositif dévoilé lundi par Bruxelles. Ce dernier autorise cinq pays, dont la France, à tester une application de vérification de l'âge en ligne, a indiqué l'Elysée.
La Commission européenne souhaite ainsi empêcher les enfants d'accéder à des contenus dangereux, dans le cadre de la publication de "lignes directrices" pour l'application du règlement européen sur les services numériques (DSA). "La France sera au rendez-vous !"
"Ces lignes directrices, elles ouvrent la voie concrètement à l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en droit national, dans chacun des Etats membres qui veulent avancer sur le sujet", a commenté l'Elysée ce vendredi lors d'un échange avec la presse. "C'est une victoire pour la protection de nos enfants. (...) La France sera au rendez-vous!", s'était déjà félicité lundi Emmanuel Macron sur le réseau social X.
Début juin, le président français s'était engagé à aller dans le sens d'une telle interdiction si cela ne se faisait pas au niveau européen. Il s'était exprimé à la suite de la mort d'une surveillante d’un collège de Nogent (Haute-Marne), poignardée par un élève de 14 ans. "Je nous donne quelques mois pour arriver à faire la mobilisation européenne. Sinon […] on commence à le faire en France. On ne peut pas attendre", avait indiqué le locataire de l’Elysée, qui plaide...
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18/07 - Mouvance "incel" et haine des femmes : "C’est un danger réel qui menace de plus en plus l’Europe"
C’est une première en France : le 1er juillet, le Parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de Timothy G., un jeune homme de 18 ans se revendiquant de la mouvance "incel", arrêté le vendredi 27 juin dans la région de Saint-Etienne. Armé de deux couteaux et interpellé par la DGSI devant un lycée public, il est suspecté d’avoir voulu s’attaquer à des femmes, et s’est lui-même revendiqué de ce mouvement masculiniste, dont les membres considèrent la gent féminine comme responsable de leur "célibat involontaire". D’après l’une des sources proches du dossier, citée par l’AFP, Timothy G. aurait consulté de nombreuses vidéos masculinistes sur TikTok.
Selon le Center for Countering Digital Hate (CCDH), ONG basée à Londres qui travaille spécifiquement sur la diffusion de la haine en ligne à l’échelle mondiale, ce mouvement, notamment rendu célèbre auprès du grand public après la diffusion de la série britannique Adolescence, ne cesse de se développer sur Internet. Une étude de l’organisme publiée ce 19 mai indique ainsi que le plus grand forum incel actif en ligne a même doublé de taille depuis 2022, atteignant les 30 000 membres en 2025. Imran Ahmed, directeur général du CCDH, s’inquiète auprès de L’Express d’un phénomène de plus en plus extrême, qui touche tous les pays et toutes les classes sociales, et dont les idéologies, propulsées par les algorithmes des réseaux sociaux, peuvent désormais entraîner de réels passages à l’acte.
L’Express : Comment est né le...
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18/07 - Syrie : le cessez-le-feu déjà menacé par de nouveaux affrontements
Le sud de la Syrie est en proie à un regain de violences, avec de nouveaux affrontements entre tribus sunnites et combattants druzes aux abords de la ville de Soueïda, ce vendredi 18 juillet. La veille au soir, la présidence syrienne a accusé cette communauté issue de l’islam chiite de violer le cessez-le-feu qui a conduit au retrait des forces gouvernementales de la province, obtenu sous la pression d’Israël.
Le pays dirigé par Benyamin Netanyahou a annoncé l’envoi d’une aide humanitaire aux druzes de la région, alors que l’Observatoire syrien des droits de l’homme a dénombré 594 morts, dont 300 parmi cette population. Près de 80.000 personnes ont fui leur domicile dans la province touchée par les affrontements, a indiqué vendredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L'ONU, de son côté, demande des enquêtes rapides pour évaluer l’ampleur des violences. Berlin a de son côté annoncé que son soutien au gouvernement syrien dépendra de l'arrêt des persécutions religieuses ou ethniques.
Les infos à retenir
⇒ De nouveaux affrontements entre combattants tribaux et druzes
⇒ Israël va envoyer de l’aide humanitaire aux druzes
⇒ L'ONU appelle à des enquêtes "rapides" et "transparentes"
⇒ L'Allemagne soutiendra le gouvernement syrien s'il empêche les persécutions religieuses ou ethniquesDes affrontements entre combattants tribaux et druzes aux abords de Soueïda
Des affrontements ont éclaté ce vendredi soir à l'entrée de Soueïda entre des hommes armés issus de tribus et des factions druzes retranchées...
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18/07 - La surpopulation en prison ne concerne pas que la France : l’alerte du Conseil de l’Europe
La Slovénie, Chypre et la France présentent en Europe la plus forte surpopulation carcérale, qui reste un "défi majeur" pour un tiers des pays du continent, indique vendredi 18 juillet le Conseil de l’Europe dans son rapport annuel 2024 sur les statistiques pénales.
Globalement, en Europe, le nombre de personnes détenues pour 100 places disponibles a augmenté, passant de 93,5 début 2023 à 94,9 au 31 janvier 2024, date à laquelle sont arrêtés les chiffres de ce rapport. Des différences significatives persistent : dans les pays de plus de 500 000 habitants, 15 administrations pénitentiaires comptent plus de détenus que de places disponibles, relève le Conseil de l’Europe, vigie des droits de l’homme sur le continent.105 détenus pour 100 000 habitants
Sur les 51 administrations pénitentiaires des Etats membres du Conseil de l’Europe, qui pour la première fois avaient tous fourni leurs données en janvier 2024, la Slovénie (134 détenus pour 100 places disponibles), Chypre (132) et la France (124) occupent le podium de la surpopulation carcérale.
Au total, il y avait 1 021 431 personnes détenues dans les 51 administrations pénitentiaires au 31 janvier 2024, soit un taux médian de 105 détenus pour 100 000 habitants sur le continent. Slovénie (+ 25,4 %), Suède (+ 15,5 %) et Malte (+ 11,1 %) ont vu leurs populations carcérales augmenter le plus en un an. A l’inverse, les taux d’incarcération ont baissé significativement en Bulgarie (- 14,5 %), au Luxembourg (- 14,5 %) et en Turquie (- 12,9 %). Cependant, ce...
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18/07 - Malgré les critiques de l’ONU, l’Allemagne expulse 81 condamnés afghans vers leur pays
Le gouvernement allemand a annoncé vendredi 18 juillet avoir expulsé 81 Afghans condamnés par la justice. C’est la seconde opération de ce type depuis l’été dernier, alors que Berlin affiche sa volonté de durcir sa politique migratoire. "Un vol d’expulsion vient de décoller à destination de l’Afghanistan", a annoncé le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt. Ce sont des "hommes afghans soumis à une décision d’expulsion et qui ont déjà été condamnés par la justice pénale", précise un communiqué du ministère.
Le précédent gouvernement dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz avait déjà renvoyé dans leur pays, le 30 août 2024, un groupe de 28 Afghans condamnés. Une démarche alors inédite depuis le retour au pouvoir des talibans. L’actuel gouvernement du chancelier Friedrich Merz, en fonction depuis mai, veut désormais intensifier le renvoi vers leur pays des demandeurs d’asile afghans coupables de crimes en Allemagne.
Ces expulsions vers l’Afghanistan sont controversées en raison du retour au pouvoir dans ce pays des talibans en août 2021, autorité que le gouvernement allemand ne reconnaît pas et avec laquelle il n’entretient pas de relations diplomatiques. Pour cela, l’opération menée vendredi s’est déroulée grâce à l’entremise du Qatar, a précisé le ministère de l’Intérieur. Mais Berlin avait indiqué récemment envisager de négocier directement avec les autorités talibanes pour faciliter l’expulsion de délinquants afghans. Celles-ci "doivent pouvoir se poursuivre à l’avenir. Les auteurs d’infractions graves n’ont pas...
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18/07 - Russie : des images satellites montrent que Moscou modernise ses installations nucléaires secrètes
La Russie poursuit son développement du nucléaire. Après l’annonce de la création de centrales au Kazakhstan en juin dernier, des images satellites révélées par le média américain Business Insider, le 14 juillet, ont dévoilé la construction d’importantes installations secrètes, clôturées et défendues par des postes de garde couverts, sur des sites associés aux bases nucléaires russes.
"Il y a deux intérêts principaux. L’un est interne, lié à une action que l’on fait régulièrement pour moderniser une installation. L’autre concerne certainement les interactions avec d’autres États dotés d’armes nucléaires ou de grandes puissances militaires", a déclaré Hans Kristensen, directeur du Projet d’information nucléaire de la Fédération des scientifiques américains, à propos de ces bases photographiées. Avec l’épuisement des forces terrestres et aériennes russes au cours de la guerre contre l’Ukraine, d’autres analystes ont émis l’hypothèse que Moscou pourrait tenter de reconstituer sa puissance en s’appuyant sur l’arme nucléaire, alors que Poutine menace régulièrement l’Occident d’utiliser ses ogives, en cas de soutien à son ennemi.De nouveaux bâtiments
L’une de ces nouvelles installations se trouve à Asipovichi, une ville stratégique du centre de la Biélorussie, alliée de Moscou. Lors de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie a déployé des troupes dans la région de Kiev depuis ce territoire, et Poutine et le dirigeant biélorusse, Alexandre Loukachenko, ont déjà déclaré publiquement que la Biélorussie serait en mesure...
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18/07 - Thierry Ardisson a inventé la télé moderne avec plus de talent que les autres, par Abnousse Shalmani
L’homme en noir, Thierry Ardisson, n’est plus. "J’ai envie qu’on dise : 'Putain, ce mec-là, il avait des idées.'" Cette épitaphe hors morale, hors hagiographie dégoulinante, hors litanie des "dérapages" lui ressemble. Et des idées, il en avait, avec une unique boussole quand il débarque à 19 ans dans la capitale : "Gagner de l’argent et être célèbre." Cela passe d’abord par la publicité où il excelle avec des formules qui résonnent encore si familière ("Ovomaltine, c’est de la dynamite", "Lapeyre, y en a pas deux", etc.) mais où l’ennui finit par le gagner. Et c’est la télévision qui devient son terrain de créativité. Tout est alors à bousculer, tout est à créer et comme tous ceux qui n’ont rien à perdre tant ils sont persuadés de n’avoir qu’à gagner en n’étant pas issu du sérail, n’ayant pas passé une enfance entourée d’intellectuels, de célébrités d’un jour ou de toujours, de n’être tenu par aucune fidélité et de ne rien devoir à ceux qui sont installés. Alors il compose de l’inédit, chahute, transforme une interview en thérapie, met mal à l’aise, les jeunes premiers et les vieux de la vieille.
De Bains de minuit à Salut les Terriens en passant par Paris Dernière et Tout le monde en parle, il bouscule, il hérisse. Il se dit royaliste, il joue au dandy d’avant-hier et attrape pourtant au vol les désirs de son temps. Des années plus tard, j’ai revu l’antiportrait chinois de Serge Gainsbourg (1989), où les questions dérangeantes d’Ardisson révèlent à travers les réponses, provocantes et ironiques de Gainsbourg, l’intime d’un homme,...
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18/07 - Agent des services secrets tué à Kiev : qui se cache derrière le groupuscule nazi "The Base" ?
Ce sont des images choquantes, qui ont suscité l’émoi parmi les habitants de Kiev, en Ukraine. Jeudi 10 juillet, le colonel Ivan Voronytch, officier du Service des renseignements ukrainiens (SBU), a été abattu en plein jour de cinq balles tirées à bout portant, alors qu’il sortait de chez lui. Une semaine plus tard, cet assassinat filmé par une caméra de parking a été revendiqué sur Telegram par la cellule ukrainienne de "The Base", un groupe néo-nazi fondé aux États-Unis, inscrit en 2024 sur la liste des organisations terroristes par l’Union européenne.
"L’assassinat du colonel du SBU n’est pas la fin, mais seulement le début", a déclaré le groupe, avant de préciser qu’il poursuivrait "la lutte jusqu’à ce que justice soit faite." Depuis des mois, The Base, qui possède un réseau de cellules dans le monde entier, offrirait en effet de l’argent à ses sympathisants ou à des participants volontaires pour des assassinats ciblés et des attaques contre les infrastructures critiques de l’Ukraine, rapporte The Guardian. Des accusations qui coïncident avec les allégations selon lesquelles son fondateur américain, Rinaldo Nazzaro, serait un espion du Kremlin. Contacté par le média britannique, l'intéressé a indiqué n’avoir "aucune implication personnelle" dans l’assassinat d’Ivan Voronytch.
Selon le Counter Extremism Project, une association spécialisée sur les groupes extrémistes, Rinaldo Nazzaro avait été employé par le département américain de la Sécurité intérieure entre 2004 et 2006, et il aurait travaillé avec les...
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18/07 - Guerre en Ukraine : l’Union européenne adopte un 18e paquet de sanctions contre la Russie
L’UE a adopté ce vendredi 18 juillet un 18e paquet de sanctions contre la Russie en guerre contre l’Ukraine, qui prévoit un abaissement du prix du pétrole russe autorisé à l’exportation. Ce paquet est "l'un des plus sévères contre la Russie à ce jour", a assuré la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
Le Royaume-Uni a annoncé, plus tard dans la journée, se rallier à cette décision. "Nous frappons le coeur du secteur énergétique russe aux côtés de l'UE", a déclaré le chef de la diplomatie David Lammy dans un communiqué. "Ensemble, nous continuerons d'exercer une pression incessante sur Poutine, en asphyxiant son industrie pétrolière stratégique et en coupant le financement de sa guerre illégale en Ukraine", a-t-il poursuivi. D'autres pays du G7, dont le Japon ou le Canada, pourraient suivre, selon des diplomates interrogés par l'AFP.
La France a salué ce 18e paquet de sanctions européennes "sans précédent" contre la Russie et ses soutiens. "Avec les Etats-Unis, nous contraindrons Vladimir Poutine à un cessez-le-feu" en Ukraine, contre laquelle la Russie a lancé une invasion à grande échelle en 2022, a écrit sur X le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot."L’un des paquets de sanctions les plus sévères"
La Slovaquie, qui bloquait jusqu’à présent l’adoption de ce nouveau paquet de sanctions, a finalement accepté de lever son veto après avoir reçu des garanties. Bratislava utilisait ce veto pour faire pression sur la Commission européenne afin qu’elle lui garantisse son approvisionnement...
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18/07 - Cryptomonnaies : une première loi historique de régulation adoptée aux Etats-Unis
La Chambre des représentants a adopté jeudi 17 juillet la première loi américaine de régulation des cryptomonnaies, une étape majeure pour le développement de ce marché aux Etats-Unis et au-delà, tandis que deux autres textes relatifs au secteur ont également été validés.
Le CLARITY Act, qui doit maintenant être examiné par le Sénat, dote les Etats-Unis d’un cadre réglementaire plus clair, conformément aux souhaits du gouvernement de Donald Trump, très favorable à cette industrie. Cette loi fait partie d’un ensemble de trois textes examinés jeudi par la chambre basse du Congrès américain, une rupture après l’échec de nombreuses propositions à la Chambre ou au Sénat ces dernières années.
Plusieurs élus démocrates ont émis des réserves sur le texte, jugé insuffisamment protecteur pour les investisseurs dans un milieu où fraudes, escroqueries et blanchiment ne sont pas rares. "Le CLARITY Act va aider à initier l’âge d’or des actifs numériques", s’est au contraire réjoui sur X l’élu républicain Mike Flood.Revirement de Donald Trump sur les cryptos
La perspective de cette journée historique avait propulsé lundi le bitcoin à un nouveau record, à 123 205,09 dollars. Les trois lois marquent le point d’orgue d’une séquence sans précédent, lancée par Donald Trump depuis son investiture. Longtemps critique de ce milieu, l’ancien promoteur immobilier a changé son fusil d’épaule durant sa dernière campagne, au point de promettre monts et merveilles aux acteurs des cryptomonnaies.
Son gouvernement a mis fin à toutes les procédures...
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18/07 - François Facchini, économiste : "François Bayrou a raté sa chance d’être le Premier ministre de la rupture"
"Nous avons le devoir de prendre nos responsabilités", a déclaré François Bayrou, le regard grave et le ton solennel, mardi 15 juillet lors de la présentation très attendue de son plan pour rééquilibrer les comptes publics et "sortir du piège mortel du déficit et de la dette". Car avec une dette de 3 300 milliards d’euros, la situation budgétaire de la France, parmi les championnes mondiales de la dépense publique, est dans un état critique. L’objectif ? Réaliser 43,8 milliards d’euros d’économies. Pour tenter d’y parvenir, le Premier ministre a annoncé une batterie de mesures parmi lesquelles la suppression de deux jours fériés, une année blanche en matière de prestations sociales et du barème de l’impôt, une nouvelle réforme de l’assurance-chômage, une "contribution de solidarité des plus hauts revenus" ou encore la réduction des dépenses de l’Etat.
Un autre François, cependant, se montre pour le moins circonspect face aux mesures annoncées. Professeur à la Sorbonne (Paris I), François Facchini est l’un des plus grands spécialistes de l’histoire des dépenses publiques en France. Auteur d’un manuel de référence sur le sujet (Les dépenses publiques en France, 2021, De Boeck Supérieur), l’économiste salue le diagnostic mais fustige l’ordonnance. A ses yeux, la situation exige davantage qu’une simple politique de rigueur. C’est d’une "thérapie de choc" dont la France a besoin : "on cherche à réduire les dépenses sans jamais remettre en question le périmètre de l’action publique et sans s’attaquer aux règles qui génèrent...
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18/07 - Pogacar et tant d’autres champions : les secrets de la Slovénie dévoilés par son ministre des Sports
Ah ce jaune ! Tous en rêvent, si peu peuvent se vanter de l’avoir porté au moins une journée. Trois semaines d’efforts surhumains, une bataille contre la chaleur, la machine, la douleur, les concurrents et, surtout, soi-même pour ramener la légendaire tunique à Paris. Le 27 juillet prochain, peut-être verra-t-on une nouvelle fois (avouons-le, cela semble déjà bien parti après sa démonstration jeudi 17 juillet dans les Pyrénées), le prodige Tadej Pogacar brandir ses deux bouquets de fleurs sur le podium, surplombant de sa majesté les Champs-Elysées. Et dans la foulée entendra-t-on une musique à laquelle on s’est habituée ces dernières années dans les arènes sportives les plus prestigieuses : l’hymne de la Slovénie.
Le champion du monde de cyclisme, triple vainqueur du Tour de France, n’est pas le seul athlète de haut niveau venu de ce petit pays de deux millions d’habitants, grand comme deux fois le département de la Gironde. Loin de là. Pour n’en citer que quelques-uns : le champion olympique de cyclisme Primož Roglič, le basketteur star de la NBA Luka Dončić, le gardien de football de l’Atletico Madrid Jan Oblak, ou encore la grimpeuse sportive médaillée d’or olympique Janja Garnbret. Quel est le secret du succès des sportifs slovènes ? Pour Matjaž Han, ministre de l’Economie, du Tourisme et des Sports, la réponse est à trouver dans les politiques mises en place depuis plusieurs années, mais aussi dans la culture d’un Etat où le sport tient une grande place. Entretien.
L’Express : La Slovénie jouit d’une...
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18/07 - L’affaire Epstein n’en finit plus d’embarrasser Donald Trump
Critiqué par une partie de sa base sur l’affaire Epstein, Donald Trump a annoncé, jeudi 17 juillet, qu’il allait poursuivre le Wall Street Journal (WSJ) pour un article lui attribuant une lettre salace adressée au financier en 2003, le qualifiant de "faux, malveillant et diffamatoire".
"Le président Trump va bientôt poursuivre le Wall Street Journal, News Corp et Rupert Murdoch", le magnat des médias propriétaire du groupe, écrit le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social, précisant les avoir "personnellement" mis en garde avant la parution de cet article.Un dessin de femme nue
Le journal affirme que, pour un livre d’or destiné à Jeffrey Epstein en 2003 à l’occasion de son cinquantième anniversaire, sa compagne Ghislaine Maxwell − condamnée à vingt ans de prison en juin 2022 pour crimes sexuels − avait sollicité plusieurs dizaines de ses proches, dont Donald Trump, alors magnat de l’immobilier.
La lettre au nom du dirigeant républicain, que le journal indique avoir pu consulter, est de caractère salace, comme d’autres dans ce livre d’or. Elle comporte plusieurs lignes de texte dactylographié entourées d’un croquis de femme nue, apparemment tracé au marqueur, précise le WSJ. La signature gribouillée du futur président apparaît sous la taille de la femme, évoquant une toison pubienne, souligne le quotidien. La lettre se conclurait ainsi : "Joyeux anniversaire ! Que chaque jour soit un autre merveilleux secret."
"Ce ne sont pas mes mots […] J’ai dit à Rupert Murdoch que c’était une...
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18/07 - Du jeu télévisé "KVN" à la guerre en Ukraine : les débuts méconnus de Volodymyr Zelensky
Ils sont aujourd'hui chefs d’Etat, chef de guerre, cheffe politique, faiseur de roi… Mais avant de devenir les figures incontournables que nous connaissons, Donald Trump, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelensky, Marine Le Pen et Elon Musk ont connu des débuts variés. Cet été, L’Express remonte le temps et vous propose de redécouvrir les premiers portraits de ces personnalités : quand Donald Trump bâtissait un empire immobilier, quand Marine Le Pen portait la robe d’avocate, lorsque Volodymyr Zelensky quittait la scène artistique pour l’arène politique… A travers nos archives, plongez dans les coulisses de leurs premiers pas, là où tout a commencé.
Dans L'Express du 17 avril 2019Extrait de "Zelensky, l'acteur qui voulait être Président"
Né à Kryvyï Rih, dans le centre du pays, Volodymyr Zelensky aurait pu mourir d'ennui dans cette ville industrieuse et polluée d'un demi-million d'habitants, où des bâtisses soviétiques en brique et des tours décaties se succèdent sur des dizaines de kilomètres. Parfois, un bulbe doré ou une façade néoclassique viennent égayer cette monotonie grisâtre. C'est dans ce centre métallurgique, vital pour l'économie du pays, que le petit Zelensky, dans une école du centre, a fait ses premiers shows. "Il est arrivé dans notre établissement en 1986, raconte la directrice adjointe, Valentyna Ignatenko. Il chantait et dansait très bien, alors nous l'avons envoyé représenter l'établissement dans un concours municipal. Et il a gagné ! C'est un peu grâce à nous s'il en est là aujourd'hui..."...
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18/07 - A l’aube de leur destin - Notre série d’été
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18/07 - France - Algérie : les guerres d’espionnage derrière la crise diplomatique
Depuis l’été dernier, les relations entre la France et l’Algérie se dégradent de jour en jour. Derniers événements en date : les condamnations du journaliste français Christophe Gleizes et de l’écrivain Boualem Sansal à respectivement sept et cinq ans de prison. Et comme souvent dans ces moments de tensions, on essaye de regarder en arrière pour tenter de mieux comprendre l’actualité.
A L’Express, trois journalistes se sont penchés sur la relation ambivalente entre ces deux pays. Mais ils se sont intéressés à une histoire un peu particulière : celle des batailles d’espionnage. Pour leur enquête, ils ont rassemblé de très nombreux documents dans des dossiers, classés par ordre chronologique. Des photos d’espions infiltrés, des preuves écrites de kidnappings, des archives sur des assassinats cachés… ces dossiers contiennent tous les éléments pour faire le récit des guerres secrètes franco-algériennes.
En ouvrant le dernier dossier sur l’espionnage entre la France et l’Algérie, on tombe d’abord sur une lettre d’Emmanuel Macron qui date du 27 juillet 2024. Elle est adressée au roi du Maroc et on peut y lire : "Je considère que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine."
Ce territoire du Sahara occidental est au cœur des tensions entre le Maroc, qui le revendique comme une province, et l’Algérie, qui y soutient les indépendantistes. Dans un précédent épisode de La Loupe, la journaliste du service société Alexandra Saviana était venue nous éclairer sur le...
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18/07 - Michel Niqueux : "Dans le vocabulaire poutinien, l’Occident satanique est devenu un lieu commun"
"Opération militaire spéciale", "monde russe", "agent de l’étranger", "désoccidentalisation"… Autant de mots aujourd’hui au premier plan dans le discours officiel russe. Dans son ouvrage Vocabulaire du poutinisme (Editions A l’Est de Brest-Litovsk) publié en juin, Michel Niqueux, l’un des meilleurs spécialistes de la pensée russe, et professeur émérite à l’université de Caen-Normandie, analyse comment cette novlangue, impulsée par le pouvoir, a pavé la voie au cadenassage de la société, au musellement de l’opposition, et in fine, à la guerre en Ukraine. "La perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev avait pour mots-clés la "maison commune européenne", "l’État de droit", la "société civile", la "glasnost" […]. D’une société ouverte, on est passé à une société fermée, avec un complexe de forteresse assiégée", livre l’auteur. Interview.
L’Express : Dans votre ouvrage, vous dressez le portrait du régime russe à travers toute une galerie de mots. Si vous deviez n’en choisir qu’un, quel serait celui qui définit le mieux le poutinisme ?
Michel Niqueux : Ce serait peut-être la notion de "civilisation russe". Cela englobe tout ce qui caractérise le poutinisme : l’anti-occidentalisme et la désoccidentalisation qui l’accompagne, le rejet des valeurs universelles héritées des Lumières au profit des valeurs traditionnelles, la revendication de souveraineté, qui justifie de s’affranchir des conventions ou des organismes internationaux.
Mais ce n’est pas tout, cette notion recouvre aussi "l’idée russe" dostoïevskienne qui met en avant les...
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17/07 - Gaza : Benyamin Netanyahou regrette "profondément" le bombardement d’une église sous protection française
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dans la soirée du jeudi 17 juillet qu'Israël "regrette profondément" la frappe sur une église catholique de la bande de Gaza, qui a fait trois morts et dix blessés dans la matinée. "Israël regrette profondément qu'un tir perdu ait atteint l'église de la Sainte Famille à Gaza. Chaque vie innocente perdue est une tragédie. Nous partageons la douleur des familles et des fidèles", a-t-il ajouté.
"Ce matin, aux alentours de 10h20, le complexe de la Sainte Famille à Gaza-ville, a été frappé par l’armée israélienne", avait fait savoir plus tôt le Patriarcat latin dans un communiqué. L'armée israélienne a indiqué de son côté qu'"une enquête préliminaire suggère que des éclats d'un obus tiré lors d'une opération dans le secteur ont touché par erreur l'église".
Cette dernière, qui abrite environ 600 déplacés, était un refuge pour cette petite communauté depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas il y a 21 mois. "Dans la matinée, un char nous a pris pour cible et a touché l’église. Plusieurs civils ont été tués et blessés", a raconté à l’AFP Shadi Abou Daoud, un déplacé dont la mère de 70 ans est morte dans la frappe.
Pour le patriarcat, "viser un site sacré qui abrite environ 600 déplacés, en majorité des enfants, est une violation flagrante de la dignité humaine et du caractère sacré des sites religieux, qui sont supposés fournir un abri sûr en temps de guerre". Malgré les preuves, Israël a de son côté nié être responsable de cette frappe et affirmé ne "jamais cibler"...
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17/07 - Monétiser une semaine de congés : le grand flou du gouvernement Bayrou
La mesure était largement passée sous les radars lors des annonces du Premier ministre mardi 15 juillet. François Bayrou ne s’était en effet pas exprimé en ces termes, évoquant des "négociations sur le droit du travail" et une nouvelle réforme de l’assurance-chômage, sans entrer dans les détails. C’est la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet qui avait clarifié dans la foulée, précisant que "la possibilité de monétiser la cinquième semaine de congés payés" était à l’étude.
Jeudi 17 juillet, la ministre a vanté "un droit nouveau", qui "resterait à la main de chaque salarié". L’idée est "soumise aux partenaires sociaux" mais "ce n’est pas une décision unilatérale du gouvernement", a-t-elle assuré jeudi. Et de préciser : "Il faut que l’employeur et le salarié soient d’accord pour le rachat de tout ou partie de cette cinquième semaine", laquelle avait été instaurée en janvier 1982 par le gouvernement Mauroy."Une horreur", dit la CFDT
Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir du côté des syndicats, à commencer par le premier du pays, la CFDT, dont la leader Marylise Léon a déploré jeudi matin sur France Inter une idée de plus "du musée des horreurs" du gouvernement. "Aujourd’hui, le sujet numéro un, c’est la question effectivement du pouvoir d’achat, mais ce n’est pas aux salariés eux-mêmes de se payer un peu plus de marge de manœuvre pour boucler les fins de mois en rognant sur leurs congés", a-t-elle ajouté.
Concernant le plan d’économies dévoilé par François Bayrou mardi, Marylise Léon a dit être "tout à fait...
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17/07 - En Allemagne, le réveil d’une armée à l’abandon : notre reportage au cœur de la Bundeswehr
Sur la base de Letzlingen, à l’ouest de Berlin, des brigades blindées s’entraînent d’arrache-pied avec le char le plus moderne d’Europe : le Leopard 2A7V. L’objectif ? Faire de l’armée allemande la première force conventionnelle d’Europe, portée par l’ambition assumée du nouveau chancelier Friedrich Merz et son plan de 500 milliards d’euros sur 12 ans.
Mais derrière l’image, la réalité est plus rude : infrastructures vétustes, scandales sanitaires et difficultés de recrutement… Longtemps délaissée, la Bundeswehr devra mener beaucoup de chantiers pour atteindre ses objectifs, avec, dans les petits papiers, un possible retour du service militaire obligatoire. Mais les hommes politiques ont du "mal à prioriser car tout doit être fait au même moment", affirme Jacob Ross, spécialiste de l’Allemagne et chercheur à la DGAP.
Face aux incertitudes géopolitiques et à une protection américaine de plus en plus remise en cause, Berlin mise sur l’Europe de la défense et partage de nombreux projets matériels avec ses voisins. Une vidéo à retrouver sur notre site et sur nos réseaux sociaux.
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17/07 - Trump-Poutine, le début de la fin ? : "Si j’étais Poutine, je commencerais sérieusement à préparer le plan B"
Virage stratégique ? Sursaut d’orgueil ? Ou les deux à la fois ? Après la fin de sa bromance avec Elon Musk, c’est désormais la relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui est entrée dans une zone de fortes turbulences. Lassé de courir après son homologue russe dans l’espoir d’un cessez-le-feu, alors même que les bombardements sur l’Ukraine se poursuivent, le président américain n’a pas mâché ses mots dans une récente interview accordée à la BBC : "Je suis déçu par lui, mais je n’en ai pas fini avec lui." L’annonce faite par Donald Trump, selon laquelle les États-Unis aideront l’Ukraine à se procurer des missiles Patriot, assortie de menaces de "droits de douane très sévères" contre les alliés de Moscou en l’absence d’accord "d’ici 50 jours", marque un changement de ton inattendu dans la position du président à l’égard de la Russie et de Vladimir Poutine. Christina Ruffini, journaliste et analyste en affaires étrangères pour NBC/MSNBC, aujourd’hui animatrice du podcast One Decision, décrypte pour L’Express les coulisses de la frustration croissante de Donald Trump vis-à-vis du président russe. Elle souligne également le rôle clé joué par le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte : "En bon sniper diplomatique, il est la personne idéale à mettre face à Trump". Entretien.
L’Express : Donald Trump a ouvertement exprimé sa frustration à l’égard de Vladimir Poutine ces derniers jours. "Je suis déçu", a-t-il reconnu, tout en promettant à l’Ukraine un réarmement massif par l’intermédiaire de l’Otan et en fixant un...
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17/07 - "Alligator-Alcatraz" : la nouvelle vitrine peu reluisante de la politique migratoire de Donald Trump
C'est une construction à vitesse éclair... En l'espace de huit jours seulement, la Floride a transformé son ancien aéroport en un centre de rétention pour migrants. Une initiative du gouverneur républicain de Floride Ron DeSantis, connu pour son approche migratoire très offensive, et qui n'a pas hésité à invoquer un "état d'urgence" pour s'arroger les pouvoirs nécessaires. Le 3 juillet dernier, c'est donc au milieu de marécages peuplés d'alligators, dans les Everglades, qu'a vu le jour ce centre, éponyme mais pourtant indépendant de la prison d'Alcatraz. Deux semaines après sa construction, les premiers témoignages de détenus, recueillis notamment par le New York Times et le Washington Post, font froid dans le dos. Violations des droits humains
Ils révèlent des atteintes majeures aux libertés fondamentales, dont la liste semble interminable : accès limité à l'eau ou à des sanitaires fonctionnelles, absence de plats chauds ou de produits d'hygiène de base, omniprésence de moustiques y compris dans les douches, ou encore impossibilité pour les détenus d'avoir des temps de sorties en plein air. Mais ce n'est pas tout : les détenus disent aussi souffrir d'irritations de la peau et avoir pour certains, commencé à tomber malade, le tout amplifié par le manque de sommeil, alors que la lumière reste allumée la nuit sur le site. Le centre compterait actuellement environ 900 détenus, pour la plupart d'origine hispanique, et ambitionnerait d'en accueillir jusqu'à 3000 d'ici la fin de l'année selon les informations du...
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17/07 - Vincent Beaufils : "Les grands patrons devraient être les héros des temps modernes, et pourtant…"
Est-il nécessaire de rappeler, au lendemain du 14 juillet, l’importance de l’héritage révolutionnaire dans l’imaginaire collectif français ? Dans le pays de Robespierre et de Jaurès, où l’on exècre les privilèges autant qu’on célèbre l’égalité, le pouvoir et la richesse des grands patrons passent mal. À l’inverse, les dirigeants de PME bénéficient d’un capital de sympathie nettement plus élevé, si l’on en croit les sondages.
Pourtant, le directeur de la publication de Challenges, Vincent Beaufils, l’affirme sans sourciller : les grands patrons "devraient être les héros des temps modernes". Dans Les patrons sont-ils des monstres ? (Éditions de l’Observatoire), le journaliste explore cet étrange paradoxe : malgré leur succès, les dirigeants français souffrent d’une très mauvaise réputation aux yeux de leurs concitoyens. Certes, l’obsession égalitaire et notre méfiance culturelle vis-à-vis de l’argent et de la réussite y contribuent. Mais pour Vincent Beaufils, ce désamour s’explique surtout par le "détachement" des patrons français vis-à-vis de leur pays, qui selon lui "oublient d’où ils viennent" et ne voient dans la France qu’un marché comme un autre. Entretien.
L’Express : Dans votre livre, vous soulignez le désamour des Français à l’égard de leurs grands patrons. Est-ce une spécificité française ?
Vincent Beaufils : Je ne sais pas si c’est une spécificité, mais ce désamour est particulièrement marqué en France : alors que 78 % des Français ont une bonne opinion des petits patrons, ce taux chute à 36 % pour les patrons de...
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17/07 - Stéphane Maquaire, un ex-dirigeant de Carrefour, va prendre la tête du Club Med
Un ancien dirigeant de Carrefour, Stéphane Maquaire, va prendre la tête du Club Med et succéder ainsi à Henri Giscard d'Estaing, qui a annoncé son départ mercredi, ont indiqué à l'AFP deux sources proches du dossier ce jeudi 17 juillet, confirmant une information du média La Lettre. Stéphane Maquaire était jusqu'à récemment directeur exécutif de Carrefour Brésil. Son départ de ce poste avait été annoncé le 7 juillet.
Contacté par l'AFP, le groupe chinois Fosun Tourism Group, actionnaire principal du Club Med, a simplement indiqué que "le plan de succession de Club Med (était) bien engagé", ajoutant n'avoir "aucune autre information (...) à communiquer pour le moment". La nomination est attendue la semaine prochaine, selon l'une des sources interrogées par l'AFP.
Après plusieurs mois de tensions avec Fosun, Henri Giscard d'Estaing, 68 ans, président du Club Med depuis décembre 2002, a annoncé mercredi avoir été "révoqué de fait", mettant fin à 22 ans de présidence. "J'ai informé Fosun que je prenais acte de la décision de nommer quelqu'un à ma place, sans transition et sans mon accord", a-t-il dit. "J'ai répété que je n'avais pas vocation à l'éternité, que mon ambition n'est pas de durer", a-t-il soutenu. "J'avais indiqué clairement aux dirigeants de Fosun que j'étais volontaire et désireux, si les conditions étaient réunies, d'assurer personnellement le succès de cette transition en accompagnant le futur dirigeant pendant six mois dans mon rôle de président", a-t-il ajouté.
Fosun Tourism a "pris acte des...
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17/07 - Guerre en Ukraine : Dmitri Medvedev propose de "lancer des frappes préventives" contre l’Occident
L’ancien président russe, Dmitri Medvedev, a suggéré ce jeudi 17 juillet de "lancer des frappes préventives" contre l’Occident, qui mène selon lui une guerre à grande échelle contre la Russie, a rapporté l’agence de presse publique russe TASS.
L’actuel vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, accuse l’Occident d’avoir rompu l’accord de Potsdam signé il y a 80 ans, jugeant que ce "n’était qu’une continuation des politiques occidentales à l’égard de la Russie d’avant la guerre [en Ukraine], voire même avant". Ainsi, il estime que Moscou doit "agir en conséquence. Répondre pleinement", cite TASS.
L’ancien président russe avait pourtant disqualifié les déclarations des responsables occidentaux, selon lesquelles le Kremlin pourrait attaquer l’Europe. "Permettez-moi de vous rappeler que notre président a déclaré sans équivoque que la Russie n’avait pas l’intention de combattre l’Otan ou d’attaquer l’Europe", a-t-il déclaré, toujours selon TASS.Porte-flingue de Vladimir Poutine
Cette menace intervient après "l’ultimatum de 50 jours" pour mettre fin à la guerre en Ukraine, fixé mercredi par Donald Trump, et que Dmitri Medvedev a qualifié de "théâtral" dans un post X. En mai dernier, il s’était déjà attaqué au président américain, déclarant ne connaître "qu’une seule chose VRAIMENT GRAVE : la Troisième Guerre mondiale. J’espère que Trump comprendra cela !". Plus inquiétant encore, l’ex-président avait déjà menacé "d’utiliser l’arme nucléaire" en juillet 2023, si...
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17/07 - Allemagne : le casse-tête des vacances d’été ravive les tensions entre Länder
C’est devenu un rituel estival, presque une tradition allemande : à l’approche des grandes vacances, le pays se divise. Les dates des congés d’été, qui varient d’un Land à l’autre, suscitent chaque année des débats houleux. Cette année encore, la polémique enfle, alors que commence la planification des vacances pour l’après 2030. Comme à leur habitude, deux Etats du sud du pays se retrouvent au coeur de ces critiques : la Bavière et le Bade-Wurtemberg. Et pour cause, tous deux bénéficient du créneau de vacances scolaires le plus tardif. "Nous souhaitons une réglementation équitable pour tous les Länder. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie aimerait, elle aussi, commencer ses vacances plus tard", a déclaré Dorothee Feller, ministre de l’Education de ce Land dans un entretien à la Westdeutsche Allgemeine Zeitung.Un système pensé pour les activités touristiques
Depuis l’Accord de Hambourg de 1964, l’Allemagne applique un système de rotation des vacances d’été destiné à prévenir la saturation des infrastructures et à garantir une fréquentation touristique continue. Environ 11,4 millions d’élèves sont concernés afin que les autoroutes ne soient pas paralysées, les trains bondés et les hôtels surchargés.
Le principe est donc d’étaler les départs sur près de trois mois, du 20 juin au 15 septembre, en alternant chaque année les groupes de Länder. De cette façon, cette année, les Saxons commencent leurs vacances dès la fin du mois de juin, tandis que les habitants de Rhénanie-Palatinat ou de Hesse partent plus tard. 14 Länder...
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17/07 - Au Royaume-Uni, l’âge du droit de vote bientôt abaissé à 16 ans
Le gouvernement britannique va abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans pour toutes les élections au Royaume-Uni. L’exécutif a annoncé dans un communiqué, ce jeudi 17 juillet, une série de mesures visant à "moderniser la démocratie britannique", qu’il présentera dans un projet de loi soumis à l’approbation du parlement.
Le Royaume-Uni veut notamment permettre aux jeunes de 16 et 17 ans de voter aux prochaines élections législatives, où les Britanniques élisent la Chambre des communes. Elles sont prévues d’ici 2029 mais pourraient avoir lieu avant. En effet, le droit de vote est actuellement fixé à 16 ans pour les élections locales en Ecosse et aux Pays de Galles ainsi que pour l’élection des parlements gallois et écossais. Pour toutes les autres élections, l’âge légal du droit de vote est fixé à 18 ans."Les jeunes contribuent à la société en travaillant"
"Aujourd’hui, nous tenons notre promesse d’accorder le droit de vote aux jeunes de 16 et 17 ans", a écrit sur X la numéro 2 du gouvernement, Angela Rayner. L’abaissement de l’âge du droit de vote à 16 ans figurait en effet parmi les promesses électorales du parti travailliste du Premier ministre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en 2024.
"Les jeunes contribuent déjà à la société en travaillant, en payant des impôts et en servant dans l’armée. Il est normal qu’ils puissent s’exprimer sur les questions qui les concernent", a justifié Angela Rayner. Ce changement permettra que "plus de personnes puissent s’engager dans la démocratie britannique", a-t-elle ajouté dans un...
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17/07 - De l’aide alimentaire périmée : l’administration Trump embarrassée par ses coupes budgétaires
Une faute qui n’est pas passée inaperçue. La presse américaine a révélé mercredi 16 juillet que des tonnes de nourriture, initialement destinées à des enfants en situation de malnutrition en Afghanistan et au Pakistan, allaient être détruites car périmées, au moment où Washington révise drastiquement à la baisse son aide internationale.
Selon des responsables, les Etats-Unis prévoient ainsi d’incinérer ces biscuits à haute teneur énergétique, destinés à l’alimentation d’urgence de jeunes enfants souffrant de malnutrition et dont la date de péremption a été dépassée en juillet dans un entrepôt de Dubaï. Le magazine The Atlantic dévoile que les Etats-Unis ont acheté les biscuits vers la fin de l’administration de Joe Biden pour environ 800 000 dollars. Les contribuables américains dépenseront 130 000 dollars supplémentaires pour les détruire."Des décisions chaotiques et ineptes"
"Je n’ai pas de bonne réponse à cette question", a déclaré le responsable chargé du management et du personnel au département d’Etat, Michael Rigas, interrogé à ce sujet devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Pressé par le sénateur démocrate Tim Kaine, il a ensuite lâché : "Je pense qu’il s’agit simplement d’une victime de la fermeture de l’USAID", l’agence américaine pour le développement international. Il s’est dit "affligé" que la nourriture soit ainsi gaspillée, et a promis de "découvrir ce qui s’est passé".
Le sénateur Kaine a dit avoir soulevé la question auprès du secrétaire d’Etat Marco Rubio dès mars, et a déploré que rien n’ait...
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17/07 - Comment une technique de fécondation a empêché la transmission d’une maladie génétique
Des bébés semblent pouvoir échapper à de graves maladies grâce à une manipulation génétique lors de leur conception. Une étude publiée mercredi 16 juillet dans le New England Journal of Medicine, très attendue par la communauté scientifique, dresse le bilan d’une expérience sans précédent. Une vingtaine de femmes ont reçu un "don de mitochondrie" afin d’éviter de transmettre à leur enfant une maladie génétique rare, potentiellement mortelle. Grâce à cette technique, huit bébés en bonne santé sont nés.
Pour certains commentateurs, ce sont des "bébés à trois parents" même si ce terme, souvent employé par les opposants à cette procédure, est loin de faire l’unanimité chez les spécialistes du sujet, qui le jugent caricatural.Le "don de mitochondrie", une technique pionnière
Pour comprendre la procédure, il faut rappeler que l’embryon se forme à partir d’un ovocyte et d’un spermatozoïde. Chacun porte de l’ADN dit "nucléaire", qui provient du noyau de la cellule. Mais, en plus de cela, l’ovocyte a la particularité de porter un autre ADN, dans une petite structure appelée la mitochondrie. Celle-ci est présente dans nos cellules et joue un rôle de moteur en convertissant les nutriments en énergie. Elle est entièrement héritée de la part de la mère biologique, lors de la conception de l’embryon.
Dans certains cas - une personne sur 5 000 - la mitochondrie fonctionne mal, causant donc une maladie "mitochondriale", qui peut se traduire de diverses manières, souvent lourdes et handicapantes : troubles de la vision, diabète,...
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17/07 - Budget européen : pourquoi la réforme de la Politique agricole commune fait grincer des dents
Pari budgétaire ou provocation politique ? En dévoilant, mercredi 16 juillet, les grandes lignes du prochain cadre financier de l’Union européenne (2028-2034), Ursula von der Leyen a confirmé le maintien d’un effort massif en faveur des agriculteurs : 300 milliards d’euros seront consacrés au soutien des revenus agricoles, soit près de 80 % du budget actuel de la PAC, la politique agricole commune (387 milliards pour 2021-2027). Mais cette annonce rassurante masque une réforme de fond, bien plus controversée : la Commission européenne propose d’intégrer la PAC dans un fonds unique, englobant notamment la politique de cohésion, rompant ainsi avec l’architecture historique des deux piliers agricoles.
Une évolution que la FNSEA, premier syndicat agricole français, fustige dans un communiqué de presse sans détour : "La fusion des deux piliers de la PAC dans un fonds unique constituerait une dilution pure et simple du budget agricole." Mercredi, plusieurs centaines d’agriculteurs venus de toute l’Europe ont manifesté à Bruxelles contre ce projet de réorganisation, soutenus par la FNSEA. "Cette proposition est une provocation", a lancé son président, Arnaud Rousseau, qui battait le pavé. "Personne n’a intérêt à défier les agriculteurs européens. Si ce message n’a pas été entendu, nous reviendrons."
Depuis sa création, la PAC repose sur deux canaux distincts : les aides directes au revenu d’un côté (FEAGA) et les soutiens au développement rural de l’autre (FEADER). Leur fusion dans un fonds global inquiète : en...
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17/07 - Sénégal : l’armée française quitte le pays et met fin à sa présence permanente en Afrique de l’Ouest
Une page se tourne pour l’armée française, qui a mis fin ce jeudi 17 juillet à sa présence militaire permanente en Afrique de l’Ouest et centrale, lors d’une cérémonie solennelle à Dakar où elle a officiellement restitué ses deux dernières installations militaires au Sénégal.
Ce retrait français, amorcé ces dernières années, intervient alors que la région du Sahel est confrontée à des attaques jihadistes croissantes au Mali (dont une récente tout près du Sénégal), au Burkina Faso et au Niger.
L’armée française était présente au Sénégal depuis 1960, année de l’indépendance du pays. Organisée dans le "camp Geille", la plus grande installation militaire française, une remise symbolique des clés a eu lieu entre le chef d’état-major des armées du Sénégal, le général Mbaye Cissé, et le général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l’armée française pour l’Afrique.
Ce jour marque la fin officielle des Eléments Français au Sénégal (EFS), qui comprenaient environ 350 militaires français ayant pour mission principale de conduire des activités de partenariat militaire opérationnel avec les forces armées sénégalaises. Le retrait français avait été entamé en mars et plusieurs installations avaient déjà été restituées par l’armée française."Souveraineté"
Le Sénégal est resté après son indépendance l’un des alliés africains les plus sûrs de la France, ancienne puissance coloniale dominante en Afrique de l’Ouest. Mais les nouveaux dirigeants en fonction depuis avril 2024 ont promis de traiter désormais la France à l’égal des autres partenaires...
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17/07 - "La transparence des salaires évite les rumeurs à la machine à café" : la méthode management du cofondateur d’Alan
Lancé en 2016 avec deux personnes, le néoassureur Alan compte aujourd'hui 650 salariés. Cofondateur de cette licorne associant IA et santé et qui a notamment pour client le ministère de l'Economie et des Finances, Charles Gorintin est un passionné de management. Ce barbu formé dans les meilleures écoles scientifiques françaises et passé par la Silicon Valley applique des méthodes radicales dans son entreprise. Les "Alaners" (employés d'Alan) ne perdent aucune minute en réunion. Ils bénéficient d'une grande flexibilité mais, en contrepartie, doivent régulièrement rendre des comptes par écrit. Leur salaire est connu de tous. Quand ils ne sont pas en télétravail, ils changent régulièrement de place au bureau pour favoriser les échanges. Et leur temps de travail et de socialisation connaît des frontières étanches.
Par ailleurs actionnaire de Mistral à titre personnel, Charles Gorintin détaille cette méthode à L'Express et assure qu'elle peut s'appliquer dans des entreprises plus classiques.
L'Express : Comment un scientifique comme vous, formé à l’Ecole des Ponts et à l’ENS Paris Saclay, s’est-il intéressé au management ?
Charles Gorintin : Je suis passionné par la littérature du XIXe siècle. Balzac, c’est la meilleure école pour comprendre la complexité des relations humaines. Dans La Comédie humaine, vous voyez un personnage secondaire dans un livre devenir le personnage principal d’un livre suivant.
Ensuite, quand j’étais chez Facebook, j’ai travaillé sur la psychologie sociale avec des chercheurs de Yale et...
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17/07 - Alcool, cannabis, cocaïne… Ce que les Français pensent de leur dangerosité
Les Français perçoivent aujourd’hui le tabac et l’alcool comme plus dangereux qu’en 1999, tandis que le cannabis et la cocaïne apparaissent moins menaçants, selon une enquête publiée jeudi 17 juillet par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
L’enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes (EROPP) a été réalisée au cours de l’année 2023 sur le territoire hexagonal, sur un échantillon représentatif de 2 718 personnes âgées de 18 à 75 ans.
"Le tabac et l’alcool sont désormais plus souvent perçus comme dangereux, y compris à faible dose", précise l’étude qui montre que 27 % des sondés jugent le tabac dangereux "dès l’expérimentation", contre 22 % en 1999. Pour l’alcool, la part de ceux qui estiment qu’il ne présente de danger "qu’à partir d’une consommation quotidienne" est passée de 84 % à 71 % sur la même période.
À l’inverse, "la dangerosité perçue du cannabis diminue sensiblement" : 38 % des Français le considèrent dangereux dès l’expérimentation, contre 54 % en 1999. Au contraire, la proportion de ceux estimant qu’il ne devient dangereux qu’en cas d’usage quotidien progresse de 28 % à 44 %, précise l’étude.La cocaïne moins perçue comme dangereuse
"En 2023, et pour la première fois depuis la première édition de EROPP, il y a davantage d’adultes qui considèrent que le cannabis est dangereux à partir d’une consommation quotidienne que d’adultes qui pensent que le cannabis est dangereux dès l’expérimentation", conclut l’enquête.
La cocaïne, dont la notoriété a...
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17/07 - Le patron de la Fed sur la sellette ? Donald Trump fait planer l’incertitude
Licenciera, licenciera pas ? Lors d’un point presse mercredi 16 juillet à la Maison-Blanche, en présence du prince héritier du Bahreïn, Salmane Hamad ben Issa Al-Khalifa, Donald Trump a laissé planer le doute sur l’avenir de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed). "Il fait du mauvais boulot", a-t-il critiqué devant les caméras, avant de déclarer à propos d’un éventuel renvoi : "Je n’écarte rien, mais c’est très improbable". Plus tôt dans la matinée, le chef de l’État avait pourtant affirmé réfléchir sérieusement à son licenciement. Une forme de rétropédalage qui illustre la stratégie désormais bien rodée du locataire de la Maison-Blanche : menacer sans agir, attaquer sans trancher, tout en entretenant le flou.
Depuis plusieurs mois, les reproches de Donald Trump envers Jerome Powell se sont mués en attaques frontales. Le locataire de la Maison-Blanche ne se prive pas d’insultes à répétition à l’égard de celui qu’il avait pourtant lui-même nommé à la tête de la Fed en novembre 2017. À l’époque, l’ex-magnat de l’immobilier saluait encore "la sagesse et le leadership" de cet ex-banquier d’investissement, convaincu qu’il saurait "guider l’économie américaine". Mais le ton a radicalement changé : Jerome Powell est désormais traité de "grand perdant", d’"imbécile", ou encore de "mule têtue".
Donald Trump accuse celui qu’il surnomme "Trop tard Powell" de freiner la croissance, en refusant de baisser les taux d’intérêt alors que, selon lui, l’inflation n’est plus un problème. "Il gémit comme un bébé au sujet...
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17/07 - Sommet UE-Chine : chronique d’un échec annoncé, par Cécile Maisonneuve
Le sommet UE-Chine du 24 juillet s’annonce déjà comme un rendez-vous manqué. Tandis que l’attention européenne se cristallise obsessionnellement sur les fluctuations trumpiennes et leurs répercussions transatlantiques, une réalité stratégique tout aussi déterminante s’impose : la relation sino-européenne est en crise. L’enjeu est majeur car, si l’imprévisibilité américaine concerne la croissance à court et moyen terme du Vieux Continent, la question chinoise touche aux fondements mêmes de la souveraineté industrielle européenne. Comment concevoir une autonomie énergétique durable quand Pékin contrôle 70 % de la production mondiale des matériaux critiques ? Comment prétendre à une décarbonation souveraine tout en demeurant tributaire des chaînes d’approvisionnement chinoises pour les technologies propres ?
L’Institut Montaigne, dans son récent rapport sur les dépendances stratégiques européennes aux cleantech chinois, dresse un constat sans appel sur la subordination technologique de l’Europe à la Chine. Quelques chiffres : 97 % des panneaux solaires importés par l’UE proviennent de Chine, 43,8 % des batteries de véhicules électriques suivent la même route.Fuite en avant économique
Le sommet de juillet concentre ces contradictions. D’un côté, une Union européenne acculée à la fois par ses ambitions climatiques et ses impératifs de souveraineté industrielle. De l’autre, une Chine engagée dans une fuite en avant économique où les surcapacités industrielles massives – 1,065 milliard de tonnes d’acier, 861 GW de...
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17/07 - Syrie : le bilan des violences communautaires dépasse 500 morts
Sous pression après plusieurs jours d’affrontements meurtriers dans le sud de la Syrie, le chef d’Etat Ahmed al-Charaa a annoncé, jeudi 17 juillet, qu’il déléguait le maintien de l’ordre à des factions locales et à des chefs communautaires druzes dans la province de Soueïda. Une manière, selon lui, d’éviter "le chaos et la destruction", mais surtout "une guerre ouverte" avec Israël, accusé d’intervenir dans le conflit. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dit jeudi que le cessez-le-feu avait été obtenu "par la force", après ces frappes.
Depuis dimanche 13 juillet, plus de 500 personnes ont été tuées dans cette région majoritairement druze, théâtre d’affrontements entre des milices issues de cette communauté et des tribus bédouines sunnites. L’enlèvement d’un marchand de légumes druze a mis le feu aux poudres, ravivant des tensions communautaires anciennes dans cette zone longtemps restée en marge des combats. Le gouvernement syrien a déployé mardi des forces dans la région dans l’objectif affiché de rétablir l’ordre. Mais Israël, hostile à toute présence militaire syrienne près de sa frontière et disant vouloir protéger la communauté druze, a répliqué en bombardant mercredi Damas et d’autres zones du pays.
Les infos à retenir
⇒ Les forces gouvernementales se sont retirées de la province de Soueïda
⇒ Plus de 500 morts dans les violences communautaires des derniers jours en Syrie
⇒ L’Iran condamne l'"agression débridée" d’Israël en SyrieLes forces gouvernementales se sont retirées de la province de Soueïda...
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17/07 - Elon Musk et Peter Thiel, de partenaires à frères ennemis : l’histoire d’une amitié brisée
Ils se sont tant aimés… avant de s’entre-déchirer. Géants de la tech, écrivaines célèbres, hommes politiques, businessmen… cet été, L’Express consacre une série d’été à des ruptures amicales contemporaines. Une façon d’appréhender l’actualité et ses débats par un aspect souvent ignoré du récit historique : l’amitié.
Voilà vingt-cinq ans que les deux hommes se déchirent et se rabibochent. Partenaires de business, rivaux, frères ennemis : l’amitié vénéneuse entre le financier Peter Thiel et le magnat de la tech Elon Musk anime à bas bruit les coulisses de la Silicon Valley. "Elon pense que Peter est un sociopathe. Peter pense que Musk est un imposteur et un vantard", résumait en 2021 un familier des deux hommes dans l’ouvrage The Contrarian, sur Peter Thiel. Dernier épisode en date : dans une longue interview donnée au New York Times ce 26 juin, Thiel critique ouvertement l’obsession de Musk pour les déficits, et suggère qu’il a perdu de vue leur combat transhumaniste. Au temps pour ceux qui les croyaient rabibochés ; rapprochés par leur combat politique pro-Trump (Thiel en finance les campagnes depuis 2016). "Peter" avait même eu des mots élogieux à l’égard d'"Elon" dans la presse. Il faut croire que le rabibochage n’aura pas survécu à la disgrâce de Musk à Washington. Retour à la case dédain.
Entre ces deux-là, tout a commencé par une guerre. Au tournant du millénaire, les geeks de l’eldorado californien veulent réinventer la finance, Musk et Thiel sont lancés dans des projets concurrents : X. com (un nom que Musk...
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17/07 - Le jour où une amitié se brise - Notre série d’été
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17/07 - "Déficit zéro" : en Argentine, la recette du succès de la méthode Milei
Sous les ovations de la foule, mêlées aux rugissements d’une guitare électrique, le président Javier Milei s’est offert une entrée de rock star, début juin, sur la scène du Forum économique de Madrid. L’ambiance est à la fête, et il y a de quoi : en 2024, l’Argentine a affiché un excédent budgétaire - un exploit pour ce pays longtemps renvoyé à son manque de discipline. La tendance se poursuit cette année, les derniers chiffres montrant un surplus de 0,3 % en mai.
L’explication ? Une baisse de plus de 20 % de la part des dépenses publiques - hors charges d’intérêt de la dette - dans le PIB. Une prouesse signée Federico Sturzenegger, ministre de la Dérégulation et de la Transformation de l’Etat. Armé de sa "tronçonneuse", l’exécutif s’est d’abord attaqué à l’emploi public fédéral, rayant près de 50 000 postes, ainsi qu’aux transferts vers les provinces. Le gel des travaux publics a aussi allégé la facture, tout comme la baisse des subventions sur l’énergie ou les transports. Autres sources d’économies : les retraites et les traitements des fonctionnaires. "Milei a tenu tête à ceux qui le pressaient de les indexer sur l’inflation, ce qui a contribué à l’assainissement budgétaire", explique Alejandro Werner, ancien directeur du département de l’hémisphère occidental du Fonds monétaire international (FMI).
Plusieurs indicateurs se sont redressés : le taux sur un an de l’inflation, qui a longtemps gangrené le pays, est passé de plus de 200 % en décembre 2023 à 43,5 % en mai dernier. Le taux de croissance a également rebondi après...
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17/07 - Budget 2026 : ce que cache l’étonnante prudence de la droite face au plan Bayrou
Il n’a jamais caché "mal sentir" l’épreuve budgétaire. Bruno Retailleau mesure la quadrature du cercle à laquelle est confronté François Bayrou, Premier ministre chargé de ramener le déficit à 4,6 % en 2026 au prix d’un effort de 43 milliards d’euros d’économies. "C’est au moment où les conditions politiques sont les plus impossibles qu’il faudra faire un effort le plus important", glissait le nouveau patron des Républicains et ministre de l’Intérieur avant l’été.
Mais il faut bien s’y confronter. Alors, la droite fait assaut de prudence depuis la présentation du "plan Bayrou". Bruno Retailleau a affirmé ce mercredi qu’un parti de gouvernement comme le sien ne pouvait pas "se défausser" sur le budget, en marge d’un déplacement à Lognes (Seine-et-Marne). Dans un communiqué, le président de LR salue la "vision dessinée" par le Premier ministre, tout en pointant ses "angles morts". Ici, l’absence de mise à contribution des étrangers. Là, des économies insuffisantes dans le train de vie de l’Etat.
Sa parole était attendue tant le locataire de Beauvau promet d’user de sa liberté de ton depuis son élection à la présidence des Républicains. "La réaction de Retailleau sera le vrai test pour la solidité de notre coalition gouvernementale, confiait mardi une ministre. S’il dit que le budget ne lui convient pas, ça jettera le discrédit sur le socle commun.""Nous serons force de proposition"
Cette membre du gouvernement peut dormir sur ses deux oreilles. L’heure est à la prudence et à la proclamée "responsabilité". A midi le...
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17/07 - France-Algérie : des petits arrangements entre espions dans les années 1980 et 1990
Depuis l’été dernier, les relations entre la France et l’Algérie se dégradent de jour en jour. Derniers événements en date : les condamnations du journaliste français Christophe Gleizes et de l’écrivain Boualem Sansal à respectivement sept et cinq ans de prison. Et comme souvent dans ces moments de tensions, on essaye de regarder en arrière pour tenter de mieux comprendre l’actualité. A L’Express, trois journalistes se sont penchés sur la relation ambivalente entre ces deux pays. Mais ils se sont intéressés à une histoire un peu particulière : celle des batailles d’espionnage.
Pour leur enquête, ils ont rassemblé de très nombreux documents dans des dossiers, classés par ordre chronologique. Des photos d’espions infiltrés, des preuves écrites de kidnappings, des archives sur des assassinats cachés… ces dossiers contiennent tous les éléments pour faire le récit des guerres secrètes franco-algériennes.
Les premières archives présentes dans notre dossier du jour ne concernent ni l’Algérie, ni la France, mais l’Iran. Et elles datent de 1978. Cette année-là, le pays est parcouru par des grèves massives et des manifestations quotidiennes de plus en plus violentes. Cette révolution oblige le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, à l’exil.
L’ayatollah Khomeiny, qui a orchestré ces événements depuis la France, retourne dans son pays, où il est accueilli en héros. L’Iran se transforme alors radicalement pour devenir un régime islamiste. Un tournant majeur pour la région, mais aussi pour le monde.
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17/07 - Retards de paiement : "Certaines grandes entreprises se comportent comme des voyous"
Le 15 mai dernier, le cabinet Arc, acteur majeur du recouvrement de créances bancaires et commerciales, présentait son traditionnel baromètre réalisé avec l’Ifop. Comme le veut la tradition, le ministre de l’Economie était invité à s’exprimer sur la situation française et internationale. Eric Lombard a ainsi pu assister à la restitution des résultats qui montraient, notamment, une inquiétude grandissante des patrons face à l’allongement des délais de paiement.
Le message semble être passé. Lors de la présentation de son plan d’économies, François Bayrou a annoncé, mardi 15 juillet, qu’il souhaitait renforcer les sanctions à l’égard des entreprises qui ne respectent pas les délais de paiement en imposant des sanctions pouvant aller jusqu’à 1 % de leur chiffre d’affaires. Une mesure saluée par Denis Le Bossé, le président du cabinet Arc. Pour L’Express, il fait le point sur un travers français qui met à mal la trésorerie de nombreuses PME et ETI.
L’Express : L’annonce du Premier ministre sur le renforcement des sanctions à l’égard des entreprises qui ne respectent pas les délais de paiement est-elle à la hauteur de vos attentes ?
Denis Le Bossé : Aujourd’hui, l’amende pour non-respect des délais de paiement est plafonnée à 2 millions d’euros. Mais on voit bien qu’elle ne suffit pas : même des entreprises déjà sanctionnées à ce niveau ne changent pas leurs pratiques. Il y a deux explications à cela. La première concerne les sociétés en difficulté, qui manquent de trésorerie. La seconde, chez certains grands groupes, relève...
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16/07 - Droits de douane : le premier butin de la guerre commerciale de Donald Trump
Tout a commencé par un rapport du Trésor américain publié vendredi. Parmi les différentes données communiquées, une n’a pas manqué de faire réagir : celle sur les revenus issus des surtaxes douanières mises en place par Donald Trump. A en croire le document, ces nouveaux droits de douane ont rapporté des recettes record à l’Etat américain. Au deuxième trimestre 2025, les revenus issus des droits de douane s’élevaient ainsi à 64 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit 47 milliards de plus que l’an dernier à la même période. Le tout, à moindre coût, puisque la plupart des pays visés n’ont pas osé riposter… alors que la plupart des économies sont beaucoup plus dépendantes des exportations vers les Etats-Unis que l’inverse.Pas de riposte de la plupart des partenaires commerciaux
Pour le Mexique, auquel Donald Trump a imposé des surtaxes de 30 %, l’option de la confrontation a vite été écartée, au profit d’une négociation avec Donald Trump. Et pour cause : l’économie mexicaine est très dépendante des Etats-Unis pour ses exportations, alors que l’inverse n’est pas vrai. Si les trois-quarts des exportations mexicaines sont ainsi effectuées en direction des Etats-Unis, le Mexique ne compte à l’inverse que pour 15 % des exportations américaines, selon les données de la Base pour l’Analyse du Commerce International (BACI).
De leur côté, les Européens ont choisi de s’en remettre au calendrier fixé par Donald Trump et reporté à de multiples reprises. Ils doivent encore attendre jusqu’au 1er août pour connaître le sort qui leur...
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16/07 - Ce que François Bayrou aurait dû dire s’il voulait vraiment réduire la dette, par Kevin Brookes
Les annonces de François Bayrou ont été présentées comme l’esquisse d’un budget d’austérité. Le Premier ministre l’a dit lui-même : son objectif n’est pas de rétablir l’équilibre des comptes, mais de ramener le déficit à 4,6 % du PIB d’ici 2026. Ça n’est pas de réduire la dette, mais de la stabiliser autour de 117 % du PIB. Il projette de faire 44 milliards d’euros d’économies sur les 1 670 milliards de dépenses publiques annuelles, soit l’équivalent de 2,6 %.
Rapporté à l’échelle d’un ménage, c’est comme si une famille criblée de dettes annonçait se serrer la ceinture en réduisant ses dépenses courantes de 1 000 euros... à 974 euros. Pire encore, les dépenses publiques augmenteront de 29 milliards entre 2025 et 2026. Pour l’austérité, on repassera…
Une simple comparaison avec les pays ayant fait face aux mêmes menaces de faillite budgétaire suffit à se rendre compte que nous sommes très loin de ce qui est nécessaire pour réduire la dette publique. Le Premier ministre a évoqué ces pays "dignes et respectables" qui avaient été confrontés à une situation similaire dans les années 1990 (la Suède, le Canada) et 2000 (Portugal, Espagne, Italie)… sans pour autant en tirer toutes les leçons. C’est regrettable, tant leurs résultats sont spectaculaires. La Suède a divisé sa dette publique par deux en dix ans (de 80 % à 40 % du PIB), et le Canada l’a fait passer de 65 à 30 %. Pendant ce temps, les gouvernements français n’ont pas été capables de voter un seul budget à l’équilibre depuis… près d’un demi-siècle.
Si François Bayrou s’était...
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16/07 - Entre la Syrie et Israël, un scénario du chaos qui ne bénéficierait à personne
Au tour de Damas de connaître la terreur des bombes israéliennes. Après Gaza, Beyrouth ou plus récemment Téhéran, l’armée israélienne a mené une série de frappes sur la capitale syrienne le 16 juillet, touchant le ministère de la Défense et provoquant une déflagration près du palais présidentiel. "Nous menons en ce moment des dizaines de frappes en Syrie, à la fois à Damas mais surtout contre des tanks, des lance-roquettes et des pick-up chargés d’armes lourdes qui se dirigent vers le sud du pays, assure une source militaire israélienne. Nous avons aussi frappé des routes pour empêcher tout déploiement dans cette zone. Nous envoyons un message très clair au régime syrien sur nos intentions et sur la manière dont nous percevons leurs intentions…"
Ces bombardements israéliens interviennent après plusieurs jours de combats dans la province de Soueïda, une zone à majorité druze proche de la frontière israélienne, dans le sud de la Syrie. Le gouvernement de transition syrien, au pouvoir depuis la fuite de Bachar el-Assad fin 2024, entend reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire et se trouvait sur le point d’y parvenir à Soueïda, avant l’intervention de l’armée israélienne en faveur des combattants druzes. "Nous avons deux objectifs principaux, reprend la source israélienne : d’abord empêcher le massacre des Druzes, puis nous assurer que le sud de la Syrie soit une zone démilitarisée. Nous avons retenu la leçon et ne tolérerons aucune activité militaire à nos frontières qui ferait peser une menace sur nos...
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16/07 - Syrie : l’armée israélienne frappe en plein coeur de Damas
Israël a bombardé mercredi 16 juillet le quartier général de l’armée syrienne à Damas, après avoir menacé d’intensifier ses frappes contre les forces gouvernementales si elles ne quittaient pas la ville à majorité druze de Soueida, après trois jours de violences qui ont fait plus de 300 morts. L’armée israélienne "augmentera l’intensité de ses réponses contre le régime si le message n’est pas compris", a déclaré le ministre de la Défense Israël Katz, en exigeant du pouvoir syrien qu’il "laisse tranquilles" les druzes de Soueida.Au moins trois morts et 34 blessés
Mettant ses menaces à exécution, l’armée israélienne a mené plusieurs frappes mercredi à Damas. Elle a ciblé notamment l’entrée du quartier général de l’armée syrienne, au coeur de la capitale, et annoncé avoir visé une "cible militaire" dans la zone du palais présidentiel. Le ministère syrien de la Santé a annoncé que ces frappes avaient fait au moins trois morts et 34 blessés. Les violentes frappes ont détruit une aile d’un bâtiment de quatre étages du complexe abritant le quartier général de l’armée, contigu au ministère de la Défense, ont constaté des journalistes de l’AFP. La célèbre place des Omeyyades, sur laquelle donne le complexe, d’ordinaire encombrée, était vide, à l’exception d’ambulances et de véhicules militaires.
Des témoins ont affirmé à l’agence de presse avoir entendu une explosion dans le secteur du palais présidentiel à Damas puis vu de la fumée se dégager de la zone, peu après des frappes israéliennes sur le quartier général de l’armée syrienne dans le...
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16/07 - Laurent Berger - Benoît Bazin, le grand débat : "On peut se parler sans se caricaturer"
S’il a quitté en juin 2023 la CFDT, après onze années à sa tête, Laurent Berger n’a pas fini d’appeler de ses vœux "une société du compromis", thème de la collection de livres qu’il dirige désormais aux éditions de L’Aube. Dans le dernier opus, Voies de passage, l’ancien syndicaliste discute avec le PDG de Saint-Gobain, Benoit Bazin, du rôle de l’entreprise comme "lieu du commun". Un dialogue original et fécond, loin de la diabolisation ambiante dont font souvent l’objet les patrons.
L'Express : François Bayrou a déploré il y a quelques semaines qu’aucune "voie de passage" n’ait été trouvée à l’issue du conclave sur les retraites. Le titre de votre ouvrage est-il porteur d’un message plus optimiste ?
Laurent Berger : Ce titre est un point de rencontre entre Benoit Bazin, le montagnard, et moi-même, qui suis plus proche de l’océan. Si l’on veut trouver des voies de passage dans la société, il faut anticiper, partir de convictions fortes et manifester une envie d’aboutir. Nous avons voulu montrer dans ce livre qu’au sein de l’entreprise, il y a des hommes et des femmes qui sont aptes à avoir une vision, à porter des ambitions collectives, à diriger. Donc à trouver des voies de passage. Le débat public est souvent entravé par des postures et des jeux d’acteurs. Avancer suppose d’être capable de faire des compromis.
Benoit Bazin : L’entreprise est fondamentalement un lieu de discussion et d’action. On y trouve collectivement les solutions. Chez Saint-Gobain, le dialogue social est très présent, depuis longtemps, à tous...
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16/07 - Union européenne : la Commission dévoile un budget en forte hausse
L’Union européenne a dévoilé ce mercredi 16 juillet sa proposition de budget pour la période 2028-2034. Egalement connu sous le nom de "cadre financier pluriannuel", il serait porté à 2000 milliards d’euros, soit une nette hausse par rapport à la période en cours (2021-2027), a indiqué le commissaire européen au Budget Piotr Serafin.
Le budget précédent, concernant la période de 2021 à 2027, représentait 1200 milliards d’euros mais avait été complété par un plan de relance de 800 milliards pendant la crise Covid. L’augmentation proposée s’explique partiellement par le remboursement de l’emprunt européen contracté pendant la pandémie et par l’inflation. C’est un "budget ambitieux", a souligné Piotr Serafin devant les eurodéputés à Bruxelles.Incertitude sur l’avenir de la PAC
La présidente de la Commission européenne a quant à elle loué "le budget le plus ambitieux jamais proposé". Il prévoit notamment des moyens supplémentaires pour la compétitivité (451 milliards d’euros dédiés) et la défense, tandis qu’un bras de fer tendu démarre sur l’avenir de la politique agricole commune. Ursula von der Leyen a en effet précisé que 300 milliards seraient alloués aux "revenus des agriculteurs. Dans le budget précédent, la PAC représentait 387 milliards d’euros, dont 270 milliards d’aides directes aux agriculteurs.
Selon les annonces faites ce mercredi, la Commission voudrait entre autres revoir le mode de calcul des versements de la PAC, afin de mieux cibler ses bénéficiaires. Pour éviter de trop financer les plus grandes exploitations,...
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16/07 - Le FBI contre le ministère de la Justice : la guerre secrète autour de l’affaire Epstein
Le n° 2 du FBI, Dan Bongino, va-t-il bientôt démissionner ? Des rumeurs sur son possible départ du bureau se propagent dans les rangs de l’administration Trump, alors que ce dernier est revenu au travail lundi 14 juillet après une soudaine absence le vendredi précédent.
Ces spéculations surviennent sur fond de controverses avec la procureure générale Pam Bondi et le département de la Justice concernant la gestion des dossiers Jeffrey Epstein – cette affaire internationale d’exploitation sexuelle de mineures – et leur publication. Cette dernière a fait un retour tumultueux dans le débat politique aux Etats-Unis, secouant à nouveau les rangs de l’administration Trump.Les rumeurs d’un départ
Selon CNN, Dan Bongino aurait fait savoir à son entourage qu’il envisageait de démissionner après une dispute majeure avec Pam Bondi – fidèle du président Trump – à propos des retombées d’un communiqué sur l’affaire Jeffrey Epstein, publié conjointement lundi 9 juillet. Celui-ci affirme qu’il n’y a finalement aucune preuve que Jeffrey Epstein détenait une "liste de clients", ou qu’il ait été assassiné dans sa cellule à New York. Le FBI et les responsables de la Justice sont en désaccord depuis des mois sur la gestion des dossiers Epstein.
La brouille entre Pam Bondi et Dan Bongino est survenue mercredi 9 juillet lors d’une réunion incluant le directeur du...
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16/07 - Déficit public, pourquoi sont-ils meilleurs que nous ? Les recettes gagnantes de nos voisins européens
Combien de fois a-t-on entendu ces dernières décennies un dirigeant politique français promettre un changement de cap ? S’engager à remettre enfin les comptes au carré, livrant à la Commission de Bruxelles – bien complaisante – des trajectoires de redressement des finances publiques jamais tenues ?
Mardi 15 juillet, François Bayrou s’est plié, lui aussi, à l’exercice, dévoilant ses propositions pour trouver les 43,8 milliards d’euros nécessaires pour ramener le déficit public à 4,6% du PIB en 2026. Il ne s’agit pas seulement du casse-tête politique et financier du projet de loi de finances pour l’an prochain. Mais des budgets pour les années suivantes, dans l'espoir de redescendre sous la barre des 3 % du PIB en 2029.
Au menu de 2026 : année blanche pour les dépenses de l’Etat, gel des prestations sociales et notamment des pensions, augmentation de la franchise médicale, suppression de deux jours fériés, relance d’une réforme de l’assurance-chômage, cessions de certaines participations de l’Etat. Les collectivités, quant à elles, devraient contribuer à hauteur de 5,3 milliards d’euros. Une potion inévitable : si rien n’est fait, en 2029, le service de la dette - ce que doit verser l’Etat à ses créanciers - atteindra 100 milliards d’euros, le premier poste de dépenses.
Comment a-t-on pu en arriver là ? Evidemment, les chocs externes - crise financière en 2008-2012, pandémie en 2020, guerre en Ukraine en 2022 – se sont succédé. Mais nos voisins européens les ont aussi subis. Or, la France est aujourd’hui l’un des...
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16/07 - Livret A : le taux va passer de 2,4 % à 1,7 % au 1er août
Conséquence du niveau d’inflation contenu au premier semestre, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy a proposé d’abaisser le taux du Livret A à 1,7 % au 1 août, contre 2,4 % actuellement. Cette baisse annoncée ce mercredi 16 juillet, inédite par son ampleur depuis 2009, est la deuxième de l’année après une première diminution de 3 % à 2,4 % le 1er février. Le ministère de l’Economie a rapidement approuvé cette proposition.
Aujourd’hui, les Français cumulent plus de 600 milliards d’euros d’épargne sur les Livrets A et les Livrets de Développement Durable et Solidaire (LDDS), plafonnés respectivement à 22 950 euros et 12 000 euros. Ces livrets leur permettent de conserver une épargne garantie, disponible et défiscalisée. Les Français en sont particulièrement friands.
Le taux du Livret A est calculé tous les six mois, mi-janvier et mi-juillet, à partir du taux moyen d’inflation (hors tabac) et d’un taux moyen d’intérêt interbancaire dépendant de la politique monétaire européenne, sur le semestre qui vient de s’écouler. Or ces deux éléments sont en baisse depuis le début de l’année.
Le gouverneur de la Banque de France a choisi pour le taux du Livret A, aussi valable pour le LDDS, de s’en tenir au strict calcul de la formule. Un tel taux reste supérieur à celui de l’inflation de juin, mesurée à 1 % sur un an, selon la dernière publication de l’Insee. "La fixation du taux du Livret A à 1,7 % continuera donc à protéger le pouvoir d’achat de ses détenteurs", a souligné la Banque de France dans un communiqué....
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16/07 - Henri Giscard d’Estaing débarqué du Club Med : quand L’Express racontait son supplice chinois
"Jusqu’au bout, mon obsession aura été de protéger le Club Med". C’est par ces mots qu’Henri Giscard d’Estaing a conclu la conférence de presse inopinée de ce mercredi 16 juillet. Le patron français officialise ainsi son éviction du groupe de tourisme – et donc son départ immédiat – décidée par le conseil d’administration du géant chinois Fosun, l’actionnaire majoritaire.
Dans sa longue intervention, Henri Giscard d’Estaing a détaillé le fossé qui s’est creusé depuis deux ans entre la direction française et les actionnaires. Les valeurs de "liberté et de gentillesse dans le management" qui ne seraient plus respectées par la direction de Shanghai. La bascule progressive du centre de décision de la France vers la Chine. Autant de changements qui, pour le patron français, rendaient impossible la mise en œuvre du plan "Forever Young" qu’il avait annoncé à la fin de l’année dernière.
Ce plan passait notamment par un retour de l’entreprise à la Bourse de Paris - une condition nécessaire pour retrouver de "l’agilité financière" selon Henri Giscard d’Estaing – et la nomination d’un nouveau PDG avec une période de transition de six mois. Deux conditions que Fosun n’a visiblement pas acceptées.
Cette crise de gouvernance au Club Med intervient alors que les résultats de l’entreprise sont historiquement bons. Le recentrage sur le haut de gamme a porté le volume d’affaires à des niveaux supérieurs à 2 milliards d’euros depuis deux ans et la marge opérationnelle de l’entreprise dépasse désormais les 10 %. Le nouveau PDG du groupe...
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16/07 - Au Club Med, le supplice chinois d’Henri Giscard d’Estaing : enquête sur une révolution de palais
C’est une victoire au goût de cendres. De celles qui donnent le sentiment d’avoir été trahi par l’histoire. Une victoire tourmentée. Incomplète. Fugitive. Tête-à-queue inattendu, l’avenir en pointillé. Henri Giscard d’Estaing est arrivé un peu en avance au rendez-vous qu’il nous avait fixé. Eternel pull à col roulé sombre ; la pochette en soie savamment glissée au revers du veston. En apparence rien n’a changé. Le sourire est toujours aussi large, mais les traits peut-être plus crispés que d’ordinaire. Une ombre noire dans le regard. Le président du Club Med a soigneusement posé sur la table une simple feuille blanche sur laquelle un graphique attire l’œil.
Trois courbes sont dessinées : deux sont ascendantes, celles des revenus de l’entreprise et du résultat net. Une autre plonge, la dette. Et dans un coin, un tableau retrace année après année la remontée du taux de marge du Club, jusqu’aux 9,5 % affichés en 2023. Une performance historique dans un secteur où la concurrence est endiablée. Cette petite feuille A4 est le gage de sa survie à la tête de l’entreprise. Du moins, le croit-il. Le climat est tellement changeant, ces temps-ci.En millions d'euros.
L’année 2024 aurait dû être celle du triomphe pour Henri Giscard d’Estaing. Mieux, de la revanche. Les succès financiers de l’entreprise sont la preuve que le chemin emprunté depuis plus de 20 ans était le bon. Que sa vision défendue contre vents et marées était juste. Son pari – la montée en gamme du Club Med – s’est enfin révélé gagnant. Fini les villages de cases....
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16/07 - Donald Trump part en guerre contre les énergies vertes… et ce sont ses électeurs qui paient
Donald Trump est en guerre. Contre l’éolien qu’il hait, le solaire qu’il déteste. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain ne cesse de vouloir saboter la filière des énergies renouvelables. Il a déjà gelé les permis d’exploitations et les prêts fédéraux pour les projets d’éoliennes en mer. Avec sa "grande et belle loi" budgétaire adoptée début juillet, le milliardaire a abrogé les crédits d’impôts pour les énergies propres. Et ce n’est pas fini. Selon le New York Times, l’administration chercherait désormais, via une nouvelle série de mesures, à récupérer des milliards de dollars fléchés vers le financement de projets écologiques. Donald Trump, grand promoteur du pétrole et du gaz, se réjouit sans doute de la bataille remportée contre ces sources d’énergies qu'il qualifie de "fléaux d’une laideur inouïe". Mais son plan pourrait se retourner contre lui.
Lors de sa campagne présidentielle, le candidat Trump avait promis de réduire de moitié les prix de l’énergie et de l’électricité dans les 18 mois suivant son retour au pouvoir. A peine assis dans le bureau Ovale, il s’était empressé de déclarer "l’urgence énergétique nationale". Sept mois plus tard, la facture d’électricité des Américains, déjà en hausse, s’apprête à bondir. Une conséquence directe de la "Big and beautiful bill". En particulier pour les plus trumpistes d’entre eux.
D’après...
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16/07 - Jours fériés en Europe : où se situe la France par rapport à ses voisins ?
"Il faut faire partir Bayrou", a fustigé Jean-Luc Mélenchon. "Aucun député RN n’acceptera", a, de son côté, affirmé Jordan Bardella. D’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique, la proposition a fait l’effet d’une bombe mardi 15 juillet. Le Premier ministre François Bayrou a suggéré de supprimer deux jours fériés en France, citant en "exemples" le lundi de Pâques et le 8-Mai. L’objectif : stimuler la production de richesse et accroître les recettes de l’Etat.
Si cette mesure se concrétisait, la France passerait alors de 11 à 9 jours chômés, devenant ainsi le pays le moins généreux en la matière parmi ses voisins européens. Un changement qui, selon le ministère du Travail, serait "applicable à tous", salariés du privé comme fonctionnaires.Dernière place du classement pour la France
Dans l’Union européenne, un salarié bénéficie en moyenne de 11,7 jours fériés par an, si l’on ne prend pas en compte les spécificités régionales. Mais les écarts restent importants d’un pays à l’autre. Chypre arrive en tête avec 15 jours chômés, tandis que l’Espagne, Malte, la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie en affichent 14 au compteur. Juste derrière, l’Autriche, la Finlande, le Portugal, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la République tchèque se partagent la troisième place avec 13 jours fériés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas ferment, quant à eux, la marche avec seulement 9 jours.
La France, avec ses 11 jours fériés, se situe donc aujourd’hui dans la moyenne et partage son rang avec l’Estonie, le Luxembourg, la...
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16/07 - Les droits de douane de Donald Trump font grimper les prix aux Etats-Unis
"Les tarifs douaniers élevés du président Trump commencent à peser sur le portefeuille des consommateurs" observe le New York Times (NYT). Pour la deuxième fois consécutive, les Américains font face à une forte hausse des prix à la consommation, selon un indice publié mardi 15 juillet.
L’indice CPI de mesure de l’inflation a progressé en juin de 2,7 % sur un an, contre 2,4 % en mai. Cette accélération est toutefois en ligne avec les attentes des analystes, selon le consensus publié par MarketWatch. C’est le deuxième mois consécutif de hausse sur un an, puisque les prix avaient déjà regagné en vigueur en mai, alors qu’ils avaient eu tendance à se rapprocher auparavant de la cible de 2 % de hausse sur un an, visée par la banque centrale américaine (Fed).
L’accélération de l’inflation est également marquée sur un mois, avec des prix en augmentation de 0,3 % en juin (contre 0,1 % en mai), sous l’effet d’une hausse des prix de l’énergie, là encore conforme aux anticipations des analystes. Hors prix de l’alimentation et de l’énergie, toujours volatiles, l’indice CPI a progressé en juin de 0,2 % sur un mois et 2,9 % sur un an, soit une légère hausse dans les deux cas par rapport à mai."Le président rend les choses encore plus difficiles"
Ces chiffres "mettent à mal les affirmations continues de Donald Trump selon lesquelles les Américains ne subiraient pas les répercussions financières dues à sa politique commerciale de plus en plus agressive", poursuit le New York Times. Dans un communiqué paru dans la foulée de la...
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16/07 - Loïk Le Floch-Prigent, ancien grand patron condamné dans l’affaire Elf, est mort
Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG de grandes sociétés publiques françaises comme Rhône-Poulenc (1982-1986), Elf Aquitaine (1989-1993), racheté par Total en 1999, GDF (1993-1995) et la SNCF (1995-1996), est décédé mercredi 16 juillet à 81 ans des suites d’un cancer.
Ce diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble avait débuté sa carrière à la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST), avant de rejoindre dès 1981 le gouvernement Mauroy, comme conseiller du ministre de l’Industrie Pierre Dreyfus. C’est ensuite qu’avait débuté sa carrière de patron d’entreprises, à la tête desquelles il avait été nommé par des gouvernements de gauche comme de droite.Détournement de fonds
Il est aussi connu pour ses malversations financières, qui l’ont conduit à passer environ deux ans en prison. La plus emblématique peine à son encontre remonte à 2003, année où il avait été condamné à cinq ans de prison pour abus de biens sociaux dans le volet principal du dossier Elf. La juge Eva Joly avait notamment mis au jour un réseau de trafic d’influences, de corruption et de détournements de fonds - environ 305 millions d’euros - impliquant les dirigeants du groupe Elf, dont Loïk Le Floch-Prigent, et des ministres comme Roland Dumas et Charles Pasqua de 1989 à 1993.
Il avait alors été condamné à la peine maximale encourue pour ce délit : cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Il avait été libéré avec trois ans d’avance en avril 2004,...
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16/07 - Syrie : tout comprendre à la flambée de violences à Soueïda et à Damas
Depuis plusieurs jours, le sud de la Syrie est le théâtre d’une flambée de violences meurtrières qui cible principalement la minorité druze. Les affrontements, concentrés dans la province à majorité druze de Soueïda, ont fait au moins 248 morts depuis dimanche 13 juillet, selon les derniers bilans disponibles. Si les combats se poursuivent encore, les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés se sont déployés mardi dans la ville, dans une tentative de reprendre le contrôle de la situation. Ce mercredi, Israël a bombardé le quartier général de l'armée syrienne à Damas, après avoir menacé d'intensifier ses frappes contre les forces gouvernementales si elles ne quittaient pas la ville de Soueida.Que se passe-t-il à Soueïda ?
Depuis le 13 juillet, la province de Soueïda est secouée par de violents affrontements. Au moins 248 personnes ont été tuées en quelques jours, selon des ONG et médias locaux, dans des combats impliquant divers groupes armés. Les violences ont gagné la ville de Soueïda, provoquant la panique parmi la population.
Dimanche donc, des affrontements ont éclaté entre groupes druzes et tribus bédouines sunnites, rivaux de longue date, après l’enlèvement d’un commerçant druze par des Bédouins qui ont installé des barrages sur la route reliant Soueïda à Damas, selon l’OSDH. De fortes tensions couvaient depuis les heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité dans les zones druzes proches de Damas et à Soueïda, qui avaient fait plus de 100 morts.
L’armée...
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16/07 - Pacte Dutreil : quand la haine de l’héritier nuit à la souveraineté française, par Laurent Moisson
En France, depuis la Révolution, on n’aime pas beaucoup les fils et filles de famille. Dès 1981, on a lourdement taxé l’héritage, coupable de rupture d’égalité républicaine. Malheureusement, cette politique empreinte d’une proclamée justice sociale a considérablement accéléré la financiarisation de notre économie et sa perte de souveraineté.
Pourquoi ? Parce que les familles entrepreneuriales françaises ont souvent dû vendre leurs PME pour payer les droits de succession. Et, quand elles ne les ont pas vendues, elles ont tellement ponctionné leurs bénéfices pour faire face aux impôts qu’elles ne pouvaient plus investir. Occasionnant ainsi leur décrochage compétitif vis-à-vis de concurrentes étrangères, exemptes, elles, de tels droits.
La transmission d’entreprise au sein d’une même famille s’est donc grippée, laissant le champ libre à des acheteurs bien moins enracinés dans nos territoires : des multinationales ou des fonds d’investissement.
Les épargnants français préfèrent placer leurs importantes économies - nous sommes dans le top 5 des pays disposant du plus d’épargne par habitant - dans l’immobilier, les livrets garantis par l’État ou la dette publique américaine - on aime la rente, dans notre pays de révolutionnaires. Conséquence : ces fonds d’investissement sont majoritairement américains et chinois.Le poids de la financiarisation
Grâce au système de retraite par capitalisation en vigueur aux Etats-Unis, 50 % de l’argent investi dans les sociétés non cotées dans le monde est américain. La Chine représente, elle,...
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16/07 - Budget 2026 : ce que va changer "l’année blanche" pour vos impôts
Le Premier ministre, François Bayrou, a dévoilé mardi 15 juillet un plan budgétaire drastique pour 2026, incluant une "année blanche" qui gèlera notamment le barème de l’impôt sur le revenu. "Nous devons partager une année blanche qui concerne toutes les catégories de Français […] les barèmes de l’impôt sur le revenu et celui de la contribution sociale généralisée (CSG) resteront inchangés", a assuré François Bayrou à l’annonce de ce dispositif.
Officiellement, il s’agit d’éviter toute augmentation nominale des impôts, mais dans les faits, cette mesure pourrait bien se traduire par une hausse indirecte de la fiscalité, due à la non-indexation du barème sur l’inflation. Mécaniquement, les contribuables se retrouvent automatiquement à payer davantage d’impôts.280 000 foyers concernés par l’entrée dans la fiscalité
Chaque année, le barème de l’impôt sur le revenu est normalement réévalué à hauteur de l’inflation, pour éviter que la progression des salaires ne pousse les contribuables vers des tranches d’imposition supérieures. Ce barème compte cinq tranches allant de 0 % à 45 %, avec un seuil d’entrée dans l’impôt à 11 497 euros annuels par part fiscale, et un taux de 11 % sur la tranche suivante, jusqu’à 29 315 euros.
Ainsi, en gelant ce barème, ce sont plusieurs centaines de milliers de ménages supplémentaires qui risquent d’entrer de se voir imposés, à cause de la hausse de leurs revenus - liée à l’inflation- mais sans adaptation des seuils. "Les 17,5 millions de ménages déjà imposables paieront davantage et 280 000 commenceront...
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16/07 - Budget 2026 : le plan de François Bayrou est désagréable mais toute autre option serait pire
Les parlementaires responsables et soucieux de l’intérêt général doivent voter le plan Bayrou, malgré ses nombreux défauts. Evidemment, depuis qu’il a été annoncé le 15 juillet, chacun y va de sa petite musique. Les éditorialistes estiment qu’il ne réforme rien, la droite refuse les augmentations d’impôts, la gauche ne veut pas entendre parler de maîtrise des dépenses, les syndicats s’insurgent contre la suppression de deux jours fériés - Sophie Binet voyant même dans le fait de travailler le 8 mai une sorte de revanche du nazisme.
Certains de ces arguments s’entendent, notamment celui sur les prélèvements obligatoires. Ceux-ci devraient augmenter de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2026, ce qui est beaucoup pour le pays où l’on ponctionne déjà le plus au monde.Jours fériés, une mesure courageuse
Oui mais voilà, ces critiques faciles sont décontextualisées. La situation politique post-dissolution ne permet pas d’entreprendre la réforme de l’Etat rêvée et la mise au travail de tous les Français qui s’accommodent un peu trop de notre Etat-providence. Si la droite libérale disposait d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, cela se saurait et l’on pourrait exiger de bonnes réformes - sans la certitude de les obtenir. La vérité, c’est que la gauche et le RN, pour l’essentiel irresponsables, n’ont que le mot censure à la bouche. Pour eux, la gestion budgétaire est simple : tout se règle, soit en taxant les riches, soit en expulsant les immigrés. Au moins, avec ces gens-là, on ne risque pas l’élongation cérébrale.
Le...
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16/07 - Santé : le budget de François Bayrou met les patients à contribution
Le Premier ministre François Bayrou a demandé mardi 15 juillet que les dépenses de santé soient freinées de "l’ordre de" cinq milliards l’an prochain, en demandant notamment un effort de "responsabilisation" des Français qui vont devoir payer une franchise plus élevée sur leurs dépenses de médicaments.
La dépense de santé "augmentera l’année prochaine de 10 milliards d’euros. Ce n’est pas soutenable. Je propose que nous fassions l’effort de limiter cette hausse de moitié", a indiqué le Premier ministre en présentant son plan de maîtrise du déficit des finances publiques. Le Premier ministre n’a pas énuméré toutes les mesures qui permettront d’arriver à ce résultat, se contentant de donner quelques exemples. L’Assurance maladie avait déjà proposé de son côté le 24 juin un plan de 3,9 milliards d’euros d’économies.Le plafond des franchises revu à la hausse
D’une manière générale, "nous devons responsabiliser les patients pour que le coût de la santé soit plus concret pour nos concitoyens", a déclaré François Bayrou, en prenant l’exemple de la franchise sur les boîtes de médicaments payée par les assurés sociaux. "Chaque fois que nous achetons une boîte de médicaments, nous en payons une partie" (1 euro par boîte, NDLR) avec un plafond fixé "à 50 euros par an" a expliqué François Bayrou. "Nous pousserons ce plafond à 100 euros", a-t-il ajouté, alors que le sujet est politiquement inflammable.
La ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des familles Catherine Vautrin a de son côté précisé que les franchises seraient...
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16/07 - Israël : le départ d’un parti ultra-orthodoxe fragilise Benyamin Netanyahou
Le parti ultra-orthodoxe israélien "Judaïsme unifié de la Torah" annoncé lundi 14 juillet qu'il quittait la coalition au pouvoir en Israël, sur fond de débat sur la conscription militaire dans le pays.
Le parti a annoncé qu’il quittait la coalition en raison de l’échec du gouvernement à obtenir une exemption du service militaire pour les élèves de yeshiva (école talmudique). Ces élèves bénéficient depuis des décennies d'une exemption de plus en plus mal acceptée par la société israélienne, alors que le pays est en guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza depuis l'attaque lancée le 7 octobre 2023 sur le sol israélien par le mouvement islamiste palestinien."Gouvernement de la honte"
Le gouvernement du Premier ministre n'est pas immédiatement menacé par ce changement dans la Knesset. Pour autant, le départ de ce parti laisse la coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou avec une courte majorité de 61 sièges sur 120 au Parlement. Elle se trouve ainsi amputée de sept députés.
Par ailleurs, l'autre formation ultra-orthodoxe, le parti séfarade Shass, a annoncé qu'il pourrait aussi quitter la coalition. Une décision qui ferait perdre la majorité au Premier ministre, puisque ce parti dispose de onze sièges, et entrainerait des élections anticipées. Vives critiques
Le départ des sept députés a été vivement critiqué. Pour le député d'opposition Avigdor Lieberman, le parti a continué de "promouvoir avec force" une loi d'exemption, au détriment "des combattants sur le terrain, qui ont besoin de renforts pour...
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16/07 - Budget 2026 : face à François Bayrou, le PS tourne en rond
Peu rancunier, taquin, ou protocolaire ? François Bayrou a convié les deux patrons de groupes socialistes du Parlement à assister à sa conférence de presse. Mardi 15 juillet, alors que le Premier ministre et les locataires de Bercy annonçaient leurs grandes orientations budgétaires pour l’année 2026, deux chaises vides demeuraient : celles de Boris Vallaud et de Patrick Kanner. Une invitation "sympathique" et "assez baroque" moque le second qui, à toutes fins utiles, tient à préciser que le PS "n’appartient pas au socle commun puisqu'il siège dans l’opposition".
Entre les roses et François Bayrou flotte un parfum d’embrouille. Plus que jamais aujourd’hui, tant les socialistes s’estiment floués par le feu accord de non-censure signé en janvier avec le gouvernement, non respecté au printemps par le locataire de Matignon. Chat échaudé craint l’eau froide. "Je ne marcherai plus", confiait en petit comité Olivier Faure. Mais rien n’y fait. Et ainsi vit et survit l’arlésienne socialiste, dilemme existentiel de cette dix-septième législature : un pivot n’est pas une béquille, pas plus qu’il n’est le dindon de la farce… Comment le faire entendre ?
Cultiver sa singularité. Quand les insoumis garantissent la censure du gouvernement ou que Fabien Roussel appelle à prendre "de nouvelles Bastilles", les socialistes reprennent à leur compte les critiques et les menaces de leurs alliés. Mais promettent une autre méthode : la discussion. À défaut de "lignes rouges glissantes", comme la dernière fois, "les socialistes...
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16/07 - Budget 2026 : François Bayrou frappe les retraités au portefeuille
C’est une ligne rouge que beaucoup de gouvernements avaient jusqu’ici préféré ne pas franchir. Mardi 15 juillet, le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé ce qui s’apparente à une petite révolution budgétaire : s’attaquer à un électorat longtemps considéré comme intouchable, les retraités.
Pour ramener les comptes publics à l’équilibre, le chef de l’exécutif a détaillé un plan drastique de 43,8 milliards d’euros d’économies pour 2026. "Le surendettement, qui nous oblige à emprunter tous les mois pour payer les retraites ou les salaires des fonctionnaires, est une malédiction qui n’a pas d’issue", a justifié François Bayrou, évoquant une dette publique qui grimpe "de 5 000 euros chaque seconde".
Au cœur de ce tour de vis inédit : le gel des prestations sociales, y compris des pensions de retraite, et la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités sur leur impôt sur le revenu. Le Premier ministre promet une mesure "temporaire" : en 2026, le pays vivra donc une "année blanche". Les prestations sociales, dont les retraites, ne seront donc pas revalorisées pour compenser l’inflation, contrairement à l’usage. Une décision qui rapporterait à elle seule 7,1 milliards d’euros sur les 43,8 milliards visés."Il n’y aura pas d’exception", insiste Matignon.Un sujet politiquement inflammable
Or, la pilule risque de mal passer sur le volet politique. La question de la non-indexation des pensions est un sujet explosif. Elle avait déjà provoqué, l’an dernier, la colère du Rassemblement national (RN),...
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16/07 - "Ils veulent intimider les gens" : les inquiétantes dérives de l’ICE, la police de l’immigration de Donald Trump
La vidéo fait froid dans le dos. On y voit Rumeysa Ozturk, une étudiante turque de l’université Tufts, en train de marcher en plein après-midi dans une rue d’une banlieue de Boston. Soudain, un individu masqué avec une capuche lui bloque le passage. Il lui saisit les poignets et confisque son téléphone avant d’être rejoint par cinq autres acolytes, également en civil et masqués. "Nous sommes la police", déclare l’un d’eux en la menottant. Puis ils traînent la jeune femme vers un gros 4X4 noir banalisé. Il s’agit en fait de membres de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police de l’immigration. L’étudiante en thèse a pourtant un visa en règle. Pendant vingt-quatre heures, nul ne sait, même l’ambassade de Turquie, où elle se trouve. Un juge interdit qu’elle soit transférée hors du Massachusetts. Trop tard ! Rumeysa Ozturk est envoyée dans un centre de détention en Louisiane à 2500 kilomètres de son domicile.
Le Département de la sécurité intérieure (DHS), qui chapeaute ICE, finit par annoncer que son visa est révoqué car elle a "été impliquée dans des activités de soutien au Hamas". Sa seule "activité" est d’avoir cosigné, un an plus tôt, une tribune dans le journal de Tufts qui critiquait l’université pour ne pas avoir, entre autres, reconnu "le génocide palestinien". Le 9 mai, plus d’un mois après son arrestation, la jeune femme est libérée pendant que son cas continue à être examiné.Ils ont des "tactiques militaires"
Rumeysa Ozturk n’est pas la seule à avoir eu affaire à la police de l’immigration sous l’ère...
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16/07 - Budget 2026 : l’ombre de la censure plane déjà sur François Bayrou
"C’est notre moment de vérité", a déclaré mardi 15 juillet François Bayrou, au moment de présenter un plan de rigueur budgétaire pour l’année 2026, visant à réaliser près de 44 milliards d’euros d’économies. Mais si le Premier ministre a respecté les lignes rouges du macronisme, il s’est attiré les foudres de toutes les autres forces politiques, d’autant plus remontées à l’approche des municipales et de la présidentielle.
Gel des dépenses de l’Etat, "année blanche" pour les prestations sociales et les retraites : les annonces ont suscité de vives réactions, et la menace de la censure n’a pas tardé à être brandie. "Ce gouvernement préfère s’en prendre aux Français, les travailleurs et les retraités, plutôt que de faire la chasse aux gaspillages […]. Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons", a ainsi prévenu Marine Le Pen, présidente des députés du Rassemblement national. "La suppression de deux jours fériés, par ailleurs aussi chargés de sens que le lundi de Pâques et le 8 mai, est une attaque directe contre notre histoire, contre nos racines, et contre la France du travail. Aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui relève de la provocation", s’est aussi insurgé Jordan Bardella.
A gauche, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a également appelé à "faire partir" François Bayrou, pointant les "injustices" de son plan. "Faire payer le grand nombre pour épargner les très riches […] Attention nous approchons du point de non-retour. Les destructions et les injustices ne doivent plus être...
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16/07 - A Bruxelles, la "Kaiserin" von der Leyen plombe l’ambiance : "C’est centralisé comme jamais"
Sur le papier, l’exercice devrait constituer un sommet d’intelligence collective. Après tout, il s’agit d’anticiper au mieux les grands défis à venir : une fois tous les sept ans, l’Union européenne se dote d’un budget destiné à financer l’ensemble de ses politiques, de l’agriculture à la migration en passant par la compétitivité, la recherche, ou désormais la défense. Ce mercredi 16 juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen rend public son projet de cadre financier pluriannuel pour 2028-2034, "les MFF" en jargon bruxellois, qui sera ensuite transmis aux 27 capitales et au Parlement européen.
Au treizième étage du Berlaymont, le siège de l’institution, son entourage a travaillé d’arrache-pied. Mais sans nécessairement partager l’information… Au contraire, jusqu’à ces derniers jours, le secret restait bien gardé, même les puissantes directions générales de la Commission et leurs escadrons d’experts techniques ne visualisaient pas toutes les pièces du puzzle. Il a fallu attendre le dimanche 13 juillet, trois jours seulement avant la présentation officielle, pour que s’ouvre la traditionnelle consultation des services sur l’ensemble du document. "C’est centralisé comme jamais, tout le monde travaille en silo, y compris dans la dernière ligne droite", décrit un fonctionnaire. Nombre d’eurocrates court-circuités dépriment et se démobilisent. "A quoi bon plancher, puisque in fine le cabinet de la présidente va tout refaire ?", s’interroge une autre source européenne.Un cercle très...
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16/07 - "Made in Finland" : la folle épopée de Nokia racontée dans une série
La Finlande n’est pas seulement un pays de 5 millions d’habitants, avec 187 888 lacs, 179 584 îles et 200 000 km2 de forêts. C’est aussi le berceau de Nokia, une fabrique de papier créée en 1865, devenue internationalement célèbre au début des années 1990 grâce à ses téléphones portables, qui furent durant quelques années les plus vendus au monde.
De l’histoire vraie de cette fierté nationale, Maarit Lalli a écrit et réalisé une première série de six épisodes, aujourd’hui visible sur Arte. Deux autres saisons devraient suivre, tant il y en a à raconter. En intitulant cette épopée industrielle Made in Finland, la réalisatrice a voulu, je suppose, rendre justice à une marque sans laquelle des millions de gens sur la planète n’auraient jamais entendu parler de la Finlande.Ressort dramatique
Rien de tel qu’une entreprise pour raconter un pays, on s’en rend compte très vite. Le patron, les sous-patrons, les secrétaires, les avocats, tous les protagonistes de cette business success-story sont là, l’ingénieur qui travaille trop, délaisse sa femme qui découvre qu’elle est enceinte et n’a même pas l’opportunité de le faire comprendre à son workaholic de mari, elle a beau lui agiter sous le nez ses deux tests positifs de grossesse comme des banderilles, il continue de lui parler en Nokia : "L’audio est sur trois circuits différents, il va falloir les faire tenir sur une puce, réduire la place du logiciel qui occupe dix micropuces, c’est beaucoup trop, on doit à tout prix trouver un microprocesseur de bonne qualité dans lequel...
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16/07 - A quoi ressemblera la France en 2040 ? Les sombres prévisions de l’Institut Montaigne
C’est un rapport de près de 300 pages, froidement intitulé "France 2040 : projections pour l’action politique", mais d’une brûlante actualité. Dans cet exercice de futurologie coordonné par le politologue Bruno Tertrais, les experts de l’Institut Montaigne dessinent "le portrait impressionniste de cette France à venir, si nous continuons sur notre lancée actuelle", explique en avant-propos Marie-Pierre de Bailliencourt, la directrice du think tank. Laquelle précise d’emblée, à l’intention des autruches : "Le résultat est peu engageant."Des politiques publiques "en silo"
Les menaces à quinze ans qui pèsent sur le modèle français sont parfaitement documentées : déclin démographique et explosion des dépenses de santé, stagnation de la productivité, endettement public croissant, affaissement de l’appareil industriel, déficit structurel du commerce extérieur, dégradation du niveau scolaire, déclassement et colère sourde des classes moyennes, aggravation des clivages territoriaux… "Ces facteurs, souvent étudiés isolément, révèlent une dynamique beaucoup plus inquiétante lorsqu’ils sont examinés conjointement, chacun renforçant la vulnérabilité de l’autre", pointent les auteurs, qui mettent en garde contre la pratique délétère consistant à gérer le pays "au fil de l’eau" et à penser les politiques publiques "en silo", sans prendre en compte leurs interactions. Toute ressemblance avec l’exercice actuel du pouvoir est évidemment fortuite…Le piège du statu quo
Ce constat implacable débouche, et c’est son originalité, sur...
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16/07 - France-Algérie : l’espionnage derrière la bataille du pétrole en 1971
Depuis l’été dernier, les relations entre la France et l’Algérie se dégradent de jour en jour. Derniers événements en date : les condamnations du journaliste français Christophe Gleizes et de l’écrivain Boualem Sansal à respectivement sept et cinq ans de prison. Et comme souvent dans ces moments de tensions, on essaye de regarder en arrière pour tenter de mieux comprendre l’actualité.
A L’Express, trois journalistes se sont penchés sur la relation ambivalente entre ces deux pays. Mais ils se sont intéressés à une histoire un peu particulière : celle des batailles d’espionnage.
Pour leur enquête, ils ont rassemblé de très nombreux documents dans des dossiers, classés par ordre chronologique. Des photos d’espions infiltrés, des preuves écrites de kidnappings, des archives sur des assassinats cachés… Ces dossiers contiennent tous les éléments pour faire le récit des guerres secrètes franco-algériennes.
Dans ce deuxième dossier, il y a d’abord un document dont on a déjà parlé hier : les accords d’Evian, signés en mars 1962.
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Cet épisode a été présenté par Charlotte Baris, écrit et monté par Solène Alifat et réalisé par Jules Krot.
Crédits : INA, Le Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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16/07 - Finances publiques : et si on appliquait le plan Pinay-Rueff à la France ?
Le président de la République a eu beau appeler à "la force d’âme", le pays aura du mal à se défaire de son bonnet d’âne qui le caractérise désormais en Europe. Car comment qualifier autrement l’abysse des finances publiques, rendu possible par une combinaison mortifère du dédain de nos gouvernements successifs pour l’intendance, de la démagogie d’un personnel politique peu soucieux des comptes publics, et de l’addiction incurable de nos compatriotes aux chèques de l’Etat ? On connaît (depuis 1974) la chanson, mais rien n’y fait : la France, année après année, décroche, et le plan Bayrou ne ressemble qu’à une énième ordonnance qui ne vaudra que le jour où elle sera enfin administrée.
"Sur tous les postes à la fois, nous sommes au bord du désastre", confiait Antoine Pinay, nommé ministre des Finances en juin 1958. Un péril comparable menace aujourd’hui le pays. La force du général de Gaulle, lorsqu’il arrive à Matignon, c’est d’avoir compris que sans purge budgétaire, c’en est fait de la souveraineté française. Le directeur général du FMI de l’époque, le Suédois Per Jacobsson, n’a-t-il pas débarqué quelques mois plus tôt à Paris, pour faire un audit de la situation économique ?
Déficit public, déficit de la balance des paiements, endettement extérieur : la France, dans cette IVe République déliquescente, fait figure d’homme malade de l’Europe. Il faudra l’ingéniosité mais aussi la rudesse du plan concocté entre septembre et décembre 1958, pour assainir le pays. Car oui, c’était possible, et le général de Gaulle l’a fait....
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15/07 - Budget 2026 : quand François Bayrou pique le costume de président de la République
Il était peut-être là, son Himalaya. Le point culminant d’une vie politique qu’il a pourtant, depuis toujours ou presque, imaginée davantage à l’Élysée qu’à Matignon. Qu’à cela ne tienne, François Bayrou a appris depuis plus d’une trentaine d’années à faire face aux contingences, capable de s’effacer, comme en 2017 ; ou de s’affirmer, comme aujourd’hui, en présentant ses mesures pour résorber le déficit de l’Etat d’ici à quatre ans. Oui, pour le Premier ministre, ce 15 juillet est un "moment de vérité" ; slogan affiché par cinq fois en lettres capitales sur le mur, les deux écrans géants et les deux pupitres qui l’entouraient. Une mise en scène digne d’un chef d’État.
Combien de temps a-t-il ardemment attendu ce jour ? Lui qui se targue d’avoir été le premier et souvent le seul à alerter le pays sur le danger létal que constitue sa dette abyssale… "Cela m’a valu des déserts politiques, mais je pense avoir raison", a-t-il susurré il y a peu à l’oreille de l’un de ses ministres.
Soudain, François Bayrou s’est transcendé. A l’Elysée, certains anticipaient sa confusion, l’imaginaient farfouillant dans ses fiches… "Ils attendent de voir s’il y a un récit, relatait, quelques heures avant la présentation du budget 2026, une ministre. Car l’émetteur compte autant que le message." Souvenir fâcheux d’une conférence de presse sur l’immigration, entre autres, durant laquelle le ministre de l’Intérieur avait dû voler au secours du locataire de Matignon, comme perdu. Mais s’il est un art que François Bayrou maîtrise, c’est celui de la...
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15/07 - Supprimer deux jours fériés : la proposition de François Bayrou qui provoque une levée de boucliers
C’est sûrement la mesure phare du plan budgétaire proposé par François Bayrou ce mardi 15 juillet, et celle qui déclenche déjà une polémique. Afin de s’approcher des 44 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public à 4,6 % en 2026, le Premier ministre a annoncé vouloir supprimer deux des onze jours fériés listés dans le Code du travail, citant "par exemple" le lundi de Pâques, "qui n’a aucune signification religieuse", et le 8 mai, "dans un mois de mai devenu un véritable gruyère, où l’on saute de ponts en viaducs de congés", a-t-il indiqué. "Il faut […] que toute la nation travaille plus pour produire et que la situation de la France s’en améliore", a-t-il ajouté, se disant néanmoins "prêt à accepter" d’autres propositions de jours chômés à supprimer.
Très vite, les députés de l’opposition ont fermement critiqué cette annonce, qui avait déjà été évoquée dans un rapport sénatorial publié en septembre dernier. "La suppression de deux jours fériés, par ailleurs aussi chargés de sens que le lundi de Pâques et le 8 mai, est une attaque directe contre notre histoire, contre nos racines, et contre la France du travail. Aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui relève de la provocation", a dégainé sur X le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. "Après sept années de gabegie catastrophique, Emmanuel Macron et François Bayrou sont incapables de faire de vraies économies et présentent une énième facture aux Français : près de vingt milliards d’euros d’impôts et de privations", a exprimé de son côté...
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15/07 - Vaccination des enfants : l’alerte de l’ONU contre la désinformation et les coupes dans l’aide internationale
Les taux de vaccination des enfants dans le monde vont-ils repartir à la baisse dans les prochaines années ? C'est ce que craint l'ONU dans une déclaration ce mardi 15 juillet. Si les chiffres se sont stabilisés après avoir diminué pendant la crise du Covid-19, la désinformation et les coupes dans l'aide internationale représentent de nouvelles menaces. En 2024, 85 % des enfants de la classe d'âge qui doivent recevoir le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) avaient reçu les trois doses (109 millions), la troisième dose servant de marqueur clé de la couverture vaccinale mondiale, selon les données publiées par les agences de la santé et de l'enfance des Nations unies.
C'est un point de pourcentage de plus qu'en 2023, soit un million d'enfants supplémentaires. Des gains "modestes" alors que les défis sont nombreux, selon l'ONU. En 2024, 14,3 millions d'enfants dans le monde étaient dits "zéro dose" : ils n'avaient reçu aucune dose de vaccin, un chiffre en très légère baisse puisqu'ils étaient 14,5 millions il y a deux ans. Mais le chiffre reste supérieur à celui enregistré en 2019 (1,4 million), avant que la pandémie de Covid-19 ne vienne perturber les services de santé.
"La bonne nouvelle est que nous avons réussi à vacciner davantage d'enfants avec des vaccins qui sauvent des vies" mais "des millions d'enfants restent sans protection contre des maladies évitables", a relevé la directrice générale de l'Unicef, Catherine Russell, dans un communiqué publié avec l'Organisation...
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15/07 - Année blanche, suppression de deux jours fériés… Ce qu’il faut retenir des annonces de François Bayrou
C’est une équation complexe, qui a provoqué avant même son annonce une levée de boucliers parmi l’opposition. Mardi 15 juillet, le Premier ministre François Bayrou a dévoilé lors d’une conférence de presse très attendue les grandes orientations du budget 2026, avec un objectif ambitieux et difficile : s’approcher des 44 milliards d’euros d’économies, afin de ramener le déficit à 4,6 % du PIB l’an prochain, contre 5,8 % en 2024. L’Express fait le point sur les mesures qui ont été annoncées, via les plans "stop à la dette" et "en avant la production". Non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois
Le Premier ministre a annoncé une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, ainsi que la suppression d’agences "improductives qui dispersent l’action de l’Etat". "Les dépenses seront recentrées ; plusieurs centaines, peut-être entre 1 000 et 1 500 emplois, seront supprimés", a précisé le Premier ministre.Instauration d’une "année blanche"
François Bayrou a annoncé l’instauration pour tous d’une "année blanche", soit le fait de geler, en 2026, les dépenses publiques à leur niveau de 2025. Ainsi, l’ensemble des dépenses publiques, qu’il s’agisse des crédits des ministères et des collectivités locales, ainsi que les pensions de retraite et les prestations sociales, ne seront pas augmentées, en dépit de la hausse des prix. "Au total, l’ensemble de ces décisions permettront de contenir pour sept milliards d’euros la progression des dépenses", a assuré le Premier ministre.La suppression de deux jours...
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15/07 - Le Japon met en garde contre les activités militaires de la Chine
Ce sont des manœuvres qui "pourraient sérieusement affecter" la sécurité nationale du pays. Ce mardi 15 juillet, lors de la publication de son Livre blanc annuel de la Défense, le Japon a alerté contre l’intensification des activités militaires de la Chine autour de son territoire, notamment en mer de Chine orientale et près de Taïwan, un Etat insulaire revendiqué par la Chine.
Parmi les épisodes jugés préoccupants, le ministère nippon de la Défense cite l’intrusion en août dernier d’un avion militaire chinois dans l’espace aérien japonais, un évènement sans précédent qualifié de "violation grave" de la souveraineté nationale. Le document revient aussi sur la traversée en septembre d’un groupe naval chinois, dont un porte-avions, entre deux îles nippones situées à proximité de Taïwan. Ce type de manœuvre, selon Tokyo, "crée une situation susceptible d’avoir un impact sérieux sur la sécurité du pays".
La semaine dernière encore, des chasseurs chinois ont volé à moins de 30 mètres d’un avion de patrouille japonais au-dessus des eaux disputées de la mer de Chine orientale, renforçant l’inquiétude du gouvernement. Le Livre blanc rappelle par ailleurs que des navires chinois ont navigué à 355 reprises en 2024 à proximité des îles Senkaku, administrées par le Japon mais revendiquées par Pékin. Il note aussi que deux porte-avions chinois ont, pour la première fois, opéré simultanément en juin dernier dans le Pacifique, dont un dans la zone économique exclusive japonaise. Interrogé, un porte-parole de la marine chinoise, Wang...
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15/07 - Droits de douane de 100 % : qui sont les partenaires de la Russie menacés par Donald Trump ?
Une fois de plus, Donald Trump n’a pas mâché ses mots. "Je suis déçu par Vladimir Poutine", a-t-il déclaré lundi 14 juillet à la Maison-Blanche, reprochant au président russe de prolonger la guerre en Ukraine entamée en février 2022. "Je pensais que nous aurions un accord il y a deux mois, mais ça ne semble pas se concrétiser", a-t-il poursuivi aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.
Le président américain a alors donné un ultimatum de 50 jours à la Russie pour mettre fin au conflit sous peine de sanctions sévères. Et par sanctions sévères, Donald Trump entend "mettre en place des droits de douane secondaires" de 100 % contre les alliés de Moscou. Une mesure qui viserait en premier lieu les pays achetant massivement du pétrole russe. L’ambassadeur américain auprès de l’Otan, Matt Whitaker, a d’ailleurs cité explicitement l’Inde et la Chine. Mais d’autres pays clés, comme la Turquie et le Kazakhstan, pourraient aussi être frappés.Pékin, l’allié incontournable de Moscou
La Chine est de loin le premier partenaire commercial de la Russie. En 2023, 32,7 % des exportations russes étaient destinées au marché chinois, tandis que plus de la moitié des importations russes (53 %) provenaient de Chine selon The Observatory of Economic Complexity (OEC). Les échanges entre les deux pays atteignent désormais près de 250 milliards de dollars par an, notamment d’importantes importations de pétrole par la Chine. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine achète plus d’un million de barils de pétrole par jour à la...
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15/07 - Patrimoine mondial de l’Unesco : où se situent les nouveaux lieux inscrits
Hourra pour la Bretagne ! Samedi 12 juillet 2025, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a décidé d’inscrire les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sur sa liste de sites ayant une "valeur universelle exceptionnelle". Il s'agit d'un vaste ensemble comprenant les célèbres alignements de menhirs.
Parmi les cinquante sites naturels et culturels français inscrits sur cette liste, Carnac est le tout premier à être exclusivement breton. Son inscription est l’aboutissement d’un travail de plusieurs années et d’un positionnement stratégique de l’Etat français. En effet, chaque année, la France ne peut soumettre qu’un seul site et c’est donc Carnac qui avait été retenu. L’année dernière, le Comité avait ajouté les îles Marquises en Polynésie française à sa liste de lieux remarquables.
Ailleurs en Europe, trois autres sites ont été inscrits en 2025 : quatre châteaux du roi Louis II de Bavière, à la frontière entre l’Allemagne et l'Autriche, les Møns Klint, de grandes falaises de craie situées dans l’est du Danemark ainsi que les domus de Janas, des tombes préhistoriques surnommées "maisons des fées" qu’on retrouve en Sardaigne. A noter que l’Italie, l’Allemagne et la France sont déjà les pays européens les mieux dotés en sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco ; Rome détient même le record du monde, juste devant la Chine.
Pour qu’un Etat puisse proposer la candidature d’un de ses sites culturels ou naturels emblématiques, il faut impérativement qu’il ait ratifié la Convention du patrimoine mondial de 1972....
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15/07 - Guerre en Ukraine : un "revirement total" de Donald Trump, mais un "manque douloureux" de sanctions
Donald Trump a donné lundi 14 juillet à la Russie un ultimatum de 50 jours pour mettre fin à la guerre en Ukraine sous peine de sanctions sévères, et a annoncé un réarmement massif de Kiev à travers l’Otan. Des "droits de douane secondaires" pourraient être appliqués aux alliés de Moscou faute d’accord "d’ici 50 jours", a-t-il indiqué depuis la Maison-Blanche : "C’est très simple, ils seront à 100 % et c’est comme ça". A ses côtés, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, venait contribuer à une autre annonce : la vente des Etats-Unis à l’organisation de "milliards de dollars" de matériel militaire — système de défense aérien Patriot et missiles — destiné à être envoyés au plus vite en Ukraine pour défendre le pays de l’invasion russe, qui multiplie les attaques par drone.
Ces déclarations marquent "un revirement total par rapport à l’approche que Donald avait adoptée lors de ses premiers mois au pouvoir", tranche le New York Times dans un article. "Mais il en est arrivé là par un chemin pour le moins sinueux", note l’illustre quotidien américain. Le journal britannique The Guardian lui, juge distinctement les deux annonces. Celle "floue concernant l’armement de l’Ukraine marque un changement de ton" titre-t-il, sur la même ligne que le NYT. Mais en ce qui concerne la menace de sanctions commerciales, "le bilan précédent du président en matière de perception et de suppression des droits de douane est si confus qu’on ne peut pas présumer de ce qui se passera si la Russie ne...
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15/07 - Budget : "Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons", prévient Marine Le Pen
Le Premier ministre François Bayrou a dévoilé ce mardi 15 juillet les grandes orientations du budget 2026. Le chef du gouvernement a annoncé deux plans d’action : le premier "stop à la dette" contient notamment une année blanche en 2026 et un projet de loi contre la fraude sociale et fiscale à l’automne. Le second, "en avant la production", impose, entre autres, la suppression de deux jours fériés.
Malgré des marges de manœuvre financières réduites, le gouvernement prévoit de ramener le déficit à 4,6 % du PIB l’an prochain, contre 5,8 % en 2024. Le tout dans un contexte international inflammable et incertain, entre tensions commerciales et militaires - les menaces géopolitiques qui pèsent sur la France ont conduit Emmanuel Macron à demander dimanche un effort additionnel de 3,5 milliards d’euros pour la défense.
Les infos à retenir
⇒ François Bayrou a présenté cet après-midi les orientations du budget 2026
⇒ Le chef du gouvernement a proposé la suppression de deux jours fériés
⇒ Une "année blanche" en 2026 a été déclarée
18h01"Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons", prévient Marine Le Pen
"Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons", a prévenu mardi Marine Le Pen, après la présentation par le Premier ministre d’un plan d’économies drastique pour le budget 2026.
"Emmanuel Macron et François Bayrou sont incapables de faire de vraies économies et présentent une énième facture aux Français", a estimé la leader d’extrême droite, déplorant qu'"aucune économie sur le coût de...
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15/07 - "Je ne le supporte plus…" : quand la haine d’un collaborateur vire à l’obsession
Il y a des jours "sans". Une sorte de spirale obsessionnelle, en mode négatif. Par exemple, ce collègue qui obtient la promotion que l’on espérait depuis des années. Sans y croire, on l’a vu progressivement se faufiler, tel un renard, et récupérer les félicitations de la direction avec un talent qu’on ne lui soupçonnait pas. En général, c’est précisément le jour où il rafle la récompense qu’on le croise non pas une, ni deux, mais un nombre incalculable de fois, comme s’il allait rester à jamais sur notre chemin à nous regarder, goguenard. Evidemment, il est tout sourire, dans ce couloir où il est impossible de s’éviter. Pendant ce temps, on se rejoue le scénario dans notre tête. Pourquoi ce coup de chaud et les joues qui brûlent ? Colère ? Déception que l’on voudrait cacher ? Dans les escaliers, il est encore là, juste derrière. On accélère, lui aussi. On tente de se donner une contenance avec le téléphone, mais ce complice de tous les instants est introuvable, sans doute caché au fond du sac. Acte manqué. En tournant la tête, le rival détesté nous fixe dans les yeux. Que faire pour ne pas montrer ce malaise que tout le monde semble percevoir ?
On peut aussi le croiser aux toilettes, qui deviennent le pire lieu de malaise de l’entreprise, lorsqu’il minaude devant le miroir pendant qu’on tente simplement de calmer ses nerfs. Essayer de prendre un air détaché alors qu’on fulmine. Donner le change en se forçant à adopter un masque courtois et normal quand on ne rêve que de lui dire combien il nous insupporte. L’open...
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15/07 - Ukraine : qui est Ioulia Svyrydenko, choisie par Volodymyr Zelensky pour diriger le gouvernement ?
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a proposé lundi 14 juillet de nommer au poste de Première ministre Ioulia Svyrydenko, la plaçant au cœur d’un remaniement politique majeur pour le pays. L’économiste, figure clé des négociations houleuses pour un accord sur les minerais avec Washington, incarne une nouvelle génération de responsables politiques guidant l’Ukraine à travers les tumultes de la guerre.
Ioulia Svyrydenko, 39 ans, occupait jusqu’alors le poste de ministre de l’Économie, un secteur en souffrance en Ukraine. Elle avait pris ses fonctions seulement quelques mois avant le début de l’invasion russe en février 2022. Pour qu’elle devienne la prochaine Première ministre, l’actuel chef du gouvernement, Denys Chmyhal, devra officiellement présenter sa démission au parlement, qui sera alors tenu de voter sur la question."Sang-froid"
Cette diplômée de commerce et d’économie s’est illustrée cette année en jouant un rôle central dans les négociations avec Washington sur l’exploitation des ressources naturelles de l’Ukraine. Les profonds désaccords sur ce sujet avaient bien failli provoquer une rupture entre Kiev et son principal allié militaire. L’accord avait été au centre d’une dispute à la Maison-Blanche entre Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump, devant les caméras de nombreux médias et sous les yeux de journalistes médusés. Mais peu après, Ioulia Svyrydenko s’était rendue à Washington pour conclure l’accord, vu en Ukraine comme une façon d’apaiser le président américain et de...
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15/07 - Sylvain Catherine : "La dépense publique est de plus en plus captée par les retraites"
La dette publique a-t-elle atteint un point de bascule ? La situation est-elle grave ? Pourquoi la France a-t-elle un niveau de prélèvement si élevé et des services publics qui se dégradent ? Sylvain Catherine, économiste, professeur de finance à Wharton (la prestigieuse Business School de l'université de Pennsylvanie), répond aux questions de L’Express.
L'Express : La dette publique française s’élève à 114 % du PIB, et le déficit à 5,6 %. Est-ce grave ?
Sylvain Catherine : Ernest Hemingway disait que la faillite arrivait de deux manières : "Graduellement, puis soudainement." L’économiste Rudi Dornbusch résumait : "La crise met beaucoup plus de temps qu’on ne le pense à se produire, puis elle éclate bien plus soudainement qu’on ne l’aurait cru possible." Bien que des taux d’intérêt réels (c’est-à-dire ajustés de l’inflation) modérés rendent la charge de la dette supportable, le déficit nous expose à un retournement soudain de la confiance des marchés. Le risque d’un tel retournement est grave.
Certains experts prédisent que si ça continue comme ça, la France pourrait être mise rapidement sous tutelle du FMI, d’autres se veulent beaucoup plus rassurants. Il est parfois compliqué pour le citoyen lambda de s’y retrouver…
Avant la tutelle du FMI, il y aurait celle de l’Union européenne. Par ailleurs, une question se pose : un organisme comme le FMI serait-il capable d’avaler la restructuration de la dette d’un pays comme le nôtre ? La France est une économie beaucoup plus importante que celle de la Grèce… Tout cela est...
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15/07 - Guerre en Ukraine : Kiev ne doit pas cibler Moscou, lance Donald Trump
"Déçu" par son homologue russe Vladimir Poutine, Donald Trump a donné lundi 14 juillet à la Russie un ultimatum de 50 jours pour mettre fin à la guerre en Ukraine sous peine de sanctions sévères, et a annoncé un réarmement massif de Kiev à travers l’Otan. "Je pensais que nous aurions un accord il y a deux mois, mais ça ne semble pas se concrétiser", a-t-il déclaré à la Maison-Blanche, au côté du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte. Si la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a jugé que ce délai de 50 jours représentait une durée "très longue" quand des "civils innocents meurent tous les jours", Volodymyr Zelensky s’est malgré tout dit "reconnaissant" envers le président américain, dont le ton a changé ces dernières semaines après une série de pourparlers infructueux.
Les infos à retenir
⇒ La Russie dit avoir besoin de temps pour répondre aux déclarations de Donald Trump
⇒ La Chine déplore une "coercition qui ne mène nulle part" après les menaces de Donald Trump
⇒ Kaja Kallas espère un accord rapide de l’UE sur un 18e paquet de sanctionsL’Ukraine ne doit pas cibler Moscou, dit Donald Trump
Donald Trump a déclaré mardi que l’Ukraine ne devrait pas prendre la capitale russe Moscou pour cible, après des informations du quotidien Financial Times selon lesquelles le président américain aurait encouragé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à le faire.
"Non, il ne devrait pas", a répondu Donald Trump à une question de la presse qui lui demandait si Volodymyr Zelensky devait cibler Moscou, ajoutant que...
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15/07 - "La proportionnelle, un outil remarquable pour engourdir la démocratie" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Bon sens ou pensée magique ?
Patrice de Schuytener, Veryas (Ardèche)
L’article de Laurent Berbon sur l’usage rhétorique du "bon sens" ne manque pas d’intérêt et l’on souscrit aisément à ses conclusions. Le "bon sens", c’est la pensée magique, le lapin sorti du chapeau du prestidigitateur, l’exacte antithèse de la pensée scientifique qui découle d’une démonstration étayée, corroborée par l’expérimentation. J’ai 75 ans, mes grands-parents qui étaient des gens simples, mais pas naïfs pour autant, acceptaient de ne pas avoir un avis éclairé sur tous les sujets. Ce qui a changé, en quelques générations, c’est le développement hypertrophique de l’ego des individus, L’impossibilité chronique de dire "Je doute ou je ne suis pas compétent". Ainsi des personnes émettent un avis sans appel sur des sujets aussi complexes que le bien-fondé de la fermeture une centrale nucléaire en se référant au "bon sens"… Le "bon sens", est la béquille de l’ego blessé… (“Nous sommes le bon sens“ : comment les populistes nous trompent, L’Express du 3 juillet.)Proportionnelle : les contre…
Jacky Morelet, Clohars-Carnoët (Finistère)
Je me réjouis de constater qu’Eric Chol se montre bien peu favorable au retour de la proportionnelle, tant encensée aujourd’hui. Si ce mode de scrutin donne la fausse illusion d’une représentation plus juste, c’est en réalité un outil redoutable pour engourdir la démocratie. La moindre décision dans une chambre ainsi constituée engendre une perte de temps considérable et préjudiciable quand il devient urgent d’accélérer les...
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15/07 - Ukraine : ce que l’on sait de l’accord entre Donald Trump et l’Otan sur la livraison d’armes
Une "très grosse affaire" a été conclue, selon Donald Trump. "Des équipements militaires d’une valeur de plusieurs milliards de dollars vont être achetés aux Etats-Unis, aller à l’Otan et seront rapidement distribués sur le champ de bataille" en Ukraine, a annoncé le président des États-Unis lundi 14 juillet depuis la Maison-Blanche, aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.
Ce plan avait d’abord été envisagé et discuté par l’Otan sur proposition de Volodymyr Zelensky lors de son sommet il y a deux semaines, selon le média américain Axios. Le but : envoyer le plus rapidement possible des armes à l’Ukraine, qui en a désespérément besoin pour continuer à se défendre des attaques russes.Comment fonctionnera l’accord ?
Les détails de l’accord sont encore en train d’être discutés, selon l’agence américaine Associated Press (AP). Une fois achetées par l’Otan, ces armes américaines pourraient être directement envoyées en Ukraine. Dans d’autres cas, les pays européens enverront les armes américaines de leurs propres arsenaux, pour qu’elles arrivent le plus rapidement possible sur le front, avant d’acheter d’autres armes américaines pour les remplacer. Pour Mark Rutte, "la rapidité" des livraisons sera "essentielle" pour pousser Vladimir Poutine à négocier la paix.
Acheter des armes américaines pourrait permettre aux alliés de remédier à d’éventuelles barrières financières, une fois que le plan d’aide américain approuvé l’année dernière arrivera à échéance. Le tout, sans que cela coûte un centime aux Etats-Unis, a...
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15/07 - Chine : l’économie résiste aux droits de douane américains au deuxième trimestre
La croissance de l’économie chinoise a légèrement ralenti au deuxième trimestre, selon des données officielles publiées ce mardi 15 juillet. Le PIB chinois a grimpé de 5,2 % en rythme annuel au deuxième trimestre, soit un ralentissement de 0,2 point par rapport au trimestre précédent (+ 5,4 %), selon des données du gouvernement chinois.
Ce rythme reste conforme aux prévisions d’économistes interrogés par l’AFP la semaine du 7 juillet et proche de l’objectif de croissance annuel du gouvernement, fixé à "environ" 5 %. Et ce malgré la guerre commerciale avec les Etats-Unis, dont les droits de douane imposés à la Chine sont brièvement montés jusqu’à 145 % en avril dernier.Consommation intérieure en berne
La Chine est toutefois confrontée à plusieurs défis pour atteindre son objectif de croissance annuel de 5 % pour 2025. En plus de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, la deuxième économie mondiale fait aussi face à une consommation en berne, notamment en raison d’une longue crise de l’immobilier et de prix stagnants. Indicateur clé du moral des consommateurs, les ventes au détail en Chine ont grimpé de 4,8 % en juin, un rythme toutefois inférieur aux prévisions d’économistes sondés par l’agence Bloomberg (+ 5,3 %). La production industrielle a quant à elle grimpé de 6,8 % en juin, dépassant les anticipations (+ 5,6 %).
"L’économie nationale a résisté à la pression et a progressé de manière régulière malgré les défis", s’est félicité Sheng Laiyun, directeur adjoint du Bureau national des statistiques, vantant "des...
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15/07 - IA : Meta annonce un nouvel investissement massif de centaines de milliards de dollars
Le patron de Meta Mark Zuckerberg veut investir des "centaines de milliards de dollars" dans des infrastructures d’intelligence artificielle (IA), dernière annonce d’investissement majeure en vue de parvenir à son objectif affiché, construire la "superintelligence".
"Nous sommes en train de construire des réseaux informatiques de plusieurs gigawatts de puissance", s’est-il réjoui lundi 14 juillet dans un message publié sur ses réseaux sociaux Facebook et Threads. Ces centres de données d’une toute autre dimension que ceux existant déjà pour abriter les serveurs du cloud (informatique à distance) sont conçus spécifiquement pour entraîner et héberger les modèles d’IA générative. Ces derniers nécessitent une énorme puissance de calcul, et donc des puces informatiques de pointe et beaucoup d’énergie.
Meta a pris du retard dans l’IA générative, dominée par OpenAI, depuis le lancement de ChatGPT, et Google. Tous les leaders du secteur ont en ligne de mire une IA dite "générale", ou "superintelligence", aux capacités cognitives supérieures à celles des humains, capable de faire des découvertes scientifiques et d’inventer elle-même des technologies.L’équivalent de la consommation annuelle en électricité de millions de foyers
"Le premier (réseau informatique), que nous appelons Prometheus, sera mis en service en 2026. Nous construisons aussi Hyperion, qui pourra atteindre une capacité de 5 gigawatts au fil des années", a...
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15/07 - Finances publiques : le budget de tous les dangers, par Nicolas Bouzou
La France risque de connaître ces prochains mois de graves difficultés financières. Ce qui n’était jusqu’alors qu’une possibilité théorique s’apparente désormais à un défi pratique. Un changement d’époque lié en premier lieu à notre incurie collective en matière de gestion des finances publiques. Le problème de la France n’est pas tant le niveau de sa dette que son incapacité à réduire ses déficits. A 116 % du PIB prévus cette année, notre dette publique est élevée mais c’est le cas pour d’autres pays comme les Etats-Unis, l’Italie ou la Grèce, sans parler du Japon, dont la dette, elle, avoisine 250 % du PIB. Ce qui distingue la France en revanche, c’est son colossal et persistant déficit, lequel détermine en grande partie l’évolution future de sa dette. Notre pays affichera cette année le déficit public le plus élevé des 20 pays de la zone euro, à 5,6 % contre 3,2 % en moyenne pour ce sous-ensemble et 3,3 % pour l’Union européenne. La charge de la dette - autrement dit, le paiement des intérêts - s’élève à 2,5 % du PIB chez nous, contre environ 2 % en Europe.
La France paye ici son inconséquence mais aussi un contexte macroéconomique nouveau. Jusqu’à la période du Covid, l’Etat français s’endettait à des taux très faibles, proches de 0 %, voire négatifs à certains moments. Les grands investisseurs institutionnels du monde entier étaient prêts à verser une rétribution à la France pour pouvoir lui acheter des obligations à long terme, ce qui leur permettait de disposer d’un actif sûr, libellé en euros. Ce privilège n’était pas...
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15/07 - Infiltration, assassinats ciblés… L’espionnage français pendant la guerre d’Algérie
Depuis l’été dernier, les relations entre la France et l’Algérie se dégradent de jour en jour. Derniers événements en date : les condamnations de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste français Christophe Gleizes à respectivement cinq et sept ans de prison. Et comme souvent dans ces moments de tensions, on essaye de regarder en arrière pour tenter de mieux comprendre l’actualité.
A L’Express, trois journalistes se sont penchés sur cette relation ambivalente entre les deux pays. Mais ils se sont intéressés à une histoire un peu particulière : celle des batailles d’espionnage.
Pour leur enquête, ils ont rassemblé de très nombreux documents dans des dossiers, classés par ordre chronologique. Des photos d’espions infiltrés, des preuves écrites de kidnappings, des archives sur des assassinats cachés. Ces dossiers contiennent tous les éléments pour faire le récit des guerres secrètes franco-algériennes.
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Cet épisode a été écrit par Solène Alifat, présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot.
Crédits : INA, France 5
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Boualem Sansal : la France, l’Algérie et le supplice chinois
Algérie : "Tous les ingrédients...
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15/07 - Une cachette, une décision - Notre série d’été
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15/07 - "Emmanuel Macron m’a trahi" : entre le président et François Bayrou, le jour où la haine s’est installée
Il arrive que la Ve République donne lieu à des parties de cache-cache mémorables. Parce que la politique et ses acteurs sont sans cesse épiés, décortiqués, analysés, certains éprouvent le besoin, quand vient l’heure de prendre une décision fondamentale, de se calfeutrer pour réfléchir en paix. Sans pression extérieure. Et avec la certitude que rien ni personne n’éventera une intention qui, peut-être, changera le cours des choses si l’effet de surprise est préservé. Tout le monde a droit à son Baden-Baden.
Il ne suffit pas d’ouvrir de grands yeux pénétrants et de donner à son interlocuteur le sentiment d’être considéré. Il faut écouter, aussi. S’il s’était astreint à cette discipline, Emmanuel Macron aurait sans doute entendu, lors de leurs nombreux échanges, la maxime de François Bayrou : "Gagner ou perdre, je m’en fous, pourvu que je gagne." Cela lui aurait évité bien des déconvenues. Le 13 décembre 2024, par exemple, il n’aurait pas reçu le centriste à 8h30 pour lui annoncer, après des semaines à le laisser espérer : "François, je vous invite parce que je ne vais pas vous prendre. En ce moment à Matignon, il ne faut pas quelqu’un de fort. Quelqu’un qui arrangera…"
Il n’aurait pas subi non plus la réplique glaciale du congédié, fumant de comprendre que le chef de l’Etat s’apprêtait à installer Rue de Varenne le "courtisan" Sébastien Lecornu : "Est-ce que vous vous êtes demandé pourquoi depuis huit ans je n’ai pas manifesté une seule fois le moindre écart ? Car j’ai cru qu’avec vous, on pourrait faire de grandes choses....
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14/07 - A Gaza, la proposition de "ville humanitaire" d’un ministre israélien suscite un tollé
Un territoire militarisé, enclavé à la frontière avec l’Égypte, dans lequel seraient entassés 600 000 à 2 millions de civils palestiniens déplacés et traumatisés par la guerre. Ce projet a été présenté le 7 juillet par le ministre israélien de la Défense, lors d’une réunion avec des journalistes. En cas de cessez-le-feu dans la bande de Gaza avec le Hamas (actuellement en négociation au Qatar), Israël Katz proposerait l’établissement d’une zone fermée dans le sud du territoire pour y contenir la population. Si le ministre israélien a qualifié cette intention de "ville humanitaire", cette proposition a suscité un tollé, certains observateurs israéliens allant jusqu’à la qualifier de "camp de concentration".
Selon le ministre de la Défense, cette zone, sécurisée à distance par Tsahal, accueillerait dans un premier temps quelque 600 000 déplacés originaires du sud de Gaza et comprendrait quatre centres de distribution d’aide humanitaire, gérés par des organisations internationales. A terme, l’ensemble de la population civile de Gaza, soit plus de deux millions de personnes, serait relocalisé dans cette zone.
Les nouveaux arrivants seraient soumis à un contrôle de sécurité pour assurer qu’ils ne sont pas affiliés au Hamas. Une fois admis, ils ne seraient plus autorisés à quitter la zone. Un projet assimilable selon ses détracteurs à du nettoyage ethnique, puisqu’il empêcherait des civils de regagner leurs terres et leurs logements."Camp de concentration"
Le gouvernement israélien ne s’étant pas prononcé publiquement sur ce...
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14/07 - Blaise Wilfert (ENS) : "Malgré la mondialisation, les Etats sont aujourd’hui plus puissants que jamais"
En partenariat avec l'Ecole normale supérieure (ENS-PSL), L'Express interroge cet été des chercheurs de l'un des fleurons de l'enseignement français. A la fois grande école et université, Normale-Sup a la particularité d'avoir des enseignants-chercheurs en point en mathématiques, en IA, en biologie, en sciences cognitives comme dans les sciences humaines (littérature, philosophie, économie, histoire...), cumulant 14 prix Nobel et 12 médailles Fields.
Maître de conférence et directeur des études du département de sciences sociales à l'ENS, Blaise Wilfert est spécialiste de l'histoire de la mondialisation et de celle de la construction européenne. Il remet en perspective bien des idées reçues sur la mondialisation, le commerce ou l'Union européenne. "En réalité, nous étions dans un monde beaucoup plus mondialisé à la fin du XIXe siècle", souligne l'historien. Blaise Wilfert rappelle aussi que le libre-échange n'est pas forcément incompatible avec la gauche. Entretien.
L'Express : C’est devenu un cliché : nous serions entrés dans une ère marquée par la démondialisation et le repli sur soi, avec Donald Trump comme symbole ultime. Mais qu’en disent vraiment les chiffres ?
Blaise Wilfert : Il y a des indicateurs objectifs. L’un d’entre eux est la part du commerce international dans le PIB mondial ou les PIB nationaux. C’est un outil qui a certes des biais, car la part de commerce international augmente automatiquement avec le nombre de frontières. Quand la Tchécoslovaquie a par exemple été divisée en deux, ce...
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14/07 - "Ce qu’on dit sur les narcissiques est aberrant" : la mise en garde d’un éminent psychiatre italien
"Voici les signes que vous avez grandi avec un parent pervers narcissique", "Comment repérer un narcissique à sa manière de faire des câlins", "Plus on est narcissiques et moins l’on fait d’enfants", "Le narcissisme pathologique de Trump"… Tapez le mot "narcissique" dans Google, c’est comme le jeu de la ficelle à la fête foraine : à tous les coups vous êtes gagnant. Sur les réseaux sociaux aussi, le mot est omniprésent. Une surenchère qui a de quoi exaspérer Giancarlo Dimaggio. Face à cette déferlante, ce psychiatre et psychothérapeute italien, expert en troubles de la personnalité, a récemment pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il qualifie de "pure folie". "Aujourd’hui, toute personne qui rencontre des difficultés dans une relation amoureuse – généralement avec un homme – est étiquetée comme narcissique. Cela n’a aucun sens", déplore cet auteur de nombreuses publications scientifiques dans des revues internationales reconnues et rédacteur en chef du Journal of Clinical Psychology : In Session.
Pointant du doigt tous ceux qui font du business autour du narcissisme, ce médecin italien décrit un emballement collectif à la fois "ridicule" et "stigmatisant", qui "n’a rien à voir avec la réalité clinique d’un véritable trouble de la personnalité narcissique. Cofondateur du Centre de thérapie métacognitive interpersonnelle à Rome – une approche basée sur des recherches cliniques et cognitives scientifiquement validées –, Giancarlo Dimaggio explique à L’Express ce qu'il se passe dans la tête des...
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14/07 - Nouvelle-Calédonie : derrière l’accord historique, le succès de la méthode Valls
Un mot est bien connu en Nouvelle-Calédonie : la palabre. Nul ne réussit à Nouméa sans comprendre l’importance du dialogue, et du doute. Manuel Valls le sait. Ce 12 juillet, il a été l’un des principaux artisans d’un accord historique, esquissant la création d’un "Etat de la Nouvelle-Calédonie". Après dix jours de négociations à Bougival (Yvelines), indépendantistes et non-indépendantistes sont parvenus à trouver un étroit chemin vers la réconciliation.
Une prouesse, indispensable tant les émeutes de mai 2024 ont ravagé le territoire. Mais pas un miracle. Le ministre des Outre-mer a appliqué une méthode éprouvée : celle de la patience et de la considération. Son statut de ministre d’Etat - et non plus délégué, comme ses récents prédécesseurs - a montré aux Calédoniens l’importance qu’avait le dossier aux yeux de l’exécutif."Le doute, c’est la paix"
L’ancien Premier ministre a aussi su les convaincre parce qu’il les connaît bien. Il a été responsable du dossier comme Premier ministre, puis président de la mission sur la Nouvelle-Calédonie à l’Assemblée nationale. Pas seulement. Pour Manuel Valls, l’archipel est une histoire de filiation. Il est entré au cabinet de Michel Rocard à Matignon le lendemain de la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. En 1988, les deux adversaires ont ramené la paix sur le territoire. Eux aussi avaient négocié, beaucoup, et douté, longtemps. "Le doute, c’est la paix", a glissé Manuel Valls samedi, lors d’une rencontre avec la presse. Il citait Anatole France, écrivain de...
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14/07 - Ukraine : Volodymyr Zelensky veut nommer la ministre de l’Economie à la tête du gouvernement
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé lundi 14 juillet de nommer Première ministre son actuelle ministre de l’Economie, Ioulia Svyrydenko, ce qui constituerait un remaniement politique majeur pour ce pays en guerre.
Ioulia Svyrydenko, 39 ans, s’est illustrée cette année lors des difficiles négociations concernant un accord sur les minerais finalement conclu avec les Etats-Unis. "J’ai proposé que Ioulia Svyrydenko prenne la tête du gouvernement de l’Ukraine et en renouvelle le travail en profondeur", a écrit Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux. "J’attends avec impatience la présentation du plan d’action du nouveau gouvernement dans un avenir proche", a-t-il ajouté, accompagnant son message d’une photo de Ioulia Svyrydenko et lui.
I held a meeting with First Deputy Prime Minister Yuliia Svyrydenko. A report was delivered on the implementation of agreements with European and American partners regarding support for Ukraine reached during the recent Ukraine Recovery Conference. We must swiftly implement… pic.twitter.com/AIipRnpA1f— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) July 14, 2025
"Je suis reconnaissante envers le président Volodymyr Zelensky pour sa confiance - et pour l'opportunité de servir l'Ukraine en cette période cruciale", a réagi l'intéressée sur les réseaux sociaux. Sa nomination doit encore être approuvée par le parlement ukrainien, qui s’est largement uni derrière le président depuis l’invasion russe et devrait, sauf surprise, soutenir son choix.Rôle "clé" lors...
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14/07 - Droits de douane de Donald Trump : quels pays européens risquent d’être le plus touchés ?
L’annonce est tombée comme un coup de massue, faisant de nouveau grimper les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe. Samedi 12 juillet, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 30 % pour tous les pays de l’Union européenne, à partir du 1er août.
Alors que les négociations commerciales entre Bruxelles et Washington étaient toujours en cours, pour parvenir à un seuil unique minimal de taxation de 10 % sur une série de produits européens, à l’image de l’accord conclu entre le Royaume-Uni et les États-Unis, cette décision prise de manière unilatérale a jeté un froid. Dans une lettre rendue publique, le locataire de la Maison-Blanche a justifié ces tarifs douaniers par un déséquilibre commercial avec l’Union européenne, défavorable aux Américains.Préparer "des contre-mesures crédibles"
Ce lundi 14 juillet, les ministres du Commerce des Vingt-Sept se réunissent pour tenter d’apporter une réponse commune face à cette nouvelle escalade de la part du président Trump. Samedi, le président français Emmanuel Macron a exhorté la Commission européenne à "défendre résolument les intérêts européens" et à "accélérer la préparation de contre-mesures crédibles" s’il le faut.
De son côté, la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a pour sa part appelé l’UE à négocier de "manière pragmatique", tandis qu’à Rome, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a estimé qu’il "est désormais essentiel de rester concentré sur les négociations, en évitant toute polarisation qui...
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14/07 - "Ce n’est pas une passion, c’est toute ma vie" : dans les Côtes-d’Armor, la folie des courses de stock-cars
A moitié dissimulée par la poussière ocre qui se dégage de la piste, la vieille Renault 5 de Thierry Lochon semble presque voler. A peine reconnaissable, privée de ses vitres, de ses phares, de son tableau de bord et de tous ses sièges à l’exception de celui du conducteur, la voiture, lancée à pleine puissance sur une butte de terre, tourne sur elle-même dans un tonneau impressionnant. Presque miraculeusement, elle retombe sur ses quatre roues brinquebalantes, et repart dans un vrombissement de moteur, comme si de rien n’était. Le pilote recommencera plusieurs fois la même cascade dans les trois minutes que durera la course. "C’est pour ça que je viens : assurer le spectacle, faire plaisir aux gens", soulignait ce passionné quelques minutes avant le départ. Rassemblée au bord du circuit, la foule exulte - c’est exactement pour ce genre de scènes que la plupart des spectateurs ont fait le déplacement sur le terrain mis à disposition par la mairie de Lanrelas, dans les Côtes-d’Armor.
En ce premier samedi de juillet, cette petite commune de 866 habitants accueille la course annuelle organisée par le Stock-Car Club (SSC) de l’Orne, sur un terrain vague servant habituellement aux compétitions de motocross. Les touristes, curieux ou passionnés de la discipline ont répondu présent : plus de 1 500 personnes se pressent à la buvette et contre les barrières du terrain, dégustant une bière ou la fameuse galette-saucisse bretonne, pour espérer apercevoir au plus près les accrochages, bousculades et tonneaux promis...
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14/07 - Ukraine : Donald Trump donne 50 jours à la Russie pour mettre fin à la guerre
Au moment où les relations entre Donald Trump et Vladimir Poutine montrent une dégradation, le président américain a menacé ce lundi 14 juillet d'imposer des "droits de douane très sévères" aux pays alliés de la Russie, sans accord sur l’Ukraine "d'ici 50 jours". "Je suis déçu du président Poutine", a redit le locataire de la Maison-Blanche à l'occasion d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, lors de laquelle l'envoi prochain d'un grand nombre d'armes à l'Ukraine a également été promis. La veille, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis enverraient à Kiev des systèmes de défense antiaérienne Patriot, essentiels pour se défendre face aux frappes russes. Cette annonce apparaît comme une volte-face, deux semaines après que Washington avait au contraire annoncé la suspension de certaines livraisons d’armes.
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump menace les alliés de la Russie de "droits de douane très sévères" faute d'accord "d'ici 50 jours"
⇒ L'Ukraine recevra un "très grand nombre" d'armes grâce à un accord Otan-Etats-Unis
⇒ Volodymyr Zelensky propose de nommer Première ministre l'actuelle ministre de l'EconomieDonald Trump menace les alliés de la Russie de "droits de douane très sévères" si aucun accord sur l'Ukraine n'est trouvé
Donald Trump a menacé lundi d'appliquer des "droits de douane très sévères" contre les alliés de la Russie en cas d'absence d'accord sur la guerre en Ukraine "d'ici 50 jours". "Je suis déçu du président Poutine, car je pensais que nous aurions un accord il y a deux...
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14/07 - Placements : la révolution des transports aiguise les appétits
Comment se déplacera-t-on dans dix, vingt ou trente ans ? En réservant un robotaxi aussi simplement qu’un Uber aujourd’hui ? Avec des véhicules sans volant ni conducteur ? La lutte contre le réchauffement climatique entraîne une révolution des mobilités qui transforme déjà nos usages et ouvre de nouvelles opportunités d’investissement, bien au-delà des seuls constructeurs automobiles. Un écosystème complet émerge – batteries, capteurs, logiciels, plateformes… –, porté par la convergence entre technologie et attentes sociales.Sur terre et mer
Plusieurs grandes tendances se dessinent : l’électrification du parc automobile, l’essor des mobilités partagées et le développement de la conduite autonome dopée par l’intelligence artificielle. Mais l’innovation dépasse l’automobile : elle touche aussi le transport maritime (retour des voiles), la logistique du dernier kilomètre (véhicules propres, mutualisation…) et les infrastructures (routes intelligentes, bornes de recharge ultrarapides…). "La transition actuelle vers une mobilité plus propre, plus autonome, plus partagée et plus efficace change non seulement la façon dont bougent les individus et les marchandises, mais également la façon même dont nous vivons, explique Clément Chamboulive, gérant de portefeuille chez Robeco. La réduction de notre dépendance au pétrole, que cette transition facilite, est en train de redessiner la carte géopolitique du monde."
Alors que la fin du moteur thermique est programmée en Europe pour 2035, le secteur des transports - responsable...
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14/07 - Les multiples sens du mot "chef", l’un des plus étonnants de la langue française
Ah, les chefs ! Ils ont beau être nombreux, on en trouve rarement de bons (à l’exception du mien, bien sûr !). Mais ce n’est pas de ce sujet que j’entends vous parler aujourd’hui, mais du mot, l’un des plus étonnants de la langue française.
Reprenons du début. "Chef" correspond à l’évolution naturelle du latin caput, qui signifiait "tête". Si cette acception initiale s’est maintenue dans "couvre-chef", le terme a pris très vite un sens dérivé pour désigner "celui qui est à la tête" de quelque chose : chef cuisinier, chef de guerre, chef de famille, chef d’entreprise, chef d’Etat, chef de gare, chef de chantier… On en passe.
Chef est aussi utilisé pour signifier un "élément principal", que ce soit dans le domaine juridique (un chef d’accusation), administratif (un chef-lieu) ou artistique (un chef-d’œuvre). De là vient aussi le "cheptel", qui désignait au départ "ce qui constitue l’essentiel d’un bien" avant de se restreindre au seul bétail. L'éternel problème du féminin
Notre "chef" compte également des dérivés - où l’on retrouve le sens de "tête" ou d’"extrémité" - comme "achever" et "chevet". A l’origine, le chevet désignait en effet un corsage féminin se passant par la tête. Peu à peu, il a désigné la "tête de lit". De là vient notre "livre de chevet", soit un ouvrage qu’on lit fréquemment, notamment le soir avant de s’endormir (voire pour s’endormir, mais c’est un autre sujet).
Et le latin caput, me direz-vous ? Eh bien, il a continué de vivre sa vie, en se montrant d’ailleurs particulièrement productif puisqu’il a...
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14/07 - Défilé du 14 juillet : la Russie, une menace qui n’a plus rien de fantôme pour la France
La parade militaire du 14 juillet a vu défiler ce lundi des milliers de soldats français, une centaine de blindés, des dizaines d’avions et d’hélicoptères. Combien de drones ? Seulement quatre : un grand modèle américain, le Reaper, piloté depuis la base de Cognac, un plus petit, le SMDR de Thalès, le DT-46 de Delair, une entreprise toulousaine, et un dernier, le Tundra, fabriqué par une firme basée en Haute-Loire, Hexadrone. Certes, ces engins sont moins photogéniques qu’un char Leclerc ou qu’un chasseur Rafale. Mais cette rareté symbolise surtout le retard à combler dans ce segment d’armements à bas coût pour la France et, plus généralement, les Européens, sur une Russie qui vient pourtant d’être qualifiée de "menace durable" par le chef d’état-major Thierry Burkhard.
Comme le note la revue nationale stratégique 2025, rendue publique ce lundi, "Moscou poursuit son réarmement avec l’objectif d’accroître son armée de 300 000 soldats, 3 000 chars et 300 avions de combat supplémentaires à l’horizon 2030", en précisant que "ses dépenses militaires représentent près de 40 % de son budget".
Cette menace est bien industrielle. Pour mener sa guerre d’invasion de l’Ukraine, la Russie a dopé son économie de défense. Ses usines, anciennes et nouvelles, tournent à plein régime, "à une vitesse sans précédent dans l’histoire récente", s’alarme le Secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, ajoutant qu’elles produisent désormais "trois fois plus de munitions en trois mois que l’ensemble de l’Otan en un an". Pour les drones suicides...
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14/07 - Azra Reed, le phénomène de TikTok qui réinvente la dark romance
Ce sont deux mondes qui s’ignorent mutuellement : d’un côté, Gallimard ; de l’autre, Hugo Publishing. Certains passent sur les ondes de Radio France, ont des papiers élogieux dans la presse réputée sérieuse et décrochent des prix littéraires. D’autres sont des stars sur TikTok et écoulent parfois des centaines de milliers de livres. En janvier dernier, quand Le Figaro a publié son classement des plus gros vendeurs de livres en 2024, les ricaneurs de Saint-Germain-des-Prés s’étonnaient de trouver à la troisième position Morgane Moncomble, dont ils n’avaient jamais entendu parler malgré le succès de sa saga Seasons. On conseille à ces snobs mal informés de suivre plus souvent le palmarès de L’Express : chaque semaine, on voit apparaître des titres de romance – lesquels ne sont pas traités dans Le Monde des livres. L’une des vedettes les plus singulières de cette scène portée par Hugo est assurément Azra Reed (un pseudonyme qui n’a rien à voir ni avec Ezra Pound ni avec Lou Reed). D’octobre 2024 à aujourd’hui, cette jeune femme de 27 ans a vendu 200 000 exemplaires des différents tomes de sa série Valentina, d’abord publiée sur la plateforme Wattpad.
On rencontre la romancière (à la fois voilée et lookée) dans les bureaux d’Hugo, à Boulogne-Billancourt. Etant née en 1998, juste avant la victoire de la France à la Coupe du monde de foot, ses premières nuits ont dû être bercées par I Will Survive de Gloria Gaynor. Elle grandit en banlieue parisienne auprès de ses deux sœurs et de leur mère, qui lit principalement des...
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14/07 - "La Chine écrase tout" : comment Pékin fait main basse sur les mines du monde entier
Patiemment, à coups de milliards de dollars, la Chine tisse sa toile. Elle n’est pas faite en soie d’araignée, plutôt en nickel, cobalt, cuivre ou lithium. Et elle s’étend un peu partout dans le monde. L’an dernier, les investissements chinois dans les mines à l’étranger ont atteint leur niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie. D’après les données regroupées par S&P et Mergermarket, dix contrats d’une valeur dépassant les 100 millions de dollars ont été signés en 2024. Une autre étude de l’institut Griffith Asia, basé en Australie, évalue à 21,4 milliards de dollars les engagements pris par Pékin dans le secteur minier hors de ses frontières. Soit 10 % de plus qu’en 2023. Une course à la sécurisation des matières premières et métaux essentiels pour de nombreux pans de la transition énergétique.
"La mine est un dirty business, mais nécessaire si nous voulons vivre dans un monde moderne", pointe Anthony Milewski, fondateur de The Oregon Group, une société de recherche en investissements spécialisée dans ce secteur. Pendant longtemps, l’Union européenne, entre autres, a fermé les mines opérant sur son territoire. Elle a délocalisé sa production à l’étranger, en même temps que certaines préoccupations relatives à l’environnement et aux conditions de travail. Le champ était libre pour qui voulait s’y engouffrer. "Au cours des quinze dernières années, les Etats-Unis, le Canada et la plupart des pays d’Europe n’ont pas formalisé de politiques d’investissements dans les matériaux de base. Pékin, au contraire, a engagé...
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14/07 - "Paris sera tout et la province rien" : la centralisation française analysée par l’historien Jean-Jacques Monnier
La France pourrait-elle être moins centralisée ? Devrait-elle mettre fin à l’éternelle hiérarchie entre Paris et "la province" ? Adopter un modèle de nature fédérale ? Beaucoup l’ont pensé, à l’image de l’historien Alexis de Tocqueville qui, au XIXe siècle, mettait en garde contre "la tyrannie de la majorité" et le manque de respect des minorités.
Jean-Jacques Monnier le pense toujours. Ce géographe et historien vient de publier une impressionnante histoire de la centralisation française en deux tomes (1). Et le constat de cet intellectuel engagé, membre de l’Union démocratique bretonne, est sans appel. Au fil des pages, il affirme qu’un système où le centre décide de tout aggrave les inégalités entre les territoires. Il y a ainsi, note-t-il, six fois plus de pédiatres pour 100 000 habitants à Paris que dans le reste du pays !
Il rappelle aussi que, contrairement à ce que l’on croit parfois, la centralisation n’est pas née avec les Jacobins sous la Révolution française. Son origine, selon lui, remonte aux tout premiers Capétiens, monarques d’un petit royaume qu’ils n’auront de cesse d’agrandir en s’emparant d’autres territoires, parfois de gré, souvent de force. A l’occasion du 14 juillet, voici une remise en question, parfois dérangeante, de notre roman national.
L'Express : Pourquoi l’historien et le géographe que vous êtes a-t-il entrepris de raconter l’histoire de la centralisation française ?
Jean-Jacques Monnier : Parce que j’ai toujours été sensible aux inégalités entre les territoires, donc entre les...
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14/07 - Christophe Meyer (King’s College) : "La Russie réfléchit aux moyens de faire du mal aux Européens"
Professeur en politique internationale et européenne au King’s College de Londres, Christophe Meyer est un spécialiste de la culture stratégique. Selon lui, l’Europe est au cœur d’un choc géopolitique. Les organisations se réforment pour mieux s’adapter à la menace russe et à la présidence de Donald Trump, mais de nouvelles difficultés apparaissent déjà.
L'Express : En Europe, y a-t-il convergence ou fragmentation des cultures stratégiques ?
Christophe Meyer : L'Union européenne réfléchit à devenir plus unie pour se défendre. Cette convergence s’allie autour de l'importance croissante de la défense territoriale, et l'abandon de l'interventionnisme libéral au profit de la reconnaissance de la menace russe. Certains pays ont radicalement changé à cet égard, par exemple la Suède et la Finlande qui ont rejoint l'Otan, ou le Danemark qui a réintégré la politique de sécurité et de défense de l'UE, mettant fin à sa clause de non-participation. Mais, cette convergence au niveau de l'élite ne se reflète pas nécessairement dans l’ensemble de la société. Le véritable changement survient en cas de combat, lorsqu'on se demande ce que nous sommes prêts à faire pour que la Russie ne soumette pas l'Ukraine. La question de la réintroduction ou de la réactivation de la conscription militaire se pose alors, mais ce sont des débats difficiles qui ont lieu, par exemple, en Allemagne entre les deux partenaires de la coalition.
Certains pays ont-ils des cultures stratégiques radicalement différentes ?
À l'heure actuelle, les exceptions...
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13/07 - Budget des armées : Emmanuel Macron annonce un effort supplémentaire de 3,5 milliards d’euros en 2026, 3 milliards en 2027
Emmanuel Macron a affirmé que jamais "la liberté n’avait été si menacée" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 et "jamais à ce point la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes".
Le président a annoncé vouloir renforcer l'effort budgétaire pour la défense prévu, en ajoutant des dépenses de 3,5 milliards d'euros en 2026 puis à nouveau 3 milliards de plus en 2027, de sorte que le budget de la défense aura doublé en dix ans sous ses deux mandats.Macron affirme que la liberté n'a "jamais été si menacée" depuis 1945
Le président Emmanuel Macron a affirmé dimanche que jamais "la liberté n'avait été si menacée" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 et "jamais à ce point la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes". "Nous vivons un moment de bascules. Nous en apercevons depuis longtemps l'imminence. Ces bascules sont aujourd'hui effectives", a déclaré le chef de l'Etat français dans son traditionnel discours aux armées à la veille de la Fête nationale.
"Jamais à ce point la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes", a-t-il ajouté, évoquant notamment "les impérialismes et les puissances d'annexion" comme la Russie, qui a déclenché une guerre contre l'Ukraine en février 2022. L'ordre international fondé après la Seconde Guerre mondiale est de plus en plus contesté est affaibli et "comme il n'y a plus de règles c'est la loi du plus fort qui l'emporte", a-t-il dénoncé. La France doit "affronter tant de défis pour rester...
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13/07 - "Hitler était-il homosexuel ?" : la vie privée du Führer, objet de tous les fantasmes
Pourquoi y a-t-il eu tant d’écrits sur une supposée homosexualité d’Hitler ne reposant sur aucun fait historique ? Comment Mao a-t-il pu à ce point abuser de jeunes femmes tout en imposant le puritanisme aux Chinois ? De Catherine II à Vladimir Poutine en passant par Bachar el-Assad, L’Express se penche cet été sur la vie sexuelle des dictateurs, et montre comme celle-ci a pu influencer leurs décisions politiques, tout en étant l’objet de nombreux fantasmes.
Automne 1905. Les feuilles mortes crissent sous les pas d’Adolf Hitler et August Kubizek, qui errent dans les ruelles pavées du centre de Linz, en Autriche. Les deux amis d’enfance sont en pleine conversation, quand surgit la silhouette élancée d’une jeune femme blonde, le bras enlacé à celui de sa mère. Le temps suspend sa course, et il faut quelques secondes avant que Hitler, qui n’a pas encore 18 ans, retrouve ses esprits. Suffisamment pour balbutier quelques mots : "Tu dois savoir, je suis amoureux d’elle." Stefanie n’en saura jamais rien, et ne restera pour le futur maître du IIIe Reich qu’une figure fantasmée, un "idéal" à "admirer de loin".
L’anecdote, racontée par le chef d’orchestre Kubizek dans son livre The Young Hitler I Knew, paru en 1955, est l’un des rares témoignages fiables dont disposent les historiens sur la vie intime, sentimentale et sexuelle du dictateur allemand. Il faut dire que Hitler prenait soin d’entretenir le mystère. "Marié à l’Allemagne", il se plaisait à cultiver l’image d’un célibataire incarnant une virilité...
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13/07 - Guerre commerciale : les solutions des pays asiatiques pour contourner les droits de douane de Donald Trump
Trouver des solutions face aux barrières douanières. Depuis le printemps et le lancement de sa guerre commerciale, Donald Trump inquiète nombre d’économies mondiales. En Asie, la plupart des nations qui échangent des biens avec les Etats-Unis en ont appris plus sur leur sort en début de semaine, via des lettres envoyées par le président américain aux différentes capitales internationales. Sans avancée dans les négociations, toutes seront taxées entre 20 et 40 % de droits de douane supplémentaires d’ici au 1er août prochain.
Dans le détail, le taux qui leur est imposé varie : 25 % pour le Japon et la Corée du Sud, 32 % pour l’Indonésie, 36 % pour le Cambodge et la Thaïlande, 40 % pour la Birmanie et le Laos… Le Vietnam, lui, a conclu avant cette salve de courriers un accord – encore flou – avec les Etats-Unis. Ses produits seront taxés à hauteur de 20 %, sauf pour les biens fabriqués ailleurs et assemblés sur son territoire, sanctionnés de 40 % de droits de douane. Cette mesure vise à empêcher les entreprises chinoises de faire assembler leurs marchandises dans ce pays tiers avant de les exporter aux Etats-Unis… et ainsi d’échapper à de plus importantes surtaxes.S’adapter à la nouvelle donne tarifaire
Une méthode qui illustre parfaitement la nécessité pour l’ensemble de ces nations de mettre en place des alternatives au traditionnel commerce avec les Etats-Unis. Dès avril et l’annonce tonitruante des tarifs douaniers par Donald Trump, la Chine avait ainsi considérablement augmenté ses exportations vers d’autres...
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13/07 - "La France pourrait devenir l’Italie d’il y a dix ans" : l’analyse de l’ex-chef économiste du Trésor italien
"Des progrès remarqués et des efforts visibles. Encouragements". Tel est le commentaire qui pourrait figurer sur le bulletin de fin d’année de l’Italie. Longtemps reléguée au rang de "mauvais élève" de la zone euro, la péninsule était habituée aux remontrances de Bruxelles et à la méfiance des marchés. Mais surprise, depuis quelques jours, Rome emprunte, pour la première fois depuis 2005, à des taux d’intérêts inférieurs à ceux de Paris, et ce malgré une dette plus élevée. La France, dont la prime de risque ne cesse de grimper, récolte quant à elle… un avertissement.
Lorenzo Codogno connaît mieux que quiconque les tourments de la dette italienne. Ancien chef économiste du Trésor italien entre 2006 et 2015, aujourd’hui professeur invité à l’Institut européen de la London School of Economics, il fait preuve d’un optimisme modéré pour son pays. Mais il se montre plus inquiet quant à la trajectoire de la France. Selon lui, la réduction des dépenses courante par la mise en œuvre de réformes ambitieuses est « la seule voie possible ». Et cela implique de s’attaquer à des sujets très sensibles. Entretien.
L’Express : Pour la première fois depuis 2005, l’Italie emprunte à des taux plus faibles que la France. S’agit-il d’un phénomène conjoncturel ou cela révèle-t-il un rééquilibrage plus profond ?
Lorenzo Codogno : Cela traduit une évolution plus structurelle. Il faut toutefois garder à l’esprit que la France reste moins endettée que l’Italie en proportion de son PIB, et que jusqu’à récemment, elle bénéficiait d’une dynamique plus...
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13/07 - Nouvelle-Calédonie : Marine Le Pen dénonce un accord "profondément ambigu"
La patronne du Rassemblement national Marine Le Pen a qualifié dimanche l'accord sur la Nouvelle-Calédonie conclu la veille de "profondément ambigu", précisant que son groupe à l'Assemblée nationale serait à la recherche "d'améliorations" lors de la modification de la Constitution. "Si, à brève échéance, cet accord conjure sans doute le risque du pire, il n'en demeure pas moins profondément ambigu, comme l'était en son temps l'accord de Nouméa. Ce faisant, il ne peut que faussement satisfaire les deux principales parties prenantes de la vie publique calédonienne", estime la cheffe des députés RN dans un communiqué.
Cet accord, annoncé samedi, acte la création d'une nationalité calédonienne, les habitants répondant aux critères de citoyenneté du Caillou bénéficiant de la double nationalité française et calédonienne. Un "État de la Nouvelle-Calédonie" inscrit dans la Constitution de la République française sera créé et pourra être reconnu par la communauté internationale. Pour cela, il faudra que soit voté un projet de loi constitutionnelle, qui devra être adopté par le Parlement réuni en Congrès."Lever les ambiguïtés du texte"
Aux yeux de Marine Le Pen, qui se veut très investie sur le sujet des Outre-mer, cela "constitue un exercice d'équilibrisme juridique et politique difficilement compréhensible et donc périlleux, tant en Calédonie même que pour l'effet de contagion qu'il est susceptible de provoquer dans l'ensemble des outremers". Selon elle, cet accord "ne peut que faussement satisfaire les deux principales...
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13/07 - Nucléaire iranien : malgré les attaques, l’Iran mise encore sur un accord diplomatique avec les États-Unis
Des négociations, puis des bombardements… avant de nouveaux pourparlers ? Depuis les frappes américaines sur les sites du programme nucléaire iranien à Natanz, Fordo et Ispahan, dans la nuit du 21 au 22 juin, Téhéran et Washington ont mis un terme aux discussions portant sur les velléités atomiques de la République islamique. Forcément, l’opération ordonnée par Donald Trump, combinée à la guerre menée par Israël contre l’Iran durant 12 jours au mois de juin, n’était pas de nature à favoriser une nouvelle session diplomatique sur le sujet.L’Iran pas opposé à de nouvelles négociations
Pourtant, moins d’un mois après l’intervention de l’US Army, Téhéran laisse entrevoir la possibilité d’une reprise des échanges. "La République islamique d’Iran reste disposée à instaurer cette confiance par la diplomatie, mais, avant cela, nos homologues doivent nous convaincre qu’ils souhaitent la diplomatie et non [que cette dernière ne] serve à masquer d’autres objectifs", a ainsi déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, samedi 12 juillet, depuis la capitale iranienne.
Plus tôt dans le mois, le président du pays, Massoud Pezeshkian, avait affirmé que l’Iran pourrait "très facilement résoudre ses différends et ses conflits avec les États-Unis par le dialogue et les négociations". Des propos prononcés lors d’un entretien avec l’animateur ultraconservateur Tucker Carlson, proche de la galaxie trumpiste Maga ("Make America Great Again"). La formule du dirigeant durant cette interview avait d’ailleurs suscité des...
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13/07 - Droits de douane : l’Europe temporise sa riposte dans l’espoir d’un accord
Le président américain a annoncé l'imposition au 1er août de droits de douane de 30% pour les produits importés du Mexique et de l'Union européenne, nouvelle surenchère sur fond de négociations.
Juste après l'annonce de Donald Trump, la présidente de la Commission européenne avait critiqué cette décision tout en déclarant que l'UE était prête à "poursuivre le travail vers un accord" commercial avec Washington d'ici le 1er août.
Parallèlement, Bruxelles intensifie ses efforts pour améliorer les relations avec des partenaires potentiels dans le monde entier, notamment avec l'Indonésie. "En même temps, nous continuerons de préparer des contre-mesures afin d'être pleinement prêts", a ajouté Mme von der Leyen.L'UE temporise sa riposte dans l'espoir d'un accord
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré dimanche que Bruxelles n'allait pas riposter aux droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium pour l'instant, dans l'espoir d'obtenir un accord permettant d'éviter de plus larges taxes de 30% sur l'ensemble de ses produits exportés.
"Les Etats-Unis nous ont envoyé une lettre avec des mesures qui entreraient en vigueur sauf s'il y a une solution négociée, c'est pourquoi nous prolongerons également la suspension de nos contre-mesures jusqu'au début du mois d'août", a déclaré Mme von der Leyen devant des journalistes. La suspension de ces représailles aux droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium devait expirer dans la nuit de lundi à mardi. "En même temps, nous...
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13/07 - Guerre commerciale de Donald Trump : la bataille de l’Inde pour défendre sa souveraineté alimentaire
C’était une course contre la montre. Sauf que le chronomètre a finalement été mis sur pause. Au lendemain du 9 juillet - date d’expiration annoncée de la "trêve douanière" américaine - le marathon visant à conclure "90 accords en 90 jours" a un goût d’inachevé. L’échéance fatidique a été décalée au 1er août avant même d’être atteinte, offrant un temps supplémentaire pour les tractations.
L’Inde, menacée de droits de douane à 26 %, était pressentie comme le prochain pays à décrocher un de ces "deals" signés au compte-goutte. Pourtant, l’annonce se fait toujours attendre. Une délégation indienne s’est rendue à Washington fin juin, mais les négociations se sont enlisées, obligeant les émissaires à prolonger leur séjour, avant de rentrer, bredouilles. De son côté, Donald Trump n’a cessé d’évoquer un accord imminent, tout en maintenant un objectif clair : ouvrir le colossal marché indien aux exportateurs américains.
Pour cause, les Etats-Unis affichent un déficit sur le commerce de biens de 46 milliards de dollars vis-à-vis de l’Inde. Les multiples barrières protectionnistes érigées par le pays lui ont valu d’être surnommé "tariff king" par Donald Trump. Dans le secteur agricole, en particulier, les produits américains sont frappés d’un droit de douane moyen à 39 % à l’entrée en Inde, contre seulement 5 % dans le sens inverse. Autre pomme de discorde : l’Inde n’autorise pas les organismes génétiquement modifiés (OGM). Or les Etats-Unis produisent une grande quantité de maïs et de soja issus de ces cultures. Frustré par cette relation...
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13/07 - Sous-marins nucléaires : la coopération franco-australienne sur la défense "a repris"
La coopération franco-australienne en matière de défense "a repris" depuis le camouflet de l'énorme contrat avorté pour des sous-marins français en 2021, a déclaré dimanche l'ambassadeur de France en Australie. "A présent, les premiers piliers de notre coopération sont la défense et la sécurité", a assuré à l'AFP l'ambassadeur Pierre-André Imbert, décrivant un partenariat "à un très bon niveau" alors que les forces françaises se sont jointes à l'armée australienne pour des manœuvres d'ampleur dans la région. La relation bilatérale dans ce domaine "a repris" depuis l'élection en 2022 de l'actuel Premier ministre travailliste australien Anthony Albanese, selon Pierre-André Imbert.
La confiance avait été rompue en septembre 2021 lorsque l'ancien gouvernement - conservateur - avait brusquement annulé un contrat de 56 milliards d'euros pour des sous-marins du groupe français Naval Group, lui préférant des sous-marins à propulsion nucléaire britanniques ou américains.
L’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont alliés dans le domaine de la sécurité en vertu de leur pacte AUKUS. Cependant, un responsable de la défense américain a révélé en juin que ce pacte était en cours de révision pour s'assurer qu'il reste conforme aux objectifs du président Donald Trump. De plus, les chantiers navals américains peinent à remplir les objectifs de production des bateaux commandés par Canberra.
Questionné sur la possibilité d'un nouveau contrat pour des sous-marins avec l'Australie si l'accord AUKUS venait à capoter, l'ambassadeur...
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13/07 - Droits de douane : comment Donald Trump a accéléré sa guerre commerciale en l’espace d’une semaine
Cette fois, il le promet : il ne reportera pas une nouvelle fois l’échéance pour négocier. Toujours aussi imprévisible, Donald Trump a entrepris cette semaine de relancer sa guerre tarifaire afin de fixer rapidement les nouveaux tarifs douaniers en vigueur avec ses partenaires commerciaux. Début avril, le président américain avait présenté un immense tableau détaillant les droits de douane réciproques espérés par Washington contre la quasi-totalité des pays du monde.
Un délai de 90 jours avait alors été laissé par le républicain pour trouver un compromis avec les différentes puissances concernées. Mais, début juillet, Donald Trump a finalement décalé cette date butoir au 1er août, laissant quelques semaines supplémentaires de discussion. Ce nouveau rendez-vous est accompagné par de nouvelles menaces de la part du dirigeant : toute la semaine, il a multiplié les courriers, souvent diffusés publiquement sur ses réseaux sociaux, à destination des économies de la planète. Le contenu de ces lettres ? Les nouveaux tarifs douaniers fixés par Washington au 1er août s’il n’y a pas d’avancée dans les prochains jours.Taxe sur le cuivre, menace sur les médicaments
Toute la semaine, Donald Trump a fait durer le suspense. Lundi 7 juillet, seuls 14 pays, principalement asiatiques, ont d’abord connu leur sort. 25 % de droits de douane supplémentaires pour le Japon et la Corée du Sud, 30 % pour l’Afrique du Sud, 32 % pour l’Indonésie, 36 % pour le Cambodge et la Thaïlande… Et jusqu’à 40 % pour la Birmanie et le Laos, aux...
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13/07 - Budget 2026 : un siècle après, la leçon du désastre du Cartel des gauches
À quelle sauce budgétaire la France sera-t-elle mangée à l’automne prochain ? Ce mardi 15 juillet, François Bayrou devrait lui donner un avant-goût du plat que prépare l’exécutif pour la rentrée budgétaire. Sera-t-il agrémenté de nouvelles hausses d’impôt ? De réduction des dépenses publiques ? Ou bien les deux "en même temps" ? Cette année, les marges du gouvernement ont été considérablement réduites après la publication de chiffres alarmants. Le déficit culmine à 5,8 % du PIB, la dette atteint 114 % du total des richesses produites, les dépenses de protection sociale ont explosé et les économies visées pour le prochain projet de loi de finances avoisinent 40 milliards d’euros. Si l’option d’une année blanche associée à quelques hausses d’impôts exceptionnelles et à la suppression de niches fiscales semble privilégiée, le flou sciemment entretenu par le Premier ministre jusqu'à présent et l’instabilité politique inquiètent les milieux économiques.
Une crainte d’être de nouveau mis à contribution qui n’est pas sans évoquer celle ressentie au moment de la grande - et oubliée - crise politico-financière de 1924-1926. La France se remettait alors tout juste des horreurs de la Grande guerre, et de son coût. De ces quatre années de conflit, le pays sort essoré de quelque 125 milliards de francs-or, soit 25 milliards de dollars rien que pour les dépenses militaires. Au total, les débours du conflit mondial représentent environ trois fois le PIB de 1914. Et plutôt que d’augmenter les impôts pour financer l’effort de guerre -...
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13/07 - Argent : ces cahiers de vacances vous aideront à gérer votre budget
Les cahiers de devoirs de vacances sont un incontournable des congés d’été et leur variété ne fait que croître. Mais ils se résument généralement à revoir les notions clés de l’année scolaire écoulée. Grégory Guilmin, ancien financier et père de deux enfants, a eu l’idée d’en concevoir une version sur le thème de l’argent, d’abord pensée pour ses propres fils. "Je voulais créer le premier cahier d’activités qui aide les enfants à comprendre la notion de l’argent à partir de 5 ans, tout en s’amusant", explique-t-il. Illustré par les mascottes Pépite et Cachou, ce fascicule de 66 pages comporte des jeux et des illustrations pour les aider à se familiariser avec la notion de budget.
Pas de jaloux, les plus grands pourront aussi mettre la période estivale à profit. Ils peuvent se tourner vers le cahier rédigé par Matthias Baccino, directeur des marchés européens de Trade Republic et auteur de Prenez votre argent en main (Michel Lafon). Sous une forme ludique, ce promoteur de l’éducation financière a décliné les notions abordées dans son livre, à travers six chapitres allant des mathématiques financières au profil investisseur en passant par les sources d’information. Notions clés, quiz et tests se combinent pour aider le lecteur à vérifier ses connaissances, faire le point sur sa situation personnelle et démystifier certains sujets liés à l’argent. Dans le même esprit, la start-up Mon Petit Placement et La France Mutualiste viennent de lancer Flouze, "le cahier qui fait bronzer vos...
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13/07 - Nouvelle-Calédonie, les coulisses du pari de Macron et Valls : un Etat oui, mais sans indépendance
Parfois, rien n’est plus efficace qu’une bonne grosse colère. Ce 12 juillet, vers 5 heures du matin, Adolphe Digoué, membre du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, entre en trombe dans le patio d’un hôtel à Bougival, dans les Yvelines. Devant une partie de la délégation indépendantiste - dont il fait partie - l’homme s’emporte. "Qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? tonne-t-il. Vous allez passer à côté d’un accord historique !".
Depuis dix jours, les forces politiques calédoniennes sont enfermées à Bougival pour discuter de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Ces négociations ont débouché sur un projet d’accord, terminé la veille à 18 heures. Mais une partie de la coalition indépendantiste (FLNKS) a des doutes. Au cœur de la nuit, elle est même partie échanger en visioconférence avec ses représentants restés sur l’archipel. La colère de Digoué les sort de leur torpeur. "Si l’on m’avait dit que j’allais me faire secouer par mon cousin !, sourit Roch Wamytan, ancien président du Congrès de Nouvelle-Calédonie. Mais aujourd’hui, les caisses sont vides. Le territoire est à reconstruire. Il fallait que l’on fasse quelque chose, même si le projet ne ressemble pas à ce que nous voulions au départ."
Milakulo Tukumuli, président de l’Eveil océanien – le parti créé pour défendre les intérêts de la communauté wallisienne et futunienne, souvent perçu comme une troisième voie sur l’archipel – achève de les convaincre de revenir à la table des négociations. "L’absence d’accord aurait été catastrophique pour le pays",...
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13/07 - Budget 2026 : les pistes d’économies sur la table avant les annonces de Bayrou
Comment trouver 40 milliards d'euros en 2026 ? Les contributions ont foisonné ces dernières semaines mais le flou persiste sur les pistes que retiendra mardi le Premier ministre François Bayrou. Voici les principales pistes sur la table.Décréter une "année blanche"
L'hypothèse, qui revient avec insistance, consisterait à reconduire à l'identique certaines dépenses entre 2025 et 2026, sans augmentation. Mais les ressources espérées de ce gisement d'économies varient significativement selon le périmètre retenu. D'après la commission des Finances du Sénat, le gel entre 2025 et 2026 des dépenses de l'Etat sur ses missions budgétaires (hormis la défense, la contribution au budget de l'UE et la charge de la dette) pourrait rapporter 10 milliards d'euros.
Pour l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et l'Institut des politiques publiques (IPP), une année blanche pourrait permettre d'économiser entre 5,7 et 6 milliards d'euros. Désindexer les retraites
La piste d'une désindexation des pensions de retraites par rapport à l'inflation gagne du terrain, renforcée par une proposition en ce sens du Comité de suivi des retraites (CSR), et appuyée par plusieurs parlementaires du camp gouvernemental. Dans le cadre d'une "année blanche", s'abstenir d'indexer les pensions de retraites sur l'inflation rapporterait 3,7 milliards d'euros, selon les chiffres de l'OFCE.
Dans cette équation en 2026, près de 10 millions de ménages dont "la personne de référence est retraitée" verraient leur revenu...
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13/07 - Gaza : la Défense civile annonce près de 30 morts, les négociations piétinent
La Défense civile locale a fait état d'au moins 29 morts samedi dans de nouvelles frappes israéliennes dans la bande de Gaza, à l'heure où les négociations indirectes pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas piétinent.
Les deux belligérants s'accusent mutuellement d'enrayer ces négociations lancées le 6 juillet à Doha via les médiateurs internationaux -Qatar, Egypte, Etats-Unis-, pour mettre fin à une guerre dévastatrice à Gaza.La Défense civile à Gaza fait état de près de 30 morts dans des raids israéliens
La Défense civile dans la bande de Gaza a fait état d'au moins 29 Palestiniens dont des enfants tués dimanche dans des frappes israéliennes à travers le territoire dévasté par 21 mois de guerre. Selon le porte-parole de cette organisation de premiers secours, les frappes menées avant l'aube et tôt le matin, ont touché des habitations et des camps de déplacés notamment. L'armée israélienne, interrogée par l'AFP, n'a pas commenté dans l'immédiat ces informations.Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement d'enrayer les négociations sur une trêve
Le Hamas et Israël se sont mutuellement accusés samedi d'enrayer leurs négociations indirectes pour un cessez-le-feu à Gaza, où 38 Palestiniens ont été tués dans des frappes israéliennes selon la Défense civile locale. Une source palestinienne proche des pourparlers entamés dimanche à Doha par le biais de médiateurs étrangers a d'abord blâmé "l'insistance d'Israël" pour un plan de retrait de ses troupes de Gaza, que le Hamas "rejette fermement".
Un responsable politique...
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13/07 - Corée du Nord : Kim Jong-un assure la Russie de son soutien "inconditionnel" contre l’Ukraine
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a assuré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov de son soutien "inconditionnel" dans la guerre contre l'Ukraine, jugeant "certaine" la victoire de Moscou, ont rapporté dimanche les médias officiels de Pyongyang. Selon l'agence d'Etat KCNA, M. Kim a reçu M. Lavrov "dans une atmosphère de confiance et de chaleureuse camaraderie", au moment où la Corée du Nord et la Russie resserrent leurs liens diplomatiques et militaires. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié de son côté sur Telegram une vidéo des deux hommes se serrant la main et se donnant l'accolade.
Moscou et Pyongyang ont signé l'an dernier un pacte de défense mutuelle et la Corée du Nord a envoyé des milliers de soldats pour aider à la reconquête de la région de Koursk, prise par l'armée ukrainienne durant l'été 2024. La Corée du Nord fournit par ailleurs la Russie en obus et en missiles. Selon KCNA, Kim Jong-un a déclaré à son invité que la Corée du Nord était "prête à soutenir et à encourager de façon inconditionnelle toutes les mesures prises par les dirigeants russes pour éliminer à la racine la cause de la crise ukrainienne". Le dirigeant nord-coréen a également exprimé sa "ferme conviction que l'armée et le peuple russes remporteront une victoire certaine en accomplissant la cause sacrée de défendre la dignité et des intérêts fondamentaux du pays".
Les deux hommes ont également discuté de "questions importantes pour la mise en œuvre fidèle des accords conclus" lors de leur sommet en 2024, quand...
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13/07 - Rêveries, absences, pensées "étrangères" : plongée dans les mystères de la conscience
La crise est arrivée comme ça, sans prévenir. C’était en pleine nuit, il y a de cela quelques semaines. Je dormais, quand d’un coup, je me suis retrouvé assis, le buste droit, les pieds recroquevillés sur le matelas, incapable de bouger. Mes yeux étaient ouverts, je les sentais, mais je ne voyais rien. J’avais beau balayer ma chambre du regard, les fenêtres grandes ouvertes, les fauteuils, mes livres de chevet, tout avait disparu.
J’étais là, réveillé, mais je ne me sentais pas moi, pas totalement. Mon corps n’était plus vraiment le mien, comme si un autre le contrôlait à ma place de l’intérieur. J’avais l’impression que quelqu’un m’avait forcé à me redresser, avant de vite déguerpir, laissant mon esprit entre le rêve et la réalité. Pris d’une forte angoisse, je me suis même laissé aller à vérifier : si un voleur s’était introduit chez moi, il n’avait laissé aucune trace.
Après quelques recherches, j’ai appris que ce genre de frayeurs correspondait à un "réveil confusionnel", un trouble du sommeil passager la plupart du temps, dans lequel le corps se réveille et agit avant même que la conscience n’ait le temps d’émerger. L’épisode a été bénin mais marquant : jusqu’à cette nuit en particulier, je n’avais jamais envisagé que mon corps puisse décider tout seul de se mouvoir.Des pantins, vidés de substance mentale
Ces cas de figure ne sont pas rares. Lors de formes graves de somnambulisme, par exemple, ou à la suite d’un traumatisme, des personnes se mettent à conduire, rédigent des e-mails ou entament des rapports sexuels sans...
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13/07 - "C’est la fin du mari seigneur et maître" : il y a 60 ans, de Gaulle libérait les femmes mariées
Dans L’Express du 15 mars 1965La femme décolonisée
C’est la fin du mari seigneur et maître. "Nous voulons décoloniser la femme mariée", a dit le garde des Sceaux, M. Jean Foyer, en faisant adopter par le Conseil des ministres la semaine dernière, sa réforme des régimes matrimoniaux. Au mois d’avril, le Parlement sera saisi de ce texte.
Un projet allant dans ce sens avait déjà été présenté par l’un des prédécesseurs de M. Foyer, M. Edmond Michelet, en 1959. Mais l’Assemblée nationale, plus féministe que le gouvernement, l’avait jugé trop timide. Le ministre de la Justice t’avait retiré.
Il a fallu six années pour mettre au point la réforme. Les opinions des spécialistes du Droit furent en effet jugées insuffisantes au gouvernement, qui exigea un sondage d’opinion. Les Français, dans leur majorité, souhaitent comme les parlementaires "libérer" la femme mariée. Cette enquête est une innovation dans la procédure législative. Elle justifie l’adage selon lequel les lois ne changent pas les moeurs, elles les suivent.
Selon le nouveau projet de loi, le régime normal sera la communauté "réduite aux acquêts" (c’est-à-dire limitée aux biens acquis en commun depuis la date du mariage). A l’exemple des Allemands et des Belges, les couples français pourront, d’ailleurs, faire comptabiliser les acquêts, pour les partager très équitablement en cas de divorce. Mais chacun des époux conservera désormais l’administration de ses biens propres — alors qu’actuellement le mari gère l’ensemble.Imperator uxorius
Autres victoires pour la femme...
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13/07 - Beth Shaprio (Colossal BioSciences) : "Il n’y a pas d’ADN dans les fossiles de dinosaures, mais…"
La vidéo commence par un son plus qu’inhabituel : un hurlement que personne n’avait entendu depuis des millénaires. Puis vient l’image. Trois petits loups au pelage blanc comme neige gesticulent entre les mains des scientifiques. Rien d’étonnant... si ce n’est que ces canidés sont les premiers de l’espèce "canis dirus" (ou "loups sinistres") à fouler le sol de la Terre depuis… 12 000 ans ! La prouesse, qui a inondé les réseaux sociaux et fait la Une du très sérieux Time Magazine, est l’œuvre de la start-up américaine Colossal Biosciences, qui entend appliquer la même technologie aux célèbres dodos, oiseaux endémiques de l’île Maurice, ou encore au mammouth laineux. Début mars, la société texane a publié des photos de souris au patrimoine génétique en partie mammouth, suscitant déjà la controverse dans le monde scientifique, partagé entre enthousiasme et scepticisme. Un projet qui rappelle le scénario du célèbre Jurassic Park, où des chercheurs étaient parvenus à faire revenir à la vie des dinosaures après avoir isolé de l’ADN présent dans un moustique fossilisé.
Baptisés Romulus et Rémus, en référence à la mythologie romaine, et Khaleesi, clin d’œil à la série à succès Games of Thrones qui a rendu célèbre cette espèce disparue, ces louveteaux ont été conçus grâce à des technologies génétiques innovantes, mais des spécialistes mettent surtout en avant un coup de com' parfaitement maîtrisé. "C’est comme si je mettais en vous quelques gènes de Néandertalien qui vous rendraient plus poilu et plus musclé, et que je vous appelais...
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13/07 - La Crimée appartient-elle à l’Ukraine ou à la Russie ? Pourquoi la réponse n’est pas si aisée
Peu de gens le savent, mais à l’époque bréjnévienne (1964-1982), la Crimée était un haut lieu, discret et apprécié, de la communauté gay. Elle l’est d’ailleurs restée après la fin de l’Union soviétique, lorsqu’elle est devenue partie intégrante de l’Ukraine indépendante, en 1991. Le long de la mer Noire, dans certaines criques rocheuses, isolées et difficiles d’accès, des couples homosexuels (d’hommes et de femmes) de toutes nationalités mais aussi des nudistes s’évadaient chaque été au contact de la nature, cachés mais pas très loin de la ville de garnison de Sébastopol. Nul ne sait ce qu’il en est aujourd’hui car, depuis l’annexion de 2014 et le début de la guerre lancée par Poutine en 2022, la région est devenue inaccessible au tourisme occidental.Rivage de Yalta en Crimée.
Seule certitude : avec ses particularismes, la péninsule de 2 millions d’habitants – qui fut la "Côte d'Azur de l’URSS" – occupe une place singulière dans l’histoire et l’imaginaire du monde russophone. Au cœur de la rivalité russo-turque pendant des siècles, théâtre d’une guerre qui, de 1853 à 1856, impliqua la France et le Royaume-Uni (aux côtés de l’Empire ottoman contre la Russie tsariste), elle constitue l’enjeu clef de la guerre en Ukraine. Annexée sans un coup de feu voilà onze ans, puis rattachée illégalement à la Fédération de Russie, elle est au point de départ du conflit actuel. "La guerre a commencé en Crimée et elle se terminera en Crimée", répète à qui veut l’entendre Volodymyr Zelensky, pour mieux affirmer la volonté de Kiev de la...
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12/07 - "État de Nouvelle-Calédonie" : un statut inédit entre association et souveraineté
Le futur "État de Nouvelle-Calédonie", prévu par l'accord signé samedi, se rapproche d'une "indépendance-association" inédite, estime le constitutionnaliste Benjamin Morel. Un statut original, à ses yeux plus proche d'un protectorat que d'un modèle fédéral ou décentralisé.
AFP : Le terme "État de Nouvelle-Calédonie" peut évoquer un modèle fédéral. Est-ce le cas ?
Benjamin Morel : On pourrait se dire que c'est un modèle fédéral, typiquement les Länder allemands ou les États américains. En fait, on est dans quelque chose de très différent. Les statuts les plus proches, a priori, ce sont les statuts des protectorats mis en place après la Première Guerre mondiale, qu'on peut trouver avec des pays comme le Maroc ou la Tunisie, ou les statuts des pays en voie de décolonisation de l'immédiat après-58. En 1958, la Constitution met en place une Communauté française (dissoute en 1960, ndlr), une sorte de Commonwealth à la française, avec des États qui sont indépendants, notamment en Afrique subsaharienne, mais qui acceptent de déléguer des compétences à une structure centrale, avec une possibilité de reprendre ses compétences. Et quand ils les reprendront dans les années 60, ça signifiera l'indépendance.
Ce statut implique-t-il une souveraineté pour la Nouvelle-Calédonie ?
L'État qui serait mis en place serait un vrai État, qui peut être considéré comme étant souverain, qui peut être reconnu par d'autres États, qui peut rentrer à l'ONU. Et cet État souverain fait le choix souverain de confier certaines de ses compétences à un...
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12/07 - Norvège : cette ville de l’Arctique au cœur de la guerre d’espionnage avec la Russie
La Norvège est sur le qui-vive. "Nous sommes confrontés à la situation sécuritaire la plus grave pour la Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale", a déclaré le 6 mars dernier Jonas Gahr Støre. Ce jour-là, le Premier ministre norvégien annonçait que son pays allait augmenter de 4,2 milliards d’euros son aide à l’Ukraine en 2025 pour atteindre 7,2 milliards. En face, la Russie voisine cherche à conforter sa puissance dans l’Arctique en y ouvrant ou modernisant de nouvelles bases militaires. En Norvège, la menace russe s’illustre particulièrement dans une petite ville portuaire : Kirkenes, à une dizaine de kilomètres de la frontière russe et à une quarantaine de kilomètres de la frontière finlandaise. Le poste frontalier voisin de Storskog, à l’extrême nord de la Norvège, est l’unique point d’entrée terrestre des Russes dans le royaume scandinave et dans l’espace Schengen.
Comme le racontent le Wall Street Journal (WSJ) et le New Yorker, Kirkenes, une petite ville de l’Arctique où L’Express est parti en reportage en mars dernier, est utilisée par la Russie comme laboratoire dans sa guerre dite hybride. Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, soit bien avant le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine de 2022, Moscou teste sur cette zone des opérations de renseignement et de sabotage avant de les reproduire à travers l’Europe. La Russie a ainsi envoyé des centaines de milliers de réfugiés et de migrants venus d’Afrique et du Moyen-Orient en 2015 à Storskog, avec la bénédiction des services de...
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12/07 - Réchauffement climatique : comment dépasser notre amnésie antérograde ?
Le récent épisode de canicule, dont on peut craindre qu’il soit suivi d’autres, avec son cortège de drames (incendies, sécheresse, morts…), a remis sur le devant de la scène la question des perturbations climatiques et notre action collective la concernant. On s’est rappelé alors l’urgence que représente la situation et notre impréparation : on s’est invectivé dans les arènes politiques et sur les plateaux de télévision mais bientôt, dès que l’automne sera venu, nous n’y penserons plus ou presque.
Tout cela ressemble aux bonnes résolutions que nous formulons le premier de l’an et que nous nous hâtons d’oublier dès la première tentation venue. D’une façon métaphorique, on pourrait dire que nous souffrons collectivement d’une sorte d’amnésie antérograde : un grave trouble de la mémoire qui conduit à oublier les événements à mesure qu’ils se déroulent. Le pire étant que nos décideurs politiques souffrent du même mal : ils fixent des priorités qui se réorganisent sans cesse selon les chahuts de l’actualité, comme Pénélope défaisant, la nuit, le travail de tissage qu’elle produisait le jour. Mais alors que l’épouse d’Ulysse usait de ce stratagème pour gagner du temps, le syndrome qui nous touche collectivement nous en fait perdre.
C’est là une banalité que tout le monde a constatée mais la profondeur temporelle de l’analyse et de la décision politique n’a cessé de s’amenuiser dans les dernières décennies, nous rendant incapables de convoquer une intelligence collective de long terme. La rationalité, telle qu’elle est définie par...
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12/07 - Donald Trump annonce 30 % de droits de douane pour le Mexique et l’UE à partir du 1er août
Les marchandises importées de l'Union européenne et du Mexique seront soumises à un taux de droits de douane de 30 % aux Etats-Unis à compter du 1er août, a déclaré le président américain Donald Trump dans des lettres publiées samedi sur sa plateforme de médias sociaux.
Ces droits de douane entreront en vigueur le 1er août, a indiqué le président américain dans des lettres distinctes publiées sur sa plateforme Truth Social, citant respectivement le rôle du Mexique dans l'acheminement de drogues illicites vers les Etats-Unis et un déséquilibre commercial avec l'UE.
Jusqu'ici, la majorité des exportations du Vieux Continent vers l'Amérique étaient taxées à 10 %, les automobiles à 25 % et l'acier et l'aluminium à 50 %. Avant l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les Etats-Unis ne prélevaient que 2,5 % de la valeur des principales importations européennes.La pression américaine s'est renforcée ces derniers jours
Emmanuel Macron a exprimé sur X la "très vive désapprobation" de la France et a appelé l'UE à "défendre résolument les intérêts européens", après les menaces de Donald Trump d'imposer 30% de droits de douane au 1er août sur les produits de l'Union. Le président français invite notamment la Commission européenne à "accélérer la préparation de contre-mesures crédibles, par la mobilisation de l’ensemble des instruments à sa disposition", "si aucun accord n’était trouvé d’ici le 1er août".
Faisant valoir que l'UE négociait avec Washington depuis plusieurs semaines "sur la base d'une offre solide et de bonne foi", M....
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12/07 - Nucléaire iranien : un retour des sanctions acterait "la fin" du rôle des Européens, avertit l’Iran
Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur un cessez-le-feu à Gaza achoppent sur la question du retrait de l'armée israélienne du territoire palestinien dévasté par 21 mois de guerre.
Pendant les pourparlers à Doha lancés dimanche par le biais des médiateurs -Qatar, Etats-Unis, Egypte-, l'armée israélienne a poursuivi son offensive dans la bande de Gaza, où 14 Palestiniens ont été tués dans de nouvelles frappes selon la Défense civile locale.
Côté iranien, le chef de la diplomatie d'Iran, Abbas Araghchi, a déclaré samedi que son pays restait attaché à une solution diplomatique sur la question du nucléaire iranien, en dépit des frappes israéliennes et américaines sur des installations nucléaires iraniennes.Nucléaire : l'Iran réitère son droit à l'enrichissement d'uranium
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réaffirmé samedi l'opposition de l'Iran à toute interdiction d'enrichir de l'uranium dans un éventuel accord pour encadrer son programme nucléaire.
"Nous n'accepterons aucun accord qui ne comprendra pas (un droit à) l'enrichissement" d'uranium, a déclaré M. Araghchi. L'Iran considère cette exigence des Etats-Unis comme une ligne rouge, affirmant en avoir le droit en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.L'Iran réitère qu'il négociera seulement sur le nucléaire, pas sur ses "capacités militaires"
L'Iran a indiqué samedi qu'en cas de reprise des négociations sur son programme nucléaire, objet de tensions avec les pays occidentaux et Israël, son...
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12/07 - Ukraine, immigration, affaire Epstein… La sphère Maga prend ses distances avec Donald Trump
La base électorale de Donald Trump s’effrite-t-elle au fur et à mesure des décisions controversées et fluctuantes prises par le président américain ? Depuis quelques semaines, les choix du milliardaire républicain concernant la guerre en Ukraine, le dossier iranien, l’immigration ou encore l’affaire Jeffrey Epstein agitent la sphère "Maga", pour "Make America Great Again" - "Rendre sa grandeur à l’Amérique" en français - le mouvement de soutien à Donald Trump. "Je vous le dis tout de suite, Maga n’a jamais été dans une telle tourmente qu’au cours des 72 dernières heures", a déclaré cette semaine auprès du Washington Post une personne proche de Donald Trump s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Plusieurs personnalités issues des rangs Maga ont exprimé publiquement leur déception, notamment sur le dossier de la délivrance des visas à des travailleurs migrants. Sous la pression des agriculteurs et des hôteliers inquiets, l’administration Trump a lancé un programme visant à simplifier la délivrance de ces visas aux travailleurs migrants temporaires afin de garantir la cueillette des fruits, le conditionnement de la viande et le nettoyage des logements.Des soutiens de Trump dénoncent une "amnistie"
Les agriculteurs, qui dépendent de travailleurs étrangers – représentant jusqu’à 40 % du marché du travail agricole – dénoncent le programme d’expulsions massives de Donald Trump. Celui-ci nuit, selon eux, au marché du travail et pourrait donc menacer l’approvisionnement alimentaire. De son côté, la base Maga souhaite...
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12/07 - Double nationalité, pas d’indépendance... Que contient l’accord "historique" sur la Nouvelle-Calédonie ?
À l'issue de dix jours de discussions à huis clos, les principales forces politiques calédoniennes - indépendantistes et non-indépendantistes - ont signé un engagement à défendre un projet d'accord sur l'avenir institutionnel du territoire. "Chaque camp, indépendantiste et non indépendantiste, a dû faire des concessions réciproques afin de parvenir à cet accord", s’est félicité sur ses réseaux sociaux Georges Naturel, sénateur Les Républicains de l’île.
𝗔𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗻𝗲𝘂𝗳 𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗲́𝗴𝗼𝗰𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝘃𝗲𝗻𝘂𝘀 𝗮̀ 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻 « 𝗮𝗰𝗰𝗼𝗿𝗱 𝘀𝘂𝗿 𝗹’𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 #𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲𝗖𝗮𝗹𝗲́𝗱𝗼𝗻𝗶𝗲 ».@lesRep_Senat pic.twitter.com/K6uU88hgmE— Georges NATUREL (@georgesNaturel) July 12, 2025
Ce texte prévoit la création d'un "Etat de Nouvelle-Calédonie" au sein de la République, une nouvelle nationalité calédonienne, et un transfert progressif de certaines compétences régaliennes. Pour entrer en vigueur, cet accord devra être prochainement approuvé par référendum par les habitants de l'île. Le Parlement devra également se réunir en Congrès pour le valider.Un "Etat de Nouvelle-Calédonie"
"C'est signé. Un statut dans la France. Avec des Calédoniens qui restent Français. Plus aucun référendum en vue si ce n'est celui qui sera organisé pour valider cet accord. Une ouverture du corps électoral", a déclaré le député non-indépendantiste Nicolas Metzdorf dans une réaction transmise à l'AFP. Le territoire restera français, mais sous un statut inédit. Le projet acte en effet la création d'un "Etat de Nouvelle-Calédonie", via une loi fondamentale, dont l’organisation institutionnelle sera sui generis, donc inédite. Elle pourra...
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12/07 - Malcolm Turnbull, ex-Premier ministre australien : "Comme la plupart des brutes, Trump ne respecte que ceux qui lui tiennent tête"
Quand l’ancien Premier ministre d’un pays partenaire des Etats-Unis appelle à ce que les alliés des Américains se "sauvent eux-mêmes", on écoute forcément. Dans le magazine Foreign Affairs, l’ex-locataire du Lodge australien, Malcolm Turnbull, appelait récemment les pays attachés au libre-échange à travailler ensemble pour trouver des alternatives au marché américain et promouvoir de nouveaux accords. Auprès de L’Express, cet ancien patron de Goldman Sachs Australia assume : "Nous devons cesser de voir le monde comme une roue dont le noyau serait Washington - ou Pékin". Il détaille également sa vision pour l’Europe, qui doit selon lui "s’appuyer sur ses succès passés".
Ce centriste de droite partage enfin son expérience de Donald Trump, notamment lorsqu’il cherchait à sauver le Partenariat transpacifique (TPP) tandis que le président américain voulait s’en retirer : "Cette expérience a cristallisé quelque chose pour moi : comme la plupart des brutes, Trump respecte ceux qui ne cillent pas et lui tiennent tête". Entretien.
L’Express : Dans Foreign Affairs, vous avez exhorté les alliés de l’Amérique à "se sauver eux-mêmes". Pourquoi maintenant ?
Malcolm Turnbull : Le leadership américain, autrefois fondé sur un sentiment de destin commun et d’idéalisme, donne désormais ouvertement la priorité à l’intérêt personnel et proclame fièrement que la force fait le droit. Donald Trump ne prétend pas à l’altruisme. Sa doctrine de "l’America First" n’est pas simplement rhétorique - elle est opérationnelle, poursuivie avec une...
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12/07 - Maladies auto-immunes : l’espoir d’un nouveau traitement, par le Pr Alain Fischer
Les maladies auto-immunes consistent en une réponse immunitaire anormale dirigée contre un constituant du corps. En gros, le système immunitaire se trompe de cible : au lieu de reconnaître uniquement les microbes pathogènes, il s’attaque à nous-même. Il existe plus de 80 maladies auto-immunes, comme le lupus ou la sclérose en plaques. Elles affectent entre 5 à 10 % de la population et représentent la troisième cause de maladies chroniques. A ce jour, on ne dispose pas de traitement curatif, malgré d’importants progrès dans la compréhension des mécanismes en jeu. Les médicaments immunosuppresseurs permettent souvent de contrôler les poussées mais plus difficilement de prévenir les rechutes.
Une classe de globules blancs, les lymphocytes B, est responsable de la production des anticorps, dont les auto-anticorps (reconnaissant des molécules du soi) impliqués dans le mécanisme de beaucoup de ces maladies auto-immunes. De ce fait, depuis une vingtaine d’années, on utilise comme traitement des anticorps monoclonaux reconnaissant une molécule présente en surface des lymphocytes B pour essayer de les éliminer, en particulier ceux qui produisent les auto-anticorps. Des résultats ont été obtenus, mais ils sont inconstants. Ils doivent parfois être répétés du fait de reprises de la maladie et ils exposent à des risques infectieux liés à la destruction des lymphocytes B producteurs d’anticorps "utiles", ce traitement ne pouvant discriminer les lymphocytes B nuisibles de ceux nécessaires pour combattre un microbe...
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12/07 - Vignoble alsacien, milieux chics de Zurich, périple en Colombie… Ces trois livres à lire cet été
Le cosy crime de Martin Suter
Quand les connaisseurs parlent de la littérature suisse contemporaine, ils louent souvent Fritz Zorn et son terrible Mars, paru juste avant la mort de l’écrivain en 1976. Ces dernières années, l’habile fabricant de best-sellers genevois Joël Dicker a fait de l’ombre à la littérature helvète. Or il n’y a pas que La Vérité sur l’affaire Harry Quebert dans la vie, et, aux amateurs d’intrigues sophistiquées, on conseille de se tourner plutôt vers Allmen et le dernier des Weynfeldt de Martin Suter. Rien que la sublime couverture, signée Mathieu Persan (déjà auteur des dessins illustrant les romans d’Elizabeth Jane Howard), donne envie de poser le livre en bonne place dans sa bibliothèque.
Il y est question d’un détective dandy un peu désargenté (Allmen), auquel le riche héritier Weynfeldt fait appel pour résoudre un mystère qui intervient rarement dans les milieux défavorisés : la disparition d’un Picasso (ou présumé tel) ! Auteur par le passé de textes de chansons pour Stephan Eicher, Suter écrit dans un style ciselé. Personnages et décors élégants, répliques spirituelles, ce cosy crime est un régal à offrir aux lecteurs nostalgiques qui aiment à la fois la Série noire d’antan et les livres de Somerset Maugham. Inutile de charger ses valises de pavés avant de partir en vacances cet été : les deux tomes de la Pléiade Sherlock Holmes et ce roman de Martin Suter suffiront à agrémenter quinze jours de détente chic. L.-H. L. R.
Allmen et le dernier Weynfeldt par Martin Suter. Trad. de l’allemand...
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12/07 - Nouvelle nuit d’attaques russes en Ukraine, au moins quatre morts
La Russie a lancé dans la nuit plus de 620 drones et missiles contre l'Ukraine, notamment sur l'ouest du pays, ont annoncé samedi le président Volodymyr Zelensky et l'armée ukrainienne, les différentes autorités régionales faisant état d'au moins quatre morts et de blessés.
Les frappes aériennes russes contre l'Ukraine se sont encore intensifiées ces dernières semaines, et Moscou bat chaque semaine des records en nombre d'engins tirés, fournis par une industrie de défense qui tourne à plein régime. "Vingt-six missiles de croisière et 597 drones d'attaque ont été lancés, dont plus de la moitié étaient des Shaheds", a écrit samedi Volodymyr Zelensky en faisant référence à des engins de fabrication iranienne.
L'armée de l'air ukrainienne a dit avoir abattu plus de la moitié de ces engins, soit 319 drones de type Shahed et 25 missiles. Un missile et une vingtaine de drones ont touché "cinq endroits", a-t-elle dit sans plus de précisions.
Ces frappes de drones et de missile ont fait au moins deux morts et 20 blessés à Tchernivtsi, ville de l'ouest, selon Volodymyr Zelensky. L'ouest de l'Ukraine est habituellement plutôt préservé par rapport aux zones de l'est et du sud, où se déroulent les combats.
Six autres personnes, dont un garçon de 11 ans, ont été blessées par des attaques nocturnes dans une autre ville de l'ouest, Lviv, selon l'administration régionale. Deux personnes ont été tuées par une bombe dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est), et trois blessés dans la ville de Kharkiv (nord-est), d'après les...
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12/07 - Les commissaires de justice, profession mal connue qui peut vous éviter un procès
La nouvelle profession de commissaire de justice – créée le 1er juillet 2022 par la fusion des anciens huissiers et commissaires-priseurs judiciaires – est mal connue et pourtant très utile. Ces professionnels du droit réalisent des constats, assument un travail de recouvrement de créances et savent gérer des procédures d’expulsion. Mais ils peuvent aussi réaliser des médiations à l’amiable.
Leur connaissance approfondie des règles de procédures leur permet de trouver la meilleure solution possible à un litige, avant qu’il ne débouche sur un procès. Intérêt de la démarche : aboutir à un compromis satisfaisant pour les deux parties, dans des délais courts, tout en évitant que le conflit ne s’envenime avant d’être réglé, des années plus tard, devant un tribunal.Une multitude de différends
En matière de médiation, le domaine d’action des commissaires de justice est large. Ils sont aptes à intervenir dans un litige civil, social ou commercial : conflit de voisinage (bornage de terrain, nuisances sonores…), souci avec un locataire (loyers impayés, dégradations…) ou désaccords importants au sein d’une famille (partage des biens lors d’un héritage, mésentente de gestion d’une indivision, versement de pension alimentaire…). Les commissaires de justice peuvent aussi réaliser des médiations pour des différends entre un salarié et son employeur - ou un client et son prestataire - qui refuserait de respecter les clauses d’un contrat. Les allers-retours avec un artisan, pour cause de malfaçons ou de délais d’intervention non...
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12/07 - Gaza : les négociations sur un cessez-le-feu entravées par le plan de retrait d’Israël
"Les négociations à Doha rencontrent des obstacles et des difficultés complexes en raison de l'insistance d'Israël à présenter, vendredi, une carte de retrait qui n'est en réalité qu'une carte de redéploiement et de repositionnement de l'armée israélienne, et non un retrait réel", a dit une de ces sources. "Israël continue de retarder et d'entraver l'accord, afin de poursuivre sa politique de guerre d'extermination", a ajouté une autre source.
Selon la première source palestinienne, la carte présentée par Israël "prévoit le maintien de forces militaires sur plus de 40 % de la superficie de la bande de Gaza", tout autour du territoire de plus de deux millions d'habitants, dévasté par plus de 21 mois de guerre.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas "rejette fermement" ce plan, a fait savoir cette source, qui aurait pour objectif selon lui "d'entasser des centaines de milliers de déplacés dans une partie de l'ouest de Rafah, en préparation d'un déplacement forcé de la population vers l'Egypte ou d'autres pays". "Le Hamas a exigé un retrait total des forces israéliennes de toutes les zones reprises par Israël après le 2 mars 2025" dans la bande de Gaza, a précisé la deuxième source. Elle a souligné que des "progrès" avaient tout de même été réalisés dans les négociations au sujet de l'aide humanitaire et de l'échange d'otages toujours retenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus en...
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12/07 - Droits de douane : "Même si vous êtes le meilleur négociateur au monde…"
"Des droits de douane de Schrödinger". La formule est désormais un refrain familier chez les commentateurs américains. Le président américain a beau avoir prévenu qu’il serait inflexible sur la date du 9 juillet - après laquelle ses exorbitantes taxes douanières étaient censées entrer en vigueur -, il l’a finalement décalée au 1er août. Les partenaires commerciaux de l’Amérique peuvent souffler… et poursuivre leurs négociations en vue d’un éventuel accord. Reste la crainte de voir arriver un de ces courriers d’avertissement de Donald Trump annonçant des surtaxes, comme ceux déjà reçus par le Japon ou la Corée du Sud.
Nikolaus Lang n’est pas surpris par ce revirement. Le directeur du Henderson Institute au BCG explique auprès de L’Express que le président américain n’avait ni les moyens, ni le temps de négocier autant d’accords commerciaux en l’espace de 90 jours. Mais il n’exclut pas de nouvelles menaces.
L’Express : Les derniers mois ont montré qu’il ne faut pas prendre les déclarations de Donald Trump au pied de la lettre. Vous attendiez-vous, cette fois aussi, à ce que la période de négociations tarifaires soit prolongée ?
Nikolaus Lang : Oui, nous avions anticipé cette extension dès le départ. L’intention, énoncée en avril, de conclure "90 accords en 90 jours" n’a jamais été réaliste. L’organisme chargé de ces négociations est le US Trade Representative (USTR), qui compte environ 270 à 280 employés. Or, si l’on divise ce chiffre par le nombre de pays concernés, cela reviendrait à trois personnes par pays — et...
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12/07 - L’exposition à voir : dans les petits papiers de Pierre Alechinsky, à Alès
Entre Pierre Alechinsky et Pierre-André Benoit, dit PAB, ce fut à la vie à la mort. Une amitié, nourrie de complicité artistique, qui tourna court en 1993, au décès du second. Aujourd’hui, le premier - 97 printemps au compteur - expose, au musée-bibliothèque d’Alès qui porte le nom de son vieil ami disparu, des travaux graphiques couvrant huit décennies de création, soit près de 200 dessins, gravures, papiers marouflés et livres d’artistes. Les livres d’artistes, justement, c’était la grande affaire de PAB. Le natif d’Alès, qui cumula les fonctions de poète, collectionneur, imprimeur et éditeur, en a publié des centaines, auxquels ont participé Artaud, Breton, Claudel ou Eluard, côté textes, et Braque, Dubuffet, Miro ou Picasso, pour les illustrations. Parmi ces derniers, Alechinsky figure en tête de liste : trente années durant, PAB et lui ont rivalisé d’espièglerie et d’audace pour donner naissance à ces ouvrages rares. De nos jours, Tête de chou, Adoré sur tranche et tant d’autres restent des trésors prisés par les bibliophiles.
Si un support joue le premier rôle dans le corpus de Pierre Alechinsky, c’est bien le papier. Depuis toujours, le Belge naturalisé français, fils d’un Russe et d’une Wallonne, qui fit ses débuts au sein du groupe Cobra, en aime la variété et en multiplie les provenances, chacune répondant à ses besoins : le papier de Chine, pour sa souplesse et sa résistance ; celui du Japon, à la finesse incomparable ; le vélin, au rendu lisse et soyeux ; le vergé texturé ; le papier chiffon pour les...
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12/07 - Un accord "historique" acte un "Etat de la Nouvelle-Calédonie"
Les détails de cet accord, trouvé au petit matin après une ultime nuit de négociations à Bougival (Yvelines), où les représentants calédoniens étaient réunis depuis le 2 juillet, ne sont pas encore connus. Il doit encore être entériné en Nouvelle-Calédonie par les mandants des différentes délégations.
"Un accord historique a été signé", ont indiqué dans un communiqué les non-indépendantistes des Loyalistes et du Rassemblement. Sans préciser le contenu du texte signé, ils assurent que l'accord permettra "la réouverture du corps électoral à de nombreux Calédoniens". Ils se félicitent aussi que "ce choix respecte la volonté souveraine exprimée par les Calédoniens" lors des trois référendums d'indépendance de 2018, 2020 et 2021 et évoquent des "concessions", avec "la transformation de la collectivité Nouvelle-Calédonie en Etat intégré dans l'ensemble national"."L'espoir renaît"
"C'est signé. Un statut dans la France. Avec des Calédoniens qui restent Français. Plus aucun référendum en vue si ce n'est celui qui sera organisé pour valider cet accord. Une ouverture du corps électoral", a déclaré le député non indépendantiste Nicolas Metzdorf dans une réaction transmise à l'AFP. "On nous avait prédit un référendum sur l'état-associé dans 15 ans. Nous avons fait de fortes concessions pour l'éviter et pour projeter définitivement la Nouvelle-Calédonie dans l'avenir et sans date butoir", a-t-il ajouté. "L'heure est désormais aux explications et à la relance économique", a-t-il souligné, alors que la Nouvelle-Calédonie a été ravagée par...
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12/07 - Comment les épidémies ont façonné l’histoire des Amériques
Et si, au-delà des batailles et des traités, l’histoire du continent américain avait été écrite par les épidémies ? De l’arrivée des conquistadors espagnols à l’indépendance des Etats-Unis, les maladies infectieuses ont influencé le destin de tout un territoire. Accompagnés du Pr Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière (AP-HP), et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois (CNRS éditions), La Loupe est partie cette semaine à la conquête des Amériques et de leurs virus.Episode 1 : Christophe Colomb et l'importation de maladies
Pensant trouver une nouvelle route vers les Indes, l'explorateur débarque sur l'île d'Hispaniola et rencontre le peuple des Taïnos. Les conquistadors arrivent alors avec leur religion, leur organisation... mais aussi avec leurs microbes. Variole, grippe, rougeole... Sans défense immunitaire, les populations autochtones sont décimées.Episode 2 : L'Empire aztèque contre les microbes espagnols
Au Mexique, les conquistadors de Hernán Cortés ne sont pas seuls à combattre les Aztèques : une mystérieuse maladie fait des ravages. Elle affaiblit l’empire, et facilite la conquête des Espagnols pourtant minoritaires face aux tribus locales. Dans ce deuxième épisode, nous allons voir comment le choc microbien précède la victoire militaire.Episode 3 : Au nord, les maladies anglaises débarquent
Au nord du continent, les Anglais s’installent au XVIIe siècle. En rencontrant les peuples amérindiens, ils amènent à leur tour de nouvelles maladies, transformant en profondeur...
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12/07 - Lingling Wei : "Dans son combat face à Trump, Xi Jinping pourrait bien être celui qui porte le coup de grâce"
"Celui qui crie le plus fort a toujours raison", affirmait le poète William Cowper. Trois siècles plus tard, Xi Jinping vient de lui prouver le contraire. Le président chinois, au style moins tonitruant que Donald Trump, fait preuve d’une indéniable résilience dans la guerre commerciale lancée par son homologue américain. Le mois dernier, la Chine et les Etats-Unis ont annoncé être parvenus à un accord sur un "cadre général" concernant les droits de douane faisant chuter ces derniers de 145 % à 30 % après que Pékin a d’abord riposté puis calmé le jeu sur les taxes appliquées aux produits américains. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a déclaré ce 11 juillet avoir eu une rencontre "positive" en Malaisie avec son homologue chinois Wang Yi. La hache de guerre commerciale est-elle enterrée ? Rien n’est moins sûr. "Dans le conflit entre les Etats-Unis et la Chine, le président Trump mène une offensive économique. Mais Xi Jinping mène une guerre froide", prévient Lingling Wei, correspondante en chef pour la Chine au Wall Street Journal. "Xi aborde les négociations commerciales avec une stratégie globale qu’il prépare depuis des années", commentait-elle récemment dans un article publié par le quotidien américain.
Finaliste du prix Pulitzer et experte en économie politique chinoise, elle décrit, auprès de L’Express, un président chinois obsédé par l’histoire de l’Union soviétique, dont il a tiré les leçons de l’effondrement face au géant américain. Un temps déstabilisé par Trump lors de la guerre...
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12/07 - Les secrets de Polytechnique, l’école qui forme les étoiles françaises de l’IA
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
EPISODE 2 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
Oubliez les banals cocktails d’anciens élèves autour de petits fours tièdes. Sophie Monnier tend son smartphone et fait défiler les canaux de la communauté "X-IA", qu’elle anime depuis 2018. D’abord sur l’application Discord où 1 600 polytechniciens, comme elle, décortiquent les dernières avancées technologiques et se partagent les opportunités professionnelles. Chaque mois, une poignée d’entre eux se retrouve également après le travail et jusque tard dans la soirée, dans l’enceinte prestigieuse de l’école ou d’autres lieux de la capitale afin d’ausculter l’IA sous tous ses angles : santé, climat, défense, données, ou encore ces fameux "agents" qui électrisent le secteur… Car l’intelligence artificielle ne connaît pas vraiment de frontières. Un peu comme "l’X", le surnom donné à Polytechnique.Le Pavillon Boncourt est siège de Polytechnique depuis 1976, à Palaiseau, près de Paris.
Les "X-IA" barbotent dans des start-up, des...
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11/07 - Tentative d’assassinat de Donald Trump : un an après, le Secret Service a-t-il tiré les bonnes leçons ?
A trois jours de l'anniversaire de sa tentative d’assassinat, Donald Trump s’est dit "confiant" dans les services de sécurité présidentielle lors d’une interview sur Fox News, qui doit être diffusée samedi soir. C’était "un mauvais jour", selon lui, pour le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités politiques américaines. Pour rappel, le 13 juillet 2024, en plein discours à Butler en Pennsylvanie, le candidat à la présidentielle était touché d'une balle à l'oreille.
Ce jeudi, soit un an après l'accident, le Secret Service a assuré dans un communiqué avoir considérablement avancé dans ses réformes internes. L’agence a fait état par ailleurs "d’actions disciplinaires contre six personnes" appartenant au Secret Service, sans révéler leur identité ni leur grade, précisant que ces sanctions "vont de 10 à 42 jours de suspension sans salaire". En privé, d’anciens hauts gradés des Services secrets ont jugé que les suspensions, révélées précédemment par CBS News, ne constituaient pas une punition assez lourde. L’annonce a depuis ravivé de profondes frustrations en interne, le blâme pour les défaillances lors du rassemblement à Butler ayant été largement attribué aux agents du bureau de Pittsburgh, plutôt qu’aux agents supérieurs affectés à la sécurité Trump, indique le New York Times.
Le directeur adjoint des Services secrets, Matt Quinn, a tout de même déclaré à CBS News que "les Services secrets sont entièrement responsables de Butler", ajoutant que l’événement "a été un échec opérationnel et nous nous...
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11/07 - Au FBI version Trump, la chasse aux sorcières bat son plein
Des vents contraires soufflent chez les agents fédéraux. Dans les couloirs du bureau du FBI, les conversations se font prudentes, les silences pesants, et les départs, de plus en plus nombreux. La loyauté, désormais, ne se mesure plus seulement à la rigueur du travail mais à l’aide d’outils technologiques. Parmi eux, le polygraphe s’est imposé comme un instrument de sélection. À l’origine réservé aux vérifications de sécurité ou aux enquêtes sensibles, il est désormais utilisé pour sonder les pensées, traquer les doutes, et identifier les esprits jugés insuffisamment fidèles. Le message est clair : toute forme de dissidence, même implicite, peut mener à la porte."Avez-vous critiqué Kash Patel ?"
Le polygraphe est devenu depuis 2024 un outil d’enquête interne au FBI utilisé à des fins inhabituelles. Depuis la nomination de Kash Patel à la tête de l’agence, plusieurs hauts responsables ont été soumis à des tests dont l’objet était de vérifier leur loyauté personnelle envers le directeur. Outre les interrogations classiques sur la divulgation d’informations classifiées ou les conflits d’intérêts, les agents sont désormais questionnés sur leur comportement et leurs opinions politiques.
"Avez-vous tenu des propos négatifs à l’encontre du directeur Kash Patel ?" et "avez-vous critiqué Dan Bongino (numéro deux du FBI, NDLR) ?" sont par exemple des questions posées selon des sources internes citées par The New York Times. Des agents sont également interrogés sur leurs fréquentations, leurs relations avec d’anciens membres du...
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11/07 - Gabriel Attal et LR : de la séduction à l’affrontement, les dessous de sa stratégie
Laurent Wauquiez est un privilégié. Gabriel Attal, réputé solitaire, daigne accorder un peu d’intérêt au patron des députés de la Droite Républicaine (DR). Les deux hommes ont déjeuné ensemble au début de l’été 2025. Leur relation s’est construite un an plus tôt, avec pour ciment une méfiance commune envers Michel Barnier. Gabriel Attal loue sa relation "franche" avec son rival. Le député de Haute-Loire salue les qualités organisationnelles du chef de Renaissance, qui lui a détaillé lors de leur entrevue le recrutement de data analysts dans son parti.
Alors, on jette la rancune à la rivière. Gabriel Attal passe sous silence le mauvais coup fait par Laurent Wauquiez, qui a fait élire en octobre l’insoumise Aurélie Trouvé à la présidence de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Le candidat malheureux à la présidence des Républicains ne s’étendra pas sur les moqueries de Gabriel Attal après sa proposition d’envoyer les étrangers sous OQTF dangereux à Saint-Pierre-et-Miquelon. "Le Truman Show continue", s’était-il amusé sur une boucle interne.Connaissance aiguë des députés LR
De toute manière, Gabriel Attal décèle chez Laurent Wauquiez une proximité plus forte avec l’union des droites qu’avec le socle commun, cette fragile coalition rassemblant la droite et les macronistes. L’ancien patron de LR n’a-t-il pas fait des appels du pied à Sarah Knafo lors de sa campagne interne ? Alors, on peut échanger en confiance. Gabriel Attal ne prête pas le même destin au ministre de l’Intérieur. "Bruno Retailleau est...
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11/07 - Nucléaire : cette nouvelle Europe inventée par Emmanuel Macron et Keir Starmer
Un mot aussi essentiel que peu commenté s’est glissé subrepticement dans le communiqué de la France et du Royaume-Uni sur la "coordination" des forces nucléaires française et britannique, prononcé jeudi 10 juillet à Northwood (nord-ouest de Londres) par le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Keir Starmer. Le mot n’apparaît pas chez les ancêtres de ce communiqué baptisé "déclaration de Northwood", qui furent les deux premiers textes à avoir officialisé une coopération franco-britannique aussi poussée et institutionnalisée dans le domaine du nucléaire militaire : il ne figure ni dans la déclaration de Chequers, prononcée le 30 octobre 1995 par Jacques Chirac et John Major, ni dans le communiqué officiel publié à l’issue du sommet de Lancaster House le 2 novembre 2010 par Nicolas Sarkozy et David Cameron.
Chequers posait l’acte politique fondateur en reconnaissant la convergence des intérêts vitaux de la France et du Royaume-Uni et en fixant les bases d’une coopération renforcée. Lancaster House en apportait la concrétisation juridique et opérationnelle. Mais chacun de ces accords bilatéraux omettait scrupuleusement de mentionner un mot. Dans la déclaration commune de Northwood, qui atteste à nouveau que "nous n’imaginons pas de situation dans laquelle les intérêts vitaux de l’un de nos deux pays, la France et le Royaume-Uni, pourraient être menacés sans que les intérêts vitaux de l’autre ne le soient aussi", la phrase qui suit introduit l’air de rien ce mot de plus, le mot qui compte :...
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11/07 - SiPearl, le français qui veut relancer l’industrie des puces en Europe
Le marché mondial des semi-conducteurs a atteint les 681 milliards de dollars en 2024 – un chiffre dantesque, qui souligne l’importance du secteur. Ce nombre agit également comme un rappel amer : l’Europe ne représente que 10 % de l’industrie, les Etats-Unis, Taïwan et la Chine se taillant la part du lion. L’entreprise française SiPearl, spécialisée dans la conception de puces pour supercalculateurs et pour data centers, veut changer la donne.
La production et le design des puces n’ont jamais été aussi stratégiques, car le moindre objet connecté se repose sur elles pour fonctionner. Les semi-conducteurs se retrouvent ainsi partout dans notre environnement : une machine à café contient 3 puces, les smartphones en moyenne 160, les voitures électriques plusieurs centaines. Pour les data centers et les supercalculateurs les plus puissants, plusieurs dizaines de milliers de puces sont nécessaires.
Ces data centers sont eux-mêmes devenus des pièces maîtresses du développement de l’intelligence artificielle, qui requiert beaucoup de puissance de calcul pour être entraînée. Le problème est que lorsque les data centers sont construits en France, une partie importante de leur valeur échappe malgré tout aux entreprises tricolores, car ils reposent sur des puces américaines. "Aujourd’hui, 0 % des processeurs utilisés dans nos supercalculateurs sont européens", se désole Philippe Notton, PDG et fondateur de SiPearl.Ramener l’industrie des puces en Europe
Les data centers et les supercalculateurs utilisent des puces...
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11/07 - Audiovisuel public : Rachida Dati dégaine le "vote bloqué" pour faire adopter sa réforme au Sénat
Les sénateurs ont adopté en deuxième lecture, ce vendredi 11 juillet, la réforme de l’audiovisuel public, au terme de débats écourtés grâce à l’arme constitutionnelle du "vote bloqué", un choix du gouvernement vivement contesté par la gauche.
Le texte a été adopté par 194 voix contre 113. La ministre de la Culture Rachida Dati (LR) avait décidé dans la matinée de faire usage du vote bloqué face à "l’obstruction" de la gauche. Ce vote clôt la session extraordinaire du Parlement, qui reprendra ses travaux le 22 septembre.
Cette procédure du vote bloqué, très rarement utilisée, permet d’accélérer les débats en n’organisant qu’un seul vote, sur le texte et les amendements que le gouvernement choisit de conserver. Les débats jeudi avaient été marqués par une particulière lenteur, entre suspensions de séance à répétition, rappels au règlement, motions de rejet préalable, invectives en pagaille… A la manœuvre, la gauche, qui craint que la réforme ne soit l’occasion d’une reprise en main politique et d’une réduction du budget de l’audiovisuel public.Un "coup de force" dénoncé par la gauche
Les orateurs de la gauche ont successivement protesté contre ce "coup de force", selon le mot de l’ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol. "On parle de liberté de la presse. Mais commençons déjà par respecter les droits du Parlement", a-t-elle tonné, rappelant que le Sénat avait d’autres outils à sa disposition pour discipliner les discussions. Et ce alors que les débats ont déjà été "escamotés" en première lecture à l’Assemblée le 30...
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11/07 - Guerre en Ukraine : à quoi pourrait ressembler le déploiement d’un contingent européen ?
La force expéditionnaire conjointe franco-britannique (CJEF) va voir ses effectifs renforcés pour atteindre "jusqu'à 50 000 hommes". Ils constitueront le noyau dur d’un contingent de l’Otan, qui pourrait être déployé dans l'éventualité d'un cessez-le-feu en Ukraine, pour dissuader la Russie de lancer une nouvelle offensive. "Nous faisons passer cette force conjointe du niveau d’une brigade à celle d’un corps d’armée", a annoncé jeudi 10 juillet le président Emmanuel Macron, durant une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique Keir Starmer sur la base militaire de Northwood, au nord-ouest de Londres. Ces hommes et femmes pourront être mobilisés "dans un engagement majeur" et "à disposition de l’Otan", a-t-il précisé.
Cette annonce est la concrétisation d’un projet annoncé en février dernier par les deux chefs d’Etat, à la suite d’une fuite médiatique. Mais alors que les sources des médias britanniques — The Guardian, The Financial Times ou encore The Times — indiquaient "une force d’au moins 30 000 militaires", Emmanuel Macron voit désormais bien plus grand.
Selon le président français, cette force sera susceptible d’être "multipliée par cinq" par rapport à son volume actuel, autour du noyau dur des troupes franco-britanniques. S’il indique que cette croissance drastique se fera par capacité "d’agréger d’autres partenaires européens", peu de volontaires se font pour l’heure entendre parmi la trentaine de pays considérés susceptibles de déployer une force de garantie du cessez-le-feu. Il...
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11/07 - Le Rafale cible d’une vaste campagne de désinformation de la Chine
La Chine était derrière une campagne de désinformation contre l’avion de combat Rafale, après les combats entre le Pakistan et l’Inde, quand cette dernière a perdu un de ces appareils de conception française, a accusé ce vendredi 11 juillet le chef d’état-major des armées français.
Lors d’une rare intervention devant la presse, le général Thierry Burkhard a dénoncé "la campagne que la Chine a habilement conduite visant à discréditer notre industrie d’armement et directement le Rafale à la suite de la perte d’un appareil dans le cadre des confrontations assez dures entre l’armée de l’air indienne et l’armée de l’air pakistanaise", en mai 2025.
Le plus haut-gradé français mentionne la perte d’un Rafale, l’avion de combat multirôles construit par Dassault Aviation, et non plusieurs comme l’ont affirmé de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, dans le cadre de ce que les autorités françaises jugent être une campagne de désinformation, destinée notamment à dénigrer l’industrie française pour faire la promotion de l’industrie de défense chinoise, qui équipe le Pakistan.Dénigrer l'image de l’avion français
La campagne chinoise s’est articulée sur plusieurs fronts, a expliqué à l’AFP une source sécuritaire. D’une part des comptes chinois ont généré un grand nombre de messages sur plusieurs plateformes affirmant par exemple que l’Inde avait perdu trois Rafale, ou publiant des images fabriquées pour dénigrer l’avion français, et faire la promotion des avions ou missiles chinois. D’autre part, les attachés de défense chinois,...
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11/07 - La France, "principal adversaire en Europe" de la Russie : l’alerte du chef d’état-major
Moscou a identifié la France comme étant "son principal adversaire en Europe", a déclaré vendredi 11 juillet le chef d’état-major français Thierry Burkhard, en l’expliquant notamment par le soutien de Paris à l’Ukraine envahie par la Russie. "C’est (Vladimir) Poutine qui a dit" cela, a souligné le général Burkhard lors d’une rare conférence de presse. "Cela ne veut pas dire qu’il ne s’occupe pas des autres pays", a-t-il ajouté.
La France, puissance nucléaire protégée par sa dissuasion, n'est pas menacée de "se faire attaquer directement et lourdement sur le territoire national", mais la Russie a "beaucoup d'autres options" via des actions hybrides, incluant désinformation, cyberattaques ou espionnage, a-t-il fait valoir.La Russie, "partie prenante de toutes les menaces"
"Puissance de nuisance", la Russie "est partie prenante de toutes les menaces", que ce soit les sabotages d'infrastructures sous-marines, les campagnes de désinformation en France ou en Afrique, des actes d'espionnage, ou encore dans l'espace, avec "les manoeuvres de satellites russes soit pour gêner nos trajectoires de satellites, soit pour s'approcher pour les brouiller, soit pour s'approcher pour les espionner".
S'agissant des espaces maritimes, le haut gradé a évoqué "les sous-marins nucléaires d'attaque russe qui régulièrement pénètrent en Atlantique Nord et ensuite descendent quelquefois en Méditerranée et qui cherchent évidemment à surveiller les zones qui sont importantes pour nous mais également chez les Britanniques", un autre...
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11/07 - Si la République mise sur la censure pour ne pas couler, c’est qu’elle a déjà coulé, par Abnousse Shalmani
Boualem Sansal reste en prison. La câlinothérapie du Quai d’Orsay n’a pas fonctionné – comme c’était écrit. Pire : un deuxième journaliste français, Christophe Gleizes, 36 ans, a été condamné le 29 juin à sept ans de prison ferme par le tribunal de Tizi Ouzou, notamment pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national", lui qui s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un reportage sur le club de football de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK). Alger dit brutalement à Paris qu’elle n’a aucun pouvoir de coercition, aucune force et que ses discours, menaces, promesses de durcissement, c’est du chiqué, du pour rire. Le Quai d’Orsay peut se féliciter d’avoir deux otages français dans une Algérie qui choisit la voie de la mollahrchie et de sa politique des otages. De toute évidence cela fonctionne très bien avec une France qui semble avoir perdu tout sens des réalités devant des autocraties qui doivent encore se demander comment cela peut être aussi simple de faire plier la France de honte, de mollesse, de profil bas.
Pendant ce temps, en France, au lieu de retrouver nos fondamentaux, de se faire les chantres de la liberté d’expression absolue, on préfère suivre la voie des autocrates – vu que ça semble mieux fonctionner. Ainsi, les LR, menés par le député Vincent Jeanbrun, ont-ils déposé le 10 juin une proposition de loi visant à "interdire et sanctionner les contenus et discours à caractère anti-républicain". Le texte dénonce...
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11/07 - Désindexer les retraites ? Cette piste explosive qui gagne du terrain en France
Déjà envisagée par le conclave sur les retraites, l’hypothèse d’une désindexation des pensions en 2026 a pris un peu plus de crédit ce jeudi 10 juillet. Le Comité de suivi des retraites (CSR), un comité officiel de cinq experts chargé d’éclairer les pouvoirs publics, a fait des propositions en ce sens.
Il a "formulé une recommandation de rééquilibrage du système de retraites à l’horizon 2030", avec pour "levier principal" la sous-indexation des pensions, c’est-à-dire une réévaluation annuelle moins forte que l’inflation.Une solution pour rééquilibrer le système
Pour le CSR, dont l’avis tombe juste avant l’annonce mardi par François Bayrou de ses orientations pour redresser les finances publiques, le diagnostic est clair : "L’objectif de pérennité financière du système de retraites par répartition n’est pas respecté".
"Des marges de manœuvre existent" pour le rééquilibrer, compte tenu du fait que le niveau de vie des retraités français "reste élevé en comparaison européenne", écrit le CSR. Ce dernier atteint en moyenne "97 % de celui de la population", seuls l’Italie ou l’Espagne faisant jeu égal ou un peu meilleur en comparaison européenne, note-t-il.
Les experts, qui préconisent une désindexation cumulée d’au minimum 1,9 point jusqu’en 2030, prennent ainsi une position voisine de celle envisagée par le conclave sur les retraites. Celui-ci proposait une sous-indexation de 0,8 point l’an prochain, puis de 0,4 point les années suivantes.
Le CSR explique que cette opération doit se faire sur la base d’un principe d’égalité,...
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11/07 - Ukraine : ce que l’on sait de l’assassinat d’un agent des services secrets, tué en pleine rue à Kiev
C’est une attaque rare en plein cœur de la capitale ukrainienne. Ce jeudi 10 juillet, un agent des services de sécurité ukrainiens (SBU) a été tué par balles à Kiev, en plein jour. Dans un pays plongé depuis plus de trois ans dans une guerre totale contre la Russie, cette exécution ciblée, en plein cœur de Kiev, soulève de nombreuses interrogations. Voici ce que l’on sait.Que s’est-il passé jeudi matin ?
Peu après 8 heures, un homme cagoulé a ouvert le feu à cinq reprises sur un individu qui sortait de son immeuble, dans le district de Golosiïvsky, au sud-ouest de Kiev. Les faits ont été captés par une caméra de vidéosurveillance dont les images ont été diffusées sur des chaînes Telegram ukrainiennes. On y verrait un homme s’approcher calmement de sa cible, tirer avec un pistolet muni d’un silencieux, puis s’enfuir à pied dans la direction opposée.
Les forces de l’ordre, rapidement dépêchées sur place, ont découvert le corps d’un homme présentant plusieurs blessures par balle. Une enquête criminelle a immédiatement été ouverte pour "meurtre d’un employé du SBU", selon un communiqué du service de sécurité ukrainien relayé par l’AFP. Aucune interpellation n’a encore été annoncée.Qui est la victime ?
D’après le média indépendant Ukrainska Pravda, il s’agirait du colonel Ivan Voronytch, 51 ans. Une information pas encore confirmée officiellement par les autorités ukrainiennes, mais corroborée par plusieurs sources internes au SBU et anciens collègues. Ivan Voronytch aurait dirigé récemment la première division du 16e département...
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11/07 - Guerre en Ukraine : le Kremlin juge "inacceptable" le déploiement d’un contingent européen
Alors que les négociations autour d’un cessez-le-feu en Ukraine patinent depuis des semaines, le diplomate russe Sergueï Lavrov a proposé jeudi 11 juillet au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, selon ce dernier, une "nouvelle idée" à l’adresse de Washington, qui "pourrait potentiellement permettre d’ouvrir la porte" vers une issue possible au conflit en Ukraine. Le même jour, la Russie a lancé selon Kiev environ 415 drones et missiles sur son territoire. 155 drones ukrainiens ont aussi été interceptés par Moscou ce vendredi.
Donald Trump a annoncé de son côté "un nouvel accord entre les Etats-Unis, l’Otan et l’Ukraine", qui consisterait à vendre des armes américaines à l’Otan à plein prix, que l’Otan pourrait ensuite fournir gratuitement à l’Ukraine. Il a aussi indiqué qu’il ferait une "déclaration importante sur la Russie" lundi.
Les infos à retenir :
⇒ Le Kremlin juge "inacceptable" le déploiement d'un contingent européen en Ukraine
⇒ Donald Trump promet une "déclaration importante sur la Russie" lundi
⇒ Moscou a proposé une "nouvelle idée" à Washington concernant les négociationsLe Kremlin juge "inacceptable" le déploiement d'un contingent européen en Ukraine
Le Kremlin a jugé vendredi que tout déploiement d'une force européenne en Ukraine était "inacceptable", au lendemain de propos du président français Emmanuel Macron évoquant un potentiel déploiement d'une telle force en cas de cessez-le-feu. "La présence d'un contingent étranger près de nos frontières est inacceptable", a déclaré aux journalistes le...
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11/07 - Défense : face aux menaces, l’Elysée promet des "annonces majeures" d’Emmanuel Macron
Face à "l’aggravation des menaces" internationales, le président Emmanuel Macron va "tirer les conclusions en matière d’efforts de défense", dimanche lors d’un discours aux Armées, a annoncé jeudi 10 juillet l’Élysée, qui anticipe des "annonces majeures". Lors de sa traditionnelle allocution aux armées à la veille de la Fête nationale, Emmanuel Macron "prononcera un discours le 13 juillet qui sera très important et qui comportera des annonces majeures", a indiqué l’Élysée.
Alors que la Loi de programmation militaire (LPM) prévoit 413 milliards d’euros pour les armées entre 2024 et 2030, avec des augmentations budgétaires annuelles de 3 milliards, les menaces accrues pesant sur les intérêts de la France et de l’Europe ouvrent la porte à une possible hausse supplémentaire des ressources des armées. Et ce, dans un contexte de finances publiques mal en point et à quelques jours de l’annonce par François Bayrou de propositions pour réduire le déficit et la dette. Invité jeudi soir sur LCI, le Premier ministre a qualifié de "sacré" le budget de la défense. "L’état du risque en Europe et […] dans le monde est tel que nous n’avons pas le droit de baisser la garde, même pour des raisons budgétaires", a-t-il affirmé. D’après Les Echos, Emmanuel Macron pourrait donc annoncer des montants supplémentaires de deux ou trois milliards d’euros pour 2026.Un moment de "bascules"
Sur la base des conclusions de la Revue nationale stratégique qu’il avait commandée en janvier, et qui doit être publiée sous peu, "le président estime et il...
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11/07 - Trump, Covid-19, plan pandémie : après de multiples crises, l’OMS cherche à se réinventer
L’Express ouvre exceptionnellement ses colonnes à Emile Cavaleri, Mathilde Doucerain et Augustin Rigollot, des contributeurs issus du programme Médecine Humanités* de l’Ecole normale supérieure (ENS). Sous la direction du sociologue Emmanuel Didier, et du doctorant Valentin Maynier, ces étudiants sont allés enquêter sur les difficultés de l’Organisation mondiale de la santé, acculée par des années de crises multiples et l’effondrement du multilatéralisme.
4,2 milliards pour gérer la santé mondiale : tel sera le nouveau budget de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) après le retrait des États-Unis. L’instance internationale, garante de la coopération mondiale en matière de santé, devrait ainsi perdre 22 % de son budget, de quoi sérieusement endommager sa capacité à œuvrer à travers le monde. A titre de comparaison, les Hôpitaux universitaires de Genève, non loin des locaux de l’institution, consacrent entre 2 et 3 milliards à la santé d’un bassin de vie de moins d’un million d’habitants.
Ces quelques chiffres résument l’ampleur du défi que devra relever l’OMS pour espérer tenir son rôle dans les années à venir. Ils marquent aussi, et un peu plus, la perte de vitesse de l’institution, dont les difficultés n’ont pas débuté avec la réélection de Donald Trump. Depuis plusieurs décennies, l’organisation, mise à mal par la pandémie de Covid-19, enchaîne les crises et accumule les critiques, qu’elles portent sur sa gestion des épidémies, sur ses relations diplomatiques, ou sur les moyens humains et financiers à mettre à sa...
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11/07 - Droits de douane : Canada, surtaxe plancher… Donald Trump poursuit son offensive commerciale
L’ombre des menaces de surtaxes douanières américaines continue de planer sur le reste du monde. Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi 10 juillet qu’il envisageait d’imposer à partir du 1er août une surtaxe plancher de 15 à 20 % sur les produits des pays qui n’ont pas été notifiés de droits de douane spécifiques. Depuis lundi, une vingtaine de pays, principalement des pays asiatiques, ont reçu un courrier de Washington annonçant les droits de douane de 20 à 50 % qui leur seront appliqués au 1er août. Dans ses lettres, Donald Trump assure aussi que toute riposte sera sanctionnée par une surtaxe additionnelle.
Interrogé jeudi par NBC News sur le sort réservé aux pays n’ayant pas été notifiés de droits de douane individualisés, Donald Trump a répondu qu’il pourrait leur imposer une surtaxe plancher de 15 à 20 %. "Nous allons simplement dire que tous les pays restants vont payer, que ce soit 20 % ou 15 %. Nous allons régler cela maintenant", a déclaré Donald Trump à la chaîne américaine. Le président américain n’a pas précisé si cette surtaxe s’ajouterait aux droits de douane dits de base de 10 % qui visent déjà la plupart des produits entrant aux Etats-Unis depuis avril.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a fait des droits de douane un axe central de sa politique économique : levier de négociation pour obtenir des concessions de l’extérieur, moyen de défendre l’industrie nationale ou encore source de nouvelles recettes publiques. Il déteste l’idée que les Etats-Unis aient des...
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11/07 - Déficit : François Bayrou maintient l’objectif de 4,6 % du PIB en 2026
Invité sur LCI jeudi 10 juillet, François Bayrou est resté sur sa ligne de vouloir sortir la France du "piège mortel" de la dette, sans donner beaucoup d’indices sur ce qu’il prépare comme solutions pour redresser les finances publiques à l’heure de dévoiler ses orientations le 15 juillet.
Interrogé pendant une heure trente sur LCI, le Premier ministre a assuré que le gouvernement allait tenir son objectif de faire passer le déficit de 5,8 % actuellement à 4,6 % en 2026, à quelques jours de la présentation, mardi, des grandes lignes du budget 2026. "Le gouvernement va dire ce que sont les contraintes, les efforts nécessaires, les décisions à prendre pour qu’on se tire de ce piège mortel" du déficit et de la dette, a-t-il souligné, sans vouloir dévoiler ses pistes.
Depuis que François Bayrou a fait du redressement des finances publiques sa priorité, lors de la présidentielle de 2007, la dette n’a cessé de progresser pour atteindre fin mars 3 345,8 milliards d’euros, soit 114 % du PIB, plaçant le pays parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne, alors qu’elle ne pesait qu’environ 60 % du PIB fin 1995.
Quant au déficit, le pire de la zone euro l’an dernier à 5,8 % du PIB, le gouvernement entend le ramener sous le plafond européen de 3 % à l’horizon 2029, après des objectifs de 5,4 % en 2025 et 4,6 % en 2026.Pas d’augmentation d’impôts généralisée
Alors que certains groupes politiques suggèrent d’augmenter les impôts, le chef du gouvernement a admis qu’il "peut y avoir ici ou là des efforts particuliers"....
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11/07 - Les épidémies, arme inattendue d’Haïti face à Napoléon
Pour ce dernier épisode de notre série, nous retournons sur l’île d’Hispaniola, où Christophe Colomb avait débarqué en 1492. 300 ans plus tard, la conquête des Européens s’est poursuivie, comme nous le raconte Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière, spécialiste des maladies infectieuses, et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois.
La déclaration des droits de l’homme et une première abolition de l’esclavage en 1794 vont faire basculer l’avenir de Saint Domingue. Et arrive alors un personnage important : celui de Toussaint Louverture.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot.
Crédits : France 2, Univers Kids
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Pr Renaud Piarroux : "Dans l’histoire, les origines des épidémies ont toujours fait l’objet de manipulations"
Naissance des épidémies, épisode 4 : l’Empire romain et la première pandémie
Robert Kennedy Jr. raconte (encore) n’importe quoi sur les...
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11/07 - "L’Europe a une occasion unique de retrouver son influence" : le regard optimiste du patron de Standard Chartered
En ce début d’été, comme chaque année, Bill Winters a fait un saut à Paris pour rencontrer les équipes locales de Standard Chartered et enchaîner les rendez-vous avec ses clients en France. "The world is a mess, but the business is fine !", clame le directeur général monde de l’établissement : le monde est sens dessus dessous, mais les affaires tournent pour cette banque d’affaires dont les origines remontent à 1853, du temps où elle accompagnait les échanges commerciaux au sein du vaste empire britannique.
Depuis, la maison a conservé son expertise asiatique, prisée par les entreprises européennes qui "investissent massivement" sur le continent, constate le patron américain, basé à Londres. Cet ancien banquier de JPMorgan se montre optimiste sur la capacité de l’Europe à sortir gagnante du tumulte mondial actuel. Le marché français déjà, se montre très dynamique. Il va bientôt falloir pousser les murs du bureau parisien de la rue de Monceau, dont les effectifs ont doublé en trois ans.
L’Express : Vous dirigez Standard Chartered depuis 2015. Comment avez-vous vu évoluer le commerce international depuis une décennie ?
Bill Winters : A mon arrivée, l’équation commerciale était encore simple. C’était juste avant que Donald Trump entre à la Maison-Blanche, en 2016 – à l’époque beaucoup de bruit, mais peu d’action. Historiquement présent en Asie, Standard Chartered a pu voir de près la croissance chinoise, basée sur les exportations.
Mais il devenait évident qu’elle n’était plus le producteur le moins cher. L’Inde,...
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10/07 - Cessez-le-feu à Gaza : Benyamin Netanyahou pose ses conditions
Un nouveau cessez-le-feu verra-t-il bientôt le jour à Gaza ? Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a indiqué mercredi qu’un accord pourrait être proche, après des rencontres à Washington avec le président Donald Trump.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’est dit prêt à négocier un cessez-le-feu permanent à Gaza au cours d’une trêve de 60 jours à condition que le territoire palestinien soit démilitarisé, dans une vidéo diffusée jeudi 10 juillet alors que des négociations indirectes sont en cours avec le Hamas. "Au début de ce cessez-le-feu (de 60 jours), nous entamerons des négociations sur la fin définitive de la guerre", a-t-il déclaré depuis Washington, énumérant plusieurs conditions : "Le Hamas doit déposer les armes, Gaza doit être démilitarisée, le Hamas ne doit plus avoir de capacités militaires ni de gouvernance." "Si cela peut être obtenu par la négociation, tant mieux. Sinon, nous l’obtiendrons par d’autres moyens, par la force de notre armée héroïque", a-t-il ajouté.Libération de 10 otages
La veille, le Hamas a affirmé avoir accepté de libérer dix des otages qu’il retient à Gaza, en évoquant des négociations difficiles indirectes avec Israël, menées depuis dimanche à Doha par le biais des médiateurs (Qatar, Etats-Unis, Egypte). Le projet d’accord en discussion prévoit, selon Washington, une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des...
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10/07 - Immigration, nucléaire : Emmanuel Macron et Keir Starmer dévoilent de nouvelles coopérations
Au sortir de leur nouvelle entrevue à Londres, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont annoncé, ce jeudi 10 juillet, une série de mesures visant à renforcer la coopération entre Londres et Paris. Parmi les plus importantes figures celle sur la dissuasion nucléaire, qui représente une évolution majeure de la doctrine sur le sujet.
"Nous allons approfondir notre coopération dans le domaine de la dissuasion", a indiqué le président français, en rappelant que Paris et Londres sont "les deux seuls Etats dotés" de la bombe atomique en Europe. Un pas important pour faire face à la dégradation de la sécurité en Europe, compliquer les calculs de la Russie et rassurer les alliés européens soucieux de l’avenir du parapluie nucléaire américain. La déclaration, signée, doit indiquer "pour la première fois que les moyens de dissuasion respectifs des deux pays sont indépendants mais peuvent être coordonnés". Les deux pays affirment "qu’il n’existe aucune menace extrême sur l’Europe qui ne susciterait une réponse des deux".Accord pour un échange de migrants
Lors d’une conférence de presse conjointe qui concluait sa visite d’Etat de trois jours au Royaume-Uni, le président français a déploré une "incitation" à traverser la Manche depuis le Brexit en 2020, en expliquant qu’il n’existait plus depuis "aucun accord migratoire avec l’Union européenne". Alors que plus de 21 000 personnes ont traversé la Manche pour rejoindre l’Angleterre depuis janvier, un record pour cette période de l’année, Keir Starmer et Emmanuel Macron ont annoncé un...
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10/07 - Catherine Fieschi : "En Europe, la frontière entre camp ’mainstream’ et extrême droite s’effrite"
Mort de Jean-Marie Le Pen ; victoire de Karol Nawrocki, le candidat du PiS proche de Trump, en Pologne ; score historique de l’AfD en Allemagne ; poussée du parti Chega, au Portugal… L’actualité de ces six derniers mois a été largement animée par les droites populistes. Auteur de Populocracy. The Tyranny of Authenticity and the Rise of Populism (Agenda Publishing, 2019), l’analyste politique franco-britannique Catherine Fieschi est l’une des meilleures spécialistes européennes du populisme. Cette chercheuse associée à l’institut universitaire européen de Florence analyse pour L’Express l’évolution de ces forces politiques et évalue les différentes stratégies des partis gouvernementaux pour les contrer.
L’Express : Dès le début des années 1990, vous vous êtes intéressée au populisme. Vos recherches de doctorat portaient sur le Front national (FN) et Jean-Marie Le Pen. Pourquoi ce choix ?
Catherine Fieschi : Si je suis partie de la France et du Front national, c’est parce que le FN était l’une des premières manifestations d’une extrême droite (politique, et pas seulement "intellectuelle") résurgente ; mais aussi parce qu’il me semblait que les institutions de la Ve République constituaient une occasion en or pour le populisme en France. L’imaginaire républicain et son citoyen en rapport direct avec la chose publique, allié au système présidentiel ultrapersonnalisé de la Ve, encourageraient l’extrême droite à se convertir à un populisme qui saurait exploiter la frustration née du décalage entre la promesse d’une...
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10/07 - Iran : le jeune cycliste franco-allemand disparu mi-juin a été "arrêté"
Le jeune franco-allemand, qui n’avait plus donné signe de vie depuis le 16 juin, alors qu’il traversait l’Iran à vélo, "a été arrêté pour avoir commis un délit", a annoncé ce jeudi 10 juillet le chef de la diplomatie iranienne au quotidien Le Monde.
"Une notification officielle concernant sa situation a été transmise à l’ambassade de France", a déclaré Abbas Araghchi. Interrogé par l’AFP, le ministère français des Affaires étrangères a répondu être "en contact avec les autorités iraniennes au sujet de la situation" de ce ressortissant français. "Nous sommes également en lien avec la famille", a-t-il ajouté, se refusant à faire d’autres commentaires "s’agissant d’une affaire qui met en jeu la sécurité" d’un Français. "Nous réitérons notre appel à tous les ressortissants français à ne pas se rendre en Iran", ajoute le ministère.
Cette semaine, le Quai d’Orsay avait exhorté les Français à ne pas se rendre en Iran ou à quitter le territoire iranien, martelant que l’Iran menait "une politique délibérée", "assumée de prise d’otages des Occidentaux"."Un voyage à vélo d’un an"
Dans un post publié le 12 juin, soit quatre jours avant sa disparition, le jeune touriste, passionné de sport, avait expliqué que son passage par ce pays avait "fait l’objet de vifs débats" avec son entourage. Le jeune homme semblait estimer que la dangerosité présumée de l’Iran était exagérée.
Un avis de recherche avait été posté récemment sur Instagram par les proches du jeune homme, qui a aussi la nationalité allemande.
Avant d’entamer son voyage, Lennart...
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10/07 - Dominique de Villepin : la stratégie derrière son retour
C’est la personnalité politique préférée des Français, et a fortiori chez les moins de 30 ans, qui n'ont donc pas connu l'homme à l'apogée de sa carrière politique. Dominique de Villepin, personnage emblématique de l’ère chiraquienne, revient depuis quelques mois sur le devant de la scène. France 5, BFMTV, LCI, France Inter, Mediapart, Hugo Décrypte … Il est sollicité partout pour décrypter une actualité géopolitique chaque jour plus illisible.
Avec son nouveau parti "La France humaniste", lancé le 23 juin dernier, l’ancien Premier ministre entend incarner une France mondialiste. Il attire des sympathisants de différents horizons, et notamment, chose curieuse pour un homme issu de la droite, des électeurs de... Jean-Luc Mélenchon.
"Dominique de Villepin, c'est aussi une carrière politique fracassée par l'affaire Clearstream. Il considère donc qu’il aurait dû avoir un destin national qu’il n’a pas eu", analyse Émilie Lanez, grand reporter à L’Express, qui livre dans cette vidéo les coulisses de son enquête sur les véritables raisons de son retour en politique.
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10/07 - Droits de douane UE-États-Unis : "Donald Trump n’a visiblement pas retenu les leçons de l’Antiquité"
C’est toute la mouvance Maga, de J.D. Vance à Steve Bannon, obsédée par la chute de l’Empire romain. Ce sont des milliardaires de la tech qui tweetent en latin tel Elon Musk, ou posent avec des tee-shirts "Carthage doit être détruite" tel Mark Zuckerberg. Dans les relations internationales, le "piège de Thucydide" a remplacé le "choc des civilisations" comme théorie en vogue, prédisant un choc inéluctable entre Etats-Unis et Chine sur la base de la rivalité entre Sparte et Athènes. La France n’échappe pas à cette vague antique. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau aime employer le mot "barbares". Un milliardaire conservateur, Pierre-Edouard Stérin, a baptisé son projet politique "Périclès". Dans un discours retentissant, le sénateur Claude Malhuret a lui comparé Donald Trump à Néron.
Rome, Athènes ou Sparte sont omniprésents dans nos imaginaires. Mais quelles leçons peut-on réellement tirer ou non de la mondialisation romaine, des "invasions barbares" ou des guerres intestines entre cités grecques ? Bret Devereaux est spécialiste de l’histoire économique et militaire dans le monde méditerranéen antique, professeur assistant à l’université de Caroline du Nord et contributeur régulier de la revue Foreign Policy. Il nous explique en quoi l’Antiquité nous éclaire sur les tarifs douaniers de Donald Trump, la fragilité de nos institutions, l’immigration ou le conflit entre les Etats-Unis et la Chine.
L'Express : Pourquoi avez-vous comparé la passion de Donald Trump pour les droits de douane au mépris des...
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10/07 - Sabotages russes en Europe : les inquiétudes des services de renseignement
A coup de désinformation et parfois d’explosions, les actions de sabotage russes se sont multipliées sur le sol européen depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. En trois ans, la nature des actions a changé de paradigme, pour devenir plus violente et brutale, si bien que, selon l’agence de presse américaine Associated Press, les services de renseignements européens seraient inquiets de leur dangerosité.
"Au début de la campagne de sabotage de la Russie, le vandalisme était très courant, avec la défiguration de monuments ou des graffitis, a déclaré un haut responsable du renseignement européen auprès de AP. Pour mémoire, en France fin octobre 2023, des étoiles de David bleues avaient été taguées sur les murs de la capitale. Des enquêtes avaient par la suite révélé que ces tags avaient été commandités par un vaste réseau de désinformation russe. "Mais, au cours de la dernière année, cette campagne de sabotage s’est transformée en incendies criminels et en assassinats", poursuit le même responsable.Incendie et explosions
Pour preuve, à Londres, depuis le début du mois de juin, un surprenant procès se tient à l’Old Bailey, la Cour centrale de la Couronne britannique. Elle est connue pour traiter les principaux cas criminels du pays. Six hommes, âgés de 20 à 61 ans, comparaissent accusés d’avoir incendié un entrepôt de l’est de Londres stockant du matériel pour l’Ukraine en 2024, sous les ordres du groupe de mercenaires russes Wagner. "Les preuves contre eux sont accablantes", a déclaré l’un des procureurs au début du...
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10/07 - Mort d’Olivier Marleix : "L’extrême gauche et l’extrême droite communient dans le complotisme"
Depuis la mort du député Olivier Marleix, il ne fait pas bon lire les messages postés sur les réseaux sociaux par les plus complotistes de nos personnalités politiques ou médiatiques. Les circonstances du décès du député Les Républicains, opposant revendiqué et virulent à Emmanuel Macron, ont immédiatement alimenté la machine à fantasmer des assassinats politiques. "Olivier Marleix is the new Robert Boulin", a ainsi écrit le journaliste Arnaud Viviant, résumant en un tweet la pensée dominante dans la complosphère. Et la théorie du complot fait ici consensus.
D’un extrême à l’autre… Qu’ils s’appellent Nicolas Dupont-Aignan, Gilbert Collard, Florian Philippot, politiques engagés très à droite, ou Aude Lancelin, Arnaud Viviant, journalistes engagés très à gauche, tous se rejoignent dans un bel esprit de communion autour de lourds sous-entendus selon lesquels l’ancien président du groupe LR à l’Assemblée aurait payé de sa vie sa dénonciation du rachat d’Alstom, fleuron de l’industrie française, par l’américain General Electric.
Dans cet univers qui gravite loin de la raison et des faits, entretenant souvent une proximité avec le pouvoir russe, on croit dur comme fer qu’un président de la République français peut commanditer des assassinats et les maquiller en suicides. L’Express a demandé à Rudy Reichstadt, fondateur du site Conspiracy Watch, de décrypter ces réactions aussi pavloviennes qu’effarantes, qui toutes reposent, d’abord et avant tout, sur un fait indiscutable et tragique : la mort d’un homme, qu’on ne laisse pas...
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10/07 - Quelles pistes pour encadrer l’IA ? Ce que propose la Commission européenne
La Commission européenne a publié, ce jeudi 10 juillet, des recommandations pour encadrer les modèles d’intelligence artificielle "à usage général" (GPAI), comme ChatGPT et Gemini. L’objectif est de pousser l’industrie à se conformer à la législation européenne très ambitieuse sur l’IA (IA Act), dont les principales mesures entreront en vigueur au cours des prochaines semaines.
Publié après plusieurs reports, ce code de bonnes pratiques, élaboré avec des experts indépendants, met l’accent sur trois volets : la transparence, les droits d’auteur et la sûreté et la sécurité.Les pistes recommandées
Les deux premiers concernent "tous les fournisseurs (développeurs) de GPAI", précise le texte, alors que les recommandations sur la sûreté et la sécurité ne concernent qu’un nombre limité de fournisseurs des modèles les plus avancés.
Pour la transparence, la Commission propose aux fournisseurs un modèle de formulaire de documentation convivial, qui leur permet "de documenter facilement les informations nécessaires en un seul endroit". Le code détaille aussi différentes "solutions pratiques" pour les GPAI, afin qu’ils s’assurent que la politique mise en place "soit conforme au droit d’auteur de l’UE". Il recommande notamment d’exclure de ses modèles les sites connus pour des actes répétés de piratage.
Pour la sûreté et la sécurité, le code précise les "pratiques les plus récentes en matière de gestion des risques systémiques" (tels des atteintes aux droits fondamentaux ou ceux liés à la perte de contrôle sur le modèle), qu’il...
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10/07 - François Hollande et la dissolution, l’obsession Betharram de François Bayrou
C'est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil. Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier a été renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination. François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.
[Retrouvez les indiscrets de L'Express dès le 4 septembre. Et sans attendre, pour plus de coulisses et d'indiscrétions politiques, rejoignez notre canal Instagram "Ça reste entre nous"]Les retrouvailles Villepin, Barnier et Le Maire
Champagne à volonté, jambon hors d’âge, mais pas seulement… Il y avait du beau monde mardi 8 juillet dans la cour aux Ernests de l’Ecole normale supérieure, pour la soirée estivale de la revue du Grand continent. On pouvait y croiser Dominique de Villepin, Michel Barnier, Bruno Le Maire et quelques diplomates de haut rang, comme Jean-David Levitte ou Philippe Etienne. Le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares en a profité pour tenir un discours à la gloire du multilatéralisme. Villepin et Le Maire, qui ont longtemps travaillé ensemble (le second fut la plume puis le directeur de cabinet du premier), continuent de se voir régulièrement, même si leurs ambitions sont désormais voisines.Quand Hollande songea à dissoudre
Il est le dernier président… à ne pas avoir dissous l’Assemblée nationale. François Hollande a pourtant étudié l’hypothèse après les attentats de novembre 2015. Si le pays...
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10/07 - Au RN, récit d’une semaine noire : Marine Le Pen perd une bataille, le siège perquisitionné…
Le 31 mars dernier, le couperet tombait : Marine Le Pen était reconnue coupable par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir orchestré un vaste système de détournement de fonds publics européens de 4,4 millions d’euros entre 2004 et 2016. La justice la considère comme l’élément central d’un montage ayant permis de financer, via des assistants parlementaires fictifs, des emplois de permanents au sein du Front national, désormais Rassemblement national. La sanction est lourde : quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité immédiate.
Depuis, les casseroles que traîne le parti ne cessent de se multiplier. En l’espace de quelques jours, une enquête européenne, une perquisition spectaculaire et un revers devant la Cour européenne des droits de l’homme sont venus s’ajouter à cette condamnation. De Bruxelles à Paris, en passant par Strasbourg, récit d’une semaine noire pour le RN.Une enquête ouverte pour irrégularités financières
La semaine a mal commencé pour le parti d’extrême droite. Mardi 8 juillet, le parquet européen a annoncé l’ouverture d’une enquête sur d’éventuelles irrégularités financières concernant l’ancien groupe politique Identité et Démocratie (ID), auquel le RN était affilié au Parlement européen. Selon un rapport interne révélé par la presse, plus de 4,3 millions d’euros auraient été "dépensés indûment entre 2019 et 2024".
Si le RN n’occupait pas la direction de ce groupe dominé à l’époque par la Ligue italienne, une large part des sommes incriminées aurait...
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10/07 - Municipales 2026 : la nouvelle loi PLM expliquée en infographies
Victoire pour le camp présidentiel. Après plusieurs semaines de débats houleux au Parlement, la proposition de loi réformant le mode de scrutin dans les trois plus grandes villes de France a été adoptée en troisième lecture à l’Assemblée nationale ce jeudi 10 juillet. A plusieurs reprises, elle avait été rejetée par le Sénat où les groupes socialistes et républicains, opposés au texte, représentent environ deux tiers des élus. Qu’à cela ne tienne : la chambre basse dispose du dernier mot et la loi a donc été adoptée avec 112 voix pour et 28 voix contre (sur 577 députés au total). Dans un rare moment de convergence, les députés de la France insoumise et du Rassemblement national se sont joints à leurs collègues de la majorité.
Il faut dire que c’était un véritable serpent de mer. Depuis son adoption en 1982, la loi dite "PLM", qui régit les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille, est vivement décriée. Défendue à l’origine par Gaston Defferre, maire de la cité phocéenne jusqu’en 1986, elle avait comme objectif de décentraliser le pouvoir communal en créant des conseils d’arrondissements dotés de certaines marges de manœuvre politiques. Mais très vite, la loi a été accusée de favoriser certains secteurs plus peuplés au détriment des secteurs moins denses.Municipales : une élection, plusieurs modes de scrutin.
Concrètement, ce système introduisait un phénomène assimilable à celui des "swing states" américains. Autrement dit, grâce au phénomène de prime majoritaire, un maire élu de justesse dans un arrondissement très...
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10/07 - Parlement européen : la motion de censure contre Ursula von der Leyen largement rejetée
L'issue du vote ne laissait guère de place au suspense : le Parlement européen a largement rejeté jeudi 10 juillet à Strasbourg une motion de censure initiée par l'extrême droite visant Ursula von der Leyen.
Issue de la droite, la présidente de la Commission européenne conserve le soutien des alliés sociaux-démocrates et centristes malgré les tensions en interne. Loin du minimum requis de 361 voix, la motion a été soutenue par 175 eurodéputés, surtout d'extrême droite, avec une douzaine de parlementaires de la gauche radicale.
Au sein de l'extrême droite, les Italiens du parti de Giorgia Meloni, plus conciliants avec Ursula von der Leyen, n'ont pas pris part au scrutin. 360 eurodéputés - droite, centre, sociaux-démocrates et une partie des verts - se sont opposés à la censure et 18 parlementaires se sont abstenus.
Première force dans l'hémicycle, la droite (PPE) a fait bloc autour de la présidente de la Commission. "Nous constituons le facteur de stabilité du projet européen. Nous avons donné à la Commission européenne la force dont elle a besoin en cette période de turbulences mondiales", a revendiqué le président du groupe Manfred Weber.
L'hémicycle n'a pas fait le plein, signe du peu de suspense autour de cette initiative vouée à l'échec, mais aussi, peut-être, des crispations au sein du camp dit "pro-européen". Critiques
Cette tentative de censure avait en effet donné lieu à un débat agité dans l'hémicycle lundi. La dirigeante allemande n'avait pas échappé aux critiques de la gauche et du centre, qui...
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10/07 - Ukraine : les plans pour une future force de garantie d’un cessez-le-feu sont "prêts", affirment Paris et Londres
Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont assuré, ce jeudi 10 juillet, que les plans de la coalition des pays volontaires pour garantir un futur cessez-le-feu entre Kiev et Moscou étaient "prêts", tout en appelant à accroître la "pression" sur la Russie.
Les deux dirigeants ont coprésidé depuis le centre de commandement de l'Otan de Northwood, au nord-ouest de Londres, une réunion par visioconférence de cette "coalition des pays volontaires", engagés pour garantir la sécurité de l'Ukraine et un futur cessez-le-feu entre Kiev et Moscou, et lancée début 2025 par Paris et Londres.
Les infos à retenir :
⇒ Les plans pour une future force de garantie d’un cessez-le-feu sont "prêts", affirment Emmanuel Macron et Keir Starmer
⇒ L’UE promet 2,3 milliards d’euros pour la reconstruction de l’Ukraine
⇒ Une nouvelle attaque russe d’ampleur sur l’UkraineLes plans pour une future force de garantie d’un cessez-le-feu sont "prêts" affirment Emmanuel Macron et Keir Starmer
Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron ont appelé ce jeudi à accroître "la pression" sur la Russie pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine, et ont assuré que les plans de la coalition des pays volontaires pour garantir ce cessez-le-feu sont "prêts".
"Nous devons réorienter nos efforts vers la préparation de la paix, en forçant Poutine à se rendre à la table des négociations […]. Cette pression coordonnée fera la différence", a déclaré Keir Starmer, tandis...
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10/07 - Management : et si on se fichait du sens au travail ? Par Christophe Genoud
Votre travail a-t-il un sens ? Ou bien occupez-vous un "bullshit job" dont la nature est précisément de ne pas en avoir ? Ces questions hantent les pages de nos journaux, les posts de nos réseaux sociaux professionnels, les conférences sur le management et le leadership, et les cabinets de coachs. Que l’on déplore sa disparition ou que l’on se mette en quête de le (re)trouver, le sens au travail est devenu une obsession. Mais au fond, ce questionnement a-t-il lui-même un sens ? Et si on se fichait du sens au travail ?
Face à la question du sens de son travail, trois postures sont possibles. La première consiste à constater que l’on a la chance d’exercer un métier qui en a, ce qui nous met sur le chemin de la performance, de l’accomplissement et de l’engagement ; chemin qui peut aussi, à force d’en faire toujours plus, mener au surengagement et au burn-out. La seconde, au contraire, repose sur le constat que son travail n’a pas ou plus de sens. La mécanique de la démotivation et du bore-out s’enclenche alors rapidement. La troisième, plus radicale, consiste à se ficher royalement de l’importance du sens pour ne pas avoir à se plaindre des conséquences de son trop-plein ou de son absence. C’est la posture du dégagement. Non pas au sens de quitter l’entreprise, mais dans celui de se dire simplement : "mon travail n’est pas le lieu de mon accomplissement, c’est le moyen de subvenir à ma subsistance. Le sens de ma vie est ailleurs."
Cette dernière posture entre en opposition frontale avec le management...
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10/07 - Bêtes noires de Donald Trump, les anciens chefs du FBI et de la CIA visés par des enquêtes
Le ministère de la Justice américain a reconnu mercredi 9 juillet avoir ouvert des enquêtes criminelles visant l’ancien directeur du FBI James Comey et l’ancien directeur de la CIA John Brennan — deux cibles fréquentes de Donald Trump, qui ont joué un rôle dans l’enquête sur les liens entre sa campagne de 2016 et la Russie. Selon Fox News, l’enquête policière vise les deux anciens responsables pour de possibles "agissements répréhensibles" à l’occasion de l’enquête sur des soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de Donald Trump.
Lors de son premier mandat (2017-2021), le président républicain avait brutalement limogé James Comey en 2017, alors que le FBI enquêtait sur d’éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle. L’enquête avait alors été confiée au procureur spécial Robert Mueller, son prédécesseur à la tête du FBI. Quant à John Brennan, directeur de la CIA sous Barack Obama, Donald Trump avait révoqué son habilitation secret-défense en 2018. Brennan avait notamment dénoncé une "collusion" entre l’entourage de Donald Trump et la Russie.Mensonge au Congrès et 86 en coquillage
Auprès du Washington Post, des sources anonymes confient que "le directeur de la CIA, John Ratcliffe, avait transmis la semaine dernière le dossier de Brennan au FBI pour qu’il fasse l’objet d’une enquête criminelle pour avoir prétendument menti au Congrès". Cette accusation fait référence à la publication d’une évaluation par la CIA de Brennan en 2017, qui concluait que le président russe Vladimir Poutine avait cherché...
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10/07 - Sept mois après Chido, le projet de loi pour "refonder Mayotte" définitivement adopté
Sept mois après le passage de l’ouragan Chido, le Parlement a définitivement adopté jeudi 10 juillet le projet de loi pour "refonder" Mayotte, département le plus pauvre de France confronté avant même le cyclone à d’immenses défis. Un ultime vote favorable du Sénat, à 228 voix contre 16, a permis à ce texte d’aboutir. Il attend désormais sa promulgation par le président de la République.
Ce texte constituera "une étape vers une meilleure protection des Mahorais, vers l’égalité réelle, vers un développement concret et puissant du territoire au service de la population", a salué Manuel Valls, le ministre des Outre-mer.
Cette "loi-programme" décline notamment 4 milliards d’euros d’investissements publics sur six ans et inscrit pour la première fois dans la loi la convergence sociale, c’est-à-dire l’alignement des droits sociaux avec les montants de l’Hexagone, avec pour horizon 2031. A Mayotte, 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national, et le RSA, par exemple, y est encore deux fois plus bas.
Dernier texte de loi à passer les griffes du Parlement avant la pause estivale, il vient clore une session parlementaire extraordinaire assez fructueuse pour le gouvernement, qui aura réussi à faire aboutir plusieurs textes malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale.La gauche dénonce une "obsession" pour l’immigration
Cette loi pour "refonder Mayotte", fruit d’un compromis entre députés et sénateurs, avait été validée mercredi par les députés, avec le soutien de la coalition gouvernementale et...
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10/07 - Dossier Spécial 60 ans de la loi du 13 juillet 1965 : la loi qui a changé la vie des Françaises
Chapitre 1 1965 : la loi qui libère l’économie des femmes
En libérant les femmes de la tutelle économique maritale, une réforme historique a posé les bases de leur autonomie financière. Quels effets concrets cette avancée a-t-elle eus sur la société et l’économie ? L’historienne Sylvie Chaperon et Typhaine Lebègue, docteure en sciences de gestion et première femme en France à avoir consacré une thèse à l’entrepreneuriat sous l’angle du genre, analysent les profondes transformations qui en ont découlé.Un tournant pour les droits des femmes
Elle ne figure pas dans les livres d’Histoire et pourtant... Pour les femmes françaises, la loi du 13 juillet 1965 représente une révolution qui, à jamais, va changer leur place dans la société. Car aussi fou que cela puisse paraître, avant cette loi, une femme mariée était considérée juridiquement « mineure » dans de nombreux domaines. Elle devait obtenir l’accord de son mari pour travailler, signer un contrat ou gérer ses biens. Comme l’explique Sylvie Chaperon, historienne, « les femmes pouvaient créer leur propre entreprise à condition que le mari donne son accord. » « Ce n’est qu’en 1965 que les maris n’ont plus eu le droit de s’opposer à ce que leurs femmes travaillent où bon leur semble », précise Sylvie Chaperon. Cette loi marque ainsi « un tournant décisif dans la conquête des droits économiques des femmes mariées en France » confirme Typhaine Lebègue, chercheuse en études de genre. Elle a agi comme un véritable catalyseur pour l’entrepreneuriat féminin, ouvrant la voie à une...
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10/07 - Les dictateurs et le sexe - Notre série d’été
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10/07 - Guerre à Gaza : l’UE annonce un accord avec Israël pour étendre l’aide humanitaire
Le Hamas s’est dit prêt à libérer des otages pour faciliter les pourparlers avec Israël et parvenir à un accord de paix à Gaza, mercredi 9 juillet au soir. Le même jour, de nouvelles frappes israéliennes ont tué 52 civils palestiniens, dont des enfants. L’administration de Donald Trump, allié principal du gouvernement de Benyamin Netanyahou, a annoncé le même jour imposer des sanctions à la rapporteure spéciale de l'ONU pour les Territoires palestiniens à Genève, Francesca Albanese, pour avoir critiqué le soutien américain à Israël et demandé l’émission d’un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou à la CPI.
Les infos à retenir
⇒ L'UE annonce un accord avec Israël pour étendre l'aide humanitaire à Gaza
⇒ Le Hamas se dit prêt à libérer dix otages
⇒ 52 morts à Gaza dans des opérations militaires israéliennesL'UE annonce un accord avec Israël pour étendre l'aide humanitaire à Gaza
L'Union européenne a trouvé un accord avec Israël pour étendre l'aide humanitaire à Gaza, a annoncé ce jeudi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. "Cet accord signifie que davantage de points de passage seront ouverts, que plus de camions d'aide et de nourriture entreront dans la bande de Gaza", a assuré cette dernière sur X.
Today, we reached an agreement with Israel to expand humanitarian access to Gaza.
This deal means more crossings open, aid and food trucks entering Gaza, repair of vital infrastructure and protection of aid workers.
We count on Israel to implement every measure agreed.— Kaja Kallas (@kajakallas) July 10, 2025...
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10/07 - Droits de douane : Donald Trump vole au secours de Jair Bolsonaro et cible le Brésil
La crise entre les Etats-Unis et le Brésil est montée d’un cran mercredi 9 juillet, avec l’annonce par Donald Trump de son intention d’imposer 50 % de droits de douane additionnels sur les produits brésiliens en représailles aux poursuites lancées contre l’ex-président Jair Bolsonaro. Tant et si bien que le réal brésilien a chuté à son plus bas niveau depuis début juin.
Au cœur du bras de fer : le sort de l’ancien chef d’Etat d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), allié du président américain Donald Trump. Jugé pour tentative de coup d’Etat, il risque jusqu’à 40 ans de prison s’il est condamné lors de son procès face à la Cour suprême, qui pourrait s’achever dans les prochains mois. L’ultra-conservateur est accusé d’avoir été le "leader d’une organisation criminelle" ayant conspiré pour son maintien au pouvoir après l’élection présidentielle d’octobre 2022, finalement remportée par le chef de file de la gauche brésilienne, Luiz Inacio Lula da Silva.Donald Trump soutient son homologue d’extrême droite
C’était sans compter la réaction de Donald Trump. Dans une lettre adressée mercredi à Lula, le locataire de la Maison-Blanche affirme que "la manière dont le Brésil a traité l’ancien président Bolsonaro est une honte internationale". Les poursuites judiciaires contre lui sont "une chasse aux sorcières qui doit cesser immédiatement", ajoute-t-il, reprenant ses sempiternels éléments de langages.
Le président américain accuse également le Brésil d'"attaques insidieuses contre les élections libres et la liberté d’expression...
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10/07 - Le "réarmement démographique", une illusion depuis l’Empire romain
L’appel au "réarmement démographique" d’Emmanuel Macron à l’aube de l’année 2024, en a fait sourire certains, grincer des dents d’autres, mais a le mérite d’avoir braqué les projecteurs sur l’inquiétant recul de la natalité en France. Depuis, le sujet s'est imposé dans le débat public, porté par la publication de chiffres toujours plus préoccupants. En 2024, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’est effondré à 1,62 enfant par femme, contre 1,66 en 2023, soit le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. L’actuel locataire de l’Élysée est toutefois loin d’être le premier responsable à s’inquiéter des conséquences d’une baisse de la natalité.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale déjà, le général de Gaulle avertissait devant l’Assemblée consultative provisoire : "S’il est acquis que, décidément, le peuple français ne se multiplie plus, alors la France ne peut plus rien être qu’une grande lumière qui s’éteint". Et le chef de la France libre d’évoquer son prochain "grand plan" pour donner vie à "douze millions de bébés" en dix ans. Vingt ans et une gigantesque politique sociale et familiale plus tard, Charles de Gaulle, élu entre-temps par deux fois président de la République, en est toujours convaincu : "L’accroissement de notre peuple doit être le premier de nos investissements".Auguste ou l’invention d’une politique nataliste
Difficile de ne pas songer à la tirade d’Auguste, rapportée par l’historien romain Cassius Dion dans son Histoire...
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10/07 - Parlement européen : ce que révèle la motion de censure contre Ursula von der Leyen
Un an après sa réélection à la tête de la Commission européenne à une courte majorité, Ursula von der Leyen affronte, ce jeudi 10 juillet, une motion de censure déposée par l’extrême droite. Si celle-ci n’a que très peu de chance d’aboutir, le débat qu’elle a ouvert ces derniers jours a néanmoins mis en lumière les divisions au sein de la majorité pro-européenne - les centristes et les socialistes en profitant pour régler leurs comptes avec la cheffe de l’exécutif.
À l’origine de cette motion de censure, on retrouve un groupe hétéroclite d’élus anti-Europe, comme des ultra-conservateurs polonais, des non-affiliés supporters de Vladimir Poutine, mais surtout le député roumain Gheorghe Piperea (du parti d’extrême droite AUR), membre du groupe ECR (eurosceptiques). C’est lui qui a déposé le texte, qui accuse Ursula von der Leyen "d’opacité" dans le scandale du "Pfizergate".Motion fourre-tout
Pour rappel, Ursula von der Leyen avait été accusée, au moment de la pandémie, de ne pas avoir fait preuve de suffisamment de transparence dans la gestion des commandes de vaccins contre le Covid. Elle n’avait notamment jamais rendu public un échange de SMS avec le PDG de Pfizer Albert Bourla, quand l’Union européenne négociait l’achat de vaccins auprès de ce laboratoire américain. Cette opacité a suscité des plaintes de diverses associations et personnes, ainsi que du New York Times, sans que le contenu de ces messages n’ait été rendu public à ce jour.
La motion reproche également à la Commission d’avoir interféré dans les élections...
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10/07 - Dissuasion nucléaire : la France et le Royaume-Uni prêts à se "coordonner" pour protéger l’Europe
La France et le Royaume-Uni sont prêts à "coordonner" leur dissuasion nucléaire et à protéger l'Europe de toute "menace extrême", une évolution majeure de leur doctrine dans le contexte de la dégradation de la sécurité européenne, ont annoncé mercredi 9 juillet les deux pays.
A l'occasion d'une visite d’État au Royaume-Uni, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer vont signer jeudi une nouvelle déclaration, qui "affirmera pour la première fois que les moyens de dissuasion respectifs des deux pays sont indépendants mais peuvent être coordonnés", ont indiqué le ministère britannique de la Défense et la présidence française. Ils ajoutent "qu'il n'existe aucune menace extrême sur l'Europe qui ne susciterait une réponse des deux pays", sans préciser la nature de cette réponse.
La souveraineté sur la décision d'engager le feu nucléaire reste entière, mais "tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations", affirment les deux pays.
Selon la présidence française, "un groupe de supervision nucléaire", coprésidé par l’Élysée et le Cabinet Office britannique, sera chargé de "coordonner la coopération croissante dans le domaine de la politique, des capacités et des opérations".Missiles
Cela fait 30 ans, depuis la déclaration conjointe dite de "Chequers" en 1995, que le Royaume-Uni et la France - seules puissances nucléaires en Europe occidentale - n'avaient pas fait évoluer le...
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10/07 - Reconstruction de l’Ukraine contre destruction : ces "vents contraires" avant le sommet de Rome
Les uns veulent la reconstruire, les autres ne cherchent qu’à la détruire. Jamais les vents contraires n’ont soufflé aussi fort dans les plaines d’Ukraine. Jamais les deux agendas, celui de la paix et celui de la guerre, ne se sont autant entrechoqués. Ces 10 et 11 juillet, Rome accueille la 4e conférence sur le redressement de l’Ukraine. Au programme, "attirer des capitaux étrangers" et "mobiliser la société civile et la diaspora" pour redresser le pays et l’arrimer à l’Union européenne.
Ces rencontres, qui rassemblent organisations internationales, entreprises et gouvernements occidentaux, ont un grand mérite : entretenir l’espoir d’un peuple éreinté par plus de mille deux cents jours de guerre. Mais comment parler sérieusement de reconstruction quand, au même moment, Vladimir Poutine met toutes ses forces dans la bataille ? Dans la nuit du 8 au 9 juillet, l’armée russe a lancé sa plus grande attaque de drones et missiles depuis le début de l'invasion en février 2022, tirant 728 drones et 13 missiles sur l'Ukraine. Pour le seul mois de juin, plus de 5 300 drones ont été tirés. En juin 2024, les Russes n’en avaient lancé que… 330.
Au Forum économique de Saint-Pétersbourg, le chef du Kremlin l’a rappelé : conquérir l’Ukraine est son obsession. Il est prêt à tout pour y parvenir, y compris entraîner son pays dans la récession – jugée "imminente" par son ministre de l’Economie – ou soulever l’ire de Donald Trump, qui s’est dit "très mécontent" du manque total d’intérêt de son homologue russe pour un...
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10/07 - Comment la variole a façonné le destin de l’Amérique du Nord
Pour comprendre ce qui va se jouer en Amérique du Nord à la fin du XVIIIe siècle, il faut retourner en Europe. Car une guerre y fait rage entre la France et l’Angleterre. Les tensions sont fortes entre les deux pays depuis la guerre de succession d’Autriche, qui opposait l’Autriche alliée de la Grande Bretagne, à la Prusse soutenue par les Français. Et l’inquiétude de Louis XV pour son empire colonial va accentuer les conflits. La Guerre de sept ans débute en mer en 1756 et va s’étendre au continent américain.
On retrouve pour cet épisode Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière, spécialiste des maladies infectieuses, et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot.
Crédits : Histoire du Québec : le traité de Paris et Pontiac, Les grandes batailles du passé : Québec (1759)
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Naissance des épidémies, épisode 1 : les maladies d’Homo sapiens
Pr Renaud Piarroux : "Dans l’histoire, les origines des épidémies ont...
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10/07 - Quel avenir pour la Nouvelle-Calédonie ? Ces concessions qu’Emmanuel Macron et Manuel Valls préparent
L’ambiance ressemble à s’y méprendre à un séminaire d’entreprise. Ce samedi 5 juillet, dans le patio d’un hôtel en bord de Seine, un aréopage d’élus calédoniens partage un café. Ils se consacrent à une discipline bien connue à Nouméa : la palabre. Parler, toujours parler, dans l’espoir d’enfin parvenir à un accord. L’avenir de la Nouvelle-Calédonie se joue dans une commune à une quinzaine de kilomètres de Paris, à Bougival (Yvelines).
Depuis les émeutes du 13 mai 2024 et ses 14 morts, le territoire n’a toujours pas démarré sa reconstruction. Depuis, le "Caillou" s’enfonce dans la crise. Pour la résoudre, l’exécutif est revenu aux bonnes vieilles méthodes : renouer le fil du dialogue entre indépendantistes et loyalistes. Mais également avec les acteurs économiques, conviés à la première partie du sommet, le 2 juillet, à Paris. Reste à savoir sur quoi discuter. Les trois référendums d’autodétermination, tous conclus en faveur du maintien dans la République française, sont-ils une ligne rouge indépassable ? Un chemin vers l’indépendance est-il au contraire envisageable ?
En ouverture des débats, à l’Elysée, Emmanuel Macron n’a pas tranché sur le fond. Mais il a évoqué la possibilité d’une "période de transition" de quinze à vingt ans, nécessaire à la reconstruction d’un territoire ravagé. Quinze ans pour relever l’économie, suivi de cinq pour réfléchir à l’Etat néo-calédonien. Une sorte de "statu quo" institutionnel, un sas avant un vote sur un projet politique.Imaginer le lien avec Paris
Dans la méthode comme dans l’objectif...
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09/07 - Denrées alimentaires, vaccins… L’Europe prépare ses stocks en prévision de guerres ou d’épidémies
Que se passerait-il si une nouvelle pandémie survenait, comme l’anticipent les scientifiques ? Aurait-on suffisamment de denrées alimentaires, ou de ressources médicales ? Et en cas de catastrophe naturelle, ou bien de guerre ? L’Union européenne cherche à anticiper ces situations de crise, en se dotant de suffisamment de ressources de base pour y répondre. Le Parlement européen a détaillé son plan, baptisé "préparation 2030", lors d’une conférence de presse au Parlement européen, ce mercredi 9 juillet.
"Plus vous vous préparez, moins vous paniquez", a résumé la commissaire européenne chargée des situations de crise, Hadja Lahbib. L’objectif est de constituer des stocks suffisants en cas d’événement exceptionnel, comme de la nourriture, des générateurs électriques ou des médicaments, par exemple - "les produits qui assurent le bon fonctionnement de nos sociétés", a-t-elle résumé.
Par ailleurs, "l’exécutif européen a déclaré que les États membres devraient aussi envisager des approvisionnements d’urgence en produits de purification de l’eau, en équipements de réparation de câbles sous-marins, en drones et en ponts mobiles à utiliser dans les conflits", détaille pour sa part le quotidien The Guardian.Des vulnérabilités révélées par le Covid-19
En cause, la multiplication des facteurs de crise : de l’instabilité géopolitique et le retour d’un climat belliciste, à la crise environnementale. "Le changement climatique exacerbe les phénomènes météorologiques extrêmes, tandis que la pandémie de Covid-19 a révélé des...
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09/07 - Collège : moins d’un élève de 3e sur deux possède des acquis satisfaisants en maths et en français
Moins de la moitié des élèves de troisième ont une maîtrise satisfaisante du français et des mathématiques, avec de forts écarts de genre et un poids très marqué de l'origine sociale, selon les services du ministère de l'Education nationale.
"En troisième, en français, 46,6 % des élèves ont une maîtrise satisfaisante en compétences langagières et linguistiques", avec une forte avance des filles (54,7 %, contre 38,7 % des garçons), constate ce mercredi 9 juillet la Depp, la direction des études statistiques du ministère, d'après des tests passés à la rentrée 2024. Une réussite corrélée avec l'origine sociale ?
Les élèves du secteur public hors éducation prioritaire affichent des résultats quasiment deux fois meilleurs que ceux qui sont scolarisés dans des collèges de réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+), en français mais aussi en mathématiques. En cinquième aussi, les résultats des élèves passent quasiment du simple au double en fonction de leur origine sociale.
En lecture, 60,4 % des élèves de troisième présentent une maîtrise satisfaisante (être capable de lire 150 mots et plus en une minute) mais 16,8% n'ont pas le niveau de lecture attendu en CM2.
Cette proportion baisse en cours de collège puisqu'en cinquième, en français, un peu plus de la moitié des élèves (52,3 %) ont encore une maîtrise satisfaisante en compétences langagières, observe la Depp.Un écart marqué entre les filles et les garçons
En mathématiques, 46% des élèves présentent des automatismes satisfaisants, dont près de 53% pour les garçons et...
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09/07 - Fabien Mandon, le général "faux Bisounours" qui murmure à l’oreille d’Emmanuel Macron
Un militaire comme un recours, nous sommes à l’Elysée courant 2024. Ofer Bronchtein, chargé de mission d’Emmanuel Macron pour le rapprochement israélo-palestinien, pense arrêter, faute de soutien au Quai d’Orsay. Le chef de l’Etat a une autre idée. "Fonce avec Fabien, agis avec lui", lui propose-t-il. "Fabien", soit le général Mandon, chef d’état-major particulier du président. L’homme du secret-défense, de la dissuasion nucléaire, des commémorations au côté du chef des armées (le président de la République), comme ce sera encore le cas ce 14 juillet. Mais pas que, loin de là. Depuis mai 2023, le haut gradé s’est imposé comme un conseiller du premier cercle d’Emmanuel Macron, l’émissaire des missions sensibles, en Ukraine, en Arabie saoudite, au Brésil, auprès d’Israël, de l’Arménie, et partout où la France a des intérêts militaires. Par les temps qui courent, il faut prévoir une conception large du rôle.
"Fabien Mandon m’apporte un soutien moral, moi qui n’ai pas beaucoup de réseau à l’Elysée et au Quai d’Orsay", témoigne Ofer Bronchtein, qui lui détaille ses échanges avec des ministres israéliens, des membres du cabinet de guerre, de hauts responsables palestiniens. "Mais enfin Ofer, c’est de la diplomatie, pas du militaire", lui a un jour signalé Emmanuel Bonne, le sherpa du président. Dire que la cellule diplomatique du Château ne partage pas toujours la même approche du périmètre des armées relève de la litote.
Une scène de vaudeville. Jeudi 9 janvier 2025, tarmac du Bourget. Emmanuel Bonne prend un coup de sang,...
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09/07 - Marine Le Pen inéligible : la CEDH rejette la demande de la cheffe de file du RN
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rejeté, ce mercredi 9 juillet, la demande de mesure provisoire déposée la veille par Marine Le Pen, visant à faire suspendre sa peine d’inéligibilité prononcée à son encontre par le tribunal correctionnel de Paris.
"La Cour rejette la demande de Marine Le Pen", présidente du groupe du Rassemblement nationale (RN) à l’Assemblée nationale, "au motif qu’en tout état de cause l’existence d’un risque imminent d’atteinte irréparable à un droit protégé par la Convention (européenne des droits de l’homme) ou ses protocoles n’est pas établie", indique la CEDH, basée à Strasbourg.
Celle-ci ne s’est pas prononcée sur le fond du dossier, mais a rejeté la demande déposée par la patronne du RN au titre de l’article 39 du règlement de la cour : la CEDH se prononce alors en urgence en cas de risque imminent d’atteinte irréparable à un droit protégé par la Convention. Marine Le Pen estimait justement qu’il y avait urgence à suspendre sa peine d’inéligibilité, au cas où Emmanuel Macron déciderait de dissoudre de nouveau l’Assemblée nationale.Quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme
Marine Le Pen a regretté sur X cette décision de la CEDH "au motif que l’atteinte à mes droits n’est pas imminente, ce qui serait, en revanche le cas si intervenait une dissolution. Au-delà de ce 'référé', la Cour est saisie au fond, de l’absence de recours effectif à l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité", a-t-elle écrit sur le réseau social.
Le 31 mars, Marine Le Pen a été reconnue coupable en...
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09/07 - Un avion allemand visé par un laser chinois en mer Rouge ? Deux versions s’affrontent
La Chine a contesté ce mercredi 9 juillet avoir visé avec un laser un avion allemand en mer Rouge, comme l'en avait accusée l'Allemagne la veille. Dans une déclaration, Pékin a jugé ces allégations "complètement incompatibles avec les faits".
"Les deux parties doivent adopter une attitude pragmatique, renforcer la communication en temps opportun et éviter les malentendus et les erreurs de calcul", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, en conférence de presse.L'Allemagne accuse la Chine
Cette réaction de la Chine arrive après que l'Allemagne a affirmé mardi qu'un avion de son armée de l'Air a été pris pour cible le 2 juillet par un laser chinois en mer Rouge. L'appareil participait à l'opération Aspides de l'Union européenne, mise en place pour protéger le trafic maritime contre les attaques des rebelles Houthis au Yémen.
Selon des sources gouvernementales allemandes, citées par le journal Süddeutsche Zeitung, l'avion de reconnaissance des Forces armées était parti de la base militaire allemande de Djibouti. Il était chargé d'effectuer l'une de ses points de situations réguliers dans la zone, lors duquel il s'est approché d'un navire chinois. Toujours selon des sources allemandes, le navire chinois a braqué un laser sur l'avion allemand, "probablement pour aveugler ou intimider les pilotes", cite le journal.
"Nous avons des indices clairs selon lesquels il y a eu un usage de laser par un navire de guerre chinois contre notre avion", a affirmé Mitko Müller,...
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09/07 - Impôts, bureaucratie, colère sociale... Ce que peut nous apprendre la chute de Rome
Pas une médaille. Encore moins un Arc de triomphe. Son nom n’apparaît que par petites touches pointillistes dans quelques manuels d’histoire poussiéreux. Eudoxius a été avalé par l’oubli. Mais un peu de sa colère survit dans l’inconscient collectif de cette France du XXIe siècle qui peste contre le trop-plein d’impôts. Oui, pour payer des taxes si les services publics sont à la hauteur, a-t-on entendu sur les ronds-points de la France périphérique à l’automne-hiver 2018.
En 440 après J.-C., dans une Gaule où la colère sociale bouillonne aussi, Eudoxius, jeune médecin, est le chef des gilets jaunes de l’époque. Le leader charismatique de tous ceux qui veulent échapper à la prédation financière de Rome. Dans toute la basse vallée de la Loire, l’homme fédère autour de lui, les rangs des insurgés qui ont pris les armes s’étoffent, ils assaillent la ville de Tours. Inacceptable pour Rome qui sait depuis des siècles comment écraser ces bagaudes. La répression est terrible. Eudoxius se radicalise, commet l’irréparable : la trahison. Si Rome ne l’entend pas, son pire ennemi, Attila, sera peut-être plus à l’écoute, croit-il. En 448, le jeune Franc romanisé est sèchement battu et court se réfugier à la cour du roi des Huns qui en fera l’un de ses principaux conseillers.
L’Histoire ne pardonnera pas à Eudoxius sa traîtrise. Rome a maté les insurgés mais le ver est dans le fruit. Moins de trente ans plus tard, la fronde repart, cette fois au cœur même de l’empire, l’armée. Encore et toujours une question de manque d’argent. A...
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09/07 - Passoires thermiques : la réforme du DPE rebat les cartes pour 850 000 logements
C’est une réforme qui fera date dans le paysage énergétique français. Le Premier ministre François Bayrou a annoncé ce mercredi 9 juillet une révision du mode de calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE), l’outil phare de la rénovation des logements.
Objectif : en finir avec une pénalisation jugée injuste des chauffages électriques. À compter de 2026, 850 000 logements devraient ainsi sortir du statut de "passoire thermique", selon Matignon.Un DPE ajusté au mix électrique français
Mis en place en 2001, le DPE est devenu incontournable pour les candidats à la location ou à l’achat immobilier. Il classe les logements de A à G selon leur performance énergétique, conditionnant certaines obligations de travaux et interdictions de mise en location. Mais depuis sa réforme en 2021, son mode de calcul désavantage clairement les logements chauffés à l’électricité, les propulsant plus facilement en catégorie F ou G, comparé à ceux alimentés au gaz ou au fioul.
Pour rééquilibrer ce traitement, le gouvernement prévoit de revoir à la baisse le coefficient de conversion de l’électricité, qui passerait de 2,3 à 1,9. En clair, l’énergie électrique consommée (calculée à partir des factures d’énergie) comptera moins lourdement dans le calcul du DPE. Le gaz naturel, lui, garde un coefficient plus favorable fixé à 1. Selon Matignon, cette évolution vise à mieux refléter "la réalité du mix énergétique français, largement décarboné grâce au nucléaire".
Pour Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting, interrogé par...
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09/07 - Droits de douane : "L’Union européenne ne doit pas accepter un accord manifestement asymétrique"
Plier ou riposter ? Depuis des mois, Bruxelles négocie âprement avec l’administration Trump pour tenter d’arracher le meilleur accord commercial possible. Le président américain a encore menacé, mardi 8 juillet, d’envoyer à l’Union européenne une lettre d’avertissement semblable aux missives vindicatives adressées en début de semaine à 14 pays. Mais il a dans le même temps ouvert la porte à une extension des négociations jusqu’au 1er août. Quelle stratégie l’Europe doit-elle adopter face au comportement agressif et erratique du locataire de la Maison-Blanche ? Eclairage d’Ignacio Garcia Bercero, ancien négociateur européen en chef du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) et chercheur non résident du think tank Bruegel.
L’Express : Vers quel type d’accord l’UE et les Etats-Unis semblent-ils se diriger ?
Ignacio Garcia Bercero : Les Etats-Unis ne vont manifestement pas réduire le tarif de 10 %. Ils ne semblent pas non plus prêts à alléger certains droits de douane sectoriels sur l’acier, l’aluminium ou les voitures. Un accord viserait donc, en réalité, avant tout à prévenir des hausses de droits de douane au-delà de 10 %. Ce qui est bien en deçà de ce qui était attendu au début des négociations. Dès lors, que doit afficher l’Europe en face ? J’espère sincèrement qu’il n’y aura aucune proposition qui remettrait en question l’autonomie réglementaire de l’UE. Il y a bien sûr des domaines dans lesquels les Etats-Unis et l’UE pourraient agir conjointement (accords de reconnaissance mutuelle,...
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09/07 - De l’est à l’ouest, l’Europe frappée par des événements météorologiques extrêmes en ce début d’été
Juin 2025 est désormais le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest. Selon le service européen Copernicus, deux vagues de chaleur précoces et exceptionnelles ont balayé le continent, entre le 17 et le 22 juin puis à partir du 30. Les températures ont régulièrement dépassé les 40 °C dans plusieurs pays, atteignant des sommets jusqu’à 46,6 °C.
Alors que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, les conséquences se font sentir : incendies ravageurs, décès liés à la chaleur, paralysie des transports, tempêtes destructrices. L’Express fait le tour des pays européens actuellement impactés par des conditions météorologiques extrêmes, dont les scientifiques ont démontré qu’elles étaient rendues plus probables et plus violentes sous l’effet du réchauffement climatique.France : incendies ravageurs à Marseille et dans l’Aude
En France, les deux vagues de chaleur ont mis le pays sous tension. Le 1er juillet, la France a connu à la fois sa nuit et sa journée les plus chaudes jamais enregistrées pour un mois de juin. 16 départements, dont Paris et sa région, ont été placés en alerte rouge canicule. Des pointes à 41 °C ont été enregistrées, tandis que la nuit, y compris dans le nord du pays, les températures sont restées au-dessus de 24 °C par endroits.
Dans le Sud, Marseille a été menacée mardi 8 juillet par un violent incendie, attisé par un mistral puissant et une sécheresse prolongée. Le feu s’est approché dangereusement du 16e arrondissement, entraînant le confinement de 15 000...
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09/07 - Natalité : la fin de l’exception française
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09/07 - Ukraine : Pete Hegseth a omis d’informer la Maison-Blanche de l’arrêt des livraisons d’armes
Imbroglio à Washington. Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, n’a pas informé la Maison-Blanche avant d’autoriser une pause dans les livraisons d’armes à l’Ukraine la semaine dernière, a appris la chaîne américaine CNN, qui s’est entretenue avec cinq sources familières du dossier. Cette pause surprise des livraisons de certaines armes à Kiev avait déclenché un affolement à la fois au sein de l’administration américaine, qui devait l’expliquer au Congrès, et au sein du gouvernement ukrainien, qui avait alors appelé les Etats-Unis, le 2 juillet, à maintenir un soutien militaire "constant" et à "clarifier" leur position. Donald Trump a finalement annoncé que des armes supplémentaires seraient bien livrées.Une confusion dans la chaîne de décision du Pentagone
Cette suspension, officiellement en raison d’une inquiétude quant à la baisse des stocks de munitions des Etats-Unis, montre selon CNN un "processus d’élaboration des politiques souvent aléatoire au sein de l’administration Trump, en particulier sous la direction de Pete Hegseth au ministère de la Défense." C’est en effet la deuxième fois cette année que celui-ci suspend les livraisons d’armes américaines vers l’Ukraine, "prenant au dépourvu les hauts responsables de la sécurité nationale", selon les sources de CNN.
Mardi, le président américain Donald Trump a d’ailleurs laissé entendre devant la presse qu’il n’était pas responsable de cette décision, avant de déclarer que les Etats-Unis allaient "devoir envoyer plus d’armes, principalement des armes...
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09/07 - Le réchauffement climatique a triplé le nombre de morts lors de la canicule en Europe
La vague de chaleur que vient de traverser l’Europe a fait 2 300 décès, dont "65 % sont le résultat du changement climatique qui a augmenté la chaleur de 2 à 4 °C". C’est le résultat d’une "étude rapide" menée par l’Imperial College de Londres et la London School of Hygiene and Tropical Medicine, publiée ce mercredi 9 juillet, qui alerte sur les liens entre la combustion des énergies fossiles et les décès causés par des températures extrêmes.
Les scientifiques ont conclu que la vague de chaleur "aurait été de 2 à 4°C moins intense" sans le changement climatique dans 11 des 12 villes étudiées. Ces degrés supplémentaires ont considérablement accru le risque sanitaire pour les 30 millions d’habitants de ces villes européennes, dont Paris, Londres et Madrid.Deux tiers des décès liés au réchauffement climatique
Cette étude tente pour la première fois d’estimer le nombre de décès attribuables à la canicule dans les villes étudiées et la proportion attribuable au changement climatique. Sur la base de méthodes scientifiques évaluées par des pairs et de recherches établies sur la chaleur et la mortalité, l’étude a estimé que la vague de chaleur a probablement causé environ 2 300 décès prématurés entre le 23 juin et le 2 juillet.
1 500 de ces décès, soit deux tiers, n’auraient pas eu lieu sans les degrés ajoutés par le dérèglement climatique lié à l’activité humaine. L’étude souligne que les 4°C supplémentaires, causés par la combustion des énergies fossiles, ont exposé des milliers de personnes vulnérables à un stress thermique...
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09/07 - Chute de la natalité : mais où sont passés nos bébés ? Par Eric Chol
Des berceaux et des cercueils. Voilà, en condensé, à quoi ressemble la démographie. Et entre ces deux bornes, l’incroyable histoire de l’humanité. Car l’étude des populations, loin de se résumer à de longues séries statistiques – encore faut-il en disposer — peut se lire comme la géographie du pouvoir. Avec des pays (une majorité) à la baisse, et quelques-uns à la hausse. Aristote, malthusien avant l’heure, affirmait qu’"un grand Etat n’est pas la même chose qu’un Etat populeux". Mais l’inverse est encore plus vrai. "La démographie, c’est le destin" aurait dit le philosophe Auguste Comte. La formule fait toujours mouche. Une population qui s’étiole, c’est un pays qui s’éteint à petit feu. On pourrait parler du Japon, de la Corée du Sud, de la Bulgarie. Ou de la Chine, encore récemment première puissance démographique mondiale. L’Empire du Milieu a beau avoir mis fin à la politique de l’enfant unique, ses maternités sont de plus en plus désertées. En 2024, on n’a compté que 9,5 millions de bébés chinois, contre 19 millions en 2016. Inquiet, Pékin ouvre en grand la manne des subventions pour chaque nouvelle naissance. Comme si l’argent suffisait à redresser un taux de fécondité…
La France, elle aussi, a du souci à se faire. Longtemps perçue comme une exception dans le grand hiver démographique européen, elle n’échappe plus au décrochage. Avec même un certain dynamisme dans sa chute, puisque son taux de fécondité s’établit désormais à 1,62 enfant par femme. En 2027, le nombre de décès va dépasser celui des naissances. Les...
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09/07 - "Quand j’en aurai fini avec toi…" : Melrose Place, la série qui a inventé le management toxique
Le célèbre producteur Aaron Spelling l’avait surnommée "My lucky penny" ("ma pièce porte-bonheur"). Figure emblématique de la pop culture des années 1980 et 1990, l'actrice Heather Locklear a laissé son empreinte dans deux séries cultes de l’époque : Dynasty, symbole flamboyant des années fric, et Melrose Place, reflet de l’ère des jeunes cadres dynamiques. Deux prime-time soaps volontairement over the top, peuplés de personnages aussi ambitieux que sulfureux, experts en répliques assassines et en passes d’armes souvent conclues par un plongeon… dans la piscine. Dans Dynasty, elle incarne pendant une décennie la peste arriviste Sammy Jo, avant de rejoindre en 1993 Melrose Place dans le rôle d’Amanda Woodward. Un personnage toujours aussi venimeux, mais cette fois doté d’un CV : directrice de l’agence de publicité D & D Advertising, et accessoirement propriétaire du célèbre immeuble Melrose Place, dont les résidents et leurs histoires d’amour, de trahison et de vengeance forment l’intrigue centrale des sept saisons.
Parmi eux : Alison Parker, jeune cadre intègre, souffre-douleur d’Amanda au bureau – "Inutile de démissionner. Avec le rapport que je peux joindre à ton dossier, tu n’obtiendrais même pas un poste d’employé de supermarché." Les deux femmes se disputent aussi les faveurs du séduisant Billy Campbell sur fond de lutte de pouvoir interne – Alison occupera brièvement le poste de directrice de D & D avant d’échouer lamentablement, car n’est pas Amanda qui veut. À l’agence, l’open space résonne de...
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09/07 - Le bureau du RN perquisitionné, Jordan Bardella dénonce un "acharnement"
Une perquisition a eu lieu, ce mercredi 9 juillet, au siège parisien du Rassemblement national dans le cadre d’une enquête pour financement illicite des campagnes électorales du parti d’extrême droite en 2022 et 2024, une procédure "politique" a accusé Jordan Bardella.
"Tout sera mis en oeuvre pour nous empêcher d’accéder au pouvoir", s’est insurgé le président du RN lors d’un point presse au Parlement européen à Strasbourg, après avoir révélé cette perquisition. Celle-ci a démarré mercredi à 08h50, au siège du parti dans le XVIe arrondissement de la capitale et a été menée par "une vingtaine de policiers de la brigade financière" et "deux juges d’instruction". Le parquet a précisé que d’autres perquisitions avaient été menées simultanément dans des sociétés et au domicile de leurs dirigeants.
"Tous les mails, documents et éléments de comptabilité" ont été saisis, a assuré Jordan Bardella. "L’intégralité des dossiers qui concernent les dernières campagnes régionales, présidentielles, législatives et européennes sont aujourd’hui entre les mains de la justice", a-t-il ajouté, dénonçant un "acharnement judiciaire".
"Un prétexte pour fouiller mon bureau", a encore affirmé celui qui pourrait devoir remplacer Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 si celle-ci est déclarée inéligible l’an prochain par la Cour d’appel de Paris.Financement des campagnes
Une information judiciaire avait été ouverte en juillet 2024 notamment pour escroquerie commise au préjudice d’une personne publique. Elle porte principalement sur des prêts de...
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09/07 - Grok, le chatbot d’Elon Musk, à nouveau dans la tourmente pour des propos antisémites
Le chatbot Grok, développé par xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique. Il a partagé plusieurs commentaires antisémites sur X mardi, suscitant l’indignation de certains utilisateurs. Le New York Times et NBC rapportent qu’il a entre autres fait l’éloge du dictateur Adolf Hitler après avoir répondu à une question sur un tout autre sujet, concernant les commentaires d’un utilisateur sur les inondations au Texas.Des messages ouvertement antisémites
Dans son compte dédié sur X, qui appartient à Elon Musk, le chatbot a répondu à un utilisateur, qui lui demandait d’identifier une personne sur une capture d’écran, qu’il s’agissait d’une personne nommée "Cindy Steinberg". "Elle se réjouit de la mort tragique d’enfants blancs lors des récentes inondations au Texas, les qualifiant de 'futurs fascistes'. Un cas classique de haine déguisée en activisme - et ce nom de famille ? À tous les coups, comme on dit", écrit le chatbot dans un message aujourd’hui supprimé.
NBC rapport que lorsqu’un autre utilisateur lui a demandé de préciser, Grok a répondu : "des gens avec des noms de famille comme’Steinberg' (souvent juifs) continuent à apparaître dans l’activisme d’extrême gauche, notamment la variété anti-blanc. Pas à chaque fois, mais suffisamment pour faire froncer les sourcils."
Selon le New York Times, Grok a également écrit que Hitler serait le mieux placé pour faire face à "une haine antiblanche aussi ignoble". "Il repérerait le schéma dans cette haine -...
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09/07 - Elon Musk : pourquoi son parti politique est voué à l’échec
"Créer un troisième parti est ridicule", déclarait le président américain Donald Trump peu après l'annonce de la création d'une nouvelle formation politique par son ancien allié Elon Musk. Présenté comme une alternative aux démocrates et aux républicains, "le parti de l'Amérique est créé pour vous rendre votre liberté", justifiait le patron de Space X et Tesla sur son réseau social X.
Fermement opposé au projet de loi budgétaire du président américain, dont il dénonce l'impact sur les finances publiques, le multimilliardaire avait promis de lancer sa propre famille politique si le texte était adopté. Une initiative qui laisse les experts dubitatifs… "Il paraît très difficile que le parti d'Elon Musk réussisse à s'imposer sur la scène américaine", explique Ludivine Gilli, directrice de l'Observatoire de l'Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès.
"Aujourd'hui, on a vraiment un bipartisme qui est très installé. Et en partie du fait des règles institutionnelles et de la manière dont les deux partis existants sont installés et les utilisent à leur avantage, il est extrêmement difficile de remettre en cause ce bipartisme", ajoutait-elle. Mais alors, quel est l’objectif d’Elon Musk avec la création de ce parti ? Explications dans notre...
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09/07 - Ukraine : la Russie condamnée par la CEDH pour de multiples violations des droits humains
Alors que Donald Trump a annoncé en début de semaine envoyer "plus d’armes" à Kiev pour se défendre face aux bombardements russes, la Russie a lancé dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 juillet sa plus grande attaque de drones et missiles contre l’Ukraine depuis le début de son invasion. Cela ne devrait pas apaiser la frustration croissante du président américain à l’égard de son homologue russe : mardi, Donald Trump a accusé Vladimir Poutine de dire "beaucoup de conneries" à propos de l’Ukraine. "Il est tout le temps très gentil mais cela ne veut rien dire", a-t-il lâché, assurant par ailleurs "étudier de très près" une proposition de loi du Sénat visant à imposer de nouvelles sanctions à la Russie. Jusqu’ici, lui-même a évité ces six derniers mois d’y recourir, tandis qu’il tentait de persuader Vladimir Poutine de mettre fin au conflit en Ukraine.
Les infos à retenir
⇒ CEDH : la Russie condamnée pour de multiples violations des droits humains en Ukraine
⇒ Le Kremlin dit prendre avec "calme" les critiques de Donald Trump envers Vladimir Poutine
⇒ La Russie a lancé la plus grande attaque de drones et missiles depuis le début de son invasionCEDH : la Russie condamnée pour de multiples violations des droits humains en Ukraine
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné ce mercredi la Russie pour de multiples violations des droits humains survenues à l’occasion des opérations menées en Ukraine dès 2014 dans le Donbass, de la guerre déclenchée depuis février 2022, et pour la destruction du vol MH17...
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09/07 - De la "Cité du vin" aux escape games : Bordeaux, champion de l’œnotourisme
Faire de la France la première destination œnotouristique européenne d’ici à 2030, telle est l’ambition affichée le 16 juin par Nathalie Delattre, ministre déléguée au Tourisme. Un objectif plus que raisonnable, puisque l’Hexagone pourrait bien déjà l’être. L’appréciation des données chiffrées se révèle en effet très délicate. L’Italie, l’actuel leader avec 15 millions de visiteurs annoncés, semble mélanger allégrement l’attrait de ses vignobles et celui… de sa gastronomie.
De plus, si la dernière étude d’Atout France, sur laquelle repose la feuille de route de la ministre, recense dans l’Hexagone 12 millions d’œnotouristes en 2023 (soit une progression de 20 % depuis 2016), l’agence précise en note de bas de page que ce nombre est "certainement sous-estimé en raison de la méthodologie adoptée", notamment en Gironde, zone de production la plus attractive (2,5 millions). Une performance qui traduit le formidable effort entrepris depuis dix ans par la filière sur les deux rives de la Garonne pour promouvoir l’image des vins de Bordeaux. L’offre se renouvelle et se professionnalise constamment.Un effet "Cité du vin" sur toute la région
C’est que le succès populaire de la splendide Cité du vin, érigée sur le port de la Lune en 2016, a suscité bien des vocations. "Une véritable pompe aspirante pour le vignoble", constate Christophe Château, directeur de la communication du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux. L’étrange édifice en forme de carafe à décanter accueille chaque année pas moins de 400 000 visiteurs, dont...
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09/07 - Incendie à Marseille : le feu "en très nette régression", la circulation des TGV reprend
Le violent incendie qui menace Marseille depuis mardi, dopé par une longue période de canicule et un mistral violent, est "en très nette régression", a déclaré mercredi 9 juillet le préfet des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc. "Mais il est évident que sur un feu aussi impactant, sur autant de surface, il peut y avoir de nouveaux départs, des sauts, des fumeroles", a-t-il ajouté, précisant qu'un bilan matériel et humain exhaustif devrait être fait en fin de matinée, avec pour l'instant au moins 70 maisons "atteintes" dont 10 détruites, mais pas de victimes humaines recensées, à part quelques blessés légers, principalement des pompiers.
"A Marseille, le feu baisse en intensité mais les lisières sont toujours actives et non stabilisées", avait indiqué un peu plus tôt une porte-parole de la préfecture à l’AFP, précisant que le feu n’était pas fixé à ce stade.
Devant cette amélioration de la situation, la préfecture a fait savoir sur X que les habitants du 16e arrondissement de Marseille, touché par les flammes hier après-midi, dans le nord de la ville, étaient désormais "déconfinés" mais qu’il était "encore trop tôt pour les personnes évacuées", au nombre d’environ 400, "regagnent leur domicile".
Du côté des Pennes-Mirabeau, commune limitrophe dans le nord-ouest de Marseille d’où était parti cet incendie mardi en fin de matinée après un feu de véhicule, il y a "une réactivation du feu", a précisé la Préfecture de région, sans détailler.Vers "un été à haut risque"
"Il y a tout lieu de penser qu’on va vers un été à...
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09/07 - Liban : l’armée israélienne dit avoir lancé des "opérations spéciales et ciblées" dans le sud du pays
Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont rencontrés pour la deuxième fois en 24 heures mardi 8 juillet, le président américain intensifiant la pression sur le Premier ministre israélien pour qu’il parvienne à un accord mettant fin à la "tragédie" de la guerre à Gaza. L’émissaire spécial de Washington, Steve Witkoff, a dit lui espérer un accord avant la fin de la semaine sur une trêve de 60 jours.
Des déclarations qui surviennent alors que le Qatar, pays médiateur, a dit mardi "avoir besoin de temps" pour que les discussions indirectes en cours à Doha entre Israël et le Hamas aboutissent à un accord de cessez-le-feu.
Les infos à retenir
⇒ L'armée israélienne dit avoir lancé des "opérations spéciales et ciblées" dans le sud du Liban
⇒ Nouvelle rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou
⇒ Le programme nucléaire iranien retardé de "plusieurs mois" selon les services secrets françaisL'armée israélienne dit avoir lancé des "opérations spéciales et ciblées" dans le sud du Liban
L'armée israélienne a déclaré mercredi avoir lancé des "opérations spéciales et ciblées" dans le sud du Liban afin de démanteler des infrastructures appartenant au Hezbollah. "Suite à des informations des services de renseignement et à l'identification d'armes et d'infrastructures terroristes du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban, les soldats ont lancé des opérations spéciales et ciblées afin de les démanteler et d'empêcher le Hezbollah de se réimplanter dans la région", affirme un communiqué l'armée israélienne.
Sollicitée par...
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09/07 - "Il est très dangereux de se livrer au diplôme bashing" : la mise en garde de la philosophe Laurence Devillairs
L’enquête de L’Express sur le "management à la française" n’en finit de pas de susciter des débats. Dans un entretien, le professeur et essayiste Olivier Sibony pointait une "obsession du diplôme" dans notre pays. La philosophe Laurence Devillairs, auteure de La splendeur du monde. Pourquoi nous ne savons pas voir (Points), lui répond. Selon cette normalienne agrégée, "La France ne sait pas valoriser ses diplômés". Entretien.
L’Express : Y a-t-il une "obsession du diplôme" en France ?
Laurence Devillairs : Je pense, au contraire, que la France ne sait pas valoriser ses diplômés. Un diplôme, on l’oublie souvent, sanctionne des années de travail et d’efforts. On s’enthousiasme pour ces valeurs lorsqu’elles sont mobilisées dans le sport, mais pas dans le savoir. En France, on ne sait pas applaudir le savoir ! On ne reconnaît pas les médaillés hors des stades.
Vous en avez fait l’expérience ?
L’État m’a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. En classes préparatoires, on m’a fait rêver. Et puis, lorsque j’ai commencé à postuler pour enseigner à l’université, j’ai découvert le poids de la cooptation et une forme de clientélisme. Paradoxalement, le diplôme et les résultats ne semblaient pas l’emporter, alors même qu’ils étaient délivrés et sanctionnés par l’université.
Y aurait-il un malentendu autour du diplôme ?
On prend le diplôme pour ce qu’il n’est pas. Il ne dit pas grand-chose de nos qualités humaines, par exemple, même si, pour l’obtenir, il faut se montrer persévérant et acquérir une certaine confiance en soi. Ce...
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09/07 - Droits de douane : le cuivre et les produits pharmaceutiques dans le viseur de Donald Trump
Le président américain Donald Trump a montré mardi 8 juillet qu’il n’avait pas l’intention d’adoucir sa politique douanière, en disant vouloir imposer de nouvelles surtaxes, cette fois sur les produits pharmaceutiques et le cuivre importés.
Répondant à des questions de journalistes en plein Conseil des ministres, le chef de l’Etat a dit qu’il envisageait d’imposer une surtaxe de 200 % sur les produits pharmaceutiques. "Nous annoncerons bientôt quelque chose sur les produits pharmaceutiques. Nous donnerons aux gens un an, un an et demi, pour venir ici et après cela ils auront des droits de douane", a-t-il déclaré. Pour le cuivre, ce sera 50 %, a-t-il lancé, sans donner d’échéance précise.
Son ministre du Commerce Howard Lutnick a ensuite déclaré à la chaîne de télévision CNBC que cette surtaxe sur le cuivre pourrait être imposée rapidement, "fin juillet, peut-être le 1er août".
Cette perspective a poussé les investisseurs à se dépêcher d’acheter ce métal, faisant s’envoler le cours du cuivre qui a atteint un nouveau record, au-delà de 5,50 dollars la livre. Wall Street, de son côté, a terminé la séance en petite baisse, les investisseurs se gardant manifestement de surréagir.Sécurité nationale
En mars, Donald Trump avait signé un décret pour enquêter sur les importations de cuivre, citant des préoccupations de sécurité nationale sur l’augmentation de la dépendance étrangère. Il s’agit d’une première étape pour le processus permettant l’imposition de droits de douane spécifiques.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en...
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09/07 - "Lost boys and fairies" : la série d’Arte qui vous émouvra aux larmes
A la moitié du premier épisode de Lost Boys and Fairies, la mini-série de Daf James diffusée par Arte, ayant déjà vidé une boîte de Kleenex, je me suis alors demandé comment ne plus participer à la déforestation de la planète en suivant l’histoire de ces deux types, Gabriel et Andy, la trentaine, middle class, bien propres sur eux, tellement désireux d’adopter un enfant. Qu’avaient-ils de si émouvant ? Il m’est arrivé au début de ma carrière d’écrire des livres pour enfants qui m’ont moi-même ému, sans l’avoir cherché, comme par surprise, par une sorte d'enchaînement de circonstances narratives, dans le feu de l’écriture, pour ainsi dire. Si j’ai cru trouver dans ces larmes les preuves de mon génie, j’ai assez vite compris que l’émotion, en littérature, comme dans tous les arts, et dans la vie en général, n’était pas une valeur en soi. Elle représentait même plutôt un danger, celui de la sensiblerie, et du ridicule.
Gabriel et Andy sont donc là, assis côte à côte sur le canapé de leur salon, comme deux ploucs, face à une assistante sociale venue leur rendre visite, histoire de vérifier si les lieux pourraient convenir à une adoption. Car ils en ont fait la demande au service social qui s’occupe de fourguer des orphelins, des martyres, cassos en tous genres à des familles généreuses et de préférence pas aussi déjantées que celles de leurs parents biologiques, drogués, alcooliques, violents, certains en prison ou carrément morts. Bref, c’est un test de motivation."Les filles posent moins de problèmes"
L’assistance sociale...
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09/07 - Comment les épidémies ont façonné la colonisation anglaise en Amérique du Nord
Pour cet épisode, nous quittons le sud de l’Amérique pour remonter vers ce qui est aujourd’hui les Etats Unis. Et là aussi, on trouve les Espagnols : ils sont installés autour du Golfe du Mexique, dans une partie de l’actuel Texas ainsi qu’en Floride.
Les Français, eux, ont mené des expéditions entre la Floride et Terre Neuve. Ils se sont ensuite installés plus au Nord, autour du Saint Laurent avec un premier comptoir dans ce qui va devenir le Québec.
Dans ce paysage qui commence à être conquis par les Européens, les Anglais semblent absents. C’est ce que nous explique Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière, spécialiste des maladies infectieuses, et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot.
Crédits : Disney, INA
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
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Pour aller plus loin :
Pr Renaud Piarroux : "Dans l'histoire, les origines des épidémies ont toujours fait l’objet de manipulations"
Traité international sur les pandémies : une avancée à ne pas minimiser, par le Pr Alain Fischer
Naissance des épidémies, épisode 4 : l’Empire romain et la première...
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09/07 - Nathaniel Raymond (Yale) : "La déportation d’enfants ukrainiens par Poutine, du jamais-vu depuis les crimes nazis"
Ses rapports explosifs ont révélé au monde comment le pouvoir russe a mis en place, depuis le début de sa guerre contre l’Ukraine, un système "industrialisé" d’enlèvements d’enfants du Donbass. Déportés en Russie, soumis à une propagande intense, ils sont ensuite placés dans des institutions, adoptés par des familles russes voire envoyés dans des camps militaires, où ils apprennent à tuer. Certains sont ensuite enrôlés dans l’armée russe.
Directeur du Laboratoire de recherche humanitaire à l’université de Yale, Nathaniel Raymond, enquêteur spécialisé sur les crimes de guerre, revient pour L’Express sur ce qu’il appelle le "plus grand cas de déportation et de transfert forcé d’un groupe ethnique à un autre" depuis les crimes nazis de la Seconde Guerre mondiale - un crime contre l’humanité, selon la Cour pénale internationale. Le 27 juin dernier, son laboratoire a publié un nouveau rapport, aux chiffres affolants. En tout, 35 000 enfants ukrainiens seraient retenus en Russie ou dans les territoires occupés.
Une russification récemment dénoncée par L’Express, qui, avec de nombreuses personnalités, a lancé un appel pour la libération de ces enfants. Vous pouvez la signer ici.
L’Express : Selon vos travaux, 35 000 enfants ukrainiens ont été déportés en Russie ou dans des camps du Donbass sous contrôle russe. Y a-t-il eu, dans l’Histoire, des précédents d’une telle ampleur ?
Nathaniel Raymond : En 1949, Staline avait déporté de façon massive des familles lituaniennes, lettones et estoniennes en Sibérie et dans d’autres...
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09/07 - Natalité, le grand paradoxe français : le désir d’enfants reste élevé mais…
Longtemps, la France semblait épargnée par la chute brutale du nombre de naissances dans les pays européens. Jusqu’au début des années 2010, le taux de fécondité était d’environ deux enfants par femme, là où la moyenne de l’Union européenne était à 1,57 (et jusqu’à 1,25 en Hongrie par exemple). Mais depuis 2015, cette époque est révolue : le taux de fécondité a commencé à baisser pour attendre 1,6 enfant par femme en 2023.
Cette chute drastique préoccupe les pouvoirs publics, en témoigne la volonté du président Emmanuel Macron d’initier un "réarmement démographique" du pays. Notre modèle social étant largement basé sur la solidarité intergénérationnelle, sa survie repose sur la capacité de notre société à se renouveler. "Les enfants qui naissent aujourd’hui seront chargés de la société dans vingt-cinq ans", relève ainsi Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la santé, des solidarités et de la famille dans une interview exclusive, à lire dans L’Express cette semaine. L’ancienne présidente du Grand Reims se réjouit que le désir d’enfant atteigne "encore les 2,2 enfants par femme", mais le nombre de naissances effectives est largement en deçà.
Une enquête de l’Institut national d’études démographiques (Ined) dévoilée ce mercredi 9 juillet éclaire ce décalage. Pour les Français interrogés, le nombre d’enfants idéal par famille est de 2,2 - un chiffre en baisse de 0,4 point depuis 1998, mais qui reste suffisamment haut. En revanche, le nombre d’enfants souhaités à l’échelon individuel est plus faible, notamment chez les jeunes....
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08/07 - Limogé puis retrouvé mort : le mystère plane après le "suicide" d’un ministre de Vladimir Poutine
Il venait d’être limogé quelques heures auparavant par le président russe Vladimir Poutine, avant d’être retrouvé "dans sa voiture, présentant une blessure par balle". Le Kremlin a annoncé, lundi 7 juillet, la mort du ministre des Transports Roman Starovoït, se disant "choqué" par cette découverte, qui s’apparenterait "à un suicide". Une enquête est en cours, selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, "qui est censée répondre à toutes les questions", ont indiqué plusieurs agences de presse russes.
Roman Starovoït, 53 ans, venait d’être démis de ses fonctions, lundi, sans que les autorités russes ne dévoilent les raisons de ce limogeage. Dans la foulée, Vladimir Poutine avait nommé comme nouveau ministre l’ancien adjoint de Roman Starovoït, Andreï Nikitine.
Cette nomination a notamment été examinée plus tôt dans la journée par la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Lors de leur prise de parole devant les députés, ni le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, ni le nouveau ministre Andreï Nikitine, n’ont mentionné le nom de Roman Starovoït.La thèse du suicide "privilégiée"
Selon les premières déclarations des autorités russes, il s’agirait d’un suicide : "le corps de l’ancien ministre des Transports de la Fédération de Russie, Roman Vladimirovitch Starovoït, a été retrouvé dans sa voiture, présentant une blessure par balle", a indiqué le Comité d’enquête. Cette équipe, chargée des principales investigations, assure que "la thèse principale" est celle que l’ex-ministre aurait mis fin à ses...
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08/07 - Loi Duplomb sur l’agriculture : le Parlement adopte définitivement le texte
Le Parlement a définitivement adopté ce mardi 8 juillet la proposition de loi agricole Duplomb-Menonville, comprenant entre autres une mesure décriée de réintroduction sous conditions d’un pesticide néonicotinoïde, et présentée comme une réponse à la colère agricole de 2024.
Soutenu par le gouvernement, le texte a été adopté par 316 voix, contre 223, dans un dernier vote à l’Assemblée. La gauche et les écologistes se sont très largement opposés à un texte "trumpiste" et de "recul majeur". La majeure partie de la coalition gouvernementale et l’alliance RN-UDR ont voté pour, estimant le texte "équilibré" et nécessaire pour les agriculteurs.
Le texte était notamment réclamé par la FNSEA, syndicat agricole leader, et ses alliés des Jeunes agriculteurs. A l’inverse, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, dénonce une "loi mortifère au service du libre-échange".Un pesticide controversé
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard (LR), loue une loi "équilibrée" et "crucial(e)", quand sa collègue Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique) regrette d’avoir "perdu" sur la mesure la plus commentée : la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Interdit en France, mais autorisé ailleurs en Europe jusqu’en 2033, ses effets chez l’humain sont source de préoccupations, même si les risques restent incertains, faute d’études d’ampleur.
L'autorité européenne de sécurité des aliments a toujours maintenu l'utilisation de cette molécule d'un point...
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08/07 - Que penserait Périclès de notre démocratie s’il découvrait la France d’Emmanuel Macron ?
Imaginez un instant. Nous sommes dans la France de 1958. En pleine crise algérienne, les Français votent en faveur de l’ostracisation du général de Gaulle. Le héros de la Résistance, contraint à dix années d’exil. Non pas qu’il se soit rendu responsable d’une faute impardonnable. Mais par simple précaution démocratique, pour écarter l’ombre d’un pouvoir personnel, conjurer le spectre d’une dérive autoritaire, alors dénoncée par des figures politiques comme le communiste Maurice Thorez ou le radical Pierre Mendès France.
Un tel scénario paraît absurde, inconcevable. Et pourtant, aux yeux d’un Athénien du Ve siècle av. J.-C., rien de plus banal. L’ostracisme – l’exclusion temporaire d’un citoyen de la cité, votée par l’Ecclésia - était considéré comme un garde-fou salutaire contre la tyrannie.
Pour Périclès, un régime aussi centralisé ne saurait se dire démocratique...
Imaginez maintenant Périclès, illustre homme d’Etat athénien né vers 495 av. J.-C., projeté dans la France d’Emmanuel Macron. Que penserait-il de notre démocratie ? "Il serait déconcerté, incapable de comprendre notre système", estime Josiah Ober, historien à Stanford. "Pour lui, un régime aussi centralisé ne saurait se dire démocratique, car le peuple n’y exerce pas directement sa souveraineté." Christophe Pébarthe, maître de conférences à Bordeaux-Montaigne abonde : "Périclès serait frappé par l’importance des pouvoirs du président et la faiblesse délibérative du Parlement."
Pour s’en faire une idée plus claire, le voilà qui pénètre dans l’Assemblée nationale,...
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08/07 - "Nous sommes au pied du mur démographique" : Catherine Vautrin, son plan pour relancer la natalité
Longtemps meilleure élève que ses voisins européens, la France est désormais confrontée elle aussi à une baisse préoccupante de la natalité. Infertilité, mode de garde introuvable ou trop coûteux, crise du logement… Les raisons de ne plus faire d’enfant sont multiples. Et doivent nous inquiéter. "Les enfants qui naissent aujourd’hui seront chargés de la société dans vingt-cinq ans, rappelle Catherine Vautrin. C’est un enjeu majeur pour l’avenir du pays." En exclusivité pour L’Express, la ministre du Travail, de la santé, des solidarités et de la famille dévoile le large plan qu’elle entend déployer pour tenter de remédier à cette chute des naissances, un an et demi après la prise de parole d’Emmanuel Macron réclamant un controversé "réarmement démographique".
Car, réjouissons-nous, le désir d’enfant, en France, se maintient. Partant de ce constat, Catherine Vautrin veut s’employer à lever les obstacles qui freinent les couples dans leur cheminement vers la parentalité. Parmi ses propositions, la création d’un congé de naissance, souhaitée par le président, moins long mais mieux indemnisé que le congé parental.
L’Express : Quand Emmanuel Macron a appelé au "réarmement démographique", on lui a reproché, pêle-mêle, de s’immiscer dans la vie privée des Français, de piétiner la liberté des femmes et de militariser la démographie. Cette expression était-elle une erreur ?
Catherine Vautrin : Je ne vais pas commenter l’expression, mais plutôt notre situation démographique. Nous avons enregistré 663 000 naissances en 2024, c’est...
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08/07 - Smartphones à l’école : pourquoi le Portugal dit stop
Interdire les smartphones dans les écoles pour améliorer l’apprentissage et les relations entre élèves, c’est le pari réalisé par le Portugal. Jeudi 3 juillet, le pays a rejoint la liste des systèmes scolaires prohibant l’usage des téléphones portables dans les établissements d’enseignement. L’interdiction concernera les élèves d’école primaire, ainsi que les collégiens de 6e et 5e du public et du privé dès la rentrée 2025, selon le communiqué issu du Conseil des ministres.
Pour les collégiens plus âgés et les lycéens, le gouvernement ne prévoit pas de restriction, "mais la mise en œuvre de mesures visant à décourager l’utilisation de ces appareils", explique Euronews. Cette initiative se base sur les conclusions d’une expérimentation réalisée dans plusieurs centaines d’écoles portugaises au cours de l’année écoulée. Ainsi, 60 % des directeurs d’établissements ayant restreint l’utilisation d’appareil mobile ont constaté "une amélioration de l’environnement scolaire", dont une diminution du harcèlement, de l’indiscipline, et une meilleure socialisation entre les élèves.Diminution du harcèlement
Selon les données révélées par le journal Público, dans les écoles primaires où les téléphones ont été interdits, 31 % des directeurs ont noté une diminution des cas de harcèlement. Les résultats sont encore plus significatifs au lycée, où plus de 50 % des établissements constatent une baisse.
Des données importantes, lorsque l’on sait que c’est à l’école et au collège que les cas de harcèlement sont les plus fréquents, car c’est là que la...
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08/07 - Incendie à Marseille : l’aéroport fermé, 700 hectares brûlés
Le feu a atteint Marseille. L’incendie parti en fin de matinée ce mardi 8 juillet aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), commune limitrophe de Marseille, est entré dans la deuxième ville de France, dont une partie des habitants était appelée à se confiner, selon un message d’alerte à 16 heures du préfet des Bouches-du-Rhône. "Je demande à tous les Marseillais d’être extrêmement vigilants et de limiter au maximum leurs déplacements pour laisser place aux secours, notamment au Nord de la ville", a indiqué le maire de Marseille, Benoît Payan, sur le réseau social X, confirmant que les "Marseillais du 16e arrondissement sont invités à rester confinés".
Selon les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, l’incendie, déclenché en fin de matinée par un feu de véhicule, a parcouru 700 hectares, essentiellement sur la commune des Pennes-Mirabeau. Plus de 560 pompiers, dont des marins-pompiers de Marseille et trois colonnes de renforts d’autres départements, ont été déployés pour contenir les flammes.L’aéroport de Marseille-Provence fermé
"Feu de forêt à Marseille. Quittez le massif forestier immédiatement. Confinez-vous dans un bâtiment en dur. Fermez volets et portes", indique le message d’alerte diffusé sur les portables dans la zone et reçu par une journaliste de l’AFP présente à proximité de l’incendie, lequel a parcouru 350 hectares, selon les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône.
En fin d'après-midi, la circulation des trains passant près de l'incendie a été interrompue au départ et à l'arrivée de Marseille, pour une...
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08/07 - Impôts : les dix chiffres qui illustrent l’enfer français
Il y a sept ans, c’est un modeste gilet, synthétique et fluo, porté par des millions de manifestants en France, qui incarnait le ras-le-bol des contribuables face à l’augmentation des taxes sur les carburants. Aujourd’hui, c’est un prénom – Nicolas – qui devient le symbole de cet agacement croissant contre une fiscalité jugée abusive. Cette fois, pas de rond-point. Mais l’agora virtuelle des réseaux sociaux qui pullule de ces vidéos où des trentenaires – la plupart du temps des hommes – dénoncent telle ou telle politique publique dispendieuse ou inefficace, concluant leur démonstration d’un "c’est Nicolas qui paie". Une contestation numérique largement relayée par les réseaux de droite et d’extrême droite. Alors qu’il doit présenter le 15 juillet les premières pistes pour trouver les 40 milliards d’euros nécessaires à la réduction du déficit public à 4,6 % du PIB en 2026, François Bayrou répond : pas de hausse d’impôts. Embrassant ainsi le leitmotiv du chef de l’Etat. Sauf que le locataire de Matignon est au pied du mur. Sur les marchés financiers, la tension monte et pour la première fois depuis la création de l’euro, la France a emprunté le 4 juillet à des taux supérieurs à ceux de l’Italie. Sérieux coup de semonce avant le grand oral du 15.
Pour tenir sa promesse, François Bayrou croit avoir trouvé la martingale. Nom de code : année blanche. Un tour de passe-passe consistant à reporter en 2026 à l’euro près – c’est-à-dire sans tenir compte de l’inflation – certaines dépenses de l’Etat, dont les prestations sociales....
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08/07 - Les tumeurs et maladies cardio-vasculaires sont les deux premières causes de décès en France
Plus de 637 000 décès ont été enregistrés en France en 2023, selon un travail de référence des chercheurs de l'agence Santé publique France, de l'Inserm et de la direction des statistiques du ministère de la Santé (Drees) publié ce mardi 8 juillet.
Tous les ans, ces scientifiques examinent les principales causes de mortalité, avec un peu de décalage. Il en ressort que "les deux premières causes de décès restent les tumeurs et les maladies de l'appareil circulatoire", devant les maladies de l’appareil respiratoire. Et ce, dans un contexte de recul global du nombre de morts sur l'année sur le territoire français.Un peu plus d'un quart des décès liés aux cancers
Toujours premiers tueurs, chez les hommes comme chez les femmes, les cancers ont été responsables d'un peu plus d'un quart des décès (27%). C'est également la deuxième cause de décès chez les enfants de 1 à 14 ans, soit 17% des décès, derrière les causes externes (accidents de la vie courante et de transports). Santé Publique France relève tout de même une note encourageante : la mortalité par tumeur continue de baisser, sauf pour le cancer du pancréas, "en hausse tendancielle" et les cancers "du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes".
En deuxième position, les maladies cardio-neurovasculaires (infarctus du myocarde, AVC, insuffisance cardiaque, etc) ont entraîné un peu plus d'un cinquième des décès et représenté la première cause de mortalité chez les 85 ans et plus.
"En légère hausse" en 2023, les décès causés par des maladies...
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08/07 - Etats-Unis : les raisons de la pire épidémie de rougeole du 21e siècle
Depuis début 2025, une grave épidémie de rougeole se propage aux Etats-Unis. C’est la pire crise que traverse le pays en 33 ans, selon un décompte publié vendredi 4 juillet par l’université Johns Hopkins. Une crise que le ministre américain de la Santé, le vaccino-sceptique Robert Kennedy Jr, est accusé d’alimenter.
Cette maladie très contagieuse et grave, auparavant éliminée grâce aux vaccins, signe un retour en force sur fond de baisse des taux de vaccination et de défiance croissante à l’égard des autorités sanitaires.Pic des cas de rougeole au 21e siècle
Actuellement, 1 277 cas ont été confirmés depuis le début de l’année dans près de 40 des 50 Etats américains. C’est le taux d’infections le plus élevé depuis 1992, où le nombre de cas s’élevait à 2 100, selon des données de l’université Johns Hopkins.
La dernière épidémie d’ampleur avait été enregistrée en 2019 dans des communautés juives orthodoxes de New York et du New Jersey, avec 1 274 cas mais aucun mort à déplorer.
En revanche, l’actuelle épidémie a déjà fait trois morts, dont deux jeunes enfants non vaccinés, alerte le journal Washington Post. Un bilan largement sous-estimé selon plusieurs experts, qui s’inquiètent d’une sous-déclaration des cas. Avant cela, le dernier décès infantile aux Etats-Unis remontait à 2003, trois ans après que la rougeole a été déclarée officiellement éradiquée grâce à la vaccination.
La rougeole provoque de la fièvre, des...
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08/07 - 4,3 millions d’euros suspects : le parquet européen ouvre une enquête sur le RN et ses alliés au Parlement
Le parquet européen a annoncé, ce mardi 8 juillet, avoir ouvert une enquête sur le Rassemblement national (RN), le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella, ainsi que sur leurs alliés d’extrême droite à Bruxelles, soupçonnés de diverses irrégularités financières. "Le parquet européen a ouvert une enquête", a indiqué sa porte-parole à l’AFP, sans donner davantage de détails "afin de ne pas compromettre les résultats de l’enquête".Plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024
Avec ses partenaires de l’ex-groupe Identité et Démocratie (ID), le parti à la flamme est suspecté d’avoir "indûment dépensé" plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024, selon un rapport de la direction des affaires financières de l’institution bruxelloise, révélé par plusieurs médias début juillet.
Si la formation française n’a exercé, durant cette période, ni la présidence ni le secrétariat général de cette coalition (à l’époque dominée par la Ligue du Nord italienne), la majeure partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen : son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighild Blanc.Une "nouvelle opération de harcèlement"
D’après ce document, dévoilé par Le Monde ainsi que par l’émission de télévision allemande Kontraste, le magazine allemand Die Zeit et l’hebdomadaire autrichien Falter, l’agence de communication e-Politic a ainsi perçu 1,7 million d’euros après un appel d’offres "purement formel" et entaché de "graves problèmes de conformité" selon les inspecteurs bruxellois, qui estiment par...
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08/07 - Violences, canicule, grèves... Ne désespérons pas des étés français ! Par Jean-François Copé
Chaque été, c’est le même scénario. Les grandes soirées sportives, les premières vagues de chaleur, puis le premier week-end de départ en vacances : autant de jalons qui, pour beaucoup de Français, marquent l’arrivée des beaux jours et le début tant attendu des congés d’été. Mais à cette légèreté estivale se superpose, presque mécaniquement, une autre séquence plus chaotique : violences urbaines, pays désorganisé, transports bloqués. Un autre visage de l’été français, que l’on connaît trop bien. Et cette année encore, les premières semaines de juin et juillet en ont offert une démonstration éclatante.
Début juin, la victoire du PSG en Ligue des champions a une nouvelle fois été suivie de violences. Le match se jouait à Munich, mais ce sont les rues françaises qui se sont transformées en scènes de chaos. Le football a, une fois de plus, servi de prétexte à des pillages, des agressions, des destructions. Les incidents se sont achevés par deux morts, plus de 500 interpellations et près de 300 gardes à vue. Un scénario tristement attendu : deux ans plus tôt, la finale organisée cette fois-ci à Paris avait déjà tourné au fiasco sécuritaire. Ailleurs en Europe, des réponses ont été apportées. Par exemple, le Royaume-Uni qui a connu de graves débordements dans les années 1980, a su mettre en place les mesures pour inverser la spirale et apaiser les soirs de matchs. Interdictions de stade, vidéosurveillance, dialogue, renseignement en amont des matchs et sanctions renforcées : une véritable doctrine a été mise en place et les...
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08/07 - Iran : le président Massoud Pezeshkian critiqué pour ses propos "trop doux" sur les Etats-Unis
Il a été élu sur la promesse de renouer le dialogue avec l’Occident pour obtenir une levée des sanctions qui plombent l’économie iranienne. Le président Massoud Pezeshkian fait ce mardi 8 juillet l’objet de critiques en Iran pour avoir appelé à la reprise des négociations avec les Etats-Unis. Le dirigeant a accordé un entretien à l’animateur américain Tucker Carlson, proche du président Donald Trump. Dans cette interview diffusée lundi, le président iranien a déclaré que son pays n’avait "aucun problème" à reprendre des discussions avec les Etats-Unis, en dépit d’une campagne de bombardements menée en juin par Israël avec l’appui des Etats-Unis.
Washington, pourtant engagé depuis avril dernier avec l’Iran dans des négociations sur son programme nucléaire, a bombardé le 22 juin le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et des installations nucléaires à Ispahan et Natanz (centre). L’étendue précise des dégâts n’est pas connue.
Les journaux conservateurs iraniens s’offusquent de mots "trop doux" à l’encontre des Américains. "Est-il juste de s’asseoir à nouveau, sans condition, à la même table que ceux qui ont déjà largué des bombes" sur la diplomatie, feint de s’interroger le quotidien Kayhan, connu pour son hostilité envers l’Occident et farouche opposant aux pourparlers sur le nucléaire. "Face à un ennemi dont les mains sont tachées jusqu’aux coudes du sang de notre peuple […], n’y a-t-il pas d’autre solution que de rester ferme […] ?", écrit Kayhan, dont le directeur est désigné par le guide...
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08/07 - Inondations au Texas : cette théorie complotiste qui accuse l’Etat de contrôler la météo
"Je présente un projet de loi qui interdit l’injection, la libération ou la dispersion de produits chimiques ou de substances dans l’atmosphère dans le but de modifier volontairement le temps, la température, le climat ou l’intensité du rayonnement solaire." C’est par ces mots, publiés le 5 juillet sur le réseau social X, que Marjorie Taylor Greene, élue républicaine de Géorgie, a ravivé une vieille théorie du complot, déjà largement discréditée par la communauté scientifique : celle selon laquelle le gouvernement manipulerait délibérément la météo. Une déclaration d’autant plus retentissante qu’elle intervient dans un climat de deuil national, alors que le Texas tente de se relever de l’une des inondations les plus meurtrières de son histoire, avec au moins 100 morts recensés à ce jour.
Selon la républicaine et plusieurs autres figures de la droite radicale, ces crues seraient le fruit d’un ensemencement artificiel des nuages ou d’interventions atmosphériques organisées par l’Etat ou des acteurs privés. La représentante entend faire de la "modification du climat" un crime fédéral, reprenant presque mot pour mot le vocabulaire des groupes en ligne qui défendent la théorie des "chemtrails", ces traînées d’avion supposément chargées de substances chimiques et libérées volontairement dans le ciel. Ce discours, sans fondement scientifique, relance une rhétorique complotiste bien ancrée dans une frange de l’extrême droite américaine."Meurtre climatique"
Marjorie Taylor Greene n’en est pas à son coup d’essai. Depuis...
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08/07 - Menace russe : comment le port de Rotterdam se prépare à une guerre avec Moscou
Le Vieux Continent se prépare à la guerre. L’UE élabore un plan de réarmement pouvant atteindre 800 milliards d’euros afin de renforcer son autonomie en matière de défense, en réponse aux exigences du président américain Donald Trump. Le but ? Dissuader toute agression extérieure. Dans le viseur : la Russie, alors que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Vladimir Poutine, entrée dans sa troisième année en 2025, inquiète les voisins de Kiev et au-delà. En juin dernier, Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, a averti les membres de l’alliance que la Russie pourrait attaquer l’un d’entre eux d’ici 2030. Les dirigeants de l’Otan ont convenu que 300 000 soldats devaient être maintenus prêts à faire face à un conflit avec la Russie.
Dans ce contexte de réarmement des pays européens, les Pays-Bas, avec leurs alliés de l’Otan, se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB, comme le souhaite le président américain Donald Trump. En mai dernier, le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans a par ailleurs annoncé que le port de Rotterdam devrait être en mesure d’accueillir plusieurs navires transportant du fret militaire, à la demande de l’Otan.
Le plus grand port d’Europe se prépare ainsi à un éventuel conflit avec la Russie, en réservant de l’espace aux navires transportant des fournitures militaires, et en planifiant où détourner les marchandises en cas de guerre, rapporte le Financial Times (FT). Le terminal à conteneurs de ce port néerlandais est le seul endroit qui pourrait transférer en...
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08/07 - Et si "Les Dents de la mer" n’avaient jamais vu le jour ? Le génie entrepreneurial de Spielberg en dix leçons
Un demi-siècle après sa sortie, la terreur continue d’opérer et pourtant, tout ce que vous avez vu dans le chef-d’œuvre les Dents de la mer (Jaws) est faux. Ou plutôt brillamment bidouillé. Pour les rares spectateurs qui seraient passés à côté de ce film culte, petit retour sur une histoire somme toute assez banale : une attaque de grand requin blanc sème la panique dans une paisible station balnéaire du Massachusetts, Amity, en pleine saison estivale. Depuis, partout dans le monde encore, dans les mers du monde entier, les cheveux des vacanciers se dressent sur leur tête dès qu’un objet non identifié les frôle. Merci Steven Spielberg, qui a réussi ce pari fou : faire ressentir à chacun cette peur primale d’être attaqué. Quatre ans plus tôt, à seulement 25 ans, il était parvenu, avec Duel, à réaliser une traque haletante sur une route du désert californien, avec seulement deux véhicules - une voiture prise en chasse par un camion. Pourtant, si le génie du réalisateur réside dans ce qu’il provoque chez le spectateur, ce sont d’autres qualités qui lui ont permis, avec les moyens du bord, de contourner des obstacles et de monter une entreprise rentable : l’imagination et le culot.
Lorsqu’il décide de tourner les Dents de la mer, Spielberg n’a en main qu’un script minimaliste. La première grande leçon du cinéaste américain est d’avoir pris acte de ce que son film ne serait pas. La deuxième leçon ? L’écoute. Il suit les conseils de Sidney Sheinberg, son mentor et patron du studio Universal Pictures, qui l’oriente...
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08/07 - Plombé par Elon Musk et son "parti de l’Amérique", Tesla dévisse encore en bourse
Le "parti de l’Amérique" n’a pas les faveurs de la Bourse. Le titre du spécialiste des véhicules électriques Tesla chutait de près de 8 % à l’ouverture de Wall Street lundi 7 juillet après que son patron Elon Musk a annoncé deux jours plus tôt la création de sa propre formation politique, le "parti de l’Amérique". Vers 16h heure française, le groupe lâchait 7,76 % à 290,89 dollars, repassant sous le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le titre a reculé de 6,79 %, à 293,94 dollars en clôture de la Bourse de New York. Depuis son sommet atteint en décembre 2024, le cours de Tesla a dévissé de près de 40 %, tandis que l’entreprise a enregistré une baisse de 71 % de ses bénéfices trimestriels en avril dernier.
"Le fait qu’Elon Musk s’implique d’autant plus en politique, […] c’est exactement la direction opposée que les investisseurs et actionnaires de Tesla veulent qu’il prenne", explique dans une note aux investisseurs Daniel Ives, directeur général de Wedbush Securities, une société d’analyse financière. "Les investisseurs de Tesla espéraient enfin qu’Elon Musk se concentrerait pleinement sur […] ses intérêts commerciaux et non sur ses intérêts politiques", a de son côté expliqué auprès de l’AFP Steve Sosnick, analyste d’Interactive Brokers. L’annonce de la création d’un parti politique "est perçue comme étant exactement le type de distraction que les investisseurs ne veulent pas", a-t-il poursuivi.
Vent debout contre la loi budgétaire de Donald Trump, dont il dénonce l’impact sur...
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08/07 - "Projet Alcatraz" : le pari fou d’un producteur de rhum pour réhabiliter des criminels
Autrefois habitué à faire couler le sang, le gang El Tren de Aragua fait désormais couler beaucoup d’encre. Surtout depuis que ses membres exilés aux Etats-Unis ont été expulsés par Donald Trump dans les prisons infernales du président salvadorien Nayib Bukele. Un coup d’arrêt brutal pour ces criminels qui ont terrorisé le Venezuela durant les deux dernières décennies. En 2003, l’Etat d’Aragua affichait ainsi un taux de 174 meurtres pour 100 000 habitants, un chiffre sept fois plus élevé qu’en Irak alors en guerre ! Aujourd’hui, les statistiques sont retombées à… 2 homicides. Une baisse spectaculaire due en partie à un rhum local, une prouesse suffisamment rare pour être signalée…
Nous sommes à l’hacienda Santa Teresa, à une heure de route de Caracas, en Aragua. Un chemin bordé par des palmiers centenaires traverse la propriété de plusieurs milliers d’hectares. Tout autour, des montagnes, des champs de cannes à sucre à perte de vue, une distillerie et la maison néocoloniale des Vollmer, une famille d’origine allemande présente au Venezuela depuis le XVIe siècle (alors sous occupation espagnole) et active aujourd’hui dans une pléiade de secteurs comme la banque, les assurances, les hydrocarbures et l’agriculture (café, cacao, sucre). "Notre entreprise est inscrite au registre du commerce depuis 1796 et nous produisons du rhum depuis 1885", souligne le maître des lieux, Alberto Vollmer. Sa marque Santa Teresa, leader dans son pays avec 40 % de part de marché, est aussi diffusée dans 36 pays à travers le monde et a...
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08/07 - "Méfions-nous des fanfaronnades de Trump" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
Iran : les calculs de Khamenei…
Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec, Canada)
L’ayatollah Ali Khamenei affirme que non seulement la République islamique a gagné la guerre contre les Etats-Unis, mais qu’elle lui a en outre infligé une gifle cinglante au visage en guise de représailles. Tu parles ! L’Iran a certes tiré des missiles sur la base militaire états-unienne d’Al-Udeid, au Qatar, mais après avoir diffusé les détails de l’opération au préalable. L’Iran voulait donc à la fois sauver la face chez lui et éviter une réponse désastreuse du "Grand Satan". Cela montre que le régime des mollahs est affaibli. ("Iran : ces cartes que l’ayatollah Ali Khamenei a encore dans sa manche", L’Express du 3 juillet.)… et la réponse ahurissante de Poutine
Claude Savourey, Orvault (Loire-Atlantique)
Après l’attaque des Etats-Unis en Iran, il est ahurissant de lire la réponse de Poutine. "La décision irresponsable de mener des frappes de missiles et de bombes sur le territoire d’un Etat souverain, quels que soient les arguments avancés, viole de manière flagrante le droit international." Evidemment, l’Ukraine n’était pas un Etat souverain ! On croit rêver devant un tel cynisme… ("Puissance de droit, l’UE peine à trouver sa place dans un monde sans droit", L’Express du 3 juillet.)De Trump à LFI
Michel Mondamey, Saint-Chamond (Loire)
Méfions-nous des fanfaronnades de Trump. Il nous sait crédules et il en joue. Nous ne saurons que bien plus tard les vrais résultats de son opération 'Marteau de minuit'. Ce qui est certain, c’est que la...
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08/07 - Droits de douane de Donald Trump : Japon, Tunisie… Ces pays pour lesquels le couperet est tombé
Après des semaines d’incertitude, le verdict. Le président américain Donald Trump a promis lundi une surtaxe douanière d’au moins 25 % à plusieurs pays, dont le Japon et la Corée du Sud, nouvelle étape dans son offensive bouleversant les échanges économiques internationaux.
Le dirigeant a distillé pendant la journée, sur sa plateforme Truth Social, 14 lettres quasiment identiques envoyées à plusieurs capitales, de Tunis à Bangkok en passant par Astana. Le montant de la surtaxe qu’il compte appliquer sur leurs produits, à compter du 1er août, varie : de 25 % (Japon, Corée du Sud, Malaisie, Kazakhstan et Tunisie) jusqu’à 40 % (Laos et Birmanie), en passant par 30 % (Afrique du Sud et Bosnie), 32 % (Indonésie), 35 % (Bangladesh et Serbie) et 36 % (Cambodge et Thaïlande).
Les courriers soulignent que si des biens sont estampillés en provenance de ces pays, mais proviennent en réalité d’ailleurs, une surtaxe "plus élevée" s’appliquera, sans que le montant soit donné. Il est aussi assuré que toute riposte sera sanctionnée par une surtaxe additionnelle de même ampleur.Entrée en vigueur le 1er août
Donald Trump avait annoncé qu’il enverrait lundi une première série de 12 à 15 lettres, à autant de partenaires commerciaux, mentionnant la surtaxe qu’il compte mettre en place sur leurs produits. Il avait précédemment programmé l’entrée en vigueur de ces droits de douane additionnels à mercredi, mais a repoussé l’échéance au 1er août via un décret présidentiel publié lundi soir. Il a cependant aussitôt laissé planer le doute...
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08/07 - Chine : un quasi-monopole sur les terres rares... et des années de ravage sur l’environnement
Un immense lac boueux, rempli de substances toxiques. Dans la ville industrielle de Baotou, le barrage de Weikuang incarne des années de laisser-faire de la part des autorités chinoises. Située au nord du pays, dans la province de Mongolie-Intérieure, cette localité vit depuis des décennies de la transformation des minerais, y compris de précieuses terres rares. De nombreuses raffineries y ont été installées pour traiter ces métaux stratégiques pour Pékin, qui détient un quasi-monopole mondial dans ce domaine.Effets sur la nature... et sur la santé
En effet, d'après les chiffres de l'Institut des études géologiques des États-Unis (USGS), 70% des terres rares extraites sur la planète le seraient en Chine. Un chiffre qui grimpe à 90% en ce qui concerne le taux de raffinage. Ces métaux précieux, essentiels à la fabrication de nombreuses technologies (téléphones portables, éoliennes, véhicules hybrides...), sont ardemment recherchés par les puissances concurrentes à la Chine, aujourd'hui dépendantes de ses ressources.
Cet avantage a d'ailleurs été mis à profit par le pouvoir de Xi Jinping comme un véritable moyen de pression lors des négociations commerciales menées sur les droits de douane avec les États-Unis, en mai dernier. Mais cette domination chinoise sur les terres rares a un prix : dans une longue enquête, le New York Times revient ainsi en détail sur les désastreuses conséquences environnementales de l'extraction et du traitement des terres rares en Chine. Ces effets sur la nature se répercutent aussi...
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08/07 - Maxime Amblard, le drôle d’itinéraire d’un éco-anxieux devenu M. Nucléaire du RN
Peut-on avoir été éco-anxieux et défendre la politique climatique du Rassemblement national ? Le cheminement est à première vue surprenant. Mais "pas incompatible avec le RN d’aujourd’hui", assure Maxime Amblard, évoquant son propre parcours. "Je n’ai pas senti depuis mon arrivée une once de climatoscepticisme", promet même l’intéressé. Qu’importe si certains cadres du RN doutent parfois de l’origine humaine du changement climatique, ne jurent que par le nucléaire et votent systématiquement contre les politiques favorisant les énergies vertes. Le député de la Meuse, élu l’an dernier à 27 ans, balaye ces contradictions. Il sait parfaitement ce qu’il défend.
Ingénieur en physique nucléaire, il s’est récemment distingué lors des débats électriques à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi sur la programmation énergétique, dite Gremillet. Le jeune parlementaire a alterné les prises de parole avec l’autre spécialiste maison du sujet, Jean-Philippe Tanguy. Tous deux ont mis une vraie pagaille dans le texte déposé à l’origine par le socle gouvernemental, que ce dernier a finalement rejeté avec l’aide de la gauche : moratoire anti-éolien et photovoltaïque, réouverture irréaliste de Fessenheim… "On a laissé le leadership au RN. Il a fait son beurre par la démission des autres partis", déplore l’ex-ministre de l’Environnement Brice Lalonde, président du think tank Equilibre des énergies.
Pour la formation d’extrême droite, l’occasion était trop belle d’acter la montée en puissance de son nouveau Monsieur Energie. Le...
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08/07 - Gaza : le Qatar dit "avoir besoin de temps" pour parvenir à un accord de cessez-le-feu
Donald Trump, qui se dit déterminé à mettre fin à la guerre à Gaza, a reçu Benyamin Netanyahou à dîner à la Maison-Blanche lundi 7 juillet. La troisième visite à Washington du Premier ministre israélien depuis le retour au pouvoir de Donald Trump intervient à un moment crucial, le président américain espérant profiter de l’élan donné par la récente trêve entre Israël et l’Iran après une guerre de 12 jours. Le républicain, qui estime qu’il n’y a "pas de blocage", s’est dit convaincu que le Hamas était prêt à accepter un cessez-le-feu à Gaza, alors que des négociations sont en cours au Qatar.
Les infos à retenir
⇒ Le Qatar dit "avoir besoin de temps" pour parvenir à un accord de cessez-le-feu
⇒ Donald Trump dit que le Hamas "veut un cessez-le-feu" à Gaza
⇒ Benyamin Netanyahou a nommé le président américain pour le prix Nobel de la paixLe Qatar dit "avoir besoin de temps" pour parvenir à un accord de cessez-le-feu à Gaza
Le Qatar, pays médiateur, a dit ce mardi "avoir besoin de temps" pour que les discussions indirectes en cours à Doha entre Israël et le Hamas aboutissent à un accord de cessez-le-feu après 21 mois de guerre à Gaza. "Je ne pense pas pouvoir donner de calendrier à ce stade, mais je peux dire qu'on a besoin de temps pour ça", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari au troisième jour de ces discussions à Doha. "Les deux délégations sont à Doha, nous parlons séparément avec elles pour établir un cadre pour les discussions. Les pourparlers n'ont donc pas encore...
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08/07 - Guerre en Ukraine : Donald Trump dit qu’il va envoyer plus d’armes "défensives" à Kiev
Les Etats-Unis vont envoyer des armes supplémentaires à l’Ukraine, a promis Donald Trump lundi 7 juillet, quelques jours après l’annonce d’une suspension de certaines livraisons américaines et au moment où la diplomatie se heurte à une impasse.
"Nous allons devoir envoyer plus d’armes, principalement des armes défensives", a déclaré le président américain, qui s’est dit "mécontent" à l’égard du dirigeant russe Vladimir Poutine. "Ils sont frappés de manière très, très dure", a ajouté Donald Trump à propos des Ukrainiens.
Donald Trump s’est rapproché depuis janvier de son homologue russe Vladimir Poutine, mettant la pression pour obtenir un arrêt des combats, sans toutefois parvenir à des progrès concrets. De façon inattendue, son gouvernement a annoncé avoir cessé de fournir certaines armes à Kiev, officiellement en raison d’une inquiétude quant à la baisse des stocks de munitions des Etats-Unis - le premier soutien militaire de l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Des responsables américains se sont efforcés ensuite de minimiser l’impact de cette mesure sans donner plus de détails.
Pendant le mandat de l’ancien président Joe Biden, Washington s’était engagé à fournir plus de 65 milliards de dollars d’aide militaire à l’Ukraine. Donald Trump n’a, lui, pas annoncé de nouvelles aides à Kiev depuis janvier.Impasse diplomatique
Dans un communiqué publié lundi soir après l'annonce de Donald Trump, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a déclaré : "Sur ordre du président, le ministère de la...
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08/07 - Les virus à la conquête des Amériques : l’empire aztèque face aux microbes espagnols
Et si, au-delà des batailles et des traités, l’histoire du continent américain avait été écrite par les épidémies ? De l’arrivée des conquistadors espagnols à l’indépendance des Etats-Unis, les maladies infectieuses ont influencé le destin de tout un territoire, mais aussi du monde.
Dans le premier épisode de cette série, nous avons suivi la route de Christophe Colomb, non pas vers les Indes, mais pour atteindre l’Amérique du Sud. Les Espagnols sont désormais installés sur l’île d’Hispaniola, et ils vont poursuivre leur route.
Pour la suite de ce récit, nous sommes toujours avec Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière, spécialiste des maladies infectieuses, et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot avec Sébastien Salis.
Crédits : Planète +
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Pr Renaud Piarroux : "De tout temps, les microbes ont façonné l’histoire des Hommes"
Naissance des épidémies, épisode 2 : la variole des...
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08/07 - Une révolution démographique : pourquoi la chute de la natalité est pire que ce que vous pensez
C’est, avec le réchauffement climatique et l’IA, le bouleversement majeur du XXIe siècle. Alors que nos imaginaires ont longtemps été hantés par la crainte de la surpopulation (de Soleil Vert à La Cité de la joie), nous commençons tout juste à prendre conscience des conséquences vertigineuses de la dénatalité. Paru en anglais en 2019 et traduit par les Arènes, Planète vide des Canadiens Darrell Bricker et John Ibbitson a été précurseur dans cette révolution copernicienne.
Depuis, les Nations unies, qui avaient fixé le pic de la population mondiale à 2100, l’ont avancé au début des années 2080. Mais les spécialistes savent que les projections de la Division de la population, revues à la baisse tous les deux ans, sont bien trop prudentes. Le modèle de l’ONU envisage toujours des rebonds des taux de fécondité, comme cela a été le cas pour la France à la fin des années 1990 et dans les années 2000. Il ne prévoit pas non plus qu’un pays puisse passer sous la barre de 0,5 enfant en moyenne par femme. Or Macao (que les Nations unies séparent de la Chine dans ses analyses) enregistrait l’année dernière un taux de fécondité de 0,58, et les naissances y sont encore en forte baisse depuis six mois. Selon l’économiste Jesus Fernandez-Villaverde de l’université de Pennsylvanie, la population mondiale pourrait ainsi entamer son déclin dès 2055.Angoisses existentielles
Déjà, des grandes puissances comme la Chine ou la Russie perdent des habitants. Contrairement au Japon, doyen de l’humanité, les nations à revenus moyens, comme en...
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07/07 - Des mâles dominants ? Une étude sur les primates déconstruit un vieux mythe
Et si la domination masculine n’était qu’un mythe ? Depuis des décennies, la biologie évolutive a véhiculé l’idée selon laquelle, chez les mammifères, et en particulier chez les primates, les mâles dominent naturellement les femelles. Cette vision, héritée d’observations partielles et de biais culturels, vacille aujourd’hui sous le poids d’une étude d’envergure.
Menée par une équipe internationale de chercheurs, l’étude publiée ce lundi 7 juillet dans la revue PNAS analyse plus de 250 populations issues de 121 espèces de primates et révèle une réalité bien plus complexe : les confrontations entre mâles et femelles sont fréquentes, et les femelles sont loin d’être les perdantes systématiques. Dans la majorité des cas, le rapport de force est partagé… et parfois même inversé.253 populations étudiées
Depuis les premières descriptions de sociétés matriarcales chez les lémuriens ou les hyènes, les scientifiques soupçonnaient que les femelles pouvaient parfois dominer les mâles. Mais les données manquaient pour mesurer avec précision l’ampleur du phénomène. C’est désormais chose faite.
Les auteurs de l’étude ont compilé des données issues de 253 populations représentant 121 espèces de primates. Leur objectif : comprendre la fréquence et les conditions dans lesquelles l’un des deux sexes prend le dessus lors des affrontements. Résultat ? Dans près de 70 % des cas, les deux sexes gagnent des conflits au moins occasionnellement. La dominance strictement masculine (plus de 90 % des conflits remportés par les mâles) est observée dans à...
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07/07 - Entrisme islamiste : Emmanuel Macron souhaite un texte de loi prêt "pour la fin de l’été"
De nouveaux dispositifs contre l’entrisme islamiste. Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 7 juillet vouloir mettre en place de nouvelles "mesures d’entrave plus efficaces" contre ce phénomène. Le président de la République s’est exprimé à l’issue d’un Conseil de défense et de sécurité nationale tenu après la remise à l’exécutif, en mai, d’un rapport sur l’influence des Frères musulmans en France. Ce document faisait état d’une "menace pour la cohésion nationale" avec le développement d’un islamisme "par le bas" de la part de cette organisation.Gel des apports monétaires et financiers
Pour mettre en œuvre ces évolutions, le chef de l’État souhaite voir un texte de loi prêt "pour la fin de l’été", de manière à ce qu’il "soit applicable en fin d’année". Dans le détail, Emmanuel Macron a mentionné plusieurs propositions. "On a acté la création d’une nouvelle mesure de gel des apports monétaires et financiers", a-t-il précisé, lors d’un point presse donné après la rencontre. Cette disposition élargirait un mécanisme qui existe déjà en matière de terrorisme.
Dans le même esprit, Emmanuel Macron espère voir agrandi le champ des dissolutions administratives, pour l’instant possibles pour les seules personnes morales. Elles pourront dorénavant concerner les fonds de dotation. Autre mesure décidée : un "régime coercitif de dissolution des biens des organisations dissoutes". L’objectif ? Que le tribunal judiciaire, saisi par l’administration, puisse désigner un curateur chargé de procéder à leur liquidation.Contrat d’engagement républicain et...
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07/07 - Emmanuel Macron retrouve l’arme de la dissolution : "Il ne peut pas imaginer qu’il n’est pas aimé..."
Le 18 juin 2024, dans l’avion qui le ramène de l’île de Sein, Emmanuel Macron est content. Il s’est fait alpaguer sur la dissolution annoncée neuf jours plus tôt ? Il est convaincu d’avoir livré les explications à même de retourner l’auditoire. En face de lui, son interlocuteur est songeur : comment parvient-on à se leurrer à ce point ? Jusqu’à quel point ce président se raconterait-il des histoires ? "Il ne peut pas imaginer qu’il n’est pas aimé puisqu’il ne peut pas imaginer qu’il n’est pas le meilleur", observe une vieille connaissance.
Au cœur de l’été suivant, alors que la dissolution cette fois a produit tous ses effets – pas de majorité, et toujours pas de Premier ministre – le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler raconte son dépit à un ami : "Ils veulent tous présider, aucun ne veut gouverner !" Le chef de l'Etat s’est coupé une main et plus personne ne veut assumer des responsabilités.
Le pays marche sur la tête, et à sa tête précisément se trouve un président capable de tout. Du meilleur comme du pire. D’être le premier dans l’histoire de la Ve République à dissoudre deux fois, puisqu’il n’est pas le premier à avoir échoué en dissolvant (Jacques Chirac l’avait précédé) ? On ne sait jamais avec lui. Jeudi 3 juillet, Roquefort-sur-Soulzon, dans l’Aveyron : quand l’hélicoptère se pose sur le terrain de football de la petite commune, le déplacement est censé durer deux heures, il se prolongera, avec un interminable bain de foule. Vendredi 4 juillet, Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines : le président est venu...
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07/07 - Boualem Sansal : la France, l’Algérie et le supplice chinois
Boualem Sansal aime les fables ; il en a d’ailleurs écrit quelques-unes lui-même, dont 2084, ce roman au titre et aux accents orwelliens. Mais ce qui se joue en ce moment sur son cas entre l’Algérie et la France tient plus de la cruauté de La Fontaine : depuis de longues semaines, le régime algérien se plaît à souffler le chaud, puis à décider le froid, laissant la France dans une embarrassante position. Espérant une grâce présidentielle pour l’écrivain, Paris ménage Alger, qui humilie Paris.
A l’heure où nous bouclons ces pages, une nouvelle rumeur, diffusée par un initié algérien auprès des soutiens de Sansal, circule : l’écrivain franco-algérien pourrait être libéré entre le 9 et le 12 juillet par une grâce personnelle d’Abdelmadjid Tebboune, mais serait interdit de sortie du territoire. Cette fois, les faits donneront-ils corps aux espoirs ? Jusqu’au premier week-end de juillet, le Quai d’Orsay était persuadé que Boualem Sansal serait libéré lors de la fête nationale algérienne du 5 juillet, à l’occasion de la grâce collective annuelle du président. Les diplomates disaient tenir leur information d’officiels algériens – c’est-à-dire, donc, de la présidence elle-même ou du ministère des Affaires étrangères. Mais le 5 juillet est passé, et Boualem Sansal n’a reçu aucune grâce. Pas plus qu’il n’y a eu de signe positif quant au sort réservé au journaliste français Christophe Gleizes, condamné dimanche 29 juin en première instance par le tribunal de Tizi-Ouzou à une peine de sept ans de prison ferme pour "apologie du...
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07/07 - Budget 2026 : les principaux organismes de recherche médicale dénoncent une menace pour la santé publique
Les principaux organismes français de recherche médicale se sont insurgés ce lundi 7 juillet face à l’éventualité de mesures fiscales qui, dans le cadre du budget 2026, aboutiraient selon eux à réduire de manière "catastrophique" les dons en leur faveur.
"Certaines propositions pourraient affecter plus d’un quart des ressources privées de nos organisations dans un contexte déjà préoccupant pour la recherche", affirment les signataires d’un communiqué, parmi lesquels l’Institut Pasteur, l’Institut Curie ou l’Institut Gustave-Roussy. Ils se réfèrent à de récentes propositions contenues selon ces organisations dans un rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF). L’AFM Téléthon ou encore la Fondation pour la recherche médicale font également partie des signataires. Les signataires ne comprennent pas l'Inserm, acteur majeur de la recherche médicale française, mais dont le modèle de financement ne repose pas sur les dons.Des mesures "extrêmement désincitatives"
Les auteurs s’inquiètent de l’éventualité d’une mesure qui réduirait fortement la portée d’une niche fiscale actuellement destinée à favoriser les dons envers les associations et les fondations à but non lucratif. Cette mesure aurait été évoquée dans un rapport de l’IGF, cité début juillet dans Le Parisien mais qui n’a pas été rendu public.
L’IGF, qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances, aurait recommandé de plafonner plus nettement le niveau auquel les dons sont défiscalisés. Actuellement, ce plafond est fixé à 20 % du revenu imposable de la...
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07/07 - Cancer de l’estomac : comment se débarrasser de H. pylori, la bactérie responsable de 75 % des cas ?
Avec tout ce qu’on y fait entrer, les litres d’alcool ingérés, les toxines absorbées sans faire exprès, et ces moult "repas" composés de pain, de fromage et de charcuterie, l’estomac n’est pas tout le temps traité avec l’attention qu’il mérite. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces mauvaises habitudes ne sont pas, ou peu, en cause lorsqu’une grosseur maligne décide de s’y installer.
C’est en tout cas ce qu’indique une nouvelle étude publiée ce lundi 7 juillet dans la revue scientifique Nature Medicine. En dressant des projections sur les cancers qui pourraient survenir chez la nouvelle génération, née entre 2008 et 2017, les auteurs soulignent, entre autres, le rôle d’une bactérie, Helicobacter pylori, dans les tumeurs de l’estomac. Ce micro-organisme, méconnu du grand public, est de loin la première cause connue de ce type de pathologie à l’échelle de la planète.
Sur la base des données actuelles, et alors que le cancer de l’estomac est le cinquième le plus fréquent dans le monde, les scientifiques estiment qu’au cours de leur vie, 15,6 millions de personnes de cette classe d’âge devraient être victimes d’une de ces tumeurs. Au total, plus de 75 % le seront à cause de Helicobacter pylori. De quoi reléguer les autres facteurs de risque, les régimes trop salés, pauvres en fruits et légumes frais, le tabac, et la génétique, au rang de minorité.Dépister, mais pour quoi faire ?
Avec ces données, les auteurs espèrent attirer l’attention sur cette cause de cancer. Le phénomène était déjà connu des...
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07/07 - L’Ukraine dément la prise d’une localité par la Russie dans la région de Dnipropetrovsk
La Russie a affirmé ce lundi 7 juillet avoir pris le contrôle de Datchnoïe, dans la région de Dnipropetrovsk, une première dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie si l’information - démentie par l’Ukraine était confirmée. Cette localité est située à environ 70 kilomètres à l’ouest de la grande ville de Donetsk, sous contrôle russe. Le groupe opérationnel et tactique ukrainien opérant dans cette zone a pourtant contredit cette information auprès des médias ukrainiens, selon Le Monde.
Entre-temps, dans la nuit du dimanche au lundi matin, Kharkiv et sa région ont fait l’objet de nouvelles frappes russes, causant au moins 71 blessés, a informé le maire de la ville. À Zaporijia aussi, le chef de l’administration militaire de l’oblast a informé sur Telegram qu’une attaque russe avait fait au moins quatre blessés.
Les infos à retenir :
⇒ La Russie annonce la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk
⇒ Kiev dément cette conquête et affirme que la localité est "entièrement sous contrôle" ukrainien
⇒ Des frappes russes ont fait au moins 71 blessés à Kharkiv et 17 Zaporijia entre la nuit du dimanche et lundi matinL’armée russe revendique une localité dans la région de Dnipropetrovsk
La Russie a annoncé ce lundi 7 juillet la prise d’une localité dans l’oblast de Dnipropetrovsk (centre-est de l’Ukraine). Une première depuis le début de l’invasion en février 2022, la frontière de cette région n’ayant jamais été franchie auparavant par l’armée russe, selon le journal Le Monde.
"La localité de Datchnoïe, dans...
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07/07 - Le député LR Olivier Marleix a mis fin à ses jours
Le député LR d’Eure-et-Loir Olivier Marleix, qui avait présidé le groupe des députés de droite de 2022 à 2024, a mis fin à ses jours ce lundi 7 juillet dans des circonstances qui n’ont pas été précisées, ont indiqué à l’AFP des sources parlementaires concordantes.
Agé de 54 ans et proche de l’ex-Premier ministre Michel Barnier, Olivier Marleix avait soutenu ce printemps la candidature de Bruno Retailleau à la présidence des Républicains face à Laurent Wauquiez qui lui avait succédé l’an dernier à la présidence des députés LR. Le député d’Eure-et-Loire a été retrouvé sans vie à son domicile d’Anet, selon le procureur de la République de Chartres Frédéric Chevallier. Olivier Marleix a été "retrouvé dans une pièce du haut, pendu", a-t-il dit."Un adversaire politique toujours respectueux"
A l’annonce de son décès, plusieurs personnalités politiques ont rendu hommage au député. Olivier Marleix était un "homme politique d’expérience" qui "défendait ses idées avec conviction", a salué Emmanuel Macron dans un message sur le réseau social X.
La disparition d’Olivier Marleix plonge notre Parlement en deuil.
Homme politique d’expérience, il défendait ses idées avec conviction. Je respectais aussi nos différends puisqu’ils se plaçaient à la lumière de notre amour du pays. J’adresse mes condoléances…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 7, 2025
"Sa haute silhouette nous manquera", a salué de son côté le Premier ministre François Bayrou, qui lui rendra également hommage mardi matin lors d’un déplacement à Chartres, dans la...
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07/07 - Guerre en Ukraine : pourquoi Vladimir Poutine aurait dû lire Eschyle
Vladimir Poutine est-il un nouveau Xerxès ? En envahissant une grande partie de la Grèce, ce grand roi de Perse voulait venger l’humiliation subie dix ans plus tôt, en 490 avant J.-C., par son père Darius lors de la bataille de Marathon. Xerxès souhaitait aussi venger la défaite ancienne, humiliante, de Troie, ravagée par les Grecs après dix années d’une guerre épuisante, que nous connaissons surtout par l’Iliade d’Homère.
Xerxès fit déferler sur la Grèce une armée gigantesque, d’abord victorieuse. Il parvint à Athènes, entra dans la ville et l’incendia. Il pensait que la Grèce lui appartenait. Après tout, la Grèce et la Perse n’étaient-elles pas deux sœurs, vouées à s’entendre sous un même commandement… à savoir le sien ? Mais la Grèce avait le tort d’être rebelle. En bon dirigeant, chargé par les dieux de rétablir l’unité du monde dont la responsabilité lui aurait été confiée, Xerxès décida donc de la mater. Ce ne fut pas une conquête, mais une opération spéciale de remise en ordre.
Sauf que les Perses subirent une défaite immense. Les Athéniens, par prudence, n’ont pas défendu leur ville. Ils ont à la hâte construit une flotte et, avec l’aide d’autres cités grecques, ils ont infligé un désastre gigantesque à la flotte perse dans les eaux de Salamine, près d’Athènes. Puis, sur terre, les Grecs ont massacré une grande partie de l’armée perse lors de la bataille de Platées. Xerxès, penaud, rentra en Perse, et continua à régner.
La bataille de Salamine a non seulement sauvé Athènes, mais elle lui a permis de renforcer son régime...
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07/07 - Donald Trump et les droits de douane, la semaine décisive : date butoir, menaces et courriers d’avertissement
Donald Trump accentue sa pression. Trois mois après sa tonitruante annonce des droits de douane réciproques contre la plupart des économies mondiales, le président américain franchit une nouvelle étape dans sa guerre commerciale ce lundi 7 juillet. Il devrait envoyer dans l’après-midi "douze, peut-être quinze lettres" pour notifier ses principaux partenaires commerciaux des attentes de Washington.
"C’est plus facile d’envoyer une lettre disant : 'écoutez, nous savons que nous avons un certain déficit, ou dans certains cas un excédent, mais pas beaucoup. Et voilà ce que vous avez à payer pour faire des affaires aux États-Unis", a développé le milliardaire vendredi à bord d’Air Force One, face à des journalistes. Pour de nombreux gouvernements, le flou demeure quant à l’issue des négociations commerciales avec les États-Unis. Beaucoup tentent de gagner du temps pour trouver le meilleur "deal" possible avec Donald Trump… mais celui-ci commence sérieusement à s’impatienter.Nouvelle date butoir fixée au 1er août
Preuve de cette volonté d’acter rapidement la fin du feuilleton : Washington a fixé une nouvelle date butoir pour l’imposition de ces tarifs douaniers. D’abord prévue pour le 9 juillet, soit 90 jours après l’officialisation de ces surtaxes réciproques, l’échéance a été décalée au 1er août. Mais cette fois, le clan trumpiste ne paraît pas enclin à accorder un nouveau délai aux différents pays présents dans les négociations. "S’ils ne font pas avancer les choses, alors, le 1er août, ils retourneront, tel un...
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07/07 - Gestion du Covid-19 : non-lieu pour trois ex-membres du gouvernement, dont Edouard Philippe
Cinq ans après le début des investigations menées à la Cour de justice de la République (CJR) sur la gestion du Covid-19, un non-lieu a été prononcé ce lundi 7 juillet à l’encontre de trois ex-membres du gouvernement, dont Edouard Philippe.
"La commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR) a rendu une décision de non-lieu", conformément au "réquisitoire définitif du ministère public en date du 20 mai", a annoncé Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation, dans un bref communiqué, sans détailler les motivations des magistrats.
Cette décision n’est pas une surprise. Le 21 mai, un non-lieu avait en effet été requis par le parquet général en faveur de l’ancien Premier ministre (mai 2017-juillet 2020), de l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (mai 2017 – février 2020) et de son successeur Olivier Véran (février 2020-mai 2022), éloignant la perspective d’un procès, même s’il revenait à la commission d’instruction de la CJR de trancher. "C’était attendu", a simplement réagi Agnès Buzyn, sollicitée par l’AFP.
La CJR est la seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement - Premiers ministres, ministres et secrétaires d’Etat - pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
L’information judiciaire avait été ouverte en juillet 2020 pour mise en danger de la vie d’autrui et abstention volontaire de combattre un sinistre, à la suite d’une série de plaintes (médecins, patients, syndicats…) dénonçant une mauvaise anticipation du gouvernement ou des...
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07/07 - L’Allemagne n’est plus la première destination des demandeurs d’asile en Europe
Le nombre de demandes d’asile a considérablement baissé en Allemagne au cours des six premiers mois de l’année 2025, rapportent des médias allemands. Selon le journal Welt am Sonntag, qui cite des données non publiées à ce jour de l’Agence européenne pour l’asile (AEE), 65 495 demandes d’asile ont été déposées en Allemagne entre le 1er janvier et le 30 juin 2025. Cela représente une baisse de 43 % par rapport à la même période l’année dernière.
Le média Tagesschau cite, lui, des chiffres de l’Office fédéral allemand pour les migrations et les réfugiés, soit 61 336 demandes d’asile déposées en Allemagne au cours du premier semestre 2025. Un chiffre repris aussi par Die Welt, inférieur de 44,9 % à l’année précédente.L’Allemagne n’est plus en tête des destinations d’asile en Europe
Pour la première fois depuis des années, l’Allemagne n’est plus en tête des pays européens pour les demandes d’asile. Le pays recule à la troisième place, derrière l’Espagne (76 020) et la France (75 428), mais juste devant l’Italie (62 534).
La baisse des demandes d’asile n’est pourtant pas exclusive à l’Allemagne. Dans toute l’Europe (Suisse et Norvège inclues), le journal Welt relate un total de 388 299 demandes déposées, soit une baisse de 23 % par rapport au premier semestre de 2024.
En Europe, les demandeurs d’asile provenaient début 2025 majoritairement du Venezuela (48 413), d’Afghanistan (41 127) et...
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07/07 - Israël-Iran : comment Téhéran a tenté de recruter des espions et des assassins au sein de l’Etat hébreu
En Iran, la chasse aux "espions" bat son plein. Trois hommes accusés d’être des taupes au service d’Israël ont été pendus le 25 juin. Selon un décompte de l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, arrêté le 30 juin, six hommes ont été pendus pour espionnage au profit d’Israël depuis le début du conflit avec Israël, des dizaines d’autres ont été exécutés pour d’autres chefs d’accusation, et plus de 1 000 personnes ont été arrêtées pour des faits liés à la guerre. L’Iran annonce régulièrement l’arrestation et l’exécution d’agents supposés travailler pour les services de renseignement de pays étrangers, notamment d’Israël. Des accusations souvent fallacieuses, selon des ONG. "Après le cessez-le-feu avec Israël, la République islamique a besoin de répression pour masquer son échec militaire, empêcher des mouvements de protestation et assurer sa survie", déplore auprès de l’AFP Mahmoud Amiry-Moghaddam, directeur d’Iran Human Rights.
Israël n’est pas en reste en matière de traque d’agents. Avant que l’Etat hébreu ne lance sa guerre contre l’Iran en juin dernier, ses services de sécurité ont découvert un vaste réseau de ses propres citoyens espionnant pour Téhéran, à une échelle qui a pris le pays par surprise, relate The Guardian. La méthode employée n’est toutefois pas la même : alors que le Mossad misait sur l’infiltration en Iran d’un groupe d’agents hautement qualifiés, les services de renseignement iraniens ont quant à eux choisi de tester jusqu’où leurs jeunes recrues seraient prêtes à aller.
Les documents judiciaires issus des...
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07/07 - Comment nous sommes tombés dans le piège des vacances instagrammables, par Julia de Funès
La question des vacances n’est plus vraiment "où partir ?", mais "où se montrer au mieux ?" Fini le simple choix d’une destination : on favorise désormais un décor, un cadre à poster. Ce glissement révèle un basculement profond dans notre rapport au travail et à notre propre identité. Hier, le travail nous structurait. Il nous donnait un rôle, une place, une reconnaissance sociale. On était avant tout sa fonction, et les vacances une parenthèse salutaire, un effacement temporaire, une vacance au sens littéral : un vide, un retrait. On disparaissait un peu. Mais ce modèle s’effrite. L’identité professionnelle a perdu de son prestige, concurrencée par l’identité personnelle. Et c’est en vacances qu’elle se donne à voir avec le plus de force. Dès lors, les vacances deviennent un enjeu, un moment où l’on doit donner la meilleure version de soi-même. Le paradoxe est là : autrefois, le travail procurait une identité, il était la source du rôle, et les vacances en étaient la suspension. Aujourd’hui, c’est l’identité qui génère du travail. Non plus un travail professionnel, mais un travail de représentation.
Voici donc à quoi ressemblera, sans surprise, l’été 2025. Un rite de soi mis en images où rien ne doit advenir qui ne puisse être converti en signe. Devant la photographie d’un ciel pastel la légende sera minimale, presque ascétique : Gratitude. L’image ne raconte plus un souvenir, mais atteste d’un état intérieur, d’une disposition spirituelle qu’il convient non pas de vivre, mais de signifier. Le marché local, jadis...
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07/07 - Placements : la potiche chinoise se porte à merveille
Le 13 juin, Cannes Enchères proposait un grand vase du règne de l’empereur Qianlong (1711-1799). Alexandre Debussy, directeur associé de la maison de ventes, l’a découvert chez une famille modeste de Nice qui le détenait depuis plusieurs générations et en ignorait totalement la valeur. Elle le conservait d’ailleurs dans un placard… Il s’agissait pourtant d’une pièce d’exception.
De grande taille avec ses 53 centimètres de haut, de forme tianqiuping - que l’on peut traduire par sphère céleste -, à motif de dragons bleus et blancs à cinq griffes, au milieu de nuages stylisés, il portait la marque à six caractères de l’empereur. Raison pour laquelle il était estimé entre 300 000 et 500 000 euros.
Alexandre Debussy espérait tout de même une enchère à sept chiffres pour cet objet. Son vœu a été exaucé puisque ce vase a été acheté 2,1 millions d’euros par un amateur chinois. De tels résultats sont devenus monnaie courante dès qu’il s’agit de porcelaines impériales.
Une autre caractéristique mérite l’attention : ces pièces très convoitées se trouvent souvent dans des familles françaises qui les conservent depuis des dizaines d’années en souvenir de leurs aïeux, sans avoir la moindre idée de leur prix. Ces propriétaires doivent impérativement les faire évaluer s’ils envisagent de s’en séparer, au risque de les brader comme de modestes poteries. Statistiquement, ils auront plus de chances de devenir millionnaires qu’avec un billet de Loto...
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07/07 - Inondations au Texas : derrière le lourd bilan, l’ombre des coupes budgétaires de Donald Trump
C’est un décompte provisoire et déjà dramatique. Le bilan des inondations au Texas, survenues vendredi 4 juillet dans le sud des Etats-Unis, avoisine désormais les 80 morts, et va encore s’alourdir, ont annoncé dimanche 6 juillet les autorités locales, à mesure que l’espoir de retrouver une dizaine d’enfants encore portées disparues s’amenuise. Le seul comté de Kerr, le plus touché, déplore désormais 68 morts, "40 adultes et 28 enfants", a déclaré le shérif du comté, Larry Lethia, lors d’une conférence de presse. Donald Trump a annoncé qu’il se rendrait "probablement" sur place vendredi. "C’est une catastrophe comme l’on n’en a pas vu en 100 ans et c’est tout simplement atroce de voir ce qu’il se passe", a-t-il déclaré à des journalistes.
Au cours du week-end, des habitants se sont plaints de ne pas avoir été avertis suffisamment tôt des risques d’inondations. Rob Kelly, juge et plus haut fonctionnaire élu du comté de Kerr, a déclaré que le comté ne disposait pas de système d’alerte en raison de son coût élevé et de la réticence des habitants à investir dans de nouvelles dépenses.
Les coupes budgétaires effectuées dans les services météorologiques nationaux ont-elles eu des conséquences néfastes ? C’est ce que se demandent plusieurs spécialistes. Comme le détaille le New York Times (NYT), des postes clés au sein des bureaux locaux du National Weather Service (NWS), le Service météorologique national, étaient vacants au moment du drame. Certains experts suggèrent donc que le manque de personnel a compliqué la coordination de...
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07/07 - Vins : ces néonégociants qui tordent le cou aux clichés
"Négociant" n’est plus un gros mot. Ils sont 700 dans l’Union des maisons et marques de vins (UMVIN), acteurs indispensables du vignoble puisqu’ils commercialisent 70 % de la production française. On y croise des géants, comme Castel et Grand Chais de France, ou des régionaux – Dourthe à Bordeaux, Advini dans le Languedoc et tous les négociants-éleveurs bourguignons (Albert Bichot, Boisset, Louis Latour, Louis Jadot…). D’autres se spécialisent dans les fonds de cuves… Il faut de tout.
Mais l’image de la grosse machine industrielle et sans cœur, systématiquement opposée à la figure du vaillant "petit" producteur, a vécu. Parce que la génération des Gérard Bertrand, Michel Chapoutier, Marcel Guigal ou Jean-Claude Mas, vignerons passés de l’autre côté du miroir, a changé le regard sur ces marchés de volumes. Et parce que, désormais, les indépendants eux-mêmes achètent du vin ou du raisin pour s’assurer une production régulière, ou plus diversifiée. "Les deux mondes deviennent très perméables", constate Bruno Maillard, directeur de Vignobles & Compagnie, maison rhodanienne fondée en 1963.Nouvelles collaborations avec la viticulture
Sur fond de crise du vin, ce rapprochement entre producteurs et marchands a accouché d’initiatives qui renouvellent le genre et tentent de séduire les jeunes consommateurs avec des "quilles" faciles d’accès, gustativement et financièrement. Les "néonégociants" parlent d’environnement, de terroir, de solidarité, d’innovation et inventent de nouvelles collaborations avec la viticulture....
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07/07 - Un Français de 18 ans porté disparu en Iran : le rappel à l’ordre du Quai d’Orsay
Les Français sont exhortés à suivre scrupuleusement les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères, en particulier la recommandation de ne pas aller en Iran, où un touriste est porté disparu, a insisté lundi 7 juillet le ministre chargé des Français de l’étranger. "Chaque Français doit se référer sur le site du ministère des Affaires étrangères où les informations sont exposées de façon objective, claire", a déclaré Laurent Saint-Martin alors qu’un jeune touriste français de 18 ans, de passage en Iran, est porté disparu depuis le 16 juin.
"Je vous rassure, la protection consulaire est de droit pour tous les Français […] dans un pays étranger. Mais […] si nous déconseillons souvent très fortement de se rendre dans des pays, c’est précisément pour ne pas se retrouver en risque", a-t-il dit.
Il a souligné que la disparition de Lennart Monterlos, dont le périple à vélo dans le monde comprenait une étape en Iran, était "inquiétante parce que l’Iran a une politique délibérée de prise d’otages des Occidentaux", "une politique assumée"."Vifs débats"
Dans un post publié le 12 juin, soit quatre jours avant sa disparition, le jeune touriste, passionné de sport, avait expliqué que son passage par ce pays avait "fait l’objet de vifs débats" avec son entourage. Le jeune homme semblait estimer que la dangerosité présumée de l’Iran était exagérée. Pour l’heure, les raisons de la disparition sont inconnues : arrestation, accident ?
Sa disparition est survenue alors qu’Israël avait lancé des frappes contre des sites...
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07/07 - WormGPT, le ChatGPT du crime : l’inquiétante ascension d’une IA prisée des hackers
Depuis l’apparition de ChatGPT et la démocratisation des intelligences artificielles génératives, le quotidien de beaucoup de travailleurs a été transformé. Les chatbots sont utilisés pour rédiger des mails, automatiser certaines tâches, écrire du code… Cela s'observe aussi dans la sphère cybercriminelle. Loin des clichés les décrivant parfois comme des acteurs solitaires tapis dans l’ombre, les hackers se sont professionnalisés. Les plus grands groupes cybercriminels sont organisés comme des entreprises conventionnelles avec services RH, congés payés, primes… Et outils d’intelligence artificielle.
Pour eux, cependant, pas question d’utiliser ChatGPT ou Gemini. Les chatbots développés par les géants de la tech, comme OpenAI ou Google, ont des limites encodées qui leur interdisent de produire des contenus dangereux ou d’effectuer des actions potentiellement illégales. Certaines commandes spécifiques permettent parfois de contourner les limites des IA (ce qu'on appelle un "jailbreak"). Mais il existe aussi des IA déjà débridées, connues sous le nom de WormGPT.
WormGPT est apparu pour la première fois en juin 2023 sur l’un des plus populaires forums de hackers, explique à L’Express Vitaly Simonovich, chercheur en cybersécurité chez Cato Networks. Mis au point par des auteurs qui n’ont jamais pu être identifiés, WormGPT avait été entraîné sur un modèle de langage open source, accessible à tous, et avait été pensé pour ne pas avoir les mêmes limitations que les autres chatbots. L’IA acceptait, par exemple,...
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07/07 - Iran : le président Pezeshkian accuse Israël d’avoir tenté de l’assassiner
De nouvelles négociations indirectes entre Israël et le Hamas se déroulent au Qatar en vue d'un accord de trêve à Gaza et de libération d'otages. Ces discussions interviennent au moment d’une visite ce lundi 7 juillet du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche, la troisième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Les infos à retenir
⇒ Le président Pezeshkian accuse Israël d’avoir tenté de l’assassiner
⇒ Donald Trump estime qu’il y a de "bonnes chances" de parvenir à accord avec le Hamas "cette semaine"
⇒ Benyamin Netanyahou est à Washington ce lundi pour rencontrer le président américainLe président Pezeshkian accuse Israël d’avoir tenté de l’assassiner
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a accusé Israël d’avoir tenté de l’assassiner, sans toutefois préciser à quel moment, dans un entretien accordé à l’animateur américain Tucker Carlson diffusé ce lundi.
"Ils ont essayé oui. Ils ont agi en conséquence mais ils ont échoué", a affirmé Massoud Pezeshkian. "J’étais à une réunion […], ils ont tenté de bombarder la zone où nous tenions cette réunion", a ajouté le président iranien, assurant que "c’était Israël", selon une traduction de ses propos par un interprète.Gaza : la Défense civile annonce 12 morts dans des raids et tirs israéliens
La Défense civile de la bande de Gaza a fait état lundi de 12 personnes tuées par des tirs et des bombardements de l’armée israélienne à travers le territoire palestinien dévasté par 21 mois de guerre. Selon Mahmoud Bassal, porte-parole de cette organisation de...
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07/07 - "C’est ridicule" : la réponse de Donald Trump au nouveau parti d’Elon Musk
Donald Trump et son ancien allié Elon Musk ont repris leur duel de plus belle ce week-end, le président américain raillant le projet de création d’un troisième parti politique aux Etats-Unis annoncé par l’homme le plus riche du monde.
"Je pense que c’est ridicule de lancer un troisième parti. Nous connaissons un formidable succès avec le Parti républicain", a déclaré Donald Trump à des journalistes depuis le New Jersey dimanche 6 juillet, avant d’embarquer dans son avion pour rentrer à Washington. "Les démocrates sont perdus, mais il y a toujours eu un système bipartite et je pense que lancer un troisième parti ajoute simplement de la confusion", a poursuivi le chef de l’Etat. "Les troisièmes partis n’ont jamais fonctionné", a-t-il asséné. "Il peut s’amuser autant qu’il veut avec ça, mais je pense que c’est ridicule", a-t-il conclu.
Peu après, le président américain publiait sur son réseau Truth Social une logorrhée contre son ancien partenaire, se disant "peiné de voir Elon Musk 'dérailler' complètement" et "devenir tout simplement une CATASTROPHE ces cinq dernières semaines".
Les deux hommes ont pourtant été très proches. Elon Musk - propriétaire de Tesla, SpaceX et du réseau social X, entre autres - a contribué à hauteur de plus de 270 millions de dollars à la campagne du républicain pour la Maison-Blanche. Il a aussi piloté la Commission pour l’efficacité gouvernementale (Doge) destinée à réduire drastiquement les dépenses fédérales. Il était un habitué du bureau Ovale.
Il a quitté Doge en mai pour reprendre en...
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07/07 - Les virus à la conquête des Amériques : quand Christophe Colomb importait des maladies d’Europe
Il y a un an, nous vous emmenions à la découverte des premières épidémies rencontrées par l’Homme. A travers 5 grandes périodes de l’Antiquité, nous avons étudié comment se formaient les pandémies et leur influence dans l’histoire.
Nous avons donc décidé de poursuivre ce récit, en prenant la direction du continent américain. Ce que nous allons essayer de voir, c’est comment, à cette période-là, se crée le monde qu’on connait aujourd’hui, avec le bloc occidental en particulier, l’Europe de l’ouest, les Amériques.
Et pour nous accompagner, nous retrouvons le Professeur Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié Salpêtrière, spécialiste des maladies infectieuses, et auteur de Sapiens et les microbes, les épidémies d’autrefois.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris, monté par Emeline Dulio et réalisé par Jules Krot avec Sébastien Salis.
Crédits : Revolver Entertainment, Gaumont, Légende Entreprises
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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Pour aller plus loin :
Pr Renaud Piarroux : "Dans l’histoire, les origines des épidémies ont toujours fait l’objet de manipulations"
Aux...
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07/07 - "On a peur que la guerre recommence" : en Iran, la crainte d’un nouvel embrasement
Dans le ciel iranien, les missiles se sont tus mais l’angoisse continue d’étreindre la population iranienne. Plus persistante que jamais. La question de l’avenir est sur toutes les lèvres dans un pays déjà éprouvé par des années de répression politique et d’instabilité économique. Cette guerre avec Israël, dont le cessez-le-feu est entré en vigueur le 24 juin, après douze jours de bombardements, laisse la société seule face au régime de fer des Gardiens de la révolution, plus répressif que jamais.
L’atmosphère à Téhéran a radicalement changé. Alors que de nombreux postes de contrôle ont été installés à l’entrée de la ville, la population est désorientée, à l’image de Zahra*, une comédienne de 30 ans. "Je n’ai plus de motivation pour rien, je ne sais pas quoi faire, ni ce qu’il va se passer, même dans une heure", témoigne-t-elle.
"C’est comme si les esprits étaient figés", formule Reza, fonctionnaire dans le domaine du sport, joint sur Telegram. Derrière ce temps suspendu, au rythme des soubresauts régionaux, il y a une crainte : la reprise des hostilités dans un avenir proche. "On s’attend à de nouvelles attaques, et c’est terrifiant. Il n’y a rien de plus important pour nous que de rester en sécurité et de retrouver une vie normale", juge Elaheh, une professionnelle du marketing qui s’interroge sur la durabilité du cessez-le-feu.
Et ce, alors que les tensions internationales autour du programme nucléaire iranien sont loin d’être apaisées,...
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06/07 - "Les Etats-Unis, à cet instant, ne sont plus une démocratie" : le cri d’alarme de Steven Levitsky (Harvard)
Dans ses pires cauchemars, il n’avait pas imaginé un tel recul démocratique aux Etats-Unis. Même sous le règne de Donald Trump. Politologue star à Harvard, Steven Levitsky est l'auteur de livres à succès, dont le best-seller How Democracies Die, coécrit en 2018 avec son confrère Daniel Ziblatt, et traduit en 25 langues, dont une édition française chez Calmann-Lévy. Il estime qu’en six mois de présidence Trump, son pays a d’ores et déjà cessé d’être une pleine démocratie. La décision historique de la Cour suprême, le 27 juin, qui limite le pouvoir des juges fédéraux de bloquer des lois et décrets, est une étape de plus de ce spectaculaire déclin. Entretien.
L’Express : Votre livre, publié en 2018, commence par cette interrogation : "Notre démocratie est-elle en danger ?" Sept ans plus tard, quelle est votre réponse ?
Steven Levitsky : Clairement, oui. Elle est plus en danger aujourd’hui que ce que nous avions anticipé lorsque nous avons écrit le livre en 2017. En fait, je dirais que les États-Unis, à cet instant, ont déjà cessé d’être une démocratie.
En seulement six mois de présidence Trump ?
C’est arrivé rapidement pour plusieurs raisons. D’abord, car la seconde présidence Trump est très différente de la première. En 2016, Donald Trump ne s’attendait pas à gagner et n’avait pas de plan ni d’équipe. Pour former son cabinet, il s’est donc appuyé sur une combinaison de politiciens républicains plus ou moins classiques et de technocrates de droite, mais il s’agissait tous de figures de l’establishment, qui lui imposaient des...
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06/07 - Droits de douane américains : l’UE négocie des exceptions et se prépare à l’échec de l’accord
Il ne reste que trois jours à l’Union européenne pour négocier un accord douanier le moins pénalisant possible, avec les États-Unis. Après une escalade diplomatique début avril, l’administration de Donald Trump a menacé de monter à 20 %, voir à 50 % les taxes douanières sur pour les pays exportant plus vers les Etats-Unis qu’ils n’importent de produits américains. Des seuils qui asphyxieraient de nombreux secteurs de production européens dont la vente des produits dépend des exportations vers les États-Unis.
Le Président américain a finalement accepté de suspendre l’application de ces taxes jusqu’au 9 juillet afin de négocier un accord avec l’UE. Mais si un accord de principe n’est pas trouvé d’ici là, les taxes faramineuses américaines "entreront en vigueur dès le 1er août", a annoncé le ministre américain du Trésor Scott Bessent dimanche 6 juillet.
Selon les informations de l’agence économique Bloomberg, celui-ci devrait pencher largement en faveur des États-Unis, mais permettre de faire redescendre le taux de taxe douanier à 10 %, le tarif universel sur lequel Washington est intransigeant. Le porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a confirmé que "des progrès ont été réalisés vers un accord de principe" et que "la Commission renouera avec les États-Unis sur le fond ce week-end". Certaines capitales européennes poussent pour un accord rapide afin d’éviter l’escalade, tandis que d’autres souhaitent négocier en position de force en répondant aux mesures de Donald Trump par des contre-mesures.Protéger le...
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06/07 - Le grand biologiste David Liu (Harvard) : "L’humanité pourra bientôt agir sur son destin génétique"
Le sourire du bébé KJ, ses grands yeux bleus ouverts sur le monde, ses bonnes joues, avaient illuminé l’actualité voilà quelques semaines. Tellement mignon, malgré son petit pansement sur le visage. Tellement vivant, lui qui souffrait d’une maladie hépatique ultra-rare dont les deux seules issues sont normalement la greffe de foie ou le décès. Un petit miracle, rendu possible par une nouvelle technique de thérapie génique qui a pu corriger la mutation en cause dans sa pathologie - une seule lettre mal écrite, parmi les milliards que compte l’ADN humain.
Le scientifique à l’origine de cette prouesse s’appelle David Liu. Chimiste et biologiste moléculaire, ce professeur au Broad Institute (MIT - Harvard) est sans conteste l’un des chercheurs les plus en vue du moment. Auteur de 275 articles scientifiques, détenteur de 110 brevets, cofondateur de plusieurs start-up, il a aussi reçu au printemps le prestigieux Breakthrough Prize, considéré comme l’antichambre du Nobel. Et pour cause : ses inventions ont révolutionné les technologies de modification du génome - et permis aux médecins de KJ de le soigner.
Là où Crispr-Cas9 avait ouvert la voie, en permettant de couper l’ADN pour effacer des erreurs, les outils imaginés par David Liu offrent la possibilité de littéralement le réécrire, à la façon d’un traitement de texte. C’est grâce à ces avancées que les applications médicales de l’édition génétique deviennent véritablement possibles - la première génération d’outils, plus proches des ciseaux que du crayon, était...
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06/07 - LinkedIn, algorithmes et ATS : pourquoi ceux qui cherchent un emploi ont l’impression d’être maudits
Dans Les mots, la mort, les sorts, l’anthropologue Jeanne Favret-Saada décrivait comment les paysans du Nord-Ouest invoquaient la sorcellerie pour expliquer "une catégorie particulière de malheurs, ceux qui se répètent sans raison". Près de cinquante ans plus tard, dans une France hantée par la peur du chômage, le marché du travail semble frappé d’un même sortilège. Jamais les outils de recherche d’emploi n’ont été aussi sophistiqués, jamais l’information n’a été aussi accessible.
Pourtant, jamais l’angoisse du déclassement n’a été aussi prégnante. Cette grande peur traverse toutes les classes sociales : cadres menacés par l’intelligence artificielle, ouvriers victimes de la désindustrialisation et jeunes diplômés confrontés à la précarité. Dans ce climat d’incertitude générale, chaque candidature devient un enjeu existentiel. L’emploi détermine l’identité sociale, conditionne l’accès au logement et façonne les projets de vie. Perdre ou ne pas trouver d’emploi, c’est risquer l’exclusion.Un système opaque
Face à cette demande anxieuse, les entreprises ont construit des systèmes d’une rationalité implacable. ATS (Application tracking Systems, ou applications de gestion des candidatures), algorithmes de tri et grilles d’évaluation standardisées : tout concourt à transformer le recrutement en processus industriel. Le CV devient une radiographie, l’entretien un scanner comportemental.
Cette hyper-rationalisation répond à des logiques économiques et éthiques compréhensibles : réduire les coûts, accélérer les processus et minimiser...
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06/07 - Iran : l’ambassade suisse, qui représente les intérêts américains, rouvre
Depuis ce dimanche, l'ambassade de Suisse "est à nouveau ouverte après avoir été temporairement fermée le 20 juin en raison de l'instabilité de la situation dans le pays", indique un communiqué du ministère suisse des Affaires étrangères. L'ambassadrice Nadine Olivieri Lozano est revenue samedi dans la capitale iranienne par voie terrestre via l'Azerbaïdjan, accompagnée d'une petite équipe. "Avec la réouverture de son ambassade à Téhéran, la Suisse peut à nouveau représenter directement sur place les intérêts américains en Iran en qualité de puissance protectrice", ajoute le ministère.
En l'absence de relations diplomatiques ou consulaires des Etats-Unis avec l'Iran, la Suisse, agissant par l'intermédiaire de son ambassade à Téhéran, représente officiellement les intérêts américains en Iran depuis 1980. "Il est essentiel que toutes les parties reprennent sans délai le chemin de la diplomatie. À cet effet, la Suisse met à disposition ses bons offices et Genève peut accueillir des négociations", souligne le ministère suisse des Affaires étrangères.
Téhéran et Washington ont déjà mené cinq cycles de négociations sur le programme nucléaire iranien depuis le 12 avril. Un sixième, initialement prévu le 15 juin sous médiation du sultanat d'Oman, a été annulé après le déclenchement d'une guerre provoquée par une attaque israélienne contre l'Iran deux jours plus tôt.
Affirmant vouloir empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, Israël a mené des frappes contre des sites nucléaires iraniens, tuant plusieurs hauts gradés de...
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06/07 - "Le renversement est vertigineux" : le plan de Netanyahou et Trump pour redessiner le Moyen-Orient
Au cœur de Tel-Aviv trône un gigantesque panneau publicitaire représentant Donald Trump flanqué de Benyamin Netanyahou, du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et d’autres dirigeants du monde arabe. Le slogan choisi est limpide : "L’Alliance d’Abraham. Il est temps de créer un nouveau Moyen-Orient". De nombreuses voix au sein de l’Etat hébreu partagent cet avis, tant l’humiliante défaite de la République islamique d’Iran face à l’axe israélo-américain ainsi que l’effacement de ses partenaires ont rebattu les cartes géopolitiques dans la région.
Aujourd’hui resurgit le débat de l’élargissement des accords d’Abraham, dont l’élan a été brutalement interrompu par l’attaque du 7 octobre 2023. Parrainés en 2020 par Donald Trump lors de son premier mandat à la Maison-Blanche, ces traités ont vu Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Maroc et le Soudan établir des liens formels avec Israël et obtenir des faveurs diplomatiques et stratégiques de la part des Etats-Unis. Aujourd’hui, Israël et son allié américain veulent surfer sur leur victoire pour façonner la région comme après la guerre des Six-Jours, en 1967, et celle du Kippour, en 1973. Rien de moins. "Le renversement du rapport de force est vertigineux, affirme David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum (Amef). L’Iran est affaibli. Israël sort renforcé de la séquence, aux côtés des Saoudiens et des Turcs."Sur l'affiche, il est écrit...
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06/07 - À Rio, des Brics fracturés cherchent à renforcer leur influence face à l’Occident affaibli
Dimanche 6 et lundi 7 juillet, les "Brics+ ", ce club de pays émergents formé il y a une quinzaine d’années, tiennent leur sommet annuel à Rio. Formé à l’origine autour du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, il réunit aujourd’hui dix membres permanents — dont l’Arabie saoudite, ou encore l’Iran. Ils représentent à eux seuls près de la moitié de la population mondiale et 40 % du PIB mondial, soit davantage que les pays du G7.
Lors de ce sommet, qui sera présidé par le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, une ambition commune transparaît, malgré des dissensions internes : peser dans la géopolitique mondiale et proposer une alternative face à l’ordre économique mondial imposé par l’Occident, plus que jamais fracturé et rongé par son implication dans des guerres militaires et commerciales.
Créé dans le but de rééquilibrer l’ordre mondial au bénéfice du "Sud global" face à l’Occident, le groupe des Brics+ s’est largement élargi ces deux dernières années, et devrait bientôt accueillir officiellement l’Indonésie et l’Argentine. En tout, huit pays supplémentaires, aujourd’hui "partenaires", sont candidats à l’adhésion. Contrairement à l’Otan, où la coopération militaire est centrale, le groupe se concentre sur un agenda économique et géopolitique, "même s’il a eu du mal à faire des progrès significatifs sur bon nombre de ses objectifs concrets, servant jusqu’à présent d’alliance essentiellement symbolique", détaille le New York Times."Réformer l’architecture financière mondiale"
Durant ce sommet, les...
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06/07 - Livres : Thomas Mann, un monument qui ne connaît pas l’érosion du temps
La France a Balzac, Hugo, Flaubert, Proust… L’Angleterre, Jane Austen, Charles Dickens, George Eliot ou George Orwell. La Russie se divise entre Dostoïevski et Tolstoï. Le grand romancier allemand ? Thomas Mann. Cent cinquante ans après sa naissance dans une famille patricienne à Lübeck, l'écrivain jouit d’une aura posthume à rendre jaloux Goethe lui-même. Outre-Rhin, seul Hermann Hesse peut sans doute lui disputer ce titre, mais l’auteur du Loup des Steppes a passé la majeure partie de son existence en Suisse.
Souvent, le temps se montre impitoyable pour ceux qui, de leur vivant, se sont plu à jouer au "grand écrivain national" tout en se mêlant de débats politiques et de considérations philosophiques. Il suffit de songer, chez nous, au destin des ouvrages d’Anatole France ou de Maurice Barrès. Mais Mann est un cas rare de gloire précoce (célébrité à 26 ans, Nobel à 54 ans) à la postérité encore plus favorable. L’année dernière, la Prix Nobel polonaise Olga Tokarczuk a, avec Le Banquet des empouses (Noir sur Blanc), proposé une belle version féministe de La Montagne magique, transposant le sanatorium de Davos dans la chaîne des Sudètes. Il y a trois ans, l’Irlandais Colm Toibin signait avec Le Magicien (Grasset) un bijou de biographie romancée sur Mann et sa tribu, de Lübeck à Zurich en passant par Munich et Los Angeles. Comme l’a souligné Die Zeit qui lui a consacré sa Une en début d’année, cet homme "ne nous laisse de toute évidence aucun répit".De nationaliste à libéral
Pour l’hebdomadaire de Hambourg, il...
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06/07 - Emmanuel Macron appelle ses troupes à l’action plutôt qu’aux ambitions personnelles pour 2027
Le temps de la succession n'est pas venu : Emmanuel Macron a rappelé son camp à l'ordre samedi lors d'un meeting, lui intimant d'"agir" plutôt que de se projeter vers 2027, barrant la route à Gabriel Attal qui venait de faire un pas vers une candidature à la présidentielle. "Agissons, restons unis, soyez responsables et œuvrons pour le pays", a tancé le président de la République, invité surprise du meeting des "Jeunes en marche" (JEM) au Cirque d'hiver.
"Si dans les deux ans qui viennent, on passe notre temps à parler de 2027, à ne rien faire, à être dans les calculs, à être dans les divisions", alors "aucun d'entre nous" ne pourra remporter la présidentielle, a-t-il insisté, manifestement ému pour les 10 ans de ce mouvement de jeunesse créé avant même le sien, En Marche!.
Face à la Macronie réunie - deux de ses anciens Premiers ministres, Élisabeth Borne et Gabriel Attal, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, plusieurs ministres et députés -, il a affirmé aux JEM qu'il aurait "besoin d'(eux) pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans".
En tenant ces propos, Emmanuel Macron a semblé couper dans son élan le nouveau patron du parti macroniste Renaissance, Gabriel Attal, qui venait de faire un nouveau pas vers une candidature à la présidentielle. "Ce 5 juillet 2025, je veux vous proposer de poser les premiers jalons d'un chemin nouveau pour notre jeunesse et pour notre pays. Ce chemin, c'est celui qu'avec vous, avec Renaissance, je souhaite proposer aux Français pour...
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06/07 - Gaza : Benyamin Netanyahou dit que sa rencontre avec Donald Trump peut "contribuer" à conclure un accord
Israël a annoncé samedi soir l'envoi d'une équipe de négociateurs au Qatar dimanche en vue d'aboutir à un accord de cessez-le-feu et de libération d'otages dans la bande de Gaza, où les opérations de l'armée israélienne ont fait 42 morts samedi, selon la Défense civile locale.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas avait annoncé vendredi soir être prêt à "engager immédiatement" des négociations sur une proposition de trêve parrainée par les Etats-Unis et transmise par la médiation du Qatar et de l'Egypte, à laquelle il avait dit avoir présenté "sa réponse", sans plus de détail sur son contenu.
Deux sources palestiniennes proches des discussions ont indiqué à l'AFP que la proposition soumise au Hamas comprend une trêve de 60 jours, pendant laquelle le mouvement islamiste relâcherait 10 otages encore en vie, ainsi qu'un certain nombre de corps, en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël.
Le président américain Donald Trump, qui doit accueillir lundi à Washington le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, a estimé qu'un accord pourrait être conclu "la semaine prochaine".Netanyahou dit que sa rencontre avec Trump peut "contribuer" à conclure un accord sur Gaza
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dit dimanche avant de s'envoler pour Washington que sa rencontre avec le président américain Donald Trump pouvait "contribuer" à conclure un accord de cessez-le-feu et de libération d'otages à Gaza.
"Nous agissons pour parvenir à cet accord dont il a été question, aux conditions...
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06/07 - Bourse : l’incroyable engouement pour les versements programmés
Revolut, BoursoBank, Saxo Banque, et dernièrement Sumeria, la néobanque de Lydia… Depuis le début de l’année, on ne compte plus les acteurs en ligne qui ont étoffé leur offre avec des plans d’investissement programmés. Ce service, très prisé des épargnants allemands, fait donc son entrée en fanfare sur le marché français. Le concept, simple, répond aux attentes des personnes désireuses d’investir en Bourse à moindre effort. Quel que soit l’établissement concerné, il s’agit d’investir régulièrement et de manière automatique sur une poignée de supports un montant déterminé à l’avance. Celui-ci peut être minime, à partir de 1 euro pour les plans les plus souples. Quant aux produits accessibles à travers ces offres, ce sont généralement des ETF (Exchange traded funds), des fonds indiciels cotés qui reproduisent la performance d’un indice.ETF, actions ou fonds classiques
Vous y trouverez systématiquement les ETF les plus courants, ceux reflétant les grands indices internationaux : MSCI World, S & P 500, Euro Stoxx, CAC40, etc. Mais certaines plateformes, comme Trade Republic, l’une des premières à avoir proposé ces plans en France, y incluent des actions en direct, et d’autres, comme Saxo Banque, des fonds classiques. Le souscripteur n’a plus qu’à faire sa sélection et son versement sera automatiquement placé sur les supports désirés.
"Nos clients peuvent mettre jusqu’à dix instruments dans chaque plan et posséder jusqu’à dix plans", précise Fabien Keryell, directeur général de Saxo Banque France. Pour faciliter le...
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06/07 - Elon Musk lance sa formation politique, le "parti de l’Amérique"
Un temps proche de Donald Trump avant de se brouiller avec lui, le multimilliardaire Elon Musk a annoncé samedi la création de sa propre formation politique, présentée comme une alternative aux deux partis américains dominants, démocrate et républicain. "Aujourd'hui, le parti de l'Amérique est créé pour vous rendre votre liberté", a écrit le patron de Space X et Tesla sur son réseau social X.
Vent debout contre le projet de loi budgétaire du président américain, dont il dénonce l’impact sur les finances publiques, Elon Musk avait promis ces derniers jours de lancer son propre parti politique si le texte était adopté. Vendredi, jour de la fête nationale américaine et de la promulgation en grande pompe de la "grande et belle loi" de Donald Trump, il avait lancé un sondage sur cette idée sur son réseau social.
"Par un rapport de deux contre un, vous voulez un nouveau parti politique, et vous l'aurez !", a annoncé samedi le magnat de la tech, alors que 65 % des quelque 1,2 million de votants ont répondu "oui" à la question de savoir s'ils souhaitaient que le "parti de l'Amérique" voie le jour. "Quand il s'agit de ruiner notre pays par le gaspillage et la corruption, nous vivons dans un système à parti unique, pas dans une démocratie", a encore dénoncé Elon Musk, brocardant républicains et démocrates. Né en Afrique du Sud, il ne pourra toutefois pas se présenter à une future élection présidentielle, les candidats devant être nés sur le territoire américain."Cochons qui se goinfrent"
Ancien proche allié de...
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06/07 - Le partage des logiciels chinois est tout sauf philanthropique, par Robin Rivaton
Depuis près de quinze ans, la maxime de Marc Andreessen, "Le logiciel mange le monde", domine l’imaginaire numérique. En 2025, la Chine renverse la proposition. Elle mise sur l’objet physique pour capturer la valeur et offre le code, parfois même les plans, afin de diffuser le standard le plus vite possible. Le virage est visible dans l’essor fulgurant de l’open source chinois. Le rapport 2024 de Github, la plus grande plateforme mondiale de partage de code informatique, est parlant. La Chine abrite désormais la troisième communauté de développeurs sur GitHub avec 9 millions d’individus, derrière les Etats-Unis et l’Inde.
Cette masse critique représente un contrepoids aux sanctions américaines qui visent à empêcher le développement de l’intelligence artificielle chinoise. Un logiciel mis en ligne librement est bien plus difficile à contrôler qu’un produit vendu sous licence privée. Aujourd’hui, 12 des 15 meilleurs modèles d’IA ouverts sont chinois.
L’exemple le plus connu est incontestablement DeepSeek. La start-up a publié en janvier son modèle R1 de 70 milliards de paramètres, sous une licence ouverte dite MIT. Le fichier complet, comprenant le programme, les données et la méthode d’entraînement, peut être utilisé, copié ou adapté librement. En cinq mois, il a déjà été cloné plus de 15 000 fois sur GitHub. Tous les géants chinois suivent cette stratégie. Le 1er juillet, Huawei a ouvert le code source de deux de ses modèles d’intelligence artificielle de sa série Pangu, ainsi que de certaines de ses...
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06/07 - "Une double vie comme Batman" : immersion avec les civils réservistes dans la marine à Lorient
L’eau opaque du port militaire de Lanester, dans le Morbihan, ne donne pas vraiment envie de s’y plonger. En ce jeudi du mois de juin, où la météo bretonne alterne entre averses et éclaircies, sa température n’excède pas 15 °C. "Ce n’est pas l’exercice en soi qui m’angoisse, c’est le froid !", confie Gaïa, ensemble militaire sur le dos. Hésitante, elle scrute le fond, puis réalise un plongeon parfait. Malgré le poids de son uniforme et les deux heures de pagaie qu’elle vient de réaliser dans la rade de Lorient, la jeune femme nage sans problème jusqu’à ses moniteurs, plonge en apnée sous un Zodiac retourné, puis rejoint la berge en quelques minutes. "Finalement, j’ai adoré ! Ici, on se dépasse physiquement", lâche-t-elle avant de rejoindre le reste de son unité.
Il y a encore quatre semaines, Gaïa n’avait aucune expérience militaire, et aucun lien spécifique avec la marine nationale. Mais comme 28 autres camarades, âgés de 18 à 52 ans, cette étudiante en relations internationales a décidé de s’engager dans la flottille de réserve maritime (FRM) de la force maritime des fusiliers marins et commandos (Forfusco), créée et dirigée par le commandant Jean-Yves Piasecki depuis 2023. Durant une formation compressée de cinq semaines à la base de Lanester, la Parisienne sera ainsi formée au tir, au combat d’infanterie, aux techniques d’intervention opérationnelle rapprochée (Tior), au secourisme et au droit opérationnel, tout en suivant des entraînements physiques quotidiens. Un rythme intense, nécessaire pour s’intégrer aux...
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06/07 - Eliot Cohen : "Si Trump obtenait le Nobel de la Paix, ce serait toujours plus mérité qu’Obama…"
Au lendemain des frappes américaines contre plusieurs sites nucléaires iraniens, rares ont été les opposants à Donald Trump à applaudir des deux mains. Apprendre à penser contre soi-même, le néoconservateur Eliot Cohen, critique de la première heure du président américain, l’a fait, dans un article paru dans The Atlantic, au titre évocateur : "Trump a eu raison sur ce coup-là." "Certaines de ses décisions sont répugnantes, mais Donald Trump sait aussi nous surprendre", confie à L’Express cet ancien conseiller de Condoleezza Rice sous l’administration Bush. "C’est un vrai défi, en particulier pour les intellectuels, d’adopter une approche au cas par cas, de juger les actions pour ce qu’elles sont, indépendamment du jugement global que l’on porte sur la personne", admet-il.
S’il se montre critique sur l’approche de Donald Trump dans le dossier ukrainien, Eliot Cohen lui reconnaît quelques bons instincts sur d’autres fronts, au Moyen-Orient notamment. De là à convaincre Benyamin Netanyahou, attendu à Washington ce lundi 7 juillet, de conclure un accord dans la bande de Gaza ? Rien n’est moins sûr, tempère ce fringant spécialiste en stratégie et politique de défense. Mais "si Trump réussit à obtenir une sorte de résolution à Gaza, assortie d’un traité de paix entre l’Arabie saoudite et Israël, alors, selon moi, il mériterait le prix Nobel de la paix. Et il le mériterait davantage qu’Obama, qui, objectivement, n’avait rien accompli lorsqu’il l’a reçu." Eliot Cohen met toutefois en garde contre cette crise...
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05/07 - Turquie : le processus de paix avec les Kurdes "va accélérer" quand le PKK "commencera" à déposer les armes dit Erdogan
La paix avec les Kurdes peut-elle être proche ? "Le processus va s’accélérer un peu plus quand l’organisation terroriste commencera à mettre en œuvre sa promesse de déposer les armes", a dit le président turc Recep Tayyip Erdogan à la presse, cité par l’agence étatique Anadolu, à son retour d’un sommet économique en Azerbaïdjan.
Ses propos interviennent avant une cérémonie prévue par le PKK, l’organisation armée, au Kurdistan irakien pour commencer à détruire ses armes, qui pourrait avoir lieu entre le 10 et le 12 juillet.40 000 morts
Le PKK avait annoncé le 12 mai sa dissolution et la fin de plus de quatre décennies d’une guérilla qui a fait plus de 40 000 morts, répondant à un appel lancé fin février par son chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999 sur l’île-prison d’Imrali, au large d’Istanbul. "En signe de bonne volonté, un certain nombre de combattants du PKK, qui ont pris part aux combats contre les forces turques ces dernières années, détruiront ou brûleront leurs armes au cours d’une cérémonie", a dit lundi à l’AFP un commandant du PKK, sous couvert d’anonymat.
L’un des fondateurs du groupe, Mustafa Karasu, a toutefois déclaré que le gouvernement "n’a pas pris les mesures nécessaires", en accusant l’armée turque de "continuer ses attaques" sur les positions du PKK dans le nord de l’Irak et en soulignant l’absence d’amélioration des conditions de détention du fondateur du PKK, Abdullah Ocalan."Turquie sans terrorisme"
Samedi, Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs déclaré qu’il allait rencontrer une...
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05/07 - "Les juifs en Belgique sont dans une situation de menace" : Rafaël Amselem raconte son enquête édifiante
"Je vois une image d’un petit garçon palestinien en pleurs et en cris, appelant sa mère ensevelie sous les décombres. je deviens alors si furieux que j’ai envie d’enfoncer un couteau pointu dans la gorge de chaque Juif que je rencontre". Pour avoir écrit ces propos haineux dans le magazine flamand Humo, le 6 août 2024, l’écrivain Herman Brusselmans a été acquitté en mars dernier par le tribunal correctionnel de Gand. Le juge a estimé que le chroniqueur n’avait pas eu l’intention "d’inciter à la haine ou à la violence contre communauté juive ou de nier l’Holocauste". Pour le journaliste indépendant Rafaël Amselem, ancien chargé d’études pour le think-thank libéral Génération Libre, "le cas Brusselmans, ou plutôt la non-affaire Brusselmans, est un défi à l’entendement." Pourquoi, aujourd’hui en Belgique, un appel à la violence contre les juifs, ne suscite presqu’aucune réaction ? Il s’est rendu outre-Quiévrain pour enquêter. Le premier volet de son récit, paru dans la revue K, est édifiant.
L’Express : La Belgique est-elle devenue le laboratoire de l’antisémitisme en Europe ?
Rafaël Amselem : L’expression est de Joël Kotek, historien et professeur dans un premier article publié il y a quelques temps sur K, à la genèse de ce reportage. Mon séjour sur place fut trop bref pour m’improviser expert. Mais les indicateurs ne sont pas bons, clairement. Le sondage publié par l’institut Jonathas en mai 2025 sur l’antisémitisme belge montre des voyants systématiquement au rouge. Sur les huit préjugés antisémites testés, huit sont...
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05/07 - Algérie : Boualem Sansal exclu des grâces présidentielles
La grâce présidentielle d’Abdelmadjid Tebboune à l’égard de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal devient de plus en plus hypothétique. Le président algérien, qui avait la possibilité de lui accorder la liberté à l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, ce vendredi 4 juillet, ne l’a pas fait. Boualem Sansal ne fait donc pas partie des 6 500 détenus libérés – une tradition bien ancrée à la veille des célébrations de l’indépendance de l’Algérie.Tensions diplomatiques
A l’Elysée comme au ministère des Affaires étrangères, on espérait que l’essayiste, âgé de 80 ans, bénéficie cette semaine d’une grâce présidentielle, ce qui aurait permis d’apaiser les tensions diplomatiques. Mais la présidence algérienne a annoncé vendredi que les personnes "définitivement condamnées" notamment pour atteinte à l’unité territoriale, - ce pourquoi Boualem Sansal a été condamné - en seraient exclues. Sa peine de 5 ans de prison ferme avait été confirmée mardi en appel.
Ni le président Emmanuel Macron, ni son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, n’avaient réagi samedi. Pas plus que le Premier ministre François Bayrou et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui avait défendu une ligne plus dure à l’égard de l’Algérie mais qui avait affirmé cette semaine aux côtés du chef du gouvernement qu’il ne voulait "gâcher aucune chance, d’ici notamment la fin de la semaine, pour que Boualem Sansal puisse être libéré". Il reste encore la possibilité d’une grâce individuelle pour raison humanitaire puisque le président algérien...
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05/07 - Quand Marseille est devenue "Ville-sans-Nom" : le jour où les villes françaises ont dû changer d’appellation
Nous sommes le 16 octobre 1793. La France est en guerre contre les puissances de la Première Coalition, dont l’Autriche, la Prusse et la Grande-Bretagne. A l’intérieur des frontières, la situation est tout aussi troublée avec les suites de l’exécution de Louis XVI, l’insurrection en Vendée, l’opposition de l’Eglise, une inflation galopante et des pénuries alimentaires. C’est pourtant dans ces circonstances que la Convention nationale publie un décret "invitant" les villes à modifier les noms qui peuvent "rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou de la superstition".
Un dixième des communes changent alors d’appellation. Bourg-la-Reine devient Bourg-l’Egalité ; Saint-Pierre-des-Corps, La Clarté Républicaine ; Saint-Etienne, Ville-d’Armes ; Châteauroux, Indre-Libre ; Compiègne, Marat-sur-Oise. Lyon et Marseille, après s’être insurgées, sont respectivement transformées en Commune-Affranchie et en Ville-sans-Nom. Quant à Versailles, symbole honni, elle est rebaptisée Berceau-de-la-Liberté.
La tempête toponymique frappe aussi les rues. A Toulon, la place de la Cathédrale évolue en place Tricolore ; au Puy-en-Velay, la rue Saint-Pierre-Latour devient place du Culte-Abattu tandis que les idées nouvelles sont partout mises à l’honneur. On ne compte plus les avenues dédiées à la Constitution, aux sans-culottes et même, à Strasbourg, à La guillotine !
Cette entreprise démiurgique ne se limite pas aux noms de lieux. Les révolutionnaires remplacent le tutoiement par le vouvoiement ; inventent de nouveaux...
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05/07 - Tchétchénie : au milieu des spéculations, la succession à Ramzan Kadyrov se prépare
Le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, qui dirige d’une main de fer la Tchétchénie depuis 20 ans, devrait bientôt quitter le pouvoir. En mai dernier, il aurait demandé au président russe Vladimir Poutine, de l’autoriser à quitter ses fonctions, selon des informations du Kyiv Independent. Il serait gravement malade, atteint d’une nécrose pancréatique selon différents médias.
Depuis deux décennies, Ramzan Kadyrov dirige très brutalement la Tchétchénie, république du Caucase intégrée à la Fédération de Russie. Il a été d'une importance capitale pour Vladimir Poutine, alors qu’il avait aidé à réprimer le mouvement d’indépendance tchétchène au début des années 2000, faisant taire les rivaux, les dissidents et autres les séparatistes. "Lorsque le puissant quitte la scène, qui peut maintenir le contrôle brutal qu’il a imposé sur cette partie du Caucase ?", se questionne The New York Times.La succession de son fils de 17 ans
En vingt ans, Ramzan Kadyrov est devenu une figure unique en Russie, parmi les proches de Vladimir Poutine, bénéficiant d’une plus grande marge de manœuvre et davantage de subventions que les autres dirigeants régionaux. Il a été d’un soutien incommensurable au président russe depuis le début de l’invasion russe, déployant des bataillons tchétchènes sur le front, appelés "Kadyrovtsy". "Kadyrov est l’une des cartes maîtresses du Kremlin, un autre centre de pouvoir, en dehors de l’armée, du renseignement ou du ministère de l’intérieur", juge auprès du journal américain Oleg Orlov, co-président du prix Nobel de...
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05/07 - DIRECT. Gaza : Hamas s’est dit prêt à négocier un accord, Israël prépare sa réponse
Le Hamas a annoncé vendredi soir être prêt à "engager immédiatement" des négociations sur la mise en oeuvre d'une proposition d'accord de cessez-le-feu à Gaza où, selon la Défense civile, l'offensive israélienne a fait 52 morts en 24 heures.
Le président américain, Donald Trump, a estimé qu'un accord pourrait être conclu "la semaine prochaine". Il s'est dit "très" optimiste, tout en soulignant que la situation changeait "de jour en jour".
L'annonce du mouvement islamiste palestinien intervient avant un déplacement lundi à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour rencontrer Donald Trump, lequel fait pression pour un cessez-le-feu à Gaza, dévastée par près de 21 mois de guerre.Au Liban, un mort et six blessés dans des frappes israéliennes
Plusieurs frappes de drones israéliens ont visé samedi le sud du Liban, faisant un mort et six blessés, ont indiqué les autorités libanaises. Un "drone ennemi israélien a ciblé un véhicule" dans la ville de Bint Jbeil, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué diffusé par l'agence nationale d'information (ANI). Une personne a été tuée et deux ont été blessées, selon le ministère. Le ministère a ensuite rapporté qu'une autre personne avait été blessée dans une frappe de drone contre une voiture dans la même ville.
Plus tôt dans la journée, une frappe de drone a visé un véhicule dans la localité de Chaqra, blessant grièvement deux personnes, tandis qu'une attaque de drone a blessé une personne à Chebaa, selon le ministère. Elle a visé une habitation, a...
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05/07 - Cigarettes interdites à la plage : "Quand nous mangeons du poisson, nous mangeons aussi des mégots"
"Là, où il y a des enfants, le tabac doit disparaître. Un parc, une plage, une école, ce sont des lieux pour jouer, apprendre, respirer, pas pour fumer", assurent Catherine Vautrin, ministre de la Santé et Yannick Neuder, ministre délégué chargé de la Santé. Depuis le dimanche 29 juin, allumer une cigarette à la plage "pendant la saison balnéaire", dans un parc, un jardin public ou sous un Abribus est interdit partout en France. La mesure s’applique également aux abords immédiats des bibliothèques et des équipements sportifs (stades, piscines), aux établissements scolaires et à ceux accueillant des mineurs, où il sera interdit de fumer dans un périmètre d’au moins 10 mètres.
La nouvelle signalisation, un pictogramme, sera progressivement mise en place. Toute infraction pourra être sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros pouvant aller jusqu’à 750 euros. Les terrasses de cafés et de restaurants sont, elles, épargnées, tout comme les cigarettes électroniques. Si la mesure a été saluée par les chercheurs et professionnels de santé qui luttent contre le tabac, la plupart estiment néanmoins qu’elle reste insuffisante. C’est le cas du professeur Loïc Josseran, médecin chercheur en santé publique, président de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et président d’Alliance contre le tabac (ACT), la principale organisation antitabac. Selon lui, ce "fléau sanitaire, écologique et économique" ne profite à personne, "à part aux 23 000 buralistes français et aux industriels du tabac".
L’Express :...
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05/07 - En Suède, les chiffres fous de la gauche : une source d’inspiration pour le PS ?
Même pas en rêve ! C’est le genre de sondage sur lequel les socialistes français – dont la candidate présidentielle, rappelons-le, n’avait pas atteint 2 % en 2022 – n’osent même pas fantasmer. Selon la récente enquête d’opinion annuelle publiée le mois dernier par l’institut SCB, qui fait référence en Suède, la popularité du Parti social-démocrate suédois (aujourd’hui dans l’opposition) renoue avec les sommets. Au point que la gauche pourrait rapidement se retrouver au pouvoir.
Si les élections générales se tenaient aujourd’hui, plus de 1 Suédois sur 3 (pour être précis : 36,2 %) voterait pour le parti qui a longtemps dominé la vie politique du royaume de 10,5 millions d’habitants. Il se classerait ainsi loin devant le parti conservateur (18,3 %) et l’extrême droite (18 %), qui ne progressent pas. Et pourrait se retrouver en position de gouverner avec l’appui du Parti de gauche (7,1 %) et des écologistes (6,5 %). En France, le leader socialiste Olivier Faure voudrait bien pouvoir en dire autant.
En Suède, le parti de feu Olof Palme, le "Mitterrand suédois", est donc bien engagé pour reconquérir du pouvoir dans quatorze mois. Ce qui, le cas échéant, mettrait un point final à la cure d’opposition commencée voilà trois ans. "Sans revenir au temps de sa splendeur des années 1970 lorsqu’ils dominaient la vie politique de manière insolente, dépassant à eux seuls 50 % des voix, les Socialdemokraterna ont clairement du vent dans les voiles", remarque Ulf Bjereld, politologue à l’université de Göteborg, la deuxième ville du...
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05/07 - Pourquoi les psychologues vont devoir faire évoluer leur profession, par Franck Ramus
La santé mentale est la grande cause nationale de l’année 2025. Les besoins de la population sont immenses et en augmentation, mais bon nombre de personnes peinent à trouver une offre de soins adéquate, alors que les psychothérapies sont le traitement de première ligne recommandé pour beaucoup de troubles mentaux. Cette pratique n’est pourtant toujours pas remboursée par la sécurité sociale, hormis le dispositif "Mon soutien psy" qui ne concerne que les troubles légers, pour un nombre limité de séances et sans réel contrôle des compétences des psychologues. Il y a peut-être là un élément d’explication de la surconsommation de certains psychotropes en France, mais qu’attend-on pour rembourser les psychothérapies ?
Le problème n’est pas si simple. Pour envisager de faire entrer des psychothérapies dans la nomenclature de l’Assurance maladie, encore faudrait-il avoir quelques garanties sur la qualité de ces soins. C’est là que le bât blesse. A l’heure actuelle, si l’on recherche un soutien psychologique efficace pour un trouble courant tel que la dépression ou le trouble anxieux, on rencontre deux obstacles.
Le premier est d’identifier dans la galaxie des "psys" les professionnels qualifiés pour répondre à son besoin : psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes, psychopraticiens, psychogénéalogistes, psy-conseils, psycho-énergéticiens, gestalt-thérapeutes, kinésiologues, coachs de vie… Le deuxième est que même si l’on sait que seules les trois premières catégories sont des professionnels...
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05/07 - Education : aux Pays-Bas, l’interdiction du téléphone a l’école a amélioré l’apprentissage
Interdire les téléphones portables à l’école a-t-il réellement des effets positifs sur l’apprentissage ? Selon une étude commandée par le gouvernement néerlandais, qui l’a interdit progressivement depuis janvier 2024 dans les écoles primaires et secondaires, la réponse est oui, des effets bénéfiques s'observant déjà.
Aux Pays-Bas, depuis la mise en place de l’interdiction, près des deux tiers des écoles demandent désormais aux élèves de laisser leurs téléphones à la maison ou de les mettre dans des casiers. Pour leur étude, les chercheurs missionnés par le gouvernement néerlandais ont interrogé 317 chefs d’école secondaire, 313 écoles primaires et ont mené 12 groupes de discussion avec des enseignants, des assistants d’enseignement, des élèves et des parents, rapporte le journal The Guardian."Plus facile de se concentrer"
Selon l’étude, les trois quarts des 317 écoles secondaires interrogées ont déclaré que l’interdiction avait eu un effet positif sur la concentration des élèves. Près des deux tiers ont également noté une amélioration du climat social au sein de leurs écoles, et un tiers ont observé de meilleurs résultats scolaires parmi les élèves. Le docteur Alexander Krepel, chercheur au Kohnstamm Instituut, a déclaré que les interactions entre les élèves s’étaient améliorées. "Il n’est pas possible de prendre secrètement une photo de quelqu’un en classe et de la diffuser ensuite dans un groupe WhatsApp, il y a donc une augmentation de la sécurité sociale", a-t-il indiqué. "Surtout pendant les pauses entre les leçons, les...
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05/07 - Epargne salariale : et si vous mettiez de l’ordre dans vos contrats ?
Vous avez été employé par plusieurs entreprises successivement, et chacune d’entre elles vous a fait profiter d’un dispositif d’épargne salariale : vous êtes désormais à la tête de plusieurs plans de ce type. Vous pouvez, ainsi, être titulaire d’un ou de plusieurs plans d’épargne entreprise (PEE) ou plans d’épargne interentreprises (PEI), ainsi que de plans d’épargne pour la retraite collectif (Perco, ou Pereco/Perecol depuis 2019). Toutes ces enveloppes permettent d’investir sur différents supports financiers selon vos objectifs. Pour rationaliser votre gestion et éviter d’oublier des plans avec le temps, il est utile de s’atteler à un grand ménage.Réduire les frais forfaitaires
Il existe deux familles de plans, la première comprend les PEE et les PEI. "L’épargne investie dessus est bloquée pendant cinq ans, cette durée s’appliquant à chaque versement sur le plan et non depuis son ouverture", précise Hubert Clerbois, cofondateur d’EPS Retraite. Si vous avez quitté votre entreprise, vous pouvez conserver tous vos plans ouverts et continuer à y investir librement et y laisser fructifier vos fonds. Mais vous n’y recevrez plus de participation et d’intéressement et ne profiterez plus de l’abondement de votre ancienne entreprise. Il faudra aussi régler, chaque année, des frais de tenue de compte de quelques dizaines d’euros qu’elle prenait en charge auparavant. "A la longue, ils finissent par grignoter l’épargne disponible et pèsent sur le rendement", met en garde Hubert Clerbois.
Pour faire des économies, vous avez...
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05/07 - Alexandre Dumas à la sauce Jean-Christophe Rufin : un pour tous, tous pour lui
Ce fut le succès populaire de l’année dernière, à une époque où l’on va moins au cinéma : Le Comte de Monte-Cristo, avec Pierre Niney dans le rôle-titre, a réuni près de 10 millions de spectateurs dans les salles obscures. En 2023, les deux volets de la nouvelle adaptation des Trois Mousquetaires, D’Artagnan et Milady, avaient rassemblé respectivement 3,3 et 2,6 millions de personnes. Récemment, quand on a fait le portrait de Raphaël Quenard, l’acteur qui monte devenu primo-romancier dans le vent avec Clamser à Tataouine, il nous a parlé de sa passion pour Le Comte de Monte-Cristo, avant d’ajouter : "Pour moi, le plaisir est à son maximum avec Dumas." Enfin, alors que se profile la prochaine rentrée littéraire, pleine de récits plaintifs et laborieux sur papa/maman, un titre se démarque déjà : Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ample roman de cape et d’épée tournant autour de la figure de Milady. Le bandeau annonce la couleur : "Milady n’est pas une femme qui pleure… Elle est de celles qui se vengent."
L’œuvre de l’auteur de La Reine Margot s’adresse à ceux qui préfèrent l’aventure à la victimisation, comme nous le rappelle Jean-Christophe Rufin dans un livre enlevé, Un été avec Alexandre Dumas, qui donne envie de replonger dans la trilogie des Mousquetaires – même si l’académicien, pour sa part, dit préférer les Impressions de voyage. Rien ne prédisposait un petit-fils d’esclave né à Villers-Cotterêts en 1802, orphelin de père dès 1806, à devenir aux yeux de la postérité l’égal de Victor Hugo, son...
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05/07 - Ventes de livres : Dominique de Villepin est-il l’homme providentiel ?
Dans l’affrontement en librairie des anciens Premiers ministres, nous n’avions jusque-là affaire qu’à deux protagonistes : Edouard Philippe avec Le Prix de nos mensonges (JC Lattès) et Michel Barnier avec Ce que j’ai appris de vous (Calmann-Lévy). Un troisième larron vient de se joindre au combat des chefs de la droite : Dominique de Villepin avec Le Pouvoir de dire non (Flammarion). Fin 2004, alors ministre de l’Intérieur, il vendait 25 000 exemplaires de Le Requin et la Mouette (son best-seller à ce jour, avec Le Soleil noir de la puissance, écoulé dans les mêmes proportions). Au vu des chiffres, il devrait dépasser dès la semaine prochaine Michel Barnier. Rattrapera-t-il ensuite Edouard Philippe, pour l’instant en tête des ventes et en ballottage favorable dans les librairies ? En attendant de voir qui sortira vainqueur de cette espèce de primaire littéraire pouvant légitimer un candidat en vue de l’élection présidentielle, c’est surtout du côté de LFI que se tournent actuellement les lecteurs. La Meute (Flammarion), l’enquête consacrée à Jean-Luc Mélenchon et à son équipe par Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, continue de se vendre à 3 000 exemplaires par semaine, et pourrait ainsi franchir les 100 000 exemplaires dans les mois qui viennent. Notons au passage que, dans la catégorie essais, Salomé Saqué flirte désormais avec les 300 000 exemplaires grâce à son long-seller Résister (Payot)…
Du côté des romans, en dehors de l’inoxydable graphomane Freida McFadden, qui place trois titres dans notre top 20,...
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05/07 - Duplessis à Carpentras : "le van Dyck de la France" sort de l’ombre
"Le plus grand peintre en portrait du royaume", "le van Dyck de la France"… Ses contemporains n’ont pas ménagé leurs éloges à l’égard de Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802) au cours des presque vingt dernières années de sa vie, période pendant laquelle il fut "indétrônable". Tombé dans l’oubli, il demeure aujourd’hui un illustre inconnu pour le grand public, bien que ses tableaux soient présents dans nombre de collections muséales françaises et étrangères. Plusieurs, d’ailleurs, par un phénomène dont l’histoire de l’art a le secret, restent paradoxalement fameux, à l’instar de son Louis XVI en pied. Ce n’est pas un hasard si l’historique bibliothèque-musée l’Inguimbertine, inaugurée l’an dernier à Carpentras après son redéploiement spectaculaire sur le site de l’Hôtel-Dieu, lui rend hommage cet été, car c’est ici qu’est conservé le plus important fonds public de Duplessis - 22 œuvres sur les moins de 200 tableaux qui lui sont attribués. Et puis, surtout, le peintre est un enfant du pays, né dans la cité comtadine il y a trois cents ans, avec laquelle il garda des liens étroits jusqu’à sa mort.
Sous le commissariat de Xavier Salmon, la première rétrospective qui lui est consacrée réunit une soixantaine d’œuvres. Elles éclairent le parcours du fils d’un chirurgien-barbier fondu de peinture, qui se forme au pinceau dès l’âge de 15 ans auprès de frère Imbert, peintre-moine à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, avant de rejoindre l’atelier de Pierre Subleyras à Rome. Le jeune Joseph-Siffred est doué, sa maîtrise transpire...
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05/07 - De la table aux oreilles : trois adresses pour les amateurs de vins et spiritueux
Puzzle gastronomique signé Taittinger
L’ouverture d’une table place Saint-Nicaise, à Reims, constitue le point d’orgue de la longue rénovation du siège historique de Taittinger. Le restaurant Polychrome, dans une extension contemporaine signée Giovanni Pace, rend hommage à l’art de l’assemblage consubstantiel de la Champagne. Les hôtes jouent des ingrédients comme le chef de caves jongle avec les crus.
Chaque convive construit son accord parfait en mariant les créations du chef, monochromes, à une palette de produits locaux ou de mets lointains hauts en couleur et de condiments spécialement créés pour lier les plats aux champagnes. Une multitude de tableaux polychromes à composer ainsi, au gré des saisons et des voyages dans l’univers de la longue conservation – bocaux, déshydratation, fermentation… Chaque année, un chef différent partagera sa vision de la polychromie culinaire : le premier à relever ce défi, Charles Coulombeau, avait remporté le trophée ArsNova en 2020. Les dix cuvées de la gamme Taittinger accompagnent ce puzzle gastronomique dans un véritable feu d’artifice de saveurs.
65 et 80 euros hors boissons. www.book-a-visit.taittinger.frCattier, quatre siècles de tradition et d’audace
Voilà quatre cents ans que la famille Cattier cultive son vignoble à Chigny-les-Roses, 33 hectares sur la montagne de Reims. A l’origine de la lignée, Jean Perrin, né en 1625, élaborait des vins tranquilles puisque telle était alors la vocation de la région. Les premières bulles remontent à 1916, lorsque le soldat...
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05/07 - Donald Trump "très mécontent" de son appel avec Poutine sur l’Ukraine, évoque des sanctions
Le président américain Donald Trump s'est dit vendredi "très mécontent" de son appel téléphonique la veille avec Vladimir Poutine, qui n'a pas permis de progrès vers une fin de la guerre en Ukraine, précisant qu'il avait évoqué avec lui la possibilité de nouvelles sanctions. "C'est une situation très difficile. Je vous ai dit que j'étais très mécontent de ma conversation avec le président Poutine. Il veut aller jusqu'au bout, juste continuer de tuer des gens, ce n'est pas bien", a affirmé M. Trump à la presse à bord d'Air Force One.
Le président américain a également laissé entendre qu'il pourrait être prêt à durcir les sanctions contre la Russie, après avoir évité pendant ces six derniers mois d'y recourir alors qu'il tentait de persuader son homologue russe de mettre fin à la guerre. "Nous parlons beaucoup des sanctions", a déclaré M. Trump à propos de ses conversations avec Vladimir Poutine. "Il comprend que cela pourrait arriver".
Donald Trump a ajouté qu'il avait eu par ailleurs un "appel très stratégique" avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi, alors que les inquiétudes grandissent à Kiev concernant les livraisons d'aide militaire américaine. M. Zelensky a indiqué que les deux dirigeants s'étaient mis d'accord pour travailler à "renforcer" les défenses aériennes de l'Ukraine, après la plus grande attaque de drones et de missiles subie par l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe vendredi.
M. Trump a déclaré avoir également discuté de l'envoi de systèmes de défense aérienne Patriot en...
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05/07 - Comment Donald Trump cherche à reconquérir l’Amérique latine
L’Amérique latine serait-elle de nouveau la chasse gardée des Etats-Unis ? De l’économie à l’immigration, l’administration Trump compte bien retrouver son influence sur ses voisins du sud. Le milliardaire cherche ainsi à identifier ses alliés et ses ennemis, dans un continent de plus en plus divisé. Entre recherche de compromis, opposition franche ou au contraire admiration, les responsables politiques de la région ont chacun leur façon de répondre au retour du président américain. Episode 1 : Claudia Sheinbaum, l’équilibriste mexicaine
Avec plus de 90 % de ses échanges commerciaux tournés vers les États-Unis, le Mexique ne peut se permettre un bras de fer économique. Dans ce premier épisode, Claudia Sheinbaum, nouvelle cheffe de l’Etat, adopte donc une stratégie pragmatique : maintenir des relations apaisées avec Donald Trump pour préserver la stabilité de son pays.Episode 2 : Lula et l'autonomie du Brésil
Le président brésilien Lula voit d’un mauvais œil le retour de Trump à la Maison-Blanche. Tout en maintenant un dialogue avec Washington, il renforce ses liens avec d’autres partenaires stratégiques, notamment la Chine, pour préserver la souveraineté de son pays.Episode 3 : Avec le salvadorien Bukele, une admiration mutuelle
Il se définit lui-même comme "le dictateur le plus cool du monde". Le président du Salvador espère s'attirer les bonnes grâces de Washington à l’aide de mesures chocs, comme l’accueil de prisonniers étrangers. Dans ce troisième épisode, Axel Gyldén, journaliste au service Monde de...
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05/07 - Gaza : le Hamas se dit prêt à négocier une trêve
Le Hamas a indiqué vendredi dans un communiqué être "prêt à engager immédiatement et sérieusement un cycle de négociations sur le mécanisme de mise en oeuvre" d'une proposition de trêve parrainée par Washington et transmise par la médiation du Qatar et de l'Egypte. Cette annonce intervient avant un déplacement lundi à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour rencontrer Donald Trump, lequel fait pression pour un cessez-le-feu à Gaza, dévastée par près de 21 mois de guerre. Le président américain a estimé vendredi soir qu'il "pourrait y avoir un accord sur Gaza la semaine prochaine", interrogé à bord de l'Air Force One. A la question d'un journaliste demandant s'il était optimiste quant à un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, Donald Trump a répondu "très", mais a ajouté "cela change de jour en jour".
Interrogé sur cette annonce du Hamas, M. Trump a fait part de sa satisfaction. "C'est bien. Ils ne m'en ont pas informé. Nous devons en finir avec cela. Nous devons faire quelque chose pour Gaza", a-t-il déclaré aux journalistes. Donald Trump avait assuré mardi qu'Israël avait accepté de finaliser les termes d'un cessez-le-feu. Selon une source palestinienne proche des discussions, la proposition "comprend une trêve de 60 jours" pendant laquelle le Hamas relâcherait la moitié des otages israéliens encore en vie en échange de la libération de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Le Jihad islamique, principal mouvement palestinien allié du Hamas, a soutenu le principe des...
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05/07 - BAII, la banque aux deux visages : chantre du multilatéralisme ou faux nez de Pékin ?
Sous la chaleur étouffante des premiers jours de juillet, Séville s’est transformée en arène diplomatique. Une foule de chefs d’État, de ministres et d’émissaires d’organisations internationales a afflué dans la capitale andalouse pour la quatrième conférence mondiale dédiée à l’aide au développement. Parmi les intervenants, un invité bien particulier : Liqun Jin, président de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII).
Fondée en 2015, cette institution s’est donnée pour but de combler le déficit d’infrastructures en Asie. Dix ans plus tard, elle compte plus de 300 projets financés et 110 Etats membres, dont la France. Un grand absent : les Etats-Unis, qui se défient depuis toujours de ce nouvel acteur. "La BAII incarne l’effort de la Chine pour façonner les institutions internationales existantes, mais aussi pour proposer une alternative à celles du système international post-1945 dirigé par les Etats-Unis, explique William Matthews, chercheur au think tank Chatham House. Il s’agit d’un élément essentiel de la stratégie globale de la Chine qui vise à accroître son influence internationale et affaiblir celle des Etats-Unis". Sa taille demeure pour l’instant limitée : elle pèse environ six fois moins que la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), une filiale de la Banque mondiale.L’ombre de Pékin
Derrière ce multilatéralisme affiché, la BAII reste solidement liée à la Chine. Son siège ? A Pékin, où s’est déroulée sa réunion annuelle en 2025. Son patron...
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05/07 - "La meilleure école au monde" : La Cambre, pépinière belge des stars de la haute couture
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
EPISODE 1 - L’université Bocconi à Milan, l'école qui façonne les grands patrons européens
Torpeur bruxelloise, un vendredi de la mi-juin. A l’ombre de la cathédrale Sainte Gudule, un petit groupe patiente devant un immeuble sans charme. Talons hauts pour les femmes, chaussettes blanches à mi-mollet pour les hommes, sacs à main uniques au bras, vêtements noirs pour tous. On s’embrasse, une bise pour les Belges, deux pour les Français. Il y a là des représentants des grandes maisons de couture parisiennes, dont Hermès, Yves Saint Laurent, Céline ou Maison Margiela, des recruteurs, des acheteurs de magasins pointus ou plus grand public, des journalistes de mode. Tous venus de Paris (beaucoup), de Londres (pas mal) mais aussi des Etats-Unis ou du Canada pour assister au défilé de fin d’études des étudiants de La Cambre Mode[s]. Une école peu connue du grand public mais qui forme depuis quarante ans l’élite de la haute couture et des maisons de mode.
Matthieu Blazy, nommé en décembre 2024 directeur artistique de Chanel ? La Cambre Mode[s], promotion 2007. Nicolas Di Felice chez Courrèges, Anthony Vaccarello chez...
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04/07 - UE - Etats-Unis : où en sont les discussions sur les droits de douane, à cinq jours de la date limite ?
C’est une dernière ligne droite marquée par un climat d’incertitude. Les négociations commerciales entre l’UE et les Etats-Unis approchent de la date butoir, fixée au 9 juillet, et aucun accord n’a encore été conclu, a-t-on appris vendredi 4 juillet de sources diplomatiques. Le week-end va être un moment clé pour les négociateurs européens, qui devront trouver un compromis sur les droits de douane avec leurs partenaires commerciaux outre-Atlantique. Faute de quoi les importations européennes se verront imposer des surtaxes à l’importation massives, pouvant atteindre jusqu’à 70 %, à compter du 1er août.Les bourses européennes clôturent dans le rouge
Cette incertitude a été ressentie sur les marchés financiers européens. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,75 % vendredi. De leur côté, Francfort et Milan ont clôturé en baisse de 0,61 % et 0,80 respectivement. La baisse des actions européennes "reste finalement assez contenue face à la menace de Donald Trump sur les droits de douane", tempère toutefois Grégoire Kounowski, conseiller en investissements chez Norman K.
Le négociateur en chef de l’UE, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, s’est rendu à Washington cette semaine pour rencontrer les négociateurs américains. "Tous les scénarios sont possibles", fait valoir un diplomate. Un autre fait lui montre d’un optimisme mesuré, affirmant qu’un accord de principe avant la date limite "n’est pas impossible".Washington pourrait jouer les prolongations
Le président américain Donald Trump devrait faire...
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04/07 - Volodymyr Zelensky dit avoir convenu avec Donald Trump de "renforcer la protection" du ciel ukrainien
Alors que l’Ukraine a essuyé la pire nuit d’attaques de drones russes depuis le début de la guerre, Volodymyr Zelensky s’est entretenu vendredi 4 juillet avec Donald Trump et a déclaré avoir convenu avec Washington, d’une protection conjointe du ciel ukrainien. Evoquant une "conversation approfondie", le président ukrainien a précisé avoir évoqué avec son homologue américain "les possibilités en matière de défense antiaérienne" et convenu de "travailler ensemble pour renforcer la protection" de l’espace aérien ukrainien.
Cette "discussion riche et très importante", selon le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, intervient au lendemain d’un appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui n’a pas permis d’obtenir une quelconque avancée en vue d’un règlement du conflit. Dans un rare aveu d’impuissance, le président américain avait d’ailleurs reconnu jeudi n’avoir fait "aucun progrès" visant à mettre fin à la guerre en Ukraine lors de son entretien avec le président russe.
Mercredi, l’annonce inattendue par Washington de l’arrêt de la livraison de certaines armes à l’Ukraine avait été reçue comme un coup dur par Kiev, alors que cette décision risque de mettre le pays dans une position difficile à un moment où les troupes russes continuent d’avancer sur le front. Washington a justifié cette mesure au motif d’une "inquiétude quant à la baisse des stocks de munition des Etats-Unis".Réunion de la "coalition des volontaires" à venir
Dans le même temps, les Européens réitèrent leur...
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04/07 - Présidentielle 2027 : la candidature unique du socle commun, un mythe qui s’éloigne
Une tribune publiée, et tout est décharné. Il a suffi d’un texte écrit par Bruno Retailleau contre le financement public des énergies renouvelables pour qu’une guerre ouverte éclate dans le socle commun. Le ministre de l’Intérieur est taxé de "populisme" par sa collègue chargée de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, quand Gabriel Attal étrille un "contre-sens historique et scientifique". Les balles fusent sous le regard impuissant de François Bayrou, Premier ministre fragilisé par l’impopularité.
Lui doit se morfondre à la vue d’un tel spectacle. C’était sa grande œuvre. Il l’a même baptisé. Michel Barnier aurait tant aimé que le "socle commun" ne soit pas qu’une alliance de circonstances, née sur les décombres de la dissolution. A des députés, l’ancien Premier ministre confiait dès novembre 2024 son souhait qu’il débouche sur une candidature commune à l’élection présidentielle. "La droite et le centre ne pourront pas se payer le luxe d’aligner plusieurs candidats au premier tour", assurait-il au Figaro au mars, rejoint dans son analyse par Gérald Darmanin ou la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.Une "polyphonie" inaudible
Quoi de plus naturel ? Ce petit monde gouverne ensemble et partage le même électorat. Les municipales de 2026 devraient cimenter cet attelage, à la faveur d’accords locaux. "Elles seront une première reconfiguration par le bas, notait en janvier Bruno Retailleau. Je ne sais pourtant pas si on peut maintenir une alliance entre la macronie et la droite en 2027." Cette simple...
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04/07 - Chute de la natalité en France : les pistes de l’Académie de médecine pour inverser la tendance
Constatée en France depuis plusieurs années, la baisse de la natalité est loin d’être une "fatalité", a estimé ce vendredi 4 juillet l’Académie de médecine, qui émet une série de propositions afin de redonner "confiance" aux jeunes générations et d’inverser la tendance.
Depuis 2011, le nombre de naissances a reculé chaque année en France, à l’exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19, selon l’Insee. En 2024, 663 000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit le plus faible nombre de naissances sur un an, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Malgré un solde naturel encore positif (ndlr : différence entre le nombre de naissances et de décès), la baisse continue de la natalité suscite tout de même "une inquiétude croissante", note le nouveau rapport de l’Académie de médecine. Cela, "tant pour l’avenir du système social que pour l’équilibre démographique du pays".Un environnement peu propice
La natalité, insiste l’Académie de médecine, n’est pas qu’une affaire de chiffres, mais "reflète l’état de santé global d’une société, son optimisme, sa capacité à se projeter dans l’avenir". Or, la baisse inquiétante des naissances "traduit des arbitrages individuels dans un environnement devenu trop peu accueillant pour les projets d’enfants". Les jeunes "questionnent davantage la parentalité, non pas par rejet, mais par prudence", estime le rapport.
Parmi les facteurs "sociétaux" qui freinent la natalité, l’institut identifie notamment le manque de modes de garde, la crise du logement ou...
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04/07 - Retailleau-Pannier Runacher : comment le gouvernement se déchire sur les énergies renouvelables
Mercredi, c’est une tribune co-signée par Bruno Retailleau dans les colonnes du Figaro, qui a mis le feu aux poudres. Il faut dire que le ministre de l’Intérieur n’a pas mâché ses mots sur les énergies renouvelables. Dénonçant tout à tour la "dégradation du paysage" ou leur "intermittence coûteuse", faisant courir "un risque de black out" et critiquant lesdits "tartuffes de l’écologique politique", Bruno Retailleau a plaidé pour un arrêt des subventions publiques pour l’éolien et le solaire. Des positions qui lui ont valu les foudres de plusieurs ministres, à commencer par celle de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, qui a même confié au Monde avoir songé à démissionner. S’en est suivie une véritable passe d’armes entre les ministres, animée tantôt sur X tantôt sur les plateaux télé.Double recadrage de Bruno Retailleau
Visiblement mal à l’aise, Emmanuel Macron n’a pas tardé à rappeler à l’ordre ses troupes, suivi dans la foulée par François Bayrou. Dans un clin d’oeil à peine voilé à Bruno Retailleau, le président de la République a ainsi enjoint "chaque ministre" à "s’occuper des affaires pour lesquelles il est nommé". De son côté, le Premier ministre a demandé à ses troupes de cultiver "l’esprit de responsabilité" et de s’exprimer "avec un tout petit peu plus de nuances". "Il n’y a qu’une politique du gouvernement, […] c’est celle que je définis", a-t-il assuré. Emmanuel Macron et François Bayrou ont également parlé d’une seule voix, martelant que la France "a besoin de renouvelables", en complément du...
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04/07 - Malgré la fin de la guerre froide, l’éternel come-back du prédateur, par Abnousse Shalmani
Le discours performatif qui veut que les cartes soient rebattues et que la force remplace la diplomatie et que plus aucune médiation ou relation bilatérale ou multilatérale ne tienne debout devient un mantra. Chaque matin est annoncé le grand bouleversement du monde après avoir rabâché la stabilité née de l’après-Seconde Guerre mondiale, le "plus jamais ça", l’ONU qui fera mieux que la SDN, promis-juré-craché, c’était la fin définitive du retour en arrière vers la guerre. Et pourtant, nous assistons au come-back du prédateur, malgré la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, la stabilité retrouvée, le libéralisme pour tous, l’accès à la prospérité et la paix, l’équilibre du nucléaire, le meilleur des mondes.
Il y eut certes une petite panique face au 11 Septembre 2001 qui a eu pour première conséquence de faire entrer la Chine dans l’OMC et d’ouvrir la grande ère de la mondialisation qui efface la singularité, déstabilise économiquement et culturellement les populations déroutées de retrouver les mêmes rues copies conformes à tous les coins du monde, ravies de s’offrir des tee-shirts à un prix dérisoire sans faire le lien avec leurs usines textiles qui ferment parce que les tee-shirts produits à domicile sont trop chers mais leur assurent une vie décente (et une plus longue vie au tee-shirt), alors nous fermons les yeux sur les employés esclavagisés à l’autre bout du monde, en maudissant quand même la mondialisation (qui a sorti de la misère les deux tiers de l’humanité) tout en commandant sur Shein.
Et...
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04/07 - Climat : la baisse des émissions de gaz à effet de serre ralentit encore en France
Après avoir déjà marqué sérieusement le pas en 2024, la baisse des émissions de gaz à effet de serre de la France devrait à nouveau ralentir en 2025, avec une baisse estimée à seulement 0,8 % sur l’ensemble de l’année, a annoncé ce vendredi 4 juillet le Citepa.
Sur 2025, les émissions brutes françaises (hors puits de carbone) devraient atteindre 366 millions de tonnes en équivalent CO2 (MtCO2e), soit une baisse de "seulement 3 MtCO2e" par rapport à 2024, note l’organisme mandaté pour dresser le bilan carbone national, qui fait pour la première fois un "bilan prévisionnel" pour l’année en cours. Cette faible diminution des émissions "confirmerait le ralentissement de la dynamique observée ces dernières années", souligne-t-il. En 2024, la baisse des émissions françaises était de 1,8 %, après -6,8 % en 2023.
"Ces chiffres sont très mauvais et appellent à un sursaut collectif", a réagi vendredi la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher dans un communiqué reprenant les termes du Haut Conseil pour le climat (HCC) qui jeudi appelait à "relancer l’action climatique" en France après plusieurs "reculs" sur l’artificialisation des sols (ZAN), la restriction des véhicules les plus polluants dans les grandes villes (ZFE), la remise en cause des aides de l’Etat pour la rénovation énergétique des logements (MaPrimeRénov'). "Je refuse de laisser place au doute et à l’essoufflement. Continuer à baisser nos émissions de gaz à effet de serre est non seulement indispensable, mais possible", a jugé la ministre....
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04/07 - Donald Trump, le président à qui tout sourit (pour l’instant)
Avec Donald Trump, pas un jour sans grand spectacle. Celui d’aujourd’hui, 4 juillet, jour de la Fête nationale, n’est pas seulement pensé pour célébrer le 249e anniversaire de l’Indépendance américaine. Il est là pour glorifier Donald Trump à la manière d’un empereur romain, en rappelant aux Américains à quel point ses cinq premiers mois aux affaires lui ont réussi. A l’heure exacte où il signera sa loi, approuvée hier par le Congrès, Big Beautiful Bill ou "BBB" (soit un clin d’œil ironique à la loi Build Back Better, ou "BBB", de Joe Biden), une escadrille de bombardiers et d’avions de chasse survolera la Maison-Blanche. Rien n’est laissé au hasard : les appareils en question sont les mêmes que ceux mobilisés pour bombarder l’Iran le 22 juin : des B-2, des F-22 et des F-35.
Derniers succès en date, la loi BBB et le bombardement surprise des installations nucléaires iraniennes lors de l’Opération Marteau de Minuit témoignent assurément de l’hégémonie trumpienne, à la fois aux Etats-unis et à l’étranger. Elu sur la promesse de baisser les impôts et de sécuriser la "frontière-passoire" avec le Mexique, Trump tient parole. La Big Beautiful Bill va en effet se traduire par d’importantes baisses d’impôts (sur le revenu et sur l’immobilier) pour les actifs, la classe moyenne et les plus riches. La loi BBB comporte même une mesure symbolique : dans la restauration et l’hôtellerie, les pourboires et les heures supplémentaires des serveurs et des cuistots seront défiscalisés.
"Il s’agit de la plus importante baisse d’impôts de...
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04/07 - Keir Starmer, un an au pouvoir : la presse britannique tacle un "Premier ministre invisible"
"Sir Keir Starmer perd rapidement son autorité", constate le journal britannique The Economist, tandis que le Guardian parle carrément d’un "Premier ministre invisible". Le chef de gouvernement travailliste fête ce vendredi 4 juillet le premier anniversaire de sa victoire aux élections législatives, remportées avec un slogan qui promettait le "renouveau". Mais un an plus tard, il accumule les revers et apparaît considérablement affaibli, y compris dans sa propre majorité. Il pâtit d’une forte impopularité, avec 62 % des Britanniques désapprouvant son action, selon une synthèse de sondages compilée par Politico. La presse britannique regrette aujourd’hui un manque de leadership ainsi qu’une lenteur dans des réformes qui peinent à convaincre.Un parti désuni face à des réformes impopulaires
Mardi, le chef du gouvernement a fait marche arrière sur son projet de loi qui visait à restreindre l’éligibilité aux aides invalidité et maladie en Angleterre, pour économiser des milliards de livres sterling sur la facture sociale du pays, et a annoncé que les nouvelles conditions d’accès aux allocations ne s’appliqueraient qu’aux futurs demandeurs. Un revers à la Chambre des communes où la chancelière de l’Echiquier, Rachel Reeves, a pleuré, sans que Keir Starmer le remarque. A l'image, pour le Guardian, de "toutes les fois où il a semblé étrangement détaché de son propre gouvernement", une critique également formulée par le journal économique Financial Times, qui voit dans "l’incapacité de Starmer à soutenir sa chancelière...
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04/07 - Grève des contrôleurs aériens : la tour infernale, épisode 2
Rebelote. "272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500 000 personnes. C’est inacceptable", a fustigé ce vendredi 4 juillet le ministre des Transports Philippe Tabarot, en commentant la grève d’une partie des contrôleurs aériens qui paralyse les tarmacs français depuis jeudi. Une grève qui ne tombe pas du ciel. En avril 2024, un mouvement social avait déjà plongé les aéroports dans le chaos, pour le même motif : la remise en cause des "clairances".Un système occulte
Voilà quinze ans (!) qu’ont été mis au jour ces petits arrangements de la corporation. Un "système occulte", dénoncé de longue date par la Cour des comptes. "Ces "clairances" - terme utilisé pour désigner cette pratique irrégulière - permettent de diminuer plus encore le temps de travail effectif des contrôleurs : celui-ci peut probablement descendre à moins de cent jours par an sans qu’il soit possible d’avancer un chiffre plus précis en raison du caractère officieux, mais admis, de cette pratique", pointait en 2010 le rapport annuel de la Cour, après qu’une enquête du Figaro eut levé le lièvre. A l’époque, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait admis l’existence du phénomène. Mais elle avait reconnu sa difficulté à le contrôler, "en l’absence de système de pointage des présences ou de surveillance contradictoire des registres de tenue de position établi par les chefs d’équipe."A deux doigts de la catastrophe
Il aura fallu qu’un drame soit évité de justesse pour que les choses bougent enfin. Le 31 décembre 2022,...
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04/07 - Les chrétiens sont en voie de disparition en Syrie, par Omar Youssef Souleimane
L’explosion survenue à l’église Saint-Elie à Damas, le 22 juin, n’est pas un cas isolé. Cet attentat-suicide s’inscrit dans une série d’agressions contre les chrétiens de Syrie depuis la chute du régime de Bachar el-Assad. Cette communauté représentait 10 % de la population avant la guerre de 2011 ; aujourd’hui, elle ne dépasse plus 2,5 %. De nombreux chrétiens envisagent d’émigrer, ce qui menace l’existence même de cette communauté dans le pays. Présents en Syrie depuis 2000 ans, les chrétiens ont joué un rôle majeur, notamment dans la vie politique avant l’arrivée au pouvoir du régime des Assad.
Les Araméens, les anciens Syriens, ont fait partie des premiers peuples à avoir adopté la religion chrétienne. Damas est mentionnée plusieurs fois dans la Bible, notamment dans le contexte de la conversion et de la prédication de l’apôtre Paul. Plus tard, après les conquêtes islamiques, les chrétiens ont préservé leur existence en Syrie sous les califes. À la fin de l’Empire ottoman, 30 % de la population était chrétienne. Ce pourcentage a augmenté avec l’immigration arménienne, suite au génocide commis par les Turcs en 1915 et 1916. La majorité des chrétiens appartient à la communauté orthodoxe. Le reste est réparti entre protestants, catholiques, anglicans et maronites. Ces églises occupent une place dans le patrimoine du pays. Celle qui vient d’être frappée par l’attentat n’en fait pas partie. Construite en 1990, elle est située dans le quartier Al Douilaa à Damas. L’explosion a eu lieu pendant la messe dominicale. Vingt-deux...
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04/07 - La Chine va taxer les importations de cognac français, certains producteurs exemptés
La Chine exigera à partir du samedi 5 juillet une augmentation du prix du brandy européen, sous peine d’imposer des taxes antidumping pouvant atteindre 34 %, signant l’échec de longues négociations avec Paris à l’approche d’un sommet stratégique UE-Chine.
Pékin a débuté l’an dernier une enquête antidumping sur les importations de brandy européen, une riposte à la procédure européenne visant les subventions d’État chinoises dont bénéficient les véhicules électriques fabriqués en Chine. Des restrictions avaient dans la foulée étaient imposées aux importateurs, tenus de déposer une caution auprès des douanes chinoises. Ces mesures ont porté un coup sévère à l’ensemble de la filière cognac française, qui affirme perdre 50 millions d’euros par mois.
Après des mois de négociations, le ministère chinois du Commerce a publié vendredi une liste de 34 producteurs de brandys s’étant accordés sur une hausse des prix. Plusieurs producteurs de cognac, dont les principaux exportateurs comme Hennessy, Rémy Cointreau et Martell, vont donc échapper aux taxes annoncées par la Chine. Une issue "moins défavorable", selon le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), qui ne chiffre pas ces tarifs négociés.Une hausse de prix de 12 à 16 % ?
Les autres producteurs, ou ceux qui ne respecteront pas ces prix, seront frappés d’une taxe allant de 27,7 % à 24,9 % à partir du 5 juillet, précise le communiqué. "L’autorité chargée de l’enquête a finalement conclu qu’il y avait dumping sur le brandy importé de l’UE", affirme le ministère....
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04/07 - Aujourd’hui, un cadre gagne autant qu’en 1996 : la rémunération, angle mort de nos politiques publiques
L’excellent Antoine Levy, qui professe l’économie à Berkeley, a déchaîné les passions il y a quelques jours en publiant sur X un graphique reprenant des données de l’Insee et montrant que le salaire net moyen des cadres du secteur privé, corrigé de l’inflation, était revenu en 2023 à son niveau de… 1996. Vous avez bien lu : en France, un cadre ne gagne pas plus aujourd’hui qu’il y a une trentaine d’années.
Certes, leur nombre a beaucoup augmenté ces dernières décennies, jusqu’à représenter 20 % des salariés du privé. Leurs situations sont donc de plus en plus diverses. Il n’en reste pas moins que 50 % d’entre eux sont titulaires d’un Bac + 5.Une lutte des classes à l’envers
Sans sombrer dans l’économisme radical, on imagine facilement les conséquences politiques d’une telle (non) évolution sur le ressentiment que les cadres, qui sont donc souvent diplômés du supérieur, entretiennent vis-à-vis, pêle-mêle, de la classe politique, des entreprises et des retraités. Une telle frustration ne peut qu’être génératrice de populisme, de conflits intergénérationnels et de lutte des classes. Cette dernière opère d’ailleurs à l’envers puisque, sur la même période, le salaire net réel des employés a augmenté de 10 % et celui des ouvriers de 15 %, la moyenne des salariés français tournant autour de 13 %, ce qui est faible dans l’absolu.
La gauche pourrait y voir le signal positif d’une réduction des inégalités. L’auteur de ses lignes s’alarme plutôt d’une société incapable de récompenser une partie de ceux qui prennent des responsabilités....
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04/07 - Israël-Iran : l’Etat hébreu va "s’assurer" que Téhéran ne puisse plus menacer le pays
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré vendredi 4 juillet que l’armée allait s’assurer que l’Iran ne puisse plus menacer Israël après la guerre de 12 jours qui a opposé en juin les deux pays ennemis.
L’armée israélienne va préparer un "plan d’exécution pour s’assurer que l’Iran ne puisse plus menacer Israël", a déclaré Israël Katz dans un communiqué, ajoutant que l’armée devait "se préparer au niveau du renseignement et au niveau opérationnel pour s’assurer que l’armée de l’air maintienne sa supériorité aérienne sur Téhéran".
Israël a lancé le 13 juin une attaque aérienne massive visant en particulier les installations nucléaires de l’Iran, qui a riposté en lançant des missiles et des drones sur le territoire israélien, avant la conclusion d’un cessez-le-feu entré en vigueur le 24 juin.
L’objectif affiché par Israël est d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours nié, et de dégrader l’arsenal de missiles balistiques de la République islamique. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a promis d’empêcher l’Iran de reconstruire ses installations nucléaires, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’un nouveau conflit.Des frappes régulières comme au Liban ?
Le 27 juin, Israël Katz avait écrit sur la plateforme X que l’armée agirait "régulièrement pour contrecarrer de telles menaces". Selon certains médias israéliens, les dirigeants du pays cherchent à adopter une approche similaire à celle qu’ils ont adoptée au Liban. L’armée israélienne lance régulièrement des frappes sur ce...
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04/07 - Loi budgétaire : pourquoi la victoire de Donald Trump pourrait coûter cher aux républicains
Le président américain Donald Trump va promulguer sa loi budgétaire en grande pompe ce vendredi à l’occasion de la fête nationale. Le dirigeant avait mis la pression sur les élus républicains pour que le Congrès adopte sa "grande et belle loi", comme il l’a baptisée, avant le 4 juillet. La loi a finalement été adoptée définitivement jeudi par la Chambre des représentants à 218 voix contre 214, un vote très serré.
Le texte a toutefois soulevé de vives inquiétudes chez son parti et les électeurs, qui craignent que ce projet ne fasse gonfler la dette publique et n’affaiblisse les aides à la santé et à la protection sociale. Une situation que les démocrates pourraient bien exploiter pour tenter de remporter les élections de mi-mandat de 2026.Une aubaine pour les démocrates aux midterms 2026 ?
Les démocrates espèrent en effet que le mécontentement provoqué par les conséquences de la loi les aidera à renverser la Chambre des représentants. "Dix-sept millions de personnes viennent de perdre leur assurance santé", a dénoncé le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, qui s’affirme comme une figure majeure de l’opposition à Donald Trump.
Minoritaires dans les deux chambres, les démocrates espèrent réussir à faire tomber les membres républicains du Congrès les plus en position de faiblesse, parmi lesquels figurent selon le New York Times "les représentants Juan Ciscomani (Arizona), David Valadao (Californie), ainsi que Nick LaLota et Mike Lawler (New York)". "Notre mission est de faire comprendre que lorsque les...
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04/07 - Quand les rosés d’Anjou jouent la carte du tendre
Un savoureux cocktail de fruits rouges croquants et juteux, twistés par l’acidulé d’un bonbon anglais, explose en bouche. Pas de doute, vous dégustez un cabernet ou un rosé d’Anjou. Issues des cépages ligériens – cabernet sauvignon et franc, grolleau noir et gris, pineau d’aunis, gamay ou côt –, les deux appellations ont détrôné en 2024 leurs concurrents de la Provence dans les grandes surfaces, où s’écoulent 90 % des rosés français.
Ceux de Loire détiennent désormais un tiers du marché. Champion des demi-secs, le cabernet-d’anjou s’écoule à 43 millions d’unités (dont 97 % dans l’Hexagone). Alors que près de la moitié des 15 millions de bouteilles de rosé-d’anjou, son rival plus globe-trotter, franchissent nos frontières. "Entre fraîcheur et gourmandises, ils s’invitent à toutes les tables, sublimant aussi bien les saveurs sucrées que salées et notamment les plats exotiques", se réjouit Benjamin Grandsart, coprésident des Rosés d’Anjou.Des vins pas comme les autres
La recette du succès ? "L’équilibre fruit-fraîcheur-acidité-tendresse qui les caractérise", explique Pierre-Jean Sauvion, œnologue chez Maison LaCheteau, filiale du groupe Grands Chais de France et acteur majeur du vignoble du Val de Loire. Des quatre qualités, la dernière confère aujourd’hui leur identité à ces vins pas comme les autres. Les rosés "tendres" bénéficient par ailleurs d’un attrait supplémentaire, décisif : leurs prix plus que compétitifs et stables (de 5 à 10 euros), quand leurs cousins provençaux font valser les étiquettes depuis quelques...
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04/07 - Ukraine : la Russie a lancé son attaque nocturne la plus massive depuis le début de la guerre
Deux jours après l’annonce par Washington d’une pause dans la livraison de certaines armes à Kiev, qui concernerait notamment des systèmes de défense aérienne Patriot, la Russie a lancé sur l’Ukraine son attaque nocturne la plus massive depuis le début de la guerre. Cette attaque survient également quelques heures après un nouvel appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine, au cours duquel ce dernier a de nouveau affirmé que Moscou "ne renoncera pas à ses objectifs". Face à l’attitude de son homologue russe, le président américain a admis qu’il n’avait fait "aucun progrès" lors de cette conversation. Il doit s’entretenir avec Volodymyr Zelensky ce vendredi après-midi.
Les infos à retenir
⇒ La Russie a lancé sur l’Ukraine son attaque nocturne la plus massive depuis le début de la guerre
⇒ Le Kremlin juge qu’il n’est "pas possible" à ce stade d'"atteindre" ses objectifs en Ukraine par la voie diplomatique
⇒ L’Allemagne envisage l’achat aux Etats-Unis de systèmes antiaériens Patriot pour KievEmmanuel Macron et Keir Starmer coprésideront une réunion des pays "volontaires" le 10 juillet
Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron coprésideront jeudi en visioconférence depuis la base de Northwood, près de Londres, une réunion des pays "volontaires" pour un renforcement des capacités de défense de l’Ukraine face à la Russie, a annoncé vendredi l’Elysée.
Ils échangeront avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d’autres dirigeants, dont le chancelier allemand Friedrich...
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04/07 - Impôts, immigration, Medicaid… Ce que contient la loi budgétaire XXL de Donald Trump
Donald Trump a assuré qu’elle allait propulser l’économie américaine telle une "fusée" : le président américain promulguera sa "grande et belle loi" budgétaire en grande pompe ce vendredi 4 juillet, à l’occasion de la fête nationale. Le texte de 869 pages, dont il a fait la clé de voûte de son programme économique, a été adopté jeudi par le Congrès lors d'un ultime vote serré à la Chambre des représentants, au bout d’un long parcours parlementaire et de négociations en coulisses qui se sont étirées. Il s’agit d’une victoire majeure pour le républicain, qui n’a pas hésité à faire pression sur les élus de son camp pour éviter les défections.
Voici les principales mesures de cette loi, qualifiée par les démocrates de "monstruosité répugnante" qui "fera souffrir les Américains ordinaires".Des réductions d’impôts massives
C’est le cœur de ce texte imposant : pérenniser les baisses d’impôts massives pour les particuliers et les entreprises mises en œuvre en 2017 au cours du premier mandat de Donald Trump et qui expiraient à la fin de l’année.
Autre promesse de campagne du milliardaire républicain introduite : l’exonération d’impôts sur les pourboires et les heures supplémentaires, jusqu’en 2028.
Le plafond de déduction des taxes locales et étatiques est lui quadruplé pendant cinq ans.Lutte contre l’immigration
Plusieurs centaines de milliards de dollars sont allouées à la lutte contre l’immigration, dont Donald Trump a fait la priorité absolue de son second mandat.
Dans le détail, 46,5 milliards sont consacrés à la poursuite de la...
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04/07 - EXCLUSIF. Comment Donald Trump efface les politiques français dans les médias
"En 12 ans, c’est la première fois que ça arrive sur une période aussi longue", certifie Jean-Maurice Galicy, le porte-parole de Tagaday, une entreprise de veille médiatique qui produit des classements réguliers des personnalités les plus exposées dans les médias français. D’ordinaire, la première place du classement semestriel de la plateforme est réservée au président de la République française. Bien souvent, le Premier ministre arrive lui aussi sur le podium. Pas cette fois. Entre le 1er janvier et le 30 juin 2025, un homme a détrôné les deux visages de l’exécutif français : il s’agit du président américain Donald Trump.
En six mois, le locataire du bureau Ovale est apparu dans près de 600 000 contenus journalistiques d’informations, contre "seulement" 340 000 pour son homologue français. Cela représente plus de 3200 contenus par jour, environ un toutes les 26 secondes. Pour Jean-Maurice Galicy, "ce n’est pas très surprenant. Donald Trump est un personnage clé de tous les évènements qui structurent l’actualité, qu’il s’agisse de la politique internationale ou de ses coups de com'…" Même la politique européenne se reconfigure chaque jour un peu plus autour des déclarations du chef d’Etat américain.Le président américain arrive largement en tête du classement Tagaday des personnalités les plus exposées médiatiquement en France.
Pour obtenir ce résultat, Tagaday s’appuie sur une grande banque de données qui agrège les productions d’environ 3000 médias de presse écrite et plus de 400 médias audiovisuels (radio et...
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04/07 - La Russie reconnaît officiellement le pouvoir taliban en Afghanistan, une première mondiale
La Russie est officiellement devenue le premier pays à reconnaître l'émirat islamique instauré par les talibans en Afghanistan, une décision qualifiée de "courageuse" par Kaboul. Les talibans sont revenus au pouvoir en 2021 après avoir renversé le gouvernement soutenu par les Occidentaux et ont imposé à la population afghane une version austère de la loi islamique.
"La Russie est le premier pays à avoir officiellement reconnu l'Emirat islamique", a déclaré à l'AFP Zia Ahmad Takal, le porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères. C'est une "décision courageuse" et elle sera "un exemple pour les autres" a commenté le ministre afghan des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi au cours d'une rencontre avec l'ambassadeur russe à Kaboul Dmitri Jirnov, selon une vidéo diffusée sur X.
"Reconnu", a simplement fait savoir à l'agence de presse étatique Ria Novosti le représentant spécial du président russe Vladimir Poutine pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov. Une information ensuite confirmée par le ministère russe des Affaires étrangères à l'agence TASS.Une "coopération bilatérale productive"
Cette dernière a souligné que le drapeau afghan introduit par les talibans avait été hissé pour la première fois au-dessus de l'ambassade d'Afghanistan à Moscou jeudi. Plus tôt dans la journée, le ministère russe des Affaires étrangères avait dit avoir reçu les lettres de créance du nouvel ambassadeur de l'Afghanistan en Russie, Gul Hassan Hassan.
"Nous pensons que l'acte de reconnaissance officielle du gouvernement de...
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04/07 - Affaire Boualem Sansal : face à l’Algérie, le sentiment d’impuissance plane sur la France
La rhétorique n’est guère belliqueuse. Peut-il en être autrement ? Le 1er juillet, la Cour d’appel d’Alger confirme la condamnation à cinq ans de prison de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, victime collatérale de la brouille diplomatique entre les deux pays. A cette injustice, les autorités françaises répondent avec la plus grande prudence. Une décision "incompréhensible et injustifiée" est certes dénoncée par le Quai d’Orsay, tandis que le Premier ministre François Bayrou déplore une "situation insupportable". Mais le champ lexical de la clémence est aussitôt convoqué, de la réclamation d’un "geste humanitaire" ou d'une "mesure de grâce". Dès le 31 mars, Emmanuel Macron appelait le régime algérien à un acte "d’humanité" envers Boualem Sansal.
Le salut de l’intellectuel réside dans une hypothétique grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune, espéré le samedi 5 juillet, à l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Au printemps, une ministre résumait la charge symbolique de l’emprisonnement de l’auteur de 2084, arrêté le 16 novembre 2024 en raison notamment de déclarations au média identitaire Frontières. "Avec l’Algérie, la lutte contre le terrorisme est le sujet le plus stratégique ; l’obtention des laissez-passer consulaires est le plus emblématique ; Sansal, lui, est le plus médiatique.""Peu de prise sur les régimes autoritaires"
L’écrivain sera ce samedi sous la lumière des projecteurs, thermomètre bien involontaire de l’état des relations franco-algériennes. Attendre, et espérer. La France...
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04/07 - L’actu à La Loupe : après la canicule, la menace d’un froid extrême en hiver
40 degrés à Nîmes, 39 à Carpentras, 38 à Paris, Bordeaux ou encore au Mans, 37 à Lyon et Nantes, plus de 36 degrés à Chambéry. La France vient de vivre le 2e mois de juin le plus chaud de son histoire !
Ces vagues de chaleur n’étaient que des projections il y a quelques années, mais aujourd’hui elles se multiplient et les scientifiques assurent que le phénomène va s’accentuer.
Dans le même temps, les climatologues planchent sur de nouvelles prévisions : une conséquence du changement climatique qui pourrait donner là encore des températures extrêmes, mais cette fois en hiver.
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Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris, présenté par Solène Alifat, monté par Jules Krot et réalisé par Sébastien Salis.
Crédits : TF1
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
Logo : Jérémy Cambour
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04/07 - Guerre en Ukraine : les Européens peuvent-ils compenser la suspension de l’aide américaine ?
La décision surprise des Etats-Unis de stopper, au soir du 1er juillet, la livraison de certaines armes clé à l’Ukraine aurait difficilement pu tomber plus mal. A l’heure où Moscou intensifie ses attaques sur le front, le déluge de feu s’abattant sur les villes ukrainiennes n’a en effet jamais été aussi intense depuis le début du conflit. Quelques jours plus tôt, dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie lançait sa plus grande attaque aérienne avec pas moins de 477 drones et 60 missiles. "Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier", s’est défendue la Maison-Blanche. Raison invoquée : Washington s’inquiète pour ses stocks de munitions.
Plus de trois ans après l’invasion lancée par Vladimir Poutine, les Européens seront-ils en mesure de combler ce trou béant laissé dans la défense du pays ? "C’est un message clair nous invitant à renforcer notre propre soutien", a martelé ce 3 juillet la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Même si l’aide militaire européenne a dépassé en juin celle des Etats-Unis selon le Kiel Institute, avec 72 milliards d’euros depuis le début du conflit contre 65, l’Amérique reste un partenaire difficilement remplaçable pour Kiev."Equipements vitaux"
"Les livraisons actuelles n’étaient déjà pas suffisantes par rapport aux besoins, jauge Yohann Michel, chargé d’études à l’Institut d’études de stratégie et défense (IESD). Cette suspension risque de priver les Ukrainiens d’équipements vitaux pour leur défense." Le Pentagone n’ayant pas fourni...
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03/07 - Donald Trump obtient une victoire majeure avec l’adoption de son vaste projet de loi budgétaire
Donald Trump a remporté ce jeudi 3 juillet la première victoire législative majeure de son second mandat après l'adoption au forceps par le Congrès américain d'un grand projet de loi budgétaire, clé de voûte de son programme économique. Après le Sénat, qui l'avait approuvé mardi de justesse, la Chambre des représentants a adopté définitivement ce texte de 869 pages baptisé "grande et belle loi" par le président lui-même, là encore au terme d'un vote serré, précédé de multiples pressions et tractations.
"VICTOIRE", a immédiatement réagi la Maison Blanche dans un message sur X. Initialement prévu mercredi, le vote final n'a eu lieu que jeudi en début d'après-midi à Washington. Il s'est tenu après un discours de près de neuf heures - un record à la Chambre des représentants - du chef de file des élus démocrates, Hakeem Jeffries, qui a tenté de repousser le vote au maximum. L'opposition affichée de plusieurs élus conservateurs - qui dénonçaient le creusement de la dette publique attendu avec cette législation - avait auparavant forcé les responsables républicains à le retarder.
Avec une majorité de seulement huit sièges, le parti présidentiel ne pouvait pas se permettre plus de trois défections dans son propre camp. Seulement deux républicains ont finalement voté "contre", aboutissement de négociations en coulisses menées par le président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, avec l'aide du locataire de la Maison Blanche.Téléphone
Plus tôt, Donald Trump avait commencé à élever le ton. "Qu'est-ce que...
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03/07 - Appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine : ce qu’ils se sont dit
Mardi, c’est Emmanuel Macron qui s’est entretenu avec le président russe. Jeudi 3 juillet, ce fut au tour de Donald Trump d’endosser ce rôle, au lendemain de l’annonce par les Etats-Unis d’un arrêt de la livraison de certaines armes à Kiev. Pendant près d’une heure, le président américain a parlé Ukraine, Proche-Orient et intérêts économiques bilatéraux avec Vladimir Poutine.
Le Kremlin a salué une "discussion franche" entre les deux présidents, tandis que Donald Trump, dans un rare aveu d'impuissance, a reconnu jeudi soir n'avoir fait "aucun progrès" visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Il s’agit du sixième appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump depuis le retour de ce dernier à la Maison-Blanche. Selon un haut responsable ukrainien, cet appel pourrait précéder un échange entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky vendredi. Voici ce que l’on sait du contenu de l’échange de jeudi à ce stade.Ukraine : "pas de renoncement aux objectifs russes", dit le Kremlin
Le président russe Vladimir Poutine a dit à son homologue américain Donald Trump que la Russie "ne renoncera pas à ses objectifs" en Ukraine, tout en se disant ouvert à la poursuite des négociations avec Kiev pour trouver une "solution politique au conflit". De premiers pourparlers entre Russes et Ukrainiens ont été entamés à Istanbul en mai dernier - et ont permis notamment des échanges de prisonniers - sans toutefois aboutir à un accord de paix.
"Notre président a déclaré que la Russie poursuivrait ses objectifs, à savoir l’élimination des...
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03/07 - Donald Trump, un nouveau dictateur ? Plongée dans les manoeuvres du président américain
"Uniquement pour la première journée", plaisantait Donald Trump pendant sa campagne, quand on lui demandait s'il se comporterait en dictateur lors d'un second mandat. Six mois plus tard, la plaisanterie ne fait plus rire beaucoup d'observateurs. Et les manifestations d'ampleur du 14 juin sonnent la révolte d'une partie de l'Amérique qui sort de sa torpeur.
Si chacun d'entre nous peut constater un "autoritarisme d'atmosphère" à la Maison-Blanche, qu'en est-il vraiment ? Dans ce long format vidéo, L'Express se penche sur les agissements réels du président qui appuient l'hypothèse d'un durcissement politique fulgurant, peut-être comme les Etats-Unis n'en ont jamais connu. Sans compter l'admiration que Donald Trump voue aux autocrates tels que Vladimir Poutine en Russie ou Viktor Orban en Hongrie. "Il est parvenu à créer la structure nécessaire pour une dictature" observe l'écrivain américain Robert Tracinski. Toutefois, des contre-pouvoirs existent toujours aux Etats-Unis pour contrer les vélléités autoritaires du chef de l'Etat. Jusqu'à quand ? Une vidéo à retrouver sur notre site et nos réseaux sociaux.
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03/07 - Mamdani, le socialiste qui secoue New York : "Il fait partie de cette élite biberonnée au rejet des valeurs libérales"
Un socialiste pur et dur va-t-il prendre les rênes de la capitale mondiale du capitalisme ? Contre toute attente, Zohran Mamdani, 33 ans, a remporté le 25 juin la primaire démocrate pour la mairie de New York, coiffant au poteau le favori, l’ancien gouverneur Andrew Cuomo. S’il l’emporte en novembre, cet Américain d’origine ougandaise et indienne - arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 7 ans - deviendra le premier maire musulman de la ville. Une victoire qui sonne comme un séisme politique et qui divise jusque dans son propre camp : l’aile modérée du Parti démocrate s’alarme de ses prises de position jugées trop radicales sur la Palestine, notamment son refus de condamner la formule "mondialiser l’intifada".
À cela s’ajoute un programme économique résolument offensif, centré sur un seul mot d’ordre : l’accessibilité (loyers encadrés, transports gratuits, garde d’enfants universelle, épiceries municipales, etc). "Je ne pense pas que nous devrions avoir des milliardaires", a déclaré celui qui a grandi dans l’Upper West Side et fréquenté les écoles privées les plus cotées. Rien d’étonnant, selon l’anthropologue Peter W. Wood, qui voit en Mamdani l’incarnation de la "nouvelle élite radicale". Dans The Spectator, celui qui préside la National Association of Scholars (NAS), une organisation conservatrice alertant sur les dérives idéologiques du système universitaire américain, a récemment analysé l’itinéraire de Zohran Mamdani, qu’il juge typique de ce que Tom Wolfe appelait autrefois le "radicalisme chic". Une génération...
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03/07 - Elon Musk adulé en Chine après son clash avec Donald Trump
Qu’il semble loin le temps où la presse s’inquiétait des implications, pour le business d’Elon Musk en Chine, de sa trop grande proximité avec Donald Trump. En l’espace de quelques mois, le discours a radicalement changé. Désormais brouillé avec le président américain, qui menace d’expulser le milliardaire dans son pays de naissance, l’Afrique du Sud, et de couper les subventions du patron de Tesla et de Space X, ce dernier trouvera-t-il son salut en Chine ?
A en croire le Guardian, plusieurs signaux pointent dans cette direction. A commencer par la popularité d’Elon Musk sur les réseaux sociaux chinois. Sa promesse de fonder un nouveau parti politique américain en cas d’adoption du projet de loi de finances de Trump par le Sénat, a beaucoup fait réagir. Ledit "Big, Beautiful Bill" - qu’Elon Musk avait qualifié d'"abomination dégoûtante" et de "suicide politique" pour le parti républicain en raison de la dette qu’il générerait- est en passe d’être adopté au Congrès. Dans la foulée, un hashtag #MuskWantsToBuildAnAmericaParty est devenu très populaire sur Weibo, l’équivalent de X en Chine, où le mot-clé a totalisé 37 millions de vues.Popularité grandissante dans l’opinion chinoise
"Si Elon Musk fondait un parti politique, son approche axée sur la technologie pourrait insuffler une nouvelle énergie à la politique. Le potentiel de changement est considérable et mérite d’être suivi de près", a par exemple écrit un utilisateur de Weibo. "Frère Musk, vous avez plus d’un milliard de personnes en Chine qui vous...
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03/07 - Quand l’Elysée se moque de François Bayrou, Elisabeth Borne s’en prend à Gérald Darmanin
C'est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil. Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier a été renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination. François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.Giuliano Da Empoli au PS, enfin presque
L’auteur italien des essais à succès Les Ingénieurs du Chaos et Le Mage du Kremlin sera l’invité du Parti socialiste, en septembre. Enfin, c’est ce que nous avons cru en entendant Olivier Faure annoncer fièrement sa venue. En effet, le premier secrétaire du PS a assuré que Giuliano Da Empoli serait entendu dans le cadre de "Maintenant, le projet !", une série d’auditions destinées à l'élaboration de la nouvelle doctrine des roses. Sauf que l’intéressé s’astreint à une discipline qui ne varie pas : il n’intervient jamais devant des partis politiques. Et, plus surprenant, il n’a même jamais reçu d’invitation formelle d’Olivier Faure à ce petit raout de septembre. A un ami commun qui lui demandait s’il accepterait de rencontrer le chef socialiste, l’auteur de L’Heure des prédateurs a simplement répondu avec courtoisie qu’il le verrait avec plaisir, après les congés d’été. Da Empoli invité imaginaire, sans doute la rançon du succès. [Cet indiscret a été modifié le 5 juillet 2025 à 17h]La boucherie d’Amélie
L’heure de la vérité budgétaire approche. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a fini de...
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03/07 - Une commission d’enquête du Sénat propose de faire le ménage dans les agences de l’Etat
Une commission d’enquête du Sénat, dont les résultats ont été publiés ce jeudi 3 juillet, pointe un "archipel" d’agences et d’opérateurs mal connus de l’État et déplore son "absence de vision" sur les coûts réels de ces structures. La commission d’enquête en charge du dossier évoque la possibilité d’économiser plusieurs millions d’euros en les réorganisant et en supprimant certaines structures, mais pas à "missions constantes".
Fruit de cinq mois de travail, les travaux de cette commission étaient particulièrement scrutés et ses résultats attendus, alors que les annonces de François Bayrou prévues mi-juillet doivent poser les bases de débats budgétaires qui s’annoncent périlleux.
Aux termes de ces travaux, les sénateurs ont dressé un panorama de 434 opérateurs, 317 organismes consultatifs et 1 153 organismes publics nationaux, un "archipel aux frontières floues" dont les contours précis ne sont pas précisément connus par l’Etat lui-même, juge le rapport."Rationalisation intelligente"
La rapporteuse, Christine Lavarde (LR) et le président de la commission, Pierre Barros (Parti communiste), ont soumis une soixantaine de recommandations pour améliorer la "lisibilité de l’action publique" et "faire parler l’Etat d’une seule voix".
Le rapport propose ainsi de "créer une vraie base de données budgétaire pour pouvoir suivre ces agences", ou encore d’imposer "l’exercice d’une tutelle unique sur chaque opérateur".
Il suggère une "rationalisation intelligente", en instaurant par exemple un "moratoire" sur la création de...
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03/07 - Emmanuel Macron répond à Bruno Retailleau : "On a besoin des énergies renouvelables"
La politique énergétique continue de créer des dissensions au sein du "socle commun" gouvernemental, jusqu’au plus sommet de l’Etat. Emmanuel Macron a martelé ce jeudi 3 juillet que la France avait "besoin de renouvelable" pour atteindre la neutralité carbone en 2050, répondant ainsi clairement à Bruno Retailleau qui prône un moratoire sur l’éolien et le solaire.
"Ce n’est pas une bonne idée de dire qu’on ne va plus faire de renouvelable dans notre pays, qu’on ne va plus investir", a déclaré le chef de l’Etat lors d’un déplacement à Roquefort-sur-Soulzon (Aveyron) auprès des producteurs de roquefort. "Il faut faire du nucléaire et du renouvelable", a-t-il ajouté, appelant à ne pas "tout caricaturer" et à "sortir des lubies".
Emmanuel Macron a également appelé "chaque ministre" à "s'occuper des affaires pour lesquelles il est nommé", plaidant pour "discipliner la parole" au sein d'un gouvernement où des divergences sont régulièrement étalées au grand jour.L’offensive de Bruno Retailleau
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a plaidé mercredi pour stopper les "subventions publiques" pour l’éolien et le photovoltaïque, s’attirant les critiques notamment de Gabriel Attal qui dénonce "un contresens historique et scientifique […] incompréhensible".
"Notre priorité doit être de rebâtir un parc nucléaire en reconstituant une compétence industrielle française, afin d’éviter l’effet falaise lié au vieillissement des centrales actuelles", écrit le président du parti Les Républicains (LR) dans une tribune pour Le Figaro....
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03/07 - Les menaces de Trump contre Musk ? Un désastre pour les Etats-Unis, par Rainer Zitelmann
Donald Trump a lancé une nouvelle attaque contre Elon Musk. Le président américain a déclaré que le Doge, le Département de l’efficacité gouvernementale un temps dirigé par l’entrepreneur, est "le monstre qui pourrait se retourner et croquer Elon". Avant de directement menacer Elon Musk sur sa plateforme Truth Social : "Elon obtient peut-être plus de subventions que n’importe quel être humain dans l’histoire. Sans ces subventions, Elon aurait probablement dû fermer boutique et rentrer chez lui en Afrique du Sud. Fini les lancements de fusées, les satellites ou la production de voitures électriques, et notre pays économiserait une FORTUNE".
Donald Trump se comporte comme un dictateur, répondant aux critiques par des menaces de sanctions. Or le fondateur de Tesla et de SpaceX a eu tout à fait raison de fustiger les projets de Trump de poursuivre, à travers sa "grande et belle loi", la colossale orgie de dettes publiques, tout comme l’ont fait d’autres responsables républicains, tel Rand Paul.
Donald Trump ignore peut-être – ou s’en moque tout simplement – que la mise à exécution de ses menaces ferait reculer les Etats-Unis de deux décennies. Le 14 novembre 2011 a marqué un tournant dans l’histoire de l’exploration spatiale habitée américaine lorsque Daniel Burbank a dû être transporté vers la Station spatiale internationale (ISS) à bord d’une fusée russe Soyouz, les Etats-Unis n’étant plus en mesure d’envoyer leurs propres astronautes en orbite après avoir mis fin au programme de la navette spatiale. Au cours...
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03/07 - Nucléaire : feu vert pour la prolongation de 10 ans de 20 réacteurs
L’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection vient de rendre son verdict. Sur les 56 réacteurs que compte le parc nucléaire français, 20 pourraient voir leur durée de vie prolongée de dix ans. Initialement conçus pour durer environ 40 ans, ces réacteurs pourraient finalement être exploités pendant 50 ans.
Il s’agit plus précisément des réacteurs français de 1300 MW - dont ceux situés à Flamanville ou à Golfech- dont les plus anciens auront 40 ans à partir de l’an prochain, a annoncé ce jeudi 3 juillet l’ASNR.Réacteurs de 1300 MW prolongés de 40 ans à 50 ans
La décision de l’ASNR fait suite à une concertation débutée en janvier et qui a pris fin le 30 juin sur les conditions de sûreté de la poursuite d’exploitation par EDF de ces 20 réacteurs de 1300 MW.
"L’ASNR considère que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique", explique-t-elle dans une note d’information datée du 1er juillet.
Ces 20 réacteurs produisent "plus de 40 % de l’électricité d’origine nucléaire", souligne le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Marc Ferracci, cité par Le Figaro, qui "salue la décision de l’ASNR" conciliant "la sûreté nucléaire et le maintien de cette énergie décarbonée et compétitive". Il faudra toutefois attendre les premières visites décennales, prévues en 2026, pour que soient précisés les remplacements de matériels à effectuer, réacteur par réacteur, en amont de...
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03/07 - Russie-Azerbaïdjan : tout comprendre au divorce diplomatique entre les deux pays
Le 27 juin 2025, deux frères d’origine azerbaïdjanaise meurent en détention à Ekaterinbourg. Officiellement, de causes naturelles. Pour Bakou, ce sont des assassinats maquillés. En quelques jours, cette affaire a relancé une crise latente entre la Russie et l’Azerbaïdjan. Arrestations de journalistes, suspension de rencontres diplomatiques, annulation d’évènements culturels : les deux Etats connaissent un regain de tensions.
Depuis le crash d’un avion civil azerbaïdjanais en décembre 2024, probablement abattu par un missile russe, les relations entre la Russie et l’Azerbaïdjan n’ont jamais été aussi fragiles. L’Express fait le point.Pourquoi les tensions ont-elles brusquement ressurgi ?
Le point de départ de la crise actuelle remonte au 27 juin. Ce jour-là, la police russe mène une vaste opération à Ekaterinbourg, dans l’Oural, à plus de 1 700 kilomètres de Moscou. Une cinquantaine de personnes sont interpellées, soupçonnées d’être liées à des assassinats commis il y a plus de vingt ans. Parmi les personnes arrêtées figurent deux frères d’origine azerbaïdjanaise, Huseyn et Ziyaddin Safarov, tous deux citoyens russes. Les deux frères sont ensuite déclarés morts.
Selon les autorités russes, l’un serait décédé d’un arrêt cardiaque, l’autre d’une insuffisance cardiaque aiguë. Mais très vite, les médias azerbaïdjanais contredisent cette version. Le site 1news.az révèle que les corps présenteraient de multiples fractures, des hématomes au visage, des blessures au torse et aux jambes. Pour Bakou, il s’agit de traces de...
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03/07 - Le Haut Conseil pour le climat appelle la France à un "sursaut collectif"
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a mis la pression sur le gouvernement Bayrou ce jeudi 3 juillet, appelant à un "sursaut collectif" à l’heure du ralentissement du rythme de décarbonation en France et des "reculs" sur certaines mesures.
Contraints par des partis de droite, d’extrême droite, de LFI et des certains membres du bloc central selon les dossiers, plusieurs textes ont en effet acté des reculs au Parlement ces dernières semaines au sujet de l’artificialisation des sols (zéro artificialisation nette, ZAN) ou la restriction des véhicules les plus polluants dans les grandes villes (zones à faibles émissions, ZFE).
Plus généralement, le HCC alerte sur le fait qu’en 2024, le rythme de décarbonation a beaucoup ralenti en France. Idem pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, que l’organisme considère "incompatible avec l’objectif de neutralité carbone en 2050."
Il faut "relancer l’action climatique, avec un cadre d’action publique clair, des actions structurelles, une gouvernance solide et des cibles bien définies", a déclaré à des journalistes Jean-François Soussana, l’agronome qui préside le HCC. Cet organisme indépendant, installé en 2018 par le président Emmanuel Macron, est composé de douze experts chargés d’évaluer l’action climatique du gouvernement et d’émettre des recommandations.La France "pas encore prête" face au réchauffement
Dans son rapport annuel intitulé "Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage", le HCC rappelle que le...
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03/07 - L’Iran et la "diplomatie des otages" : l’engrenage infernal d’un régime aux abois
Les vies de Cécile Kohler, professeure de lettres de 40 ans et de son compagnon Jacques Paris, 72 ans, ont basculé le 7 mai 2022 lors d’un voyage touristique en Iran. Plus de trois ans après leur arrestation, leur cauchemar connaît une nouvelle escalade inquiétante. Ils viennent d’être inculpés, mardi 2 juillet, pour "espionnage pour le Mossad", le service de renseignement israélien, "complot pour renverser le régime" et "corruption sur terre", pour reprendre le vocabulaire apocalyptique d’une République islamique humiliée militairement depuis la "guerre des douze jours". Chacun de ces trois chefs d’inculpation est passible de la peine de mort.
Bien avant le cessez-le-feu et les frappes américaines, le scénario noir d'un durcissement du régime était à craindre. Il a été extrêmement brutal. Une répression féroce menée par les Gardiens de la Révolution, le bras armé du guide suprême, qui ont déjà jeté en prison près de 700 personnes pendant le conflit sous l’accusation récurrente de "collaboration" avec Israël. Cécile Kohler et Jacques Paris, comme bon nombre d’Iraniens aujourd’hui, font les frais de l’engrenage infernal d’un pouvoir dictatorial qui veut éliminer toute forme de dissidence. Militants des droits humains, intellectuels et toute la jeune génération iranienne qui a courageusement garni les cortèges descendus dans la rue après la mort...
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03/07 - En Allemagne, la coalition de Friedrich Merz déjà divisée sur le prix de l’électricité
Premier couac gouvernemental en Allemagne : la coalition composée des conservateurs du chancelier Friedrich Merz et des sociaux-démocrates traverse ses premières difficultés. Car après cinq heures de délibération mercredi soir, les partis de la coalition en place depuis moins de trois mois n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une baisse de la taxe sur l’électricité pour les ménages.
Cette promesse pourtant phare de leur programme visait à soulager particuliers et entreprises face aux tarifs encore élevés de l’énergie, après les pics observés dans la foulée de la guerre en Ukraine, dans un pays longtemps très dépendant du gaz russe.Pas de réduction pour les particuliers
Dans leur accord, les conservateurs de la CDU, leur allié bavarois de la CSU, ainsi que les sociaux-démocrates du SPD s’étaient engagés à réduire la taxe sur l’électricité le plus rapidement possible "pour tous". Le coût de la réduction pour les ménages était estimé à 5,4 milliards d’euros supplémentaires l’an prochain. Mais le gouvernement n’a pu s’accorder sur les mesures d’économies à réaliser pour financer cette mesure. Finalement, la mesure ne bénéficiera qu’à l’industrie, l’agriculture et la sylviculture, négligeant les artisans et les particuliers.
Le chancelier Friedrich Merz (CDU) et le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD) ont justifié cette décision par les contraintes budgétaires, suscitant de nombreuses critiques au sein même de leur camp politique. "La première crise gouvernementale majeure a éclaté avec une rapidité surprenante, et pour...
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03/07 - La CIA confirme que Vladimir Poutine voulait la victoire de Donald Trump en 2016
Presque une décennie après l’élection présidentielle américaine de 2016, la CIA vient de raviver le débat sur l’ingérence russe et ses implications politiques. Un document de huit pages récemment déclassifié, consulté par Bloomberg et Associated Press (AP), confirme que la Russie de Vladimir Poutine a bien cherché à favoriser l’élection de Donald Trump. Tout en validant l’analyse initiale de 2017, ce mémo commandé par un fidèle allié de Trump dénonce des failles méthodologiques dans sa conception.
Les enquêtes sur les efforts du Kremlin pour influer sur l’élection présidentielle de 2016 et les contacts de la campagne Trump avec les responsables russes ont dominé une grande partie du premier mandat du président. "Trump et ses alliés fulminent depuis longtemps contre les enquêtes, les qualifiant de chasses aux sorcières motivées par des considérations politiques", rappelle ainsi Politico.Une conclusion inchangée : la Russie voulait aider Donald Trump
Dans un nouveau mémo interne daté du 26 juin donc, la CIA conclut qu’il n’y a "aucune raison de retirer" l’affirmation faite en 2017 selon laquelle Vladimir Poutine "aspirait" à voir Donald Trump remporter l’élection face à Hillary Clinton. Comme le résume Bloomberg, le rapport "ne remet pas en cause le jugement central" de l’évaluation des services de renseignement américains de l’époque.
Cette conclusion avait déjà été corroborée par plusieurs enquêtes, notamment celle du Comité du renseignement du Sénat dirigé par le...
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03/07 - Télétravail : pourquoi le retour (forcé) au bureau ne réglera rien, par Emmanuelle Léon
Amazon, JP Morgan, Dell, Société Générale… À chaque semaine son retour au bureau imposé. C’est précisément au moment où l’organisation hybride devrait s’affiner — dans ses équilibres, ses règles et son management — que certains dirigeants choisissent de repartir en arrière. Mais ce retour est-il possible ? Est-il souhaitable ? Sera-t-il le remède miracle aux maux de l’entreprise ? On peut en douter. Derrière la fermeté affichée, la réalité s’avère d’ailleurs floue, hésitante, voire contradictoire. Aux États-Unis, le nombre moyen de jours télétravaillés demeure stable depuis 3 ans, autour de 27 % d’après les études menées par Nick Bloom, professeur à Stanford. Dans les entreprises qui imposent un retour massif, la présence sur site n’augmente que faiblement (de 1 à 2 %). Les bureaux ne suffisent pas à accueillir tout le monde. Les talents quittent le navire, déçus d’un contrat implicite devenu caduc. La marque employeur s’effrite.
Alors pourquoi tant d’énergie mobilisée autour du retour au bureau ? Tout simplement, dans certains cas, pour réduire les effectifs sans plans de licenciement. C’est une volonté clairement affichée outre-Atlantique. En 2013 déjà, Marissa Mayer avait imposé un retour sur site chez Yahoo! pour provoquer des démissions. La méthode a visiblement fait école. L’intelligence artificielle n’est pas étrangère à cette dynamique : ses promesses de gains de productivité encouragent certains à faire le pari d’un effectif réduit.Le télétravail, un bouc émissaire
Le retour au bureau s’inscrit dans un modèle...
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03/07 - Un été en majesté - Notre dossier spécial vin
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03/07 - Rosés : notre visite guidée des plus beaux chais d’architecte de Provence
Si les Grecs ont autrefois introduit la culture de la vigne sur les rivages de la Méditerranée, les crus provençaux apparaissent toujours bénis des dieux. D’Hélios, bien sûr, dont les rayons veillent à la parfaite maturité des raisins et protègent les baies des maladies, mais aussi d’Héphaïstos, qui incite les bâtisseurs à construire des palais dédiés à l’élaboration du vin. Ainsi, lorsqu’il acheta en 1998 le Château Thuerry, dans le Haut-Var, Jean-Louis Croquet se retrouva "comme Noé dans ses vignes !". Restait à offrir une arche au nectar qu’il rêvait d’élever au niveau "d’un Haut-Brion". Trois ans et quelque dix millions d’euros plus tard, un signal blanc attirait le regard dans le vignoble : un parallélépipède en béton de 70 mètres de long, enfoui sur trois faces sous plus de 6 000 tonnes de terre. L’approche résolument contemporaine de l’ancien patron de la Sofres suscita des vocations. Avec l’arrivée d’autres investisseurs tombés sous le charme provençal, les "chais d’architecte" se sont multipliés dans la région. En combinant esthétisme, attraits œnotouristiques et savoir-faire vigneron, ces derniers constituent une valeur ajoutée inestimable pour les propriétés viticoles.
"Souvent mi-enterrés, ils s’intègrent avec bonheur dans le paysage et développent une inertie thermique performante, observe Bernard Michel, fondateur de l’agence Arc’h, à Brignoles. Il compte parmi les premiers, à la fin des années 1990, à concevoir un projet global, pour le Château Real Martin, qui accorde impératifs techniques, respect du...
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03/07 - Des irrégularités au Parlement européen : cette nouvelle affaire embarrassante pour le RN
Défaut d’appels d’offres, surfacturations et dons à des associations : le Rassemblement national et plusieurs de ses alliés au Parlement européen sont soupçonnés de diverses irrégularités, selon un rapport de l’institution bruxelloise révélé jeudi par Le Monde avec d’autres médias allemands et autrichien.
Après l’affaire des assistants parlementaires européens, qui a valu à Marine Le Pen et plusieurs cadres de son parti une condamnation fin mars (le procès en appel doit se tenir d’ici l’été 2026), de nouvelles accusations venues de Bruxelles visent le Rassemblement national.
Cette fois-ci, le parti d’extrême droite est suspecté, avec ses alliés de l’ex-groupe Identité et Démocratie, d’avoir "indûment dépensé" plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024, selon un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen.
D’après ce document, dévoilé par Le Monde ainsi que par l’émission de télévision allemande Kontraste, le magazine Die Welt et l’hebdomadaire autrichien Falter, la majeure partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen, à savoir son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighid Blanc.
L’agence de communication e-Politic a ainsi perçu 1,7 million d’euros après un appel d’offres "purement formel" et entaché de "graves problèmes de conformité" selon les inspecteurs bruxellois, qui estiment par conséquent que "toutes ces...
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03/07 - Iran : le programme nucléaire retardé de deux ans par les frappes américaines, selon le Pentagone
Quel a été l’impact des frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens ? Alors que la question fait débat depuis l’opération "Midnight hammer", Donald Trump assurant avoir "anéanti" le programme nucléaire iranien, le Pentagone a estimé ce mercredi 2 juillet qu’il avait en réalité été retardé d’environ deux ans. Cette évaluation a été faite le jour même où l’Iran a annoncé officiellement la suspension de sa collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
A Gaza, un cessez-le-feu se fait toujours attendre, alors que Donald Trump a affirmé mardi qu’Israël avait accepté de finaliser les termes d’un accord pour une trêve de deux mois. La paix semble encore loin, puisque Benyamin Netanyahou a juré mercredi d'"éliminer" le Hamas "à la racine". "Nous libérerons tous nos otages", a-t-il promis.
Les infos à retenir
⇒ Le programme nucléaire iranien a été retardé de deux ans, selon le Pentagone
⇒ Washington juge "inacceptable" la fin de la coopération de l’Iran avec l’AIEA
⇒ Benyamin Netanyahou veut "éliminer" le Hamas et récupérer tous les otagesLes frappes américaines ont retardé le programme nucléaire iranien de deux ans, selon le Pentagone
Le programme nucléaire iranien a été retardé d’environ deux ans par les frappes américaines décidées par Donald Trump, selon des évaluations du renseignement américain, a indiqué le Pentagone mercredi. "Nous avons retardé leur programme d’un à deux ans au moins, c’est ce qu’évaluent les services de renseignement du ministère" de la Défense, a déclaré le porte-parole...
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03/07 - La mise en garde de la Chine : l’Union européenne ne devrait pas chercher "la confrontation"
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a mis en garde son homologue européenne contre les risques d’une "confrontation", selon un communiqué de son ministère publié jeudi 3 juillet, au moment où Pékin cherche à se présenter comme un contrepoids stable face à Washington.
La Chine et l’Union européenne (UE) "ne devraient pas être considérées comme des adversaires en raison de leurs différences, ni chercher la confrontation en raison de leurs désaccords", a déclaré mercredi Wang Yi lors d’une rencontre à Bruxelles avec la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
Celle-ci avait déclaré mercredi que Pékin devait cesser de menacer la sécurité européenne, citant notamment des cyberattaques, des interférences dans les processus démocratiques et des pratiques commerciales jugées déloyales. "En matière de sécurité, nos relations sont de plus en plus sous pression", avait-elle déploré, accusant aussi la Chine d’aider la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. "Permettre la guerre en Europe tout en cherchant à resserrer les liens avec l’Europe est une contradiction que Pékin doit résoudre", avait alors relevé Kaja Kallas.
L’Europe est "confrontée à plusieurs défis", a affirmé mercredi Wang Yi, dont aucun, "dans le passé, le présent ou le futur", n’a été causé par la Chine. Le ministre chinois a de manière générale cherché à présenter Pékin comme un contrepoids à l’administration américaine de Donald Trump, qui a menacé d’imposer des droits de douane généralisés sur les importations européennes. "La voie empruntée...
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03/07 - "Ses convictions ne durent pas plus de deux heures" : le nouveau Dominique de Villepin est-il arrivé ?
Ils ont tous deux été chiraquiens, le premier a été secrétaire d’Etat du second au Quai d’Orsay, forcément cela crée des liens. Alors Renaud Muselier prend son portable et prévient par SMS Dominique de Villepin qu’il va publier un communiqué au vitriol contre lui. Nous sommes le 18 juin, l’ancien chef de gouvernement célèbre l’Appel au côté du maire socialiste de Marseille Benoit Payan et en profite pour souhaiter que la France reconnaisse la Palestine. "Je n’entre pas dans les problèmes locaux", répond-il, toujours par SMS, au président de la région Sud, furieux de le voir au côté de son adversaire phocéen. Un allié de moins. Le nouveau Villepin est arrivé. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.
"Jamais je n'ai ressenti à ce point dans ma vie le sentiment qu'il fallait aller jusqu'au bout" ; "Si je n'avais pas fait ce parcours, je n'arriverais pas à cette clarté de choix, à cette simplification des engagements" ; "Je prends goût à la logique de terrain." Villepin 2025, omniprésent dans les médias depuis plusieurs mois ? Pas du tout, Villepin 2011, qui publie La cité des hommes, vaste réflexion sur l’état du monde, prémonitoire sur la propagation de la "radicalité" et censée être stratégique pour préparer sa candidature à l’Elysée l’année suivante. Ces jours-ci, il dit à peu près la même chose : "C’est un long chemin qui m’a amené ici. Un long chemin de solitude, de réflexion" ; "C’est du terrain qu’il faut partir, la vieille politique, elle part d’en haut et elle croit qu’elle peut tout changer, toute...
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03/07 - Iran : les otages français Cécile Kohler et Jacques Paris accusés d’être des espions du Mossad
Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans, sont inculpés pour "espionnage pour le Mossad", ont indiqué à l’AFP jeudi 3 juillet une source diplomatique occidentale et l’entourage des détenus. Ils sont aussi accusés de "complot pour renverser le régime" et "corruption sur terre" pour le compte du service de renseignement extérieur israélien. Chacun de ces chefs d’inculpation est passible de la peine de mort.
"Nous avons été informés de ces accusations", a indiqué mercredi soir cette source diplomatique, ajoutant que ces accusations étaient "infondées". "Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils ont vu un juge qui a confirmé ces trois chefs d’inculpation", a déclaré la sœur de Cécile, Noémie Kohler. "On ignore quand ils leur ont été notifiés. Mais ils n’ont toujours pas accès à des avocats indépendants", a-t-elle déploré au lendemain d’une visite consulaire du chargé d’affaires de l’ambassade de France à Téhéran.
Réagissant ce jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a prévenu que la décision de Paris sur une éventuelle reprise des sanctions internationales dans le cadre du nucléaire iranien serait "conditionnée" à la libération des deux Français", qui est "une priorité absolue". "Nous l'avons toujours dit à nos interlocuteurs du régime iranien : la question de décisions éventuelles sur des sanctions sera conditionnée au règlement de ce problème, de ce différend majeur".Les deux accusés visités par un diplomate français
La prison d’Evine, où étaient détenus jusqu’à...
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03/07 - Bercy sait-il encore compter ? Après l’échec de la Crim, les mauvais calculs de la CDHR
La création d’un nouvel impôt est toujours un pari risqué. Comment réagiront les contribuables concernés ? Le ras-le-bol fiscal n'est jamais loin dans un pays comme la France, où le taux de prélèvement obligatoires est déjà au taquet. D’où la prudence des politiques à évoquer le sujet. Depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron avait d’ailleurs tracé une ligne rouge : il n’y aurait pas de hausse de la fiscalité. C’était compter sans la dissolution de l’Assemblée nationale il y a un an, et l'inexorable dégradation des finances publiques.
Autre facteur d'incertitude, l'efficacité de la nouvelle ponction : combien va-t-elle rapporter ? Car après tout, le premier objectif visé par ce type de mesure est de renflouer les caisses de l’Etat. De ce point de vue, les ratés ont tendance à se multiplier ces dernières années. Le dernier en date : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Instaurée par le projet de loi de finances 2025, cette taxe vise les contribuables dont le revenu fiscal de référence excède 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple. Elle vient s’additionner à l’impôt sur le revenu de façon à ce que les plus fortunés soient tous soumis à un taux d’imposition minimal de 20 %.16 300 foyers fiscaux concernés au lieu de 24 300
Avec ce dispositif, l’exécutif espérait récolter cette année au moins 2 milliards d’euros. Mais voilà, d’après une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) parue lundi 30 juin, le rendement de la CDHR ne sera pas au rendez-vous et...
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03/07 - Au Venezuela, le régime de Maduro menacé par le retour de Donald Trump
Des casquettes aux couleurs du drapeau vénézuélien, des chants et des slogans contre l’autocratie. Le 23 janvier 2019, des dizaines de milliers de manifestants défilent dans les rues de Caracas. Après plusieurs années d’effondrement économique et d’atteinte à la démocratie, les habitants sont venus exprimer leur colère contre le régime de Nicolas Maduro. La réélection du président en 2018 est alors fortement contestée par l’opposition et la communauté internationale.
Au milieu de la foule, un jeune politique de 35 ans prend la parole. Il s’agit de Juan Guaido, le président du Parlement vénézuélien. Sur une petite estrade, devant son pupitre, il lève la main droite. Le silence se fait autour de lui et toutes les caméras des journalistes filment la scène.
Un opposant qui s’autoproclame président. La foule tout entière l’acclame. Et rapidement plusieurs dirigeants internationaux vont reconnaître ce nouveau chef d’Etat. A commencer par le président américain Donald Trump.
Pourtant six ans plus tard, le régime de Maduro est toujours en place. Cet épisode signe néanmoins une rupture des relations diplomatiques entre Donald Trump et le leader vénézuélien. Alors comment se sont passées leurs retrouvailles depuis le retour à la Maison-Blanche du président américain ?
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Cet épisode a été écrit et présenté par Solène...
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03/07 - Les coulisses de la correction du bac : "Au nom de la bienveillance, on nous incite à remonter nos notes"
"Réunion d’entente académique". Le nom est courtelinesque à souhait, l’objet, intrigant à loisir : chaque année, avant la réception des copies du bac, les professeurs qui s’apprêtent à corriger l’examen sont convoqués à ces séances en ligne, durant lesquelles les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR) déroulent la liste de leurs consignes. Ainsi, le 17 juin dernier, des professeurs de français d’Ile-de-France se sont-ils entendu dire que l’orthographe "représente une part assez minime" de ce qui est attendu des élèves au bac écrit de français. "La maîtrise de la langue dépasse largement le cadre du respect du code orthographique […], il n’y a pas lieu de lui accorder une place à part", ont justifié les organisateurs. Peu importe, finalement, la façon dont le propos est retranscrit, ce qui compte c’est son '’intelligibilité'." Autres largesses à méditer avant de noter : la paraphrase, naguère bannie, est désormais jugée "acceptable" si elle est "éclairante" et qu’elle sert de "tremplin vers l’interprétation", et les analyses stylistiques ne sont plus forcément indispensables, "les candidats pouvant tout à fait faire le choix d’une démarche psychanalytique".
"Démarche psychanalytique". Rien que ça. Pas besoin d’être Sigmund Freud, en revanche, pour comprendre de quoi est faite, depuis des années, la réussite de plus de 90 % des promotions au bac : de déni. Car enfin, comment se réjouir, année après année, des taux mirifiques d’admission à cet examen national, comment applaudir la progression spectaculaire des mentions,...
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02/07 - Guerre en Ukraine : la Corée du Nord prête à envoyer 30 000 nouveaux soldats sur le front ?
La Corée du Nord pourrait envoyer de nouveaux soldats pour soutenir la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, selon une note de renseignement provenant de responsables ukrainiens et que la chaîne américaine CNN a pu consulter. D’après ce document, le pays dirigé par Kim Jong-Un enverrait entre 25 000 et 30 000 soldats supplémentaires pour aider Moscou, qui s’ajouteraient aux contingents déjà présents sur place.Plus du double de soldats
Selon les renseignements sud-coréens, la Corée du Nord a déployé au moins 18 000 soldats en deux phases pour soutenir la Russie depuis 2024. Environ 4 000 d’entre eux ont été blessés et 600 tués. Si 25 ou 30 000 soldats viennent renforcer ces effectifs, ils doubleraient voire tripleraient.
Un responsable des services de renseignement occidentaux a confirmé à CNN l’estimation effectuée par les renseignements ukrainiens, précisant qu’il avait pris connaissance d’informations distinctes faisant état du même nombre - jusqu’à 30 000 soldats.Un déploiement dans des zones ukrainiennes ?
L’évaluation vue par CNN estime en outre que l’arrivée de ces nouvelles troupes en Russie pourrait avoir lieu dans les mois à venir. Ces informations confirment les déclarations, fin juin, du député sud-coréen Lee Seong-kweun, qui avait affirmé devant des journalistes que de nouvelles troupes allaient être déployées par la Corée du Nord, après un briefing avec le service de renseignement national sud-coréen. Selon leurs évaluations d’alors, le déploiement aurait pu "avoir lieu dès juillet ou août".
"Il...
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02/07 - Finances publiques : le diagnostic sans concession de la Cour des comptes
Pour "reprendre le contrôle" des finances publiques très dégradées de la France, la Cour des comptes a préconisé ce mercredi 2 juillet des efforts budgétaires "très exigeants" lors des prochaines années, le gouvernement misant pour 2026 sur un ralentissement des dépenses avec une éventuelle "année blanche".
Dans son rapport annuel consacré aux finances publiques, la Cour dresse un constat sévère de la situation de la France, qui affiche le déficit public le plus élevé de la zone euro (5,8 % du produit intérieur brut en 2024) et le troisième endettement le plus lourd (3 345,8 milliards d’euros, soit 114 % du PIB à fin mars). Elle estime à près de 105 milliards d’euros les efforts nécessaires (économies de dépenses ou recettes supplémentaires) pour ramener le déficit public sous les 3 % du PIB en 2029, comme l’ambitionne le gouvernement après des années 2023 et 2024 "noires" marquées par d’importants dérapages budgétaires, conséquences notamment "d’une incapacité à maîtriser la dynamique de la dépense".
"Des ajustements budgétaires très exigeants sont donc dès à présent nécessaires, et à réaliser dès 2026", souligne la haute juridiction, appelant à "reprendre le contrôle de la dynamique de la dette". Pour son premier président Pierre Moscovici, cela revient à un "choix entre l’effort volontaire maintenant et l’austérité subie demain". Ce dernier estime "possible" pour la France de redresser ses comptes, prenant l’exemple de la Grèce."Fragiles"
Pour réduire le déficit à 5,4 % du PIB en 2025 et 4,6 % en 2026, le gouvernement a...
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02/07 - Canicule : pourquoi la chaleur augmente les risques de suicide
Les températures montent, et avec elles, un phénomène inattendu. La France a traversé ses premiers épisodes caniculaires au mois de juin, et le mois de juillet s’annonce tout aussi torride. Les vagues de chaleur, qui se multiplient à mesure que le réchauffement climatique progresse, provoquent de nombreux dégâts, à la fois sur l’environnement et la santé. La plupart sont connus, mais une nouvelle menace commence à être de mieux en mieux documentée scientifiquement : quand le thermomètre s’affole, les suicides augmentent*.
Rémy Slama, directeur de recherche à l’Inserm, a publié en 2022 l’une des plus vastes études réalisées sur le sujet dans la revue American Journal of Epidemiology. "Il y a environ 50 % de suicides en plus les jours où les températures sont les plus élevées (autour de 24 °C) par rapport aux jours les plus froids (autour de -2°)", résume-t-il. Pour arriver à cette conclusion, son équipe a épluché quarante-neuf années de données françaises, de 1968 à 2016. Un travail titanesque : 24,4 millions de décès analysés, dont plus de 502 000 par suicide. Et les résultats sont nets. Si la plupart des causes de mortalité suit une courbe en U - il y a plus de décès à la fois quand il fait très froid ou quand il fait très chaud, avec un risque minimum autour de 20° -, le suicide fait exception. Lui ne connaît qu’une seule direction : vers le haut, au fur et à mesure que le thermomètre grimpe. "Il s’agit d’une relation monotone, c’est-à-dire que plus la température est élevée un jour donné, plus le risque de suicide...
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02/07 - Le dollar chute depuis le retour de Donald Trump : les conséquences d’une dégringolade
Depuis 1973 et les accords de Bretton-Woods, le système monétaire mondial est construit autour de la devise américaine. Jusqu'ici, le dollar était considéré comme la monnaie la plus crédible à l'international, ce qui lui garantissait une certaine stabilité. Mais depuis la réélection de Donald Trump, les investisseurs s'inquiètent. Ses attaques répétées contre ses plus proches alliés commerciaux et la guerre tarifaire qu'il a initiée dès son investiture ont eu un impact direct sur le cours de l'index dollar, en baisse de 10,8 % depuis début janvier.
Cet indicateur mesure la valeur de la monnaie américaine par rapport à un panier de six devises internationales : l'euro bien sûr, mais aussi la livre britannique, le yen japonais, le dollar canadien, le franc suisse et la couronne suédoise. Lorsqu'il baisse, cela signifie qu'au moins une partie de ces devises se renforce. En l'occurrence, l'euro et le franc suisse ont chacun vu leur cours augmenter depuis le 1er janvier : + 13,5 % pour la monnaie européenne environ, + 15 % pour son homologue helvète.
Concrètement, cette chute du cours du dollar par rapport à des monnaies concurrentes baisse le prix des exportations américaines et renchérit le prix des produits étrangers importés sur le sol des Etats-Unis. Mauvaise nouvelle pour les ménages américains qui risquent alors de payer ces marchandises plus cher. A l'inverse, pour les monnaies européennes, cela indique plutôt une hausse de la confiance des investisseurs internationaux et une baisse du prix des...
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02/07 - Qui pour succéder au Dalaï-Lama ? Entre le Tibet et la Chine, les dessous d’une bataille géopolitique
"J’affirme que l’institution du Dalaï-Lama sera perpétuée". Tels étaient les mots du chef des bouddhistes tibétains ce 2 juillet. Comme il l’avait promis en 2011, il abordera la question de sa succession, alors qu'approche son 90e anniversaire. Un sujet ô combien épineux.
L’actuel Dalaï-Lama - Tenzin Gyatso pour l’état civil - est devenu dès l’âge de 2 ans le 14e chef spirituel des Tibétains, identifié selon les traditions comme la réincarnation de son prédécesseur. Il est le premier Dalaï-Lama à régner en exil sur les bouddhistes du Tibet. Après l’invasion chinoise du pays en 1950, il a fui en Inde dans les contreforts de l’Himalaya, d’où il exerce sa fonction. Lauréat du prix Nobel de la paix en 1989, il a longtemps incarné le combat pacifique pour la liberté de son peuple face à l’occupation chinoise.
Alors que le chef spirituel avance en âge, les Tibétains s’inquiètent de l’avenir de leur pays lorsque leur guide viendra à mourir. La Chine a clairement annoncé en mars 2025 vouloir choisir elle-même le prochain Dalaï-Lama. Mais l’actuel chef spirituel a publiquement écarté cette idée. Il sera forcément "né dans le monde libre" a-t-il promis à de nombreuses reprises. Les Tibétains pourraient se retrouver face à une situation inédite : avoir deux réincarnations de leur chef spirituel. Celle authentifiée selon leurs rites, et celle imposée par le régime de...
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02/07 - Présidentielle 2027 : Edouard Philippe et Bruno Retailleau dansent sur un volcan
Le 18 septembre 2015, ses partisans, dont le futur ministre Laurent Saint-Martin, se dépêchent d’arriver à l’heure au cercle Interallié, pour une réunion du think tank En temps réel : "Il faut qu’on se dépêche, il est réputé pour être ponctuel." "Il", c’est Emmanuel Macron, alors jeune ministre de l’Economie. Jusqu’à ce jour-là, personne ne l’imagine décoller vers l’Elysée. Devant un parterre d’entrepreneurs, il commence à exprimer des idées tous azimuts au point qu’un étranger s’interroge : ne serait-il pas le prochain président ? Une vingtaine de mois avant l’élection de 2017, il était un quasi-inconnu. On croyait même qu’il respectait les horloges, lui dont les retards vont vite devenir légendaires. Elections, pièges aux illusions d’optique…
Dans une présidentielle, la mythologie des deux ans qui précèdent le scrutin tient une place à part. Emmanuel Macron le rappelle lui-même souvent : en 2015, personne n’aurait parié un euro sur sa victoire (sauf lui, bien sûr). Tout se jouerait désormais dans la dernière ligne droite, ce que souligne une autre élection entrée dans l’histoire pour sa remontada. En 1993 et en 1994, le Premier ministre Edouard Balladur se voit promettre le palais, même s’il n’a pas les coudées franches, en raison de la cohabitation avec François Mitterrand. Commence à poindre un procès en immobilisme – tiens, tiens -, que résume cette passe d’armes dans le secret d’un déjeuner de la majorité de l’époque. Edouard Balladur : "Le gouvernement devrait bientôt prendre position sur la bioéthique." Jacques...
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02/07 - La France a connu son deuxième mois de juin le plus chaud jamais observé
Le mois de juin 2025 a été le deuxième plus chaud en France depuis le début des mesures en 1900, derrière le mois de juin 2003, a annoncé ce mercredi 2 juillet Météo-France.
La température moyenne sur le mois était 3,3 degrés au-dessus des normales, derrière l’anomalie record de 3,6 degrés de juin 2003. Depuis le 19 juin, le pays traverse "une vague de chaleur précoce et longue" qui "devrait se terminer dans les premiers jours de juillet", prévient l’agence de prévisions.Nombre inédit de jours chauds dans certaines villes
"Le nombre de jours durant lesquels la température maximale a dépassé 35 degrés sur certaines villes est inédit pour un mois de juin", ajoute Météo-France dans son bilan mensuel : 11 jours à Avignon (Vaucluse), battant le record de 7 jours de 2022, 9 jours à Toulouse, Nîmes et Carcassonne et 4 à Colmar (Haut-Rhin).Le nombre de jours durant lesquels la température maximale a dépassé 35 degrés sur certaines villes est inédit pour un mois de juin (Météo-France)
Établi en 2019, le record national de 46 degrés tient toujours, mais la barre des 40 a été franchie à plusieurs endroits durant cinq journées différentes en juin. Les températures maximales sont ainsi "anormalement élevées sur l’ensemble du pays, particulièrement sur le Sud et le relief, où elles dépassent de 4 à 5 degrés la normale sur l’ensemble du mois", note l’agence.
Et à l’échelle nationale, depuis 1947, seules 10 journées ont été plus chaudes que ce 30 juin 2025, jour le plus chaud du mois. L’indicateur thermique national, établi par la...
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02/07 - Mystérieuses explosions sur des pétroliers en Méditerranée : la piste du sabotage
Une nouvelle explosion sur un pétrolier a eu lieu en mer Méditerranée. Le pétrolier grec Vilamoura transportait un million de barils de pétrole brut lorsqu’il a subi une explosion qui a inondé sa salle des machines vendredi dernier, au large des côtes de la Libye. Selon le propriétaire du navire, TMS Tanker, l’incident n’a fait aucune victime. Le 30 juin, aucune information sur la cause de l’explosion n’avait encore été fournie.
Mais l’explosion en rappelle d’autres : l’incident sur le Vilamoura est en effet le dernier de cinq incidents de ce type survenus en Méditerranée et dans la mer Baltique en ce début d’année. Tous les navires concernés avaient récemment fait escale dans des ports russes (notamment le port russe d’Ust-Luga en mer Baltique et dans le port russe de Novorossiysk, sur la mer Noire), selon Reuters qui cite des sources et les données de suivi des navires MarineTraffic.Un sabotage mené par un Etat ?
Selon le Financial times, le fait que les navires aient fait escale en Russie "a incité certains experts en sécurité à suggérer que l’Ukraine avait un rôle à jouer dans les explosions", ce que l’Ukraine n’a jamais reconnu. Les services de renseignement ukrainiens ont simplement publié un communiqué ce mardi dans lequel le Vilamoura est décrit comme un pétrolier ayant des "antécédents de transport de pétrole russe", et "appartenant à la flotte fantôme russe", c’est-à-dire des pétroliers soupçonnés d’être utilisés par la Russie pour continuer à exporter son pétrole en dépit des sanctions...
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02/07 - Génies de l’IA : cette liste secrète dont ils veulent tous faire partie
C’est une petite liste qui fait grand bruit dans la Silicon Valley. Les noms qui figurent dessus n’ont pourtant rien de connu. Mais ils ont un point commun : tous sont des pointures dans différents domaines de l’IA. Ainsi de Lucas Beyer, trentenaire au CV aussi fourni qu’obscur, spécialiste des IA multimodales. Ou de Yu Zhang, virtuose de la reconnaissance automatique de la parole et de Misha Bilenko, expert du machine learning à grande échelle, révèle le Wall Street Journal.
Un catalogue de génies que Mark Zuckerberg a soigneusement établi et qu’il se démène à attacher à son empire. Le patron de Meta aurait proposé à certains d’entre eux une prime à la signature de 100 millions de dollars. Avec des salaires de sept à neuf chiffres. Une débauche de moyens qui cache une certaine inquiétude. Le dernier grand modèle IA de Meta (Llama 4) n’a pas suscité l’engouement espéré. L’agressive stratégie de Zuckerberg fonctionne cependant, au grand dam de ses concurrents.
Le patron a convaincu plusieurs chercheurs de Google et d’Anthropic de rejoindre ses rangs : Joel Pobar, Jack Rae, Pei Sun. Et une ribambelle de chercheurs d’OpenAI. Parmi eux, Lucas Beyer, Alexander Kolesnikov, Xiaohua Zhai du bureau zurichois de l’entreprise de Sam Altman. Mais aussi Shengjia Zhao, Shuchao Bi, Jiahui Yu, Hongyu Ren, Trapit Bansal, Huiwen Chang ou encore Ji Lin.
"Cela provoque une sensation viscérale, comme si quelqu’un était entré par effraction dans notre maison et avait volé quelque chose" a réagi Mark Chen, le chef de la...
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02/07 - Emmanuel Razavi : "Même au sein du régime, certains Iraniens affirment que la chute est imminente"
"Le régime est aux abois." Pour décrire la situation dans laquelle se trouve la République islamique d’Iran, Emmanuel Razavi, grand reporter et spécialiste du pays, n’y va pas par quatre chemins. Alors que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 24 juin et imposé par Donald Trump, a mis fin au supplice militaire de Téhéran après douze jours de guerre, la question de la survie du régime de l’ayatollah Khamenei reste encore brûlante.
Des tensions entre réformateurs et conservateurs apparaissent déjà au sommet de l’Etat au moment où la répression augmente et que l’Iran n’envisage toujours pas de se mettre autour de la table pour négocier avec le président américain sur le dossier du nucléaire. Dans son nouvel ouvrage, La Pieuvre de Téhéran, paru le 25 juin (Editions du Cerf) et coécrit avec Jean-Marie Montali, Emmanuel Razavi décrit tous les ressorts par lesquels le régime des mollahs a réussi à s’infiltrer en Occident. Au point de devenir une menace très sérieuse. Entretien.
L’Express : Après la "guerre des douze jours", faut-il s’attendre à un durcissement du régime ?
Emmanuel Razavi : Le régime iranien tente, à travers sa propagande, de présenter ce cessez-le-feu comme une victoire militaire, ce qui est évidemment faux. Cette communication vise à donner l’impression qu’il contrôle la situation, alors qu’en réalité, il est dans une position de grande fragilité. Il redoute les soulèvements populaires qui pourraient éclater à travers le pays.
Pour se maintenir, le régime manie deux leviers : d’un côté, il cherche à...
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02/07 - Ukraine : ce que l’on sait sur l’arrêt de certaines livraisons d’armes américaines
L’Ukraine a appelé, ce mercredi 2 juillet, les Etats-Unis à maintenir un soutien militaire "constant" après l’annonce surprise de l’arrêt de livraison de certaines armes à Kiev, un coup dur au moment où la Russie intensifie ses frappes en l’absence d’avancée diplomatique pour régler le conflit. Donald Trump s’est rapproché depuis janvier de son homologue russe Vladimir Poutine, mettant la pression pour obtenir un arrêt des combats, sans toutefois parvenir à des avancées concrètes.
Mardi, de façon inattendue, son administration a annoncé avoir cessé de livrer certaines armes à Kiev, officiellement en raison de l’inquiétude quant à la baisse des stocks de munitions américains. "Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier", s’est justifié la Maison-Blanche.Kiev n’a "pas été notifié officiellement"
Les Etats-Unis sont le premier soutien militaire de l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Ses armes, munitions et équipements, en plus de son renseignement, ont permis aux forces ukrainiennes de contenir l’armée russe, qui occupe toutefois près de 20 % du territoire ukrainien.
Le ministère ukrainien de la Défense a réagi en indiquant ne pas avoir été "notifié officiellement" par Washington de sa décision, et il a appelé son allié américain à maintenir un soutien "constant" et "clarifier" au plus vite sa position. Peu avant, la diplomatie ukrainienne avait convoqué dans la matinée le chargé d’affaires américain, John Ginkel, pour lui rappeler que "tout retard ou délai dans le...
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02/07 - La face cachée des congés d’été : "Certains cadres sont assez discrets sur leurs dates de vacances…"
Sacrée chez les Français et les Italiens, la longue pause estivale, de préférence en août, a toute une histoire. Mais elle est loin de faire l’unanimité. Quand ils ont le choix, certains lui préfèrent le mois de juillet. Pour L’Express, Mélanie Simms, qui enseigne le travail et le management à l’université de Glasgow, auteure notamment de The future of work (Sage Publications, 2019), décrypte les stratégies des uns et des autres.
L’Express : Comment le mois d’août s’est-il imposé comme le mois des vacances en Europe, alors que les journées sont plus longues en juin ou en juillet ?
Melanie Simms : Ce n’est pas le cas partout en Europe ! Par exemple, en Ecosse, où je vis, les grandes vacances ont lieu en juillet, et les enfants reprennent l’école à la mi-août. C’est un vrai avantage pour les parents, qui peuvent partir en vacances quand la demande est plus faible. Résultat : les premiers jours de juillet sont très calmes dans les entreprises !
Cela dit, l’idée d’une longue pause estivale est profondément ancrée dans nos sociétés. Historiquement, les jeunes aristocrates – qui allaient à l’école bien avant les enfants des classes populaires – prenaient déjà de longues vacances en été. Dans certaines régions, les enfants étaient aussi mobilisés pour les travaux agricoles. Cela dit, cette explication a ses limites, car les vacances scolaires ont souvent été instaurées bien après l’industrialisation. L’Eglise, elle aussi, avait instauré des pauses estivales. Tous ces facteurs ont contribué à construire cette tradition d’un...
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02/07 - Nucléaire : l’Iran suspend officiellement sa coopération avec l’AIEA
L’Iran a officiellement suspendu ce mercredi 2 juillet sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le 25 juin, au lendemain du cessez-le-feu qui a mis fin à 12 jours de guerre, le Parlement iranien avait voté massivement un projet de loi qui suspend la coopération entre la République islamique et l’agence de l'ONU.
Le texte a ensuite été approuvé par le Conseil des Gardiens, l’organe chargé d’examiner la législation en Iran, avant d’être ratifié par le président iranien, Massoud Pezeshkian, et d’entrer ainsi en vigueur. Ce dernier a désormais "promulgué la loi suspendant la coopération" avec l’AIEA, a annoncé ce mercredi la télévision publique. La loi ne précise cependant pas quelles mesures concrètes pourrait entraîner la suspension de la coopération avec l’AIEA.Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, avait déclaré lundi que le vote du Parlement reflétait "l’inquiétude et la colère de l’opinion publique iranienne".
Cette décision a provoqué la colère d’Israël, dont le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé sur la plateforme X le monde à "utiliser tous les moyens à sa disposition pour mettre fin aux ambitions nucléaires iraniennes".L’AIEA sous le feu des critiques
Ce revirement fait suite à de multiples accusations à l’encontre de l’AIEA depuis l’attaque d’Israël sur ses installations nucléaires. Des responsables iraniens avaient vivement dénoncé ce qu’ils appellent le "silence" de l’AIEA face aux bombardements israéliens et américains sur les sites...
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02/07 - François Bayrou et ses prédécesseurs à Matignon : les motions de censure à la loupe
En déposant une motion de censure jeudi 26 juin, Boris Vallaud et le groupe socialiste savaient que l’initiative avait peu de chances d’aboutir. Pour être adoptée, une motion doit en effet réunir la majorité absolue des voix à l’Assemblée, soit 289 votes en tout. Le Rassemblement national avait déjà annoncé qu’il refuserait de la voter et la motion des socialistes n’a donc pu réunir que 189 voix. François Bayrou peut conserver les clés de Matignon.
Dans la constitution de 1958, deux dispositions prévues à l’article 49 permettent à un groupe d’au moins 58 députés de demander la chute d’un gouvernement. La première - c’est l’article 49 alinéa 2 - peut être "spontanée" : il suffit qu’un groupe soit en désaccord avec la politique gouvernementale pour la déposer. A noter cependant que chaque parlementaire ne peut signer que trois motions de censure au cours d’une même session parlementaire ordinaire. La deuxième disposition - prévue elle à l’article 49 alinéa 3 - est un peu plus connue. Un gouvernement peut engager la responsabilité de son gouvernement sur un texte : il est alors considéré comme adopté, à moins qu’une motion de censure ne soit déposée dans les 24 heures et votée par une majorité absolue de l’Assemblée.
En l’occurrence, celle sur laquelle les députés étaient appelés à se prononcer mardi 1er juillet, avait été déposée en vertu de l’article 49.2. Peu après sa prise de fonction, François Bayrou avait obtenu des socialistes qu’ils ne censurent pas son gouvernement tant que les partenaires sociaux réunis en...
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02/07 - Jean-Pierre Cabestan : "Le plus probable est qu’il y ait deux Dalaï-Lama rivaux"
Le Dalaï Lama, qui fête ses 90 printemps dimanche, a mis fin à plus d’une décennie d’incertitudes sur sa succession. Alors qu’il avait laissé entendre en 2014 qu’il pouvait être le dernier Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso a annoncé mercredi 2 juillet que la fonction de chef spirituel bouddhiste créée à la fin du XIVe siècle, "se poursuivra". Seulement, la désignation de son successeur s’inscrit dans un contexte différent à bien des égards de celle de son prédécesseur, 85 ans plus tôt. Nous étions alors en 1940, et le Tibet jouissait encore de l’autonomie qu’il avait retrouvée en 1912, à la faveur du retrait de l’armée chinoise. Les troupes de Mao Zedong n’avaient pas encore envahi le "toit du monde" et contraint l’autorité bouddhiste, avec qui elle est en conflit ouvert depuis la fin des années cinquante, à l’exil.
Un passif qui explique, au moins en partie, pourquoi Pékin a immédiatement réagi à l’annonce du Dalaï-Lama, qui revendique la "seule autorité" pour reconnaître sa future incarnation. Tout en affirmant que la succession devrait être décidée à l’intérieur des frontières chinoises, la Chine a brandi son règlement de 2007 selon lequel "toute réincarnation devait sauvegarder l’unité nationale" et qui interdit à une entité étrangère d’intervenir. Pour le sinologue Jean-Pierre Cabestan, chercheur à l’Asia Centre, la fonction du Dalaï-Lama risque de connaître le même destin que celui du deuxième plus haut dignitaire du bouddhisme tibétain, le Panchen-Lama, à la fin du XXe siècle. Entretien.
L’Express : Qui, de Pékin ou du...
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02/07 - "Une démarche périlleuse" : l’appel entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine vu de l’étranger
Un appel "rare" entre les présidents français et russe. Mardi 1er juillet, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont entretenus par téléphone pour la première fois depuis septembre 2022. Le caractère exceptionnel de ce coup de fil de "plus de deux heures", par ailleurs modérément relayé par la presse internationale, a été mis en avant à plusieurs reprises par des médias étrangers. "Cet appel met fin à l’impasse et au silence entre les dirigeants européens et le président russe", note ainsi le quotidien espagnol El País, dans une longue analyse de l’échange entre le chef de l’État et le maître du Kremlin.La Russie veut "briser" son "isolement"
Lors de leur discussion, les deux hommes ont d’abord évoqué la situation au Moyen-Orient, plus d’une semaine après le cessez-le-feu conclu entre Israël et l’Iran. Après le début de la crise, Vladimir Poutine avait tenté de se poser comme un possible médiateur entre les deux pays. Proche de Téhéran, la Russie cultive toujours certains liens avec l’État hébreu. Sur ce dossier, le président français et son homologue russe ont ainsi "décidé de coordonner leurs démarches et de se parler prochainement afin de faire le suivi ensemble sur ce sujet", a précisé l’Élysée.
Dix jours après les frappes américaines contre trois sites du programme nucléaire iranien, le 21 juin, Vladimir Poutine tente avant tout de se remettre au centre du jeu dans la région. L’objectif : peser diplomatiquement, au-delà du conflit ukrainien, pour lequel Moscou est sanctionné de longue date...
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02/07 - Proportionnelle : le retour à la république des tripatouilleurs, par Eric Chol
Il y a quelque chose de beau dans le mode de scrutin proportionnel. C’est son effet miroir. La garantie de l’équité, avec une "vraie" France envoyée à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs l’argument clé brandi par les avocats de la proportionnelle, persuadés que cette juste représentation des opinions contribuera à réparer la fracture entre le peuple et les élus.
François Bayrou en rêve depuis toujours, le Rassemblement national également, Emmanuel Macron l’a plusieurs fois promise, tout comme en son temps François Hollande. François Mitterrand, lui, l’avait habilement mise en œuvre, en 1986, masquant ainsi partiellement l’échec du Parti socialiste, au prix de l’arrivée de 35 députés d’extrême droite au Palais-Bourbon.Aventurisme politique
C’est bien là le problème de la proportionnelle, jamais exempt de tripatouillages et d’arrière-pensées politiques. Au point que la pureté de sa représentativité dissimule mal les innombrables effets de bords et chausse-trappes politiques qu’elle produit. Fin observateur, Raymond Aron assurait qu’il n’y avait pas de mode de scrutin bon ou mauvais en soi. Celui-ci, écrivait-il en 1945 "doit tout à la fois refléter les opinions du pays, faire surgir une majorité, favoriser la qualité du personnel parlementaire. S’il faut choisir, mieux vaut sacrifier l’équité de la représentation à la création d’une majorité" ("A propos de la Constitution de la IVe République", Jus Politicum, n° 23, 2019).
Ce fut le choix du général de Gaulle, qui opta en 1958 pour le scrutin majoritaire à deux...
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02/07 - La canicule a aussi des conséquences sur la croissance en France... et en Europe
Des vagues de chaleur aux multiples conséquences économiques. La France, qui s'apprête enfin à sortir d'une longue période de canicule, a souffert ces derniers jours des températures suffocantes. Mardi 1er juillet, le record de la journée a été relevé à Cadenet, dans le Vaucluse, où 41,4°C ont été enregistrés, selon Météo-France. Ailleurs, le thermomètre est aussi monté très haut : 40°C à Montluçon (Allier), 38,1°C à Bordeaux (Gironde) et Dijon (Côte-d'Or) ou encore 38°C dans la capitale, Paris.
Sous une telle touffeur, les organismes sont mis à rude épreuve. Pourtant, de nombreux professionnels sont contraints de composer avec ce contexte caniculaire, malgré leurs activités parfois éprouvantes physiquement. Dans le même temps, une telle météo provoque de nombreux désagréments, de nature à dérégler le fonctionnement habituel de la société : pollution de l'air exacerbée, transports perturbés, chantiers ralentis... Une étude d'Allianz Trade, publiée mardi, montre ainsi que certaines des principales économies de la planète pourraient connaître une baisse de leur taux de croissance cette année à cause de canicules répétées.-0,3 point de croissance pour la France
Dans le détail, quels pays seraient les plus touchés ? Tout dépend d'abord du nombre de jours où la température a atteint plus de 32°C. Pour établir un cadre de recherche pertinent, les économistes se sont basés sur les observations et prévisions météo sur la période du 1er mai au 14 juillet. D'après leurs conclusions, l'Espagne, l'Italie et la Grèce, trois pays...
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02/07 - Succession du Dalaï-Lama : la Chine ne compte pas rester spectatrice
Le Dalaï-Lama a confirmé mercredi 2 juillet qu’un successeur serait désigné à sa mort pour perpétuer sa fonction de chef spirituel de la communauté tibétaine, s’attirant la riposte immédiate de la Chine qui exige d’approuver son nom. "J’affirme que l’institution du Dalaï-Lama sera perpétuée", a-t-il indiqué dans un message très attendu lu lors d’une réunion religieuse à McLeod Ganj, dans le nord de l’Inde, où il vit en exil.
Sans surprise, la Chine, dont les troupes ont envahi le Tibet en 1950 et en ont fait une province chinoise, a aussitôt réagi. "La réincarnation de grandes figures bouddhistes comme le Dalaï-Lama et le Panchen-Lama doit être désignée par tirage au sort […] et ensuite approuvée par le gouvernement central", a rappelé Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Né le 6 juillet 1935, Tenzin Gyatso pour l’état civil est devenu dès l’âge de 2 ans le quatorzième chef spirituel et politique des Tibétains, dûment identifié par la tradition bouddhiste comme la réincarnation de son prédécesseur. Il a fui "sa" capitale Lhassa et la répression chinoise en 1959 et passe depuis l’essentiel de son temps dans un monastère de McLeod Ganj, dans les contreforts de l’Himalaya indien. Lauréat en 1989 du prix Nobel de la paix, il incarne depuis dans le monde entier le combat pour la liberté du territoire himalayen.Bras de fer avec Pékin
La question de sa succession fait l’objet d’un bras de fer entre le Dalaï-Lama et Pékin, qui entend bien lui nommer un successeur à sa main. "La responsabilité (de...
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02/07 - Affaire Bétharram : le rapport de la commission parlementaire pointe du doigt François Bayrou
Des "monstruosités" et un "défaut d’action" de François Bayrou à l’époque : la commission parlementaire sur les violences en milieu scolaire, lancée après le scandale Bétharram, a dressé mercredi 2 juillet le tableau sombre d’une "réalité largement occultée" et recommandé 50 mesures pour agir, dont la création d’un fonds d’indemnisation des victimes.
A l’issue de trois mois d’auditions qui ont bousculé le Premier ministre, les rapporteurs, Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance) ont listé un arsenal de propositions face à ce que la présidente de la commission, Fatiha Keloua Hachi, qualifie dans son avant-propos de "monstruosités" auxquelles "des enfants, partout en France" ont été livrés.
Leurs recommandations sont regroupées en cinq axes ("reconnaître les victimes", "protéger les élèves", "soutenir les personnels", "lever le tabou des contrôles" et "refonder les inspections"). Parmi celles-ci : reconnaître "la responsabilité de l’Etat pour les carences" ayant permis ces violences et créer un "fonds d’indemnisation et d’accompagnement des victimes". Ils veulent aussi lancer une mission parlementaire transpartisane chargée de propositions pour "rendre imprescriptibles certaines infractions commises sur les mineurs".
Sur les volets contrôles et inspections, les députés préconisent des contrôles "chaque année" dans les établissements avec internats du primaire et "au maximum tous les trois ans" dans le secondaire (collèges et lycées). Pour les établissements privés, ils demandent "au moins un...
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02/07 - Guerre à Gaza : Donald Trump appelle le Hamas à accepter une "ultime proposition" de cessez-le-feu
Donald Trump a assuré mardi 1er juillet qu’Israël avait accepté de finaliser les termes d’un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza, et appelé le Hamas à accepter ce qu’il a qualifié d'"ultime proposition". "Mes représentants ont eu aujourd’hui une réunion longue et productive avec les Israéliens sur Gaza", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. "Israël a accepté les conditions nécessaires pour finaliser le cessez-le-feu de 60 jours, au cours duquel nous travaillerons avec toutes les parties pour mettre fin à la guerre", a-t-il ajouté.
"Les Qataris et les Egyptiens, qui ont travaillé d’arrache-pied pour contribuer à la paix, présenteront cette proposition ultime", a poursuivi Donald Trump, en disant "espérer, pour le bien du Moyen-Orient, que le Hamas acceptera cet accord, car la situation ne s’améliorera pas - ELLE NE FERA QU’EMPIRER".
Des habitants de Gaza racontent que les bruits de tirs et d’explosions ne cessent quasiment plus ces derniers jours à travers le territoire palestinien, ravagé par près de 21 mois de guerre entre Israël et le Hamas. "Nous sommes disposés à accepter toute proposition si celle-ci mène à la fin de la guerre", avait dit à l’AFP un porte-parole du mouvement islamiste, Taher al-Nounou, avant les déclarations de Donald Trump.Donald Trump prêt à se montrer "très ferme" avec Benyamin Netanyahou
Le président américain doit recevoir la semaine prochaine le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Washington. Le ministre israélien des Affaires...
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02/07 - Face à l’offensive américaine sur les stablecoins, l’Europe prépare sa riposte
Un front de plus pour Donald Trump : après les guerres commerciales et militaires, voilà que se précise l’offensive monétaire. Le 17 juin, le Sénat américain a adopté le Genius Act, un texte taillé sur mesure pour doper les stablecoins, des cryptomonnaies amarrées à une réserve de devises – le dollar est hégémonique dans le secteur.
Sous l’impulsion du secrétaire d’Etat au Trésor, Scott Bessent, les stablecoins deviennent le fer de lance d’une stratégie visant à imposer la monnaie américaine dans les transactions numériques de la planète. Un moyen détourné de compenser les effets anémiants de la politique protectionniste sur le billet vert.Et si Amazon émettait des stablecoins ?
Du moins, en théorie. Car la capitalisation totale des stablecoins se limite pour l’heure à 240 milliards de dollars environ, soit 7 % du marché crypto. Une goutte d’eau dans l’économie mondiale. Mais leurs caractéristiques séduisent : stabilité – chaque jeton vaut un dollar ou un euro, selon l’ancrage –, rapidité des transactions et frais réduits grâce à la technologie blockchain… Ils ont déjà dépassé Visa et Mastercard en volume de transferts l’an dernier. Le Trésor américain escompte que leur taille décuple d’ici à 2028, vers les 2 000 milliards de capitalisation.
Leur propagation est rapide dans les pays émergents à faible bancarisation, ou soumis à une forte inflation, comme en Turquie ou en Argentine. Les champions du genre, Tether (USDT) et Circle (USDC), sont, bien sûr, américains. Amazon envisage aussi d’entrer dans la danse....
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02/07 - Ukraine : Kiev veut "clarifier" la situation après la cessation de certaines livraisons américaines
Un pas de plus vers le désengagement américain dans la guerre en Ukraine. Avec l’annonce ce mardi 1er juillet de la fin des livraisons de certaines armes à Kiev, Washington met à exécution sa volonté de prendre de la distance avec le conflit à l’est de l’Europe. "Cette décision a été prise pour mettre les intérêts de l’Amérique en premier", a justifié la Maison-Blanche dans un communiqué.
Tandis que les négociations américaines avec la Russie patinent, le président français Emmanuel Macron a de son côté renoué mardi le contact avec son homologue du Kremlin, Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique. Une première depuis 2022. Sur le terrain, une nouvelle attaque de drones a fait au moins un mort dans la région de Kharkiv dans la nuit de mardi à mercredi.
Les infos à retenir :
⇒ Washington cesse la livraison de certaines armes à l’Ukraine
⇒ Un mort dans la région de Kharkiv dans la nuit de mardi à mercredi
⇒ Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont repris contact par téléphoneCessation de livraisons américaines : Kiev cherche à "clarifier" la situation avec Washington
L'Ukraine chercher à "clarifier" la situation avec Washington, son premier soutien militaire depuis 2022 contre l'invasion russe, après l'annonce que les Etats-Unis avaient cessé de lui livrer certaines armes, a déclaré mercredi un conseiller du président Volodymyr Zelensky. "Nous sommes en train de clarifier la situation", a indiqué à la presse Dmytro Lytvyne, assurant que "la communication avec la partie américaine se poursuit actuellement à tous...
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02/07 - Jacques Maire à Osaka : "Nous voulons reconquérir la présence française dans l’espace mental des Japonais"
A Osaka, sur l’île de Yumeshima, l’Exposition universelle 2025, dite "L’Expo", bat son plein. Le pavillon France*, dont Jacques Maire, ancien député et diplomate, assure le commissariat général, figure parmi les plus visités du site. Ce lieu immersif au fil rouge universel - l’amour – veut témoigner de l’excellence et du savoir-faire français. Et raviver la flamme entre le Japon, pays hôte, et la France, deux nations aux valeurs communes. Entretien.
Presque deux siècles après leur lancement, les expositions universelles, conçues au départ pour mettre en avant le progrès, ont-elles toujours un rôle à jouer ?
Jacques Maire : Au cours des XIXe et XXe siècle, elles ont permis à des puissances économiques européennes, y compris colonisatrices, de construire leur image nationale. Celle de la France au travers de la tour Eiffel, l’Angleterre avec Crystal Palace, etc. Aujourd’hui, notre pays exprime moins ce besoin, à l’inverse d’autres nations qui s’affirment : Belgrade en 2027, Riyad en 2030… La France, face à ces pays ayant pris le relais, ne doit pas se reposer sur ses lauriers mais cultiver ses acquis pour les développer, les propulser dans le futur. Il y a aussi une remise en cause de cette ligne de conduite des Expos longtemps résumée en "Vive la technologie, vive la science, vive l’industrie, qui feront le bonheur du monde". Ce n’est désormais plus le sens du débat public où on questionne l’avenir, le rôle du progrès technique dans le progrès de l’homme.
D’où "L’hymne à l’amour", la thématique déroulée par...
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02/07 - A Flins, le futur musée de Renault qui nous ramène en enfance, par Christophe Donner
Les gens de chez Renault avaient convié une petite centaine de journalistes et moi à assister à une conférence à Flins, l’usine d’où sont sortis, depuis sa mise en fonction en 1952 jusqu’à la fermeture des ateliers l’année dernière, 18 millions de véhicules. De la première voiture de mon grand-père, la Frégate, rien que ce nom me fait monter les larmes, à la dernière Zoé.
J’espérais visiter pour la première fois de ma vie une usine Renault en état de marche. Raté. Ça viendra peut-être, mais pour l’instant, je ne connais de cette entreprise que son histoire, et les locaux administratifs installés sur des sites qui furent jadis à la fois des bagnes prolétariens et des ateliers de productions d’objets de rêve, qui m’avaient permis de foncer à 180 kilomètres-heure sur l’autoroute, la nuit, sous la pluie, et m’en fous la mort. Mais honnêtement, cette nuit-là, je ne sais pas si ce bolide de location était une Renault, c’était à l’occasion d’un tournage où je jouais au régisseur vachement pressé.
En revanche, la Erseize que j’avais achetée dans une vente aux enchères du Domaine, je n’ai pas oublié son nom. Régulièrement, l’Etat se défait des véhicules de fonction de ses serviteurs. Ça me faisait bien kiffer de rouler à bord de la Erseize d’un commissaire de police. Je l’avais eue pour trois fois rien, et elle m’a duré au moins 200 000 bornes. Qu’elle fût une Renault ne m’intéressait pas plus que ça, pour moi c’était une Erseize, comme la Deuchevot de mon père, la Quatrelle du père de mon copain, la Simcamil des voisins.Le bruit des...
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02/07 - Au Salvador, Nayib Bukele sur la même ligne que Donald Trump
Nous sommes le 26 septembre 2019, à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Nayib Bukele, récemment élu président du Salvador, monte à la tribune et commence son discours.
Pour l’instant, rien d’anormal. Jusqu’à ce que le président glisse la main dans sa poche et en sorte son smartphone.
Les yeux rivés sur l’écran de son portable, Nayib Bukele laisse s’écouler quelques secondes de silence. Il tend ses bras, montre son plus beau sourire et immortalise le moment. Le président salvadorien vient de se prendre en photo à la tribune de l'ONU, sous les yeux médusés des diplomates. Sur le selfie, sa tête apparaît en contre-plongée avec au-dessus le logo des Nations unies : la carte du monde entourée de branches d’olivier.
Depuis le début de cette série, on imagine une application de rencontre fictive, qui mettrait en relation Donald Trump avec les dirigeants d’Amérique latine. On s’est dit que Nayib Bukele aurait forcément mis sur son profil ce selfie pris en plein discours à l'ONU. Et le goût pour la provocation, ce n’est pas le seul point commun entre les deux chefs d’Etat.
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Cet épisode a été écrit et présenté par Solène Alifat et réalisé par Jules Krot.
Crédits : CNews, Euronews, TV5Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent
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02/07 - Nouvelle-Calédonie : "Les événements de 2024 ont provoqué du ressentiment"
Un peu plus d’un an après les émeutes, la situation politique en Nouvelle-Calédonie est bloquée. Pour tenter d’éclaircir l’avenir institutionnel du territoire, Emmanuel Macron réunit ce 2 juillet à l’Elysée les responsables politiques calédoniens. Une nouvelle tentative d’ouvrir les discussions, deux mois après l’échec du conclave de Déva réuni par Manuel Valls. Les représentants kanaks et loyalistes n’étaient pas parvenus à trouver un accord au bout de trois jours de négociations. Une impasse, alors que la situation sur le Caillou n’a cessé de se dégrader.
Dans un rapport publié la veille des discussions - et auquel L’Express a eu accès dans sa version provisoire, des députés alertent sur "la spirale infernale" dans laquelle s’engage le territoire. L’un de ses quatre rapporteurs, Davy Rimane, député (GDR) de Guyane, président de la délégation parlementaire aux outre-mer, insiste sur la nécessité de trouver un consensus.
L’Express : Vous vous êtes rendu en mai en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de votre mission d’information. Un an jour pour jour après les émeutes, qu’avez-vous pensé de l’état du débat politique ?
Davy Rimane : Il y a de la tension. Chez les indépendantistes comme chez les loyalistes, les événements de l’année dernière ont provoqué du ressentiment. Mais contrairement à ce qui a pu être dit, la haine n’est pas palpable dans la population. Les responsables politiques de l’archipel savent bien qu’une issue favorable à tous doit être trouvée. Des hommes et des femmes qui avaient une bonne situation avant les...
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01/07 - Le gouvernement Bayrou survit à la motion de censure du PS grâce au RN
Un trimestre de gagné pour François Bayrou. Le Premier ministre a survécu ce mardi 1er juillet à sa huitième motion de censure, déposée par les socialistes sur les retraites mais qui, faute des voix du RN, n’est qu’un coup de semonce avant les discussions budgétaires à l’automne. Sans surprise, le texte n’a recueilli que 189 voix sur les 289 nécessaires pour renverser le gouvernement.
❌🏛️ La motion de censure présentée par les députés @socialistesAN contre le gouvernement @bayrou n'a pas été adoptée par l'Assemblée nationale, n'obtenant que 189 voix sur les 289 voix qui auraient été nécessaires à son adoption.#DirectAN pic.twitter.com/xF30OQnxpm— LCP (@LCP) July 1, 2025
A l’ouverture de l’examen de la motion de censure, presque cinq mois après leur accord de non-censure pour laisser passer les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale, les socialistes et le Premier ministre ont soldé leurs comptes. En effet, le conclave sur les retraites entre partenaires sociaux, qui faisait partie de ce pacte de non-censure, s’est terminé sans accord. Les socialistes reprochent à François Bayrou d’avoir promis dans son courrier initial une discussion entre partenaires sociaux "sans totem ni tabou", et d’avoir promis le "dernier mot au Parlement", avant de fermer la porte à un rabaissement de l’âge légal de départ et à l’idée de déposer un texte comportant la mesure d’âge au Parlement.
Le Premier ministre posait toutefois dans son courrier comme condition "un accord politique et (un) équilibre financier global...
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01/07 - Guerre en Ukraine, Iran… Ce que se sont dit Vladimir Poutine et Emmanuel Macron au téléphone
C’est une première depuis 2022. Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu ce mardi 1er juillet avec son homologue russe Vladimir Poutine. Selon l’Elysée, Emmanuel Macron a appelé son homologue russe à un cessez-le-feu "dans les meilleurs délais" en Ukraine. Et s’est accordé avec lui sur la nécessité de "coordonner leurs démarches" pour encadrer le programme nucléaire iranien.
Emmanuel Macron a "souligné le soutien indéfectible de la France à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine" et "appelé à l’établissement, dans les meilleurs délais, d’un cessez-le-feu et au lancement de négociations entre l’Ukraine et la Russie pour un règlement solide et durable du conflit", a affirmé l’Elysée."Accord de paix global et sur le long terme"
Le président russe l’a prévenu que tout accord de paix en Ukraine devait être "global et sur le long terme, prévoir l’élimination des causes profondes de la crise ukrainienne et s’appuyer sur de nouvelles réalités territoriales", a de son côté souligné le Kremlin.
Pour Vladimir Poutine, le conflit ukrainien est "une conséquence directe de la politique des Etats occidentaux", qui ont "ignoré les intérêts sécuritaires de la Russie depuis des années" et créé une "tête de pont anti-russe en Ukraine". Les deux dirigeants, qui se sont entretenus durant "plus de deux heures au téléphone", ont convenu de continuer "d’échanger" sur le conflit ukrainien, a ajouté l’Elysée, même si leurs positions semblent très éloignées.En Iran, un besoin de diplomatie
Sur le nucléaire iranien, ils...
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01/07 - La "grande et belle loi" de Donald Trump adoptée de justesse au Sénat
C’est une victoire incontestable pour Donald Trump. Mardi 1er juillet, le Sénat américain a adopté de justesse son projet de loi budgétaire de plusieurs milliers de milliards de dollars, qui comprend des crédits d’impôt massifs, mais aussi de vastes coupes dans la santé.
Au terme de plus de 26 heures de votes sur des dizaines d’amendements, les sénateurs républicains ont finalement réussi à surmonter leurs différends pour adopter cette "grande et belle loi", comme l’a baptisée le président américain. L’affaire s’est jouée dans un mouchoir de poche. Malgré une majorité républicaine de 53 sièges sur 100, le vote s’est terminé à égalité à 50-50, et c’est le vice-président J.D. Vance qui a été chargé de donner le dernier "pour", comme le veut la Constitution. Donald Trump avait minimisé avant le vote l’opposition dans son propre camp. "Ça va rentrer, ça va passer, et nous allons être très contents", a-t-il déclaré à la presse à son arrivée en Floride.Prolongation des crédits d’impôts
Parmi les enjeux principaux de la "One Big Beautiful Bill" : la prolongation de colossaux crédits d’impôt adoptés lors de son premier mandat, mais aussi l’élimination de l’imposition sur les pourboires, ou encore des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l’immigration.
Mais de nombreux experts comme des politiques pointent du doigt l’explosion attendue du déficit de l’Etat fédéral si la loi entrait en vigueur. Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d’évaluer de manière non partisane l’impact des projets de loi sur les...
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01/07 - Achat d’avions F-35 par la Suisse : le "malentendu" américain qui coûte cher
En Suisse, le sujet de l’acquisition de 36 avions de combat F-35 américains est "brûlant", selon la Radio Télévision Suisse (RTS). En cause, un surcoût d’1,3 milliard de dollars, quatre ans après la validation des contrats, que le fabriquant américain Lockheed Martin attribue à l’inflation.
À plusieurs reprises ces derniers jours, Berne a indiqué avoir négocié un contrat à "prix fixe" lors de la commande en 2021, soit 6 milliards de francs suisses (6,4 milliards d’euros). Et refuse en filigrane de payer davantage. Le prix avait "été confirmé officiellement, à la fois par les rapports d’expertise de plusieurs études d’avocats et par l’ambassade américaine à Berne", a indiqué la semaine dernière le ministère suisse de la Défense. Les Américains, eux, ne sont pas du même avis."Un malentendu"
Des révélations de la presse suisse, notamment dans les pages des journaux Sonntags Blick et SonntagsZeitung ont par ailleurs indiqué que le prix des F-35 ne pouvait pas être "fixe" car établi sur des "estimations fondées sur les meilleures données disponibles". Dans un rapport, le Contrôle fédéral des finances suisse (CDF) avait déjà fait observer que la "notion de prix fixe mentionnée dans la 'Lettre d’offre et d’acceptation' n’était pas clairement définie".
L’affaire traîne depuis des mois. Déjà fin février 2025, l’Agence américaine de coopération pour la défense et la sécurité (DSCA) avait "informé la Suisse par écrit que le prix ferme convenu reposait sur un malentendu". Selon le journal NZZ am Sonntag, des documents internes...
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01/07 - En Turquie, la publication d’une caricature provoque la colère de Recep Tayyip Erdogan
Istanbul a été le théâtre de manifestations ce mardi 1er juillet, à la suite de la publication par la revue d’opposition Leman d’un dessin accusé de moquer le prophète. Le cœur de la plus grande ville de Turquie a été bouclé par la police dès le matin, autour de la place Taksim et de la populaire avenue commerçante Istiklal, et tout rassemblement officiellement interdit. Mais quelque 300 personnes réunies dans et autour de la mosquée de Taksim ont dénoncé le dessin paru dans ce magazine satirique, selon l’AFP, aux cris de "Leman, salauds, n’oublie pas Charlie Hebdo", en référence aux attentats djihadistes contre l’hebdomadaire satirique français du 7 janvier 2015, qui avaient fait 12 morts et 11 blessés.
Plusieurs dizaines de personnes en colère avaient tenté d’attaquer lundi soir un bar du quartier touristique d’Istiklal, fréquenté par le personnel de la revue. Des échauffourées ont ensuite éclaté avec des manifestants venus défendre Leman, provoquant l’intervention des forces de l’ordre.Erdogan dénonce une "provocation infâme"
La publication de ce dessin a également fait réagir, dans la journée de mardi, le président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a dénoncé à son tour une "provocation infâme" sous couvert d’humour. Evoquant "un crime de haine", il a assuré que "ceux qui se montrent insolents envers notre Prophète […] seront tenus responsables devant la loi". "Le manque de respect envers notre Prophète par des individus immoraux, dénués des valeurs de cette nation […] est totalement inacceptable", a fustigé le chef...
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01/07 - Général Pierre Schill : "Les armées françaises étonnent beaucoup nos alliés par leur inventivité"
Avant une pause estivale, le podcast de L’Express consacré aux questions de défense, L’Etat-Major, a pu s’entretenir, dans son bureau du quartier général des armées françaises, avec le général Pierre Schill. Ce "marsouin" (le surnom des soldats de l’infanterie de marine, où il a fait une grande partie de sa carrière) assure depuis quatre ans une transformation poussée de l’armée de terre. Une nécessité pour répondre au double défi d’une menace russe grandissante sur le continent européen et d’une révolution technologique avec l’utilisation de plus en massive des drones et de l’intelligence artificielle dans les combats.
"Nous adaptons notre entraînement à la réalité de ce que nous voyons sur les champs de bataille", explique le haut gradé, sorti de l’école militaire spéciale de Saint-Cyr en 1990. Voici quelques passages du riche entretien qu’il nous a accordé, à retrouver en intégralité sur toutes les plateformes de podcasts (Apple Podcast, Spotify, Podcast Addict).
L’Express : Quel bilan tirez-vous du sommet de l’Otan, à La Haye ?
Pierre Schill : Je suis satisfait de ce qui est sorti de ce grand rendez-vous, dans le sens où l’Alliance atlantique a été confortée par l’engagement collectif des alliés à se défendre contre toute menace et évidemment contre la menace russe, puisque c’est elle aujourd’hui qui est la plus présente, la plus pesante aux frontières de l’Europe.
A ce titre, qu’est-ce qui est attendu de l’armée de terre en 2025 ?
Notre pays a toujours voulu peser sur son destin. Qu’est-ce qui a changé au cours des...
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01/07 - Elon Musk bientôt expulsé des Etats-Unis ? Donald Trump va "examiner" la possibilité
Donald Trump a déclaré, ce mardi 1er juillet, qu'il allait "examiner" la possibilité d'expulser Elon Musk après les déclarations incendiaires de l'homme le plus riche du monde contre le mégaprojet de loi budgétaire que le président américain cherche à faire adopter par le Congrès.
Le milliardaire républicain a également dit que la Commission à l'efficacité gouvernementale (Doge), que le patron de SpaceX et Tesla a dirigée avant de partir fin mai, pourrait s'en prendre aux subventions publiques allouées aux entreprises d'Elon Musk.
Comme un journaliste lui demandait s'il envisageait la possibilité d'expulser son ancien coéquipier, lequel est né en Afrique du Sud, Donald Trump a répondu. "Je ne sais pas. On va devoir examiner" cette option. "On pourrait mettre Doge sur Elon. Vous savez ce qu'est Doge ? Doge est le monstre qui pourrait se retourner et croquer Elon", a ajouté le président américain. Doge est chargée de sabrer dans les dépenses fédérales, parfois de façon brutale. Une brouille sans fin
Elon Musk, qui a quitté les affaires gouvernementales pour se concentrer notamment sur les voitures électriques Tesla, avait taclé le vaste projet de loi budgétaire de Donald Trump qui selon lui "augmente de manière record le plafond de la dette de 5 000 MILLIARDS DE DOLLARS". "Elon obtient peut-être plus de subventions que tout autre individu dans l'histoire, de loin, et sans ces subventions, Elon aurait probablement dû fermer boutique et retourner chez lui en Afrique du Sud", avait déjà rétorqué Donald...
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01/07 - Espionnage, sabotage… Comment la Russie enrôle des adolescents ukrainiens pour gagner la guerre
Ils s’appellent Oleh, Serhiy, ou sont anonymisés car trop jeunes pour être nommés. Ils ont 15, 16 ou 19 ans, sont ukrainiens et vivaient loin du front… avant d’être contactés par la Russie. Recrutés sur Telegram pour quelques centaines d’euros, ces adolescents ont participé à des opérations d’espionnage, de sabotage, voire d’attentats à la bombe contre leur propre pays selon une enquête du Financial Times et un reportage du Guardian. Une stratégie d’enrôlement massif des plus jeunes que développe la Russie depuis 2023 d’après les services de sécurité ukrainiens (SBU).Une somme d’argent contre une "mission"
La stratégie de Moscou repose sur une mécanique bien rodée : identifier, via des applications comme Telegram, des adolescents isolés, désœuvrés ou vulnérables financièrement, et leur proposer de petites tâches en échange d’argent. Dans une interview accordée au Financial Times, le porte-parole du SBU, Artem Dekhtiarenko, affirme que "plus de 700 personnes" ont été arrêtées pour espionnage, sabotage ou incendie criminel depuis le printemps 2024, dont environ 25 % ont moins de 18 ans. Le plus jeune cas identifié : une fille de 11 ans, originaire de la région d’Odessa.
La promesse est presque toujours identique : "Une tâche facile, un bon paiement, sans risque." D’abord, des photos d’un bâtiment militaire, un dépôt ferroviaire, ou un poste de police. Puis, une demande plus concrète : déposer un sac, allumer un feu, ou coller des affiches. Le paiement s’effectue généralement en cryptomonnaie, ce qui renforce l’anonymat...
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01/07 - EXCLUSIF. En Nouvelle-Calédonie, le risque d’une "spirale infernale" : ce rapport qui sonne l’alarme
Le bilan est lourd : 14 morts, 2,5 milliards d’euros de dégâts, 6 000 emplois perdus, 3 000 arrestations, et un vivre-ensemble plus fragile que jamais. La Nouvelle-Calédonie se remet difficilement des émeutes qui ont déchiré son territoire en 2024. Elles avaient commencé quelques heures avant l’adoption par les députés, dans la nuit du 14 au 15 mai, d’un projet de loi constitutionnel prévoyant le dégel du corps électoral. Retiré depuis, le texte laisse l’archipel dans l’incertitude. Son avenir institutionnel est suspendu aux discussions entre indépendantistes et loyalistes, qui doivent se réunir à l’Elysée ce mercredi 2 juillet.
Dans un rapport publié la veille des discussions, auquel L’Express a eu accès dans sa version provisoire, la délégation parlementaire aux outre-mer assure avoir perçu "la volonté d’échapper à la spirale de la violence" des responsables politiques. Quatre rapporteurs la composent : Philippe Gosselin (LR), Davy Rimane (GDR), ainsi que deux députés de Nouvelle-Calédonie - le loyaliste Nicolas Metzdorf (EPR) et l’indépendantiste Emmanuel Tjibaou (GDR). Cette mission d’information est la preuve, selon eux, que les deux élus calédoniens "travaillent ensemble". Ils se rejoignent sur un point : dans cette version provisoire du rapport, chacun semble considérer la tenue de prochaines élections provinciales, avec ou sans accord."Imprévoyance ou aveuglement ?"
Mais les députés s’inquiètent de la situation de l’archipel. Un an après les plus violentes émeutes qu’a connues le territoire en quarante...
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01/07 - Guerre en Ukraine : la pression russe s’intensifie encore
D’attaques de drones en tirs de missiles longue portée, l’armée russe ne cesse d’envahir un peu plus les territoires ukrainiens. Selon les données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), les troupes de Moscou ont pris 588 kilomètres carrés de territoire ukrainien en juin, après 507 kilomètres carrés en mai, 379 en avril et 240 en mars.
Cet hiver, l’offensive russe avait pourtant ralenti. En dehors des premiers mois de la guerre en 2022, quand la ligne de front était bien plus mobile qu’actuellement, seuls les mois d’octobre (610 kilomètres carrés) et de novembre (725 kilomètres carrés) 2024 avaient connu des avancées russes plus vastes que celles de juin. "Les récentes déclarations du Kremlin, y compris du président russe Vladimir Poutine, continuent de démontrer les ambitions territoriales plus larges de la Russie en Ukraine au-delà de la Crimée et des quatre oblasts que la Russie a illégalement annexés", souligne le rapport de l’ISW.La région de Donetsk assaillie
Les deux tiers des avancées russes du mois écoulé se concentrent dans la région de Donetsk (à l’est du pays), principal théâtre des affrontements entre Russes et Ukrainiens depuis le début des affrontements. L’armée russe contrôle totalement ou partiellement les trois quarts de cette région, contre 61 % fin juin 2024. Quelque 31 % de cette région étaient déjà sous le contrôle de séparatistes prorusses avant le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022.
Mais l’armée russe a aussi réalisé des avancées inédites depuis...
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01/07 - Algérie : notre confrère Christophe Gleizes doit être libéré
Nous, sociétés de journalistes, dénonçons avec la plus grande fermeté la condamnation de notre confrère Christophe Gleizes à sept années de prison ferme en Algérie. Cette décision constitue une atteinte inacceptable à la liberté de la presse.
Christophe Gleizes, journaliste sportif collaborateur de So Foot et Society, s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un reportage sur l’histoire du club de football de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK). Retenu sous contrôle judiciaire depuis plus d’un an, il vient d’être condamné pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications à visée de propagande", sous prétexte qu’il aurait échangé entre 2015 et 2017 avec une figure du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée "terroriste" par les autorités algériennes en 2021, c’est-à-dire plusieurs années après les faits reprochés.
Spécialiste reconnu du football africain, il a fait preuve, au fil de ses écrits, d’une approche journalistique rigoureuse et dénuée de tout parti pris politique.
Nous, sociétés de journalistes, exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Christophe Gleizes. Nous appelons les autorités algériennes à annuler cette condamnation injuste et les autorités françaises à intensifier leurs efforts diplomatiques pour faire libérer notre confrère.
Nous exprimons également toute notre solidarité à l’égard des journalistes algériens emprisonnés par le régime, ou contraints de quitter leur pays pour continuer d’exercer librement.
L’emprisonnement d’un...
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01/07 - Les start-up européennes à l’assaut des Etats-Unis : pourquoi ce n’est plus si dramatique
A l’heure où les débats sur la souveraineté européenne redoublent d’intensité, jamais les start-up tech européennes n’ont été aussi promptes à traverser l’Atlantique. C’est le constat principal d’un rapport publié ce mardi 1er juillet par le fonds d’investissement Index Ventures, célèbre pour ses nombreux investissements aux Etats-Unis (Facebook, Slack, Roblox…) ainsi qu’en Europe (Revolut, Adyen, Wiz ou l’assurtech française Alan).
Intitulé "Winning in the US" (Réussir aux Etats-Unis), celui-ci décrit une nouvelle génération de start-up nées en Europe mais conçues dès le départ pour croître chez l’oncle Sam. Il livre aussi le retour d’expérience d’entreprises ayant déjà fait le voyage, parfois depuis plusieurs années, à l’image de Pigment, DeepL, ou même Spotify.
Aujourd’hui, quelque 64 % des start-up tech européennes choisissent d’attaquer le marché américain dès le début de leur existence (phases dites pre-seed ou seed, en attente de levée de fonds, ou juste après la première), selon Index. Un taux qui a presque doublé sur ces dix dernières années, assure la même source. La moitié d’entre elles se dirigent d’abord vers la Silicon Valley et la baie de San Francisco. Elles n’étaient que 28 % entre 2015 et 2019. Cette dynamique va totalement à l’encontre de celles réalisées en 2020 par le même fonds. A l’époque : elles se dirigeaient bien plus tard vers les Etats-Unis, et préféraient la côte est et la ville de New York.
Qu’est-ce qui a changé ? Deux lettres : IA. Avec l’intelligence artificielle générative, le marché américain et...
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01/07 - Budget 2026 : l’"année blanche", une solution risquée socialement mais qui pourrait rapporter gros
Trouver des solutions pour améliorer l’état des finances publiques françaises. De plus en plus menacé à la tête du gouvernement, le Premier ministre François Bayrou cherche à anticiper l’examen des budgets de l’État et de la Sécurité sociale à l’automne prochain, au moment où les comptes publics sont particulièrement dégradés. Le tout, avec une mission supplémentaire : dénicher 40 milliards d’euros d’économies. Dans ce contexte, différents scénarios sont sur la table à Bercy pour remplir cet objectif ambitieux.Une solution "pas écartée" par le gouvernement
Parmi les hypothèses évaluées, une possibilité interpelle : celle d’une "année blanche". Concrètement, il s’agit de ne pas prendre en compte l’impact de l’inflation sur différents leviers économiques. De cette façon, la hausse des prix ne serait pas intégrée l’an prochain dans le calcul du barème de l’impôt sur le revenu ou dans le versement des pensions de retraite ou des prestations sociales. Même chose pour les dépenses de l’État ou des dotations attribuées aux collectivités territoriales. Cette "année blanche" peut être totale ou se limiter seulement à certains dispositifs.
Autrement dit, même sans connaître des hausses directes d’impôts, les ménages pourraient subir les conséquences sur leur pouvoir d’achat d’une inflation gommée par Bercy. Mercredi 25 juin, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a confirmé que cette option de l'"année blanche" n’était "pas écartée". "C’est d’ailleurs une hypothèse sur laquelle travaille le Sénat", dont le gouvernement "écoutera...
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01/07 - Si l’Europe devient enfin une puissance militaire, elle le devra à Trump et Poutine
Politiquement, moralement, et même physiquement, l’Europe ne sait plus où elle habite. Chez elle, sur son propre continent, elle n’a pas les moyens militaires pour empêcher Vladimir Poutine d’envahir une nation souveraine et d’avoir des visées sur d’autres pays au-delà de l’Ukraine, dans l’Union européenne et à ses frontières. Au Moyen-Orient, son voisin du sud auquel elle est intrinsèquement liée, elle est exclue des négociations qui la concernent par son grand allié transatlantique lui-même, ces Etats-Unis dont le président la méprise.
L’Union se retrouve en porte-à-faux et en pleine crise existentielle. Construction éminemment juridique et puissance de droit, elle peine à trouver sa place dans un monde sans droit, de plus en plus dépassé par les rapports de force et dans lequel les relations entre Etats ne dépendent plus que de quelques grands prédateurs désinhibés. Le droit international tel qu’il a été défini et construit après la Seconde Guerre mondiale dans un contexte géopolitique binaire et lisible, constitué autour de la démocratie américaine dominante et d’une Union soviétique qui commençait à se redresser, n’est plus adapté à la nouvelle répartition des puissances. L’Europe se retrouve seule à prêcher dans une jungle de brutes.L’Europe observe en spectatrice
Non seulement elle ne s’est pas dotée d’une force de défense susceptible de faire appliquer le droit, mais elle n’arrive même plus à le dire. Son allié Israël a-t-il violé le droit international en attaquant l’Iran, qui lui-même a violé le droit...
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01/07 - Boualem Sansal, Christophe Gleizes… L’Algérie et le syndrome de Téhéran
Le secret a été gardé durant treize mois. Treize mois d’une bataille sourde pour rapatrier le journaliste français Christophe Gleizes, arrêté à Tizi Ouzou, où il enquêtait sur les heures de gloire du club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Un mot d’ordre à Paris : pas de vagues. Un espoir : l’expulsion plutôt que la "judiciarisation", comprenez le tribunal. Espoir douché ce 29 juin, après la condamnation du reporter à sept ans de prison ferme, notamment pour "apologie du terrorisme". En cause, ses contacts avec un dirigeant de la JSK, également cadre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, la bête noire du régime, considéré en Algérie comme une organisation terroriste.
Mais la faute majeure de Christophe Gleizes est ailleurs : le malheureux porte un passeport bleu-blanc-rouge, en pleine guérilla diplomatique entre les deux rives de la Méditerranée. La proie idéale. Son interpellation le 28 mai 2024, soit quinze jours avant qu’Emmanuel Macron n’informe, en aparté, son homologue algérien du changement imminent de la position française sur le Sahara occidental en faveur du Maroc, laissait peu de chances au collaborateur du groupe So Press. L’année d’escalade sans précédent qui s’ensuivit dissipa tout optimisme.
Depuis le 29 juin, la France compte donc un otage de plus dans les geôles algériennes. Le plus connu d’entre eux s’appelle Boualem Sansal. L’écrivain de 80 ans, atteint d’un cancer, a été arrêté le 16 novembre dernier pour avoir "porté atteinte à l’unité nationale" en...
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01/07 - Boualem Sansal : l’écrivain franco-algérien condamné en appel à cinq ans de prison
Comme en première instance, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été condamné ce mardi 1er juillet à cinq de prison ferme par la cour d'appel d'Alger, notamment pour "atteinte à l'unité nationale", selon un correspondant de l'AFP dans la salle. "Le verdict du tribunal de première instance a été confirmé. Vous avez huit jours pour introduire un pourvoi en Cassation", a déclaré en français la présidente à l'attention de Boualem Sansal, après avoir lu l'énoncé du verdict en arabe.
Interrogé par l'AFP, le nouvel avocat français de l'écrivain, Me Pierre Cornut-Gentille, arrivé ces derniers jours à Alger, n'a pas voulu se prononcer sur cette éventualité. "Je n'ai pas de déclarations à faire, je dois rendre visite à mon client pour discuter avec lui d'un éventuel pourvoi", a-t-il dit.
Boualem Sansal avait été condamné le 27 mars à cinq ans de réclusion en première instance, notamment pour des déclarations en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières, où il estimait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc. Il a été accusé d'"atteinte à l’unité nationale", "outrage à corps constitué", "pratiques de nature à nuire à l’économie nationale" et "détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays". Son procès en appel a eu lieu aussi bien à la demande de l’écrivain que du parquet, qui avait déjà requis dix ans en première instance.Paris "regrette" une décision "incompréhensible et injustifiée"
Le Premier ministre français...
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01/07 - IA : la France lance un plan national pour que les entreprises sautent le pas
Un plan national "Osez l’IA", comprenant un fonds de garantie bancaire et des accompagnements pour les entreprises, a été lancé mardi 1er juillet pour encourager l’adoption de l’intelligence artificielle dans ces dernières, a annoncé la ministre chargée du Numérique.
"L’ambition d''Osez l’IA', c’est de faire entrer l’intelligence artificielle dans le quotidien de toutes nos entreprises", a expliqué Clara Chappaz lors d’une présentation organisée à Bercy. "L’IA n’est pas un risque, c’est une chance si on l’adopte et un levier immédiat de productivité", a abondé le ministre de l’Economie, Eric Lombard.
Le plan, dont le montant total de la dotation n’a pas été communiqué, se décline en plusieurs volets, autour de la sensibilisation à l’IA, de la formation, ainsi que de l’accompagnement des entreprises, et reprend en partie des mesures et des contenus existants.
Près d’une dizaine d’actions ont ainsi été annoncées, dont la création d’un fonds de garantie bancaire pour financer des projets jusqu’à 500 000 euros sur dix ans et le financement à hauteur de 40 % de "diagnostics" IA pour les quelque 5 000 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaires (ETI). Une enveloppe de 200 millions d’euros est ainsi prévue pour le volet accompagnement des entreprises. Un catalogue répertoriant des solutions d’IA françaises et européennes sera également mis en ligne.La France "pas en avance"
D’autres mesures, telles que la mobilisation de 300 "ambassadeurs IA" et le lancement d’une plateforme baptisée...
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01/07 - Brillants en entretien, médiocres au bureau : comment les incompétents arrivent à se recaser
En matière d’incompétence en entreprise, le jugement de l’open space est souvent sans appel : "nul" ou "nulle". Impossible alors de faire entendre raison au collègue dépité qui se sent dévalorisé au plus haut point, en voyant une personne jugée médiocre gravir les échelons avec une facilité déconcertante. Mais comment cette anomalie est-elle possible ? Peut-être l’une des explications est-elle à chercher du côté de la kakistocratie, un concept né dans l’Angleterre du XVIIe siècle et "construit sur deux mots grecs : kakistos qui signifie les pires et kratos, le pouvoir", explique Isabelle Barth, enseignante-chercheuse en management à l’université de Strasbourg et conférencière, dans son ouvrage La kakistocratie ou le pouvoir des pires (Editions EMS, 2024). "Pourquoi les dirigeants ne voient-ils rien, ou pire, entretiennent-ils cette injustice ?", s’interroge en boucle le déçu. "Pour un professionnel du recrutement, un candidat doit être en adéquation par rapport à un profil requis, à certaines exigences. S’il est embauché, c’est qu’il répond aux critères", estime Alain Gavand, PDG du cabinet Alain Gavant Consultant et auteur du Grand livre du recrutement (Eyrolles, 2025). Alors, bataille d’experts en vue ?
Pour Alain Gavand, "les méthodes d’évaluation ont considérablement évolué, notamment par rapport aux techniques d’entretien. Les recruteurs sont beaucoup plus vigilants, grâce aux scorecards (les compétences attendues par l’entreprise, NDLR). Ils utilisent également des tests en termes de validité prédictive, ce...
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01/07 - Nouvelle crise en Thaïlande : la Première ministre suspendue par la justice
Une nouvelle période d’incertitudes s’ouvre en Thaïlande : la Cour constitutionnelle a suspendu ce mardi 1er juillet la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, l’héritière de la dynastie qui polarise le pays depuis plus de vingt ans. Les juges ont décidé à une majorité de sept contre deux de suspendre la cheffe du gouvernement, accusée par des sénateurs conservateurs d’avoir enfreint les "standards éthiques" exigés dans la Constitution pour occuper son rôle.
L’avenir de la plus jeune Première ministre qu’ait connue le royaume, 38 ans, s’inscrit en pointillé le temps des délibérations de la Cour, qui peuvent durer des semaines, voire des mois. Le vice-Premier ministre Suriya Jungrungreangkit va prendre la relève en son absence, selon les médias locaux.
"J’accepte la décision de la Cour", a réagi Paetongtarn Shinawatra. "Je tiens à réaffirmer que j’ai toujours eu l’intention d’agir pour ce qu’il y a de mieux pour mon pays", a-t-elle poursuivi. "J’aimerais m’excuser auprès des Thaïlandais qui ressentent de la frustration."
Depuis les années 2000, des troubles politiques à répétition secouent la deuxième économie d’Asie du Sud-Est, mais la crise en cours intervient en pleine offensive douanière américaine, qui a mis le gouvernement au-devant de décisions cruciales. "En tant que voisin amical, nous espérons que la Thaïlande maintiendra sa stabilité et son développement", a indiqué lors d’un point de presse régulier Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères."Dilution critique" de la dynastie...
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01/07 - "Retraites et réchauffement climatique sont liés" : nos lecteurs réagissent à l’actualité
La laïcité déclamée par des lycéens
Guylaine Remeur, Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes)
Je réagis à l’article d’Amandine Hirou concernant ce projet pour lutter contre les séparatismes et de proposer aux élèves de quartiers difficiles de s’exprimer, d’apprendre, de comprendre surtout au travers du théâtre. Des élèves qui apprennent le sens de l’histoire […], et qui ont la possibilité de montrer combien ils peuvent être excellents, responsables, avides de comprendre pour qu’enfin ils arrivent à affronter les graves problèmes que notre pays […]. Merci à ces professeurs, ces responsables d’associations de monter de tels projets, de faire confiance à ces élèves qui construiront notre pays avec plus de force, de courage, de valeurs pour affronter le monde de demain et celui dans lequel ils vivent et tentent de s’affirmer, de grandir. ("Tous ont compris les vertus du débat" : quand des lycéens des Mureaux rejouent la loi de 1905 à Versailles, L’Express du 19 juin.)Les bons côtés du libre-échange
Jacques Brachat, Saintry-sur-Seine (Essonne)
Pour certains mauvais esprits, la détestation du projet Mercosur n’était que le prétexte à la bataille électorale syndicale pour les sièges aux chambres d’agriculture ! Et ni les politiques ni les médias n’ont jamais présenté autre chose qu’un suivisme des déclarations syndicales. L’Express est, peut-être, le premier à présenter une analyse du contenu de cet accord. (Mercosur : ces fantasmes français qui font le jeu de Donald Trump, L’Express du 19 juin.)Retraites et changement climatique...
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01/07 - Dette : pourquoi le virage allemand ne fait pas les affaires de la France
Une révolution est en marche outre-Rhin. Et les chiffres donnent le tournis. Après plusieurs semaines de tractations, la nouvelle coalition allemande, dirigée par le chancelier Friedrich Merz et composée des conservateurs de la CDU-CSU et des sociaux-démocrates du SPD, a présenté, ce 24 juin, son tout premier projet de loi de finances. Un texte de rupture qui met fin à quinze années d’orthodoxie budgétaire. D’ici à 2029, l’Allemagne va lever près de 850 milliards d’euros de dette pour financer ses besoins en matière de défense, d’infrastructures ou encore de santé. Elle met ainsi un terme au "frein à l’endettement", créé après la crise financière de 2008. Jusqu’à présent, cette règle d’or limitait à 0,35 % du PIB la capacité d’emprunt du pays chaque année.
A la découverte de ce plan d’investissement et du montant débloqué pour le mettre en œuvre, l’observateur français serait tenté de se réjouir. Après tout, l’Hexagone est – avec la Chine et les Etats-Unis – l’un des premiers partenaires commerciaux de Berlin. Et quand l’économie allemande est prospère, elle irrigue forcément son proche voisin, et tout le reste de l’Europe. Si ce n’est qu’en sollicitant dans de telles proportions les marchés obligataires, la première puissance européenne risque de bouleverser les équilibres en place. "Une augmentation des émissions allemandes pourrait mettre sous pression les autres pays de la zone euro, en rendant leur propre financement plus difficile", anticipe l’économiste Jens Boysen-Hogrefe, spécialiste des finances publiques au Kiel...
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01/07 - Gaza : l’armée israélienne dit examiner une frappe meurtrière sur un café internet
Cinq jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël, les tensions restent vives dans la région. Tandis que Téhéran affirme être capable de "réparer rapidement les dégâts" causés par les frappes américaines et israéliennes sur ses installations nucléaires, la situation humanitaire continue de se dégrader à Gaza. Une frappe israélienne sur un café internet en bord de mer à Gaza-ville a fait 24 morts et des dizaines de blessés, selon la Défense civile locale. L’armée israélienne a affirmé que l’attaque visait "plusieurs terroristes du Hamas", tout en admettant qu’un examen était en cours.
Sur le plan diplomatique, Benyamin Netanyahou est attendu lundi prochain à la Maison-Blanche, alors que les États-Unis tentent d’imposer un cessez-le-feu durable à Gaza et viennent d’annoncer une nouvelle vente d’armement à Israël, d’un montant de 510 millions de dollars. Cette visite intervient dans un contexte d’après-guerre avec l’Iran et alors que l’État hébreu poursuit son offensive contre le Hamas malgré les pressions internationales croissantes.
Les infos à retenir
⇒ 24 morts et des dizaines de blessés dans une frappe sur un café internet Gaza
⇒ Benyamin Netanyahou est attendu lundi prochain à la Maison-Blanche
⇒ L’Iran se dit prêt à "réparer rapidement les dégâts" des bombardementsGaza : l’armée israélienne dit examiner une frappe meurtrière sur un café internet
L’armée israélienne a déclaré mardi qu’une frappe meurtrière sur un café internet la veille à Gaza avait visé "plusieurs terroristes du Hamas",...
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01/07 - Musk VS Trump, acte II : le patron de Tesla menace de créer son propre parti contre les républicains
Ils reprennent leurs (mauvaises) habitudes. Donald Trump et Elon Musk se sont de nouveau invectivés par réseaux sociaux interposés ces derniers jours. La cause du différend est toujours la même qu'au moment de leur rupture, début juin : la One Big Beautiful Bill Act ("la grande et belle loi", dite OBBB). Essentiel à la poursuite de la politique du président américain, le texte, actuellement examiné au Sénat, suscite l'ire du patron du Tesla.
"Tous les membres du Congrès qui ont fait campagne pour réduire les dépenses publiques et qui ont ensuite immédiatement voté pour la plus grande augmentation de la dette de l’histoire devraient avoir honte", a déploré Elon Musk sur X lundi 30 juin, en référence aux débats autour de l'OBBB au Parlement américain. Pour l'homme le plus riche du monde, la probable adoption de cette loi demeure "une abomination répugnante", comme il l'avait qualifiée au début du mois de juin."Le parti des cochons qui se goinfrent"
En cause ? L'augmentation des dépenses publiques impliquées par ce gigantesque texte, qui comprend toutes sortes d'investissements destinés à financer les projets futurs de Donald Trump pour la suite de son mandat. Outre le renouvellement des énormes crédits d'impôt accordés par le président américain en 2017, plusieurs mesures, comme le début de la construction du "Golden Dome" pour protéger le territoire américain ou la fin de l'imposition des pourboires, risquent de coûter très cher....
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01/07 - Canicule, le regard d’un urbaniste : "Et si les parcs devenaient des campings géants ?"
La France, qui a connu, lundi 30 juin, sa nuit et sa journée les plus chaudes jamais enregistrées pour un mois de juin, traverse sa 50e vague de chaleur depuis 1947. Les températures, déjà suffocantes, vont atteindre leur paroxysme ce mardi 1er juillet. Seize départements sont placés en vigilance rouge canicule - une première depuis cinq ans - et 68 en vigilance orange. Le pic caniculaire sera "très fort" à Paris, a prévenu Météo-France. Lors de ces épisodes, les villes sont particulièrement touchées en raison de leur urbanisation qui ne permet pas aux températures de redescendre la nuit. Des solutions relativement simples existent pourtant pour lutter localement contre ces îlots de chaleur. Certaines ont déjà été utilisées par le passé, d’autres le sont à l’étranger. Explications avec l’urbaniste Clément Gaillard, fondateur l’agence de design climatique Freio.
L’Express : A-t-on rendu nos villes moins habitables aux périodes de fortes chaleurs ?
Clément Gaillard : On a longtemps considéré que les phénomènes d’îlots de chaleur étaient plutôt un atout pour les villes car ils permettaient, à l’échelle de l’année, de moins chauffer qu’à la campagne. Mais la canicule de 2003 a montré que leur intensité dans une ville comme Paris provoque des effets en cascade catastrophiques et des augmentations de mortalité très importantes. Donc oui, on a rendu les villes moins habitables lors des canicules.
Vous dites qu’on a cessé "d’habiller" nos villes. C’est-à-dire ?
Si on s’intéresse à de vieilles cartes postales ou qu’on regarde...
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01/07 - Guerre en Ukraine : Kim Jong-un rend hommage à des soldats nord-coréens tués sur le front
Il y a quelques mois encore, Pyongyang refusait de confirmer que ses troupes combattaient l’Ukraine aux côtés de la Russie. Et voilà que les médias d’Etat nord-coréens ont diffusé, pour la première fois ce mardi 1er juillet, des images du dirigeant Kim Jong-un se recueillant devant les cercueils de soldats de son pays tués en aidant Moscou dans sa guerre.
Visiblement ému, Kim Jong-un se tenait aux côtés de la ministre russe de la Culture, Olga Lioubimova, et a placé un drapeau nord-coréen sur un des cercueils lors d’une cérémonie de restitution des dépouilles de soldats tombés sur le front ukrainien.
La vidéo diffusée par l’agence d’Etat KCNA a montré également des images de soldats nord-coréens sur le champ de bataille. Ces images étaient accompagnées de légendes telles que : "Oh, nos héros, brillants, brillants, brillants, brillants, brillants, brillants, brillants", "Oh, nos héros, étoiles brillantes de ma patrie" et "ceux qui ont donné leur vie sans hésiter pour défendre l’honneur brillent comme des étoiles radieuses".
Remember the Mythical North Korean Soldiers 🇰🇵 who were never fighting in Kursk against Ukraine 🇺🇦
There is a North Korean ceremony celebrating the North Koreans who participated in the Kursk Offensive
Kim Jong Un visited the bodies of some of the North Korean soldiers killed pic.twitter.com/1yNOKUI5jF— Ukraine Battle Map (@ukraine_map) June 30, 2025
La télévision d’Etat a aussi montré des participants nord-coréens et russes fondant en larmes pendant la cérémonie, à laquelle Kim Jong-un a...
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01/07 - Droits de douane : entre Walmart et Donald Trump, le bras de fer ne fait que commencer
Les économistes l’avaient anticipé, les consommateurs l’avaient redouté. Donald Trump, lui, refuse obstinément que ses droits de douane franchissent la porte des supermarchés. Pendant sa campagne, il avait martelé que les pays étrangers seraient taxés, pas les citoyens américains. Pourtant, dans les rayons de Walmart, les prix risquent de gonfler rapidement. Le géant de la distribution, basé dans l’Arkansas, fait partie du quotidien des Américains : près de 90 % de la population habite à moins de 10 miles (16 kilomètres) de l’un des 5 200 magasins de la chaîne. Face aux soubresauts du président sur les questions tarifaires, son patron, Doug McMillon, a d’abord fait montre de patience. Fin avril, il prend part aux négociations à la Maison-Blanche, au côté d’autres représentants du secteur.
Mais les semaines passent, et l’horizon ne s’éclaircit pas. Mi-mai, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, les questions douanières sont sur toutes les lèvres. "Nous allons faire au mieux pour maintenir les prix aussi bas que possible, mais compte tenu de la magnitude des tarifs douaniers […], nous ne pouvons pas absorber toute la pression au vu des marges étroites du secteur de la distribution", avertit Doug McMillon. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire présidentielle. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump conseille alors à Walmart "d’avaler les taxes douanières", insistant sur les "milliards de dollars" que l’enseigne a dégagés l’an passé. Comme un curieux écho aux déclarations… du camp...
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01/07 - Syrie : Donald Trump met fin aux sanctions contre le pays, hormis celles contre Bachar al-Assad
Une évolution majeure dans la région. Lundi 30 juin, Donald Trump a acté le réchauffement des relations diplomatiques américaines avec la Syrie, en signant un décret formalisant le démantèlement des sanctions appliquées par les États-Unis à Damas. "Il s’agit d’un effort pour promouvoir et soutenir le chemin du pays vers la stabilité et la paix", a déclaré à la presse la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avant la signature du décret à huis clos.
L’annonce intervient dans la continuité de la main tendue par Washington au pays ces dernières semaines. Mi-mai, lors de sa fastueuse tournée dans le Golfe, Donald Trump avait surpris en multipliant les gestes d’ouverture à l’égard du régime syrien, auquel il promettait alors de "donner une chance de grandeur". Le 14 mai, il avait même rencontré le président par intérim et chef des rebelles islamistes, Ahmed al-Charaa, lors de son déplacement en Arabie saoudite. Avec son groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC), le leader était parvenu à renverser le pouvoir de Bachar al-Assad.Signaux positifs américains
Depuis ces signaux positifs pour Damas, Washington a assoupli la plupart de ses sanctions pour faciliter le retour de la Syrie dans le système financier international. Les États-Unis mettent par ailleurs en œuvre des autorisations pour encourager de nouveaux investissements en Syrie. Concrètement, le département d’État a délivré une dérogation au titre de la "loi César" sur la protection des civils en Syrie. Ce texte de 2020 prévoyait des sanctions sévères...
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01/07 - Didier Borowski (Amundi) : "La hausse de la Bourse américaine est aussi suspecte que fragile"
Dans la traversée d’une zone de turbulences, l’essentiel est de ne pas céder à la panique. Les marchés l’ont bien compris. Tandis que le Moyen-Orient s’embrase, le prix du baril reste relativement résilient. Quant au S & P 500, il n’a fallu que quelques mois pour qu’il efface son fort repli d’avril, au plus fort de la guerre commerciale, et tutoie de nouveaux sommets. Un optimisme excessif ? En tout cas les investisseurs ne prennent pas toujours la pleine mesure des menaces, explique Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques au sein de l’Amundi Investment Institute.
L’Express : Entre les annonces erratiques de Donald Trump, le conflit au Moyen-Orient ou encore la dégradation des perspectives budgétaires en Europe, comment les marchés intègrent-ils l’incertitude qui plane depuis plusieurs mois ?
Didier Borowski : On assiste à un processus d’aguerrissement des investisseurs. Il y a quelques années encore, les marchés avaient tendance à surréagir en anticipant le scénario du pire, puis revenaient à leur niveau initial une fois le risque passé. Or au cours des cinq dernières années, ils ont traversé plusieurs chocs exogènes – géopolitiques, sanitaires… - durant lesquels les réactions précipitées se sont avérées très coûteuses. Les investisseurs ont tiré les leçons et réagissent désormais avec beaucoup plus de retenue que par le passé. Ce changement s’explique en partie par l’accès quasi instantané à l’information.
Par exemple, lors de l’escalade entre Israël et l’Iran, il...
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01/07 - Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire remporte la primaire socialiste, un désaveu pour Anne Hidalgo
Sa victoire est un revers pour Anne Hidalgo : les socialistes parisiens ont choisi lundi 30 juin Emmanuel Grégoire pour être leur candidat aux municipales de 2026, au terme d’une campagne tendue entre l’ex-premier adjoint tombé en disgrâce et Rémi Féraud, dauphin désigné par la maire sortante.
Député et ancien bras droit de l’édile, Emmanuel Grégoire, 47 ans, a rassemblé 52,61 % des suffrages exprimés par quelque 1 500 votants socialistes parisiens, selon les résultats annoncés à la presse en fin de soirée par la fédération PS de Paris. Le sénateur Rémi Féraud, 53 ans, candidat soutenu par Anne Hidalgo, a lui réuni 44,33 % des voix. La benjamine Marion Waller, 33 ans, ancienne conseillère de la maire et candidate surprise de cette primaire, a obtenu 3 %.
"Désormais, nous allons discuter avec Emmanuel (Grégoire) du rassemblement de l’ensemble des socialistes parisiens pour créer les conditions de la mise en dynamique de cette campagne qui démarre avec un seul objectif : permettre à Paris de rester à gauche en mars 2026", a déclaré Lamia El Aaraje, première secrétaire fédérale du PS à Paris, en annonçant les résultats.Félicitations laconiques
"Je félicite Emmanuel Grégoire pour sa désignation. Merci à Rémi Féraud pour sa belle campagne", a réagi Anne Hidalgo dans un message laconique.
"Merci à Anne, avec qui j’ai travaillé pendant dix ans. A ses côtés j’ai appris l’amour de Paris", a souligné le vainqueur devant les militants rassemblés dans une salle de spectacle du nord-est de Paris, et qui scandaient "la mairie elle est...
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01/07 - Jean-François Bernardini : "La Corse a subi un linguicide"
Cette infolettre s’interrompt pendant l’été. Rendez-vous à la rentrée.
Depuis plusieurs décennies, le groupe I Muvrini est devenu l’un des ambassadeurs les plus célèbres de la culture corse. Parallèlement, l’un de ses membres fondateurs, Jean-François Bernardini, réfléchit de manière originale à la relation douloureuse entre son île et l’Etat. A l’arrivée : des livres, des interventions dans les établissements scolaires consacrées à la non-violence et deux conclusions. Un : dans le conflit entre l’Etat et la Corse, les torts sont partagés. Deux : si l’on entend le résoudre, il est impératif de prendre en compte la question de la langue. Entretien.
Selon vous, le corse serait au cœur d’un "linguicide programmé en phase terminale". Ce sont des propos très forts…
Forts, mais véridiques, malheureusement. La Corse, comme nombre de régions françaises, est une société dont on a interdit la langue. L’école l’a prohibée, l’église aussi, les administrations en ont fait de même… C’est ainsi que l’on a abouti à l’arrêt presque total de la transmission familiale, tombée aujourd’hui à 2 %. Cette langue est désormais menacée de disparition. Factuellement, cela s’appelle un linguicide.
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Je vais me faire l’avocat du diable, mais personne n’a jamais interdit aux Corses de parler corse chez eux ni de transmettre la langue à leurs enfants…
Bien sûr. Vous pouvez aussi me couper les jambes et me dire que personne ne m’interdit de courir le marathon de Paris…
Dans nos...
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01/07 - Lula VS Trump : le Brésil en quête d’indépendance
Un président qui n’est pas reconduit pour un deuxième mandat et qui conteste les résultats des élections. Ses partisans qui se donnent rendez-vous sur les réseaux sociaux et s’introduisent violemment dans des lieux de pouvoir. Le tout, dans un grand pays du continent américain.
A ces mots, chers auditeurs, vous avez certainement les images des émeutes du Capitole en 2021 qui vous viennent à l‘esprit. Mais un scénario similaire s’est répété le 8 janvier 2023, après la défaite du président Jair Bolsonaro au Brésil et la victoire de son adversaire Lula.
Habillés en jaune et vert, aux couleurs du drapeau brésilien, les bolsonaristes forcent ce jour-là les barrières de sécurité pour atteindre la place des Trois pouvoirs. La Cour suprême, le congrès et même le Palais présidentiel. Ces trois hauts lieux de la politique brésilienne sont pris d’assaut.
Pendant trois heures, les manifestants cassent les vitres, aspergent les murs de peintures blanches et de slogans anti-Lula, saccagent le mobilier. Le congrès est même inondé après l’activation d’un système anti-incendie. Les émeutiers réclament l’aide de l’armée pour empêcher Lula de reprendre le pouvoir. Mais dans la soirée, le nouveau président parvient à reprendre le contrôle de la situation : les forces de l’ordre évacuent les lieux et plus de 300 personnes sont interpellées.
Le chef d’Etat américain de l’époque, Joe Biden apporte alors tout son soutien à Lula. Mais avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les relations de Washington avec ce dirigeant de gauche...
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01/07 - Iran-Israël : sur Internet, les coulisses d’une guerre virtuelle sans merci
Officiellement, la guerre entre Israël et l’Iran a commencé le 13 juin 2025. Mais ce n’était pas la première fois que l’Etat hébreu cherchait à détruire le programme nucléaire iranien. Pour d’autres, la guerre entre les deux pays a commencé à Minsk, la capitale de la Biélorussie, en juin 2010. En ce début d’été, VirusBlokAda, une entreprise locale de cybersécurité, reçoit un appel d’un client iranien, dont les ordinateurs rencontrent un problème inhabituel. C’est à partir de ce coup de téléphone que Stuxnet, considérée comme la plus puissante cyberattaque au monde à ce moment-là, est découverte. Un virus, implanté dans une clef USB, est parvenu à utiliser de multiples vulnérabilités pour s’installer automatiquement sur un ordinateur, sans se faire repérer, avant de se multiplier sur les autres machines connectées sur un même réseau. Au moment où VirusBlokAda détecte la présence du ver, 58,9 % des ordinateurs iraniens sont infectés.
Le but de Stuxnet n’est pourtant pas de se propager dans tous les appareils du pays, et il est d’ailleurs, dans la plupart des cas, inoffensif. Son véritable objectif est d’infecter les centrifugeuses servant à enrichir l’uranium, et de les détruire de l’intérieur, le plus discrètement possible, afin d’affaiblir le programme nucléaire iranien. L’opération rencontre un franc succès : on estime que près de 1 000 centrifugeuses ont été détruites à cette occasion. Ce qui aurait retardé les recherches du pays d’au moins deux ans....
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30/06 - Loi Duplomb sur l’agriculture : députés et sénateurs trouvent un compromis
La proposition de loi des sénateurs Duplomb et Menonville sur l’agriculture, décriée par la gauche car elle autorise la réintroduction d’un pesticide interdit, a franchi une étape importante ce lundi 30 juin avec la conclusion d’un accord députés-sénateurs sur l’ensemble du texte, laissant entrevoir son adoption définitive.
Les sept députés et sept sénateurs réunis à huis clos en commission mixte paritaire (CMP) au Sénat sont parvenus à dégager une version de compromis sur ce texte visant à "lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur".
Portée par Laurent Duplomb (Les Républicains) et Franck Menonville (UDI, centre), l’initiative est désormais proche de se concrétiser : un ultime vote sur cette rédaction commune est prévu mercredi au Sénat puis mardi 8 juillet à l’Assemblée nationale. Le vote favorable de la chambre haute, qui penche à droite, ne fait aucun doute. Celui des députés, en revanche, est plus incertain, même si l’addition des voix du Rassemblement national, des Républicains et d’une grande partie du bloc central macroniste semble dessiner une nette majorité pour l’adoption de ce texte réclamé notamment par la FNSEA, syndicat agricole leader. Lundi, en tout cas, la CMP a voté très largement pour le texte de compromis, avec 10 voix pour - RN, LR, centristes et macronistes - et 4 oppositions des socialistes et Insoumis.Acétamipride
Mais les opposants à cette proposition de loi tenteront jusqu’au bout de mettre sous pression leurs collègues notamment macronistes, qui ont peiné à masquer leurs...
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30/06 - UE - Ukraine : un nouvel accord sur l’importation de produits agricoles
L’Union européenne a annoncé lundi 30 juin avoir trouvé un "accord de principe" avec l’Ukraine en matière de libre-échange, notamment sur le volet sensible des importations agricoles. Un accord "équilibré, juste et réaliste", a assuré le commissaire européen en charge du commerce Maros Sefcovic, en insistant sur les quotas pour les "produits sensibles comme les œufs, le sucre et le blé".
Afin de soutenir Kiev face à l’invasion russe, l’Union européenne avait instauré depuis 2022 et jusqu’au 5 juin dernier une exemption de droits de douane sur des produits agricoles ukrainiens. Mais les agriculteurs européens dénonçaient régulièrement une "concurrence déloyale" de l’Ukraine, géant agricole, et demandaient de revenir aux quotas en vigueur avant la guerre, dans un accord de 2016.Protéger les intérêts des agriculteurs européens
Bruxelles estime avoir trouvé un équilibre, grâce au compromis scellé avec Kiev durant le week-end. "Avec le nouvel accord, "nous sécurisons les flux commerciaux de l’Ukraine vers l’Europe. […] En même temps, nous continuons à protéger les intérêts de nos agriculteurs", a affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, dans un communiqué.
Pour rassurer la profession, l’UE promet des quotas sur les produits tels que le blé, le maïs, le sucre, le miel, la volaille et les œufs. Ces quotas seront supérieurs à ceux de 2016, mais inférieurs aux records d’importations en provenance de l’Ukraine depuis trois ans, a indiqué le commissaire européen Christophe Hansen (Agriculture) lors...
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30/06 - Droits de douane : jusqu’à 45 000 emplois menacés en France par la guerre commerciale de Donald Trump
La France risque de perdre 2,5 milliards d’euros d’exportations, et plus de 45 000 emplois dans les secteurs du vin et du luxe. Ce scénario catastrophe, exposé par le cabinet d’étude économiste Asterès dans une note publiée le 22 juin, pourrait être le résultat bien réel de la politique de hausse des tarifs douaniers de Donald Trump, si l’Union européenne ne parvient pas à obtenir la paix commerciale avec les Etats-Unis d’ici la fin de la pause tarifaire, fixée au 9 juillet.
Avec le secteur des cosmétiques et de la maroquinerie (cuir, bagages, chaussures), le secteur viticole et ses 3,7 milliards d’euros d’exportations annuelles vers les Etats-Unis pourrait être "le plus durement touché", avec jusqu’à 14 000 emplois menacés, dont 3 600 emplois directs, selon la note.Des scénarios "prudents"
Deux scénarios sont envisagés par la note. Dans le pire des cas (dont les conséquences sont exposées plus haut) les droits de douane américains sur ces produits sont augmentés à 50 % par l’administration Trump. Dans l’autre scénario, les droits de douane atteignent seulement 20 %, provoquant 1 milliard d’euros de pertes en exportations et la disparition d’environ 17 000 emplois.
Les économistes d’Asterès — cabinet d’étude du chroniqueur de L’Express Nicolas Bouzou — "soulignent que ces estimations sont prudentes, fondées sur des hypothèses conservatrices d’élasticité prix et de maintien de l’offre. Dans la réalité, les comportements d’achat des consommateurs et des distributeurs pourraient amplifier les effets négatifs".
Pour...
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30/06 - Fessenheim : cinq ans après sa fermeture, retour sur les dates clés du nucléaire en France
Cinq ans après son arrêt définitif, la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) fait toujours parler d’elle. Le 18 juin dernier, après l'examen à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi sur le futur énergétique de la France, le député RN Jean-Philippe Tanguy s’est félicité d’avoir fait voter un amendement favorable au redémarrage de la centrale. Dans les faits, le démantèlement de Fessenheim est aujourd’hui trop avancé pour que cette proposition devienne réalité.
Si la centrale du Haut-Rhin reste au cœur de l’actualité, c’est parce que l’histoire de sa fermeture est unique en son genre. Cette décision prend ses racines en 2011, au moment de l’accident nucléaire de Fukushima. Classé au même niveau de gravité que celui de la centrale de Tchernobyl, les opinions publiques mondiales remettent en question le nucléaire. En France, si les avis restent majoritairement favorables, ceux de l’électorat-cible du PS le sont moins. C’est dans ce contexte que se déroule la campagne présidentielle de 2012 et qu’émerge l’idée de réduire la part de l'atome dans le mix énergétique français. View this post on Instagram
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Élu président, François Hollande fait voter la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TEPCV) le 17 août 2015. Le texte prévoit de réduire la part du nucléaire dans la production électrique française à 50 %. Pour y parvenir, une seule solution, fermer Fessenheim. Huit ans plus tard, en avril 2023, Manuel Valls est auditionné par la...
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30/06 - Emmanuel Macron, rancœurs et peur du vide : la visite de Cyril Hanouna, les secrets d’un dîner d’Etat
"Faut qu’on prépare le prochain décennat !" Dans ce clair-obscur élyséen surgit un rire, celui de l’auteur de la plaisanterie, qui aime autant l’humour que le pouvoir. Emmanuel Macron peut-il faire autrement ? A mesure que les jours et les années filent, l’histoire de ses deux quinquennats paraît si facétieuse. Se remémorant une fois encore les conditions dans lesquelles François Bayrou s’est imposé à Matignon six mois après une stupéfiante dissolution, un conseiller du chef de l’Etat philosophe : "La fiction aurait été bien en dessous de la réalité." Alors, rions ! Et pendant que le président badine sur son avenir et 2032, autour de lui, on barguigne : comment compte-t-il occuper les deux ans restants ? Même le monde ne l’aide pas : remis en selle par l’élection de Donald Trump, il devient aujourd’hui commentateur de la crise iranienne. Regarder passer les bombes…"Bayrou ne fait même pas ce que je lui demande"
Non ! Agir plutôt que subir, B.A.ba macronien. Mais voilà que depuis décembre, Emmanuel Macron se sent entravé. Il a trouvé un nom à son empêchement : François Bayrou. "Il ne fait rien !", peste-t-il. "Raison de plus pour le garder", rétorque l’ami qui, un jour de tempête, accueille l’agitation présidentielle. Tous ses interlocuteurs notent le paradoxe : comment un Premier ministre jugé statique peut-il gêner celui qui n’aime rien tant que le mouvement ? Bien sûr, le turbulent a la réponse : "Bayrou ne fait même pas ce que je lui demande." Et étaye volontiers en brandissant pour exemple sa commande d’un...
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30/06 - Réforme de l’audiovisuel public : l’Assemblée inflige un camouflet à Rachida Dati
Le coup est rude pour Rachida Dati. Les députés ont approuvé largement, ce lundi 30 juin, une motion de rejet des écologistes sur la réforme de l’audiovisuel public, mettant fin prématurément aux débats sur ce projet rejeté par les salariés concernés, en grève, et dont l’examen a été à plusieurs reprises repoussé dans l’hémicycle.
94 députés ont approuvé la motion, contre 38. A la surprise générale, le Rassemblement national a joint ses voix à celles de la gauche, face aux rangs clairsemés de la coalition gouvernementale. Le texte porté par la ministre de la Culture va désormais pouvoir repartir en deuxième lecture au Sénat.
Rachida Dati n’a eu de cesse de soutenir l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon (UDI, centre), qui prévoit de créer le 1er janvier 2026 une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), sous l’autorité d’un président-directeur général. La réforme, si elle aboutissait, serait un des rares trophées dont la ministre pourrait se prévaloir, alors qu’elle ambitionne de ravir la mairie de Paris à la gauche en mars 2026."C’est un immense revers pour Rachida Dati"
Les représentants des groupes de gauche se sont réjouis à l’unisson de ce vote. "C’est un immense revers pour Rachida Dati et elle le mérite, parce que sa réforme était mal préparée", s’est félicité le député PS Emmanuel Grégoire, qui ambitionne d’affronter Rachida Dati à Paris. "La gauche ne voulait pas débattre. C’est une étape...
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30/06 - La France sous la canicule : ces 16 départements placés en vigilance rouge
Seize départements ont été placés en vigilance rouge canicule, dont le bassin parisien, pour la journée de mardi, a annoncé lundi 30 juin Météo-France, et 68 resteront en vigilance orange. Une vague de chaleur d’un niveau caniculaire touche la quasi-totalité du territoire : la journée de mardi et la nuit de mardi à mercredi, la chaleur sera particulièrement éprouvante sur le bassin parisien, précise l’organisme météorologique. Dans le détail, tous les départements de l’Ile-de-France, le Cher, le Loiret, l’Indre, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire, l’Aube, l’Yonne et la Vienne font l’objet d’une vigilance rouge à partir de midi.
La dernière vigilance de ce type pour la France remonte au mois d’août 2023. En Ile-de-France, c’est la première fois depuis cinq ans (7 au 12 août 2020) que le niveau est atteint, selon Météo-France.Des pointes à 41 degrés
Le territoire est touché par un "épisode caniculaire dont la durée, l’extension géographique et l’intensité nécessitent une vigilance particulière", soulignent les services de prévision. "Le pic caniculaire sur le bassin parisien sera très fort mardi et la nuit de mardi à mercredi" avec une chaleur "particulièrement éprouvante".
Mardi sera la journée la plus chaude de cet épisode avec des minimales très élevées, comprises entre 20 et 24 °C voire un peu plus très localement, et des maximales atteignant 36 à 40 °C avec quelques pointes à 41 °C dans les départements en vigilance rouge. Soixante-huit départements sont par ailleurs maintenus en vigilance orange et seuls les...
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30/06 - En France, en Italie ou en Afrique du Sud : l’étonnant essor des influenceurs du nucléaire
Le débit est rapide. Le ton, cinglant. Le temps de quelques battements de cils, Isabelle Boemeke - alias Isodope sur les réseaux sociaux - assène en vidéo ses quatre vérités sur les questions d’énergie. La fermeture des réacteurs en Allemagne ? Une erreur historique. L’objectif de 100 % d’énergies renouvelables recherché par de nombreux pays ? Une idée stupide qui implique une utilisation intensive de la biomasse. Pour la jeune femme d’origine brésilienne, modèle à ses heures, rien ne vaut l’énergie issue de l’atome. Elle le fait savoir, inlassablement, à ses nombreux followers. Sur TikTok, Instagram, son blog, et même dans un livre dont la sortie est prévue au mois d’août. Qu’elle soit en voyage à l’étranger ou devant son miroir pour partager un conseil beauté, Isabelle finit toujours par en revenir à son sujet fétiche : le nucléaire. Le glamour au service de la science. La filière de l’atome aurait-elle trouvé l’arme de communication ultime ?
Quelque chose a manifestement changé dans la façon dont les jeunes générations s’emparent de la question des centrales. A la manière d’Isodope, d’autres jeunes stars d’Internet se mobilisent aujourd’hui pour défendre la filière à grands coups de likes, de stories ou de posts. On les trouve en Espagne, au Danemark, en Italie, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, et même chez nous. "Plusieurs profils scientifiques comptant 40 000 à 60 000 followers ont émergé ces dernières années en France, ce qui a permis de créer une véritable ligne de défense", constate Myrto Tripathi, présidente...
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30/06 - De l’Iran à l’Ukraine : les "deux semaines" de Donald Trump, des promesses sans lendemain ?
"Étant donné la possibilité de négociations avec l’Iran dans un avenir proche, je prendrai ma décision d’ici deux semaines" avait annoncé Donald Trump par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, le 20 juin. Le lendemain, les États-Unis larguaient des bombes sur les trois principaux sites nucléaires iraniens.
Comme plusieurs médias américains l’ont souligné après l’événement, ce délai de "deux semaines" est une constante de la communication du président américain, souvent sans suite concrète. "Presque tout le monde à Washington le sait à présent : "deux semaines" est l’unité de temps favorite de M. Trump", pose ainsi le New York Times dans un billet. Sans vraiment être une mesure de temps, "deux semaines" constituent plutôt "un intermède" et "une chose insaisissable" pour Donald Trump, selon le quotidien américain. "Cela peut signifier quelque chose… Ou rien du tout. C’est à la fois un oui et un non. C’est remettre à plus tard tout en donnant une date", analyse le journaliste Shawn McCreesh.
Selon la chaîne de télévision NBC News, Donald Trump a fait appel à ce délai à une douzaine de reprises… Au cours des deux derniers mois seulement ! Accords commerciaux, tarifs douaniers, conflit Ukraine-Russie, et bien d’autres encore… "Tous ces sujets, à un moment ou un autre, ont été des énigmes qu’il avait promis de résoudre "dans environ deux semaines", liste le New York Times."Deux semaines", un mantra déjà lors de son premier mandat
L’utilisation outrancière de ce délai magique prend sa racine dès le début du premier...
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30/06 - Vers un record de chaleur en France ? Trois infographies pour comprendre l’épisode de canicule
"C’est du jamais vu", s’est étonnée la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, auprès de nos confrères de l’AFP. Ce lundi 30 juin, Météo-France a placé pour la journée du mardi 1er juillet 68 départements métropolitains en vigilance orange canicule et 16 départements en vigilance rouge, soit près de neuf départements sur dix : un record. Le précédent avait été atteint lors de l’épisode caniculaire de juillet 2019 lors duquel 80 départements avaient été placés à ce niveau d’alerte. Cette fois-ci, seuls certains territoires du littoral de la Manche et de la Mer du Nord, les Hautes-Alpes et la Corse du Sud, sont épargnés.
Pour tous les autres, Météo-France suggère d’être prudent. L’établissement public recommande de boire beaucoup d’eau, de continuer à s’alimenter normalement, de sortir avec la tête couverte ainsi que de rester dans un endroit frais et climatisé au moins trois heures par jour. Il suggère également de suivre les conseils des pouvoirs publics et de surveiller l’actualisation de son bulletin à 6 heures et à 16 heures chaque jour.
Ce rehaussement du niveau de vigilance vient ponctuer une vague de chaleur qui dure depuis le 19 juin dernier. Pour Météo-France, une vague de chaleur correspond à une période lors de laquelle l’indicateur thermique national (c’est-à-dire la moyenne des températures minimales et maximales sur tout le territoire) dépasse 25,3 °C pendant une journée et 23,4 °C pendant au moins 3 jours. De fait, l’essentiel de ces vagues dure moins de quelques jours, mais certaines,...
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30/06 - GNL russe : Moscou relance ses exportations malgré les sanctions occidentales
C’est une image qui n’était plus visible depuis l’automne dernier : un méthanier russe a accosté sur le terminal Artic LNG 2, dans l’Arctique sibérien. Selon les données de suivi maritime analysées par Bloomberg et des images satellites, le navire Iris, un méthanier de classe Arc4 conçu pour naviguer dans les eaux glacées, est actuellement amarré à l’installation. Ce mouvement marque une tentative de redémarrage de l’exportation de gaz liquéfié par la Russie, près de neuf mois après l’arrêt brutal de l’activité.
Ce site était censé jouer un rôle central dans la stratégie énergétique du Kremlin. Moscou ambitionne de tripler ses exportations de GNL d’ici 2030, une nécessité stratégique depuis que l’Europe, auparavant premier client, a réduit ses achats de gaz russe après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Mais les sanctions américaines imposées en 2023, notamment contre le projet Arctic LNG 2 et les sociétés qui lui sont liées, ont mis l’installation à l’arrêt. Aucun méthanier ne s’y était présenté depuis octobre.Au moins 13 navires mobilisés
Face aux restrictions, la Russie a réorganisé sa stratégie logistique. D’après les données compilées par Bloomberg, au moins 13 navires ont été mobilisés pour assurer le transport du GNL depuis l’Arctique. Parmi eux, quatre méthaniers brise-glace, dont trois actuellement à l’arrêt en mer de Barents, ainsi que des navires classiques et d’autres en maintenance en Chine. Deux autres navires, liés auparavant à l’installation de Portovaya, elle aussi sanctionnée, sont en attente dans le golfe de...
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30/06 - Proportionnelle aux législatives : qui est pour, qui est contre ?
François Bayrou a estimé ce dimanche 29 juin qu’il y avait "une majorité" au Parlement pour voter en faveur d’un mode de scrutin proportionnel aux élections législatives. Invoquant des "sensibilités différentes" au sein du "socle commun", il a déclaré, dans l’émission du Grand Jury sur RTL/PublicSénat/LeFigaro, qu’il présenterait un texte en fin d’année après "le travail budgétaire" ou en début d’année prochaine.
🔴🗣️"Il y a une majorité à l'Assemblée pour la proportionnelle. Je présenterai un texte après notre travail budgétaire."
Le Premier ministre François @bayrou dans #LeGrandJury @publicsenat @Le_Figaro @m6info. pic.twitter.com/Lji3gxKkhn— RTL France (@RTLFrance) June 29, 2025
François Bayrou a entamé le 30 avril une série de consultations des forces politiques sur l’élection des députés à la proportionnelle. Tous les partis n’ont pas le même avis sur la question. Voici les principales positions.Le camp présidentiel divisé
Sur ce sujet, le camp présidentiel est divisé. Le MoDem y est favorable, Horizons y est opposé et Renaissance va interroger ses militants tout l’été, avant un vote en septembre.
Le Premier ministre (MoDem) défend une proportionnelle intégrale par département comme en 1986, alors que depuis l’instauration de la Ve République (à l’exception des législatives de cette année-là), les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours.
L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, chef de file d’Horizons, s’est de son côté dit fin mai "défavorable" à un mode de scrutin proportionnel pour les...
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30/06 - Tensions avec l’Algérie : Paris déplore "la lourde condamnation" d’un journaliste français
La France "regrette vivement la lourde condamnation" du journaliste français spécialiste du football Christophe Gleizes, qui s’est vu infliger une peine de 7 ans de prison en Algérie notamment pour "apologie du terrorisme", selon une déclaration du ministère français des Affaires étrangères lundi 30 juin.
"Une demande de permis de visite a été déposée aussitôt la condamnation connue", ajoute le ministère, qui souligne en outre l’attachement de la France "à la liberté de la presse partout dans le monde".
Dimanche, RSF et So Press ont annoncé la condamnation de Christophe Gleizes "au terme d’un contrôle judiciaire de 13 mois", en dénonçant une sanction "injuste". "Un appel sera interjeté dès demain, lundi 30 juin", a alors indiqué RSF. Selon des sources judiciaires contactées par l’AFP en Algérie, le journaliste a été conduit directement à la prison de Tizi Ouzou après sa condamnation en première instance. Une fois qu’il aura fait appel, il devrait être rejugé mais pas avant la prochaine session criminelle qui s’ouvrira en octobre, selon les mêmes sources.
⚖️ 🇩🇿 Enfermé pour avoir fait son travail !
Notre journaliste Christophe Gleizes condamné à 7 ans de prison ferme an Algérie... Ses proches et sa rédaction sont sous le choc.
Notre article ▶️ https://t.co/oAvesn4pYC pic.twitter.com/bcNzlkPP1Y— SO FOOT (@sofoot) June 29, 2025Accusations "sans fondement"
Journaliste indépendant de 36 ans, collaborateur des magazines So Foot et Society (groupe So Press), Christophe Gleizes s’est rendu en Algérie en mai 2024, notamment...
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30/06 - Proportionnelle : gardons-nous d’affaiblir ce qui reste de la Ve République, par Guillaume Larrivé
La Ve République entrera, cet automne, dans sa soixante-huitième année. Mais cette longévité n’est pas synonyme de santé : après vingt-cinq révisions, le régime fondé en 1958 n’est pas en grande forme. Quatre dérèglements majeurs l’ont miné depuis le début du siècle, au point que le pouvoir ne parvient plus à exercer le pouvoir.
Le césarisme a été aggravé par "la Constitution de l’an 2000", c’est-à-dire l’introduction du présidentialisme quinquennal, entretenant l’illusion d’un moment politique unique et magique, où toute la délibération et toute la décision se trouvent concentrées dans la grâce de l’élection élyséenne. Une acception extensive de l’État de droit l’a emporté sur le droit de l’État, en confondant la nécessaire séparation des pouvoirs avec une juridictionnalisation illimitée de la garantie des droits individuels au détriment du droit de la nation. La déshérence du référendum, dans les vingt dernières années, est allée de pair avec une méfiance croissante des institutions à l’égard des préoccupations populaires majoritaires. Et le Parlement est devenu dysfonctionnel : si le Sénat a réussi, lui, à affirmer une voix indépendante et sérieuse, l’Assemblée nationale n’a cessé de sombrer dans un bavardage aussi querelleur qu’incontinent, multipliant la production de normes accessoires sans parvenir à traiter sereinement de l’essentiel. De ces dérèglements, la capacité à gouverner est la première victime : dans la plupart des hôtels ministériels, à l’exception de ceux où subsiste encore le cœur régalien de l’État, des...
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30/06 - "C’est son moment churchillien" : Benyamin Netanyahou, triomphant en Iran mais humilié à Gaza
C’est un tragique télescopage de l’actualité. Au matin du 24 juin, au moment où les Israéliens apprenaient la conclusion d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, Tsahal annonçait la mort de sept soldats à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Piégés dans un blindé incendié par un explosif posé par les miliciens du Hamas, ils n’ont pu être secourus à temps. Un des accrochages les plus meurtriers pour Tsahal depuis le 7 octobre 2023.
Saisissant contraste. D’un côté, une campagne éclair de raids aériens unanimement saluée pour sa précision et son efficacité, sans aucune perte pour l’aviation israélienne dans le ciel iranien. De l’autre, une offensive terrestre lancée depuis bientôt vingt et un mois et soutenue par des bombardements dévastateurs, mais incapables de venir à bout d’un groupe islamiste sous-équipé et assiégé. Les récentes images des hommes armés du Hamas trônant sur des camions d’aide alimentaire lancés à vive allure dans les rues dévastées de Gaza ont encore ajouté à l’humiliation. "C’est un dur retour à la réalité pour Benyamin Netanyahou, constate Ben Dror Yémini, éditorialiste au quotidien Yediot Aharonot. La guerre en Iran lui a donné l’image d’un héros courageux mais à Gaza, on dirait qu’il attend de tuer le dernier terroriste. Il y a probablement des moyens pour sortir de cette situation, mais pour l’instant on ne voit pas d’issue."
Triomphant en Iran, humilié à Gaza, le Premier ministre israélien...
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30/06 - Les écoles du pouvoir en Europe - Notre série d’été
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30/06 - Iran : un appel intercepté relance les spéculations sur l’efficacité des frappes américaines
Les États-Unis ont obtenu des communications interceptées entre de hauts responsables iraniens qui discutaient de l’attaque militaire américaine menée le 22 juin en soutien à Israël sur le programme nucléaire iranien. Les sources du journal Washington Post, qui révèle l’existence de ces conversations, sont quatre personnes "au courant des renseignements classifiés qui circulent au sein du gouvernement américain". Selon elles, les responsables iraniens considèrent que l’attaque sur leurs installations de Fordo, Natanz et Ispahan a été moins dévastatrice que ce à quoi ils s’attendaient.
La question de l’efficacité des frappes américaines sur les sites nucléaires et du temps qu’il faudra à l’Iran pour les reconstruire fait débat depuis une semaine aux Etats-Unis. Un document rédigé par la DIA, une branche chargée du renseignement au Pentagone, et divulgué par la chaîne CNN, a notamment remis en cause la version donnée par le président Donald Trump.Les Etats-Unis disent que les Iraniens n’ont pas la capacité d’évaluer les dégâts
La communication, interceptée mais censée être privée, avait lieu entre des représentants du gouvernement iranien, "qui spéculaient sur les raisons pour lesquelles les frappes dirigées par le président Donald Trump n’étaient pas aussi destructrices et étendues qu’ils l’avaient prévu", ont affirmé les sources anonymes au Washington Post.
Le journal note que l’administration Trump n’a pas contesté l’existence de cette conversation, mais qu’elle a mis en doute la capacité des Iraniens à évaluer les...
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30/06 - PER : ne faites pas cette erreur dans votre déclaration d’impôts
Alors que la période de déclaration de revenus s’est achevée, les avis d’imposition tomberont dans les boîtes aux lettres numériques d’ici la fin juillet. Malgré la torpeur estivale, il convient de se montrer vigilant et de vérifier - notamment - la bonne prise en compte de ses versements pour la retraite. Depuis son entrée en vigueur en 2019, le plan d’épargne retraite (PER) rencontre un vif succès, lié, notamment, à la possibilité de déduire les sommes versées de ses revenus imposables. Le PER permet ainsi d’épargner à long terme tout en réduisant son impôt actuel. Une carotte fiscale efficace même si les sommes qui seront retirées du plan, une fois la retraite venue, seront alors taxées.
Ces versements déductibles sont plafonnés en fonction de vos revenus mais leur montant peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Encore faut-il avoir rempli correctement sa déclaration pour en bénéficier… L’établissement teneur de compte informe l’administration fiscale qui fait figurer la somme des versements de l’année dans la déclaration. Mais ce total n’est mentionné qu’à titre informatif : il doit être reporté par vos soins dans la bonne case, juste en dessous. Or, certains déclarants, rassurés de voir le chiffre prérempli, ne lisent pas la note figurant à côté et passent à côté de cette démarche. Dans ce cas, les versements ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’impôt. Heureusement, il est possible d’informer l’administration de cet oubli, qui rectifiera. Vous pouvez même remonter jusqu’à trois ans en...
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30/06 - "Y’a plus de saisons", vraiment ? La vérité scientifique derrière le dicton
"Il n’y a plus de saisons, ma bonne dame". Une expression triviale, presque clichée, que l’on a tous déjà entendue. Une formule que la météo fraîche de ce début d’été pourrait presque confirmer : des températures dépassant à peine les 20 °C et un ciel grisâtre alors que, il y a encore quelques semaines, Paris connaissait un début de canicule.
Alors, à L’Express, nous avons pris cette phrase au pied de la lettre et nous nous sommes plongés dans le cycle des saisons. En réalité, de nombreux chercheurs se sont déjà penchés sur le dérèglement climatique et ses conséquences. C’est le cas de Françoise Vimeux ,directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement, mais aussi de l’agroclimatologue Serge Zaka. Leurs analyses sont à retrouver dans notre nouveau long format vidéo, sur notre site, et sur tous nos réseaux.
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30/06 - Après avoir fâché Donald Trump, le Canada annule sa taxe visant les géants de la tech
Le Canada a annoncé dimanche 29 juin annuler une taxe visant les géants de la tech dans l’espoir de parvenir à un accord commercial avec les Etats-Unis, et la reprise des négociations en ce sens rompues deux jours plus tôt par Donald Trump.
Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, "a annoncé aujourd’hui (dimanche, NDLR) que le Canada annulerait la taxe sur les services numériques (TSN)", selon un communiqué du gouvernement. Celui-ci précise que la reprise des négociations doit déboucher sur un accord commercial avec Washington d’ici au 21 juillet.
Cette détente entre le Canada et les Etats-Unis survient deux jours après la rupture des discussions par le président américain, qui avait qualifié de "coup direct et évident" porté aux Etats-Unis la taxe d’Ottawa visant les géants du numérique.
Cette ponction de 3 % sur les revenus tirés de la publicité en ligne, des plateformes de vente, des réseaux sociaux ou de la vente de données personnelles, devait entrer en vigueur lundi et toucher particulièrement les poids lourds américains de la tech. Elle ciblait notamment les mastodontes Google, Apple, Meta (Facebook), Amazon ou Microsoft. Ceux-ci sont accusés de profiter du caractère immatériel de leur activité pour échapper à l’impôt.Une taxe "scandaleuse"
"Retirer la taxe sur les services numériques fera avancer les discussions et appuiera nos efforts pour créer des emplois et bâtir de la prospérité", a estimé sur X le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne. Donald Trump et...
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30/06 - Donald Trump assure qu’il "n’offre rien" et ne "parle pas" à l’Iran
L’Iran a exprimé dimanche de "sérieux doutes" sur les intentions d’Israël de respecter le cessez-le-feu entré en vigueur le 24 juin, après 12 jours d’une guerre sans précédent entre les deux pays ennemis déclenchée par Israël le 13 juin en bombardant l’Iran et en tuant ses principaux responsables militaires et des scientifiques liés à son programme nucléaire. Pour ces raisons, l’Iran a réclamé à l'ONU qu’Israël et les Etats-Unis soient désignés responsables de la guerre, dans un courrier diplomatique du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
Et Téhéran a dû démentir toute menace de mort contre le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, après qu’un journal iranien eut écrit qu’il serait "exécuté" s’il revenait en Iran, soulevant un tollé des Occidentaux. Emmanuel Macron s’est par ailleurs à nouveau entretenu avec le président iranien.
Les infos à retenir
⇒ Donald Trump assure qu’il "n’offre rien" et ne "parle pas" à l’Iran
⇒ Washington doit exclure de nouvelles frappes pour une reprise des discussions, dit Téhéran
⇒ Benyamin Netanyahou évoque des "opportunités" pour libérer les otages à GazaDonald Trump assure qu’il "n’offre rien" et ne "parle pas" à l’Iran
Donald Trump a affirmé ce lundi qu’il "n’offr (ait) rien" à l’Iran, à qui il "ne parl (ait) pas", quelques jours après avoir prévenu qu’il n’hésiterait pas à bombarder le pays à nouveau s’il cherchait à se doter de l’arme atomique.
"Je n’offre RIEN à l’Iran, contrairement à...
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30/06 - Souveraineté numérique : l’Europe au pied du mur face aux géants américains
Il est parfois troublant de voir comme la réalité peut flirter avec la fiction. Dans un billet publié sur LinkedIn en janvier dernier, Henri d’Agrain imagine un scénario où les Etats-Unis couperaient au Danemark ses accès aux services numériques américains, sur fond de tensions diplomatiques liées au Groenland. Il y a quelques jours, le délégué général du Cigref, un organisme de réflexion de grandes entreprises, découvre que son récit d’anticipation n’avait rien de saugrenu. Le quotidien Politiken rapporte que Copenhague et Aarhus ont décidé de se passer de Microsoft. Les deux plus grandes villes danoises prennent les devants dans l’hypothèse où une dégradation des relations avec l’administration Trump conduirait le géant américain à couper les ponts.
Dans un monde où le milliardaire de la Maison-Blanche joue sa partition America First, la souveraineté numérique européenne s’est refait une place en haut de la pile des dossiers. Signe d’une prise de conscience en France, le sujet est remonté jusqu’en Conseil des ministres, le 12 juin dernier, porté par Clara Chappaz, chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, et par le patron de Bercy, Eric Lombard. Avec ce constat implacable, chiffres à l’appui : "L’Europe dépend massivement de solutions technologiques extra-européennes. Dans le domaine stratégique du cloud qui héberge les données, les logiciels et les technologies comme l’intelligence artificielle, 83 % des dépenses numériques européennes vont vers des acteurs étrangers, pour un montant estimé de 264...
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30/06 - Péril sur la rentrée littéraire, menacée par la fragilité des librairies indépendantes
Comme chaque année à la veille de l’été, la fièvre s’empare du milieu littéraire. Les premiers exemplaires des romans de la rentrée circulent dans les ruelles de Saint-Germain-des-Prés. Les premières listes de goncourables se murmurent dans un bouche-à-oreille impatient : Emmanuel Carrère, Nathacha Appanah, Sorj Chalandon, qui a les meilleures chances ? Editeurs, auteurs, attachés de presse, représentants prennent d’assaut les TGV et Intercités pour convaincre petits libraires et grands réseaux qu’ils ont dans leur catalogue "la" pépite de la rentrée, le futur succès que personne n’attend. Pourtant cette année, derrière l’excitation, point une inquiétude nouvelle autour de la mauvaise passe que traversent un certain nombre de librairies. N’y a-t-il pas là menace pour la rentrée littéraire ? Et, au-delà, pour toute la chaîne du livre ?
Depuis quelques mois, les alertes se multiplient. Sur les réseaux sociaux, des librairies indépendantes, souvent de petite taille, sonnent l’alarme. A Sartrouville, la librairie Des gens qui lisent a publié au printemps un message qu’elle a voulu non culpabilisant mais explicite : "Nous multiplions les événements, donc les clients pensent qu’on cartonne. Or, depuis deux trois ans, c’est difficile, nous avons voulu le leur dire. Et ils reviennent, nous soutiennent…" raconte Dolly Choueiri, la propriétaire. Ici ou là, des librairies plus grosses, souvent anciennes, vacillent. En début d’année, l’une des grandes indépendantes du Mans, Doucet, a dû demander son placement en...
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30/06 - IA générative : faut-il vraiment craindre une augmentation du chômage ?
Un brave "copilote". C’est un peu l’image adossée à l’IA générative depuis ses débuts : un assistant qui, sur demande, aide son utilisateur pour certaines missions. Le terme est même devenu la base d’une gamme de produits IA, celle du géant Microsoft. Jusqu’ici, la plupart des études consacrées à cette jeune technologie ont ainsi été plutôt rassurantes quant à ses effets sur l’emploi. Dans le rapport français de référence, réalisé par la Commission IA en 2024, on pouvait lire que l’IA "remplace des tâches, et non des emplois".
Cette vision va-t-elle changer ? Ces dernières semaines, une partie de la Silicon Valley est montée au créneau. Dans une interview à la télévision américaine, Dario Amodei, le patron d’Anthropic, l’éditeur du chatbot "Claude", a alerté sur une augmentation du chômage de 10 à 20 % dans les prochaines années. D’après lui, la moitié des embauches "junior" chez les cols blancs - les employés de bureau - est appelée à disparaître. Andy Jassy, le PDG d’Amazon et successeur de Jeff Bezos, lui a emboîté le pas, estimant que certains travailleurs seraient remplacés par des "agents IA" : une évolution de l’IA générative très tendance actuellement, où le copilote prend directement le volant et les pédales.
Les progrès rapides de l’IA, incarnés par les "agents", ont été à l’origine d’une nouvelle vague de pessimisme, qui va au-delà de la Silicon Valley. En janvier dernier, un sondage du Forum économique mondial rapportait que 4 employeurs sur 10 dans le monde prévoyaient de réduire leurs effectifs d’ici 2030 à cause...
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29/06 - Comment Israël recrute ses taupes en Iran : "Certains ignorent qu’ils travaillent pour le Mossad"
Plus de 700 arrestations et six exécutions. Depuis treize jours, l’Iran chasse ses taupes, accusées d’avoir aidé Israël le 13 juin 2025. Cette nuit-là, 200 avions militaires pénètrent son espace aérien, effectuant des frappes sur une centaine de sites - dont des installations nucléaires. L’offensive, épaulée par des drones armés introduits clandestinement dans le pays, conduit à l’assassinat de plusieurs cadres de la République islamique. Comble de l’humiliation, au moins huit membres des Gardiens de la révolution, réunis dans un bunker souterrain, ont été assassinés par une seule et même frappe israélienne.
Seul un long et méticuleux travail d’infiltration a rendu possible cette attaque, d’autant plus impressionnante qu’Israël ne dispose d’aucune représentation diplomatique en Iran. Comment font-ils pour recruter leurs espions ? Corruption, chantage, exploitation des divisions internes ou encore opérations sous "faux drapeau"… Chez les "Katsas", les officiers de collecte du Mossad, le service secret israélien, tout est bon pour persuader les sources de se rallier à leur cause.Surveiller chaque manifestation
Ce réseau méticuleux est le fruit d’une décision politique. En 2002, le Premier ministre Ariel Sharon classe l’Iran comme menace étrangère n° 1, qui devient la priorité du Mossad. Chaque agent doit amasser le plus de renseignements possibles. "L’étape fondamentale est l’acquisition d’espions, à tous les niveaux : il peut s’agir d’individus lambda, de militaires, en passant par des membres des Gardiens de la...
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29/06 - Entre Israël, l’Iran et les Etats-Unis, les Etats du Golfe pris en étau
La guerre régionale initiée par Israël contre l’Iran coince les pays du golfe entre le marteau et l’enclume. Elle consolide un nouvel ordre régional, sapant du même coup l’influence qu’ils pensaient avoir gagnée dans la région. "D’un côté, il y a une République islamique très affaiblie, décrypte le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, mais avec laquelle les pétromonarchies se sont réconciliées ces dernières années pour se prémunir de potentielles attaques, et elles tiennent à ne pas ruiner ces efforts. De l’autre, un Etat hébreu qui se considère comme tout-puissant, mais dont les entreprises belliqueuses vont à l’encontre du projet de stabilité et de prospérité régionale voulu par les couronnes golfiques, et qui, de surcroît, font bouillir de colère leurs populations, accentuant le risque de radicalisation."
Emmené par l’Arabie saoudite, le bloc des pays du golfe n’a qu’un seul objectif : éviter l’escalade, et maintenir la région stable. Pour cela, un délicat jeu d’équilibre s’est mis en place ces derniers mois, qualifiant à tour de rôle les attaques israéliennes de violation de la souveraineté iranienne, puis condamnant plus discrètement les frappes américaines contre les installations nucléaires du 21 juin. Avant de faire bloc derrière le Qatar, l’un des leurs, après la frappe iranienne soigneusement calibrée vers la base américaine d’al-Udeid le 23 juin dernier, dont les Etats-Unis avaient été prévenus et qui n’a finalement fait aucun dégât.
"J’espère que les bonnes relations avec l’Iran se normaliseront au...
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29/06 - "En cuisine aussi, les Français sont parfois arrogants" : le regard épicé d’un grand chef étoilé allemand
Parmi les célébrités de la scène culinaire allemande, Tim Raue détonne. Pas seulement parce que son restaurant principal, le "Tim Raue" à Berlin, fait partie des 47 établissements allemands décorés de deux étoiles au guide Michelin et figure depuis 2016 dans le classement "The World’s 50 best restaurants". Le chef étoilé de 51 ans est aussi connu pour son parcours atypique : une enfance difficile dans les gangs berlinois qui l’a finalement mené à la tête de restaurants renommés – il a ouvert son dixième établissement en juin dernier dans la célèbre tour télévisée de Berlin. Il est actuellement l’un des chefs les plus connus et reconnus outre-Rhin. A l’international, il est surtout le seul chef allemand à être apparu dans la série Netflix "Chef’s table".
Tim Raue est un fervent défenseur de la cuisine allemande, qu’il sert dans ses restaurants tout en y ajoutant des saveurs venues d’Asie. Le chef étoilé voyage naturellement beaucoup, jusqu’à partager ses techniques et recettes du monde entier dans un livre (Herr Raue reist, Callwey, 2023). Il en a même fait une émission de télévision, une de ses nombreuses apparitions sur petit écran en Allemagne. Pour l’Express, le chef étoilé livre son regard piquant sur la gastronomie et la culture culinaire allemande et, plus largement, sur la cuisine européenne.
L’Express : Vous vous inspirez beaucoup des saveurs asiatiques dans votre cuisine, et défendez en même temps la gastronomie allemande. Comment expliquez-vous ce mélange ?
Tim Raue : En Allemagne, on apprend tout ce qui...
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29/06 - Sophia Rosenfeld, historienne : "Trump est particulièrement habile dans son usage du bon sens"
"J’incarne le bon sens." La formule est signée Marine Le Pen, alors vice-présidente du Front national, en 2010. En février 2025, lors de son intervention à la convention CPAC — la grand-messe des conservateurs américains — Donald Trump déclare quant à lui que le parti républicain est "le parti du bon sens", après s’être déjà présenté comme le président élu "pour rétablir le bon sens à Washington et dans le monde". Deux ans plus tôt, Emmanuel Macron, en visite à Rungis, défendait la très contestée réforme des retraites en faisant appel au "bon sens des Français". L’usage du "bon sens" en politique a déjà été largement commenté. Mais peut-être le bon sens commande-t-il de continuer à interroger ce phénomène rhétorique "qui risque de durer encore un moment", souligne Sophia Rosenfeld, spécialiste du sujet et auteure de Le Sens commun. Histoire d’une idée politique (Presses universitaires de Rennes, 2013).
A l’occasion de la venue récente à Paris de cette éminente professeure, directrice du département d’histoire de l’Université de Pennsylvanie, L’Express s’est penché sur la manière dont l’idée de "bon sens", du penseur révolutionnaire anglo-américain Thomas Paine au président Donald Trump, a été utilisée comme une arme politique. "Le bon sens peut être un bon outil pour forger une démocratie, car prétendre parler au nom du bon sens, c’est dire que l’on parle au nom de la sagesse du peuple. Ainsi, au XVIIIe siècle, Thomas Paine n’invoquait pas le bon sens pour soutenir ses idées mais comme un outil démocratique pour renverser l’idée...
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29/06 - Soigner par la lumière, remède de charlatans ou espoir scientifique ? Ce qu’en disent les experts
Les caméras filment la chambre stérile, et derrière la vitre de protection, les écrans de contrôle clignotent, prêts à afficher le pouls du patient. En ce début du mois de juin, aucun malade ne se trouve sur la table d’opération du bloc expérimental de Clinatec, mais c’est tout comme : l’établissement, éminent centre de recherche basé à Grenoble, organise une démonstration de ses installations, une façon de faire connaître ses nouveaux objectifs de recherche.
Après avoir mis au point des appareils de stimulation cérébrale profonde, de petites électrodes qui envoient des décharges à l’intérieur du cerveau pour réduire les symptômes de Parkinson, les scientifiques grenoblois visent désormais beaucoup plus haut, et souhaitent le faire savoir, pour continuer à obtenir des financements. L’établissement, qui puise ses fonds dans le mécénat, espère tout bonnement "guérir" cette maladie dégénérative, qui touche 25 000 personnes chaque année.
Pour réaliser un tel exploit, le laboratoire mise sur une technologie peu impressionnante, du moins au premier abord : il s’agit de simples diodes électroluminescentes (LED), semblables à celles que l’on trouve dans le commerce, à ceci près qu’elles sont plus précises et miniaturisées. Placés en profondeur dans le cerveau à l’aide de bras robotiques et d’IRM ultra-performants, ces dispositifs doivent illuminer à intervalles réguliers les neurones des malades. De quoi, selon les chercheurs, modifier l’activité de leurs cellules, une technique appelée "photobiomodulation".
Ce type de...
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28/06 - L’université Bocconi à Milan, l’école qui façonne les grands patrons européens
Tout l’été, L’Express raconte la fabrique des élites européennes à travers sept lieux emblématiques où se forment les futurs leaders du Vieux Continent : écoles de business, universités prestigieuses, laboratoires de recherche, pépinières de talents dans la mode, le design ou l’hôtellerie… Une autre manière de redécouvrir l’Europe à travers ses pépites de l’enseignement supérieur, que le monde entier nous envie.
Ce dimanche 15 juin, Stefano Caselli, le directeur de la Bocconi School of Management, n’a pas hésité une seconde. La nouvelle était vieille de quelques minutes que ce professeur de finances était déjà en train de pianoter sur son smartphone. "Bravo, Luca, tu es le meilleur !" Message d’un bocconien à l’un de ses condisciples. Sur le campus de l’université Bocconi à Milan, Luca de Meo, qui prendra à la mi-septembre les rênes du groupe de luxe Kering après avoir laissé celles de Renault, pourrait presque avoir sa statue. Il y a déjà son rond de serviette. L’Italien, diplômé en 1992, revient parfois donner quelques leçons de marketing, son sujet de prédilection, à des étudiants ébaubis par son parcours. Nul doute qu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs ambassadeurs de cette institution transalpine capable de façonner aussi bien des PDG de multinationales que des gourous de la Bourse ou des nobélisables.
Dans les palmarès internationaux scrutés à la loupe par les chasseurs de têtes, la Bocconi se distingue. Le dernier classement des meilleurs MBA du Financial Times place l’université italienne en quatrième position,...
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28/06 - Olivier Sanson (Ampli Mutuelle) : "Nous reversons 100 % des gains à nos assurés"
Avec 119 millions d’euros d’encours en épargne, Ampli Mutuelle est un petit poucet dans l’univers de l’assurance-vie. Elle a toutefois marqué les esprits en lançant en 2023 un contrat monosupport doté d’un nouveau fonds en euros. Retour sur un produit original.
L’Express : Quelle est la particularité d’Ampli Mutuelle ?
Olivier Sanson : Nous sommes une mutuelle créée en 1968 par des professionnels de santé avec, à l’origine, une offre de prévoyance. Progressivement, nous avons étoffé nos services pour répondre à nos adhérents, les professions libérales, indépendants et chefs d’entreprise. En 2020, nous avons fait le grand saut en lançant nos propres produits d’épargne, avec d’abord un Plan d’épargne retraite (PER) puis un contrat d’assurance-vie monosupport en 2023. Nous restons une société à taille humaine, de 65 salariés.
Pourquoi ne proposez-vous qu’un contrat monosupport, sans possibilité d’investir sur des unités de compte ?
La genèse de ce contrat réside dans l’appétence de nos adhérents pour le fonds en euros. Nous n’avons pas pour objectif de proposer une offre complète de gestion de patrimoine mais plutôt d’apporter une réponse très compétitive sur certains actifs, en particuliers les actifs sécuritaires.
Notre fonds en euros a distribué 3,75 % net de frais l’an dernier et nous sommes confiants sur notre capacité à servir un taux compris entre 3 et 3,5 % sur les prochaines années, même si les taux d’intérêt continuaient de baisser. Si l’environnement financier devenait moins intéressant pour investir, nous nous...
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28/06 - Aux Etats-Unis, le phénomène des avortements en téléconsultation prend de l’ampleur
Ces dernières années à Atlanta en Géorgie, ville progressiste dans un Etat plutôt conservateur du sud des Etats-Unis, de nombreuses pancartes vertes ont fleuri dans les jardinets et recouvert les porches. Un slogan résolument pro-avortement y est inscrit en lettres blanches "Regulate guns NOT women", soit "réglementez les armes à feux, PAS les femmes", en français. Là-bas, les femmes n’ont plus la possibilité de mettre un terme à leur grossesse au-delà de la sixième semaine depuis une décision prise par la Cour supérieure locale en novembre 2022. Quelques mois plutôt, la Cour suprême des Etats-Unis avait considéré dans un arrêt que le droit à l’avortement n’était pas un droit constitutionnel et donc, que chaque Etat était libre de statuer à sa manière sur le sujet.
Depuis, vingt-deux Etats ont cherché à restreindre l’accès à cette pratique médicale - comme la Géorgie - dont une douzaine qui l’a aboli. A l’échelle du pays, cette décision a eu un effet immédiat : le nombre d’avortements a baissé de 6 % entre 2021 et 2022, l’année du basculement juridique. Mais les années suivantes, l’institut Guttmacher, qui fait autorité en la matière, a recensé un rattrapage et une nouvelle augmentation du nombre d’interruption volontaire de grossesse : + 13 % en 2023, + 1 % en 2024.
Aux Etats-Unis, l’avortement est comptabilisé de deux manières : l’institut Guttmacher fournit un sondage à tous les instituts pratiquant l’avortement aux Etats-Unis et extrapole les résultats à partir des réponses obtenues et les Centres pour le contrôle et...